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Full text of "Journal et flore des jardins."

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JOURNAL 



ET 



FLORE DES JARDINS 



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PARIS. — rMPRIMEFlIE DE CASJMIR , 



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JOURNAL 



ET 



FLORE DES JARDINS 



9 



PAR 



MM BOITARD, CAMUZET, CELS. DOVERGE. JACQUES. 
JACQUIN AINE, LEMON. E. MARTIN. NEUMANN 

LOUIS NOISETTE ET PEPIN. 



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1 



ROUSSELON, LIBRAIRE-EDITEUR, 

RUE D'AKJOl-DAl'PHriVB. r" g. 



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JOURNAL 



ET 



FLORE DES JARDINS. 




*- 



NOUVEAUTES. 



Arthropode a vrille ( arthropodium cinhatum^ Broww. 



jVARcissEEs de Jussieu). Foyez laplanche i 



la lam 

re 



Charmante plante vivace, originaire de la Nouvelle- 
HoUande. Feullles gladiees, longues de deux pieds et da- 
vantage, ayant assez de ressemblance avec celles du bali- 
sier glauque, d'un vert gai, Au printemps, hampe droite 
de deiix a trois pieds, terminee par une grande panicule 
de fleurs blanches , penchees , larges de pres d'un pouce. (La 
fleur detachee que nous donnons dans la premiere plancbe 
de ce numero est de grandeur naturelle. ) Antheres velues 
longues, d'un beau jaune h la base, d'un rose brillant au 
milieu, rouges et jaunes au sommet, tranchant d'une 
maniere extremement agreable sur le blanc eclatant des 
divisions de la coroUe. 

Lorsque nous avons recu cette plante d'Angleterre, on 
nous Fannoncait comme devant etre cultive'e en seire 
chaude, oii nous la placames; mais ous nne tardames pas 
a nous apercevoir qu'elle n'etait pas dans une temperature 
convenable. L'annee suivante nous la fimes passer dans 
Forangerie, et ensuite en plein air ou elle reussit tres bien. 
EUe a resiste' cet hiver a la rigueur d'un froid de quatorze 
degres; c'est assez dire qu'elie deviendra une des plantes 



les plus agreables de nos parterres quand elle sera re- 
pandue. On la cultive en terre legere, substantielle, iin 
peu fraichesans etre froide,ouiiiieux dans un melange de 
moitie terre de bruyere et moitie terre a Granger. On peut 
la multiplier de graincs^ et, beaucoup plus aisement, par 

la separation de ses drageons. 

Noisette* 



Feve a fleltrs pouhpres (vtciafaba^ Linn- Faba major, 
TouRN. Desf. var. purpurea). Foyez la planche 2- 



Au printemps de 1828, je recus dWngleterre di verses 
graines, parmi lesquelles se trouva un cornet de papier 
renfermant deux semences e'tlquctecs feve pourpre. Ayant 
ete semees, une seule leva, mais lors de la floraison j'eus 
Je plaisir de voir qu'effectivement sa fleur etait d'un beau 

pourpre. 

En 1829, j'eus, de la re'colte du premier pied, sept 

p-raines qui ont produit assez pour en faire une planche 
cette annee, apres en avoir communique a plusieurs ama- 
teurs qui, comme moi, pensent que cette plante pourra 
entrer dans la culture des parterres et contribuer a leur 

ornement. 

Quant au port et au feuillage, elle ne differe en rien de 

la petite feve connuc sous le nom de julienne, et ses fruits 
seront de meme comestibles. La difference n'existe done 
que dans ses fleurs egalement disposees en grappes axil- 
laires,mais ayant Fetendard d'un pourpre legerement vio- 
lace, les ailes d'un pourpre plus fonce et veloute, la carene 
tres courte et seulement teintee de pourpre au sommet. 

Comme on le fait,dit-on, en Angleterre, on en pent 
.former dejolies bordures,ou la planter isolee eten touffes 

siu- les plates-bandes des parterres. 

Jacques. 



(3) 



EccREMoCARPE A FRUIT RUDE {eccvetnocarpus scaber, Ruitz 
et Pav. fl. mexiq. Dela didynamie angiospermk de Lin- 
nee, et dela famille des bignonees de Jussieu). Voyez la 
plane he 3. 



Get arbrisseau grimpant est originaire du Chili. Tige 
frutescente, grimpante, volubile, a (juatre ou six angles 
bien marques, legerement pubescente, nuUement scabre. 
Feuilles opposees, petiolees, blpinne'es; pinnules au nom- 
bre de quatre, egalemcnt opposees, composees de trois k 
cinq folioles inegales , subcordiforiues , aigues , obli- 
ques, irreguiierement dentees ou meme incisees dans 
leur contour, glabres et d^un vert clair, sur-tout k leur 
face inferieure 5 petiole commun renfle et legerement pu- 
bescent a sabase, strie et seterminant au sommet par une 
vrille rameuse et tordue. 

Fleurs d'un rouge orange tres brillant, disposees en 
grappe simple, opposde aux feuilles, pe'donculee, compo- 
see d'environ une douzaine de fleurs pedicellees; pedicelles 
d'un vert violace, d'un pouce de longueur ou a-peu-pres, 
munis a leur base d'une bractee lanceolee, persistante, de 
meme couleur. Calice violace, monopliylle, campanule, 
k cinq divisions aigues, dressces, et a-peu-pres egales en- 
tre elles. Gorolle monope'tale, irr^guliere, tubuleuse ; tube 
re'treci dans son tiers inferieur, subitement renfle dans ses 
deux tiers superieurs, comme gibbeux^ termine par an 
limbe retreci et a cinq divisions etale'es, larges, mais tres 

r 

courtes et un peu obtuses. 

fitamines au nombre de quatre, incluses et attachees a 
la partie retrecie du tube, didynames et rapprochees par 
leurs antberes ; entre les deux plus courtes on apercoit le 
rudiment d'une cinquieme etamine avortee. 

Ovaire libre, sessile au fond de la fleur, applique sur un 
disque hypogyne jaune et en forme d^anneau ; il se ter- 



(4) 

mine superieurement par un style simple jjaunatre, por- 
tant k sou sommet un stigmate forme par deux lames 
dcartees et obtuses. Coupe transversalement , cet ovaire 
offre une seule lege qui pre'sente deux placentas parietaux 
et saillants, entierement converts d'une prodigieuse quan- 
tite de petits ovules. 

Fruit pendant, ampuliforme, recourbe, tuberculeux, 
scabre,comme reticule, convert de petits poils glanduleux, 
s'ouvrant longitudinalement. Graines membraneuses , ron- 
des, aplaties, noires, imbriquees, 

Les pieds que nous poss^dons au Jardin du Roi sont 
en ce moment en pleine fleur; ils ont ete semes au mois 
de fevrier, dans des pots exposes sur le devant d^une serre 
chaude,inais je crois toutes ces precautions inutiles, et 
Fon pourra semer cette belle plante au printemps comme 



toutes cellesd'orangerie, et pent-etre meme, par la suite, en 
pleine teire. Elle produira un effet cliarmant sur des ton- 
nelles, on palissee contre un mur. Elle n'exige aucun 
choix de terre et ne parait nullement delicate. 



Neusiakn. 



MELANGES. 



S, 



Sur la muUiplication du Madura^ 



L6 Madura aumntiaca (Nuttal. gen. Lousian.). Cet ar- 
bre de la famille des vrticees, quoique introduit en France 
depuis plusieurs annees, est encore rare, et cela vient de 
ce qu'on ne Ta jamais multiplie par les moyens les plus 
convenables. Jusqu'a present on ne Ta obtenu que de mar- 
cottes, qui sont quelquefois deux ans et plus a reprendre, 
d'ou il resulte qu^on a ete oblige, dans le commerce, de le 
tenir a urfhaut prix. Par le procede que j'emploie depuis 
fort long-temps, on parvient aisement a on obtenir, d'uu 



(5) 

moyen arbre, plusieu'rs- pieds par an. Volci comment r 
Le Madura , comme tous les arbres voisins de sou es- 
pece, se reproduit facilement de racinesjmais les cultiva- 
teurs qui n'en possedent qu'un individu plus ou moins 
faible, n'ont sans doute pas ose essaycr ce moyen dans la 
crainte de le mutiler. L'experience m'a prouve que ce mode 
de multiplication est absolument sans dan[jerpour le picd- 
meresurlequel on opere. Ayant eu a changer de place nn 
Madura, il resta en terre quelques bouts de racines, et, le 
trou n'^ayant pas ete parfaitement comble, je vis, au prin- 
temps suivant, plusieurs drageons qui repousserent ; je 
leur fis donner des soins, et en automne j'eus plusieurs fort 
jolis sujets. 

Ce fait me donna FeVeil , et j'essayai le mode de multi- 
plication par racines. L'annee suivante je fis dechausser, 
d'un cote , mon pied-mere, et je fis Textraction de plusieurs 
racines que je coupai en morceaux de trois a quatre pouces 
de longueur ;je les plantai en maniere de bouture dans 
une terre bien elaboree, et toutes reussirent fort bien. Mon 
pied-mere ne montra pas la moindre alteration, et con- 
tinua meme k vegeter avec la plus grande vigueun L'an- 
nee suivante je repetai la meme operation, mais du cote 
oppose, avec le meme succes pour mes boutures et sans 
plus d'inconvenient pour mon arbre; enfin j'ai continue 
d'agir de meme chaque annee, en dechaussant altcrnati- 
vement d'un cote' et de Tautre, et toujours avec la reussite 
la plus complete. En voyant la vigueur de mon pied-mere, 
il semblerait meme que cette operation lui ait ^te plus utile 
que nuisible. 

Camtjzet. 



II est fort singulier de voir encore aujourd'hui des 
hommes, ayant d'ailleurs d\i merite, s'obstiner a nier Tevi- 
dence en niant les sexes dans les plantes. II y a fort peu de 



(6) 

temps qu'on lisait a Flnstitut des'Memoires dans lesquels 
on s'efforcait, par des sophismes assez pen ingenieux, de 

soutenir cette opinion tiouvetle. 

Je dis que cette opinion est nonvelley parceqne Linnee 
en 17^7 avait deja prouve Texistence des sexes; avantlui, 
en 1592, Zaluzianski avalt public ce fait, qui, deja sous 
les regnes des empereurs Vespasiea et Titus, avait ete an- 

r 

nonce par Pline.Voyons ce que dit cet ancien naturaliste: 
a Les palmiers femelles sont naturellement steriles s'ils 
« n'ont le male pour les fairc concevoir , encore quHls crois- 
" sent et deviennent grands sans lui, etc. Finalement, la 
« copulation des sexes est si manifeste parmi les palmiers, 



V 



« qu'on a Invente un moyen de rendre fertiles les palmiers 
tc femelles en saupoudrant quelquefois leurs fleurs avec la 

it poussiere qui sort des fieurs du male, n (Pline, liv. XIII , 
cliap. IV, Hisloire naturellc) 

Or, quand depuls pres de deux mille ans une cKose de 
fait n'a pas ete contestee , quand tous nos agriculteurs 
d'aujourd'hui executent journellement des fecondations 
artificielles dont ils obtiennent constamment des resultats 
positifs, il est permis, je crois, de regarder la publication 
d'un systeme contraire a I'experience comme une nou- 
veaute, Du reste, ce qui n'est pas nouveau, c'est de voir 
des hommes chercber h se faire remarquer en afficbant 
des opinions singulieres. Tel etait Ponte'dera en 1720, tels 
sont deux ou trois ecrivains obscurs en i83o. 

BOITARD- 



Sous le noni d^hartogla capensis^ on cultive depuis plu- 
sieurs annees , dans les jardins de Paris et chez les pepinie'- 
ristes, un petit arbuste toujours vert, et ressemblant par- 
faitement en miniature au prunus laurocerasus . Dan^ la 
metliode naturelle de Jussieu, Yhartoyia est classe dans la 
familJe des rbamnoJides, tout pre's des cassine et des ilex^ 



(7) 

sur lesquels je I'ai greffe plusieurs fois, ainsi que sut des 
prinos et des rhammis, et toujours sans le moindre succes, 
Laissant la les systemes de nos savants, jepris le parti de 
m'en rapporter aux analogies du fades, et je me determinai 
a le gieffer sur le pmnus laurocerasus , parceque je Ten 
croyais simplement une variete. En effet, sur ce sujet 
comme sur le podus/^'ax parfaitement reussi et j'ai obtenu 
des individus tres vigoureux. 

J'insiste done pour ne regarder Vhartogia capensis que 
comme une variete du primus laurocerasiis , a. istqudle il 
conyiendrait sans doute d'imposer le nom de primus lauro- 
cerasus^ var. angustifoUus, 

J'ai su depuis que M. Jacques, Pun de nos coUabora- 
teurs, a fait la meme experience et a obtenu les memes 
resultats. VJlmanach du bon Jardinier Fa consignee, 
page 903, dans son edition de i83o. D'apres ces observa- 
tions suivies avec attention pendant quatre annees conse- 
cutives, Topinion que nous avancons ici nous parait incon- 



testable. 



Ca: 



lAIUZET. 



Jofdi 



Monsieur , 



J'ai lu avec surprise dans differents ouvrages publics 
depuis pen d'annees, que Ton ne pouvait greffer utile- 
ment le poirier sur le pommier. Les uns preteudent que 

la greffe ne reprend pas ; d^autres qu'elle vegete languis- 
samment une annee ou deux , et qu'elle perit ensuite. 
Je ne discuterai pas ici la tlieorie qui a pu seule faire 



avancer 



II y a une vingtaine d'annc'es que j'etals premiei- jardi- 
nier chez un r iche proprietaire de la Touraine. Plusieurs 

r 



(8) 

tres g^ros pommlers, ages de trente ans au moins, etaient 
sornnis h mes soins. Pendant fort long-temps, soit que le 
terrain ou rexpositlon ne leur convlnt pas, je ne leur vis 
jamais porter de fruits quoiqu^ils se chargeassent de fleurs 
chaque printemps. Ayant recu I'ofclre du proprietaire de 
les faire abattre, j'en conservai quelques uns que je rap- 
procLai jusque sur les grosses branches , et je greffai dessus 
des poirlers de diverses varietes: mon operation reussit 
parfaitement, et plusieurs de ces arbres existent encore et 
produisent des fruits. 

Mais, monsieurj ce qui vous paraitra sans doute plus 
positif, c'estque si vous vouliez vous deplacer un moment 
et vous rendre dans ma pepiniere , je vous montrerais de 
tres vieux pommiers que j'ai ainsi metamorpboses en pol- 
riers fort beaux et pleiiX^ de vigueur; je vous montrerais 
de plus des quenouilles de poiriers bien garnies, liautes 
deja de sept a huit pieds , croissant tres vigoureusement, et 
greffees sur de jeunes sujets de pommiers sauvageons et 

douclns. 

Ge fait, qui etait deja connu de nos peres, comme on 

pent le voir dans les anciens ouvrages de jardinage, ne 

devait pas etre juge aussi legerement qu'on Fa fait, car il 

peuttrouver une application fort utile. Vous savez comme 
moij monsieur, que dans tel terrain le poirier refuse abso- 
lument de croitre, tandis que le poramier vegete assez 
passablement; notre commune de Vissous nous en offre 
malbeureusement un exemple. Pourquoi n'essaierait-on 

pas de vaincre la nature en employant le meme moyen 

que moi? 

Si vous pensez, monsieur, que ma lettre puisse etre de 
quel que interet pour vos abonne's, je vous prie de lui 
donner place dans un des plus prochains numeros de votre 



Journal, 



J'ai Fhonneur, etc. , 



JoLY, pepinieriste a Wissous. 



(9) 

Sur rinvltation de monsieur Joly, je me suis rendu dans 
sa p^piniere, ou j'ai vu, comme il Tannonce dans sa lettre, 
de vieux pommiers en g^obelets changes en"poiriers vlgou- 
reux, et de tres belles quenouilles de Saint - Germain sur 

sauvageons et doucins. 



BoiTAiin. 



ANALYSES. 



Annates de la Societe d' horticulture de Paris. Juin 1 83o. 



M 



auteur de ce rapport, fait d'abord observer qu'on a donne 
improprement le nom d'engrais a quatre choses differentes 
qu'il importe de distinguer : i^ aux debris de matieres orga- 
niques: et c'est k ces debris seals qu'il pense que le mot 
\Sengrais convient; 2*^ aux sets solubles; 3° aux sets inso- 
lubles et aux oxides; 4^ au charbon. 

Selon M. Payen, les sets solubles n'agiraient surles vege- 
taux que comme excitant; les sets insolubles et les oxides 



comme 



tibles d'ameliorer le sol; et le charbon (que je vois pour 
la premiere fois figurer comme engrais) n'agirait qu'en 



aim 



echauffant ainsi le sol. 

# 

M. Payen analyse Fengrais de M. Bien-Aime afnsi : 

Terre sableuse en poudre tres fine 76,10. 

Eau 10,60. 

Sels solubles 8,25. 

Matiere organique azotee 4?<^5. 

D'ou il conclut que cette composition ne contenant de ve- 
ritable engrais que quatre centiemes, elle ne peut pas etre 
d'une haute utilite en agriculture et en horticulture. , 
2° Rapport sur le Marche aux Fleurs^ par M. Fabbe Ber- 



I 



lese. M, Berlese a suivi le Marche aux Fleurs depuis plu- 
sieurs annees, et il a remarque que Fexposltion de i83o 
est hien superieure a celles des trois annees precedentes. 
II dlt: a On n'apportait autrefois sur le marche que des 
itplantes communes, des arbustes iiidig^enes et des fleurs 
« ordinaires. Aujourd'hui le Marclie aux Fleurs se compose 
apresque en entier de plantes exotiques, rares et remar- 
u quables par la beaute de leurs fleurs , etc. " M. Fabbe 
Berlese attribue cet heureux cbangement « aux encourage- 
« ments repanc^us de tout cote en faveur de Thorticulture. » 
II signale, dans son rapport, les noms des cultivateurs qui 
se sont le plus distingues cette annee par leur exposition; 
ce sont MM* Lemon, Mathieu, Loth^ Francois Devert, 

Durand, Ragonneau, etc- 

3^ Notice sur la Maison de Campagne -^ de madame Aglae 
AdaHSon. Annonce de librairie, redigee par un anonyme , 
redacteur du libraire Audot. Du reste cette Maison de 
Campagne est un fort bon ouvrage, public depuis une 
dizaine d'annees par la fille d'un homme celebre, et, 
mieux que eel a , par une femme d'un vrai merite. 

4*^ Extrait d*une notice sur quelques plantes potageres et 

^coiwmignes^ par M. IL ToUard. M. Poiteau, auteur de 
cette notice, pense, d'apres quelques auteurs, que la bis- 
torte {polygonum bislorta) et sa variete vivipare contien- 
nent un principe deletere qui rendrait leur usage dange- 
reux comme aliment* Le redacteur de cette notice, ainsi 
que les auteurs qu'il ne notncne pas, ignorent sans doute 
que la bistorte est une des plantes alimentaires le plus 

employees en Islande. M. Tollard appelle Fattention des 
economistes sur cette plante, ainsi que sur cinq autres es- 
peces de polygonum, sur les rheum et les rumeXy comme 
pouvant devenir precieux en temps de disette, 

5® Notice sur la conservation des Legumes verts , par 
MM. Henry et Payen. Ces messieurs posent en principe 



t 



que Its conditions a remplir pour assurer la conservation 
des legumes verts sont: d'operer la dessiecation rapide- 
ment en renouvelant Pair le plus possible; en commen- 

r 

qant par une temperature douce que Ton eleve de plus en 
plus; en plongeant les pois et les haricots pendant quel- 
ques minutes dans de Teau bouillante; en roulant ces sub- 
stances dans du sucre, au moment de les dessecber; en 
interposant dans Tetuve, entre les lits de legumes verts, 
des substances hygrometriques, telles que des feutres, des 
ecorces d'arbres prepare'es^ du cbarbon grossierement pul- 

verise, etc., etc. lis donnent une recette pour conserver les 
petlts pots pour Tliiver. 

Voici comment: on met dans une bassine deux litres 
d'eau et buit onces de sucre; on fait bouillir sur un feu 
vif, et alors on jette dans ce melange buit litres de pots 
canejin, ou de pois clamarL On les laisse bouillir pendant 
deux ou trois minutes ; on les etend sur des tamis , et on 
les fait secber dans une etuve cbauffee d'abord a 3o degres 
centigrades, puis a 35, /jo ou 45. Quandils sont sees on les 
'renferme dans des boites garnies de papier colle', etplacees 
en lieu sec. Pour s'en servir il fa ut fa iretremper d esl a veil le 
trois onces de pois dans de Feau a la tempe'rature de i5 ou 
ao degres. Le lendemain matin on change Feau, et une 
heure apres on les fait cuire pendant trois heures dans une 
nouvelle eau sucree. 

Pour conserver des haricots, on cueille desfageoletsun 
mois avant leur maturite; on les etend au soleil dans des 
mannettes garnies de toile, ou sur une table couverte de 
llnge; quand ils sont sees on les renferme dans des boites 
de hois, et on les place dans un lieu sec. Quand on veut 
s'en servir, il suffit, pour les faire cuire, de les faire bai- 
gner dans une grande quantite d'eau. 

6"^ Note stir trois plantes interessantes y par M. Jacques. II 
s'agit du mais transparent de la Californie, que M. Jacques 



( la ) 

croit etre le meme que celui decrit par M. Bonafous, dans 
les Annales de C agriculture f ran caisey sous le nom de zea 
hirta, II engage les liorticulteurs a faire des essais sur cette 
plante, afin de s'assurer si elle pourra passer utilement 
dans la grande culture. II appelle encore Fattentlon, et 
pour le meme but , sur le polygonum chnosum. U recom- 
jnande la culture du melon de Valence, ou d'hiver, dont 
le fruit se conserve jusqu'en decembre, et meme plus 
long-temps. 



7 



# 



# 



arbustes etrangers cultives en AnjoUy par M, Millet. L'auteur 
de cet article croit encore a Facclimatation des plantes, 
malgre les efforts que font depuis plusieurs annees nos. 

plus celebres cultivateurs pour detruire ce prejuge. M. Mil- 
let a place en pleine terre, en autonine i8i8j des bulbes 
de begonia discolor^ et elles ont parfaitement resiste aux 
hivers jusqu'a ce jour, quolque, ajoute M. Millet, cette 

plante ne soit encore cultivee qu en serre chaude. Ceci ne 
prouve pas que ce begonia se soit acclimate, mais seulement 
que les cultivateurs qui Font place en serre cbaude se sont 
trompes sur sa culture , ou plutot n'ont pas voulu se basar- 
der k le perdre. Du reste, j'al vu depuis long-temps des 
begonia discolor en pleine terre dans plusieurs jardins de 
la capirale. 

Quant k la greffe du cactus speciosus sur d'autres es- 
peces analogues, il y a fort long-temps qu'elle est en 
usage, et elle a ete parfaitement decrite dans le Traite de 
la greffe et de la tattle, publie par notre savant collabora- 
teur, M. Noisette. 

Ce que je trouve de plus interessant dans la notice de 
M- Millet est la nomenclature] des vege'taux exotiques qui 
ont re'siste Thiver dernier, k Angers, h un froid de i5 de- 
gres. Ces vegetaux sont les atragene indica^ mimosa juli- 



( i3) 

brisin^ cratcegus lucida; magnolia discolor ^ yulan^ auriculata 
ct umbrella; laurus sassafras et benzoin ; yucca gloriosa^ etc. 
L'auteur fait remarquer qu'un assez grand nombre de ca- 
inellia ont tres bien resiste, mais que leur acclimatation 
n'est que de peu d'avantages, parceque les fleurs, qui ne 
paraissent que Fhiver, ne peuvcnt se developper. 

8** Note sur le murier Perrotet, moras multicaulis. M. Poi- 
teau recommande cette espece, ou variete nouvelle, ap- 
portee de Manille par M. Perrotet, comme tres precieuse- 
Nous ne saurions mieux faire que de rapporter ici, mot 
pour mot J Teloge qu'en fait ce savant. «11 parait que la 
K destination de ce murier est de reraplacer par-tout le 
« murier blanc ordinaire pour la nourriture desvers a soie; 
«sa propriete' de rester bas et toulTu, de maniere qu'on 
upeut toujours en cueillir les feuilles sans ecLellesj Fam- 

upleur, rabondance et la tendrete de ses feuilles doivent en 
a effet lui faire obtenir une preference bien decidee. Deja 
« on s'est assure qu'elles sent mangees avec avidite par les 
a vers a soie, et que la soie qui en resulte est de premiere 



« qualite. n 

9** Extrait de deux lettres adressees a M. le secretaire-general 
de la Societdj par M. Andre Parmentier. Ces lettres sont 
e'crites de Brooklin-Horticultural-Garden , pres New- York 
(fitats-Unis d'Amerique). M. Parmentier dit qu'en jetant 
un peu de platre en poudre, lorsque la plaie faite a une 
vigne par la taille commence a s'humecter, on arrete I'e- 
coulement connu sous le nom de pleurs^ et on empeche 
par-la qu'il ne noie Foeil place dessous. 

lo*' Observations fai les en Belgique sur la culture du murier^ 
par M, le baron de Galbois. II resulte de ces observations 
que la culture du murier blanc prend de Textension dans 
le Nord, particulierement a Gand et k Ath. On fait en ce 
moment un essai de cette culture dans les colonies Stabiles 
dans les bruyeres , entre Anvers et Breda ^ et je pense qu'on 
obtiendra un heureux succes. 



(4) 

11° Quelques notes recueillies sur des objets relatifs a Vhor- 
ticulture dans un voyage dans les Pays-Bas^ par M, le baron 
Galbois. 

A Tanwocth, an Glocestershire, on voit un cliataignier 
qui a cinquante-deux pieds de tour, et qui est age, dit-on, 
de 1029 ans : il porte beaucoup de fruits. 

On raconte que Fempereur Charles-Quint fit venir d'A- 
merique quatre acacias , qu'il fit planter, I'un a Madrid , le 
second a Vienne, le troisieme a Gand, et le quatrieme a 
Bruxelles. Les trois premiers n'existent plus, mais on 
voyait encore Fannee derniere le dernier, a Bruxelles, 
dans le jardin botanique qui vient d'etre detruit* D'autres 
personnes disent que cet arbre a ete plante en 1670. II a 
cinquante pieds de hauteur, et dix pieds trois pouces de 
circonf^rence a six pieds de terre. 

12*^ Extract de la Revue britannique (juillet i83o), Cette 
note, malgre son titre, n'est Fextrait que d'une page ou 
deux de la Revue. Une experience, faite dans un jardin du 
Worcestershire, a prouve que le sel commun, employe 
comme engrais, hate singulierement la vegetation des 
legumes, et les rend moins susceptibles de recevoir les 
f^cheuses impressions du froid et du changement de tem- 
perature. La moitie d'une planche de pois seme's pour pri- 
meur recut du sel pour engrais, et Fautre moitie' du 
fumier ordinaire. Sur la partie qui avait recu le sel les pois 
produisirent cinq fois plus que sur Fautre^ et furent r^- 
coltes trois semaines plus tot. Boitard. 

Bibliographie botanique par ordre de date. 

Nota. Nous ne parlerons ici que des anteurs qui out publid des 

inediodes generales. 

\ 

Aristote, Du temps d'Alexandre. II ne nous reste de 
lui, en botanique, que quelques fragments. 



( »5 ) 



ecrlvait 



avant Jesus - Christ , et ne connaissait que cinq cents 
plantes. 

DioscoRiDE {Descriptioyies plantarum). 11 vivaiten Tan 20 
de notre ere. II connaissait six cents plantes. 

Ici un intervalle de i5i2 ans, pendant lequel, sans en 
excepter Pline, on ne s'est occupe des plantes que pour 
leur clierclier des vertus plus ou moins miraculeuses; par 
consequent point de botanique. 

Tragus {Hisioria stirpium). En r532. II connaissait cinq 
cent soixante-sept especes de ve^jetaux. 

LoNiCER {Botanicon hist naL). En i55i. II connaissait 

huit cent soixantedix-neuf plantes. 

DoDOENS {Stirpium pemptades 6, seu libri 3o). En iSSsJ 
II publia la description de huit cent quarante plantes. 

LoBEL {Adversaria obset^ationes et illustraliones sllrpium). 
En 1570. II a decrit et figure deux mille cent quatre-vingt- 



onze 



Ses 



miers forment deux classes rigoureusement etablies sur de 
bons caracteres* 

De L'ecluse [Rariores et exoticce plantce). En 1576. II ne 
s'est occupe que d'un choix de mille trois cent quatre-vingt- 
cinq plantes, qu'il a classees sans me'thode. 

Cesalpin (Deplantis). En i583. II n'a decrit que huit cent 

quarante vege'taux, mais il en a forme quinze classes, dont 

la plupart sont fondees sur de veritables caracteres bota- 
niques. 

Dalechamp {Uistoiia generalis plantarum). Ea 1587. II a 
de'crit deux mille sept cent trente et une plantes , mais, par 
un amour-propre mal entendu, il n'a pas adopte la me- 

ttode de Ce'salpin , iet a fait faire un pas retrograde a la 
science. 

Porta {Phytognomica). En i58S. Espece de fou, qui 



t 



, ( i6 ) 

voulait e'tablir une meihode en raison des analogies qu'il 
croyalt apercevoir entre les ve'jje'taux et les astres , les hom- 
mes , les animaux , etc., etc. Dans un nume'ro suivant de ce 
Journal, nous donnerons une courte analyse de son sys> 
teme tout-a-fait divertissant. 

Zaluziaaski {Methodus herbaria). En 1692. 11 ne s'est 
occupe que de six cent soixante-quatorze plantes, mais 
il a cherche a les classer dans un ordre naturel et metho- 
dique. 

Gasp.ird Bauhin {Pinax). En iSgG. II connaissait six 
mille plantes, et entreprit d'en faire la synonymic, ce qui 
lui a coute quarante ans de travail. II a essaye de les classer 
dans un ordre naturel. 

GuiLLAUME Lauremherg {Botunothcca). En 1626. Comme 
le precedent il chercha a classer les vegetaux dans un ordre 
naturel, mais fonde sur des considerations beaucoup moins 

caracteristiques. 

Jean Bauhin {Historia plantarum universalis). En i65o. **■ 



eux 



especes. Moins methodique que son frere, sa classification 
est aussi beaucoup plus arbitraire. 

Jo:\STON (Notitia regni vegetabUis), En j66i. II suivit a- 
peu-pres les menies errements que le precedent, mais sa 
classification est encore plus arbitraire. 

Rheede {Bonus malabaricusyDe 1678 a 1693. Son ou- 
vrage contient sept cent quatre-vingt-quatorze figures assez 
bonnes. Sa classification n'est ni bonne ni complete. 



MoR 



De i6;f5^ 



1699. II decrit trois mille cinq cent cinq plantes qu'il 
divise en dix-huit classes pen naturelles. 

Rai {Methodus naturalis plantaruin, et quatre ansapres, 
Historia geiieralis plantarum). De 1682 a 1686. II classe et 
decnt dix-huit mille six cent cinquante-cinq vegetaux, dans 
un ordre assez naturel, mais pen methodique. 



( '7 ) 

Christophe Knaut {Flore des environs de Ilalle), En 
1687. Sa classification est peu naturelle, mais ties nictho- 
dique. On pourrait croire qu'elle a inspire Tournefort. 

Magnol {Prodromus Historice generalis plautanirn). En 
1689. Comma on le volt dans sa pieface, il concevait ties 
bien le systeme natnrel des vegetaux, mals il n'a pas pu 
le mettre a execution. En 1720, on publia de lui un ou- 
vrage posthume (Caracler plantar um novus) dans lequel il 
etablit line metbode artificielle sur des caracteres tout-a- 
fait arbitraires. 

IIebmann {Fierce Lugduno batavce Jlores). En 1690. II di- 
visa les cinq mille six cents vegetans qu'il connaissait en 
vingt-cinq classes fondtfes sur des caracteres essentlels. 

RiviN {Ordines plantarum), De i6go k 1699. Sa metbode, 
tout artificielle, mais d'une grande simplicite, a ete suivie 
par un assez grand nombre d'auteurs, sur-tout en Alle- 
niagne. 

TouRNEVORT {Institutiones rei herbarice^ En 1694. II ne 
connaissait que dix mille cent quarante-six plantes. Sa 
methode est remarquable par la clarte, Tordre, la preci- 
sion. Le plus grand service que Tournefort ait rendu a la 
science est d'avoir rigoureusement ^tabli les genres et les 
especes. 

BoERHAAVE {Index hortiLugd.Bat)~^n 1710. Same'thode, 
caiquee sur celles de Hermann, Rai et Tournefort, ne 
repond aucunement a la prodigieuse reputation de son 
auteur, 

Chretien Knaut {Metfwdus plantarum gcnuina). En 
1716. Sa niotbode, tout artificielle, n'est que celledeRivin 



perfectionnee. 

Rurius {Flora jencnsisy En 1718. Sa methode est en- 
tierenient fondee sur la forme de la fleur. 

PoATEDERA {Dissertationes). En 1720. II voulut se singu- 
lariser en uiant les sexes dans les plantes, on se moqua de 
N" IL 




( i8 ) 

lui ; il le voulut encore en corrigeant la methode de Tour- 
nefort, et il la g4ta en la rendant plus difficile sans la ren- 

dre plus naturelle. 

BcxBAUM ( Platitarum minus cognitarum circa Bjsantium 
et in Orietite observatarum). En 1728. Get auteur n'est re- 
marquable que par la singuliere idee qu'il eut de classer 
les plantes, non pas selon les caracteres botaniques, mais 
selon les differcnts points de vue sous lesquels elles avaient 
ete' etudie'es avant lui. 

L 

LuDWiG {Defmitiones generum auctce el emendake). 1737, 
Sa methode est celle de Rivlii, qu'il a perfectionnce en la 
retoucliant deux fois. 

"Si£GESiiECK {Botanosophice veriorls sciagraphia). En 1737. 

Ilpublia deux rnethodes qui n'eurent pas d'applica- 

tion. La seconde est eHtierement fondee sur la forme des 
fruits. 

LiNNEE {Classes plantarum , etc.). 1738. Sa methode 
sexnelle est suivie dans toute I'Europe. II n'y a gucre que 
quelques Lotanistes francais et anglais qui aient essaye , 
et, je dois le dire, avec peu de succes, de publier des floras 
classe'es selon le systeme naturelle de Jussieu. Richard, 
Merat, et d'autres contemporains, ont tente de faire quel- 
ques modifications a cette me'thode. 



RoYEN (Flora; Leidensis prodro'mus). En 1740. II a cherclie' 
a e'tablir une methode naturelle fondee sur toutes les par- 
ties des plantes. 

1 

UxLhER { Enumeratio methodica stirpium Helvetia; indi- 
genarum)TEii 1742. Ses plantes sont rangees avec ordre, 
mais sans me'thode. / 

Salvage {Nouvelle methode botanique). tyl^'i a 1745. Sa 
methode est entierement fondee sur la forme des feuilles. 

^oKAsm (Hisioria botanica practica). \']^l\. II a classe' 
les plantes medicinales qu'il decrit, selon la mauvaise me- 
thode de Boerhaave, un peu retouchee par lui. 



( '9) 

Seguieu {^Plantce veronenses). En 1^45 et ij54. Imitation 
assez faible de la methode de Tournefort.' 

Vachendorj' [Horti ultrajcctini index , sive systema bolo 
nicum). En 1747- Tja rne'thode aitificielle de cet auteur, 
quoique assez bien tranohee, rae parait impraticable pour 
plusieurs raisons ; je n'en citerai qu'iine. Je suppose tin 
professeur auquel un de ses eleves presenterait une fleur 
d'alisier ; coiunient ferait-il pour dire dans son cours, sans 
qu'ou lui rit au nez, ucette plante est dans les schcseos- 
temonopetalees poUaplostemonopelalees telraplostemonrs ? » 
Jamais une orcille francaise ne s'accoutumera a ce lan- 



^ajje 



48 



fructifi 



sont fondees sur Fabsence, la presence, et le nombre des 
cotyledons. Du reste, il a beaucoup puise dans la nje'tbode 
de Kai. 

Gleditsch ( Hisloire de Hjicadetnie royale des sciences de 
Berlin). 1749- Methode tres imparfaite. 

De Bergen {^Flora Francofurtana). En 1750. Methode de 
Tourneforl, dans laquelle il a fondu les lierbes^avec les 
arbres, et change les huit dernieres classes. • 

DuHAMEL ( Traite des arbres et arbustps qui se cultivent en 
France en pteine terre). En lySS- Methode de Tournefort 
combiuee avec coUe de Linnee. ♦ 

Allioni {Synopsis methodica horti taurinensis). "En 17C0. 
Methode formee par la combinaison de celles de pltisieurs 
de ses predecesseurs. 

Adanson, en 1763, a publie soixante-clnq systemes eta- 



blis sur toutes les parties des phintes, puis il les a com- 
bines tous pour en former des families natuielles- Son livre 
est ecrit avec cette orthographe singuliere que quelques 
grammairiens voidaient nous faire adopter il y a un an 
ou d 



eux. 



( io ; 



Bernard 



1778 par Antolne-Laurent de Jussieu son neveu. Tout le 
monde connait le systeme des families naturelles^ que tout 
le monde aussi pretend perfectionner. 



lei nous fiiiirons notre nomenclature, afin de n'etre pas 
oblige de parler des ouvrages d'auteurs vivants. 

BOITARD. 



iOOO@©©^e««*. 



(2, ) 



NOUVEAUTES 



Veuveij^e a feuilles de cham^drys {verbena chamcedrifo- 
lia, HouT, Britan. De la famille des gattihers de Jus- 
sieu, et de la didynamie-angiospennie de Linnee). Vojez 
la planche. 

Charmante plante vivace, dont j'ignore la patrie, et 
que pai recue d''Angleterre en 1829. Tiges herbacees , 
hautes de quinze h dix-liuit pouces, rameuses, erig^es , 
tres velues, legerenient purpurines vers la base. Feuilles 
opposees, sessiles, lanceolees, largeinent et peu profon- 
dement dentees en scie, un peu velues, legerement sea- 
bres. En juillet et aout, fleurs sessiles, en epis terminaux 
et s'allongeant a mesure que la floraison sVvancCj d'un 
rouge vif et brillant ; calice allonge, presque cylindrique, 
velu, monopliylle, h. cinq divisions longues et etroites, 
se fertnant apres la floraison. Corolle monopetale , tu- 
buleuse, a tube long et grele, ay ant son ouverture fer- 
mee par une petite couronne frangee, remarquable par sa 
couleur qui tranche, en forme de point d'un beau blanc, 
sur le carmin de la fleur, etproduit un effet aussi agreable 
que singulier ; limbe de la corolle irregulier, presque plan , 
k cinq divisions profondes et bllobe'es au sommet. Quant 
aux caracteres generiques, ils sont les memes que dans les 
autres verveines. 

La verveine a feuilles de chamoedrys ou germandr^e a 
ete jusqu a ce jour cultivee en orangerie ; mais neanmoins 
son organisation et son mode do vege'tation me font soup- 
Conner qu'on pourrait tres bien la conserver en pleine 
teiTe, ou elle formerait des bordures estrememgnt jolies. 
Elle est encore trop rare pour que j'ale ose m'exposer a la 
perdre en tentant cette experience. Je la cultive en terre dc 



4(° 



bruyere, et je la nniltiplie de boutures faites sur couche 
tiede, et de drageons en la placant en pleine terre de bruyere. 

Jacquin aine'. 



Primevere de la Chine {primula sineiisis^ Hortul. ; pri- 
mula prcsnltenSy Ker. De la famille des lysimachies de 
Jussieu, et de la pentandrle monoyynie de Linnee). Voyez 
la plane lie. 



On vient d'etablir un nouveau genre avec cette ptante 
vivace, et on Ta princlpalemeiu fonJe sur Firre'jjularite de 
sa coroUe et sur la forme de son calicc ob-turbine, tres 
renfle a sa base. 

Cette charmante prlmevere, quolque assez nouvelle, est 
tellement re'pandue aujourd'hui, qu'on ne Faurait pas figu- 
ree dans ce Journal si on n'avait voulu donner une plante 
tresconnue, afin de pouvoir faire juger aux amateurs, par 
comparaison avec la nature, de la verite que Ton rnettra 
dans la representation de tous les vegetaux qui seront des- 
sines et paints dans Fouvrage. 

Tiges grosses, courtes, cliarnues, velues, d'un vert plus 
ou moins rougeatre; petioles longs, berisse's, raides; feuilles 
etalees, cordiformes arrondies, a sept ou neuf lobes den- 
te's et incises, un peu velues; pendant une grande partle 
de Fannee, bampes velues, rongeatres, axillaires, longues 
de cinq k dix pouces (scion leur nombre et Fage de la 
plante), tenninees par deux ou trois articulations autour 
de cbacune desquelles se trouve place un verticille de 
fleurs, le premier de cinq a douze, le second de quatre a 
buit, et le superieur moIns nombreux ; corolle monopetale, 
grande, a limbe plan, mais ayant les deux divisions supe- 

iin peu rejetees en debors, d'un beau rose plus ou 
moins lilas on violace, a centre jaune. 

e a fourni quelques varietes peu prononcecs, dont 



rieures 



Ell 



^ 



une a fleurs blanches, et I'autre ayant de sept a Iniit petales 
un pcu plisses et creaeles. 

On la cultive en orangerie eclairee, ou elle forme, pen- 
dant une partie de Thiver, un oi nement fort agreable. Elle 
se plait dans la terrc de bruyere et se multiplie tres nise- 
ment de graines ; elle fleurit dans Fannee meme de son 
semis. La figure de ce Journal represente un individu seme 
en aulomne, et ayant fleuri en avril, moment auquel on 



I'a dessine. 



L. Noisette, 



EupAToiRE AVAPANA {eupatonum aya-panUy Pers. Vekt. 
De la famille des flosculeuses de Jussieu , et de la syn- 
gindsic-polygamie-igale de Linnee). Voyez la planche. 



Plante vivace, originaire deVInde, et se trouvant aussi 
au Bresil selon Ventenat. Tige de deux pieds de hauteur, 
rougeatre , redressee, rameuse ; feuilles lanceolees, d^un 
vert fonce et rouged tre, a limbe se retre'cissant en appro- 
cbant de la base qui entoure la tige, les inferieures oppo- 
' se'es, les superieures quelquefois alternes. En ete, fleurs en 
corymbes, nombreuses, petites, d'un rose approcbant de 
celul de la rose cent-feuille. Involucre oblong, cylindri- 
que, a ecaiiles imbrique'es sur plusieurs rangs; receptacle 
nu; fleurons en nombre indetermine dans cbaque invo- 
lucre; graines couronnees par une aigrette de poils capil- 
laires et redresses. 

Ventenat a figure cette plante dans sa Flore de la Mal- 
maison; mais il est facile de s'apercevoir qu'elle a ete des- 
sinee sur le sec, car elle n'a aucun rapport de caracteres 
avec celleque nous donnons ici, et qui a ete faite dapres 
un individu tres bien portant, dont j'ai moi-meme apporte 
es graines des grandes Indes, oil on la rcgarde comrae un 
specifique souverain contre toutes les maladies. En mede- 



( 4 ) 

cine, elle passe pour sudorifique, antiscorbutique et alexi- 
pharmaque. Dans les lies de France et de Bourbon, j'ai vu 
les habitants^ et particulierement les negres, Pemployer a 
la giierison des maux les plus opposes. Pour la fievre etles 
autres maladies internes, lis la prennent en infusion ; ils la 
pilent et Tappliquent sur les blessures et autres plaies* 

Je la cultive en serre cliaude et terre ordinaire. Au prin- 
temps on pent la mettre en pleine terre, au pied d'un mur 
et au soleil ; on la releve en automne- Elle se multiplie de 
boutures, et de dray eons qu'eile produit abondamment en 

pleine"terre. 

Neumann. 



Trolle a grandes fleurs (trollius europceuSy var. grandiflo- 
rus, De la famille des renoncules de Jussieu, et de la 



polyandrie-polyginie de Linnee). 



rindique sous ce nom une variete du trolle d'Europe, 
que j'ai obtenue de senience , et qui , par son bel effet, me 

parait digne d'etre multipliee pour rornemenl des jardins. 
Elle est remarquable par ses dimensions plus grandes que 
dans les autres plantes de ce genre. Ses feuilles radicales 
forment de fortes touffes; elles sont palmees, a cinq divi- 
sions profondes et subdivisees, a petiole long' d'environ 
six pouces. La lige est Laute d'environ un pied , et se ter- 
raine par une fleur de deux pouces de diametre, d'une cou- 
leur orangee safranee, a petales larges et plans, blen ou- 
verts. Les etamines sont nombreuses , d'un beau jaune d*or, 
entremelees de nectaires en forme de languette , longs d'un 
demi-pouce, larges de plus d'une ligne, et d'un beau rouge. 
La fleur exhale une odeur douce, agreable, approcliant de 
Celle de Fabricot. 

Les touffes dc cette plante produisent une quantite de 
fleurs qui conunencent a paraitre des le mois d^ivril et se 



i 



( 25 ) 

succedent jusqu'en mai. EUe se cultive en pleine terre le- 
^ere ou de bruyere, et se multiplie d'eclats en automne ou 
au printemps. 

Ananas a tige nije( bromclia ananas, van nudicautis). 

Cette variete differe des autres par la couleur et la forme 
de ses fcuilles; des leur premiere jeunesse elles sont d'un 
rouge tendre, et couvertes, en dessus et en dessous, d'uno 
poussiere blanche qui leur donne un air satine; elles sont 
larges d'un pouce a leur base, de deux vers le milieu de 
leur longueur, et elles se terminent en une pointe tres 
aigue; leurs bords sont armes d'epines tr^s rapprocb^es , la 
plupart geminees, rouges sur les jeunes feuilles, perdant 
cette couleur a mesure qu'elles vieillissentjlorsquelaplante 
a tout son deVeloppement, les feuilles atteignent de deux 
pieds a deux pieds et demi de longueur. 

Cette variete est d'une vegetation lente, etTon n'obtient 
guere son fruit que lorsqu'elle est 4gee de deux ou trois 
ans. Sa tige, ayant au plus trois pouces de circonference, 
s'eleve de quinze a dix-liuit pouces; elle est garnie, dans 
toute sa longueur, de trois ou quatre feuilles-bractees tres 
courtes ; ses fleurs sont petites, d'un bleu pale; fruit d'un 
jaune orange, n'ayant presque pas de bractees calycinales 
attcignant ordinairement quinze pouces de circonference 
et six de hauteur, tres deprlme a sa base, ventru au milieu, 
se terminant en pointe qui est souvent surmonte'e d'une 
multitude de petites couronnes a feuilles bordees de rouge 
vif, ordinairement de sept a dix grains, dont la partie in- 
ferieure est carenee et la superieure bombee et plus sail- 
lante; chair blanche, tendre, sucree, tres parfumee. Get 
ananas doit etre mange aussitot qu'il a passe du vert a u 
jaune; car, si on le laisse trop murir, il perd toutes ses 
qualites, ainsi que les autres especes. 



( ^6 ) 

Cette mteressante variete , originaire des Antilles , pro- 
duit quelrjuefois des graines. Elle a une sous-variete connue 
en Augleterre sous le nom d''anatias d^Anville. 



Lewon. 



MELANGES. 



A monsieur le Redacteur principal da Journal de Flore et 



des Jardins. 



MoNSTBTJR, 



Je lis dans votre interessant Journal (numero de juil- 
let)qu'un M. Joly, pepinieriste a Vissous, greffe avecplein 
succes des pommiers sur sujet de poiriers. II vous a ecrit 
dialler voir: vous avez ete et vous avez vu. Voila, certes, 
qui devrait lever tous les doutes; he bien, monsieur, ose- 
rais-je vous Tavovier? la chose me parait si extraordinaire 
que je doute encore. 

Depuis plus de soixante ans, nion pere d'ahord, moi 
ensuite, nous avons cultive une pepiniere assez conside- 
rable dans les environs de notre petite ville. Cette loi qui 
regit trop de cultivateurs, cette aveugle routine, ne nous a 
jamais guides; nous avons tente beaucoup d^experiences, 
nous avons ete heureux dans quelques unes, malheureux 

dans d'autreSj et, par un hasard assez singulier, la greffe 
du poirier sur pommier a ^te pendant plusieurs annees le 
sujet^qui nous a fait faire le plus d' experiences, et celui sur 
lequel nous avons ete le plus constaniment malheureux. 
Millefoisnos greffes ont bien repris, sur-tout en fente, et 
ont vigoureusement vegete la premiere annee; a la second e 
feuille, un bourrelet se formait a I'insertion de la greffe , 
et le rameau languissait; a la troisieme anne'e , le calus de- 
venait enorme, etle poirier n'emettait que des feuilles jau- 



( 27 ) 

natres; a la quatrieme il perissalt j et je puis vous affirmer 
que jamais je n'ai vu un sujet durer cinq ans , ni porter un 
seul fruit. 

Sans mettre en doute les experiences de M- Joly, per- 
mettez moi de vous dire, monsieur le Redacteur, qu'un fait 
aussi important, un fait qui amenerait une espcce dc re- 
volutioii dans une branclie assez interessante de riiortlcul- 
tare, ne saurait ctre observe avec trop de soins et confirme 
avec trop de scrupule. Si MM, Noisette et Cels, vos esti- 

mables et celebres collaborateurs, vous accompagnaient 
dans les pepinleres de M, Joly, et quails certifiassent le suc- 
ccs des experiences de ce cultivateur, le fait serait regarde, 
par tons les bons esprits, conime passe en force de chose 
jugee. Mais jusque-la je vous assure que beaucoup de jar- 
diniers experimentes douteront. 

Je n^ose vous prier, monsieur, d^inserer ma lettre dans 
votre excellent Journal, mals bien de me paidonner une 
franchise un peu rustique, et. que vous traiterez peut-etre 

d'impolitesse. Toutefois j'ai cru devoir eveiller votre atten- 
tion sur un fait, a mon avis extremement interessant, etje 
suis persuade que, comme moi, tous vos souscripteurs 
seront enchantes si vous donnez suite a ces observations. 

J'ai rhonneur, etc- 

Marmorat, ancien pepinieriste. 

Pour prouver a M, Marmorat qu'en fait de discussion 
scientifique je suis loin de regarder la contradiction comme 
une impolitesse, j'insere sa lettre sans y rien cbaiiger, et je 
le prie meme, non seulement lui, mais tous les cultiva- 
teurs et amateurs, de m'adresser leurs observations avec la 
meme franchise. Un mise'rable interet d'amour-propre ne 
prevaudra jamais chez moi sur les grands interets del'agri- 
culture. En consequence, j'ai deja mi^ sous les yeux de 



M. Noisette la lettre de M. Marmorat, et cet habile culti- 
vateur m'a promis de se rendre avec moi a Vissous pour 



M 



se refusera pas a la meme complaisance. 



BoiTARD. 



ANALYSES. 



ITournalde la Societe d'agronomie-pratique. iV° d*aout 1 83o. 



J 



i^ JM. Filiette, pepinie'riste k Rueil, a obtenu de semis, 
il y a quatre ans, une variete de syrinjja [pliitadelphus 
coronarius), qui a fleurl pour la premiere fois cette annee 
dans ses pepinieres. II differe de son type par sa hauteur, 
qui atteint jusqu'a cinq ou six pieds ; par ses fleurs, beau- 
coup plus grandes (de vingt-deux lignes de largeur) , mais 
d'une odeur beaucoup plus douce, plus ecartees les unes 
des autres , formant, au nombre de cinq a sept, des thyrses 
termiuant les rameaux. II se distingue tres bien du syringa 
inodore {philadelphus inodonts) par ses feuilles largement 
dentees et velues, ainsi que par le nombre, Todeur et la 
precocite de ses fleurs- Cet article est signe par notre colla- 
borateur, M. Jacques, ainsi que les deux suivants. 

Iris tres jaune {irisjlavissima). M. Jacques dit que cette 
plante a ete introduite en Angleterre en iSa/j. , et qu'elle a 
fleuri pour la premiere fois a Neuilly en i83o. EUe a quel- 
que analogic avec Viris lutescens. Une hampe de quatre a 
cinq poucesj moins longue que les feuilles, se termine, en 
avril, par une spathe a deux parties, renfermant une ou 
deux fleurs d'un assez beau jaune. Elle est de pleine terre. 

Phlox grele (p/i/ojc gracilis). Cette espece, que M, Jacques 
croit nouvelle, est originaire de Georgie, et se cultive en 
pleine terre, ou elle fleurit en juin. Ses feuilles sont tres 



( 29 ) , 

longues, etroites, entleics et glabres; ses fleurs, {jmivles, 
en panicule corymbiforme, sont d'un beau pourpre violace. 

2*^ M. Etienne Noisette, pepinieriste k Laqueuc-en-Brie, 
fournit au Journal que nous analysons les descriptions 
d'un arbuste et de trois rosiers, qui peuvent interesser les 
amateurs de nouveaute's. Nous allons les citer. 

Abricotier de Siberie (prunus armeniaca , var- sibinca). 
Get arbrisseau, beaucoup plus petit que ses congeneres, est 
intoressant par ses fleurs moyennes, blanches en dedans, 



kalrnia 



ifolia, Q 



jaune roux, amers, et non nianjjeables. M. Noisette de 
Laqueue a recu cette espece de Siberie, il y a six ans, et 
elle a fructifie pour la premiere fois cette annee dans ses 
pepinieres. II pense qu'avec du temps et une bonne cul- 
ture son fruit pourra s*ameliorer. Du reste, cette espece 
n'est pas delicate et n'exige pas d'autres solns que les au- 
tres abricotiers. 

Rose bizarre-baroque. Ce rosier appartlent a la faraille 
des provins. Ses rameaux sont droits, arnies d'aiguillons 
inegaux ; ses feuilles ont cinq folioles planes , peu profon- 
dement dentees ; ses fleurs sont moyennes, doubles . d'un 
pourpre fonce, maculees de plusieurs teintes. 

Rose amiral Duperre. L'arbuste est un bybrule dejlien- 
{jale. Sa vegetation est tres vigoureuse; ses rameaux, longs 
et droits, sont armes d'aiguillons inegaux et ruuges; ses 
feuilles sont composees de cinq a sept folioles profonde- 
ment dentees; ses fleurs sont grandes, trcs pleines, mais 
M. fitienne Noisette ne fait pas mention de leur couleur. 

Rose provins presque noire. L'arbuste est assez eleve ; 
ses feuilles se composent de cinq a sept folioles planes , 
iongues et dentees ; ses fleurs sont tres pleines', en forme de 
coupe, d'un pourpre noinUre veloute. 

3*^ Notre savant collaborateur, M. Louis Noisette, donne 



I 



■(3o) 

la description d'une nouvelle variete de rose, k laquelle il 
impose le nom de rosa sinensis suaveolenSy ou the Joseph. 
L'abrisseau est arme d'aignillons violets et distants;ses 
feuilles sont composecs de trois a cinq folioles; ses fleurs , 
au nombre de quarante a ciuquante par corvmbe, sont 
. grandes, pleines, nuancees de jaune et de blanc. 

Le meme redacteur decrit, plus loin, le metrosideros pun- 
gens, arbrisseau ties interessant, de la Nouvelle-Hollande, 
Dans un des prochains numeros de ce Journal nous en 
donnerons Thistoire et la figure. 

Primevere verticillee (pr/mw/a verticillata). M. Jacques 
fait connaltre cette jollc plante vivace, de serre tcmperee, 
dont le pays natal lui est iuconnu. Ses feuilles radicales 
sont spatulees, entieres, couvertes de poussiere blanche; 
les caulinaires, au nombre de cinq, forment un verticille 
aux deux tiers de la hauteur de la tige. Celle-ci sVleve a six 
ou sept pouces, et se termine, en avril, par un ou deux 
verticilles de fleurs jaunes et longuement pedonculees. 
M. Jacques la cultive sous un chassis froid, et la multiplie 
d'eclats. Le Journal des Jardins la figurera aussitot qu'elle 
entrera en fleur. 

4*^ Moyen pourecarter les fourmis. Ce moyen, indique par 
M. Fleury, horticulteur a Meulan, consiste a employer un 
melange d^une livre de goudron, quatre onces d'essence de 
tercbenthine, et une once d'huile a bruler. A Taide d'un 
pinceau, on trace, avec cette composition, une zone autour 
de la tige des arbres infestes, et Ton empcche le melange 
de couler au moyen d'un anneau de cuir dont on embrasse 
le tronc. Dans les endroits que les fourmis frequcntent on 
se contente de placer des baguettes ou des brins de paille 
enduitsde cette matiere, et si onne detruitpasces insectcs, 
au moins on les force a s'eloigner pour ne plus revenir. 

M. Lenoir, pour completer cet article, cite une observa- 
tion qu'il tient dcM. Deschicns , vice-president de la Societe 



(3.) 

d'agronomie-pratlque. On met fermenter dans uu vase des 

porreaux grossierement haches; il en resiilte nne liqueur 
extremement fetide , qui a la propridte de debanasser sur- 
le-champ, et pour plusieurs annees, de tous les insectes 
nulslbles, les arbres qui en sont asperges. 

Le meme M. Lenoir cite encore sur ce sujet un precede 
publie par M. Caillois-Fremont, consistant a cliassor les 



fourmis des pots ou ellcs se logent, au moyen d'une disso- 
lution de sulfure de potassCj a ralsou d^une ouce par arro- 
soir dVau. 

5** Conservation des fruits geles. Une notice extraito, par 
M. Lenoir, du vingt-sixieme cabier des travaux de la So- 
ciete centrale d'agriculture de la Seiue-Inferieure, annonce 
que le 4 n^ars i83o on a trouve sous des potnmiers des 
pommes parfaitement conservees, quoiqu'elles alent ete 
exposees pendant plusieurs jours a une gelee de six ou sept 
degres, et couvertes de neige pendant tout le reste d'un 
assez long hiver. De ce fait, M. Lenoir tire la consequence 
utile que aquand on a des fruits geles, le mieux qu'on 
«pmsse faire pour ne pas les perdre, c'est de les couvrir 
, «amplement de substances peu pernieables au calorique, 
«pour qu'ils puissent se degeler avec lenteur et sans le con- 
utact de Fair et de la lumlere. Si on avait toujours de la 
wneige a sa disposition, on pourrait Femployer a cet effet 
u avec avantage, lorsquc les fruits sont deposes dans les cel- 
« Iters: il faudrait seulement evlter de la tasser, parcequ'a* 
«lor3 elle devlcnt plus permeable. A defaut de neige, la 
wpaille brisee, le foin et la balle de grains, sont des sub- 
« stances tres conveuables, mais il ne faut pas les epar- 
"gner. n 

6** Mojen de delruire les tierbes qui croisseut dans les cours 
peu frequentees J par M. Lenoir. Ce moyen consiste a arro- 
ser, une seule fois, avec la preparation suivante* Dans une 
chaudiere de fonte. on met cent litres d'eau, vingt livres 



(32) 

de chaux eteinte, et deux llvres de soufre pulverise. Oii 
fait bouillir, puis apres avoir laisse refroidir on trans- 
vase, et on ajoute trois ou quatre fois autant d'eau qu'il y 
a deja de llquide. Toute lierbe moulilee avec cette compo- 
sition perit radicalement. M. Lenoir ajoute que cette me- 
tliode est employee avec le succes le plus complet, pour de- 
barrasser d'herbes les coursde THotel des Monnaies a Paris. 

7" Ciment de pomme de terre avec le pldtre ou l^argile. 
Notice extraite, par M. Lenoir, du Journal des connais- 
sauces usuelles. 

Pomiues de terre cuites en bouillies .... i partie* 
Platre tamise ,. — * g parties. 

On gache le tout ensemble, et on Femploie comme on 
fait du plAtre ordinaire. Les murs, enduits, etc., faits avec 
cette espece de ciment sont impermeables a liiumicHt^, et 
ne se salpetrent jamais. 

Je pense, comme M- Lenoir, que ce stuc peut etre avan- 
tageux dans les lieux sees et eleves, sous le rapport de sa 
solidite seulement^ et non sous celui de sa pretendue re- 
sistance a rbumidite et au salpetre. 

8*^ JSouvelles applications des putts art^siens a thorlicul- 
tuve. Ma foi, il faut convenir que la science est une belle 
cbose. Pauvres ignorants que nous etions jadis! ! nous nous 
ruinions pour chauffer nos serres avec du bois, de la 
houille ou du charbon ; be bien^ grace au progres de la 
physique, anjourdliui nous les chaufferons avec....... de 

I'eau fraiche ! ! ! 

Dureste, I'auteur de cet article est un bomme plein d^in- 
struction, excellent pbysicien, annoncant des principes 
incontestables, mais dont il me parait tirer de fausses con- 
sequences dans leur application au gouvernement des 
serres. Nous reviendrons en detail sur cet article dans 
notre prochain numero- 

BoiTARD, 



/ 



(33) 

L 

Cljematite ctlindrique ( Clematis cjlindrtca , Decaxd. , 
Proclr. I, pag. 7, spec. 62. De la fAmille des keivoncula- 
CEES de Jussieu , et dela poljandrie-polygynie de Linnee). 
Voye% la planche. 

Plante originaire de FAmcnque septentrionale, non li- 
gneuse , mais seulement vivace par scs racines. Tiges 
flexueuses,falbles, hautes de deux ou trois pieds an plus, 
rameuses aa sommet ; feuilles pinnces, h cinq ou sept fo- 
lioles ovales -oblongues, pedicellces, glabres , entieres : 
celles placees a la base des petJts ramcaux entieres et obli- 
ques; petiole vrille, et servant a s'accrocher aux arbris- 
seaux voisins, lorsqu'il s'en trouve k proximite. De max 
en scptembre, fleurs solitaires au somniet des rameaux 
penchees, a qaatre sepales longues de dix-huit a vingt- 
deuxlignes, pointues, ondulees sur les bords, nerveuses 
en dessus,d'un bleu violace; etamines nombreuses , de 
deux tiers plus courtes que la corolle ; pistils nombrcux et 
de la longueur des etamines. Les fruits n'ayant pas noue 
me sont encore restes inconnus. 

Cette plante rastique et de plein air, encore peu re'pan- 
due, est cultivee en Angleterre depuis 1802. Elle est jolie 
et peut orner d'une maniere fort agreable les massifs de 
terre de bruycre ou elle parait se plaire. On la multiplie 



d'eclats. 



Jacques 



Camaha DE Sellow {Lantana sellowiiy Hortul. De la fa- 
mille des gattiliers de Jussieu , 6t de la didynamie- 
angiospennie de Linnee). Voyez la planche, 

Arbuste fort joli, originaire du Bresil. Tiges de dix-Liiit 
pouces au plus, k rameaux nombreux, greles, courts 
cyhndriques, et grisatres ; feuilles petiolees, opposees , 



) 



(34) 

ovales-cordifoi mes , dentees , iin y^eu ridees , a peine velues 
a Icur surface, exhalant une odeur fort ag^reable. Pendant 
tout Fete et une partie de Tautomne, fleurs nombreuses, 
d'un violet fonce, pfkle et blanchati'e au centre, re'unies 
en tete ombelllforme, munie de bractees formant colle- 
rette; calice court, h quatre dents ; corolle a tube cylin- 
drique beaucoup plus long que le calice, a limbe plan 
partage en quatre lobes inegaux; quatre etamines non 
saillantes; un ovaire a style filiforme, termine' par un 
stigmate courbe en crochet. II se change, apres la florai- 
son, en un petit drupe violet contenant un osseleta trois 
loges , dont Tune avorte ordinairement. 

On cultive cet arbuste dans une bonne terre legere, et 

il se conserve tres bien en serre tempe'ree, on il doit rester 
depuis le i5 septembre jusqu'a la fin de mai. Si on a le 

soin de le tondre dans sa jeunesse ildevient tres touffti. 

Lemon. 



Orobb noir - s^otiRPHE (Oro6u5 atropni^ureusy Des^,^ flor. 
atlant, Decaxd., Prodr, sp. 28. Orobiis sicutus y Rafi- 
NESQ. De la famille des l^guminelses de Jussieu, et de 
la cliadelpliie-decandrie de Linnee). Voyez (aplanche. 



Tiges droites 5 peu ou point rameuses, glabres, angu- 
Iciises, striees, vertes , hautes de dix-huit pouces a deux 
pieds; feuilles composees de deux, quatre, ou, mais rare- 
ment. de six folioles etroites, pointues, lineaires, glabres 
sur les deux surfaces, ou du moins le paraissant a Toeil 
nu ; petiole court, d'environ deux lignes , accompagne a 
sa base de deux stipules demi-sagittees, tres etroites. 

Les pedoncules , plus longs que les feuilles, sont greles 
et portent a leur soramet une grappe unilaterale de six k 
douze fleurs penchees, dont les petales pourpres, macules 
de pourpre plus fonce au sommet, ont jusqu'a neuf ou dix 



^ 



\ 



(35 ) 

li{jnes de longueur; calice comme a deux Icvres, dont la 
sup<5rieure plus courte est divisee en deux petites dents , et 
Finforleure, un pen plus long^ue, en trois. 

fitamines diadelplies; style court, surmonte d'un stig- 
mate capite et hcrisse de poils; gousse ou fruit oblong, 
d'environ douze lignes de longueur et trois de largeur, 
glabre, contenant six a neuf graines arrondies et Lrunes. 

CeLte plante croit naturellement dnns les lienx incultes 
des environs d'Alger. J'cn ai recu les seniences du Jardin 
botanlque de Naples en iSaS. Quoiqu'elle soit vivace, elle 
n'est pas de longue duree. On la niultiplie facilement de 

seinences qui murissent bien dans nos jardins. On doit les 
semer aussitot apres leur recohe, ou du molns de bonne 
lieure au premier printenips. La terre de bruyere est ceile 
qui parait le mieux convenir a cctte plante. Elle est jolie et 
merite d'etre accueillie dansles collections de plantes d'oran- 
gerie, ou on doit la rentrer Thiver. Jacques. 



Stjr la vesce MtiLTiFLORE {vicia craccu deLinnee), et sur 
la culture du ma'is. — Journal de la Soclete dagronomie- 
pratique. 



M. Madiot pense que Fon pourrait utiliser cette vesce 
pour la decoration des jardins paysagers, en la semant en 
larges touffes, sur le bord des massifs ^ en melange avec 
de fortes grarninees destinees k la soutenir. Elle est vivace 
et n'exige point de culture. Son fourrage plait beaucoup 
aux betes a comes, mais ses graines sent un poison pour 
la volaille. 

Dans lememe Journal on trouveT/ne/ettre5/^>ieelecointe 
Lelieur de Ville-sur-Arce, relative k la culture du mais dans 
les environs de Paris. M. Lelieur pense, comme beaucoup 
d'autres economistes, que cette culture pent reussir dans 
les departements volsins de la capitale, et devenir d'une 



L 

h 



( 36 ) 

immense importance, en fournissant des ressources ali- 
mentaires a la population. M. I^enoir nie la possibilite de 
cette culture, et, dans le cas ou on la tenterait, il en reduit 
les produits presque a rien^. 

Je crois que Tun et Tautre de ces messieurs jugent cette 
question avec un peu de prevention, M. le comte Lelleur ap- 
porte des faits et trente ans d'experience en faveur de son 
opinion; neanmoins,d'apresses donnees,uncultivateur ne 
serait-il pas trompe dans ses espe'rances lorsqu il semerait 
un boisseau de inais dans un arpent des mellleures tcrres 
pour en recolter neuf cents boisseaux ? M. Lelieur parle 
de pain<Ie niais! j'en ai mange du pain de mais, j'en ai 
mange dans le IVlidi de la France, dans la Bresse, dans 
la IJourgogne : Dicu preserve les Parisicns du pain de 
mais ! Cependant on prepare avec sa farine et du lait une 
iouillie, connvie en Bourgogne sous le nom de gaudes, 
fournissant une nourriture assez agroable et tres saine. 
M- Lenoir pense que le climat de Paris s'oppose ^ la cul- 
ture du mais. Je crois aussi que jamais elle n'acquerra ici 
I'imporiance qu'elle a dans les provinces que je viens de 
citer; maisje suis ferraement persuade qu' elle* pent reus- 
sir, j'en appelle a temoin les trente annees d'expe'rience 
de M. Lelieur, et les observations que j'ai faites Fannee 
derniere (si pen favorable a cause des pluies du printemps) 
sur onze arpents de mais cultives par M. Jacques , dans 
Jes jardins du Roi a Neuilly, et stir trols arpents cultives 
sur la ferme de Contain, par M, Rabourdin. M, Lenoir 
ajoute que lors meme que la recolte de grains murirait, 
« elle n'offrirait au proprietaire d'autre ressource que celle 
" d'engraisser d'une maniere dispendieuse de la volalUe et 
<t des pores, car la vente de ce grain est impossible." Je puis 
affirmer a M. Lenoir que, pendant nne saison, il se fait a 
la halle aux grains de Paris une vente reguliere de mais , 
mais a la verite peu conside'rable, parceque los cultiva- 



(37) 

teurs en apportent pen. Dii reste , avant de porter rin juge- 
nient definitif sur ce sujet, il me parait necessaire de mul- 
tiplier les experiences dans diverses localites, et sur-tout 
avec le mais apporte du Canada par M. Lelieur, <£ui le 
dit plus hatif que Ics autres varieles. 

BoiTARD. 



Jlnnales de la Societe d horticulture de Paris. {Juillety !83o.) 



i" Mem 



Par 



les Grangers dans ruie serrepour les y faire passer la mau- 
vaise saison ; ici il s'agit de porter une serre sur dcs Gran- 
gers pour atteindre le meme but. On eniploie pour cela 
des moyens plus ou moins ingenieux. Depuis que le ma- 
gnifique espalier d'orangers du chateau de Lachaize a ete 
detruitj on n'a plus rien avoir en France dans ce genre, si 
ce n'est a Paris chez M. Fion, Pour oLtenir ua succes aussi 
satisfaisant, voici comment agit ce cultivateur. II plante les 
Grangers a Texposition d'onzeheures (sud-sud-est), contre 
le mur d'une serre, dans une terre composee d*un tiers de 
terre normale (ou franclie), un tiers de terreau de Lruyere , 
et un tiers de bon fumier; ou bien dans uli melange a par- 
ties egales de terre de gazons consommes et de terreau de 
fumier ou de bruyere ; ou encore , et c'est ainsi que son 
superbe es])aHer a e'te plante, dans la terre meme du jar- 
din, sans aucun melange, quand elle se trouve formeepar 
un sable gras, naturellement fertile, pose sur un fond 
permeable aux eaux. On traite les arbres avec les soins or- 
dinaires. Dans la premiere quinzaine d'octobre on pose 
les panneaux de la serre volante, et il ^ffit pendant Tbi- 
ver de preserver les Grangers de la gelee. 31. Poiteau fait 
remarquer que ces arbres ne sont pas fatigues pour passer 
vni mois ou six semalnes dans Pobscurite, et que par con- 



( 38 ; 

sequent il estpreferable de les defendre de la gele'e avec des 
paillassons ou autres couvertures semblables, Cependant 
il est bon d'avoir un poele dans la serre, afm de chasser 
J'liumidile en cas de besoin. On n'arrose pas pendant Thl- 
ver, mais seulement vers la fin d'avril, moment on on en- 
leve les panneaux pour rendre les arbres a Fair libre. Suit 
une gravure des serres de M. Fion, que nous nous abste- 
nons de de'crire parceque nous croyons que Ton peut par- 
vcnir a des resultats semblables par differents moyens. 

a"* Extrait cTun memoire sur I'abrlcotier et sur les maladies 
observees sur cet arbre, etc.; par un anonyme- L'abricotier, 
dit I'auteur, est un arbre qui vit peu de temps dans nos cli- 
mats, parccqu'il est plus sensible que les aulres arbres frui- 
tiers aux variations atmospheriques. II cite une annee 
remarquable, 1826, pendant le printemps de laquelle ces 
arbres souffrirent beaucoup des transitions presque subites 
de temperature. U entre dans des details fort longS, mais 
<jui ne renferment rien d'assez neuf pour pouvoir trou- 
ver place ici. Nous trouvons mcme quelques principes de 
culture qui nous paraissent assez basardes, comme, par 
exemple, celui ou Fauteur dit qu'il ne faut u pas trop allon- 
"ger la taille, afin que le fruit soit toujours rapprocbe 
« des branches principales , et que les arbres soient toujours 
u bien garnis. » Nous pensons, comme le judicieux redac- 
teur des Annales , que ceci u'est possible que sur Fabrico- 
tier-peche et quelques autres, mais impossible dans les 
autres varietes , parcequ'elles n'emettent pas facileraent 
des bourgeons sur le vieux bois. L'anonyme rappelle une 
vieille metbode excellente, qui consiste a depalisser les 
branches fructiferes et h les ecarter du niur^ afin de favo- 



wser la maturite des fruits en facilitant la circulation de 



lair et de la lumiere. Ce moyen , ajoute-t-il, fait eviter 
leffeuiilaison, operation qui nuit toujours plus ou moins 
aux arbres, parcequ'il est prouve par des faits tres connus 



\ 



( 39 ) 

Jescultivateurs, qu'ils recoivent de Tair, par les feuilles 
line partie de leur nourriture; 

L'auteur propose iin moyen pour defendre les fleurs 
d'abricotier et de peciier centre les gelees tardives qiii les 
font avorter." II conslste a attaclier aux branches de ces 
arbrcs, pendant la floraison, des rameaux tout'fus de bou- 
leau , genet a balals, etc., qui briseront les rayons du so- 
leil si funestes apres une gele'e blanche, et attenueront 
les effets des vents froids. II terinine son memoirc par de 
tres bons conseils. Pour arreter les chancres, il coupe jus- 
qu au vif la partie attaquee, il recouvre la plaie avec an 
' melange compose de terre franche, de bouse de vache , 
de suie de cheminee et de suif , et il maintient Tappareil 
au moyen d\m chiffon. 11 recommande sur-tout la pro- 
prete, et pour Tentretenir il faut enlever le bois mort ct 
les chicots, gratterla gomme, enduire les plaies d'un corps 
g^ras, et nc laisser croitre ni mousses ni lichens. 

S*" Procede pour faire grossir les f nuts ^ par ]M. Jaume 
Saint-Hilaire. IVL Jaume Saint-Hilaire a pensd que ce qui 
empechait de certains fruits de prendre un grand develop- 
pement etait le resserrement des tubes et des vaisseaux 
s6veux du pedoncule, resserrement occaslone par le poids 
d'un fruit pendant. En consequence, aide de M. Dalbret 
jardinier en chef des ecoles d'agriculture au Jardin du 
Roi, il fit diverses experiences qui lui parurent confirnier 
\ son opinion. lis choisirent sur un jeune polrier deux 

fruits, dont Fun avait neuf pouces quatre lignes de circon- 
ference, et I'autre huit pouces dix Iignes. On lalssa le pre- 
mier pendant , et Pon soutint Tautre en Tappuyant sur une 
planchette ditposee a cet effet. Quinze jours apres (le 3o 
septembre) les deux poires furent cueillies : la premiere 



n'avait grossi que de deux lignes ^ et la seconde avait neuf 
pouces sept lignes. 

Deux poires d'aremberg furent soumises a la naeme ex- 



( 4o ) 

perience. L'une avail huit pouces quatre lignes de circon- 
ference, resta suspendue , et ne gagna que deux lignes • 
I'autre avail huit pouces, ct gagna huit Hgnes. 

L'experience ful encore faite sur deux poires chaptal, 
sortant de la meme bourse. La plus gTOSse, qui avail trois 
lignes de plus que Tautre, fut soutenue; Tautie ful laissee 
pendante, Lorsqu'on les cueillit, la premiere avail neuf 
lignes de circonference de plus que la seconde. 

Toutes ces experiences ne me paraissent pas concluantes, 
et voici pourquof, Les fruils d'une meme variete, cueillis 
sur un meme arhre, doivent avoir a-peu-pres la meme 
grosseur : ce fail n'a pas hesoin d'etre prouve, il est suffi- 
samment connu de tnus les cultivateurs. Or, dans la pre- 
miere et seconde experience, qu'est-il arrive? que la poire 
soulenue (premiere experience), moins avancee que Fau- 
tre, puisqu'on I'avait choisie plus petite , a alteint la gros- 
seur ordinaire h son espece. Aussi a-t-elle grossi de neuf 
lignes pour arriver a neuf pouces sept lignes, tandis que 
Vautre n'avait hesoin de croitre que de deux lignes pour 
arriver a neuf pouces six lignes, difference pen apprecia- 



ble, si la grosseur ordinaire de la variete est supposee 
entre les deux chiffres. Nous appliquons le meme raison- 
nement hi la seconde experience. Quant aux poires chap- 
tal, le fait parail plus decisif , mais un fait seul ne fait pas 
preuve. 

Celte experience, qui a notre avis est fort inteVessante , 
sera suivie par ses auteurs,et nous nous empresserons d'en 
faire connaitre les resultats. Nous ne devons pas oublier 
ici une observation de M. Jaume Sainl-Hilaire, qui vien- 
drail tres bien a Tappui de son opinion, u En general, dit- 
« il, les grosses poires, comme le bezy de Chaumontel, le 
« doyenne d'hiver el d'ete, etc. , ont la queue courte, tan- 
« dis que les petites poires, comme la blanquettCy la poire 
« de demoiselles, ont la queue longue, » 



* 



(4i ) 

4" Observations sur deux articles insures dans la (rente' 
troistemc livraison des Annalcs de la Society dliorticulturc de 
Pam; par M. Prevost fils. Le redacteur etablit par des 
raisonncuients et'dcs faits, qu'on ne pout obtciiir, comme 
I'a dit M. Vigue, deux recoUes par an des memes pomnics 



em 



L'auteur appronve la mpthode de M. de ^loiubron, qui 
conseille de grcffer le chitaignier en fente, et non en 
ecusson, du i" au lo max, II s'etonne dece que des pc'pi- 
nlerlstes suivent encore ce qu*il appelle une vtellle routine 
en greffnnt par approche certains arbres qui reprennent 
tres bien en ecusson, cotnme les hetres et leurs varietes. 

5" Mojen de faire fructijier les camellia, par AL Laffay- 

Fournier. Ce moyen consiste k supprimer les boutons a 
bois qui acconipagnent les fleurs, pour determiner la seve 
a passer dans la fleur et nourrir le fruit. 

6* Extrait dune notice sur fafacuUe quont les racines des 
arbres indigenes de supporter la gelee sans danger; par 
M. Margat. Le redacteur de cet article pense que les ra- 
cines des arbres indigenes ne sont pas plus sensibles aux 
gele'es que les tiges et les rameaux , pourvu que prealable- 
ment on les ait exposees a I'air quinze jours avant les 
froids. En cela il confirine une experience de M. Jacques ^ 

faite il y a un an. De cc fait il tire la consequence que 
les pepinieristes, en arracbant leurs arbres quinze jours 
avant les gelces, pourraient les faire voyager sans incon- 
venients, pendant les plus grands froids, a racines nues. 

7" Mojen de hater la maturite des melons. Notice extraite 
du Journal d'Agriculture des Pays-Bas, par M. Poiteau. 

On repand sous le melon et autour de lui une couche 
d'un a deux ponces d'epaisseur de cbarbon de bois pul- 
verise, 

8° Fruits nouveaux ou pea connus, M. Noisette cultive, 
sous le nom de poire goulue morcean de chambrony un fruit 



(4^ ) 

gros, allonge, passant pour ton , et ayant ete noiume par 
M. Bosc gros-morceaii ou glou-morceau. 

Le heurre spejise ressemble beaucoup pour la forme et 
la grosseur au beurre gris. II a la peau verte , jaspe'e de 
roux-brun et de pourpre. Sa chair est delicate, parfumee, 
excellente- Cette variete, obtenue par M. vanMons, inurit 
en septembre. 

9*" Plantes d'agrement nouvelles ou peii connues, M. de 
Sainte-Croix a decouvert dans le departement de la Cote- 
d'Or, en iS^S, un buis nomme par les Annales buxus ros- 
marinifolia^ buis h feuilles de roinarin , s'elevant a un 
metre de hauteur, a feuilles absolunient scmblables a celles 
du romarin , ayant de meme les bords roules en dessous. 

lo** Insectes nulsibles. Mojen de preserver les choux et les 
raves des pucerons. Dans une pinte d'eau ordinaire on fait 
dissoudre quatre onces de sel de cuisine, et on fait trem- 
per les graines dans cette eau pendant environ c4nq ou six 
minutes. On les en retire , on les saupoudre de cbaux vive , 
et on les seme de suite. Lorsque les jeunes plantes ont leurs 
deux premieres feuilles developpees, on les arrose ave'c de 
Feau salee, h raison d'une once de sel par quatre pintes. 
Apres avoir reitere plusieurs fois ces arrosements, on re- 
pique le plant en place, et il est delivre pour toujours de 
Paitaque des pucerons. Get article anonyme me parait me- 
riter confirmation. 

II** Composition pour detruire les insectes des arbres en 
espalier^ par M. James Burges. On prend une partie de 
fleur de soufre, une de cbaux en poudre, une de tabac 
d'Espagne , et trois de noir de fumee. On melange le tout 
et on y ajoute de Peau de savon et de Furine, de ma- 
niere a ce que le tout ait la consistance d'une peinture 
epaisse. Au printemps, apres la taille, on enduit de cette 
matiere, au moyen d'un pinceau, Fecorce et meme les 
boutons. 



I 



/ ( 43 ) 

12° Moyen de detruire les limaces^ par M. A, Gorrie. On 
arrose avec un melange, par tiers , d'uriiiej de bouse de 
vache', et d'eau. 

3"* Recette pour detruire les taupes^ par M. Boulojjne, de 



1 



Castres. On coupe des ails par tranches minces, on les 

jette dans un pot vernisscj et on les fait infuser dans de 

rhuile de petrole pendant vin^jt-quatre heures. On ouvre 

les passages des taupeSjOn y infroduit quelques (ranches 

de cet ail, on rebouche Touverture, et les taupcs dispa- 

raissent toutes vn peu de temps. 

Comme nous Favons dlt, toutes ces recettes nous pa- 

raissent avoir besoin d'etre confirmees par de nouvelles 
experiences. 

i4* Une notice sur un ouvrage de ^I. Fontaneilles, una 
espece de description d"'un jardin dltalie, et la mercuriale 
des prix moyens des produits de Fhorticulture, terminent 



ce numero- 



BoiTARD. 



Du Systeme botanupie de Porta. 



Nous avons proniis, dans un precedent numero, de 
donner une analyse du Systcme botanique de Porta, et 
nous allons remplir notre proniesse, ne fut-ce que pour 
monirer jusqu'a quel point les meilleurs esprits peuvent 
s'^arer lorsqu'ils quittent la route d'une saine criti- 
que pour s'abandonner k la conduite de leiir imagina- 
tion. Porta, savant naturaliste et grand medeciu, avait 
ete precede dans la science des vegetaux par plusieurs 
hommes de meriie, parmi lequek nous ne citerons que 
Lobel, Cesalpin et Dalechamp, parcequ'ils sont les seuls 
qui aient essaj e d^etablir avant lui une classification me- 
thodique, li ne fit aucune attention k leurs travaux , et 
inventa un systeme aussi singulier qu'extravagant. 



/ 



^44) 

II crut trouver de la ressemblance entre ccrtaines plantcs 
et les parties des anlmaux ; il chercha dcs rapports entre 
leurs moeurs et les notres, entre leurs habitudes et le mou- 
vement des astres; il s'imagina que les plantes devaient 
avoir des qualites nxedicinales en raison de leurs formes; 



qu'en consequence, celles dont quelques parties represen- 
tent le foie devaient guerlr les maladies du foie, celles qui 
representent des doigts devaient guerir la goutte, etc. 11 
n'y a pas plus de cinquante ans que la plupart des me- 
decins etaient encore inibus de cettc ridicule erreur ; et si 
on ouvre une ancienne pliarinacopee, on verra que Fidee 
de Porta n^etait pas neuve, mais que seulcment il lui a 
donne beaucoup d'extension, 

, Au moment ou j'ecris ceci, il s'en faut de beaucoup que 
la me'decine ait enticrement renonce a ses vieux prejuges. 



La dentelaire {plumbayo europcea) est encore aujourdliui 



regardee comme odontalgique. — Les racines de I'iris 
hermodacte s'emploient cuites en application sur les dou- 
leurs goutteuses. — Les bulbes d'orchis, dont on prepare 
le salep, sont regardees comme aphrodisiaques. — Les sou- 
cis {calendula) et les buplitbalmes {buphihalmum) ^ dont les 
fleurs radices ressemblent a des yeux de bceuf, sont re- 
commandes dans rophthalmie. — La YAleryane ^Valeriana 
officinalis) , re^avdee comme antispasmodique, s'ordonne 
dans les palpitations et dans les ane'vrismes du coeur. 
La pulmonaire {pulnionaria officinalis) et le lichen de chene 
{lichen pulmo?ianus)^ plantes qui n'ont aucune analogic 
entre elles, mais auxquelles on a cru trouver quelque res- 
semblance avec le poumon, s'ordonnent pour toutes les 
maladies de poitrine. — L'arum macule s'emploie contre 
les pales couleurs, et la forme de sa fleur fera aisemcnt 
deviner la raison ridicule qui Ta fait ordonner dans Fori- 
gine. — Le fruit du coqueret alkekenge {phjsalis alke- 

kengi)^ etant enveloppe dans nne sorte de vessie, est in- 



(45) 

contestablement diuretique. Nous ne pousserons pas plus 
loin cette dif^ression qui ne fait honneur ni a la critique 
ni a la science de nos peres. L'analyse chimique, voila le 
seul guide que Ton doit suivre si on ne veut pas s^exposer 
a des erreurs funestes, soit qu'un remede a^isse d'une ma- 
niere pernicieuse, soit qu'il n'agisse pas du tout. 

Mais revenons au systeme de Porta, et donnons tine 
analyse de sa Lizarre classification, 

-r ■ ' 

I" CLASSE. Plantes considerees selon leiir lieu nataL 



Sect I. Plantes aquatiques. 

2. Plantes terrestres. 

3. Plantes des trois climats, le froid, le tempeVe, et 



-* 



le cliaud. 
4- Plantes montagnardes 
5. Plantes cultivees. 



n* 



2* CLASSE. Plantes qui out des parties semhlables a celles des 

ho mines. 



Sect, I. Semblable a des cheveux. 

a. Semblable k des yeux. . . , 



3. Semblable a des dents.. • . 

4- Semblable a des doigts. . . 

5. Semblable a des testicules 

6. Semblable a des coeurs , . . 
J. Semblable a des poumons 

8. Semblable a des foetus . . . 

9. Semblable a des vessies. . 



Ex, capillaire, 
buphthalme. 

dentelaire. 

iris hermodacte 
orchis. 

valeriane. 

pulmonaire. 

noix et arum. 

alkekenge. 



3' CLASSE. Plantes qui ont des parties sembtables a celles des 



animaux 



Sect* I. Racinesserablablesa la queue 



d' 



UJl 



scorpion .. .^ ♦-..-..'-. - Ex. doronic. 



\ 



( 46 ) 

SecL 3. Fleursserablablesadesmou- 

ches et des papillons. . . Ex, ophris et legiimi- 



neuses, 



3. Tiges semblables a des ser- 
pents serpentaire 

4- Fruits semblables a des cor- 

nes arum* 

5. Fleurs semblables k une 

Crete corvdab 

6. Fleurs semblables a une 

gfiieule ^ muflier. 

7. Feuilles semblables h une 

langue cynoglosse. 

8. Epines semblables k des 

griffes ronce, 

9. Racines semblables a des 

testicules orcbis. 

10. Fruits et fleurs semblables a 

une queue de scorpion. . Heliotrope. 

11. Racines , epis ou tiges sem- 

blables a une queue de 

cbeval prele. 

12. Feuilles semblables ci un 

pied d'animal tussilage. 



4* CLASSE. Ptantes qui ont des parties semblables cmx mala- 
dies de thomme^ 



■- > 



Sect. I. Feuilles et tiges tacbees 

comme la peau * Ex. arum macule 

a. Fruits et. racines h ecailles 

comme des vermes .... scabieuse. 
3. Feuilles k grumeaux imi- 

tant des varices scrofulaire. 



» 



(47) 



5^ CLAssE, Plantes dont les qualites ont du rapport avec celles 

des hommes* 



SecL I* Plantes belles, qui rendent les hommes beaiix. 

2. Plantes fecondes , qui rendent les hommes fe- 

conds* 

3. Plantes steriles, qui rendent les hommes steriles. 
4- Plantes de differentes saisons, plus convenables a 

rhomrne dans leur saison. 



6* CLASSE. Plantes dont les moeurs sont analogues a celles de 

tliomme* 



Seel, I. Plantes gaies ou tristes, qui rendent rhomme gai 



ou tnste. 



2. Plantes qui ont de la sympathie ou de Fantipa- 

thie avec rhomnie. 



7* CLASSE. Plantes qui ont du rapport avec les astres, 

SecU I. Les dorees, qui ont du rapport avec le soleil. 

2. Les jaunes, qui ont du rapport avec Jupiter. 

3. Les blanches, qui ont du rapport avec la lune. 

4. Les rouges, qui ont du rapport avec Mars. 

5. Les incarnates, qui favorisent les plaisirs et ont 

du rapport avec Venus. 

6. Les livides, vertes, pourpres ou bleues, qui gue- 

rissent la rate et ont du rapport avec Saturne. 

7. Celles de couleurs varices, qui ont du rapport avec 

Mercure. 

8. Celles qui se tournent vers le soleil, qui ont du 

rapport avec le soleil. 

9. Celles qui se tournent vers la lune, qui ont du 

, rapport avec la lune. 



(48) 

Sect, lo. Celles qui ont la forme du solell, qui ont du rap- 
port avec le soteiL 

11. Celles qui ont la forme de la lune , qui ont du 

rapport avec la lune. 

12. Celles qui croissent sous la zone torride^qui ont 

du rapport avec le soleil. 
Porta ecrivait ces reveries en i588. II y a loin de son 

systeme a celui de M- de Jussieu. 

BOITARD. 



L'automne demie^* j'allai visiter le jardin paysa^jer d'un 

de mes amis- Apres avoir parcouru plusieurs bosquets plus 
ou moins pittoresques, nous arrivames dans une clairiere 
de quinze ou vingt pas de dlametrc, au milieu de laquelle 
se trouvait ce qu'il appelait son calendrier, son horlo(je, et 
son merldien, Ce joujou me parut assez singulier pour me- 
• riter, dans le Journal de Flore, une courte description et 
une place. 

Au milieu d'un gazon parfaitement circulaire, de vingt 
h vingt-cinq pieds de diametre, entoure d'un cercle de 
buis-nains, s'elevait en forme de fleclie un epicea {abies 
piceUy H. P. ptm/s abtes ^ L) dont on avait coupe les bran- 
ches jusque pres le sommet. L'arbre ne s'en portait pas 
mieux, car sa tige droite comme xm jonc, raide et nue, 
couronnee au sommet seulement par quelques rameaux de 
verdure, semblait s'etre allonge'e outre mesure aux depeus 
de sa grosseur. 

Partant de son pied , et dans la direction rigoureuse du 
nord (direction qui, me dit-on, avait ete calculee &ur 
I'e'toile polaire), e'tait plantee une ligne de buls atteignant 
la bordure circulaire. Cbaque jour, a midi , Fombre portee 
par la tige nue de Tepicea couvrait cette ligne. Voilk ce que 
mon ami appelait son meridien. 



« 



(49) 

11 avail divise une plate-LanJe circulaire autour de Far- 
bre en vingt-quatre compartinients, inJlquant Ics vingt- 
quatre lieures coniposant iiii jour et une nuit, et ces divi- 
sions formaient son Iwrloge de Flore, Je ne puis assurer le 
lecteur si cette horloge marquaitlesheures avecunegrande 
justesse , car je n'ai pas ete a meme d'en faire Fobservation 
plusieurs fois; mais je suis fonde a croire que, men ami 
ayant choisi les plantes dont Linnee a dresse' le tableau h 
Upsal, par le 60* degre de latitude boreale, il dolt s'en-' 
suivre, comme Fa deja fait remarquer Adanson, qu'il y 
a une difference d'une beure dans Fepanouissement des 
memes plantes h Paris. Quoi qu'il en soit, nous allons 
donner le tableau de ces plantes, tel que Linnee Fa publie, 
et tel que men ami Favait fait exccuter, en retranchant 
ne'anmoins celles d'une culture trop difficile. 



HEL'UES 



[.! 



I'tpanoins- 
semeni. 



MATIN. 



NOMS DES PLANTES 



U E U U E S 
auxqaelles 

KB* FLEUEf 

se ferment. 



MATIN. 



3 a 5 iTraqopogon lutcum; salsifis janne »...l ga lo 

4 <J 5 Cicnorium scanense ; chicorec. .......-* J lo 

Crepis tectorum; crepiJe des loits lio k 12 

Leontodon taraxacoides ; pissenlit taraxacoide I 



4a5 

4a.S 
4^6 

5 

5 

5a6 

5a6 

5a6 

5a6 

6 

6 

637 
6^7 



SOIR. 



.P ^ 

Picris magna ; grande picride « J 1 2 

Scnrsonera ttngffnna; scorsonere de Barbaric j 10 

Hemerocallis fulva ; h^merocalk jaune 

Papaver 7iudicaults ; pavot i tigc nue 

Sonchus levis ; • . * 

Convolvulus rectus; liseron ^ ti^je droiie 

Crepis Alpina; crcpide des Alpes 

Lampsana glutinosa ; lamp^aoe glutineu?e 

Lampsana rhagatliolas ; lanipsaue rhajjadiole . . 
Leontodon taraxacum ; pissenlit dent-de-]ion . . . 

Tragopngnn colnmncB; salsifis 

Hieraciurn frutkosum ; • • ■ 

Hjpocharis pratcnsts; liypocb:iride des pres. . . 

Crepis rubra ; crepiJe rouge • • ■ 

Hierncium pfilmotiana » . . • - 

Hieracium rubrum 

Sonchus belgieus 

Sonchus repcns 



1 1 a 12 



ri 
10 
10 
Sag 

I I 



I 



10 a 13 



3 

7^8 
7 

7 5k8 



5 

4a 5 
I a 3 

2 

3i4 

3 



N° l\. 



BOTANICAi. 
GARDEN. 



(5o) 



6a 8 

7 
7 
7 
7 
7 



. 7 

7 
7a8 

■7«k8 

7a8 

yaS 

8 

8 

8 

9 
9 

gh. lo 

9 a 10 

10 ?1 11 



Alyssum alyssdides; alysse alyssoide 

Anthericiun album ,.*... 

Calendula phwialis; souci pluvial 

Hieracium laiifoliam 

Lactuca sativa; laitue cultivee 

Leontodon chondrillaides ; pissenlit a feuille de chon-' 



4 



3^4 
3a4 

1 a 2 



drill e 



Njmpficea alba; neiiupliar Hs d'ctang 

Sonchus laponicus 

Hjpochceris hispida 

Lampsaua rhttgadioloides ;lain^s2Lne rhagadioloide 

Mescmbtyantnemum barbatum; ficoide barbae 

Mesembrycmthemum linguiforme; ficoide linguifurme 

Anngallis rubra; mouron rouge. 

Dianthus prolifcr ; ceillet prolifere ^ ■ • 

Hieracium dUosellu 




3 



Caletidula arvensis ; souci des champs 
Hicrarium c hondritlo'idcs 



SOIR. 

5 

6 
9 k lo 
9 a lo 



Arenaria purpurea ; subline pourpre : . 

Malva helvula; mauve belvule . 

Mesembryanthemxnn crystnllinuni ; ficoide {jlaciale. . 
M e sembry anthemiim Napolitnmim ; ficoide de Naples 



12 



Mirabilis jalapn; belle-de-nult ordinaire. . 

Geranium triste ; geranium tristc 

Silene nocturne; silene noclunie, . . lil . . . 
Cactus Qrandifiora ; QVGt^G a graudes fleurs 



9 k 10 

10 k 1 1 

7k 8 



2 
3 

3 
3 
I 

3 
3 
2 

2 a 
1 

3 a 

3 



3 



4 



12 



Celles de ces plantes, qui exigeaienlla serre, etaient pla- 
cees dans des pots enterres dans la plale-bande, d'ou on 
les enlevait quand la floraison etait passe'e, 

Autour de la bbidure du buis qui entourait le gazon 
e'tait une plate-bande large de trois pieds, et divisee en 
douze compaitimentspar des llgnes transversales plantees 
en buis ; elle etait aussi bordee de buis. Chacun des douze 
compartiments portait leiiom d'un des mois de I'annee, et 
renfermait une ou plusieurs plantes fleurissant dans le mois 
dont il portait le noni. Mon ami appelait cette espece de 
cadran son calendrien Nous allons donner a nos lecieurs 
les noms des vegetaux qui remplissaient cbaque division, 

en indiquant celles-ci par leur nom mensueL 



(5, ) 



JANVIER. 



JTJHXET. 



JJelleborus nigcr; hellebore noir. 
Ruscus aculcatus; fiagoa piquaut. 
Tnssilaqo fra grans ; lussilage odorant. 
Arbutus uneao; arhousier commiin. 
Viburnum tinus ; viorine laurier-tin. 

FI?;\RIER. 

Helleborus hjemalis; helleborine. 
Bellis perciinis ; patjucreite \ivace. 
Galantkus nivalis ; galatiibe pcrce- 



ueige. 

Daphne mezereum ; daphne mdtdreon . 
CydoniaJaponica; co^uassicr da j3.pon. 

MARS. 



Lythnim salkaria; salicaire eflileo. 
Erythrcea ccntaurium ; erydir^c ceii- 
lauree. 

H/ssopus officinalis ;hysope officniale. 
Adonis ces'tivalis ; adonide d'etd. 
Lisimachia vulgaris; lysimachie com- 

muue. 
Etc. , (He. 

^ AOUT. 



Parnassin palnstris ; pamassie des ma- 
rais. 

BaLamina kortensis ; hal^amine dcs 
jar dins. 

Euphrasia lutea; euphrasie janne. 
Hepatica triloba; an/uioDe hepatique. Scabiosa succisa; scabieuse trooqnee. 
Soldanella Alpina; soldanelle des Al- ^ ' 



Digitalis purpurea, diguale pourpre. 
Etc. 

SEPTEMBRE. 

Cyclamen Europ<eum ; cychmc d*Eu- 
rope, 

Amar}l(is tniea; amaryliis jaune. 
Colchicum autumnale ; colchique d au- 

tomne. 
Crocus sativus; safran cnUive. 

Eupatorium purpureum ; eupatoire 
poui'pre. 

Etc. 
Cardamine pratensis; csrdamine des! OCTOBRE. 

pres. j^^fer grandijlorus ; aster h. grandes 

Pr/rnu/fl f€n5; primevere coramune. I fleurs. 



pes. 
Ficari-d ranxinculo'idcs ; ficaire renon- 

cule. 
Crocus vermis ; safran printanier. 
Merendera bulbocodium ; nierend^re 

bulhocode. 

Etc. 

AVRIL. 

Tulipa suaveolens ; tulipe odorante. 
Saxifraga granulata; saxifrage granu- 



Fritillaria ini p eriali s ; conronne impe- 

riale. 
Etc., etc. 

MAT. 

Syringa vulgaris; lilas commun. 
Convallaria ma'ialis; muguet de raai. 
Spircea Jilipendula ; spiree filipendiile. 
PcBonia officinalis; pivoine ofHcioale. 
Narcissus pQ€ticuS;udXCiiSt des, \iO'^ie$. 
Etc., etc., etc. 

JUIN. 

Papaver rhoeas; pavot coquelicot. 

Centaurca cyancus; centauree bleuet. 

Lilium croceiim; lis orange. 

Ornithognlum umbellatum ; dame 

d'onze heures. 

Phaseolns coccinens; haricot d*Espa- 
gne. 

Etc. , etc. , etc. 



Helimithus tuberosus; helianthe tub^- 
reijse. 

Anthemis grmxdiflera ; chrysantbeme 
des Indes. 

Hy pericum sitiense ; va.\[\c^QTixx\% de la 
Chine. 

Albuca alba; alhuca blanc. 

Etc, 

NOVEMBRE. 



Ximenesia enccliiides ; xlme'nesic a 

feuilles d'encelie. 
Fiburnum linns ; lanricr-tin. 
Anthemis grandiflom ; chrysanih^mc 

des ludes. 

DECEMBRE. 

Lopeua raccmo.>a; lopezic a grappes. 
HusctiS aculeatus ; fragon piquant. 
Tttssilngo fragrans ; lussilage odorant. 
Veronica agrestis; Teroniquc aj;reste. 

BofTARD. 



(52) 



■V 



NOUYEAUTES. 



EscHOLTziE de cahfornie {escfioltzia calif ornica ; Champs. 
De la polyandrie-monogynie de Linnee, et de la famille 
des PAPAVERACEES dc Jussicu). Voyez la planche. 

Cette plante, comme son nom Tindique, est originaire 
de la Californle. Elle est cultivee en Angleterre depuis peu*, 
et a Paris seulement depuis I'annce passee, i83o. 

Tiges rameuses, diffuses, d'un vert {jlauque, [cylindri- 
ques, moUes, formant un buisson de douze a vingt-quatre 
pouces.Feuilles alternes, petiolees; petiole allonge, cana- 
liculeen dessus; limbe conime tripinne, a folioles un peu 
confluentes, lineaires, oLtuses au sommet, ressemblant 
assez a celles de la fumeterre usuelle (Jumaria officinalis), 
Pedoncules longs, paraissant d'abord terminaux, mais 
devenant axillaiies parrallongement des rameaux, cylin- 
driques, glabres et glauques comme tout le reste de la 
plante, elargis au sommet en une espece de disquo soute- 
nant la base du calice, la corolle, les etamines et Tovaire. 
Calicc monopbylle, se fondant irregulierement a la base 
au moment de la floraison , et se detachant alors comme 
une espece d'opercule; corolle d'un beau jaune plus fonce 
h la base, formant une jolie fleur ouverte de qtilnze a dlx- 
huit lignes, composee de quatre petales un peu retrecis en 
onglet, inseres sur le disqiie a la base de Tovalre. Vingt a 
quarante etamines inserees a la base des petales, a filets 
jaunes, se terminant par une antliere allongee , h une lege 
longitudinale, s'ouvrant en dedans. Ovaire sessile, deve- 
nant une capsule lineaire, longue de cinq a six pouces, 
paraissant a deux loges. 

L'Escbolizic est une plante annuelle remarquable. On 
peut la semer en pot sur coucbe et la depotcr pour la 



/ 






(53) 

niettreen place lorsque les gelees ne sont plus a craindi'e, 
ou la semer aux endroits ou on desire qu'elle (leurisse, 
lorsque le temps est assez doux pour permetlrc cette ope- 
ration, Elle fleurit de mai en aout. Jacques; 



i 



Aristoloche a gbandes fleurs {aristolocliia grandiflora^ 

DE TussAC, Flore des Antilles, Dela gynandrie-hexandrie 

deLinnce, et delafamille desARisxoLocHEEsdeJussieu.) 
Voyez les deux planches representant safleur et sa feu'dle, 

Tige solubile, subereuse et presque ligneuse jusqu'a 
quelques pieds deliauteur, se divisant et subdivisant des 
le collet en une infinite de rameaux herbaces , greles, fili- 
formcs, laches, stries; stipules grandes , pales, ridces, un 
peu capucbonnees, obliques, opposees; feuilles grandes, 
alternes, cordiforines-arrondieSj un peu pointues au som- 
mct^ entieres, glabres des deux cotes; petioles tres longs, 
ordinairement d'un diametre plus considerable que les 
tiges. Pedoncules simples, axillaires, tres longs, recourbes, 
anguleux; fleur solitaire, d'une grandeur et d'une forme 
extraordinaires; corolle monopetale, tubuleuse a la base, 
longue de huit a neuf pouces ; tube ventru , bexagone , de 
presd'un pouce et demi de diametre, arque', etraugle au 
sommet qui forme un coude exigu, puis se dilatant en 
forme de ventre et s'evasant en une ouverture ovale-trian- 
gulaire; limbe en forme de tablier, fort long, de sept a 
huit pouces de diametre, recourb^ en dessous, un peu 
naviculaire, h nervures saillantes partant des bords de 
Torifice et s'etendant en rayonnant jusqu'a la marge; il 
est termine au sommet par une appendice lineaire de plus 
d'un pied de longueur. Dans rorifice de la gorge on aper- 
coit comrae un double tube adne a Fautre , a bords creneles 
et garnis d'un duvet pourpre. Six etamines sesslles sous le 
style, placees sur une petite colonne bexagone entouree 



« 



{ H) 

d*un anneau pourpre, cyathiforme. Ovaire hexagone, 
surmonte de six stigmates lineaires; fruit conslstant en 

une capsule oblongue, affectant la forme d'un encensoir, 

r 

hexagone, h six loges polyspermes, s'ouvrant par sa base, 
renfermant an grand nombre de graines obrondes et 
comprimees. 

Les couleurs de cette belle fleur ne sont pas moins remar- 
(juables que sa forme. Tube exterieurement blanchatre et 
un pen tornenteux, interieurement d\in pourpre terne, 
tirant sur le noir vers Torifice qui est garni de petits poils 
de la meme couleur; dessus du llmbe jaspede blanc jau- 
u^tre et de pourpre, dessous blanchatre, 
. Cette aristoloche exige une serre chaude dontla tempe- 
rature ne doit jamais descendre au-dessous de douze k 
quinze degres Reaumur, On la cultive en terre de bruyere 
melangee par moitie avec de la terre franclie lorsqu'elle 
estadulte; dans sajeunesse elle prefere la terre de bruyere 
pure. On la place, en pleine terre, dans une bache pour 
obtenir ses singuUeres fleurs qu'il faut eviter de couper 
quand elles sont placees sur des rameaux de Tannee. Elle 
se propage de graines, de marcottes et de boutures. 



PivoiNE EN ARBRE A flelrs BLANCHES (pceouia arborea ^ 
var. alba). Arbuste de la meme dimension que le pceonia 
moutan; feuilles irregullerement biternees, k folioles la 
plupart incise'es ou lobees, ovales-oblongues, pointues^ 
d'un vert roussAtre ea dessus et glauque en dessous , portees 
sttr un pe'tiole rougeatre et velu aux articulations; fleurs 
tres doubles, terminales, de la grandeur de celles de la 
pivoine en arbre , un peu moins bombees. Petales franges , 
biendecoupes, fermes i leur base et rouges au centre jus- 

qu'au tiers de leur longueur. 



/ 



PiVOiNE EN ABRRE A FLELRS VIOLETTE8 [pCEOnia Urhorea ^ 



I 



( 55 ) 

var. vivlacea). Arbuste assez vigoureux, peu rameux, de 
cinq h six pieds de hauteur; feuilles de dix-liuit pouces de 
longueur, a folioles assez rapprochees, larges, violatres 
en'dessus, glauques en dessous; fleurs tres doubles, de 
huit a neuf pouces de diametre, violettes, k petales tres 
amples, moins larges a la base qu'au sommet. De toutes 
lea^varietes connues jusqu'a ce jour, celle-ci est la plus 
eleyee et celle qui fournit les fleurs les plus grosses et du 
plus bel effet. 



PivoiNB EN ARBPtE A FLEURS ROUGES {pceoniu urb ovea y 
var. rubra), Arbuste peu eleve, h tiges faibles et tres nom- 
breuses; feuilles petites, nombreuses, incisees, d'un vert 
pale; tleur cbarmante, de moyenne grandeur, tres double, 
d'un beau rouge, k petales tres nombreux , franges, de 

4- 

differentes formes et grandeurs, ce qui lui donne beau- 
coup d'elegance. 



PivoiNE EN ARBRE A FLELHs PALES {^pcEoniu urborea , var» 
pallida), Arbuste beaucoup plus vigoureux que le P. mon- 
tan ordinaire , moins rameux , s'clevant davantage ; feuilles 
plus longues , a folioles beaucoup plus larges et roussatres ; 
fleur moyenne, double, ajpetales de la circonference d'un 
rouge pale, d'un rouge assez vif au centre. 

Pivoi>'EEN ARBRE A FEUILLES PA^ACHEES {p(Boma arboreu , 

^ 

var. variegata), Je ne cite cette anomalie que pour la singu- 
larite et I'elegance de son feuillage borde de rouge et poin- 
tille de vert et de blanc, II produit un joli effet. 

Je possede un sujet de semis, age dc dix ans, dont les 
tiges tres nombreuses et faibles n'ont que six a sept pouces 
de hauteur. II n'a point encore donne de fleurs. 

Les pivoines en arbre que je viens de decrire ont ete 
obtenues de irraines recoltees dans mon etablissenient et 



( 56 ) 

proviennent des P. moutan et papaveracea que j'ai eu le 
soln de fecondev avec differentes varietes de pivoines 

herbacees. 

II y a quelques annees que j'ai decrit dans mon Manuel 

compiet da Jardinier^ le pceonia papaveracea a fleurs roses 
tres doubles 5 egalement de mes semis. Dans quelques an- 
nees on pourra faire de ce beau genre une monograpbie, 
qui, si elle est accompagne'e de bonnes figures coloriees, 
fournira aux arts d'admirables modeles de formes et de 
couleurs. 



Noisette* 



VARIETES. 



nous 



payssitue au nord de laMacedoine. Ces belles plantes sont 
kracines tubereuses ou fasciculees. Beaucoup de nouvelles 
sortes nous ont ete apportees de la Chine depuis pea d'an- 
nees; cependant j'ai vu au jardiu du roi d'Angleterre un 
pied du pcponia papaveracea qui y avait ete introduit en 

meme temps que Thortensia {hortensia opuloides). Ces 
deux plantes sont dans une petite serre de quatre chassis, 
et ont Tune et Fautre a-peu-presla meme dimension, six a 
sept pieds de hauteur et cinq de diametre, Elles ont plus 
de quarante ans, et leurs tiges ont ete recepees ou renou- 
vele'es plusieurs fois. On dit que les Chinois possedent 
autant de varietes de pivoines que nous en avons de ta- 
lipes, et meme qu'ils en ont de bleues. Je ne suis pas 
eloigne de croire h cette assertion , d'apres les nouvelles 
varietes que j'ai obtenues cette annee de mes semis, et seu- 
lement dans les pivoines en arbre, qui deja, les annees 

precedentes, m'avaient donne des varietes de la plus 
grande beaute. 

Voila un genre qui, tres borne il y a quelques annees , 



/ 



r 57) 



offre aujourd'hui un grand nombre de sortes fort iii- 
teressantes. La pivoine est la plus belle des plantes et uiie 
des plus robustes. Les amateurs peuveut aujourd'liui por- 
ter leur attention sur ce beau genre et en former de 
superbes collections. lis pourront eux-menies en faire des - 
semis pour obtenir des varietes nouvelles. Une fois mises 
en place elles n'exigent que peu de soins , et toutes , sous le 
climat de Paris, resistent h Fair libre, meme pendant les 
hivers les plus rigoureux. 

Noisette. 



Noiiveau moyen de cultiver avantageusemei^t le phlomis 



LEONUUUS. 



- Get arbrisseau charmant, de la famille des Labiees, est 
originaire du cap de Bonne-EsperancCj et anciennement 
cultlve en France. Avant la decouverte des 'plantes de la 
Nouvelle-Hollande, il occupait les meilleures places dans 
les orangeries; aujourd'hui on ne le voit que rarement 
dans les jardins; cependant il n'est pas sans merite, et avec 
le moyen que nous indiquons ici, ou peut en faire un bel 
ornement. Place loin du jour dans une orangerie, il peric 
souvent dans sa jeunesse; dans une serre vitree, il pousse 
tout I'hiver, s'etiole, et se couvre d'insectes; et lorsqu'on le 
sort au printemps, ses branches etiolees se tortillent, vegetent 
faiblement, et souvent fleurissent mal. Pour obtenir de cet 
arbrisseau tous les agrements qu'il peut offrir, il faut, h. la 
fin de mal, le tailler tres court, c'est-a-dire ne laisser que 
peu de bois de Tannee precedente, et le mettre en pleine 
terre a une exposition aeree, dans une terre qui ne soit 
pas irop le'gere. En Farrosant copieusemcnt durant les cba- 
leurs, il poussera vigoureusement, et se couvrira de fleurs 

± 

a la fin de septembre- 

Si onveut jouir de sa fleur plus tard , il faut, a la fin 



"^ 



r 



^ ( 58 ) 

d'aout, le relever en motte pour le mettre dans un grand 
pot, ou caisse; ensuite on le place h. Pombre pour le faire 
reprendre, et on I'y laisse jusqu'a la rentre'e pour en retar- 
der la floraison; on le place alors pres du jour, dans Fo- 
rangerie ou dans la serre temperee, et il y fait un effet 
agre'able. 

Si on veut conserver pour Tannee suivante les individus 
qui ont fleuri en pleine terre, il faut avoir soin de les ga- 
rantir des premieres gelees jusqu'a la mi-novembre, en les 
entourant la nuit avec des paillassons, Quand les fortes 
gelees commencent a se faire sentir, on arrache les leonurus 
avec le plus de racines qu'il est possible; on fait une tran- 
chee de dix-huit pouces de profondeur, au pied d'un raur, 
au midi ou en plein air, a bonne exposition ; on y couche 
ces arbrisseaux de toute leur longueur, en les placant iete- 
beche. Apres en avoir 6te toutes les feuilles, on depote aussi 
ceux qui ont fleuri dans la serre pour etre conserves avec 
eux ; ensuite on recouvre le tout avec de la terre aussi legere 
que possible, ou avec du terreau; si Fhiver est rigoureux 
on couvre la terre avec quelques pouces de paille ou de 
feuilJes, Ce moyen, que j'ai vu pratiquer il y a nombre 
d'annees, m'a toujours bien reussi. J'ai conserve Fhiver 
dernier, 1829-1830, par ce procede, un certain noinbre 
d'arbustes dVangerie dont voici la liste : 

Nerium splendens. 

Laurus nobilis- 

Laurus maderiensis- 

Divers petits Grangers et citronniers. 

Arbutus unedo. 

Dillenia scandens, 

Bignonia capensis. 

Bignonia capreolata. 

Crataegus indlca. 
Dapline indica. 



» 



/ 



(%) 

Daphne collina« 
Gardenia florida. 

I 

Lagerstroemia indica, 

Volkameria japonica. 

Jasminum grandiflorum. 

Jasminum azoticum. 

Jasminum triumplians. 

Hibiscus umbellatus, ou malva. 

Convolvulus cneorum. 

Passiflora coerulea. 

Passiflora incarnata. 

Cassia corymbosa* 

Solanum bonariense violaceum. 

Camellia japonica. 

Fuschsia coccinea. 

Justicia quadrifida. 

Houstonnia coccinea. 

Rub us rosaefoliis. 

Cestrum parqui. 

Gr£evia orientalis, 

Erytrina crista-galli. 

Sophora tetraptera , ) t • * 

o , 1 11 I ou edvaritsia. 

bophora mycrophylla, ) 

Jucca aloeifolia. 

Amaryllis formosissima. 

Amaryllis longifolia. 

Alstroemeria pelegrina- 

Eucomis punctata. 

Toutes ces plantes et arbusjes avaient ete enterres avee 
leurs pots, a Fexception des phlomis leonunis, qui avaient ete 
eideves de la pleine terre. Ces arbustes out ete tires de la 
fosse, ou ils avaient passe Thiver, dans les premiers jours 
d'avril, et transportes au pied d'lm mur au midi, ou je 
les garantissais avec des paillassons durant les dernieres 



f 



i 



\ 



(6o) 

nuits froides ; tous ont repousse avec autant de vi{}ueur 
que ceux des menies especes qui avalent ete conserves en 
serre. Ce moyen ne pourrait pas etre employe dans Ics 
tenes fortes et argileuses qui retiennent Feau pendant Thi- 
ver; mais dans les terrcs legeres ou sablonneuses il estin- 



faillible. 



Le 



MON. 



Annales de la Societe d horticulture du departement dii 

Nord, L'ouverture du cours de botanique de Lille a eu lieu 

le 23 mai iSSr, a cinqheures du soir; le meme jour a ete 

choisi pour J'ouverture et rinauguration des jardins de 

botanique et dliorticulture reunis. Le pre'fet, le maire, 

plusieurs fonctionnahes, et uu noinbreux auditoire parmi 

lequel un cercle brillant de dames, assistaient a cette 
double ceremonie, 

M. Themistocle Lestiboudois ( petit -fils et fils de deux 
botanistes tres distingues, Jean-Baptiste Lestiboudois, et 
Francois-Joseph Lestiboudois, connus par d'excellents ou- 
vrages) a ouvert la seance par un discours brillant de style , 
de pense'es et de verite'. Avec autant d'art que de finesse il 
a su, a propos de la botanique, parler des sciences en 
general et de leur influence consideree sous le rapport du 
bonheur des peuples, ce qui Pa naturellement amene' a 
devoiler, par des comparaisons ingenleuses, par des allu- 
sions aisees a saisir, une partie de ses opinions politiques. 
Par exemple : « Ce sont elles (les sciences), dit-il, qui 
« president a la vie des societes. Les associations humaines 
«ne marcbent pas en aveugles, Croit-on qu'elles sont 
«abandonnees au basard, ou que qiiehjues mdfvidus jetes 
« par la fortune dans un rang eleve, dirigent leur mouve- 
« ment, commandent a leurs masses si diverses, reglent 
<ttoutes les actions siniultanees ou indivlduelles? Non! 
« non sans doutel c'est la pensee qui gouverne la terre , 
"cest a Fintelligence seule que tliomme, etre intelligent, 



\ 



(6i i 

upeut obdir. Le code de ses lois est forme par les verites 
<( que les slecles ont laisse'es intactes dans les livres* Celui 
«qui satisfait a la pense'e dominante du siecle s'eleve, il 
a est porte par toutes les volontes, parcequ'il est c6mme le 
<c resume de la raison universelle. Que la puissance morale 
« de ropinion le quitte , il tombe ; il tombe avec petitesse 
a si la portee de son esprit est petite ; il tombe a\ec fracas 
«si c'est un de ces prodiges que la nature a taille sur de 
« vastes proportions , que d'eclatantes actions ontgrandi, 
«que d'immenses services ont delfie. Le monde sera cou- 
« vert de ses debris, la terre tremblera au bruit de sa 
<£ chute J et le genre liumain tressaillira a la vue d'une si 
u terrible catastrophe; mais il tombera inevltablement 
a quand le temps sera venu qui est reserve a une autre 
adestinee, quand Thcure d'un nouveau culte sera an- 
« noncee par Tapparition d'une nouvelle lumiere. 

«La souverainete de la raison humaine est un principe 
« qu'il faut respecter, L'omnipotence nest a personne, elle 
a est a la justice, a la ve'rite; elle est a la raison. i* 



Apres ^tre rentre avec beaucoup d'adresse dans son sujet. 



M, Lestiboudois expose d'une maniere succincte mais tres 
lumineuse les services essentiels que la botanique et Tbor- 
ticulturepeuvent se rendre mutuellement. « La botanique^ 
«dit-il, etudiera les vegetaux dans les secrets de leur orjja- 
«nisation, dans Tensemble de leurs caracteres; Fhorti- 
« culture prendra soin de les rassembler de toutes parts. 
rt La botanique examinera les plantes dans toutes les phases 
« de leur vie, elle observera avec soin tous les phenomenes 
ttde leurs fonctions; Fhorticultare fournira tous les ele- 
u ments necessaires a raccomplissement de ces actes vi- 
ataux, elle s'attachera h subvenir a tous les besoins des 
u plantes ; le sol , Fabri , Fexposition, tout sera calcule pour 
prendre prospere, au milieu de nos villes, le sejour des 
« incultes habitants des contre'es lointaines. Avec le secours 



; 



(62) 

ude riiorticulture, la botanique verra ses theories con- 
ufirinees journellement par la pratique; elle verra le - 
u cliamp de ses observations grandir, les limites qui seules 
«les borneront seront celles qui out arrete' les voyageurs 
«les plusintrepides, et Taudacieuse activite du commerce 
« europeen. L'horticulture ^ a son tour 5 sentira sa marche 
uassurce par I'appui que lui fourniront les preceptes de 
(*la science; elle profitera des lumieres que repand la 
« pbysiolog^ie vegetale sur tons les procedes de la culture, 
«et saura regler toutes ces methodes de multiplication , et 
a tous les soins qu'elle donne aux vegctaux sur les faits 
areveles par les affinites naturelles. Ainsi, emules Fun de 
(cTautre, le botaniste et I'horticulteur travailleront de 
<( concert pour assurer les progres de I'art et de la science, 
aou plutot le botaniste sera en menie temps horticulteur, 
«et ITiorticulteur, botaniste k son tour, ne demeurera 
« etranger a aucune partie de la science. Aucune rivalite 
itn'est done possible, puisque les desirs de tous seront ' 
ales memes. Les nns ue peuvent travailler sans etre utiles 
u au^ autresj et en meme temps sans profiter des travaux 
u de leurs emules. ?) 

Apresle discours de M. Lestiboudois, M. Borelly, secre- 
taire-general de la Societe, a pris la parole pour rappeler 
aTatt^ntion publique quelques noms recommandables. A 
ce sujet il a parle de «la protection que Tauguste princesse 
« Louise, fiUe du Roi des Francais, daigne accorder k la 
« Socie'te. )) Parmi les hommes de bien dont les vertus et 
les bienfaits ont toujours ete uu exemple salutaire pour la 
civilisation , ou parmi ceux dont les noms sont lies a toutes 
les celebrltesscientifiques, il a cite M. le comte de St-Alde- 
gonde, president de la Socie'te, Linnee, Tournefort, Jus- 
sieu, Tliouin, Dumont de Courcet, Parmentier, Jean- 
Baptiste Lestiboudois, Francois-Joseph Lestiboudois, et 
Themistocle Lestiboudois- 



■-: 



< 



^ 



rapport sur les tulipes. On y voit que les rollections qui 
out paru les plus belles h la Societe' qui les a recompensees 
par des medailles ou par des mentions lionorables sont 
celles de M. Desmazieres, premiere medaille; M™*' Heep- 
mann, seconde medaille.— Mentions honorables, celles de 
*' Lefebvre-Heegmann ; de MM. Lecreux, de Jouffroy, 



M 



que 



ciete a juge'es assez interessantes pour etre visitees par une 
commission speciale sont celles de MM. Ridez, Desma- 
zieres, Demortain, Delevoie^ Dubus-Hazard , le general 



Jouffroy, 



W 



Pottier -AVatrelos , Fays 



Parent neveu, Desmottes, Grucq , Dumaisniel, Doyen, 
Duburq - Doyen ; celles de M"^ Lefebvre-Heegmann, 
Gracy, Heegmann. 



V 



BOITARD. 



Etude i>e la vegetatioiv. 



lia vegetation presente des pbenomenes dont un grand 
nombre n'a pas encore ete devoile; mais les principaux, 
ceux sur-tout qui sont relatifs a Tabsorption des fluides ga- 
zeux ou liquides qui serveht de nourriture au ve'getal, ont 
ete clairement expliques, et ce sont ceux-la qui prfetent les 
applications les plus utiles a la culture. L'^tude de ces pbe- 
nomenes interessants est indispensable pour quiconque 
aspire a une intelligence raisonnee des operations du jar- 
din age. 

Personne n'lgnore qu'en abiitant avec soiu les graines 

^ 

de rhumidite, ou les conserve pendant un nombre d'an- 
nees indefini sans les voir germer; etl'on sait encore qu^elles 
ne germent jamais quand la temperature du milieu ou elles 
se trouvent approclie du teruie de la congelation de Feau- 
Ces circonstances suffisent pour faire sentir que le con- 



(64) 

cours d'une humidite convenable et d'lin certain degr^ de 
chaleur est necessaire pour que la germination puisse s'ac- 
complir; mais ces agents seraient incapables de provoquer 
cette germination sans la presence d'une certaine quantite 
d'oxigene libra. Ainsl Ton exposerait inutilement des grai- 

nes dans une atmosphere artlficielle suffisamment chaude 
et huhiide, mais qui ne contiendrait pas d'oxigene; ces 
graines se moisiraient et noirciraient , et Ton ne verrait 
percer aucun germe- 

Ce fait e'tant incontestable, on peut en tirer les conse- 
quences suivantes. On ne doit pas deposer les graines i** sur 
un sol aride, oil les germes ne irouveraient pas I'humidite 
necessaire pour les abreuver ; 2" sur un sol glace, parcequ'a 
cette temperature les liquides n'ont plus de cours; 3" sur 
un sol trop gras, parceque formant une couche impene- 
trable autour d'elles , il les soustralrait a Faction de Fair. 
Ces conclusions se trouvent en harmonic avec les pratiques 
journalieres des cultivateurs. 

La presence de Toxigene etant indispensable au develop- 
pement des germes, il est naturel de penser que Ton pour- 
rait accelerer la germination en mettant les graines en con- 
tact avec une quantite de ce gaz plus grande qu'elles n'en 
rencontrent dans I'atmosphere. C'est ce qui a lieu en effet 
lorsqu'on fait tremper les giaines quelque temps dans une 
eau oxigcnce, ou que seulemcnt on les arrose d'un pareii 
liquide j et c'est ce qui arrive egalcment lorsqu'on remplc 
Teau oxigenee par certains acides, ou par toute autre sub- 
stance capable de rendre Foxigene predominant dans la 
graine, soil en lai cedant un peu de ce gaz, soit en lui en- 
levant une certaine proportion d'hydrogene. 

On ne concevra peut-elre pas, au premier abord, com- 
ment une substance peut contrlbuer ci faire predominer 
Foxigene dans les graines, en s'emparant d'une certaine 
partic de leur hydrogene; mais cette difficulte disparaitra 



(65) 

si Von considere que les graines sont coniposees d'oxigene , 
U'liydrogene et de carbone , et que , relativemeut a la pre- 
dominance de Toxigene , le resultat est le menie , soit qu'on 
leur ajoute uue certaine quantilc de ce dernier gaz , solt 
qu'on leur enleve une portion d'Jiydrogene conespon- 
dante . 

La facllite avcc laquelle on a reinarque qu'il etait pos- 
sible dc bater la germination, a fait essaycr d'inti*oduire, 
dans la pratique, Tcmploi de quelques substances propresa 
produire cet t;fFet a un baut degre. On pcnsait qu'un 
developpement plus rapide du vegetal , dans sou premier 
age, devait etre suivi d'heureux resultats, parce qu'il etait 
soiTStrait, du moins en partie , a Tinflucnce d'une saison in- 
constante , aux attaques d*une multitude infinie d'insectes , 
et a tous les dangers dont il se trouve alors menace. Mais 
Texperience n'a pas confirme des presomptions si specieu- 
ses , et il a ete reconnu qu'un developpement trop rapide des 
organes, dans la jeune plante , estbientot suivi d'uu allan- 
uisscment general , parce que le sue que fouraissent les co- 
tyledons se trouve epuise avant que la relation des racines 
avec le sol soit bien etablie. 

En faisant mention du sue des cotyledons , comme 
propre a servir de nourriture a la jeune plante , nous si- 
gnalons un pbenomene digne de toute notre attention ; 
niais, pour le comprendre, il est necessaire detudicr les 
cbangemens produits dans le germe par la combinaison 
d'un pen d'oxigene, et rinfluence de rimmiditc et de la 

cbaleur. 

La plumule et la radicule , qui sont les embryons des ra- 
cines et du tronc de la jeune plante , sont une partie pour 
ainsi dire inaperf uc de la graine , tandis que les cotyledons 
composentpresque toute sa substance , etluiconimuniqiient 
sa forme et ses qualites. Ces cotyledons ont generalement 
une sayeuv qui varie comme la nature du vegetal ; mais si 



:f^ 



(■ 66 ) 

Yon y rencontre dc Tamidon , du mucilage , de riiuile , il est 
a remarqner que, tant qu'ils no sent pas altcres. Ton n'y ren- 
contre jamais de sucrc ou d'acide. Dans tous Ics cas, la pres- 
que totalite de leur substance estamilacee ; or, comme la 
chimie nous apprend qu'entre Taniidon etle sucre, la seule dif- 
ference qu'on puisse etablir consiste dans une proportion de 
carbone un peu plus forte que Ton rencontre dansramidon, et 
commeron remarque, outre cela, que, pendant la germina- 
tion, les cotyledons contiennent une matiere sucree recem- 
ment formee , il s'ensuit que cette disparition d'un peu de 
carbone ayant eu lieu dans des circonstances ou la presence 
deloxigene etait neccssaire, on est porte a croire que I'oxi- 
gene et le carbone se sent combines ; cette presomption de- 
vient certitude lorsqu'on rccueille les produits formes. En 
clTet, en faisant genner des graines dans un vase clos, 
purge de gaz carbonique par Veau de cliaux , on y re- 

trouve, apres la germination, une quantite dc gaz carboni- 



quantite 



no- 



menc interessant, le seul cffet du gaz oxigene est d'enlcver 
une petite quantite de carbone a Tamidon , et de produhe uu 
peu de matiere sucree. 

Voici de quelle maniere il est possible de se rendre compte 
de ce pLenomene, et d'expliquer Taction de Toxigene sur 
le carbone du germc. L'liumiditc dont la presence est indis- 
pensable, agissant concurremment avec la clialeur, dilate 
toutes les parties de la graine , entr'ouvrc ses tegumens , et 
la rend plus molle et plus proprc a rccevoir Taction duprin- 
cipe qui en doit modifier la nature. Mais ce nest pas la le 
seul efFet de Tlmmiditc ; ellc se charge encore d*une petite 
quantite d'oxJgene qu'elle dissout, et le presentant aiusi a 
la graine , a Tetat liquide , elle le met dans les circonstances 
les plus favorables pour qu'il dissolve une petite quantite de 
carbone. Nous pensons aujourd'hui, et des considerations 



I 



J 
i 



( 67 ) 

ulteileures donneiout un caraclere d'evideiice a notre opi- 
nion , que c'est sur la plumule que Taction dc Toxigene se 
poi te d'abord ; et que cc n'est qu apres avoir determine la 
dissolution des principcs contenus dans Ics cellules cl Ics 
tubes de cette partie , qu'il donne lieu a une suite de conibi- 
i^aisons qui, deproclieenprotlie, niettenten mouvementla 
niatiere des cotyledons et s'etendent sur tout le gernac. Cela 
est si vrai que , dans une giainc a laquelle on a cidcve la 
plumule , il ne se forme aucune matiere suci-ee , quoiquo Von 

la place dans les circojistances les plus proprcs a determiner 
la germination, 

II etait naturel de presumer que le gaz oxigene , ncccs- 

saire au developpcment du gernae ^ devait egaJement etre 

de quelque necessite pour Fentretien de la vie des plantes. 

En consequence, on a introduit successlvement differentes 

plantes cbargees de leurs feuilles dans des atmospheres ai'ti- 

ficielles composees de gaz caibonique , de gaz hydrogene ou 

de gaz azote , pris ensemble ou separement , et Ton a yu 

que , dans cbacune de ces atmospheres , la vie vegetale , 

apres avoir langui quelque temps , s'eteignait enfm tout-a- 

fait. On en a introduit aussi dans des atmospheres de gaz 

oxigene , et Ton s'est assure que dans un eadroit obscur, ou 



durant la nuit, ce gaz enlevait aux plantes un pen de car- 
bone , que les plantes absorbaient de nouveau sous Fin- 
iluence des rayons solaires. II a ete des-lors avere c[ne les 
plantes convertissaient le gaz oxigene en gaz carboniquc, du- 
rant la nuit, et que durant le jour, au contraire, ellcs de- 
composaient le gaz carbonique et degageaient du gaz oxi- 
gene ; mais coiiime Fon s'est aperfu que, dans une atmo- 
sphere de gaz oxigene , ces productions et decompositions 
successives dc gaz carbonique fatiguaient les plantes , qu'elles 
deperissaient surtout promptemeut lorsque Fon absorbait ce 
gaz par Feau de chaux a mesure qu'il se formait , on a con- 
clu c[ue ce qui les faisait deperir etait la pi-edominance de 



\ 



( 68 ) 

lours auUes principes dcvenue trop forte, a idcsuvc que la 



qiiantite ile lour carLone Jiiuiauait. En offet, en siibslituant 
\\n melange dc gaz oxigcne et de gaz azote au gaz oxigcne , 
dans des expcvicjiccs semblables , on a reconnu que les 
plantcs souffraient beaucoup naoins; et cela devait etre, 
puisqu'il se formait moins de gaz carbonique dansVobscu- 
rite, et que les plantes, au detriment desquelles ce gaz se 
forniait, etaient en consequence molns fatlguees. 

Ccs experiences n'ont pas tarde a en suggei^er de nou- 
velles non nioins iniportautes. On a pense que , puisque le 
carbone etait uu des prlncipaux elemens des plantes, et 
qu'ellcs pouvaient enlcver cct element au gaz carbonique, 
sous I'influencc des rayons solaires, il etait probable qu'elles 
prenalent Icur accroissemcnt de cette mauierc, et qu'elles 
solidifiaient plus de carbone durant le jour que Toxigenc ne 
pouvait leur en cnlever dans Tobscurite. A cet eftet, on a 
pris encore des vegetaux poui^vus dc leurs feuilles , car c'est 
par les feuUles et les parties vertes que se font ces sortes 
d'absorptions et d'exbalaisons ; on les a places dans unc at- 



niospbere d air ordinaire , a laquelle on a seuleinent ajoute 
une plus forte proportion de gaz carbonique. Cette atmo- 
spbere a paru convenir aux plantes a im liaut degre ; elles y 
ont vegete vigoureusement durant pbislcurs jours, et, au 
bout de ce terme, on a reconnu, par Tanalysc de la masse 
d'air , qu'elle contenait une bien moins grande quantite de 
gaz carbonique qu'on n'en avait mis , que Foxigene y avail 
remplace ce gaz , et que le carbone , absorbe par les vege- 
taux, avait accruleur substance. 

Mais on a vu aussi que si la proportion du gaz caibonique 
etait portee au quart ou meme au buitieme, les plantes 
deperissaient promptement , et en particulier dans I'obscu- 
rite, ou lorsque la lumiere dlrecte du soleil nc les frappait 
pas; et de la il a ete facile de conclure qu'un des grands 
objets que devait se proposer le cultivateur , etait de placer 



(69 ) 

les vegotaux ilans ties ciiconslances ou ils pussent joiiii 
de I'influcnce des rayons solaircs , et rencontrcr unc plus 
graiide quantite de gaz carbonique que dans Fatmospliere. 

Kn plalne campagne , ct liors dc Tombrc qu'occasionnent 
Ics grands vegetaux, les planlos se trouvent sufTLsainmenl 
exposees a Tinfluence des rayons solalres; nfais la culture 
seule peutleur procurer plus degaz carbonique que I'aiin'cu 
contient, et cela a Taldc de detritus organiques qui , se de- 
coniposant lentcincnt pres de leurs racines, laissent cxlia- 
ler une grande quantite de ce gaz acide , dont une partie est 
absorbee ct dcconiposee par les feuilles , avant que de s'etre 
dissipee dans I'air, pendant que le reste, dissous dans Tcau 
a rinstant de sa formation, est porte dans la seve avec ce 
liquide, et y subit les ditl'erentes transformations que ne- 
cessite raccroissement de la plante. 

Des experiences ont etabli cette verite , ct 11 a ele constate 
que les racines commc les feuilles reclamaient la presence 
dn gaz oxigene ; qa'aucnn autre gaz , a Vexclusion de celui- 



la , ne pouvait entretenir long-tcnips leurs fonctions yitalcs , 
mais que ce gaz seal finissait paretre nuisible, etqu'il fal- 
lait, pour qu'd produisit unefFet contraire, qu'il se trouvat 
niele avec Fazote comme dans Fair , et qu il contlnt en outre 
une certaine cpiantite de gaz carbonique. 

Ces observations sont suscCptibles d'une application directc 
a ragriculture, Ainsi I'on ameublitle sol par les labours et 
par les melanges qui peuvent produire les uiemes effets. 
afin que les racines pnlssent s'y etendrc, et "y rencontrcr 
lesprincijtes atmospbeilques que reclame leur constitution ; 
ainsi encore on y introduifdes detritus qui non-seulement 
degagent , durant leur deconq>osition , du gaz carbonique , 
ujais qui concourent en meme temps a ouvrlr le sol, et <\ 
cntretenlc autour des racines la cbakur et rhumldite. Des 
raisons semblables expliquent pourquoi les sols conqiactes 
^ont improductifs , ct jwurquoi les plantcs qui vegetcnt dan-i 



(. 7° ) 

m 

la vase , ou dans le fiimiei , ou qui penetrent dans des con- 
duits d'eau , ou elles" ne trouvent pas suffisamment de gaz 
oxigene , ont des racines qui se dlviseut eii un clievelu delie 
-pour cherclier ce gaz. 

Les faits precedens ajoutent aux idees que aous nous 
erions dejafaitesielativementau role jouepar le sol a I'egard 
des plantes, savoir: que le sol, en tant que compose de- 



lemens incites, ne se coniporte a Tegard des vegetaux que 
comme le receptacle, Tabri et le soutien des racines, etle 
reservoir permeable d'une liumidite suffisante et d'une 

douce chaleur. 

liorsque la jeune plante , alimentee par les fluides nour- 
riciers que lui fournissent les cotyledons , a commence a 
developper ses premieres feuilles et a s'etablir sur le sol, les 
tubes et les cellules repandus dans sa structure se remplis- 
sent d'un fluide d'une autre nature que les racines ont eleve, 
et qui , parvenant jusqu aux feuilles par un effet de Taction 
vitale , s'y modifie par rinfluencc de Fair , s'y transforme en 
sue $avoureux , et devlent propre a accrokre la substance 
du vegetal. Or voici comment de pareilles modifications 
peuvent s'operer : supposons d abord que le fluide eleve 
par les racines parvienne aux feuilles tel que le sol Ta foiir- 
ni, c'est-a-dire qu'il ne soit encore que de Teau, la combinai- 
son d'une petite quantite de carbone , cede par Fair , ne tai- 
dera pas a en modifier les proprietes ; une partie se convertira 
en mucilage ou en quelque autre principe analogue , et le 
liquide presentera des-lors les caracteres d'un sue vegetal. 
A ce point il pourra contribuer efficacement a accroltre la 
substance de la plante. A cet effet, il obeira a de nouvelles 
combinaisous , et, sollicite de procbe en procbe, il passera 
du pai-encliyme de la feuille dans les vaisseaux de I'ecorce. 
lA, expose une seconde fois a Taction de Tair dans les cel- 
lules parencliyinateuses de cet organe, il acquerra d'autres 
propnetes^ qu'il devra aux principes varies formes par de 



( 7' ) 

nouvelles coiiibliialsoiis tie carbone ; iiials quand ces prin- 
cipes scront suffisammentelabores, sa deslinatiourappcllera 



vers Taubier, etpar sa leiuontre avec les sues asceiitlans il 



determlnera la formation dc divers produits, les uns soli- 
des , propres a accroitre iniincdiatemcnt la masse ligneusc 



ei les autres liquides, qui seroiit eleves dc nouvcau jusque 



daus les leuiues, et qui rccevront dans mic secoade circu- 
lation les qualites que la reaction des fluides alukosplieri- 
ques leur peut seide conimuniquer. 

Dans la supposition par laquelle nous avons commence , 
nous avons considere le fluide sevcux parvenu aux feuilles 
comme de Feau pure ; mais Ton conj oil que cette circon* 
stance n'a jamais lieu, etque le fluide ascendant se charge 
sans cesse de quelques principes deposes par suite de coni- 
binaisonsprecedentos dansle systeaie vasculaire du vegetal. 
Du restc, une semblable supposition n'iiifirme pas les obser- 
vations que nous avons faites ; et il doit toujours paraitie averc 
que c'est dans les feuilles que le fluide seveux , quel qu'il 



soit, acquicrt les proprietes caractcristiqucs qui le distiu- 
guent dans les difterens vegetaux. Une simple observation 
sur le fait suivant, que tous les lecteurs connaissent deja , 
aclievera de dissiper tous les doutes. 

[ju'au moyen de Foperation qu on appelle gnjfe, on 
a place une jeune branche d'un vegetal dans des circon- 
stances ou elle peut se nourrir de la seve d'un tronc etraiiger, 
on salt que les produits de cette jeune branche ne changent 
pas de nature, et que scs fruits continucut a etrc les mcmes 
que ceux de Farbre duquel on I'avait extraite. Or , coinmenl 
un pheuomene semblable s'expliquerait-il , s'il n'etait vrai 
que c'est dans les feuilles que le fluide sevQUx s'elabore , et 
jue c'est li qu'il acqulert les proprietes qui appartiennent a 
ehaque vegetal en particuUer. En cffet > daus la circonstance 
dont nous parlous , la meme sev*; qui, jusqu'alors, avalt ete 
employee a la foi'mation de certains produits , se ti ouve su-- 



< 



m 




( 7^- ) . . 

biteinenttransfoiniee en procluits tout autres, et cela pour 
avoir ete simplemejit elaboiee dans des feuilles difFerem- 
meut conforniees , et avoir ete exposee sous leur influence 
raction de lair , de la lumiere et de la clialeur. 

Due autre remarque sur une pratique des jardiniers va 
nous servir a demontrer I'existence d'uu fait que 
avoas deja considere comnie constate , mais a Tappui du- 
quel nous n avons rien allegue ; nous voulons parler de la 
descente de la seve le lony de Tecorce , apres son elaboration 
dans les feuilles ou dans les parties ou elle pent egalement se 
modifier, comme les fleurs ou les fruits. En effet, si, apres 
avoir ete elaboree par ces organes, kseve ne redcscendait 
pas le long de lecorce ; si, au coutiaire, Tecorce et laubier 
cooperaient simultaneujent a son ascension, il s'ensuivrait 
qu'une ligature faite a Tecorce devraiL dlininuer la quantile 
des sues eleves, et consequeuiment que le fruit au-dessous 
duquel on Uaurait placee ne devrait pas prosperer. Or, il a 
ete reconnu depuis long-temps , par experience, que le con- 
traire avait lieu ; et les jardiniers qui veulent faire grossir 
ua fruit pratiquent une ligature serree a labranclie qui le 
supporte, le for^ant ainsi a elaborer une plus grande quan- 
tite de seve qu'il ne I'auraitfait, et consequemment a acque- 
rlr un TOlume plus considerable. 

D autres experiences non moins concluantes ont ete tentees^ 
et nous en feronsconnaitre quelques-unes des plus curieuses. 

On a employe , pendant un intervalle de temps assez long, 
une legere teinture de garance a Farrosement de quelciues 
arbres , et Ton a pu enfin remarquer que leur bois finissait 
par se colorer. Mais la coulcur n'atteignait pas en menie 
temps lecorce et I'aubier , comme il serai t arrive si la seve 
eut ete elevee conjointement par ces deux organes; elle se 
repandait d'abord dans Taubier , et ce n'est qu'apres Favoir 
colore dans son entier qu'elle commen9ait a se manifester 
dans Tecorce, ou elle produisait une alteration qui redes- 



• 



( 73 ) 

ceiidait du sominet de Tarbrc vers ses racines : preuve evi- 
dente que la circulation de la seve dans cet oigano s'opere 
dans une direction opposee a celle qu'elle suit dans Taubicr- 
Cette conclusion pent se tlrer egalement d'une observation 



plus facile a repeter que la precedente, et que sans doutc 
la plupart de nos lecteurs cut eu deja I'occasion de faire. 
Lorsqu'on clepoullle un arbve d'une certaine partle de son 
ecorce , Taction vitale s'efForce de renouveler cctte partie , 
et il se fonne autour de la plaie uu bourrelet qui tend a 



■es-consKl 



rable dans le haut, ct meme dans les cotes , pent a peine 
se remarquer dans le bas; et il devient manifeste par la 
que, dans Tecorce, la seve suit une direction opposee a celle 
qu'elle suit dans Taubier. 

II faut observer, en falsant cette experience, d'enlever 
toutes les coucbes corticales qui se ti^ouvent au-dessus de 
I'aubier; car 11 suffiralt qu il en restat une seule pour donuer 
nalssance a une ecorce nouvelle , qui se nianifesterait in- 



sur 



prononcee. 

Quelques pbyslciens out pretendu que la circulation des 
fluides dans le vegetal s'executait en vertu d'un pouvoir 



y 



uisait 



ammaux 



vaisseaux seveux , une force analogue a la force musculalre 
des menies parties chez les animaux. Une coinparaison 
semblable avait a la veritc quelque cbose de seduisant, 
luals les raisons sur lesquelles on s'appuyait ne supportent 
pas Texainen. En efFet, si les lames rayonnantes, partant 
du centre , que Ton distingue dans le tronc des grands ve- 
getaux, et auxquelles on a donoe le nom de grmn d*ar- 
gent, etaient donees, comnie on la suppose, d'une vertu 
contractile, il resulterait de la contraction de ces lames, 

non pas une impulsion , vers le liaut , des fluides compris 



( 74 ) 

entre ellos, niais uii lefoiilcnient de ces fluules vers les ra- 

i 

cines comme vers les branches ; et les parties les plus im- 
portantes, telles que Taubler etFecorce, dans lesquelles de 
semblablcs lames ne se trouvent plus, echapperaient a leur 
Influence. En outre, les variations de Vatniosphere etles al- 
ternatives de cliaudet de froid, de seclieresse et d'humidite, 
otant les scales causes de ces contractions et dilatations 
successives , 11 s'ensuivrait que pendant lliiver , ou de sem- 
blablcs alternatives se succedent sui^ unc partie de rechclle 
therniometrique aussi consideralde qnedurant Fete, la cir- 
cidation des fluides devrait egalcment avoir lieu , et ccpen- 
dant il n'existe rien de pareil. Cest done a toi t que Von a 
gratuitement imagine un systenic de contraction dans le 
grain dWgent, puisqu'un tel systcmc, aulieu d'aplanir les 
tbfficultcs , Ics coniplique. 

D'autres pliysiciens, au noniLre dcsquels on comptc uu 
des plus celebres cliimistes anglais, M, Davy, out pense 
que Fattraction capillaire , excitee par une douce cbaleur, 
suffisait , en combinant son acLloa avcc les expansions de 
la fibre du grain d'argent, pour elever jusqu'aux feullles 

des fluides que la clialcur rendalt plus legers ; mais cette 
opinion ne nierite pas plus de nous anetcr que la prece- 
dente. En efFet, des que Texpansion et la contraction du 
grain d'argent, s'il etait prouve qu'un plienomene sembla- 
blc existat , pom raient autant refouler qu'elever Icfs flui- 
des, on ne saui-ait faire disparahre la dilliculte en recou- 
rarit a la capillarite, qui, par ellc-meme, n'a la puissance 
d'elever les fluides que de quelques pouces. jMais si cette 
partie de Topinion de M. Davy parait depourvue de fon- 
demcns suffisans, que dira-t-on de Fexplicatlou qu'il 
donne de ladescente des sues dans Fecorce, lorsqu'il pretend 
que la gravite est suflisante pour determiner cct cfFct, ct 
que les sues epaissis et rendus plus denscs obeisscnt, en 
descendant dansFecQrce, aux plus siniplcsjois quircgisscnt 



( :5 ) 

la jnatiere inorganisee? De tels sues, par la nieme qirils 
auraicnt ete epaissis et rendus plus denses , eprouve- 
laient une plus grande difficulte a se glisser dans des cel- 
lules si multipliees, et seralent retenus plus aiseiucnt, par 
le moindre obstacle , dans des tubes dont le diametre est si 
peu sensible. * 

Mais a quelle cause dolt done etre atlribue le pbenomene 
de la circulation des fluides dans les vcgelaux? JVous pen- 
sons que leur elevation dans les tubes de Faubier est une 
consequence de Taction des feuilles , et que la seule force 
qui soit capable de les entrainer ensuite en descendant dans 
Fecorce, c'est une tendance a de nouvelles combinaisons 



appell 



cant 



tions les fluides que des modifications prealables ont dis- 
poses a les recevoir. Dans cc systenie, la seve, en descen- 
dant dans I'ecorce , n'obeit pas a la force aveugle que Ton 
connait sous le noni de gravite , et sa tendance n est pas 
constamment vers le bas ; car une partie suffisainment ela- 
boree est retenue dans les coucbes corticales ou le paren- 
cbynic , pour augmenter leur propre substance, tancMs que 
le reste, rentrant par des communications laterales dans 
les vaisseaux de I'aubier, y eprouve ime destination variee, 
soit en concourant a Taccroisseinent direct des couches li- 
gneuses, soit en modifiant la seve ascendante pour etre de 
nouveau portee dans les feuilles , les fleurs ou les fruits 
et y servir a la nourriture de ces parties ou recevoir de nou- 
velles modifications. On voit par la que la descentc des 
iluides le long de Fecorce s'explique d'une njaniere aussi 
simple que naturelle , lorsqu'on tient compte des affinites 



interrompues auxquelles la seve obeit dans cette partie 



iie son cours. Voyons nmmtenant si le phenon^ene de son 
ascension dans Taubicr ne peut pas etre cousidere comme 
la consequence de Taction des feuilles , et si les experiences 



( 76 ) 

les plus decisives ct les faits Ics plus constans et les plus 
nombreux ne suflisent pas pour rendre notre opinion pe- 
reniploirc. 

Lovsque Ton considevc la manic re dont les feuilles se 
comportcnt quand la luniiere solaire vient les frapper, et 
qu'on les voit elever constamment lour surface lisse vers le 
soleil, on ne peut douter de Tinfluence de la luinlere sur 
leur direction; et comme toute la seve de TarLre vient re- 
cevoir une elaboration particuliere dans leurs parties vertes , 
et que c'est sur le cliemin de ce fluide que se forme Tac- 
croissemcnt, 11 s'ensuit que la tendance des feuilles finit par 
etre la tendance du vejjetal. Ce double fait pent etre remar- 
que de la maniere la plus frappante lorsc^u'on eleve des 
veyctaux dans une cave. Leurs feuilles, dont les fonctions 
ne pen vent s'accompllr que sous I'influcncc de la lumiere , 
sont sollicitces par une suite de conibinaisons non Inter- 
ronipucs a se diriger vers le soupirail ; les parties tendres ct 
pen rigides qui les supportent obeissent insensiblemcnt a 
leur impression; ct raccroissement ayant lieu toujours vers 
les feuilles, les tiges du vegetal se prolongent, etleur direc- 
tion est verticale ou oblique , selon que le soupirail est si- 
tue par rapport a elles. 

Dans le systeme de M. Davy, la gravite, agissant peut- 
etre coiicurreniment avec la clialeur, est Funique cause de 
la direction verticale desplantcs ; mais ce systeme , qui n'est 
plausible dans aucun cas, est totalement en defaut dans 
celui que nous venous de citer. Comment suppose r en effet 
que la gravite, la force qui sollicite vers la terre tons 
les corps pesans, puisse etre la cause de la direction tantot 
verticale et tantot inclinee ou courbe d'uu vegetal qui s'e* 
leve vers la luniiere? La gravite ne joue aucuu role dans ce 



cas-lu, ouplutot, elle contrarle sans cesse la plante qui 
s'incline pour cliercLcr le jour, et sans la rigidlte des par- 
ties solides et Vinfluence preponderante des feuilles sur 



I 



i 



( 77 ) 

les parties ItuJrcSj clle la fcrait lanipLi sui Ic sol. Le seul 
cas oil Ton sciublc pouvoir attiibuer a la gravite qut'lrjTic 
influence sur la ilirection verticale des vegetaux, c'cst lois- 
que la plante est coniposce de parties bien symeLvlques, 
qui , distribuees autour de sa tige , la retiennent dans une po- 
sition verticale en la sollicitant egalemeiit vers le sol de tous 
k\s cotes; uiais cette force, ([ul sollicite vers le bas toiites 
les parties, ne pent pas produire en menie temps un cflet 
contraire et solliciter la tigo de bas en haut. Ainsi, loin de 
seconder le vegetal dans sa direction ^ la gravite ne pent que 
la retarder. 

Cette energic avec laquelle Ics feuilles se portent vers la 
Inniiere est si puissante en comparaison de la gravite, que 
Ton pent s'cn servir pour changer la direction du vegetal 
coninie onle desire ^ sans cjue la gravite s'y oppose d'nne nia- 
niere sensible. La radicule ayant unc tendance a descendre 
aussi constante que celle de la plumule a inonter, nousavons 
fait une experience decisive pour prouver que ces tendances 
ne sont point aveugles, ct que ces organes ne prcnnent des 
directions opposees , que parce que des elemens , dont lin- 
flucncc est toute - puissante , les y soUicitent. En conse- 
quence, nous avons renverse un vase alonge, au fond du- 
quel se soutenait un peu de terre, et nous avons suspendu 



quelques cbataignes et quelques grains depois a la distance 
d'une on deux lignes de ce nouveau sol. Le vase recevait 
le jour par en bas , et il y regnait une temperature douce et 
liumide qui provoquait la germination. Les gernies se sont 
en efFet promptement developpes ; mais la radicule , au lieu 
de descendre, s'est elevee vers riuimidite et enfoncee dans 
le sol, tandis que la plumule s'est alongee en descendant 
vers le jour, et ce n'est qu'apres avoir attelnt la lumiere 
qu'elle s'est courbee , et que sa jeuue tige s'cst redressi'e 
dans une position verticale. Get excmple, on tout s'expliquc 



dans notre systeme , permet de tirer les consequences les 



( 78 ) 

plus etendues relativcinent a la circalaliou des fluides dans 
le vejjetal. L'on y voit que ce iie soiit pas des forces aveugles 
qui president a cettc circulation , mais line enerjjie vitale , 
modifice par les circonstances , et toujours superieure 
forces de la matiere inorganisee. L'on y voit que ce ne pent 
ctre la gravite qui determine la descente des fluides le long 




de I'ecorce ; car si les sues peuvent descendre par leur propre . 
poids J il serait absurde de dire que la meme cause les fait 
monter; on y voit enfin que ce ne pent etre que les feuilles 
qui, par leur action, provoquent les mouvemens de la seve 
dans les vaisseaux de Vaubier. 

Lorsqu'on rcflechit aux experiences qui ont ete faites sur 
cette matiere , on ne pent se defendie d'etre etonne cpi'elles 
n'aient pas suggcre a leurs auteurs Topinion que nous avan- 
50US, car elles la demontrent de la maniere la plus immediate 
et la plus frappante. Lorsque Ton prend une tige vegetale 
garnie de ses feuilles, et qu on la plonge dans un vase renipli 
d'une eau coloree , on ne tarde pas a s'apercevoir, en fendant 
la branche , que le liquide s'y est eleve , et Fon se trouve 
invinciblement porte a conclure que ce sont les feuilles qui 
ont determine cette elevation, des que I'ou voit qu'une 
branche semblable , qui en est privee , n'eleve plus sen- 
siblement le meme liquide- Toutes les circonstances sont 
en effet les menies dans les deux cas : le meme vase, le 
meme liquide, les memes organes et la meme influence de 
la capillarite, de la gravite, des contractions du grain d'ar- 
gent et de lacbaleur. Le fluide aqueux devrait done egale- 
ment s elever, et s'il ne le fait pas dans le cas oii les feuilles 
manquent , c'est que sans elles aucune circulation de 
fluides ne pent avoir lieu , et que seules elles determineut 
les circonstaiices qui provoquent les mouvemens de la seve- 
Quand nous discus qu'aucune circulation des fluides ne 
pent avoir lieu dans le vegetal sans les feuilles , cette asser- 
tion ne doit pas etre prise a la rigueur, car les fleurs , les 



r 



( 79) . 

fruits ct la jounc ccoice peuvcnt aussi occasionei quel- 
ques luouveiucns; niais ces effots etant tout-a-fait sccon- 
tlaires, il nous est pcrmis de considcrei les fcuillcs conune 
agissant seules. 

II est si vrai quo c'est a Taction des feuillcs ct dcs parties 



vertes que doit etre attribuee Tasceusiou dcs fluides dans le 



vcjj;etal, que Ton peut constater la diJTerence dc cette ac- 
tion, lorsqu'on soumct a uuc experience sejuLlable des 
vegetaux dont los feuillcs n'ont pas la nienie oi^anisation. 
En efFet, en introduisant dift'ereutes brain lies pourvues dc 
leurs feuillcs dans dcs tubes reniplis de niercure , on s a- 
pcrt;oit que le liquide ne s'elevc pas egalenicnt dans toutcs 
les branches , et que son ascension est toujours plus consi- 



derable lorsque les feuilles sent donees , spongieuses , po- 



reuscs , que lorsqu'elles sont luisantcs, conipactes et reve- 
tues d'luie sorte de vemis sur les deux surfaces. Cette 



experience sert a demontrer, conime la precedentc , que ce 
sont les feuilles qui determinent I'asceusion des fluides , 
puisque cette ascension n'a pas lieu sans ellcs; niais elle 
prouvc encore que toutes les feuilles n'exercent pas une 
menie action ; et coninie Taction la plus forte est exeixee par 
celles dont les cellules sont plus nombreuscs , les surfaces 
plus multiplices , et la masse entiere plus spongieuse et 
plus propre a exposer les fluides aux eflets de Tair, on en 
peut conclure^ non-seulement qu'elles elevent ces fluides, 
mais encore que Teuergie de leur action est en raisou de 



leur organisation particulierc , et de la facilite avec laquelle 
les fluides atniospheriques peuvent y modifier les sues vc- 
getaux. Ainsi le pomniier, le poirier, le pecber, le groseil- 
lier, Taune et le sycomore, dont les feuilles sont douces et 
-sans vernis, peuvent elever le mercure beaucoup plus haut 
que le cliene, le cbataignier, le saulc et le frene, dont les 
ieuilles sont plus luisantes et moins spongieuses; et ces der- 
niers arbres ont Tavantage sur les toujours verts, dans 



( 8o ) 

lesqncls on pent conslderev la circulation comnic bien pins 
lente, 

Dans Texperience que nous venons de citer, et ou Ton a 
vu que le uieicure elait eleve, Ics combinaisous que les 
feuilles out provoquees n'ont pu exevcer aucun empire snr 
les molecules de ce metal ; mais elles ont occasione la 
formation d'un espace vide au-dessus delui, et, soUicitc 
par la puissance de la capillarite et Teffet du vide , il n'a 
obei qu'aux lois les plus simples qui regissent les etres in- 
organises. - 

Mais, peut-etre, en admettant Taction des feuilles, cjuel- 
ques personnes s'efforceront de la concilier avec la tlieorie 
des contractions du grain d'argent, et cela en ajoutant seu- 



lemont qu'au lieu de provoquer des combinaisous , les 



feuilles ne provoquent f|ue des contractions , et que ces con- 
tractions portent la seve jusqu'aux sommites du vegetal. 
Un pareil systeme ne pourrait etrc que specieux, car il res- 
tcrait toujours a prouver que ces contractions ne devraient 
pas avoir pour effet de faire refluer la seve vers les racines 
comme vers les feuilles. Mais supposons que Von avanfat 
que ces contractions s'executent de bas en baut, et qu elles 
refoulent ainsi vers les feuilles tons les fluides compris dans 
le tronc; nous demanderions alors pourquoi ces fluicles ne 
s'ecbappent pas par les communications laterales de Te- 
corce et de Taubier ; car dans ce cas Tecorce devrait beau- 
coup recevoir de Taubier et ne lui rien envoyer, et cepen- 
dant le contraire arrive sans cesse. Nous demanderions 
encore comment la circulation pent se maiutenir dans les 
vegetaux dont le cceur est tout detruit, et qui, composes 
d\m peu d'aubier et d'ecorce , offrent Tapparence de la ve- 
getation la plus vigoureuse, qiioique Von n'y decouvre au- 
cune trace du grain d'argcnt. Toutes ces difficultcs, qiu 
seraient insurmontablcs dans un tel systeme, ne sont dan; 



le notre c{u\me consequence de Tordre de cboses le plus 



I 



(8i ) 



/ 



nature!. Mais les dimcultes que nous avons pvoposees ne 
sont pas les seules , et nous en pvesenterons encore une qui 
est relative a un fait fort interessant, et dont la connaissance 
pout importer singulieremeut au cultlvateur. Ce fait est 
Tinfluence exercee par les racines sur \e$ elemens de Fcn- 
grais , dont elles sont propres a accelerer la separation. Or , 
dans riiypothosc des contractions du grain d'argent, com- 
ment uu tel fait s'expliquerait-il? Nous concevons que la 
puissance de la capillarite, agissant conciitremment avec la 
chaleur , eleveiaitj dans les tubes des racines, des fluides 
que des conti'actions ultcrieures porteraient aux feuiUes ; 
mais cette action n'exercerait aucune influence sur les en- 
gvais, et en les privant de Thumidite necessaire, retarderait 
plutot qu'elle n'accelercrait leur dissolution. Les contrac- 
tions sont done ici insuflisantes encore une fois ; niais il n'en 
est pas de iiieme du systeme des coiiibinaisons qui s*ope- 
rent de proche en proche, et qui se succedent du liaut des 
branches jusqu'aux racines. Ces combinaisons, quand eUes 
ont lieu a Textremite des racines, nc peuvent se faire qu'en- 
tre les elemens qui sont deja absorbes, et ceux qui leg 
avoislnent au dehors ont de la tendance a se combiner avec 
eux ; c'est cette tendance des elemens exterieurs qui pro- 
voque la decomposition des substances dont ils ont fait par- 
tie jusqu'alors, et qui, dans le cas que nous avons men- 
tionne , accclere la dissolution des engrais. 

Lorsqu'on observe avec attention les mouvemens de la 
seve dans un vegetal, on volt que Fascenslon des fluldcs 
dans i'aubier n'est pas toujours prouoncee , et que cpielque- 
fols lucme les sues les plus aqueux retrogradent. Ainsi, dans 
une matinee froide et nebiileuse , il est rare de voir la seve 
s*elever; mais un cliangement soudain de temperature et 
la presence de la lumiere solaire suffisent toujours pour lui 
rendie son mouvemcnt. Ce mouvcment se malntient avec 
energie tant que regne une douce temperature, et la cir- 

N^ VI. 



/ 



( 82 ) 

Constance d'une pluie cluiude, par un vent da suJ, ne fait 
que Taccelerer; nials il s'airete quand la tenipeiatme 
change brusquement , ct qu'il survient uiie pluie fioide 
ou nn vent du nord. Dans tous les cas, il ne se produit 
rien de semblable quand les vegetaux sont depoui vus de 
leurs feuillcs. Ces organcs seuls donnent le signal d'un tel 
cbangement ; et Ton con^oit aisement que les pli^nomencs 
qui se passent le long de I'aubier , et qui sulvent une de- 
tei inination primitive qui a commence dans les feuilles , 
doivent etre dans une dependance immediate de ces or- 
ganes. 

Nous croyons encore indispensable dc demoutrer que ce 
' sont les bourgeons qui raniment, au printemps, la vie vege- 
tale J et que la circulation des fluides ne se retablit que par 
leur action. A cet effet , il nous importe d^examiner dans 
quel etat le vegetal est a cette epoque. Les tubes et les vais- 
seaux de I'aubier sont remplls d'une matiere a demi con- 
crete , qui a deja ete modifiee par Taction de Fair dans les 
feuilles , et que I'ecorce , a Taide de ses connnunlcatious 
laterales, a servi a reporter dans I'aubier. Cette matiere, qui, 
par la circonstance du depouillement des arbres , n a pu 
etre suffisamment modifiee pour accroitre la substance du 
vegetal , est le reservoir ou les jeunes feuilles , pretes ^ pa- 
raltre , vont puiser une nourriture toute preparee. EUe a des 
qualites qui varicnt comme la nature des vegetaux : quel- 
quefois elle est sucree , feculente , mucilaginetise , et si abon- 
dante, que dans quelques arbres, comme le bouleau , cer- 
tains peuples la recherchent comme un aliment, et en 
preparent une espece de pain ; niais le plus fref[uemment 
elle est unie a des produits astringens, resiueux, ou aroma- 
tiques , qui en modifient singulierement les proprietes , et la 
rendent impropre a etre employee comme nourriture. Dans 
tous les cas , la nature de ses elemens lui communique une 
grande disposition a changer d'etat , et a se transformer par 




; 



. ( 33 ) 

de nouvellos innuonces eji nialerlaux ilirects trassiimlTtion 
pour les vegetaux. Voila Jans quel ctat sc trouvc laubier 
loisque le reloui' d'une douce temperature vient raaimer la 
vie vegetale, Les jeuncs bourgeons prescntent alors tous les 
cavacteves de la plumule d'un genne ; ils sent envelopj^es 
d'ecailles superposees qui rappellent les tegumcns de la ^ 
graine , et sous ccs ecailles est une matiere tout elaborde 
analogue a la matiere des cotyledons. La clialeur de Fair , 
secondee par les efFets de rimmidite, nc tardc pas a en- 
tv'ouvrlr ccttc envcloppe , etafavoriser les combiualsons qui 
doivent rendre solubles les sues nourriciers. Ces sues Iiu- 
mectent et gonflent la substance des jeunes bourgeons, et 
leurs tendres fcuilles qui comniencent a se dilater, et que 
recouvre une matiere qui les protege et qui les nourrit, 

s'accoutument iusensiblemeut au contact de Fair, se mo- 
difient par rinfluence de ce fluide el de la luniiere , et de- 

terminent cette suite de mouyemens qui constituent la rie 

vegetale, Bientot les mouvenicns s'etendent au loin ; tous 

les sues renfermes dans Taubier , qui est le grand systenie 

vasculaire du vegetal, y prennent part; les raciues com- 



mcncent leuv jeu , et la circulation etablie dans tous los 
organes y laisse les materiaux qu'ils reclament, et qui doi- 
vent favorlser leur accroissement. 

De tels phenomenes , qui se succedent dans 1 ordre que 
nous venons d'assigner , presentent Tanalogie la plus frap- 
pante avec ce qui se passe quand le germe se developpe et 
qu'il regoit la nourriture des cotyledons. Nous avons de- 
montre que c'etait uniquement par la plumule que les 
premiers mouvemens vitaux pouvaient cominencer ; mais 
nos denionstrallons vont se trouver Ibrtifiees de tout ce que 
nous allons dire a Toccasion des bourgeons, et d sera ega- 
lement evident, et que les premiers mouvemens vitaux 
s'accomplissent dans la plumule , et qu au printemps le re- 
nouvellement de Li vie ne se fait que par les bourgeons. En 



r 



( 84 ) 

pavlant de bourgeons, nous n'entendons pas seulcment 



ceux dans lesquels les jeunes feuilles sent enveloppees , 
nous cntcndons egalement les bourgeons floraux ; car quel- 
quefois c'est par ces derniers que les mouvemens vitaux 
I'ccommencent ; mais dans tons les cas , la nouvelle circu- 
lation est due aux bourgeons, et c'est leur action qui ra- 
nime la vie vegetale , ralentie ou meme totalenient sus- 
pendue durant le cours de Thiver. 

Voici en efFet diiferentes experiences propres a prouver 
que les premiers mouvemens de la seve sont dus aux bour- 
geons, et que ce n'est que plus tard que les racines entrcnt 
en jeu. 

Si Ton Introduit dans unc serrc cliaude , pendaut I'liiver, 
une brancLe d'un vegetal, comme, par exemplc, un ccp de 
vigne , dont le tronc se trouve au dehors , et dont les racines 
plongent dans un sol qui n'eprouve aucune elevation de 
temperature , on s'aper^oit biehtot que les bourgeons gon- 
flent et s'entr'ouvrent , et que les circonstauces dans les- 
quellcs ils sont places determinent une suite de combinai- 
sons qui donnent lieu a la circulation de reconnnencer. 
Dans un pareil cas, il n'y a plus lieu a supposer que Taction 



a commence par les racines; car elle s'arreterait tout a coup 
si le cep etait de nouveau expose au froid. Ce sont done les 
feuilles , et en premier lieu les bourgeons , qui provoquent 
uniquemeut Tascension des sues ; et si les racines ctaient 
placees dans des circonstauces a ne pouvoir entrer en action , 
comme si la terre etait fortement gelee a une profondeur 
suffisante, la vegetation s'arreterait bientot dans la serre, et 
la jeune brancbe se fletrirait apres avoir consomme les sues 
de Faubier, Un pbenomene d'une nature semblable se fait 
remarquer, lorsque Ton grefFe un arbre vert sur un arbre 
qui perd son feuillage , comme un chene vert sur un chene 
de nos forets : les racines de celui-ci, dont Taction etait 
precedemment suspendjie au retour du froid , continuent 



) 



( 85 ) 

4 

d'agir, meme en Liver, parce qu'un fcuillage permanent 

provoque continuellement Tascension des sues; et si des 

causes subordonnees a I'etat du ciel coiitrarient ce niouve- 

ment d'ascension , la circulation ne s'interrompt cependant 
jamais. 

^ 

Les fails qui precedent prouvcnt , d'une maniere evidente , 
que les mouvemens de la seve ont leur raison dans les bour- 
geons et les feuilles, et que Tentree en jeu des racincs vient 
toujours apres ; mais de pareils faits presentent des conse- 
quences si importantes pour les pratiques de lagricultur^, 
qu'il ne paraitra pas certainement sans interet de les 
exaniiiiei" sous un nouveau jour. Lorsqu'on se propose de 
transplanter de jeunes arbres , on ne le fait que pendant la 
suspension du cours des fluides, et Ton supprime toujours 
une grande partle du brancliage du vegetal. Le sujet est 
ensuite place en terre , et Von s'efforce autant que possible" 
' de reunir les circonstances les plus favorables autour des 
racines. Le printemps venu , la temperature douce et hu- 
mide de cette saison ne tarde pas a developper les bour- 
geons qui ont ete conserves, et il se fait une producUon 
de feuillage, qui senible annoncer la reprise du vegeLal; 



niais 



ces premieres^ pousses , coinme ils alimentent les jeunes 



pa 



recemnient ^ et le vegetal perit constatnnient si les racines 
ne commencent pas leur action avant que ces sues ne soient 




peu 



tant 



maniere les sues de I'aubier, et les nouvelles pousses sont 
inoins sujettes a se dessecher. Lorsque ces pousses , qui se 
developpent au mois de mai , se dessechent au mois de 
juillei^, il est tres-rare que le jeune arbre ne perlsse pas , 
j>arce que cela piouve que ses racincs n'ont pas commeucr 
leur jcu ; mais si le dessecbement des jeunes brandies 



I 



(86 ) 

nest que partial , et si Taublcr n'est pas eutierement epuise 
de sues , de falbles bourgeons peuvent prolonger encore 
Fexistence de Tindlvidu , el dans Tintervalle , quelque cir- 
constance favorable pent deteniiiner les racines a entrer en 
jeu. Ainsi Ton voit quelquefois de Jeunes arbies pousser en 
mai de premieres branches qui ne tardent pas a se desse- 
cber , en produire encore , sur la fin d^aoiit , quelques-unes 
qui languissent avant la fin de septembre , et ne conimencer 
enfin qu'au printemps suivant a s'etablir parfaitement sur le 
sol. 

Ce qui precede montre de quelle utilite est, pour la re- 
prise des arbres, la reserve de seve a demi 



■^ 



:rcte qui 

existe dans les vaisseaux de Taubier ; et c'est sans doute au 
manque d'une semblable reserve , dans les arbrcs verts , que 
Uon doit attribuer les dlfficultes que leur reprise presente.* 
Cettc abondance de sues nourriciers que Ton rencontre , 
pendant tout Tlxiver, dans Vaubier des arbres qui perdent 
leurs feuilles , indique que c'est Vliiver qu'il faut cboisir pour 
conper le bois que Ton destirie au cliaufFage. En effet, celui 
que Ton coupe dans cette saison brule niieux , et degage 
plus de cLaleur que celui qui a ete coupe au printemps 5 
luais aussi il entre plus aisement en fermentation , est atta- 
que plus avidenient paries vers, et, consequemment , est 
ntoins propre pour la cbai^ente. En detacliant toutes les 
feuilles d'un aabre , apres leur entier developpement, etle 
laissant sur pied pour recommencer la ineme operation 
Tannee suivante , dans le cas ou la vegetation se manifeste- 
rait de nouve^iu , on parviendrait a epuiser les sues de Tau- 
bier, etle bois que Ton se procurerait de cette maniere 
serait plus durable ; mais on arriverait plus proniptement 
encore au meme but , si Ton ecorgait Tarbre au printemps , 
du baut des brandies jusqu'aux racines. Ses premieres 
feuilles se nourriraicnt aux depens des sues reserves -> et 
comme il n'en pourrait rentrer aucune partie dans Taubier, 



(87 ) 

m 

pulsque Tecoice serait culevee , il s'ensulvrait qu*ll n'y au- 
ralt aucune vegetation Vaunee d'apres , et que Taibre , ne 
contenant plus de parties fluides, serait dans les circonstan- 
ces les plus favoiables pour etre coupe. En outre, Vinipres- 
sion coutinuelle de Fair pendant une annee aurait commu- 
nique a I'aubier la durete et la densite du cceur du bois , 
ct Farbie pourrait fournlr des solives d'un equarrissage plus 
avantageux. S'il arrivait qu'un arbre, depouille de son ^ 
ecorce , se couvrit encore d'un leger feuillage la seconde an- 
nee , la cause en serait dans un ecorjage insuffisant qui u*au- 
rait pas ete pratique jusqu'au haut des branches : mais, 
dans tons les cas , ce feuillage ne persisterait que pen de 
semaines ; apres quoi Farbre , totalcnient epuise de sues, se 
desseclierait. 

Nousavons vu que le vegetal , attache au sol, n'en elevait 



qu'une quantite d'eau variable , mais que ses racines recla- 
niaient en outre Fiuflueuce d'une petite quantite des fluides 
atmospberiques et d'une douce chaleur ; et , de la , il nous 
est permis de conclure que le sol ne concourant pas direc- 
tenient a la vegetation par ses eleinens , la constitution la 
plus favorable qu'il puisse avoir est celle ou, reunissant 
une douce chaleur a Fhumidite, il presente un receptacle 
permeable ou les racines p'uissent s etendre et trouver Fair 



et la nioiteur que necessite leur accroissement. Ainsi nous 



dcvons modifier notre sol de maniere k lui connnuniquei 
les caracteres dont nous venous de parler ; inais ces caiac- 
teres n'etant presque jamais reproduits par le menie me- 
lange des eleniens dans des expositions difKrentes , et de- 
vant encore varier sensildement pour diverses plantes , on 
scntira conibien de difflcultes se rattachenl a la matiere des 

amendemens. 

La necessite de la presence du gaz carbonique , dans des 

propoi lions qui ne doivcnL pas ccpendant devenir trop con- 
siderables , indiquede quelle importance p6uvent ^tre poui 



§ 



4 



( 88 ) 

agriculture les detritus organiques de toute espece qui , 
places dans des circonstances favorables , donnent lieu a un 
grand degagenient de ce gaz. 

La circonstance de I'accumulation des sues nutritifs , dans 

le systenie vasculaire des vegetaux , est egalement d'une 

consequence fort importante pour I'agriculture , d'autant 

que , dans les plantes annuelles ou vivaces de toute espece , 

elle se lie au systeme de leurs feuiUes, et fait pressentir 

que celles qui sent a systeme de feuilles larges , et , par 

U , sont en contact avec I'atmospliere par plus de points , 

solidiBent une plus grande quantite de carbone par leui-s 

parties vertes, et ont moins besoin d'en rencontrer dans 
le sol. 

Pour nous resumer nous etablirons sommairement les 
points fondamentaux de notre doctrine. Premierement , 
que lors de la germination de la graine , c'est dans la plu- 
mule que commencent les premi(;rs mouvemens vitaux ; 
mais qu'aussitot apres il se passe des coinbinaisons plus ap- 
parentes dans la matiere des cotyk'dons , dont la substance 

- hudeuse ou fcculente est rendue soluble et convertle en 
emulsion vegetale propre a servir de nomriture a la jeune 
plante. Secondement , que les fluides atmospLeriques etant 
necessaires a I'existence du vegetal, les feuilles se dirigent 
vers ces fluides pour s'en penetrer, et que c'est leur ten- 
dance a s'etendre dans les espaces ou elles peuvent etre le 
plus environnees de lurniere et d'air , qui est la cause de la 
direction verticale des vegetaux. Troisiemement , que c'est 
a Taction des feuilles que I'Dn doit attribuer Fascension des 
sues dans le vegetal , et que cette ascension n'est qu'une 
.suite des combinaisons non interrompues que les feuilles 
ont provoquees. Quatriemement, que dans leur descente 
le long de lecorcd , les sues n'obeissent pas a Faction de la 
gravite , mais aux determinations que leur tendance a de 

nouvelles combinaisons les force de prendre. Cinquieme- 



% 



« 



( 89 ) 



ment , enfin , qu'au pnnteinps , lorsque la vie vcgetale sc 
i-enouvelle , c'est par les bourgeons que le niouvemeut re- 
commence, et qu'on dolt dire aihsi : la se^e mo?ite , parce 



determ 



, c ».^-,^, ...>.»w 

son ascension; et non pas : les bourgeons ne iwnt jjas 
tarder a grossir, parce que la seve commence a monter. 



E. M 



ARTIN. 



CaplcixNe ciliee, cresson de Tlnde {tropoeolum aduncum, 
Smith, Decand. prodr. ; tropa?olum peregrinum y Jacq. 
Hoit. Schoenb. t. 98, Bot. mag. i35i ). ( non Liunee. ) 
' Vojez.la planche. 

Racine anuuelle ; tige cylindrique, lisse, grimpante; 
feuilles un peu peltees a cinq lobes arrondis au somniet, 
tcrminespar une petite pointe; les inferieures a sept lobes 
subdl vises ; petioles longs , remplissant souventles fonctions 
de vrilles , inseres pres du bord de lafeuille, non vers le centre 
comme dans le tropoeolum majas, en gouttlere a la base. 

Pedoncule solitaire, axillaire, unlflore , semblable aux 
petioles. Calice excave a la base a cinq divisions, segmens 
presque egaux , termines en une sorte d eperon ou nectaire 
en forme d'entoimoir croclui a Textremile. Corolle a cinq 
petales d'un jaune pale inseres au calice ; deux grands peta- 
les superieurs, decoupes en cinq parties a bords obtus, 
termines par une pointe inseree au milieu du segment de la 
levre superieure du calice ; les trois petales inferieurs en 
forme de spatulc laceree et ciliee. Huitetamines inserees a 
la base du calice. Stigmate trifide, aigu, antheres tetrago- 
nes, style plus court que les etamines , trois ovaires rappro- 
ches chacun a une loge. 

La fleur est plus amere et plus piquante que celle du 
tropoeolum majus. 

Dans cette description, j'ai designe couime etant supc- 



( 9^ ) 

rieuis les deux petales larges, quoique quclquesau lours les 
aient consideres coinme etant inferieurs ; c'est que , dans cc 
cas , lis oat examine la fleur renversee 

Fetiillee n'a point inentionne les franges des petales infe- 
rieurs, ce qui porte'a croire que I'espece ci-dessus decrite 
est autre jjue la sienne. 

Cette plante, oiiginaire du Perou, fleurit bien en pleine 
tone, niais elle ne fructlfie pas. Les gralnes des pieds que 
nous possqdons au Jardin des Plantes nous ont ete envoyees 
de Toulon, avec une note indiquant de ne les seiner qu'en 
juillet- L'annee precedente, je les avals seniees en mars; 
elles ont peri sansfleurir, L'exposition du Uiidi luiconvient. 
Sa culture est la inenic que celle du tropooolum majus. 



• 



N 



EUMANN. 



UsTERiE DE Barclay ( usteria Barclnj'ana? manrandia 
. Barclajana^ Hort. angL). f^ojez la planche. 



Plante vivace, grimpante, tiges rameuses, volublles, 
poui^res et luisantcs; feuilles Lastees , alternes, petiolees et 
luisantes ; petiole d'un pouce et demi , pourpre ct luisant , 
tontourne en vrille a sa base. 

Calice monopbylle a cinq divisions profondes, pointues 
en alene, pourpres, tres-velues , persistantes , longues de six 
I'lgnes; capsule obronde,a deux loges, s'ouvrant en cinq 
valves , attachees a un receptacle charnu , seniences rondes , 
nolies et cliagriuees. 

Fleurs d'avril en novembre, longues d'un pouce et demi , 
d'mj violet fence , monopetales a cinq divisions ouvertes ; 
tube blancliatre i sa base , blanc pointille de violet dans 
rinterleur, Ihnbe violet fonce , ouvcrture laige de dix a 
douze Vignes ; quatre etaniines, dont deux plus courtes ; un 
style de la longueur de ces dcrnlercs , en forme de filet; 
stigmate siuqde. 



t 



( 90 

Scire tcmperce, multiplication dc giaines et de boutures 
faltes au prliitenips; terre melangee; fleurit plus aboudam- 
iiieut en pleine terre qu'en pot. Jacquin aine. 



(/. 



* • 



Calice canipanule, oblong, a cinq divisions droites, subu- 



subinfond 



cinq parties ovales , qiiatre laciniees, cinq etamines , incga- 
les, plus longues que la corollc. Ovaires oblongs tres-obtus, 
stigmateen tiois parties. Capsules calicinales, petites, ovales 
tres-obtuses , triangulaires. 



Ipomopsis elegant ( ipomopsis elegans^ Mich. ; ipomea 
rubra, Lin. ; cantua coronopifolia y Willd. spec, 
plant. 879 ). Vojez la planclie. 



Plante lierbacee peu rameuse , tiges droites , bautes de 
trols a quatre pieds , velues ] feuilles bneaires , pinnatifides ; 
fleurs tres-nombreuses, d'un rouge eclatant, Tinterieur de 



la corolle marque de lignes et de points blancs assez noin- 



breux. Les tiges de cctte belle plante sont garniQs de fleurs 
dans la luoitie a peu pres de leur longueur; la floraison 
commence toujours au sommet des rameaux, et descend 



co- 



vers lapartie inferieure. Cette plante originaire de la Car 
line a Faspect des beaux pleds d'alouettes qui decorent nos 
parterres. 

On la multiplie de graines qu*ofi seme au piinlemps sur 
'couclie; on lepique les jeunes semis dans des pots qu'oii 
place sous des cbassis pour avancer la floraison , et lorsque 
les plants sont assez forts, on les met a Fair libre. I.cs 
fleurs se succedent depuis le mois d'aovit jusqu'en decern- 
bre , si la plante est a Tabri de la gelee. 

On est etonne qu'une si belle plante decrlte par Linnec, 



. i 



f 



WiUdenovv et Michaux fils, soit restee incoiinue jusqua ce 
jour dans nos cultures. EUe est digne de faire ronieinent 
des jardliis d*aiiiateurs. 

Louis Noisette. ■ 

HuGiLE BLEUE Qiugelia ccerulea, Reich ; didiscus cceruleus, 

HooK^Bot, mag.), f^ojez la planche. 

Plante herbacee , di^essee , rameuse , velue ; feuilles de 
la base petiolees , trlloLees , a lobes presque cuneiformes a 
deux ou trois dents ; onibelles simples longuenient pedon- 
culces, droites ; involucre polyphylle a foliolcs soudees a la 
base, reflediies ou etalees, puis se redrcssant apres lafecon- 
dation; ileurs bleues, a calice peu apparent ; petales entiers, 
ovales, Icgeretnent obtus ; styles divergens; fruits eclian- 
cres a la base, carpelles aplatis, legerement pubescens, 
blancbatres ; les pedicelles se dressent et se serrent les ttns 
contre les autres , et cacbent ainsi les fruits dans le centre de 
ronibelle. 

Les fleiirs bleues de cette belle ombellifere ressemblent 
assez bien aux capitules de la scabieuse du Caucase ou aux 
cimes des setago spuria. 

Nous ne pouvons encore rien dire de positif sur sa cul- 
ture , niais nous esperons qu'clle pourra neannioius scrvir a 
decorer elegamment nos parterres. 

Camuzet. 

RHAPHIOLEPIS ( Lindlei , Bot. regist. Decand. pro- 

drom. 2, page 63o). 



Caracteres generiques. Calice a llinbe infundibulifornie A 
cinq divisions pointues, douze a quinze etaniines a filainens 



filiferes, iuseiesa Uentree du tube de la coroUe ; deux styles ; 
ovaire a deux loges ; pommc a disque epais, fenue; deux 



^ 



9:~ 



( 93 ) 

semences gibbcuses a ecorce coriace ircs-cpalssc ; qucl- 
qucfois Tunc Jes Joux avorte, Taiitre est alo's rcgiiliere , 
avrondie. 



riiiArnioLEi'iDE A FEUiLLES DE SAULE ( vhaphiolcpis sali^ 
cifolia , Bot. vcglst. tab. 652; Decaxd. prodrom ; ko- 
sandrie dlgyaie, Lin,; rosacees, Jussieu), ^ 



Ce genre, distrait avcc vaisou du Crataegus de Liuucc, con- 
tieut quatiecspeccs ; nous^n CLdtlvons tiois: la quatriemc se 
troiive , ainsi que les autrcs, dans les cultures de IVL Noi- 
sette. Tige diolte, giele, pouvant s'elevcr de quatrc a six 
pieds et peut-etre plus; rameaux peu nombreux, greles, 
-biuns et glabrcs ; fcuillcs eparses , rapprocLces au sCmniet 
des rameaux, allongees^ lanceolees, pointues, denlees sur 

la marge des deux tiers superieurs, cntieres ct se retrecis- 
saut en petioles a la base, glabres sur les deux surfaces, 
longues de vingt-sept a trente lignes, larges de cinq a luiit, 
persistantes; fleurs de novenibre en Janvier, en petites grap- 
pes, paniculees, terminales ; raflc glabre , ainsi que les 
pediccllcs ; calice a tube allonge , glabre , rouge au soniniet ; 
divisions aigues , un peu velues en dedans a la loupe , cinq 
petales blancs, lanceoles , dela longueur des divisions cali- 

cinales ; etamines droites a fdanieiis rougeatres a Ten tree du 
tube, un peu plus courtes que les divisions du calice; a la 
base des pedicelles est une bractee lineaire ct caduque. 

Get arbrisseau n'est point delicat et passe lliiver en 
simple orangerie ; on le multiplie facilement de greffe sur 
epine et sur coignassier , ainsi que dc bouturc. II est origi- 
naire de la Chine , d*ou il a ete introduit en Angleterre 

en 1820 , et peu d'annces apres en France. Jacques. 



/ 



( 94 ) 

CvpRiPEDE REMARyuABLE {cjpripedium itisigue ; gjnandrie- 

diandrie, Lin.; orchidees, Jussieu). 

FeulUcs radicales, anguleuses , en gouttiere, longucs de 

sept a huit polices , larges de sept a huit lignes , terminees 

en pointe; hainpe d'un beau poiirprc, longiie de liuit a dlx 

pouces ; spatlie en coifFe terminale , univalve , plissee en 

long , de coiileur marron , longue de six a dix lignes ; fleur 

tres-reniarquablc , adherant a la spatlie par un pedoncule 

<:oude, court et pom-pre ; corolle a cinqpetales, le supe- 

lieur erige en etendard liaut et large de douze k quinze 

lignes, blanc de neige au somniet, vert ponmie partout 

aillcurs , strie de lignes pourpres et macule de taches de 

inemecouleur ; Fiufericur , d'un vert pared et a ouglet strie 

tie pourpre ; entre ces deux petales s'avance horizontale- 

uient un troisieme petale ayant la forme d'un sabot, gros 

coinme un de a coudre , vert jaune en dedans , vert olive a 

I'exterieur, telntc et strie longitudinalement de pourpre ; a 

I'intenieur est un opercule petaloide ayant la forme d'un 

coeur renverse , la couleur jaune serin , et portant une proe- 

muience de meine couleur; a droite et a gaucbe s'eteud un 

petale long de vingt k vingt-quatre lignes, large de six, 

onduleux , de couleur vert olivatre , onglet velu et pourpre , 

strics de nieine couleur. 

Cette belle plante se cidtlve comme tous les orchys de 
serre cliaude et temperee. 



Lemon. 



/^ 



La verveine a feuilles dc germandree, verbena chamce- 
drifolia , qui a etefigureeet decrite dans la deuxieme livrai- 
son de la Flore des Jardins, et dent la description a ete 
egalement donnee dans le numero de septembre i83o du 
Journal de la Societe d' J gronomie pratique , ayant ete 



\ 



\ 



/ 



{ 95 ) 

ilessln^e et ilccrilo iimneJiateinent apies que jt; Tai eu rcgue 
d'Anglcterre, n'avait pu etre suflisaniment observce alors. 
Depuis cette epoque je I'ai suivie exactenient, et j'ai lemar- 
que que Jes individus places en plelne terre sous chassis, 
ail lieu d'avoir les rameaux eriges comine je Tavais annonce , 
les out eus rauipaus el emettant des racines a cliaque uceud, 
au fur et a incsure que ceux-ci s'allongent; ils fonnent 
bientot iiu tapis fleuri d'autaut plus agreable que cette 
plantc est en fleurs une partie de Tannee. 

Cette plante, que j'avais placee eu pleine terre pour y pas- 
ser riiiver, a peri pendant celiii de i83o a i83r. Je vais 
tenter la meme epreuve cette annee. En attendant , je con- 
seille de la conserver en serre teiuperee , oii elle fait un bon 
effet par ses fleurs, qui se succedentcontinuellemcut. Mais, 
d'apres ce que je viens de dire , il est indispensable de sou- 
tenir ses rameaux au nioyen d'un tuteur. 

Elle est d'une multiplication facile , et pourrait , en- la 
conservant en serre temperee pendantrhiver, etre employee 
au printeiups pour former , en pleine terre , des bordures on 
des especes de tapis fleuris d'un eflet cbarmant. 



Jacquin, aine- 



Notice stiv les jiatntes 



Le mercredi ig octobre, M. Vilmorin presenta, a laSo- 
ciete d'horticulture de Paris , des patates ( com^olvulus ba-- 
ialas, Lin.) dont les blanches, surtout, etaient d'une gros- 
seur peu comn%une. La petite notice qui y etait jointe ne 
pent qu'encourager a cultiver cette racine alimentaire et 
du gout de lieaucoup de personnes. Moi-mcnie, en i83o , 
j'en presentai une toufFe clont Tensemble pesait plus de vingt 
livrcs ; je Taccompagnai d'une note dctiillee sur sa culture. 

Dans le mcme but d'encouragement, je vais consigner 



ici quelques details sur les produits d'une touffe de ces ra- 



^ 



\ 



/ 



(96) " 

cines venues ct ciiltlvecs sur butte, mode "que je regarde 
coninie le plus ayantageux- 

L'an passe je trouval unc moyenne patate rouge , ayant 
longltudinalenient une bande blanche sur toute sa lon- 
gueur; je la conservai dans rintenllon de la cultiver au 
prin temps, dans Tespoir d'en obtenlr des patates panachees 
ou meme blanches d'une autre yariete que celle cultivee 
actuellement. A la fin de nial i83 1 , apres Favoir fait pous- 
ser sous chassis, elle fut plantee sur unc butte de terre me- 
langee par moitie de terre de bvuyeie et de terre a Gran- 
gers ; couyerte d'abord d'une cloche en verre, elle fut ensuite 
hyree au plcin air et arrosee au besoin. 

Le 22 octobre, les tubercules furent leyes; leur gros- 
seur ct leur nombre m ayant frappe, je desirai me rendre 



compte de ce produit. En consequence, je formal trois 
classes de ces tubercules : la premiere fut composee de ceux 
ayant de quatre a six pouces de tour; la seconde de ceux 
de deux povices et demi a quatre ; et la troisifeme de ceux 
d'un pouce a deux pouces et deml- 

Voici le resultat detalUe tel que je Tai obtenu. 

i^^ classe. Tubercules de 4 a 6 pouces. . , . 14, pesant 5 74. 
2" classe. d« de 2 a 4 pouces. ... 38, 5. 

3* classe- d° de i a 3 pouces '/^, .40, 2 7^. 

ToTAux 92, ensemble 12 7,. 

Ce resultat m'a paru nieriter d'etre signale et devoir en- 
courager la culture de cctte plante. II cstd'autant plus re- 
niarquable que, coname on vient de le voir, je n'ai pris et 
pese que les racines bien comestibles , et que celles de la pre- 



mierc 



h 



vu de pareilles. Tous ces tubercules sont d'un rouge 



dans la mere. 



ignale 



Jacques. 



r 






> 

f 



i 



y 



(97 ) 



\ 



NOUVEAUTES, 



Streptocarpe de Rexius {stix'ptocarpus Rexii, Lmni.. • 
didimocarfms Rexii, Hook. ex. Qor. ; didj-namie ansrios^ 
permie , Lin. ; bignonces y5v&s.), f^ojez laplonche. 



Racine fibveuse , menue , noire , produisant a sou collet 
une rosette de qiiatre a six feuilles et plus, coucliees et 
etalees sur teire, oLlongucs , linguifoiines , crenelees regu- 
lierenient sur les borcls , velues sur les deux surfaces , d uu 
beau vcvt fonce en dessus , plus pale en dessous , on les 
nervures sont grosses et saillantes; elles sont presque ses- 
siles on niunies d'uu court petiole. 

Scape ou Lampe uniflore sortant d'entre les feuiUes , 
cylindrique, menu, a peu pres droit, d'un brun pourpre, 



un 



calice a cinq divisions egales , lincaires , longues de deux 
lignes, de la meme coaleur que la base du scape ; coroUe 
iufundibuliforme , longue de vingt-quatre a trente-six 
lignes; tube presque blanc, velu; limbe divise en cinq 
parties inegales, dont trols Inferieures et deux supe'rieures, 
toutes d'un bleu leger a rinterieur, avec sept lignes pour- 
pres sur les trois divisions inferieures, dont trois sur la 
mediane et deux sur cliacune des laterales. Etamines inse- 
- vees sur le tube de la coroUe, au nonibre de quatre , dont 
deux antberiferes fertiles, portees sur des fJets moins longs 



que le tube , terniinees par des antberes didynies a pollen 



blanc ; les deux autres etamines sont reduites a <leux rudi- 
niens sessiles ; style blanc , tcrniine par un stigmate a deux 
lobes ouverts, a bords legerement violaces^rovaire s'allonge 
extremement, et devient une capsule longue de quatre a six 
pouces , cylindriquc , amlncie au soniniet:, un peu velue, 



(98) 

d'un brun pourpre , contournee en spirale sur elle-meine , 
s'ouvrant en deux valves, et contenant une grande quantlte 
do semences tres-fines, brunes et obloagues. Le scape 
porte, a environ un pouce de son sonimet, deux petites 
bractees quelquefois opposees ; la corolle est legei anient pen- 
cbee au sommet du scape. 

Cette jolie petite plante est vivace et originaire de I'Afriqne 
nieridionalc. On la cultive en serre chaude, avec espoir de 
la passer a la serre temperee ; elle fleurit une partie de 
Fannee. On la inultiplie facilement de semis , puisque scs 
nombreuses semences levent sur toute la superficie des pots 
qni les environnent, et qu'elles y croissent sans soinsj elle 
merite d'etre accueillie dans les serres et jardins des ama- 



teurs. 



Jacques. 



ALOE, Lin- {hexandrie monogjnie; liliactes ^ Jdssieu). 

Caracthres generiques. Calice tubule , presque cylin- 
drique , ayant son bord divise en six petites decoupuves ; 
six etamines a fdamens inseres sur le receptacle du pistil ; 
un ovaire surnionte d'un style filiforme j termine par un 
stigmate trilobe ; une capsule oblongue a trois loges polys- 
permes* 



ror 



un 



nues, epaisses, tres-serrees et menie pressees Tune par 



1 autre , entourant a demi la tige a leur base , longues de 
5ept a buit pouces, se terminant en pointe aigue, annees 
sur leurs bords d'epines blanches , distantes d'a pen pres 
un demi-pouce, droites pour la plupart; surfaces inferieure 
et sui>erieurc d'un vert ulauaue , l&erement maculees de 



Wanes sur las deux pages 



(99), 

Hanipe sortant du ccutie des feuilles, de la grosseur du 
doigt , s'elevant d'un pied a dix-huit pouccs , de couleur 
rougeatre, se ramifiant a peu pres au milieu , et ganiie de 
Lractees longues et aigues. La principale hampe , de i^nciue 
que les lAniifications , se termlne^t par un epi allonge de 
treiite-six a quarante fleurs, portees cliacune sur un pedon- 
cule d'un pouce de long. Corolle monopetale , a six divi- 
sions , de dix-huit a vingt llgnes de longueur; fleurs pen- 
dantes , d'un beau rouge vermilion , avec I'extremite jaune 
^^erddtre, laissant voir quelques etainines d'un rouge brique ; 
six etamines et un style. 

Cette plante est de serre tempcree. Tenue sechement en 
Iiiver, elle fleurit oidinaireuient deux et trois fols par an ; la 
floraison dure environ six seniaines. On la multiplie facile- 
meut par les osilletons du pled. hi 



Cactus de Quillardet {cereus speciosissimus , Dec. prod. 3, 
page 468, sp. 52 ; cactus speciosissimiis^ bot. reglst. berb. 
amat. \ varietas Quillardeti; icosandrie monogynie, Lin. ; 
cacto'ides, Decasd.)- Vojezla planche^ 



Vers 1824, M. Quillardet, jardinier fleuriste, rue du 
Buisson Saint-Louis , a Paris , recolta un fruit du cereu^ 
speciosissimus y dont les fleurs s'etalent epanouies en plein 
air, et en merae temps que celles du cereus speciosus ^ 
Decand ; epychjllum specwsum, Hcwort. II sema avec 
soin les graines de ce fruit, plusleurs individus leverent, 
et, apres avoir ete repiques cliacun separement, ils furent 
solgnes comme les individus adultes, et passerent les liivers 
a la serre temperee, ainsi que leurs conge'aeies •• un de ces 
sujets a commence a fleurir Fete de i83o, et a refleuri plu- 
sleurs fois depuis- 

Cette plante tres-remarquable n a que bien peu de rap- 



\ 



/' 



I 



( 100 ) 

ports avec colic qui I'a prodiiite , et douiie une nouvelle 
preuve combieu les plaiites composant cette fainille, actuel- 
lenient fovmec de sept ou Imit genres et coinprcnant pres 
de deux cents especes , sont susceptibles de varier par les 
semis en se fecondant les unesles autres , et dedonner alors 
des varletes qu'on peut facilement prendre pour des especes 
distinctes , lorsriu'on ne les a pas vues naitre. 

Tiges quelquefois triangulaires dans la partie inferieure , 
aplaties ensuite , crenelees sur les Lords , peu profondenient 
inunies de pods courts spinulescens , niais sans aucune ven- 
tables epines ; de vingt-quatre a trente-six pouces de liaut 
jusqu'a present , pouvant probablement s clever davantage 

par la suite. 

Dans les crenclures superieures des tiges paraissent les 
boutons, qui, s'allongeant gvaduelleinent , s'epanouisscut 
lorsqu'ils ont atteint environ quatre pouces de longueur ; 
alors la fleur est de meme forme , et se presentc de meme 
que celles du cereus speciosissimus , inais un peu plus 



petite dans toutes ses dimensions. Les ecailles calicinalcs 
superieures, ainsi que les petales, sont d'un rouge ponceau 
pourpre transparent, sans aucun reflet violet; etamines 
nombreuses , pencbees sur les petales inferieurs ; fdamens 
Llancs a la base et au sommet , pourpres au milieu ; an- 
theres blanches ainsi que le pollen ; style de meme couleur 
que les etamices , et ua peu plus long qu'elles , termine par 
un stigmata blanc a quatre ou six lobes ; ses flcurs restent 
epanouies quatre a cinq jours, comme celles de ses perc et 

mere. 

Cette superbe varicte parait devoir etre tres-florifere , 
puisf^ue , etant en fleur pour la seconde fois a la fin d'oc- 
tobre , elle porte encore plusieurs boutons sur des branches 
de Vannee , et d'auties paraissant devoir se montrer pour 
s'e'panouir dans le courant de I'liiver. 

Plusieurs varietes dc plantes ayant ete dediecs aux-culti- 



( ^Oi ) 

vateurs qui les out oLteuues et poitant leuis noms, j'ai cru , 
in'autorisant de ces pieccdens, ponvoir faire dc ineine pour 
lle-ci , que M. Quillaidet vient de mcttie dans le coiii- 



inerce. 



J'al moi-ineme plusicurs semis du cereus speciosissimus , 
k peu pres du uicnie age que ceux de M. Quillaidet, dont 
les tiges triangulaires et aplaties , souvent sui* le meme 
indlvidu , different peu de celui que je viens de decrire ; 
run d'cux a fleuri cette aiinee , etne le cede en rien a cette 



jolie variete. 



Jacques, 



Raisinier a feuilles de rhubarbe {coccoloha rheifolia ^ 
Dfsfon, cat. ed. 3, page 388; ocLandrie trigjnie , 
\j\^^t¥.\ poljgonees , Jussieu). 



/ 



Tige droitc , peu ranieuse , ecorce grise , crevassee ; celle 
des jeunes rameaux ycrte ct un peu striee ; ranieaux cou- 
des en zig-zag; feuilles alternes, poitees sur des petioles 
tres-courts , epais, \erts , a linibe grand , presque rond , de 
7 a 8 pouces de diametre , tres-entieres , d*une consistauce 
fcrme , laide , trcs-glabie, en coeur a la base, un peu 
bullees sur leurs surfaces , et ondulees sur les herds ; fleurs 
en grappe terminale , longue de 6 a 8 pouces , garnie d'une 
grande quantite de petites fleurs rouges , a peiigone simple 
a cinq divisions , arrondies , concaves; luiit etainincs un 
peu plus courtes que le perlgone ; trois stigmates plus longs 
que les etauiines ; je n'ai point vu les fruits. 

Get arbre, encore assez rare , se cullivc en scrre cliaude , 

ou il a fleuri dans celles de ]Neuilly , en juin ; on le inulU^ 

plie de bouiures etouffees et de marcottes en pots, 

Jacques. 



( »02 ) 



Ail AZURE {allium ^zwrewm^ IjEdbours ; hexandrie mono-- 

gj'ntey LiNN^E ; liUacees , JussiEc ). 

Petite bulbe , donnant naissance a une ou deux feuilles 
triangulaires , fortement creuse'es en gouttifere du cote qui 
regarde la tige, non fistuleuses, d'un vert fonce, munies 
de poudre glauque , et de 8 a lo pouces de long; tige 
pleine , arrondie , du meme vert que les feuilles au som- 



4 



une 



de beaucoup de pelites fleurs ; divisions du limbe pro- 
fondes , etroites , pointues , d un bleu azure pale ; etamines 
reunies h leurbase, a filets un peu plus longs que les peta- 
les et du meme bleu ; ovaire obtusement trigone , d'un 
bleu azure, plus fonce que les petales, les etamines et le 



termme 



sous la fleur , est membianeuse , courte , et s'ouvre en deux 



parties 



Cette plante, que j'ai re^ue d'Allemagne , en automne de 
1829, fleurit en mai ; la couleur de ses fleurs la fait re- 
marquer; elle est de plein air et originaire de Siberie. On 
la cultive en pleine terre , ou la couleur bleue de ses fleurs la 
fait distinguer panni sa nombreuse tribu ; on la multiplie de 
semis et de caieux- Jacques. 



MELANGES. 



OBSERVATIONS SUR LA TEMPERATURE DU MOIS DE JUILLEX 1 832. 



La temperature de cc niois a ete tres-variable , puisquc 
le ao , a quatre beures du inatin , le tliermometre de Reau- 
mur , suspendu vcrticalement au nord d'un arbre , et alors 



I 



( io3 ) 

f 

expose au layonnement , ne marquait que qviatre degies 
au-dessus de zero, tandis que six jours avant, c'est-a-dire 
le i4, i midi , un parcil themjometre, place au nord au 
pignon d'une maison et ombrage de quelques arbres , est 
monte a 26 degre's au-dessus de o , ce qui a fait 22 de- 
gres de difference entre la plus basse et la plus liautc tem- 
perature. 

Aussi le 20, quoique le tliermometre ne soit pas des- 
cendu au point de congellation , sous riufluence d'un del 
tres-clau , j'ai vu de la gelee blancbe sur divei-ses pieces de 
luzerne. A Versailles, dans les jardins bas, des melons out 
ete frappes de gelee; dans les plaines de GennevUliers , 
Colombes , dans la vallee de Montmorency , des haricots 
et pommes de tene ont ete atteints, non pas seulenient par 
le contraste de 26 degres de chaleur, reduits k 4 , mais bien 
par une veritable gelee blanche qui , frappee immediate- 



ment paries rayons du soleilason lever, a produitle meme 
effet que quelquefois dans les dernlers jours de mal, Ses 
atteintes ont ete peu sensibles , et n^ont caus^ aucun 
domniage. 

La se'cheresse continue de tout le mois a produit aussi 
quelques plienomenes remarquables : la chaleur du i4 a 

cause quelques coups de soleil : un erabie jaspe , dont la 

tige a plus d'un pied de peVimetre , a ete briile , ainsi 
qu'un orme d'Anierique, place non loin du precedent ; des 
Mlianihes annuels (helianthus annuus) ont eu aussi des 
coups de soleil partiels , alnsI que quelques autres plantes ; 
mais la secheresse continuant , a fait que sur la fin du mois 
beaucoup d'arbres ont perdu leurs feuilles , sans cependant 
avoir eu des coups de soleil ; le petiole s'est detache sponta- 
nement do la branche , et la feuille est tombee sans etre fa- 
nee. Ce phenomene s'est partlculierement fait rcmarquer 
sur des peupliers dltalie, des erables planes, sycomores, 
bias, etc. 



( M) 



luzeme 



ete brule's sur pled. 

Si dans le mois le therniometre a beaucoup varie , il n'en 
a pas ete de meme du baronietre, puisque saplus grande 
elevation a ete de 28 polices 5 lignes , et la plus basse de 
aSpouces une ligne et denile : ainsi la variation de tout le 
Juois n'a ete que de 3 lignes et demie. 

En general , le temps a e'te avantageux pour les grains , 
que les pluies du mois de juln avaient beaucoup foit pous- 



ser en herbe , et que la chaleur et la secheresse ont promp- 



tement fait murir sans que le grain souffrit de cette tempe- 
rature elevee ; aussi , a la fin du mois, la moisson etait-elle 
ouverte dans beaucoup d'endroits. 

Dans ce mois , il y a eu quatre jours de temps convert , 
douze de nuageux, et quinze de clairs ; le vent dominant a 
ete celui du nord-est. Jacques. 



ARTICHAVTS. 



Dans le n^ de mars i83i , page 172 , Journal d" Agricul- 
ture desPajs-Bas y on trouve la note suivante : 

« Lorsque les avtichauts sont encore jeunes et gros 
comme une petite poire , on les enveloppe dans un linge 
noir, de maniere a priver ce fruit de Tinfluence de la lu- 
miere , en ayant bien soin de ne pas gener , par la ligature 
qui soutient cette enveloppe , lepedicule qui supporte Tar- 
tichaut. II faut que le linge, employe k cet usage , soit assez 
epais pour ne pas pcrmettre la libre circulation de Fair a 
travers ses pores; on pourrait, par exemple, recouvrir le 
linge d'une vessie ou de taffetas gomme* On a soin de pra- 
tiquer cette operation par un temps sec , el lorsque larti- 
cbaut n est point mouillc. 

« l»es axUcbauts ainsi etioles sont d'un gout parfait , et 1 



( io5 ) 

toutes leuis parties sont si luolles et si succulcntes que la 
digestion en est des plus faciles. » 

La reussite de ce piocede ne sauialt etre douteuse ; c'est 
lequivalent du buttage du celeii , et de la pratique de lier 
les salades pour les faire blancliir. Mais il ne peut etre 
qu'un objet de curiosite , a cause de I'embarras qu'il y au- 
rait a le faire en grand ; car il est indispensable de recouvrir 
Tenveloppe de rardcliaut d'un corps impermeable , non 
pas tant pour empecher Fair de circuler autour du fruit , 
comniele dit Tauteur de Tarticle , que pour la garantir dei 
Feau de la plule qui , en mouillant le linge , produirait in- 
failliblcment la pourriture. On salt, en effet , que Fair n'em- 
peclie pas les plantes de s'etioler, inais que c'est la pre- 
sence de la lumiere qui produit la couleur vertc , et durclt 
les parties du vegetal, Ce fait est prouve par les longues 
pousses qu'emet la chicoree cultivee dans des caves ou cel- 

liers obscurs , productions auxquelles on donne le nom de 
harbe de capucin. 

Ainsi, a Fegard des articbauts, tout apparcil qui les 
tiendra dans Fobscurite , et les garantira de la pluie , pro- 
duira Fetiolement de ces fruits et les maintiendra tendres. 
Le point essentiel serait done de trouver un moyen pratica- 

ble en grand* 

Je crois devoir signaler une pratique relative a la culture 
des articbauts , dont la consequence me paralt importante , 
et que cependant je ne vois en usage presque nuUe part* 

On a coutume , lorsqu'on a cueilli Farticbaut , de rom- 
pre , rez de terre , la tige qui Fa produit , et d'en conservcr 
la portion qui est enterree , et autour de laquelle pouisent 
les ceilletons au nombre de lo a 12. Encore arrive-t-il sou- 
vent qu'on neglige de prendre cesoin immediatement apres 
la cueiUette , ce qui est ma tort de plus. Au printemps sui- 
vant, lorsque les gelees ne sont plus a craindre, et que 
Von decouvre les articbauts , on decbausse cbaque pied , et 



( io6) 

Ton suppiiine tous les ceilletons developpes autour du collet 
de Tancienne tige ; conuue il impoite a la vlgueur de la 
nouvelle plantc qu'elle soit implaiUee le plus profoiidement 
possible , on clioisit , pour fournir de^ fruits dans lannee , 
deux ou trois des oeilletons qui ont pousse sur la racine 
nieme. Dans cette operation, on neglige encore de retran- 
cher le reste de lancienne tige qui vegete plus ou moins 
aux depens des jeunes pousses. 

Voici le procede que M. Dalbret m'a communique , 
et dont il a pu reconnaitre refficacite par une prati- 
que suivie pendant plusleurs anne'es, II consiste , aussitot 
qu\ine tige a donne son fruity a la retranchcr, avec une 
pioche etroite , a deux ou trois pouces sous terre , c'est-a- 
dire j usque sur la souclie elle-meme. De cette fa^on, on 
enleve du meme coup tous les ceilletons qui, daill^urs, 
sent rarement employes , parce qu'ils sont trop courts de 
collet et peu avantageux pour la plantation , en ce qu'on ue 
pent pas les enterrer suffisamnient. Par ce procede , on ne 
conserve que les racines seules qui produisent bientot cinq 



ou six oeilletons vigoureux : au printenips , c'est parmi ces 



dcrniers que Ton clioisit ceux que Ton vent conserver, et 
Ton supprime les autres qui peuvent etre employes avec 
avantage, parce que leur reprise est assuree, etantgarnis 
d'un collet allonge. Ce sont eux seuls que les acheteurs je- 
cherclient , les premiers n'ont aucune valeur. 

Yolci les avantages qui resultent de cette metliode. La 
suppression de la tige eutiere evite la perte de seve que les 



de 



Cette 



qui 



remplit les fonctions suivantes : ou elle passe en grande 



dans 



dent , on a conserve sur le meme pied deux ou trois ceilletons 



ppenient 



( 10^ 






\ 



cessifs , el alois elle^fi fait croitre rapiJement ; ou s'il n'y a 
plus tic fruits a nourrir, elle est refoulee dans les racines 
auxquelles elle communique une plus grande vigueur , et 
remonte bientot pour emcttre de nouveaux ceiUetons. En 
supprimant ceux de ces derniers (^ui adherent a la partle 
^nlevee de la tige , on n'a fait que retrancher des produc- 
tions inutiles , puisque , comme je I'ai deja dit , ils sent 
peu propres a la plantation ; mais , en meme temps , on a 
donne aux racines la faculte de produire des ceiUetons plus 
vigbureux et en plus grand nombre qu'elles ne lauraient 
fait si la premiere suppression n'avait pas eu lieu. Ceux-ci 
peuvent etre replantes avec succes , parce que leur reprise 
estcertaine, ou vendusavec avantage, puisqu'ils sont les 
seuls estimes par les connaisseurs. Enfin, comme ils sont 
plus profondement entcrres , ils ont une vegetation vigou- 
Teusie j et sont moins sujets a etre geles. 

Ayant de finir cet article , je ferai encore une observation 
sur le buttage. Beaucoup de personnes croient qu'il a pour 
principal objet de garantir les pieds de la gelee, et, a cet 
effet , elles coavrent d'une forte epaisseur de teiTe, ignorant 
sans doute que six pouces de terre garantissent moins du 
froid qu'une litiere de feuilles de deux pouces d'epaisseur. 
En couvrant ainsi de terre , qu'ils prennent dans les inter- 
valles, ils s'exposent souventa faire geler leurs artlcliauts 
par les cotes. Le buttage a surtout pour fonctions d' eloigner 
rhumidite des racines parce qu'elles la redoutent autant 
que le froid ; a cet effet , il ne faut que former une butte de 
trois a quatre pouces d'epaissem' qui suffit pour eloigner du 
collet rhumidite qui pourrait y sejourner et occasioner la 
pourrlture. On a soin, dans cette operation, de nepas trop 
degarnir les cotes ; ensuite une litiere de feuilles etendue 
sur ccs ados s'oppose a la penetration de la gelee. 

DOVERGE. 



( io8 ) 



T)es houtures de ponimiers. 



Tax lu dans la Tribune catholique ^ la note sulvante ; 

« Un liordculteur, eu Bolieme , aune plautation nia^ni- 
fique de ponimiers de la nieilleure espcce qui ne provien- 
nent ni de semaille iii de grcfFe. Son precede consisted 
prendre des boutures choisies , au bout desquelles il unit 
une pomme de terre, et qu'il met ainsi dans la teire en 
laissant un pouce ou deux du scion au-dessus de' la surface 
du sol. La pomme de terre nourrit le bois en attendant 
quil pousse ses racincs. La bouturc seleve graduellement 
et devient un arbre magnifique donnant le meilleur fruit 
sans qu'il soit necessaire de lui faire jamais subir ropcration 
de la greffe. >* 

La redaction de cet article n'indiquant pas qu'il apparte- 
nait a un bomme du metier (car il n'est jamais necessaire 
de greffer une boutuve ), me fit d'abord douter de la verite 
du fait , et d'autantplus que je n'ignorais pas que la mode 
de propagation du pommier par boutures n'etait en usage 
cliez aucun piaticien. 

J'en parlai done a M. Dalbret , charge de I'Ecole d agri- 
culture , au Jardin des Plantes ^ et qui excelle dans la cul- 
ture des arbres fruitiers, et voici ce qu'il m'a appris a ce 
sujet* 

Des experiences ont ete faites par M, Tbouln et lui , pour 
reproduire de boutures plusieurs varietes de pommiers, Le 
resultat fut ce qu'ils avaient prevu : sur les boutures faites 
avec tout le soin convenable, deux tiers environ perirent ; 
I'autre tiers reussit et produisit des individus de petite 
taille qui se rairent a fmit cinq ou six ans apres la planta- 
tion. Ces fruits , comme daus toutes les boutures , etaient 
identiqucspour la forme et le gout avec les fruits de Tcs- 
pece k laquellc auuartcuait la boutiuc. Enfin . les arbres 



\ 



) 



( 109 ) 



-ri 

qui en resullerent furent toujours plus delicats, et lenr 
dure'e bcaucoup luointlie que celles des poinmieis greffes. 

D'apics cela , le moyen iiidique plus liaut ne presentc 
aucun avantage , et c'est avec la'isoa qu on lui prefeie la 
greffe qui, confice a uu jardinier Intelligent, reussit vlngt- 
neuf fois sur trente , et dout les fruits donnentla secondc 



\ 



annee. 



Q 



avoir d'aiitre but que d'entreteulr la base de la bouture 
dansunc bunildite favorable au developpement des raclnes, 
et consequemiuent elle peut en assurer la reprise daus un 
terrain sec; inais dans uu sol huniide , ellc eutrainerait la 

pourriture des raciucs. 

Je pense que ce qui precede doit sulTire pour desabuser 
les persoiuics qui seraient tentees d'essayer ce precede , et 
pour les convaincre c£ue la pratique de la grefFe donne des 
resultats plus prompts , plus assures, et des individus plus 
eleves et plus forts. DovEROt. 



Sur les couches de serre chaude. 



Pendant long-temps on a fait au Jardin des Plantes un 
grand usage de fuuiier pour garnir le fond des baches , 
dans I'intention de procurer, i la tannee qui le couvra.t, 
une cbaleur plus grandc et plus soutenuc durant I'luver. 

J'ai fait tout ce qu'il ni'a ete possible pour deviner le 



motif d'un pareil procede , et jusqu'alors je n ai pu ni en 
rendre compte d'ane maniere satisfaisante ; au coutraire, 
ie n'ai trouve que des raisons qui condamnent cette prati- 
que. En effet, le fumier, employ^ dans cette cnconsUince , 
donne , pendant le preniier mois, une clialeur assez elcvee, 
et Je plus souvent trop forte pour I'epoque qm smtla rentree, 
on les plantes se passeraient bien encore de cbaleur artifi- 



I 



( 110 ) 

cielle. Malgre ce premier inconvenient, si le funiier conser- 
vait sa faculte calorifique jusqu'aux mois de Janvier et de 
fe>Tier, je me garderais bien de reclamer centre sou emploi ; 
mais il n'en est pas ainsi. 

, En examinant avec soin les indications de temperature 
donnees chaque jour paries tliermoiuetres enfonce's dans la 
tannee sous laquelle on avait mis une couclie de fumier, 
j'ai remarque que trois mois apres que la bache avait ete 
garnie , la chaleur s'elevait a Sc^ Reaumur. L'annee sui- 
vante , a I'epoque de la rentree , Je fis renouveler seulement 
la partie de la tanne'e qui etait trop humide et infestee de 
blanc de champignons , et je fis laisser le fumier qui y 
avait ete place l'annee d'auparavant , ainsi que la tannee 



La 



poque 



s'est elevee au meme degre. Ce resultat , que je prevoyais 



7 



confirm e 

pour la confection des couches , et prouve suffisamment 

I'inutllite du fumier dont les inconveniens sont graves. 
D'abord , il repand dans la serre des vapeurs desagreables 
dont Taction altere souvent la peinture et fait changer sa 
couleur ; ensuite , il donne sa chaleur au moment ou elle 
est le moins necessaire , et avec une telle vivacite qu'on est 
oblige de ne pas enterrer les pots de suite, dans la crainte de 
bruler les racines des plantes par les coups defeu. II est la 
cause qu'on ne pent jamais avoir les pots d'aplomb , parce 
qu'il se tasse inegalement et les fait pencher i droite ou a 
gauche ; enfin , chaque fois qu'il faut renouveler le fumier, 
il occasionne dans les serres une grande malproprete , et 
donne , d'ailleurs , naissance a une foule d'insectes qui sont 
autant d'ennemis a comba,ttre. 

n est de fait que les plantes des serres chaudes , confiees 
a mes soms , sont aussi belles et vigoureuses conservees sur 
des couches faites avec de la tannee seule , que sui- celles 



( III ) 

composees de fumiev et de tannee , et que les pots se main- 



liennent plus reguliercment ranges ; il est bien vrai , cepen- 
dant, que la tannee s'afFaise aussi ; mais elle se tasse beau- 
coup plus eg;aleinent , et Taplonib des pots n'en cprouve 
que fort peu de derangement. Je crois done qa*cn renon- 
fanta reniploi du fumier, ce sera une amelioration impor- 
tante dans la conduite des serres cbaudes. 

Au surplus , il est plus essentiel pour la sante des plantes 
d'entretenir dans I'air , au sein duquel elles vivent , un 
degre conyenable de clialeur que de foilrnir a leurs racines 
une liaute temperature com me celle qu'elles subissent aus- 
sitot que la couche est faite. Cette pratique est tout-a-feit 
contraire auxlois de la nature : car je ne crois pas que quel- 
qu'un alt deja remarque dans les colonies, ou croissent les 
ve'getaux de nos serres, que la terre , dans laquelle ils vege- 
tent , soit plus cliaude que Tatmosphere , en exceptant les 
sables exposes, sans le moindre oml^rage, a toute Fardeui 
des rayons solalres. 

Neumann. 



Du gaulage des pommiers et poiriers. 



Q 



bo 



Llagi 



ibe 



fcoutons et occasionne des cbancres. 

On pent admettre la premiere assertion , parce qu'elle est 
vraie ; mais on doit repousser la seconde , en ce que les 
chancres ne sont nuUement le i^sultat du gaulage. Ce qui 
le prouve surtout, c'est qu'on en voit tres-rarement aux \ 

branches les plus elevees des aibres , sur lesquelles cette 
operation est principalement appliquee. Get accident est 



( 1^2 ) 



beaucoup plus frequent sur les grosses branches , et Ton 
pent les regarder comnie TefFet des meurtrlssures causees 
par les clous qui gaiuissent les souliers des lionimes charges 
de faire toniber la plus grande partle des fruits, par les 

secousscs qu'ils donncnt, avec les pieds, aux branches s 

1 1"t «^ 



lesquelles ils montent ; aussi voit-on les cultivateurs intel- 
Ijgens ne monter sur les arbres qu'avec une cliaussure legere, 
afm J'eviter cet inconvenient. 

Ceci pose , roperation du gaulage ne cause pas d'autres 
prejudices que de detruire une certalne quantite de bou- 
tons : or, ce reproche n'est pas toujours fonde, car cette 
cnconstance est avantageuse pour les arbres que les produits 
ont epulses. lis sent , dans ce cas , ordinairement garnis 
d'une quantite innombrable de boutons , qui , lors de leur 
developpement , s'epuisent les uns par les autres , et ne 
donnent point de fruits , ou ceux qu'ils produisent sont de 
mauvaise qualite. Le gaulage, fait avec disccrnemcnt , re- 
inedie en grande partie a ce defaut de production , et , sans 
faire de blessures graves , pent diminuer les boutons et 
les bourses, ce qui met les arbres ou quelques-unes de leurs 
branches, auxquelles on I'appliqueva paiticulierement , en 
etat de fructiGcr et de donner des produits de meilleure 
qualite. M. Dalbret, dans son Cours tlicorique de la taille 
des arbres fruitiers , ^tablit que cc n'est pas la grande quan- 
tite de boutons qui produit le plus de fruits ; c'est pour cette 
raison que Texperience confirme , et que tous les jardiniers 
instruits ont admise , que Ton reforme a la serpette les 
boutons et bourses malvenaus , ainsi que ceux qui forment 
confusion, et pourraient, par leur grand nombre , nuire k la 
sante des arbres ; mais cette pratique ne pent etre employee 
en grand , et il n'y a , dans ce cas , que le gaulage qui pent la 
Tempkcer. Eu effet , I'epluchage a la serpe , beaucoup trop 
»eglige d'aiUeurs , n'a pour but que de faire tomber les 
brandies interieures entierenient ruinees , et d'aUleurs le 



( "3 ) 



gaulage ne peut rien pour ces sortes de branches , qu'il ne 
peut atteindre a cause de leur position. 

Nous concluons done en disant qu'il serait tres-inconve- 
nant de gauler des arbres vigoureux, mais pen productlfs 
en fruits , tandis qu'il y a avantage a le fairc pour les arbres 
affalblis, et chez lesquels les boutons sont trop abondans. 

Doverge. 



Note sur la CoTjaire sarmenlcusc. 



La Re^^ue Bntanniqite, clans le numero i3, seconde serie, 
jiiillet i83i , donne un article sur deux plantes veueneuses 
delaNouvelle-Zelande. L une, le Corjnocaqyus Icevigala^ 



inconnue 



je crois , cultivee en Europe ; I'autre , introdulte en Angle- 
terre depuis 1820, a ele cultivee en France peu de temps 
apres , ou je Tai vue pour la premiere fois cliez M. Noisette ; 
c'est le CoTjaria samte/itosa ^ appele par les naturels de 
son pays TopkiJii et Tutu, C'est un arbuste toujours vert, 
ne s'elevant pas a plus de quatre a six pleds ; les grappes de 
fleurs , verdatres , peu apparentes , sont monoiques ou poly- 
games; les femelles produisent de petits fruits en Laies 
noires a leur maturlte, et dont le sue peut donner un 
vin potable en y ajoutant un trentieme d'eau-de-rie. Mais 
il parait que si le sue est innocent, et meme utile, puis- 
qu'on en peut retlrer une bonne boisson , il n'en est pas de 
meme des pepins ou semences qui, pris a certaine dose \ 
donnent aux malades de violentes convulsions et meme la 
mort. Les purgatifs sont nn des remedes a employer dans 
cet accident, lequel, beureusement, ne pourraguere avoir 
lieu a Paris ; car larbuste ayant peu d'agrement, etexigcant 



ant 



dans le midi de la France 

N° YIIL 



( "4 ) 

contre raction deletere de ses seinences; et surtout, si Ton 
voulait tenter rexperience de faire une liqueur avec ses 
bales, il faudrait alois avoir grand soin d'en extraire soi- 
gneuscment tous les pepins. Jacques, 



Precede pour obtenir Vempreinte desfeuUles. 



Trop souvent les voyageurs charges de recolter ^^^ 
graines dans les contrees eloignees ne savent malheureu- 
sement pas le dessin , et ne peuvent donner aucune idee de 
la forme des fleurs et des feuilles des plantes dont ils en- 
voient des graines. Celles-ci , souvent encore , ne sont desi- 
gnees que par des noms du pays , et quelquefois menie elles 



aucune indication, hi cepe 



deux 



feuilles de quelques especes , aide de la forme des graines , 
on pourrait determiner leur famille ^ et meme en reconnai- 
tre entierement qvielques-unes. 

On pent remplacer, pour les feuilles, le dessin au trait 
par un moyen bien siinple qui m'a ^te hidique il y a plus 
de trente ans , et dont tout le monde pent faire usage en tout 
temps et en tout pays. 

II ne s'agit que d'avolr une feuiUe de papier un pen fort, 
et de frotter d'huile une de ses faces , ce que Ton fait en y 
passant a plusieurs reprises le doigt trempe dans cette sub- 
stance. Lorsque I'huile est imbue , on passe le cote huile de 
la feuille de papier au-dessus de la flamme d'une chandelle 
ou, d'une lampe , jusqu a ce qu'il solt egalement noirci sur 
toute sa surface. 

On preud ensuite une feuille de la plante dont on desire 
obtenir rempreinte , et on la choisit avec tous ses caracteres ; 
on en applique la face inferieure sur le c6te noirci de la 
femlle de papier , et Ton pose par-dessus un morceau de 



/ 



papier soit blanc , soil ecrit , niais toujours gomme. On frotte 
ensuite sur celui-ci avec le doigt, que Von passe attentive- 
raent plusieurs fois sur toutes les parties de la feuiUe et ^r 
son petiole , afin que le tout s'inipregne bien de nolr. Alors 
on enl^ve le papier plac^ sur la feuiUe, on pose celle-ci dans 
la nieme position sur un papier blanc , et par-dessus un 
autre papier propre ; on frotte avec le doigt de la meme ma- 
niere que la premiere fois , et on obtient en un instant I'eni- 
prelnte fidele de la feuIUe avec toutes ses nervures bien mar- 
quees et distinctes du parencbyme ; enfin aussi parfaitement 



abile 



and 



vane 



immanquabl 



exigent au plus cinq minutes/ 

II est inutile de dire que lorsque les feuilles des plantes 
ont enleve le noir de fumee de toute la surface du papier , 
on doit le noircir de nouveau comme on Ta fait la premiere 
fois. II faut aussi renouveler de temps a autre le papier 



qu 



Je pense que Ton nc tire pas de ce moyen fort simple , 

doute connu depuis long -temps, tout le parti 



sans 



qu on pent 



ilqu 



nullement reussi ^ j'ai dii m'en tenir a celui-ci. Jacques. 



I 



INoTE SUR LA CULTURE DE l'eCCREMOCARPE RUBE ( eccremO" 

carpus scaber). 



Fran 



un 



originaire du Cbili, qui, avant le developpe 

* fleurs, a beaucouu d'affinite avec le penvp rJ^ 



( ii6 ) 

mails. Ses Tongues grappes simples /A fleiirs canipanifonnes 
d*un rouge orange fence , produisent un effet cliarmant , et 
le rendent tres-interessant a inuUipUer pour couvrir on 
orner Ics tonnelles , troncs d*arbres et murailles , ou les 
premieres grosses branches des grands yegetaux , lors- 
qu'elles se trouvent nues. Dans ces diverses ciicons- 
tances , il fomie unc colonne de verdure agreablement 
variee par la couleur Lrillante des fleurs, et produit le plus 
joli efFet. 

Pendant les deux premieres annees qui ont suivi son 
introduction en France, Teccremocarpe etait soigneusement 
cultive en serre cliaude pendant Tbiver. Place sur-une ta- 
blette pres du jour, ses tiges grMes etaient constamment en 
vegetation , sous Tinfluence d'unc temperature de douze 
degres ; et , si on I'avait eloigne de la lumiere , elles se 
seraient etiolees et appauvries , et les individus auraient 
per\. M. Neumann , notre coUegiie , reniarquant au prln- 
temps sa vegetation vigoureuse, qui annon^ait que Tarbris- 
seau devait prendre un grand developpement , et pensant 
que la temperature de la serre chaude etait exageree pour 
lui, en planta, en mai t83o, deux pleds le long d'un mur 
expose au miili, II vit avec satisfaction les fleurs se deve- 
iopper en juin , se succeder sans interruption jusqu'aux 
mois d'octobre et novembre, et donner des graines en 
abondance : les ramifications des tiges n'etaient pas moins 
remarquables , et leur developpement atteignit quinze a 
dix-buit pieds de liaut. Aussitot la recolte des graines, il 
fit immediatement un semis en pots , conserves en serre 
cbaude, et les graines leverent assez bien, 

A cette epoque , on n'employait pas d'autre moyen de 
multiplication, mais depuis on a tres-bien reussi a le faire 
reprendre de boutures et de marcottes. Quant aux autres 
graines, qui furent semees au printemps, elles leverent peu 
ou pas du tout , ainsi qu'ont dii le remarquer toutes les per- 



» 



( U7 ) 

■ 1 . . * 

soiiaes qui en avaient eu des graines , el qui out essaye de les 
seiner k cette epoque- 

Au xnois d'avril de la seconde annee , on chercha a le 
natuiallser comnie aibuste de pleine terre. A cet efFet, on 
en planta plusieurs pieds dans diverses parlies da jardin t 
ils pousserenl aussi vigoureusement, et donnerent des fleurs 
et des fruits en assez giande quantite. Des-lors, on pensa le 
cultiver counne plante amiuelle, alusl qu'on le fait pour la 
cobee, arbustc ligneux du Mexique , qui, lenu dans une 
serre lemperee , y croit comme dans son pays natal. J'en ai 
une tjge qui a ete cultivee en pleine terre , dans une serre 



lemperee, et dont le diametre est de deux pouces. 

Mais Teccremocarpe resiste a nos liivers. J'en cuUivai uu 
* pied, en i83o, que je taillai a dix-huit pouces de terre, 

apres avoir rccolte ses graines , qui murissent d'octobre ea 
noveinbre ; je couvris le pied , pendant les fortes gelees , 
avec six pouces de feulllcs seclies : Toperation reussit selon 
nion attente, et je vis, au printenips suivaut, se developper 
sur les vleux bois de nombreux bourgeons qui pousserent 
avec vigueur, comme les clematites et les jasmins, que Ton 
rapprocbe cliaque annee sur le vieux bois, pour obteuir une 
vegetation vigourcuse el des fleurs plus belles. 

Les graines, que je i-ecoltai en novembre, furent semees 
de suite en pleine terre , a Fair libre ; je les recouvris avec du 
terreau de coucbe, et, au mois de mais suivant, les germes 
soulevaient la terre et commenfaient a se inonlrer : cette 
expenence, que j'ai repetee, a parfaitemcnt reussi. La plu- 
part des personnes qui cultivent reccremocarpe sement au 
printenips , ainsi que cela a lieu pour beaucoup d'autres 
graines, et sont foit etonnees de n'en voir lever aucunc ; 
elles attiibueut ce non-succes a la mauvalse qualite de la 
graine, et , comme on le voit , il n'en est ricn. Je dois dire 
cependant que j'ai seme , au mois de mars , des graines qui 
ont assez bien leve; mais elles avaient ele conservees dans 



( xi8) 



urs 



qualite germinative. 

Lorsque le plant a alteinl la hauteur de deux a trois 

pouces , on le leve et le repique en place , ou plutot dans 
de petits pots reinplis de tene legere , que Ton place pen- 
dant auinze iours ou trols semahaes sur couches et sous 



chassis, pour assurer la reprise et activer la vegetation. On 
peut eucore ^ quand on n'a qu'une petite quantite de graines , 
les semer dans un pot que Ton rentre en orangerie , ou sous 
chassis froid. 

Tons les terrains conviennent a Teccremocarpe ; cepen- 
dant il prelere une terre meuble et legere , et exige beau- 
coup d'arroseniens en ete. J'en ai cultive un pied, cette 
annee , a qui je faisais donner un arrosoir d'eau chaque 
jour; aussl il couvrait un berceau de seize pieds de long 
sur huit pieds de large , et renibellissait par ses fleurs abon- 
dantes, dont le vif coloris tranche agreablement sur le vert 
fonce des feuilles, Pepin. 



NOUVEAUTES. 



AMARYLLIS, Lin. {hexandne monogj'nie; narcissees , 

Juss.). 



une 



Caracleres generiqucs, Spathe membraneuse , a 
plusieurs fleurs ; calice campanule ou infundibuliforme , 
partage plus ou moins profondement en six divisions lan- 
ceolees , et muni , a Tentree de son tube , de six petites 
ecailles ; six etamines a antheres oblongues ; un ovaire a 
style fiUforuie , termine par un stigmate trifide ; une capsule 
a trois loges contenant plusieurs graines. 



*. 



( »^9 ) 



Amaryllis de Verreaux ( amarjllis Verreauxi 

du Cap. ( Vojez la planche.) 



I 
f 



Hampe de six a liuit pouces de hauteur, ordinairement 
blfloie ; divisions calicinales d'un beau rouge k Tinterieur , 
plus fonce a Vexterieur vers le liaut de ces divisions, pas- 
sant au rose , ensuite au jaune verdatre, en descendant le 
long du tube , avec des stiies d'un rouge vif et vertes ; filets 
des etamines blancs et antlieres jaunes ; quelques feuilles 
naissantes au moment de la floraison , d'un vert intense. 
Elles se developpent ensuite, et atteignent huit ou neuf 
pouces de longueur , et une largeur de huit lignes. Elles 
sont lanceolees , planes , et de couleur rougeatre ^ elles tom- 
bent avant la floraison suivante. 

J'ai dedie a M. Verreaux cette amaryllis, que messieurs 
ses fils, de qui je la tlens, ont rapportee du Cap. 

On la cultive en pots en serre chaude. La tenedoit etre 
legere , ou composee d'un quart de terre franche et trois 
quarts de terre de bruyere ; arrosemens frequens pendant 



avril 



C 



CAMPANULA, Lm. Pers. Lam. etc. {pentandrie mono- 

gynie, Lin. ; campanulacees, Juss.). 



Carac teres generiques. Calice a cinq divisions, dont les 
sinus sont quelquefois tres-dilates et reflechis sur la capsule ; 
corolle en cloche ; cinq etamines a filamens elargis a leux 
base ; antlieres oblonfjues , droites ; stigmate < 



dans 



I 



grames 



( lao ) 



Campanule rouge {campanula rubra). Voycz laplanclie. 



Tige droite , ferine , prestjue filiforiiie , formant une petite 
tonffe Laute de quatre a six pouces ; feuilles alternes , ses- 
siles, ovales, pointues, dentees sur les bords, ouelles sont 
legerenicnt values , longues de quatre a huit lignes ; fleurs 
teriHinant les tiges , au nombre de cinq a huit , situees a 
Faisselle des petites bractees, et portees sur des pedoncules 
recourbes, glabres, ainsi que les calices, dont les divisions 
Sont subulees , presque aussi longues que la coroUe , qui est 
campanulee , de couleur rouge vineux pale, Ses fleurs se 
montrent en juillet. 

J^ignore le pays originaire de cette petite plante vivace ; 
je Tai refue de Belgique en i83o , et I'ai conservee jusqu'a 
present sous chassis froid- Elle se xnultlplie d'eclats de 
pieds \ les graanes n'ont point encore none. 

La couleur rouge, tres-peu commune dans ce genre, fait 
remarquer cette plante , et pent la faire rechercher par les 



amateurs. 



Jacques. 



GERANIUM, Liiv, {monadelphie d^candrie; geraniers 

Juss. ) 



Caracthres gendriques. Calice a cinq folioles egales ; cinq 
petales reguliers ; dix filameus reunis par leur base , tons 
fertiles, et alternativement plus longs et plus courts ^ cinq 
glandes a la base des plus longs filamens; cinq capsules 
inonospermes , prolongees en une arete non barbue et 
repllee en cercle lors de la maturite. 






( J21 ) 



Gebanier sanguin, bec-de-grue sanguin {geranium sangui- 

neum, Lin.)- Vojez la planche. 



Tige rameuse , etalee , liispide , s'elevant a qulnze ou 
dix-hult ponces 3 feuilles orbiculaires , a cinq ou sept divi- 
sions laciniees et a trois lobes; pedoncule a une fleur rouge 
ou pourpre violace , fleurissant en mai ou juin : les fleurs se 
succedent en grand nombre durant tout I'ete. . 



ante 



Q 



champs, elle ne merite pas nioins d'oLtenir une place dans 



nos jardlns , ou son efiet est agreable a cause de ses fleurs 



:ance 



\ 



pourra sei vir d'ornenient a to us les endroits presque incultes , 
aux cavites de rochers , et partout ou la culture ne pent pas 
etre Tobjet de soins assidus : elle reussit tres-bien aussi dans 
le voisinage des bosquets. 

Le geranier sanguin peut etre cultive partout en pleine 
tene , ou il se resseme de lui-meme. On le multiplie aussi 
par Teclat des pieds , soit au printemps , soit a I'automne. 

Jacqui;?? aine. 



MfiLANGES. 



De la culture en pleine terre des oignons exotiques 



Ayant plusieurs fois remarque , a la c^mpagne , des 
oignons de la famille des liliacees , tels que muscari, hj-a- 
cinthusy scilla, ornitfiogalunty etc., plantes a une pio- 



eds 



annee 



c 



\ 



( 122 ) 



gnons exoliques , a une profondeur plus ou moins grande , 
pour reconnaitre si le developpemeni s'effectuerait au prln- 
temps, et s'ils ne seralcnt pas ainsi susceptibles de pourrir, 
Je reussis pour quelques especes. Ceux dont la vegetation a 
heu a Tautomne ou en hiver ne peuveat etre acclimate's' 



attaquent 



Quelquefois 



oignon 



de nouvelles feuilles au printemps ; mais ce retard rempeclie 
de fleurir , et consequemment 11 est inutile de le cultiver 



ainsi. 



Parnii les especes qui ne regetent qu'au printemps, plu- 
sieurs out parfaitement reussi. Void les nonis de quelques- 
uns , qui sont cultives en plelne terre depuis quatre ans , 
et que Ton ne couvre que de quatre ou cinq pouces de 
feuilles scclies pendant les giands froids : la plupart sont 



d'ornenient. 



FAMILLE DES LTLIACEES. 



Vdthemia glauca y 
Echeandia ierni/lora , 
Triioma nvaria^ 

media , 

Eucomis punctata , 

rcgia , 
undulata, 
Cjranella capensis ^ 
S cilia perui^iana ^ 

imdulata^ 



du cap de Bonne-Esperance. 

de Cuba. 

du cap, 

idem. 

idem, 

idem^ 

idem • 

idem, 

duPerou- 

de Tunis. 






( 123 ) 



FAMILLE DES NABCISSEES 



Alstra^meria acutifolia , du Mexique. 

Amarjllis atamasco , de Virginie. 

formosissima , du Cap. 

Candida, du Perou. 

rosea, idem. 

longifolia, du Cap. 



N 



Les oignons, en general, poussent d'une assez grande 



peux 



gifolia, qui 



plantes k plus de deux pieds de profoi 
cliaque aAnee des liampes de fleurs magnifiques. Cette 
observation toutefois ne pcut etre generale ; car , pour plu- 
siems plantes de cette famille , il suffit de deposer les 
oignous sur la terre pour les voir vcgeter : ainsi , lorsqu'on 



plant 



peut 



.antes 



be 



oignons^ que Ton pourrait relevera Tautomne, s'ils etaient 
rares , et que Ton craignit de les perdre- Ceux au contraire 
que Ton possede en plus grand nonxbre peuvent etre plan- 
tes a denieure au piintemps ou a rautoinne , selon Fepoque 
ou ils entrent en vegetation , a la profondeur convenable , 
depuis hult pouces jusqu'a deux pieds; cela depend de la 
grosseur de Toignon et de son developpement. 

La pkte-baude consacree a cet usage devra etre a bonne 
exposition et a Fabri du vent &n nord ; elle aura trois k 
quatie pieds de largeur sur une longueur indeterminee , et 
une nrofoudeiir pn tpirr inpiiblp dfi deux nieds et demi. Le 



( '^4 ) 

fond de la plate-bande gera garai d'un lit de pierres cal- 
calres ou siliceuses de six pouces d'epaisscur , que Ton 
recouvriia d'une couclie de gazon bien consomme de Uois 
ou quatie pouces ; la terie qui remplira la plate-baiide dolt 
etie plutot sablonneuse que forte , afin qu'elle ne conserve 
pas trop riiumidite. Pendant les gelees, on couvre de quatre 

ou cinq pouces de feuilles secbes. 

Par ce moyen , on peut cultiver beaucoup de plantes de 
la faijiille des lis , des narcisses et des iris , dont plusieurs 
seront soumises a une cubure semblable a celle des tulipes , 
jacintlies et autres. Les especes qui ne vegetent que pendant 
la belle saison seront relevees a I'automne , et les oignons 
conserves sur des tablettes, dans un endroit sec ou la gelee 
ne penetre pas. On les replante en mars ou avrily apres les 
avoir netioyes. 

La plupart des oignons du cap de Bonne-Esperance , dil 
Mexique et du Chili , tels que les gladiolus ixia^ hippoxis , 
orniihogalum, albuca, etc. ^ et peut-etre plusieurs amaryl- 
lis de I'Amerique nieridionale , pourralent passer Vbiver en 
pleine terre. C'est de cette maniere que Ton a introduit dans 
les jardins le tigridia pavonia, originaire du Mexique , 
que Ton cultive conime plante vivace, soit en bordure, solt 
en massif, ou il produit le plus joli effet- II suffit seule- 
nient de le couvrir , pendant les grands froids , de quelques 
pouces de feuilles ou de paille- Pjepin- 



De Vdtat sous lequel les engrais peui^ent alimenier 



la vegetation. 



L'application des engrais se renouvelant chaque jour , et 
les materiaux qui les coniposent jouissant des proprietes 
les plus etendues , il importe de constater dans quel etat 
ils excitem et entretiennent la vie vegetale, et de recher- 



• 




C 125 ) 

clier quelles sont les transformations qui les rendent propres 
a etre absorbcs par les plantes. 

Les racines etant pourvues cle pores d'un diametre a peine 
sensible , il est probable que les materiaux de Tengrais ne 
peuvent y penetrer autrement qu'a Tetat de decomposition. 
M. Davy a fait, a cet egard , une experience fort concluante. 
Illessiva de la poudre a canon pour en separer le nitre, et, 
apres avoir fait evaporer le soufre par le moyen de la 
clialcur, il obtint pour residu du charbon en poudre impal- 
pable. II rintroduisit dans une fiole avec de Teau pure, et 
y mit vegeter une mentlie poivree. Cette plante, apres avoir 
joui pendant une qumzaine de jours d'une vegetation vigou- 
reuse et soutenue, fut retiree de la fiole, et ses racines, qui 
avaient ete en contact immediat avec le charbon , furcnt 
trancbees en plusieurs endroits ; mais on ne put y decouvrir 
aucune trace de matiere charbonneuse , et cependant elles 
avaient ete dans la position la plus favorable pour absorber 
du cbarbon, si cela avait ete possible. 

Si Fabsorption ne pent avoir lieu pour les matieres orga- 
mc[ues sous forme solide , elle existe pour celles qui sont a 
Tetat de dissolution , pourvu qu' elles soient bien delayees , 
et que les oiganes n'en pmsscut recevoir a la fois que la 
quantite qu'ils ont la puissance d'elaborer : mais , lorsque 
les matieres en dissolution ont eprouve un commencement 
de fermentation , qui a donne naissance a des produits de 
nature differente , elles peuvent etre absorbees dans un etat 
de concentration plus grand , parce que Taction de chaque 
prodult n'etant pas la meme , les organes des vegetaux ne 
resolvent toujours de cbacun d'eux que la quantite qu'ils 

peuvent elaborer. 

Une experience de M. Davy vlent confirmer cette opi- 
nion. Dans des dissolutions fortes et recentes de sucre, de 
fiomme , de tannin , de gelatine , et de quelques autres 
isubstances , il introduisit des plantes qui ne tarderent pas k 



depeilr; et d'autres , par lesquelles il rempla^a les pre- 
mieres, prospererent dans les meines liqueurs deja fer- 
meiitees. Nous expliquons ce plienomcne en attrlbuant le 
deperissemcnt des premieres plantes mises en experience 



absorber 



qnantite assez considerable d'une ineuie substance ; tandis 
que Taccroissement des secondes a eu sa cause dans les 
changemens operes par la fermentation , qui , ayant donne 
naissance a plusieurs produits, k rendu nioins penible le 
travail d'assimilation des organes. 

Apres avoir employe sans succes les dissolutions concen- 
trees des substances que nous avons nommees , lo meme 
chimiste essaya leurs efFets en les rendant assez etendues 
pour qu'elles n'en continssent plus qu'un deux-centieme de 
leur poids. La menthe y eut une vegetation vlgoureuse ^ 
moins active cependant dans la dissolution du tannin que 



arro- 



sees separement avec ces dissolutions ; dans toutes, la vege- 
tation re^ut une activite remarquable , toujours moindre 
toutefois dans celle arrosee par la dissolution astringente , 
quoique ses efFets fussent neanmolns bieu superieurs a ceux 
produits par des arroseniens avec de I'eau pure. Pour s'as- 
8urer si les substances vegetales solubles penetraient sans 
alteration dans les racines des plantes, il analysa compara- 
tivement cent vingt parties de menthe qui avaient ve'gete 
dans de I'eau commune , et une meme quantite de parties 
de la meme plante ayant vegete dans une dissolution de 
Sucre. Les premieres lui fournirent trois parties d'extrait 
d'uu vert pale , d'un goiit douceatre ; mais les secondes en 

A^ ' . • Ti 1 ■ ■■ ,. 



donnerent cinq. II conclut de la que les matleres solubles 



peneUer sans alteration dans les racines des plantes , 
opinion confirmee d'ailleurs par la couleur rouge qu'acquie- 

rent les fibres des plantes qui vegetent dans une infusion de 
garance. 



I 



Nous pensons aussi que les diffeientes dissolutions sont 
susceptibles d'etre absorbees par les raclnes , sans avoir 
eprouve de fermentation prealable; mais toutes celles qui 
en sont susceptibles se modifient du moment ou elles ont 
ete absorbees , et les efFets qu'elles produlsent sont d'autant 
plus jjrands que leur decomposition s'efFectue avcc nioins 
de peine, et que leurs elemens opposent une moindre 
tance pour entrer dans de nouvelles conibinaisons. Ainsi la 
gelatine , le sucre et la gomme , susceptibles d'etre modifies 
par le moindre effort, excitent la vegetation a ma haut de- 



gre , tandis que le principe astringent , bien plus difficile a 
decomposer, produit des effets moins considerables. Quant 
a la matlere coluraute de la garance, elle resiste sans s'alte- 
rer a des reactifs si energiques , qu'il n'est pas sui-prenant 
qu'elle conserve sa couleur dans les organes des vegetaux; 
mais il n'est pas douteux qu'elle y serait nuisible, si ces 
organes pouvaient en absorber une quantite appreciable. 

Cette proprlete d'absoi'ption , dont jouissent les racines, 
les expose souvent a introduire dans le vegetal des substances 
qui , ne pouvant y etre modifiees , rendent ces organes ini- 
propres a continuer leurs fonctions. C'est ainsi que tous les 
mineraux tres-solubles sont des poisons pour les vegetaux , 
toutes les fois qu'ils existent dans le sol en grande abon- 
dance , tandis qu'ils stlmulent souvent avantageusement la 
vegetation, lorsqu'ils ne s'y trouvent qu'en quantite k peine 
appreciable : d'apres cela , les substances minerales solubles 
peuvent occasioner la sterilite du sol , si elles s'y trouvent 
en proportions trop fortes. II en est tout autrement des 
substances vegetales et animales, dont les principes sont de 
meme nature que ceux des plantes , et produisent d'autant 
plus d'eflfet qu'elles jouissent de plus de solubilite. 

Un degre de solubilite plus ou moins marque , dans ces 
substances employees comme engrais , est un indice de leur 
action plus ou moins prompte ; mais il ne s'en suit pas que 



( 128) 



ancle 



Les vegetaux ont besoin de sues nutrltlfs pendant loute la 



mieux 



ment d une nourriture qui leur est distribuee sans exces , 
mais journellenient , et selon que leur accroissement la 
reclame. 

- Les engiais ne pouvant etre utiles aux plantes qu'autant 
qu'ils se trouvent a Fetat de dissolution , il faut expliquer 
comment elle peut s'operer. Lorsque les elemens des com- 
poses organiques ont cesse d'etre modifies par Faction vitale, 
leur reaction donne naissance a des pbenomenes d'un ordre 
nouveau, qui varient suivant la nature etla quantite de ces 
composes, et les alternatives de cliaud et de froid, de seche- 
resse et d'liumidite. Ces pbenomenes portent le nom gene- 
rjque de fermentation. Ses caractcres sont aussi variables 
que les circonstances dans lesquelles les composes orga- 
niques se trouvent places ; mais , comme elle s'exerce sur 
des substances dont les elemens sont les memes, et ne dif- 
ferent que du plus au moins , eUe a toujours des effets gene- 
raux semblables , comme de determiner la desagregalion 
des parties solides , le degagement de quelques-uns de leurs 
elemens a Fetat gazeux , et leur transformation en compos(?s 
d'une autre nature, susceptibles de servir d( 
similation aux vegetaux. 



matenaux 



Lorsque les pnncipes constituans des substances organi- 
ques , que Fon aban donne k une fermentation spontanee , ne 
difTerent pas d'une maniere bien sensible dans leur propor- 
tion , la decomposition suit une marche moins tumultueuse 
que lorsqu'ils sont d'une nature tres-opposee , et eUe s'an- 
nonce avec des caracteres partlculiers en rapport avec la 
nature du corps fermeutant , et qui se representent cons- 
tarn ment lorsque les circonstances de cbaud ou de froid, de 



htui 



vegetali 



/ 



( 129 ) 

lAUcUagineuse ou amllacee , la decomposition determine 
d'abord la formation d'une certaine quantite de sucre , et 
cette premiere periode de la decomposition a ete appelee 
fermentation sucrte. La matiere sucree , soumise a rinfluence 
des memes causes qui Tont produite , ne taide pas a se mo- 
difier d'une manlere toujours constante j et donne naissance 
a un liquide particulier , spiritueux, volatil, inflammable , 
qu'on nonime alcool, d'ou cette seconde periode prend 
le nom de fermentation alcoolique ou spiritueuse, Ce 
deuxieme prodult expose a Fair se convertit assez promp- 
tement en acide , appele nceV/'^r/e^ et cette troisieme fer- 
mentation prend le nom de fermentalion acide. 

Ces dlCFerens modes de fermentation ne sont facUes a dis- 
tlnguer Tun de Tautre qu'autant que la predominance de 
lamidon , du sucre /)u de Talcool est considerable. Dans le 
cas contralre leurs niouvemens out lieu slmultanement dans 
la meme masse , et les produits auxquels Tamidon donne 
naissance passent presqueimmediatenient a Tetat acide , en 
se confondant avec les produits varies provenant de la de- 
composition des autres substances- Cette derniere periode 
de mouvemens prend le nom de fermentation putride. 
Danscelle-ci la separation des corps constituans, qui s^o- 
pere, dans les autres fermentations, suivant de certalnes 
regies et une marche constante , ne pent etre que tumul- 
tueuse et desordonnee, et accompagnee de la formation 
instantanee de presque tous les produits qui peu vent naitre 
de la combinaison des elemens du corps fermentant dans 
un ordre de composition moins complique que celui ou ils 
se trouvaient deja retenus. 

La fermentation putride est la seule qu'il importe de 
considerer lorsqu'on se propose d etudier Faction et d eta- 
blir la tbeorie des engrais. Efi effet, les substances organi- 
ques ne peuvent fournir des materianx d assimilation aux 
plantes vivantes , quautant que leurs elemens devenus so- 

N° IX. 



( iSo ) 

lubles sont susceptlbles d'etre aLsorbes par les racincs et 
introduits dans le systeme vasculaiie du vegetal; c'est 
par la fennenlatlon putride qu*on attelnt ce but , et que les 
materiaux trop coberens ou d'un ordre de composition trop 
complique pour cti e utile aux plantes , se reduisent en ma- 
teriaux d'un ordre plus simple et plus susceptibles d'etre 
absorbes et d'accroitre la substance vegetale. Mais , comine 
nous Tavons remarque , la fermentation peut etre modifiee 
a uu haut degre par un grcmd nonibre de circonstances 
accidentelles , entre autres , 1 abondance et la nature des 
materiaux, la presence d'une bumidite plus, ou moins 
grandc , et les variations que la temperature peuteprouverj^ 
et il iniporte de tenlr compte de ces circonstances pour eta- 
blir la tlieorie des engrais. Ainsi , lorsque le tissu des subs- 
tances est dur et serre , il est certain que , toutes cLoses 
^gales d'ailleurs , la decomposition ne peut etre aussi rapide 
que dans le cas ou les substances sont molles , d'un tissu 
laclie et pleiu de sues. II en est de meme quand les mate- 
riaux fermentescibles sont en petit nombre , parce qu'ils 
sont aisement refroidis par Vair ambiant , et que leur masse 
he s'ecliauflant pas , les reactions se succedent si lentement , 
que la decomposition paralt insensible. Quand I'air est sec, 
la fermentation est egalement beaucoup plus lente , parce 
que les sues s'epaississent et que les fibres et toutes les par- 
ties dures sont plus difficiles a desunir; elle est au con- 
traire plus active quand il est Immide , parce que toutes 
les parties se gonflent et se ramoUlssent, que les sues s'ex- 
travasent et se melont, et que les reactions s'accomplissent 
en plus grand nombre. Enfin, rien ne contribue da vantage 
que les variations de temperature a accelerer ou retarder 
la fermentation. Au-dessous de zero, la fermentation esttota- 
lement suspendue , a moins que par suite des decomposi- 
tions deja Gommencecs, la temperature de la masse ne se 
maintienne a un degre superieur ; mais a niesure que celle- 



t 



( »3« ) 



ci s'eleve, la fermentation se ranime ou s'etablit, et elle est 
d'autant plus active, qu'il fait plus chaud, pourvu toute- 
fois que Tair soit humide ou que la masse fermentescible 
soit impregnee d'une humidlte suffisante. C est pour cela 
que , durant les jours pluvieux de Fete, les decompositions 
s'operent si promptement, que les viandes qui se conserve- 
raient indefiniment pendant la gelee , se corrompent sou- 
vent en quelques lieures ; et c'est pour cela que la vase des 
fosses , des etangs et des mar^cages ou fermentent tant 
de matleres heterogenes, exhale ordinairement dans cette 
saison une odeur souvent dangereuse, 

Mais , quoi qu'il en soit des modifications multipliees 
que des circonstances eventuelles apportent aux pheno- 
menes que presentent les decompositions vegetales et ani- 
maleSy le resultat est toujours la dissipation dans latnio- 
spLere de la totalite des elemens qui composent le corps 
fermentant , a Texception d'une petite quantite de carbone , 
mele avec differeutes substances salines qui existaient dans 
les detritus en fermentation. Ces substances salines ayant 
line action tres-energique sur les vegetaux dans les organes 
desquels elles sont portees , il n'est pas inutile de signaler 
leurs principaux caracteres. 

Quoique le carbone , I'oxigene , riiydrogeiie et Tazote , 
soient les seuls elemens essentiels des substances organiques 
vegetales et animales, les mouvemeus que necessite la 
nutrition entralnent neanmoins dans ces substances des 
materiaux d^une autre nature, fixes au feu, appartenaut^ 
la matiere inorganique , et qui ne semblent jouer de role , 
dans les etres organises, que comme ajoutant a la solidite 
de leurs parties. On en constate la presence en calcinant 
les detritus organiques avec le contact de Fair, et recueil- 
lant les cendres qui en resultent. Le poids de ces cendres 
est celui des substances heterogenes que la circulation avait 
cntrainees dans les organes du vegetal. L'analyse chiniique 



t 



f 



( 



( i32 ) 

y montre des sels a base de potasse , de chaux et de soude, 
un peu de silice , quelquefois d'alumine , et quelques traces 
d'oxide de fer. Ce sont ordinairement des carbonates , des 



sulfates, des phosphates , des hydrochlorates ; maisiln'ar- 
rive jamais qu'on les rencontre tons a la fols ou qu'ils 
soient egalement abondans. C'est ainsi que le phosphate de 
chaux abonde dans les tiges et les graines des feves , des 
pois et des cerealesj que le sulfate de la meme base se 
rencontre pnncipalenient dans les plantes fourrageuses, et 
que les sels a base de potasse ou de sonde abondent dans 
toutes les plantes et les fruits aigres et acres. La silice parait 
jouer un role important dans la contexture des plantes fis- 
Vileuses , qui manqueraient de rigidite pour se soutenir , si 
cette substance ne comniunlqualt une durete particuUere a 
leur epiderme. Pour I'alumlne et le fer, on les rencontre 
aussi dans les cendres d'un grand nombre de vegetaux , 
mais en quantlte toujours inappreciable. 

Les parties saUnes que presentent les substances animales 
sont les memes que celles dont nous venons de parler ; seu- 
lementelles y jouent un role plus important, en ce qu'elles 
composent a elles scales la substance osseuse des animaux. 
Cependant les os ne sont formes que de phosphate et de car- 
bonate de chaux : quant aux sels a base de potasse et de 
sonde, ils sont beaucoup moins abondans , et ils n'existent 
que dans les parties molles et fluides, ouils sonttenus en 

dissolution. 

En resume , les materiaux de lengrais se composent de 
dlfferens elemens susceptibles de devenir des principes 
d'assimilation pour les Aegetaux. On conjoit que, dans des 
ckconslaoces egales et lorsqu'ils sont de meme nature , ces 



leur 



tans 



c est de mettre a profit , autant que possible , tout Tengrais 
que Voua pu se procmer. Mais les plantes ne s'assimilaut 



( i33 ) 

!es prlncij^es constituans de Tengrais que lorsque la disso- 
lution en est efFectuee, il faut recliorclier qutlles sont les 
circonstances les plus favorables pour que cette dissolution 
ait lieu , et examiner ensuite dans quel elat il faut appllquer 
Tengrais. En Tappllquant a Tetat frais , la dissolution est 
difficile , mais sa lente decomposition est utile aux plantes. 
Au contraire, en lappliquant aprcs qu'il est fermente , les 
vegetaux sont stlmules tout a coup par une grande quantite 
de parties solubles qui parvienneut a leurs racines; mais 
les premiers produits de la fermentation evapores sous 
forme gazeuse sont entierement perdus pour eux; dou 
nous concluons qu'il y a plus de produits utiles a obtenir 
de Tengrais frais que de leugrais consomme , mais que ses 
effets sont plus lents. E. Martin. 



NOUVEAUTES. 



FUCHSIA. Juss. {Octandrie monogfme ^ Lin, Onagres y 

Juss.) 



Carac teres gdniriques. Calice colore a quatre divisions 
caduques; quatre petales; huit etamiues a antheres arron- 
dies; stigmate en tete ; bale a quatre loges polyspermes. 

FucHsiE A pzxrTES FEUII.LES. (Fucksia mj' c wphy ll a y Klmij. 

du Mexique.) ( Fojez laplanche,) 



Petit arbuste touft'u s'elevant dq dix-huit ponces a deux 
pieds. Tige droite , grele , de couleur brune a rameaux op- 
poses, dont les jeunes pousses sont d'un rose purpurln. 
Feuilles petites, dentees, crepues, en verticilles de trois a 
quatre , a petioles couits , d'un vert tendre. Fleurs pcn- 

dantes. sortnnt rip Vaic*;p11p dps fpuillH.'i . d'nn T^ournip vif 



( 



( i34 ) 

portees par des pedonciiles longs d'un pouce ; fruit en bai# 
ovale de couleur brune. 

Cette plante originaire du Mexique nous est venue d'An- 
gleterre en 1829. Elle est tres-recherchee par les amateurs, 
k cause de son port gracieux , de Telegance deson feuillage, ' 
et du vif coloris de ses fleurs en clochette. 

On la cultive en serre temperee ou on la tient en pots 
reniplls de terre de bruyere et de terreau bien consomme, 
ou toute autre terre meuble et legere , ce qu'exigent ses ra- 
tines fines et deliees. II y a lieu d'esperer qu'on pourra 
la cul liver en pleine terre comme plusieurs de ses conge- 



neres. 



On la multiplie de boutures qui reprcnnent assez bien a 
froid a rombre,en les couvrant d'une cloche , mais niieux 
sur couche tiede sous chdssis. Get arbuste etant toute Tan- 
pee en vegetation, on pent faire des boutures depuis avril 
jusqu'en novembre. Celles que Ton fait a lautomne doivent 
etre conservees pendant Vhiver en serre temperee ou sous 
chassis , de facon a ce qu'elles soient garanties des atteintes 
de la gelee. On peut au printemps suivant ( en mai ) les 
planter en pleine terre, ou elles orneront parfaitement les 
plates-bandes et massifs. Ces pieds seront releves a Tap- 
proche des froids pour etre places en orangerie. II convient 
cependant d'essayer de faire passer Thiver en pleine terre A 
quelques vieux pieds en les couvrant de quatre a six pouces 
de feuilles seches. L'etat de vegetation continuelle dans le- 
quelse maintient cette plante, rend ses rameaux plus sen- 
sibles a la ^elee ; mais en supposant qu'ils en soient frappes, 
il est rare qu'au printemps il n'en repousse pas d'autres 
qui fleurissent depuis juillet jusqu'aux gelees. 

Cette fuclisie se multiplie egalement de marcottes avec 
incision. On les faitau printemps en petits pols mis a por- 
tee de la branche a marcotter. Elles reprennent en six se- 
piames ou deux mois. On separe alors les marcottes du 



/ 



{ i35 ) 



pied-mere, et on les transplante en pots plus grands rem- 
plis de la terre indiquee plus haut. Cels. 



^NOTHERA 



Jess.) 



Caracteres generiques. Calice allonge , cylindrique , ca- 
duc,alimbe quadrifide; quatre petales, huh etamines a 
antheres oblongues, tombantes; stigmata quadrifide ; cap- 
sule allongee, cylindrique, presque tetragone, a quatre 
loges polyspermes, a quatre valves; graines nues, noni- 
breuses , anguleuses , attacbees a ua receptacle central. 



Onagre elegant. {j^Enothera speciosa , '!^vrTAh. Hook. 

Exot. , ft. 20.) (f^ojez la plqnchc) 



Plante, ou plutot petit arbuste sous-ligneux. Tiges s'ele- 
vant a la hauteur de deux a trois pieds , flexueuses , pubes^ 
centes , nues a la base et gamies a la partie superieure de 
rameaux alternes; feuilles alternes , a petioles courts. 



iin 



nuees , mais le plus souvent dentees assez profondement ; il 
y en a meme de pinnatifides et de laciniees , longues de deu:^ 
a trois pouces, et pubescentes en dessous. 

Fleurs terminalesse developpaut a Textreinite de chaque 
rameau; avant leur epanouissement, elks sont en forme 
d'epis recourbes, et chaque fleur se redresse au moment dc 
s'ouvrir. Chaque rameau porte de six a douze boutons , 
mais il n'y a jamais qu'iine ou deux fleurs qui s'ouvrent a 
la fois, et la floraison successive dure assez long-temps. 

Le calice a le tube long d'un pouce , se divisant en quatre 
sepales qui se recqurbent sous la fleur developpee et tQin- 



( >36 ) 

bent peu apres. Les petales sont lonjjs de plus d'un pouce 
et presque aussi lai ges , obtus et en coeur, de couleur blan- 
clie-rosee; antlieres des etamines porlees sur des filets 
d'un denii-pouce. 

^ Cctte cbarmanle plante , dont la culture n'est pas assez 
repandue, est originaire de la Louislane, d'ou elle a ete 
importee en Angleteire en 1826. Elle fit bientot Tadmira- 
tion des amateurs par ses grandes et nombreuses fleurs qui 
se succedent une partie de I'annee. En examinant sa belle 
vegetation pendant qu'on la tenait en pots dans la serre 
teniperee , on pensa que cette plante cultlvee en pleine terre 
donnerait , pendant la belle saison , des buissons de fleurs 
propres k orner elegamment les plates-bandes et massifs. 
En 1828, on en planta douze pieds qui produlsirent I'efFet 
attendu. lis avaient forme de si belles touffes , que lorsqu'il 
s agit d'en rentrer en orangerie a I'approcbe des gelees , une 
seule suffit a garnli- douze pots , et les autres resterent sur 
place exposees aux rigueurs de I'hiver. Cependant on cou- 
vrit les pieds de six a sept pouces de feuilles seches. Toute- 
fois, depuis trois ans , ils out resiste sans couvertures, et 
ferment mamtenant un massif de seize pieds de long sur 
huit de large , qui est couveit de fleurs depuis la fin de mai 
jusqu'aux gelees. 

Cette plante conserve ses tiges et ses feuilles pendant 
toute 1 ann^e , lorsqu'on la cultive en serre temper^e. Mais 
en p erne terre , on la rabat au printemps apres les gelees , 
ou plut6t au moment ou se developpent de nouveaux bour- 



vaut mieux couper au niveau du sol , comme on le fait pour 
lesplantes vivaces. II se d^veloppe bient6t de nouvelles tiges 
que 1 on soutient k I'aide d'un tuteur sans lequel elles ram- 
peraient sur la terre , a cause de leur flexlbilite et du poids 
des nombreux boutons qui garnissent les extrt?mites. Si I'du 

^eut avoir des tiges plus basses, il suffit d'en pincer les 



{ i37 ) 



extreinites a cinq ou six pouces du sol. Bientot il s'en deve- 
loppera plusieurs qui s'eleveront moins et fornieront de 
meme des toufFes d'un effet agreable. 

On laniultiplie facilement de semis, de boutures, et le 
plus souvent de drageons que Ton repique a Vautomne en 



pepimei 

plates-bandes ou corbeilles qui servant a orner les jardins. 
Elle preiere la terre meuble et legere a cause de ses lacines 
seches et minces ; aussi , loisque le sol est ti op fort ou trop 
liumide , il convient de niettre au pied de la terre de 
bruyere ou du sable siliceux, ou des terreaux de feuilles 
ou de fumier bien consommes. 

Dans le nord de la France , il sera toujours bien d'en 
conger ver quelques pots en orangerie, jusqua ce que I'ex- 
perience ait constate Tacclimatation. Pepin. 



ASTER, L. {Sj-ngencsie-polj garni e superjlue ^ Lin. ; 

radiieSy Juss. ) 



Caracleres generiques. Involucre imbrique d'ecailles 
foliacees , dont les exterieures souvent etalees ; fleurons 
du disque hermaphrodites , ceux de la circonference fe- 
melles , fertiles , et au noaibre de plus de dix ; recep- 
tacle alveole ; graines couronnees par une aigrette de polls 
simples. 



AsTERE GLACQCE. {Aster glaucus ^ HoRX. Par. Erigeron 
glaucurrty Bot. regist. A, Calendulcefolius j Lois. Des- 
LONGCHAMPS.) ( J^ojez laplajiche.) 



Tiges grosses et charnues , hautes de deux a tiois pleds , 
uii peu velues k leurs extremites , se raimfiant peu , a feuil- 



( 



les persistantes ; aussi les tiges ont souvent besom d'etre 
soutenues par des tuteurs, car leur grand nombre , ainsi 
que les fleurs multipliees qui les gamissent , les font pen- 
cher vers la terre. Feuilles un peu incaiies , disposees en 
rosaces ; celles de la partie inferieure en spatules , a petioles 



longu 



avec 



quelques grandes dents polntues sur les bords et trois ner- 
vures longitudinales tres-saillantes* Celles de la partie su- 
p^rieure sont moins grandes. Les caullnaires sont sessiles, 
alternes, entieres, de forme oblongue, lanceolees et un 

* 1 * F ^ -« hM 



sur 



Fleurs solitaires , portees sur des pedoncules droits , 
longs de cinq a sept pouces. EUes sont les plus grandes du 
genre apres celles de Vaster sinensis ( reine Marguerite ). 
Leur diametre est de deux pouces. Le disque se cqmpose 
d'un grand nombre de fleurons a antheres jaunes ; les 
demi-flemons de la circonference sont d'un violet plus ou 



moins fonce. 



Cette belle plante est originaire de la California C'est a 
M. Louis Noisette , notre collegue , que nous en devons 



abo 



lenduIcefoL 



qn pots dans Forangerie , mais sur les indications du 
Botanical Register qui la figuree, on en planta, en 1829, 
deux pieds en pleine terre qui passerent parfaitement I'hi- 
ver. Us fleurirent depuis mai jusqu a I'automne de la 
meme annee, et forment dans ce moment des buissons 
charm ans. 

Pendant I'hiver, uue partie des anciennes feuilles se se- 
chent ; il faut alors les enlever au printemps suivant et 
couper les tiges a un pied ou quinze pouces de terre pour 
les faire ramifier, c'est-a-dire les forcer a developper plu- 
sieurs jeunes branches , cc qui forme un buisson arrondi e^ 

4-^ulier. 



\ 



/ 



( i39 ) 

Sa multiplication est facile , soil de boulures , de niarcot- 
tes, ou ineine par I'eclat de jeunes branches qui poussent 
au pied etqui s'enracinent d'elles-memes. Ces moyens sont 

plus prompts que celui des semis , d'autant plus que les 
graines ne sont pas toujours bonnes. 

Les boutures se font a Tombxe , en terre meuble et riclie 
en humus, ou plutot sur couche tiede, sous cloche ou 
chassis, en ayant soin d'ombrer pendant quelques jours. 
Les jeunes boutures qui, a Tautonine, ne sont pas assez for- 
tes ou assez enracinees pour etre laissees en pleln air, 
seront mises en pots pour etre rentrees en orangerie , ou 
placees le long d'un mur bien expose, et couvertes d'un 
paillasson ou de feuilles seches pendant les gelees. 

Les marcottes se font avec incision comma pour les oeil- 
lets. Elles reprennent tres-facilement. Lorsqu'cllcs sont 
enracinees^ on les separe du pied et on les plante soit en 

ts, soit en pepinieres, jusqu'a ce qu'elles soient assez 
fortes pourletre mises en place. 

Cette astere decore parfaitement le centre des corbeilles 
et plates-bandes et le tord des massifs , ou elle donne des 
fleurs une par tie de Fannee- Comme elle fleurit aussi pen- 
dant Fhiver , on peut en tenir quelques pieds en pots pour 
orner Torangerie et la serre temperee. 

La terre qui lui convientle mieux est une terre meuble, 
legere , sans etre ni seche, ni trop humide. Pepin. 



MELANGES. 



De la tonte des haies. 



On peut dire qu'en general on neglige beaucoup la ( 
ture des haies , et Finsouciance est quelquefois portee 



au 



\ 



( i4o ) 

point de ne leur faiie subir aucune tonte pendant plusieurs 
annees. Cependant ce defaut de soins a le grave inconve- 
nient de permettre a la parlie superieure de s'elancer avec 



aux 



qui 



ordre do clioses dure da vantage. C'est la la cause de tons 
ces vides que Ton remarque dans le has de la plupart des 
haies vives , qui leur donnent un aspect desagreable et les 
empechent de clore comme elles le devraient , et comnie 
souvent leur destination I'exige. 

Dans des cultures plus soignces , on croit avoir fait tout 
ce qui est convenable en tondant les haies a la fin de juillet 
ou dans le courant d'aout , et cependant cette methode est 
tout aussi vicieuse. En effet, c'est le temps ou les vegetaux 
ont le plus besoin de feuilles , autant pour les garantir 
des rayons solaires dont Taction est dessechante , que pour 
aspirer dans I'atmospbere les gaz propres a la formation de la 
seve descendante qui preside peut-etre seule au developpe- 
ment des racines. Celles-ci , privees d'une seve suffisam- 
ment abondante, qui ne peutleur arriver, les feuilles etant 
retranch^es , s'appauvrissent sensiblement , sont beaucoup 
plus long-temps as etablir et a se consolider dansle sol; il 
en resulte que la croissance des haies est tellenient lente , 
que les proprietaires sc degoutent et regrettent de les avoir 
planlees . 

^ Cependant , en employant les soins convenables , on peut 
reussir sans difficultes ; et les exemples que nous offre I'an- 
cienne ecole d'agriculture du Jardin des Plantes prouvent 
evidemment cette assertion. On y voit plusieurs portions de 
clotures formees avec des essences d'arbrisseaux , et meme 
de grands arbres , parmi lesquelles il s'en trouve quelques- 
unes peu propres a cet usage , et neanmoins toutes sont 



epoque 



quabl 



\ 



I 



V 



( »4» ) 

La belle vegetation de ces portions de liaies est ait sur- 
plus un temoignage irrecusable des soins intelligens donnes 
par les homnies qui out successiveinent divige cette ecole , 
MM. Dumoustie;ts et Dalbret. Le premier, actuellement a 
Chaville , a fourni a M. le comte Lelieur une foule de notes 
inleressantes inserees da.-nsla. Pomonefrancaise. Le second, 
presentement clief de Tecole, vient de publier un ouvrage 
estime sur la taille des arbres fruitiers. 

C'est done en mettant en pratique la nielbode suivie par 
ces deux jardiniers , qu'on reussira dans la conduite de ces 
sortes de cultures. Je vais Findiquer comme reusslssant 
conipletement. 

II faut d'abord admettre pour principe fondamental 
Fimportance de la conservation des feuilles; elles doiveut 
etre considerees comme les organes respiratoires de la 
plante, et par consequent comme indispensables a sa belle 
vegetation. C'est pour cela que , dans les arbres a feuillage 
persistant, la vegetation n'est jamais tout-a-fait inactive, 
tandis que, dans les vegetaux a feuilles caduques, elle est 
suspendue pendant deux ou trols mois et a Vepoque ou ils 
sont depouilles de leurs feuilles. Ceci pose, il est evident 
qu'il y a interet a conserver aux baies le plus de feuilles 
possible. A cet effet on choisit, au printemps, le moment ou 
les plus forts bourgeons ont acquis la longueur de cinq a 
dix poucespour en faire le retrancliement sur les cotes et 
sur la partie supeiueure, selon la formation donnee a la haie- 
Si celle-ci etait jeune ou qu'elle ne fut pas arrivee a la hau- 
teur voulue , on friserait ou eboucteralt seulement ayec le 
croissant, ou tout autre instrument trancliant, Textremite des 
J^ourgeons de la partie superieure. Cette operation fait rami- 
fier les bourgeons de cette partie et force la seve a se porter 
dans ceux qui n'ont pas ete ebouctes , ce qui les fortifie. Elle 
fait sortir aussi des yeux latens sur les autres parties ; ces yeux 
seraient restes dans cet etat pendant quelque temps pour 



■^ 



{ ,4:* ) 

s'amiuler ensuite. On sent qu'en agissant ainsi, on refonnc 
peu de feuUles , puisqu'un petit nombre seulement ont cm 
alors, et celles qui se developpent ensuite se trouvent pour 
la plupart ne pas depasser raligneuaent donne a la haie , 
selon sa formation. 

Si Ton est astreiut a des soins plus rigoureux et qu'il 
faille operer la tonte meurtriere du mois d'aoiit, qui doit 
eire pratiquee par un temps humide , on se felicitera alors 
d'avoir agi comme nous venons de ledlre, carles bour- 
geons ou jeunes rameaux (i) qu'il faudra retrancher n'em- 
porteront avec eux qu'une petite quantite de feuilles. ies 
haies ainsi conduites seront toujours parfaitement garnies ; 
cependant elles jouiraient d'une vegetation encore plus vi-^ 
goureuse , si on ne faisait cette seconde tonte qu'apres la 
chute des feuilles. En elfet , si Ton veut reflechir a Timpor- 
tance de la conservation de ces organes pour la sante et le 
grossissement des arbres, on serait tente de ne jamais 
eu reformer. Les hommes qui observent en cultivant peu-^ 
vent tons les jours se convaincre de cette yerite. 

La negligence que Von met dans la conduite des bales 
est souvent la cause de leur deperissement au moment ou 
on devrait en joulr dayantage. Quelquefois aussi elles onC 
une vie si languissante, qu'on est contraint de les receper. 
Toutefois c'est le seul moyen de les retablir, surtout si 
Ton a soin d'incliner en sens oppose les jeunes rameaux qui 
pousseront ensuite , et d'en former des especes de losanges. 
Mais cette inclinaison n'est pas encore arbitraire ; il est es- 
sentiel qu'elle n'excede pas iS degres; car , dans ce cas, la 



(«) Ce sont effectivement des rameaux, puisqu'ils sont termiues ^r 
tin ceil, M- Dalbbet, dans son Cours theorique et pratique de la 
taillc des arbres fruiiiers , a fort Lien deGni les caracteres qui font 
distinguer les jeux, les Loutons, les L^mgeons et les rameaui. C«t 
ouirrage sa trouve k Paris cliex Rousseloii, 



I 



1 

■r 



/ 



f 



( ^43 ) 



seye ne se repartit pas egalement , et il s*ensuit que Tex- 
treinite des rameaux destines a devenir des branches s af- 
faiblit et ne remplit pas cette fonction. II est alors presque 
impossible de donner une formation reguliere a ces Iiaies 
que Ton a nommees croisees ou en losange. Doverge. 



Observations sur la culture desfougeres. 



Lafamille desfougeres est tres-nombreuse, et ses especes, 
Ires-differentes par leur^ formes et leur port, se trouveut 
sur toutes les zones. Plusieurs croissent dans des marais ^ 
d'autres dans les lleux arides ; les unes sur les coUines et 
montagoes, et dans les fentes de rocbers ; d autres au pied 
des arbres, et quelquefois siU' ces vegetaux eux-memes sans 
touclier a la terre. 

Quelques especes s'elevent meme comme des arbres a 
une hauteur assez considerable , telles que les dicksonia ar- 
horea, alsophjlla pumila Qt micfirodonta. 

Ce sont ces differences si varices qui rendent diificlles la 
culture et Tentretien des fougeres , et obligent a des soins 
tres-minutieux. La plupart des especes aiment une terre 
chargee de detritus vegetaux ; la terre de bruyere est princi- 
palement employee pour les especes naines dont les racines 
lie sont pas persistantes , et ne sont que de petites fibres 
radicales, comme dans les gymnog ramma ^ chcerophj-lla , 
chrysophjlla , peruviana , et pour celles qui ont des fron^ 
des entieres et qui, en general, vegetent sur les arbres, 
telles que VacTirosticuni aicicorney scolopcndrifoliiiTny po- 
\jrpodium, Ijcopodioides et vQccinifolium^ 

Quant aux grandes especes i racines fortes , et dont les 
pieds sont ordinairement tres-vigoureux , et a celles qui 
atteignent une hauteur fort elevee , la terre de bruyere et 
les terres legeres ne sont pas assez substantielles, et il est 



j^ 



( »44 ) 

bon de les nieler avec un tiers ou meme moitie de terre ar- 

f 

gileuse. Ce melange retient Teau plus long-temps et dis- 
pense d'arroser aussi souvent , car rhumidite est la princi- 
pale cause du developpement des fougeres. On y trouve 
encore Tavantage que les tacines ne se developpent pas au- 
tant et ne garnissent pas aussi vite les parois despots; ce 
qui permet de les transplanter moins frequemment , et , en 
consequence, de les laisser plus long-temps sans les de- 
ranger. 

Pour cultiver les fougeres , il faut surtout bien cOn- 
naitre la structure du pied , s'il prend un grand accroisse- 
ment , et si les racines s'etendent horizontalement , s'enfon- 
cent beaucoup dans la terre ou rampent a la surface du sol. 
Par suite de ces variations , il faut des pots de diverses for- 
mes. Pour les especes a tiges ascendantes^ on clioisit des 
vases proportionnes , mais cependant pas trop profonds , 
parce que, en general, les racines des fougeres tendent plu- 
tot a croltre Lorizontalement qu'a s'enterrer. Quant a celles 
a racines rampantes , les pots plats sont a preferer. XJne hau- 
teur de quatre pouces sur douze de diametre est la pro- 
portion qui convient aux pots destines a la plupart de ces 
plantes. 

Quand on transplante des fougeres , il ne faut pas couper 
les racines, parce qu'elles ne repercent presque jamais; 
elles ne se remplacent que par de nouvelles racines partant 
du pied , ce qui est tres-desavantageux pour beaucoup de 
sujets. Pour les especes cliez qui la puissance des racines 
n'est pas considerable , comme pour celles qui ne sont plus 
dans la vigueur de la jeunesse , il faut laisser la motte in- 
tacte, la deposcr dans un pot plus grand, Fentourer de 
morceaux de briques et remplir Tespace vide avec de la 
terre. Ce procede reussit parfaitenient , parce que les racines 
aimcnt a s'appliquer centre les pierres, et les plantes se 
desseclicut beaucoup moins. Ainsi elles rejoivent par les 



. l"r^ 



A 

* 

n 



( i45 ) 

briques une compensation des paiois du pot dont on les a 
tirees, et elles vegetent presque sans interruption. Si on 
omet cette precaution , les racines se melent et pourrissent 
ordinairement. Ce soiu est surtout indispensable lorsque 
Ton met en pots de jeunes plants provenant de gralnes. 

II existe beaucoup de fougeres des regions au-dela des 
tropiques qui , sur leur zone natuielle , fonnent des pieds 
ascendans en forme de rosette , et cliez nous emettent leurs 
racines en liaut, ce qui fait que les pieds sont si faibles, 
qu'il faut les maintenir avec de petits tuteurs. Je reconi- 
mandcj lorsqu'on aura occasion de reuipoter de ces especes, 
de les mettre toujours dans le pot un pouce plus bas 
qu'elles n'etaient dans le precedent , aGn que les racines 
puissent s'alimenter dans la terre et fournir an pied une 
plus grande vigueur. La meilleure epoque pour le rempo- 
tage des fougeres est generalement le mois de fevrier. Des 
cbassis sont aussi ce qui convient le mieux pour les culti- 

ver, parce qu'on pent a volonte douner de Tombre et de 
riiumidite. 

Malgre toutes ces precautions, les sujets cultives dans 
nos jardins n'ont pas une longue duree. Quand on s'aper- 
"jolt que les frondes ne sont plus aussi nombreuses, c'est 
I'indice qu'elles se dessecheront bientot. II faut alors td- 
clier de recolter des graines : ce que Ton pent faire sur 
quelques especes, telles que les gjrnno gramma tomen-- 
tosa ^ aspidiuni chrysohdpum ^ aneimi a fraxinifolia^ cXCm 

Pour s'assurer qu'elles sont mures , il faut secouer les feuil- 
les, et celles qui tombent sont bonnes a semer. On les 
seme sur la terre ou sur les murs humides. Conime elles 
sonttres-fines, je les souffle contre la terre ou le mur ou 
elles s'attaclient. On m'a dit avoir vu lever des graines de 
fougeres prises dans un berbier age de dix ou douze ans* 

On peut multiplier de la maniere suivante les especes ci- 
apres^ les asplenium- rhj zopTijllmn Qi Jlabdlifoliinn , Ic 



( i46 ) 

voodwardia radicans. On couclie les feuilles a teiTC , ct 
par leur extremite elles emettent facileineut des bour- 

IK 

geons. C'est alors qu'on les separe de leur mere, Uhemio^ 
nitis palmala se multipUe par le meme moyen ; mais on 
pent deLicherles feuilles pour les tralter dans un endroit 
cpnvenable , tandis que les autres ne peuvent pas suppor- 
ter cette separation. II sort un bourgeon entre les deux 
lobes. 

+ ■ 

Je terminerai en repetant que la condition prlncipale 
pour Tentretien des fougeres est une liumidite continuelle. 

Neumann. 



NOUVEAUTES- 



EIGINOKIA. (Lin. didjnamie angiospermie. Bignonees^ 

Juss.) 



Caracthres gineriques. Calice court , a deux ou cinq 
divisions ; coroUe presque campanulee , a limbe evase , ine- 
gal, partage en cinq lobes arrondis; quatre etamlnes didy- 
names , avec une cinquieme sterile , ou seulement deux eta- 
mines avec trois filaniens steriles j stigmate divis^ en deux 
lames ; capsule allongee , sehiblable a une silique , a deux 

valves 5 a deux loges , contenant plusieurs graines apla- 
ties, membraneuses en leur bord. 



BiGNONE A GRANDEs FLEURS. (Bignonia grandiflorayTBVMB.y 
p. ^53. J5, Sinensis y Lamk., Encj-cL , vol. i, p, 4^3,) 
{F'oj-ez laplanche.) 



Arbre sarmenteux, ressemblant un peu, par son port, au 
B, radicans J Lm. j nials il en differe beaucoup par ses 



jeunes pousses qui sont plus grosses, et dont repidemic 
est brun, ainsi que par la forme de ses fleurs et de ses 
fruits. ' 

Feuilles oppos^es, ailees avec impaire, composees de 



un 



beau vert. Fleurs en aoiit, grandes, nonibreuses, dispo- 
sees a I'extreinite des rameaux en grappes paniculees , lon- 
gues de douze a quinze pouces. Les pedicelles des fleurs 



supeneures 



Q 



orange a I'interieur^ jaune citron en deliors , s'epanouissent 
chaque jour et se succedeht fort long-temps , en produisant 
un eftet admirable, 

Cc bel arbre , originaire de la Chine ou du Japon , a ete 
fort long-temps cultlve en pots dans les orangeries. C'est 
meme ainsi qu'on le voit encore cliez beaucoup d'amateurs, 
oil il montre une faible vegetation, et ne fleurit que rare- 
ment, faute d'alimens convenables. 

Depuis dix ans, j'en cultive un pied.?n pleine terre, qui 
n'a eprouve aucun accident des rigueurs des liiyers , et fait 
I'admiration de toutes les personnes qui frequentent le jar- 
din, J'ai remarque qu'il reussissait a toutes les expositions , 
mais qu'a mi-ombre sa vegetation etait plus vigoureuse et 
le coloris de ses fleurs plus brillant. Une terre meuble et 
legerement sablonneuse lui convient de preference. Quoi- 
que son developpement ne soit pas aussi considerable que 
celui du B. radicans, ilest tres-propre Acouvvlr Taspect des 
piurs et a decorer les tomielles et troncs d'arbres. auxquels 
les petites racines ou su^oirs des branches s'attachent a la 
fagon du llerre, ce qui lui permet de se soutenir contre 
tous les corps etrangers sans le secours d'un treillage. 

N'ayant pas encore donne de graines , on le mukiplie 
jusqu'alors de boutures , de marcottes et de racines. 

Lespremieresboutures se font au printemps avant que 



<ir 



/ 



( ^48) 



la vegetation soit en mouvement. On cLoisit de jeunes 
branches que Von coupe d'une longueur de six a liuit pou- 
ces, car les yeux sont assez eloignes les uns des autres , et 
on les plante dans des vases remplis de terre ineuLle le- 
gere , on de terre de bruyere pure , ou en pleine terre a 
I'onibre , en couvrant d'une cloche- Pour en hater la reprise, 
on les place sur couche tiede sous chassis ou cloches , sans 
les etoufFer. Lorsqu'elles ont fait assez de racines , on les 
plante une a une dans des pots proportionnes a leur vi- 
gueur, et que Ton replace sur la couche pour les enraciner 
davantage ; ensuite on les met en place en pleine terre. 

Les secondes boutures se fonten juin et juillet ; on prend 
les jeunes rameaux qui se sont developpes sur les tiges et 
qui sont fermes et bien aoutes , et on les pique dans un 
pot. Comme ils sont alors pourvus de feuilles, on a soin de 
couper chacune de celles-ci par la nioitle. On tient les pots 
sur couche tiede et meme a froid, en ayant soin d'ombrer 
et de priver d'air pendant quelques jours, au nioyen de 
cloches et chassis , jusqu'au moment ou la vegetation s'an- 
nonce. On donne alors de Fair graduellement jusqu'a ce 
qu'elles solent suffisamment enracinees. 

Lorsque Ton a des sujets assez forts , et que Ton pent sans 
inconvenient y couper des racines de la grosseur du petit 
doigt , on les coupe par tron^ons de six a huit pouces , et 
on les plante soit en rigole , en pleine terre , soit en pots , 
ou elles ne tardent pas a pousser des chevelus et bientot 
des tlges. 

Les marcottes se font par incision; on choisit de prefe- 
rence Textremite des jeunes branches plutot que le vieux 
bois, dont Tinterieur contient beaucoup de moelle et re- 



prend difficilement. 



difl' 



trop huniides ou argileux , on deposerait sur les racines une 

brouettee de terreau de bruyere ou de feuilles bien consoni- 



^ 



('49) 

mees, apres avoir rempli le trou de terre substantlelle ct 
legere. 



Pepix. 



FUMARIA. (L. diadelphie hexandrie. Papaif^rac^es , 

Jess.) 



Caracteres generiques. Calice de deux foliolcs , trcs- 
petites ; coroUe irreguliere comme papillonacee , forinee de 
quairepetales dontle superieur termine posterieurenient en 
eperon ; deux filamens portaut cliacun trois antheres ; un 
ovaire arrondi , surmonte d'un style termine par un stig- 
jnate en lete ; capsule a une loge monospernie , ne s'ou- 
vrant pas. 



FcMETERRE GRAciEusE. { Fumaria eximia.y Bot. reg. 5o. 

Dicljtra eximia^ Dec. Syst.) (/^. laplanche,) 



Cette tres-belle plante vivace ressemble par son port au 

fumariaformosa, Box. mag., inais en diflere par ses fleurs 

et ses organes sexuels. Tige cliaraue, ecailleuse, longue de 

trois a cinq pouces, poussant entre deux terres , garnie de 
petit^s racines fibreuses , se redressant d'un a deux pouces 
par l^extreniite Iiors de terre. Feuilles a petioles canalicu- 
les , longs de quatre a cinq pouces , se divisant a la parlie 
superieure en folioles bipinnees ou pinnatl fides , lisses, a 
polntes aigues. Tige flojrcde nue, haute de six a huit pouces, 
se ramifiant a la partie superieure en forme de grappe, avec 
rameaux composes de plusieurs pedlcelles fillformes , longs 



deux 



pe 



tres- 



pourpre , ovales , lanceol 



( i5o ) 

rextreinite un peu recourbee ^ et , a la base , un petit venlie- 
ment en forme d^eperon , court , un peu arrondi ; les deilt 
petales interieurs planes, moins colores, sans eperon et plus 
courts. Le fruit est una petite silique courte a deux valves 
polyspennes, graines noires etluisantes. 

Originaire de la Caroline , cette fumeterre nous est venue 
d'Angleterre en 1829, et faute d'etre connue, elle est en- 
core peu cultivee dans les jardins. Cependant elle n est 
pas delicate , et nierite d'etre recliercliee par I'elegance de 
son port et de ses fleurs qui se succedent fort long- temps. 

On la multiplie par la division des racines que Ton separe 
avant la floraison, c*est-a-dire eh avril ou niai au plus tard ; 
car, a cette epoque , elle commence a fleurir et continue 
jusqu'au mois d'octobre; on pent aussi la multiplier alors. 
La terre qui lui convient le mieux est plutot sablonneuse 
que forte. Deux parties de sable siliceux pour une partle 
de terre francbc ou normale sont un melange convenable. 
La terre de bruyere pure , ou melee d'un quart ou d*un 
tiers de terre normale, lui convient aussi parfaitement. La 
position demi-ombragee , ourombre meme , dolt etre pre- 
feree au soleil pour lui conserver long-temps son feuillage 
elegant et ses belles fleurs purpurines, 

Cette plante doit etre replantee k neuf tous les deux ans 
au moins ; car les tiges primitives se seclient ou se pourris- 
sent , et entiatneraieiit la perte du sujet- 

En separant les tiges, on les plantera en terre meuble et 
legere dans des pots que Ton placera a Tombre , pendant 
un mois, poUr en assurer la ieprise. On les distribuera 
ensuite sur les plates-bandes ou corbeilles qu'elles doivent 
omer, pour les planter en pleine terre. 

On multiplie aussi cette fumeterre de graines qu'elle 
donue assez abondamment. On les seme en pleine terre 
legere a demi-ombre , et de preference en pots ou terrines , 
^ froid, c'est-a-dire sans le secours des coucbes ni chalegt 



I 






( '50 

mrtificielle. On les repique en pleine terre ou prealablenient 
en pots , ou elks fleurissent la uienie annee. Pjepin. 



CALCEOLARIA. (Lin. diaiidrie monogjnie, Scrg-- 

pTiulaires , Juss.) 



C arac teres generiques. Calice monopliylle persistant, a 
quatre lobes egaux ; corolle a lobe ti es-court , a linibe par- 
tage en deuxlevres, dontla superleuie ties-petlte, et I'in- 
ferleure tres-grande ; renflee et concave en forme de sabot, 
ouverte dans la partie tournee vers Forifice du tube ; deux 
etamines a filamens fort courts, portant des antlieres re- 
courbees ; stigmate obtus ; capsule conique , s'ouvrant aii 
sommet en quatre valves. 



Calceolaire R0GUEUSE. Calceolanaritgosa , Fl.Pekux . ^ C. 
Integrifolia^ Linn. Wild, j C, Salvicefoliay Pers. {Voj. 
la j)lanc}ie .) 



Plante ligneuse de deux A trois pieds. Je Fai re^ue d^An- 

gleterre il y a deux ans sous le noni de calceolaria inlegri^ 

folia. Feuilles ovales-oblongues, lugueuses, de couleur do- 

ree en dessous dans leur jeunesse. Fleurs monopetales 

nombreuses, d'un beau jaune, rassemblees en corymbes. 

Get arbuste est de serre temperee , ou il faut le placer 
pres du jour. II fleurit presque toute I'annee, surtout si on 
a soin de couper successivement les fleurs aussitot qu'eiles 
sent passees, et de le changer de pots des que les raclnes 
enatteignentlesparois. Illui faut la terre de bruyere me- 
langee avec un tiers de bonne terre fianche. 

A la fin de mai , on pent placer cette plante en pleine 
terre et a mi-ombre ; elle y reussit assez bien- Elle a sou vent 



( l52 ) 

rinconvenient d'etre coiiverte de pucerons, surtout si on la 
laisse trop long-temps dans la meme terre. lis s'attaclieiit 
aux jeunes raineaux et sur le dessous des feuilles, ce qui 
fait qu'elles sont presque toujoursroulees, et rarement ou- 
■vertes et frakhes, et ce qui cause rafFaiblissement de la 
plante. On remedie, autant que possible, a cet inconvenient 
par des renipolages frequens , et en soumettant les pieds qni 
en sont attaques a une forte fumigation de tabac briile. 
Pour cela, on les place sous un chassis ferme hermetique- 
ment pendant le temps necessaire , et couvert d'un paillas- 
son pour intercepter les rayons du soleil durant cette ope- 
ration, 

. Les jeunes individus sont toujours plus beaux que les 
"vieux pieds, c'est pourquoi j'engage a les renouveler sou- 
vent. 

Cette calceolaire se multiplie debentures faites sous clo- 
ches et sur couche cliaude. Elle se multiplie aussi par le 
semis de ses grsunes, mais Je n'ai pu leussir encore a en ob- 
tenir qui aient leve. Jacquin aine. 



MELANGES. 



CcLTURE ET DESCRIPTION des plautcs aquaiiqucs ilranghres 
a introduire dans les jardins ^ et des plus belles especes 
indigenes propres a ta decoration des eaux. 



En general, le gout des plantes d^omement de pleine 



Cependant 



pen 



de ce nom ou il n'y ait pas un bassin , une piece d'eau , 



une nviere. 
Le 



■ ( i53 ) 

rcr ces eaux appartlent presque exclusivement aux plantes 
aquatiques indigenes , et leur clioix n'est pas des plus heu- 
reux ; car ce sont surtout les niassettes a feuilles larges et 
etroites ( fj'pJia latifolia et angustifolia ), vulgalrement 
roseaux, I'iris jaune des marais ( iris acorns )j quelques 
joncs (scirpiis)j qui ne dounent qu'une faible vegetation 
de feuilles, et larement des fleurs. Cepcndant il est parnii 
les especes qui appartiennent a notre sol des plantes re- 

marquables par leurs proprietes et la beaute de leurs fleurs 
et qu'on ne multiplie pas assez. Je me propose de les citer 

dans cet article. 

Mais il est, parini les plantes exotlques, beaucoup d'cs- 
peces qui ne pcuveut croitre et fleurir que daus Teau k uue 
profondeur plus ou moins grande, et qui se recommandent 
par Todeur, la beaute, ou la singularite de formes de leurs 
fleurs. II serait a deslrer qu'on les multipliat dans les jar- 
dins ou elles peuvent etre cu.ltivees sans plus de soins que 
les autres. Je crois done bien faire d'en donuer ici la no- 
menclature ainsi que les moyens de multiplication. 

Parmi les plantes aquatiques, tant indigenes qu'etran- 
geres, il en est qu'il faut planter k une ti-es-grande profon- 
deur dans Veau, et dont les feuilles viennent flotter a la 
surface ou les fleurs se developpent. II suffit qu'il y ait assez 
de vase au fond de Feau pour qu'elles puisscnt se nourrir ; 
mais s'il existe uu courant, on court le risque de les voir 
entrainer, ou meme renverser par le vent. Dans ce cas , il 
faut etablir au milieu des pieces d'eau ou rivieres des grottes 
ou rochers en forme de conque dans lesquels on dispose 
les plantes. Dans les bassins, on se contente d etablir une 
caisse en bois de bateau a laquclle on donne les dimen- 
sions convenables, et ou Ton cultive les plaates, qin forment 



corbeille 



plaui 



* planter sur les bords ou les racines ne se trouvent submer* 



^ 



C 1 54 } 

gees que de quelques pouces ne sont pas cxposees a etre ' 
deracinees et entralnees. 

La terre qui convient aux plantes aquatiques ne doit etre 
iii ti'op forte, ni trop sablonneuse. Le melange qui reussit 
le mieux se compose de moitie terre franche et moitie 
sable fin : si Ton pouvait sc procurer des vases d'etangs et 
de fosses , on pourrait , lorsqu'elles seraient suflfisamment 
decomposees et ameublies, les faire entrer pour un tiers 
dans ce melange. II suffit ensuite, pour obtenir une belle 
vegetation , que les plantes soient cultivees dans une masse 
de terre d'une longueur indeterminee, mais dont la profon- 
, deur soit de dix a dix-huit pouces. On pent aussi les culti- 
ver en pots pour pouvoir les transporter dans toutes les sai- 
sons de Tannee partout ou on voudrait les deposer. II faut; 
que ces pots soient places dans TeaU de fafon a ce cju elle 
couyreleur superficie. 



Plantes aquatiques qui croissent dans Veau a une pro- 

fondeur de trois a six pieds. 



Nenuphar blanc. Njmphcea albayhiis. Tres-belle plante 
indigene. Feuilles arrondies en coeur; fleurs blanches gran- 
des et nombreuses , qui viennent se developper a la surface 
de Teau depuis mai jusqu'en septembre ; tiges de la gros- 
seur du bras et arrondies. Cettc plante convient aux eaux 
stagnantes, car, dans les eaux courantes, elle court le ris- 



une 



terre pour se developper , et elle croit a une grande profon- 
deur comme sous tres-peu d'eau ; il suffit settlement que 
les racines soient tou jours submergees, Elle se multiplie 
par des tronjons de tiges que Ton plante au fond de Teau , 



un 



terrain Immide , ou dans un pot place dans Teau. C'est une 






( iS5) 

des plus belles plantes indigenes au sol de la France. 
Nenuphah odorant, Njrmpheea odorata, Hort. Kew. , 
de I'Amerique septentrionale OC . Introduite en France de- 
puis peu d'aunees, cette jolie espece n'est pas plus delicate 
que la precedente ; ses feuilles et ses fleurs sont plus pctites, 
les petales plus etroits; mais ces dernieres exlialent uiie 

^^^^L ^^^H v__^L ^L ^^1 ^H ^H ^H ^L ^^^1 



dans 



iV. 



car 



Aponogeton a deux epis, Aponogeton Distachjon^l^m,^ 
du cap de Bonne-Esperance % . Feuilles entieres cylindii- 
ques , longues de deux a Imit pouces , d'un vert clair ; fleurs 
distiques en forme de niaclioire de poisson ; la partie exte- 
rieure lavee de vert; Imterieure blanche , maculee de nom- 
breux petits points noirs. Cette plaute , remarquable par la 
fonne singuliere de ses fleurs, ne Test pas moinsparlodeur 
de fleur d'orange qu'elles exbalent. 

EUe etait depuis long-temps cultivee en serre cliaude 
dans des pots places dans de petits bassins. Mais cette tem- 
perature ne paraissait pas lui convenir, ou bien elle ne vi- 
Tait pas dans une eau assez profonde , 
ques elle a disparu de nos jardins. 

Je I'ai cultivee pendant deux ans dans un bassin de 
douze pieds de large sur quatre de profondeur, depuis le 
mois de mai jusqu'au mois d'octobre ; ensuite je la rentrais 
en serre dans rapprehension de la gelee. Elle avait, dans 
ce bassin , ses racines constamment couvertes de deux a dix 
poucie^ d'eau; aussi sa vegetation ^tait double de celle 
qu'elle moatrait dans la serre j et elle etait en fleurs tout 

Lorsqu'elle fut multipliee , ^essayai de laisser uu pied 
expose a la rigueur de Fhiver. Pour cela je le f longeai au 
mois d'octobre dans une eau profonde de quatre pieds , de 
fafon que les fortes gelees ne le surprircnt pas avec dix 
pouces d'eau seulemeut sur les raciues. Au printernps sui- 






( i56 ) 

vant, des fcuilles vinrent se developper a la surface de 
Feau ; elles acquirent une dimension cinq ou six fois plus 
grande que cliez les individus cultives en serre ; il en fut de 
nienie des fleurs. 

Depuis cinq ans je cultlve cette plante avec succes de 
cette maniere , et cliaque annee elle donne des gralnesqu^il 
faut semer aussitot la maturite dans des pots plains de terre 
de bruyere , ou de sable mele d'un quart de terre franche. 
On tient les pots dans des vases remplis d'eau sous cliassis y 
ou en orangerie , car je ne pretends pas que cette plante soit 
acclimatee. II est probable que si la gelee Tatteignait , elle 
n'y resisteralt pas. On la multiplie aussi par eclats du pied- 
C*^st au printemps ou en septembre qu'il faut faire cette 
demiere operation ; car la vegetation etant suspendue pen- 
dant riiiver, on coun^ait le risque de la perdre. Du reste, 
elle est tres-rustique , et ne demande pas d'autres cultures 
que les precedentes. 

ViLLARSlE A FEUILLES DE NENUPHAR, faUX nCDUpliar, vU' 

larsia njmphoides , Vent. , menianilies njmplio'ides , LiN. 
Plante indigene ressemblant au nenuphar par ses feuilles , 
qui viennent flotter a la surface de Feau ; elles sont larges 
d'un a deux pouces. Fleurs petites, jaunes, frangees ou ci- 
liees sur les bords, portees sur un court pedoncule, et reu- 
nies en forme d'ombelle. 

Cette plante , tres-conimune dans le nord de la France , 
ou elle croit dans les etangs et les fosse's qui conservent Teau 
toute Tannee , peut etre cultivee dans les petites rivieres. On 
la multiplie par tron9ons de tiges d'ou sortent de longues 



precedentes - 



M 



LOTTANTE 



Plante indigene , dont les tiges se developpent a une assez 
grande profondeur dans I'eau , avant de paraltre a la surface. 
II se trouve sur la tige quelques feuilles capillaires. L'extre- 



» 






( i57 ) 

luite de la tige arrivee a la superficie developpe une belle 
rosace de feuilles triangulalres , dentees et portees sur de 
longs petioles. Ses fleuis sent petites, verdatres; ses fruits 
noirs , munis de (juatre cornes pointues , remplis d'une 
pulpe blanche farineuse, bonne a manger. Cette plante, 
assez commune dans plusieurs departemens de la France , 
est aLmentaire et se vend meme sur les marches, mais on ne 
la connait pas dans les jardins ; cependant on la volt depuis 
plusieurs annees dans un des bassins de Versailles. 

La singularlte de forme qu*ofFre son fruit et sa proprlete 
nutritive doi vent engager a la cultiver. EUe se plait dans les 
rivieres ou bassins, pourvu qu'il y ait de la profondeur. 11 
suflit qu'il y ait de la vase dans le fond , et en y jetant les 
gralnes elles y levent facilement, et s'y acclimatent en peu 
d'annees. 



Plantes aquatiques dont les tiges etjleurs sont tout-a-fait 
hors de Veau , et dont les racines seules dowent etre cou- 
vertes dun a six pouces d'eait. 



CallaouArum d'Ethiopie. Calla j4Ethiopica ,'Li'S. Cette 
charmante aroide, recherchee par beaucoup d amateurs, 
ne fleurit que peu de temps dans rorangerle. Tiges de trois 
a quatre pieds ; feuilles a longs petioles canalicules , grandes, 
saglttees, d'un tres-beauvert. Fleurs solitaires d'un blanc pur, 
ayant la forme d'un cornet, larges de quatre a six pouces et 

d'une odeurfort agreable. 

Cette plante exige beaucoup d'eau au moment de sa ve- 
getation 3 et surtout lorsqu'elle developpe ses belles fleurs, 
II y a quatre ans, j'en plantai un pied, au mois d'avril, 
dans un encaissement qui se trouve dans un bassin, et il 
donna des fleurs pendant plusieurs mois avec une vegeta- 
tion des plus vigoureuses. Je desirai savoir s'il resisterait a 



( i58 ) 

hos 111 vers, et ]e le laissai daus Teau, qui couvrait ses ra- 
tines de trois a quatie pouces. XJii autre pled fut plonge 
dans le fond du bassin, qui a quatre pieds de profondeur. La 
gelee atteignit les i acines du premier, qui perlt , tandls que 
le second ne soufFrlt aucunement du froid. 

Depuis cette epoque , j'ai pris le soln de tenir cette plante 
au fond du bassin , depuis le mois de decenibre jusqu'a la fin 
des grands frolds. Je la replante ordiiiairement pendant les 
dernlers jours de mars ou les premiers d'avril. Je la tiens en 
pots que j'enterre dans Tencaissement , jusqu'au niveau du 
sol. Les racines sortent dessus et dessous pour prendre de la 
nourriture , mals je retire ainsi les pieds plus facilement que 

s'ils etalent en pleine terre. 

Cette plante, dont la vegetation est tres-vigoureuse , pro- 
duit vui effet charmant au milieu de Veau , tant par ses fleurs 
que par ses longuesfeuillesbastees. On la multiplie en mars 
ou en septembre , par les eclats de son pied, que Ton plante 
en pots. On pent lul faire passer riiiver dans une fosse 
eomme les Dahlia ou Carina^ oubien en orangerie. La terre 
qui convleut aux precedentes est aussi celle qu'elle prefere* 
11 suffit que ses racines pendant Tete soient couvertes d'eau 
d'un ponce a six. Elle ferait un eflFet diarmant sur le bord 
des lacs et rivieres , ou son pied serait constamment arrose 
parleur eau, Daus les serres cliaudes ou orangeries , qui con- 
tiennent des grottes , rocbers et cascades , on pent y re^erver 
des cuvettes qui se remplissent d'eau , et dans lesquelles on 
plante des individus de cette espece, 

Calla d'Ethiopie, var. petite, Calla jlEthiopicay var. 
minor. Yariete de Tespece precedente , mais qui donne uu 
bien plus grand nombie de fleurs. Seulement elle est d'une 
dimension plus petite dans toutes ses parties. Elle se cultive, 
se multiplie et se conserve Vhiver de la meme maniere que 
son 



type 



Galea des mar k\% , Calla palustris^ Lm. 1^ . Plante iadi- 



( «% ) 

gene et assez commune dans le nord de la France. Ses tiges 
sont de moyenne gross^ur , couchees et rampantes ; les 
feullles petiolees et cordiformes, et terminees par mie pointe 



courte 



blanc 



pur en dedans, en forme de petit comet, longues d'un a deux 
pouces, altemees avec les feuilles. Cette plante ofFre un peu 
moins d'attrait que les deux autres de ce genre , par la gran- 
deur et la couleur moins brillante de ses fleurs , mais sou port 
est agreable. Elle croJt tres-bien surle bord des rivieres dont 



Ma 



pas 



d'eau pendant sa vegetation; en d'autres temps il peut 
y en avoir six pieds sans inconvenient. Multiplication par 
tronfons des tiges dans la terre et Teau- Meme terre que ses 
congeneres. 

SoucuET A PAPIER ou PAPYRUS, Cypcnis papjTuSj Lin. ^, 
Cette plante , orlginaire d'Egypte, croit aussi en Slcile et en 
Amerique. Ses tiges s'elevent a huit ou dix pieds et sont ter- 
minees par une espece d'ombelle extrememeut elegante de 
feuHles jonciformes tres-menues ; a la partie superieure de 
cette ombelle se developpe le plus souvei;it une petite pani- 
culede fleurs ressemblanta unegraminee. Celles-ci font peu 
d efFet, mais le port majestueux de la plante la recommande 
suffisamment. C'est I'ecorce preparee de ce vegetal qLi ser- 



papier 



dans 



dans 



de mai, soitenpleine terre, soit en pots, en ayant toujours 
le soin d'enfoncer ceux-ci dans la terre ou dans la vase, pour 
que leurs racines , qui sortent du fond du pot ou se deve- 
loppent a la superficie , puissent trouver des alimens pour 
nourrir les nombreuses tiges qui se developpent pendant 
Fete. Lorsqu'au mois d'octobre on retire cette plaute de 



\ 



( 160 ) 

Teau , on opere la separation des pieds , que Ton plante em 
terre de bruyere la moins sablonneuse possible , et que Ton 
tient en serre cliaude ou sous chassis chaud pour en assurer la 
reprise, Au mois demai suivant, on replante ces jeunes pieds, 
qui le plus souvent n'ont qu'une ou deux tiges ; tandis qu'en 
octobre ils forment chacun un massif semblable a une petite 
le , par la grande quantite de branches et de racines qui se 
sont developpees. C'est au mois d'aout et de septembre que 
ce developpement est le plus considerable ; et cela ne doit 



1 



lante 



leur et dliumidit^. 

J'ai plusieurs fois tente de lui faire passer I'hiver sous 
Feau, a une profondeur de quatre ou cinq pieds ^ mais je 
nai reussi qu'une seule fois, en 1825, annee ou il ny a 
point eu de froid. Dans toutes les autres experiences, j'ai 
retrouve les racines pourries et decomposees. Je crois ce- 
pendant que dans le midi de la France , ce moyen de con- 
servation pourrait etre couronne de succes. 

Lorsque Ton yeut employer le papyrus pour la decora- 
tion des eaux, on en forme des massifs de deux ou trois 
pieds que Ion espace convenablement , et dont on garnit le 
bord des rivieres et des lacs , ou qu'on place au milieu des 
pieces d'eaux et bassius. Par la hauteur de ses tiges, il do- 
mine les autres plantes dont on Tentoure. Pendant la belle 
saison , il ne faut pas que les racines soient couvertes de plus 
de deux a six pouces d'eau. 

Les pieds que Ton cultive en pots exigent une teire tour- 
beuse, a laquelle on mele un pen de sable fin, ou de la 
terre de bruyere la moins sablonneuse possible. O^ tientles 
pots en serre chaude, dans des petits bassins, baches ou 
terrines qui tiennent Teau , ou en pleine terife dans un 
coin de la serre avec arrosemens frequens. 

BuTOME ou OMBELLE OU jouc fleuri. ButoiTius umbellatus, 

*^trT, Clette nlantP . frnninnf^ infi;*v2>nrfi n-io^U^ A^ *.<^..,-or 



\ 



/ 



( i6i ) 

place dans la culture des plaiites aquatlques. Ses tiges sotit 
droites , nues , hautes dc deux a trois pieds , terininecs par 
une ombelle de quinze a vingt fleurs roses poi tees sur des 
pedoncules longs de deux a quatre pouces. hes fcuilles scat 
radicales, longues, etroites, droites et triangulalres a la base. 
Elle fleurit de juin en aout et produit un bel effet. EUe croit 
particuliereinent sur le bord des eaux courafttes ; cependant 
je la cultive depuis plusleurs anuees dans un bassln ou elle 
fleurit abondamment chaque annee. On la multiplie par 
Feclat des pieds'et de graines sendees, aussitotla niaturite^ 
dans du sable argileux, 

■ J 

Sagittaire de la Chixe. Sagitlaria sinensis. Box. mag. 
Cette plantej oviginalre de la Clune, est encore peu niulti- 
pliee dans les jardins, niais se naturalise parfaitenient dans 
nos bassins. Ses tiges sont nues , hautes de deux a trois pieds, 



terminees par des fleurs reunies en plusieurs petits vertl- 
cilles, grandesj d*un blanc rose, crispees sur les bords. 
Feuilles lanceolees ou en fer de lance , droites, tres-glabres, 
engaiuant la tige , bautes d'un a deux pieds , a nervures 
tres-saillantes. Elle fait un bel efFet sur le bord des eaux. 



aux 



du vent. 

Comme cette espece prcnd beaiicoup de developpement, 
les personnesqui la cultlventen pots sans etre plonges dans 
I'eau , ne la voient fleurir que tres-rarement; niais dans les 
bassins ou rivieres, elle fleurit de juin en aout, et son port 
est magnifique. Cependant, comme elle ne vegete que tres- 
peu en hiver , on peut la conserver au fond de Teau pen- 
dant les fortes gelees, et la retirer aussitot apres qu'elles 
sontpassees. Ce nioyea convient dans le nord, car depuis 
cinq ou six ans elle passe assez bien Thiver en tenant le pied 
couvert de six a buit pouces d*eau- En ete, elle ne parait 



N* XI. 



elopper lorsqu 



( .62 ) . 

six pouces au-dessus ties racines. Elle parait aimer le Lord 
des eaux comine le s, sagitt<vfolia , qui se rencontre surles 
rives de la Seine en grande quantite. Elle fait un bel effet 
pour la decoration des rivieres anglaises , mais elle reussit 
aussi dans les pieces d'eau et bassins. 

La terre de bruyere tourbeuse lui couvient mieux que 
toute autre. On la nrultiplie par Teclat des pleds en mai et 
fin de septembie. On pent encore en cultiver quelques pieds 
en Dots dans rorannerie et dans Teau. 



PONTEDERIE A FEUTLLES EN COECR. Poutederia COrdatO^ LliV. 

Tres-belle plante vivace , orlginaire de la Virginle- Tiges et 
feuilles s'elevant a deux et quatre pieds ; les dernieres en 
coeur , d'un vert fonce , un peu ovales , echancrees a la base, 
portees sur de longs petioles , engainantes et creuses; fleurs 
se developpant dans une spathe , d'un beau bleu , disposees 
en epi droit et serre de quatre a cinq pouces de long. Elle 
fleurit depuis mai jusqu'au mois de septcmbre. 

Quoique originaire de la Virginie, cette plante est tres- 
rustique; il lui suffit, pour ne pas geler en liiver, d'etre 
couverte de quelques pouces d'eau. On pent la planter en 
massifs ou sur le bord des petites rivieres , en lalternant 
avec la sagittaire de la Chine , les calla ^ peronia ^ etc. , ou 
toutes elles fornient dans I'eau des especes de coibeilles 
semblables a celles qui decorent nos plates-bandes. 

On la multiplie par I'eclat du pied, ce que Ton doit faire 
en avril et octobre, avant ou apres son developpement. Si 

on le faisait pendant sa vegetation, on courrait le risque dc 
ne point obtenir de fleurs, et quelquefois de faire perir le 
pled. On pent aussi la multiplier de gralnes , que Ton seme 



en pots aussitot la maturite, en placant ceux-ci dans un vase 
qui tienne I'eau , et les rentrant en orangerie la premiere 
annee. 

J'airemarque que sa vegetation etait plus brillante lors^ 



(163)*. 

qu'on niettait au pied un peu de terre do bmyere, et que sa 
floraison etait plus belle et plus aboudaute. On peut aussi en 
cultiver quelquespieds en orangerie, en tenant les pots dans 
des vases pleins d'eau. II suffit, dans nosbassins ou pieces 



d'eau , que ses racines soient couvertes en liiver de six a huit 



pouces d'eau ; et en ete , depuis un pouce jusqu a six. 

Peronte blanchatre. Peronia stricta. Red. Som Thalia 
dealbata. Box. mag. Cette belle plante vivace, originaire de la 
Caroline , a un port tres-elegant par son joli feuillage et 
seslongues tiges d'ou se developpent, a la partie superieure, 
des fleurs d'un rose vlolace , doiit les divisions inferieures et 



la spatbe qui les enveloppait sont couvertes d'une poussiere 
glauque,blanchatre, avec des nuances violacees. Cette plante 
ressemble beaucoup aux canna par ses feuilles , qui cepen- 
dant sont plus longuementpetiolees. Elles sontengainantes; 
petioles longs de deux a trois pieds , terniines par une 
feuille ovale en cceur , pointue , liseree de rouge violet, 
avec un large point de meme couleur a la naissance de la 
feuille. Les tiges quise developpent au centre sont longues 
de trois a quatre pieds , tevniinees par un epi de fleurs d'un 
rouge violace. Chaque fleur estlongue d\in pouce. 

Elle a ete long-temps cultivee en serre cLaude dans des 
pots places dans un bassin ou baquet constaniment tenu 
plein ; et quoiqu'elle se trouvat dans une temperature plus 
cbaude et plus egale qu*en plein air , elle ne fleurissait que 
tres-rarement ; cela dependait seulenient de ce que la plante 
ne trouvait pas assez de nourriture , car sa vegetation est 
tres-rapide , et ses noinbreuses racines ont bientot epuise le 
peu de terre contenue dans le vase , et ensuite elle ne irouve 
pas assez d'aliniens pour la faure fleurir. 

Plus tard, on essaya de la naturaliser en en plantant 
quelques pieds dans ^e& pieces d'eau pendant Tete, ou le 
developpement des tiges etait trois fois plus considerable 



I 



■( 164 ) 

que pour celle cultlvee en pots et ou la flovaison eut lieu pen- 
dant cette saison. Onessaya ensuite do la laisser passer I'hiver 
et on reussit tres-bien. Depuis cinq ans, on la cultive de cette 
maniere ; il suffit que pendant I'hiver ses racines soient cou- 
Yertes dehult a dix pouces d^eau. Les fleurs se developpent 
en juillet etaout. Elle n'a pas encore porte de graines,de sorte 
que Ton ne la multiplie que par eclat du pied. Elle ne com- 
mence a pousser qu'en mai , epoque ou on la multiplie , ou 
mieux en septembre^ apres la floraison. Meme terre que les 
precedentes- 

Menyanthe TREFLE d'eau. Menjaiitlies tnfoUata ^ Lin. 
Plante vivace et indigene qui merite d'etre cultivee a cause 
de la forine siuguliere de son feuillage qui a la forme du 
trefle^ et par ses jolis epis de fleurs. Sa tige est simple , ram- 
pant sur Teau , et tcrniinee par un joli epi de fleurs pedon- 
culees qui naissent chacune dans Taisselle d'une feuille ; 
elles sont d'un blanc rose , a llmbe vein. Feuilles radicales , 

droites , porlees sur de longs petioles et composees de trols 
folioles glabres. 

D'apres son port , il convient de la placer sur les bords 
des massifs de plantes aquatiques, a cause de ses tiges ram- 
pantes qui seraient etouffees par les autres si on la plantait 
au milieu, ce qui rempeclierait de fleurir. 

Multiplication par tronfons de ses tiges; meme terre que 
les precedens. 

r 

Saurore A FLEURS iNCLiNEEs , Saururus cernuiis y Lin- 

r 

Plante vivace de rAmeriqiie septentrionale. Tiges liautes 
de deux ou trois pieds , terminees par un epi de fleurs jau- 
nes , serrees , long de trois a quatre pouces , recourbe ; feuil- 
les en cceur ovales> a petiole court engamant. 

Cette plante, assez curieuse par la disposition de ses 
fleurs, sans cependant etre brillante, n'est nuUenient deli- 
■catc. On pent la cultiver surle bord des rivieres, en I'alter- 



I 






A 



( i65 ) 

hant avec d'autres a fleurs plus grandes ou plus eclatantes. 
Elle nierite encore Vattention des amateurs par ses longs 



un 



pas a etre planlee trop profondeaient dans Teau. II suffit , 
pour assurer sa belle vegetation , qu'il y ait sur ses racines 
un a trois pouces d'eau. Terre des precedens, 

II existe encore quelques especes aquatlques indigenes 
que Ton pourratt cultiver pour rornenient, ou a cause de 
leur emploi dans Tecononiie domestique ou le.s prepara- 
tions pharmaceutiques ; mals clles sont suffisaniment con- 
nues. J'ai cru devoir ine borneraparkr de celles qui sont 
rares ou peu cultivees , et se reconimandent cependant par 
Taspect pittoresque qu'elles ofFrent lorsqu'elles sont placees 
convenablement. J'ai cru aussi ne pas devoir indiquer les 
especes qui ne peuvent etre cultivees qu'en serre cLaude. 



Pepin. 



NOUVEAUTfiS. 



MIMULtJS. Lm. , Willd. , Persoon. , etc. Didynamie 

angiospermie y Lm. Scrophulariees , Joss. 

Caracteres geniriques. Calice prismatique, a cinq dents; 
corolle k deux levres, la superieure bifide et reflecLie^ 
I'inferieure trifide avec un palais eleve ; quatre etamines 
didynames a antlieres renifornies ; ua style ; stigmate 
bifide ; capsule ovale a deux loges, contenant beaucoup de 
semences fines. 



MiMCLE DES RIVAGES A BELLES FLEUKS^ mimulus rwulan's 

var. : speciosusj Hortcl. ( Yoycz la planclie. ) 

Depuis quelques annees on cultive plusieurs especes 
nouvelles de ce genre , dans lequelil s'en trouve ayant de 



^ 



( ,66 ; 

jolies fleurs , et ornant bien les lleux ou on les eniploie 
pour decorer les jardlns ou les series. La variete objet de 
cet article a ete obtenue de semis, par M. Gondouin , jardl- 
nier en chef au fleuriste de Saint -Cloud, et c'est k son 
obligeance que nous la devons. 

Racines fibreuses, feyiUes opposees, ovales, pointues, 

dentees, glabres , d'un beau vert , souvent tachees de pour- 

pre bruu en-dessous. Tiges droites , glabres , arrondles, 

sunples , hautes de six a douze pouces ; fleurs solitaires, 

opposees, dans cliacune des aisselles des feuilles caulinaires, 

portees sur des pedoncules de douze a dix-huit lignes de 

long; calice k cinq angles , a cinq dents peu profondes ; 

corolle tubulee, limbe grand a cinq divisions arrondles, 

d'un beau jaune ainsi que le tube qui est , dans I'interieur, 

ponctue de pourpre. Chacune des divisions du limbe est 

marquee d'une tache plus ou molns grande du ineme 

pourpre briUaut et veloute ; quelquefois les taches s'obli- 

terent etla seule division inferieure est niaculee. 

Les fleurs de cette plante varlent beaucoup , meme sur 
la meme lige ; niais lorsque les cinq divisions sont bien 
maculees elles sont channantes. La multiplication s'opere 
par la separation du pied ou par le semis qui produit sou- 
vent des varietes , ofFrant plusieurs combinalsons dans la 
grandeur ou la place des macules pourpres ; elle est, du 
reste, peu vivace et a besoin d'etre rajeunle tous les ans. 

Jacques. 

I 

TROPOELUM. Lin., Lam., Peks., etc. Octandrie mono- 
gjnie, Lin. Tropoeolees,lm&. mem. du museum; Gera- 
mecs, Desf. Cat. 



Caracthres 



^aracttres gentriques. CaUce i cinq divisions profondes, 
color^es et eperonnees a la base ; corolle irreguliere k cinq 
petales mseres sur le calice, et alternes avec ses divisions. 



\ 



/ 



( '67 ) 

deux superieurs sessilevS, tiois inferieurs ayant chacun un 
onglet obtus et cUie. Huit etamines a filets libres plus 
courts que les petales ; antheres terminales , oblongues , 
droites, biloculaires , portees surle disque qui entoure To- 
vaiie. Ovaire trigone, style cylindrique de la longueur des 
etamines ; fruit forme de trois carpelles presque reniformes , 
fongueuses, attacliees a la base du style persistant- Em- 
bryon grand, depourvu de perisperme ; cotyledons aplatis 
a deux dents au somniet, radicule superieure. 



4 



Capdcine"'mordoree5 tropceolummajus J var. : alropurjjureum 

Nob. ( Voyez la planche. ) 

V t 

Toutle mondeconnait la capucine ordinaire ; je ne don- 
nerai doncpas de description particullere de relle-ci , qui 
n'en differe que par la couleur de ses fleurs qui sont d'un 
pourpre brun magnifique. 

En 1 83 1 , je trouvai cette belle plante cultivee dansTeta- 
blissement de madame veuve Desfosse Courtin a Orleans. 
Cette dame voulut bien m'en reniettre un pied et quelques 
boutures. Dejaen i83oM.Vibert,cultivateuret amateur de 
roses a Saint-Denis , I'avait obteuue da memeetablissement 
qui en avait egalement envoye des graines a MM. Vibnorin 
et Jacquin. Madame Desfosse Courtin la possede depuis 
1829; elle eu avait eu des graines chez M. Picard, receveur 
dans le Bourbonais, des le mois de septembre 1828, et ce 
monsieur les avait rejues precedemmeiit d'un jardinier du 
chateau de Praslin pres Melun. II resulteclairement de ces 
faits que le nom de capucine d"Jlger que quelques per- 
sonnes lui ont donne ne peut pas lulconvenir, car cette 



avant 



regence . 

Cette canurine est actuellement 



environs, ou elle est rechercliee par les amateurs. On la mul- 



( '68 ) 

tiplie facilement de boutures que I'on fait d'avril en sep- 
tembre et memo plus tard. On leur fait passer I'hiyer sous 
chassis ou en serre temperee bien aeree , et au mois de 
mai suivant on peut les llvrer a la pleine terra ou elles 
produisent tout leur effet. On peut encore la multiplier de 
graines , ce qui est beaucoup plus simple ; mais alors il 
est toujours quelques individus qui retournent au type et 
ne produisent que la capucine ordinaire. Jacques. 

ACACIA. WiLLD. Monadelphie-poljandr'e , Lm. Legumi- 

neuses, Jess. 

Caracleres giniriques. Calice turbine, k cinq dents; 
corolle infundibuliforme ^ cinq divisions ; quatre k cent 

etamines distinctes, rarement rcuuie-i, quelquefolssteriles; 
legume bivalve. 



AcACiE A GRANDEs FLEURs , acacia graiidijlora , Willd. 
Mimosa srandiflora, Andr. ( Yoyezla planclie. ) 

Ce joli arbrisseau est originaire de I'lnde ; ses tiges sent 
sans epines, un pen flexibles etbautes de 4 a 6 pieds ; feuilles 
composees, sans inipaire, bipinuees et multijouguees , i 
pinules distinctes au nombre de 20 a 25, portant chacune 
un grand nombre de folioles oblongueset d'un vertglauque. 
Petioles veins , longs de 8 ii 9 pouces. Lorsque Mumiere 
du jour est pure , toutes les folioles s'etalent et donnent 
alors k la feuiUe entiere une dimension de 9 a i o pouces de 
longueur sur 5 ou 6 de largeur. 

Fleurs terminales enpanicule recourbee avant Tepanouis- 
sement, se developpant ensuite et s'allongeant en forme 
d'aigrette. Ce qui alors parait etre la fleur est le faisceau 
des etamines longues de 2 a 3 pouces , d'un pourpre fonce , 
ttdont chacune est terminpp T^ar^^Til^r^,^t\tt.rr^',^aa ^r.^\A^•,^,^ 






■ 



( '69 ) 

jaunatre , ce qui donne a la fleur une grande elegance. 
EUe neurit d aout en septembre ; les luemes panicules 
donnent des fleurs un mois entier, 

Je cultive cette plante depuis 1829 en serre chaude , et 
ce n'est guere que depuis deux aiis que je suls parvenu k 
connaitre la culture qui lui convient le mieux. 

Au priutemps , lorsque la plante commence a vegeter, je 
couj)e ses tiges a cinq ou six pouces au-dessus du pot ; je la 
depote et je secoue entierement la terre , pour lui en don- 
ner d'autre composee seulement de terre de bruyere avec 
un quart de terreau de fumier. Je ne la meta point en 
tannee, parce qu'elle est facilement attaquee par les insectes 
quisemblent la recliercLer de preference. A u surplus, elle 
fleurit tres-bien sur une tablette ou partout ailleurs, dans 
la serre, pourru qu'elle jouisse de beaucoup de lumiere. 

Sur un des pieds que nous possedons , il s etait forme 
des gralnes , mals elles sont tonibees avant leur maturite. 

On la multiplie facilement de boulures faltes avec ses 

L 



jetmes 



Cette plante est d'une grande elegance , et merite non- 
seulement Tattention des amateurs , niais encore celle des 

/I • _ ■ ^ 



un 



travaux, Neumann. 



Observations sur les racines des vegelaux* 



5 



Les racines sont les parties inferieures d un A'egetal qui 
crolssent dans un sens oppose a la tige , et qui recLerclient 
constainment I'obscurlte et Vhumidite. Le nom de iige 
descendanie leur a aussi ete applique- 
La racine naissante s'appelle radfcule ; c'est la partle qui 
se developpe ordinairement la premiere quand la graine 

germe, et<jui croitle plus en lougueur dansle commence- 
ment. 



^ 

V 



( lyo ) 

Toutes les racines sont composees comme la tige de la 
plante a laquelle elles appartiennent et dont en general 
elles sont la continuation. 

On distingue dans la racine le collet qui est le point de 
jonction avec la tige , le corps qui occupe le centre , et la 
radicule qui la termine. Ces deux dernieres parties sont 
plus oil moins garnies de petites fibres que Ton nomme 
chevelu. Elles ne sont pas, ainsi qu'on Ta cru d'abordy et 
qu'on le pietendait egalement pour la radicule, termlnees 
par des sujoirs ou petites bouches, propres a Fabsorption 
des fluides nourriciers ; mais leurs extremites sont essentiel- 
lement spongieuses, ce qui leur permet de remplir efFective- 
inent cette fonction , et ce qui leur a valu la denomination 
de spongioles. 

La duree des racines n'est pas toujours la meme cjue celle 
des vegetaux auxquels elles appartiennent. II en est d'an- 
nuelles , de bisannuelles et de vivaces ; les premieres naissent 
et perissent dans la meme annee ; les secondes vivent deux 

ans; les dernieres subsistent plus ou moins long-temps 



selon que les vegetaux qui les ontproduites sont herbaces 
ouligneux. Parmi les premiers, il est des racines qui per- 
cent leuf tige tousles ans et la reproduisent au printemps: 
les liliacees, les dalilia, etc., sont dan^ ce cas ; d'autres sont 
vivaces sous un climat et annuelles sous un autre. La capu- 
cine, par exem pie, vivace au PeroUj est annuelle clieznous 
en pleine terre. 

Les racines n'occupent pas toutes la meme place dans les 
vegetaux ; les unes naissent a tous les noeuds de certaines 
plantes rampantes, les autres sortent de Taisselle ou de 
Fextremlte des feuilles; il en est qui se developpent dans 
quelques fruits, pendant qu'ils sont encore attaches aux 
branches. Telle par tie aerienne des vegetaux peut etre 
fonvertie en racines , si on la place dans une circonstance 
favorable. Dans un jeune" saule plante a dessein sens dessus^ 



w 



* 






S' 



9 



C IV ) 



dessous , les rameaux se developperent a la place ou se 
trouvalent primitivement les racines , et la tete enfoncee en 
terra emit des racines. Les vegetaux peuvent former des 
racines partout ou ils ont la faculte d'eniettre des bourgeons, 
et cette faculte existe partout ou se trouve du cambium (i). 
C'est sur cette faculte qu'est fonde le moyen de repro- 
duction par boutures , dont les jardiniers savent tirer un si 
brillant parti. .._ 

Toutes les racines ne s'enfoncent pas dans la tene; les 
unes s attaclient a certains y^getaux et s'implantent dans 
leur ecorce, d'autres nagent a la surface des eaux ou y 
demearent immergees. 

La nature des plantes auxquelles ils appartiennent, et le 
sol qui les nourrit influent sur la forme et la maniere de 
vegeter de ces organes. 

C'est toutefois le plus grand nombre qui s'ienfoncent 
perpendiculairement dans le sol; beaucoup vegetentala 
surface eus'allongeant dans une direction horizontale ; plu- 
sieurs s'attathent a des rocLes sfecbes et arides , ou ils trou- 
vent cependant une nourriture suffisante. On en rencontre 
enfin qui forment de distance en distance des especes de 
loupes, soitliors de terre, soil dans sonsein. Laplusgi-ande 
vigueur appartient aux racines qui s'enfoncent le moins, 
parce que, vegetant plus pres de la surface du sol, elles 
jouissent davantage de I'influence des rayons solaires et de 



(i) Seve epaissie qui n'est ni une liqueur ni un tissu, mais qui tient de 
Fun €t de Tautre. Quoiqu'il soit presumable que le camhiam existe 
toute Tannee dans les arbres , il n'est yisible sous notre climat qu'a la fin 
des deux seves en mai et en aoiit; il se distingue de la seve proprement 
dile par une fluidite moindre , et des grains blancs et conime amilaces 
qu'il lieut en suspension. II est plus aise a remarquer dans les bois durs 
que dans les bois tendres. On n'a pas la preuve de son existence dans les 
plantes a tiges annuelles, et elle ^tplas que douteusc chez celles dont 
les racines sont annnclles ou bisannuelles. 



«f 



C 172 ) 



Ik 



Fair atmospherlque. C'est cette raison qui fait quequelques 
cultivateurs, en planlant des arbres a fruits|dont la lacine est 
pivotante, niettent, dessous I'epaisseur de teri-e vegetalc 
qu'ils jugent convenable , un lit de gravols pour euipecher 
la racine de s'enfoncer davantage, et d'atteindre des couclies 
froides qui fouinissent aux fruits des sues nourriciers par 
lesquels leur saveur se trouve alleree. 

On divise lesracines en bulbeusCj tubereuse et fibreuse. 

La racine bulbeuse^ nommee encore biilbe et oignon^ est 
un corps tendre , succulent, toujours recouvert par des 
tuniques plus ou nioins nombreuses, epaisses etserrees. 11 
se termine inferieurement par une espece de bourrelet , 
d'oupartent despetites racinesjibreuses, C'est ce bourrelet 
qui constitue la veiitable racine dont le nom est mal a 
proposetenduaroignon lul-meme (i). 

La racine bulbeu&e est dite bulbeuse solide, quand ses 
tuniques sent serreeslcs unes sur les autres et ne sent pres- 
que point vlsibles, telToignonde la tulipe ; bulbeuse ecail- 
leuse onimbriqiice^ quand ses tuniques sont recouvertes de 
lames charnues avan^ant Tune sur Fautre comme dans le 
Ijs; bulbeuse tuniquee , lorsqu'elle est composee d'un 

grand nombre de tuniques qui s'einboitent les unes dans 
les autres coniine dans Vallium cepa. 

La racine iubireuse est un corps cbarnu, epais, solide, 
Ordinairement arrondi, avec des excroissances d'ou parlent 
des petites racines fibreuses comme dans la pomme de 
terre. On nonime iubercules , les parties distinctes dont 



(1) L'oignon est aux plantes bulbeases cc que le bouton est aux 
arbres- C'est an centre de ses tuniques que la tige florale se Iroiive pla- 
cee; elles deviennent successivemenl feuiUes, et les cayeux se forment 
entre elles. On salt qu'ils servent a la multiplication. 11 se forme aussi 

dans quelques especes » au liaut des tiges , des petites bulbes qui sont dc 
Teritables cayeux. 







( 1,3 ) 

\ 

elle est quelquefois composee. Cette racine est globuleuse 
lorsqu'elle est ronde ou a peupres ; tronquee, quand sa par- 
tie inferieure parait avoir ete rongee ou coupee , coinme 
dans la scabicuse succine \fusiforme, lorsqu'elle a la forme 
d'un fuseau comme la carotte; en cJwpelet, lorsque des 
petits tubercules ecartes les uns des auues sont unis en- 
semble par des fibres menues comme Adxi^Xoi JiUpendule ; 
ariicuUe , quand elle est composee de plusieurs nccuds ou 
articulations places les uns au-dessus des autres et desquels 
pavteat des fibres clievelues ; scrotiforme ou didjme , 
lorsqu'elle est formee de deux tubercules rends, unis en- 
semble ; horizontale , lorsqu'elle pousse dans cette direc- 
tion sans produire aucun rejet ; palmee ou digitee, lorsque 
sa partle inferieure se ramifie et ofFre Tidee de plusieurs 
doigts ecartes ; Jlexueuse , lorsqu'elle Ta en serpentant 
comme dans la bistorte ; fascicuUe ou en boite , comme 
dans Yasperge; greniie , quand elle est composee de petits 
corps ronds comme dans le saxifraga granulala. 

La Y?iz\ne Jibreuse est composee d'un grand nombre de 
jets longs , menus, fibreux et filamenteux; les plus grosses 
gardent le nom de racines; celles qui consistent en filets 
capillaires tres-fins sont appelees chevelues. Elle est sim- 
ple ou capillalre', quand ses fibres cbevelues sont reunies 
en une seule masse; rameuse , lorsqu'elle se partage en 
plusieurs branches laterales comme dans le poirier et le 
pommier; chei^elue ^ lorsque ses ramifications sont tres- 
fines et multipliees a Texces; noueuse, lorsque, comme 
dans les roseaux , elle a un grand nombre d'excrolssances 
qui donnent naissance a des fibres eparses. 

La racine/^rew^e estpwotante lorsqu'elle s'enfonce per- 
pendiculalrement dans la terre; elle est liorizontale tra^ 
came, lorsqu'elle trace a la surface du sol, ou simplement 
horizontale, lorsqu'elle croit horizontalement entre deux 
terres. 



( »74 ). 

Uii grand uoinbre de racines sont employees daps la 
pliannacie, dans les arts, pour fournir de la teluture , ou 
servenl de matiere premiere aux tablettiers; beaucoup sont 
alirnentaires. 

Les racines sont pour les jardiniers une ressource pre- 
cieus6 pour la multiplication des vegetaux.' Sous ce rap- 
port , on peut les classer en trois especes : la premiere com- 
preud les racines annuejles qui appartiennent aux plaules 
herbacees qui ne vivent qu'un an , ou aux plantes bulbeuses 
qui se reproduisent par leurs cayeux, Ceite espece de ra- 
cines ne peut servir en rien a la multiplication. 

La seconde comprend les racines des plaates herbacees 
Tivaces qui vivent plusieurs annees, quoique leurs tiges meu- 
rent tous les ans ; la troisieme , les racines des vegetaux 
ligneux qui sont constituees comme les ai'bres et arb.ustes 
auxquels elles appartiennent : ces deux dernieres classes 
sont frequemment employees a la reproduction des iudi- 
Tidus- 

Parmi les racines sous-ligneuses des plantes vivaces , les 
unes se composent de fibres qui s'enfoncent perpendiculai- 
jrement dans la terre , les autre^ croissent horizontalement, 

Les fibres c[ui constituent les racines de lapremiei^e espece 
^ereunissent toutes a un collet commun qui est muni de plu- 
sieurs yeux destines a se developper I'annee suivante. Ainsi, 

pour multiplier les plantes qui ont des racines semblables , 
il s'agit d'eclater ce collet en autant de portions qu'ily a 

d'yeux , et de fajon que chaque eclat ait au mdins un ceil et 
une portion de racines fibreuses. Cette operation se fait le 
plus souvent a Tautomne etau printemps, suivant Tespece 
du vegetal et la nature du terrain dont on dispose. Presque 
toutes les plantes reprennent, quand meme on eclate leurs 
racines pendant que la vegetation est en activite. Dans ce 
cas , cependant , il faut quelques precautions de plus, surtout 
pour celles qui sont deUcates. Elles consistent a donner an%- 



\ 



C ^75) 



vegetaux une terrc plus legere , un degre dc temperature 
plus eleve ; a etoufFer les plantes au nioyeii d'une cloche, 
pour empecher la deperdition des fluides avant que les 
racines puissant en produire denouveaux; etiGna lespnver 
de lumiere pour empecher I'accroissement des tiges, et 
des feulUes qui ne peuvent dans cet etat solidifier le car- 



bone. 



li faut, autant que possible, operer la division des racines 
par dechirement et non par incision. Les vaisseaux qui 
constituent leurs fibres sont places longitudinalement, et 
se separent entiersles uns des autres par le dechirement, 
parce que leur force d'adhesion entre eux est moindre que 
celle de continuite, et il y a pen d'epanchement de fluide: 
si Von opere par section , la lame de Toutil, quel qu'il soit, 
ne pent suivre le sens des fibres ; elle les coupe partout ou 
elle les rencontre, ouvreles vaisseaux, fait epanclier lesflui^ 
des , et les gemmes sont privees de ceux que leur auraient 
♦ portes les vaisseaux inlerrompus. II en resulte quelquefois 
la perte des sujets et de la mere dans les plantes deU^ 
cates. . 

Poiir multiplier une plante par ses racines , lorsqu'elles 



une 



ce que Ton ait mis a nu une portion des racines. Cette ope- 
ration doit se faire sans les blesser : on coupe en tronf ons 
les racines ainsi decouvertes , et on les place dans des pe- 
tites fosses creusees dans un terrain approprie a la culture 
du vegetal, et de fafon que I'extremite superieure soit 
presque a fleur de terre. 



gneuses 



par 



les racines sous-ligneuses , mais on les utilise encore par 

d'autres- procedes. 

EHes peuvent servir de sujets pour recevoir toutes especes 
degreffes ; elles peuvent etre grefFees sur racine. et sur tige 



I 



I 
i 

L 

L 



( 176 ) 

oil rameau ; enfin on les emploie a faire des boutures et 



marcottes. 



LeuT usage comme sujet pour recevoir la greffe, ou 
comme greffe elle-ineme , ne differe en rien des operations 
usitees pour les greffes ordinaires. 

Pour les boutures , on s'y prend comme pour les raclnes 
tragantes ; seulenient on etouffe , on prive de lumiere , on 
entretient une Lumidite egale, mais pas trop forte, et une 
cbaleur sou ten ue. 

Pour marcotter, on decouvre une racine laterale la plus 
longue possible ; on la souleve de terre dans unepartie de 
sa longueur ; au milieu k peu pres, on 1 etrangle au moyen 
d'un fil de fer , ou on y fait une legere entaille afin d'y faire 
former un bourrelet. Peu de temps apres il s'y developpe 
des bourgeons. On choisit le plus vigoureux pour 1 elever a 
tige, ensuite on entaille la racine pour la detacher peu a 
peu et on sevre tout-a-fait le sujet. 

On marcotte encore en soulevantl'extremite d'une racine 
de fafon a la sortir de terre , et k I'exposer a I'air et a la 
lumiere apres en avoir retranclie I'extremite , ou des bour- 
geons se developpent bientot. Quand on en a eleve un a 
tige, on coupe la racine et on la separe de sa mere. 



DoVERGE. 



Serpe a lontures. 



J'ai long- temps chercbe un moyen de diminuer la fatigue 
des ouvriers employes a tondre les bordures de buis , ou des 
autresarbustes dont onentoure les plates-bandes et les mas- 
sifs , dans les jardins. 

Depuis quatre ans , je me sers d'un outil que j'ai fait exe- 



dcm 



de 



crj}e a tontures. Sa lame est longi 
vingt lignes et epaisse d'une lign 



C 177 ) 



plus fermee que celle d'un croissant; comme telle partie 
est celle qui opere, elle se pjqiierait eiilerre , si elle n'etait 
pas suffisaiument courbee, et ne remplirait pas ses fonc- 
tions. Le taillant doit etre biea aiguisc. Le manche, muni 
de sa virole, a cinq pouces de long , et pour plus de solidite, 
il est entierenient traverse par la soie qui est rivee sur son 
extremite. 

Pour faire visage de cette serpe , on la tient de la main 
droite, et Ton se place de fajon a presenter le flanc droit a 
la bordure que Ton veut couper ^ en se tenant a la distance 
convenable pour Tatteindre. Dans cette position, on inarche 
a reculons en donuant sur la bordure des coups sees avcc le 
trancbant de la serpe , de facon a couper verticalement les 
rameaux qui depassent la^Ugne que Ton suit. II faut frapper 
avec force et par a coups, a la maniere des moissonneurs, et 
alors les branches se trouvent tranchees net. Le tondeur 
pent, en reculant , juger parfaitement sa direction, et 
couper aisement aussi droit que s'il se servait d'un cor- 
deau. 

Avec cette serpe, un boinme seul fait autaut de travail 
que trois ; la position qu'il occupe est si pea fatigaate, que 
des jeunes gens de quinze k seize ans executent tres-bien 
cette operation, tandis quelle leur est fort penible lorsqu'ib 

se servent de ciseaux. 

Je dois dire que cet instrument n'est convenable que pour 
londre les deux cotes de la bordure , et qu'il faut toujours 
se servir de ciseaux pour couper le dessus , ce qui , du reste , 
est facile , lorsque les deux cotes tallies out diminue d au- 
tant la largeur de la bordure. 

Quant aux epoques qu'il faut cboisir pour tondre les 
haies , je renverrai le lecteur a Uarticle de la tonte des liaies, 
page 139 de ce Journal. Pepin. 



i 



N« Xll. 



J 



( '78 ) 



NOUVEAUTES. 



Helianthemed'Algahye. Helianihevium AlgarvenseyJiv.c^ 
Cistus Atgaivensis^ Box. mag. G^-j, (Voyez la planche,) 

Joli petit arbuste a ti^e haute d'un a deux pieds, un 
peu couchee dans Tetat sauvage ; rameaux opposes , in- 
canes et garnis de petits poils tres-fins a la partie supe- 
rieure. Feuilles a la base, opposees, presque sessiles, ovales, 
incanes, tomenteuses en dessous, longucs d'un demi-pouce ; 
k la partie superieure , sessiles , ovales , lanceolees , plus 
longues que les inferieuves, 

Fleurs terminales , disposees en forme de panicule , por- 
tees sur des pedoncules longs d'un demi-pouce , alternes et 
souvent munis d'une petite stipule a la base. Corolle re- 
guliere a cinq petales grands, a linibe legerement dente, 
d'un beau jaune , avec une macule brunfe k Tonglet ; calice 
persistant , a trois divisions aigues , un peu values ; etamiues 
nombreuses, un style , un stigmate , et une capsule ovoide 
renfermant plusieurs graines. 

Cet arbuste, origlnaire du Portugal, n'est cultive, a Pa- 
ris, que depuis trois ans. II fait un assez joli efFet par ses 
grandes fleurs qui s'epanouissent , comme toutes celles du 
genre , depuis cinq a six heures du matin , jusqu'a neuf ou 
dix ; les petales tombent immediatement, mais, comma il 
€St toujours garni d'un grand nombre de boutons , il s'en 
^panouit chaque jour, depuis le i5 mai jusqu^a la fin 
de julUet. La floraison est toujours plus belle, lorsque le 

soleil parsut. 

On le multiplie de graines, de boutures, de marcottes 
-ct de greffe. 

Les boutures se font en avril , dans des petits pots rem- 
plis de terre de bruyfere, bien foulee- Ou les place ensuite 



( »79 ) 

sur une couclie tiede, sous chassis et sous cloches, pendant 
plusleurs jours. On a soin d'onibrcr, durant la presence 
du soleil. On renouvelle ensuite Ysdr sous le chassis selon le 
besom. 

On seme les graines en pots de lerre de bruyere , aussitot 
leur maturite. On a soin de mettre au fond des vases quel- 
ques tessons de pots ou de pierres calcaires, pour faciliter 
Uecoulement des eaux, et on les place sur une couche 
tiede ou a froid , sous un chassis ou une cloche, a Vombre. 

Jusqu'a present, cette plante a ete cultivee en orangerie 
pendant I'hiver ; car Thumidite la ferait facilement fondre ^ 
si on la tenait en pleine terve pendant cette saison. Aussi , 
pour la multiplier de marcottes, on fait passer les branches 
que Ton a soin d'inciser dans despetits pots, que Ton soutient 
a la hauteur convenable par le moyen de tuteurs- 11 vaudrait 
mieux planter la racine en pleine terre de bruyere dans la 
serre , comme on le fait pour la multiplication des camelUEL 
ou autres vegetaux a bols dur, et marcotter ses branches 
autour du pied , soit dans la terre meme de la plate-bande , 
soit dans des petits pots, 

On pent aussi le greffer en approche sur les jeunes cistes 
4'un an de semis , tels que le cisius incanus et le cisius 
albidus de Linnee, originaires du midi de la France, et dent 
on pent se procurer facilement des graines, 

Quand on possede plusieurs pieds de ce petit arbuste , 
on pent essayer d'en livrer a la pleine terre , en les plantant 
fin d'avril ou commencement de mai. II lui faut Texposi- 
tlou du midi, decouVerte, et un sable argilo-siliceux qui 
retienne pen Thumidite. H serait mieux de mettre au pied 
une pelleree de terre de bruyere- Cultive ainsi, cet ar- 
buste a plus de vigueur, sa floraison est plus belle et se 
prolonge davantage , et il fournit une plus grande quan- 
tite de graines et de rameaux que Ton pent prendre pour 



bo 



Pepin. 



^ 



( 180 ) 



Arum odoriferajnt. yirum odorum ^ Hortcl. Caladium odo" 
raturn^ Roxb. Moncecie polj-andrie , Lm. AroideeSy Jess. 
(Voyez la planclie. ) 

Cette belle plante , originaire de Tlnde , a une lige li- 
gneuse , cliarnue , haute d'un a deux pieds , droite , simple, 



grosse conime le bras, et qui se termine par six ou liult 
feuilles en cceur, sagittees , longues et larges d'un pied 
et plus , entieres , marginees a nervures laterales et sail- 
lantes en dessus et en dessous, inunies, dans les angles 
des nervures , de petites glandes d'ou transsudeune sub- 
stance onctueuse et blanche ; au lieu d'afFecter une po- 
sition horizontale , comnie les autres aroides , ces feuilles 
se tieunent verticalement. Ellcs sent portees par de gros 
petioles cylindriques, longs d'uu a trois pieds, canalicules 
a la base. 

r 

Des aisselles des feuilles, s'elevent un, et successivement, 
deux ou trois pedoncules , moins longs que les petioles , 
terniines chacun par une fleur composee d'une spathe , 
^vasee en cornet, d'un vert jaunatre en dehors, et blan- 
chatre en dedans , longue de quatre pouces , contenant 
un spadice d'un blanc jaunatre , assez grele , moins long 
que la spathe , portant les etamines a sa partie supe- 
rieure et les pistils en has , et repandant une odeur tres- 
agreable. 

La floraison de cette plante a ordinairement lieu en mai 
et juin. On la tlent en serre chaude toute I'annee. EUe pro- 
duit au pied quelques ceilletons qui servent a la multiplier. 
Si meme on en possedait un fort pied , on pourrait couper 
la tige par tronjons et les bouturer. 

Louis Noisktte^ 



( '8' ) 



Campajnule a fleurs en bourse , Campanula Marsupii- 

Jlora^ FisCH. (Voyez la planclie. ) 



Tige cyllndrique , glabra , haute d'un a deux pleds , gar- 
nie de rameaux alternes , longs de liuit pouces a un pied, 
qui se developpent sur la tige a partir de quatre a six pou- 
ces de son collet. Feuilles radicales au coeur, pointues , 
glabres, a bords profondenicnt dentes ; le petiole est long d^ 
deux pouces et cannele a sa partie superieure ; les caull- 
naires sont alternes, etroites, sessiles, longues d'au moins 
deux pouces, et quelques-unes garnies de petites dents sur 
les bords; celles de la partie superieure de la plante sont 
presque linealres. 

Calice a cinq divisions longues d'une ligne , pointues et 
lineaires; corolle monopetale campanulee, dont le liinbe 
est a cinq divisions peu profondes pointues ; cinq etamines 
dont les filamens sont elargis a leur base , portant des an- 
tlipres jaunes lineaires ; Tovaire est iuferieur , anguleux ; 
Un style beaucoup plus long que les etaniiues depasse la 
corolle ; il est termine par un stigmate trifide ; capsule an- 
guleuse renfermant un tres-grand nonibre de graines Ires- 
fines. 

Cette belle plante vivace est originaire de Russia , d'ou 
les graines nous ont ete euvoyees , il y a quelques annees , 
par M. Fischer, directeur du Jardin Botanique de Saint- 
Petersbourg. Je ne sais pourquoi on ne voit pas encore cette 
plante cultivee dans nos jardlns ; c'est une des plus ele- 
gantes du genre, par ses fleurs uonibreases, d'un beau bleu, 
gracieusement disposees en panicule lache , qui se develop- 
pent sur toute la longueur des rameaux. Elles sont portees 
par un pedoncule long d'uu pouce , incline , en sorte que les 
fleurs sont pendantes et produisent un fort joli eff'et. La 
floraison a lieu en juin et juillet. 

On la multiplie de graines que Ion seme sitot leur ma- 



( '82 ) 

turite, ou en inars ou aviil, en pots de terre de bruyere ou 
touie autre bien anieublie. On garnit le fond des vases avec 
du gros sable ou quelques pierres calcaires qui facilitent 
I'ecoulement de Teau surabondante. On recouvre legere- 

nient la graine de tene bien divlsee. 

On peut aussi seiner en pleine terre ealcaire ou sillceuse, 
car cetteplante, conime toutes celles du genre, craint un 
terrain humide , ou elle fond promptemeht. 
' On repique ensuite en pepinlere le jeune plant, lors- 
qu'il a acquis assez de force ; on met deux pieds ensem- 
ble , a la distance de cinq a six pouces. A Tautonnie ou aii 
printemps suivant , on les enleve en niottes pour etre plan- 
tes en place , soit sur les plates-bandes , corbeilles ou les 
bords des massifs. Pepin, 



MELANGES. 



VrR\£iNE AGBEABLE, J^crbena pulcJwlla , Sw£et. Br. fl. 

gard. 295. Du Mexique- 



Cette jolie plaute vivace est encore peu repandue , quoi- 
qu'elle se multiplie facilement et que sa culture soit fort 
simple. FeuiUes tres-decoupees , sessiles; tiges tendant a 
rainper sur la terre, a laquelle elles s'attachent, en develop- 
pant des racinesacliaque nceud, ousontinsereeslesfeuilles. 
Elles se ramifient beaucoup, et cliaque petit rameau est 
temiine par une ombelle de fleurs d'un bleu d'azur et de 



un 



mesure que la floraison se prolonge. 

Cette verveine fleurit de juin en dect^mbre , et comme elle 
a Tavantagc de retenir les terres lorsqu'elle est plautee sur 
les pentes ou glacis , elle peut trouver de nombreuses places 
dans les jardins pittoresques , ou le sol ofFre des accidens. 
On la nlante a un ou deux nleds de distance . et elle forme 



fr 



( i83 ) 

bientot un tapis de verdure parsenie de fleurs bleues qui 
soat du plus joli effet. On peut encore la planter sur des 
rochers qu'elle decore fort bien. 

On la cultlve aussl en plate-bande , en ayant soin de sou- 
tenir chaque pied par un tuteur de quinze a dix-liuit pou- 
ces de liaut. On y fixe deux ou trols branches , d'ou sortent 
des petits vameaux qui s'inclinent vers la terre et se termi- 
nent par des fleurs uonibreuses, ce qui donne a la plante 

laspect d'un cone fleuri. 

Cette vervelne ne supporte que trois ou quatre degres de 
froid; si la gelee est plus intense, elleperit immanquable- 
ment. Aussi doit-on avoir soin d'en relever de jeunes pleds 
en octobrc , que Von met en pots pour les rentrer en oran- 
gerie , ou dans un lieu eclaire dans lequel la gelee ne pe- 
netre pas. En avril ou niai , on sort les pots, et on place 
en plelne terre les pieds ainsi conserves, 

Elle est pour tout le reste assez rustique ; elle crolt dans 
tons les terrains , mais mieux dans les terres meubles et le- 
geres. Si celles dans lesquelles on voudraitla planter pa - 
raissaient bunildes et trop fortes , il serait bien de deposer 
a cliaque pied un pot de terreau , de couclie ou de sable de 
bruyere, pour douner aux nouvelles racines la facilite de 
se develepper. Elle exige peu d'eau en ete. 

Dans le midi, cette verveine se naturaliserait tres-facile- 
ment sans autre soin que la culture de toute autre plante 
vivace. On la multiplie de graines, de boutures, et plus faci- 
lement de marcottes qui s'enracinent d'elles-menies. Cette 
plante enfin nierite d'etre connue, et les amateurs sauront 

bientot Tapprecier. 

Elle fait un effet charmant en alternant ses pleds avec 
ceux de la vervelne a feuiUes de chamoedrys , Ferhena 
cliamce dry folia {verbena melindres. Bot. reg. ii84), de- 
crlte par M. Jacquln alnt^ , qui I'a le premier introduite en 
France,' et figuree dans le deuxieme numero du Journal 
et Flore des Jardins. Cette derniere est un peu plus de^ 



\ 



V 



y 



( »84) 



licate que la precedente, et ne supporterait pas les ineines 
degies de froid. Elle a un port a peu pres seinblable , et ses 
tlges tendent egalement a raniper sur la terre , a moins 
qu'on ne les soutienne par un tuteur. Ces deux verveines 
cultlvees en pots donnent peu de fleurs; mais niises en 
pleine terre au mois de niai , la floraison est Innoiiibrable. 

Pepin. 



r 

CORDNILLE A FJEUILLES GLAUQUES , Coronilla glauca . LiN- 

Ce petit arbrisseau est originaire du midi de la Francp. On 
le cultive depuis long-temps en orangerle , et il est fort re- 
clierdie par les fleuristes de Paris et les jardiniers ama- 
teurs, pour decorer en liiver les apparteniens. Cependant 
il est aussi rustique que le coronilln enierus^ Lix. , qui 
fait depuis nonibre d'annees rornement de ik)s bosquets. 
Ses tiges sont hautes de trois a quatre pieds , et se divisent 
en beaucoup de rauieaux garnis a leur insertion de stipules 
lanceolees ; les feuilles sont ailees avec impaire. Les folioles 
sont au nombre de cinq a sept, tronquees a leur sonnnet , 
un peu en cceur, d'un vert glauque. Les fleurs sont noni- 
breuses , jaunes, dlsposees en couronne, soutenues par des 
pedoucules plus longs que les feuilles, et assez odorantes 
pendant le jour. 

II y a sept ans que j'en plantai plusieurs pieds, qui ont 
passe les hivers sans couvertures, et ont meme mieux sup- 
porte les froids de 182^ que le coronilla emerus. D'apres 
cette experience , qui m'a convaincu que le coronilla glaiica 
n*est pas delicat , je crois bien faire d'engager les amateurs 
et borticulteurs a en planter sur les plates-bandes et sur le 
bord des massifs. II y fleurit depuis le mois d'avril jusqu'en 
decembi^e , et forme uu buisson arrondi. II ne suspend sa 
vegetation que pendant les grands froids. II faut au pre- 
mier printemps tailler seulement Vextremite de.s branches. 

On le multiplie de graines qu'il donne en abondance 
cliaque amiee. On les seme en terre leeere a bonne exno- 



( i85 ) 

sition , et on les couvre pendant I'hiver de qnelques pouces 
de feuiUes seclies. On repique le jeune plant au printemps. 



Sous notre cliniat , il convient mieux de semer en pots et 



enterrines, que Ton rentre dans roraiigerie., ou que Ton 
place sous chassis frold ou dans tout autre lieu que la gelee 
ne puisse atteindre, et au printemps suivant, repiqueren 
pepinlere ou en place. On le multiplie aussi de boutures 
et de marcottes- Les terrains pierreux et sees lui convlcnnent 
de preference aux sols forts et humides. II ne vedoule pas 
la seclieresse , et pent tres-bien etre employe a garnir les 
pentes arides des grands jardlhs, et a former des palis- 
sades estivales qui sonl d'un joli effet. Pepin. 



CONCLUSION. 



if. 



En terminant , je croirais manquer a tons mes devoirs 5 
si je ne consignais ici le temoignage public de ma gratitude 
envers MM, les Souscripteurs qui ont bieu voulu nietlre 
une patience extreme a attendre la beaucoup trop lente 
publication de ce journal. Ce n'est pas qu'il rne soit difficile 
de nie justifier de tant de retards, sans employer d'autres 
accens que ceux de la verite; mais ses expressions les plus 



ingenues pourraient blesser I'amour-propre pique , ou la 
conscience peu satisfaite d'elle-meme; et, content du re- 
pos que m'a valu moii bon droit et que la justice ne pouvait 
me refuser, je ne veux le troubler cliez personne. 



Au reste , je pourrals prouver, par mes publications an- 
lerieures, Texactitude que j'ai toujours Inise a rempliV les 



engagemens de mes prospectus; mais je n'invoqueral d'au- 
tre exemple que celui des Annales de Flore et de Pomone , 
qui forment la suite de ce journal Commeneeeseu octobre 
^832,elles comptent deji onzenumeros, dont la livraison 
n'a jamais depasse le dixie me jour de cbaque mois. Aussi je ' 



^ 



( i86 ) 

me hate d en rapporter tout rhonneur aux auteurs de cette 
nouvelle cntreprlse. Veri tables amis des sciences agricoles 
qu'ils cultivent avec un gout desintcresse , c'est pour eux 
plutot un plaisir qu'un tiavad de deposer dans ces annales 
le resume de leurs observations. Avec de tels hommes, la 
responsabilite de I'editeur est toujours a couvert, taudis 
qu'avec beancoup d'autres elle est a chaque instant com- 
promise. Telle est la difference qui, dans ces deux pubb- 
cations, distingue la cadette de I'ainee. On trouvera done 
fort juste, qu'editeur place par la faute des autres dans 
une position deUcate , je depose ici la haute expression de 
ma reconnaissance et de mes sinceres remercimens pout 
ceux des collaborateurs Avi Journal et Flore des Jardi'ns , 
qui out bien voulu soutenir cette entreprise de leurs talens : 
ce sont MM, Caniuzet, Cels, Jacques, Jacquin aine , Le- 
mon , Neumann , et Louis Noisette. Je dois ofFrir le nieme 
homniage a ceux des collaborateurs des Annales de Flore 
et Pomone , qui ont bien voulu concourir a terminer le 
present journal : ce sont MM. Doverge , L. Martin et Pepin. 

Grace a eux , j'ai atteint le but de ma penible carriere, 
non sans des sacrifices qu'il n'a pas ete en leur pouvoir 
de m^eviter , et que leur generosite , au contraire , m'a ren- 
dus plus legers que la position ou trop de conSance m'avait 
place ne pouvait m'en donner Tesperance. Je conipte que 
MM. les Souscripteurs, en oubliant mes retards, ine sau- 
ront gre de ma perseverance. 

Je crois done pouvoir leur rappeler que les AnKales de 
Flore ei de Pomone, dont cette derniere livraison leur 



porte un prospectus ^ sont la suite du Journal et Flore des 
Jardins, et que Texactitude de leur publication est telle, 
qu'elle pent effacer tons les reproches qu'on croirait avoir 
k me faire. Ainsi je me flatte que MM. les Souscripteurs, 
en m'ordonnant de les abonner k ces Annales , voudront 
bien m'avertir que je n'ai pas demerite dans leur confiance 

1\0CSSEL0N. 



TABLE 



V 



DES 



PLANTES GRAVEES DANS LE JOURNAL 



ET FLORE DES JARDINS. 



1 . Arthropode a vrjlles. 



3. 
4- 



5. 



Feve a ikurs pourpres. 
Eccremocarpe a fruit rude. 
Verveine a feuilles de chamcc- 
drjs. 

Prinievere de la Chine. 



^rthropodium cirrhatum- 

Viciajaha^ Kar* purpurea 
Eccremocarpus scaher* 

f^erbena cliamce dry folia. 



6. Eupatoire ajapana. 



8. 
9- 

lo. 
II. 

12. 



Clematite cjlindriquc. 
Camara de Sellow. 
Orobe pourpre-fonce. 
Escholtzie de Californie 



Primula sinensis, 

Eupatorium ajapana. 

Cle malls cy U n dric a . 

Lantana Sellcwii' 
Orobus atropurpureus 

Escholtzia Californica 



Aristolpche a grandes fleurs. Aristolochia grandijiora 
Fcuille et fitipulc de TAristolo- 



che a grandes fleurs. 
i3. Capucine ciliee. 
t4- Usterie de Barclay. 
i5. Ipomopsis elegant. 
i6. Hugele Lleue. 

lo. Cvprlpede remarquable. 
Slreptocarpe de Rextus, 
Aloes vert. 

31- Caclus de Ouillardet. 



^9- 

!20. 



Page* 
I 

3 

at 



:i3 



Tropoeolum aduncum, 
listeria Barclajana. 

Ipomopsis elegans. 

Hugelia ccerulea. 

Raphialepide a feuilles desaule- Rhaphlolepis salicifolia. 

Cypripedium insigne. 
Streptocarpus Rexd* 

Aloe virens. 

Cereus speciosissimus ^ Var 

Quillardeli. 
Amaryllis Verreauxu 
Campanula rubra. 
Geranium sansuineum. 



Amaryllis Vcrreaux 
Campanule rouge. 
■^4- Geranier aanguin. 



32 
23 

33 
33 

H 

5-2 

5^ 



89 
90 
9^ 
9^ 
93 

94 

97 
98 



99 

120 

121 



% 



( i88 ) 



!j5. Fuchsie a pctites feuilles 

26. Onagre elejjant. 

3^. Astere jjlauque. 

28. Bignone a grandes flcurs. 

jg. Fumeterre gracieuse. 

3o. Calceolaire rugueuse. 

3i- Minmie a belles fleurs. 



32. Gapucine mordoree. 



33. Acacie a grandes fleurs. 



34. 

35. 
36. 



Heliantheme d'Algarve. 
Arum odoriferant, 

Campanule a fleurs en bourse. Campanula niarsupilflora. 



Fuchsia microphylla, 
OEnothera speciosa. 

^ster glaucus, 
Blgnonia grandiflora, 
Fiiniaria eximia. 
Calceolaria rugosa. 

Mimulus ri^ularisf f^ar, spe- 
closus, 

Troposolummajus,P^ar. atro- 
purpureuni, 

Acacia grandiflora . 

Helianthemmn Algai^ense. 
^runi odor urn. 



Pages 

i33 

i35 

137 

146 
149 

i5i 



i65 



166 
168 
17S 
180 

i8i 



/■ 



?IN DE LA TABLE DES PLANTES GKAVEES 



A 



y 



TABLE ALPHABETIQUE 



DES MATlilRES CONTENUES DANS LE JOURNAL 



ET FLORE DES JARDINS 



uicacia grandljlora* 
Acacie a grand^s fleurs. 
Ail azure. 
Allium azureum. 
Aloes vert. 
^loe virens. 
Amaryllis de Verreaux. 

-Amaryllis f^erreauxi. 
Analyses. 

Ananas a tige nue. 
Annales de la Societe d'Horti 
culture de Paris. 

de la Societe d'Horticul- 
ture du dep. du Nord. 
Aponogeton a deux epis. 

Aponogeton distnchfon* 
Aristoloche a grandes fleurs. 

A ris to lochia grandiflora, 

Anhropode a \rilles. 

A nhropodlum clrrhatum* 
Anichauts, 

Arum odoriferant- 
Ajum odorum. 
Astere glauque, 
Aster glaucas. 

Bibliographic botanique par or- 
dre de dates. 

Bignone a grandes fleurs. 



Pages 


\ 


Paj;es 


168 


Bignonia grandiflora* 


1 46 


168 


BoiTARD, sexes desplantes. 


5 


loa 


— Lettre sur la greffe du Poi- 




103 


rier sur Pommier. 


7 


98 


—Id. 


36 


98 


— Analyses. < 


j-38 


H9 


— Bibliographic botanique 




"9 


parordre de dates. 


t4 


9-38 


—Sur la Vesce multiflore et 




35 

■ 


la culture du Mais, 
— Annales de la Societe 


35 


37 

r 


d' Horticulture. 
' — Systeme botanique de Por- 


37 


60 


L 

ta. 


43 


1 55 


— Calendrier et Horloge de 




1 55 


Flore. 


48 


53 


— Annales de la Societe du 




53 


dcp. du Nord. 


60 


I 


Boutures de Pommiers. 


108 


I 


Bromelia ananas, var. ; nudi- 




io4 


caulis. 


35 


180 


Butome en ombelle. 


160 


180 


Butomus umhellatus. 


160 


'37 


- 





t37 Cactus de Quillardct. 

Calceolaire rugueuse 



'4 
146 



Calceolaria rugosa. 
Calendrier et Horloge de.Flore. 

Calla cEthiopica. 



99 
i5i 

i5i 
48 

,5, 



( '9° ) 



i ' 



Calla des niarals. 
Calla d'Ethiopie. 
Calla palustris, 
Camara de Sellow. 
Campanula rubra- 

Marsupiifera. 
Campanule rouge. 

— En bourse. 
Camuzet- Sur la muUi plication 
du maclura. 

■Hartogia capensis. 

■Hugele bleue. 
Capucine ciliee. 
Cels. Amar\lUs de Verreaux. 

-Fuchsle a pelltes feuiUes. 

Ceteus speciosissimus. 
Clematis cylindrica. 
Clematile cylindrique- 
Coccoloha rheifolia. 
Conclusion. 
Coronilla ^lauca. 



Pages 

1 58 
i58 

181 
119 
181 



P»s»» 



Eccremocarpe a fruit rude. , 3-ii5 



Eccremocarpus scaber. 
JUscholtzia Californica. 
Escholtzie de Californie. 
Etude de la vegetation. 
Eupatoire ayapana. 

Eupaloriunt ayapana. 



3-ii5 

53 
53 

63 
a3 
a3 



Feve a flcurs pourpres. 
4 Fuclisia microphylla . 



6 

9^ 

89 

1 33 

99 
33 



Fuctsie a petitcs feuilles. 
Fumaria eximia. 
Fumeterre gracieuse. 

Gaulage des Ponirniers et Poi- 

4 

licrs- 
Gerancer sanguin. 



3 

J 33 

1 33 

»49 



33 Geraniuvi sanguineum. 



Ill 
121 



lOX 

i85 



Hartogia capensis. 



x84 Helianthcme d'Algarve. 



6 

^8 



CoTonille a feuilles glauques. 184 Helta nthemum Algarvfense. 1 78 



Culture en pleine 4erre de« 
ognons exotiques. 

ct description des planter 

aquatiques. 
Cyperus papyrus, 
Cypripede remarquable. 
Cjrpripedium insignC' 



Hugele bleue. 
121 Hugelia ccsrulea, 

i5a Jpomopsls elegans 
i5g Ipomopsis elegant. 



9^ 

9^ 



9^ 
9' 



94 

94 



DoTCRGs. ArtichauU. 



io4 



■Boutuxes de Pommiers. 108 
Gaulage des Pommiers et 
Poiriers. 



Ill 



Tonte des haies. 

•Observations sur les raci- 

nes des vegetaux. 
Be Tetat sous lequel les engrais 
peuvent alituenter la vegeta- 
tion. 



i4 




iTi 



X24 



Jacques. Feve a fleurs pour- 
pres. 

Clematite cjlindriqne 

Orobe noir pourprc- 

EschoUzie de Californie. 

Rapiiiolepide a feuilles de 

saule. 

■Notice sur les palates. 

reptocarpe de Hexius. 
Cactus de Quillardel. 
Raisinier a feuilles de tHu- 
barbc. 



a 

33 

34 

52 




93 
95 
97 
99 



101 



( '90 



Ail azure. 
' — Oljservationssurla tempe- 
rature du mois dejuillet 
1 83.1. loa 

Coriaire sarmenteuse. 1 13 

Precede pourobtenirrem- 
preinte des feuilles. ii^ 

Campanule rouge. iig 

Mimule des nvages a belles 



Pages 

loi Mimnlus rimilarisj var. specio^ 



gel 



sus. 



t65 



Nenuphar blanc. 
Nenuphar odorant 
Neumann. Eccremocarpe a fruit 
rude. 

Eupatoire ayapana. 

Capucine cifiee. 



t54 

i55 



3 

a3 

89 



fleurs. 


i65 


—Sur les couches de serre 




—Capucine mordoree. 


1G6 


chaude. 


109 


JiCQum aine. Vervcine a feuil- 




— Observations sur la cultu- 




les de chaiiicedrys. ^^"94 


re des Fougeres. 


143 


— Usterie de Barclay. 


90 


— Acacie a grandes fleurs. 


16S 


— Geranier sanguin. 


131 


NoisFTTE (Louis). Arthropodc a 




— Calceolaire rugueuse. 


1 5a 


vrilles. 


I 


X 




— Primevere de la Chine, 


22 


Lantana Sellowu, 


33 


— Aristoloche a grandes 




Lemon. TroUe a grandes fleurs. 


24 


fleurs. 


53 


— Ananas a tige nue. 


25 


— Pivoines. 


54 


— Camara de Sellow* 


33 


'— Ipomopsis elegant. 


9' 


— *Sur le phloTnis leonurus . 


57 


— Arum odorlferant. 


180 


— Cypripede remarquable. 


94 


Note sur la Coriaire sarmenteu- 




— Aloes vert. 


9S 


se. 


Tl3 


Lettre s\ix la greffe du poirier 


^^^ 


Notice sur les palates. 


95 


sur pommier. 


7 


Nouveau moyen de cultiver 




Id. 


16 


avantageusement le Phlomis 








leonurus. 


57 


^aclura aurantiaca. (Multi- 




Njviplicea alba. 


!54 


plication.) 


4 


jy^mphcea oJorata. 


1 55 


Macrc floltante. ' 


1 56 







Martin (E). Etude de la vegeta- 



tion. 

De Tetat sous le quel les 
engrais peuvent alimenter 
la Tegetation. 

Menyanthe trefle d'eau. 

Menjanthes trifoliata. 

Mimule des rivages 



belles 



fleu 



rs. 



Observations sur la culture des 

89 Fougeres. 

Surla temperature du rnois 
dejuillet 1 83a. 
124 —Sur les racines des vegc- 
164 taux. 

164 OEnothera speciosa, 

Onagre elegant. 
i65 Orobe noirpourprc. 



,43 



loa 



169 

135 

i35 

34 



Orohiis a tro purpureas* 



pEPiw.Note surTEccremocarpe 
^ - rude. 11 5 

Culture en pleineterre des 
Ognons exotiques. lat 

Onagre elegant. i35 

Astere glaiique,. iSy 



( ^9^ ) 

Pages 

34 Saurure a ileurs incliiiees. 
Saururus cernuus. 
Serpe a tontures. 
Sexes des plantcs. 
Souchet a papier. 
Streptocarpe dc Bexms. 
Streptocarpns RexiL 
Sur la culture du Mais. 



Panes 
164 

164 

5 

97 
35 



Bignone a graudes flcurs. i4G Sur les couches de scrre chau- 



Fumeterre gracieuse. 
Culture et description des 
Plantes aquatiques. 
Serpe a tontures. 
Heliantheme d'Algarve. 
Gampauule. 
■Veiveine agreable, 

--Coronille a feuilles glau- 

■ ques. 

Peronia sirlcta, 
Peronk blancbatre. 

Phlomis leoniirus. 
Pivoines. 

Prime vere de la Chine. 
Primula sinensis, 
Procede pour obtenir Temprein- 
te des feuilles. 



'49 



de. 



109 



Systeme botanique de Porta. 4^ 



iSa 

T j6 Table des plantes gravefs dans 

178 
181 



ce journal. 



rente des liaies. 



185 Trapa natans. 



t63 



Trolle a grandes fleurs. 
TrolUus europceus. 
Tropcjcolum aduncum. 



?87 
189 

1 56 

a4 

89 



1 63 Tj'opoeolunimajus.Ydx. atro- 

57 



purpureum 



166 



54 

32 listeria Barclayana, 
22 Usterie de Barclay. 



90 

9« 



"4 



l^erbena chamce dry folia. 
— Pidchella. 

Verveine a feuilles de german- 



at-94 
183 



101 



dree. 21-9^ 



Raisinier a feuilles de thubar' 
be. 

Bapbiolepide afeuill. de saule. 98 Vesce inultiOore. 
Raphiolepis salicifolia. q3 f^i 

RoussELOH. Conclusion. 



agreable. 



Sagittaire de la Chine. 
Sasittaria sinensis. 



93 

i85 
i6r 
161 



icia cracca. 



Faha. Var : purpurea , 
yUlarsia nymphoides, 
VillarsJe a feuillci de nenu- 
phar. 



t8'2 

35 

i56 



!56 



FIN OF LA TABLE DT.S MATIK 



^. 



// 



-1 




ARTHHOPOUFi A \ IITLLE 



Arlhronortiuiii 



n 



r I'll a t 



am 



2. %^ 




"Mcia Fal>a, Aai'^ Purpnrea. 



#». 



3 




ECCHEMOC AUPl': A ¥Rl IT RVBE 

"Eoci-enio carpus Scaber 



'f. 




VEIWEINK A TKnLLKS m\ CILUltEimYS 

r 

"Verbena Oiaiiioctir\ioliA . 



s 




^1- -i t^-i 



1 1 t t 1 iFifuce 



PRTMi:\ERE BE LA CIIIXE 



iV I inula 



Siuensw 



^ 



( 

"V 




\ 



E I PAT 01 RK KYAVA^ A 

Eupatorium Ayap aua 



7. 




CLEMATITE C\l-TXimTOrE 

(loiuiUis ovUiulrira 



7 



s. 




CvVAlAilA \W. SKLLOW 



l.rtutaiiii Sollovvni . 




f 




OIIOUK POl lilMlK-FONCE 



/o. 



> 



f 




ESCIIOI.TZIR DE CALIFORINIIE 

i: s a^oll z'l a C all fornica . 



^. 



// 




ARISTOr.OniK A t;il.\M>KS FI.FA RS 

Arist<»loc!iia ofaudillora . 



/2 



> 







n 




^^ 



.*' 



# 




-F' 







/B. 



rx^"^ i-v 




/■-. 



^^_ 



f 



CAPUCINE CII.IEE 

Tropwoluni aduiKum 



/¥, 




r-^_ 



j-'m. 




IISTKIIJE dp: BARCLAY 



/6: 




1 

i 



IPOMOPSIS ELEG.AJST 



Ipoiiiop.His eleo'ans . 



/^ 




^^^tt 



111 GELE BLEl E. 



\ 



/7. 



.' 




I 



llILVPmOLEPIDR A FEUILLES DE SAFLE 

Ell apLiolepis salWolia . 



J 



/8 





/ 



-.^ 



Wf^ 




CYPKIPEDE -UEMAllOUABLF. 



CypmpetliTini Ins^o^le . 



/9. 




STREPTOC.MIPE DE RHEXllTS 



20 




— " \!X^^ ^"^-^Ji ' '" ~~ 




ALORS VERT 



Al 



oe \ii'eus . 



2/. 





'>Sl^ 



VH 



m 




M 



^ 



X 



Wfc 



J^' 







1 






r 

^ - 



I 






l.h, 





■^' 



y. 




r b- I 



';ff^ 



X 




ip 



- ^ 




CACTUS DE priLLARDET 



Cereus SpeciosisMuius l^r ^lillarJeti 



-7-2. 




' AMxVKYU.IS VERKEAl X 

Aiuar\llis V^erix auxi . 



^3. 







f 



raiiipaiiola Rubra 



2'^ 




=w 



Gcxaniiun Sano^aine 



■26 




Fl rUSlE A PETITES FEllLLES 

Fui-JisLi Microplwlla . 



26. 




(Enotliera. Spociosa. ' 



• 27. 




ASTKllK Gl.AVOl E 

Aster Glaums . 



^8. 




BUVNONK A CtRANDKS Fi^ElRS 

Bio'iioiiia Graiuliilora . 



^9. 




I 



FI^METFIUIE GllAClErSE 

Funitiria Exiona 



J/ 



So. 




CALCEOLAIUE UlTGUEUSE. 
CaloeoLirui Riio:osa . 



S/. 




.^fitntiliis Kiviil.H'ifi ffttr. Sp<>ciosiis 



sz 




Tropa^olum nxajus , fjur: Atro^)urpur(His 



J3 




ACACIE A 01l^\NT>ES FLEURS 

Acacia Gr audi flora 



Jy, 




inil.lAMIlKMli DALGAllVK 

Heliamliemum AloarM'iiso 



36". 




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