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Full text of "Mélanges sur les langues, dialectes et patois: renfermant, entre autres, une collection de ..."

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J^arbartr (JTollrgr Hitraco 




MRS. ANNE E. P SEVER 

OF BOSTON 



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MELANGES 



SUA 



LES LANGUES, 



DIALECTES ET PATOIS ; 



RRNFCEMAirr , BtfTliB AUT&ES , UHB COLLECT lOK DB TBRSIOHS DB LA 
PARABOLB DB I.*ElirAllT PBODIGUB Elf CXITT IDIOmS OU PATOIS DIFFBRBNS . 

PRESQUB TOUS DB FBAlfCB; 

PRiCEBiS I>'U19 ESSAI d'UH TEAYAIL 



SUK LA 



GilOGRAPHIE DE LA LANGUE FRAN^AISE. 



PARIS , 



AIJ BUREAU DE L'ALMANACH DU CUMMERCE. 

RUC J. -J. ROUflOAV , 5<* SO ; • 

CHEZ DELAUNAY , AU PALAIS-ROYAL , 
ET CHEZ LES PRINCIPAIJX LIBRAIRKS. 

IS31. 




(s>^^'vH^^ 



HMFvard. Oollege WaxOS 

Aug. le, 1016 
Sever fund ■ 




Les patois sont aussi des monumens de I'antiquite : 

L'acad^mie Critique , et apr^s elle la soci^t^ royale 
des Antiquaires de France Font bien senti , lorsque 
dans chacune de leurs publications arch^ologiques , 
elles se sont etudiees h, constater Texistence de ces 
patois , k en conserver les traces. 

Hitons-nous de declarer que cVst a ces curieuses 
publications qu^ont ^t^ eropruntes les ^l^roens de ce 
volume, sur les langues, notamroent les cent versions 
de la parabole de V Enfant prodigue en divers patob. 

D^autres morceaux encore in^dits compl^tent le 
volume. L^essai d*un travail sur la geographic de la 
langue fran^aisc, qui se trouve en tete, fera yive- 
ment d^sirer que son auteur mette la demi^re main 
^ un ouvrage dont il s^occupe depuis long-temps , et 
qu'on sait 4tre tr^s-avancd. La traduction, par le m^me 

savant, de la parabole de PEnfant prodigue en Bas- 
Breton y en langue galloise et en basque n'est pas un 
morceau moins piquant , puisquMl tend a prouver que 
le bas-breton et le basque ne sont pas des dialectes de 
la langue fran^aise , mais quails sont de veritables Ian- 
gues aussi differentes du fran^ais que peuvent Tdtre 
Tallemand et le russe. Enfin ceux qui aiment 4 
suivrc les progr^s de la langue nationale et de Fcco- 
nomie publique en France parcoui*eront avec intcrdt 
la nomenclature des metiers cl professions qui etaient 




excrces i Paris an commencement du qualorziemc 
si^cle. Ce morccau, encore inedit, termine le volume. 

I4ous avons dit qu'une partie des elemens du present 
volume a ete cmpnintee ik la collection de la Societc 
des Antiquaires ; its sont extraits des troisieme et 
sixieme volumes. 

C*est, nous pensons, rendre service ^ ceux qui 
s'occupentsp^cialement de Hnguistique , que* de leur 
indiquer cc que les autres volumes dc cettc collection 
et ceux de racademie'Celtique offrent de morceaux sur 
les langucs; ilssont au nombre de cinqu ante-cinq , en 
voici les litres : 

Lettre Au minbtre 4e I'inUriMr a M. Le^nidec, sarleprojct 
d'oa recueii d'^lianilUoni compart del idiomes 4e I'Empire. 
Acad. Cel. t. ii. p. lai. 

Analyse da mrimoire de M. de Monxin , sur les semens prSUs 
a StTKboorg en 8^, par ClurLesle-Cliaave, Louis -le-Gcrma- 
niqne el leurs armies respectives , parM. deftialeville. Socieledes 
Antiq. I. I. p. 379. 

Qacslions sur tes origiBes ^lymologiques des mots et des choses, 
des Ueux et des personnes , proposccs i r^nudre , et directions 
pour en facililer U solution , par M. £loi Johanneau. Acad. Celt, 
t. .,p.87. 

Des langues c( des nations celtiques, arlicle extrait ct traduit 
des ~>!itridates d'AdeKiog, par M. le si-naicur Lanjuinais. — 
E^ccmple des mots gallois lir^s du latin. ACad. Celt. I. 5 , p. 289. 

Caract^res du Galtc, id.-ibid. 1. 5 , p. aga. 

Histoire de I'lrlande el de la languc perse, id.-ibid. p. 393. 

I>c la languc ct de la litt^ratare irlandaises. id.-ibid. p. agS- 

liibliographie de la langue iriandaisc. id.- ibid. p. 396. 

I'ctit vocabulairc dc noms propres, cxpliqucs par les anciciis 




mots recneillispar Lacombe et par la iangue cchique ; par M. Maii< 
goarit. Acad. Celt t 3 , p. 5g. 

Accent breton-armoricain (remarques sur V) , par M. Deblon , 
Acad. Celt t. 5« p. 3i. 

Etymologie et cmploi des locations et des mots introduit > ou 
consenrds dans le d^partement de FOrne , par M. Dubois. Acad. 
Celt. t. 5 , p. 39 et 173. 

Etymologies celtiques ( obserrations critiques sar les) par 
M. Eloi Jobanneaik Acad« Celt. t« 5» p. 169. 

Patois roman , par M. Bridel. Acad. Celt. t. 5 , p. a85. 

Eztraitda Glossaire breton, oarecoeil des expressions vicieuses, 
surann^es on rostiquesy nsit^es dans la ci-^evant province de Breta- 
gne, par M. Legonidec. Soci^t^ des Antiq. t« 4> p- 327. 

Yersion interlin^aire de la parabole de I'Enfant prodigue , mise 
en breton de L^on , par M. Legonidec Acad. Celt. t. a, p. 118. 

La mtme en breton de Treguier » par M. Lebrigant , revue par 
M. Legonidec Acad. Celt. t. a, p. 127. 

Notice sur Torigine de quelqoes noms de lieux et de peuplcs , 
parM. Eloi Johanneao. Acad. Celt t. 3 ^ p. i34- 

Notice sur le patois vendi^en^ par M. Larevelli^re-Lepeaux. 
Acad. Celt t 3 , p. 267 et 370. 

Ohscrralioiis critiqaes de M. Eloi Jobanneau sur les etymo- 
logies de la lettre seizl^me sur les plerresdruidiques » par M. Bau- 
doum. Acad. Celt t* 3, p. a3i. 

Obsenrations de M. £loi Jobanneau sur la partie etymologi- 
que des rechercbes sur TArmorique et les Armoricains anciens et 
modemes , par M. Baudouin de Maisonblancbe. Acad. Celt. t. 4 « 
p. 389. 

Tableau des roots celto-bretons analogues au grec , par N. Le- 
gonidec Acad. Celt t. 4« p* 434- 

Id. Analogues a rallcmaud. Acad. Celt., 1. 4« P* <4^* 




Observations g^D^rales $ur les vocalHilaires pr^ciideos. Acad. 

Celt. t. 4, p. 445. 

Leilrede M.Lecoz, archevSquedeUesui^oD, contenaDt I'^loge 
de Latour-d'Auvergne el dc la langue celtique. Acad. Celt., I. 4> 
p. 465. 

Rlcherches sur I'^t^ologie et Teinploi des locutioas et des 
mots qui se sont introduils ou conserves dans le d^parlemcnt de 
I'Orne, et qui n'appartien neat pas k la laugue fran^use de nos joars, 
par M. Louis Dubois. Socdes Aot,, t. 4ip. 336. 

Mots ou langage de la campagne du canton de Bonueval (Eure- 
et-Loir), recueillis par M. Desgraoges, originaiFe de ce pays. 
Soc Ant,, t, a, p. 4ao. 

Notice sur les usages et le langage des babltans du Haut-Poni, 
faubourg de Saint-Omer. Soc Anl., L 3, p. 357. 

Chanson Bamande qui coutieut la description des occupations 
des jardiniers du faubourg du Haut-Pont et de Lyzel, d^pendans 
de la ville de Sainl-Omer. Soc Anl,, t. 3, p. 364> 

Recherches sur I'^tymologie des noms de lieu et autres , dans la 
sous-prefecture de Tbionville , par M. Teissier. Soc AnL , I. 4> 
p. Jt^O. 

Parabole de r£afanrprodigne dans ridiome de Coortisols, Hi- 
partemeut de la Alarne. Soc. Ant,, t. 5, p. 3^/. 

Extratt d'une lelire de M. Bridel , ministre proleslant dans le 
canton de Vaud, dans laqoelle il est question du patois de Courii- 
sots. Soc. Am., t. 5, p. 353. 

Conjecture sur I'^tymologie du mot Coortisols et sur Texpiica- 
tion de quelques tennes du patois courtisien , par M. d'Herbis, 
Soc Ant., 1.5, p, 357. 

Mteoire sur quelques mots de la langue phoenico-pnniqae qui 
se sont conserves dans I'idiome proven^, par M . Pons. Soc. Ant., 
I.., p. 45. 

M^moirL- sur Ic patois poitevin el sa liit^rature , par M. Dupiu. 
Soc Anl., L I, p. 195. 




VII 



Romance dile de Clotilde, qui se chante encore dans les inon- 
tagnes de la Loz^re, par M. CaYx. Soc Ant., I. 8, p. aaS. 

Obftenrations sar les langaes proven9ales et catalanes, par 
M. de Ladoucette. Soc Ant., t. 8, p. 38o. 

Critique de I'alphabet primltif de i'Espagne et des pr^tendus mo- 
nomensde la langoe Basque; traduitedeFespagnole par M. E. «To- 
hanneao. Acad. Celt, u 3, p. agi. 

Explication des alphabets , des lettres inconnues de TEspagne. 
Acad. Celt., t 4i p- 484* 

De Talphabet Celtib^rien. Acad. Celt., t. 4, p. 486. 

De Talphabet Turdetain. Acad. Celt., t. 4i p- 497* 

Grammaire slave de la Camiole , de la Styrie , de la Carinthie , 
parM. Lanjuinais. Acad. Celt., t. 5, p. ii4* 

Lettre de M. Marc Bniere a M. Eloi Johanneau sur la langue 
Slave. Acad. Celt., t a , p. i43. 

Des noms propres, par M. Mangourit. Acad. Celt. , t. a , 
p. a3a. 

Alphabet de la langue primitive de TEspagne , et explication de 
ses plus anciens monumens en inscriptions et m^dailles, traduit de 
Tespagnol de M. de Erro, par M. E. Johanneau, avec une gravure 
de Taipbabet. Acad. Celt.y t. a, p. a55. 

Alphabet celtib^rien , traduit de Tespagnol de M. de Erro avec 
4 gravnres et une addition , par M. El. Johanneau (suite). Acad. 
Celt, t. a, p. 3oj. 

Ibid., t. 3, p. 85. 

Trois Observations critiques sur la partie ^tymologique d'un 
m^moirede M. de Sorgo et d'une lettre de M. Marc Bniere sur la 
langue slave en particulier, ainsi que sur la science des etymologies 
en g^D^ral, par M. El. Johanneau. Acad. Celt., t. a, p. 4o3. 

M^moire sur la langue el les modes des peuples Slaves , par 
M. le comte de Sorgo. Acad. Celt., t. a^ p. ai. 




\in 



Vocabulaire desGnanches (premiers habitans desiles Canaries), 
recaeilli par Claudijo^ tradult en fran9ais ^ Acad« Celt t. 4> p- aaC. 

Vocabulaire Moesogothiqued^UlphilaSy slave et fran^ais, k irois 
colonnesy par M. le comte de Sorgo , Acad. Celt. t. a, p. 56. 

Rapport fait k 1' Academic celtique sur Touvrage rosse de M. le 
professeur Pallas ( Vocabuloires compart des langues de toute tA 
terre)^ par M. le s^nateur Volney. Acad. Celt., t. i, p. 99. 

Observations sur le rapport du s^nateur Volney et Talphabet 
nisse, par M. Masson ^ Acad. Celt. , t. i, p. SjS. 

Nouvelle Uste de mots propos^e aux savans, en place de celle de 
Pallas, a traduire dans toutes les langues, pour servir k les 
comparer. Acad. Celt., t. i, p* Sy^- 

Extrait des proc^verbanx contenant la Ibte doni U est question 
ci-devant. Acad. Celt., t. i, p. 379. 

Rapport par M. IXepping sur un ouvrage de M. Jacques Grant, 
intitule : Idees sur rorigine des Gaels, Edimbourg, i8i4.* Sodi^^ 
Autiq., t. 3, p. 3 10. 

Rapport sur les notes en forme de vocabulaire qtie M. Langles a 
plac^es k la suite des voyages de M. Tone chez les Mahrattes , par 
M. Cirbied, Armdnien. Soc. Ant, t. 4, p. 4^3. 

Grammaire de Denis de Thrace, tir^e de deux manoscrits armd- 
niens de la Biblioth^que du Roi, pnbli^een grec, en arnii^iiien et en 
fran^ais, et pr^c^dee de considerations generates sur la formation 
progressive dela science glossologique chez les anciens, et de quel- 
ques details historiques sur Denis, sur son ouvrage et sur ses com- 
mentateurs , par M. Cirbied, professeur d'arm^ien k la Biblio- 
th^que du Roi. M^m. Ant, t6, p. i. 

Nous venons de publier s^parement cette gr^mmaire. 




^Hai^WOW^^OW^W**^**'**'*'*'*'**'***'*^*'**'* »^^«»'»»i%»%*^0*^*|<i » %*%****«***^^^***** >^i^^»%»%^%^^<ii» 



ESSAl DUN TRAVAIL 



SUR LA GEOGRAPHIE 



DE LA LANGUE FRAJ>tCAISE. 



Ija geographic des langues, cette partie si int^res- 
sante de la science geograpliique , a ^t^ entierement 
negligee par les anciens, c*est-a-dire par les H^breux, 
les Grecs et les Romains. Les premiers confondaient 
tout ce qui n^^tait point isra^lite sousle nom de goim 
que Ton rend par gentils; les anciens Grecs diyisaient 
touteFespece humaine en deux seules classes, les Grecs 
et les Barbares. Les Romains, ainsi que nous Tapprend 
Ciceron {deOfficiis^ I, c. 12), avaient regards primi- 
tivement le mot hostis comme synonyme de peregrin 
nus^ et il ^tait pris en ce sens dans les lois des douze 
Tables. Les nations modemes ne prenaient pas dans 
un sens plus fevorable , comme chacun sait , les mots 
Xaubainj A* alien et d^etranger. 

! Avec une telle disposition d*esprit , et lorsque tout 
etranger etaithai conmie ennemi ^hostis) ou mdprise 
comme barbare^ il ^tait naturel qu^on songeAt peu a 
connaitre les langues que parlaient des kommes pour 




lesquels on avail tant d'^loigiicmcnt ct mcme do mc- 
pris. A peine leur faisait-on I'honneur de penser que 
leurs langues fussent suseeplihles d'etre apprises, et 
le m^ritassent meme; qui sait si Ton n'auraitpas rougi 
de passer pour les savoir? Strabon, lib. XIV, p. 662, 
ditque le nom de darbare itSLii dans Torigineun lerme 
injurieux, destin^ a designer des hommes qui ont une 
prononciation grosse et rude , jusqu'a ce qu'une plus 
grande communication avec ces peuples tit remarquer 
que cette prononciation Strange pour les Grecs n'^- 
tait point reffel de quelque vice des organes de la voix , 
mais tenait a la nature des idiomes. 
I Plusieurs peuples a demi-sauvages se sont regai'des 
comme seuls douds du don de la parole , et ils ont 
nomm^ leurs voisins , qu'ils ne comprenaient pas ou 
dontils n'^taient pas compris, des muets ou des sourds. 
On pent citer Texemple suivant : VazigeSy nom d'une 
tribu slave, vient de Tesclavon j-az//: (langage); et 
dans les langues slaves , ou un sourd se nomme niemjrij 
Niemetz est le nom qu'on donne aux AUemands. 

Heureusement la cause qui commencait a op^rer du 
temps de Strabon , c'est-anlire sous le regne des deux 
pi^miers empereurs, agit avec bien plus d'eificacite 
lorsque, d^abord les croisades, ensuite les missions 
etrangeres, les decouvertes maritimes et Tactivite du 
commerce, nous eurent mis en rapport avec des peuples 
dont la plupart nous avaient ete incouuus jusque-la, 
lOeme de uom. 

Ce fut alors seulemeut que la geographic des Ian- 
gues commenca; cjue les voyageurs s'attacherent k 




7 
r^unir des vocabulaires , que les missionnaires redi- 
gerent des grammaires , et qu'a Taide de ces mate- 
riaux » les philosophes b&tirent des systemes sur 
rorigine des differens peuples et sur leurs affinit^s. 
L'ethnographie une fois debrouill^e , on put songer 
k en faire Tapplication a la g^ographie. 

On reconnut qu'apres les diyisions physiques , qui 
sont les seules naturelles et les plus importantes de 
toutes, il n^y en a pas qui doivent etre pr^fer^es a celles 
qui rdsulteut des ressemblances et des dissemblances 
entre les idiomes ./ 

Moins stables , sans doute , que les divisions phy- 
siques , elles le sont beaucoup plus que les divisions 
politiques et administratives. Des siecles suffisent a 
peine pour changer la langue d^un pays; il ne £siut 
au coiitraire qu'une guerre, un traits de paix, d'^- 
change ou de vente , pour donner a une province de 
Qouveaux maitres. Mais, en cessantd'etre concitoyens , 
ont-ils cess^ d'etre compatriotes ces hommes que le 
langage unit par des nceuds permanens ? Dira-t-on que 
les habitans de Tile de France ont cesse d'etre Francais 
depuis que leur ile a repris ofliciellemment le nom 
d'ile Maurice ? L'exemple du Canada prouve que 
soixanteann^es etplus sont un laps de temps insuffisant 
pour efTacer la ligne de demarcation ti-acee par la diffi^- 
rence des langues. 

Uhomoglottie J pour parler avec les Grecs, est un 
lien social d'une plus grande valeur que Vhomonomie^ 
Vhomosebasie y Vhomochtoniey Vhomoeidie j et menie 
Vhomochromie J c'est-a-dire plus puissant (|ue la I'eu- 




8 

nion des hommcs sous les memes lois , dans ]e memc 
culte J dans le meme pays , et meme que la simili- 
tude dans la configuration , dans les traits du visage 
et dans la couleur. 

Les descendans des colons anglais de la Nouvelle- 
Angleterre etceuxdes colons francais de la Louisiane 
sont devenus liomonomes ; mais ils ne sont pas et ne 
deviendront probablement point homoglottes. 

Je ne fais qu'indiquer ici cette nomenclature , sans 
esp^rer de la voir adopter , si ce n'est peut-etre par 
le petit nombre de ceux qui aiment les idees distinctes 
et les termes qui renferment en eux-memes leur 
definition. 

Dans le memoire suivant , je cherche a ^numerer 
les Francais, non pas liomonomes, non pas meme 
homoeides , mais homoglottes; et j'indique les limites 
geographiques dans lesquelles se renferme la langue 
francaise , consid(5ree comme langue maternelle de la 
majeure par tie des habitans de cliaque contr^e. 



Les limites politiques de la France comprennent 
les bommes qui parlent breiorij une par lie de ceux 
qui parlent basque j une partie de ceux qui parlent 
allemandj et une partie de ceux qui Y^^rlexitjlaniand. 

Le royaume de France a aussi une province ( le 
Roussillon ) oii Ton pai-le une des langues de I'Es- 
pagne ( le Catalan ) ; mais il n'en a point qui soit de 




langue caslillane ni de langiie ilalienne , si ce n*est 
la Corse, qui est s^paree de la France con tinen tale . 
Nous reviendrons sur cet objet. 

11 y a , au surplus , une distinction essentielle a 
{aire , quant aux limites de la langue francaise , entre 
les langues d^rivees du latin et celles qui out une 
autre origine. 

Le voyageiu: passe d'un village francais a un village 
llamand , allemand , basque on de langue bretonne , 
saus observer de nuances interm^diaires. La transi- 
tion est brusque et tranch^e. A la v^rit^ le deniier 
village de langue francaise ne parle pas un francais 
correct , ni le premier village de la langue allemande 
un bon allemand ; mais c^est plutot parce quails sont 
places Tun et I'autre a Textremite des rayons de leurs 
langues respectives , que par reffct d'un melange des 
deux idiomes. 

11 n'en est pas ainsi lorsqu'on passe d'un pays de 
langue francaise a un pays de langue italienne , ou 
espagnole : ce n^est plus alors une ligne tranch^e qu^on 
franchit , mais une bande plus ou moins large , ou le 
type de la langue francaise , deja altere a mesiu-e qu'on 
apprcx^he des frontieres , par refTet des divers patois , 
contiuue a changer plus ou moins rapidement, tou- 
jours par une succession de nuances a peine sensibles. 
C'est ainsi que Titalien succede peu a pen au proven- 
cal , et le castillan au gascon. Quant au dialecte Ca- 
talan , lequel sVtend le long de la M^diterran^e , k 
travers le royaume de Vidence, j usque dans les lies 
de Mayorque , Miuorque et Ivica , il diflere a tel point 




lO 

du castillan, et se rapproche tellement au contraire, 
par ses caracteres principaux , des dialectes du midi 
de la France , qu'il scrait peut-etre plus exact de le 
rapporter au iGrancais qu'a Tespagnol. Les Catalans 
et les Valenciens regardent eux-memes cette affinity 
de leur langage comme tellement av^r^e, quails ne 
le nomment jamais autrement que langue lemosine. 
M. Raynouard , dans Tintroduction de son ouvrage 
sur les Troubadours , cite un passage de VHistoire de 
Valence J par Escolano, oii cet auteur dit formelle- 
ment que le Catalan est ^ancie^ langage de la Pro- 
vence , du Languedoc et de la Guienne. U fautdonc 
comprendre dans le domaine de la langue francaise 
les pays ou se parle le Catalan , ou bien il faudrait en 
retrancber tout ce qu'il y a en France de provinces de 
langue romane , ce qui restreindrait le francais pro- 
prement dit a la partie septentrionale du royaume. 

C'est aussi par nuances que le francais se confond 
avec ritalien. Ce qui est fort remarquable, c'est que 
le dialecte italien du Frioul , quoique ce pays soit 
fort loin de nos frontieres , ressemble plus au francais 
qu^aucun des dialectes inter medial res. J'ai recu d'U- 
dine des poesies fourlanes , d'un comte CoUoredo , 
imprimees en 1785. On y trouve ( torn. II , p. 129 ) 
des scenes traduites du Medecin malgre lui^ ou cette 
ressemblance avec le francais est evidente. 

Nous avons dit plus haut que le francais et Talle- 
mand ne se sont pas melangds sensiblement sur leurs 
frontieres respeclives; il n'en a pas ete absolument 
de meme de Titalieu par rapport a ri^liemaud. 




1 1 



La langue que parle hi moitic* environ des habitans 
du canton des Grisons , incorpor6s aujourd'hui a la 
Suisse , langue dont on distingue deux dialectes , le 
rumonsch ct le ladine , n'est en plus grande partie 
qu^un melange de mots derives du teuton et du latin. 
Cast ce caractere surtout qui ne nous permet pas de 
comprendre cette langue parmi les dialectes du fran- 
cais. II en doit Mre de meme des patois^ de quelques 
parties du Tyrol meridional , et des ^vech^s de Trente 
et de Drixen , notamment du langage des valines de 
Fossa, Liyinalong , Enneberg , Altey et Gardena, 
ainsi que j'ai pu en juger d^apres les ^chantillons que 
m^euToya , en 1810 , un general qui commandait dans 
ce pays. De ces patois , celui de Gardena serait encore 
le plus approchant du francais. 

Je n^oserais pas non plus rapporter au francais , 
comme sous-espece , la langue des Yalaques et des 
Moldaves (^lingua daco-romana)^ parce que, bien 
que d^riv^e du latin ainsi que la notre , et comme 
ritalien , le rumonsch , le Catalan , le castillan et 
le portugais , et pouvant etre appel^e la septieme fiUe 
de la langue latine, et bien encore qu^elle ressemble k 
quelques egards au francais , notamment dans la ma- 
niere dont elle tronque les mots (1), cette langue 
yalaque di£Gbre de la notre en beaucoup de points es- 
sentiels , par exemple en ce qu'elle met Tarticle apres 



(1) Kxeinpie : lo carUy Jcchante. 

locerce^ Jc cherche, elc. 




12 

le nom , comme le basque et comme les langues scan- 
dinaves : reu4, le ruisseau ; cane-lj le chien^ qm-ulj 
rhomme ; benp-ul-om , rhomme bon ; mama-au , la 
mere ; Jloare-a , la fleur. 

U est difficile , en general , de bien determiner ce 
qui constitue le caractere propre de chacune des lan- 
gues d^riv^es du latin, et cette recberche ne peut 
trouver place dans un travail essentiellement g^ogra- 
pbique comme celui-ci . 

. Je rentre dans mon sujet. L^s d^partemens encore 
francais , ou Ton parle f lamand sur quelques points , 
sont ceux du Nord et du Pas-de-Calais. Le premier , 
pour une partie notable de son territoire , qui avait , 
en 1806, 155,712 ames; Tautre , pour deux com- 
munes seulement , situees pres de Saint-Omer , et 
ayant, a la meme ^poque ,1261 habitans. La popu- 
lation du departement du Nord qui ^tait, en 1806 , 
de 839,833 babitans, ^tant, en i83o, de 962,648, 
la partie flamande de cette population doit avoir 
augment^ dans la meme proportion , c*est-a-dire d*un 
septieme en sus a tres-peu pres , et doit s'^lever k 
present a environ 177,9X0 ames. 

L^allemand a continue d'etre la langue de la Lor- 
raine allemande ( partie des d^partemens de la Mo- 
selle, de la Meurtbe) et, sauf une petite portion, de 
toute Tancienne Alsace (d^partemensduBas-Rbinetdu 
Haut-Rbin). II paraitrait y avoir eu , en 1806 , dans le 
departement de laMoselle, 2 1 8,662 personnes de langue 
allemande , et dans le departement de la Meurtbe , 
41,795. Une seule commune, alors de 609 babitans, 




i3 

^tait de langue allemande dans le d^partement des 
Yosges; enfin le d^partement du Bas-Rhin ayait de 
langue allemande 493,4^2 habitans, et le d^partement 
du Haut-Rhin , 382,000; ensemble, pour TAlsace , 
775,432. — Totalde la population allemande, en 1806, 
dans les d^partemens qui font encore aujourd*bui partie 
du territoire francais , i,o36,498. 

U y avait en tout, en 1806, , 

dans les d^partemens. et aujourd'hui i83o. 

de la Moselle 385, 307. ^o^ji55. 

delaMeurthe 365,8io. 4^3,o38. 

du BasrRbin 509,926. 535,467. 

3* arrond.du H.-Rhin 336, 940. 4^S>74' • 

1,597,983. 1,756,401. 

Ce qui prouve un accroissement de population d'en- 
viron i/io«, et porterait, sauf erreur, le nombre ac- 
iuel des habitans de langue allemande, qui sont dans 
ces departemens, k environ 1,140,000. 

Quant a la population de langue bretonne , elle 
^tait en 1806, dans les parties dela Brelagne ou elle 
est en usage, de 985,558, sur une population totale 
de 1,385,936 qu^on comptait dans les trois ddparte- 
mens de la Basse-Bretagne ; c'^tait un peu plus des 
7/io«« de lem* population totale. 

G^s memes departemens ayant en i83o 1,501,247 
habitans, savoir : 

Le Finistere 702,85 1. 

Les C6tes-du-Nord 370,943. 

Et le Morbiban ^2'jy^53, 




I 



i4 

la partie bretonne de cette populalion doit etre d'en- 
yiron i,o5o,ooo fimes. 

Pai' une proportion semblable , on trouve que la 
partie basque de la population , qui ctait en 1 806 de 
109,306 habitans sur 383, 5o2 (uombre des babitans 
du d^pai'tement des Basses-Pyrenees ), doit etre d'en- 
viron 118,000 ames, aujourd'hui que ce departement 
a une population totale de 412,469 habitans. 

Quant a la Corse , qui forme la seule population 
de langue italienne que renferment nos ddpartemens, 
si les recensemens des deux annees 1806 et i83o 
sont exacts , sa population a eprouv^ une faible aug- 
mentation, (^tant a present de 185,079 babitans, au 
lieu de 174,702. 

En 1806, nous avions recu a la direction de la sta- 
tistique du ministere de Tint^rieur Tindication , par 
communes, de toutes les parties de la France oud'autres 
idiomes que le francais formaient la langue mater- 
nelle des habitans. En prenant la population indiqu^e 
a la meme ^poque pour chacune de ces communes , 
nous etions parvenus a connaitre combien le terri- 
toire francais d'alors renfermait d^habitans de chacune 
des laugues qui y etaient parlies. C'etait au moyen de 
ces renseignemens recueillis avec soin et not^s avec 
scrupule que Ton a marqu^ sur des cartes particu- 
lieres des departemens, et par suite sur une cai'te 
g^n^rale de la France , les limites geographiques 
des difTcrens idiomes , et qu'on avait donn^ dans 
VAnmiaire des Longitudes le tableau qui y a figure 
en 1809 et annees suivantes, tableau qu'il ne sera 




i5 

pas inutile peut-elre de reproduire ici. II est intitule : 
Heleve general de la population rfe V empire (francais) 
selon les differentes langues que parlent ses habitans j 
enonce en nombres ronds et sansjr comprendre les mili- 
taires. II se composait de six articles seulement, et 
c'^tait a ce degr^ de brievete que Ton avait r^duit un 
travail qui avait exig^ des recherches fort conside- 
rables. Void ces articles : 



Langue francaise . 
Langue italienne . 
Langue allemande 
Langue flamande. 
Langue bretonne . 
langue basque . . 

Total g^n^ral . 



27,926,000. 
4,079,000. 
2,705,000. 
2,277,000. 

967,000. 

108,000. 

38,062,000. 



Ces proportions, exactes pourle temps auquel elles 
se rapportaient , ont cessd de I'etre, en ce qui con- 
ceme le royaume de France , par reffet des evdnemens 
de 1814 et de 18 15. Elles peuvent servir neanmoins a 
mettre sui* la voie de la distribution actuelle de la 
population par langues : c'est ce que nous allons cher- 
cher a faire, 1° en retranchant entieremeut de notre 
reley^ les departemens qui ont cesse de faire partie de 
la France; 2^ en comparant la population actuelle des 
departemens du royaume avec celle qu'ils avaient k 
r^poque de 1806. Ce travail, dont il serait superflu 
d'offrir ici les details, nous a conduit aux resultats 
approximati& suivans, appliciibles a ranuec i83o. 




i6 
Sur une population tolale de 3 1, 85 1, 545 ames. 

U peut y avoir daus les limites actuelles 
du royaume , 

De Langiie flamande. . 177,950 

Langiie allemande . 1,140,000 

Langue bretonne . . i,o5o,ooo / 2,671,029. 
Laugue basque. . . 118,000 
Langue italienne. . 185,079 

Enfin de langue francaise dans ses 
differens dialectes et patois 29,180,516. 



Total ^gal a la population entiere . . 3 1 ,85 1 ,545. 

En passant maintenant aux pays de TEiu^pe qui j 
sans etre soumis au gouvernement francais , parlent la 
langue francaise , nous devons indiquer une partie du 
royaume des Pays-Bas et du duch^ de Luxembourg, 
Tarchipel Anglo-Normand, la Suisse romande, laSa- 
voie, le val d'Aoste et le comt^ de Nice. 

Les habiles statisticiens que renferment les Pays- 
Bas ne manqueront pas , s'ils ne Font d^ja fait , de 
nous apprendre dans quelle proportion la population 
wallone est a la population flamingante. Je trouve 
dans des notes recueillies en 1806 qu'il y avait , k 
cette ^poque, 1,096,000 babitans de la langue wal- 
lone dans les six departemens de la Belgique , ou ce 
dialecte ^tait d'un usage vulgaire , soit pour des depar- 
temens entiers, soit pour une partie seulement di 
territoire. Si Ton admet que la population se soi$ 




»7 
augment^e d*un dixiemc depuis lors , clle sera actuel- 
lement , pour la partie wallone des Pays-Bas , de 
pres de i^soOyOoo ames. Chacun sail quels d^bats se 
sont Aleves en dernier lieu sur la question de savoir 
8*il ^tait juste et politique de regarder exclusivement 
la langue flamande comme Tidiome national , et si la 
langue francaise devrait demeurer exclue de tons les 
actes. La rc^sistance apportde aux changemens que 
Tautorite avait k coeur d'introduire est une nouvelle 
preuve que , quoiqu'ils aient cessd d'etre nos homo- 
names J \\s ont conserve ayec nous le lien puissant de 
Yhomoglottie. La ligne qui s^pare dans le nord du 
royaume de France , et dans le sud du royaume des 
Pays-Bas , la langue francaise et la langue flamande , se 
dirige a pen presdirectement de Touest a Test , quoi- 
qu*avec des sinuosites, commencant a Gravelines et 
se terminant a Limbourg , ou elle rencontre la langue 
allemande. A partir du point que nous venous d'in- 
diquer , la ligne qui separe la langue francaise de la 
langue allemande se dirige au sud-sud-est , a travers 
le ducbe de Luxembourg, la Lorraine, la partie 
nord-est de TAlsace et la Suisse , vers Texti-emite 
orientale du val d'Aoste , ou elle rencontre la langue 
italienne. 

La partie de cette ligne qui ti'averse la Suisse et 
la divise en deux parties va , suivant M. Bridel , 
d*aupres de Delemont, ville de Tancien evechd de 
B&le , aujourd'hui du canton de Berne , se terminer u 
la limite su|>erieure du basValais. Les cantons suisses 
qui sont fi'ancais en partie ou en totalitc sont ceux 




(le Berne , de Neuchatel , de Fribourg , de Vaud , de 
Geneve , et la partie inf^rieure du Valais. 

Toute la Savoie est ^galemeot de langue francaise , 
et il y ft stir la lisiere de Pi^mont quelques communes 
dont )e langage est plut6t francais que pi^montais , 
notamment celles des c^lebres valines vaudoises 

Aussi une partie des habitans du comt^ de Nice 
parlent plutut provencal qu'italien. 

Ayant dans ce qui precede suivi les limites de la 
langue francaise sur le continent europ^en , il nous 
reste a noter la population des iles anglo-normandes , 
dont les babitans sont aussi de langue francaise. 
Nousenprenonsle nombre dans le recensemeat officiel 
fait , par ordre du parlement d'Angleterre , eo 1821 . 
Suivant ce recensement , il y avait a cette ^poque 
dans les iles et ilots de ce petit archipel i^A^l ^^' 
bitans , et il n'y en a sui'ement pas moins de 5o,ooo 
a present. 

Si le volume ou nous consignons ces limites doit 
parvenir a la post^rite , elle y puisera des donn^es 
pour savoir jusqu*a quel point les limites g^c^ra- 
phiques des langues peuvent varier avec le temps ; il 
suffirait , pour cela , de comparer la ligne que les 
prefets ti-acaient en 1806 , avec celle qui pourrait 
I'etre a une epoque post^rieure. 

Apres avoir parl^ des limites de la langue francaise 
eu Europe , nous ne devons pas negliger de suivre 
aussi notre langue dans les pays extra-europ^ens oik 
elle a cte portiJe par colonisation ou autrement. 

Elle u^uccuite , en Asie , que les points de I'lnde 




»9 
ou la France a des comptoirs , encore n'y est-elle en 
usage que parmi le tres-petit nombre des employes 
civils et militairesdu gouverneinent, et panni quelques ' 
commercans. 

Les lies de la cote orientale d'Afrique renferment 
une population de langue (rancaise compos^e , ainsi 
cpie dans nos autres colonies , de blancs , de noirs , 
et d*individus de sang mel(^, qu'on peut ^valuer en- 
semble a 190,000; Savoir : dans Tile de France , ou 
Maurice , y compris 7000 pour les iles S^chelles et 
autres de la dependance de TIle-de-France , 102,000 
habitans ; dans Tile Bourbon, qui est restde a la France, 
et dans les etablissemens naissans des Francais a Mada- 
gascar (1), 70,000 ; sur le continent derAfrique, dans 
les Etablissemens du Senegal et de Goree , y compris 
800 employes militaires et civils, environ 16,000 ; 

En Am^rique , savoir : aux iles du Vent ; a laMarti- 
nique , peut-etre 100,000; a la Guadeloupe, avec ses 
dependances, environ 1 20,000 ; a Sainte-Lucie , sans 
parler des Francais qui sont restes a la Dominique , a 
Tabago,a la Grenade, 12,000 : aux iles sous le Vent; 
k Haiti ( Saint-Domingue ) , probablement de langue 
francaise (2) , 65o,ooo : sur le continent de TAme- 



(1) 11 sera Inujours difficile de connafire cxacteinent ic nombre 
des csclaves dans les diffdrenles colonies fran9aiscs , nussi nousnc 
pouvons donner que des approzimalions. 

(a}Untrouvcici, p.9'3,Qne iraduclionde laParaboiede rEnfant 
prodiguc, dans le langagc des negres Creoles du Tori-au Priuccv 




20 

rique du sud ; a la Guiane francaise , environ i5,ooo ; 
dans r Amerique du nord ; i ** aux iles de SaintrPierre 
et Miquelon pres de Terre-Neuve , qui appartiennent 
a la France, 800 ; 2° dans le Bas-Canada(i), sous la 



(i) Ce ne soot pas seuleinent les CanadieDsd^origine francaise 
qui parlent frao^ais, ceite langue a jet^ de profondes racines 
parmi les indigenes. M. Cooper, dans son roman des Pumniers^ 
U II, p. i3, dit (jue lefran9ais est d^un usage commun parmi les 
Iroquois. En voici unc preave que nous tirons de VAnmial Register 
de Tann^e 1826, p. 38. « Au mois d*avril 1828, quatre chefs de 
tribus indigenes du Canada eurenl une audience du roi d^Angle- 
terre, I'un d^eux harangua ce prince en langue frai]9aise. Le roi 
leur r^pondit dgalement en fran9ais et s'enlretint ensuite avec eux 
dans la m€me langue ». Suivant un papier ain(^ricain de i8ao , il 
y a au confluent du Ouicousin et du Mississipi , 5oo rallies au- 
dessus de Si-Louis dans la Haute- Louisiane, un ancien poste 
mililairc nomm^ la Prairie da *Chien , qui fut fond^ par le gouver- 
ncmcnt fran9ais, et 06 celui des Ltats-Unis a mis garnlson. Ce 
lieu est habitd par 3 ou 4oo indigenes qui parlent g(^n(^ralemenl 
fran9ais. 

Suivant le major Long , la iangue fran9aise est parlee par les 
hommes qui habitent entre le lac sup(^ricur et le lac Wlnnipig, et 
au nioins jusqu^au 100' degr^ de longitude k Touest de Paris. Ce 
sont des gens de sang m€ld, qu'on nomme g^n(^ralement rois 
brule k cause de la couleur de leur peau. 

Dcrni^rement y ^CMvai(-on en 1828, il vint a la ville f^ddrale 
des Etats-Unis une deputation de la nation des Winne-Bago. 
Ces envoys haranguerent le pr(^sident dans la iangue de leur na~ 
tion , et leur discours fut rendu en fran9ais par un hommc de sang 
mdl^ des fronti^res do Canada , apres quoi un autre interpr^te le 
iraduisit de nouvcau en anglais. 




31 



domination anglaise , 3oo,ooo ; 3*" le Haut-Canada 
8ur 100,000 habitans peut en aToir de langue fran- 
csSseaS.ooo. 

Outre les descendans des anciens colons francais . 
qui habitent principalement sur le Mississipi at le 
Missouri ( I ), les Etats-Unis ont commence a se recruter 
d^^migrans suisses de langue fi^ancaise qui 8*occupent 
specialementdela culture desyignes. 



Rentrant apres cette excursion dans rint^rieur du 
royaume , nous avons k nous occuper des subdivi- 
sions que la langue francaise , consid(^r^e dans son en- 
semble , y ^prouve par reffet des difiKrentes manieres 
dontelle est parl^e suivant les localit^s. 

Et d*abord se pr^sente ici une premiere division 
presqu^aussi tranch^e y g^ographiquement par Ian t , 
que celle qui s^pare la langue francaise en g^n^ral des 
langues qui lui sont h^t^rogenes. 



(1) A la Nourelle-Orl^ans, suivaot ud voyageur ( SmgUton*s 
Letiers)^ tootes les proclamations ainsi que les papiers publics soot 
imprim^ k deux colonnes , eo aoglais d'un cdt^ , eo frao^ais de 
raotre. Les voyageors qui s'enfonceat k TOuest , dans rint^rieiir 
de rAm^riqiicY ont an tr^-grand besotn de savoir s'ezprhner en 
firaofais, soit poor se falre entendre des habitans d*origine fran- 
caise, soit pour coromaniqner avec les saavages. 

2 




Cette distinction , susceptible d'eti'e tracve sur la 
carte au moyen d'une ligne de demarcation , est celle 
en langue d'Oil et en langue d'Oc ou langue ro-. 
mane , distinction qui fut telle que les Etats de ces 
deux portions du royaume s'assemblerent quelquefois 
s^par^meiit pour voter des subsides. Cette distinction 
a perdu sans doute beaucoup de sa puissance au moyen 
des difF^rentes causes qui ont amen^ , et amenent de 
' plus en plus cbaque joui', la fusion intirae des difif^- 
rentes parties de la France ; telles que rextinction de 
Tautorit^ presque ind^pendante des grands vassaux ; 
la residence au molns temporaire des pairs et des d^- 
put45s 4 Paris; I'attrait toujours croissant du s^jour 
dela capitale ; I'extreme facilite des communications; 
I'adoption d'un codeuniforme substitue a I'empire du 
droit romain ou a celui des coulumes locales ; la longue 
reunion sous les memes drapeaux de militairas pro- 
venant de toutes les parties de la France ; euBu la 
soif des nouvelles publiques qu*on ne peut satisfaire 
qii'au moyen de feuilles periodiques ou d'affiches 
^crittis dansle francais des livres. 

II en etait autremeiit lorsque plusieurs provinces 
formaient des souveraiuet^s a peu pres ind^peudantes; 
lorsque surtout les coiu-s des comtes de Provence et de 
Toulouse donnaient du relief a des dialectes dont Tii- 
sage n'^tait pas alors dt^daign^, et que les beaux esprits 
du temps se plaisaient a cultiver. 
/ Cependant il ne faut pas croire que I'aneantisse- 
mentdes dialectes ou patois soit aussi procbain qu'on 
pourrait se rimagiuer. On ne peut I'esperer que 




23 

de la marche du temps , des progres de rinslriiction 
primaire , et de Tempire lent , mais assur^ , de rimi- 
tation. Cest en vain qu'on espererait h&ter cette revo- 
lution par des mesures administratives et surtout par 
la con train te ; ce qui vient de se passer dans la Belgi- 
que en fournit une preuve frappante. Nous ajoutons 
que tous les efforts de Joseph II n'ont pu parvenir a 
faire adopter la langue allemande dans toute la Hon- 
grie ; ils n*ont fait aucontraire qu'inspirer aux Magiars 
un zele plus ardent pour leur idiome national dans 
lequel on n'^crivait guere jusqu*alors, et qui a fourni 
depuis diffl^rensouvragesde litterature. ^ 

La ligne de demarcation dont nous avons parl^ plus 
haut , et qui s^pare la langue romane des patois du 
nord de la France, commencerait au S.-O. au bord de la 
Gironde pres de Blaye, ou le patois saintongeois confine 
au dialecte gascon; elle sedirigerait, a partir de \kj 
k travers les departemens de la Charente-Infi^rieure et 
de la Charente , vers la partie orientale de celui de la 
Vienna , et vers la partie septentrionale de ceux de la 
Haute-Yienne et de la Creuse ; puis , entrant dans les 
departemens de TAUier, a Test de celui du Puy-de- 
Dome, au nordde ceuxde la Haute-Loire, de TArde- 
che et de Hsere, elle finirait par embrasser la Savoie et 
la Suisse romande. 

Au nord de cette ligne se trouve la region oil le 
francais de la capitale et de la litterature est en 
usage avec des modifications , r^elles sans doute , mais 

• 

li'op peu marquees pour donner naissance u de vdri- 
tables patois. Cette rdgion comprend environ i5 de- 




parteint:ns , dont le cuuli'c paruit clru <iu cote de Blois 
et de Tours , sur les bords de ta Loire , coutrvc ou Ics 
rois de France lireut loog-temps ieur sejour principal. 
Ea allant vers rouest, cette meme region s'^tend jiu- 
qu'aux cunfins de la Basse-Bretagne ; car bieu que 
les habitans de la Haute-Bretagne (auxquels les Bre- 
tons bretounaos donueut le iiom de Gallots) uc parlent 
pas uu francals' bien pur , ou ne peut mettre le leiu* 
au rang des patois proprement dits , ptiisque les ex- 
pressions qui le caract^risent se retrouvent dans les 
auteurs du XV '^ et du XVI^ siecle tels que Rabelais , 
Amyot et autres de la meme ^poque. 

Mais a quelquQ distance au-dela de la Loii-e com- 
mence le patois poitevin usite dans les departemens de 
la Vendee , des Deu\-Sevrcs , et de la Vieune , et au- 
quel succede, comme simple variete, le patois Sainton- 
geois eu usage dans la partie orientate des deux de- 
imrtemens de la Cbarente , dout le surplus est de lan- 
gue romane. 

Un fait digue de remarque , c'est que dans des pays 
essentiellement de tangue romane se trouve una en- 
clave de patois saintongeois , iaisant partie des arron- 
dissemens de Libourue , de la Reole et de Marmande . 
Cette enclave , connue vulgairemeot sous le nom sin- 
gulier dc Gavacherie, est liabite )>ar les descendans 
des colons qui au XV"^ et au XVl"^ siecles y furent atti- 
res de la Saintonge ; quoique cntoures de toutes parts 
d'une population gasconne , ils out couserre jusqu'a 
pr^nt Ieur aucieu langage et des usages particuliers , 
iiouvelle preuve de ce (|ui a ete dit plus baut de la 




2D 

lenteur arec laquelle s'opere sous ces diffi^rens rapports 
la fusion des peuplades , meme lorsqu'elles semblent 
ne ilifierer que par de simples nuances . 

A Test du pays occupe par le patois poitevin se 
trouve le Berri, qui n^a pas de patois particulier; 
mais au de-lA commence , dans une partie du d^par- 
tement de TYonne et de celui de la Nieyrc, le patois 
bourguignon en usage parmi le peuple dans Tancien 
duchedeBourgogne,comme le franc-comtois Test dans 
les d^partemens qui composaient Tancien comt^ de 
Boiu*gogne, ainsi que dans le Montbelliard , et proba- 
blement aussi dans la principaut^ de NeuchAtel. 

Au nord du franc-comtois on trouve le lorrain , 
dit aussi par quelques auteurs austrasien , qui s^dtend 
non-seulement sui* Tancienne Lorraine, et par des 
sous-vari^t^s sur le pays Messin et une partie de la 
Haute-Mame, mais encore dans quelques portions 
de r Alsace. 

Au nord du patois lorrain se trouvent Le picard et 
le wallon (prononcez ouallon). 

On retrouve dans le picard un tres-grand nombre 
d^expressions de notre ancien langage irancais ^ 
on peut consid^rer ce patois comme ayant beau- 
coup inllu^ sur la formation du langage usit^ a Paris , 
auquel il passe par des nuances insensibles en pene- 
trant dans le d^partement de TOise. Du cot^ oppos^, 
le picard passe de meme par degr^s au wallon, en tra- 
yersant le departement du Nord , et partie de celui des 
Ardennes^ et en s^^tendant sur les pixivinces belgiques 
de Toumaisis , de Hainaut , de Namur , de Li<^ge , 




26 

sur une partie du Drabant meridional et sur line per- 
lion du pays de Luxembourg , ou probablement il se 
confond avec le patois lorrain. Le wallon differo 
d*autant plus du picard qu'il s'avance plus loin vers 
Test : celui que pai'le le peuple des campagnes dans 
les pays de Li^ge et de Limbourg est tellement alt^r^ 
qu'on a peine a le reconnaiti'e pour appartenir k la 
langue francaise. 

A cette Enumeration des principaux idiomes qui se 
divisent la langue d'Oil au nord de la ligne de demar- 
cation indiqu^e ci-dessus ^ nous ferons succeder celle 
des idiomes qui appartiennent a la langue d^Oc ou 
langue rom;ine , et pour suivre lameme marclie , nous 
procederons de Touest a Test. 

Nous avons dit que le saintongeois y qui est un ra- 
meau de la langue d^Oil , confinait au midi avec les 
dialectes de la langue romane. Ces dialectes sont , pour 
le departement de la Charente-Inferieure , le gascon , 
et pour le d^partement de la Charente , le peHgourdin 
et lelimousin. 

Ije gascon , qui est le plus occidental des idiomes de 
la langue romane en France , a des traits de ressem- 
blance assez marques avec la langue castillane dont 
le separe Tespace occupE par la langue basque , ainsi 
que lachaine des Pyrenees. On y pent assimiler comme 
sous-variete le patois du Beai'n. 

Le dialecte gascon confine au W. E. au perigourdin , 
qui fait en quelque sorte le passage enlre lui et le 
limousin, et il touche au sud-est au languedocien. 

IjC perigourdin est usite dans le departement de la 




^7 
Dortlogne, sauf une porliou assez considerable de 
rarrondissement de ^ontron , dont le patois est plus 
semblable au limofisin. C'est encore le p^rigourdin 
dont il est fait usage dans quelques parties du d^par- 
tement de la Charente , de la Gironde et de Lot-et-Ga- 
ronne , voisines du Perigord. 

Nous viendrons au languedocien apres avoir parl^ 
du patois limousin qui succede vers le N. E. au p^ri- 
gourdin , et qui forme une avance considerable sur le 
territoire de la langue d^Oil, entre le poiterin k 
Touest , le francais du Berri au nord , et le boiirgui- 
gnon a Test. Ce patois est usite dans le departement 
de la Correze , dans la presque totality des d^parte- 
mens de la Haute-Y ienne etde la Creuse , et dans quel- 
ques portions de ceux de la Y ienne , de la Cbarente 
et de la Dordogne , voisines de Tancienne proyince du 
Limousin . 

Le languedocien et le prorencal, qui yon t nous occu- 
permaintenant, seraient sansdoute au rang des langues 
aaussi bon droit que Tespagnol et Titalien , si les cours 
des oomtes de Toulouse et de Proyence avaient sub- 
siste , et s\ les Troubadours avaient eu des succes- 
seurs d^une ^gale reputation. Les antiquaires italiens 
conviennent que la Provence a eu des poetes avant 
ITtalie , et que ces poetes out servi de modeles aux 
leurs ; mais une contr^e qui cesse de former un etat 
s^pare, etdevient province d'un autre pays, perden 
meme temps ce qui faisait Tillustration de sa langue. 

Le languedocien n^est pas usite seulement dans les 
pays connus sous le nom de haut et bas Languedoc 




28 

et de Cevennes, mais aussi dans le comte de Foix 
( d^partement de rArridge ) et dans les petites pro- 
Tinces de Rouergue et de Quercy ( Aveyron et Lot), 
qui ^taient r^put^es faire partie de la Guyenne.- Get 
idiome , occupant un vaste espace , se subdivise en im 
certain nombre de vari^i^s, entre lesquelles on en 
pcut distinguer cinq assez bicn caracteris^es , savoir : 
!• le langage de TAude et de TH^rault , qu*on s'ac- 
corde a reconnattre eomme leplus doux ; 2"* le langage 
de Nimes ; 3' celui des CcTcnnes , qui passe pour le 
plus pur , notamment dans le d^artement de la Lo- 
aere ; 4* ce^^i de la Haute-Garonne et de TArri^Sge , 
qui se parle aussi dans le d^partement du Tarn , 
dans une partie de celui de Tam-et-Garonne , et meme 
dans une partie de celui de Lot-et-Garonne , ou il 
confine et se m^Ie bientdt arec le gascon ; 5"* enfin, 
celui des d^partemens de TAyeyron et du Lot. 

A Test du languedocien se troure le provencal , qui 
en est s^par^ par le Rhone ; c*est le langage de toute 
Tancienne R'ovence et du comtat Venaissin. II s^^tend 
au-deM de nos frontieres actuelles sur le comt^ de 
INlce , et il anticipe dans une partie du d^partement 
de la Drome sur le patois dauphinois. 

Le patois que nous venons de nommer ( le dauphi- 
nois ) n^est pas usit^ seulement dans les d^partemeus 
de risere et des Hautes-Alpes , et dans la partie sep- 
tentrionale du d^partement de la Drome ; il Test aussi 
dans les vall^s vaudoises du Pi^mont » et anticipe sur 
le provencal dans une partie du departement des 
Basses- Alpes. 




^9 

Au langage du Dauphine succede du cold du 
nord y mais hcn^ des limites actuelles du royaume de 
France , celui de la Savoie , du pays de Y aud et de 
toute la Suisse romande. 

Nous manquons de renseignemens suffisans pour 
oontinuer ^ers Touest la ligne de demarcation k par- 
tir de Geueye , aiin de la tier a la partie orientale 
de TAuyergne. II fiiudrait pouvoir determiner exac- 
temeut k laquelle des deux grandes divisions de la 
langue d*Oil ou de la langue d'Oc doit se rattacher 
le langage des d^parlemens de TAin , du Rh6ne , et 
de la Lmre. Ce que nous ayons pu nous procurer 
au sujet de ces d^partemens n*a pas suffi pour que 
nous osions rien affirmer a ce sujet ; mais nous ne 
d^sesp^rons pas d^y parvenir pour peu que nous 
soyons seoonde . 

C. M. 




« 

VOCABULAIRE 

De la langue rustique et populaire <1u Jura, par M. IVloNMlEa , 
correspondant de la Soci^l^ royale des Anliquaires de France. 

OBSERVATIONS PRELIMINAIRES. 

IL en est des idiomes et de leiirs dialcctes comme des 
couleurs primitives etde leiirs nuances interm^diaires, 
dont on ne pent determiner les bords, parce que 
leur degradation ne s'arretc point. De deux couleurs 
primordiales rapprochees nait une troisieme teinte ^ 
qui n'est pas , a' vrai dire , une autre couleur , mais qui 
est le passage insensible de la premiered la seconde* 
Le glossographe de bonne foi peut nous dire si de tous 
les idiomes il en existe un seul qui soil vraiment pur^ 
tant sont multipliees les causes de leur corruption , 
tant la necessite de se communiquer porte naturel- 
lement les peuples a adopter, deprocheenprochejeurs 
moyens de s'entendre. 

C est principaiement a la frontiere que se font ces 
sortes d'echanges et de transactions. L'hebreu avait 
beaucoup d'affinite avec Tarabe ; Tarabe arec le chal^- 
deen ; le chaldeen et Tarabe durent en avoir avec le 
persan ; le persan avec Tindou; Tindou avec le chinois. 
D^un autre c6te, ce m^me hebreu avaitdescaracteres 
communs avec le syriaque ; le syriaque dut en avoir 
avec le grec d'Asie, et celui-ci avec le grec europeen; 
le grec en avait certainement avec le latin , ct le latin 
avec le celtique. 




3i 

II est clair que si Ton se transportait subitemcnt de 
Vextremite k Tautre de Tancicn h^misph^re, on ne 
trouverait pas de prime abord , dans les langues que 
Tonyparle, des traits frappans d^analogie; mais, ^ 
force d^examen et de rapprochemens , Tobservatcur y 
decouvrirait ^ la fin ces fils prcsque imperceptibles 
quilicnt tons les dialectes les uns aux autres. Le patois 
d'une province rarie de commune h commune , il est 
▼rai; cepenJant , de commune h commune , on se com- 
prend bien. Rapprochez tout h <:oup deux villageois 
qui yivent Ik trente lieues de distance Tun de Tautre , 
ils ne s'entendront pas, et pourtant, de village en 
village 9 de mille en mille, tous les habitans du globe 
s'entendent. 

Le melange des dialectes , etemel ennemi des lan- 
gues, s'etablit de deux manieres tres-sensibles : i^ par le 
voisinage des nations, 2*" par la presence des colonies. 

Parle voisinage. Yoil^ pourquoi Tallemand domine 
dans le jargon des families qui se sont mutipliees sur 
la rive fran^aise du Rhin; le gallique, dans le bas- 
breton; Pespagnol et Titalien, dans les dialectes gas- 
con et proven^al^ sans que Ton puissc ncanmoins 
marquer le point precis ou ces diverses nuances vien- 
nent se fondre et s'effacer. 

Par les colonies. Les Phoceens de Marseille ont in- 
troduit dans leur canton la langue d^Homere; les heros 
du Capitole ont apporte ^ Toulouse celle de Cic^ron. 
Les cobortes romaines , suiviesde nombreuses colonies, 
apres avoir inonde les plages meridionalcs de la Gaule 
et les valines des Allobroges, sont venues flotter contrc 




32 

les flancs du Jura; ct telle est Toriginc des debris qui 
nous restent de IMdiome latin. L'invasion des Bour- 
guignons et des Francs a laisse des traces barbares de . 
tude.sque et de runique dans le langage national. 
Ainsi , cette langue, que des genics sublimes ont ren- 
due imperissable , n'est qu'une brillanle fusion de cel- 
tiquc indigene, de grec, de latin , de tudesque et de 
francique. 

Mais descendons des hauteurs de Pidiome h Thumble 
patois, ou plut6t ( sMI m'est permis de m'exprimer 
ainsi ) , descendons du beau patois de France au mo- 
deste jargon d^une province; et si, pour eviter les cir- 
conlocutions, nous osons encore employer les mots 
trop souvent mal appliques de langue et d'idiome^ 
prdvenons que nous n'y attachons pas Pidee de leur 
puret(^ native, mais Tacccption la plus commune, i 
I'exemple des physiciens modernes, qui, apr^s avoir 
detruit les Clemens , permettent que Ton use encore de 
ce nom. 

Le patois jurassien procede , comme la langue fran- 
^aise, de plusieurs elemens qu'il faut chercher : 

1® Dans Ic celtique , parce que la Sequanie , dans la- 
quelle le departement du Jura se trouve enclave, faisait 
partie de la Gaule celtique ; 

2* Dans le tudesque , parce que les Germains etaient 
voisins de cette contree ; 

3"* Dans le latin , parce que , depuis la conqu^te de 
Jules-Cesar, la province a cte couverte decamps sla- 
tifs ct de colonies italiennes; 




33 

4" Dans le grec , parcc que les Marscillais ont fre- 
quentc Ics bords du Rhdne, auxqucis cctte province 
s'ctendait, et parce que les druides y rcsidaient comme 
dans les auires parties de la Gaule ; 

5** Dans le bourguignon, parce quccetle nation sep- 
tentrionale est venue b^tir des bonrgs et des chateaux 
parmi les chateaux et les bourgs de nos ancetres. 

Notre langue vnlgaire a bien quelqucs termes dont 
Tetymologie s^cxpliquc par des analogues fran^ais; 
mais on ne peut pas toujours dire s^ils derivent de 
ceux-ci, ou si les analogues fran^ais appartiennent eux- 
m^mes h des families de mots cteints : en sorte que 
nous restons dans Tignorance de leur veritable souche. 
Neanmoins , devons-nous admettre que le francais s^in- 
sinue chaque jour dans les campagnes, et que neces- 
sairement il y introduit des neologismes. 

De ce que Ton rencontre dans le ruslique jurassien 
certains mots qui sont communs h Tespagnol , il ne 
faut pas induire que la domination cspagnole nous les 
ait procures : elle n^a dure que 19:^ ans , pendant les< 
quels le comte de Bourgogne n'a cesse d'etre admi- 
nistre par des auto riles cboisies dans son sein. Uscrait 
ridicule de supposer que Tidiome espagnol se fut trans- 
ports comme avcc des ailes, des Pyrenees au mont 
Jura. Cctte langue a des rapports infinis avec cclle 
Sritalie, parce qu'elles sont nces toutes deux du cel- 
tiquc et du latin. C'est done par Torgane de ses sceurs 
jumelles, que nous rcndrions le plus clairement 
comptede laTcssemblancc de certains mots patois avcc 
Tespagnol. 




34 

Puisque noire langiie rustiqiic ct populairc a tanl 
d'affinites avec celle dcs descendans des Celtibercs et 
des Gaulois Cisalpins, il est eyident que sa masse doit 
en avoir conserve avec cclui de Tancienne Rome. Ce 
que je trouve de singulier , c'est que le langage de 
Tanciennc Rome se soit aitere d^une maniere presque 
uniforme, en des lieux si distanslcsuns des autres. 

On demandera peui-^tre sur quels points de notrc 
departement on retrouve le plus de vestiges de tel 
idiome perdu. La r^ponse ne saurait ^tre k la fois 
exacte et laconique. On doit retrouver le plus de cel- 
tique dans les hameaux les plusecartes, le plus de latin 
dans les villages les plus rapproches des voies romaines, 
le plus de tudesque dans les localit^s les mieux forti- 
fiees. Mais tous ces lieux sMsolent, m^me en s'entre- 
mdlant; et tel dialecte qui, dans le principe, y domina, 
a dd se corrompre par des echangcs continuels, inevi- 
table resultat de la frequentation. 

Toutefois, il y a des expres.^ions qui nc sont usi- 
tees que chez les habitans de tel canton , de tel arron- 
dissemcnt. II y en a qui appartiennent exclusivement 
a la montagne, d'autres au vignoble, d'autres cnfm h 
la plaine. 

Quant au genie du langage « et n on pas k ses instru- 
mens, il se differcncie suivantces trois r(^gions prin- 
cipales: la basse, la moyenne, et la haute. Par exemple, 
les locutions bressannesont beaucoup moins de coloris 
que celles du vigneron ; ct ces dernieres , moins d'e- 
nergie que celles du montagnard. Partout le langage 
paraU sc rcsscntir de la nature du sol ; dcpourvu d'i- 




35 

mages au scin des campagncs nivciccs cl monotones , 
riche et varic parmi de fcrtiles cdteaux, rude et severe 
au milieu des rocherset des frimas. Chose surprenanle! 
le Bressan paric avcc une volubilite qui contrastc 
absolument avec la lenieur dc son gestc, et Ic monta- 
gnard, au contraire, a des maniercs vives ct une pa- 
role pesante ; Phabitant de la region intermediaire 
n^est ni vif ni mou dans le discours et dans Taction; 
mais* comme on doit naturellement le presumer , plus 
il est voisin de Tun ou de Tautre , plus il contracte avcc 
lui dc ressemblance sous ce double rapport. 

A ces premieres observations se joignent les rcmar- 
ques accessoires sur les modifications de la voix par- 
lante ; modifications qui etablissent de nouvelles difTe- 
rcncesentre ces trois regions. Par excmplc, on pourrait, 
d'une maniere assez precise, marqucr sur une carte 
geographique Tetendue dc pays ou domine Va; cellc 
ou la plupart des mots ont leur desinence en o; celle 
ou Van sc change en in; celle cnfin ou la mdme syllabc 
se prononce on. Deux mots vont rendre la chose plus 
intelligible. Dans toute la partie montagncuse , on pro- 
nonce ainsi ils s^en allaient c\i;inisinl : i se nd/lavan 
IsanUuU. Dans la Bresse mcridionalc de notre. depar- 
tcment : i se nen allovan chinlani. Dans le canton dc 
Beaufort : is'in allepin chiatin. Dans la Bresse des 
cantons dc Blettrans et dc Seilleres : I son all'icoon 
sonion. 

Quoiquc Ic patois nc soit assujctti nulle part a des 
regies ccrlaines, il a un fond grammatical dontii nous 
reste a fixer les points principaux. Commengons par la 




36 

prononciation de quelqucs lettres dc Talphabet, do 
quelques diphthongues et par Taccent prosodique. 

De r Alphabet. 

La lettre c, quand elle est suivie d'une royclle 
muette, en fran^ais, comme force, patience, se pro- 
nonce ts ou tz en patois, commc fodtsla^ pachientza. 
C^est la prononciation italienne. 

Le G se prononce, de mdme que Titalien, dz. 
Exemple : l^venandze, les vendanges. 

I/iconsonne seprononce aussi (comme dans Titalien) 
dz. Exemple : iou dzardtme , Ic jardinier. 

L pr^ced^ du c ou du P, permute avec V\ voyelle, ce 
qui arrive comme dans Titalien. Exemple : piii kia , 
plus clair. 

s se change en ge selon Toccasion , telle que dans 
mageon , prigeon , maison , prison ; mais i la fin des 
mots il s^adoucit en prenant la prononciation eupho- 
nique du z ou de dz. Exemple : Tseuzou^ chose, 
nom que Ton substitue ^ celui qui ne revient pas 
promptement a la memoire. 

En Composition, la syllabe che se prononce tse. 
Exemple : l^seciau, cheval. 

Tous les mots terminus en a/, et quelquefois ceux 
qui (inissent en el dans le fran^ais , se convertissent en 
au et eau dans le patois. Exemple : aval devient a^au^ 
et autel , outeau. 

OR se change en oa , ou en oui; cor, fr. , coa , pat. 

ERT, en a long : Philibert , fr., Phlibd; ver, vd. 




37 

EXJB, en oux^ ou en ioux : causeur , fr., caousioux. 

Ue ouvert , ou joint h Vi j permute avec la diphtbon- 
gue oi : chandelle , fr. , chandoila , pat. ; bouteille , fr. , 
boiitbiila , pat. ; reine , fr. , roina. 

OI se convertit au contraire en e ouvert dans roi , 
qui «e dit en rustique ri. 

kv a quelqoefois le sod tres-ourert et tres-sonorc de 
Vo espagnol , marquant le pluriel : las negocios. Pour 
raccentuer, noos nous servirons du signe prosodique 
Aneeps (douteux )• 

THiose prononce ITm) : Theodule, Thcophile, Kio- 
dul, Kiofil. 

GLi, comme en italien, se prononce comme deux / 
inouiilcs. Exemple : i gli deu\ il lui dit. On prononce 
'Neilia le nom d'une commune du canton d' Arinthod , 
qui s^ccrit TSegUa; et le paysan dit 5€i£bi/ pour Seigle. 

Dt I Accent prosodique. 

Independamment de ces premieres notions , il est 
necessairc de connaitre Taccent prosodique , qui est 
plus riche dans le patois que dans le fran9ais , attendu 
qu^il est non-seulement grave , aigu et circonflexe , 
mais quHl a conserve la quantite latine. II y a dans le 
rustique jurassien cette syllabe longue , qui rend en- 
core barmonicuse la langiie italienne, et qui est ordi- 
nairement la derniere ou lapenulti^me de chaque mot. 
Pour faciliter au lecteur la prononciation des termes 
que nous avons recueillis , nous aurons soin de noter 
leujT quantiti^ , tontes les fois qu'il sera necessaire. 




38 

II y a deux rcmarques esscnliclles a faire a cette oc- 
casion, c'est : 

I'Ausujetdc rafinatqui, n'otant ni brcf ni long, 
doit expirer eiitre les levrcs , commc Va Bnal italien. 
On pourrait I'appclcr a muet. 

1* Au sujet de Ve qui , n'etant quelqucfois ni ferme 
ni ouvert , n'est pourtant pas muct eo patois. Exemple : 
sa pdinafds'e ind poina. Ici l> sans accent doit se faire 
. scntircomme-dans le corps d'un vers fran^ais, quand 
le mot suivant commence par une consonne : nous 
n'avons dans notrc grammaire aucun signc pour en 
representer le son. 

Passons maintenant aux noms, aux articles et aux 
pi-onoms. 

Des Noms. 

Ceux qu'en terme dc versification nous appelons 
de rune feminine , parcc qu'ils sc terminent en fran- 
^ais par un e muet, prennent en rustiquc leur desi- 
nence en ou, pour le genre masculin , et en a, pour 
le genre feminin; ce qui se fait h peu pres de m^me 
dans I'italien, ou Vo et Va final marquent, generale- 
ment parlant, les deux genres^ et qui a sa source dans 
le latin, oij la terminaison en ous designait le plus 
souvent le masculin et le neutre , et en a le feminin. 
Ainsi I'on dit au premier genre en patois, aimou, esprit, 
que les Latins rendaient par ant'muf, et que lesltaliens 
rendent par ammo. On dit au feminin, en patois, 
arma, ^me, que les Latins appelaient et que les Ita- 
liena appellent encore <int/na, et les Espagnols alma. 




39 

II y a poiirtaiit dcs exceptions a cette regie, et ces 
exceptions decelent un nouveau rapprochement avec 
ritalien et avec Tespagnol ; car la plupart des noms 
qui, dans ces deux langues, se terminent par un e, 
comme padre, madre, finissent aussi par la m^me 
voyelle dans le patois jurassien, pdrcj mare. 

Les substaiitifs et les adjectifs du genre masculin ne 
difi^reiit pas du singulier au pluriel pour Toreille; ils 
ne different qu'^ rceii en prenant T^.Exemp. : onmd- 

4 

clou, une tige de chanvrc qui porte graine ; tre mdclous, 
trois tiges de chanvre. 

II serait superflu de faire observer qu^il en est ainsi 
des noms qui finissent par des sons pleins, telsque 
marfan , marechal ; greffiouy cerise ; ecoiisseri, un bat- 
leur de ble ; deirau, hache de bucheron; bua , lessive ; 
brecin, racine de buis; etc., etc., qui font au pluriel, 
sans changer de sons , mar fans , greffions , ^cousseris , 
detraux, buas, brecins. 

Quant aux noms de rime feminine et.qui sont du 
genre feminin , etant termines en a au singulier dans 
le patois, ils se distinguent au pluriel par Va; latin et Ve 
italien. Ainsi na/enruiy une femme, fait au pluriel de 
le/erme'f ou Ve final est demi-ferme. 

Des Articles. 

L^article se decline <5galement : le masculin fait au 
singulier : nom. et accus. lou et lo; genit. de, dou; dat. 
alueXau; tandis qu'au pluriel il fait : nom. las , lous^ 
las; genit. das , dos; dat. as, es, 

3. 




4® 

L^article feminin fait au singulicr comme en frangais, 
ct au pluriel de la maiiieFe suinrante : nom. Jes; ^enit.de 
les ; daf . es et aUes. 

Des Pronoms. 

Le pronom personnel je, tii, il, elle, nous, vous, 
i]s, elles, se traduisent en patois par dze et dzou; te 
ct tou; i et el; alle et lui; nbs ct rio ; vos et vo; i et gli 
ou /', enfin fe. (Voyez-en Tapplication dans la conju- 
gaison ci-aprfes des verbes Sire et ai?oir, ) 

Le pronom conjonctif me, te, lui, leur, fait quel- 
quefois en rustique mi. ti, gli {gli se, prononce comme 
en italien) et liouxy cxemp. : Dze mi marie mardi; i 
gli dezi; Je me marie mardi \ il lui dit. 

Quand deux vous se suivent, celui qui est le regime 
se change en 5^, exemp. : vo $& gaguidiSf vous vous 
gardez. 

Le pronom demonstratif ce, celui, celle, celte , 
celui-ci, celui-lJi^ cela, 9a, ceci, se traduisent ainsi : 
sluy stiy siila, sta^ slay Viniquey laniquCy ganiquey 
fan; exemples : slii tseciau, ce cheval ; stild qu'a /a 
fan, celui qui a fait cela; sta vouiira de/enna, cette 
mechantc femmc. 

Des P^erbes. 

Le patois admet une ccrtaine conjugaison dont on 
pent donncr la clef en indiquant en general de quelle 
manicre les modes des verbes font varier le meme 
mot* Ces variations ne se font bien remarquer qu'aux 




4i 

imparfaits et plusqueparfaits dans les verbes regiiKers , 
et du singaKer au pluriel dans toutes les conjugaisons. 

La conjugaison des verbes auxiliaires suivans en four- 
nira une id^e suffisante. 

OTOJUGAISON DU VERBB £tRE. 



En Pjrrois. 



EIn F£aN9A1s. 



Indicatif pr^. Dze suou dzesie^ Indicatif pr^s. 

Tes, 
Vttt oo V6t \. 

Nd silly 

VdsieU on vos ^ie^ 

{sieUy iul. )f 
iomU son, 
ImparfaiL • . Dt'dra ou dz'eioL Imparfait. . . 

Vira {eraty lat), 

Noteranj ou dteran^ 

Vas iron , 

V^ran (eranij lat.). 
Piit^l. . . . Dctf/oiijOWJatioetPr^t^t . . . 

italien), 

Nofouimes [fuimus^ 
latiD ) , 

/ou !efoiuront(Jue~ 
runt). 
Fvtor DzesdunUy Fatur 

Te sauras, 

I sdurdj 

Dze ou nd saurlnsy 

Vdsaurtty 

Lisdurdm. 



Je suis , 
Tu es, 

U ou elle est , 
Nous sommes , 
Vons 6tes, 

lis ou elles soot. 

Tu ^Uis, 

U ou elle ^tait, 

Nous ^liODS, 

Vous ^liez, 

lis ou elles ^taient. 

Je fus , 

Nous fftmeSf 

lis ou elles furent 

Je serai y 

Tu seras « 

11 sera. 

Nous seroDSy 

Vous serez, 

lis on elles seroot. 




Imp^ratif. . . S^y 

Salens, 

SabjoQCtif . . Que die seye^ 

Que testes^ 
Quo sot^ 
Que dze salens y 
Quo sou sa0n, 

Imparf. cond. NS sauriens^ 

I saurian. 



42 

Imp^ratif. . . Sols, 

SoyoDs. 

Sabjonctir. . . Que je sois , 

Que tu sois 9 
Qu*il soit , 
Que nous soyonsy. 
Quails soient. 

Imparf. cond. Nous serious , 

lis seraient. 



Pr^t^rit. . • . Que dze/ouisse y etc. J Pr^Urit. . . . Que jefusse, 

Quofouisse, etc, Qu'il fAl. 

Infinitif. • . • JEtroii. Infiuitif. . . . Etre. 

CONJUGAISON DU VERBE AVOIR. 



En Patois. 




En FRAN9AIS. 


lodicatif pr^. Dz'hd ou dz'hej 


ludicatif pr^. 


J'ai, 


Thds, 






Tuas, 


L'hat ( Crftse du lat. 






11 ou elle a , 


habet)y 








Dz'hemSj 






MousaYOQSi 


Vos hete. 






Vous avez , 


^ Vhan{hanno^ ital.) 






lis out. 

1 


Imparfail . . . D^hdQeoou ^ on dz* 


Imparfait . 


• • 


J'avais , 


hdodt. 








T'hdpeQa, 






Tuayais, 


VhaQCQa ( habebat , 






11 ayait, 


lat. aoeQO ital. ) 








Dz^hdQiens , 






Mous avions. 


Fas hd^tQi , 






Vous aviez , 


UhaQeodn {ooeQanOj 






Us avaieot 


ital.) 








Tempscomp. Dt'hdondze dw^ dii, iii. 


Temps comp. 


J'ai eu , 


T'as apa, etc. (oputoj 






Tu as eu, elc , etc. 


ital.), etc., etc., 









G 




Fatar 



Imp^ratif. . 
SubjoDClif. . 

Imparf. cond 



In6nitif. . . 



Dt^hdrai , 

Thdrd, 

L'hdrd , 

DihdrtnSn, 

Fos hdrins , 

L'hardn. 
. HdlUe, 
. Que d'haiiH)u , 

Que VhdiUdn. 
. Dzhdre, 

Dt'hariens , etc. 
. Que dt*hussoii , 

Que nos hussian, 

Quos hussan, 
. Hdifc ou HdifS% 



43 

Fulur. 



Impi^ralif. . . 
Subjonctif. • . 

Imparf. cond, 

Printer it. . . . 



iDfinitif. . . 



J*aurai« 

Tu auras, 

II aura, 

Nous auroDs , 

Votts aurez , 

lis ou elles auront. 

Aie. 

Que i'aie » 

Qu'ib aient. 

J'aarais. 

Nous aurioDS. 

Que j^eusse , 

Que nous cussions, 

Qu Us eusscnt. 

Avoir. 



Des Phrases. 

Quclques mots sans suite, cites pour cxemples dans Ic 
cours de ce preambule , ou entasses par ordrc alphabeti- 
quedansunvocabulaire, ne sauraientsuffire pourdonner 
line juste id^e du patois qui fait Tobjetde nos recherchesy 
de m^me que Ton ne connait pas tout-i-fait unc languc 
par sa sjntaxe et par son dictionnaire : il faut etudier les 
constructions « ses tours; il faut, en un mot, Tentendre 
parler et la voir ecrite. 

Afin de mettrc, autant qu'il est possible, le lecteur a 
m^me d^apprecier le rustique jurassicn, rassemblons sous 
ses yeux quelques fragmens de chansons quisoient la na'ive 
expression de la pensee et des sentimens, en pla^ant en 
regard lenr traduction litterale. 

Par cellc-ci , une jeune bergere des montagncs de Saint- 
Claude exprime ingenument le desir d'avoir un amant, 
commesasoeur ainee, et ses vocux sontcouronnes.Cette 
petite idylle ue manque pas de.fraicheur, quoiqu'elle ne 
soit pas un modele de style. 




44 



Viai cdif ptiii maduicn ; 
Vinij que dte tu caressa ! 
Que n'S-ie berdu mignon , 
Per que seye ia mUressal 
Vd cunun wa gremd sSradu 
On gfi dSt mom ma gnHUeta ; 
Md per md quin na d^laoii 
D'etrou iomdz iruH piUta ! 

Cau pdu ddfi jfUin bdsson ^ 
IsoiUchipir^/eiHeta, 
On drolou dd$ pUk mdgnon 
Qui gU iiti ma gaeiileta, 
TM m'imdiilid di fan 
Le resiX biu IntridUta^ 
Quind le visd , qudqu*^fdn , 
Qui ne'rd truitpiUta, 



y iens ^ moi , pelii mooton , 
Viens que je te caresse ! 
Que n*es~ta berger mignon , 
Pour que je sois ta mailresse t 
Vols comment ma grande soeur 
On lui dit nom roa poulette ! 
Mais pour moi quelle douleor 
D^^tre toujoBTs trop petite. 



Cach^ derri^re on 
li sortit pour la fillette , 
Un Lcrger des plus mignons 
Qui lui dit ma ponletie. 
Touie ^erveiU^e de fa, 
Elleresta bien iaterdite 
Quand elle vil, quoiqu^enfant , 
Qu^eHe n^^tait pas trop petite. 



Le cooplct suivant, d'une autre chanson montagnarde , 
n^a rien de gracieux ; mais il y respire quelque chose de 
sauvage et de sombre qui caracterise Thabitant des m^mes 
climats. 



On dzor d*ddirri 
Qui Id nd pdld 9m ^ 

Lds ouazis de ny 
Caairout se rcdxpi. 

I n sam butdi 

Toi in ouna chd, 
Quand £ se volaian pdsd^ 

Crwhdn non prd; 
Et quand dtird de coiUd ladu , 
Uou chd mi fossa padu. 



Un jour d^automne, 

Que la neige voulait renir, 

Les oiseauz de passage 

Pens^rent se r^uir. 

lis se sont mis 

Tout en une troupe. 

Quand ils se voulaient poser , 

lis couvraient un pr^; 

Et quand j^allais du cAt^ leur 

Leur troupe me faisait peur. 



Les amours du Bressan me semblent passablement bien 
rendus par la romanceque je yais transcrirc : on y re- 




45 

connattra la bonbomie qui fait son caract^re distinctif, 
ct Ton remarquera comme son langage plus efTdmine se 
prete znieux h la tendresse que celui du montagnard* On 
passcra volontiersa une muse villageoise quelqucs taches 
el: quelqucs coups de pinceau donnes de trop dans le por- 
trait d*ane Egle bressanne. 



Quin dz'er'dmo de md Liaudin-na, 
Dun n^ mn!g6(*'d mins dt^sts; 
Sd poin-nd/as^ bin ma poin-na , 
Seus pldisis erdn mins pidisi:i. 
Nd sff dtsi^ns swin Vion Vdtrou , 
Que no se n'dmrriens tdrzous ; 
Me , vour-indret , tin eime ndtrou 
Ududtn-na eubli n^uUs dmous. 



Quand j^^lais aim^ de ma Claudine, 
Kien ne inanquait^ nits desirs; 
Sa peine faisail bien ma peine, 
Ses plaisirs ^taient mes plaisirs. 
Nous nous disions souveni Fun a Taatre 
Que nous nous aimerions toujours ; 
Mais , a present , elle en aime un autre, 
Claudine oublie nos amours. 



IMt Idd matin d Id prelid 
Nd mt'nui^and neutes mautons , 
Dz'ird chetopres de ma mid; 
Le comminchoif*nd chinchon, 
Aptd*dpre f/tn no dinchwany 
In nd t^gnant ios doito^ mdnSy 
AUiegrous ieus maouions Siiiwan ; 
Me nd ne vOns pd mais iusdn. 



D^ le matin , k la prairie , 
Nous menions nos moutons; 
J'elais assis pr^s de ma mie ; 
Elle entonnail une chanson. 
Puisapres cela nous dansions. 
En nous tenant les deux mains. 
Joyeux les moutons saulaient ; 
Mais nous n'allons plus ensemble. 



La loiipid m^gnon , les mans blince^ Elle ale pied mignon , les mains blanches^ 



Loupe tdrzou bin trcndtd; 
Uk iota prin-md su les htnce 
Et^ md fidny brdsHimin mendo, 
LV revdillid commtn nd rattd , 
Et chmtou coymm*on russigncu. 
Oh m^y cela villaina sattal 



Les cheveux toujours bien tresses ; 
Elle est toule mince sur les hanches 
Et, ma foi, joiiment mise. 
Elle est reveill^e comme one souris , 
Et chante comme un rossignol. 
Oh mais , cette cnielle trattresse ! 
D'un autre die fait le bonheur. 



D^eim dtrou lefd lou bonheu. 

En passant de la Brcsse aux collines, on passe du me- 
lancolique ^ Tcnjouc, et Ton est stir que le motif des air» 




4« 

chantes s'y accordc nalurellement avec les paroles. En 
effet la liqueur vermeille semble y colorer le discours, el la 
gaietc qu'elle inspire y dessiner des scenes grivoises pour 
les Teniers- II existe une chanson assez piquante, compo- 
see par M. Chevassus, vicaire de Domblans, vers Tan 
1783; je n'cn rapporterai que dix couplets. C'esl un dialo- 
gue enlre deux commeres mecontentes de leurs maris. 



LA MARION. 



MARIE. 



Quemdre , veni dtdoo mc , x 

Dze pclerins on pouo le gue. 
iSet^ moun soiUait, se vopi/iit; 

Dze rih^gnon que vo 

Que ste moun recouo. 
Moun die! bdiilt-me Id pdttenfa , 
Poll nopals me damni d^aoo HI 



Comm^re , venez avec moi , 

Nous parlerons ud peu les deux. 

Soyez ina consolation , s^il vous plait ; 

Je u^ai personne que vous 

Qui soil mon recours. 

Moil Dieu! donnez-moi la patience. 

Pour ne pas me damner avec lui ! 



Ndt^ n'houmdu mS cue de cos ; 
Loii v^kd que s*en vat au bos; 
I ne toum^rd que 0ntdl; 

Dz'hdrins bin loii temps 

D'e vo conte fan. 
Ouais y die! qu^ dz^ sue a pidindre! 
S'on m'husse au moins toudju le cO! 



Mon raari rae tue de coups; 

Le voila qui s*en va. au bois ; 

11 ne reviendra que tantdt . 

J^aurai bien le temps 

De vous conter cela. 

Ouais, mon Dieu! que je suis^ plaindrc! 

Si on m^avait au moins tordu le cou ! 



LA GREBOTIE. 



LA FEMME GREBOT. 



Lou notrou/d bin oncopis ; 
TUgmns-lau bin sii loii tapis ; 
dzegli rifponds , pd depit , 

Ton/ qu'au darri mout , 

A cell polioux. 
Ne se m^rirot pat nd fiUla, 
Se sdiftiHin fan aue dze sdis. 



Le mien fait bien encore pis ; 

Tenons le bien sur le tapis ; 

Mais je loi r^ponds , dans mon depit , 

Jusqu'au dernier mot, 

A ce pouilleux. 

II ne se marierait pas une fillc , 

Si elles savaient ce que je sais. 




47 



L'autrou des dzous^ s'en rei^egnitnt^ 
I stmbiSo'on c^kpUflincant ; 
I tseztpoungue deiHint 

Vera bin tant san , 

Quon V if rot crufao, 
Sdbdtiii bin tant ndtd podtcha , 
Vui?nt du cmUidts ongondsl! 



I/autre jour , s'en revenaDt , 

II rcssemblait k un coquelicot ; 

11 tomba par ici devant. 

II etait si sdul , 

Qa'on TeAt cm fou. 

H secoua si fort noire porle , 

Qu^il Touvrit du cdt^ des goods ! ! 



LA MARION. 



MARIE. 



Y ^stU qui crdme iau Idchidu ; 
L*d seume iou vin de Chdikiad ; 
Va vendu tant qu'ti notisjiaux , 

Ma croix , mon miton , 

Pou Ih boire a Udn. 
Dze n'hins pu ran que des gueniiles; 
Notes p^tdts san t»mt bidu-nuds. 

B/Td tout reveu'iii moun ttgnon , 
Poutchant dze nos hd di e grion. 
Ine me dit dzamais moun gnom : 

I me dit touHion , 

I me dit souii/on, 
Jot.tpte lesfeilles san des grands bites 
D'acouU les loUgn desgachons! 



Cest lui qui ecrdme le lait; 

11 a bu le vin de Ch^leau-Chalon ^ 

II a vendu jusqu*a nos fl^aux , 

Ma croix , mon manchon , 

Pour les boire «i Lons-le-Saunier. 

Je n^ai plus rien que des gueniiles ; 

Nos enfans sont touf nus. 

II m'a tout ddait mon chignon , 

Pourtant je ne Tai dit k personne. 

11 ne me dit jamais mon nom : 

11 me dit tolion y 

II me dit souillon. 

Dieu! que les (illes sont degrandesb^tes 

D^^couterlescontesbleuxsdcsgar^ons! 



LA GREBOTTE. 



LA FEMME GREBOT. 



gnesd ! gkmdgnesd que t*e ! 
QuS {has bin trap d'humiUtl ! 
Ne sins nd pais d^egaiitS? 

Prends-m 'on trdt de bos , 
Rouche su soun dos! 

1 t'en/d pis qu*k nd seroanta : 
Ei'oblidua d*ctrou soun troutson. 



O niaise ! graude niaise que lu es ! 
Que tu as bien trop d*humilit^! 
Ne sommes-nous pas ^aux P 
Prends-moi une bC^che , 
Frappc sur son dos ! 
It t'en fait pis qu'ii une serfaote . 
Ei-tu oblig<^c d'etre son torchon/ 




48 



LA MARION. 

Euest ran gu'on vue quenila: 
Quandefaui que nantisse on ta , 
(^Si i^ sdifCifou ) moun gdid 

Ui^rou soun gousie , 

L'i pis gu'oun souchie. 



MARIE. 



Ce n^est rien quW vieox cuisfre ; 
Quand il faut qu^il nantisse on liard , 
( SI tu savais ) moo gaiUftrd 
Ouvre son gosier, 
II est pis qa*im soixier, 
Nd peurdjeille queprend n'yorougne , Une pauvre fiUe qui ^pouf e on ivrogne, 
Quel se met bin la coddge u co, Se met bien la corde au con. 



LA GREBOTTE. 



LA FEMME OREBOT. 



LoH min-nou s*en venis a set, 
Et quefait-o ? define vouet ! 
Le veki que me saute au pouet ; 

Sans ran , sans siidzet , 

Brise moun buffet..^ 
Vofiisf* le groin iotpien de gouilla, 
Et Vera tut debOuteni. 

DzS m^ mit a le rebouri , 
Etgli me voullwa tan-ni; 
Oh! dze lefis bin rcc&lS, 

I vouide VhoutaUy 

Dzi^ m'en vd de fouo; 
Aqo mounfregon dzi lefregonne; 
S'enfoui dremi vd loii ca'ion. 



Le mien s'en vient hier au soir , 

Et que fait-il f devine Yoir ! 

Le voila qui me saute auz cheveuz; 

Sans raison, sans sujet, 

Brise mon buffet.... 

II avait le visage tout plein de bone, 

Kt il dtait tout ddboutonn^. 

Je me mis a le repousser , 

£t lui me voulait battrc ; 

Oh 1 je le fis bien reculer. 

11 sort de la maison, 

Je m^en vais dehors ; 

Avec mon grappin je le harcelle ; 

11 fut dormir avec le cochon. 



Eniia Tenons au niateriel de cet ouvrage. Onze cents 
articles, je le sais , ne sont pas suffisans poor former le 
yocabularre de lalangne rustiqued'un departement : aussi 
suis-je fort eloigned de croire qu'il sera complet, lors 
m^me que je lui aurai donne un supplement de volume 
egal » dont je continue h rassembler les materiaux 




49 

Non-sculement j'ai recueilli des termes rustiques, 
mais encore je n^ai pas du negliger les expressions qui 
aont dans la bouche du peuple des viiles. Les premiers 
se font reconnaitre generalcment par des desinences en 
a, en i\ en o, et en ou, qui sont peu familicres au 
franfais (^merenda^ senedzi^ buiOy mdlou). Les se- 
condes ont une physionomie fran9aise, telles que ran- 
casser, greuse, colloyer, iraige, met, harpe , /arot j 
conf&on f etc. 

Quand un mot baroque n^a rien qui le distingue , 
j^ai quelquefois soin d^indiquer s^il appartient a la 
langue vulgaire des viiles ou a celle des hameaux, et 
s^il m^arrive de ne pas indiquer sa source , c^est quand 
elie se decele d'elle-meme, ou quand le lerme est 
commun aux deux classes : tels, entre SLuircs^Jichery 
faoioles , quela , brenoi , brave , jeu , vocre , vicanl , sup^ 
per^ tdU^ groider^ rdcle , etc. 

Je me suis applique a determiner les deceptions d'unc 
maniere precise , etmome, suivant la nccessitc, j'ai 
rapporte des phrases entieres , afin que Ton saisit 
mieux le veritable sens du mot. 

Quant aux etymologies , lorsqu'elles m'ont paru dif- 
ficiles a indiquer, je les ai abandonnees ^ lasagacitc 
des savans; et, lorsque je les ai senties douteuses et 
trop conjecturales, je ne les ai proposees que sous la 
forme dc Tinterrogation. Toutes les autres me sem- 
blent assez dairement expliquees par le rapprochement 
que j^ai ctabli entre les mots patois et ceux qui leur 
correspondent dans les langues mortes et les idiomes 
ctrangers. Au surplus, qu^est-ce qu'un patois, si cc ne 




5o 

sont pas les debris des anciens dialectcsP Combicn dc 
locutions Tulgaires ct provinciales nc sont qu^in 
fran^ais surann^ , qui etaicnt autrefois dc la flcur du 
laogage P 

Bien que je ne me rencontre pas toujours du sen- 
timent de Bullet , que j^ai consulte, et dont les re- 
cherches sont assez mal appreciees dans sa province, 
je me plais k declarer que j'ai souvent ^prouvd la plus 
vive satisfaction i trouver dans son dictionnairc le type 
des mots patois dont j'avais ^ scruter I'originc, sans 
qu'il ait pourlant songe a les comparer au celtique. 
On en aura la preuvc en lisant dans men Vocabulaire 
une foule de termes , parmi lesquels ceux-ci : pibl, 
crianle , prin , rabater , gargasse , qumzon , triquoises, 
be'chouet , rouanniera , peui , soulier , grapaier , prou , 
iale\pi/lon, etc., etc. 

Sans altaclicr trop d'imporlance h ce genre de re- 
cherches, je crois pourtant devoir me justifier aux 
yeux des personnes qui tirent un meilleur parti de leurs 
loisirs , d'avoir employe quelques mois a recueillir et 
^ interpreter plus d'un millier de termes rustiques et 
populaires , que Ton pouvait bien , sans prejudice pour 
ta science, laisser dans Icur etcmelle obscurity. J'ai 
pressenti (car j'avais d'abord pense de m^rae) qu'une 
semblable occupation serait jugee on ne peut plus fu- 
tile , ou au moins du plus faible inter^t ; mais d'autres 
personnes , et je puis dire des savans m^me , y mettent 
plus de prix, ct m^ont fait ceder sans peine i leur sen- 
timent. L'Instilut , au lieu de dedaigner dc pareils tra- 
vaux , les recherche ; la Societe Royale des Aotiquaires 




5i 

de France leur acconle Thonncur dc Tinsei tion dans 
la collection de Memoires qu^ellc public; etc]uand le 
gouvemement donnait des ordrcs pour la redaction 
d'une statistique de chaque departement, il recom- 
mandait par des circulaires speciales la partie relative 
aux patois locaux. 

A I'aide de ces sortes de recueils ( si chaque province 
fournissait le sien ), les savans , renon^ant aux conjee- 
tares ( car les rapprochemens les font disparaitrc ) , 
parviendraient a recouvrer la langue celtique et a 
decouvrir les racines inconnues de nos mots fran^ais : 
ils arriveraient m^me , en consultant les vpcabulaires 
de tous les pays, a la langue primitive. Le dictionnairc 
de notre savant compatriote Bullet, que TAcademic 
accueiliit avec distinction , est une preuve de ce que 
J'avance , et merite d'acquerir tous les jours plus de 
valeur. 

A. 

Aboffer (s'), v. r. Sc divertir, fairc des contcs 
plaisans. Le paysan prononce saboffa. — Buff are ^ 
ital.9 dire des bagatelles. De la notre mot bouffon. 

AccREPiE (a T)! Grides enfans qui, au sortir de 
Teglise, suivent les parrains et marraines, pour leur 
faire jeter des dragees ou de la petite monnaie : les 
enfans s* accroupisseni pour ramasser ce qu'on leur a 
jete. - Croupe^ fr. ; cropa^ celt. ; cropian , celt., ram- 
per; cropai, celt., crochu. 

AcucHER, v. n. Combler, terminer en pointe. — 
Acuere^ lat. 




52 

AcuDRE, V. a. AigiiiUonner. — ^cus^ lat. Acudre 
s^emploie aussi pour aller en avant et pour jeter. 

Aderri, s. m. Automne^ en patois de Sept-Monccl 
et de Saint-Claude. Si ce mot ne signifie pas Tarriire- 
saison (a prep. , derri pour deire , arriire , en celtique) , 
il fait allusion aux oiseaux qui abondent en cette saison : 
aderyn , oiseau ; adara , chasse aux oiseaux , celt. 

ADON,adv. de temps. Jusqu^a present. — ^^i^uc, latin. 

Adrugeons, s. m. Pellicules qui enveloppent les 
plumes naissantes des oiseaux. Le paysan prononce 
adrudzon. Au figure quitter ses adrugeons , prendre son 
cssor , devenir assez raisonnable pour se conduire soi- 
m^me. — Ce mot est en partie compose d'adaren , celt., 
petit oiseau. 

Afler (s' ), V. r. Se dit du vin et des liqueurs qui 
deviennent ^pres ou fades par Tevaporation. Ce vin 
s'est dflf^^ on n'a pas eu soin de le tenir bouche. — 
Ajlan^ celt. , moisi, ranee; a/r, celt., mauvais. 

Aga, interj. Vois, voyez! Ce mot est corrompu de 
aregarde , qui se dit provincialement pour regarde , en 
ajoutant un a par prothese. Dans lesarrondissemens de 
Dole el de Poligny , on dit ogot. 

Aglettkr , V. n. Agglutiner. 

Agrile, s. m. Houx, arbrisseau. Le paysan pro- 
nonce agrllou en laissant mourir la diphthongue ; et^ 
quand il veut franciser , il dit augrile. 

A'i\ V. n. Aller. Use dit de meme k Timperatif pour 
stimuler. 

Ai\ AiET, adv., partie. d'affirm. Oui. Inversion du 
celt. Y^^ ^^ Tallem. ia ou corruption du lat. ita. 




53 

AiGUE, AIGUIA, EGIJE , EDiA , s. f. Eau. — At'gue, celt. ; 
agua^ esp. ; aqua ^ lat. Ccs mots varicnt suivant los 
localitcs. 

AiGNEAUy s. m. Anncau a mettre au doigt. 

AmiA, s. m. Battue de ble dans Taire. Ce mot 
est employe metaphoriquement dans cette phrase : Lcs 
innemis son tumb^s iaui d'n^airia , les ennemis ont 
^te battus dans un seul combat et completement. 

AiSEMENS, s.m. Vases, vaisselle don ton se sertjour- 

nellemcnt. •— Ais^ cellique latinise dans le moycn 4ge, 

» 

par aisamentum , aisance. 

Alliegre, adj. Agrcable, gai. Lou tirnps est prou 
alliegrou, le temps est assez agreablc. Cela nwala al- 
Uegre lot neuion pat; cette nouvelle rejouit tout notre 
pays. La premiere phrase est en patois du vignoble ; la 
seconde est en patois bressan y des environs de Saint- 
Amour. — Alegria, celt.; allSgresse^ fr. ; allegro, 

italien. 

Allumer, v. a. Allunier quelqu^uriy eclairer sespas 
dans Tobscurite, le reconduire dans I'escalier avec la 
huniere. — lUuminare , lat. 

AMRRlLLOTy s.m. Nombril. — Umbilicus, lat. 

Andin, s. m. Chenety en patois de Tarrondissement 
de Ddle. — Andena, celt. ; landierj fr. 

Angons , s. m. Gonds d'une porte. — Ce termc pa- 
rait appartenir ^ la langue francique : Vangon, chez 
lcs Francs , ctait un fer de lance avec lequel le gorut 
a quelque ressemblance. Ang^ celt. , courbure. 

Applets , s. m. Une paire de boeufs mise sous le 
joug. Applier des boeufs, c'est les atteler a la charnic. 
— Bo^s applicare , lat. 

Appondre, rappondre, apponser, rapponser, v. 

4 




54 

a. Ajouterii quelquc chose cc qui l^st n^cessaire pour 
completer sa longueur. De ces mots est derivd rap^ 
ponse 9 s. f. , ce qui est ajoute : cette robe a besoin 
d'une rapponse^ car Tenfant a grandi. La corde a ete 
rappondue. 

Arba, S. f* Aabedu jour, en patois du canton d^Ariii'^ 
thod. lei le ra ct^ substitu^ au /. — ^Iba^ ital. etespagnoL 

ARCHK,s.f. Coffre, malle, vaisseau k contenir farine 
ou grains. — Aichy celt.; arca^ latin. L'archebanc 
est un meuble qui sert 4 la fois de coffre et de table. 

Arma« s. f. Ame. ATn arma! Interj. Espice de ju-» 
rement doni on se sert pour affirmer. Nouvelie substi- 
tution du r au /. — Alma y esp. 

Arboseillou, &> m. Arrosoir, en patois des envi-^ 
rons de I>6le. 

AsBfS. f.Femelledulievre. — Hase^ allem^nd, liirre. 

AssoiiT, s. m.Loge du porcOn dit ailleurs en Franehe- 
Comte ^^5oi//^. — Soudt^ celt., etable ; Socp^ angl., tn]ie4 
Sus^ laL, idem. 

AsTOT (d^ ) . adr. de temps. Aussitdt, ihcontikient, en 
dialecte brcssan. 

AuLiEUTA , s. f. Alouette ^ en patois du canton de 
Yoiteur. -A/auda, lat. 

AuLQiTE, adj. au neutre, quelque (chose S auCune 
chose. Prononces auki^ en rendant euphonique la 
diphthongue finale. —Aliquody aUquisj lat. 

AuRA^ s. f. Uair, le vent, pris dans une acception. 
generique. On dit aussi eura. — En patois Savoyard^ 
ura; en lat, ital. et esp., aura, 

AvALER, V. a. Descendre une pente. Ai?alez la rieu; 
dcscendez la rue* — Aoalj v. fr. , marque Topposd d^di 
morU f c^est-^-dire de ce qui est haut. 




55 

AvAKmi , T. a. Aveindrc , tirer quelqoe dhose d*un 
lieu tres-bas on tre»-^levi5. — A^md ou abends tclt. ; 
€idt>eniare , lat. 

AvsMCHEE , AVENT^ s. HI. Osier, tige d^osier, arbris- 
scau , ainsi nomine de ce qu^on le coupe au temps dc 
VA^erU, a l^approche de Noel. 

Ayeulio, AveuUioy s. m. Aveugle j en dialecte du 
canton dc Saint- ATilour, voisin du d^partement de 
TAin. On Toii^par cct exemple, que^/ permute . dahs le 
patois, avec les U mouillees, de m^me qiie dans la 
prononciation ttalienne. 

AvaiLLERy V. a. Abriter. On dit ^ussi se metlre d. /*a- 
m. — AQrecha^ abrite, en patois bressan. 

B. 

BaCquiKES, s. f. Petites dents. — Bee , fr. , que Ton 
prend quelqiiefois tririalementpour la m&choirc, parait 
aroir la m£me racine. 

Bage, boige . s. f. Sorte dVtofie grossil^re \ Tusage 
des paysans. Les insurges gaulois, que Ton nommait 
Bagaudes^ etaient de la classe qui se v^tissait de bage. 
— Baj^UOy ital. , etamine , ^toffe pen scrree. 

Bagillon, s. m. Cotilion de bage ou de laine. 
• Baoot, s. m. Belief, cbefd^un troupeau de moutons. 
— Batiod^ Bagod. troupeau, ou bagol^ gaillard , yi- 
gourcut 9 robuste , en celt 

Baise-cul, s. m. Petite barri^re que les Bressans 
placent ^ Fentr^e de leurs cldtures ponr emp^cber Tac- 
eis du b^tail , et quUls enjambent pour passer. 

Balammert, adr. Tranquillement , ^ns se presser, 
toot sknplcmeni. S^en retoumer lou/ balammenl, en 
se dodinant , en 5r balanfani. 

4. 




56 

Balandron^ s. m. Espece de surtout ou dc robe fort 
ample. On dit en fran9ais balandran , ainsi qu^en patois 
bressan , comme on le voit dans nn noci : 

» L^re bin se mau velu 

M QqM s^en alli cheu la taille 

» Per li fore ou balandran, » 

On dit proverbialemcntr^m^rczVr/^6a/a/M/ro/2, aban- 
dormer le balandron , pour quitter la partie, se dc- 
gouter d^unc entreprisc. — Androm, celt., robe fort 
pcsante. Andromis ^ vetement sequanicn dont parlc 
Martial. Z^a/estici paragogique^ a moins qu^il nc si- 
;nific surioiit; balj celt., dessns. 

Balisi£> paliestre^ s. f. Petites boules de marbr* 
avec lesquellcs jouent les ecolicrs. Le premier de ces 
mots se dit a Lons-le-Saunier^ le second a Dole. — 
BallCy {\\ , a la m^me racine. f^oy. Palot. 

Ballot, s.m.l?a//{f,enveloppedu grain. /^oy.PAiL- 
LOLE. — -Bo/, celt, couverture. 

Balta 9 s. f. Belette ( animal ). 

BANNES^s.f. Plaucbes placces sur une voiture, dc 
manierc a pouvoir contenir les objets que Ton trans- 
porte. — Benruiy celt, latinise^ char gauiois. 

Bannon , s. m. Panier d'osier, en forme de timbale , 
destine a reccvoir la p^te du pain. Ailleurs on dit vau" 
neileset vannotles^ diminutifs de benna^ lat., qui signi- 
fie panier. 

Banqueter, v. n. Fairc le re pas que Ton nomme 
ailleurs goutcr, se mettre a table. A la campagnc la 
table est un banc , et Ton y prend place , de chaque c6tc, 
sur deux bancs plus petits. — Bancq , celt., table, ac- 
coudoir. Banqueial, donner un banquet. 




57 

BARBERiSy s. m. Scorson^re des pres. — Barbe heris- 
s^ y, harba heris ^ lat. 

Babbot, s. m.Dcs raves sont coites en barbdt quand 
eiles Ic sont ^ IVau barbotante. 

Barfxion^ s. m. Diminutif de baril^ petite futaille. 

Barette^ s. f. Bonnet. - Barely celt. ^ chapeau. Ba- 
reiha , en dialectc carniolais. Barelta, ital. 

Barguigner, v. n. Hesiter^ ^treindecis. Bipondssans 
barffuigner y sans eluder la question ^ sanspcnphrase. 

Baril, 8. m. Barille^ s. f. Petite futaille. On ap- 
pelle barillatj en terme de mer, le tonnelier qui tra- 
vaille en ce genre. 

Basilic, s. m. Quelques viilageois s'imaginent que 
cet animal nait d^un ceuf pondu par un coq et couvc 
par un crapand. Le basilic , dans l^opinion de ces 
bonnes gens, est un petit serpent aile tout convert 
d^yeux , et qui jette un sort sur les habitans d 'une mai- 
son ou il se loge. — Basiliq , celt. 

Batard, s. m. Jeu d'adresse des ^coliers qui se ser- 
vcntde leurschapeauxetd^une pelote ou petite paume. 

Batrace, s. f. Pluie batiarUe^ de pcu de dur^e. — 
Baiiaras , celt. , massue. 

Batte, s. f. Gros noyau de p^chc, grossc noix , avcc 
laquelie les ccoliers, jouant aux chdielets^ cherchent }k 
abattrc, depuislebut, les noix ou noyaux ranges sur 
une seule ligne. 

BATriRON , s. m. Grosse natte de chanvre teillc , desti- 
nee ^ passer au vxhc.—Baieria ^ celt. lat. Art de fouler 
les draps et de piler les ecorccs. 

Batteitre, s. f. Baratte, instrument ^ battre Ic 
beurre , que Ton appelle aussi beurriere. — Badiura , 
celt. , action de battre. 




58 

ButJCHjss, s. f, Jw de h^^B.^^BooL , celt^ bouie. 

Bauchks, 8. f. Perches poshes de pouire en poutre el 
formant le p)ancberde la grange. — Les bauches sont 
le lieu le plus ^leve d^une maison de campagne ; ce mot 
vi^rait-U de balch^ cdt., haut, eleve P 

Pavire, s. r JSavette de tablier de femme. 

Batard , s. pi. Nom que roii donne au cberal et au 
bo^uf quand ils opt ( du front aux naseaux ) urie tache 
bl^ncbe. — Bal^ celt., aelpn Procope. i3a//, en bas^ 
bretofoi. De 1& le mot fir. pdk^ af^liqu^ au cheval de la 
Mort J dans T Apocalypse. 

Becca-bos, s. m. Pique-bois(oiseau). —Becquebo^ esp. 

Beche, s. f. Pochcr Prononcez en rusiiquft beiza. 
Foy. BoucHON. 

B4cHpu^T (de). En sens inverse , renversd. Deux 
fc)lv)ses placees en sens oppose font de b^chouei. — ^ 
chueHj celt. 9 ^ la renvcrse. 

Belin, s. m. Agneau. En vicux fran9ais, le mtoe mot 
signifi.aitA^AIrr. — Restituez ji ces deux mots le v, dont Ic 
6. a pris la place, et toqs reconnaitrez Torigincdu latin 
velhsf peau de brebis , ei du fran/Qais v^lin , parchemin ^ 
appele en Italic carta pecora , papier de peau de brebis. 

Belle lurette ( il y a ), il y a long-temps. 

BEQUi,s.m-GfaevreauJepetitdelabique. —Biq, oeit., 
ch^vre. Bikiy grec. Conserve pour Hesychius. Bullet. 

Beqxtillard, s. m. qui b^gaie. Le paysan prononce 
bekiihf La voix d^une personne qui begaie imile celle 
de la chevre. — f^oy. pour T^tymologie Bequi. 

Berceoire, s. f. Table au niveau du lit de la mere 
pour placer le berceau. 

Berche, adj. A qui il manque unc dent de devant. 
— Brkche-derU^ fr. 




59 

Bitni ^ T. a« Bcnre. G'est une crise , dv latin 
comme en ital. 

BsRELiON 1 8. m. Ventre d^enfant , le nombril. Ex- 
preasion empruni^e de hardion , petit barU. 

BssAiiUB , T. n. Courir , doubler le ipA%.^^Bes , poor 
bis » lat, ^ marque le redouUement. 

BesaugeEi v. n. Faire de la mauvaise besogne, mal 
travailler.*— Icii^ej marqaeled^fiaut, le manqiiement, 
Ge qui est mal : U est celt et synonyme de mes , parce 
que Vm permute arec le b. Auger tsi une corruption du 
laL agere^ ou du £r. agir. 

Be&augeua, s. m. Mauvais Qurrier. Poy. le mot 
pr^c^dent. 

BssiNER, V. n. Agir nonchalamment. f^oy- Besin. 

Besim, s» m. Qui travaille avec trop de soin, mkio- 
tieux. — JBesan, celt. » exact , soigoeux. Besin se dit 
^galement d*un homme mou , ou de quelqu'un qui se 
fait attendre. 

Besinerixs , s. f. Ourrages de patience qui exigent 
trop d^attention relativement k leur peu d^importance. 

BeSSEv BOISSES, BESaONS, BASSANS, BOSSAMS , S. m. 

Jumeaux. — Bes^ bis^ doubles. 

Beune, bon-na, s. f. Borne. Beuna^ en terme de col^ 
l^e , est le point fixe ou Ton doit tenir pied poor )ouer : 
oa le nomme autrement le but y quoiqu'il nc soit que le 
point de dispart. — Bonn eibonaa^ celt. , bounds ^^gl* 

BximniFAiLLB , s. f . Brandons allumes que les jeunes 
campagnards portent, pour s'eclairer ou se divertir, 
dans la nuit de Noel, yby Fouaillk et Feu de bobde. 
BeurdlfcuUe est un mot bressan. 

Beuvanoa, s. f. Boisson. Faut U ballio on petiot de 
neulrabeui>anday il faut lui donner un jieude notre vin* 




6o 

—Beuoenda , celt Bullet traduit ce mot par Taction de 
boire ; mais it est plus sur qu^il repond a bibenduin , 
lat. , ce qui est a boire. 

BiEF, BiEZy s. m. Ruisseau.Ceterme est fort usite dans 
les aclcs, ct sc trouve joint a une foule de denomina- 
tions locales. — Biez^ celt. De 1^ les mots fran9ais6£ai5, 
biaiser^ qui fait des contours, qui va en serpenlant. 
. BiN-A-DRA, BiN-A-DRET, adv. Beaucoup , et mot pour 
mot bien des choses. C'est le synonyme du celt, cals a 
traou , beaucoup de choses. Tra ou dra^ en cctte lan- 
gue, estlesingulierde traou. Bullet. Biri-a-dra est usite 
dans la haute montagne; bin-adret dans le vignoble. 

BiN£LLE(allertoutde). Allertoutdetravcrs. — Gemot 
serait-il le m^me que venelle, petite rue de traverse? 
Dansce cas, alierde binelle voudrait dire prendre la tra- 
verse, le petit sentier qui s^ecarte de la route commune. 

BiSAiLLON , s. m. Mauvais couteau. — Bes et 6m, celt, 
qui mutile. 

BisoT, adj. Brun , noir^tre. — Bis^ celt. De \h notre 
mot pain bis. Bigio , ital. 

BiTOUx, adj. Affectc de la chassie. 

Biu, BLU, s. m. Groupe de raisins que Ton suspend 
au plancher pour les conserver. 

Blaude , BLdDE , s.f. Surtout de toilcbleuc a Tiisage 
des montagnards, ou de toile blanche ^ Tusage des Bres- 
s^ns.-^Bloh, celt. ; bliaudus. lat. barb. ; blictux^ celt. 

Blonde , s. f. Maitresse , bonne amie , comme Ton 
dit trivialement. Blonde s'emploie dads ce sens , sans 
distinction de la couleur des cheveux; car il cxistc 
une chanson villageoise , ou, apres avoir fait le por- 
trait d^une brune , Tamoureux ajoulc qu'il eu fcra sa 
blonde. 




6i 

BoiDON, s. m. Logc roulantc , dans laqiielle on place 
un enfant pour Texercer h marcher. — Je ne propose 
que comme une simple conjecture les analogues siii- 
vans bod^ celt. > petite habitation, dont on a fait les 
mots bedugue et caboie^ cabane. 

BoiDON, s. m. Cage d'osier, haute de deux pieds, 
sans fond, de la forme d'un pot de flcurs renverse, 
sous laquelle on renfermc la poule avec ses poussins. 

BoiNEE, BomOLE, s. f. Legumes cuits a Tdtuvee, 
^ Teau simple , et avec leurs gonsses. — Ben^ celt., bain, 
baigner. 

BdLER, V. n. Dormir ctant assis, laisser aller sa t6te 
comme une boule^ ce qui arrive lorsque Ton s^endort 
dans cette attitude. On dit populaircment perdre la 
boule, pour perdre la tete, devenir fou. 

BoNTABLE, adj. Qui a de la bonte, qui est bicn- 
reillant, affable , serviable^ complaisant. 

Bon vApre, interj. s. m. Bonsoir. Le paysan pro- 
nonce boun veprou. La dipthongue ou est presque 
muette. Ce salut se fait vers les quatre heures de Ta- 
pr^s-midi. — Le Savoyard dit aussi bon vepro. J^espcr^ 
lat.; vespro , ital. ; vespero , esp. 

BoRDE (feu de), s. m. Grand feu. Cette expression 
precede sans doute de Tusage d'allumer du feu sur les 
rives de la mer , pour servir de guides aux vaisseaux 
pendant la nuit. Peut-^tre aussi borde cst-il une in- 
version de bronde qui signifie en patois lyonnais bran- 
don, flambeau de bois sec dont les villageois s^cciairent 
la nuit pour marcher. Trevoux. yoj\ Beurdifaille. 

BoRGE, BORGIE , adj. Une chose mul borgee est une 
chose mal faite , mal/orgee. Bullet. 

BossE, s. f. Tonueaudc quelques bareaux , dans le- 




62 

quel on introduit pdr one oiirerture carr^e la Ten-* 
dange que Ton veut transporter de la Yigne k la cuverie. 
— BcRSsel^ cell.; bosiellus^ lal. ; boisseauy fr. 

BoucAi:.OT, ». ni. Morceau d^une chose qui a dela 
consistance. 

BoucAH , s. m Bquc , bouquin , en patois de Moy- 
rana. On dit au$3i boucd. 

BouCAN, s. m. Bruit, tapage, expression populaire 
empnint^e du bruit que faisaient au sabbat, autour du 
bouc 9 les prelendus sorciers ; ou bien du tumolte des 
bacchanales. 

BqucH£-*RouGB , s. m. Rouge-gorge, oiseau^Pro- 
noncez en rustique boiUza-rudza. On voit par cet 
exemple que bouche se prend pour gorge : j^ajoute que 
gorge se prend au contraire pour bouche. T4che ta 
goardzQi ferme ta bouche, par metonymie pour tais-toi. 

BoucHON, s. m, Gousset, pochette, en patois du 
canton de Saint- Amour. C'est un diminutif de poche , 
car le /? et le 6 sont de m^me organe. Voy. B&:he. -^ 
Pouch , angl. , pougge , ^n grec vulg., petit sac. 

BoucLARD,a.ni.Hame9on, — Boucl. celt. ; bouck, fr. 

BouiLLES , s. f. Boucies ; de bomll^ de soukUy des 
boucles de soutiers. 

BouRGAiNS, s. f. Hanneton. On dit ailleurs bowc^ 
dknne , dans Tarrondissement de Lonsrie-Saiinier. 
Ces deux mots sont une onomatop^e du^bourdonnement 
produit par le vol du hanneton. 

Bourgeon, s. m. Poignee d^ctoupes. -^ Bounmgh^ 
celt. » etoupe. 

BouRLO, adj. £n patois des environs de Coligny. Le 
bin mau bourlOf elle est bien mal coiffee. — Bourelet 
ou bourlet ( terme de mer) , cordcs tress^es. 




63 

BowuT, 8. in. Sorte de coiffure dVnfant* bour- 
T^e ^t fai3ant laillie autour de la idle, afin que a^il 
ven^itk tombefv Tenfanl ne sc meurtrit pas le front. 
-7- Bourrelei , fr.« saillie en rond , grosseur a )a greffe. 

Bowled^ celt. 

BoUEBiiCUl, T. n. Loucber, regarder d^un ocil faux. 
— * Jtoum pour bourde^ fr. » fau5set(5 , icle dcrivant d'o- 
cuUf lat« (comnie on le remarque dans le vieux mot 
bemh$y luuettes, doubles yeux). On dit boumielard^ 
nn bM^mme qui louche. 

BouTAiN DE CHARIOT , s. HI. Moyeu de la roue , oil 
ron iqtroduit Pesaieu de la voiture ; il a la forme d^une 
bqfmeUk. — BotUy celt., grande bouteille , tonneau ; 
d*0& Ii9 vieux fr, hoUetl le fr. mod. pot. 

Bqotecan, 8. m. Entonnoir de bois ou de paille 
tresi^e dont se servent les vignerons pour introduire 
la vendange dans la bosse. — BuUca^ mot de basse la- 
tinite , rapport^ par Du Cange. Espice de vase pour ie 
vin. — Btmiec^ celt., botte. 

BouTER, V. a. Mettre, jeter. On dit de m^e enPicar^ 
die. Du Cange en trouve Torigine dans butare^ lat. da 
moyeo ige. i^i^lorr, itah, jeter dcbors. Boutein^ celt. 

Brater, V. n. Detourner Tattelage 4 droile ou 4 
gauche. — f^oy. Rerra.. 

Brave, adj. Beau, joli, bien vdtu, habilletouti 
neuf. Vo sUte bin bra^a; vous ^tes bien belle. 

Brechi (se)f v. r. Se glisser; v. n. Faire une glis- 
sade , un faux pas. — Bret^ celt. , lissure. Bresk^ celt , 
fragile. De 14 probablement le nom de la Bresse^ qui 
est un pays presque toujours humide, ct qui, par con- 
a^uent , pr^sente partout une surface glissante. 

Brecin, s. m. Racine dc buis recherch^e par les tour- 




64 
neursy parce qu^elle offre de petite taches comme une 
certaine especc de marbrc. — Breisy bris^ celt., mar- 
quete, qui a des taches. Breche^ fr., marbre jaspe ou 
tache de plusicurs couleurs. 

Brenot, s. m. Boeuf qui a la come bleuitre , la t^te 
marqucteedetachesnoireSjSurtoutarociletaumufle.Di- 
minutifde brun, — Braun^dWtm.'^brunOy esp.et italien. 

Brenot, s. m. Ktourdi, qui a un brin de folie. 

Bresi , s. m. Viande dc vache que Ton fait boucaner 
pour la conserver. On fabrique Ic bresi dans la haute 
montagne ^ ainsi qu^^ Arbois ct ^ Salins , ou , par me- 
tonymie, on applique cc horn a ranimal m^me que Ton 
destine 4 mettre en bresi. — Breisel, celt. , tache rouge 
produite sur la chair par Tardeur dufeu. P^oy. Brison. 

Bretau, s. m. Fleur de farine. II est remarquable 
que Ics lieux qui se nommeut Bretaux , Bretenoz , Bre- 
toniere, etc., etc., ont commence par retablissement 
d'un moulin. — Brcta^ celt., ecraser, broyer. 

Breuilli, v. n. Beugler. La vctsa breuillsj la vache 
beugle. — Breugui, celt., braire. On a pu mal traduirc 
ce terme celtique , ou Tappliquer mal a propos ^ T&ne. 

Bri, s. m. Berceau d'enfant. — Bressoej bressolum , 
celt. Si Ton trouve qu'il y aurait, d'apres cette etymo- 
logic, une trop forte contraction , on pent donner la 
preference a I'etymologie suivante. Bri serait I'inver- 
sion natnrelle dc biry celt.^ source. On dit metaphori- 
quement le berceau du genre huroain, pour son prin- 
cipe, son origine^ sa naissance, sa source. 

Brier, v. a.Presserenfoulantauxpieds. — -Bn, celt., 
effort. Briser^ fr. : brieniOy esp., violent. 

Brigole » adj., varie, qui a plusieurs couleurs .prnd 
de figures. — Bryg ou brych^ cell. 




65 

Brings. m. Pcu dc chose. — Briri , celt., menu. Brin, 
employe avec la negation, vcut dire rien, point, point 
du tout : i gnen u hrin , il n^y en eut point. 

Briolou, briola^ s. des deux genres. Fol^tre, 
^tourdi^ d'une vivacitc, d'unc gaiete folle, — Brioj ital., 
vivacitc; briosa, vive, piquante. -?ryTt)/, celt., drdle , 
espiigle. 

Brison y s. m. Boeuf dont le poil est d^un rouge ar- 
dent. — Brizenrij celt. , rousseurs du visage. Breisel^ 
celty laches rouge^tres qui se font aux jambes de ceux 
qui s^approchent trop du feu. 

Bronde, s. f. Branche d'arbre avec scs feuilles. Ce 
mot semble s*^tre forme par contraction de/rondosus 
et bronchus , lat. , qui ont le m^me sens. — Broncone ^ 
ital.; brandon, patois lyon. , rameau vert. 

Brondener, v. n. Produirc un bourdonnemenU 
Broutiller, v. n. Manger sans appetit et peu. — 
Diminutif de brousta y celt. ; Arow/^r, f r. ; broiUillcs y 
ir.y bribes de pain. 

Bruee, s. f.Ondee passagere. — BrUy celt., pluie. Bru- 
men^hv^X. , petite pluie de peu de duree, PnUna , latin. 
BtJA , BUA, s. f. Lcssive. — -Bw, celt., eau ; buey en 
langage populaire de Paris , lessive. Buee y en patoisde 
Bretagne, du Maine etde TAnjou. Bugady en patois 
bas-breton. ImbucalarCy ital., \^s&\\ev. Buanderie ^ 

« 

fr. lieu ou Ton fait la lessive. 

BuDRE, BOUDRE, V. n. Bouillir, bouillonner. Fate 
d'asidl budre de Vaigue pou eiuoer le ienu de la bua, 
cpiest tout egreli; faites de suite bouillir de Teau pour 
baigner le cuvier de lessive, qui est tout desseche. 
L'eau en bouillant fait du bruil. — Boudy celt., bruit. 
Boudefy bourdonneur. Boudrezen, bourdonnement. 




66 

Bmo, Yh n. Lessivcr, en patois du Rercrltiont <!l des 
environs dc Saint-Amour* P^oj. BuA. 

BuGE, BUOZA, s. f* Etable , le lieti oikles boeufs man- 
gent^ — Buceium j lat. , le lieu o& Ton fait p^ttfc^ Ics 
boeufs 6t les vaches^ 

Bu60T,6. m. Gdt^. Seditenparlant d^un fruit, pdfc^ 
quHl brunit en se corrompant. — Bisj celt. , brun, tloi^ 
r4lre* Foy* Bisox. 

c 

Caba, s. f. Vieille vache* hors de service. — Cabal, 
celt, cheptel de bestiaux. De \^ capital ^ selon lesHu- 
teurs dudictionnairedeXrevouXy parceque le cbeptel 
est compose de plusieurs chefs de b^tes qui fofment un 
capital. Cabu, celt., fin, bout , selon Bullet , qili v^ut 
que cahe signifie qui tire vers sa fin. Caba vient pllitdt 
de cab^ celt., t^te, caboche. 

Cabeune , s. f. Caoeme. lei le b a permute aved le v 
qui est de m^me organe, et le ra ^t^ siipprime et rem-* 
place par Ti/, Le mot patois cabeune parait k\xt iden- 
tique avec cabane^ et I'un et Tautre deriyer de cab^ qui 
ticnt ^ la langue primitive. CcJi signifie abri^ couvert, 
habitation. Nos peres , avant d^avoir des maisons com-" 
modes , logirent dans des cavernes et s^abriterent sous 
des huttes« 

Cabeux , CABAUDS , s. m. Sabots. 

Cabotts, s. f. Petite hutte, en patois populaire de 
Lons-le-Saunier. On dit ailleurs en Francbe-Comtc 
eaibode , dit Bullet. — Cab , loge , d^ou est venu le fr. 
cabinet. 

Cabosser , V. a« Bosseler un vaisseau de metal en le 
heurtant ou en le laissant tomber. — Cabo cein , celt«> 




67 

boiancr. Main il est evident que cabosser et faire unc 
cabaukf ajrant la m^me signification > se composent de 
mdts analogues. Nous avons vu , au sujet de bauches j 
que Ic oelt. bocz veut dire boules : c , dans cabosser ct 
cabou/e > est j^aragogique. 

Caboule, s. f. Bossette que Ton se fait au front par 
Fcffet d*un coup. 

C4BOUROT y CABOULOT , s. m. Reduit obscur , cabi-* 
net borgne. — Cab^ celt., est Ic type primitif de tous 
les mots qui expriment le logement. f^Of. Cabkunk et 
Cabotte. 

Cachblioii, s. m. Petite futaille de vin. — Sortede 
ea^ue^ mot fr. de m^me famille. 

Cachet, cachot, s. m* Etui i mettre des aiguilles 
et des ^pingles. — Cacted^ celt , d^oik est venu le fr. 
cassette^ petite caisse. Bullet. On dit aussi cache-aigiuUe ^ 
synonyme dVtui, qui fait reconnaitre que les verbes 
caeher ti cacheter J ainsi que les substantifs cachet^ 
sceau ; cacheile , lieu secret ; et cachot , petite logc . 
obscure , sont tous homog^nes. 

Gaffe , s. f. Enveloppe de la feve , du pois , du raisin 
et( dans un sens tri vial )deroci]. — Gz/, celt., creux; 
cmph J hebreu et chald. , cavite ; kaf^ en runique , pro- 
fondeur ; ca^a , lat. j creuse. De ik le fr. coiffe^ ct le 
patois bressan caffion , couvrenrhef de femme* 

CAFOUMOT,s.m.Une feaunefaitle i:iybi«no/,lorsque, 
pour se chauffer, elle ecarte les jambes et soul^ve sa jupe 
devant le feu»* «~ Caffuni^ caffunouer^ celt. « couvre- 
feo.Ces mots sont d^rires de ri]/', comme le prudent. 

Qai, c^« preposit. De^i. P'enici^ Tencxi moi. 

GkiMBEE, s. m. Ecrevisse, en patois des environs 
de Coligny , pr^s Saint-Amour. — ^ Ce mot est une 




68 

corruption de crabnnecq^ celt, qui a dcs griffcs. 
Crnh ^ dans Ic mdme idiome ; crabe ^ especc de can- 
ere; craban scrre, main ouverte et doigls ecartes. 
yoy. GaA^BUSSE. On lit dans Thistoire de la maison de 
Sa(?oie, par Guichenon, que les etymologistes tirent 
du nom de Tecrevisse Torigine du nom Chambery. 

Caion, s. m. Cochon. Cc mot est usite en Savoie et dans 
Ic departement de T Ain , comme dans celui du Jura. 

Gala , s. m. Noix de la grosse espice. 

Galer pe TARaE, V. a. Jeter par terre , renverser. 

Galifourchon (a), adv. La tele en bas, les pieds en 
haut , les jambes ecartees en fourche. — Ga/, celt., t^te. 
Fourchad , Tcspace qui est entre les jambes etendues. 

^ALioux , 5A-MINE , 9A-TIN-NE , pron. poss. Ge qui est 
a eux, a moi, a toi. Prononcez d^une seule emission de 
voix , lioux. On dit , en francisant , dans les carrefours 
dcs villcs, fan mien^ fantien^ fanleur^ et plus impro- 
prement encore fan mierme , fan tiennCy fan sienne , 
quoique* Tobjet dont on parle soit du genre mascolin. 

Galine , s. f. Galiron , s. m. Bonnet rond i I'usage 
des femmes. — Cdi^ celt. . tite et tout ce qui est rond. 
De la calotte^ fr. f^oy. Gola. 

Galoignes, s. m. Gontes borgnes. — Caliginosus, 
lat., tcncbreux, obscur. ce qui repond k borgne. 
Orbus^ autre terme latin, a etc employe pour aoeugle 
et borgne , et, dans ce dernier mot orb , se trouve par 
inversion, f^oy. Galorgne. 

Galokgne, s. m. Borgne. G^est Ic m^me mot que le 
precedent , mais francise , et avec une acception qui nc 
diffcre que par son application a une personne. II 
s^emploie egalement pour designer quelqu^un dont 
la vue n^est pas ciaire, et qui se sert de lorgnette. 




69 

CABinB, V. a. Enjamber. Camber le gouillat^ en- 
jambcr un endroil boueux , un creux plein d^eau. On 
dit atifisi gamber. — Cam, celt. , jambe. Kampe^ grec. 
Gambe , vieux fr. et patois picard. / oy. Gambi. 

Camet, s. no. Le dessus de la t^te^ le cdine. Ce vin 
dannesurle camel; il porte k la t^te , il est capiteux , il 
donne au cerveau. Cam, celt. , voikte. Can, celt , t^te , 
sommet. Karrty en flam., crete. Kanty arabe, cimc. 
Kamaly chald. , sommet. Cham^ chin., supreme. 

Camot, s. m. Ecume sale qui sc forme sur Teau, 
dans Ics endroits ou elle cesse d^^trc battue ou cou- 
ranle. F^oj. Commeau. 

Gampo, s. m. Elspace large. Metaphoriquement, aise , 
liberte. — Campau , celt. Campus ^ lat. Campo , ital. 

Gamcoibe, s. f. Hanneton. La figure de cet insccte ap- 
proche de celle de Tecrevisse sans queue, telle qu^on la 
repr^sente dans le zodiaque. — Cancer^ latin. Gancre, fr. 

^A m'hique, pron. demonstratif. Geci ou cela, pro- 
noncez scmique. — Ge mot tient par sa terminaison^ 
ridiome latin fuc^ ici, ou hicce ^ celui-ci. 

Gapette , s. f. Mautille a capeluche , ainsi nommee 
de ce qu^cUe couvre la tdte. — Capea , celt, ha capeUe 
est aussi un bonnet pique ^ de couleur ordinairement 
rouge , de forme ronde , nouant sous le cou a Tusage 
desYieilles feromesd'aujourd^hui. — Caput ^ latin, tdte. 

Gaquelihet^ s. m. Le sommet d'un arbre , d'un clo- 
cber, d*un lieu fort eleve et tcrmine en pointc. 

Carer (sc),v. r. Se ranger, se mettrc de c6te. 
f^oy. Quart. 

Gareau, s. m. Planche de jardin potager , qui est 

5 




70 

ordinairejnenlcarree. — Carre ^ ceit.,€arreau.Carr^a, 
celt. , readrc carre. 

Caselot n, CASitoT, ^. m. Pr^sare , morceiii de Tes- 
tomac 4«i reau , qui fait caiiler ie lait pour la fabrica- 
tion du fromag€. -^D^rivent de oaseale^tjAjtdBseimi , 
lat. , ou de ca9cp , celL ^ fromage. 

Casi , adv^ Presqve* — Casiy celt, et esp. ^»5i\ iat 

Casse , ». f. Po^le i^ frire. -*- Cbi:£ , celt 

Cassot, «. m. Noix, fruit qa'il faut casser. -^^ Cos- 
setre^ cell., casser. Ce mot, avec des modifications 
qui sont peu sensibles « appartient ji piusieurs langues, 

Catho, Oathih , nom propre Catherine. U^te dans 
la Bresse et la &6cn^ogne. II s^emploie aussi pour 
poup^e^^iiC^ point le sens •d^sbonn^te de^o/m. 

Catjche, s. f. Prostitute , dans Varroiidissement dc 
D6ie. 

Catinade, s. I. Cuite <le>pommeB de tem^ k Teau , 
dans one marmite. 

Catines , s. f. Pommes de terre. 
'Gatons, s. m. Gaudesoubouillielr^a-epaisse defarine 
de'iaais. — Cati^ ceil., morceau, ouce qui e^assezcam- 
pacte pour^tre coep^ ; car il r^sulte des recherebes de 
BuHet que cat entre en composition dans une fouic 
de liiols de divers idiomes qni ont un son analogue. 

Cavaliers (les trois) sont trois jours d'une influence 
funcste , scfkyn les id^es superstiticuses du paysan dos 
environs de Yotteur. Ce sont les jours de f^te de Saint- 
Marc, qui tombe au ^5 avril; de Saint-Gconges, au 
28 du m^meiaois, el de Saint-PJbilippe , an a^ viai. 




7* 

QikT£ST*iL? Expression triviale par laquelleles^coliers 

proposent quelque chose. Qzyest-ilque nousjassions le 

rtnard aujourdf^u, voulons-noas coovenir de ne pas 

allcr au college aujourd^bui? Qay esl^ c*es( convenu. 

QnKy s. € M aliitude , troupeau. Tout in ouna cha , 
toat en un troupeau (patois des Sept^Moncel ). — ^ 
Chact wxhceder ^ celt., troupe d^oiseaux ( dit Bullet) 
qui passent ordinairement vers Tequino^e , volant fort 
haut , et criant d'ua ton qui effraie les enfans. 

Cha ( ^ ) t adv. Marque la quotite de la mise au jeu , 
en tirrme de college* A cha Irois, a cha neuf^ etc. 
Ce mot a beaucoup de rapport avec le precedent , qui 
exprime la quantite. 

Ghaiee, Tsera, s. f. Chaise. Le premier est francis^ , 
le second est la prononciation rustique. — C^oir, angh 

Chambiller , V. n. Chanceler sur ses jambes. Se dit 
par m^lonymie pour ^tre ivre. — Chamb, celt. , jambe 
On dit ^galement gambiiUr dans le m^me sens. P'o/, 
Gambi, Gabibille. 

Gjiumpbh, v. a« Jeter li, laisser sur-le-champ. 

Chakcee , s. m. Jurement grossier des Enontagnards 
qui prpnoncent isancrou. Lou tsancrou te rondzau! 
^e le chancre te ronge ! 

Chane , s. m. Mesure de liquide qui vaut deux pintes, 
en usage a Noseroy et dans rarrondissement de Poli- 
gny« Prononcez isain na en ruslique. 

Chandoile, s. f. Cbandelle. En general , quand, 
dans le franfais , se trouve un e ouvert , le rustique y 
•ubstitue la diphtongue oi et vice versi. 

CflAPi4 s. m. Boeuf ask front imir et cr^pu, comnu: 

5. 



s'il avait un rhapeau , mot que los Rrcssans prononcont 
chaj)c on tsape. 

CHAPLtCHA, s. m. A la lellre chaple-chair ^ coulcau 
de cuisine, f^oyez le mot suivant. 

Chapler, v. a. Couper par morccaux, taiiler en pie- 
ces , mettre en miettes. Se dit de la viande , des enne- 
mis, du pain, etc. — Cap^ celt., coiipcr. Caplosus^ 
celt , latinise , cass^ , brise , retranche. 

Char, s. m. Toute espcce de voiture. Prononcez en 
rustique tsa, 

Chassepoute , s. f. Jeu d^ecoliers qui consiste ^ chas- 
8er loin d'un trou pratique en terre les petites boules 
de marbre que les joucurs cherchenl a y dinger. — 
Poule signifie irou, creux. — Put ^ celt., Polta^ ital. 

f^ay. POUTE, POUTOT. 

CHATENiRA, s. f. Chalicre. 

Chausses , s. f. Bas. 

Chedre, v. n Tomber. Prononcez /5^^ih}u sans faire 
tropsentirla diphthongue. — Cadere. lat. etital. D^oii 
s^est, je crois, forme le fran9ais cdder^ tomber dc 
Favis de quelqu^un. 

Chemesot, s. m. Habit dc toile ^ Tusage des hommes 
de la campagne. — Carnisium , latin , chemise , sur- 
[dis, etc. 

Cheneye , s. m. Chanvre, champ seme de chenevis. 

Chepper, v. a. Appeler a haute voix quelqu'un 
qui est cloigne. Ailleurs , en Franche-Comte , on dit 
Hupper ^ heupper. lei le c initial aide a remission de 
la voix; il se fait sentir quand la Bressane dit : Cheppe 
ton ptTy monfieu , pourqu'dvingne megide laruorta , 




73 
appelle too pire, mon fils, pour qu'il vienne manger du 
gliteau. Mais le fils, en criant entrc ses mtiins, afin de 
dinger le son vers ceiui qu'il appelle, fait heuppe ! 

Chivra , s. m. Billot support^ par trois pieds sur le- 
quel le vigneron aignise les echalas. 

Choue! Choue! interj. Cri pour chasser les poules. 

Chougne , s. f. Fiente du gros be tail. 

Chouiner, v. n. Pleurer, en style burlesque : c'est 
imiter le cri du cochon. — Soujrn^ celt. , petit cochon, 
P^oyez CoiN-NER. 

CiE, s. m. Ciel. On prononce de la m^rnc mani^re 
en patois Savoyard etdu departement de I'Ain. 

Clairer, v. a. Eclairer une personne qui agit dans 
robscurite. 

Cliocla, cuc-cla, Bruit que fait un postilion ou 
cbarretier avec son fouet. 

Glousse, s. f. Poule qui a dcs poussins. C'est une 
onomatop^e. — Eln angl., the coch crows ^ le coq chante. 

Coco , s. m. Terme de mignotise, qui est souvent le 
noni des enfans. 11 est aussi le synonyme de Benjamin » 
Benoni , enfant g^t^ ; et Ton en a fait le verbe cocoier^ 
soigner avec tendresse. 

CoiGNARDES, s. f. Confitures. Prononcez Coignndz^f. 
— Ce mot parait venir de coing^ nom d'un fruit dont on 
fait quelquefois des compotes. Coiiif celt. 

Com-NER, V. n. Se dit d'une porte qui grogne en 
roulant sur ses gonds , et des pctits cochons qui 
orient quand on les porte. f^oyez, pour la racine dc 
ce mot , Chouiner. 

CoiTRE, s. f. Lit de plume. Pline dit que la coiire a 




54 
6l4 inventee dam les GaalM, et i^ )a neititne tuieita. — 

— Quit, celt. , pinme. Cb/criEa, culcitra «t eullera , celt, 
latinise , coHre. 

Can (se tenir) , r. r. Se tenir & I'^cart pout' iirt en 
sAret^, soil par prudence, soitpar poltrouneiie. ' — 
Gette expressiott ^lait fran^aise autrefois; Du Cange la 
jaitveiiir de quietus, tranquille , rendu dans la basse la- 
tkiitd par coetus; mais il parait aassi venir de cantos , 
qaiprendgarde;d'ounousestTenatrau&on./^'o^zCot}. 

Cola, s. f. Bonnet. On dit c'galement cafe, f^oite 
Comment elle est coUa , voyez comme elle est coiffi^e , 
en patois de Baume-lcs-Messieurs, canton de Voiteur. 
y«ytt Calihe , CALmoH , mots de m^me families — 
Cdl, celt. , t^tc et tout ce qui est rond. Catanttea , lit. , 
toifliire. Caia . chald. , voile de femme. 

GoLLOTER, T. n. Altemer , avoir la jouissance d'lln 
fonds avec nne autre personne , de sorte que Ton nVn- 
live les fruits que de deux ans I'nn. ~ Co/ pour t)um , 
lat.,aTec.Loyer derive de/ocart, lat. , £tre plac^.Ainsi 
colioyar veut dir« k la lettre • #tre plac^ avec quelqa'nn 
au mtine lieu. 

Colon , s. m. Bueuf blanc. Ces b(«ufs sont beaucbtlp 
aiin^ des Bressans. 

COHBE , s. f. Vallon , li«u enfonc^ entre its collines. 

— Comb, celt. 

CoM^DiE, s. f. Au village on appelle abusivement 
eomedie tout ce qui est spectacle , lets que sanleurs, 
animaux Strangers, cabinets de figures de cire, (oueurs 
de gobelets , etc. 

CoHHEAtJ, Kbmeav, GocmBac, en Bresse CcrHAB , 




8. in* Bouillie faile it Uer^e, auxceufv ^^^ ^^r* 
bes, etc. que Ton etend sur let gAieaux arant de lea 
mettre au four< — II scmble que gomme ei Aaime ap- 
parliennent ^ la m^me fainille de mots. 

CoNFABON , a« m. Baiuiiire d'^glise. — Ce terrae est 
corrompu de gonfanon, anciea etendard roilitaire qui 
aTaii la m^me forme. 

Go^Frsguillk, a. m Eo atyle burlesque , hoiprae 
q$i aime les femmes. 

CoQUKLiMQUANT , s. m. trro^e h trogne ardeote , 
aUant t^te baiaaee t compare sana ^oute » par ce double 
motif., au coqueUcol^ pavot des champs. 

90ENE, 8. m. Prononcez soudnou^ cercle de plu- 
sieurs nuances qui se forme autour de la lune quand 
le ciel est nebuleux. — Cern^ celt, cercle. Cemer^ fr., 
circonscrire. 

Cou , adj. Cach^ , convert , k Tabri , a T^cart daiu 
Tobscurite. Ce mot est surtout usit^ parmi les enfans , 
lorsqu'ils jouent a la cachette; celui qui doit cher^ 
cber les autres demande esl-^ce cou? Est- on cache? 
Quand une bonne amuse un petit enfant, elle dit 
itdrativem^nt cou-<ou , en lui couvrant le visage } 
puis, en le d^couvrant , elle ajoute : Ah I le voila. Ce 
mqt est analogue 4 celui de c(Ht ou cois^ on plotdt 
identique avec lui , ne variant que par la pronoov* 
ciation. 

CoucH£-TE, inter). Tais-toi. Ici se cou^her devient 
synonyme de se taire et de se cacber , conmie on en 
trouvc une prenve sensible dans soleil couchant et soldi 
nussstiiU^ qui vculent dire la m^me chose ; car musmns^ 



lat. , signifie se taisant; sc miisser^ en vicux fran^ais , 
se caclier. Voy. Messant. 

CoucHEBY, s. m. Crochet ^ fourgonner le feu. 

CouDRE , s. f. Courge. 

GouECHES, s. f. Prune qui prorient d^un arbre grefl)^, 
Fespice dont on fait des pruheaux. 

CouGi-vo! interj. C'est la m^me que couchette; 
mais elle pr^sente un sens different, quand elie est 
Texpression de la surprise causee par tel r^cit, telle 
nouvelle. Elle equivaut \ Cela est-il bien possible ? 

CouGNETTRE , V. a. Gonnaitre. Dze cognasso , je con- 
nais, en patois des Sept-Moncel. — Cognoscere , lat. 

CoiiMACLE , s. m. Cremaill^re. — Cramaculus , 
celt. lat. 

CouPALON J CouPELLE, s. HI. et f. Mcsure de farine 
et de grains. — Coupy celt., coupe. Coupeen ^ celt. , jatte. 
Pociilum, lat. , ou le;9 et le r sont transposes. 

CouRGiEfS. f. Fouet. P^oy. YiCOURGK. — (jorrigia y 
lat; courroie, fr, 

CouRRE, V. n. Courir. — Currerey lat. Corre^ ital. 

CouRTi, s. m. Jardin clos. On prononce en rus- 
tique coiUchi. — Coriis^ celt. Couriilt vieux fr., rendu 
en lat. barb, par cortUe , curiilUoy curtillum. 

GousSEYET, s. m. Nuque. II semble, ^ traduire ce 
mot ii la lettre, que c^est la partie du cou qui repose sur 
le cfitpetj comme si Ton disait cou-cheoeL 

CoilTERlA , ^. f. Une aiguillee de fil ^ coudre. 

CouRAiLLON , s. m. Cocur du chou. — Courailly celt. 

GouvAiN, s. m. Mati^re dure, jaun^tre et am^re, 
du miel , au fond des alveoles , ainsi uommde de ce 




77 
que les abeilles , en se rcpandant sur la cire , semblent 
couren 

CouviER, s. m. Elui de bois on Ton met la pierre a 
aiguiser la faux. Get instrument s^appelle, en.Bresse, 
cueiiiu, 

Cra, inter), Onomatopee qui exprime la rupture 
d^un corps $ec qui se brise avec craquemenL. — Orak , 
angl. f craquer. 

Ceamper (se), y. v. Se crampormer ^ a^affermir 
sor ses jambes en les ecartant. Crampe^ fr. , contrac- 
tion des nerfs h la jambe. Cambrer ^ fr. , courber un 
arc. Ces mots derivent de camb^ celt., qui signifie 
courbe, et cam^ qui signifie jambe; on y a seulement 
insure le r energique. 

CrepM, s. m. Sorte de gateau de fleur de farinc, 
mince comme une semelle. — Crepahen , celt, y sorte de 
g&teau. II est possible que crepe vienne aussi du lat* 
crepida^ pantoufle. 

Crepeton (a), v. r. Se mettre k crepeion^ s^accrou- 
pir. Voyez Accrepie. 

Crere , V. a. Croirc. C'est Tanciennc prononciation 
fran^aise. Crete-vo? Croyez-vous? — G^eer ^ espag. 
Credit celt. 

Cret, s. m. Cime d'une montagne. — Cresta^ celt. 
Criie , fr. 

Cretouble ( San ) , Saint-Christophe , en patois 
bressan du midi. 

Creuillebi , V. a. Creuser , faire des cerneaux. 

Creuillon, s. m. Cerneau. — Creu^ creuen, celt., 
croute. 




78 

Cabvaghib^ t. m. CoiM^-chrfy voite dc femme 
de Chapelle-Yoland , en Bresse , au canton de Blet- 
trans. 

Criamtb , s« f • MaoTais grain iti^l^ dans le froment 
— CreenUi palea ou creentum ^ celt. , criblure de bl^* 

Grie , '^. a. N'imporie pe coummerU on me crle , 
nHmporte comment on m*appelle. Patois do canton 4e 
Saint-Julien. — Cria , celt. , appeler. 

CrO) a. m. Cotbeaa , comeille. Ce mot semble 
s^^tre form^ par onomatop^e sor le cri de cet oiseau , 
rendu en latin par crociius^ et en fr. ip^r eroassement. 
GrocPf angl., corbeaUk 

Cruet, s« m. Berceao d^enfant, en dialecte breSM^n 
da midi du Jura. — Crud , celt. J^oy. GROirrER. 

Gum, V. a< Groire, s^imaginer, en patois des Sept- 
MonceL-^ Quikr^ vieux fn ; cogUare^ lM« On a dil : 
outre euidance , pour au-del^ de toute imagination. 

CuDOT, adj. Qui execute des projets mal con^us, dei» 
fantaisies , des speculations sans profit. — Cuidance , 
vicux fr. , imagination , pensee. 

CuDOTERnss^ 8« f* CuDRs^ s. m. speculations mal 
mi^ries , ex^cu tees sans utilitc . 

CuDRE, ▼• a. Cueillir. 

GuGREUX, GuGMELOT, s. m. Petit pain que les parrains 
et marraines sont dans Tusage de donner a leurs filleoU 
et filleules, le jour de Noel. «— Cuynn , celt. « gjlteau. 

GuL-TARRU, s. m. Fille riche , ou qui doitberiter de 
beaucoup de f onds , bon parti ; k la iettre ^ cul terreux 

Guri, GUKAI4 GuKiAUf s. m. Gouteau. — Couielly 
celu y Culler, lat. 




79 



D. 



Da^ Dxr« 6. m. Doigt* Ph ne detep^ds Vharbe a 
man da^ tou» n'^tes pas foit pour moi/dit mdinpho- 
riqncinefit une jcune montagnard^ li uii monsimt qui 
la cauriise , quand elle est d'un rang inferi^ur au sien. 

DaVo, Duo, 8. m. Dti ik covAte.-^DiW^ di^K g^nois. 

Damoiselle , Damiselle , s. f. Mademoiselle , per- 
sotine de tonA\\xon^-^DamesM ^ celt. DanUgella , ital. 
Ikiinisela^ esp. 

DaeD) s.m. Faux. - JDao, en diaL genois.Z^i2o^espag. 

DlBix , adj. Dernier. Pe dabie , adv. Par derri^rc. 
-^ Ddre^ celt* 

DayAu, adv. Ed bas. Da^ synaliphe dede it; vau 
poor val. — Dai^ale y celt. , descente, valine • 

Das I particttle^ art* du g^nitif pluriel , etc. Des. 
Ftulleoa deparUlas ous das dires, il fallait s^parer les 
una des autres. 

Deboudrillsr ( se )i v. r. Se developper, se former, 
aortir de sa crasse , se dit d^un enfant dont Tesprit 
a^ouTre ; d^une jeune fiile dont les grftces commencent 
k nahre* 

DifiCAPiLLER, Y. a. Faire DtJ Di^Atntioti, parfiicr, 
faire de la parfilure. A la lettre, c*est enlever par poils, 
par chetenx. — />rf, partic. privatire, capiUi^ lat, 
cbeveux. 

Dechaux (i pi<?s ), adT, Pieds nus. — A picds d^ 
cfuuissA. 

Defouo, s. m. Dehors. Les trois demiires lettres se 




8o 

prononcent d^une seule Amission de voix. — De^ prep., 
fouo ^xxvfouoTy m^me mot qucybr^ vieux fr. fuori^ 
\\a\. ^ fuera , esp. 

Degailli/ adj. Dechire , parlant des v^temens. 

Degne, s. f. Tige de chaixvre a depouiller, 

DelaoUi s. f. Douleur, chagrin y regrets , en patois 
montagnard. — Del^ celt., f&cheux. Delau^ en patois 
du paysromand, en Suisse , chagrin. Dolor, lat., dou- 
leur, fr. , 

. UemANGUUiLE , ad j ., Dechire y disloque^ — De ^ parti- 
cule privative .ik/a/icA, mangy celt., defectueux, mutile, 
manchot, manche^ etc. 

Depantene, adj. Se dit des habits us^s, dechires 
aux poches. — D^panne, vieux fr., dechire* Z)^anni5, 
cell., gueux, couvert de haillons. — De, privatif , /xz/i, 
celt.f drap, etoffe. 

Depinta ( nos avin ). Nous avons regar de , envisage^ 
en patois des Sept-Moncel. 

Depue, adv. de temps. Depuis, apr^. — Despuesy 
espag. 

Desande, adv. de temps. Incessamment , toutde 
suite , tres-vite , coup sur coup. A la lettre , ce mot 
signifie de cepas. — Des, prep, de temps et de lieu , 
marque le point de depart. Voyez Dois. Ande derive 
iHand^ celt., marcher; d^ou les mots andare, ital. et 
esp. ; end, cheniin , en breton ; endelich^ allem. , qui se 
h^te de marcher, agile > vite. Les Madecasses dbent 
aussi a/id!e pour aller. 

DeskTi Dese, DousI; s. m. Fausset d^un tonneau. 
Ce dernier mot est usite dans la Haute-Montagne. • 




8i 

Desiller, v. a. Tirer dn vin au faussct, habitude 
€|ui fait multiplier les trous, et par consequent nuit k 
la qualite du liquidc. Voyez Ic mot precedent dont 
celui-ci est derit^. 

Detalet, s. m. Goutlifere par laquelle s'^chappe 
I'eau des toits. 

Detra, Detrau, s. f. Hache k deux mains dontse scrt 
le bAcheron. — Detruncare ^ lalin, couper, trancher. 

Devantie, s. m. Tablier de cuir k l^usage des Bres- 
sans, qui s^cn font une parure aux jours de f^te ; tablier 
d'indienne ou d^autre etoffe dont les femmes en gene- 
ral se servent journellement. Dans Tarrondissement 
de D61e , on dit depanie. 

Dezia, adv. de temps. D^j^, en patois du canton de 
Saint-Amour 9 ancien mot fran^ais. 

Diale! inter). Diable. T^oyez^ pourl*etymologie, le 
mot suivant. 

DiALOU, adj. et subs. Vest dialouy il est diable, il 
est mechant, rus^, intrepide. Y est on dialou , c^est un 
diable , dans les m^mes sens. — Diaouly celt. 

Diaktre! Diatre! interj. Diable! marquant le me- 
contentement. 

Die , s. m. Dieu , m^me prononciation qu^en Savoie. 
C^est le Dis des Gaulois. Cesar. 

Dieumantze , s. m. Dimanche« yoyezX^ mot suivant. 

DiMiNE, DlOMINO, DiOUMiNE, GmMENOU , s. m. 

Prononciation plus ou moins vicieuse du mot latin 
Dominica {dies ). — Dominica^ ital. Dans une partic 
de la Bresse i le nom des autres jdurs dc la semainc a 
^prouv^ un changement digne de remarque : la syllabc 




89 

di ( qui est 8yncopec de dies , laU> joqr ), au lieu de ter- 
minei,* cbaque nom , le commence. On m'a aa6ure quo 
Ton di&ait dUuiiy dimar, dimecrpu, difou^di^endre^ di- 
sembre^ au lieu de lundi, mardi^ mercttdi^ Jeudi^ iwi<* 
dredi^ samedi. 

DiNQUE , prepos. Puisque, d^sque. — Ih hincy lat ; 
deinceps » id* 

Din que ou D'hing» adv^ Aiosi* de qette sorte* 
comme le yoil^, Y e^i bin d'hiw^ c'e^t bien comme 
cela. 

Dois, prep, dc temps et de lieu. D^a, de^piiis> & 
partir de- Doh lougran i^anou twi qua nan moular€ 
que soule^a H' apela la RoutseUc^f depiii3 le grand 
chenc ju3qn'^ une Eminence que Ton arait coutume 
d^appeler la Rochette, DqU etait tre^u^te dan^ )09 
actes notaries et lea transactions anciennea. 

Dois, DoTEy s. f. Source, Fontaine. Cette deno^ 
mination est fort commune dans )q d^partemoQt ou 
elle est restee attachee a la plupart des lieux ou des 
rivieres et des i*ui&seaux prennent naissance : La dcAs 
d'Ain^ to, doU de Buron^ la doye ou naU une branche 
de la Scille y etc. , etc. DoiSy subst. comme adv. marque 
le lieu d'ori^ne , Ic pqint de depart* Voyez, Tarticle 
precedent. 

Dhet» adv. Justementy tout juste. — JktAj celt., 
equite, droit Di^ecie^ lat. 

DanJUE , s. f. Diarrhee. On en a fait un verbe : DriU 
Ufy avoir le devoiement, 

DRdJLE y s. m. Fils , gar^on^ enfant de la maison y 
en Bresae. 




83 

DKdu, DftdiiESSEy s. 2 genres. Domestiqucs , Tun 
mile, Taulre femelle. 

DROUiia£> 3. £. Mati^re fecale tres-liqiiide.*^4SitroEtt7, 
celt.; ordure^ toute sorte de salete. Distrauil ^ czlu ^ 
ego At de cuisine* 

Druets , 6. m. Grande betoine , planle qai crott avec 
Tiguevr et activite dans les lieux humides.-^ZIni, celt.^ 
abondant ^ epais^ gras ; druy fr. 

Druger, v. n. Cabrioler, sauter avec gaiti^. Les ^co- 
liers drugent au sortir de la classe. Les animaux dfu- 
gent dans la neige. — Dreu , celt. Dru^ vieux fr. , vif , 
gait r^joui. Druget^ drugealy celt. « badiner. Druge^ 
€n patois breton , enjou^ , badin. 

Due, Duve , Dotjvb , Gue , noms de nombre. Deux. 
Dau^e se dit en Bresse. On dit Dosj en montagne. — 
Due^ itat Dos^ esp. 

DzERENA y s. f. Poule , en patois du premier plateau 
da Jura, sar le Tignoble. Dzerena n^est que la pronon- 
ciation rustique de Gerena; Gerena est un m^taplasme 
4)e galUna y lat. , d^ou nous sont venus les mots geiint 
eigeUnaUey fr. 

Deim , subst. Rien , point , peu de chose. 

DzT, s.m. P14tre. f^ojrez Gy. 

E. 

'Exacwt, adj. Se dit d'un instrument trancbant dont 
1^ fil a re^u quelqui^ brakes. — £, pr^- paragogiqqe. 
Berche^ m^tathese de breche. 

ElRunR^ ▼• a* DiTulguer. -^ E , prep. Bnsdi. celt. , 
publieTf diriw^ de brud^ bruit. 



84 

EcATFE, adj. K( rase , sorli de. sa cnffr , par Tcffct 
de la pression. Voyez Caffe. 

EcHARE, adj. Lavd ^ Tcau bouillante, synonymc 
^ichaudi. 

EcHARER, V. a. Jeter de Teau bouillantesur un cochon 
tuc, afin de faire tomber plus facilcment ses soies. 
S*echarer^ repandre de Teau chaude sur soi, par acci- 
dent. — Caldarium^ lat. , bain chaud. 

EcoiNER, V. a. Sarcler. — Chuennat^ celt. 

EcouRGEf 8. f. Fouet. Prodoncez en rustique ecour- 
dza. — Scourge^ scourgezy celt. Escourgee, vieux fr. 

EcoMi, adj. Ebahi, surpris, cmerveiUc, dains Tad- 
miration. Demeuron tot ecomis, ils restent tout emer- 
veilles. Patois du canton de Saint- Amour. 

EcoT, s. m. Menue branche s^che, destin^caufeu. 
On dit , par metaphore « sec comme un ecot , pour tr^ 
maigre. — Scodj scoty celt. 

EcouRRE, V. a. Battre Ic ble et les legumes aces. Lo 
hlo nest ecou ne messouno^ le ble n^est pas battu , pas 
m^me imoissonne, locution bressanne. — Excutere^ 
lat. , faire sortir en secouant. Voyez EcoussERis. 

EcoussERis^ s. m. Batleurs, comme si Ton disait 
dcoussewrs de ble, parce qu'cn battant ie froment 
en eph , ils font sortir Ic grain de sa cosse ou goussc. 
— E, privatif: coss ^ celt., enveloppe; eurs^ termi- 
naison arbitraire , mais conforme au genie de la lan- 
gue fran^aise, comme ores Tctait au genie de la iangue 
latine. 

EcRESANCi , V. a. Yanner de droite a gauche. M^ta- 
phoriquement , c^est rendre hargneux. Pour rendre un 




85 

allien m^chant , et le dresser k aboycr les pcrspimcs 
qui se presentent h la maison , on le met sar le Tan e^ 
on YScresance. £cresaru:i quelqu'an , c^est Tindisposer 
contre an autre. 

EcRESSi , $• m. £xtrdmement maigre.. Ezj^ession 
triviale de Lons-le-Saunier. 

EcuRiEU 9 s. m. Ecureuil , patois montagnard. 

EFFOUDRAiy adj. Brise, froiss^, moulu, comme on 
dirait fffoudrcyty patois du canton de Voiteur* 

Egratfinkr, y. a. Egratigner. — £, pr^p. Grafi- 
na^ celt 

EGEXBONHni , ▼• a. Enlever les racines des arbres 
coup^ , arracher les grebons y autre mot rustique. f^oy* 
Grebe, Grebon. • 

Egreli , adj. Dess^chd » rendu grtle par la privation 
de rhumidite qui convient ^ de certains meubles , tels 
^e seaux, cuyiers, etc. — £, prep*; gracilis^ lat., 
grdle ; gracUty ital. 

EoRiiio, V* a» Accorder un instrument, comme on 
le Toit par ces mots tir^s dW noel bressan. 

« Et la Maria 

» Apporti soun grou bourdon 

» Per lo mettro so lo ton. • 

Egronner, y. a« (prononccz ^gnm nd)^ enlever les 
grains. — E priyatif ; gron^ celt., grain. 

El, pron.pers. II. Usitd en Bresse , ou Ton dit au 

contraire /lu pour dfe. — £,pouril, est espagnol. // 

ou / pour e//e, est celt. (Y^hi). 

6 




86 . . , 

Elude , s. m. Eclair qui precede le tonnerre. — E , 
paragogique. Lude vient par contraciiofl du latin iu- 
cidus^ dair t brillaat. — Ebia^ eclair, en dialecte gas- 
con ; ellumi^ celt. , aliumer. 

EMACHi, adj. Ecrase. Ce mot presents Timago 
d^une chose qui serait broy^e^ous iadent^ mdch^e; ou 
aplatie par un coup de massue. — McLcha^ celt., fouler, 
briser. 

Emailli ^ adj. Qui est dans Tadmiration , graxidemen t 
etonne. Parait £tre une crilse XimervdUi on une alte- 
ration di^bahii — Esmae^ esmahe^ celt. , etonnemenl ; 
esmoi , vieux fr. , emotion . 

Emailli (s' ), v. r. ifetre en souci. — Simayer^ vieux 
fr. ; esmae , celt. , signifie dgalement souci. Bullet. 

Embruer, y. a. Mettre en mouvement. S*embruer^ 
se disposer 4 courir , ou i sauter. — Em, pr^p. ; brwd, 
celt., vitc. A la lettre, s'embruer^ c*est se meiire en 
Vitesse 9 si cette locution pent ^tre permise^ 

Embssi ^ Eii£uasi£ , adj. Elssouffie , et i la lettre , qui 
n^a plus de rate. Voyez Mkussb. 

Eme, Emou, s. m. Esprit, intelligence, jugement. 
— Animus^ lat. 

Emplant, s. m. Coup donne du plat de la main. Ex- 
pression populaire. 

En^ prep. A , marquant le lieu , et repondant \ Xijiy 
lat. et ital. Alter en iel village. 

En, Ene, adj.Un, une, devant les mots qui com- 
mencent par une voyelle. En Uj un oeuf , prbnoncez 
enn u. 

Engharmille, adj. Sur qui on a jete un sort, un en- 




87 
chaniement, soil pour le rcndre amoureuxi soil pour 
cmpecher la rcussite de ses projets. 

Enfichkr , V. a. Indisposer nnt personne contre unc 
autre , alimenter sa haine , mcttre en contact deux in- 
dividus qui se contre-pointent. — Ehj prep,;ficker^ 
fr« y planter un pieu. 

Enfouchenrr, y. a. Faire endiakler, tonrmentcr 
comme le demon est suppose faire avec sa fourcfae ; 
c'est comme si Ton disait enfourcher. 

Englauder^ v. a. Expression populaire ^t antique, 
puisqu^clledatedu rfegne de Claude, empereur remain , 
nc k Lyon; faire une dupe , un ckusde. 

Ensarre , Enseehe , adj«Egdre dans sa route, surpris 
par la nuit, sorti des chemins, errant dans les lieux 
infrequentcs, parmi les bois ou les terres cultir^es. 
— Inserere, lat., enfermer, metlre dedans; surra ^ 
celt., cl6ture; sera^ itaL, cnfermer. Mais dans le 
sens de se mettre i la nuit, s'ins^rer viendrait plut6t 
de serius, lat., tard*, d*ou le fran^ais s&ieux^ som- 
bre, triste; sera^ ital., soir; sery celt., dtoile : le 
soir est le moment ou les etoiles commencent h 
briller. 

Entremi, prep, de lieu. Entre. — Mis entrty comme 
parmi* 

Epater (s'), v. r. S'effrayer, s'envoler, se sauver 
avec frayeur. — Pacitare , lat. 

Eparasser (s'), v. r. B&iller, etendre les bras , sV 
giter, attendre dans son lit que Ton soit bien ^veille 
avant de se lever, afin de chasser la partsse pour tout 
le reste dc la journcc. 




88 

EpolRi; adj. Qui a pear y h qui on faitpeur » comme 
on dirait epeure. 

EPRILLAGESy S.ni., EPRILLES, 8. f. Yol^c d'^tin- 

cellesy ^dncelles. 

ERMiTUREy 8. f. Terrain en frichey^abandonnd. — 
Eremua, celt.^ eremos, grec, eremusj lat. 

EsCABiPANT (en). En ^cartant les jambes. — Es\ 
pr^p.; kampe, grec, jambe. P^oyez Camber^ 

EscAMPiLLER^ ▼. a. EparpiUer, semer, jeter qh el 
\k 8ur le champs. P^oyez Champer. 

EscRiNC , 8. m« Grand , sec el p&le , tout h la fois. 

EscRivQUiGNE^ adj. Maigre, ch^tif. Foy. Escrinc. 

EsPENOCHES^ s. f. I^pinard8« — Pinoches ^ celt. ; spi" 
nacium , lat. ; spinage , angl. 

Etroubla , 8. f. TVuAfevfilet de p^che. — jE ajoute 
par proihi8e i trubk , qui est fran^ais. 

Eur A , s« f . Vent, f^oyez Aura. 

(La fia de ce vocabiiliiire se trouve page i5o ci-apr^s.) 





89 

# 

TRADUCTION 



DE LA PARABOLE 

DE I^^EIKFANT PRODIGVE ^ 

En biif^ae Breiounecq , ditc vulgairemcnt Bas-Brelon ; en lan^^e 
CymraSg , dite par les Anglais Wclah , et par les Francis langue 
Galoiae ; en angiaij ; en gaelic dlrlande ( GaoidluUg Eirionnac'h ) , ou 
Irbindais ; en gaelic ile File de Man ou Manks ; en gaelic de la Haute- 
Ecosie ( Gaelig Albannacli ), ou Erse; en Basque. 



En dotinant au public, dans les Memoires de la 
Soci^td royale des Antiquaires de France y des tra- 
ductions de la parabole de TEnfant Prodigue dans 
la plup^ des patois fran9ais de la langue d^Oyl et 
de la langue d^Oc ou langue Romane (i), on a dA 
s^abstenir d^offiir de donner en m^me temps de sem- 
blables traductions en has breion et en basque , at- 
tendu que ce ne sont pas des dialectes de la langue 
fran^aise , mais de veritables langues , aussi diff^rentes 
du fran^ais que pcuvent T^tre Tallemand ou le russe. 
Cependant ^ pour convaincre de cette verity les per- 
sonnes qui persisteraient \ ne voir dans ces deux lan- 
gues que de simples patois , et leur prouver jusqu*^ 
' r^vidence la fausset^ de cette opinion > nous avons juge 

(i) Ces traductions sont reproduites ci-apreSf sous le tilre de maten'auM 
pour servir it VhUtoirt des diaUctes de la langue fran^aise , pa^s 43'i a 
545. 




go 

a propos d'offrir ici dans un in6mc tableau la tra-* 
duction dc la parabolc de TEnfant Prodigue Qnfran- 
fais , en breton armor coin et en basque. 

Nousgavons du nous occuper en merae temps de faire 
voir que si le bas-breton a dcs rapports avec la langue 
des Kimrris ou habitans du pays de Gal(es , rapports 
(jui seraient plus sensibles si les sons dtaient exprimds 
de la m^me mani^re par ecrit dans ces deux pays , il 
y a beaucoup moiAs de ressemblance entre cette mdme 
langue bretonne et celle que parlent les Irlandais et les 
montagnards d^Ecossc , langue dont le vrai nom est 
le laelic (lingua tallica ^ comme Tappclle en latin 
I'lichanan) ct qui est probablement Tancienne langue 
de nos anc^tre les Celtes ou Gaulois. Quant ^ Hdiome 
de rile de Man, nous Tavons place avec Icgaelic, dont 
il n^est qu'un dialectc. 

' Enfin les personnes qui , sur la foi de plusieurs 
ccrivains, mSme modernes , regarderaient le basque 
comme appartenant aux langues celtiques , pourront 
facilement se detromper eu comparant la parabole en 
basque avec cellcs que nous donnons dans trois dia-- 
Iccles gaeliques, et dans les dialectes galois et breton. 
Nos soins n'auront pas ^te inutiles s'ils servent a 
cmpecher dc tcllcs erreurs de sc reproduirc i Tavenir. 

COQLEBERT - MONTBRET. 




Saite du Fran^ais. 

I lai dit : JUon p^re, j'ai p^h^ centre 
voat ; et J€ ne %vA% plus digne d^6tre 



p^re dit a ses lerviteurs : Apportei 
. plof belle robe , et Ten rev^tez ; el 
nncau au doigt , et det ionllerf aos 

aassi le veau ^as, et le tuez; man- 
bonne c\\bte , 

ic mon Gls qae voici ^tait mort , et it 
1 ^tait perdu , et il est retroav^. lis 
'lone a faire festin. 

nt son fils ain^, qui ^aJt dans les 
; et lorsqu^il fut procbc de la maisoo , 
onccrts et U bruit de cenx qui dan> 

I done un des senriteurs, et lui de- 
*^ait. 

teur loi r^ondit : (Test qae votre 
; et votre p^re a tn^ le veao gras, 
voit en sante. 

lyant mis en colore , il ne ronlat point 
>gis ; mais um pere ^laat sorti poor 

cette reponse : Yoilk d^jk tant d^an- 
sers J et je nc voas ai jamais desolxH 
e vous m^avez commands ^ et oq»en> 
ivez jamais donn< an ehevremo, poor 
mes amisj 

iit6t que votre aotre fils , qui a man- 
c des femmes perdoes , est rereno , 
oar lui , le veaa gras. 

d-e lui dit : Mon fils, Yoas ^les tou- 
ct tout ce qae j^ai est a voas. 

allaK faire fettin et nous r<yooir, 
fir^re ^lait mort, ^ il eat ressnacile ; 
il a m retroovtf. 



;uilc de \\ 



son said ui 

iieaven and 

^***^ be called t 
n oui 

father said 
S^be and pat 
gasitgd shoes on 
likid 

ig hither th 

23nd be merr 
bronr 

. my son ws 
S4ia b foand 
asb^^ 

'•''", eU«r mn 
S2^^woigli to 
1rdaz,|r. 
ar c" 

called one 
26|gs meant, 
c^hou 

Mid onto hi 

^h/ith killed t 

<^ d<|i,n ^fe and 

T^za 

: was angn 

2^ his father o 
fell<$ 

^ad-< 

ms^enng si 

*^> I serve the 

"•" y command 

^"^^"^ , that I ml 
hini : 

d'in. 



soon as this 
^,, 1 thy living 

>r_tt. * *he fatted cj 

I 

said unio hii 
hat I have u 



30 
id 
^'hi 



31 
zdb< 



.^ meet that tv 

ibis thy broti 
^aat , ' , 






r_ ^;\ PlllCnt aC u . Baft . ^ ^ vloax trem^" ,.„, 



Vcctesgaelui ;^^,,,,^ba»v«8 ^^,^,.,..^-^3 



lilivvtilodaivrllio; Fy oWd, pc- 
neS, ic o'lh Flsen dHlicuj tc nid 

Ipri^add ivtih d «ci»iAn : Dy- 
orcu , n eniicnvli »m diiio et, a 
ar fi law, ic ugidiau am ci 

) ll<. pufiodiB ■ tleddwch f/: A 



SI. And Ike ton laid luitu liiv^ . 
tinned Hgiinst bcaven and in i1>y# 
more »onhy Id be called ihy M>n J* 

22. Bui <l.c F>tl>«r tald to lii^ 
torih ihe b«l rabd and piii it nn hCT 
ou Ills liand , and ilinu on hh (ean. 

S3. And brini; biihrr ibr rnllodg^ 



b liwn iiedd Tarw, at acth yn Fyw 
^nllrsld , ac a gatd. A hwj a ddc- 



;i fib hvnafef yn y miu - A phaii 

11 al y Ij, ett a glywai CinHlii- 



35. Dow hia ddiT 
hf tame and drew nigh 

sick and dandng. 



iMnd. And Hi 



ivhal ibew iblnRi m 



jiicJndd wrllio ; Dy frawd a 
laddndd y ito pugedig , am iddo 

li{-iadd, ac nid ai i inivcn. Am 
:d«llaii,icaymbilioddaecr 

hndd at a ddv»cdodd nrlli ei 
cr n llynyddoedd yr ydwyf yn dy 
ni lIu'OKddait i un amtcr dy or- 
oddliil rynn erided i ml, I fad 
cyrciltion : 

h dy ftb liwn , jr hwii a ddt- 
gvd 1 phaltcinlald, ti a Icddiitt 

a nrllio; Fjmah, yr«yl 
1 ml , I'r elddo 11 oil jdjnl ctddo 

aweaychu a gorroleddu : o \i\e- 
Dddd JD r»nv, ac ■ aclb yn lyw 
nllfdig ii- a yafwydd. 



illed tbe fillc&i 

fc and anund.^ 






and"' 



SO. And lie 
many yrars da I lerve ihcc, neilh(j 
■I any lime ihy commkndmc-ni , ii^ 
yaveit me a kid , ihal I migbl maL 

30. Bui aa ■nan a< ibia illy ton v" 
lialb drvoiirrd lliy living ivjlb hi 
killed for bim ibc Ullird ualf.' ** 



3i. Ji Ku incrl lbiln<^ thould 
be ftlid •■ far lliii ilij brolb'r naa i^ 
■liaiii ; and wai loti and li [oiind. 



9^ 

a prq 
ducti*"' 

voir 4 ^.nt.: Brine 

des &»,»»*»•»•"'"' 

^nA is aUvc again ; 

monta 

^e r^*^ he heard ««- 

I'ncba; 
deViW 

^* "'®* brother l» co^^i 
COintn<lowe«ted bim- 

facUen 



s„uc dc VUVK««.M»- 



these 
»edX 



basque^ transcre*' 

^d^citbou never 

T5os sc 
empecl 



j^u«tever«i* 



. uu trt.otalhalrrcnatn 
». Acbda<i»bl:»;';;^^.„ta-.db.-.n "I'^^jii^b, 

•^-^tt'^nU-*' = n.arbb»'db a„ 

UogbbCadbu-agu- 

A, uadbbbar,.nao *. ^,^^ ^^.„ ge a. 

85. Acbddo J':\';,".dte.cbda"6»;/;^,'« 

ab6,docbu.W.db.* ,,„,.„ 

• .e-«--f7o£-rabeCr.ud. 

l.i»6»'»"''*"' ■dh6san.d«bUairt 
80. Acbd ar b*"^,-^.: ''a anamb ^^-rbbUl 

ri::dM>dobbuadb««j^.x«^ 

Jhne a f '"^;1''^„1 go «Winn go 

,4S„ dbamb anan^h. 

^ cbairdibh : ^d d. 

d.6hni*»'»":"f 

^, U le.cbd.a .ad. ^^ , 

38. Xebd dob«db cited ^^^^i,. 



i 



Suite du Mams. 



Suite 



2< . As doo^Tt y mac rish : Ayr ta mcc cr n'yan- 
noo pcccal^noi niau , as ayns diy hillcy'» as cha vcl 
mcc ny sodjcy feeu dy vc cnmyssit diy vac. 

^. Agh dooyrt yn ayr rish e harvaantyn : Cur-jcc 
Ihieu magh yn coamrey share , as cur-jee cr eh , as 
cur-jec fainey er e lauc, as braagyn er c chassyn. 

23. As cur-jce Ihieu ayns shoh yn Ihciy , bdyht , 
as marr-jcc eh ; as Ihig dooin gee as ve gennal. 

24. Son v'eh shoh my vac marroo as t'ch bio 
recsht ; v'eh caillil , as Cch ad toshiaght dy yannoo 
gien mie. 

25. Nish va'n mac shinncy raoolc' sy vagher; as 
tra haink eh ergerrey da'n Uiie , chcayll ch iuaalle- 
eaght as daunsin. 

26. As dcTc eh cr fcr jeh'n vooinjer as dencc eh 
ere son shoh. 

27. As dooyrt eh rish : Ta diy vraar cr jcet thie ; 
as,ta diy ayr er varroo )n Iheiy bciyht, cr-ynoyr dy 
vel eh er jecl ihic huggcy slane follan. 

28. As v'ch fcer chorrce, as cha baillish goU 
sUagh : Shen-y-fa haiuk o a)T magh, as vreag eh eh. 

2y. As drcgg^T cshyn as dooyrt ch rish c ayr : 
cur-my ncr la mish risli ^^hillcen blein shen ayns diy 
hirveish , chamoo ren mcc rieau noi diy acigney , as 
foast cha dug oo dou rieau whccsh mannan^ dy yan- 
noo gien marish my ghciney mooinjerey. 

30. Agh cha leah as v'eh shoh diy vac er jcet, la 
er vaarail diy chooid er sireebaghyn, I'ou er varroo 
cr c hon yn Ihciy beiyhl. 

31 . As dooyrt eh rish : Vac, I'ou er ny vc kinjagh 
marym , as Ihial's ooilley ny I'ayni. 

32. Ve cooic dooln vc gennml as boggcy y glioaill ; 
son v'eh shoh dty vraar marroo as I'eh biorccsht : v'eh 
caillit, as t'eh er ny gheddyn. 



24 . Agus ihubhairt f 
mi an agliaidh fhlaitfa 
agus cha'n ftiiv mi t*^ 
dhiom. 

22. Ach ihubhairt (a 
Thugaibh a mach a' ch*^ 
uimc i , agat cairibh fi 
gan air a chosaibh. ^ 

23. Agus thugaibh q| 
marbhaibh c; agusithei 

24. Oir bha mo mhs 
ris; blia e caillte, agus^n 
air bin subhach. * > 

25. A nis bha a mh 
rann : agus an uair a if 
gus do^n tigh , chual c^i^| 

26. Agus ghairm e cba 
agus dh^ fhcbraich e do^u 

27. Agus Ihubhairt ®* 
thair^ agus mbarbh t'*ai'.. 
gu^n d^fhttair c ris e tla^j 

2ft. Agus ghabh ess 
dol a stigh : air an aobl^t 
agus chuir e impidh air 

29 . Ach flircagair csa 
Fcuch, a laims^ a^ deai^^ 
so do bhliadhnaibh , a{ 
mi Oaithne , gidhcadh < 
dhomh, chum gu^m b^^ 
chairdibh. 

30. Ach an uatr a th^i 
suas do bhcaihachadh nr 
Ihu'n laogh biadlita dh^' 

3\. Agus ihubhairt lit 
gbnalh maillc rium , agt 
is Icaisa iaJ, U 

32. Bu ch6ir dhuini 
ncach : oir bha do bl 
c beo a ris j agus bha e 




fie I'EiisE. 

f^fta tntc Tit: Alhiir phnoich 
«a>il , B^ai ad' latli;>>r>a , 
lilleadb gu'ii Q»irlc do mliu: 

V 

*a (-Btliair r'a Uicirbliiiicli : 
<l|iUidh ■'> r«UT, agui cuinbh 
,|(lBDe air ■ laimh , igut bro- 

in to an laogh biadhu, a^» 
ytuuidBBDi biomaid tuhhacb : 

'4c M> marbh, a)>ai iha e beo ■ 
(.Vhiiuadh e. Agiu ihJiiMcb iad 

Hie ba ihiDe mach up (bn- 
i;4d.ij.,.|,.. . Hi,.'»t.- 

r ceol agni an danma. 

di 

JJotga Bon do oa li-iQiachiibh, 
i ha cbiall do na Bitbibh lia. 

il 

otBD ri( : Thainic do bri- 
hairanUogb biadhu , chkinD 

.n fearg, agui ctia b'iill )[?it 
''SarMathainietthairaniacb, 

fa. 

Lji *(;ai (babhairl er'a ailiair: 
■ainh icirbbi) duii an utread 
ICpl' Dair air bllh cha do bhrii 
„ih*d'tiij;h Ibo meann riamh 
"itbinn tDb^acb niajtie ri m' 

er. 

lalni^ do mhac >o, a dli'iib 
lallle riairiopaichibb, miiarbh 

le rii ; A mhlc, iha tbnsa a 



I abbi anUuicb, agiit aoibl 
Taihair ID marbh, igui il 
celllte , tfiu fhaaradb e. 



a. Eta ail 
UTopa cdcm 



: erran fucn bcre aebld : ELharrne 
1 , eta yiuDti fOfUG , emoTor crbiai- 
cUfapgtacaiDeun. 



S3. Eu ekhar efada^ne » 
Varoe, etaeeol" dejagun aii 



S4. E^D eae t«ra« hau bit ceo , bainao pirlu da , 
galdu CM), bainan cdircn da. Ela haui circa OD>ai 



i6. Eu^^dcilhoHc idiistaric faal, gaUcgnia 



S7. Ela (cbi liarc crran cion : fure anaya elhorri 
da, ela forc lilac hiido aralciie gniceoa, centn omo- 

9M. BainSD hauaritu ceo, ela eiccn lanho nabi 
ifan i eta bore aila ilkhiric otbolnen fueo tar radin. . 

SU. Bainao Ihirdeui fncD , ela erran cion bere 
aiiari : Iluni , badu baioberlre uribe ccrbilcaicen (ai- 
ludala,cia ci dut behlncre furc matniric iragan; 
eta biiquilarlein « daniafu egnndaino cmBn pinica 
bat cnc uliiquideqain altegoin harceco. 

50. Bainan fnre (cm«hau,ceinac irrtjl lean balta 
fure onibauuni bici gaiiloco cmailequin, clboni 
irin dcnran, liJl ifan dacofu aralchef^icena. 

31. Ela ailae erran don : Ese kaurra, ju bclhl 
coequincare, ela *nc onlhguun guciic j-urrac dire. 



3S. Bada aue ona egnin bebar i 
ccren rure anaya ban bil bailcen 
[■aMn baitcen , ela ediren haila. 



ela aleeueralu, 
la pinu baiu ; 




93 

Parabole de I'Enfant Prodiguc en creoic de Saint-Domingue , 

Port-ad-Princc. 

■ • 

i I . Gnioon hom t^ gign^ d^ Clt. 

12. Plot jenne Im dit ptpa U : Papa, ba moi fk qui pon* mo! dans bien ou. Et 
papa Ik t^ partag^ io bien la. 

45. Pas eitrAmeiit long-tempf apr^, plif jeune la d^ pitit la io , prend toat ca 
li t^ gagn^, et qniti pays la ci la la, pou^ alle Tauf c6t6 loin loin , oik ti li gaspill^ 
tonte bien li. 

44. D'ab^ li t^ (ini mang^ toates adaf li , (p*and gout T^ni dans pmya Ik , et y'la li 
oblige meodi<^. 

45. Done li d6 s^^ri^ gnioon habitant pays la , qui \'oy6 li pott* gAM^ cochont-li 
n'cn z'habiution li. 

46. Li t^ bien r\6 inang^ 9a cochons la io t'a pr6s mang^, panv' diab\ mais p^^ 
•onne pas t^ vie hk li« 

47. Li commence rapesti , et li prend song^ con fa : Aye , aye, gagne mono* en 
pile la caye papa-moi, qa'apr^ servi li pou'.z^argent et qui pas jamais grand goAt, 
et ddfloitiv«ment mon icit apr^s mouri grand gout. 

48. Faut ro^all^ tronv^ papa-moi, et m'a di li^ Aye papa, nion connais, men 
p^biS c6t^ bon AM et c6t^ 00. 

49. Et m^ai in^it^ eocA, ou hSii mol pitit-00 non ; faut on ga^dez moi tant 
comme domettique-on. 

50. Don li prend march^, et all^ cdt^ papa li j com* li t^ enc6 loin caye la, papa 
II voi li : comme ck fait li d'la peine , li coori 00 ti pitite-li, et tien binii n*eu cou 
pM' h6 li. 

24 . Et pitite4l di li con fk : Aye papa moi , m't^ p^eh^ c6t^ bon AH et c6t^ 00 , et 
m^pas m/^il6 encd on hAi moi piiiie-on. 

55. Gom^ papa li voi pa , li h^U domestiq* li io« et di io : pAtei ritement robe Ik 
d Ik la , ani pU belle pasi^ z^aui' et billez pitite-moi , mettez bagne dans dolgte-ll, 
et aooli^ dans pi^-li. 

83. Couri n^en saTanne, prend veau la qui gras pass^ 1 aut' Ik io, et tniez li toot 
fiite, pour aiint capab fai , oon mang^. 

t4. Piso' pitite-moi ti mouri, et li rcveni , li U phAi ot via nous troov^ li. Don 
tonte monae Ik Io prend fai bon mang^. 

il5. Com* grand hh li quitt^ s^ti dans savanne, veni proche caye la, li tend^ 
bmoie toute monde la io qui apr^ dans^. 

56. Li h^^ gnioun domestiqoe Ik io poo' mand^ li pa pa t^ i4. 

17. Monde Ikrdpondeli : Fr^-on reveoi la caye, etpapa-o« di ooia tni^ tom 
gras Ik, pace li content, pitite-li too'n^bien p<^'tant. 

88. Com* li t'end^ pk, k force li t^ en col<^ li pas t^ vU entr^ caye la, et papa-li 
forti poor fai' li entr6. 

89. Grand fr^ Ik di papa-li : gagne si long-temps m'apr^s servi ou , 00 pas jamala 
bl «ioi nioQo cabrtte poA moi diverti moi-m^n»e avcc z'ami-moi io ; et a via Taot* pi- 
tito-00, mis6^' la qui t^ mang^ loute bicn-ou avoc drivailleusc la io, vcni , 00 lait 
toier pod' lui veau gras Ik. 

3U. Papo Ik di li : Mon fils; ou U toujours ou ti moi . et toot a mo gago^ II 
poA* ou. 

54 . Mais non i^ s'oblig^ fai' fk com' (*k poii' fre-ou . pace li (^ mouri . rt li re- 
veoi , li id pc' di ct nous irouv^ li enco. 




LIVRE DE RUTH 

EN HEBREII , ET EN PATOIS AUVEBGNAT. 

PREFACE. 



Ij'HiSTOiBEdeKuth, Moabite, epouse de Booz , estune 
si fidele peinturc des mueurs si^pplcs et na'ives du temps 
des patriarches, elle nous ofTre des details si iat^ressans 
sur divers usagespolitiques et agricoles dupeuple Juif,peu 
apr^s sa transplantation dans la terre de Chanaan, que 
j*ai cru devoir la joindre k la touchante parabola de 
PEnfant prodigue , avec laquelle elle a plus d'un trait de 
resscmblance. Je Tai done mise en patois ou idiome de 
la paroisse de Chalinargues, canton de Murat, departe- 
ment du Cantal, comme j'avais dd)^ fait k regard de la 
parabole sous laquelle le Sauveur du monde a represent^ 
avec tant de v^rite Finepuisable mis^ricorde duTiis-Haut 
envcrs le pechcur repentant. J'ai mieux aim^ suivre Tori- 
ginal hebreu que la Vidgate latiae , ou la version fran9aise 
deSacy.parceqn'ilcsttoujoursavantageuxderecouriraux 
sources , lOrs mSme que les ruisseaux qui en de'coulent 
n'ont rien perdu de Icur purete primitive. Un autre motif 
non moins puissant a beaucoup servi k determiner mon 
choix : la Soci^t^ Asiatique , depuis sa naissance , a pro- 
digieusementrc'pandulegodtdes languesorientales, par 
ses encouragcmenset par sesexemples. £n prcsentant k 
la Societe royale des Antiquaires dc France un morceau 




95 
lie patois auvergnat , je me suis propose de lai donner 
pour base un morceau ccrit dans une des langues qui 
sont Tobjet special dcs travaux dc la Societe Asiatique* 
C*est un hommage que je rends tout-a-la-fois aux 
deux compagnies savantes qui m^ont fait Thonneur de 
m'admeitre panni leurs membres. Ma traduction con-* 
servcra le sooTenir d^un dialccie qui s^etcint insensi- 
^ Uenient ; et Foriginal , imprime en regard , foumira 
Poccaision de remonter h un dialecte antique , i)erdu 
depuis des si^cles , de les comparer ensemble , et dc 
se convaincre quMls ne sont pas sans analogic entre eux , 
quoiqu^on les ait paries k des distances si eloign^es pour 
le temps el pour le lieu. 

Lc livre de Ruth, dans T Ancien Testament, vient ordi- 
nairement k la suite du Livre des Juges dont il doit faire 
partic, suiva^l quelques ecrivains ccclesiastiques, et dont 
il n*a et^ scpard que parce qu^il fait un tout complet et 
qu^il a un objet distinct. D^autrcs critiques le regardent . 
commc Touvrage du biographe dc David , et commc un%* 
csp^ce de pr^ambule h la vie de cet illustre propbete. 
Ainsi done, de Tavis de tout le monde , cette courte 
pi^ce est un episode de la grandc bistoirc du peuple de 
Dieu , renfermant la gcnealogie de David , qu'on n'a 
pas voulu placcr*dans Tendroit qu^ellc dcvait naturel- 
lement occuper afin de ne pas interrompre le recit , ou 
qu^on en a d^tachcc pour la publier h part. 

Ce livre est gen^ralemcnt attribue a Samuel , parcc 
qu^on y remarque des locutions qui nc se troavent que * 
dans le premier livre des Rois, dont Samuel est Tautcur 
jusqu^au chap. 24. Cepcndant, lec^I^brc Jdnpense qu'il 
a 6t6 compose sous les demicrs rois dc Juda. Voici les 
raisons qu'il allcgue k I'appui de son opinion. Lagenca- 




96 
logic dc In Famillc Royalc est unc prcuvc que I'auteur 
a ^crit depuis le rtgne de David ; il n'cst pas moins 6vi- 
dent qu'il a ecrit long-tcmps apres, i" par la contexture 
dc cettc assertion : lorsque lesjuges r^gissateni lepet^le 
d'liraffl, ce qui semblc indiquer un long espace de temps 
dcoul^ depuis; 3' par Tcxplication dc I'usaige de tiTrer la 
sandalc ou le Soulier, pour assurer le contrat de vcnte 
ou d'achat ; et par Toubli du nont du parent d'Elim^ ., 
lech ; 3° par Ics locutions chaldaVqucs dont Ic style est 
seme, ce qui annonce le dernier pcrtode du royaumc 
dc Juda (i). 

II est impossible dc determiner Tcpoque k laquellc 
arriva la famine qui contraignit Elimclech ct Nodmi, son 
ei>ouse,dc se retirerdanslepaysdeMoab. Usserius, mal 
a propos ce me scrable , la place sous Samgar , 120 ans 
apr^s Josuc. Lcs Rabbins pretcndcnt quXlinielcch arrdta 
miraculeuscmcDt le soleil. ct qu^il occasionna par ce pro- 
dige la famine dont les environs dc Betbleem furent de- 
'soles. lis disent aussi qu'il elait frere dc Salmon, p^rc dc 
No^mi. Mais leurs conjectures, sur ce point comme sur 
bien d'autres, sent marquees au com dc la frivolite ct 
du ridicule. 



(1) jiilaslibri: ex adjectA gaieaiogid Uirpis regite ^ liquft, auclonm 
non anie , sed poll Davidem , el i/uidem rrceiib'ori avo scnptisse ; nam 
I'prafiiiiiw len^orit: quum jutlices rcgcreiii populum Israel, cap, I, 
vat. 1 , argwt , jam longiori vevo rtgnasx i^ges ; ^umi a" eli'am pmltt 
cxpUriitio riUis, tmtionrm et vrnilllionem tradiHone iandaliorum ftrmari 
soiihim/uute fCap.l\, vers, j , el ignotuni aomen pnpin^ioris rofniati, 
ifui per ^3IS7H "^J^B aliqub cerlus, tlrsigiialur , cap. IV, vers, i ; 
3" denique rhaldalea^ ijiiiiiis Uagua inlermixta est, uMmum satlem 
regni Juiia sendum iniimittt. — liilmduri,, ad S6. Sarr. uteris fattens , 
pe,g.%J». 




97 
Ceux qui s^appliquent a Tetudc deslangues orientales, 
et qui veulent connaitre a fond ie livre de Ruth, ne consul- 
tcront pas sans fruit Ic Collegium Rahbinico-Biblicum de 
Jean Benoitll Carpzovj Leipzig, i7o3,in-4**?quicontient 
le tcxte h^breu , avcc une version littdrale latine ; le Tar- 
gum ou paraphrase chaldaique, avec sa version; lagrande 
et la petite Massore ; les Commentaires des Rabbins Salo- 
mon Jarchif Aben Ezra, Aben Melech et Aben Dana, avec 
des versions et des notes trcs-amples de Carpzov sur tous. 
ces points; ils pourront aussi consulter le Commentaire 
de Feu-Ardent sur le livre de Ruth , Paris, i582 , in-8"; 
cclui de Didace de Celada , Lyon , i65i,, in-fol. , et les 
autres ouvrages indiquds dans la Biographic univcrselle , 
art* Ruth. 



J. Labouderie, 

Plcaire getieral d' AUgnon ^ chanolne 
honoraire de Scunir-Flour . etc. 



i3 




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uai rmn' Dr6 rran dtpibk iv'jdi t^™ vxnsv) 
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nvDW <a aniD nwn awrn n<rf?ai jpn opm — 6. 
: onS DnS nrr? -ay fik mn» Tpsna axin rrwa 




LOU UBRE DE RUTH, 

X» PATOIS OUVERGNAT , 
SOUBRE L:0UR1DZINAHR HEBREU. 



TZAPITRE I. 



I. — Der t^ns dSi dzudzes d'lsraSl, diagu^t en£ 
gronda famina Aiin tout lou palb d'Ephrata , 4a htSmS 
MHirtiga^t di BethT^m de Dzuda , ambS sa fenoa 6 s2i 
doos gar^ous , pir voudiadza di^n la catnpogna di 
Mouab. 

a. — Aqu£t h6mi s'apelave JGIim^ech , sa fi^nna 
Nou^mi , scan Sina Mahlon, e soun cad^r Ch^lion : 
s*Snan^roa toatgU Sns^mblc tzas ISi Mouabitas, i y dS- 
moar^roa. 

3.' — Elim^lech moarigu^t ; Nou^mi 4 sSi gar^oos 
s2 ratlHroa pu ; 

4. — Ar coantrairS , sS marid^rou a douos f^nnas 
Mouabitas , qu2 s'apclavou Orpha 4 Ruth. Lour mariadje 
dar^t pr^ di delze dns. 

5. — Ar tza d'aqu^r t^ns , Mahlon i Ch^ion moa- 
rigu^rou , la viva ISoue'mi dSmour^t ambS aii doaoi 
n6ris. 

6. — Tard^fpasa tila lou pa'u dS Moual> pSrrctourna, 
di^ lou si^ou , perqo qu? dy avioue dit qui lou bon dieou 
dy aviot ramena rabound6ncia. 




rmbs 'rwi naurnrrn -wn taynn p »otm — 7. 

; mirr ■^itrhK aw"? 7113 i-^aSn my 
fTOK ruaw n»S rm^s 'rwS layi lOKni — 8. 
oj> orwy "wio tdh dsdj nVi» rwy rot rvs"? 
: 'Ttan D'ron 

rwK ws rwK nrma trntai ash nin> jir — 9. 
; ru'sam jSip r-UKwm ^nS pwm 

I -py"? 3WJ iriK '5 rh nroKm — 10. 

rat n»Sn ncfr'Tua ruaw van -ourn — ". 

1 B'vijkS 03'? vm 'ytaa cna 'S -nypi 
>3 imnS m'riD 'rupt '3 pS tus ru3» — n. 
>rrD> DJi \»'>A nS>Sn 'rvn oj-nyn 'S-t»' vtidk 

tOXi 

nwn ffcn ifru' "ton ly ru-oisn f6n — i3. 
rnop '3 03D HND 'Vtd '3 Tus Sn \»'nS mn vhsh 
i nin'-n> '3 

nsiy piwn -ny ruoam jVip r-u<wn — 14. 
tra np3T i-jhi nrtmn'? 

rwiSirHKi nayht yias' rai» run laum — 15. 
i TrtM' nnx >aw 

■pnKD awS "piyS 'a-iyjan-Sn ni-nnNni — r6. 
•py ysi/ r^K wn -wKai "px >3'?n ■nptrSn >3 




lOI 

7. — Partigu^t d'ati ambe aei noras, e sS bout^t en 
tzami pSr soua pais. 

8. — Tout dVn cop Nou^mi digu^t a sei n5ras : ana 
YOU6 CO J touma tzascuna a Toustahr de v6sta mairc , et 
quS lou bdn dicou vous trate couma zavcz trata lei defuns 
e couma m^avcz tratada. 

9. — Qu? vous accdrde d5 trouba lou repaou tzas- 
cuna ambS soun home. Ati Jesoubre las ^mbrassdt. 
Adonca se bout^rou a ploura c a brama. 

10. — £ dy diguerou que voudioue Taccoumpagna 
didn soun pais. 

11. — Noucmilourdiguet: ana vous dn,pra que v?n- 
drias a ma coumpagno? Sab^s quS n^di plus dS gar^ous 
pSr voui douna. 

12. — Ana vous en , soq trdp vfcilha per n^agurc ; e 
quan sarid grossa d^aneui, ou mSma accoutzada, 

1 3. — Voudrias SspSita quS mous Sfdns fouguessoa 
grons? Poudrias demoura v^vas? Sias assi^guradas , quS 
la pe gr6nda pcna que mS fastgea la cour^la dSr bdn 
dicou • is a caouza de vahrtzas. 

14. — SS boutdrou ^nqu^ra a plonra e a brama ; fa- 
gudt sous aducias a Orplia , que partigudt ; Ruth dSmou- 
rdt am'- zdla. 

1 5. — Nouemi digue t a Ruth : ySsk^s que vostS liilt 
sohrrS Ss partida \)&r ana didn soun oustahr, £aze coum* 
ela ^ tourna tzas vostgis parens. 

16. — Ruth respound^gudt : m? pr?issassias i>as de 
vous tita c de m'gntourna ; d'acdn d'anaris voui segrei , 
i dzeirci oun dz^ris : vosti familha es ma familhi , 
▼dstS dieou es moun dieou. 



rwy TK "apx bwi no< 'rnnn ftna — 17. 

! ^J<31 'j'3 Tiff man 's »fD' nsi •S mrT 
Vnni pmx ro^S kvi mDwia-'s mm — 18. 
•.Trnforh 

TV1 DnS rta rmns-iy brrnw rusSni — 19- 
ruTDNTn fpSy TyrrSs Dnm arh ira ruias 

■h jtnp nsyj 'S ruRTpn-SK ittSk iK»Jm — 'ao. 
; iND '9 nw tirr>3 tna 

no"? iTifT 'Miiffi apm 'reSn nsSD 'm — ai. 
I'Syvi'-wn 'a ruymm 'ayj '"jr-UKipn 



roiwi nay nriSa nomnn rmi "Dyj awm — 2a. 
1 cnywirKpi rf?nrD Dn"? n>a no mTi aKO n»a 

msttioD "^ ^i3J tnt rwtA yro nayiSi — i. 
7rwT\ttrrohi< wthtt n'amm nn penni — a. 

i TO »aS 
ip onxfn nrw rrwa upSrn Kom "jSni — s. 
;"fity7Krnswno "wi"* tyaS rrwn ripn mpa 

iter Dn!(V? "ow or6 rraa m wa-rum — i- 
! rWT iai3» T? rooi oaoy 




io3 

17. — Mourir^i oun mouriris , sar^i gntairada ar 
cousta dS vous : n*y o que la mort que nSi sSpare. 

i8. — Quan Nou^mi Teguet qu? sa n6ra s'entestave 
6 s^afourtidt , n^yn parl^t pas d'avantadge. 

19. — S^Snan^rou toutSi douos, 4 pringu^rou lou 
tzami dS BetU^m ; lour arreibada fagu^t un grrfn tan- 
padge , toot lou moundg se d^mandave s^acou z^ra 
Nou^mi ? 

20. — Zfla lour diguet : m^apelassias plus Nouemi^ 
apela inS Mara {amard) , per^o que lou bdn dicou m*o 
ramplida d^amarteuma. 

21. — MS sou Snanada tzardzada , rSv^ne tdta 
boo^ida: pra quS Wapelarias Noudmi (^dShrfd)? Lou 
bdn dieou m*o bSn aflSdzada , 6 m^o fait bercop dS 
mahr. 

32, — Nou^mi i sa n6ra Ruth arrib^rou a Bcthl^m 
dSr tens quS couminquavou a mddre lous eurdis. 

TZAPITRE II. 

1. — Nou^mi avidt ^n couji de defun soub hdmS 
Elim^ech , qtiS s'apelave Boz et quS z^ra ritge. 

2. — Ruth diguet a Nou^mi : anarci dien lous tzdns 
pSr englSina , i bSlieou desplSir^i a dSgus ; Nouemi rSs- 
poundCguet : n6ra , ana. 

3. — Venguet, dnglem^t dardi^z lei meissonnaircs , 
i cou sS troubet lou tzon de Bdz , lou couji de soun ber 
paire. 

4* — Paou dS idns aprez Bdz arril>et, i diguet ei 
m8is80una*ires : dieou vous adjeude ; eistchis respounde- 
gu^rou : que dieou vous assiste. 




io4 
myn "oS cranprrty asjn ngh va lasn — s. 

myj "om onsiprr'jy asn lyyi 7y>i — 6. 

! asoD nttw <D»a-oy rowi ion rranio 
nhx tanoya 'nso^fl j^utiup'jN "Otfri — ?• 
nnawm nnyTyiii?3n»KD"noyniKwrn nnjnpn 
iuynrTan 
'aSn Sk »ro nscff nVn rm Sk »ya low — «• 
•C^ym mro rtia mayn mVdji irw rrrea apSS 

I'myroy 

Kfn ]mnK ro'jm ^rsfn-ntf k rrn»a ysv — s- 

ahsn bit totti now -jyai •rfjaV wiyjimN ins 

: tanyxi xateiB< "wkd mwl 

T^N 'iBuni i-nnx inmyrn rvar'Ty Ssrn — to. 

: rroj 'sao <j-i'5,-d ^yya ft 'ntom ynn 

rrw -WK "73 ■h ixn -on rh tdni Tya jyi — i i • 
VIK1 ■^n^<1 T^!* 'orvn -ftt«vt rnn nnK 'j i r m i i i in 
, i uvhvi ran nyr-K? -wk cay-Sx oSm 11x1710 
noSw -fnawn >nni TSys pTi> ca'w — ■>■ 
! TSJa-mn rronS rvo "tok 7^^«»' >rT?>e mn> oyn 

'51 'jrou '3 Tin jrvs frWfOK IDKni— i3. 
! yT&B ma nflx kS 'aao ipr&t) aVw itot 



nSato ofxi ivi "-jstci nyS tya n"? ■x»f^ — •4- 
onxpr-i T3B0 ai»m ynna ttis r-iSaui nnSrvp 
! inm yaiDm wnm 'Sp nS-waxi 




io5 

5. — B6z digu^t ar meistre mgissounaire : qu'S9 
cqu^ dzouiha f^nna ? 

6. — ZSr rSspoundegu^t : cou-zSzla dzouina Mouabite, 
ijul? zis vSngada ambe Noucmi. 

7. — Nous o pr^dza de la leissa ^ngleina di^n lou 
tzon ; Ss Sissi despeui lou mati , san titat un moumdnt , 
qu? coatinin. 

8. — BoK digudt a Ruth : SntSnd^ ou , ma felha , 
B^anassias pas di^n d^ahrtchis tzdns per engleioa , rastat 
Sissi 9 dngleinaris ambe mas fSlhas. 

9. — SSgud lous endrits medus: d^gus vous fardt 
d^afrdn , lous ordrSs sou dounas » quan zourSis se , aoat 
a la tou[nna , bubc couma lous ahrtchis. 

10. — Ruth faguet una grdnda raben^tcha dzeusqu'a 
terra , 6 digu^t a Bdz : couma zavcz pougu mS counusse 
p2fr coujina , san m^agur vista. 

11. — Boz r?siK)undeguet, sabc tout 90 que zavdz fait 
p5r vosta b^la - mairc , e que zavdz tita paire ct maiVe , 
p?r v&i di^s un pais Sstrandgd. 

1:3. — Qu? dicou voui rdnde lou be que zavds faVt , 
quS voui racounpensc per que zavdz tzartza a vous cla- 
ourc sous sas ahras. 

1 3. — Ruth digudt : tzahr be quS z^astzc trouba gra- 
cha davdn vous pSr-quS z^aguessiaz degna me counsouhra, 
diou que sou pas digna d^estrc der nombre dS vostas 
sSrvdntas. 

14. — Boz rSspoundegudt : a Thdra dSi repas, aprustza 
vous , mandza am^ tout lou mounde , treimpa vdstS po 
didn lou vinaVgre ; zela s^assStdt done ar cousta dii 
mSissouna'ircs ; Boz dy donnct de coufinada tahramcnt 
quS nSn mandzdt soun sour e nen lifissct da resta. 




iu6 

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"mpirrhi nt iSa-tat ny jv^in <S-wk onysTDy 

'Nsn <a 'na aiu nriba mi Sk 'ayj ■pum — aa. 
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! nmnn-riN son O'lavi Txpi nnywn 



•fj-irpaN k"?:! tu nmon 'nyj nS lown — i- 
: "p-au" "WK nua 




1 5. — SelSv^t per engleina , addnca fioz diguet a 
80ui mSrcSnaires : leissa TcnglSina SntrS lei dz^rbas, sans 
d^ faire dS pena. 

1 6. — Quan liariz iSissa toumba tout Sspres quahr- 
quas Sspidzas , pSr quS las amass?. 

17. — £nglein^t dzeusqu^ar v^spre ^ e scoudeguet sas 
^oglinas , que dy fagu^rou tris bouiss^rs d'^urdi. 

18. — Lous impourtet a la vila , lei doundt a sa bila- 
malure y ambS 90 que zavidt leissa da resta dS soun 
)^sparti. 

19. *— Noudmi dy diguet, ound^avdz dnglSina? qu*a 
quSr quS vous o fait de bS sidt bSni. La n6ra coiintdt a 
8a bila-maire 90 quS s'^ra passa, i digudt qu'aquSl hdmS 
s'apelave Bdz. 

ao. — Noudmi digudt a sa n6ra : qu? lou bdn dieou 
lou bSnSjisse , pSs quS s^^s moustra coumpatissdn, ambS 
lii yivdns d iSi mdrs; digudt tout d^ab6rd, aquSl home 
zSs ndste parent 

21. *-^ Rodi adjustdt: m^o rScoumandat Snqu^ra dS 
Teni dzeoaqu'a la ft de la mSissou. 

22. — Noudmi diguet a sa n6ra : sou ben aYse qu^a- 
naasias ambS las fSlhasd^aquSl home, d^guspoudrdt vous 
fal&re afrdn. 

23. — S^atatzdt ddnc a las fclhas de Bdz , e atzabdt 
ambS zelas la mSissou das eurdis e dSi blats. 

TZAPITRE III. 

I. <— S^Sntoumdt tzas sa bila maire que dy digudt; 
ma n6ra, es quS tzartzarci pas a trouba vdste rSpaou? 




1 08 

vrmymK n"n "wn unvTO W3 xSn nnyi — a. 
! rfr'Sn cnywi p»Tw rrn wm-nyi 

Tmi 7S» Tr-te«J 'rotn todi rwrm — 3. 
! mmiSi ^3K? inbs iy \»'^('? snin-'-JN pxn 

csiB-33tn -nwe nipnrmN nyn uaws tpi — 4- 
■TON r-w i"? Tj' Nirn 'Tosm vrhi-o r-ths) r»ai 

; rwys* 'intarTaiK Ss n'Ss "ocn — s. 
i nmon nmii-Tiwt Sss \wm ]vn Tim — 6. 

nspa 33wS Ml vh aa^i rwi wa Sski — t- 
i 35\»m TrfrjTD San vha tarn nrnjn 



rwK ni-n nsS'i v^wi Tinii nWn "xro vn — »■ 
! rrniJio rosm 

mnsi iroi rrn 'sjx lOKm nx-'o -ow — 9- 
i nnx Ski '3 TroN-'-jy -^ 

■pon nawn 'na nvr'j ne r\sTO idk'i — lo. 
HrnN nmnan nriK roS-rfca'? tWKVnn vnriKn 

i n'w-DNi 

rwyx 'TQNrr-wN Sd 'ktitSn to nnyi — ■■■ 
; nt S'n rwK 'a >Dy ivic-Sa jnv '3 "f? 

Stuwtsn '3J« ^ OK '3 DJQK '3 nnjn — i». 
: ':aa snp 




log 

3. — Bde qbS vous o ISissade ^nglSioa ambe sas fSIhas 
z^^noste cooji couma sab^z; aqu^sta neui v^ntarot soun 
eurdi clien lou sohr. 

3. — Lava yous> oundgi^ vous, bestir vous , rand^ 
vous ar sohr ; que Boz vous vestja pas , dzcusqu^apr^s 
soupa. 

4. — Agueita ound^ anardt dzaire, segue lou, dSscata 
la flaasade der cousta das pez , couhra vous ati i durm^. 
ZSr voui dirot 90 que zavdz a faire. 

5. — Ruth proumelegudt dc fa'ire coum^aco. 

6. — * S^Snan^t ar sohr de Bdz i fagudt coum^avidt 
rScoumanda sa b^Ia mairc. 

^. — > Quan Bdz agu^t mandza d b)^gu mai quS d^our- 
dinaire, s'adzassdt prds d^un grouber e s^endurmiguet. 
HuUi maniiuct pas soun cop, tirct la flassade ou lou mau- 
ti^r i s'Sscanlazei. 

,8. — Soubre medza-neui , Bdz s'arravSilldt 6 fougu^t 
tout hor dS zSr de senti cna f enna a sous pez. 

g. — Qu'ahrs-aco, diguct zer? cou-zes vosta serv^tita 
Ruth, sou-faguet zela. Stindc vosta flassade soubre vosta 
sSrventa pSr 90 que ses moun couji. 

ID. — Ma felha, diguct Bdz, que lou bdn dicou voui 
bSnSjisse; s^ ma'i que dzamai pline dg vartus, p?r 90 
quS n^av^ pas courrigu aprcz la dzoumessa , paoura ou 
ritza. 

11. — N^aguSssiaz pas dS crinta , fardi tout 90 quS 
voudriz ; tout lou mounde sa que scz ena brava f^una. 

1 2. Sabe bS quS sou vdste couji , mei vlj o en ahrtS 
pSs pr^z que diou. 




no 



Ska* 51U tSka^-dk ipaa^nvn nS»S!1 ''xh — 13. 

yy Dntaa opm ij?3rr iv imSaio aswm — 14. 
: fun rwKH nKD-»D rvrS« "^Qk^i injnmKU^K 



. 7S)j-n\w< mstJDn 'an "o<»i — i5.. 
J i»vn ta»i rrSv rw»i D»-))w-ttw td»i po trwrn 



nfrum vo r»r»D uoKm nntan-SK n^am — 16. 
•lOK »D ^ pi hSkh Qnjwmiw -OKm — 17. 

: DW1 "oin nSD-DK->a \j?»Kn uf\y» k'? »3 
OKTD rmwa :n3\yn ♦D)rj man 




Ill 



i3. — - Durmd touta la neui , se demo vohrt tous 
Sspooza, a la h6nn^ hora , se vohrt pas , couma lou bdn 
dieoa nous scouhrte , vous espouzarci. Durm^. 

1 4* — Darmigu^t dzeusqu'ar mati. Eatre tjo 4 lou , 
Bdz s2 ISv^t i dy rScoumanddt de dir^ a degus que fou- 
goisse yinguda di^n soun lei. 

i5. — - Tani , digu^t zSr y stind^ la flassade quS vous 
cata , sarra 16 dS lei douoi itios. Ruth fagu^t coum^aco ; 
Bdz dy mSzur^t dSdi^n s^i bouiss^rs d^eurdi; z^la lous 
impoort^t a la vila. 

i6. — - An^t trouba sa b^la ma'ire qqS dj digu^t; 
qu^av^z fait? z^la dj countet tout 90 que sera passa. 

17. — Ati-av^z s^i bouisscrs dVurdi quS Bdz m'o 
doonat in disdn, vohre pas quS vous Sntoumassiassan r^z 
tzas ydsta b^la maYre. 

18. — DSmourat ^n patience, rSspondSguet Nou^mi, 
i Y^iris 90 qu'arribardt. Bdz es tr^u brav' hdme per bou 
iSissat-ati. 

TZAPITRE iv. 

I. — Bdz mount^t a la porta i s'assSt^t. Tout d*^ 
cop vingu^t a passa lou couji que zavidt dit Bdz. Lou 
soun^t i dy digu^t : vene i asseta vous ; zSr vingu^t i 
s^assltA. 

a. — - Fagu^t aprustza d&tze das pS viers dS la vila, i 
lour digu^t: assSta vous, e s'assSt^rou. 

3. — Addnca parl^t ar couji : Nouemi , quS iXs viu- 
guda d{r paos di Mouab , vohrt v^ndre ena partida dSr 
tzdn dS ndstS couji Elimelech. 




cyawn iM nap ■o*'? "uik rhin ttbk »ao — 4. 
'h nvm Skj' k? no '^^Q Stun-on nay 'jpi tmi 
'3:k ■on'i 7"in!< cjio bitaS TnSfl f k >> irno 

nxai •Wi TD rrwn Tnijp-tDva tya "am — s. 
rtamw ofn"? vesp rtxrrwH moNian rm 

iiTTjnr'jjf 

i-irwN-^s »'rVtt«'? HsiM kS Hkxi "BKn-r- 6. 
SslN-nS '3 tiSkj 2-ik nm iS-Sio 'l fa u l iw 

! VimS 

r-TTinm-Syi rf'Kj.T-Sy Smttca crasS nwi — 7. 
riwi Tirn jrw ■hsi vrx r^ -ai -hs ayS 
: Smwa rtnym 



i iSvj tiWi •frrup tva"? Sian idki — 8. 

Dvn DPN anv OwrSai o'jpi'j lya "oki — 9. 
jiiSaS -WK-Sa r»o tSd'W? le^oa-TiN 'mp 'a 
;>Dyji>aj'ftrwi 

'S TTip pSm rwK rraNicri rm-nn nji — 10. 
rarroB p-d'-nSi inSra-Sy na-rnw typrh nvmh 
•• cji'n arm any impD -lyacii ittk oyo 

my crapni idvis iwk oyrrSa nan'i — n. 
■wnc hnSsi Srna Trva-Sx man rwtm pk nirv fn» 
-NY1 nrnsMa Vn rroyi S»m»' its rw onrw to 
! arh iraa dw 




ii3 

4« ' — ^ TOttgn TOU6 Sn paria d^avdn toiitgU. SS vouh- 
viz Ion cromnpa, couma couji, croumpa lou; sS voulirez 
pas, dis^ bou , diou sabrei 90 que zei a faYre. N*y o pas 
d^ahrtgis Goujis que vous e diou ; zer respond^guet » loa 
croumpar^i. 

5. — Quan zoiiris croumpa lou tzdn de Nouemi, soit 
digo^t Boz, vous tzar6t espouza la v^ va der defun, per que 
sotin nom dSmorS ambe soun heiritadgS. 

6. — D'lou voui ced? moun drit, respoundeguet Tahrte, 
leissarei pas tonmba ma parenta , gspouza 16 ^ diou dy 
counsent^, poudez faire a ma place. 

7« — Cou-z^ra ena veilha cousteuma dS laloi d^Israel 
cntre coujis, que se Tun cedave soun drit a Tahrte, per 
quS Tacte fouguesse bd » aquer que cedave , tir^sse soun 
csclop ou soun soulie , e lou douncsse a soun couji ; n^y 
avidt pas d^ahrte mouycn per assegura c per sartifia la 
ccssioue« 

8. — Lou couji diguet a Bdz : atzaia p?r vous ^^ lirA 
soun soulid (sa sabata). 

^ — Bdz digudt ei vicrs e a la poupulace : s&l temonc 
quS zei atzaia tout^o qu'avidl Elimclech, c que x.^ra passal 
ii sous Sfdns Mahlon e Chelion, dg la nnS de Nouemi. 

1 0. - — E quS Sspouze Ruth , la Mouabite ^ viva dS 
Mahlon, per que soun nom denruSre ambe soun h^iritac^c, 
Sias lemons aneui. 

11. — S^n lemons^ respoundSgu^rou toutgis : qu2 lou 
bdn dieou vous acdrde ena fenna couma Rachel i couma 
Iasl que found^rou Israel ; que sidt lou moudile d^E- 
phrata, c Ti^semple de Bethlem. 

«4 




ii4 

mwS itan rrh-ivH y-e rras "pa '.ti — i». 

rTStJ loi rwNS -ft 'nm nrmt »jn ni5>i — 13. 
! p nSm Jinn nS rrri' pri 

TttfK mrr iro "dw Sn a»©iT ru-ioktm — i4- 



'3 irDnsTTK HsSs^ iffsu ymih tS nrrt — iS. 
nyaiWD ^S rona tm ivn vrh fonK "tox* yrhs 

iS-nm nfna TirwmtS^ nt 'oyj npm — i6. 

navaS p-iV -ex'? oo rmstffi iS ruxipni — 17. 
! ^^ >3K »\t)*->3N Kin t3ij> in\» i-UNT?ni 

:rn3{n-r»<T'nnpB r® rrnSin nSw— is. 

: 3-u>Dv riN V?Ti cm en nu -rfyn xrixm — 19. 

snaWriK 
: T3ij>nKT<SinTyaity3 nxi^x'chtn — ^t. 
: -wmt ■p'nn.nici 'w pk tSih i3i)n — »»• 




ii5 

12. — Que voslc Oustahr sidt couma POustahr dJ? 
Phariz, qu^Thamardounct a Dzuda,per lous efdns que 
voui dounarot aquela dzouina f^nna. 

1 3. — Bdz espouz^t Ruth, qui tardct gairS a estre 
grossa , per la gracha der bdn dieou , c a fa'ire un gar^ou. 

14. — Beneji sidt lou nom der bdn dieou , digu^rou 
iSi Y^ginas a Nouemi, per que n^o pas permis que vosta 
familha perigu^sse, e que zd vougu que soun nom se coun- 
serv^sse di^ns Israel. 

1 5. — P5r que zaguessias quahrquun quo'vous coun- 
scihrS, e quSsidt lou bastour de vosla veilhcssii. Vous ?z 
nascut ua gar^ou de vosla nora que vous 5ma-, c (]ue 
Toai vohrt mai que sept efdns. 

16. — Noacmi pringuet Tefdn, lou boutet dien soun 
sen, c dy servigu^t de nourrissa. 

17. — LSi veginas de Kouemi se radzousigu^rou dS 
If nSiss^nsa dS TSfdn, c Tapelerou Obed : fouguet paVrc 
d^Isai; paire de David. 

18. — Eissidt la dzeneratioue de Pharos : Pharis 
fouguet paVre d^Esron. 

19. — Esron d' Aram ; Aram d^Aminadab; 

20. ^ — AminadabdeNahasson; Nahasson de Salmon; 

21. — Salmon de Bdz; Bdzd'Obed; 

22. — Obedd'Isa'i; Isa'i de David. 

Fl D AR IJBRE DE RUTH. 



NOTES. 



I* Le signe ~ sur I'a , a , lui doime un son qui parddpe 
de Ta ct de I'e, sembiable 4 celui dc Ta final chez les Es- 
pagnols. 

3' Le signe " sar Ve, S, le fait tenir de I'e muet et de Ti; 
Fe aiiui marque , S , n'est ni aossi ouvert que le premier, 
ni aussi aigu que le second. 

L*h devant I'r luiimprime une forte aspiration, comme 
dans le H des H^reux ou le j des E^gnob. 




EXTRAIT 

D'oD Glouaire des diOercni patois co nage dam le d^parlcmml 
des Vosges; par M, lUcBAftD (des Vosges), aaaocitf corret' 
pondant. 

Adiez : aidez. Adiez-vos, 1o cie vos adiera; aidez-vous, 
le ciel Tous aidera. 

Adhomt : ils disent. Adhont que vos fttes in bouen 
ofant ; ils disent que vous 4tes un bon enfant 

AiDKOSSS : adresse. Bottet I'aidrosse su sta lote ; 
mettea Tadresse sur cette lettre. 

AlGME : o^neau. Sa in ptiat aign^ ; c'est un pelit agneau. 

Knxxrwh : a I'eniair. Ailent6 de let mogeon ; & Ten- 
tour de la maison. 

AiHOAOOx , aih'roux. ^mourrwc, gaiani. Kaitrine, 
veni vouer vot aimVoux; Catherine, Tenezvoirvotrc 
amoureux. 

Tant ros aim ei roi prie bonDedwiit 
Ne por aatre ne puis esire amoroux. 

Fnbiuui de la ClUUelauu de Coud, 

Aque, aique : qaelque chose. Colas da Rome, bebi 
aquc \ vc \ Nicolas de Rome , donnez quelqae cbose 
aux veaux. , 

Agedeu , AUEDETi : au/ourd'hut. Agedeu, nos vinrons 
vos Toucre; aujourd'hui, nous Tiendrons tods voir. 




m8 

Asse : aussi. Asse bin, noavos dotons mi ; aassi biei^> 
nous nc vous craignons pas. 

Atermont : auiremenl. Ai fa fare atermont ; .il faut 
faire autremeiit. 

AvENENT , avenante , awenant , akenante : beau y 
beVe, gracieuT, graaeuse. Le bacelle de mosieur lo 
Mare a bin aivcuaate , so bin domaige que so frare neu 
li ressoune mi ; la fillede M.leMaire estbiengracieuse, 
c'est bien dommage que son fiire ne lui ressemble pas. 

Moult-li sisl U demouelle, 
Qui monlt fa aveouis cl bele. 

Baceli^ -.Jil/e. Combin aivo de baceUes ? combien 
avez-vous de fiUes? BaceDetientsdrementde^^Aeiie/te, 
par la suppression, asse^Ac^qaente, dans one infinite 
de motS; de la lettre h; on aura d'abord dit bacdette , 
et en patois, bacelle. 

Bacelote : petite jnie. 

Baguesse , bagmsse : bicasse. 

Be ; beau. Crairos que no airon lo be ton ? croyez- 
Tous que nous aurons le beau temps ? 

Benian : accueS, poUtesse. As que vos dot^t que non 
TO ferons mi benian ain venaint nos vouere ? est-ce 
que vous craignez de ne pas Itre accueilli en Tenant 
nous Toir ? C'est le bene venire des latins. On a d'abord 
(lit bien veignant. 

£t la dame Ics bienveignoit , 
De yi deitre main let sdgnoit. 

( FuM'ffu ietai \ .) 




iig 

Benisson : benSdiciion que Ion dorme aux enfan$ 
nes pendant Vespcice qui separe une file de Pdgae de 
celle de lannee suwanie. A ce que vos aipoutra lo bouen 
ofant lai a benisson ? est-ce que vous apporterez le bon 
enfant aux premieres benedictions ? Cette cdrcmonie a 
lieu ^ Remiremont , le Vendredi-Saint^ 

Bic : bee. Viet in bd bicbos ; voili unbeaupic-verd. 
Le nom de cet oiscau vicnt de ce qu^il a rhabitude de 
piqoer avec son bee I'ecorce de Tarbre sur lequel il 
se place. On dit encore aux petits enfans : Behi me vot 
bic ; embrassez - moi ; mot ^ mot : donnez - moi votre 
bouche , votre bee. 

BoD£R£ : houe , immondice. Preni vouade d'chaire 
. din let bodere ; prenez garde de tomber dans la boue. 

BoooTTE : nomhril. Coische let bodotte ; cache ton 
nombril. Sans doute que bodotte vient du rieux mot 
fran^ais boudine , qui avait la m^me signification. 

BoLEMENT : doucement,'iranquillement.Com^\nyti 
lai santa ? Tot bcilement ; comment vala sant^?— Tow/ 
doucemtnt. On dit aussi bellement^ ce qui prouve Tan- 
ciennete de ce mot , que Ton trouve dans les fabliaux. 
Marot a dit : 

Qoe Dieu le doioi veoir toot beDement. 
B6s : bois. Yeni i bos ; venez au bois. 

Le cerf esuit par bds , fMir pr^ , par pUiae. 

{LtDitduCerf.) 

Bos : crapaud. Dans quelques communea, cet ovipare 
eat appele paure fiomme ^ parce qu^on pretend qu^il pro* 




I30 

nonce ces mofs ; ce serait une onomatop^fe parlaqueQe 
on rauiait d^sign^ peut-dtre dqk ancicnnement. 

BoasoTTES :, la petite v^role. Ce mot vient des pas^ 
tules ou petites bosses sur la peau des personnes atta- 
qu^ca de ceUe mdadie. 

BovAiE : lesofie. Vos aira do hi ion po laiVa rwaH 
bouaie ; tous aurcz du beau temps pour laver Totre ie»- 
sive. Ce nom Tient vraisemblablemeot A^mbuo, moiiil- 
ler , tremper. P'lUon a dil dans une de ses ballades- 

t<a pli^ie u.ma a bnez c( lavez. 

BouONK ^BOtTENB : Tnafoit aflirmation. Met bouene, 
nou Tain vu ; ma foi , nous Favons tu. 

BiuiBE : cner, pieurer. N'fa mi laissais brare Tot 
efant ; il oe faut pas'laisser crier votre enfant. 

Be » BUB : basuf. Ylet in b^ bue ; voiU nn beaubocuf. 

II me vendra mes bnes reqaerre 
Qnand il rendri arer sa lerre. 

( FabUau dt Grrvin de Prwiat. ) 

Bdhbe : beurre. Combinvendit tos Tot bdrre? com- 
bien Tendez-vous Totre beurre ? De butyrum , eosuite 
burx. Et laiccl de la beii)ix et dous choses , lo burre 
et lo fromagc... Dans im sermonde SaiiOrBemard. 

Casse-museau -.pati faii acec des pommes cuites. 
Dana un reglement des Jnges de la cite' de Metz, cette 
patisserie est appelee cac)^ - mudau ; probablement 
parce qu'en la mangeant, le musiau, la bouche, se 
cache sous la p&te. 

Chaire : tbmber, Preni Touade de chaire ; prenez 
garde de tomber. Hon mie que je vuille dire que tou» 




121 

les jeanes cUeent es inconveniens dii Christine de Pi- 
fion 9 PTe de Charles Y. 

Chen AU : canal en bois, pour condmre les eaux dans 
une prairie. 

Chouaie : abri. Veni ai let chouaie ; venez a Tabri, 

Choter : caresser , filer. De chuer,churie ; caresser , 
amadouer; flatteries. 

Ghoor : grander. A ce que vot ne dotet mi que vot 
firare ne tos chose ? est-ce que vous ne craignez pas que 
▼otrc frire vous gronde ? 

Moult de sa gent parler nVn osent , 
N^is par derrire moalt lin chosenf* 

( FahUau d'Aristote. ) 

CoiNTE :joUe . gra4:ieuse , bienfaiie , bien mise. 

£t chascooe estait couron^e 

De geDtil corone esm^r^e , 

Tant riche, taut bele et tant cointe. 

( Fabliau de la Cour de Paradis. ) 

Command : recommande. A Dieu vos comand ; jc 
Yous recommande ^ Dicu. 

Sire prestre k Dieu ome comand 
Fi li clerc ^ 

( Fabliau du Pnvost ttAquilec. ) 

CouAiKAiDJE : chambre oil plusieurs femmes se rn&- 
nissentpourlr€u>aiUer. I^ couairaidje diflere A^slourres^ 
en ce que le premicr^a lieu apres midi, ct les secondes 
apr^s souper : c^est la veillce. 

CovROSSE : coweuse. Les habitans de la campagne 
donncnt aussi ce nom ^ la constellation des Pleiades. 




122 

Crauler : tomber , diclimr. Lo pere Biacc s'en TCt 
tot craulant; le p^re Blaise s^en va tout en tombant^ 
tout en declinant. 

Mauvais arbre ne peu florir 
Ains secha tous et va craulant. 

( Chanson de Thibaui^ roi de Nmuure^ y 

Credence : meuble sur lequel on depose la vaissetle. 
Fa bin ciret lai credence ; il faut bien cirer la credence. 
Du verbc credere; jc confie , je mets en depot Rabelais 
{Paniagruel^ Iw. iv, chapitre LXiv) dit que fr^re Jeai^ 
accompagn^ dumaitre-d^hotel, pannatiers, credenciers, 
apporta quatre honnorifiqucs pates de jambon. 

Cr6 : corheau. Ce nom vien du cri de cet oiscau. 

Crochotte : espkce de petite grenouUle dorU le crC 
semble prononcer le mo/ crochotte. 

Dalet \de Ihy pour de cet endroit , pour ensuiie^ 
Yelot vos veni ai Saint-Emoi ? dalet nos revirons {mi 
Dommertin ; dalet ai commen^a ai clamer. Youlez-vous 
venir & Saint -Ame? ensuite nous retoumerons par 
Dommartin ; de U il commenga i crier. 

Demhale : sen^ante. Yot demhale a bin aivenante ; 
votre servante est bien jolie. 

Devaintri : tablier de femme. Leva son devaintri 
de tale bianche; ellcavaitson tablier de toilc blanche. 
De de(^anteau, depante j deQorUel , depantiery depantrui y 
de train, aoant-train, parce que le tablier est le premier 
que nous voyons sur les autres habillemens. 

DiALE idiabk. Lo diale no mie tojos ai lai pordtedia 




123 

paure horn ; le diable n^cst pas toujours a la porte d^un 
pauvrc homme. 

IXxTER : craindre. As-cc que vos dota la volant rettes ? 
cst-ce que tous craignez Ics cbauves-souris ? 

Qaand cil le vii moalle se dota. 

( Fabliau de FHermiie qui s*enma, ) 

DoNDE : honjour. Dondc ai y vos ; je vous donne le 
bon)Our. C'est une abreviation de : le ban Dieu ou de 
Dieu vcus donne, vous accorde le honjour. 

Dramomt : droit en haul , au dessus. Dramont y 
est in b^ ch^e ; au dessus il y a un beau cbiteau. 

Dbeumir : dormir. As que no mi Ihoure dalla dreu* 
mi ? cst-ce qu'il n'est pas Theure dialler dormir ? 

EBAm, ^AUBl : eionnS^ surpris. Yos nos bin ebahi ; 
Tousnous avez bien surpris. 

Et si mos et si ebaabis 
Qn^il ne saura ni blanc ni bis* 

( Fabii'au de la VuiUe Truande. ) 

EBRAissm : embrasser. Enne fa mi ebraissi den let 
la bacelles ; il ne faut embrasser ainsi Ics filles. Ebras- 
si vos in po ; embrassez-vous un peu. 

Elmonet : almanack. Sa Telmonct d'Epina; c'est 
Talmanach d'Epinal. 

Ensenne : ensemble , reunis. Velet dit meriet que son 
bin ensenne ; voil^ des maries qui sont bien ensemble. 

EsTOUR : a cette heure , a ce moment , aciuellemeni. 
Estour nos cliaintrons ; actuellement nous chanterons. 

Eye : eau. L'cve a bin froche ; Teau est bien fraichc- 




124 

Frare ifrere. Veni vouere mo frare ; venez voir 
mon fr^re. Dans le serment pr^te ^ Strasbourg, en 842? 
par les fils de Louis le Di^bonnaire , on Wtfradre; dans 
la suite , on supprima plusieurs lettres des mots afin 
d^en adoucir la prononciation. 

Frarot '.petit frere. La frarot et lai seurotte se ressou- 
nent bin ; le petit frfere et la petite soeur se ressemblcnt 
beaucoup. 

Friche : gai,joyeux^ vif, alerte. Viet enne bacelle 
qu^a ben fricbe ; voili une fille qui est bien vive. 

FiEUTO : stfjkt , petite JliUe faite ai^ec du sureau. 
Ecoute mo fieuto ; ecoutez le son de ma fldte. 

FiOLER : pleurer^ se lamenter. N^fa mi fioler denlet; 
il ne faut pas pleurer ainsi. 

Gargolatte : gorge , gosier. Peut-^tre du vieux 
fran9ais , gargate , qui a la m^me signification. 

Genoz : genoiix. Bott^ yos ai genoz ; mettez -vous 
^ genoux. 

Mus jenolz k terre se mist. 

(Fabliau de VHermiU qui ^ermra^ 

Gere : gire, coucher. Velet vo veni gfere ? voulez- 
vous venir coucher ? Ce verbe est ancien ; on lit dans 
Joinville : Etgerrerez encore artuyi; et coucherez encore 
cette nuit. 

GoTTE : la goutte, une goutie, la vue. Preni vouade 
dc penre let gotte ; behi me enne gotte de vin ; ai ni voit 
gotte : prenez garde d^attraper la goutte ; donnez-moi 
une goutte de vin ; il ne voit pas clair. 

Gravousse : dcrci^isse. Vos gravousses sont bin ptia- 
tes ; vos ecrevisses sont bien pctites. 




125 

Gbyottb : petUe prune grise. Viet in abre bin chargi 
de gryottes ; voilft un arbre bien chargi de prunes. 

GuNOLEK : grander , murmurer. Qu'as-que te gri- 
mole ? pourquoi murmures-tu ? 

Habla : hdbleur. P^'fa mi I'^couta , sa in habia ; il 
ne faat pas I'ecouter , c'est un hdbleur. 

Hallbk : Jeter bos , abattre dujndt d'un arbre. 

J'n'aUanes meinget sa frats ni halei Ms pninins. 
{P'tiat Ermonteh Mesua pa I'amaje iflig , pag. 33.) 

Hats : haut. £n hats do bds ; en haut du bois , au 
dessns de la for^t. Et virent la cite fenn^e de balz murs 
et de haltes tore , dit Yillardouin. 

Hatant : infy remuant, actif , rusi. Ma l^to si 
hayant, sihayant ; mais il ^tait si vif , si remuant On 
dit d'one [>ersonne qui est importune , tracassi^re , 
qu'elle est bien haytxnie. 

Beuche : /M>rff.'FTemi I'heuche ; fermez la porte. 
Hecbchat : lamps. Aillemi lo faenrchat, ai com- 
mence ai far neft ; allumez la lampe , il commence i 
faireauit 

HiODKR , ioder : crier. Sans doute du vieux mot 
huer ,Joire des cris apris le hup ou apres d'autres ani- 
maux sauvages , afin de les depister. 

HdT : cuite depommes de terrc a I'eau. Viet voa min- 

getinbdtde bouennes quemottes detiare aivosnos? 

Toulez-Tous manger des poromes de terre avec oous ? 

Inna : eomme. Trat^ me inna vot efant; traitcz-moi 

comme Totre enfant. 

Jav : coq. in jauld, joM, un petit coq. 
Jos ■.jour. On vo<^ lo jos; on voit le jour. 




126 

KiEUCHK : la cloche. La kieuches revinrons de Ro- 
me ; les cloches reviendront de Rome. 

KiNKiN : oncle; on dit aussi Onquin. Le nom de kin- 
kin est aussi donne ^ unjeunehommequiveutparaitre 
plus beau, mieux habillc qu^il ne Pest en cffet. Cest 
un joli kinkin. Probablemcnt , il vient de requinquer ^ 
se parer plus qu^il ne convient ; on dit encore d^mie 
vieille fille ou d^une vieille femme qui se pare , que 
c'est uiie requinquee. 

Lace : laid; du lail. Viet vo pcnre di lace ? voul^z- 
vous prendre du lait? Dans le sermon de Saint-Bernard , 
on lit : el laicel de bcrbix. On croit encore , dan8 quel- 
ques communes , que le lait des vaches noires ^teint 
plus promptement un incendic qui serait produit par la 
foudre. 

LArv^osSK : Laivesse; ondee abondanie reprimcmde 
sii>kre. Non n^ain pu trova de chouaie po evita cet iai- 
Yosse , ou laivesse ; prent vouade que to p^re ne teb^- 
hicuse enne bouenne laivesse, ou laivosse; nous n^avons 
pu trouver un abri pour cviter cettc ondce ; prends 
garde que ton p^re ne tc fasse une bonne reprimanded 

Lermes : larmes. Nou Tain trova quct versa trop bini 
de lermes ; nous Tavons trouvc qui repandait, qui Ver- 
sait beaucoup de larmes. 

Avinl tme fois nostre Roy cstoit au chastel qu^on dit Saint-Germain 
en Laye, une femme vcsve devers lui a grand clamour el lermes. 

[Christine tie Pison , Vie de Charlts P\) 

Longue : langiie. Sa cnnc roechainte longuc ; c'^est 
une mechante langue. 




127 

LouEEB : veillde. Yeni ai lourrc ; vencz 4 la veillee. 
Peut-^tre ce mot vient-il de cc que , dans les veiUees , 
on faisait entrer quelquefois un joueur de musette 
ou de l(mre , pour faire danser les jeunes lilies. Peut- 
djtre yient-il du mot austrasien ewre (eoure) , tenir ou 
faire travailler. A Remiremont, les enfans ont encore 
Fusage de placer , sur les ruisseaux de cette ville « le 
premier dimanche de TAvent, des petits bouts de chan^ 
delle , dans des coquillcs de noix , pour annoncer que 
les lourres sont finies. Cette coutume rappelle celle qui 
avait lieu dans quelques provinces du nord , de bruler , 
le m^me jour, des morceaux de cire empreints de gou- 
dron , auxquels on donnait Ic nom de behour el hour. 
(Supplement au Glossaire de la langue romane.) 

Ma : moi. Lo mou^ d*ma a lo pu b^ de Tenuaie ; le 
mois de mai est le plus beau de Tannic. 

Ma : maist adveiiie. No virons bin vosvouere^ mala 
chemins so crota ; nous irions bien vous voir , mais les 
chemins sont pleins de boue. 

M AiQUE : seukment. Yeni maique ; venez seulement. 

Maugret : malgrS. Yeni maugrct lo ton ; venez mal- 
gr^ le temps. 

MUAUEAIE . : pricieuse ^ importanie , quifcui la beile. 
Revoi-te in po let Keton , comme al fa let mijauraie ; 
regardes un peu Catherine, comme elle fait la precieuse. 

MocHATTE ! abeille. Ylet in be tom po las mochattes ; 
voil^ un beau temps pour les mouches k miel. On a dit 
anciennement , la mosche , pour dire la mouche i miel. 

Tote docor n^est mie sains 
La iiioschc qui le miel amainc. 

( Roman de IMcp4tios, } 




128 

MoTTlER ; ^glise, Du vieux fran^is nuyustkr. 11 
cxtste , dans les Yosges , plosienrs villages qui ont con- 
serve cc nom Moyenmoutier , Beriremoulier , etc. 

Naebe, nek, natke : nofV. Nounironsmiailonrre, 
lai ned a tro haire ; nous n'ironspasilaTcillcc,Ia nuit 
est trop noire. 

Nenni : rum. Ai fa me behi vol coutc. — Nenni- 11 
faut me donner yotrc couteau. — Non. 

Tu doux Denni , avec un doux sourire , 
Est Unl bonneste , U le vous faut apprendre. 
{ Murot, ) 

NiANT : non , nen , point. Yds me les behieur^ bin. 
— !Niant Yousmeladonncrezbicn? — Non. 

NouA : petit enfitnl. Oncfaanteencore^ceuxquiaont 
auberceau : noua, notia, to pereotereuche?— Niant. 
— Et l6 mhre ? — ouar pu. C*est-i-dire : enfant , ton pfcrc 
est-il riche .'* — Non. — Et ta mere? — Gu^re plus. 

OcGE , ouJEix : oiseau. Sa I'oug^ de ned ; c'eatl'oi- 
seau de nuit 

OuTERDOK : entre. Outerdon SanEtianne et lovillaige 
dc Xeux ; entre Saint-Etienne et Ic village deXenx. 

Pa : palx : Aillons , Mcrianne , et vos fare let pa 
etvos vot onquiat; aliens, Marianne , il faut faire la 
paix avec votre oncle. Pa, pa, renotte , pa! veci Mo- 
sieur Tabbc de Luxeuil , que Dicu ga *, paix , paix , gre- 
nouUtc , il faut vous taire , parce que voici M. Tabb^ 
de Luxeuil , que Dieu garde. Ainsi cbantaient les ha- 
bl tans dc Montheurcux aux grcoouilles qui se trouvaient 
<lans les fosses du chateau lorsijuc M. I'abbc etait attendu. 




129 

. Pale : po6le. Chambre oii lafamiUe se rAmii habi" 
tuellemerU. Entra k p41e ; entrez au po^le. 

Panmeue : balais. Li meillours panneors sont fa erou 
di bolattes ; les meilleurs balais sont fails avec des 
branches de bouleau*. On dit aussi une ^coure , pour 
un balais. 

PiAHi , PiASi : plaisir. Fahi nos lo piasi d'ontra ; 
faites n6us le plaisir d entrer. 

Peut , PKUTE : laid, laide. Viet in pent ofant , vlet 
enne peute cbaimbre ; voili un vilain enfant , voili une 
vilaine chambre. 

PiOYE , PiOGE : pluie. No arons trop bin diet piove ; 
nous aurons beaucoup de pluie. 

Pis : mamdh , sein. Not vetche a in b^ pis ; notre 
yache a une belle'mamelle. Plus avant, trouvasmes deux 
corps morts qui ayaient les mains sur le pis , dit JbiVi- 

PoiRMEU : parmu Poirmeu vos, qu^as quet mo cout^ ? 
parmi yous , qu*est-ce qui a mon couteau ? 

PoTTES : Ihres. Y ot cosin ai trova lai sace si bouene 
quet sait relaitchi li pottes penden cnne bouenne peuse 
de tom ; yotre cousin a trouy^ la sauce si bonne qu^il 
s^est rel^ch^ les leyres pendant un bon espace temps. 
On lit dims la chronique de la noble ciiide Metz : 

Trop friand k manger la soape 
S^^chaulde la langne et les poues. 

PouCHEEOSSE : poule qui conduit des poussins. On 
donne aussi ce nom & la constellation des Pleiades ; on 
dit encore pausserosse dans quelques communes. 




i3o 

PoucAON : poisson. Ai vos fa aicheta not ponchon ; 
il vous faut acheter noire poisson. 

QtJiBAXJLE': rencerser. De la quiquenbdle ^ qtfi a la 
mdme signification. 

QuEMOTTE : pomme. Di quemottes de tiare ; "dfe^ 
pommes de terre. 

Rama , kaima , raimIe : pain dans la coitiposition 
duquel on fait entrer des noix et des poires s^ches. Le 
rama se fttit pendatnt Icis fStes de Noel. 

Kan : stable h cochons. Rhann avait en francique la 
m^me signification. 

Rane , KANOTf E : grenouiUe. Du latin raria , et du 
yieux fran^ais , ranoiU , rainelte ^ renette et raine. 

Rain : arbre depouill^ de sesfeuiUes , et sur lequel , 
au moyen de cransfeuis aux branches , on place des 
vergeites enduites de glu , pour attraper les oiseaux qui 
vienneni s'y placer^ attires par unappeau^ cest-a-direy 
par le cri d'un oiseau en cage , cach^ sous le rain. Ce 
nom yient du vieux fran9ais , enrami , fendu , iclatide 
droite el de gauche. On a aussi donn^ le nom de rain 
aux arbres .plant^s , le premier du mois de mai , devailt 
le domicile desMagistrats et sur les fontaines publiques. 
Ces arbres ne sont plus connus, dans les villages , que 
sous le nom de Mai. 

Regouce : racine de reglisse. Tin , vlet in mouch6 
de regolice. Tiens , voil^ un morceau de reglisse. 

Je DC dcmant pas recolice 
Ne clos de Geroflc , D^espicc. 

( Fabliau de la Beurse plelne (Tesciis, ) 




i3i 

Ri^MESSE c correction , riprimande. To p^re vet te 
behi enne raimessc ; ton pere va te donner la conrec- 
flioB. 

Reunqcsr : aiandonnery quitter. Let mere jsd rdin- 
•qiiet 80 nid ;4a «fire , la femelle a 2J)aiidonn^ son nid: 
il ne se dit gu^re que des oiseaex qui , ef&rouch^ par 
les enfans , qdttont leurs nids. C^est le yerbe latin 
reHnquere dans toute sa signification primitive . 

Rette : rai , souris. $(ot chette .ai pris enne rette { 
notre chat a pris .pn^ sQpns* 

Ron : rien. Hou aso i»ehiro rpn ; )e ne vous donnc- 
rai Joen. Ron qui Tide •; iden qui vaille. 

Ru : ruisseau. N^fa mi pessa la ru.; il ne faut pas 
passer le ruisseau* 

Doiii»ri»ve eslpjt ^t clere.et uipc 

( Roman du Rau. ) 

)GeiDOt existe dans le nom d^uue iufimt^dde villages 
/duiddpartement des^Yosges. Belrupl , Retiesurle rufd^ 
4SnBUukfupl , Jmssatn^f Ramrupi ^ Muaux, Bjupij 
JCtmwntarupi ; pCt.AuiS ;le nom de plus deiVing-cing 
hameaux , dans de noptbre idesquels il is^cn irouve un 
qaijpQilte ICfnom de /Vumony^f ^^u^eToP doit ccrirc 
Fossarupt , ainsi que Tindique un ancicn manuscrit 
du Chapitre de Saint-Die , et les pieces d^un proems 
criminel,faiten ifi73«iunefemme^ Babeline Cleradon, 
accusee de5o^til^gc, ctcondamnee 4 dtre brdlec comme 
sorciire. 

Sa : le soir. Yot sieu ai venu no vouere heurmain lo- 
sa ; votre soeur est venu nous voir avant*hier soir. 




l32 

Sau , SO: uw , soAl. in horn sau ; tot so so ;:un 
■homme soOl; tout son soi^l. 

Sap , SEPW : sapin. Combin ai vos de sap, ou de sepiv 
■den vot bds? combien avez-vous de sapios dans voire 
:for£t? II y a, piisde Saint-Di^ , une commune qui 
'porte le nom dc Ban de sapl ; ban des sapins. 

Savce , 5AUSSE : saule. Yes a trop bin dc sauce« dia 
vot pras; VOU5 avez beaucoup de sanies dans votr^ 
pr^ ; du vieux fran^ais sauciaus. 

Et est one porre mauoimeUe ' ' 

Clote de pieoi et de sauciaus. 
- ( Gaulier de Omux, MiraeU de Notre'Dame'). ■ 

Le nom de Saulcy, donnd a un village de Tarron- 
dissement de $aint-Dte , vient probablement du gfan^ 
nombre de sauces ou saules , plant^s sur le bord'de la 
Meurthe , qui traverse une partie des prairies de cette 
commune. 

S'la ; s'lo : le soleil. La s'la a bin chi ; le soleif est 
bien chaud ; lo s'lo a bin routche , no airoos- d'let 
pioge ; le soleil est bien rouge , nous aurons de la 
pluie. On appelle iaussi s'lo, la partie d'une grange oik 
Ton depose les gerbes de bleds , le foin. 

Sente : sentier. Mairchi din lai sCnte ; marches dans 
le scnricr. 

£d la forest par avanlure , 
Perdi la seDte de mon seDrier. 

( Fabliau du Tounioyement de I'Aatechrist ). 

Seubotte , SEDBATTE : petite sceur. Enbressi vot 
seurotte ; embrassez voire petite soeur. 




1 33 

SOLET , SOUET , SOLIER , SELO : SOtUers. Di Scio' dC 
bos ; dc5 sabots. 

Voix quex soliers de cordoan. 
( Fa'liaa des deux Bordeors Kbaus ). 
Son : sommeil. Ki lai fa in bouen sod ; U a fait un bon 
sommeil. 

SoVME : senfSle. Y me soune que to a rageon ; i] me 
semble que tous avez raison. On dit aussi :-te resoune 
mobin toQ pere ; tu rcssemble bien 3i ton p^re. 

SovENT : souvent. Yds venin bin sovcnt ; vous venez 
bien souvent. 

Aios ccrcha sorent mains pays. 
( Fabliau de V Enfant yiu fut remit au aoUii ). 

Tattche: tache. Sa enne peute taitchc ai son hon- 
nour ; c^est une vilaine tache ^ son honneur. 

T Kqufs. if rapper ,heurler. Qu'as-ce que taque et 
I'ai pouotc ? preni vouade de vos taqui ai lai muraie : 
Qui est-ce-qui frappc a la porle t prenez garde dc vous 
heurter contre la muraille. 

Tale , taule ./oMr. Bottez let taule ; mettez la table. 

Atcc Ious les hostieux servans au fait d« taveme est aua- 
voir , nappes , pots , mesares , hanapa , baas , taulcs , elc 

( durogrt^he du 3-] fii/ntr i Sgo. Glouwre de la langue Ro- 
ma/te, Sapplemtnt). 

Teusse : peur , frayatr , terreur pannftte. On vouel 
bin ai to visaitge que t'ai lai tcusse ; on voil bien sur 
lop visage que tu as peur. Oo tai bchi lai tcusse ; on 




f34 

ta donnc la pear« L'ai teusse de Fai mouo ; la fraycfur 
de la mort.. 

Toci : icL Veni toci \ venez-ici. 

TociR : ieier. Viet in efant , (ou ofairt) que toce bin ; 
voila un enfant qui t^te bien. ChoulersilaL mSme signi- 
fication , m^is ne s^applique guere qu^aux enfans qui 
tetent ou leurs doigts, ou leurs l^vres. Ai toce sa doles; 
il tete ses do igs. Ai torce ses pottes ; il tefe i^& I^vres. 

Tola , la ( adverbe de lieu ) : en cet endroit. Veni 
tola ; venez l4. Jc crois que tola a du former deux 
mots dans Torigine. To y de suite , proihptement et U 
ici. Veni tola; venez tout de suite , dans tel eiidroif , 
k cettc place. L^ ayant la m^e signification que les , 
ici pr^s. Enterre fii de l^s son p^re au mostier de 
Monseigneur Saint-Estienne , k Troyes , dit Pillar - 
douin. Dan^ quelques commmunes , on dit aiissi tokt ^ 
ce qui confirme ihdn assertion. 

TdLE : toite. D'let bouenne tdle de Renibiellef ; de 
la bonne toile de Kembenrillers. 

TORTOS » TORTUS , TOTES , TORTOTES : tOUS , toutes. 

Veni tortos ai lai mosse ; a ce que sa li totes vos ba- 
celles i^ Venez tous & la inesse ; est-Ce que c^^t Ih 
toutes Yos filles ? 

TouNARE : tonnerte. J*cra bin qu* lo tonnare ai chea 
ai lui Piotte ; je crois bien que le tonnere est tombe k 
la ferme dc la Piotte. 

TotjTAi : petit gdleau. Sans doute dc tourtai , tour- 
tcau ; petit pain bis fait en rond. 
Tricouse : esp^e de guilres oii de has de lame tri^ 




i35 

cotes > sans pieds , ei qui descendeni depuis le genou 
juscfua la cheville du pied. Ce sont Ics traquehouzes ou 
bottines de drap , encore en usage 4^ns la Flandre. 
Le nom de Tricousi ^ quQ Ton dopne encore dans 
quelques departemens du Nord , ^ des vagabonds , des 
inanTals sujeta ^ vient sans doute de ce qu'ils portaient 
des trkouses ou des traquehouzes. 

TaUAND, TRUANT, TBUANDE , TKVk^lX.'. paresseux ^ 

paresseuse ffaindarU ^faindante. Te fa bin lo truant ; 
ta fais bien le paresseux ; so in truand , c^est iin fai-, 
neant 

M^ ta aimes miek t^unld€f^ 

( Fabliau des deus Bordeors Ribaus )• 

V ACHERON , TECHERON : c 'est un homme qui a soin 
des vaches dans les meiairies ou Ion fait dufronuige 
dii de gruyhr ; du yachelin , comme on 1 'appelle dans 
Ic pays. 

Vala , VAIJLA , VALOT , V AULOT : valet , domestique 
charge du labowage. 

Chaciin ot maltres nes chailoU 
Qui D^stoit pas moult biaus valloz. 

( Fabliau de ChaHot le Juif. ) 

V^ » VEY : veau. Lo ve grais ; le veau gras. Je crois 
que vela , qui , dans le patois des environs de Belfort , 
indique simplement un veau , signifie , dans celui des 
Vosges , un petit veau , un veau d'unc petite taille , 
peu ^leve , dc deux ou trois jours. 

Venreoi : tyendredi. Lo vcnredi no mi in jeo po 




i36 
s^meriat ; le vcndredi n^est pas un jour pour se marierJ' 

Si avint k an vcDredi 
Que li hennite descendL 

( Fabliau de VhemiU quis^enlvra )• 

ToLANT-RETTE : chouQe-souris. As cequVo ne dotait 
mi lai volant*rette ? est-ce que vous ne craignez pas la 
chauve-souris ? C^est proprement la souris volaute , la 
souiis qui vole. 

YouicHE : verd. la bi^s sont bin vou^ches ; les bleds 
sont bien verds. 

YoiSE : guSpe. Sa in nid dVoises ; c^est un nid de 
gu^pes. 

YouETE : sak , malpropre^ d^goutant. Tai lai d*cbu 
li brais enne vouete effare ; tu as sur les bras une sale 
affaire. 




i37 



0tm %M¥tmmttimitittvtimmilltit0mitMtiiiti»t90»m0»i»f»0¥¥yii^»ti^t0t0tm0»mn ii»»i»<wiw»i nMt mmi vk^i*mM/t»Mti% nmi%%mmMiu ^% ntvm m */tnmi9 * vwt 



LISTE , 

En patois de Dommarlin pr^ de Reiniremont(d^parleinentdes Vosges)^ 
de trois cent neuf mots , proposes par la ci-devant Academic Celtique, 
poor dtre tradnits en patois. Par 9L Richard des Yosges, associ^ 
correspondant. 



MOTS 



riAVCAlS. 



MOTS 
tradnits 

BV PAT0I8. 



■ 



PETITES PHRASES EN PATOIS , 
dans lesquelles 

Off FAIT IVtBER LE8 MOTS DB LJL a* OOLOSKE. 



Je 

Me ; - k Boi. 

Tu. 

Te| - k toi. 

n. 

Le ; - i hu. ^ 
EOe. 

Lb; -idle. 
" Ifoos. 
lfoiis;-4 Dons. 

Youf. 

Yous ; - k Tous. 



Eui ; - eux. 

Klles. 

E&es ; - B eUes. 

Mon. 

Too. 

Son. 

Nos. 

Yos. 

Lear. 

Celiii-«u 

CcDe-cL 

GeOe-U. 
Celni qni. 
Ceox qui. 
CeDe qni. 
O^Res qui. 
Qui ? Icquel . 



Mc ; - ai mi. 

Tau. 

Te;^li. 

AiU. 

UrMxU. . 

Elle. 

Lu; -ai eRe. 

Nos. 

Nos;-Bi DOS. 

Yot(8BiTBis). 

Yob ;-Bi tos. 

Sob. 

SoSy-ai SOS. 

Elles. 

EUes :-Bi eUes 

M^. 

Tc-Ton. 

5e - Son* 

Nos. 

Vos. 

Los. 

Laut cite. 

I.aute cite. 

L'aute Paute. 

L^ante raatc. 

L^su qni. 

Las snqui. 

Lai snqui* 

Solequi. 

Qui? leqoele. 



J^ sen fatigai. 

Me v^U Tos \k6 f c'osi ai mi qu^ai Ton ai fare. 

Tan in genlil homme. 

T^ Toilan onira en soci^tai. - Ceau ai ti qu^on s'<a- 

drosse. 
Ai li fant in emploi. 
Ai 1^ fas fortune. 
EUe Ian en campeigne. 
Tn Tent tortot.-eUe naire ron. 
Nos ont das aifans que sent dissipai. 
Nos habitons Pai TiUe - ai nos sont raiserva Us piailii 

champetrel ■ 
Yos que TOS aimes sent arrivais. 
Yos ante das sugets fideUes , - bi tos sont sas pro* 

prieta^s. 
Sos qu^on sont demandont los corapte. 
Sos qu^airivont — ai sos qu^airivont. 
EUes s^ent^tont. 

EUes s^aimottt, ai eUes s'aineiiont. 
Me f(^s aut y service di roi. 
Te fas le veoiant. — Sevont 1^ ton. 
Se p^re li comniande — Aicoutont 1^ son. 
Nos domestiques se cbicanont. 
Vos geons saimusont. 
Los mani^re d^agir aut aissa conuuiquc. 
L'aute cite demande das cgard. 
Laute cite aut enne «*apricicusc. 
Laule laute demande diile rongedie. 
Laute laute aut enne liipocrite. 
Lesu qui aut tenu. 
Las su qui sont se contentont. 
Lai suqui ontre nont ne pa9 .•tautaficni. 
Sole qui sont paraissoni dv biomic hinieur. 
Qui ausse que li oblige ? — lequelc de \o» f\\i'tM as- 

pellr? 




i3& 



MOTS 
en 

FAANCJLI8. 



iciy cela. 
Ce qui; ce que. 
Que. 
Choie. 
Bien* 
Tout. 

Assez. 
Pea. 

Beftucoup. 
Plusque. 
Moina que* 
Qui. 
Non. 
Dessus . 
Dessous. 
Dehors. 
Dedans. 
Vis-i-tis. 
on et d'oJi. 
lei on U. 
-En-de^a. 
An-deU. 
A droite. 
A gauche. 
Devant. 
Derriere. 
VoiU. 
Voici. 
Mais. 
Quoique. 
Sin<Mi. 
Afin que. 

Toujours. 

Jamais. 

Encore. 

Autrement. 

Oesui-dire. 

Bien ou mal. 

Surement. 

Peut-^lrc. 

Avec. 

Sans. 

Aussi. 

Parmi ouentre. 

Or done, 

Un. 



MOTS 
tr adults 

BIT PJLTOI8. 



Qu^-qui. 

Cell, celau. 

c^qoi j c^qn^. 

Que. 

Chose. 

Ron. 

Torlot. 

Aissa. 

*"?• 
Beco. 

Puquai. 

Moeonqu^. 

Oui. 

Non. 

Desus* 

D^zo. 

Detfieu. 

D^doBs. 

is-ai-Tis. 

Ou, d'ou* 

Toci ou tolau. 

Un de^a. 

An d^la, 

Aidrate. 

Ai gauche. 

Daivaut. 

Daihi^. 

Voiku. 

Voici. 

Man. 

Qnoiqu^* 

Sinon. 

Aifin qu^. 

Tujos. 
Jemas. 
Aicau. 
Autr^mont. 
Ceau-«idire 
Bien on manl. 
Suremon. 
Peut-«te. 
Aivos. 
Sons. 
Ainsi. 

Poirmen on 
Onterdon. 
Odon. 

Unv. 



PETITES PHRASES^ EN PATOIS, 
dans lesquelles 

Oir FAIT IWTRIR LEd MOTS DB LJL 2* COLOIIHB. 



De que SBgit le (de quol s'agit-il}? 

Fas ceci ou aime t^ meu fare celau. 

pBk mam obUg^ ai fmre cefjpii TOft fl^toi ¥i«i^ 

Qu^ demande tos? 

Lai chose ant certaine.. 

On ne tos oblige ai ron. 

Quand tortot j ser^ on yoeauron ( quand tout y sera 

on Terra). 
AtriTera tos aissa tdt. 
Aitottdi in pob 
Nos aitondons bico. 
Nos aiiondons puqn^ai l^ordinare. 
Nos on moeon qai tos. 
Je raipond qu^ oui. 
Nos crayons qui non« 
Ai lairi H di&us. 
Lante albandonne le dezo. 
Ai faut la bosta det fien. 
Fajs Pau ontra dedons. 
Voys vis ai vis. 

On laut te ailla ? — L^ou vlent cilau? 
Quand on yerront toci on paisscront tolaa« 
Voys yos en de^a. 
Nos sons bien an d^U. 
hi chimin ant ai drale. 
Nos troyiront ai gauclie di bos. 
Ai sont daivant nos. 

Ai faut tonna daihii , ( il faut toumer derriire )• 
Yoilan enne confusion. 
Voici de qui fare rire. 
Mas li pieu ton ? ( mais le pent- on ) ? 
Quoique yos y since (quoique yous y soyez). 

VoiUa,ou sinon. 

Aifin qui on naint poion di ripreuge ( afin qu*oii n^aSl 

pas de reproches ). 
Viyoos lojos en honnite homme. 
Jemas di chicane. 

Aicau moeon di Baitayent. 

Agissi autrimoB. 

Ceau-aidire en brauye (cVst-a-dire en brayv ).. 

Ai ponce bien et ai fas maul ( il pensc bien et fait mat )» 

On pieu suremon. 

Peut ite y aut ti (Peut-itre y est-il). 

Ai Pau aivos si couzin. 

Ai sont sons disememont , (ils sont sans dicememcnt)* 

Ainsi on si resous. 

Poirmeii lai mailic , -^ onterdon ( parmi le niilicn ^ 
la milie). 

Odon qu^au ti diyenu ? 

Je n^a quVne. 




1% 



MOTS 


MOTS 


en 


traduiis 


riAVCAIf. 


XV IPATOIS. 


D«ux. 


Donee. 


Troit. 


Traiihe. 


Qoatre* 


Oooite. 


Cinq. 


Cinq. 


Six. 


Cb^. 


Sept. 


Sept (tctte.) 


Halt. 


Ilente. 


Neof. 


'Nieofe. 


Dix. 


Dege. 


Onze. 


Onxe. 


Douxe. 


Doxe* 


Treixe. 


Traxe. 


Quatorxe. 


Qnaitange. 


Vingu 


Vingte. 


Treote. 


Tronte. 


Cinqnlmte. 


Cinqviante* 


Cent. 


Cente. 


MiOe. 


MiUe. 


Senutoc. 


Semainc* 




Lnndi. 


Mardi. 


Madi. 




Mainceordi. 


Jeodiy 


Jendi. 


Yendredi. 


Vanredi. 


Saoacdi. 


Samedi. 


Dunanchc. 


Dienmeoinge. 


Mois. 


Moit. 


Janvier. 


Jaoviciw 


F^mcr. 


F^Trier. 


Mart. 


Marce. 


AvnU 


Aivril* 


Mai. 


Mai. 


Join. 


Join. 


JnlUet. 


JoOcU 


Aodt. 


Ot. 


Septembre. 


^ep tcnibre • 


Octobre. 


■Octobre. 


NoTembrt. 


Nofcmbrc* 


D^eembre* 


D^cembre* 


Annee. 


Ainae. 


Le Bi^lier. 


Le BeUer. 


Le Taureaa. . 


Le Taureau. 


Let Gemeanz. 


Las G^meaiix. 


L« Cancer. 


Lo Cancer* 



PETITES PHRASES EN PATOIS, 
tlans letqnellos 

OV FAIt BKTI^Ea LES MOTS WZ Zk 2* COLOlXI. 



Ai Ton mi douce. 

Las voilan ti traube. 

Taebi daivo^ lax qnoite. 

C^ n*aa qo4 ctnq, 

Moirqoi cb4. 

Ai Ion faut tette. 

Ai nie pot trot d*b<nte. 

Conii tw ffieuffe. 

Perni las dege. 

Le Toyr tos on pouia las onzes# 

Ai nair^ trot de doxe. 

le mon fovien ai oi^ traxe. 

ElU §4 maivi^ m qnaitauge ana. 

On Tojfci vfitott. 

Le moet d^ Join •» tronte jos. 

Le ditnii cent aut de cinqaante. 

Lai fodHue Fan es cente ans. 

On i^ikbele qn^ niiAe. 

C^ f«r^ lai tenatne procbaine* 

Londi U ni poora ailla. 

Madi i# pohe efl diUgence. 

Ce ser^ fliaincettrdi. 

Jendi pcltfa ai leo toir ai poivott ( jeudi patae il fnC 

voir son parent). 
Aitondona ai vanredi. 
Ai velon se botta en roule samedi. 
Ai son akondu d^pen dieinneotDgo. 

Ai fant in mois poo fkre M Touttg*. 

Ce ser^ le doxe Janvier. 

Las neiges de fevrier ont retarda las Toiiaigeons. 

Ceau don W moos de marce. 

L^ tia im a aMt j diga d^aivril ( le tenne est aa dis 

aTril). 
Not airoot di b^ toms y moes de mmL 
Li moet d^ ioin ser^ uvorabe. 
L*ai rec<llte ai fooa ser^ terminaio an jnllet. 
L*ai recoke daa biaia se fas don la moes d*o s. 
Vos T Tira le troota ieptembre. 
S'ai niitta an di aette octobre. 
Ai Ian ne rbeole de novembrv ( il est ne le bnit n». 

▼embre. ) 
Dicembra ani U derri moes de bdnae. 

On conte poi ainae (on compte p%r annrc.) 

En marce le selo ontere <lon le sign* di Belier. 

Lai constellation di Taureau. 

Las G^meanx sons di nombre das iignes sepientrio»- 

naox. 
L^ Cancer Am Ic quoiiricmc sigmr di Zoiliaqoc. 




t4o 



MOTS 

en 

FRANCAIS. 



MOTS 
traduits 

ElV PATOIS. 



PETITES PHRASES EN PATOIS, 
dans lesqucUes 

ON FAIT EKTEER LES MOTS DE LA 2* CeLOiril»i 



Le Lion. 
La Vierge. 
La Balance 
Le Scorpion. 
Le Sagiuaire. 
Le Chevreau. 
Le Verscau. 
Le£ Poissons. 

Soleil. 

I^une. 

Etoiles. 

Planelcs. 

Jour. 

Nuit. 

Matin. 

Soir. 

Orient. 

'Couchant. 

Midi. 

Nord. 

Hier. 

Aujourd^hui. 

Demain. 

Ciel. 

Air. 

Lun>i6re. 

T<Jnebics. 

Nuaoe. 

Pluie. 

Neige. 

Grelc. 

Glace. 

Vent. 

Froi<l. 

Chaud- 

Tonncrre. 

Eclairs. 

Feu. 

FUmme. 

Euncclle. 

Bouge. 

Veil. 

Blanc. 

Bleu. 

Noir. 

Jaone. 

Oi. 



L^ Lion. 
Lai Vierge. 
Lai Bailance. . 
Le Scorpion. 
Le Sagittaire. 
Li CheTreau. 
hi Vesseau. 
Las Pouchons. 

Selo. . 

Lune. 

AiteUeSy 

Flan^tes. 

Jos. 

Neu. 

Maitin. 

Sa. 

Orient. 

Couchant 

M^di. 

Nord: 

Hermain. 

Aujedeu. 

Demain. 

Ciel. 

Are. 

Liimiire. 

Tencbres. 

Nuaige. 

Pieuge. 

Neige. 

Graule. 

Diaifie. 

Vont. 

Frad. 

Chanx. 

Tiennaire. 

Ailaides. 

Feu. 

Fiammes, 

Aitincelle. 

Roge. 

Vouauchc. 

Bian. 

Bleu. 

Ner. 

Jaune. 

Aure. 



Le signe di Lion aiquemoncer^ demain. 

Le siene d^ lai Vierge aut fini. 

L^ s^ia aut y signe ae lai bailance. 

Le Scorpion aut une dans signe di Zodiaqqe.- 

Le Sagittaire aut das signe meridionnaux. 

L^ s^lo yi sauta lieu di signe di Clicvrean. 

L^ Vesseau aut PonEicme. 

Las Pouchons sont le deiTe signe di Zodiaquc- 

Le selo aut ardent* 

Demain nos airons no?alle lune. 

Ont vo^ las aitelles. 

Raivoitie Us plandtes. 

Ont Toe \i jos. 

Pendant tote lai neu. 

On le ^oi tos las matin; 

Ont sc couche tos las sas. 

Ai viens d'orient. 

Raivoitie j couchant. 

Lai ville aut y medi. 

Ceau in habitans di nord. 

Ai veni hermain. 

a siri aujedeu. 

Demain ai sera trot tas ( demain il sera trop tard)v 

Las onges habitons li ciel. 

Ai laut ai Tare. 

Ai Tont das Inmi^re. 

L^ tarns das tencbres. 

Las nuaiges creuvont las montaigncs. 

Lai pieuge aut favorable as rcc*ltes. 

Voici lai neige. 

Las graules ont aibimait las campeignes. 

Las voi lures paissbnt su lai dtaise. 

Ai fas in vont impetueux. 

Ai fas aussi frad qu'en Russie. 

C^ s^re quand ai faire chaux. 

Ont otie le tiennaire, (on entend le bniit du tonnerre). 

Ont vo^ las ailaides. 

Vojs vos M feu? 

On ne voe qu^ las fiammcs. 

Comme ceau aitincelle. 

Ai lau trot roge. 

Ont laimc vounuclie. 

Faylle bianc (faites-le blanc). 

Ai n^aut pas aissa bleu. 

Aut le trot ner. 

Le T^le vos jaune? 

Avos TU se aarc ? (avez-vous vn son or) ? 




i4. 



MOTS 
ea 



Argent. 

Cuivre. 

Fer. 

Plomb. 

£t«in. 

Sel. 

Ambre. 

DiMnant* 

Perle. 

Pierre. 

Chaiiz. 
PUtre. 

Eau. 
RiTiirc* 

Foouine. 

Lm. 

MooUgne. 

ValUe. 

Colline.. 

Forlt. 

Arbre. 

GMoe. 

OUean-vole. 

PoUson-nage. 

Serpenl-rampe 

BcDufoutaareao 

Vache mugic. 

Cbeval hrimiu 

Ane brait. 

Chien aboie. 

Cochon. 

Ch^Trc. 

MoutoQ b^le. 

Homme. 
Femme. 

Enfant. 
^ ieillard. 
Pcre. . 
Merc. 
Fib, 

Fille. 
Frerc. 



MOTS 
traduits 

MM PATOIS. 



PETITES PHRASES EN PATOIS , 
dans lesqneUes 

OH FAIT ERTRBa LBS MOTS DB LA 2* COLOITVZ. 



Airgent. 

Cuivre* 

Fa. 

Piomb. 

Aitain. 

Sau. 

Ambe. 

Diamanl. 

Perle. 

Pierre. 

Achanz. 
PUtre. 

E^uve. 
Revere. 

Fonuine. 

Lac. 

Montaigne. 
VaUee. 
CoIBdm 
For^U 
Arbe. 
Cliaoe. 
Ooh^-vole. 
Pouchon-naige. 
Serpont-rorope. 
Bica ou tore. 
Vaiobe mugit. 
ChovAl b^Migne 
Ane, bra, 
Cbien alboye. 
Cocbon ou pou- 

cbes. 
CbienYe. 

Moaton boile. 

Homme. 
Fomme. 

Aifant. 

VieUard. 

Pere. 

Merc. 

Fc , Fc«. 

(sin.) (plur.) 

F^e, Feenu 

Frairc. 



Ai li fant de Tairecnt. 

Ceau enne mine de cuivre. 

Voilautopiep d£ fia (voila beaucoup de fer). 

Ai ii fas enne empUte de piomb. 

Qu^ cbage d^aitain. 

Las Yoituriers de sau ont bien das maux. 

L^ambe au enne substance resineu^ie. 

As vos Ttts sas diamants. 

Ceau enne perie. 

Ceau ducbe comme d^ bu pierrc ( cVst dur comme 
de U pierre ). 

L'aichaux aut tir^e de pierre calimaient. 

Le platre aut forma de pierre queute et pulverisaient 
(le pUtre est form^ de pierres cuites et pulverises]. 

Las eauves sont tlaibordaent. 

Lai revere aut pienne ( la riviere estpleine , ou le lit 
de la riviere est plein ) . 

Se neau ron de lai fontaine ( ce n'est rien de la fon- 
uine ). 

Ceau in gros lac. 

Leu Toilau j baut de lai montagne. 

Vojs vos las vallf^es et las rottcauz ? 

Sev^ lai colline ( suivez la coUine ]• 

C!eau enne grande for^t. 

Voilau in be arbe. 

Voilau in chane qu^au bien haut. 

V'oys vos las oub^s vola? 

Ai naige comme las pouchons. 

Ai rorope comme in serpont. 

Le.bieii que vos voys ; lait tor^ ai nie cinq moes. 

Ouis vos las v^bes mugilai ? 

Ceau un cboval que hongne. 

Ai bra comme in ane. 

Ce cbien vos aiboye. 

Ai lau l^ berger das pouches. 

Voilau enne cbieuve et s^ cabri ( Toila unc cbivre et 

son chevreau]. 
Las moutons ne font que de boilai. 

Ceau in branve homme. 

Lai fomme de note voisin merite las ailention di M 

bomme . 
Ceau U pu be aifant das aifans, 
Le viellard merite los respects de lai jeunesse. 
Ai lau pere de quinze aifans. 
Sai m^re le corrige rudemont. 
Ait sout d^ge fes, le pu viese es doze an« ( Us sont 

douzc fils , le plus vieux a douze an»] . 
Sas feent li OBt (os sai fortime. 
M^ frair* tot j service di Roi/ 




i4a 



MOTS ' 
en 



Soenr. 

Mari. 

Epoase. 

FamlUe. 

Tribu. 

Peuple ou 

nation. 
ViUe. 
Forteresse. 
Paix. 
Guerre, 
l^pee ou sabre. 
Arc. 
Fl^he. 
Lance. 
Sceptre. 
Roi. 
Pr^irc. 
Autcl. 
\iciime. 
Temple. 
Priire. 
Diea. 
Ange. 

MauvaU genie« 
Amc. 

Corps. 

T^te. 

OBil. 

Ntx. 

Bouche. 

Menlon. 

Barbe. 

Cheveux. 

Langae. 

Dent. 

OreiUe. 

Main. 

Pied. 

Doigts. 

Bras. 

Coude. 

Epatile. 

<Wnou. 

Jambe* 

Pcau. 

Sang. 

Os. 

Cocui'. 



MOTS 
traduits 

EV PATOIS. 



Soenr, 

IVIari. 

Epoase. 

Famine. 

Tribu. 



Cean lai pu -reent di^ ma soeur. 

Geau mi maii qn^ mi es oblig^. 

EUle aut lepouse lai pu vertueuse* 

Ai lai boonnoor que ceau d^eime brauve famille. 

Ais flont de lai derrere tribu. 



Peupeomiatioii. Le peope an poli , oeau enne nation 6^re. 



Vine. 

Forteresse.. 

Pas. 

Guarre. 

Aipae, sabre 

Arc. 

Fleihe. 

Lance. 

Soepte. 

Roi. 

PnStre. 

Autel. 

Victime. 

Temple. 

Pri^re. 

Dieu. 

Ange. 

Maichans genie. 
Ame. 

Corps. 

T^te. 

OEol. 

Naz. 

Bouche. 

Moton. 

Barbe. 

ChaiyoQX. 

Longue. 

Dont. 

Airaitte. 

Maiob 

Pied. 

Daaent. 

Brais. 

Cotr^. 

Aipolc> 

Genos. 

Jarabe. 

Pe. 

Sang. 

Ose. 

Cceur. 



PETITES PHRASES EN PATOIS , 
dans lesquenes 

Oir FAIT EKTXBRiLBS MOTS DE LJL a* COtOWfrB. 



EUe Jau j rang.das -bionne TiUe -di rojaome. 

Ceau- enne boonne fqrteresse. 

Lai pas aut conelue. 

Lai guarre aut>6nie. 

S^ .aipae lisepve de sabre. 

Voylau Tare, 

Ais sont sanri d^ fleihes. 

Ai U enne lance -comme in cosaque. 

Le Roi es s^ scepte. 

Aimons notre boon Roi. 

Ai lau.raimi das Pr^tres. 

hi pr^e moote ai Vautel. 

Ais a^ont 'viciimes d^ los d^vouement. 

Ceau li tampl^ di dieu Jupiter. 

Ai raicite sas priere. 

In seal Dieu taidorr^ et aimM parfaitement. 

Ai le d6,resprit comme in anee. 

Ceau tD maubans genie. 

L*ame ant anaepartie immat^ieUe, (immoruneat 

•principe de la ^ie. ) 
Ai lele corps difforme. 
Sai i^te'aut an in«ofe^. • 
Ai le Iceol fin et subtil* 
Si aie aut gros. 
Ai li enne bouche mojeime. 
Se moton aut trop^loog. 
Sai barbe aut- trop ehatune. 
■Sas «haivoitx sent aussi bian que la naige. 
Ai le enne longue de fomme. 
Sas doots sont airaich^es. 
Sas airaiUe ressennont ais saule de souris (ses orcincs 

ressettblent celles d*nne souris). 
Ait lau f6au das mains (il a froid aux mains). 
Sas pieds soot gros. 
Ai le in dauant copa din cop de sabre. 
Ai lau estraupie di brais gauche. 
hi eatre disloqua. 
Sas •aipolcs sont trop Ugcs. 
Ai Pan ooffiai y genos (il est eofl^ au gcnou). 
Ai le lai )ambe grosse. 
Sai p^ ant ner. 

Sc sang circule dons sas Toonnes* 
Ose, partie duche di corps (os , parUe dure du corps]* 
hi cijenr ant le siege de lai \ic. 




i43 



OTS 


MOTS 


en 


trmduiu 


■9AU* 


BK PATOIS. 




4 

Lai Tie* 


rt. 


Lai mouaat. 


p. 


Retpirai. 


r. 


Drvuini. 


.*iL 


Som on s^moi^. 




SODM. 


r. 


BlainK^. 




Boerre. 


ler. 


Taini^. 


'• 


Coaor. 


• 


Sauu. 


r. 


Daofi^. 


cr. 


MarcU. t 


iv. ■' 


VoM. 


f. 


R^oU. 




Potoanla* 




HOM. 


* 


Rir«. " 




iiniiv* 


r. 


Biaofs^. 




Tiai. 




Hai^. 


• 


Ainiai.. 




Joje. 
Colere. 


• 


■ne«. 


Ainu. 


11. 


EmwttH. 


«r. 


Aitranger. 




Boon. 


IK. 


Maichant* 




B^. 




Pant. 




Petit. , 


• ; 




• 


Almoytr* 




CKmue. 


1 


F&an. 


• 


Fiattre. 




Le^er. 




Petant. 




Lo^g. 




Couant. 




Btge. 




Tras. 


1 


Loni. 


>t. 


Prompt. 




Haou 


wrofioBd* 


Bait on CoodL 



PeTITES PHRASES EN PATOIS , 
daus las qaelles 

OK FAIT EKTaBR LBS MOTS DB LA a* COLONNE. 



Ail Tont raiussi ai le raippella ai lai vie. 

Lai mooaut le surprit. 

Ai lai cesse de respirai. 

Ai'cric ai peite d'beilenna* 

Voys rhonre de dreumi. 

L^ tonrdi som; ai lai qu^monts^ ai semoi^* 

Ai 1^ fas in songe cretui. 

Ai faul quai laent ai maing^. 

Ai demande ai boerrc 

Ais tainieont bien sevont. 

Ais coaoront comme das cbiens. 

Ai saatont comme das c^bris. 

Ai faut dcmando cong^ de dancit^. 

L*aifans lau aiquemonsse ai nurcbe. 

Ai faot vonta* 

Ai 16 r^cola dons s4 esprit. 

Ai ftint U pouaula das affares de malnaige. 

Ai sc boua ai bona. 

Ai ris comme in bienbenroaz. 

¥oilan in bomme qo^ bra comme in aifans. 

Ai feu biauss^ ai Varmee. 

Ai feu tiai din cop de feu. 

Aias^ haiont jusqu*ai i6 vonloir dimaol* 

Je doueTaimai. 

Se (eu in monmantdn joye'(ce lut nnmomcnl de joie). 

Ai Taa en colere. 

His demandont Tanfanee. 

Ceau Taimi das bonn^tes geons. 

^enoeaues pMtt'l>ai baitayent. 

Ai roecnpe en en^ploi ai raitrenger. 

Cean in boon'fWkt (c>lt nn bon fruit). 

Te voiUu maicbant serviteur. 

Nos aieons di b^ tons (nous avons du beau temps). 

Gean in peut Monaiewr qu*kabitG in b^ chait^. 

In pos.pu petit qa^ lauto ( un.pco plus petit que ce- 

rai-c^.^ 
As vos vus e^ grand bonae ? 
Ceau trop aimoyer. 
F»3^e m |>ds pa doax. 
Ai Fau aussi f6au au6 se fraire. 
Ai o6 le fant pea si fianTe. 
C6 mouch^ aut leger. 
Ai n^ le acmande pas si p^sant. 
L^ai;p^«e es ^nt nitres dm lo«g. 
Voys Tos ci quai Pau couant ? 
Coosid^ri c6 qoai t^n lage. 
Ci naut qu*enne langaette , ai Tan trop tras* 
Ai*l^»si Tout (il est anssi long). 
Ai (aut 4te on prompte. 
Voilaa in cnane qn'au bien haut. 

i bais i Yoys vos cequat lao tomd ? 




,44 
CHANSONS 

£□ patois du pays de Beesje, 



SiNSONS que sinton lou zounes feiUes et lou zoimes gar- 
sans lo prerni dioumane du ma de ma, quia y van , se 
tenin so lou bres , din lou maesons de zhabiiins de I'in- 
dra demindo a baere , quoquefa- de z ii^s , a don bin de 
liards per far lo guteillon. Faut sapa qu'y a torzo yenna 
de' zounes feilles que va det>in lou z'd/res apoa on xaune 
garsan, all'e iota rimpli de ribanset de broces saca. On 
I'apqle la Rena o don bin la mariee, Apiy z'yaon zouno 
cad^ que va lo vra defiin que pourte on ma quouar sin 
attassi ari de ribans avoa de ftors. 

Chansons que chantent les jeunes filtes et les jennes 
gar9on$ , le premier dinianche du mois de mai, lorsquMls 
vont , se tenant sous le bras, dans les maisons des habi- 
tans de rendroit , demander ci boire , quelquefois des 
oeufs ou de I'argent pour faire le petit godt^. II est bon 
dcsavoir qu'il y a toujours une des jeunes filles qui ya 
dcvant les autres avec un jeune homme ; elle est toute 
remplie de rubans et de jolies choses : on I'appelle la reine 
ou bien la mariee; et puis il y a un jeune gar^on qui mar- 
che tout-^-fait dcvant (a la tite de la troupe), lequel porte 
un mai Ou sont attaches aussi des rubans avec des fleurs. 




i45 

AUegramenU, 

Vet • iia ve^ni lo zou-U ma;lais50 bro-ton-- 






no /ff MIf: ve^da pe^ni lo zau-U ma^ lo io»4i boU bro^ 



ten-fie; y2iii< /aii^so bro~ton ^ no lo bois, lo bois du zin^til'* 





Si 



fotf-ifie. 



Le Toili Tenu le joti mois ; 
Laissez boaijeonDcr le bob : 
Le Toilii vena le joli mois ; 
Le joli boU bourgeonne. 
II faat laisser bourgeonner le bob, 
Le bois du geniU-lioiiune* 



IL 

Da grin matin mi livera , 
Laisso brotonno lo bois* 
Du grin matin mi liifera, 
Lo touU bois broUmae. 
Faui laisso brotonno lo bois 
Lo bois du zintil-houme. 

IIL 

On bio moise tamassera 
Laisso brotonno lo bats , 
On bio motse.z'amassera 
Lo zouli bois brotonnt, 
Faut laisso brotonno lo bois 
Lo bois du tiniU-koume. 



IL 

De grand viatiii je me Urerai; 
Laissez boargeonner le bois: 
De grand matin je me l^verai. 
Le joli bois boorgconne : 
II faut laisser bourgeonner leboit 
Le bob du gentil-homme. 

IIL 

Un beau bouquet f amasserai; 
Laissez bourgeonner le bob: 
Un beau bouquet j^amasserAi. 
Le joli bob bourgeonne ; 
II faut laisser bourgeonner le bob 
Le bois du gcntil-homme. 

i6 




IV. 

Apoa ca don lo Idiero? 
Laisso brotonno lo hoiSj 
AiHUi ca don lo Iditro? 
Lo zouli bois brotonne, 
taut laisso brotonno lo bois 
La ^ais du ziniil-houme* 



1 46 



IV. 



Avec quoi le Ueras-tu donc.^ 
Laissez botirgeonner le bois: 
Avec quoi le liras-ta doncP 
Le joli bois boargeonne: 
II faat laisser boargeonncrle bois 
Le bois du geotil-hoialaek 



V. 

Ori riban na se z£ tdpa; 
Laisso brotonno lo bois^ 
On riban na se ze Vaoa , 
Lo zouii bois brotonne, 
Faui laisso brotonno lo bois y 
£o bois du zintil-haume. 

VL 

Se ze Va pas Vazettera^ 
Laisso brotonno lo bois^ 
Se ze fa pas Pazettera , 
Lo zouli bois brotonne. 
Faui laisso brotonno lo bo:s, 
Lo bois du zintU-houme. 

VII. 

don bin ze Vimprontera; 
Laisso brotonno to boisj 
O don bin ze timproniera, 
Lo zouli bois brotonne. 
Faui laisso brotonno lo bois 
Lo bois du ziniil-houme. 



V. 

Un niban noir si je ravais ; 
^Laissez bourgeonner le bois: 
Un ruban noir si je Tavais. 
Le joli bois bourgieonne; 
II faut laisser bourgeonner le bois^ 
Le bois du gentil-homme. 

Si je ne Tai pas, je Tacbiterai ; 
Laissez bourgeonner le bois: 
Si je ne Tai pas je Tacbiterai. 
Le joli bois bourgeonne; 
II faut laisser bourgeonner Icbois, 
Le bois du genlil-homme* 

VIL 

Ou bien je rempmnterai ; 
Laissez bourgeonner le bois r 
Ou bien je remprunteraL 
Le joli bois bourgeonne ; 
II faut laisser bourgeonner lebois^ 
Le bois du gentil-homme* 



Y e€ ice lo umm de cela. 



C^est ici la fin de celle-Ui. 




«47 
IP CHANSON- 
N'in vettiandtra su lo rnSme ar. 
£n Toili une autre sur le m^me air. 



L 

Vetiia veni lo tomH ma , 
LoufeiUei mmnyatm ; 
Veitia vad lo umU mm. 
No mariran loufeiUei,, 
Lou folks no JimUmaH^^ ^ 
Car tUes sin umfyes. 

IL 

Din man uurdin tpdn le vindnL, 

^ ZjoufdUes mariyeran; 
Din man zanb'n fidn le pindm^ 

No mariran lou/aOes. 
Lou felles no faui mario^ 
Car alles sin sau&yts, 

IIL 

On bio motse li haiilem ; 
LoufdUes mariyemn, 
-On bio moise U baiUem , 
No mariran loufeUles* 
Louftilies no faui mario^ 
CaraUes sin tanlfytSm 

IV. 

A ad que te lo baiUero? 
LoufeiUes mariyeran^ 
A cui que te lo baiUero ? 
' No mariran lou feilles* 
LoufdUes no faui mario. 
Car alles sin zouUfes. 



I. 



Le TOilii vena le joti molt; 
Les fillefl nous marierons : 
Le voilii yemi le joli mois; 
N0115 marierc^ns les filles. 
Les fiUes D nous faat marier. 
Car elles sont jolies. 

IL 

Dans mon jardia ^uaod elle 

▼iendra^ 
Les fiiles nous marierons^ 
Dans mon jardln quand elle 

viendra. 
Nous marierons ies fiiles, 
Les fillesil nous faut marier^ 
Car elles sont joltes. 

IIL 

Un |oli bouquet je lui donneraL 
Les fiiles no«s marierons ; 
Un joli bouquet )e lui donneraL 
Nous marierons les fiiles , 
Les fines il nous Taut marier, 
Car elles sont jolies. 

A qui le donneras-lu? 
Les fiiles nous mArieroai, 
A qui le donneras-tu ? 
Nons marierons les fiiles ; 
Les fiiles il nous faut marier | 
Car eU**s lOttI jolies. 




1 48 



V. 

A ma miia se ze ra^a ; 
Lou fellies marly eran: 
A ma me la se ze Vava; 
No marlran lou fellies. 
Lou fellies nofaut marlo. 
Car alles sui zoullyes. 

VI. 

De que flanc ie VaUassero? 
Lou fellies marlyeranj 
De quefUmc ie Vaiassero? 
No marlran lou fellies. 
Lou fellies no faut marlo , 
Car alles sin zoullyes. 

VII. 

Y est du gdsse o bin du dra ; 
Lou fellies marlyeran : 

Y est du gdsse o bin du dra; 
No marlran lou felHes, 
Lou fellies nofaut mano , 
Car alles sm zouUyes. 

Y est-ice lo satwn dg celahe. 



V. 



A ma inie si je Favais ; 
Les fiUes nous marierons : 
A ma mie si je Tavais ; 
Nous marierons les filleSf 
Les filles il nous faut marier. 
Car elles sont jolies. 

De quel cdt^ Tattacheras-taf 
Les Giles nous macierons : 
De quel c6ld rattacheras~ta? 
Nous marierons les fiUes : 
Les filles il nous faut marier , 
Car elles sont jolies. 

VIL 

C^est du gauche oubien du droll; 
Les filles nous marierons ^ 
C'est do gauche ou bien du droit. 
Nous marierons les filles: 
Les filles D nous faut marier; 
Car elles sont jolies. 

C^est lit la fin de ceUe-cL 



IIP CHANSON 

N'in vettia oncou ierma iorzo su lo mime or, rht 
cfuest bin pie broi?a que nonpo lou duizdtres. 

En voili encore une toujours sur Ic m^me air , mais 
qui e^t bien plus jolie que les deux autres. . 

I. - L 

Vettia vcnl lo zoull ma; Le voil4 yenu le joli mois; 

ValluelUi plinla lo ma: L'alouelle plantc le mai: 

Vetila venl lo zoull ma; Le voila vcnu le joli mois ; 

L'alluetla lopllnta. L'alloucUc le plante. 

1.0 poleprln sa volela Le poulet prcnd sa volde , 

El la volela sinta. £t la volde chanle. 



L 




i49 



II. 

Vettia veni lo zouli ma; 
l^ou cles de ma miia z'a^ 
Fettia veni lo zouli ma, 
Z*a lou cles de ma miia, 
Oua^ lou clS' de ma miia t'a 
Pindu a ma dniera, 

III. 

Vettia veni lo zouli ma ; 
Laisso mario lo Fran fa : 
Fetiia veni lo zouli ma; 
Lo Fran fa se mariye* 
Laisso mono to Fran fa 
Pindin que lo ma passa. 

IV. 

Fetiia veni lo zouli ma ; 
Allin z*y sar^i lord: 
Vettia veni lo zouli ma; 
Aliins tui a la gdra : 
Allin z^y tui saroi lo rd ; 
No li serin fiddles. 

V. 

Fetiia veni le touU ma; 
Neiron mitro lo hon sa : 
Fetiia veni lo zouli ma; 
Da bon sa netron metro, 
Fo plairei-y de vo levo 
Per no bailli h haere ? 

VI. 

Fettia veni lo zouli ma; 
La mariee n^apo sa : 
Fettia veni lo zouli ma; 
La mariee est sula : 
No J la manre n*a po sa; 
AW a biu din la fiula. 

Y est-ice lo vra sotHm, 



II. 

Le voila vcdu le joli mois, 
Lcs cles de ma iiiie j^ai ; 
Le voiU venu le joli mois, 
J'ai les cl^s de ma mie ; 
Oui , les cles de ma mie f ai 
Pendues ii ma ceiDture. 

IIL 

Le voil^ vena le joli mois , 
Laissez marier le Fran^ais; 
Le voilii venu le joli mois , • 
Le Fran 9a is se marie ; 
Laissez marier le Fran^ais 
Tandis que le mois passe. 

IV, 

Le voila venu le joli mois » 
Allons servir le Roi ; 
Le voilii venu le joli mois , 
Allons tous ik la guerre , 
Allons-y lous servir le Roi 
TSous lui serons fideles. 

V. 

Le voila venu le joli mois , 
Motre maflre, le bon soir ; 
Le voilii venu le joli mois » 
Bon soir , notre roattre : 
Vous plairait-il de vous lever 
Poor nous donner k boire ? 

VL 

Le voilii venu le joli mois. 
La marii^e n*a pas soif ; 
Le voilii venu le joli mois. 
La marii^e est sodle ; 
Non , la mari<§e n*a pas soif: 
£lle a bu dans la fiole. 

C est ici b vfErilablc fin. 




i5o 



VOCABULAIRE 

Dc kt langue rnsilqae et popafaire da Jura, par M^ Morniek, 

associ^ conrespondant (i). 

SUITE ET FIN, 



F. 

Faghauub , s. f , Moule de bois h faire des froms^e^ 
appeles Tommes. — Faeces , celt. , petit vasCr Fais- 
seUe, iv. 

Fagnole , Faignola , %. f. Petite provision de fruits 
que font les enfans ; le lieu ou ces fruits se fanent. 

Faille , s. f , Brebis , faille se dit egalement pour 
fUe ^ dans 1 arrondissement de Ddle. — C'est une forte 
cr^se ditfemelle , car on dit ^xxssifeiUe pour fille. 

Falleborgnes , s. f. BaliTemes ^ contes borgnes^ — 
Fall, celt, faussetc. 

Fanfan j nom prop. Francois. 

Fanfardee , adj, f. Personne qui met da rouger 
Temps pomeU et fille fanfardee , disent proverbiale- 
ment les villageois , ne sorUpasde longue durie. Yoy. 

FiNFARDISE. 



(i) La premiere parlie de ce Yocabulalre te irouyedans fe 
torn. V , pag. zktfi i 309. 




i5i 
FANTA8I0US4 , adj. f. FiWe /arUasque , qui a dcs ca- 
prices. — Fantasy , c'eat fantaisie. 

Fabme , s. f. Metairie. — Farm , angl. 
Fabot, 5. m. jeune homme de la classe inferieare, 
qui se pare corame Ics bourgeois et lex nobles , ou 
qui singe leur ton. — Faro, mot Bourguignon cit^ 
par du Cange , a c'te employ^ pour Baron. Fier est 
derive de la , et se prononce rustiquement Fiar. 

Fasy, s. m. Foussiere de charbon autoar d'un four 
ou on le fabrique. Ce tenme signifie rin en jargon 
des 6ons cousins chaibonnurs , lesqucls ont une asso- 
ciation qui date d'an temps immemorial. 

Favioles , s. f. Haricdts. — Pheasoli , lat. ;/»«- 
role , fr. ■ 

Fehalle , 8. f. Femelle. — Femell , celt. Female, 
angl. 

FeMiba , s. f. Fumce. 

Fesma, 9. f. Femme. — Crfse^eyiemHia, lat. 
Feu d'ibfa , s. m. Coquelicot , ainsi nommc'yeu d'en- 
fer , i cause de sa couleur ardcnle. 

FlABDE, s. f. Fion , s. m. Trompcrie. Dormer une 
Jiarde , un 0on , tromper la bonne foi , abuser de la 
cr^dulih?. - — Derive du lat. Fides, comme le fran- 
i^Ms/oi. 

Fkhe! Fkbtbe! Interjection, especc de juremcnt, 
synontme d'un mot que ta di^ccnce nc perraet pas d'i- 
ciirc. 

Ficher , V. n. sc dit d'une chose qui presente une 
jHtinte. 

FicnER , V. a. Planter , appliqoer nn coup. 




1 52 

Fin , s. f. Tenritoire , grande espace de terraiit da 
tneilleur rapport. On dit , en ce sens , la fin de Ville- 
Vieux , la fin d^Arlay , etc. On applique la m^me de- 
nomination 4 des plaines. — FFin , celt. Terrain. 

FiNFARDiSE , s.'f. Compliment yJirrfe, en patois du 
canton de Saint-Amour. 

« £z gn^a pa ^^finfardise 

m Quin no diens no leus amans. 

Nous avons remarque que Ton disaii/anfardee pour 
fard6e. Voyez ce mot. 

Flammus^s, St f. Sorte de gateaux de maYs qui 
plait aux Bressans. — Flamula , lat. Etendart qui se 
termine en pointe conmie Xdijlamme. Bull. La flam- 
musse , on flamrnusse est fort mince. 

Fleuri , s. m. Boeuf marque de plusieurs taches. — 
Flour , Jlur , celt. Beau , joli. 

Fleuri , Fleurier , s. m. Toile forte qui suj^orte 
les cendres sur la lessive , et 4 travers laquelle Teau 
chaude se r^pand sur les linges. — Parait deriver de 
fiuere , lat. s^^couler , aussi dit- on couler la lesswe. 

FuNGE , s. f. .Prononcez Fiindza , galette ou g&teaa 
petri au beurre et dor^ au jaune d'oeuf. Ce mot est 
analogue 4 celui de Jlammusse , rapportd plus haut ^ 
ainsi qn^h Jlion citd ci-apr^s. P^oyez aussi Flon de xajt. 

FuoN , Flon , s. m. Sorte de petit p4te , au beurre 
et i Toeuf retrousse en forme dc cliapeau h trois cop- 
nes , que Ton fait particulierement h Saint-Claude. 

Flon de lafi , s. m. GiUteau fait au lait et aux oeufs. 
—Flan, fr. Tarte h la cr^mc. 

Fludza , s. f Foug^re. — FUix , lat. Felce itaL 




1 53 

F(BU\ s. m. H^tre. — Corrompu du lat. Fagus , 
d'ou est venu Foyard , fr. 

FouAiLLES , s. f. Torches ardentes que les jetines 
gar9ons portent et brandissent au haut des coliines et 
des montagncs , le soir de Noel. — Foallyu , celt. Tout 
ce qui sert ^ entretenir le feu. Focalia , fudUa , lat. , 
du moyen 3^ge , brandons , flambeaux. FFagl , celt., 
torche; Fagl^ en ancien bret.; Faccele, anc. sax.;^ jFo- 
klia , polon ; Faikel , flam. 

FouiLLETA , s. f. Quantite de poireaux h replanter. 

FoURCAss , s. m. Turbulent , destnicteur. — Forcar^ 
celt. , Violence. 

FouRNACHE , s. f. Amas de mines , couyert de mot- 
tes , de gazon et de terr^ , allumc^ dans les champs , 
pour les engraisser par la fumee. — Fom , celt. , Feu, 
ionv^foumaise ,fomce ^\dX. 

Frachoks , s* m. Bois cassant dont on allume le 
feu. -^ Frac , celt , briser ; Frangere , lat. , casser ; 
d'ou/ragilis , aisc k rompre ; Fraagium , lat« , barb. , 
fouage. 

Fragillon , s. m. Tro^ne.— -FVa^^, \dX., fragile^ fr. 

Frechenne, s. f. odeur des entrailles du pore ou- 
vert. 

Fregon , s. m. Grappin. — Fourchon. 

Fregonner , Y« a. Se servir du grappin. 

Fresian, s. m. Poussiere et graine de foin. — Freusa^ 
celt, niettrc en pieces. Fressus, lat., brise, moulu. 
Friate , mettre en miette. Voyez Friser. 

Friser ( DU PAIN ) , V. a. Mettre en miette , termc 
de cuisine. — Fria , celt Friart , lat. 




i54 

pROu-FROu , s. m. L'espece de isifflement (pie pro- 
duit un v^tcment de soic , lorsqu^one dame marche 
vitc. -— Frouer y fr. Siffler , reclamer les oiseaux ii la 
pipec. 

Froumain , Fromoin, s. m. Boeuf dont le poll est 
d'un rouge tres-tendre , comme le froment; 

Fruita , s. f. Fruits , une corbeillc de fruits. — r 
Frutia , celt, et itai. 

FuvE , s. f. Sapin femelle. 



C 



jr. 



Gachenot , s. m. Petit gar^on , en Bresse. — Dimi* 
nutif de Gars , comme Gar5onnet , vieux fr. 

Gactott'a , Gaseta , Gachote , Garsot£, s. f.Fille^ 
demoiselle encore enfant , dans la m^me contr^e. -^ 
Gars, celt., a d^abord signifie m^le, et par analogie 
on Ta applique ^ Tespece feminine , en ajout^nt une 
termination du genre. Voyez Garse. 

Gadagne , s. m. Homme mou. Ce nom dhm capi- 
taine ( M. de Gaddgne ) qui Rgura dans les guerres 
de la province , sous le regne de Louis XIV , a passe 
en proverbe ; comme celui du g<?ncral romain O/^- 
brius , est devenu le synonyme de fanfaron et d'avan- 
tageux. 

Gaille , s. f. Truie , la femelle du pore , lorsqu^elle 
est pleine ou qu^elle allaite. 

Gaine ( trainer la ) , locution populaire qui v^ut 
dire la meme chose que porter les livrecs de la mis^re. 

Voyez GUENELLE , GONALE , GoNE. 

Gaune , s. f. Jeu d'ccoHers. La galine , de forme 




1 55 

cylindriqne , est dressee sur une de ses extr^mites ; el 
sapporte la mise des jooeurs. Ceux-ci doivent rabl>at^ 
tre de loin , au moyen de gros sous , etc. 

Galuna , s. f. Poule. — GaUina , lat. Geline , fr. 

Galloche ( menton de ), comparaison triviale qui 
est basee sur la ressemblance que presente un menton 
proeminent avec le talon d'un sabot , ou de la chaus- 
sure gauloise , appelee galloche. -^ GaUocha , celt. 
GalUcctj lat. 

Gambi y Gambilu y s. 2 gcnr. Bpiteux , boiteuse. 
— Gamba , celt, et lat., (lat. de Veg^ce), jambe. 

Gam^ , s. m. Esp^ce de raisin blanc et rouge. . 

Gamiche , s. f. Fille de mauvaise vie , patois de 
Ddle et de ses environs. — Cc terme populaire , s'il 
n^est pas imaging arbitrairement , aurait la m^me ra- 
cine que le fr. Gamin , petit polisson. 

Gargaisse , s. f. Culottes des hauts montagnards ; 
h la lettre : moule de la cuisse. — Gar , celt. Cuisse. 
Gas , moule. On dit aussi gargasse , en Bresse. 

Gaegouillon , s. m. Insecte qui se loge et vit dans 
les pois. 

Gahguelotte , s. f. Gosier , gorge. — Diminutif du 
celt. Gargj gargouillai, gargout. Les Toulousains, 
dit Bullet , appellent le gosier gargaiUol. 

Gahodes , Varodes , s. m. Sorte de gudtre de toile^ 
sans boutons et sans sous-pieds , & Tusage des vigne- 
rons. Bullet dit que les paysans de Franche*Comt^ 
86 couvrent les jambes de galaiches ou gokches , dont 
il fait une description semblable 4 celle des pirodes. 
D'apres cela il semble que ce» mots sont identiques ,, 



^» 




i56 

et qu^Us ne varient que par la substitution du r au /^ 
et du ^2 au ^. — Galochenn , celt. , sortcs de chausses 
gauloises, 

Gars , a. m. Gar§on , fils ; usitc en Bresse. — Gars, 
celt. , Garcio , lat. , du moyen ige. 

Garse , s. f. Petite fille dans la m^me contree , ou 
ce nom n^a rien d^impur. 

Gatailli , adj. Chatouille. — Cfiat , en latin du 
moyen 4ge se traduit par gatus , en cspag. par gtUo, 
en italien par gatio. 

Gaudes , s. f. Bouillie de maYs , qui sert de dejeu- 
ner , en Franche-Comtc , i toutes les personnes du 
peuple et aux yillageois. 

Gaude , s. f. Nom que les ccoliers donnent i un jeu 
qui consiste ^ lancer en Fair un esp^ce de trait , fort 
court , au moyen d^un coup donne sur une baguette 
clastique. 

Gaugaud ( a ) , 2i coeur joie , i souhait. Etre d gaur 
gaud , nc manquer de rien. Gau a etc employ^ poor 
gaudiurn lat. joie. ( Enn. ) Gauded , celt. ( Bullet ). De 
la goguenard , homme facetieux , divertissant* 

Gauger , V n. Mettre le pied dans la boue , se crot- 
ter. — Gauchy celt. , excrement. Gaudi, celt, cloaque. 

Gausses , s. f. Mensonges plaisants , railleries. Gau, 
celt. , menspnge. Gaudissa , celt. , railler. S'egaudir , 
vieux fr., se rejouir. 

Geaillat , s. m. Bruit cause par plusieurs personnes 
qui babillent ensemble , qui jasent comme d^s pies. 
— Cc mot cxprime le babillagc du GeaL 

Gegna , s. f. Genisse; de la ce mot. — Gen , marque 




i57 

la vcrlu d'engendrcr , ou la destination h cngendrer. 
GenciS( fairelcs ), allechcr ; a la lettrc, exciter la 
salivation , le mouvcment dcs gencwes. On dit ailleurs, 
cnFranche-Comte,ya/r^ les gesses. C'est dans le m^me 
sens que Ton dit /aire Uppe-lappe. Voyez ce mot. 

Gene , s. m Dzena , s. f. Marc de raisins sorti du 
pressoir ou de la cuve. — Genni , celt., ^tre serrd. 
GSne , fr. , marque un ctat de compression. 

Genevois , s. m. Esp&ce de souci ( fleur ). Bullet 
pense que ce mol vient du celtique ya/u/5, jaune. 

GkyriK , s. m. Givre d'ou Ton a fait Gevrign^, au- 
tre mot patois , convert de givre , se disant des che- 
veux y des herbes , des buissons , etc. 

GlCLE , s. f. Petite seringue de sureau ou de que- 
nouille , avec laquelle les polissons s'everluent ^ arro- 
ser les passans. De ce mot ils ont fait le v. a. gicler. 
Voyez ce mot. 

GiCLKR ( se ) , v. r. S'eclabousser. — Sincla , celt. $ 
d^ou le fr. seringuer. 

GiFFLE , s. f. Soufflet appliqu^ du revers de la main. 
Gifjle signifie egalement les ampoules que la briUure 
ou quelque remede cause ^ la peau. 

GiGi, GisiEE , s. m. Jabot des oiseaux , et par appli- 
cation burlesque ^ Fesp^ce humaine ^ groa cou , goitre. 
— Giger, celt.; Gesier, fr. 

GiLLER, y. a. Ronger; mordiller , se dit des rats 
qui rongent le bois et les corps durs , et y laissent de 
petites morsures ^ des traces de leurs petites dents. — 
Gi7, celt., petit. 

GiRON, s. m. Robe, aiusi nommee, de ce qu*clle 




1 58 

s^attache k la ceinture et fait le tour de la personne. 
— GirUy celt, tourner. Gtro, bas. lat. , robe. Gird, 
angl., ceindre. 

. Glaudinette , nom propre , diminitif de Claudine 
et de Claude. 

Gniole , s. m. Niais. — Geniolus , petit esprit* 

GoDEMALLE , s. f. Mauvais couteau. 

Goi, s. m. Endroit profond de la riviere. T^oyez Gou. 

GoissoT, s. m. Petite serpe. On dit aussi en Franche- 
Comte , goiot, gouisot, goyard. — Goia, celt. , espice 
de faulx. Gouet , fr. , serpe de bucheron. 

GoL^ , s. m. Trou , en patois jurassien du midu // 
allipasso la t^tapar on golede parai; il alia passer la 
t^te par un trou du mur, Voytz Goulot. 

Gondola , s. f. Grande bouteille. 

GoNALA y s. f. Robe , en patois bressan. — Diminutif 
de g6ne et synonyme de guenelle. Yoyez ces deux mots. 

Gone , s. f. Gonee, adj. f. Fcoime mal v^tae^ me- 
prisable ; personne mise sans gouL — Gonna ^ celt., t^ 
tement de peau. Gnnaius , celt latinisiL, qui porte une 
gonne. Les Fran9ais nommaient autrefois gonns , , les 
Anglais appellent encore gofvn , cette esp^ce de robe. 
Par les rapprochemens que Bullet a fails k ce siqct % il 
est evident que les Latins, les Grecs , les Babyloniena 
et les Persans ont connu Ic vdtement dont il s^agit ici ^ 
et que les Languedocien^ , les Alsaciens et les Italiens 
le nomment encore , quoiqull ne soit plus de peav t 
gounel, goene, gonna et ^o/t^.//b. Lamodeayantchanr- 
ge, gdne est devenu un termc dc mcpris , parce qu^elle 
a passe ^ la derni^re classe. 




GoPE , s. f. Fille de mauvais mceurs. -- Gopoziu^ 
celt., fol^trer, badiner. 

GoPEE , adj. V^luc d'une mani^re negligee, ridicule. 

GoRziRA, s. f. Fichu, mouchoir qui couvre la^r^e, 
en patois bressan. 

Gou , s. m. Endroit de la riviere ou se forment des 
amas d^eau tournoyantc. La m^me denomination est 
restee attach^e h plusieurs villages ou des ruisseaux ont 
leur source , et oh il se trouve des fontaines remar- 
quables par leur abondance : ainsi , je puis dire avec 
certitude , que gou a signifie autrefois eau profonde. 
On dit encore gour dans le m^me sens. Gurges , lat. 

GouA , s. f. Gueux, homme de n^ant. 

GoiTAiLLOUX , s. m. Gausseur , plaisant , railleiir , 
Gaudialis J lat. 

GoiTDOT , s. m. Cotillon , jupon a Tusage des monta- 
gnardes. — Chad et god, paraissent avoir signifi^ coUe. 
Le godebert etait unc cotte de mailles. 

GouiLLATf s. m. GrOuiLLE, s. f. Bouc, finge, lieu oik la 
bone sejoume. — Gouil, celt., dormante; laiik^ celt., eau. 

GouLOT , s. m. Trou , orifice d^une bouteille , d^un 
vase quelconque , par ou il se vide. — • Goulloi , celt. , 
vider; guiauly celt; gula^ lat; gola^ ital.; gullet, ^ingl.^ 
gueule. 

Gour , s. m. f^oyez Gou. 
- GouRis , s. m. Petits cochons. C^est de ce mot que 
I'on se sert pour les appeler et leur jeter du grain ; il est 
analogue au cris par lequel ils repondent. — Gaor, celt.^ 
cri , cri de joic. Gawri^ cHer. 

GrOUTEROT , s. m. Goutti^rc. 




i6o 

Gbabitssb, s. f. Ecrcvissc. — Krehs, allem. Le crabe 
a dcs pinccs conimc Tccrevisse. Craboce , celt. , serre, 
griffe. yoyez, Caimbse. 

Gratta,, s. f. Gale. — Gratella, ital. 

Gbavater , V. a. Gratter. Sc dit de la manicre dont 
les chiens , Ics chats , les poules ratissent la tcrre avec 
Icurs pattes. — Grapai , celt. 

Gr£, s. m. Sceau , seille. On dit aussi griau. 

Gkebe , s. f. Gbebon , s. m. Racines de bois desti- 
nees au feu ; jambes torses , en style burlesque. 

Grebilleb, t. a. Mordiller , croquer 4 belles dents. 
L'ccureuil grebUie les noisettes ; le renard grel>ille line 
poule. 

Grefe, adj. Difficile ^ ouvrir, ^ casser. Se dit des 
noix et des noyaus. — Gravis , lat. , d'ou nous est vena 
le fran^ais grief. 

Gbeffions, s. m. Cerises rouges, provenues d'un 
arbrc grcffc ou non. 

Gregnon, s. m. Crofltondepain. yoyez Gr^sillon. 

Grelot , s. m. Petite seille , dans laquelle on revolt 
le laitdela vache. — Dimiuutif dc^n^, cite plus haut. 

Grelu , s. m. Convert de haillons et de vermine. 

Gremal^e, s. f. Rcsidu dc noix demi-prcssces, et 
mises en pain mangeablc. — Gremir , en patois du 
Maine , ccraser. Gremer , en patois de Besan^on , a la 
m^me acception. 

Greheaux , s. m. Pcpins de fruits.— Gremio , lat , 
au milieu. 

Gremecieau , 5. m. Peloton de fil. 

Grenonmer, t. n. Murmurer cntre scs dents. Grentt 




i6l 

celt, munBorer. — Grerne , ruaique , colere; gn/mAA?,' 
^n^.\ grommeler J fr. 

Gremoulu, adj. Raboteux, qui a dcs aspcrites. 

Grenaille, s. f. Mauvaise graine, ct au figure/ 
gens meprisables. 

Gresillon , s. m. Crouton de pain. La famille qui , 
aujourd^hui, offrc Ic pain beni, envoie, h, la famille 
voisine , Ic gresillon de ccpain, pour Favertir que son 
lour arrivera le dimanche suivant. Au sens figure , 
« avoir le gresillon delamort, » signifie que Ton netar- 
dera pas de suivre au tombeau son compatnote. 

Grevalon , s. m. Esp^ce de mouche qui tourmente 
les animaux. 

Grever ^ y. n. I li a bin gre^i de pad; il lui a bien 
fiichc de partir. Griez^ celt, regret, douleur. 

Greuse, s. f. Grief, rancune. Avoir une greuse con- 
ire quelqu'un; lui en vouloir, £tre indispose contrelui. 
—-Greusa, celt 

Gribelette , s. f. Pain grille , trempe dans le vin 
blanc doux. 

Griuje , s. f. Cheville du pied. 

Grillon , s. m. Son rafHne , provenant de la mou- 
ture du bled. 

Gringalet , s. m. Homme de petite stature , maigre 
ct chetif. 

Gros, adv. Beaucoup. 11 y a gros d*eaii dans le 
passage; U^y a gros que la chose ne s* est pas pass^ 
ainsi; c^est-^-dire : il y a beaucoup a parier que.... etc. 

Gros, adj. Pcnible, douloureux, triste, dur. II a 
irou/vi bie,n gros d'etre si idt se/mrcde ses enfans. 

^7 




l63 

Grouur , V. n. Tremblfir dc froid. On dit atisa (en 
Bresse ) grelo defret. — Dc 1^ notrc mot fran^ais grc- 
loUer. 

Grouter , V. a. Bcrcer, balancer leberceau. Groto^ 
en bressan. Vo^z , pour Tetymologie , le mot suivant, 
qui paratt avoir la m£me origine. 

Grodtoih , s. Instrument de cuisine 'k hacher. — Ge 
mot, comrae le pr^c^dent, peutbien s'^tre form^par 
onomatopce, sur le bruit produit par le niouvement dc 
semirotation de Tobjet. 

Gdenelle , s. f. f^oytz Gonala et Gone. Tretkier 
la guenelie, locutiop populaire , porter lea livrees de la 
mis^re. — De Ik le fran^ais ^uem//e. 

Gdenin , nom app. Bressan. II est rcmarquable que 
I'babitant de la plaine est generalement blond ; que sa 
carnation est fade ct sans couleur ; que le blanc lui platt 
plus parliculicremcnt dans la blaude , et dans les habits 
d'hommes ou il se mfle one legere teinte dc bleu ; 
qu'enfln , il prdf^re les boeufs blancs a tous les autres, 
Ce godt pour le blanc, et cette blanchenr naturelle dans 
le Bressan, ont pu le faire nommer guenin, deguen, 
celt. . blanc. 

GuEvCHB , s. m. Espcce de raisin de mauvaise qualite. 

Guu, inteq. par laquclle on fait aller a gauche les 
chevaux oulesboeufs que Ton conduit. Prononcez ce 
mot comme une diphtongue. — Gtuha , celt. 

GtJiGHEB, T. n. Batloter, ^trc mal assis; se dit de 
tout meuble qui nc repose pas solidemcnt sur sa base 
ou sur ses picds ; se dit egalement d'un enfant petulant 




i63 

que Ton oblige en vain h demeurer tranquille. Guignat, 
celt, f dignoter , remuer les paupi^res. 

GuiLLER , V. a. Ce mot parait avoir la m^me accisp- 
tion que giller : voyez ce mot On dit d'un enfant qui a 
la t^te couverte de vermine , que les poux le gmllenL 

GuiLLEDOu , GuiLLEDEU (courirle). Hanter les mau - 
vais lieux. 

GuiLLES , s. f. Quilles , sorte de jeu d^hotnme. — GuU-^ 
la ^ celt Ce mot vient sans dbute de guU et de gil^ de la 
mdme langue , qui entrent dans la composition de plu- 
sieurs noms ou Ton trouve Tidee d^une pointe, tels que 
aiguille; anguiUe ; guillote ^ en patois des environs de 
Ddle y f osset de tonneau ; aube guiilerole , eii Franche- 
Comt^ , le point dujour , ce que les bons cousins-char- 
bonniers aLippellent Jim aiguille^ et dans quelgues villages 
de Tarrondissement de Lons-le-Saunier , piquda du 
dzol. 

GriLLQTAy s £. Fosset de tonneau. Yoyez Tarticle 
prec61ent 

GuiNDES , s. f. Cerises de la grosse esp^ce. — Guinga^ 
celt. , cerisier aigre. ( On a pu faire uiie fausse applica- 
toin du mot ^T/1^71^ , fr.) 

Gy, s. m. P14tre. — Gyp^ celt. ; Gypsen, allem.; gtdg, 
en Arm^nie ; gi^ en arabc. De U aussi ce.que nous 
appelons gui de Flandre. 

Gtssee , v. a. Appliquer du gypse , travailler en 
pl^tre. 

Gtsseub , s. m. Ouvrier qui travaille en plltre. 

^ Gyssi^be , s. f. Carriere de gypse. 




i64 

' ■ ■ \ 

II. 

m 

Habille de soie , s. m. Voyez Vetu de soie. 

Hadge , Hedre ; s. f. Haie. — Hedge , angl. ; hag^ 
allem. ; haeg , anc. sax. 

Harpe , HiARPE , s. f. Grande main , mesure deter- 
minee par louverture et la distance du pouce au bout 
du grand doigt , d'ou s'est forme le mot fr. Harper. 

Harpaillani:s , s. m. Terme injurieux ou de m^ 
pris , qui se dit quelquefois pour a^erUuriers , gueux. — ^ 
Vient peut-^tre d* arpcUlleurs , chercheurs d'or dans les 
rivieres, telle que celle du Doubs, qui chariait autre- 
fois des paillettes de ce metal. 

Hary ? Interjection parasite , inutile. Quelquefois 
elle exprime la surprise , et repond a en verite? — On 
croirait qu'elle est analogue a celle de Jeu! (par Ju. 
piter ). Haritz etait le Dicu de la guerre : Hary pour- 
rait done signiBer , par Mars ! 

Helo ! Inter), helas , en patois bressan du Midi. 

HiQUE , pron. dem. ici. On dit aussi Hiche.— Hie lat. 

HiRONDELLES D^HiYER , expression burlesque dont 
on se sert pour scwoyards-ranwneurs, parce quails vien- 
nent , aux approches de la froide saison , par emigra- 
tions periodiques , chanter sur nos cheminces. 

Hoo ! Interjection qui fait arreter les animaux at- 
tcles. 

HoRA , adv. de temps , maintenant. — Isla liora , 
lat. O/a, ital. T^oyez Vour. 

HoRA ! H6ra ! Inter), arrfite , arr^te ! Ce cri fait ar- 
reter les boeufs et les cheyaux. 




1 65 

HA suT , que cela soit ! n'importe , e'est I'gal. Gcttc 
mani^re de s^exprimer est usitce dans ie canton de Yoi 
Icur. — Hoc sit , lat. 

Hour A , HouTAu , s. m. Hdtel , maison d^habitation. 
Ousto , en patois d^Auvergne. De la les mots hdie , 
hdpilal, etc. T^'oytz Huis. 

Hue! Inter), dont se sert le conducteur des boeufs, 
ou le cocher , pour faire alter '\ droite son attelage. 
— De li le verbe fran^ais huer, 

HcGUEs( appeler ), faire des efforts pour vomir. 
Cette locution triviale nVst qu'un jeu de mot : Hugue 
doit avoir signifi^ vomisscment , comme heug , celt. ^ 
hondissement du cocur , rapport d^estomac. 

^HiTis , s. m. Maison , porte. Ce fut la chambricre 
qui laissa I huis ouoert , est-il dit dans un ancien Noel. 
— Du Cange fait venir ce mot du sax. Huyet de Talle- 
mand Hays , (Haus y en dan. Huus). 

HuoT ! Inter), qui fait marcher h droite , un cheval 
qui va trop h gauche. 

I. 

I , V. n. Ya. — Conserve du latin. 
Iadoo, en montagne , Li aude , dans le vignoble, 
laiulot et Liaudot , en Bresse 9 nom prop. Claude. 
Ieuna, une. Ncn vouca ieuria , en voici une. 
Ik.1 , ici , en usage dans la Bresse. 

IguE; s. f. Mauvaise )ument. — Equa^ lat.; Yegua, tsp. 
IndrII: , nom prop. Andre. 

IttGANOiT , S. m. Esprit , ruses ^ intelligence , res- 
sources de Te^prit. 




i66 

Ins AM y adv. Ensemble , patois du canton de Saiot- 
Amour, no ne van mks insam. (Nous n^allona plus en- 
semble ). 

Invier, v. a. Envoy er. — Inmnre, ital. Enoiary espag* 
nioN y ad). Un. On dit aussi ienn , ouny on, 
Itou , Etou y adv. Aussk Me itou y moi de miime. — 
Corrompu d^item et S^eUaniy lat. 

J. 

Jacom y s* m. Boeuf qui a sur le croupion pne grande 

ft 

tache blanche. — II parait que Jacq a signifi^ tache. 
Voyez Jacot et se Jagquer. 

Jagot , 8. m. Geai , sans doqte aim^i nomrn^ parce 
qu'il est chamarr^ de blanc , de bleu , etc. 

Jaquer (se), y. r. Le linge s% jaque i rfawnidit^ : 
il s*y forme des taches qui dec^lent la moisissure. 

Jaillot, s. m. Boeuf qui a la queue blanche. 

Jaffer , V. a. Manger en glouton. Prononcez dfdf^ 
fa. I djdffot la Isd, il mangeait la viande. 

Jaquetta, s. f. Espece d^habillement h la mauresque. 
— Jack y Jacgedenn y celt. ; Xaqueta , esp. 

Jargilla, s.f. Zizanie, mauvaise grainemfflfe avec 
le h\€. 

Jarroutu, adj. Qui a de gros genoux. 

Jayater , Y. n. Remuer sans cesse , faire du bruit •— 
Sabai et Scwat y celLy bruit. 

Je , est fr^quemment mis i la place de nous dans la 
conjugaison des verbes : on dit plutdt dze/arins, q|i^ no 
farinSy pour nous ferons. 




167 

%T£u! Jo! Ieu! Exclamation qui peint rctonnement. 
*u , dans Tancien dialectc de Comouaille , Jupiter. 
Jeu est egalement celtique, etil3etr9iive en composition 
dansJeudi. 

JoucHOu , s. m. Juchoir , perches sur lesqiielles les 
poules passent lanuit. — Juc,/uch , haut, fleve. J^oyez 
^ JouG. 

JouG ( a ) , les poulets sont a Joug quand ils sont 
perches sur leur Juchoir. — Jugurrij lat. , pique soute- 
nue par deux autres. 

JouGA . V. n. Jouer , faire un Jeu. Prononcez dzou- 
ga, — Jocari , lat. ; giuocare , ital- 

Jouu, s. m- boeuf d*un rouge tendre. — Jolij fr. 
Jouli^ celt. , agreable, beau. 

Jours de la vieille. Ce sont les trois demiers 
jours de mars et les trois premiers d'avril. Le^villa- 
geois ( dans le canton de Yoiteur ) les croient d'une 
influence f^cheuse sur les travaux agricoles. Cette 
vieille malfaisante y dont on ignore Torigine , semble 
dtre emprunt^e ^ la sphere celeste : les jours dont il 
s'agit ici correspondent au lever h^liaque d'Andromft- 
de, et as paranatellon de la Yierge. 

JouvENE, adj. Jeune. — Prononcez dzow^enn. — Ju- 
ileitis y lat. ; Jom^efiy esp. ; GuMHmCy ital. 

Joux, s. m. Ancien nom du mont Jura. — Joug^ 
comme nous Tavons vu,renferme le sens dVleve , de 
haut J(»Ay signifiaiit Dieu en celtique, est TappUcation 
du propre au flgure ; et , dans ce dernier sens , on a 
dit Ic 2 res-Haul pour Dieu. 




i68 
K 

RiA, adj. Chit. -^ Ckiaro , ital. 

KiAi , s. f. Clef. — Chiapa, lidl.yKey angl. 

Kla ou Kela , s. m. Feu follct , que le villageoi^ 
prcnd quelquefois pour Tame d'unmort, sert de term6 
de comparaison pour la rougeur du visage. — GlaOy 
celt., Feu, braise. On appelle clairance une lueur, en 
langage populaire. 

L 

Lache, en patois montagnard. Laciaxj et Laiciau, 
s. m. JL»ait. — Lac , lat. 

Lagrema, s. f. Larme, termede comparaison pour 
exprimer une tres-petite quantitc. — Lacryma , lat. ; 
Lagrima, esp. 

Lambia, s. f. Grosses Ifevres. — ioA/a, lat. 

Lambrenant (en), nonchalamment, sans se hiter, 
en se dodinant. — Landreant , celt. , paresseux , qui 
s^amuse en chemin , qui tarde ^ se i:cndre ou il est ne- 
cessaire. Landrennagh ^ celt. , l^chete. 

Lament, seulement. 

Lamoi! Inter), qui exprime la piti^, ou Tint^r^t que 
Je caeur prend au recit d'une action gcncreuse. — Syn- 
cope iVhelas et di^emoL 

Lancelia , s. f. Ce que pent contenir un drap de lit 
reuni par les quatre coins. - Ce mot ddrive du celt. 
Lincell^ linccuil. Idnteobim^ lat.; Lenzuolo^ ital. 

Lan^u, LiNgu, s. m. Drap, linceuil. f^oj. pour IM- 
tymologic dc ce mot, Lancelia. 




1 69 

Lant6na , s. f. Lanteme ; on dit aussi Ldntdna.-- 
LarUhom , angl. 

Lata , s. f. Banc dc rocher plane , i la surface du 
sol. Vient-il de Lad, celt , fenne, stable ; ou de lantu, 
celt. , j'aplanis ? 

LAyE, s. f. Pierre plate et d^une dimension assez 
grande, qui , dans le Jura, sert a couvrir les murs de 
cloture , ou qui en ticnt lieu etant plantee en terre. 
Dans la montagne , les ld4?es sont employees au lieu de 
tuiles i couvrir les maisons. Voyez La von. 

La VON, s. m. Planche. — Laubo ^ celt , plat, uni. 

Lavoiiira , s. f. Eau qui a sct*vi i laoer la vaisselle. 
- 'Ldivadura , esp. 

Layi lata, adj. Lie, liee. Layi se dit aussi pour 
lier. — Ligare , lat. 

Lechetta, s. f. Danse particulierc aux montagnards. 
Prononcez letse-ia sans faire sentir la pcnulti^me syl- 
labe. Cette danse est vive et assez varide. 

Lema, s. f. Lune. Ici Ve est sans accent; maisse fait 
pourtant bien sentir ; Va est muet. Ce mot , qui tient i 
deux autres dont le sens est disparate , est analogue h 
celui de Lucine. JLema, en effet, tient au celtique Lem^ 
fordt, et au latin lumen , luipiere, qui se dit encore A#- 
m^,.cn italien. On a revere, chez les peuplesdc TAsic ct 
chez les nations anciennes de TEurope , Fastre des 
nuits comme presidant aux bois ; de la le nom de Zu- 
cina quHl re^at cbez les Latins, nom qui tient auiant a 
lucus , bois sacre , qu'a lux^ lumiere. Enfia ajoutes A^es 




170 

citations que; chez les Celtes, hm etait un des noms 
du meme astre , et Uun une for^t. 

Lerot , s. m. Serpe. 

Lesine , LASINA , s. f. Crevasse du sol et des rochers 
qui sont i sa sui^ace dans la partie montagneuse du 
departement. — Leiza^ celt, Abime, precipice. 

Levant , adv. de lieu , \h devant , hors de Thabita- 
tion. — Les , celt., pres. 

Levhqt, s. m. Romaine , peson. — Lein-^ celt,, la 
livre. De la les mots fran^ais leader et lei>er^ et les mots 
latins le^or, legerete et lei^are^ enlever. 

Lexi , nom propre. Alexis : L^apherese est assez fa- 
miliereaux Jurassiens, qui souventTctendent k la sup- 
pression de plusieurs lettres , conune dans P^eniure , au 
lieu de Bonaventure. 

Li , GLi , pron. pers. Lui. Glise prononce comme en 
italien. 

LiAGUE , s. f. Sarbacane. 

LiETTA , s. f. Tiroir. Prononcez liUa. — Layette , fr. 

LiGNOT, LiNiOT, adj. Doux au toucher, t— Diminu- 
tif de lenis, lat. comme si Ton disait leniobis, 

LippE-LAPPE ( faire ) , au propre , c'est allecher , ten- 
ter la sensuality ; au figure flatter les esperanceg , don- 
ner Favant-godt sans satisfaire Tattente. — Lipa^ celt.. 
Lecher , dtre friand; Luper , fr. , Manger k la maniere 
du chien. Lippie^ bon repas. Lipp lapp^ celt., grosae 
Ifevre, l^vre inferieure. 

LiiT, s. m. Ivraie. — Lolmm^ lat; LoUoa, celt; Lukh , 
allem. et flam*.; Lytmiy, dalmat. 




171 

Lars, s. m. Bottes de paille peign^es aa rateau , chau- 
me, claie de paille. — lisse^ fr., polie, nivel^e. 

LoiGNE, LOiNE, s. ID. Contc bleu divertissant. — 
Loinn, celt., joie; mais la racine de ce mot doit plutdt 
dtre cherchee dans caloighes. 

Lui, pron. pers., elle. Ce pronom masculin est ordi-' 
nairement employe pourlefeminin, en Francbe-Comt^. 

Lube , lyre , s. f. Corde ou courroie avec laquelle on 
attache les boeufs & la creche. 

LussTTE , s. f. LusoT , s. m. Tison qui claire faible- 
ment, feu d'avai^e. — D^rivent du lat. Zuo?, lueur, dont 
ils sont un diminutif. 

LuTCHi (se) y. r. seglisscrsur la glace. Prononcee 
hiisi. '^Lisser^ fr. Rendrepoli,glissant; tutisy^ glissade, 
faux pas y en celtique. 

M 

Macle , s. m. Chanvre qui porte le chenevis. On 
croit cette plante femelle ; mais son nom contredlt cet- 
te opinion. — Mifjsculus , lat. 

Ma fi ! inter). Ma iille ! Expression famili^re aux 
personnes du sexe quand elles se font des recits : Ei 
pi, mafi! Ne voUortril p€is que^ etc. 

Ma noN, MAFiONGAi! inteij. affirmative, usit^ en 
Bresse, ma foi, ma foi oui. 

Magnin, s. m. Chaudronnier ambulant. — Maignen, 
vi. £r. ; Magmmner^ celt 

Magkin, s. m. Brouillard liialfaisant qui brAle e% 
recoquille les feuilles ou les fieurs , de telle Mite qu^dU 




172 

Ics paraissent avoir etc mardees, brulees. Le vigneroir 
dit : LoU magnina pasd sia na^ le brouillard a detruit 
les bourgeons ou la fleur du raisin. — Mahaign^ celt., 
malcfice, infirmitc qui rend estropie. 

Maid, s. f. Huche a petrir. — Madia , ital. 

Maille (de petite), s. f. Grele, de conformation 
delicate, petit. — Maille, fr., monnoie de peu de va- 
leur. 

Maillele, adj. Emmaillote , au maillot. 

Mailler, v. a. Serrer fortement, tordre, froisser. 
^^Malu^ celt., Moudre, broyer; Mallatu^ meurtrier. 
Malleaior, lat., Forgeron , ouvrier qui trayaille les me- 
taux. 

Mais, adv. de temps et de comparaison ; /s n'en 
puis mats , je n'en peux plus. Len veull mats saoai , 
il en voulut savoir davantage , du latin magis, 

Maishdi , adv. Dorenavant , et ^ la lettre plusapri^ 
sent^ c. ^. dire, ^ partir de ce point, ^ daler de^ ce 
moment. Mais entre en composition dans desormais ; 
ct hui dans aujourdhui, — Mais , vi. fr. plus ; hid^ cpr- 
rompu de hiic, lat., jusqu^ici, a ce point. 

Malou, s. m. Merle. La diphthongue ou est presque 
muettc. , " 

Maltras, martras, matras, s. m. Fumier, engrais. 
— Bullet tire le mot maltra ou mdtra du celtique 
madruj suppurcr, se pourrir. 

Manou , s. m. faisccau de chauvre h teiller , lequel 
pent etrc contcnu entre les mains. - • Manas , lat.; la 
main ou le« mains. 




•73 
Marfan, s. m. Marcchal (artisan) en' patois dcs 
environs de Saint-Amour. — March ^ celt, Cheval. 

Maranda , M^ENDA , s. f. Le repas d'onze heures. 
Merenduy lat. 

Marguillier, s. m. Ce mot fran^ais perd quelqae 
fois en province sa veritable prononciation , et signi- 
fie fossoyeur , enterreur , a Lons-le-SauInier , etc. 

Marion , N. prop, de fem. Marie. La plupart des 
noms de femmes prennent une terminaisoh semblable , 
tels que Madelon, Louison , Desiron j Fran^on, Suson , 
etc. Magdelene, Louise, Desiree, Fran^oise, Susanne. 

Marron , s. m. Bceuf noir. Le noir est une couleur 
triste , et marque le deuil et Taffliction. — Masror^ lat., 
tristesse. Mcerens , qui est triste. 

Masses , s. f. Fagots At branches de bois. — Ma- 
chua , celt. , b^ton , massue. 

Matafin, matefin, s. m. Gateau fort-mince, fait 
de bouillie eta la po^le. — Maia, celt., natte ;yan ou 
fin^ celt., dclie, mince. 

Matole, s. f. Boule de neige fagonnee entre les 
mains. — Maihr, celt, fouler; Mactare,\aLi.; Maler^ fr. 

Matouler , V. n. Le chat maioule quand il est amou- 
reux , et qu'il s'en va miolanty faire ses toumees noc- 
turnes. Au figure^ faire Tamour la nuit , courir les 
femmes. 

Maugr^, adv. Malgre. 

Maunot , MANET , adj. mal-propre. — mal-net. 

Medzi , MOUDZ1 , V. a. Manger. — Decomposition 
de comedere , lat. 

Megnin , s. f. Marraine, tcrme enfantin. 




'74 

MenadZira , s. f. Mattreftse de la maison , dans la 
Bresse. Lc mariditno/a menadxtra, pour, ma feninie. 
— Menagium. , ccltiqae latinise , famille. 

Mener , HOUNi , T n. Chanter \ merreille , jouer 
tres-bien d'un instrument , violon , musette ou viole. 
Ahl i moime binf 

Los antos nunont d'auhade. 

Les anges domient des aubades , jouent des airs , est- 
il dit dans un Noel Bressan. — Men , celt., agreable , 
d'ou le latin amcenus et le vi. fr. menon : men se trouTe 
aussi dans Menesirels , poetes fran^ais qui chantuient 
les h^ros en s'accompagnant d'instnimeDs de mu^qae. 
Cca Mi^neslrels avaient succede aux Bardes^ etend^e- 
nerant toujours de plus en plus , ils sent dcvenus les 
Mim^riers. 

Menine , s. f. Petite main , main' d'enfant. 

Memusons (hettre bn), briser quelque chose en 
pieces tres-menues. — Men, menu, celt, petit; memttf 
celt, encore plus menu. 

Meratelia , s. f. Merveille , en dialecte bressan des 
Tillages du Jura les plus Toisins de JasseroD. — MSra- 
vigUa, lat 

Mebendeb, t. n. Diner. — Merendar^ espagn. 

Merle, ad). M4Ie. Un paysan qui va & la foin 
acheter un cochon , n'est pas decide s'il ratn^nera un 
merie ou une couche. 

Messaht, hussant(soulet), Soleil couchant Cette 
locution ^tait beaucoup plus usitee autrefois qu'4 pr^ 
sent, dans les actes pour designer rOuest, I'Occident, 




'75 . 
lesoir.--& musser^ envi. fr., se cacher. ilfiiJ5im5, lat, 
se taisant. Muz , celt. , cacher. Mussanter, d^une ma- 
niere cachde. II y avail autrefois un sens analogue entre 
se coucher et se iaire : ces idees se sont perpetuees dans 
les campagnes : nous avons deja fait remarquer que Ton 
y dit encore couche-te pour iais-toi. 

Messer (san) , nom prop. Saint Michel , en patois 
bressan. On dit k FEtoile , san mecfUe ou meisie. 

Met , s. f. Vbyet Maid. 

Mettu , participe du verbe mettre , mis. 

Meussa , s. f.Rate , partie des intestins. — Melza , 
esp. I milza f ital. 

Meuzeuon, s. m. Diminutif de museau^ chez les 
Bressans jurassiens du midi. 

Michotte , s. f. Petite miche qui se fait d^un reste 
de p&te dans la huche. — Diminutif de mich , celt. 

Mimi , MEM]£ , s. f. A'leule. — l)^riYent de la m^me 
famille de mots que mafnmd lat. , et maman , fr. 

MiNNiA y s. deux genres . Terme de caresse chez les 
Bressans , mon gar9on , ma fille. — Ninia , celt., gar- 
9on fille. Le M initial marque le pronom possessif » 
syncope de /m, lat. ou de mon fr. Minia parait dtre le 
syi onyme dtmajl, Voyez ce mot. 

MiNA, s. f. Minuit. — Mot qui peut bien dtre forme 
par contraction de Tallem. MiUer-nachii 

MiNABiiE y adj. Qui parait dtre indigent min^. 

MmouiiOT, s. m. Milieu. Lm^ miroaloi du dzau , mi- 
di; lou mirouloi d*enuy le jaune d'ccuf. 

MiSTE , adj. Joli , charmant. — Mistr ^ celt. 




176 

MisTiFBis^, adj. Enjolivc. PliyezMiSJ^, dont il est 
compose. 

MixuBON , 5. m. Fniit du miirier sauTage. — Moron , 
grec ; monim, iat. 

MoiE, s. ID. Morceau , quantite comparee a une 
morsure. — Morsus, Iat.; moes , en patois Savoyard. 

MoLAKE, s. m. Eminence , colline. -~ Molare , celt.; 
molaris, bas latin. 

Mole BETE, ou plutot maule bete. Mauyaise's bd- 
tes, injure' en patois bressan. — Maule\ pour mala: , 
Iat. 

MoiTAN , lUETiAN , MITAN , s. m. Le inilieu. — Hfetk, 
cell.; medietas, lait.;rmth,^o\h.;mitlan, tcdt. De lile 
mot mitoyen (mur) en fran^ais, mur qui est entre 
. deux habitations. 
' MONDDBE, s. f. Airicre-laix de la vache, parlequel 
elle se nettoic. — Mundare, Iat. , nettoyer. 

MoNTAiLLE, s. f. MontagDC , en patois des environs 
de Clairraux. — MontUium , celL latinise , petite mon- 
tagne. 
' MoBTES , MCETES , s. f. Eaux stagnaotes , en patois de 
Tarrondissement de Odic. — ■ Morluos aquce , Iat. 
': MdTA, s. f. Mout de vendange. — Moust, celt.; 
most, allcm. et flam.; rnosto , ital. et esp. 

MoTiRA , s. f. Boisseau , mesure de farinc. — Me- 
iearia , Iat. du moyen age. 

MoucBES (n'avoib pe de) fa^on de parler prpver- 
biale , recueiilie dans la partie basse du canton de 
Scillicrcs, et qui fait allusion ^ Tetat de tranquillitu 
d'unc Wtc que Ics monchcs ne piqiiont pas. Au sens fi- 




177 
gurc » n *apoir pas de mouches , c*est n^avoir pas de 
vivacite ; et chez les gens simples , la vivacite est la 
marque certaine de Tesprit 

M OUNIN , s. m. Caricature , figure d^homme mal 
faite, homme d^sagr^able, maussade, — Moimyn^ celt 

MouR , s. m. Muffle des animaux. — Mcmrennou ^ 
celt. , moustaches d^animal. 

MouRNiFFLE , s. f. Soufflet appliqu^ sur le maur et 
sur le nez. Expression populaire. Voyez Nifflet. 

MoussAHD, s. m* Nom que Ton donnait Autrefois ^ 
et que les vieilles jgens donnent encore par mepris aux 
indiridus originaires des lieux main^mortablei. I^s 
Moussikres etaient Tun des sept yilliges oik le chapitre 
de Saint-Claude avait droit de main-mo^t£^ — De 
moussiere a ct^ forme moussard. 

MouTET, s. m. Boeuf rouge qui a une petite taehe 
blanche au front Moutei se dit aussi du bl^ quand il est 
m^l^ ; alors ce mot est corrompu de m^teil. 

MouTHETTES, s. f. Filles de Mouthe et de set envi- 
rons (village de la haute montagne). On appelle abusi- 
vement et indistinctement de ce nom les montagnardes 
qui vienneot en troupes aider les habitaus du vignoble 
^ vendanger. 

MusoT, s. m. Rat des champs. — Mus , lat. ; mouse ^ 
angl. 

JV. 

Na, adj. £. Une. Na trebia, une table. 
Na , s. f. Neigc , en patois de Septmoncel et Saint- 
Claode. 

i8 




.78 

Na , s. f Nuit. Voycz MiMA. On dit ailleurs Net. — 
JSacht , allem. 

Nacat, s. m. NAQt;E,s. f. Excretion da ncz. — Renas- 
quer, fr., renifler. 

Nai , NA , ad). Nc , en patois montagnard et des col- 
lines. — Nats , vi. f . natus , lat. 

Nailles.s. f. Drag^es on autres presents quis'of- 
frent, ik Toccasion de lanaissanced^un enfant, paries 
pari'ains ct les marraines. — Ce mot est unc cr4sc de 
Tiat a U ti a , lat. 

Nahi, hehat, hehet, manioa, part, ncgat. Noa.— 
Nen , celt. ; neen , fiam. ; nein , allepi. 

Naunon, 3. f- A'ieule , vieille fenune, terme enfan- 
tin. — Norma, celt. : norma, lat. du moycn 4gc ; Nonna^ 
ital . Le mot latin anus , vieille , parait appartenir k la 
m^me souche. 

Naqite , adj. Mouille par une grande pluie. 

I^ABRE , s. f. plur. Narrines. — Naris , lat. 

Nakbofu) , V. n. Renifler, en patois bressan. Voy. 
pour la racine nabre. 

Nesiilks, s. f. piitr. Noisettes. Une chanson villa- 
geoise sur rati- de laquelle on danse une sauteuse (Toy. 
ce mot), dans I'arrondissement do Lons-le-Saulnier , 
commence par ces mots : 

Lars^ dz'aniens ilas aesiUe-i , 
Ijts galtinti vfgniant Isiu not. 

Lorsquf j'avais des noispttes (i leur donner), lea amans 




«79 
venaient chez nous. — Nozel, celt., nocctauU, ital. On 
dit noisiUe en plusieurs provinces de France. Nucelus , 
lat. noyau. 

Nezi, ad). Dont la peau est rid^e .par I'effet dusi^ 
jour dans I'eau. 

KiAit , s. f. CEuf qu'on laisse dans le nid pour enga- 
ger les poules & pondre au m^me lieu. — C'est nne 
rrJisc dc nidasau , lat. du moyen 3ge , dont les Fran^ais 
ont Tail niais. Observes que niau est ^galement em- 
ploye en ce dernier aens. 

KiAUCHE , 8. m. Niais. — Nidiace , ital. Yoyez le 
ternie pr^c^dent, qui est de m^me origine. Pronopcez 
niochg. 

linn, V. a. Noyer tp^rirasphixi^ par I'eau ,se nu^r. 

NiPFXET , 8. m. OAicat , difficile h Texc^s sur le man- 
ger ; qui Haire les mets , avant d'y toucher. II est Evident 
que nij/le et seulement f/le ont signiBe le nez : d^ja 
nous avons cite mourm^fie , soufflet donnc sur le nez ; 
■narroffio , rcn^clcr. Ajoutoos le mot fran^ais remfler, 
respirer p^r le nez , tiflairer, sentir par I'odorat. 

NiON , NiCN , adj. Nul , personne. — Nigiin , celt, ct 
esp.; nemo, lat.; nessuno, ital.; none, angl. Prooonccz 
gnon , gnun. 

N10N9AN , adv. Nulle part , h la lettre nul tUu. 

Niosiu , idem. 

Niou , iiombre neuf. — T^iun , terme de basse lati- 
nite. Voyez du Cange, au mot nmngUidum. 




i8o 
NiQUEDOUiLLE , s. ID. Niais . Ce ferine enchant sur 
cetui de nuzu et de niauche. et signifie oeuf ou petit 
d'oie : nique est un metaplasme de niauche. Et quant & 
dtaiiUe , voyez OuuxE. L'opinion de Bullet n'cst pas 
satisfaisante. (Diet. celt. , voy. njck.) 

NlQUET , s. m. Repds, sonuneil de raprcs^in^. II 
semble que ce mot soit compose de ny, nouveau, et de 
guies , repos ; mais Bullet lire le mot luquel de nig, 
qui signifie hocher la tete , parce qu'en dormant on 
baisse insensiblement la t^te. — JVi, scion ma conjectu- 
re, serait alterc deneu, celt; nia/o, go th.;mW,anc. sax.; 
ruWjflam.; nj, nyt, dan. et sued, etc.; et quiet serait 
une alteration peu sensible de quiet, lat., puisque les 
Anglais disent encore tfuiet dans le m^me sens. 

No.NAU, Noi}ri,NOi&, s. m.NoSl. Dans une vieiHe 
chanson faite pour ciilcbrer cette solennit^, il est dit 
aux bergers : 

« LaUsez' patire vos b£i«5, 
- £t veues chanter now. 

Ces mots signifient noutvau et se rapportent i mUalis , 
)Our de la naissance. 

NoNO , s. m. Berceau , petite couchcHe : lebcrceau 
et la coucbette sent toujours couTerts pour preserver 
Tcnfant d'un air trop vif et d'autres accidens . — . Ce 
mot s'est forme, commc la plupartde ccux que I'on ap- 
prend aux enfans, par le redoublement d'un monosyl- 
labc , no , celt. . couvrir , cacher. 

Nos, pron. (wrs. Nous. — Nos , lat 




i8i 

^UVALLA, s. f. Nouvclle. 

MuGiiXA , KusiLLOTTE, «■ f. OseiHe. 

Ny , s. m. Ce mot patois dcs montagncs de Saint- 
Claude , parait signifier le passage des oiseaux en au- 
tomne , d'aprfes ces premiers vers d'un couplet sept- 
moncelan : 

■ Od dzor d'aderri , 

■ Qae U nt roU vini , 
- hts ooasais de i^ 

< CoiderODt se redzot. 

« Un jour d^automnc , que la neige etait piis de tom- 
ber, les oiseaux de passage pens^rentse r^jouir » Nous 
avons vu h I'article aderri, que Tautomne ^tait ainsi ap- 
pclee du passage des oiseaux qui voyagcnt eu troupe : 
aussi cst-il dit dans le m^me couplet. 

■ 1 le MO bniUu 

• Tat iu onna chu. 

Its se sont mis tout en un troupeau. — Nj , Tientpeut- 
^lrcdenicA,celt.,eS6or, vol d'otseau. AiicAa, celt, vo- 
Icr; Nidchiy tart. mog. et calm. , je vole en I'atr. 

o. 

(Edvee, s. f. Filassc. Une poupee d'ceitvre est une , 
' ccrtaine qu^ntite dc chanvre teill^ et prepare pour filer. 

CEU VREE , OUVBKE , S. f. , OUVRIER , S. m.- MeSOre 9f 
-graire , qui est le fauitiime da journal , ainsi nomm^ 
de I'ouvragc qu'un seul homme peut faire en un jour. 

Ohia ! interjection qui exprime le d^sa|^intcnent 




OiSEAu DE SAINT MARTIN, corbeau, comeille. Du 
Cange pense que cette locution vient de ce que , vers le 
temp6 dc la Saint Martin , qui est ^ 1' entree de I'hiver , 
les corbeaux reparaissent dans noaclimats, II estremar' 
quable que cette f<^te arrive au lever hcliaque dn cen- 
taure et du corbeau. 

Ola , s. f. Aile. 

Olieuta , 8. f. Alouette. ^oj^a Aulieuta. 

OLirrrER , v. n. Bailler , en patois bressan. 

Oluu, s. m Huile. — O/eu, celt oleum, lat. oiio, itaL 

On, adj. XJn. Onpoa, un pore. 

Oncette , s. f. Cheville de fer qui ejnplche^la roue 
de quitter Tessieu. 

Oncot, adv. de temps; encore. 

Ohgon , s. m. Gond d'une porte. P^ojez Angons. 

Onkien , s. m. Oncle. On dit en francisant onctin. 

Orberata , s. f. Artial^te, Patois des environs de 
Saint-Amour et Coligny. On dit aussi obareta. 

Oret , adv. Quand m^me. On dit aussi quand bin 
d'oret, 

Obvales , s. f. plur. Accidens qui d^truisent les r^ 
colics, tels que grandcs pluies, griles, ouragans , 
gclees. 

Orvaleux, adj. Terrain expose aux orvaUs. Voy. 

ORVALES. 

OTUBdXD , s. m. Aper<;u , compte termini sans en- 
trer dans le de'tail. C'est une expression metaphoriqae, 
qui signiBe litteralement bout o6tus , un morceau de 
bo is mal'taill^. — Obiusumbotum, enlatin dumoyen ^e. 

OuA , s. m. plur. Yeux ; en patois montagnard. 




1 83 

OuAU^LER, V. n. crier par I'effet de la douleur. 
f^oj. pour la racine , ouais. 

OuAis, oue! interjection qui est fran9aise a la ve- 
rite ( 01/15 ) , mais qui , prononciie d^une cerlaine ma- 
nierc ( oue) , fait reconnaitre partout le Francomtois. 
G^esl aussi un cride douleur ; de \h ouaiM'y crier. 

Ouais pie! inter), rustique. Ouais mdn Di^A. 

OuiLLE , s. f. , ouiLLON , s. m. Oic , petit de Toie. -— 
Ancellus , lat du moyen Age. Oue , vieux fran^ais. 

OuNE, s. m. T4che que Ton impose i un ouvrier 
qui travatlle i la terre. Onus , lat. 

OuNiON, s. m. Oignon, plante. — C//iib, lat. du 
moyen Age. Onto , celt. 

OuRDON , s. m. Une certaine bande de terrain i la- 
bourer, ou de bois ^ exploiter. — Urddj celt. , d*ou 
le lat. ordo. 

OuTAU , s. m. Poy.noxrtkv. 

Oute! interj. Regarde. On dit ailleurs Voi-te? volB-fn? 

Ov\i y£tes? D^ou ^tes-vous? ou se dit aussi ut?e\ — 
Ubi, lat, , oi?e, ital. 

OuvRiiLA , s. m. Le mailre de la raaison » en Bresse ; 
une femme dit : not'ouprier^ pour mon mari. 



P. 



Pacak j s. m. Homme grossier , rustrc. — Pagarms , 
lat. paysan.' Dc la notre mot fran^ais payen et celui de 
pagamsnie. Quaiid le polytheisme fut aboli dans les 




.84 
viiles, U resta edcore long-temps en vigueur daiu lett 
campagnes. 

Pagain , s. m. Parrain , mot d'enfant. 

Paillole, 5. f. Paille d'avoine, balle qui aeirait 
d'envcloppe au grain. 

pALOT, Palotte, adj. Lourd, lourdc; se dit des 
personnes et non des choses. — Paled ^ celt. , baiU i 
jouer^ d'ou Sont Teous paJet ct peJoHe. Nota. La pe- 
lotte et la balle ne sent pas lourdes k la yinii , mais 
elles remplacent les instrumens dont on se servait danft 
le paleslre. Voy. ^ ce sujet bAuste, paliestke^ 

Pauestre , s. f. Gobille , petite boule dc marbre. 

P'oy. BALISTE, 

pAnpovuxES.s. f. GueniUes. — Pan^ celt.,'^toffe. 
Ml, eelt< , lambeaux 

Pan ! interj. Onomatop^e qui exprime un coup 

donn^ ^ qdelqu'un , ou la d^onation d*une armeifea. 

Fanecia , s. f. Tige de mais coupee , ayant encore 

ses feuilles et son panache. — Panicuius , lat. , ditni- 

nutif de pattus; ptmache , fr. , panacher , celt. 

Panner, t. act. Essuyer. — Pan, celt. drap. Pan- 
nus , lat, cbiffon. 

Panocuxe , s. f. Rape de mati's avec le grain , sua- 
pendue au plancher par ses feuilles d'enveloppe. Cette 
enveloppe est aSsimilee i une sorte d'^toffe ; et de U 
le raoipanauiUe, d^riv^ depanrau^ lat ; linge. Ponw- 
cnhis, etofTe d^^e , chiffon. 

Pantenires, s. f. plur. Poches que les vieilleS fem^ 
mes suspendent k leurs hanches , sous le cotillon. — ^ 
Cc mot viendrait-il de ce que Tobjet qu'il exprime, est 




1 85. 

Itttach^ sur le ventre? Panlex^ lat. ; panse , all. ; pancz^ 
celt. ? ou bieii de ce que les poches sont pendantes f 
ou attachees jMir le haut , p^nty , celt ? Dans cette der- 
ni^re hypoth^se, les parUtnires auraient leurs analo- 
gues dans les termes frangais pantiere , filet pendu i 
tm aii>re ( rulgairement appel^ pcmtaine dans le d^par- 
tement du Jura ) ; et panUmne , enceinte de filets sus- 
pendus i des pieux ou perches. 

Parai ou paret , s. m. Mur , muraille , doison. — 
Paraed , celt. ; paries , lat. ; parol , fr. 9 mots d^rir^ 
depar-^ celt, pierre; pared j celt, et espag.; paret ^ 
ital. et patois d^Auvergne. 

Pare, s. m. P^re : cr4se de padre ^ ital. et espag. 

Parch AT , s. m. Perche (poisson). Perca , lat. 

Pargeaixa , PARGELLE, s. f. Sorte dlierbe ram- 
pante et capillaire. — Spargere , lat. ; jeter 9a et \k. Se^ 
rait-ce le sparg€mium? 

Passeret , s. m. Moineau. — Passer^ lat ; passereau^ fir. 

PATAFRd , adv. Onomatop^e quidonneTid^e du fra- 
cas cause par une chute. 

Pataler , T. n. Courir en faisant du bruit avec ses 
pieds. Se dit particuli^rement du cheval qui est au ga* 
lop. — Patte pour pied ; cder pour courir. 

Patarou ( en ). On entend par cette expression T^- 
tat de mouyement empresse et sans ordre^ qui a lieu 
lorsque Ton veut faire des preparatifs pour recevoir 
quelqu'un. 

Patatra , adv. Synonime de patafro. 




Patknaille, s. f. Panais (plante potagfere). Piisiou^ 
nadez , celt. ; pastirmca , lat. 

Patte , s. f. Jeu d'ecolier , qui consiste a provoquer 
Jt la course , en frappant de la main son adversaire. — 
jPa/&, semble faire allusion ^Paction dujeu , et, dans 
ce cas , on trouverait sa racine A^ns pata , celt. , lifevre ; 
ou bicn a Tattouchement des mains des coUreurs , Car 
Ic peuplc dit burlesquement/^a/fe pour main. 

Pau, s. m. Pieu. — Pal, celt.; palus, lat. ; paol^ 
celt. , la barre du gouvemail. Pawl , celt. , piece. 

Pau , s. f. Planche. 

Paula , pauleta , s. f. Pelle. — Pala , lat. ; paU , 
celt. ; paletci , celt. , truelle. De \^ le mot fran^ais 
palette, 

Paume , s. f. Jeu de fiUe ; la paume est une pclote 
elastique ct rev^tue de peau, que Ton jette contre 
terre , ct qui, bondissant en Tair, doit y ^tre retenne 
avec la main. — Paume , fr. , creuxde la main. Palma^ 
latin. 

Paue , adj. Pauvre. — Paur^ celt. 

Pause , s. f. Mesure agraire qui equivaut a un demi- 
journal ; ainsi appelee de la pause que font les laboa- 
reurs vers le milieu de leur joumec. — Pausa, lat. 

PeCHOT , PICHOT , PIKIOT , PITET , PETIOT , PETION , 

adj. Petit , un peu. — Pichon , celt , petit de tout, oi- 
seau domcstique. Peth , un peu. Piccolo , ital. ; picciolo , 
petit. 

PficmLLER , V. n. Manger sans appiUit. 




1 87 

Peguia , 8. f. Piti^ , emotion , coimne on le voit 
dans ce couplet patois : 

Ejr eran na vols tra quemores , II y avail une fois trois commeres, 

Vela maria, Prcs de marie, 

Que se desian de Venn d Vatra Qui se disaient Tune a Tautre , 

In grind peguia : ' En grand emoi : 

a la prins n\au a la quemore , a II a pris mal i la commere, 

» Citi matin » Oe mating 

n Va refiambo sa piene ecaoeUa » Elle a vomi sa pleine ecuelle 

» De supeuvin, » » I)e soupe au vin. » 

Penon, s. m. Quartier de la irille, section d^ une pa- 
roisse qui suit telle banniere. — Pemt^n , ct\i. pennon , 
fr. ^tendard. 

Peramo , adv. En consideration de , Si . cause que , 
parce que , en dialecte bressan. On ditaussi par syncope 
pramo on pramou, Ailleurs la prononciation rend plus 
reconnaissables les mots dont cet adrerbe se compose , 
dans pclamou et pou lamou, — Pour Tamour. 

Pesiau , s.' m. Pesette , fausse vesce qui se m^lc au 
froment. — Ce mot tient i la m^me famille que pesait^ 
celt, poisy fr. etpesilte. 

Pessio y s. m. Pecbeur, en patois du canton de Saint 
Remy , pres Coligny, — Pesk^ poisson, ce\i. pesseour , 
celt, maraudeur. 

Petchu , s. m. Trou. — Periuis , vieux fr. periugiare , 
ital. faire un trou. 

Peteux, petoux, s. m. Puiois^ fouine. 
Peure , adj. Pauvre , miserable , qui mcfitc peu d'cs- 
timc. — Pt'w\ celt. 




t8|3 

VevTj peute, adj. Laid, laide. — Peul^ celt.; com- 
tnun, trivial. 

Phliba , nom prop. Philibert, fort usite en Bresse ou 
Ton donne aux enfants des noms sonores qui puissent 
dtre entendus de fort loin. 

PiAtLLARD , s. m. Qui crie par habitude comme fait 
la fne. — Ce terme se compose depi , celt, et de ouailler^ 
crier. Voyez ce mot. 

Pi APE , WEPou , PIPE , s. m. Plante des pres , Ik fleurs 
jauncs , qui fait caut^re. — Semblent appartenir au m^- 
me type que les mots pipera , celt, cipepere , ital. poivre. 

PiCEPiQUEE , 8. f. Sorte de jeudepalet, quiconsiste 
h s^approcher le plus d W but donne. — JK^e piquSe 
par une autre. 

Pie , s. f. Portion de terrain. Ce terme est en usage 
dans les cantons de Saint Julien , de Saint Amour et 
de Beaufort. • - Syncope de partie. 

PiENNA, s. f. Plume 2i ecrire. — Penna^ ital. /Ten, angl. 

PiE-BOULOT , 8. m. Qui a le pied contrefait, pied hot 

PiERA-siL , s. m. Persil. — PeUro Selinon , lot. 

PiEUDZA, PIEUGE, pi6dza, s. f. Pluie. ~,Pioggiaj ital. 

PiLLON , s. m. Peau qui se fcndille sur le doigt pres 
de Tongle ; sert de comparaison pour dire une petite 
quantity. — jPi7, pilion celt. , peau , ccorce. Phellos^ 
grec , ecorce d'arbre. Pibis , lat. poil. 

PmGKON , s. m. Pigeon. 

PiNGRE , adj. Mot injurieux, dont Tacception varie: 
cuistre , soumois , raiileur , acari^tre , etc. 
• PiNOT , s . m. Coup de gosier qui percc le tympaii , 
cri de fille. 




i89 

PiNOT , s. m. Espice dUnstnimcnt k vent que les bcr- 
gers font avec de T^corce d^arbre au temps de la s^ve , 
et qui a le son d^une embouchure de clarinette. — Pin , 
celt, aigu , pointu , de Ik pinot cri et son aigu. 

PioNER , V. n. Se plaindre par habitude , comme la 
pie : de 1^ cette locution populaire faire la pione^ ou la 
pie au nid. Piogen , celt. pie. 

Piper , v. n. respirer. — The windpipe^ angl. le con- 
duit de la respiration. 

Pipi, s. m. Grand p^re , terme enfantin. 

PiQUETA DU Dzou , s. f. Point da jour , Taube. On dit 
aussi , en francisant , la pique du jour. P^ojrez Guilles. 

— Pic , pfgy celt, pointe , aiguillon. Picjfue , lance. 
Plantee, s. f. Vigne nouvelle. 

Plein (tout), adv. Beaucoup, expression que Ton 
emploie abusivement dans tons les sens. Exemp. Une 
planche ou il y tout plein de trous ; il y a tout plem de 
gens qui Tignorent. 

Plosse , s. f. Fruit de Tepine noire , prune sauvage . 

— Pbloss, boloss^ celt, prunes communes d^un goAt 
aigre. Blosses^enun patois de la haute Bretagne. 

PdCHER, V. a. Pcser sur quelque chose, presser. P^jr. 
P6CHON et PdCHU. 

PdcHON , s. m. Sorte de grosse cuiller k Tusage de la 
cuisine, ainsi nommee parce qu^elle sert k ecraser dans 
la marmite ce qu'on y fait cuire. f^oj\ P6chse. 

PoCHU , s. m. Instrument avec lequel oa ^crase les 
raisins dans la sapine , voyez ce mot. Pbchu est la fa- 
mille des moispocher , pochon. 

P0N90N , s. m. Tonneau. — Poinfon^ fr. 




igo 

PoGLTE » s. m. Pou. Pronocez^/*e , comme les italiens 
leprononccnt dans mo^/i?, et comme les fran^aisfont 
Broglie . 

PoGNE, POUGNA, s. f.Poing. — Pugnus X^i.pugno^ ital. 

Po-MAis , adv. C*est un pleonasme. J^ojr. Mak. En 
ital. maipiii, 

Quiiid de la hok i gn'u po-mais 

C'est i dire quand il n'y cut plus^^ de balles : en patois 
des envitons de Saint-Amour. 

PouAi, s. m. Pore. Se dit de m^mc en Savoie. 

PouGAiLLE , s. f. Poupec. Cc mot rustique est compo- 
se par contraction de Pof?ea gallica^ lat. Poppee gau-^ 
loise . La.maitresse de Neron etait probablement une 
petite personne , qui se mettait avec recherche , et qui 
etait Tobjet de beaucoup de soins de la part de ses fem-" 
mes. Poppaena pinguia , lat. fard, invente ^v Poppee. 

PouGNON , s. m. Petit gateau au beurre , fait d^une 
poignee de p4te. 

Poui! inter). Exprime ledegout ; synonyme de^f, qui 
est fran^ais et irlandais. — Foujr^ celt, pui^ en turc. 
j}fuy allem. phi^ chien. 

PoTJLSARD , 8. m. Esp^ce de raisin dont on fait le rin 
clairet.On Tappelle arboisin i D61e, et en plusieurs licmt 
de la Franche-Comte , parce qu^il abonde dans le Ti- 
gnoble d'Arbois. 

PoFR , prep. Par. Pour hiqiie ^ par iri. 

Poi'ssi, s. ni. Poussiere. 




»9' 

PouTE , 8. f. Trou. Pul , cell, fosse piofonde. PoUa , 
ilal. ybjez PuT\. 

POLTOT, s. in. Crciix. Diminutif depoute, dans cc 
sens, mais son augmenlatif dans celui-ci : pouiot se 
dit qudquefois plaisamment potir I'enfer. 

PoiTTOT , POTET , s. m. Encrier , term^ dVcoKf r : Cor- 
net ou petit /)o/. 

pRA , s. m. Pre. — Pratum, lat. 

Precha, , s. f. P^che ( fruit).- — Persica , lat. c'Mt par 
mcta these .qu'en patois on dit pre pour per: ces traospo- 
sitions n'y sont pas rares. 

PfUOEON , s. f. Prison. — Pn'gione , ita). 

Pmmbois, s. f. Fagots, petit bois. La premiere syl- 
labe dc cc mot vient dc prin , celt. , menu , ou de prim, 
premier. Au reste , en examinant ces deux termes cel- 
tiques , on reconnah bientdt I'identit^ de leur ratine : 
les premiers jets d'ua arbuste , d'un arbre, sont menus. 

f^Oy. PRIN , PRINMA, PHIMPOI. 

PuMPOi, s. ra. Au propre, c'est le dovet^ le poil 
follet, le poit naissant ; au figure , c'est la jeoQesse j )'a. 
dolcsccnce, lapuberte. II est encore dan^ eon pnm- 
poi , c'est-^-dire , il est encore jeune, dans son pre- 
mier poil ; c'est de la m^me maoi^rc que s'est form^ 
notre mot fran^ais printemps , que nos p^res ont ap- 
pel^ le noiweau temps, qui rcpond au vere nwo de 
Virgile. 

Prin, ad). Menu, petit, chetif. — Prin et prim, 
cellique. 

pRiNGUKLION,s.m. Petit objet, chose meiiuc , mince. 




Prin-ma, adj. f. Mince, d^une taille fine, parlant 
d^une fcmme ; 

- n Vh toia prin-ma su les hances, 

Elle est toute mince sur les hanches , c^est-ll-dire , elle 
a , comme disait Henri I Y , dans une chanson de sa 
composition , une taUle a la main. 

PRIN-Moucm , y. a. Filer fin. 

PRdoEON , s. m. Ce qui accroit, ce qui s^enfle ^ ce qui 
fait paraitre avantageusement une chose. Yoyez , poar 
I'etymologie , PRdGER. 

pRoGER, V. n. Faire volume, ^tre releve h Pceil, 
ressortir. — Selon Build, ce mot serait derive de /Vrr , 
celt abondant. Peut-^tre vient-il dcProgerere^ lat. 
pousser , jeter dehors. 

Prou ou prout , adv. Asscz. — jRhpp, celt abondant , 
ou pro ut , lat Suivant Texigence du cas : Piro ut res 
postulat. 

PuBLE , PIBLE , s. m. Peuplier. — Pibl , celt pibol , 
en basq. populus , lat. 

PuiSEROT , s. m. Petite seille h puiser. — Pus , celt, , 
puits. 

PAta , s. f. Prostituee. — Pistoa , celt. , debauch^. 
Putain fr. Ce mot paratt avoir le m^me type que poute 
et poulot dej^ cites , puteus , lat. poita , ital. put , celt. 
Cette analogic pent s'expliquer aussi par un mot h^bren 
quant au sens et nom aux syllabes : Belphegor etait le 
Dicii de la prostitution ; phegor signifiait trou. 



I 

i 




.93 

Q. 

Quake, s. m. Angle: le quare d'un champ, Tun de 
ses angles » parce que Tangle est une partic du quarre. 

Quart ( de ) , adv. Obliquement , de cdte. Begarder 
de quart , se ranger de quart , regarder , se mettre de 
tdt^ , i 1 'A:art. 

QuASiMENT, adv. Presque, ^-peu-pr^s. — Qasunant, 
celt. 

Que , relat Employe' pour qui. 

QuELA , s. m. Ainsi prononce par epenth^ pour 
kia. Feu follet. — Quelern , celt. 

Queneuille, s. f. Borgne. — Qu'un ceil. 

Quenillage , s. m. Occupation sans Taleur. 

Quenillek , V. n. Perdre son temps ides fuUlitt^s. 

QcENiLLEB, T. a. Patiner, manier indiscritement 
une chose. 

Quenilleries , s. f. Ouvrages sortis dcs mains d'un 
quenOIard ; choses qui ne valentpas la peine d'occuper 
s^rieusement. 

QuERi , QHi , V. a. Chercher avec la certitude de 
trouver robjet — Queerere , lat. qu^rir . fr. 

Que St , QUE non , maniere lacomque d'exprimer la 
contradiction. On sous-entend dirt. 

Qdila , s. f. Tuile. 

QuiN , QUEU , quel , avec le ton de I'admiration , de 
retonnement, ou de Tinterrogation. Qain ndis! qua* 
net ! quel grand nez ! qiusnam nasus ! quin houm est-o 
fonoque.^ quelle esp^ce d*homme est 9a! 

»9 




194 
QuiNCHEE, s. f. Cri per^ant que les jcunes gens 
poussent quant ils sont en gaite y mais surtout k la fin 
de chaque couplet de leurs chansons. 

QniNZON, s. m. Pinson (oiseau\ Le pinson se distin- 
gue de la foule des oiseaux par la beautc de son ramage. 
— Quin , pin , celt, agreable. Son , celt, son , chant. 

« 

Quo , pour quel et qiie ce. Quo san quo sot ! quel 
saint que ce soit. 

R. 

Rabater , V. n. s'agitcr , faire du tapage. — Vient , 

selon Bullet, de rabadd et rabat ^ celt, esprit follet, 

* 

lutin. 

Rablet , tantdt adj. , tantot subst. Court , petit, mais 
fort. — Rab , celt. , petit. Habouezeg^ nabot. De \k le 
mot fran^ais rabougri, Roble, esp. de ch6ne (embleme 
de la force ). Pojez rouge de chene. 

Rache , s. f. Rogne , maladie cutande qui affecte la 
racine des cheveux. — Rack, celt, d'ou le mot rScbe^ fr. 

Racle , s. m. Ramoneur. — Racla , rackin, celt. , 
rSicler , fr. ratisser. 

Railer , V. n. Pleurer en criant d'une voix glapis- 
sante. — Derive du meme type que le mot f ran^ais rv^i^. 

Rain , s. m. Morceau de bois i)our le feu , rameau de- 
tache d'une arbre. — Ran , celt. rain , vieux fr., rameau. 
De lii rainceuu , feuillage dans les omemens. 

Ramanents . s. m. plur. Eclats de bois qui restent sur 
Ic terrain aprcs la coupe crune for^t. Remanents, terme 




*9» 
forcstier. Remnnentia , lat. les dioses qui restent. Ha- 
maign, ramaigniiml, celt, resle dc viande. 

Rau&ssi , V. a. Recolter , enlever les fruits dc la tcrrc. 
Patois du canton dc Voiteur. — Ramasser , fr. f^ojez 
Remace. 

Rame , s. m. Nom que I'on donne au boeuf quand il 
€St zcbrc. — Remigium , lat. rang de ramcs. Remigiunt 
alarum ( Virg. ), les ailes de Dcdale comparees k des 
rames , parce que les plumes dc I'oiseau d^ploy^es sont 
rangces dans un ordre i-peu-pr^s semblalilc. Les ban- 
des noires de la peaa dn zebi-e offrent la m^me figure 
que de pelitcs branches d'arbrc rangces sur une bran- 
che plus forte ; et dc la la denomination de rameau. 

Rahpo, s. m. Sorte de jeu dc quilles. Les joueurs, 
places a une assez grande distance de trois quilles qui 
ne se pi^sentent i eux qu'obliquement , cberchent a les 
abattre au moyen d'une boiilc qu'il^ lancent dans une 
esp^ce d'avenue. 

Ran , adv. hen. 

Rancasser ,, T. n. Riler « respirer avec bruit et d'une 
m'ani^re p^nible. — Rancart , lat. , yhja Rahcots. 

Ramcots, 5. m. Rdle dc la mort. Voyez Rancasseb- 
Pcut-dtre faut-il ecrire rend-co , et traduircvufcvBur, 
car c'est Taction de rendre Tame. 

Rafpilon , s. m. Axe autour duquel cxistaient les 
graius de mais, et dans cct etat il resscmble 3i une rdfx. 

Rappondre, v. a. Voyez Appondre. 

Rapponse, s. f. Voy. Appondee. 

Rasube , 9. f. Cro^te formee au fond de la marmitc 
par Teffet dc la cuisson, et que Toa enl^ve au moyen 

19* 




dc la cuiller ou du couteau. — Rasa , celt. , raser. Be-* 
la rasibus, 

Rataillon, s. f. Courtillere, ainsi nominee de ce 
qu^elle raUsse les racines et les plantes potag^res , 
comme font les rais. 

Rate , s. f. Rat , souris. — Ratus , rattus, mots de 
basse lat. Du Cangc. 

Ratevolate , s. f. Chauve-souris — Comme si Ton 
disait raie volarUe^ ratus volitans. 

Rattroupe , adj. Remis en ordre , arrangd proprc- 
ment, requinquc.' 

Re , s. m. Roi. — Re , celt, et ital. Rey , espagn. 

Rebate , s. f* Ribe. — Reba , celt. , briser. 

Rebra , s. m. Detour que Ton fait avec une voitare 
attelee : prendre le rebra yC^ est detourner k droite ou k 
gauche , faire un contour. Yoy. Brater. II y a dans 
rebra un fort m^taplasme :\e by est mis pour le v qui , 
a la Ycritc , est de mSme organe ; il doit y avoir un e . 
apres le v ; il a etc supprime par syncope , parce qu*il 
etait sans accent. Ainsi , de reoera (revirer) le paysan 
a fait rebra. E ret^arel; il reviendra , il sera de retour: 
patois des environs de Gray. 

Recheutir , V. n. Voy. Rechute. 

Rechute, recheute, RECiiETA, s* f. Toit avance 
sous lequel on retire les voitures , charrues et instra- 
mens aratoires. Ainsi nomme parce que cet avant-toit 
ressort. Voy. Recheuti. 

Redicule , ad). Se dit des circonstances, du temps, 
de la saison, lorsque les affaires, le commerce, les 



i 




^97 
recoltes ne sont pas saiisfaisantes. Vannee est bienre- 
dicule ! — Bedigulosus , terme de basse lat. 

Regermi , V. n. frissonner , tressaillir. 

Regipper , V. n. rejaillir. — Rsgimber , fr. 

Regreni , adj. Ride , formant beaucoup de plis. Vne 
vieille regrenie, ime vieillc femme ridee.Voy. Regrigke. 

Regrigne, adj. Ride, chiffonne, fronce. Vn front 
regrign^ est d^une personne maussade , cbagrine , souf- 
frante. C'est Feffet pour la cause. — - Gfignons , celL ^ 
chagrin. De li Ic mot fran^ais grognard. 

Remace, s. f. Balai. — Ce mot vient-il, commc ra- 
mon , vi. fr. qui signifie la m^me chose , da lat. rema 
dcvenu remo dans Tital., etdans Tespagn. roiTi^, parce 
que le mouvement de la balayeuse et du rameur est 
analogue ?yient-il de ramus ^ lat.; ramagiwn^ has. lat.; 
rameau parc^ que le balai se compose de verges? Enfin 
est-ce un derivd de ramassi, verbe patois d^jicite, 
parce que le balai ramasse^ rassemble? 

Rememrranza Y s. f. Souvenir; au figure, pen de 
chose , Tombre de la rdalite. — Rimembranza , ital. 

Remi ( SENTIR le) , se dit de Todeur du brAle. Voy. 

RiMOU. 

Renoilles , s. f . Grenouilles , en patois bressan Aes 
environs de Lons-le-Saunier. — Ranunculi , lat ; ra- 
nulas^ mot de basse lat^du Cange. Ran^ celt; raines^ 
et renomfles , vieux fr. 

Renon , s. m. Ego6t du fumier. — Reun^ celt. ; ma-, 
rais. Reune , mare , en Franche-Comt^. 

Renyodre , V. a. Remettre du fil en peloton , ren- 
tortiller. — R marque una action iterative ; eniH)dr€ 




vient dtt lat. infoii^re. On a dA ecrire katrefois renPfA^ 
dre, etplus anncienement , rerwohre. 

Repatene , adj. Rapetassc ; haillons repaten^s ; mille 
fois raccommodes. 

Resiau , s. m. Petit cuveau pour la lessive. 

Ressebsir, v. a. Faire une reprise ^ Taiguille; comme 
si Ton disait ressasser faire un noaveau^os, unnouveau 
tissu. Voy. Cessot. 

Ressuir, v. n. Ressuyer. 

Retelot , s. m. Roitelet (oiseau). 

Retire , s. m. Lieu du logis ou Ton place les menbles 
et Ics objets qui figureraient mal partout ailleurs. — 
Betircr^ fr. 

Retro, s. m. Reduit, retraite cachee, retranche- 
ment. — Reird , lat., par derriere ; retrorsus^ retird en 
arriere ; retrahere , retroire , se retirer. 

Revailli, adj. Qui a fait son premier repas. si^te^o 
dza re^ailU? Question que le paysan de Tarrondissement 
de Lons-le-Saunier fait communement aux personnes 
qu'il rencontre dans la matinee , quoiqu'il les suppose 
hienrei:>eilleesj il entend par la: avez-vousd^jad^jeHnSF 

Revaillt , s. m. Boeuf au poil ardent, portantbien 
sa tele , bien coiffc. 

Reveillon , s. m. Collation qui se prend ^ Tissue 
de la messe nocturne de Noel, lorsque Tonestrentr^ 
chez soi, Voy. Revailli. 

Revicouler , V. a. Raviver , rendre les forces , faire 
renaitre, parlant d'une bonne liqueur, d^un mets suc- 
culent, et au figure, d^une nouvelle satisfaisante. 




'99 
Reyirbu, s. m. Bugrane, ononis. — ^ Herbe qui fait 
reoirer^ retoamer Ics boeufs. 

' RiBLER, Vv a. Rassembler, entasser le bled prove- 
nant de la battue, au moyend'nne cspece de r^tean 
sans dents, que Ton appelle en fran^ais rouable etrdble. 
Ce n^est pas le seul exemple de permutation de Va en i. 

RiBLOu , s. m. Instrument qui en ecrasant le filament 
du chanvre , le depouille de sa rudesse. Bibe , fr. 

RiCHENGUEULE , s. m. Beau diseur. 

RiFFLA, s. m. Sac de lainc qui , dans le mecanisme 
du moulin , sort h tamiser la farine de pur froment. 
Cette farine est mi-grosse , et c'est de cette circons- 
tance que vient le mot de pain rif/kf. 

Riffle, adj. Se dit du pain fait de farine de bled, 
mi-grosse. 

RiMOU , s. m. L\)deur du brule. Voy. Remi. 

RiORTA , s. f. Branche flexible et tordue dont on 
lie les gerbes.— Reioria^ basse lat. ; ritorta^ ital. 

RiPES , s. f. Lieux deserts, denominations attachees 
h des localites de cette nature, dans Tarrondissement 
de Lons-le-Saunier ; les ripes de Saini-Laureni , les n- 
pes du4rtena , les ripes d'Augisey, 

RriA , s. f. Poupee de chanvre ^ filer, - Bistra , es- 
pagnoL 

RrvA, s. f. Bord d'un champ, d^une for^l. EfaiUeoa 
pianta on noiuu pou marquS la ripa ; il fallait planter 
un noyer pour-marquer la limite ou le tour du champ. 
— Ripa , lat. 

RiVA , s. f . Cdte. De sia ripa , de ce c6te-ci. 




200 

Rot, s. m. Fruit du mais encore tendre etlaiteuXt 
que Ton fait r6tir pour manger. — Rhdstj celt. ^ rdti- 

R6ne (bled-) , s. m. Esp^ce de bled dont T^pi porta 
line longue barbe , celui que les statuaires et les pein- 
tres placent sur la tete de Cer^s. — RhoneUog , celt. ; 
qui a une queue. Bhonca^ touffu. 

RoNTu, adj. Rompu. — RoUo^ ital. 

RouAiLLi , V. a. Railler , faire des contes. — Rouail^ 
celt. ; fable. 

RouANNiiBA, s. f. Gaule a abattre les noix. — 
Bjouennet , celt. , b&tonne. Rouenner ^ un liomme qui 
en bat un autre. De 1^ , sans doute ^ le mot fran^ais 
rouer. 

Roucm, y. a. Frapper sur quelqu'un , tomber k coups 
de b&ton sur lui. 

RouFFLE y s. f. Crasse de la t^te des enfans. 

Rouge de ghene , et en patois RuDzou de tsanou , 
Expression metaphorique , qui exprime la force d^un 
temperament , et qui repond h robusie , que nous a- 
vons tire du lat robur , qui signifiait 2i-la-fois rouwrt 
eX force. Le rouvre est une espece dechdne plusdur que 
Fespece commune. Quoique Ton puisse dire que le 
cc£ur du chcne est rougedtre ^ il est probable aussi 
qu^en disant rouge de chine , on a fait une equivoque^ 
et que Ton a mis rouge pour rauoe. — RofCy celt. ; 
ch^ne. Row^e dc chine , hyperbole ou pleonasme. 

RouGNASSER, Y. n. Le temps rougnasse ^ il est aux 
brouillards, ^ la pluie. — Bunaigh^ celt. , obscur. 
RoTJiN , s. m. Regain /secondes herbes. 




20I 

RouiNGi , y. n. Ruminer. — rouigna^ celt. ; ronger. 

Route, routee, s. f. Multitude, une longue file 
de soldats, une grande foule de personnes. — Rhofvler^ 
celt. ; ruta^ irla. ; roUCj allcm. ; rout^ angl. ; rGuta\ en 
lat. barb, ct grec vulg. ; mutCj vieux fr. 

Rule , s. f. Linge de bcrceau d'un enfant. 



S. 



Sa I Sau j s. f . Sel. — sal , celt. , lat , esp. , chald. ; 
sol J en sorabe , en polonais ; soo , en hong. 

Sabater, y. n. Faire beaucoup de bruit. SabaUry 
y. a. Agiter, secouer yiolemment. Si ce mot n^est pas 
forme par sabai^ assemblce de sorciers, il doit faire 
allusion au bruit des sabots ^ chaussurc de bois. — Sa* 
6a/, celt., bruit Ne semble-t-il pas que les sabots soient 
une chaussure sayoyarde, et qu^on ait pu ^crire sa- 
bauds ? La Sayoie a cte nommde en latin Vada Sabatia 
et Sabaudia. 

» 

Sadrouille , s. f. Fille ou femme mal-propre. 

Sacquet, Saka (ouna), Quelque chose , en patois 
du canton de Conliege. 

Saill A , s. f. Galette h Thuile et au sel , que font les 
pauyres gens et les bergers. — Ainsi nommee du sel qui 
y domine. — SaiUead , celt. , saler. 

Sailli , y. n. Faucher , faire des foins. 

Salla , s. f. Chaise , siege de bois. Ptent^ na salla , 
prenez une chaise, asseyez-yous. — Sella, lat. et esp. 



Sallot, s. ni. Pclit cscarbeau. — Dimiiiutif dc sal- 
ta. Y()^ ez cc mot. 

Sambadi , Sambedi , s. m. Samcdi. — Sabhaii 
dies , lat. 

San, adj. Saint. — San, celt. 

Sapine , s. f. Cuvier qui sert particuli^rement aux 
vendangcurs , ainsi nommcc de sapin , esp^ce de bois 
dontcllc est faite. — sapina^ celt., petit bateau de sapin. 

Sarfo , y. a. Chauffer, en patois bressan du midi. 

« 

» Nos hail trovo per lo sarfo, » 

Nous avons trouvc de quoi le chauffer. 

Sarra , s. f. Scie. — Serra^ lat. 

Sarrer , V. a. Scier — Serrare , lat. 

Sarrot , s. m. Habit de toile peinte en vert. U ^taii 
en usage autrefois dans les villes ou il y avait peu de 
luxe. — Saro , celt. 

Sarvo , V. a. Sauver , mettre en surete, 

« Bcrdzirc^s , yoi^s b^tcs 

» Sail sarvcs , vos hou saites. *> 

Bcrgercs , vos bestiaux sont en lieu de surete , vous 
le savez (patois bressan des environs de Saint-Amour). 
— Sahare , lat. Dans le mot rustique , le r a etc subs- 
titue au 7. 

Saudzou, s. m. Saule. La diphthongue finale est 
presque muette. — Sauz , esp. 

Sauteuse , s. f. Espcce de danse villageoise dans 
Farrondissemeot de Lons-le-Saunier, ainsi nommee 
d^un sauL que le danseur fait faire a sa danseuse. 



I 




2o3 

Se^ pron. qui permute avec vous, quaiid cc der- 
nier mot se trouTe repete , comme dans vous vousfd'^ 
chez; vo se boutS in coulare. 

Seckia , s. f. Secheresse. — Seched, celt. , soif ; stcd- 
/a5, lat. ; secchezza^ ital. , secheresse. 

Seigno, s. m. Signe; en patois bressan du Midi.— ^ 
Segno ^ ital. ; syng^ celt.; signum^ lat. 

Seillou y s. m. Seigle. La terminaison de ce mt)t est 
presque muette. 

Seloeu , s. m. Soleil , en dialecte bressan du Midi* 

Semou , s. m. Colic faite de farihe , comme la bouil- 
lie. — Semola, esp. , bouillie de froment monde. 

Senedzi, y. a.Pronostiquer^ annoncer d'avance. Jin// 
que me scnedd vo ? Dieu! que m*annoncez-vous ? Cette 
expression est d^autant plus ancienne , qu^elle rappelle 
le druidisme. Les senas ct les senots passaient pour con- 
naitre Tavenir, et pour ^tre doues du privilege de Tan- 
noncer. Le lieu ou j'ai rccueilli ce mot etait jadis fre- 
qucnte par les druides et les druidesses, ctablis h 
Ch^teau-ChMon , Chamay, Menetru et Domblans. 

Sentunella, s, f. Fosset place au haut d^une pifece, 
comme en senlinelle^ pour avertir quand le rin monte 
jusqu^^ cette hauteur. — Saniineli, celt; saniout^ apcr- 
cevoir. 

Seret, s. m. Sorte de petit fromagefait de laitcaill^ 
qui reste dans la chaudierc aprcs la fabrication du 
grand fromage. On Ic mange frais , en le trempant dans 
de la cr^me. — Selon Bullet , ce mot derive de sarrii, 
celt. , restant. 




2o4 

Seryante J s. f. Espece d^archet plat que Ton engage 
entre le bois du lit et le lit , pour empScher la couver- 
ture de glisser en devant. Get instrument est surtout 
en usage dans la partie montagneuse du Jura» 

Sessot, s. m. Petit sas qui sert h tamiser la £arine. «-^ 
Sasset, fr. ; de 1^ le mot ressasser^ refaire ^ TaiguiUe 
un tissu croise. 

Sete , adj» Doux , agreable au godt ; succulent » qui 
flatte le toucher. Serait-ce une forte cr&se de suaviias^ 
lat. ? II est plus probable que sete vient de sed, celt. ; 
seta , lat. , ital. et esp. , soie. 

Settie, Secheresse. P^oyez Segkia. 

Sgrouler , y. a. Secouerun arbre, pour en faire tom- 
ber les fruits ; agiter vivement une porte ferm^e , pour 
obliger ^ Touvrir. — Grouler, fr. , trembler ; sigh, celt., 
ebranler, secouer. 

SiET, adv. Oui , si fait. Siet, mon galand; oui , mon 
ami. 

Slu , SLA , pour GELu , CELA , prou. dcmoustr. Gelui- 
ci , celle-li , ou seulement ce , cette. 

SiMRU , V. n. ressembler. -— Sembiare , ital. 

«< L^atrou das dzous s^in revigoanl , 
» £ shmbiev on coquelincant » 

L^autre jour (mon mari ivre ) s'en rcvenant , rcs- 
semblait ^ un coquelicot. 

■ 

Sin , prcpos. Sans. — Sin, esp. ; sine , lat. 

S'n , pron. poss. Son , par syncope. S*n onkien , s'n 
haumou; son oncle , son mari. 



i 




2o5 
SoRDAT» sceuBAR , s. m. Soldat. — Soudard^ celt. 

Sot, sotse, adj. Sec , s^che ; patois du canton de Yoi^ 
teur et de Seilli^res. 

SoTSE, suTSE , socHE , s. f. Suie. II scmble que Par- 
ticle precedent donne Pexplication de celui-ci : le patois 
est du m^me canton. 

Sou, s. m. Sureau, arbrisseau. 

SouLAiT, s. m. Soulagement, consolation; personne 
qui soigne im vieillard , ou qui fait Tespoir d'un mal- 
heureux. — Soulaich^ solas, celt. ; solatium , lat. ; sou- 
las ^ V. fr., soulagement. 

Soulier, s. m. Fenil , lieu de la maison qui est or- 
dinairement sur Tetable. - Seul, soul , celt. , chaume , 
paille. 

Soulier , solier , s. m. £tage superieur. — Solier, 
y. fr. , mabon k un ctage; soul^ celt., plancher qui re- 
pose sur des solwes; solarium, lat. , nom de Petage su- 
p^rieur , parce qu^il ctait plus expos^ au soleil. 

SouLON , souLOT, s. m. Homme ivre. — Saoul, celt. 

SouNE , s. m. Sommeil. — Somnus^ lat« ; sonno , ital. ; 
shun , sun , celt. 

SouNEft, V. a. Semer. — Socirer, angl. 

SouRiA , s f. Troupe , multitude animee , comme on 
dit trivialement , une potee de souris. 

SouRiLLER , T. a. £couter clandestinement , prater 
une oreille indiscrete. Pelins piu has , on no souriUe; 
parlous plus bas , on nous ecoute. On soreUle , on se fail 
tout oreille , pour nous entendre. 

SouTE , s. f . Abri. Se meitre a I cAri pendant le mau- 




2o6 

^ais temps. — Subter^ lat. ; sotto , ital. , sous , dessous ; 
sotto , celt. , voute. 

SouvETA, s. f. Chouette; proiioncez sowta. — • O- 
^tia^ ital. 

• SouYU, SOYER, s. m. Foyer, Aire. 

STUKi,pron. dcmoiistr. Celui-ci; patois bressan. 

Su , pron. pos. Sa. Plvrou a su fantasia ; vivre a sa 
guise. En esp. , vioir a su fantasia, — aSu, esp. ; sua , lat. 

SuBiER, V. n. Siffler. — Sihilare, lat. et ital. ; sibler^ 
V. fr. 

SuBiOT, siBiOT, s. m. Sifflet. — SibiluSj lat. ; sibilOy 
ital. ; silboa, celt. 

SuLAS , siiLAis , SULKS, s. m. Souliers , chaussure. — 
Suekij esp.; suola, ital. ; solea , lat. ; sol^ celt. 

Supper , v. a. Humer. On suppele lait d'an oeuf frais 
cuit moUct. — Supeir, celt. 



T. 



Tacot, s. m. Morceau dc bois qui produitle tic-tac 
du moulin ; pcrsonne qui ne cessc de causer; chose qui 
est dure a manger. Ce mot rcpond k ceux de iraquet 
et claquet du moulin, qui sont des onomatopees comma 
iacot, 

Talegot, s. m. Bois tortueux , noucux. 

* Tale, adj. Meurtri, froisse. — 2a/, celt., choc; 
laul^ coup; tauladeriy percussion. 

Taler , V. a. Meurtrir par un coup. F^oyez tale. 




207 

Talocbe , s. f. Coup fortement assent. P^oyet Tale , 
pour la racine. 

Talub^, s. f. Contusion, yoyez les mots pr^cedens. 

Tambourneb, v. n. Battre la caisse. — Syncope de 
tamhouriner, 

Tambouhnieb , s. m. Celui qui public au son de la 
caisse. 

Tantin , s. f. Xante. 

Tanque , adv: de proport. Jusque. — Tanl tfue. 

Tapeb (se), Se jetter par terrc pour se cacher. — Se 
tapt'r , fr. Ce mot parait dcriveT du lat. ia/pa , comme ' 
qui dirait se tauper , imitant la taupe. 

Tasson , s. m. Blaireau. — Tosso, ital. 

Tate , s. f. Petite bonde faite avec la gouge dans un 
fromage pour le godtcr. 

Tatis , TOtrroTS , Gorge d'une fiUe. 

Tavaillok , s. m. Tablettc sur laquellc repose la 
niche. — Tabella , lat. 

Tavaillons , s. m. Pelites lames de sApin , fort min- 
ces qui tienncnt lieu de tuiles, dansla haute montagne. 
Voy. Tavaillon. — -Teolenn, celt., tuile. 

Tavas , TAVAIN , 3. m Taoo , mouchc. — Taba- 
ruts , lat. 

Tkimot , nom prop, ^tiennc. 

Temps (faire du), v. n. Pleuvoir, neiger, etc., suivant 
la saison. 

Tepk , 5. f. Pelouse. — Tipetum, toupet, mot de 
basse latin, du Cange- 

Tepin , s. m. Pot de terre. — Tupin, en patois d'au- 




2o8 

tres provinces ; tuptna , celt. U semble que pinte soit 
rinversion de te pin : dans I arrondissement de Dole 
on dit pinie pour designer un pot-4-reau. 

Teretre , s. m. Lierrc. ' 

Tessonniere , s. f. Lieu ou sc retire le blaireau. f^. 
Tasson. 

TiAN , s. m. Teinture. — Tan , fr. ; tarmum , lat ; 
tanc , ital., poussiere de ch^ne dont on se sert pour 
teindrc. 

Tiantera , s. f. Teinture. Voy. Tian. 

TiGLET , TIKIOT, s. m. Loquet de porte. Le premier 
de ces mots est francisc , le second est patois. — TV 
pourrait signifier ici d. (lemeure^ comme il a signifi^ en 
celt., maison, demeure, logement, et clet^ dans la 
m^me langue clef. 

TiEVOU, TiEVA , adj. Maladify maladive, sans Vir 
gueur. Che r enfant est tant liSvou! Se dit par m^tony- 
mie pour sans cfialeurj parce que d^s que son sang 
n^cst pas chaud , Tenfant languit. — Tieve au lieu de 
tMe. 

ToFET , s. m. Petit g&tcau qui se fait promptement 
dans la poele — Tdtfait. 

TiLLOT , s. m. Tilleul. — Tillo , celt, 

TouER (se) , V. r. S'cssuyer , se torcher. — Derive 
de toile , comme on a fait de pan le verbe panner qui 
signifie aussi essuyer. Toalla^ celt., essuye-main. 

ToLiON , s. m. Femme mal-propre , souillon , chif- 
fon. — Vient aussi de toile comme le precedent. TGuiin 
lon^ en patois picard , torchon ; touaillon^ vieux fran- 
9ais J serviette. 




ToMME , s. f. Sorte de Cromage de mauYaisc qualite; 

ToRMENTiNAyS. f. T^rebcnthinc', rcmede qui parait 
au paysan dtxe ainsi nomme pirce quMl tourmerUe. 
G'est un exemple d'equivoque. — Tourmeniyn , celt 

TdxASETou y adv. de temps» Tout de suite. 

ToTORE , adv. Tout a I'heure , par syncope ; patois 
Bressan des environs de Coligny. 

TouPE , s. f. Pelouse , lieu ou Therbe est courte 
comme Vitoupe Tc^t en comparaison de la filasse et 
le toupet relativement aux cheveux du reste dc la t^te. 
Taupe fait d^autant plus allusion ^ une dimension 
courte qu il se trouve en harmopie .avec pelouse , qui 
presente Tidce de quelque chose develu^ velouiS^ en la- 
tin pUosus. Au Teste ioppyn^ celt., signifie chevelure , et 
topp , le sommet : et il est remarquablc que Thcrbe 
est fort courte au haut des mpntagnes et des collines , 
ou sont les loupes ou ieppes, Voy. Tepe. 

TouQtE , s. m. Calotte de velours noir , entour^e 
d^une touffcde frangcsde m^me couleur, que' portent 
encore les viei^lles femmes de la haute montagne. — 
Tocq , celt. J chapeau ; ioca , esp. ; toque ^ fr., toquet, 
couverture de tdle de femme. 

TouRACHi , V. n. Une chcminee iourache quand il 
en sort un^ furaee cpaisse et abondante. — Torrach , 
celt., presse , serre. 

TouRDz, TORDzou , adv. Toujours. 

ToiTRiA , TOURIE , s. f. Genisse.— Ccs mots rustiqucs 
sont dcriv^ sans doutc de iaurus , lat., taureau. On n^a 
fait que leur donner une terminaison qui marque le 
genre f^mi|iin. Taurea , lat. 



20 




210 

TotnrER , V. a. Tctcr. Fas iautS lou belin; fais tfter 

Tagncau. 

Tracer, v. n. Aller, vcnir, marcher. — Selon 
Bullet, ce mot viendrait de tregh^ celt., pied ; mais \\ 
a plus d'analogie avec trajet , fr. Voy. Traige. 

Traige , s. m. Lieu par lequel on passe et repasse 
d^unc rue ^ une autre , d^oii le mot fran^ais trajet. — 
Traiz , celt. , passage. ^ 

Tran , ETRAN , s. f. Fourchehc. La fourchette dc» 
paysans FranC-comtois avait autrefois trois dents. Voy. 
pour rdtymologie Trin. 

Trape , s. f. Jatte de terre dans laquelle on met le 
lait ; son contenu. — J'rwp y celt. 

Treria , TRORiA , s. f. Table. Dans les maisons des 
pauvres |iaysan$ , souvcnt la porte du buffet sert de ta- 
ble pour prendre le rcpas.Cette porte , attachi^e par le 
bas , et s'ouvrantpar le haut , tr^buche et repose \ son 
cxtrdmitd sur un pied , de sorte qu'elle paralt avoir 
trois points d^appui, celui-ci d'abord et les pieds de de-* 
vant du buffet. — Trebes^ celt., trepied ; trebl, triple. 

Treriller, v. n. S'agitcr, toumcr sur soi, ^trc 
sans cesse en mouvcment. Voy. Trerillot. 

Trebillot , s. m. Petite bille de buis que les dcoliers^ 
k Taide d'un fouet , font mouvoir en cquilibre sur sa 
pointe. — Tre , onomatopee , qui exprimele toumoi* 
ment^ et billot ^ diminutif de bille. 

Tredaine, s. f. Espece de bage claircdont on faisait 
desrideaux.Etoffegrossicre.~3rMcfemM5, celt, gueux, 
mendiant. Pecrt-^tre les mendiants etaient-ib v^tus de 
cette espice de tissu. 




211 

TaEprA , s. f. Marc de noix press^e. Prohoncex Ar^- 
fa, — Tref^ v. fr, Pressoir. 

Trempotte, Tii£iM[PusS£, s. f. Pain tremp^ dads le 
irin sue re. 

Thenato, adj. Tesse. Patois Bressan du midi. 

Tresaller , T. n. Carillonner ^ sooner l6s cloches^ 
— Treselir^ fr.^ Boiste. 

Tresir , V. n. Se dit dcs semences du r^gne vegetal 
qui germent et commencent ^ poindre , k sortir de 
terre. Les orges ont d^^ iresi. II se dit ^galenient et 
par analogic , d'un plongeur qui va iresir , c'cdt-i-dire^ 
ressortir de Veau a une certaine distance do point du 
depart. — 2r», celt;, offtre, au de^IJ^, qui entr^ en com-^ 
position dans quelqnes termes latins; exirty lat, sor- 
tir ; tresir^ est une criise de tra exire. 

Tretous , adj. Tous. P^osy sauret iret&us, vous y 
serez tous. 

Tretui , adj. Tous , en patois des environs de 
Coligny. 

TamER, V. n. Marcher pesamment, par suite de 
fatigues, faire une longue route. — Drymder ^ celt, 
pesanteur; irymhaU^ devenir pesant. 

Trin , s. f. Trident. — Trinus , lat. , trois. 

Triper , V. a. Marcher sur, fouler aux pieds. — TH- 
pal J celt, danser, sauter. 

Triquoises, s. f. pi. Grosses tenailles de mar^chal-^ 
ferrant — Turqea , turkes , celt. 

Tronche , s. f. Bi^che de No*e*l , sou3 laquelle les pa- 
rens j^acent quelques fruits , bonbons , gftteaux , etc. | 

ao* 




QI2 

pour les enfans , k qui Pon fait croire que cette soache 
les a produits. — Truncus , lat. 

Tr6pe , s. f. Servante raal-proprc. 

Trot, s. m. Bout, morceau , fragment. Un trdi de 
bos J un bAton qui sert de parement au fagot ; un trdt 
de boudiriy un tron^on coupe ^ un plus grand ; im trdt 
de chou , la tige sur laquelle cette plante potag^re pi- 
vote. 

Trotin ( Atre en ) , 6tre affaire et en course , dtrc 
intrigue , en peine de savoir. — JVotean, celt. , au trot ; 
trotter, fr. 

Trousseta, s. f. Tresse.Prononcez /rouw 'to. 

Tru, s. m. pressoir. — Treuil, vi. fr, Ici truest mis ^ 
par metathese , pour lur^ et li a permute avec o , si Toa 
compare ce mot au lat. torcular^ pressoir. Au reste ^ 
trudere , dans le m^me idi6me , signifie presser avec 
violence, et trusatilis^ qu^on fait toumer ^ force de 
bras. 

Trucher, v. n. Le bled truche , quand il pousse plu- 
sieurs tiges sur le m^me pied. — Dru, celt. , abondant, 
epais. 

Trume , TREME , s. m. La moelle du chou , qui en oc- 
cupe le tronc, blanche comme celle du sureau. — Tram, 
celt, , sureau ; irognon , fr. , le coeur ou le milieu d*un 
fruit ou dW legume. 

TsADiNEUREux , s. m. Chardonncret. 

TsERA , s. f. Chaise. — ChSra est une cr&se de cathe- 
dray lat. , chaire , fr. 

Tin , adj. pL Tous en patois Bressan. — Syncope de 
tutUj ital. 




2l3 

TuNUU, 8.m. Tonneaa. — Twma^ bas.lat Du Cange. 

TuR|UTAiNE , s. f. Serinette. — Ihrlurette , fr. , cs- 
p^ce de guitare de mcndiant ; turhU , esp^ce d^alouette ; 
turluter, imiter le chant de cet oiseau , contrefaire le 
flageolet. — jTut, celt« , tour , mouvement circulaire ; 
bid J celt. ; bulus, lat. , jeu. Tur-hU-aine signifie done , 
k la lettre , un instrument de musique ou il se fait un 
mouvement circulaire. 

u. 

U, s. m. GEuf. Ce mot patois est aussi usiie dans le 
departement des deux Sevres. — t/, celt. 

U, V. n. Ce qui est glutineox, difficile 4 micher. 
Uaie sous la dent , en patois du canton de Voiteur. 

Uge, ugeaxj , s. m. Oiseau. — Uchel, celt. , sublime , 
fleye ; uchel hed, qui vole haut. P^oyez UsAi. 

Ugnon , s. m. P^oyez Ounion. 

UsAi, usiAu, s. m. Oiseau. — Uz^ celt., haut, des- 
sus; uzlo J usoay oiseau. P^oytz Ug^; on dit aussi dans 
la haute montagne , ouasai. 

UsiNE , s. f. Toiite espice de manufacture et dVta- 
blissement ou Teau fait mouvoir des rouages. — Us , 
celt , sax. , basq. ; ouse, angl. , eau. 

UssE , adv. de temps. Ici, en patois bressan. 

UvE, prepoe. Ou. Ui^vateP ou allez-vous? opf, ital. 

V. 

Yadru , ad). Le chanvre est vadru qnand il pous^ 




3l4 

trap vigourensement. — « Quiva dm, f^oyez Deukts et 
Drugeb. 

Yailleta , VEUIIXETTE . s. f. Colcfaique , fleur de pr^« 
On dit en d^autrcs provinces, voyeute. On nonime aussi 
cette plante cr^-poule , crii^-poulaille , nouvel exem* 
pie d^equivoque. Cette fleur, ecras^e dans les cheveiix ^ 
a la propri^te de faire perir la vermine , en psrtois po^ 
gUe , qui se prononce pauille. 

Vallia ( LACHi ALLi LA ). Laisser aller h yau-Peau ^ 
abandonner une chose. — J^allia , mot nistique , re- 
prcsente vallee , fr. 

Vana, s. f. Verne. Va final est presque muet — • 
Semble dtre un metaplasme de aune, qui est synonyme 
de verne; transposition de deux premieres lettres, et 
conversion de Vu en p. 

Varaudes , s. f. V^oyez Garaudes. Le 2; et le ; 3e 
mettent Tun pour Tautrc , tels que dans T^asconia , 
Gascogne ; Plulellmus, GuUlaume, etc. 

Varloupa, s. f. Fille dc joie. — Jc ne sais si i^or est 
une syllabe paragogique ; quant k loupa^ c'cst cvidem- 
ment Ic mot latin lupa^ prostituce , lequel se retrouve 
aussi dans salope , qui est son synonyme. 

Varvales, s. f. pi. Useron, sesflcurs. 

Ve, adv. part, d'affirm. Oui , en patois du premier 
cran du Jura , entrc Orgelct et Poligny. - Cr^ du lat. 
ver^ J ou derive du celt. bay. 

Veau, s. m. Taureau. — P^o^ celt., boeuf, vache. 

Yecha , VOUCH A. Prepos. Voici, voila. 

Veki , vekia. Idem. 




J2l5 

Velk , s. £ Vache qui a fait veau. t- Contraction 
et corruption du lat. viiula , qui est reste 4 Titalien. 

VeleR; V. n. Faire veau; se dit d'une g^nisse. yby> 

Velot, s. m. Petit veau- — Pllubis, lat 

\enandza. , s. f. Vendange. . 

Vene , s. f. pl# Vignes , en patois bressan des environs 
de Saint-Amour. 

VtNT-BLANC , s. HI. Vent du midi , quand le ciel est 
serein. Cette locution fait opposition k bise-noire , qui 
est Ic vent du nord , quand il souffle sous un ciel nua*^ 
geux. Savaron , dans ses Origines de Clairmont , s^ex- 
prime ainsi : « Du cdtc de niUct et de bise »; du c6t^ de 
jour et de midi. 

Yeprener, v. n. Faire la collation des quatre heures 
apr^s midi. Voyez Veprenon. 

Yeprenon, s. m. Gouter, repas des quatre heures 
de Tapres-midi. — Vespertinus^ lat. , qui se fait le soir. 

YiPROu , s. m. Soir. f^oyez Bon veprou. 

Verier , v. a. Parer, garantir. Se verie de la piodza ; 
se mettre a Tabri de la pluie. Ce mot est analogue h 
celui d^avriller. On dit en rustique , am, pour abri; et 
en vi. fr., abrier, pour abriter. 

Vers chez , adv. Mon enfant , demandc un Stranger 
i un petit Bressan , de qui est-tu le fils? Rep. Dze sue 
lou gachenol da^erc/ien Mlland: je suis le fils de Miland. 

Yet, v. a. Voir. Ainsi que nous Tavons dcji fait ob- 
server aillcurs, la diphthongue oi^ dans la composition 
fran9aisc , se change en e; et la plupart des r di^parais^ 




2X6 

9ent dans la prononciation patoise. Ici il a fallu subs- 
tiluer un / au r, pour dormer au mot Ic son qu*il doit 
avoir. 

Vetu de soies , s, m. Pore , animal dont le poil est 
appelc soies. 

Veuve , s. m. Vcuf. 

Vez (na- ) , une fois. — f^ez, celt. ; vices ^ lat. 

Via, vio , s. m. Veau. Lc premier de ccs mots est 
usite dans la montagne. 

ViADzou, viAiGE , s. m. Voyage. — Platicum^ lat. ; 
viaggio, ital. 

Vic ANT, adj. Vivant, qui existe. — TVic^ celt,, vi-r 
goureux ; vigens , lat. 

Vie, s. f. Chemiii , voie. J? s*kn torwera pou la me; 
il s'en reviendra par le chemin. — P^ia , lat. 

ViEULA , s. f. Viclle. Mourii la vieula ; jouer de la 
viellc. — Viola d'amore^ ital. 

Vinci , vingui , preterit du verbe vini, je reviens , en 
patois Bressan. Dz*alli vingid ^ je fus et je revins ; 
i vegnon, ils viennent , dans le m^me dialecte. — Vin^ 
gono, ital. 

ViRE, s. f. Panaris. — Virus, lat. , venin ; virulent^ 
fr. , qui renferme de I'acrete , de Tamertume. 

ViRELENTOi, s. m. Grand morccau de pain quiem- 
porte une grandepartiedelacirconferencedelamiche^ 
cVst-i-dire qui tourne autour, qui vire a I'entour. 

ViRDZA , VIRGE, s. f. VicFgc. — VirgOy lat. 

VisoN-visu, adj. En face. — Plsiim-visu, lat. 

ViTRE (se), v. r. Se vetir, s'habiller. — Pltre est 
Tin version de v^l.r. 




•217 

Yo AIRES ( MOUCHES- ), s. f. Insecte ail^ qui tourmente 
les boeufs. — Boarios ( musccc ) , lat. Ici k A a encore 
permute avec le v. 

V6CRE , adj. Ce qui est creux et qui rend un son. — 
f^ocare , lat. ; vient de vox, de m^me que vocalisy qui 
signifie resonnant. Dans vdcre , le r est mis pourle /, 
et Va a etc supprim^. 

Yoi, adj. Yrai, en langage nistique du canton de 
Yoiteur. 

Yoite! interj. P^ois-tu / yoyezl patois populaire de 
Tarrondissement de Lons-le-Saunier. 

YoLAND, s. m. Serpe a tailler les haies ; faucille sans 
dents h moissonner. 

YoLET, s. m. Fichu. — Pooled, vi. fr., d'ou bcwolet. 

YoLOT, s. m. Berger , Tun des valets de la maison. 

YoTA , s. f. Cave. — Vota , celt. 

YouGRER , V. a. Egrcner; se dit en parlant du mais 
sec, du raisin, etc.; et en style burlesque, d^une mi- 
choire dont on fait tomber les dents d^un coup de pierre 
ou de b&ton. 

YouiRA , s. f. Yirole , cercle qui consolide au mancfae 
le dard de la faulx, ou la lame dW outil. — Viria^ 
lat. , bracelet , collier, anneau. 

YourvRE , s. f. Serpent ailc , immortel , dont I'oeil 
est un diamant. Get animal fabuleux se retire dans les 
mines des vieux chateaux. — La ghre , en terme de 
blason , est un serpent. Chez les anciens , ce reptile ^tait 
le symbole de la vie et de la sante , par la seule laison 
que son nom faebreu prdtait i ce dovMe sens. De U 




ai8 

s^est forme le verbe latin vwere , et notre mot fran^ais 
vipre J qui ont un rapport sensible avec vouwre. 

VouivRE, s. f. Se dit mc^taphoriquement d^une femme 
mcchante , acari^tre, parce qu^on la compare , soit au 
serpent, soil h une vouiire , animal fabuleux, auquel,la 
superstition attribue le pouvoir de nuirc , comme au 
basilic, autre reptile mervcilleux dont nous avons parle. 
Vojez VouivRE et basilic. 

Your, adv. Main tenant , en ce moment (patois mon- 
tagnard ). Voyez Vour £.ndr£T. 

VouRENDRET, adv. A present, 2i cette heure. Voyet 
Vour et hora. — Ici le v marque la presence. Our de- 
rive aChora, comme ora , ital. QndJil^endrei, j'ignore 
quel autre sens il pent avoir: il ne pent rien ajouter II 
vour. 

YuoGE, s. m. Serpe a long manche. — P^ouge ^ fr. 



Yes, s. m. plur. Yeux. En faisant une fausse liaison, 
les paysans prononcent las gjres. Yes est (^galement 

usite en Savoie. 

Yeu ! inter] . en usage chez les Brcssans. C'cst le m^ 
me mot que Jeu/ dcja cite, prononce d'une maniere 
diffcrente. Au reste , il varie encore surd'autres points 
du dcpartement, on Ton dit cheuf che! jeuss! 

z. 

ZiLER (se), V. r. S'esquiver, se glisser adroitement 




219 

hors d^iin lieu, passer lestement, se cooler sans bruit. 
— Seizl^ celL, -couloir , passoire. 

ZoR , s. m. Jour , en patois du Revermont, aux etn 
virons de Coligny. 

Zona, nom prop. Jeanne ; en dialecte bressan. -^ 
Joanna , lat. 

ZoY£UX DE Bf EU5ETA ^ s. m. Joueur de musette , dans 
la Bressedu canton dc Saint- Amour. On voit, parcette 
expression, que Ics xaoXsjouenr^jofeux^ ont une seule 
et mdme origine. Jouer a ccs deux sens, sVgayer et 
faire de la musique. Les instrumens de musique , la 
danse , les exercices du corps , invitent ^ la joie. Ljud^ 
celt., signifie lutti et jeu ; ludus^ lat, jeu, amusement. 
LjuthghaiTy celt, joie , plaisir , rejouissancc. 



:,^ 



CONTINUATION DES RECHERCHES 

Sur le Village de Courtisols , de^partement de la Marae. 



On donne communement une origine Suisse A ce vil- 
lage , situe au milieu de la Champagne. Le tome V de 
la collection des Mcmoires de la Societc Royale des 
Antiquaires de France contient diffcrentes pieces re-: 
lativcs h. ce point historique , et cntre autres , pag. 353, 
Fextrait d^une note de M. Bridel , ministrc du culte re- 
forme , dans le canton de Yaud , qui trouvc probable 
Torigine attribuee ^ Courtisols, s^appuyant sur plci- 
sieurs pointsde ressemblance qu'ilremarque entrcle pa- 




220 

tois de Courtisols et celui de la Suisse Romane. 
Dans rintention d^approfondir cette question, M. Bri- 
del a dresse une serie de mots du patois Roman de 
la Suisse , ^ traduirc en patois de Courtisols. I^a So^ 
pete croit devoir consigner dans sa Collection cette 
nomenclature , telle qu^elle a etc renvoyee par M. le 
prefet de la Marne, k qui elle avait ^tdcommuniqu^c (i). 



(i) Exiraii de la leUre dtauHH datee de Chdlons^ du 6 decembn i8a3. 

» M. le maire de Coorlisok n^a pu, malgr^ ses recherches, 
trouver rien qui indlquit que ce village ait ^t^ fond^ par une colo- 
nic Suisse. Celles de M. Lenormand, qui n^eziste plus , avaient de 
m£ine ^le infructueuses. 

» Les families les plus anciennes de Courtisols sont celles des 
Colsenet , des Laurinet , des Gobiliard , des Appert et des P6~ 
raldel; il ne s^en trouve aucune dont le nom puisse faire supposer 
une origine ^trangere. Ce village n^a jamais eu de seignenrie par- 
ticuli^re ; il ^tait , en quelques portions de son territoire, affranchi 
de la dime , etc » 



Patois Romak. 



Vouaiu. 
Cure. 

Souniu. 

Aria. 

Ara el ronire. 

Youagni. 

Ekaure. 

Poa. 

Scmotla. 

troilli. 

M arena. 

Scrdre. 



Faavcais. 



Regardcr. 

I'*niendre. 

Flairer , scotir. 

Traire les caches. 

Laltoui'cr. 

Scmer. 

Baltre en grange. 

Tailler la vif^ne. 

Fouler I« raisin. 

Prcsser la vcndangc. 

Diner. 

Choisir, trier. 



Idi6mb db Couati«ols« 



Ripi. 

Oyc. 

Seuii* 

Traire les Vaques. 

Labouraje* 

Sonimaye. 

Bat a la grinde. 

Tailler la vin^ue. 

Ecrasej rrif(in« 

Pcrsi la vendand. 

Dinneyc. 

Tcgeye. 




aai 



Patois Romam. 



Tsezi. 
Pohi. 
Joulzeihi. 
Pioima* 

Modse. 

FahU. 

Colheirna. 

Pur ou gueddi. 

Dzenelia. 

Verdiassa. 

TsanD^ro, 

Kankouaira. 

GorgoHion. 

V Ultra. 

Taffion oa parianna. 

Derbon. 

Laizerein. 

NiUlo. 

Moi^leUa. 

As. 

EkoiTal.' 

Kosandai. 

Gara^non• 

Semoriaii. 

Vooaiguon. 

Tsehapou^. 

Mazallai. 

Seiire , seitor. 

Tateret. 

Bottei. 

Navateu 

MaKDui. 

Beilla. 

Serpei , siarpa. 

PioletU . Tsetlo. 

D^lro. 

Bcmar. 

Lludze. 

Siltro. 

PIlo. 

Tr^. 

Po. 

K«pelairce. 

Lan , la von. 

P«ntcira deUsa* 

Alia, eula. 

Kramena. 

£iiiUuUo , tsallein. 



Faavcois. 



Torober. 

Sortir le iroupeau. 

Pouster des crU de joie« 

Eaivre'r. 

Jument. 

Gcnifsa. 

Brebis. 

Jeune chitre. 

Pore. 

Poule. 

Ecureuil 

Ecr«tis8«. 

Kanneton. 

Charensoii. 

Grand serpent* 

Punaise. 

Taupe. 

(^hauhuant , hibou* 

Epervier. 

Bclrtte. 

Abeille, mouche a miel . 

Cordonnier* 

Taiilenr. 

Menuisier* 

Jardinier. 

Semeur. 

Charpentier. 

BoMclier. 

Faacheur. 

Convreur. 

Voiturin. 

Batelier. ^ , 

Chandronnier. '%, > 

Soc. 

Piocbe. 

Pelite bacbe. 

Grande bacbe. 

Pelle a feu. 

Tralneau. 

Meale de moolui. 

Bloc de boif . 

Pressoir. 

Pieu. 

R^nei d^on attelage. 

PUncbe* 

Barri^re , claie de baie. 

Marmite. 

Templte neigeuse. 

Acbur. 



IdIOMB OB COUBTISOLS. 



Tair. 

Laly 1y burbii. 

Baye. 

SouUje. 

Cavale. 

Denisse. 

Burbis. 

Bica. 

Colau. 

PouUle. 

YgravUie. 



Ponayge. 

Sieiu 

Cbeute. 

Bacoolote. 

Moui-4*niie. 

Cordonie. 

M^noKie. 
Dardinie. 
SommiouY. 
Tarpenlie. 
Bootie* 
Faube. 
Couvrionx* 
Volturie . 
Batelie. 
- Tandemie. 
Tey. 
Haoue. 
Petite bate. 
Grin bate. 
Vayen. 
Tniinne. 






Plinte. 

Pot. 

Iclair. 




^^% 



Patois Romas. 



Ai'boe-erlllloa . 

Ivouulzo. 

Pezi. 

Niolla. 

Ovaiilc. 

PeUo. 

Poualr.zo* 

Dula. 

Feirtlio. 

Theilo , ThUo. 

Va. 

Souhia. 

Crralnlho. 

Chatamo, Satamo. 

Mareiiidon. 

Scc-scex-sa'ix-six. 

Poor, pouetta. 

Gale y ^alcsa. 

Lagniat) Idi^niala. 

Dzcrdzellliau , sa. 

Souite , souuia. 

Crouio-crouia. 

Cufitau, cudjausa. 

Couailaa , couaiiatisa* 

T«charoppa (in. et fv.'ni.) 

Porsognau , sa 



Sch 



air, esc 



lieir. 



BraLaillon. 

Djanllhau, sa. 

Redan, na. Pordai , sa. 

Oral.- 

A de-adlii>Tole vi. 

Orra. 

Houe , oune. 

jNa-tiadda. 

Ohi-ouai. 

Froii. 

Gnionsein. 

Pi-pire. 

bintzerrailii. 

Cinorlzt. 

Nortza. 

Mafli-Unei. 

Servein. 

Chelu. 

TscriuaUhi in , 

Tsermallhiraf. 




Arc-en-ciel. 

Iiiondaiion. 

(jrresil. 

^ liases* 

Lbniilcment. 

Giianibre de menagcf. 

Corridor, Teslibsilc. 

Rsc^lier de U care. 

Cave , cellier. 

Ruclier. 

fiicie , ccrcueili 

Repas. 

Repas de fiancailies. 

Repas de fiineraUlei. 

Goi'tter , 

Rochcr* 

Laid, vilaiu. 

)oli, beau. 

Harass;: defalicue. 

htl ra jant. 

Ruse, deli^. 

^lechant, 

Pensif, qui reflecbit. 

Hressc , qui se bate. 

Paresseux. 

Soigneux , soucieux. 

A vare. 

Rayaudeur. 

Menteur. 

Gueux, rodeur, mendiant. 

DilBcilement. 

Toniours. 

MaMtenant. 

AujourdMiui. 

Non. 

Qui 

ors, dehors. 
Niille part. 
Seulenient. 
Charmer par magie. 
£n.sorcc*Ier. 

Mauvais genie feiiit*fle. 
Demon mal faisant. 
Latin , esprit follet 
Assemblee de sorciere.v. 
Paranjraphes , qui d<iiveni 

detruirc les charmes et 

empecher de nouer Pai- 

guillette. 



InlOMfl DB CotriTUOLS. 



^M«a 



Ug.. 



Gerquey; 



Marendey^ 



MitLn. 



Oun< 




asS 



PoTAia RoMAir. 



TsAusscnpilIhir. 

1\cvi. 

Faiirda. 

Falta-calzelU. 

Kaletta. 

Auille. 

Fraisa. 

Frassa, 

Bonrtliia. 

Col5on. 

hkaiia. 

Mokllar. 

Eintre mouhie. 

Piorna. 

Ach^inlon. 

Dnidjc-humein. 

Ba^ko: baska. 

PicsladeV. 

Duifin. 

Deloo. 

Deniar , 

Deniiero, 

Dedjan, 

Dev«indro'. 

nec«findo. 

Demcindje. 



FsAlfCOlt. 



Cocfiemar attriba^ ^ une 

vieille sorcier«. 
Proverbe. 
Tablier^ 
Pochc. 

Casquelte de cuir. 
Aiguille. 
MicUc , un peu. 
Abondance i grand Dom- 

bre. 
Galle , bagatelle. 
Nuqiie du cou. 
Balai. 
Hameron. 
Treiuie de rootdin. 
Vieille femine ennuyeuse. 
Enlant f^ke. 
Filmier. 

Baurd, bl^tardc. 
Hlut a dieu ! 
Cascade, chuU d^can. 
Lundi, 
Mardi , 
Vlercredi , 
Jeudi, 
Vendredi , 
Sainedi , 
Oimtnchc. 



Idiomb dm CoVtLTJiOhS. 



Uiinam ! 

Lrnditf 

Mardi. 

Micurdi. 

Dindi. 

Vttnrdi . 

Samedi . 

Diumande. 



>i> I o 



Dies, di, de, semet au commencement du mot, tandis qu'en francais il 
est k Im fin. 

* 

Le nomhrv deux n nn f^ninin , dott , dutfa* 



N. B. Partoitt oA il J a 1^ , il se prononco i Tanglaise. 

Le doable / eti tonjours monill^. 

"Vet timt d« r« m«et el mvq»e le plurieL 



\ 




^34 



RECHERCHES 

SuR LES ANCiENS NOMS DE UEV Es NoRMANDiE: exirait d'une lettre 
de M. de (tEHVILLE , correspondant de la Soci^l^ Royale des 
Antiquaires de France , k Yalogiies. 



Lja Normandic fut d^abord connue par des homme^ 
errans et sans civilisation , si j^en juge par les prcmiets 
noms de lieu, nomsbien plus commuus qu^on ne pense. 

Ces premieres denominations n^ont d*autre signifi- 
cation que celle de Vindication d^un lieu pr^s de Peau, 
d^une hauteur , de rochers , et souvent elles signifient 
simplement riviere , montagnes ou rochers sans acces- 
soires : en voici des exemples. Plre , nom d^une de nos 
villes ; P^er , celui de deux communes de basse TSor- 
mandie , signifient seulement ripikre. Abranty ancien 
nom d^Avranches, n'a d' autre signification que telle 
d^une embouchure de riviere ? aber^ bouche^ ant^ ri^ 
viire, 

Parmi les noms qui signifient montagne ou pointe 
de terre , je choisirai ceux qui sont le plus connus. Le 
mot Pay est tr^s-commun dans le midi de la France ; 
c^est celui que les Italiens traduisent par Pqggio. On le 
reconnait parmi nous dans le mot Pou. II y en a deux 
dansrarrondisscmentde Cherbourg : le Pou du Rosel et 
le Pou de Flammanville , tous deux dans le canton des 
Pieux ; ce nom m^me des Pieux en est le pluriel : dans 
les anciennes chartres , il s^appelle Podia. 




2a5i 
Je ne puis quitter ce canton sans yous dire qu^il c<M|f 
tient une autre montagne dont le nom celluj^ est 
pourtanttres-c/a^^/i/ii^ .- c^est le mont l^hukij h un quart 
de lieue au nord du chef-lieu. 

Tibi semai ultima Thtk. Georg. I , y. 3o. 

Je ne vous citerai qu^un exemple de nom de rocher 
sans habitation : c^cst Tancicn nom du mont S^int-Mi-^ 
chel , Mons Belen, 

Je ferai un second degre d^anciennete : celuides noms 
qui commencent k indiquer un nom d^habitation sans 
celui de Thabitant A ce degre , je rapporte quelques 
noms simples d^habitation : Than , To/, Til, Tj^ Gj^ 
CjTj Rj-y et gcneralement les terminaisons en y^ qui 
s^adaptent facilcment h dcsnoms indiquant le plus sou- 
vent Yoisinage d^eau ou de riviere : la moitie des an- 
ciens noms sont de ce genre. Tenty, Tosny, Toncey^ 
Virey, Verac , Avenay, Marcey, Ducey : tons signifient 
limitation pr^s d^une cau. 

Mon troisiime degre est celui ou Thabitation est frd- 
quemment accompagnee d*na nom d^habitant : Tregoz 
est dans ce cas ; il signifie habitation de Goz ; mais je 
dois YOUS faire souvenir que le mot Tre est souvent aussi 
suivid^un nom de riviere : Trevih'es ou Trkoes^ nomsd^uii 
bourg du Bessin et de la ville de Treves , n'a certaine- 
ment d^autrc signification que ccUe d'habitation pres 
d'une ou de plusieurs rivieres. 

Tous ces noms, vous le voyez, n'annoncent guere 
dc civilisation; ils sont p^ut-^tre cependant les plus 
communa Mab de peur dc vous ennuycr dc nomencla- 

21 




126 

tures ccltiques, assez discn5dit^cs depuis quelques an- 
nces , je me h4tc d'arriver 4 I'cpoque de la-conqadte 
des Gaulea par les Bomains. 

Depurs ce temps, il faut bien faire la part des vain- 
queurs. Je dois tous trouver des noma latins : il y en a, 
sans doute; mais je suis quelquefois embarrasse pour 
distingucr entrc Ics noms latins depuis Cesar jusqu'^ 
Coostantin, et ceux quineremontentqu'au moyen 3ige, 
ou doivcnt leur origine au christianisme. 

II en est pourtant qui soot incontestablement re- 
mains. Gcux des deux camps de Montcastre sont 4yi- 
demment dc ce nombrc , et probablement aussi, ceux 
des autres montagnes dont Ics noms ne sont point ac- 
corapagncs de nom dc saint : Montaigu aerait de ce 
nombre. 

Lcs Romains changerent pen nos de'nominations lo- ' 
cales ; leurs gamisons, peu oombreuses, n^etaient m^me 
pas toutes romaines; d'ailleurs its ne fiirent pas long- 
temps paisibles posscsseurs des cdtes de la Normandie ; 
elles furenl long-temps ravagccs par les pirates Saxons , 
qui fmirent par s'y ctablir. lis ctaient mattres de la 
Basse Normandie quand le christianisme j fut an- 
nonc(^, quand des evcqucs furent institucs ik Avranches 
et a Coutances. 

II ne m^est assurc'ment pas difficile de vous trouver 
en T^ormandie bcaucoup dc noms saxons. Tous ceux 
qui finisscnt en tourp et mo/td , en horn, ceux de la 
hague et de la kougue. TJnc grandc quantite dc nos 
noms d'hommc ont evidemment cette origine. Lc senl 
cmbarras est de savoir ^ quelle dpoque on doit rap- 




y 



227 

porter ccs noms, parce que Ics pirates du temps de Dio- 
clctien , les Francs qui s^empar^rent de la Gaule avec 
nos premiers rois , et les Normands qui ravag^rent 
long- temps nos cdtes et devinrent enfm paisibles pos« 
sesseurs de la province dans le dixieme siecle , par- 
laient tous ^-peu-pres la m^me langue. Au surplus, vous 
jugerez peut-^tre qu'il importe peu de pr^scr minu- 
ticusement Tepoque de Tin trod uctioh de la plupart des 
noms saxons dans notre pays. 

En examinant avec un peu d^attention les details que 
donnent les ecrivains ecclesiastiques du commencement 
de la monarchic et les hagiographes sur la predica- 
tion de Tevangile dans les Gaules, on pent facilement 
connaitre la proportion des Latins et des Saxons \ cette 
epoque. Je ne parlc pas de ces missionnaires Grecs 
auxquels Paris, Lyon, Autun et le midi de la France , 
durent leurs premieres colonies chre'tiennes. Chez nous, 
les travaux apostoliques se partag^rent entre les Saxoos 
et les Latins. Parmi ceux - ci , je vois saint Pateme « 
saint Ercptiole , premier ^veque de Coutances, et 
saint Lcontien. Au nombre bien plus considerable des 
autrcs, je distingue saint Marculf , saxon de Bayeux ; 
saint Gaud, saint Maclou , saint Rumpher; je n^y trouve 
point de noms gaulois : celui qui donna son noiQ au 
chef- lieu de mon dcpartement , saint Laud, etait Saxon 
originaire du diocese de Coutances. 

Peu de temps apres la mort de saint Pateme , de 
saint Marculf etdc saint Laud, les licux celtiques de 
Nanteuil, de Scicy et de Briov^re prirentles noms de 
ces saints. 




33^ 

En parlant de Briov^ , je croi» devoir relever nnc 
cireur dc savans ^tymologistes qui la[ donoent la sigu- 
fication de -P&n/ air la Virt. Bri signiBe hautenr on 
cap; Torigine du mot est probablement anterieure 3t 
telle des ponts. 

Notre d((partcment avait aassi cte ^vang^lis^ par 
saint Martin ou ses disciples ; ToiU pourquoi son nom 
se retrouve en beaucoup de lieux. Deoz paroiases du 
^ diocese dc Coutances portent le nom dc Montmartin^ 

En faisant la part des Saxons , il fant pourtant dtre 
juste. On les a gratifies trop l^remcnt de deux Gril- 
lages du Bessin , Soon et Saoftntt, ainsi que de Saie- 
cef. Ces Etymologies ont fait faire des contes assez ac- 
cr^t^s : le fait est que ces trois noras sent celtiqnes 
ou gaulois (ce qui est pour moi la m^me chose ). Ceci 
ne passera peat-^tre pas sans reclamation : je ponrrai 
7 r^pondre; mais ce n'est pas le moment d'alkr au~ 
decani, des coups. 

Les noms saxons de lieu prouvent qu'Si T^poque de ' 
leurintroduction, la population s*agglomerait: les mots 
de tourp et dc hamel en Yont foi. Bientdt le mot 
boui^ , en s'introduisant , aononce qu'on fortifiait ces 
hameaux. 

£n lisant Gr^goire de Tours, on voit que, de son 
temps , la plupart des noms des habitans Etaient saxons 
( tudesques ) , non seulement en Normandie , mais dans 
le reste de la France. Et si, parmi les missionnaires 
qui annon^aient alors IVvangilc , il s^en trouTC encore 
beaucoup dont \^ noms sont latins, cela vient de ce 
que plusiears d'entre em venaient dc Rome ou de 1*1- 
talie. 




229 

Ccpcndant, m^me ces noms latins et xeux que le 
christianisme amena necessalrement , ne tard^rent pas 
h sc deoaturcr et h prendre un aspect tudesque. Le mot 
episcopus ' deYint iiscop ; cel\d d^^postolus^ pastel ou 
poslaire. D^un autre cote , quelques noms saxons prirent 
aussi une terminaison latine ;. temoin cdui de ChuHe* 
nuigne. 

Apr^ la mort de ce grand prince , de nofiyeaux es- 
saims de pirates yiennent rarager les cdtes de la France . 
Us s^cmparent de notre province; ils lui donnent leur 
nom ; ce nom mSme et ceux de leurs dieis prourent 
wic origine commune avec cdle des Saxons. De li la 
difBcuUc de distinguer, entre les andens noms Saxons 
et ceux quails introduisirent en Mormandie , ceux sur- 
tout quails port^rent depuis leur conversion. 

llflais les cartulaires , les archives des anciens ch4-< 
teaux , les andens historiens de la Nocmandie , aident 
& aplanir la difficulte. Quelques mots , comme bourne 
{twlnws) , et son diminutif hormhet , restent pourtant 
d^une origine douteuse ( Y oy . Ducangej gloss, au mot 
Hulmus); maisles terminaisons en Aoii,jointesau nom 
d^un possesseur , sont gencralement normandes : nous 
en avons un excmplc dans le mot iVi?ai/uMi (Nihou), 
nom d^un demembrement de la baronnie de Saint-Sau- 
veur-leVicomte , concede , en 920, iNed I*% qui y Mtit 
un chateau. (Veel-hou), habitation de Ncel. 

A la mdme epoque , il s'introduisit en Normandie , 
et surtout dans notre departement , une terminaison 
bien plus singuli^re , en ce qu^elle unissait un mot la- 
tin avec un nom normand : vous voyez que je veux par- 




23o 
ler du mot Tille , vUla , maison decampagnc. 

En examinant nos plus ancienncs chartres , en com- 
pulsairt les collections de ces actes que poss^daient aa- 
gu^re les chapitres de nos cathedrales, nos m'onasti- 
res , nos leproseries , on voit ^ chaque instant , que 
les mots terminus en vUle portent le nom d'un posses- 
seur, presque toujours normand , ou saxon. Cenom 
propre est toujours au genitif ; voici quelqaes exem- 
ples : Foucarvillc , Grouville , GrasviUe, GrimouTille , 
H^rouville , Angoville , Barneville , Rauville , sont 
toajours rendus dans les cartulaires , par Fnlcardi , ' 
Gnoldi, Grimaldi (ou Grimwaldi), Heroldi^ Am- 
goti , Bernard! ou Bameti , Radulphi ou Radi-v//i(X. 
TPresque toujours nous voyons , dans le propri^taire , !e 
nom du capitaine normand auquel le due Rol donna y 
engia, une ouplusieurs portions desaconqu^.* TW*- 
ram ccepit metiri funicuio et dif>idere fidelibus suis. » 
Ce sont , je crois , les expressions d^un de nos plus an- 
ciens historiens. {Dudo Sami-Qumtm apud Ihickesne, 
Norm, script. ) 

Apr^s le due Rol, sous ses successeurs, des subdivi- 
sions se fircnt. Lc nom de villa , applique d'abord 
k unc paroisse , fut souvent donnc h. des fiefs dont il 
cxistait plusieurs dans la m^me commune. 

Mais quelle peut ^tre la raison de Vintroduction si 
frcquente d'un root latin , i une cpoque ou Ton savait 
si peu de latin ? La mdme , sans doute , qui faisait t6~ 
diger tous les actes dans celte langue. Les clercs etaient 
alors les seuls qui susscnt ccrire. £ux seuls rcdigeaieDt 
les actes ; presque tous etaient moines , ou veiiaient dc 




23l 

Fecole des monast^res. Au milieu de la luite entre les 
langues baii>are8 des vainqueurs et des raincus , il eut 
6te impossible de s^entendre , si on edt tente d^ecrire 
des chartes en normand , en saxon , ou en celtique. 
Dela Tobligation ou fut le due Guillaume, de faire 
faire en latin son domesday book ; on sail m^me 
combien les Normands estropi^rent alors les noms que 
leur ddclaraient les anglo-saxons. De li vient la n^ces- 
sit^ ou Ton a ^t^ , dans des temps rapproch^s , dans des 
temps de science , dans des temps ou les langues de 
TEurope semblaient formees , de conserver dans des 
langues mories le depdt des livres sacr^s. Le tem]^ a 
prouVe la n^cessit^ de cette precaution. Les traductions 
protestantes du i6* siecle, celles mdmes du 17% sont 
aujourd'bui sou vent inintelligibles et le seraient bien 
plus, si la tradition des eglises n^eAt consenre la signi- 
fication des mots surannds. 

Yoil^ , je crois , la demiere et la plus grande r^To- 
lution dans Thistoire de nos denominations ^locales^; 
et je pourrais terminer li cette lettre ; mais je veux 
vous parler de denominations d^une epoque plus incer- 
taine , et qui pourtant sont trop communes pour ^tre 
entierement omises. Je parlerai des mesnils et de ces 
mots qui commcncent par dom ou dam , de ceux en- 
fin qui indiquent des constructions d^une assez grande 
difficultc pour annoncerune civilisation avanc^e, tels 
que les ponls. Reprenons-les scparement 

Maisnil ou mesnil est le diminutif de manoir ; ce 
mot est ant^rieur h nos plus anciens historiens ; il se re- 
trouve dans nos premieres chartres. Yoici ce qu^en dit 




un historion contemporain dcs dues de Normandie: 
{Drderic yUal^ apud Duchesne 'Norm, scnpti) ^Villas 
quas h manendo manena vocamus : » ¥qU& une 
explication claire et ancienne. Le nom de meflnil est 
•toujours ou presque toujours accompagne de celuid^un 
possesseur, MesnU-RaouU^ Meruf-mesnil. 

J'en dirai autant de dom on dam : Dom-Jeam^ Domr 
Front,. Z>am-PieiTe, Z>tfw-Martin ; j*ai vprifid quefiwr- 
tout V^glise a ete dediee sous rinvocatipn du woX .doJEit 
le nom accompagne ces deux monosyllabQ^* 

Xes noms provenant de constructions qui exigent 
une certaine etude de Parchitecture domnt » asnnqne 
les pr^cedens, appartenir au moyen &ge ; les :n6ms -qqi 
les accompagnent en font foi. J^ai annoncd les noms 
dontles pontsfont partie.'Pont-^farcy, Pont*<>rBon^ Ra- 
de-pont : avec tons ces ponts , vous voyezle nom de cc- 
^ui qui les fit construire : Farcy , TIrson , Radiilf ou 
Radus, son abreviation. On attachait d^autant plus yo- 
|ontiers son nom a ces sortes d'entreprises , que; dansile 
commencement y elles furent plus rates et plus utiles, 
y ous Yoyez poujrquoi presque tons indiquent un bourg 
et une Yille , dont la population a pu dccroitre depuis 
qu^on a multiplie ces sortes d^ouvrages. 

J'aiparl^ d^autant plus vol ontiers de ces Etymolo- 
gies latines , que je suis plus en garde contre le vulgai- 
re de nos glossateurs , qui , ne sachant pour tout faien 
qu^un peu de latin et de mythologic grecque ou latine, 
ont exclusivemcnt rapporte au latin des noms qui ne 
pcuvent Fdtre qu^^ des langues connucs de ceux qui les 
inventerent, et sont alles chercher avec aussi peu de 




^33 

raiaon des temples d^Jsis ou de Cer^', .pour expUquer 
Issyeilt val de Saire. Un peude sens commim Miffit 
pourdeci'editerde pareilles^tymolpgies; elles sont pour- 
tant on.ne peut plus communes. Pas un mot n^a echapp^ 
h ces ridicules savans; et ce qu^ily a de plus inconcevable, 
c^est ropini&trete avec laquelle ces belles d^ouvertes 
sont, defendues , m^me par ceox qui ne les ont pas 
faites. Quelle est done tette espece d'id^e inn^e qui, 
contre toutes les regies , nous fait tout rapporter h ce 
que nous aTons appris ? Je n'en sais rien , mais elle 
existe partout. J^en ai plus d*une fois craint la. conta- 
gion, pour mon propre compte; et pour Teviter, l^ai 
fait mon possible pour recbercher nos origines o& elles 
doivent necessairement se trouver , pour etudier This- 
toire de nos ancdires et les langues od ils ont dA puiser 
les noms qui font Tobjet de ma lettre. 

Au commencement de la revolution, je sortais d^un 
college ou, durant plusieurs annees, j^avais aussi ^tn- 
die le grec et le latin. Je cms pouvoir, au moyen de ce 
que j^en aavais , expliquer aussi beaucoup de nomss 
maiajene tardai pas k me convaincre qu'il fallaitcher- 
cber ailleurs Texplication des noms d^m pays que n^ha- 
bit^rent jamais les Grecs et les Latins. Conduit par les 
circonstances dans diff^rentes contr^es de FEurope, 
j'en appris les langues. Je parcourus ainsi TAllemagne, 
la Hollande , T Angleterrc , pays avec lesquels ma pro- 
vince eut , dans tous les temps , de fn^quentes relations. 
A mon retour, je croyais avoir acquis les moycns d'cx- 
pliquer tous les noms qui jusqu^alors avaient rcsistc h 
mon grec et h mon latin. La langue du nord de TAUe- 




a34 

magne me fut effectiyenient d^un grand secours. Jc 
consultai avec fruit les glossaires de Hickes , de Som- 
ner, de Schilter, et surtout celui de Ducange et des 
Benddictins ; malgrd cela, beaucoup de noms de nos 
paroisses rendaient inutiles tous mes efforts et toutes 
mes recherches, lorsque le hasard me fit tomber entre 
les mains les memoires et le dictionnaire celtique de 
Bullet. Je n^ai pas besoin de vous dire que ces ouvrages 
ont des dcfauts, ct que Tauteur a mal appliqu^ ses 
proptes principes h Texplication de bien des noms ^vi- 
demment celtiques ; mais je n^en dois pas moiips recon- 
naitre la profonde ct patiente Erudition de Faateur , et 
combien il est utile h ceux qui veulent ^tudier la langue 
et les origines celtiques. 

On aurait tort de sHmaginer trouver dans Fenfance 
des societes une langue adulte. Les mille et une peu- 
plades indcpendantes qui habitaient jadis la France , 
parlaient sans regie. Chacun denaturait les mots suivant 
son caprice. II y avait loin de ce temps au dictionnaire 
de TAcadcmie; mais m^me aujourd^hui, que Ton se 
vante d^avoir atteint le dcgrc de perfection , noslangues 
sont-elles fixees ? dies ne le seront jamais : 

Multa renasccntur, quae jam cecidere, cadenlque 
QiKe nunc sunt iu honore vocabula : sic volet usus^ 
Quern penks arbitrium est, etjus , et norma lotfuendU 

La mort seule fixe les langucs ; voili pourquoi i on 
est oblige d'adopter, dans bien des cas , les langues 
mortes. Mais je m'arr(?te : vous croiriez que je veux 
anticiper sur mes details reiatifs a nos dialectes et ^ nos^ 
diffcrentes locutions. 




235 



USTE ALPHABETIQUE 

De quelqaes mots en usage k Rennes (^lUe'ei-Fffoitie), capiule 
de la ci-devaBt Breiagnej avec les diffi^rentes touniiires de i^irases 
en usage dans ce pays , princlpalement dans la dasse indigente ; 
termini par quelques details sur les anciens droits qui ^talent 
exerc^s a Rennes , tels que la ^uintaine , la bouUUe urdCf le saui 
de^ mturiees h Saini-Helier^ le baufvUd et la cheoauck^de Madame 
UAbbesse; recueiUis et mis en ordre par £!• F. A* Le Mi^aE 
D£ CoRVEY, Chef de Bauillon. 



Abimer, t. a., m^, e (part.). Cc mot ett fran^ais; 
mais en Bretagne il a one autre signification ; on Tern- 
ploie pour /acA^, salir; on dit: « Prenez ggrde d* abt- 
mermarobe apec cette graisse ; mon habit est abtnuf.n 

AcHAisoN , pour mal au cceur(synonfmede danger): 
Les agouts de grenoiulles me font achaisoh , ou cela 
fait danger. Voyez Danger. On trouve, dansdes dic- 
tionnaires , le mot achaisonner , v. a. ; mais c^est on 
vieux mot qui veut dire vexer; il ne parait pas aroir 
de rapport avec le mot achaison. 

AcHOCftE. B^te,nigaud, dSiimdX.^^Levilainachocre.i^ 

AcoTA.Endroit ou Ton s'accote ; on dit : Cetffchaiier 
va rne servir d*acota. 

Adan (dtre) ^ 4 dent, sc dit quand on estcouch^ 
sur les dents. « // est couche adan. » 

AlDLesi (un) , ^ loisir. Ce mot veut dire ilre h rien 
/aire : on dit un grand uiUesi pour un grand faineant. 




a36 

Adi£SIB , verb. Je suis adiesir, pour je mVnnuie , je 
ne sais que faire. 

AtCHE. f^oyez HicHE. 

Andon. Honneur, profit. On Aii cette piice de gSner 
noitsfera hien de I'andon a dtner , poor nousfira bien 
du profit a diner. 

Anuot (un). Une provision de porames. 

Annilles (des) , pour bequiUes. On dit ce hmteux 
marcfte avec des aimiUes. — On se sert du nftdme mot 
en termcs de blason pour signifier certaines croix an- 
cr^es , et Ton nomme annHles les fers que i'on met 
autour des moycux de moulins pour les fortifier. 

Arpenti (un) , se dit pour appeniis qui -est Le vrai 
mot. C'est un toit adossd contre un mur, qui n'a 
_ qu-une pente ; espece de hangar. 

AkriyoikCud). Endroit couvert, ou Ics blancbisseuao 
vont laver. 

An Labd. Termc fort en usage pendant .IccamfLTal ; 
c'est un cri que les enfans emploicnt contre xevx qui 
ont ele attrapcs ; on court apres eux en criant-Ou lardt 
au lard! L'origine de ce cri remontc aux guei;res des 
Anglais ct des Bretons : les premiers attaquaientll^- 
nes du temps dc Dugucsclin , et Ic blocus dtait si par- 
faitement etabli que Ton commcn^ait ^ sentir la fa- 
mine dans la place ; on manquait surtout dc lard , 
mets dont les Bretons sont fort friands ; et des mur» 
de la ville on voyait , dans le camp des Anglais, de 
supcrbcs troupeaux dc pores , particutierement vers 
1 'endroit ou <itait Tancicn champ dc foire, pris le 
mail Coquelin. Le Gouvemeur , desirant ravitailler sa 




287 

place aux d^pens des Anglais , fit chercher one truie , 
leyer la herse de la porte qui ^tait en face da champ 
Dolent (0; et attacher la traie , tandis que d^autres 
personnes lui tiraient la queue et les oreiUes ; aux cris , 
de cette b^te , tous les cochons quittent viyement 
leur enceinte ct accourent vers la porte ; ils paasent 
prccipitamment , la herse retombe; et le lendemain 
on criait sur les murs : lard h vendrel au lar^t au 
lard ! Depuis ce temps ce mot est en usage en Breka<- 
gne pour causer du depit & ceux qui se sont laiss^ 
attraper. 

B. 

Badies (des\ Des cerises. 

Badiolet (du) , pour loon. Confitures de cerises. 

Bal a teois sauts. Danse du pays, accompago^e 
de bcnilleux. 

Balai (un) J des balays. On appelle ainsi des petits 
toits qui sont sous les fen^tres d^un premier etage , et 
qui garant^sscnt les boutiques de la pluie. 

Baijl£ (de la). Paille d'avoine que Ton met dans * 
les paillasses des enfans. 

^AiJirtBK (une). Paillasse d^enTant. 

Banabd, pour pleureur. 

Banxr , verb. Pleurer. 

Bara^xaux (des) de chaises , se dit pour bairreaux. 

Babdkau , se dit pour baiardeau. Tcrme de ginie , 

(1) Voyoi Champ Dolent, fM^e a44« 




338 
dans la construction des ponts ct ouvrages hydrao- 
liqaes. Ce mot est fran^is pour designer ud petit ais 
de couvreur, en latin scandulte. 

Bavdib , verb. , pour ^clabousser. Ce mot est fran- 
^ais dan& uoe autre acception, et veut dire, exciter les 
chiens, les oiseauxa la chasse; mais h. Rennes on dit 
« tu mas baudi , prends garde de me baudir. n 

Becherel (p&t^ de). On nomme ainsi des ceu& au 
miroir cuits sur una tuile i galette, et que Ton met 
ensuite entre deux gaieties bcurrees , sur la tuile i 
galettc {voyez Tuile) : on mange le tout ensemble ; 
les amateurs de galcttes sont friands de plltds de beche- 
rel. (^T^oyez Galelle et Tuile a galette). 

Bedoufle , pour ampoule. 

Begaud , DE , pour badaud , mais. 

Begauder , verb. On dit , regardez done ce grand 
adiesi, qui Mgaude , pour cc grand faineant , qui fait 
des niaiseries. II paratt que ce mot >icnt de bapiauoi- 
der, V. n. , qui signifie s'amuser a desJncoIUiis. 

Bel et bin , pour bcaucoup. 

Beniu£ux, Benillovx. Espcce de musette dontle 
son est trcs-aigrc. On souffle dans unc peau pour la 
rcmplir de vent qui trouve issue dans une espice de 
flageolet qui est adaptv a la pcau ct dont les paysans 
brctons joucnt asscz bien. f'ojez Veze. 

Berdasse, Bredasse (une), pour une bavarde. II y a 
bcaucoup dc berdasses ^ Bennes. 

Berdasser, Bhedasser, verb. Bavarder. 

Bert (un); pour hcrccau d'enfant. 

Betun (dii) , pour labac. Cc mot vicnt de p^tun. 




a39 

Betcnee (unc). Une prise dc tabac. 

Betitnoire. Tabati^re. 

BiDOUiLLi^ (une) , pour icueUie. On dit donnez-moi 
une bonne hidouiU^e de soupe. 

BiLLES DE BOis ( des ) , fran^ais. Ce sont de gros 
morceaux de bois equarris ; les ccoliers les raettent de 
travers les unes sur les autres pour faire une bascule* 

BiLLES , pour canneties. Ce mot alors vient de billes 
de billard. Voyez Cannette. 

BiQUE, pour chevre. 

BiQUETTE , petite chevre. 

BrroKNER , verb., se dit d'une chevre qui met bas, 
qui fait des petits biUms. 

BiTONS. Chevreaux. 

Blaiche ou Bl£che , se dit pour soumois : on dit 
« voyez le^vilain biiche , » pour un homme qui regarde 
en dessous , qui ne dit pas ce quH( pense. Ce mot est 
dans le dictionnaire pour exprimer un homme mou et 
timide. 

Blateries. La semcnce de tous les bles. 

Blati^bs. Gens qui vendent des grains. 

Blet, te, adj. Un pcu mou, molle; cela s^entend 
d'un fruit : on dit ceiie poire est bleiie. (Fran^ais mais 
non usite ). 

Blettes (poires) , pour poires molles. 

BoBANE (une). Unc niaise qui reste la bouche beante. 

BoBiLLON (un). Un bavard , ou bavarde , redisant 
toujours la m^me chose. 

BoEUF-YiLE (le). C^est un ancien droit feodal, dont 
jouissait le Marquis de Laprevalaye: il consistait ^ 




a4o 
faire promener par les rues de Rennes , le-mardi gns, 
un boeuf arcc une grande couvertare oi^ <^taient ses 
amies ; ce boeaf ^tait entoure de lauriers , et escort^ 
par des bouchers et desm^etriersjouantduhaDtboiSt 
des bemllatx , veze , etc. ( P^oytz. Benilieux et f^exe ). 
Ce mot veut dire bceuf promen^ dans une vilk, P^ild 
vient peut-dtre aassi A'hUariias, gaitd : banrf-viy, 
boeuf de gait^. 

BoGuiLLE. Chassie , maladie des jreux. 

BoGuiLLOux , BoGuiLLEux. Chassieux. On A\%*Ua 
lesyeuae tout boguillowc. » Ce mot vient peut-£tre de 
bogue, couverture piqiiante de la chdtaigne. 

BoissuRF. , pour boiserie. 

BoiTE , sc dit pour cxprimer un homme ivre h demi. 
On dit cet homme est boite. On le dit encore da pawner 
brouillard qui boit Tencre ; on I'appelle i Rennes, du 
;Mi/wr^nfe.CemotTientsansdoute du mot ioite qui 
signifie vinenboite, parvenu au point o&il pentdtre bu, 

BouGON. Homme qui gronde par babitude. 

BovGONNEK. Gronder sur toutes clioses. On dit U 
est toujtmrs A bougonner. 

BODGOHNEtJSE ou GoNGOH. Unc fenime qui gronde 
toujours. 

BouiLUE UHC^E. f^oyez Urcee, 

Bouillon ( expression populaire ) , se dit pour Ut 
boue ou la crotte. On dit « ft* £m mis ie pied dans k 
bouiUon; tu mas baudi,je suis Untt bouiUonnaix. 

BouBDEB , verb. , pour dire manquer de m^moirt. 
Les ccoliers qui nc savent pas leurs lemons disentty'at 
baurdS au milieu de ma lefon, Ce mot est fran^is, 




24 [ 

m^is populaire et dans une autre acccption , il signifie 
meniirj se moquer, 

BoiTRRiERs (dcs) ) sc dit pour balayures ct ordures. 
On dit baUiyez les bourriers de cette chambre : fai 
un bourrier dans IceiL Ce mot vicnt sans doutc dc 
bourriers , pailles qui se mclent dans le blc battu. 

BouRSOULLE ou BouRSouLE. Broucttc. 

BorsKE , pour excrement. Termc populaire ; il vient 
de bouse de vac he. ,. 

BousiNE de cochon*. C'est une vessic. 

BousiNES de savon (des). CesontdesbnllesaesaTon. 

Bramdouiller , verb. , pour brandiUer. On appclle 
a Rcnnes, brandouille ou brandouilloire ^ une poutre 
que les enfans placent par le milieu d^une autre , pour 
faire la bascule en se pla9ant aux deux extrdmites ; et 
pour exprimer cela ; on dit nous ai^ns fail une belle 
brandoidUoire a^ec des billes de bois. Yoyec Billes BE 
BOis. Ce mot vient de brandilloire , s. f. 

Brakes (des). Des culottes. On dit dans le peuple, 
rcles^ tes brayes^ pour relei?e tes culottes. Ce mot vient 
sans doute de brayette , feiite d'un haut de chausse. 

Breda ou Berda (un). Socictc qui existait pen- 
dant les anciens ctals de Rennes^ et ou se reunissaicnt 
tons les nobles des deu^ sexes pour causer cl parler 
politique ; d'ou est veno ( jc crois) le mot bcrdasse ou 
bredasse. 

Bretonne (une). Danse du pays , .iccompagncc par 
des benilleux. 

Brocher, verb., pour tricoter. On dit/c brochc des 
bas , etc. 

22 




Broches (dcs) a brocket, se dit pour dcs aigm^s 
a tricoter. 

Baochons. Petits mGrQeaax dc bois : des-p'tiis 
brochpns. ... 

Bbodube , poar broderie.- 

Brondib » verb. Le bruit d'unc toupie. Cette toupU 
brondit bien. 

Brou , pour du lierre. . 

Bhovet , pour bouilhn. On dit voUd de la soupe ou 
il )■ a trap de brouet pour voil^ de la soupe ou ily a 
trop de bouiffon. Ce mot est fran^ais » pour exprimer 
un mauvais ragout ou un esp^ce de bouillon an lait et 
au Sucre. . > . ■ 

BuEE , pour Icssive. On dit mentr hi fnaSe^ ponr faire 
la leasiee. (C'cst un vieux mo.t fran^ais). 

BviE (une). Ce mot est fran9ais , pea usitd , mAM 
fort en vogue en Bretagne. C'est une gntnde cmche 
de terre, que Ton met dans les cuisines ct les salles & 
manger , et que Ton remplit de bonne eau. Les meil- 
leures sont cellcs qui sont cliss^ ou couvertes d'osierJ 

■ c. ■ 

Cachignabt. Taquin, querelleur, hargneux; o& ie 
vUain cachignart! 

Cages (une). Se dit d'un panier plat [dein de pois 
ou de fruits ; on dit une cage'e de pois , une cof^ de 
pommes, etc. 

Cailles (des). Cc mot est toujours au pluriel , c'eit 
une espece de lait que Ton obtiunt en faisant bouillir 
du lait ordinaire avec un morccau de peau , ou nn 
g^sier de poulct pour le faire cailler. Le vrai mot est 




243 
CAILLEBOTES^ 

Cailleite. Le morccau dc peau qui sert ^ fairc 
Ics caillcs de Tarticle precddeni , cc mot vient dc caiU 
leiUi , le 4* vcntricule du boeuf. 

Caillibottes (des).Touffe8 Wanches de flcurs qui 
eclosent au mois de mai ; ce nomvient de caille^ 
botle , masse dc lait caille : ccs fleurs y ressemblent 
assez. 

Cajabiti ou cajibiti* Logement tr^-petit , qui est 
ordinairemcnt plM^ eo haut , comme une soupente on 
un grenier. 

Calbasson (un). Panier rond et plat pour mettre des 
legumes. Ce mot vient peut^^tre de ecUebasse , courge 
vide. 

Caleb , verb. Mettre lea pouces , avoir peor. On dit 
^ un homme qui refuse de se battre , tu cctles , je iefe^ 
raicalevy iu calerns quand Ufaudra te baitre : cette 
signification vient de caler , qui en terme de marine 
signific baisser , plier les Voiles. 

Camouflet , pour soufflet. Ce mot estfran^ais dans 
une autre acception. 

C ANNETTES. Pctitcs boulcs cn marbre ou en terre 
cuite , avec Icsquelles les ^colicrs jouent. 

Cabquois (le). C^est une soupente ou l^^lnnet le lin« 
ge sale. 

Cabreu (un). C^est une cloison de planches que Ton 
met autour d^un jardin ; ce mot vient sans doute de 
carrelage^ en latin stratum , ouvrage dc carreleur. 

Casse (une), pour lichefrite ; on dit metlez du beur* 
re dans la casse , pour^ arroser ce poulet. 



244 

Castilles (dcs); Des groscillcs rouges A grappCfl. 

Castonnade, pour cassonnadc. 

Cause. On dit mettre so cause au r6le , pour parler 
sans £tre interrogc , se mdler ci la conversation. Ce mot 
vient sans doute de causeur , adj., en latin gamtbis. 

Causoi (un). C'est un deshabille dc femmc de-cam- 
pagnc. 

Gerisie , pour loon. Voy. ce mot. 

CuALER, verb. Pour chauffer, en usage chez les 
paysans. On dit : Je porte un paquet de kdres, ches 
nous, pour nous chaler; poor , Je parte , chez nous, mo* 
paquei de brancJtes pour nous chauffer. 

Champ-dolent. C'est I'endroit de la boucherie oik 
Ton tue Ics bestiaux , c'est t'ahattoir de Rennes ; cc mot 
vient du vcrbe dolere , doleo , qui fait au girondif p. 
do/ens , se plaignant ; ce mot exprime-les mugissem^ns 
des bestiaux qui tombent sous Ic couteau da boucher. 

Charte ( une ) , pour una charrette , tcrme de pay- 
san ; f'ai casse une roue a ma chdrfe. 

Chevauchee de M"' l'Abbesse (la). C'elait un droit 
qu'avait TAbhcssc dc Saint-Gcorgeetqui coiTespondait 
a cehii de la quiniaine. Voy. ce mot. Tous les marics 
dcnieuraut sur la judication de M"* l'Abbesse , allaient 
^ la mi-car^ne , courir a cheval par le champ de foire , 
etrevcnaiciilde li, vis-a-vis I'abbaye de Saint-George, 
oil on Icur dlstribuait a cliacun un morceau de pain et 
de lard. Quaiid ces lionmics pa&saient au galop par Ic 
champ dc foire , tout Ic moiide criait : voila la chevau^ 
chee- de M"* V Abbessc , t-l tous Ics niarchands se ran- 
gaicnt vite , car souvcnt on reuYcrsalt Ics cchoppes et 




245 

il n'cn arrivait rien. 

Chifer , verb, pour chiffonner ; on dit : tu us chijc 
ma robe , prend garde de me chifer. 

Chifon de pain. Se (lit pour un gros morceau de 
pain; il sc rapporte i chanteau de paln^ toidne etc. ^" 
ToiUne, 

CniNCHOiRE. Unc tabaticre en forme de poire , dont 
nne des extremites a unc cheville que Ton ote , pour 
meltre du tabac sur la main , cette prise de tabac sc 
nomme Chinchee. On dIt : dorme moi une chinchee de 
tabac, 

CniNCHON, pour benoni ou enfant cheri ; c^esi It. 
chinckon, 

Choper ou chopper, verb. On ne Temploie gucrc 
qu^au present, il slgnific s^cndormir i moitie ; on dit : 
iu choppes J il choppe toujours un peu deiHint le feu 
apres son diner, Ce mot est fran^ais » mais dans une 
autre acccption, il signifie faire un faux pas en heur- 
tant du picjd , faire une grande faute. 

Choque , pour sabots fourres. 

Chupiron (le). C'est le faite d^une maison ou d^un 
edifice quclconquc qui se terminc en pointe , on dit : 
le chupiron dune maison , le chupiron dune meule de 
foin^ clc. 

CixVNCHE (le)d'une porta. C'est le loquet. 

Cloche , cloch]|R, verb. Boiteux, boiter. Cei horn- 
me cloche un peu du pied droit. Ce mot est fran^ais 
comme vcrbc, mais en Bretagne on appcllew/icr/oc^^ » 
un boitcux. 




246 

CoBANER, verbc, pourflancr. f''oy: fiamer. 

Co-BonGNE, pour coq borgne. On dit : ht tapes 
comme un co- borgne. 

CoGNE (un). Cou de travers ; on dit : cet ftomme est 
cdgne ; c'esl-i-dire, il a le cou dc travers. 

CoGNER, verb., pour avoir Ic cou de travers; on dit: 
iiens done ta tSte droite , iu cdgnes , ne cdgne done pas. 

CoiPEAux , copiAux t,des) , pour cojKau ; sc dit dcs 
morceaux de bois que I'on ramasse chez Jcs menui«iers. 

CoLATiONNEB, verb., pour goutcr. II est franQais., 
mais on doit dire , faire la eolation , ou bien go&ter; 
au lieu qu'it Rcnncs on dit \faibetmcoup colationtie; 
pour dire ,fai beaucoup mange a I'henre de la eola- 
tion; tandis que collation signifie repas le'^r. 

Compare (un). Cest une soitc dc deshabille^ dont 
les domestiques femcUes font usage. 

CoTin, V. a., pourcraquer, faire du bruit avec qucl- 
que chose ; on dit :fais cotir ies doigts , mes doigts co~ 
tissent , ces pois cotisseni en les ecalant. Ce mot est 
fran^ais , mais il est populairc , ct nc se dit qu*cn pai^ 
lantdes fruits. 

CouETTE (unc), pour lit de plume ; Ce mot est fran- 
^ais, mais vieux. Coife , s. m. en latin culci/a, lit. 

CoVLVACER, verbc. Faire Ic mauvais plaisant. 

CoDLVACiER. Un mauvais plaisant. 

COOTAGEUX , pour couteux. 

CouvENT (un . Cest un pot dc tcrre avec unc anse, 
fait i-pcu-prcs comme un pot-de-chambre, ct dans 
IcqucI on met du feu. Toutes les couturi^rcs en ont 
rhiver sous ellcs, ct discnt : metlez moiim peudebrar 




|r \* • • 



^47 
se dcuts men coupenl.- . 
. CE£DEKC£ ()a).. Petite. armoirc.C^ mot n^est en usu- 
ge que chez les paysans c il est franqais , pour sigiiilier 
la table des burettes dans uneilgUse. .u^ . 

Caopet, poor excrdment d^.un enfant. Yotre enfant 
vaTt-il h la scJle ? il n^a fait qu'un petit cropet. 
' CaoutLLE (le). C^est un ycrrou; on dii:^ pteUez le 
crcfuille ^ poussez le crouiUe. ^. . 

Crouiller, verbe. L action de mettre le crouille 
ou verrou i une porte. Crouillez cette parte. 

Crozille, pour coquille ; on dit : une petite crozille^ 
pour une petite coquille. 

Daboner , verbe* Raccommoder , faire des rapi&ce- 
tages. 

Daboneuse. Une mauvaise ouvri&re en yieux rac- 
commodages; onPappelle encore hap-dabons (iith est 
aspir^). , . ^ 

Dabons. Raccommodage. On dit : II ,y a iien des 
dabons a J aire a cet hahit. Ce mot ne s^emploievque 
pour les vieilles hardes \ raccommoder ; car si c'est 
quelque chose qui en vaut la peine , on nomoie cela des 
videles. Voyez ce mot. ... 

Dajue (une). Une vieille pemique m^l £ajite. 

Damgul Mot indeclinable , pour dire moLaucasur. 
On entendtous 1^ jours yii Rennes, dire : ^i/ mefais 
grand danger^ celq fait danger ; pour tu mefais grand 
mat au coeur; cela fait mal au cceur. Ce mot est fr an- 
^ais , lorsqu^il signifie p^frilj risque. 




Deberavder (sc), verbc, pour se distraire. On ditr 
Je vaisfumer unepipe , pour me dkberaud€r;je vais me 
promener, cehi me deberaudera, 

Debit. Pour quelqu'un qui parte bcaucoup-, qui fait 
biendu biiiit. On (lit : Tufais bien du d^bit;\tovrA\T^y 
tu bavardcs beaucoup , tu fais bien du bruit Ce mot 
est fran^ais, etsignifiequclqacfois/afi7/^iiWocu^n. 

Dkbohd (le). Avoir le debord, c'est avoir la diarrh^, 
le de'voiemenl , etc. 

Deglicer , pour glisser. 

DEGOUTnEBE (la), pour goiittiere. On dit : MeUet 
le baqucl sous la drgout/iere , pour avoir de I'eau. 

Demeche, ctrcDE MECHEavecquelqu'un, Stred'ac- 
cord , dtrc de moitie. 

Denteler, verbc, ^onr fcsfonner. Se dit pour fairc 
des dents a la nious.«cline. On dit : Je vaisdenteler ceite 
mousscKne. Ce mot vient de denfelure, subst. f. , qui 
signific ouvragc en forme dc dents. 

Bepetbasser (sc), verbc , pour tomberpar terre. On 
dit: Cflte b^te s' est de'/tctrassde tout de son long , en des- 
cendant tesculier. 

Depoitraiixe , DEPETRAiLLE. Se dit d'unc personne 
dont la cbemise est ouvcrte, ct qui laisse voir son con 
ou sa gorge. On dit : Regardez corninc il est depetraill^; 
il va s enrhumer. 

Uerobee (une). Danse du pays, accompagnee de 
batillvtix : cllc est furl gaie. On vole ou dvrobc h chaque 
tour la danscuse de son voisin, qui , de son cdtd , en 
fait autant a un autre. 

Deyee on UEi-YEE (une). line tachc. Lesenfansqui 




249 

mangeni du loon sefonl degrandes dei-j-^s h la goule. 

DiOT, TE , adj., pour idiot^ benit. On dit : Tu esbien 
diotdecrolre cela^ pour tu es hien simple^ bien benit ^ etc. 

DouETtE D£ FiL ( uoc). C'cst une grande aiguillee 

dc m. 

Drene. Repetition d^une chose qui ennuie celui qui 
Tecoute. Par exemplc, un enfant dcmandera ^sortir; 
on lui refuscra , sous pretexte qu'il aura etc m^chant : 
il insiste etpromel d'dtrc sage; on lui dira : Turepkles 
toujourslcLmime drcnc. Un autre repetera souvent qu'il 
a faim ; sa bonne , ennuyec , dira : Ce petit drdle i¥pite 
toujour s la mime drene: c'est-i-dire, la mime chose ^ 
la mime clianson. On ne pent donner une definition 
juste du mot drene , sans exemplcs. 

Dre-ngcud, pour double nceud. On dit: Ce filet esi 
nouea dre'-na^ud. 

Dresser , A'erbe. Pour repasser Ic linge blanc avec 
un fcr chaud. On dit : Je dresse dcs serviettes^ 6u je 
fais dresser mon linge par une bonne dresseuse. 

Dresseuse (une). line rcpasseuse de linge. 

DuMicHES (des). On appellc ainsi ^ Rennes les ce- 
rises aigres. 

E 

EcABOui. Ecraser. On dit : II est tombe^ et ilalenez 
tint ecaboui. 

EcAissER, verbe, pour dechirer, Nos haunes sent 
ecaissees , pour nos culottes sont dcchirees. 

EcARCAiLLE. Se jctcr maladroilcincnt par tcrre ; sy- 




25o 

I 

nonymc de depetrasser. Regarde-ledonc^ comme Us' est 
ecarcaille dans le bouillon. 

EcHAFOUBEE (unc). Une reunion ou Ton se dispute 
bcaucoup, sans grands resultats. Ce nest quime echa- 
foure'e; un tel a fait la une grande echafoure'e. 

EcHALiER (un). C^cst un morccau de bois rond qui 
lie deux haies , et qui communique ordinairement dW 
champ dans un autre, on Tenjambe ; il emp^che les bes- 
tiaux de passer. II y a des barrieres que Ton ouyrc 
quand il est necessaire ; mais VechaUer est fixe. Ce mot 
est fran^ais ; en latin , septum ^ haie ^ cloture de bran- 
ches. II 7 ^ beaucoup d^cchaliers en Bretagne. 

]^CHE. Voyez Heche. 

EcuMETTE ( unc), pour ecumoire. On dit : PrenezVi- 
cumeite , pour ^cumer la soupe. 

EcuMEUR (un). C^est un homme qui ecoute^ sans 
qu'on Ic sache, pour aller le rapporter aiilenrs; c'cst 
ce que Aiilgairement on appelle un ecoute-aux-pcrtes. 

Egaillier , pour eparpiller. Ce verbe a plusieurs si- 
gnifications. On dit : Les cerises ^gailleht le casur^ pour 
cela affadit le casur. Lors des guerres de la Vendue, les 
chefs de chouans disaient ^ Icurs soldats, lorsqu^ils 
voyaient s'approcher les troupes de la Rcpublique : 
Egaillez-vous , mes gas , v 'la les bieux ; pour , Disper- 
sez'Vous , rnes enfans , voila les bleus (nom qu'on don- 
nait aux republicains dont Tuniforme etait bleu). 

Egasse , pour certaine (fuandtd. On dit : Y a-lnildu 
gibier ici ? ouiy il yena une egasse ;^ur dire , tiny en 
a pas rnal. 

Egayer , pour affadir. il se prononcc he^gd^ie. On 




25l 

dit : Les badies megayent le cceur ^ pour Ics cerises 
m affadissent le cceur. . 

Egoussan ( n'dtre pas). II se dit d^une personne dure 
ct mdchante. On dit : M. un itlnestpas tfgoussan acec 
ses enfans ;c'cst-a-dire , il n'cst pas tendre, il a un vilain 
caractere. 

Ekebbiton , pour ires-jyctiL II se dit d^un enfant qui 
est tres-faible en venantau monde. C^esi un failU equer-^ 
biton , etc. 

Emabicaude , EE , pour ei^eille. Les }>aysans seuls 
Temploient. On dit : cetle fille est bien einancaud^e , 
pour cetie fille est bien ei^eillee. 

Empenacheb , verb. Avoir quelque chose de gluant. 
On dit : fc miel ma empendche les mains ^ elles sonl 
toute poganouses y toute pendchouses. 

Empieteb UN bouquet. C*est un usage d^embrasscr 
la personne & laquelle on fait don d'un bouquist^ cela 
s^appelle empieter. On dit : permetieiL cfuef emjdete; lais- 
sez-moiempieterce bouquet^ Mademoiselle. Cette signifi- 
cation vient peut-etre du verbe actif empiiller^ usurper, 
entreprendre sur , etc. 

Enheude , EE, pour embarrassed On dit ijaitroiw^ 
deux charreties enheudees. On dit ^ quelqu^un : tu es 
bien enheude , pour tu es bien embarrasse pour peu de 
chose, 

Ente ou Hante , pour pommier. 

Epousseteb est frangais et signifie secouer , 6ter la 
poussiere ; mais en Bretagne on s'en sert pour signifier 
f rapper ; on dit -je UpoussetUrai les epaules^ si tu ne 
traiPailles pas. 

Epoussettes (dcs), pour dcs brosses ; cc mot est 




252 

frangais, mais il est vieux, en latin scopuhi; on dit : 
dormez moi les vergetles , ou dormez moi lepousscile 
pour epousseter mon habil. 

Eyailler, verb., pour etendrc ; on dit : et^lez le 
Unge sur des cordes , pour le secher ; pour , ^iendez le 
Vnge etc. 

F. 

Failu, e , pour maigri^ e. On dit ceitc persorme 
nc se parte pas bicn ^je la troupe bienfaillie. On le dit 
aussi d'une rose ou dc toute autre fleur , pour expri- 
mcr qu'elle est fanee : cette rose est bienfaillie. 

Farcier (un) , pour farceur. On dit cet homme est 
un grand farcier , pour un grand faiscur de farces, un 
bouffon. 

Fasil (du) ou Phasii., pour de la braise. Le vrai 
mot cstfrasil onfrasin^ qui signifie poussier eimenue 
braise. On trouve encore dans le dictionnaire fraisily 
pour cendres du charbon de terrc, eifrasier. 

Feine. Pcrsonne malhcureuse. Je suisfeind aujour- 
d *hui y rien ne me reussit , je perds toujours. 

Femelier (un). Un homme qui aime les femmes 
et qui court aprcs. 

Festoupee (la). Ce mot est trivial, il signifie cor- 
rection. On dit ^ un enfant , situ es m^chantyje ieferai, 
dormer la festoupee par ton pcre. 

Flaner, verb. Aller raconter de suite ce que Ton 
vicnt d'entendrc dire. On d\i^nedis pas ccla decant 
elle , c\*st une /Tctasse (Voyez ce mot) , elle ira lefld- 
ner partout. 

Flaneur, evse, adj. Gens qui parlenl beaucoup , 




a53 

iliscni tout ce quails vicnncnt d'cntcndrc , et fonf sou- 
vent de faux rapports. 

FouiNF.R, verb. Cc mot veut dire sen oiler ^ f^* 
On dit Ui as peur ^ lufouines, Ce mot vient peut-^tre 
de Taction de XdifotUne^ en latin mustela^ espece de 
grosse bclette qui , au moindre bruit , se sauve et se 
cache dans un trou. 

FouTiAu, pour fouteau, fau^ fajrard. Arbre qui 
])orte la fainc. H^tre , en latin Fagus. En usage dans 
la campagne. 

Frambai (du) J pour balayures. Voyez Bourrier ; 
mais il a deux exceptions. On dit tufais ben du fram- 
bai , pour tu fais bien de la poussiere ; il s^entend de 
balayures ct d^embarras. 

Freler , verb., ^\xt filer. On Ait friler lesvUres; 
des bouteilles friUes. 

Freui^r, verb. Marcher contre. On Aitilfreide Its 
rnuraUles , pour il rnarche pres des murs. 

Furieux , pour un homme fort et bien constituc. 
On iS\i f ai un Jils aussi furieux que voire atne'y etc. 

FuT (un) de cidre. C'est un tonneau de deux bari- 
qucs au moins. Ce mot vient defuinille , qui veut dire 
vaisseau dc bois h mettre du vin. 

(i. 

Galette de ble-noir. f'oycz Tuile a Galette. 
C'cst une espece de crepe cuite sur unc tuile , et Ton 
fail celtc p^te avec dc la farine de bic-noir dcm^lee 
avcc dc Teau , un peu d^cau de vie et des oeufs; on en 
mange dans de la soupe en guise de pain , dans du lait 
de beurrc, fricassee, toutc chaude avec dubeurre , ou 




54 

beurrce siir la tuilc, avcc un.pitc debechcrcl au milieu. 
Voye;L Becherel. 

GAMAtHES ( des ). Mor^eaux de toile , dont les 
paysans s'entourent les bas en guise de gudtrfes* G^ 
mot est fran^ais pour exprimer gu^tres^ (en allemand 
Kamasctun.^ / • 

Gar (un). Petit garqon ; il est faiAilier, mais fran- 
9ais. On dit un petit gars. Venez membrasser\ mon 
jfixL gars. 

Garqailles ( des ) , pour des enfans. On dit ies 
vilaines gar failles^ 

Gater , verb., pour repandre. On dit : prehez-garde 
de gdier de Veau sur cetle table. On le dit aussi-pour 
pisser; on dit ly^ vais gdter de Veau, Ce mot est fran- 
^ais , et veut dire mettre en mcnwais ethU 

QkKSY."^^ verb. Remplir la panse. On Aitije me suis 
gave^de pois , pour y W mange prodigieusemenl depots. 
Ce mot est a peu-pris T^quivalent de Gued^f. Voyez 
ce mot. 

GiLER , verb. De Veau. Pour Aittyjeterde Veauavec 
force ^ hd f aire f aire wt jet. Par exemple, on dit:yV 
vais giler de lean acec la petite seringue ; ne me gile 
done pas d'eau avec ta bouche. 

GoNDiNGES (des). Especes de gu^tres de peau ou de 
toile , servant au paysan. Ce mot n^est en usage que 
dans les campagnes.*"' 

Gredindelle ( porter & la ), C'est porter une per- 
sonne ^ deux, sur les mains croisces. 

Grele (une). Petite corbeille carrce, danslaquelle 
on met ordinairement le bcurre que Ton envoie au loin. 




255 

GREM.ILLES (des), pouF mieties , pelii% morceaux. 
On dit : despetites gremilles , pas la momdre gremiUe. 

Gresillon (un) , pour Grillon. Insecte qui chante 
dans Its cheminccs* 

Groles (des). Descor6^ai/a:, employe par lespaysans. 

Gr6l^t ( avoir le ). C'est une oppression el unc 
difRcuIte dc rcspircr , le matin en se reveillant , quand 
on est enrhum^. On dit apoir k grdley^ c^estunc 
cspice de rile. 

Goues (des); Bouillie^ que Ton fait avec de Teau et 
dc la £arine de ble-noir ou sarrasin. C'est la nourriturc 
des paysans , en guise de pain. 

Grouiller , verb. , pour remuer\ ccurir gd el Ih. 
Ne grouillez pas , pour dire ne bougez pas. On dit 
quelqucfois: ne grouillez pas ^ pour faites silence, ne 
parlez ni nc bougez. Oh dit aussi : lespoux bugrmullenl 
dans la lete , pour dire qo^on a beaucoup de poax qui 
remuent sur la tdte ; d^un enfant vif qui aime i courir, 
on dit : il gromlle loufou^s , 6u il dime d grouiller. 

Gtirde: ' Atoir tfop tnAng^ , ^tre rendu. On dit:je 
suis guedd;je nen puis phis ^je me suis guede de pois. 
Gemot est fran^ais et signifie souler; il est aussi fran- 
^ais en tcrme de manufacture. 

GuENEE. Maiivaises choses. On dit : Cette viande ne 
vaul rien , c est de la guerufe. 

GuENER , verb. , pour croiter. On dit : ces rues sont 
bien guenies ; je me suislnen guen^. 

GiiiGNES (des). Ce sont de petites cerises noires et 
douccs. Ce mot est fran^ais. 

GuiLVESEE (une) , pour billepersee. 




256 
H. 

( Z'A nspird est precede de deux points : ). 

: Hague de pluie , pour averse. Pluie abondante 

ct subite. 

: IIaguin (un). Petit balaidehoux, qui scrtinctoyer 
Ics pots-de-chambre. 

: Hanheude, poMT embarrasse. On dit: fechevalest 
fianJieude; ie voila hanheude pour Men peu de chose. 

: Hannes , pour culottes. On appellc les cnfans, dans 
le peuplc y des chiaus-hannes. II y a ^ Renncs une rue 
nommec la rue des Petites-Hannes. 

: Hanoches. Dcs petits mor9eaux dc bois, vojez 
Triques (parcmens dc fagots). 

: Hanti!:s. Koyez Ente. 

: Hap-dabons. P^oyez Daboneuse. 

: Hares (des) , pour gaules , houssines , branches 
darbre. On dit, chez les paysans des environs dc 
Renncs ct de Vannes : Baillez-nous des hares de fou- 
tiau pour nous dialer , pour donnez-nous des branches 
de hUtre pour nous chauffer. 

: Heches. Vers de tcrre un peu longs, que ronmetau 
bout dcs lignes pour pcchcr. 

: Herquelie. Synonyme de Penelier. 

: Heter, verb. On dit: tcs hannes te hStent-elles bien^ 
mon gar? pour dire, tes culottes te vont-elles bien^mon 
gargon? On ne pent rendre, au juste , la signification 
dc cc vcrbe. 

:HiGNETE, pour scrpette. 

: lloQi ELI E (line)- Palo chaud fait avcc de la viande 




blanche, vcau, poulci. riz, etc. Les mcilleurcs hoquelles 
se faisaient jadis h Rennes , chez le pitissier GobaiUe, 

J. 

Jacasse (une). Qui a le caractere contrariant. Une 
vieille jacasse . 

J ALES (des). Des engelnres. 

Jaleux ou Jaloux (un). Un homme qui a des jales> 
des engelures. 

Jarreteler , verb. Mettre des jarreti^res. On dit : 
iljarreich ses jarretitres sur le genou. 

Jaspiner , verb. , pour grogner^ crier, grander. On 
dit : ceUepersonnejaspine^ pour cette persorme gronde^ 
etc. Ce mot est fran^ais pour dire , parler a tort ci a 
tracers, 

Joe , pour jucher. Ce mot sert dans un proverbe. 
Les poules se juchent ou se perchcnt la nuit , et quand 
on dit quelque chose d'extraordinaire et incroyable , on 
dit commundment : celaf trait tomber les poules dujoc. 

JdPiTRER , verb. fJouer , rire. On dit : iu aimes bien d 
jdpilrer, tujdfnires toujour s. 

JoTERiAux. Gonflement des amygdales. 

L. 

Laise., se dit de Tannage : cetle itoffe est en grande 
laise; lejupon prendra quatre laises , pour quatre lais. 

LArr PEsi. Gr^me du lait de beurre. 

LiArr RIBOTTE. G^est le lait de beurre , ce qui reste 
dans la baratte quand le beurre en est tir^. 

23 




258 

L\NDi£BS (dcs) y pour chenets. Ce mot est fran^ais , 
mais pea usitc ; on Temploie beaucoup h Rennes. 

Landon. Voyez Andon. 

Leche (une). Petite quantite, cuillerce. Comma le 
beurre se metordinairement dans des pots, on dit ^ sa 
cuisiniere : aUez a la cave , et apporltz-moi une petite 
leche de beurre dans ceiie assiette. 

LiNGEUx (des). Des draps; tcrme depaysan. Gemot 
estfran^ais, mais peu usit^ ; en latin, lecti Unteum , 
drap de lit 

Loom (du). Confiture de cerises que les paysans font 
et quHls Yont vendre sur des feuilles de choux, au 
marchc ^ Rennes. 

LoussE (une). Grande cuiller pour servir le potage. 

LoussERON (le). la Cuiller ^ pot. 

Lustre (un).Yase de faience servant de chaise percee. 

M. 



Ma-gar (un . Un maitre gars, un homme fort et 
vigoureux. Un iel est un md^gar , U est ben Jurkux , 
ilporte 45o. 

MAiNGAUx(des).Esp^ce de cr^me fouettee excellente. 
Les meillcures se faisaient ^ Rennes, en 1790, chez 
la Ponl-Chdteau y cremiere fameuse : apres elle , il 
fallait aller chez la bonne femme Herpe , derri^re le 
Tabor ( le Tabor est une promenade charmante , ap- 
partenant jadis aux Bcnedictins ). Ces deux femnies 
^iaient les meilleures cremiires de Rennes. II y avait 
encore la bonne femme Doufin , rue Saint-Georges^ 




259 

qui vendait des maingaux le jour, et des nAces le soir. 
P^oyeL NdCfcs. 

Malik £s. Culottes de paysan. Des malines de telk , 
pour des culottes de toile. 

Ma-pat£ y pour rnaufHuse humeur. On dit : mon 
Dieu ^ comme tu es de md-pajre auJowri*hui. 

Mariees saiU des). Voyez k la lettre S. 

Marni, Mani. C'est dufurnier. On Aiiifai acheiS 
trois charretees de mami pour mon jardin. Ce mot 
vient peut-^tre de mame , terre grasse , que Ton met ^ 
dans quelquespays, dans les champs pour les engraisser, 
de m^me que Ton y met du fumier. 

MiE. Bonne d'enfant. On dit : 110115 irez vous pro- 
mener cwec votre mie. 

MoCHE de beurre. On appelle ainsi un petit pain de 
beurre ordinairement de la Prevalais , du poids d*un 
quart de livre. On nomme aussi moche de Jll^un pa* 
quet de fil de Bretagne de dix livres : ce dernier mot, 
dans cette acception , est fran^ais {subst. fSm.). 

MocHET , TE , adj. Se dit pour marqner Tembonpoint 
agrcable d^un homme ou d^mie femme. On dit : ceti0 
petite femme est bien mochette. 

MoCHON. Un tas. On dit : un mochon de pommes , 
un mochon de pieires, 

Morrc i la ). Nom d^une jolie promenade siluee 4 
Rennes , pr^ Tabbaye Saint-Georges. II y a lagrande 
et la petite Motte : on appclle la premiere la Motte d 
Madame ; c^est une promenade ovale , enlouree de 
murs a hauteur d'appui et de deux rangs d^aribres 
parallMes. 




26o 

MoTTONS dc farine. Ce sont des grumeaux de farine 
mal delayec , qui sc trouvcnt dans la bouillie apres la 
cuisson. On Ic dit aussi pour la lainc dcs matelats ; on 
dit : des mottons delaine, Ce mot vient sans doute de 
moUe , petit morceau de terre , etc. 

MusER, verb., qui veut dire : regarderpar lafenitre. 
On dit : je muse^ fai heaucGup muse; je muserai 
ianldt; la vue de cette fenilre est agreahle , on a du 
jjaisir aymiiser. Ce mot est fran^ais, ^ouvfainSanttr^ 
s^amuser 4 des riens , etc : mais il n^est plus gu^re en 
usage que dans le proverbe : Qui refuse muse. C^est 
aussi un terme de v^nerie. 

N. 

Nachard. Un goguenard, qui n^est pas franc. Voyez 
Bleche. 

Nachons. Vieilles choses , vieiUes nif^s : de vieua: 
ndchons. 

NiF , pour ^n , rus^. En usage h la campagne. Un 
paysan dit : un lei est bien nif, pour est bien rusi^ est bien 
Jin, ( Ce mot est le mot Jin retoume ). 

NiGEON ou NuoN , pour vetilleux, ennuyeux h fairc. 
II sc dit d^un ouvrage minutieux ^ terminer ; on dit : 
cet ouvrage est nijon ajaire. 

NocES (des). Cost une bouillie faite avec du gruau 
d^avoine et de l^eau. Ce gruau est tr^s-commun en 
Bretagne. Lcs noce^ se mangent ordinairement ayec 
du lait ; on les prepare d^ailleurs ^ toutes sauces. Cette 
bouillie est d^un goiit assez mauvais , mais tr^s-bonne 
pourlapoitrine. 




261 

NoEUD (du). C'est du filet doni on fait des bourses 
ou des manchettes. On dit : je fais des mancheiies 
de noeud j pour Je/ais des manchettes de filet. 

o. 

Ormoire , pour armoire. 

P. 

Pachit (un). Un paysan. 

Papier BorrxE (du). Da papier brouillard. yoyez 
BoirrE. 

Parbatte (la). La demiire voiture que Ton livre 
d'une fourniture, comme €:id!n^,ybi>i, boisy etc. On 
met des bouquets sur cette voiture , ct les conducteurs 
ont le pour-boire. On nomme aussi parbatte la fdte 
que Ton fait en campagne le dernier jour d^une coupe 
dc foin. 

Parchats (des) , pour des parchemins. On dit : je 
me moque de tous tes parchats, 

Passoire , pour passe-puree. Ge mot est fran^ais. 

Pechard (un). Un moineau mile. 

Peche (une). La femelle du moineau franc. 

Pecre , pour aigre , aigue. On dit : cefte personne 
a la voix pecre. Cc mot vient sans doute dc pecque^ 
qui veut dire , femme sotU et impertmente. 

Peillot ou Peyot. Ce sont des petits morceaux de 
linge. On dit : de petits peiUots , pour de petits Hnges. 
On ditaussi : il a des Jalles ; on lui a mis des pej ots auoB 
doigts^ pour il a des engelures, on bii a enlortHU lesr 
doigts de petits linges. Ce mot vient de peille , duffons 
h fairc du papier. 



r 




P£iLLOx D£ CBEME (un). Le dessus d^un pot dt crdme 
qui a bouilli ; c*est cette esp^ce de croiite qui 8*y forme 
en rcfroidissant. 

Peillgtoux. Gens couverts de peillots, de guenilles ; 
panares. On dit en proverbe : gays comme des peillo^ 
ioux; ou bien , Us dansent comme des peiUotoux , pour 
gais comme des paucres , etc. 

Penachoux. y^oyez Poganoux , synonyme. Voyez 
aussi Empenagher. 

Penaiixons. Vieilles chiffes. 

Peque (la) d'une poule , pour le bee. 

Pertue (un) , pour ^rftiw , un trou. On dit ifaiun 
periue a man bos , pour j'ai un irou a man bus. 

Peser j verb. , pour appuyer sur. On dit : ^5^ 5ur 
la table ^ pour appuyer sur la table. Ge mot est fran9ais 
dans d^autres acceptions. 

Petasse. C^est une grande babillarde. On dit : cette 
femme est une fibre petasse, 

Petra (un). Un pacard , un gros pay son. 

Petron Jacquet , pour le point du jour. On dit : 
je me suislei?edes le petron Jacquet. 

PiAiLLARD. Enfant qui crie toujours. 

Pigaler , pour fouler en marchant. On dit : tu vas 
pigaler la blatterie , pour tu vas/ouler la semence. 

PiGNARD. Homme qui gronde pour la moindre chose. 

PiGNASsE (une). Femme qui gronde pour la moindre 
chose : Laissez cette vilaine pignasse , eUe gronde d. tout 
bout de champ , pour laissez cette inlaine grognon, die 
gronde a chaque instant. 

PiGNER. Grognon , qui gronde pour rien. f^oyez 

PlGNASSE. 




!&63 

PiLER , pour marcher sur quelque chose. On dit : fie 
piles done pas sur mes pieds, 

PiLET , pour bout' de chandeUe. Les paysans disent : 
boi lie z-moi un petit pillet^ pbur donnexrmai un petit 
bout de chandelle. 

PiOT (du) , pour du cidre : ce mot est popolaire. On 
dit : voila de bon plot; vouleznvous un verre de plot ? 
Ge mot est fran^ais , mais populaire. 

Pipe , se dit d^une mesure de cidre contenant trois ou 
quatrebariques. On ^iV.fmtrois pipes de bon fUot dans 
ma cape. Ge mot est fran^ais : pipe , futaiUe. 

PiHETTE, ^ur petite oie. On le dit aussi d'une femme 
indolentc : c'est unepirette. 

PiROTONS (des). Des oisonf. 

Place (la) , se dit pour le plancher. On dit : ne 
marchez done pas pieds nuds dans la place , pour sur 
le plancher de la chambre. 

Placher y verb. , pour mdcher. On dit : quand tu 
pldches ainsiy tu me/aisgrand€langer(y oyezl)A}iGVBi% 
pour f/uand tu marclies ainsi^ tu mefais grand mal 
au caeur. 

Placi , pour petite place. On dit : la place du Palais 
ct le placi de Toussaint , le petit placi lYoufoUy, etc. 

Platree (une), se dit pour une grande ^cuellee, un 
plat plein. On dit : donnez-moi une bonne pidtrie de 
soupe. 

Pleutre (un). Un Idche, un pottron. On dit : cet 
homine est bien pleutre. Ge mot est fran^ais , mais il 
signiBe un gredin , un homme de nuUe capacity. 

Pu ( faire un ) , se dit , en jouant aux cartes , pour 





a64 
faire une levee : faifaU trois pks, pouTj'ai/ait trots 

Plumas (des). Ge sont des ailes d^oies , dont on se 
sert pour nctoyer les meubles. Ce mot vient de phuiuiil^ 
houssoir de plume , ou plumofeau ou pbuneau. 

PocARD (un) , se dit d'un p^t^ , (tache d^encre.) On 
dit : ceUefeuiUe de pajner est pleine de pocards , vmla 
un gros pocard* 

PocHE ;,de la\ C'est une mauvaise boisson faite avec 
de la lie de cidre et de Teau. On en fait beaucoup a 
Rennes, danslaruedesPetites-Hannes. f^o)rz Hannes. 

PocHON (un). Un sac de papier. On dit : mettezdu 
Sucre dans ce pochon. 

PocRES. Grosses mains sales. On dit : ks vilaines 
pacres , pour les vUaines mams. 

PoG.\N£R, verb., pour tamponer^ se dit ordinaire- 
ment pour cxprimer Taction d^une personne mal- 
propre , qui manie salcment de la viande ou toute 
autre chose. On dit : il a pogand ce plat de legumes. 

PoGANOUX y NOUSES. Sales , mal-propres. On dit . 
it a les mams ioutes poganouses , pour toutes sales , 
toutes dSgoulantes. 

PoNiCHE , pour taloche. On dit : si tu continues , iu 
' attraperas pdniche. 

PoRTAiL le), se dit pour /wr/^ cochkre. On dit : On- 
7)rez leportail, pour faire erUrer la voiture, Ce mot est 
fran^ais, pour dire le frontispice d^une eglise, sa fa9ade, 
une principale porte dccor^e. On nomme portillon , la 
petite porte qui est dans la porte cochere. 




265 

PoTEAU , pour fKAr-aA'eau. On dit : meUez de I'eau 
duns lepoieau. 

PouiLLEE , verb., ^mv passer un habit. On dit : €Udezr' 
moi d pouiUer ma robe ; pouiUez-moi mon habit. Ce 
mot est fran^ais ; mais il sigiiifie chercher des poux 
et les tueTy ou ( en terme populaire ) , dire des pouiUes 
ou des injures grossi^res. 

Poux (des). Nom que les paysans des environs dc 
Rcnnes donnent k la bouillie de sarrasin dem^l^e avec 
de Teau. Voyez Groue. 

Prunbr. Fairc des enfans. 

Pun JOT , PiMJO ou Pingbau. Un petit vase de fer- 
blanc , pour puiser de Teau ^ la fontaine. C^est le petit 
bidon des soldats. 

PuRONS (des\ Boutons qui viennent sur la peau. 
Les oiseaux qui ont un petit bouton blanc sous la queue 
ont lepuron, comme on dit^ Rennes. Ge mot est fran- 
9ais ; mais il signifie du petit-lait ^pur^. 

Q. 

QuARREE ou CARREE (la). C^est une potence quarree 
ou Ton exposait des pendus dans Tancien regime : elle 
ctait situc pr^s Rennes, dans Tarrondissement de la pa- 
roisse SairU-Helier. 

QuETERONS (des). Badies dessech^es au soleil ou au 
four. 

QuETTES (des) , pour des jambes maigres ; on dit : 
voyez ce grand fiandrin avec ses granites ifuettes. (On 
le prononce ket). 

Quintain £ (la). Cetait un ancien droit feodal dc 




266 

TEvlque de Renncs, abb^ de Saint-Melaine. Tous les 
hommes dc sa juridiction qui se mariaient, ctaient^ lisi 
premiere ann^e de leur mariage , obliges , sous peine 
d^amende , dialler le dimanche de Quasimodo , k che- 
val avec une gaule de bois k la main , et de la briser 
du premier coup, contre un poteau ou ctaient les armes 
de Tabbe de Saint-Melaine. La rue ou cette c^remonie 
avail lieu , se nommait rue de la QuirUaine ; elle dtait 
devant les murs du jardin Episcopal , et le poteau ou les 
marics brisaient leur baguette etait & Tentrce de cette 
rue ; on appelait cette ceremonie coarir la quintame , 
quoiqu^on all^t au pas. P'ojez Chepauch^ de M"* 
lAbbesse. 

R 

Rabine , (la), pour Tavcnue. Se promener dans la 
rabine , pour dans Vcwenue. 

Raie. Lignc. Cc mot est fran^ais ; mais on s^en sert 
peu dans cette acception, tandis qu^a Rennes on dit 
toujours : je vaisfaire des raies d mon papier y pour 
je vais regler mon papier. 

Randonneur , pour rab^cheur : it repHc toujours la 
mime chose ^ cestun vilain randonneur. 

Ran JOT, pour seau. On dit :j*ai laissS iomber le 
ranjot dans le puiis. 

Ranjotee d'eau. C'est un seau d^eau. On Aii :vaau 
puiis me iirer une ranjotie deau. 

Rechigner, verb. Manifestcr de la mauvaisc hn- 
mcur ; tu rechignes toujours (juand on veal f aire telle 
chose. 




267 

RiBOTT£ (une), pour barattc. Vasede bois dans Ic 
quel on bat le lait pour faire du beurre. 

RiBorrtf . (Lait.) Lait de beurre , lait baratt^. 

KoLEB, Y. pour rouler. On dit : rolez^moi ks cfu- 
pour roulez moi les chei^euxT 

RoL£T (un). De dix sousjadisenliards, maintenant 
en centimes : c^^tait 4o Hards , et aujourd^hui 5o centb- 
mes roules dans un morceau de papier. 

Rote. C^est un petit sentier qui s^ trouye dans un 
chemin. On dit : vous suiorez la rote le long du champ. 

Rougher, verb., pour ronger. On dit : dormez vos 
OS d roucher au c/uen. 

RouLEE (une). C'est la m^nie signification que lemot 
roustee \je te donnerai une bonne rouiSe ^je te rousteraiy 
tu recei^ras lafestoupee. Voyez FestoupAb. 

RovsiNE (de la), pour r^sine. C^est une espice de 
chandelle jaune fonc^ , mince et tres-cassante, que I'on 
fixe sur une petite fourche de bois , sous le manteau 
de la cheminde ; car on ne pourrait en supporter la 
fumee dans une cbambre. II n^y a que les paurres ou 
les cuisini^res qui en fassent usage. On dit lyW achetS 
de la rousine. 

RousTi^E (une) , Rouster , verb. C'est Taction de 
frapper quelqu 'un ; on dit , d^un enfs^nt , que son pere 
biia donn^ une fameuse roustSe. 

RuTAssE (une). Femme de mauyaise vie. 

RiTTASSiER , synonyme AQfemeliet. f^oyez ce mot 

s. 

Saquee , pour arfacher. On dit :je vats te saquer du 




268 

paU, pour 7^ vais t'arracher des cheoeux. On dit : 
quez le cordon de la sonrteUe. 

Saut des mariees (le). Le premier dimanche de Ga- 
r^me , toutes les mariees de la juridiction de TAbbesse 
de Saint-Georges etaient , sous peine d^amendc , obli- 
gees dialler ^ Saint- Uelier ^ paroissc des faubourgs de 
Rennes ; 1^ ^ apr^s v^pres , dies cntraient dans le cime- 
tiere , et sautaient , en chantant une chanson relative 
4 ce droit , par-dessus une pierre d^cnviron un pied de 
haut : quand il faisait beau , c^ctait un but de pro- 
menade pour voir sauier les mariees. 

S£iLLE , pour seau ^ mettre de Teau: cc mot est fran- 
9ais , mais vicux et c'est le nom du seau dans lequel 
on porte le raisin , au lieu qu'^ Rennes on dit toujours 
le Ranjot , ou la seille. 

Senailler (se > pour se harceler en se battant , ou 
avant de se battre : ce mot a du rapport h se'chamiMil" 
ler^ se chicaner. 

SiAU ou ciOT. Se dit pour seau it mettre de Veau. 

SouiLLE(une). C^est le linge qui enveloppe Toreiller. 
On dit : donnez-moi une souille blanclie^ pour donnez- 
nioiune iaie doreiller blanche. 



Talon de pain. C'est Ventame. Cc mot est fran^ais 
et se dit beaucoup ^ Rennes, avec les mots cliarUeaUt 
duff on, iouine, qui ont la m^me signification. Voyez 

CUIFFON et TOUINE. 

Tampon NER ; verb. Sc dit pour toucher ^ tout. On 
^\.\iues ioujaurs ii iarnponner. Cc mot est fran^ais , 




269 

mais dans uno autre signification, iamponner signific ^ 
en frangais , toucher acec mi tampon. 

Tamponiek , TAMPONNE. PcFSonne mal-proprc qui 
touche ^ tout. On Ic dit aussi pour exprifner ses 
repas: Jevais aller faire ma tamponne , poury^ vols 
Jaire moi-mime mon diner ; on dit aussi : cct homme 
est un tamponier , il aime a toucher a tout ; on dit en- 
core : cettefemme est une vilaine tamponne , pour telle 
est sale et mal-propro. 

Tantine et TONTON. C'est une tante et un oncle. On 
dit : bonjow ma tantine , bonjour mon tonton. 

Taupin vaut bien morette. Proverbe qui veut di- 
re , run vaut bien Tautre. J 'ignore Torigine et lYtymo- 
logie de ce proverbe ; mais il est tris-usit^ parmi le 
peuple , 4 Rennes. On dit : irons-nous promeher di- 
manche au Tabor o£#aiiBois-L' abbe. — Celam^est^gaJ, 
taupin vaut bien morette. Je crois que taupin yient de 
la taupe , qui est noire ; et Ton dit vulgairement noir 
comme taupin ; et les mores ctant noirs aussi , on dit : 
taupin est noir comme morette, c^est-4-dire , la taupe 
est noire comme un more ; Vun vaut T autre , taupin 
vaut bien morette. 

Teutee (une), pour ribotte. On dit : nous aQCfnsfaii 
aujourd'hui une bonne teutee. 

TiNGO (un). G'est un vieux pot cass^ , fi^le on ^gueu- 
le. On dit : c'est un vieux tingo. 

TocsON (un), Get un homme grossier sans educa- 
tion , on dit : un gros tocson. 

ToNDE (de la), pour de Tamadou. On dit : dormezr 
moi un briquet et de la tonde. 




270 

TossER, verb. So dit du cidrc ; ee cidre tosse ben, 
cVst-a-dire , porf£ bien a la iiU, 

TouiNE PE PAIN ( une ). C'est un gros morceaa 
de pain. On dit : dormez-moi une bonne tomne depain^ 
carj 'ai grand faim. 

TouRNETTE (la). C'cst unc petite pelle sans rebord, 
dont on se sert pour faire de la galette: quand la p&- 
te est cuite d^un cdte , on passe la toumetie en-des- 
sous pour la retourner. 

Trabasse. G^est une bobiUone. Yoy. bobillone. 

Travouil (un), pour devidoir sur lequel on met 
le fil en echcveaux. Ce mot, tr^s en usage i Rennes , 
Test pen dans le langage epure ; neanmoins il est 
fran9ais. 

Tribard. Ce sont les trois batons que lea cochons 
ont au cou, pour les emp^cher d^entrer dans les 
maisons. 

Trique. Parement de fagot. 

TuiLE A GALETTE (la). C'est une esp^ce de po^le en 
fonte, hi fricasser, qui n'a ni queue, ni rebord> mais 
seulement un anneau de fer pour racrocher ^ un clou 
quand on ne s^en sert plus. II y en a de difTcrentes 
grandeurs ; on place cette tuile sur un trepied , on la 
graisse avec du beurre ou du sain-doux, on etend en- 
suite dessus de la farine de ble noir dclayce avec de 
Teau , un peu d' eau-de-vie et des oeufs ; c'est avec cela 
qu^on fait la galette. Quand la galette est cuite d^un 
roh^, on la retoume vivemont avec la tournette. 




271 

u. 

Urge, ifi/Se dit de quelque chose qui, en cuisaht 
dans un pot, a pris un petit gof^t et une odeur de brul^ ; 
mais qui rve Test pas tout-a-fait. G^est un goAt de va- 
se bridle qui se communique au mets qui y est conte- 
nu. Je crois que ce mot vient diurceus , petit vase. On 
dit : ceUe boutlie est urcee^ ceUe soupe a un godi d*wxe. 

Urcee (bouilue). Ancien droit feodal. II y avait 
jadis ^ Rennes un droit par lequel les chanoines de la 
cathddrale devaient aller , le mardi de Piques , chan- 
ter une grande messe 4 Tabbaye de Saint-Georges, et 
en revanche , les religieuses leur donnaient ensuite & 
manger force bouillie qui devait ^tre utcSe , ce dont 
Ic grand chantre s^assurait en mettant Tindex dans la 
chaudiere , et la goAtant ainsi. Comme ordinairement 
cette bouillie ^tait fort bonne, les chanoine^, musiciens, 
choristes, etc., en rapportaient chez eux plein des e- 
cuelles , et revenaient ainsi proceasionellement avec 
Taumusse sur un bras , et unplatde bouillie de Tautre. 
( y oyez J pour les details de cette ceremonie , le roman 
intitule : Man histoire ou la tienne , eu 3 volumes, tome 
premier , pages 112 el suwantes ; et pour les principaux 
droits feodaux de la ci-deva^t province de Bretagne , 
' le chapitre exidtt^page io5, m^^^ volume). 

Urger, verb. Signifie prendre un goAt de brule. On 
dit : cette bouillie va urcer, elk urcera. 



Yenelle (la). On prononce vnde. Se dit pour ruel- 




272 

Ic. On dit : la v'nele du lit, pour la ruelle du liL 
Ce mot est vicux fraii^ais pour exprimer une petUe 
rue. II est encore en usage dans cette expression pro- 
verbiale et populairc : enfiler la venelle , pour prendre 
la fuite. 

Verdee (une). ^oj. Roustee. 

Verette (la), pour la petite verole. Les gens du pcu- 
plc disent : cet enfant est bien marque de la verette. 

Verge (une). De de fer d'un tailleur, ouvert \ sa 
sommit^. 

Vesprees, apres les \^pres. Vient de vesper, le 
soir. On dit : nous irons nous promener a la vespr^c. * 

Veule , pour fatigue , mou , enerv^. On dxi : les' 
bains me rendent veule ; ou bien , regardez ce grand 
veulej pour ce grand homme mou. 

Veze (une). Des vezes. P^oyez Benilleux , c*est la 
m^me chose. On dit : nous allons danser au son des 
vezes. 

ViDELLE (une). Se dit pour reprise , racommodagc 
fait 4 un v^tement. On dit \faites une videlle d. man 
bos, a ma robe, a mes culottes » Ce mot est fran^ais, 
mais dans une autre acception ; c'est un instrument de 
p^tissier, un outil de confiseur. Le mot videlle^ en 
Bretagne , vient de vipeUe , qui se dit d^une reprise en 
forme de dentelle que Ton fait au linge ou il y a un 
trou , et ou Ton ne veut pas mettre une pi^ce. 

Vile (Boeuf). Voy. Boeuf-vil^. 

ViNETTE (de la), pour de Toseille. Mettez de la vi- 
nette dans la saupe. 




H'JZ 



^s^ 



COUP-D'(FJL 

Sur i^emploi de la langue latine dans les actes anciens , et sur sa 
prohibition au i6* si^cle ; par M. Berriat-Saiio'-Prix , 
Membre resident. 

On salt que la langue latine a cte presque exclusive^ 
mcnt employee dans les actes publics en France , jus- 
qu^au 1 6' siccle , et que les autorites civiles , surtoiitles 
fonctlonnaires de Tordre judiciaire , y etaient si forle- 
ment attaches, qu'il fallut plusieurs ordres de nos Rois, 
transmis pendant pres d^un si^cIe et demi (de i49o i 
1629), par cinq ou six edits , declarations , etc., pour 
les contraindre a se servir de la langue fran^aise. f^. 
noire disc ours sur les vices du langage judiciaire ^ lu en 
seance publique , a Irlcole de Droit de Grenoble, le 24 
aout 1807 , et insere dans le Magasin encjclop^dique 
de MUlin^ Janvier 1809 , torn, i'% p. 40 et suivantes. 

Cette longue persistance des Magistrati , qui certai- 
nementcomptaientparmi eux, a cette epoque, un grand 
nombre de personnages des plus eclaires du royaume , 
est un phenom^ne assez singulier pour m^riter de fixer 
un moment notre attention. 

Auraient-ils pense que le syst^me nouveau , consacre 
par les ordonnances, nVtait que Ic fruit d^un caprice 
litteraire de Tautorite supreme, dans lequel une faus-- 
se hontc Tengageait ^ persister, et par W m^me, au- 
raient-ils etc persuaders que leur ancien idiome ofTrait 

24 




274 

trop d'avan tagcs pour ne pas espcrer que les M onarques 
micux rcflechis reviendraient sur les regies ou lU Ic 
proscrivaient ? 

On serait tente de le croire si Ton reconnaissait 
comme la veritable cause de ces regies dc proscription, 
celle qu^indique un fameux critique du 16^ si^cle , 
Francois Hottoman , dans son Anii - Tribonien , 
{ch. 1 3), et dans son MonitorialeMaihagoms de Maiha^ 
gonibus, 

Selon Hottoman, en effet, Francois P' se decide h. 
defendre Tusage du latin pour les actes, parce qu^il fut 
averti que , dans le prononce de quelques , arrets , 
on se servait de ces tcrmes etranges; qui, il fant Ta- 
vouer, ne se trouvent ni dans les lois romaines, ni 
dans quelque auteur latin que ce soit : debotamus et 
DEBOTAviMUS , (i) uous Ui^ons dehouie et nous diboir- 
tons^ expressions barbares que, pour ledire en passant, 
on lit encore avec regret dans des jugemensmodemes. 

Proscrire Tusage de toute une langue, parce qu^on 
emploirait une expression unique qui lui serait ctran- 
gere , serait , en effet , agir avec une Icgiret^ qui d^no- 
terait plutot un caprice qu'une volontd r(?flechie. Voili 
ce que , dans cette supposition , auraient pu se dire les 
Iribunaux fran^ais, et ce qui aurait pu aussi )ustifier, 

)usques a un certain point, leur resistance. 

■ , ^ ■_, — . — ^_^ — . — ■ — . — ^ — ^ — .^ — . — 

(i)Pr(C5es, <lit Hottbman dans le Matha({onis, etc.: Prases rvmr 
parlamenti in am^io pronuntiando dixerat debotamus et debotavi**' 
mus, de quo rex Franciscus^ ut tfuidam dir.wit , multum riserai ; iit alii, 
multuni iratusJueraL . . . On voil qu^il ne cite I'anecdote que coin- 
ine un ouidire^ ct il la cite 36 ans ( iSyB) apr^s T^oquc ii laquellc 
die se rapporle (iSSg). F(t)\ ci-apres pag. 396 , note E, 




27^ 

Mais la Eaussctc dc Tanecdo^c est prouvce par la 
date de la decision dc Francois I" : on la trouve dafis 
Tarticle 1 1 1 de Tordonn^nce de Villers-Cotterets , pu- 
bliee seulement en iSSg; et des 1490 1 ou 4o annces 
auparavant , Charles VIII avait prescrit d'ecrire les 
depositions en fran9ais, et des i5io, ou 29 annees 
avantla loi de Villers-Cotterets, Louis XII avait renou- 
\e\6(^ibid.art. 47) la mesurc de Charles VIII {P^oyez 

mime Discours) Cc n'est done point a Francois I" 

qu'on doit la jMremiere idee du nouveau systeme : il 
eut seulement le merite d'etendre i toutes les esp^ces 
d^actes , ce que ses deux pred^cesseurs n'avaient exig^ 
que pour unc seule. D'ailleurs , avant cctte mesure ge- 
nerale , il en avait deji pris lui-m^me une particuli^re 
du mdme genre, en i532, pour les actes des notaires. 
f^Ofez Table mss. des (Sdits, etc.^ enregisir^s au parte- 
merit de Toulouse , Btbl. de Grenoble , /i* 217. 

II n'est done pas vrai que ce soit le dcgout inspire k 
ce Prince par Femploi que faisaient les tribunaux, 
pour indiquer quUls rejetaient une demande , par Tern, 
ploi, disons-nous, d^un terme amphibie correspoii- 
dant y au moins en apparence , k Taction d^dter des 
bottes {debotamus), qui Tait pu determiner ^ proscii- 
re Tusage de la langue latine. 

Ce n^est done pas non plus Tidee que sa disposition 
ctait I'effet d'un caprice litleraire , qui aura determi- 
ne les Magistrats ^ la meconnaitre ; car il est assez 
rcmarquable, i*que vingt-six annces aprcsTordonnance 
de Villers-Cotterets , les cours supcrieures se servaient 
encore du latin, « pour les reponses sur requites, 




276 

^t pour Ics enregistremens des Ibis royales j> (i), et 
qu^on fut oblige dc le leur defendre, en i563, pat 
Tordonnance de Roussillon {art. 35). 

2" Qu'auboutdcquatre-vingt-dixann^es, ouen 162^, 
on fut egalement oblige dc faire la m^me defense, pour 
les procedures et jugemens, aux tribunaux ccclesiasti- 
ques {Code Michcmd , art. 27). 

Les Magistrats auraient-ils plut6t ete persuades que 
la langue latine ctait bien plus avantagcuse que la lan- 
gue fran^aise , pour les actes civils et judiciaires ? 

Si Ton reflcchit qu^une moitie i-peu'-pres de la 
France etait regie par des lois ccrites en latin; et Fau- 
tre moitie par des coutumes puisees souvent dans les 
memes lois, il semblerait qu^en efTet, Temploi de cet 
idiome dans les actes et les jugemens aurait pu ha- 
bituer les particuliers et les hommes de loi 2i mieux etu- 
dicr le texte des regies, et ^ s^y conformer avec plus 
de scrupule. Mais cette consideration n^auradt pu dtre 
de quelque poids aupres des tribunaux du iG^'siicle, 
qu^antant que le latin employd dans les actes , aurait 
ete precisement le latin elegant qu^on trouve dans la 
partie la plus importante du corps des lois romaines , 
c'est-i-dire leDigeste; et il aurait fallu en outre, que 
ce latin fut compris par runiversalitc des particuliers, 
puisqu^autrement ils auraient etc induits souyent ^ ap- 

(i) Ces r^ponses et enregistremens formaient des disparates 
d^aatant pins choquantes , que les requites et lois au bas desqnelles 
on les insrrivait elnicnt.en langue fran^aise. 




277 
prouver des conventions et des dispositions etrang^rcs 
a Icur volonte. 

Or si Ton jette un simple coap-d*ceil sur qaelques 
uns des actes anterieurs 4 Fcdit de 1 490 , qui le pre- 
mier dcfcndit la languc latine pour une esp^ce de pro- 
cedure (les depositions) , on est bientot convaincu que 
leur latin ne ressemble pas plus k celui du Digeste , que 
le patois proven^al au fran9ais du Dictionnaire de T A- 
cademie. 

Nous en allons citer quelques fragmehs , en suivant 
Tordre des si^cles, et indiquant les phrases fran^aises 
qu'ils devaient reproduire. 

iio5. Si quelqu^un veut faire annuler mon testa- 
ment... Si qiUs meum testamentum cassare ieniai^eni. 
— Voy. testament de Raimond, comte de Toulouse , 
dans Catel, Hist, des comtes de Toulouse, p. 148. 

1 127. Le dimanche , on donnera aux moines du 
mouton... et dans certaines CStes, des pois chiches avec 
du lard.... Doneniillis in domiriicis diebus camem MOT- 

TONINAM in quartis feriis , cicerones cum laiux). — 

Statuts de Pabbaye de Saint-Paul de Narbonne, aa 
Gallia Christiana , t. 6, Preuvcs, p. 33. 

1 1 52. Je jure que je ne vous fcrai aucun tort, ni 
aucun homme ou femmc dependant de moi« par moa 
conscil ou de jnon consentcment.... Juro quod ego non 
capiarn te ncc uUus homo velfemina per meum con^ 
siliuni vel per meum consentimentum. — Sermeut do. 
vicomte dc Marseille, ibid., t. i, parU.2,p. 11 2. 




278 

1 1 58. Cctte donation a 4t6 faite au palais de Car- 
cassone , dans la chambre qu^on appelle ronde , quoi- 

qu'elle soit quarrde Q^^^ dona fuerurU peracta in 

camerd palaiii Carcassonce , quw vocalur rotunda , 
guamids sit quai»iata. — Donation faite par Raymond 
Trencavel, dans n. Yaissette, Hist, du Languedoc, 
t. 2 , paTt. 2 , p. 568. 

1 1 97 . On paiera pour une balle de laine , 3 mailles ; 
pour une charge de poivre , 6 dcniers... Una bala de 
land , ires mezaiUas ; una carg a piperis , sex denarios 
— Transaction entre TAbb^ et les habitans de Villc- 
magne, diocese de Beziers , au Gallia Christiana^ t. 6, 
part. 2 , p. i44- 

1 280. Nous leur donnons le pouvoir de connattre 
des actions reelles des immeubles ou heritages.... Cb/i- 
cedimus potestaiem cognoscendi de actionibus immabi- 
lium seu HEREDirAGiORUM. — Charte de Saint-Louis 
en faveur de i'ev^que et de Teglise de Maguelonne, 
dans D. Vaissette , t. 3 , part. 2 , p. 35o. 

1 234* II y eut \ la suite d'une peste une si grande 
mortalite en Poitou , que chaque jour les corps de cent 

pauvres dtaient places dans la mcme fosse ou cave 

Fuit tarda mortalitas subsecuta lU centum pauperes 
una die sirnul conderentur in eddem FOSSA seu c AVEA- 
— Chronique mss., dans Catel, Histoire des comtesde 
Toulouse , part. 2 , p. 1 34. 

1 248* On a donne \ cens une vigne qui est aupiis 
de la montee du bourg de Yif..... Quce vinea est apud 
MoNTATAM dc l^^u^o, — Accnsemeut , dans Valbonnais , 
Hist de Dauphinc, t. i, p. 96. 




^79 
1 276. Pour comprendre les |Mis6aged suivans, il faut 
savoir qu'au i3^ sieclc , ct en Bauphiiie , on punissait 
les adultcres en les faisant trotter^ c'est-i-dirc^ courir 
nuds, au travers de la ville, du bourg^ etc., ou ils 
avaient commis leur crime. Alors pour indiquer qu^on 
avail infligc cettc peine ^ certains individus , on disait: 
fueruni trottati nudi... trottati sunt... fecit eos trot- 
TARE, ctc....Et a regard d'une femme qui la subit, et 
dont les cheveux etaient abattus jusqu^a la ceinture.... 
Fuit TROTTATA per magriam carreriam (la grande 
rue) et erat dechevelata et nuda usque ad corrigiam. 
— Enqucte tiree du Mss. de Thomassin, et extraite 
dans nos Observations sur la police , etc., Magasin en- 
cyclopcdique de Millin , i8o5, t. 6, p. 25i et suiv. 

1347. Conipte de la destruction des ranrailles..... 
Construction qui a ^le donn^e 4 prix fait..« GoMPUTUM 
de MURAiLLiis coNSTRUCTiSi..... Quos MURAiLLtfi; dmios 
fuerurUfacere ad pretium factum. — Conipte du rec- 
teur de Montfleury pr^s Grenoble, dans Yalbonnais, 
t. I, p, 84. 

i424- Nouspla9onsces femmes sous notre protection 
et notre sauve garde.... Sub proiectione et salva gar- 
DiA nostra pommus. — Lcttres patentes de Charles VH , 
en faveur des fiUes publiques dc la grande abbaye de 
Toulouse, dans Catel, Mem. de Languedoc , p. 187. 

1 43 1 . On demande que cetle femme soit declarec 
sorcierc.... Quod dicta Jemina declaretur sorceria. — 
Proces dc condamnation de Jeanne d^Arc, Mss. lat. 
B. R., n« 5965, f. 63. 



* I 



i 




28o 

Idem. II fallait qu^elle fAt prisonnierc... Oportebat 
earn esse prisonnaiqam. — Ibid., f. 64. 

Idem, Elle prit une robe courtc qui n^allait qu^au 
genou.... Se indidt ci3RTA roba usque ad genu. — Ibid.^ 
f. 69. 

Idem. Intcrrogcc sur le danger auquel nous nous 

cxposerons IrUerrogata de dangerio in quo nas 

ponebimus. — Ibid, f. 81. 

Idem. Si elle tenait cct homme, elle le ferait mettre 
en quatre pieces.... &'TEN£RETez//ii,yacere/t)95iim scm- 
di'in quatuor feci AS. — Ibid., f. 87. 

Idem. Elle craignait que les Bourguignons ne mis- 
sent obstacle ^ son voyage. . Ne impedirenl suum 
voYAGiuM. — Ibid., f. 88. 

Idem. II y avait 5o flambeaux ou torches Erant 

(/uinquaguUa t^ed^e seu torchla. — Ibid., f. gi. 

Idem. lis voulaient faire une escarmouche... P^o- 
khantfacere unam escharmoucham. — Ibid., f. 96. 

Idem. II est bien d'observer les f(Stes deNotre-Dame, 
d'un bout ^ Tautre... Bene est servarefesta nostrce Do- 
minas^ AB UNO buto usque ad alium. — Ibid., d. f. 96. 

1456. Elle gardait les bestiaux ^ son tour... Anima- 
lia cusiodiebat ad TURNUM. — Proems de rcvbion de 
Jeanne d'Arc , Mss. lat, B. R., n* Sgyo, f. 52, 53, 
54 , etc. 

Idem. Elle se pla^a sur le bord du fosse PosuU 

se supra bordum fossati. — Ibid., f. 66. 

Idem. II mouiut en se faisant faire la barbe... Mor^ 
Urns est FACiEN DO FIERI BARBAM suam. — -Ibid., f. 88. 




a8i 

Cos exemples, qu^on pourrait multiplier a Tinfiiii (i), 
ct il suffirait ]iour cela de parcourir les Glossaires de 
Ducange et de D. Carpenticr, prouvent suifisam- 
inent la grande difference du latin employe dans le 
moyen dge , avec celiii du Digeste , dont on a cclcbrc 
souvent Teldgance (^oy. notre HisU du droit rotnain^ 
1821, in'9>''^ p. 1 63); ou plutdt il en resulte que ce 
prctendu latin n^etait fort souvent qu- un mauvais fran- 
9ais latinise. 

11 eat^jionc clair que les tribunaux du 16^ si^de ne 
pouvaient fonder leur predilection^ pour cet ancien 
langage sur sa conformite avec celui des lois , lors- 
qu'on publia, en 1490, la premiere ordonnance qui 
Ic proscrivit. 

Toutefois comme rimprimerie elait decouverte 
depuis environ 4o ans , on pourrait croire qu^elle avail 
assez favorise les progres de Tinstruction , pour qu'au 
commencement du 16' siccle , Fidiome des actes sc 
fut perfcctionne, et en m^me-temps rapproche de celui 

des lois romaines Mais Jes recherches que nous 

avons faitcs , montrent que les tribunaux ne pouvaient 
pas mieux s^autoriser de cet exemple. II suflira de 
citer encore quelques fragmens d^actes posterieurs i 
Tordonnance dc il^^o. 

1 5 12. Notre Cour , par son arret, a absous, quant 
a present, les defendeurs precedemment nonunes, 
des dcmandcs , requites et conclusions des deman- 

(i) Voyez, k la fio du Coup-d'aeil , la note A> 




!&82 

deurs... Prcefaia curin nostra per suum arrestum 
prelibatos de/ensores a d&mandis ([),REQU£sns ei 
conchisionibus actorum absoh>it et absohut. — Arr^' 
mss. dc Paris, aux Archives royal. , sect, historique. 

1 5 14. Vu le present comptc , dont la rcccttc se 
monte ^ la somme de... y campris ce qui restait du 
precedent;., et la mise ( d^pense ) a la somme de,.. 
on a trouve que la recette excide la mise,dela somme 
de... y^iso presenti compoto... cujus regepta asckeibit 
ad summam.... precedeniis gomfoti resta ^ampre- 
hensa... misia i/erohu/us presentis gompoti iui sum-- 
mam... compertum extittt quod regepta excedit mi^ 
siAM de summa , etc. -^ Comptc du Procurtur de la 
Chartreuse de Vauvert pres Paris , aux m^meb Archi- 
ves , sec. administrative (Tous les compteSi et 11 y en 
a jusques en i520 , ont i pcu pr^s la m^e formate) 

1 523. II faut faire deux bonnes et grosses arches 
( digues ) de bois, contre le Drac ( torrent)... Opor- 
ietfacere duas RON as et grossas archas nemoris con^ 
tra Dravum.. — Registres mss. des deliberations dc la 
ville de Grenoble , i3 fevrier , f. 24. 

1525. Oh a fait une proposition sur rencherisse- 
ment des cuirs et des souliers...-Rnt>/K)5/Vi//n.„dlriNCA- 
RiATiONE coriorum et soruLORtjM. — Ibid. , 17 Kvrier, 
f. 18. 

1 526. Autre proposition sur ce que le bl^ est fort 
cnthcri... Proposilum qma BLADUM fitit et est valdi 
INCARiATiTM. — Ibid., 19 octobre , f. 72. 

(1) Voyez, a la fiu <lc cc mdmoirc, la note S. 




283 

1 53 1. Lcs professeurs auraient dA entretcnir ( ob- 
server ) les statuts... DebmsserU intertenere slatuta. 
— Arr^t mss. du pari, de Paris , du i3 juin, aux Ar- 
chiv. royal. , sect, historique. 

Idem, Le m^me arret chargeait un juge subalteme 
dc faire une information. Dans ces cas, les arrets ajou- 
taient, et tela se pratique encore , la formulc sui- 
vante : Pour , ccttc information faite et rapportc?e 
( renvoyee ) i la Cour , ^tre statu^ ce quMI appar- 
tiendra. Celui-ci Texprime en ces termes : Pr6 , eadem 
u^crmatione fctcia et report at A cunas , etc. 

1 539. Ladite Cour, ayant entendu les comparutions 
dcs parties, a rendu son ordonnance de la teneur 
suirante : Yu lcs comparutions (1) et autres actcs ai 
voir, etc... Curia prefata comparitionibus pariium 
auditis suam tuut ordinationem ienoris sequentis : 
Visis comparitionibus et aliis videndum , etc, — 
Andt du parlement de Grenoble , du 29 Janvier, aqx 
Reg. m5s. de la ville , f. 182. 

C'en est bien assez , Je pense , pour ctablir que de- 
puis Tordonnance de Charles Vlll ( 1490 ), jusques h, 
cellc dc Francois P' ( 1 539 ) , Tidiome latin des actes. 

'^ne s'ctait point amcliore, et que sous ce rapport, la re- 
sistance des tribunaux nVtait fondce sur aucune 

.raison plausible. 

L\*tait-elle au moins sur la consideration, impor^ 
(1) Taiitdl ik les voieni, tanldl ils lcs cntcndent. 




284 

tante que ce barbare idiomc ctait plus usitc que la 
langue fran^aise , ou au moins qu^il e^tait compris de 
la plupart des Fran^ais , selon Fopinion de beaucoup 
dc personnes, qui croient encore qu^au 16' siecle, la 
langue latine etait en France , une langue k pea pres 
familiere ? 

iVfais les actes que nous avpns dccouverts d<^mon- 
trent aussi combicn h cet egard on est dans Perreur ; 
et c'est surtout pour dctruire cctte erreur que nous 
avons redige notre Mcmoire. 

Nous avons puise le premier dans les Registres 
manuscrits des conclusions, ou deliberations du Con- 
scil de la ville de Grenoble , dont nous avons dejSi 
cntretcnu la Socicte (i). II sagit d^une deliberation 
prise le 26 juillet 1 538 ( d. regisL ,y. gS ) ; et , pour en 
apprecier Timportance , il faut observer : i* que Gre- 
noble ctait, (il Ta tou jours ctd, jusques au Code civil,) 
chef-lieu d^un pays de droit romain , pays dont les 
gens de loi devaient connaitre la langue elegante du Di-^ 
geste ; 2? qu^il yavait toujours plusieurs gens de loi dans 
le conseil de la ville ; 3*" que loutcs les deliberations 
anterieures sont ecrites en latin, ou plut6t dans un fran- 
^ais latinise ( f^oyezendcsexemples ci-dei?ant, p. 282) 
qui dcvait etre moins difficile h comprendre que celui 

(i) Voyez nos Rcmarques sur les jeux desmyst^res, aox m^moi- 
rcs de la Soci^t^ royale des Antiquaires, t 5, p. i65 ct suivanles. 
On y rapporle ( p. 167) une ddib^ration de i535 , oik Ton trouvc 
aussi des exemples du lalih de cc temps, tels que, acceptare rotu- 
LUM, el ludere peksonaoium, pour accepter un rdle et joucr un 
pcrsoDuage ( dans une piece de thedtre ). 




285 

du Bigeste , pour Ics homines etrangers a Tctude des 
lois romaines. 

Yoici maintenant son texte , pro lUjacet « Propofli^ 
» qu'il y a de MM. les Consuls , Conseillers et autres, 
» qui sont plusieurs fois appcles aux conseils , tant 
» gcneraux que particuliers, que Ton faict plusieurs 
» fois en ceste cite de Grenoble , ne n^entendent Ic 
» latin , et dcs autrcs que bien petit y entendent , s^il 
» seroyt bon pour evicter-tout soppesson et afin que 
» chescun mieux Tcntendent descripre dores en ad- 
» vant toutes propositions et conclusions de ceste dite . 
» cite qui se feront aux d. conseils en langue vul- 
» gayre.... conclud... que tout ainsi que en langue 
» vulgayre Ton propouse et conclud que aussi Ton 
» escrira les propositions et conclusions, etc ». 

Cc textc est vraiment precieux. On y aura surtout 
remarque ces expressions naives , plusieurs des Consuls 
et Conseillers n^entemlent le latin , et des autres bien 
petit J entendent; et Tcnonciation du fait reniarqua- 
ble , que tout se proposait et discutait precedemment 
en fran^ais , de sorte que la redaction seuie etait en 
latin 9 et appartenait au seul redacteur. Enfin, ce texte 
est d'autant plus dccisif , qu'il est anterieur de i3 mois, 
a Tordonnance de Villers-Cotterets ( aout iSSg ) , et 
que par consequent ce ne fut point un desir de plaire 
au Roi , en adoptant sou systeme , qui determina les 
membres du conseil de Grenoble , ^ proscrire la 
langue latine , mais seulement la circonstance qu^elle * 
ctait reellcmcnt trop peu connue (i). 



(i) Voyez la note tT, ^ la fin de ce m^moire. 




286 

Pcut-^trc pensera-t-on qa^il en ctait autrement dans 
la Capitate , oii la civilisation avait sans doute fait dt5 
|iirogres bien plus rapidcs que dans une ville du 3* ou 
4' ordre , telle que Grenoble... 

Nous n'opposerons point ^ cette conjecture sp^- 
cieuse , le fait que toutes les deliberations du conaeil 
de ville de Paris , des les tempiis les plus anciens de 
lehrs registres, c^est-^-dire d^s i499y ^^nt ecrites en 
Fran9ais , parce qu^on pourrait nous r^pondre que 
cela a peut-^tre tenu h quelque consideration parti- 
culiere , ct non point ^ un defaut de connaissance de 

la langue laline Nous nous appuierons sur une cir- 

constance plus decisive, que nous foumissent des 
documens du m^me genre que ceux de Grenoble , 
c'est-i-dire les Registrcs des deliberations du conseil 
de Paris , ci-dessus indiqucs. 

Cellc dont nous allons rapporter un fragment , 
concerne Ic pont Notre-Damc existant aujourd^hui. 
11 etait primilivement en bois, et il fut emporte par 
la Seine , le 25 octobre i499- ^^ arr^ta: i* de Ic 
refaire en pierre de taille ; 2** d'appeler , pour donner 
leur avis sur cclte construction, des maitres ouvriers, 
tant d'Orleans , Tours , Amboise , Lyon , Amiens ct 
Nantes , que d'autres villes ou Ton saurait que sont 
les meilleurs masons (i). — f^oj\ Dd.Heg., t. i, f. i. 
Ccs ouvriers arrives , on les chargea de faire un- 
pourtraii du Pont projetc. — Ib.^ f. 5. 

; i) On pcul jugcr par la coinbien les bous artistes ^taienl rares 
a cctle dpoquc. 




287 

I^ 12 mars 14999 c^cst-^-dire i5oo nouveau styl^4 
on examina la Seine , avcc plusienrs d^cntre eux , eC 
on les chargea de nouvcau , de faire udc figure el 
pourtraU du Pont; et le 8 aoi^t , its donnerent un avis 
pour le mode de construction des piles, -r— lb.,f. 34 
et 37. 

Nous omettons une foule d'autres deliberations 
pour vcnir a celle qui nous interesse , et qui est do 9 
mars 1 5o3 , c'est-i-dirc 1 5o4 iiouveau style , ^poque 
ou il parait qu'il n'y avait pas encore de plan bicn 
arrdttf sur le Pont. 

On y cnonce d'abord , que Jean de Felin , ma^on , 
et frcre Jean Joconde , ont presente un devis pour le 
Pont (i). « Mais, ajoutc-t-on , celui dc Joconde, ctant 
» en latin , que lous Ics dessus dils assistans n^eussent 
>> bonncment entendu,... fut ordonncqu^on le trans- 
» latcrait en fran^ais... » Cctte translation fut opcree ; 
apres quoi Ton convoqua une assemblee plus nom- 
breuse c|uc la precedente , et on y lut la traduction. 
— y. ib.y f, 1 16. 

Or , quels ctaient les dessus dils assistans etran- 
gcrs a la connaissance de la langue latine ? Ce n^ctaient 
ricn moins que des membres du Parlement , deputes 

(i) On Irouve des details curieax sur la cfaAte et la recons- 
truction de ce poot , daos les histoires de Paris, par D. F<^libien ^ 
I. 2, p. 896 ^ 898, et par M. Dulaure, premiere Edition, t. a, p. SsS 
a f>a6 : mais il n^y est pas question dc la pluparl des points dont 
nous avons parl^ ci - dessus , el notainment de la ddlib<^ration 
Ic (lev is. 




288 

pour prendre part ik cctte affaire importante , et que 
les conscillcrs de la Yille, c^est-^-Klire des personnages 
remarquables, en general, par leur rang et leur ins- 
truction... II y avail , entre autres, beaucoup de magis- 
trals qui recherchaient et occupaient ces places; et^ 
Ton compta bicntot parmi eux Timmortel THospital , 
depuis chancelier de France. — f^> dd. Reg., t. 7 , 
p. I , 63 et 102 , annees i558 et sui(?. 

II est done certain que dans la ville de France ou 
rimprimerie avait jusque-1^ le plus rcpandu ses bien- 
faits, et oil il y avait ainsi le plus de lumi^res, la 
langue latine n^etait pas iamili^re ^ une partie m^me 
dcs hommcs qui, par leur ctat ou leur rang, etaient 
censes en avoir fait une etude serieuse. 

D^ou la consequence , que la proscription de la lan<; 
gue latine, dans les actes civils et judiciaires ^tait 
une mesure dictee par la sagesse , une mesure qui avait 
pour motif, non un pur caprice litteraire , mais le 
desir, scion Texpression de Tordonnance de Villers- 
Cotterets ( mime art. iii ) , « de prevenir les ambi- 
» guites ou incertitudes souventefois advenues pour 
» Tintelligence des mots latins contenus ^s arrets. » 
En un mot , uue mesure qui fait honneur (kux Monar- 
ques fran^ais dont on a vu qu^elle cmana. 

Et cette mesure bienfaisante n'etait pas seulcment 
propre a remedier \ de tels inconveniens pour les 
arrets ; elle etait encore utile pour les actes des nd^ 
taircs, ou les m^mes ambiguites pouvaient compro- 
mettre les droits d'un bien plus grand nombre de 
particulicrs; car ces officiers, malgrc leur longue et 




289 

joumali&re pratique, n'avaient pas mieux, que beau- 
coup de magistrals , une intelligence approfondie de 
ridiojne dont ils sc servaient... C*est ce que nous 
voyons par les rcgistres du Conseil de ville de Gre- 
noble , dont le secretaire-redacteur ^tait toujours un 
notaire , et ce que nous atteste d^aiUeurs un juriscon- 
sulte contemporain , Pierre Rebuffe , professeur h 
Bourgcs J et avocat a Paris. Voici comment il s'ex- 
prime dans un commentaire du m^me article iii, 
public au bout de dix ans. 

Olim omnia instrumerUa notarii 4;onficere solebant 
verbis lalinis, incuUis et barbaris^ cjucn neipsiquidem 
inUl/igebani ^ sed erant ioiUfuam Pica^ PsiUacus el 
Gallus (jfui loquuntur in palaiiis dominorum y sine in- 
tellectu * 

Comment expliquer maintenant la t^nacite des Tri- 
bunaux fran^ais y dans Tusage de leur mauvais latin ? 
Comment concevoir qu'ils aient persiste , malgre les 
prohibitions des ordonnances ou edits de 1490, i5io, 
1 532 et i53g, & Temployer d^uis leurs arrets d^enre- 
gistrcment, et cela parce qu'on n^avait pas formelle- 
ment parle de ces arrets ? A y dire , par exemple , au 
lieu de la formule , « lue , publice et enregistree avec' 
» la declaration contenue dans le registre>»« lecia, 
publicata , registrata cum declarcUione contenta in 
registro? ( V. declarat. du i5 nov. i554, au recueil 
des ordonn. royaux , in-i6, 1612, p. 26 )... Cette 
mauvaise phrase latine etait-elle plus claire que la 
phrase fran^aise pr^cedente ? 

D'autre part , comment les Tribunaux au lieu de 

25 




ago 

resister ^ Tautdritc du legislateur , ne cherch^rent*ils 
pas, au contrairc , h prcvenir ses voeux comme Ta- 
vaient fait Ics mcmbrcs dii Conseil dc Grenoble ? 

Ce phcnomenc ne peut s^expliquer que par rempirc 
de riiabitudc on de la routine , si puissant sur tous 
les hommes , ct encore plus , ainsi qu^on le voit dans 
cette occasion , sur les corporations permanentes. 
Une chose se fait depuis long-temps : done e)le est 
bonne , et il faut bien se garder de la changer sous le 
pretexte dVne amelioralion. Ce raisonnement est en- 
core plus k leur usage (i) qu^a celui des particuliers , 
et il est d*ailleurs fortifie par la passion si douce dc 
la paresse. On ne veut pas m^mc refldchir que cette 
chose ancienne a du pourtant avoir un commehce- 
ment, et qu^alors die etait peut-dtrc deraisonnable. 



( i) Voyez ci-apr^s , la nole D. 




agi 



NOTES. 

{A) Note rcnvoy^e de la page 281, iiiols yii'o/i potttraUmuIflftlier 
vresque a Vinfini , etc. 

Nous avons pris uae grandc parlie de ccs exemples daos les 
proems de condamnatlon ct de revision de Jeaone d^\^c , parce- 
qu'dtant dlrigi^s par Ics personnages les plus iostraiu de leur si^de, 
€^est-^-dIre, par des ecclesiastiques presquetous docteurs, Hccd- 
ci^s, ou bachcliers en thcologie ct en droit canoniqiie, el quel- 
ques-uns mc^nie en droit civil , on devait espi^rer d'y trouver one 
latinit^ meilleure que dans d'autres actes... D'allleurs , la pliipart 
des passages od nous Ics puisons sont encore in^dlts. 

Si notre M^moire nVut pas dejii etc an peu long , aoos y au- 
rions joint ceox oi!i Too rencontre les expressions suivanles , que 
nous nous bornerons ^ rapporier avec Tindication des mols firan- 
^ais qu^elles ^talent destinies \ traduire, et des feuillels des mjH 
nuscrits odi nous les avons rcncontr^es. 

Fails avou^s ou confesses... Facta confessata. — D. proces de 
condaninalloo , mss. SgGS, f. 6i. 

Elle pent 6tre corrig^e... Est corrigibilis. — lb., C 63. 

Abominable... AhoifdnahSis. — lb., et f. 70 el 77. 

Les logemens... logeamenta. — lb. , C 64« 

Boulevard— Boiopertum , holofHwdunu — Ib« 

Quand les infirmes peu vent se lever... Dum infirmi passwai SE 
LEVARE. — lb., f. 66, 

Elle emportait des bouquets... Serta importabai, — Ib« 

Un capitaine... Capitcmeus. — lb., f. 67. 

Des habillemens... Habituamenia, RaiXiamenia. — lb., f. Gget ya. 

Des habits d^hommes... Habitus imrffes, — lb., C 71. 

Une garaotie .. CARETmsAifKrruM. — lb. 

Dieu ne permeltrt pat qa^dle vienne at bas qv^elle B^ait point 
son secours... Femrt ilk BASSE tpum habe&i miccttnwn. -» lb., f. 7a* 

a5* 




292 

Qaand elle reprit la parole ( tpris an ^ranouisseinent )••• 
Cum rehabuit loquehm, — lb. , f. 85. 

Jugement qu^on nc peut scruter... Judicium inscrutabile. — lb., 
C 86. 

Un cnr^... Curatus.'-^ lb., f. 87. 

Une fanlaisie... Fantasia — lb. 

Apporler... Apportare. «- lb., f. 88 et go. 

Allf^^e... AUcifiata. -— lb., f. g4* 

Goursicr ( chcval)... coursarius. — lb., f. gS. 

Les anges qui y etaient peints... repr^scntaient St-Michel et 
St-Gabriel... Angeii ibi depicti representabani sanctos etc, — lb. , 

f-97- 

Un hamais blanc^ Vnum album hernesium. — lb., f. g8. 

La copie d^un livre... Copia libri. — lb., f. 100. 

Porter un habit .. Portare habitum. -» lb., f. 107. 

R^pondre k sa tdte ( de soi-mdine ]... Bespondere propria CAPiTi 
sue* — lb., r. io8. 

Revelations pretendues ^ Pretenut rei^lationes. -— lb., f. HI. 

On n^en trouverait pas de semblables... Similes non sunt rtptri- 
bUes, — lb. 

(JS) Note renvoyee de la page 282, root demandis... 

On voit que si au lieu de domandabo , Moli^re avail mil demon- 
dabo^ dans la reception de sonmedecin, ilaurait exactementrepro- 
duit le latin duseizi^me si^cle. 11 est en eOet asseznalurel de pen- 
ser que d<^ qu'on eroployait dans un arrdt, demands poor deman- 
de , on pouvait bien, dans un examcn, dire DEMANDABOpour/f de- 
manderai; et Ton peut croire aussi que Moliere aura eu connoissance 
de ce singulier protocole. 

Ce grand ^crivain n^a pas M an parodiste aussi exact dans sa 
formole de concession de grade , dtmamus libi puissanciam medi" 
candif purgandi, seignandi^ etc. , per loiam terram; du moins si noos 
cn lageons par divers dipldmes de docteur en medeeine , d^vrtfs 
la iQ^me si^de^ par Tuniversite de Grenoble. II y a sealemenl: 




docforem medicirkt deciaramus, doctatum prwiiegiis hU et uhiqucfrui 
posse testamur.,, 

Au coDtraire le» diplAmes de doclear en droit, conlicnneiit 
cette formule: donatum estfacultaJtt jura inierpretandi ^ puhiice amau" 
lendi^ de jure respondendi, capescendi , administrandi ^ exercendi 
magistratus, honores, munera et ^uacumtpie doctoribus UBI QUAQUE 
TERRA RUM creili et concedi soient,,. Formule qui par soo enflure et 
son accumulation de mots inuliles , aurait pu servir plus juste- 
ment de type k Tagr^gation LoufloQe du Malade imaginaire. 

A Tappui de ces remarques nous avons mis sous les yeux de 
la Soci^t^ des Antiquaires , les minutes de plusieurs dipl6mes de 
Docteurs en M^decine et en Droit, tels que ceux des personnages 
suivans. 

I. Corneille de Blockland, de Monfort pr^s d^Utrecht , nomm^ 
Docteur en M^decine ( V., sur Blockland , ie Diet, de mededne , 
par Kloy, 1778, tn-4-% '• '» P' 358), le aa Janvier iS63, sur la 
presentation de Pierre Ar^oud , dont nous avons parl^ dans nos 
remarques sur les mysteres , aux Memoires de la Societe^ 15, 
p. 178. 

II et III. Antoinc dc la Rivit^re, de Romans, ct Louis Sao^ 
get, de Besan^on , nommds Docteurs en droit, les i5 f^vrier 
i545 , et 23 mars i56i , sur la presentation de Mathieu Gribald 
de MofTa , et d^Antoine Govda , dont nous avons aussi parle dans 
notrc Histoire de fUniversite de Grenoble. — V. dd* Memoires^ 
/. 3y p, 3c)8 et suw, , et 4o8 ei suw, 

II paraU d'ailleurs que les formules pr^cedentos n^^taient pas 
usit^es seulement a Grenoble, car nous avons trouv^ les m^mes ei 
prcssions dans le dipldme d'Ennemond Rabot d'llins , (depuis 
premier president au Parlcment de Grenoble), nomme ducteur 
en droit k Valence , le aa mai i568, sur la presentation de Cujas. 
— Voy. notre HisL du droit romain, 18a i , i>i-8^| p* 556. 

(jO) Note renvoyee de la page a85, mots ells (la kogoe Utinc) 
etait reellemeni peu cotuuie... 




On nons objectcra pcut-^lre Tetat florissant oA farent , an 
milica et k la fin du 16'. siecle , les ^coles fraD9aiies de droit ^ 
don I l^cnscigncmcDt se faisait en lalin , qui furent suivies par ane 
mnltitade prodigieuse dVl^ves de tons les ^ats de rEnrope, et 
qui compterent panni leurs professeurs , des hommes non moins 
distinguds par T^l^gance de leur sij\e , que par lenr draditiOB 
chillste ou litt^raire , tels que les Cujas , Duarein , Doneau , Ban- 
doin , Hottoman , etc., etc. 

Nous r^pondrons qu il n'? faut pas confondre les Ecoles de 
droit du milieu ou de la fin du 16' si^le , auxquelles seules peul 
s'appliquer la remarque pr^c^deote , avec celles du commeDce- 
raent du m^me si^le. On reproche au contraire aux professeurs 
de ces demieres, Tusage d^^xprcssioos barbares on triviales qui 
etaient a-peu-pres dignes de Tidiome fran^ais latinis^ , employ^ 
dans les acles civils ou judiciaires. 

£ntre plusieurs exemples, nous cileronsi^ les reprocbesadress^ 
a divers professeurs d'Orl^ans , dans une enqudte ( elle est en 
manuscrit aux Arcbives royales ) k laquelle leur mode d^enseigne- 
mentavait donn(^ lieu, en i53i: on y assure notamment que Tao 
d'entr^cux , Jacques Robert , p^re de Jean Robert , qui dans la 
suite fut le plus violent ennemi dc Cujas, remplissait cbacune de 
ses lemons « de mots impropres ou impcrtinens , tels que enimgmi- 
M dem , quapropter , quoniam guidem , eic,^ les r^p^tant jusques 4 
» cent ou cent vingt fois, tellcment que les ^coliers le nommaienl 
« le docteur quoniam quibem »... 2^ I^ mani^re dont Rebufic, 
professeur k Bourges, de i5a5 a i53o, intitule son traitd des 
transports de cr^ances : de tra^sportibus, dit-il, p. 3o8 et 067 , 
du comment, in ordinaL^ 16 13 (voy. ci dev. pag. 289). 

(J)) Note rcnvoydc dc la page 290 , mots est encore plus h leur 
usage {des corporations) f/u'a celui des particuUers,,, 

On pourrait encore citer pour prcuvc Ic fait suivant :- Jadis 
Tannine commen^ait, dans unc grande parlie de la France, au 
samedi saint , apr^s vdprcs. Charles IX , a T instigation du chan- 
celier dc THospital, ordonna , en jaovier i5G3 (editc/^ Ro'ussillon, 




ar/. 39 et dernier)^ quelle commencertit dor^trant an preinier 
Janvier. Le parlemenl de Paris refusa , pendant trois ann^s , d^ob* 
server cettc disposition , nous dit raateor de l^doge de ce grand 
homme ( 1776, in-%^ ^ p. 119). Mais cet anleor, do restctr^ 
instmit, quoique encore inconnu, n'a pjis donn^ ^ ce sojet des 
di^tails fort curieux, que nous avons troov^ dans nn M^ioire 
ins^rd aux manuscrits Dupuy ( vol. 86^/. ii3)f et que noos rap- 
porlerons , parce quMIs peuvent 6tre utiles pour des recherches 
chronologiques (i); d^autant qu'ii Texception d'on seul des fails 
( le dernier ) quails concement, ils ont aussi ^t^ omis par les 
savans auteurs de Fart de verifier les dates. (Fo^. idL, ML de ijSij 
t I , dissert sur les dat. , p. vj. ) 

Voici ce qu^on y expose apr^ avoir observe que FEdit de 
Roussillon fnt T^rifii^ au parlemenl de Paris, le 19 dt^mbre 
1 564 V ^^^ ^^ dernier article, sur leqoel cette Cour se r^senra de 
faire des rcmpn trances au Roi. 

» Le premier Janvier suivant ( i564 ) 9 le Roi en sa Cour et en 
sa grande Chancellerie , commcn^a dc compter i565, suivant son 
edit... et rilospital le fit observer k Toulouse ^ oh le Roi se tronva, 
et aux autres lieux oik sa Maj<?stc passa alors , fesant son grand 
voyage, et \ Moulins ct ^s environs oik il s^arrdta, tcUement que 
^ lieux oik T^dit fut observe, Fannie ne dura que huit mois 
vingt-neuf jours , savoir : depuis le a avril , qui fut le jour de 
piques , josques au dernier jour de dccembre suivant ». 

« Toutefois aux Parlement et Cbancellerie de Paris , el en tous 
les actcs se fesant au ressort dudit Parlement , et oik le Roi n^avail 
point pass^,on retcnalt encore Fancienne computation nonobslant 
FEdit, et n'y comnieii^a-t-on .V compter i565, que Ic aa avril 
ensuivant , qui fut Ic jour de pi^ques ». 

« Le premier Janvier suivant , on commen^a en la Chancellerie 
de Paris, ^ compter i566... mais au Parlement on comptait i565y 



(i) II J a «lan5 le manii crit quclque^ Unmes qne nnos avous lemplics % tt 
quolquri fimiti lie chiffrei qur nous avons rcrtitifct. 




age 

cl on DC comnien^a h compter i566f que le i4 ftTrU smvant , qai 
fat le jour de piques. Ainsi en la Chancellerie , i565 ne dura que 
hull moiset neuf jours, savoir: depuis le aa avril inclus, ( jour de 
piques ) jusqu^au 3i d^cembre inclus »• 

•» Le premier Janvier suivant, le Parlement compta 1567 ^ dc 
sorle que i566 n^y dura que hoit mois dix-sept jours, du i4 avril 
inclus, au 3i d^cembre inclus ». 

(E) Note rcnvoyc^e de la page 274, ^ la fin de la note i. 

Cette anecdote est rapport^c avec des embellissemens dans le 
repertoire de jurisprudence (4' ediL^ iij\ 3 16, mot debouter)^ par 
M. Guyot, qui Ta emprunt^c, sans en rien dire, k Brillon (^dicL 
des ArrSts^ i, 66, mot artes ^ n° 4)i qu^ 1 ^ ^^^ tour, Pa puis^ , 
mais il en convient , dans Bouchcl ( bibliothequc du Drmtjranc,^ £, 
&S^ mot acies); et Brillon comnie (vuyot , la rapportcnt sans aucune 
expression qui puisse donncr k penser qu^elle ponvait £trc pea cer- 
taine. 

Mais Bouchel est plus franc; il s^exprimc ainsi : on dit^ etc, 
d^oii il est assez probable qu'il a recueilli une anecdote qu^on avail 
composee sur la plaisanterie du IVIalhago, ouvrage public (i575} 
quarante ans avant celui dc Bouchel (161 5). 

Quoiqu^il ensoit, selon Bouchel ct ses copisles, un gentilhomme 
alia remercier Francois I'^ de Thonneur extreme qu il avail rc^a 
de lui el du Parlement : c'esl , lui dit-il , en montranl un arr^l 
(te nom de Roi csl toujours en ti^le) ou Ton rejelail sa demande 
par la formule, nostra curia eum deboia^it; c^esl qu^arrivanl Oi poste 
pour assister k mon jugement , voire Cour m'a D^BOT^.. 




^7 



RECHERCHES historiques 

SUR LA LANGUi; CATALANE , 

Par M. Fr. Jaubert de Passa , Corrcspondant ie rinstituf 
et de la Soci^t^ Royale des Antiqaaires de France. 



Un si^cle apr^s rinvasion de I'Espagne par les 
Goths et par les Yandales , la civilisation romaine 
avait disparu. Le peuple , intimidc par les guerres , ex- 
pose k tous les exces , par Tabsence d'un gouTerne- 
ment regulier , prive des ccoles publiques et de tout 
moyen dMnstruction, fut desormais etranger k la prati- 
que des arts et k Tetude des sciences et des lettres. 
Vainqueurs etvaincus, reunis parune profonde igno- 
rance , ne formerent plus qu^une nation soumise aux 
m^mes vicissitudes, exposee aux caprices d'un maitre , 
et aux malheurs trop frequens des guerres civiles. LV 
narchie feodale jeta des lors de profondes racines (i). 
Les grands , entraines par Tesprit du siecle « ne sa- 
varent ni lire ni ccrire, et les pretres c?taient habiles . 
quand ils comprenaient leur breviaire et quMls sa- 

(i) Loitprandt: Murat. script ital., voK a, pars i, p. 4^1. 
Procope : dc B. G. , I. 3, c. lo. 
Jomandes : de Reb. GeU, p. 671. 

Isidore de Seville : Hisloria , p. 73a. Ibid, j Chronicon, Idace : 
Cbron., vol. 7^ p. ia33, Mit I udg. 1677. 
Olao Magno : Hbt. Gotb , Cap. 6. 





298 

vaient rediger, lant bien que mal , quclques actes pu- 
blics. Les lois romaines furent proscrites, et le nom 
indme de Roinain decant une insulte dans la bouche 
dcs Goths et desVandales (2) 

Lc latin avait etc jusqu'alors la langue vulgaire (3) : 
Rome rimposa toujours aux provinces conquises; et 
pour mcritcr ses faveurs , pour conseryer les privileges 
et les droits de citoyen Romain, il fallait avoir cultive 
les muses latines. Mais la langue d^un peuple vieilli 
dans la pratique des arts et dans les vices de la civi- 
lisation , ne pouvait plus convenir k des hordes bar- 
bares qu^enivrait Tesprit de conqudte et la soif du 
pillage. EUes devaient surtout rester etrang^res h cette 
langue particuliere que les lettres creent et s'appro- 
prient dans tous les climats , et dont Thistoire nVst 
elle-mdme que Thistoire du peuple qui Fa adoptee. 

La langue gothique , nee dans les for^ts du Nord , 
dans dcs conlrces marecagcuses et sous un ciel rigou- 
reux, se ressentait de TAprete du climat. Ce n^est point 
dans les vastes solitudes de la Germanic, ni dans lelu- 
multc des camps, qu'cUc avait pu se pcrfcctionner : 
seulement en travcrsant des contrc'es inconnucs , elle 
avait empruntc a dos nations barbares, non mpins 
inconnues , quclques mols nouveaux, destines h faci-* 
liter aux guerriers conteurs le rccit de leurs dangers et 

(3) Fucro Juzgo : lib. 2, Lit. i , leg., nullus lO. 
£llc prononce unc amende de 3o livres contre ceux qui Client 
des lois Koiuaiues. 

(3) Capiiiati) : I. 1 , (>. 3. 




■-* • 

lie Icurs exploits. Cost ainsi qu'elle panint jusqu^en 
£$pagDC , d'ou ]a repoussaient une vieille civilisation 
et rhorreur qu'inspirait un vainqueur implacable. 

Le latin et la langue gothiqiie furent done les lan- 
gues que parlerent , dans le 5^ siecle , les peuples qui 
occupaientTEspagne ^ comme vaincus ou coramevain- 
queurs. Une troisieme langue (4) , particuliere h Tan- 
cienne province Tarragonaise , et qui depuis plusieurs 
siccles n'etait plus parlce que par les cultivateurs cloi- 
gnes des cotes et par les montagnards , avait survecu 
aux desastres politiqucs. C'ctait la langue Celtibere. 
EUe • avait fait, dans des siccles recul^s, Fadop- 
tion d^un grand nombre de mots empruntes aux Rho- 
diens , aux Pheniciens , aux Grecs et aux Carthaginois^ 
a mcsure que le commerce conduisit ces peuples sur 
les cdtes de la riche Ibcrie. II s^etablit done une lutte 
entre les trois langues latine , gothique et celtibere; et 
si le vainqueur , las de subjuguer et subjuguc lui-mdme 
par Ic climat, tolera, par des edits, Temploi de la lan- 
gue latine , celle-ci dcsormais parlec par des peuples 
plonges dans Tignorance , sans professeurs pour Ten- 
feigncr, sans ecrivains pour en conservxr le souvenir, 
s^allcra, se corrompit avcc rapiditc , et de ce melange 
de langues etrang^res les unes aux autres par Toriginc, 
la construction , lar^glegrammaticale des mots , il na- 
quitunequatricmelangue,quidevint commune aux peu- 
ples de la Celtibcrie. EUe emprunta h la latine , la ma- 
jeure partie des mots et quelques-unes de ses cons- 

(4) Bosch : lib. i , §. 7. 





3oo 

tructions ; k la gothique, Temploi jusqu*alors inconno 
(leTarticlc, invention heurense , qui I'aflranchissait de 
la servitude des cas ; k la celtib^re, la denominatioo 
des lieux et de quelques travaux agricoles. ^existence 
de cctte quatrieme langue est constatee dans les plus 
anciens historiens Catalans ct Espagnols (5). Elle porta, 
des son originc , le nom de romance ou romang , c'est- 
4-dire de laline , parce qu'elle n'etalt rdellement ators 
qu^un dialectc de la langue de Rome. Mais ce dialecte, 
d^apr^s les historiens Fran^ais , fut commun aux pea- 
pies de la Provence, de TOccitanie et des provinces 
voisines. II est facile de concilier cette contradiction 
apparentc , si Ton se rapporte aux temps de barbarie , 
que rappelle Torigine du romang. 

Tons les peuples de la Gaule et de TEspagne , pour 
lesquels ]a langue latine avait etc , pendant plusieurs 
sieclcs, la langue vulgaire ct ecrite , en passant sous 
des dominations differentes , conservcrent cependant 
des traces apparen les de Tassociation politique dont ils 
avaient long-temps fail pailic ; et les dialectes quMls 
adopterent, ou plulot qui naquirent de la conqu^te ct 
de la barbarie , conservcrent long-temps encore unfi 
physionomie commune. On les confondit sous la de- 
nomination de romance ou de romang , bien ique 
chaque contree , desormais isoloe par Ic caractere 
particulierdupeuple conquerant auquel elle ctait echue 



(5) Escolano : lilst. dc Val. , p. i , lib. i , c. 14? n. i. 
Luitpraudt, lib. 4-9 cap. ai. 




3oi 

en partagc , dAt offrir dans son langage des differences 
qui de jour en jour devenaient plus notables. L^histoire 
de tous ces dialectes prcsenterait aujourd'hui trop de 
difficultes et pas asscz de rcsultats utiles pour quMls 
pusscnt ctre considcres isolcment ; mais plusieurs 
d^entre eux ctant deyenus , par la suite des temps , des 
langues reguliercs et ccrites, les rechcrches acquit* 
rent dans ce cas un inldrdt particulier. II ne peut done 
^tre question ici que de la langue romance , telle 
qu'ellc se forma du melange des trois langues parlies 
par les divers peuples voisins de TEbrc , et non de la 
langue romance , telle qu'elle pouvait exister i la m^ 
me epoque dans le midi et le centre de la France. 

Lc bcsoin , ce premier et le plus habile des mai- 
trcs , donna bientdt a la langue romance tous les ca* 
racteres esscnticls et les formes grammaticales n^- 
cessaires a une langue destince a exprimcr tous les be- 
soins ct tous les sentimens. Son usage devint si general 
et si absolu^ que les erudits seuls, c'est-3i-dire quelques 
membres du clerge, savaicnt rediger en latin les actes 
publics ; et souvent m^mc embarrasses dans leur re- 
daction , ils etaient forces dc recourir h la langue Ro- 
mance J pour rendre leur redaction plus claire et plus 
complete (6). 

Pendant que FEspagne , favorisce par un beau 
ciel et par les debris de la civilisation romaine , s^^ 



(6) Diago: Hist des Comics de BarceL lib. a, cap^^, So, 
Sa, 70. 




3o2 

tail inscnsiblcmcnt rclovec sur scs vicilles ruines , tan- 
dis que liberie avail accucilli unc seconde fois Tetude 
des sciences et des lettrcs , ct que les arts avaicnt ele- 
vc de nombreux monumcns sous la protection de ce 
mcme peuple , qui , lors de la conquete , s'en etait de- 
clare ]e plus dangereux ennemi ; un nouveau peuple , 
plus barbare encore que les hordes Gothiques , plus 
ardent dans ses enlreprises, plus dangereux par le 
proselitisme qui le dominait, parut sur les cotes de 
TEspagne^ et, dans moins de trois ans, en termina la 
conquete. 

]ja langue romance, plus heureuse que ne Favait 
etc, dans des circonstances semblables, la langue la- 
tine , fut toleree par les Maures ; mais ce ne fut point 
sans subir d^importantes modifications (7). EUc cm- 
prunta a Tarabe , les mots destines a exprimer des 
usages nouveaux , des besoins enfantes par le luxe 
oriental , et des meubles , des instrumens agricoles , 
et des fruits dont Tusage etait inconnu aux descendans 
des Celtiberes. Ces adoptions furent si nombrcuses, 
qu^elle ne reslerent point dans leurs limites naturelles, 
et Sh-Eloi s'en plaignait comme d'une chose que la 
religion reprouvait (8). Ces pieuses remontrances fu- 
rent moins efficaces que les armes de Charles MarteU 

(y) Bosch :.Tit. dc hon., lib. 1 9 § 7. 

(8) Plusicurs sieclcs apres, Alvaro de Cordoue se plaigoait 
ani^reiiiciU : » du go6t des liLspagnols pour la poesic mauresqae^ 
^ k laquclle nousdcvons cependanl h poesie prm*enfaie ^ qoipr^ce- 
t da cllc-m^ine loutes les aiilrcs. » Andres i , c. i , 274. 




3o3 

de Pepin et de Chwlemagnc. Les Maures, rcfoulds vets 
TEspagnc , et contenus par une ligne de chateaux et 
dc forteresses, perdirent bientdt te gout dcs conqu^tes. 
La langue arabe ne franchit plus les Pyrenees : elle 
ce^a d'alarmer les succcsseurs de St.-Eloi; mais elle 
enlra en concurrence avec la langue latine , dans les 
nombreuses ccolcs que les califcs d'Occident ne tar- 
dercnt pas h fonder en Espagne , et avec la langue 
romance , qui, depuls plus de trois cents ans, etait 
devenue la langue vulgaire. Cependant Tesprit de pa- 
triotisme , bien plus que la tolerance des vainqueurs , 
maintint la langue romance dans le rang que le temps 
lui avait assigne. Chaque peuple eut ses poctes , scs 
historiens et ses sages. Les Maures ecrivirent le plus 
souvent en arabe , mais its prouvcrent quelquefois 
aussi quails savaient se servir de la langue latine. Leurs 
ceuvres seraient plus connues si les sujets sur lesquels 
s'exercaient des plumes habiles , n^avaient ete con- 
damnes par le temps et la raison k un profond oubli. 
Les Espagnols , ou plutot les ecrivains de la Marche 
d^Espagne ( Marca Hispanica), ne firent jamais usage 
que du latin (9), et plus souvent encore de la romance 

(9) Plus lardet sartout pendant le i3* si^de, les ^oles c6\i- 
bres de Saleme et de Montpcllier rendirent T^tude de la langue 
arabe famill^rc aux raedecins ; les Wiles de JNismes , de Montpel- 
lier, de Narbonne et de Pcrpignan se glorifient d'avoir donnd 
oaissance k des hommes d'on nM^rite bien supdrieor k leur. si^cle 
par les Merits qu^ib publi^rent sur les diverses sciences qui consti- 
tualent de leur temps IVtude de la ni^decine. Mais il conrient tussi 




3o4 
(lo); car a1or3(ii),de m^me tfot chez lea anciens 
Celtiberes , les archives de la nation et toute son his- 
toire n'^taient encore-qu'un recueil de chansons (12). 
D^s-lors aussi la langue vulgaire dtait de]h admise 
dans la redaction dcs actes publics (i3) concurrem- 
ment avec la langue latine , et les rois m^me , dans 
leurs donations , ne dcdaignerent pas d'y avoir re- 
coups (i4)- 

d'observcr que la plupart de ces ^crivains ^talent juife. Ce peuple, 
chass^ de I'Espagne par les persecutions et renonnil^ del taxes 
qu'on lui imposalt, diait vcnu chcrcher un asile dans la France 
mdridionale , et y avail porl^ sod iadustrie, scs richestes et ses 
connaissanccs. M. Pninelle, savant professeur de I'Ecolc de M^ 
decioc de Monlpcllicr, s'est lirrd ^ ce sujct Ji des recherches 
curieuscs, qo'il a ins^r^es dans un dlscours proooDctf Tan iSog. La 
lisle dcs^crivains juifs qui oDi ^cnt en arabe, el qui fluent n^s 
ou domicilitSs en France, pendant Ic i3< siecle, est tris-^lendue. 

Nous dcvoos aui ^coles de Grenade et de Cordone, la conser- 
vation desouvrages dePlalon, d'Arislote, d'Hippocrate, deDios- 
coride , de Galien et de I'lol^m^c. 

(10) Corbera : Cataluna illuslrada , lib. i , cap. 5, f. i^. 

(ii] Sirab.l...c. . Mondejar: ObraschroDoLpref,, t j. 

(la) naimeno : t. i , p. a. 

(i3) Adjuvet sine ennan ad supradictun comitcm.... cnm ipsis et 
sine ipsis de ipsa guerra quam modo habent cum Alchagib duce 
cesaraugustce , ero vobis sine ullo enganno et ntalo iugenio ... Ser- 
ment de t'Evfique Olagucr Paj-ias... — Quas habet el habere debet 
et quK sunt eonomguda ad cum. Convent, des C. d'Urgd et de 
BarceL Diago : 1. a , c. 44 1 c. 4^ > c. Sa , c. 70 , cic. 

((4) Marca: app. fol. loSy,!)* 199, ana. loaS, ib. coL laSy, 
n<'367ian iiai , (decinuede .yNfu/odlisinc nv""*^)- 




3o5 

Cependanl les comtes de Barcelonne , qui pre^ 
naicnt aussi le tilre de dues de Gothie 05), devcniis, 
sous les faiblcs succcsscurs de (]harlem:ignc , Princes 
Sorwem/ns de la parlie de TEspagne quMs avaicnt 
cu le bonhcur d'enlevcr aux Sairasins, rolahlircnt 
le IrAnc d'Alaulphe i6). La noblesse, alliree par 
les faveurs dcs Comles et par la gloire qui accompa- 
gnait la plupart de Icurs expc*dilions miiitaireSy sc 
groupait autour d'eux et prenait part a toules leurs 
exp(^di lions et ^ toutes leurs fdtcs. Des tournois ma- 
gnifiques donnaienl a la cour de Barcelonne, une grande 
renommee, que jalousalent, mats que ne savaient pas 
encore imiler les princes conlemporains(i7 . Les fcm- 
mes* que la galanteriedesMauresavail associees aux fd- 
tes nalionales , furenl encore 3i B.ircrlonnece<|u'elles 
avaientete i Grenade et 4 Tolede. I-e d.csir de plaire , 
ct cet esprit de chevalrrie qui aval; pris naissance dans 
lesl>elle5vallcesde i'Andalousie,devintaiissilc mobile 
des fetes Calalanes. Dans ces froquentes reunions, avec 
ce gout dominant qui mailrisait la ciasse ricbe et 
seduisail le peuple, la langue romance, qu'on appelait 
aussi langue limousine (lemosina) (i 8 , prenait insen- 
siblement des tournures plus aimables, et se pr^tait ^ 



(i5) Capmany : t. i , app. cum. ay ; f. Sg, 
1 6) Marc. hisp. append, noni. i la , col. 898. 

(17) Antonio CampiUo : append. , iiL S el seq. 

(18) Feliu de b Pena : anal de Catal., Ub. 8, cap. 3. 

a6 



f 




3o6 

des formes nouvelles , Si des combinaisons inaper^es 
dans les slides de barbarie ( 19 )• 

En subissaiit des changemcns aussi notables , en 
exprimant des rapports de socictc plus intimes^ la 
langue limousine s*acclimatait de telle sorle, dans les 
^tats des comtes de Barcelone , que lorsque ceux-ci 
se dcclarerent indepcndans de la France , qui cepen- 
dant etait leur premiere patric , et qu41s appelferent 
Catalogne la coiitrec soumisc k, leur empire , tout 
changea avec cettc denomination (20) et la langue 
limousine elle-mcme s^appela dcsormais Langue Ca- 
talane 21). Ces denominations ont donnc lieu i 
bcaucoup de controverses : les historiens Catalans s'en 
sont presque tous occupes ; et au milieu des contes 
les plus ridicules et des opinions les plus passionn^es , 
une opinion prddomine les autres , par la gravite des 
historiens qui Font admise: ils supposent que les Gates 
( Gatos ) et les Alains ( Alanos ) se reunirent et 
possed^rent , les premiers et en commun , Vancienne 
Tarragonaise , et que cette contrce porta d^s-lors Ic 
nom de ses vainqueurs^ et s^appela Gatalaunia , et 
ses habitans Gatalaunos et Gatalanos. II y en a qui 
substituent Ic nom des Goths ( Godos , Gotos ) k celui 
des Gates , et qui disent Godolanos (22)^ Godalaunia , 



(19) Serra : hisL de N. D. de Mons., part prim., f 6a, c g. 
ZariU: lib. 8, c. 18 ^ fol. 208. 

(ao) Serra : hist de N. D. de Monserat, part. prim. , fol G3. 

(ai) Capmaoy : t. 5, disc. foL i5. 

(aa) Bosch : tit de hon., lib. i , § 5 , foL ao, Kmssi pag.SBiT. 




3o7 

Gololaunia(23). Quoi qu*i] en soil de ces Etymologies, 
qui d^aiUeurs n^entrent point dans le but de nos xe^ 
cherches , il est positif que la langue romance perdit 
son nom dans la Gothie , du moment que sts habilans 
en eurent expulse les Sarrasins ; ct qu^apr^ SToir dit 
langue Romance-Castellano , Romance-Catalana, on 
ne conserva definitivement que les deux derni^res de- 
nominations , de sorte que les langues castillane et 
catalane perdircnt par cette suppression , les apparen- 
ccs d^une commune origine (24). Du reste , le nom de 
Caialoma se trouve dejSt dans une Charte de Charle- 
magne, de Fan 792 (25), par laquelle il accorded sol 
neveu Cotald de Craon , chef de rilhistrc Maison d% 
Centelles , la baronie de Centelles en Catalogue (26). 
Aiosi done la langue romance ou le romang , dont 
Texisience remonte i la decadence de FEmpire Ro- 
main (27), acdimat^e dans Taucienne Gothie , associ^ 

(^SiatedeIanoiei2).€lorhtrsLt CaUlnna iUostradat lib. 5, cap. 

CalgaCalal., L I, c« a3. 

Honofre Maneacal : Sermo deL S. d. Jaume 1 1 , foL la , reraou 
(a3) Aymerich : Acta Episc Barcim Epiat. foL a , not. 1. 
Morales : Cbron. g^, L u, c a5« Capmany : t« i, p. 4- 

(a4>) Diago : hist de los Condes de BarceL liv. a^ c 7, etc 
<• i5. etc 

(a5) Aymericli : Ada Episc Barctn. part 3, feL 3i6. 

(a6) ^ Propter graTissimat et importabilia pericala, et onera, 
<|iue Dobiscam fastoUl in obsidlone, et gnerra Unw GiMorumf uft 
CaAalomm* Corbera : lib. 1, c 5, £ ao. 

(a;) ZurUa : AaaL d'Arag., t a^ lib. 8, cap. 18, foL.i«8t eoL 1. 



/ 




3o8 

^ la fortune de ses Princes , ct aux exploits de sea 
Barons, perfeclionnee chaquc jour par les progr^s dc 
la civilisation et par i^cnlhousiasme de la gloire qui 
caractcrisc Ics sieclcs de la chcvaleric , changca dc 
nom, ct s'eloigna de plus en plus dc* son vocabulaire 
primilif. 

Dans les intcnallcs de repos que laissaicnt ccs 
croisadcs, ctccsgucrres aventureuses contre lesMau- 
res, quclques jeunes seigneurs Catalans , plus aimables 
6u pcut-etre plus hcureux que leurs rivaux de gloire , 
tentcrcnt d'exprimerles faveurs qu'ilssavaienl me'ritcr. 
Uamour les guidait, et couronnait leurs efforts. Us fu- 
rentles premiers poclesdusieclc.Celtenouvellelanguc, 
que la noble galantorie de quelques chevaliers avail pre- 
parce , fut bicntot la langue de la noblesse* Les princes 
raccucillirentavechonneur, etquelquetoism^meilsne 
dedaigncrcnt point d'entrer en lice. Telle fut Torigine 
de la poesie calalane et des premiers juglars (trouba- 
dours) ^'27 b/s), Elleexer^a une grande influence sur les 
mocurs, et hdta la renaissance des leltres. La cour 
de Barcelonne cut la gloire d'avoir precede ses rivalcs 
d^Espagne* et d'llalie , et d'avoir la premiere rendu k 
FEurojie une langue douce et barmonieusc (28}. 

(37 bis) Capinany : t. i, part, ^i P* 6* t 

(28) Le Dante suppose que la poesie vulgairc date da cororoen- 
cent du 12* Steele. « £ non k molto naniero d*anLi passati^ che 
apparirona qucsll pocii vulgari e si volemo guardare id lin- 
gua d'oro e in lingua di 51 , noi non trovlamo cose delte anzi il 
prescnte tempo cento cinquanta anni. • • • • ed ii prime che comis 




3o9 

Mab 81 la cour de Barcelone sc signalait par sa 
grandeur et sa magnificence , les princes , aussi bons 
guerriers et aussi adroils politlques que prolecteurs 
dislingucs dcs arts, dcs Icllres ct dc Tindustrie com- 
mcrcialc , savaientsc menager , par des alliances , de 
nouveaux clats, ou des droits qu'ils discutaient avec 
courage et presque toujours avec succ6s. C'cst ainsi 
que , dans le 12' siecle, les comtes de Barcelone fu* 
rent aussi comtes de Provence (28 bis). Cette belle pro- 
vince, favorisce par la nature et protegee par ses soure- 
rains, durant lelong espace de i34 ans, rivalisa bientdt 
avec la Catalogne. I^ langue catalane , associee depuis 
long-temps aux succes des Bercngers , s*^tait souvent 
assise avec eux sur le trdne , que le commerce et des 
guerresheureusesavaient consolide(7-9)* La cour avail 
toujours une suite nombreuse d^habiies trouv^rcs et 
de chantenrs ambulans. 

Alors, plus connuc de la nation Fran^aise , plus fa*» 
cilement admiree par un peuple dont le caract^re 
distinctir est d^aimer passionncment le plaisir et la 
I ■ 

ci6 a dire coine poeta volgare si mosse , peroccb^ voile fare inten- 
dere la sue parole a donna alia quale era malageyole ad inteodere 
y vers! lalini. » 

OperediDanle, Y^ezia , ijSS. IV. in vita nnova, 3f). 

(a8 Us) Cipiiiany : t. a , num. 5 , f. 7. 

Raymond fi^renqer 111 bt^riiay par sa femme, dona Dulcia, 
du comi^ dc Provence, fan mi. Le due d'Aojou herila de ce 
comtii Tan iti45. 

(^q) Zurila : I. a, lib. 8, cap. 18. 




3io 

gloire , la langue catalanc m^rita i Juste titrc Ics flo- 
ges des ^crivains du temps ; et ils trouv^rent , dans la 
po^sie catalane , des modules et d^heureuses inspira- 
tions. 

L*etude de cette langue (3o), Tart de dinger des 
f^les, dont la galanterie etait la loi supreme et Ic 
plaisir Tunique but , furent appelcs Ic gay sa^oir ou la 
gaye sqience (3i). 

Fiddles amis du plaisir , les enfans du gay sopmr al- 
laient chanter leurs amours et la gloire de leurs pro- 
tecteurs dans des cours ^loigndes : Tltalie les vit ayec 
ctonnemcnt » et la Bourgogne , la France et FAllema- 
gne m^e , applaudirent ^ leurs chants. Leur presence 
etait Foccasion de fStes brillantes ; ils pr^sidaient aux 
toumois , aux joutes et k toutes les reunions , qn*ils sa* 
Taient multiplier et varier sans-cesse ; mais comblds 
d^honneurs , de gloire et de faveurs , un heoreux ins- 
tinct les ramenait constamment sous le beau ciel de 
la Provence, aupr^s de ces comtes si bons, si gdn^reux^ 
et dans cette cour Catalane , oiii brillaient tant de 
beautes. 

Lorsque Berenger lY , par son mariage avec 
dona Petronilla y hcrita de la couronne de don Ra- 
miro , roi d^ Aragon , la langue] catalane le suivit \ 
Zaragossc ; c'ctait toujours la langue de la cour (32). 



(3o) Capmany : t. 3 , app. nimu 5 , p. 6. 

(3i) Ximeno : 1. 1 , p. a. 

(3a) Zurita : Annal. d^Arag., t. a lib. 8, c iS, fol. ao8, col. u 




3ii 

Alors encore , le Castillan et Tltalien , autres dia- 
lectes de la langue latine, ^taient k peine sortis de la 
barbarie, et le Catalan lear pr^ta quelques nnes de 
8es formes grammaticalcs , et de son doux langage. 
L'italien surtout, parle par dcs peuples doues d^une 
imagination brillante et habitant des climats enchan- 
teurs y devait adopter avec empressemedt quelques- 
unes de ces expressions po^tiques , de ces images gra- 
cieuses que la galanterie moresque avait inspir^cs aux 
premiers trouv^res(33). Quelques auteurs (34) n'ont pas 
deguis^ cet heurcuxplagiaire. L^anglais lui-m^roe (35), 
si eloigne des langues du midi , rendit hommage aux 
ressources de la langue catalane , et ue dedaigna pas 
de lui faire des emprunts. Mais telle est la force de 
Topinion parrai les ecrivains qui ont fait des recher- 
ches sur la poesie proTen9ale , que tandis qu'ils pcu- 
Tent suivre ses progres dans Thistoire d^Espagne , ils 
persistent k attribner exdusiyement aux trouveres 

(33) Fontanini , s^appnyant de raotoril^de Bmnetto Lalloi , dii 
que Ters Tan laGo, le catalao ^talt encore la \2LDgatlapiu diletie»o!e 
€ lapiu commune di tutU gli altnUnguagL li ajoute plus loin : cJig la 
Unpui prooenzaU in rtalthfh madre in gran parte deli* iialiana dopoil 
ueulo undedmo. 

(34) Dante : de Vol. eloq., f. a8a. 

Alunno : Richezze delta lingua Tolgar. , Vinegia , 1 583. 

Varchi :* dial. TErcol. 

Bembo : Delle prose, lib. i, c 8. 

Fontanini: lib. i, c 10, y. f3» 

( *S) Dryden : prtf^-de set Cablet. 
Capmany : t. a , app. 




3l2 

ProTcn9aux , des succ^s qui furent plus particuliire-^ 
mcnt Touvrage des juglars Catalans j oubliant sans- 
doule que ccltc premiere languc pocliquc ctait nee 
dans des climats ctrangers, el que son berccau ctait le 
pa!ais (!c Barrrlcnne C!6), 

En elTel, riiislorion dc Provence (Sy) avouc que, 
sous la doiniiialion des comics Bc'rengcr , Vidinme 
provcn^al s\*nrichil lellcmcnl de lournures et dVx- 
])rcssIons c«':talanes, quM ilevint une des premieres ian- 
gu.s , ct peut clre la pli:s vantce dans cos sicclesrocu- 
U's. Des ccrivaiiis Jlaliens crinviennent dc ces m^mcs- 
progres (38) , et plusieurs decfarent formellemcnt que 
les Proven^aux apprircnt des Catalans Tart dc vcrsi-- 
fier et dc rimer une romance 

L'ahbc Quadrio va plus loin (39) , en ra(;pntant le 
premier voyage de Raymond Berenger en Provence, 
li observe que ce prince et ses courtisans nc fircnt 
usage que du Catalan, parce que cettc languc ctait la 
seule usilec en Espagne , a cause de sa douceur, dc sa 
richesse et des bons ouvrages qu^elle avait produits. 
rlnfui rhistorien d'Aix(4o), attribuc aux princes Ca- 



(3G) Scrra : Fincz, dc los Angel., n« a. 
(MS.) du Vatican : cod. 32o5. 

(37) Bouclic : hist, dc Prov., ff. i, 1« a, c* 6. 

(38) riiillpey Jacobo Giuntl: dcdic* del dccamcr. del Bocacw 
Fonlanini. lib. i, cap. aa. 

(39) Quadrio : t. a. 

(4.0) riuon : hist, de h ville d*Aix I. , a , c. 5. 
Capmany : I. a, app« fol. g^ col. t. 




3i3 

talanslesgodtspodtiqucs des Proren^aux, larenomTn^ 
qu\icquirent les nombrcux trouv6rcs de cettc ^poqac. 
II dit que Icurs succes placercnt une dixicme muse sur 
Ic Parnasse. 

II est done bicn constant que les talcns podtiques 
trouvercnt un asilo gencreux h la cour dc Barcelonne, 
pendant les ii* eti2'siecles Ijessuccesscursdescomtes, 
devcnus rois d^Aragon, continuerent k proteger des 
talcns qui dcversaient sur leur famille et leurs nobles 
travaux une juste celcbrite. Quelquefois , entrainds 
eux-memes par une douce illusion ^ ilt ne dcdaign^- 
rent point d^entrer en lice , et de devenir les riraux dc 
leurs barons , de leurs chevaliers et de leurs juglars: 
ceux qui , dans ces luttes poetiques obtinrent le plus 
de succes, sont eneore ceux que Thistoire signale 
comme de bons princes. On peut citer parmi cux le 
comte Raymond BerengerVde Provence , son <^pouse 
Beatrix de Savoie, et plus tard, Alfonse II et Pedro III 
d^Aragon, et don Fadrique (Frederic )y qui fut roi 
de Sicilc. Cette protection constante eut pour re#ul- 
tat immcdiat d*honorer Tetude des lettres (4i) , de pre- 
parer les esprits k de plus nobles efforts, et de forcer 
les grands et en general la noblesse , i souscrire a des 
Etudes qui corrigaient leurs moeurs, sans les faire re- 
noncer ^ la gloire. 

La ville de Barcelonne fut consid^ree par les pre- 
miers trouY^res , comme le Berceau de la pocsie et 



(4i) Ximeno : Escrit de Val. t« i, C »• 
ZoriU :lib. i, cap* 3. 




3i4 

Ic lieuou elle etait accueillie avec le plas d'honneur-EHe 
conserva long-temps ce glo rieux a van lage ; c t Gerard Ri- 
quier de Narbonne, trouv^re du i3' si^cle, dans une 
clegie destinee a exprimer les rigueurs de ramour, 
declarait encore , k cctte epoque , qu*il voulait d<^sor- 
mais aller prendre des lemons dans la joyeuse Catalo- 
gnc, parmi les Catalans vaillans et les scduisantes Ca- 
talanes. lA , dit-il , on rencontre r^unis la galanterie, 
le mcrite ct le courage ; Tenjouement ^ la gr4ce et la 
courtoisie ; Tesprit , le savoir et Thonneur ; le beaa 
parler et la belle prestance; la g^nerosit^ et ramour; 
Pinstruction et Tagrement (4^)- 

Nul doute qu'il ne soit question dans cette Yieille ro- 
mance , ou troba amoureuse , de la cour de Barcelonne. 
Peut-^tre aussi Gerard avait-il en vue les petiles court 
des comtes feudataires , qui se plaisaient i imiter le 
faste, Topulence , le cortege et les nobles dflasse- 
mens des comtes souverains. C^est ainsi (43) que les 



(4a) Quar dompneys, pretz e valors, 

Joys e grai2 e cortazia , 
Sens e sabers e honors , 
Belhs parlars , bella paria , 
£ iargucza e amors , 
Conoyssensa e cundia, 
Troban roantenh e sa6rs 
£n Cataluenha a tria , 
Entr'els Catalas ralens 
£ las donas iTinens. 

(4.^) Capinany : t. a , app. 




3i5 

villes de Pallas, d'Ampurias, dc Cardona et de Be- 
salu rivalisaient avec Tantique cit^ de Barcelonne , et 
que leurs tournois et leurs joAtes etaient frequeQtes par 
Telite de la noblesse et les plus habiles juglars. Les 
historiens du temps ont arrache i Toubli le nom de 
quclques-uns de ces chevaliers qui ambilionnaient k 
la fois la gloire attachee aux hauls fails d'armes con- 
tre les Maures, et cette gloire plus douce que les da- 
mes dispensaient dans les louraois. Parmi eux Ton 
cile (44) ^^^ noms illuslres , et entr^autres : 

Hugues de Malaplana , 

Gerard de Cabrera , 

Guillaume de Mur , 

Gcrverin de Girone , 

Manuel de Escas. 

Citons aussi des chevaliers Roussillonnais , poisque 
CCS noms, devenus fran^ais, doivent nous int^resser 
plus particuli^rement. 

B^renger dc Paracols , et non de Palasol , comme 
Tont ecrit plusieurs ecrivains fran^ais , deserta de 
bonne heure le chateau de Paracols , dont les mines 
subsislent encore sur les rochers qui dominent les bains 
de Molitg y dans la haule vallce de Mossel. U suivit les 
rois don Alonso II et don Pedro II, dans leurs lexpe- 
ditions contre les M aures , cl il consacra les loisirs de 
la paix a composer des irobas , remarquables par une 
poesie gracieuse et par des sentimens tendres exprim^s 
avec une heureuse facilile. 



(U) Ste Palaye : hisL lilt, des Troub. 




3i6 

Pierre do Corbiac fut contemporain do Raymond , 
et le chateau dc Corbiac , donl il nc rcste pbis que dcs 
ruincs, ctaitsitucsurlc bord d^un torrcnltiTS-r«ipidc, 
qui conic dans la mcmc valk-c de Mossol. Pierre se 
distiiigua dc iionne beurc par sa valour, par ses talens 
poctiqucsct par la varictc dcs sujots quMl Iraila. 

Aucunc dcs connaissances cullivccs alors danslcs 
ccoles maurcsqucs, no lui fut ctrangore. Son savoir 
tcnait du prodige, dans un siecle ou Ics sciences sem- 
blaient s'ctre relcguccs a Tombre des mosqucos de 
Cordouc ct du palais dc Grenade; et ce qu^il y a de 
plus rcmarquabic , c'est que, pour ccrire sur les scien- 
ces Ics plus abstrailes, comme sur les sujets les plus 
Icgers , sur Thistoire sacrcc comme sur rhistoirc pro- 
fane , il ne fit usage que du Catalan. 

Pons Barba , le commensal et Tami , quelquefois un 
peu severe, du roi d'Aragon don Alonso II, ctait 
un poele agrcable. II rcste dc lui quclquos sircentes. 

A peu-pres a la mcmc epoquc , deux aulres juglars, 
non moins habilos que Ics chevaliers qui precedent, 
eurent rhcurcusc idc'e d'ccrire sur Tart poctiquc(art 
de trover ) et d'en di'vcloppcr les regies. 

Raymond Vidal , ne a Bosalu en Catalogue , vers 
Tan iigo, fut le premier qui publia son poemc. Son 
rival de gloire, Godefroi de Foxa , publia le sien peu 
d'annees apres ; et ces deux ouvrages , antcricurs ^ ce- 
lui dc Vida , pocte Ctistillan , offrent ccpendant des 
pages ecritcs avec une elegance et un goikt remar- 
quables. 




3.7 

La tradaction catalanc du fameux roman de Parthe- 
nopcx dc Blois parut sur la fm du mdmc siecic ct m6- 
rita d'etre dislingucc des traductions caslillanc et 
italienne, par Ic merilC'parliculier du style ct la nai- 
vete du recit (4'>)' 

Enfin deux aulrcs jiiglars, Formit^ de Perpignani 
ct BLtorti^ de J\oussillon, appartiennent encore Ik ce 
siecle (46) ; et quoique leurs ouvrages ne soient point 
parvenus jusqu'a nous , il est constant que ces deux 
poetcs jouissaient d'une grande reputation. 

Le comte de Provence , Raymond Bi'rengcr II , 
avait, antcrieurement i quelques uns de ces derniers 
<?crivains, inspire le gout de la poe§ie catalanc ^ rcm- 
pereur Frederic I. Celui-ci lui fit un accueil tres-dis- 
tingue a Turin , Tan 1162 , soit qu'il fut sensible & la 
demarche qu^il venait de iaire, soit plulot qu'il voulAt 
honorer dans le neveu , les talens dislingucs et les ex- 
ploits du comic de Barcelonne , son oncle. Raymond, 
recoimaissant de Taccucil , donna 4 Pempereur le spec- 
tacle, inconnu pour lui , dV*ntendre des juglars chan- 
ter avec grdce quelques romances , en s'accompagnant 
•'■"■'™"~~^^~ ' "^■^~~ ' ■ ' ■ ^-^^— — ■• 

(/(5) Le manuscrit de ce roman, qui fait honneur aax Troor^res 
da commencement du i3* siecte,. fait par.ie de la richc olleciion 
de manuscriis de la biblioiheque du Roi, k Paris. 11 cxiste on grand 
noaibre d'excmplaires imprimis de la Iraductroo catalane de ce 
roman , chez les cultivaleurs des hautes valUes de la Catalogne ; 
lis ont |iDur titre : Assi comensa la geueral hisionadel rtfotsm' eofolUr 
PartuuMes^ campte de Bid ly aprksfo a t h EmpemdoriB Cotuiamimtpk 

(46) A. De Labocde : (• 5, pt s3x. 




3i8 

de la guitarre ou de la mandore. Ces jeux paisibles se- 
duisircnt Frederic. 11 voulut k son tour rimer quelqaes 
vers ; et il fit , dit~on , le madrigal suivant (47) : 

Plasmi cavalier Francez E la danza Trerisana. 

E la dona Catabna. £ lou corps Aragonez ^ ' 

£ I'ouvrar de Ginoez E la perla Juliaiia. 

£ la cour de Kastcllana Las mans e cara d'AngUc 

Lou cantar Proven^alez E lou douzel de Toscana. 

A.insi done la langue catalane , naturalis^e en Pro- 
vence et accueillie h la cour de Tcmpereur Frederic I 
(II d^AUemagne ) y suivit ce prince II la cour de Si- 
cile (47 bis). EUe fut portce k Naples, sous Charles 
d^Anjou, freredeSl-Loure. Ce prince avaitet^^levei la 
cour de Raymond Bcrenger V, comte dc Provence 1 
auquelil succcda(eu 1245) , apres son manage avec 
laprincesse Beatrix, hcrilieredudit comte. Charles ai- 
mailla poesie, qu^il avait vu honoree 4 la cour de son 
beau-pere , et il la cultiva avec succes. Le Catalan ctait sa 
langue d'af Fection , et il la rendit usuelle h Naples lors- 
qu^il en eut fait la conqudte , comme elle Tetait d4]k en 
Sicile , depuis que Tcmpereur Fr^d^ric en ^tait le 
maitre. Deux princes etrangers exercerent done asses 
d^nfluence sur Icurs nouveaux ctats , pour faire ac- 
cueillir une langue ctrangere, et lui faire donner une 

(4.7) Cresclmbeni : Vite de poeti Provenz., p. iS. 

(47 his) Les ^crivaiDS siciliens soumirent les rimes anz ri§^es qoc 
les proveD9aax avaient ioventdes. 

A. de Sayre : voyage en Sicile , t. a , p. 3ai. 




3i9 
sorte de pr^f^rence sur ritalien , qui , i cette dpoqae , 
f^tait une langue presque formee. A. Naples , les poetes 
s'efforcerent dc rivaliscr avec les trouv^res , dont ils 
empruntaient Tidiome , et ils furent quelquefois assez 
heureux pour imiter toute la grice et la naiVete de leurs 
irobas. 

Parmi • les nobles Catalans et Proven^aux qui ac- 
compagnerent a Naples le due d^Anjou , on cite sur- 
tout Guillaume, vicomte ^e Berga, fameux juglar , 
dont les poesies sont precieusement conserv^es dans 
les antiquesarchives de la bibliothequedu Vatican (48). 
L^illustration de sa famille , k laquelle Guillaume con- 
tribuabeaucoup, a ete plus tard Tpbjet d^un petit poime 
Catalan , qui fait partie du precieux recueil de poesies 
du Cure de Yallfogona. 

Le goAt de la poesie catalane avait done fait des 
progr^s rapides , principalement au commencement 
du 1 3' siecle , malgre les troubles politiques qui d^so^ 
l^rcnt le midi de TEurope. II y. avait des juglars, non- 
seulcmcnt dans les camps et parmi les Crois^s, mais 
encore dans la plupart des villes^ et jusques dans les 
plus petits chateaux. lis s^attachaient au prince , dont 
ils chantaient les exploits; devenaient les amis des 
barons qui les avaient guides au combat , apres avoir 
proteg^ leur enfance , et se dcclaraient, par reconnais- 
sance , et quelquefois entraines par un sentiment plus 
tendre , les serviteurs des nobles chatelaines. Ce doux 
scrvage , qui d^veloppa tant de talens , et auqud il 

(48) Gravina : Delia Ragion. poet., lib. i^ cap. 7. 




320 

faut attribuer qucIquesHincs dcs reputations podtiques 
du si^clc, fut aussi , pour d'autrcs, la cause dcs plus 
grandes infortuncs. Quclqucs juglars trahis dans Icors 
esperances ou rcl)utcs par la dame ile lours pensccs, aU 
laicnt ckercher dans Ics creisades ^ roiiUlidclcurs pci* 
ncs,et Ic plussouvcnt unemortglorieuse. D'autrcssans 
quitter le sol dc la patrie, se rangcaient sous Ics iian- 
nieres dcs rois d'Aragon, ct trahis aussi par la fortune, 
ils devenaient les csclavcs dcs Maiircs, lorsque peut- 
^tre dcs exploits digncs d'un mcilleur sort leur faisaicnt 
conccYoir de plus douccs esperances. Mais parnii ccux 
quiy sur la fin du siccle precedent, acquirent un grand 
renoniy par leur talent poctique et par Icurs infortu- 
ncs , ct que par ce motif nous avons classes & la fiu de 
cettc epoque remarquable , le plus illustrc , sans con- 
tredit, est Guillaume de Cabcstany. Le manoir de ses 
anc^tres ctait dans le voisinage de cet antique chateau 
de Roussillon qui , bati sur les ruines d^une grande 
ville t etait devenu , sous le regime feodal , le patri- 
moine du plus puissant seigneur de la contree. Guil- 
laume fut admis, des renfance (49)9 dans Ic cfiistel du 
baron Raymond et son education fut celle d^un futur 
chevalier : Raymond jouissait, a la cour d^Aragon, 
d^unc haute reputation militairc; aussi, plus amoureux 
de combats que des plaisirs de la vie privee, il ne quit- 
tait gucre les camps , que pour venir apposer le pom- 
meau de son cpee sur les actes consentis par son au- 

^49) Qu'ien foi Doyrits en&ns, ptr Cir vottrcs comaQi; 




321 ^ 

ecrain, ou sur les concessions rcligicuses si niiiUipliees 
dans ces sicclcs d^ignorancc. Triclinc , son epouse , 
eprouvait done tons les ennuis du veuvage^ dans un 
^ge digne d^une plus belle deslince. Guillaume eut le 
malheur de deviner ses ennuis , el il ne fut que trop 
habile k les exprimer dans des coplas ou respirait unc 
tendre m^lancolie. Uaccueil qu'elles re^urcnt de la 
belle chatelaine , rinterdt qu^ellc accorda au sensible 
juglar , inspir^rent un sentiment plus tendre, que la 
solitude , Tabandon du Baron , et le talent distingne 
de Guillaume firent bientot partager h Tricline. Le 
secret de leurs amours resta long -temps enseveli 
dans Tenceinte du castel ; mais ii finit par Iranspirer 
dans des coplas amoureuses , qu^une poesic gracieuse 
et un chant facile rendirent bientot populaircs. Rai- 
mond n'en fut que trop bien instniit ; et son ccBur , 
jusqu^alors ctranger a Tamour , a ouvrit a la plus 
implacable des passions. Cependant Cabestany avait 
desertc le castel, et s'clait retire dans le manoir de 
sesancctres. Cevoisinage vint c^icore ajouter,s'il ctait 
possible , ^ la jalousie de Raymond. II epiait depuis 
long-temps le jourde la vengeance; il savait que son 
rival avait osc paraitre dans les ravins qui servirent 
autrefois de fosses ^ Tantique Ruscino. Sa destinee Ty 
ramena et le fit succomber sous le glaive de cclui qu'il 
avait offense. Le soir , lorsque le Baron parut dans la 
salle du banquet , ses regards sombres , son attitude 
concentrce , excitirent de nouvelles alarmes dans le 
coeur de la belle chilelaine. Elle interroge en vain des 




322 

yeux les cheTaliers qui rentourcnt ct les Tarlets qui la 
scrvent. Un profond silence regne dans ]a salle ; Trie- 
line est" ccpendant invit(?e par Raymond h prendre 
quelque aliment. C'est pour la premiere fois depiiis 
son reiour qu'il parait sc souvenir dc son epouse et 
s^occuper d'ellc. Un mcts nouveau lui est offert, ct cllc 
Taccepte. En cc moment une joie barbare vint ddrider 
la physionomic rembrunie du Baron Que devint-il 
lorsque Triclinc fit Teloge du mctsqu'on venait de lui 
servir? Terfide, s'ecrie-t-il /rejouis-toi: ton amant a 
succombe sous mes coups et tu viens dc devorcr son 
coeur. Un cri de desespoir s'cleve : rinforluncc chdtc- 
laine accuse le Baron , qui Pa privee de son atnant ; 
elle accuse le ciel , qui a permis un si horrible festin; 
et bravant le glaive qui menace sa tetc , dclestant la 
vie , cllc s'olancc vers Tesplanade du castel , et se pre- 
cipile dans les fosses. 

Le peuple a conserve le souvenir de cette tragique 
aventure ; et plus d'un chantre villageois a fait vcrser 
des larmes en racontant les infortunes de la belle 
• Triclinc. Le manoir de Cabestany , qui s'elevait jadia 
avec honneur sur les rives de Tctang de Saint-Nazairc, 
n'est plusaujou^d'huiqu^Jnemodcste forme; Tantique 
castel est tombe sous la faulx du temps ; mais la haute 
tour de RosscUo ( Koussillon ), unique tcmoin du for- 
fait du Baron , domine encore la vallce de la Tet. Ellc 
sert de guide au h&teau p^cbv^ur lorsque la temp^te le 
menace ; et le voyageur vient quelquefois fouiller ses 




323 

ruines , qui parlent si puissamment h rimagination du 
chantcur roussillonnais (5o). ^ 

Lc savoir dcs Juglars et une vie oragcnse seroblent 
avoir cle la dcstinee dcs desccndaas de Guillaume de 
Cabestany. Le dcrnicr dc tous , apr^s avoir sup]>oii^ 
gaiinent Texil et la pertc dc sa fortune , a termini 
depuis pcu ses jours , la guilare ^ la main , jouant 
ainsi avcc la mort , commc il avail joud avcc la 
fortune. 

II nous restc sept chansons du Jaglar roussillonnais. 
£llcs ont fait long- temps Ics del ices du pcu pic ; mais i 
mcsure que les expressions en ont vieilli , que de nou- 
velles guerres, ct que dcs invasions dCv^aslreuses , ont 
allere Tantiquc langage, ces trobas ont cessc d'etre 
populaires. 

Guillaunie dc Cabestany cut d'habilcs successcurs 
dans Tart dcs Irouvercs (5i). Le chevalier Mo&sen 
Jorge lie SantJordi(52)sc(listinguatouta-la-fojsparsa 

(5o) riusieurs conlr<^es ont cherch^ k s^approprier I'histoire 
presque romanesque de Cabestany, et son talent po^tique. Des- 
circonslances plus ou moins heurciises, dcs rapprochemcos de 
noms de lieux ct de famiUe, ont plusou molns recommand^ quel- 
ques-nncs des hypotheses. Je ne suppose point que le sujet mMte 
une controvcrse, je dlrai seulemcDl que FaTeDlure de Cabestany 
est populaire en Roussillon, que les ^crivains Catalans soni loos UDa- 
nimcs sur ce point, que plusieurs ^crivaius fran^ab elcntr'aatres 
A. de Laborde (*) ont adopts lenr opinion. 

(5i) Ximeno : Escrit del regno de Val. , roL i , foL i« 

(Sa) Le titre de Mossen, dans ces si^es recnl^s, ne b\ 

(*} iiiuciatic d«' l^£«pagil«. 




324 

valcur clpar retenduc deses connaissanccs.Historien^- 
guerrier et po^tc , il marcha commc croise h la con- 
quctc du royaumc de Valence , et partagea plus tard 
les perils dc la descente que Ic Roi d^Aragon op^ra 
sur les Ules de Mallorque (53). II ecrivit ensuite sur 
les cveneinens mcmorables dont il avail et^ temoin^ 
et il composa , en vers Catalans , nombre de pieces 
appeldes alors ^ sextillas , sonetos , tercetos et octavas 
(54). Ses exploits sous les armes , et le recueil de ses 
poesies, lui mcriterent Testime de Jacques I" dit le 
Conquerant , et de son successeur. Petrarque , voya* 
geant plus tard en Gascogne , a la suite de Jacob 
Colona , cvdque de Lombez , eut occasion de lire les 
irobas dc Mossen Jorge, et son pocme sur la tormenta 
( temp^le ) del Rey don Jacme I. II tcmoigna haute- 
ment son admiration (55) pour le Juglar Catalan , et 

qu^aux chevaliers d'unc naissaoce distingu^e ; plus tard on le rem- 
pla9a par celui de Don , le premier est d^riv^ de senior , et le se'- 
cond de dominus. 

(53) Mariana: lib. i3, cap. i8. 

(54) Felipe Nucio, Cancionero general : foL 3oo, ddit iSyS. 

(55) Scola * hist, de VaL, lib. i, c. i4« 
Prodamacion catol., § i5, fol. i65. 
Beuter : chron, de TEsp. , fol. 3. 
Escolano : hist, de Vai., t. i , c. i4* 
Bosch : titok de honor. , I. i , § 4< 




325 

il jiistifia plus tard ses cloges par d^heureuses imita- 
tions. (56) 

Deja, avant Pctrarque , le Dante s'ctait excrce sur 
les rimes provcn^ales , et plus tard ses poesies conser- 
vJirent des traces de ses premiers essais. II y avait un 
grand nombre de Juglars dans Tarmee qui conquit le 
royaume de Valence (Sy) et Tisle de Mallorque. Usap- 
pellaient leur art la Ciencia gaya. Parmi eux Mossen 
Jorge eut un rival et un ami, dans le chevalier Mos- 
sen Jacme Febrer. Celui-ci etait fils de Guillaume 
Febrer, chroniste des rois d'Aragon, et en outre 
T^eedor ^ inspecleur - general de Tarmee qui conquit 
Valence. (58) Jacme ou Jacques succeda aux emplois de 
son pere. U peignit, dans une galerie de son chateau , 
les ecus de tous les Chevaliers croises pour la conqu^te 
de Valence , et il completa les rccherches nobiliaires 
qui avaient etc prescrites ^ son pere , en ajoutant sur 

(56) E noo he pau, e noo tine quim'gaerriegi 
Vol sobre el eel , e non movi de terra ; 
£ non estrech res , et tot lo mon abras , 
Oy he de mi , e vull a altri grand be : 
Si no es amor , donchs a^o <^ue sera ? 

Ces vers sont imites dans ce beau sonnet ; 

S'amor non 6, che dunquc ^ qdel ch^io sento.^ 

(5;) « E per tant que sapia hom qoant f6 presa Valencia , fo 
>. la vespra dcSant-Migucl, en lauy laSg. Don Jayme : Ilisl. cap. ' 
1 1 5. Tail i33g de rincarnation correspond a Tan ia38de la nais- 
sauce du Christ, et ii I'an 1277 de Tire espagnole. 

(58) Ximeno : t. 1 ^foL a ct 363. 



/ 




326 

CCS ecus , rhistoire , en vers Catalans /de tous Ics Che- 
valiers auxquels ils api)artcnaicnt. Plus lard il fit nau- 
frage sur les cdtes dc Mallorque , avcc son ami Jorge. 
II fit encore la campagnc avenlureuse de Murcic, Tan 
1275, avec le roi don Jacques 1", dont il ctait tris- 
aime. 

Le roi don Pedro III , informe que Jacques Febrcr 
etalt malade des blcssures revues en Murcic , alia le 
visiter dans son chAtcau: il vitalors la belle colleclion 
des ecus et des devises ; il en demanda une copic , el 
nous devons a cettc deinandc Touvrage en vers Ca- 
talans que Mossen Jacme composa sur les nobles, ct 
qu'il dedia au Roi. La dedicace et Touvrage sont en 
vers Catalans. A Timitalion de son ami Jorge, il com- 
posa un poeme sur latempctc essuyee en vue de Mal- 
lorque (59), 

Pen de temps apres la niort de Jacques Febrcr , 
Saint-Pierre Pascal fut nomnie evcque de Jaen : ne k 
Valence avant la conqucle (60) , mais aJmis de bonne 
heurc dans les ecoles ouverles par les soins du roi 
dom Jacques, il s\*tait d'abord exerce avec succcs 
ilans la science gaye ; mais lorsque des fonctions graves 
lui eurent impose de nouveaux devoirs, il ecrivit con- 
tre la secte mahometane , en se servant toujours dc la 
languecatalane, et fiit, a cause deses derniers ouvragcs, 

(59) Voir k Tappcndix les vers dcrits par Tauteur sur Tdcu de sc» 
armes. 

(60) II naquUran 1227, etia conqudte eutliea i'an ia38. 




327 

assassine au pied de Taulcl, h Grenade, Tan i3oo. Sa 
traduction catalanc dc THistoire Sacr^e fut le premier 
ouvragc que Pedro Posa imprima, a Barcelonne » Tan 

1489- 
Guido Terrona , d'unc famille dislinguce dc Pequ- 

gnan^parvint, par son mcritc personnel , a ^trc succcs- 
sivcment general des Carmes et cv^que de Mayorque 
et d'Elne en Roussillon. II composa plusieurs ouvrages 
de ihcologie, ct un tr^s^grand nombre dc dissertations 
et de petits trailes qui font honneur h son savoir. II 
mourut ill la Cour d'Avignon , Tan iSSa (60 bis). 

Mais avant de passer aux ecrivains du i4' sieclc, ct 
de con tinner les recherches qoe nous avons cntrepri- 
SL's , pour etablir riiistorique de la langue catalanc , 
soit par la serie des ecrivains qui Tont cultivcfe , soit 
])ar la nomenclature des principaux ouvrages que cette 
langue a produits dans les siecles oii clle fut la plus 
generalemenl connue et appreciee, il est necessairc 
que nous revenions un peu sur nos pas, pour rappor- 
ter noire attention sur Tecrivain le plus marquant du 
1 3' siecle. (61) Je veux parler du roi d'Aragon don 
Jacques I, qui, h Timitation de son perect de son aYeul, 
don Pedro II et don Alonso II, fut le constant pro- 
tec teur des troubadours et de la gaye science. Ce prince 
fut surnomme le (^onquerant, parce qu'il ajouta plu- 
sieurs clats a cenx que lui avail K'gues le roi don Pc- 



(^Go Sis) Marcilla : Crisi dc CaUl. , part, a p cap. 7 , foL 3i8. . 
Serra , fol. 35 7. 

(61) Al>arra : ADoal. d^Arag., cap. 3, foL aSj. 




328 

dro II ; niais la reconnaissance de scs conlemporains 
aurait du lui accorder celui de restaurateur des lel- 
tres. (62) En effet , il eut toujours avec lui unc suite 
nombreuse de juglars, qui partagercnt tous ses perils 
dans les croisades quHl conduisit avec tant de bonheur 
contre les rois Maures de Valence, de Murcie, de 
Grenade, de Tunis et de Mayorquc. II combla de fa- 
vcurs et de distinctions tous ceux qui, apres s^^tre 
montresen dignes chevaliers sur le champ de bataille , 
(()3) devenaient, pendant, les loisirs de la paix , les 
historiensde cesmemcs croisades. Uhistoire alors(64\ 
I omme nous Tavons dejiSi observe, n^ctait encore qn'un 
rccueil de irobas ou chansons , plut6t destinies a con- 
sei^'er le souvenir de quclques hauts faitsd^annes,-ou 
d'une aventure tragiquc , qu*a retracer un tableau fi- 
dele des evenemens et des causes qui les avaient prd* 
pares. Le roi don Jacques fut le premier qui comprit 
toute Timportance d^me relation historique; et il ap- 
partcnait ^ celui qui avait cree une vaste monarchic , 
et porte un ocil scrutateur sur les legislations les plus 
convenables aux peuples, que la victoire ou des alliances 

(63) Don Jacques ou Jacme rcniporta So vlctoires, 6t bJilir 1000 
c^iises, fonda des universites et des ecoles publiques, refonna le code 
lies lois aux Cortes d'Huesca, instilua plusieurs cours de justice, 
ciicouragea le commerce, et protegea Tagri culture en faisant dtablir 
de nouveaux canaux d'arrosage , auxquels il appliqua la legislation 
des Maures sur les cours dVau. 

(C3) Abarca : Annal. d^Arag., cap. 3. 
(C4) Mondejar : prcf., f. vix. 




329 

lui avaient soumis, d'ccrirc ThLstoire d'un rigne digne 
des regards dc la posterite. Don Jacques est done Icpre- 
inier hislorien Catalan , ou du moins celui qui est le plus 
anciennement connu. Comme Cesar, qu'il prit souvent 
pour modele , il commanda les armees et ecrivit ses 
propres annates (65). Un auteur distingue dit (66) , en 
parlant de Thistoire de Don Jacques , qu'elle est ecrite 
avec toute Telegance, la correction etTeloquence dont 
etait susceptible la langue lemosina , qui n^etait autre 
que la langue catalane (67). 

Le Roi don Jacques transcrivit lui-m^me^ ses an- 
nates, surdu beau parchemin , en caratferes tres-lisi- 
ble y egaux et traces avec un soin tout particulier. II 
^avait qu^il travaillait pour la posterite. Le manuscrit 
iut depose , a la mort de ce prince, au fameux monas- 
tere de N. D. de Poblet , en Catalogue , et il ne con- 
tribua pas pen a donner de Tillustration au monastcre, 
que le valeureux don Jacme avait choisi pour sa se- 
pulture. IJne copie en fut faite , par ordre de Tabbe 
Pons de Copons, par Celestin Destorres , Tan i343. 
D'autres copies furent encore autorisees , sans doute 
pour meltre une oeuvre si €urieuse a Tabri des dvcne- 
niens de la guerre ; et plus tard , ce manuscrit fut un 

(C5) Lanuzo : hisL eccles. y secul. d^Arag., I. 1, lib. 5, cap« 87 

(66) Serra : Fiiieza de los Angel., i*. 3^5 et scq. 

(Gj) Con tanta propriedad, suavidad y eloquencla quanta fa^ 
possible en la lengua lemosina (et Serra ajoute) : o catalana que es 
)a inisnia. Lanuu, 




S3o 

des premiers qui profit^rent de la dccouverte de Tiin- 
primerie. 

L'archeveque de Toulouse, M. de Marca, remplid- 
sant, en Catalogue, les fonctions d'intendant et de 
commissairc extraordinaire du roi Louis XIV, visi- 
tant Ic monaslere de Poblet, et lo recueil dc ses char- 
tcs, s^empara, disent les ccrivains Catalans, du pre* 
cieux manuscrit ^ quMl deposa a la biblioth^que dc 
Rouen, vers Tan 1726, d'ou il fut extrait sous Louis 
XV, pour etre rcuni a la riche collection de la biblio* 
theque du Roi a Paris. 

La copic dc Deslorrcs , devenue moins precicuse 
depuis la dccouverte dc rimprimerie , dcvint la pro- 
prietc du doctcur Jh Geronimo Resora , chanoine 
de Lerida , et ccrivain distingue, qui en fit don , ainsi 
que de sa belle biblio theque , aux Cannes dechausses 
de Rarcelone (68), a Timitation de Thistoricn Zurita , 
qui legua sa belle bibliothecjue, a la Chartreuse d*j4ula 
Dei, en Aragon. 

Sous le rrgne de don Jacques , IVtude de la 
languc catalane ccssa d^etre le palrimoinc , a-peu-prfes 
exclusif , des poctes et des chanteurs ambulans. Les 
transactions commercialcs , les rapports journalicrs 
des agriculteurs avec les autres classes de la socicte; 
Tobligation, pour Ics juges , de s^exprimer dans*une 
langue qui permit aux parlies de suivre la discussion 



(68) Cette copie existail encore Tan 1819, dans la riche col- 
lection des manuscrits des Carmes dechausses de Barcelonne, 06 
)d\ eu tout le lolsir ronvenable pour Ja consuller. 




33i 

de ]eurs droits ; la neccssite ,chez Ics depositaires des 
actcs publics , de rccucillir les conventions parlicu- 
licres et les dispositions testamentaires , dans les 
mcmcs tcrmes employes pour les dieter , avaicnt renda 
nccessaircs Irs nombreuses ecoles publiques , etablies 
par ordre du roi dans ses etats henMitaires et dans 
les pays conq'iis. Non seulement la langue catalane 
devint populaire dans loutc la monarchic , mais clle 
re^ut par Tusage, cette proprictc de termes , cettc 
correction et cctte elegance qui caractcriscnt une 
langue regulicre et pcrfectionnce. Dcs-lors elle rrm- 
plaga avec avantage la langue latinc, qui ctait de plus 
en plus negligc?e ; et le souvcrain dans ses edits, plu- 
sieurs tribunaux dans Icurs sentences , le commer- 
gant dans ses relations, nc firent usage que dn cataTan, 
parce que desormais cette langue etait la seule que 
comprissent , non-seulement les habitans des diverses 
provinces soumises h la couronne d'Aragon , mais en- 
core les etats voisins, avec lesquels la guerre ou le 
commerce etablissaient des rapports intimes 69). 

Ainsidonc la protection accordce par Don Jacques, 
a Tcludc des lellres , et en particulier a celle de la 
langue vulgaire , conlribuapuissamment a propagerles 
connaissances utiles en les metlanl a portee d^uneclasse 
d'hommes qui jusqu'alors avaicnt etc exclus des eco- 
les publiques (70). Elle se repandirent bientot dans la 

(^9) ^oir, dans le Recaeil des pieces, laleUre du roi Jacq«es li, 
au roi de Tunis. 

(70) A ceUe ^poque, il existail i6]k de nombreuses tradactions 




332 

masse de la nation, et y op^rcrent insensiblement des 
reformes salutaires dans les mocurs , dans la pratique 
des arts ; et par suite dans les institutions sociales. Le 
m^me siecle qui vit Tenseignement Tobjet des preoc- 
cupations du souverain , vit colore aussi une foute d'e- 
crivains, qui peuplerent les couvents, ou figur^rent avec 
honneur dans tons les rangs de la societe. 

Mais parmi tous les tilres de gloire d^un prince qui 
fut ^-la-fois conquerant, legislateur et historien, Pun 
des plus remarquables sans doute, c^est la protection 
constante quHI accorda au commerce et h la marine 
marchande. II voulut que les operations commerciales 
fussent affranchics des entravcs d^une legislation f^o- 
dale et des juridictions privees ; et il reussit k les 
rendre independantcs , lorsqu^il les cut soumises a 
un code maritime , dont il ordonna la redaction. Les 
matcriaux de cc code cxistaient dej^. Diverses coutumes 
rcgissaicut le commerce Catalan , mcme avant la pre- 
miere croisadc. On traduisit cclles dont le texte ^tait 
en latin ; on redigea et classa dans im meilleur ordre 
celles qui ctaient dcja en langue vulgairc ; et apres un 
long travail et des recherches penibles , le commerce 
maritime , qui eta it alors tr^s-puissant et s'etendait 
au loiu; fut soumis (71) a un corps de lois sages, 

dc Tanclen ctnouvcau Teslaincns en langue romance. Voyez, dans 
Tappendix, le d(^cret des Corl^ dc Tan laSi, qui ordonne aux 
ddpositaircs de ces traductions de les remcttrc, dans le delaide halt 
jours, h rdvt^que dioc<^sain , sous peine d^h^r^sic. Constit. de Cat. 
lib. I , cap. 3 , f. 7. 

(7i)Capniany : t. i, f. 12. 





333 

appropriccs a ses bcsoins, h ses iiiti^r^ts, et ecrit dans 
unc langiic <fui les mcttait h port^c de tout le mon- 
dc (72). Cest le premier code maritime publie 
dans les temps modemes, et celui que les villes com- 
mer^antes des cotes de )a Mediterannee , de TAdriati- 
que , de FOccan et de la Baltique , s^empress^rent 
d^adopter. Ainsi les Catalans eurent la gloire d^avoir, 
dans des. temps que nous appelons barbares , rivalis^ 
avec les Rhodiens , qui les premiers chez les peuples 
anciens , avaient redige un recueil de lois nautiques 
(yS); recueil que les Romains adopterent plus tard et 
incorporfcrent dans leur droit civil, ^application des 
lois maritimes fut confiee,par don Jacme, aun tribu- 
nal consulaire (74) 9 dont la juridiction fut inde- 
pendante , et qui , d^s son origine , reodit toutes ses 
sentences en Catalan. Les successeurs de ce prince 
completerent son ouvrage, mais sans toucher h ce 
qu^il avait dej^ fait C^est ainsi que la juridiction du 
tribunal consulaire fut dctermince par une nouvelle 
redaction des anciennes formes judiciaires, Tan i283, 
et sous le regne de don Pedro III. La demi^re redac- 
tion h laquelle on soumit les anciennes ordonnances 

(ya) Cc code maritime a eld traduit en Castillan, et public Tan 
1732, par Don Cayetano de Pallej^. 

(78) Capmany, t. 5, disc. fol. xv, xx. 

(74) Ce tribunal fut dtabli vers Tan ia58. La redaction du code 
maritime rcmonte h Tan 1240. Le tribunal avait entr'aulres privi- 
Idges celui de nommer les agens consulaires que la viUe de Barce- 
lone envoyait dans les ports d'Afrique, et dans tout le Lerant. 




334 

sur les assurances maritimcs, date dc Tan i436, et 
du regne de Ferdinand le Juste. Enfin il existe encore 
un recueil d'ordoniianccs sur les armemens maritimes 
en temps dc guerre, dont la redaction remonte a Tan 
i25o, et qui , de ineme que les divers recue^ls dont 
nous venons de faire mention , existent en original 
dans les archives de la maison de ville a Barcelonne 
(yS), ct ont etc plusieursfois imprimes. Remarquons 
cependant ici que les coutumes de la ville de Mont- 
pellier furent rcdigecs en langue provenQale , Pan 
i2r3, et que le manuscril original existe encore dans 
la bihliothequc de TEcole de Medccine. 

Don Pedro III d'Aragon , fils et successeur du 
roi don Jacme I , marcha sur les traces de son pcrc , 
et se distingua a-la-foi> par sa valeur chevaleresque , 
et par la proteclion conslanlc qu^il accorda aux lettrcs. 
Les lutlcs plus ou moins heureuses qu'il cut a soutenir 
contre les rois Maurcs , jellent bcaucoup d^inlerdt ct 
de variete dans Thisloire de sa vie : aussi ce Prince, ne 
voulant coniicr a aucune plume etrangere le soin de 
raconter les evenemens les plus marquaus de son 
rfegne , redigea lui-mcme scs Annalcs (76) , dont le 
manuscrit original, transcrit d'abord dans la Chro- 
nica de rhistox'ien calalan Bernard Desclot, a etd 
legut? par la suite a la Bibliolbcque des Carmes d^- 
chaussrs a Barcelonne (77). Ce manuscrit est remar- 

(7 5) Mcuiorias dc Barccloua , Capuiaoy : t. 5. 

(76) l^roclamacioii catholica : § i5 , fol. i65. 

(77) vS.crra : fol. 33 1. 




335 

qnablc , non-seulemcnt par son ancicnnete et^par 
rimporlance des fails qui y sont consigncs, mais en- 
core par Telogancc ct la sagessc du style. 

Don Alonso III succeda tout a-la-fois aux etats du 
IVoi don Pedro III son pere , et a son gout pour Tetude 
des leltrcs. Mais s(^s ecrits ne sont point panrenus 
jusqu'ik nous , et Thistoire nous apprend seulement 
qu'il versifiait avcc facilitc, et que plusieurs de ses ^t 
trobas etaient devcnues populaires. 

L'hislorien Bernard Desclot appartient encore au 
1 3* siecle (7 8). II rcdigea en Catalan la Chronica des rois 
d'Aragon v79); vc\z\% le grand nombre de ceux qui, 
plus tard , ecriv'rent sur le m^me sujet, aurait fait ou- 
blier des annales redigees avec pen de methode et de 
critique, si elles ne rcnfermaient en enticr les oeuvres 
historiques du roi Jacques I. Cette espece de depdl 
i|uc Desclot s*clait, pour ainsi dire, appropriee, lui a va- 
lu, plus tard, leshonncurs d'une traduction castiilane, 
par K. Cervcra (an 1620}. 

Cest une opinion assex generalement admise , qae 
la langue catalane , connue en France sous la deno- 
mination constantc de langue proven^ale , n*a brille 
d*un vif eclat que pendant le treiziime siecle. Nous 



(78) Zurita : t. I, lib. 3. 
Serra : fol. 365. 
Corbera : 1. 1, c. 3, f. 0, 

(79) I^'bistorien Zarita avooe avoir souveni consults rouvng« 
de B. D. pour Ics r^nes de Don Jacques et Don Pedro. 




336 

^vons vu en cftet que Ic grand nombre dMcnvains 
ou dc poctcs, qui culliv^rent avcc succes cl perfcc- 
tionncrent cettc languc, pouvait, jusqu^a un certain 
point , justifier cette opinion , si Ton se rapporte 
surtout h cette epoque rcculce , qui pr<^ceda le si^cle 
du Dante , dc Pctrarquc ct de Boccace (80), ct pendant 
laquelle TAngleterre, la France et TAlIemagne, ne 
comptent pas un scul poete, qui ait ccrit dans l^langue 
nationalc. Alors encore, Ics troubadours provenQaux 
ct les juglars Catalans etaicnt sans rivaux dans les 
cours ctrang^res ; et si plus tard la douce harmonic 
dc leurs chants ct Icurs naives inprovisations inspir 
rercnt Ics poctcs du quatorzicme siccle ; s^il sV'tablit 
alors unc hcureusc rivalitc cntre ccs derniers et leurs 
modcles ; les Icttrcs eurcnt a s'applaudir de ces luttes 
poctiques; et dies furent toujours accueillies avec 
honncur dans la contrec qui Icur avait accordc Ic 
premier asile, ct dans les nombreux castclsde la belle 
Provence. 

La cour d^Aragon nc ccssa, pendant tout le quator- 
zicme sieclc , d'accorder aux juglars cette protection 
constantc dont Ics poctcs , et en general les lettrcs , 
ont bcsoin pour prosperer ; clle fut toujours Fasile 
dcs talcns , ct tout ce qui se distingua ou m^rita de 
Telrc , obtint les favcurs du Prince et cc degrc de 
consideration , que le mcrite ambitioimait encore plus 



(80) Lc Dante uaquit Tan ia65, Pclrarque Tan i3oa.^ Boccace 
Tan i3i^. 




337 

que left faveurs. Le Roi Jacques II (don Jacine)sumf 
rexemplede^espredecesseurs; il Fonda, Pan tSoo^runi- 

vcrsilcdeBarcclone(8i)|ilniuhipiialesecoIespubliques, 
el il ccrivit avec succes sur ia langue catalane ; mais le» 
succes plus remarquablcs de son pelit-fils , le Roi don 
Pedro lY, dit le Ceremonieux (Pedro III^ de Catalo- 
gue), les firent bientdt oublier. Ce dernier eut de grands 
talens et peu de vertus (82}. Par un rapprochement 
f^cheux, et que Thistorien a dik signaler^ il fort anla- 
fois bon ccrivain et mauvais parent > comme «i Tetade 
dcs lettres n'avait et^ chez lui qu^un nioyen de pus 
pour subjuguer la fortune , quand clle auraii du eniie- 
blir son caractere et Thistoire de son regne. II rc'digea 
avec mcthode et clarte , Thistoire des guerres cnlre- 
prises par le Roi don Alonso IV , son pere et par lui- 
mdme / durant une periode de plus de cincinante 
annees (83). Le manuscrit original de cet oovrage que 
les annalisles d^ Aragon ont souveni consult^ , existe 
encore dans les archives du royanme de Barcelone. II 
a etc insert en enlier (84) dans la Chronica general de 



(81) Marcillo : Crtsi dc CaUL, part. 5 , cap. 7, § ^> f. i88, 
(8a) Manescal : fol. So, coL 4* 

(83) Serra : fol. SSi ; el Blancas. 

Ziirha. 

Lanuza. 

Kslc\an do Garibay. 

Antonio Rculer. 



(84) CarbonncU : lib. vi, fol. 18a. 
Mai cillo : ib. f. 390. 



9& 




33d 

Espaiia, dc Miguel Carbonnell, archiviste du Roi 
Ferdinand le Catholique (85;. Don Pedro aTait fond#» 
I'aii i344» Tuniversit^ de Perpignan. 

Le Cardinal don Jayme d^Aragon , fils de Tinfant 
don Pedro, et gouverneur du royaume de Valence, fit 
hommnge (86) aux magistrals de la ville de Barcelonet 
de sa traduction catalane de Valfcrc - Maxime ( 87 ). 
Xiniencs (88) attribue cette traduction ^ un moibe 
valencien « nommc Antonio Canals. 

Don Juan I porta sur le trone des vertus plus paci<» 
fiques que Ic Roi don Pedro IV. II rechercha Tamitid 
des Princes voisins, avec la meme Constance qne son 
pcre avail mise h les combatlre cl & les desunir. II prd^ 
f(^ra h Fecial de la gloire militaire , les avantages plus 
solides d^unc longue paix , et ceux d^une civilisation 
dont la marche n'etail point interrompue (8g). Sa 
cour ful la plus distinguee de son temps , par le luxe 
qu^on y 6'talail el par le grand nombre d^hommes ins* 
truits dont cl)e se composail: entail comme uneaca^ 
demie de la gaie science , dans laquelle chacun cher- 

(85) Voir an ezlrait dc son Histolre dans les notes. 

(86) Capmany : Antiq. mar., 1. 3 , f. a. 

(87) Celte tradacLion , ^crite sur r^lin el enlomin^e avec bean- 
coup de goftt , est couscrvee avec soin dans les archives de U cili'. 
On a transcrit^en X^it du volume, la leUredatraduGteur,endate da 
I*' di^ccmbre i395, el la response des Magistrals de Barcelone. 

(88) Ximraca : 1. 1 , f. 33. 

(89) Zurita^ I. a, lib. 10, cap. ^3^ fol. 3^3. 
Vtoclamacion caiholica:^ i5,roL i63ctsc<^ - ^ 




339 

chait 2i se fairc rcmarqucr, ct ou tout le gcnic invcntif 
dcs Juglars etait mis h contribution , pour varier les 
plaisirs et dirigcr Ics fetes. La Rcine Yolaride secon* 
dait avcc un zele singulicr iesgodtspoetiques et Tesprit 
lie courtoisie du Prince £llc s^etaitentouree des dames 
les plus distinguecs du royaume, par leur rang, leur 
fortune ou leur beautc. Cette espice de revolution de 
cour, dans les usages, dans Tesprit des grands et dans 
Ic caraclereduPrincceutexerceunegrande etprompte 
influence sur les progr^s des sciences et sur la pocsie 
vulgaire, si ellc avail eu une longuc duree ; mais Ic Roi 
don Juan mourut, apres buit ans dc rcgnc , et so"^ 
successeur n^accorda aux lettrcs que la seule attention 
compatible avec les devoirs et les soucis de la royautc. 
Ccpendant le Roi don Martin ecrivit purement dans 
la langue catalane (90), et ses divers discours aux 
Corles , que nous savons avoir cte rediges pa^^lui, 
peuvent ctre encore presentes aujdurd'hui comme des 
modcles , sous le rapport du style et de la stricte ob- 
servation des regies grammaticales 91}. 

Si , apr^s avoir esquisse le portrait des Rois d*Ara- 
gon, comme ^crivains ou comme protecteurs dcslettres 
pendant lequatorzi^mesiccle, nous continuous les re- 
c herclies sur les poetes ou leshistoriens qui firent usage 
de la langue catalane pendant le mdme siecIe,nous trou- 

(90) CarbonneU : Cbroo, de E^p^ t« i, f. sSa. 

Sorra : f. 33a, 

Capmany: Memor* hbl., C 9, notn. ai« 

(<)i) Voir TappendiX. 




34o 

vcrons dos noms distinguc^s et une serie nombreusc 
d^ecrivains plus ou moins habilcs ; mais, contraints d% 
fairc un choix , pour nc pas donner trop d^ctendue 
& nos redierches, il suffira, je pcnse, d'en citerqiiel* 
ques-uns , et de renvoyer, pour dc plus ampler de- 
tails , aux historiens ct aux manuscrits qui nous ont 
scrvi de guide. 

Pons-Hugucs III, Comte d^Ampurias, jouissait d*une 
haute reputation , comme juglar, & la cour d^Aragon. 
Ses poesies etaient rccherchces , ct peut-^tre si clles ne 
nous sont point parvenues, c'est qu^en prdf^rant Ic 
renom et Ics devoirs d^un chevalier au titre et aux 
honneursdcComte Souverain qu'avait portes sonpire, 
Hugues se condamnalui-mdme k une renomm^e passa- 
gere, et se confondit involontairement dans la foule 
de ses rivaux. Son amour pour Fart des trouv^res fut 
fatal il sa maison : elle s^eteignit sans bruit et sans 
eclat. La dcmiere troba de ce Comle est de Tan 
i3o8. 

A peu-pres& lam^e epoque, lliistorien Montaner 
se fit connaitre» II fut le premier qui, en ^criyant 
rhlstoirc , parut se rappcler de cette noble ind^pen- 
dance qu'ellc cxige, ct le seul qui admit dans ses Merits 
un peu dc Tcsprit dc critique necessaire pour la dis- 
cussion dcs faits. Ses ouvrages ont etd plus tard im- 
primes. 

Don Pedro Juan Marlorcll , chevalier valcncren, 
I'crivit un roman de chcvalerie (9a), sous le litre de 

(()'i) Basler : Crusca prmcQzale, foL a6. 
Xiincnes : t. 1, C la, anno i383L 




34 1 
Tiiani lo Blanch , qui m^rita les ^logcs de rillustre 
Ccn^ntes. Ce livre fut du petit nombre de ceax qui 
oblinrent gr^ce aupr^s du bon Cure et de Texpiiditif 
Barbier, lorsqu^ils condamnereot au feu la bibliothi^- 
que de don Quicliottc. Es un iesoro de Contento^y 
una mina de pasaiicmpos ^ dit Cervantes (gS); etplus 
loin (94) 1 il ajoute : Elnunca cor no se debe alahado 
Tirante el Blanco. Cct ingcnieux roman a etc traduit 
par extraits, par le Comte de Caylus, sur une traduc- 
tion castillane (gS) ; mais il parait que cet ccrivain 
ignorait que rouvrage original avait etc ecrit en Ca- 
talan. 

Mossen Juan Figuerola ctait compatriote et con- 
tcmporain de Martorell. II ecrivit avec succ^s en Ca- 
talan et en latin ; mais il ne publia ses ouvrages que 
vers Tan iSqG. 

Deux autres ecrivainsTalenciens, qui appartienn6nt 
encore au quatorzi^me siecle ^ acquirent une grande 
rcnommce , Tun pour avoir parcouru avec des succ^s 
constans presque tous les rangs de la society , Tautre 
pour les avoir tous dedaignes, et cependant tous sub- 
juguesparPascendantde son caract^re et deson esprit. 
Ilsetaicnt fr^rcs, et leur famille occupait un rang 
dislingu^ dans la ville de Valence. L^ainc et le plus 
illustre est S. Vincent-Ferrer ; il profcssa avec succes^ 
dans les villcs de Valence , Barcelone , Toulouse , 



(93) Don Quixote : pari. 1 , cap. 6. 

(f)',.; ILid , rap. i3. 

(q ) BiLliolheque dcs Romaos : oclokre 17B3, a' rol., p 4* 



M 




Paris et Rome: sa conduite exemplaire, sea travaux 
apostoliqucs ct sa vaste erudition , lui donn&rent nn 
grand ascendant sur ses compatriotes , sur la conr de 
Rome ct sur les Princes ses contcmporainsCgG): ildcri- 
vit avec une ctonnante facilite sur les questions les plus 
graves et les plus difficiles, ct il sc delassa de ses tra*- 
vaux par imc correspondancc en languc catalane, avec 
Je Roi don Martin, encore infant d'Aragon (97) ; il 
mourul a Vannes en Bretagne, Tan i4»9- 

Bonifacio Ferrer, frcrc de S. Vincent, fut succcs- 
sivement avocat, jurisconsulte ctmagistrat h Valence, 
Envoye cOmme ambassadeur aupres du Roi d^Aragon 
don Juan I , sa carriere politique fut arrdtdc tout-2i-' 
coup par la perte de son cpduse et celle de sept cn- 
fans ; il renon^a au monde et se fit chartrcux. Son 
meritc Ic fit nommer successivemcnt (98., pricur du 
convent de Porla-Ccli , general de Toixlrc, Icgat du 
S. Siege h Paris , membre du Concile general dePcr- 
pignan , ambassadeur au Concile de Pise , Fun des 
neuf electeurs charges de pourvoir a la vacance du 
trdne d^ Aragon , aprcs Ic dcces du Roi don Martin ; 
et il vint enfm , apres la mort du Pape Pierre de Luna, 
son compalriote et son ami , terminer ses jours k la 
chartreuse de Valence, en i^^y- 

Get illustre Valencien ecrivit un grand nombrc 
» ' ' ' ' ■ ■■ 

(96) Zurila : lib. 11, cap 72. 

(97) Ximenes : t. i, foi. 29, num. 7 et to. 
LI.jL^o : vld. (IcS. v., f. 235- 

(98^^ Zurita : lib. 11, cap. ^a. 




343 

\l^oiivragcS| dans les divers emplois qu^il remplii pen- 
dant Tespace de trente-deux ans. Le seul que nous 
citerons est la Traduction catalane de toute la Bible , 
qu^on imprima k Valence , Fan 1478 (99\ 

Mosscn Zalba et Mossen Turrell, tous les deux chefs 
de families catalancs illustres par ieurs services rnili* 
taires , affectionn^rent beaucoup les rechcrches histo- 
riqucs « et ils publierent deux ouvrages sur la Catalo* 
gne , dont Ieurs successeurs ont fait beaucoup de cas. 
Le Uibre d Coemo , de Mossen Zalba , a ii€ souvent 
cite (100). 

Nous sommes enfin parvenus a Tepoque ou la languc 
catalane avait acquis un degrd de perfection tr^s- 
remarquablc , soit dans ses formes grammaticales, soit 
dans les diverses combinaisons des mots et dans leur 
veritable signification. Cette langue etait i-la-fois br^ve , 
riche , elegante, grave et douce (10 1/, elle se pr^tait i 
tous les sujets, adoptait tous les tons ; et Ton vit dcs 
jurisconsultes , des prcdicateurs , des historiens et des 
pontes, Tadopter dans leur discours et dans Ieurs ecrits, 
et lui assurer ; par ce choix , un rang honorable dans 
Fhistoirc des dialectes europ^ens (102). D^s-lors« son 
usage devint si absolu , il rendit si choquant le dispa- 

(gg) Rodrig : BiU. vaL, pag. 88 , col. i. 

(100) J^ome Prades* 
Corberi : !. 5, c. i3f f. aSo. 
Tomic. Chron.yC. i5. 

(101) Bc5tcro : nus* da Vatican. 

(10a Captnany: t S« Vocabul, f. 355. 




344 

rate d^une discussion juridique en langue vulgaire , 
tandis que la loi et scs commentaires ctaient r^diges en 
latin, que , pour obvier aux abus trop visiblcs d^une in- 
terpretation arbitraire, le Roi Ferdinand I, dit Ic Juste, 
proposa aux Cortes de Barcclone, de Tan i4i3f et 
fit dc'Cretor, que Ics constitutions de Catalogneseraient 
rcunics en un seul volume (io3) , et traduites du latin 
en Catalan (io4)* Cctte ordonnance ne re^ut pas de 
suite son execution ; il fallait du temps pour classer lea 
divcrses pragmatiqucs et les constitutions dans un 
ordre convcnable ; et ce travail , dont Ferdinand avait 
senti la necessite , mais dont il ne put surveiller Texe- 
cut ion , ne fut termine que par sou successeur 'don 
Alonso V (loj). 

La traduction du Code Catalan en langue vulgaire 
^tait un evenemcnt important dans Thistoire des Rois 
d'Aragon, et elle dcvait amener une espice de revo- 
lution dans Ics cours ecclcsiastiques , dans les tribu- 
naux, dans Tadministrationet dans Ics pouvoirs dcpartis 
aux divers officicrs publics du royaume. Aussi, ce fut 
un dcs premiers ouvrages qui obtinrent les honneurs 

(lo*^) Conslitulions de Calhalunya : lib. i, cap. 34 « foL i« 

(lo-i) Volrle texie de Tordoonaace, dans les Notes. 

(lO*)) Les premiers fueros d'Aragon furent dents en langue ca- 

talane, ainsi que raffirme rhistorien dcs rois d'Aragon, Francisco* 

Andres de Vzlarros : V assi confirmo t esfo yo^ qui las pnmeros 

fueros (,ue huoo puestos en ordon ii Aiagim^fueron lossobn escriios^ 

ijue cstan en caiaian. 



A 
A 




345 

<]q rimprcssion , du moment ou cette iroportante de- 
couvciic fut connue en Espagne '^loG}. 

Plus lard , on s\iper9ut que la classification adoptee 
dans ccttc premiere redaction des constitutions etait 
loin d'dtre melhodique ; les abus qu*ellc entraina fixi- 
rent Tattention de Ferdinand le Catholique , et des 
jurisconsultes du siicle suivant. Unc nouvelle classifi- 
cation fut soliicitee et obtenue aux Cortes de Barce- 
lonc, Tan i564; mais elle nc fut publiee que Tan 
1 587 (107), par ordre de Philippe II. Ces constitu- 
tions ont etd jurces et observces par seize Rois d'Ara" 

(106) Pedro Posa, ^taitpr^tre, etc^est le premier imprimeur con- 
nu en Catalogue: 11 imprima, Tan i4-8it la traduction dc Quiotc* 
Curce, par don Louis de Fenollet; Tan 14.89, Touvragede Ramon 
Lull, et Thistoria sagrada de S. Pedro Pasqual (Ximenes t. i^ 
fol. 55) ; Tan i495, la traduction catalane desoeurres d'Albert-le- 
<jrand. Juan Rosembach, allemand, plus laborieoi que Posa, 
imprima un grand nombre d'ouvragcs ct entre autres : I'an i49^« 
le m<^me ouvrage Catalan dc S. P^dro Pasqual, et fan i5io, Ics 
Constitutions de Catalogue, traduitesen Catalan, parTordre du rot 
Ferdinand L Je possede un exemplaire de cette Edition , aussi belle 
que rare; les caracleres en sont gothiques. 

'107' Cette (Edition, en 3 vol.' in-folio , a constamment gaid^ 
les Tribunaux et les divers Officiers administratifs et judiciaires. 
Elle renferme tout le droit public et le droit civil de Catalogue , 
Roiissillon etCerdagne. CVst un trcs beau monument, qui fait hon- 
neur aux Princes et aux Etats qui Tont (^levc, et qui pourrait etrc 
consullc avcc fruit, lorsqu^ou s'occupera des lacunes existanles 
dans notre legislation. Le repertoire ( Rigaudina) des coulumes de 

tville dc Perpignan , a ^tc imprim<^ plusieurs fois. J'en ai one 
illon en caractcres gothiques , du commencement du 16* siecle. 




346 

■ « 

gon, ct par sepl i^ois dc Castille apr^s la reunion de$ 
deux couronnes. Miscs h la portee de tons les lecteurs, 
depuis qu^on les avail traduites ; confiees k la surveil- 
lance de tous Ics fonctionnaires publics qui, d^apr&s la 
la loi , devaient 6tre Catalans , a Fexception des trois 
premiers fonctionnaires et de rarchevdque de Tarra- 
gone (io8) , ee ne fut jamais impunementqu'oncher- 
cha k y porter altcinte. Elles imposaient ausouverain, 
en montant sur le tr6ne , des conditions dont Toulili 
pouvait avoir des consequences ficheuses ; et, confor- 
mement a Tancicn usage (109) , les Rois d^Aragon et 
leurs successcurs les Rois de Castille juraient de lais- 
ser k la Catalogne , le m^me langage dans les .actes 
publics y a le mcme style pour les expeditions , les 
» memes lois et usages , les m^mes immunites » et la 
» m^me forme dans les administrations de toute es- 
» pcce (no). » 

Depuis la nouvelle redaction des constitudons. Your 
bli de la langue latin^ fut tres-rapide ; et cependant , 
par respect pour Tancien usage, et en faveur dc ceux 
qui avaient contracte Thabitude d^ccrire en cette lan- 
gue J on permit que les sentences de la royalc audience 
fussent rcdigees a volontc, en latin ou en Catalan, par 
les notaires nommes d'office pour chaque affaire. 

A peu-pres k la meme cpoque , on forma des rcgis- 



(108) Constit. : U I, lib. i, lit. 5. 

(109) Proclain. Cathol. : § 35, f. a5o ct soq. « § ay « f* ao4« 
(no) Xaupi : Reclicrchcs, p. 18. 




347 
trcs matricules pour la noblesse catalane C'Ji)y ^^ ^^^^ 
commen^a la redaction des six volumes de dietaires ou 
rcgistres journaux^ pour cctle meme noblesse. Deja Ic 
livre des coutumcs de la ville de Pcrpignan avail etc 
redigc en Catalan depuis Tan i3oo (112). 

Desormais, la langue catalane fut la seule qu^on 
admit dans les transactions particulieres , dans les tri- 
bunaux, h la cour, dans les academies , et dans la cbaire. 
Tout ce qui emanait du souverain et des faautes cours 
de justice , ctait redige en Catalan , k l^exception des 
actcs de la chancellerie (ii3). Les Cortes , le Prince 
et les jugcs, tons parlaicnt, correspondaient ou ju- 
geaient en Catalan (i i4)- 

C'est done au quinzieme siecle quMl faudrait fixer 
IVpoque la plus bnllante pour la langue catalane, soit 
que Ic temps et Tapplication constante des ccrivains 
lui eussent donne le.degrc de perfection dont ellt! 
ctait susceptible , soit qu*elle se prelilit alors avec plus 
de bonheur et de succ^s aux inspirations des poetcs 

(ill) Archives de la ville de Barcelone. 

(112) 11 existe an grand volame in-foliOf en velin, descoatumcs 
de Perpignan , dans les archives de cette rille. Ces coutumes rcn- 
ferment 87 arlicles ; Tariicle 85 prouveque, d^sTas 117a , les ju- 
gemens par duels, ei les ^preuves par le feU| Teau chaudc cl fcau 
froide, ^laient abolis. 

( 11 3) Capmany : t. 5 , f. 355. 
Proclaniacion cathoL, § i5, f. i65, 

(ii4) Voir, dans TAppcndix, ropinioa dc Bastero, extrailc de 
5cs QEuvres , vi instT<^c aussi dans la Cmsca provenzale. 





348 

ct k la marche plus grave des historiens. Nous allons 
faire un choix parmi les uns et parmi Ics autres, puis- 
quc la scule scrie des ccrivains Catalans qui appar-* 
licnuent an quinziemc siedc, occupe plusieurs rayons 
des riches bibliolhcques de Barcelone. 

Juan Monso, dominicain tres-crudit, savant voya- 
gcur ct thcologien, plus que suspect a runiversit^ dc 
Paris, parcc qu'il osa lui resistcry mourut dans un Age 
lre3-avancc ( Tan i4i2 ) , apres avoir public plusieurs 
ouvragcs (i l5). II composa un traite fort estimd , sur 
ridiome valencien. 

Antonio Canals , rcligieux valencien et disciple de 
S. Vincent Ferrer , composa plusieurs ouvrages en 
Catalan et traduisit, dit-on, avccsucces,lesneuf livres 
de Valcre-Maxime (116}. II mourut Tan i4i9' 

Don Manuel Dijez etait un chevalier valencien d^une 
trcs-illustre origine , et il s^allia (117) au sang royal ^ 
par son niariage avcc Catherine dc Yilanova. Etant 
majordome du i\oi don Alonso Y, il composa (118)^ 
])our Teducation de la noblesse , un traite de marecha- 
Icrie, intitule : JJibredela menescalia ^ composto per 
lo noble Mossen Manuel Diez. Apres avoir rempli plu^ 
sieurs cmp'ois importans, il mourut a Valence, l*an 
1443. 

(ii5) Xiincno : t. i, f. 17. 

Kriiard : Scrip, ord. praed., t. i , f. 691* 

Zurila; lib. 3, cap. 71. 

(116} Xiineno : t. i, f. 33, col. 1 ct a. 

(iiy) Id : I. I, f, 87. 

(118; Nic Anton : Bibl. Vet., t. 3 , pag. 18, num. 470. 




Miguel Perez publia, vers Tan i474f ^"^ traduclioti 
calalane de rimitation dc J.-C. } elle fut imprimc'c ^ 
Valence, Tap il\^i. 

' Louis Alcanyis etait medccin k Xativa , dans le 
royaume dc Valence, et fut aussi un poete tres-eslimc. 
On a dc lui un trailc sur la peste , quelques poesies , 
qui furent recucillies par FenoUar, et le recueil des 
fucros valenciens (119)' On presume que eel ecrivain 
mourut Tan i474* 

Don Louis de Fcnollet, chevalier valencien, occupa 
un ranjg distingue k la cour d'Aragon(i20;.Il traduisit 
en Catalan la vie d' Alexandre, par Quinle-Curcc, et 
y ajouta neuf chapitres, pour suppleer aux deux livres 
perdus. Get ouvragc parait ^tre le premier qui ait etc 
imprimc a Barcelone , par les soins de Pierre Posa , 
pr^tre et imprimeur Catalan , et de Pierre Bru , Sa- 
voyard 121}. 

Pierre Tomic , ou Tomich , ne h Barcelone , d'une 
famille noble , consacra sa vie aux recherches histori- 
qiies ( 1 22), et publia sa Chronique des Rois d*Aragon, 

(119) Ce pr^cieux recueil fut public eo latin, sous le litre 
siiivant : A ur earn opus regalium privilegiorum civilatis , et regnr- 
Valentiae. Val. i5i5, 

Ximencs : t. i , f. 364* 

(i3o) Ximeues : t. i, f. 54* 

(121) La Historiade Alexamlrc, scrita de Oulnto-Carcio-Rusco; 
^Jiarcelone, 16 juillet i48i , in- folio). Per Luis de Feuollelen la 
present fcngne Valenciana iransferida. 

(122! Corbera ,11b. S, cap. i3, p. a4C. 

Calqa : lib. i , cap. 1 , foL 9. 

Zurita : lib. i , cap. a. 



I 




35o 
en langue catalanc : cet ouvrage a sonvcnt el^ con- 
suite arec fruit par Ics annalistcs qiri lui succcdercnt. 
Jean Boscmbach rimpriraa pour la premiere fo» a 
Barcclone, Tan i^^S. 

Juan Estcva , notairc ct mi'dccin , dans le royauraC 
dc Valence. II cotnposa un Dictionnaire lafin etTaleii' 
cicn, avcc un rccueil dc phrases, pour faciliter la lee 
lure des ancicns manuScrils (122 bis). On imprima ce 
livrc aYcnisc, Tan 14891 et la m^me annc'c de U 
mort de son auteur, 

Mosscn Bernardo Fcnollar ctait un ecclcsiastique 
dc famillc dislinguce, qui sc rcndit ciUcbre par scs 
po(!sics ( 1 23 ). Son style enjouc , scs allegoncs . ses 
recits pleins dc gricc et de verile , lui mcrit^rent beau- 
coup de lectcurs. Ilmourut Tan i493,laissantplimeun 
ouvragcs, qui furent tous imprimcs : 

I'Un Kccucil de chansons, Oltres dUvbes, f\m fut 
rcdige , a la suite d'unc cspccc dc lutte politique. II est 
d'autant plus curicux que c'est un choix fait sar lc9 
ccuvres des poetes admis au concours. 

2' L'Jltstoria de la Passio de nosfre SenyOr Dot 
J.~C. Valence, i^S^* Jojme de f^i/a, imprimeur. 

3' Lti Dispufa dels Juvens y dels yells. Valence, 
Lojx de Roca , imprimeur allcmand. C'cst uhe alt^ 
goric rcmplie dc traits plaisans ct d'unc saine mo- 
rale. 

4.* Obrafeta sohre un deport de la Albufera. 

(laa hit) Ximencs : I. 1 , lb. f. 55. 
(ii3) Id. f. .S9. 




35 1 

5* Un Traits sQr les mots dont il ^tait convenable 
dc purger le dictionnaire Talencien. 

II existe enfin du m^me auteur plusiciirs trobas oa 
chansons , eparses dans d'autres ouvrages , ct notam- 
mcnt dans le Cancionero general y imprimd i Amberes^ 
par Felip Nucio , Tan iSyS. 

Jayme Gazull obtint quelque celebrity par son Eru- 
dition , qui n^altera jamais la gaitE dc son caractere et 
dc ses poesies (i24)« H composa un po^mc intitule: 
Plaintes des laboureurs de la plainc de Valence, contre 
le venerale Bernard Fenollar , pr^lre (i25), pour lui 
reprocher sa scvcritc contre certains motsde la langue 
vulgaire dont il proposait la suppression. Gazull mou- 
tut vers Tan i493. 

Balthazar Portell et Narcis Tinyoles etaicnt tons les 
deux avocats et poetcs (126); ils s*exercferent avec 
succes sur la langue catalane , et Ton admirait sortout 
les trobas du dernier (127), 

Mosscn Juan Roiz^ de Corella , de Pillustre famille 
des Comtes dc Cosentayna , fut aussi distinguE par sa 
noblesse que par son erudition et ses taiens poetiques 
(128). Le savant critique Gregoire de Mayans avait le 
recueil des oeuvres de Roiz, et il nous apprend qu'elles 
se composaient de vingt-six po^mes ou traites divers, 

( 1 34) XimcDcs : t. 1 1 f. 69. 

(135) Brama dels Uauradors del oria de Valencia contra lo 
venerable Mosscn Bemat FenoUar prerere. 

(136) Ximenes: t. i, f. 6i. 

(i37> Cancionero gen., i373| U 3o4« 3i6« 
(138) Ximenes rt. i, f.63« 





en langae valenciennc. Get auteur mourut Fan i5oo. 

Mosscn Juan Escriva (129), pocle conlemporain 
de Corolla ; apparlenait a une noble faniille, elablic a 
Valence, xnais originairc dc Narbonne. Ses poesies 
dlaicnt tres-recherchccs, et ellcs furcni intprimees, en 
quatrc parties separees, Tan 149^- Escriva ctait aiissi 
hommc de guerre ct tres-bon mathcmaticien ; apr^s 
avoir rempli,avec honncur ,des places in^portantes^ b 
cour^il scretiracombledefavcurs, cl mourut Pan i^oo. 
On attribuc a cet ecrivain une traduction catalane 
d'Ovide, qui fut imprimec a Barcelo0e, Tan i494« 
format in-4°. 

Le quinzieme sieclc vit encore deux Princes arago- 
nais ambilionner la gloirc d'dtre comptes parmi les 
bons ecri vains , et atteindre le but que bien d^autres ne 
faisaient qu'aperecvoir. 

L'infant don Carlo de Viana, fds du Roi Juan IT^ 
et le plus illustre, tant par le merite de ses ourrages, 
que par les infortunes qui le conduisirent autombeau, 
^ Tige dequarantc ans (en 1461) (i3o). II protegea 
les lettres avec un sage discernement; il encouragea 
les etudes, il crea de nouvelles ccoles, et sa petite 
cour fut , jusqua sa mort, le rendcz-vous de tout ce 
qu^il y avait dc plus distingue dans les ctats dc son 



(iag5 Ibid. f. 64. Ziirifa : lib. 3 , cap, 7. 

Viciana : Chron. <le VaL, par». 2 , verb, escriva. 
T<rrelh : dc Iiiiag. aslrol. in cpl^l. 

iSol' Abarra : Anal. tl'Ar., t. 2, cap. 3, f. a56. 
Zurita : t. 4>- lib. 17, cap. a 4. 




353 

p^rc, et surtout en Catalogne. II nous rcstc de ce Prince, 
la chronique des Rois d^Aragon etde Navarre (i3i), 
une traduction des Ethiques ou oeaTres morales d^Aris- 
tote, qu^il dcdia h son oncle don Alonse, roi dfe Sidle, 
ct des poesies badines y qui n^ont jamais et^ impri- 
mees (i32). 

L'infant don Ferdinand d' Aragon, nevea de Ferdi- 
nand leCathoIiquc, et archevlque de Zarragossa, ^cri- 
vit en Catalan I'histoire des Rois d^Aragon (i33), arec 
beaucoup de soins ct de recherches. Son ouvrage a iti 
souvent consulte par les annalistes Aragonais Diego , 
Murillo , Uztarroz, Carillo et autres. 

II nous reste encore h nous occuper des deux pontes 
les plus marquans du quinziime si^cle et de la litt^ra- 
ture catalane. La cdlebrit^ dont ils jouissent, sans cod- 
testation y dans les anciennes provinces aragonaises , 
est uniquement fondle sur le merite de leurs ouvrages. 
Nous avons cru convenable de rapporter leur notice 
li la fin du si^cle , parce que Tcxamen de leurs compo- 
sitions interesse aussi Thistoire de la langue catalane , 
et quHl tend k prouver tout ce que pouvait £tre cette 
langue en des mains habiles , ct avec quelle facility 
elle se pr^tait aux toumures , ^ la varicte des tons ei 
aux inversions po^tiques. 

Mossen Ausias March etait n^ k Valence , d'une fa- 

( 1 3 1 ) Scrra : f. 333. 

(i32) Blasco de Lanuzes : hisL, t. i, Hb. 5, cap. 37. 
Abarca : Anal. d^Arag., f. 3 , cap. 3 , num. 8 et 9. 

;i3j} Serra : f. 333. 

^9 




354 

m 

mille noble ct originaire de Barcclone ; il fut appele 
de bonne heuve a la cour d^Aragon (i34)t et raccucil 
qu^il y re^ut , Ics faveurs dont on le combla, Tencou- 
ragerent dans ses premiers essais sur Tart des juglars* 
II devint (i35) Tami du Prince de Yiane^ dont il 
partagea fidelemcnt la mauvaise fortune ; et lorsque la 
politique tenebreuse de Jean II y secondcc par le carac-> 
tere inconstant et jaloux des Catalans, eut rednit au 
descspoir cet infortune Prince , et privd les pontes 
du si^cle de leur plus constant proiecteur , Ausias 
March revint chercher un asile dans sa patrie , et y 
consacra ses loisirs h Tctude des Icttres. C^est alors 
quHl composa son poeme sur Tamour, en Thonneur 
d'une dame valcncicnne appclec Dona Teresa Bou ; 
et plus tard , lorsquc T^gc lui inspira des chants plus 
sevcres , il publia ses poemes moraux et le po^rae sur 
la mort , qui fut sa dcrniere composition. Toutes ses 
ceuvrcs furent rcunies en un seul volume ^ct imprimees 
a Barcelojie, Tan i543. L'edition de Yalladolid , dc 
Tan 1 555, renfcrmc un vocabulaire des mots qui avaient 
vieilli dans le sicclc qui suivit la mort d^ Ausias (t36). 
Le po^mc sur Tamour , intitule : De Anior^ est divise 
en quatrc-vingt-quatorze chants, dont chacun est com- 
pose dc plusicurs stances dc huit ou dix vers, dans 
lesquellcs ont etc intercales quelquefois des distiques 

I 

(i34) Mariana : dc Bcb. hist., lib. 23, cap. 3. 
i3r> Zurita : I. 4i lib. 17, cap. a4* 
(i3ro 11 clait iiiorl a Valence, Fan ilfio. 



'^'-. 




355 

destines k reposer Tattention ou la voix du chanteur; 
le chant est tou jours termini par one tomada , qui en 
est comme la morality. 

he debut de ce poeme est plein de grilce et nali- 
vete(i37). 

Chant premier^ strophe premiere : Celui qui n'est 
pas triste ne doit pas s'occuper de mes vers; mais celoi 
qui a connu autrefois la doulcur, ou bien celui qui 
est subjugue par une passion fatale , s^il se plait dans la 
trislesse , n^a pas besoin dc chercher la solitude : qu^il 
lisc mes vers , il y trouvera des pens^es melancoliques, 
ecrites sans art , par un po^te dont la doulcur a trou* 
ble la raison; et si je suis si infortun^, amour seal en 
connait la cause. 

Plus bas, Tautcur ajoute , 3* strophe : 

Le temps n^est pas eloign^ que j^adopterai la vie 
d^crmite , afm de me consacrer au culte de Famour 
(i38). Que pcrsonne ne s^e tonne de cette etrange fa9on 
dc vivre, car T Amour me soUicite pour aller 3i sa cour ; 
et moi qui Taime uniquement pour lui-m^me, sans 
renoncer ccpendant aux faveurs qu'il pcut m'accbrder, 
je cede sans peine aux charmes de sa melancolie , et je 
lui consacre le reste de mes jours. 

L'octave suivante est la deuxi^mc du second chant ; 
Tauteur y fait allusion a dona Leonor RipoU , sa 

(iSj) J'al tenle quelques traductions sorr^dition de i555, doal 
jc possedc un excniplaire. Voyez , dans les notes , le Icxte de cei 

traductions. 

f i38) Pour niieux chAincr les fdles de TAmour , dit le texle. 



4 




356 

femme , et ^ sa passion naissante pour Teresa Bon : 
comme la mer , dont les vagues agitees mugissent: au 
loin, lorsquc deux vents impetueux, dont Fun yjient 
du levant et Tautre du couchant , soufflent 4-la-ficif|8 ^ 
jusqu^^ cc que Tun d'eux cMe , et que Tautre disyenu 
plus puissant , prennc le dessus ; de m^me deux grands 
desirs ont combattu men coeur jusqu'i ce qu^il ait fait 
un choix; et n'en craigncz point Taveu, car mon amour 
est loyal et sincere. 

Le 66' chant (iSg) est rempli de plaiates contre les 
rigueurs de Tamour. Yoici la stance qui conunence ce 
chant: 

« Quel est celui qui sc contente d'aimer , lorsqu*!! 
sait comme moi jusqu^ou desirs d'amour peuvent s-^ 
tendre ? Quels seraient ceux qui, ayant gout^ ses douces 
faveurs, se resigneraient a Tadorer desormais les mains 
jointes et hors de son temple ? Je suis le seul que le 
sort condamne k nc pouvoir rien tenter , ni' rien de- 
manded Je ne puis qu'aimer ; et si par fois je veux 
m^en defendre^ mes efforts sont toujours impuis- 
sans. » 

Le poeme sur Famour estimmddiatementsuivid^une 
dpitre en vers, adrcssce a Dona Tecla de Borja (i4o)» 
Comtessc de Castellar et soeur du Pape Caliste III, ct 



(iSq) p. 80, ch. 66. 

(i4o) Nacleta , dit le texte , na est ici dimlnutif de doaa ; dans 
If discours, la syllabe na est toujours rarticle !a de la langue fran- 
^ise« Cleia est pour t^ck. 




357 

de la reponse de celle-ci aupoite aimable qni cel^ntt 
SSL boaut^. 

Yicnncnt ensuite les poesies morales, Obras morales, 
commc les intitula leur auteur. Noas n^cn citerons 
qu'une stance , qui commence le 4* chtot d 'on poimfe. 

La plupart des hommes (i4i) ^ plaignent de la 
fortune , et la maudissent ^ cause de ses caprices ; ils 
voudraient lui imposer des lois et traiter ii Tamiable 
arec elle , pour en obtenir des faveurs et la corriger 
de son inconstance ; mais ils oublient qae c*est son 
usage d'^lever les humbles et de faire descendre les 
hommes trop dlev^s , et qu^elle punit ceux qui s^en af* 
fligent trop vivement , en les privant des biens qa^b 
ont ambitionncs. 

La mort de-la belle Teresa Bon , qui arriva pea de 
temps apr^s la publication de ce po&me^ rendit Ausias 
March long-temps inconsolable ; mais lorsque le temps 
eut affaibli ses douleurs et dispose son coeur aax im- 
pressions d*une douce melancolie, son genie po^tique 
parut se reveiller, et ii composa alors le po^me sur la 
mort, qui n^est pas moins rcmarquable par la noblesse 
des pensccs que par le merite particulier 4u style. Dans 
cc poeme , qui n*est autre chose qu^un recueil de pen- 
sees philosophiques, et dont toutes les stances ont dix 
vers y on y voit Tauteur , soumis aux coups du sort qui 
Ta f rappe , chcrcher des consolations dans PaTenir , et 
ne s^occuper du present que pour y puiser dei lemons de 



(i4i) ch. 4i p- »45. 





358 

hautemorale.Ici,plus que jamais, la traduction devieni 
difficile ; la poesie catalanc a des toumures qui lui sont 
propres , et une hardiesse d^expression qui ne peut pas 
passer dans d^autres langues. Les stances de dixvers et 
celles de huit, qu^on appelait octave et octavin, ont^ 
par leur arrangement symetrique, une cadence qui 
flatte Foreillc ; la memoire est soulagee par ces repos 
varies de rime en rime , et Fatten tion est captivee jus- 
qu'a la fm, sans avoir recours aux chutes regulieres et 
trop frequent cs de nos vers cpiques. Les Italiens ont 
connu , apr^s les Catalans, tons les avantages de Toe- 
tave h rimes entre-mclecs. Boccace, ot apres lui leTasse 
ctTArioste , Font employee de preference aux autres 
formes poctiques; etThihault, Comte de Champagne, 
qui vccut un siccle avant Boccace , ecrivit en octavins 
ses naives et gracieuses complaintes. On trouvera dans 
r Appendix, un choix de stances et le texte des traduc- 
tions prccedenlcs. 

Mosscn Jaume Boig fut le contemporain et le rival en 
talent d' Ausias March ( 1 42). Sa naissance et les services 
militaires de ses anc^trcs lui donnaient le droit de 
paraitrc a la cour ; mais Tamour des lettres lui fit rc- 
nonccr a la carricre des armcs ; et apres avoir ^tudic 
avec sucecs les sciences diverscs qu'on enseignait alors 
dans les ecolcs de Grenade et de Cordoue , il fut 
nomme mcdccin de la Reine dona Maria, cpouse du 
Roi don Alonso V, La gravite de cctte fonction et les 

(i4a) Ximenes : 1. 1, Approb. dc Mayans, f. 4- 
Id.| U 1 , f. 5o , col. a. 




359 

<lcvoirs qu'elle lui imposait , nc pureiit emp^cher 
Mossen Jaumc d^accorder h la poesie le culte quHl lui 
avait voue des son cnfance; ct son talent original , 
surmontant Ics obstacles ^ lui assura A la cour un rang 
distingue*. Ses trobas et oeuvrcs diverses n^ont jamais 
cite imprimcs, h Tcxception d^un petit po^me, qui fait 
partie du recueil redige , Tan i474t P^^ Mossen B. 
Fcnollar, etdont il a dc)ket^ fait mention. Cependant 
le talent de Jaume Roig n^a pas ^te confix uniquement 
;i la tradition historique. II nous reste de lui un ou« 
vrage qui suffit pour justifier la renommee du poite 
ct Ics elogcs de ses contemporains. II fut compost vers 
Tan i/^Go, poiirTcducation deBalthasarBou, seigneur 
dc Callosa et ncvcu de Tauteur. Celui-ci s^est propose, 
dans la i'* partie de son po^me , de devoiler tout ce 
qu^il y avait de dangers dans la coquetterie des femmes 
dc son temps y ct par combicn de ruses, dc detours et 
de seductions cllcs par^xnaicnt & maitriser la jeunesse 
ct a lui imposer unc sorte d^esclavage : dans la secondc 
partie y il cxhorte son ne%'eu a chercher un meilleur 
appui , et Ics charmes d'une vie paisible et honor^e , 
dans le culte dc la Vicrge, dont il clc\'e les ineffables 
bontes (i43). Cct ouvrage se rcssent done de Tesprit 
du siecle. Lcs idccs badincs , les tableaux de la vie 
privee , dessines par fois avcc trop de verite , la licence 
des coursctdcs grandcs villes sc trouvont en opposition 
avcc des pcnsees religieuses , des pratiques mystiques 



(i43) Echanl : Script ord. praMl., t. i, p. 84^* 




36o 

et uiie erudition dignc d'un traitc de thcologie ; mais le 
talent de Tauteur s^est montre dans Ic dessin de ces 
monies tableaux et dans la variete de tous ceux qu^il a 
adoptes 044)* ^^^ ^^Y^^ ^^ bref , laconique, plein de 
sens et d'^nergie ; un mot , un vers , suffisent pour 
peindre une coquette , ou le caractere de celui qu^elle 
subjugue. Ces( par le style que cet ecrivain se fait re- 
marquer , et les details de la vie privee seraient sans 
intcrSt , sans le contraste qui les fait remarquer et si 
on les depouillait de cette simplicite et de cette ve- 
ritd d^expression qui en font tout le charme : aussi 
la traduction de ce poeme, dans uhe langue ctrangire 
quelconque, dcvient a peu-pres impossible; lespensdes 
seraient denaturccs en changcant d 'expressions , et 
peut-etre , pour donner une idee satisfaisante du ta- 
lent de Tccrivain et du mcritc de sa composition , de- 
vrait-on irniier pliitot que irculmre. L'ouYrage parut 
sous le titre suivanl : « Uibre de ConstMs , fei per lo 
magnifich mestre Jaume Roig (i45), » et fut imprime 
pour la premiere fois a Valcucii, Tan i53i (146)9 avcc 
cette epigraphc : Sicut lilium inter spinas, sic arnica 
mea inter Ji/ias. 

II est divisc en (jualre parties ^ dont chacune a plu- 

(i44) Escolano : Hlsl.dc Val., I. i,rib. i, cap. 14., col. 91. 
:i45) Alva : in Milit., p. G71. 

(i4G) L\^xciiiplairc que jc posscdc est de ccile premiere edition : 
quoiqiie -imprime en caractcres gothiqucs, la lecture en est facile ; 
la dinficuUe nV*xidle que dans la bricvetd du style cldes vers. 




36 1 

sieurs chants, oii plut6t des repos. L*auteur met en 
scene un oncle, qui raconte a son nevcu les temps ora- 
geux de son enfance , lorsqae le veuvage de sa mire 
lui cut impose des tuteurs avides dans le vicaire et le 
notairc de laparoisse : repouss^ de la maison patemelle, 
il n^y rcntre que poor y voir sa mire panie d^un sot 
mariage contractc avec un jeune homme ; par la perle 
dc sa fortune f elle est reduite, pour vivre, h Pdtat de 
servante. Un spectacle aussi douloureux d^ide For- 
phelin h aller chercher fortune en terre ^trangire. II 
est admis comme page , aupris d^un chevalier Catalan,, 
dont la banniere jouissait alors d^un grand renom; il 
apprcnd aupris de lui tout ce que devait savoir un fu- 
tur chevalier : le service du chateau , celui des armes, 
la chasse , IMquitation , la mar^chalerie , la musique , 
la danse, et jusqu^i Tart de decouper avec adresse les 
viandes et toute espice de gibier. Instruit h si bonne 
ecole, et amoureux d'aventures, il part pour Tarra- 
gone ct Monserrat , visite N. D. dc Beziers, et arrive 
a Paris durant les guerres qui troublcrent le rigne de 
(Charles VI ; il prend parti pour Farmce du Dauphin, 
ct s'cnrichit en faisant la guerre aux Anglais. Uhiver 
mit fin ^ une campagne brillante. Au tumulte des armes 
succedercnt des jeux gucrriers et des f^tes galantes 
(pag. 1 5. verso). 

La noblesse se montrait en foule h la cour du Dau- 
phin ; mais un cvincment tragique y porta bientdt Ic 
trouble. Une belle Parisienne , voulant traiter favora- 
blement le chevalier valcncien , empoisonna son mari 
en voulant Ic faircdormir :1a cour parvintiTabsoudre; 





362 

mais le Parlcmcnt plus severe la condamna a perir sur 
Ic bucher destine a consumer le cadavrc de son mai:! ; 
le chevalier, craignant pour savie , abandonna en toute 
hite la Cour du Dauphin , et revint h Valence, menaui 
avec lui un train dc gi^and seigneur. II sc marie a Tdge 
dc 3'2 ans , avec unc femme jeune , belle et riche ; de 
nonveaux malheurs Tattendaient , et ils ne finissent 
que la premiere annec de son veuva^e. 

11 se decide a voyager de nouveau, et il parcourt di- 
verses contrces ; partout la coquettetie des femmes le 
poursuit, et partout il est dupe de sa bonne foi. II s'cn- 
gage dans de nouveaux liens; mais- toujours trompe 
dans ses esperanccs , et trahi par une femme dent il 
venait de faire la fortune, il attend qu^un second veu- 
vage vicnne mettre un terme aux chagrins qui Passi^- 
gent et Pexposcnt h la risce publique. Une demiere 
epreuvc lui rcste encore a faire : trompe a la cour, dans 
Icmondc, a la campagne et sous le toit patcrnel , il 
croit du moins que Ics couvens placent les fcmmcs h 
Tabri des faiblesscs humaincs ; mais trop de preuves ' 
vienncnt encore le dcsabuser ct lui apprcndre que , 
pcut-elre , Ics femmes n'ont jamais plus d^esprit , de 
ruse , dc malice et de perseverance dans leurs projets , 
que lorsquc , confinces dans la solitude , elles ont k 
luttcr tout a-la-fois conlre les barricres qu^on leur op- 
pose, contre les devoirs dc leur etat, et contrc leurs 
propres inclinations. 

Le tableau de Tinterieur d^un convent , sur lequel 
Tauteur parait s^arretcr avec complaisance , termine la 
seconde partie de son poeme et la seric d^eprcuves 




3g;j 

qu^il scmble avoir imposecs a sou chevalier, ii cherche 
desormais dans les livres dc Salomon, Toubli d*unc 
jcimcsse orageuse, et T^tude de la sagesse succede aux 
cxcrcices dcs camps et a la licence des cours. Comme 
on peut le voir par ceitc courte analyse, ce n*est point 
par le mcrite de la composition que brille le talent de 
Jaume Roig; c'csl dans les details, c'est dans les nom^ 
breux episodes qu^il intcrcale avec adresse dans son 
recit, qu'on retrouve celte heureuse facilitc, cettc ori- 
ginalite piquante et cettc variete de ton et de style qui 
caracterisent son ouvrage. 

An siecle des juglars et des poctcs succeda celui des 
liistoricns et des jurisconsultes ; car telle est la marche 
ordinaire dc Tesprit humain : les hommes scntent avant 
dc raisonner, et Homere a precede Socrate. Ainsi done 
la langue catalane , forcee de se prater a la gravity dea 
discussions et a Tergotisme des tribunaux, de s^clever 
dans Tassemblec des cortes a la hauteur des questions 
les plus graves ct les plus severes , dcploya tout-a-coup 
Jos rcssources inconnucs et une precision indispensable 
dans les affaires politiques. 

Nous avons dej^ vu que le Code de Commerce avait 
('te rcdige a Barcelone , long-temps avant que les 
autres villcs marchandes y songeassent , et que lescoa- 
tumes dc Pcrpignan , recueillies ct traduites une pre- 
miere fois sous les Comtes de Roussillon , avaient etc 
dermitivcment transcritesdans un registre particulier^ 
vers Tan i3po. Mais ces redactions prouvent seulement 
que Vadministration dc la justice avait ete soumise de 
bonne heure h des formes conservatrices , ct que la ci- 
*lisatiou dans les nouveaux etats formes sur les ruine^ 




364 

de Tantique Espagne , suivait une marche progressive, 
et peut-^tre rencontrait moins d^ obstacles que dans les 
etats Toisins ; mais ce ne fut qu^apr^s la reorganisatioii 
des cortes de Catalogne, de Valence et d'Aragon,que 
les lois et les coutumes furcnt recueillies en forme de 
code , et que Finterprctation de ces regies de justice 
devint Tobjet des meditations des commentateors ; 
aussi J h. partir de cctte epoque , Ton compte un grand 
nombre dc jurisconsultes Catalans, et plusieurs ont 
l^gue k la posterite des ouvrages justement estimes ; 
mais la plupart d enlre eux , pour se conformer k To- 
sage , ^crivirent en latin ; cependant » leur existence et 
le m^rite parliculier des ouvrages r^diges en Catalan , 
suffisent encore pour prouver les resultats inevitables 
de Finstitution politique des cortes , sur la perfection 
de la langue catalanc , et combicn les universilcs ins- 
titutes par des Princes amis des lettrcs , eurent dHn- 
fluence sur celtc mdmc lahguc. 

Le seizieme siecle vit done plusieurs ecrivains Cata- 
lans se distinguer dc leurs dcvanciers par la facilitc 
avec laquelle its ecrivaicnt sur les maiicrcs les plus 
abstraites; et si les cvenemens importans du sibcle 
changerent la marche de Tesprit humain et lui impri- 
merent une nouvelle direction , si les productions 
litteraires d'un esprit fin et d^unc imagination bril- 
lante devinrent plus rares, on pent remarquer aussi 
qu^elles furent heureusement remplacees par cette 
rectitude d'idees , par cctte sevcritc et cette elevation 
dans le style que comportent les sciences morales 
et philosophiques. 




365 

Cependant dtm la longoe 9^rie des ^ciiTaiiis qui ap- 
partiennent k une ^poque si importante pour lliistoire 
de la Peninsule « et par Its changemens qu'elle amena 
dans la politique europeenne , on compte encore quel- 
ques pontes ct quelques romanciers; mais leurs oeuvres 
tardives venant apres les compositions gracieuses et 
justement admirees , dc Martorell , d^Ausias March et 
de quelques autrcs , eiles n^ont pu surmonter Poubli au- 
quel un gout plus difficile ct des meditations plus grares 
les condamnerent da yivant de leurs auteurs. Arrlton»- 
nous un moment sur quelques-uns des noms les plus 
marquans de ccttc s^rie , et parmi les jurisconsultes, 
les historiens, les commentateurs et les agronomes. 

Francisco Solsona, n^ 4 Argelaguer^ petit village situ^ 
sur la frontiere de Catalogne et de Roussillon , obtint 
un grand renom par la connaissance approfondie qu^il 
avait acquise de la jurisprudence catalane. II publia 
plusieurs ouvrages , ct entre autrcs (147) le Formulaire 
des notaircs, intitule: JEsiiide Capbrevar, imprim^^ 
Barcclone , Tan i565, et un Traitd sur le EsiUde las 
Clausulas , qui fut aussi imprim^. 

Don LIuis dc Peguera , membre de la Royale Au- 
dience dc Catalogne 9 publia, sur la fin du seiziime 
si^cle , un traite sur les corles, avec le titre suivant : 
Pratica , forma , y Estil , de celebrar Corls generals 
en Calhalunja (i^&),Cci ouvragea 6x4 reimprim^ pl»- 

V 147) Marcillo : part 2 , cap. 7 9 § 3 , num. 5o4« 

:i48) Marcillo : parL a, cap. 7^ § 3, nmn. Sji^ p*346» 




366 

sieurs fois, et la dcrniere, ce fut Tan 1701. Depuis sa 
publication « on n^a ccssd de le considcrer comme un 
manuci indispensable pour la tenue des cortes et poor 
classcr Ics droits ou los privileges rcspectifs des indivi- 
dus qui en faisaient partie. 

Pedro Miguel Carbonell (149) naquit 4 Barcelone, 
et son merite le porta successivement aux emplois de 
notaire , de secrctaire-d'etat et d'archiviste du roi Far- 
dinand-lc-Catholique. II ecrivit avec succ^s rhisloire 
de Catalogue, jusqu^au regne de Jean II , sous le titrc 
plus vaste de Chronica general de Espana. Get ou- 
vrage , rcmarquable par Tctendue des recherchcs et par 
rimportance des matcriaux quUl fit connailre, et 
dont on n^avait pas encore soupQonne Tcxistence , a 
d^aillcurs le merite particulier , de rcnfermer en enticr 
les annales du roi don Pedro lY, dont il a ete d^j^fait 
mention. La chronique de Carbonell a ete imprim^c 
pour la ])rem]cre fois Tan i536. 

Jaume Ramon Vila , originairc de Barcelone , et 
d^une faniille tres ancienne, fut renomme par son Eru- 
dition :il publia, entr'autres, un Nobiliaire de Cata- 
logue , avec des recherches curicuses sur Phistoire des 
ancicnncs families et sur la clievalerie (i5o). On a de 
lui plusijursliistoircs manuscritcs, dont le style est eft- 
time. 



(li^g Marciilo : pari, a, cap. 7, §3, fol. 362, num. 6ia. 

Corbcra : Cal.illust., lib. 5, cap. ii,f. a36. 

(i5o) Marciilo : ibid., f. 333. 

Corbcra : Cat. illust., 1. i, lib. i , cap. a, fol. 7. 

Serra : imiirc histor., num. ffio cl siiiv. 




367 . 

Don Angel Delpas, n^ i Perpignan , Tan i54o , dans 
la famille que Louis XIV distingua pliis tard , en lui 
accordant le marquisat de Saini-Marsal , ^tait moine 
franciscain. Son m^rite eminent le fit appeler & Rome, 
ou il Y^cut dans Tintimite des papes Gregoire XIII , 
Sixte V et Clement VIII (i5i). II ^crivit^vQc succ^s 
dans plusieurs langues, ct particuli^rement en Catalan. 

Cosme Damien Horlola , n^ h Perpignan , d^une fa- 
mille peu fortunce , se distingua par son goiit pour les 
lettres et par son application h Tetude des sciences les 
plus abstraites. II se fit un nom a runiversite de Paris ^ 
^ la cour de Rome , et m^me dans les academies de 
Cordoue ct de Grenade. II a peu ^crit , mais son sa- 
voir Ic mit sans cessc en evidence , et il fut tout i-la-* 
fois y le chef de Tuniversite de Barcelone , le conseil 
et le guide du tribunal de Finquisition, et le d^put^ 
d^Aragon au concile de Trente. II termina ses jours 
dans la richc abbaye de N.-D. de Yillebertrand , que 
le roi Philippe II lui avait fait accorder. Ses oeuvres 
historiques n^ont jamais ete imprimees. 

Francisco Tarafa (i52) , chanoine de Barcelone et 
archiviste royal de cctte ville , ccrivit d^abord en latin 
THistoire d'Espagnc, qu'il dedia h, Philippe II. Plusiard 
les materiaux qu'il avait recueillis le mirent h m£me 
de rediger en Catalan les ouvrages suivans : 

Chronica de cavaliers Catalans. Ces recherches in- 
teresscnt plus de 5oo families catalanes. 

i5i) Marrillo : ibid., fol. 3oG. 
(iSa) Scrra : iiidico hist., fol. 3oi, num. 43i. 



x, 




368 

Dels Pobles^ rius y montagnas de Espana. Get 
ouvrage est rempli d^aunotations , qui eclaircissent un 
grand nombrc de points doutcux sur la geographic an- 
cienne et du moyen dge. 

Diccionario geografo de Espana. 

Ces trois ouvrages sont toujours restes manuscrits. 
II en existe plusieurs copies : les originaux sont de- 
poses au monast^re de Saint-Jerdme do la Murtra , 
pr^s de Barcclone. 

Pedro Anton Bcoter (i53) , ne & Valence , fut admis 
dans les ordres sacrcs. Son savoir lui fit obtenir les 
charges les plus honorables dans la cathddrale et i 
Funiversitc. Son ouvrage le plus important est sa 
Chronica general de Espana , qu41 traduisit ensuite 
lui-m^me en castillan. Kimpression de P^dition cata- 
lane j est de Tan 1 538. 

Anton Domenec (i54) y ne dans les environs de Gi* 
rone , redigea , dans les loisirs du clottre, ouils^^tait 
retire de nou veau , apres avoir ete chcrchcr k Rome les 
dispenses d'un vccu , YHistoire de tous les saints et de 
tons les honanes illustres de Catalogne. II mourut vers 

Tan i6o4- 

Le moinc Augustin Eura, eveque d^OrensCf en 
Gaiice , publia un traite sur la langue catalane(i55). 

(i53) Ximcnes: t. i , p. io4 et siiiv. 

(i54) Marcillo: ibid., fol. 3o3. 
Antonio : Biblioth. hisp. 

(ir>5) Scrra: Hist, de Monserrat, part. 3, cap. a6 , p. 27^, 
note g. 




369 

Antic Roca, ne k Girone, d^une famiUc distinga^e' 
de la bourgeoisie , professa tr^s long-temps k runiver** 
sit^ de Barcelone, et pour faciliter lei Etudes, il re-' 
digda iin Dictidnnaire Catalan et latin ^ qa^on imprima 
sous scs yeui i Tan 1 56 1 ( 1 56). 

Jaubert Fabricius i publia une Histoife de5 toii d^A» 
tagon, peu estim^e. Get ^crivain ^tait mohie (iSy). 

Rafel Mox , ^tait on habile medecin et un dtoyeil 
Irecommandable. Il publia, l*an tSSjj k Barcelonei 
un ouvrage sur la peste (t58)« 

F\Cal^, n^ k Barcelone^ 7 professa avfet distinctioit 
la rhetorique f et ne publia , des divers outrages qu^il 
avait Merits , qu'un Essai historiqiie Sur la Catttlognei 
On lUmprima Tan 1S88 (tSg[)i 

Miguel Agustin 1 prieur du Temple k ^erpighan « 
redigea et publia 1 en Catalan 1 Tan i5g7« tin traite d'A- 
griculture , qui a ^t^ plus tard traduit en caitillan , pat* 
le m^me auteur, avec un Tocabutair^, eii sil langues 4 
des planted ^ des arbustei et des ari>res qui int^-essent 
Tagriculture ( 6o)« 

Miguel Uot de ftibera, ^tani profeisMir de l^ntiit^ 
site 4 PeTpignan » fut charg^ d^une misuon important^ 



i^jMiMfciifra trua— ^■A.^>**aMAi— <Mfcfc>i 



(i5fi; Mai^illo: ii>i^, t{A* sgjSi 

(iS;) CorWa : Ub* ^ tap. s 1 ^ ^911 
Pro€Uin4 ^IhoL, p. 114 

(i58) ADtonk) : Biblioth. hiip^ 

(iSg) Crisi: part s, cap^ 7, num. ^^ 

(160) HarciUo : ihid.t foL 3So^ 



3o 




h la coiir dc Rome. A son retour , il publia phisieurs 
Guvragcs et un rccueil dc poesies catalanes (i6i). 

Ilonorre Manescal , prdtrc du diocese de Tanragone^ 
pr^cha. Tan iSgy, dans la cathedrale de Barcelone, 
le sermon Catalan du 4 novembre , qu'uri long usage 
avail exclusivement consacre en I'honncur du roi Jao- 
quesll et.dc la nation catalanc. Ce panegyriquc, rcm- 
pli de recherchcs historiques et dc details qui intcrcssent 
la geograpiiic dc la province, a etc imprimd pour la 
premiere fois Tan 1602, et depuis lors, il a 6ii classd 
avec honneur, dans la collection des historiens Cata- 
lans (162). 

Anion de Yiladamor a laisse un ouvrage manuscrit 
intitule : Crowca de Cataluna^ qui a dte souvent con- 
sultc par Pujades et autres (i63). 

Nousavonsdeja vu que la langnc catalanectaitasitifc 
dans les cortts , et que Ics rois n'en employaicnt paa 
d*autre,dans leurs communications avec cesfamcuscs 
assemhle'es. L'usagc dlait m^mc devenu un droit pour la 
nation calalane; etce n'eutpas ete sans rencontrcr de 
graves oppositions, que Ic prince ou s^% ofiiciers sc 
seraient pcrmis de faire entendre , dans le scio des 
cortcs, des acccns dtrangers. Aussi Charles V, querbn 
vit lutler avec une conslance admirable , et parfois 



(i5t^ Sem : f. 16a. 

Crisi : part, a , cap. y , § 3, num. SSj 

(iG'a Jc possitJe un e\einplaire niutile de cet ouvrage, avecle 
tjirc suivant : Senno vulgarmcnt anomcnat del screnissim senyor 
don Jaume SegOD. 

(i63) CrUi: pari. 2, cap. 7, § 3, num. 6o3. 




371 

* • 

avcc trop de honhcur centre les libertesdu people ara- 
gonais, n^osa jamais altaqncr de front les libertc's ca- 
lalancs; et le premier Icmoigpagc de respect qu'il leur 
accorda, cc fut d'adoplcr la langiie des rois s^s aVeux, 
ct de chcrchcr i la hien parler (i64j. 

Pendant le di\-scpliemc siecle , le nombre des (frri- 
vains cala'ans firl moindre que dans les siccles ant^« 
ricurs. II scmblait que les Icllrcs avaient perdu de leur 
charmc dcpuis que les princes d'Aragon sVlaient assis 
ear Ic Ironc dc Caslille, ct depuis que la cour de Bar- 
cclonc avait cle K'gucc a un vice-roi. Cetle brillante 
suilc de juglars qui peuplait autrefois lepalais ct doa-* 
nait aux foles nationales tant dc pompe et dVclat; les 
poctcs qui leur avaient succcde , et les jurisconsultcs 
qKiyCnsimplifiantlcslois, ctcnlesrcndanl populaires, 

(i64} Dormer: Anal, de Arag., lib. a, cap. 83, fol. C^o. 

I'oiis les ouvrages qui ont 6U publics pour la tenuc cle rasscinLl<§e 
<L!S Corlcs out M ccrils en calalan; on peut ciler culrcaulres : 
— (]apiloIs del general, del principal de CathalunyAt Comt'ats 
dc RossclI6 y Ccrdanya. llddlges aux Corlcz de iSgg. lis onl <*r<$ 
reimprimis plusieurs fois. — i rarlica , forma, y csUl de cclebrar 
Corts, per lo noble don Liuys dc IV{»ucra, Direclori de las Corts, 
Rdimprime Ian 1&98. 

Summart dels (Jarrechs, y obligicionSi dels coUidors, etc. 
R(*iniprmie 1 an iGS3. 

(>api(ols do Corls , per lo rcdrcs dc! general y casa dc Ii Depu- 
U(Io dc Calhalunya. Rddl^es aux Corlez dc 1706, preside par 
I'archiiltic Charles, qui s'intilulait alors Charies III. 

Voycz , k r Appendix, lopinion da saTanl Basiero , sur U Ungae 
catalanc. 




372 

avaient consolid^ T^difice social , ^laient presquc toitf 
morts sans successeurs ; le petit nombre de ceux qui 
avaient sunrecu , r^istaient avec peine aux conseils dc 
Tambition.' Plusieurs d^sertirent les belles valines el 
les rivages fortunes de la Catalogne pour les arides ||b<' 
teauxde la Castille. Ccpcndant la culture dea letlreate 
cessant de rec^ievoir direclement du souverain, les eivpon- 
ragemcns qu^elle meritait , trouva encore des ^criYains 
quilui furent fiddles y et qui« au milieu des tourmentes 
rdvolutiomiaires qui desolcrent ces belles contrees , ve- 
curent dansune douce independance,etsurentennobIir 
leur exil par leurs travaux litteraircs. C'^est une tendance 
assez commune des csprits , lorsque les dissentions po« 
litiques ^branlent le pacte social , de se diriger de pr^ 
ference vers Tctude de Thistoire , comme si rhomme, 
k mesure que les ifvcnemens deviennent plus diflRcilcSt 
Toulait en chercher la solution dans le r^cit des iri^ 
nemcns passes. C*est aussi le dix-septiime slide qui 
compte le plus grand nombre d'historiens* nusieun , 
il est vrai , ont donne h leur ouvrage f oute la partia^ 
lit^ et toute Tanimosit^ du libelle ; d^autres out traits 
certaines ^poques avec des pr^rentions que le talent 
rend encore plus f^cheuses; et parmi ceux qui ont 
^crit de bonne foi et en-dehors des seductions de 
Tesprit de parti , il en est encore qui n*ont pn mod^rer 
le desir , bien pardonnable sans doute , de ne ricn 
omettre de tout cc qui pouvait faonorer leur potrie et 
les bommcs distinguds qu^elle a produits* 

Si done Tabsence de la cour et la reunion des ^tats 
d^Aragon au royaume de Castille^ furent funestcs k 




373 

I'^tude des Icttres dans les provinces de Catalogne et de 
Valence ; si la langue catalane cut particuliirement 
i souffrir de eel ^loignement, d'autrj part , les m^mes 
causes favoris&rent aussi IViude de la langue castillane, 
jusqu'alors limilde par la division politique de VEa" 
pagnc. Cette langue , adoptee par la nouvelle cour, et 
par tons ceux que Fambition, le devoir ou.le rang, 
metiaient en rapport avec ellc , re9ut k son tour , par 
l^usage et par les efforts successifs de quelques ^crivains, 
cette propri^td de termes et cette elegance qui lui 
assigncrent d^s-lors un rang distingud parmi les dia- 
lectes europ^ens. Cette rivalit^ mcritait d*dtre remar- 
qu^e , parce qu^elle indique un commencement de d^ 
cadence pour la langue catalane , et qu*elle explique 
comment cette m£me langue , en cessant d*exprimer 
avec la mdme justesse les changcmeps survenus dans 
les moeurs , dans la pratique des arts et dans les rela- 
tions sociales , est dechue du rang qu*elle occupait , et 
est venue se classer lentement parmi les nombreux 
ididmes du midi. Mais cette decadence ne fut pas aussi 
rapide que la marchc des ^T^nemens et leur influence 
indispensable pouvaient le faire supposer; il j eut 
comme une lutte ^tablieentrelesecrivains qui, maitris^ 
par un sentiment d^orgueil national, restirent fidUes k la 
langue de leurs aYeux , et ceux qui , entraines par an 
au tre sentiment non moins louable , adoptirent la langue 
nouvelle , afin d'obtenir un plus grand nombre de lec- 
tcurs. Cette lutte fut d^autant plus remarquable , que 
nous lui devons, peut-^tre , les deux pontes cspagnols 
les plus marquans du dix-septiime siecie , et que Icttrt 




374 
noms sont csscntiellcmcnt li^s ^ Thistoire litt^raire de 
TEspagne, L'un , Vinccns Garcia , terminc la seric dcs 
poelcs Catalans; et son talent. dislingnc , son hcurcuse 
facilite , el la grace dc quelqncs-uncs de ses composi- 
tions, font encore aujourd'hui Tadmiration dc ses com- 
patriotes ; I'autre , Lopez de Vega , done d'unc imagi- 
nation brillanle et d'une fccondite prodigieuse , crea 
en Espagnc Tart dramatique , et se fit pardonncr ses 
trop nombreux succcs par le talent dont il fit preure , 
et par le mcrite surtout d^avoir ouvert la marche aux 
poeles castillans. Tous les deux appartiennent h la fin 
du seizieme siecle : mais conime leur reputation litte- 
raire date du siccic suivant , il parait plus juste de les 
classcr parmi les ccrivains de cette secondc cpoque ; 
mais nous n^aurons a nous occuper que du premier. 

lie docteur Vincens Garcia naquit , dit-on , i Tor- 
tose, vers Tan i58o. II etudia a Tuniversitd, alors fa* 
meuse , de Li'rida; et son talent se rcvela dc bonne 
heure dans un petit poeine qu'il composa en Thonncur 
de Philippe dc Borga, rectcur de Tuniversite et des- 
cendant dc riilustrc juglar du mcme nom » qui accom* 
pagna lo roi Charles d'Anjou, a la conqudle de Na- 
ples (i65). Le succes de cclte premiere composition 
procura a Garcia des amis puissans , qui s^occuperent 
de sa fortune cL le mircnt sur la voie des honncurs ; 
mais le jeunc pocle , bornant son ambition , sc crut 
asscz riche du inomciU qu'il se crut indi*pendant; et 
scion ses dosirs , une douce mediocrite favorisa toujours 



(i6'>) Gravina.'lib. i , cap. 7, 




375 

son talent ct son goftt pour Tetudc. II ^tait depuis plu- 
sicurs annccs rectcurdc T^glisc dcVallfogona, lorsquc 
le roi Philippe lY vint pour la premiere fois a Barce- 
lone. Cc prince aimait les belles-lettres, ct il recher- 
chait la socicte des poetes. II vit Garcia , et charm^ de 
la vivaclle de son esprit , de son talent d'improvisalion , 
ct du m(5rite, nouvcau pour lui , d'une pocsie ^l(fgknte 
dans une langue qu'il avait peu cstimcfe jusqu'i ce jour, 
il oblint, par scs instances « que le recteur le suivrait k 
Madrid. C^est alors qu^il s'etablit entre ce dernier et 
Lopez de Vega (i66), une intimke que le temps nfe fit 
que resserrer de plus en plus. Rivaux par le talent , et 
courant tous les deux la m6me carri^re , ces deux poetes 
(lonn^rent cependant rcxemple rare d'une union par- 
faite ct d'une amitic inalterable ; mais Tenvie ne res- 
pecta point cclle alliance de talens et de vertus ; elle 
altaqua le riicteur avcc acharnement , et le priva sue- 
cessivcmcnt de Tappui du roi y de la bienveillance des 
grands et de resUme publique. Indigne dc ces honteux 
succes; Garcia confonditsesennemis^enr^velant leurs 
perfiilies; mais il deserta aussi'6t une cour ou la me* 
diocritc avait tant dc credit , ct d^obscurs rivaux autant 
de moyens dc nuirc. Poursuivi jusqu^^ Saragosse ou 
Ton tenia de rempoisonncr , il cut la douleur de voir 
son domestiquc succomber par TeiTct du poison ; ct 
apres avoir eclia])pe luimcmc h la mort par la promp- 
titude des rcmedes , il se rofugia en toule h4lc a sa re- 

(iGfi) Lc$ pojlei ('ongoras, (^ucvelof, Vcloz dc Gtierara rt 
a«iircs , ctaient fiics Ik la lu^uw rpo |uc h la cour du rot Plu-* 
li-pc IV. 




• 

tniit^ ch^rle de Yallfogonat 11 y retrouva le repos qu*tt 
gTait TaineiQent cherch^ ^ la coar. Pis lors, il par* 
tagca «on temps eqtre l^ po^sie et les ^^Yoirs de son 
fxiinislferc, G'cst IVpoquede sa viq la plus remarquable. 

La solitude fiavorisa son heaq talent , sans altdrer lai^ 
douceur de sou caractfero ; elle donnait h ses composi- 
tions une tcinte philosophique , que temp(^raientles saiU 
lies d^un esprit uaturellcment vif , et les souTenirs de sa 
{eunesse, I^a mort le surprit dans la force de Vi^t (l6y)« 
eutQur0 d^an^is ^t regrett^ de ses paroissiens. 

Le i^cueil complet d^ ses ceuYFesa dt^ public SiBarce- 
lone , Tan 1820, Les Editions publi^ea en 170Q et iyo3 , 
avaient subi des mutilations que n^avait pu prdvenir 
Garcia , bipu qu^il ei^t 6\& lui^m^m^ un censeur rigide 
de ses propren (Euvres , et que la orainte des censures 
eccl^siasiiqqes TeAt portd k sacrifier une partie de ses 
poesies leg&res, quelque« )our3 3vant 9a mort, Ce re-^ 
cueil est divisd en deux parties. 

Le docteur Yinpens Qarcia* termine, eomme nooa 
Vavons dej^ dit « la s^rie des plus habiles pontes Catalans, 
et je comprends, dans cette s^e , les pontes val^nciens, 
parce qu^au commencement du dii(*septlime iiicle ^ 
les changemens survenu^ dans la laugue yalencienne 
nVtaient pas asse? importans pour la faire coqsid^rer 
Jusqu^alors comme un dialecte de la langue catalane. 

Les pontes contemporains de Garcia » et le petit 
nombre de ceux qui appartiennent h son siicle , ten« 
tirent vainoment de rivaliser avec lui , et d^ecrire dans 



^•p 



(l6y) II monnit Fan i6a3 , k Vigt de 4o aiiS| des suites d|i 
poisoa, gqi lui arslt 4U Aonni k Ssr* 




377 
une languc qui avait ofTcrt autant de resftources wos la 
plume de I'habile recteur. Les noms dc Garceni, de 
Silveri , de Francisco de Ayguaviva , de Felip de Gi-> 
mara t dc Juan de Boxados , de Monnells , de Masanes, 
de Pardina , d^Heredia et de Cordelias , seraient pro* 
bablement oublids, avcc les ouvrages destines k en con* 
3erver le souvenir, si Garcia lui-mdme ne les avait 
rccueillis dans plusieurs de ses pieces (i68). Joseph 
Blanch de Tarragone , Antoine de Bastero de Girone, 
Michel de Moradell, et autres encore, publi&rent 
aussi des poesies Catalanes : mais la reputation de 
Garcia ^clipsa toutes les autres. D*ailleurs les talens 
po^tiques devenaient de plus en plus rares en Ca-» 
talogne^ par les motifs que nous avons ddj4 inditpies, 
Ce ne sera done que dans une autre classe d'ecrivains 
que nous ferons un thoix , pour suivre nos recherches, 
Quelques noms suffiront pour indiquer une cspice de 
decadence dans les ouvrages litt^raires et dans le m6^ 
rite des compositions en g^n^rah A ces noms, nous en 
joindrons d^autres , parce quails sont d^sormais ins^pa-* 
rabies de certains ^v^nemens politiques qui influ^rent 
jsur le sort du Roussillon et sur celui de la langue ca-> 
talane. 

Andr^ Bosch naquit k Perpignan d*une £imiI1e an- 
cienne ef consid^r^e (169), La charge d'archiviste de 
)a ville , qui ^tait her^ditairc dans sa famillc , le mit 

(168} Serra:t34a. 
Crisi : L 367. 

069) Crisi : parU a, cap. 7 f § 3, num. 44s. 




378 

a m^me dc compulser les ancicnncs ecnturcs ^ et de 
composer, en Thonneur de sa patric ^ un ouvragc qui 
parut Tan 1628 , avcc Ic litre suivant : T'iiols de honor 
deCatiialunyay RosclloyCerdanja. Ccs recherches ont 
ele d'un grand interet, jusqu^au moment ou unc ad- 
ministration uniforme a rem])Iace Icsdiversesjuridic- 
lions civilcs, jiidiciaircs ct ecclcsiastiques de Tan* 
ciennc province dc RoussIUon (170). Mai^ la partie Lis- 
toriqnc dc cet ouvrage^ cellc dans laquelle l^imagina* 
tion dc Tecrivain a cu un champ libre , a ete jugee avec 
scverile , ct mcritait de Fctrc. Ajoutons , pour juslifier, 
s'il est possible , l*exage ration de I'autcur ct les erreui-s 
qu'il a recueiliies avec trop dc facilitc, qu'il ecrivait 
dans un temps ou la lutte entre le parti cspagnol et le 
parti fran^aisctait dcj^ engagee , et que-d^-lors la ve- 
rite clait egalement tourmentee dans Tintcrdt des deux 
partis. Les recherches m^me dc Bosch sur roriginc de 
la langue catalane et de s^s dialectes roussillonnais » 
Talenciens et mallorquins, ne peuvent dtre accueillies 
qu^avec discernemcnt ; mais quoi qu^il en soft du mc- 
rite particulicr de cette composition historique, il est 
du moins certain que peu d'ouvrages Catalans sent 
ccrits avcc aulant dVlegance < t de purete. 

Jerome Pujades, ne a Barcelone (171)9 occupa siic- 
cessivcment plusieurs emplois civils.Etant encore com- 
missaire*general du comte d'Ampurias, il puUia, T^a 
1610, riiisloirc de Catalogue, avcc le titre suivant: 

(170) Corbera: \\h. i , cap a, p. 8. 

(171) Crisi : part, a, rap. 7, § 3« num. Siy. 




379 
Chronica general del principal de Cathalanya (173). 
Beaucoup dVrudition , une connaifsance approfondie 
de la languc catalane et de rhistoire du moyen Age , .ct 
toutes facililos pour puiser aux v^ritables sources ek 
penctrer dans tous les depdts liUcraireSy n^ont pasmis 
cet ecrivain ^Tabri de lacritique , qu*ii m^rita peut-dtret 
parcc qu'il parut plutdt vouloir soutenirles int^r^ls de 
sa patrie , qu*ecrire ses annales. Son fiU , Michel Pu- 
jades, publia aussi une Histoire catalane (17?); I^eshis* 
toriens Catalans (174) se plai^ent des nombreux em- 
prunU que rarchcv^que de Paris , M. de Marca , a fails 
aux ouvrages manuscrits ou imprimis de Jerome Pu- 
jades, sans citcr la source 4 laquelle il a puis^ soh eru- 
dition et les rcfsullats historiques qui enrichissent $^ 
oeuvres. 

Gaspard Escolano , chroniste de la yille de Valence^ 
mourut Tan 161 9 (175): ses travaux historiqaes lui a»* 
surent un rang distingue parmi les ccriTains de sa pa- 
trie. 

Joseph Blanch , chanoine de Tarragone , que noua 
avons dei^ cu occasion de mentionner comme poite , 
merite aussi d^^tre classc parmi les historiens Catalans 
(176). II fut archlTistc de Teglise mctropolitaine de 
Tarragone , et ses traraux furent souTcnt utiles aux 
annalistcs d^Aragon et de Valence. II mourut Tan 1672. 

(173) Corbera : Cat. iIIusIm Hb. i , cap. 9 ^ f. 6. 
(173) Crisi: p. a, c 79§3, num. 58g« 
(17^) Serra; In«lice liitlor.i oom 44^* 
(175) Xiiiicn^ss: I. 1 , f. aSi* 
(176; SeiT«i: p. 34a* 



I 




38o 

J^rdme deMonfar, religieuxdu monast&re de Saint- 
J^rAme dc la Murtre de Belen , pris de Barcelone , 
publia plusieurs histoires catalanes (177)* 

Raymond Mora de Almenar ; ^tant d^put^ da 
royaume de Valence aux cort^s , publia , dans ndidme 
valencien ( Catalan ) , le recueil des fueros et jiutrcs 
lois constituant le droit public de ce royaume (178). 
Ce recueil , precicux sous plus d^un rapport , scnrit de 
regulaleur aux cort^s, jusqu^k leur suppression or- 
donn^e par Philippe Y. 

Miquel Zarrovira , bourgeois-noble de Barcelonne » 
publia aussi un ouvrage destine k r^gulariser les tra- 
yaux et la redaction des actcs des cort^s, sousle tilre 
de Ceremonial de Corts (179). Ge manucl, d^apris 
la loi qui n^admettait que le Catalan "dans la fameuse 
assemblde des cort^s , fut r^dig^ dans cette langue , et 
fut le guide constant des ofiiciers charges de pr^der 
ou de diriger les operations. 

Don Joseph de Tavemer , ^T^ie de Girone « efc 
plus tard archev^que de Tarragone , apr^ ayoir )Ou£ 
un rdle important dans les revolutions qui d&olirent 
la Catalogue et le Roussillon , employa lea loisirs de 
son exil i Pcrpignan , 4 faire des recherches historic 
ques qui furent publices plus tard (180) ; mais ses tra^ 



{l^^) Serra: Indite histor.i num. 458 et ^{{^ 

(178) XimeDcs: t. 1 1 p. 3oi. 

(179) Crisi: part, a , cap. 79 § 3^ num. 5gi. 
Antonio : Bibiiolh. hisp. 

(180) Serra : Indice histor., t 35o , nanDL 5oa ci siut^ 




38i 

■ 

vaux aTaient toa|oar8 un but politique , qui doit inq^* 
rcr quelque m^fiance. 

Vincent Peres de Gulla , gentilhomme TilencieB , 
tomposa une Notice historique fort int^reasante anr 
I'exp^dilion aventureuse des deux bins Zapata (i8i), 
qiii ^latent panrenus, par leur bravoure et par degranda 
fiacrificesd^argenty apurgerles'solitudea du royaume 
dc8 Maures qui s^y ^taient r^fiigi^ , malgr^ i^ordre dcr 
leur expultton (182). 11 exiata encore du mteie aateur 
un recueil de poesies. 

Francois Gompte» notaire de la riUe d^IllCy tn Rout* 
aillon , publia Tourrage suivant : Geofprufhia deU 
compiatsdeRosuUdjr Cerdan/a (i83). Get outrage eel 
peu connu. 

Gaapar Roig y Jalpi , originaire de la petite ^iUe 
de Blanes , aur la cdte de Gatalogne « fut proTincial 
des Garmes ot chroniate de la couronne d^Aragon 
(i84)« U ^criTit beaucoup aur lliistoire; et un acd-* 
dent Tayant priv^ de Tusage de la main droite ^ k Tlge 
de 70 ans » il Mppvit k ^rire de la main ganchet pour 
ne pas discontinuer sea traTaux. Gependant aes rechei^ 
ches sont peu estim^ea. Get torivain ne aut pas ae d^ 
fendre de cet enthousiasme irr^flechi qui maitriaa un 
instant lea esprita en Gatalogne. 

Don Garloa Goloma « comte de Elda « fiit Tice- roi 



mm 



(t8t) Bibliolb^qas da FardicvAdki k YalaDca. 

(189) Ximtacs: 1. 1, p. Sa/. 

(i83) CriiiipartaiCip. 7i§Sinn.igf« ^ 

(184 Serra : lalka Uilor^ owi. S36t C 36(« h 

r 




dc Mayorque et Ccipitaine-grncTal dc Roussillon. U 
consacra les loisirs qu'il savait sc manager au milieu 
des fatigues dc la guerre et des travaux d'un homrae 
dVtat distingue , h publier la traduction catalanc 
des XVI livres dos Annalcs de Tacile (i85). Elle ful 
imprimce la premiere fois a Douai, Tan 1629. Get 
iilustre ccrivain a laisse en outre d'autres ouvrnges 
sur la guerre des Pdys-Bas , ou il joua un rdle im- 
portant. 

Le docteur Jh. Llop , publia , en idiomc Val'encien » 
un ouvrage fort estimc, sur Ic regime municipal dc 
la ville de Valence sa patrie. La premiere impression 
date de Tan 1679; les Chartes inst'recs dans cet oa- 
Trage soiit du plus haut intcrct pour lliistoire de la 
province et de son droit public. 

IJorons Ccndros, prctre du diocese de Barcelonet 
et professeur h Funiversitc de cette mdme villc, pu- 
blia, Fan 1676, une Grammaire catalane (i86), 

Lc docteur Louis Baldo , nc k Perpignan , est au-- 
teur de plusieurs Memoires Catalans y sur la province 
dc Roussillon » qu'il dedia au roi Philippe III (iSyj. 

Felix Farras , d^une famille ancienne de Lerida , 
exer^a plusieurs emplois publics avec distinction , et 
les etudes serieuses auxquelles il se livra ne nuisirent 
jamais k son double talent pour la poesie Catalane et 

(i85) Ximencs : t. i , f . 333. 

(186) Je poss6de un exeraplaire 1I0 cette Grannnaire, et its 
rechcrches dc Jh. Llop. 

(187) Aagu5tin Biu : Cristal dir la verdad, p. 3Sa , not. a. 




383 

pour la poesie castillannc. II publia un recueil de let- 
trcs en Catalan , avcc leur traduction , en castillan, en 
italicn , en latin ct en fran^ais ( 1 88). 

Manuel Marcillo , jcsuitc , etait nd h Olot, ville de 
la haute Catalognc. II sc distingua pas son erudition, 
ct pqblia, vers Tan i683, un ouvrage intitule : Crisi 
de Calalunya. C'cst unc es} cce de repertoire de tous 
Ics noms historiqucs dc la province , avec des details 
curicux sur Ics institutions diverses , sur les ctablisse- 
mcns rcligieux , et en general sur tout ce qui pouvait 
contribuer k jeter quelquc lustre sur la nation Cata- 
lane. Nous avons eu souvcnt occasion dc citer cet ou- 
vrage i Tappui de nos rcchcrclics. 

A^ant dc terminer la revue littcrairc du 17* si^cle, 
ct de clotnrcr la liste des ccrivains Catalans, il con- 
vicnt d'arrctcr un moment notre attention sur la situa- 
tion polititjue dc I'Espagne vers le milieu du m^me 
sicclc. Elle doit cclairer nos recherches sur la langue 
calalane. 

Philippe IV, en montant sur le trdne, avait herit^ 
d'une vasffr monarchicf , crdcc et soutenue par des 
moycns qui avaient cchappc aux successeurs de Char- 
les V. Des Tan i64o, les innovations et les change- 
mens introduits dans le syst^me politique et dans la 
inarche du Gouvemement , avaient amend d *autrcs 
innovations dans la monarchic ; et celle-ci avait tout 
a-la-fois a souflrir dc la faiblesse ct dc Torgucil du 
pouvoir. L'Espagnc etait desunic et mecontentc, lors- 

(io3) Serra : IiHlIcr hislor., Dum. ^i^y 



a 



3&4 
que la Catalogne donna le signal de la r^rolte. Ld 
corpsmunicipalde Barcclone, poblia, sous le litre de 
Proclamation catholique , un manifeste destin^ k 
^chauffer les esprits. Gette piice hlstorique y dans 1*^ 
quelle on discutait I'origine de tous les pouToirs 4 
grossit le nombre des m^contens , et la lutte qui sac 
ccda aux discussions parlementaires ne se tenuina, 
que par la parte du Roussillon et par d'antres saciv' 
Jices non moins humitians pour la cour de Castille. 

Le succes de la proclamation catholique attira unti 
armee fran^ise en Catalogne ; et des Tan i64irl^<u' 
XIII fut reconnu pour comte de Barcclonc. Cettfl 
m^meannce, Caspar Sala, moine Augustin et prvH 
fcsseur dc thdologie , pronon^a son fameux serinoa 
Catalan de Saint George (189) ^ patron de la pro-> 
vince. Ce sermon n'etait encore qu'un espece de mann 
fcste , adress^ cette foia an peuple ^ par Tintenn^ 
diaire des magistrals devant lesquels il fut prononctf , . 
et que ccux-ci se Mterent de faire imprimer et dt 
r^pandre avec profusion. II est f^cheux que Gaspai* 
Sala n'ait et^ , dans cette circonstance, qu'un histo* 
rien de parti, et qu'il ait compromis I'importance et 
rinter^t deses rccherches historiques, en leurdomant 
un cadre qui en fait su^cter la T^racii^. Son styl* 
est pur et Elegant, et il y a beaucoup d 'art dans ss iDa-> 
ni&re dc classer et de racontcr les ^v^nemens. 

(189) Sermo Ckronulogick del Uliuire nar^rjrpitrft iaclrl 
df Caulunya, Sant Jordi. Bircclone , <>abriel Nogue*. iG4i« 
n-i". Jc poitMe no eiempbire de ce aennra. 




385 

La mort de Louis XIII', n'apporta pas de change-* 
uent notable dans la situation poKtiqae des Catalans. 
lis conservaient toujours la m^me faaine pour les Cas- 
tillans et pour la couir de Madrid. L^esprit de parti 
alia jusqu^4 repousser Tusage de la langue castillane , 
qui s*^tait inssensiblemcnt etabli. II y cut un redou- 
blement de z^le en faveur de la langue nationale , et 
il y aurait eu quelque danger i Ihi en pilferer d^au- 
trcs : c'est pourquoi lorsqu^il fut question de pronon^ 
ccr, suivant Tusage , Toraison funebre de Louis XIII, 
comme comte de Barcelone (190) , le j^suite Jacques 
Puig, qui en fut charg^, adopta le Catalan , bicn qu*il 
eut k parler dcvant un auditoire presque tout compost 
dc Fran^ais , peu familiarises avec les ressources et le 
m^rite de cette langue. Le cfaoix dc Torateur nVtait 
pas indifTi^rent dans cette circonstance , et le peuple 
apprit avec plaisir, que le visiteur de la province , chef 
dc rinstruction publique et qualilic^^teur de rinquisi- 
tion , avait joint sa Toix k celle de scs magistrats, pour 
proclamer Tunion de la Catalogue 4 la France, et pour 
k^gitimer par son suffrage tout ce que Tinsurrection 
arait execute. Aussi Toraison fon^bre et la relation 
de la ccrdmonie qui eut lieu dans Tdglise cathddrale , 
furent publi(^es , immediatement > par la voie de Tim* 
pression. L^effet que produisirent les Merits de Jacques 



(190) Sermo que predica lo R. P. Jannie Pnigf en les reals 
exequies que la molt ilkist y nobilb. ciuUt de Barcelona celebra 
a ao de Juny de i643, a la grau y bona memoria de Liuis 
XIII lo Just, rey de France y de Navarra, coniie dc Barce- 
lona* Barcel. Jaome Uaicyat, t643, in-4'* 

3i 




386 

Puig ct de Gaspar Sala y Tenant k Tappui dc la proda- 
mation catholiquc, et les armes castiUanes ne potivuit 
rien centre les doctrines politiques de ceft diven 
ecrits « on crut utile d^adopter les m^mes armes pour 
repousser les Fran^ais dc Catalogne , et pour faire 
rentrcr celtc province et le Roussiilon sous leur an- 
cicnne domination. Le moine Augustin Rius fat 
charge de cette importante mission , et il fautconvenir 
qu^il fit une grande dcpense d'crudition (191) pour 
rendre suspecte Talliance des Fran^ais, et pour prou-- 
ver que leur apparition en Catalogne avait toujoun 
cte le signal des discordcs civiles et des calamity 
nationales. Son ouvragc fut traduit en Catalan ; mais 
il obtint pcu de lecteurs, ct son influence fut i peu pria 
nulle sur les esprits ; tant il est vrai qu^en revolutioa^ 
il est plus facile dc propager une erreur , que de la 
combattre avcc succ^s. 

Le traitc des Pyrenees vint mettre un terme aux 
differcns qui divisaicnt les cours de France et d^Espar 
gne. La Catalogne, situce au-del^ des nouvelleslimitesy 
revint aux rois de Castillc, et la ville de Barcclone, 
delaissce par Louis XIY , ct affaiblie par la guerre , 
ouvrit ses portes aux troupes castiUanes. Mais ce re- 
pos force ne fut pas de longuc duree. La haine se 
perpetua par les abus ; et sous le faible successeur de 
Philippe lY, on entretint avec soin, en Catalogue^ 
les clifmens de discorde qu^on est i-peu-prcs sAr, ea 

19 CrisUl dc la VcrJad Espcio de Calaluna. Zarrago^; 
Pedro Laiiaja, i64G , in-4 • Jc possede un ezemplairc de eel <m-t 
Tragc et des prccedcDs. 




387 

tous les temps , d'y rcncontrcr. L^avi^nement dc Phi- 
lippe V el les gucrres dc la succession reveillirent 
des passions qui n^etaient qu^assoupies. On multiplia 
les ecrits ; on fit un appel ii toutes les ambitions ; on 
interessa dans la lutte , les privileges , les droits pro- 
vinciaux « et jusqu*4 la langue catalane. Aussi lorsque 
la victoirc cut soumis les anciennes provinces d^Ara- 
gon au nouveau souverain de l^Espagne , Ton crot 
necessaire de punir le foyer dc la revoke par Pabbli'- 
tion des cortes, ccUe des privili'ges y et par la defense 
d'admettre dcsormais la langue catalane dans les 
assemblees publiques , dans les affaires administra* 
tives, ctdans lescours judiciaires. Cette defense, dict^e 
par un juste ressentiment , ne fut que trop fidclement 
cxccutce; et c'est k partir de cette ^poque, c'est-i-dirc 
dcpuis Tan 1 7 1 4 v <l^^ Ic Catalan se trouva reMgn6 
parmi les nombreux idiomes qui , encore aujourd^hui, 
divisent, d^une maniere prononcce, le sol de TElspagne. 
I^ royaume de Valence, ayant oppose la ro^me resis- 
tance que la province de Catalogne , en avait cte 
puni comme elle ; et le i4 aofit 1707 , Philippe V abo- 
lit les fueros Yalenciens, et avec eux la langue valen* 
cienne, qui n etait, comme nous Tavons dcji vu , que 
la langue catalane. Ainsi se trouva consommee Toeuvre 
de Charles V ; et toute la monarchic Espagnole , h Vex- 
ceplion du royaume deNavarre, fut soumise aux fueros 
de Castille , et forcee d'adopter la langue castillane. 
J^ decadence de la langue catalane ne fut pas 
moins rapide en Roussillon. Les m^mes causes qui 
avaient , pour ainsi dire , acclimate la guerre civile 




388 
en Calalogne , H qui amen^rent avec la destruction 
des antiques fueros , Fadoption forcec d'une langue 
etrangerc ^ agirent aussi sur le Roussillon : ils amenitf' 
rent a la longue les m^mes r^sultats. 

Lors du traite des Pyrenees , la langue fran^ise 
etait a peu pres incon'nuc aux habitahs de Perpignsui. 
Cette ignorance etait en partie Uoeuvre de la politique, 
parce qu^elle avait entretenu jusqu^alors le sentiment 
de haine , qui , mieux que de faibles barrieres > avail 
separ^ de la France une province ique des interdts 
puissans et une division naturelle devaient lui faire 
regretter. Cependant , depuis Tannee 1641 « les Fran- 
^ais etaient paisibles possesseurs du Roussillon : ils y 
avaient cte accueillis comme amis. On trouvait lear 
domination d^autant plus douce , quails respectaient 
avec soin les lois et les privileges de la province ^ dont 
Louis XIY avait depuis signe ct jure robsenration. 
Mais on persistait toujours a croire que Thonneor 
national etait interesse a la conservation de la langue 
catalane ; ct toutcs les ordonnances , lettres et rescrits 
de toute csp^ce , de Louis XIII et Louis XIY , avaient 
ete rcdigcs en cette langue. Tel fut m^me Tembarras 
du Gouvernement , lorsqu^il voulut organiser le par- 
quet du conseil souverain , que les importantes fonc- 
tions de procureur-gcncral furent confides k un no* 
taire de village , uniquement parce quUl parlait et 
i'crivait assez bien la langue fran^aise. L^an 1676 , on 
pr^cha , pour la premiere fois, un sermon en fran^ais, 
dans la calhedrale Saint- Jean (192). Cette innovation 

( 192) Archiv, de la ville , livre vcrd majcur , foL 398. 




389 

fui accueillie comme un phenomene ; et Louis XIV, 
iaforme de la bonne disposition des espritSi ordonna, 
par sa lettrc aux consuls de Perpignan ^ que ddsor- 
mais il {dt defendu de pr^cher len Catalan , dans au- 
cune des eglisea de la ville. Get ordre ne fut point 
execute , fautc de predicateurs , jusqu^lk Fannie 1684 « 
qu^on pr^cha Ic car^me en fran^ais dans la m^me 
cathedralc. Depuis lors, cette ^glise eut, cbaque ca- 
r^mc , un prcd^cateur fran^ais ; mais jusqu^:^ la revo- 
lution, les autres paroisses dc la yille , ettes divers 
couvens , sc montr^rent peu disposes ^ imiter son* 
cxemple. 

Les diverses cours de justice conserv^es par Facte 
dc reunion, ou instituces depuis le traite des Pyr^n^es, 
ne iiFcnt usage que du Catalan dans les plaidoyers , 
dans tons les actes judiciaires et dans les arrets. Les 
affaires pendantes devant le conseil d^^tat , furenl 
egalemcnt instruites dans la m^me langue ; ce n^est que 
Tan 1681 , que la langue fran^aise fut admise concur- 
remment avec la langue catalane , dans la redaction 
des procedures et des arrets de la cour ; et lorsqu^oo 
supposa qu'ello etait entendue d^un assez grand nom- 
bre d'habitans , on ne craignit plus d^enfreindre unc 
des conditions dc Tacte de reunion , que la generation 
cxistante avait perdu de vue. Un edit de fevrier , de 
Tanncc 1700, ordonna qu^i partir du i*' niai de la^ 
m^mc annee , les actes notaries , les Ventures puMir- 
ques , les procedures , les sentences et les arrets ,. se- 
raient desormais dresses en fran^ais (193). Gel* edit 



I I M ■ I ■— i^— "i^i 



(193) Archives du Conseil tooveraia. 



X 




3r,o 
fut eitcciitt- sans opposition. Ce n^est pas cependant 
qu'il n'ct^t lilesse les esprits , et qat tout ce qui avait 
quelque connaissance des droits ct des priril^gcs dc 
la pro\'ince , n'eut vu dans cct acte one atteinte for- 
mcllc ^ COS mdmes droits. Mais la domination &aii- 
gaise ctait trap soHdcment etablie , le souvenir de 
quclqtics actcs de scverite trop recent, pour qu*on pftt 
conccvoir Ics moindres craintes. La resistance se c<mi- 
centra duns le sein des families. EUc y dtait soiitenue 
ct cncouragi'e par le parti Espagnol. Elle isola les 
fonctionnaircs publics , rdveilla I'orgucil national , et 
rendit plus difficilcs les projets dc reformc et d'amd- 
lioration qu'on se proposait d'accotnplir dans la pro- 
vince. Ainsi par un contraslc diflicile k e^liquer, si 
I'on nc connaissait point le caractcre Catalan , on vit 
les Roussillonnais se feliciter d'une part , d'etre ediap- 
pc's h la domination espagnole, et se montrer toujourt 
pr^ls h prendre les armcs pour la combatti'C , et d'ao- 
tre part , continucr de Iraitcr les Fran^ais en Strangers, 
et rcpousscr avcc dedain la languc de leur nonvelle 
patric. Avcrti par cette disposition des esprits , vaine- 
mcnt Ic Gouveriicment appurta dans ses projcts de 
r<5forme,les plus grands menagcmens. Toot ce qui 
cmanait dc lui^ ctait accueilii avec mcfiancc ; et les 
projets les plus sages ecbouaient en partic , contre 
cctic apathic soup^onneusc dcrriere laquclle roppo- 
sition et I'ignorance paraissaicnt se retrancher. 

On s'a|>er^ut alors que le plus sfir moyen dc reo- 
drc Fran^ais les liabitans du Roussillon , etait dc donner 
a rinstruction publique plus de developpemcns. Les 




deux colleges furen( retablis cl dotes ; el on ne n^glt- 
gea aucun moyen pour y appeler la jeunesse. La no- 
blesse eutdesecolesparticuli^res pour lui facililer cer- 
tairies carrieres; etTantiquc uniTersit^ se relera de ses 
mines. On la dota ricbement : le nombre dc ses cours 
fut augment^ , le cercle de ses Etudes agrandi ; et elle 
cut tout ^-la fois un amphitheatre d^anatomie , un ca- 
binet dc physique et unc belle biblioth^que. Tous ces 
Iravaux et toutcs ces institutions furent I'oeuyre de la 
maison de I4oailles et du marechal de Mailly ; niais 
Icur influence , qui devait s^accroitre avec le temps , 
etait pour Jors rcsserr^e dans d^ctroites limites. Jusqu^i 
la revolution fran9aise , il exista , entre le Roussillen 
et la France , une ligne de demarcation d^aulant plus 
sensible , qu^elle etait tout-^-Ia fois dans les lois, dans 
les mucurs et dans la langue. En efiet , tous les rapports 
de.societc et toutes les corrcspondances qui n^^taient 
|>oint sous la sur?eiUance immediate d'un agent du gou- 
vernement , n^avaient lieu qu^en Catalan. On se faisait 
un merite d^ignorer la langue fran^aise , ou bien de ne 
Tadmcttre qu^en presence d^un etranger. I^s nobles 
titres auraient cru dcroger en d^daignant la langue 
de leurs percs , et ils paraissaient tenir ^ honneur de 
Tecrirc avec elegance » et de s^en serrir, en presence 
mcme dc ceux qui nVtaient pas k m^me d^en appre- 
cicr le merite. Cependant, malgr^ cette r^sistance-^ux 
Yues politiques de Louis XIV, et aux cajoleries des 
^oiiverneurs du Roussillon , la presence d*un certain 
nombre dc Fran^ais dans celle province , et Tobliga- 
tion dc trailer tonics les alTair^s publiques dans Icur 




392 
langue dcvaicnt, non seulement naif e & la connaissancv 
m^thodique de la langue catalane , mais encore en al- 
terer la purete. C'est ce dont se plaignaienl avcc aigreur 
les parlisans de Tancien ordrc de choses, et tous ceux 
qui consideraient la reunion avec la France comme 
nuisible aux inter^ts de la province , et en general auz 
moeurs et au caractere national. La revolution mit an 
terme a cetle lutte secrete. La presence d^me arm^ 
fran^aise familiarisa le peuple avec une langue qac 
trop de motifs lui avait fait rcpousser jusqu^k ce jour. 
£llc penetra dans les campagnes, y fut tolerce ou adop- 
tee par le cultivateur , et celui qui ne sut pas T^crire , 
fit du moins quelques eflbrls pour la comprendre. 
Toutcfois , la ndcessite > pour plusieurs classes d^ndi- 
vidu£ , de ccnnailre la langue fran^aise et de la bicn 
parler, r/a pu, depuis la revolution , les faire renoi»- 
ccr k la langue catalane. Elle est , encore aujourd^hui , 
gcneralement admise , non-sculeinent par le people , 
mais encore par les classes riches. On parte fran^is 
avec Icsetrangers et dans toutes les reunions publiques. 
On y renonce dans Pabandon de la vie privcc , et dans 
les rapports i^articuliers. De cetle disposition h parler 
altcrnativemcnt , et quelquefois a mSler les deux fan- 
gues, il en est resulte une espece de langue dc conven- 
tion , que les uns appellcnt catalane , parcc que c'cst 
le peuple qui Ta plus parliculi^remcnt adoptee , et qui 
n'est a proprement parler , qu*un melange de mots Ca- 
talans, espagnols, langucdociens et fran^ais. On ne 
parle plus Tancien Catalan que dans les hautes valldes 
du dcpartement ; et dans iouUs les tfglises, k rexccplioi^ 




3^3 

dc la cathedalc, les predicalcurs sont tenus de T^ludiep, 
ct Ics ecclesiasliques ne pourraient point , sansaon s(v 
cours, remplir les devoirs de leur minist^re. 

C^cst done sur nosmontagncsque le Catalan a trouv^ 
son dernier asile. C'est aussi 1^ qu^on pent 96 former 
unc id^e du caract^re particuiier de cette langue , soit 
dans les phrases sonorcs et graves du cuUirateur et du 
muletier , soit dans les saillies vives et metaphoriques 
du chanteur, soit encore dans la gait^ bruyante qui 
preside aux danses villageoises. II n^est pas rare de ren- 
contrer un chantre campagnard , que la nature aeule a 
inspire , et auquel il ne manque qu'un peu dVtude , 
pour donner a scs compositions originates , cette r^gu-' 
Ifiritc dans le plan et cette correction dans le style 
qui caractdrisent Toeuvre du po^te. Ces descendans 
des anciens juglars, sont presque toujours les chefs de 
CCS bandcs d'ouvriers , qui descendent {leriodiqueroent 
dans la plaine , pour prendre |)art a certains travaux. 
lis connaissentlesancienncs traditions; ilssontcomme 
les archives ambulantes du peuple roussillonnais ; et les 
hisloires du temps passe, les evenemens presens, les 
infortunes conjugales, eten general tout ce qui pique 
la. curiosile d^un peuple vif et grand ami de contes^ 
vient prendre place dans leurs recits ou dans lears 
chansons. Mais on tenterait vainement de traduire ces 
chansons et ces n^cits : la gait^ meridionale a un carac- 
terc particuiier qui echappe au raisonnement. Ellese 
parle, mais il est impossible de Tecrire. Le geste, le 
son dc voiXf raliiiude du conleur, entrent pour boau- 
coup dans le mcriti* du recit; et celui qui sait le mieux 




394 

exprimer, par Ic jeu dc sa physionomic et Ics modulae 
lions de sa voix, ]a situation des pcrsonnagcs qu^il met 
en jcu , est aussi cclui qui obticnt Ic plus de succJ^. Sa 
reputation devientdcpailemcntale. Les bandes diverscs 
d'ouvriers se Ic dispulent, et sou vent le propri^taire 
s^acquitte , en secret , avec lui , dn rcdoublement de 
zele et de travail que ses contes ont inspire aux od- 
vricrs. II n^est pas ctranger au but de nos rachercheSt 
d'ohserver que les motifs des airs sur lesque)8 s^exer- 
cent Icsmodemes juglai^s, sont bien souvent remar^ 
quables par leur melodic et leur simplicite. Quelques- 
uns ont merile Tattention du plus habile chanteur mo- 
derne , et de plusieurs de nos compositeurs. G^est ains 
que Tair national et tr^s-ancicn de la romance da Ga- 
nigou , a ete heureusement introduit dans le ballet de 
Clary, pour reveiller dans le coeur dc ccUe-ci les sou- 
venirs du village et Tinnoccnce de ses premiers jours. 
La romance du iMoineau n'est pas moins rcmarquable 
par la naivete des paroles et par la facility de son 
chant. Kreulzcr Ta publiee avec une suite de variations 
dignes de son talent. En outre de ces deux romances i 
qui sont pour les Roussillonais , ce qu^est le Ranz des 
Vaches pour rHelvelien et la Barcarole pour le gon- 
dolier de Vcnise , il y a encore d*autres airs Catalans 
qui ont etc entendus avec plaisir dans les salons de 
Paris; mais Garat , qui savait respecter la mode , avait 
prudemment substituo un canevas de paroles ita- 
lienncs aux tendres accens des juglars Catalans. 
Qireussent dit alors les amateui-s exchisifs de la mu* 
si(|uc uUrauioiilainc , si une voix indiscrete leur avait 




395 

rev<^ld le secret de ces delicieux themes sur lesquels 
sVxcr^ait arec plaisir notrc habile chanteur ? 

Le Catalan', de m^me que toutes les langues du midi 
el de Torient , offre , par la multitude de scs images , 
par Temploi frequent des meta[>hores>et par les ex- 
pressions sonores qui le caracterisent , bcaucoup de 
iacilitcs au poete , et m£me au chanteur qui improvise. 
SouyentToreille est flattde par une serie de sons afi;rda' 
bles ; mais si , aprcs cettc premiere impression , on 
s^arrctc sur Tidcc qu'ils etaicnt destin<^s a exprimer , 
on est etonnc de rencontrcr une pcns^e commune et 
peu digue de fixer Tattcntion : tant il est vrai que la 
poesie et la musique rcunies, pcuvent donner aux 
choses ies plus vulgaires et aux sentimens les plus sim- 
ples , une forme seduisante , et tine sorte de prestige, 
qui trompe Toreille et souvent le coeur. Cest surtout 
dans Fespece de chanson appelde Sagadilla (194) 9 que 
Ton pent remarqucr ccltc faciiitc avcc laqucHc on co- 
lore 9 pour ainsi dire , une seule idee, et on lui doniie, 
dans une longue phrase sonore , tout le devcloppe- 
ment n^ccssaire a Fair qui doit lui servir de cadre. 
Dans ces sagadillas, cV^t tantdt un amant qui soupire 
scs amours , ou qui se console de ses disgraces , en r^- 
velant les faiblcsses des belles et Tinconstance de leur 
ccjcur ; c'est une jeune fille qui chante son indifference 
et provoque les attaqucs par les traits les plus vifs ; c*est 
un frcre lay qui semble avoir ^cout^ h la porte du ecu-* 

(■1)4) ^^^ peuples du Nard appeUient sagas leurs chansons 
gucrriercs. Sagadilla paraU (}irc le dimioutif de Saga, ct ce uiol 
strait done d'origlne golhique. 





.396 

vent , pour rcpeter ensuite cc quMl a vu ou entendu ; 
cVst un chanlciir maUn , qui passe en reyue tous les 
etals et toutcs Ics conditions , et dont le (jeste , les in- 
flexions dc voiXf et parfois les grimaces ^ excitent Ic 
rire et agitent yivenient un nombreux auditoire. C^e&t 
au son d'une guilare j d*un flageolet ou d^un tambour 
de basque , souvent aussi , sans le secours de ces iot- 
trumens , que les sagadillas , chantdes le soir , h, rombre 
d'un vjcux micocoulier , appellcnt les danseurs et pro- 
voquent des explosions dc gaite qui animent la danse 
et vont clectriser le cceur des yieillards, ranges en 
cercle autour de jcunes groupes. Ces danses, CC5 
chants et ces cris se continuent bicn avant dans la 
nuit ; ct souvent le lendemain revoit aux monies lieox 
les m^mes danseurs que n^ont pu lasser des travatix 
pcnibles , executes sous les ardeurs d^un soleil bnilant. 
Pour cxerccr une pareille influence sur un people 
dont les amusemens sont si vifs et dont Timagiiia- 
tion est si active , il faut bicn que la langue , charg^c 
d'intorprcter les sons, ait un mcrile particulier qui 
echappe a Fanalyse , et que scs ressourccs soient autres 
que celles que I'on accordc a un simple ididme ; il faut 
qu^aubesoin , ct pour une imagination dispos^jisaisir 
des rajiports cloigncs; un mot puisse exprimer une 
idee ; et que m^me plusicurs idces puissent a-la-fois se 
ranger derricre un petit nombre de mots dont la mu- 
siquc ne laisse pas apercevoir Tisolement. II faut ausN 
qn'une longue phrase puisse , au besoin , nVxprimer 
qu'une idee bien simple , afm que Tharmonic qui rc- 
sultc dc Tarrangcment des mots et dc Icur accord par^ 




39i 
fait avcc la musique , n '^chappe point & Inattention d<j 
rauditoirc. 

Celte langoe , si gracieuse dans les compositions des 
jugtars , si vive dans les sagadillas , a tendre dans les 
romances , et pourtant si grave sous la plume de I'bis- 
toricn et du jurisconsulte , drcbue auiourdliui du rang 
auqucl elle elait parrenue , et exilec , pour ainsi dire , 
dans la poussi^re dc nos bibliothiques et dans qu«I- 
ques-unes de nos belles valines . a ^t^ plus favorable-* 
mcnt trait^e dans la contr^ qui fut son berceau. On 
la parle et on Ti^crit encore dans le royaume de Va- 
lence , i Mallorque, dans quclques parties de la Sar-* 
daignc, et surtout en Catalogne. Dans cette demi^re 
province, le people accourl de fort loin li ces antiques 
representations tb^3trales que le derg^ a toujours en- 
couragees ou toMries, et dans Icsquclles il consent 
quctquefois ^ jouer un rdle. Les sujels de ces pieces 
sont presque toujours puiscs dans I'bistoire sainte ou 
dans le marlyrologuc. Ce sont encore les moeurs, la 
langue et les plaisirs du quinzieme et du seiziime 
siccles. Sans doute ces representations blessent tout k- 
la-foiftla verite, la religion et le bon gout; mais dans 
ce moment nous ne les con^derons pas sous un point 
de vue philosophique ; intimement liees Ji Thistoire de 
la langue catalane , elles offrent m^me une sorte 
d'intcr^t , en ce qu'elles nous ont fid^ement conserve 
les compositions mystiques d'uae ^poque deji recule'e. 

Ce goj^t et cette csp^ce-de passion pour les repr^n- 
tations tbcitrales auraient dfi ammener quelques pro- 
gres dans I'art traguiue ; mais soil que les sujeta relit 




398 
gieux sur lesquels on s'exer9a d'abord aient trompe Ic 
genie des (.'criTains ct que la marche historique dcf 
vvcncmens impose irop de g6ne h Taction tragi((«c , 
soit que I'art tragique lui-mSmc n'ait ^t^ cr^^ en Ga- 
pagne ct en Roussillon que long-temps apiis la rm* 
nion dc TAragon a la Castillc , il n'cxiste auctinc 
pi^cc dc theatre ({ui merlte d'etre distingucc. Ce ne aoot 
jamais que des saints subsisant de tongues ^preuTes«t 
un martyr effrayant; parfois aussi quelque belle p^oi* 
tente, qui raconte avec unc vcrite peu d^centc, let 
dcsordresdesa jcuncsse ct les rigucurs que lai dicle 
son repcntir. 11 existe cependant quelques tiaduclioM 
denos meitleures pieces dc theatre. J'ailuMithridatCt 
Zaire, Athalie ct la Mort de Cesar, eu Catalan; j'li 
pu en tenniner la lecture, ct c'est tout ce qu'on pent 
dire en faveur de ccs traductions. On ne pent, il cat 
Trai imposer des bomcs au genie, ct pour lui la langne 
la plus sterile dcvcloppe des rcssources inconiiaea; 
mais ii jugcr la langue catalane par ce qu*elle est el par 
ce qu'clle a ctd , il est permis dc supposer qu'elle tt 
prdterait difficilcmcnt aux compositions tragiques. Li 
redondance desesmots, toutcsles fois qu'elle s'iihpose 
rentrave de la versification, Ic mccanisme particulier 
dc ses constructions , la marche prccipitee dc ses TcrS) 
communcmcnt de huit ou dix syllabes, seraient lout 
autant d'obstaclcs dont il me parait difficile dc a'affran* 
chir. Le Catalan semble plutdt convcnir aux recils de 
chevalerie, commc dans T!ran-lc- Blanc et dana Pap* 
tbenopex de Blois ; aux tableanx bistoriques , comme 
dans les Annales de Jacques I*' et de Carbonnell ; axat 




399 

diiicussions judiciaires ct aux cssais phil6sophi(ldC9 , 
comme daiu Pegaera et dans Saint- Vincent- Ferrer: 
aux dissertatiooB ct aux compiUtions, comme dans 
Bosch ct dans Tarafa : ct cnHn aux badinages poi^ti- 
ques, aux ^pitrcs, aux chansons, aux vauderilles, et 
ni^meaux dtscoursen vers, comme dans Ausias March, 
Koig , Garcias et quelqucs autres. 

Cette langue , si elle avait toujours ^te cultivee par 
des hommes de lettres , si elle avait subi Tinflucnce 
iocvitable du temps et de la civilisation , qui neper- 
mettent pas i one langue dc restcr static nnaire, au- 
rait , dans ces dernicrs temps , produit des ouTragcft 
plus en rapport avec les progris des luraiires : mais le 
dccrctde i7i4idont nous nous sommesd^jck oecupes, 
clotura les archives litteraircs de la Catalogue et du 
Roussillon. Sans ce m^me dccret, nul doute qae la ri- 
che collection de documens historiqucs de Gapmany, 
et la belle Histoire dc Masdeu , n'cussent ^t^ rcdt* 
goes en Catalan , et la Catalogue , auraitcompte deux 
noms de plus parmi les ecrivains. qu'elle s'hoaore 
d'avoir produits. St les Umites imposees i ce Me- 
moire nous le permettaient, il serait intcressant <de 
rechercher la cause du changement de direction im- 
piimc au caract&re et a I'esprit des Catalans depai» 
leur reunion avec les Castillans. L'histoire aura un 
jour i expliquer comment le peuple le plus independani 
ct le plus guerrier est devenu , a]»i8 sa dcfait*: , Ic 
plus industricux et le plus ricbe de TElspagne. Elle 
nous representera le commerce h^ritant de toutes le» 
ambitions et de tons les talens , portant ao loin des 




navigateurs mtrcpidcs, ct vapportant, siir le beau litio^ 
ral de la Gatalogne, des licbesses telles, qu'elles don- 
ncnl k cc m^nie peuple , une autre sorte d'ind^pen- 
dance motiis orageuse et non moins respectable que 
la premiere. Mais en renon^ant k la gloire litt^nire 
et aux succ^s que promct I'etude des Icttres, le peujde 
Catalan a toujours conserve un goiit tr^s-vif pour li 
po^sie. Le doctcur Garcias a cu plus d'un succeaseur, 
soit en Catalognc , soil en Roussillon , et 11 en est ea^ 
core en ce moment qui cultivent la po^sie avcc succ^ 
La lecture de leurs gracieuses compositions , laine 
toujours apr^s elle le regret que des ^criTains si re- 
commandables consacrent leurs veilles k des compiH 
silions que doivent seulcment accueillir nn petit nom- 
bre dc lecteurs , lorsqu'un veritable talent Icur permet 
de pri^tendre k d'auires succ&s. Mais il est vrai d^ajoo- 
ter que la poesie catalane oflre de grandes facilit^s 
au poite et surlout au chansonnier. Elle a tous les ca- 
prices et les formes diverses de la poesie italienne , 
qui cependant lui est postcrieure. 

Cctte disposiUon des csprits k accueillir aTec indul- 
gence , et k repcter avec transport les rdcits en vers 
et les chansons , de quelque maniire que I'^rivain en- 
visage son sujet ; I'usage joumalier du Catalan , dans 
le commerce et dans les details de la vie priv^e; I'u- 
sage plus absolu oil Ton est de pr^cher constamment 
en Catalan, a I'cxccption des cath^drales de Pcrpignan 
et de Barcclone ; d'autrcs motifs encore , qu'il se- 
rait Irop long d'cxpliquer, et qui ont pour priodpe 
le mauvais etat des ecoles publiques et I'orgueil na-: 




4oi 

tional ; tout contribucra a conservcr encore long- 
temps Tusage du Catalan , non-seulementen Catalogne 
et en Valence, mais encore dans Tancienne province de 
Koussillon. C^est pour en ftivoriser Ti^tudc , qu'on a 
public depuis pcu un dictionnaire et une graramaire 
catalancs. Des savans distingucs n^ont pas dedaigne de 
consacrer leurs veillcs a des recherches qui ont eu 
pour resultat , la publication dVditions plus completes 
des anciens dictionnaires. Nous devons a leurs tra- 
vaux plus de facilite que nos predecesseurs , pour 
rintelligence des anciens ecrivains , et une connais- 
sancc raisonnce de la plupart des mots qui composent 
la langue catalane. L^on est etonne d^apprendre tout 
ce que cette langue a empruntc k Tantique langue 
ccltibere, a Tarabe, a Thcbreu, au grec et au latin. 
(^. la note page 429)- 

Claude Bomat avait deja public, Pan i56i , et en 
un seul volume in-4° » "^ Lrxiron latirw-caialamim ^ 
un Dictionnaire Catalan, YOnomasticon projmoruni 
fioinhuirn^ etc., un Dictionnaire geographique,aussi en 
Catalan 7 et onfin un Vocalmlaire latin des termes de 
medocino ctdes plantes mediclnales, avec Texplication 
en Catalan. Plus tard parut le Fons verhottun d'un 
anonyme, etie Vocabidari de Torra. 

T/an 1696, Jean La Cavalleria publia ^ Barcelone 
un dictionnaire beaucoup plus complet que tons ceux 
qui avaient etc imprimes jusqu'alors, sous le titre 
sutvant : Gazophyllacuun calnUum-lattmun. Get ou- 
vra^o volumineux est rempli de details infiniment 

prrrieux pour Totude de la langue catalane. 

0% 




4^3 

Enfin aprcsplusieura editions de ces divers Diclion- 
naircs , et de qu«tqucs Yocabulaircs dont il est inutile 
de faire mention , on publia , I'an iSoS^^ Barcelonnef 
un noQTeau Dictionnaire Catalan , castillan et latin, 
en 2 vol. in-fol., par Joaquin Esteve et Jh. Belvitge^ 
pretres, ct Antoine JugU, avocat. Ce dernier ou- 
vragn, moins d<5taiUe que cclui de La CaTalleFia, a ce- 
pendant sur lui I'avantagc d'etre plus complet , ct - 
d'offrir la traduction Castillanc de chaque mot , faitc 
avec la plus sdv^re exactitude, Aussi, dcpuis sa publi- 
cation , Ics negocians sc sont empresses dc Tadopter 
ct dc Ic [w«ndre pour guide. 

La Grammairc Catalanc de Joseph Ballot y Torres , 
qui n'a etc imprimee que sur la fin de 1814 . est , cd 
ce genre , Touvrage le plus complet ct le mieux cn- 
tcndu qui ait encore etc public i Barcelonne. 

Les rechercbes auxquellcs s'est livrc Tautcur sont 
m^s-ctcnducs, ct apr^s avoir ctabli la filiation dc I4 
languc catalanc avec la languc latine , par |Ia com- 
paraison d'un grand nombre dc mots , il expose suc- 
ccssivcmcnt ct avec detail , Ics regies grammalicalcs , 
qu'il appuic par dc nombrcux cxemples. 

Lorsquc des I'crivains recommandablcs entrepren-^ 
ncnt la pi'nible redaction d^un Dictionnairc ou d'unc 
Grammaire , et qu'ils se dccidcnt & les publier ; lors- 
quc le public accueille ces omTages , on doit en con- 
duce que la langue , que ces mdmes ouvrages nous 
font connaitrc , doit avoir encore unc longiie exis- 
tence, ct que Tarrct dicte contre ellc [lar la politique , 
soit en Catalogue , soit cu Koussillon , ne saurait dtre 




4o3 

ex(^cut^ , tant qu*il sera en oppositidAliyee les moeurs, 
ayec le caract^re national et avec l^esprit dMsolemeni 
de ces deux contrees. Lc Catalan restera langue na^- 
tionale en Calalogne , tant que les habitMs de c^tte 
province se persuaderont que les rois de Castille ne 
sont que comtesde Barcelotine, et tant que les intc- 
rets, comme les moeurS du peuple Catalan , seront en 
opposition avec les int^rdts ct les mccurs des autres 
peuples de FElspagne. Le m^me r^sultat aura lieu en 
Roussillon , tant que Tinstruction publique sera con* 
centr^e sur un seul point et en faveur d*un Irop petit 
nombre ; tant que le commerce , Tindastrie agricole 
et un syst^me d^administration plus favorable aux iu'-^ 
terdts locaux , n^auront pas change les mceurs , ct mo- 
dific lc caractere national. Jusqu^^ ce que ces diverses 
causes aient agi sur la masse , la langue catalane , oa 
si Ton veut Tidiome roussillonnais dominer^ , et il 
sera le moyen de communication le plus habituel et lc 
plus populaire dans le dcpartement des Pyrenees Orien* 
tales. 



y 




4o4 
NOTES 

RECHERCHES DE M. JAUBERT DE PAS5A, 

lA LANGUE CATALANE. 

io« SIECLE. 

^os supradict! Jonamns hanc terrain , ut plantes in ca mayohun, 
sicDt mos esl. £t quanda istum mayolum fuerit de partir, volo ut 
parlamuj eiun , « non , in dainno sit. 

Ego ID Dei nomine, ego Hector et Pontius de Cambolai, et ego 
Falcas , d'esl bora ad enant home nc femena , qae sien cd U nUa 
de Pradis Earaa contra aquez 6 no faran , tro KAbat et lo Prior 
una vice vel duas, et si facen in damno sinl. 

Pro Deo amor pro christian poblo el nostro comun salrAroent, 
dist di en avant, in quant Deus dcdit, fradre Karolo nil facet ^ct 
si facet in cada una in damno rIl 

[ ArcbiTci lie U Title ik Bucelonne. ) 

II' SIECLE. 
In Dei nomine, etc. Esia es avenencia y camLi, qnn fecil Qi- 
mcnl de Prats, dc tola la herclal , nominaia sancti Petri, que la 
havia y dcvia ad liaver in tenncno dc Gallis , y sobre eiia con- 
venienlia fecenint pro romper bus carlas , que Icnian de laberetlt 
conombrada. 

( Aicbitci <lt U till* <lc Barcclonne. ] 

Juy donat en Cort, n donat per Julge clei de Cort, de totiiie 
rebut , e en tot temps seguit : e null horn per cngan , ne per art 
nol gos rebujar : c cell qui ho fara , sa persona ab tot quand ha, 
venga en ma del Princcp , a feme sa volonlat : car qui rebu^ lo 
judici de la Cort , falsa la Cort , e qui falsa la Cort , damns lo 
Princep, e qui lo I'rinccp damnar voira, punit, e danat tie tot 
temps, ell, e sa primogenitura : car orat es, e sens seny, qui vol 




4o5 

contrasUr al aeny, c «1 taber de la Oirt , en foc ha. Princepi^ 
Bisbes, AbbaU, Comtes, Vejcomptet , Comdors ^ VcnrcMorSv 
Philosophf f Savis e Jutges. 

( CoMtiCatMOf d« CaUlopM : lib. i,til. »tMUB. i,ibl,S5*) 



i2« SIlfeCLE. 
Distances prescrites , pour la pUmtaiion des arbres 

Deohen saber que nol bom pot plantar aifbret ^rea de son 
vchi f en camp ^ ne en vinya , ne en hort alber , ne salacr , ne- 
ladooer, ne oliTera^ne morer | ne algim arbre, qni poig idira tres 
destresdalt , sino Inny de son Tehi, 6 dins io sen xu palms destre. 

Encare qae tol altre arbre qois plant en hort 9 o en Tinya « b 
en camp qoes da^a lonyr de la honor de son vdiiy tant que com 
engroxera, quey baja vi palms destre enmplitStSino qnel haora 
arrancar, si per Io yehi nes request. 

(CovtoMfl d« BarevloiMM. ) 

An 1173. — i^r^sm^iii^dlud^ryvfil'^oyueP'Cir^- 
De las Divinals , e homanals cosas la deffensio no pcrtany a 
nega mes que al Princep, enegona cosa tani pnqria no den 
del bo e del dretorer Princepf com injnrias foragitar, batallaa 
cificar , pan stablir, e informar, e informada ab sots mesoe 
vadora liorar, perfo que no indegndament de aqneD pma 
dit, e preycat, (o qoe per Io Princep dels Reys es dk. Per mi hi 
Reys rtgnen^ e lo$ poderosos scripm JtuUtSa. 

( CoQflit. d9 Catal. , lib. 10, lUl 6» esp. 1 1 p. 44^» m1. S* ) 



i3« SINGLE. 

An 1234. — Difn^se de lire Vancien et le nou^eau 

Testament J en larsgue romance. 

Statuim J que alguns no hajan libres del veil » o novcll Testa- 
ment en Romaof : e st alga ne hanra , dins myt die^^ apres b 
publicalio de aquesta Constitntio ,, del dia que ho aahm, linre 
aqueU al Bisbe del loc cremadors la qual cosa sino ho fan, ndca 





4o6 
sic clergae, o lee, ax« com a soqutM de ha«tgia ^ ha«t, fa» 
qne KD ate [WgaL 

(Coiuiit. de Caul. lib, I, tit. i|Cip. a.foL J.^ 

An 1 2 j o. — Eatraiis des mdmoires du rot Jacques t". 
£ per tant que sapia hom quant fo presa Valencia, f6 la Ve»- 
pra de sant Miquel en lanjr laSg. 

(CliTOniea: del rej don Jacma I , cip. Ii5.) 

An ia4i. — £ a^o fd nn any apres la preso de Valencia, e 
eniram en Muntpeller , e el Dlrendres en el mig jorn e hora-de 
nona fo Edipsis major, que hanc hom veea de memoria de 
aquells, qui ara sod : car tot lo sol cobri b Lhma , e podia hom 
veer set stelles en lo eel. 

( CbroDicB d« Murcia : del raj don lacme I , cap. iSi) 

An laSo. — Code maritime. 
Aquesls son los bons stablimcnis i les bones Coslomes que aon 
de fet de mar, que los savis homens qui van per lo idod ne c^ 
. men^aren a donar als nostres antecessors : los qoals faeren per 
los libres de la sarietat de les bones costumes. On d'aqoi anat 
poden (robar ; qui deu senyor de Nau Ter a mercadcn , i a n*-* 
finer , i a pelegri , o a altrc home que vaia en la Nan : i encan 
qoal cosadeia fer mercader a senyor de Man, i mariner alKBvor 
de la Nau t del leny, t pelegri atrasi. 

(Priambnlc dei Couliimci UiTUimei , du roi Jacqm* I. CjmUiclsDi.S, 
p. t, Codigo. } 

Am 1281. — Eatrait des lYobas de Mossen Jayme 
Febrer. 

(Les vcn suinas JUientgnT^s auT I'fea de I'utteiir, 
d(T» I'armorid de Valence.) 

Trobantse en Mallorc.i lo meu pare amat 
Serrint ^ son Rey qu'el feu veedor 
De lo sen Esercil, i de alii ha patsat 
Servinl ca Valencia , £ en elli fui nat 




4o7 

Tracnlme d« Pila lo Rey venccdor 
Qu^emposa son nom sobrc ci dc Fcjircr 
Naizeot ca Agosl : en U disciplina 
De tan bon Padri no fonch menester 
QuG molt treballara, puix vaix merexer 
Que k la Lb de blau que ma sanch destina , 
^ Afixca un Leo sobre plata fine. 

( Xim^nes , 1. 1 , p. 563. ) 

An 1282. — Prii^Uege d' Alonse-le-Sage ^ de Castille ^ 
enfiweur des marchands Catalans (ftabUs a SMUe. 

( Exlrait du Livre-nouge , n<* u , fol. ga , des Arcliives de-l'llulcKde-\ Ulc 

de Barcelonne. * ) 

Sepan quanlos esla carta vieren como Nos don Alfonso , por 

la gracia dc Dios, Rey de CastUla diemos alos Mercaderes 

Catalanes, tanibien k los que son moradores en h noble CiMad de 
Sevilla , como a los que y vinieren daqui adelante con wm mcrca- 
duras , por nostra Carta plomada estas franquezas, que aqui seran 
dicbas; h, la carta era fecba en estaguisa: sepan quanlos esta 
carta vieren e oyeren , como ante Nos don Alfonso , por la gracia 
de Dios 9 Rey de Castiella , de Toledo ^ de Leon , de Gaikia , de 
Sevilla I de Cordova, de Murcia, de Jah^, ^del Algarbe^ veno 
Pedro de Card^dol , por si e por todos les otros SlercaderesCata- 
lanes, tambien por los que sou vecinos de la noble Cibdad'de Se- 
vilU, como por los que vinieren y d^otra parte con sus mercadu- 
rias , ^ pidionos merced , que Nos que les atorgassaiios aquelUs 
franquczas ^ que pertenecien ^ fecbo de Mercaderia ^ que el onr*a 
rado e bienaventurado Rey don Ferrando nosiro padre ovo dado 
ii los Cenueses , quando [c& dio barrio e Alfondiga en la noble 
Cibdad de Sevilla 9 ^ lesfiio oiras mcrcedes muchas por su |»rivi- 
legio , que le& nos oviemos despucs confirmado por nostra carlai^ 



M>^*M|B«Vi4^ 



(*) Ce prhrilegc nk, In letlre d*Hefiri d« LttMgBAO , out etc inscrrt ici po«r 
eublir ua moycn du comparaison cairc les bngnvft Fraii^«is« « CMtilUnp ^^ 
Caulanc , vers U lin du i3* li^dlc* 




4o8 

£ Mos , por sabor que avemos que la Cibdad de Sevilh se poeUa 
bien , ^ porque sea mas rica i mas abondada , ^ por facer mcrced 
k los Mercaderes Catalanes , damos les estas franquezas qae aqui 
seran dichas. Primcrameote . • . • etc. 

( Capxant, Coiece. diplom. , t. a, Bum. ao. ) 

An 1283. — Ordormance du roi Pedro II , en fweuar 
des esclaves Maures et Jmfs qui recepaient le bap- 
time. 

Statuim que los Sarrahins dels Jueus, sb batejen, romangan 
liures , e francs , donant recngo pes si , segons quels drets relent 
e es acoslumat de fer. 

( Conslit. de Cat., supl., lib. i , tit. i , num. 3 , fol. a, cap. 3o. ) 

An 1291. — Privilege d' Henri II de Luslgnan, en 
faveurdes Marchands Catalans etablis dans Vile de 
CUypre. 

In nomine Patris, et Filii, et Spiritus Sancti , amen. 

Nos Henris , par la grace de Dieu , tressime Rois de Jerusalem 
latins f et Rois dc Cbypre ; faisons ^ savoir ^ tous ceans, qne sunt 
et qu^avenir sunt , que Nos por Nos ct por nos hercos, somes ac- 
cord^s a les Marcbands Catbclans ^ et 6 cbascun Cathelan , que 
sunt et seront , cstaians, alans, vcnans, entrans, et issans en notre 
dit Keaume de Chiprc en la forma ct en la maniere ci apr^ dcin- 
s^e I c^cst 4 savoir : que tot premier, Nos, por Nos et per nostres 
dits bereus , lur avons otroi^ de grace especial , que de totes lt% 
marcbandises, que ils descbargeront ou fcront descbarger en nostre 
dit Reaume de Cbipre , dc queique part qu^eles veignenti ibn^en 
doivent paler que deus bysants per centenar, estimant let 
marcbandises convenablcment , et de totes les marcbandises, qu^i 
tireront de nostre dit Reaume, paicront aussi deus byzanis per 
centcnar, c'cst ^ savoir, as leus, et des cboses dont Ton a acostimi6 
de paicr. £t sc il avcnait , que des marcbandises , qu*lk aporteront 
ou feronl aportcr en nostre dit Reaume, il puis qu^eles seront ve- 
nues en nostres ports , vosiscent descbarger tout ou partie d*ui 




4o9 

vasscau en autre, por porter fors d^ nostre dU Reamne , ils sunt 
tonus de paier de cele qoantiu! , que ils deschargeront ou feront 
descharger, an byzant par centenar. Encor, Nos, por Nos et por 
nostres dits hereus , aroos fait et faisons grace os dits Marchands 
Cathelans, et achaean Cathelan, qui sunt et seront, estaians, 
alans, venans, entrans, et issans en nostre dit Beaame de Chipre ; 
que deu droit dou quint , que hs Mariniers ont acostum^ de paier 
per achaison dou nol des rasseaus, que eaus ne leur gens ne paient 
ni ne soieut tenus de paier que le disme. E porc^ que les choses 
dessus dites permaignent fermes et estables perpetuelment , Nos 
avons fait faire rest present privilege , et gamir de nostre seau de 
plombf empraint en nos divis conis de no jtre Reaame de Chipre, 
«i la garantie de partie de nos homes qu*y furent presents , des 
queus ces sunt les noms : Bauam Dibeun, seneschal de nostre 
dit Beaume de Chipre ; nostre am^ oncle Gautier de Dam- 

PIERRE ; BaUDOIN DE NORES ; LoYS DE NORES et JoAM LE ToR. 

— Ce fut fait a Nicossie, Tan de Tlncarnation de Nostre Seignor 
Jesu Christ m. cc. lxxxxi, ou mois d'Octobre. — Don^ per la 
main de Henris de Gibelet, Arcediaque de Nicossie , et Chan- 
celier de nostre dit Beaume de Chipre. 

( Capmart, Colecc, diylom, , t. i , num. 3i. ) 



i4r SIECLE. 

An i3oo. — DScret de Jacques II , rendu aux CorUfs 
de Lerida , cpu ordorme cuix Sarrasins de porter tes 
cheveux courts. 

• 

Ordenara, e statnim que qoiscum Sarrahi, franc que sie en 

Cathalunya, port los cabells ser^enats, e tolts en redon, o en 

9ercleY perfo que sie conegut entre los Christians, e si algun 

Sarrahi a90 no servara, pac per pena al senyor del XJoc, hon 

sera aquell Sarrahi, sinch sous, e si pagar nob pot , o no toI , 

prena en la pla9a deo a^ots* 
(Supplcm. des Coostit. de CaUl., lib. i, tit. 7, num. 1 a, cap.de Cort : la.) 




4io 

An 1 323. — hetire tlu Rot d'Aitigon Jacques 11 . au 
lloi Je Tunis. 

I)e Nos CD Jacme , per U grtcJa de Deu, rcl d'AragOj de Va- 
lencia, de Sardenya, i de Corcega, t Compte de Barchclona, i 
de la sanu Esgleya de Roma Scnyaler , Almirayl , k Capiun-ge* 
neral : al molt noble , ^ molt bonrat Miralmomeai Albobace * 
rey de Tuni^ 6 de Bugia , fill del Mir Abozecri ; salut , axi com k 
rey per qui volriem honor k bonaventnra. 

Rey : fern Vos saber qne vench devaDt Nos I^aUuyg Bunuruan 
Abdulmalich , lo qaal ensemps ab Zayt Abenmahomat Alcnzari 
Iram^a a la noilra preswicia lo noble Abuabdella Mahomal, Al- 
faqui voatre en Bug^a, k N,os reel>em lo agradablement per honor 
vostre ; et preseau a Nos una Carta vostra, la qual vos avieta tn- 
mesa al dit AUaqu! , qoe U cnvias a Nos ; e encara nos prestoU 
una Iclra dc part del dU Alfaqui. Per la qual vosira lelra oiteite 
en qual manera era vostra voluulat que pau k amor foa iracUda 
cnire Nos k Vos p«r]o dit Alfaqui, h que 90 qu'cl dit Alfikqail!- 
garia o fermaria que seria axi com si Vos ho afjuessets Ceyt ptf- 
sonalmcnt. ' 

lion , Rey 1 nos enl^ complidament tot 90 que en la diu lein 
rostra era conlengat , t ^o quens frames a dir lo dit Alfaqui de 
part vosira ab la dita Letra sua , i encara ^o qa^el dil Misaalge aeu 
Nos dix de paraula sobre 390 : veenta t conexents la bona volnntat 
que Vos haveU de haver amistat ah Nos, t pensans encara en qual 
manera cntrc Ics Cases d'Arago t de Tani^ 6 de Bug^, ha eilat 
aniigamcni k sera , Den volent , d'aqui a vant pan k bona amor, 
k covioeD9es d'amistat ; ha plagut a Nos de donar loch ■ h diU 
pan, confiants ^nc Vog la farets tcoir i gnardar be i conplida- 
ment per la vostre part, ens complirets 90 que s^y perlany. £ Moa 
ay Umbe la comptir^m k la goardanfm per la nostra pait; laqnal 
pau es estada davant Nosordonadadevoluntat i'COBseaiimeotdd 
dit Missatge, segons que en Ics cartas d'aqucQ fetes (UwquaU 
tramcti!iii a Vos per lo feel e amat familiar nostre, CouKykr A 
Jutge de la nostra Corl, eil Lormp Cima, Missatge noatrc, toqaal 




4ii 

vos trameUEm per afo enformat pfenerament de nostra vokinUr ) 
largament veoreu easer conteogut : ^ al dii MUsatge nostre podeli 
creure fermament de lot 90 queus dlra de part noatre sobre les co- 
ses damant dites. Dada en Barchelona lo primer Dia de maig del 
any de nostre Senyor mil trescents vint c tres. -* Bemardns de 
Avcrsone, mandate Regie* 

(Capmanjr : Coleccion Diplomatics : t. 4ji '"'m* ^itf*^u) 

An 1 344- — Entree du Roi d 'Arragon, don Pedro IV, 

dans la ville de Perpignan. 

(Extraiude scs Memoires) 

Divendres a 16 de Jnliel en tram en Perpbya i totes les gents 
de b yila agaerent molt gran goig dc la nostra yengudaM.. Poiz 
aprcs dormir nos cayalcam ab teta nostra caraUeria'per U Vila dc 
Perpinya saludam les gents : t miram la vila i coneiiem be que 
avian plaer dc nos , mas erau esglayats qne no tomassen en po- 
der den Jaume de Mallerques, qnifeya metre en Tea que solament 
ho-teniam nos per Postat , ^ dins breos dies le y retriem-^..-^ 
pringuerem possessie de tos les llochs qni volcnterosos vingueren 
a nostra obediencia, etc* 

Dijous k 22 dt Juliel en la Esglesia de Sant-Joan de Perpinya 
apres lo sermo faem legir la onio dels Regnes, y comtats nostres 
e apres que fonch lesta nos la confermam, ^ norellament la joram, 
t la fern jurar als Consob de Perpinya , i ak Barons ^ Carallers 
de Rossello que no la avian fermada. E asso foncb gran referma- 
ment de consolacio a les gents , qui eren esglayades quen Jaome 
dc Mallorques no cobras la terra* 

(Chi'onica de Pedro III Carbonell : lib. 3 cap. 19. fol. i53. verso). 

^tion de i546. 

An i38o. — Prwil^ge du Roi don Pe'dro IV , concSdS 
a la viUe de Barcelona , le 24 Mars i38a. 

Nos en Perc, per lagracia dcDcn, Rey d^Arago, etc attenents 
que en la Cintat de Barcbelona, jatsia gran i insigne Cintad , i 
situadaen maritima, i en la qual ba molts Naregants e Mercaders, 




4l3 
esfan moltea feyncs de Mercadhria, no ha Lotge oDnruwut bc 
bona, en b qnal los Consols de la Mar pnsqneo teoir Coit, i los 
Navigants i Hercaders qui en la dita CiiUat se ajiulen , piuqam 
conveniritiactar efer InrsconlraciesiafFers, an com en altcea 
moltcs Cialals qai no son lani aolcnincs ba aerablanu Lotga 
iatsie que la dita Ciuiat se sia feta ricba i noble ma per la our 
i per fct de mercaderia, que per altre raho : attenenU encm qne 
la dila Ciuiat , per tal com no ha terrllori del qual piuqae viore, 
se ha a provehir de vitualles, £ specialment de gra, per la mar; 
i que en la rihera de la mar de dita ciuiat no ha Iocs covinenU en 
los quats lo gra pnsqne star a coberl ni emt, ans esU aqal deiDi' 
bert a pluja, i les gents de la dita Cinlat qai aqni compren lo gra 
I'anapendre en temps de plujea banyal i engnnat d'aigna, k 
qual cosa toma en gran dampnatge a la cosa pnblica de la dila 
Ciutal, i encara en dan dels mercadcrs, delsquaU eslo ditgn, 
quis'destroueiiApodreix a qui ii la pluja : per^o.«....etc. 

Archirci i-ojale* de Cat. Regut-Oratiarum 60. Petri III. fo). 175. 

1 5- SIEGLE. 

Discows du Rmd'Aragon, don Mariin I", ausc Cartas 
de Perpignan^ le 29 Janner 1406. 
Bona Gent 1 Nos volenis seguir la manera anliga i acoatumada 
per nostre predecessors, que en lo principi de llurs Corts acosln- 
■nan de dir algunes coses per edificacio de liurs pobles ; nosfaavem 
proposal dcparlardela gloria del principal de Caihalunya ; i pea 
sanls en axo, ocorrentnos tin dit dc Isaies, que din ; Oama^ guui 
damiibo ? Onina caro faaum el omnia gloria ejus ijuasi fiaa agri ; 
exiUitunt est Janum el ceeidilfios. Noslre Senyor dix al profela : 
Crida. dis lo profeta , qu^ cridar^ P respon nostre Senyor ; Crida, 
que lou earn es fe, y Iota la gloria asi com a flor del camp , en 
loqual sccat cs lo fe y caygue la flor. Per lo que : Nos vehent, 
<|ue iioslre Senyor liavia en tan poca rcpulacio la gloria munda.- 
■lal, ue sabiani dc quens parlasaent ; sino que cslauts en aqucst 




4i3 

pciisamcnt, vcnchnos cntrc mans un dit i^un sanct Doctor 
solcmne y aprobat de sancta mare £sglesia, que honn appela sane* 
Scduliy (U Carmine paschaliy qoe en lo primer Uibre s^u nos 
dona r«gla 6 motiu al nostre dubte , dihent : si los gentib ab pom* 
pa hant fet llibrcs de llors ficcion ^ mil (als^as, segons din Ovi- 
di en lo Metamorfosis ; 6 si los geganis 6 los centaures per craeltat 
se fehien posarescrits de llahors, 6 archs triamphals, 6 columnes, 
per meiiioria de llurs batalles , segons diu Suetonio ; ^ si de coses 
no vercSf impcrtinents ^ impossibles ban volguda tenir la trompa 
dc mendida per llabors de llurs amichs, segons fa Homero in 
lliade : que devem nosallres fer, que som christians i^seguimla 
vcrilat, que vehem la causa manifesUy ^ ohim la veu divinal tot 
dia :' Nos direm les gracies , que nostre Senyor a feles k tots ; 6 
no dirdm Ics llabors d*aqueils qiiiu mereixen, 6 no divnlguer^m 
los mcrils d^aquells , que ban virtuosament treballat ? £-no 
diu lo Ecdesiaslicb : Laudemus viros gloriosas et partnies nos- 
tras in generatione sua ^ cap. 44 > Uobem los varons gloriosos , 
e los nostres parents en la sua generacio P £ doncbs : Nos rolents 
scguir aqucsta ordenan^a en vos altres, que sots una part insigne 
y podcrosa de nostra senyoria^ no ficlament, no manlevadement, 
no per faules , no per llabor pintada ^ quote non sunt mihi ioqueliz 
ncque sermones ; mes tan solament pera manifestar la gloria de nos- 
tre Senyor , que ba obrada en yosaltres. £ per tal, com no dereiii 
callar la virtut , la gloria € la noblesa del principat de Catbaltmya 
e dels Cathalans, podem verificar la paraiila per Nos commen^ada: 
G/oriosa dicta sunt de te. 

Noble Cort, e noble principat de Catalunya^ 6 Tosaltres Catha- 
lans : glorioses coses son dites de Tosallres ; per les quals paraules 
son! dcinonstradcs dues conclusions fort singulars : primo com 
la virtut molt famosa es elarament demonstrade, quia ghriosa 
dicta siuit : secundo de la gent fort valcrosa per tot lo men 
nonicnadc , quia de te. 

(Suit Telogc des Catalans , et Tdnumdration bistorique des 
actions ct des cWcnemcns les plus m^morables.) Ce Discours est 
terming par la peroraison suivante : 




4.4 

Pdro perconclmio ie noslret paraoles roi rolem dirim acte 
fort Tirtnos, quel Bey nostrc besavi tea , qaftnt iram^s lo Rcj 
noslre a^i son fill en U conquiiu At Sardenya ; lo qaal lenint Ift 
bandera noitra real en las mans, li dii aqncstas paranlas : Fill, 
yoiu do la Bandera nosira antiga del principal de Calhalgnjrs, 
la qual ha un singalar privikgi, que es opi que f|;uardeU be, 
lo qual pririlcgi no es res falsificat, ne inprovat, ani ei pur i net, 
i sens falsia i macula algnna, 6 bollat ab bulla d'or, y es aqueit, 
90 es : que null lemps en camp, hon la nostra bandera r^al lia 
esiada , ja mes no fou ven^uda , ni dcsvaraiada , i a^o per gracil 
de nosire Senyor , 4 per la gran feellat d naturaleaa de nostm 
■olsmesos ; et per aqnesia raho podon atribuir k Tosaltrei fo 
que dii Julio Cesar , Teninl de la conqnista de Aieinan]^ « alt 
Beus sotsmesos : 

Al^als, al^als les vostras BaDdcras, car dignes sots de barer b 
secyoria de Boma , ailu recila , Luca en lo primer Uibre sea de 
les Balalles. Be doncbs podem dir k vos allres : 

Al^als, al^ls les vostras banderas, car dignes sols de poMcbir 
lo principal de Culhalunia. 

(Peiiho UiQCEL Cakboriibl : Chronica de Etp»na.) 
fol..35a. 

Ak i4i3. — De'cret des Cortes, apprau»e -par Fer- 
dinarui I", tpsi ordonne la traduction en Catalan , 
des constitutions de Catalogne. 

Com los Usatges , Constitutions dc Cathalunya, e C^itola de 
Cort sien slats ordenats en lati, e per^o las personas legas ban 
ignorcntia de aqucllas, e facilment fan , e vcncn, e poden venir 
contra aquells, de ques suscitco qnestions, e plets en gran dan 
de la cosa publica, e dels singulars de aquella, per^o la present 
Cort rapplica molt bumilmeot a vos Senyor, qne lots dili 
Usalgcs, Constitutions e Capitols sicn iomats de Lati en Romany ; 
e aqucls , e aqucllas, sien reglais, c posais sots degudas materia*, 
u Utols, tola vcgada gnardant los drets voslres Senyor, e dc la 




4i5 

terra, c lo profit, e ben avenir dc la cosa publica del dit Principat, 
c sobre las ditas cosas faedoras, e spatxadoraa, sien eletas dos 
personas bonas , aptaji , e BofTicteiits per vos Senyor ab consen* 
timent de la dita Gort, las qoab per mapament voatre conlinua- 
ment enlengan en lo dit fiet^ per spatxamen de aqacll, e que los 
dits Usatges , Consiitutioni, e Capitols de Cort azi arronian9ats 
hajen aquella eflicacio , for^a^ cTirtuI, e se hajen a praticar 
segons que per vos Senyor ab volontat, e consentiment de la Cort 
sera acordat c ordenau Plan al Senyor Rey» 

( Consiituiioos de CaUlognc : tapplefnent ^ cap. de cort. 8 p. i. ) 

An 1475. — Leitre du Roi d'Aragon , Don Juan II, 
(fui concede a la ville de Perpignan , le tUre de 
Tres-Fid^lc. 

Lo Rey. 

Amats faels noslres, per vostres lletres som estats certificats dels 
moviments aqui scgnits, a gran gloria, e honor de aqueiza Ileal, 
e fidelissima vila nostra ; no crcem sia estat fet sens gran mbteri, 
e que vol Deureservar aquetx poble Bdelissim per alguna gran obra 
en ell esperam molt prest vos porem liberar de les congoxas que 
sosteniu. Al Govcmador de Cathalunya escrivim en ciflra, llarga- 
ment per ell vos sera comunicada, rtferimnos a aquella. Incitar, 
^ animar a tals com a vosaltres per vostra grand virtut, seria 
demasiat per a present, deixant per avant los altres b^^ficis qaeus 
entenem proseguir; voa donam que ajaa ; ^ degudament aquesta 
exclencia, e dignitat entre les altres Ciutats, e Viles nostres que 
la Vila sia intilulada perpetuament , JideUssima , e lo Poble, 
fidelissim , en nicmoria eternal dc la gran fe , e constancia vostra* 
Dada en (xerona , a at de Janer. i4>75t Rey Joan. 

( Archives de rH6tel de ViHe de Perpignan. Reg. Prif. Lib. Verd. 

mai* et min.) 




4i6 
Icxte des traductions de Mossen Ausias March. 

Qui no cs Irlsl | de mos dicUts no car 
O en algun tempi | que sia trial esUt 
E \o qui cs I de maU apassionat 
Per fer se IrisI | no ccrque lloch escur. 
Lija mos dits I mostrani pensa torbada 
Sens algun art | exit de hom fora scny 
£ la raho | quen tal dolor tain peny 
Amor ho sab | qui es la causa esiada. 

( Dc AmoT : Canio Prima, f. ;. it.llt. |555. ) 

Prcst ve lo temps | que fare rida bcrmila 
Per mills podcr | de Amor tcs festcs colrc 
De est viurd strany | algu dos mlia dolrc 
Car per sa Cort | amor me vol em^ita. 
£ yo quill am | per si Ian solament' 
No dciicganl I lo do qucm pot donar 
A sa Irisior | me plau akandonar 
E per lot lemps | viure'ntrisladamcnl. 

( 111. 3* strophe ill) I" Cliani. ) 

Si com la mar | sc plany grcumcnt c crida 
Com dc forls vents ] la balcn cgualmcnt 
Hu de levant [ et allre de poncnt 
¥j dura lant | fins I'un vent la jcquida , 
Sa for^a graud | per lo mes podcros 
1)05 grans dcsigs | ban Cflmbatut ma pcnsa 
Mas lo voter | vers un seguir dispcnsa 
Yol vos publich I amor drelamenl ros. 

(l<1.9>itr()plicaiia»nl 1}. 

Qui sera'quell | qui en amor conlcmple 
Com yo qui sent | sos dclits hon abaslen '' 
Qui son aquells | qui dol^a I'amor lasleii 
K junies tiians | Tadoran fora'l lemple i' 




4>7 

To so lot sol t a qui natnra eilnny 
A no poder | all fer ne pai enlendre 
Sino anur | e voleot nica deCcndre 
Nom vol seguir | en res a fcr nail wny. 

( Id 1" itroplie da Chaal 66* f- 80, Reclo. } 

Mods homens hoyg | cbmar m it fortoDa 
£ maleir | aqnella per sos actcs , 
Volcnts ab leys | fer amigables pactes 
Donant los be | e qae los temps fos una. 
No recordant | tB propria naUra 
Que's lo all baizar ( e lo baiz mimlar ah* 
E qai d'a^o | se dona gran detail 
T'Cue lofbcDi I portanlaab si frctara. 

(Praniire Xivplic d> <uto Hond ■«, f. l(5.) 

To vi luu alls I haver tan gran poUn^a 

De dar dolor | e prometlre plab^r 

Y esmaginant [ vi sos mi tal pod^ 

Que'n moD Castell | era esdau dc remen^. 

To vi un gest ] e senti nna veu 

D'uD feble cos | e cay dara jnrar 

<^e a un kom arnul | yol fera coi^jnosar 

Sens romprem pell | you *o reiol per sen. 

(DaAmoT : cuito 4, p- 10.) 

O ! in Amor ( qui ab uBs dncbs cMaa 
Qnan vols partir ) tos amargosos dou : 
No compensaat | los merits e raboa* 
Ta vohmtat f regetch fortimat cas. 
Vnlle* pensar ( Pinconportable dan 
Que lo mon reb | de tot fcb desigoab : 
Qui pren de ta | dclht : de gr'aver mals 
E plor aqnell | qui de gr'anar trufan. 

(tluil. , eaato -,f. ij.) 

33 




4i8 

Tot laurador | es pagat del jomal 

£1 advocat | qui pert lo guanyat plei 

Yo per servir ] amor ^ romanch defllct 

De tot quant he | que senrir no men cal. 

He fet senyor | del seny a mon voler 

Vehent amor | de mon seny mal aervit 

Rapaz The fet | fent ne a Deu despit 

£ son sezanys | que bon guardo esper 

(GopU a, p. 139.) 

Alguns ban dit \ que Tamor es amarga 
Poden ho dir | ios qui la sabor senten : 
O de per si | o com per alte tenten 
Sa fort dolor | quc^ntre totas es llarga. 
Per mi no tem | per altre lahe tenrada 
Puix fonch cruel ) ja pietat nom haja : 
'Quin terra jan | no tem pus a vail vaja 
£n Tesperar | ma^speranga^s perdoda. 

(Dc Mort.y canio 1 , p. 191 )• 



16* SIECLE. 

An 1 526. — Letirc de$ Consuls^de-Mer ^ de la eUSde 
Barcelonne , au Roi de France , Frangms V. 

Al molt alt, molt podcr6s Seiior lo ChrbtianissinM Senor 
Rey de Franca : £xcellentissimo y Christtanissimo Senyor. 

Per homens propris som stats avisali , com & trelse del prop 
passat mes de Febrer , passant par Ics mars de la Ilia de Res la 
Nau de Joan Ferrer mercadcr Cataia y de aquesia Ci&tat* li 
son exides set Galcrcs dc V. Altcsa capitanejades per Andrea 
Doria, per lo Baro dc Sancl Branchat, y per Fra Bemardino^ 
y ban presa aquella ensemps ab tota la gent, robes, i mercaderias 
dc gran valua , toles de Ciuledans dc aquesia Ciutat,' y de alguns 
alires vassaky subdits dc la Sacra Magcstatdcl£mperador, llcy 




4^9 

^ Senyor nostre , y germa de V. Alffesa : laqoaf fTaa encontinent 
es estada menada a T0I6 , y tola la gent mesa al rem per les 
galeres , y les robes descarregades en terra y no obstant la pau ^ 
confederacio es fermada entre V. Altesa y la dlta Caesarea y Real 
Majcstat , de laqual per lletras de la Cnesarea y Catholica Majestat 
se havia baguda ja , avans la parlida de dlta Naii, nova certa en 
aqucsta present Ciuiat, y per aquella se havia fet TV Deumlau- 
damus^ y crida per procesio de grades general, y alimaries com era 
de raho, per ser la dila pau tanl safaidable, sancta, y jocunda, 
no sols entre los vassalls y subdiis de les Beak Corones, mas 
encara a tola la Cbristianitat universal : ab' fian^a de la qnal pau , 
^ alien 9a , ^ confederaci6 , lo dit Joan Ferrer era partit, y nave- 
gave per aqnellasmars, i anant en Genova y NeapoU. Laqual 
nova de dita presa, en cert, Excelentissimo y Cbristianiisimo 
Senyor, ha causat molt gran alterado , no soloment ak interesau 
en la presa de dita Nau, mas encara a tots los altres vassalls de la 
Csesarea Mageslat, que aprds de tants grans dans y p^rdues de 
persones y bens, pensant estar al segur per la dita pau h alian^a ^ 
confederaci6, los sia stat infcrit un tan t gran damnatge, ^ per 
llur consolaci6 nok restat sino tant solament la speranfa que 
tenen en V. Excellent y Real Majestat, com 4 bon, demen- 
tissimo , y verdader Christianissimo Rey i Senyor. 

£ com al offici nostre se pertangue la defensio de la mercaderia; 
per^o recorrentne a nosaltres los dits Mercaders conciutedans 
nostrcs en la dita Nau y Mercaderies interessats , vassalk ^ sub- 
dits faels de la Csesarea k Catholica Majestat, ab aquella mi- 
jor humilitat que poden y deven a supplicar a V. molt aha 
Senoria li placia per sa acostumada benignitat y dementia 
provehir, que la dita Nau y persones preses sien prontament 
desliuradas , y totes les robes y mercaderies ab compliment resti- 
tuides ^ tomades, ^ los dans k interessos supportats sien esmenats 
y satisfets , & fi que no resten del tot destruits , y nosaltres y los 
altres vassalls de la Caesarea Majestat coneguen la obsenran^a de 
dita pau y confederad6 haverse seguir ab eflectc, perque pngoen 




430 
navcgary comerciarscguraincDtyquieu; car ullra que procehciz 
de justicia, y ha sguarl a la dila Cesarea y Calbolica HajesUt, no 
altrcs, J tot lo Sumeni mercantiTol , y allres vaualU y lobdiu 
de la Cesarca Majestai bo rcpuur6n y reputaran a aingolariuunt 
gracJa , y ni«rce k V. Eicetlent y Real Senyoria : la penoiu Ac 
la qua) y stai, uostre Senyor Deu vulla longament conscmr y 
prosperar ab fellicUsimo regiment dc sta Regnes i ScDyorim, 
supplicant )a Majcstal Uivioa vulla les Imperial y Real Coronet 
cnuscrvar en una unio, amor, pau y coDfederaci6 per feme Mrrici 
a l>eu , y augmeniaiiiS dc la fe chrisliana. De aqnetu Ciubt ii 
Barcelona , dijous h vuyt del mes de Mar9 de Tany mil tinclcenu 
vinl ysis.— Humib y devots servidore: —Lot CannUt dela narj 
Ihjcnedon de la tntrr.aderia tie la Gufal de Bandana, 

( Aicliivf* ilu Coniiul;il I'c incr do Barceloniie : iu toIdbh. BinnbraB. 
PrWilcf-. M. 8a. D> 58. ) 

An 1 553. — D^cret des Cortes de Montson ( m 
jlragon"), approuv^ par PhUippe (n), 
nant-Ge'n^ral tie Charles V. 

Supplica la dila CorU, a Vosira Allcsa, U placia 
grdcnar ajuaUnt a la ConaUtulio fcta per Sa Majeitat en la ] 
Vila de MoRtso , en lo any H. D. xiii. que tot Fraocei , o aim 
rslranger qui dcsafiara en scrils, o dc paraula a alguna penoaa, 
univerailal , o collegia osera iroliat abarcabus, o balle«ta parali, 
o dcsparats , sic condcmpoat , y posat en galera perpetiu , e lens 
remissio alguna : declarant , que Eslranger sie coles ^ lo qui no e* 
vassallde Sa Majeslal, y Vosira Alicsa : y que lo present capilol 
no compronga Ior mossos qni aniraoi juniameni ab (os amos. Plan 
a Ka Allesa , pus que noi sicn mes dc dos per qnucun aroo. 

Coniiiiiitiunt <l« Caul. , lil.. g . III. i3 , num. 5 \.p. dc cort. i*. 

Am i58o. — Definition des Cortes de CataJogae. 

Con General sc iliu la convocaci6 , y congrcgaciA del* ire* 
ilracns v Kstanieots dc tola la proviocia dc Catbaluoya ; cs k 




saber <lel Ecclesiastich , Miliur , y Ucal , fcla per lo Senyor eQ 
lo lloch perdl destinat, y depaUl, perl iractar^ j dispoiar sobrc 
lo esUt J y rcformacid de la terra : y pera for , y establir en ella 
lleys necessaries ^ y conTenicaU 3 la cottodia , govern , y 
quietut de dila Provincia. 

(Don LluU de Pegu«ra : I'raotica, foinia, y Esiildc cvUhrai Coris, 

p* I) crp. t, num. I, p. 'i ) 

An 1 599. — Preambule de la Peliiion du Comnufxe 
de Barcelonne y insert^ dans U PrwUege du Iioi\ 
Philippe III. 

Nos Philippos, Dei gratia, Rex Castelbe^.— • etc. 

Senyor. Com per lo Uey Don Phelip, pare de Vostre Majestat 
y Senyor nostre, y sos predecessors de fcUce recordacio, sien 
estats concedits y atorgats diversos privilegis als consols y mer- 
caders de la Llotje de la Mar de la present Ciutat de Barcelona, 
per major concervaci6 del Estament mercantivol , y policia del 
Orde Judiciari, en coneixer y delerminar les causes se susciten en 
lo Magistral de dila IJotje^ sobre los negocis y fets marilims y 
mercaniivols ; y sia cosa moll jusla per Vosira Majestat lo dit 
eslamenl nicrcanlivol ab noves grades y privilegts aic atigiuentat, 
y no rcba diminutio alguna ; supplican los dils Consob y Mer- 
cadcrs dc dila Llotje a vostre Hafeslat, sie de son real scrvey 
Qoncedir y alorgarlos las cosas inCrascriptas , en forma de Real 
Privilegi. 

( ArcUivci lloydlei : Heg. DMnQrum, 6. PliUippi UL ful. .167.) 




4X2 

POESIES DE VINCENT GARCIA 

RECTOB (cure) DE VALLFOGOHA. 

SONNET. 

Eloge de la langue cataiane. 

Gaste qui de las flors do pofoia 
Toyas vol consagrar als ulls que adora,' 
Del rich aljofar que plora la Anrora , 
Coand li canvinga dir , que s' fa de dia. 

Si dc abril paria , pintc la alcgria 
Ab que dcsplega sas califas Flora , 
O a Filomcna, mcnlrcs canian plora, 
Dc ram en ram , b Llengua que tenia. 

A qui s' diu Isabel , digali Isbella ; 
Sol y eslclas ab ulls ; als Uabis grana : 
Llochs comuns de las muus de Castelia ; 

Que jo, peraque sapia Tccia o Joana, 

Que estick perdut , per tot coant veig en dIa , 

Pron tinch de la llanesa Catalana. 

{ SoDnei 3 , pan . i , PoeiiM jucdmi , p. 3. ) 

SONNET. 

Sur I inconstance des femmes. 

Ab lo llarg temps lo ligre mes fer6s 
Acoslnma amansar sa gran bravesa; 
Y r loro brau se hamilla ab tal 
Fins i portar un joa aobrc del I 



4^3 

Ab lo Uarg temps aprca de ballA ud gos , 

Y lo falc6 de anar ab lleugeresa 
Sobre b cassa, y daria coand es presa ; 
¥ axi s' fan domeslichs lo Lleo y lo Os* 

Ab lo Uarg temps , ab Uengua cefallosa 
ho papagall paraulas pronuncia , 

Y lo Elefani apren terme y criansa. 

Ab lo llarg temps tota y cualsevoi cosa 

Se alcansa; y cast en tot vens la porGa, 

Sino la dona , constani en sa mudansa. 

( Sonnel *j , part. 3-, p. I ia« ) 

RETONDILLA. 

Epigramme conire Catherine Real , qui ai^ait deux 

amans. 

Mollas qucixas tinch de vos Que sent filla de una Real 

Catarina , y sabme nial Vullau sec pesa de dos. 

( Pari. I, p. 54.) 

REDONDILLA. 

Epitaphe d\we jeune et jolie JiUe. 

£n aquest sepulcre cstret Que al Pastor de Vallfogonai 

Jau una galan niinyona , Algun temps fcya anar dret. 

( Pail. I , p. 54. ) 

DECIMAS. 

Epttre a un ami, 

Decima 5. 

O dols y cordial amicb ? Que ab ma seba y ab mon pa 

Vostra cpistola galana Troba lo gust del Manna 

Un Evangeti demana , Mon apetit, que & tot diu ; 

Y axi a cantarlo nie aplic\' Y una cuxa de perdiu 

Dient que mVich del mcs ricb , De est modo menjar me fa» 




424 

J[k€ima & 



De rostra amorosa.hi8Unia 
Yos tinch una enreja hoorada, 
Que una bellesa eztremada 
Me ha ocupat la memoria : 
No que m' don^ peaa ni gloria ; 



Penfoe com a pearmca, 
Dintre de la aoima t vea ^ 
Mo m^ pcrturba la nho, 
Sino que alii en on raco 
Se contenta ab so del seiii 



Y suposem tot primer , 
Que jo so aquell catequisla. 
Que de kumil Capi-Gorrista , 
Pugi a Capella roqoer : 
Supremo Rcy de un graner. 



Dea'ma g. 

Duch de mi Campaaar molt forl^ 
Gran senescal de ana sort , 
Tetrarca de nna Abadia, 
Quirite de una promia , 
Y Bclerbey de un bon horl. 



Decima lo. 



En fi sla lo que so ; 
Jo fora un home perfet, 
Si ma sort me haguera fet 
Un gran princep o Baro : 
Mea vingam k la raho : 



Cuand lo Gel tal gracia ai* iera^ 
Que es lo que ma sort tingoera 
Mes que era en lo esencial ^ 
Sino es , que mon prop! mal » 
Com ara no V coneguerap 



Decima ia» 



Axi fundo mon descans 
En ma pobresa matelxa ; 
Y a ma sort no li fas queixa, 
Ans be li beso las mans : 
Los de prebendas mes grans 

Decima i3. 



Solten la imaginacio 
A la mejor presumpcio , 
Que copia en son honros ti 
Que si ells son de Capitol^ 
Jo de paragrafo s6. 



Ningu de eixos fariseus 
Sobre cuatrc mulas rua ^ 
Cada ma sobre una cua , 
Y sobre dos colls dos pen : 
En las mes famosas Scus 



Lo de major dignilat 
Sobre una mula va honrat : 
Pulg jo n' tinch una tamb^^ 
Y que es tan mula de be , 
Com la mula del Abat. 




4si5 

Dedma i5. 

Dos doUenai Ae galllau, Gosoi envio a cercac; 

Sots la prolcccio dc un gatl Que uom lincb per rcgiHrar 

Tinch en llocb de papagaUf A manU 4 U porta ^can ; 

¥ aacelb de \»s Filippioa* ; Y es tal qoe li li replicas , 

Ni desde las plaijaa Xinaa Una aoca ae n' aol porlar. 

Deeima iG. 
No m' poso lo blanch anni, Y b CoU arroaegant, 
Cuand n rigoroi lo fret , Qne vaig conprar al lacaiit ; 

Sobre lo brodal roquet ¥ 1' salpaaer ea U mat 

De Olaoda ni Caliqui i Dimoni al infem no ki ha t 

Que ab ma gamaua de lli , Que m' gose Tcnir derant. 

Deeima i8l 

So de absolta* reportori * AT anima met tacada , 

Yhome,tenadubte,handefeniic; SiabraoiuReqaiemalahsfrcgada 
Que ab ellas mano lolerme, ¥ volaol para a la^ria, 
¥ tinch fama en purgatori : Alia le de mi memorla , 
Neia la deiscomnn bori, Y m' ea conlinaa advocada. 

Deeima 35, 

Asco apar que li causam La terra mesdada ab fem 

Los pobres al titular, A una cana Irobarte, 

Que deu preteodrer baiur Toihom aer fill de sat obres, 

De algun gcrma eitero de Adam :¥ lant los richs com los pobres, 
¥ es lo bo que si cabam Al allre mon nos reur^m. 

Deeima 4 5. 
No s' contcnta I' mercader , Que pera comprar lapios 
SoU ab UD guany moderal ; Dona cuatre cent* florins, 
Perquc lie lot lo guanyat Y geosa que satis£> 

Paga delme a Llucifer : Ab aao , lo que roba , 

¥ Ud lliberal sol scr , FenI almojiia ab Cupatxini. 




426 
Decima 5i« 



Set o vuyl anys te la Mina, 

Y encara que es tan minyona , 
Ja sab molt be la xacoaa, 

Y no sap be la doctrina : 
Sa mare ja la encamina , 

Decima 65. 



Y Vs pasos li vol tallar , 
So es V mostrant li dc dansar , ~ 

Y ab grasolets y perfoms 
La cara, abans que Vs coslnmsy 
Li comensa de illostrar. 



Cuant lo Evangeli cantaban Qae tenian apareU 



En la Jglesia antiguament, 
Los nobles encontinent 
La espasa desembaynaban : 
Yabasosignificaban, 



De morir peleant per elf: 
Mes ja aquella gallardia 
Tota se n^ va yny en dia 
En ser Gnerro u ser cadell. 



Decima 66. 



Y puiz en as6 que las , 
Canto un Evangeli al poble , 
No volria que algun noble 
La espasa la^ dcsembayn&s : 
Musa , acursa un poch lo pas , 



No t^ fasas tani k senlir; 
Que tant dir , ve a contradir 
Al ser de donsella honrada : 
Acaba de una vegada^ 
Vejas si bi ba mes que dir. 



If SIECLE. 

An 1623. — Lettre d' excommunication y de VElpSque 
de BarceUmne , contre Ics usuriers. 

Nos don Joan Sentis , per la gracia de Deu y de la santa sede 
Apostolica , Bisbe de Barcelona , del Consell de S. M. , y son 
Lloctinent y Capitii-General en lo principat de Catalnoa , j 
coroptats de Rossello y Cerdanya. A tots y seiigles Hectors , 
Domers, Vicaris perpetuos, y altres qualsevols Preberes, Curats 
y no Curats, per la Ciutat y Bisbat nostre dc Barcelona consti- 
tuits , al qual , o als quals las presents pervindran , y a quiscu de 
vosahres a solas: salud y dilcccio en lo Senyor. 




427 

Per quant, constderant y entenent que los Cambis, que eo Tir* 
tud del dccret qu^s publica a 1 1 de abril de 1606 , se ban conti- 
Quat fins a la present joraada en la Llotja de esta Ciutat, aixi per 
los Cambts que se ezcomanaban de Plasencta , y Movara , com 
tamb^ lor ques^ donaban y continuaban per Genova ab nom de 
lletra pagada, y que tambe los ques^ prenian al concloorerse las 
Firas , y se donaban per la fira vinent, ab la mateixa persona^ de la 
qual havian pros la partida (invencio de poch temps a esta pari in- 
troduhida entre los negociants) de about redundaba ab prenedors 
major interims del que en dit decret se permetia , y se trobaba dispo- 
sat per los Sagrats Canons , y diversas constitacions Apostolicas. 
Desitjant Nos cnmplir las ditas obligacions de nostre ministeri Pas- 
toral, y mirar per lo servey de nostre Dcu y Senor , y profit espi- 
ritual dc las personas a nos encomanadas, y obviar los grans danys 
que resultan de esta nova pessima introducci6 de cambis, yma- 
ligne modo de negociar ; bavdm procurat, que per medi dels Mag- 
nifies Concellers de esta Cintat de Barcelona , y de personas en 
lo estament mcrcantil versadas y temerosas de Deu omnipotent 
se tractas ab color y eficacia del remey y reparo , procurant que 
para consegnirlo se fes nominaci6 de personas per dils Concel- 
lers. Las quals , apres de moltas juntas , preceint lo parer y vot 
de molts homens practics , y oidas ses rabons convenients al dit 
cas ; ab madnr consell ban proposal als dits concellers alguns 
apuntaments sobre lo dit fet los quals a Nos presentats com a 
Yirrey y Capita-General de aquest Principal y Complats de Ros- 
sello y Cerdana ferem Junta de personas doctas en Ibeologia 
moral, canons , y drel cinL-^ Suwent les notweUes Umiies impot de s 
au Change , et tobUgatian^ pour le ciergS, de les ptMier au prdne. La 
ietire est ientiMe par la farmule stmante:.^^ • 

Y amonestareu y manareu de nostra part als lals Mercaders , 
Corredors , y a qualsevols altras personas , cmn Nos ab tenor de 
las presents los amonestam , y manam baiz pena de escomnai- 
caci6 major , que de aqui en avani cessen y se abslingan de en- 
tendre negociar , y iractar ni donar a cambb per las dilas firas 




438 

de Perpinya mcs Ae dos y mitg per cent en cada &ra : «iu be en 
toi y per lot observen y cninplaD enteranwDt y Kiisa ranu iDlcr- 
[M-eUdons eslaa costru Lleiru , y lot lo conlei^t en cDu- Certi- 
ficant loi que del cmnplimeiit de ellu estarsn lu condeoeias Mi 
tals obedients y obscmnta se^ru y >b interior repoa ; kw iote- 
ressos seran moderau ; los boss dels cootribaeDb qae donu j 
prenen a cambi , conservau y anmentau ; la rcpobltca proapcrdh ; 
y Den noslre Senor , sera honrat y ^orificaLDat en noslre Pdaa 
Episcopal de Barcelona, ais den dias del met de octabr« dd any 
del fiaisemcnt de Jcsos nostre Redemptor de i6a3. — £0 BaAt it 
Barix/ona.Ht mandaio Excelled tissinri el lUosirisiiini Domini mci 
Episeopi Barchinona cipedivit HyawUnua Sabater^ Prtsbiler ct 
NoUrins , Caris ecdesiasticx pnescntis nrbU Bardtinonouit 
Scriva major jurabu. 
(Arcliivct (U li vilU d* Barcsloniw : vol. dc« I>ettn:> Rojalci ( Csrtu Rcdn): 

18' SltCI^. 

An 1706. — Difcret en/aveur des nouveUes Fabruptes\ 
formant U chapitre •i']' des Decisions prises fiar Its 
derniers Cortes de Caialogne, cormtquis aBarcrlone. 
Eslaluhim y ordenain , ab lloacio y aprobacio de U preacBl 

Cori: 

ijue quabcvol eslranger ( com no sia Frances ) que vulla vvair 
al present principal , y Coiniats de Kossello y Cerdanya , a fcr 
algunanovafabricaderobas, iclas, yinerces,Uiit deUana y acda 
cum allrcs , y de nou tinU , sie acnllil y traclat bcnignament com 
qualsGVol vasull noitrc, seos haverse de |taMar Mestre en ningun 
art, ni pagar inler^ algiui per poder cxcrcir lo seu ; ans puga fcr 
dilas fabricos cn qnaUcvol part del present principal y comtaU , 
sens pagar altres drels du diUu roban , iclas , y uierccs que 
fabricarau, roped ivament al ralor dc aqudlas; y que loa lah 




4a» 

Officials pugiQ en Uf casas Tcndrer pqblieaneaii en gros y i la 
menuda , las robas, telas, mercesi y allres cotas que eOs (abri- 
caran ab sas notaa fiJMcat : y qne fe ciiranger que Tndra i fer 
b nova (abrica , hage de tenir on A met fadrins 6 aprenenis natn- 
rab del present Prindpat, y Comtats, als qnals eMiga obligat barer 
de ensenyar diu nora (abrica , no obitant qoalaerob priTikps^ 
osos, y cosloms de bs Ckiaii, Vilas, y lioebs, y Confirariaa, lot 
qnals sob lingan for^a y valor en qoant no le encontren ab b 
present Constitttdo. 

( Cip—iy : Colecc. diplimi*» pan. ^» p. $79^) 

( Eoctnii de la CruscA Prwenzale ). 

Opmicn de ion Anfymh de Battero, eurla Umgite Cahtam* 

m 

Todas las Ordinacioncs ani dc b Casa Real 9 como olraa« cran 
en Catalan : las proposiciones (pe baiian las Senorct Reyei en 
bs Cortes , o Parbmentos, annqoe se bisiesscn a Ida otroii Rcynos, 
eran en Catalan. Las hislorias, que escririetott de si miswWt eaaio 
el Rey don Pedro el Tercero 9 y el Rey don Jayme el Conquia- 
tador, las compnsieron en lengoa Catalana. Todos loa poenat , 
qne componian assi los Senores Reys cono los cortesanoiy cran 
en Catabn. Esta lengoa foe b qoe prtncipio a los veraoa^ y ri* 
mas qae se osan en homence cantando con clba k conaonandaf 
la dissonancb de las paMipnes. Loi primeros padroa de b Pocaia 
nilgar , foeron los Catabnes, pasfando de^es eala arte k ItaUa,. 
Aragon y Sicilb. £1 Petrarca con laa obras de G^orgt Y^knthao^ 
compuestas en Catalan 9 dio propriedadf y dabnra allengnagey clc» 

( Scnfji 7 Potttii» : HUt. de MoDS«mt:part a» cap. 34^ p. 979, qot. g. 





43o 

NOTE RELATIVE A LA PAGE 4ei. 

Mots Latins admis , sans altaration , dans la langue 

catalane. 



Gallina. 


Anna. 


Opinio. 


Palma. 


Arena. 


Occasio. 


Favor. 


Figura. 


Hora. 


Colon 


Memoria. 


Fera. 


Doctor. 


Via. 


Lema ( chassie )• 


Amor. 


Infamia. 


Mica ( mietlc , gradn )• 


Dolor. 


Injuria. 


OUa ( pot , numiite )•] 


Familia. 


Ira. 


Cervus. 


Anima. 


Rosa. 


Os ( bouche )• 


Materia. 


Area. 


Sal. 


Aula. 


Copia. 


Sol. 


Ancora. 


Corona. 


Etc 


Fabrica. 


Cadaver. 




Miserla. 


Fcl. 




Bona. 


Mel. 




Doctrina. 


Carbo. 





Les mots smvans sont emprunUfs A la langue greapte* 

Broma , de Broma (Nebula). 
Cara , de Cara (Facies , Vultus). 
Cima , de Cyma (Cacumen). 
Pelcar , de Pelco (Pugnare). 
Fantasia, dePhanlasia (Pbantasia). 
Bramar , de Bramcomay (Fremerc). 
Girar, de Girao (Verlere). 

Les m^ts suwans ont une rapine celtique. 

Barral , petit tonneau portatif. 

Tacou , piece de rapport. 

Tacounar , rapidcer : c^est le verbe de Tacou. 

BufTar ou Bufar, soufllcr. Les Poitevins disent aussi Bufil^r. 

Grafinar ou Grafignar , de Grafina. Faire des egratignorca. 

Cresta , cr6te , sommet. 




43i 

Aigua oa Aygoa, de Aigiie, eao. 

Barret , de Barely chapean. 

Cabal , de Cab , t£ie* lUmion de bCtet Jlcornet, troopeaa. 

Cama, de Cam, jaiabc. 

Cuiy presque. 

Col I de Kaol oa Kol , choo. Les Latins dkent Canlet. 

Lts mots summs ont une origine mauresqut ou arabe. 



Atalaya, tour d'obsenration. 
Atalayar, obienrer, (Spier. 
Amo, de^moM, chefdemai- 

aon. 
Ama, Spouse da chef de mai- 

son. 
Argolla, de Argoi^ anneaa de 

fer, collier. 
Arrabal, de Bahad^ faazboorg. 
Alhaja, de Haja^ meable pr6- 

cieux*. 
Maimorra, initroment demo- 

siqoe. 
Hagall , tot , niais. Btdie 
^troite et allonge , 
lenrant k la coltore 
desrignes. 
Minyoy de Man( n. Jeonegar- 
9on. 



Tacany, de ZVioKAt rot^, 
afafe. 

Xapar , de XtpaA^ romftt f 
briter* 

Simam oo Zamanrat de &• 

aMma* YMemcBt de 
pean des bcrgera* 

Xabcga, de XiAy, filel de 
ptdieur. 

Xerap, deSAmpibobyfor- 
gee» 

XcrapaTf bonre avec bfort* 

Milg , miHea , de Mildi oo 

JHelcli y CO" armemcn f 
oo de Bitcby ca bin- 
doosUAyir 

Tarimai marcbe-pied. 




43i 

MATifeRIAUX 

POUR KEKVIB 

ALHISTOIRE DES DIALECTES 

DE LA LANGUE FRANCAISE , 

COLLECTION D£ VEBSIONS 

PARABOIX DE L'ENFANT PRODIGUE 

£M DIVEBS IDiAmES OU VATOU DE FRAKCB. 



Lc travail doni nous consignons ici qaelques dchantUloiu, fni 
cnlrepris, vers Taiiii^e 1807 , au bureau charge de la direction 3e 
la stalislique auMinistire Ac I'lni^ricnr, Aprea la sappreiawn it 
ce borean, ii a iti suivi par la Socidi^ royale des Andqaairea de 
France, qui n'a pas cC3s6 de s^eo occnper. 

Au lieu d'envo/er clrculairemeni pour Olrc iraduit dans chaqoe 
idiAme local qnelqac morceau arbiirairement, oa compoatf txprtM, 
on a pr^ftSri! de puiser dans 1e livre sacr^ qui est enlre lei naini 
de tousles chr^tiens. LaParabole de rEnfant prodigue eat le moi^ 
ceau qui a ^1^ choisi i cause de la jnsle ^tendnc el de la umplicitf 
dela plupartdes expressions quM renfenne. L'Oraison dominicale 
qu!a^t<5pr^r£r^edans beauconp d'ouvrages sur les langues, ipani 
nc pas reunir au m&ne d^r^ ce genre d'avantagca, 

Parmi les traductions de ce morceau qui sc sont troar^es es 
grand noiiibre lant au Minisiere de I'lnt^rieur que dans les p 




433 

Ac la Socidl^ 9 on a choisi celles qai ont para le plus caract^rlsli- 
qucs* Ccpendant on ne se dissimule pas qa^il sVn troure dont 
les differences sont peu tranch^es: mais les dialectes d^one mtnie 
langue appartiennent tons k on fond common ; on passe le pins 
souvent de Tan k Tautre par des nuances pea scnslbles d^abord , 
mais qui le deviennent k proportion de la distance des iieux oik ils 
sont en usage. 

Dans le rangemeni de nos mal^riaux , nous avons era devoir 
observer Tordre g^ographique. A cet effet, nous pla^ons d'abord 
les dialectes du Nord-Est de la France, puis ceia de FEst, appar- 
tenant les uns et les autres k la langue d*Oyl^ et sp^cialement i 
la branche de cette langue que Ton d^signe par le nom de iangage 
fFallon. Ce nesera qu'apr^s avoir ^puis^ ce que nous nous propo- 
sons de donner dans la langue SOyl, que nous passerons It U Zon- 
gut iOc ou langue romane , qui diCfere de U premiere par des ca- 
ract^res bien tranches. 

Les traductions provenant do Ministfre de Tlnt^ieur seront 
d^ign^es par les lettres Initiales M. I. La phpart ont i,\£, trans- 
mises oflBciellement par les prc^fets. 

Les autres ont ^t^ adress^es k la Soci^t^ royale des Antiquaires 
par %c% correspondans. 

Nous conmiencerons par rapporterla Parabole de TEnfant pro- 
digue, telle qu'elle a ^t^ traduite en bon fran^ais d^apr^ la Vulgate 
par Le Maistre de Sacy , dans son ^tion franjaise du Nouveau- 
Testament. 

Imm^diatement apris viendra la m^e Parabole traduite en 
patois auvei^at avec la version syriaque en regard (i). £lle estde 
M. Fabbe Labouderie , membre de la Soci<Ete. C'est lui aussi qui a 
eu Tid^e de placer en ttte du recueil le curieux sermon du cordelier 
Michel Mcnot. 



(i) A cause de cette version tyrUquc donn^e en regard de U traduction 
en Auvergnat, on a cm convenaUe de d^roger k Tordre giograpbiqne 
adopte pour les tradaetions dans les autres patois. 

34 




434 
PARABOLE DE L ENFANT PRODIGUE. 

Evangilc scion Saini-Luc , Chap. XV. 
( TkaDVCTIOH DE Le Maistre db Sacy. ) 



11. J4fsus\ear (lit encore : UnhommeaTaitdcuxfils, 

12. (lont Ic plus jeunc dit a son p^re : mon p^re , 
donnex-moi cc qui doit me rcvcnir de votre bim. Et 
Ic [icrc leurfit Ic partagc dc son bien. 

t'S. Pen dc jonrs apr^s , le plus jenne de ces deux 
fils, ayant amass^ tout cc qii'il avalt-, s'en alia dans un 
pays ('tranger fort cloignt!, ou il dissipa tout son bien 
ffn earcrs et en delHotches. 

14. Apr^s qu'il eut tout dcpcusc, il sunrint une 
grandc famine dans cc pays-la , et il conunen^ 1 tom- 
Lcr en necessity. 

1 5. II s'en alia done , ot s'attacha tiu service d'un 
dcs habitans du pays^ qui Tcnvoya dans sa maison des 
champs pour y gardcr Ics pourccaux. 

16. Et la , il ciU ctd birn aisc de remplir son rentrc 
dcs cosscs que Ics pourccaux mangeaicnt ; mais per- 
sonnc ne Iui«n donnait. 

17. Enfm, ^lant rcntrc en tui-mdme , il dit : Com- 
bien y a-t-il, chcz mon pirc, de scrvitcurs It gages qui 
ont plus dc pain qu'il nc Icur en faiit ; et rooi jc mcun 
ici de faim ! 

18. II faut que jc me levc ct que j'aillc Irouver mon 
perc , et que jc lui disc : inott pcrc , j'ai pc'chd contrc 
Ic rid ct contrc voiis ; 




435 

ig. et jc ne suis plus digne if £tre lippelc votre fils ; 
traitcz-moi comme Tun des serviteuvs qui sont h vos 
gages. 

20. II se leva ctenc et vint trouver son p^rc ; et 
#orsqa'il etait encore bien loin , son ptre Tapergut 

et en fut touchy de compassion ; ct, courant it lui , il 
se jeta k son cou et le baisa ; 

21. et son fils lui dit : mo/ip^re, j^ai p^chd centre 
le ciel et contre vous; et }e ne suis plus digne d'etre 
appelc votre fils. 

22. Alors le pire dit ^ ses serriteors : apportez 
promptement la plus belle robe et Ten rev^tez ; et 
niettez-lui un anneau au doigt et des souliers aux 
picds ; 

23. amenez aussi le vcau gras, et le tuez ; mangeons 
ct faisons bonne chere : 

24. parcc que mon fils que voici etait mort , et 
il est ressuscite ; il etait perdu , et il est retrouv^. lis 
commenc^rent done hi faire festin. 

25. Cependant son fils aind , qui dtait dans les 
champs , revint ; et , lorsqu'il fut proche de la mai- 
son, il cntendit Ics concerts et le bruUde ceuxqui dan- 
saicnt. 

26. II appela done un des serviteurs, et lui demanda 
cc que c'etait. 

27. Le serviteur lui rcpondit : c'est que votre frere 
est rcvcnu ; et votre pere a tue le veau gras , parcc 
qu'il Ic revolt en sante. 

28. Ce ([ui Tayant mis en colere j il ne voulait point 
entrcr dans le logis ; mais son p^re etant sorti pour 
Ten prier , 




436 

29. il lui fit celte r^ponse : VoUa d^h tant d*a 
que je tous sers , ct je ne vous ai jmnais d^bS en ricn 
de ce que vous m'avez commandc ; et cependant -wont 
ne m'aTez jamais donn^ un chevrcau , pour me r^ouir 
avec mes amis ; 

30. mais aussitdt que votre autre fils , qui a nung^ 
son bicn avec des femmes perdues , est revenu , toqs 
avez tuc pour lui le veau gras. 

3i. Alors le pirc lui dit: mm (ils, vous itea too- 
jours avec moi , et tout ce que j'ai est k vous ; 

3a. mais il fallait fairc festin et nous r^jouir , pane 
que votre frere ^tait mort, ct il est ressuacit^ ; il Aail 
perdu , et il a ^t^ retrouvd. 




4^ 

SERMON 

Prclche par Michel Menot, cordelier, k rAcad^mie de Paris, 
Ic samedi apr^ le second dimanche de Cartoe , sttiTantfi^ilioD 
de i5a6 , //i-S". 



Averiissemeni de M. Vahbc Labouderie. 

« 

JNos lecteurs nc seront peut-^tre pas f^ches dc roir, 
en i^tc d*unc collection dc versions dc la Parabole dc 
TEnfant prodigue, en divers ididmes ou patois de 
France , le curieux Sermon de Michel Menot, profes- 
seur de thcologic, et predicateur de Tordre de Saint- 
Francois , sur le m^mc sujet , dont on parle beaucoup, 
mais que si peu dc personnes ont lu , ^ cause de son 
extreme rarcUf . Nous avons eu soin de comparer toutes 
les editions de ce Sermon , afin dc nous assurer qu^l 
n'existait entre dies aucunc variante essentielle. Nous 
mcttons en notes qoclqucs passages des Discours d'O- 
livier Maillard, sur la mdme Parabole, pour donner 
une idee de la maniere de ce religieux , qui n^est pas 
moins fameux que le precedent par ses quoUbeis et ses 
naYvetcs indecentes. Nous ne rep^terons point ici , ce 
que tout le mondc sait , que ces deux prcfdicateurs ont 
ecrit en latin barbare et qui approche beaucoup du 
style macaronique , dont on (it un grand usage trcs-pcu 
de temps apr^s. 

Pater quidam habebat duos filios : quorum junior se 
ostendit magis fatuura , qnam. inconstans fuit. Cesloitt 





438 
ung enfant plain de sa volente : volage : ung mignaa : 
ung vert gallant. Ipse cratunuspucr plcnus suo Telle, 
vcrsatilis, elc. Qui quando venit ad cognoscendum 
seipsum , suam fortitudinem , suam juventutem, suam 
pulchritiKlincm , ct quod sanguis asccndit frontem: 
sa force , sa jeunesse , et que le sang luifust monti au 
front: venit ad patrem resolutus sicut papa : et dixit 
oi: Patci', da.mihi portionem substantia; quae me con- 
lingit. O patcr, jam non sum amplius in aetate in qua 
dcbeam subjici virgse : sum satis sapiens : non oportet 
me esse sub tutcla. Bene me ipsum rcgam. Mater mea 
deiuncia est : reliquit nobis bona : facitc mihi partem 
mcam. Item, pater, sumus tibi duo filii : ego non sum 
bastardus : et sic quando placcrct Deo de fturc tani 
pour vos enfanis que allissiez de vie a trespas , laceK 
taiitum pro pueris vcstris ut c vitii decedcrctis « noD 
cxhcredaretis me : sed habercm partem mcam ucut et 
fratcr meus. Scio consuctudines et leges patriae quod 
te vivente nullum jus Imbeo in bonis vestris : tamen 
sum filius vcster : ct mc amatis : rogo , detis mihi par- 
tem nunc quam dccrcvistis mihi rclinquere in testa- 
mcnlo vestro : ct si vidctur vobis durum d'en desfairt 
sitost vos mains : tam citp facerc manus vestras bono- 
rum immunes: ore vos, detis mihi nunc quod placebit 
vobis: ct minus concedatis mihi. Ojuvciies, hie notetis, 
voytz lu forme ct le patron ou a este prinse iiostre iw .• 
eccc formam ct patronum h quibus sumpta est vita 
vestra. Quando vcnitis ad coguosccndum vos, queritis 
capcre bonum tcmpus ; ct que sans M. d'jirgenUm, 
sine domino argcnto nil lit ; credo quod liber de vita 




439 . 

palnim valdc vos atlcdiat. Scd uiuie lanta arrogantiai^ 
undc tanta audacia in lioc juvcne ? Certc quoniam 
crat ung enfant perdu : unus puer perditus , ul ho- 
die multi , qui non diu stclcrat sub virga magistri. 
Pater timens eum contristare, videos quod eum sic 
filius moleslabat, dedit ei partem suam : quod non 
dcbebat faccre. O quot sunt hodie patres et matres filii 
prodigi dantes bona bora , depeur defaUUr, chordam 
in collo filiorum qua semel suspendantur cito vel tarde. 
Dant eis pecuniam quam sciunt exponi in ludis char- 
tarum et alearum, in scortis, in tabernis (i). yda 
bel esiai : ecce pulchrum statum. Et domine Deqs^ 
melius essct quod nunquam esaent nati tales filii super 
lerram quam h^c facere , ct sic offcndcre Deum : me- 
lius essct nullos habere filios. Quanl ce fol erdfatU ei 
mal conseille: quando istc stultus puer et male consul- 
tus liabuit suam partem de hereditate : non erat questio 
de portando cam secum. Ideo statim il en^ a Jail de la 
cliifu/ille : il la /ail priser : il l/i venl : et ponit la venle 
in sua bursa. Quando vidit tot [lecias argenti simtil , 
valde gavisus est : et dixit ad se : /ki non manebitis 
sic scmjier. Incipit sc respicere ; et quomodo vos estis 
de tam bona domo : et estis habille comme ung be* 
listre ? Super hoc habebitur provisio. 

Mittit ad querendum les dnippierSy les grassiers , les 

(i) llakclisnc laics filios iu ista civilatc.'' tlalis cis cordaui qui 
buspeiidentur. Habclis filias dc quikus facitis ydola veslra , vestiendo 
et |>oliendo. Credltis eas bonas faccre , et facitis cas iiierelrlces« 
Nuniqtiid vos, Domini, dalis argeiituiii ct liberfateni iiliis vcstris 
ut vadaiit ad iupanar, et ad staphanas et tabcraas.'' OihJ UtaUiafif; 




44o 

marchands de soye, et se faici acoustrer de jxi en 
cape ; il ny avoU que redire au service : pannarios , gros- 
sarios, ct mcrcatores setarios : ct facit se indoi dc 
pedc ad capam. I^ihil crat interim quod deesset scrvitio. 
Quando vidit, emit sibi pulchras caligas d'esatHate^ 
bien tyrees , la belle chemise fronsie sur le ctJet^ le pour- 
fmintfrlnguatU de velours, la tocfjue defiorence A che- 
veu.-c pignez, et qtse sensit ce dainas voUer sus le dot: 
caligas coccineas bene tractas , pulchram cami^am 
rugisplenam supra collum, bombicinium elegans velu- 
tium , tocam florentinam , crincs crispatos ; ct vt sensit 
bunc damasciim volantcm supra dorsum : h.xc secum 
dixit : Oportelne mihi aliquid ? Non : omnes tuas habes 
plumas; tempus est volaiidi longius: ormefaidt-ilrietti? 
non ; fu as toutes tes plumes ; il est temps de voltar pbts 
loing. Til cs nimis propc domum patris tui pro bene 
facicndu casum tuum : pucri qui semper dormienint fa 
atrio vcl gremio matris suae , numquam sciTCnint ali- 
quid ct nunquam cniot nisi asini ct insuisi : et ne serottt 
jamais que nyez et begaux. Brief, qui ne freguerUe 
pays, nil videt. Man pere m'a avalle' la bride sur k eol. 
Pater mcus laxavit babcnam supra collum : dedit mSii 
claves caraporum : tempus est capiendi : ct quid valetluc 
morari tarn diu ? Abiit ergo in regionem longinqnawi. 
Ambrosius. Utinam non iTCcssisscsapatre : illipfedinien- 
tum nescissesaetatislVidens pater quod non reverteba- 
tur : non scribebat pa tri: hiBCcrat minima sollicitudinum 
suarum : non audicbat nova de filio: estimabat ipsumesse 
mortuum. Scd , frater, vellemus bene scire quomodo se 
rezit post suum cgrctsum , et quid fecit dc tanta pecu- 




44i 

nia quam tulit extra patriam. Dicam vobis : in ETange- 
lio hodierno scribuntur qualuor in Legenda hujus 
gloriosi martyris : quatuor lectiones non Talentes unam 
bonam : ex quibus poterimus cognoscere omne taut le 
tu auUm de regimine hujus infelicis. 

— Prima lectio , camalitas : ibi , dissipavit mbstan- 
tiam suam ynrendo luxuriose (i). 

--^ Secunda, uif;en8 cgestas : ibi , facta est fames in 
regionc ilia. 

— Tertia , servilitas : ibi , adhesit uni civium. 

— Qnarta , vilis necessitas : ibi , cupiebat saturari de 
siliquis porcorum. 

Primo , camalitas , etc. Iste puer perditus , munda- 
nus f et auperbi animi : cesi errfaiU gasU^ mohdain et 
defier courcUge: quando bene fuit in suis pompis, stu- 
duit , ^ Icaiercice de Umte meschanstetS et de paiilar- 
disc : in exercitio totius infelicitatis et luxuriae. Et pro 
complemento suae vilissinue vits, faciebat quotidie 
convivia awo ungs et aux autres ; tenoit UMe ronde ; 
riens ny estoU espargn^ : tenebat mensam rotundam 
toti mundo : nihil habebatur in precio : habcbat quoti- 
die in suo hospitio locatos histriones et merefricest ks 
garces et les iruandes^ sedentes juxta eum a dextris et 
a sinistris. Sic yiyendo luxuriose et delicate dissipayit 
bona, (qui enim diligtt epnlas, in egestatc erit : et qui 
amat vinum etpinguia, non ditabitur : l^vp^mftibnim , 



(I) Seqaendo banqoeta. 0&. mhiOmd. 




442 

cap, XXI, vers. 17.) Dissipavit , inqiiam , quadruplicia 
bona ; scilicet Temporalia , 

Corporalia , 

Honoris , 

Divinae gratiae. 

Dc primo Prwerh. , cap, xxix , 1;. 3 : Qui nutril 
scorta, pcrdct substantiam. O quot boiHI hodie per- 
duntur in talibus abusibus , en tellcs pinprenelks! . 
namhaec misene rodunt leurs jHiillards jusque iuuc as: 
mcretricios suos usque ad ossa. Opus quod habcant 
les robbes de fin drap , les riches pannes , briefs c 'est 
unggouffre de tons biens : tunicas panni dclicati , diTites 
pannas breves : tunc ipsa est barathrum et vorago om- 
nium bonorum : hodie multi possunt testari. Nota de 
ccclesiasticis qui habent tanta bona Ecclesiae : ct tamen 
in fme anni debent de residuo ; quoniam omnia in 
mulieribus et fnictus ventris exponuntur. Sic in aliqua 
domo vir le meilleur mesnager de la ville : habeat 
ling ires ban mesiier; qu ^il se tue de besoigner : melior 
economicus totius urbis , et sit optimus artifex , nun- 
quam cessans opcrari : adhuc in fine hebdomadae non 
percipit lucrum suum : vfx potest vivere ; et unde hoc? 
Certc non oportet nisi quoniam uxor sit mali regi* 
minis : non erit in domo aurum, argcntum, linum, 
pannus , discus , neque scutella : or ne argent, linge , 
drap, plat ne escuelle assurez. Nota preterea figuram 
Genesis , cap. xxxiv, de Dyna fdia Jacob : et malum 
quod ex ejus violatione cvcnit. 

De sccundo , I. ad Corinthios, cap. vi, vers. 18 : 
Qui fornicatur, in corpus suum |)cccat. Quare est ho- 




. 443 

(lie quia videtis unghomme hauli, grand ei sibiensprins 
deioussesmembres : unum hominem altuiD , grandcm, 
et mcmbris bene proportionatum , tfiginta annorum, 
ubi deberet esse vis hominis : et tamen iste est tam rap- 
tus, cassatus , et regrcditur mcmbratim : qiUs V/i va tout 
parpiices, I. ad Corinthios, cap. vi, vers. i6. An nescitis 
quoniam quiadheretmeretrici, unum corpus eflicitur? 
undc hoc , nisi de luxuria et inieVicit^lt^ de paillardise 
et de meschanstettf : ct quoniam propter hoc peccatum 
maicdictum Dominus taliter ostcndit flagellum suae jus- 
titiae super humcros eorum : quiarcmanscrunt^^7ir/i^z. 

De tertio : Ecclesiastici , cap. XLViii , vers. 22 : Dedisti 
maculam in gloria tua , et prophanasti semen tuum in* 
ducerc iracundiam ad libcros tuos,etincitaristultitiam 
tuam. Loquitur dc Salomonc. Nam postquam laudavit 
Salomonem de sapientia , gloria et divitiis : tandem in 
finedicit quod vastat omnia: videlicet, inclinasti femora 
tua mulicribus, potestatcm habuisti in corpore tuo: 
dedisti maculam in.gloria tua.Audeodicore quoniam si 
tieret chorea de omnibus fatuis qui fuerunt h principio 
mundi, Salomon tanquam precipuus ferret marro tam. 

De quarto : Genesis, cap. vi, vers. 3 : Non permanebit 
spiritus mens in homine in aetemum , quia caro est , 
id est , carnaliter vivit. 

Secunda lectio est de paupertatc hujus miseri in 
qiiam cecidit. De qua Proverbiorun|^cap. xiii , vers* 
1 8 : Kgcstas et ignominia ei qui deserit disciplinam z 
1 quoniam erat piger et ociosus ad bonum, ideo egestas 
ot paupcrlas cito ei venerunt. Provcrbiorum cap. VI, 
vers. 1 1 ; Yeniet tibi quasi viator egestas, etpauperics 
quasi yir armatus. 




Fostquam omnia fuenjntdissipata cum mcrctricibiu, 
lenonibus , faistrionibus , ct assatoribus : Us rotisseurs : 
quando vacua fuit bursa et amplius non erat frican- 
dum : et qu 'il n 'y avoit plus quefrire : mittitur pulchra 
Testis domini bragantis , caligae , bombicinium : quis- 
quis secum ferebant peciam de Monsieur le Bragard, 
chausses et pourpoint , chascun en emporioit sa piice : 
itaque in brevi tempore, man gaiiani/ut mis en cuU- 
leur de pommes , habille comme ung bruUew de mai- 
sons , nud comme un ver. M cus gallandus fuit positns 
sicut collector poraorum , vcstitus sicut combustor 
domorum , nudus sicut vermis : vix ei remansit cami- 
sia : neite comme ung torchon nouee sur I'e^xudepour 
comrir sa poure peau : si bien I'avoint entretenu en 
sa prospe'rite et en ses pompes , ces galoises. Miinda 
sicut torsorium coquinae, nodata supra humemm , 
ut coopcriat suara paupcrem pellem. Homiai mu- 
liercs vultu virginco applaudentes , quae , durante 
prosperitate sua, comitabantur ipsum in pompis miis, 
ct vidcntcs quoniam non amplius habcbat de qtubus 
uti , de tfuoy : sed quoniam jam erat nudatus omnilnu 
bonis ct vcstibus : autour de bty ny opoU rien sijroit que 
laslre : si ant commerKd a dire : aux aulires\ Celuy 
la est plum^ et esphtche: deriscrunt eum -in tali miseria. 
Non plus audicbantur histrioncs in ilia dome, non plus 
veniebant Ics compaignons sans soucy, sodales sine 
sollicitudine. Ecce modus facicndi talium applican- 
tium, et de telks rushes. Unde Ecclesiasticus , cap. xni, 
vers. 56 : Si largitus fucris, assumct tc ; et si non ha- 
liuerls , dcrclinqucl te. Si babes , convivet tecum , ct 
cvacuabit tc , ct ipse nou dolebit super te. £t sequitur ■ 




445 

ct in no^issimo deridebit te , quani ilnyaurapbis que 
Jrire : quando amfdius nihil crit Qoando omnia fbe^ 
runt^jqposita, fuit questio mutnandiab iDiscmnqoibiiA 
primo sua dissipaverat. Mittit ad iliw ; sed nemo illi 
dabat; ipsemet vadit ad eos. On lay fail visaige de 
boys , fit illi vultus ligneos; qoilibet Tertit ei dorsmn : 
nihil amplius erat fricandum , nee ponendmn sub den- 
te* // nofowl pbis quefrire et mettre scabs la dent. Et 
adhuc ut augeretur ejus miseria et afflietio, malum 
supra malum non est sanitas : mal sur mal nest pas 
sant^. Facta est magna famcif in regione ilia : ricque 
hicadolescenSfdelicatus, quiprimosereplebatpinguibus 
fnistis, non habebat panemadsnfficientiam. Gqpitege^ 
re, et in se cogitare: oportet quod tuTiras alicubi : redire 
ad patrem tuum nulla est questio ; caTeas : pnlchrum 
esset te videre sy hardy, U teferml beau iieonr. 

Tertia lectio est misera serrilitas (i) , quoniam ad- 
hesit uni civium , etc. Yenit ad* quemdam hominem 
diyitem , et dicit ei : Domine , si placet , habetepieta- 
tem de'me. Rogo, pone me in opere fiaciendo : mMez 
moy en besangne , quoniam saltem possim lucrari ti- 
tam meam in Tcstro seryitio, quia fame pereo, ^en^ 

(i) Isle dotfiiiiiu qui non dsbil reqaieai, est djaboht. Piiraift 
qui non diUgii nisi fammi, iigniiicatpecralam«oclalCy€tiiaKqiMB 
rant Tobptaies Imjas nmndi^.* O ! miaemnft mdicreSf yos qam 
ostendilis froniem d Tollani , qo» fedslit mille hnrariai : et tot 
mercalores, osorsi; etTOteccletiMid, tjmonist inmanendnki; 
et fos mnndani, qoi semper Tinlii in penalii Tetlris; hen, heal 
qaomodo poieritis eipectare diem sdftntAt doniai? qnomodo po- 
terhb in perpetomn stare com porcu infemi, ni CMne eliiti, in 
frigore et tsedio P 0&. iMUQML 




raige defatn. Ille dives se reUntme, retro se torquet 
caput et i*espiciteumacapite usque ad pedes : Hof ks 
bonnes joues , quas lucratus fuerat in bonis conTiviia , 
non erant adbuc pro toto deperditae. Ideo dixit ei : 
Amice, quantum possum conjicere in vestrisvultu et 
facie , a vostre myne et a vostre irongne , Aon est casus 
vcster servirc : \ideam raanus vcstras : bene video quo- 
niam tempore preterite modicum gustastis de ista tosta^ 
scrvorum, Je cesle iosle'e des servitcurs. Insuper om- 
nia sunt tarn cara hoc anno , quod nullus vult capere 
operarios , prendre genstn besongne. Quod artificium 
scitis bene facere ? quel mestier sfeieez vous /aire ? 
Heus! domine; helas! seigneur , nunquam ministerium 
didici. De quo ergo vulds mihi scrrire i* Helas/ domine, 
non magna peto pro merccdc mea : peto tantum ex- 
pcnsas. O fili! magna paupertas in qua nunCTOs video, 
me moTet ad compassionem. JIabeo in quodam fittido 
hie propc extra civitatcm , en line ferme cy pris fiors la 
ville,magnuTn gregemporcorum :sicosTultiscustod>re, 
bene volo ; noo possum melius vobis dare. £t ille miser 
selocaTitadcustodicndum porcos (i). O quanta miser 
ibi passus est pro pucro domus opulentx , et qai non 
consucverat talc ordinarium ! pour un en/antde bortn^ 
maison qtd navoit pas accousiiime cest ordinaire I 

(i) KimisU ilium ioTillam suam ut pasceret porcos, idett, de- 
mones, ipsis obcdimido ct scrviciido. Et capiebai utnrari de 
tiliqius ipia? porci nianducaban). Siliqua cnim est genus li^[Uiniaii 
quod pore! in Africa conicdunt. Cibi aulem porconim, id est, de- 
moniini , junt dclecUtioQes canialcs , vuiie et tensaales. Oim, 
hlaillarJ. 




447 

Quarta lectio , vilis ncccssitas. £t hsc est ; cu- 
babat quasi quotidie in campis cumbestiis, et cum 
cis comcdebat et cnpiebat implere ventrem suum de 
siliquis quas porci manducabant. Quando redibat de 
campis sero, habebat unum ventrem rabidum fame, 
et qiiando servi domus veniebant afferre coenam et co- 
mestionem , et la mengeaille porcorum , extendebat 
suam scutcllam , et nemo illi dabat Videbat in ilia 
divitc domo servos et ancillas tarn bene tractari, bene 
hutriri , et tam bene cubari : font bien nourris et tani 
hien couchez^ et nuHus de eo Curabat. Comedebat cum 
porcis de loturft scutellarum , et adhuc non potent 
satiari : et tunc cogclbatur fame ponere caput in bara 
porcorum , en Vauge des paurcemdx. Cum enim venit 
hyems , non habebat quo se tueri posset contra frigos : 
idco cccidit in majorem miscriam quam ante ; itaquc 
totum corpus suum paupcrculum resolvebatur in nihi- 
lum. Vix poterat se ferre super pedes : scabies, les ron- 
gnes , comedcbant ei dorsum : cadebant ei crines de 
capile , et ungues de digitis : vermes rodebant ei totum 
corpus : habebat vultum tam horridum et immundum 
quod erat magna pictas eum aspicerc. Unde in magna 
erat angustia et tristitia : quoniam, ut dicit Boetius : 
inter omnia genera infortunii , infelicissimum genus 
est mcminisse in miseriis fuisse felicem. Et ideo iste 
puer pcrditus , iste puer vastatus se videns in tam mi* 
scro statu , projecit se in terram flendo , dicens. O ! 
miser ct in mala bora natus super terram! heus! heus \ 
tu bene excrcuisti stultitiam \Gr^astu hien joui ta 
folic? Ilodic comedis cum bestiis, comedis cum eis 
quasi bcstia : or bene fuisti dcceptus et male consultus. 




448 

Et quia credidisset te semel deventunim ad talem sU- 
tum ? tu bene comedisti prins tunm panem album » tan 
pain blanc le premier. Tu es de tambona.doino, etpa- 
tcris ista ; O ! si nunc viderette pater ille cui ita fiblica- 
ris , qui tarn tencnime tc amabat, las! pato quod te 
non cognosccret ! in domo ejus si scivissem pati ; ha- 
bebam omnes meas delicias, et nunc super pedes morior 
de mala et strangulari fame , de male et de semglanU 
fain : in omai paupertate et miseria, qui prius in do- 
mo patrismei habebam servos a me cubantcetsnT^enlE, 
d. mon coicher et a mon leper; et modo sum semu 
porcorum. /fd / miser ego et infortunatu9,_/ajrAieii 
change d'estat! quanti mercenarii in domo patris nu 
abundantpanibus, ct ego hie fame pereo(i). Dicoquid 
faciam : d malfaii ne gist que amande. 

(i)BeTersus est qui adversiisfaerat;et dixit : Qnmtinerceiiarn 
abundant panibus in domo palris nwi! Sorgam, ct ibo idpMran 
meum. Isle moriebator fame ; cogitavit intra k dlceni : Mamqind 
ego sura malediclus ? Dimbi pairem et matrem; £go dinipaTiMiL^ 
lantiam meant : surgam, prosternam me ante faciem pa|ria nd, 
ct dicam : Pater , peccavi in coelnm ct coram le ; non sum dipiH 
amplins vocari Alius Imu; fac me sicut unnm de merccmriii 
tuis. O pcccatores damnati, qui cstis scripti in libra dyalKtU! 
macqoerellfe ct merctrices : et to& burgenses , qui iocatit domoi ad 
tenendum lupanaria, ad excrcendnmiuaa immnnditiaa et nt lenoaa 
vadanijCcrte in conspectu Domini, teslor ct miror admodmn quod 
terra non aperttur ad absorbendnm vos sicot Dalhan et AlijrOR. 
Non habctis unde viTaiis , domini mci ? vnltis vircre de poaienori- 
bus meretricum ? Ludovicos lanctissimns suo tempore conslraxilcii 
domum extra civitatcm : nunc aniem iota civitas est obiqae Mplcla> 
Ego appcllo dc vobis, domini jusUciarii. OUo. M "'ard. 




449 

Pater meus est pius et pmdens , cognoseil quod ju- 
ventus est stulta : Stultitia est alligata collo pueri , didt 
Sapiens. Credo quod parcet mihi , et idee surgam , et 
ibo ad patrem meum, et dicam ei : Pater , peccavi in 
coelum, et coram te. O! blasphematores, usurarii , rap- 
tores, Icnones, lubrici, et meretrices, et vos omnes 
qui similes fuistis Prodigo in vita , sitis , quaeso y ei si- 
miles in conver^one. Postquam bibit de statu peccati 
ad saturitatem usque , hoc fiiit ei taedio , et tandem 
re versus est ad patrem suum. Yultisne, o peccatores, 
ad patrem vestrum redire , qui tam dulcitervosexpec- 
tavittempore lapso? infelixistepostquamlusitfacetiam, 
lusit moralitatem ; et in ea fuerunt triplices partes : 

I **. — Status cognitio , ibi : in se reversus. , 

t!". — Cordis cpntritio, ibi : surgam, et ibo ad patrem 
meum , et dicam ei : Pater < peccavi in coelum, et co- 
ram tc. 

y. — Debita satisfactio , ibi : Fac me sicut unum de 
mercenarily tuis. 

Primo. Status cognitio ; quoniam Psalmus 82: Imj^e 
fades eorum ignominia , et querent nomen tuum , Do- 
mine. 17 , Isaias, xvm, v. 19 : Et sola vexatio in- 
tellectum dabit , etc. ; et oculos quos culpa daudit, etc. 
Sic quoniam fames facit lupum exire de nemore , ideo 
qui in voluptate excdecatus fuerat, nunc tot miserib 
pressus , prostratus in ten'a cum ejulatu dicebat : O in- 
felix infeliciorgypso, pldtre^ quotidie trito, tii es om- 
nino roengif d verminey quasi tout infect et pouny^ 
morcrisfame. O quanti mercenarii in domo patris mei 

35 




45o 

abundant panibus ! His dictis , sunrexit a terra , recent 
animum , ct cor ci rediit , et dixit intra se : O pater , 
cstis omnibus tarn dulcis et gratiosus , nunqoam dixia- 
tis Ycrbum mihi displicens , quc^ivi partem meam « et 
dedistis mihi sine aliquo renuo ; et ego miser earn tar- 
piler consumpsi : hee pater mi! si nunc irem ad tos, 
cogfiosceretis me ? Credo quod non : quicquid fece^ 
rim J credo quod habebitis pietatem de me ; Tel ali^a 
stabo ad portam caslri vcstri , et servi domus dabiint 
mihi cleemosynam sicut alii pauperi ; et credo quod 
majorem pietatem de me habebunt quam da aliis 
pauperibus. Heu! ego sum filius domus. Tunc aqiioo 
confortatus , rcliquit ibi in campo porcos suos ; acce|^t 
baculum suum super quem appodiabat se (i); et super 
pauperes tibias redibat ad patriam ; macer sicut idee , 
sec comrne bresil^ cwec ung petit roquet , qui vix ei 
pcrvcniebat usque ad poplites , aux gerrez : et tantiim 
ivit de sepe in sepem, de dumo in dumum : etiantatta 
de haye en haye , et de buysson en buysson , que perve- 
nit usque super terram patris sui. Quando a longe per- 
ccpit castrum domini sui patris , ct domum in qui 

11 ■ 

( 1 ) O pcccatores quid obstat nunc quod non agaiis poenitca- 
tiaini* Quid dicain d^ vobis ecclcsiasticis et religiosis? qiiid de 
vobis dominis ct doniiceUisr Certe vos habetis corda dura sicut 
lapis. Quoties audistis loqui ct predicare quod oportet dimiuerc 
pcccata et converti ad Dominum , et restitoere alienum ; et nunqvan 
cstis conversi. Sa^pe audistis loqui de malo divite, qui non erat 
rarius , nee paillardus , nee nutriebat concubinas , nee nimis 
bat de corpore suo, et tamen damnatus est. Quid erit de vobis q«i 
longe majora commisistis P Ofw. MaillanL 




45i 

natus et nutrituft fuerat , domum de qua exierat tarn 
laelus , tam jucundus , tain deliberalus , in tanto appa- 
ratu 9 tarn bene munitus auro el argento , tam cans 
vestibus indutus , nunc autem redibat defectus et defi- 
guratus sicut qui eum extraxisset de terra , vesiu comme 
ungbelisire. Quando fuitpropius, ibat paulatim fricana^ 
humeros contra muros castri : quousque pervenit ante 
portam , quam tamen |Nrae verecundia non aosus est 
ingredi. Cum tunc ibi moraretur , cam exibat onus 
servorum domus , qui statim currit ad patrem , dicens : 
Domine , totius mandi ego sum magis deceptus , Tel 
ego Tidi dominum vestrum filium.— Quern ?— Filiom 
juniorem volo dicere, qui, accepta portiowe sua, reces- 
sit; de quo , a tanto tempore non audivistis nova. 
Pauper pater illico descendit in infima curia, et ad 
portam venit. Vidit ce galant , ce mahtm , et dicit 
intra se ; Est filius meus ?... ho non est.... ita est... non 
est... et certe ita est... est ille sine alio.... nee sum 
delusus... Appropinquavit filio^ qui statim cum vidit 
patrem , se projecit in tcrram, genibus flexis : et pater 
supra , dessus , amplcctitur eum , osculatur , nee potest 
eo satiari : non expectavit quod filius salutaret eum , 
quod se excusaret, et diceret culpam suam; sed star 
tim eum osculando et flendo prae gaadio , dixit ei : O 
fill , ubi fuistis ? Quomodo vos habuistis tempore 
elapso ? quia video vos quasi morti adjudicatum. Vo« 
cavit servos , et dixit eis : O amici mei , ecce heres 
quern amabam. Servi nesciebant quid esset Filius se 
ponens genibus flexis itenim dixit : O pater benignis- 
sime , non sum dignus ingredi domum tuam quam 




4^2 

diffamavi, nee habere hereditatem quam di8Npavi(i). 
Sed, pater, detis niihi solum residuam servornm ves- 
trorum. Sed pater misericordia motus , non ei impro- 
pcravit suas fatuitates temporis praeteriti.... etc. Sed 
dicit ei : Tu es amicus mcus ct charissimiu , tu es man 
amy et mon mignon; dicitque servis suis : Heus heus! 
induite fitium mcum dc novo. Fecit occidere vitulum 
de pinguioribus qui assent in stabulo suo , invitavitqiie 
vicinos ad festum : fecit agmcn chorearc. Omnes de 
pago mirabantur ct qucrcbant : Quod hodie festum est 
in domo domini nostri ? An maritet filiam suam ? an 
sint nuptise in domo sua? dicitque non; sed filiiu 
meus mortuus erat, ct i-evixit, et facto ei solenne 
convivium , ung Jolts banquet. Cum tractarctur boc 
festum in domo patris , filius primogenitiu redibat de 
agro , qui nesciebat aliquid de omni hoc. Quando iiiit 
prope domum , vidit magnam hominum laetantium 



(i) Loquimini mihi, domini Borgenses. Habeiit vola 
irandi terrain promissionis P si non, ego invito vos ad damnatio- 
nem xternam, non eril deTeclus. Sed dicelis forte : Hoc cat difficile, 
pater, servare prxcepta diviaa ; certe volenti nilul diCBcile nt. 
Domini, qui debetis exercere justiciani teniporalem d ecdcsiaMi- 
cam, el hal>elis regimen isiiiu civitatis, egononhabeoniaiUi 
ego facio appellationcm : nisi deposueriiis ribaldaa , ct n 
& locis secretis. Habclia lupanar fenne in omnibut loci* ciriiaiii. 
Heu ! hcu ! ego morior quod voi boni vtri non clamaUa contn 
justiciam. Et vos marilali, bene scitis quam viiam duciiU ? qoile 
c-iempluro datis filiabus vestals? nullus munnurat, quoniam onuies 
capiuni profectum : similiter ill! qui locant cis domos , qood noB 
possuHt faccre sine sua damnationc. QAv. Maiilard. 




453 
socictatem in circuitu domus ; vidit caniiDO& fumare , 
histriones sonarc suis instnimentis ; el videns ibi fieri 
tarn magnum strepitum , nesriebat quid cogitare. Oc- 
currit ei sen'iis , a quo quesivit ; Quid sibi volunt haec 
omnia quae audio ? quod festum eat iotus ? Dixit ei sei^ 
vus : Pater tuus gaudet mirabilitcr , quia redtit frater 
tiius. — Frater meus ? et quomodo rediit ? rediitne bo- 
nc3te sicut exivit f — Rediit vere , rediit cum maxima 
paupcrtate, et totaliter nudus (i). — EUt vcrum ? Gerte, 
hodie noD ingrediar domum in despectum illius. Venit 
ille servus ad patrem , ct dixit : Filius Tester senior ibi 
est foris , et juravit quod non intrabit in despertum 
fratris sui, propter quem hodie facitis festum. Pater 
ivit ad portam domus pro pacando animo filii senio- 
ris. Et dicit ei filius : Quomodo , pater, estis vos tarn 
detcptus et captus amore bujus infelids luxnriosi ? 
Umi assot^et abustfde ce paiUard F SeTopcT fui vobis 
obcdicns ; nunquam aliquid feci quod yobis di^liceret, 
semper conatus sum augere bona domus. Vixi sine 
reprchensione ; et tamcn in domo restra nunquam 
tledisti mibi unam diem gaudii ; et pour ung coquin , 
pour ung marauU, pour ung deUstre, pour ung paU- 
lard , qui cum meretricibus , et vili societate in ebrie- 

( 1 ) Sed dicunt aliqui : Cater . numqaiii ewet pouibilc qood ba- 
beremusdeliciashujiumundi, et poitmodnm paradUomP Hoc riirt 
tiobis niulliNn delectabile. Credo qood <nM mullercs CMclii ronltain ■ 
jticundx ; ct si aliqnU praedicator illud vobii pnedicarct , babereiii 
molluin graluni si poMctia ire Ciiin pnlcbrioribiu Umida veatria ct 
cuni cyrolhecis : eerie Don eat possibile ; sed ai Tuhia kabere deliciai 
ID alio mundo , oporlel quod babcati* nuoc laborea. OAvt Mvttiini. 




434 

tatibtu et lubricitatibus disnpaTit bona vebtA » t^ 
sua voluntate se bannivit a domo vestra,' ^i <uis 
piUchris factis procuravit toti nostro sangmm. d ftufe 
nofre race , dedecus irreparabile : et adhuc ut plos 
innotesceret omnibus opprobriam nostrum, Tocatja 
oihnes vicinos nt essent testes de hoc capite operia , de 
ce chi^ d 'ceuvre Hee , pater mi , pro tali filio , fatii''^ 
faire font de coquet, tani de haka? Pater videiis cOr 
filii sic commotum , pmdenter niaus est duldbus vOS 
bis eum sedare , et dicit ei : Fill , tu semper iatitam 
es , et omnia mea tua sunt. Hee , fili , bene TOlo -qaod 
sciatis quod nihil scparavimus, nous ne oPons'Ttaa 
party ensemble ; quidquid habeo , est vestmm* -Aon 
parcatis, etc. (i). 

1- — ^« ^ .1 

(i) Per i»iiDam rtolam, mldligilur ^atia gntma&deksiprir 
annolum, fid«i carilate firmata; per calcUmenta in 
sursimi erecta ; per vitalum saginalum , corpiu Chriali 
simo Sacramento ( OHv. lUaiHard). 




455 



fe^Sno 



PARABOLE DE L'ENFANT PRODIGUE 



EN SYRIAQUE ET EM PATOIS AUYBEGMAT. 



AVERTISSEMENT- 



J'ai pr^f^ y pour la traduction de la Parabole de 
V Enfant prodigue en patois aurergnat , la Tersioti syria- 
que , parcc qu'elle doit approcher davantage du dialecte 
que parlait Jesus- Christ. J^ai voulu d^aiUeurs faire voir 
l^analogie qu'il peut y avoir entre une des languea s^mitH 
ques et les idiomes du midi de la France , qui ont dd tant 
emprunter de T Arabe, de FH^breu , du Syriaque et du 
ChaldaYque , pendant les croisades et durant le scjour que 
les Maures ont fait dans les provinces situdes au^eli de 
la Loire. 

Ma traduction avait d^j^ paru en 1828; mais j*y ai 
fait des corrections et des ameliorations assez conside- 
rables. 

J. L. 




456 

Dipi'nirSjjiiia 
IP oniixSBp 



:Tnn««'nn'i«inni» in mia ■■ 
tPmn mhuSb iH si las »niyi rro nS inxi '» 
: rnijp xirh jSsi "imap ^ 

ffiQ 43 miTi rna in va S^Sp ««noTi ina pi «s 
wn 13 ruijp ITS pni xpTn tnnS Vim ttoti 

iirnrriB 

Bin MM3 «in rh sin n'HT mn Ss idj tji '4 
;nS -iDn ■nm in mrao 

ini in (nnm winn 'n p inS nS «)p3 ViKi "5 
: Kvm xyioS wmpS mrtr 

TiSsBi iwi nai-in p nms xSnoS «in juitidi '6 
: nb mn a-p wan i«Si mrtn im 

niK »TJ» Ki»n 1103 iD« nwBj ni4 nun isi ij 
: «:« ins '3B3S Ksin Mm «DnS ^inS im ■<a» no 




457 



PARABOLE DE L'EFON PROUDIGUE; 



£o patois de Nahrte Ouv^rgna , soubre b vertfoo syriaque« 



S. Lnc , tzapUrc Uenie , verset onze. 



11. — jIn hdmS avidt dous Sfdns. 

12. — Lou pS dzouine digu^t it soun paSfre : Moon 
paire , douna mS la part dS TSiritadge quS mS revSit 
Lou paare lour partadzcd sa fourt^una. 

1 3. — Qqahrques dzours aprez , loa dzoume gar^ou 
ramasset soun hi , 6 partigui^t pSr voudiadza di^ns oa 
pais Sstrandg^ , i dissipet ati tout 90 qu^ayidt ^n dS- 
baoutza. 

1 4- — Aprez qu'agu^t tout mandza, la fainina sS' 
fagudt sSnti pSr tout aquSr pais , e zSr couminquet i 
counussS loubezdn. 

1 5. — S^Snan^t d ati , sS loudz^t & an ritge bour^ 
dzouais quS rSnvoudiift di^ns ^na borii p?r garda lous 
coutzous. 

16. — Ouridt bS Yougu rampli soun y^atre dS las ca- 
loflas quS mandzavou lous coutzous , mCi dSgus n^yn 
dounave. 

17. — Addnca s2 digu^t 4n zSr mima : qudntsis mSr* 
ccnaiVes k Toustalir dS mon paSire haut dC p6 tckit quC 
Tohrou I i diou Sissi mdrS dS fdn! 



458 

in TK inis mprm -pai m3!» xw '''sn >«Si '9 

Dmn«i'iTO(tirnnpTnimyi'niai«niSiw»npi «» 
: niswji mix Ss Sbs nmi tti'w 



Nisrt«SiTioTpi«io«Dn'onr3i«manSlDi«i «• 

:«ip™«"rWTiBH" 
«nwn mSodb ipss iniiasH vm win tdh >" 
: WDD irmsDKi nr'iQ Knpj imsl TTwaSn 

: DDarul SiDWi sooBT mm iSlop imio »3 

nsnwm win mtski tt^m sin ntiid na nam »4 
: lODansS Tnwi 

inpi «n« 131 «in twinpa taxrap rra p in »5 
: ««<ijDT (nm Sp sow xrra niS 

ifrun un nSs^ffi teha •p inS mpi >6 

131 sooBi snin lias Stapi Knw fm» nS tdh >7 
tnSaen oJSn 




459 

t8. -^ MS l€rwr& , m'faianarA rir nmin prifre , 4 dj 
direi : Moon paYre , ^i pStza cdntrc lou ciahr 6 dSvdii 
voui. , . . . . 

19. — SoQ pM digne d'etre iqppda ir^Itle &»,{ tealt 
mS equine 19 tK ipdstgis doumSstiques. 

20. — SS ISvet , s^Sna&et ySr Man pa^. Ziri ^ih 
qu^ra Idn^ aoun pa&e Ion T^l^piet, et feugii^ toutaft 4S 
campaasioiie, a&bout^t & courrct s8 djCtt^t h aoun cou&'y 
^ dy fagu^t dS poutous. 

eiahr. ^ 4^¥dn vous, sou pas digne d*^stre appela Tdate fir. 

32. -^ Addnci lou ptfrc digoft > aooi dou mfa ti qtt ta ; 
poorta dy ristraa prim^Sri , aa pSbrari raoubft , blatiij 
lou , bouta dy ^ an^r k soun dSt , ^ dS tsabnSa as p^ 

23. — MSna lou vSd^r gras , sanna lou « mandidii i 
dSvartissdn nous. 

24. — PSr f o quC moun fir liri mdrt ^ iSs raasosflitai; 
zira pardu ^ s^Sa rStrouba; ati dSsoubre sS bout^oa fo 
tr^n. 

25. — L'^ina ziri di^n loua tadns : quan a^apraalift 
dS Toustabr , dusigu^ la fanfari de la teahriti , i loo bra 
dS la d6nsa. 

26. — Soun^t ^n doumSstique ^ dy dCmandA qiiBi-'' 

ac<S ? 

27. — Lou doumSstique dy rispdndigodt : Coo-aia 
vdste fraiire qufi yengu , Tdste fUn 6 fiSIl sanna loo ^ 
der gras p{r lou rCcCbre. 






46o 

: nan Kra viiaK psji bsnS Kin »ta» hSi ini »* 

•fi Nj« nSs V"' «D3 «n ■mans -o» p in »9 
HIT »4 idij Dina pi ^rtpis may Dinn ini xrmas 
: ^m D7 QDain ^ 

rcaa mtki uniji os Trap ms "o yay^ «eh 3" 

mo Sal nj» inj pi Saa n» na 'man rh -ia» *' 

nrPD Tini« Ksn inrtoSi iS «ii« s'fl fi DoanS 3» 
:narn»«i sin nraw ttm mn 




46i 
38. — L'A'na toat ^n cour^la Toudirft pas Cntra. Lou 
pa'i'rc souttgu^t p?r T^ngadza. ■ 

29. — LVi'na diguct k soun paire ; Atid dSdza bien 
d'annadas qui< di'ou voui serve san vooidSsplai're, ^lz»- 
raaV mVvez voui dounat ^n tzabri pSr mi rigalat ambS 
mous camaradas ? 

30. — E vdste fir quS zd arala tout soun b? ^n mls- 
tzontas coumpanids , anib£ )Si dzan^tas ; quan zis vSngu , 
zavcs fa'it sanna lou v^der gras ! 

3i. — Lou pai're rSspoundSguet : Moun fir, tu z^s 
toudzour ambS d'iou, tout ^d quS zfi Ss ti^ou. 

3j. — Tzadidt bS Ca'tre festa i aS rSdzouzi, par 90 
quS toun fra'irc z&ra murt e z2s rassussita , z^ri pardu i 
s*ds rStrouba. 



Fi di la Parabole dS I'Efon Proudigae. 




46s 

Traduetiou dc U Parabok de TEnfant Prodigue, n patou dc U^, 
cnToycc par M. d'Ohalius de Hallov, goavenwur de la proriiicc dr. 



1 1 , In bommc ncut daux lilf . 

13. Li put j&ne dej ilcox \j dit : ftn dint ■»' fon qqi m'rbt at Kdafnnk 
J fait len plrtaclw* > 

>lou del kmiru di tnUc-'xe li part qn'il avcDt awou . 

t^' Kwui il euttotbu etiot magnj, airiiv Ine p^nde fimaoae diviiu Vfj* 

oastt qa'U ettcn at vola qni k'minca ■ t'avn fiini- 

i5. I va luUc n'$akj di f Vy* ^ V* ''<*(>■' wlrdi ■« poiuf uii 

t(S. II aiTUt voloa rimpli t'Tinle , miii on dIj d'nJTV tin at Ml pmv^att cfj 

I'air d'cl'fi: fcaivc tat magaant des bagiiei d^ pens. 

lionli 

i8. i'jKt iTova m'pire at ji If diret : Ta petclif conic li Cfr M ci 
19. Ji n'mfrile piu qui >os m'loumcsie Toaie (ib , traity n> cm 



I, If lairlle 1 gol^ et ThUie 

ai. Li nU Ij dit : pfre.j'a pelcb; «onlc li cfr et eonte toj , ji n* inMla pM 
qiii Tos m'loumeMe lol Gli. 

la. Li ptre h<«l> *c« liileli et Ids j dit : jUeje qu'on I'aporte U pnuana 
rolic et qiroD ly mouise, qu'ou Ij mcltc inc bague e s'dciigt et dai idle* f 'noa 

-j3. Prindci oncra vai, touwel , qui DM Qugnaoic et qi^Doarl|M fvaiti- 

a4- Parec qui m'fils qiirileni moil- eat rafiqne , qa'il eatept pierdoa et qo^ 
ell i''tri>Tii et yo\k qu'on ma^^e to tot gei diati. 

'.i5> Awct mail , li put vj dci Till qu'esteut ■ champs , r'vint at kwaa il Mt 
int pria de I'mobonne il o cliantc et muiiquj. 

ad. 1 iiouke onk dei virleu el If demande f ou qu';onU Tont dire. 

37. Ci cial If dit ; tossc hi est rivnon et TOaie ptre a fait loairi am crt 
vai parf'qni la r'trove bia poirtant. 

38. Volla qu'i brogne et qui n'TOiit oin inire : li ptre aorti et kwytc k VH- 

ag. 1 dit a a'pera : I |^ia ollant d'annaiei qui ji v'liete aiai vz'aTO jipKe 
miuiqui at Tos nhnavez co mJic due on biqnet pot gnile non nua chbA- 

3o. Etkwaa vosie fib T'vint aprii avti bu et mannf lot ;» <ln'U aveat at mi 
vz'a fail Jnu I'poce ji baut vos If (i touwc on crA vai. 

3i. Li pcTCly dit : M'fila t'c9 todi avou mi el ^ on qn'eil d^a oendk cM (Ta 




463 

TraductioB ilc la Parabolc de rEpfanl Prodigue, «i patois Walloti iea 
mvirons de Malmcdj, eiivoyce en 1807 parH.de Pebigmv, Sous - 
IVcfel k Malmedy. ( M. I. ) 



II. Jun' y iveve onn bommc qu'aTfTfl deiu Bli- 

11. Et I'paione dei deiiii difaa atoik I'perc : P«ra dnoo m« la part do Vhi- 
ril(>)(ch< qui iD'niol. & i partiha s'biQ inU I'eux dtnu. 

*i3. Nin binco H'^ouri aprct , I'pu jAne lalal Tamaiia to fon qa'U av^ic, M 
inn'alla bin loog il'vui oa pan etranghir , wiiiqn'i diupanaa lolle >n pait U> ii- 
quant al dublgcbe. 

i4' Et kwand qu'il out duspandou tot k fait i lorTiDie odds fbila liana* 
d'vin ci p>i U. Et i kmiiifa k a'troitj ol mucrc 

iS. Et inn' alia, el i fout a'melte a ticnice d'oaqni dai maaaaa d'eiptf la, 
tl ci T(>ci I'eTOB ci I'tifue po ward< Id pmiTfai*. 

16. Et il ouhe bin toIoq t'riinpU I'liNdc aioa ranugai de» poarfaii ; ct 
inn' y aveve oonlu qui U cnn' doake. 

17. Mala rimr^ d'vin In ni^me, i diba ; Svantci TarloU ont da pan i I'a 
boodiRce d'vin 1' mlbon du m' pen ! et ml j' monre TOci d'bim* 

iS. Ju «o nthi d'foula , j'irci idiob m'para M fit dirta ; Pen , fm pcRctil 

19. Vola qu'ju ti'to nin digue d'eii loum^ loi Sh : prindo-mapo oaqiia da 

an. Inn' alia don, cl i rcvinia aaioa >'p«r>. Haia koand qal fMiaaaes prcl 
do I'mlhon , lu pere In i^a , etQ li ei 6t ai ml , ifo'i li a&U I cA e( in Pbtta. 

31. t't I'Gli li ^ha ; Pen , fa pei^hi eonte Id ci •( coote Toa : ja n'aa nin 
digne d'eaa toaa>4 *o> fiU. 

■J3. H 
,1 lapo 

33. Et alleta priada la era* iti *1 lul looo M a'na||iiaBa at a' ftwana gaaac. 

34. Po cou Va tn'GIt loci ••lent Daoir e( qu'il Mt raiiaki ; U eatenl piardmi , 
t-i il e>t r'iroie. Et i kmiacint k ti Tgiaae. 

35. Mail Vol dea fib Mteut i cbauin el kwaad qu'i ■'viaia M qa*! Ml ta 
piii do I'Dialion , il oa I oattrte et lei duitati 

16. El i houka onqne dea liertaoa, et i li damaadi (oa k* c'aatcat foola. 



-jy. Hail r6b reiponda atoaa'pere et a' li diba : Voll taat d'aimjel qn' fou- 



3i. Mai* I'pcn li dib* : Hn lib 10a eito todi aeon mi ct to fon k')a c'cu 




464 

Traduction it la Parabole At rEofanl Prodigue , en patois de Namnr , 
cDTOy^ par M. d'OvALius de Ballot. 



II. I niBicii one fu on Uonunu qui nvenve d 

■A. Et Tpu diooanc di icli dit ■ t'oirt : E 
■n'Tint. El > leiu a fait Ud pjure. 

i3> Et an boot d'quequei djoai , iprei awui ncDonae HnimHui, aa 
dioonne del deux cil n'tsvooie au dijlc bain loag, el tuU il > mOBgoi I 
aliain as viquanl romme od ininnet lone. 

14. Et apris qu'il a ieii tappe tot f'qu'il a*oit k nunWaat ctt aornBn g 
){midc famcnne dains c'ptii-la ct il a coniniiiDci a a'lroTi daina I'miiirc. 

tS. Et il psi stevooTo , et il i-st a'latnlre an aervice fon luMUM di f'pMl' 
« i I'a pvoilii a s'tinae por j wniird^ In poiirciai. 

16 El il Bui-cuTu baiD >olu s'raitnpli r*iDiu de* faTetU* qui lea pontc 
maugnainnei el peTtounno ni li es d'neuic. 

1-. Mail raiolre daina li maimine , i dit : Combalo d'tanrleta daiaa fva- 
iigeoDne ili ia''pere onL <ln pouain toLlen too! Et mi vaict dii cr«ro di (bnua! 
18. Dji quitirois ^'pu-ci , ct dj'iroii emon m'pere et dji U dinna t PArc ^a 
offiiince rbon diet «[ S^zot to( oaiei. 






I paurte et it troTe I'pere ; nuis conune il eainit co bain lonf( , a'pJr* 
li woit el il eit touchi d'campasiion et conrani au-d'vant d*!! , ■ li aautclla aa 
coo et 1-ba.^e. 

31. Et I'flb li dit : P^re , dfa olTaince I'bon diet et d'lM TOi a<nM ^i 
n'meiilf pus asteur d'ease nomme Yo»e fill. 

aa. Li pere dit aloort a lel vaurleu : allex qnairc 1e« pni blaa hAJLfaiua 
L't metloa lea li aid'couare , mettoi )i one baj^e i I'doigt et dci anMa daijia 
ac> pla. 

as. Kt amonainmn I'craa via, loiiez-lc et noa frana I'fieaae. 

a^.Pusquidi'lila eatail monart et il eilravique 11 eitoit piardn et il am\ I'trate 
et il n'toni metlu a linie , ct u I'aont bun diTertIt, 

aS. Mail I'pii vi dei ^ar^nna eiiteufc ana tchampi et cobboc i r'Tineiin 
et approcheuve delle naugeonne , il etaind qa'oa tcbaotoit et qn'oB fioit daBi 

a6, Et il appelle onque dci trutU 
■J-. Cilici II dit : A ni.te frjre e.i 
puaqui il I'a r'lrovr bain ponarlant. 
■jS. Uaia ^'lii-i a s'ti monai , i nWoloit dud rainlr^ , adorn a'pjrc ettant re* 

91). Mais f'tici rcapondaat dit a a^pjra : Vola d^dja oaiant rl'aiw^i ■ ^ 
dj i voi liedi , el dji n'*aa a jainais luanqiiv . et T09 n'mavol yuaaia doBM 
lanl tealnuiiinl on bnc. po rn'refpler avou mcs camaradcs. 

3o. Mais aprea qui f 'tici tosae Hli qui a moDj^ lot I'baio a*on dea f oloppaa 
rivinlvos liot. loiir I'nan lia porli, 

3i. Mais s'pere li dit:Hiliti, 10s caloi todi avoii mi cl toi f'quidfa fat 

3'J. Haia i ralloii bain h TCctse ct li r'dj^i paiqoi voaae frjre cstak 




465 

Traduction de UPirabolcderEiifMit Prodigue,<n patois WalloD de b 
partie du Hainaut donl Ja viHe ck Mou est b Cipiute , raroyfe en 

1807 par M. DE CoNiHCK, Pr^fet. ( M. I. ) 



■ i> Ein n'laqutaicwdsux firm. 

13. Le r'culot dit ii s'pce : Pep , bailie me Ppart do bU qoi du r'nct; atl'pi* 
l«u bailie lea part. 

■3. Ein p«u apria , I'pai j&ne waluto ramoie toot cc ^'il a , i •%•«■ M 
voTagc elt'ein va ein n'Hchu bidloDg.M ifaroil-U i briicmde loot eaqo'ipoi- 
■t(lc an faifant ribaude. 

i(. Quand il a toot vailM , il arriia ein terrible ranene d>cln* i pdt-U , 
et i k'lDencbe a aeDli I'miaere. 

i5> 1 part «t i I'en n I'bonter (-ilet cbeii nn maiMBt dn ca ptfs U , 
qui Vcnvoic girder lei poarciiux k •'cenee. 

16. II aroi bie Touln rempli I'leinte dai cmaiaiui ijat cbea poonhaMS 
megneoo'tc , mail 00 ne li aia baillmi mi . 

17 A rfin iprii ('BToir hii rappente , i M dit 1 li 'm^Bi : CoobU T a t- 
Ac manouTriert 1 rmon d* a'pte , qni am da' pain 1 plinth at mi )a m' ^Bara 
de fiim droit-elii ' 

iS. I faut qae je i^reane eotn{{e et qua je rViieke dalex npp^e M fna fli 
dite : Pea , fai maDf-iiL 1 I'cDConte du ciel et eonle ti. 

de te> nianouTTin*. 

ao. Par aptiiia^aiunpa at i I'an i**a dales I'p^a. Witaaeo bU tnBg.fna 
I'pje I'aioa d'ja lawi. Id's piiij , i coort i I'raward, i ('raa k *' tf hatiiaa 
et i rembraiae. 

31. AtloDc *' 6«a li dit : P4« j'ai pAche conla I'dal et coMaii. fc n'piMM 

M Et I'p^ iax 1 aei variaU i Alias vol ein M rade qama a a 'pM b^a 
casaqoe \ racbemes la bi^ ; bonlas U ein BBiiiaa 1 a'doigt at dai lalati li lai 

a3. April TOi anMnarri Tent oian : «M Fmct«s ; no* I'MatyMnu at MM 
faroDi boDDe cbar«. 

34. Car m'fiva que r'cbi itot, mart, a la I'U rraotcild; H Jloa immmmtn* 
et la il* rekan : ^rti cba , ■ I'boateBt 1 bira bonaa lortfca. 

35. L'pui liiax waltoa Aoa 1 caolpa ; et ein r'tefuot , 4taBl an pnicha da 
I'ninn , il entaod del guialaroaui el del duaai. 

36. 1 rric apri* ein del irarlali et i li dcnaada aha qua eb'a»t qua lout cboaT 

37. C'li UU r^pood : Cb'ail que tm frca ait r'tenu; loa |p^ a iMl'crai 

(Le mu aianfue.^ 



4W 

Ti-adiictiuii dc la Parakiledc I'KnFBilt Prodi(^,<Ri difeleCtedc 
( dcpaneiiicnt du Nard], aiT03n!cpar M. ikOLiTi-eoi 




i-j. Elpusjoancilil lio iiiii Miiiiiiii . iliiiifai ifcin fci y M ^ ' ■■t*h il'it 
ini. Et cU'ptre lieu* i fc I'jiarlijje d'lin bin. 

l3. Deux Inu jouri i 
Mtmi loul chou L'il 



i5. I li folut doncparlir, ia'mU ffarclion d'cour bod tin cinaiar d«ch'pB-u- 
ta, poor warder chis pourchaux , 

i6. Et la droU, il arau «lc bin aj;u dVimplir •'pinche avaa chit 4c«rc*i 
k'chei ponnhaux minltenl. Mail personne nu Ti en doooaut. 

I7> A rCn flccnt r'rnii in li ni^mc,! digeau : ComInD a'j a U 

n min pice ki oat pm d'pnnk'i M fant! 

[8. 

■«i 

leu\i 



i8. I fant k')*!!!' Xitye, k'fvoiche iraaver nun p^ •! ka fli Jjnha tMi 
piru fai pecbi conts el cicl «t cimteur vou. 

t dinoe d'^ia hM Toa Cut. Traittone CLamaa <— J« int *«• 



™., ii.„CO,«ilVh.g«, 

ai. El ain Gu li di iniin : Mia piro , j'ai peche coala cl oiel 
Jn niui put dinnc iVtm huke Tos liiu. 

ai, Adonc ch'pire <Ua tt* luleU : Apporlet t'piciniira ei ^ 

li 3U> sin dos. Mvltex U in inniau i iin daut et del loiloi i •«■ |nadl> 

a3. Am'nei chi cb'Tiaiu crai it inei I'niiooi et fai;;coBi bonoa cUra, 

a4. Parcko k'min fiui I'll alau mort il est reaauacile , il itmn pvrdn at il at 
Mtren*^ ; le* VU done ki ('nietlCBt a faire r^gal, 

35. Pindeen chviiin piu liui f;aTclu>n,k'il •'tandins cliel ktana , II n^(HI « 
kcBo k'i f> tool pcii d'cbel niaton , il iniindit I'ton d'ehEi tinltMn at Migdi 
d'ckeux ki deen^oilent. 

a6. Il hnka don cen de ses varleta cl U d'aiernda chou k'il avail. 

V]. Ch'variet li Trpondi : Cli'eat k'voi frerc eat rceou M Toa pira a taj 



V}. Cb'variet II T»pon 
ch'viaii cra> parclic k'il 



a8, Cba Ta niia in rolere el i ii'a poini voln inlnr dim Pinaanii Kapbt 
-•^ — ■ — '■'ie pou I'prier, 



jcainai* donnc in miifjuel poii m'divertir aieu mc* canurade* , 
3a. Hail oiiitOt k'vos n'aula fiiu Lit n ccbiUe TOg bin aveu del 
r'venu TOa aTez tue pan li ch'viau cni- 

3t. Ch'pereliditiMinflni TOiMei loudiiarcu nn et tout chou k'jaiaat Ivaatj 
$3, Mai* foUii iriiter ct nos ditertir parchc ki' voi titrt ftau mart cl-kV 

estrcaauicite, il euu pvrdti rt ilcat rHreme. 




46; 

XriidiKlJoii dp rEnbHt Pn^v m di.ilcclr du ualon d'Ai'nu.depir- 
Icueiil du Pw^k-Cahis , aivajie,m iHo^ , pv M. dk I^* Chaise. 
Profcl, CM.I. ) 



■ 3. L'uus)ODr diti laio pirn : main pert', bull* ni'cbou qui iIouodui r'v'iur 
oH nous liluD ut Ivu perc luu parlil iiin hiun. 

i3. Ain n'siii jrur.iru, quuic , cheon jours BiirFi I'jiiu (in il'chi'i ilnui 
rfeuiM OTinl r'ca^ille tnul ■' n' hcriu'nMin , n'ol judtcw* daim ulln p^ii 
^ranuin louon , ilu i{u'ilvrhiUa loat ('n'Mi^pnt Bin ra|{**iit rbrasi|pnd duiia cbr* 

i4> Al>OT<l iju'il o cu tout bu, Inut mU et loul drjle ( ilUiipK ] , il o v'nu 
ailoac ilaiiK cli' pabU lo ainn' famiina cruiicUe , vl i c'nuincliiiiiaii iTaiioir 
toa-ju ir)>iiii-jc (tv'im de piin^. 

iiTove ii d'lo, et an eltue aMn d'un ' 



I ane t:d boam ■'piancka 4«' -'i"'Tii 
q'lniouvllvat this cuchuiu , nuja ain n'li ain luilluuaii poni nul. 

■7. Tvant qu'a la fiiin-ji- , tV^aliucaDt ilalni li maimr ,1 i]U : Kiimbim 

S'i n'iu d'vai'lrls Rion iTnuin pcTp ijui voni du poa-jc • iri'op ! Kl mi cli'inut 
i a iiMMirir cf fnn-T> tot ! 

ift. J' luVlicic- J'lrajrc uuioir ouin pkta ; fH diri^ ; Mala prn , fmj^ 
tenixi vu-a-vii <lel ban ilin atT ^inu fUnU 

1^ ICt n'lui pus ilatnc d'ett' Tou) hu , iraitctn' tout ainiwt^a ^u'aiii d'chr* 
varltiaifui seonta Liiiatfr daiaa vuuii niuOQ. 

30. I t'o doDC i-Mtt 'Vl a'o aini'nu itmoir (a!n ptre ; lain pcrc P pirchiit 
<|>i'il rtouaii roiro loiioii , et iiuiiirant raile a K , il To ctrain-jv * lain co »1 

"j'.'^Lr^'ain Hu li dii : Main piir , j'ajc Tiiuit' rit-a-iia diF ba> din ad* MM 
jrtont L-t II su) put daina il'vll' yints liu. 

33. Pon Ion laiofiirc crio a <ca varlrln : Marchta ra^Mwa mi»ii '«n' pre- 
niii'Tu caiatpir, ct meltn-Ii daini .laui dnt c( nmtw4 ain atutam daini tain 
duiio Ft ill's ttalvjf daini lea pii-iki. 

a], Li (i lUlojes M liaau crai i>t rgorgcs4'BUau H bgcou IriEOI. 

34 Parck' main liu i|'vlo (ju'rlouaii iliitaiDCld c'ast tiicaat, iiit'il cloiiait 
panluct qit'a'l'raveoni. 

'iS. Paiodnnt ch' lo, lain pu!> liu Ilu i''v'niiua!t d'clics kicainpa , *t arrivcji.- 
all procliad'a' niaiuii il o eoui iz' otults ct pi I'tTain-jc d'chci d^aoic*. 

3ti. Jl o eric eh' Taiitl at a'aatnquele J'U cLoa if c£' ctonail. 

a^. Cli' TarlcL li rvKindM: Uwa toua I'rvre i{u'«il t't'dh cI loiia prn o lu 
rli' riji livau . patch qu'il To r'vu uiu boine ivialc-jt. 

uS <:ii' 111 rujaiit mni'nui'lu: , bi aSoluuait pant rainun J'ini rnuioD, mav<' 

a<>. I li u rc»pli<iui: : V lo pf cbo ( dnja ) par noinfcn d'paiw i(u'erh' «<hi- 
am et ^BBioiic I'naje f^Mc-vv (dFtoLei) a bu d^uu* >oai c'maindcBwiDi'- 
O n'mas pouch'io ianaiac bailk'jv aia eaMy [H'r ui w'rcfg^i' atunnu-*Co' 
nuratu. 

io. Ah joiiv d'auiuurdhoi ulu >aut bu igiii ravrneurt aiDHiiil'i d'avoii mi 
tiiiil i-liou qu'il aviinail avca d« caimriici ct o li lucl oaui viean eras. 

3i. Su •^b'jHonnt la rprt'c li 1II1 : M.iin Cd loi^i <» In uviii mi rl tout chou 




Traduction dc k Panbolc de I'Enfanl Prodigue , cd dklcde dn i MUiam 
de Cairin , arroDdisMment de BAhime , d^rtcmtol dn hvd»Galait, 
envoys, CD 1807, par M. de La Cbahe, Prffct ( M. I. ) 



■ i.UnHomn>e.vo.lei>ifi[i. 

13. El pu jonnr dil ■ ten fin : done in 'put da nn k«B, M ate piN k 

i3. Pbu cd ictnt aprit , jcbc pn jonnc ■ cn^orte aim li lool ebon p'B am 
M •'en il'ilU roule ken Ion , il ■ tout mi en fricuis. 

t4> Aprei qu'l en toutnuc, in'ia n eune dif;eUe dea cbepai li, y laMiumi fc 

i5. IffoluquI a'mcche enicrvicke Bond nn hoBUne lU cha patU, cfcllMiHBa 
I'a eniaiedeD le cense poury wwdBlcD pouretuaui. 

iG. U idiiro i'Temp)ir I'panche d» ecerelie* et qn' ehax 
■nioiUmt, Mf pcrioDiia ct n^ in doDDO mi, 

17. En peiueni cDlimJme idit: T nia ban des poveion-Iara denl^HagtM 
cd men p^re qui onl gnnuu ed poin , et mi e|{*manri chi ed Ann I 

iS. I fanl ^ne j'me liriive , qna j'men voche tit mati pcra M qas jli &W^ 
Han pire j'u manipiii codU Dicn et vooi. 

19. Acheienr jc n'la mi po digm i'itt appiatle to Go, tril^sa m^mm» mt 

30. 1 i'b cUvc, a t'du ■ ]<□ pert 
■perchn, il ■ u compuiioo cd li, 

91- El cb* fiu li dit : Hen pere ]'e manquie ■ Dien el 1 ion* , jm ■'«■ M pB 
dijpM •cbalEar d'jca 10 fiu. 

a3. Hai* at che pin dli a lei vaileta : apportei-U achateor n' prli^ilta 
buclte; BBtMs li auaii nn oagniau en fta do m de* lorlctt ta an fwda.''' 

a3 Allci quero et ck* Tiau craa, taellc, mioDS el faxroni boMM ^1ib. 

af, Parche ek men 8n qoi cto mart, il est TeEhachiU , il oU pMda| il nl 
r'timtji, ct it ont Ti bonbancbc, 

a5. Den I'meme momment tin pu Tiu liu qui elo den cUi eanMra r'VKw; 
qnand qn'il ■ iti tout pre) Ai; mageon il a EUlcailu cl muaiqu* ■^■MM. 

36, II a crie iprta un cdiea varieti pou lanor chon qu'i n'i^f^ . 

37. E* cb' variet a dit : Cb^ to frcre qoi Mt r'vann el *o pit* T^aat qni 
■ 'porta ben a fait tne fcbe viau crai. 

aS. Eche pu viuCn n n'^to lienDoinair qui n'ami volu enlr< daBl'^ua«a, 
ehou qui a foicbic ten pcrc ed widie et del frU d'enlre avcBc li, 

ag-Me ilar<poDdiiai>enptre:T n'y a i^i lDn|;lem* men ptra q^j'voacn 
sans one j'vos euche manqiiic ct portent vo n' m'avci mi jomm4 doM^.paabfa 
im ptiot maKuv poor m'cnbofjaier aveuc mea aEamitaei . 

3o. El quaod qi-'nn fin conme cich' lila qui a mil tout gen brn'Mhae dn 
fjuvuaei cat r'ltenu , vol a*ei fe tue pour li ^hc era) viau. 

3i. Sen ptre lidit: Hen £a pour (i I'ett (oudi areiic mi et (piia mi iwa fai 




469 

raductioB de la Panbole de TEolaot Prodigue, en patois popdaire de 
la ville de St-Omer , envoyee, en iBio, par M. Wattriivoub , Maire 
de St.-Omer. ( M. I. ) 



1 1. Kun home avoueit deax •fans , 

la. Don I'pii jeune di • sin perc : Min p^rcdon^BM eclie qni douolt ■^arrcnir 
vd voa bien. L'pere leu zk fait I'partage ed »'m bien. 

1 3. Pen dolour apr^s Tpu jeune ed ch& deux ^faas aajant print Um cbe cpi'il 
avduoit s'in aita din un paays Stringer for Mognie u y mingea ton sin bien in ri- 
botes et in banboches. 

1 4* Quand il I'a eue tou dcpinrai , une grande fanaine arrita in cha patjt la et 
il commincha a quere din I'miMre. 

1 5 II s'in ala doa in condicion cbe nn bourgeouoit dii paays qu^il TinvoYa k 
>^ina«on din rh^s camps pour ^tre gardeu d'poarcheaux. 

i6. Kt la il eiouoit beoage asuez ed'rempiir tin vinte d^^corches ^qoe ^bi§ 
ponrceanx mlngeoitent ; mais personue ne Vy in donnoiioit. 

1 7. Infin etan arvenu a I7 * il ui in ly mime : Cooibien cacbo qn'il J a din I'mn- 
•on d'oiin p^ra od garchuot q« toot Noua ly , tfd ont pa de pAiijn qui n'lcna 
in faut; vt mi tfu t^iclii a mourir ed iaatn. 

18. I faut que jc m'lieve el qu^j^altf iroutonocr min p«re et qui f li diclie: Min 
pire , Tai diabement mal fait conte Tciel et conte Toua. 

19. tx jenne su pu dingned^ite appeli vous fieu. Traitime coranie nn d* cbit 
gins qui vous servelenC. 

'io. Isserva don et s^in n^alla trouvouoer ainpere, ct lorsqn^il itonoit incor bin 
louin , ain pere Tapercbut et in £ut tou rimpli de compacion et qovorant ik ly i 
ar jta a sin cou etl'baja. 

ai . Sin fieu ly dit : Min pere j'ai grament pecbi conte Fciel ct conte voot \ el 
jenne su pu dinne d^ite apefau vous lieu. 

ua. AlorTpere dit a »en gins : alez vite quere »*pretaiiin robe et foorvs ly an 
sin do!t ; mettcx ly un aniau an dcuet et des solis a sea picda. 

a3. Amenes aveucque Pvian eras et Mi^He, mingcons ctfaigconalioanc torcbc. 

a^. Parce que min lieu que via cbi etouet mort et il cat rccbnasitai , il etonct 
pi'rclii tfi il est artreuvai , ils q'menchertent don k Cdre fricot* 

a/). Quoimic rha sin lieu aine qui etooet dins cbcx canpa, n Mfn ct km- 
qu'il vtouet Dctot al nalaon, il intendit I'mnaiqno- ct I'tapngi 4^clMnjt qni 
suuctcnt. 

a6. n criadon uu dc cbi garcbons et ly demanda cc qui ni avonet ^ 



V17 Che garrhon ly dit : Cbis que vous frirc est arvenu ct vons pirc k tuai el 
viau cr.is parrhe qull IcTcvoyoct in santai. 

a8 Co qui I'tayant mi in colere , il nc «oulo4iet pont acim ^r dina PoMwnn : 
niai.s sin pere sortit dehors pour ringager a intrer , 

Mj. II ly tit chel reponse : VUa deja autant d*anees qucussn k vona aenrirc et 
jrnutr voiih ai jamais pardu Trespect in rien , j^ai toudis fait ca qnc «mii m^aves 
quvumande. Quoique cba , vous ue m^aves mi iamaia baifli one cb^ve pour 
m'regaler a^eucque mes eomaradct. 

30. Mais oussitot que von autc ficn qui a mingi sin saint fmaquin avcncquc 
ilo.s <Irnuk>s , est arvenu , oz*a«cz tnai poor ly I'vian eraa. 

3 1. Alur che pere ly dit : Min fieu , os'etc tondia a^iaaqpa ■&, ct ton cbe 1^ 
est k mi est a ti. 

3:t. Mais y falouet faire fricot ct non& ^fP^ paicbc qnc vona frerc 
mort et il est recbuasitai il itouet pardn ct u a eti artreuvai. 



46o 

: ruo Mjri vnao psai SjdS Km iq» ««Si ini »* 

TS «:» nSs t'kt 6«D3 twi v-rixS ibk p in »9 
rarr <6 >mj oinD pi ^npis rmj oinn iSi Hmro 
iiDTTitjy ODam^S 

nD3j Nnxi siTit Dj "jTOp rro is "031^ "^"^ *" 
iNansn ininnS 

DTD Sal t-a» iDj pt Saa nw na vnaH nS -ok *« 

:in '('j'i'i i^- 
HT'D "[inx Km KTnoSi iS mw itSn p DtaaS 3» 
manwKi (tin rrraw wm mn 




46i 
a8. — LVi'na tout ^n cour^la Toudicf t pas Sntra. Lou 
pa'i'rc soutiguet p^r I'^ngadza. ■ 

29. — LVina diguct i soun paire : Atid dSdza bien 
d'annadas quj^ di'ou vouisSrve san voui dSsplai're , ^ Iza- 
maV m'avez voui dounat ^n tzabri pSr mi rSgalat ambS 
mous camaradas ? 

30. — E vdste fir qu2 zo avala tout soun b£ en roj^s- 
tzontascoumpanids, amb^ ISidzan^tas^ quaozSs vSngu, 
zaves fa'it sanna lou v£der gras ! 

3i. — Lou paire r^spound^guet : Moun fir, tu z^s 
toudzour ambS d'l'ou, tout qd quS zc¥ is ti^ou. 

3j. — Tzadidt b£ Ca'ire festa ^ aS r<$dzouzi, p^r^o 
quS toun fra'irc z^ra mort i zSs rassussita , zira pardu 4 
s'ds rStrouha. 



Fi Ai la Parabole di I'Efon Proudigue. 



47a 

Traduction de la Parabok de TEnfant Prodigne ^ eii patois Lomiil , 
communiqude par M. le Gomte Gniooiiie. 



1 1 . In-honi« ftvo douz ftfans ; 

I a. Lo pus jognu deheu e so pere : Mo pere bei'om ci que me rerenreu 6» YOt« 
bin. El lo pere les y lit lo parlege de so bin. 

1 3. Qucque jonfes ipr^s, lopni jogpe de cet donx aftuu, eyant rcmetW 
lortot ce auc Tayo, t*tn elleu bu Ion oant in pels etreage , don qui dissipmi 
torto so bin , en debaclieries et en fibattuwges. 

i4- Epris avoit lortot depeni^ , enaa mode femine erriTea dms lo p^t tt 
et i conimcnceu a clicur dans le necestlle. 

i5. I s'an aUmi done et entreu a senrica d'in des hebitans di pais qnc Vwa- 
Youyeu k te mahon des champs po y Toidii ses ponchos. 

i6 L'erottnbin acb de rempli so van'a des canes qne les poncUa mcAgiaicnt 
ma nisan eun li en beio. 

17. Enfin en rentrant en lu mteie i se deben : Combin qui n'y en de Tabs 
cheu mo pere , qu'ont pus de pain qui ne I'y an fa , et meu je miens de turn 
toceu« 

i8. 1 me fa lever, aller trover rao pera et U dienre : Mo pere j'a penebi coil-> 
tre lo cii'l et contre to. 

19. Elt je ne seum digne d'dte hoT vote feu ; tratiome comme in das valaa qaa 
sont k vos suogcs. 

ao. I se leveu dont et s^en alien trover so pere; et qnan Fato ca bin 1od« 
lo pere Tepperccuveu , so coeui fut touclii de c'ompasion i coren se jeter k so 
CO et lo balien. 

ai, Et so feu li deben ; Mo pere fa peucbi conte lo cielet conte vo, et Jeu na 
seum pn digne d>te hoi' vole feu. 

aa. Alors lo pere deheu e ses valats . Apondossiprenmere robe , babio lo ; k 
matos li eune bague a doTc , el des soUs e Ses pienz. 

a3. Amonnos toceu lo ve gras , et tonos lo , menseons et feions fricot. 

a4« Ca mo feu ato mona et Pa resuscit^ ; Palo pedin et Pa rrlrovi. I comen- 
ct^uen don h fare lo fechlin. 

a5. Pourtant so feu ^n^ qu*ato dreha les champs r'veunen, et tfuad i tnt 
proche de U mahQUi^Poieu lo son des instmmens et lo brn da fo qnen 
dansinent. - 

a6. I hoieu in des valats et li demandeu ce qne f'ato ; 

a7. Lo valat li repondeu : ([Ta que vote frere a revenu , et vote pere en tone 
in ve gras , parceqni lo revoit bin poutianU 

a8 L'en fu i^i fachi qu^i ne vlomme enirer dans U maboo, ma so pere satan 
fieu po Ten prii. 

39. Lat li repondeu : Yal bin des ann^es que je vo serve , et jemas je ne vos 
adosobcT en rin'de ce que vo m'ucomande, h pourtant vo ne mo ]cmas bei in 
boquin po regalrr mes emis. 

3o. Tandis que d^s que vote ote fen qu^^u mengi vote bin avou des {5mes U* 
])ei tines a ruvouu , vob 6 tone por lu in v^ gras. 

3i. Lo pere li diheu : mo feu , vos ales tojos avou men , et torto ci que j*a a 
h vos. 

vote frire , ato mona 
et ' 



3a. Ma i falo hte in fechtin et no r^joui , pareaque 
et I'a resuscite ; Palo pediu et Pa rctrovc 




463 

TraductioB dc la Pvabok de I'Eorant Prodiguc, ai patois Wallmi des 
rnviroru de Malmnlj, cnvoyee ni 1807 parM, de Pebichv, Soui - 
IVfft i Malmedy. ( M. I. ) 

II. Jud' J ivcTe onn honunc qa^iTJ** dcni Bb. 

I a. EtI'pii jAne del dciiw dih* *toil I'prr* : Par* dona m* In pan do TU- 
rilV|;ch« qui m'tint. Et i parliha I'bin inlc rcui daoM. 

-t3, Nin binco d'jouri apTel , I'pu jina valot ramuu lo fan itn'il iv^tc , tx 
inn'alU bin long d'«ui do pai* ctranghtr , wUiqn'i dwpanM tolls lu pail to ti- 
quaiit ol <liibl|ffb«. 

■4. El kwand ijii'il out diMpandou tot Ji fait i •ottuitc oona DmI* fiaia* 
d'vio ci pai la. El I kminf* a t'troie ol tniiFrr. 

iS. Et !nn' alia , ct I fnul i'melt« a aienrice d'oaqna da* mbbibi d'ctptf la , 
ct ci foci I'cvoa tt a'ciiue po warde l(> ponifaii. 



17. Hall riotrc d'lin In nijiiie, ■ diha : KwaoUa TarlaU OM do pan i I'a 
bonJincF d'vin I' mlbon (tu m' perr! >l tm j'monre lOci d'faim. 

i3. Ju ao aUii d'foula , j'iria anoa m'para M jit dirt* : Per* , fa pagcht 

19. Vola qu'ia n'lo oio digne d'aaa loumj to* (lit i prindo-OM pa oaqn« da 

in. loo' alta doo, et i Ta*infa amoa I'part. Mai* kvand qal toAi a*m prcl 
<1o rmibon , lu pere la i«a , «il li c> Gt *■ ml, ipi'i U lAu 1 cA et aa PUba. 

31. K t rfila li diha : Perc , f* ]<rf{i-hi coat* In ci Ct coot* loi : jn ■'*• ua 
(fignc d'ftt lanmi loi fiU. 

33. Maia I'pere diha atoo ic* alcTTaB* : apDoirto bin lila aa pi baOa aaba 
tt tapo U ao I'coiT et meua 11 onnc bagna o dam at dea toU* isa pb. 

33. Et alleaa priada hi 
El* 11 
■ kmineint k U Pgaaae. 

aS. Mail FtI del Gb cateut I cbamn at kvaod qa'i t**iBta m ^H Mt to 
pr>t do rmahoD , il oa I'maitria el la* lUnia*. 

36. Et i booka oDiine dc* aicnaiu, et i li deouwla foa k* c'atlant fMda. 

37. Ci aieroant U li diha ; C'rst toil trtru ni'«*t niTiii, et TOta para a tool 
I'cra* *ai po ^n <{u'il eat r'ari*^ aaia et ilta. Ilaia TtI del GU ■'•mlna ot ■ 
n'Tolete ma mauui d'liii. Et i liit ku a'pera Tinabc po P K iDtri. 

29. Hau rfib reipoodaatoui'pcre et *' li diha : VoU Uat d'ann^a qa' pnu- 
Tarra porr to* ; et fu'a juaaii niaaki JTU foa qu^Tfu m'aio kmaiwW , et too 
d'uuto ianuii iai on biqnat po nufiai *Toa mei camaradea, 

in pan afoa da* baa- 

}i. Hail a'pere li diha : Md Gil toi e*to todi itoo ni cl to fon k'Ja c'eai 
da TO* 
31. Mai. 




464 

Traduction de la Par.ibole dc rEnfant Prodigne , cD pltois de VUBtf , 
cnToyA; par M. d'OiiALtus iw Hallov. 



13. Et rpD djoonne di zob dit a I'p^re : Pcre, daoDexiMT li Uf{iliBii fa 
m'lmt. Et I liiu ■ flit Icn piure. 

i3. Et au bout d'quequea djons , aprca awoi racbanoi lota'baUB, U pi 
diooDiiG du9 deiu csl s'tevooie au diilc bain looj;, el vaila U m iBDagMldt 
■iMin ci viquant rnmtne on inannel loiaa. 

l4* Et api'ts qu'il ■ icu lappe lot f'qu'il aioit i maolTaM eat Mtrnna ■■( 
l^andc famenne daini c'pal»-la ct ila commuaci ■ t'lroii dauu Ihrnttr*. 

i5. Et il p(L slcvooie , i^t il f at I'takilri au acTrice d'on hoMme Ji f'pui-K 
et i I'a cvoi'hi • I'zinse pOT j waurde let poiirciu. 

i6 Et it aiiriiiTi! bain \olii s'rnimpli Fiinle del faiteltet qui let foaram 
■nougnainaet ck puraoonnu ni K et A'ncaye. 

17. Maia rainlre daiiu liniuinnie,i dit : Combaln d'*nn)eu daina fnt- 
ugeunne dj m'pere ont do pouain lol Itn a od [ Et mi vaici dii crero 4i fbaav! 

■8. Dji quitiroli ; 'paj-ci , ct dj'irois Pinon m'pera et dji u diroU i Pcfc ^i 
ofTaince rbon diet ct d'loa toi ouiei. 

ig. Dji n'mcriiu pus aslcur d'eiie nomine TOite Eli , trailer nta ciMBa 
oiufue di TO! vaurlela. 

3o> I pautte et va troip a'pere; mail eoDme il estoit co bMD Iodk, *^fce 
li woit rt il eat louclii d'rompasaion et counmt ■u-d'vant d'U , i U aaotdi ■ 

ai. Et I'fila li dit : Vim , df a ofTainc^ I'bon diet et d>xai vot bmci ^i 
n'merile pui aiieuT d'case Domme vosic G]a. 

31. Li pere dil aloori a lea vaurleti : bIIgi qnaire lei pna bia* babaeada 
et uetloi lea li sul'couare , neiioi li one ba|;uo k a^doigt at ilea aaUi duw 
ae. f la. 

3J. Rl amoiiainrDes I'crau i!a, leiiez-li 

a4- P"squi ni'Qta ealoitmouartct il eatraTiquell eat 
rt il a'aont inettn i tanve , ct ia a'aont baia diverlu, 

95. Maia I'pu vi dea p;arcoiu estcu*e aui tchanipa et coDMne i !*«!■« 
ct approcheuve dcUe maugeonne , il etaind qu'on tcbantoit at qn'tm Boild< 
inu«iquc. 

36. El il appelle onque dct vRurleti et 1! d'mande ci qui ; ■ T*lmt Hat. 

•1',. Cilici II dil: Vasse frcre eit r'vinu et voise pera • tool Paaa 
pusqui il Va r'trofi- bain puiiarlant. 

'18. Haia ^'i.ici a s'li monai , i nSoloit Dain rainlrj , adon a^pdrw MtaM 

31). Mail f'tici Tcipondanl dit k I'p^re ! Vola d'dja otlant i 
dji Toi lied*, ct dji ti'voi a jamaii maDqin- . et tos n*ii>«i 
lant iculnuimi on bnc, no m'regalcr aion mea camaradea. 

3o. Maia apiei qui ^'tici Toaae Hla qui a mongui lot a'baiD ai 
mintTOa lioi, tone reran viaporli. 

3i. Mais I'pere li ditiHiUli, toi eatoi Lodi aTon Du ct toa f'qnidfa M 

33. Hais i Talloil bain te rGeiic ct li T'djoihi 




465 

Traduction de U Parabola dc I'EDfuit Prodigue , en paiois Wallon de b 
partie du Hainaui dontJa ville de Mou est la Capiuk, hitotm en 

1607 par M. DB CoNiRCK., Pr^fet. [ M. I. ) 



!!■ Eio 0''Mi|UI BVIHlleUK firm* 

II. L«T'cul<xdili»'p^c :Per, bunanwrpart debit ifunwr'Tict; at l*aA* 
I CO bulk leu put, 

i3. Ein pau apr>* , I'pB* jAne wallon ramM** Utat ea ijb'H a , i ■'b«iM M 
voi'agc ati'eiD *> ein n'wcbn bMlaag.M droii-U i brueaDde toole* qs'ifot- 
■tdc en faiiant ribauda. 

14. Quand il a lout u>i)l< , il uriv* ein terriUe riincB* d'TefaM i pd«-U , 
e( i L'mencbe ■ laoli I'liUMre. 

i5, I pan et i ('en Ta I'boiiWr <r-Het clieu un maiMai it ca pdi U , 
<]ni I'enTOie girder la* ponrciaoi 1 ■'cenee. 

t6. II ima bie Toulu rempli I'Teinte dai eotuau qua ckaa |iiiMiha«a> 
■legneoo'u , inait on ■>• li (in bwUoa mi. 

17 A rfin apnl ('avoir Hi nppeple , ■ M dil i ti mtma : CoakU r ■ >- 
dc luanouxrien i I'moo dtt M'pte , qui oat iJftaa k plmU Maijtm' ^aara 
de fiiiii droil'tlii '. 

tS. I Caul qna fc r'fnmat ci»n|{a et ifaa ja rNitefaa daln i^fla at faa f li 

1^ Je n'mcriu pu* ^'m u'appelle t' E«b Titkm ma k oaiaa coMMa aia 

ao. Pirapreiia'attaaipe Mi t'aDi*«aMas a'pte . W^loa ao lit ta^.faa 
a'p^e I'ato* d*}* ram*. Iifa p!li^ , i cQort k I'taward, ■ iVaa k t' tf ^lim 

ai. Adone i'GeiiUdit:P««)'aip4clHcoaiaI-eMatceMaii. fcHWiila 
pni qn'aBn'naauae I'fiea. 

n Et I'p^ dit 1 u* *arlau : Allaa toi ein bU rade qanra b^h MIt 
casaque; racbaioax le bii ; boolaa li ein aanian k a'doigt el del aolan k ica 

33. Apri* TM amaaerei I'cTat Tian : loa Ihaarai ; Bo« I'MaigaiiuMi at Ma 
faroo* bonne cb«re> 

34. Car m'fieu qoe •'cbi ^toa man, et la (la reMNcitd; il iloa ianakaav^ 
et Ic *'U rekan : ifrta eka , i iltoaHnt k Mre boMM torcha. 

aS. L'pui lians waltoo itaa 1 eaoip* ^ et ein r'Tcoaa* , tiaal an procha de 
I'mnn , il entaod da* gwilarDaui at da* daaaa*. 

16. [ crie apt*! ein da* lariel* et i li daaaod* cba qua cb'ak. que Uha chaaT 
a;. C'ti U K i^pood : Ch'*«t qoe Toa frea eil r'TaoBi vna fit a taa I'eraa 

fLe rttu mmufHt.J 



Ti-nductioii dc la ParaliolederfinfMift Prodipiei'^ diklttlede 
( dcparteiiient du Nord), envoycSe par M. ikOr/AV , 



11. Inn hom av«u deux fius , 

1 2. El pus josne di k sin pere : Man fkre , doo^m cIkw 
bins. £t cb'pire lieus a fe I'partage a'sin bini 

i3. Deux trau jours aprcs , d pus josne d*ch^s deu inncni , •pvft i 
raiseon^ tout chou k^il avau , s^in alia toui bin long , d& Id disipa loaTiii lii 
ilairvvibotte, 

i4* Etapi^ aToir umt depinse, il arriTm ime grtende f— liiiim dbs AYmn 

la ct i Vmincba a ete dins innc gr^cnde mis^re. 

i5> I li folut done parilr , is^niit gvcbon d'courmoD d^in ciaaisr dbiVft-i^ 

la , pour warder chds poui'chaux , 

i6. Et la drola, il arau cte bin age d^rimpUr s^pincliv av«a chika icana 
kVhes pooTchauK miolteni. Mais personne nu Vi en domuiiit. 

17. A ITin etecnt rVnu in li nidme , i digeau : Combin n*j a ti 
Ml min p^rc ki ont pus d^poin k*i nH fmit! 

18. I fant k'f m' li^vc , k'jVoiche treoTcr min pire et km fh, dn 
ere j^ai pecb6 conto cl ciel et contcur vous. 

19 ■ JVsiu jms dinne d^^te buk^ vos fins. Truliihmt cosnaM 6mm'3m.m$ M^ 
lets ki son k vos g-iges. 

ao. I s^a done lev^ et s^a in alio trouvcr sin p^'c. Kima k)U etan caeyn ka 
long finp^re rapp^rckut et s^zintrailles furH ^mues d*pitil. Et in cflHMt i E i si 

rua, a sin co , et il Tbagea , 

at. fit;sin fiu H di insin : Min piro , f ai pecbe cont* d oiel at 
Je n'sus pus dinnc dVtc buke vos fius. 



pere 




24. Parchc k^min fius k*il etau mort il est restntcil^, il ^tan prrJk rtft ctf 
reUreUY^ ; lea yHk done ki 8*mettent a faire regal. 

a5. Pindeen ch^sin pus vius garcbon,k'il i^taudins ch^s k^CHi ,4 a|MBa# 
kean k^i fa tout prcs d^cbal mason, il intindit I'son d'chea Tinloa^ ttil'^iar 
d'cbeuz ki d6en»oitent. 

a6. II hnka don i^en de ses varlets et li d^m^enda cbou k*il avao* 

37. Ch\arlet li repondi : Cb^eat k*vos frire est rvenu et vos gAtm m. id 
ch*viau eras parcbe I'll Ic rvau in bonne s^ente. 



a8, Cba Ta mis in coUre eti u^a point volu intrer dins 
Ment ifidie pou Vprier, 

39. Illy a repondu inain : V latent d*innees ki j'vos Miiy |a a 

mais desobai in rin d*choi^ k\os m^aycz k'mind^ et maugr^ cba voa B'ka*! 
jeamais donnc in maguet pou m'divcriir avcu mes comaradea , 

3o. Mais ossitot k'vos n^aute fius kil a echille tos bin aten det droiuIl8S| est 
r'v^u Tos avez tu^ pou li cb*viau eras- 

Si . Ch'pere li dit: Min fins tos ^s toudis areu mi et toutehoalL'jai «iK A fw; 

3a. Mais folau traiter et nos divertir parchc ke vos trhre ^tau nicnt eiU 
•streisatcit^ , il etau perdu ct il est HtrciiT^. 




46, 

Xniiliiclimi dr I'EnbNt Prodipii' ra dblectPtlHcanland'Arraii.depar- 
truientdMpjU-tfe-CaUb, oiToy^, n 1B07, par H. nt I^ Cruhi:. 

I'wfct, (H.I. ; 



13. L'pui joor lUi a oil) 
cA vout biun «l Iru pl'n; In 



i. J«« «, 






.3. Ain ii'Mii yuT.iTO, i]ii»ii', ch<'-nn jnun ■prrt Tpni (iii tl'dii'i ilri- 
ivinl r'eu^lnr (nut 1' a' heriu'main , I'ol ainnn 4*tni utin pd 
louon . ilii ijii'il Fcliilk toni *'D*«r|iint uii ttfftmu PbrMB 



i4- AlKird qn'il i> vu ioul)>ii, lonl mie c( toul drfle {di>iin<^} 

adooc ilaini ulr pabis In aiiin' fi — ' .■:..ii.- .. _._._-__l 

tnn-jii •riioD'^L- f faim dc pain}* 

15. I Ml dime aiiiKiyc Je dio 



n fain homme dn i 



am gu'a U fain-jrv , t'rapaiuti'ant daiDi U innimr , t dil : KaimUrn 

S*i n'io d'varU'ta mnii d'luln prrr qui pont du pM>^>' i Ituap I £t ni cli'ikut 
i a rnoum- rf fon-Te (At ! 

18. J' lu'elictL-, J'irajc tnivoti' naiB fite ; fK dirq^ : Main pcre, f»jr 
fenuie *i»-a-m del boa iKd ad* tuiu ytoui. 

1^ Kl n^ftua puji ilaliU' d'ril* voui bu , irailEin* loiil aiiiiaio-j^ qu'aio d*<]U'« 
varlriiipii tront a liiUuK daio* loui uiasoo. 

ao. 1 .I'o duoe i-lfte -vl *'o ■ini'DU ITBMir lain pire; lain p«rc f percW 
qii'il I'luiuU ro!rv loiian , cl qiii-uraM railc a li . il To ctrain-f v a lain ca »i 
robajt^r. 

il. bl lain (ill li dii : Haiu |W», )~ayr ('.-aui.- vi)-a-*ia daT boa dia •d' «wu 
}loM et ii'iui pui daine ilV-Li' luui llu. 

aa. Poa Ian uio pfrc ciia a ji« larlru : Marchii rainaun ^bwt^ n«' prr- 
niirrf caaaipie , et nirttci-li dain< sain dni M mCUcM-ft ain anina ^ni aaiii 
duiH> rl ili>i ■ joli'jca daini >« pinli. 

al. Et ai d^loy ea eb' «icau craa et rf;grg*s4'auaBa M fagaoai Iriccil. 

j4 Patcb' main liu (|'vlo quVtoiiait di-laincl6 E'ctt «»caBI, i|u'il ctouail 
fianla vi iiaVlravcnni. 

35< Paindeaai ch' lu, lain pui tIu liu r'v'nouait. d'cliex Lirampji , at arrivrjo- 
aii prachadfa' niaioii il o eorii 11' oImIi s ci pi I' irain-yc il'chci dpanivi. 

3(1. II a erie ch' larlci «i ii'n jib^iitIc il'li cLoa i|> «£> ciouail. 

17. (Jr Taib-I li Trpundit: Uui %>iui Iri'r*.' >(u'«*t r'*'iw cl iw» prre <• In 
rh' rrji vlvau , patch 4u'il I'o r'vu jjii boiaa .ivoalc-jc. 

'jK Ch' lu Tojanl rnntpuiliL' .tii u'toluuailpuDt rainlr«r daini Fnuann. maji- 
sain prrr I'DKUcant a I'prirr. 

ai). I I! u TciipHiiue : Y" lo pfcbo ( di'-ja ) par nnnAiv 4'raaa qii'crh' "(oar 
am n jaoKiiiP ■'■uf r*bMl*-*e (Jnulici] aau<pLuui> *««•> r'BiMndm>4iul% 
O n'mam pou chio jiauiBc baili>-;« ain eak * |H'I ou ai'rrKalci ati'u im'i Co 

It(>. Ab joui' d'aujuunlhai tlv Toiin liu ijui r^ivruvarl aimuil*- d'aviiii inir 
I'liii vlinu ifu'il Btiinail aicu dm cjiniruo rt o li tuck pi>ii> vivan cru. 

3i. Sui'li'piimnnlal'prreli dii : M.iiu Im UMtdi ■■* i<i nviii mi ri tout elina 
qVh'rila ini, en' eiH a li |ln«l 

aa. Ma;« i (raul fouairr ducaix- i-l nou* rvci. y>i .• Li>>'<- ■'>>> fiaiv <lr- 
laitutc ifM I'ut vitvmt , qa'ii riotait pardu l-I iju'iil' I'avi'Oii^. 




468 

Tnductimi ie la Parabolc de I'Enfant Prodigue, en dBlectc ia eutm 

deCarrin, m li mil ill nrilmiii , i1i'[iiiImiiiiiI iIiiFm iii Tiliii, 

eDVoyce, cu 1807, par M. de La Chaise, PrdeL ( M. I. } 



II. Un Homme bto dciu fiu. 

13. El pu jonne dii 1 len pirc : done m'put tm mim baa. M ate fin h 
parljigie. 

i3. Pbu cd Icnw aprit , iAt pa jonoe ■ cmpmli neulilaDt ehna^Mam 
CI I'en d'all* rouU bni Ion , il a loiu mi en fricMM- 

■4> April qu'i eu toot mi^, i n'ii u eanc dijfelle den che pa! U , j ^umf»k 
tout. 

i5> lafoluqui s'meche eDieniclia mood noliaDmedeclia pull, Al^aHBf 
I'a eDToU den IV ccnte paury wards lei pourcbiwia. 

iG. U idairo a'remplir I'panche del eeorcbo ct i^a' chsE povi^^^K iB> 
mioiuent, mt perionu ct nl tn doono mi. 

17. Ed peoteni on I! mime idit; Y ni a baa del pavM OTriars dia naaaNi 
ed men pire qui oni gramin ed p<Hll, ct mi ef^'menra chi ed Mb! \ 

iB. I faut que j'mc licuve, qua j'men loelie tit men pcra at ^a jli tin-' 
Hen pire j'ai manijnia conta Dian et tobi. 

19. Achetenr )o n'lu mi pn ili^e A'ttt ippialli VD fin , trJi^Ba eiMatw 
de voa poTet oTtien ^ 

ao.lt'a ^(c, a I'oua »ia pJ|re; il eio ocore ben Lm ipiiail idsflMlV 
aperclin, li a u companion ed U, Al'a prii 6ia scabnta at I'a bagU. 



aa. Maia ea ehc ptre dil a les varleU : apportei-U achatoar ••' JtHttn 
bairlte ; naUaa li aoati un ongoiau co iiu do nt dec lorlato in ■>• fUtS" 

33 Allci qucre ei ch* tUu cm , tuellc , miooi el fagaon* hn^^ ^Hkm. 

34. Parchc ek men fln qoi ^to mott, il ell reclmchilA t il 4ca MMibftflM 
r'trauve, et il ont ti boDburhe, ",. . i' 

aS. Den I'mtme momment tin pu liu tiu qui eto dan tMa canaMtVlaMi 
quand qu'il a ili tout prie dir mageoo il a cntenrlu el mua >4iUP||N^m1. 

aS. Da crie aprit un ed SCI vai'Iet* pou saior eliou qn'i n'i^J^ , '.. : 

a^. El ch' lariela dit ; Che <ro triie qai eat 1*1000 et to '[itn t^mI^ 
I'porl^ ken a fail Ine <cha Tian ci'ai. 

aS. Eche pu Tiu6u et n'iio *ien^oinn!^ qni n'aDii vciJu anlrtf da«l'^a«Ba, 
chou qni a forchi^ acn pirc ed widie et del priJ d'eatr^ aTenc li, 

39. Vti il a rf panda a Hen pire : T n'j a li lonf|l«ma men pin ^^h W i«> 
!ian> qne j'voi cache manqtiir et poftani vo n' ni'avci mi joou^ ^MIMd^i^tefc 
un pilot nia^UL' poor m'entHigaicv aveuc mei aaamiaiei. -, 

3o. El quand qii'un liu eonune etch' tila qui a aui toal acD batf^Hkac dn 
Kucoaet eil rWenu, to* a*n fe luc pour li echo cral Tiau. 

3i. Srn pire lidit: Hen Gu pout li t'att toudi avauc mi at uma ndnaaa 




469 

raductioB de la Paiabole de TEaiaot Prodigue, en patois populairc de 
la ville de St-Omer , envoyee, en iBio, par M. Watthiivoub , Maire 
dc St.-Omer. ( M. I. ) 



1 1. Kun home avoueit deax •fans , * 

I a. Don Fpn jeunc di • sin p«re : Min p^rcdonte* cclie qui douolt ■'arrcnir 
«d von bien. L'perc leu za fait rpartase ed tio bien. 

1 3. Pen diour apr^s I'pu )eimc rd ches denz ^faan aayant print Um cht cja'il 
aTouoit ii^in aita din un paays Stringer for Mogiue u y mingea ton sin bien in ri- 
botes et in Itanbochrs. 

1 4« Qiiand il Pa cue tou d^pinrai , one grande fanaine arriva in che paaya la et 
il comnuDcha a quere din I'miMre. 

1 5 11 s'in ala doo in condicion cbe on bourgeouoit dii paajs qn*il rinTO^a a 
M*ina«on din chin campft pour ^tre gardeu d'poarcheaiui. 

i6. Kt U il eiouoit benage aasez ed'remplir tin vinte d^^corcbes ^qoe dilt 
ponreeanx mlngeoitent ; maift peraooue ne r j in donnonoit. 

1 7. Inlin etan arvenu a I j , il di in ly mimr : Cooibicm eacbo qn'il^ a din I'm*- 
aon d'niin p^iro od garchuot q«i toot »oua ly , tgak ont pn de p*^n <|ni nlcoa 
in faiit ; vi mi s^u t*icbi k mourir ed faain. 

18. 1 faut que je mlieve el qu^j^ale irouvonoer min pere et qu^ fC dtcbe: Min 
p^re , j*ai diabement mal fait conte Tciel et conte Toua. 

19. kt jenne tu pu dingned^^c appeU vona fiev. Trait^me conmie nn de cb^ 
gint qui vous servelenC. 

'io. Isaerva don et sHn n^alla trouvouoer ainp^re, ct Ion qu^il ^tonott incor bin 
loiiin , ain pere Papercbut et in £ut tou rimpli de compacion et ipieiirant 4 ly i 
to jta a sin con et rbaja. 

ai . Sin fieu ly dit ; Min p^re j*ai gramcnt pecbi conte Fciel et conte vont ; et 
jenne su pu dime d^^te apefau yous lieu. 

aa. AlorTpere dit a ses gins : alez wite quere s*|iremi4re robe ct fonrvs ly an 
sin dos ; metiex ly un aniau an donct et des aol^s a tea pieda. 

a3. Amenes aveucque Tvian eras ct Mi^le, mingeons etfaigeonaboane torebe. 

aA. Parce que min lien que via cbi etooct mort et il eat recbntaitai , il ctonet 
perdu el il est artreuvai , ils q'menchertent don k faire fricoK* 

a.*). Qnoimie rba sin lieu ain^ qui etooet dina cbex camp9> n awn et km- 
qu*il vtouct Detot al malaon, il intendit l^naiqn* et I'tapngi 4^clMna qui din- 
suuctent. 

a6. II cria don un de cbe garcbons et ly demanda ce qui ni avonet ^ 

'J7 Che garrhon ly dit : Cb^s que vous fr^re est anrenn et f«M p^ k tuai el 
viau rr.is parrbc qu^l leveyoyoet in santai. 



a8 Ce qui I'uyant mi in colere . il ne «oolo«ict poat aeim ^r dina 
roai.H sin pere sortit dehors pour I'inf^ager a intrer , 

29. II ly lit chel reponse : V!la deja autant d*an^es queuaan k vooa acnrire et 
jenne? vous ai jamais pardu Trespect in rien , {''si toudis fait ce qne \9aM m^avez 
queumande. Quoiqiie cba , vous ne m^avez mi jamaia baifl^ one cb^te pour 
mVtfgaler a«eucqiie mcs comaradet. 

30. Mais oussitot que von ante fien qui a ming^ sin aaint fmaqnin avenc^ue 
de.H iiroukfs , est arvenu , oz*a%ei tnai poor ly I'vian eraa. 



3 1. Alor che pere ly dit : Min fieu , oz'ete tondia ayiMB|pa ■!, et ton cbe 1^ 
Cht k mi est a ti. 

3a. Mais y falouct faire fricot et nona i^K*!^ paicbc que yona frere 
naort et il est recbuasitai il ^touet pardn et u a et4 artreutaL 




470 

Traduction (ie TEnfant Prodiguc, en patois ArdeHois cntre NculeUl 

ct Bouillon. 



XI. Oil n'oiim .i>o dcu s'afan , 

11. Don Ppc jaun di as'per : Mu per , bayo^m f*^ do mVeToacM dovos hm 
et Ppcr I'esy Pfp Tpartach^ de sliiii. 

i3. In DO apre , I'pe jaun d'lc deu t^afan apre ahoi ranuchi.tou f 'cmjilaft, 
s^a n'c allc din in pai ctranger mou Ion , ou y gnermmia ton t'Bui pa Sk mKok c 
pa de del>auche« 

■4* Aiire ahoit ton {(iiernem, y Vi veneu in grand foia dan s'j^a^ In m»jVt 

iiueniincny a teme din un digette. 

i5. T s'cn nV don tile e s'e attache ou service d*in omirdOu pny qpi V6 iffoi 
din sa maiijon de scban pou y boirde Xi ponrsai. 

i6. E toil la il auro esU bin aage d'apUnir sc vint decoa ipw IdTonriuaMii- 
^int; ma pecbaun no ly a dno. 

17. Elin cstant rinlri din Ie mem , y di : CoBaMfr y es t^y chc« Mfpor, 4»vaB^ 

lot qu'on pu d'poin qui ne Ic y a fau, el mi j'menr louci d'foin ! 

18. Y fail que j'me levc et que j'vache tron^e ro'per e que j*^ dicW: lU 

per j^xtmau fi vis a \is doa sit*! e d'vo. 

i<). E jvun' sell pu dignc dVs bourbi vos I'afan traito'm coi.— q.AN%inwiH 
que son a v^gacke. 

Qo. T sY don Tve el y 16 vcncn tronvc 8 'per , c com il'esto co bin fthiy f^pcr 
II- veyo c y iVslo touchi d'pili^ c coiiran a lu , y s Y* tapp^ 48*eo c ^ ^■IWL 

'21. E s'naran ly di : Mu per, j'a man fa sis a via dou si^l et d*vo. «iBmi* ten 
pu digne d\:s boucbi iros t'afan. 

'Ji'j. Alors Tper dejo a se vaiirlets : IX'pecb^s a ly eppott^ la p4 bd nok • Vh»- 
billio ; c metio ly in enai on doi e de sole on pi* 

'23 Araouno ossi l\ai urau e luo-I j menjon , e fegean boon achnbr, 

'^. Pasaqne m'nafan que t'ci csto mor c y Ie r'veqni; y PeMo pw4vi e J 
1« rUrouve , y qa'nunccr' don a foair feslin. 

a5. Pourtan I'pc >i d*su s'ufan qui I'sto din Pschan , o r^veneu c com y Fciia 
tou pru d'oul maujon y IHioiot Ie concer e Framacbe 6i cen qoS difemii. 

'j6. Y Te hoiichi unq dc vaurlols e y ly e dniende s*que s'csto. 

37. L'vaiiHei ly i respondeu : Vost frcr e r'tenea et vost per e liA I'rai cito 

pad.s<[iiy Ie rehoit^ sanle. 

'j8. Sc qui Payant coarsi y n'vclol ni intrer din la raaujon ; ma s'pcr cstui 
oi'li , pou ly dir d'inire , 

39. Vouci com y ly e rcspondcii : A Ma d'fa lou plin des'eBoiea qoa fwtm 
serT e je n'voii xa tame d'aobei a rin iW s*qu^ v'mavi connianJa « 4 pouitaa 
vou n*most jama bay in diaivroi pou m'rejoui avet me ami; 

3o. Ma ossit6t que ^oat aut' afan qu*e guernoa'i »*bin avct d^ fame perJcn 
est re veneu , vou x^ot tie por lu in vai crau. ^ 

3i. Alost Vper ly di: Ble li, von elot loudi avet mi i tou s'quc i*a 6 a vO. 

3'J. Ma il fallot foiru fcslin A nou rt')oiii pos'qiie ^os frcr esto mor i y rcvicqi 
y I'csto pcrdeu c y leste letrouve. 




Truluctioii Uc b Parabolc de I'EBfiuii Prodigw, en pBtoi> d'Onnlle , 
caiitoiide Gone, <U[MHcmaBld>UM<Mdle;cBro^ par M. Bought, 
d'Oiiville. 



U (laoi olTaD* ; 



ra Kap Qnn la pvitufjB d« (■ baia. 
naje tonrton ic biia m eiicii «l co dfischM. 



\ou bain, at Ir ^araKapQgranlapaitaifja 
ID elpr^, loupD )aBM«.fcafa dam oSana a;i 
lie enotaja AtotuAMp MB^gabin loog, i 



Elpr^ qitc li: ctn Kiuitcm 4<f4*Va, U, milt 
i5- I i^'aDaUilonennobje atiaatacU 



r I^ (DTu en (ut molion ili-i champ* , pou ; ouUie Loa IBitiaa. 
loulet I'creu atu baa abba dr rimplira 5a lanua 3ai srojaaiBaa qui lea 
maingaLnt ; ma jiflimim Dt U an beillcu. 
17. Enfin , Flam r'nlrjiT'- >'<i lu-maime . y iliheu : Cmnbain J aii-il dan* lial 
inolion ir mcfum Am tiW kI |ti4(e 4u'aal pu ds pa qui w anl aa faUf at 

iS. T laulqar je incleuwuaae , ct qns j'oleuiMtrauvifa aaa pai i ra , a^ ^ 
ji li deheiKse : Papa , j'a maul (m roatt la ciel ei ronu toui ; 
_ 19. Eijenotpu daigae qu'oania hpiiiiM'M ^<>ta olTaa, aatiaavw oommiic 
ainqiip dr Talol que laat (I lu K>if|*l- ■ 

3<>. T le done leTijECt I'm utveuinlrevajr sen pasTC M iIMM F«Uu aoco 
Lain long, ita pairTe IVipairf ut e1 bb aivaul ftttii at aMwaatails, y *4 ict- 
■aye li le cant iA U iaihriiti. 

-■■■. EttouKlidelten; Papa j'a oiaui fa coata U cial altoMa Tout; at jc nol 
pii da!|^e cjii'on me hoaicuiie toleoffao. 



Ic pumiida cl til laloU : cpuu Iwii Tita aapnaairarcMfce, 
' lue , at dn aoataya at i«* pita : 
ijiaa at faiaa fcaiiaa chir } 



:1 rcTCtaurcn , ci laDtii'a li ainna b«qtM aa daue . 
■li. Almcnru lusir Ip vr ffTN , tt louenllc : niain||aB aa lataa ■■!■■■■ ciur : 
'j4> Paaacqae moD offan qiMi>lail<iieuB>i)ii,Btl'»lTvaiwiiaje: I'olaii pvodi 



Taj* : VnD 1 iiiMWiaiil doo M [arrr I* bit*. 
ml ion ufliB le pu «U'u , 411'ollcu ilaa.< le* clii 
iiani) } leu delajrc let nobun I'abaa ba tiobias el la br> i 



■>fi. PiHiTtani ion uflin le pu * leu , qn'ollen ilaa.< le* cliimf , ail. nnaaa ; at 
• ' - ■- j^j, J^g afOla lyie dan- 



>fi. Y honbau ilun linque del Talpa, at U ili ■taiiifaii ea qiaa f'aiaii. 

17. LeTalalUrcpaodcDli^aMfDiiBtcrniM* oat rivaaain, «l vole pairrc 
ait li>iH>Tet le ti fp-ai , el cause (pu le reoii rn lanlaye. 

18, Ccqoeraianl bfaucbi, j nu tauUuw* ^Mrajra dmiaat wa b oa: ma le 
|uiirTr J-tant atarti pou lea prii: 

39. Y Ii rrpondcii rrrr : Tebi driail UM ^aMtan qntf ja ta tar, at je na a'aa 
ieniaidraobricntinde ce qui ig Di'««a»«aaaBMAaje,atpouMaBtmaB m'eTru 
ivmabeilli ain balqiiain pou me diiaith- Mvat BctaiiBia: 

30. Maa anate-ton que noUa atfa oCao . qu'a — '"n' ■•■ bin aMa daa fcum- 
mpi pnUu , «t retenain , vVieu tniiaje le ip p-ai. 

31. Pnuiecaul Icpaii^li tit ii: Moo oba. t'ola* UMfaa antat lui, t'( 




47» 

Traduction de la Paraboh At I'&ifint PradigK 
conuimniqude par H. le Gomte 



■ 1. Inhanu! bto doDxafaiu ; 

la. Lopiujogni: dcheu i lo pere 
bin. El lo pcre lei j lit lo parleg* de lo bia. 

i3. Queqne joniet tprka , lo pM jop* 4* M* iuoM aAMa, cyaMt 
tortot ec ijnc Vati , I'en cRen w loB daat in pA tW'tnf , doa ^ 
lotto so bin , cB debicticriei at r~ "•— ! 

14. Eprif aToLt lo 

■5. 1 I'm (lUu done ei calran a iBrriea ^in Att bdHlaoa M mtit mm IW 

^„ 1 -:. I J... -1 .._. ... .. . IMi .— ......LL. ^* ' 



■b L'tiMtabiMKb da n 



11 po y voidh tea pooehci. 
'eiGBBci^alB 



18. 1 iiM fd \em, allar troTer mo pare et li dienre : Mo pare j'a ftm^tm- 

19. Etje DC leiun difpiE A'ttt faol vote tea; truionn cooB^MmdM lafaaf 

ao. I leleTcu doat el I'en allco trover 10 pire; et qam hlo ca !■• 1m. 
lo pere rtpperrcuveD , lO cocui fat touclri de cbmpuioa i cmron aa (Har 1 n 

31. Et so feu It debeo : Hopere ft pencbi cool* lo ci«l at coola TO,MJe«Bi 
Acum pn digne dVte hoi voia feq. 

aa. Aloralo pert dcheu c ■<> tiUii . Apontia(iipreDnm«rab«,Mlabi) 



■to> U eunt bigue ■ doie . et dt 


> .oUi i lt^ pien 


a3. Amonnoa toceu lo *e erai 


et loBoi lo , mature 


34. Ca mo feu ato uotu et Fa 


eaoacit^jPtop^ 



■ at lo brn da f* v> 

■j6< 1 hoteu in dei laUts ct li denuindeB cc ^na f'ato ; 

37. IiO *alu li rapondeu : ^a qua yoie fraro a reiaan, ot rnf paia a 

in Te >ri*. parceqni lo revoitbin poutianti 

aS L'rn fu ti ficbi qu'i ns *Ioiiiiiie entrar danj U Diabon, BW s« F** *"* 
ficiipo Ten pr!i. 

31^ Lit li Tcpoodeu : Val Un daa aDDJei que |e *o larfa, at janaa Maaiw 
■ ilctubei en rin de ce que to m'pcoBUnde, i ponrtaiit to no Bt^ MSH Ub 
boquiil po regali'T me* emii, 

3u. Tandia qne dti que vole oie fan iju'iu mcnjp vota bia ana daa lltMH I* 
lifitine* a ruvciiu , »o» 6 tnap por lu in vi fpn. 

3i. Lo pcreUdihen : iDofen, Tua atel tojoaivou men, at tcvtv «{ aatfha 

r^joui , pircoque vote frira , Ma ■■■ 




473 

'adoction de U Pkrabole de I'Bnfaiit Prodif;ue, en patois do ci-deranf 
comtc dc Vaiidemoiit ( Meiirthe) , par M. Bomir ^ Secrelaire de la 
Socidtc. 



II. Ein banM 16 va don gachont* 

I a. Lo pu jane d^jci i so p^ : Mo p^re , bcyeoi U p^ qMo mtittmA dFvoC 
bin ; et lo pire loxi perl^get so bin. 



1 3. Queuqncs jonaies ^prei , lo pn jane do coi Atm ga A o M , epreC qlo r^- 
metset tortoi c*tfi^m, naa alat bi«» Ion da les atot pAli et li mei^ lortoi so binr 
da lea fechtins et ^vot les govrf^andinea* 

■ 4. Eprct quHo lortot mongi , le fi:mine Privet da lo pels let , et i croanc^ ^ 
cbaredalobesa. 

i5. I san alet doo ci t'affaiget po Tilat d*ia det ]■ do piis , i^vojtt da set 
majon des cbampa po j iroidet les pouches ; 

16. Et da radraltty I't'raeiubin aige dampie so vatte des ^coches q*Uf po»- 
cbes mengin , n^s pasbaoe nHi a bea la. 

17. t,\h fin ^ta erTenu k In m^me , i djet : Combie nU-d chi ■§ p^ra dVa- 
lats gaigis qu'ont do pain pu qui oe lo xa fa , et mi j'aane toci d'WHi. 

18. I fa q^hne loveujise , q'jm^analeusse trovet mo p^e , qoo jB djcoase : Ifo 
pere , ji pacni coote lo rie et conte yo ; 

19. Et je n*seu pu digne q^Tmrpt'lains vot fei ; tractcm cma in des Talats q'va 

e Yos gaiges* 

ao. I s*]oTet don et Tenet trovet so j^^re , ct qna Ula cm bi Ion , so p^re lo 
r^coacbi et la no puie » et coarant i lu , 1 s^jetct j so co et labresset. 

ai. l£ so fei li djet : Mo F^re, jai jMcbi conte lo cle et cooie vo, et jen 
n,eume pu dignc que vmepellins vot fci. 

ja. E«tonr , lo p^re djet i scs valaU : ^pobeme tot d*sentc M pn bcBe robe 
et matet li , et matet ein en^ k sat doie , et des soleta k scs pies. 

a3. Quoirtt asi lo ni grte et touet lo ; menja et fia bolae chire ; 

a4' ^ o« <r>e mo fei q^vace eta mA et Pa ressuscitet ; P^u padai et la er- 
trovet } i cmacirent don et fiire fecbtin. 

a5. ' Da lo u let , so fei lo pa vie , qn^^ ba cbamps , ertenet et ca i feat to 
dVote U majon, V oit les YioMos et lo brm dao q^ danaint. 

a6. I boyet don in des valats po savoi cqu^'s^taxa. 

a7. Lo >a1at li diet : fa qSote frere a enrena et TOte pcreei too^ lo W gris 1 
e case qui let ertu bie poliant 

a8. Ce ql'aiant bie facbi , i nWlome la alret da U majon; mis so pire satet 
fue po la priets 

ao. Lo fei li repoodit : Val djot ia|daa d'^naies (pe f yo sers , iemais j*ne ▼oe 
ar desobei en rie de r^qoe ▼ma MMBHid^, et potiant to ne metait j^mes b^i 
in liiqui po mV^joi evo mes emis* 

3o. M^s asstot q\oie ate fei , quet mengi so bie e ^ot des femaes padteoet 
( des 11 aouirvs , des iripires , des gourgsndinei ) ^ a enrenn » %ia lonct p« In 

lo \e giaiit. 

3i. Esiour lo peiv li djet : mo gacboo* la lojo i^o ml ei tortoi c*qnc je at 
por U{ 

3a. Mis falaia bie fere in Ibcbtin po no rejoi , e case q'to frore 44a w6 et 
la ressncitet , leU padio el la ertrof et. 




474 

TraduGtioude la Parabok de TEiifaiit ProdigiMy en (patoii 
( Vosg^) , eavoyee par M. N. L. A. Riciurd (das Vovges) , 
pondant. 

1 1. la am atoq dou fe. * 

la. Etlo pi Worn dehi di so pire : Bio pirc deiuiL me let port de U ipiA mc 
rcvi c so pftre U d«ii» 



i3. Qucique jo esprtS le pi d|oniR M remesa^ tortol co qua aspoii. wfL o'klU di 
in peji lanl Ian et tolu al dapiBgi^ set fortune an Yicraa da let dwhango, 

i4« Et pre qae I'ou toitot deparet e let li^ enne grande faimiie dfe B» pti h 
elet quemare el setti lo l>esa. 

1 5. E n^allc don et se bolti e gaige d'in abitan do pei el I'aut-ci I'ctvooU A 
set mauhon de campeii^ po Yadget lea pohaie* 

i6. Er ^traii soiihatie se reppilo Tattc de scafe cpn ■MSg^fipolMio eft pa- 
benc ne U at donet. 

17. Mas rairct ci 1i maumc , e deh^ : Lab^ qn^ lie datiM mnilion 4e b» ptee 
de^tanla e gaige qii'on do pain et nel bondancc et mi je moiro de ftdm. 

i8. Je me livra , jc ^ira detat mo pire et je li dhra : Ifo p^re, fm poicUr 

ceatc lo cie et ccate vo. 

19. Jc nc 8C1 ml flecnc jcma d'ct^ namet vote fes , trales mi hamm qnle tPf 
vaula qui sanl ctne gaiges. 

ao. Et Stf IcYe don ct Yrne IroTet so pcre et d'in pen Ian so pere lii Iwdid ct 
fct tochic dc coinpassioo et cone et li et se jett6 ct so can nf lit heK, 

ai. Et so fi U dl: Mo'p^c j*a pechi^ ccace lo cie et ocato Tvet je-ltf^ei 

mi digue mcttenan *V6ic nechic vol fe. 



aa. Aussitvu lo pere dehe e se vaala : et portet Ttema set 
cl TcsiGi lo et mallei li ennc bauguc o dau ot d^ solles a s^ piM 

a3. Flmnet amsi lo vej gras et toi lo ; meigca et fera feclidn. 

1^4. Ca nio fe que vassi ere mo et e lat ressecitet , S lir6 poedi et I'at 

retro fet et elei qucmasson el faro fechlin. 

a5. Portan so premei fe quVr ct vau le cban , cat el r^ven^ et ^*cl eppi^ 
chie lei mauhon et loe let misic et lo bri de let danze. 

aG. El lieche in de lanla et li demand^ son qne sire. 

a7. Ill Taiiirci li dehc : Vot fror at erriiet et vol p^rs ^ toi lo yey gras 

parcuquc e lal revcni santou. 

a8. Dessi celci et fanche et ne vdet mi ratret ; ma so pire sante fie se 
malic ei lo prie. ^ 

39 El Tante-ci reponde el so pire : Vala ja be de z'annae qii4-f6 %o sere, ft 
)e ne vo z'a jcma desenbei en re de squ^ iro m''au qiiemandet, etpoaUvil vo 
ne m^an jema dcnet in chevri po far focBlio olYO me xVmis. 

3o. Ma aussileii que vote ote fe que moigic ho bj cLvo de faoi poedn at 
roveni , to z'eu lui po li lo vcy gra. 

Si. Etlo pire li dehe : Bio fc vo sau toton ( tocon? ) etvo mi et toito sow 

que pa a et %n 

3a. He e falli tar fochtin et se rejoie pesqiie «nt frar ir^ roor et e Veu res- 
Nuscilet , el'ire poedi et v Vui retro%el. 




475 

TrjiiliwiiMi de la Pirabulc dc I'HtilaBt Prodipw. cm paloii de ruroo- 
(liswnenl d'Altkircb (H«iit4biB), mvofit pir M. Bicuakd An 
Vosgcs, correspoadaiil. 



• Id buio* uvtil iloiix Ui. 

. El lo pu jiwnatluii li lonp^rv; Imjicom UtfaitilakMquaau Mwiat) 

n p4rc y » bayi wi pait. 

iMM fa ayiai imiww tei w> qa*> 1 
n « U ai duiipii tote iii fanch^ 

. . . „ • «. ti pi7« M 

■t >U Ui qwBanf u ai Mnii U 

iS- Aii'inallai ilonc cttabMoiri f^KM 'ia ^> aikWai di pay*. Bt Maci 
I'cBVia ai wi DUg«<m d** ckaia^ poo loigaai 1« pooca* 

16. El r«t driirie *• reitipiillre Ui pincc de> ^toaahM qac maiofpaM im 
foitit i cl MBnni ien bajraii. 

17 Mail aitrcDlrt n lam#np«llU . Cabin 7 ail4e din b< Biia|;MMt da MB 
pire daivaUu u Raij^ t|u'inLi)i pain IJM i|H>ait ilaM ai vat y mac ci ^ I!m. 

iH. Y me fcUTni j adrai foi moo pin et fit dinn : Man pira , J ai pacW 

11). Y oc tcu pa (lignc (UirenaiTint d'ilra aiplait *ol Di. Trutaita ma qa»- 
lacnt an da* lalau yia aaa ai ica )|pi§M. 

M A!i iFiniTai Amc «<nl Inrraimi^ra; ftloiifiBatrfiait (Bcai lain, 
«on pcra I'upri^u et li Tnt Umchc d* corapuiion at U w Ik at ■• ekaaipai ■ 
ton CO at b Laijai . 

M Ea *nu fe* it dJ4 ; Moo pjra 7 ah pecke eoBVa )a eia at rawra *a> , y aa 
mill pB (li|fiM ilaaounMia tfritnt a^plai *at' !«•• 

-ji A loT lo pen dia a! le> Tabu : Aip|MMeliai de ebaata cai piiaafa nbm at lia 
reii-ii el bouijr a^M kai^aaadaigtal lai *al«ia ei pUa. 

al. Aiiaaiaai aclu k> «a* giaait etla tuait; aainnaooi atleaaai faaiia 

34- Car vcci mon fill iju'elait mouc el iii h rrehnellai at P4Ntt preju (I ai b 
ralrotai el u UiomoneatanL ai {aire '•"'— 

35 Crpendlmlo ttt aioai ttait ti ehaimpi ; lieotai miat at^V Taippr^ 
cKai lie bi mai);eon ai I'Dtfa bi nuiftw at lo bra da bi daiau. 

iG. El ail'appiu nindaa vabu Mai jdaBaadaiw^aac'^lail. 

37. Kl iluci J ttii: Votrc frtre *■ airirai ct tor* ptre ai tnait b laM^gMeit 
poiche quai b reieni fin. 

ifl. Li dechu, ai >e bouieo coltre at dc ibi point eMrai,i>au*aap(Tc Mm 
•oucliie le batai at4'ea ptaja. 

ag- Kt Mnci rapandit at mm pfiy : VoiliKe bin del annab que laa icrvu al 
<r 111- ton t'l icmab Hembat en na ilc ce i|ue lot m'*i( cooanaa^t el poiekia 
\m iicin'ul)«aai« iHjie IB cbctraayau fait* fMiia aa<« nai aiaia. 

Jii. Mm acbitot que viitre aire fea qu'ai minf^ san bin riTa del Icaaei pre- 
(uEi ivicni , ito* ai luail ki teii |[rai;i. 

3i. E( Ic^pjreduili UiMi Gb lualii) aid* aitoi nuii rl lo fo i^ aia ai tcu. 

1 <. Mji> j fajraii Taitc in fealin etia Tajojic, car torn frera elaitaaaa at ai 
Ta I t'cbucilai ; i-i Peluet prvjii et ai J*a rctrotai. 




476 

TfaductioD de laParabolc de rEnfaDtProdi^iCnpatau ill riiliiiinij. 
( HantAhin) , enToy^ par M. Bichabo, dn Voagn , • 



pu 1IUW dit 1 
mpWl'ybi 



n puT« bajri* ma pi* if Inum ^ut m 



iS.QuuqutiJDamiprtllopajuiM ^ 
■rra iluu in pi^u buD JloigDiE ou * DUDga* to ce qn'al an ■• vlvaoik dMH b 4^ 

■4- Quanil ■! ivu to iningie a^f a larvenunc famane dint I* pajb !■ at ■ ^1» 
moDfa de loaLir la beioi. 

iS- A loD airs don et <c piaidil Tca iclii on 3ei halntaiii ^ F*^* * >*b^ 
PoniDja dau aa majoo df oampaigua po voi|{ea lea poa. 

i6. Al avB bain tiu ampifani aon nntre dat icoaiea qna mungcainM In |lt 
mu n'tun ne U od bailUl • 

17. Mas etantronlri on lu lattaa ■ diiet: CobiD jitti de valat tm mMmM 
paiTc quont di pa'iQ lantqu'a vianiclmoi jmeatoci defain. 

tS. I me le'eraj J m'on iraj trava mon pairc et j I j dint i Hob faars y • 

ment no de veni TaUi. 



31 . E ion bonbe 1 j e dil : Han pain j a pccbi coutre lo (cia at aiMi* *s J 
nc icut pel di|{De d'ein appcUa nujeu vcuta bouba. 

33. Son pii-e dljy alorsl lei lalai: AppDicbaaaprcqutn mbc «| lavad I^■I 
boLia 1i vnne baj^ae J dal|{t el del auhiiu e> piedi j 

33. Amenas itcbu lo liai |{ru el luaa lo Dungeoni el boobaof oa*. 

34. Car rooD frit qur Toielii elat mo et al a reaaiueitE al etM pfrbM a] »r- 

»S. Im pu \ejt de* bauLpi 
qumiouci (Fappreucher al onb 

3<>. Al appelli un Am valaa el li demanda a* que c'^l. 

■17. Cetnci Ij dicgit : Veuu: frare lii triu cI Tente paire li fa Mifpwr lo nM 
grai |MTCc qn'ela rHtEDu lieupoiichaDl. 

38. Seliu!' lola , a »h bolla on colere et na vial per onlra , niaa aon rairt 
elanl aolclii lo pria d'ontra. 

at). CclDci J en repondu a aim paire: A j« ((e pniieura anneaa qw tcb aaira 
et y ne vca z'a djamat deflcub^i en ron de ee qne veu m^a conioanda mt iimlil 
Ten ne ma d^man liailliti in i^chevri , pro me di^arii «id mea aDiid j 

3n. Ma aacheteu que veulre aire tm qn'aj niin|;ic loa bain rre !■• aaluuii , 
ah lie retoLe ri voa x^a lua po lii lo viai ^ali 

ji. El In pairc Ijdi.sjii: Vol aU'i lOHJcati'iaiunwi el lote 40*5 abata v«t. 

33. Han a faja bain bnnliaiuire et nerrhgpuj parec qne T«ulfra« atat^n al 
' at. petacbulei a a'ab nlTOTa. . 




477 

Traduclion de U Parabok it r£iifuil |vodi(;ue , en pauU dn «uIam 4)e 
Cbampagney, arroDdisMmeat de Lure, dumrwiiiiil d* h UuiUs 

S3^. (M. I.) 



II. In homnie ml dual houbei. 

II. LojM jAii* diji a («M pire : Pin, baUia »• U pAd* baa ipenaTia: 
a II pai>f;i aon bio. 

|3. In pan da (cma apr^ , lo pu jiinc ij 
cloignic il y mlnj;! tol «on bin en lieir 

i4> Apre qu'al itt lot mtneie, al j airiii irit gran ttiatat danl to paif , a 
quemencc In mraroe k mancli. 

IS. A a'an alii, k la bulU an urrica de quanta in bomma ila «• pait la; 
all! mltrc IVnvojii dan* la marqucria pn j vogea lei p6i. 

iG. Al ira bin *eliu pojia ■• Mula dc* br&che* qua Miingint !•• pot. Ma 
nun M Ij CB baillit. 

17. Ha ctahi Tcvcnu a In minme , i dip ; combiB d'aoTHai Jam U maujon 
de mon pirc, qifan lU pain loni qu'a najam , a mai jmAc lontbtcide faun. 

18, Y miileiiira, ; lira a roon pin.j li dira ; Pkn,j a pacU contic 1« cU 



:io. S'elant done leva a a'cn alli 1 aon ptra : qucaaent al ila OBcoiia 
lout , Kta pare to toji, foltoucbi d« pidia, a fa >a chanipa a aon co«n, a 

11. Son boube li dip : Pila, j a pecbt copirt lo cii ct k vana m1*; j m* 
•ua ft digoa d'Jlra appcUa *cut affan. 

32. Ifa lo para diii a aen itoloii : Apprnelu liia an pramlta toba. a !>•(•• 
)i , a bota-li auchn int bojjiif ; doigt a daa ioniai tt pMf. 

i3, Prente Jiucbn lo la gnt a tua lo ; mingtant a TaaaM bouw cbh«^ 

i4' Pochot qua man bouba <f»r Toicbi eia in&, al 6 reaaaacitai aI4u p*S>" 
alu ralioia : a quemincinna ahre gran chlra. 

iS. Lo pu lillt eta dant Ici ebanpi ; quani o Tarigni, a qa'al apprcchi 
I'miiot, al entandil la miuiqae a U danaa. 

16. Al appalil in dai tdIou , a U danuindil cot qna c'iu fn« aola. 

1' Lm Tolot li diji : Vanlcfriraoraiana,a(mle par* • la haalo Tagna, 
pocho qu^al ravann bio porbanu 

'iS. A I'an raachi a na icij pi antra, aon ftn <laal aanebi a* botit ■ lo 

ig. Ma Id diji a ton para : Voicbi bio dca aanaaqu'i *«aaarTa, • J na nni a 
piama manca 1 lot la) andrca qiK vana m'a oHoaaa , a MO* M ai'a gtMia baOia 
in chenril po ma rcgala aioa maa aaiia. 

!lo. Ma apra nua leiaM boaba qna «nla tfM lot d^panci torn tno aioi dta 
fannri drluuchiai , (ani a fa loa por In lo tJ graa. 

}i. M^lopnt li diji : Moo alTaat, t'a toga aio ntoi; a tot ea tpi'i a, o a loi. 

3a. Ma a fallial bin Cara in ftitin , a •« radjiir, pocba que ton frara qaa 
>oila cU iiHi, alo laiiiiacita, aletafWi"t at ortlroira. 



a 



47« 

Traduction de la Pirabole df I'Rnfiint Prodignt , ai paiM dn 
VauvSlien, d^inncmnit dc la Hame-SaAD^nmij^par 
niaire dc Sellcs. (M. I.] I 

II. In homnic atfoUdotu i^cchofu. i 

13. Lo pa jaunc dejenl rt lA pin : bijet me kt paUU 4* MA Ua; A Fjf 
bajeut lo peUigc> ' 

l3. Qodqnei jou* elprii etuit rjunis , ce jeuDB gucchon •« KwUsBt en roKM 
po in paji bie loin , bic loin ! quandel j faiil et dapanaciit U cc qo'el c*(Ht«a 
vivani ciot ilis i|iioqiiiati. 

i4. Quuid el cut tortot m^I^ie 6 vcdb bdc fp'nda dtaOlte ^nalo parfi,M 
rcutprlKleleLrjiim. 

i5. Nc secbint qnoi flii'a , el le metleut tUoI chie in monrie^ db fajt ^ 
renTorniit giidia lu |>ourl>> 

t6. Quelqucf Toil el UToit »i fum quel niroit ila vivra do n^ipa dat govwi 
D>u> nun nc Ini en bajoit. 

17, In joue qu'i't rrOJrbisioii ct d^et : combia fforrit dnoi lat 'aaaigaM A 
mo pCTC vivant iImii rehbondanee , ct mj je crJTB da fiBB< 

18. Jc rcYira cbic mu prre et jc Ij iliri : j^a pechj conira lo dl ct Ha- I 
irc vo. 

II). Je nc lent pA digne d'etre eppella vote fi ; reecrei HM qaaaaot is A 
tAi tUm*. 

M. Revenant done cbte lb pere ; qaand cl cloit eaqnoi U« kih> ■■4»* 
lo Tojeat touchic da pitit , el conreut ilcfj lA, Pj lanwnl an tift 'itf ^iM- 

ai. Polori «i> gnechopl'y dejcnt : Mo papa, fa offenia le cDe «m[Bi ri ^i> 
nt merilepaa d'etre eppella Tol eflkni. 

ai. Lo pere dejmit tot dc suite el lai volou: cpponioU mA rauckol iln 
ilunanchvi ; mcilut li vni' baigui- el let main et ba^l 11 daa iinliMi 

i3. CoDTct quetir lo vi f^a. tnet-lo cl je feran* in frmd f 
cTajro mon cffant peri , cl *ii rnroi; e) elolt pemliea , cl O n 




479 

TrMliirtidii At l.i PanlwlK At I'Enfant PrDdipir, ni jamk du ronton 
(Ic VmuiiI ( Il.iiil«-Saditr ), tnvoyec [vir H. pEictir>T , pritici|>al ilii 
Ciillt'gr <lp mtf villr. ( M. 1. I 

II. Ill home «ioi ilii naichniit, 

■J. i.iiu jiu,icime (lixil i- >uu uii'-.Piiv, baiU>«-Bie U» tup ^'i doi ivoi 
IHw nil- ].an. E li'iu T/.U Inu p.jii-if;r •ftit biiu, 

iS. Pn ppr^ Ion pii ji-ime aiiinnnluiit ifvna li in re qu'M *ioi, t'ra tli-l 
vavaij^i! (1m» 111 jii-iy bin loin , li-i uu f 'qu'c ilipiiMi ton mid bin mi ilal>i'>cl>e- 

■4- I'n- rprrr ipiVI fu to t1i<»ipl . vnpii iiioc praiuf (•'liiirinaa en r'pvij 
Ivi rlr iiiiriDriii'rt i Mioi Ui« ilcntt liiiigiic^. 

iS. K I'l-n tlvl ci is'i>iLi'!i-h it I'i iiiii' (jcnt ilu rendruilip' I'hitmj daiuMl 
fanmr po guualia U> |inur]». 

if>. Lv! M i-n hin viu ii'j{niiT[;ir dl> coifrs que Ui f^urii niiafjin , ml nifai 
nil t-n bi^ii. 

l;. VnTm •iinf'ran cii lu-nitiiu- pi iliiit : C<»nl«n y viti (Vtulo ibii li'i 
muugtfMi il'nran jivc (ju'ju ilou piin to I'iboailanei', *t m-ii i mvuc irniiii. 

iK. Ki fail iiu'i lu'li-iiif , i;u'i nllc irciiiA mon pare al igu'i U ilije : I'lre , 

iij. I n'iFM |i3 ih'ii^p v»lhi'iiri> il'elii; rjicU *onl' ij^uehon, ITMtl-inr doM 

a inn p*T«> tai <)>"a>l cl cu'i encna liiii 
'iunit Uau>i , cl rciiunn rcinibii'itii- •> 



:tl. Miluu jiarcilititei *Sn lAlo : EipmilhiaJi tk^Bai 
•'I luulJi-li Ili-li eine bai),-ui- an iloi . cl ilii iomUc* i ■(■ pie*. 

»y. Kimefii Ida lit ||rl et liii'loD, mini^aw et fcMOi bubaaiai 

■1^. I'liiiclicipi' Tcqui mnnj-aichOD, qu'cU inoaa el H A niMMitl , M elt 
1>d)ii rl i-I (> rclicntl; et vi GreHHnie- 

■j5. t'niiUall 'iMi piichnii lou pn Trri qu'eU il clianu . Ti'iriiEl ct qwail i- Tu 
priiiirUe ■■(Muu||ean, ■) ■MumU iju'un (aolai , ifu'on sbanlM. 

jG. i\ Fpelii nn dli vfilo , poii «eiwi f'llue ^'ttoi ^*to ^reia-lei. 

»;. C<'> , iliiit-i , qu'voM' ft«iro ft rveim , ct vool' pare ei fi uil loa vee 
i;rit,tnii vojan pieu d'rie. 

»8. Slu-ci r<i *i «n poolare ^'ei o'viul pi eniri M lai omRVMi. ^Ici 
toiiehet lou pare ilc choMi M it Ipu prU il'cair* iTviemi lu. 

■Mj. HJ(-iTiipnn(1iel*t)npjTe-.DepiilaMMi*»>ari «an *'* eimiiriBlJa- 
Mili.i , rl nsullan Tn n' nTile jvina betDtc Ian lenknui in pArc Ubri pnii 
m'ia)uiii ifrtea mik cini>- 

3><. Kl iliMiiil Ptn pairhoo coiiBMOl Hii-lei )\n'ti ■Infiu to aaii Lii> J'ceni 
da> fsiih't u *rai> , ii» tie* li tua loA nv ffl. 

i%. Irfiii pjrv li iliUl : Mi<n f;iichoa. pon ia , «'s cilci lOHiMd'iie* nai . 

iusclici)u' luu fii'iTu i|U'tla uiuUF 



3 



46o 

Trftdnction <U la Pnrabole de I'Enfiuit Prodigne, en patois da CufM <k 
Chami^U, anvndissnncDt de Gray, arroj^,en i8i9^pWrV.dc 

ToutdHGEOK , Maire de Cliatnplitte. ( M. I. ) ^ . 



■a. Le pu jeune d\i ri (aa pcre ; Pullai nui ca 40* do me 
bim , el le pern lo pauigeu sod birn. 

■3. Qiicqat JM fiii , la Jfu jaiine de cei Aeax anfwu , ruinaiiai tu e« ^'d 
aiTO , at ■'•!) illu en cin pui d'ailrcinge , lie loin | U tod al dian[iu ■«■ bM>i 
en camunduai et en daibanehei. 

i^- Aipre qu'ai I'au lonl diipeniai, uae grante funugiw Tint en c* paii li 
ct ai conuarnfai ai j aitoi be bvioLn. 

i5- Ail a'en dlai don et ic min au airvice cliez cin b^bllant de e« paii U, 
qee I'enviai en sai miion del ehampi , poo } ){a^a> <)■■ eaacboBe. 

16. El la el ei'i aiiai be au de rempi ton lente del aicrjfriUee qn ka aai^ 
cboni deisnieua , el non ne I't en baillo. 

17. En^n aitant rentfci en lu nume ai I'ai lUt: Combi n'y A*4i pea imt 
lai mason de moa pcrc de lanleu gBl|e qu'en put da pain qiTu De 1* •■ Imt , 
at ma j ceti IcI ai meuri de fahn. 

iR. Ai fanlqu'imc leve.et qne J'aje treuTJ mon peie at qoi Pi diee : Kae 
pere, raip^chs eonte le cielet conle TOiia, 

19^ £1 1 ne idu pu dalgne d'etre aippellai «etrc fits , mitu-nui him aia 
des Tanlen que soDt k vos gai^ei. 

3o. Ai ae leiai done et vin irauTai ion pere , el com ai fiitM eaee U 

ac jettii at ion coen at I'embresaii. 

"' ofila Fj diiai : Hod pere j'ei pecbi conta le 1 ill, al 1 ii^l if««. 



at J DC aen f u dai|^e d'etre ^ . 

aa. Taut de suite le para ai dit ai acs tbbIcu* : Aippolai «ila i^ mn- 
maire rcube at I'j mcltu et muuai-Tj aitaul sine bagna an do , et dM M^^ 

ai. AimcDM altaM le vien gn* , et mu-Ie , deifanw et feana ^ bMa 

3i. Ai eaaac qua mon gaaioo qua Toiei aitot mo el I'a reMHaoalai, et raha 
pcrdn ctl'a raitreBTai; ci quencocercnl done ai fare le leatia, 

aS. Et lell qne k Els le put lail, qu'ailot dana lea cbanpa, rsvann , at 
quan ai Tut au long dc lai maann et rcinlaaidni les fienlona et le ks da caw 



foia fierc a TcvenaK at tM« pere ■ 
tu^ le veaii Biaa , parcequ'ai to qu'ai le pote be. 

38. Cela Vm'i be facbe et uc Tela pas entret dans lai maioBi ma ■«« mm m 

acy Ai Ij raipondai : Vela deja tant d'annaia qne je rooa aana etyaa 

m'aiaetjemai bailie un cabri pom la maioAeai ai*eu mci umina. 

3o. Ma do que *6le |>atiDn qu'. i maigeai aun bien aiien dc* feWBeepriJiw 
ai reVL'nun , tou aiiai tuei pou lu le viau grnt. 

3i. Taui de auiie le perelj ditai : Hon gaaaon, ion ete lanjk aivcmMo at 
taut ce que f aT a eat lona. 

33. Mn ai fajot Tare Tealin «i 
frcrc aito mo at I'l 




48i 

Traduction Ae laParabole de TEnfant Prodigue en patois de Besaii(OD> 

d^rtement du Doid)s. (< M« I. ) 



II. NMioumc aWa dou oflfants. 

I a. Doni lou pu ju^nc dUct ai son p«re : phr^ bAillame c^qoi in* doit reVni 
dc voueta bio ( prononciation latine ) el lou p^c liou fit m paithiaige dt son 
bin. 

1 3. Peu dc jou aipre lou pci jueoe 6m cm doa ofljuiU aiymc nimatfa tout 
^''qui Taira sen olUii dans on paya aitrangie 9 bin loin, on y diatipet tout Mft 
bin en daibaiirbes. 

1 4- Aipre que Tout tout daipensie lie aurvint nc grand faimine •Of^pavt qoi 
ct y coumencel ai clierr dans lou besoin. 

i5. Y sVn ollait done et s^aittaichait an aaryice d'an dat haibitanta dipaya 
que IVnvoyait en sai moeson pour y gaidhia la po^. 

16. Et lioida ita bin ase de rampJit aai panto das aicoQitW qaa las poAa 
maingint , mais nun ne 1y en bailloue, 

1 7. Lnfin aiiant renlra en lu m^nie y se diset : combin y ait 11 dans lai mol* 
son demon p^re de sanriteurs ai gages , qu'on pins de pam qn* ne lenr tn faol 
et nioi y *(*u ei ai meri de faini« 

18. Faut qu'y roe U?e et qu*y oUe troafa mon p^ro et qa*y II dite: Pere, j 
a peirhe conire lou cie et rontre voua, 

19. Et y ne seu pas deigne d^ire aippela Toaeie fis , iraita me coame Poa 
das sarvileurs que sont ai «oucb gaiges. 

ao, Y se levait done et sen ^int tron? a son pire , .et knvqne Vhm cncon bin 
loiu son pirc Taippar^ut et en fut toucbi^ de compasaiony et coorant ai hi y te 
jcttet ai son couc et loo baisa. 

21 . Ct son fis lie disot . P^re, y a peicbie eooure Um cie et eontre Tons et j 
ne seu pas deigne d^^tre aippela vonele Gs. 

ax Ailoe lou p^re dit ai sas sarYiienrs : Aippontbia-li proMptcmcnt sal 
preracre rnube et Ten rev^ta et boutu li n'aincan an doigt et oas soulies ai see 
pics. — rPrononcex conune pies oiscaoz.) 

'j3. Aimenas aussi lou Tiau gras et le tua, maingeant et feeant bmieae 
chcrc. 

a \. Parceque mon fia que iroici aila moc et Tot retsnsciia, r^ten^ padhim el 
Pot relrouva ; y conmenc^rent done a Caire festin. 

'j5. Opcndant son lis ene quVu dans las cbamps, reYint et lorqa'j fitt 
proueche de lai moeson » Pentendct la concerts et km brat d*ceni qne daniiBl. 

a6. L^aippelait Pun das aanriieurs et It dcinandet f*qae c'^ta? 

37. Lou sarvitcurlie raipondet : 9^ot quSoaete frera ot rerhia et Tcn ete ptee 
ai tua lou vian gras parce qne le retoit en santa* 

38. C'qui Paijant mis an coulire y ne ▼ooillons pobit eatra daia Inn loogit; 
niais son pere ail ant sooetbi pouPen pria. 

39. Y eli fcset sta raponsa : voiqui d^jait tant d*annas qn^y Tona sar^ail et 
y ne vous a jaima desoubri en ran de f^qac Tona uCHn couinenda et f^p«n» 
dam vous ne mVtes jamai baillie in chevrean poa me raiionit aiTone met aimit. 

30. Main aussitoue qne vonete fis qo'aii maingte ton bin atone dat fannee 
pour d*hiueot rev^nu, tous etes toaponlnlou nanjgrata 

3 1 . Alloc lou p^re li diset : Mon fis tons ^tcs tonjone aivene nwi et tont ce 
qujr a ot al vous. 

3a Mai y faillone fare festin et novs raijom parce qne toneie frarc 4/U moe 
que Pot ressusciu, Pctoue pondbiu et Pot aifn retronva. 



et 



37 




48a 

TraduttioD dc la Parabolc dc TEniaut prodigue^ a patois du Mbrvaat; 
ouvoycc, CD 1808, par M. dc Plahcy , prefct de )a Nicvrc. (M. I.J 



II. Ein houme aivot tleiix renfans. 

la. Lc po zeune cIas douz die ai »oii pere : Mod pere , douDes^-nioi ce que 
iiic revent dc Toute ben ct qu^i ni>n aile : childi le pere <» fid le partuzc cC 
ly bailie sai part. 

r3. Pcu^ol de zor8 aipr6s , lc moime dc aas fiots qa^aivot aUwird toat cc 
qu'ol aivot s'ao fen bcQ loin ao cin pays cttanz^ , lai vo& qu*o mcx^'Cont en ic 
llbartinant. 

14. Kt aipres qu^ol oeii tout depance , o tene eune grandc faim^iM aa cc 
pays let, Gtlu coiimoneiice d^ai\<ur cuuclc. 

i5. O s^an ailc dent cl o sc boule an sanrice tPcin que deeaeurot dret lai : 
sUiclii Taiivic «in sai initoiric poorc y gardcr lea coieotii. 

16. Let ol airol ben vlu meztW- das go.s de pois qii'on baillot fo eoifoU cccn 
aivoir son sont ; mas parsoiinc no Vj an dounot. 

17. Quant o vie celai, o rcntre an soi moime ct o die : 6 comben j mVo dc 
valots c«z mon pere qu^onl du pain pu qu'o ii'an peuroint mezar , ci dkm ichi 
y crcuve lai faim ! 

18. Y vaa dontpartir poore ailcr retroiivr men pere ct y ly Tat dire: Mob 
pere , y ait peed contc le ciel et rontc voiis* 

19. V nc mairitc pu dVitie aipele voute iiot .* y mc Irouroa ben contantelii 
vuus vleint nie regairder rommc Tcin do vos valots. 

20. O se boutti en semin et o vcne \ ez son pere; mas divme' ol dtot OTiooorc 
ein peucot loin de lu , son pere Taiparseve et ol an oeu pitid : o coord vias , o 
se zole ai son cou el o Tambrais^e. 

21. Et son fiot ly die : Mon pere, y ait ]ieee conte le ciel et conte tons 
niloul, y nc mairitc pu d^citie aipele voute tint. 

aa. Aiu:hitot le pere die ai sas valoi& : aiportez vias sai premdiv n»Uie et 

tilcz ly t bontcz ly eune baigue au dot et da* soides dans sas pies. 
a3. Aimounicz uitoul le viau ^ras etriucz : mezuns et fions u^colw 
a4. Car mon ponrc garcon eiot mort. et ul o redevcnit en vio , o i*etot perda 

et ol o relroue. Chilot o eoumouencerent loi-lons ai se ben reeailer. 

a5. Mas le pu iricux das fiots elot en samps ct roumu o venot et qa'*o lU- 

prcsot de la ma'ion ol antandv las sanlei^ics et las divartiiisamenta que •'▼ 

fieint. 

a6. 01 aipele Tcin das iralois et ol y dumuudc quoi qu*y atot qne tosc celaL 
a7. O ly r^poun^ : y o voule frerc qu'o re«eni , et toutc pere qoe Pai rem 

ben poriant ai fc tucr le viau gras. 

ao. Cetuclii se boule an roulaire ct nc vloL pas 'autrcr ai lai maioo : mas sod 

pt're »eille et lc pcurie en graire d\ vcnir. 

ag. O ri^pnnde ai son pere : VoiquL ben das rannecs qu^i vout lar* * t ait 
zora fc ti'qne vous mVz cuumandc et iaimas vnus nc mVz doune 



tozora 



lement ein bigot poorc mo rcgailor aivec mas I'aimit. 

3o. Ai poinc voute autc Ho o t'o ele errive, aipi*es qn^ol aircn tout raea^ 
ue qu^ol aivot aivec das fonnes de inauvaie vie que voue fe tucr le viao giw 
poorc In. 

3i. Ai cclai le pere ly die 1 Mon fiot, fez tons las zois aitooli moi et tout 
ce qu^y ait ot ai toi. 

3a. Mas o feillot fere fricol ct se divartir , car ton frcrc que f clit dlofc n.ort 
et ol o ^icant , ol etot pardu et ol o retroue. 



Hi 




463 

Traduction dc lj Paraliolc dc I'Enfaat prodiguc ni ]i,itoi> poitcTiit 
(I'liiic panic dc I'aiTondijscincnt de Confolcns, departcuciit dc h 
OtamiXc, aivoytc,«i i8o<>, jwrM, Mkmineak, suiiS'preri:i(M. I.j 



1-1. £ U^pus jiuni- illDke a ion pairc :Mun pitrc baillati m' b pir deni bim 
qii'i Htnn itain V ru dv pr^tradri v I'patn lour pntafi^ f on bim. 

tl. Kikaii jourru >prri«, iiuapie v'njine lanuua tout Lo ke liTevanie, I> piti 
jiiiiiu fl'aii intjii^ (Liiii ijii paf elrin);U •dt-cui fruaiie lout *on bicn ea luc- 
naiii la lir d'un clirii iiujel. 
4 I (• QiMDti! (' apue nMD|{« ibin 1' paj aal-tcur* ou j apiet «■ ({ruile b- 

iiiiiii- , a I'ua roDinHiii-i' a unlirif pr« la premiere tc U iniicrF, 

ifi. Eui t'liu tail c t' met •'■■ cuaJiliuii clii un montlru tie quel antlrj que 
r«Tnn! 1 loa l^(< , daini an rilla)^ . pr' j gtrdt low* |{ore. 

i(f llh! couBi' I'auTlc ela taiuant li I'aiic p' |ni amplii-i! aan vaalic dc 
(|iidlau calofaii qu'i fauant niaR||i'al a qui gvre, mau prcaounc ca Ijr cu dou- 

■ ;■ A b Tin, >'<.-lant cnni|[rali mJime, pus Jiti^ . Cimb' y-a ko miA 11* 
inann dc innn paire de jouriialiE qu'atan ilcui pan mcU ipi'on uc luuir an faiii 
jMiidan nn'i kux ki anrij^nl la Tan. 

iH. Ud r»iil qu'i m'an annc, yriii iToma mon prfre ttjil dlrat* : man p«ir«, 

Iij- Y iir m'rite pui d'elr' appcUa tulr' afjn ; luffrcii me lanqnillcmealairce 

ai>. £ui i|iiiilc, I.- tai.i troura luo pairs. Ualgie qu'eui Git cukcrrc loin , 
■tiiFrm ]i;iiif le rccouiui|;urbp ! luucha dc tampasaion, em courr' a )!, uc 

■It. L'afaii iy diisc -. Hnn pain.-, j ail p'cba eatre le cici i cnne vou>i y 
lie nrrtti' pui iI'^It' app'U voir' a[an. 

'1-1, Dain itnrux laa itni Ic pairc iliian ■ touc Talv : apporlrii me loal hours 
>a pill livllr rlieniiiulf jcampcii lu li aurioun ecbinc, ncujii li uu' aaoay a 
>o.' .lait PI .leux >ouUp ■ >oue pie. 

■Ai. Aiuencii me c mail ui' uo icilaii pk : fatan grand fricot et dcirattiuaa 

J). Carmounafaoertc niaur < vel Tetaiuciu; if'etre pr«du el Tei rctroKTi- 
IJaiu ((iiviii tan qui y H> meltiran a fctrc Iricoli 

j3. L'tiia qu'pm- prp lone clian an revanniict , conm' eui I'apprechaie detut 
to^i il<< son pairc , **anlaDdi loue inilrumau ct la danCc. 

'iG. V app'le Clin deus ulle dr ion pairc cl li dciaaBd< ce ipw i|n'olrTe. 

-J^. Lc vaLi li rcpondi : vol' frairc cat Tttaagu, e cew>e lelanibaaBboune 
sinia . VKi' paire o fc tua Ic vcdai* grl. 

!i8. Iti<-n faeha jc 4uiiqiu, Pena nc vaDgael pi autn, mait Ic pairc riaii 
•<>i li pre Tj enpEga; 

■Jij. Km leponili el diiset a ion pairc -. on lo tan d'annailcii qu'i i' lerre , y 

ijuoqiii jamcy loa nc u^avaii lamrem 

'.fo. Mais quaoU- volr'afan qu'o manj^a Ion )<in bicn avec dc clicliiau rmcl- 
Lit i<>[ rcvin^ii , T'aval] pre It fey t».i un vcdai* gra. 

it. Le paire lidiisi : ftlqiBi aran VvileistrvjouraTM nff i Ion quoqn'i ait 




m 

Traduction de la ParaWe ie IXnlatit prodigne enpatoic del « 

)a Valetlc{Charnile), arrondisMmoit de Bailieiieiix. (M. I.) 



II. VahooBii nit ioAt cBt»a». 

13. Et la pas jaani imt doA* dijtj i lonn p^ ! Hobh p<ra , dmmu bu c« 
qo* dcd IDC rereDit de Totri hi, et le p^ra lu pirUgaa lou M. 

i3. Peu de jioura >prii. U*u jiciui kaanij , tjmt imuH toat c« qn'ioA avM 
rciftl^Ufdirte da U mwioo , ettencDga! dini vd payi foit jloignB nnta ondit- 
• ipj loiitionhci'iomeiiini una «ie d^bantcbihada. 

14. Et *pr^ iTai lout depuni* , ana |[njid* {imiiia atiti din kian pii M«k 
coDiRiinci 1 toiiDiba dinU necciiita. 

1 5. Oui'cn ongtuietiRttuIiiJ M lantce d'na danluIntanJiipdUaieUI'Mt- 
laaji din i* nuiion dau clump pre garda loni ganrj. 

16. Ikioaai^i eta bco Uit per appaiM aa flm de ■• rcmpUr da U* cadoSU^ 
ijiia lou gfiuri mingeoTant, null preionne ne la en baillaie. 

17. Enfin jiant rmtra- en Ini-mjide , ou ■■ dJiaii : Combi j oco da«a k 
maiioadamaan pers de aalei ^'on meij de pain que tear an l&i M mkjwmt- ' 
kilmooridefaDi! 

lB> T «ale lunir da ki et qn'enge tronvl monnpere, alC. 



Traduction de la Parabolc de I'Enfant prodigue en paloia 

d'aulrcs commimcs ducanlon de la Valeilc. (M. I.) 



ti. Yun bonuna avet dens enrani. 

t9. Lei^u jauna dicit I lonptra : Hon ptra, donnJimamapartdabcB^e 
1' d(Hi arer , ctic pire fit keit parufje. 

(3. Qaauqne tcina apria I* plui jeane do k jUi itmt cnfana , ajaat MDnaf 
innt ee qu'aA Faiail, I'an afil de b roaiann ett'ao Gt dam on paja baa dewnt 
onle J diiaiph unit ion ben en le dltartiiiant. 

■4- April qu'eu I'aKnit lout dud);!, □ teaitune f^raada famlnn don XcApn* 
at J eotnniencit i davenir bien panTTe. 

iS. S'an ulit et ae metit laletchrsun habitant dnp^i qu renvOjUd^M 
nitame pii qn'an pii'diiie lei f^ret. 

iCQaandoAy futjoret jti bea iie de reniplir 10a Tantr« da calofru^na 
Ic* gorel* maaj^nl, maii preionne ne li eii baiUtt. 

17. Enfin clant reloomc en li-nu^nie j ■> dicit : Ooilla Torco Trltt chn 
man pira ^> atranl nia de pain qu'ou ni lenr en faA et f leoi i..^ i mnvi 
de fiim ! 

10- Ou M que j* ne lite , qne fate Ironvar mon pere , etc. , 




485 

Ttdductiou <le la Parabole de I'Eorant Prodiguc , «i patoU Je Sabtn » 
departnoCDt de h Charcnlc-lnferieuie. (M. 1.) 



■unipt tOQt foa bcnn 

■ 4' April qu'il ajritioaDge tot , o iturtcoit UM gnndfuoiae duuichaii ftjt 
et '• cnuniinrii i cheic «n mc^mwiit. 

iS. 1 I'eo >llii done *■ rtiwlte *alel d'in kouBC do liaut qai I'coTajrit aux 
rhamp* pr« ginlar lei /tartt. 

lA. Li il (unit bin *clat rcmplir loo tenlr* del goo**** qua Im gorM mta- ' 
|>ianl ; mf ■ penoune ne U en bailUit. 

1^. A U fin i rcTCDitl U «t I dicii : qu'oljr at da talat eheni oamBiiv qui 
■T*n( tail da pain qa'o Be leat an fiui pt moi ja laoi itchi k craiar da dm. 

i8. FhuI qu i parte et qa'i Di'an ailla IroBiai rmu pira at i li dim '. Hav 
pira, i aipacht coDlrelelwn dim et contra %ma; 

ip. 1 nc leui put digna que TOul coe noiuniat lOnt UH ; fual dm cihibc a 
in dcj. *«!cl qui loat k loa ^Ret. 

'io. I partil lion at I'en lut troaier toQ ptrc; coume U auh CBCor* InnleB- 
ftne , loa plra TaTUit ; il li faiit pitia , i coniit I li , (a )atlH i Mia cod et 

31 . Soa fail li dieit : Hon ptra, i ai pieU conlre la boa dien el contra Tou, 
(lie na lani pus dicna que vog* me DomBin loM fail. 

11. Utila pira dicil ■ lei lalet : apporteibin liia lapna twIU roba at met- 
Ipi la iiu li , metlccli ina baf^oa dan* la det, ai dai ionic dafu lai p«i. 

i). Amann auati 1e fiu gtmM et tueE lou , aaDtfcocM at faioni boune ch^tai 

li, Parca que nioD fail que Telat jtaitman at uot lefile, il ^it perdut et 
il Mt ralreuve -, i coumencirianl don a Cairt feUin. 

iS, Pendant ictau Lpinpi , aoo fail le pa* Tteux qui ^tait am champi i i^ev 
rctenil, et quand il approcbit de la mauon , il (ptaodil laBBiiqaa alia br«l 
de lahelrE qui daniiaau 

36. Uappalttin das lalet at li danuadilcc w'ol jIhI. 

■rj. Le Tilel li r^pminil . Ol ail qua toalre frira ait ravAlt el lOnlic pate a 
lu« 1h Tiaip-aii eaiueqD'ilUra>oilcobDnoaiaB<J. 

-j8. Tcbni le rectiit «n colir* at i na lalaii pai entTar ) maia ton peta aUM 

'«> Mn li dicil k loa pere : Vela dJp tant d'anniai qn'i >eu> ■ towl'tanica 
ci ji.' Toui ai trajou iti ob^iisant en lout icheu qua tou m'aiea qaamaBd^ , el 
pourlanl *oui at m'aici jiOH-i baUlJ lul-aanremCBl db bicot pre mm diTettit 

30. Haia d'abord que toot aolre fail alt rciemit , K qui a nwDRa tot ion 
bcnn alec del fonellaf de inertianla lie, t'a a*ai tue pre li le 4iaa ip-ai. 

3i. En Icbeui tampa la plra li dicil ^on fail I'as trajout aiac ooui el lot 

31. Mail o fdlait bin ttire feilip et Doui diiettit k canaa qua ton frtia ^oa 
lalaletaii DHin at iLail tgiila > il ctail pcrdul atQMt'raliaatB. 




486 

Imitatiou libre de la Parabolc de I'En&at Prodigue en paloii de la Bo- 
c}ielle, Charei)te4nf<^riei]ie. (M. )0 

It. Id honmc ajant deux cheiUt d'enfaal , 

13. Lc dvrc del deux dlitit counic (■ ■ *•>" cher pere de U parugcr la maa- 
l«e dc bill de soun hcTiUfje ; 

i3. El aiisii loi qui I'odjLt aon dret, 1c unfoaijrii do de prii da lui pin 
et lc i'gd anilgit du)* uiD pojii red« loin, vouf ^uidcnnw foo' >,*air «a c^M- 
nierf am avvc dei criatures. 

14. Lr liin dc Dim ayanl prMont iti kM par la CoK lama , la goJa coo- 

i5. Si l>j <[uo dc la fa^nn , Mait r^diiit ■ I'ladnlfjCDCC ( isdolgnica eat id 
pour indigence), l« ic gagit a oin bonrgeoli qui Fiainirit 1 uin da aaalog^ da 
campB|^e vDur il |^rdait (J« meclianlefi froraillpf. 

I& S» pauvrc vie en tliiul iial euit 1 

fait >i o ii en avail ili donoe d'autonte , 
meHaileopnne). 

1;. En thiclc ocolcnce , le le diuit eniDnn iDtfi'Iear : hfla! aci«ieiir,eoai' 
bin dc marcvnaires aTont a thie tci Ucuri-a dc la niiclic mai qae de laxaoB tm 
logii de mon pirc alioor (pa mouai j n'al len teulenunt poit da fooi tatr W 
TCI' ( maniirc figure e do dire man^r one petite boDch^c). 

30. Dan* CO t'aicrsitu, Icjaubil (participc de jaulier, parljr, a*aD aBcr] de 
chez son inallrc set coume in eicalcUe ( aqucleUe ), et c aviiit de ralJinunMr k 
la Ti'sistancc palernellc pn avl fin de to eoalrilionner de ion flee au w-i-n» 
de ma pen. L'avail bcl encoro • aboutcr Bfant d'etre k rive , qitaajl I* bo^ 
hoiunele Tcqiicneusiit ct computinunj a aoua appareiMUce, andnti |i coaMe 
in lioiiUiard de vcot {eiprcoion Gfpitie pour marqutr larapidlij ], et Faaiaiam 
sue sa pnitraitie , le jcitit d'allcc ct dc vcniio lao* n'liDniouier de la reineaen- 
tre iivin dct ains ct amondiiranl par la rejouisaaQCc dv Ic dcpoiaeilcr I'ailHatt 
que Vavait odjrut quand le te detriyil de li. 

ai. Cciejennclioume.ilamodc de I'atitrc , s'amandant d'avcMi leGU(In8> 
si) un li lant brave nere . li ditsil pre lea raiioijs , Ics arme ana ysnx : cher 
perc y convnl bet qu*i m'ai detiri^ demaroitlc an vii-i-vii de.VOM at dacid 

alii iii'i'iHcnd ; y ne 3cu pui dani-la grace d'etre lonme voatre char lila»... Pia 
e braiiler. 

ai. Mail ton ebcr pere , qu'etail in lioumc il'iibord point maulaiaant pre lc 
paiivre inondc, li faail entendre ignc le seva'a licjouri ion cher fili; at prcli 
accrtainer disslt vcrbalemeni a tes gen! d'allcr li cri ici aneicai Tilrencna 
aussi be que ac* joyaui. 

a3. Au puis apriH , lc coumanda d'an^er ilans aoua ctabla ttter lo ninu gia* 
de tes beudcia ci en f^ail dreacr in >i bia banquet , 

aS. Que loune atn£ de (Hi t'cn cncolcra ni tellemcnl , 

aS- Qu'il en fatit Iraurdonner de mouvai^ lecia aux oreille* do p^re. 

3t. Mail tliiau thei ipi'ctait bim cmmie in onaiUe , au lieur do ('en AmoaTer, 
I J dikstl pre mot tU: rcpoukc , 

3i. Qii'fi retail be dant le justu a Inui le uiiiins ile sc rcjoitir , puiaque aon 
pauvre dcfunt lil« , qui aviiit mourn { ilans lounc enlende ) , viuit an jour d'au- 
juuririiui gruuillant coume in pibeau ( an|,'uillc }. Amen. 




4«7 

Traditcuun dc la Farabolc df iTjifant prodigue en patob de Marames, 
Chareiite lofericure, cnToyce, en 1808, par M. Guillotiiv Fouomii, 

sous-prcfcl. (M. 1.) 

II. In iHtuinc avoit deux cheiil dVnfant. 

11. Don le fms j«nno Hiciti ton p^r«; lion p^rc, luiUlez mclebennqu^ideos 
MToirt pre nion lot , ct i Icob fasit l« partagt 4b son benn. 

1 3. Queiique jour apr^s le piu jeniM) tniMrlil ayccqaes li toutce i|a*il avoit , 
s'en cngit voyager en in pays be lenng A il depeosit Uwt fon bean en d^- 
l»auche. 

i\. ApriTA cli^il ogut tout depense, il avinrit Me grand'^famliM dans chief 
pay> la, ct il cli^aii dans une si gramle necetnte 

I r>. Qu*o li falit su gagcr k iu babitan do tieut ^ TeiiTojit dani fa ferine pro 
y garder les gor«t- 

i(i. La it drsiroit hcnn pouT^rc sc rcfeclionncr dea ecvifas qne let goret 
mangiant . iiiaif preaonne ne Ij en bailluat. ' 

17. Kofin il foogit in petit en li mefme; il dicit t Combeftny a-t-i dant le lo- 
gis de mon pere daus valet chy avant dau pain a refection et mot je moorro 
irliy de fainu 

iS. O faut qit'i me leuve, que jVngelfouver moa pire et qn*t li digr : Men 
pore , i^ai peche a contre le oiel et devapt Tona • 

19. 1 lie scus pas dignc d'etre noume voutre feail; traitez mo comne in de 
voh valet. 

Jo. U se levit don et partit pre aller troaver fon p^re ; maif alori cVil ^loit 
iMicoro Icung de ly, il accoiiiit Vemhranser et le oaisit. 

ui . Son feuil li iliclt : Mon p^re , i ai p^eb^ rontre le del et devant tous , i 
lie seiH pas iligne dan.H chcux inoonient d^^tre nonoi^ vovlre Arail. 

!iQ. Mais le pere dicit k scf valet : App«»rtez li be vite son pronier vHement 
et Pen vitez, uiettez li ine bague an det et dos aoiitet aax peda. 

u3. Coiidiises ine icby le beutlet gras et le tuox , mangeom et fafoat grand- 
ell ere. 

'J.|. Paree que \la mon feuil chi era morf el il est revingot ; il ^loic prodnt et 
il est letrciive et ils fatirent grand fe^e. 

-j"). INetaiit sun feuil ainn^ cbi eioit aos ebampf rerenit, ef alors cb*i fnt tout 
]ii ees (Ui l(tf;i{i , il enlendit qne le choniiant , que le dan^iant. 
2(>. II appelit in dca valet pre cpivneutre ee qn^o n'en nVloit. 
-J7. O Test Nti I'll que voiitre*fr^re est vingnt» et vontre pdre f avis ant plicn 
lie \ie .• fait tiier le beiidct gras. 

'>8. ( Jieiix rlii en ogit iin si grand dcpit qiiS ne teloit pas entrer dant le 
li»ui.« , re rbi obligit son p^rc dc faiNir d*on^re , ft le conviit d*entrer avec- 
qiirk li. 

It) Miiis il i-epounii k son p4>if : O Tiat fi lent c ta t que jev^vrnt aert tans Vooa 
jviiire j.-iwais dcsob^it, vous nv m*avrt ja baHle tantencement in cbevras prcmc 
tejonit aveqiM't meis ramarades* 

i)o. I'.t lonqu'in feuil roiimc rhos clii, clii a mangit tout son benn aTeC dot 
%il.iinr« rriaiurea est vingut, vex avec fail lucr pre li bt lieadet gras. 

3i. Son pere li dicit : Mon feuil, pie tui t'a.s trejoii demourc av4 mot eti il^i 
leiin ihi lie l\ippartins*je. 

!>'j. Me«'s o fallait benn fairc in fi*«tiR et nous rejouit * parteqnr tun fr^re cbx 
eia iiiurt est re«i^^ut, cbi ei-.i piediil et il est lelrouve. 




488 

TraductioD dc la Parabole de rEofant Prodiguc, m gavaclie de Woatl- 
gur , arrondissement de laReole, cnrojA par H. VtuxvoLME , BatR 
deMonsegur. (M. I.) 

la.Uoulepu icunc diitit iioap«n: Mon pare bwUn nMBcaqa* jidiaa 
■ngere da voutn bien. Et U pen lai j piirta|^t*anlnra. 

i3. Qiuuque un aprii , le pu jmuM unuiit lou ca <m'il sMt , •• »*•>(« 
du un p'J) btcn louen , onte j nuBgit iod bun ea dtybncbe. 

i4- April qu'i I'auguil lou laMag/i, J Tciognit hoc gicnda '-—'■ — Juu qnCi 
ppjtGt jwU'oufitdiulapraafM^. 

i5. lie n'angult doQ etas bautitia Hnie* d'tinddhaUuB 4«B p«;, qB 



MKQTit a tafcrme per j gardnlej „ 

■6. Iqui T I'aurj liicn vnulnt la refeauon it* ejcMMA^iia lay gMHB 
tuigun, me ilifjuii ne ly tobaiUet. 

17. Enfen cyun reiiti e en It tatymt, j diuit : ConUaa J m ton 4> vafalfc 



18. Faui qnc je pute ct que faoge trouier moD per*. Jif dimi : 
j'ajpeeh^ (le premier eeitmueijcontre le dele et coMr* von. 

10. Je ne lEu pai dignc d'cjterc appele lOntrc gMijr* , teaiti bbBC^M 
un dej.aleta que iod a .outtej ga^t. 

30. Y paniiiit don, el le n'vi);uit tromer aoa pere. Qnan j Fayut mc«« 
louen, ion pere TapperceTit, et toucK^ da compattiMt 7 contrit A Ij, M^ 
i son cou et la biqnit. 

31, Son gouja ly duiit : Uon pere, f ty pacbi caDtre la eleb ct CBMrai*^ 
je nc leo pu dijnie d'tytere appeU Toulre fionja. 

3a. A ladon le pere diaiit k aei ^alct : ports tktemanl 1« jn bale nk* « 
veyliMe lou ; mettc ly une bague aii dey el dey loiily c^ pi. 

a3, Mene le >ede gr** ct luc lou : mangeon et feion boiin* difa^ 

34. Care moo ROoya que toyci lytei more el 7 I'cj raasoieiU , jFayW 
prdu et y I'ey Ironi^, Y la mviirian a faire boona eliero. 

a5, Penaa le gouya I'yni qu'eyUil dan ley cbarap raTCDgnit •! fHH J b 
procLe de la meyioa , j FenleDdit le concere eila iUdm. 

36. y (ounilundey lalet i qui j denundicce que qncDCjUt. 

37. Qneu ty diisii lo Yalet que Toutre fray gey entonia at vOMti* pan lilt 
lue le leJe erai pr ee qu'i I'a trouvc en boiine (ante. 

38. Quvu le fachit ii fore qu'i oe Toulit paing CDtre. Son prra aanjl f Fm 

'•■g. Me y reyponguit : Y ■ lan d'annayea qua je Toua aera , WA vaaa aiaaan 
janui) deiabell ( le premier a eit muct ) en qucnlle cbouae qna ca aia , |t«B 
fou ne Di'ine jaouiii bailie UD erabot pr me ileyretii aiec mi amia. 

3o. H^ Tuutr'anlre guuja, qu'a mangi LOui ion bieo aiaqiw day Ta^Mi 
dcybaochaye, n'ay pat pu .leu arriie que taua m<ii fet toa la if^ mm 
pr ly. 

3i. Hon gouyi, ly diiait iod pare, Toa Mi lonjoula ate auni attovc*^ 

i'V •? * '"™'- 

33. He filet faire fitea et aou* deynti , parce que loslra fray ajHI mm at 
y I'cy rauuacitv, y I'ejlet predu et y I'eyratTonve. 




489 

Traduction de la Parabole derEnfaDt Prodiguc, fo gtyache de la Motte* 
Landeron , arrondissement de la R<k>le , eoToy^ par M. Maatihbav 
DEs Bartbes^ maire de la Mottc-I.anderon. (M. I.) 



II. Un home a?aitdeum^oaees. 

la. Le pu jeune cTentre s>u oicit a son pire ; Hon p^» dooA^t mi •an qa« 
dcut nie reveni de toutre Lien , et le pire le s*j parUgit loobicD. 

1 3. Petit de joure apr^i , le pa jeane minagc , ajao amajne lout som afoo^ra, 

Earlixait pr^alle dan un p«jri fort allugni , onta i decipit «oo bien en titan dao 
\ debauche. 

14. Quan il agiiit tout fricaase , j arriiit una grand famine dan icboaftyi ci 
la fagn ne tarsit pas de le oprinque. 

i5. i .s^allugnit don , ct se logit dan un home don paji qoa Pent oyk A too 
inayne per garde Ics pores. 

16 1 peliquait d'empli son fentre de goussc que 1^ pOFCt niaB|;iaOy mai di« 
gugn guan doitnait. 

17. Enfin etan revingut en ly*m/£me , i dicit : Combien gnat on patf daoalo 
maiaon de mon pere ue valet qu^avan d^ou pagn m^ qu'i n^anpedan mang4 et 
moue je rooure ici de fagn. 

18. Je me le«erd, i'er^ che mon pere et je Ij dirai : MoQ pire f^ pccb^ ( U 
premier e est muct ; contfe le ciel et contre von. 



19. Je ne scu pu digne dVtre apele voutra menage. Trati m^ conmoM «n 
de vuu valet. 

ao 1 sc levit don , i vinfuit trout^ son pire. Comnme il ^tait ancora lea|pi , 
son pire Tapercevit : plein de compassion, et courran on datan de lj» 1 aa 
jitit a son cou etle bicquit. 

ai. Et son manage \y dicit : Mon p^re, j'^ pecb^ contre la cial at cootra 
Tou : jc ne acu pu dmgne dVtre apel^ contre menage* 

aa. Aladonle pire dicit a s^ valet : Port^ vita la premi^i camiaole et met< 
\y de^u , boute ly une bague on det et de souill^ on pi^a. 

a3. Menes ub^ le vedeu gria , tuea lou , mangeona et fesooa bonne cMra. 

aA. Meii9rqiie mon menage que veyea itait mort et il eat rafoacile $ il ^lait 
peraut et il est retrouT^i et y coummenciran da ae featin^. 

a5. Eniretandis son menage le pu vieil ^tait cabat lea champs , et i metnra 
qu'i venait et approcbait de la maison, il entendit force aaonde qne c h a mian at 
sc rejoji.ssian. 

a6. I sounit un des talet et 11 demmandit san qu^oa Fetait. 

a;. Icheste li dicit : Voutre fray est toum^, at vouue pira, parco qn^il Pat 
revut iierc , a fait tu^ le veden cria. 

aH. 1 n*en maugregii et ne vouiait paa entre» maia son pire ^tan aortit, coom- 
mencit dc I'y engage. 

39. Li , dan sa reponce , dicit h aon p^re :Ichi tant d*ann^yaa ifoa ]c tooi 
serve san vous ayere jamais dcsolmt , Ct pvrtan tons m'afea janaia donne un 
cribot per uie de%crti dan mes emits. 

3o. Avequ^icheu taleu qne voutre mteage qn^est icbi et qu'at toot mange dan 
dcs livcrliues , est arrive , vous Ij aves fait tue la vadeu gru. 

3i. Aladon son purely dicit : Mon menage, i>a tonjoura dan moue ct toot 
san que j'ai est k tou^. 

3?. Mais fanlait be »9 festin^ et ae rejoyi mcciqac too fray itait oMrt ct il 
est re^ usciic i il etait perdut ct il eat rctrooT^ 



49° 

L£s TRADUCTIONS QUI voKT luiVBE npparticuuent k b laagne Bo- 
inane , qui est cdle dii midi de la France. On retrouTe ici le caalon de la 
Valettc deja cite a la page 4^4 9 parce qu'une partie de cc canlOBbit 
usage du langage meridional y taudis que dans le cbcf-licu et dans qad- 
ques autres communes du m^me canton , le diatecte eat celui de V, 
mois qui appartient au langage septentrional de Ja France; 
la ligne qui s^pare les deux grandcs divisioDS de ia Fhmeey sons k np- 
port de la langue en langue tVOyl et langue SlOc, traverse le cantoedr 
la Valctte, Cette ligne traverse aussi rarrondissemcnt de Goa&ihn- 
P. 483 et 4o3. 



Traduction de la Parabole de I'Enfant prodigue en^iatois {Nfrigonrdindes 
communes de Gardes ^ Edon, Conchieres, Bougnac, Dif e, Bcm- 
licux, Glioutras, Youzou et Ccrs , canton de la Valetle, deparMmt 
de la Gharente. (M. I.) 

II. Un ome ato dou efan. 

1 3. Et lou pa jauone dauou dou disse a 50un pai : Moun pai , hiiHtif lb fiar 
daou be que me rcvc , el lou pai' li partage soun be* 

i3. Paiiou do jour apres kcoii jaoun ome ayant raassa ton ce f|ii*aii Mio 

I 

^u, sorie dc la mcUhou cl sVn anu diol-l-un pais, for ciloigiua ioM 
dirisipe tout soun be en incnam uno \ito deibauchado. 

i4« Apres qu\iu aye tout de'ipcnsa auou survcnglc uno graodd fiimi«n dia 
kcou pais c auoucouincoce a sent! lo dizeto. ^ 

i5. Aiiuu prcnyc doun lou parti d^tntra nlia un iLiiiou habitant damnipi 
per lou servia Ke ou ki PenvouyK a sa niuishou dc campagnio por gardlk M 
por. 

iG. EViiui ki aiiou souhatavo per appeiza sa fani, dc sc rcmpii dtU eie«n& 
que lou por iiiuishavcD, e di'gu l*in dounavo. 

17. A la f! uitan rantra en se ini^mo aiiou dissie : combe y-a-co din LiiiiaUVo& 
de niouu pai de talei qu''on dauou po en abo^ndan^o tan (|ue you neuiv df 
fam ? 

18. You vole surli d^eiciyou n^irai Irubu moun paV , etc. 




491 

rratluclion ilc lu Parabole de 1'EdEuiI Prodigur, cu {utoisdc la Sous- 
Prefecture dc Nontron , department de la Porio^w (U. I.)- 



la Till lie <juE mV}' > vcvcolr, el lau pay loar pamil|{i 



III Jie <juE a r-y a vcvcoir, el lau pay loar pamil|{i *ana bc> 
3. QunDui^iip djoiiri aprca, lou pu djoouDc de ^ui dons ihat *;idt ia>- 
)l)ti lout quo qu'oou Tio, tin ane •oniadccaU din tuB pajf fort ijlomgna 
:nia oou diatipc lout aouD be en dejboouich^i. '■ 

if. Apm iiuVinufpie toul iUyp*n<' ipi'irib* luo gitndo faaiBD iim fMoa 
>■)■ la'i> ct oou coaincnre a iBaniluaU. 

iS. Alan ni'iii >r ff^lire ilequal ondrc at tt HMtc *eU tehaU nn Wntai it 
gucou pay*! S"* I'ovojf ■ *■ meiiadtrio pci j fgwdail iloAn porta* 

iG. i I'lani oi'iu , J fugui rcduit a una ai (jnodo BueriOf ami oAant 
Iciiri rcmplir suun Tcolre dc 4U0 qoe mcndjaiad lou* port*, iBi»a dagu liea 



lU po eii 4l>oBi 

■ 8. Oou fann qup de que|{u pal j aiae troiibaia moun ]ia]i al qai j4 K iliie : 
tloiin paT, jai ]wi(ha rounire Inu ceou ct cmiiitre toiu. 
ig.\eni'itaipudigBiid^irelpeUiotTe rii.Trauit me conno ■« davotrej* 

10. Oou parle douD , at ten Ta|{ua iroubau wob pat; oAo ^ro ^ro m«jro 
iiX'7, louen, qua louD pa^ l'tpcrcc|{iic , at d'aboal qu'oaD loa til, oAb nin-ai 
oucha de coriipaaiion . ti conrtn a ■•■, oat (e djietc a •■■a eow at loB biqiie. 

-Ji. Aloitiounfla liibce: Moun piji,]' at petcbaconntfaloa eioa etcoaotre 
oui i ye na t»y pii di|^e d'clrr apprla •olr« di. 

aa. Mab lou pajr dice • toua iclcyt : Pounaii «l(a Ion pu bniiil habit 

33. MciMiiun ledaou grail at loaii lou; Uiaal boono tebtro at ileytartiMan 



3i. l-ar-^i- -1.1- inoun fi. iiua vajqi 
crdu el ouu ej icuoulia. Y cuuaiaocarrii douoi i ttjwe bouoo tch^ro al 1 «i 
.■y».Tii. 

'5. I.a rO>r> em ili-yclji cOutneBfi 
njiiint ouii Juftua ptia de la mtviljou ciqu'oougae eM 
rr^Li uiut^iii *-t lou lirii da qui que dajiiavon* 

36. Oiiu jOiiDi.- aouxil''! un doAu irleji, al li danuMU qiio qui qsVro. 

■j;. Lou \tlc li rejponndv: Qu'cj loiri rravqD'ej loumai al TOItt paj a 

38. Quo quii'ajan icliuqoa, oiu pe Toulio pail efltrai* diB la mCuljoa|l 



uun paj etjn turliperl'cD prcdjaii 
3!|. Onu li diro : \ ejqui bten il 



^ , II lie raoDailaj que ji vua* »wrwi, atdpiBa^ 

ay dciMiliai rii ri' de Inul ijuo qui- lOuini'aincniinuDila: evpaBdan *OHt 
V -a'Aier. djiiu.iy doiini un utubraau prrnw dcjuani aveque mnai amii. 
Jo. Miit •N-v^quc' \oii-e aoulref!*, qii'a >nind)[ea iobI aaan b^ airqn^ de la 

:ii. L<m pjy Ij leypoudc : Uoun Iii, lu 1c> laudjonr toamo mr el loot qoo 

%l M-;. m.n'f,.Hlio l.i TaiaKlo, el 



49^ 

Traduction dc la Parabule dc TEnfiint Prodigue , en patois Saibdaii J 
departemcnt dc la Dordognc^ par M. Delfy D£ La Gipiere, de SulaL 

II. Un home ovio dous fils. 

13. DouD lou pus tzoin6 diguoit o aonn pur^ '• Monn pair^ , 'dcHiaa n^ii 
que dcou me reveni de Tostre be. Et loa pnre lour foguet Ion portalsi dii mh 
be. 

1 3. Paou de izours opres , loupos tzom^ d^oqu^t doiu efons omofsaklort 
80 qu'oYio , et s^en onguet dinn nn pois e«troiizier fort ^louognat, '*~~ J>— S—k 
lout soun hi en ezces et en debaoutsos. 

i4- Opris qu^oguail tout despensat, snrtenguoit uno granido fc 
oquel pois , et el coumensoit o toumba en necessitat. 

i5. S^cn onpiait doun et s^estoquait ol servici d*an deoiu linliil— fc1|W 
que Tenvouyoit din so mo'iou de compagno per j gordalaa t^cliows* - 

i6. Et oqui fues cslat bien a'ise de rompli aeon ventr^ d^ lo« eoMOf ^hl 
teclions minlzavoun \ mais degun n^in dounavo. 

17. Enfin, estan rentrat en el-m^me, diguoit : can 10 itu moon pa'bi li 
doumestiques o gatzes qu''on ma'l de po que lour n^ cal, et 10 moii olci M 
tolan! 

1 8. Cal que parti et qn^angm troura moun pa'fr^, et qoei y digai : 
re, ai pecat countro lou eel etconntro tous. 

19. Et nou 8US pus digne d*estr^ opelat vostr^ fil; trda-ui^ eonai 
doumestiques qai soun o vostres gatzes. 

ao. Portif^uoit doun et venguoit irouva soun piTir^. Ero engo^ro liMBliat 
que soun pair^ Foperc^guoit et fnguoit toucat de compoiiioa, •( LOuniffA 
od el, se tzitoit o soun col et lou bicoit. 

ai. Soun fil i uiguoit : Pair^ a( pccat countro Ion c«l et cooatio TfMi|rt 




ai. doun ni 1 ujguoit : raire ai pecat countro ion c«i et coaatio TfMi|« 

nou su pas dign^ d'estre opelat Tostr^ fil. j 

aa. hndoun lou pajre diguoit o sus doumestiques * Pourtw ffraBBKooMB 1i 

Eus bello raoubo et vestisses-los-i, etbouias-i un oncl ol det el dtow M» 
CS OS p^s* 

a3. Menas otobe lou vedel gras , el tua-lou , minlzcn ct foien 

a^* Persoque moun fil qu^es oqui ero mor, et cs ressuscitaty ^ro 
trontat. Coumenceroun doun o fa festin. 

a5. Cependen soun fil olnat , que ero din los terros, uramait, et qaam fa* 
guoit prolse de lo moiou, cntendoii lus councers ct lou bmi d^oqn^ooA qai te 
savouji. 

a6. Op^loit doun un dcous domestiques , ct i domondoit qa^fra oco. 

37. Lou doumesiique i respoundoit : Ocoi que voslre fralr^ es lontvat, ft 
vostre na'ire o tuat lou iredel gias , persoqu^ lou tomo yiri en aonlat* 

ab. Geo lou boutet en couTero , et nou Youlio paa cnin i mais somi psin 
estan sooulit, coumensait o Pen prega. 

39. Sus oco prenguoit lo paraoulo , .ct diguoit o soun paYr^ : Oqui danal^ 
d^onoados que voui servi, et nou vous a'i tzomaf desooubeit en r£a d^ M ^ 
m^ovias coumondat, ct pourtan nou m^oves tioma'l dounat un Crobit pcrac 
relzoui enmus omits. 

3o. Mais toleou que '^ostre aouirc fil, qu^o minlzat soun be en di lol ffta a* 
perdudos , cs lournat, ov^s tuat per el lou v^dal gras. 

3i. Eiidoun lou paiie i diguoit : Moun iil, ses toutzour en 10, et louuo^ ■ 
es o Yous. 

3a. Ilais collio fa festin ct mis retzou< , persoque vostre frairi qn*ffs Of* 
ero mor et cs rcssmcitat , ero perdut el es trouTat. 




493 

Traduction de la Parabole dc rEofanI Prodigite, en patois I.imoiuiD 
(I'linc panic de rarroiidi$senient deCoDrolens (Gharmte), cnvoyce , 
pii 180O , par M. Meniiieaii , sous - prdin. (1ST. I.) 

■ I . T iito u n'haunii <|D'i>io doiie ilau. 

13. E U pill joiin^ ditict 1 loun pitri : Uanit patr< , htiOk ma U portii 
4cn« b^ qii'i poilv prelctndrc , i \i fwi lonrr pirti||^t loun hi. 

il. Qiiauqiiali jourr ■priir , quan ^'tgai uieinbUt idu (|ui> oat li rcicaio 
le pui jounj I'ein mnet dint eiin pij bicn loBtin, aiol bn fneuMl um Mnn hi 
ein nieiMO U iiu> (Tcnn vhell tt d>iui finiulir. 

ij. Quan>'*(;u£ ton mvinjijt din le ]>■; UDte t'liro , qno 7 ago^ OOQ pando 
ramino M din queiM tein 4|qi bu couneinc^t a aainli I'iadifienfo. 

■5. Ha deramp^ i le mctU *lle chl cnn b«UTft*li* di ^Uuo pay , qnj Tala- 
vo^jtdin tacampaeiM) perfjarda loCw porr. 

iG. V'aKuei^VtJt hn eoonlcin di bien ciomli ta put^ ^ U eitoQ qoj 
loAc porr niein||e*ian , ml oermo ni li ain baiUlTo. 

17. QuiDi a la n >'ai(uir<iau4icinli mtima, ba diaa^l : Cambj o'* o qnopjt 
Jte illalii chl mom pat j qu'an dens p6 mala ({u'i a'ain voUia pciodiia qn'ca j 
cinragj de fan. 

18. Qnofaol . 
palrj, *>i«fatil£ 

19. o« 

""■H" . .... -, -. 

Iril>u per qu'eue pair* a qui hu H piU, le patrj courr'a U, li •auto oA caw t 
I'cmbratto dc tnii (odd riciir. 

II . L'vfan li diitct : Honn paM , j ill faol^ couotri la boon D^/ coaatrj 
voii; quonamjmjmapa* fttti nomui lotr'eftn. 

33. Din qucDc teiD qui Ic palr^ diiti.-t k loik lalali : apporil mj tont hoitrj la 
pua bcjfln roubu i campA lo aur li ; mctLaiK-li lun annc&a oil dvj t dan* aon- 

a3> Hriii e lul le ledeua ^ : faaein bouno charo i diiartiaaeiii non. 

y\. Car oinun efan iio moir , e iV reitiiicitl: I'airo perdn ct *'j rciauciij: 
v'aini prrdu e( *'j rMrniib^. Y a^ inetetcin don i fairj iMranliaaf o. 

iS' l/ainj, qn'Jnl la caopagno, ain raiainjcnji; coam'ba a'apr^chltoda 
la niejnii de loiin paW . f'einleind^ la mmico at la danao. 

36. V'appclU run dang lalala da aouii palrt a U dimaodj qno qui qn'oa 

3-. L j lal^ li teponnenj : Vootfr fralr^ i naaiogn , i conin'hii Vo 
Ein hontio ttaii , laulr/^palre o ti loa 14 TcdaAa orl. | 

38. Bien facht di quo qai , Tainj at *oaf(ae pi cintra , ml le palr^ fun 



8. Q"o ''*ot I"'' bousf : jm'aiDirablroubamotinpi]r<4 ; ti dirala 1 Hoon 
' ip>iafatii« counted U boun Die coantrf *on. 
Quo na wi mjriio pua Hut nonnF aotr'araa I laffriaaia tmi loalalil^. 



3g Rn Tepoungiiri e dianel 1 aonn pair J: Qno j o tao d*aBiiUl qn'i T«n 
line, ; n'aM jamaii manqnt eio re 1 toutraii eonmandamioa, i atmi <p 
lau ne m'*^i jamaia bulU no qniut chabraa* farmi rrfgala aiaqaj moi 






3a. Ml tout ooiai tant mi lautr'^an qn'o lODt OMiwf loun hi mufoi H 
chcti'l riuneU a TaolnM, I'aTr peril u tua can fadrM pa. 

3i. Lc palreli ditai : lloiio sTan, ion ti UnJMir araqae ai i tonipo qaH 
ail e W per .qu. 

3]. Ma raiillio b^ fairf bonnbanra , ni mati bian a'amnaa; perfo qa£ imuti 
fraire tti- morr. I'e roiuicitj : r*rrn qni iVrO perdu i t'crrlronbil. 



3 



494 

Traduction dc lapanliolcdc I'Eiffant prodiga6en dialcci« liini>nsm,s 
voyde par M. Texieii OliVier, prcfet dn d^rteiDent de b 
Vifuiic. (M. I.} 

Hi Un hailing (^uet <loue droleiS' 
DC <li- Tia Ai 
lu paruguvt 
i3. El pmile tempi ipre* loup&i jaaai drtiU, apTtaV^'Bi 
i'vn onct (lis Iau5 puTii olran^n, etiijai ail miagel lO (Una 

■ 4' Qitand aC^ct innt choba, lo vingoat oo grando fonino dU qacipon 
i-l qiici'i drot^ coumcDccta jiiDas. 

i5. An x'cn oDPt vi lu Iu|;et a ti 
so lUcitudnriogardaK tuU3 pors. 

iG. El ail aurio *nu|;ii >c rjpaui il« Us colofu quo lova pora a 
'1vj;n U IraillaTO rO< 

17. AG ti pcns^ en ic milino cl diisrt : La* monobru q«^ aount cbaa mam 
pai sonbi'i'inl lou po , vt !d itlvru ■]<! faai ! 

iS. He Tanli-Taa, m'en iraicfais moun pai el li dirai :pdri pfckaMMP^hi 

It). Kn mcrliu pal ift'ssc p£1a Totre dtolj ; fosiz ms coimo a d'oaa ^ n- 
ms monnbrai. 

10. AiJ >e level et lineuct vert loiui )>ai, auerudenf^m loan 
nai lull leguel ijiie toucba de pieU coorguel Tcrs le , ly aaaut aA 

31. Lou drnle 1j iliM^ : pai, ai pecha cuunlr^ IM c«a et doHM ««■, ai 
miirile pai d'l-asc pi-la vMvi lib. 

. : pDUTia T!t J lou usiKbnr bofiit, H^ 
, doi Soulier* a ion* pei. 
, niinjana lou «t ciboUni no«a« 
vt o el revicoula , wA ti perdio « a a 

I champ* ct coonto au 'raipia <* ■ 
uviguct chaotal el finlbngniai, 

aC. An oprlet un ilaiii valei* et art 1; diitel : Quel a coko? 

37. Ail ly reipoiindel ; »otre frai « toiirnii ct •oItb pa! o lua Io« Tcdal pa 
prr ic rrjauiiii ili n- qui au eiro lourna laucliier. 

«8> Maa ail I'eifcunlguct cl ne loullo pat enlr» ; loB pd aoUguat «t hn rfB 
preifiPI. 

3<j Halt u- i-moli disuci a soun pai : vclU liicndan tcnpa tjai Vans ntrt ,«r 
ne V..II* ai jom^iV deoboi ™ r* cl »ou» n'o.ei jouwf gil Ion cnr a§ OU MM 
ini i|ui(B cboliri per que m'^bandifjon coumomoui comorodai, - 

3o. Ui( quaiul voire drol» qu'ei Li ci lourua aprca tal Bainja tonta lo iWad i 
ronniii las (jciuu , Yini* oivi tualoaveden gra*. 

3i.Miiialonpai lydisscl'-pili, lu »l-s toujour* counw me taut ce qoi y«» 

Vi. Faiil bvnti' , tiiinjiis, t'cjbamU*. petcc qui loDo frai qa'ciro nMn b it- 



ai. Sla, It. 
lou , bi.ilU 1 


pal dbtct .i > 
on onncii i * 


a3. Minas 


au li'deii gi» 


.(.Car mo 
retroiil>a,el 


un,lr..luk'eili 




49^ 

riMilucliaii ill- 1.1 p.iralralc ik riSnfntt prmlipiir nt {•ntfin IrmfiiMiii tie 
l'.iiri>uili>viiunit »1* Sl.-Yrim, ciivowcp.tr M, Go^nisfx, soiis- 
|iu-r.t. , M. I. , 

■ I. liioni^>«lo.l..uiC<. 

i'>. Uiiiiii lull iiui jaiinv dii>r ■ noun pii : Dduni* me Is pari de bo qui mi 
ili'ii vCTi'-oii, ci liiu i>>i'i lour I (guv loii i»rla|;e dr loun be, 

1 3. Viiii Uv jiiurt iiprri luu put jaiiae J'lifniicrin*. ajruilamattk (oa <i que 
jii mi". K't'imni' vuiiTagra* ilit un pay* fort tinuj(na cnte *ii duiipi- tout loun 
, l>r ea ricr* n «« iWIibucIiimi. 
,, I i. Api'i'n i|iip an aK"'' ><»■( ilvpi'iiia , an arilie uno j^rando faaiiio dii qni-u 

ii). Ali.M fii tVn anr el ai> biiaiv an irriicc d'un ilaui abiuiu dan paja i|aa 
[■iinoiijr i Ka malRpail <bu> cbani)'* J«r J ganU. Ioiik jcagnoux. 

lA. Kl (-(am aipu eii fugtdi!' rt-dnii a unA roii^ro ni ftir«nA qitM aquf* 
r MMiluiis raiiiplii kuuii vrnlrv dv la< |;au»a> .jue loai |;i^oiui mingcannl, ail» 



iK, All faut ijuv di ijucii pas jan an.- (ruulut mnup pai rl que jran \j tligrft' 
liiiiii iiai , vail ai pii'liii riniiiln; luu cUii vl countr* full. 
i<). Vao I'lr <sj pu< tfiKiK d'clrr appi'lU votir li'i , tratta ine coitmA un daui 

HI Au |>aili fl >~i:d tctifpic iruiibai luun pai. Lorvpi au cro «iH]iMro liim 

■ill , 1 pai rappcrti:|;ne i^t oVu fugue luucba du couBipiiieu , ct eouTcni a 

.:...».■ Ritlti.-imcnuM loubi.|ii^. 

suj pu'. iligiiL- ditri apptlli. vol.-,. 



'1 Ali<r* »(iun pai iliniie a aoiu ii-rTiloun ; Porlaa pronnpiaunit la pni 

■I'S, Mc iiat un tnlvu f,tin vt km luiia* , faiaiK hounu ehcrii I'l rcjanviiuni- 
• |. Parrr ipir niaiiii lit (]m> iriqii'i rr.'i inort ctau pjrcnautrita, au cn'i pi>rdu 

*.'<>, An appi'llr atii«ili'> iin ibua ftTvilauri rl \j damaiiitF cc qui- ipii- qiHt 

:>;. 1.0U KTtidiur It TcpoUMU : C<>c qua voin- frai «ii¥ir«ii|(A clqae niira 
jMi J tii.i un X'dfii |;ra> ua-cv qiiv vu I'a ri-coubra cu lioiHio aanl^ 

'jH. <:.: qui- IVjanl f'Clia au nt^ vuugur pai riura dia aoii lougia; mail aiiun 
|iji Flint tuiii pai luu bVii prrgra. 

Mj. (,>iii'iii|iiipii!0|iii'lapaTuiiI6atli; diaae : Vciqui dc^a Unl d'anonUi qiM 
t.iii vuiK M'lte cl jiau or 1<>i» ai jjtn^i deiobai en re du ce qui' tout u>'alc> 
.laiDanilai rrpi-ndmt Tuna uc m'are> jamal doana an ehan-eii par ma divvftir 



. Mai aiitailau ipic vutrv auii 
iiIj'. .1 r.-trnun vuiit a*r* lui 
l.,:„,..i.Kdi..<c:Mu.u 


e fin qwi a minpa tDua be aiaqui lai reoHi 
, >uu> tea l.>ii)i>uT couDia luc el tout ec i|u^ 


nb< ail fonlLu \u- h un t.« 


liii tl aoSk rcjaiitia , pan-rque volit ftit <pe 
1 , an tro penlu el au ci Nlroiiba. 



496 

Traduction de la Parabolc dc ITorant Prodigne, oi patois da onton dt 
Saint-Amant Tallnide, di^partcment du Pay-de-DAmc. (M. I.) 




T I . Ein hoau! t,'>ya Ada ^ar^n. 

I a. Lr pu <lzone A'lgae mej ion pijre : Honn parn , facilB me Ic be qui 
Ine ftwou rcieoir. Le paj^e partidze ion be antra y, 

i3. Pion (le dzoun *pr^9 que |;>r^oii pr^ngnf Unit «a qne s'aio at •fs W 
){iuen I'eitrandie paji , et lau lay mandze ion U en faire le baii£. 

i4- Quanl 7.'af^ie lont nM TiDpiJ guien que paji uaA graid& (^oinA, clta 
coameinqu^ de manqna da tnu. 

iS. El tin ni Indta Ua ein home d'*qac paj qnaMn^ioi^ j^iiiiin uliMiii 

de lu ciIUi ijoa ci 




guidie ; Hon payre , Yau ley pi 
ig. I*n ns mcrile pai d'ltri 



le p'JTc Hiifai inc'l laou valei : Ponrta It vile U pa' 
ila.lj eina bn^ud a aon da ct daon uuU bej lan pS. 



a}. Pourta eicbl lou lede ^raa at tioua le, mandicin la at fhJhrii bwrf 
Ittti. 

(Le venel aj manquej, 
35. Leine dan gai^ou I'cro ve lau Uao qaan Kan E'nnlcada. U mqiqab dh 

■j6. lanbrame ein danialai po aaubre caque quo t'erA. 

1% Le lalc digne : Quouec Totrs fraire quez'ei leiDgn, et TotraMma t^ 
tualc Tcde grai. 

a8. L'eint fnfpe hian Tauo, etne loulio pai einlra j dmU la pajia aiiaiM.* 
le pndis il'einlra. 

ag. I..0 re!pond« rael .on ^ay» : T z'6 bi.n de tein line i.n «Mu **m. 
tiamai lau ne voni ei deiiobci, ei ponTlantjamai toui nem'aa^a il-^m mji 
men rin tzahri par me dcigala cmbei'mau z'amii. 

Jo. Et poi' totre |;aTf ou , qua z'o manlio toil ion hi enboi da laa A^M 
Ac mantaio *i<Iu , voui a*c lioua 1* vade gras par le recjlwe. 

3i. Son pajreli diftne : Voni nil tourdiou efta embeilan, Ian B'cirf q« 



3i. Ma n< 



[a nou.i Touillo Tajre boano Hare el nam elcirbitii, parca ana fi 
'cro moua el I'aa z'ei lechuclieto, lau t'ero panin et Ian z'at rcuoi 




497 

Tr.idiirlion <lr la Paraholc dc I'Enfant Prodigiie , n) Patois d'Aunllac 
ile'partFiiicnt <1li Caiital. 



II. Un Lnmme oliio lion. fill. 

11. I.nTi pu zioLivc 1i di^iivi : Mnn p4'rv diMiaiimmc lo par del be que me 

i3. k^i panii ik' jiuiuinpr«t quoml lugurt luut »*eim1iUl| lonpeEioinc pnr- 
■'■KU''! jXTotiadins un poji i-Ioi|;nal el Ij diiiiiKt laaD Le ein bi*cin din lo da- 

ij. Quoiiil DCiicl loiil oroval uDO fjrunilo fjniino t'clvtcldjos oquel poy* cl 

ix Ilril ptvinKiirt douii Iniin |i«rill ili; ii- m'tvc nl tcrvicc d'un bouTgU 
d'oipip) pi)*f que I'riobonjnn lo rompo^u prr (inrdi lri» pom. 

■ti. tipil aiiTio bniifiiil mmpli soiin tvtntre dc lii f^O' <[uc moligi*i>on leu 

17. Olcru.i hcil tv difsntl i-in ciii'il mrmo que <le douni'ilic* din I'ooflaoaile 
nioiKi pure anu abouddancin dc pu ct i<iu morr : aui <lr riKU, 

iR. Hf Le iou l»iiniorai lia muun pairc el 1j dii ai : Moun pafre ioa il pccat 

ii>. lonnc mrriie pliu d'esire npcbt (oilrc 61, iTotam me eDum'uii de to>- 

■10. Hcil riiilourncl xia Minn pairi.., n'ero pas inqaeros orrivat que lorn pair* 
I011 v'^uei . n*a>i);iiel pioiat, II I'DiirrpBiii'l ul col c( I'eiinbrouet. 

?i. Luu CI li diguri .' Mono pa.tr' luu ai pccal cnniro Ion cleuu «t coDtro 
10UI. Iiiu ne menle plat iToire npelat voaire til ; irnlam-me, coutu'un da 
(o^ll'C1 douni'itiei. 

33. Haiqiou natrcdicnel ciniiidauni'ilici: Pnuiiat hitte lop* aionlo raoubo 
el hobiliai Iou, mctel-U iin od.I »\ del el .1c loiiUct »a pi: 

a1- Pr'nci ui> bedel jfti* et (uul Iou per mcincia ct nom rentU. 

■j'; toil in ainat cm nl cnmpdin* ocpicl moumein: quond lournet el qne s'ap- 
prouaiei de ToniUou eitrndcil ronia el donia. 

:i(j. Opelct un ilnum'siic et li dcmondal qn>ro oijno. 

Ix'ilcl ecaa pvl pluic lU- Iou TeTcirc cin buuno sonUt. 

18. L'ainal >e mclct en coulvro, et lOuliet paj dintra : I011 pair* lourtigBet 
prr I'v in pi en. 

39. Mail licil rc.ipnndct o snim paire . Tj o lontet ironnades que iou loni 
iciicct que o'ai liumai posiat lottrvi ordrcigtioui oe m'OTei lioMal domut 
un colirit per mc re);<da omme mona omii 

3<>. tiqiinnd uiiiiotc til qu'i> diotipat tiiul isunbe nmou delei ga*otnto»- 

3i. Main Iou paircli di^et : Moun fil lu ei lauaiour ommc iou ct lout oqco 




Traduction At la Parabole de I'Eufant-Prodigiie , en patmi ie I 
dcpartemettt de I'ATfyroo. 



II Dnunt lou pui choube dignet k >Diin ptro : Hoan pcT» douunne loaU 
qua ioD dubs obare per mo pirt ; i el Iodt foiqait Ion putacha de iobb U. 

■3. Quilque chuura oprei lou pii* cboDhs preDguen omb'al toot cc <|b'<iI>b, 
s'en onct boayocb* dim un pojl «louijpiat ona dupauat toot aonn ba m 4i- 

14. Opfi* qu'ocliit tout ocobat , iubeugutt noa ffnaia fitmiao dia« 0^ 
poi li el fouiquet ulomen deapcrbeiit de tout, 

i5. Qiic fousqu^t oDblidmi de I'titoca on ouoma da Fandrack, qai 
I'smboujet dinn it bouorio per j gorda loui potrorci. 

16. Oqui el dciirabo de pouire » roaioaia dc los poiaiOm (pa looa poar- 
ccls moncbabou mei iifpit I'in dounabo pai. 

17. O lo R emendiDtralenelinJmeieldiipitt : ijiiontat J • iiatVoaMAit 
mniin pero de boileu que oou de pa ma lou que lon'a eal et 10a aici ogMJmt.. 

iS. Col quu me lebe qu^one troaba mono pfcro et qua li diga .- Hobd pin 



lucD que touQ piro Fopper 
braisael loo pautonnecha. 



II dlpiH : Houn piro , ai peceat cooDtro Ion cd M dokaa baa, 
lou ion paa oignc aro d'eitre oppelat bouotlre El. 

a>. Mia Ion pira Aisnti n son) doumesliquei : Pourtai li V.ta M paimiil 
raonbo ct beatUici, loli niett^i li ua onti ol dat i de tonlii* a* ptm. 

a3. IfflDai lou bedel mt et tuai lou . moDcbeo el foiquaa fgroBiio tiUtQ- 

ai. Pcr^a qua beaei oici nioun Gl qn'erA maanit i ea ratiwaitat j al am 
perdut i it rctrouhit ; t Toaquerou grondo feato. 

35> Cepcnden aono fil einaL qu'^ro Ol compa tonroet i qoont foiuqaat p^ 
dc loUD oiiatal enteadst que coi]tabi.u i que danaaboa. 

36. H aounet un dci doumeiliquca per laoupre iil qs'eri ogdbo* 

37. Oconoi-ei ^auet cl qne boualire frtro ta beagiU i boiuwtrA ptn 
lou bechen pie de bido o fach Ina lou bedel gra«. 

aS. Oqueate d'oici fousquet ton indi|^at , qne bonUo »i distra diaa laaa 
ooital ee quo onhllchit aoun piro dc sourti i de lou picga da intra oab'it- 

acf. Mes el reaponndit loun piro : Y lonag tena qua bona ■inliJMa 
aona born obure choniai djioubeit , luaWe ocduo , m'obei pat clia^itf doawl 
loolomen no cobrit per me dlberti ombe noua omica, 

3o> ^ quant un eflon coum onuel , qu^o mom 
quiiMi ea beagut boua obca fach (na per el loo bedel graa. 

3i . Soun pero 11 dljiuet : moun Gl per boua , a'ii lonchotiT Onbe imi, 4 iM 
n'ai tit que noua iiaaco o bous. 

3a> Uti colio be fain uno feito i noiu Tcchoni porceqne b«iioatirf fttM 
qu'era mouon tt raaaniiiiat , qu'ito perdut ct qua t'i* i«Uo«ba(. 



499 

Traduction de U Pirabole de rEnfant Prodigue, en patois de MonUu- 
ban , departeiDMit dc Tarn et Garonne. 

II. Ln ^mc ibio don. (U.. 

II. Iinu pa )oiiIh d'vlii Si%af il pa're : Houn pero , donnai oia La poorejoa 
lit' be que nir rvben. Lou paireloar pani|;Fcloa be. 

1 3. I'loii dr JDuri tprtt , loD p>i joube Gl. b'ajec t-int r*iB(iut (•mellec an 
bou^iiRe per uu pail pli eloigail c aqui diiiipcc loan deque en- bibea dia la 
<lcbaoulchn. 

i^. Quan b'a)ee toui uabat j ajec uae ^rinda famiiu din Ion paia e eooaaao* 



i6. Aiirin aeni gran |;aoalrh de rcmpli ton bentre da li 
porci mantjeaboun , pie di|;u> nuu j endouiubo. 

1 7. Alabelch Tebrnguen en el memo dlKurc ; Qua 
di' maun paire en de pa en aboundinfo e in ajci n 

■ S. Hi'Dcananairouba nwun paire e> ye djre: Houn pcro i p«ccu eo^Ura 

19. Non loui plug diiuw d'eilrc appclai boatjc B), tnlUa-OM coomo «B da 

10. D'aquel pas le met en eami per ItiuTna chet aont paira. Ero ancaro 
Unc quaji loun paira loa bejen (onro* foutquei loneal da coampaauaoa • ja 
courrec a Pendaban je aaonlec al col e r«inbraaaec. 

in pero, i peccat eouDtro Ion eel a daban bona, 
ppelal boitre Q. 

33 Me) lou paire dif;nec i aoDi bajleli : anan, biala poortat ve loa pna 

poulit abillamen a beiuaijt Ion; melUi j no anal al dal a de lanlUi m pea. 

i3. E anas querre Ion bedel |pas , liaiei loa , maDljen loa e faaqoaa faalo. 

3^. Car aqu! moiin fil qii'ero morl ci reiiaicUat, era perdut t •■ ratrodbat; 

t' roumcnregoD a fa fciiin. 

cans , c conmo toaraabo a qne a'approot- 

^, Cridrc on del hajlau e je dcmandec qu'^n> *co. 

37. Aqiieste TB dignec : Boatre frero ea losroat at boitrn paro * tiatlan b«- 
drl graicoumo I'a r^cabut en boniio laolal. 

i$. Aqui deifut lou despielrb Ion pren, a Don bodio pa* dialra : dcMfto 
que lou paire aourlic per ye parU. 

37. Mes aqnel, per >ua rctpounto, dipiec al paira 
to bom lerbi ma loui toii)oar coanfouRiiat a boatrii ord . . , 
dounaL un guiti crabic per loo mantjea aiaba uiout anutcba. 

3o. E aro qa'aqiiel boitrt flea toumat quan b'ajultout acabatamba da nap- 
gaodinoi , faiai lia lou bedel graa per Ion recebrc ! 

3i. Mil lou paira ye dignac : Moon Gl lu ei tiMtjoar ambaio • loat foqa'4 

33. Hit eouiiTenio de be rejoui e fa feitin da fo qna toon frno qn'aro MOM 
•* rcatuiciiit , qn'are pardat at qn'aa retroobat. 




Tradiicliou de la Parabolc de PEofant Prodigoe en patois dc la TiKe de 
la Re'olc; dc'pai'tcniciit dc la Girondc, cuvoyec par M. Soubirouk GIs. 



WM 



1 1. Un liommu agut dus gouyailz. 

la. Lou pu June dissnt a soiin pay: Moun pay bailie vael* pomtioiiD de bane 
l>ien qu« mo rebcn , vt les y pai'taget soun biea. 



1 3. Paou dc jourcs apres , aougen tout amassat, lou pu June goujat parti 
dc suite per un pcis Lien l«uyne achiou dissipel ttounLieaea niban d 
Ubcrtintghe. 

i4* £ apres qu'aougut tout fenity j bengut one granda famina daa 
pe(a e et eommencct a nianca. 

i5. Pariil e sV-n^angut sc boutat aou scrb^pe d'un home d'aqoat peto; at Fah 
biet a sa meytadrie pri garda dos gourrets. ' 

i(). Aoure boulut rcmpli sounbcnte des goustea que les porca whufUami 
digun lez y bailleone. 

17. Rentrct en ct-memc et dissut : Conmbien de bcyletz a Toiiataoa dfeiaoai 
pay abounden de pan et jnu mori assi dc amc. 

18. Me leoncrcy o nngucrcy k mon pay e ly dlraj : Pi4>ay mj. p^aat' 
lou ccou e dcban bous. 

tp. Ne sny pa mey capable d\*8te aperat boste gouyat : trel6 Bn^ 
de bosti^z beyletz. 



20. Sc I'louet e bengut a soun pay , coumc ere cncare lonyn , aooD'pivloa 
bit e agut conmpassioun conrruta et, sc jLitet a soun cot ely bailUftW 
toun. 

21. Lou gonyat \j dissut : Fnpay, ej pccat countrc lou ctea d Mm 
ne suj pa mey capable dVstc aperat boste gouyat. 

32. Lou pay dissut k sous beylciz : Pourte bistc ma pn b^re raovba 
lou 6 bailie \j un annet iiou dit c des soulies os pes. 

23. £ men6 lou betct gras vt luoue lou, minghen e regalen Dona* 

24* Perccque moun gouyat qu'es achiou rrc mort e cs ressuacitay ^K per- 
dut e cs retroubal c coumencrien k se reuala. 

25* M6 lou gouyat Teynat ere aou cban e coume bcn^uc 6 
de Touataou cntendut Ions biclounz e la danse* 

76* Sonnet un dos bcyletz c ly demandot so qu^aco ero. 

27. K a qiieste a ciou ly rcspounut : Hostc fray cs bengal q boata pay a-mt 
tuoua lou betet gras perccque Pa iroubat que sc pourteouc bian. 

28. M^ se mit en coulcre c ne boul^oue paz entra : soun pay aoiart&L ^ CM- 
mencet de lou prega, 

29. Me et den sa rcspounse dissut a soun pay : BacliL tant 
l>ous serbi , jamay ne bous oy dcsobeft et ne m''abe jamcy baillat 
cse ribole dan mous amies. 

30. Me coure boste gouyat qu\'s achiou , qu'a minghat tout sona d«qaa < 
des libertines es bengut, ly abc tnouat lou betct gras. 

3i. M<'' aqueste ly disbul: Moun gouyat, tu cs toujour alN^que jini ^ 
mous biens soun a tu. 

32. Me faleoue ezc ribote e se rejoui perccque tQiUifray qu*es aobioa 
mort S <is ressuftcitat , ere perdut c es rctroubst. 




railiicligii iJv la Parabolc i)c rBiirinl Prudigiic , rli t>ati>ii ^.ocoii , <Iii 
(WjMrtnnoil dii Gen, ciivoyi'C pai' M. CitzAi'x , .Sccn-luirc general 
<k- 1.1 Prc'fccliirf. 



II. Un linnii- iiu'aoii^niic da., bil.. 

1-J. I^iii cailtU-l qu'coQ ilignur : Pay |jiill*lt nie U |<our<icHiii i|iu'«in r«l>cnc4 
>'•.'«••< I>.'D: t lou paj i-nut p.rtalf-ccioii Imh. 

|3. (^uuiuqiici fniivii iprei , i ajirrt aoiip nmattat loul loun deque , tUM-l 
majnalqiic )wniiciiiic,r I'rnin'niir Icmj-louj, drpicni un pa'i* oun t'aoufiaiH: 
luuu iiMit riiiihiiiiniil eh liiouu iTini Ivu dcrt^oment. 

l^. (Juanil n'aongouc (iit mrt *rrc, iin ip-an* fainiiin qiic •cbontcc en ■quel 
pail , <■ Idii majnu quE coiinicnrvc 1 icnli lou liriouj. 

iS. Quv n'l-n anee , i a'Miatiiirf a un lionu d'aquel pall : aijiiuta que I'an- 
b»nj|i-c a r>a majrinnn <le cimpaj^nn ouayu lout pore). 

i<i. QiK s'aunre plf at Ion bmlp dunhe |;ran eaj dc l» Itlo) c pcl>dar»i 
<iui- liiDs porci minjaoiion i fl'Bnn n'l'O i ne tUouo, 

>•}. Qm rentrac en i-t-niHlirli . t ifnc dif;ouc : Quani * joumalici ii'an pas 
ct9 pan a-ra^i-ro de);ii«is )a luuvioi'n da niun paj , i jau que inourUbi aei 

IH. Qu'cmlcoiicreji.qii'amrrjenU moiinpaf.e qn'eou direj : Paj, qu'ey 

ly. Nuu aiiuy pai nuM di|;ne dcuu nonm dc boile hit :Tt*Uali me conin' un 

»o. Que ae (conee, i qtw b«i)>iinc i-nia ><iiin pay. S«iD pay qiw Papperce- 
liour de louy , uu'en mm|^c piaial , qii'coii lourruoc aou d«ini*ni . qoe cay- 

3'j. Loii pay que ili^nnc a >niii Kayled : BUle , tniii- , pourlM •« prDm^io 
■ly AiiiiJit liiu brdvt Rial, t tnau Ion : minien e baaran no gran' bcito. 

cjiii' r<-y iiiurnu iriiuba i la he^tn ipic rnmoeiiccc. 

J,!. Kiir aqii<-l liemi'v. Ion liil iTnal, qui ern lau cunp , i^ue a'en (ourvaniin ■ 
roniijim . r uiianil n^i..<.tec prorlic , * cnlennue liw bnil d'coiu iniuiiminti 
V d.-1a.d^n^oi 

■M\. li a,.|..rer n,. bayln , .1 qnVou .lemandec ro qu'eio cpw lonl«-o. 

j;. Aqu'-i lidili-i qn't'oii Jig.iiir : Ttntif fray qu'ey (onifui , e de plaie de 
r.11'111.- eoun>r<r>Bl, tone pai qn'a hcyt tua Ion bedel Rraa. 

'.)(<. L'ainal indii^nal nmi Conleo pa* rnlra, lun pay dounc que loBrtuianr. 

'Ji). Mi'i rt Uij-niir a aoiiii pay : Qui- ]mnt tfrbii-lii dmipuch taM iTaitnadoi; 

3«. E que Inau ).>.. billet |;i'a.<' a I'ayrila.lu de l.«Me bil qui bene de ae tn- 
1 1. Miiiui fail , I'aciii di^oiir Init pay , In qn'i'i louljiiur lUutbi' jou , r lou) f «- 
3'J. Met be rali'oiiolie lic«t»ri t'lrrecao":' qiuml timn TraT ey Inurul de 




5o2 

TraductioD de k Puabole de rBnfant Pndigue , oi patou da d^fu- 
temenlde b Han te- Garonne , euvoyceoi 1807. par Bf. Desmovi- 
SEJUX prcfct. ' 

II. Un Uomi abio <Ious Gli. 

13. Le niii JDiieiii il gu^c a souD pajrt : Moun ptyrii dauBau m^ »o <f^ 
mm dioii rehtiii dv Iio&lrr br , cL U pajre lout l(c t': iHrUtgt dc aoBn hi. 

|3 I'louc di ioun njirip , aqui'l journ faoni in abcn aawaial toat M qat 
abi» sin an|;iitc dinii un pays e:itranj;£ fovt eliugnat onul il diwipic loot lo^ 
bi eti fan vices vt eii ilrliauchos 

14. A]>rL-p i|ir«|rc loul J»iijitn»t BurheDKaic nno graocla tiaatm ^oi afdl 
pajs el, i'l riiiiniEiitL-i: a loumba ilioa la ntc^siUt- 

i5- Elt'eii aii);nec duiinc ctae initiicil t^rbicid'ao dti kabituM dH p^i, 
qui I'emboiij^c a >niin ouatd Jf ra.npagno per j gaida U* porci. 

i<i. El aqu)r el (crio it>M pU cbamiai iIe rampli iiaun li^Blre de l^c^fte 
qai lea piirci manja|ii>uii , mais Jijjus nou n'in duunabo 

17. Aiilin dinliec tn cl nijnio ci ilii^u^c: Y' ■ pla de dnimatKos diaiFoaili' 
it monn payii- uu'an may di pa que nou lojr cal et yiou lotw aj« ■ naoi 

iS. Cal qui jcou nir Irbe el que mRo; trouba moim psjri M fie Ij 
digo: Moun pajre,7eou iy pfcat counlro \i eel el coiuilTO boot. 

i<) £c;eou no>i suunpas digni d'iilrjappilatlioitr^ fiU : tralali ■) 111^ 

30. EUclebtcilouncl I'^nbeagultc irouba >oanp*;rt;etanearoir«plaUi, 
toun pajre 1 appEiaibec ci ae fouiqii^ loiical dt conmpaauoa ■»! jaliiiijitt i 
el , le jellce a sQun fol et It liajzcc. 

31. Et soun Til 1; diguec : Moun p*jre ycoa kj ptcat conatM k cUal 
couiiiro hnua el jeuu nou sonn piu ^cd^ d t-iU-i apilat bour< K 

33, Alalirta le pajrre diguii: n >oD) dnm^stico* 'PoanaU pwo^^lOBlM M 
prnmif ro raoidio ct uielteLi la'; , et meitels j un anel *1 dit at di Mi^c* M 
pea. 

33. Htnals label un bidel gru , laats le ct fucui bouno cbira i 
ai. Pcr;o<iue moun Til qu'ca at|uj iro mort et it remnsciut, ir* -pMbtWl* 
trOiUMt; elix coumenceoun iloanc ifa un festin, I 

35. CejianddDt sonn 111 ninal, qu'ero dint Itn cainpa TaMnntc ft 
quand fiiuiquec proclii do 1 ouital intinilec que canlabona at qoadMta- 

36. El apprlrc nn des svrlillous el ly dimandtc to qu'aco iro. 

37. Le Kcrbiloti ly litpoundec : Aco es qui boilri frajrA ia (oaavat ft 
liosti'E p;iyre n lual un bidtl grai pcrfo qii'clla ricepint en lanlat. 

38. Aro U- meiiec en couleTD , tl nou briulguec p*i dintra dim - U |sHt|u , 
Uai, joiTn pajrc aonrlUquec per IJ ni- pn-Ha. 

ag. Kl y fai<fuec aqul'itu ri'tpiiunto : Giirali aqiiy d>ia lant it^aniMilni ^ 
ycnu liuuH lerliicl, el yeou nou boui ej janiay dcaaubeit in rit da aa aak 
ui'abeli roimiaudal , et I'i'paadan boua noum'abeti januj dotiaataB crakilHr 
me rejoui aiube innui aniici. 

3o. Uai> taleou qiraquel aonire fi), qu'a mangeat lonn bi ■mht da'ftaaaa 
proustituailos c.« ri'bingnl boui ab^ls lual 1c btilcl ftrai. 

3i, Alabili li pavri^ ly diguee : Moiin Til , boua eti Mulcbaan anbt jaoM 
et tout lo qui pouMMi ei bostrc. 

3(. Mai* ciillo In un feilin ul nnui rejoui perf o que boabi tiujti two BOB 
■t el i* Tciiusciiat , il ero perdiil et ia etlatrctroobak 




5o3 

Traduction de la Parabole de rEnfaiit-Prodigue , fD patois dc Pamiers, 

departement de TArifge. 

1 1 . Un omc abio dona fits. 

i:i- E le puA jouen dVnir'ellvs digncc al pair* : Monn paire doananvnc la 
pourclou de be que m^apparte e joua dibiaec le be. 

1 3. Dins paouc de jouns , le lill le pus jouen , aprex al>« ramasaat lout 
^o qu^abio , se metec en Loujatge e pauiic per un pais fort eloignat i i dii* 
sipcc soun be en biben luxuriousomenU 

i4* £ aprex qu^ajec lout acabat, surbenguec nno grando fatnino dim aquel 
pais , e el coumeoceq de man qua del neceaaari. 

1 5. E sVn anec e aVstamicc a un citouyco d*a(iiiel pala ^ aqueate rem- 
boujec a sa l>ordo per garda^i pors. 

1 6- £ boulio sVmplena TbenLre dc U« descoa que lea port maojaboo e 

dcgu nou in dounabo* 

17. Mes rintrat in soi m^mo dignec : Quant d* mercenaria dina roastal de 
mouii paire an dc pa en aboundanco, i jou aci mori de fain. 

18. Jou me lebare e m'en anire ben moun paire i i dir^ .* Moan paire 
e pvcat couiitr* ol eel i daban bous. 

19. Nou ftoun pes pus digne dVstr' apelat bottrc fill : tnttamme cenm^ian 

de bostris baileU. 

tie. E en sc leban s^en anec bera soun paire e conoiG ero encaro lenrn , 
soun paire 1c bejec e fousquec toucat de compassiou , i en conrrcn i tonmber 
sul col e rcmbrassec. 

ai £ le fill i diguec : Moun paire 6 peccat conntr^ ol eel i dalnui bona , 
nou soun pot pus digne d>8(re apelat boatre fill. 

33. MvA le paire diguec a sous baileta : Poortax bile la pa bello raoiibo 
« cargax lo-i , mettex une bago k sa ma i de souli^s k sooa p^a« 

a3. £ menax un bedel gras 6 luax le i mangcn le e r^gden oooa. 

04* P^c cc qu^aqueste miou fill ero mort e quVs resa«staut a*cr« perdnt ^ 
sVs troubat e coumenseguen de se regaU* 

a5. K «ou fill ainat epo pea ramps ; ^ quand bengvee i que s'approucbec de 
Touslal enlcndec uno simphonnio e uo eor. 

a6. E rridec un des bailets e i demandec qu^ero co*. 

37. t. aqueste i dignec : lk>stre firaire et bcogvt ^ boslw pair* a taat wi 
bedfl gras , par ce que Ta rebist en santat. 



38. El a1 counirari ne fnu^qucc facbat e nou boulio poa diatra, soqb paire 

sourtic dounc e couuiencec dc Tinbita. 



3(). Mes el en rcspoundcn digxiec k aoun paire : Garaz aqiii, que i a 
d^annados que bous <«*rbissi, que j^mcs nV manqoat dVxecola boftris ordrea 
e que James nou m'abex dounal ur« crabit per me regala ambe aioiit amiz. 

3o. Tandis qu'aprcx qu^aqncl boslre fill quV debonrat sovn be ambe de 
debaucIia<los cs bcngut , abex luat per el nn bedel gras. 

3i. Mes el i diguec : Moun fill lu es toutjoun ambe joa; 4 lout ro qu>s 

miou en tiou. 

33. Mes be calio &c regala r se rejoui des qu*aqueste lion frairc ero mott 
equ^es ressussiut ; quo s>ro perdnt e qoc s>s trovbal. 



r 



5o4 

Traduction dc la Parabolc de rEiifanUProdague, en patou de 1' 
disscmciit dc Foix , de'partcmcnt de I'Ariege. 



II. Tin certain home af;cg dous gou^cats. 

13. El le pus joube digneg a son paire : Dounax me la poartioa det bfa que 
me pcrioquo j el Ic paire Ics lour debiseg. 

1 J. El pauq de ioub riVrcn passato que Ic put )OBbc aproc ab£ ^ont ramaftat 
B*cn uneg pel mond , dins un pais fort eloignat el aqni diflsipeg f o qua abio, 
en biben dins la dissouloution. 

i4* Et quand age^ tout despensal, arribcg dins aqucl paia uoa granda fi« 
mina et el roinmenM.'g d'rHlrc en nect'AKit^t. 

i5. EtftVnaneg et se dounog a un babitanl d^aquel pais que Pmboaj'^ 
dins un.t siba borili per y garda Ics pores. 

i6. lit el debirabo de se rrniplir le bentre dcs peilloffea que lea pORS 
mangnaben et digiis uou Vy dounabo. 

17. Mc'S rebengnt en el niateix , el digueg : Y a lant dc bullets dtiu Foot- 
tal de mon paire que niaiigen pa tant que bolen ct yeu me mori acj dt 
f aiu ! 

18. Que me lebc et m''en anirc trouba man paire ct que \j digno : 
ai pcccal contre le eel et debant bous. 

uj. Ja nou uierite pa*> d eslre appelat bostre (11 , tratax me conno 
des boslris bnillets. 

uo. Va su leb:in sV^n brngueg en co de .son paire. Conmo n^ero 
1 cng , son paire le bcgeg ct fousqneg tonrat de compassiou 1 1 en covr* 
rien al devant del . sy jeleg al rol et le baiseg. 

!ii. I'tle ill ly di"ueg : Paiif yeu ai pec cat centre le eel et debattl boat 
ja nun nierite pas d eittro appell.it bostre lil. 

3U. Mes le paire dit^ueg .1 sons bailiets : Bile ponrtaz la premicffB raaba 
et bestissen le et meltcs ly una bagiia al dil et de soaliera as p^. 

a3. bit nienax le bedeifli gras et tuai Ic ct niangen et fasquen feiio. 

a!\. Prauios ijuc nion iil que es aqui , ero mort et cs resuscital, em 
perdul el 6''es truiibai; et la leslo connien.neg. 

a5* Or le lil aynat d'aqucl paire eru pes camps , et comno benio et qoe 
s'*appruucliaba de TouStal , aii.sig conrert et dansa. 

u6« bit crideg un des b.iillels el ly deniandcg quVro tout aquo. 

37. Kt acpiel baillet ly digiicg : Bostre fraire es tournat ct bostre paire a 
tuat le bedeilli gras pavee qiir Ta rcrouvrat en bouna sanlat. 

218. Me5 I'ainai fousqiicg fi>ri f.ii-liat et non boulio pas cntraj it canto 
d^aquo le paire estant MUirlit , se met a pregua ^on lil. 

:ir). I'll en vcspon&o le lil digm-g a son pain; : <aarax bous aqni qne Jcn 
bou!» srrbiisc deseinpey forrn aniiades , el janit's nou mc ton escarlat de 
bosiiis ordres : et james nou ni^abex doimai un crabit per fc festo 
mous amies. 

3u. BileN aqnel bnsti'e lil qifa dcbourat son be anibe do fenncs de 
cliania bida , n\*s pas pii leng arribai que bous abcx tnal per el le bcdeilk 

3i. Mtis Ic paire ly digueg : Mon fd tii es touchou ambe y«n «( hmi 
CO que es mieu es lien. 

3'j. Calio done le festo el se rcjouir, pr.imoj que aquel ton fmire no 
mort et es rcsu»cilaty ei'o perdul «t s\'s tniubat. 




5o5 

Ti.iduciioiidc k Parabalc de I'EalaDt Procligw, cit palotsde I'cTtr^' 
mite dc I'arrondiucmnit de Foix , du c6l6 de I'Esjiagne. 

■9. Etic pni jiiulic diuues ii (imriirn douiui mc la ponriiou du bit que 
IliL- i>(.rto.(u<i, n lo pairu lo* lour .Icbjir^. 

■ 3> ICt paiiq Ac jout ii\'rtn |iailats que l> put joubc , aprri ab^ tiiut Timuial, 
ii^i-ii anvfi ]«'{ Ditin I , ttin% mi pii^ I'lui^nai , c:t aqui iliiiipi'g f o qua abin , cu 

I'f. Et ijiiaiid Bgr'i; loiil ilctpcniat, arribr|; dtni ■ijiicl pai« ddi grand* fa- 

iS. Kt «'•:» aiK'R VI se duiincE ■ iin lialiilani d'aqiitl pui ^« Venboujcg 
dill^ una <ib3 Ixirila piT y Ruda lei porcn . 

iG. V.l rl ili.>iiaLiodu»er«tiiplir Iv bvDirv d<^ peillofTM qneln porci inca|^a- 
lii'ii I'l di{]<ii nou t'}' dnunalio. 

■ :. M.'9 ivbeuK<>i «i> cl malt'ix. v1 dlgiu- t Y a lant dr biiOrU dim PonMal 
Av iiiDi) pairu i[ii« nunjiFii pa laiit iiiir' linlvn rt jcu me mori acy dc fani ' 

iH. Qiv ma li'Lo; vt tii'vn atilre trotilia lunn pairs cl qne \j diguo : 
rai>r.iipvri:alcuiUi'vl>: cd e( dibanl l>oii«. 

i(). Ji noil niGi'ilL- pai d'litre appvllu bosire 61 . tr*Ul roc couinci un dca 

111. El MI lt-baniV'nbcnpicj{enco di- ton pair*. Conmn nVro •niaro kng, 
ton pdirc Ic b('|;v|; et fon^ifuea loucal dv compaiainn el ni ciiurrica «1 ilrianL 
d.l.,y j...>.Ealc«lclleb;.i,..K- 

31. Fl Iv fil ly dlKiivj; : Piiri' Tsu a! peccat Gonlre le ccl cldcbantboui. Ja 
nail mi'ilio ]iii. d'citri? appvLit Loilre til, 

au. Ml-.i Ii: {•.liic di|^c|; ■ !>oU4 baillcl< : llilr, pniirlai la prtmicr* raub* ct 
bt'kiioi'ii I'' <'t inolli'i )j una ba^iia al dil ct dc luulicri ■« pel. 

■j\. V'.l iiunait If I'viU'ilb giatol tuax Ir cl man;;pn cl faiqucn feilo. 

^4- I'rjiii"! 411C nmn hlqucc* aqni >'ro mart ct ct reiuaeuat, cru perdnt «t 

-jS. Or k- Id ;ivn.il il'arpirl pairc ero pc< cimpi ; cl coumo brnio ct que 
»'appii>nrli.>b;i di' Tnu-'tal , minig concert el dania. 

:i(>. i^i criilrg un dci baillvK cl Ij clciaanilc« qu'crn lool aqno. 

-J' Kt Hcpivl bailU'l It dic"e|; : Uuiiru fraireci loiirnal. etboatrcpairaalaat 
It b: J.iU. (,.. , p.™ .,.,. f. ,.™,vr.i a k..o. .«.m. 

'j8. II1<-\ I'alRaU'ouitiiae;; fnrt f^icbat etnoo boulio pa* entra. A cmiod'aquo 

31). la •■■< I'l'ipuniii Ic iU digueg a aon paire : Garaa bou< a<{ni ipic ji'u buni 
vrbiiT ib'ti'iiipi-y tiuqei uiiiailci ct fttaet onu nc tau ricariat dv boiitei 
ui il[i-« , vi jiiiiv» null m'abcx iLiunai un ciabii per fc fciio amtw man) amid. 
' 'i<: Ali-t ai|ui-l bi»ii<: fii qu'a dcbtmral 100 be ambc de fennr* de maiibaUa 
bi<b. 11' i". iia.i pu Ung arribai que bous abet luat per cllc iH-deilk prat, 

3 1 . Mi'i l<- ]>.iii c ly di}{UF|; : Mi>n til , tu ei uiucbou ainbc Jen et lout fn 

it. CjIIo iloiic fe Icslo ct su tejouir, pranHuque aquvl loufrairc er« roort 



'"'"""''„?' 



5o6 

Traduction dc la Parabole de TEnfaDt-l^rodigiie , en patois de Sakl- 

GiroDS, departement derAri^e. 



1 1 . Un home aiiec dus hila . 

I a. El mes jouis d^aqu^ru disec a sou ^p4n: Ptpaj ! buDai iii*cn pOV- 
tiou de be que m^atoco'tet sou paj Vj ac baillec. 

i3. Et poc de dios ensuito , aquech hilh m^ joa^s apr^ muh Unit pkj p A 
se mettec en bouTatge per un pais fort loooin , et aqoi dissip«c ttoai tm 
be , en biuen luzuriousemeat. 

1 4* Et quant aiiec tout deapenaach, arrWec io forto fjunilio Ml mpaA 
pays , et eich coumensec de manca de nourritaro. 

i5. Et s^en anec et ae lou|;uec k un des habitana d*kqacch pajSiH 
aquesti Venbouyec en io bordo per guarda es pores* 

i6. Et deziraouo de rempli son bente , de lecoi qa*es pores 
m^s digue nou Tjn daiio. 

17. Or rentrach en soi disec : .Quant de baiOeU y m. mn a 
mou pay qn'aboundon de pa et jou aci mori de bame ! ' 

18. Me Leiiar^ et m^en anire bers moa pay 9 et ly dM r Hon pay put 
pecach conlro Pceu et deuant bous. 

19. Nou Boun pas mes dinne d'esie aperaeh boste hill , tratttt 
nn dc bostis baiUets. 



30. Et se leiian s'en ba bers sou pay ; or soomo 4ro encara mw . 
80U pay Ic bezec et hue toncach do compasaiou et tout co iongwem berm cdk 
anec caje k son coch et le baizec. 

31. Et son hill ly dizec : Mou pay ! jou e pecach contra Vetm at Awni* i 
bous \ jou nou soun pas mes dinnes u'este aperacli boate hill. 

33. Mcz el pay dizec a sous baillets : Pourtach bite era |ipuiMitl raife » 
€20uvricheta Pen , mctets yo bago a sa ma et cansauros a sous peia. 

33. Et mcnax , ech bcdech gras et tuai-lc et mingem et kooa f< 

34* Car aqueste mieu bill cro mort el qu'e rcisoscitach ; ^roperdndi 
8^e trouvach et coumenceren el fcslin. 

35. Or sou hill ainai ero en cs camps ; et coumo se retirauo at t*afraB' 
chauo d*era maizou , cnienec instrumens et cant. 



a6. El quirdec un des baillets et dcmandec qu^eron aqueros c« 

37. Et accsie ly respounec : Dostc fray e bcngnch et comno Ta 
Trach en bon estach , boste pay a tuach ech bcdech gras. 

38. Or Tainat sc fachic et nou boulio pas entra ; sou pay done en 
aourtich se mettec k Pinbita. 

3Q. Mes en respounen aquech hil disec a sou pay : Bezels que joa 
scrvichi despus tant d^ans ; cl jamcs nou h transgressach boate coiuna 
mcnt j et jamcs nou m''aiicts dacli un cvavol per esleja dam moiis * 

So. Mes quant aquech boste hill qu'a devourach sou be dam eras 
i bcnguch , bous aViels tuach ech bedech gras en sa favou. 

3i. Mes ech pay ly dizec : Mou hill! lu ci loustem dun jon et toot {• 
qu'^ micii c lieii. 

33. Galio done he fesLin et sc rcjoui , pusqu^aqueilc tpu firaj cro mort cl 
qu^e ressussilach ; ero perduch et s^e trouvach. 




5o7 

Traduction de la Parabole de rBnfant-Prodigiie , en langue Catalane , 
du departement des Pynfn^-Orientales, donnee par M. Jaubebt 
DE Pass A, conseiller dc Prefecture k Perpignan. 



II. Un home tiogue dos fills. 

i^« Y digue lo mes jove de ells al pare : Pare, daii me la part de be que me 
pcrtoca , y lis dividi lo be. 

i3. Y pocs dies despres, reuniottot lo del sen, lo mes jote fill, ana carainant 
Uuny de sa casa , en pays Gstrany ; y aqui malcsmersa lo be seu, Vivint laxu- 

riosament. 

1 4 Y despres de a^er tot malesn^ersat irengae forte fam eo aqnella part 
de pais , y ell niatcix commensal famejar. 

i5. Y fugi, y se eitaca a nn ciudadano de aqnelpais, qu^^lo en? ia en sa 
bcrctat per porquer. 

• 

16. Y desitjaba umplir so renlre de la pellofas que los pores menjaTan, y 
n'ingu Tin donava. 

17» Reflectint sobrc de ell mateix , digue : Quans mossos en la casa de men 
pare, han abundancia de pa , y jo assi mori de fam! 

18. Alsant-mc anire prop de meu pare, y li 6irh : Pare, he fallal contra del 

eel y centre de vos. 

19. Jo no so digne ser anomenat Tostre fill, fen de mi nn dels mostos toslrea. 

an. Y aliant-se dengue trobar lo sea pare ; era lluny encara , quant lo sen 

Eare lo veje , y mogut de misericordia , %engue corrint j catgut alseu coll, y 
esa son fill. 

Qi . Y son fill li digue : Pare , he faltat contre del eel , j contre de tos, jo no 
so digne ser anomenat vostre fill. 

32. Empero digue lo pare als sens mossos : Prestament portan laTesltdnra 
primera y posau li : posau li Tanell en ma , y cabadura k sos pens. 

33. Y mcnau lo redell engreijut, y matau-lo, y men)eni, y aDegrtm-DOt. 

ii\. Pcrquc est meu fill, era mori y es tomat tin, era perdnty se es trobat, 7 
coramensarcn a menjar ab allegria. 

35. Empero son fill lo mes veil era al camp , y venint y se appropant de la 

casa, 01 rausica et cants. 

a6. Y rrida uu moAso , y li demana qne cosa se paasava. 

37. Y lo mosso li digue: lo leu genna es tinguty lo ten pare a degoDat lo 
tedcU cn^cixat per a»er lo rebui en salut. 

38. Empero fu indignat , y no volia entrar; lo sen para done eju y cocnoMttsa 

a pregontai lo. 

39. Lo fill responent digue al pare sen 1 Aqni tans asTS so al senrey vostre 
y mai no he faltat a vostres manamens, y mai no roe naveu dooat un cabrit 
per allegrar me en menjan ab amichs mens. 

3o Empero arivat est fill vostre, ell qne ha malesmertat sa part de be 
ab donas perdudas , li aven mort lo Tedell engreizat. 

3 1 . Empero li dis^e lo pare : Fill meu, tn sempre ah mi es , y tot lo del meu 

es ten. 

33. Y calia allegrar se en menjar, perque est teu germa era mort , y es tin 
gut k la tida , era perdut y se es troMt. 



r 



5o8 

Traduction dc la Parabole dc rEnfant Prodigue, en patois de Caicu* 
Sonne y de'p** dc i*Aude , cnvoyee par M. Labrey de - Carcassome. 



II. Un homme abio dous mainaches. 



lie de jonrs apei , le pus joube dai douj maiaacbe* y ape? tjmitfit 
t le b^ que j vebdgno, s^en an^c k rabanturo dias nn payt pUti- 
Us-slpec soun be, en bibin dins las grandoni ml la debancho. 







la. £tl^ pus joube digu^c a soun paifrc tMounpaira, dooaats-iD^ b 
do dal b^ que me rcben ; ec le paire dibii^c m be entx^ aoiu doni 
nacb^s. 

1 3. Et paiic 
amass&t lout 
cartat, et dlssipt 

i4> Et quand ajec acahattoutosa fourluno bdnguec uno famiao tarriplo £■ 
le pays oiint cro , el sc bejec rcduit el mdmet a^ camuo. 

i5. Et s'^n anec ouflri sous scrbicis it un prouprielari d'aqiiA VS* » f" 
Penbouycc asaborio per garda un troupelde pores. 

i6. £t auyo buulgui poude garni soun b^ntre dal famit qpS donnihiw i 
sous pores ; niais digus nou bouillo in douni^. * 

17 Et en rcgai'dant sa cruello ponsiiieou duio : Dina M tenu imk let bar 
lets de mouu paire an de pa , niaV qn^ nou n^ boloon y^on aielii 1 
de flim. 

18. M'en anire'i trouba moun paire et y dirci : Moun paic4 , ai p^eai 
6 eel el coslo bous. 

j(). Soun pas pus dign^ dVslre noummafc boslre Gl, metetx-m^ al m^^ 
bostres bullets. 

2o. El ahdj^tz s<^ Icbcc bite et courrisquec bcis soun pair£, at cro 
Icnc, que soun pair6 le btrjrc , foiisqiiec touqual de coiunpaftsicoa 9 aC 
risquec b^s el y saulec al col et Tenibrassec. 

ai. Son fil y diguec : Ei pecai costo le c61 et costo bonf, taoa pat pal \v 
dlgnc d'eslrc appellat boslre iil. ■ " 

aa. Soun paire digui':c a sous IiaVl^U : Anals qnerr^ d6 siiito I 
raubo , cargais-y lo , inetlez-y soun anel k la ma ; baillata-y 
aura. 

a3. Et anals qucrr<^ un budel gras , tuais-le , le manjarcn eTl 
en festo. 

a4* Parce que mou Iil qu'ero mort ben de re9ns8ita, qa^^ro ^nraicft^pi 
le retrobi. Tout le luouade s^ melee de Kuilo a tauleja. 

a5. Alabets le 111 ainat cro al camp , et en beoen aii8iic[u^ de laac li 
musico , el las crits de joyo. 

a6. Girdec un ilas ballets , el y deniandec que ^ro aco. 

a^. Le ballet y diguec : Aco es l)osir^ fralrc que es arribat elbosir^pnM 
k fail lua le budel eras parce que Ta rebels nla pourtant. 

aS. L6 fra're ainut fou&quec endigual , ol buuUio pas dintnu El 
sourllsquoc el se nieticc a le prcgua de dlnlra* 

a9. Mais sou fil y respoundec : Y a deja tant d^annado9 que bon^ 
bous ei pas jainai desoul)eil , et ni''abels pas enearo doiuiat soulomia aa 
crabit per manf*ea anie nious anilts. 

3o. Kl quand boslre Iil quV'S aqul , tourno apres ab^ manjeat Icmt aooa ^ 
ame de bandldo^ , abets lualper le recebre \6 budel gras. 

3i. Alaliets .souii paiVc y respoundec : Mou fil in eb toi^ours ana too&« Ct 
tout so que el es teou. 

3a. Caillo doune laire fcsto , parcc que inu frai're cro mort ct as 
cro ^garat et Taben re trouba t. 





Tr.i duel ion de b Pdraboledc I'Eulaiit Prwiigiie, ea patois dii dAiartc- 
mcnt da T»ni. 

■ I . I'n hom6 *\i\i ilous m*. 

)u. I<<>iini lou pui jnube digucl k jionn pain'' ; Mnnn pa'lrt , donna* m^ b 
part (It buaire Le que nie deu ribini ; it lou pa1re d'lqucle* ifant lour figuct 

i3. En lorlo que pine ilc imiaf aprjp , Ion pua joiilie ajani muaiat toutce 
qii'uLic , I'cn anel bouTa» dim un pii'i Tarl cioicnat . «t aqui il diulnat tout 
aoun I).!' rn hlbcn .tins U Hrl.a.o. » -1 r 

1^. Apriip qn'aiet lont detpcnaat , arrihrt nnn grando fimino Auu aqnet 

1 5. TalixncD qu'aofi a* lon(^ 1 un babilanl del mjme pala, qae I'^mbMiiM a 

i(i. OiiJit >l He troubct imiit m*l quj dcairabo rampli ioud Iwnlrc de lu coa- 
Irroi doni liiiii porrs «■ nourriitiaii , me digiu non W en dounibo. 

■ 7. A la lilt pDiirtaiii ettani rrbpn|;utB rliniifne) d!f[ucl : QuanUi d'j apu di 



Ti .1,- fam ! 


11 1 J « ™. 


■A. Mc rcllbar. 




;M,.unp.ir^. 


it prcat rounlro Inu cjl ft cnnnlra l<ou>. 


.0 K...,nip. 




im'iin .l.'i 1k.iI 




.«. P.KiKUC. . 


)uun et n'cd bcngiict Ironlia tionn paTre . n'cro rncaro lea qn4 



It dc compaisiei) coiirvgujt bet el , ac jcM 

ai. K( aoun lil li dij^ort ■' Honn pair* , loui coupabl^ (nbrra lou eel et dabsn 
lOU* , I'n sntio que ton! pit pus Jijjne il'cilre ippelai boilre lil. 
3a. AlaiQ Ion paiVi- digiict a (nut loileli : Pourta4 liiie m prrmiero raubo, ct 

ti, Ann quern labe lou bedel Ion pui |;raa «i tuai Ion. Fascan fcitio dd 

a^. Parce ipie mono fil qiif b^stn , era moit rl cs rcalDSciUt, eroperdatM 
'.li reirniibat ; loumenecren dnnnc 1 fa fe*lui. 

3^. Cepifid.in soim lil ainal qn'ero dim loo* campt ne rchen|^et cl quan 
rou^iK'L prepil* )'ou9taI,auaipiel Ion soundei inilrumeni, ct dilTerculoi b^ue- 

■16. Apelet ilonne un des ballet* el It denunilet que iicniti-ibo iquelo jojo? 

■17. Lnii hailt^l ti rusponilel: Aeoi qn* boicre frairx eJ reben|;uct ctboslrspai- 
rc a luat lou liedel ^rai , qne I'a rrcapiml m bonoo aanlat. 

38. I/ainit apprciicn aco , It melct en eoulkro , e( bnulie pai diatra diat 
PoDstal ; mea loim pair4 eatan lortil e) m^oiet per Ten pri'ita. 

3(). Kl li Taptel aqucalo rennoniD : ■ Coaniidcn* , il'empri miaat d'aonado* 
icu Ikiui lerbiiii , )an« jamai ilc.vonbei a rap dc lioiirr rouni4ndnmnu cI poor- 
lant Imui Dou in'abiaiaiiwi dnnnai im rnbit per lou nuoia amtw moui aioii. 

!tii. tSia (aleu qna iKiatri- fil qn'a itcbonrat ta legitimo aiube do fcoooi dc- 
bauehajoa c* arribM abea Inal prr el loti Ivdel gr*s. * 

!ti, AUrn lou paTrc II dijjncL: Monn HI, lu tiea loujoua ambeitu, ct loulfo 

3j. Mi « raliv be faire Tivtlin et «e rejoiii de ^o que Inun fture qu'ero matt 
vf ressiJHcilat ct qiLel'abcn retroubat aprep Vabe p^rdul- 



5i6 

abole de r£ii£aiit Prodigue 
departemcnt de TH^oIt. 



1 1. Un liomme abio do us effans. 

12. Lou pu jouine d^enire 6Us diguet k sonn pur^ : Monn piMt U« 
mc la pourtiou dai be que roe reben , et km pure paxtagefc toaa M k mm 

effnnB. 

1 3. Quaouques jonrs apris quand lou pa joaiQ^ aget uiuu 
partiguet et s'en anet dins un pais plaliont et aqnidutipet took 
bisquen dins bi debaoucbou. 

14 Et apres qu^aget tout despensat , benguet ono grando lamino 
pais et coummcncet d^estre dins lou besoun. 

i5. Alors B^enanet et te louguet a un des babilans d'aqnd pA fB»lH 
mandet a sa grangeo per y garda lous poucels. 

16. Desirabo de rampli soun bentr^ de las peloufos que look pow till ■■• 
geavou , me degus nin aounabo pa ges. 

17. Et qnana siaguet intra en el m^mes diguet : Quant y o di buMi 
dins Toustaou de moun paire que s^assadoulou de pan ! et jeon alcinoariM 
de fan ! 

18. Craon que me lire d'aici et que m'en ane trouba moan palfe^y c^f* 
ye digue : Moun pafr^ , a'i peccat countro Ion ciel et countro 1mnu« 

19. Merite pas pus destr^ appelat bostre effan , trata me comno uda fc» 
Ires barlccbs* 

'JO. £t s^en anet trouba soun paire et coumo ero encaro Uont* ton wM 
lou vcget ct siaguet toucat de coumpassiou , et conrriguen al ddiaa dWf ■ 
gitet a soun col et P^mbrasset. 

ai. L'eflan li diguet : Moun pair^ at pecat countro loa a«l~at 
mcril^ pas pus d'estre appelat bostre fil . 

aa. Alors lou paVre diguet a sous barlecbs :Poartas bit^ sa 
ct bestisses lou ; mettez li un anel ai det et de soulies a soua'p^t. 

a3. Mcnas aoussi lou budel lou pu gras , luas loa , mangen at ' 
bido. 

3/|. Parccqu^ moun effan qu^es bengut ero mort et ea rai 
dut ct es troubat et coummencerou de fair^ bouno bido. 

!i5. Penden aquo,l'effan pubicl qu*^io al camp benguet et a 
chabo de I'oustabu entendet lou brucb das musiciens ei daa d 

oG. Sounet un barlet et li dcmandet de quero aco. 

27. Lou barlet li respoundet : Bostr^ frai're es rebengut et bovtra pdrfi 
tuat lou budel lou pus gras parce ques bengut pla ponrtanl* 

a8. L^ainat sc metlei^ en coulero el boubo pas intra ^na PoustMMt ^^ tiV 
pair^ sourtiguet et lou preguet d'inlra. 

39 LVffan rcspoundcgia soun naire y o tant d'annadoa qaeboos ■iifliiiw a'hS 
pas jama'i manquat a bostrcs ordrea et m'abes pai jamai dounat nn cafcitt Mr 
ro^ regala amhe mous aroicbs ! 

3o. Me tant leou que bostre effan qu'es aici qa'a mangeat t«mt aoiS H 
amb^ de fennos perdiidos es bengut abcs tuat per el Ion badel giaa* 

3i. Alors lou paire li diguet: Moun effan tu tios toujoor am)M Te<m tfttMl 
cc que ai cs teou. 

3a. Me , caillol e faire festo, et ae deberti parce que toon ftrff^ ^g^ 
elqu'cs ressuscitat, ero perdut et s'es troubat. 




Iiiction deb Panbole de i'EorantProdtgue, enpitois de Lod^e, 
d^rtemeni de l!R^inll. 

. Un home ibio Aaiu ittoM . 



■ 3. Qniouqiiei jouri ipTti Ion put jouinei d'lijDeDti 
ratpaliai, s'cn (nel dim I'utraogi put pU lion, «t Ui fi 
CD buqiifn coume on Hbcnin, 

■ 4- Quind igct (out acabat, atribeE ana granda famioa dioaaqu*! pui M el 
coomenciipali. 

iS. S'enin«t et se loof^ct amb'oD bon^a d'aqual pai* qua I'efnbon^Ml M 
borii per garda loua porct- 

■6. Kt aurio pla aimat de nmpli loun bentre de lot p«tonfoi ^« loot porea 
manfceabon , ct preiiounc aj an dounabii ps f,h, 

!•;. AnKn renin ta t\ mimt el ae dii : Qoaiuu j o dc barletl dine I'oU- 
rioii lie moan p^ra que foau soun aedoul dj pan et jeon *Tci creba de fiin I 

\i. Aneii noun ban irouba monn ptTa et ^ dire : UoDD peta ai onlTnuaC 
hiu i-iel et bou« a> onfreuiit. 

■9. Sloi pi< pill dinne que m'agayOD cooina boatra ittu, tni» da Jtoa 
CDnmail'iin de boilrci barletl. 

in. Sc Uba et 9 'en bai irouba sona pen:D'er* incaro pla lion; lonn para Ion 
l>C);et el louplangael, Ij caurrii, t'embraiia, lou Mm , Ion mnga da ptm- 

11 . 1.'efan ye dii ; Honn pen ai onlTeoMt loo ciri at bow ai oofTeaMt, *iot paa 
pui dinne i\ai m'agajon counu boiire efan. 

33. Aladmin Ion Dera di* 1 (OD* doameitiinuu : bite poortai una pnmicn 
beitinwni el htbitia lou; Diattci Je un anelai det at de looUan ai p^. 
i3. Menu atafaf no budel pla gru el taai Ion ; mrnjen at ngaleo Dooi. 
3). Aqui jaiua it*a qn'^n mort at •■ rebeognt; ■' in pcnbt at I'el trOB- 
bat : se melcroB dono a la rcgila- , 

t'l. Sod ainat era ai can; reben el eonma t'appronjaba da I'oottaon tetfo one 
granda ajmphonie et da daiuaa. 
' aG. Souna dnun nn karlet el je demanda de qn'j* tout aco> 

, V). Lan barlet je reipOD : Boiire frcro e* beagat et boilra pan a failt tot 

un bailel gra> paiqne I'o biat pla galiar. 
■ 3H. L'aniai le met JLladouu dioe noa paiiion qui bonUo pat dintrs, cagaM 

t que liiu pera tortigueiaa et que le meteiaa ii lan praga. 

39. Hrt el je reiptin : T laot d'am qne bona aerbille )amaii o'd paa tDan- 
quii At fai're ce que m'abei conmandet el jamaii Di'ab^ paa doooat (ooloaeD 

3o< Mr< dea que boMra caddel qu'o aecabat UtDt WM diqn4 aobi da «o<|Bi- 
nai e< IkokuI abei faiti lua per el lou bsilal Ion pot graa. 

3i. Aladonn loun pera je dia :lloua fil tn aioa tonjonn amba jeoB at tou 




5l2 

Traduction dc la Parabolode TEnfaiit Prodigue^en pAloisdeHimtp 

departcment de I*HeraaIt. 



II Un liomnu' a\ies doiis cnfans. 

I'j. Lou pii joiiine tligiicl a soun pera : moan pen p doniui n^ Ion bi 
in«* <1eou rcvcni per ma par : e el je faguet lou partagc A6 soon bfii. 

1 3. Qiiaoiiqiios jours apres , lou pu jouine empourtet enbVl tont c£ 91 
e s\-n anet Touyagca tliu un pcys eslraiig^ | oante dcipcnsil lout sobb 

dtrbaousas. 

14. Apres qu'oii ii^ct tout dissipal, survenguct une granda lamina dim ; 

cl se^itet lalanicn ilenuatdc lout , 

i5. Que srpuct uulit)(;ai dc no metre aou tervice enco dun halntand 
drez que reu\ouyol a sa ferma per garda lous per* 

iG. Aqui desirava dc se pondre rempli rcttoumac de las p^Ioufai 9 
pors mangeavou , mats de^^us ien uounava pas )es* 

<;*. Enfln c<tenrintral en el mema, diguel : ya tan de bavles dinPo 
de moun pora que an d^ pfin en aboundanea e eyou act mouf isf^ de faa 

iS. Faou que ni'cn ane e qu'ane trouvamoun p^ra e que ye dign^: 
oi p, cai contra lou del c contra \ou>. 

19. Soui pa pus di^ne d\>stre apclat voslrc (U nuis trata 
\o&tres barles. 

Qo. S'cMfi anct douD e vcngnet ver scum pera , mais era encara ben JM 
pera Tapcr^egtiet seguet toucat dc coupassioun couris Ycr el et rcmbm 

21. Soun fil ye dlguet: moun pera ai pccat contra lou ciel ^ eootte voe 
pa pus digoe destrj apOla voslrc fil , mals Irata me couma «a de 'T« 

narles. 

3'J. ]\Iais lou pera di^et a sous barles : Pourta je vite soun pKBiel 
mt-tes ye lou, metes y un anel aou det , e de soiiycs as peses* 

23. Anas cerca Inu budel gras , tua Ion mangen c fageo grands ■-l^**- 

'^4* Perec que aros mon fil que era mor c que es ressnssitat qa*cTa mi 
quV'> retrouvat e lagen granda fcsta. 

a5. Din aipiel ten .soun fil ainal qu<' era anat as cans rcTcnaguet ^^ 1 
guet prosa de I'oustaou entendet la musiqua c la dansa. 

2G. Sounct un das barles per saoupre d'cl de que era aco. 

27. Ye digiiet aros vostre frcra quV'S revengut e Tostrcpera lov Tccft 
de vida a faeli tua lou budel gras. 

a8« Aqucsle seguet talamen indignat que vouye pas intra din i'oosta 
que oubllgel son prr.i dc sourti e de lou fairc intra cnb^eU 

39. Mais el digiiet a soun pera : y a tan de ten que tous serrice aaa 
avedre jamai dfvsoubctt , pourtan vimis m^aves pas jamai soulamcn doa 
eabrit per me rejoui enl>e mous amis* 

3o.E des qu'iui fil couuimu aquel que a mangcat tout sonbcnenb^defi 
])erdudas es \cugut ^ous aves faeb tua lou budel gi'as* 

3i. Soun p^ra ve diguet : Moun (i\ , per vou.s , vous ses toiiiour *«»**' 
<> n''ai pas res que noun sieye a \ou«i. 

33. Mais fayet fairc fe.sla e nous rejoui , perrcquc voslrc frenquVre I 
ressucitat <• quV-ra perdu r qu^eii retrouvat. 




5i3 

Traduction de la Parabole de I'EDfant Prodjgue , en palou du depart«> 
nK'iilde U Latere , doDB^ par M. BBOViaoviMcr^taire groe'ral de la 
{ircfeciiirc (M. I.) 

II. Dd omi ibio doui Gil. 

I J. Lou pu scouvc (Ttquclci digu^l a lonii paro : Moun pero douiHi mi U 
pari del bi clie ^>r□nuIl^eIqui ariulieonc)iiu dcou inu. EiuiloupcroUdiiU^I 

i3. Paou de ii^ourii aprii aqiii'ili pu ({eirabi Rl aauaajt loot aqno lion , 
a'tn ao^i din nn prii ^laisiul e j diasipSt Unt aoua bi en ii*«a din la dt- 
bauchu. [prononcRdirbaoutcbo] 

i4> Apr^a i]u'«Buct tout dcapciuat aiTibjl nao grando ramiao din aqnel pet* 
e tl commcncet d'ealri din rendi|;>Dra- 

■ 5. Alori s'rn ao^l ■ li milefiuci al auriaaJ d'on daa abilaiu d'aqncl pcij 
cbe lot! Rundctdin lai poBaiFiiioni per fain palTiac loiu pouon. 

iG. E aourio hi bouKal ai raiiaiia At carrou){BOi cb* looi pMtor* naageabon; 
mr prraouno noun Ten dounabo. 

i;. RentTct dounc in d numo i d!f;uet : puontoi ^ani T o aa gacb^i de 

■8. ion niiUbarai' i aaarai a moun pero i li dini : nu>un [:ero uI pcccal eoolm 

■ !)• E ioD ni aoui pas pua dignc d'otrc appelatuiiin &. Tratl^ mi mmmm 

:io> ParltfjueL donnc i icnga^t ■ aoun pcro ; i coamo rro ancaro lata loan 
pera lou leau^t i Tougutt louccat An piellt i n cvurn a d li jeii^t ii aiMn 
couol c I'embraai^l 

ai. E loun GIU dtgujt : Uouii pero ai pcccal coatro lou ci^l i eooiro luj i 
iou ni soui pai pua digni d'rsire appeUt toun lil. 

11. He loo pern dignet i loiu doqiDMlicoi : poarul la pa bvUo raouljo i 
Tcstiiact led t mitU-t li uno baguu al >ltt e it umHil M p<i. 

i3. E Diinat Ion bide) grai t lual-lou; maogM i regBOoiMCBiuiu . 

94- Par; o que moun BJ qn'ei aici iwo tnor i it mioacillt ; trti perdut i ea 
ivtruubal ; i courarncaroa a ai rigcDui. 

a5. F.a atttnden aowi fil I'ainai qu'ero a la eampa|pH> nTCngB^i i coums 
a'aptouu-liavo il« rooaiar emeodeguel loua cbana i Ua daoaoa. 

aC Eappeljt oa di aon* buleta a caou demaodcl dai|t'«r« acco* 

■f^, E loa barlat li digoii : Toon fr ro la rttopvaij Unn pam oiaM Ion 
bidcl grai , pares qnl I'o recouiral en bonono aealll* 

a8. HA ai matcga^l an conlaro i fougu^t pat inira : aonn pent donnc aoor- 
tif^et e luu prigu^i d'lBU-a. 

-jt). Hrj el reapouBcMi a aona pero .- Hen otci j o taa d'annadoa elic ti Bcrrl 
r aeamai noun ai mananat a lono cooaiaiidamaa i m'ji gaamti dowui nn ck»- 
LrLt per mi r.geoui enbt moot amichi. 

3o. Hb ciuon loan fil qa'ea aqni qn'o mancaailoat aoun bi aobt de faaaoa 
JtbaouchadOK , ii TeTcn,ul , ai fach tua lou btdal gina per H. 

3i. E iDUD peroli dign^l : Houn fil tn line longeour eobl iaou e loat ct^ut 



39 




5.4 

Tradiwiion de b Parabole de rEnfaut^Pradigua, en patob dea on 
dii Puy ( Haute-Loire. ) doDoije par H. BtftTikAHo-Rooz. 



n honune rjii'avio doui jjtffOtu.' 
eine digutt it son prire : 
It lou piTra piiUdf^l •■ 

lou plu dioueinc aumpel (<mm 

■4- Qamnt aRuet alchabi , ; aguot noa gnnde wl^mUo diq« an 

>^. Adoiin((UBS'«niDetetlc Indget lei OB bourdgtonaa pa li 
sa bounrio pm |;ard*Ioiu pouon. 

iS. F.t Dviat envcd^ de gc couOar i-nbe !•• gilei.qiM loss pi 
j.i'on , ma dtafut im o'en beilc*!! djii. 

17. El goiziot CO lei-mtmeiQaandl-jr-o da meiiagM f nio 1 __ 
mOLin pairc qu^ roaDdgeoun Uiur aoa d« po et looti faT crcM a« fa^ 

18. VoDole d'aqnoitc pas anar troubar moon prife at III Arm 

9o. S'en anaL el veDguel troobar 
n'ajjuetpiciid el ■ebonici k couirc t 
31. Sonnif>irf(iii Hi di|^el; paTri 
vou* } et merite plug que m'appeloiin voilre ^arfoa. 

33. Adounquei, Ian pilre di|Det a aoas t«I«I9 : AdiiWi 
dicnte raoube ct babilla lan,b(nila lli una bagne si di a 
iOM pel. 

a3. Ana qaare un vcdc gm el liiiazci Ion : faun fricol 
■xi. A caniua qu'ati nioun (ai^ou mi'ero mott et ajaro ei touma lio* «• 
pardin et I'ei toania inroba; et is bautaroun a piandiar. 

l5. Quaiid reina qii'oie odi tions venguet et qne tofpiet protaa d* Fo«MMB 
oiif>i{^ict que ilzoaadj^ioo ei daoiaioun. 

iC Appekt an dous teileti el 111 damandet do ^'er« nqa*. 
a;. Lou Teilel1Udif;uet; aqiioi viitlrc rraircqu'ai (anriM,MTOaU plO* • 
lina un tvii gru k caoiiie ija'et arriba en ■inda. 

aS. Ma quo lou fatchal c( 90 voulio pu laca; ma aonn pairs aoimifnct ^ 
IVn priar. 

W). Et I'eina diKucti noim paii'e : Deipeuiton d'nDadoi pa Toaa una tl 
que voul ei ilzamal desoubei , peraco ni'avei diamai bcil»-Ma taabri yar ■• 
H>1jl cnbe muu* caauradui. 



3i. Lou pure lli dij^uel : ChUi tnudioar odiIm: in 
31 Ma lioidiobu fai're UD Tcpaa c 




'rmduciiuM dc l>i I'arabulc de IT^nfanl-Protligue, cu patois de Priras 
dc'|<arteiDmlderArdcchc,doiiiiceen 1808. par M. Delob secrAairc- 
geitei'jl la [ire'fecture. (H. I.) 



1 3, liaaa Inu pu (ieuina ili(;uct o loun ptro 1 Moon p*ro , iloiwu mi Ion 
lie qai IDC ilcnu tttiiH per mi par i Hour fi^t Ion partiKe dc loun be. 

13. Ri-ile |ii f;ua!rv <r<'mptiurta iiili'rt lorn c^ t|nc ■tin , rnd'un poiii bico 
loxon , a I'si-ou lunnf^ toiii en ilelMurlint. 

14. QuonmiiKUc 10.1I i)ri|[ilaubu , rcn^u* uno famino il'ini wjml pcn-» 
i at li tiDube dea-ina dc lour, 

iS. Tilcinun ijae (agp counlrou it ic louii poar (omiia kxu caloiu Tit nn 

cb('b«ncie dr IVndrei fvi leu melt dim uDo ifr >*f tTOBf^i. « 

iG. AtiTiD be Tou|tu lou ronplt lou ventre doau beaure Joi caioua , ma 

tj. Onlin eiiri inlm dio* el , n dif^' : Qnonrin de ncaiatji dina Toua- 
Uciu de uionn ptro que on de pon que Inr Kmobro , i iron nouor^ nti da 

le. CIiAwi qne meii aBou« truuha moua piro i U dWij How p«a, iI 

11), Ivoii puuliei fleaui;.! m^olenilre .IVuro ntmini vo,ir« garfoo, mcnune 

ptro lou ve^ne : Oqncl drole fagiu-ioD dt pieU i aoiu Mowj P*" • ^'o- 
4ucili> d'aici le raeti o-cuure pert! laourila an conol. e rimkbrataa. 

31 . Soun garrou li di^ie : Monn ptro , ai peoba canontro Uid cicon K daton 
iCOU!i , icon mirile po* d'olri opeli *aalre garfna- 

33. Pai mrn loun ptro dl^us i loni meiiaget : Pomia-li *!alnintii u pro- 
minro raoulto , e letiiijc li I0, mci^ li una baguu luu del e ilc tonliti 01 
pes. 

3!t, Ana mc qurre lou f(ouj[ra]i , r turn Ion; DUBgm i faiCD bnono cbira. 

3I. Percicpie oquoa muiio Rar^ou que rro Mkwor , i ^'a* nvengu ; Tmoa 
perdu rt I'aT retrouba ; fapueroun jtroudo feaio. 

35* n*-ini.*nlre Aie ae rcnalavoun , Taicu doa garrciit qne cro aOB traval » 
ieven||ne, r qoon hif^ prts dc rouitaou rnlendetuc I0 mnaiquo cilou donee. 

i(). Kmiia ua iloi me»a|te* per laoaprc de la c* qua «ro lout oqm 

37. ()i|ui> ii lou diipi*. qua toitre fraro el *anf|D j a que vatui pint fn 
Taier truidia pie dc tidn o fa tna lou >eon (P'aia. 

■iS. 0<jneilv ifaici , n'en fucue lolomen ndinla , que loulio pina iolri dia* 
r<iiuia<iu i lou piro fuj;ue oubligea dc o'en sonrli , at da lau preia d'intra 

3y. K dijpie a iiiuD ptro : L'io bieoii du Icna qnr ietn vooi* aarte, ion 
Toui-ait'V neoRUi luouiKiaa m rieou , e voai n'aiai po« taakiua* mmgt » de 
nil' douna un rliabri per ina diierii loube imus omii. 

3o. £ quoni on );arfoa eoumo oquel qu4 o monxea lou tonn hi aooW de 
feilnos dv meiclionlu lido . e> ienj;u , tout a«ci fa lua klB itou |nti 
per il. 

3i. Soun ptro It di|iae i Uoua (tarfoapar Toni eea loBKaoa aoaba mob , 4 




5i6 

TiadiKlion dc la Parabnlc dc I'Eiifant Prodlgue , en patois de l*am»- 
ilissrmcntd'Aanoiiay.ileparteineDldel'Ai'decbedono^ p«rM. Dvkt 
nicdrrin .'i Aiinonay. (M.I.) 

1 1 -Quuijii i-yaniB clous arant. 

I'j. Logpliiijieiincdiiie^ait ■ souapciru: feire^ LwUaia me ca qocBCi*- 
Tn'iidriot Ai! 10S1TC sncceoio; et Ion peire 1i niepartiiMU aouo binn- 

i3. Po <lc leimps apr^s vjanm an 
1111 paliis birin Inin oaniciio dfpeiii 

1 4- Quani al'Dguall laul Bclialia i 
pB'iiH cLo comuieDfvt aeilre diva la 

iS. H'cin anaii dDnetsero«llait eiit avnice Tei nu hommp d) 
Ion Riandait divin la luaitOD de campagnc per garda loui eajoux. 

i6. Ol oi'iult vta bicia rounuint dVimpliie jodS veinlr* da 1 
qu'iiiucUh* pourrliaillu mengcaremi , ' 

17. Piiiiaini'cvainpiii cllouodiiiiguaiLain « mtmci Quan r.'jalapu4t 
mcuagei diein la maiiou dc maun pcire qii'cn aid de pan qoa uclIaxaHbat 

iS. Ou mc luverai el ou I'ini yn moun peirc M Ou U cUrai t Paw* •■ I'm 
maniluaiiDifiieiiTom. 

■9. Ou no pai digoou d'eitrv apcU lolra garcoii; prenaia ma coqaM MM 

■10. O le sumatail el imKiiait a aoun peirc ; aiai cotmw ol'^rait iacan biaa 
luiii noun peire lou veguaiL et ein pmgiiut conaip««*io , et WnU tomtut Vj 
■auliait ao colic e( I'einbnMait. 

ui. t.ou siiTou disiigu:iil : Peirv oa Voi* manqua ■ Dieu M ■ voo*, am aio paa 
dignou d'eilrc apda votrc afan. 

■J3. Alor lou peire diitigoait a soui valeU : Aduycis me >i(e bobb cor da 
jivillE elviiisiaialaii, maltca li iinaLagaaa di et de tBUcira iaaBpcii. 

-j3. Adujei* mai* loii viograii et liiais loiij iningcaini rt regaUini oooa. 

!t qu'olV raaauaeila a l^aM 
robancc. 

■j5. PamanPainai qii'eiri par lou cbamps reveiiioti «t qiiuil fiif wat pcti* 
iti' la niMtou or uvihtait clianla cl lou violoni. 

36. Oionnail unou duu Talela el li denundaiice i]ual cire qua toDtiqae. 

37. Lou mcoagelirL'pDUiiilaila que lolrau frerou, qu't raTainfo otTOOaa 
IH'ii'c aluialouiiofpaipar Uniorciuola restiopu lin aandi. 

38 'quo Ion meitait vio toulerv e o vouliu pa> intra; maii lou pairs lowtril 
■I I'altait praTa. 

■Jij. O nu I rpoundait a soiin peiic .- Vetpii qii'o loiu seirie dcpea tant da (•>■•• 
cl 11UU voua ai Umaik lait aiiciiiu manqucniaiDa et pa main von* loaiBif juMi 

to. Haia d'ossilni (|nr radeit qua miof^a lout lonii bieia aaU lab fiOa n 
aivita viiiit avet Inia lou viu ({rai per ellau. 

li. Alor Ion pcii'v diisiguait : Oarton, li iui> [oiiioun anbtmiet tonlai ^n 




5., 

Tr3iluction de la Parabule de rEttrant Prodi{;ue , n Patois de Nisnes , 
dcpartoneDtduGard.envoyce en 1807 |»ar M. D'Alpiioh»e, Prifel 

CM. I.) 

II. Uii home aii# dou) |*>rf oiini, 

II. Et lou cidj dighe ■ (ODD piiro ^ Monn p^ro , beila-nu U paT qua deoi) 
ma ri^vrni Ac toitc ben ; cl lou piro ji ptilxf^i tooa ben. 

■ ]. Caooquoii jhanr* ipTci ,lou cide, iprii kMiv runaiia Umtca qu'avi^, 
I'en ane lien louo din I'vilnnghg pcit , ODal^ ouagj toot lonn ben «a ii*co 
din la dcbaoocho. 

■ 4. El quan aqh/ loniaeaba, turTenj^ din-c-aqhtl pill uoo gnndo faraioo - 
L-i I'l toumbe din lua beioiin. 

i5. S'en mi doun pi Tughj le hup coco 4*011 b^tUn daoa p^ifi , qne lou 
nianJc .■ laun mat per garda lei por. ^ 

iCi. Kl aouric ben lougu rempli loun *eMre dci pelooirai ( aatremnit 
cloiijnai ) , que lei por DunKeaTpun , mi} r^ n'j en duunaiu paea. 

17. Alor refeD|;u en el m^o di^hc : Cm ; a de TarUi din ronaunu de 
mnun p^ro , qu'an da pan tan que n'en toloiin , et leon looi cici qa^ Bore 

iB. hTen anarai, anarai Irouia inoun pero, et je dirai : Mood pitit, ai. 
peca coniro lou ciel et coniro *ou*. 

t<> Soui pa pill digne dcitre apela lont fil ; trau m< comno imda iioitei 

10. Se 1e<e doDD per ana tr 
fitoh ■ ■■ ■ ■ 

f-fihe. 



Serolnu leghe et tanca dapiata le mjlegua 
-fi" ' ■ 

I . Kt aoun fil ji dinbi ; Houn p^ro , a'i peca coDtro Ion cial el 
•oiii pa pill dign^ d'utre apela *oiie fit. 

'J-j. Alor Idh p^ro dighi a hi vaiUi : Aim* *itc qb^rc la pa btia m 
carj-a yi\i, mcle je un anel aou de et de iDuj ja ei pea. 

*j3. Menu lou icdtl graa , lua lou , maagen at faghen boao ch jro. 
34> Farce que moun lil que Tejhaqiii ^ro naor et c> r«««uiciu , ira j 

ii. I)inr-aijhel icii loun lil aina eru aou cbamp, coumo n'eo reieou 
I'aproucliavo de I'ouitaau , eniruiUgue lua bru dei can* t\ dn dauo*. 

j(i. Soiuie nn dei varlei , et ji detnande de qn'ero aco. 

3-. Lull Tarle j< reipoundegai ; t.i qi 
a lua lou (edel graa per m ben lenpudo. 

38. El indifina d'aco TUnjc pa intra din roDtUou j alor loun pern 
per 1-en preu*. 

ai). Hai el .liKhe k •< 
<ipa jhanuiiniDra.etE 

In. Mi'i eiiire iiuc *oile aouirc Td , qu'a manfiea loul toun ban •aiba de 
ruuquinoi ci rcireD|tu , atei lua per el lou tcdel graa. 

:ii. Altir lou peril ye di|>he : Ueun lil, *du* rei toajbonraemba ieoaettoa 
■'1^ qu'ai e> toalie. 

3, Kit fouje ben ae rigiiA et fura fado, ptl«« <fat *oaW Mro itnw»t 
* t i^naiutcilK, aio pardn el f i nouta. 



E 



Traduclimi de b Parabolc de VEoCuit Prodigne, oi pataib d'Uiic , 
dcpariemetit du Card , cnvoyA n 1607 par M. d'ALntmsx, prAt. 

1 1 . Dn 6nK iTic doui cf*n>. 

13. Lou nu jbonian dif[he ■ toun pjfra : Mana p«ro , baila nk£ la par daoS 
ben qrniii diou reveol; e Idu pero ieus part!|;he loabcn. 

l]. Cunuqcii jboars ipr^t loiiMdc iccunpet ton c8 qn^tii e ■'■EnanaM br 
li^UD Miu pell eiilraiij;he , ounte niuk|;hi^ loun IriiaiD ntean BHiido viilo. 

1^. (IjU) »0>i lon-l'BcalM , iuri«nghe une gruido famino didin iiqel pcM 
e (c trouv£ ibn la misirii, 

l5. Alor ta loiilq^e Aou Sitv!c« J'nn Jvthaliiuoa ikou pSIi, qa Ion tmrntli 
M in KTaujlui per {•anla loui pors. 

iG E aouvifbcn Touftu I'msadouli ilu couroubioi ( cailiiiniMO* } qii lompon 
Dvnjluiroufi f mtt dej^n a^lndouiuirip 

i;. Anfln eilenrenira in el m^nio ili^he : Qe de Tariii din PoailaaB A 
moun piiro an de paa ia ■boundinio ii 10a monre lici dii fa* 1 

■8. Ml! I^varai, uiariT tronra moiin pSto u iu diru : Maun pEro It patfi 
coDiro Ion cli'l t: conica toui. 

II). Suui pal pui ili^ni: il'cilTii apcli voHu filti : trnlai me conmc Sndc ■«<■§ 

30. Se lavi't dona ii )'en ani't Iroiiva smin piiro. Conmo era incar* lafai, 
loiiii pers I'apcTrejjhe i) tooea dii coiiDpissinun ie courcf-li«, la jhiii k «aa 
cul 1: rembraiie. 

a contro lou eicl e 1 ai<iu Taw * 



loun piiro, le di|{he soun lilli , Ii jireca ci 
I pill di^nii iTiislii: apola vostc hlh. 



ai Ann qere Ion \cdaoiigraEi e 1u!ai-lau; manpifn c faghen granda iMi> 

34. Pirroq'aqiil cfan «ro nor ii jii rcisiucila, i'l'o perdu i! «« ratraaia^t la 
meU'ithcroun ■ f^re ^rando chero. 

35. Cvpandan Ion filh ainaq'cro anui! rhaiD rliTrBatie, V qan fa^hA ptoclMir 
ToiislBou , i;nltindc)>hc^loii iioua diis calninwni i' lou bru d'aqnnCi ^ dw> 

36 Sniinet doun un dc lous varliii i i!i demanilet diiq' i;ro aco. 

u;. E.S , id J!|;lie lou virli', qii votlu rreni iit rcvenRlint, 8 toate pSro ■ b 
tuia Ion Tcilaou Kras , parro qii Ion ri'vei tJD lanta. 

98. Ci: qn loumeiiiKhc rti conlvro, c vonii- paz-iinlra. Si biin qS mm pin 
(ourtifibe piiT Tiin pitifia* 

ly. Hi Tra[>nnrHlr|;he k aonn pijrn : uqi tan d'annailoji qii ion ' 
Toni arSiluaiai iteinulifi iintiin dc cii qi: m'avc&coiiBUndaii>ct 
jhamai (Innaa on cabri per nw rrgala embc iiioui camradui. 

So.Mi: TOilc aoturii filh q'a nunjka lira Holm liiiti cmbi: lai fcnaoa da marid 
nidn e* pa jiMM pulran riiviia|>lin q'sTCX fa luia lou mdaou grat per iil. 

3i. Honn filh, iii digliB (onn pi-ro , lei loujliour etnbe iou , £ ion cc qS Ii i 

ii tfilin I' fic rcjhoui , patfoqc lotle Traro q*et «qi » 




5i9 

Traduction dc Li Parabole it rEiif<uit Prodigne, en patois d'Akis^ d^ 
parteincnt du Card, envoyee eik 1807 P^f M. D'AlpmoiiiE) PHfet. 

(M. I.) 



It. Un ome u^i6 doits e&ns. 

12. Loti pus jhouin^ dignct k soon pero r Moan pero, doma mi f o qe ini 
deoa reveni de vostc be ; e loo pero lun tAgai lou part^ge dc toon IriU 

i3. Paou de piours apr^s, lou pas jbooiiM d'aqnalis dons eiaiia #• ave 
acaniDa ton so q avie , s'eo ane dinz un p^is b^ ajnena , onnle escampille tou 
soun W I'll d^baoucboB. 

1 4* ^ apr^s qc ague tou despensa , arftngu^ imo grando fonino dSmaq^l 
peis e commens^ a toaaba en paurietro. 

i5. S^an anc doun , e se louguet emb^ on das abtuna d*aq««l p^« q4 Ion ^ 
mandct a soun raas . per j garda sous pors. 

16. £ aqui seri* isia ben aise de rempU sonn TenirS ^ las pelt das fmckos 
qe lous pors manghavon ; nies degns noun y eo dounavo. 

17. A la 6n , en estre rcYengnt Ji se , dignet en «l memo : Qan y a de raassa- 
jhes a» gag^s de moun pero qe an de pan vm que ipolon, ^ ieon soui nisi a moori 
de £snl 

18. Faou qe d^aqiic«tc pas an^ trouva moun p«ro el qeli di|pi^ : Bloon pero, 
ai ptrra coniro lou cicl e contro yous. 

1 (). i noun soui pus digne d'cstre apeta Toste fil ; Intas me coumo UB das 
Yarl(^.'« qe soun a tostcs gages* 

'JO. Sourtigue doun, i s^en vengn^ trouba aoan pero, e qan ^ro encaro be 
yecui , sonn pero lo>a veguet e aoun eor n^en seguet emeongn de coivnpasasosi ^ 
c* (*5lcn couregiit k soun davan , se jrtlct k soon col i Ion poutoonejr. 

31 . £ soun fil H digu^ : Moun pero , ai peca cooCro lou ciel e contro vous ; e 
soui pa pus digne o^cstr^ apela vostc fil. 

'j'j. Adoun lou pero diguet k sons raetsajbes : Anas cercalapn beloraoobo 
e nirtrs la li sns el , i metes li ono baco aoa d^ e de rabatot k sons pevct. 

a3. Mt-nas aisi mi Tedel gras i tma km; fagveii bmK> diero e rcje«g«cii 
nous. 

'j4 Par so q^ moun fil ero mor i es ressuscita ; ^ro perdn i et ialaretrouba; 
courncnccroun doun a faire bonnbaace. 

'i5. Per aco soun fil aina qe iro per loos cbaa rerengn^ i qan s^gn^ procb^ 
de Pou.staou aouzigue lous menestn^s i la danso. 

a5. Sonn^ doon im das mees^het , i li demands ce qVro aco. 

27 Lou mcssajk^ K reepotindegnet : Ac* es qe voeie frero ea revengol e ^oatr 
pero a tuiat un \cdrl gras , per so qe Pa recou«ratcn bonosanta. 

28. Aco en Pave facba , vonlie pa intra din Poustaon j mes soun pero en estre 
sourli per Pen prega; 

29. Aque8t(> prcngn^ la jparaonio , i li dignet': Aqwi dejlra tMi d* s— d oa «e 
vouH serve e noim vous ai Jaiiiai desaoubei en res deso qe m^aves cooniantla 
V per aco noun m^avi^s jamai donnat un cabri par ma di%eiti embe rnoua 
caniarados. 

3(>. Mes an mouinen qe voste autre (il , qe a manga somi b^ emb^ dc fennoa 
dc iiiichantu vido , es revengut av^t luia per d on fedel gras. 

3 1 . Lou pero li digu^ : Noun fil , s^s toojoars emb^ yea e ton to qe ai ^ 
^osirr. 

3 2. Men foulie faire bomibance e qona nsioni , par to qe voaie frero «ro 
mor e es ressuscita ^ ^ro perdu e es ista relroaba. 



conn IiuMi dr sotin pAys, tr niaii^iit loiii ci- »[vi\ivi<' diiitontc soite Hv t] 

l\. I'i ijiLm i^.n"! lo'il ni.iri^;.il . m'/j.- .njiii ipir dill Irr.i pavv Oilll l" 
iiiit- p|i .iri(l«- l.i[i)iit(- . I- (I I iiiittiinii « I ,i l<i«'ii p.'dl. 

1). I. ^'f•rl .irii.i I .s"«'>t.i«|uri .1 till liomti (l\i(|ui'l j»;\vh «? aqiicL hum 
del dill .soils l)c> per y gnrda lou> poi s. 

iG. E toujour afamat, inourissic de vezie de maogea Us dausses i 
vou as vestits de sede e degus Ten dounave pa ghies. 

17. EoG rentran en el meme : Quan y a , di^iet , din roiutaou de 1 
de varl^ts qii^an de pan tan que voloii, e yeou moui'iKse de fan ! 

1 8. Yeou in*cn anara'i; anarai trouba moun pere ^ly dirai : Moui 
peccat contro lou ciel e contrc vous. 

19. Soui pa pus digne d'eslre apelut vostc (il) tralas mlcoumi un 
doumeslique.s. 

ao. C tout dc suite anet trouba soun pere ; e ere encare gandri 
soun pere lou \eguct veni: soun cor s^emouguet, couriguel ^n » 
c rembrasscl. 

II. E so-jn 111 ly dignet:Moun pi^re ai oufTensat lou ciel e vom ; « 
digne que m*appeles voste ill. 

aa. Mes lou p^iti diguet k sas geins ■ Vitc uourtat mi une hHe n 
bias moun fil . metet une bagne k soun del e ue soui^s k sous p^zcs. 

I , a3. E nnas qurre lou vedcl 1 m pus gras , tuas lou , aprestas Ion , fa 

f ^ rejouiguen nous. 

) a)* Parce que moun efan ere mor e qu*es ressuscitat; «]u*er« per 

{ troubat ; ela fcste commencet. 

* aj). Mes lou frerc ainatdrti adoun per las terres, e conme revenie j 

chiave de Toustaii , auziguet grand bnix de cans e dHstnunena* 

, a6 £ sonnet un des varlrts e Iv deniandcl de qu'ere tout aco* 

i 1 * .. 

* . 37. Lou varlet ly ru.spnundct : Vostc frcre ch vengnt e voste p^ri 

de lou wire en bone sentat a fa tua lou vedel lou pus grat. 

> a8. L'ainat en cnuloi-e vnui« na« intra, f.nu mre an« HaAm^ 3t 



521 

Traduction de la Parabole de I'Enfant-PnMliguf ,en diatccre de Mandlte, 
drpartcment du Rhdne. ( M. I. ) 



11. Loii phi] jiiuin^ diguet i tuoa piro : Houn piro donna mi ce qne deou 
ii; ri'icnir du voucnlrF bin, et Inu piro Tuftuct lou p*rt«gi de lounbni. 

i3. Qa«ii({iMii joiir.t iprtt Ion plui joainj deii doni cnfaoi icueD (rukii 
lilt c« qn'iTi^ «'an anrt dioi nn p«j( «tmi|^cr fattio hiCD. DdOdIc diaiipci 

t4- El qutnil agan t«ut deipcntil, tcngnet iino gruido funioo diat aqueon 
,j, ct icumencel i mourir At f«m. 
i5.S'«n>nct< 

iG. El iiiuilo anrU ciUI b«n counlen da t'eiDpliT Ion imnui dau grnjDi qua 
langfiiiniin lei) poiurca , nuj dc|;iin ni n'en iamaio. 

17. Eolin islel reven|^( in eou >i diciKt : Qouit Tj ■ de laHeU m f^ltii de 
miin p^ro qiie in nuT de pin que noun \'j ncn f«ou ; et jreDii licon eici ■ 

18. Fmiii quF mi leii , eL que ti)^ troubar moim pito i Ii dini ; monn ptfQ 



iin de vODCStrcii TiiicU qu'iic) ■lonwatreii g>gu> 

30. Si level dounc el icnfpitt troubir aoon p^ro ; el qouid ero cocaro ben 
hien ^oun p^ro lou tecnet vcnir el leii entrailloi I'eatpo emoouffadai de conm- 
paisk-n I'outel aon daian d'eou, li jieitM 1 aoon eoifU' el TendiruHl, 

31. Ki tonn fieoa It di|{Dei : Houn paire in peccat controlon cict el coiiItd de 
nous , nouti «iou pu dign< d'ealre appelUi loueaire ficon. 

33. Alon lou perodi|[u«i i, iri* dataeiliqnot : Addiue* ■■ pmniero noubo, 
et vt'iliaiea lou ; metle>-li uDe b«|[ue ooa det et da innlion eia pedi. 

3I, Aduiei lou Tedeou ||Ta> «t tuM loa, m»a|en* e fagnea bosmbaaTO. 

34* Peice que mouD fieou que eici ero mouart et cf reaau*i:ilat, ero pardnl 
eL I'jwn iroubal. CoumeDireroidl done 1 >i ref;alar. 

3'. CependanL anun Geou 1*aja^ que ero i la campatno , a^eDloumvl et 
I'ouiiio fuuKiiel prochi de routiaou aud Ion bru deii initrumen* «l d'aqneleii 

iG. Souenet un lUii Tariew ci li diguel : Qne ei aqoo que ami F 

■1-, 1.011 TariM li Teapaa>dei : V* Kneatiw frero qii'ei r»»«on u i at Toneatre 
peiu a tual lou Tedeou |raa , parce que Pa *ta an laaia. 

38. Aquo lou iBetlet en ronlem et lOnlU ptai inlriT diu Phoiuuioa ; aoon 
peio ealen aoartii per lou piapr d^ialnr, 

^). Reoponndet : Vaut ai jamaj deaooubri en ren de ce m'liei conmaDdal, 
et cependanl m'auriaa pu dounal tin cabrit prr mi r^galar ante meii amii. 

!io. Mai loui •Tabord qui- TOaeiire autre Grnn que a mat^eat lonn ben eme 
t\f lira-'-aadoa , «s reTengul air* tua per eon lou vedeou f^raa. 

3i Toil prro li diguet : Uoun Geou liei loii|onra ame jeou et low c« que 

J3. M>i foulie Mr 



Traduclion dc laPanbole dc I'Enfutt Prod^ ,«n paloii da qnutia^ 
f>amt-JeaD, h HanctUe. (U. I.) 

II. DnhuiDOTledoiu cofins. 

■3. Lou pins iouf CD d!(;act t loua paire : Moon palre, ^laui-fni au pui ^ 
vouestrebcD, clloBpaiVepuiiaict aoun ben. 

i3. Duu quaiKjuEia )aiir9 , lou plui jnuien iMunpet Lont Ce qne li vnit a 
('in anct dim liuDpajs ciirinEier rooesso lucnc; aquito inui^i Umt Mmaba 
dins Icii plciirs Et la ilcbaoucho. 

i4> El quand >|^(t tout acabat, une giaudm famino li fet Mntir dio* ayaa 
p«y» el tounsbet lout a (tt dim la nuierc. 

\5. Alorii'enancl ct limL-iiet ooaieniei d'un dcii lubilau J^ooa fj%^ 
lou Riandri i •■ basiido per gardaneupoiiarca. 

iG. Aqiiilo leiie eila ben counientde poui^ a'aMadoidar ieiMpwjm^ 

i7.Alors rinlrct eaeou meme ct diguet: Quant 1'jade Tnrlots <lin« rfcinMM 

demounpaite que an mai de paa que n'an de beioun M jcon' DU>n«i da Iml 

iS. Si faou levar anarai troiibar moun paire ct 11 dirai ; Biottn puii^ ti ft^ 

ig. Hecili pas que la'appvlloun voueitre Ccou irattai mi f j ni i»ff fg^ ^ nBN- 
ITcii vai'lel*. 

ao. Si leret et vcnf^ipt tranlur loun paire, ct cm «iran> bea bnin ^b' 

31. Alon lou Geoiilc digitet:Monn pairs , ai p«:cal contra loo «•«■«(«•■- 
tra do VOID , ncrili pas qui- I'on lui iIdiidc lou noum da voauire fiasa. 

!a, Alors loupairc *od«iH seia larieti vlli di^iwt : Sareaa mi pr^Mnai^ 
bueLvic>li»eiluu,mi!tlei liun amicouooudct et dunoalier* ainpa^ 

33. An* urcar lou vcdeou graa ct lou tiiarii maagcn al rcgibnM. 

a4Parce que moun fieou q>i'cn>nionaM a nHOieiut, aro perd<««l Pal nm» 
bat: coumcnceroun dounr a t'lnlaular 

35. Dins lou tcmi soun fieou Inu nia-;i rjmi aro a la campaBDO a'cB twmi 
I'ouitauu I't cnleudeL de luca-l«iii instrumcDs et lou bni deia diMaire*- 

36. Deninndct a nn dcis naili'U co que ero aqiioto. 

37- AqueslOu li digncl ; Vuuuali'v frairc rndi-l ri de rolour, Toneatr^ pina 
facli iiu lua ndcau graa parce que ea rcttngu vn aama. 

38. A^io li dounet nn tanu piffn que tuuKb plua intrar dim r-nnanon. bw 
lou paire aourtvi I'tli iligiiet d'luliar. 

39. Alora louliMoliraapoundet iSieouioujonn Lata Doabetaen ht (^ ot 
quv lu'avci coURiandat,etni'av(.']r jamaiailounatun rabrhper tiua^^imm ma 

3o. El qnantmonn fraii-e qa'a nunf;eal tout aoun ban inU de »ai iilah |H> 
nios rvvi-nt a I'liouataou fcs tuar lou tedeon grat. 

3i. Lou pair^ li di|fuet : Monn Geou, airl toujours cmc ycon, loat ^w«N ha* 
t'apparlent, 

33. Itlaj quand loun frairi; qn'i-ro rooiUTl a roiaueitat onn «d -- ■ ^ :.» 
relrouliat, a loougu raVrc ud Testin ct ae regalarde 1 




5i3 

Traduciion dc la Parabok de rEnlani prod iguc, en Pro venial da depar- 
icincntJu Var , eaToyra en 1807 par H. Diiekab prcfet (N. 1. ) 



11. Loii plus pli'liniin Ji-^t ■ lann piicc : Jlounpure, ilouui mi tt qui 
nirvvt-iidt' vouaalteliclXi luuptirc fugue t lou pi rIAgc ilv lout ce que pouBBedaio 

i3. I':iiu lie jixin ipi'i-i , lou picboun vcimLH loM cc qn£ inn pilr^linTii 
IctanifMrit ui 1 cfi aoci dia> au put fmwrf atooncb omtt^ itiMipcllautiaun hti 

" u aqneou piu « 



i(i. A({ui (uric ben voueu rampli la puuo dci pneillioi que lei pooarcl nua- 
(eatoiiu , Diai degnti nin ikiaiuto. 



1 8. Mi levarai, (narultonbiiaouopaire ctii dirai ; Ai pcca cofHio kM cic) tt 
to vuucBiru pr*(*nfo> 

II). Ato sicou plus ilif^a (reitrc noamma TOuailrc Gcou; irata mi coomo 

3u. Su loa cToog parl«t at lengm^t iTOuba mdb paire; cnonu cr caeoro 
luFDcli U'vou lou pairc loa lagnct rt toacat dv toumpauka ira liia i aa !••«>■• 

3 1. Lou ficouli di* :MoDD pairr, al pnat conlni lou clal el *n vanniro pre- 
inirii i ara livciu plut Aigni d'eitr^ Donoa louaslre Beou. 

3'i.Luu pairc iliguL-laaciiarriUiui'i :AduBi lilc aoun premier tiuUMmeUM- 
te-li , cniin qu'imo bago i loan del el de souliei i lei pit. 

33. Aduuai lou i-wloou p-ai *t kiu laai : faga f boaeno cWro et fi r«- 

'j4' Parte que nioun 6cnu qu'eio mouailte TCTioDdat; ^ro peTdBC,ei rclrouba 

■j5, CrpcndaiU lorn nuDequ'arooBii camp rctcanat, ct r oums t 'approwbaio 
Jc I'uuiiaou calandet loulinil tie la muiquo at da U tlauo. 

iG. Creidel un de aci leriitouri ct U dcmanilcl ce que ero laol ico. 

a; Aqurslou li reipoaudet : Vpuaaira frairc el idonmat el iMBWlre pdtv 
a la lUd b>u TuiU-uu gru , parce que c* leUimrDal en lanta. 

■iK Aqiii-lo riipuiianto lou meiiel en toultro at touU pai lain dia TooiUMa 
cr qu'uuliligFt loo paW de sourti rl lou ftrngait fTinlTi. 

at) Maireipuiinilei ii •onu pairr ; Deipuia lonjt-tempi loni lerti »n.io jamai 
voiit avr ilcinuulicieta'ai jamai raf u de Touettro pari un cabri per lua uuDgea 

3n. Kt lariqu'uD livon caunw aqoeon . qu'a nuD|^a tout muo bee din la de- 
l.aoHib,.e.ievrnpii,a.f.liliup*- ' '- -" 

3i. I.i>u paW lidi|-uet:Uoiin G 




5i4 

TraductioQ de b Parabole de I'EiiIanl Ihvdtgoe , en pateis G^wm ia 
communes de Mods et d'Escragnolles, d^artemeot du Var; cnn^ 
par M. D«E£HAii , pr^fet en 1607 ( H. I. ). 



I ToiU'Dit ben el lou p«r gae li rou piruJoD dn>u to bei 

L Dooi di tprcasou rou cbu jauij de chi (loni fanli, ag 

an cc qiu! I'svcTm, ou >e n'lnda cnti un P'7*^ Biraiuoii forfa Ic 

iroubii* tulou rou lo ben ta foiUij et en debancbo. 



■ 5. Ou K n'lnda doucii et VasUijua ii Toa lerrijoa d*aii hkbittaltAwi 
I>Byic , qui rou uiandi k n ■ooi gruega dra c«mpaf|aa p«t g^ If^^* 
porqiii. 

iC. Et \j I'averca loncbnon t'cacbir * itDUi in gnchi qn« li poren a^ 
van^ inan«cbnn n*ou guen^ djigei, 

17. Atin etlcndoD rctignou en eom^mj on dicU : QnaBton gae mcMnp 
deme par dri Talleti apagi qoi an nui dapan qn'oa aoafpii b6 car, atniiia 
conii cTJbcndou dc fiime. 

ill. Oi) car que mi nu Ibtc e que mi vagur a tronTar nj par «t aacHifB 
diguc jPa , an o petaou contra rou cer et contra voui. 

ig. E mi nou mei'iiou cha d'^ssc noumaon too TostronfiUaniUatu ni'ca^ 
uii dri voMri valleti qui ion a ri voairi gajti- 

30. Ouse leTO doucactsenj v^gue a trovar ao par at qnai^aa I'aia «Ma 
ben longi , 10 par ou viche e' ou fou toucion d« coumpachicmi £ 4 eovn^v 
a erou Beitiita a rouio colou i ou tdu baja- 

31. E roil ID fillou cue diche : Pami o pecaou contra rou car iil 1 imIii ima 
mi nou meriiou cha d'esaj noouou rou cnitrou fillotu 

3a. Alavon rou nar ilicbe k ri leui vallclj : Ad 
rob 

■jZ. Fai cDchi tigni rou «<der graMou i luni roa 

-j4, Parci^ qui' on me Tillou i|ue ve li era mortou £ 1' ■ rechnckitaoa , Fb* fv 
dnoa e on a'e relrnuiaou : j coumcncaa douca a far feitio. 
35. Daroentre roi 

3'>. Ou chama douca un dri aeui vallcli , e ou guc demands c^ qn'cta k- 

37. Rnu vatltrtnii gu:'- dicbi : Lequj voilrou frai i vijiiinaB, i voMma M( 
tuaou rou vedcr graaioii parce qu^ou la Tistnu en aanita^* 

M. Acol'a^iiriidoii mct^nii vnira, ou nou voureapal •Dlrarmtnt (■■■al 
par agiiendou chourtiou per ne roil preKar. 

jg. Oiiguerciipougc : Ve-li-xalantibeiapni qncmi «i aenova^ •■■I 
jamai desplapion en ce qu'ou ai'aji counundaoui ■ poartaD mi dob ih^Wi 
niai i!anu un crarcon prr me regalar coun mei amigtu. 

lo. Ma prratiiii iin? rou voMrou aooiron Gllou qui a dJTOiuioa Intoa taa 
Ik'o eoun ilrejaonvadc , t.'i rrliraoii , air Inaou par er rou valoB graiaoa. 

3i. Abiouo rou par pic dichu.' Me Nllou , ou s'i toujour coaa lai i'lf— 

33. Ma niiriiiltea rarlioiinl»ii^a c acri^galarparccqnc Toittonfrai an nM 
e Ta rccliUL-1>iia..u , I'cra perdunu • ou iM r^trauvaon. 




535 

Traducliou de la Parabolc de TEnfant Prodigue , en patois du cantou 
dc Seyne, arrondissemeiit de Dignc, departemement des Basses- A 1 pes. 

(M. 1.) 



deou 



L^ 



II' Un hoiniue avie dous enfans. 

13. Dount lou pti jouve disc a sonn pere : Douna roe la part doo l>eD qua 
ou mcTeTenlr, et lou p^re lour fase lou p«i iaf;i de soun b^n. 
1 3. Paou de jours apr^s , lou pu jouvl> d^aqueoui dous eofani ayenc amatsa 
tout cc qu'avie, sen ane Tonjscear dins un pais fouera esluegna, ounte dissipii 
mm toui soun ben en excrs et en aesbaoucbes. 

1 4* Apri's qu^ague tout despensa . arribe une granda famiiM* «i aqucoupals 
■.I d'aqiii , vt coumcnce d'^stre ains rindigincc 

i5. Apres sVn ane et se mette ou sarvici d*an das babiuns dou pais qa^lou 
■i m>ndt* a sa meigeoun das champs par 11 gardarlous pourceons. 
■A i6. Et soulieiave de r^mplir soun ventre de las escorscs quelous potirceoiis 

mangcavoun ; mat degun n*in dounaye. 
■I 17. Kntin , ientkn retengu en ecu meme, dise : Quanl'T a dc sarWtours agan 
<lins la meigeoun de inoun pire que an de pan en abotmaaiica, et icon moaerou 
rf eicht de fam. 
{ 18. Faou que d*aquestou pas m'en ane troubtir moun p^ra ( le bat-pe«ple 
dii : paVre ) et que \j dlse : Moun p^re , ai pecba couentrS Ion ciel c^t cooctitre 
y irous. 

If). Et sieou plus digne d'estre appeU Tooste enfan ; tnta me cowaa Pan dai 
i* sar\itours que sount a voostes gagis. 

ao. Parte dounc et a^en vengne troubar sonn pire; lorsqu^^re eacare bin 
^ lue^fc , ftouii pere I'appercete et n>n fougu«^ toucba da coompassiotta «t cour- 
f ricnl a eou se gitU' a soun couelet lou beige. 

'J I. El soun enfan U dise Moon pirc» ai pecba conentre loa ciel i^t cooeatrtf 
vous , ei sieou pins digne destra appela tooste enfan* 

22. Alors lou D^re dise a sous senritours : Appourta proiuaptameni la pa 
f hcUe raoube et Ven irestisse dt mette li un anneou ou dcu et de soolters k 

sous p€>. 

23. A mens un veou graa et toa loa : faseo boaene cbiere ; et rcjoaU- 
p sen se. * 

24* Parcc que moun enfan que veicbi ere mouert et es rasioteita , ere 
I pai (lu (t vs retrouba ; coumcncrroan dounc di* faire grande cbiere- 

'.i5. Pourtani, soun fnf«n rin^, que hrH as cbai^t, revengod «*t 1orsqu«* 
(ougae prochie de la nn igeoun , t>ntend^ lou souen das inatrumeos et loa brat 
d^aqucous que dansavoun* 

26. Appflt' dounc on das sarvitourt , ct li denundii ce qu^ire acco. 

27. Lou ji4rTiiour li respoand(< : Es que Touste frkni es ri'venga , Hi voatti! 
pere a tua un veou gras , p«rc(^ qut* Ta rccoubra en booeoe saola. 

28. Ce que IVyint f»ciu vougac! pa intrar \ mai loa p^n« i st4n toorti par 

lou prcp;ar ; ,.,.." 

'Mj, Acqueoa d'ricbi pr^ngui* la p«raoale et li dia«* : Vaqai dieja tam d'ana 

(|u • vous servou ft vous ai jamais at-toab«'i en ren de c^ qotf m'avia conmanda, 

pull riant m^aveft jamais douna on cbabro par me divertir em^aioaa ania. 

^n. Mai Uni leou qu«* voustc autrr tnt.n, qoe a mangea soan b^ rmi* di 

Ircnirft paidues ts rt-Ycnga, a^e tui par i-ou loa veoagras* 

3 1 . Lou pir«- li disr : Moun t nfaA , vous sia toiqours eOM! ieoa , et toot ce 
quVii vs a yous. 

32. Mai faille bin faire un fi^ttin et nous Hfjootr, parce qui* \oaittf trkf€ 
que vticlii ere mouert et es n^tascita, kre pardu <*t et r^trooba* 



■ 
a 



I - 

I. 




536 

Traduction dc la Parabote de TEnfuiE Prodigue, en patoU de I'ai 
disscmentdc Casidlanc , dcpartement dea BaSMS-Alpes. 

II. Un Lorn' avie dous cnfiiii), 

13. Tci qiuQus Ion pu jouin^ <Uguct ■ soun p«ro : Hounpmo, donni ■ 
Ijoii que mi dcou ruTFiur » ma part; i II ti loo partagi de •oua l>ai. 

i3> Paou de jaua iprei loa pu jouin^ empaurlant em' atm tmil c* qe' 
sen ane voiiyaju en un peU elouBgua onnte dcapenai lou aona Ua M 

psi.i; c fou)>ue ullimen deitilua de lonioii caMOi. 

i5. One roiigiict oubUja de le loujtar cm UQ babitan dcm Ined, W 
niiDile dim 1* ttrmo per I! gardir lei pourci. 

i(i. Aqui eOD deiiravo dc poueucr le remplirFai 
poarcs metijavoun , may dsgun noon Tin doiuuiTO. 

17. Anfin «ton rinira dim emi miaii , ditn^ ; 

lameiioundc moiinperoque ban depin en ibnundanci, e iou niouri eiaai ii 

18. Foouquc lui leii > e quo vafiui trouvir moua pern e que li dlgei: I 
pern, boi peers cnuonlrolou cr] ot devan loua. 

■c). lou nonn lioii pu di|pie d.'eatre appella louoatrA fion j irMU ■■ « 
un iki vouoilrfs mercenarii. 

3o.Sc lc«Jdounq<ie<\enjtiielrDuvar goun pirro; maj lors qn^jro cncMol 
sounpero Pappcrcere e loucci de counpassioun coam I'cndiraauitf kab 
31. Soun Gouli diflue ; Uonn pent, ai paces GOuODtm loa eel at Jvt^M 
jon noun giou pa digfnj a pi'^cn d'ettri apprlU vouoatra &ob. 

n : Appoita II pronnuiB^ is pn« 
on da , a de toulib ag pti . 
33, Anas menar lou vedeou gru i luu luu; mangea e faguen muhJ rWw 



qu'esten pi 

3G. Appella unde scl serrilouri pe 

37 ■ El li dif-iic : Tonoile friro qu'cs 
vido ■ fa tnar lou vihIcdu grat. 

nujaoun: ce qurf « 

39. Mmj (■OH rcipoundrt a aoun pero: L'jp alomilim que ion v 
vom BTCr jamay dv^iaoiibei, cepcndan youa iioimm'avet iamaj si 
ini cabrin per me tcjouir enie meii ami*. 

3o. EIi)r!qu'ununri.neom'a(iiieJtou, qu'a manja lou lous hen cme ^M 
perdudm e$ vengu, voui ave& fa Luar per cou lou vedeou graa^ 

3i. Soun pero li digue : Uoim fiou.qoaBt a voui liai toujanr cng ia« • i 

3a. May fall* fair* fi-slo, c nou rejoiiir pares que VDU»lr< frevwqa'MO ■■ 
I'vstiucila , qu'e 10 perdu e qu'ei lelrouva. 




5a7 

Tradiiclion do la Parabolede I'Snfant Prodigue, en patois d'ATignon, 
depailcmnil dcVaucluM, envoyee en 1808, par M. DeLirniE, prtfct. 



11. Un bome tiiailoaa |;arta'iiu. 
■ I'j. Loa pii ilr.ouini digui i mnn pen : Moun ptre , douu mi lou li« qui 
mr ileou r^veni per mi p«r, e lou pire parudie loiui bentairc elei, 

., i3. Qui>ouquJrlMiinapT»,pnHnuD'rai)tODtc4({u»ijt'MuiiaD)tnlu 
^ <tin un pijt jlougn* , louoU diipiiui laaa bcD aa ditMonix*. 

vin|{a< din ttfiiaa piji iTaqiu , ana gnnda 



iC. £ il^airavnu it ti foaii runpli lou *r«li< fla roiimai q^ lit par 
laniltavnun , mil til piijn doman. 

17. A U fin iflin intra din ^on memj , dij|nJ:Qiiao j a dJ iraTaTadaa din 
Duitiou ila mono ptre , qa'ao de pao as aboundance i yeon moTi iin\di 

1 8. Pooii qui ni4 Utt , qui mVo an^ ret monn pita e mw ji difue ; UoMI 
tre , ti ptca conira Ion cicl « daian vou. 



apjla loila cnr>D , trala mt cmnna nn M ToaUt !!•• 



pcre 1 appare^T'ipia a louca d* coiimpaatioun cournKua Ti 

31. L'enfan ji digii^ tMnon ptra, ai p«c* conlrr km cieli davan tou, mtn- 
ti phi d'f irrc appila toiU rnfan. 

33> Mai lou pin difpii i aei taric : AJail Tiunien *a preniira raonbo 
rar^tn jc c Loula ya ud aniiMi ooii da i d4 InujJ ei pi. 

a'i. A<lui4 iin vidiou (rat a luVa tnii , nundicn i Taien booe tuir*. 

i4- rarrrqiK iiifi moun St, qu'tr* mor, qn'ci rtlfnicila, Jrcpcrdot I'ea 
aiioTiia . i counienccronn ■ fairc bone tiiere. 

aS. Soun it cina ^tou omi uaa , i fuaa entaadcgai la miuiijDa am« la 

36. ApcUrun d<ri tarU. prr •aoopr* ifiom, ci^ ina tool aeo. 

37. Y^dtjtuj ; \oiiU trtrt ii leoga, i *o*U fin a Una loa *ed««agrai, 
parcrqut lou revti fira de vide> 

'jfl. NVn Tiiguc falia , i vouia p>5 iDtra , mai loiui pen aoonigne t loa prt< 



3o. it fun un aar>a coudm aipuOB d'aqui du'a 1 

it fi'mc piiliUquL-, el tcaKa, j a%cln'i> lou TJdJnn f 

3i. Snun prre j^ dif^ .- UObd caraa , tUa londai 



nou tegala , patc< qu4 10 



inc mrtrc ogu sltvici ii un boiirj^eouoi 
;tani;i' , per ijiic U guriiisi leia p6u*n> 

■ ion iiiTvpt-a d'enpliii -' '''- 



.queou p 
deii coneonrde* qa 



iC. A< 
muiguvoiin , dig! 

i;. Adoiin reninjpiF ■ nic 
a monn pi'ire qu'an de pm 

18. He tsvini i m'«n amirBi liunha monii pure i U diriu : 
cootrc (coatroL. ) Ion riel i iUtbh 10119. 

■9. Sirou daja { din L. } plai ilij^e qne m 
caome un dc voucil^it jouvmilic). 

Id. Et $i levin t^|;ic Iroulw noon piir^ j 
^'eipincluiTe lou vcpic veoi « tif^ eamoi 
( melcn L ) ( bonlen LU ) ■ couiro , tounbe 

ai. L'JDian U dijiui : Puirc, ai pccil loD 
plu iiie medigonn voueatii Tieoa' 

33. Lou piirj dipic a leit larlets : Vile aduie (adms ) U m 
raoube { rnoubii } abiji Ion , bvila un aneuu per le mjir* 6on ii 

'J3. An* qiierrc un vedvou Iieo |>ru i lualon; nun|[>D e rinUa 
9J|. Qu'eisso, es moon Gcuu qu'cic inoaer^ qu'etrivicoi^ n 
qii'ri retronba; •- i« meieroun a >e rcgala. 

35. Uairema (eio^ I. LH ) iiD*Jrcen campacne coiuii« I'^a yt 



le diganD toueii^ c 



c6uei i Ion b 



e ill' 1'oiMlaou , inti 

ati'. Sioune un d«U varlcu, i Ii dci 

37. Aques Ii Aigiti : Toon frajre «> 

pcrqu'ci arrilM [ arri*a L ] ben saji 

'jS Ifia i'igai iodigaa i voulU pa 

i I0.1 ftifi. 

reipoundj ■ loun paiT>^ : 



^■ 



ce qii'eriaaco. 

I e tauD pali^ a hia Ion 

AdouD aoa paii^ aoar 

que vont aertiund'a 




Sag 

TndiictioD de la Parabok de I'En&ol Prodigue , co patois de Valence 
dqiartemeDt de la Drome, par H. Dvra^ , avocat 1 Valence. (H. I.) 



II. Unliommelaguel dous glTToni. 

la. Et luu plus ji!uii«rdiguiiU<. Dp<rel:Pint, btUowtU put dahinch* 
( pmnoiKCZ 1 liulienge ) met mini, ct Ion ptrM lour diTUvt ton bin. 

li. Et qiuuqu^i joort iprti ('■■ifmMenuit looi et Ion |;*r{OD plu )*nn*t 
p^nigaet p«r nn pail ctT«n||i<r, 'qui, diiiipai ton bin io faUBIDUuTuio vio. 

i4- El quind afpi'i tool acliaba jjli apict ano grando rmuoo din aqnaa M 
jelo cDiimioc«t a iH» dio loo bcioio. 

iS. El anctie loujl vii nn hoaunat d'aituaa put eha loanundet k M cam- 
pa({no jfirJa loiu cajoni. 

■6. Aunol vangn i* rmnplir lou lenlrct dc lai rcita* cba migci*uil ion 
cajona el dingn tat gli doiuilf o. 

i;. Pamen revcnant a li ditiol : Quant d« raU* dio U Duiaoo dc nMW pert 
■n Imr Miilel da pan j cl mi ici mnraii da fara 

i8. Partirai ; anarai *rs moB prrct cl ({li dirai:llon pent ai rr-Tpi in riti 

19. Siou paidiguei d'etre! apclUfoir«t||aTf on: faaat d* ou cooniM d'oa d« 
'volrc" »1«i. 

30. Adoun f ingiMl Tc* ion prrel, ct iTauuot loin cbe ton pcret Ion Tigoat, 
D'aguet pitie ; f|1i •iDUt u coiU et rcBibratioit. 

11 . El lou garf on digoet : Hon piret, ai maaqnl u ciel at 1 *oni, rion pai 
dignrt duret apella lotrel gar^on. ^ 

IS. Mai> lou percl djgoet a lona fatal : Vilel, apporta tu hiUt Boiel M 
vpnli»rl lou^ boutl gli lino bagno au drt etdc aotdienanx pM*. 

iH. Aduzcllon vean gria, malU Ittn, loDBiiigeanni atnou ragalarint. 

i^. Parce quct aquan garfon rrn mort rt 4 rtHOtcila; tro pcrdn *t I'i 
■ ioiiti;cl>rrreal«renl. 



<o 



53o 

TraductioD de la Paraliole de rEjiTanl Prodi|^ , « pateia Je MyH, 

()p|)artenieiil de h Droni(r;nivoyiicp*rM.Poin,Soiix-PreSKdeHjM>. 

(M. I) 



■ I, Vn ham* iti dmi* ti«rfOiiiii> 

13. Dounte lou pu jinuno dif;u4 ■ rom pdrf : MoHK {t^rt , 
bin que nu: i1i'»i rial per mk put j e lur t»tnt Ion part>^ d^ ■ 

il, Panu lie purs apCE, lou PU jioninc, eBpnnmn onb^iou i 
k'en' inv Touia;;!* lUn an p>» uilounia, sountg iStepJatc tau (unn Wn «■ dn- 
baonchiiia. 

14. Apriii q.i»i;ni' u,ii ion c<unsmn<, lurTcnj^j ma gnut 
aqiwnn pai* d'aqui « fiif{u^ ulomin daitiltu di toot* chiioimv ; 

i3. Qur fuRiw aiililij;iade>'alKchia ■ un hibitanileraBdre, < 
dill *( fpnno per \j fjardi leu pouaTn. 

16. Aqui lUtiraTH du ti pniivi'V ranpli I'Mtnunu del cMu qol U* poviD 
mani-iBTDiiii j mi ilinifn n'in d.iunavo 

17. An6n cMcn intra ('D VDU in rniB , ilieue : Quin Tia pa lU Tsriei diaTi 
taou Ai rooun pcre , qu'an di pan hi nbonjan^ , t ieon «a<Mr^ fW Cv tki 

18. Faon que mi My* ipi'ait (lie) Tei nwun firi e ipt^ li JM : limn p«- 

,j^ Sivou pai dini ainirn d'viae apcla ynuuM fpu^oua ; Uata bib a 
d^TonutoarMi. 

ao. Se Uvc duD, c vmgue vuT toun pere; mi quan aonn f jr< , ri^___ 
t\i loeii , fugue tauchia Ai cnunpuiimin . rourigui Paabraan ^ lav hAr, 

■ii. Soiin garrunii ti di|^ : Mnun pcrc ai pjcbia coiuinlnt loo cial i f«i«aw 
voui, i>e<iu pa'dini avura d'aisc apcli louasl..- ftarfoon. 

:ia. tii lou pcre di|[ne a ae* Y.irtci : Adiinc U lou Ai ■■alD M pe^Mt 
Tioubo , i Ixiul* li lai boula 11 uii aneun one de c de lonliii ia p^. 

■j3. Aduiei 1i>u .> Kdeou grai c tua lou , oiangian e faicn |[raDdo iiliWia 

34- Parrc quj ci mouu Karfouii qu'ero nonar u ei reiueiu , ^ro pcrfcc 
r^lrnUTa ; faKnerouii );ruido tanii 

aj. Pi-nilan aqiiciiu »cu. «oun fnli.- I'aiii.-, qu'ero ex rhtrai, ■iogoe, i lonqv 
isien pria di- I'oatlaoii, iDU'ndifin:' la iniitirn 1' la danao, 

■iS ApeU un dci larlct , per aionpre d'cou ce quVro aqiio- 

'J7> El lidii;ue : Qui- Touatlofrerc ei lengii, >■ qn^ >on>tt4 piri 
]<len He tida a ft tua lou irdeou grai. 

a8> Aqueile ifeivi D'vn fui;ui Ian indinia, qui « niili pa iiura din I'owtaM. 
je que oiibligii: soiin pi'-iv ile noiiiti i dc Itiu pria d'intia enb'sou. 

ag. Ki respoiidij-iin a aoiin pi'Te : l.'ia lan de ten qnf toub aerij ■. n taia 
■aer niamp deiniibiii; cependen (D'aiie iji- nie louquonen douna un ebi^ 
per me regioui cnlic niii amis. 

3o. ^ Iimquj un enran coumo ai|uenii iiu'a mangia lou loun ben Mrf^ 
lrna» perdio^ ri (enjin , a>ea fa lua per eou lou icileoo graa. 

it. Sounpi're li dif;ii.' : Moiin enran. per lou* i.ia) toujeon«nbc ieoo, j nV 




53i 

Traduction dc la Parabole do rEaCant Prodigiie, en patois du Biiis^ de- 

partciuent de la Dronic, envoyee par M. Poi«t,Sou8-Pr^et df Nyons. 

(M. 1.) 



1 1 . Un Hotline avi doux enfant. 

13. Lou pu jouiiie d*«lles diguv ou per^ : BtjUi me U poartNHin de ^oo- 
.ist^ ben que lut^ re « vn \ ct lou pitri partake tei bens eoum^ eou. 

1 3. Qnaouquei jours apres , aqueste enfan cad^ aguen rama^ta tout^ tei n- 
cbessok , A^in ane din un pai.n bien luen , \onnte distipe toot aoao b«n en tiven 
rounio (ID gatatnr. 

i^. Quan ague mangca foun patrinioin^, vengue imo grando fAnuDO din Ion 
pays ^ounl'ero; vt coumence d': nianmia de tout. 

i5« Agu^ alors rccours a un des habiun* ipie lou mand • a ta graageo per Ij 
gar da ses pourceaox. 

i6. Oiri prouii «<>ugu se sadoala dc I'aglan que maanaafouB let pooart , m^ 

r^A n*in dounavo ^i9. 

17. Se ton^eavo alors : Quan 1'ia de manobros dm l*houitau de moon p^r^ 
qu^an d^ pan en aboundancio et ieou inouatr^ de f^ni. 

18 Me 1e«arai, anarai %cy luoun pere et li dirai: Monn p^r^, iip^ehacosaa 

trc lou riel et couanlre >ous. 



19. Sieou pbis dif;ne d^^sse appella voua*te cufan; prenef m^ cooniaie un 
de >ouasteA inanobros. 

io. Et ne 1o\ant ane %ej toun pere ; ero eocaro b^D luen, quan ••on p«r4 loo 
irt'Z4>n se sentigu^ eimougu de couiupasfiouQ et conrriguen it» rouse ^li^ a »oan 
couai et Tembrasse. 

? 1. Aquestc cade li diguo : Moun per^ , ai' p^cha couanlre lou ciel et oooan- 
tre >ous , sieou plui dign^ d^^tse appella vouaat^ enfan. 

U'i. Melon per^ digue a sei varies : Adduzi^s Ieou la Pu bello raoubo, mettei 
la h monn eufan , passas lui anneou k soun de et de touu^s a tet pcf . 

a3. Anas querr^ lou ttdeou gras; tuas lou, mangean Ion et feaeti iMiin* 

banro. 

» 

'2\. Para (|ue moun enfan ero mouirt el Tav^n attrapaj ei coumenc^roon d^ 

Se regala. 

'j5. Pin a(|ueou tcm Tcine ero en rampagno, auand fengu^ et que s^approu- 
cbe de TouHtaon , entendigue la niasiquo etlet cnants. 

06 Alor crie un de sei varies el li demand • qu*«fro aqnelo fealo. 

17. Lou ^arle li responde : Vouast^ frere ei \engu et vouatti p^^ lou %<- 
zen de retour en santa , a fa tua Idu Tedeou gras. 

38. LVine n^en sigue endigna et ^ouli pa entra , ine ton pere itten soartiae 
mettc a U)U prega d*aquo d^aqai.(iiic)« 

39. Conman, li digue alort smin enfan, despiei tan de ten qn4 voni fcrv4,fl^ 
pinia'i fa que vouasiei ^oulonnias, et m^av^t pa tooqaam^n beib nn chabrUi 

per n-gulames amis. 

3o. El vouaste enfan cm'a mangea tout soun l»eoeonaic dea iraurienet , fai 

que re\eni a vouh et tout dc tu»lo faat'S lua lou vedeou grai. 

3i Lon pere li rispondc : Moun enfan, sis toujou eonmi ieou, tout ce 
qu''ai vs tieou. 

3a. Me fouli »e rejoul et faire buano chiero, de ce que lonn frere qn'^ro 
mouart ei ref eogu k la Tide , et que iaUn perdu , Tatca attrodba. 



53a 



m pxiois dc IV I 



rrailucliun ile In Parnbole d« rEnfini Pradiguc , m (uliu urin 
ilrparlcmNi) ilc la Drumc.donnec par M.DBOJAT,«vocal'pra la Com 
Kiiyak dc Paris. 



1 1 ■ Kro un liomnii- (|u'oiio Juox efons. 

\-i Loii plu* Jvirni ilui»i doni li <liett : Mauo pjr« , beiU md c6 qmi piM 
iiio ri*ent dooii Lii-n ; et Ion prri lou fogui Ion poitads^. 

i!t. Pai gmn lempi opres . lou |ilui diutoe iroqnAoiu dooiBroiH, aw 
rnmiMii luut re qu'oiion'i-n oii^ pir poit dim an jodri quVro bien UrmIb 
(liiiipe loiil aunn ov^t t'lt i aui ct deibaautiaa. 

il. Opres qii'o);iit >ont counsnina, luriepgui lounl two nao groado ta^m 
ti bieti que ruiiniravnce de srnti Ion bcioun. 

1 5. S en futile dnunc, rl ■■ lonii rti ua boaOR boUlOB doofi f>1* V^^ 
nicnde diot toun doum^ne per gonii Ioum roVoii*. 

iG. El uuoii Ii'i Hif^e, iioourio^i Diti denionda qui di (dford loaiiM 
■If !■• colfas quv luiodiivoun ; me d«nga ii'io donnivu. 

ir. O 1o i:n, riivcnon sur si mrme, si dictt : Qui io devaUiriaBoB 
jirrc qii'oni mai de pon qui n'l'n toIouo Miou m* c*! mnAmu de tern. 

i8. Faou qui mi' Icir el qiie m'enane *ix luoiin pari ct qui 1! diai : Hri, 

II). Ncn mcrituu pliu ifctrc oppela totrc ifon; Ireli ai< conanB^adiN 

ail. SliletEdoiinrtrl t'en\i:n}tii^ teznoim pere; iro incaro tris lip.faiHM 
prii'luuvcKUc; su ontnillSt n'en fuf;ueioun cimuli de eonnlpo»iMa m na- 
mnt sou ilovont iPellou , fiirropi dial soa* brli et Ion biiae leadromial. 
. at. Et suun fil* lidicil : Motin pcrr , ai pilta coiionlru lou cial il i iiwln 
1I111I J ncn liooii plui di|[ne d'cliicqipeU lolre cfon. 

'ia.Lo>i pcrr ulur* dc diren sou* tbIcI : Odduii li bicn liou ao nM^av* 
iiit'lrn et poist li Io , et boulU li u»o bago o lo mon et de aoiiU^n ooa uhT 

-.l3. Gt totlla^ ■'^i ^" T^nli nrai vl lue-loil . lalil^ii el r^WnrtS.. J- L 

3j. Per 




a8. Kii coolero il'oquo, %oii|;nc pis inlria itina Io nitiiou; muB miti 
uiIhuhc sonni per I'cQ coadla. '^ 

ag. Hi* ellou li diei per riipnniisi'i ■ Viloqui ib'dzo lont d''oaa qui tiM 
i-erioatrni dxomal tons oiii diioonbii dinati-nde ri qui ai'oti coiommmAl 
et daoniai pas min lu'o 1 1 souipiii fa cudii d'un Ijobii p«r mi trviai stab ■■■ 

3a. Mia raoulii olaii qu'o pitTra luul souii bi^n embi di CMorinla M 
pas pliia Inez riicii^n qii'ute lunatoii Teou ijrai, pirrllun, ' 

3l. Monn efon, li I'uijue lou pcrr, vou> tii liindzoua embe lai, «« toalct 

3 J. Mia folio t'as filo el itoo* leiliouii , pirce qui TOtti ttvri mt tmwml 
tju'ii tc>5D)cila, ijuV-to perdu at que »'ii Telrouva. 




533 

TraduclioD de la Parabole de ITnlant Prodigue , n P iloi* de G«p et 
villages mvironnans , dam un rayoD de trail liniM , cli^parlenieDt de* 
Haiites-Alpes ; envoy^e par M. FAiinurD , ifc Cap , SeerrfUire giMral 
de la Prefecture. 



1 1. Un uriem hommr tit doni )(*rroiit. 

13. Lou pM jou'j dime ■ lonnptrc - Maun fin , beiU ma !■ poitiOB dou 
be que Die reTaii ; el lou pin tec rn cbiiquan la part. 

la- Hi paou de lena apref , Ion cadet qnand *sn«l fachs la pacoulilla >« 
mellcc eii route , •■[ t'cn ^nec dine un paii eloi|f na , uuate manf^c loai ce qu'aie 
•inbc let femvllct. 

1^. El c|u*nd aguel lout fricaSM . li a|^c dine ugaaou pati acijai uoe fitaie 

tS. S'cn ante el le bettec a n>e>tTe *c9 un dei habilanti d'ncqueoa palt , qua - 
lou mandec a ioud roiircil gndti tn^uerc*. 

i6. Acqai ouii* ^Ku oniie de remplir loiu *eDtT* df inaBlM qne ta> pneru 
■iianf;c>*0UD , men dingu n'ia douna*o> 

17. Ayinl reconoeiiiu la touiite qu'aie Tacli* , diuac 1 Quan Tf a da vaileti 
din In mriiou de moon pire qua fan loubrei da pa , et iou (ion cici a marii da 

■ 8. M'eprarti d'eici anarei tell maul ptr* , et Ij dini ; Uoui ptra , ai 

19. .''iou plui digna d'eiire ippaDa vdhmu (irfou ; trata me coama fcria 
d'un de voueilet doumesiiquei. 

ao. Panec 'aDgul trli lonn pira : ere eocare Incoc que ion> pira Paiaal 
Yiit , n'agiiec picia at (e betteni i courre , le jvUec a loua eoucl et I'am- 

31. K( inun gairou li diisec : Moim prre, ai pechacoaaolTeloacieletcouanlre 
10 U9 ; liou plus di{(ne d'etlra appeUa laucila far^ib 

11 Alor lou p^re dittac it *ea varleti : Adua* Ij *iw noa belle laoubc. 
p>9«* It le , clhellely una bafpicou de aidca (oaliartM pet. 

J 1. kt idiue un i»i( fn* , tua Ion, nunf^en lou et faaan buuene chiera. 

34. I'arce que mono it*Tfoa que vecqui ere mmmt atei reiiucitai, •rapardot 
Gt ei rtlronba ; al alon coameneeroun 1 tr rcKatar. 

•J't, Souaaarfou I'eiDa eraou cbamp , inuDl foaKoae len^ et qna le foagnrc 
appl-ourlia Ja U meiiioD , entendre la miutque etlou bnil da la dan*a. 

ali. AloM appalli^r an dci larleu . el Iv demandec qu'ero loot aco? (tie) 

1-. Arqucou d'eici li diisec ; Vonaala Trlre aa Tenj^ , et voucile pere a bcb 
luar un veou |;r>9 , pane que I'l reTiil en bouena lanta. 

'j8. Ij>u girrou iDiltgDa toulii>p» inlrar ; loan pAre aoiutec at coamoiniiiR 
i lou priir. 

aij. Met leon Ij Tatpoondac : Vacqui da)* Ion laaa qna lOai (arrm, uai 
qiiv inui ii jimii da*onbai , el jimai m'tji doanel no tm* da cbabti par 
m>nf;i'>i' ainlie met amii. 

3o. M'l aprea que Tonai 
cUn I'lulie dc deiTargou;;nL 

3('. Al<'»loupfral;di<>ae:H<> 

33. C.iialie Tar un faile at aa reiai 
retiueilat, cr c pardu at «a rMrouba 




534 

Traduction de la Parnbolc de I'EnCanl Prsdigoe en palOM im 

cautonduVallau, envoyee, en 1807, par M.DnvitAB Malobui^ 
resident de France en Vallais. 



nc dcj venir por mon Arey ci c lieu 7.'» piitailgia x 

|3. Pun iledzor api't9,lD pledzouienaa impartaavoi Iw tO«ki q>Bl^Mm 
el a^in n'cit t'in n'sllo TOjad|L' in o'uii p>-ja cloi;t'* 7° "^ * JJfWo to mbIk 
in (Ubnnize, 

14 - April quel's z'li 10 depioao, il caL vFoenunaagnnta favlna din eiftf 
\i i *iloa t'l e z'u iliponru de tcile laomc 

i5. Que I'a ilo oblidgin dc a'atlatche ■ on n'abiui^ lln lo* ^umVatm^H^ 
■■ ferma par garda lou csyou. 

iG. Le cl arel voln potc; I'anipUr I'Mloma dt gorhi I|IM Im> MjM mki- 
^icnon , niaii nion nc la jin baillcie. 



i8. fe &u c[' , 
Mon pen J ai pcichia detanl le 

jg. Ye nc aij pu digiio era d'etre .ippelc'i 

ptie I'a apptrfH, lolchia de compaehon e I'a 



a-i. tliii le perc a dct ■ !iou laleti : ApporU \ej to 1 

roba i la ley hou -, nieui' ley oua bag* n de; i it aolar i 

l3. AmtDale it grii lotlo^ mindiin i Uxia {{luui* 

'i ffnata U 

35. Pindin ce timla , Taine de sou mcniou <^u' ilrj^w m Uam 

ijam I'e z'n prolzn de lamejrzoa, i I'a inlindu do la nuiUM • qn'«a 

■£. E I'a appi^lu joD da* doauaatiqnn por lavay da U ciu ^a« d 



aj. El'cT.ley y aiedet, qnc vonlrom Trire t torno < qua ioalroB*fa<b 
'iyin plin de via a fe toalc Tegra. 

a8. Cciicein n'aili'ilanindigna que ne ' ule^vejia intn dw la m«jMi«,W 
que I'a nblidgia ion piro de sorU edu le prcyie d'lolra iwoi lai; 

Bg. Mail e I'a reponda k ion pere : E I'a yafirin tin qua va -to aarvo- liiw 
I'an'j jamai'' diiaobci , ma^iv iiu vo ne m'ey jamais pie dtno on Ucni ^ 
me Tc^A'ir **oc mon I'aroi. 

3o, E qnand on );ai'f on qiicmin ccle qu'a mindgil to 10a bu avoe del li> 
perdiivc e vcneii , >o I't I'c tu;i pnv lai le <rv gri. 

3i. Son p£rc la ya del : Mon Gla , par *o *o *'iU (odaoravOe nav ijtm'u 
tin que ne tcy loulio ; 

_ 3a. Uab i faliey ftro fit* parce que ivulrom Mn qu' ttajfa oMr a «^»- 
citil , qu' itejvc peidr - — ' -'■ 




S35 

UniutMu de U Parabole Ae I'Sofaat Praiiguc , oi fmto'm da Dtin«M 
catiton de Beroc , aerojie m 1807., pvM. Hduvs, SttB»4Wlel d« 
Dcleraoiii. 

II. In baoiiH ■•■kdouifta. 

i'^ Le pui iljeurne dt* doax praj^t «>« pere dr jibajleU patl qn'tl j>0|i( 
pr4t«ndra an torn hmtaigc ; 

i3. E ■« rctlrel fupu d'lifo In j il iltat dain id pavi floingDia , voi el ii- 
p«n*ei tot ■□n bin en >cli>ain( aii4 d** fimm dc WueValaiM li*. 

tf ■ Ainaa jfroiiia f*MMina« tnrrenKt daiD I! wbriu, H la (Mt Mb* lor- 
m»Mt qu'tl ne ptnit pni y rcaifduj. 

l5- El >v bot^t en aariica liehie in dci hafaiuinli da ei paju , f na TaniUt 
dain ainne majon dc e*ntpaij|ne pa ji raidj Mi pMt> 

16. Si juaere d*in stt iriichle otmpuioti ijiait jjily uroaae qae da jiaii—i 
qu>l louHaiuit bin foe de maingie da fo que lei |£pFi main^ni , po tM f o C 
ainp n* yen bajall. 

17. tlrantr^t enleSn enlinaalDna, J! diet dain U tifi 6a H <m 4*U 
Id lile eUi : Ahl enhin d'ovrict aim mitentint <U pain laJnt qa'tli lelaDI 3m 
U Bia|on dc mnn pcre t moi iimie ei-d«aiat daftiBf''^ 

30. Toi en dUinl ;oU il tiitet le Ji>*> ^ou 11 ^Lail Klie miaerablr pu aM 
trod son pcre i ji cooteiti U Ale ijifil aiuL fail. EI ctalt enco bis loin, lUint 
*on pi^Te le ¥oyel Yeni; il CD eat itlie pldie qn'il titiix en it nnconlTC i 
eir cmliraiijct, lain aivoi lionte de le recognitre po ion tit j \i pte fn'il 
aiTalt ck' le rccoi yi faiijt rebtd (oublier) le Uchaigrin qn'H y aiiait fau en 
M (^paraint dc In. 

31. <:i oeiiene haume qne leatail pui foi' qna nnau le nl m' 11 aiiulful 
de tiitie in irhc b..n pcre y i di/l ««& bjcop de r«ffi«i : I u* >unq>«, 
noon pvri- , <rii a li* de loi t m a lii di cia, i ne naniU pn* d'ltre aipaU 

aa. Maim ri pt^rc compatiichaiDt loii k coDU^Te Is r^tabli dain lei droits 
de inn (i-n , Jonl el ne recopiearbait kV indiaDe ; U eonaindtt done ac* iilaU 
dc y* aiporli lei prenoci hnbitl i fo qn'H aieait amM* t» pa* bt. 

1I. i.\ ordonrt ■Iprea ijn'eB tmaatb 1* T<« fnia 1 H iu>4l ia kui^et uift 
lainl di' Tef[eoiechainte , 

a5. 0"' ™ f«» I' P- "J» fmm, 

3ft. En *eiu^ graui(na , (OaU) 

3o . E y en faiiet ([Deipm rep — rgai ; 

3i. Uaini ion pare yi reponja : 

li ^'cl euii bin gcola qn'il nMr«aich d* It f;eoe , liaUt m Ut tpf ilail 



jil.onbcln 


atoedisttn 


t4. Aiiir,.- 


[(lu..-.. Ciini. 


pors. 





toparj nc gli aibullivo. 

17. Eunt iU frinrilral gliou m jme, 41 dcH du on ,__ 
■'d tut : H<l*i! conAein ile marcenuKt »n laenSny (i 
>LoDd*incnt dal Vita de man plre , et me i miers de fiimt 

ao. El dii Itou rootemcL liolent, £1 quitu I'tdrci i«o4 41 iar* i 
por alU trota son ptre et ^i confcisa la Tiule qu'cl air* fUla j i 
eneoTi beinliai, ion pire I'apar; ou, etelant totjcbifl de compasuM 
k gtiou et I'ibraisa, no rougiaaanl rii dc Ic requeftniotT* po 
^lofant pai la aeouye 1"'^^ aivc dc le poiicda le reiaiiimit da F 
gU aiTc faite a ic a^parant do gliou. 

ai. Stou ^eouieonnc hotne saiiant adonc pirn liicmh qtM ||ai 

lai pitichie, mon pire,C0Dtre Ic cilet coDtre*a*; i neiipieu ilinj 
voutrc Git. 

39. Ma ilou pirc tscharitatbic, *elant 1 ralcODtre, le r^tabij- dai 
de Ela , ilont ^I se requcgniosiaUe ic iodigne , ipie nuida A a^ ^ 
aporta ijiprcmiei haillons et onwiDala. 

33. El ordenna qa'on touiase le ie graa et fit on teitin awai tim 

aS. Que aan pieu *ielle Cla mtme I'ai coroiia. 

ag. Et |>U Gl quoqnei reproatachca. 

3o. Ua ion pirc gli raiUa. 

3a. Qu'il i crc beio geoiute tja'ii temolgniaie de U gCBv<fa,<ftii 

'ierc mort , ierc reaioiucita. 




537 ' 

Imitation de La Parabola de I'Enfaiii Prodigue en patois de la Monia- 
gue deDieise, canioD de Berne , atToyee en 1807 par M. Holti, 
Sous-Pr^fet de Detemool. 



II. Edd bom* atle ds bouebei. 

13. Le pleu U^cUTCD* ii do )ireja too fin de gU buUie (on dnit da bat 
<]U**1 pojiFTc preiendrede icn' hiitauge. 

i). Et el ■■ reiira de ver g\i at all* daa 00 paffc/gUUie Itoi el dtpewa tot 
■on bai an tjqu^fint aio^ d^i feoa^i dDlMatickaeE 

14. Eiine groaie famine lanagna, el ea (nt bai attaqna quVl ne pojieve 

■ 3. El It meita J itTj'ui d'on dti habltanla dc cttkpaja U ipw I'aBiia dai 
cDD hAtu de catnpagDe per |{U Toinla Ui port. 

iC. S* misere Ire le grout qu'el lohaitaiD 1 la pwaioo da metipe da can 
que let pori mclagleian , ma nion ne gU en baiUiiaa 

I"}- A la fai i\ Tenlra i gli mjme , tl d^ia dai eon Jmayenaaot da Mn' jiai: 
He combai d'oTTie* de mon pire qa'an di pan pm dai iM bA(o e( me qui 

iS. El daicelit iDoteaieDt teiribja jlquilureodnutiTOJ^lin m miienbja 



■<>. Et gli eeoTejaa la faate qn'al aivc fait, et qmand il ire encor< ba 

ao. Sonn ptre I'entrcTefa el el feat loUchie de compaii'ion , {[ corra 1 rU , 
le ^embraiia lai qu'tl iiie (arjrogae de le reqnagBctlra por k>d koaeb et il ito- 
fiYC por la tajoje qn'el aiie de^e poiieda le reiientimentde raaujore <|n'fl gli 
aiie fail en >e leparaot de gli 

31. Le UBeuT^DC home aetiie adiinc pien lirement qne geamaa 1c mam 

fa' el ai>r Tut a quitianton ae bon pin, gli d^ja aioe eiiBe praeoDda iWcut'. 
aipeiicbie, moo pile, coolre leciel et contra *o>, ■ ne lie pian dlgse d'clra 
apalla vouete boneb. 

aa. Ma celi pere Iscbaritabje voeillaDI y contraire le r^labU dai la coodilian 
deboufb, donlel >e reaocgoaciaee indigoe, qoemanda 1 tea garf^iu de gb 
■porta lea premiers baillou et tit «ielle« □meaieott. 

33 . £1 urdquna apria qu'an litoolt le *e gru et til 00 repai aeoj taat da 
lelijouiiaance. 

38. Que aon boueb le pieu vielle t'eo fatfcfae. 

3Q. Et itUen fe det repriegef. 

3o. Ma ion pire gli mita. 

33, QuVI ire bai taia«ie qu'el oMiaiiiae de la ujoje pni* qae auu boueb 












mandi! a sa grange, prr quu li );ardi-sse Uis (louari. 

ifi- Atielicou envi^^ca d'viijili lobn Teutre dcii coucourda* qw 
nungeavoim , degunii'ia vonllc eel donn*. 

i;. AdoiiD retenpic ii nrmi, t £fat : Quaa ^adj jonracdU i 
a iDOUDpairv iju'aD ii pan i *aun ^adou quan laon pjeair* ! mo 

■8. lU lEVarai ^ tn'ta anarai tronb* moiin paire i l> dirU i Pai 
cDntrc (coutroL,] Ion ciel i davaDioui. 

■9- Siena data ( diija L. ] plus dif>ne qiic nu digonn viucatA «nfi 
coumv unde vuueil^ia jouroadics. 

3o. V.i ti leTtD winffiQ troubi sodn piire ; n'cria eaca In^o tjat 
qa'eipiaeliaie Ion vepic veni i Hfiui eimoougn d^ connpaBaiaB t 
( melan L ] ( bonlvn LU ) a couire , toiuibv tu loun cAuei i \oa U 

91. L'infan li digue : Pairc, ai pecat ronlrc loD ciel i dM.-wam* 
plu qui midiffann vuucitv Eeou- 

33, Lnn pairj dif;ae > iei* narleli : 
noulH (raoub'i) aUja lou, bcil* un ai 

u3> Ana qiwrre un ved jou ben ^rai e tualou; nuofjia e rsnUM 

34* Qo'eiiita, ej maun ficou qn'ere mouarj quVireiieoudiiqrf 
qu'o retrouba; <' sr ■neleroiin a s£ r^gal*. 

a5> Mai IVina ( bioj L LH ) qu'cn tn campane cohbm a'te t4 
praurbare dc I'onalaou , intenile la •infouDie e^la dan**. 

ati. Soune un AHa Tarleti, e li iljaiandecj qn'eria aco. 

aj . Aque* li diguc : Tmin fraire ca Tcngut t touD pairi a loa loa ' 
pi'i'quVa arriba [arriTaL] bia Rijar. 

■iS H'in siguj iodigaa i- TOulie pa'olra. Adoan too pairi (oon 

ng. Eon rcipounde a loiin pain; : Vi'fci qiis vooa aervi tan d*ai 



5a9 

Tnduciion de la Parabote de rEnfanl Prodigne , m patois de Vaknoe 
dqtartemail de la Drome, par M. Dcmc , BTocal k Valence. (H. I.) 

1 1 . L'n liommcl agnct iloui gu-fon*. 

13. Etluu plug jeimat digoMa tr.aperct :Ptral, b^U iMt U put da bi«a cbi 

( prononcn i I'lulienna) met roinl, at Ion ptratloar diTuat ■«■ bi«n. 

■ 3. Et qiuaiju^l jouri iprit I'MieiBblaniat tool at Ion ^BTtaa plo* JMUst 

■* panignct per nn piis etruigier, mifo, di*(ipct fonbiaa in faiaiil maniaiKi via. 

I, 14. Et qiund ajprt toBt achiba ffi i|[Det nno j^aado bmjoo Ha nmn h 

• jalo couiDiacel 1 itrt din lou bca«in. 

, i3. Et iDaiie lonjlvti no hooiroat d'aquju ptf> cbaloamandet 1 ■■ cam- 

pt);no K>nU lom cajoiu. 

l6. Aunot Taogu ta mnpUr lou irnlrFt dc lai rcalai cba migeaiaBi low 
cajoni «t diitf;a bi gli dooDlin. 

1 -. Piiuan TeteniDt • ti diiioi - Quant da f ale> dia la maiioo d* emmi para 
■n lour Mulct da pao j et mi ici murou da fkm 

18. Partirai ; auTii yt> moo pcral at |{li diraiilloa piretai niaaqaa amcial 

ig. Sinn pa* ilignet il'ctrat apclla lolm KiTfoo: fuat da ni coomn d'«n da 
votre< Tal^l. 

ao. Adenn lioguat 1 i* son pcrel, et d'autant loin aba *ai> perct Ion icgoat, 
D'agoet pilU i rU laDlct aq coui et I'embraatoit. 

ai. Ellou gir^on dignct:Man piret, ai maoqal an cici al Ivoil*, «ioA paa 
.lignPt detrel apella .otiei gar^oD. 

aa. Mail lou pcret digaet Ji lam lal^i : Vitct, appoita no hdlk ttoftt H 
Te<ii<irl liiui boutlgli uno bagiio au drt etda loidicri aox pii>> 

al. Aduzel lou Teau gra* , mallllou. Ion D>ngaaru« MBOna ragalariu. 

a^. Parce quct aquaa garfoa pro mort rt i TeMaaeita; iro prrdn el *'t 



( Le rtste 



r 




S3a 

TrMluGlioD (le la Pirabde de VEaUat Prodigae, en patMs dc V^Mi, 
tlepartemcnt de U Druuic^ntvoyec parM.Poin,Soiiii-PtcfctdelljMi. 

(M.I) 



• mitm 

il. P>nu ilu irnin aprc , lou pu jiouine , cBpoaitJin onb^Aob tou e 
■'en' lai' TOnJi^ia ilin un paii I'llmuiii, sounte iltopfiud lau loan bri 

14. Aprcs qu'^unr a;!! lati c<unsiim< , luivfiif^ BOO fpraoAo faouM A 
■qiMOu j»i* iTiiliii a fugn^ taloDi^D dcititiu ii tout* -*---- 

■5. Que fugiie oiilili'U lie I'aiaclil.i a un hublua iki r^ndre , f|a< kM ^bA 
iliii ■■ fpima per \y Kiirdi li ~ 

16. Aqui Jeiiravn Ai li pnuTrr ranplt l'c*t«uina del cbfo* quA Ma poani 
■ninj-iaiDUn ; me (1iD|;u n'in d'lU 

taou de moiiii pei'Fi ()ii'mi de pi 

iS- Faon que mi livi tut'ati (_iic) vet moun pere i qptc II 

e apela taduu HirfoiiB ; tnu mi 

an. Se teve don , i irmguii vei soun pere ; in^ quao aonti piri , l'ap« 
dc Wn , fugad touetiia de counpauioun . courigue PenbraiM < lorn bni 

■It. Soiin fjar^inin li di|;iic : Moun pi-re ai picliia couanlro Ian cM i iimali 
*oiu , lieiiu pa diu avuro d'ciae apel 1 lOuaiL- prfoun. 

■It. VLi lou [wre iMani a sea narlra : Ailune U Inu d^ mbio aa pnni 
rauubn, e iHiuta U Uj iMiiia li un aneuu oue di i dc •onliei it pi*- 

■li. Aduici lau .> edvau gns e tiia Inu , manf^an i Taien graodo ^iin. 

1^. Pane ^uc ci moan Garfonn quVro Mouat i ei rcsucita , «ro pndac 
riliouta ; faj^eroan )>i'indo fetlu. 

a5. Pcnden aqucon ten, jioun Irci.' Vairn^, <|u'ei'o rt rhiani, nngai, i lonq* 
isien pre> dO I'ouslaon , inUTnd'ij;u^'' la tnuiiro i ]> dania. 

■16 Apele un dei tilled , pi^r xoupve d't-oa ce qu'ero aqno. 

37. £) lidi^uv: Que touaxtefrireeiicngu.ciinj >oua«U p^rj lo* *i 
plen dc Tido a fa lua lou vOilcoii ffm. 

aS. AquvtU- d'eici n'en fugue Un indinia, quf touli pa intra din I'muU 
if que oubligie >oiin pi-ie de jiourli- i de liiu pr!a d'intra cnb'cou. 

ag. M* I'eitpaodi^iie i loun firi ; Vit Iid de leo qui tmi* tmi t-n \-- 
a<er piame deioubEi; ceprnden m'aiie f>Lnie touquomjn douna un ekiiki 
pel' m6 regiouT enlie lue amis. 

3o. £ lorsqud im enfan coumo aqiieou iin'a maDfjia lou (aiin Un iahi it 
(rnos perdios ei veii^vi , h«ea fa lua per eon [ou (cdvoo ftTia. 

5i. S01UI fi-ti li difjii.'! Moimenfau, per toni lias loujeoaentw 
r..n qn/ n.mn •.irR.i.. .m.a-lr.;. 

3j. Me foHli faire f<;»to e tioui r.jioni, parte qui- vouaile triti tp'in 




53 1 

Traduction de ia Parabole do I'HiiCant Prodigiie, en ptois du Bum de- 

park-ment d« la UroDic, envoyee par M. Poift,Sou8-Pi^fet de Nrons 

(M. 1.) ^ 



1 1 . Un liouiii^ avi doux vtifani. 




roumo iiD ^alat«r. 

i^. Quail aj;«c roangca toiin patrinioin^, tengue uno grando famino din lou 
payH \niinl'i^-o; vt coiiraencr <1': nianqua «le toiil. 

i5. Agii^ alui-» vccours a u» des liabiUns <pie lou niADd.* a aa sraimo p«r 1? 
garda srs poitrcoaux. 

iG Oiri )»i ouii «<iugu s« sadoula de I'aglan que rt^igjaTfTiin let pooart me 

17. Se 8on(;eavo alors * Quan Tia dc manobrot dia l^houstau de woun p^r^ 
qu^aii d<^ pan t>n aboundaiicio et icon niouaird de f^m. 

18 M(! levaiai, anarai «ey luoun pern et li dirai ; Moon p^r^, Mp^duicoman 

trc lou riel cl couantre \ou«. 

i<). Sieou plus dignc d'esse appella vouatte cnfan ^ prenes m^ comnMe an 
de \ouastex manobros. 

JO. Kt s« lc%aniaiic %ej toun pere ; ^ro eocaro ben loen, quan ••oa p«r4 loo 
yiix'n ttf Aentiguc vimougu de coumpassioun el coorriguen ves eouse jlti^ a toon 
couai et Tembrasse. 

71. Aquestc cade li digui> : Mourt p^re , aV p^rha couantra lou cial at ooaan- 
tre >oii« , »ieou plus dign^ d*esse appella vouaal^ enfao. 

Q'i. Mr lou pcrr digue a nei varUt : Addux^s leoo U pu bello raoubo, mettei 
)a a inoun cufan , pastas un anneou a soun de etde souues a »ei pes. 

'j3. Anas querr^ lou vtdeou gras; luas lou y mangean lou et laaen Inmui* 
banco. 

* 

u.{. Para <]ue moun cnfan ero niouirt cl Paten attrapa; cC coumenc^roim de 
St* rrgala. 

'j5. Din aipieou tim Peine ero en campagDo, auand Tengu^ et qn^ t^appron- 
clie de roustaoii , entendigue la luusiqiio cLles cnants. 

qG Aloi- ciie un de sei varies et li demand • qn'c^o aqnrlo ftato. 

17. Lou «arle li respondc : Vouast^ frere ea %engn et vonisii p^re lou %4- 
zen dc rctoiir en santa , a fa tua Idu vedeou gras. 

a8. LViiiC nVn sigue endigna el %ouU pa enira , roe lou pere ist«n aoariiae 
melle a lou prcga d'aquo d^aqui . (iic)« 

29. Couman, li digue alors soun enfao, dcspici tan de tern qo4 voot aenri, o^ 
yamaV fa que vouastei %oulonntaa, et m^avet pa soaqoaniio beila no chabrui 

per rrgala roes ami.i. 

30. El Touasie enfan cm^a mangea tout soun liooeoiune dcs Tanrieaca , fal 

que I'cieni a Tons et tout «le tuilo faa«'*s lua lou tedcoo grat. 

'S\ Lou pere li rispondc : Moun enfan» ais toajou eoooi^ icon, toot ce 

qu\ii es tieou. 

3'J. Me fouli se rejoui el faare boano chi^ro, da ce qoe loon frere qn'^ro 
mouari ei ret engu k la f ido , et que iateo perdu , Tafeo aUrodbt* 




53a 

Tradociion <lc la Parnlmie dc rEnfaDl Pndiguc , rb paloii 6tllt 
ilrjiarlemiMii ilu ];t Druinc,<tonDK par M.I^uuat, avocal pm la Cm 
Hoyalcric Paris. 



13. Lou plnn limine doou donx U dicil : Mona piti, bcilA m^ ca mif^ 
Riii reitiinl doou Lien; et loa firi Ion fogni lou porudi^. 

iJ. pH ^ron Iciups oprea, lou plot diutoE iToqaflaut dons «roB*, M 
romoSM toul re qn'otios'i'n oni pir poI*dini ^n indrA qu'tfro hiio UbmU 

1^. Oprei qu'oc'ii toul rouoaama, luTitDgui louDt 2to ana groado Amm 
•i bi^n que cuiiniruencc ile arnit Ion bjioun . 

i5. S*cp fugue dounc, cl 5* louli t^i an bo ho n hobkon doop Mb ^h 
monde dins (oun doumeoe per Konii loiii roVous. 

1 6. Et qnon U'l t'upie , n'ooutio paa mki denionda qu^ d^ aj find ItMiU 
di' Id* col'aa (jue inindzi*oun ; me dengo a'in douDivu. 

in. O lo Tn , reTrnon jur a laimi , si dictt : Qai io drf valfi t^ ^n 
peri qn'ODt maf dc pon qoi d'i'D toIuuu et iou mi cii mairOB it tan, 

i8. Faou que me liyr el qiieiu'jnand ■exnioun p^ro «t que li dia4 : Pfct, 



iij. Nen mi-iilou plus d'etre opp^fa yotii itan; trctk tni eoui^mi^^ 
vati'Miu'ov*. 

a<i. Si le«i dounr el n'rii vensui \ri*oun peve; ito iaemra tri»Um,amiimi 
peielou ve);uoi luoniradlis ii'en fa)(uei oun eimuli da coampoaaiooaM ^ 
rontoouduvonKPrllou.rorropt diiu lous brts et lou bi:ae l^nitrwifM 

ai. Etioun fiUUdir^t: Mounpjiv, » pJUacononlTu liHi CMl«i««HaM 
<toui \ Den liooii plui digne d'eire oppela loiie itan. 

.ixLoii pjreolon dcdird o sou* lalei : Odduie li bijn tiou ■« nioataaia 
■ui'lro et poise li Io , ct boultc li uno baoo o lo mon et dt- louljrfra OM Wfc 

vi. Et loulii ceiloa vion j;ras et tuc-lou, tobUn el redcooica^ MWaT^ 

aA. Per ci qui moun fori;oii quu loqai ito niouoi'l el qu'ai i^MMItt. 
qu'ero pdrdu el que t'ii letrouia ; et lout doTe cODiumence lo tilo. 

aS. Kntroco , noun iiai ift'tm I'lou tionu Tevcnsut et qabo funt aifa 
d'oiriviis, oouve Ion loun duous iostnuuint et lou l>ru d'o^nelmM Th X^ 

aO. Soune duonc im di- aoua (iT^iteurji et li drmoiide ci qnVru. 

a;. Ei totrj frerequ'ii reiengu, li tlic^t lou arrtiteur, M «OU«pM*W 
lou teoii pta a ci que Ion reicbien pourlonL 

a8. En eoulero d'oquo, loueue pai inlri* dins lo mKson - bi»> >M 
odouoc »ouTlc per Pen co<itU>. ' '""■ f" 

ag. Mil ellou li Hei per I'^ipounvo ; VJtuqui di'dxo tont d'oKa qaa na 
servouitn) dxomai' loua oiei d^aooubci dins rcn dc ci qui m'uvi coninMAh 



Udl 


lOO,., paa men 


m'o>t< 


iouque 


fac. 


>d6 d'un 


UoLti 


per mi i, 


rilai 


■ <mbi 


Jo 


•'. Kii I'aoulK 


oba'i qu'o pil 


I'm 


out lOUU 


bien 


erabi de 


colorinla 


paa 


plua loiz reiei 


ilKUqu'i 


u<e BOH 




1 leou ^ri 


^Hfi^: 


eUou. 






3i 


. Moua efon, 


lo!^""' 


.lou p. 












qu'ii 




















3. 


. Hei I'olio fai 


: Rio el 




rediouu.pii 


■ci qu. 


i TOtri frerv 


"* 


■,u-e: 


iioiuicila, qi 


.■eto pi 


rdu et 


qu«i 


riiretrouia. 










533 

rraduclion de U Panbole dc ITnlaDt Prodigue , «u P tloit At Gap «t 
villages mvironnaiu , dam un rayon de trtHt linwt, dt'itartement de* 
Hjittes-Alpes ; ciiroy^e par M. Faknuid , de Cap , SecrAaire gnttfral 

de la Prefectiir*. 



■«) , (ou i-adct qiuod (gust fachi » puoulilla >c 

It fricaiu . U aguec dine nqiiaau paT* acqui mc gramle 

l5« SVq ann el le betlec ■ mc^tr« ves un d«i habitauti d^icqueov pati , qu* 
tou manilcc ■ louo roiircsl Kmdii \ei puercl. 

t6. Acqnionria ij^ oniic da rrmplir loun teatTa dr uiamca qn* Ut poerci 
manjjviTOun , man dingu n'in dnuniio. 

din \m inrtiou dc moDn ptre que fan ic 
famp. 

itt. M'e|{ararei iTaici onarci teis maDn plra, at 1] ^«i : Mono pile, ai 
olTcnta loa cici et todi. 

ig. ^iiiii plui di|pie d'«tre appalla laucite |;ar7on ; tnu at couina fcru 
d^uit da louettas douzncjlLquei. 

3a. Partec ••npii <ret* •onn ptra : era cneare Inenc que loaa pira Faiaot 
lilt , n'agact pitta at le bellcnl a courre , la jettee a aaun cooci el ram- 

■ii. Kt-mim garcouU diaaac : Moun parr, a'l pccha caueatieloucwlalcouaalra 
iou( i siou plui digna d'eatra appalla xineata rar^Oa 

ai Alor lni> ptre dl.itae a t« larieU ; Adme ij aite mc baUa nouba. 
pona Ir le, etheltelj oiia baf^e on da aide* lonliaf) ea pea. 

•J t, ICt adiue un icon )(»■ , tua lou, iiuD||en Um at faien bouaoa cKiere. 



flip , quaot fcHiipiac aen^ e« cpia ta fuiignec 
a iDiuique slIou kni[ da la duie. 
t) , et Ij deaiaodac qu'aro tout •(:«? (tic) 
roueiie trirt ei Tctiftu , at VDuaale ptra a fack 



Mj. Mes laon \j Teapoaodec : Vac 
3d. Mi'i apraa qui- aoueiila gar^ai 



•*ngi, ••■' fua <ua> par aoa un «aoi 

p^re Ij di'iac : Houn |;arf od , la aiai tovjoor) Jnbe ioa M UM 

r un Inti at le reioatr, paica qua tova frtre tn Maoart at ai 
latdu ct a* ritrauba. 



S34 

Traduction dc la Par.ibolc de I'EnCant ProdigM en patois de 

cautondu Vallais, envoyM, en 1807, par M. Dnvit.tK Hauaain, 

njiident de France en Vallais. 

I a. Don le pie dzouveno ■ 'Ici. ■ aon pive : Uon plre , baitU nwr )e biafi 
nic dcj vi'nir por mon tirpj ct c lieu r'a jMrudgia ion luD« 

l3. Pun lie dior apri'S , lo plu ilioii»an & importu aTt>A bu to can ^aal^Mi 
et I'iii nVit I'lD n'allu vojatl)c in a'uii pa-ji cloi)|aa jo ml'm iipiain to mbIb 
in tIeboiKic. 

i4< Apri'i que I'a z'li to (IcpiDSo, il enlvniBuiuinkgranta ran^a dia ef faf 
le a ailnn i-l c !>■ dtporvii (1v tiilc isorae 

iS- Qnc I'i itu Dbliil(;ia dc s'liialclir- 1 oQ n'abib^ du loa ^|nB Ta Mad* A 
ga rerma por garcla loa cayou. 

iC. 1m el nrut volu pove^ I'cniplar I'titoni dk garfea qpa laa t mj 9» aiak 

■7- Enlin . i I'eit rinlrn in lui memo i i I'a itet .- Goero B a lej JW^ 4* 
la nivjzun ds moa p^re que I'on du pan an D'jbondaDPe , S aict yc Ma-qH 

iS. £ fan que jk me UTsyr, iiuf y aillu ler moD pira 4 qaa TalVT'lM' 
Hon pcrc J ai pclchia ilcfant le cliel i dotanl io { 

II). Ye nc BL-j pas digno on d'Jtrc appilo Toiilnm fi ; tKtim mn fi^l 
Jon ds voutrnm valcli. 

ao. E I'sil l<>u et e lenii tm itm pcrr; mais quan I'ejra cnuvkiB, M 
ptre I'a appvrfii, lotchia du mmpachon e I'a com riiabracU i Fah^ 

ai. Son mcniot la J a ilct : Hon pt»,^ ai peleUa dsTant 1« cImI at 4>i« 
vo ; jc nuiey pal di{|no ora d' Jue appeto voutrom fi. 

aa. Maia Ic pcrc a det a si 
roba i la Icy liota ; nieUr lej 

a3> AmtnilU vt gra j lollo ; miniluD e If 

ti. PnrceaueWr ci mon Ti qn> oley mor e i raitrtaweitA, t Ittnpa* 
e i IVst ri-lro.o; c il'ontt j^ranU Ku. ' - 

35. Pindin ce lira Ic , Vnai de lou meniot* <[U' tttyvt a 'j^— ^ taiM< 
qnan \i z'li pTOtio de lamejxou, i I'.i inlindii do la ttniica s ^u'Ma ^^mIW' 

36. E Ta appi'lu job dai doawiiiquM por *>taj da Ini tAa mm ciMant. 
aj. E I'cT, Icj y iiedet, que TOulrom frire * torDO^ijne VOBtrOMi fiiik 

vtyin plin dc lia a fe loa le i% gra. 

a8. Cellccln n'a iti'i tan indijini igne nt 'uleyve pa intra dUa la «»u«,M 
ijne Ta obUilgia son p^re dc sorii e ile ii- prejij d'tntra avo4 hu i 

ag. Mau ■'■ I'a rcponda 1 mm pere : B I'a yagran tin iiua Ti 
*'""7j"^'''' ''""Vi.ma^ociuioneraVyjaoiaiipie djno on Ucni ^ 

3o. E qiiand on )!'i*ton qiicmin ccle qu'a mindful lo SOD bin a*o« del I 
petdiitc c Tcncn , to I'i fe loa por Ini le ii gra. 

3i. Son peri' la ya del : Mon Gli , por to vo iMtc todtOTavoe mar «n 
tin que n« tcy voui™ ; 

n frtre qu' itaj«« nar a w^^ 



S35 

bBiUtioude U ParaboJedcl'finfMil Proiiguc, €> fmUtm ia MmimM 
cuitondc Benie, anojee m 1S07, fvM. Hoi^a, S«B»4V^lde 
Dclemoui. 



It. Ib liume ■■■Udoui fit. 

■3. Le pu9 tl|«urne d*> doni pT*}^ ton firt de jibajteU paU ipt'UpoiBf 
pr4leBdr« «n •»■ hnitaige j 

I J. B le rctiret faeu iTaWo In ; tl allrt d^in in pijs JloiDgDia , >ai cl d^ 
pcot^t toi loD bin *a >eiiwtDi n^i dm TaDnn dc BMcUofM ria. 

14. Arnni f^roaiie fanuuniw •■rrcoUt dain li wbafaU , H am frat Mha Ur- 
nmtl 4|uVl ne po>4t pna j rcnKht^. 

i5' El K hotit en lanice iichic in 'd«t tubiuinli dc ci pa;r" > V VtavUt 
dain ainnc nMJon de camp«i|tao po ji Titdj Mi p«tl*> 

16. Sejaiajrc dainstc kriirhlE occupalion iiail.y'V JC^*" T** ^ ■>■">*• 
qu'tl soulfaiLiilbin foe de ntaingie de ^o qm lei fiQti main^nt , pa lot foC 
Binn a* jm bajalt. 

17. tA TtMtH eo le fin eu lu^ia'iaina, 11 dirt duD k iifi da ■• voi ^ia 
in tile cut : Ah I cnhln d'ocriei aint mitcniini di pain taint qn'Ui lelaBI dam 
U majiin dc luon prre t nioi i mue ci-di.-vBuit de funf:^ 

ao. Tot en dJaint f ola il tilet l« in* , *ou i\ ^Pi*' tfit" wiiainlAr po all! 
'iroiJ son pcre i j'x coakiit U Hhe 'i^H aiaii fail. El cuit enco him loin, liaint 



vD*et itcni i i[ en cut te\it pidie qn'ii riuit en ti rsneoatrc t 

- lun livot bontc de le itcogokut fo aon fer " " '" 

i ji raiiit rebtj (oublier) le Uchaipin qn'U 



cir rmbraiiicl, lain livoi bontc de le recogplue^ aon fei ; U grte fn'U 



•• aiparii 

■it. Ci (leuroe haume qne *e«uii pua foi' qo* gii ma ii le ml m' ^1 ai*ail fait 
de liiiie in arhe bun per* j i diet aiio btcop de ramoet : I aia ausqvf, 
' ' ■ a lia di cia , i ne nwrit* pni d'etre aipaM 



Me til. 



33. Maim ri perc compatiiehaint lati k coalHra le r^abU dain )c* droiti 
de xin fi-t , dont el >e recoBneKhait ach' indif ne ) U coBalnd^t dooc ••■ TaUu 
dc j' aiport^ tea prcndea haibiU t f a qa'H anail aaafaii da pai hi 

t^. tl ordooel alprea qu'ea laevtb U t^ gnw t H fciaAl la baa^act anA 

-jS. Qnr aon fei te pna leja mainine 
38. En telMI giaiugni , (OcU) 
io. E ]F en faiaet quequea repeargea ; 
3i. Mains ton p^re yi repoaje : 

3i (^tuVlelaii bin genta qn'tl nratniMcb da U |;eoi , liaiM laa fi« q>' aak 
■iiiw etaii reMticitJ. 



ImiUti(Hi de la Parabole Ac I'Ea&nt Pndigne m patoii de Bi 
canton de Berne , tavoyie par M. Holts , Soos-Pr^fet de ItrWi 

II. Aia home aiie do fib. 

13. Le pirn );eoiiveuaDC dii Ao fiijt ion plcB da ^H bailli« la pM 
poiutprttidcraa'alieTUgc. 

■ 3. Eli'eluit relindaprta dt f^oa,A alia dai oa piUs lui, ivoAadJ; 
jottonbeiiiaToidtj [tnn*i d^bautichie*. 

i4- Ainne groiic funeime ^lantarrita, ^1 ai fon aa >cGialua ; 

■5. Qua uc pojant pieu rfiiiu , ^I alia ■ maltrauchu OB Ut hifciti 
stou pahii lei que I'tivcja dai aiiuie maujoD de campagMa , par mm 
pors. 

i6. Sa miiire d*i atoa miajratua iuX Utc aa ipotaa, qn« iiiiaiwl I 
aouhaiuita aToc paaiion de mtfiic de ct quelea pora "■^jpiTi'iiT. ninaf 
topari Qe gU a'lbailliira. 

17. EianL ala feinrilraii gliou mf me, f 1 dcxa dai on friTniiil laaillia 
I'd eut : H^lat ! combein de mercenaini *D aDODdrej fmaimrnM*] i 
abopdamcnt dai I'itoda rooD pire , etme ■ mian d« flml 

ao. Et dai )loumOTemiliiDlent, ^I quitta I'idrei ind 41 iora mmIm 
por alia iroTa aoD ptre ct gU conressa la fautc qu'el aiv* fall* ; qtModi 
cDcnra beinlial, ion ptre l'aper;ou, et elant toUcbia de compaaaioa , ile 
i gliou et Veimiia , no rougiuant rai de Ic requef^niotre por' mm 
^tarant pai la|;eouyc qu'el aive dc le poiacda le reaaiiimil da ragm 
gli aive faite a le s^paiant do gliou. 

ai. Stou gcoDTcunnc bome aaiianladonc pien viinntt qna ifei^u k 
qu^et aiTC fan a qiuttant on se bon pete, j[li djia aToe aiiuie pravonda 4m 
Iaip^tachle,mon pire, contre le ciletcontrc*oi; ineiipiau diguiMtn 
vontre Gb. 

aa. Ma aloupircUchariuiliip, Telant 1 1'alcontre, le rjubij dai la cMi 
de fila , dont il le requrgniasiiiTe ae indigne , quo nuLda k »t» vaUti d 
apoTta iciprcniiea liaillona et o: 



!tl. El aidcDita qu'on louiiac Ic ve grai et fit on featin avoe tant d« ft 

aS. Qae 10a pieu viella Ilia mime a'ai coroaaa. 

39. Et gli Til quoqaei reproMJchea. 

3a. Ifa aon pii-u gli raiiaa. 

3a. Qii'il i ere bcin f;e<nute qn'el temoignUlC de la gcoujc, poaaqnaM 




53; ^ 

Imitation de U Parabole de I'Enrut Prodigue en paioii it la Moota- 
gne de Diesse, canton de Berne, avowee en 1807 par M. Holtx, 
Sous-Pr^ret de Ddemont. 

1 1. Eon hom« ifie do bouebei. 

■a. Le picu ugcut'oe 4i do picya >aa fit* da gli bulti* *oa drait dc bai 
qn'el pojieTc prelcndra de tta' hirtiUge. 

■ }. Etelterctira de Tcr ){U tt alia dai on pmflk/^auia i*oJ eldtpciia tol 
•on bai en i^qujfant aioi d^t fconit debeuuckeetl 

I j. Enne groiae funiae •or*egiui, el es fsat bai allaqu qu'el dc pojieio 

■ 3. El le meUa j aeriiie d'oa d^i babitaDU de catkpaj« lal qoe Pmitia dai 
eon htiiu de campagne por jfli loirila U« pora. 

iG. Sa miicre ire le groite cju'el lohaiuio 1 la paaaioa da metagle da can 
que lea port metlgicTan , ma plan oa git en baiUiTS. 

17' A lafai el rCDtra i gli rnjine , el djia dai eon iaujemoDt dc acn' ^al: 
He conibai d'oiriei de moD pire qu'an di pan pm dai titf bAto at mc qui 

18. El daicetit iiioremeattenibj*£lqBiuareadnitiTa<41ir«Maii)«nb;« 
por alia iroia ion pere. 

i(t> El gli confeiia la faoM qn'el aire fait, el qmaad i\ ira escort ba 
gl-"- 

ao, Soun ptn I'enireieja el el fool toUcbie de compatiion , t\ corra k (li , 
le ^cmbraisa aai nu'il ins variOKDa de Ic raqnegBotra par aoa boueb tt 41 Mo' 
flic par la ujoje qa'el aiia de le poiieda le roaienlimeot d* I'eoujura qn'<l gli 
ai*v (ait en ae itparant da |^ 

II. Le ueeuTtne hoine letive idonc pisn liicneat tpa neamaa le nam 

fa' el ai<e fait a quiuaolOD a* boD ptre, pi deja tioi MiDt preTonda doleor: 
aipjiichie, moo pjre, contra Isctal atcontre ?0i, ■ oe aiepieu dign* d'etre 
apalla louate boaabi 

S3. Ma cell pere lichariubje voeillant y coatrairc la retabli dai la eoodition 
de boaeb, dont it ae reqnegnociaie indigne, qQemaada k in garfona da gb 
apona lei prcmieri kaiUou et aei liellei onwn«iita. 

3l. ^1 urdqaoa aprti qu'on IJtobIi le <e gru (t f^t on repaaaiDJ tani im 

38. Que lOD boueb le pieu f ielle i'en fatacba. 

3g. El KlicDfe dai reptiege*. 

lo. M* ion pJragUraviaa. 

3], Qa'el ire bai tijuila qu'el mantriiitE <Ie la tajoje pnil qae aiMi botieb 



i6. S> n>i»re • 
■lu'al son hail isse a' 
ne W u LaiUive. 

17. I'linlolalinrolnlolmm^mc, al d'ljia dai in pnrfiMd n 
ten' il'iBi ; lli-la.i! .nmliiD 'I'od'e* qii'an miienani du pan 1*0 abc 
maiion ilp Diun pcrc, el niui luuiurc ci de fan. 



iua li' luc , jouFit al £ra le 
la faiiio uu'al «v 



[Kir allai irovai tnn pjrt^ el li cniifamai ta faiiio qu'al «vait fait, f nMi 
cori.' bill lieu boo piTv ic vo vt eiant loUcliiu in companion, al ti 
et rahratia , dp roiigi.iiianl pai da 1c reipicui'Mtrc por ion fit ; at i 
Ic f-niie ilu Ic pos9ii>Ui le rciseniiniet da I'ingccure ^n'al U avait A 
paniiitde llu. 

avail fait u quillanl in ic boil i>ctc , li dieia avo aiuie ptoTiiBdv dsa 
piilirjiii: iiion pOre cuulve Ic ciel ul contra vo*; i ne li pica £pta f 4 

■J3. Mai* lu pcrc charilaibie Tolbni u rontrairc le relKnIai tUi la 
llu fei irjnucal al <Gri!i]ucnio»aitindigii*,qnemaada o aer 
tai tea pniinica haillnni ct Ic* ni'illcs omcmeta. 

u3. Al orilciu jpre qu'on iiiiaie Iv \i gtit at al fin ii 

.18. C,>iii< ion l< s Ic (icilc lu'ine ic corsa 
-•g. Klliol'fit qnciiucirepcuvfiea. 




539 

ImiUiliou de la Para bo le de I 'Enfant PrudigM, en pal«>is de Muiiliet* 
(ii'tDval, canton dc Btnt , tnwnyte, <m 1807, par M. Holti, Sow 
Prrfpl [|c DriMDunt. 



■ In homcaiiiidoui rei. 

. Lo pu* iteiicn* dci iloui pnjuit «>■ phw d; bajriu M ponnioa da ion 

lia> ■■ p«fi Uo cloufnia , wok al tMpodci 

I j. Mini caiiMaliari*)|Oiit anita gruJH fiiu«nni at foajaMpat labaiactul 

i5. Al a'agai^M j wr-ice d'ln dt* habiuati 4c iM f*7U qaa I'onait daai 
enno ratichtrie pou loinU sei poll. 

iG. Dim (Ic iriitliic Mtiution ■■ anMcc dcasiat ichc ffn*tt qoe iium][rl 
qu'al eul dciiiic tic mingle f o ijiir In poii nuioglnl , oiiin n'j o biiail. 

17, Gunt rotrA » Id m^me it dif^i , o tomat tM ft> qa*al j aiait de Irucbte 
■Un.s ion rtM ; Mod due comhin n'lr at-d p-iiM d'oir^* dan* la taajoa dc rnon 

uo. Dana ataUiichM lilaatioaal prBKaMUpiMi dc i|aUU loTac *oA af 4uil 
tchi' in<iU<reraiii pou ilU (rovl ion nlrc a confaaal aa fanta aTjlail cncoa bia 
lit) qacion pirc lo iroyail, al *• Tat Ji pldic, ^; dUit j dcT»Bt a al obrasMit: 
a n'aiait point loiiaTgotif^t' ilc lo racoigDoiTa pan laa afaat; la n* ifa'al 
aniit lie lo rcToi , altofct Id lachagrin iju'il aiait aja do lo ■oi I'oo olU. 



plrc, i 1 pat«cluc< 

3'i. Son pan pke dc iif baritl injait bin lo i^Ui dam tvu U* draiu <F>a 
nrini . uiaiii(-ri qn'il a>o«cl ht-m^mc ifn'al a'o a'atail pu dij^, al coman-; 
■tail ■• >ei (olau A'y apourtl tci prnaMri bajoat (<4«ea>ca«) a t* V'"' ■*"' 

all. Al .-onuixbii iicbc bin Se lul in grai ^ c a dc fare Ja yoa hia^aK. 
'jS. Son put icjc trlic atail bia laaaKTaaaa ^Mnd al layait UUa* cai r^ 
ecoiiy^.banrn, 

3i. Ma ion pilre ji rapouitt. 

ii. (^Vi'al I'Uii bin Kcntc do u lajtaoir in cpM loa fii fu'al <»JMII MM duit 




54o 

Traduction dc la Parabolc de TEnfant Prodigne, en langage Genefw< 
cnyirons dc k yille , canton de Gen^c , donnee par M . PiciiTy 

G<Bnl\'e. 



1 1 . On omo aTfti dou gar^ ons. 

ia. Le pe djou&nne dezai a son pare : Bailli m^ cen que dai nM 
voatron bein ; e Ic pare leu fese le partage de son bein. 

t3* Kaquc zeur apre , le pe djooAnna vamaasa ,to faa k*«l aTUy po«6i 
dien on pay bein luian , y& y distipa to son bein aTOiiu di fei 



14 Poue kan al u to canfara, y reign^ oiuia groaaa famena diaa la fif 
liul u'a^ai pe ran. 

1 5. De sourte qu^y sebouta au seryicecliionomedapay, chale ft Mads I 

sa campagne , pe garda lou pouer. 

16. Al are bein volu mezi loa caroae qu^oa baillive eponer, mAoiaBBi 

en baillive. 

17. A la iin y 8c bouta a pinsa ^ se detive k Uni m^me : Gn^re ▼ a t-« 
valeis k gazecbi mon pare k on me de pan kU n*en ont faiUa? 6 nki, oe vei • 
\a de fan ! 

18. De man y.ii moda; dUrai trova mou pire e de Uni derai ilfba pliai 
fe faulc contre le bon Dieu c contre t6. 

19. Dc ne sai pUe digne qa*on m^apelle voutronfi \ faasi aTouaTma, toi 
man >'o fassi avouai yon de Toulron valets. 

'JO. Y moda don , 6 vegne ve son pire , chc le vesai vcgni de liiin, m V 
a pliora , li cori dcssu, pouai le baisa. 

'J I. K son fi liui dcsu r P^re, d'c fe faute contre le bon Dien 4 coMn 
De ne sc plie dignc qu^on m^appellc voulron fi. 

aa. Fouai son pare desivc a son valets : Apporla la pile balla roba i b 
la liui , bouta liui ouna baga u dai, pouai bailli liui d^ cholars. 

a3. Ameina ice le ve gra i tua lo ; mezein e fazin bombanceh 

u4« A aicia mon fi kVtai mour, al e ressutcila, al etai perdu, iil 4 ivtitn 
se boutaron don a se rejuV. 

a5. Ma le per grand dc fi, k^tai p^ Ibu cban, reve^nie ; pouai kan y fe 
maison , al cntendi qu^on saniave e qu^on danslvc. 

a6. Al appella lo dc suite on dc kou vAlets , c lui desai k'etai ki aTai. 

37. Voutron frarc ^ revcnniu , lui desirnnt*y , i voutron parr, qna F 
re vcgni an bouna santa , al a fe tbua le f e gra. 

a8« Y s^ bouta en colcre e ne volai pas cntra; son p&re vint de fea 
Tan pria. 

39. Ma y dese a son pjkre : Y a ben dez ans qnc d^ vos serve tan xamu 
contrcvc^nm a voutrvs oudzcs , c vo ne m^y point baillie de^abritpe me 
avouai mous anus* 

So. Ma voutron fi , k'a mczia son bein avouai de coquioet , n^a pa$ p< 
arriva che vos i fai thua le ve gra pe liui* 

3i. Mon ii , dczai Ic pave , vos cics tozzo .ivouai me , ^ to aan ^e d 



a vo. 



3a. Ma y fallai bein i'oc ounna fuita 6 se rejui , pe voulron Irarc che vaiq 
al itai niuur al c rcssusrita, al etai pardu al e retro va. 




54. 

Trad lie III II I ilr la Parabole de rBofaDt Prodiguc, m patois Broyanl , 
( cuinnie on Ic parlr dii cdte'd'Kstavajrcr-lc-Lac), a reitn^ile du 
p.i\&de Ilroir, siir la rive oriental v dii Lac dc Neuchdld. 



bii paV , >.*■ Ii lo ditftiti in fiMH 1> dcboulu. 

14. Qiiaii I'aiu loftalurrl, I'i iFRnci ona Rranla famcna lUn ei pala, 1 li n'a 
tei u'oiiarraiiame. 

I A. L'c don irU I'aroianU inii'i on tcUl d'alinia qd* Pa intanjl initiai 
granilil po j(arila le pu» 

16. In<|uc I'ari'i prmi tolii'i a<«i ion ■□& dai plumirt i]u« U cayoo mcditfoo, 

1^. Ij'iadan que I'a looilzl iDlr* lia tan (pia r>T<i in }■>.& lU (anoB, a'i- 
I* .le , mi7i mon ,igao , <|u< v. Ton lau >uu ttt pan ; e me ;■ crtiion c4 di 
fill! 

; je Tu ma rintonil la>i , iniii do ; j« dari a 

'c l« boti Dill i conlra iro* 

IS (ooiidieait toiitren-infaii, DWiiiot plra 

:i<>. D'<fai'> vet'elril.ri icU TC coiUra I'ollu; I'clri adibi liin qua aoa pJra 
lii ilzo ju, ^ ra rcciijpiu. L'aod'c zu lolxl; lei je corfi 1 ion riBcootro, lei « 

ji. Lr Tile d'abA Iri jada, qnfman r>'i:i lOiulil : S^l^ ! je p^lal eoam 
le bill) Diit ^ contra oo ) ne au pa mi mcrtin iiue ir mi dieaii Tommn lali. 

ai. Ml ID pUtiae da I'acaiilan.(uiau br i Ic boo lij-Daira cril dr ti dzan, 
r W jade: CoriU <iucri ona laqiia iiaiiTa,ibeula lei, prandt dci taanaaoD i 
ilei lOla po li pi , i ona liaia po ion dpi, 

■ll. Nt lambioldr p.1 . J; pu du Ti»qu« alUde a I'rtrabUo, amenldila «l grl, 
i pui''' ti'de lo; cil I'e tni <pie note loUin nad^, i Site bouna Ixira. 

34. Poianqiie tii Tmli Tetei mo * I'* retaipKiia *ia,l'ci(i pirdu.irtretTO- 
■ a; quainiticirun adan alau irelli alauT^I^IU. 

•li. LVlonadldaieron, quan IViiroudiiTal^TeiiadeiUaa. Quanripridi 
I'oil". I'intan dvimeniirci, « qn* lunllioa. 

a(i. Ye deniandi frou jaa dci (araua i Ui de 1 Qa't dan (p ei tapadio ? 

37. L't tDUiiunfrlrc qu'i rclifinli t (OGlroD ligso I'a H ■ itile it grl fe 
ramo qiir W Tc>i'|[nl in bouna laniU. 



I bin Ian qua oe volilv* plboull le pt au p>ilioi|. Sda at- 
HU pi> cudi le ra-eil i 1* fere intrl di booni. 



..J. J---, j;Vueililiportano, lenn! I'eija laa d^-an qsa T(. 

i^rto ain a>ei maoqui a jon de *oiilri'a-^e ; i *o, to nii pa lu le cau dl 
■ur balii ptre (iculcoiFnl) on jldiou (uoe Toia} on lacheiri po mi icnsTatl atn 

3ii. i^l'iilrou qii'a lu bafrl a<u del irtBoaire o'i pa plictour^pH, om to lei 
liAi a liJ le a^\»i> de noutre «l. 

1 1. Lt lion irguo lei dladan: Acula,fe,te lladi avu oie, loaao que I'i oubb,' 

\i. M J ne falii'i-ie pa it rviKiiaU r nt i«dxa! , aprl que Ion tiitt qii'clei a>6 
Vi i.'.ti».Lii . quViei ptrdit . i Vi rrlroia) 




alia d^fiaenon p;i;es ploigni, et inkc U mi'<IJ2 son I 

t^. Aprai qnebiaoulodispeDsa. ooia [>r»iila fanEfna 
inqoc el il kciunei* i ti troTa den la poitreia. 

i5. Adon il ('en alia rl terTCclia ion dit'liabiivn ile 
VOiiia «ur se bini por louerda le poueri, 

i6> El il dealderaie de ae fuimU dl (DiULlfei qnc U I 
gnon ne I'i en bailllTo. 

pairc i^iif lian dc pan ibondeninipn , < 
ri , et m'^n aodri vert IBOO paii* rl I 

u pas lUgDo qu'on me nomrad ton vaM > fo^ 

n il «lev« ctY,.Bn.,«, ™ p.i« e( ku 
lire Ic Ye rt 1 ii tn it inO , et corvcha ■*■■ 
lel.ij«-. 

H4 1« <>1e I'ai deji : Mod paiiE, hi peixi eontre |« | 
ic (II pas digno qu'an tn'appeUi inn tM. 
■a. MJ Ic paire deja ii si'seweuux : Appona m^ U |»li»' 
TeTcli I CI baiUi lai onna bagua ou dai ■ di solai I pU. 

a3. El Bmcna tar le vai giai el le lia ; mBdicn ut fan bout 
nif. Pane que raoo taU qae T.ilinijue ire moua et U U< i 
ii-e perdu dm il li^ Telrova. Et iU lemeneiran i f^rv lionna fS 
a5. Ma «od taU alna ire j tiaaipi ot komctx it Nvayii^ «£■ 
da lamaisoD ilentendia la inusi^iia et le dantc). M 

36. Elil erla oo dt (Brrelaui ell'ai deinanda (ten <|Ba cMi 

l'« recainra en bcmna tanle. a 

aS. Hi iI>'<^boi>U en colore et ne louilU po^enlra; aoo pJ 




543 

tilHClion di' la Panbolcdc rEofant Prodigue, en potoi 
Grujrm , canUtn dc Friboiuf;. 



I. ()n omnio li' u doii fi'. 

3. l.r pliir ilioMcnn il'inlra Uu, ilric on ilioi a *chon plr>|: Sehtu! balitiU 

In pi dt liiD i|ue |>au me rciij;*). Lv ichtna paHBOu at ki b*Ka Mboa 

3. Scliluchc lie fr m Kraolio pu rcfondreiui iaaahimbfio etmoiU(panir). 
Tin il'alU'iloiiriJqliin din ua piT tuiadil : fi U' acnlic Lri lo tchoa bia in 
« l« .Irbrcfji 

I. Quail M'n mrrcrtirlil niirnr illn *cM pai nona pancfainlalamnu; Uo'aTci 
.,,.a..l- m= ( 1. n,.in.k , , fl... )• V«ieii„f 

5. U'alUach' •cotMiti ti un rooiitrl lU ptiin^M ( uii nckanl dcpwU) 
irimouja ir iliv uraniljl pn vu^nU U iiirf. 

:(>. Ml quviiiin li' irr iiourrvi! It arei bin ioId aT« achoo ichoa di plMoiU- 
' qup arbi! <->}■>» nii'(1)iian , ma pion oe li' in V*U1i4> 

7- Ailoai I intra in )i niiiiii>, el iiiouja on boccon au tin pucbl: Vn^ro 4r 
nuabon , ttkt Jcje (ilw, ilbi \m nfion At nan achina que nwdion Ic pan 
tnoUe iiKii ( k Tagor||i; niuarau ). el int icbai rrritn M iam '. 
iB- No Ii'i achaulK-D pi pa|^i . vupalaj ni'in li ml Irii ct nac riniornl in- 
he uo ; Hrri a mun pari' : Srhroa! li' r peticlil cnntre Diit et contTC to. 
Ik Kc iirhu pa me ilitliMi iriailirr Tiicilf no voiuabr' (*-inran [ beladl mp rin 

to. 1)^11 roll «rh« leva , nioila , #1 rrvifpie contra la nfeejiHi di acbon plr*. 
ire -xirora adl i^do lain , iiaa aelioa plra le *• du ct !• recopui ; li' ■■ fu 

II. l,t' fl' DC ruta pi at lei d'ni acbin i{ur li' aiei lacotacbl. Scbtiu! U' e 
jiclii I iinlrc le hht et contre to , nc merto pi mi d'iHhre uoonl (ouitbroa 

• : Vmi 

; prinile ilt piin el di KMIe po iclw pi el ouna basa po acluii d*i. 

13. I>.t>«ime>IU<l.^irrfni>Jb1io.ptin.le le 1 1 Br) ct tilde lojli'eTi 

le medierin , et que no fat i.i buuna t^rhlta. 

li. P.. ,rhin>|ne achi •u^'xhoi. li'lri mot et li' » rl in fa , li' trl perdu el 

e rcimia. Fit lodrei qnaaiinlibiran a firo b4ni>cbon. 

»S, Intretan . Taiiii ili I'r li' ir^ pi' t^ iud ; quan tir\ i(;na el qne f u pri ile la 

iitn . liiiiizr la loJK'lia , la liHcha et uu'oa tunlat* , fu niarcba-. 

■C. UrmaiLla fro Ton di djrrHilion rt 1-iolri'ia que U- Ire to arbin. 

i;. Ledrtr,:' -■ ■■ •--'•'^ ■-- — ......_.■-.„ 



lit. Schtiiicbe qnemioliha a Terela pnlia e ne voliafe pi intrl; icUoD icbem 
lalir au piierUi>. lei ti inlindr* qua n'lte pi le looinin di boginl ct l« peciia 
nirl de lionna craaibe. 

tu. Ml r^pnndv i arbon irbena : Veldt to porlan ! Ti' a tan lU-j-aii que to 
itt'teacho el demon ml, n't djtnu faaril on irliaulo d.^ toBiifari ijoenan- 
■in. el vo di^Bo to ■• ■•■ MJ on iMaebatBl po le nacd)) M mi reduii 

ibr'n-itro feli'l trtaain, tw 
. toTi r.:di 

tlUo.n'l-»boplo 
leUn que 11' i mio , li' k M- 



Ir.lfi ilejelebon tlU< 



■i di RTclnte , to lei fi-dt Buiatl tc tl ei L 
• • -• *■ ^-t.ieacbaobr/^lo- 



!•). Giaiul dimenns, la *i dschet: Taun 
biuDpaun in abonduiu, ma tm percich iTfaiii. 

i8. Eau volgpartir ctirliert ndeiu bap, a dicbaro :B>p * eaal 

ig. Nc Hum pu ileng 4'clicr aomnii ticu Gig { trattUU tea So i 



m 



ii 



31. Co diclieiil Ugadel: Bap! cau hepcki6 conter il eel ct«vcp 
pii ilcng d'ciKr noniiiD ti«n lilf{. 

33. Ma i) bap dsclicl a aieus famaigs : Aporti il pu bcl vutina 
It dc '1 iin mni in aieu nuiui tt scbatpai in aieiu peia ? 

a3. Mn j licrs un vdc ingragchu , inaucl e ilainlcgara. 

a4> Pirrclie quiit niieu lllg eira morl cd ais rvturao in viUA d 



iljj lilg nninr cira a la cunpagn 



I. Rgiomand v 



l6. E claniand iin iIpIi ramalga t'infonnrt cl , elic qua laia ? 
3;. Tel ri'iponilel ad v1;Tieu frcr aii ■'•tamo c lieu bap ho n 
)jraaclii> , pcrtlie r\ I'ho arfaehicu darcliio Mun. 

■jS. Ma v1 s'adirel e nun Tutai* tntrar. Ha il bap p«t oar ( i 




545 

Traduction dc la Paralnilc dc rEnf.iiil Prodipif « m dialecle dt U Bas5C- 

Kiigadiue, cauton des Grisons. 



1 1 . Un Uchort dmm veva doiu filgt. 

I a. Kt il javen da tU dtchcva al bap : Rap , da a mei la portion ddla mIm- 
lauaa qua la a mei tocca ; ct el ha part ad eU la sohataou. 

i3. Ft davo hrichia blceri diu hm il j«ven ratpk iosembel tot , ct eit duamlnm 
|n iin pajaiA daluotch ct tschi hal diifat tea aabstanim viTond liachiergint. 

1 'i . El d»\6 chia cl ha cooiuma tot , di Tcngni gronda fom in leas pajaia , et d 
ha cumcinia a indiirar. 

1 5. Et ei« i et a'hatachia ad iin vaicbia da leaaa rsgioa , ct el U tramettdt ia aea 
vilascha , t hia el parchtira ilt porcha. 

i6. Et f^iaviiftch^va da umplir il Teintrr deb mailgiadvoirt qualt ila porcha 

map,lii'van , et in^jiin iU d^ra ad el. 

1^. Mo in sci retnrna hal dit : Quant« laTureinta in chiaaa da mees hap ban 
{lang in abundania et 6 ato qna perir d^fom. 

i8. Et yf6 star aii ct ir pro meea bap et dir ad^el : Pap , i aka pockia ia tacbael 
et avant tei. 

19. E oa tun deng da gnir nomma teaa 61g ^ fa maf ac^ iin da feet la- 

vureintfl ! 

?o. Et alrond , Mi cii el rengnl pro aeea bap ; ma cora el ^a amh daldnadi , 
Mhi il vezct el area bap et maaiota da coiniaeration fai6 el corri incaalcr ad el Tka 
imbraucha et buttcHb el. 

aj . Etilg filg daclMit ad el : Bap , e nha fat pnchia la ta d iaal at aTaat td ; fla 

nu sun dcng da gnir nomma teea nig. 

'il. Ma il bap ha dit a seen aenrienti : IHlanga portdaaag ll pr&a bOadieauiat, 
irateint el ; dat iin aon<S in acea mang et achiarpai ia aeoa peea. 

33. Et manai pro iin vadee ingrascha , chia no ina poaaent al^grar at maagiar. 

•3 } . Perrbia queat meea filg ink mort et da rerini ; era peri at aia ckiata; et ela 
han cumeinza il past d^algreaia. 

■J 5. Inunt era sees aeniur filg aian chianpongia et car d toameva , e a^aproal- 
roera alia rhiaaa , hal dudi il aanadera et aaglir. 

jG. Et clomet iin d'iU aervidnta , et damoodet , diia qnai aea ? 

17. Et leaa ha dit ad el : Teea frar eia rengnl et leea bap ha OMxxk iin vadee 

iu{^ra<rha , perquei chia el il ha ritachaTd aan|^. 

'j8.Mo quai ha 'I tut aii lont grtf , et naleva ir eiat ; iataat Ua acca bap i ara 

ct ha cameinza a roar el. 



39. Mo el reapondet a aeea bap : Goarda ! taata oaaa aerr d a Id et mali nah 
e tecA cumood Aurpa«a et ma haa til dat a md iin boac , chia ^ m paaaa alegrar et 
mangiar run m^'ea amia. 

3o. Ila davo chia qoeat taea filg , qnd cki ba trai aea aahttaaia aaa piaafat , 

ch ven(;i , han mazza ad el tin vadee ingraarha. 

3i. Mo il bap ha dit ad el : Filg , lu ei* adiiaa ma nd, et tat II arfa ti$ 

il tio. 

Si . Mn miii(;iat e 6*ale|i;rar ronvengiva , pcrcbia qacM teea Irar 4n mart et 
c't% roivti , fl rra peri et ei* iliiatii. 

4« 



PAR H. E. DE L* TYTWAi 



En i3i3, Ic jour dc la Pentecote , Phi 
Bt arincr chevaliers scs Iroisfils, Luuis, 
34 axs, Phili|ipe, ugc de igans, Charles, < 
ans, et i|ui tous trois n'gncrcnt succcssiw 
les noms dc Louis-le-Hutin , Philippe^ 
Charles-lc-Bel.Cette c^n^monic brillante fi 
4 Paris: Edouai-d II, roi d'Aiiglelerre 
son epouse Isabelle, fdle dc Philippe-lc' 
cut pour totnoinft presqoe toule la noblei 
et d'AngletcrrC. Lcs di'lails en ont ct6 coi 
la Chronique metrique de Pliilippe-le-Sei 
froy dc I'aris, ou its occupent 4^0 vers, 
Bibliolhcque du Roi, n" 661a.) 

Pour subvenir aux fraia de ces ff tes 




547 

Ion M. Buclion, 1,102,000 francs, en evaluant le 
marc d^argcnt a 55 fr. 10 cent. 

On conserve a la Bibliotheque du Roiun manuscrit 
grand in- folio survelin, suppl. 178^^ de 5o feuillcts^ 
deux colonnes, qui est le registre original de Tassiette 
de la perception de cette taillc pour Paris. On y trauve 
paroissc par paroisse (i), et rue par me les noms et 
professions des individus qui ont et^ snj^ts k la taxe , 
avec le montant de la taxe pour chacuo. Ce maBuscrit 
commence ainsi : 

Cesi k Iwre de la taiUe des dis mile Ihres deus au 
Roy nostre Sires, pour la chepalerie le Roy de Na^ 
Hirre^ son aint-neJUs^ assise en la meson Estieane 
Barbeie, en Greve^ Van de grace mil trois cenz ei 
^roize. 

On remarque que les di verses professions forent re- 
presentees dans Tassiette de cette taille, car elle fot 

issise par 

\ bourgeois, Jehan Barbele , Jacques Bourdon, Nicolas Arrode (a). 

I orfevre, Jchan le Qneii. 

I changeeur , Jehan Maillart. * 

r lesserrant, Jehan de MoDterueiL 

( drapier, Symon de Sainl-Benoit. 



(i) II y avail ii ceUe ^pofoe 33 paroisses, is daos la Cil6, i4 
4ir la rive droite de la Seine, et 7 ootre le petit pont, inr la 

ive gauche. 

* _ 

(i) BarbeU. Elienne Barbele ctaic pr^vAt dca auvrehaads ca 
398. Cetic famille avail donn^ ton nom ii la kelle maisoa Jkr- 
^ttcy pillee €11 i3o6, lort de la s^lion qui ^data ii PariSi a 

4t- 



S5o 

NOBECLATCU DE5 uttntS ET nOTtaHOHS OMs M 
uras DK U TAOXB. ' 



Afflnteur d?argent , •ffiocur d^r- 
gent- 

AgaiUUr, aguBKere , lab. d'ainitlleb 

jtide au four. On lit nir Ic rAic dc la 
parotne Sainl-Leu-cl-Saipl-Giilci: 
G'uHiuimt Daniel , aide aufour , 
Domtstal\ tx qui indique l'eii>- 
leucc d^iin four Daoal dani Ic* cdti- 
mni de U rue Grroclal. 

Allliere. marchande d'aiL 

Ainillier,{>b, d'annuux ou peul-^tre 
de ptilencei en Urii pour Ici infir- 
niFidilciaiiilles? ' 

Alumina*; mirchand d'llnn. 

ArcLalier. fab.de fil d'archal. Vojci 
6aleur d'anJial, bouclier, bouton- 
rtirr, fortdeur, trrfilier^ pairma~ 
trier. 

Arctdtr^bAi. d'aro et d'arhaklu. 

Arconnier, (ab. d'lrfon* de mHcs. 
V'oje* chapuitrur. 

Argenlear, argenteur. 

Armeurier, armurier. 

Atlachier , atactiitr. On Ml dam lis 
mcitiendcPariil alacheur,fiiiitiir 
dc cloai pour atachrr bouclei , 
mordent el membret lent e»ur- 



Aunuider , fab. d'aumuud. Cellc 
part!r de I'habillemml de not an- 
cjira ot reitL'C am cbanoina ; 
c'cil UDc fourrure ijo'iU portent 

Avalnir dei fies, licheurdc haleaui, 
cclui qui In (ail allcr id anoL N» 
du latin navii. Col hit le rAU dc 
b paroiwc Saint- Gerraii que I'on 
lit ; Jehan Ibrrin, avaletw dfs 
net , tur la neiirr. 

Aeeinne (marchanl d'} , marcband 



BMeber, propn^Wn de hi 
iB<M«v. Ce naotae Umv* t 
fou wu aucane «im dfi 
mail l'«»men dn iMe Ut 
fautHtppWcrlenotd'OTa 
IV<kl« MiivanL i" 

Baleur d'archat, &b. dcfl 

Bateur iTucuti/e* , teM 
cucOMipotMrd'Aafa (< 
k.n.ol£,deP,rk,AK 
(wiVVoTM £>a>agl6r, ] 

Batleurd'or, faaltetn- far.^ 
iaitar. Dkni' le* Jfkrtfan 
on diitlogue Ic* ftwfaw i 
d' argent enfeuiBa et hi 
d'or et d'argant AJUen 

Baudraier, luiriGant Je ^ai 

Bedd. Cc mot a ' " 



^tWtiJAanFA 

mtuntnl rut iSomI-^Am^ 
roiae Saint-Benoil, I'lnlili 
de PuniBtnke. Une miItci 
etpieier et bedel, 
Bwgier , 

Beelei (qui a}, 
liaui. Celle 

Ci^entcK Irouvent 

paroiMe Saint-Paul , dana 1 

Blaonnier , |teintrE en xn 
unrricr qui bluonnc ? | 




55 1 

molii'n lie P.irii, on lit btaion- on Mtbouloiutitn el dr/b'ertd'ar- 
nim ft niirruri de srllrs , e'tMl ehal, dt cmvrt tt de iaton, 
ttxiHivotr auvrrrrea rl ruirrttt* de Bradtrtise ^ hniudtrrrut , uuvriire 
ttNrs, en brudenei. 

tiialirr, ninirhaiid di- bU'. Brodtur,hroadttur,>mix'vex eii bro- 

^/r mrnluinl dr , ni.irrliind di: derici. 

lili-.Vojpi iiiiui Mfxiirruf. Jtr-oudeur de rninlites , ouvHcr qui 

Shillaiis' vrndturdtl, iii.ircbitid da bri>de pour Li p;irurc. 

bliiliMui. Bniiiis.itur, liruniisrrust , ouvricr 

Tories , rornt: el aiitrts cAo.iri ou iiuvricre >|ui briiuil ou poljl les 
imarrbanddf', iii.in li-ind AciiiA- nii'lnui. 

to, ill- conii'ls ct di' dlvvrt iibjrii Uranhieur iTiir, oa\T\a i\tii hruail 
At l»iilcttrriii rl iiiiiiicailli'ric*. IW. 

Jlttutrlirr. I«>ivn-lur, 
Jtohitglrr, baiilrngirr. biiiiliiigrr. 
Jtarrlifr. bnrrelier. baurtlirr, bour- 

ri'liiT. VDYfi Lnrmirr. C. 

JImchirr, bimcli.T. 

Moiirli'rr, bnrtier , fnb. dc bourln. Calrndreur. kalendrrur, cahaitrnr. 
liavf lei .Veslirn delhirlton du- Cut'alier, ratiflier , sivvlicr. On lit 
lin|;iiv l« boiiclitrt fmieurt de tUmlix .Vrslien dr thri'i rtuelolt- 
bniiflei defer Att bnueliers d'ar- niert de petit toulen dtbojtnne. 
ehal, euivre el tatari.Vnyn .-iiiwi Cendrifr, ifiarrhind de ccndre ou 
ptitrrnostrirr, fnndeur, ailurhirr, piiunier. 
Bouilinler, tripivr. Op vnll un boa- £VrrrAVr, niiichiiid dc ccrcMUl pniir 
diiiitv iin-Ddrc auui la qiialilt Ac rrliiTlri tnniicaiii. 
rh»iiili>li<T.. C'rrviHsier, eervoisitre, braMrur. 

Boiirgiiis, bnurgeoii ; U qualili' de Chacteur, li ce niol ii'hi piNiil un 
biiiirciriiia itc sr tniiivr que ili-ui Hiriinni , il pcut ti^iniCcr 1'iib.d'uf' 
U'U d.ini Iv liTri- de b l:iille : u- tenuici 6e chtUM P 
loir Jrii.-iii lie Tjmiii, r. Saint- Chiunbeilene. C.t mvi it rcncnnln 
GiTin.iiii-rAuirrrois, rl Nicolaide dan* JiienM ncceptinu* : valet de 
I'ji'v, r. dc b Tiuri-.li id eric. chambre, cameriiT, chain brier, »f- 

Xoiiriirr , (Ml. Ar hoanri. lj:t .Vet- ficiiT rUuilral . IrdioriFr. Guit- 
If'rrs de t'aii.t ilt'iiaiieiil t ° bouriset laumelerliambeOeiu, rue du Four 
de lie\'rex tl de rhrfmlint , el gi- ( pamiiK ^int - KutUcbe ). 
benrret ; 3- bnurssieri et beafers ; Chambtrtre , chinibricrc, (emac dc 
.i" iiumn.itnifres nii boiirtes sar- cbambre. R btrt dt Ljnn$, vttltt 
rasiitohel. pellrlier tt su fume thtimberrre , 

2rn»riJt7/r(,b<>uli'illrt.Oii lit an lAle norcheSl-Maiiei AAia\a,Ct\r). 
dr ta puimisr .S:iint-I>»ul : JfAun CAnnJr/'rr, E<b. de cliandellc dcMnf. 
de Sttlabuin i/iii fail btiiilaillrs , Cha/idrlirr de eirr , bb. ir kowm. 
r. Siiint-Anloiiie. Cltaneiraeite. rhantiMuiert , ehane- 

Bnuleiller . mirckiiid Jc bouli'illrt , ti'er. bb. de toilt dc cLiiii rr. \'oyi-f 
■>urrbaiiK>nd'uiMcisnriir, Diipi'ul' c/irneoatier. 
■'Ire un iUTmim? Iieffm/ le bou- Cluingrur, c\iangvur. 
leillrr , r. Pierre- Alurt paroisie (.hmt^rur, rh.iriti-ur, 111 v it I'lriiT. 
i¥/- Mfrri . auimrier,fhaiur!err. in.iriili.iaa dt, 

Bniilirr, cr nidi pcill ainir la ni^mr rhSlivrr. 

>iKiiir>i'Jlli'i> >)>■■: !>' priTi'ili-nl ilunt Cluipelitr, fab. iIe i b.i|ii'.>ui. Dam If 
il Pit aut \:ni.\n\r? Gile te boulier ii,\c Ar\* laiilr )•■ um lruu>t qur 
drill I'lii/uerie, tiie Saitil-Denit , diiii iipcri't du rbdprliiTt ; 1° li>j 
piimixseSi yieolitsilrt <^uttp$^'. chapter* cl i* \ttrlytptliert dt 
Bniiliinnirr. bnionirr , TaL de buu- fitutr<i inaii \et Settlers de faeii 
tuna. Van li's JUentitrt dt Hint , en I'onI cniiiiailri- riitq ripecri : 



554 



cidedi- 



Dcchargeur, deicharchtur, 
geur, dtcJiargcrestt , met 
charger Ici marcIiaoJilet. 
Dfcluirgrui 

rlinrger lo uns. 
Dri'llirriamsdaxile four deitlirr),(a- 
bricao t de dts a joucr. Uam Ics .Vet- 
' tien dt Paris on dixlinguc i* dey- 
cicr>; 3" b»uloiiniers el dej'lien 
d'arclial , de culvre el de laton. 
Dm : ,/jui trail lei), dentiile. Voyet 

Latt^iarl. 
Deein. dcvin. Ce metier elail nni 
doute fori lucralifdanicei tempi oil 
I'astrnlogie etait en veneration. 
Dortlolirr, dorohlitr, labricant de 
niliaiii, frangci, Douveautcs poui' 
ta pnrurc. 
Dormr, diireur. 

Doiiblelier, cclte prorcMion se trouve 
uui! suuli: fois. Huguel. U doubte- 
lier , rue. OaiqiienpoisI ,jiirois»e 
St-Nicolu^cs-ChaniD( ). Scrait-cc 
un fabricant de doublet , lOTtc de 
"ft? 

V plu5 impose aa rile 

de la laille e«t uii drapicr nomni^ 
^V»selin de Oant. r. au Cerf: il 
ell taie ^ iSotitrei. 
Draa de siire ^ijiii /nil); drat de 
saje . sole ou star ( oorier dt ;, fa- 
bricanl de drapi de loie. Berlaut de 
VenUe, ovrier de drai de loie, r. 
dw Pelilj-Chaiu. { Dam le. ,Wei- 
liers del^ris on lil drapi de toie el 
develuyau.] 

E. 

Ecmreicier , hh, d'line lorle de cui- 
rasse en bmei de fer? 

Krnanclitur, faiseiir dc inancliei de 
couleaux el d'oiilik. Voyei eoule- 
lirr, enmaitcfieur vt eanancheur. 

Ernpnli 



Eiear^tevr. ^^lier it Upa 

aninuui de leiir pcau. 
Eterinier, bbricaDt dVcrin 

Esaivaine, femme ^criraiB. 

Etrrimen , eseriptin , ^criv^ I 

Escrtiier; ce mot ae IrouTC i 

ligniGc-l-il (!crrrain , on Ir 

croe pour rAle dVcritura 

quelque rapport k h proC 

eserauel , cylindrefoB kl 
lurde, ecrout'r, bittiCU 
froid? 
Escaier, pour fmmtr ^el 
bllait tIM Hicceadvi^niEal 
varietal ttader'i cVtdt 

Srademililaire. UneMCOfl 
'e'ciijen cninmvnait nii 
beaucoup plui 
viduigCltirall miia^^._ 
pennnne* ^e I'fcnrer mi 
fin one trouitme cbMe o 



fncnVfT.rabi'icanle d'ei 



Enmanr.krar. \aHK.\ 

Erbirr. niarcliandde legumes, ner- 

Esehariion , oriicicr charge dc pre 
seiiler ii liojre aui graiiih tci) 






et dr I 



I'ller le 






Escuiert , iAamt tTnn tritf 
E.icurUc3 de piaurtre (y!uM 
bricant de palerie ou va 
piauslre nupiauire, cipice 
ijui noun ett inconnu el ^ 
vajikiil iu tnarleau. Uanl 
fieri drihrit on lit jimiii 

Eieuillirr , marchaml de 
vainelle. Dani lei JITeslta 
rii on lit eTcalliert et ' 

Eseuillier d'itain , potiev 

Voyci Poller, Bamur, 
Esmaillnir, cmailleur. 
Ksmanchrur, Voyes rmoMt 
Eiinoteur de fitrcet, tfmoi 

Esmaulrur, ^moaleur. 

Espiaer, epirier. Snrle rAI« 
rnisicSl^eneti^e en b 
lit : Jfhan . Veipiati' a 
gnfur 0taUtt et a autrr. 
Cbarle) . camte dcValoui 
50n. frire d« Philippe-| 
ptre de Philippe d« ValoH 

Kapinglier , esfringuier, p^ 
KV/ain. Vnyei batnir.pot 
let Mestiers on lit : Mena 
que on fait d'eitain on i 




555 

,*onnellr),ancU«i, iiuillei. Fili{marchaaU de). marchandi; dc 

dt btiuriKi , titoufftrttte , fil. 

cl ouTriere en b»ur*«*, qui Fife au tmtrel ( ^ui) , ou*risr qni file 

!l. mot a mol qui le* ^tolTc. an rouel. 

, prnprivLiirc (Tt'luiei. t«- Fllendert, toyet Filandrierr. 

: LaiDf ; celle profouon M ttUretse d'or, ourricre qui tiil du 

evInglfoU. fildW. 

fiUercise dt lin , ouvriire qui file le 

F, tin.Vojttaumtoie. laiae. 

Fleuritre , marduiMle At Bcun. 

, marchand Jc (ifpXt. Florier , mardiapd dc flrun, 

(antrrtsse, marchtDd et /'oni/feu/', /ondfrVMc, fondeurdc 

ndc dr luiii. \oytxfenier. melaux. Itan* lii JUtslitri on lil 

au foin i-lail alort lituc lur fondcunel mouUcun qui font bou- 

Jroilc de la Seine , a I'cn- clei, mordani , rremai daaeauj dc 

I Too a cuDflmil le Pont- anuli d'ardul at de cui«re. 

Fandrur dt cuivit , fondeur dc cui- 

itr, march^inJ de fauconi. /(»i/cai>r, Jabricantde fuolaiiMa. 

ehaptronnUr. FoKtlitr^ Tabricanl de fjranda ei- 

, nijrcliande de leve* , ou leaui nomnn'i forcei encore au- 

oin'tn At ftvrt? jourd'hui. \ nytx Ksmoitur, 

r, marciiand forain , porle- FormagUr, niarchand de froma^ 

entire a ligiiiGifauiM tiouti- Voyei Founnaptr tt Frotnagirr. 

ron veiidait autrediitilra- Forru'tr, qvi lient ua four puUic- 

fenilrc* , It chaland rcitani ^'ovei Fmtrtuer. 

rue. Forntr, mjrchand de piilU,four> 

■aichaiid de fi>in. /*i'- \'uj'i Fourrirr. 

•X bourlier, ttrfiUtr. Fou. L» toU el lei grand* leigneuri 

>/-, Tabricaiil d'obiela <)ui Cnlrcleiiiienl de* foui ou boulToni. 

1 [ernier une bounc , un !>ur le r^le At b paruiwe Sl-Uer- 

Ir., eir. Un a dit fisrmail vaii , on lil Rahtrt d'Angom. It 

Tafc. et Ton rniploie encore fou, r. dti Rotiert : il ae pourrait 

rhui fcrmuir el rermelure.' que ce Robert till I'un de cm bouf- 

» Meitirrs dt flirit on Ml lata? 

len de lainu qui fi>Dl frc- Foulon, artinn noj foule letdrapa. 

ViTKXoyttiamForuittur. Fourbear , Fouriissrur ,i<ma\Mttuw 

riiiier. Ifam \a JUeiti'trt dt d'arme*. 

n ill .' i°rer}Hen; 1° frepie- Fourmagitr, marchandde rromajtes. 

CI e* qgi vendeni tout le* FournUr, qui lient nn fottr iiublic. 

Ilei. Fourrrur dr ehapiatis, qui guliil 

tpeltltrit, fripier pour le* Icichapcauida fourrure*. 

ie». Fovrriir , marchaiid de faurT*|».> 

fabricanl de groiou>rage> (Jn lit aur le rAle de la paroiiWe Sl- 

rorgeron' Grnnain-le-V'ieil en la Oile : Sjr- 

labricsnl dc feulre. mon ItAimrnc . /nurrirr le Roj, 

rgrron,arli>anqui irJTiille en la KaJeadrt. devers I'jraut. 

)an> If* Jteitirrs de l^iru Fromagier, ma rr baud de fro mage, 

nftue 1° fevrei,inareadiaula, Fruitier, Uuititrt, fruitier , irui~ 

1, greffirnel heaumierii a* tiere. — ttogirr de ( litlii . fruitier 

-oulclien. le Roj , rue Si-Martin (paroiar 

r, filaadriere , r.elui ou Sl-Merri). 

ml le ini'licr eat de filer. FUisMtr, tikueurde fMeani. 

II lUeslieri dt l^tris on lit 
irt et rdlandieres. 



ttacheur . qui g^clie le pUtre, If 

GiiignrmatiiHe. La maille tiail une 

Iiclilr nionnaic de cjivrE qui valail 
.1 fiiiiiEiL' Id'un denier. Ce mot doit 
tlTr lynoniTDC de gagiie denier, vt 
I'oiidoniiaitce nom ^ rt^ui qui nct- 
loyaienl \a vaira d'l'laiii , raccom- 
mndaivnl Id kanap«, elc, elc. 
Octteprufcniod at le Irouve que 
Iroii (nil dans le li*re de la tailie - 
cl il eit & remarquer que Id trail 
individusdemeurirnl dauila mime 
rue, rue du Piastre ( paroiue St- 

Gainlrr, qui fail dcs aaiiics. Vovci 
liutnmtr. Dans ies jfTr^f.Vri on lit 
gainnicrs fourrelierj ouvrien de 
luir bnuili. 

Oalochier, faliricant de galochci. 

UuntrUz {iful/uU), EihriunI de gan- 
lelels,gaiiIsci>UTerIide la mef defer. 

Gantirr, qui fail et vend de* gants. 
Voyei aiusi ChapeUers. 

Garitciir d'jaur , Rarde-riviire. 

Gariilssnir . nn pcot ganiir lant 
d'iil>jeti que le ventable leu* dc ce 
inolFsl Ircn-dirficile a dc'trrminer : 
line 11! trouvi- an rcslc ijue Irnis 
foi!!. Maia les Mesliers ilc Rin'i an 
lit: ^miiseiini de gninnei , frsrun 
derirolei, deli._ el dc coi'pe.iiii de 
lalon. 

Gaalelltr , galelier , pjiiuicr, faiwiir 
dc gileaui. 

(iraor/irr, marchand de gr^vicr, grm 

firtsse{mrrclianl de) , marchand dc 

Griitsier/emin , forgcroii <|ui fait dt 

eeoiniivragei. 
(iurniiier, gurinirr , i|iii fail Ji's 



n. 



narcliand 



Uarrngier , harrngirrr , 

ct mirchande de harcngi. 
Harpeur . juueur de linrpu. Cettc 

profession neie liuu'i- <|ll^IC1■' fnis. 
iilam le Itarpnir . r. Piiuprr ( p,i- 

rtiiur Sl-Sevcriii ). 
y/«WrHf. ..rficitrtk'sriiisiiii-»i.>v:.l,>i 



GuUU Uhostatr ft Jbijr 
inantel (paraiMc SainI 
I'Auierroi* ). 

■Haubtrgier, (abricant 4) 
CVtail unc i iiti iai oi 
maillci qui t^ouTnil b 
deicendait jiisqu'ain j 
haubergieri , au nonfi 
habibueni l> Haumcri 
Su Dt- J aC(|u«>-4>-Boiicl 

Haoonniere. On lit mar I 
paroiiae St-Eiutaefac : J 
havonnitre , r. Aueint. 
pn une bute de copiili 
oanaitre, ce pournil 
marchaode dr R rains an I 

HrauiTucFj biaurrutr. An 
bricani de catque* mt 
\» rue dc la Heanmerii 
tire M>n nam. Voje* Bt 

Hrhergtur de m " 

les meisagers. 

Homme d'jraue , i . . . 

Ilailelier. hostetieni, 
qui tienl un cndroiloul 
voyage, une hAtellerie. 
IrEir. Hebeneur. 

Hostesse. On Fii ce nial 
foil dans le livre de b 
rAle dc la proinc Si 
I'Auierroii: y^mfti'fM. 
Spnon de Lile, oifiat 
Germain -V AuscerroiMm 
dcnl ;iue, le mot liostt 

ineurcSymon. 

Ilullier, fabi'icant el nurc 
le. Vfiyci UiUfer. 

Hiiitsier de la mtsint la 
lur Ir rAle de la p.->roiwi 
S(-r>i1les qu^on Til .- Jttt 
cillirr, htihsier de la 
Riij , rue du Bourc t't 
charge coaustail a ftrc 
dc la porle dc In cbU 
Vhtier. 




557 



IJgiiitrt,cr doit #lrc une laulc dv 
copilte i il fant lire liagiere <iu U- 



i qui jiugCi oflicier 

Linper, tiugiert , Vingcr , Uogin 
i (pli imgc lei l^nttr , Unitrt , marciuna de li n. 



|aU|,-«aBe. 

Lombarl. ha LomUardt viDrrul *V- 
tablir a Paru i Ln fin du Xll' iiede r 
Drigiiuirciil'lLilic(i),iliprilaicnt 
lur B>gc , biulent la bonquc, Ic 
change del moamiet , elc La qu»- 
iificalioD de Lombard ne te trauvc 
que trenle-fii foia lur le IJvre dc Li 
toillc cl celli dc lombartU une 
icuU foil. Le leul dcntiile q x init 

Snrl^ lur b taille liuit lorobaid ^ 
lardn le lombart fui InuV /» 
li^ni, tn la canaUiif. ( PnroW 
St-GcrmaiD-lu-Viril en la Cilv.] 
n«nAaft(tfr),marcli>ndde LonnUr, «uirlcr qui {ail dci /»- 
mint, dea mon de bride, d.3 0u- 
iragri deiclleric, bourrellene cl 
I'peronntiie: lorum en btin,cour' 
raic.laniere. (^et rtat dUil cou- 
ceulre dani la paroiae Sl-JacquM- 
b-Uoudierie. Uant In UrMtieri de 
I'am aa diitingue i* lomiiert j v 
bourrelien ellormlen; 3«teUien 



VUrreise de ) , ftleule i 
tueriert dt), ontrikit • 



niarchand d« laine. \ojc% 

marcbande At lail. Voyei 
r, Lrlltre. 

, fabricani dc lampci. 
lanierr , laniiier , luai clian4 
ch^ndc di' Uiue. 
Irr . fabricanl di ' 






e Uil. 



._ _ Boucher , 

■nru'er, Ftnnaillirr, Garnis- 
Serrrurirr , nitertiolner. . 
'ere dr drapiaus, blanchif- 

rr , lavendlert , bbndiitMur, 

ere dr Iritts , qui lout le.* 



Maeon . mafOD. Surle rAlc de b pa- 
mtMC Saml-Biirlhelemy , on lit ■■ 
Baoul dr St-Germtr , macon rl 
rtceveur dri pierrtt dt la Court . 
plarr Sl'JUirhirl.^Daiu \tt JUet- 
lirrs dr Htrii on nFunil icjmafoni, 
tailleurt dc pierre , pbtlrivn ct 
moitelicit. 



rd'bi 



libriert, eopiile. ijcrivain. 
eur, lieur tie lieru , celui 
I , iiui julgnail euaemble le> 
do minuKrili. Nous ditoni 
iui reiirr un li,pr. A !) fin 
de la taillu u Irouie uu 
dcpcnici el on y tit ■- 



m pour faire fere 
D Ii«re i Piei 



cuuvrir troii II- 
niAbin dc Vi 



b; 

liawtt^rt dt Jiiuw (Shsh), rif^iir, r. 
Pmin-Moitt. puouM Saiat-Mcm. —nitrri 
Bam.li,Jal dm L-^Mtj. Lamhrnrt, nu Niovt- 
Siummim. HruLMcSI-Htrri.— fVaiafW' 
<{< BmjUgal FiJorf >u Fm-hUi JiNilUimn, 
nu <U UBiiJifnr. umuH Suat-jK^au 
l.-a«rb.ru.O-«l t. r»^ Ulablen fu 
■ rluBC> loa asm <• iclni im Laatbudi, — 
CJiatuUim . Jt OtHKH , tm* dtia PoUru . 



558 



JIadr/ini'rr . ouvrier qui fail lej mo- 
ilrrins . hanapi paur k-« grands f«i- 
((nciirs tn madrr. , iOTlt Je plerre 
prt^cicujc. 

Mairr , ce mot a jignilid rrgisieuT , 
r.licf de corporalion. marguillier. 
Jfhan It mairt , grant rue ( p,i- 
roiuc St-KiMlnche).C'c9l prut-jtre 
un nom prnpreou un surnom ? 

Maislrr dts mmrglrs. On lit sur le 
rdlu Je la parolnc Siiinl'Gcrmain- 
IWuicrrois : Jeltan de f^le- 
JVurce, maixtrt des /loiieglrs It 
xnn grndrt , porle St-I/onore, 
lirhnrs Its mart. L'hdpilal ia 
Quina-r^itigtrSutTondi en lAa 
par Sninl-Laiiii en un lieu nommc 
Champ-pnrri , an coin dc la rue 
Sl-Nirniw; cVtait le direcleur de 
cct hApilal. II y a encore dam cc 
quarlicr la riii! et le puiage dits dei 
(Juinie-Vingt.. 
Marclianl rl prestre. I^ei rcclilsias- 
tiipiH nVtnlunt point laillables 
i|Uand lis n'cier^ienl aucun com- 
ini-Tce. Un leul ciemple du con- 
Irairi: se Imiive dans le livre de 
la Liitle de >.ti3. On lil ijr le rAle 
de la paroisse 5l-&uveiir: Mrssire 
Jeluin de Ca/ombrs , prtilre dr 
Sl-Satiutiir , marchanl , me St- 
Saiieriir, el 11 eil laic a \X sous. 
.tlan'chal , mareschat , martchaL 

lUariglier. marguillier. Viiyei Ular- 

rrsfirr. 
Mannirr, mannier. 
Jllarregtirr , tnarei 
Mrgfifder. jaif,\si 

tiers dr Pan's on III i" megvycien; 

1" ineKcvceric dei vallt-i nieKcicien 

Ic quai'acl'iel de b Mi Eisierie ). 

JIMfrri-.nnrclwnddemlcl 

Meaeilerel , miiiic trier, mencllrcl , 

Joucur d'inilruTnens. 
Jurrchant , mareheani , marckant, 
inarchaiid , cnmmer^nnL <Jei mots 
setninvenl Irciie fois sans di'signa- 
tiun du genre dc marchandises. 
Merehanl /'ar jrai - '- — 



lUrssagier, n 
paqueti tPoi.. 
prof««rioD«ert..w. 

Sleslre dei paoWom. , 
qui m'est ineoniine, 
le rile de b pirriiMi 
Hamon h brttnm ^ 
pauillant, rme Slc-Q 
>ur la mCme paroHM 
tienne, voUtt AUa dl 



. Danilu^fi- 



Merrenitr , niarchand dr boii 



Memreur. Od titMT* d 
\it4 de tnemrtur n 
linclion ; qualrc foil 
We; qualn foitmcM 
<™, wye* notair; 
mesurairtUgel.CVt 

*^"" fr^jp-"*^ ■" "■ 

Mire, chirurgieo, aiUt 
TailUitdelanuin. Get 
le rencontre neurfoH, 
Slireste, Ce inol se n 
wulc foia; cVtait b I 
mire ou ddc femnc a 
■"office ? ' 

ISoleor de buiehe, moa 
qui mesnre te hoia ■« i 
laannoier^ monoiti-, m 
lui ou celle qui i^;t U 
Jm nionnain , W- cha 
pices. Le rAle de la uJ 
nalire un endrait o& 
monnaie-: Laplace A 
ertlour da cotng ou P, 
";o""oie(piro>ut Sai 
Gr*ye).ll„'ej|p>,hoi 
de rangier qu'il y aval 
gues t.apet plus ^c Cen 
esptces dirrerenlcs de H 
doni la plupart t'excb 
proquemenl; ou'ei) lal 
eneoreplusdc So leini* 
laienl nitre monnaie, 
roiMulpouvaiienlabrii 
A ardent ; que ce fnl i 
I^uis que la mDnnaie t 
men^a a jtre rc^« ■ 
royaume, mail que Icc 
Torct! sous Philippe^e-B 
donna que H* monnab 
court dans lei Qetk tntn 
ron*. En i3iale*inoiiiii 




559 ' 

Irllrnirnl ^lu-ri-ei qu'olUi n'a*aicnl Ditidtur , oUrltur , niieleiir, olie- 

pli» i|iii' \t si'plienie de leur valeiir lier. 

■nli'iimi'qiip, rlrn voU publiu uc- Or {JUierttte d' ) , qui fail du Til 

euiiiTicrenI Jri i^Jilioni. il'or. 

JVor/W/iT,^ui faille inorlicr,nu^oii. Orbalrur, ballcur d'or. 

Viiyci xfucon. Or (qui taiUt ), t\m laillc , coupe I'or 

jllnulrriir. ci-liii qiii jellc CQ moulr. piiur diTcn uaiRM. 

Viiyci Vimdtrur. Or/ti-rr , aritrtt. Gtrarl , Forjr- 

Koulrur <le coustlaux , I'lnouluur Jr vfe de ftniae , ju» la riviert ( p»- 

JHoiilim. Sur le nMc dc la paroiuc Orgutnmr, orgatrueretsf . iooruT 
Saint-GiTvsii on Irauvc : Sltitrr ou )oueuK d 'orguc. 
Jrhaii ilr Sl-firtar qui lirtil If Oslrlirr, bAlclirr, aubergiilr. VoypL 
miHiliii du Ttmplt iut la nvitre. Hoslrlirr. 

Ci' moiilin apparleoail aui Tern- Ovblaier ,oubloier,i>blaier,oblairr, 
plirrs , ordrc diiitl b supprcnlnn ouUaire , qui I'ail dcj nuUiM. 
roincidi^ nvrrla lL-Ti-edtccl(c laillc, !.« pttiuien dam Unlr acle d<- 
Vriyri .Vuriiri: mailrifc prunaicnl le litre d'eu- 

Hloustanlitr , qui bit et vtiid de b blaier. 

niDiilardv. Omlflifr, Mldier. Vojtt Oattlirr. 

litunirr , miiiiirrr , mttiMtt , mm- Ownw, ce mat ne w trouTC qu'iini' 
niere. Olle priirexiiiii le rt nron- Tnii ; Birhart I'oHurier, rue Saint- 
trc dii-tvnl Tois. II y en avail twau- tlonorr{ paroiue Saint-Germain- 
roup iiirfcgranl punt (1c piHil 3U rAuiirroU). Peal-tin eil-ce uii 
Change ). iiirnnm ou loliriqucl? 

N. Ourier de braz , ce mot ne le Irouvc 

■uw qii''iine foil - Pirrre Hemrri , 

Nfis^rur , marrltam! ou fahricant de oivvr dt bnti , nit Sl-Anloinr 

n.nuri ii prirndri: le puimin. ( paroiae &I-Paul ). Pcul-4lre ril-re 

Niilirr , niarrhancl au raliriciul de un fabricanlde braManb. parlic de 

nallci a couvrir les planchen. I'armurB qui coiivrait le llrat? 

Ka<;flifrr . fab. de navclUi de lii*e- O/tr, Ourtr, rAtiMeiir el nuixhand 

ran<i. d'oiet. Apyei Ofs. 

Notiiirr, niiloire, nntaire.&iiiil |j>uis 

rri^i ta ii;o 6<> nutairei en litre P. 

d'ofTice. Lalaille nc nientiunnc que 

ijualre ti»ta!rcs, ct I'un d'rui en thagt. celle qiialitv ne w Irouvr 

ce) Irrntri: Giraumr df ■ liasltf , i|u une liiU: Guillaume le pamgr, 

huilirr el rialoirr, martlti Ihilu. dans la boveherit { paroise Sainl- 

J»c<|u«a de b boucberie } et je 

O. pcDM que c*tit un nom propre en 

Orsllanif on i'ert guisi les),{aa- ihalier , aaiUtt. 

nnue Sl-Lcii et St-Gillet).La rue Pain {venle du ). Una h Ma de la 

nu i'lin rdtiuait lr> uiej etait b rue paruiwe Sl-Eu*l>cbe . on lit ; £a 

am Ou»d'auji>urd'hui. medesmtiout St-j4nlhiHne jus- 

Of final, tr niul k irouve deuifoia; quei aui piliertouenvrallepain 

frmtin, I'tiKdal. r. au R—- dr au samedi; ce* eipreiaioDi drii- 

Sezilr{pariaise Sl-Paul) : Utiil- gnrni la rue dela Tonnellcri«, ou 

se, I'nJficiuL ChasUau Frstu (pa- celle venic a encore lieu de Mw 

rnlsie St-Kuslache). Ltiignilica- jnui-i. 

tiiiii lie re mot *e r^ppruche de i'anettcrr, boulaoKirc ou Eakieanli* 

preudomme , bomiuc prudent cl dc puien? commc celle aipre*- 

u|;i- , i|ui arrange lei arCaiTri el Ici uon ne ic rsDMntre qu'uMe Ibii, 

prorei. le vc'rilaUe (em e*l difficile a Htsir. 



56a 

r de) , fibrlcanl i\f Prrrfer, nMrcbaixl Je ■ 
ciGiiwi. Vojct Pterrier 



- PeiUr, 



V< 



Rirchaninler , parcheminier. 
/f/ijenr,i:cliii(|iiimtnL-unbac, un 

bateau pour pancr Peau. 
Passeard'jaue, commc If precedent 

Ihislakr, Poiloier. Palaier, pilis- 
licr. On lit sur la paroine Sl-Hl- 
Jairi: : Jthan Ckarlrain , paitaier, 
ronclerge rnansei'gneur de Saint- 
Pol , iiuarrffour Sl-Hjrlalrt.Ga\ 



(le Saint-Pol', 

Ippc le Bel nainnia grand hoiili 

tr lie France , el qai mourut t 



■ <.»r.Onlitnirlei4feA 
de b IVIadelainc: Guian 
tl aotnier , mn la JtAr 
Ptiinert, faute MreapifU 
eriere, marctniMle de 
plulAt heuriin, ■»» 

Piau* {pamtr- .^^^ wg^ 

Ptaalre. Voyea 
Pffngitie, fabrii 
Pfgnier. 



Pateruoslriir , palf.nostrier. (aiieur 
lie diap«lcl9. Dans \ei Mealiers de 
Rin3 on dislinguc i" patenotHers 
il'ai cl decor; i" patMiolHcn do 
Fnural ct de roquille ; 3° palcnu- 
Irlcn d'ambre Ft de eeal; 4° pate- 
notricii , faiscun de bouclctei k 
MiuUri «t dc noyaur \ robe que 
on fart de hloa , d'ai'chal , de cui- 
iTK , d'i>» , dc cor el d'yioire. 

Hilider, paalidtr. pjlissirr. 

J^umer, maitre d'un }eu de paiime. 
11 y en avail cinq lur Id live droile 
dc la Seine etiinscul sur la gauche. 
La Cite n'en avail point. 

Paneur, entrepreneur de pavagc. 

I'ririire . piiinlrr , palnlresse . ccliil 
ou celie qui desunait Ft cnloriail 
pour diren usages. Voyei aiiui 
YTnagirr.MaTOiXKt Mrxtirrs de Pa- 
n'l on dlitingue i°paiiitreiqui peu- 
veiit niirrerdc loulei maniere* de 
fiwt tbiii»;, de pitire , d'oi , de cor, 
d'yvoire, pt de l»uli-> manierci de 
painturei. i" pa in Ires id lien. 

Pi'tsdieWtprfcheur , qui faitmetii'r 
de pjcher Ivs poiiuoiit. Uaiu hs 
Mftirrs dr l^ris an \ti appellc 
ppH-hceurscn I'bueleHoy. 

Pe/ier, pcllelter. 

/k//rlier. prlrtlrr , pelletier , qui pr.-- 
p.nre el vend les pclleleriei. 

Pehtirr, hiile de ropisti; pour ptl- 
Irtler ou bicii falirirant de pi'Intes? 

Prrehirr, marchand de ptrebei en 



Pignirr, bbricanl dc peig 
Pinglier, epjndier. Vqjn 

Piaslrier, marcband de pU 
Pfombier, oilvrier en pfei 

aussi Eilmn, 

Plamnir, varianle de Pta 

Ploumiere . femiiMd'uii d 

exer^ant P^tat de plomE 

Pais {pile) an POA^ <fa 

pile del poi* pour en I 

puree. 

Poii {tjaiveni), martJou 

Pnissoanier , mtrchaad d 

Paissonnier d'iaue douce, 

de poinon d'cau douce. 

au poisaon d'eau douce 

litue entre le Chit eld 

de la SauDerie. 

Piusonuier tie mer, ma 

poinon de mer. Cca man 

bitiiienl parliculiiremei 

de la Biicherie , du Pefj 

de la lluchette. 

Poraitr , poraiere , Kiar 

marchande de porrcsm 

reaux[p1anlepotagii-e], 1 

en eiinvral. 

Ptjnjuer, qui a une porch 

Pc-teur, portc&ii, me'lier 

In Tardeaui. Le rAle de I 

Slc-GcnevitvetapetJtc,i 

iDcnIionne lUilei , le p 

I'Oslrl-Dieu, rue du J 

role dc la paroioe St-H 

Chardonnel menluiitai 

I'Anglois . porUtir (tr d 




Tue Sl-Nirnlas. (^'elait I'jbb 
Sl-Viclor. 

Dorlcurdeblif. 
J'ortfur lir buache . portcur deboli. 



Porlfur dfblt. 

de fain oa feia , porleur lie 



foin 

Pniirur d'jaiie . porlfur d'au. 

Portirr. i|iii garde b porle d'unc 
inaiinn. \.t xi\t dc la paroiue Si- 
Laurrnlnicntionne Gobrrt, It por- 
tirr Sl-Magloirt . rue Sl-Drnis. 
La dcaignatlon de porller ne le 
troiive que lrnl> {a\i. 

Palagirr, marrband de potage pour 
le bat peuple, ou jardimer mani- 
ch*r? 

Pottfr. polirr df Irrre. qui tall el 
Kirnd (le> pot) de tern. 

Polifr dtitain, poll d'etlainije- 
leurdc), qui fait rt >rnd de« poll 

pttier lie caivrt , qui fait el vend de* 
pi>l9cnouivre. 

Pnultullier, marrhand de voUille. 

I^iw/ueieur , marchand de »ci ? 

Prrudomme , prud'bomme : c'elalt 
*lon iiiipproteaion , celle d'amD- 
ger )ei 3f»irei el let proc^ 

Prevail t retle de«ign*lion ne rencon- 
tre deui Tuii: ce mot aHrvibour 
signifierle tilre de diiera ofbeien 
pn-piiji'i pour »»oir min , auto- 
ritv . dircclion , ct pluiicun pro- 
feuinnmnl eu \tnt prrvAl. 1) irrait 
tr«i-di(ricile de d^terniiner le miu 

, precis de cdlc cipreMionibii*cctle 



Huiilact. Charia, frire dv Rc». 
— Sur Ic rMe de b paroiae Saint- 
Eutbcbe on lit : Henij Becaire, 
meu la rayne de Navarre , nie 
/•'roit-manlrf. Ce doit ttre P^pauie 
de Lou!(-le-Hulin , Marguenlede 
Bourgogne. 



, coupcar, larbier. 



Ouarn'er. carrier de pier re 

Qurrrur de pardons, on 111 >ur le 
rdle de b paroiMC Sainl-ScTerin : 
mtnlrt Jehan d'Acrr. quereur de 
pardons, rue de ta Horpt. On 
faiiait alora metier de pgner pour 
argent el de quirir pour d'aulrei 
del pardons . c'eM-i-dire da in- 
dulgences cnallanlcn pele'rinagc el 
en taiunt le* p^nilencci impotcetk 



RifnUUr , rtgraliere . celui on celle 
qui Tend en d^bil ct dc b wconde 
main. Dan* \rtMtttiersde thru on 
distingue i° regralien de pain, de 
kI , de poinon dc tner el dc loulo 
autrei dcnreei fori de poinon dc 
jraue douce el de cire ouTr^e; i* 
regrati ersqaivendcnt fru il e ( egrun 
c'est aMavoir aui , nignoni , es- 
cbailtonguM et loute autre ma- 
niere de egrun. E^run pour ai- 
gniu , ce qui eil aciile, aigre. 

Rttondeur , toodeur de drapt. 

S. 

Saunitr. taoaUr, mirdiand d«Ml- 
Saottirr, t ooader, nTctirT. 
Saeonnier, bbricant el Rurchand de 

Sechier. ce mot nc se tron<rc quNinc 
*eulefois,elc'estfurli panMMcSt- 
Euitachc : GuiHe, le techier, dt 
Sl-Dtnjs. rue Baoul-RUssotU. 
Si ce nVil pas un tumnm , il peal 
deilgner b profcmioii de &ire *e- 
cherdiTeracs niarcbandiael , te pro- 
pri^taired'uu s^hoir? 

Seiatier, marcband ou bbrionl de 
ceiolurci. 

SrUier, setter, mii fait da telle*. Dans 
les Mrstiert de Ihrit on diatingue 
t* icllien et paintreS'Mllien ; i* 
•etlirnel lormier«i 3" Uaaonaien 



i/uru , queue, cuwinier, traileur. 
.Sur le rAle de ta paroioc St-Eus- 
lachi- figure Gerveiie, le quai 
mnmrltneiir Charles . poinleSt- 



jeiren/.Uanslnmaniucriljdu temps 
ce mot a leaiigniCcalionssuiTanlei: 
lerriteur, buinier, bomme dr 
guerre. A b fin do lirre de b taillc 
on trouTC le comple de cerbinrs 
d^pe n a u frile*, elony vnit figurer 
lea gagodesjcrfHiftifci/ Jbrn'/fj 

4= 



il le rvtroure cinq foil mu au- 
cunc lulre dcsigualioii. Voyci Ics 
articlci luivaoi poor lei duigna- 

Serpniacheaal{eipn{o'a); cVtaienl 
dui hulsaiers qui avaicnt unc juri- 
diclinn plus ^Unduc que Ici 3 jlru. 

Srrgfnl a vrrges ( troii fois ), la ba- 
gui-ttr qu'ili porlaienl el dnni iU 
tDiichaictit 1 iiidividii contre Irquel 
Ili agisiak-nt, <!lail la cause dv Icur 
■uriiom. Lri conslabtes onl encore 
UDC verge ou lugUKtte leiiiblablc 
qu'ils GiDplolenl au mime uiagt. 

Sennit desfoyres [une icule lois) ; 
Ilugaes du IU. sergtitldtsfoyrti, 
rue Tjrr-Chapt ( paroiue ^tl-Gl.T- 
Il,lll.-l'.\uM,Poi.).Onp,l,lpBi.„ 
sur tci fniresdecelle (.'piiijue dv cu- 
liim reniuiBnciiitns dans duiii na- 
iiii5crii.«deiabibli.<l1iequcduRoi:i° 
U ilil il,i Undil rime cl •'- CI co- 
moiicrlfifaires de Chainpiiifne 

Sei^riUdr Siiinl-3Iufiia Tunc mule 
Tiiis), TablKije SRiIlt-^)a^tin-del• 
Champs mail au»i siin sorgeiit. 

Sergrnidu rluipislrf (iineieule Tnis); 
Jaqiicscrgunl duchapUtre Notrc- 
IJaiiif ,par>il>ic Sl-Uudr!. 

SrternI rftf n'irI(Ir<>isi'uis),ciiiploYi: 
ilap<.t!ccdelavilk. 
XU.UiyiMli descrB<mt iiVtalt 

pnlnl incoinpalibic avec d'aiitrnpro- 

srrgrnt a ctieaul ft lacrrnitr ; di'iii 
foil nrrgrnt a tJieval rl hastrtirr ; 
unu Fills sfrgenl et rfgrglllrr ; iiiii- 
fr.ij xergent du giiirt rl mfrcheanl ; 
ct mil! ioii tHfid urgent a verge tt 



LeiJfstCfiEr« dcAwA 

celtesqai filaientlgn 

^ petii finaux. 

Sajt foii>rMine<fe),<ian 

Soj€ (^ai Oaare A), i 



Tacheur de pfilrlmrre . 

pclleter]ea.2iMAr,cn« 

de cuiri liifs enicmU 

ememble. 
Tairr, tailleur. Vore* a 

TailHire. ' 

TailUeur, uilleitr d<U 

ausii Coujfuirrr.Lestaill 

nommes pliu mcxcuH 

menliers. 
TniHtrrestej Uillei^ ,- 
Tailliere , tailleme , eonli 
TaUKeur de robes , taillM 

vilement long alon k 

liomme*. 
TaUlieur degam ^ taUlen 

Tail/irur de ^retil, cetl> 

colaa, tailUeur de Bn 
de Biere ( paroiae si^ 
Breriller, briier , ricii 
ta pikcet; Breaa, m«^ 
boil. Celle prolenioq 
done a dtbiter le boia, 
uiape ? je I'lpnore. 
Talllirur de pierres , lailli 



Sfrreiirirrile lalaii , qui fait Ji?s 
■ra|;i.irn liiiloii. 

^rVHr(lerT,srii.'iii' de pbncliei, d'aii. 
JiiMi/rHr, qui soude 1(1 metaiii. 

Crespinier. Dras, Latceuri au ^11. 
Sujrt (fdlerresse Jt) , fileuie de loic. 



I Taiiilurier d'ticarJatta , 
en tlcarlale , couleur roa 
' Tallemelier , lalmdier , h 



haulc 
TaetUa 

boiidicr ? 




563 

eaKarctier. Let tavernien pritc k oture. Get moti ne se ren- 

; fort fouTent deux proilet- contreDtque deui fois, et je les coo* 

nsci^ne des tavemiert ct sid^rc Wkime comme dcs sobri- 

est indiquee quelqucfoU. quels, 
leant dc toilet, CiMerand. 

liniii du precedent article. V. 
texrrranl , tiuerand. On 

da ns les jUrxiiers de Pan's Vachier , wul^r , propricf taire de va - 

int; 3» tisserrans de bnge{ cheric , ctable ^ vacbes. 

Ill de llnge ; {" tyssf rran- ValUt , apprenti , commis,servitear. 

cuvrechez de loie. * Ce mot ne %k*. rencontre iamais seul 

of/Y55e </(r), (abricante de dans le livre de la laille; voici la 

nomenrbture de toutcs les profw- 

iisofiier ^ raarchand de tions auxquelles il est joint. 

*is pour le chaulfase. Faiht cierc , ( i fois). 

scrresse de ) , £abricante f'alirt cordouanier ^ (i fois). 

k'ailet drschargeur, ( i fois). 

tondeeur , iondrur de f'aUri dranier^['S(o\s). 

nderesse ^ celui ou cellc f^*Mflei/oufon,{Siois\ 

ne'ticr de tondre les drapt. yalhifournitr, 3 foil). 

ournrur, toumeur. l:d>oiiri»iir. 

, tranvfifresse y ccIui on f 'allrt a lornbarz ^ {\ {on). 

coupe par tranches. Cettc yallei marchrant ^{\ foit). 

n avait rapport aux cuirs. f'^ailrt tnareschal ^ ( i fois). 

\ tranrheur, cf>nrroier , r. f'allel mearisvier . (i fois). 

poisl ( paroissc St-Merri). f'allrt prlUtirr , ( { fois). 

bricant de tresses. falhtpotier, ( t tois.. 

trefileiir. I^s Mestiers de Pallet taintdrier ^ (4 fois). 

tiriguciit I " treliliersde fer; f'aUet iaienuiter, ( i foU). 

:rs d^arcbal. f'aUet tessera nt . (.1 fois). 

Voyci Trume/ier, f'aUet dj aue , (i foiii). compagnoA 

ramcur, qui dispose li'S fi\$ dr riviere. 

<*s ' f'aileimori4a'^ruurLojsdel''rmnce^ 

fin . faute de copistc pour i f<'is.. I»uis, filsainc de Philippe- 

»oyetce mot. Ic-bel, quia regno' sous le nom de 

ipiere ^ Irlpier, tripiere. Louis-le-Hutin. 

'sse, qui fait des trompes? Fallei au chamberur^ (i fois). Le 

I peut-^tre aussi qu^un %o- chamberierde France gardail le lre« 

la trompeuse : ce mot ne sor du Hoi, les titrcs el les chariest 

•qu'unefois, p.iroisse St- cette dignite fut supprimce en 

1 TAuxerrois. |5(5. 

, tremeiier^ fabricant de Kaliei AUs des pavilUins , (i fois). 

i. partie dc Tarmure qui X oj eiMesire des MkuH'Uons. 

Irscuisses. Failei de Barbeel, (i fois . Lli6lel 

uWere , qui fait et vend des Barbcaux sur la paroisse St-Paul. 

F^aiJei Guillaufne lepage^ (i fois). 

:onstructeur de tombeaux? P'aiiet Guitiaume te potter y U fois). 

faiiet Jehan resciuUier, (i iob}. 

U- yanitr. verutr^ vannier. 

yMer^ veilUery fabricant et roar- 

l>rir.iiit cl niarchand d'hui • ckind de vrilles? Dans les MesUers 

xHuilUer. de Paris iU font partie de la pro- 

utssier. X'oyex Huissier, fession de fibres, voyes ce moU 

tsurirrr. celui ou r rile qui Few'er.Voyet Funier, 



Vtrritr 



564 

itrraitr, qui fail ou itoA 
, marcband de via, cabi- 



de porter le* : 






'e aMgnom pas 

■ Jit ^ojfnerilgpoa 

• pa dire da I 



yin rn gras (^ttrchant ou marchaiU et ijaVM a 

dc), nt'gociaat «n tid*. pour vem 

^inj {vendeur de), marchand ds foilurier ,-woititriet, 

tin. Le rdle de la paroiue St-l*aul 

porle: Guiart fer/rfinarchandde T. 

vins en Greve , lavtrnier , rue de 

Joj.l* venledu vin avail dcj^ lieu I'niaf'M'i'calpleBr, grava 

lur Ic portde b Ortve. Dan* lei Mctlitrt dtfk