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Full text of "Bulletins de l'Academie royale des sciences, des lettres et des beaux?arts de Belgique."

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BULLETINS 
L'ACADEMIE ROYALE 

SCIENCES, DES LETTRES ET DES BEAUX-ARTS 

HE BELGIQUE. 

5 7 me ANNEE, 3 m0 SERJE, T. XIV. 
1887. 



BRUXELLES, 

HAYEZ, IMPFUMIXK 1>K l/.\«: ViiK.MIK Hn\. 



MDCCCLXXXVII. 




BULLETINS 
L'ACADEMIE ROYALE DES SCIENCES, 

LETTRES ET DES BEAUX-ARTS »E BBLtiHJUE. 






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BULLETINS 

f.'T 

■isn ■ 
L'ACADEMIE ROYALE 

SCIENCES, DE8 LSTTRE8 ET DES BEAUX-ARTS 
DE KKLUIQUE. 

GINQUANTE-SEPTIKME ANNEE. — 3- SER1E, T. 14. 



Mo. Bot. Garden, 

1S96. 

BKUXELLES, 

ELK l>E l'aCAUEMIE ROYALE DE BELGIQUE, 



academie koyale de belgique. 

BULLETIN 

DE 

L'ACADfiMIE ROYALE DES SCIENCES, 

DES 

LETTRKS KT DES BKAUX-ARTS DE BEMJIQUE. 

5o* auuee, 3* 6ette, tome 4 4- 

r 7. 

Mo. Bot. Garden, 

1896. 

BRUXELLES, 

¥. HAYEZ, 1MPKIMEUK DE l'aCADEMIE ROYALE, 



BULLETIN 



L'ACADEMIE ROY ALE DES SCIENCES, 



LETTRES ET DES BEAUX-ARTS DE BELGIQIE. 

4887. — JN« 7. 



CL\SSE DES SCIENCES. 



Seance du 2 juillet 1887. 

M. De Tilly, directeur, president de I'Acaderaie. 

M. Liagre, secretaire perpetuel. 

Sont presents : MM . Fr. Crepin, vice-directeur; J.-S. Stas, 
P.-J. Van Beneden, le baron Edm. de Selys Longchamps, 
Gluge, J. C. Houzeau, G. Dewalque, H. Maus, E. Candeze, 
Ch. Montigny, fid. Van Beneden, C. Malaise, F. Folie, 
Briart, fid. Mailly, Ch. Van Bambeke, G. Van der Mens- 
brugghe, W. Spring, Louis Henry, M. Mourlon,wiem6m; 
E. Catalan, Ch. de la Vallee Poussin, associes; L. Fredericq, 
Paul Mansion, P. De Heen et C. Le Paige, correspon- 



CORRESPONDANCE. 



M. le Ministre tie I'Agriculture, de I'lnduslrie et des 
Travaux publics envoie, pour la bibliotheque de I'Aea- 
demie, Fouvrage du lieuteuant Jerdme Becker, intitule : 
La vie en Afrique, avec preface du comte Goblet d'AMella. 
— Remerciements. 

— M. le marechal des logis d'artillerie en retraite 
Delaey, a Roulers, adresse des communications se rappor- 
tant a divers sujets. — Depot dans les archives. 

— M. F. Terby, docteur en sciences, a Louvain,demande 
le depot dans les archives d'un billet cachete date du 
SOjuin 1887. — Accepte. 

— Le Musee royal d'histoire naturelle de Bruxelles 
envoie le tome XIII (avec planches) de la Description des 
ossements fossiles des environs d'Anvers, par P.- J. Van 
Beneden. — Remerciements. 

— Hommages d'ouvrages : 

i° Travaux du laboraioire de Leon Fredericq, a Clnslitut 
de physiotogie de I'Universite de Liege , tome 4 er , 1885-86; 

2° a) Note sur I'hypnoscope et sur les phe'nomenes de 
transfert par les aimants ; b) La matiere brute et la 
matiere vivante ; par J. Delboeuf; 



(5) 

5° Sur les (empties, theories et discussions nouvelles; par 
H. Faye, associe de la Classe, a Paris ; 

4° Der jetzige Stand der morphologischen Disciplinen 
mit Bezug auf allgemeine Fragen. Discours par A. von 
Kolliker, associe, a Wurtzbourg; 

5° a) Sur les causes des variations diurnes du magne'tisme 
terreste et sur la loi qui regie la position du courant per- 
turbateur principal; b) Variations diurnes inter tropicales 
et variations annuel les du magnelisme terrestre; par 
Ch. Lagrange (presenle par M. Folie, qui « estime que eel 
» ouvrage semble avoir fait faire tin grand pas a la theorie 
du magnetisme lerrestre) » ; 

6° Fauna und Flora des Golfes von Neapel : Polygor- 
dius; par J. Fraipont (presenle par M. Ed. Van Beneden); 

7° a) Notes de technique microscopique; b) Resume d'une 
conference sur la microphotographie, appliquee a I'histo- 
logie, ranatomie compare'e et Cembryologie; par P. Fran- 
cotte (presentes par M. Ed. Van Beneden). — Remer- 



— Les iravaux manuscrils suivanls sonl renvoyes a 
I'examen de eommissaires : 

1° Note sur les oscillations d'un pendule produites par le 
' de'placemenl de Caxe de suspension ; par E. Ronkar. — 
Commissaire: M. Folie; 

^Description de quelqios < ■nruri>i tarees nouvelles ; par 
A. Cogniaux. — Commissaire : M. Crepin ; 

5° Sur le sulfure de cadmium colloidal ; par Eug. Prost. 
— Commissaires : MM. Stas et Spring. 



(4) 



« Les fonctions invariantives d'un sysleme de formes 
algebriques satisfont, comme on le sait, a deux equations 
aux derivees partielles qui suffisenl pour les definir. 

On s'est occupe, depuis longtemps, des fonctions des 
coefficients seuls qui satisfont a 1'une de ces deux equa- 
tions, et qui, pour cette raison, ont ete appelees semi- 
invariants. M. Deruyts a obtenu de tres interessantes 
proprietes de ces fonciions et les a communiquees recem- 
ment a 1'Academie. 

Dans le travail actuel, il se propose une question ana- 
logue : celle de determiner les fonctions des coefficients et 
des variables qui satisfont a une seule des equations difle- 
rentielles que nous venons de mentionner ; il appelle semi' 
covariants ces expressions nouvelles. 

La nature dii travail de notre jeune collegue de Liege 
ne nous permet pas d'entrer dans de longs developpe- 
raents : nous nous bornerons a signaler quelques-uns des 
theoremes enonces. 

L'auteur rencontre d'abord cette propriete fondamen- 
tale : Dans un semi-covariant, le coefficient de la plus 
haute puissance de x i est un semi-invariant. 

Lorsque la fonclion satisfait a la seconde equation aux 
derivees partielles, ce coefficient suffit pour determiner, 



(5) 
d'une maniere unique, lous les aulres coefficients, c'est-a- 
dire lecovariant. II n'en est naturellement plus de meme 
dans le cas actuel. Mais, grace a 1'operation ~- definie 
dans un travail precedent de I'auteur, celui-ci parvient a 
montrer la liaison entre les coefficients du semi-covariant 
etcelui de son premier lerme. 

II arrive ainsi a cette propriele : 

Tout semi-covariant est line somme de prodnits cle puis- 
sances de x 2 par des expressions de la forme 



k itant un sem 



dk m| \ drtt* 



M. Deruyts etablit ensuile un autre mode de formation 
des fonclions qu'il etudie. 

Comme nous I'avons dit, il nous est impossible de 
reprendre un a un les nombreux tbeoremes enonces par 
I'auteur : ce serait simplement reprodnire son travail en 
supprimant les demonstrations. 

Nous signalerons cependant la liaison interessante que 
M. Deruyts etablit entre les semi-covariants et la theorie 
des fractions continues, et le procede ingenieux qu'il en 
deduit pour retrouver le canonizant de Sylvester, ainsi 
que les remarques auxquelles il est conduit sur I'addition 

En resume, nous pensons que le nouveau travail de 
M. Deruyts est tres digne d'etre approuve par la Classe, et 
nous en proposons bien vivement I'impression dans un des 
Recueils in-8° de I'Academie. p 

f.a Classe a adople ces conclusions, auxquelles M. Man- 
sion, second commissaire, s'est rallie. 



(6) 



I de la p ho tog rap hie a l" etude de I'el 
des nerfs; par M. Henrijean. 



5 les plus ingenieuses de I'electro-physiolo- 
gieonteteutiliseespourl'etudedescourants electrotoniques 
des nerfs. Malheureusement ces methodes sont extreme- 
ment compliquees, el ne permettent d'arriver a reconsli- 
tuer la courbe qui represente les differentes phases de 
I'eleclrotonus, qu'en combinanl les resullats fournis par 
un grand nombre d'experiences successives. II faut bien 
se resigner a faire abstraction de l'influence de la fatigue 
du nerf, et des autres modifications qui peuvent se pro- 
duiredanssa substance, au cours d'une serie d'experiences. 
Bernstein, Pun des physiologistes allemands qui s'est 
occupe avec le plus de succes de ce sujet difficile, emel- 

les disposant de maniere a n'avoir a soumeltre le nerf qu'a 
une seule action de polarisation, — ce qui s'obtiendrait 
le mieux, dit-il, au moyen de relectrotuetre capillaire, dont 
on photographierait les excursions. 

Ce vceu exprime par Bernstein, M. Henrijean est par- 
venu a le realiser. II a pu, au moyen de la photographie, 
recueillir, en une seule experience, la courbe complete du 
courant electrotonique. Hatons-nous de dire que son tra- 
vail confirme, en grande partie, les resultals obtenus par 
d'autres experimenlateurs; son interet reside done rnoins 
dans la decouverte de fails nouveaux que dans la sub- 
stitution d'une melhode directe, simple et facile, aux pro- 
cedes compliques et laborieux utilises jusqu'a present. 



(?) 

Nous vous proposons : 

1° De voter 1'impression de la notice de M. Henrijean, 
avee la planche qui 1'accompagne, dans le Bulletin de 
1'Academie; 

2° D'adresser des remerciemenls a I'auteur, en I'enga- 
geant a poursuivre ses recherches et notamment a etendre 
a I'etude de quelques autres problemes de 1'eleclro-physio- 
logie la methode qui lui a si bien reussi dans celle de 
l'eleclrotonus. » 

La Classe a adopte ces conclusions, auxquelles s'esl 
rallie M. Van Bambeke, second i 



Sur la circulation du sang dans le cercle arteriel de Willis, 
par M. G. Corin. 



« Quatre gros vaisseaux, les deux carotides et les deux 
vertebrales, amenent au cerveau le sang arteriel qui doit le 
nourrir. Ces vaisseaux s'anaslomosent largement a la base 
du crane, de maniere a former une espece de polygone 
vasculaire, connu sous le nom de cercle arteriel de Willis. 

C est grace a I'existence de ces anastomoses que le cer- 
veau etle cervelelpeu vent supporter I'oblileVation d'une ou 
de plusieurs arteres nourricieres, les canaux qui restent 
suffisanta la nutrition. 

M. Corin a cherche a determiner dans quelle mesure se 
fait cette suppleance. II a constate que, chez le chien, la 
ligature de deux et meme de trois des grosses arteres, 



(8) 
n'exerce que fort peu d'influence sur la pression du sang 
dans le cercle arleriel de Willis, et par consequent sur les 
conditions de la circulation cerebrate. Dans la plupart des 
cas, la ligature des quatre vaisseaux afferents n'amene pas 
non plus de troubles graves : le cerveau recoit alors son 
sang par des voies detournees, notamment par les anasto- 
moses avec les vaisseaux spinaux. 

II n'y a done pas lieu, selon M. Corin, de s'etonner du 
peu d'influence que la ligature des carotides ou des verle- 
brales exerce sur le rythme respiratoire, et i'on n'est plus 
en droit d'invoquer ces faits contre la theorie respiratoire 
de Rosenthal. 

On sait que, d'apres ce physiologiste, le rythme respira- 
toire est regie, en grande parlie, par la qualite (composition 
desgaz) du sang qui circule dans la lete, notamment par les 
conditions de Irrigation sanguine de la moelle allongee. 

M. Corin termine son travail en determinant la vilesse 
de propagation des ondes pulsatiles a travers le cercle de 
Willis. Cette vitesse est notablement plus faible que dans 
les gros troncs arteriels voisins du coeur. 

La notice de M. Corin contienl plusieurs fait nouveaux 
et inleressants. 

Nous vous proposons : 

i° D'insererson travail dans le Bulletin de I'Academie; 

2° De voter des remerciements a son auteur. » 



La Classe a adopte ces conclusions, auxquelles 
rallie M. Van Barabeke, second commissaire. 



Nouvelles recherches sur le spectre 
par M. Ch. Fievez. 



« Dans son travail, M. Fievez expose brievement Petal 
de nos connaissances sur le spectre du carbone, qui a deja 
fail de sa part Pobjet de longues et dedicates recherches. 
Des spectroscopistes atlribuent an carbone un spectre 
different de celui de ses composes hydrogenes; d'autres 
spectroscopistes considerent le spectre des composes hydro- 
genes du carbone comme le spectre propre de cet element. 

Des experiences nouvelles, consignees dans la notice 
presentee a PAcademie, M. Fievez conclut que « dans 
Pelat actuel de nos connaissances, le carbone n'a pas de 
spectre different de celui de ses composes hydrogenes ». 

L'Academie sait qu'il y a plusieurs annees deja j'ai fait 
des recherches sur le spectre du carbone el le spectre de 
Phydrogene, en soumettant a I'analyse prismalique succes- 
sivement : 1° la flamme du gaz d'eclairage et des 
vapeurs hydrocarbonees alimentee par 1'air ou par Poxy- 
gene; 2° la flamme de 1'hydrogene pur dans Pair et dans 
Poxygene; 3° le gaz de Peclairage contenu dans des tubes 
de Geissler a la pression de 20 millimetres et rendu lumi- 
neux par le passage d'un couranl eleclrique. 

A Poccasion d'un rapport que j'ai eu Phonneur de 
faire a PAcademie sur un Memoire de M. von Konkoly, 
j'ai communique a la Classe Introduction d'un travail 
inedit sur des recherches chimiques et spectroscopiques, 
dans lequel j'expose mes investigations sur le spectre de 



( io i 

flamme de I'hydrogene alimentee par fair ou par I'oxygene, 
et le spectre de flamme du gaz d'eclairage alimentee par 
1'air ou par I'oxygene. 

Depuis la presentation de la notice de M. Fievez, j'ai eu 
soinde soumettrea un nouveau contrdle mes observations, 
en priant mon savant ami el eollegue, M. Depaire, profes- 
seur a 1'Universile de Bruxelles, de me preler son concours 
actif et eclaire en meme temps que sa remarquable et si 
parfaite installation spectroscopique. 

II resulte de mes anciennes et nouvelles observations 
que: 

\° Le spectre de flamme du gaz d'eclairage et des 
vapeurs deshydi'Oi'.ii'iiuivs liqimles, alimentee a I'oxygene, 
brulant a la temperature de la fusion de I'iridium, se com- 
pose des raies et des batides decrites dans I'inlroduction 
deposee sur le bureau de I'Academie et paraphee a cette 
epoque par M. le Directeur et ML le Secretaire perpetuel. 
Les raies C. F. G. de Frauenhofer, caracterisliques de la 
presence de I'hydrogene, font absolument defaut dans ce 
spectre. 

On constate 1'absence des raies de I'hydrogene, lors 
m£me qu'on fait passer une elincelle ou une decharge a 
I'aide de cones de charbon ou de spheres de platine au 
iraversde la parliede la flamme hydrocarbonee consideree. 
Quelles que soient les dispositions que M Depaire et moi 
nous ayons prises pour la position des cones ou des spheres 
dans la flamme, noire impuissance a faire apparaitre les 
raies C. F. G., et meme la raie C qui se presente toujours 
dans le spectre de l'eiincelle jaillissanle a la surface d'une 
solution saline aqueuse, notre impuissance, dis-je, a ele 
absolue; 

2° Le spectre etectrique du gaz de I'eclairage et des 



( II ) 

vapeurs hydrocarbonees, observe a la tension de 20 milli- 
metres dans la partie relrecie des tubes dc Geissler, se 
compose des raies et des bandes du spectre de flamme de 
ces memes gaz el vapeurs, auxquelles viennent s'ajouler, 
suivant I'intensite du courant, soit la raie C. soit les raies 
C. et F., soit les raies C. F. et G. de Frauenhofer, caracle- 
ristiques de I'hydrogene ; 

3° Le spectre de flamme de I'hydrogene pur, suivant que 
la flamme est obscure el incolore ou portee a Y incandescence 
et coloree dans ce cas en bleu d'azur, est represents par 
un espace spectral totalement obscur ou par un espace 
spectral illumine, forme d'un spectre continu presentanl 
un fades propre, distinct absolumenl du fades du spectre 
continu qu'on observe par Panalyse prismatique des radia- 
tions lumineuses emises par les solides opaques et fixes, 
tels que le platine, l'iridium, le carbone, portes a la plus 
vive incandescence. 

Quelles que soient les dispositions prises pour la com- 
bustion de I'hydrogene dans l'oxygene, quels que soient la 
partie de la flamme analysee et les spectroscopes employes, 
il est impossible de constater, a la vue, dans le spectre 
continu, faiblement ou intensement illumine, la presence 
d'une raie de I'hydrogene. D'apres mon experience, suffi- 
sarament controlee, je me crois en droit d'affirmer que le 
spectre de flamme de I'hydrogene pur est d£pourvu de 
raies brillantes ou noires proprement diles; 

4° Le spectre electrique de I'hydrogene pur observe dans 
des tubes de Geissler est caracterise par les raies parfaite- 
ment connues C. F. et G. de Frauenhofer. Je dis observe 
dans des tubes de Geissler, car j'ai des doutes sur la possi- 
bility de constater I'apparition des raies de Frauenhofer 
dans le spectre de Pare electrique, produit dans I'hydro- 



( i* ) 

gene. A mon avis, rapparition ou la non apparition des 
raiesC. F.etG. fie Frauenhol'er, dans le couraut, Felincelle, 
la decharge on Tare electriques, exige des recherches 
nouvelles. 

Des fails qui precedent, je me crois autorise a dire que 
la conclusion que M. Fievez deduit de ses recherches et 
dont j'admets, sans reserves aucunes, la parlaite exacti- 
tude, n'est pas absolument adequate a ces fails. Elle ne 
s'adapte qu'an spectre du carbone de Varc electrique el 
qu'au spectre de flamme des hydrocarbures. Elle ne 
s'applique pas au spectre electrique des hydrocarbures 
observe dans les tubes de Geissler. Ce spectre electrique 
n'est pas le meme que celui du spectre de flamme; il est 
represents par la somme du spectre de l'arc du carbone 
et du spectre electrique de I'hydrogene. 

L'enonce des experiences exposees ci-dessus dit suffi- 
samment pourquoi le spectre de flamme des hydrocar- 
bures n'est pas le meme que le spectre electrique des 
memes hydrocarbures, et pourquoi ces differences existent 
et doivent exisler; mais je ne veux pas insister davantage. 

Quoi qu'il en soil, je partage Topinion de M. Fievez que le 
spectre de flamme des hydrocarbures represente le spectre 
vrai du carbone, spectre identique a celui observe a 1'aide 
du carbone dans Tare electrique fonctionnant dans le vide. 
En consequence, j'ai l'honneur de proposer a 1'Academie 
d'ordonner Timpression du travail de M. Fievez dans le 
Bulletin de la seance, de lui voter des remerciements pour 
sa communication, et de I'engager a continuer lesrecherches 
qu'il annonce avoir entreprises sur le spectre des differenls 
composes carbones. » 

— Adopte. 



( «5 ) 



COMMUNICATIONS ET LECTURES. 



Sur une relation entre I'elasticite optique et Cactivite chi- 
mique dans un cristal de Spath d'Islande; par Wallhere 
Spring, membre de I'Academie. 

Jai eu J'honneur de communiquer a la Classe des 
sciences de I'Academie, dans la seance du mois de mars 
dernier, les resultats de recherches que j'avais entreprises 
en vuedeconnailre comment variait, avec la temperature, 
la vitesse de reaction des acides mineraux sur le marbre. 

J'etais arrive a un resultat tres simple, car la vitesse 
de la reaction s'est montree independante de la nature 
chimique des acides, et variable avec la temperature sui- 
vant une exponentielle donl le module est 2 : toutes autres 
conditions (etendue de la surface du marbre, concentra- 
tion des acides, etc.) restant les memes, bien entendu. 

Le marbre n'etant pas un corps identique a lui-meme, 
sous le rapport physique, dans toutes ses parties, puisqu'il 
n'est pas rare de rencontrer des regions plus ou moins 
dures, j'ai tenu a verifier le resultat trouve d'abord en 
faisant usage, cette fois, d'un corps cristallise : le spath 
d'Islande. 



(U) 

J'ai examine la vilesse de dissolulion d'un crislal de 
cette espece minerale, dans ses diverses directions prin- 
cipals. Je prie I'Academie de vouloir bien accueillir la 
relation des resultats obtenus afin de me permeltre de 
prendre dale pour quelqnes fails qui me paraissent assez 

1° Toutes les faces du solide de clivage se dissolvent 
avec la meme vilesse dans les acides mineraux, toutes 
conditions etant egales d'ailleurs. 

2° Les sections obtenues en taillant un cristal perpen- 
diculairemenl a l'axe optique, ou parallelement a celui-ci, 
se dissolvent inegalement vile. 

La section qui se dissout le plus rapidement est atissi 
celle pour laquelle l'indice de refraction d'un rayon lumi- 
neux est le plus grand. Si Ton determine le rapport des 
vitesses de reaction des deux sections mentionnees, on 
trouve, en moyenne, quVlles sont entre elles comme 
1 : 1,14; d'autre part, les indices de refraction correspon- 
danls sont entre eux comme 1 : 1,12. 

II n'y a pas identite entre ces rapports; mais la diffe- 
rence ne comporte que 2 °/ de la valeur totale, de sorte 
que Ton est fonde a conclure, me semble-t-il, que l'elasli- 
cite optique dans une direction donnee d'un cristal n'est 
pas sans influence sur Pactivite chimique. Peul-etre bien 
y a-t-il la la trace de connexion entre les pbenomenes 
chimiques en general et les mouvements ondulatoires que 
Ton a nomme lumiere. 

J'aurai bientot I'honneur de presenter a I'Academie le 
complement de cette note. 



(IS) 



Sur line nouvelle interpretation de quelques depots ter- 
tiaires ; par M. Mourlon, membre de l'Academie. 

M. Era. Vincent vient de publier une interessante Note 
sur trois coupes de depots tertiaires relevees a Nossegem, 
Sterrebeek et Ophem,sur le terriloire de la Planchettede 
Saventhem (1). 

Cetle Note remet en question Interpretation d'une 
partie de ces depots telle qu'elle se trouve consignee dans 
la legende de la carte geologique a I'eehelle de V20000 et 
aboutit a des conclusions qui laissent enlrevoir d'impor- 
tants resultals. 

Pour le moment, M. Vincent se borne a I'examen minu- 
tieux des deux groupes de couches sableuses qui, dans la 
region dont il s'agit, s'observent entre les sables laeke- 
niens de TEocene moyen et Fargile glauconifere que 
Dumont range dans son Tongrien. 

Le plus inferieur de ces groupes de couches, separe des 
sables laekeniens par un gravier a Nummulites iariolaria, 
est considere comme etant la base de I'etage wemmelien, 
raais il parait bien plutot devoir constituer un etage special. 
Le groupe de couches superieur, au contraire, renferme la 
faune-type des sables de Wemmel proprement dits, et 
c'est par erreur qu'il a ele, en de certains points comme 
rapporte a un nouveau systeme de couches 



t donne le noro 



( *«) 
auquel MM. Rutot et Van den Broeck c 
tfasschien. 

Sans vouloir me prononcer pour le moment sur la 
valeur de ce nouveau systeme qui me parait tout au moins 
sujette a discussion, je crois pouvoir conclure de mes pro- 
pres observations sur les depdts en question que le nou- 
veau classement propose par M. Vincent est celui qui, 
dans 1'elat actuel de nos connaissances, repond le mieux a 
la realite des faits. 

Le tableau suivant permettra de bien appr^cier en quoi 
ce nouveau classement differe de I'ancien : 



*Zt 


M ta^M**Wkl-. 


.rz 




Argile glauconiferc (Tongrien de 






Sable fia 


«c„. 




Sable ferrugineux 


Le,U„ 




Sable blancMtre calcarifere .... 

Gravi.-r a .V. laevigata roulees . . . 


Laekenien. 




Sables siliceux et calcariferes . . . 


BruxelUen. 



J'ajouterai qu'un nouvel examen des echantillons de 
roches et de fossiles deposes au Musee de Bruxelles et se 
rapportant aux nombreuses coupes dont plusieures ne 
sont plus guere visibles aujourd'hui et qu'il m'a ele donne 
de relever dans les differentes parties du bassin franco- 



(17) 
beige, sembie devoir confirmer en tous points la nouvelie 
interpretation qui faitl'objet de cette communication. 

Les sables a N. variolaria presentent un facies faunique 
differant de celui des sables de Wemmel propremenl dits, 
notammenl a Lede el a Moorsel pres d'Alost, a Forest et 
a Melsbroeck pres de Bruxelles,a Baeleghem pres de Gand, 
a Cassel en France, etc. C'est cette consideration qui, 
jointe a celle des caracteres mineralogiques et stratigra- 
phiques des sables en question, me fait proposer, d'accord 
avec M. Vincent, de les considerer comme formant un 
elage special, et de designer ce dernier sous le nom Pelage 
ledien comme le renseigne !e tableau ci-dessus. 

Deja, en 1873 (1), j'avais propose de designer les sables 
a JV. variolaria sous le nom de <t sables de Lede », mais 
le degre d'avancement des etudes de nos depots tertiaires 
n'autorisait pas a cette epoque de les separer nettement 
des sables de Laeken et de Wemmel, comme les nom- 
breux et remarquables travaux effectues depuis, per- 
mettent aujourd'hui de le realiser. 

Ne voulant pas anticiper sur les resultats des recherches 
qui ne peuvent manquer de se produire a bref delai sur 
les autres depots composant le systeme asschien, je me 
bornerai a faire remarquer que, parlout ou il m'a ete donue 
d'observer le contact des sables lediens a JV. variolaria, soit 
avec les sables wemmeliens qui les surmontent, soit avec 
les sables laekeniens qu'ils recouvrent, ils m'ont paru avoir 
une epaisseur et un developpement beaucoup plus consi- 
derables que ces deux autres depdts sableux. 

C'est ainsi que, dans la coupe de Baeleghem (Geologie 



( 18; 
de la Belgique, t. 1, fig. 43, p. 239), les sables el gres n os 7 a 
41, que je rapporle aii nouvel elage ledien, sont beaucoup 
plus epais que les sables wemmeliens red nits a la couche 
n° 5. Ces derniers sont separes des sables lediens par le 
banc de gres coquiller n° 6, constituant un gravier de base 
a peine visible, et sur lequel I'attention n'avait pas encore 
ete appelee lorsque je relevai cetle coupe en 1875. II 
parait en etre de meme du banc de gres avec sable blanc 
legerement glaueonifere el gra\eleu\ -pii, dans ma coupe 
du Mont des Recollets (Ibid., p. 243), separe les sables 
wemmeliens n° 3 des sables lediens n° 4. 

C'est le banc de gres le plus inferieur de la premiere 
zone a JV. variolaria de la coupe de MM Ortiieb et Chel- 
lonneix (1). 

Quant aux sables laekeniens, ils ne sont represenles 
dans ces deux coupes que par un i'aible depot de sable 
graveleuxalY. laevigata roulees au-r ... >* - .,. gn-s peribres 

II est a remarquer a ce sujet qu'en de certains points 
des environs de Bruxelles, notamment a Boitsfort el a 
Walermael, ces memes sables laekeniens semblent faire 
completement defaut, et l'on voit le gravier ledien reposer 
direclement sur les sables, el gres leu ugincu \ bruxeiliens. 

Qu'il me soit permis, en terminant, de faire remarquer 
que, toul en adoptant le nouvi an < lass . . nl propose par 
M. Vincent el dont je viens de montrer I'application en 
des points assez eloignes de ceux qu'il a plus particulie- 
rement eludies, je crois devoir insister sur I'interet qu'il 
y aurait a faire connailre la repartition des nombreuses 



( *») 

especes fossiles recueiilies dans les depots qui font I'objet 
dudit classement. 

Pour effectuer cet important travail, M. fim. Vincent 
trouvera dans la personne de son pere, M. G. Vincent, un 
collaboraleur d'autant plus autorise que, par ses habileset 
perseverantes recherches, il a conlribue pour une tres large 
part aux progres si marquants realises depuis quelques 
annees dans la connaissance de nos terrains l 



Les genres Ectejnascidia Hekd. Rhopalea Phil, et Slui- 
teria (nov. gen.). — Note pour servir a la classifica- 
tion des Tuniciers; par Edouard Van Beneden, membre 
de 1'Academie. 

Nos connaissances relatives au groupe des Tuniciers se 
sonl considerablement accrues dans ces dernieres annees, 
et cela a un double point de vue. Plusieurs travaux recents, 
traitant soit de fanatomie soil du developpement des 
Urochordes,ontlargement conlribue a elucider les diverses 
questions relatives a la morphoiogie de ces animaux; 
d'autre part, un grand nombre de formes inconnues jus- 
qu'iciont ete decrites et iigun'es; les caracteres distinctifs 
des families out vh'> mieux dJ-Jinis. II y a cinq ans Ton con- 
naissait a peine quelques especes exotiques; aujourd'hui, 
grace surtoutaux travaux de Herdman, qui a fait connaitre 
les Ascidies simples et les Synascidies recueiilies pendant 
l'expedition du Challenger, grace atix memoires deSluiler 
sur les Tuniciers de la Walaisie, de von Drasche et de 
Traustedt, qui ont deceit un grand nombre de formes nou- 
velles provenanl de diverses parties du globe, particulie- 



(20) 
rement du Pacifique, la liste des Ascidies simples et com- 
posees, decrites et Ggurees, a plus que double. 

L'ensemble de ces recherches fait pressentir une reforme 
de la classification des Tuniciers,et diverses tentatives out 
ete failes deja en vue d'etablir la systematique sur des 
bases nouvelles. 

Je me propose de publier prochainement la critique de 
ces essais et de faire connaitre les resullats auxquels j'ai 
6"te moi-meme conduit, en ce qui concerne la classification 
des Urochordes. La presente note, preliminaire a ce travail, 
a pour objell'etude critique du genre Eeteinascidia etabli 
par Herdman (1). Ilcomprend cinq especes, dont troisont 
ete decrites par Herdman lui-meme, sous les noms de 
dia fitsca el Eeteinascidia 
turbinate, deux decouvertes par Sluiter (2) et designees 
par lui sous les noms de Eeteinascidia diaphanis el 
Eeteinascidia rubricollis. Qualre de ces especes se mulli- 
plient a la Ibis par voie sexuelle et par bourgeonnemeni 
slolonial, a la facon des Clavelines et des Perophores; la 
cinquieme est probablement une Ascidie simple. Le genre 
Eeteinascidia que Milne-Edwards eut certainement range 
a cote des genres Clavelina el Perophora, dans son groupe 
des Ascidies sociales, est place par Herdman a cole de ces 



(1) Herdman, W. 


A., Preliminary 




Tunicata -f 


Challenger Expedilk 


n. Part. II. Edi 


mb. Roy. Soc Proc. Scss 


187D-1880. 








Report tho upon 


he Tunkata co 


ectvd durin 




//. M. S. Challenger 


during the years 


1 873- 1 876. 


Zool. Chal.E 


Vol. VI, part. XVII, 


296 pages et 57 


planches. 




(2) Sluiter, Ueber 


cinige cinfachen 


Ascidien v. 




Natuurkund. Tijdsch 


v. Nederl. Indie 


Bd. XIV, p 


160. 



(21 ) 

genres, dans la famille des Clavelinides, parmi les Ascidies 
simples. 

[/organisation des differenles especes de ce genre et les 
afliniies qu'elles manifestent les unes avec des Ascidies 
simples, les autres avec des Synascidies, demontrent avec 
evidence qu'il faul renoncer a chercher dans les modes 
de reproduction un principe de classification. A ce point 
de vue, aucun groupe d'especes de la classe des Tuniciers 
n'est plus instructif. Des cinq especes reunies dans le 
genre Ecteinascidia, deux doivent prendre place dans le 
genre Rhopaloea Phil., deux peuvent elre conservees dans 
le genre Ecteinascidia; la cinquieme constitue un type 
generique distinct, que je propose de designer sous le 
nom de SUtiteria. 



Rhopaloea Phil. 

Quand, en 1879-1880, Herdman crea le genre Ectein- 
ascidia, Ton ne connaissait que par la description qu'en 
avail donnee Philippi (1), la forme si particuliere que ce 
naluraliste avait decouverte, en 1842, dans le golfe de 
Naples, et qu'il avait baptisee du nom de Rhopaloea neapo- 

Jusqu'en 188!, personne ne reussit a retrouvercet Asci- 
dien, ou tout an moins, si des exemplaires sont tombes 
entre les mains de naturalistes, n'ont-ils pas ete reconnus 
comme appartenant au type decouvert par Philippi. En 
visitant l'an dernier les collections zoologiques de l'Uni- 
versite de Leipzig, je fus surpris de trouver, parmi les 



(22) 

Asciilit'ii.-;, nn bel exemplaire de Rhopalcea neapolitana 
sous le notn de Phallusia menlula. 

Traustedt (1), que la direction de la Station zoologique 
de Naples a charge, en 1882, de la publication des Asci- 
dies simples du golfe, ne fait pas meme mention du genre 
Rhophalcea. 

En 1884, Roule (2) annoncait a I'Academie des sciences 
de Paris la don_>u\<.-i ■; :-• qui! vi-nait tie faire d'une station de 
Wtopahra sur les cotes de Marseilles, dans les fonds du 
pourtour des Zosteres, dans les sables vaseux charries 
par les courants, par 25 a 60 metres de profondeur. II 
donna d'aliord quelqurs rensrignemcnts sommaires sur 
(organisation de ce Tunicier; il en a publie depuis, dans 
le Journal de Fol (5), line description anatomique accom- 
pagnee de fori beaux dessins. 

Pendant mon sejour a Naples en 1881, j'avais missi a 
relrouver le Rhopalcea neapolitana de Philippi; j'en ai 
rapporte cinq exemplaires. M. Roule a bien voulu m'en 
envoyer quelques aulres recueillis par lui a Marseille, el 
j'ai pu ainsi non pas seulement m'assurer de I'identite de 
la forme des cotes de Provence avec I'espece napolitaine, 
mais aussi etudier par moi-meme ('organisation de celle 
forme inleressanle. 

Roule avait reconnu que la description de Philippi, ties 
exacte d'ailleurs pour la plupart des details d'organisation 
qu'il signale, devait etre rectifiee sur un point important. 
Philippi avait cru reconnaitre que les barres long 

(1) Traxstect, Die ewfachen Ascidien (Ascidioe simpiices) des 
Golfes von Neapel. .Mitth. a. d. Zool. Stat, zu Neapel. 1885. Heft. IV. 

(2) Roule, Sur le genre Rhopalcha. Comptes rcndus du I9mai J 881. 

(5) Rolle, Renslon d, .- cspi'ie* d,- I'ftallimades des cotes de Pro- 
vence. Roc. Zool. Suisse, t. III. 



(») 

du sac branchial portent des papilles coinme on en observe 
chez la pluparl des Aseidiades, C'est la une erreur; ces 
papilles n'existent pas. Ace point de vue, les Rhopaloea ne 
different en rien des trois especes du genre Ecteinascidia 
decrites par Herdrnan. Or, si Herdman s'est decide a creer, 
pour designer ces trois formes, un nom generique nouveau, 
c'est en se fondant principalement sur la presence supposee 
de papilles chez les Rhopaloea, et sur l'absence totale de ces 
organes dans les trois formes ramenees par le Challenger. 
Faul-il en conclure a la suppression du genre cree par 
Herdman? 

Si Ton eludie avec soin les caracteres des trois especes 
designees par I'ascidiologue anglais sous les noms de 
Ecteinascidia crassa, E. fusca et E. turbinata, on con- 
state entre elles des differences considerables, louchanl a 
des points d'organisation fort imporlants. Dans deux d'enlre 
elles, E. crassa et E. fusca, la masse viscerale se trouve 
placee en arriere du sac branchial, de facon a constituer un 
veritable abdomen separe du thorax par un etranglement 
qui, pour etre moins apparent a I'exterieur dans E. crassa 
que dans E. fusca, n'en est pas moins reel : a The alimen- 
tary and genital viscera, ainsi s'exprime Herdman en 
decrivant E. crassa, extend in this species for a conside- 
rable distance beyond the branchial sac, so as to form a 
distinct abdomen, which is almost as large as the thorax, 
and is connected with it by a narrow pedicle traversed by 
the oesophagus, the intestine and the genital ducts ». — 
Chez Ecteinascidia fusca, le caractere est plus apparent 
encore, el extei ieurement deja on reconnait que le corps est 
divise en deux portions renflees separees Vune de I'autre 
par un etranglement, et reliees entre elles par un pedi- 
cule, comme dans les genres Rhopaloea et Diazona. 

Celte division du corps en un thorax comprenant le sac 



(24) 
branchial el un abdomen compose de la plus grande partie 
du canal alimentaire, des organes genitaux el du cceur, ces 
deux portions se trouvant separees par un etranglement 
median traverse par Foesophage, le rectum, les conduits 
genitaux et I'epiearde, constituent le caractere le plus sail- 
Ian t de Forganisalion du Rhopalcea. 

Ce n'est pas la le seul caractere qui rapproche du Rho- 
palcp.a neapolitana les especes Ecteinascidia crassa et 
E. fusca. 

Dans ces deux formes, rapportees par Herd man au genre 
Ecteinascidia, E. crassa et E. fusca, comme dans le Rho- 
palcea neapolitana, le test est resistant et de consistance 
cartilagineuse; en outre, il est epais, moins cependant 
autour du thorax que dans la region abdominale elautour 
du pedicule qui relie Tune a I'autre les deux portions du 
corps. Les trois especes se fixent par I'extremite poste- 
rieure de leur abdomen au moyen d'une surface irreguliere 
et inegale moulee sur les corps etrangers qui les portent. 
Les bandesmusculaires longitudinales de la tunique interne 
sont tres dCveloppees; le sac branchial est pourvu de barres 
longitudinales fixees a des prolongements triangulaires 
dependant des cotes transversales. II n'existe pas de 
papilles lelong des barres longitudinales. 

On ne peut distinguer, pas plus chez les Rophaloea que 
chez les E. crassa el E. fusca divers ordres de coles trans- 
versales. Toutes se rapportent a une seule et meme 
categorie, et les differences que Roule signale, entre ce 
qu'il appelle les sinus transversaux de premier et de second 
ordre, sont si peu marquees el si pen constantes, qu'elles 
meritenl a peine d'etre signalees : elles sont plus appa- 
rentes que reelleset dependent des ondulationsde la paroi 
du sac branchial. Roule reconnail lui-m^me combien peu 



(28) 
les deux ordres de cotes qu'il distingue different enlte 
eux quand il dit : « Toules les descriptions qui precedent 
sont faites d'apres I'examen de la branehie par sa face 
externe; il n'en est plus tout a fait ainsi lorsqu'ou regarde 
la face interne du meme organe. Les calibres des sinus ne 
sont plus tres different*, el comme leurs rapports avec les 
sinus longitudinaux sont semblables, on ne pent distinguer 
qiiavec difflculte les deux ordres run de Vautre. » J'ai 
examine avec grand soin la brancbie des Rhopalcea et je 
dois declarer que si, en certains points de la branehie, la 
ou les ondulations de la paroi sont bien marquees, on 
peut reconnaitre une alternance plus ou moins reguliere 
de vaisseaux un peu plus et un peu moins volumineux, en 
d'autres points, ou les ondulations sont moins apparentes, 
il est absolument impossible de distinguer des vaisseaux 
de premier et de second ordre. De plus, et ce point est 
essentiel, toules les cotes affectent les memes rapports 
avec les barres longiludinales, toules fournissent des 
insertions a ces derniers organes. 

II n'existe done, cbez Rhopalcea comme chez E. crassa 
el E. fusca, qu'un seul ordre de vaisseaux iransversaux 
(cotes transversales ou sinus transversaux). 

Dans les trois formes, les stigmates diposes en series 
transversales regulieres presentent les memes caracteres : 
cesont des boutonnieres a direction longitudinale, de forme 
ovalaire allongee. 

Dans les trois formes, il existe, le long de la ligne medio- 
dorsale, uneserie de languetles independantes ies unesdes 
autres, inserees aux points ou les edies transversales 
croisent le raphe dorsal. 

II n'existe done aucun caractere dans Forganisation qui 
permette de sepan-r generiqucment le lihopoeala neapo- 



(26) 

litana des espi'v. s E.-tviiui^-idin mi^n cl Erii i„ti« idln 
fusca. Aussi je pense qu'il faul les reunir en un seul et 
meme genre, pour lequel le nom de Rhopaloea doit etre 
conserve (1). Ce genre comprendrait done acluellement 
trois especes : 

Rhopaloea neapolitana, Philippi; 

Rhopaloea crassa, Herdman; 

Rhopaloea fusca, Herdman. 

RouIe,auqa les genres Ecteinascidi 

et Rhopaloea n'ont pas plus echappe qu'a Herdmai 
meme, qnoique ni I'un ni I'aulre de ces auteurs n'ait appele 
3'attention sur la distinction qu'il y a lieu de faire a cet 
egard entre Ecteinascidia crassa et Ecteinascidia fusca, 
d'une part, Ectvi.-m*, id;-. i:;> ',; n ut,i, dr I'mitre, lloule croit 
tronver la juslilicalion de la separation des deux genres 
dans le fait que Rhopaloea neapolitana serait un organisme 
monozoique, tandis que les Ecteinascidia sera ient polyzo'i- 
ques. II attache une grande importance a l'absence de la 
faeulte de bourgeonner chez les Rhopaloea. 

A supposer que reellement les Rhopaloea ne puissent pas 

se multiplier par gemmation, ce qui ne me parait pas encore 

absolumenl etabli, il n'en laud rait pas encore conclure, a 

mon avis, a I'obligation de separer generiquement Rhopaloea 

i - iiissn el fusca. 






Miaii vi-vWs avautii^Mix au point de vue d 
mais il en resulterait un grave inconven 
davantage encore la synonymic. 



(27) 

II y a lieu de faire observer que, en ce qui concerne 
Rhopalcea crassa, il n'est nullement prouve que cette espece 
se rnultiplie par bourgeonnement. Herdman n'a eu entre 
les mains que deux exemplaires de celte espece trouves sur 
une eponge Hexactinellide. II ne dit pas s'il existait ou non 
des connexions organiques entre les deux individus. 

D'autre part, en ce qui concerne Rhopalcea neapolitana, 
nous ne pouvons faire abstraction de {'observation de Phi- 
lippi, qui a represente tin exemplaire de son espece pourvu 
de deux excroissances qu'il dit elre des bourgeons. II est 
difficile d'admettre qu'un observateur aussi consciencieux 
eut pris pour des bourgeons d'autres Ascidies accidenlel- 
lement fixes sur le Rhopalcea. Tout recemment, M. Lahille, 
dans une note sur le sysleme vasculaire colonial des Tuni- 
ciers, ex prime [opinion que les formes isolees de Rhopalcea 
sont produiles aux depens de colonies, par suite de 1'alro- 
phie des stolons qui les reunissaient entre elles (1). 

Mais a supposer meme que reellement Rhopalcea soit 
monozoique et qu'il en soit de meme de Rhopalcea crassa, 
Mors que nous savons positivement que Rhopalcea fusca 
est une forme polvzoique, en resulterait-il qu'il faille 
separer generiquement cette derniere espece des deux 
autres? Je ne le pense pas. On peut citer dans le groupe 
des Zoophytes plusieurs exemples de genres renfermant, a 
cdte d'especes se multipliant par bourgeonnemant, des 
especes a peine differentes, depourvues de celte faculte, 
sans que 1'on ait songe a se fonder sur cette difference 



(28) 

pour les ranger dans des genres distincts. U Actinia mesem- 
bryanthemum se rnulliplie par bourgeonnement, alors 
qu'une foule d'especes voisines sont depourvues de cette 
faculte. Des fails du meme genre out ete reveles chez les 
Fungies et les Flabellum. 

Et a supposer qu'une Hydre ou une Claveline, sous l'in- 
fluence de conditions pat ml sa multipli- 

cation par bourgeonnement, en fut reduite a ne se repro- 
duce plus que par voie sexuelle, cesserail-elle pour ce 
motif d'etre une Hydre ou une Claveline? En quoi 1'organi- 
sation de ces etres s'en trouverait-elle modifiee ? 



Ectejnascidia. Herd. 

Si les ressemblances remarquables que j'ai fail ressortir 
entre les deux premieres especes du genre Ecteoiasi-idia et 
Rhopalcea neapolitana juslifienl pleinement, a mon avis, 
I'identification generique de ces formes, il me parait evi- 
dent, d'autre | mta represente 
un type generique fori different. El tout d'abord la division 
du corps en un thorax et un abdomen n'existe pas chez 
YEaeiimscnlia inrbinaia. I! i. ssort en effel aussi bien de la 
description que des figures produites par Herdman que, 
chez cette espece, le sac U,ui<!n;il -Vimd jusque pres de 
IVxtremite inlerieure du corps, et que la masse viscerale 
siege en grande partie, non plus en arriere du thorax, mais 
sur la face gauche du sac branchial. Ce fait a lui senl 
eloigne IkctetHU.scidia turbinate du type Rhopalcea et rap- 
procbe cette forme des Ascidiades propremenldits. 

De plus, le lest est mince el membraneux, non de con- 
sistance cartilagineuse,commec'est le cas chez Rhopalcea. 



Au lieu de s'inserer par une large surface repondant a 
I'extremite posterieure de Fabdomen, le corps s'effile en 
arriere pour se continuer dans le stolon par un pedicule. 

Les supportsdes barres longitudinals n'ont pas la forme 
de languettes triangulares, inserees par leurs bases aux 
cotes transversales, pour se terminer en pointesau niveau 
des barres; ils s'elargissent au contraire a partir de leur 
insertion, pour atteindre leur maximum de largeur au 
niveau des barres. Les stigmates sont des fentes allon- 
gees et etroites, non des boutonnieres ovalaires. 

Les languettes inserees le long du raphe dorsal sont 
distantes et ont l'apparence de tentacules, non de lamelles 
triangulares. 

La composition et le trajet du tube intestinal different 
notablement de ce que Ton observe chez Rhopalcea neapo- 
lilana, R. crassa et R. fusca. L'oesophage est court; il se 
dirige en arriere et a gauche pouraboulir a l'estomac,situe, 
au moins en parlie, sur la face gauche du sac branchial. L'in- 
lestin est place dans toule sa longueur sur la face gauche 
du sac branchial, le long duquel il remonte d'arriere en 
avant pour atteindre le cloaque. 

Les organes genitaux sont places dans la concavite de 
Panse que forme le canal alimentaire. 

Herdman ne decrit pas la musculature; mais il est pro- 
bable, a en juger par ce qui existe dans une espece decrite 
parSluiler, Ecteinascidia diaphanh, ties voisinede Ectein- 
ascidia turbinala, que les faisceaux longiludinaux sont tres 
reduits, tandis que les faisceaux a direction iransversah: 
sont relativement tres developpes. 

Ces caracteres, el avant tout celui qui resulte de l'ab- 
sence de toute division en un thorax et un abdomen, me 



(50) 

paraissenl justifier pleinement la separation cle VEclein- 
ascidia turbinate du genre Rhopaloea. Je pense done qu'il 
y a lieu de conserver le nom generique cree par Herd- 
man pour designer generiquement I'espece turbinata. 

Sluiter a decril, posierieuremenl aux travaux de Herd- 
man, deux formes nouvelles recueillies par lui a Tile 
Billiton; il a cru devoir I es rapporter au genre Ectein- 
ascidia.W les a appelees Ecteinascidia diaphanis et Ectein- 
ascidia rubricollis. Je dois a I'obligeance du D r Sluiter, 
qui a bien voulu m'envoyer quelques exemplaires de ces 
deux especes, d'avoir pu les etndier par moi-meme. 

Les caracteres exterieurs de la premiere, E. diaphanis, 
aont si semblables a ceux de E. turbinata de Herdman, 
que Ton pourrail hesiter, et que Sluiter lui-meme a hesile, 
a tlisliiiuiicr specitiquement la forme recueillie a Billiton de 
I'espece des Bermutles. Cependant l'etude de I'organisatioii 
a permis de eonstater quelques differences qui justiQent 
bien l'etablissemenl d'un nom specifique distinct. En effet, 
I'espece de Billiton est incolore; son test est absolument 
transparent et fort delicat. La lamelle dorsale est repre- 
sentee par une serie de languettes dont la forme differe 
assez notablement de celle des languettes dorsales de 
E. turbinata. 

Le nombre des tentacules est de quarante, moitie moin- 
dre a peu pres quechez E. turbinata. 

Lesorgaiu - dans 1'anse unique formee 

par le canal alimentaire, semblent differer assez notable- 
ment de ceux de £. turbinata. Cht z E.diuphuni.i I'ovaire 
occupe le centre d'un cercle forme par les lobules tesli- 
culaires, et les canauxexnt'ii uisdt'sorganessexuels, acco- 



( 31 ) 

les I'un a 1'autre, d'abord assez ecarles de I'intestin, s'en 
rapprochent ensuite el s'accolent a lui mais ne lecroisent 
jamais. 

D'apres Herdman la position relative des testicules et de 
I'ovaire serait inverse chez E. turbinata, et chez cette espece 
le canal deferent croiserait le rectum avant de s'ouvrir 
dans le cloaque. II y a lieu de douter de la realite de ces 
deux particularites signalees par Herdman. Elles eloigne- 
raient YE. turbinata non seulemenl de E. diaphanis, de 
laquelle elle est si voisine par tous les autres caracteres, 
maisaussi de Clavelina, Perophora, Ciona, et de la plupart 
des Ascidies. Dans loutes ces formes les lobules lesti- 
culaires enlourent I'ovaire, et chez aucune d'elles le canal 
deferent ne croise le rectum. 

Quoi qu'il en soil, il ne peut y avoir le moindre doute 
sur le bien fonde du rapprochement etabli par Sluiter 
enlre son E. diaphanis et E. turbinata. 

F^egenrejEc/e/wasc/d/apeuletrecaracterisecommeilsuit: 

Le corps de forme allongee, nettement cylindro'ide, se 
relrecit assez brusquement en arriere pour se fixer au 
stolon par un pedicule grele et court. II est Ironque en 
avant. Les orifices buccal et cloacal, assez rapproches l'un 
de I'autre, repondent a la troncature anterieure. L'un el 
1'autre sont sessiles. Surface du corps lisse. 

Dans les deux especes actuellemenl connues, de nom- 
breux individus sont reunis en colonie par un stolon 
rampant. 

Test mince, delical, diaphiim-, [»i u consislant, depourvu 
de tubes sloloniaux sterili-s: tunique interne mince et deli- 
cate pourvue seulemenl d< vsadiivction 
Iransversale, sauf au niveau du siphon buccal et du siphon 



C 52 ) 

cloacal.Les muscles longitudinauxdes siphons ne depassent 
pas les bases de ces organes. Au contraire, les muscles a 
direction transversale sonl repandus dans toule letendue 
de la tunique interne, sauf au niveau de la goutliere hypo- 
branehiale et de la masse viscerale. En ces points, la tunique 
interne est totalementdepourvue(lemuscles(1).Lesysteme 
musculaire eloigne considerablement le genre Eciein- 
ascidia dii genre Clavelimi, aussi hien que des Rhopalcea 
etdes Ciona. Chez les Clavelines, si Ton excepte les siphons, 
il n'existe dans la tunique interne que des muscles longi- 
tudinaux. Par les caracleres du systeme musculaire les 
Ecieinascidia se rapprochent au contraire des Perophores, 
chez lesquels les faisceaux musculaires longitudinaux se 
trouvent a use dints, quoique a un 

moitidi'< <!• ■;«>' el des Ueidiace; en general. 

Sac branchial a cotes transversales toutes semblables. 
Cane- !<>:.. Ypourvues de papilles, 

fixees par des pc li< u!. .> as ■■ i longs s'inserant sur les barres 
par une base elargie. Pas de membranes le long des cotes 
transversales. 

Lamelle dorsale representee par une serie de languettes 
tentacuiiformes, distantes les unes des aulres, peu nom- 
breuses et non rennies entre elies par une membrane Ion- 
gitudinale. 

Tentacules coronaux simples et nombreux. 

Orifice de la glande sub-ganglionnaire de forme ovalaire 
allongee dans le sens transversal, el de petite dimension. 

Le tube alimenlaire forme une anse unique sur le cote 



(33) 
gauche du sac branchial, I'estomac depassant seulement 
en partie I'extremile posterieure du sac. En partanl de 
1'esiomac, l'intestin se dirige en avant et en haul pour se 
rendre directement au cloaque. 

Les organes genitaux occupent la concavite de I'anse 
unique formee par le canal alimentaire. 



Genre Sluiteria, nov. gen. 

Sluitera decrit, sous le nom de Ecteinascidia rubrkollis, 
une autre forme qu'il a rencontree egalemenl a Billiton. 
Tout en reconnaissant qu'elle differe de Ecteinascidia tur- 
binala beaucoup plus que I'espece qu'il decrit sous le nom 
de Ecteinascidia diaphanis, il a cru devoir la faire rentrer 
dans Je meme genre. Je pense que ce rapprochement ne 
se justine guere et que Ecteinascidia rubrkollis constilue 
un type geneVique different. 

La forme generate de Ecteinascidia rubrkollis rappelle 
celle des Perophores. Les deux orifices ne sont point ter- 
minaux,comme chez Ecteinascidia turbinate, et diaphanis: 
ils sont fort distanls l'un de I'autre. L'orifice buccal repond 
a Ja petite extremite du corps ovoide et est exactemenl 
terminal ; l'orifice cloacal est place du cote du dos, a une 
distance de la bouche equivalent au tiers environ de la 
longueur du corps. Les deux orifices sont porlesa I'extre- 
mile de siphons allonges, incompletement retractiles. 
Chacun d'eux est pourvu de sept feslons, tandis que chez 
les Esteinascidia les orifices sont depourvus de feslons ou 
a peine lobules. 

Le test est notablement plus epais, plus resistant et 
moins vilreux que chez les Ecteinascidia. De plus, il n'esl 

5 me SERIF, TOME XIV 3 



(54) 
pas lisse, raais pr&ente c> et la des prolongements papil- 
laires,conoides,dans lesquels se terminent des tubes stoto- 
niaux qui cheminent et se divisent dans Pepaisseur de la 
tunique externe. Des grains de sable, des fragments de 
coquilles ou de polypiers, des squelettes de foraminiferes 
adherent a la surface du test. 

La tunique interne, assez epaisse, est riche en faisceaux 
musculaires a direction transversale; on ne trouve de mus- 
cles longitudinaux que dans les siphons. 

Le sac branchial est pourvu de barres longitudinales 
supportees,suivant les c6tes transversales, toutes de memes 
dimensions, par de longs pSdicules. Les barres portent des 
papilles qui, pour etre peu developpees et reduiles a de 
simples tubercules, n'en sont pas moinsdislincles. Les pedi- 
cules, qui supportent les barres, naissent par une base 
£largie de petits replis interseriaux, regnant le long des 
cotes transversales. lis sont relrecis au milieu et s'elar- 
gissenl de nouveau au voisinage des barres. 

Le long du raphe dorsal regne une lame dorsale continue 
Ires elevee, s'etendant jusqu'a l'enlree de I'oesophage. Cette 
lame membraneuse se termine suivant son bord libre par 
un feston au niveau de chaque cote interseriale. Les replis 
membraneux transversaux, qui regnenl le long de ces 
cdtes, se prolongent sur les deux faces de la lame, de facon 
a lui constituer des bourrelets ou des creles; ces cotes se 
poursuiveot jusqu'aux sommets des festons. Elles sont au 
nombre de quatorze; elles sont dirigees, non pas perpen- 
diculairement au raphe* dorsal, mais ires obliquement 
d'avant en arriere. La lame dorsale est incurvee el en 
quelque sorte enroulee; la convexite de la surface cylin- 
drique qu'elle decrit regarde a gauche, la concavile a 
droite; a cause de 1'obliquite des cdtes qu'elle supporte et 



(35 ) 
qui paraissent la consolider, il semble qu'un dessin spira- 
lo'ide regne dans toute la longueur de la membrane, 
enroulSe en un cylindre creux incompletement ferme; 
en effet, l'extremite libre de chaque cdte se projette a peu 
pres sur la base de la c6te suivante, La premiere cdte 
repond a la cote transversale interposee entre la deuxieme 
et la troisieme se>ie de stigmates. La neuvieme siege au 
niveau de l'anus; les cinq dernieres r^pondent au rectum. 
Dans la partie anterieure de la lame dorsale se voit une 
gouttiere e"pibranchiale qui se termine en pointe en arriere, 
au niveau de l'extremite posterieure du cerveau. 

La lame dorsale est constitute de la meme maniere dans 
une foule d'Ascidies simples. Herdman a donne\ pi. XXIX, 
fig. 7, et pi. XXXI, fig. 7 des dessins d'une portion de celte 
lame chez deux Ascidies appartenant la premiere au genre 
Pachychlcena, Taulre au genre Ascidia (1). Ces dessins 
rappelleraienl fort bien la lame medio-dorsale de Ectein- 
ascidia rubricoltis, n'etait que, chez cette derniere espece, 
les cotes, au lieu d'etre perpendiculaires au raphe dorsal, 
sont au contraire tres obliques, et que, en outre, elles sont 
beaucoup moins nombreuses et moins rapprochees les 
unes des autres. 

La description que je viens de faire de la lame dorsale 
de Ecteinascidia rubricoltis repose sur I'examen de trois 
individus chez Iesquels elle presentait identiquement les 
memes caracteres. 

Sluiter n'a pas bien decrit cet organe quand il dit : « Die 
Dorsalfalte besteht aus ziemlich breiten Ziingelchen, welche 



(1) Herdman, Report on th( 
oyage of//. M. S. Challenger, vol. XIV. 



(36) 

mittelst einer schmalen Membran miteinander verbunden 
sind ». D'apres sa description et ses figures, on pourrait 
croire que Ecteinascidia rubricollis porte, le long du raphe 
dorsal, des languettes assez semblables a celles qui existent 
chez Ecteinascidia diaphanis, a part qu'elles seraienl 
r£unies entreelles par une membrane etroile. II n'en n'est 
pas ainsi : il n'existe pas ici de languettes comme chez 
Clavelina, Perophora, Ecteinascidia, Rhopalcea, Ciona et 
quelques aulres Ascidies, mais bien une membrane con- 
tinue, tres elevee, terminee par un bord festonne, pourvue 
de cdtes obliques et contournee en cylindre, comme chez 
la plupart des Ascidies proprement dites. Ces caracteres 
de ia lame dorsale eloignent completement Ecteinascidia 
rubricollis des genres susmentionnes et la rapprochent au 
contraire des vraies Ascidies. 

Sluiter decrit l'orifice de la grande subneurale comme 
etant circulaire; il me parait plut6t qu'il a la forme d'un 
ovale allonge dans le sens transversal, et dont le grand axe 
serait legeremenl incurve : la levre anterieure de l'oriiice 
est semi-circulaire; la posterieure est au contraire faible- 
ment convexe. Quoique j'aie trouve la meme forme a cet 
orifice dans les trois individus que j'ai dSsseques, il est pro- 
bable qu'ici comme dans d'autres especes il se presenle 
des variations individuelles. Si j'ai cru devoir indiquer les 
particularites que j'ai constatees, en ce qui concerne la 
forme de cet orifice, c'est que cette forme parait intermt!- 
diaire entre l'orifice en fer a cheval de la plupart des 
Ascidies el la forme circulaire de l'orifice dans les genres 
Clavelina, Perophora et aulres. 

Le sac branchial est tres etendu, de sorte qu'une 
petite partie seulement de I'estomac depasse en arriere le 
bord posterieur du sac. La masse viscerale est appliquSe 



(57) 
contre la face late>ale gauche du sac branchial. La courbe 
intestinale est presque identique a celle que Ton trouve 
chez Perophora. 

Les organes genitaux occupent la concavity de l'anse, a 
peu pres complement fermee, que forment ensemble 
I'oesophage, I'estoraac et la premiere partie de l'intestin. 

L'ovaire est au milieu, les vesicules testiculaires a la peri- 
pheric, au voisinage de I'intestin. L'oviducte et le canal 
deferent, inlimement accoles Tun a l'autre, accompagnent 
le rectum et s'ouvrent dans le cloaque un peu en avant de 

Tentacules simples, au nombre de quarante-huit, de 
irois longueurs et disposes en cercles concentriques de 
diametres diflferents. 

Les caracteres par lesquels Ecteinascidia rubricollis 
s'eloigne du genre Ecteinascidia sont done : 

\. Le test pourvu de papilles eonoides et traverse par 
des tubes stoloniaux (vaisseaux de la tunique), comme il en 
existe chez la plupart des Ascidies. 

% Siphons bien developpes; orifices tres ecartes Tun de 
Tautre, la bouche etant terminate, l'orifice cloacal sur le 
dos. Levres buccales el cloaca les decomposers en sept 
festons. 

3. Barres pourvues de papilles rudimen (aires. Lame 
dorsale formee par une membrane continue tres developpee, 
renforcee par quatorze cotes obliques. 

4. Le tube alimentaire forme une premiere anse a peu 
pres fermee, logeant les organes sexuels; la direction du 
rectum forme un angle droit avec la premiere portion de 
Pintestin. — Chez les Ecteinascidia, le tube alimentaire 
de'erit, au contraire, une courbe ayant la forme d'un ? 
renverse : d , le rectum formant avec la premiere portion 
de I'inteslin un angle tres obtus, peu accuse. 



(58) 

L'espece Ecteinascidia rubricollis ne petit 6tre ranged 
dans aucun genre connu. Je propose de creer pour cette 
espece un nom gSnerique nouveau et de Tappeler d6sor- 
raais, en la dediant a Peminent observateur de Batavia, a 
qui nous sommes redevables de sa decouverte, Sluiteria 
rubricollis. 

Des cinq especes rapportees au genre Ecteinascidia, 
Herdm., deux renlrent done dans le genre Rhopalcea, Phil., 
sous les noms de Rhopalcea crassa, et Rhopalcea fusca; 
une constilue un genre nouveau et sera appelee Sluiteria 
rubricollis; deux restenl dans le genre primitif et con- 
servent leurs noms : Ecteinascidia turbinata, Herdm., 
el Ecteinascidia diaphanis, Sluit. 

Voici les caracleres distinctifs des trois genres: 



G. Rhopaloea. Philippi. 

Ascidies simples ou sociales. 

Corps allonge, flxe par son extremite poslerieure, < 
en un thorax el un abdomen, separes Tun de I'aulr 
un etranglement traverse" par 1'oesophage et le rectuc 
conduits genitaux et I'epicarde. 

Oriflces du corps sessiles, places pres du bord '. 
tronque de I'animal. 

Test a surface inegale a I'extremite" inierieure de l'abdo- 
men, translucide, de consistance carlilagineuse, aminci 
autour du thorax. 

Sac branchial a cotes transversales d'un seul ordre, 
c'esl-a-dire toutes semblables entre elles, a barres longi- 
tudinales depourvuesde papilles; sligmatesovalaires allon- 
ges; replismembraneux plusou moinsdeveloppes,decoupes 



(39) 
en festons, le long des cdles transversales; les barres sont 
fixees aux extremites des festons faisant fonction de 
pedieules. 

Au lieu d'une lame m^dio-dorsale membraneuse, une 
rangee unique de languetles, tres nombreuses, triangu- 
laires, independantes les lines des autres et aplaties d'avant 
en arriere. 

Tentacules simples, filiformes. 

Organes genitaux remplissant la cavite de l'anse intesti- 
nale et s'etendant autour de Tintestin; tres richement 
lobules. 

Co3ur el pericarde replies sur eux-me'mes de facon a 
former un U, dont la convexite serait dirigee en arriere 
comme dans le genre Diazona et chez les Polyclinic! es. 
11 occupe la meme position el affecte les memes rapports 
avec les visceres que chez Diazona, 

Ci-joint quelques croquis represenlant une serie de coupes 
transversales de l'organe cardiaque de Rhopalcea neapoli- 
tana; ces figures monlrent les rapports du cceur avec le tube 
epicardiaque. La figure 1, faite en avant du coeur propre- 
ment dit, montre qu'ici, comme dans le Polyclinien, etudie 
par Ch. Maurice, le pericarde se prolonge en avant en deux 
culs-de-sac tubulaires, C.Pe. La figure 2 montre une coupe 
passanl par les orifices cardiaques, C.c. La figure 3, faite 
plus en arriere, montre les deux cornes pericardiques 
accolees Tune a Tautre comme dans les figures precedentes. 
11 semble, a ne voir que cette coupe, qu'il existe deux 
cavites pericardiques et deux tubes cardiaques. La figure 4 
montre la cavite pericardique unique, C.Pe; 1'epicarde C.Ep. 
recouvre le raphe cardiaque. La figure 5 passe pres de 
l'extremile posterieure de l'organe, au niveau de la convexite 
de PU. On y voit le tube cardiaque unique Co. inscril dans 



(40) 
ia cavite pericardique indivise C.Pe. Dans toutes les figures 
la cavite epicardique est designee par C.Ep. La portion 
supe>ieure de I'epicarde n'est pas figuree. II y a lieu de 
supposer que le coeur presente les raemes caracteres chez 
Rhopaloea crassa et Rhopalcea fusca. 





Le coeur de Rhopaloea neapolitana differe done notable- 
lent de celui de toutes les Ascidies simples, des Clavelines 



et des Perophores; il est < 

chez les Diazona et les Polycliniens. 



contraire, comme 




I/eslomac et la premiere portion de I'intestin forment 
avec les organes genitaux, le tube epicardiqueel le cceur, 
la masse viscerale ou l'abdomen. 

Trois especes connues : 

Rhopnla-a nrnpolitana Philippi, dc la Mediterranee; fail 
partie de la faune littorale; monozoique? 

Rhopalcea crassa, fid. V. Ben. = Ecteinascidia crassa, 
Herdman, de Ki Island, Malaisie. 129 brasses. Monozoique? 

Rhopalcea fusca, fid. V. Ben. = Ecteinascidia fusca, 
Herdman. Banda, lies Moluques. Faune littorale (17 bras- 
ses). Polyzo'ique. 



(«) 



Genre Sluiteria. £d. Van Beneden. 

Ascidies sociales. 

Corps ovoide, fixe par un pedicule court, repondant a la 
grosse extre'mile de l'ovoide ; non divise en thorax et 
abdomen. 

Orifices du corps portes sur des siphons bien develop- 
pes, incompletement retractiles. Bouche terminale; orifice 
du cloaque dorsal, place a assez grande distance de la 
bouche. 

Test translucide, pourvu de prolongements papillaires 
allonges, rares, delicats, adhesifs, dans lesquels se termi- 
nent des tubes stoloniaux peu nombreux, se divisant par 
voie dichotomique dans l'£p aisseur du test. 

Sac branchial a cotes transversales d'un seul ordre 
(toutes semblables entre elles), a barres longitudinales 
pourvues de papilles rudiraentaires ; pas de replis mem- 
braneux aux cotes transversales. Les barres sont suppor- 
ters par des pedicules Strangles a leur milieu. — Stigmates 
allonges, disposes en series transversales bien re'gulieres. 

Lame medio-dorsale consistant en une membrane con- 
tinue tres developpee,pourvue de cdtes forlementinclinees 
en arriere ; le bord de la membrane est festonne, un feston 
correspondant a chaque cdte. 

Tentacules simples, filiformes, inseres suivant deux ou 
trois cercles concentriques. 

Masse viscerale au cote gauche du sac branchial. 

L'estomac forme avec 1'intestin une anse fermee dans 
laquelle siegentles organes genitaux. Le rectum suit une 
direction formant avec la premiere partie de 1'intestin un 
angle droit ou meme un peu aigu. 



(44) 

Organes genitaux rappelant ceux de la Perophore par 
leur siege, leur composition et leurs rapports. Lobules tes- 
ticulaires disposes en cercle, beaueoup plus nombreux 
que chez la Perophore; entourent Povaire. 

Le cceur droit croise obliquement le fond du sac bran- 
chial. II est adjacent a l'estomac. 

Le genre Sluiteria est le seul genre ou Ton ait constate 
jusqu'ici la coexistence de tubes stoloniaux fertiles, sup- 
portant des Ascidiozoides multiples, nes de ces stolons 
par bourgeonnement, et des tubes stoloniaux steriles, loges 
dans Fepaisseur du test des Ascidiozoides. Les uns et les 
autres sont constitues de la meme maniere et proviennent 
d'un meme tronc traversanl le pedicule des individus 
associes en colonic 

Une seule espece connue : Sluiteria rubricollis, £d. Van 
Ben. = Ecteinascida rubricollis, Sluiter, He Billiton. 
Faune littorale. — Espece polyzoique. 



Genre Ecteinascidia, Herdman. 

Ascidies sociales. 

Corps cylindroi'de tronque en avant, se r^trecissanl 
progressivement en arriere pour se fixer par un pedicule 
court sur le stolon colonial; non divise en thorax et 
abdomen. 

Orifices sessiles, voisins, siegeant le long du bord ante- 
rieur. Festons des orifices peu accuses. 

Test tres delicat, lout a fait vitreux, lisse, peu resistant, 
depourvu de lubes stoloniaux. 

Sac branchial a cotes transversales d'un seul ordre 
(toutes semblables entre dies), a barres longitudinales 



( 45) 

depourvues de papilles. Pas de replis 
cotes transversales. Barres supportees par des pedicules 
retrecis a leur base. Stigmales allonges, en series transver- 
sales r^gulieres. Le long du raphe dorsal la premiere barre 
longitudinale est remplacee par une serie de papilles en T. 

Lame dorsale absenle, remplacee par une serie unique 
de languettes, en forme de tentacules, ind£pendantes les 
unes des autres. 

Tentacules coronaux simples, filiformes. 

Masse viscerale au cote gauche du sac branchial. 

Tout le tube intestinal forme une anse intestinale unique 
commencant par l'cesophage et se terminant par le rec- 
tum. Cette anse est largement ouverte en haut et en avant. 
Le rectum se trouve dans la meme direction a peu pres 
que la premiere portion de l'inlestin : a peine les deux 
portions de Finteslin forment-elles ensemble un angle. 
Les organes genitaux sont loges dans la concavite de 1'anse 
intestinale. 

Coeur rectiligne, court parallelement a Pestomac sur le 
cote droit de cet organe. 

Deux especes : 

Ecteinascidia turbinata, Herdman. Bermudes. Faune 
littorale. Espece polyzoi'que. 

Ecteinascidia diaphanis, Sluiter. Billiton. Faune litto- 
rale. Espece polyzoique. 

11 me resterait a discuter la question des affinites de ces 
genres entre eux et avec les autres groupes de l'ordre des 
Ascidiens. Je reserve celle discussion pour le travail qui 
paraitra prochainement sur la classification des Uro- 



Determination de la loi theorique qui regit la compressi- 
on te des gaz ; par P. De Heen, correspondant de I'Aca- 
deraie. 

On designe sous le nom de gaz parfait un gaz ideal con- 
stitute par des molecules infiniraents petites, n'exercant 
aucune action les unes sur les autres. 

A raoins d'adopter l'hypothese d'une matiere continue, 
bypolhese dont le resullat serait de revetir d'une appa- 
rence paradoxale tous les phenomenes qui dependent de 
la nature intime de la matiere, il faut admettre, non a titre 
d'hypothese mais a titre de fait etabli, que les molecules 
qui constituent les gaz sont animees de mouvements de 
translation. Ceci nous est demontre par le phenomene de 
la diffusion. 

Pour un gaz ideal, constitue tel que nous venons de le 
definir, la loi de Mariotte se veriflerait d'une maniere abso- 
lument rigoureuse ; les volumes occupes par ces corps 
seraient toujours inversement proportionnels aux pres- 
sions, quelle que fut du reste l'intensile de celles-ci. 

Mais si Ton attribue un certain volume aux molecules, 
il faut considerer dans I'expression de cette loi, non pas le 
volume total du gaz, mais bien le volume intermoleculaire, 
ainsi que M. Him Pa fait remarquer (*). 

Cette proposition est conforme a la theorie cinetique; 
en effet, si la pression exercee par un gaz est representee 
par le nombre de chocs d'une molecule sur la paroi d'un 
vase pendant lunite de temps, ce nombre sera inverse- 
ment proportionnel au volume intermoleculaire. 

(*) Theorie mecanique de la chaleur, t. II, p. 207, 1876. 



!( 47 ) 
Si I'on designe par P la pression exercee sur un gaz, 
par V le volume de ce gaz et par v le volume occupe par 
les molecules elles-memes, nous ecrirons a litre de pre- 
miere approximation : 



»«(V.-») 



P et V representant la pression et le volume pris pour 
origine. Comme on peut attribuer a ces grandeurs des 
valeurs telles que le gaz puisse etre considere comme un 
gaz ideal et poser, lorsque cette condition est salisfaite, 
P = 1, V = 1, nous ecrirons plus simplement : 

P(V-,;) = 1 (2) 

Cette relation perraet deja de nous faire un idee appro- 
chee de la valeur de v, laquelle nous est donnee par I'ex- 
pression : 

-2- ...... <, 

On doit a M. Natterer (') un travail remarquable tou- 
chanl les variations de volume que les gaz eprouvent 
lorsqu'ils sont soumis a des pressions variant entre des 
limites tres etendues. Ce physicien trouve, par exemple, 
que l'azote soumis a une pression egale a 2750 atmospheres 
occupe un volume egal a l / 7Q0 du volume qu'il occupe sous 
la pression normale. 

En introduisant dans l'expression (2) les plus grandes 
valeurs observers de P, on trouve: 



Annates de Poggendorff, t. LXH t p. 159 ct t. XCIV, p. 456. 



(48) 



Pourl'azote: 




3,908 — 
V ~ 2750 


= 0,004057. 


Pour 1'hydrogene : 




2,767 — 
V ~ 2790~~~ 


= 0,000633. 


Pour I'oxygene : 




2,061— 1 
V ~ 1554 


-= 0,000783. 



Les observations de M. Cailletet et de M. Amagat sur 
I'oxygene et sur l'azote etablissent que, pour des pressions 
relativement faibles, on a PV< 1, ou, en d'autres lermes, 
que v est negatif. Ce resultat paradoxal nous monlre qu'il 
ne s'agit ici que d'une premiere et assez grossiere approxi- 
mation, raeme si Ton considere des pressions elevees. II y 
a lieu d'admettre avec M. Hirn qu'il faut ajouter a la 
pression exterieure P une pression II correspondant aux 
attractions que les molecules exercent les unes sur les 
autres. 

La Ioi de Mariotte entierement corrigee doit done se 



(P-*-n)(V-t>)=H (4) 

Le travail actuel a pour objet la determination des 
valeurs de n et de v, determination qui nous permettra 
de calculerla pression correspondant a un volume donne. 

Voici la methode que nous avons suivie et qui nous 
parail etre la 



(49) 
Liquation (4) nous donne: 



(S) 



fntroduisons dans cette equation la valeur de v qui nous 
etait donnee a titre de premiere approximation par liqua- 
tion (3), et calculous la valeur de II correspondant a des 
valeurs connues de P et de V, diffSrentes de celles qui 
ont servi au calcul de v. 

Cela etant, supposons que Fattraction reciproque des 
molecules s'exerce en raison inverse d'une puissance egale 
a n de la distance, ou egale a ^= m du volume, et calcu- 
lous la valeur de n correspondant a un autre volume V (de 
preference au volume qui a servi au premier calcul de v) en 
attribuant a n une valeur que Ton se donne. 

Nous aurons la relation : 



== N i 



n c designant les valeurs de n calculees a I'aide de cette 
xpression. 
Si Ton resout I'equalion (4) par rapport a v, on trouve : 



+ II 



(7) 



lutroduisons dans cette equation une valeur de II C cal- 
culee et les valeurs de V et de P correspondantes. Nous 
obtenons ainsi une nouvelle valeur de v que nous infro- 
duisons dans I'equation (5) a titre de deuxieme approxi- 
mation. 

En repetant ces operations, on obtient des valeurs dell 
et de v (correspondant a une valeur determined de w) aussi 
approchees qu'on le juge convenable. 



(30) 
Enfin liquation (4) resolue par rapport a P r 



Cette equation nous perraettra de calculer la valeur de F 
correspondant a une troisieme valeur de V, apres avoi 
determine la valeur de n e donnee par la relation (6). 

Le resultat correspondra a une valeur observee de P, s 
nous avons attribue a n une valeur convenable. 

Les observations que nous possedons actuellement nou 
portent a croire qu'il faut admettre pour les gaz n = 5 oi 



Lihsant 



Oxygene 
= 0,00102. 





r 


*« 














eo atmospheres. 


calculi 


obsmfe. 


calcuWe. 


observe. 


1,000 


0,01319 


0,988 n 




0,988 






28,33 










0,00666 


53,65 


121,7 








0,00300 


89,9 


163,9 




0,819 




0,00333 


176,3 


236,4 
383,0 




0,834 


1 


0,00200 


371,4 


648,9 




1,298 




0,001808 




785,0 








0,00134 


640,5 


1290,0 


1300 


1,984 


2,000 


nOnpeutremarquerqu 


les ecarts que 1'on cons 


ale entre les valeur. de 














derabledela 


session. 











(51 ) 



= 0,001)03, 



V0U,„ 


Va,eur 


Valeur de P 


Valeur de PV 


cakuk'e. 


„b Serrt , 


calcule"e. 


observed. 


1,000 


0,006111 


0,993 




0,995 




0,02 








0,975 




0,01428 


7,241 


68,68 




0,981 




0,0100 


■13,13 


99,30 


100 


0,993 


1,00 


0,00333 


83,75 


366,00 


338 


1,218 


1,123 


0,00200 


191,70 


914,00 


912 


1,828 


1,824 


0,001666 


259,(10 


14UI.U0 


1362 


2,409 


2,602 


0,001428 


335,80 


2730,00 


2750 


3,898 


3,908 



II est inutile de dire que les donnees experimentales que 
nous possedons actuel lenient sont encore insuffisantes 
pour fixer, d'une maniere definitive et rigoureuse, les con- 
slantes v et m de notre equation. Notre intention en 
publiant cette note est seulement de poser un premier 
jalon. 

Les observations de M. Natterer semblent douees d'un 
degre de precision tolerable pour les pressions elevees, 
mais elles semblent par contre peu rigoureuses pour les 
pressions relativement faibles. Je suis meme assez porte a 
croire que ce physicien s'est laisse guider par cette idee, 
preconcue et erronee, que la compressibilited'ungaz doit 
necessairemenl diminuer avec la pression. S'il n'en avail 
<He ainsi, il est probable que M. Natterer aurait constate le 
maximum de compressibilile de I'oxygene; il a sans doute 
pris cette anomalie pour une erreur d'observation. Ce 
maximum correspondrait, d'apres les observations de 



( 52 ) 
M. Amagat et d'apres notre calcul, a une pression voisine 
de 130 atmospheres. L'azole presente egalement un maxi- 
mum de compressibilite, mais il est moins accentue" que 
celui de Poxygene. 

Pour ce qui concerne 1'hydrogene, qui ne presente pasde 
maximum de compressibilite au-dessus de 1 atmosphere, 
les observations de M. Natterer concordenl sensiblement 
avec celles de M. Cailletet. On sait que ce gaz se comprime 
de moins en moins a mesure que la pression s'eleve. Cette 
circonstance est due a ce que la valeur de II est toujours 
extremement faible. Les observations que nous possedons 
ne nous permettent pas de nous faire une idee approxima- 
tive de cette grandeur, car les valeurs de v que Ton obtient 
en supposant U == sont sensiblement concordantes, alors 
que Ton considere des pressions tres differentes. 

C'estainsi que Ton trouve: 



«.«. 


Valeur de V. Valeur de v. 


400 
2690 


0,0025 0,000656 
0,001666 0,000602 
0,001000 0,000628 


| M.,0,« 



II est seulement permis de dire que, pour 1'hydrogene, 
la valeur de H est inferieure a 0,000628 atmospheres sous 
la pression normale. C'est la la pression interne qui devrait 
elre introduite dans notre equation, si Ton avail rigoareu- 
semeut pour une pression de \ atmosphere PV — 1 (on 



(S3) 
Dans celtehypothesej'equation (8) nous donne en effet 
\ _n( I —0,000628) 



oil sensiblement II = 0,( 



Developpements sur la theorie des formes binaires; 
par Jacques Deruyts, charge de cours a TUniversite 
de Liege. 

Soit k une fonction entiere, homogene et isobarique des 
variables x^x 2 et des coefficients de formes binaires; 

INous supposerons que la fonction k est egale a sa 
transformed K par la substitution : x\ = Xj -+- ?.X 2 , 
x. 2 = X 2 : nous dirons, pour abreger, que la fonction A- 
est un semi-covariant. 

I. — Soit un semi-covariant. 

k = k x T + (™j far 1 *, + (J) k,xr*xl -*-••+ *»*?; (1) 

d'apres la definition precedente, k satisfail a 1'une des equa- 
tions des covariants : 

dk dk 

d~K =Xi dx~'' • 

la signification de la derivee symbolique^est donnee par 
la formule 

dt, " i \_° da^ ~ Ui da t " '" da t J 

dans laquelle a, designe, pour une forme binaire, le coeffi- 
cient de j', abstraction faite du nombre binomial corres- 
pondant; du reste, le signe sommatoire se rapporte aux 



(84) 

differentes formes, dont les coefficients entrent dans 
l'expression soumise a I'operation -p. 

Les equations (1) et (2) donnenl immediatement : 



Ces for mule? montrent que, d 
coefficient de la plus haute pu 



, — Nous ferons i 



out nous av isieurs apph- 

ations (*). 
Dans la relation (A), les notations sont les suivantes : 
T est une fonction homogene, du degre total T a , par 

apporl a des series de quantiies, analogues a 



t formant un systeme <r; 



(83 ) 

la derivee symholique-^ est definie par 

d v f d d d 1 

^T = 1*1*^ + °^ * - + ° i+1 rk + -J' 
le signe sommatoire se rapportant au systeme o-. 

Soit dans la formule (A), T = A ; designons par h la 
valeur de T ff dans ce cas particulier; nous aurons, a cause 
de {'equation (5), 

di th> a 



''»M') (7) 



D'apres ce resultat, et d'apres la formule (4), 
urons : 



k'o designant un semi-invariant de meme 
memes degres d'homogeneite que^. 
Soit encore dans la formule (A) : 



T __m(m-l) 1 dk a 
1.2 Vda, 


- 


- - ] -k , 


et par suite, T n = h. 






(') A ('occasion de cctte formule, n 




signalerons unc Note tres 


interessante de M. Perrin, Sur les p< 




variants de formes binaires 


(Comptes rendus, 18 avril 1887). 


Da 


ins cctte Note, se trouve 



(86) 
En tenant compte de ia condition -^ = 0, nous auron 

di\_ TH ¥d^ + 1 hdV a \ 
d r m(w- 1) 1 d dk l m{m-\) ldk [ m-\ ^ 
da a l 1.2 VdZduj] i.2 hda a + I 

D'apres 1'equation (7), la relation prec£dente devienl 



d rm(m-\) 1 d% 
dzl 1.2 fe*d«* 


i m — \ 1 dA,', 

+ i a ^r 


] 




—-•iusH: 


..<*_«*. 






Si Ton tient compte de ce 


resultat, on a 


par 


la for- 


mule (5) : 








\2/ 2 \2h a rf a « 


(«-I« h 


- K, 




A-Q etanl un semi-invariant de meme poids et 


des 


memes 


degres d'homogeneite que|^. 
En continuant de meme, on 


trouverait : 








^(V 


VIA 


i + «. 


si Ton represente par A\, un sei 


ni-invariantde 




e poids 



et des memes degres que ^. 

La formation des coefficients de A- est facile a 
on en deduit que tout semi-covariaut est utte 



(37 ) 
produits de puissances de x 2 par i 
forme : 



2//r f /4 



A" i'tant un semi-i 

III. — On peut 6tablir un autre systeme de formation 
ties semi-covariants : nous l'indiquerons succinctement, en 
nous servant de la formule 



[B) 



donned par M. Cayley. Dans cette formule, la derivee 
symbolique ^-, analogue a la derived symbolique ^. est 
definie par 



l da Q " v ' ''"'da, ' n da„ t )' 



+ (/! 



si Ton designe par n 1'ordre de la forme, qui a pour coeffi- 
cients a^a x a 2 ... ; T est une fonction homogene et isoba- 
rique des coefficients analogues a a,; t est un facleur 
numerique egal a 

n,r, -+- n,r, -+- 2p, (9) 

si r 4 , r 2> ... designent les degres d'homogeneite de T, par 
rapport a des formes d'ordre n i9 n 2 ,.. .; enfin, p represente 
le poids de T. 



( 38 ) 

En employant la forraule (B), de la meme maniere que 

nous avons employe la formule (A), on trouve que tout 

semi-covariant est une somme de produits de puissances 

de x 2 par des expressions de la forme : 



, i <!k. 



E = A fl xr-i— 


1 aK *> „_ t m \ m 'J 1 aK m _ 2 2 


;(10) 


(y. designe la 


valeur de t (9), quand on prend poui 


■Tie 


semi-invarian 


t* ). 




Remarque. 
pression E e 


— Dans le cas particulier de m = y., l'ex- 
st, d'apres le theoreme de M. Roberts, le 


covariantCq, 
On trouve 


ui a pour source k Q . 

sans difficulte que le covariant dont il 


s'agit 


pent s'ecrire 






C—Escf- 


1 dE ^ 1 rPE M _ m _ 2 2 





IV. — Les coefficients p Q , p { d'un semi-covariant 
lineaire/) x, ■+ />,x 2 , se transforment de la meme maniere 
que x 2 et — x,, par la substitution 

X.-X. + 1X,, x 2 = X 2 . 

On voit par la qu'en remplacant x,, x 9 par — Pi,Po» 
on deduira du semi-covariant k, un semi-invariant. 
Plus generalement, les produits (— iyxf-'xi se trans- 



(89) 

forment, par la substitution x, = X< ■+- XX 2 ,x 2 = X 2 , de 
la merae maniere que les coefficients de xjx™ - ' dans un 
semi-covariant d'ordre m (abstraction faite des coeffi- 
cients binomiaux). On obtiendra done un semi-invariant, 
en remplagant dans k les produits ( — l) w '^"^ par les 
coefficients de xlx™ - ' dans un semi-covariant de meme 

Remarquons encore que, pour le cas acluel, les coeffi- 
cients de x;x™ - '' dans un semi-covariant, se transforment, 
comme les derivees dx i dx m-„ d'un semi-covariant quel- 
conque /. On deduira done du semi-covariant k, un autre 
semi-covariant V % en y remplacantlesproduits( — l) m ~ 4 a?~ 1 a£ 
par les derivees dx < <fa? _ < ; ces resultats sont tout a fait ana- 
logues a ceux qui ont eN; donnes pour les covariants. 

Exemple. — Soient les semi-covariants 

k t= a x\ -+- 2«jX,x 2 -4- Ogarf, 

I = 6 xf -4- 56jxfx. 2 -+- ZbiX&l -+- b :i xl. 

Remplacons dans A-, successivement scj, — x, x 2 , x* par 

dH dH dH 

Nous obtenons le semi-covariant 

k' =- 6 (a 6 2 — 20,6, -+- a 2 6„) x, -+- 6(o 6 3 — 2«,6 2 -+- a 8 6,)*«- 

V. — La proposition suivante nous permettra d'dtablir 
plusieurs propriety des semi-covariants : 



( 60) 

Si {'expression du j 



k = k xT + ^J Mr 1 *, + - + «, 
se change en 

k = R= K Xr + (7) KjXi" "% + - + K m X£, 
par /a transformation x, = X 1 -+- /X 2 , x 9 = X,, /a suto 

pei^ s'ecrire 

En effet, de I'egalile 

2(™)Av(x,*>x !) - x? = 2(';)K„xr-x § , 

on detluit, par 1'ideutification des coefficients de X? : 

(;) K .=2,(;)(-?)^.-(o^t,). 



^ *_±^i k 



(61 ) 
D'autre part, on a, en rempla^ant ac,, oc 2 par leurs 
valeurs X 1 + *X 2 , X 2 : 

'-t'-«-(ri-sr ■ 

le coefficient de [|j) / + t dans cette expression est 

c'est le resultat annonce. 

VI. — Reciproquement, si Von a 

la quanlite 

k^i ■+- (7) *t«r~% -+---*- k m x? 

est egale a sa transformed par la substitution 

* I = X 1 H-iX f , x 2 = X 2 . 

Pour le verifier, i! suffit de reprendre exactement, en 
sens inverse, la demonstration prec6dente. 



(*) Nous designons par ("JlJ) le coefficient dc &-* 
teveloppcment de (l+i)" »+*>. 



(62) 
Comme application de cette propriete reciproque, nous 
pouvons enoncer la proposition suivante : 
Si l' expression 

est un semi-covariant, il en est de meme de 

i etant un nombre inferieur a m. 

Cette propriete pourrait du reste se deduire de la for- 
mule (6). 

Exemple. — Pour une forme a x^ -+- (l^x" " 'x% -+- . .., 



VII. — Pour abreger, nous dirons que la suite 

est une suite invarianlive d'ordre m, quand sa trans- 
formee T, par la substitution x i = X< -+- /X 2 , x 2 = X 2 . 
peut s'ecrire 



( 65 ) 
du resle, les quantites k , k lf k %1 ... seront supposees fonc- 
tions entieres et homogenes des coefficients de formes 
binaires, les poids de ces differentes fonctions formant 
une progression arithmetique de raison 1. 

Plus generalement, nous dirons qu'une suite y de la 
forme A ^ — A-, (f^) 9 -+- ..., est une suite invariantive 
d'ordre m, quand ses m -4- 1 premiers termes formenl une 
suite invariantive d'ordre m. 

II existe des suites invarianlives d'ordre infini : en effet, 
soit k un semi-invariant; on obtiendra, par la formule(8), 
I'expression d'un semi-covariant,etl'on pourra fairecroitre 



suite invariantive d'ordre m, et si k' est un 
d'ordre m' inferieur a m + 1, la par lie 
entiere du produit yk' est un semi-covariant : de plus, la 
partie fractionnaire du meme produit est une suite inva- 
riantive d'ordre m — ra'. 
Soit le semi-covariant 

*'=«•' - (f) *,'<-<*, 1- - «*• *>r, 

qui se change en 

x = k' = k;x;-' -+- (*'} K;xr-'x; +- ... -+- icxr, 

par la transformation 

x.^X.-h ).X 2 , x, = X i . 
Soil d'autre part, la suite invariantive d'ordre m : 



.^-K,y —•-(-«>-*. 



K |. + .. +( _ irK .g)- + V( x -L i )][or-.-^«']j 

Dans les deux merabres de cette egalite, les parties 
entieres sont egales entre elles : de plus, elles s'expriment 
de la raerae maniere au raoyeu des quantites k, k', x iy x 2 
et K, K', X 1? X 2 , si Ton suppose m' < m. 

On en deduit facilement que, pour ce cas, la partie 
entiere de yk' est un semi-covariant. 

Pour demontrer la second e. partie du th^oreme enonce, 
observons que, dans les deux membres de l'egalit^ (11), 
les parties fraetionnaires sont egales; dans ces parties 
fractionnaires, la somme des m—m'+-l premiers termes 
s'exprime de la raeme maniere, au moyen des quantites 
k, k', ar„ a? 2 et des quantites K, K', X 1? X 2 . De plus, la dif- 
ference de ces expressions peut se mettre sous la forme 
( p. 1 - w-t-a ) : la proposition enoncee resulte de la. 

Corollaire. — Dans toute suite invariantive, le coefli- 
cient du premier terme est un semi-invariant. Le coeffi- 
cient de J-dans le produit yk' est done un semi-invariant, 
et nous pouvons enoncer cette propriete : 



( 63 ) 

sotit deux semi-covariants, la qua 



R = Aofc,„,-^ "J jk[k mt _ l + ^ }k' i k m ._ t + ... + (- l)""k' m ,k (12) 
, dans le cas de m *? m. 



Applications I. — D'apres la formule (8), on petit 
prendre 

si I'on emploie /*, et g^-, com me notations analogues a h 
et ~(§ 2). Dans le cas actuel, la restriction de m' inferieur 
a m ■+- 1 est inutile, car dans la formule (8) on peut 
supposer m aussi grand que Ton veut. D'apres le corollaire 
precedent, nous voyons que si k et k' sont des semi- 
invariants, il en est de meme de Fexpression 

1/t— -l r ) l Mo d'-'k', (r\ 1 d%d r -% 

Si Ton suppose plus particulierement que les semi- 
invariants k , k' dependent d'une seule forme, on relrouve 
un theoreme demonlre recemment par M. Perrin (Comptes 
rendus : 18 avril 1887). 

IF. — D'apres la formule (10), on peut prendre 



emplacons m' par r, pour simplifier i'ecritun 



Prenons encore 

_ 1 d% 

nous aurons, par la formule (12), le semi-invariant : 

On voit facilement que l'on pourrait encore deduire de la 
formule (12) d'autres suiles de semi-invariants. 

VIII. — Soient 1 un semi-covariant d'ordre r, k' mm 

semi-covariant d'ordre r ■+- i; il exisle une suite invariun- 
tivey d'ordre r -+- i — 1 telle que lk[, r x» est la par tie entiere 
du produil yk'. 
Soient 

*=>*- ('!*>*—•. 

Par la condition 

rk-af+JL) (13) 



i peul determiner une expression 



i Cc rcsullal csl eta 



( 67) 
En effet, on a les equations suivantes, pour determiner 



les coefficients k : 






( r t t ')^-( r T')^ + ^=fi a;r+t 



Par la transformation des variables ac,, x 2 en X, -+■ XX 2 , X 2 ; 
k', k' , 1, y se changent en K', Ko, L, T et Ton a : 



TK = LXiK; -+- 



K' = A\ Ki = *i, L = /; 

soil y, Pexpression de T, quand on y remplace X,, X 2 par 
leurs valeurs x, — Xx 2 , :r„; on aura : 



Cetle equation, comparee a la formule (13), 
relation 



Si Ton observe que les coefficients de y sont 1 
et de poids convenables (VII), on voit que y est une suil 
invariantive d'ordre r -+- i — \. 



( 68) 

Exemple. — Soient 

/ — / oX , + *,*„ k' « fc; lX * + 2fc;x,x 2 + &r* 

n trouve la suite invarianlive du premier ordre : 



IX. — Soit C un semi-covariant, contenant les coefficients 
(Tune suite invar iantive y : on obtiendra un semi-covariant 
C lt en remplacanl dans C les coefficients de y par les 
coefficients analogues d'une suite invarianlive 7, d'ordre 
egal ou superieur (*). 

En effet, il resulte des proprietes indiquees ci-dessus 
(Vet VI) que I'expression de Q se deduit de C, en subsli- 
luant aux coefficients d'un semi-covariant k, les coefficients 
d'un semi-covariant k' de merae ordre. D'autre part, C ( 
sera un semi-covariant, puisque les coefficients de ketdek' 
se transforment de la meme maniere par la substitution 
x,=X I -H/X 2 ,a- 2 = X 2 . 

Applications I. — Supposons que la suite invarianlive 






t d'ordre inlini : la sui 



est evidemment une suite invariantive d'ordre infini. 
Done : si le semi-covariant G contient les coefficients de y, 
on obtiendra un semi-covariant C,, en remplagant ces 
coefficients par les coefficients correspondants de f. 
Soit par exemple : 

C = (A'uL — k))x] + (U 3 — M*)*i* a + X - (Mi - kt)x\; 
la supposition de p = % donne 

r' = *.'p - 2U ^- + (2U. + A?) ^ - «tc- • 
on obtient le semi-covariant 

C, = — kl (kUi + SA^x,*, -.- *fx*), 
en remplacant successivement k , k u k 2 , /r 3 par 
0, _ kl, — 2* tt fc, , — (2U* + *5) • 
Plus generalement, si /, y", /", ... sont des suites inva- 
riantives d'ordre infini, on obtiendra, au nioyen de C, un 
semi-covariant, en remplacant les coefficients de y par les 
coefficients correspondants du produit //'/"..., qui est 
aussi une suite invariantive d'ordre infini. 

II. — L'operalion x 2 -^- appliquee a une suite invarian- 
tive y d'ordre m foornit une suite invariantive d'ordre 



En effet, de la formule. 



(70 ) 

i deiluit : 






fournit la 



r,=2(- *r*(» - ix*' + 2) ... i» -+- P )*,^j , 

dont les p premiers termes sont mils. 

D'apres le theoreme enonce ci-dessus, on obtient un 
semi-covariant, en remplacant dans C les coefficients de-/ 
par ceux de y p \ on a done cette propriete : 

Si C designe un semi-covariant, on obtiendra un semi- 
covariant en remplacant dans C, k, par zero ou par 
i(i — i) — (i — p -t- !)k,_ p , suivanl que Vindice i est infe- 
rieur ou non au nombre p. 

X. — Consideronsle developpement en fraction continue 
d'une suite invarianlive d'ordre m. 

Le numerateur el le denominateur d'une reduite, sont 
des semi-covariants, quand cette reduite ne conlient pas de 
puissance des variables superieure a ^^-. 

(Cet enonce suppose le numerateur efle denominateur 
ecrits sous la forme entiere la plus simple, pour laquelle 
les coefficients arilhmeliques sont entiers). 

Soil 

-.__i. x * l(**V i**\ mJhi 



( 71 ) 
unesuile invariantive d'ordre m.Soit ~ la reduite d'ordre 
w »(* s <T : ^)i dans l e developpemenf de y en fraction 
continue. 

On a, par la propriete caracteristique des reduites : 



■*tw 



Designons par P„, F„ les transformers de />„, f n correspon- 
dant au changement de variables ^, = X, -+- AX 2 , a\ 2 =X 2 . 
Nous aurons, en conservant les notations precedents : 



-(£ 



Dans cette relation, remplagons les quanlites K, X M X 2 
en fonction de k, x it x 2 : soient p'„, f' n les expressions 
de P,„ F„; nous aurons, par la propriete fondamentale 
des suites invarianlives (V) : 



En supposant n^p ? ^J^, on pourra ecrire 



(7-2) 
La fraction ^ est, d'apres cette r 



si Ton designe par a un coefficient de proportionnalite. 
Les egalites precedentes peuvent encore s'ecrire 



Le coefficient a est egal a I'nnite : en effel, P„ et F n sont 
formes de la raeme maniere que p n et f n et n'onl aucun 
facteur commun; de la, p„ = P„. Le denoniinateur p n de 
la reduile ~ est done un semi-covariant ; le numerateur f a 
est de meme un semi-covariant; du reste, il suffit d'onser- 
verque/; est la parlie enliere du produil yp„ (§ VII). 
XL — Cherchons I'expression 



r p n de la reduile y 1 , dans le developpement 
Linue de 



pour plus de simplicite, nous supposerons que celle s 
invarianlive est d'ordre infini. 

Les coefficients a doivent satisfaire aux conditions 



(73) 
ces conditions expriment que le produ 
pas de terme en 



Le numeiateur de la reduite ^ s'obtiendra en remplac^n 
sucessivemenl dans p n , les qu'antites 



par les parties entieres des \ 



represente une forme binaire('). 
On peut etablir directement une liaison i 



. Sylvester, 



(*) On a remarlubh ,i;scu>-cr ;i in thethory of canonical forms «>• 
of h'jperdvtcrminants. (Philosophical Magazine. ISM, II, p. 331). 



(74) 
des fractions continues, et la reduction d'une forme binaire 
d'ordre 2« — la la somrae des puissances (2n — I) 14 "* 
de n fonctions lineaires 

ConsideVons la forme binaire 

et la suite invariantive d'ordre %i — 1 : 

Soil £" la reduite d'ordre n dans le developpement de 7 en 
fraction continue; soient 0,, 2 , ..., 6„ les valeurs de ^ 
pour lesquelles on a p n = : soit encore t le coefficient 
de x" dans />„. 
Nous avons 

y d _[J- V 

f (x, - 5 lJCs )(x, - 4 iXi ) .- ix, - 4„x,) WV-"/ 

Dans le second membre de cette egalite, les coefficients de 



nt nuls : ll en est done de meme dans le premier 
embre, et Ton a : 

awr= yf*to _ a = v^ 

t general , 



(75 ) 
dans ces formules, nous representons par f„(Q) et par p' n (9) 
les valeurs de f n et de ^-p„, pour xj = 0, x 2 = 1. 
Les relations (14) montrent que I'on a : 

/■= A,(x, -e.x,)*— + A^x,- ^f- + .--4- A,(*, _«.*)•-», 
si Ton prend 

A J'^ 

1 P'M 

XII. — Les resultats obienus ci-dessus sont susceptibles 
de generalisation. 

Soient k' , k" ..., k a) , u. semi-covarianls d'ordre m, 
m", ... w w , analogues a 

Soient /,/', ..., */°)es suites invariantives correspondantes, 
analogues a y. Determinons une quanlile 



de telle facon que les parties fractionnaires de y'q, y"q, 
y"q, ..., y^q commeneent par des termes d'un certain 
ordre en - : 



le nombre des conditions equivalentes etant egal a u. 
Pour definir completement la fonclion q, nous 1'assujet- 
tirons aux conditions suivantes : 

1° de s'exprimer sous forme entiere au raoyen des 
coefficients de /, y" ... y m , les coefficients arithmeliques 
etant des nombres en tiers. 



(76) 
2° de ne contenir aucun diviseur satisfaisant aux 
onditions precedentes. 
Cela pose, si le nombre \j. — 2 est inferieur aux nombres 

tri — r u m" — i\, .., m' , —r /J ., 



>. relations de la forme 

"-*(£) ,,s > 

e designant la partie entiere du produilyg. 

Soient respectivement r el Q, les expressions qui 
remplacenly et q, apres la transformation 
x.^X.h-aX,, * t = X 9 : 
nous aurons les relations 

r(3 = E -(^)> 

analogues aux equations (15), E designant un polynome 
en X tl X 2 . Soient q { et e, les valeurs de Q et de E 
exprimees au moyen des variables oc,, a- 2 et des coeffi- 
cients de /, y" ...; nous aurons par la formule 

r — a- 

en supposant a — 2 < m ~~ r : 



Cette relation, de meme que la relation (15), 



(77 ) 
relations analogues : il en resulte, d'apres les 
etablies ci-dessus, que la fonclion q ne peut ( 
c'est-a-dire de Q; cette fonction est d'ailleur 
et homogene : elle est par suite un s 



Exemple. — Soient p = 3, r, = 1, r 2 = % r 8 
prenons pour y', y" les suites invariantives d'ordre i 



La fonction 

devra satisfaireaux conditions 



6, &« 6 3 6, 
Remarque. — Pour le semi-co variant 

7 = «o< + ^xf*X* -t- — -+- XpXf, 



(78) 
a, d'apres la formule (6), 



Les coefficients a /Jt _ ;i , a^„- l sont, dans le cas actuel, des 
determinants d'ordre u, dont les rangees sont respective- 
ment de la forme 



fc„ k, +l , ...k i+1 „ k i+y+ ,, ...k i+ia , 

les coefficients k se rapportant a I'un on a I'autre des semi- 
covariants k', k' ... Les coefficients *, sont les coefficients 
de x{ dans des semi-covariants (abstraction faile des nom- 
bres binomiaux) : on a 






II resulle de la que -—^ sera ia somme des determinants 
obtenus en remplacant successivement l'une des rangees 



*«, hi**, .-, J^ ,, k l+l , +l ,..., * w 
par la suite d'elements 

(« + f + i)^ (i + w^. 

La somme des determinants ainsi obtenus est egale a 
{P ■+■ ^) a ^ -p « '• s » !' on observe que a^,,., est aussi un 



(79) 
determinant, on voit que les f* egaliles 

^-^,.„. 

donnent autant de theoremes sur I'addition des determi- 
nants. Ne pouvant actuellement developper ces conside- 
rations, nous nous bornerons a un exemple. 
Considerons le semi-covariant de la lormule (16); nous 



b b, 6th «i == b &i b- ; 
b t b, b,\ \ b t b, b t J 



b 6, b- -*- 6 U 56 2 -4- 
6, 6 2 6* I &, 6, 6* 



= 3 6„ 6 t 6, 



Application de la photographie a I 'etude de I'electrotonns 
des nerfs (communication preliminaire) ; par F. Henri- 
jean, assistant a l'Universite de Liege. 



§ I, 

Lorsque Ton fait passer un courant constant (courant 
dit polarisanl) a travers une portion de nerf, il se produit, 
dans loute la longueur de ce dernier, des modifications 
exlremement remarquables de 1'etat electrique. 

Ces phenomenes, decou verts par du Bois-Reymond, ont 
recu le nom d'electrotonus. Ce savant chercha a determiner 
exactement les differentes phases du developpement des 
courants electrotoniques des nerfs, en reliant deux points 
de la partie extra-polaire au circuit de la boussole de Wiede- 
mann el en observant, d'une maniere continue, la devia- 
tion de I'aiguille aimantee. — Les valeurs trouvees de 
cette facon lui permirentde construire la courbe des cou- 
rants electrotoniques. 

Malheureusemenl, la boussole de Wiedemann est un 
instrument paresseux qui n'est pas susceptible de suivre 
et d'indiquer les variations rapides qui peuvent se pre- 
senter dans Pinlensite <J'un courant electrique. Ce defaut 
est surtout sensible au debut de l'observation, au moment 
ou l'aimant, primitivement au repos, est brusquement mis 
en mouvement sous l'influence du passage d'un courant 
electrique. II faut plusieurs secondes avant que l'aimant 



(81 ) 
aperiodique prenne sa nouvelle position d'equilibre. Avec 
une boussole non aperiodique, comrae celle qui servit aux 
premieres recherches de du Bois-Reymond, le reproche 
est encore plus grave. — Aussi, l'illuslre physiogiste de 
Berlin dut-il laisser en blanc la partie des courbes repre- 
sentant le debut de releclrotonus(l). 

Les methodes les plus ingenieuses et les plus compli- 
quees de I'electrophysiologie furent utilisees pour cornbler 
cette lacune. 

Helmholtz (2) chercha a determiner I'intervalle de temps 
apres lequel le debut des phenomenes electrotoniques se 
manifeste et se propage dans le nerf, en se servant de la 
secousse secondare de la patte galvanoscopique comme 
signal de l'arrivee du courant electrolonique en un point 
determine du tronc nerveux. Supposons un nerf de gre- 
nouille AB; faisons passer un courant constant a travers 
une portion de nerf voisine de A; pour determiner le 
moment oil le courant d'electrotonus se manifeste en B, 
appliquons sur cette extremite le nerf d'une patte galva- 
noscopique (3). Celle-ci sera disposee de facon a inscrire 
ses secousses sur un cylindre enregislreur. On inscrira, en 



! Kraft d. Ncrvvn 

u Muskeln. Arcli. f. Anat. u Physiologie, 1 867, p. 417. - Et Gesam- 
melte Jbhandlungen, If, p. 232. 

(2) Helmholtz. Ueber die Geschwindigkeit einiger Vorgdnge in 
Muskeln u Nerven. Bericht. Akadem. d. Wiss. z. Berlin, p. 528. 

(5) Les courants electrotoniques peuvent exciter un second nerf 
place sur le premier. Le nerf d'une patte galvanoscopique, dans ces 
conditions, setrouve excite a chaque ouverture et a chaque fermeture 
du courant polarisant, et il en resulte une contraction des muscles : 
Contraction p 

3 me SERIE, 



( 82 ) 
regard, le debut du courant polarisant sous Finfluenee 
duquel s'est developpe le courant electrotonique. L'expe- 
rience montre que le retard de la secousse, sur le debut du 
courant de polarisation, est fort petit. Par consequent, 
les courants electrotoniques se propagent avec une ires 
grande vitesse. Celle-ci, d'apres Helmholtz, serait lies 
analogue a celle avec laquelle I'excitation elle-meme se 
propage dans les nerfs; c'est-a-dire de 27 metres a la 
seconde, comme I'a demontre le meme auteur. 

Tschirjew (1) s'est egalement efforce de mesurer la 
vitesse de propagation des couranls d'electrotonus, c'est- 
a-dire de determiner le retard de I'apparition du debut du 
courant electrotonique en un point de la parlie exlra- 
polaire du nerf, retard comple a partir du debut du cou- 
rant de polarisation. 

Dans les experiences de cet auteur, la parlie extra- 
polaire d'un nerf de grenouille est reliee soit a la boussole, 
soil a I'eleclromelrecapillaire, et le courant propre du nerf 
est exaclemenl compense de facon a ramener au zero 
Finslrument qui sert de galvanoscope. 

Dans une serie d'experiences successives, il cherche a 
rompre le circuit galvanoscopique 1, 2, 3, A, etc., 10 mil- 
liemes de seconde apres le debut, c'est-a-dire apres la 
fermeture du courant polarisant. Si la rupture du courant 
galvanoscopique se fait avant que le courant d'electrotonus 
ait alleint la parlie extra-polaire du nerf comprise dans 
ce circuit, 



Tschirjew. Ueber die Fort pfkn 

Vorgange ins Nerven. — Du Bois-Reym 
ie, 1879, pp. 524, 552, t. VIII, fig 8. 



( 85) 
deviation ni de I'aimant, ni de la colonne mercurielle.— Si, 
au contraire, la rupture du conduit galvanometrique a lieu 
apres I'arrivee du courant de polarisation, celni-ci aura le 
temps d'agir sur rinslrument, ce qui se manifestera par 
un commencement de deviation de I'aimant on de la 
colonne de mercure de Pelectrometre. C'est par latonne- 
ments que eel inlervalle de temps se determine. 

Tschirjew a employe le mouvement de la plaque du 
myographe pour termer automatii|uement le courant de 
polarisation, et pour ouvrir le circuit galvanometrique a 
des intervalles de temps tres pt-tits, \ai mhleset exactement 
mesurables. II trouva, comme Helmhollz, que la vilesse de 
j)ropagation du debut du courant d'electrotonus est tres 
considerable, mais qu'elle est, cependant, en general inle- 
rieure a la vilesse de propagation du processus d'excitation. 
Les valeurs qu'il indique varient entre 15,4 et 22,2 metres 
a la seconde. 

Plus recemment, J. Bernstein (1) est parvenu non seu- 
lement a determiner le moment de debut des courants 
d'electrotonus, mais encore a conslruire la courbe qui 
represente les phases successives par lesquelles passe la 
valeur de ces courants. L'une des extremites du nert'etant 
soumise a Taction d'un courant constant, I'autre extremile* 
est introduite dans le circuit de la boussole, au moyen du 
rheotome de Bernstein, pendant un temps tres court el 
apres un intervalle de temps variable, comple a parlir du 
moment de la fermelure du courant de polarisation. On 



■ das Enstehi-n » Vvrschwinden der ekktro- 
•ven u d>c damit verbundoncu Ern//mii/s- 
Ov Bois Revmoko. Archiv. f. 
197-230, t IXct X. 



(8t) 

repete I'experience un grand nombre de fois, en atigmen- 
tant graduelleraent eel intervalle. A chaque experience, 
la deviation observee sert de raesure au courant electro- 
tonique au moment de I'observalion. Chaque observation 
Iburnil done un point de la courbe a construire. 

Bernstein est arrive a des resultats analogues a ceux 
de ses devanciers. La methode du professeur de Halle, 
bien que fort compliquee, est des plus elegantes. Le 
principal reproche que Ton pnisse y faire, e'est que 
la construction de la courbe n'est possible que par le 
groupement de valeurs obtenues dans un grand nombre 
d'experiences executees successivemenl sur un merae 
uerf. Or, les resultats des dernieres experiences ne sont 
pas rigoureusement comparables a ceux des premieres, a 
cause de la fatigue du nerf et des autres modifications qui 
peuvent se produire dans sa substance au cours d'une serie 
de recherches. Ce defaut n'a d'ailleurs pas echappe a 
Bernstein lui-meme; aussi exprime-l-il le desir de voir se 
repeter ces experiences en les disposant de maniere a 
n'avoir a soumettre le nerf qu'a une seule action de pola- 
risation, ce qui s'obtiendrait le mieux, dil-il, au moyen de 
I'electromelre capillaire dont on pholographierait les 

5(1). 



(i) Auch ware erwiinsch fur diesen Fall, den Verlauf der ganzen 
Curve bei einmaliger Polarisation aufzunehmen, um Ermiidung 

des Capillarelektrometcrs ausfuhren lassen, wenn mann dessen Aus- 
schlage photographisch aufzeichnete ('), pages 208 et 213 : « Ein 
einzelne Curve aufzunehmen wiirde ebenfalls cine dankbare nut 
dem Capillaretektrometer auszufiihrende Aufgabe sein. » 



(85) 



§ II. 



Ce vobu exprime par Bernstein, je suis parvenu a le 
realiser, c'esl-a-dire que j'ai pu photographier les excur- 
sions de la colonne de mercure de l'electrometre capillaire 
relie a une portion de nerf soumise a I'electrolonus. J'ai 
pu recueillir, de cette facon, en une seule experience, la 
courbe complete du courant electrotonique. Ces courbes 
sont ires analogues a celles construiles par Bernstein. 

Le present travail confirme done en grande parlie les 
resultals obtenus par dautres experimentateurs; son inte- 
ret reside moins dans la decouverte de fails nouveaux que 
dans la substitution d'une melbode direcle, simple et facile, 
aux procedes compliques, laborieux et indirects utilises 
par Tschirjew et Bernstein. 

Toutes mes experiences ont ele failes sur des nerfs de 
lapins, de chiens et de grenouilles. Les nerfs pneumogas- 
triques, sciatiques, etc., des mammiferes se pretent lout 
aussi bien que Je sciatique de la grenouille aux experiences 
d'eleclrophvsiologie, ainsi que Ta demonlre Leon Frede- 
•icq (i); de plus, ils ont I'avanlage d'etre beaucoup plus 
'ongs et plus faciles a manier. 

L'experience est disposee de la maniere suivante: le 
nerf est tendu horizontalement au-dessus d'une plaque de 
liege, au moyen de deux stylets de verre faisant office 
d'epingles. Les deux extremites du nerf sont fortemcnl 
serrees au moyen de fil de lin impregne d'une solution de 



(') L. Fbedericq. Ucberdie 
ervm. Archiv. f. Physiologic. 



(86 ) 
chlorure sodique (solution physiologique). Ces ligatures 
sont placees en dedans des aiguilles de verre; elles repre- 
sentent des sections transversales dn nerf, de telle facon 
que, pour metlre celles-ci en rapport avec les electrodes, 
il suffit d'enrouler le fit impregne de la solution de sel 
raarin sur les exlremites de ces derniers. — Chaque extre- 
mile du nerf est reliee avec une paire d'electrodes impo- 
laiisables de du Bois-Reymond, dont Pun est en rapport 
avec le fil qui correspond a la coupe transversale, 1'autre 
avec la surface longiludinale. (AB et ab, figure 1.) Le cou- 
rant polarisant est fourni par un element de Daniell D, 
figure 1. Ce circuit contient, outre l'extremite AB du nerf, 
une clef C 2 qui permet d'ouvrir ou de fermer le courani 
et un cotnmntateur de Pohl qui permet de changer sa 
direction. L'extremite ab du nerf qui sert a I'elude de 
relectronus est reliee a I'electrometre capillaire par I'inter- 
mediaire d'une clef C 1 . 




/image du capillaire, vivement eclaire a la 



(87 ) 
eleclrique, esl projetee, au moycn de la lanteme Duboscq, 
a trovers la fente d'une chambre obscure, stir le cylindrr 
emegUtreur recouvert de papier au gelatino-bromure 
d'argent (Hutiuet). 

L'ombre de la colonne de mercure meltanl le papier 
sensible a I'abri des rayons lumineux, J'image que I'on 
oblient est negative. Grace a celle disposition, les moindres 
mouvemenls de la colonne mercurielle se traduisent par 
des deplacemenls de !a limite entre l'ombre et la lumiere. 

La partie de la fente qui permet le passage des rayons 
lumineux est en partie employee pour inscrire le temps el 
le passage du courant de polarisation. Le temps esl inscrit 
en disposanl une horloge a seconde de telle facon que le 
balancier intenompe et pennette allernalivement le pas- 
sage des rayons lumineux. L'horloge dont nous nous 
sommes servi produisait deux interruptions a la seconde. 
Pour inscrire le debut el le passage du courant de polari- 
sation, un second circuit eleclrique, provenant d'une pile 
de Grenel, est relie a un signal eleclro-magnetique donl 
la plume projette son ombre sur la partie du papier sen- 
sible non protegee par I'image de la colonne de mercure. 
Ce courant esl ferme par la clef C 2 , dont les mouvemenls 
sont solidaires de ctux de la clef qui serl a ouvrir el a fer- 
rner le courant de polarisation, c'esl-a-dire que le signal S 
indique exaclement les phases de ce dernier. 

Les graphiques obtenus de cette fa^on presentenl done 
en regard : la courbe du courant electrotonique, le trace 
de la duree du courant polarisant et celui du temps. 

Les figures 1, % 5 de la planche I representent trois de 
ces graphiques. Les echancrures de la partie inferieure de 
chaque ligure correspondent a des demi-secondes. Le trail 
blanc represenle l'ombre du style du signal eleclro-magne- 



(88) 
tique Dans les figures A et B, le signal presentait le defaut 
de vibrer quand le courant cessait de passer, d'ou est 
r£sulte le vague dans le trait blanc a ce moment; dans la 
figure c, nous avons remedie a eel inconvenient, le trait 
est aussi net a la fermeture qu'a I'ouverture du courant. 
Ajoutons que, dans les figures A et B, le style du signal 
se rapproche de Inscription du temps quand le cou- 
rant de polarisation passe, de sorte que, pendant toute la 
duree de celui-ci, le trait forme par le signal electrique se 
trouve au-dessous de celui qu'il donne au repos. Dans la 
figure C, le passage du courant polarisanl est, au contraire, 
indique par le fait que le trait blanc se rapproche de la 
courbe de I'electrotonus. 

Le graphique n° i represente la courbe de Yanelectro- 
tonus el lesn os 2et 3 celle du katelectrotonus. Dans le pre- 
mier cas, le mercure rentrait dans le capillaire, de sorle 
que la lumiere venait influencer une plusgrande partie du 
papier sensible. C'est done la limite eutre la partie noircie 
qui s'eMeve au-dessus du niveau ordinaire qu'il fautlire, 
tandis que pour le katelectrotonus la colonne de mercure 
etanl projelee en avant, c'est la partie du graphique qui 
se trouve enfoncee dans la partie noire qu'il faut etudier. 

Dans la figure 1, nous voyons que le courant electroto- 
nique s'etablit rapidement;il atteint presque son maximum 
en moins d'un quart de seconde. La courbe qui represente 
le passage an maximum forme presque un an^le droit. Le 
courant s'etablit immediatement, ainsi que I'indique Tas- 
cension brusque de la courbe a la fermeture. Cependant, 
il serait possible de calculer le temps perdu et, par 
suite, la vitesse de propagation de I'electrotonus, en 
employant des nerfs ires longs et en faisant tourner plus 
rapidement le cylindre qui porte le papier sensible. Dans 



( *» ) 
la figure 3, par exemple, la vitesse est deja 
plus grande que dans la figure \, et sur le trait S qui 
indique le passage du eourant polarisant, on peut elever, 
au moyen d'une equerre, au point qui correspond a la fer- 
courant polarisant, une droite represenlanl 
la fente par laquelle la lumiere passe. Cetle 
droite torabe au point P. On voit que le eourant nes'eta- 
blit qu'un peu vers la droite de celle-ci. II n'est pas ires 
facile de mesurer une aussi petite portion du graphique, 
parce que la limite entre la lumiere et I'ombre n'esl pas 
absolument nelte; mais, on pourrait considerablemenl 
agrandir eel espace en se servant de plaques sensibles se 
mouvant tres rapidement. J'evalue I'espace a droite de P 
a environ */ A de millimetre. La vitesse du cylindre etant 
de 45 millimetres a la seconde et la longueur du nerf a 
parcourir dans le cas represenle figure C etant 7,5 centi- 
metres, la vitesse de propagation serait de 13 m , 5 a la 
seconde, ce qui correspond exactement au chiffre le plus 
faible donne par Tschirjew. La disparition du eourant 
electrolonique parait se faire immediatement sur les 
courbes des figures 2eto, mais sur la figure 1 il persiste 
encore pendant */ 18 de seconde. 

Pour apprecier exactement les phenomenes du debut et 
de la fin de Telectrotonus, il faudrait employer des plaques 
rapides se mouvant extremement vile. 

II faudrait, egalement, repeter les experiences en 
employanl des vitesses ties faibles, afin de determiner la 
marche dela diminution du eourant electrolonique signalee 
par du Bois-Reymond. C'esl ce que nous faisons en ce 
moment. Nous n'avons pas constate I'existencede la varia- 
tion negative signalee par plusieurs auteurs. 



( 90) 



EXPLICATION DES FIGURES 

sc lisent dans les directions des fleche 
:sente le temps en demi-seeondes. La 

— La Iigne blanche S representc Taiguille du signal el 



ab. passage du courant polarisant. 

Fig. B, memes leltres qu'a la figure prccedcnte. P. 

Fig. C. P 



Sur la circulation du sang dans le cercle arteriel de 
Willis; par G. Corin, preparateur de physiologie a 
TUniversite de Liege. 

Les conditions de la circulation du sang dans le cercle 
arteriel de Willis n'ont jamais fait I'objet d'une elude spe- 

Un seul auteur, a notre connaissance, Sleiner(l), ren- 
seigne une valeur absolue de pression prise dans le hout 
peripherique de la carotide. 

Quant aux modifications que cette pression subit sous 
Tinfluence d'obliterations plus on moins etendues des 
arteres afferenles du cercle de Willis, quant au retard que 
peul subir la propagation de 1'onde pulsatile dans le canal 



BulL. 3 e Serve , Torn* XIV 




Fiff I 




Inscription photogmphufwt <L> VEUl 



(91 ) 

irregulier conslilue par ies carotides el le cercle arteriel, 
nous n'avons trouve a ce sujet aucun renseignemenl. 

La question a cependanl de 1'iraporlance, puisque la 
valeur des experiences de Schiff, de Kussmaul et Tenner 
sur Fanemie experimentale du cerveau, la theorie chi- 
mique de la respiration emise par Rosenthal et admise 
aujourd'hui par la plupart des physiologisles, ont &e 
remises en question de differents cotes dans ces derniers 
temps (Mosso, Hoppe Seyler, Herler, Marckwald) (1). 

L'absence de moditications du rhythme respiraloire a la 
suite de la ligature d'une on de deux carotides a ete 
invoquee contre la theorie de Rosenthal, qui admet une 
correlation elroile entre le fonctionnement des centres 
respiratoirts et Ies conditions de la circulation encepha- 
Nque. On admellait a priori que la ligature des carotides 
devait amener une baisse considerable de pression dans le 
cercle arteriel de Willis. 

Nos experiences ont eu principalement pour but de 
verifier I'exactitude de cetle assertion. 

Steiner allribiie a la pression arterielle dans le cercle de 
Willis du chien une valeur beaucoup pluselevee (156 mil- 
limetres de mercure) que celle trouvee par nous. Nous 
avons vu, il est vrai, cetle valeur alleindre quelquefois 
130 millimetres; mais dans la grande majorite des cas,elle 
n'est que de 80 a 90 millimetres, quelquefois meme de 
60 millimetres, alors que la pression dans le bout central 
de la carotide oscille entre 120 et 180 millimetres de mer- 
cure. La valeur de la pression dans le bout peripherique 
renseignee par Steiner serait done egale a la moyenne de 



t fiir Biologie, Bd. XXIN, N. F, I 



(92) 
la pression que nous avons trouvee dans le bout central de 
la carolide. 

La deperdition de pression causee par le maintien de 
I'ouverture des branches externes de la carolide est d'ail- 
leurs tres faible. Sous l'influence de leur fermeture, la 
pression n'aug:i:enie que 5 a 7 millimetres de mercure. 

Los branches afferenles du cercle de Willis sonl les deux 
carotides internes et les deux verlebrales. La fermeture 
de I'une d'elles doit avoir o priori pour effet de faire 
baisser la pression dans le cercle de Willis et la fermeture 
de troisd'enlreelles; la quatrieme, une des carotides, par 
exemple, elanl reliee au manometre, doit amener la pres- 
sion au zero, a moins qu'il n'existe des branches collale- 
rales aulres que les verlebrales et les carotides. 

Ces branches collaterals snpplementaires existent tres 
eertainement chez tous les animaux de laboratoire, car 
jamais la pression dans le cercle de Willis n'arrive au zero 
sous 1'iuttuence de la fermeture des quatre branches affe- 
rentes principales. 

Mais leur developpemenl n'est pas le meme chez tous 
les animaux, et cela explique pourquoi Texperience de 
Kussmaul et Tenner, qui consiste a provoquer I'asphyxie 
chez le lapin par la fermeture des verlebrales et des caro- 
tides, ne reussil pas dans tous les cas, et pourquoi elle ne 
reussit qifexeeptionnellement chez le chien. 

Tout au moins devrait-il se produire chez ce dernier 
une djspnee plus ou moins accentuee sous l'influence de 
celle occlusion. C'est ce qui arrive a la verite dans quel- 
ques cas, mais cette dyspnee est passagere, et dans la 
grande majorite des cas elle n'existe pas du tout. 

Dans la theorie de Rosenthal, cette anomalie apparente 
devrait etre evidemment justifiee par un maintien de la 
pression a son niveau primitif. C'est ce que nous avons 
cherche a verifier. 



(M) 

Si chez un chien on isole soigneusement les deux caro- 
tides et les deux vertebrales, si on ligature les branches 
exlernes d'une des carolides et qu'on mette le bout peri- 
pherique de l'artere ainsi preparee en rapport avec un 
manomelre a mesure, on oblient la pression dans le cercle 
de Willis. Si mainlenanl Ion eomprimesuccessivement ou 
simnllanement les trois aulres branches afferenles aeces- 
sibles, on s'attend a voir la pression diminuer d'une cer- 
taine quantite. 

Mais, chose remarquable, cette baisse de pression dans 
la plupart descasn'est que momenlanee; bienldt la pres- 
sion se releve jusqu'a revenir a peu pres a son niveau pri- 
mitif. 

Cette regulation est d'aulant plus parfaite el d'autant 
plus rapide que 1'animal a ete soumis un plus grand nombre 
de fois a la meme experience, d'autant plus aussi qu'on a 
laisse plus de branches afferenles un peu considerables 
libres de compression. 

II arrive meme que la pression devient plus grande 
:ipres qu'avanl la fermeiure de l'une des branches afle- 
rentes, et dans certains cas nous avons vu cette pression 
augmenter immediatement apres la fermeture, de facon a 
depasser d'emblee et de beaucoup le niveau primitif. 

Ne pouvant consigner ici graphiquemenl nos resultats, 
nous allons resumer quatre experiences qui peuvent servir 
de types. 

Nous ecarterons des I'abord les experiences ou nous 
avons obtenu une baisse de pression durable par la ferme- 
ture d'un ou de plusieurs canaux afferents du cercle de 
Willis, les animaux de ce genre rentrant en somme dans 
la calegorie de ceux chez qui reussit I'experience de 
Kussmaul et Tenner. Nous n'avons d'ailleurs obtenu ce 
lesultat qu'une fois dans quinze experiences. 



(94) 



Tvi'K 



Cliien male n° VIII; -40 centigrammes de morphine, chloroform 

letreintroduitdans le bout peripherique. 
Pression : 60 millimetres de mercure. 
On comprime la carotid* 



i normale. On ouvre les vertebrales, la 

La compression des vertebrales scules ne produit pas d'effet. Cette 
compression persistant, si Ton ferme la carotide gauche, la pression 
baisse du coup de 5 centimetres et n'a que peu dc tendance a 






Type II. — 12 avril 1887. 

Chien male n°XIl; 40 centigrammes de morphine, chloroformc. 

Les branches externes de la carotide gauche sont fermees. Mano- 
metre dans le bout peripherique. 

Pression : HO millimetres de mercure. 

On comprime la carotids dioite; la predion baisse de 40 milli- 
metres ; puis, en 50 secondes, remonte de facon a n'etre plus qu'a 
i centimetre sous la normale. On ferme alors la vertebrale gauche, 
puis la droite, sans que la pression soit modifiee. On ouvre la caro- 
tide droite et le niveau redevient normal. 

II n'est plus influence par I'ouverture des vertebrales. 

La fermeture des vertebrales, la carotide droite restant ouverte, 
n'influence en rien la pression. La fermeture des carotides, les verte- 
brales etant comprimees, produit une baisse de pression de '2 centi- 
metres; puis la pression tend a se relever legerement. 

Pression dans le bout central 



(90) 



est de 80 millimetres de mercure. 

On ferme ta carotide droite; la pression baisse t 
puis remonte et, au bout de 25 secondes, est revenue a la normale. 
On ouvre; pas de modifications. On ferme la carotide, la prcssion 
baisse de 5 millimetres, puis remonte et, au bout de 12 secondes, 
depasse la normale de 5 mil! > I a ce niveau. On 

ferme la vertebrale gauche, la prcssion baisse de 10 millimetres, puis 
remonte a la normale en 20 secondes. On ferme alors la vertebrale 
droite, la prcssion baisse de 25 millimetres et, pendant 90 secondes 
environ, ne parvient a remonter que de 10 millimetres. 

Pression dans le bout periphcrique : ICO millimetres de mercure. 

Nous n'avons pas la pretention d'eiablir ici trois types 
invariables. 

11 exisle, comme on peut le voir, des transitions d'un 
type a 1'autre, et, d'ailleurs, tel chien qui, au debut d'une 
experience, ne possedait qu'une regulation imparfaile 
comme le type I, mon trait a la Gn une regulation tout 
aussi parfaile que le type HI. II est done vraisemblable 
que cetle regulation depend, au moins en partie, du cali- 
bre des voies collaterals, el que celui-ci devient assez 
grand au bout de quelques experiences, sous l'influence 
de I'augmentation de pression centrale qui resulle de la 
fermeture d'une des branches afferentes, pour permeltre 
a la pression de se relever dans le cercle de Willis. C'est 
par des transitions egalement que Ton arrive au type de 
regulation que nous allons decrire. 



(9fi) 



Type IV. — 28 mars ISS7. 

Chien male n° V; 40 centigrammes de morphine 
Pression dans le bout peripherique de la carotid. 

7 milimetres. 
On ferme la carotide droite; la pression baisse ( 



On ouvre la carotide droite; la pression remonte de 7 millimetres, 
puis baisse et revient a la normale. Nous repetons la meme expe- 
rience avec les memes resultats, plus accentucs L'animal est laisse 
tranquille pendant 5 minutes; puis nous fermons la carotide droite. 
La pression augmente rapidement et, au bout de 10 secondes, est a 

droite ; la pression baisse graduellement et revient a la normale en 
50 secondes. Une nouvelle tentative donne le meme resultat ; une 
troi-H'iiu' aussi; settlement, la baisse de pression que nous avions 
constatee a l'ouvertui. -i ji •!(. d'une legere ascension et, d'une 
facon generate, se fait beaucoup plus rapidement. 

Cetle regulation paradoxale s'accentue de plus en plus et, au bout 
de 2 m ; nutes, l'occlusion de la carotide droite produit dans le cercle 
de W iJlis ■ ■ ■ ■'/<' metres. 

La carotide droite etant ouverte, Tocclusion dcs vertebrales donne 
une legere baisse de pression (10 millimetres) et, cette occlusion se 
maintenant, si nous comprimons la carotide droite, I'augmentation dc 
pression ne se produit plus, mais est au contraire remplacee par une 



apres 20 secondes, ellc I'a fait 

les vertebrales ; la pression monte de 23 millimet 

la carotide droite ; la pression baisse rapidement e 



Pression dans le bout central : 



(97) 

Nous n'avons pu obienir ce singulier phenomene dans 
toule sa purefe que chez deux chiens intacls; nonsvoyons 
d'ailleurs que cette regulation paradoxale n'est que I'exa- 
geration de celle que nous avons constatee a la fin chez 
les trois premiers types, et qui s'est montree au debul chez 
le type IV. 

A quoi tient cette regulation? Nous devons dire tout 
d'abord que chez des chiens a pneumogastriques coupes, 
qui ne presentaient avant cette operation qu'une regulation 
imparfaife comme celle du type I, nous avons observe une 
fois la regulation du type HI, une autre fois celle de type IV. 

Chez tous les chiens, d'ailleurs, le manometre introduil 
dans le bout central de la carotide montre que, sous In- 
fluence de rocclusion d'une branche considerable telle que 
la carotide de l'autre cote, la pression augmente conside- 
rablement (40 millimetres), que les vertebrales soient liees 
on non. Cette augmentation est tout aussi durable que celle 
que Ton obtient dans les memes conditions si Ton explore 
la pression dans le cercle de Willis des chiens du type IV. 
La fermeture de branches moins developpees, celle des 
vertebrales, par exemple, n'a que pen ou point d'influence 
sur la pression dans le bout central de la carotide. 

En meme temps que cette augmentation de pression, on 
observe une acceleralion,assez faible, il est vrai, des batte- 
menls cardiaques (117 pulsations a la minute au lieu de 
105). 

La regulalion de la pression dans le cercle de Willis 
depend done bien certainement de I'augmentation de 
pression qui se produit en amont du point observe du 
vaisseau afferent. 

Si ce vaisseau est la carotide, celle augmentation est 
considerable el peul dans certains casdepasser la quantile 



(98) 

exigee par line compensation parfaite; si e'est la verlebrale, 
elle esl faible ou nulle. 

Si les voies collaterals restees permeables sonl assez 
larges, la pression dans le cercle de Willis pourra, soil ras- 
ter la meme, soil devenir plus forte qn'auparavanl. Si ces 
voies ne sont pas suffisamment etendues, la pression bais- 
sera dans le cercle de Willis. Mais dans la grande majorite 
des cas, la dilatation qui se produit dans les voies collate- 
rales par la repetition ou la prolongation de ['experience, 
sera grande assez pour que la pression ne. baisse pins 
dans la suite sous I'influence de la fermelure de la caro- 
lide. 

Quand 1'augmentation de pression dans le bout central 
de la carolide esl plus forte que ne le ferait supposer la 
fermeture de la carolide du cdle oppose, et que cette 
augmentation se maintient quelques secondes apres la 
reouverture de cetle meme carolide, on observe, preala- 
blement a la chute de la pression dans le cercle de Willis, 
une augmentation passagere. 

Nous ignorons encore a quoi peul etre due I'augmen- 
lation de pression si (.•onsidt. ; rab!e <!an^ la regulation para- 
doxale rlu IV. Peul-etre faut-il la rallacher a la legere 
augmentation du nombre des pulsations que nous avons 
conslalee sous I'influence de la fermelure de la carolide. 

Ces resullats expliquent evidemment pourquoi, en admel- 
lant la theorie de Rosenthal, I'experience de Kussmaul et 
Tenner ne reussil le plus souvent pas chez le chien. 

La vitesse de la propagation de I'onde pulsatile doit 
etre beaucoup moindre dans le canal irregulier forme par 
la carolide d'un cote, le cercle de Willis et la carolide de 
I'aulre cote, que dans les autres arieres du corps ou le 
calibre va en diminuanl regulierement. Chez les grands 



( 99 ) 
chiens qui nous servent au laboratoire, la circonference 
moyenne interieure des carotides a la region cervicale est 
de 1 centimetre, celle des communicanles anlerieures du 
cercle de Willis de 3 millimetres, celle des femorales de 
13 millimetres. 

L'intercalation entre deux arteres aussi volumineuses 
que les carotides d'un canal aussi etroit que le cercle de 
Willis, doit augmenler considerablement les resistances. 
Le fait seul qu'il est pour ainsi dire impossible d'obtenir 
un trace sphygmographique du bout peripheriqne de la 
carotide, montrant nettement le dicrotisme, suffirait dejaa 
le demontrer. 

Le trace ci-joint montre que le retard eprouve par Ton 
dee sanguine pour se propager de I'aorte a iravers le 
cercle de Willis, est egal a celui qu'elle eprouve pour arri- 
ver a la iemorale. 

Chez le cbien sur lequel ce graphique a ete obtenu, la 
distance de la femorale a la crosse aortique elait de 
53 centimetres; celle de la crosse au bout cenlral de la 
carotide de i3 centimetres ; celle de la crosse a la base 
du crane de 50 centimetres ; de la base d» crane au cercle 
de Willis, de 25 centimetres; entre les deux carotides dans 
le cercle de Willis, 1 centimetre; de la base du crane au 
bout peripherique de la carotide, 6 centimetres. II en 
tesulle que la distance a parcourir par Tondee sanguine 
pour arriver aux sphygmoscopes places dans le bout peri- 
pherique de la carotide el le bout central de la femorale. 
etait respectivement de 29 et de 40 centimetres plus 
grande que celle qu'elle devait parcourir pour arriver au 
sphvgmoscope place dans le bout cenlral de la carotide. 

Pour parcourir ces distances, elle a mis de 4 a 5 cen- 
tiemes de seconde. 



( 100) 

De la crosse a la femorale 

40 X 100 _ 

— _ 8»88. 

De la crosse au bout peripherique de la carotide par le 
cercle de Willis 



Quoique le spectre du carbone se trouve parrai les 
spectres les plus etudies par les chimistes et les physi- 
ciens, les opinions sont encore divisees sur sa nature, les 
uns attribuant au carbone un spectre special, different de 
celui de ses composes hydrogenes, et les autresconsiderant 
le spectre des composes hydrogenes du carbone comme 
celui de cet element. 

II en resulte que le spectre des cometes (identique au 
spectre des flammes hydrocarbonees) et les spectres de cer- 
taines(l)etoiles, peuvent etre considered comme indiquant 
la presence soit du carbone seul, soit des composes hydro- 
gene's de eel element. 

Bien que les experiences citees par les observateurs a 
Tappui de leurs conclusions semblent a I'abri de toute 
critique, la divergence de ces conclusions permet cepen- 
danl de croire que certains faits ont ete mal interprets. 

Aussi nos recherches ont-elles ete entreprises, non pour 

(l) Doner, Sur les eloiles a spectres de la troisieme classe, p. 122; 



(KM ) 
verifier celles des savants qui se sonl occupes de la ques- 
tion, mais piutot pour examiner la valeur des conclusions 
lirees des fails observes. 

Elles ont porte sur Irois points controverses, savoir : 

a) Le carbone a-t-il un spectre different de celui de ses 
composes hydrogenes? 

6) Les composes hydrogenes du carbone ont-ils un 
spectre special, different de celui du carbone pur? 

c) Le carbone possede-t-il plusieurs spectres distincls? 

D'apres Angstrom (J) et Huggins (2), le carbone exige 
une decharge eleclrique disruptive pour amener la produc- 
tion de son spectre reel, presque semblable a celui de 
fhydrogene, et caracterise par la presence d une forte raie 
rouge un peu moins refrangible que la raie C. 

I/arc voltaique ne donne pas, selon Angstrom, le spectre 
propre du carbone, mais seulement ceux des carburcs 
d'hydrogene et du cyanogene. 

Les experiences de Piazzi Smyth (3) confirment celles 
d'Angstrom et de Huggins. Un spectre, consistant princi- 
palement en une double raie rouge siluee pres de la raie 
C de Thydrogene, a ete observe par ce savant en faisant 
eclafer une etincelle condensee entre deux electrodes de 
carbone. 

Cette experience pent etre aisement repetee en observant 



(1) Angstrom. Recherches sur 

1875. 

(2) Huggins. On the spectra of some of the stars and nebulae. Philo- 
sophical Transactions, vol. 158, p. 555. 

(3) Piazzi Smyth. Carbon and cnrhn/njdn^nt spectra. Philosoph. 
Magazine 5- smi\ \ol. 8, p. 117. 



^ 102 ) 
dans I'air le spectre d'une forle etincelle electrique (1) 
eclatant entre deux electrodes de charbon (tels que ceux 
employes pour la lumiere electrique) de 5 millimetres de 
diamelre, lerminees en pointe et distanles I'une de ['autre 
de 3 a 4 millimetres. 

Le spectre, observe avec un spectroscope d'une disper- 
sion equivalente a six prismes de flint, est alors conslitue 
par deux raies rouges ires brillantes, tres voisines Tune de 
I'autre el Ires proehes de la raie C, deux raies brillantes 
dans I'orange, et un grand nombre de raies dans le vert. 

Si Ton dispose 1'experience de maniere a la ire passer 
I'etincelle entre les electrodes de carbone placees dans 
l'hydrogene, a la pression de 700 a 1000 millimetres, on 
remarque, avec Huggins, qu'une seule des deux raies 
rouges est visible, les autres raies ayant disparu. 

On constate encore qu'une seule des deux raies rouges 
est visible, en plagant les deux electrodes de carbone dans 
uue damme d'hydrogene brulanl a I'air libre (on observe 
de plus I'appariiion des bandis <ai liont'cs . Mais,en placaul 
les deux electrodes dans I'air tres rarefie (pression 40 mil- 
limetres) et desseche,on observe, par conlre, la dispai itioti 
totale des deux raies rouges, quelle que soit Cenergie de 
it'tinv.i'lle electrique, ce qui seinble indiquer qu'aticune de 
ces deux raies n"appariient au spectre du carbone. 

Hemplacaot alors les electrodes de carbone par des fils 
d'aluminium el operant a I'air libre, on recommit que le 
spectre, observe dans its eruditions, est absolument sem- 
blable, sauf uneraie rouge, au spectre de I'eliucelie eclatant 
entre les deux electrodes de carbone, e'est-a-dire constitue 
par une raie rouge tres brillante, deux raies dans I'orange 
el un grand nomine de raies dans le vert. En superposant 

(I) Produitc par unc bobin ondeasateur. 



( 103 ) 
aire, on s'assure que la rnie rouge coincide 
vec la raie C de I'hydrogene. 
Cette experience demontre que loules les raies, sauf 
une, du spectre presume du carbone, sent etrangeres au 
spectre reel de eel element. 

II s'agit main lenanlde determiner Toriginede la seconde 
raie rouge. 

A cette fin, on observe le spectre de I'elincelle eclalanl 
a I'air libre enlre deux electrodes de carbone de 1 milli- 
metre de diametre,e>/ suprrposnnt ce spectre stir le spectre 
solaire, el on constate que I'espace obscur separant les 
deux raies routes coincide exaclement avec la raie noire C 



du spectre solaire. 




El, par nn examen attenti 


f, on acquiert la certitude (|ut 


les deux raies rouges, sepan 


ies par un espace obscur, con- 


stituent dans leur ensembl 


e le renversemenl de la raie 


rouge de I'hydrogene, renv> 


erscmenl forme par une rait 


noire au milieu d'une raie 


brillante ties elargie, e'est-a- 



uire presentan! deux raies bnl- 

lanles tres proches separees par un espace noir. 

Cette derniere experience n'esl pas sans presenter 
quelques difficultes d'observation, a cause des change- 
ments de refrangibilite «]ui se produisenl sous I'influence 
de I'elincelle d'induclion. 

Aussi, pour toute certitude, j'ai employe successivement 
des spectroscopes de construction differente, nolammenl 
le spectroscope a demi-prismes de Christie et le spectio- 
scope a reversion de Young, en disposant les electrodes de 
carbone tantot suivant la longueur de la fente des spec- 
Uoscopes, tantot transversalement a cette longueur, en 
employam la melhode de projection, e'est-a-dire en pro- 
jetant sur la fente du spectroscope, au moyen d'un objec- 
lif, une image des electrodes et de I'etincelle. 



( 104) 

Je crois done pouvoir conclure que le spectre special 
atlribueau carbone n'apparlient pas a eel element chimique. 

Examinons maintenanl les raisons qui s'opposent a 
considerer le spectre des composes hydrogenes du carbone 
comme Je spectre du carbone pur. 

Swan {{), en 4856, avail deja remarque que les raies 
brillames du spectre d'un hydrocarbure sont identiques 
aux raies similaires du spectre dun oxycarbure, l'eclat 
des raies variant avec la proportion de carbone brule, etle 
nombredes raies avec l'inlensite lumineuse. 

Ensuite, AlUield (2) avail conclu que ce spectre est 
celui du carbone, puisqu'il pent etre observe dans lous les 
composes du carbone, quelles que soienl les forces elec- 
triques ou chimiques qui en determinent Pincandescence. 

« Si e'est bien la vapeur du carbone qui est en jeu, dit 
Morren, on doit loujours rencontrer le memo spectre 
lorsqu'on rend libre le carbone par la decomposition d'un 
compose ou il enlre comme element, quel que soitd'ailleurs 
le corps auquel il est uni (3). » 

Dibbits (4), Lielegg (5), Lockyer (6), partagent aussi 

(t) Swan. On the prismatic spectra of the flame of compounds of 
carbon and hydi i. Trans., t. XXI, p. 41 1. 

(2) Attfield. On the spectrum of carbon. Philos. Trans., vol. 182, 
p. 221. 

(5) Morren. De la fla»,rn ire* Annates de 

(4) Dibbits. Uebvr die Spectra der Flammen einiger Gaz. Poggen- 
dorfs Annalen, tome CXXII, p. 497. 

(5) Lielegg. Contributions to the knowledge, etc. Philos. Magazine, 
4« serie, t. XXXVII, p. 308. 

(6) Lockyer. Note on the spectrum of carbon. Proceedings Roy. 
Soc, vol. 50, p. 355. 



( 103 ) 

celte opinion, en s'appuyanl snr 1'eclal avec lequel ce 
spectre se developpe lorsque le eyanogene esl brule dans 
I'oxygene, et lorsque Telineelle eleclriqne passe dans le 
eyanogene, le tetrachloride de carbone, I'oxyde carbonique 
a haute pression, tons ces gaz elant desseches avec le plus 
grand soin. 

Mais d'autre part, Pliicker (I) affirme que les composes 
du carbone peuvenl donner naissance a des spectres appar- 
tenant a qualre types differenls; Angstrom et Thalen (2) 
soutiennent que le spectre des oxycarbures est different de 
celui des hydrocarbures et que le spectre a bandes, tel 
qu'il est observe - dans Tare volla'ique, appartient aux car- 
bures d'hydrogene et an eyanogene; Hasselberg (3) con- 
clul que le spectre de tous les composes hydrocarbonesse 
rapporte avec une grande probability a celui de I'acetylene. 

Enlin Liveing, Dewaar (4) et Piazzi Smyth (o), arrivenl 
aux conclusions d' Angstrom en s'appuyant sur le fail que 
le spectre a bandes est toujours bien developpe dans les 
circonstances ou Ton sail que les hydrocarbures sont pre- 
sents, et sur rimpossibiliied'exelure loule trace d'humidite, 
par consequent toule trace d'hydrogene, dans les autres 

On voit par eel expose que la raison principale qui 

(1) Plucker. On the spectra of ignited gazes. Philosoph. Trans., 
i 865, vol. 155, p. 1. 

(2j Angstrom. Recherche* sur le spectre solaire, 1 80s. 

(3) Hasselberg. Ueber die spectra der Comcten, 1880. 

(*) Liveing ct Dewaar. On the spectra of the compounds of carbon. 
Proceedings Roy. Soc, vol. 50, p. 152. 

(5) Piazzi Smyth. Micrometrical tneas 
sactions. Roy. Edinburgh Soc, vol. 32. 



( 100 ) 

s'oppose a considerer le spectre des composes hydro- 
genes du carbone comme etanl celui du carbone pur, 
consiste dans I'impossibilite d'eliminer toute trace d'hy- 
drogene des corps et des appareils employes dans les 
recherches. 

Je crois cependant qu'il est un appareil qui, plus <|u< j 
tout autre, par les necessiles de son emploi, salisfail en 
partie a cette condition : c'est la lampe a incandescence a 
lilament de charbon, car les gaz occlus dans ce filament 
sontelirnines en portanl celui-ci a 1'incandescence, pendant 
qu'un vide aussi parfail que possible est determine dans 
l'appareil. 

Pour eludier le spectre du carbone dans des lampes 
ainsi conslruites, il faul pouvoir observer V ignition inslan- 
tanee du filament [lorsqu'il est traverse par un couranl 
electrique d'intensile croissanle] au moyen d'un spec- 
troscopy de faible dispersion et de preference a vision 
directe. 

Au moment de 1'ignition, une vive lumiere illumine 
soudainement le champ du spectroscope, et le carbone vola- 
tilise se depose sur les parois interieures de la lampe; ce 
n'est qu'apres quelques essais infructueux qu'on parvient 
a observer le spectre du carbone et a conslaler qu'il est 
absolument semblable au spectre des flammes hydrocarbo- 
nees et au spectre des cometes, observes avec le meme 
spectroscope. 

Lorsque les lampes a incandescence sont ainsi briilees, 
il arrive I'requemment qu'une petite portion du lilament 
est seule delruite, de maniere que les deux extremiies 
restanles pen vent alors etre employees comme electrodes. 

En faisanl passer entre ces deux electrodes une faible 
etincelle d'induction, on verih'e I'experienee precedents 



( 107 ) 
dans de meilleures conditions d'observalion, eton s'assure 
encore que le spectre est bien identique a celui des hydro- 
carbures. 

Je considere neanmoins cette experience comme moins 
probanle que la precedente, car en admettant qu'une faible 
trace d'hydrogene soit encore presente dans l'appareil, cette 
faible trace serai tinsuffisante pour prod u ire, lors de Yigni- 
tiondn filament de charbon.un spectre d'bydrocarbure d'un 
eclat suffisant pour etre visible, tandis qu'un pareil spectre 
pourrait etre produit avec relincelle eclatant entre les 
deux portions du filament. Cependant feclat du spectre 
observe, dans la seconde experience, est tel qu'il ne permet 
pas de I'attribuer a la presence de faibles traces d'hydro- 
carbures. 

De Pensemble de ces experiences, je crois pouvoir con- 
clure, avec unegrande probability que : 

Dans I'etal acluel de nos connaissntici-s, le carbone na 
pas de spectre different de celui de ses composes lujdro- 
c/enes. 

Mais il ne s'ensuit pas que toutes les raies ou bandes 
visibles dans les spectres des priucipaux composes car- 
bones, autres que les hydrocarbures, apparliennent au 
spectre du carbone, car il faudrait pouvoir etablir que le 
spectre de eel element, dans les conditions ou je I'ai etudie, 
est conslitue par une partie ou par toutes les bandes 
signalees dans les spectres de ces composes. J'espere pou- 
voir disposer bientot des moyens suilisanls pour entre- 



CLASSE DES LETTRES. 



Seance du 4 juillet 1881. 



Sont presents: MM. Ch. Faider, le baron Kervyn do 
Letlenhove, Th. Juste, Alph. Wauters, Alph. Le Roy, 
P. Wiliems, G. Rolin-Jaequemyns, Ch. Piot, Ch. Potvin, 
J. Steelier, T.-J. Lamy,Aug. Scheler, J.Gantrelle, Ch. Loo- 
mans, Tiberghien, L. Roersch, membres; J. Nolet de Bran- 
were van Steeland, Alph. Rivier, M. Philippson, associes ; 
A. Henne, A. Van Weddingen et le comte Goblet d'Al- 
viella, correspondants. 



CORRESPONDANCE. 



La Classe apprend, avec un vif sentiment de regret, la 
perte qu'elle vient de faire en la personne de Fun de ses 
associes, M. Ludolphe Stephani, conseiller imperial de 
l a Kurzlich. 



— S. A. R. Mgr. le due d'Aumale accuse reception ( 
i diplome d'associe. 



( 109 ) 

— Sur I'invitation de la Societe d'fimulalion de Bruges, 
la Classe delegue un de ses membres, M. Piot, pour la 
representor au Congres de la Federaiion historique el 
archeologique de Belgique, don I la session s'ouvrira dans 
la meme ville, le 22 do mois d'aoutprochain. 

— M. le Ministre de l'Agriculture, de ('Industrie el des 
Travaux publics envoie, pour la bibliotheque de l'Acade- 
mie, les ouvrages suivants : 

1° Vamiral Georges van Spilbergen el son temps, par 
Alphonse de Decker; 

2° VEglise el Vordre social chretien, par Pierre De 
Decker ; 

5° La principaute d'Archaie el de Moree (1204-1450), 
par Ch.-A. Beving; 

4° Bibliotheca Belgka, pnbliee par F. Vander Haeghen, 
livraisons73a78; 

5° Middelnederlands Woordenboek, van E. Verwijs en 
J. Verdam, 2 e deel, 9 ste en 10 e aflevering (Gebuur-Gelove.) 
— Remerciements. 

— A la demande du meme haul fonctionnaire precite, 
la Classe emet un avis favorable sur le buste en marbre de 
M. L.-P. Gachard, que M. Fraikin vienl d'executer pour la 
galerie des bustes des academiciens decedes qui ont rendu 
d'importants services au pays. 

Hommages re^us : 
1° Geographie el histoire des communes beiges : canton 
de Lean, par Alph. Wauters (avec une note qui figure 
ci-apres); 



(HO) 

2° L'agnoslicisme contemporain dans ses rapports avec 
la scioice el avec la religion, par Tiberghien; 

3° Kpistemonomie ou tables generates Vindications des 
connaissances humaines, par feu Ph. Vandermaelen. Pre- 
sent par M. Wauters avec une nole qui figure a la p. 129; 

4° a) Sulla lopografia anlica di Palermo dal secolo 
X°o/XV°; l>) Saggi di crilica religiosa e filosofica, par 
V. di Giovanni, associe a Palerme. Presenles par M. Le 
Roy avec une note qui ligure ci-apres. 

5° Principes de la politique, par Franz de HoltzendoriT; 
traduit de 1'allemand par M. Ernest Lehr. Presente par 
M. Rivier avec une note qui figure ci-apres. — Remercie- 



NOTES BIBLIOGRAPHIQUES. 

.Notre savant el fecond associe sicilien, M. Vincenzo di 
Giovanni, ne laisse pas sVcouler une annee sans nous 
donner plusieurs fois signe de vie. II nous presente aujour- 
d'hoi deux nouveaux opuscules qui se recommandenl a 
des titres bien differents. Je ne les analyserai pas; je me 
contenterai d'en signaler I'interet. 

En voici les intitules: 

Sulla lopografia anlica di Palermo del Secolo a"" ol 
art;"' . — Saggi di crilica religiosa e filosofica. 

L'attrait du premier est avanl tout local. L'auteur y 
poursuil ses curieuses etudes sur la topographic du vieux 
Palerme, avec ce soin de I'exactitude et ce souci des 
moindres details dont les patients fouilleurs d'archives 
connaissent seuls tout le prix. Les recherches de M. Gio- 



( ill ) 

vanni Coin peuser a cellcs ties geologues, qui relrouvent 
dans les stralilicalions du sous-sol les elements de lliis- 
toire de noire planete. Peu de villes onl ete, aulani que la 
capilale de la Sicile, successiveinent habitees, colon isees 
ou conquises par des populations appartenant aux races 
les plus ili verses : les Pbeniciens, les Grecs el les Romains 
onl passe par la, el apres eux les Arabes, les Normands, 
les Ilaliens, les Espagnols, les Slaves, que sais-je? chaque 
flot laissant, en se retirant. des epaves, chaque domination 
nouvelle marquant ses reconstructions du sceau c'e sa 
religion et de ses moeurs, rebalissant sur des mines une 
cite splendide, elle-meme deslinee a ne rester deboul que 
dans quelques vieilles murailles, temoins muets d'une civi- 
lisation disparue. M. di Giovanni ne s'est pas seulement 
occupe des monuments : il n'a vise a rien de moins, dans 
le memoire que nous avons sous les yens, qu'a ressusciter 
tons les quartiers et jusqu'aux rues el aux boulevards du 
Palerme du moyen age, depuis leXll e jusqu'au XV" siecle, 
d'apres des documents manuscrits aulbenliques, publics 
ou prives, qu'il resume melhodiquemenl, par un travail 
minutieux qui rappelle les procedes de notre honorable 
confrere M. Alph. Wauters. On a beaucoup ecril sur 
I'histoire des villes italiennes; neanmoins il est a constaler 
que le plan adopte par M. di Giovanni est une innovation 
dans son pays. L'auteur se promel bien de ne pas s'en 
lenir la : j'apprends qu'il prepare un travail special sur les 
Palermitains eux-memes, aux diflereules periodes de leurs 
annales. Celte fois nous aurons plus qu'une elude locale : 
nous aurons une contribution imporlanle a Thistoire des 
peuples mediterraneans. Mainlenant le theatre estdecrit : 
les acteurs vont enlrer en scene. 

Le second ouvrage donl je viens de dire un mot atleste 



( »«2 ) 

que, pour s'etre fait archeologue par palriotisme, M. di 
Giovanni n'a pas cesse de se tenir au courant du mou- 
vemenl religieux et philosophique si accentue de nos 
jours, depuis que le genie de la critique a tout ebranle, 
lout remis en question. Le professeur sicilien vient de 
reunir en un volume une serie d'essais, qui ont vu le jour 
pour la premiere fois dans la Rassegna nationale, de 
Florence. Vhistoire de* religions, qui commence a etre 
partout a I'ordre du jour, y tient une plus grande place 
que la melaphysique, objet principal, jusqu'ici, des medi- 
tations de Peminent disciple de Miceli. Je signalerai 
d'abord quelques pages sur des lectures failes a Oxford 
et a Londres par un savant hollandais, M. A. Kuenen, el 
repandues en France par la traduction par M. Maurice 
Vernes. II s'agit de I'element d'universalite qui se revele 
dans les grandes religions a cote de leur caractere national, 
et qui a finalement atteint dans le christianisme sa plus 
complete expansion. C'est a ce point de vue que I'auteur se 
place pour faire ressorlir, en remontant jusqu'a Abraham, 
les points de contact de I'lslam, du Jahvisme et de la pre- 
dication du Christ. Si le livre de M. Kuenen elait anime 
d'un souffle de foi, M. di Giovanni v verrait une sorte de 
Preparation evangelique au sens d'Eusebe. Le Bouddhisme 
est touche en passant; conlrairement a Tavis de certains 
critiques, M. Kuenen eslime que ses origines n'nnt rien 
de commun avec celles du christianisme. 

Dans les aulres essais, consacres aux derniers travanx 
deMM. Ad. Franck, L. Ferri (ici la melaphysique reprend 
ses droils), Ernest Havel, Ernest Renan, La Banca et 
Albert Reville, les grandes controverses modernes sont 
exposees avec une bonne foi qui lemoigne chez I'auteur 
de I'amour le plus sincere de la verite, ce qui ne I'empeche 
pas de laisser transparailre ses fortes convictions person- 



( H5) 

nelles, notammenl quand ii prend a partie le professeur 
de Rome, M. La Banca. Encore un6 fois, je ne puis entrer 
dans des details : un seul mot resumera tout I'ouvrage. La 
preoccupation dominante de M. di Giovanni est de pre- 
rnmiir le public contre I'abus de la critique, laquelle, selon 
lui, en est venue a dogmatiser en se permettant des nega- 
tions a priori, el s'est trop sou vent laisse envahir par I'es- 
prit de systeme, sans souci des donnees positives de 
I'histoire. Alph. Le Roy. 



Le volume que j'ai I'honneur de presenter a la Classe 
[Belgique ancienne el moderne, arrondissemenl de Lou- 
vain, 5 e livraison) conlient la description du canton de 
Leau, Tune des parlies de Brabant donl I'histoire est la 
plus inleressante. On y trouve, en effet, a cote des localites 
donl le passe feodal est des plus curieux, comme Rummen 
el Dormael, un bourg qui a jadis ete une commune 
remuante, une f'orteresse entouree de puissants remparts, 
un centre de commerce tres actif, et qui, aujourd'hui 
encore, attire le voyageur par la profusion des richesses 
archeologiques de son eglise paroissiale, devanl laquelle 
s'eleve un gracieux hotel de ville en style renaissance. 

J'ai deja eu I'occasion, il y a dix-neuf ans, de vous faire 
connaitre le nom de Tartiste auquel on doit le celebre 
tabernacle de Leau,ce triomphe de la renaissance flamande, 
ce joyau que Ton avail trouve trop beau pour etre d'un 
Beige. Le travail que je vous offre aujourd'hui etablit, 
d'une maniere positive, deux circonstances de la plus haute 
importance pour I'histoire de Leau, c'est que son origine 
i emonte au moins a I'epoque romaine, et que sa prosperity 
au moyen age, eul pour principaux aliments : d'une part, 
le commerce par eau qui s'y faisait avec les villes de la 

3 me SEHIE, TOME XIV. 8 



( 144 ) 

vallee du Derner et de la vallee de I'Escaul el, d'aulre 
part, le commerce par lerre qui repandait dans le pays de 
Liege les marchandises arrivanl par eau de I'aval. Pour 
ceux qui sont habitues a contempler dans la rade et les 
bassins d'Anvers de gigantesques steamers el de magni- 
tiques trois-mals, la navigation s'operant dans d etroites 
rivieres pourra paraitre plus que modeste; il ne faut pas 
s'arreter a cette idee. Si celte navigation etait moins 
imporlanle, elle etait cependant tres active et elle enri- 
chissait la contree voisine du Demer. A en juger par les 
chiffres que j'ai recueillis et qui concordent entre eux d'une 
maniere parlaite, quoique puises a des sources differentes, 
les pelites villes et les villages silues pres des rivieres 
cilees plus haul, en aval de Leau, nourrissaient une popu- 
lation ires dense el se trouvaient en general dans une 
situation tres favorable. 

Pour ce qui est de I'anliquite de Leau, elle avail deja 
ete soupconnee, el il se rattachait, aux commencements de 
celte ville, des traditions, je n'ai pas besoin de dire qu'elles 
sont fabulenses, donl on trouve un echo dans I'ceuvre de 
Jean d'Outre-Meuse. Elles se raltachent a une colline, 
siluee a une demi-lieue environ au N.-N.-E. de Leau el 
connue encore sous le nom de Casteelbergh {la Montague 
du chateau), \\ n'y a eu la ni un poste fortifie, ni une 
habitation leodale, mais simplement des ruines dont les 
derniers vestiges on l disparu au commencement de ce 
necle, el donl une partie a ete remblayee il y a environ 
160 ans, pour que les malfaileurs et les vagabonds n'y 
trouvent plus un asile. Ces constructions inconnues a J'his- 
loire remontenl evidemment tres haut; elles sont, selon 
loute apparence, un souvenir de plus de IVxislenee sur 
notre sol du peuple-roi. Alphonse Walters. 



( us ) 

Les etudes de M. le baron de Holtzendorff sur les Prin- 
cipes de la politique ont paru, en premiere edition, en 1869; 
la traduction dont notre savant confrere fait hommage a 
I'Academie, et qui est due a la plume tres habile de 
M. Ernest Lehr, forme en realile une edition nouvelle, qui 
est la troisieme. Ce succes d'un livre de theorie, sur une 
maliere que Ton n'est point habitue a voir trailee scienti- 
fiquement, est pleinement juslifie; M. de Holtzendorff y 
deploie la richesse d'idees, la hauteur de vues, l'esprit large 
et lumineux que nous lui connaissons depuis longtemps; 
et si la lecture n'en est pas toujours facile, personne ne 
regrettera de I'avoir entreprise; on la poursuivra jusqu'au 
bout, la plume a la main, et on en tirera grand profit. 

L'auteur etudie d'abord l'objet de la politique, envisagee 
comme science du gouvernement et comme art de gou- 
verner; puis le principe juridique et moral de la politique ; 
enfin la mission de 1'Elat, considered comme principe de 
la politique. [1 passe en revue, en les soumeltanl a une cri- 
tique approfondie, les diverses missions ideales que I'on a 
voulu assigner a I'fitat : la realisation du bien public au 
moyen d'une lutelle generate exercee par le gouvernement 
sur les citoyens, vieille et enervante doctrine dont les effels 
subsistent dansquantite de nos institutions; la mission de 
la garantie des droits individuels, theorie moins arbitraire 
que la precedente, mais tout aussi erronee dans son exa- 
geration, d'apres laquelle a le centre de tous les inlerets 
publics, le but et la tin de toule activile gouvernementale, 
est la liberte de I'individu, que I'Etat est impuissant a 
rendre heureux d'aulorite, et qui doit elre reconnu maitre 
de son sort » ; la realisation de la loi morale, mission 
moralisatrice qui est ou bien rationaliste ou bien eccle- 



( «6) 

siastique et theocratique. Cet examen aboutit a constater 
que « toutes ces conceptions du role de l'Etat, de sa mis- 
sion, de son but, manquenl de precision t>, que, « nees de 
reflexions abstraites sur I'fitat, tiles ne s'adaptent que 
mediocrement aux phases du developpemenl politique de 
notreepoque et aux fitats actuellement existants. » 

Aux missions ideales, M. de Holtzendorff oppose la mis- 
sion reelle : « II est clair que le but materiel de I'aclivite 
de l'Etat doit etre indique par les sentiments intimes de la 
nation tout entiere, et non pas seulement d'apres les 
donnees theoriques d'un ideal de l'fitat ou les exigences 
ego'istes des partis. La politique n'a a prendre en conside- 
ration comme situation donnee, comme fait acquis, que les 
idees qu'en realile le peuple se fait de la mission de 
I'fitat. » Considerant les i ions en somme 

assez egales, qui forment le domaine du droit des gens dit 
europeen, M. de Holtzendorff constate que, chez elles, la 
mission reelle de l'Elat porte sur les trois objets suivants : 
organisation de la puissance nationale, garantie des droits 
individuels, perfeclionnement social. 

C'est bien ce que la constitution de 1871 indique comme 
triple but de l'empire allemand : protection du territoire 
national, protection du droit en vigueur sur ce territoire, 
developpement de la prosperite publique en Allemagne. 
CVst aussi ce qu'exprime la constitution actuelle de la 
Confederation Suisse, en declarant que la Confederation 
a pour but d'assurer l'independance de la palrie conlre 
1'etranger, de maintenir la tranquillite et les droits des 
Confederes et d'accroitre leur prosperite commune. 

Les Principes devraienl etre Jus et medites par loute 
personne qui s'occupe de pres ou de loin du maniement 
de la chose publique, el c'est fort justement que l'auteur 



, 117) 
les caraclerise, dans un sous-titre, comme Introduction a 
V etude du droit public contemporain. Malheureusement 
cetle science de la politique, si delicate el si difficile, 
est, seule peut-£tre dans notre siecle de division du tra- 
vail, considered communement comme susceptible d'etre 
acquise et appliquee sans aucune preparation speciale, et 
par le premier vena. Alph. Rivieb. 



PROGRAMME DE CONCOURS POUR 1889. 



Premiere question. 
Faire Vhistoire des relations politiques du pays de Liege, 
au XVII* et au XVIIl* siecle, avec la France, les Paijs-Bas 
espagnols et les Pays-Bas aulrichiens. 

Deuxieme question. 

Quelle a ete en Flandre, avant I'avenement de Gui de 

Dampierre, ^influence politique des grandes villes, et de 



Troisieme question. 

Faire Chistoire de la lilterature francaise, dans les Hires 

et dans les publications periodiques beiges, de 1801 a 4850. 

Quatrieme question. 
On demande une etude sur Jean Van Boendale au point 
de vue de Celat social du Brabant a son e'poque. 



( *« ) 

ClNQUlEME QUESTION. 

Quel est I'effet des impdts de consommation 
valeur venale des produits taxes ? En d'autres 
dans quelle mesure cet impot pese-t-il sur le 



Exposer et discuter, a I'airle de >!< 
les re'sultats des experiences re'cemment faites a cet egard 
dans les divers pays, et plus specialement en Belgique. 

SlXIEME QUESTION. 

Faire, d'apres les auteurs et les inscriptions, une etude 
historique sur I' organisation, les droits, les devoirs et I'in- 
fluence des corporations d'ouvriers et d'artistes chez les 
Romains. 

La valeur des medailles attributes commc prix a la 
solution de ces questions sera de huit cents francs pour 
chacune d'elles. 

Les memoires pourront etre rediges en frangais, en 
flamand on en latin. lis devront etre ecrits lisiblement 
et adresses, francs de port, avant le i" fevrier 1889, a 
M. J. Liagre, secretaire perpetuel, au palais des Academies. 



Conditions re'gletnentaires des concours annuels. 

L'Academie exige la plus grande exactitude dans les 
citations et demande, a eel effet, que les auteurs indiquent 
les editions et les pages des livres qu'iU cilent. 

Les auteurs ne mettront point leur nom a leur ouvrage ; 
ils y inscriront seulement une devise, qu'ils reproduiront 



(119) 

dans un billet cachele renfermant leurnom el leur adresse. 
Faute par eux de satisfaire a cetle formalile, le prix ne 
pourra leur etre accorde. 

Les ouvrages remis apres le temps present, ou ceui 
dont les auleurs se feront connaitre, de quelque maniere 
que ce soil, seront exelus du concours. 

L'Academie croit devoir rappeler aux concurrents que, 
des que les memoires ont ete soumis a son jugement, ils 
sont et restent deposes dans ses archives. Toutefois les 
auteurs peuvent en faire prendre des copies a leurs frais 
en s'adressant, a cet effet, au secretaire perpeluei. 



I>RI\ PERPETCEL§ 

PRFX JOSEPH DE KEYN. 

Quatrieme concours : deuxieme periode (1886-1887). 

Enseignement moyen. 

La Classe des lettres rappelle que la « deuxieme periode 
du quatrieme concours annuel » pour les prix Joseph D<: 
Keyn sera close le 31 decembre 1887. Tout ce qui a. 
rapport a ce concours doit etre adresse, avanl celte date, 
a M. le secretaire perpetuel (au palais des Academies). 

Cetle periode, consacree a renseignement du second 
degre, comprend les ouvrages destruction ou d'educalion 
moyenne, y compris Tart industriel. 

Peuvent prendre part au concours: les ceuvres ine- 
diles, aussi bien que les ouvrages de classe ou de lecture 
qui auronl ete publies du l er Janvier 1886 au 31 decem- 

Conformement a la volonle du fondateur, ne seront 
admis au concours que des ecrivains beiges et des ouvrages 



( 120 ) 
coneys dans un esprit exclusivement laique et etrangers 
aux matieres religieuses. 

Les ouvrages pourront etre ecrits en franeais ou en 
flamand, imprimes ou manuscrits. Les imprimes seront 
admis quel que soit le pays ou ils auront paru. Les manu- 
scrits pourront etre envoyes signes ou anonymes : dansce 
dernier cas, ils seront accompagnes d'un pli cachete eon- 
tenant le nom de l'auteur et son domicile. 

Un premier prix de 2,000 francs, un second prix de 
4,000 francs et un troisieme de 500 francs, pourront etre 
decernes. 

Les travaux manuscrits qui sont soumis a ce concours 
demeurent la propriete de I'Academie, mais les auteurs 
peuvent en faire prendre copie a leurs frais. 

Tout ouvrage manuscrit qui sera couronne devra etre 
imprime pendant I'annee courante, et Je prix ne sera 
delivre a l'auteur qu'apres la publication de son ouvrage. 

La Classe des lellres jugera le concours sur le rapport 
d'un jury de sept membres, elu parelle, dans sa seance 
du mois de Janvier de I'annee 1888. 



(TroisK-mo pt-riode, 1887-1889.) 

La Classe rappelle que la « troisieme periode » du prix 
Adelson Castiau sera close le 34 de'cembre 1889. 

Ce prix, d'une valeur de milte francs, sera decerne a 
l'auteur du meilleur travail beige, imprime ou manuscrit : 

« Sur les moyens d'ameliorer la condition morale, intel- 
lectuetle el physique des classes laborieuses el des classes 
pauvres. » 



( i*i ) 



lifjU; 



Art. 1". iNe seront admis au concours Castiau que des 
ecrivains beiges. 

Art. 2. Seront seuls examines les ouvrages soumis 
directement par les auteurs au jugemenl de I'Academie. 
Art. 3. Ces ouvrages pourront elre reVliges en francais 
ou en flamand. Les manuscrits seront recus comrae les 
imprimes. S'ils sont anonymes, ils porteront une devise 
qui sera repelee sur un billet caehete contenant le nom et 
le domicile de 1'auteur. 

Art. 4. Le jury &e composera de trois commissaires 
delegues par la Classe des lettres de I'Academie. II n'y 
aura qu'un seul prix. 

Art. 5. Si le concours demeure sans resnltat, la somme 
restee disponible s'ajoutera au capital primitif. 

Art. 6. Le nom du laureat sera proclame dans la 
seance publique de la Classe des lettres. 

Art. 7. Tout ce qui concerne le concours devra etre 
adresse a M. le secretaire perpetuel de I'Academie, avant 
le 51 decern bre 1889. 

Art. 8. Si I'ouvrage couronne est inedit, il devra elre 
Jmprime dans I'annee. 

Le prix ne sera delivre au laureat qu'apres la publica- 
tion de son travail. 

Art. 9. Les manuscrits envoyes au concours devien- 
nent la propriete de I'Academie (art. 24 du reglement 
general). 



( m ) 



PRIX DE STASSART POUR UNE NOTICE SUR UN BELGE CELEBRE. 

(Cinquieme periode prorogee : 1875-1880.) 

Conformement a la volonte du donaleur et a ses gene- 
reuses dispositions, la Classe des lettres offre, pour la 
5 e ptriode prorogee (1875-1880) de ce concours, un prix 
de mille francs a I'auteur de la meilleure notice, ecrite 
en francais, en flamand ou en latin, consacree a la vie 
et aux travaux de David Teniers (ne en 1610, mort 
vers 1690). 

Le delai pour la remise des manuscrits expirera le 
1 er fevrier 1888. 

Les concurrents se conformeront aux conditions regle- 
mentaires, donnees ci-dessus, des concours annuels de 
I'Academie. 



(Quatrieme periode prorogee : 1877-1882.) 

Conformement a la volonte du fondateur et a ses gene- 
reuses dispositions, la Classe des lettres offre, pour la 
4 e periode prorogee (1877-1882) de ce concours, un prix 
de trois mille francs a I'auteur du meilleur travail, redige 
en francais, en flamand ou en latin, en reponse a la ques- 
tion suivanle : 

« Tracer, sur la carte de la Belgique et des departe- 
ments francais limitrophes, une ligne de demarcation 
indiquanl la separation actuelle des pays de langue romane 
et des pays de langue germanique. Consul ter les anciens 
documents conlenant des noms de localites, de lieux- 



dits, etc., et constater si cette ligne ideate est reste'e la 
meme depuis des siecles, ou si, par exetnple, telle com- 
mune wallone est devenue flamande , et vice versa. 
Dresser des cartes historiques indiquant ces fluctuations 
pour des pe'riodes dont on laisse aux concurrents le soin de 
determiner I'etendue; enfin, rechercher les causes de 
I'instabilite ou de I' immobility signalees. » 

Le delai pour la remise des manuscrits expirera le 
1 er fevrier 1888. 

Les concurrents devront se conf'ormer aux conditions 
reglementaires, donnees ci-dessus, des concours de PAca- 



!■.,.. •-"- 

Conformement a la volonte du fondateur et a ses gene- 
reuses dispositions, la Ciasse des lettres offre, pour la 
4' e periode prorogee (1868-1877), un prix de mille francs 
a I auteur du raeilleur travail, redige en flamand, en 
reponse a la question suivante : 

« Letterkundige en wijsgeerige beschouwing van Coom- 
hert'swerken. » 

(Etude lilteraire et philosophique des oeuvres de 
r <oornhert.) 

Le delai pour la remise des manuscrits expirera le 
l er fevrier 1888. 

Les concurrents devront se conformer aux conditions 
reglementaires, donnees ci-dessus, des concours annuels 
de PAcademie. 



PRIX TEIRLIKCK POUR UNE QUESTION DE LITTERATURE 



(Premiere periode prorogee : 1877-1881.) 

La Classe des lettres proroge jusqu'au 4 er fevrier 4888 
le delai pour la remise des manuscrits en reponse a la 
question suivante, mise au concours pour la premiere 
periode quinquennale du prix fonde par fen Auguste Teir- 
linck, greffier de la justice de paix du canton deCruys- 
haulem (Flandre orientale). 

« Faire I'histoire de la prose neerlandaise avant Marnix 
de Sainte-Aldegonde. » 

Un prix de milk francs sera decerne a I'auteur du 
memoire couionne. 

out se conformer aux conditions 
, donnees ci-dessus, des concours de I'Aca- 



Alexaindre d'Abonotichos : Un episode de I'histoire du 
paganisme au Il e siecle de notre ere; par Frantz 
Cumont. 



« Le travail de M. Cumont peut etre considere comme 
une dissertation historiquesur le traitede Lucien intitule : 
Alexandre ou le faux propfiete. Si incroyable que paraisse, 



(125) 
a premiere vue, 1'elrange reck du sophiste de Samosate, on 
a le droit d'affirmer qu'il est de tout point conforme a la 
realite. Voici, en tres peu de mots, de quoi il s'agil. [/ac- 
tion se passe vers le milieu du ll e siecle de notre ere. Un 
certain Alexandre, ne en Paphlagonie de parents ohscurs, 
apres s'elre signale dans sa jeuncsse par ties desordres 
scandaleux, parvient, vers 1'age de quarante ans, a se faire 
prendre au serieux comme prophete a Abonolichos, petite 
ville de l'Asie-Mineure, siluee sur les bords du Pont-Euxin. 
II reussit a y faire etablir un sancluaire en 1'honneur du 
dieu Esculape, dont il devint immediatement le grand 
pretre. Ayant fait I'acquisition d'un serpent familier, auquel 
il adapte une espece de tele humaine, fabriquee en toile, 
il fait accroire a des milliers de personnes que ce serpent, 
nomme par iui Glycon, est I'epiphanie, l'incarnation du 
dieu de la medecine. Lui-meme se fait passer pour fils de 
Podalire et descendant de Persee. II declare que sa fille a 
pour mere la deesse de la Lune, Selene, et il reussit, chose 
a peine croyable, a Iui faire epouser un des plus grands 
personnages de Rome, Publius Mummius Sisenna Rutil- 
lianus, fils de consulaire, consulaire lui-meme, charge plus 
lard du proconsulat de l'Asie, c'est-a-dire de la plus haute 
dignite qui put echoir en parlage a un senateur. Fort de 
cette illustre alliance, ii se rend redoutable a ses ennemis 
et continue a ernetttre d'innombrables propheties, soil en 
faisant, a l'aide d'un porte-voix, parler le serpent lui-meme 
(genre de miracle jusqu'alors inedit), soit en donnant des 
reponses en vers, d'une obscurite calcuiee, a des lettres 
cachetees dont ii est cense ignorer le contenu. iNon seule- 
ment il prodigue ses conseils aux malades, mais il se trans- 
forme en oracle universel, a I'instar de celui de Delphes, 
dont Pimporlance, on le sail, avail notablement baisse a 



( 126) 
cette epoque. De tons les cotes de l'empire, de la capifale 
aussi bien que des provinces, on vient le consulter. L'em- 
pereur Marc-Aurele lui-meme ne dedaigne pas de deman- 
der son avis au sujet des mesures a prendre contre les 
Marcomans et les Quades, qui menaQaient l'empire d'tmfi 
guerre terrible. II est vrai que les conseils donnes par 
Alexandre aboutirent a une epouvanlable catastrophe. 
Mais son credit if en fnt pas ebranle : le culle du serpent 
Glycon se repandil de plus en plus, et nous en trouvons 
encore des traces environ un siecle apres la morl du mise- 
rable imposteur qui 1'inventa. 

Les traits pri ncipaux de I'episode que nous venons de 
resumer ont ete empruntes a Lucien. Mais M. Cumonl, 
pour le mettre pleinement en lumiere, a du le placer dans 
son cadre naturel, en nons faisant connaitre une foule de 
details curieux, qui etaient familiers aux conlemporains 
du spirituel auleur des Dialogues des morts, mais qui ne 
le sont nullement a ses lecteurs du XIX e siecle. II s'esl servi 
a cette fin de loutes les ressources que pouvait lui fournir 
I'erudilion de nos jours. 

Toutefois il ne s'est pas borne a lirer parti des auteors 
modernes qui se sont occupes des croyances repandnes 
dans le monde romain au ll e siecle de noire ere. II est alle 
puiserdireclemenl aux sources, notammenl a cette source 
inepuisable de documents authentiques qu'on appelle les 
Inscriptions. II a emprunle en outre des indications pre- 
cieuses a la numismatique. 

Le memoire de M. Cumont est divise en trois parties 
principales, precedees d'une assez longue introduction. 
Dans celle-ci, apres avoir jete un coup d'oeil d'ensemble 
sur la nature des croyances qui avaient cours dans l'em- 
pire romain, notamment en Asie, au premier et au 



( w ) 

deuxieme siecle de notre ere, il monlre qu'il ne faut voir 
rien *Ie hien extraordinaire dans les faux miracles du pro- 
phete Alexandre, succedant a ceux d'Apollonius de Tyane, 
de Neryllinus, de Peregrinus et d'autres. II n'y a done 
aucun motif, d'apres lui, pour metlre en doute la veracile 
du recil de Lucien, si sarcastique qu'il soil, d'autant plus 
que ce re'eit a ele compose a la demande expresse d'un 
homme considerable, portant le nom de Celsus, qu'assu- 
rement Lucien n'aurait pas voulu mystifier. Quel elait ce 
Celsus? Etait-ce le meme que celui qui combattit les Chre- 
tiens et composa contre eux <r Le discours veritable », 
conserve par Origene dans la refutation qu'il en a faite. 
La discussion a laquelle se livre a se sujet M. Cumont, 
pour prouver 1'identite des deux Celse, ne nous parait pas 
avoir abouti a des resultatsconcluants. 

Le corps du travail soumis a notre appreciation com- 
pren.d, nous I'avons dit, trois parties principals : la pre- 
miere contient le recit de la vie d'Alexandre; la seconde 
est consacree a I'exposedu culte qu'il fonda; dans la troi- 
sieme, 1'auteur a tache de rnontrer comment ce culte se 
propagea et quelle influence il exerca. 

Pour completer ce qu'il dit au sujet de I'adoption du 
culte de Glycon par les Gnostiques, nous croyons devoir 
lui signaler que le cabinet des medailles de Paris vient 
toutrecemmentdefaire l"ac<iui>i tii >n li'mu- (tit'iregnoslique, 
portant le nom et 1'image du dieu-serpent Glycon. Voir : 
Revue critique d'hisl. et de litt., 1887, 13 juin, p. 480. 

Dans un appendice, M. Cumont s'est efforce d'elablir, 
d'une maniere aussi rigoureuse que le permetteni les docu- 
ments dont nous disposons, la chronologie de la vie 
d'Alexandre. 



v 128 ) 

La dissertation tlonl nous venons de presenter 1'analyse 
nous parait pleinement satisfaisante dans son ensemble. 

Elle denote non seulement une erudition de lion aloi, 
mais aussi un veritable esprit critique. Le sujet dont elle 
s'occupe n'avait pas encore, que nous sachions, ete traite 
ex professo. Les details fournis par Lncien y ont ete com- 
pletes d'une maniere fort heureuse. Apres avoir lu le 
memoire de M. Cumont, on se rend parfaitement compte 
de la surprenante carriere d'Alexandre le Paphlagonien, et 
de I'importance de l'oracle cree par lui. Ce travail est done 
une contribution utile a I'histoire, helas eternelle, de l'in- 
sondable credulite humaine. 

J'ai en consequence I'honneur de proposer a la Classe 
d'ordonner 1'imprescion de I'etude de M. Cumont dans son 
Recueil ties Memoir es in 8°. » 



M. Willems, deuxieme commisssaire, declare se rallier 
volon tiers aux conclusions du rapport de son savant con- 
frere M. Wagener. 



« Comme mes savants confreres, je suis d'avis que ce 
Memoire merite un accueil favorable dans les publications 
academiques. Je m'associe pleinement aux eloges que lui a 
decernes M. Wagener. Je prierai seulement 1'autenr de voir 
s'il n'a pas ete trop affirmatif en declarant qu'Alexandre 
n'a pu naitre a Abonotichos, pour la raison qu'il etait 
Paphlagonien et que celte ville, au point de vue admi- 
nistratis etait detachee de la Paphlagonie depuis Tepoque 
de Pompee. Qu'il considere que Strabon, comme plus tard 



( 129 ) 
Hierocles et les Novelles de Justinien, 29, e. 1, continuenl 
de nommer Abonotichos une cite paphlagonienne, et que 
Lucien dit expressemenl (c. 12) qu'Alexandre, arrivant 
dans la ville, rentra dans sa patrie. 

Je conseillerai aussi a M. Cumonl de collationner encore 
une Ibis son Memoire avec le texte de Lucien. En certains 
points, il m'a paru s'en ecarter sans motif, par exemple 
dans des details rapportesaux chapitres 11, 13, 15, 22,26, 
47,48eto4. Enfin, I'orthographede quelques nomspropres 
devrait etre revue : il faut ecrire : Cocconas et non Cocon- 
nas, Rutilianus (conformemenl aux inscriptions et comme 
le reclame le primitif Rutilius) et non Rutillianus. » 

La Classe, adoptant les conclusions des rapports de ses 
commissaires, decide I'impression du travail de M. Cumont 
dans le recueil des Memoir e& in-8°. 



COMMUNICATIONS ET LECTURES. 



Sur /'£pistemoxomie de feu Philippe Vander Maelen, 
ancien membre de I'Academie; par M. Alphonse 
Wauters, membre de TAcademie. 

Dans une brochure recemment publiee sous le titre de 
otice sur les catalogues des bibliolheques publiques 
iruxelles, Vanbuggenhout, 1887, in-8° de 24 pages), on 
isiste fortement sur la necessite d'etablir dans les grandes 
ibliolheques, a cote et independamment des catalogues 
ouvrages, un depouillement methodique des matieres 

5 m * SERIE, TOME XIV. 9 



( 150) 

qui soiU traitees dans les volumes, de manierea faciliter, 
autanl que possible, la lache au chercheur et de mettre a sa 
disposition le plus d'elements possible. 

Qui ne sail, en effel, que les livres, les recueils. les 
journaux,eonliennentd'excellentesdonnees que, plus lard, 
faute de tables ou de loute autre indication suffisante, on 
ne retrouve plus qu'au prix d'efforls considerables, au 
prix d'une enorme perte de temps? L'idee est done excel- 
lente, el Ton ne peul que feliciter I'auleur de la bro- 
chure citee plus haut de s'en etre servi pour rendre plus 
accessible les tresors de lout genre de noire Bibliotheque 
royale. 

J'aurais desire que, en enumerant les avantages resul- 
tant de cette methode, Tauteur eul rappele Fapplication qui 
en a ete faile, il y a longlemps deja, par un horn me que 
la plupart d'enlre nous ont connu, et que Ton peut citer au 
premier rang de ceux qui ont contribue en Belgique a la 
Miig.irisaiioii (!( j >c()mi;iissamessrii'ii!ili;|iii's. Je veux parler 
de feu noire confrere Philippe Vander Maelen, fondateur 
de rfilablissement geographiquede Bruxelles. II est inutile 
de rappeler les services eminenls de ce citoyen ; ils ont ete 
savamment exposes dans VAnmiaire de I'Academie, par la 
plume exercee etcompetente de M. Houzeau. 

Je veux me bonier a dire aujourd'hui que, pendant pres 
d'un demi-siecle, M. Vander Maelen avait fait depouiller, 
jour par jour, les nombreux ouvrages, journaux, revues, 
brochures, qui venaient enrichir ses precieuses collections. 
En 1840, longlemps avanl sa mort, il avait deja recueilii 
plus de trois millions de notes, qu'il classait lui-meme 
avec le plus grand soin. 

Ces notes, il ne les reservait pas pour lui seul, car Van- 



(131 ) 

der Maelen etait a la fois la modestie et la complaisance 
incarnees. Sesnoles, sa bibliotheque, ses collections, elaient 
ouvertes, avec la plus grande liberalite, au public, el 
surtout aux Iravailleurs, qu'il avait en haule estime. Son 
plus grand plaisir etait d'etaler a tout venant ses richesses, 
etautant il faisait pen parlerde lui, autant il agissait sans 
relache pour propager tout ce qui concernait les sciences, 
et en particulier la geographic C'est lui, on pent le dire, 
qui, en Belgique, l'a fait sortir de la lorpeur dans laquelle 
elle etait plongee. 

II existe des notes de M. Vander Maelen un temoignage 
vivant. C'est la brochure intitulee : Epistemonomie ou 
Tables generates Vindications desconnaissances humaines, 
par Ph. Vander Maelen et le docteur Meisser. (Prospectus. 
Bruxelles, 1840, in-8° de 16 colonnes; il y a des exem- 
plaires ayant 72 colonnes). Je prie la Classe d'accepter le 
don de cette brochure, ou Ton verra quelles etaienl les 
ideesdes auteurs. On y a reuni, sous !a rubrique Chemins 
de fer, une foule d'indications de tous genres, a I'aide 
desquelles on pourrait, sans peine, £crire un tres bon livre 
sur les premieres annees de 1'etablissemenl des chemins 
de fer. MM. Vander Maelen et Meisser auraient voulu 
publier, c'est a-dire metlre a la portee de tous, les innom- 
brables notes de 1'Etablissement geographique. [nutile de 
dire que cette pensee feconde resta sans suite, faule d'en- 
couragements; elle merite d'etre rappelee et sauvee de 
l'oubli. 



( 132 ) 



Barlhelemy Latomus, le premier professeur d'eloquence 
Inline an College royal de France; par L. Roerscli, 
membre de I'Academie. 

Le College de France, a Paris, doit,comme on sait, son 
origine au College Royal fonde par Francois I" a I'insiar du 
College des Trois Langues de noire ancienne Universite de 
Louvain. D'abord le roi n'avait vouln y elahlir que des 
cours de grec et d'hebreu, mais bientot il completa son 
oeuvre par restitution d'une chaire d'eloquence laline, et y 
(it monter I'Arlonais Barthelemy Steinmetz ou Masson, 
plus connu sous le nom de Latomus. Pendant huit ans, 
Latomus enseigna avec assez d'eclat, puis, se lancant dans 
une nouvelle carriere, il exerca des ibnctions politiques 
dans le pays de Treves, comme conseiller de I'Electeur, et 
joua un role d'une cerlaine importance dans les querelles 
religieuses de rAllemagne. Ces fails ont appele sur notre 
compatriote Tattention des annalistes de Treves aussi 
bien que celle des bisloriens du College de France. Les 
ecrivains beiges n'ont pas manque non plus de noler les 
details de sa vie et de dresser le catalogue de ses ouvrages. 
Mais ils n'ont pas toujours vu eux-memes les livres dont 
ils donnent ies litres, ou ne paraissenl en avoir fait qu'un 
examen superhciel. De la, des erreurs conslamment repe- 
tees par les ecrivains posterieurs, qui ont cru pouvoir 
ajouter foi a leurs assertions sans recourir aux sources. 
En nous adressant a diverses bibliotheques du pays et 
de Pelranger, nous sommes parvenu a lire la plupart des 
ecrits de Latomus ; il nous a ete ainsi possible de completer 
el de rectifier les notices qui lui ont ete consacrees 



( 133) 
ju?qu'ici (1) et d'indiquer en meme temps, sinon la valeur 
reelle de ses ouvrages, du moins les circonstances dans 
lesquelles ils ont vu le jour. C'est ce que nous avons tente 
de faire dans le present travail. 

Bartholomaeus Henrici, on Barthelemy, tils de Henri, 
devait a la profession de son pere le nom additionnel de 
Steinmetz ou le Masson (= macron). Selon I'usage des 
humanisles, il traduisit ce dernier en grec et s'appela 
Earth. Lalomus (2). II naquit a Arlon, vers la fin du 

(1) Les principals sont : Gesner, Bibliotheca universalis (Zurich, 
1545), fol. 153; Simlcr, Bibl. colkcta a Gcsnero in Epitomen redacta 
et timfa (Zurich, 1574); Henri Pantaleon, Prosopographia illustrium 
virorum totius Germaniae (Basileae, 1366), t. Ill, p. 229; Valero 
Andre, Bibl. Belgica, p. 106; Gonjet, Memoire histor. et litter, surle 
College Boyal de France, t. II, p. 118; D. Calmet, Bibliotheque 
lorraine (Nancy, 1751), p. 561 ; Niceron, Memoircs, etc., t. XLII, 
p. 14; Paquot, Memoires pour servir a I'hist. litter, des PaysBas, 
ed. in-fol., t. I, p. 136; W. Wilthcim, Disquisitio antiquit. luxemb., 
II c, H, § 9 (Bibl. roy. de Bruxelles, sect, des manuscr., n» 7146); 
— Chr. Brower, Annates Trevirenscs, t. II, pp. 527, 558, 565, 568, 

et 699. Ces deux auteurs ont servi de source a J. Marx, Geschiehte de* 
Erzstifts Trier, t. Ill, p. 499, d'ou est extraite la notice deF.-H.Kraus 
dans VJllgcmeine Deutsche Biographic, L XVIII, p. 14; — A. Neyen, 
Biographie hixembourgeoise, p. 509; Douret, Notice sur les ouvrages 

prov, de Lux., t. VI, p. 175. 

(2) Son inscription comme bachelier au registre de la Faculte des 
Arts de Fribourg est concue en ces termes : Bartholomaeus Henrici 

magister, sou* les noins tie /-' >> • ' ' int> /.utomus Ar/iuinisis. 

burg i m Brcisyau (Fribourg, 1837), t. II, p. 195. 



( 154 ) 
XV" siecle et mourul a Coblence, le 5 Janvier 1570. L'an- 
nee de sa naissance ne pent etre exactement elablie. La 
biographie inseree dans la Prosopographia de Henri 
Panlaleon la place vers 1485; Valere Andre la suit, mais 
en supprimanl la parlicule vers. Marx, Thistoriende Treves, 
croit plus probable qu'il vit le jour vers 1498. 11 y a bien 
cerlains faits qui militent en faveiir de celle opinion : le 
mot A'adolescentia, applique par Lalomus a 1'epotjiH' de sa vie 
anlerieure a 1528 [Advers. Buccerum altera defensio ij), 
le terme iuvenis, par lequel Erasme le designe en 1521 
{Episiol. 650); mais d'un autre c6te Dalhenus, en 1558, 
parle de lui comme d'un vieillard ayant un pied dans la 
tombe, langage qui cadre mieux avec soixante-lreize ans 
qu'avec soixante, et dans louvrage de Pantaleon imprirae 
en 1556 il est dit encore vivant a Coblence, deja octoge- 

Latomus fit ses premieres eludes dans sa villc natale. 
Dans la dedicace de son edition du discours pro Caecina 
(1539), il rappelte a Matthias Held, vice-chancelier de 
I'Empire, les annees qu'ils avaient passees ensemble a 
I'ecole d'Arlon (1). Le jeune Held le conduisait souvent 
dans la maison de son oncle paternel, excellent juriscon- 
sulte, possesseur d'une riche bibliotheque, dont la vue le 
remplissait d'admiration et le stimulail au travail (2). 



(1) La date de la naissance de Latomus pourrait-etre approxmia- 
livement etablie par celle de Held, mais cettc derniere est egalemetit 
inconnue. C'est par erreur que la Biographie nationale, t. VIH, p. 889, 
fait naitre Held en 1500. Voir la notice plus complete de la Allge- 

(2) Bibliothecam illius vidi pucr una cum essemus, non solum 



( 133 ) 

Nous avons lieu de croire qu'ii continua ses eludes a 
Treves. Use trouvait dans celte villelejourdePaquesl512, 
lorsqu'en presence de l'empereur Maximilien, la relique 
de la Sainle Robe ful monlree pour la premiere fois au 
peuple (1). £lait-il deja a cette epoque professeur de latin 
a Treves? Goujet pretend qu'il y enseigna tout d'abord, 
inais Lalomus lui-meme designe Fribourg comrne le pre- 
mier siege de son professorat (2). II est du resle peu pro- 
bable qu'il ail enseigne des 1512, car dans un ecrit 
de 1559, il dit s'etre livre a renscignemenl depuis qua- 
rante ans, ce qui nous amene a 1519 (3). 

En 1514 ou 1515, il alia suivre les cours de la Faculte 
des Arts a rUniversile de Fribourg. Le 28 septembre 1516 
il subit avec succes I'examen de bachelier devant six 
magislri ou docteurs appartenant, comme c'etait fusage a 
Fribourg, pour une moitie a la tendance des realistes et 
pour 1'autre a celle des nominalistes (4). A la fin de I'annee 
snivante il surmonta brillammenl les epreuvesde magister 
en obtenant la premiere place parmi dix candidats. Aussi, 
le 13 Janvier 1518, il fut admis dans le corps des maitres 
de la Faculte et autorise en cette qualile a ouvrir des cours 



(1) Maxim, de functus b. ij : Ipse aderam, sacrum celebrabant 
tempora pascha et dabat aethereas mystica mensa dapes. 

(2) Adversus Buccerum defensio altera .• cursum iactationemque 
adolescentiac meae, quam primum Friburgi, deinde Treviris, postea 
Coloniae in Gymnasiis egi. 

(o) De docta simplicitate H. 2. : Quadraginta plus minus annis 
studiis operam dedi, exceptis paucis quibus nunc Rcipublicae milito. 

(4) Les cxamiuateurs furent : Nominalistes, Mag. Mathieu Zell, 
M. Henri Klarneret M. Melchior Fatlin ; Realistes, M. Albert Krauss, 
M. Joh. Caesar, et un troisieme pris en dehors du conseil de la Faculte. 
Voir Schrciber o. c. 



( 15G ) 
a I'Universite (1). Le 26 decembre 1519 il devint membre 
du Conseilde la Faculte (2),et il fut eluj'annee suivanie, 
comme regent ou convenior d'une bourse (3). On donnait 
ce nom aux colleges ou pensionnais dans lesquels les 
etudianls de Fribourg etaient loges et nourris soit a leurs 
frais, soit avec les produits d'une fondation (4). Latomus 
exergait encore cetemploi,quand firasme, qu'il connaissait 
depuis 1515 (5), traversa en 1521 I' Alsace pour se rendre 
a Bale. II I'accompagoa de Strasbourg a Schletstadt, el 
ttrasme, racontant plus tard ce fait au chanoine Marc 
Laurin de Bruges, fait Teloge de son esprit et de son 
affabilite : singitlari morum t>t inrjenii dexteritale iuve- 
nis (6). 

Les maitres de la Faculte des Arts etaient, comme nous 
Tavons dit, divises selon les tendances ou les voies, viae, 



(1) Convocatis Bfagistris de Consilio 13 die Jan. 1518 scqucntes 
Baccalaurei ad Kegentiam sen < .; -umli-uiir : 
Barth. Latomus, Theobald. Bapst, etc. (Extrait dcs Protocoles de la 

(2) 26 Dec. 4519. Concludebatur : M. Theobaldum et M. Latomum 
a umendo'j esse in Consilium Facultatis. Ibidem. 

(5) Mag. Latomns an. 1520 conventorem bursae, uti vocarunt, egit. 
Note de J.- A. Riegger, dans Udalrici Zasii Epistolae ad viros aetatis 
suae doctissimos (Ulm, 1774, p. 512). 

(4) Voir Schreiber o. c, t. I, pp. 36, 44. 

(5) Lettre dc Lat. a Erasme, Ep. 1283, datee de Paris le 29 juin 
1. 'j.j.;: lain vigesimus annus est, opinor, et amplius ex quo primum 

(6) Epist.650 du Wevrier 1525 : lnde (Argentorato) Sletstadium 
me confero comitantibus aliquot, inter quos erat Bartholomaeus 
Latomus Trevir, singulari morum et ingenii dexterilate juvenis, qui 
Friburgi moderabatur collegium philosophicum. 



( 137 ) 
en nominalistes el en realistes. Latomus se irouvait (Jans 
la seconde (1). Mais si ces denominations rappelaient les 
disputes de I'ecole, I'humanisme n'en dominait pas moins a 
Fribourg, et Ton y accordait une large place aux etudes 
litteraires, aux exercices poetiques el oratoires, a I'inler- 
pretalion des auteurs latins et grecs. Latomus fil dans ce 
sens des cours privt's on cxtraordinain's, s'atlirant parfois 
le reproche d'occuper les heures des corns publics ordi- 
naires (2), comme aussi on le blamait de ne pas observer 
slrictement la tenue prescrile par les ivijlements (5). Les 
maitres es arts etant obliges de frequenter certains cours 
des autres Facultes (4), il assisla a ceux du celebre juris? 
consulte Zasius (5). Eufin il s'exerca beaucoup a la poesie 
latine, fort en honneur a Fribourg, ou elle avait meme un 
professeur public special (6). Le fruit de ces exercices 






(HVtlllcls < 



En 1519 parut de lui : Imp. Caesar. D. Maximilianus 



(1) Electiexaminatorcs die '20 lYbr, 
Caspar. Nell, Mag. Joh. Caesar, Mag. 

(2) 25 Aug. 1521. « Barth. Latomum Art. Mag. placuit vocari ad 
Universitateni eo quod horam non mutaret ad conclusa Universitatis, 
ordinariis lectionibus praeimiieaulcm. « Prot. Univ., dans Schreiber, 
t. II, p. 195. 

(3) 2.4 Jan. 1521. « Dictum fuit quod Mag. Barth. Latomus et 
Mag. Gregorius l-Yam-iifeRI, stu.Iintiuin praesides et inslitutores, 
Byrreta gestant Gain i> >imiiii. Placuit quod eis dicaturperpedellum, 
ut istis Byrretis abstineant similiter et longioribus illis gladiis quibus 
cingantur. » Prot. Univ., dans Schreiber, t. II, p. S3. 

(4) Schreiber, t. II, p. 107. 

(5) Dans la lettrc qui a ete publiee par Riegger (Epist. Zasii, 
p. 509), il le designe comme amicus et pracceplor colenilitsirmts. 

(6) Schreiber, t. I, p. 69. 



(138 j 

defunclus Barlholomaeo Latomo Artttnen. Germano uutore 
(Auguslae Vindelicoium 27 oct. 1519, 17 feuillets non 
chiffres in-4° (1). Cest une elegie de irois cent soixante- 
treize distiques celebranl les vertus et les exploits de 
Maximilien deeede; le style est coulant et prend une cou- 
leur vraiment poetique, quand rauteur decrit les derniers 
moments de I'empereur. L'auteur la fail preceder d'une 
epitre dedicaloire aux princes Charles et Ferdinand, datee 
deFribourg,le8mail519(2). 

Cest aussi de Fribourg, ex Accidentia nostra, que le 
premier Janvier 1520 il dedia a son ancien Sieve Jean Louis 
de Hagen et a Godlroid d'Eltz, chanoines de l'eglise de 
Treves, une lettre en vers, que l'Autriche personnifiee est 
supposee adresser a Charles V, pour le prier de se rend re 
sans retard dans le pays de ses peres : Epistola Auslriae 
ad Carolum Imp. fictitia Barptolomaeo Latomo Arlu- 
nense (3) authore. Argenlinae, Jean Knobloch, novembre 
1521 (4), 12 feuillets in-8°. En decrivant l'age d'or que 



(1) Reimpiii: tioaumac elegiar 

illustriss. prineipum Germaniae, t. I, pp. 59-72. 

par une lettre de Jacques Spiegel J.-C. au c 

ccrite a Augsbourg le 1 5 octobre. Spiegel y declare avoir fait imprimcr 

cettc poesie a cause du sujet traite et de Telegance des vers. 

(5) l/exemplaire de la bibliotheque de 1'Universite de Liege porlc, 
par suite d'une faute dMmpression, ar nense. 

(4) Simler, dans son resume complete de la Bibliotheque de 
C. Gesner (Zurich 1574), donne par erreur la date de 1527 et fait 
un leger changement au titre : Epistola Elegiaco carmine Auslriae 
nomine ad Carolum V, Imp. Le faux millesime se retrouve dans 
Valere Andre, avec un titre eompletement altere : Elegia de Juslriac 

graphes. 



( 159) 
fera naitre en Allemagne le sejour du nouvel empereur, 
Latomus s'eleve assez vivement conlre le luxe de la Cour 
de Rome et le commerce des indulgences. Une tirade sem- 
blablese rencontre aussidansle Ma\miilianusdefunctus(l), 
mais ces altaqnes paraissent plus etonnantes dans une 
epilre adressee directement a Charles V et dediee a deux 
ehanoines, donl I'un occupa plus tard le siege episcopal de 
Treves et se montra un ardent defenseur de la cause catho- 
lique (2). Cependant il ne Caul pas oublier que les plaintes 
dont Latomus se fail ici lecho, formaient un lieu com- 



) b iiij au verso : Rhoma fidem toties (veniam da Petre) fefellit 
Quasquc dedit populus pro crucc caepit opes. 
Et male di\i!ias rebus cessisse prophanis 
Inque ferunt usus saera abnssc leves. 
(2) F. 10 : Tunc solium Petri nullis violabile stabat 
Artibus, externas nil cupiebat opes. 
Regna levi sumptu Papam moderata fcrebant, 

Pompae aberant, aberat luxuriosa domus. 
Non famulos totidem Scribasque fovebat inertes 

Non tibi regales cura ostenlare paratus, 

Tunc sua pontifieum gloria Christus crat. — 
.... Pro, perhibent Rhomam venales tradere coelos 

Vertereq tea suo. 

Quum volet haee precio claudet, rursumque recludet. 

Quum volet haec vacuus Juppitcr exul eris. 
Juppiter exul eris, nisi sit tibi Juppitcr aurum. 

Si venias, ibi-> tu tjiKtquc Chu'stc foras. 
Pauper eras, pauper genitor, libi paupera mater 

! ». . i i-.le fora-. 



( 1*0) 
muii dans les ecrils des huraanisles de cette epoque, et 
que les partisans de Luther n'elaient pas seuls a les faire 
entendre. 

Peu apres il fut appele a Treves I! y elait en septembre 
1522, lorsque Frans de Sickingen leva, avec les chevaliers, 
l'etendard de la revoke et tenia un coup de main conlre 
la ville. Notre professeur prit fui-memc les amies en cette 
eirconslance (1) et fut ainsi temoin oculaire des fails qu'il 
exposa, I'annee suivante, dans un recit pcetique de 
1089 hexametres : Faclio memorabilis Francisci ab Skein- 
gen cum Trevirorum obsidione, turn exitus eiusdem : Barplo- 
lemaeo Latomo Arhiian o«i<<rr. (Apud sanclani Ubiorum 
Aggrippinam, in aedibus Eucharii Cervicorni, 1523, 20 ff. 
non chiffres, petit in-4° (2). Brower en donne de nombreux 
exlrails dans les Annates Trevirenses. II deerit en style 
pompeux, avec nombreuses reminiscences de Virgile, les 
forces de I'ennemi, les preparatil's de la defense, le bom- 
bardemenl, I'anivee des secours, la fuile de Sickingen, la 
prise de son chateau et sa mort. La liberie de langage que 
nousavonssignalee dans les precedentes poesies seretrouve 
encore dans celle-ci. La cause de la sedition est a son avis 
la haine du peuple contre le clerge (Invidia populi erga 



Exceptis vatum ingeniis clarisque loquenlu 
-.is, horrendo corpora ferro 

iprime dans Schardius, Scriplorcs rerum G 



( m ) 

clerum), haine provoquee par le fasle et To 
Rome avail donne 1'exemple (I) : 

Caetera pars sequitur reliquum dispersa per o 



Arripiunt : leges el mercenaria iura 

Conduntur, premitur popalus, fit iniqua tyrannis 

Relligio et toto pielas vilescic in orbe. 

L'histoire du siege esl suivie d'une poesie de quarante et 
n vers intitulee Bombarda, et dediee a Jean-Louisde Hagen. 
estruction y decrit lui-meme ses ravages : 



Vulcani et durae Telluris filia, flammas 

Ore gerens, ferro aut duro cavus sere Chylindrus 

Deicio terras, celsas demolior arces, etc. 

Apres avoir enseigne quelque temps a Treves, Latomus 
se rendit a Cologne. II y composa plusieurs manuels de 
fogique et de rhetorique, el Ton peut en conclure qu'il fut 
professeur de ces arts. Le 30 septembre 1527 il dedia In 
Coloniensi Academia, a Jean-Louis de Hagen etaufrere de 
celui-ci,un resume de la dialeclique et de la rhetorique reu- 
niesdansun meme traite; i! lesregardaitcommeconstituanl 
ensemble 1'art du discours, dont le but esl docere, movere, 
delectare : Summa totius rationis disserendi, ano eodemque 
corpore et Dialeclices et fflietorices partes compleclens, 
Bartholomaeo Latomo Arlunemi author e. Coloniae excu- 
debatJoannesGymnicusJ527(2).IIcomposaaussidesnotes 

(t) Latomus pensait surtout a la cour d'Albert de Mayencc, sur 
laquelle on peut voir 1'ouvrage dr> J. .1 m-stn, (hsduchlc des deutschcn 
Volkes sett dem Ausgang des Mittelalters, t. II, pp. 60 et 339. 

(2) Une reimpression datant de 1544 a 112 fcuillets non chiffres, 



( 142 ; 
sur la logique de Georges de Trebizonde, qui etail genua 
lenient employee dans les ecoles. Jean do \imegu;' avail 
failparaiire a Cologne une edition corrigeede celte logique 
avec un commenlaire. On y ajoula plus tard les noles de 
Lalomus : elles sont courtes, ne remplissent quedix pages 
et demie, mais claires et bien appropriees a la matiere: 
Georgii Trapezuntii de re diabetica libellus, ab inmi- 
meris, quibus haclenus scatuil rnendis repurgatus una 
cum scholiis Joannis Noviomagi et Bartholom. Latomi 
illustrate*. Coloniae, Martin. Gymnicus, 1544, 1549. 126 
feuillets, petit in-8° non chiffres (aissi Lyon 1545 in-4°). 

Un autre traile de dialectique fort estime elait celui de 
Rodolphe Agricola. Latomus en fit un resume qu'il dedia 
le 5 mars 1530 au jurisconsulle Henri Olieslager, et qui 
parut chez Gymnicus en 1532: Epitome commentariu- 
rum Dialecticae inventions Rodolphi Agricolae. Per 
Bartholomaeum Latomum Arhtnensem. (127 p. in-8°. 
Reimprime en 1534.) II est divise en irois livres : de loci*, 
de usu locorum, de movendi et delectandi ratione. 

Le professenr appliqua les preceptes de la rhetorique a 
l'interprelation des oeuvres oraloires, dans les ouvrages 
suivants : Oratio Ciceronis pro Milone, expositions 
arlificio et anno tat ionibus illustrata. Coloniae, 1528; el 
Artificium Dialectictim et Wietoricum in quatuor prae- 
clarissimas orationes ex T. Livio et Cicerone. Coloniae, 
J. Gymnicus, 1532, in-8°. 

Nous ne savons si e'est a Cologne ou a Fribourg que 
Latomus ecrivit les notes sur Terence qui furent joinles a 
I'edition de ce poete pubiiee en 1552, a Paris, chez Jean de 
Roigny, in-folio. Ces notes donnent un court argument de 
chaque scene, exposent la suite des idees ainsi que les 
du poete et les artifices du style. Quelques 



( 143 ) 

mots difficiles y sont traduils en allemand (1), d'oii I'on 
peut conclure que le commentaire n'a pas ele fait pour 
des audi leu rs ou des lecleurs francais. Plusieurs de ces 
notes se relrouvent dans I'edition variorum de Corn. 
Sch revel ins, Leyde, 1651. 

C'est aussi en Allemagne que furent reduces )es notes 
snr les Paradoxes de Ciceron, qui parurent a Cologne 
en -1532 (2) et furent souvent reimprimees (3). Dans une 
edition du traite de Ofjiciis et des autres petits ecrits 
moraux, de 1559, ces notes occupent huit pages et demie 
in-8°. Elles se bornent en general a indiquer les noms 
techniques des arguments et des figures. 

Nous trouvons mentionnee dans G. Lizel, Historia poe- 
tarum graecorum Germaniae (Francf. et Lipsiae, 1730), 
page 32, une poesie greco-latine composee par notre 
Latomus in oratioitem Ch visit passionalem et imprimee, 
apres sa mort, a Rostoch, en 1593. II est a supposer qu'elle 
a ele ecrite en Allemagne, mais nous ne I'avons pas vue 
et ne saurions en indiquer I'epoque. 



(1) Eun. IV, 4, 16 varia vcstc, i. e.gedeylt : v. 22 colore musMino, 
flavo, bleychgeel, ad colorcm mustelae. Adelph. V, 9, 29 prae manu, 
y^ovffdichant. 

scholiis B. Latomo autore. Coloniae J. Gymnicus. 

(5) Entre autres a Cologne, 1554, 1559; a Paris, 1541, 1545, 
1545, 1556 ; a Bale, 1547. On les trouve aussi dans M. T. C. Para- 
doxa ad M. Brufum A udomari Tolaci commentario explicata. Lutetiae, 
C Stephani, 1551, in-4». Puis avec le traite de Officiis, Lyon, 1555; 
Paris, 1558, 1541, 1545, 1546, 1550; Francfort, 1545; s. 1. (Stras- 
bourg) 1559. 



( U4 ) 

De Cologne, Latomus parti t pour Lou vain (I). Melchior 
Adam (Vitae Ger manor u m philosophorum, page 158), 
raconte qu'il y fut le condisciple de Jean Sturm, avec 
lequel il se lia d'amitie. Or, Sturm demeura a Louvain 
pendant cinq a sis ans, de 1524 a 1529, trois ans comme 
eleve, et deux comme professeur. Nous savons que 
Latomus etait a Cologne le 50 septembre 1527 et le 
3 mars 1530; si I'assertion de M. Adam est vraie, son 
si'jom' dans rt'ni versi ir hrahanronne doit elre place entre 
ces deux dates ou vers 1525. Mais nous n'avons (rouve 
aucune trace du sejour de Latomus a Louvain a cette 
epoque. II est elabli au conlraire qu'il s'y fit inscrire 
le 31 juillet 1530 sous le reclorat de Pierre Cnrtius (2). 
II y demeura peu de temps; apres avoir suivi quelques 
cours, il se rendit a Treves, ou il semble avoir ele appele 
pour enseigner les lellres a I'Universile, mais dans des 
conditions peu avantageuses. 

Un cerlain decouragement s'etait empare de Ini, mats 
soutenu par Zasius, son ancien mailre de Fribourg, il se 
remit avec zele a I'elude. Nous le voyons par une lettre ecrite 
de Treves a Zasius en 1530 le jour des Innocents, c'est-a- 
dire le 28 decembre (3). En Janvier 1551, Ferdinand fut 



. ,/,/■. . 



(2) II est tueritionne comme il suit dans les matrici 
\erMte: iooO. <* Pridie Augusti Bartholomatu- Latomus 
clericus Trevirensis. «> Nous ignorons dans quel sens e: 



( as ) 

couronne comme roi des Romains. Latomus celebra aussilot 
cete\ element par unpoeme,comprenant,d'apresC.Gesner, 
une feuille et deroie : Gralulatio in Coronationem Regis 
Romanorum ad Carolina V Caesarem et Ferdinandum 
regent, fratres Augustos(l). .Mais II tie devail pas longtemps 
professer a Treves. Le 13 mars 1531 mourut 1'archeveque 
Richard de Greiffenklau, parent de Louis de Hagen, le 
protecteur de Lalomus. Un personnage influent aupres du 
nouveau prelat, Jean de Metzenhauzen, elu le 27 mars, 
elait mal dispose pour I'humaniste ; il critiqua vivement 
le sysleme qu'il avail inaugure pour les etudes latines et 
rendit fort difficile sa position a l'Universile. Latomus se 
decida done a prendre le chemin de I'etranger, mais avant 
de partir, il voulut laisser un souvenir de reconnaissance 
envers l'eveque decede, et pour avoir l'occasion de louer 
ses meriles, il ecrivit un discours funebre, qu'il supposa 
avoir prononce lui-meme au dome, le jour des funerailles. 
II le fit paraitre apres son depart et signa ex ilinere in 
Galliam, le 28 juin 1551, la preface a Louis de Hagen, ou 



dit avoir sous presse la nouvelle edition de ses Singulares 
Plus, qui |>arut a Fribourg en 1552. La lettre a done du etre 
en 1830 ou en 1551; mais en decembre 1551 Latomus, 
e nous verrons, n'etait plus a Treves. Notre humaniste y deplore 
lain qu\m a maintenant pour les etudes : « dolenda profecto 
i et deploranda studiorum conditio, quae eo nunc redacta est, 
ra vilissimarum etiam artium sordes habeatur. » Aussi se 
il repenti de sa vie passee, si les exhortations de Zasius ne 
lient donne du courage, a In quo functus es cum praeceptoris 
mici officio, et tua adhortatione ita me obfirmasti ut ab honcsto 



( 140 ) 
il se plaint de. la conduile lenne a son egard (1) : Decla- 






et excellenlissimi 



Principis Richardi, Archiepiscopi Treverensis, Bartholo- 
maeo Latomo Arlunensi autore. Coloniae, apud Joannem 
Gymnicum. 1531, 12 feuillets in- 16° non chiffres. Le 
Pere Brower en donne de nombreux extraits ; il croit a 
tort que le discours a ete tenu reellement. 

Le depart de Latomus devail avoir pour lui les plus 
beureux resultats. Arrive a Paris, il entra d'abord en rela- 
tion avec les savants allemands qui y elaient etablis,enlre 
autres avec Jean Sturm. Puis il ne tarda pas a se faire 
apprecier des letlres francos; il possedait en effet a un 
haul degre l'art du style latin, auquel on aitachait une si 
grande importance; il parlait correclemenl, ecrivait en 
vers et en prose avec une rare elegance, savait a fond la 
logique et la rhetorique et pouvait non seulement enseigner 
la theorie oratoire, mais reconnailre mieux que personne 
la nature des arguments, des figures et artifices employes 
par les ecrivains classiques. C'elait en un mot un parlait 
humanisle. Le 15 septembre 1533 nous le voyons installe 
au College S tc -Barbe, dirige par Andre Goveau, qui etait 

(1) Gratiam .^ulari tua in me 

hlirruihaU: ac beueficentia. Deinde caelcris Treveris meis, qui me 

malcvolentiain in Milare non possum... Dctraham 

ilii ialsam personam, sub qua latuit, et re i] 
eum esse qui (ut videri affectavit) sanis sludiis ae literi 
consultum vclit : sed qui omni eonatu et libidine o!<k< 
commodis, ex quibus solis in deplorato Gymnasio spes a 



( 147) 
alors recteurde I'Universite. II lui dedia, aeette date, une 
edition corrigee de son resume de la dialectique de 
Rodolphe Agricola. Elle parut a Paris, chez Fr. Gryphius, 
en 1534, et fut souvent reimprimee, entre autres a Bale, 
en 1536, a Paris, chez Nic. Buffet, en 1542 (93 feuillets 
non chiffres, in-8°), a Cologne, chez Cholin, en 1561 
(110 pages in-4°). 

Une plus brillante destinee atlendait notre compatriote. 
Francois I er avail resolu, au commencement de 1534.de 
fonder a cote des chaires de grec et d'hebreu du College 
Royal, une chaire d'eloquence laline. Budee, tout puissant 
aupres du Roi pour les questions scientifiques, avail cru 
reconnailre en Latomus I'homme le plus capable pour 
inaugurer ce nouvel enseignement; il le recommanda 
done au souverain, et I'humaniste arlonais devint le pre- 
mier professeur de latin au College de France. Sa nomi- 
nation ne se iilcependant pas sans obstacle; beaucoupde 
gens criaient au scandale de voir un A Demand appele a 
celte chaire, au moment ou 1'Allemagne etait infestee par 
1'heresie ; plusieurs directeurs de colleges etaient hostiles a 
rinstitution meme, ils croyaient inutile de creer une chaire 
publique pour l'eloquence latine, enseignee deja dans leurs 
etablissements, et craignaient meme d'etre desertes par 
Jeurs eleves (Bulaeus, Historia Universitatis Varhiensis, 
t. VI, p. 244). L'auimosile ne fut cependant pas de longue 
duree et Latomus put enseigner paisiblement pendant huil 
ans, devant un grand concours de jeunes gens de diverses 
nations (1). Jl fut seulemenl inquiele sur la fin de l'annee 

(i) Scripta rf«o adversaria : publice docui per novem annos in 
Gymnasio Parisiensi, multos studiosos et attentos auditores ex diversis 
nationibus habui. — Des neuf annees indiquees ici, il faut retrancher 
un an pour le voyage d-Italie. 



(148) 
1554 Les protestants ou sacramentaires, comme on les 
appelait alors, ayant placarde des affiches injurieuses pour 
le roi el les calholiques, le peuple se souleva contre les 
Allemands de Paris et plusieurs faillirent etre tues, raais 
uneenquete prouva que les coupables etaient des Francais, 
et plus de vingt-quatre furent ptinis du dernier sup- 
plice (1). 

En prenant possession de sa chaire, it prononca, sur 
I'etude des lettres, un discoursqui fat imprime la meme 
annee chez Fr. Gryphe (Oratio de studiis humanitatis. 
Paris, 1534, in-4°). a II y exposa avec eloquence, dit 
Goujet, les avantages que I'etude des lettres procure a un 
royaume, il y entra dans le detail de ceux qu'en avaient 
retires les Grecs, les Roraains el d'autres nations, decrivit 
leseffets peruicieux de 1'ignorance, peignit la barbarie des 
derniers siecles et Unit par un bel eloge de Francois I er et 
du savant Budee. i> La correspon dance d'Erasme contient, 
au sujel de ce discours, une lellre de Latomus lui-meme; 
il lui ecrit qu'ayant ete nomine prol'esseur d'eloquence 
latine par la recommandation de Budee, il a publie sa 
harangue pour lui temoigner publiquernent sa reconnais- 

Le College Royal n'ayant pas encore de local special, 
les cours devaient se faire dans d'autres etablissements de 
l'Universite. G'est ainsi qu'en 1534 Latomus inaugura son 
enseignement au College de S te -Barbe, par Tinterprelation 
ties Satires et de l'Art poetique d'Horace. Les notes dictees 
a ce cours nous ont ete conservees; un cahier qui les con- 
tient etait venu en la possession de Joseph Scaliger et 



( 149 ) 
passa apres sa mort dans la bibliotheque de 1'Universile de 
Leyde. II y forme le n° 75 des manuscrits de Scaliger el 
porle pour litre : Annotationes in Sermones Horatii et 
eiusdem de arte poetka, anno 4534, Parrhisiis, calamo 
excerptae Barptolomceo Latomo Trevirensi in Collegio 
Barbarae ibidem publice legente (67 feuillels petit in-8°). 
Le savant bibliothecaire de Leyde, M. le D r du Rieu, a 
bien voulu metlre ce manuscrit a notre disposition. 

Les remarques sur les Satires son I loin de constiluer 
un commentaire conlinu. Latomus les distribue un peu au 
hasard; dans la satire, par exemple, qui raconte le voyage 
de Brindes, les deux premieres notes se rapportent aux 
vers 11 et 12, la troisieme au vers 32, alors que les 
autres vers presentent bien des difficultes. La plupart des 
remarques qui paraissent propres a Lalomus sont du 
genre des notes sur Terence. 

L'Arl poetique a ete I'objet d'une explication suivie; le 
professeur s'y est efforce de ne rien passer qui put avoir 
besoin d'eclaircissemenl. II s'attache a bien etablir la 
nature des preceptes donnes par Horace, montre la suite 
des idees, rend compte des expressions et des figures, et 
lournit les explications hisloriques necessaires, sans se 
livrera des digressions inuliles. Mais la critique du texte 
fait entierement defaut, I'auteur ne cite pas la moindre 
variante; les notes grammatical sont rares et insigni- 
liantes; plusieurs interpretations sont empreinles d'une 
grande naivete ; la signification des mots est donnee par 
des periphrases manquant souvent de precision ou d'exac- 
litude; enfin, le commentateur est plus d'une fois a c6te 
du sens ou se trompe dans des details d'histoire ou d'anti- 
quites. Au lieu de ciler des exemples, nous prenirons 
donner en append ice le commentaire des quatre-vingls 



( 150 ) 

premiers vers. On pourra se faire ainsi une idee complete 
de ce qu'elait le premier enseignement du latin aii College 
de France. 

L'anneesuivante, ilouvrit seslegonspar undiscours a la 
louange de 1'eloquence el de Ciceron (Oratio Bartholomaei 
Latomi, professoris regii, Luletiae, de laudibus eloquenliae 
el Ciceroni* dicta in Ai.idi!orio. cum onurralionem Aclio- 
num in Verrem auspicaretur. Paris, Gryphius, 1 535, in-4°). 
a L'orateur, dil Goujet, y montre fort bien le pouvoir que 
I'eloquence a sur tousles esprits etsa necessile dans toutes 
les professions ou il est question d'arts, de sciences et de 
lillerature, combien cello de Ciceron etait vive, pressante, 
superieure a tous les obstacles, quand il voulait vaincre, et 
persuasive quand il ne voulait que persuader. » Le dis- 
cours eut un cerlain rctentissement. Quand Jean Oporinus 
fit paraitre a Rale, en 1553, son edition avec commentaires 
de toutes les oeuvres oraloires de Ciceron, il imprima en 
tete cetle introduction de Lalomus. Elle est ecrite en rffet 
en beau latin el peut rivaliser, au point de vue du style. 
avec les meilleures productions de Pepoque. 

Comme on le voit par le litre du discours, Latomus avail 
resolu d'enseigner I'eloquence en expliquant Ciceron. Nous 
pouvons juger de la nature de ses explications par les notes 
qui ont etepubliees. II s'attachait avant tout a faire saisir 
les particularity du style oratoire, les figures du langage 
ou de la pensee, la disposition des parties, la nature des 
arguments. Aujourd'hui, qu'on etudie moins les anciens 
pour se faire un style que pour penetrer an fond de leurs 
pensees, les notes de Latomus paraissent avoir peu de 
valeiir, et Ton comprend que Halm ait pu dire en parlaut 
de son coramentaire sur le discours in Vatinium : e Nihil 
fnuji inienimus in hac editione. (Cicer. oral, in Vatin. 



( 13* ; 

superiorum commentariis suisque annotationibus explana- 
vitCarolus Halm. Lipsiae, 1845, p. 53.) Mais les contem- 
porains en jugeaient autrement; its avaient ces notes en 
grande estime et plusieurs editeurs s'empresserent de les 
publier, soit seules, soit avec les scolies d'autres commenta- 
teurs. Ainsi Francois Gryphe n't parailre avec arguments et 
notes marginales de Lalomus: en 1 554 pro Archia; en 1535 
pro Milone; en 1556, les discours pro Deiotaro, pro Liga- 
rio, pro Marcello, pro Roscio Amerino, pro lege Manilla; 
en 1558, pro Coelio, pro Murena. Michel Vascosan edita en 
1559, pro Plancio, en 1540, orationes tres ante exilium et 
post reditum; en 1545 pro Quinlio, en 1544 les Philip- 
piques. Francois Gryphe ajouta, en 1545, a ('edition des 
Verrines, une analyse ou partitio faite par Latomus pour 
chaque discours (1). En 1559, parul a Strasbourg, chez 
Craton Mylius; M. T. Cicerouis Oratio pro A. Cecinna cum 
cnarrationibus Bartholomaei Latomi nunc primitm aeditis, 
utque iterum ab ipso autore recognitis et gtnuino candori 
restitutis (Petit in-8°, 252 pages. Bib!. Nat. de Paris), avec 
une dedicace interessante pour l'histoire intellectuelle d'Ar- 
lon, datee de Paris, le l er mai 1539, et adressee, comme 
nous I'avons deja dit,au vice-chancelier de 1'empire Mathias 
Held. Plus d'une fois ces notes furent reimprimees, par 
exemple, a Paris, chez Fr. Gryphe pro Archia, 1556, 1558; 
pro lege Manilla. 1559; pro MVone, 1557, 1 559 ; pro R os- 
cio Amerino, 1557; in Verrem , 1558; chez M. Vasco- 
san, pro Coelio, 1544; pro Deiotaro, 1547; pro Ligario, 



( »32 ) 

1539 (1), 1 542; pro lege Manilla, 1 541 ; pro Marcello, 1556; 
pro Mitone, 1537, 1539, 1541; pro Roscio Amerino, 1541, 
1544; in Vatinium, 1560; in Verrem, 1539 (2); — chez 
J. L. Tilelan, pro Marcello, 1539; pro Milone, 1539; pro 
Murena, 1545; in Verrem, 1545; - chez Calvarin, en 
1550, pro Ligario, lege Manilla, Marcello, Roscio Ame- 
rino; — chez Mathieu David, en 1553, pro Marcello (3); 
chez Th. Richard, en 1549, pro Roscio Amerino; en 1558 
pro Archla ct pro lege Manilla; en 1560, pro Llgarlo (4); 
en 1563 pro Cecina; en 1564, in Vatinium; — chez 
Th. Brumerius, pro Milone, 1547, pro Murena, 1579; — 
a Cologne, chez Gymnicns, pro Ligario, 1555, 1579; pro 
Milone, 1544, 1545, 1563; pro Murena, 1540, 1545, 
1563, etc. Enfin, le grand recueil de commentaires sur les 
discours de Ciceron, qu'Oporinus fit naraitre a Bale en 1553 
(a Lyon 1574), renferme tontes les explications citees. A 



(1) 31. Tul. Ciceronis orationes tres ad C. Caesarem pro M. 
cello, pro Q. Ligario, pro Deiotaro Regc, Eruditissimis Incubralii 
Francisci Sylvii, Bartholomaei Latami, PhMppi Melanchthm 
Antonii Luschi illustratae, ParisHs, ex offlcina Mkhaelis Vase 
1339, 67 feuillets in-4°. 

(2) M. T. Ciceroms Aclionnr,,. in Verrem libri que 



[ju/niilurjilnni ar/i/irio C liarlholomaci Latomt 
Parisiis, apud Michaelem Vascosanuro. 1539, 

argument is el annolalionibns Bart. Latomi 



Uustrata — pro kg, Manilla /•". Sgli-ii, Jac. Omphalii, Ant. Luschi 
'.oinment. et Jiarpt. Latomi arli/kio Rh fori* ill <si ata. —pro Ligario 
' . .Sijl tea, nln.it Barji'.L rplicata. 







( «3) 

1'exceplion des noles sur les discours pro Cecina, pro 
Plancio et sur la seconde Philippique, qui out plus d'eten- 
due, elles se bornent pour la plupart a indiquer ce que 
Ton appelait Yarlificium rhetorician, ou sont de courts 
arguments marginaux. 

Parfois Lalomus prenait pour texte de ses lecons une 
oeuvre de rhelorique de l'orateur romain. Ainsi, pendant 
l'hiver de 1537, il expliqua les Topiques. Le l er juin 1538, 
II dedia ses notes sur ce traite a Jean Morin, president 
du College de Navarre, et les lit imprimer a Strasbourg 
chez Craton Mvlius, ou elles parurent au mois de mars 
1539 (127 pages petit in-8°). Elles oblinrenl un grand 
succes, comme le prouvenl les nornbreuses reimpressionsi 
nous trouvons mentionnees les suivantes dans divers cata- 
logues : Paris, Fr. Gryphe, 1539 et 1540, in-4", Bale 1541 ; 
avec d'aulres commentaires : Paris, Tiletan 1543, 1546, 
in-4°, Palierius, 1542, in-4°, Richard, 1549, 1554, 1557, 
1561, in-4°, Vascosan, 1554, in-4°. 

L'annee suivanle, il avait prepare el en partie copie pour 
I'impression iks Enarrationes in Ctceronis Partitiones ora- 
torios, lorsqu'il entreprit le voyage d'ltalie. Pierre Galand, 
designe pour le remplacer pendant son absence, se chargea 

publication. Kile parut a Paris chez Fr. Grvphius en 1539, 
in-4°, fut reimprimee en 1545, ainsi que chez Tiletan en 
1545, chez Richard en 1549, 1555 et 1558, a Lyon en 
1541 et 1545, a Cologne en 1547 et 1558. Latomus y 
expliquait le lexie par de nombreux exemples choisis 
d'ordinaire dans les discours memes de I'auteur, et parfois 
aussi dans Virgile ou Horace. II a frequemment recours 
aux aulres ecrils de Ciceron, ainsi qu'a Aristote, a Quin- 
i Agricola. En un endroit, il corrige avec bonheur 



(iU ) 
la lecun recue. Les notes, d'abord assez etendues, dimi- 
nuent vers la fin. 

On le voit, 1'aclivite litteraire a Paris du professeur 
beige fut assez considerable. I! ne negligea pas non plus 
de cultiver la poesie et de faire sa cour en vers anx grands 
personnages. A la fin de 1536, il composa un poeme sur 
un sujet qui avait deja exerce sa verve et Fenvoya comme 
etrenne an roi Francois I er , dans un magnilique exemplaire 
sur velin, qui se trouve acluellement a la Bibliolheque de 
I'Arsenal (1). Elle a pour titre : Ad Christianissimunl 
Galliarum regem Franciscum Bartholomaei Latomi pro- 
fessoris ems in hunts I Uteris Lntetiae Bombarda. Franc. 
Gryphius excudebat ami. M.D.XXXVI Mense Decembri, 
Lutetiae (11 feuillels). II y rappelle qu'il a vu lui-meme a 
Treves les effets terribles de la bombarde, en demerit la 
puissance, trace le tableau des victoires de Frangois l er 
et termine par ie vceu patriotique de voir le roi, recon- 
cilie avec 1'empereur, s'unir avec lui pour combattre les 
Turcs (2). La guerre aux Turcs elait encore un lieu com- 



l'obligeance de M. Parm 



urs autres details bibliographiques sup les 
ui se trouvent a Paris. — Nous ne savons si 
e qui est mentionne dans Brunet, Manuel du 



Praecipitesque inhibite minas, miscrescite gentis 

Christicolae 

Sit satis immanem raulto vix robore Turcam 
Quod ferimus, nostrisque minantem arcemus ab ( 



( IM ) 

ce temps; i 



de la voir conseiller i 



Un exemplaire sur papier du meme poemea la Biblio- 
theque Nationale annonce de plus sur la feuille du litre 
eiusdem ad Cardinalem Bellaium episc. Parisiensem Ele- 
giacon; mais cette derniere poesie n'est pas dans le volume. 
Elleymanquaitprobablementdejaen 1750, comme semble 
rindiqner la mention de piece dans le catalogue de la 
Bibl. duRoi, 1. 1, p. 369, n°2353. 

Entin Latomus uv neglige;) pas sans doute de recom- 
mander en vers, selon I'usage, les nouveaux livres de ses 
amis. Gruler, dans les Deliciae poet. Belgicorum, t. HI, 
p. 57, insere I'eloge poetique qu'il (it des hymnes de Sal- 
monius Macrinus, qui parurent a Paris en 1537. Ce sont 
les seuls vers de notre ecrivain q ie Grutpr ail admis dans 

En 1539, Latomus obtint un conge el peut-etre aussi 
un subside pour aller visiter I'ltalie. En decembre, il elait 
a Venise el pen apres a Bologne. II s'arreta quelque temps 
dans celte derniere ville, pour faire des eludes de droit 
civil, et cVst la probablement qu'il recul le grade de legum 
doctor, dont nous le voyons orne dans la suite. C'est de 
Bologne aussi que, le 2 fevrier 1540, il adressa a son ami 
Jean Sturm, alors directeur du gymnase de Strasbourg, 
une longue leltre sur les dissensions en Allemagne et la 
necessile de maintenir la paix pour lutter contre les Turcs. 
Une guerre civile entre les deux partis aurait les conse- 
quences les plus funesles : si le parti evangeliquelriomphe, 
'I est bien a craindre que lout nesoil pas regie conforme- 
ment a TEvangile; si la victoire appartienl en ce moment 



(186) 

aux catholiques, lout espoir de reforme est perdu, et il 
aurait mieux valu ne pas commencer le mouvement que 
de le voir arrete avant qu'un sage et libre concile ait pu 
decider de la querelle (1). Sturm repondit longuement 
a cette lettre le 51 mai, en exposant les griefs des reTor- 
mes et en proteslant de leur amour pour la paix. Puis 
jugeant la publication des deux ecrits utile a sa cause, 
il les fit imprimer encore la meme annee sous ce titre : 
Epistolae duorum amicorum Barlholomaei Lalomi et 
Jotmuis Siuiihii tie dissidio periculoqve Germaniae el per 
quos slat quominus concordiae ratio inter partes inea- 
tur. Strasbourg, 1540; seconde edition en 1567. La lettre 
de Latomus comprend quinze pages, celle de Sturm, 
vingt et une. 

A son retour d'ltalie, Latomus s'arreta quelque temps i 
Strasbourg, fete par les humanistesde Pendroit et frequen- 
tant iamilierement aussi les professeurs du seminaire pro- 
testanl,Capiton, Hedion etBucer(2).II semble s'elretrouve 
dans la ville alsacienne des le commencement de juillet, 
car il accompagna les Strasbourgeois a la conference de 
Hagenau, comme il parait resulter d'un ecrit du chanoine 
Gropper, a Cologne (1545), invoquant le temoignage de 



fortuna inclinaverit .' Vicorint \.\ 
protinus cvangelica futura sint. i 



(187) 
Latomus au sujet d'un entretien qu'il y eut avec Bucer et 
auquel, il le dit, avoir assiste (1). 

Revenu a Paris, il y prononcA au mois d'oclobre 1540, 
un discours dans lequel il fit la relation de son voyage 
(Oratio Lutetiae in auditorio regio dicta mense octobri 4540, 
qua peregrinalionem suam per llaliam describit. Paris, 
ap. Fr. Gryphium, in-4°. Nous avons cherche en vain a 
nous le procurer). II continua ensuile son enseignement et 
rendit en meme temps des services de secretaire aupres du 
cardinal de Bellay, lorsque son ancien protecleur Louis de 
Hagen fut appele a 1'archeveche de Treves et fit desoffres 
a Latomus pour 1'attacher a sa personne. 

Ayant accepte la proposition de l'e'veque, il fill nommi 
son conseiller, au commencement de 1542 (2), s'eta- 
blit a Coblence, et s'y maria, peu apres, avec Anna Zie- 
glins (3). Dans une leltre adressee le jour de I'Ascension 
(=18 mai) 1542, au cardinal de Bellay, il annonce son 
mariage conime ayant eu lieu peu auparavant, s'excusede 
ne pouvoir revenir en France et recommande Pierre 
Galand pourle remplacer aupres du prelat (4). C'est a tort 
que Brower place le retour de Latomus a Treves en 1540 



(1) Voir le passage dans D r Pastor, Die Kirchlichen Revisionsbe- 
strebungen w&hrend der Reyierung Karels F.Freiburg, 1879, p. 258. 

(2) Gesta Trevirorura, dans de Hontheim, Prodromus historiae 
Trevirensis, t. I, p. 866. 

(5) Diplome du 17 avril 1544, dans de Hontheim, Historia Trevi- 
rensis diplomatics t. II, p. 694. 

(4) Biblioth. Nation, de Paris, sect, des manuscr., Fonds latin, 



( m ) 

et qu'il le fait assister, a la fin de cette ann^e, au premier 
colloque de Worms, en confondant ce colloque avec la 
conference de1557 (1). 

Les historiens de Treves loiient le zele et la capacite 
deployes par Latomus dans ses nouvelles fonctions, et 
affirment qu'il rendit au prince les services les plus signa- 
led. Dans les querelles religieuses qui agilaient I'Allemagne, 
il prit, comme son maitre, resolument le parti des catho- 
liques et mil en oeuvre pour le defendre tout son talent 
d'ecrivain (2). 11 n'intervint cependant pas spontanement 
dans les disputes theologiques; il y fut en quelque sorle 
provoque et s'y trouva engage malgre lui par la force des 
circonstances. Les reformateurs le croyaient d'abord favo- 
rable a leur cause. II etait lie d'amitie avec pie " 
d'entre eux et avait atlaque plus d'un abus dans ses tiri'- 
Peut-etre meme avaienl-ils espere de le voir determiner 
l'Electeur de Treves a suivre l'exemple de Herman von 
Wied, qui avait resolu d'introduire la reforme dans son 
diocese de Cologne et appele dans ce but Bucer de Stras- 
bourg. Mais leur espoir fut bient6l degu. Le conseiller de 



(1) Annates Trevirenses, t. II, p. 565. — Voir plus loin 1 
sur le dernier colloque de Worms. 

(2) Brow. Ann. Trev., t. If, p. 527 : munus Senatoris con 
catholici magna pariter et integritatis ct eruditionis lai 
vixit in hac Dioecesi implevit; ibid. 565 : Magna sane < 
Joh. Ludov. hunc cooptando virum in Ecclesiam suam o 
C'.intulit, cuiu- doctrinal.- singularis fac 



s defensa s 



( dS9) 
Jean-Louis mauifesta des idees bien differentes et blama 
ouverternent les innovations de 1'archeveque de Cologne. 
Bucer I'apprit pendant qu'il prechail a Bonn et lui exprima 
sa surprise et son mecontentement dans une longue leltre 
dalee de cette ville, le 15 juin 1543. La lettre etait accom- 
pagnee d'un ecrit de Melanchthon sur les questions en 
h'tige. Bucer invitait son ami a le lire et a lui ecrire ce qu'il 
Iron vera it a y repondre. Ainsi mis en demeure, Lalomus 
motiva ses opinions dans une epilre delaillee, datee de 
Coblence le 12 juillet 1543; apres s'elre excuse d'aborder, 
lui simple laique, une discussion theologique, il soulientla 
doctrine catholique sur la communion sous les deux especes, 
Invocation des saints, le celibat des pretres, l'autorite de 
J'ficriture etcelle de 1'Eglise. Une copie de sa lettre circula 
quelque temps parmi les partisans de la foi ancienne et 
fut imprimee a son insu a Cologne. Bucer entreprit alors 
de la refuter en detail et fit paraitre sa reponse, avec la 
lettre de Latomus, a la fin de mars de I'annee suivante, 
dans : Scripta duo adversaria D. Bartholomaei Latomi 
legum doctoris et Martini Buceri theologi... Argentorati, 
Wendelin Rihel, 1544, 262 pages in-4°. L'ecrit de Lalo- 
mus y occupe les pages neula vingt-huit; celui de Bucer 
remplit le reste du volume. L'etendue de ce dernier 
ouvrage, la quanlite de faits qui y etaient allegues, ren- 
daient une replique necessaire. Latomus demanda et oblint 
un conge pour s'y livrer a loisir. Le 7 seplembreelle etait 
terminee et elle parut sous ce litre, avec une dedicace a 
1'tlecteur : Bartholomaei Latomi adversus Martinum Buc- 
cerum de controversiis v " em pertinen- 

tibu$ altera plenaque defensio. Coloniae, Melchior Neus, 
154o, 144 feuillets non chiftres, in-4°. Cel ouvrage se 



( 100 ) 
distingue par I'elegance du style et la force de ['argumen- 
tation. II s'y trouve un passage important pour 1'histoire 
de I'ecrivain ij. 

(/attitude prise par Lalomus dans cette discussion le 
confirma dans les bonnes graces de I'eveque. Celui-ci lui 
montra sa satisfaction en accordant, par diplorne du 7 
avril 1544 (1), comme demeure viagere a lui et a sa femme, 
la Cour electorate a Coblence, dans le voisinage de l'eglise 
de S'-Florent, maison que de Hontheim dit avoir occupee 
comme official a parlir de 1758, et qui sert maintenant de 
presbylere au cure de Notre-Dame (2). Latomus y avail 
d6ja demeure anterieurement et y avail fait des repara- 
lions (3). 

II accompagna I'archeveque en 1544 et en 1545 aux 
dietes de Spire et de Worms, et fut envoye, comme audi- 
leur catholique, au colloque sur les affaires religieuses 
tenu au commencement de 1546 aRatisbonne. Les theo- 
logiens proteslants ayantquitte brusquement la conference 
le 20 mars, il en resulta une polemique entre les deux 
partis sur les causes de leur depart. Latomus redigea une 
relation allemande de lout ce qui s'etait passe, et la fit 
paraitre peu apres, mais sans y mettre son nom : Hand- 



(o) La cession est faite en partie pour le dedoramager des frais, 
:n partie par consideration pour le service utile et agreable qu'il 
endu a TElecteur. 



(16) ) 

lungen des Colloquiums zu Regenspurg (1). Le Codex 
miscellaneus 17457-50 de la Bibliolheque royale de 
Bruxelles, section des manuscrits, contient un resume de 
la lettre que Latomus ecrivit sur ces fails a ses amis, a 
la date du 2 avril. 

Le 23 mars 1547 il eut la douleur de perdre son ancien 
protecteur, Jean -Louis de Hagen. Mais cet evenemenl 
n'amena aucun changement dans son existence; les elec- 
leurs suivants lui continuerent leur confiance. S'il faut 
ajouter foi a Paquot, Charles V, a la recommandation de 
Viglius, lui donna, en 1548, le rang de conseiller a la 
Chambre imperiale de Spire. Pendant les annees qui 
suivent, on n'entend plus parler de lui, mais au mois de 
septembre 1557, il reparail au dernier colloque religieux 
de Worms. Cette conference echoua,comme on sait, grace 
a la desunion qui regnait dans le camp des protestants(2). 
La discussion devait avoir lieu entre les calholiques et les 
partisans de la confession d'Augsbourg, mais les reformes 
ne parvenaient pas a s'entendre sur 1'etendue de celle 
confession. 

Les iheologiens lutheriens du duche de Saxe el de 
Brunswick prelendirent en exclure les adherents de Calvin, 
d'Osiander et d'autres dissidents; ils partirent quand ilsne 
purent faire prevaloir leur opinion. Les inlerlocuteurs 
calholiques refuserent des lors de continuer la discussion, 
ignorant, disaient-ils, quels etaient les vrais partisans de la 



(1) L. Pastor o. c, p. 525, note % 

(2) Ranke, Zur Deutschen Geschichte vom 
um dreissigjahrigen Krieg. OEuvres completes, t. VJf, p. 59. 

3 me SEME, TOME XIV. 11 



(162) 

confession et ne sachant plus avec qui ils avaient a trailer. 
La conference ful ainsi levee, mais avant de quitter Worms, 
Us calvinistesy firent parailre un ecrit ou ils accuserent les 
catholiques d'avoir amene la rupture des negotiations, et 
soutenaient que leurs doctrines etaient comprises dans la 
confession d'Augsbourg. Lalomus relablit les faitsdansun 
opuscule allemand, redige sous forme de dialogue, dans 
un style clair et incisif. II est intitule : Spaltung der 
Auspurgischen Confession dutch die newen und streitigen 
Theologen mit kurtzer Widerlegung der unbestendigen 
tehre derselben... Audi welche Par they die Trennung des 
angestelten Colloquii zu Wormbs verursacht habe, 1557 . 
40 feuillets non chiffres in-4°, sans nom d'imprimeur 
(Bibliotheque royale de Munich). 

La question etait de la plus haute importance pour les 
calvinistes flamands refugies alors en Allemagne et peu 
certains d'y trouver un asile. (Test pourquoi Dathenus, 
lors du congres des princes a Francfort, se decida a ebran- 
ler l'effet de la dialeclique de Lalomus et le combatlit 
dans une brochure laline : Ad Bartholomaei Latomi rheto- 
ris calumnias responsio. Ce litre seul montre le ton dans 
lequel I'opuscule etait ecrit; le conseiller de Treves y est 
apostrophe comme calomniateur, menteur, impie, rhe- 
teur, etc. II repondit avec non moinsde vivacite : Respon- 
sio Bartholomaei Latomi ml impudentissima convilia et 
calumnias Petri Dathaeni. Scripta Franckfordiae in Con- 
venlu Caesaris et Principum Eleclorum Imperii, Mense 
Marlis anno 1558, H feuillets in-4°, non chiffres (Biblio- 
theque royale de Munich). 

L'annee suivanle il crut devoir rompre une lance avec 
un nouvel adversaire. Une discussion s'etait elevee enire 



( 163) 
Jean Brentz et Mathias Bredenbach, recteur du gymnase, 
alors tres florissant, d'Emmerich. Le debat porlait sur Ja 
messe et la communion, la question brulante du jour. 
Jacques Andreae, pasteur protectant de Goppingen, vint au 
secours de Brentz dans un Hyperaspisles; i! s'y eleva vive- 
ment contre un passage de la reponse de Latomus a Bucer, 
ou lancien professeur de Paris avait employe le mot rudis 
pour caracteriser la simplicite des institutions primitives 
de l'figlibe. Andreae qualitiait cette expression de blas- 
pheme et appliquait au docleur Latomus le dicton ijitristen 
bose Christen. Ainsi pris a partie, Latomus intervint dans 
le d£bat par l'opuscule intitule : De docta simplicitate pri- 
mae Ecclesiae et de usu calicis in Synaxi et de Encharis- 
tico sacrificio, adversus petnUvdcm insnUationem Jacobi 
Andreae, pastoris Gopptngensis, Earth. Latomi responsio. 
Coloniae, apud Maternum Cholinum, i559, 35 feuillets 
non chiffres. Un curieux passage de cet ecrit est celui oil 
le grave conseiller reproche a son adversaire d'avoir precbe 
a Worms, lors de la conference de 1557, en habit de cour, 
le couteau de chasse au cdte. Brower l'a reproduit dans 
ses Annales. 

Peu apres parul la replique de Dathenus a la reponse 
qu'il avait recne deux ans auparavant : Ad Bartholomaei 
Latomi calumnias responsio altera. Latomus y recoit les 
epithetes d'idolatre, flalteur et parasite; mais il n*etait pas 
homme a se taire. 11 reprend done la plurne, oppose aux 
accusations de son adversaire un tableau de sa vie passee,et 
combat les idees de Dathenus sur l'a u tori le de 1'Ecriture 
et le caractere de l'figlise : Ad furiosas Petri Datheni cri- 
minationes falsasque el absnrdas eiusdem de Verbo Dei, et 
Scriptura, item de Ecclesia Catholka eiusdemque commu- 



(164) 

Heligionis locis Barth. Lalomi altera respgnsio. Coloniae, 
apud Malernum Cholinum, 1560, 88 feuillets in-8° non 
chiffres (Bibliotheque royale de Munich). Dathenus avail 
raille la vieillesse du conseiller, qui avait deja, selon son 
expression, un pied dans la i'osse. Lalomus se declare pret 
pourtant a recommencer la dispute, quand son antagoniste 
le desirera : nunc si quid amplius deleclat te, fac pericu- 
lum, efficiam quantum potero ne cum fungo tibi aut 
stipite negotiurn fuisse videatur. Mais la querelle en resla 
la, el Latomus put passer dans le repos le reste de ses 

Lorsqu'en 1o69 I'eveque Jacques d'Eltz reforma sa cour 
de justice, Latomus obtint, malgre son grand age, le pre- 
mier rang apres le chancelier Wimpheling et fut meme 
place au-dessus des conseillers de l'ordre equeslre (1). 
II ne jouit pas longtemps de ce nouvel honneur et mourut 
a Coblence, le 3 Janvier 1S70 (2). 

Le personnage donl nous \enous d'esquisser la vie et 
es iravaux passait de son vivant pour un des hommes les 
plus savants de l'epoque (3). Cependanl il n'a guere laisse 
de traces; ses ecrits sont aujourd'hui rares et oublies, 
quelques-uns semblent meme avoir complelement disparu. 



(1) Honth. Hist. Tr. dipt., t. II, p. 5S4. 

(2) Ibid. 

(3) On lit dans la Prosopographia dc Pantateon : magnum sibi 

etur. Guicciardin (Description des Pays-Bas. Anvers, 1582, p. 487), 
lit en parlant d'Arlon : « De ce lieu fut natif Barthelemy Latomus 
>u le macon) bien verse en toutes sciences et qui a escrit beaucoup 



( <«3) 
Dans le domaine de la philologie, qu'il a particulierement 
cultive\ il a etc bientdt depasse. Le cours sur I'Art poetique 
professe par le Hollandais Nannius au College des Trois 
Langues de Louvain, peu de lemps apres que 1'humaniste 
d'Arlon interpretait le meme ouvrage an College Sainfe- 
Barbe, a ele publie par Valere Andre (1), d'apres un cahier 
d'eleve qu'il tenait d' Andre Scholl. Si Ton compare les 
deux cours, on reconnail dans le second une exactitude 
bien plus grande, line connaissance plus profonde de la 
langue et de I'antiquile, et surtout I'esprit scientitique qui 
marquera les ceuvres de la generation suivante et qui a 
fait dire a Juste Lipse que Nannius avail le premier allume 
le feu sacre a Louvain : Petrus Nannius qui primus ibi 
honeslum ignem accenderat (2). Le progres est encore plus 
sensible dans le commenlaire a moilie critique de Lambin, 
qui occupa, une vingtaine d'annees plus lard, la chaire 
d'eloquence latine inauguree par Latomus. Mais si notre 
humaniste ne ful pas un iniliateur, sa place n'en est pas 
moins marquee dans I'bistoire litteraire de la premiere 
moilie du XVI e siecle, et au moment ou la Biographie 
nationale va I'accueillir, il nous a paru utile de le faire 
connailre avec plus de details que ne le comportent les 
notices necessairement reslreintes de ce recueil. 



) Derriere l'Horaee de Torrcntius, Anvers, 1608. Nannius 
•gua le latin, au College des Trois Langues, de 1S39 a 1547. II 

possession de sa chaire le I" fevrier 1539 par un discours sur 
t poetique d'Horace. II expliqua done cet ouvrage des la premiere 
ie de son professorat. Voir F. Neve. Mvmnin historique <t littt'- 
? sur /c College des Trois- Langues, p. 150. 
2} Epist. MiscelL, c. HI, 87. 



tgralm- 

quo docet quid observandum sit in condendo poematc, ct unde 
materia petenda, tum quae adhibenda cura et diligentia : 
reprehendens interim vitia et ineptam ostentationem suae 
n-tatis inuUurum, qui iinlli- ingcniis, nullaque arte freti, rem 
paucisconcessani iudigne iractabanL Pumuiii igiturde corpore 
totius poematis prsecipit, et de verbis in universum. Deinde 
subtexitpariiculariu prsecepta.et digerit in varias officii partes. 



Humano capiti. 
, poema quod nc 

corpus. Haec est summa totius huius opusculi. Primum autem 
prsecipere videtur de dispositione et convenientia et axoXou8&f 
poemaiis et carminis. Humuno. A similitudine incipit, qua rem 



(167 ) 

declarat. O amici admissi spectatum, scilicet in theatrum ad 
spectandum, ut spectetis. Est supinum. Teneatis, possitis 
tenere. ColUdis, aliunde sumptis, ut conferre sepem, i. e. 
sumere undique. Desinat in piscem, i. e. in monstrum : hoc 
auteni cum dicit, respicit ad Sirenes. Cervicem, collum. Tem- 
poribus Ciceronis in singulari erat inauditum, dicebantque 
cervices, quia duo semper sunt colla. Hortensius autem primus 
legit cervicem, ut notant Quintilianus et Aulus Gellius. Varias, 
diversi colons avium plumas. Undique, i. e. aliunde ex variis 
animalibus sumptis. 

Pisones. Ad Pisones, patrem et filios, scribit, doclos ea 
aetate homines et poeticae studiosos, ex gente Calphurnia, quae 
fuil nobilissima apud Romanos. 

Credite. Accommodatio similitudinis ad propositum. Tabula;, 
i. e. picturee. Fore librum, i. e. poema. Vance, ineptae. 

Velut wgri. iEgris variae occurrunt species propter valetu- 
dinis perturbationem. Est igitur apta comparatio. Fingentur, 
sc. a poela. Vance, i.e. non cohaerentes, more somniorum eegri, 
quae non cohaerent inter se. Uni formce,\. e. eertse speciei. 

Pictoribus. Occurrit obiectioni et concedit fictis eatenus 
utendum esse in poemate, quatenus congruant inter se et a 
summa totius non abhorreant. Eadem praecipiunt ihetores 
debcri fieri in narratione, ut ostcndit Rodolphus in 2° libro. 
Pictoribus atque, subaudiatur dicat aliquis. 

Scimus etc. Respondet Horatius. Veniam, i. e. licentiam 
fingendi quaevis, modo sint apta. Pelimusque, sub. tanquam 
nos etiam poetae. Damusque, sc. tanquam censores et eritici 
aliorum pocmatum. Sed non, sc. concedimus. 

Xon ut serpentes. Haec allegoricos dicuntur et intelligenda 
de partibus poematis. Tigribus, i. e. animalibus efferalissimis. 



( 1G8) 



FACIENDIS HI ALIQUO OPERE. 

Inceplis gravibus. 
Vetal ab extrancis rebus ornatnm intempestivum petendum 
esse, ne alio evadat oratio quam instituliim sit. I /ice pi l.s, i. e. 
operibus et exordiis operum, qua? pra3 se ferunt magni 
aliquid. Magna professis, i. e. pne sc ten iitilm- «t pollicifati- 
libus. Assuilur, i. e. attcxitur, sc. a vitiosis poelis. Allegoricos 
autera hsee dieuntur. Pannus, est fragmentum. Purpureas 
pannus, i. e. purpura quae multura splendet. Lucus, sylva 
sacra. Pluvuts arms, i. e. Iris, cum describitur per digressio- 
nera, sed parum aptam et intempestivam, et per quam rece- 
dunt plerumque ab instituto, eius obliti instituti. Sed nunc, I 

similem, qui nihil prseter cupressu 
igitur cum aliquando naufragus venisset et petisset ut casum 
suura exprimeret, interrogavit ille, num et de cupresso aiiquid 
addi vellet: quae res postea in ioeura et proverbium abiit, cum 
rem intempestivam et ineptam significare vellet. Scis simit- 
lare, i. e. pingere et nil aliud; id est quaeris locum amosuiorem 
qui nil faciat ad propositum tuum, in quern per digressionena 
eas. Enalat, i. e. evadit, emergit. Exspes, i. e. sine aliqua spe. 
JZredato, i. e. pretio. Amphora cospit. Loquitur dX),T t yopixw<; 
de poeta, ducta similitudine a figulis, qui in rota fingunt vasa 
eurrente. Sensus est : cum a magnis incipias, turpe est te 



Denique sit. Vetat ne diversse misceantur res in poemate, 
sed unius argument! tractatione unum tanquam corpus effi- 
ciatur : nam viliosum erit, si, cum de Oreste fabulam insti- 
tueris, ad Iphigeniara sororem eius dilabaris. Possunt taraen 



(169) 



perspicuo ordine alterum separatira ab altero per vices 
describatur, ut in Andria et Adelphis Terentii, quae sunt 
duplicis argumenti. Denique sit quodvis, sc. poeraa. Simplex, 
i. e. non pannosum et citra ineptas digressiones in locos com- 
munes : nee ita desinas et perficias tuam composiiionem 
liumiliter, cum in propositione magna pollicitus sis. Hactenus 
praeeepit de inconvenientia, iam degenere elocutionis. 



Maxima. 

Genus elocutionis aptum adhibendum est, ut neque brevitas 
obscuritatem pariat, neque effusa explanatio languorem, neque 
tumorem magnitudo, neque fastidium humilitas, neque aff'ec- 
tata varietas absurditatem Cum enim base vitia propinqua sint 
virtutibus, facile in bis aberrant imperiti, et culpam vitantes 
in eandem incidunt. Alloquitur autem Pisones. Specie, i. e. 
imagine, hoc est, fallimur recto iudicio, non possumus rectum 
iudicare in poemate : non possumus iustam formam consti- 
tuere in poemate aliquo, ut simus aut breves, aut prolixi. 

Brevis esse, sc. in explanando poemate. Obscurus fio, i. e. 
multa omitto et non intelligor. Nervi de/iciu?it, i. e. vires et 
animi, spiritus. Alludit ad currentes, qui amittunt spiritum. 
levia, i. e. copiosa, effusa et prolixilatem. Target, i. e. inflatur, 
ut fit in tragcediis. 

Serpit humi. Alludit ad navigantes, qui tempestatem 
inetuentes terram premunt. Tutus, cautus. Timidus proceltce, 
i- e. qui timet ne fiat turgidus. 

Qui variare. Sicut pictura eoloribus, ita poema verborum et 

id affectate et proeler decorum faciamus, alioqui absurdi et 
inepti erimus : nam id est delpliiiiuni sylvis et fluctibus 
aprura appingcre. Variare, rem unam, aliquam, ornare, 



( 170) 

expolire : quod solet fieri apud oratores expolitione. Proili- 
gialiter, i. e. mirabiliter, sc. ut videatur raira illi inesse elo- 
quentia. Appingit, sub. lanquam pictor ineptus. Dicitur 
autem fi&X^yopwws pro eo quod est, facit orationera absurdam 
et prodigiosan!. In vitium, sc. contrarium. 'EwfWV7j{Jiauxw<; 
hoc subiungitur. 

jE milium circa. Non satis est poeraa una atque altera parte 
elaboratum esse per eloculionem elegantem, sed oportet vir- 
tutibus eloculionis totum aequabiliter esse perfectum, quod 
declarat per similitudinera iXkiffopix. nam loquitur de fabro 
terario, intelligens poetain. 

Imus, i. e. in ima parte eius loci babitans circa Lucium 
TEmilium gladialorem (I). Apparet autem in eo loco multos 
habitasse fabros, quia dicit imus. Non est autem propriura 
nomen viri, ut quidam putant. Ungues, statuarum. Capillos, 
comam Imitabitur, i. e. exculpet. Ponere, exprimere et absol- 
vere totum opus. Infelix, sc. hie faber. Sutnma, i. e. perfec- 
tione, i. e. quantum attinet ad summam. Curem, velim. Quid, 
aliquod poema reete componere. Hunc, i. e. talem imperitura. 
Vivere, i. e esse. Pravo, distorto, et quamvis tamen habeam 
pulcliros oculos et crines. Spectandum, laudandum, dignum 
special u, formosum. 



vires tentanda est, sed apte eligenda, ita 
istabunt de quibus dicturus est. Itaque 
i generibus excellere, quia aptam mate- 



r commise lei disparaitr 



( 171 ) 

Et versate diu. Alludit ad baiulos, qui diu tentant num 
humeris onus ferre possint. Versate, i. e. perpendite. Rccusent, 
negent, non possint. Virihus, sc. eruditionis. Res, i. e. mate- 
ria scribenda. Potent er, apte, nee supra vires et quam recte 
traclare possis. Lecta, electa. Facundia, i e. virtus elocutionis. 
Ordo lucidus, i. e. disposilio apta Aptum epithetum, quia 
ordo lucidam reddit orationem. 



Ordinis hcec. 
Commode subnectit ordinem materia?, quia disposilio est 
in rebus. Vide Rodolphum lib. 5°, de dispositione. Venus, 
i.e. gratia. Ant ego fallor, i. e. si recte dico : modeste loquitur. 
Jam nunc, sc. qua? debent dici hoc loco. Pltraque differat, et 
dicat alio loco, quamvis ordo rerum gestarum tameu hoc non 
patiatur. Ut Virgilius incipit a septimo anno, tanquam a media 
re, missis quai illis nliqui-. muit- gesta erant et translatis in 
secundum et tcrtium librum. Hoc amet, sc. in dispositione et 
ordine rerum. 



De verbis singulis prsecipit, qua? vel compositione vel fic- 
tionenovari solcnt : nam in his scite et prudenler agendum est, 
si res vel ulilitas postularit. Componantur verba ut superiec- 
tum, supereminere, subclumare, item expectorure, eliminare, 
purpurare (i), et velivolum mare, et ignivomvs sol, qua? poe- 

(1) II est probable que le professeur avail donne un mot compose 



( 17-2 ) 

notis verbis significandi 
Ficta autem su 



turn ex latin a, >•■ parceque ad latinitatem 

detorta, ut ratiocinatio, veriloquium, bealitas. Item syllo- 
gismus, ens{\) essentia, turn grammatica, rhelorica, tnusica 
etalia multa, quae partirn ex latinis, partim ex grsecis formata 
et deducta temporibus Ciceroni's nova fuerunt. De quibus 
vide Fabium lib. 8, Erasmura de copia (2). Nova bodie sunt ut 
bombarda et campana et alia pleraquc, quae in consuetudine 



Quia locutus est de elocutione, nunc de verbis agit quibus 
constat elocutio. Tenuis, i. e. parcus, sc. si fueris. Notum, sc. 
extra compositionem et novum per compositionem. Junctura, 
i e. corapositio callida, apta et prudenter facta. Indiciis recen- 
tibus, i. e. novis vocabulis. Abdila, i.e. latentes signification'-;- 
Exaudita, sc. vocabula. Cethegis/i.e. veteribusRomanis; postiit 
enim partem pro tolo, sc. familiam Celbegorum pro omnibus 
priscis Romanis. 

Cethegi. Cethegi ex gente Cornelia fuerunt, quos cinctutos 
pro einctos vocat, metri causa, vel expeditos et bellicoso* : 
significans ab habitu militari, vel ad morem et habitum gcnti- 
litium spectans : quo dextro humero exerto Cethegi in bello 
prodibant, subter brachia cincti, Gabino, ut opinor, ritu : nam 
is cinctiis ita erat, ut altera lacinia, i. e. ora vestis, reducta 
super dextrum brachium, per sinistrum humerum in tcrgu" 1 
reiiceretur. De Cethegis apud Silium Italicum (5) est : If** 
humero exertus gentili more parentum, diffkili gaudebat 
equo, et apud Lucanum (4): exertique manu saga Cethegi- 

(1) Voir Acron. 

(2) Fabius Quintiliamis VIII, 3, 30. Erasm. de duplici copia 

(5) Sil. It. VIII, 587. 

(4) Luc. II, 34a. On y lit : exertion? muau* > nana Cethegi. 



(173) 

Dixit auiem cinctutis pro cinclis per speciem pleonasmi ui 
induperator. Undo incincti, i. e. inibelles et mulierosi. Habe- 
bunt {idem, i.e. probabuntur. Ficta, forma ta, ut triclinium 
— a Tpt<r et xXivyi, lectus — et calix. 

Quid autem. Exemplo Plauti et Caeeilii, vult cseteris etiam 
poetis novationem verborum concedendam esse. Plauto, 
Caecilio, i. e. veteribus comicis. Virgilio Varioque, sc. novis 
poetis et proinde Horatio, qui florebat eorum tempore : nam 
postea de se loquitur. Acquirere, i. e. nova facere et fingere. 
Invideor. Passive usurpat secutus naturam verbi : nam invi- 
dere est nimium intueri alienam felicitalem : unde et Actius 
in Melanippa accusative non dativo iunxit : florem quis 
imidit metim. Hunc versum citat Cicero in Tuscul. qucest. 
(Tertio libro) et hanc novationem laudat in poeta, etsi contra 
consuetudinem erat. Mire autem cum de novis verbis praecipit, 
ipse novitatem usurpat. Invideor, i. e. cur mihi invidetur. 
Acquirere, i. e. adiicere pauca nova verba linguae Latinae. 

Cum lingua. Profert exempla quae vim habent a minori. 
Si Ennius, vetus ille scriptor et horridus, potuit fingere nova, 
quidni et ego, qui elegantiori utor stilo et novus sum. Enni, 
pro Ennii. 

Licuit. Claudit sentcntiam ^ictcpwv7ip.ocuxw«. Signatum. 
Metaphoram facit a moneta, quae certa nota signatur, atque 
ita dcmum proba est et in usu habelur. Idem in vocabulis 
faciendum est. IVota, i. e. autoritate alicuius authoris boni, ut 
moneta ab autoritate principis et nola eius v 



Ut silvce foliis. Similitudine monet prisca nomina interire et 
nova succedere. Pronos, i. e. volventes, ut dixit Virgilius (1), 
et transeuntes, per metonymiam, quod quae prona sint facilius 
volvantur. Aetas, i. e. usus. Prima, sc. folia, i.e. vetera quae 
prima fuerunt. 



. :>3l. 



( 174 ) 

Debemur morti. Argumentatur ex maiori : homines ct 
cuncta humana opera interire, qualiacunque sint; ergo et 
vocabula interire. Jam exempla humanorum operum surait : 
Lucrinura lacum, in quem immisso man Augustus portum 
Baianum effecerat; item Pontinam paludem, quam siccaverat, 
ut ager ampliaretur : Tybrim autem crebro inundantem alveo 
purgato et per vicina directo represserat Agrippa. Nostraque, 
i.e. omnia humana opera. Neplunus, i. e. mare |jietwvuuu<«>;. 
Reeeptas, i.e. immissus in Lucrinum lacum. Arcet Aquilonibus, 
i.e. prohibet a ventis, per syuecdocb.cn. Est autem imaXXayn 
pro arcet Aquilones a classibus; nam in tuto sunt naves, cum 
sunt in portu, quem ibi fecerat Augustus et appellabat portum 

Regis opus. Regem Augustum vocal dvxovo [AaaTLXws, pro 
magnified ac potente. Sic alibi in Epistolis : rex eris, etc (1). 
Palus, sc. Pontinain Campania. Apta remis, i.e. naTigaMfo* 
Grave arutnuii, i.e. hiboriosum. Amnis, Tybris. Iniquwn,\.e. 
damnosum propter frequentes inundationes. Cursum, alveum. 
Doctus, i. e. direclus. Est autem audax metaphora, cum dicit 
amnem doctum, quem docuit Agrippa recta fluere nee amplius 
inundari. Monos, usus. Vivax, i.e. durabilis. Sermonum, 
vocabulorum. Cecidere, exoluere et antiquata sunt. Multa 
renusceutur, sub. nova vocabula. 

Si volet usus. Ostendit magnum momentum esse in consue- 
tudine et docet nos debere semper sequi usum et consue- 



Res gestae. 
De genere metri, nam aliae materia; alio genere tractandas 
lint, et hexametro res gestae scribentur, ut apud Homerura 
t Virgilium, elegiaco res tristes et flebiles, ut apud Ovidiura 



(178) 

de Ponto et Tristibus. Solent ctiam lseta et prospcra elegiaco 
versu scribi, ut Amorcs Ovidii, Tibulli, Propertii. Jambicurn 
carmen, quod variurn est, comoediis et tragcediis accommo- 
datum, lyricum deorum et heroum laudibus : item materiis 
iucundioribus, ut, amoribus et conviviis : utile et quondam in 
conviviis adhibebatur. Numero, i.e. versu . 

Versibus impariter, sc. carmine elegiaco. Quaerimonia, i. e. 
calamitates sunt inclusae. Sententia voti compos, i. e. res laetce 
et prospers. Fuerit auctor. Alii tradunt Etheoclem (l)Naxium, 
alii Archilochum, alii Calinorum (2). Exiguos, i. e. hurniles et 
demissos, qui grandibus rebus apti non sunt, sed semper binis 
versibus absolvunt sententiam : quod in ampla materia fieri 
non potest. Dicti autem ab &eew, quod est misereor. 

Archilochus, poeta Lacedaemonius (3), cum in Lycambem 
socerum, qui desponsatam sibi fiiiam Ncobulem dencgaverat, 
stilum stringere vellet, excogitavil iambum pedem, cuius 
acrimonia nimirum ita insectatus est, ut ad laqueum redcgerit. 
Constat Jambus brevi et longa syllaba imiUmsictumpugnantis, 
qui celeriter veniens haeret in corpore. Rabies, i. e. ira. Jambo 
proprio, quem ipse primus invenit, ut ulcisccretur Lycamben, 
a quo fuerat iniuria affectus. Socci, i. e. comoedia, ab habitu, 
quodsoccus esset habitus comicorum. Cothurni, i. e. tragoedia. 
Alternis sermonibus, i. e. dialogis, dramatico genere, ut in 
comcediis Terentii. 

Populares slrepitus, i. e. populi turbam et clamores in 
Iheatro. Natam, i. e. aptum. Rebus agendis, i. e. dramatico 
genere : nam est narrativum, activum et ptio-ov. 



(1) Theoclem. Voir Etymologicum magnum, p. 527. 

(2) Callinoum (dans Terentianus de Mctris, v. 1722). 

(3) Ces deux mots sont ecrits au-dessus de la ligne. L'erreur qu'ils 
contiennent devra probablement etre mise sur le compte de Feleve. 



(176) 

Fidibus, i. o. lyrico versu, quia hoc genus metri ad lyram 
cantabatur, ut sunt Odse Horatii et Pindari earmina apud Grac- 
cos, quse deorum laudes et Olympiacas, i. e. sacrorum certami- 
num victorias (I), ut Castorem Polluceraque et caeteros heroas 
celebrant. Pugilem victorem, sub. Pollucem. Et equum, i. e. 
cquitem Castorem, synecdochicos, genus pro specie. Curas, i. e. 
amores. Divos, i. e. eorum laudes. Referre, i. e. celebrare. 
Vina libera, i. e. liberas comessationes, quia liberius faciunt 
vina homines loqui, ut Anacreon. 

Fac-simile des dernieres lignes de la lettre de B. Lato- 
mus a Ulrich Zasius, publiee par Riegger (voir note 3, 
p. 144). 



plurhmum salvia. Datce Treviri die Innocentnm. 
Tuus ex animo Latomus Trevirensis. 



(177) 



CLASSE DES BEAUX-ARTS. 



Seance du 7 juillet 4887. 

M. C.-A. Fraikin, directem. 

M. Liagre, secretaire perpeluel. 

Sont presents: MM. Robert, vice-direcleur; le chevalier 
Leon de Burbure, Ern. Slingeneyer, Ad. Samuel, Ad. 
Pauli, Jos. Schadde, Joseph Jaquet, J. Demannez, Charles 
Verlat, G. De Groot, Gustave Biol, H. Hymans, Vincolte 
et le chevalier Edm. Marchal, membres; Joseph Slallaerl 
et Max. Rooses, correspondanls. 



( ul;IH SPONDANCE. 



M. le Ministre de lAgricullure, de I'lndustrie el des 
Tiavaux publics fail savoir que, eonformement au desir 
qui lui a ele exprime par la Classe des beaux-arts, ii vient 
de commander a M. Thomas Vim/oiie le buste en marbre 
de feu Louis Alvin. 

La Classe prend, en meme temps, notification d'une 
lettre de remerciemenls de la famille Alvin, pour I'hom- 
mage que I'Academie a rendu a Louis Alvin lors de ses 
lunerailles. 

3" e s£rie, tome xiv. 12 



(478) 

— M. le Minislre de I'Agriculture demande que la 
Classe veuille bien lui faire connaitre son avis sur les 
bustes en marbre de Louis-Prosper Gacbard, aneien 
oiembre de la Classe des lellres, et de Louis Melsens, 
aneien membre de la Classe des sciences. Le premier de 
ces busies a ete execute par M. C.-A. Fraikin, le second 
par M. Cbarles Brunin. — L'avis favorable de la Classe, 
emis seance tenante, sera communique au Gouvernement. 

— Le meme Minislre rappelle que, aux lermes de 
I'arlicle 5 de I'arrele royal du 5 mars 1849, relatif aux 
grands concours de composition musicale, la Classe doil 
designer irois de ses membres pour faire parlie du jury du 
concours, qui s'ouvrira le 20juillet procbain. — Onl ele 
el us : MM. Gevaert, Samuel el Radoux. 



La Classe avail a pourvoir au remplacement de Louis 
Ivin comme delegue aupres de la commission adminis- 
ative pendant I'annee 1887-1888: M. fid. Fetis a ete 



II est (tonne lecture du rapport de M. Ed. Fetis, auquel 
ont souscrit MM. Slingeneyer, Robert et Verlat, sur le 
6 e rapport semestriel de M. fimile Verbrugge, prix de 
Rome pour la peinlure en 1885. 

Ce rapport sera envoye a M. le Minislre de I'Agricul- 
ture, de l'lnduslrie et des Travaux publics. 



( 179 ) 



OUVRAGES PRESENTES. 



De Decker (P.). — L'Eglise ct I'ordrc social chrctien, Lou- 
vain, Paris, 1887; vol. in-8" (404 pages). 

Delbauf (J.). — La matiere brute et ia matiere vivante. 
Paris, 1887; vol. in-12 (184 p.). 

— Note sur Tliypnoscopc et sur les phenomcncs de trans- 
fer! par les aimants. Paris, 1887; extr. in-8° (5 p.). 

Fredericq [Leon). — Travaux du laboratoire de 1'inslilut de 
physiologie a ITnivcrsite de Liege, lome I", 1885-86. Gand, 
1886; vol. in-8«. 

Tibcrghien (G.). — L'agnoslicismc eonlemporain dans scs 
rapports avec la science et avec la religion. Bruxelles, 1887; 
cxtr. m-8'(32p.). 

Waulers (Alph.). — La Belgique ancienne et moderne. Geo- 

Bruxelles, 1887; extr. in-8°. 

Vander Muelen (Ph.) et Metier. — Epistemonomie, ou tables 
generales dedications des eonnaissances humaines. Bruxelles. 
1840; brocb. in-8* (16 p.). 

Beving {Ch.-A.). — La principaute d'Achai'e et de Moree 
(» 204-1 430). Bruxelles, 1879; in-8" (100 p.). 

Lagrange [Ch ). — Sur les causes des variations diurnes du 
ruagnetisme terrestre, ct sur la loi qui regie la position du cou- 
rant pcrturbateur principal. Paris, 1887; extr. in-4°(4 p.). 

— Variations diurnes ct variations annuelles du magne- 
tisme terrestre. Paris, 1887; extr. in-4° (4 p.). 

FrancoUe (P.). — Resume dune conference sur la micro- 
photographic appliquee a lhistologic, l'anatomie comparec et 
lembrvologic. Bruxelles, 1887; extr. in~8° (34 p., pi). 



( 180) 

Francolte (P.). — Notes de technique microscopiquc. 
Bruxcllcs, 1887; extr. in-8* (20 p., I pi.). 

Vander Haeghen (F.). — Bibliotheca Belgica, livraison 73-78. 
Gand, 1887; in-12. 

Becker (Jerome). — La vie en Afrique, on (rois ans dans 
I'Afrique centralc, avec preface du comte Goblet d'Alviella, 
2 me edit., t. I el II. Paris, Bruxelles, 1887; 2 vol. in-8° avec pi. 

Delvavx {£.). — Visile aux gites fossiliferes d'Aelire, et 
exploration des travaux en cours d'exeeution a la collinc dc 
Saint- Pierre a Gand. Bruxelles, 1887; br. in-8" (27 p.). 

Swaen [A.). — Etudes sur le developpemcnt de la torpillc, 
1" partie. Gand, 1886; extr. in-8° (50 p., o pi ). 

Lyon (Clement).— L'inventeur du gaz d'eclairage en France 
article de journal]. 

Inslitut archeologiquc liegoois. — HullHin. t. XX, 1 re livr. 
Liege; in-8°. 

Willems- Funds. — Uitgavc n r lib : Dc hollandscbe schil- 
dcrkunst (Henry Havard). Gand, 1887; in-8°. 

Sociele de medecine d'Anvers. — Livre jubilairedu cinquan- 
i fondation. Anvers, 1887; vo ! . in-8". 



Allemagne et Autriche-Hongrie. 

Kolliker (A . von). — Dcr jetzige Stand der morpliologischcn 
Disciplinen mil Bezug auf allgemeine Fragen, Bedc. Icna, 
1887; in-8" (26 p.). 

llollzcndorff (Franz de). — Principes de la politique. Intro- 



tpar Ernest Lehr. Hambourg, 1887; vol. in-8°. 
v raipottt (Jul.).— Fauna und Flora des Golfes vo 
: Polygordius Berlin, 1887; vol. ii 



( 181 ) 

Physikal.-medic. Gesellschaft zu Wiirzbvrg. — Vcrhand- 
lungen, XX. Band, 1886; in-8". 

Zoolog.-botan. Gesellschaft, Wien. — Vcrhandluiigcn, Band 
XXXVII, 1 un d. In-8'. 

Casopis.... matematiky a fysiky, XVI. Prague, 1886 
in-8°. 

IVelterauische Gesellschaft fur die gesammte iVaturkt 

— Berirht, 1885-87. Hanau, 1887; in-*8°. 
Geoddtisches lnstitut, Berlin. — Aslronomisch-gcodalische 

Arbeitcn, I. Ordnung. — Jahresbcricht, 1886-87; in-4°. 

Gesellschaft fur Natur- und ffeilkunde, Dresden. — 
resbericht, 1886-87. In-8\ 

Naturwissensrhaftlirher Vrrem in Magdeburg. — J; 
bericht, 1886. In-8°. 

Physikalische Gesellschaft, Berlin. — Die Fortschrittc dcr 
Physik im jahre 1881, f.-5. A b the i lung. — Vcrhandluiigcn. 
5. Jahrgang. 

Natur forschende Gesellsrhaft in Danzig.— Schriftcn, nciic 
Tolge, VI. Bd 4. In-8". 

Verein fur vaterldndische Nafurkunde in Wurltcmberg. 

— Jahrcsliefte, 45. Jahrgang. Stuttgart, 1887; in-8". 

Verein fur Erdkunde, Darmstadt. — Notizblalt, IV, 7. 
In-8°. 

Gesellschaft der Wissenschaften, Gotfingen. — Abhandlun- 
sen, Band 35. Nachrichten und Anzeigen fiir 1886; in-8". 

Universitaet Heidelberg. — Die altdeutschen Handschriflcn 
I Karl Bartsch). HeiJelberg, 1887; vol. in-4°. 

Verein fiir Gescln'chte und Allerlhum Schlesiens, Breslau.— 
Codex diplomatics Silcsiac, Bd. XII. — Zcitsehrifl, Bd. XXI; 
ir.-8\ 

Gesellschaft fiir Schleswig-Ifolstein. .. Geschirhte, Kiel. 

— Regestcn und Urkundcn I, 5; II, 2-i. Zeitschrift, XVI. Bd.; 



Amerique. 

Manlerola (Ramon). — Ensayo sobrc una elasificacion dc 
las eiencias. Mexico, 1884; vol. pet. in-8°. 

Lockwood (Samuel). — Raising diatoms in the laboratory. 
New-York, 1880; extr. in-8"(U p.). 

Peabody Institute. — Annual report, 1887; Baltimore; 

Geological and natural history Survey of Minnesota. — 
Report for 1884 and 1885. St-Paul, 1885-86; 2 vol. in-8". 

Xew-York Academy of sciences. — Transactions, 1885-80, 
vol. V, n" 7 and 8. - Annals, vol. HI, n- H and 12. New- 
York; 2 rah. in-8". 

Historical Society of Pennsylvania. —The Pennsylvania 
Magazine, vol. X, n os 1, 3 and 4. 

Blue Hill meteorological Observatory. — Results of obser- 
vations, 1886. Boston, 1887; in-4°. 

Smithsonian Institution, Washington. — Fourth annual 
report of the Bureau of ethnology, 4, 1882-83. — Miscella- 
neous Collections, vol. XXVIII-XXX; in-8". 

Chief signal office. — Annual report, 1885, parts I and i 
Washington ; 2 vol. in-8°. 

— Summary and review of international meteorological 
observations, 1883; 1885 : july-december. In 4". 

— Monthly weather Review, 1886; july-december. In-* - 
Department of the Interior : U. States geological Survey. 

— Mineral resources, 1885. Washington; in-8°. 

Ofirinu meteorologica Argentina — Analcs, tonio V. 
Buenos-Aires, 1887: vol. in-4". 



( 183) 



Faye (Hervc). — Sur les tempetes : theories et discussions 
nouvelles. Paris, 1887; in-8° (75 p.). 

Institut de France : Academie des sciences. — Memoires par 
divers savants, t. XXIX. — Memoires rclatifs au passage de 
Venus sur le solvit, I. Ill, 2 e partie, lexte et alias. 

Academie des inscriptions. — Memoires, t. XXXII, 1" partie 
avec atlas. — Notices el extraits, t. XXVII, l r « partie, 1" fase. 
(avee pi.); XXXI, 2 e partie; XXXII, 4" partie. — Hisloire litte- 
raire de la France, t. XXIX. — Recueil des histonens des 
Ooisadcs : histonens orientaux, t. II, 1" partie; historiens 
occidentaux t. IV et V, I" partie. —Corpus inscriptionum 
Semiticarum, etc., pars prima, t. I, fasc. 3 et 4. — OEuvres de 
Borghesi, t. IX, I" et 2 C parlies. Paris, 4885-87. 

Academie de legislation de Toulouse. —Fete de Cujas : 
seance publique du 27 mars 1887. In-8°. 



(jRANDE-BrETAGNE, IrLAXDE ET COLOWIES BRITANNIQUIS. 

Royal Society of South Australia, Adelaide. — Transactions 
and proceedings, vol. IX, 1885-8G. In-8°. 

Geological Survey of Canada. — Rapport annuel, 188*i, 
v <>', I. Ottawa; 2 vol. in- 8°. 

British Association for the advancement of science. — 
Report for the 55 ,h and 56 th meeting (Aberdeen, 1885, and Bir- 
mingham, 1886). Londres; 2 vol. in-8". 

Badcliff Observatory, Oxford. — Results of observations, 



(184) 



Giovanni (V. di). — Sulla topografia antica di Palermo dal 
secolo XalXY\ Palcrme, 1887; vol. in-8\ 

— Saggi di eritica rclisiosa <• filosofiea. Florence, 1887; 
in-8°(188 p.). 

Luvini(Giov.). — Perturbazioneclettrica foriera del terre- 
moto. Florence, 1887; extr. in-8" (5 p.). 

Scuola nor male superiore di Pisa. — Annali, sc. lis. c 



A riident < a . •>iitiras, Madrid. — El crc- 

ililo agricola. In-8°. 

Sociele helvetique des sciences nalurelles. — Actes et comptes- 
rendus des Iravaux de la ()9 e session, reunie a Geneve en 1880. 
2 br. in-8°. 

Xalurforschende Geselhchaft in Bern. — Mitlbeilungen, 
1880. ln-8». 

Naturforscher-Gesellschaft, Dorput. — SUiong&berichte, 
Band VIII, 1, 1886. — Arcbiv, erste Serie, IX, 4. 

Geselhchaft fur Literatur und Kunst.— Sitzungs-Berichle. 
1886. Mitau, l887;in-8°. 

Xordhavs-Expedition. — XVllI aogl> : The north Ocean 
(II. Mohn). Cbristiania, 1887; 2 vol. in-4°. 

Association geodesique Internationale. — Comptes rendns 
de la 8 e conference reunie a Berlin en 1880. Berlin 1887; vol. 



TABLE DES MATIERES. 

,asse des sciences. — Seance du 2 juillet 
Rapport de MM Le Paige et Mansion sur i 

Photograpbiea lYlml. 1 de 1'elo 
i du sang dans le cercle arteriel de Willis . . 






H t'artivite chimique dans un cris 


a! de spnth •I'lslaihlf, par Walt 




15 


Surunenouvelle 


nterprttaUondeq 


uelques depdts let 


litres; par M 


:fael 


IR 




r ,i hi classification des Tuniciers 


fn I'VlV.aT,',! 






la loi llutorique 


ui regit la romp 


eMtt des 




46 


D&veloppemenls s 


'JZSrs, 


mes bmaires; |.ai 
etude del'eleclrot 


r==? 


w 


80 



j/r/jes sur le spectre du carbone ; par C.h. Fir w/ 



- 

gique de Belgiqu.% .. hiu^.-. - A.v, v i..ti,, M ,lu btj-te en marbre de 
L.-P, (lailianl i -\fi :uti parM. Fraikin. — Hommages d'ouvrages ... 1^ "j 

(ibliographie. — Sulla lopografia antica di Palermo del Secolo x al 

xv*°. — Saggi di critica religiosa e filosofica i V. dt Giuranni); note par 



Principes de la poli '<"'//', traduit de I'altt 
par Ernest Lehr; note par M. Alph. Rivier 



ports. — Rapports de MM. Wagener. W itlems h 
a\ailde M.Franz Cumont intitule: Alexandre d'Abonoi 
'e rhistoire du paganism, an II siede de nut re t -re . 



arbre de L. Alvin commande a M 1 u n. i- 



ACADEMIE ROYALE DE BELGIQUE. 

BULLETIN 

L'AGADEMIE ROYALE DES SCIENCES, 

LETTRES KT DES BEAUX-ARTS DE BELGIQUE. 
56* ami'ee, & Aette, torn* \k 



BRUXELLES, 

F IIAYEZ, IMPRIMEDB DE l'aCADEMIE ROYALE, 



Les quahc planches photographiques du travail de MM. Ed. Van 
ct Nejt seronl >ini.s ; ,u fuocliaiii Bulletin. 



BULLETIN 



I/ACADEMIE ROYALE DES SCIElNCES, 



LKTTRES ET DES BEAUX-ARTS DE BELGIQUE. 

1887. — JN° 8. 



CLASSE DES SCIENCES. 



Seance du 6 aoiit 1887 . 

M. Fr. Crepin, vice-directeur, occupe le fauteuil. 

M. Liagre, secretaire perpetuel. 

Sont presents : MM. J.-S. Stas, P.-J. Van Beneden, le 
baron Edm. de Selys Longchamps, Gluge, J. C. Houzeau, 
G. Dewalque, Ch. Montigny, Ed. Van Beneden, C. Malaise, 
F. Folie, Alph. Briart, F. Plateau, fid. Mailly, Ch. Van 
Bambeke, G. Van der Mensbrugghe, Louis Henry et 
M. Mourlon, membres; Ch. de la Vallee Poussin, associe; 
Paul Mansion, P. De Heen et C. Le Paige, correspon- 



M. J. De Tilly, directeur, devant se rendre a I'elranger 
pour affaire de service, s'esl fait excuser de ne pouvoir 
presider la seance. 

3 me SfcftlE, TOME XIV. 13 



( 186 



CORRESPONDANCE. 



La Classe apprend avec un profond s 
la perle qu'elle a faite en la personne de M. Laurent- 
Guillaume de Koninck, membre de la section des sciences 
mathematiques el physiques, decede a Liege, le 15 juillet 
dernier, dans sa septante-neuvieme annee. 

Elle vote des remerciements a son directeur, qui a bien 
voulu se charger d'etre son organe aux funerailles du 
dei'unt. 

Le discours de M. De Tilly paraitra dans le Bulletin. 

Une letlre de condoleance sera ecrite a la famiile de 
M. de Koninck. 

— M. le Ministre de 1'Agriculture, de 1'Induslrie et des 
Travaux publics communique le rapport qui lui a 6te 
adresse par M. Paul Pelseneer, sur les resultats de sa 
mission a la station zoologique de Naples. — Commis- 
saires : MM. Van Beneden, pere et fils, et Plateau. 

— M. Van der Mensbruggbe presente, pour le prochain 
Annuaire, la notice biographique de M. Francois Duprez, 
ancien membre de la section des sciences physiques et 
mathematiques. — Remerciements. 

— M. Malaise demande le depdt dans les archives de 
1'Academie d'un billet cachete* portant pour suscription : 
Silurien S. M. — Accepte. 



(187) 

— L'Academie des letlres, sciences, ails et agricultu 

de Metz adresse son programme de concours pour l'ann 



— L'Academie de Stanislas, a Nancy, adresse le pro- 
gramme du prix de chimie appliquee, de 500 francs (fon- 
dalion Paul Bonfils),a decerner au mernoire qui lui parai- 
tra le plus recommandable, soit sous le rapport des faits 
nouveaux qu'il contiendra, soit sous le rapport des progres 
qu'il peut elre appele a faire faire a la chimie appliquee. 

Delai pour la remise des travaux : 31 Janvier 1888. 

— La Classe vote des remerciements aux auteurs des 
ouvrages suivants, dont il lui est fait hommage : 

1° a. Determination d'une relation empirique entre le 
coefficient de frottement interieur des liquides el les varia- 
tions que celui-ci eprouve avec la temperature; b. Deter- 
mination, d Vaide d'un appareil nonveau, du coefficient de 
diffusion des sels en solution, etc.; c. Determination des 
variations que le coefficient de frottement interieur des 
liquides eprouve avec la temperature; trois extraits par 
P. De Heen ; 

2° A. De Lasaulx : Precis de petrographie, traduit de 
l'allemand par H. Forir; 

3° La poterie en Belgique a I'dge du Mammouth 
{quatemaire inferieur), premiere partie. La poterie de la 
grotte d'Engis; deuxieme partie. La poterie de la grotte de 
Spy, par Julien Fraipont; ext. in-8°; 

4" a. De la rehabilitation de la saignee, etc.; b. Rapport 
de la commission qui a examine le travail de M. le docleur 
Btfoift, a Chambery, intitule : Les applications des pro- 
priety antiseptiqnes du borax et de Cacide borique, deus 
brochures in-8°, par le D r Borlee; 



( *88 ) 

5° « Les Irons » au mauvais air de Niveze (Spa). Notice 

sur les sources naturelles d'acide carbonique, par le D r Ach. 

Poskin. Bruxelles, 1887; brochure in-8°, presentee par 

Bl. G. Devvalque. 

— La Classe renvoie a I'examen de MM. Houzeau et 
Folie le travail suivant de M. L. de Ball, preparateur des 
cours d'astronomie et de geodesie a 1'Universite de Liege: 
Masse de la planete Saturne deduite des observations des 
satellites Japhet el Titan, faites en 1885 et en 1886 
a Vlnstitut astronomiqne de Liege. 

MM. fid. Van Beneden et Van Bambeke examineronl 
une note, avec planchc, intilulee : Contributions a I' elude 
du developpement de Coeil pineal (Epiphyse) chez les rep- 
tiles, par Francotte. 



RESULTATS DU CONTOURS DE LA CLASSE 
POUR 1887. 



Ln memoire portant pour devise : Numeri regunl 
mundum, a ete re?u en reponse a la question suivante de 
la partie du programme de concours se rapportant aux 
sciences malhematiques et physiques : 

On demande des recherches nouvelles sur Vecoulement 
lineaire des liquides chimiquement definis par des tubes 
capillaires, en vue de determiner si Von pent appliquer 
aux liquides I'hypothese des molecules, telle que Vetude des 
gaz nous Va fait connaitre. 



( i89 ) 

On se placera au point de vue des Irois hypotheses 
principales admises aujourd'hui pour rendre compu- de la 
constitution intime des gaz. 

Commissaires : MM. Spring, Van der Mensbrugghe et 
Stas. 

— Un memoire portant pour devise : Trado quw potui, 
a ete regu en reponse a la question suivante de la parlie 
du programme se rapportanl aux sciences naturelles : 

On demande des recherches sur le developpement 
embryonnaire d'un mammifere appar tenant a un ordre 
dont Cembryogenie n'a pas ou n'a guere ete etudiee 
jusqiiici. 

Ce memoire porle pour titre : Onderzoekingen over de 
ontwikkelings geschiedenis van den Egel (Erinaceus euro- 



Commissaires : MM. Van Bambeke, Ed. 
t Plateau. 



Discours prononce aux funerailles de M. de Koninck, 
par M. De Tilly, directeur de la Classe. 



L'Academie traverse une periode falale. En six mois, 
nous avons perdu autant de confreres que pendant les 
deux annees precedentes reunies. Apres Cornet, Laurent, 
Alvin, Tielemans, De Man, c'est aujourd'hui noire respec- 
table el affeclionne confrere de Koninck a qui nous devons 
dire adieu. En entrant dans cette maison mortuaire, j'ai 
appris la trisle nouvelle du deces d'un septieme membre. 



( 190 ) 

Entre a l'Academie en 1836, a I'age de 27 ans, comme 
correspondanl, apres avoir produit plusieurs iravaux de 
chimie, dont trois avaient ete inseres dans les Bulletins, 
de Koninck Cut elu membre titulaire en 1842. Depuis sa 
participation, toujours active, aux Iravaux de la Classe des 
sciences, dont il fut direcleur en 1862, ses efforts se 
tournerent principalement vers la paleonlologie, science 
qui a pris en Belgique un developpement si considerable. 

II etait aussi membre de l'Academie de medecine, et 
avail oblenu de nombreuses distinctions regnicoles el 
etrangeres; mais je ne dois parler que comme representant 
de l'Academie des sciences. 

Le moment n'est pas venn d'enu merer et d'analyser les 
oeuvres de notre confrere; toutefois, ce ne sera pas dero- 
ger aux usages que de rappeler ici, rapidement, celles qui 
lui valurent le plus de succes. 

La Sociele geologique de Londres, qui lui avait deja 
accorde un prix des 1853, lui decerna en 1875 la medaille 
de Wollaston pour ses travaux sur le terrain carbonifere. 

En 1882, il oblint en Belgique le prix quinquennal des 
sciences naturelles (periode de 1877-1881), pour lequel il 
avait deja ete designe en 1852 et en 1857, mais en partage 
avec d'autres personnes. C'est un fait peut-6tre unique que 
ce prix ait ete obtenu par un membre de la section des 
sciences mathematiques el physiques. De Koninck appar- 
tenait, en effet, a cette derniere section et presida meme 
en 1884 le jury qui decerna le prix des sciences mathe- 
matiques. J'ai deja fait observer que, dans sa jeunesse, il 
s'etait adonne surtout a la chimie et que l'ardeur pour les 
sciences naturelles ne lui vint que plus tard. 

Pour apprecier completement les travaux anxquels le 



(191 ) 

jury de 1882 decerna le prix quinquennal, il faudrait 
lire tout le rapport de ce jury. Je ne puis y emprunter que 
quelques mots. 

<i Nous nous trouvons », dit le rapporteur, « en presence 
des ceuvres sur le choix desquelles le jury a longuement 
hesite dans raccomplissement de son mandat. Dues a 
MM. P.-J. Van Beneden et L.-G. de Koninck, elles resle- 
ront certainement au nombre des travaux les plus conside- 
rables que le pays ait produils. Cest avec admiration que 
nous voyons deux veterans de la science beige, illustres a 
plus d'un tilre, enlreprendre, a un age qui commanie 
d'ordinaire le repos, d'aussi vastes ouvrages, avec une 
energie et un elan qui n'ont d'egale que leur puissante 
experience. » 

Entre ces deux noms illustres, c'est pour de Koninck 
que le jury se prononga k 1'unanimite. 

L'ensemble de ses travaux couronnes peut se resumer 
ainsi : classement des terrains par la paleontologie, etude 
zoologique des faunes primaires, particulierement de la 
faune catbonifere beige, recherches sur les faunes simi- 
lairesdu globe et notamment de 1'Australie. 

Par cette ceuvre considerable, de Koninck affirmait en 
Belgique les principes de I'ecole paleontologique, qui voit 
dans la connaissance des fossiles I'auxiiiaire indispensable 
du stratigraphe, pour le classement et le raccordement des 
couches. 

Mille a douze cents fossiles de diverses localites de la 
Nouvelle-Gallesdu Sud, resultat des explorations pro'ongees 
du reverend Clarke, avaient ete remis aux mains de 
de Koninck pour etre decrits. 

Cette large immixtion dans la paleontologie de I'Austra- 



( 192 ) 
lie obtint une autre recompense, decernee par les savants 
de ce pays meme. En 1886, la Sociele royale de la 
Nouvelle-Galles du Slid decernait la medaille fondee en 
memoire de Clarke, a L.-G. de Koninck, corame temoi- 
gnage d'admiration pour ses nombreux et importants tra- 
vaux paleontologiques, et particulierement en reconnais- 
sance de sa publication relative aux fossiles paleozoiques 
de la Nouvelle-Galles du Sud. 

Le directeur de la Classe des sciences, en portant celte 
distinction a la connaissance de ses confreres, rappelait les 
recompenses de meme nature reeemment obtenues par 
M. Stas a la Societe royale de Londres, et par H. P.-J. Van 
Beneden a l'Academie des sciences de Paris. « La Classe 
peut etre Mere », ajoutail-il, « des houneurs rendus a ses 
trois plus anciens membres, dans les pays etrangers et 
j usque chez nos antipodes ». 

Peut-etre, en m'arretant ainsi aux travaux que j'ai consi- 
dered comme principaux, d'apres les eloges qui leur ont ete 
oflficiellement decernes, n'ai-je pas eu la bonne fortune de 
mettre reellemenl en relief les parties les plus importantes 
de I'oeuvre considerable du regrette defunt. Les ideesque 
les contemporains apprecient et recompensent nesontpas 
toujours celles que sanctionnera l'avenir. Si j'ai peche sous 
ce rapport, il faut l'altribuer, d'abord a la hate extreme 
avec laquelle ces lignes ont du etre ecrites en quelques 
heures,ensuiteet surtoul a mon incompetence personnelle. 
Mais jen'ai pas voulu m'appuyer sur cette derniere consi- 
deration pour decliner le penible devoir que je viens 
remplir. 

Les hommes qui s'adonnent a une science quelconque 
n'ont pas le droit de se dire etrangers aux autres sciences, 



( i95) 

jusqu'au point d'ignorer les noms et les ceuvres principals 
de leurs compatriotes illustres. 

On a pu constater, a diverses reprises, que des savants 
beiges, jouissant a I'etranger d'une celebriteeclatante,sont 
a peine connus dans leur pays, lorsque leur science ne 
fournit point d'arguments a la politique. Sans tomber 
dans I'exageration contraire, qui serait encore plus 
facheuse, ii est de notre devoir de prolester et de reagir 
contre les indifferences injustes. 

Cher et venere confrere, il ne sera point dit que tes 
travaux, admires par le monde entier et recemment accla- 
mes jusqu'aux antipodes, sont oublies dans ton pays, ou 
n'y sont connus que dans les etroites limites de ta speeia- 
lile. C'est au nom de toutes les sections de la Classe que je 
viens rendre hommage a la renommee, et exprimer en 
meme temps les regrets que nous cause a tons la perte 
d'nn confrere si bon, si devoue, si affable, si attentif a 
faire oublier sa superiorite. 

Que ces regrets, el ceux de sa respectable famille, dont 
un membre suit noblement les traces de son pere, soienl 
temperes en ce jour par la conviction que celui qu'eile 
pleure jouit deja de la recompense merilee par une vie 
entierement consacree au culte de la science, de la verite' 
et de la justice. 

Adieu! cher confrere! au nom de 1'Academie, au nom 
de tous ceux qui ont pu apprecier tes brillantes qualites, 
adieu ! 



( 194 



La Classe decide le dep6t aux archives : 

1° D'une lettre de M. le marechal des logis d'artillerie 
en retraite, J. Delaey; 

2° D'une lettre de M. Nic. Daniel, de Mal-Mels, R 2/2 
(Asie-Mineure), se rapportant au mouvement perpetuel. 

Elle ratifie I'avis favorable exprime par MM.Van Beneden, 
pere et fils, et Van Bambeke, sur la demande dun subside 
adressee au Departement de 1'Agriculture par M. Ch. Julin, 
a Feffet de pouvoir participer au congres organise, cette 
annee, a Manchester, par l'Association britannique pour 
Favancement des sciences. 



La Classe vote Timpression au Bulletin des communi- 
cations suivantes : 

1° Des varietes dam Vespece Mustela putokids, par 
Adolphe Drion, fils; examinee par MM. P. Van Beneden 
et de Selys Longchamps; 

2» Note sur quelques especes rares de la faune des ver- 
tebres de la Belgique observees dans le Limbourg beige 
par le D r Bamps; examinee par M. de Selys Longchamps. 



( 495 ) 



Note sur les oscillations d'un pendule produites par le 
deplacement de Vaxe de suspension; par E. Ronkar. 



« M. Ronkar a eu 1'idee du present travail en recher- 
chant quel serait le procede" experimental le plus proprea 
manifester les pelites irregularites que je viens de signaler 
dans le mouvement de I'ecorce solide du globe. 

II s'est demande si un pendule en repos, librement sus- 
pendu, ne pourrait pas prendre un mouvement oscillatoire 
dans le cas ou son point de suspension eprouverait un 
mouvement de meme nature. 

Void quelles sont les conclusions qu'il lire de 1'analyse 
elegante a laquelle il a soumis la question proposee. 

Lorsque 1'axe d'un pendule au repos regoit un certain 
nombre d'impulsions ondulatoires simples horizontales, 
le pendule peut conserver un certain mouvement oscilla- 
toire, ou ne le peut pas, suivant les cas. 

Lorsque la duree d'oscillation du pendule est la meme 
que celle de Taxe, le pendule conserve un mouvement dont 
Tamplitude est proporlionnelle au nombre d'impulsions 
regues par Taxe. 

En dehors de ce cas, le pendule peut ne conserver 
aucune trace d'oscillation, meme si les periodes ci-dessus 
sont dans un rapport tres simple, tandis qu'il peut prendre 
un mouvement sensible dans le cas contraire. Ce mouve- 
ment depend de I'amplilude, du nombre et de la duree des 
impulsions ainsi que de la phase. 



( 196 ) 

Ces r&ultats ne sont pas entierement conformes a I'as- 
sertion de Rossi relativement aux pendules employes 
dans les observations sismiques, quand il dit que des pen- 
dules, qui recoivent quelques impulsions conformes au 
rylhme, sont naturellement fortement agites, et qu'au con- 
traire, avec des impulsions qui se succedent suivant un 
rythme different, ils ne bougeront pas. 

Quand on considere Paction d'une onde simple de 
longue duree, on pent assimiler, pendant son action, le 
mouvement du pendule a un mouvement oscillatoire, de la 
periode propre au pendule, autour d'une certaine position 
moyenne qui est elle-meme assujettie a un mouvement 
pendulaire dont la duree d'oscillalion est ceile de I'onde 
simple considered. 

L'arnplitude de ces deux mouvements est inversement 
proportionnelle a Pintensite de la pesanteur pour lecasde 
longues periodes, et on conclut de la un procede d'experi- 
mentation pour la recherche d'irregularites periodiques 
dans le mouvement de rotation diurne ; ces irregularites, 
tres faibles, peuvent etre rendues plus sensibles en dimi- 
nuant Taction de la pesanteur. 

J'espere que nous arriverons prochainement, M. Ronkar 
et moi, a realiser dans de bonnes conditions cette expe- 
rience, qui serait fondamentale pour 1'astronomie. 

Je propose a la Classe d'ordonner Pimpression du tra- 
vail de M. Ronkar au Bulletin et de voter des remercie- 
ments a Panteur. » — Adopte. 



Sur le sulfure de cadmium colloidal; par M. Eug. Prost. 



« Les solutions des substances cristallines se dififusent 
avec la plus grande facilite. Cette propriete fait a peu pres 
complement defaut aux solutions des substances que 
Graham a designe sous le nom de corps colloides. Dans 
ces derniers temps, I'attention deschimistes a ete portee 
sur ce sujet : aux solutions colloidales des hydrates sili- 
cique, aluminique et ferrique, primilivement decouvertes, 
sont venues se joindre les solutions colloidales dessulfures 
arsenieux, anlimonieux et stannique, et des oxydes anti- 
monieux, manganique et stannique. Dans le travail qu'il 
presente a I'Academie, M. Prost ajoute a cette liste, 
longue deja, le sulfure de cadmium, qui jusqu'ici n'etait 
connu qu'a 1'eiat insoluble. II obtient une solution collo'i- 
dalede ce compose en faisant passer de Pacide sulfhydrique 
au i travers de I'ejju tenant en suspension du sulfure cad- 
mique recemment precipile, et en eliminant ensuite par 
I'action de la chaleur l'acide sulfhydrique dissous dans le 
liquide, devenu limpide et colore en jaune. M. Prost a elu- 
di6 avec soin les proprietes de la solution; il a reconnu 
par I'examen spectroscopique du liquide que le sulfure 
cadmique est reellement a I'etat dissous, et que la solution 
presente les caracteres constates jusqu'ici a tous les corps 
colloidaux dissous, c'est-a-dire, la faculte de se coaguler 
sponlanement par le temps, souvent fort court, et par 
l'addition de substances etrangeres. 



(198) 

Son travail renferme a ce sujet des details ires precis et 
interessants, qui concordent du reste avec les fails observes 
sur les solutions des sulfures collo'idaux d'arsenic et d'an- 

Le travail de M. Prosiest incontestablement bien exe- 
cute. Je 1'engage a completer son etude en recherchant 
si le sulfure cadmique colloidal devenu spontanement 
insoluble, et le sulfure colloidal coagule par 1'addition a sa 
solution de substances etrangeres, et enfin le sulfure cad- 
mique precipite, chauffe^ de maniere a faire cesser son elal 
pulverulent et soumis en presence de l'eau a un courant 
d'acide sulfhydrique, peuvent passer de nouveau a I'etatde 
solution colloidale. 

J'ai l'honneur de proposer a I'Academie d'ordonner 
Timpression du travail de M. Prost dans le Bulletin de Ja 
seance et de voter des remerciements a I'auteur pour sa 
communication. t> 

JV1. Spring, second commissaire, se rallie a la proposition 
de M. Slas, qui est adoptee par la Classe. 



Descriptions de quelques Cucurbitacees 
M. Alfred Cogniaux. 



« La notice que M. Cogniaux a soumise i 
I'Academie comprend les descriptions de quatorze especes 
ei de plusieurs varietes inedites appartenant a la famille 
des Cucurbitacees. 



(199) 

Ces descriptions constituent une addition assez impo 
tante a la monographie generate de cette famille, qi 
l'auteur a publiee dans les Monographiw phanerogamu 
de M. Alphonse de Candolle. 

Nous avons I'honneur de proposer l'impression de 
travail dans le Bulletin et de voter des 
a l'auteur. » — Adopte. 



Sur la representation des involutions unicursales; par 



« Dans dd memoire presente a TAcademie, il y a pres 
de dix ans, j'ai signale le parti que 1'on pourrait lirer des 
espaces a un nombre quelconque de dimensions pour la 
representation des involutions 

C'est cette meme idee qui sert de point de depart au 
travail de M. Fr. Deruyts (*}• 

L'auteur se sert de la definition ordinaire de involu- 
tion l» par I'equation 



2 >,/. = 0, 



[ ) II avait ete devance dans cette voie par un jeune geometre 
lien fort distingue, M.G.Castelnuovo, mais je crois pouvoir ajouter 
e c'est moi qui ai signale a M. Deruyts Texistence de ce travail 
:erieur, alors qu'il m'avait deja communique les principaux resul- 



(200 ) 
f { representant un polynonie du degre" n. A Tune de ces 
formes 

f { = a[ x° t -+- al or-r 1 ii+-+ < +l a*, 
il fait correspondre la forme lineaire 

Maintenant, on peut imaginer un espace a n dimensions, 
dans Iequel l'equation 



representera un espace E„_ t . 
Si Ton suppose en particulier k = r 



¥ l = l F, = 0,... F„ = 0, 

dSterminera un espace E ou point; c'est ce point qui 
representera 1'involution 1^. 

Mais en cherchant a quelle condition doit satisfaire le 
point E pour que 1'involution £_, soit decomposable en 
un element fixe et une involution I^zJ, il trouve que ce 
point doit se trouver sur une courbe d'ordre n, C„qui est 
precisement la courbe normale de l'espace E B . 

C'est l'inverse de la voie que M. Castelnuovo et moi- 
meme avions suivie, et je pense que la melhode de 
M. Deruyts l'emporte en elegance, car elle indique en 
quelque facon I'origine de cette courbe C„. 

Si, au lieu de l'egalite 



( 201 ) 
restreinte 



2u. 



on a une I" el Ton obtient un systeme d'equationslineaires 
en nombre k-hi f donl cbacune definit un espace E H _ { , el 
donl I'ensemble caraclerise un espace E,,.^ que I'auteur 
appelle, avec M. Caslelnuovo, I'espace central de I'in volu- 
tion 1". 

Si maintenanl on considere la courbe normale C„, les 
espaces E„_,qui passent par E„_ A _,rencontrent cette courbe 
et des groupes de n points, dont les paramelres, sur la 
courbe C„, sont lies par I'equation 



A cote de la representation par des formes binaires, 
on rencontre une representation des involutions par des 
formes plurilineaires. 

Cette double representation a I'avantage de faire cor- 
responds, a l'aide des memes formes algebriques, deux 
involutions conjuguees. 

En se servant de cette seconde methode, M. Deruyts 
est amene a regarder I'espace central d'une I? non plus 
comme I'intersection de k -+- 1 espaces E n _ t , mais comme 
la jonclion de n — k espaces E . 

Je ne suivrai pas I'auteur dans tous les developpements 
de ces principes : je signalerai seulement la maniere inge- 

5 me S^RIE, TOME XIV. 14 



I 



(202) 
nieuse dont il elablit I'equation de I'espace E*_, determine 
par k points de la courbe C B . 

M. Deruyts applique ensuite la methode de represen- 
tation a quelques-unes des questions les plus interessantes 
de la theorie des involutions : determination des elements 
neutres, qui lui servent a etablir, comme corollaire, une 
forme canonique elegante; et determination des groupes 
singuliers composes d'elements multiples. 

Nous nedoutons pas que le jeune auteur ne communique 
bientot a la Classe d'autres consequences des principes 
qu'il etablit dans le present travail : ces principes sont, en 
effet, d'une grande fecondite el permettent de presenter, 
d'une maniere qui fait image, des resultats souvent fort 
compliques. 

Nous esperons que la Classe voudra bien accueillir favo- 
rablement la proposition que nous faisons d'imprimer la 
notice de M. Deruyts dans le Bulletin de la seance. » 
— Adopte. 



COMMUNICATIONS ET LECTURES. 



M. Folie presente la troisieme et derniere partiede sa 
Theorie des mouoements diurne, annuel et secnlaire de 



La Classe decide 1'impression de cette nouvelle commu- 
nication dans le Recueil des Memoires in-4°. 



( 203 ) 
M. Folie a lu la note suivante au sujet de son travail 
precite : 

Le livre III traitedes variations seculaires. 

J'y ai ajoute en appendice les formules qui expriment 
I'ensemble des variations en obliquite et en longitude, telles 
qu'elles resultent de ma theorie et de I'adoption des eon- 
stantes de Struve et Peters pour la precession et la nuta- 
tion, de Leverrier et Oppolzer pour la variation seculaire 
de l'ecliptique. 

On verra que mes formules relatives a I'obliquite con- 
cordent mieux qu'aueune des precedentes avec les obser- 
tions. II se manifeste encore, toutefois, lorsqu'on les 
applique aux observations les plus anciennes, des ecarts 
qui restent a expliquer. lis proviennent peut-etre de ce 
que I'obliquite a ete considered comme conslante dans 
Integration. 

Dans une Addition au Livre I, j'ai fait voir que I'exis- 
lence de la nutation diurne a pour consequence indiscii- 
table une irregularite dans le mouvement de rotation de 
I'ecorce solide du globe. Cette irregularite, qui consisle en 
un balancement semi-diurne de la croute aulour de son 
axe de rotation, est une veritable nutation; et comme elle 
n'aflecteque l'lieure,on pourrait I'appeler nutation horaire. 
Son maximum peut s'elever a S ,06, et se produit au bout 
de 6 heures, c'est-a-dire qu'une pendule dont la marcbe 
serait parfaite accuserait, comparativement au mouvement 
diurne du ciel, une avance ou un retard de S ,06 apres 
6 heures. Cette quantite n'est plus negligeable aujourd'hui 
en astronomie. Dans les memes conditions, le deplacement 
lineaire d'un point de la croute terrestre serait, sous la 



( 204 ) 
latitude fie 45", de 20 metres environ plus grand ou plus 
petit que le chemin qu'il parcourrait dans le cas d'un 
mouvement de rotation uniforme de la croule. Ce deplace- 
menl est peut-etiv ;is><y. scumble pour pouvoir etre accuse 
par un flotteur qu'on maintiendrait bien immobile pen- 
dant quelques hemes dans un liquide en repos, et qu'on 
abandonnerail ensuile a son inertie. Si, comme j'ai lieu de 
le penser, la resi- iiice du liquide n'est pas suffisante pour 
vaincre cette inet lie, on verra le flotteur se deplacer vers 
I'E. ou vers l'W., selon que le mouvement de I'ecorce ter- 
restre sera accelere ou relarde. 

J'ai installe a Cointe un appareil destine a des observa- 
tions de Pespece; la condition essentielle d'un semblable 
appareil est une grande stabilite que je ne saurais obte- 
nir a Bruxelles. D'autres experiences ires interessantes 
peuvenl etre faites dans le meme ordre de recherches. A 
ce dernier egalement se rapporte la note que M. Ronkar a 
communiquee par mon intermediaire a I'Academie dans sa 
derniere seance, et dont il a eu I'idee en recherchant le 
moyen le plus propre a mettre en evidence rirr^olaril^, 
theoriquement demontree, du mouvement de rotation de 
I'ecorce terrestre. 

J'ai cru utile de signaler aux physiciens une experience 
du plus grand interet, qui n'est nullemenl dispendieuse, 
mais qui exige une installation d'une stabilite absolue, 
dans un milieu de temperature bien uniforme. 



( 203 ) 



Petite experience relative a ^influence de I'huile sur tute 
masse liquide en mouvement; par G. Van tier Mens- 
brugghe, membre de I'Academie. 

Recemment,M. le vice-amiral Cloue a rappele I'attention 
du monde savant et du public, snr I'efficacite d'une tres 
mince couche d'huile pour calmer les vagues de la mer (1 ); 
le travail du savant francais fait ressortir pleinement, par 
les conclusions de plus de deux cents rapports, donl cent 
et quaire-vingts fails a bord de navires de long cours, luti- 
lite de I'emploi de I'liuile debitee par tres minces filets ou 
meme par gouttes, non seulement pour calmer les vagues 
en pleine mer, mais encore pour rendre accessibles Jes 
vaisseaux en detresse ou les cotes rendues inabonlables 
par les brisanls, et pour combattre les effels desastreux 
des marees. On se rappelle qu'en 1882, j'ai propose une 
theorie rationneJIe de cette efficacile si mysterieuse, theorie 
fondee sur les variations d'energie potenlielle des surfaces 
liquides : je faisais alors, comme l'a fait maintenant M. le 
vice-amiral Cloue, le voeu consistant a voir obliger tout 
capitaine de navire d'etre muni non seulement d'une 
boussole destinee a guider sa route a travers l'ocean, mais 
encore d'une provision de petrole ou d'huile de baleine, 
donl I'emploi jndicieux protegerait contre les lempetes ses 
passagers, son equipage et sa cargaison. 
C'esl avec la plus grande satisfaction que j'ai appris les 

(I) Sur le filage de I'liuile, Paris, librairie L. Baudoiu, 1887. 
de PAcad. roy. de BeJg., 1882, o» e serie, t IV, p. 176.) 



(206) 

efforts tentes dans ce but aux fitals-Unis, en Angleterre et 
lout recemmenl en France. 

A ce propos, qu'il me soit permis de decrire une petite 
experience de cours, qui me parail bien propre a rendre 
manifeste ('influence d'une quantite minime d'buile sur le 
mouvemenl d'une masse d'eau animee d'une grande force 
vive. 

I. — On fixe sur un support un entonnoir parfailement 
debarrasse de toute trace graisseuse, et ayant, par exemple, 
2o centimetres delargeurau bord stiperieur, 12 millimetres 
de largeur a I'orifice et une hauteur totale de 32 centi- 
metres; apres qu'on a ferme I'orilice au moyen d'un bou- 
chon, et rendu vertical I'axe de I'entonnoir, on remplit 
l'appareil d'eau distillee, puis, a I'aide d'une lame de bois 
ou de verre bien nettoyee (1), on imprime au liquide un 
mouvement de rotation aulour d'un axe aussi rapproche 
que possible de la verticals On debouche ensuite I'orifice, 
et Ton constate les effets suivatits, dont plusieurs ont ete 
signales depuis des annees, mais interpreted d'une facon 
differente. 

\° Le liquide se creuse graduellement vers le milieu de 
la surface libre; cela doit etre, car, a cause de la force 
centrifuge, l'eau qui s'ccoule par I'orifice est surtout four- 
nie par les portions voisines de l'axe, ou cette force est le 
moins sensible. 

Les portions superficielles descendent-elles aussi facile- 
mentqueles particules inferieures? Nullement; en effet, 



(207) 

au fur et a mesure que le creux se prononce davanlage, la 

surface libre doit augmenter : or, dans les portions supe- 

rieuresm,w»' (fig. ci-contre), 

x v^j ,"& le liquide tend a obeira la for- 

^ y / ce centrifuge, tandis que le 

V / somraet concave o du creux 

\ / a une grande tendance a des- 

\ / cendre ; par consequent, il 

\ ( doit se produire constam- 

ment des surfaces fraiches 

dans les parties intermediai- 

res p, p' ; mais, d'apres un principe que j'ai avance depuis 

longtemps, un pareil accroissement de surface doit donner 

lieu a une resistance d'autant plus grande que Tenergie 

polentielle de la couche superhcielle du liquide employe 

est plus forte. 

2° Lorsque 1'ecoulement se prolonge encore, la portion 
cenlrale descend de plus en plus, jusqu'a former une 
figure creuse dont la longueur depasse notablement le 
diametre; mais alors cette figure liquide est instable, et, 
d'apres un principe demontre par Joseph Plateau, elle doit 
se transformer en bulles separ£es les unes des autres : 
c'est precisement ce que I'experience conlirme parfois, du 
moins dans les premiers moments, car bientot la force 
centrifuge rend cette transformation impossible. 

5° L'ecoulement continuant loujours, la force centrifuge 
imprime a une meme masse liquide voisine du bord de 
1'entonnoir une vitesse angulaire croissanle : en effet, si 
Ton applique le principe des aires a I'unite de masse en 
mouvement, arrivee successivement a deux distances r 
etr' de Taxe, les deux vitesses angulaires correspondanles 
a et a' seront liees entre elles par la relation at* = a'r" 2 ; 
done ^-=^, e'est-a-dire que la vitesse angulaire irait en 



( 208 ) 
croissant en raison inverse du carre de la distance a l'axe. 
Bien que cette solution ne soil qu'approchee, il est certain 
que la vitesse croit rapidement quand r diminue : voila 
pourquoi le lube central d'air pent s'allonger jusqu'a 
depasser l'orifice, sans donner lieu a la transformation en 
bulles isolees : loutefois, on voit, le long de la figure tubu- 
laire, une suite de renflements et d'etranglements qui 
rendent manifeste la tendance a la transformation. 

4° Pour savoir quelle forme la masse liquide doit 
affecteraussilot apres sa sortie de l'orifice, il fautremarquer 
que la force centrifuge animant le liquide ne se trouvera 
plus genee alors par la paroi solide de I'entonnoir, et agira 
immediatement pour elargirla masse tubulaire; c'est effec- 
tivement ce qui a lieu ; mais, en raison de eel elargissement, 
il se produil, d'une part, une augmentation de distance a 
l'axe pour chaque parlicule, ce qui entraine une diminu- 
lion rapide de vitesse angulaire; et d'autre part un amin- 
cissement de la lame liquide, d'ou resulte une perte 
notable de force vive; c'est pourquoi la pesanteur agitplus 
librement, et la largeur de la masse tubulaire atteint bien- 
tot son maximum; si, a partir de ce moment, le regime 
etail etabli, e'est-a-dire si le mouvement pouvait continuer 
dans les memes conditions, les pressions normales exercees 
sur les deux faces de la lame auraient pour effet de rappro- 
cher de nouveau celle-ci de la verticale : ce qui amenerait 
a la fois une augmentation de la vitesse angulaire et uu 
accroissement de force vive; pour ce motif, la lame ne 
pourrait atteindre l'axe; elle s'en rapprocherait jusqu'a 
une distance minimum a partir de laquelle la figure s'elargi- 
rait encore une fois, et ainsi de suite. En realite, les con- 
ditions du mouvement soul lellement variables, qu'on ne 
constate generalement qu'un renflement et un etrangle- 
ment, apres quoi la lame s'eparpille en gouttelettes. 



( 209 ) 

II. — Tous ces phenomenes sont prolondement modifies, 
lorsque, avant I'ecoulement, on a soin de verser a la sur- 
face de I'eau distill.'v uric ties mince couche d'essence de 
terebenthine,ayanl,par exemple,0,2 mm a0,3 mm d'epaisseur; 
puis on met le liquide en rotation en faisant effectuer a la 
lame de bois le meme nombre de tours pendant le meme 
temps que dans I'experience precedente, et Ton debouche 
1'orifice de I'entonnoir : on voil alors le liquide se creuser 
plus rapidement et la figure lubulaire se former plus 
promplemenl que dans le premier cas; ce qui s'explique 
par la diminution de la tension de la couche superficielle 
du liquide (la tension 7,5 milligrammes de I'eau distillee 
est remplacee ici par la force contractile 4,2 milligrammes 
environ de la couche comprenanl la surface libre de 
1'essence de terebenlhine et la surface commune a ce 
liquide et a I'eau distillee). 

En second lieu, la figure tubulaire a un plus faible dia- 
melre etoflre des renflements et des etranglemenls moins 
marques a I'interieur de la masse liquide : ce resultal est 
dua ce que les pressions normales dues a la tension sont 
devenues plus faibles que dans le cas de I'eau distillee, el 
offrent ainsi des differences de valeur moins sensibles aux 
divers points de la ligne raeridienne de la figure. 

En troisieme lieu, la figure se renfle da vantage apres la 
sortie de I'oritice, ce qu'il fallait prevoir, attendu que 
I'accroissement de surface libre du a Taction de la force 
centrifuge se trouve maintenant contrarie par une resis- 
tance notablemenl moindre, puisque I'energie potentielle 
7,5 de I'ea'u distillee est remplacee par la valeur 4,2 envi- 
ron : le renflemeut qui, dans le premier cas, avait 5 a 
6 centimetres de largeur, peut en avoir actuellement 7 
a 8 el meme davantage, si Ton a reussi a faire lourner la 



(210) 
masse liquide antour d'un axe dirige a fort peu pres sui- 
vant la \erlicale. Comme on le comprend aisement, le 
renflement alteint les dimensions les plus fortes, lorsque, 
avant de verser l'eau dislillee dans I'entonnoir, on mouille 
parfaitement d'essence de terebenlhine toute la paroi inte- 
rieure de I'entonnoir et celle du bee; on fermealors l'ori- 
fice, on remplit a peu pres I'entonnoir d'ean distillee et Ton 

I'ecoulement du liquide tournant donnera necessairement 
lieu a une figure liquide creuse, dont la surface exterieure, 
aussi bien que 1'inlerieure, aura partout une tension 
moindre que celle de l'eau. C'est en operant ainsi que j'ai 
oblenu une figure liquide creuse qui allait en s'elargissant 
a partir de Torifice et, apres avoir alteint une largeur 
maxima d'environ 8 cenlimeres,se prolongeail suivant une 
lamecylindrique ayant presde 20 centimetres de longueur. 
pour se resoudre ensuite en une infinite de gouttelettes. 

Ainsi se trouve demontree, d'une faeon bien simple, 
l'influence exercee par une mince couche d'huile sur une 
masse d'eau relativement grande, animee d'une notable 
quantite de mouvement. 

III. — Dans les experiences precedentes, on imprime 
un mouvement de rotation a la masse liquide, apres avoir 
fixe I'entonnoir a un support convenable; mais les resul- 
tals seraient du meme genre, si, sans faire tourner le 
liquide, on imprimait aucontraire un mouvement de rota- 
tion a i'entonnoir. Une verification curieuse de cetle propo- 
sition se realise dans I'experience classique du tourniquet 
hydraulique, quoique le vase superieur oil Ton verse le 
liquide n'ait pas la forme d'un entonnoir. Apres que, par 
le jeu des pressions laterales, I'appareil a ete mis en rota- 
tion, on voit aussi se ereuser ^raduellement la masse 



(Ml ) 
liquide vers l'axe du systeme, et finir par atleindre le tube 
vertical de verre fixe au-dessous du vase; bienldt apres, le 
tube cesse d'etre rempli entierement de Jiquide, et, a partir 
de ce moment, l'appareil tournedemoinsen moins vite,bien 
qu'il y ait encore du liquide dans le vase superieur. On 
concoit que ceteffet serait obtenu beaucoup plus rapide- 
ment si le vase du tourniquet hydraulique avait la forme 
d'un entonnoir suffisamment evase. 

JV. — II n'est pas meme necessaire d'imprimer un 
mouvement de rotation a I'eau contenue dans un entonnoir 
suffisamment grand et convenablement fixe, pour voir se 
produire des phenomenes analogues a ceux que j'ai decrits 
plus haut; mais alors il sont beaucoup plus lents a se 
manifester et,de plus, beaucoup moins prononces. C'est ce 
que bien des personnes ont pu conslater en transvasant 
de grandes quanlites de liquide a l'aide d'u 



Sitr les elements neutres des involutions; par C. Le Paige, 
correspondant de PAcademie. 

Lesgeometres qui ont traite des involutions superieures 
se sont occupes des elements singuliers appeles neutres, 
mais ils se sont bornes, au moins autant que nous sachions, 
aux groupes neutres de premiere espece, c'esl-a-dire que 
dans une l£ ils ont considere seulement les groupes de k 
points tels qu'il leur corresponde oo' groupes de (n — k) 
points, au lieu de determiner un groupe unique. 

Les proprietes de ces groupes se resument dans les trois 
propositions suivantes, demontrees, par exemple, dans la 
Note de M. Deruyts : 



( 319 ) 

I. Les groupes de (n — 1) points neutres d'une I£_, for- 
ment line I^J. 

II. Une involution l£ possede (n ~ d [^ n ~ 2) - couples neutres. 

III. k — 2 elements arbitraires cTune K entrenl 
d am (n— ih-iHp— H i groupes de k elements neutres. 

Nous avons deja signale, dans un travail anterieur (*), 
la possibility d'une indeterminalion plus generale. 
Considerons, par exemple, une I"_ 4 . 
Elle sera definie par une equation telle que 



Cette equation peut s'ecrire 

x v a, a y a z a u ... a t -+- x z . a 2 a y a z a u ... a, = 0. 
L'eleraent X sera indetermine si nous avons simult 



Chacune de ces equations definissant une l^X l'ensemble 
caracterise une I"^. C'est le theoreme I rappele plus haut. 
La meme equation pourra aussi s'ecrire : 

*#i.a«<M»„ ... o t +{x t tjr*'X%yi)a ta flji m ... «,+a^«.o«a/». ... a,«0. 

Les elements X et Y seront in determines si Ton a simul- 



(213) 

Par suite, dans une !„_„ les groupes doublement neutres 
constituent nne l£j. 

En general, les groupes qui laissent k elements indeter- 
mines forwent une Elk-i- 

Ces proprietes permettent d'etudier, dans un espace 
quelconque, des courbes rationnelles differenles de la 
courbe normale. 

Ainsi supposons qu'il s'agisse de notre espace E 3 . 

L'involution \\ permet, comrae on sait, d'etablir toute la 
theorie des cubiques gauches. 

Considerons, dans ce m£me espace, une courbe ration- 
nelle C 4 . 

Tous les plans de 1'espaoe marquent sur C 4 une I3. Les 
elements neutres determinent sur cetle courbe une \\, lis 
sont evidemment formes de groupes de trois points en 
ligne droite. II existe done une infinite de trisecantes de C 4 . 

Si, d'un autre cole, nous considerons une droite quel- 
conque / de I'espace, les plans du faisceau / marquent sur 
C 4 une If. If et 1^ ont, d'apres un theoreme connu, six 
couples communs. Or, chaque trisecanle de C 4 donne trois 
couples communs II en resulte que / est rencontree par 
deux trisecantes d(! C 4 : le lieu de ces trisecantes est done 
un des syslemes de generatrices d'une surface du second 
ordre. 

Si, au contraire, nous prenons un point G, les plans de 
cette gerbe marquent sur C 4 une I*. 

Les deux involutions I,, I* ont trois ternes communs. 

Done par un point G, on peut mener trois trisecantes 
de la courbe C 4 . 

De meme, si nous considerons, dans I'espace E 4 , une 
courbe rationnelle C s , les E 3 de E 4 marquent sur C 5 une I*. 

Les groupes de quatre points neutres form en t une I*. 



( 2H ) 

Si nous consideronssuccessivement les espaces E 3 pas- 
sant par un E , un E it ou un E 2 , nous obtenons des 
involutions I*, 15, I?. 

Ces involutions ont en commun avec I* respectivement 

i° quaterne. 

2° trois ternes. 

3° douze couples. 

II n'est pas difficile d'inlerpreter geometriquement ces 
resultats. Prenons encore une 1^_ 2 ; on peut la regarder 
comme definie par les deux equations 



b x b s b x b a ... b, = 0. 
Par suite, pour qu'un element X soit indetermine, 



Les groupes de n — 1 elements neutres forment ainsi 
une IJiJ. 

En general les groupes de n — k points laissanl k points 
indetermines forment une I^_ s . 

Ainsi, si nous considerons une I*, il existe une I*, c'est- 
a-dire un groupe de six points tels que les deux autres 
points sonl indetermines. 

Nous ne pousserons pas plus loin celte etude, que nous 
esperons completer par 1'expose des consequences geome- 



: 215 ) 



Nouvelles recherches sur la fecondation et la division 
mitosique chez I'Ascaride megalocephale. — Commu- 
nication preliminaire; par Edouard Van Beneden et 
Adolphe Neyt. 



INTRODUCTION. 

Quand, apres deux annees de recherches consacrees en 
grande partie a 1'etude des phenomenes de la fecondation 
et de la division cellulaire chez I'Ascaride megalocephale, 
je me suis decide a livrer a la publicile les resultats de ces 
etudes, je ne me suis fait illusion ni sur le nombre ni sur 
importance des lacunes de mon travail. Les ceufs qui m'ont 
servi a rechercher la genese des pronucleus el la division 
des premiers blastomeres avaient ete fixes par Falcool el 
colores au carrnin boracique. Je me suis rendu compte de 
la necessite de controler les resultats obtenus au moyen de 
l'alcool par Temploi d'autres reactifs. II importaitde trouver 
une methode qui permit de durcir rapideraent le corps 
ovulaire, d'arreter le developpement a volonte et d'obtenir, 
sur un meme porte-objel, un grand nombre d'oeufs mon- 
tram tous un seul et meme stade evolutif. La presence, 
autour du corps ovulaire, de couches perivitellines epaisses, 
qui opposent une resistance vraiment prodigieuse a la 
penetration de la plupart des liquides, tels que Pacide 
chromique, les bichromates, Tacide picrosulfurique, I'acide 
osmique, le sublime, constilue une source de difficultes 



don I il n'a pas ete facile de triompher. Ce n'esl qu'apres 
de nomhreuses tenlativeset des essais infructueux quej'ai 
reussi a irouver une methode qui perrael de fixer en 
quelques minutes, de colorer sur porte-objets et de mon- 
ler en preparations permanenles, sans qu'aucune defor- 
mation se produise, les stades relalifs a la fecondation 
proprement dite et a la division des premiers blasto- 
meres. II y a maintenant plus de deux ans que ce resultat 
a ete oblenu, et je n'ai guere discontinue, depuis celte 
epoque, a poursuivre IViude des preparations executees 
suivant ce procede, que je ferai connaitre plus loin. J'ai 
demonlre a Berlin, au dernier Congres des naturalisles, en 
seplembre 1886, dans le laboratoire parliculier de Prings- 
heim et a I'Instilut zoologique dirige par F. E. Schulze, 
quelques-unes de ces preparations, et je me suis fait un 
devoir de faire connaitre aux naturalistes presents a ces 
seances la methode employee pour fixer, colorer et monler 
les ceufs en preparations permanentes. Vers la tin de 
septembre de la meme annee, M. le D r 0. Zacharias de 
Hirchberg m'ecrivit pour me demander de vouloir bien 
lui communiquer quelques-unes de mes preparations. Je 
n'hesitai pas a lui envoyer les memes preparations que 
j'avais demontrees a Berlin, et qui y furent examinees par 
un grand nombre de naturalistes, parmi lesriuels je citerai 
Pringsheim, Strasburger, R. Hertwig, F. E.SchuIze, Hensen, 
Selenka, Reinke el Pfeflfer. 

Depuis un an environ, M. Ad. Neyt, dont le nom est 
lie a I'histoire des applications de la photographie a la 
microscopic et a I'astronomie, a bien voulu s'associer a 
moi pour I'elude des diverses questions qui se rattachent 
a la fecondation et a la division cellulaire chez l'Ascaride 
megalocephale. II s'est consacre en outre a reproduce 



(117) 

par la photographie tons les details relatifs a la penetra- 
tion du zoosperme, a la formation des globules polaires, 
a la genese des pronucleus et a la karyokinese. II a si 
completement reussi a photographier, non seulement les 
elements chromatiques des pronucleus et des noyaux, a 
tous les slades de la division, mais meme les figures achro- 
matiques, les spheres altraclives avec leurs corpuscules 
polaires, les fuseaux nucleaireset les radiations protoplas- 
miques des asters, que nous serons en mesure de publier 
abref delai, avec planches photographiques a I'appui, les 
resultats de nos eludes communes. Le nombre des cliches 
actuellement executes est de 1200 environ. Chaque cliche 
represente un ceuf unique grossi de 750 a 780 fois ( ! /., 6 e 
de pouce Tmrn. Eau Powell el Lealand) et mesurant en 
photographie un diametre moyen de 5 a 6 centimetres. 

Les recherches nouvelles que nous avons faites contir- 
ment pleinemenl, sauf sur quelques points de detail, qui 
seront releves ci-dessous, les resultats que j'ai fait 
connaitre precedemment. Nous avons reussi en outre a 
combler plusieurs lacunes, a trancher differenls points 
restes douteux et a decouvrir, notamment en ce qui con- 
cerne la karyokinese, des fails nouveaux auxquels nous 
croyons devoir altacher une grande importance et une 
haute signification. 

Quoique pen partisan, en general, des communications 
preliminaires, j'ai propose a M. Neyt de publier des a pre- 
sent, sous une forme sommaire, les faits nouveaux que nous 
avons constates et de faire connaitre la methode qui permet 
de les conlrdler. J'ai deja expose, dans une conference que 
J ai faite aux membres de la Societe royale de microscopic 
de Bruxelles, au mois de fevrier dernier, quelques-uns de 
ces resullats, notamment la division des spheres allrac- 

S 106 S^KIE, TOME XIV. J5 



(218) 



lives, precedee par celle des corpuscules polaires. Nous 
joindrons a cette note quatre planches pholographiques 
deslinees a monlrer qu'il est possible de rendre par la 
photographie bien des details relatifs aux plus delicales 
particulates de structure des elements anatomiques. 
Edouard Van Beneden. 



Methode de 



preparation. 



Les ceufs du vagin el des portions avoisinantes des 
uterus sont pourvus de deux elements nucleaires, qui 
apparaissent, dans les ceufs vivants, sous la forme de deux 
laches claires dans le fond granuleux du vitellus. 

Si, apres avoir fixe un Ascaris vivant dans un baquet au 
moyen de deux epingles placees Tune pres de l'extremite 
anterieure, I'autre pres de l'exlremite poslerieure du corps, 
on incise la paroi musculo-cutanee, ce qui peul se faire en 
un instant el d'un seul coup de ciseaux, les deux uterus 
etant mis a nu, on peut en quelques minutes avoir depose 
snr une serie de porle-objets de petits amas d'ceufs retires 
de I'appareil sexuel en des points de plus en plus eloignes 
du vagin, el distants les uns des autres d'un quart de cen- 
timetre environ. Ces ceufs sont traites sur porte-objet, 
soil par de I'acide acetique glacial, soil par un melange a 
parties egales d'acide acetique cristallisable et d'alcool 
absolu. En suivant au microscope Taction du reactif, on 
constate qu'au boutde cinq minutes quelques ceufs se font 
remarquer par leur transparence : de granuleux eta peine 
translucide qu'il etait, le vitellus est devenu transparent. 
Ce changement d'aspect du viiellus se fait brusquement 
et pourainsi dire instantanement. Au fur eta mesureque 



( 219 ) 

le reactif agit plus longtemps, un plus grand nombre 
(Poeufs subissent celte transformation; au bout de vingt 
minutes on ne trouve plus guere d'oeufs restes granuleux; 
lous oot ete frappes de mort: I'acide a passe a travers les 
enveloppes perivitellines, est airive au contact du proto- 
plasme et a determine les modifications que nous venons 
de signaler. Au moment choisi, soit quand quelques ceufs 
seulement ont ete tues, soit apres que tous ont ete fixes, 
on remplace I'acide par de la glycerine au tiers addition nee 
d'une solution aqueuse de vert de malachite, de vesuvine, 
ou, ce qui vaut mieux , des deux matieres colorantes a la 
l'ois. II est a peu p:es indifferent que la glycerine soit plus 
ou moins chargee de matiere colorante. Moins d'une heure 
apres, les elements nucleaires apparaissenl distinclement, 
plus ou moins energiquement colores, dans le fond clair 
et uniforme du vitellus. La coloration s'accentue avec le 
temps; on peut sans inconvenient laisser les ceufs pendant 
plusieurs jours, voire meme pendant des semaines ou des 
mois dans la glycerine coloree. S'il s'esl produit un exces 
de coloration, on decolorera soit par I'eau pure, soil par 
I'eau acidulee d'acide acelique, soil par la glycerine au tiers 
on meme plus fortement etendue d'eau el Ires legerement 
acidulee d'acide acetique. 

Un poinl interessant a noter c'est que, si Ton substilue la 
glycerine a I'acide acelique pur ou au melange a parties 
egales d'acide el d'alcool, au bout de cinq a dix minutes, 
alors qu'un nombre plus ou moins considerable d'ceufs 
n ont pas encore ete lues, ces ceufs, quoique places dans la 
glycerine coloree, voire m6me dans des preparations for- 
»iees a la paraflBne, se developpent, se segmentenl regu- 
I't'rement, donnenl parfois meme naissance, apres des 
semaines ou des mois, a des embryons normaux, absoiu- 
njtnl comme si rien ne s'elail produit. 



( "220 ) 
Aii moment ou Ton verse sur les ceufs l'acide pur ou 
melange a I'alcool, l'amas se gonfle considerablement. 
Ce phenomene depend exclusivement du gonflement de 
la couche de substance qui, dans I'ulerus, se depose a 
l'exterieur de chacun des ceufs et qui, sur le frai, se 
montre compose ■ de batonriels juxtaposes les uns aux 
autres. L'ceuf lui-meme conserve exactement son volume 
primitif. La subs'ance gonflee par l'acide est visqueuse, 
molle, parfaitement transparent et homogcne en appa- 
rence. Elle fail adherer les ceufs au porte-objet et permet 
dVxerccr sans aucun inconvenient une pression suffisante 
sur le cover pour etendre l'amas d'ceufs, iraites par le 
reactif, en une seule assise d'ovules. 

Quand l'acide a traverse la premier;' couche perivilel- 
line et qu'il commence a impregner la seconde couche, 
celle-ci perd l'a[. ;.i, (!r .[;;., \\ i { »-,-i marquee sui'levivanl, 
de sa couche corticate. 

La substitution de la glycerine a l'acide n'amene pas la 
moindre deformation de l'ceuf, ni retraction des mem- 
branes, ni alteration de !a forme du corps vitellin. 

Que I'on ait employe l'acide pur ou le melange d'acide 
el d'alcool, on distinguera avec la plus grande nettete, 
moins d'une heure apres que Ton aura commence I'ope- 
ration, deux elements nucleaires spheriques dans 1'im- 
mense majorite des ceufs. Si Ton a affaire a des cent's 
retires du vagin ou du quart inferieur de Puterus d'un 
ascaris vivant, chacun des elements nucleaires montre une 
structure reticulee tres delicate, el les elements chroma- 
tiques des pronucleus, aussi bien que ceux des globules 
polaires, apparaissent vivemenl colores en vert ou en brun, 
suivant les matieres colorantes employees. Comme nous 
1'avons dit plus haut, la presence de deux elements nude- 



( 221 ) 

aires, dans I'immense majorite ties ceufs retires soil du 
vagin, soit du quart inferieur de I'uleius, pent elre d'ail- 
leurs conslatee sur le vivant : ces noyaux apparaissent 
alors comrae des laches claires dans le fond granuleux 
du viieJlus (J ). Mais il est impossible, par Fexamen des 
ceufs vivanls, de se rendre comple de la structure de ces 
elements, et ce n'est guere que quand on a reconnu, par 
I'emploi des reactifs, la presence dans le vitellus de deux 
beaux noyaux spheriques, bien delimited et plus ou moins 
charges de chromatine, que Ton acquiert la certitude que 
les deux taches claires, qui se voient sur le vivant, sont bien 
determinees par la presence de deux elements nucleases. 

Pour etudier la genese du pronucleus femelle aux depens 
de la seconde figure pseudo-karyokinetique, du pronucleus 
male aux depens du spermatozo'ide, il faut examiner des 
series de preparations d'ceufs retires de I'uterus, en des 
points suffisamment eloignes du vagin. La methode a 
I'acide acetique et la coloration au moyen de la glycerine 
addilionnee de vert de malachite et de vesuvine, permet de 
constater avec la plus parfaile evidence deux faits impor- 
tants : 1° le moment ou le pronucleus male se consti- 
tue aux depens du petit noyau chromatique du zoosperme 
coincide exaclement avec celui ou le pronucleus femelle 
se forme aux depens de deux elements chromatiques, en 
forme de batonnets, qui proviennent de la seconde figure 
pseudo-karyokinetique (2); 2° au moment ou il prend 



(1) Edovard Van Benedex, fiechcrchcs sur la mature 
» fecondation et la division cellulaire, planche XIX, fig 

(2) Ibidem, planche XIX, fig. 4, 8, 6, 7 ct 8. Plan 



( 222 j 
naissance le pronucleus male est enveloppe par le residu 
degeoere du corps protoplasmique du zoosperme; celui-ci 
neseconfond pas avec le protoplasme ovulaire : ilconsti- 
tue autour du noyau du spermatozo'iile une couche parfai- 
lement delimitee, qui ne se separe du pronucleus male 
qu'apres que celui-ci s'est constitue en une vesicule. 
Jusqu'a ce moment le residu du protoplasme spermatique 
enveloppe partiellemenl le pronucleus et affecle la forme 
d'une calotte a surface irreguliere (1). Cette calotte, apres 
s'elre eloignee du pronucleus, se ramasse sur elle-meme; 
elle diminue rapidemenl de volume, au point de n'etre 
bientot plus qn'un globule, puis un granule a peine per- 
ceptible; enfin loute trace du corps degenere du zoosperme 
disparail complement Le residu du protoplasme sper- 
matique se dissout dans le vitellus, probablement par une 
sorte de digestion. 

Ce qui rend parliculieremenl facile I'observation de ces 
faits, que Tun de nous avait observes, decrits el figures 
d'apres des preparations a I'alcool, colorees au carmin 
boracique, c'est que si Ton traite par la glycerine addi- 
tionn£e de verl de malachite et de vesuvine les oeufs 
fixes par l'acide acetique, le corps protoplasmique dege- 
nere du zoosperme se colore vivement en brim, tandis 
que les elements chromatiqttes nucleaires prennent une 
coloration verte, le vitellus restant a pen pres incolore. 
Impossible de ne pas distinguer a premiere vue, dans ces 
preparations, les deux pronucleus d'une part, le residu 
du corps protoplasmique du zoosperme de I'autre. Rien de 
plus facile a coustator quo ce fail, capital que, an moment 



( 223 ) 
oil il se conslilue en un noyau vesiculeux et reticule, au 
voisinage du centre du vitellus, le pronucleus male est 
encore cnveloppe en tout ou en par tie par le residu du corps 
protoplasmique du zoosperme. II atteint des dimensions 
considerables et affecte une forme spherique reguliere, 
avant de sortir de la concavite de la calotte forlement 
coloree en brim que, dans des ceufs plus rapproches du 
vagio, on trouve recroquevillee et separee du pronucleus. 
(PI. I, tig. 1 a 5.) 

Avant que le pronucleus male se soit degage de son 
manleau de protoplasme degenere, le pronucleus femelle 
s'est constilue en un noyau reticule au voisinage du second 
globule polaire. 

T)ans cetle genese des pronucleus, la chromatine, jusque- 
ia homogene, se resout en un reticulum forme de granules 
chromatiques relies entre eux par des filaments; de la peri- 
pheric des deux batonnets ponctues partent de petites trai- 
nees de grains achromatiques, reunis en filaments; les 
batonnels siegent a ce moment dans un espace clair; ils 
augmenlent rapidement de volume, au point d'envahir 
bientot tout cet espace, dont les limites deviendronl celles 
des pronucleus. On ne peut mieux comparer I'aspect du 
phenomene qu'au gonflement d'une eponge comprimee 
d'abord, au moment ou elle s'imbibe de liquide. 

La rneme methode, traitement par I'acide acetique cris- 
tallisable pur on mele a parties egales avec de I'alcool 
absolu, coloration par la glycerine additionnee de vert dr 
malachite et de vesuvine el remplaeement apres deux ou 
trois jours de la glycerine coloree par de la glycerine au 
tiers non coloree, cette methode donne des resullais 



( S24) 

superbes pour Telude de la karyokinese dans les blasto- 
meres de TAscaris. Pour fa ire apparaitre les elements 
chromatiques il esl indifferent que Ton emploie I'acide 
seul ou I'acide additionne d'alcool. Mais les fibrilles achro- 
matiques des fuseaux el des asters se conservent beau- 
coup mieux dans le melange d'alcool el d'acide. Quant 

elles apparaissen! do- iii^iiih i* menl aussi dans les prepa- 
rations colorees apres Taction de I'acide pur; niais elles 
presentent un autre aspect dans les deux categories de 
preparations, ce qui depend de ce que les fibrilles achroma- 
liques ne resistenl guere a Taction de I'acide seul, landis 
qu'elles se conservent bien par le melange d'acide el d'al- 
cool. L'acide fait gonfler les granules punclilormes des 
librilleselparait resoudre celles-ci en granulations. L'alcool 
empeche Tacide de produlre ce resultal. 

Pour eludier la metamorphose des pronucleus, voir un 
cordon chromatique d'abord tres tenn, puis de plus en plus 
epais, se constituer aux depens du reseau nucleaire dans 
chacun des pronucleus, pour observer les phases succes- 
sives de la karyokinese pendant la segmentation, voici 
comment il faut proceder. Lesoeufs retires du vagin et du 
quarl inferieur des ulerus d'un Ascaris vivanl sonl mis en 
culture dans un verre de montre ou sur des feces de che- 
val. La rapiditedu developpement esl fonction de la tempe- 
rature. Les ceufs retires de I'uterus ou du vagin places 
dans un verre de monlre, sans addition d'aucun liquide et 
maintenus dans un milieu humide a une temperature de 
25 degres environ, sont deja segmented en deux, donze 
heures el meme moins de douze heures apres avoir ete 
mis en culture. lis se segmenlenl moins vile si, au lieu de 



( m ) 

les metlre en contact avec 1'air almospherique, on les 
mainlient ploughs dans uu ii<|niiie, can, serum ou glyce- 
rine. Mais pour etre un peu plus lent, le developpement 
n'en marche pas moins regulierement dansces conditions. 
Des temperatures plus basses ralentissenl le developpe- 
ment; mais elles n'amenent, pas plus que i'immersion, 
aucun phenomene anormal ou pathologique. On peut, 
comme Pa m on Ire Hallez, arreter a volonte le developpe- 
ment pendant un temps plus ou moins long, soil en abais- 
sant suflisamment la temperature, soit en empechant 
Pacces de Poxygene, sans que le developpement normal 
de Pembryon en soit aOecle d'aucune maniere. Quelles 
que soient les conditions dans lesquelles les oeufs retires du 
vagin el du quart inferieur de Puterus se trouvent places, 
qu'ils soient immerges dans I'eau ou maintenus dans un 
verre de montre sans addition de liquide, que Ton prenne 
la precaution de les placer dans une chambre humide ou 
qu'on les laisse se dessecher, qu'on les conserve a une tem- 
perature constante ou qu'on les soumelte pendant Phiver 
a toutes les variations journalieres de chaud et de froid, 
on est certain, en examinant les oeufs apres un laps de 
temps variant de six semaines a trois mois, de trouver un 
embryon completement developpe et parfailement vivani 
dans chaque oeuf. 

Les rjeufs de PAscaris du cheval, admirablement pro- 
teges par les enveloppes peri vitellines, si peu permeables 
qu'elles s'opposent a la penetration de la plupart des 
r£actils, tant que Poeul est vivant, presentent done une 
resistance merveilleuse, et Pon chercherait en vain, dans 
n'importe quelle classe du regne animal, des oeufs mieux 
abriles contre Paction des causes exterienres. 



v »W i 

L'hypolhese purement gratuite d'apres laquelle les oeufs, 
chez lesquels la conjugaison des pronucleus n'a pas lieu, 
seraient desceufspathologiques, peut etre ecartee a priori. 
Les experiences de controle sont d'ailleurs des plus simples 
et des plus faciles a faire. Ellesont ete repetees un grand 
norabre de fois. Des oeufs sont mis en culture dans un 
verre de montre. De demi-heure en demi-heure on en fail 
deux ou trois preparations. Au debut, on Irouve deux pro- 
nucleus dans chaque oeuf; puis on voil un cordon chro- 
matique se consliluer dans chaque pronucleus et deux 
anses chromaliques primaires se former aux depens d<* 
chacun d'eux; puis le vitellus se divise el les preparations 
donnent successivement tons les stades de la karyokinese. 
Sur le meme porte-objet les oeufs se iron vent a peu 
pres tous an meme slade du developpement. On varie la 
duree de Taction de I'acide dans les trois preparations 
faites au meme moment, de fagon a luer dans chacune 
d'elles un nombre plus ou moins considerable d'ceufs, on 
bien a les tner tous. Dans ce dernier cas encore, les oeufs 
presentent ions indistinctement les memes particulariies. 
Dans les preparations ou Taction de I'acide a ete moms 
prolongee, un certain nombre d'ceufs ont echappe a la 
mort. Si Ton prend la precaution d'enlever le couvre-objel, 
ou meme sans prendre cette precaution, ces oeufs conti- 
nuent leur evolution normale et, apres quelques semaines, 
on y irouve des embryons completemenl developpes, par- 
failement vivanls el se contournant en lous sens. Les oeufs 
mis en culture ne sont pas tous employes. Apres quelques 
semaines, on irouve un embryon vivant dans chacun des 
oeufs conserves dans le verre de montre. 

II faut bien admeltre que ces oeufs n'elaient point patho- 



( 227 ) 
logiqnes, et si ceux qui sont restes en culture et qui ont 
pu se developper completemenl etaient des oeufs normaux, 
capables d'un developpement normal, dira-l-on que ceux 
qui ont ele lues par I'acide et chez lesquels deux anses 
chromatiques se sont constitutes aux depens de chacun 
des pronucleus, sans aucune conjugaison prealalile, etaient 
des ceufs palhologiques? 

Soutiendra-t-on que I'acide acetique les a rendus 
malades avant de les tuer? Comment se fait-il alors que 
ceux qui ont ete plonges dans I'acide pendant plusieurs 
minutes, mais quionlneanmoinsechappeala mort t a raison 
de Taction trop peu prolongee du reaclif.donnenl naissance 
a des embryons parfailement vivants? II faul n'avoir jamais 
observe I'instantaneite avec laquelle I'aspect du vitelius 
change, au moment ou I'acide, apres avoir traverse les 
enveloppes, arrive au contact du globe vitellin, pour expri- 
mer semblable opinion. 

Si J'on plonge les ceufs dans de I'alcool faible, ils ne 
sont lues qu'apres une immersion prolongee. On pourrait 
croire que, dans ces conditions, les ceufs avant de mourir 
°nt pu pendant quelqne temps evoluer anormalemenl. 
Ici, Pobjeciion pouna paraitre fondee; et cependant elle 
n e Test pas; nous n'avons rencontre dans les oeufs trailes 
de cette maniere que des stades normaux, montrant les 
memes phenomenes que Ton constate en traitant par I'acide 
acetique el dont on pent conlroler le caractere normal, 
tout au moins en ce qui concerne les phenomenes exte- 
rieurs de la segmentation, en comparant avec le vivant. 
Quant au traitemenl par I'acide acetique ou parun melange 
d'acide et d'alcool absoiu, I'objection tombe d'elle-meme 
en presence de ce fail que les ceufs sont tues en quelques 



( 228 ; 
minutes. II serait plus exact de dire qu'il suflfit de quelques 
minutes pour que le reactif traverse les couches perivi- 
tellines et arrive au contact du vitellus. Des le moment 
ou I'acide alteint le globe vitellin, il est instantanement 
tue et fixe dans sa forme, comme le serait un oauf nu ou 
entoure de membranes n'opposant aucun obstacle a la 
penetration des liquides. 

La inethode a I'acide acetique, qui donne des resultats si 
favorables pour I'etude de la formation des pronucleus et 
de la segmentation, ne convient pas pour I'analyse des 
. figures qui se rattachent a la formation des globules 
polaires. La cause en est dans la composition du vitellus, 
toute differenie pendant la periode de maturation de l'ceuf 
el apres la maturation. II existe probablemenl dans le 
protoplasme ovulaire, prealablement a 1'expulsion du 
second globule polaire, des substances qui gonflent au con- 
tact de I'acide. Ce gonflement determine des alterations 
profondes du corps cellulaire et des figures pseudo- 
karyokineliques. 

JVous n'avons pas reussi a trouver, pour I'etude de la 
formation des globules polaires, de methodes plus favo- 
rables que celles qui ont donne a I'un de nous les resultats 
qu'il a fait connailre. La valeur de ces methodes a ete" 
critiquee et i'on a revoque en doule le bien-fonde des con- 
clusions tirees de I'etude de ces preparations, quant a la 
signification des globules polaires. La plupart des au- 
teurs coniinuent a penser que les globules polaires sont 
essentiellement des cellules, et que les phenomenes prea- 
mbles a 1'expulsion de ces elements sont assimilables a 
ceux qui caractH-i-riii t-^.n ii« i i.-iut-n t l.i L.i\okinese. 



( 229 ) 

Nous reservons pour plus tard la discussion des objec- 
tions qui ont ete faites a Interpretation des figures 
decrites et figurees dans le memoire sur la maturation de 
l'oeuf et la fecondation chez 1'Ascaris. Nous nous bornons 
a declarer que nous maintenons absolument I'opinion 
emise par Tun de nous quant a la nature des globules 
polaires. Sans enlrer dans le detail des phcnomenes qui 
preludent a la formation de ces elements, nous appelle- 
rons l'attention sur le fait suivant qui, a notre avis, resoud 
la question. Chaque fois qu'une cellule de I'Ascaris se 
divise, on constate dans la plaque equatoriale de la figure 
dicentrique l'existence de quatre anses chromatiques, et 
les noyaux derives se constituent aux depens de qualre 
anses secondaires. La division karyokinetique n'a done pas 
pour effet de reduire le nombre des elements chroma- 
tiques du noyau, mais seulement de dedoubler ces ele- 
ments. Au contraire, la genese des globules polaires a pour 
resultat de reduire de moitie" le nombre des elements chro- 
matiques du noyau ovulaire. Dans les ceufs primordiaux 
et les spermatomeres en voie de division, comme dans les 
cellules des lissus et les blastomeres en cinese, la plaque 
equatoriale se constitue de quatre anses chromatiques. La 
chromatine de Pcauf ovarien, condensee dans le corpuscule 
germinatif, procede de quatre anses chromatiques. Tout 
au contraire, le pronucleus femelle-se constitue aux depens 
de deux batonnels chromatiques et il ne fournit que deux 
anses chromatiques a la premiere figure dicentrique : il 
n'est done, au point de vue de la quantile de chromatine 
qu'il renferme, qu'un demi noyau. Pendant la genese des 
globules polaires, le noyau ovulaire a done subi une reduc- 
tion nucleaire. Le noyau ovulaire, apres le rejet des 
globules polaires, n'est plus qu'un dem't noyau. 



230 ) 

Ce fait capital, etabli pour la premiere ibis dans le 
memoire sur la maturation de Pceuf et la fecondation chez 
I'Ascaris, montre a l'evidence qu'il existe une difference 
radicale entre une division cellulaire et la formation des 
globules polaires. 

Dans son memoire sur la spermatogenese chez I'Ascaris, 
publie en collaboration avec Ch. Julin, 1'un de nous a 
montre qu'il en est de meme lors de la formation des sper- 
matozbides. Tandis que, dans les spermatomeres en cinese, 
la plaque equatoriale se constitue de quatre anses chro- 
matiques, identiques a celles que Ton observe dans un 
blaslomere en voie de division, dans les spermatogones 
I'on ne trouve plus, au stade de la metaphasc, que deux ele- 
ments chromatiques primaiies, et il en est de meme dans 
les spermatocytes et par consequent dans les spermato- 

Donc, tandis que les noyaux de toutes les cellules de 
I'Ascaris sont caracterises en ce qu'ils renferment I'equi- 
valent de quatre anses chromatiques, I'ceuf, apres avoir subi 
les phenomenes de la maturation, les spermatogones, les 
spermatocytes et les spermatozbides, ne renferment plus 
chacun qu'un demi-noyau. Alors que, dans toute division 
milosique, il s'opere un dedoublemenl des elements chro- 
matiques, jamais de reduction, la formation des globules 
polaires et la genese des spermatozbides sont caracterises 
par une reduction de moitie des elements chromatiques 
de la cellule. Tandis que, dans toute cellule de I'Ascaris, 
existe I'equivalent de quatre anses chromatiques, dont la 
presence caracterise un noyau complet, il n'existe dans 
I'ceuf mur et dans le spermatozoide que I'equivalent de 



§ I. — Formation des pronucleus. 

L'une des conclusions fondamenlales que I'un de nous 
a formulees dans le memoire qui fut livre a la publicite au 
commencement d'avril 1884, c'est que l'un des deux ele- 
ments nucleaires, que Ton trouve dans les (eufs vaginaux 
et uterins (quart inferieur de l'uterus) de I'Ascaris, se 
developpe tout entier el exclusivement aux depens du 
zoosperme, tandis que ie second procede d'un reste de la 
vesicule germinative, concurremment avec le second glo- 
bule polaire. Seul le noyau du spermatozoide intervient 
dans la formation du pronucleus male : le proloplasme du 
zoosperme subit, pendant la maturation de Poeuf, une 
degenerescence progressive, qui s'accuse notamment en 
ce qu'il acquiert une grande avidite pour les malieres colo- 
rantes. Au moment ou le petit noyau chromatique du 
zoosperme se transforme en un noyau vesiculeux, sphe- 
nque et a structure reliculee, Ie residu degenere du pro- 
toplasme spermalique enloure ce noyau, en tout ou en 
parlie, et lui constitue un revetement a surface irreguliere, 
qui se colore energiquement en brun par la vesuvine. 
(PI. I, tig. \.) Quand le pronucleus a atteint un certain 
volume, il quitte la concavite de la calotte que lui formait 
le residu du protoplasme spermatique, et Ton trouve alors 
le residu de ce dernier dans le vitellus, a cote du pronu- 
cleus. (PI. I, fig. 2 et 3. Voir aussi pi. XVUP", lig. 3, 5 et 



( 232 ) 
6, pi. XIX, fig. 4, 5, 6, 7, 8 du memoire cite). La calolle 
recroquevillee, reduite a un amas irregulier de substance 
assez refringente, nettement eireonscrite et se coloranl 
vivement en brun par la vesuvine, est alors progressive- 
ment resorbee (pi. I, fig. 4); elle finit par disparaitre 
completement. Pendant ce temps, le pronucleus male con- 
tinue a s'accroitre. 

En meme temps que se forme le pronucleus male, aux 
depens du noyau <bi zoo^perme, le pronucleus (emelle 
prend naissance a la peripheric du vitellus, au voi h ige 
du second globule polaire. (Voir pour les details du phe- 
nomena pi. XVlII bis , fig. 3, 4, 5 et 6, pi. XIX bi \ fig. 1, % 
3, 4, 5 el 6 du memoire cite.) 

Les preparations faites au moyen de la methode a I'acide 
acetique et coloration par les matieres d'aniline ont si 
completement confirme ces resultals, que nous n'avons rien 
a ajouler, rien a retrancher de la description que I'un de 
nous a faite precedemment de cette penode du developpe- 



§ II. — Prophases cinetiques. 

Un autre resultat du meme travail, c'est que, dans 1'im- 
mense majoritedes ceufs, il ne se produit pas, chez TAscaris 
du cheval, de conjugaison des pronucleus. Des que les ele- 
ments nucleases ont atleint leur complel developpement, 
il se conslilue dans chacun d'eux, aux depens du reticulum 
nucleaire, un cordon chromalique. Les preparations a 
I'acide acetique nous ont permis d'etudier de plus pres la 
genese de ce cordon. 11 se forme exclusivement a la peri- 
pberie du pronucleus, el siege, tout au moins en grande 



( 235 ) 
parlie, dans I'epaisseur de la membrane nucleaire (1). II se 
presente, au debut, sous la forme d'un cordon exlreme- 
ment fin, ires sinueux, contourne et pelotonne. II est diffi^ 
cile de dire si, a ce stade, ou chacun des pronucleus pre- 
sente exactement I'aspect que Flemming a si bien figure 
pour les noyaux de la salamandre au debut de la cinese 
{Beitr. zur Kenntn. der Zelle. Arch. f. Mikr. Anal. Bd. 16, 
pi. XVII, fig. 3), le cordon est continu ou discontinu. A 
rnesure que le developpernent progresse, le cordon s'epais- 
sit et se raccourcit; son trajet devient moins flexueux, 
et bientot il devient facile de constater que, dans chacun 
des pronucleus, il n'existe qu'un cordon unique et continu, 
formant dans la plupart, sinon dans tous les cas, une 
courbe fermee. A un moment donne, on distingue nette- 
ment,danschaque pronucleus, un champ polaire repondanl 
a la zone que Rabl a decrite sous ce nom dans les noyaux 
de la salamandre. Le cordon decrit a la surface de chaque 
pronucleus un certain nombre de lignes meridiennes qui, 
a des distances variables du champ polaire, se reunissent en 
anses deux a deux. Ces meridiens, flexueux a des stades 
phis jeunes, se regularised progressivement; leurs termi- 
naisons en anses s'eloignenl progressivement du champ 
polaire et aussi du pole du noyau oppose a ce champ. 
II arrive un moment ou le cordon chromalique ne forme 
plus qu'un anneau sinueux, a mi-distance entre les deux 
poles du noyau. Puis une moitie de l'anneau est refoulee 
dans Pautre : le cordon chromalique de chaque pronucleus 
forme une figure analogue h celle que Pon produirait au 
moyen d'un anneau elastique, en le pliant suivant un de 



(1) Loc. ciL t page 532. 

3 me s6me, tome 



(254 ) 
ses diametres de fa^on a en faire deux demi-anneaux super- 
poses. Chaque demi-anneau n'est pas cependant reguliere- 
ment semi-circulaire; il decrit encore des sinuosites plus 
ou moins marquees. Apres ce stade, le cordon chromatique 
subit generalement une retraction ; il quilte en partie la 
surface des pronucleus et se pelotonne plusou moins vers 
l'interieur, de sorte que, dans beaucoup d'oeufs, il devient 
difficile d'analyser le cordon. 

Le plus souvenl avant, parfois seulement apres celte 
retraction, qui estdu reste plusou moins accusee et presente 
des aspects variables d'un ceuf a Pa u Ire, le cordon subit la 
segmentation transversale. II resulte de cette segmentation 
que, dans chacun des pronucleus, le cordon chromatique 
se resout en deux anses chromaiiques primaires, plus ou 
moins paralleles enlre elles, parfois emboitees Tune dans 
1'aulre; parfois les deux anses, encore reunies entre elles 
par une de leurs extremites, formenl ensemble une sorte de 
W. Le plus souvenl Tune des anses est un peu plus courle 
que I'autre. A ce moment les pronucleus, dont les contours 
sont devenus fort indislincls, se regardent run I'autre par 
leurs faces laferales, les champs polaires etant dirif/es d'un 
tneme cote, vers les spheres attraclives adjacentes entre elles. 
Les anses primaires onl leurs extremites divergentes el 
elles diligent touies, vers le centre de la figure, la con- 
vexiie de la courbe qu'elles decrivenl. Leur position relative 
se modilie peu a peu : au moment oil elles viennent de se 
constiluer, les quatre anses formenl encore deux groupes 
composes chacun des deux elements derives d'un meme 
pronucleus. Souvenl les deux anses d'un meme groupe 
sont au debut plus ou moins paralleles enlre elles; elles 
decrivenl la meme courbe, et I'une se trouve logee dans la 
concavite de laulre. Plus lard les anses d'un meme groupe 



( 253 ) 
s'ecartent Tune de Pautre et en viennent a se placer Pune 
k cote de Pautre. A ce moment il devienl impossible de 
distinguer les anses paternelles des anses malemelles : les 
qualre anses forment ensemble une etoile composee d'ele- 
mt nts semblables juxtaposes entre eux. Les membranes des 
pronucleus n existent deja plus depuis longtemps et il peut 
sembler, si Pon n'y regarde pas de Ires pres, que les anses 
chromaliques sont libremenl suspendues dans le proto- 
plasme ovulaire. Alors s'accomplil la division longitudinale 
ou le dedoublement des anses primaires en anses secon- 
daires : Petoile chromalique primaire se divise, suivanl le 
plan equatorial de la figure, en deux etoiles chromaliques 
secondaires, identiques entre elles ; adjacenles Pune a Pautre 
au moment ou elles prennent naissance, elles s'ecartent 
progressivement Pune de Pautre, gagnent pen a peu les 
poles de la figure dicentrique et constituent les ebauches 
des noyaux des cellules filles. Cette decouverte du chemi- 
nement vers les poles opposes de la figure des anses 
jumelles, nees du dedoublement d'une anse primaire, fut 
faite en meme temps par Pun de nous chez PAscaris (1), 



(*) Lc premier exemplaire de mon memoire fut remis a Dubois- 
Raymond, lors de son passage a Liege, le i avril 1 884. Le travail 
de Heuser parut dans le courant de mars 1884. II rcsulte de ces dates 
que cette decouverte a cte faite et publiee a peu pres simultanement 
par Heuser dans des cellules vegetales et par moi dans des cellules 



i Heuser et a Rabl la c 



(236) 
par Heuser dans les cellules vegetales et, bienlot apres, elle 
fut confirmee par Rabl dans les cellules des lissus de la 
salamandre. Elle donne la clef de 1'interpretation des phe- 
nomenes si compliques, jusque-la incomprebensibles, de la 
karyokinese. 

En ce qui concerne la division du premier blastomere de 
I'Ascaris, cette decouverle a permis de reconnaitre que la 
chromatine des noyaux des deux premiers blaslomeres 
derive, par moilies, du pronucleus male et du pronucleus 
feuielle, sans qu'a aucun moment il y ait eu ni fusion, 
ni melange, moins encore d'impregnation [Durchdringe* 
Hertwig) des chromatines palernelle et malernelle. Si Ton 
rapproche I'un de I'aulre ces trois fails : 1° le fait bien 
connu que le descendant herite, a egalile de titres et par 
parts egales, des caracleres paternels et des caracleres 
malernels, qu'il lient egalemenl du pere et de la mere; 
2° le fait, resultant avec une absolue certitude de I'etude du 
de veloppemenl de I'Ascaris, que le corps protoplasmique du 
spermatozo'idedegenereetn'inlervient pas dans l'edification 
du corps protoplasmique de la premiere cellule embryon- 
naire, que le noyau du zoosperme est le seul element 
paternel fourni a I'oeuf feconde; 3° que les noyaux des deux 



des memes faits par Rabl, dans les cellules 
te tout a fait independante. Cependant le 
oemoire de Rabl parut assez longtemps apres les recherches de 
leuser et apres raon travail, pour avoir permis a cet auteur de 
:ker nos ouvrages. Quelques-uns des resultats consignes dans mes 
. Recherches . sont cites par Rabl a la page 248, dernier alinea, de 
»on memoire. Edouard Van Benede.n. 



(237 ) 
premiers blastomeres et Ions les noyaux subsequents se 
constituent aux depens de qualre anses chromatiques sem- 
blables entre elles, dont deux paternelles et deux maler- 
nelles, on en arrive a cetle double conclusion : i° que le 
noyau est le support exclusif* des proprieties heredilaires et 
I'organe directeur du developpement, de la forme el de 
la fonction; et 2° que I'heredite se concoit chez les etres les 
plus compliques, an meme litre et de la meme maniere 
que chez les Protozoaires qui se multiplienl par division. 
La premiere de ces conclusions a ele surtoul mise en 
lumiere, apres la publication de nos recherches sur la 
fecondation chez l'Ascaris, par Strasburger, par 0. Herl- 
wig, par Weissmann el par Kolliker. 



§ III. — Theorie de la fecondation. 

Les observations que nous venous de rappeler, pleine- 
ment confirmees par I'elude des preparations i'ailes au 
moyen de l'acide acelique, ont conduit I'un de nous a 
formuler une theorie de la fecondation toute differenle de 
celle de Her twig, generalement acceptee aujourd'hui en 
Allemagne. 

Pour 0. Hertwig,comme pour Slrasburger et beaucoup 
d'aulres auteurs, la fecondation consiste essentiellemerit 
dans la conjugaison du noyau spermatique avec le noyau 
ovulaire. Pour ces auteurs il n'y a pas de difference entre 
les elements nucleaires que I'un de nous a le premier 
appeles pronucleus, afin de bien les distinguer des noyauv 
complets, et des noyaux de cellules ordinaires. La forma- 
tion des globules polaires consisterail, d'apres eux, en une 
division cellulaiic nc dillV-raul en rien d'essenliel de toute 



(258) 
aulre karyokinese; elie ne se rattacherait pas a la feconda- 
lion, el il faut attribuer aux globules polaires une signifi- 
cation non pas physiologique mais morphoiogique. Lesens 
qu'il faut attribuer au mot eonjugaison, les freres Hert- 
wig I'ont bien precise dans leur dernier travail, quand ils 
out cherche a montrerque la fecondalion n'est accomplie, 
qu'un developpement normal de I'oeuf n'a lien, qu'a la 
condition que le noyau spermatique et le noyau ovulaire 
se soienl non seulemenl soudes entre eux, mais qu'ils 
se soienl inlimement eonfondus (Durchclringt) : « nur 
dann, wenn die Substanzen von Ei-und Spermarkernsich 
ganz durchdringen, enlsleben Kerne, welche mit alien fur 
die weilere Entwicklung noligen Lebenseigenschaften 
ausgeriistet sind (1) ». 

La Uieorie qui a ele formulee precedemment par Tun 
de nous, fondeesur lesphenornenes observes cbez I'Ascaris, 
voit dans la eonjugaison des pronucleus un phenomene 
tout accessoire el en quelque sorle accidentel. La fecon- 
dalion et la maturation de I'oeul' sont des phenomenes 
inseparables, en ce sens que le second est necessairemenl 
prealable au premier : la fecondation consisle essentiel- 
lement dans un remplacement, dans la substitution d'un 
demi-noyau fourni par le male et inlroduit parlesperma- 
lozoide, a un demi-noyau elimine par I'oauf sous forme de 
globules polaires. La cellule-ceuf, reduite apres la malura- 
tion a un gonocyte femelle, a un organisme elementaire 
pourvu d'un demi-noyau, et pour ce motif incapable dc 
multiplication, se complete et devient la premiere cellule 



(1) 0. et R. Hertwig. Uber c 



(239) 
de I'embryon, quand un demi-noyau d'origine male ou 
paternelle s'est constilue, dans le vitellus, aux depens de 
l'element nucleaire du zoosperme. La fecondalion, de 
raeme que la nutrition, se constilue de deux ordres de 
phenomenes opposes : elimination et remplacement d'une 
part, decomposition et recomposilion de Pautre : dans Tun 
commedans I'autre cas une reduction s'accomplit d'abord, 
une reconstitution ou une substitution ensuite. Celte com- 
paraison n'a d'ailleursque la valeur d'une image destinee 
a faire comprendre la pensee; car dans la nutrition il 
s'ag'u d'un pbenomene chimique, dans la fecondation d'un 
phenomene morphologique. 

Mais des que ces deux demi-noyaux existent dans le 
corps pioloplasmique de Poeuf, la fecondalion est accom- 
plie et ii est absolument indifferent, pour la suite du deve- 
loppement, que les demi-noyaux que nous avons appeles 
des pronucleus se confondenl en un noyau unique ou qu'ils 
restent separes et ecartes Tun de I'autre. Dans 1'immense 
majorile des oeufs d'Ascaris, ils reslent separes l'un de 
I'auire el ilsse component, dans I'ediucalion dela premiere 
figure karyokinetique, absolument commes'ilsne formaient 
ensemble qu'un noyau unique. Les elements qui, dans une 
mi lose ordinaire, precedent du noyau, sont fournis ici, par 
moities egales, par cbacun des pronucleus. 

Celte theorie repose sur les fails suivanls : 

1° La gcnese des pronucleus coincide exactement avec 
l'eliminalion du second globule polaire, c'esl-a-dire avec 
le moment ou Posuf a acbeve sa maturation; 

2° Dans I'immense majorile des cas, il ne se produit pas 
meme d'accolemenl entre les pronucleus; 

5° Les changemenls preambles a la constilution de la 
figure dicentrique s'accomplissenl simullanement dans les 



( 240 ) 
deux pronucleus, qui, quoique ecari.es Tun de I'autre, se 
component exactement comme s'ils ne formaient qu'un 
noyau unique ; 

4° Deux elements nucleases, Fequivalent de deux anses 
chromatiques, sont elirnines par I'ueuf, lors de la formation 
des globules polaires, de telle sorte que le pronucleus 
femelle differe des noyau x des cellules des tissus de l'As- 
caris, en ce qu'il ne renferme plus que deux anses chroma- 
tiques au lieu de quatre. 

5° Le noyau du zoosperme ne renferme lui non plus que 
deux elements chromatiques au lieu des quatre anses que 
l'on observe constamment dans les spermatomeres en voie 
de division. L'element nucleaire du zoosperme, aussi bien 
que Pebauche du pronucleus femelle, ne sont done, en se 
fondant sur le nombre des e'emenls chromatiques qu'il> 
representent, que des demi-noyaux. 

6° Des le moment ou les pronucleus se sont constitues 
a Petal de corps u utl* si iie< sphoriques et reticules, des le 
moment ou ils ont atleinl leur complet deveioppemeiit, la 
cinese commence. La premiere cellule embryonnaire, 
capable de division et representant virtuellemenl I'individu 
futur, est done constitute des le moment ou, aux depens 
du resle de la chromaline ovulaire d'une part, de la chro- 
maline du spermalozo'ide de I'autre, se sont formes ileii\ 
elements nucleases reticules. 

Les deux elements representent ensemble nn noyau 
complet, et il est absolument indifferent qu'ils s'accoleni 
et se fondent ou non Tun avec I'autre puisque, cbez I As- 
caris, cette fusion n'a pas lieu dans 1'immense majorite des 
ceufs. 

Quelques-uns des fails qui servent de base a notre 
theorie ont ele recemment contested par deux auteurs, 



( 24i } 
M. le chanoine Carnoy, professeur a I'Universite de Lou- 
vain (I), et M; le D r 0. Zacharias, de Hirchberg. 



(\) II nc peut me convenir ni de disculer ave 
Carnoy, ni de repondre anx critiques d irises con 
dans ses ouvrages, dans les conferences qu'il a fa 
a la Societe de microscopic de Bruxellcs, dans des journaux poli- 
tiqucs beiges, tels que le Patriate et le Bien public, et dans la 
Reviu- scienti/iqm: Les molifs les voici : M. Carnoy afBrme, dans le 
prospectus de sa Biologie ccllulaire, qu'il fit paraitre en juin 1883, 
que les globules polaires se forment, chez les Nematodes, au sein 
du corps ovulairc! Dans un oeuf que l'auteur represcnte cinq fois, el 

scnte en voie de fot avuldire spheriquc, 



puis enfin e 


limine (fig. 211 


01212,6,^/, /-,«)! 


M. Carnoy figure le 


spermatozoi'de de I'Ascaris 


megalocephale, entoi 


lire d'un magnifique 


aster, en co 


MUGA1SOH avee 


un noyau femelle co 


nsistant en quclques 


granulation; 


i entourecs d'un autre aster (fig. 217)! 11 figure sous 


le nom de 


cellule mere 


des spermatoblasts 


, un spcrinatozoide 


(fig. 200 B) 


! Mors que les 


travaux de Munk ont etabli depuis trente 


ans qu'il nc 


se forme jamai 


s, chez les Nematodes 


, que quatrc sperma- 


tozoides am 


; depens d'unc 


spermatogone, non 


par bourgeonnement 


mais par di 


vision, 31. Cam 


oy represcnte jusqu' 


a it) speriua tozoides 


se formant 


par bourgeonn 


ement aux depens d 


'un spermatoblast^ 


(Fig. 201.) ( 


>s spermatoblasts n'existent pas. M 


. Carnoy ignore qu'il 


se fonm- so. 


ccessivement di 


;ix globules polaires 


chez I'Ascaris; il n'a 


pas la nioim 


ire notion des 


pronucleus: il fait lonpujnrr le apermato- 


zoide avee I 


e noyau ovulai 


re! Ces fails donnent 


la mesure des apti- 


ludes de M. 


Carnoy en mai 
jtendue de son 


savoir. 


n meme temps qu'ils 


Le nieme 


autciir qui, en juin 1883, s'imagir 


lait que les globules 


polaires siegent, chez les Nematodes, au sein du corps ovulaire, qui 


les represcn 


ie tout formes, 


blottis (sic) dans Ie pi 


rotoplasme, qui igno- 


rait I'existe. 


ice de deux globules polaires chez ccs 


, animaux, qui repre- 



( 34* ) 

Nous ne savons quelle methode M. e D r Zacharias a 
employee pour obtenir les preparations qui lui ont fait 
voir les images extraordinaires qu'il a representees pi. IX, 
fig. 12 a 17, de son memoire. Cette methode, il n'a pas cru 
devoir la faire connaitre. M. le D r Zacharias n'a pas vu 
qu'au moment de la formation du second globule polaire, 
le spermatozoide existe encore au centre du vilellus; que 
son corps protoplasmique degenere enloure encore le 
noyau spermatique; que c'est entoure par ce residu que 
le pronucleus male se constitue a l'elat de noyau vesiculeux 
et reticule; que le pronucleus ne se debarasse de ce reve- 
tement que quand il a alteint des dimensions deja consi- 
derables; que le pronucleus femelle se forme a la periphe- 
ric de I'oeuf, aux depens de deux balonnets chromaliques 
qui, d'abord homogenes en apparence, plus fonces et plus 



mblie en 1886, deux ans apres l'apparition de mon Memoire, deux 
ravaux dont les resullats et les figures rappellent d'autant plus ceux 
|ue j'avais fait eon 
les figures consignes dans le prospectus de la Biologie cellulaire. 

Cependant H. Carnoy ne cite mon nom que quand il croit devoir 
ne combattrc, et pour en avoir 

n'attribue des opinions que je n'ai jamais exprimees. C'est du rcste 
ine habitude, peut-etre meme un principe, chez lui, de ne citer les 



degage de 1'etude des phenomenes de la karyokir 
dation : qu'aucun phenomene n'est essentiel, que I 
Cette these M. Carnoy s'est efforce de Tetablir; je r 
avoir reussi a le faire. Mais je pense qu'il a surtout 
qu'il n'est pas donne au premier venu de c 



($43 J 

refringenls a leurs extremites qu'a leur milieu, prennent 
peu a peu une apparence ponctuee ; qu'en meme lemps qu'ils 
se resolvent en granulations chromaliques, reliees entre 
elles par de fins filaments, ils augmentent de volume, et 
que, de leur peripheric, parlenl de fins filaments traver- 
sal I'espace clair qu'ils oecupent; qu'au moment ou ils 
se constituent a I'elat de noyaux vesiculeux et reticules les 
deux elements nucleases se trouvent presque toujours fort 
ecartes Tun de I'autre, le pronucleus male occupant dans 
1'immense majorite des cas le centre du vitellus, tandis 
que le pronucleus femelle siege a la peripheric, au voisi- 
nage du second globule polaire; que Ton trouve pendant 
longlemps, a cole du pronucleus male exclusivement forme 
aux depensdu zoosperme, le residu du corps proloplasmique 
du spermalozoide. M. le D r 0. Zacharias n'a constate aucun 
de ct-s fails, que chacun pourra conlroler, non seulemenl 
en emplovant I'acide aeetique pur ou le melange d'acide el 
d'alcool, mais meme en examinanl des ceul's non segmentes 
fixes au moyen de I'alcool et colores par le carmin bora- 
cique. Nous nous offrons a envoyer nos preparations, 
demonlranl la genese des pronucleus, a lout histologiste, a 
toul embryologisle competent, qui nous en exprimera le 
desir. Nous affirmons de la fa^on la plus categorique que 
jamais, dans aucun ceuf, il ne se fait aucune union enlre les 
elements chromaliques males et femelles, comme ceux que 
M. Zacharias a cru observer et qu'il a figures planche IX, 
figures 13 et 14 de son memoire; que jamais, dans aucun 
®"f, les deux elements nudeaires que r en ferment les amfs 
du tagin etdu quart inferieur de Citterns n'onl la significa- 
tion que M. Zacharias a cru devoir leur attribuer. L'un de 
ces elements nucleases derive toujours et exclusivement 
du zoosperme, I'aulre toujours et exclusivement de Tceul. 
Autant M. le D r Zacharias se trompe quand il decrit et 



( 244 ) 

figure une conjugaison entre chroraatines male et femelle 
d'ou resullerail la formation de deux noyaux conjugues, 
aulant il a raison quand il affirme que, dans certains ceuls, 
les pronucleus s'accolent 1'un a I'autre, pour donner nais- 
sance a un noyau unique. Tandis que, dans la plupart des 
femelles, il est difficile, parfois meme impossible de tron- 
ver uu seul ceuf montrant les pronucleus soudes entre 
eux,dansd'aulres,cescas ne sont pas exlremement rarcs, 
tout en reslant toujours exccplionnels. C'est ce que M. le 
D r O. Zacharias pourra lire a la page 525 de noire premier 
memoire. II y est dil : 

« On rencontre dans un certain nombre d'oeufs un 
veritable accolement des deux pronucleus qui se defer- 
ment et s'aplatissent suivant la portion de leur surface par 
laquelle ils se toucbent. II s'agit toujours alors de pronucleus 
arrives a maturite et presentant la constitution que j'ai 
decrite et representee planche XIX bis , figure 8. Ces ele- 
ments se moulent parliellement Tun sur I'autre, mais sans 
jamais se confondre en un noyau unique et indivis. Ces 
cas d'accolemenl sont relalivement rares : sur une cen- 
taine d'oeufs montrant les pronucleus complement sepa- 
res, on en trouve deux ou trois a peine dans lesquels 
raccolemeut s'est produit. Dans I'immense majorite des 
cas, les deux pronucleus restenl dislincts et independants 
Tun de I'autre, et toute la serie des changemenls que je 
vais dt'ciire, qui preludcnt a la division cellulaire el con- 
stituent les premieres phases de ce phenomene, s'accom- 
plissenl dans les pronucleus encore ecarles 1'un de I'autre. 
Ces memes changements peuvenl se produire apres acco- 
lement prealable; mais il est certain que cetle union est 
accidenlelle : elle n'enlraine pas une fusion: on ne peut 
done lui accorder aucune valeur principielle : les deux 
pronucleus ne se confondent jamais. » 



(248) 

Qu'esl-ce a dire, si ce n'esl que dans des cas exceplion- 
nels les cordons chromaliques procedant I'un du pere, 
I'aulre de la mere, peuvent se constituer aux depens des pro- 
nucleus unisen un noyau unique en apparence, landis que 
dans 1'immense majorile des oeufs ces cordons se forment 
alors que les pronucleus sonl encore separes el ecartes I'un 
de l'autre? M. Zacharias croit-il qu'il serait logique d'ad- 
mellre que, si dans quatre-vingt-dix-sepl oeufs sur cent, 
deux des anses chromatiques primaires derivent incon- 
testablement et exclusivement du pronucleus male, deux 
aulres du pronucleus femelle, les quatre anses chromati- 
ques auraienl une autre signification dans les cas ou, au 
lieu de rester separes I'un de l'autre, ces pronucleus s'ac- 
colententreeux? 

Nous avons estime a 2 ou 5 p. °/ la proportion des 
oeufs chez lesquels on constate une union des pronucleus 
prealablement a la formation de cordons pelolonnes dans 
chacun d'eux. Nous avons fait le denombrement des oeufs 
de cinq preparations faites au moyen d'ceufs vaginaux ou 
uterins de cinq femelles differentes. Voici les resultals de 
•'analyse de ces preparations : 



■Preparation. 


Nombre total 
des oeufs. 


"SftS 


Nombre des oeufs 


\ 


347 

240 
M2 


E 


2 
47 


1,575 


1,543 


32 



(246) 

La moyenne est done de deux et une fraction p. %• Que 
ceoclnre de la, si ce n'est <jue la conjugaison, I'accoleraenl 
et la fusion apparente des pronucleus constituent un plie- 
nomene acciii« ins aucune importance. 

A supposer meme que la fusion, au lieu de se presenter 
esceplionnellement, se produise dans l'immensc majo- 
rite des ceufs, mais que le developpement s'accomplisse 
normalement et amene la formation d'une larve normale, 
dans quelques rares oeufs ou la conjugaison des pronu- 
cleus n'aurait pas eu lieu, qu'il resulterait encore avec 
evidence de I'existence de ces fails exceptionnels que la 
conjugaison n'est pas essentielle a. la fecondation. 

La conjugaison des pronucleus a ete observee chez plu- 
sieurs especes animales et vegelales. Nous n'avon> jamais 
songe a contester 1'exactitude des observations failes chez 
ces especes, nous n'avons pas pense qu'elles pussent etre 
invoquees corame objection contre noire theorie de la 
fecondation. Le fait qu'il est elabli pour une espece ani- 
male, l'Ascaride megalocephale, que le developpement 
normal et complet de I'embryon s'accomplit sans qu'il y w* 
eu au prealable conjugaison de pronucleus, non pas dans 
lous les oeufs, mais dans 1'immense majorite des 03»fs 
(97 % au moins), ce fait prouve ineluclablemenl que 
l'essencede la fecondation ne reside pas dans une union des 
pronucleus. 

La circonstance que chez I'Ascaris la conjugaison peul 
indifferemment se produire ou ne pas se produire, sans 
qu'il en resulle aucune consequence pour la suite du 
developpement, ne prouve-t-elle pas a elle seule tout le 
bien fonde de la conclusion? Et comme les phenomenes 
qui s'accomplissent dans chacun des pronucleus sont de 
tous points identiques a ceux qui, dans le noyau unique 



(247) 
(Tune cellule ordinaire, se passent prealablemenl a la con- 
slitution de la figure karyokinelique, que les pronucleus se 
conduisent exactemenl comme s'ils ne formaient ensemble 
qu'un noyau unique, il est de loute evidence que la premiere 
cellule embryonnaire se irouve constitute, que par conse- 
quent la fecondation est accomplie des le moment ou les 
pronucleus ont atteint leur complet developpement. 

L'elude des preparations a 1'acide acetique ou a I'alcool 
acetique ne nous ont rien appris a cet egard que ne nous 
aient montre les preparations d'ceufs fixes par l'alcool. 
Dans les unes comme dans les autres on trouve exception- 
nellement ca et la, au milieu de centaines d'ceufs, montrant 
les pronucleus bien distincls et plus ou moins ecarles Tun 
de l'aulre, quelques rares ceufs ou les pronucleus se 
trouvent accoles et soudes entre eux. 

Quand les pronucleus ont perdu leur contour et qu'un 
gros cordon chromatique se Irouve conslitue dans chacun 
d'eux, il n'est pas toujours possible de decider s'il exisle 
un cordon unique etcommun aux deux elements ou deux 
cordons distincls. II suffiraque les deux pronucleus soient 
voisins Tun de Tautre ou qu'ils se projettenl legerement 
I'un sur I'autre, pour qu'il soit impossible de trancher la 
question de savoirs'il y a ou non continuite entre les cor- 
dons chromaliques des deux pronucleus. A plus forte 
raison, s'il y a eu soudure au stade reticule entre les deux 
pronucleus, sera-til bien difticile de dire s'd s'est constitue, 
dans le noyau de segmentation, un cordon chromatique 
unique ou deux cordons distincls. Mais lous ceux qui vou- 
dront prendre la peine d'etudier les objels dont il s'agit 
reconnaitront que Ton ne peut absolument rien conclure 
de ces cas douteux, alorsque l'immense majorite des oeufs 
demontrent de la fa^on la plus evidente la formation d'un 



( 248 ) 
cordon distinct et de deux anses chromaliques primaires 
dans chaque pronucleus. Si meme dans tons les oeufs qui 
se pretent mal a ('observation, et ou la solution de la 
question est douteuse, il n'existail reellement qu'un cordon 
unique, en serait-il moins vrai que dans la grande majo- 
rile des oeufs le develop p'-n it ii ( >';«•, ■umplit sans fusion 
prealable des pronucleus? Mais halons-nous d'ajouter 
que nous n'avons jamais eu sous les yeux un seul oeuf qui 
nous ail montre avec certitude un cordon chromalique 
unique et commun pour les deux pronucleus; nous n'avons 
jamais vu des images comme celles que M. 0. Zacharias a 
representees planche X, figures 21 , 22, 23, 24 de son me- 
moire. Ce jeune auteur invoque volontiers 5 I'appui deses 
affirmations Paulorite de Flemming, sans indiquer de 
quels points particuliers Flemming est dispose a se porter 
garant. II serait interessant de savoir si les oeufs repre- 
sents planche X, figures 21, 22, 25, 24 du memoire de 
M. 1c D r 0. Zacharias ont etc mis sous les yeux de 
Flemming, et si l'eminenl cytologue de Kiel est dispose a 
certifier IVxactilude de ces images. Consenlirait-il a affir- 
mer, apres I'examen des preparations de M. Zacharias, 
que les elements qui sont pour nous l'un un pronucleus 
male, I'autre un pronucleus femelle, et cela dans lous les 
cas, sans aucune exception, sont, au contraire, a ses yeux 
des noyaux conjugues? A-t-il constate par I'examen des 
preparations de M. Zacharias qu'il ne se forme qu'un cor- 
don chromatique unique dans le noyau de segmentation, 
dans les cas exceptionnels ou un semblable noyau prend 



La tentative faite par II. Zacharias de representer les 
phenomenesque I'on constate chez I'Ascaris mefaiocepbal*i 
comme corroborant la theorie de Herlwig, est done, 



( 249 ) 
d'apres nous, tout a fail malheureuse. On comprendra 
que nous ayons quelque peine a nous incliner devant 1'au- 
torit6 de ce jeune auteur, quand il proclame la superiorite 
des reeherches de MM. Nussbanm et de A. Schneider. 
Nous attendons de 1'avenir un jugement base sur des 
observations moins superficielles et moins rapides. 



% IV. — Metaphase et anaphase. 

Le dedoubleinent des anses chromaliques primaires 
presente frequeinment, dans les oeufs de l'Ascaris, une 
particularity interessanle, dont la constatation a permis de 
rattacher a la karyokinese ordinaire les phenomenes que 
Flemming avait observes, en etudiant la cinese des sper- 
matocytes de la Salamandre, et qui lui avait fait admettre 
1'existence d'un type aberrant, s'ecarlant assez notable- 
ment de la mitose normale. Voici en quoi consiste cette 
particularity. Dans les blastomeres de l'Ascaris, les anses 
jumelles ou secondaires restent parfois unies enlre elles 
a Ieurs exlremites, alors qu'elles sont deja nolablement 
ecartees I'une de I'autre dans la plus grande partie de leur 
longueur. Leur ecartement est alors maximum vers leur 
milieu et decroit vers Ieurs exlremites. Quand cette union 
terminale se maintient pendant longlemps, I'ensemble de 
la figure chromatique prend I'aspect d'un tonncau, carac- 
l^ristique de la figure doliforme de Flemming. 

Flemming, a la suite de nouvelles etudes faites par lui 
sur la spermatogenese chez la Salamandre (1), a reconnu 

(1) N. Flemming, Neue Bcitracje. zur Kenntniss der Zclfe, 1887, 
Archiv fur Mikr. Anat. Bd. 29. 

5 me StRIE, TOME XIV. M 



(250) 
que la division longitudinale des cordons chromatiques 
ue fait pas defaut dans les cas ou elle lui avait echappe' lors 
de ses premieres reeherches, et il se rallie pleinement a 
I'lnterpretation que nous avons donnee des images qu'il 
avait produites dans son precedent travail. Ses nouvelles 
eludes I'ont conduit d'autre part a admetlre trois moda- 
lites dans la karyokinese : deux d'entre elles, la forme 
heterotypique et la forme homeotypique, se renconlrent 
dans la division des spermatocytes de la Salamandre; 
il existe dans ce cas un vrai dimorphisme dans la 
milose. La premiere multiplication cellulaire ile> element 
epitheliaux se fait suivant la forme homeotypique. Les 
spermatocytes de la premiere generation, qui mesurenten 
moyenne 28 a 30 p, se multiplied presque exclusivement 
suivant la forme heterotypique. Lors de la division des 
spermatocytes de la seconde generation (18 a 20^) la 
forme heterotypique est encore predominate; mais on 
trouve cependant de nombreux cas de division homeoty- 
pique. Le nombre des cellules en division se rattachant 
a chacun des types est approximativement le meme dans la 
multiplication des spermatocytes de troisieme generation 
(14 a 15 p.). 

Ce qui carai'tt-ri>e princi jui Icn.en t la l'urme heteroty- 
pique, c'est 1'existence de la figure doliforme, a la suite du 
maintien prolonge d'une union enlre les extremites m^ 
anses secondaires dans le plan equatorial. Dans la forme 
homeotypique, au contraire, la separation complete des 
anses secondaires se fait tres tdt. Cependant le stadede la 
metakinese est prolonge, en ce sens que les anses secon- 
daires restent longtemps au voisinage de I'equateur avant 
de se disposer regulierement en deux groupes etoiles,carac- 
teristiques de la phase dyasler. 



( 23 1 ) 

Nous avons reconnu que, a tous les stades de la segmen- 
tation, il se presente, chez PAscaris, des variations indivi- 
duelles d'un oeuf a Pautre, qui font qu'a un meme stade de 
la segmentation, tantot la mitose s'accomplit suivant le 
type ordinaire, laulOt suivaiif la forme heterotypique. Dans 
certains ceufs, la division longiludinale des anses se fait 
simultanement dans toule la longueur de ees elements, el 
ks eloiles secondares, resultant du dedoublemenl de 
Petoile primaire, s'ecarlent I'une de Pa litre lout d'une 
piece; c'est a peine si, an moment ou elles commencent a 
s'eloigner Pune de Paulre, pour se rapprocher des poles, et 
meme au stade dyaster, les extremites des anses s'inclinent 
legerement vers Pequaleur : les eloiles secondares siegenl 
lout enlieres dans deux plans paralleles enlre eux el per- 
pendiculaires a Paxe de la figure dicentrique. (PI. IV, fig. 2.) 
Dans d'autres eeulV, Punion des anses secondaires, a leurs 
extremites, se maintient encore dans le plan equatorial, 
alors que les convexites des anses se trouvent deja fort 
ecartees du plan equatorial et fort rapprochees des poles. 
On rencontre alors de belles figures doliformes, comme 
celle que nous avons representee planche IV, figure 3. On 
irouve toutes les transitions possibles entre ces formes 
extremes. L'existence de ces formes de transition et le fait 
que Poii rencontre, a un meme stade de la segmentation, 
de grandes variations d'un ceuf a l'autre,en ce quiconcerne 
la nietakinese, prouvent que ces variations n'ont qu'nne 
importance tres secondaire. Nous dirons plus loin a quelle 
cause nous croyons devoir les altribuer. 

H. Un fait que l'on constate constamment dans la forme 
heterolypique, chez I'Ascaris, c'est que jamais les extremi- 
tes incurvees des ans- s secondaires ne sont dirigees direc- 
tement vers les pdles de la figure dicentrique, comme le 



( 252 ) 
represent Flemming dans la figure 4, planche XXXI deson 
dernier memoire. Sans vouloir emettre le moindre donte 
sur la realite, chez la Salamandre, de la disposition figtiree 
par Flemming, nous pouvons affirmer que generalement, 
peut-etre meme toujours, chez I'Ascaris, les parties des 
anses secondares qui avoisinent le point de rebroussement 
des courbes se trouvenl dans un seul et meme plan, per- 
pendiculaire a I'axe de la figure, leurs extremites seules 
elantobiiqucmcnldirigees vers le plan equatorial. Cette dis- 
position se mainlient au stade dyasler, c'esl-a-dire apres 
I'ecarlement des anses jumelles du plan equatorial. II en 
resulte que, dans la figure dolil'orme, une portion des anses 
secondares repond aux fonds du tonneau, les meridiens 
Slant constitues, non par les anses completes, comme dans 
la figure de Flemming, mais seulement par les portions 
terminates de ces elements. Ceci revient a dire que, a 
la fin de la metakine.se et, plus lard, au stade d vaster, 
chacune des branches de chaque anse secondaire decrit 
une ligne brisee. (PI. VI, fig. \\ et 12.) On peut se repre- 
sentor la figure reelle en s'imaginant le trajet que sui- 
vraient des meridiens traces a la surface d'une sphere 
molle, apres qu'elle aurait ete aplatie a ses deux poles, 
de facon a former ism- -phrie dnublemcnt tronquee ou un 
tonneau. 

Ce fait est interessant, \oici a quel point de vue. Nous 
avons observe que, dans une meme preparation, on trouve 
des variations considerables d'un ceuf a 1'autre, en ce qui 
concerne la nettete des limites du fuseau achromaiiqne. 
Dans certains ceufs les filaments du fuseau achromalique 
se distinguent neltement des autres rayons de Faster, en 
ce qu'ils sont formes par des fibrilles beaucoup plus volu- 
mineuses et partant beaucoup plus apparentes que celles 



(SB) 

qui constituent les autres radiations de I'eloile achmma- 
tique. Dans ce cas on peut voir que les grosses fibrilles 
qui marquent les limites du fuseau s'inserenl aux anses 
chromaliques primaires vers le milieu de la longueur des 
branches divergenles de ces dernieres, et que la portion 
des anses avoisinant leur point de rebrousemenl se trouve 
en dedans, tandis que les extremiles dts branches diver- 
genles des anses se trouvent en dehors du fuseau. (PI. VI, 
Gg. 7 et 9.) Dans les figures doliformes, comme au stade 
dyaster, on voit que les points des anses ou s'inserenl les 
fibrilles generatrices des cones achromatiques repondent 
exaclement aux points ou les anses secondares changent 
l>rusqnement de direction en forraant un angle. (PI. VI, 
"g. 10,11,12.) 

Ce fait nous parait elablir clairement la conli aclilite ties 
fibrilles constitutes du fuseau achromatique. Nous ela- 
blirons plus loin que ces librilles ne sont en definitive, 
comme loutes les autres radiations des asters, que des 
elements differencies du treillis proloplasmique. Nous 
avons deja donne ailleurs d'autres preuves de la contrac- 
lilitede ces fibrilles, et nous avons montre que la structure 
du treillis proloplasmique est fondamentalement la meme 
que celle de la substance musculaire striee (1). 

On est autorise a admeltre, pensons nous, que plus ces 
librilles sont volumineuses, plus leur energie est consi- 



3lKXMN, Recherchcs snr la maturation de I'ceuf, 
/.-ton ci'lluhiire, pagrs ",4(i et suivank-s, pagrs 'tl'2 
ssi planche XI, figures i a 31, particulierement 
:he XV, fig. 3, qui montre que le spermatozoiide 
jation d'une saillie partout ou s'inserenl ties 



( 254 ) 
derable. Si les fibrilles des asters, et parliculierement 
celles du fuseau achromatique, sont les agents aclifs de 
1'ecartement des anses secondaires et de leur cheminement 
vers les poles, la traction exercee par elles, anx points des 
anses ou elles s'inserent, elant d'autant plus intense que les 
fibrilles inserees en ces points seront plus volumineuses, 
qu'elles constitueronl, si Ton veut, des muscles plus puis- 
sants, il est clair que si les anses secondaires adherent entre 
elles par leurs exlremites el que d'autre part les fibrilles du 
fuseau acbi'oma(ii]iie s'inserent vers le milieu de la longueur 
des bianches divergenles des anses, il en resullera neces- 
sairemenf des figures comme celles que Ton observe en 
realite (pi. VI, fig. 10, II, 12). Dans certains cas, nous 
avons constate des saillies en forme de crochets aux points 
des arises chromatiques qui donnenl insertion aux fibrilles 
achromatiques du fuseau. 

A c6te des oeufs montrant tres dislinctement le fuseau 
achromatique, il en est d'autres ou ses limiles sont si peu 
marquees qu'il se confond avec Paster, dont il constitue 
un secteur. Cela depend probablement de ce que les 
fibrilles du fuseau different plus ou moins, suivant les cas, 
des autres radiations des asters. Dans les oeufs ou le fuseau 
est peu apparent, comme dans ceux ou il est bien visible, 
des fibrilles s'inserent aux anses chromatiques dans lous les 
points de la longueur de ces dernieres, suivant leurs faces 
dirigees vers les poles. On concoit que si ces fibrilles 
sont toutes a peu pres de memes dimensions et parlant 
possedent la meme energie, les anses secondaires unifor- 
mement sollicilees vers les poles en tons les points de leur 
longueur resteront parallels entre elles, a pres leurecarte- 
ment, des le moment ou leur adherence est parfont la 



( 23d ) 
meme : Jes eloiles secondaires siegeronl alors tout entieres 
dans deux plans paralleled enlre eux et perpendiculaires a 
1'axe du fuseau. 

Quand, au contraire, des fibrilles plus fortes s'inserent 
au milieu des branches divergenles, et que d'ailleurs 
1'adherence entre les anses secondaires est maximum a 
leursextremites, il devra se produire necessairement une 
figure doliforme avec fonds et meridiens. Nous pensons 
que les variations que Ton observe dans l'aspect de la 
melakinese dependent, d'une part, de la constitution des 
asters tt, d'autre part, de differences individuelles dans 
1'intensile de I'union des anses jumelles aux bouts libres 
des anses primaires. 

Nous avons vu tres distinclement, dans un assez grand 
nombre d'oaufs, que les anses chromaliques primaires et 
secondaires se trouvent rattaehees les urns aux aulres 
par des fibrilles achromatiques interposees entre elles 
{fig. 6 et 8, p|. 1). La presence de ces fibrilles, probablement 
contractus, comme tous les elements conslitutifs du treil- 
lis proloplasmique, explique le deplacement relatif des 
anses primaires, prealablement a la formation tie l'eloile 
chromatiquede la plaque equatoriale. 

IN. Reklificalion des noyaux derives aux depens des 
di/asters. — Flemming a admis qu'avant que le noyau 
d'une cellule fille se reconstitue aux depens d'un dyaster, 
les anses secondaires se pelotonnent et que ce slade de pelo- 
tonnement, qu'il appelle dispirem, repond au slade de 
pelotonnementde la prophase (spirem), ce qui Ta amene a 
representer par un U le schema de la karyokinese. L'uoe 
des extremites des branches de IT represenle le stade 



( 236 ) 
initial, I'autre le stade final de la division; Tune des bran- 
ches de I'U represente la succession des prophases, I'autre, 
parallele a la premiere, la succession des anaphases, la 
couvexilede I'U repondant a la metakinese on metaphase. 
La plupart des cytologues admeltent en outre que deux 
elements inlerviennent dans la reedifiealion des noyaux : 
d'une part, les anses chromatiques des dyasters, d'autre 
part, la portion du corps proloplasniique de la cellule inter- 
posee entie cescordonsou deliniiu'-t' par les branches di\*-r- 
gentes des dyasters. 

Les choses ne se passenl pas de cette manic-re dans les 
blaslomeres de l'Ascaris. II est bien vrai que les anses 
secondaires groupees en une etoile decrivent a un moment 
donne des sinuosites (pi. VI, fig. 10); inais il y a lieu de 
distinguer, a ce point de vue, deux portions dans le dyasler 
moditie : une portion centrale, de forme circulaire, formee 
par celle partie des anses qui avoisine leur point de 
rebroussement, et une portion marginale formee par les 
bouts libres des anses. Tanlot ceux-ci se Irouvent dans le 
meme plan que la portion centrale de I'etoile, tantot, au 
conliaire, ils sout diriges obliquement vers 1'equaleur de 
I'ancienne (igure dicentrique, la portion centrale de I'etoile 
siegeant au contraire dans un plan perpendiculaire a l'axe 
de la figure. Cette difference depend du caractere de la 
metaphase, tanlot lypique. tanlot helerolypique. 

Seule la portion des anses secondaires qui repond a la 
portion centrale de I'etoile devienl tlexueuse, et il en 
resulte des images tres elegantes, quand on examine une 
de ces figures stellaires suivant 1'axe de I'ancienne figure 
dicentrique. (PI. Vf, fig. 19.) Souvent on observe que les 
anses sont etranglees a la limite entre la portion centrale 



f 2^7 1 

ces bouts est <lu resle ties variable dans tine meme eloile, 
variable d'un oauf a I'autre, variable aussi suivant fage 
de I'etoile. La portion des anses qui siege dans la region 
cenlrale circulaire de I'etoile s'allonge aux depens des 
bouts marginaux, au fur et a mesure que les flexuosites 
s'accusenl d'avantage. Souvent, peut-etre meme toujours, 
quelques-uns des bouts marginaux rentrent completement 
dans la portion cenlrale, de telle sorte que le nombre des 
bouts libres n'est plus de huit, mais de sept, de six ou 
meme moins. Parfois meme tous les bouts libres sont 
employes a I'edification de la portion centrale de I'etoile, 
et il se forme alors un noyau arrondi, depourvu de 
lobes. II est tres difficile de dire si, dans ces cas, les 
extremites rentrees des anses ne se juxtaposent pas bout 
a bout, de fac^on a reconslituer un cordon pelotonne; mais 
si, dans certains cas, il n'est pas possible d'a (firmer que ce 
phenomene n'a pas lieu, dans d'autres il est absolument 
certain qu'il ne se produit pas, et qu'il ne se conslilue pas, 
aux depens des anses secondares, un cordon chromatique 
pelotonne par apposition des extremites libres des anses. 
Dans I'immense majorite des noyaux des blaslomeres en 
voie de reconstilution, les deux bouts d'une meme anse 
sont d'inegale longueur, et la plus longue des deux bran- 
ches ne rentre jamais dans la portion centrale de I'etoile, 
aux depens de laquelle va se former la plus grande partie 
du noyau. Elle se transforme au contraire en un lobe 
nucleaire qui persiste pendant tout le stade de repos. (PI. J, 
tig. 9 ellO; pi. VI, fig. 13, 14 et 21.) 

Les cordons chromatiques, moniliformes, homogenes au 
debut, au moins en appareuce, prennent peu a peu un aspect 



( 398 ) 
ponctue; lis se resolvent en fins granules relies enlre eux 
par des filaments; i!s prennent une structure spongieuse. 
Parfois cette transformation est precedee par une division 
longitudinale des anses secondaires ; elle peut deja se pro- 
duire a la fin de la metakinese. Dans nn grand nombre de 
cas, au moment ou se produit la transformation de la sub- 
stance chromatique refringenle en une substance ponc- 
tuee, les cordons presenlent une slrialion transversal?- ires 
nelle, surtoul marquee dans les bouts libres. (PI. I, fig. 8.) 
Bientot, a la place de quatre cordons chromatiques refrin- 
gents et homogenes en apparence, le noyau en voie de 
reconstitution montre huit boyaux ponctues, contournes 
dans la partie centrale de l'etoile, etrangles a la limite de 
sa partie marginale el renfles a leurs bouts. (PI. VI, fig. 20.) 
Les granules chromatiques siegenl principalement, sinon 
exclusivement, a la peripheric de ces boyaux, dans lesquels 
la structure reticulee est d'ordinaire Ires manifesle. 

Les boyaux, en gonflanl, finissent par se toucher, dans 
la portion centrale d" l'etoile; ils se soudent enlre eux 
ou, lout au moins, leurs limites disparaissent. Le noyau a 
pris alors sa forme definitive < j l sa structure earacteristique 
du stade de repos. (PI. VI, lig. 21.) ll'se constitue d'uiie 
portion centrale disco'i'dale ou ovoide, formee aux depens 
de la portion centrale de l'etoile, et d'un certain nombre 
de lobes marginaux, qui proviennent de la transformation 
des bouts libres des anses secondaires. (PI. I, fig. 9 et 10.) 
La forme des noyaux des blastomeres est eminemment 
variable, suivanl que les bouts libres des anses secondaires 
sont resles plus ou moins separes de la portion centrale 
de Teloile, el aussi suivant le nombre de ces bouts libres, 
d'ou depend le nombre des lobes marginaux du noyau. 



( 259 ) 
Quoi qifil en soit de ces variations individuelles, 
certain que le noyau reconstitute presente une i 
determined par la forme de Taster dont il procede, el que 
les extremiles des lobes marginaux de ces boyaux repon- 
denl aux extremiles des anses secondaires du dyaster. II 
est egalement certain que le noyau se reconstitue exclusi- 
vement aux depens des elements chromaliques du dyaster, 
qui s'imbibent a la facon d'une eponge; aucune por- 
tion du corps protoplasmique de la cellule n'intervient 
directement dans la recodification du noyau. Cerles les 
liquides dont s'imbibent les cordons chromaliques sont 
soulires au protoplasme cellulaire; mais le noyau se recon- 
stitue exclusivement aux depens des cordons chromaliques 
gonfles, qui finissent par se toucher enlre eux, de facon a 
donner naissance a une masse reliculee, unique en appa- 
rence, mais en realite constitute de quatre parlies dislinc- 
tes, juxtaposees entre elles, el organiquemenl liees en un 
tout unique en apparence qui ^st le noyau au repos. 

Ce mode de formation du reticulum nucleaire aux depens 
des anses chromaliques du dyaster differe complelement 
de la formation du cordon pelolonne aux depens du reti- 
culum au debut de la cinese. Ce dernier phenomene resulle 
de la confluence des granules chromaliques repandus dans 
cerlaines parties du reticulum, particulieremenl a sa peri- 
pherie, en un cordon d'abord tres fin et excessivement 
long, dont les flexuosites courenl en partie transversale- 
menl, par rapport a la longueur de l'anse chromatique 
Iransformee. (PI. 1, fig. H.) 

Quand, en effei, an moment ou une nouvelle division va 
se produire, un cordon chromatique se reconstitue dans le 
noyau lobule d'un blastomere d'Ascaris, on voit, dans 



( 260 ; 

chaeuii des lobes, la chromatine se eoncentrer dans un 
filament; celui-ci decrit a la surface de loutes les parties du 
noyau et de cliaque lobe en parliculier, de nombreuses 
sinuosites. La direction raoyenne de ces flexuosites est 
transversale. Quand le trajel de ce cordon se simplilie el 
qu'en meme temps il devient plus epais, ce qui pennet 
de suivre son trajet, on peut s'assurer de ce fait que le 
cordon ne se terrnine pas par un bout libre, a rextreniile 
du lobe nucleaire aux depens duquel il s'est forme, mais 
qu'arrive au bout du lobe, il rebrousse chemin, remonte 
vers la racine du lobeet se continue dans le corps nucleaire. 
(PI. I, Bg. 11; pi. VI, tig. 15, 11.) La segmentation irans- 
versale de ce cordon s'accomplit a Textremite des lobes 
marginaux transformer (PI. VI, fig. 23.) II en resulte 
qu'aux depens d'une anse chromalique originelle se for- 
menl <»u bien des portions de deux anses differenles, ou les 
deux extremites d'une meme anse. En d'autres lermes, il 
ivsulie claircment de nos observations que les anses cbro- 
m I \ t j\ depens desquelles s'edilie un noyau, ne se 
relrouvcnt pas comme telles dans les anses chromaliques, 
qui se i'ormeront, »n moment de la division subsequent, 
aux depens de ce noyau. 

Nous n'avons jamais constate, au stade dil spirem d'un 
noyau de blastomere, en voie de division, un cordon pelo- 
tonne unique, mais toujours deux; chacun d'eux fouruita 
la plaque equaloriale deux anses primaires par division 
transversale. 11 est done probable, quoique nous n'ayons 
pas reussi a le constater par l'observation, que des qualre 
anses, aux depens desquelles se reconstitue un noyau, 
deux se juxtaposent bout a bout par une de leurs extre- 



v 261 ) 
autres extremiles, el que les deux groupes, comprenant 
deux anses ehacun, restent independants l'un de 1'autre, 
dans le noyau au repos. (PI. VI, fig. 22 et 23.) 

Si nous designons par a, <v, c, </ les quatre anses 
d'un dyaster, comme celui que nous avons represente, 
planche VI, figure 19, le noyau au repos, forme aux 
depens de ces anses, peut etre represente par la formule 
a# c</ Si nous appelons m, n, /*, p les anses 
chromatiques qui se formeront aux depens de ce noyau 
(pi. VII, fig. 23 et 24), au moment de la division subsequente, 
*n n'estpasegala a, *i a </, /i a c et & a </> 
mais *n = i/ t a£ *t = i/ 2 a/, /i = «/ 2 cc/, 
p = ( / 2 cc/ C'tst ce qui ressort avec evidence de la 
serie des figures demi-schematiques, qui out ete repre- 
sentees. (PI. VI, fig. 19 a 24.) 

II n'esl malheureusemenl pas possible de decider si les 
groupes a#, «/procedenl, le premier, des anses pater- 
nelles, le second, des anses maternelles, ou si les anses 
paternelles repondent aux elements a, c, les anses 
maternelles aux groupes <£ ef, / si, en d'aulres termes, 
les elements pain nels et malernels restent separes dans 
la serie des generations cellulaires successives, ou si, au 
conlraire, il s'opere des unions bout a bout d'un element 
paternel et d'un element maternel. La premiere hypothese 
parait plus probable, si Ton se rappelle que, dans la pre- 
miere cellule de Fembryon, ou le noyau est represente par 
deux pronucleus separes, il ne s'opere aucune apposition 
bout a bout des elements chromatiques paternels et 
maternels.il est difficile d'admettre que la premiere cellule 
de I'embryon differe beaucoupdes cellules qu'elle engendre. 



§ III. — Origine des splie 

et du fuseau achromattque. 

C'est au stade equatorial que les spheres atlraclives, les 
corpuscules polaires loges a leur centre, les radiations des 
asters et les tibrilles du faseau aehromatique, presentent la 
plus grande nettete. Si, apres avoir tue par un melange a 
parlies egales d'alcool et d'acide acetique un amas d'oeufs 
montrant le stade equatorial dans le premier blastomere 
en voie de division, on colore les oeufs par de la glycerine 
additionnee de vert de malachite et de vesuvine, tous les 
elements achromaliques de la figure dicenlrique appa- 
raissent distinctement. En examinant une de ces figures 
de profil, I'axe du fuseau etant dirige perpendiculai- 
rement a I'axe du microscope, on voil le fuseau aehroma- 
tique coupe a son milieu par la plaque equaloriale compo- 
ses de ses quatre anses chromatiques, el Ton constate 
tout d'abord que la portion convexe, de chacune des anses 
se trouve en dedans du fuseau, tandis que leurs extre- 
mites libres siegent en dehors. Ceci revient a dire que 
l'etendue occup^e par les quatre anses reunies est beau- 
coup plus considerable que la section transversale du fuseau, 
pratiquee a mi-distance entre ses deux extremites. II est 
facile de voir aussi qu'un corpuscule teinte en vert clair 
siege a chacune des extremites du fuseau; c'est le corpus- 
cule polaire que Tun de nous a le premier signale dans les 
cellules en voie de division mitosique(l). Ce corpuscule est 

(1) Edouard Van Beneden, Recherche* sur les Dicycmides, Bull. 






( 263 ) 
forme ici par mi amas do granulations. II occupe Ic centre 
d'une figure radiaire bien circonscrite et a contour circu- 
laire; dans les limiles de cette region, circulate en coupe 
oplique,spheroida!een realite,on distingue desfibrilles ires 
apparentes, dirigees radiairement; ces fibrilles aboutissent 
a la surface des spheres et y presentent d'habitude des 
renflements. Cependanl elles ne s'arretent pas en ces 
points : dies se prolongent dans le vilellus et on peut 
les ponrsuivre jusqu'a la surface de ce dernier. Au dela 
de la surface des spheres, elles sont beaucoup plus 
minces que dans les limiles de ces dernieres. Si Ton 
donne a I'ensemble des figures stellaires le nom Masters, 
il y a lieu de distinguer dans ces derniers une portion cen- 
tral, de forme sphenoidale, bien circonscrite, se leignant 
en vert clair, comme le corpuscule polairequi occupe leur 
centre; ce sont ces portions centrales des asters que nous 
avons designees sous le nom de spheres attractives; elles 
se detachent en vert dans le fond faiblement colore du 
vilellus, si Ton examine l'ceuf a un faible grossissemenl. 

Les extremites <iu fuseau achromalique font partie des 
spheres attractives. Les portions terminales du fuseau sont 
formees, en effet, par des fibrilles plus epaisses que celles 
qui sont adjacentes a la plaque equatoriale et souvent il 
existe, sur le trajet de chaque fibrille achromalique, un 
renflemenl, marquanl la limite entre les deux portions du 
fuseau. II est souvent difficile d'ailleurs de voir netlement 
la limite enlre le fuseau et les fibrilles radiantes des asters: 
comme nous le montrerons plus loin, le fuseau n'est qu'une 
portion differenciee des asters, dans les limitesde laquelle 
les fibrilles se font remarquer par une plus grande epais- 
seur. Et de meme que Taster se constitue d'une portion 
centrale, la sphere attractive, et d'une portion corticale 



( 2 ^ ) 
repondant au vitellus, de meme chaque demi-fuseau 
comprend deux portions, l'une polaire, qui fait partie de la 
sphere attractive, I'autre equaloriale, qui se ratlaehe a la 
portion peripherique des asters. II n'y a pas que les fibrilles 
du fuseau qui s'inserent aux anseschromaliques primaires: 
les rayons des asters qui avoisinent le fuseau proprement 
dil peuvent etre poursuivis jusque dans le plan equatorial, 
et Ton peut en voir ca el la s'y terminer en s'inseranl 
aux cordons chromaliques. 

Si Ton examine de plus pres la constitution des spheres 
attractives, on remarque qu'il existe, immediatement 
autour des corpuscules polaires , qu'il vaudrait mieux 
appeler corpuscules centraux, une zone circulaire plus 
claire, dans les limiles de laquelle les radiations sont peu 
marquees et peu nombreuses. Elle est delimited par un 
cercle de granulations assez volumineuses. Des fibrilles 
reunissent ces granulations aux corpuscules centraux. 
Nous donnerons a ces zones centrales des spheres le nora 
de zones medullaires, en reservant le nom de zones 
cortkales a leur couche peripherique. Les fibrilles de 
la couche corlicale ne convergent pas toutes exactement 
vers le centre des spheres; on voit frequemment deux 
ou plusieurs fibrilles partir de l'une des granulations plus 
volumineuses qui siegent a la limite enlre la couche 
medullaire et la couche corticale. Ceci s'observe aussi dans 
le fuseau achromalique, et il en resulte que, dans beaucoup 
d'ceufs, il seroble que les pdles du fuseau ne repondent 
pas aux corpuscules centraux, mais bien a la limite entre la 
zone medullaire et la zone corticale des spheres. Le meme 
fait se constate a la limite entre la sphere attractive et le 
vitellus ambianl: la aussi Ton voit, si I'on suit les fibrilles 
radiairesdela peripherie vers le centre, deux ou plusieurs 



( 265 ) 

fibrilles conligues aboutir a un des granules qui siegent a 
la surface limite des spheres atlractives. II ressort de la 
que les radiations des asters el les fibrilles du fuseau achro- 
matique ne constituent pas des filaments simples, mais 
qu'elles se resolvent en pinceaux en certains points; ces 
points sont, d'une part, la limite entre la zone medullaire 
et la zone corticale des spheres attractives, d'autre part, 
la limite entre les spheres attractives el le reste du corps 
cellulaire. 

Toutes les fibrilles des asters ne sont pas egalement 
epaisses; de la meme facon qu'il existe deux cones differen- 
cies diriges vers 1'equateur qui forment ensemble le fuseau 
achromalique, et que nous appelons cones principanx, 
chaque c6ne principal repondant a un demi fuseau, de 
meme il existe des cones antipodes dont les centres repon- 
dent aux corpuscules centraux, tandis que leurs bases sont 
dirigees vers les poles de la cellule en voie de division. 
Les fibrilles qui constituent autant de generatrices de ces 
surfaces coniques sont plus epaisses que celles qui sont 
plus voisines de I'axe de la figure, et aussi que celles qui 
sont sitnees plus en dehors. Toutes ces generatrices s'in- 
serent a la surface de la cellule suivant une circonference 
concentrique au pole, et Ton distingue, suivant cetle cir- 
conference, un faible sillon que J'un de nous a figure, sans 
en connaitre la signification. Nous designerons sous le nom 
decercle polaire la portion legeremenlsaillante de la sur- 
face de la cellule delimitee par cette circonference. Ces 
cercles superuciels se voient tres distinctement, si Ton suit 
au microscope les phases successives de la segmentation, 
dans un ceuf vivant. lis se conservent meme parfois dans 
les ceufs fixes par les reactifs. 

Les radiations des asters dirigees vers le plan equatorial 
3 m * s£rie, tome xiv. 18 



( 266 ) 

n'atteignent pas toutes I'equateur : elJes s'arretent suivant 
deux lignes divergentes a partir des extremites de la 
plaque equatoriale de la figure dicentrique. Ces lignes 
divergentes marquent les limites des asters. Elles aboutis- 
sent a la surface de l'ceuf suivant deux lignes circulaires 
paralleles aux cercles polaires, plus rapprochees Tune de 
l'autre d'un cote de la cellule que de 1'autre. Elles delimitenl 
un anneau superficiel constituant, an debut de la division, 
un bourrelet equatorial que Tun de nous a deja figure 
planche XIX ter , figure 5. La portion du corps cellulaire, 
correspondant a cet anneau, presente en coupe la forme 
d'un triangle a base dirigee en dehors, et dont le sommet 
repond a la plaque equatoriale chromatique. (PI. VI, fig. 2.) 
Nous ne savons si les fibrilles des asters se prolonged 
dans cet anneau; en tous cas, s'il en est ainsi, elles y sont 
plus lenues que dans toutes les autres regions du corps 
cellulaire. 

Pour rendre comprehensible la description qui precede, 
nous avons figure dans un schema que I'on trouvera plus 
loin (pi. VI, fig. 2) les differenles particularity que nous 
venons de decrire. 

11 est facile de voir que les fibrilles achromatiques 
sont moniliformes, qu'elles sont formees de microsomes 
reunis entre eux par des interfils. On peut voir aussi ca 
et la que les microsomes de fibrilles voisines sont reunis 
entre eux Iransversalemenl, de telle sorle que les fibrilles 
ne sont ires probablement que des parlies plus apparentes, 
a cause d'une plus grande epaisseur, du treillis prolo- 
plasmique. 

Les diverses particulates du treillis protoplasmique, 
conslitue en alters, que nous venons de decrire, ne se 
voienl pas egalement bien dans tous les ceul's. Les fibrilles 



(267) 
sont plus ou moins complelemenl conservees par 1'agent 
fixateur. Les preparations par un melange a parlies egales 
d'acide acetique et d'alcool absolu montrent, en general, 
fort bien les fibrilles achromatiques et les details des 
asters. Cependant, les meilleurs objets que nous ayons 
oblenus ont ete rencontres dans des preparations faites a 
I'acide pur. Parnii les oeufs restes vivanls, au moment 
ou on substitue a I'acide la glycerine coloree, il en est 
qui meurent plusieurs jours apres el qui sont lente- 
menl saisis par le reste d'acide retenu par la glycerine. 
C'est dans ces ceufs que les details achromatiques se 
montrent avec la plus grande neltete. Malheureusement, il 
se developpe en meme temps dans le vitellus de ces ceufs 
des globules arrondis, de dimensions di verses, parfois 
considerables, qui se colorent en brun par la vesuvine. 
Leur presence rend la photographie de ces oeufs difficile. 

Les ceufs tues brusquement par I'acide acetique pur 
conservent fort incompletement les details de structure 
du protoplasme. Neanmoins ils se pretent fort bien a 
T£tude, non de la constitution, mais de l'histoire des 
spheres aitractives; en voici la raison : 

L'acide parait gonfter les microsomes et resoudre les 
fibrilles en granulations qui, n'etant plus reliees entre 
elles, ne permettent plus de reconnaitre les fibrilles dont 
elles proviennent. Tandis que le corpuscule central des 
spberes attractives reste parfaitement distinct, les rayons 
qui en partem deviennent indistincls. A la place de la 
sphere attractive a structure rayonnee, se voil alors une 
niasse uniformement granuleuse, entourant le corpuscule 
central. Cette masse, grace a cet aspect uniformement gra- 
nuleux, se detache nettement au milieu du protoplasme 
vitellin, qui presente un tout autre aspect. En outre, tan- 



( 268 ) 

dis que le reste du corps cellulaire se teinte a peine, la 
masse granuleuse qui repond a la sphere attractive prend 
une belle teinte vert clair; la chromatine nucleaire se 
colore en vert fonce ou en brun, suivant les conditions 
dans lesquelles s'est effectuee la coloration. Le corpuscule 
central, qui siege au milieu de la sphere attractive, se colore 
en vert plus fortement que le reste de la sphere. Les ele- 
ments constitutil's des spheres attracfives ne iixent jamais 
la vesuvine, tandis que le reste du corps vitellin se teinte 
volontiers en brun pale. Si done on examine, a un faible 
grossissement, un ceuf brusquement tue par I'acide pur et 
convenablement colore, les spheres atlractives se recon- 
naissent immediatement, en ce qu'elles apparaisse.ttl 
comme des taches vert clair, au milieu de chacune des- 
quelles siege un corpuscule plus vivement colore de la 
meme teinte. Les meilleures images s'obtiennent en colo- 
rant energiquement les ceufs et en les soumettant ensuite, 
pendant deux ou trois jours, a une decoloration progressive. 
Quand la decoloration est suffisanle, on monte de nouveau 
dans la glycerine au tiers. 

Des preparations faites suivant cette methode permetlent 
de decider quand apparaissent les spheres atlractives et de 
voir ce qu'elles deviennent. 

Origine des spheres atlractives. — L'un de nous, dans 
son memoire precedent, disait : 

« Je n'ai jamais vu apparaitre, pendant la serie des 
slades que je viens de decrire (formation des cordons chro- 
matiques dans les pronucleus), aucune trace ni de fuseau 
achromatique ni de pdles d attraction. Pour aulant que I'on 
puisse se fonder sur des resultats negatifs, je crois pouvoir 



expnmer I opinion que les poles ne s'accusent qu ; 
suivant, repondant a la phase eloil^e de Flemming. 



i st.-i.h' 



(269) 

L'etnde des preparations a 1'acide acetique nous permet 
de rectifier et de completer sur ce point nos precedents 
recherches. 

1) Les spheres atlractives existent deja dansl'oeuf, non 
seulement pendant les stades de pelolonnemenl, mais 
meme plus tot, alors que les pronucleus sont encore reti- 
cules et fort ecartes Pun de Pautre. 

2) Les deux spheres apparaissenl simultanement. Si 
parfois on croit n'en voir qu'une, cela depend de la posi- 
tion relative des deux organes relalivement a Pobserva- 
teur. 

3) El'es sont peu ecartees Tune de l'autre au debut et 
parfois, sinon toujours, des hbrilles reunissent Pun a Pautre 
Jeurs corpuscules cenlraux (preparations au melange d'acide 
et d'alcool). 

4) Leur position relativemenl aux pronucleus varie 
beaucoup d'un oeuf a Pautre, au moins en apparence. Nous 
disons en apparence, parce que ces differences peuvent 
dependre de la position de Pceuf relativement a Pobserva- 
leur; elles dependent cerlainemenl aussi en partie du slade 
de developpemenl que Pon a sous les yeux. Les deux spheres 
contigues se voient parfois fort ecartees des deux pronu- 
cleus, ou de Pun seulement d'entre eux. Elles se projettent 
parfois entre Iesdeux pronucleus ;le plus souvenl on lesvoit 
d'un meme cole des elemen!snucleaires,egalement eloignes 
de Pun et de Pautre, ou plus voisins de Pun d'eux. Quand les 
pronucleus, munis chacun d'un gros cordon chromatique 
pelolonne, se rapprochent Pun de Pautre, la figure dicen- 
trique se dessine : les deux spheres prennent alors une posi- 
tion determinee vis-a-vis des pronucleus. Elles se trouvent 
alors au contact immediat de ces elements, dans Pecarle- 
ment qu'ils laisscnt entre eux. La droite reunissant les 



(270) 
corpuscules centraux croise perpendiculairement celle par 
laquelle on peut reunir les centres des pronucleus. Cepen- 
dant ces deux droites ne se trouvent jamais, a aucun stade 
du developpement, dans un seul et meme plan. Cela depend 
probablcment de ce que les spheres attraclives sont reliees 
l'une a I'autre et d'abord placees d'un meme cole des pro- 
nucleus. C'est ce qui fait aussi que I'axe de la figure dicen- 
trique, ou, ce qui revient au meme, la droite reunissant 
entre eux les corpuscules centraux des asters, ne repond 
pas davantage a un diamelre du globe vitellin, et qu'elle ne 
passe jamais par le centre de l'etoile chromalique. Les cer- 
cles polaires de la cellule et, par consequent, leurs centres, 
ne repondent jamais aux e\u. ; u:(. - <i"u n liametre du globe 
vitellin. L'anneau equatorial est plus large d'un cdte que 
de I'autre, et le sillon qui amene la division de la cellule 
en deux moilies commence loujours d'un cote, la ou l'an- 
neau equatorial est le plus etroit. Les centres des cercles 
polaires, les corpuscules centraux des spheres attraclives 
et le centre de figure du globe vitellin, se trouvent sur le 
trajet d'une ligne conrbe tournant sa convexite du cote oil 
l'anneau equatorial est le plus large. (PI. VI, fig. 2.) Tout 
cela depend de la position primordiale des spheres attrac- 
lives, reliees entre elles, vis-a-vis des pronucleus. (PI. VI, 
fig. 1.) Le plan median de l'oeuf passe par la courbe qui 
reunit entre eux les centres des cercles polaires, les cor- 
puscules centraux des spheres attractives et le centre de 
l'ceuf. Ce plan passe entre les deux pronucleus: un pronu- 
cleus se trouve dans chaque moitie de l'oeuf, et ces deux 
elements nucleases sont symetriquement places relative- 
ment au plan median (pi. VI, fig. 1). 

Comme Tun des pronucleus derive du pere, I'autre de 
la mere, Tun du male, I'autre de la femelle, il n'y a pas 



(271 ) 
identite entre les deux moities droite et gauche de la cel- 
lule, quoiqu'il soil impossible de distinguer les uns des 
autres les pronucleus et les anses chromatiques qui en 
derivent. 

Le premier plan de division est perpendiculaire a celui 
que nous considerons comme etant le plan de symetrie. 
On ne peul considerer le plan suivant lequel se fait la 
division, comme plan de symetrie, parce que les deux poles 
de la cellule ne sont pas idenliques entre eux : 

A Tun des poles siege une saillie polaire beaucoup plus 
marquee et formee par une accumulation de protoplasme 
hyalin plus considerable qu'a I'aulre; les deux premiers 
blastomeres different entre eux par leurs dimensions; Tun 
est notablement plus granuleux que I'aulre; Tun est exclu- 
sivement ectodermique, I'aulre renferme I'ebauche de 
I'endoderme. Nous etions arrives, en ce qui concerne la 
valeur des deux premiers blastomeres, aux memes conclu- 
sions que Hallez. Le premier plan de division ne devient 
pas, chez I'Ascaris, le plan median de 1'animai, conlraire- 
ment a ce qui a ete etabli pour la grenouille et pour la 
claveline. 

Le premier plan de division ne presente done pas, chez 
tous les animaux, le meme rapport avec le plan median de 
1 adulle, el I'exemple de I'Ascaris prouve que le plan de sy- 
meiriedu premier blastomere n'est pas le plan de separa- 
tion, mais bien un plan passant par les poles organiques de 
la cellule, fort rapproches Tun de I'aulre au debut. (PI. VI, 

5) Les spheres altractives sont d'autanl plus apparenles 
et d'autanl plus etendues que les pronucleus sont plus 
avances dans leur developpement. Nous ne les avons pas 
observees au moment de la formation du second globule 
polaire. Nous ne pouvons rien dire de certain quant a leur 



( 272 ) 
origine. Nous inclinons a croire cependant, en nous fon- 
dant sur certaines images ou les spheres paraissaienl 
exister au voisinage du pronucleus femelle, encore peu 
eloigne du second globule polaire, qu'elles derivent de la 
seconde figure pseudokaryokinetique. 

6) II est absolumenl certain que le fuseau achroma- 
tique derive en partie des spheres attraclives. Alors que 
les contours des pronucleus existent encore, on voil ceux 
des rayons des spheres qui sont diriges vers les pro- 
nucleus devenir plus apparents que lous les autres rayons 
des asters. Sou vent ils convergent, non vers les centres 
des spheres attraclives, mais vers un globule situe a 
la limite entre la zone medullaire et la zone corticale 
des spheres. II semble alors qu'il exisle deux centres 
stellaires, 1'un pour le fuseau, I'autre pour Taster. A ce 
moment les pronucleus se moulenl verilablement sur les 
spheres. 



Destinee des spheres attraclives. — Dedoublement par 
division des corpuscules centraux et des spheres attrac- 
tives. — Les spheres attractives constituent des organes 
permanent* de la cellule. — Elles president a la division 
de la cellule. 

L'un de nous a reconnu precedemmenl que les spheres 
attractives n'interviennent en rien dans redification des 
noyaux des cellules lilies, qu'on les retrouve, quoique 
reduites, a cote des noyaux reconstitutes. Disparaissenl-elles 
plus tard? Les preparations a I'alcool n'ont pas permis de 
resoudre cette question. L'etude des preparations a 1'acide 
acelique et au melange d'acide et d'alcool absolu, colorees 



(275) 
par la glycerine addilionnee de vert de malachite et de 
vesuvine, nous a monlre qu'elles ne disparaissent pas, 
qu'elles persistent a cote des noyaux, en tant que portions 
diflerenciees du corps cellulaire, avec leurs corpuscules 
centraux, a tous les moments de la vie cellulaire. 

II y a lieu de faire observer ici que Ton ne peul con- 
fondre les spheres attraclives avec les asters. La structure 
radiaire du protoplasme cellulaire, d'ou resulte l'image 
designee sous le nom d'asler, est caracleristique de certains 
stades determines de la vie cellulaire. C'est pendant la 
cinese que les asters apparaissent neltement ; ils attei- 
gnent leur maximum de neltele et d'etendue au slade 
equatorial. A ce moment le fuseau achromatique est aussi 
distinct que possible; il se conslitue de deux cones fibril- 
laires adjacenls base a base, la plaque equatoriale, formee 
parlesanseschromatiquesprimaires, etantinterposeeentre 
les bases des deux demi-fuseaux. 

La plupart des fibrilles des cones s'inserenl aux anses 
chromaliques, el il est impossible de les poursuivre a 
travers le plan equatorial de la figure dicentrique. On 
observe souvent de l^geressaillies aux points ou les anses 
chromaliques donnenl insertion aux fibrilles aehroma- 
Dques. Cependant toutes les fibrilles ne s'inserenl pas aux 
anses chromaliques : un certain nombre de ces elements 
relient entre eux les deux centres de la figure dicentrique. 
Au debut de la milose, alors que les deux spheres attrac- 
lives se trouxent d'un meme cole du noyau, au voisinage 
rune de 1'aulre, les centres des spheres soul manifestement 
relies entre eux par des fibrilles. Cependant la plus grande 
partie du fuseau se conslilue, non pas aux depens de ces 
filaments, mais aux depens de deux secteurs des spheres 
donl les rayons sonl diriges vers le noyau en voie de 
cinese. 



(274) 

Au slade equatorial, les rayons des ast 
la plus grande partie da corps cellulaire, sinon le corps 
cellulaire tout entier. Noh seulement la couche periphe- 
rique du corps cellulaire, mais aussi la sphere attractive 
presentent, a ce moment, une structure netlement radiee. 

Les radiations de l'aster, quoique deja plus faiblement 
accusees, sont encore tres nettes au stade de la division 
earaclerise par le dyaster, et meme encore au moment ou 
les noyaux des cellules filles se reconslituent en noyaux 
vesiculeux a structure reticulee. Seulement les radiations 
deviennent de moins en moins apparentes, et quand 
les noyaux ont revetu les caracteres de noyaux au repos, 
Taster est devenu tout a fail indistinct. 

II n'en est pas de meme des spheres altractives : celles-ci 
persistent; la limite qui les separait du reste du corps 
cellulaire ne disparait pas, et la portion du corps proto- 
plasmique de la cellule, circonscrile par cette limite, con- 
serve des caracteres speciaux qui permettent de la recon- 
nailre : elle montre dans les preparations a I'acide 
acetique I'apparence uniformement granulee qui contraste 
avec I'aspect du reste du corps cellulaire; elle conserve 
cette aflinite speciale pour le vert de malachite, qui la 
fait apparaitre comme une lache coloree, dans le fond 
beaucoup clair du protoplasme. Au milieu de la tache 
se voit loujours le corpuscule polaire simple ou dedouble, 
reconnaissahle a sa coloration d'un vert plus vif que celui 
de la sphere elle-meme. 

Au moment ou les noyaux derives se reconslituent aiis 
depens des elements chromaliques du noyau maternel, les 
spheres s'aplatissent et s'allongenl dans une direction 
perpendiculaire a l'axe de I'ancienne ligure dicentrique. 
(PI. VI, fig. 3 et 4 ) Au lieu d'un corpuscule central arroiuli 



(278) 

on trouve au milieu de la sphere, modifiee dans sa forme, 
une tigelle a direction transversale, renflee anx doux bouls 
et ressemblant a une hallere. (PI. I, fig. 7 et 8.) Puis les 
renflemenls terminaux s'accusent davanlage, tandisquele 
lien qui les reunissait entre eux devient plus grele. A des 
stades plus avances, au lieu d'un corpuscule central, on 
en voil deux, de sorte que la tache foneee, interposee entre 
le noyau el la surface de la cellule, presenle alors deux 
centres. Le corpuscule central s'esl dedouble. 

Pendant que ces changements s'accomplissent, le noyau 
reconstitue" s'est approche de la surface de la cellule 
et, a un moment donne, il n'en est guere separe que par 
la sphere attractive. Puis il s'ecarte de nouveau de la 
surface; il alleint son plus grand volume et presente la 
structure caracteristique du noyau au repos. La sphere 
attractive deja dedoublee ne suit pas exactement ces 
changements de position: elle reste au voisinage de la 
surface et se trouve, pendant quelque temps, distante du 
noyau. Elle est si apparente que, dans les preparations bien 
colorees, elle se reconnait aussi facilement que le noyau 
lui-meme. 

Au moment ou le noyau se prepare a une nouvelle 
cinese et que les cordons chromatiques sy constituent, la 
sphere attractive a subi une modification importante: elle 
s'est complement dedoublee en deux spheres conligues, 
ayant respectivement pour centres les corpuscules resul- 
tant de la division du corpuscule central de la sphere 
maternelle. (PI. F, fig. 9, 10 etll.) 

Cette division de la sphere, qui debute par le dedou- 
blement du corpuscule central, precede done la division 
du noyau : il y a plus, elle debute avant rachevement de 
la division cellulaire anterieure : avant meme que le noyau 



(276 ) 
cellulaire soit complement reconstitue, souvent meme 
deja au stade dyaster, la sphere altraclive est pourvue de 
deux centres, et Ton peul dire qu'elle est virluellemenl 
divisee. La sphere attractive, ainsi pourvue de deux corpus- 
cules centraux, occupe, dans la cellule reconstitute, la region 
avoisinanl le cercle polaire. II est clair que la cellule pre- 
sente a ce moment une symetrie bilaterale manifeste. L'axe 
passant par le centre du cercle polaire, le milieu de la 
sphere attractive, a mi-distance enlre les deux corpus- 
cules centraux et le milieu du noyau, vienl aboulir au 
miiieu de la (ace cellulaire repondant au plan de sepa- 
ration entre les deux cellules filles nees du premier blas- 
tomere. II est bien evident que les deux extremites de cet 
axe ont une lout autre valeur. La sphere attractive siege 
entre le noyau et Tune des extremites de cet axe;de 
Paulre cole du noyau, il n'y a rien de comparable a cette 
sphere. Par contre, dece cote se trouvenl les restes des 
filaments de reunion qui, jusqu'au moment de la division 
complete, reunissaient Tun a l'autre les noyaux des deux 
cellules filles. L'axe a done deux poles d'inegale valeur, 
tout comme l'axe d'un ceuf de poule ou de grenouille. 
N'etait que la sphere attractive a maintenant deux 
corpuscules centraux, n'elaient la position du cercle 
polaire et la direction du cercle subequatorial, tout plan 
passant par l'axe cellulaire diviserail celui-ci en deux 
moities semblables. Mais, en raison de la presence, dans 
la sphere attractive, de deux centres d'atlraction, en raison 
aussi des aulres parlieularites que nous venons d'indiquer 
et dont il sera question plus loin, il n'y a qu'nn plan qui 
puisse diviser la cellule en deux moities semblables, e'est 
un plan passant a la fois par l'axe de la cellule el par la 
ligne reunissant entre eux les deux corpuscules centraux. 






(277) 

Les premiers blastomeres ont, comme I'oeuf feconde, 
non seulement une symetrie monaxone, mais une struc- 
ture bilalerale. II est probable que c'est la un earactere 
commun a toute cellule et Ton doit concevoir un orga- 
nisme cellulaire, non comme forme de couches concen- 
triques, mais comme prcsentanl essentiellement un axe 
a extremiles differentes et un plan unique de symetrie. 
Cette symetrie bilalerale de la cellule est probablement 
la cause de la symetrie bilaterale des organismes plus 
complexes, des animaux en particulier. II est bien prouve 
maintenant que la symetrie bilaterale est primordiale 
chez les Radiaires, les Echinodermes et les Zoophytes, 
comme chez les Mollusques, les Vers, les Arthropodes et 
les Chordes : la symetrie radiee n'apparait que secondai- 
rement chez les Echinodermes et les Coelenferes. Nous 
pensons que la meme demonstration sera faite un jour 
pour les protozoaires et pour les vegetaux. 

Apres la division de la sphere attractive en deux spheres 
filles, dans chacune desquelles les radiations stellaires ne 
tardent pas a apparailre, celles-ci restent adjacentes a la 
surface de la cellule; elles determinent une depression de 
cette surface aux points ou elles adherent. Entre les deux 
depressions, la surface cellulaire forme, au contraire, une 
saillie. Ces depressions repondent aux cercles polaires et 
subequatoriaux des cellules filles en voie de formation, et 
la saillie interposee entre elles est le premier indice de la 
portion retrecie du bourrelet equatorial de la cellule en 
voie de division. (PI. VI, fig. 5.) 

Les deux spheres atlractives, quoique separees Tune de 
Tautre, se trouvent encore du meme cole du noyau, au 
stade de pelotonnement (spirem). (PI. I, fig. II.) Leurs 
corpuscules centraux sont relies entre eux par des fila- 



( 278 ;. 

ments, qui constituent avec les fibrilles dirigees vers le 
noyau un fuseau achromalique de Ires pelites dimensions. 

Bientot les spheres s'ecarte.nt davantage de la surface 
de la cellule, mais elles restent unies a cette surface par des 
filaments; en meme temps qu'elles s'eloignent l'une de 
I'autre, elles s'agrandissenl et elles en arrivent a toucher 
le noyau dans lequel des cordons chromatiques de plus en 
plus epais se sont constilues. Des filaments radies de 
chacune des spheres s'inserenl manifestement a la surface 
du noyau. 

Peu a peu les spheres filles en arrivent a gagner deux 
extremites opposees du noyau en voie de division (pi. I, 
fig. 12); a ce moment quatre anses primaires se sont for- 
mees aux depens des cordons chromatiques du noyau 
maternel; ces anses se disposent dans un plan perpendi- 
culaire a la droite reunissant entre eux les centres des 
spheres. Neanmoins la position primitivement laterale du 
fuseau achromatique est toujours bien reconnaissable : la 
droite reunissant les centres attractifs ne passe pas par le 
centre de I'etoile chromatique. (PI. I, fig. 12, a gauche.) 
Celle-ci se trouve presque tout entiere d'un meme cote 
de cette droite. L'axe de la figure dicentrique est une 
ligne courbe et les poles organiques de la cellule en voie 
de division, marques par les cercles polaires, ne repondent 
pas aux poles geometriques de la cellule. Le sillon qui 
amene la division de la cellule apparait d'abord au point 
correspondant au cercle polaire, main tenant efface, de la 
cellule maternelle. 

La figure dicentrique se trouve reconslituee. Une nou- 
velle division est imminente. II en resultera la formation 
de quatre blastomeres. 

La serie des phenomenes se reproduit idenlique quand 



( 279 ) 
les quatre premiers blastomeres se divisent a leur lour. 
Nous sommes done autorises a penser que la sphere 
attractive avec son corpuscule central constitue un organe 
permanent, non seulement pour les premiers blastomeres, 
mais pour toule cellule; qu'elle constitue un organe de 
la cellule au meme litre que le noyau lui-meme; que lout 
corpuscule central derive d'un corpuscule anlerieur; que 
toute sphere procede d'une sphere anterieure, et que la 
division de la sphere precede celle du noyau cellulaire. 

Quelle est la fonclion de cet organe? 

La division de la cellule est activement determined par 
les fibrilles moniliformes des asters et du fuseau achroma- 
lique. Leur structure est comparable a celle des fibrilles 
musculaires strides (1). Plusieurs fails etablissent que les 
fibrilles du treillis protoplasmique sont les agents de la 
contractilile du protoplasme; nous avons fait connailre 
plus haut, en parlanl des figures chromatiques, de nou- 
veaux faits qui etablissent en particulier la contractilile 
des fibrilles du fuseau. Si la division de la sphere attrac- 
tive est deja en partie effecluee dans la cellule au repos, 
si tout au moins le corpuscule central s'y trouve deja 
dedouble, il est clair que ia cause immediate de la division 
cellulaire ne reside pas dans le noyau, mais bien en dehors 
du noyau, et specialement dans le corpuscule central des 
spheres. II est prohable que les filaments des cdnes prin- 
cipaux determinent en se contractant, sinon le dedouble- 
menl des anses chromatiques primaires, tout au moins 
fecartement et le cheminement des anses chromatiques 
secondaires vers les poles de la figure dicentrique; que les 
filaments qui, partant de ce meme corpuscule central, soit 

(i) Edouard Van Beseden, loc. cit. 



( 280 ) 
flirectement, soit indirectement, se fixent a la surface de 
la cellule, plus particulierement suivant les surfaces 
coniques tin cone antipode, reliennent le corpuscule cen- 
tral et, enl'empechant d'etre attire vers le plan equatorial 
par Taction des fibrilles du fuseau, font de lui un point 
d'appui permeltanl l'ecarlement des anses chromaliques 
secondaires. 

Dans notre opinion, tons les mouvements internes qui 
accompagnent la division cellulaire out leur cause imme- 
diate dans la conlractilite des fibrilles du protoplasme cel- 
lulaire et dans leur arrangement en une sorte de systeme 
musculaire radiaire, compose de groupes antagonists; le 
corpuscule central joue dans le systeme le role d'un organe 
d'insertion. Des divers organes de la cellule c'est lui qui 
se divise en premier lieu, et son dedoublement amende 
groupement des elements contractils de la cellule en deux 
syslemes ayant chacun leur centre. La presence de ces 
deux systemes entraine la division cellulaire et determine 
activement le cheminement des etoiles chromatiques 
secondaires dans des directions opposees. Une parlie 
importanle des phenomenes qui constituent la einese a 
done sa cause efficiente, non dans le noyau, mais dans le 
corps protoplasmtque de la cellule. D'ou vient 1'impulsion 
qui determine le dedoublement des corpuscules cenlraux, 
la formation des cordons pelotonnes et la division longi- 
ludinale des anses? Reside-t-elle dans le noyau, ou dans 
le corps cellulaire? Aucune donnee positive ne permet de 
resoudre cette question. Nous n'avons reussi a etablir que 
deux choses : c'est l'existence dans la cellule d'un appared 
ou d'un mecanisme qui preside a la division cellulaire, 
comme noire systeme musculaire a la locomotion, et le 
dedoublement de ce mecanisme prealablement a la division 
nucleaire. 



( m ) 



§ 4. — Quelques faits relatifs a la forme et 

du corps cellulaire pendant la mitose. 

La forme du globe vilellin n'esl jamais, pendant la cinese, 
ni celle d'une sphere, ni celle d'un ovo'ide regulier. Les 
faits qui ont ete signales a eel egard et les particularity 
qui ont ete figurees (pi. XIX lcr , fig. 5, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 
11 et 12 (1)) peuvent etre constates, non seulement sur 
des oeufs fixes par les reactifs, mais aussi sur le vivant. 

II existe constamment, au moment de la metaphase, 
en deux points opposes de la cellule, deux sailliessiegeant 
non pas aux deux extremites du grand axe de I'ovoide 
vitellin, mais en des points voisins de ces extremites^ d'un 
meme cote de eel axe. (PI. VF, fig. 2.) Les deux sail lies, 
repondant a ce que nous avons appele plus haut les zones 
polaires, sont tres apparentes sur le vivant; elles sont 
inegalement developpees, Tune etaut plus marquee que 
I'autre et formee par une accumulation plus considerable 
de protoplasme hyalin. Elles sont delimitees par une ligne 
circulaire suivant laquelle regne souvent un leger sillon, 
le cercle polaire. 

Suivant I'equateur de I'oauf regne un bourrelet equato- 
rial, plus large d'un cdte, plus etroit de I'autre. II est limite 
par deux cercles subequatoriaux, concentriques aux cercles 
polaires. 



{ 282 ) 

L'etude des oeufs que Ton a fixes au moyen d'un 
melange a parties egales d'acide acetique et d'alcool absolu 
permet de reconnaitre : 

1° Que les cerclessubequatoriaux marquent, a la surface 
de la cellule, les limites des portions du corps cellulaire 
qui sont envahies par les radiations des asters : qu'au 
stade de la metakinese, le corps cellulaire se constilue de 
trois parties. (PI. VI fig. 2.) II comprend a) deux regions 
astero'ides, de forme arrondie, a structure radiaire, ayant 
pour centres les corpuscules cenlraux des spheres attrac- 
lives etseparees I'une de I'aulre, au milieu du corps cellu- 
laire, par la plaque equaloriale chromatique; et b) un anneau 
marginal, determinant la formation superficielle que nous 
avons appelee le bourrelet equatorial. En coupe optique, 
eel anneau a une section triangulaire, la base du triangle 
dirigee en dehors, repondant au bourrelet equatorial, son 
sommet dirige en dedans a la plaque chromatique. L'an- 
neau equatorial a la forme d'un prisme triangulaire, 
contourne sur lui-meme en un anneau. Des trois faces du 
prisme, deux, adjacentes aux regions astero'ides, sont 
concaves; la troisieme, convexe, regarde en dehors. Cette 
subdivision du corps cellulaire depend de ce que les deux 
asters, ovo'ides Tun et I'aulre, separ^s entre eux par la pla- 
que equatoriale chromalique, n'envahissent pas tout le 
corps cellulaire. 

2 U Les cercles et les saillies polaires dependent de la 
presence des cones antipodes, e'est-a-dire de cones fibril- 
laires suivanl lesquels les radiations des asters sont parli- 
culierement volumineuses et par la plus actives. Les saillies 
polaires sont probablement sous la dependance des con- 
tractions des fibrilles des cones antipodes. 

On constate, pendant la division des spermatogones, 



( 285 ) 
des particularity rappelanl singulierement celles que je 
viens de signaler au 1° (voir pi. XIX ter , fig. 16 el 17 (1)); 
des cercles polaires et subequatoriaux se montrent tres 
iH'itement, pendant la segmentation, chez la Claveline et 
siiissi chez le Lapin. 

II y a done tout lieu de supposer que ces particulates 
de forme qui, comme nous venons de le voir, sont sous la 
dependance de la structure, ne sont nullement accidentelles, 
mais bien au contraire caracteristiques de toule division 
cellulaire. L'un de nous avail constate que, dans les blas- 
lomeresde la Claveline, deux systemes de cercles concen- 
ii iques superficiels, d'abord tres voisins fun de I'autre au 
debut de la cinese, s'ecartenl rapidement Tun de I'autre, 
de I'acon a gagner peu a peu deux points opposes de la 
cellule, au moment de la metakinese. II en est de meme 
chez I'Ascaris (pi. VI, fig. 1 et 5), et 1'ecartement des sys- 
temes concentriques superficiels marche parallelement 
avec 1'ecartement progressif des spheres attractives pen- 
dant les prophases. 

Au fur el a mesure que la cinese progresse et que les 
etoiles secondaires secartent Tune de I'autre, les regions 
asteroides (asters) diminuent d'etendue, et, au conlraire, 
1 anneau equatorial s'elargit. II gagne exactement en epais- 
seur ce dont les etoiles chromatiques s'ecartent I'une de 
I autre, e'est-a-dire que ces etoiles respondent aux surfaces 
qui lerminent les aslers du cote equatorial. (PI. VF, fig. 2, 
3, 4.) 

L'anneau equatorial proprement dit, qui se lerminait 



> Van Beneden, Rechcrches sur la maturalio 



( 284 ) 
en dedans par un bord, au stade de la metakinese (pi. VI, 
iig. 2), se complete, pendant la periode de la metaphase, 
vers l'axe de la cellule, par la substance protoplasmi<|ue 
qui s'accumule entre lesetoiles cbromatiques secondaires. 
L'anneau devient ainsi un disque separant entre elles les 
deux regions asteroides reduiles. (PI. Vf, tig. 3 et A.) Ce 
disque a la forme d'une lentille biconcave. En meme temps, 
les deux cercles subequatoriaux superflciels se rapprochent 
des poles (voir pi. XIX ter fig. 9 et 10 (1)). 

La reduction des regions asteroides et Paccroisseraeol 
progressif du disque interpose s'accusent de plus en plus. 
Au stade dyaster, le disque se subdivise en deux portions, 
au moment ou la division cellulaire s'accomplil. 

Chaque cellule-fille se constitue alors d'une region aste- 
roide reduite, ayanl pour centre le corpuscule central, et 
d'un demi-disque Ires epais, plan d'un cote, concave de 
l'autre; par sa concavite il se moule sur la region aste- 
ro'ide et le noyau, en voie de rectification, siege a la limite 
entre les deux. Un cercle marque a la surface la limite 
entre les deux portions : c'est le cercle subequatorial. Un 
sillon plus ou moins accuse regne suivant ce cercle. 
(PI. VI, fig. 6.) Dans le demi-disque qui se moule sur la 
region astero'ide par une surface concave, le noyau se 
trouvant entre les deux, il y a lieu de distinguer, au 
point de vue de leur origine, trois regions distinctes. 
Au moment de la premiere metakinese, on ne voit plus 
nettemenl les contours des pronucleus; la masse achro- 
matique des pronucleus s'est confondue avec le proto- 
plasme cellulaire. Cependant I'espace qu'occupaient les 



) Van Beneden, loc. 



( 283 ) 
pronucleus preseule eucore un aspect pai iicuiicr, <:e (|iii 
permet de distinguer encore vaguement la limite des corps 
nucleases (voir pi. XIX ler , lig. 6 et suivantes (1)). L'espace 
nucleaire s'elend tres rapidement, au point d'envahir une 
partie de plus en plus considerable du corps cellulaire. 
Quand, daulre part, les etoiles chromatiques secondaires 
s'ecartent 1'une de I'aulre, l'espace interpose entre ces 
etoiles se remplit d'une substance claire, et cet espace est 
bien delimite par les filaments de reunion, qui relient les 
uns aux autres les elements chromatiques des deux etoiles. 
Quand done la cellule se divise, chaque demi-disque se 
constitue de trois regions concentriques : une region mar- 
ginal provenant du corps cellulaire de la cellule mater- 
nelle, et plus particulieremenl de I'anneau equatorial; une 
region intermediate provenant de la portion achromalique 
des pronucleus; une portion mediane provenant de la sub- 
stance accumulee entre les etoiles chromatiques secon- 
daires, pendant I'ecarlement de ces dernieres. Les fila- 
ments de reunion les plus exlernes marquent la limite 
entre les deux dernieres portions du demi-disque. 

Et puisque nous parlons des filaments de reunion, nous 
mentionnerons ici un fait inleressant, e'est que le faisceau 
ubrillaire, forme par I'ensemble des filaments de reunion, 
presente des variations remarquables dans le cours de la 
cinese. Jusqu'au moment ou lesillon qui amene la division 
de la cellule commence a se former, I'ensemble du faisceau 
presente, vu en coupe optique, la forme d'une bande 
librillaire, a bords parallels, interposee entre les etoiles 
chromatiques secondaires. Pendant la formation du sillon 



( 286 ) 
el immediatementapres, la bande fibriliaire s'etrangleason 
milieu (pi. I, fig. 8), les filaments de reunion cessent d'etre 
parallels entre eux el reclilignes; la section du faisceau 
au niveau du plan equatorial est plus petite qu'au niveau 
des etoiles chromatiques. En partant de ces dernieres, 
les filaments de reunion s'inclinenl en dedans, de fagon a 
former ensemble deux cones lronqu£s, un pour chaque 
cellule fille, les bases des cones repondant aux etoiles 
chromatiques secondaires. La separation des deux cellules 
lilies se tail en dernier lieu suivant la troncature des 
cones, au niveau du plan equatorial. Immediatemen apres, 
le cone de reunion de chacune des cellules filles gonfle; 
les tibrilles, de rectilignes qu'elles etaient, deviennent 
incurvees, leur convexite elant dirigee en dedans. Le cone 
augmente tres rapidement de volume; sa troncature s'etend 
rapidemenl dans tous les sens, au point de 1'emporter 
bienlot en etendue sur la base du cone repondant a I'etoile 
chromatique. Les filaments de reunion divergents devieu- 
nent de moins en moins nets, et il est difficile, parfois 
meme impossible, de les distinguer encore, quand le noyau 
est complelement reconstitue. 

L'etranglementquesubit la bande fibriliaire que fornienl 
ensemble les filaments de reunion, au moment ou s'opere 
la separation des deux cellules, prouve que la formation du 
sillon de separation s'accompagne d'une contraction cir- 
culate du bourrelet equatorial a mi-distance entre les 
cercles subequaloriaux. Cette contraction est plus forte 
du c6te ou le sillon apparait en premier lieu; car les axes 
des cdnes de reunion resultant de la transformation de la 
bande fibriliaire ne se Iron vent pas dans one meme direc- 
tion; ils torment ensemble un ancle ouvert du cote ou le 



(287) 

bourrelet equatorial est le plus etroit, c'est-a-dire du cote 
ou le sillon apparait en premier lieu. 

Revenons a la constitution du derai-disque equatorial, 
au moment ou les cellules viennent de se separer. Nous 
avons vu qu'il se constitue de trois parties : un cdne de 
reunion, une portion provenant de la substance achroma- 
tique des pronucleus, enfin d'un demi-anneau equatorial. 
II presente la m£me constitution dans les blastomeres 
subsequents, avec cette difference toutefois que la partie 
qui, dans les deux premiers blastomeres, provient des 
pronucleus, derive, dans les blastomeres subsequents, de 
la substance achromatique du noyau maternel. 

Le corps cellulaire des cellules filles se constitue done 
de diverses portions : une de ses moities procede de Taster 
reduit et, par consequent, du corps cellulaire de la cellule 
maternelle; I'autre moitie resulte de la transformation de 
la substance achromatique du noyau maternel, y compris 
un cone de reunion; entre les deux regne une bande 
circulaire qui derive, eile aussi, du corps cellulaire, et n'esl 
qu'une moitie" de l'anneau equatorial de la cellule mere. 
Dans la portion asteroide du corps de la cellule fdle siege 
la sphere attractive; le noyau se trouve a la limite entre la 
region asteroide et la region d'origine nucleaire. 

La structure du protoplasme est differente dans la 
portion d'origine cellulaire et dans la portion d'origine 
nucleaire de la cellule fille : le protoplasme est plus dense, 
plus finement granuleux et moins transparent dans la 
portion d'origine cellulaire; il est plutot vacuoleux, plus 
clair, moins apte a fixer les matieres colorantes dans la 
portion d'origine nucleaire. 

Dans les premiers blastomeres, au stade IF, plus encore 






( 288 ) 
au stade IV et au stade VIII, la forme des blaslomeres au 
repos est tout a fait caracteristique : les portions aslero'ides 
des cellules forment une saillie hemispfaerique tres mar- 
quee, separee par un sillon circulate du resle du corps 
cellulaire. II en resulte des images ires parliculieres. 
(Pl.VI,iig.6) 

Comme le hourrelel equatorial de la cellule mere est 
beaucoup plus large d'un c6te, plus retreci de I'autre, il 
en resulte que les moities de cet anneau sont aussi plus 
larges d'un cote que de I'autre dans les cellules filles. La 
symelrie bilaterale de ces cellules en ressort avec evidence. 

Les fails qui precedent onl deja ele signales en partie 
dans les travaux de Tun de nous. lis n'ont guere attire 
I'attention jusqu'ici, et M. Zacharias, qui s'est specialement 
occupe du developpement de TAscaris, ne les a pas 
remarques. II donne a tous les blastomeres une forme 
qu'ils ne presentent jamais. 

Nous pensons que ces fails meritent d'elre Studies; ils 
montrent que les formes cellulaircs sont en rapport avec 
leur structure complexe; ils etablissent la symelrie bilate- 
rale de la cellule et se lient intimement aux phenomenes 
de la cinese. 

Post-scriptum. — La communication qui precede a ete 
deposee a la Ciasse des sciences de 1'Academie royale de 
Belgique a sa seance du 7 aout 1887. Un expose verbal 
en a ele fait par Tun de nous, et les planches ont ete mises 
sous les yeux des membres de la Classe. 

Au commencement de fevrier de cette annee, Tun de 
nous a rendu compte, dans une conference qu'il a faite a 
la Sociele royale de microscopie de Bruxelles, des princi- 



( 289 ) 
paux resultais tie nos recherches ; il a projete uneserie de 
positifs sur verre montrant la division des spheres altrac- 
tives et des corpuscules centraux, et il a mis sous les yeux 
des membres de la Societe une serie de preparations rela- 
tive a I'origine et a la multiplication des organes altrac- 
tifs des blastomeres, et a la reconstitution des noyaux 
aux depens des elements ehromatiques du dyaster. La 
ddcouverte de la division des spheres attractives et des 
corpuscules centraux a ele communiquee a Flemming 
dans une lettre que Pan de nous lui a adressee en 
1885; a Weissmann, lors de son voyage en Belgique en 
aout 1885, a Rahl, dans une conversation, au banquet 
d'inauguration du congres des naturalistes, a Berlin, en 
septembre 1886. 

Le 14 aout dernier, huit jours apres la communication 
a rAcademie du present manuscrit, Tun de nous a recu de 
M. le D r Boveri, de Munich, une note intilulee : Ueber die 
Befruchtung der Eier von Ascaris megalocepliala. Cetle 
brochure relate une communication faite par cet auteur a 
la Societe de morphologie et de physiologie de Munich le 
3 mai 1887. 

Les observations du D r Boveri conlirment pleinement 
les resullals fondamentaux consigned dans les Recherches 
sur la malurite de I'ceuf, la fecondalion et la division cellu- 
laire. A part Interpretation donnee aux globules polaires, 
que Fauteur, contrairement a notre opinion, considere 
comme des cellules, ses conclusions sont entierement 
conformes aux notres en ce qui concerne la genese du 
pronucleus, la signification de ces elements nucleases, 
I'absence de conjugaison dans I'immense majorile des oeuls, 
la formation de la premiere figure karyokinetique, la 



( 290 ) 
transmission a chacun des noyaus des deux premiers blas- 
tomeres de deux anses chromatiques males et de deux 
anses femelles, apres la division longiludinale des anses 
chromatiques primaires. II pense com me nous que les 
quatre anses aux depens desquelles se reconstitue un 
noyau, restent dislinctesdansce noyau et que les elements 
males et femelles se maintiennent separes dans la sen'e 
des generations cellulaires successives. [I adopte entiere- 
meni notre inaniere de voir sur la constitution du fuseau 
achromatique : il a vu egalement que les fibrilles du 
fuseau s'inserent aux anses chromatiques; il pense comme 
nous que I'ecartcment des anses secondaires est du a l"ac- 
livite contractile des fibrilles du fuseau. Comme nous il a 
reconnu lorigine protoplasmique d'une partie, sinon tie 
tout le fuseau. 

De plus, plusieurs des fails relates ci-dessus, en ce qui 
concerne lorigine, la destinee des spheres attractives, el 
notammenl la division des corpuscnles centraux, out eie 
observes par M. le D r Boveri. C'est une grande satisfac- 
tion pour nous de conslaler que cette decouverte a ete 
faile en mdme temps que par nous-memes, par un observa- 
teur travaillanl d'une maniere tout a fait independante, et 
c'est avec une vive impatience que nous attendons la 
publication de I'ouvrage in cxtenso et des planches q'»« 
M. le D r Boveri nous fait esperer et donl il annonce I'ap- 
parilion prochaine. 

Liege, le 25 aout 1887. 



( 291 ) 



EXPLICATION DES PLANCHES. 



*ig. i. OEuf uterin montrant le pronucleus male entoure par le 
residu du corps protoplasmique du zoosperme. Les deux spheres 
attractives se trouvent au voisinage du pronucleus femelle en voie 
de formation aux depens de deux batonnnets chromatiques, et 
encore relie au second globule polaire. 

Fig. 2. Les spheres attractives adjacentes entre elles se projettent 
entre les pronucleus. Le residu du corps protoplasmique du 
zoosperme est encore accole au pronucleus male. 

Fig. 3. Vn cordon pelotonne est deja constituc dans chacun des pro- 
nucleus. On voit le residu du corps protoplasmique du zoosperme 
dans le vitellus. 

Fig. 4. II existe un gros cordon chromatique dans chaque pronu- 



Fig. 8. La figure dicentrique apparait. Les pronucleus ont encore 
Tun et lautre un contour bicn apparent. Un cordon chromatique 
formant une courbe fermee dans chaque pronucleus. Champs 
polaires des pronucleus diriges en dehors. 



. •». L,s 



quatre anses chromatiques primaires. Striation t 



sale. Filaments achromatiques reliant les anses entre elles. 
Fig. 7. Stade dyaster. Les corpuscules centraux sont allonges de 
facon a constituer des batonnets renfles a leurs bouts. Les regions 
asteroides se voient au voisinage des poles de la cellule en voie 
de division. Les spheres attractives sont aplaties et allongees 
transversalement. 



( 292 ) 

2 voisin du precedent. Les anses chromati 



mees par des rangees transversales de granul 



:s attractives divisees. Noyaux lobules. 
Fig. 10. Les sph< plus ecartees l'un< 

Fig. U. Stade plus avance. 
Fig. 12. Les ! 



points opposes des noyaux, aux depens desquels se sont formes 






Fig. 1. Le spermatozoide vient de se fixer. La partie de son corps 
protoplasmique, engagee dans le vitellus, est vivement coloree en 
rouge, tandis que la partie restee en dehors est a peine coloree. 
Son petit noyau chromatique est forme de deux Mtonnets chro- 

Fig. H. Le spermatozoide, completement entre, est vivement coloreen 

rouge. Figure Ypsiliforme. 
Fig. 5. La merae, plus rapprochee de la surface. Le spermatozoide 

qui a gagne le centre du vitellus n'est pas au foyer. 
Fig. 4. Le premier globule polaire au moment de sa formation. Le 



Fig. 5. Cordon chromatique, tres long et fin, fortement pelotonne 

dans chacun des pronucleus. 
Fig. 6. Stade plus avance. Dans Tun des pronucleus, la segments- 



( 2»3 ) 



Planche III. 

Fig. \. La segmentation transversale des cordons, dans chacun des 
pronucleus, a amend la formation, dans chacun d'eux, de deux 
elements chromatiques. 

Fig. 2. Les anses chromatiques sont encore groupces en deux 
groupes. Les bouts lihres sont diriges en dehors, les convexites 
des anses en dedans. A gauche les deux anses sont encore reunies 
en un cordon unique par Tun de leurs bouts. L'ensemble de la 
figure rappclle un W. 

Fig. 3. L'etoile chromatique primaire vue par l'un des poles. 

Fig. 4. Les deux pronucleus encore bien delimites, renfermant 
chacun un cordon, et les deux spheres attractives avec leurs cor- 
que se dessine. 

,vuedeprofil. 
Le fuseau achromatique est bien delimite. 

'ig. 6. Idem. Les fibrilles du 
autres radiations des £ 
des regions asteroi'des et le bourrelet equatorial interpose entre 
elles. En haut, les limites de la sphere attractive sont assez bien 
marquees. La ligne transversale brisee qui coupe en deux la sphere 
resulte de la pres< -m, . di- librilles radiaires plus considerables dans 
la direction suivant laquelle va se faire la division du corpuscule 
polaire. La plaque equatoriale chromatique separe entre elles les 
deux regions asteroides. 



Planche IV. 

Fig. I. Division longitudinale des anses chromatiques primaires. 
Les deux etoiles chromatiques secondaires, encore tres voisines 
Tune de l'autre, sont vues de profil. Les deux spheres attractives 
et leurs corpuscules polaires sont visibles. 

Fig. 2. Les eloiles secondaires sont un peu plus ecartees 1'une de 

Fig. 3. Figure doliforme. Forme heterotypique de la karyokincse. 



294 ) 

Fig. 4. La division cellulaire va se produire 
deja d'un cote. 

Fig. 5 La division vient de s'accomplir. Les 

inegaux. Deux corpuscules centraux dans la sphere attractive du 
plus petit blastomere. Dans les noyaux, vus par le pole, on voit 
encore distinctement les quatre anses chromatiques du dyaster. 
Elles sont flexueuses. 

Fig. 6. Le noyau en voie de reconstitution. Les branches divergentes 
du dyaster se resolvent en granulations chromatiques. 



:s divisees, situees d'un m 

plans perpendiculaires e 

la metaphase. Dans Fun des deux la division est cependan 
peu plus avancee que dans I'autre, ce qui est constant. Apres 
separation, les deux premiers blastomeres pivotent Tun autou 
I'autre d'un angle de 90°, de telle facon aue leurs nlans de sy 



perpendiculaire a celle qui reunit entre eux les centres de 
cleus; mais ces droites se trouvcnt dans des plans differeni 
leles entre eux. Un seul pronucleus a ete represent; Pi 
irouve derriere celui qui a ete figure, c. p. cercles | 
c. » e. cercles subequatoriaux. L'oeuf est vu de profil. 



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Bull. Ac. Roy.Bely. 









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Cliches de M.Ad.NcyL 



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Clickes de M.Ad.NcyL 



Bull.Ac.Roy.Beljf. 

3 e Sir. Tome \ XIV. 



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Cliches de M.Ad.Neyt 



Bull. Ac. Roy.Beijt. 
3 e Szr Tome. XIV. 




Cliches de M.Ad.Neyl 



BuUdrl.laul Rmj ,/<■/;<■/</ -,'Srr T XIV 









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2i»3 ) 

est vu de profil. 
Fig. 3. Stade dyaster. Les corpuscules centraux des spheres attrac- 

Fig. 4. Noyaux divises en voie de reconstitution. Les corpuscules 
polaires divises determinent la subdivision des spheres attrac- 
tives. c. s. e. cercles subequatoriaux. 

Fig. 5. Les cellules filles se preparent a se diviser a leur tour. Les 
deux spheres sont nettemcnt separees Tune de l'autre, mais elles 
siegent encore du mcme cote du noyau. Les cercles subequato- 
riaux des cellules de seconde generation ont apparu. 

Fig. 6. Division en quatre pour montrer la saillie bien marquee, 
delimitee par un sillon profond, que forment les regions aste- 
roides de chaque cellule. Les spheres attractives sont deja 
divisees. Preparation a 1'alcool. 

Fig. 7 a 14. Phases successives de la cinese, a partir du stade equa- 
torial ; 8 et 10, cinese typique; 9, II, 12, 13, cinese hetero- 
typique. Fig. 14. Les noyaux divises, arrives au stade de repos, 
presentent une forme lobulee. Fig. 15. Deux cordons chromati- 
ques formes aux depens d'un de ces noyaux. (Non schemalique.) 
Les figures 7 a 15 representent des vues de profil. 

Fig. 16 a 24. Vues polaires. 

Fig. 16. Eloile chromatique primaire. 

Fig. 17 et 18. Division longitudinale des anses primaires. Fig. 17. 
Cinese typique. Fig. 18. Cinese heterotypique. 

Fig. 19. Un des dyasters vu du pole. Portions centrales et bouts mar- 
ginaux de Tetoile bien distincts. (Figure reelle.) 

Fig. 20. Reconstitution du noyau aux depens des quatre anses secon- 
dares. (Schematique.) 

Fig. 21. Noyau au repos. Vue polairc. 

Fig. 22. Deux cordons chromatiques reconstitues dans un de ces 
noyaux. Image polaire non schematisee. 

Fig. 25. Segmentation transversale de ces cordons. Image reelle. 



depens des quatre cordons de la figure precede] 



(296 ) 



Note sur les oscillations d'un pendide produiles par le 
deplacement de Vaxe de suspension; par E. Ronkar, 
charge de cours a l'Universite de Liege. 

Considerons un pendule au repos et supposons qu'a un 
instant donne, l'axe de suspension A vienne a eprouver un 
certain mouvement dans une direction determinee du plan 
d'oscillation; recherchons le mouvement que prendra le 
pendule autour de l'axe de suspension. Prenons le plan 
d'oscillation pour plan des xy, l'axe des y etant vertical et 
dirige vers le bas. Soit G le centre de gravile du pendule; 
imaginons par le point A deux axes mobiles, AX', AY', 
paralleles aux premiers. La position du pendule sera deter- 
minee par Tangle a que fait la ligne AG avec l'axe AY', 
cet angle etant considere comme positif du cote de AY' ou 
se trouvent les x positifs 



V 



(297) 
Le principe de d'Alembert nous donne liquation gene- 
rale conn ue : 

>[(*-£) -('-3M-- 

dm (a-, y) etant un element du corps, et !es dx, dy etant 
compatibles avec les liaisons dn systeme. 

Soient £, y les coordonnees du point A; soil p la distance 
de I'element dm a l'axe A et Tangle de p et de AG; nous 



Considerant p et 8 comme constants, les equations de 
liaison seront satisfaites, si nous prenons : 

to = tf* + P cos (e -*-«)& = *£ --(«/ — i)Sa 

% = d> - p sin (0 + «)&«*,- (X - §)&.- 

Pour chaque element dm du pendule,on a en outre : 

X = 0, Y = g. 
Si nous designons par X , Y les composantes de la 
force agissant sur l'axe A, nous aurons l'equation : 

X*M- A+ f im [_|f ( « +(j ,_,) fo) + ( s - g) (*-(*-«)&)]- ( 

Cette equation se decompose en trois autres : 

3 me SEME, TOME XIV. -° 



( 298 ) 

Les deux premieres de ces equations peuventservir a la 
determination de la force (X , Y ), lorsqu'on connait le 
mouvement oscillatoire du pendule el le mouvement du 
point de suspension; la derniere nous permettra de deter- 
miner le mouvement oscillatoire, connaissant le mou 
menl du point de suspension. 

Nous ne nous occuperons que de celle-ci. 

Pour cela, remplacons ^f et par leurs valeurs 
fonction de £, y] et a. 

Nous avons d'abord : 

dx m , du dz da 

_=_^cos (* + «)- = --♦-(,/-,)-, 

Ai J. f Sln ' "** K / A, J« V X */ ,/. ' 



d'y d\ d*a /rf«\« 

Si nous substituonsdansl'equation preci tee, nous aurons: 
et en developpant, il vient : 



^e- 

- 



( 299 ) 
Posons AG = p ; appelons M la masse du pendule, et 1 
3ii moment d'inerlie par rapport a I'axe A, nous aurons: 



Posons encore : ^- = p 1? et supposons que les oscilla- 
tions conside^rees soient assez pelites pour que Ton puisse 



I viendra alors simplen 



"' r// J 



Le mouvement du point de suspension du pendule 
elant connu, il s'agira d'integrer celle equation. 

Supposons, par exemple, que Je point de suspension 
vienne a prendre un mouvement vibratoire de direction 
horizontale, el posons : 



§ - a Q + a t sin T . 
Nous aurons ainsi : 

</£ __ 2t 2*- {t -f- A) 

— = _ fl| — sm - ■ — Asm 





( 300 ) 


en posant : 






*-(t)' 


Nous obtenons ainsi l'equation : 




d% * + B — a sin ^ ( ' "*" A) 


Cette equal 
forme A sin ' 
Tequation : 


ion admet une solution particuliere de la 
■ y~ A? ; la conslante A esl determined par 


d'ou 


4-^)1=., 



L'integrale generate de l'equation proposed est done de 



Le pendule a ele suppose au repos au temps i 
nous avons ainsi les deux conditions : 



pour determiner les constantes arbitraires C { et C 2 et nous 



(301 ) 
obtenons : 



Si nous posons: 



t representee la duree de l'oscillation completedu pendule, 
dans le cas oul'axe de suspension reste fixe; nous aurons 



I T. 2r(«+A) . 2xA 



Celte equation donne la solution de la question. 

Considerons maintenant le mouvement pendulaire 
apres un intervalle de temps equivalent a n periodes du 
mouvement oscillatoire du point de suspension; en faisant 
t = nT, nous avons : 



Recherchons egalemenl Texpression de la vitesse angu- 
laire a eel instant; on a, en general : 



V, (rV T C0S T 



Si, a cet instant J=nT, le mouvement du point de 
suspension vient a cesser, le pendule continuera a osciller, 
et son mouvement satisfera a l'equation : 



L'araplitude du mouvement oscillatoire sera 2a. 

II faut determiner les constantes a et p par les condi- 
tions initiales du mouvement; si nous comptons roainte- 
nant le temps a partir de I'instant nT que nous avons 
considere plus haut, nous pouvons prendre pour ce 
t du pendule : 



Nous obtenons i 



( 303 ) 
Faisant la somme des carres, il vient en reduisant : 



[-¥(— -fr-s- 


s a sin 2 2Tn 

T 


,^-t('— -t)'-' 


,tW 


=»4A*«ii» Tin" ***-*.*" c 


••■¥]• 



:___*„. y^ *_«,_, 



On peut tirer de cette formule plusieurs consequences 
importanles : 

1° Supposons d'abord que la duree d'oscillation du 
point de suspension soit egale a celle du pendule; nous 
aurons x = T; et la formule precedent se r&Juira 



2A 



Si'nous faisons £ — 1, celle formule prend d'abord la 
forme indetermin£e ; mais en appliquanl la methode gene- 
rale relative a ce cas, nous aurons : 



(304) 

L'amplitude du mouvement pendulaire sera done j nn, 
e'est-a-dire qu'elle sera proportionnelle au nombre d'im- 
pulsions qu'a subi l'axe de suspension du pendule; 

2° Supposons que la duree d'oscillation du point de 
suspension differe de la duree d'oscillation du pendule. 

Pour simplifies remarquons que nT est la duree de 
Taction exercee sur l'axe de suspension, et soil «T = T, 



On voit d'abord que si i- est un nombre entier, on 

Ainsi, lorsque la dur6e de Taction exercee sur l'axe de 
suspension est un multiple entier de la duree de Toscilla- 
tion du pendule, celui-ci ne conserve aucune trace du 
mouvement qui a affecte Taxe. Comme il est entendu que 
T' comprend un nombre entier de periodes T, la condition 
precedente sera toujours satisfaite, lorsque la periode T 
sera un multiple entier de la periode x. 

Le rapport - peut d'ailleurs encore etre entier alors 
meme que la duree de Toscillation du pendule est un 
multiple entier de la duree de Toscillation de Taxe; raais 
alors il est necessaire que le nombre d'impulsions impri- 
mees a Taxe soil plus grand que Tunile; celte condition 
etant satisfaite, le rapport ~ peut encore etre un nombre 
entier, et alors le pendule ne conservera aucune trace du 
mouvement de Taxe. 

Au contraire, il peut se faire que le pendule conserve 



( 305 ) 
un assez fori mouvement oscillaloire, bien qu'il n'exisle 
pas de rapport immediat entre Tel t. Par exemple, 
supposons que le rapport - soil Ires grand; si sin -^r- 
n'est pas Ires petit, nous aurons approximativement: 



L'amplitude correspondante sera — ; el i'on voit que 
cetie quantite esl comparable a la valeur — nn qui est 
relative an cas ou T = t, surloul si n n'est pas ires 
grand. 

Nous supposons naturellernent dans cetle comparaison 
que A a une valeur conslanle; cetle quantite A n'est d'ail- 
leurs pas autre chose que la moitie de la variation totale 
qu'eprouve I'acceleration de I'axe de suspension dans une 
periode T. Ainsi, si nous considerons celte amplitude de 
variation de I'acceleration comme conslanle, il resulle de 
ce qui precede : 

1° Que si T =t, le pendule conserve un mouvement 
oscillaloire donl l'amplitude est proportionnelle au nombre 
d'osciilations de I'axe; 

2° Que si T ^ t, le pendule peut ne conserver aucune 
trace du mouvement qui a affecle l'axe; ce casse presenle 
nolamment si T esl un multiple entier de t, et peut se 
presenter aussi quand t esl un multiple entier de T; d'aulre 
part, le pendule peut conserver un mouvemenl oscillatoire 



{ 306 ) 
assez fort, alors meme qu'il n'existe pas de rapport simple 
en tie T et t. 
Si mainlenant nous nous reportons a la formule initiale 



nous voyons que ramplitude du mouvement oscillatoire 
de I'axe de suspension est 2a,, et nous avons pose : 



Ainsi, pour une meme valeur de a,, A est inversement 

proporlionnel au carre de la duree de I'oscillalion de I'axe. 

Si nous remplagons A par sa valeur dans a, nous 



,-.-.10 



Nous pouvons maintenant discuter cette formule en 
attribuanta a, une valeur constante. La discussion conduit 
ades resultats analoguesaceux de la discussion precedente. 

Ainsi, pour T = t, il vient : 



ce resullat correspond a celui qui a deja ete obtenu prece- 
demment. 

Sans entrer dans une plus longue discussion, on voit lout 
t oscillatoire qui subsiste dans le 



(307) 
pendule, apres un cerlain norabre d'impulsi 
queesau point de suspension, varie beaucoup sui vant les cir- 
constances : I'amplilude du mouvement, le nombre d'impul- 
sions, la duree d'oscillation, la phase X. En ce qui concerne 
la duree d'oscillation, l'influence varie beaucoup suivant la 
valeurdu rapport des periodes d'oscillation du pendule et 
de Paxe. Meme dans le cas ou ce rapport est simple, soit 
qu'il s'exprime par un norabre entier ou l'in verse d'un tel 
nombre, il se peut que le pendule ne conserve aucune 
trace de I'agitation de I'axe, tandis qu'il peut conserver 
des traces sensibles de cette agitation, alors qu'il n'existe 
entre T etx aucun rapport simple. 

Ces resultals ne nous paraissent pas entierement con- 
formes a I'assertion suivanle de M. S. Rossi (1), au sujet 
des pendules employes dans les observations sismiques : 
« Chaque pendule, d'apres salongueur,oscilleen un temps 
determine; celui de pres de 25 centimetres fait 2 oscilla- 
tions a la seconde. Si ces pendules recoivent quelques 
impulsions conformes a ce rylhme, ils seronl naturelle- 
ment fortement agites. Au contraire, avec des impulsions 
qui se succedent suivant un rylhme different, ils ne bou- 
geront pas. » 

Nous venons de voir, en effet, qu'il peut se faire que le 
pendule prenne un certain mouvement, alors meme que 
I'axe recoit des impulsions qui ne sont pas conformes a 
son rythme et que, reciproquement, le pendule peut ne 
conserver aucune trace d'un mouvement vibratoire donl 
le rythme serail dans un rapport simple avec le sien. 



I M. S. Rossi. Programma dell' Osservatorio ed archivo geodi- 
co,presso it R. Comitato Geofogico d'ltalia. Rome, 1883, p. 61. 



( 308 ) 

Les resultats precedents se compliquent naliirellement 
encore davantage si, a I'instant initial, le pendule n'est pas 
au repos. 

Nous avons jusqu'ici suppose que le mouvement vibra- 
toire de l'axe etait un mouvement pendulaire simple. 
Generalemenl, on peut consi Jerer une onde quelconque 
comme resultant de la superposition d'une serie d'ondes 
simples. 

II faudrait done, dans ce cas general, poser : 



ill 1 



,S Mn 



Les coefficients A, et /, sont generalement determines 
par les circonslances qui accompagnent l'ebranlcment ini- 
tial considere. L'analyse precedente peut etre facilenient 
etendue a ce cas, et nous ne nous y arrelerons pas davan- 
tage. 

Revenons au cas d'une onde simple, et examinons le 
cas ou T est assez grand relativement a-r. Pendant l'ebran- 
lement, le mouvement du pendule est determine par 
I'equation : 



Dans le 


as actuel, 


nous ponvons 


considerer la 


qua 


i "— -±- 


comme cor 


slante pendar 


t une periode 




Le mouvement du 


pendule sera 


done a tres 


.on 




nent pend 


ulaire simple 


antonr de la 


pn> 



( 309 ) 



[/amplitude 2a' de i 
I'equation : 



'l sln t ~*~r cos t 



g , _ r_ V T t s T 

T* 

Supposons, par exemple, que pour f = 0, on a 



il viendra 1 = 1 et 



Si, par suite, T est grand et que f 
rable, on aura simplement : 



(310) 

L'amplitude du mouvement pendnlaire a un moment 
donne est done en raison inverse de g. II s'ensuil que si le 
pendule elait suspenduen partie dans un liquide au repos, 
cequi reviendrait a diminuer #, la grandeur des oscilla- 
tions tendrait a s'accroilre; mais il est probable que, dans 
ce cas, ces oscillations seraient fortement amorlies par la 
resistance du liquide, qui tendrait de son cote a prendre 
un certain mouvement vibratoire. 

II n'en r&ulte pas moins que le mouvement du point 
de suspension n'&ant pas uniforme'ment accelere, 1'incli- 
naison moyenne du pendule varie avec !e temps. 

En efifet, nous venons de voir qu'a un instant qnel- 
conque, le pendule oscille autour de la position moyenne: 



L'amplitude du mouvement oscillaloire de cette posi- 



On pourrait peul-etre utiliser ce resultat pour rechercber 
s'il existe des in^galites periodiques dans le mouvement 
de rotation de la terre autour de son axe. Dans ce cas, si 
nous prenions T = J2 h = 43.200% on verrait lout de suite 
que le terme p, (~)* est nSgligeable vis-a-vis de g, et on 
pourrait prendre : 



( 5H ) 

Supposons, pour iixer les idees, que ramplitude du 

mouvement oscillatoire, dont la duree est 12 heures, soit 



40.000.000 (2tt)' 
80.400 ' (43.200)' 



2o"=-.2A = - 



>.»■!«; i 



c'esl-a-dire 0",0206 en arc. Si # ^tait reduit au i/ 1000 de 
sa valeur, on aurait ainsi une deviation de 20",6 environ. 
11 ne faut cependant pas perdre de vue que, dans ce 
cas, d'autres influences, telles que i'action du soleil ou de 
la lune, etc., pourraient alterer la position d'equilibre du 
pendule; mais, par un certain ensemble d'observations, 
on pourrait peut-etre isoler les effets de ces differentes 
causes; par exemple, on pourrait faire varier la direction 
du plan d'oscillation; il ne faudrait pas toulefois nSgliger 
•'influence de la variation de la force centrifuge resultant 
de la variation de la vitesse angulaire. 



Sur le sulfure de cadmium colloidal; par Eug. Prosl, 
assistant de chimie generale a I'Universile de Liege. 

Longtemps on a cru que la solubilite appartenail en 
propre a certains composes mineraux, tandis que cetle 
propriete faisait completement defaut aux autres. 

Graham, le premier, montra ce qu'ily avait d'arbitraire 
dans cette division, en metlant en solution certaines sub- 
stances absolument insolubles dans les conditions ordi- 
naires. Ce savant reussit, entre autres, a preparer des 
solutions d'hydrate ferrique, d'hydrate d'aluminium et 
d'acide silicique, en se basant sur le pouvoir diflusif des 
corps cristallises qu'il appela « crislallo'ides », el sur 1'ab- 
sence de cette propriete chez les corps amorphes ou « col- 
lo'ides ». Cel elat particulier de solution flit designe sous 
le nom d'etat colloidal. 

Depuis Graham, le nombre des corps collo'idaux s'est 
notablement accru. 

En 1882, Hans Schulze (1) oblint le snlfure arsenieux 
en solution aqueuse, en traitant I'anhydride arsenieux par 
I'acide sulfhydrique, et ^liminant ensuite I'exces de ce der- 
nier gaz par un courant d'anhydride carbonique. 

L'annee suivanle, le meme chimiste porta ses rechercues 
sur le sulfure d'anlimoine (2). Presque en meme temps, 
M. le professeur W. Spring prepara dts solutions colloi- 
dales de sulfure de cuivre, de sulfure slannique, de per- 



( 513 ) 
oxyde de manganese, d'oxyde staunique et d'oxyde antimo- 
nieux(l). 

Toutes les solutions des substances que je viens d'enu- 
merer dans cet apercu rapide offrent ce caractere commun 
de parailre troubles ou limpides, suivant qu'on les examine 
par reflexion on par transmission. En outre, leur conser- 
vation est subordonnee a de nombreuses conditions; la 
temperature, la concentration, le temps, sont autant de 
facteurs qui influent notablement sur i'elat colloidal. Dans 
la plupart descas, I'additiona une solution colloidale d'une 
quantite meme tres faible de matiere etrangere determine 
la coagulation du corps dissous. 

D'autre part, l'examen optique et microscopique a tou- 
jours monlre qu'on avail bien affaire a de veritables disso- 
lutions. J'ai pu observer ces differents fails en etudiant 
le sulfure de cadmium colloidal dont if est question dans 
ce travail. 

En les combinant, on est amene a voir, dans l'etat col- 
loidal, une phase de transition entre l'etat insoluble et 
l'etat de solution parfaite, une sorle d'equilibre instable t 
suffisant, toutefois, pour nous monlrer qu'il n'v a pas de 
limite tranchee entre les corps solubles et les corps inso- 
lubles, et pour nous autoriser a penser que la soiubilile est 
une des proprietes generales de la matiere. 

J'ai obtenu le sulfure de cadmium a I'elat colloidal, en 
traitani une solution ammoniacaie de sulfate de cad- 
mium par I'acide sulfhylrique jusqu'a precipitation com- 
plete de tout le metal ; le sulfure precipite, apres avoir ete 
lave a fond par decantation avec de 1'eau distillee, a ete 



(514) 
mis en suspension dans I'eau, puis traite par un couraut 
lent d'acide sulfhydrique. Pendant cetle operation, on con- 
state que le sulfure, d'abord floconneux, devient de plus 
en plus laileux, pour finir hientot par disparailre. II ne 
reste plus alors qu'a faire bouillir le liquide, jusqu'a ce 
que les vapeurs degagees ne noircissent phis un morceau 
de papier impregne d'acetate de plomb. 

La solution de sulfure de cadmium est d'un beau jaune 
d'or lorsqu'on la regarde par transparence. La teinte est 
naturellement d'autant plus foncee que la concentration 
est plus forte; vue par reflexion, la solution parait fluo- 
rescente. 

A la filtration, le liquide passe sans laisser le moindre 
depot sur le filtre. 

Deux analyses faites sur un volume mesure de solution 
ont conduit au rapport atomique CdS. II est done hors de 
doute que la substance dissoute est bien du sulfure de 
cadmium. A I'evaporation au bain-marie, on obtient avec 
les solutions diluees un enduit jaune d'or; si le depot est 
suffisamment abondanl, il se fragmente par une dessica- 
tion prolongee en de nombreuses particules rougeatres et 
translucides. 

Au point de vue de la stabilite, on peut dire qu'en gene- 
ral les solutions les plus diluees se conservent ie plus 
longtemps intacles. Un liquide renfermant environ quatre 
grammes de sulfure par litre s'est maintenu limpide pen- 
dant plusieurs jours. 

Pour une concentration de II grammes par litre, la 
coagulation etait complete apres 24 heures. II semble 
cependant que d'autres facleurs interviennent au moms 
aussi energiquement que la concentration. A tilre de 
simple coincidence, je ferai remarquer a ce sujel q«*» 
pendant une couple de jours ou le temps etait orageux, n 



( 318 ) 
m'a ete impossible de conserver intactes des solutions, 
meme tres diluees, pendant plus de quelques heures. 

Bien que, d'apres I'aspect de sa solution et la nature du 
r&idii de I'evaporation au bain-marie, le sulfure de cad- 
mium m'ait paru reellement dissous, fai tenu a m'assurer 
directement du fait en examinant le liquide au spectros- 
cope. La solution de sulfure etudiee contenait par litre 
l er ,746 CdS. En I'observant sous une faible epaisseur, 
(2 a 3 millimetres), j'ai constate la production dans le 
spectre d'une bande commencjant dans le vert pres de la 
raie F de Frauenhofer et s'etendant sur la tolalitedu bleu 
et du violet. Le restant du vert, I'orange et le rouge, etaient 
parfaitement nets. 

Dans un second essai, la solution de sulfure a ete exa- 
minee sous une epaisseur de 26 millimetres. Le resuliat a 
ete le meme que dans Texperience precedente; seulement, 
la parlie eleinte du vert etait un pen plus grande. En 
somme, I'examen spectral permet d'admetlreque le liquide 
est reellement une dissolution de sulfure de cadmium. 

J'ai rappele precedemment qu'un des principaux earac- 
teres des solutions collo'idales est de se coaguler sous Tac- 
tion de quanlites meme tres faibles de substances etran- 
geres. On constate a cet egard des differences lies grandes 
dans ce qu'on pourrait appeler le pouvoir coagulant des 
corps. Dans des travaux anterieurs, H. Schulze a tire de 
I'etude de la coagulation des sulfures d'arsenic et d'anti- 
moine des conclusions interessantes. Je me suis propose 
de rechercher jusqu'a quel point les fails observes par 
Schulze s'appliquaient au sulfure de cadmium. Dans ce 
but, j'ai fait agir sur la solution colloidale un certain 
nombre d'acides et de sels mineraux et organiques. Les 
essaisont ete fails de la manieresuivante: on inlroduisait 
dans un tube a reaction bien sec 10 c. c. du reactif a etu- 



(316) 
dier, don I on ccnnaissait la concentration; a I'aide d'un 
comple-gouttes, on versait ensuite dans le tube cinq 
gouttes de la solution de sulfure de cadmium; on agitail, 
puis on observait l'aspect du liquide par transparence ; s'il 
restail limpide, on recommencail I'experience avec une 

dans un autre lube 5 c. c. de reaclif, on completait avec 
de I'eau distil lee le volume de 10 c. c, puis, apres avoir 
agite pour rendre le liquide homogene, on ajoulait les 
.cinq gouttes de sulfure de cadmium. S'il se produisait 
encore un louche, on renouvelait I'essai en prenant moins 
de reaclif et de I'eau distillee en quantite suffisante pour 
parfaire le volume de 10 c. c. Si, apres quelques tatonne- 
ments, on reconnaissait que le reaclif elait trop concentre, 
on en prelevail un certain nombre de centimetres cubes 
que Ton diluait a un volume determine, puis, avec cette 
nouvelle solution, on recommencait une serie d'essais. II 
est clair qu'avec un peu d'exercice on arrivait a recon- 
naitre facilement quelle elait la concentration a donnerau 
reaclif avant de faire les essais. Un exemple pris au 
hasanl fera comprendre aisemenl la maniere d'operer. Je 
suppose qu'il s'agisse de determiner quelle est la concen- 
tration minimum pour laquelle I'iodure potassique coagule 
encore le sulfure de cadmium. On constate par un essai 
preliminaire que 10 c. c. d'une solution d'iodure a 5 % 
coagulent inslantanement cin] gouttes de sulfure ; on 
observe d'aulre part qu'un melange de 3 c. c. de reaclif et 
de 7 c. c. d'eau distillee ne coagule plus; on essaie avec 
5 c. c. RI et 5 c. c. d'eau ; il se produit un trouble. La 
limite est done comprise entre les dilutions suivantes: 
5 c. c. KI + 7 c. c. H'O ct 5 c. c. RI -Sec H 2 0. 
En faisant varier les proportions du melange de reactii 



( 317 ) 

et d'eau entre ces limites, on constate que 5,5 c. c. Kl -+- 
6,5 c. c. H 2 Q coagulent instantanement le sulfure, tandis 
que le melange 3,4 c. c. KI -+- 6,6 c. c. H*0 n'agit qu'apres 
quelques instants. Le pouvoir coagulant de I'iodure de 
potassium est done represente par la quantite de ce sel 
dissoute dans 3,5 c. c. d'une solution a 5 %, apres dilution 
de ces 3,5 c. c. au volume de 10 c. c. Or, cette quantite 
est de gr ,175. Pour presenter les resultats sous une forme 
comparable, on a rapporte la dilution a 4 gramme de sel. 
Dans le cas qui nous occupe, 0,175 KI etant contenu dans 
10 c. c. de liquide, 1 gramme est contenu dans 57 c. c. La 
concentration minima pour laquelle I'iodure de potassium 
coagule le sulfure de cadmium est done exprimee par une 
partie KI pour 57 parlies H 2 0. 

Dans le tableau suivant, les resultats sont calcules en 
faisant abstraction de I'eau de crislallisation que certains 
sels renferment. De plus, on ne doit accorder aux nombres 
qui s'y trouvent transcrits qu'une valeur comparative. 
Dans tons les essais j'ai pris.pour elablir la limiteja coagu- 
lation instanlanee du sulfure de cadmium. Voici les resul- 
tats auxquels je suis arrive en operant avec une solution 
renfermanto gr ,62de sulfure par litre. 



Chlorure de potassium 
Bromure de potassium . 
lodure de potassium . 
Cyanurc de potassium . 
Chlorate de potassium . 
Nitrate de potassium. . 

de potassiuu 
Sulfate de potassium. 

.le de potass 



1613 



(518) 



Hyposulfite de sodium 
Carbonate acide de sod 
Carbonate neutre de so 
Phosphate 
Acetate de si 
Benzoate de 

Chlon 






Dithionatedcbary 
Sulfate de magnesi 
Sulfate manganeux 



Acide chlorhydrique . 
Acide sulfurique 

Acide succinique 
Acide tartrique 
Acide citrique. . 



41666 
22222 
280000 
285714 



266 



L'examen des nombres consigned dans le tableau prece- 
dent permet de tirer plusieurs conclusions. On voit d'abord 
que les sels alcalins, c'est-a-dire les sels a metaux mono- 
valents, sont ceux dont 1'energie de precipitation est la 
plus faible. Presque toussont sans action stir le sullurede 



(319) 

cadmium colloidal pour une concentration inferieure a 
Viooo- Les sels a metaux bivalents agissent a une dilution 
beaucoup plus considerable. Ainsi, landis que le chlorure 
de potassium a moins de l / l613 ne precipite plus, nous 
voyons que le chlorure de baryum est encore actif a la con- 
centration de 7ii764- De meme, la limile pour le sulfate 
de potassium est exprimee par '/i6Mi tandis que pour le 
sulfate de magnesium elle atteint Viieee* U convient cepen- 
dant de mentionner 1'ecart que montrent a ce point de vue 
le chorate de plomb et le cyanure mercurique. Ces deux 
sels se component comme les sels alcalins. Le sulfate et le 
nitrate de cadmium sont, de tous les corps avec lesquels 
j'ai experiment, ceux dont le pouvoir coagulant est le plus 
energique; peut-etre ce fait tient-il a Tanalogie de compo- 
sition qui exisle entre eux et le sulfure de cadmium. Les 
sels dans lesquels enlrent des metaux trivalenis sont doues 
d'une energie de precipitation beaucoup plus grande que 
les sels a metaux bi-ou monovalents. C'est ainsi que le 
sulfate d'aluminium est encore actif a l'&iorme dilution 
de Vinus* Dans les aluns, qui sont en somme des sels 
doubles, le pouvoir coagulant parait etre determine par le 
sulfate a metal trivalenl qui y entre, et non par le sulfate 
alcalin. On constate, en effet, que les dilutions extremes 
observees pour l'alun ammoniacal el I'alun de chrome sont 
respectivement 4 /i92377 et 742353. L'action du sulfate alca- 
lin semble cependant se mani fester en ce sens que, bien 
que tres eleve, le pouvoir coagulant des aluns est inferieur 
a celui du sulfate d'aluminium. Ce fait contribue aussi a 
montrer qu'il n'existe pas de relation entre le poids mole- 
culaired'unsel et son energie de precipitation. Les nombres 
fournis par le ferrocyanure et le ferricyanure de potassium 
sont inleressants. Ces deux corps ont un pouvoir coagulant 
tres faible et analogue a celui des sels alcalins. H. Schulze. 



(520) 
dans son travail sur le sulfure d'ai scuic rollo'i lal. av;itt 
deja menlionne ce fait el en avait conclu qu'on ne peut 
a8similer ces composes aux sels doubles. 

En general, il ressort des nombres obtenus que la nature 
de I'acide qui intervient dans la constitution d'un sel est 
sans action sur la maniere dont le sel se comporte a 1'egard 
de la solution collo'idale. On ne peut toutefois meconnaitre 
que les differences que Ton constate en ire le chlorure, le 
bromure el l'iodure de potassium, ne dependent que des 
elements acides, chlore, brome et iode. De meme, le chro- 
male et le bichromate de potassium, le carbonate neutre 
et le carbonate acide de sodium, montrent que le rapport 
de I'acide au metal n'est pas sans influence. Les nombres 
fournis par ces sels semblent indiquer que les sels acides 
ont un pouvoir coagulant superieur a celui des sels nor- 

En ce qui concerne les acides, les resullats oblenus 
indiquent qu'en general les acides mineraux agissent 
comme precipitants a des dilutions beaucoup plus grandes 
que les acides organiques. 

En somme, les faits acquis par I'etude de la coagulation 
du sulfure de cadmium peuvent se resumer dans les quel- 
ques points suivants : 

1° II n'existe pas de relation entre le poids moleculaire 
des acides el des sels et leur energie de precipitation; 

2° Le pouvoir coagulant des sels est determine par le 
metal qui y entre : les sels des melaux monovalents sont 
les moins actifs; ceux des melaux trivalents ont la plus 
grande energie; enfin, les sels des metaux bivalents 
tiennent le milieu entre les deux categories precedentes. 

En general, 1'influence de I'acide n'est pas appreciable. 

3° Dans les aluns, I'influence du sulfate a metal triva- 
lent I'emporle sur celle du sulfate alcalin; 



( 321 ) 

4° Le pouvoir coagalant des sels acides parait etre 
superieur a celui des sels normaux; 

5° Les sels de cadmium ont une energie de precipitation 
tres grande a Tegard du sulfure de cadmium. 

La plupart des faits que je viens de signaler concordent 
avec ceux que H. Schulze mentionne dans ses recherches 
sur les sulfures d'arsenic et d'antimoine a I'etat colloidal. 

II est done probable que la coagulation des substances 
colloidales est soumise a de verilables lois, donl la cause 
nous echappe encore. Peut-elre, lorsque la deeouverte de 
nouvelles matieres colloidales aura permis d'augmenter le 
nombre des observations, arrivera-t-on par la comparaison 
des faits a connaitre la raison de ces singulieres proprietes 
que presentent les corps colloidaux. 

On entrevoit des a present que la solution du probleme 
pourrait contribuer a etendre nolablement nos connais- 
sances actuelles sur la structure moleculaire des substances 
minerales. 

En terminant, je mentionnerai que j'ai fait une serie 
d'essais de coagulation avec une solution de sulfure de 
cadmium renfermant 20"/. CdS de plus que celle dont je 
m'etais servi d'abord. Mon but elait de voir si la concen- 
tration du sulfure influerait sur le mode d'action des sub- 
stances precipilantes. Les nombres auxquels je suis arrive 
etant tons du meme ordre que ceux qui ngurent dans le 
tableau precedent, il me parait inutile de les reproduce 
ici. Je crois pouvoir en conclure que la concentration du 
sulfure de cadmium colloidal est sans action sur la facon 
dont il se coagule. 



(322) 



Sur la representation des involutions unicursales; par 
Francois Deruyts, docteur en sciences physiques et 
mathematiques de PUniversite de Liege. 

Dans son memoire « Sur quelques applications <le la 
theorie des formes algebriques a la geometrie » (*), M. Le 
Paige a signale l'emploi de la geometrie des espaces 
superieurs comme moyen d'investigation dans la theorie 
de rinvolutioD. Plus tard, il a applique ce procede a la 
recherche des groupes communs a certaines classes d'in- 
volutions (**). Pour cela, il prend comme support des 
involutions d'ordre «, la courbe normale C„ de I'espace 
a n dimensions, et il recherche la classe du lieu, enveloppe 
par les espaces plans a k dimensions, determines par k+i 
points d'une involution I*. 

Plus recemmenl, M. Castelnuovo ("") a retrouve les 
principales proprietes des involutions unicursales, en 
partant de la definition suivante : 

a Soient donnes dans un espace a n dimensions E n , une 
courbe normale C Q , et un espace E„_ k _ 1 a n — k * 
dimensions; les oo k espaces an — 1 dimensions, K n _ t , 




(523) 

passant par E n _ k _, marquent sur C n , oo k groupes de n 
points qui constituent une involution d'ordre n et de 

M. Castelnuovo appelle E n _ k _j, espace central de I'in- 
volution. 

Nous nous proposons d'etudier la representation des 
involutions unicursales, en partant de la definition analy- 
tique qu'on leur donne ordinairement; nous arriverons 
ainsi a retrouver, corame une propriete de ces involutions, 
ce que M. Castelnuovo en prend comme la definition. 

I. — [/involution la plus generate d'ordre n et de rang 
n — 1, placee sur un support unicursal, peut se dennir 
analytiquement de deux facons (*) : soit, par une forme 
n — lineaire symetrique egalee a zero, 



soit, par une equation de la forme, 

f~ A,a^ n -t- A 2 aif' n -t- -. -f- A n «i- )B = 0. 

\> * 2 > — \, etant des parametres arbitraires, les fonc- 
tions a x » des formes binaires d'ordre «, que nous suppo- 
serons avoir pour expressions effectives 






(324) 

Nous partirons de cette seconde definition. 
Considerons les n equations lineaires, 

A<» = ap Xl +- <>*, -»- .- -h afx. + a? +l x n+l = 0. j 

A<»> a. «i-'x, - «4* } *. + - + o£»*. + «&*«+« — OS_] 

I'ensemble de ces equations peut etre regarde comme 
representant un point de J'espace E„ (*); nous dirons que 
ce point correspond a l'involution, definie par 

/■-a 

Nous allons voir comment, dans ce mode de represen- 
tation, nous pouvons determiner les images des differents 
groupes de l'involution. Supposons que celle-ci soil decom- 
posable, I'equation qui la caracterise devient : 

Les equations du point correspondant sont alors : 



(*) Pourabreger le langage.r 





( 525 ) 




11 est 


facile de deduire de la pour 


les coordonn^es de 


point : 







(le signe ± selon que n est pair ou impair). 
Si nous posons ^ = — \ nous aurons : 



ce qui est I'equatioii, sous forme normale, de la courbe 
caracteristique, C M , de 1'espace E.. 

Nous en deduisons ce theoreme : 

Le lieu des points qui represented les involutions d'ordre 
n et de rang n — 1 decomposables, est la courbe normale de 
1'espace a n dimensions. 

Tout espace E„_ 4 , passant par le point correspondant 
a une involution l"_„ deflnie par 

/ = 0, 

peut se representor par l'equation 

Cet espace coupera la courbe C en des groupes de 
points dont les parametres sont les racines de l'equation 

p,a> n -i- ^ai " h \- ^ B ^ 1 aj"~ 1>B -+- y"„a ( " )n = 0. 

Ainsi, ces groupes de points forment une involution 
I.-*, et la relation qui la caracterise est precisement celle 
dont le point en question est le correspondant. Ces groupes 
de points sont done les images des groupes de involution. 



(326 ) 
II — Une involution d'ordre n el de rang M;,est definie 



Les k-hi equations lineaires 

A<" = ofx, + a^x, -4- .- -f- a^x n -+- a'^x^, - 0, / 
A'* + " = a[ k+l) x t -+- a'i^x, -+- ••• -+- a*,* +l) x n -f- a'^x^ = 0, / 

representent dans I'espace E, un espace E„_*_i : c'est 
Vespace central de Pinvolution; nous dirons que cet espace 
correspond a involution. 

Si ttnvolution est decomposable en un point fixe et en 
une involution I" -1 , auquel cas son equation est 

««(>i«« " _1 ■*■ A s a x "-* h h ^1, — * h- i+1 a x ""') = 0, 

son espace central sera represente par 

B^ee^V, +(«<««, +o?»« 4 )x, + ... + («<% H-o^.a^+a^^ 
Ces equations sont ve>ifiees identiquement si Ton sup- 



( 327 ) 

Done : Vespace central de toute involution d'ordre n et 
de rang k, qui possede un element fixe, rencontre la courbe 
nor male de I'espace a n dimensions. 

On d&nontrerait de meme que, si I'involution est decom- 
posable en k' elements fixes et en une involution I; *', son 
espace central renconlre la courbe normale en k' points. 

Tout espace E B _ M passant par I'espace central d'une 
involution I", peut se representer par 

*,A W + f^A^ -*- -.. h- ^.A^ = 0. 

Cet espace coupera la courbe C„ en des groupes de 
points dont les parametres satisfonta la relation, 



la meme relation que 1 



III. — Si nous prenons la seconde definition de ri 
lulion, une I? sera representee par n — k formes 
briques n-lineaires, egalees a zero, 



/- 



Avec les conditions 

afftyWf) . . . a^ = a% m & afcL. = • • • 

Pour simplilier la notation, nous representerons les 



( 528 ) 
coefficients tie ces formes par les lettres a {p \ affectees des 
indices inferieurs, 1 , % ... n -+- 1 . 

Nous pouvons considerer les parametres de chacune de 
ces formes corame represenlant les coordonnees d'un point 
dans l'espace E„. L'ensemble de ces points representee 
un espace E n _ k ^ : c'est Vespace central de ('involution. 
II estaise de s'assurer que eel espace a pour equations, 



i variant de 1 a k -hi. 

En partant de la, nous arriverions aux memes theoremes 
que plus haut; nous ne croyons pas utile de reprendre la 
suite de leur demonstration. 

Nous pouvons, d'ailleurs, passer d'un mode de repre- 
sentation de revolution a I'autre de la maniere la plus 
simple, ainsi qu'il suit : si l'involution est deTinie par n — k 
formes n-lineaires egalees a zero, on en deduit immedia- 
tement qu'elle peut se represenler par la seule relation, 



(329) 
Cela resulte de ce que nous venous de voir. 
Supposons maintenant qu'une involution \ n k soit detinie 
par la relation 

son espace central est represente alors par les k-hi equa- 

Si nous designons par a k+i , a^ ... <x n+i , n—k parametres, 
un point quelconque de cet espace a pour coordonnees, 
par exemple, 



5 w^^-O 5 a *+" A * + « 



3 me SfeRIE, 1 



( 330 ) 
Ce point detinit dans 1'espace E n une involution I"_j, qui 
a pour equation, 

+ ja^Ai" -t-« i+3 A< 2 > - ... -*- ^.A^j !*-» + . « 

-*- |W& -4- « W A^ + - * *M4AftT* ) (H"-'' 

— aH-^H^""* - " — a^B^.PL-*-^ «„ +t B 4+I Pi, 0) = 0, 



JNous pouvons ecrire I'equation precedentesous la forme, 

« i+2 1 aw + Afptr 15 + - + a^ps-" - b^pjt*-* 3 | 

-+- a, +3 j AW -+- Af i>ir -'» ■+- - -4- Aj&Pi,-*'— B 4+i P2-^*| * - 
-+■ «„+, | A' i -* , P?>-I-A' 1 "-*JPJ 1 -- |) H— • + A^'Pi,"-** — B i+1 P„° I =°- 

Si nous considerons tous les points de 1'espace central, il 
leur eorrespondera un faisceau d'ordre n — k— 1 devolu- 
tions !:_,. Les groupes de base de ce faisceau sont precise- 
ment les groujx-s ilr i ' i n \ < . ( n r i< > n proposee; cette involution 
pourra done se representer par les n — k equations 



4(-*'p>-i) _*_ ... _,_ a'&W-V — B^P*, ' = ' i 
,par n — k formes w-lineaires sjmelriques. 



( 331 ) 
D'apres ce que nous venous de voir, nous pouvons 
regarder I'espace central d'une involution \" comme etanl, 
ou bien rinlersection de k -+- i espaces E„ ,, ou bien la 
jonclion de n — k points de I'espace E„. C'est a ce dernier 
point de vue que nous envisagerons I'espace central dans 
la suite de ce travail. 

IV. — Lemme. Si nous prenons sur la courbe normale 
de I'espace E„, n points de paramelres 



I'espace E„_,, determine parces poin 

Zt z* r 3 ... z. 



ou en developpant : 

A = z, — z^ + z 5 W =b z n+1 PL n) = 0, 

(le signe ± selon que n est pair ou impair). 

Nous designons par la notation Pi" la somme de lout( 
les combinaisons des q lettres \, l t ,...,\, prises A: a i 
11 est visible que Ton peut ecrire, 

^-(^,-^pw+z 3 p(*)-...±z, +1 PH-p ( r A '(^-^Pi i, +^p^---- ± 
+pr i) (^-r i p^+z 5 pw-...±^ +3 p^)-- 



Pour plus de facilite, nous 



(352 ) 
faisant les conventions necessaires, sous la forme, 
A == K — Pi n % - P<r% -+--. + (— I^Pg^K.., = 
II en resulte immediatement que l'espace E 4 _„ deter- 
mine" par k points de la courbe normale de l'espace E„, 
peut se representer dans cet espace par les n — k-t-i 
equations 

K„ = 0, ) 



Si l'espace E^ etait osculateur a la courbe au point c 
parametre I, il suffirait de faire 



Nous en deduisons encore que l'espace E*_„ qui unit 
les p espaces, 

E ri , E rs ,...,E rp , 

osculateurs a la courbe normale aux points, 



quand on a la condition, 

est represente par n — k -+- i equations 

K = 0, K l = 0,...,K p = 0...,K„_ t = 0, 
les K f etant des fonctions non homogenes du degre k a f 
variables /,, Cette fonction est du degre r,-f- 1, par rapport 
a la variable \. 



( 333 ) 

V. — De notre procede de representation, il resulte 
que, pour etudier les proprietes desgroupes d'elements de 
I'involution unicursale la plus generate, il suffit d'eludier 
les proprietes des groupes de points donnes par l'inter- 
section d'un faisceau, d'ordre k, d'espaces an — 1 dimen- 
sions, avec la courbe normale de I'espace a n dimensions. 
Nous avons vu aussi que I'on pouvait representor une 
involution d'ordre m dans un espaee E B (n> wt); cette 
remarque est utile pour la recherche des groupes com- 
muns a certaines involutions. 

Comme application, recherchons le nombre des points 
neutres d'une I;. Si nous prenons k points sur le support 
C„, d'une \ n k representee dans I'espace E„ par son espaee 
central E«_ 4 _j, I'espace E n _,, passant par ces k points et 
par E_*_ 4 , est completement determine. Cependant il peut 
arrriver que, par un choix convenable des k points du sup- 
port, on ail non un espaee E„_, mais un faisceau d'espaces 
E„_, . Dans ce cas, il est evident que les points, ainsi choisis, 
sont soumis a une loi que nous allons rechercher. 

Soient, 



les parametres de k points de C,. L'espace central de 
I'involution I; peut etre defini parn — k points de E„, 



i point z' p) ayant pour coordonnees, 



L espaee E 4 _„ determine par les k points 

equations, 



( 554 ) 
L'espace E„_„ passant par E*_, et I'espace central, 
represente par 

K +-« t K,-*-.. +«„_,K„.., =0, 
les « — k coefficients a etant determines par les n - 
conditions 

Kf H-«,Ki*' h- ... -4. « B _*K« t «- 0, \ 



Kr+^KM + .-. + a 






en designant par Kf ce que devient K p , quand on y rem- 
place les coordonnees courantes parcelles du point s (,) . 

En general, les equations precedentes permettent de 
determiner d'une facon unique les coefficients a, sauf les 



Alors I'espace E„_„ passant par E,_, et E.^,, est inde- 
termine du premier ordre. Pour resoudre le probleme que 
nous nous sommes pose, il suffira done de rechercher 
combien il existe de systemes de valeurs des k paramelres 
I qui satisfont, par exemple, aux deux conditions, 

A (Ki«>, ip, . . , Kir/., 1 ', Ifc&) - ( ( i ) 

B == (K<«>, Kp, . . , Kfcft), KW ) = ° I 
II est visible, tout d'abord, qu'il existe co 1 " 1 tels 



(2) 



( 535 ) 
groupes. Donnons a k — 2 de ces parametres \ par 
exemple a ).„, /„ ... A,, des valeurs determinees; nous desi- 
gnerons par (KJ") ce que devient Kj?' danscelte hypolhese. 
On a, lesa, [3, y, etant des facteurs constants, 

(KM) ==«<»> -+- $?>(*, + a 2 ) -+- r^A,A 2 . 

Le systeme (1) se transforme en 

(A) == ((KH, (Kf»), • •» (KL fl r/ii))=o j 
(B) S ((Ka(K?l),...,(^))»0 j 

Recherchons combien il existe de systemes de valeurs de 
\ et de > a qui salisfonl a (2). Remarquons que ces valeurs 
doivent dependre de lous les points de I'espace central, et 
uniquement de ceux-ci. Nous devons done rejeter tout 
systeme qui ne salisferait pas a celte condition. Cela pose, 
nous pouvons considerer \ -+- / 2 , et \ \, comme definis- 
sant les coordonnees non homogenes d'un point de I'espace 
E s . II nous suflira done, d'apres celte remarque, de recher- 
cher le nombre X des points d'inlersection des deux 
courbes representees par (2). Ces deux courbes se coupent 
en (n — kf points, mais le systeme (2) est verifie identi- 
quement si I'on a 

(A,) a (M\ (KP) - (*££*>)) = j 
(B.) = ((K<*\ (K») - (Kfcfc, 1 *)) = | 
Parmi les points d'intersection des deux courbes, repre- 
sentees par ces equations, il en est qui ne dependent que 
de n — k — 1 points de I'espace central : representees 
leur nombre par X t ; il en est d'autres, en nombre X„ qui 
ne dependent que de n — A- — 2 points de cet espace; en 



( 336 ) 
effet, les equations (3) sont verifiees si Yon a 

(A,) ma ((IP, (K<* ) ... (K££f>) »- I 

de lasorte, on arriverait a la suite 



X = (n - ft)' - X, 



X=(n-Af _(„_*_ 1 )' - (n-k- 



(n-W-M 



Nous en deduisons les resullats suivants : 

1° k — 2 elements arbritraires d'une involution If 
entrent dans { a -* +i ) groupes de k elements neutres. 

2° £«« groupes de n— 1 potnf* neulre* d'wne involu- 
tion I°_, forment une involution I£lJ. 

3° Une involution l£ possede (V) couples neutres. 

Remarque. En general, une involution I J ne peut posseder 
d'elSmentneutre. Celaresulte immediatementdesequations 
precedentes. En effet, le parametre d'un element neulre 
doit satisfaire aux conditions 

(Kft KP^KSL^) — 0, ) 

tKi", K?> ... Kir_r,*D = 0, | 

les fonctions Kj, 7) etant lineaires par rapport a >. Ces 
equations ne peuvent, evidemment, elre verifiees par une 
meme valeur de X que dans des cas tres particuliers. 

: nous venons d'enoncer ont ete 



( 337 ) 
donnes par M. Em. Weyr (*). lis permettent de meltre 
l'equation d'une involution sous une forme assez simple. 

Prenons d'abord le cas parliculier de n = 3 et de A==2. 

Une involution \l peut se representer par les points ou 
les plans d'une gerbe rencontrant une eubique gauche. Le 
couple neutre de celte involution est mafque par les points 
ou la bisecante, menee du centre de la gerbe a la eubique 
gauche, rencontre celte courbe. 

Si done, nous designons par j el j les paramelres 
deces points, les coordonnees du centre de la gerbe pour- 
ront s'ex primer par 



L'equation de revolution pourra done s'ecrire : 



=*. -r, + ^x 4 ,(» yi + f J, ,,,-,(*, -»-<? l z i ) + « t (x 1 ^ ^x,)(/y, + o»(z,+ J,« s )=0. 
M. Le Paige a tronve celte remarquable expression 
canonique, en se servant de ses recherches sur les formes 
algebriques plurilineaires ("). 

Dans le cas general, une involution I; est definie par son 
espace central; celui-ci peut etre considere comme la 
jonction de n — A- points de 1'espace E„, 
A®, A»...,A<— *>. 

(') Ueber involutionen n«" grades und P" slufe, Sitzungsberickte 
derKats. Akademiein Wien, 1879). 

(*") AM deW Accadcmia Pontifica de' Nuovi Lined, juin 1881, et 
Comptes rendus, mai 1881. 



C 538 ) 

D'un autre cote, si nous prenons un groupe de k points 
neutres de ['involution, representee sur la courbe C„, ils 
delerminent un espace E k _ { qui rencontre I'espace central 
de l'involulion. Nous pouvons done prendre, par exemple, 
au lieu du point A (i) le point B (,) d'intersection de E k _ t et 
de E„_^,. 

Si nous representons par -g^ m, ... pj, les parametres 
des k points neutres et par 4", «*\ ••• «*"> des constantes, 
ce point aura pour coordonnees, 



y^i: 



Si done nous considerons (n — k) groupes de k elements 
neutres, et si nous prenons sur chacun des espaces 
correspondants un point B"\ au lieu de regarder I'espace 
central de l'involulion comrae forme de n — k points A (l) , 
nous pourrons le regarder comme forme de n — k points 
B (0 . Alors, il est visible que les equations de l'involulion 



(339 ) 
D'apres ce que nous avons vu, ce 
s'effectuer de oo*~ 2 manieres. 

VI. — Une des questions les plus interessantes de la 
theorie de 1'involution est la recherche des elements mul- 
tiples associes. Le probleme a resoudre est le suivant : 

Combien existe-t-il de groupes de n elements (Tune invo- 
lution I", tels que dans ces groupes figurent p points mul- 
tiples d'ordres respeclifs 



nvec les conditions, 

M. Lerch f) a trouve que le nombre N de ces groupes 
est donne par la formule 

Nous avons retrouve cette formule par une voie diffe- 
rente de celle qui est employee par M. Lerch; il nous 
semble interessant de la reproduire, au moins pour le cas 
particular de p = 2. 

Soil done une involution Ij, representee par son espace 
central E b ^ w|I el la courbe normale, C„. Les equations de 
I'espace a r, -+- r 2 -+- 1 dimensions, qui unit les deux 
espaces E ri et E P , osculateurs a la courbe normale C„, aux 



'zungsberichte des A I der Wisscnschaf- 



( 340 



points de paramelres >., et >„ 



Les K p sont des fonclions du degre £+2 a deux variables 
non homogenes >,el X„ du degre r 4 ■+• 1 par rapport a X t1 
et du degre r, + l par rapport a \. 

L'espace E n _j qui joint l'espace, dont nous venous 
d'&rire les equations, el l'espace central, quand cela est 
possible, est represents par 

K -+- «, K, -t- «, K, *. ... +« nM K,. M = fl ) 
les paramelres a etant assujettis aux conditions : 

K<*> -H*,Kf> -+-a 2 K< 2 > H- 



►..K2U ,=o, 



(A) 



nous designons, comme plus hant, par Kj? 5 ce que devient 
K p , quand on y remplace les coordonnees courantes, 
2 *i *»...£.+., par les coordonnees du point A (?) de l'espace 
central. 

Pour que ces equations (A) soienl compatibles, il feu 1 
que Ton ail : 



.*_,) K (-*-D K< n «_-* : j K,rr.' 



(341 ) 
ou, ce qui revient au meme, il faut que les parametres 
\ et \ satisfassent, par exemple, aux deux relations, 

A, = (Ki'\ K<*>, ..., K'l/.i 2 ', Ki,V/_-^) = 0, ) 

B, == (Kg\ Kf» , ...,, K<T_-/_t», Kfc/L, ) == 0. I 

Remarquons que les valeurs des parametres, qui 
repondent au probleme, doivent dependre de tous les 
points qui definissent I'espace central et uniquement de 
ceux-ci. 

Cela pose, nous pouvons considerer les deux equations 
precedentes comme representant, en coordonnees non 
homogenes, deux espaces a une dimension et de 1'ordre 
(k -f- 2) [n — k — 1), ces deux espaces etant situes dans 
uu meme espace E,. On pent s'assurer facilement qu'ils 
ont en commun les elements suivants, etrangers a la 
question : 

1° Deux espaces nuls d'ordres (r 1 -+- 1) (« — k — 1) et 
(r,H-l) ( n — k — 1), situes sur I'espace E, a I'inflni de E 2 . 

2° L'intersection des deux espaces a une dimension dont 
les equations sont : 

B 2 = (Ki«>, Kf >, . . . Kfcfc?, KL"T/_t ) ) = 0; ) 

parmi les points d'inlerseclion de ces espaces, il en est qui 
dependent, en effet, uniquement des coordonnees de 
n — k~ 2 points de I'espace central; soil N, le nombre 
de ceux-ci et d'autres en nombre N 3 qui dependent de 
n — A — 3 points de I'espace central, nous aurons : 

ff.-afo -*• 4)(r 2 + !)(« - k- l)» — N fc 



(342) 



.«(r l+ lKr t + 1)|(«-*- «)■. 



H-S(r 4 +l)(r, 



ce qui est bicn la formule de M. Lerch. 

Dans le cas general, les calculs devenant assez compli- 
ques, nous nous bornerons a indiquer la marche de la 
demonstration. 

On ecrira|les equations de Fespace E 4+p _„ forme par la 
jonction des p espaces, 

osculateurs a la courbe normale aux points de parametres 



On en deduira l'equation de l'espace E„_,, passant par 
E i+ j_, et par Pespace central de Involution,- en fonclion 
de n — k— p parametres non homogenes qui doivent satis- 
faire a n — k equations lineaires. Pour que celles-ci suini! 
compatibles, il Taut qu'un determinant multiple, forme de 
n — k — p + 1 colonnes el de n — k rangees, soil nul. Le 
probeme revient done a chercher combien il existe de s}s- 
lemes de valeurs des parametres / qui annulent ce deter- 
minant multiple. Or, celui-ci peut etre considere comme 
represenlanl, en coordonnees non bomogenes, dans l*< *pa< r 
E p , Intersection des p -+- 1 espaces, Effi,, a p — 1 dimen- 
sions et d'ordres p=(n— k — p -t- 1 ){*-+- p)- 





(343) 




On remarquera 
ements suivants : 

\° p espaces Ep. 


que ces espaces ont 
. 2 , multiples d'ordres i 


ei 




»_* — ,+ 1)(r,+ 1) 




;s elements sont 


situes dans l'espace 


E /= 



en commun 



'infini de 
Tespace E p . 

2° La parlie d'un espace a p — 2 dimensions et dont 
1'equation s'oblient en retranchant du determinant mul- 
tiple primilif p — 2 rangees; cetle partie ne depend que 
de n — k — 2 points de l'espace central. 

On cherchera Intersection des p espaces E^enfaisant 
abstraction des points, situes sur les elements que nous 
venons d'enumerer, et on retrouvera la formule de M. Lerch. 
Nous pouvons done enoncer les theoremes suivants : 

1° Les espace « n — 1 dimensions, qui passent par les 
espaces a k dimensions, osculateurs a la courbe normale de 
^espace a n dimensions, enveloppent un espace a n — k 
dimensions el declasse (n — k) (k + 1). 

Nous enlendons par classe d'un espace a n — p dimen- 
sions, enveloppe par des espaces plans E„^,, le nombrede 
ces espaces E_ t , qui passent par un espace plan E„_ p _,. 

2° Les espaces a n — J dimension* qui passent par les p 
espaces E r . a r { dimensions, 



(t"-l t -S,...«^(r,+ l)-l 



osculateurs a la courbe normale de l'espace a n dimensions, 
enveloppent un espace dn-k dimensions et de la classe 



(314) 

Vlf. — Si nous considerons la courbe normale de 
Pespace E„, par un point exterieur P, nous pourrons lui 
mener n espaces E„_, osculateurs. L'espace a n — \ 
dimensions, qui joint les points de contact, s'appelle espace 
polaire du point P. 

Reciproquement, si Ton considere les n espaces E»_i, 
osculateurs aux points ou un espace E' B _ ( rencontre la 
courbe C„, 1'intersection de ces espaces est le pole de 
l'espace £'„_,. 

Recherchons l'equation de l'espace polaire d'un point 
de coordonnees 



Les points de contact des espaces osculateurs, is; 
b point, sont donnes par les racines de l'equation, 



(le signe =fc selon que n est pair ou impair). 

L'equation de l'espace E„_„ passant par ces points 

z, — z 2 Pf -+- z, P<"> — . . . =b *„+, PJT» = 0, 

,,%„..%..., 

done l'equation de l'espace polaire est 



(345) 

Reciproquement, les equations du pole d'un plan de 
l'espace E„, 



Nous pouvons en deduire ce fheoreme : 

L'espace polaire d'un poinl cfun espace a n dimensions 
asse par ce point, et le pole d'un espace an — 1 dimen- 
lom e$t tittte dans cet espace quand n est impair. 



Les 



involutions conjugees <'t par suite des theoiemes Mir les 
courbes normales, analogues a ceux que M. Appell (*) a 
donnes pour les cnbiques gauches, notarninent sur les 
espaces axiaux el diamelraux de ces courbes.On en tirerait 
encore des proprietes analogues a celles des complexes 
lineaires de droites de l'espace E 3 . Nous esperons pouvoir 



its multiples d'ordre 


„ 


d' 


une 


im-ohih 


'on i:_, 


iji wipe de cettv in rain 






'l'"" 


>ul n est 


impair. 


erne est du a M. Le P, 


U<3 











(3tt) 



Descriptions iic qnviqiies Cuvinbiincevs nouvelles ; par 
Alfred Cogniaux, professeur a I'Ecole normale de I'Etat 
a Verviers, et vice-consul de I'Empire du Bresil. 

Depuis la publication de noire Monographie generale 
des Cucurbilacees dans les Monograph in Phanerogama- 
rum de M. de Candolle, en 1881, nous n'avons cesse de 
• rassembler des materiaux pour completer ce travail. Nous 
avons deja publie qaelqnes-uns de ces materiaux anterieu- 
rement ; aujourd'hui, nous decrivons quatorze especes el 
plusienrs varietes inedites, provenant de diverses regions 
d'Amerique, d'Afrique et d'Oceanie. 

Dans le but de facililer les comparaisons, nous avons 
en soin de rediger nos diagnoses et nos descriptions exac- 
lement sur le meme plan que celles des especes du meme 
genre dans noire Monographie generale. En outre, nous 
avons indique, autant que possible, la place que chaque 
espece nouvelle doit occuper dans l'ordre s\>k'inali<jm\ et 
nous avons signale les principales differences qui la 
separenl des especes affines. 

Nous esperons etre parvenu ainsi a caracteriser nelte- 
ment ces diverses especes, afin qu'aucune d'elles ne reste 

1. Tririiosanllies Muelleri Cogn. sp. nov.; foliis ambitu ova- 
tis, supra punetato-xNibris. -ubtus ijabris l;u-\ ib-isque, n>'I ue 
ullra medium "j-sub-;i-!obati>, lobis nlilon^o-l.mi eo!;ili>. atu'u- 
siniis. marline miiotissiine minuleque dentirulalis ; floribus 



( 5*7.) 

monoieis, brevissime raccmo>is Miblasi irulatis, longe pi-diccl- 
Im t is, cbi'.n uatis ; seminibus valde lurgidis, longitudinaliler 
zona rrassissime circumvallaiis. unilocularibus. 

Rami gracillimi, ramulosi, sulcati, glabcrrimi, lacvcs. Pefio- 
lu- gracillimus, strialus, jjaber vol sjmris-inic brevitcrquc 
asperus, 5-4 cm. longus Folia tcnuitcr meinbranacea, supra 
Jactcviridia et albo-punclata 9 subtus paulo pallidiora, 1 1-15 cm. 
longa, 8-10 cm. Jala, lobo int< nneilio lon-iorc, adbasim levi- 
tcr constricto ; sinus inter Iobi angusti, obtusi, basilaris 
Mihi'ci ■[annularis, 1 '/2"2 Va cm - profondus. Cirrbi satis gra- 
cilcs, clon-ali, aiigulato siilrili. glabi nimi. bilidi. Pedunculus 
communis masculus multiflorus, 1-4 mm. longus; pediccllli 
I'atuli. capiliarcs, glabri, 1-1 J / 2 cm. longi. Florcs perfect! 
ignoti. Fructus subscssilis, pallidus. ovoidcus, teres, basi 
subtruncatus, apice obtusus, ~ cm. longus, 1 '/ 2 -- cm crassus. 
Semina sordide cincrea, vix nigulosa, basi oblu.se attcnuala, 
7 mm. Iong.i, \ mm. lata, ;> mm. crassa. 

HabitatinQuesland Australia (coll. Palmer et comm. CI. baron 
F. von Mueller). 

Cette espece fait parlie de la curieuse section du genre 
a graines presque en forme de marleati, donl Gaeitner 
avail d'abonl forme le genre Cucumeroides , noin que 
M. Naudin a change beaucoup plus lard en Plafygonia. 
KHe est assez voisine du T. Himalensis C. C. Clarke, qui 
s * ii distingue netlement par la villodle recouvrant pies- 
que tous ses organes, et par ses fleurs males munies de 
bractee*. Toules les aulres especes de la meine section 
different des deux pnVcib nits par leurs graines pourvues 
de tlrur grandes loges laterales vides. 

Nous dedions cette espece an celebre explorateur de 
I'Ausiralif, M. le baron von Mueller, de Melbourne, de qui 



( 318 ) 

«. Enreiandra Balfourii Cogn. sp. nov. caule glabro; petiolo 

brevissime spar- -V\\< iilriiiqiie 

breviter sparseque asperis dernura albo-callosis, plerumque 
Icviter 5-o-lobatis, lobis saepius triangularibus, apice sub- 
acute; Horibus pro gencre parvis, masculis brevissime raceme- 
sis sublV\>eiculalis; calycis tubo late infundibuliformi subcara- 
panulato ; staminum filamentis glabris; ovario oblongo; fructu 
ovoideo-subfusiforim, apice lon-iuscule aoutoque rostrato. 

Caulis gracilis, angulato-sulcatus, lacvis, cinereus. Petiolus 
satis gracdis, stnalus, laevis vel deraum intcrdum leviter 
rugosus, 2-6 cm. Iongus. Folia tcnuiter membranacea, ambitu 
ovata, supra laete viridia, subtus paulo pallidiora, 8-15 cm. 
longa et fere totidem lata, rarius fere usque ad medium lobata, 
lobis margiue undulato-crenulatis, mediano paulo longiorc, ad 
basimnonconslricto;>iuus hi--i!;aiN -iiiii 'n. ; .- 

profundus latusque. Cirrbi graciles, elongati, tcrcles, glabri. 
Pedunculus communis masculus gracilis, sulcatus, leviter 
puberulus, mulliflorus, V,-/) cm. Ionian; peclicolli filiformes, 
recti, puberuli, 1 '/ 2 -2 cm. longi. Calycis tubus puberulus, lon- 
giludinaliter tenuissime nervosus, superne satis dilalatus, 
infernc longiuscule attenuatus, 5-6 mm. Iongus et apice toti- 
dem latus; segmenta linearia, ti-7 mm. longa, I '/« mra - lata ' 
Corolla subglabra,segmenlisovato-oblongis, aciiti-,o 5-nenns, 
margine brevissime ciliatis, \ f / 2 em. longis. Staminum fila- 
menta ad basim non dilataia, L>-'o nun. longa; anlherae bilocti- 
lares leviter lobatae, 4 mm. longae, 5 mm. latae. — Flores 
feminei solitarii vel rarius geminati. Staminodia hmceolala. 
pubcrula, 1 •/, mm. longa. Stylus subfiliformis, 5 mm. Iongus. 
Pedunculus fruclilVru-; -ali; gracilis, leviter flexnosus, 1-5 cm. 

attenuatus obtususque, 5 en 
(immalura) ovoidea, leviter 



( 549 ) 

utrinque laevia, basi minute bidenticulata, 7 ram. longa, 
4-5 mm. lata. 

Habitat in insula Socotra ad altit. 200-700 m. ubi dicilur 
« Dachschana » vel « Dichschani » (B.Balfour, n.181; Schwein- 
furth,expcd. Riebeck, ann. 1881, n. 502, 541, 640 et 747). 

En 1882, nous avons recu de M. le professeur Bayley 
Balfour, de Glascow, tous les exemplaires que nous citons 
ici de cette espece; comme nous les lui avons retournes 
apres avoir redige la description ci-dessus, nous ne pour- 
rions ciler avec certitude quelies sonl les collections 
publiques ou elle se trouve aujourd'hui. 

11 est facile de distinguer YE. Balfourii des deux autres 
especes du genre. Voir Monogr. Phaner., Ill, pp. 415-416. 

3. Cogniauxia ampJa Cogn. sp. nov. foliis araplis, ovato- 

vix undulatis, utrinque tenuissime valde reticulatis et ad ner- 
vo> I»k sissime puberulis caeteris glaberrimis; racemis mascu- 
Hs folio brevioribus, pedicellis apice vel subapice bracteatis; 
calyce Jeviter furfuraeeo praeeipue ad apicem. 

Petiolus robustus, striatus, densiuscule furfuraeeo-puberu- 
lus, 4-6 cm. longus. Folia membranacca, supra intense viridia, 
subtus paulo pallidiora, 24-30 cm. longa, 48-21 cm. lata; sinus 
basilaris anguste subrotundatus, 6-8 cm. profundus, 2-4 cm. 
latus; ncrvi laterales imum sinum mnrginantes. Peduneulus 
communis mascwlus robustus, profunde striatus, subglaber, 
superne tantum floriferus, 14-16 cm. longus ; pedicelli ereeto- 
patuli, robustiusculi, brevissime puberuli, 5-8 mm. longi. 
Braeteae lineares, flexuosae, rigidiusculae, dense furfuracco- 
puberulae, 8-14 mm. longae, saepius vix 1 mm. latae. Calycis 
tubus leviter 10-costatus, ad basim paulo inflalus, apice satis 
fere 2 cm longus, inferne 5 mm. ad medium 



'!..,!, I 



ue denticulatus. Pctala ut videti 

5 ca, gross, 7-9-nervin, in.us gad 
que punctato-furfuracea, apice si 
ristatoapieulala, 5-4 em. longa, 



herb. Berol.). 

4. Cogniauxia cordifolia Cogn. 



vix puberulis eaeteris glabris, subtus br 
pubcriilU; cirrbis bifidis; raccmis mas< 
ribus, pedicellis sub apice braetealis; c; 



Rami satis graciles, sulcati, leviter furfuraceo-puberuh. 
Petiolus satis gracilis, obscure angulalus, brcvissirae denseqia- 
puberulus, 2-5 cm. longus. Folia rigidiusculn, supra Jaetevin- 
dia.subtus cincrea, 9-1 1 cm longa, 6 */ 8 -9 cm. lata; sinus basi- 
laris anguste subrectangularis, 2-5 cm. profondus, 7*-2 m ' 
latus; nervi laterales imum sinum marginantes Cirrbi robus- 
tiusculi, elongati, sulcati, leviter, furfuraceo-pubcruli. Pel" 11 " 
cuius communis masculus robustiusculus, profundus cule stria, 
tus, brevissime puberulus, fere usque ad medium ll >),!<:-• 
•I '/a-Sdm. longus; pedieeili erecto-patuli, satis graciles. Ievilcr 
puberuli, 10-14 mm. longi. Bracteae lincarcs, arcuatae, ngi- 
diusculae, dense furfuracco-puberulae, 6-8 mm. longae. *•* 
1 mm. latae. Calycis tubus obscure 10-costatus, infernc vix 
apice abrupte dilalatus, 1 //jcm. longus, ad medum 



( 3S1 ) 

1 % el ad apicem 4-5 mm. latus. Pctala lutea, obovala, sali. 
asymmetrica, pauIo inacqimli i. d iniifci- inrmbranacea, grossc 
o-5-nervia,intus »lalu\'t, oxt us <1<< ii-iii-cnlc piuictato-furfuracea, 
apice subarula et longiuscule apiculata, 2 em.longa, 4 1-14 mm. 
lata. Stamina ut in C. arnpla. Flores feminci et fructus ignoti. 

Habitat in Gabonia, 1 1 august. 1885 (D T R Biittner, n. 19 in 
herb. Berol.). 

Le genre Coquiauria, dT'crit par M. lo professeur Bail- 
Ion en 1884 (in Bull. Soc. Lin. de Paris, n° 53, p. 423; 
Hist. des PL, VI1T, pp. 409 et 446), vient se ranger natu- 
rell(>menta la suite des Eureiandra. L'espece decrile som- 
mairement par M. Baillon, le C. podolaena, originate 
egalement du Gabon ou eile a ele decouverte par le 
P. Duparqtiel en 1863, differe des deux especes que nous 
venons de decrire par ses feuilles cordees-hastees et par 
ses bractees se detachant du milieu du pedicelle et non du 
sommet. En outre, elle se distingue du C. arnpla par ses 
Srappes florales plus tongues que les feuilles, el du C. cor- 
di folia par ses vrilles simples. 

On sail que le pollen est loin d'etre de structure uni- 
formechez !es Cucurbitacees; dans ce genre, il est relali- 
vemenl assez gros, globnleux, lisse, k peine marque de 
trois sillons obscurs, et a dehiscence poricide. 



». Coccinia Buttneriana Cogn. foliis breviter pctiolatis, ova- 
tis, basi profunde emarginato-cordilbrmibus, apiee longiuscule 
acuteque acuminalis, marginc leviter angulalo-sublobulatis et 
remotissime minuteque denticulatis, utrinque glabris laevi- 
busquc et sub lente tenuissime punctulatis; eirrhis simplici- 
bus; racemis masculis apice 8-25-floris, petiolo paulo longio- 
ribus; calyce glabro, dentibus ovatis, crecth. 



( 352 ) 

Caulis graciU i ini-Jicvis, leviter ramo- 

sus. Petiolus gracilis, angulato-striatus, glaber, 1-2 cm. longus. 
Folia membranacea, supra laele viridia. subtus paulo palli- 
diora, basi trinervia, '/ 2 -'l dm. longa, 5-6 cm. lata; sinus basi- 
laris angustus, imam obtusus, 1-1 3 /4 cm. profundus; nervi 
laterales bifidi, imum sinum marginantes. Cirrlu filiformes, 
elongali, obscure angulati, glabri. Pedunculus communis roas- 
culus gracilis, leviter s!ria(us, glaber, 1-4 cm. longus; pedi- 
celli erecto-paluli, sulcati, capillares, glabri, 4-1 '/, cm. longi. 
Calycis tubus subpateriformis, i-5 mm.latus; dentes acutius- 
culi, 1 '/ 2 -2 mm. longi, basi 1-1 '/, mm. lati. Corolla 6-8 mm. 
longa,ulrinquetcnuissimefurfuracea,segmenlisovato-oblongis, 
Snerviis, acutis, non cilialis. Stiuuimim (ii nnmtn in columnani 
coalita, 5 mm. longa; capitulum antherarum subglobosum, 
2 mm. crassum. Flores feminci et fructus ignoti. 

Habitat in Gabonia, septemb. 1884 (D r R. Bullner, n. 18 in 
herb. HeroU. 



Cette espece doil se placer a cole du C. jalroplioefolia 
Cogn. {Monogr. Phan., Ill, p. 538), originaire d'Abyssinie, 
qui en differe beaucoup par ses feuilles divisees presque 
jusqu'd la base en cinq lobes Ires etroits, et par plusieurs 
autres caracieres. 



6. Apodanthera crispa Cogn. monoica; foliis mediocribus, 
breviter petiolatis, latioribus quam longis, fere usque ad 
medium 3-5-lobaiis, supra brcvissime subsparseque piloso- 
scabris, subtus densiuscule breviterque villo-u-hirtcllis; cirrhis 
ad basim trifidis; racemis masculis 4-8-floris; calyce densius- 
cule breviierque villoso-hirtello, tubo subcylindrico, ad basim 
subtruncato non dilatato, dentibus tubo dimido brevioribus. 



( 553 ) 

robusti, sulcati, brevitcr sparseque pilosi. Pctiolus robustus, 
vix stria tus, densiuscule breviterque villoso-birtellus, 2-3 cm. 
longus. Folia rigidiuseula, margine plus minusve crispaia, 
supra viridi-cinerea, sublus canescenti-cinerea, 2-5 cm. longa, 
3-6 cm. lata, lobis undulato-crenulatis; nervi robusti, subtus 
lcvitcr prominentes; sinus basiiaris lati-simus, parum pro- 
fundus Cirrhi graciles, brevissimi , compressi, subsparse 

densiuscule breviterque pilosus, 2-4 cm. longus; pedicelli 
erccto-patuli, %-l '/, cm. longi. Bractcolae subulatae, erecto- 
palulae, birtellae, 3-5 mm. longae. Calyx cinereo-fuscus; tubus 
ad apicem leviter dilatatus, 8-9 mm. longus, ad medium 3 et 
ad apicem 5-6 mm. latus; dentes lineari-subulati, erecti, basi 
valde remoti, 4-5 mm. longi Petala ovaio-oblonga, acutiuscula, 
subcnervia, brevissime denseque pubcrula, i J / 2 cm. longa. 
Peduneulus femineus 3-4 cm. longus, robustus, leviter striatus. 
Ovarium oblongum, breviuscule denseque villoso-hirtellum, 
1 cm. longum. Fructus (immaturus) obovoideus, carnosus, 
4 cm. longus, 2 '/ 2 cm. enssus. Srmina pcrfecla ignola. 

Habitat in Mexico ad San Luis Potosi, ann. 1879 (Scbaffner, 
»»• 587 in herb. Berol.). 

L'.4. crispa a I'aspecl des A. undulala A. Gray el 



-1. l',u 



aeavi Logn., 



(JiNiiiiguc sansdifficolt&i de cesdeuxespeces : YA.undulata 
a IBS feuilles beaucoup plus grandes et presque entieres, 
le calice legerement dilate a la base, a dents 5-4 fois plus 
courtes que le tube; \'A. Bur aeavi a les feuilles aussi longues 
que larges, les vrilles bifides, le calice fomenteux, insensi- 









( 334 ) 



7. Wilhrandia Glaziovii Cogn. dioica?; foliis longiuseule 
petiolatis, amhilu bite su ho i-biru hirihus, supra bievi-siinc sub- 
sparseque piloso-scabriusculis, sublus brevissime dcnscque 
pubeseenlibus, plus minusvc Iobatis vol subintoiiris; (lorilius 
niascuii-. par iii i- ail apiecm 

pedunculi communis foliis paulo brcvioris dispositis; braoteis 
nullis ; calyce leviter pubescente, dentibus erecto-patulis, 
angiisteovato-trbmguhiribus. tubo ^-5-plo brevioribus. 

Caulis robustus, leviter sulcalus, subglaber.Petiolus brevis- 

branacea, 10-K em. longa, 12-16 em. lata, supra laete viridia, 
subtus viridi-cinerea, margine minule remoleque spinuloso- 
dentieulata ; sinus basihris subreotangularis, 2-5 cm. latus, 

mar-mantes ( i. basi leviter incrassati, 

•<triati, snbghbri Pcluucnliis communis maseulus 10-15-florus, 
gracilis, siriatns, glaber, l / % -i dm. longus, ab 1-2 cm. florife- 
rus. Calycis tubus anguste obconicus, 4-5 mm. longus, apioc 
2-2'/ 2 mm. latus ; dentes pallidi, I '/s-2 mm. Iong,i, 1 mm biti. 
Petala imperfecte evoluta extus brevissime puberula. Flores 
feminci et fructus ignoti. 

Var. a, subinlegri folia. 

Folia 5-angulata vel leviter trilobata. 

Var S, lohula. 

Folia usque ad medium S-lobata, lobis acutissimis velsuba- 
cuminatis, mediano oblong.., latrralibu- an-uste triangula- 
res. 

Habitat var. a, in littore maris ad Gavia prov. Rio de Janeiro, 
decembr. 4878 (Glaziou in herb. Warming). — Var. 3. in prov. 
Rio de Janeiro (Glaziou, n. 12109, in herb. Eicbler et War- 
ming). 



( 535 ) 

Cette espece n'a de rapports qu'avec le W. ebracteala 

Cogn., qui s'en distingue facilement par ses feuilles pres- 

que glabres en dessous et par les dents du calice etalees, 

lanceolees -tin ea ires. 



8. Melothria (Eumebthria) Papuana Cogn. foliis brevius- 
cule peliolalis,integris,ovato-obbngis, ulrinque glabris, supra 
minutissime sparseque punctalis, subtus laevibus, basi rotun- 
dalis vel subtruncatis, apice breviuscule acuminatis, margine 
subinlegcrrimis vol inferne minute remote aenteque denticti- 
bilis ; floribus fcmineis longissime peduneulatis ; fructu 
oblongo, b.nsi rotundato, apice acutiuscule brcviterquc apieu - 
lato; seminibus obscure marginal. utrinque tenuissime scro- 
biculatis. 

Caulis gracilis, angulato-raraosus, glaber, laevis. Peliolus 
subfiliformis, glaber vel vix puberulus, slriatns, 1-2 cm. bo- 
gus. Folia membranacea, tenuiter 5-nervia, supra laete viri- 
dia, subtus satis pallidiora , 6-10 cm. longa, 4-3 cm. lata. 
Cirrhi gracilcs, breviusculi, obscure augulaii, glabri. Florcs 
masculi ignoti. Fbres fcminei solitarii; pcdunculus filiformis, 
glaber, angulato-sulcatus, 6-10 cm. bogus. Calyx supra ova- 
rium late cupuliformis, tenuissime furfuraceo - puberulus ; 
dentcs lineari-subulati,2 mm. longi. Corolla brevissime villosa, 
scgmenlis erccto-patulis, triangulari-lanceolalis, acutis, 5-ner- 
v iis, eireiter i em. longis. Ovarium angustc oblongum, superne 

longus, 1 cm. erassus. Semina cancscentia, o mm. longa, 

Habitat in Nova-Guinea ad Strickland River (coll. Bauerlen 
et coram. CI. baron F. von Mueller). 



k 350 , 
Quoique nous n'ayons pas vu les flenrs males de cetle 
espece, nous croyons pouvoir particulierement la rappro- 
cher eles M. Grayana Cogn. et M. Peneyana Cogn. 
{Monogr. Phan., Ill, pp. 591 -592) ; rnais tons les deux ont 
les fleurs femelles brievement, pedonculees et les graines 
lisses. De plus, le M. Grayana, qui en a presque le porl, 
s'en distingue encore par ses feuilles assez profondement 
echancrees a la base et son fruit obtus aux deux extretnites, 
et le M. Peneyana, par ses feuilles cordees-deltoides. 



9. MeJothria (Eumelothria) suhpellucida Cogn. foliis tenui- 
ter racmbranaceis subpellucidis, late ovalo-subcordiformibus 
vel interdum subdeltoideis, leviter 5-sub-5-Iobatis, basi levi- 
ter lalissime emarginatis, supra vix pilosulis sublaevibusque, 
sublus ad nervos brevissime hirtellis caeteris sparse punctulato- 
scabnuscuhs; racemis masculis paucifloris, petiolo longiori- 
bus; calvce campanulas, dentibus minutis, basi remotis, 

Caulis subfiliformis, angulato-sulcatus, pallide viridis, vix 
brevissime puberulus. Peliolus gracilis, striatus, leviler pube- 
rulus, 3-4 cm. Iongus. Folia supra saturate viridia, subtus laetc 
viridia, margine minutissime remoteque subulato-denticulata, 
5-8 cm. longa, 6-9 cm. lata, lobis acuiissimis; sinus basilaris 
late subrotimdatus, vix 1 cm. profundus, 3-4 cm. latus. Cirrhi 
filiformes, dongati, sutcati, vix puberuli. Pedunculus commu- 
nis nia-cuhis filiformis, sulcatus, puberulus, 3-C cm. Iongus, 
apice 8-lo-florus; pedicelli patuli, capillares, leviter flcxuosi, 
sub lente pilis bre\issimisramosis densiuscule vestiti, 1-1 7* cm * 
longi. Calyx siccilale fulvus, leviter puberulus, basi obtusus, 
i '/a mm. Iongus latusque. Corolla subglabra, ut videtur 
3 mm. lata. Flores feminei et fiuctus ignoti. 

Habitat in Australia ad Endeavour River (coll. Perseih et 
comm. CI. baron F.von Mueller). 



(557) 

Nous soupgonnons que celle espece pourrait bien venir 
se ranger dans le voisinage du M. marginala Cogn. 
(Monogr. Phan., Ill, p. 593) ; mais en I'absence des fleurs 
femelles, du fruit el des graines, nous ne pouvons rien 
affirmer. 

10. Melotlnia celebica Cogn. in Monogr. Phaner., Ill, 
p. 625. 

Var. (3, villosior. 

Caulis breviter denseque villoso-hirtellus. Folia utrinque 
canescentia vel caneseenti-cinerea et densissime breviuscu- 
leque villoso-subtomentosa praecipue subtus. Cirrbi longius- 
culi, brcviter denseque villoso-hirtelli. 

Habitat in Australia ad sinum Carpentaria (F. von Mueller). 

L'exemplaire que nous possedons de cede planle, recn 
l'annee derniere de M. le baron F. von Mueller, est assez 
incomplet; il est accompauue do fragments de fruit et de 
graines qui paraissent identiques a ceux du M. Celebica, 
mais il ne porle pas de fleurs bien developpees. Nous 
soromes assez porte a croire que lorsqu'on pourra en etu- 
dier des exemplaires suflisamment complets, il faudra 
Telever au rang d'espece distinete. 

11. KcdrostisBoehmiiCogn.foliislonge petiolatis, ulrinque 
subtilissime puberulis praecipue subtus, ambitu suborbicula- 
ribus, nsque ad medium trilobatis, basi profunde emarginatis, 
apice obtusis et longiuscule inucronativ, margine miiuitissimc 
remolequesubulato-denticulati^ racemis masculis petiolo vix 
longioribus; ealyce densiuscule breviterque villoso-birtello, 
dentibus oblongis, tubum aequantibus ; fructu sessili, ovoideo, 



( 358 ) 

parvo, longe rostrato, brevissime el dcnsiuseulc piiberulo, 
oligospermo. 

Caulis gracilis. lexiter ramo-ms, angulato-sulcalus, levissime 
villoso-birtelius, elongatus. Pctiolus gracilis, strialus, vix 
puberulus, 5-5 cm. longus. Folia tenuiter membranaeea, 
ulrinque lacte viridia, 7- II cm. Ionga, 8-12 cm. lata, lobis 
ovali-. be-i p.';,- miuusvr conslriclis ; sinus inter lobos sae- 
pius angusti, u! hindatus, 1-2 cm. profun- 

dus. Cirrhi graciles, clongati, sulcati, brcvissime leviterque 
pubci'iili. Pedimciiliis communis mascultis subfiliformis, sul- 
catus, subreetus, puberulus, 5-0 cm. iongus, apiee 5-8-iloris; 
pedicelli capil'ares, paluli. recti, 1-5 mm. longi, ebractcolati. 
Calycis tubus campanulato-ovoideus, basisubtruncalus,supcrne 
satis conslrictus, I '/o mm. longus, I mm. latus; dt-ulcs creeli, 
1-1 7-2 mm. Jongi. Flores feminei solitarii xvl cacius geminati. 
Fiuclus densiuseule brevitcrquc puboulus, "j-S mm. longus, 

longum. 

Habitat in Africa oricntali ad Kakoma, 27 januar. 1881 
(R. Bohro, n. 5 a in lierb. Beroi.). 

Celle espece doit cite ranger a la suite du K. rostrala 
Cogn. [Monogr. Phaner., Ill, p. 656), planlc indienne qui 
en diflere par ses feuilles brievemenl peliolees, entire*, 
arrondus an sorumet, les dents du calice subulees, quaire 
fois plus couries que le lube, etc. 



IS. Cnvaponia (Eueayaponia) Almcideana Said. 
loin's supra dcnsiiiseiilc brevissimequc hirlellis ct Jo 
sparseque setulosis, subtus breviuscule denscque 
praccipue ad ncrvos, ambitu ovatis, fere usque ad 
trilobatis, basi profunde angusteque emarginatis 



( 359 ) 

5-i-fidis; calyce breviter denscquc villoso-tomentoso, segmen- 
tis erectis, conniventibus, lineari-lanceolatis, longe acuminata, 
corolla longioribus. 



viridia, subtus vit idi -i in. :wa et loviier reticulata, 1 ! / 2 -2 dm. 
longa, 14-18 cm. lata ; lobi ovato-triangulares, marginc leviter 
undulati et minute remoteque subulalo-denticulati, latcralcs 

tus; nervi satis graciles, subtus paulo prominentes, duo late- 
rales bi-lrifurcati. imum siuum marginanles; sinus inter lobos 
subacuti, basilaris obtusus, 4-5 cm. profundus; lobi basilares 
valdc approximate iionmmqiiam superpositi. Cirrbi satis gra- 
ciles, longiu>culi, sulcati, dcnsiuscule breviterque villoso- 
birtelli. Flores maseuli magni, solitarii vel rarius geminali. 
Pedunculus gracilis, dense longeque villosus praeeipue ad 
apicem, «/ 2 -2 cm. longus. Calyx viridi-cinereus, tubo late cam- 
panulato, 4-5 mm. longo, apice 7-8 mm. lato, segmentis 

Corolla (imperfecta evoluta) utrinque brevissime denscque 
tomenlosa. Flores fnnim-i i-noti. Fructus pcdunculo crassius- 

gus, basi rotundatus, supcruc salis attenuatus acutusque, 5 cm. 
b>n-u>. hi- 13 mm. crassus. Semina perfecta ignota. 

Habitat in prov. Rio de Janeiro ad Laranjciras, ubi dicitur 
Abobra danta, 22 octobr. 1S8G (Glaziou, n. 1G.079 in herb. 

Notre collegue et ami, M. le consul general J. deSal- 
danha da Gama, a bien voulu s'associer a nous pour etu- 
(lier et noramer celte interessante cspece, qui est dediee a 
son ami de jeunesse, M. le conseiller Thomas Coelho 



( 5bO ) 
d'Almeida, depute et ex-ministre de 1'agriculture du 
Bresil. 

Le C. Ainieideana doit se placer entre les C. Flumi- 

nensis Cogn. el C. hirsutu Cogn. (Monogr. Phaner., Ill, 
pp. 743 et 744), dont il differe par ses feuilles beaucoup 
plus grandes, a sinus basilaire profond etetroit. En outre, 
le C. Flumineitsis a les feuilles tomenteuses en dessous, la 
corolle jd/ms tongue que les lobes du calice, le fruit uco'ide, 
arrondi aux deux bouts; le C. hirsuta a les feuilles a peine 
lobees, le fruil mmel, etc. 



13. Cavapouia (Eiirayanrmhi reticulata Cogn. foliis brcvi- 
ter petiolatis, trifoliolalis ; foliolis subscssilibus, coriaceis, 
utrinque glaberrirais lacvibusque, subtus valde nervuloso- 
reticulati*, marginc integerrimis vel vix undulatis; cirrhis tri- 
fidis ; calycc glaberrirao, tubo campanulas, segmentis linea- 
ribus, lubum aequantibus. 

Dioica. Rami roim-tiiHcuIi. profunde sulcali. glabciThni, 
laeves, elongati. Pctiolus robustiusculus, striatus, glaberri- 
mus, 1-2 Va em. longus. Foliola oblonga vel lanceolate, basi 
leviter attenuata, apicc acuta vel obtusiuscula, utrinque lactc 
vel pallide viridia, 5-12 cm. longa, 2-4 cm. lata, lateralia paulo 

prominenles. Cinlii satis gracilcs, elongati, sulcati, glabri, 
sit pcr-iores in'. n>euli, in pani- 

culas terminal. - :<:<• , I ;-j»o>iti. Pcduncu- 

lus communis 1-2 dm. longus, satis gracilis, sulcatus, usque 
ad basira leviter ramosus; pcdicclli graciles, glabri, braeteo- 
Iati, 5-6 mm. longi; braeteolae subulatae, 5-8 mm. longae. 
Calyx >i(ci!ate nigricans, tubo basi subrotundato, 8-9 mm. 



C 361 ) 

vix furfuracea, i cm. longa, usque ultra medium divisa, seg- 

culis. Stamina lubo calycis inserta ; fdamenta inferne satis 
dilatata et dense villosa ; antherae in capitulum 4 mm. longum, 
5 mm. crassuni cohaerenles. Flores feminei in racemos ple- 
rumque axillares paucifloros dispositi. Pedunculus communis 
patulus, satis gracilis, 4-6 cm. longus; pedicelli basi bracteolati, 
2-6 mm. longi. Staminodia minuta, subulata, basi dense vil- 
losa. Ovarium sphaericum, glaberrimum, 4 mm. crassum; sty- 
lus filiformis, leviter flexiiosus, glaber, 8-9 mm. longus; stig- 
mata patula, satis dilatata. Fructus ut videtur olivaceus, sphae- 
ricus, laevis, nitidus, 7-8-spermus, 2 4 /« cm - crassus. Semina 
fuscescentia, valde compressa, ovata, 1 cm. longa, 7-8 mm. 
lata. 2-2 »/ 3 mm. crassa. 

Habitat in Brasiliae prov. Rio de Janeiro (Glaziou, n. 15908 
et 15909 in herb. Eichler); ad Petropolin loco dicto Jaco (Gla- 
ziou, n. 8998 in herb. Eichler et Warming). 

Cette espece n'a d'affinite bien elroite avec aucune autre 
espece du genre; eependant, nous pensons qu'il faudrait 
la placer au voisinage du C. coriacea Cogn. [Monogr. Pha- 
ner.. Ill, p . 761). Les caracteres : feuilles ires glabres sur 
les deux faces; segments du calice egalant le tube, suffisent 
pour la distinguer netlement des sept autres espeees de 
la section Eucayaponia, qui ont les feuilles divisees en 
folioles distinctes. 

Des trois numeros dislribues par M. Glaziou, le n° 8998 
est en beaux fruits miirs, le n° *3908est femelle, et le 
nM 3909 male. 

*4. Cayaponia (Trianosperma ?) Saldanbaei Cogn. foliis 

Jongiuscule petiolatis, ambitu suborbicularibus, utrinque gla- 

bris et punctato-scabris, basi leviter lateque emarginatis et ad 

3™ SERIE, TOME XIV. 24 



(362) 

petiolum non decurrentibus, usque ad medium vel paulo 
ultra 3-o-lobatis; eirrlns trifidis; floribus masculis parvis, in 
axillis foliorura geminatis ternisve , btwi-sime pedii vlhtis . 
pedicellis bracteolatis; calyce glabro vel vix furfuraceo, seg- 

libus, apice longiuscule acuminatis, interdum leviler pnberulis. 
tubo 2-5-plo longioribus. 

Rami gracile-, mi!<- w ; uinlosi. Petiolus 

satis gracilis, striatum glaber. sr';d>riusculu>, 3-o cm. longus. 
Folia submembranaeca, supra lade viridia, subtus pallide 
viridia, 10-12 cm. longa et fere tolidem lata, superiora satis 

gine uudulatis et remotissime minuteque subulato-denticulatis, 
tcrminali majore ; nervi crassiusculi, subtus leviler promi- 
nentes, duo laterales |>. ihn- bit'uiTati innim Rimini Iruler 
uiargiiiauies ; sinus inter lobos angusli. nbtn-i. ba^ilari.- 
1-! */-2 cm. profondus, 2-3 cm. latus. Cirrbi satis gruciles. bre- 
viusculi, profunde sulcati, glabri. Pedicelli masculi graciles, 
leviter pubcruli, 1-3 mm. longi ; braclrolae linearis, circiter 
'/* cm. Iongae. Calyx pallide viridis, lubo late camp uiulato- 

apice 3-4 mm. lato. segment^ le\iter I'lexun^is, lenuiler trincr- 
viis, 6-7 mm. longis, basi 2 '/ 2 mm. latis. Petala (imperfn'te 
evoluta) extus brevissime denseque villosa. Flores fcminei et 
fructus ignoti. 

Habitat in Brasiliae pro v. Rio de Janeiro (Glaziou, n. 13904 
in berb. Eichler). 

Nous dedions cetle espece a M. le consul general 
J. de Saldanha da Gama. C'est par analogie de port que 
nous la rapporlons a la section Trianosperma, car en I ab- 
sence de lleurs femellesel de fruits, on ne peut rien aibr- 



( 365 j 
mer sur ce point. Dans cette section, elle doit venir se 
placer a cote du C. trilobata Cogn. (Monogr. Phaner., HI, 
p. 780) ; mais elle en differe enormement, car celui-ci a 
les feuilles densemenl velues-herissees en dessous, a sinus 
basilaire ires etroit, les vrilles bi fides, les fleurs males 
grandes, en grappes, le calice velu, a segments plus courts 
que le tube. 



15. Alsomitra Miudlm <;o,:u. i'oliis breviuscule petiolatis, 
Irifoliolatis ; foliolis breviter petiolutatis, eglandulosis, mem- 
branaceis, angustc nvaii-. ba-i -uhroiundalis, apice acutissi- 
mis subacuminatisque, integerrimis, utrinque glabcrrimis 
bevilm-que. penninerviis; cirri . is longinscule bifidis. 

Rami graciles, teretes, lenuit.T -tri a!i, ^l-ibi'i. Petiolus gra- 
cilis, levitcr slnaius, idaber, 1-^J cm. longus; petioluli glabri, 
5-9 mm. Iongi. Foliola utrimpie lade viridia, subtus tenuis- 
sime reticulata, 5-1 1 cm. longa, 2 V 2 -6 cm. lata, lateralis vix 
asymmetrica ; nervi subtus levitcr prominentes Cirrhi satis 
gi'ai ilcs, loit-issimi, pi'ofunde sulcati, glabri. Paniculae mascu- 
lac satis ramosae, multiflorae, interdum foliatac Pedun lus 
communis gracilis -n luvH u-,. L -h!„-j- vi-1 -iiprrnevix puberulus, 
elongatus; rami divaricati, eloniriti: peiliivlli capillares, glubri 
vel inferne vix puberuli, sacpiu- fa^-irulati, ha-i braefeohti, 
4-6 mm. Iongi ; bracleolae subulatae, leviter puberulae, vix 
1 mm. longae. Calyx leviter puberulus, segmentis lanceolato- 
Imcanbu-, apice acu i inatis, 1 ' '. mm. longis. Corolla vix pube- 
rulapraecipueextu-.aliicsrcns.scgmentisovato-lriangularibus, 
trinerviis, apice acutiasculis, 5 mm. longis. Staminum fila- 
ments 2 / 3 mm. longa. Flores feminei et fructus ignoti. 

Habitat « Islands near S.-E. coast of N. Guinea, 1884 » 
(coll. Armit et comm. CI baron F. von Mueller). 



(364) 
L'affinile de cette espece avec VA. Beccariana Cogn. 
(Monogr. Phan., Ill, p. 932) est evidente. Cependanl, dans 
l'etat ou ces deux plantes sont connues actuellement, il est 
assez difficile de les comparer, par la raison que pour 
Tune, celle que nous venous d'etablir, on connait ses fleiirs 
males, inais on n'en a encore recolte ni les fleurs femelles, 
ni les fruits; tandis que I'autre a ete decrite sur un exeru- 
plaire de 1'herbier du Musee de Florence pr^sentant des 
fruits et des graines en bon etat, mais absolument 
depourvu de fleurs. La comparaison ne pourrait done 
porter que sur les rameaux, les I'euilles et les vrilles. Or, 
dans ce genre, des especes ires distinctes out parfois les 
organes de vegetation presque identiques. 

Voici, pour ces organes, en quoi YA. Beccariana differe 
de 1'espece precedenle : ses rameaux sont dislinclement 
sillonnes; ses folioles sont presque de moitie plus petites, 
plus largement ovales, moins aigue's, les laterales asyrae- 
triques et notablement plus petites que la mediane; ses 
vrilles sont settlement bitides au sommet. 



16. Fcuillca albiflora Cogn., var. p. Glaziovii, var. no 
Calyx pihs brevissirais leviter flexuosis densiusculc 



. Rio de Janeiro (Glas 



Le type de cette espece, observe dans les provic 
Bahia et de Minas Geraes, a le calice glabre. 



( 565 ) 



Des races et des varietes dans Vespece Mustela putorius; 
par Adolphe Drion, tils. 

II existe en Belgique deux races de pulois : 

1° La race jaune; 

2° La race noire. 

Le putois jaune a le corps plutot court; il est haut sur 
jambes; ses ongles sont effiles et droits; le dessous du 
corps, les cuisses et les patles sont d'un poil tres fonce; 
les flancs sont couleur jaune d'or; le contour des yeux et 
du museau est marque de teintes jaunatres, tirant sur le 
gris; la queue est brune et fournie, surtout chez les sujets 
vieux. 

Le putois jaune habite ordinairement les endroits 
humides et le bord des ruisseaux ; accidentellement les 
lieux sees et le voisinage des habitations. 

Rebelle a toute education, il devient craintif et timide 
en captivite. 

Le putois noir est de forme plus allongee; il est moins 
haut sur panes que son congenere; ses ongles sont plus 
courls et plus recourbes; les oreilles, le contour des yeux 
et du museau sont d'un blanc pur qui tranche vivemenl 
sur le poil fonce; la robe est noire; cependant les cotes 
presenlent une teinte jaunatre, mais effacee. 

H se plait ordinairement dans les lieux sees et le voisi- 
nage des maisons habilees; accidentellement dans les berges 
des rivieres et les marais. 



( 560 ) 

En captivile il est indomptable; non seulement il se 
montre, comme le pulois jaune, rebelle a toute espece 
d'education, mais il est hardi et sanguinaire, au point de 
se jeler furieux sur la main qui le nourril. 

En dehors de ces deux races caracterisees par une 
difference appreciable dans la structure du corps, la con- 
formation particnliere des ongles, la couleur de la robe et 
par les mceurs, ii exisle des nuances melangees qui resul- 
lent des croisements, 

Ce sont : 

1° Le pulois brun-jaune (issu d'un croisement enlre 
jaune pur et noir pur; conformation demi-allongee; ongles 
moyens); 

2° Le jaune d'or bronze; 

3° Le jaune citron ; 

4° Le gris mele de jaune leme; 

5° Le pulois a plastron (variete accidentelle). 

Les putois aux nuances jaune d'or bronze, jaune-cilron 
et a plastron sont des tils du putois brun-jaune croise 
avec le jaune pur ou le noir. 

Le gris, mele de jaune lerne, differe complement des 
autres par sa robe; celle-ci est d'une teinte beaucoupplus 
uniforme sur toules les parties du corps. 

Je n'ai pu former mon opinion sur ce point : a savoir s n 
constilne une race distincle des deux precedentes, s'il 
resulle d'un croisement, ou enfin s'il n'est pas tout simple- 
ment « le furet » echappe. Cette derniere appreciation 
parait assez vraisemblable, car le furet-putois est beaucoup 
moins frileux que le furet albinos et par consequent beau- 
coup moins expose a mourir de froid, a I'elat de liberie. 

II exisle au Miihv d'bi*tuire nalurelle de Bruxelles un 



( 3(57 ) 
jeune putois noir el un jeune putois gris; celui-ci est men- 
tionne comme « jeune » sans commenlaires; la difference 
de teinle qui existe entre ces deux animaux empailles est 
frappante. 

Le putois gris ressemblant beaucoup au furet metis, il 
pourrait se faire que ce fut un produit du melange d'un 
putois nuance avec un putois albinos (pour autant que ce 
dernier existe...). 

Le putois a plastron est remarquable par une tache 
blanche ou jaune, sous la gorge. 

Je possede un sujet gris a plastron blanc et un sujet 
noir a plastron egalernent blanc; et il m'a ete donne d'en 
voir de noirs qui avaient le plastron jaune. 

Les putois « brun-jaune » sont les plus communs; les 
jaunes et les noirs sont assez rares; ces deux derniers 
constituent les sujets de race pure. 

Les putois gris et ceux a plastron se rencontrent tres 

Mes observations portent sur 200 individns de toutes 
nuances dont 108 captures par moi-meme et 92 qui me 
furent apportes par des gardes-chasse. 

On a cru longtemps que les differences de couleur entre 
le pulois jaune et le putois noir n'etaienl que le resultat 
^influences locales, accidcntelles, climaleriques, d'jige ou 



Je puis affirmer le contraire, parce que j'ai pris des 
pulois jaunes, males ou femelles, jeunes ou vieux, qui por- 
taient les signes dislinctifs de leur race en toute saison; 
j'en ai pris de noirs, jeunes on vieux, males ou femelles, 
depuis le commencement de l'annee jusqu'a la fin. 

De plus, j'ai fait une experience serieuse qui confirme 



( 368 ) 

Je me suis procure, aii mois de seplembre 1883, deux 
jeunes putois males, Pun jaune et I'autre noir ; je les ai 
conserves dans des cages separees, jusqu'en septembre 
1886. Or, pendant ces trois annees ils n'ont absolument 
pas change de couleur, ni de conformation : le jaune est 
toujours reste jaune, en ete, aux saisons de mue et en 
hiver; le noir a toujours conserve sa meme robe noire; j'ai 
remarque que le noiretait plus feroce et plus hardi; il etail 
aussi plus agile el grimpait ordinairement au haul de sa 
cabane quand on I'inquietait; le jaune etait craintif, timide 
et moins leger dans ses mouvements; il avail pour habi- 
tude d'arracher le pavement de sa cage et vonlait chercher 
une retraite en se creusant un terrier. 

Dans les couleurs inlermediaires, les ongles des indivi- 
dus dont le pelage se rapproche du jaune, sont plus tins, 
moins recourbes que les ongles des putois a la robe foncee. 

Pour bien reconnaitre la difference des griffes, il faut 
done posseder des sujets de race pure. 

Les tout jeunes putois des deux varieles, ages a peine 
dequelques mois, sont noirs; il est done difficile de deter- 
miner, dans le premier age, s'ils appartiennent a la race 
jaune ou a la race noire. 

Les riches fourrures sont celles des putois jaune pur, 
des jaune-bronze et des jaune-citron. Les peaux des putois 
noirs ne plaisent pas a la vue et sont rarement employees 



Enfin, dans toute I'espece, Je male adulte est toujours 
d'un bon tiers plus gros et plus grand que la femelle. 



Note sur qnelques especes rares de la faune des vertebres 
de la Belgique, observers dans le Limbourg beige, par le 
docteur C. Bamps. 

OISEAUX. 

Calamoherpe aquatka Lath. — Acrocephalus aquaticus 
Newt, ex Gm. — Dans sa faune des vertebres, en voie de 
publication, M. Alph. Dubois considere cet oiseau comme 
tres rare en Belgique. D'autre part, dans une brochure 
plus recenle (1), ie meme auteur le cite comme rare et de 
passage irregulier en ete, ajoutant : «il parait qu'on le voit 
chaque annee aux environs de Hasselt ». Deja en 1883, 
dans un petit travail publie dans les Bulletins de la section 
scientifique de la Societe des melophiles de Hasselt (2), je 
cite, parmi mes observations ornilhologiques, a la date du 
6 octobre, le depart de la rousserolle aquatique. Plusieurs 
savants m'ecrivirent ace sujet, pour altirer tout specia- 
lement mon attention sur cet oiseau et pour m'engager a 
verifier avec le plus grand soin la date des captures even- 
tuelles de cette rare espece. 

Dans un nouvel article publie en 1886, aux bulletins 
de la meme Societe (3), je signalai aux dales du 5 aoiit, 
du 11 eldu y4septembre 1884 et du 21 septembre 1885, 
des observations concernant cet oiseau, faites dans les 
marais de Slockroye, a une lieue nord-ouest de Hasselt, 

0) Voir : Revue des oiseaux observes en Belgique, dans le Bulletin 
duMusee royal d'histoire naturelle de Belgique, tome IV. 

(2) Voir : Les oiseaux des environs dc Hasselt et leurs phcnomenes 
periadiques, dans les Bulletins dc la section scientifique etlitteraire de 
la Societe des melophiles dc Hasselt, tome XIX. 

(3) Tome XX If. 



(370) 

par M. Edgard Claes, avocat. Malheureusement cet oiseau 
n'a jamais ete rencontre an prinlemps par M. Claes qui 
suppose qu'il passe apres la fermeture de la chasse (1). Je 
suis plus porte a croire qu'il s'agit ici d'un oiseau d'ele qui 
vientregnlieremenl nicher presde nos marais, et que c'est 
meme la rousserolle qui nous quilte la derniere. Les inle- 
ressantes observations de M. Fontaine de Papignies (2) 
semblent confirmer enlierement ces suppositions. 

Otocorys alpeslris. L 

Cette espece, qui est aussi considered comme Ires rare 
en Belgique oil elle n'arriverait qu'irregulierement, d'apres 
M. Dubois, est pri-c iv^ulirromriit dcjniis six ans an moins, 
avcc YaUoida arvemis, a la tenderie de Farriere-saison, aux 
environs de Hasselt. Comme je le fais remarquer dans un 
de mes articles cites ci-dcssus, cette espece est bien connue 
des amateurs d'oiseaux de la ville de Hasselt, el plusieurs 
en conservent continuellement dans leurs volieres. On en 
rencontre chaque annee, parmi les alouettes ordinaires, 
chez les marcbands de volaille de Hasselt, provenant des 
alentours de cette ville, parlicnlierement de Schuelen. 

S'agirait-il ici d'un passage localise en Belgique? Comme 
cette espece boreale affectionne les lieux marecageux, il 
n'y a rien d'elonnant a la voir paraitre regulierement en 
automneaux environs de Hasselt, si remarquables par leurs 
nombreux marais, de meme que M. Albarda Fa constat 
pour la province de la Gueldre en Hollande (3). 



(V> Voir : Compte rendu des observations ornithologiques faita 
Belgique pendant I'annc'e 1885, dans le Bulletin du Musee ro 
d'histoire naturelle de Belgique, tome IV. 

(2) Voir idem. 

(5) Voir : Ornithologischer J ahresbericht (1885) aus Holland, \ 
Herman Albarda in Leeuwarden. 



(371 ) 



Lacerta agilis. L. — Lacerfa stirpium Baud. 

Dans la Jiste des reptiles de la Belgique, publiee dans la 
Patria Belgica en 1875, M. le baron de Selys-Longchamps 
dit que ce lezard — le plus grand de ceux quon rencontre 
en Belgique, si, comrae il est probable, \eLacerla viridis n'y 
existe pas — parait n'habiter que la Lorraine luxembour- 
geoise. L'an dernier, an mois de septembre, un eludiant 
de Hasselt, M. Constant Slellingwerff m'apporla un magni- 
fique exemplaire de celte espece, lequel mesurait 16 a 
17 centimetres de longueur et 6 J /-2 centimetres de pour- 
lour a la region abdominale. JI venait de le capturer a 
Lancklaer dans une vaste sapiniere. Celte espece dont les 
localites sont si restreinles en Belgique, parait elre assez 
abondante la ou elle existe, car depuis celte epoque etsur 
mes indications, mon ami le baron Paul de Cheslret en a 
trouve plusieurs exemplaires pies du chateau de Hocht a 
Pietemheim, dans des bois monlueux qui forment la con- 
tinuation de la chaine de collines boisees, allant de Neeroe- 
teren a Lanaeken et qui traverse Lancklaer en longeant, 
parallelement a la Meuse, la lisiere orientale de la province 
du Limbourg. 

Celte decouverte me parait offrir de Pinteret, parce 
qu'elle permet d'elargir notablement I'aire de dispersion 
de celte espece, connue dans noire pays, et qu'elle tend 
a prouver que, malgre de grandes differences de sol et 
d'altitude, la Campine limbourgeoise, dans certaines de 
ses parlies, offre non seulement par sa flore, mais encore 
par sa faune, de frappanles analogies avec les Ardennes 
et le bus Luxembourg. 



( 372 ) 



delineatus. Siebold. 

A la suite d'une note de M. Gens, parue dans le Bulletin 
de I'Academie des sciences (1) et de Penvoi gracieux que 
I'auteur me fit d'un echantillon de Leucaspius delineatus, 
decouvert par lui dans les eaux du fortin n° 4 de Tancienne 
enceinte des fortifications d'Anvers, je fis de nombreuses 
recherches dans les etangs, les mares et les ruisselets pre- 
leves sur les cours d'eau pour 1'irrigation des prairies dans 
les environs de Hasselt. Mes recherches furent couronnees 
desucces, car, au printemps de I'annee 1886, je decouvris 
I'espece en question en grande abondance dans une mare 
plusieurs fois seculaire, appelee « Begyne poel », mare 
des beguines (2) situee aux portes de la ville de Hasselt. 

Cet etang bourbeux, qui n'est alimente que par les eaux 
pluviales et qui deverse son trop plein dans les egouts de 
la ville, ne nourrit, outre ce rare poisson, que quelques 
carpes et quelques tanches minuscules. Je pus recolter, 
sans crainte de detruire I'espece, plusieurs cenlaines 
d'exemplaires du Leucaspius. 



(1) Voir : Note sur un poisson d'eau douce, nouveau pour la fame 
beige, dans les Bulletins de I'Academie royale de Belgique, troisierae 
serie, tome XI, 1886. 

(2) Cette rcare est deja citee dans des actes du XVI e siecle repo- 
sant aux archives de la ville de Hasselt. Le beguinage qui existait 
anciennement a cet endroit et qui remontait au XII* siecle a ete 
detruit lors du bombardement de la ville de Hasselt, en 1567, par le 
princeeveque de Liege Gerard de Groisbeek. 



(575) 

L'absence complete de communication de celte mare 
avec des rivieres ou des ruisseaux nourrissant des brochets 
ou d'autres poissons carnassiers, jointe a sa proximite d'un 
centre habile qui eloigne les oiseaux piscivores, nous 
explique sans doute I'existence en quanlite considerable de 
ce petit cyprinoide en cet endroit, ou il n'a guere a craindre 
que le filel du colleclionneur. 

La rarete relative des mares ou les poissons sont places 
ainsi a l'abri des causes de destruction naturelle, est pro- 
bablement la cause du nombre si reduit d'habitations 
renseignees de cetle espece, non seulement dans noire 
pays, mais encore dans les contrees limitrophes. 

En effet, M. Gens nous apprend qu'elle est inconnue en 
France et en Hollande et rare en Allemagne. 

Nolons toutefois que cette espece est facile a confondre 
avec le fretin des differents lenciscus qui habitent nos 
eaux, et qu'il faut un filet a mailles fort etroiles pour 
pouvoir le caplurer. 

Comme M. Gens, je serais tented'expliquer la presence 
de ce poisson dans la mare isolee, dite des beguines, par 
un transport accidentel d'ceufs de poissons, effectue par 
des oiseaux aquatiques voyageurs, si je n'avais des rai- 
sons de croire que cette mare a fail parlie autrefois du 
systeme de defense des fosses de la ville de Hasselt, les- 
quels etaient alimentes par le Demer. L'origine de cette 
espece dans le Begyne poel reste done bien obscure. 



IES LETTRES. 



Seance (hi ! eT aoiil 1887. 



M. Bormans, vice-directeur, occupe le fauteuil. 

M. Liagre, secretaire perpetuel. 

Sont presents : MM. P. De Decker, le baron J. de Wilte, 
R. Chalon, Th. Juste, Alph. Waulers, Emile de Laveleye, 
Alph. Le Roy, A. Wagener, P. Willems, G. Rolin-Jaeque- 
myns, Ch. Piot, Ch. Potvin, J. Stecher, Aug. Scheler, 
P. Henrard, J. Gantrelle, G. Tiberghien et L. Roersch, 
membres ; J. Nolet de Brauwere van Steeland et 
Alph. Rivier, associes; C. de Harlez el A. Van Weddingen, 
correspondants. 

M. Ed. Mailly, membre de la Classe des sciences, assiste 
a la seance. 

En ouvrant la seance, M. Bormans, vice-directevr, 
rappelle que les vceux qu'il avail exprimes de ne pas etre 
appele une seule fois a occuper cette annee le fauteuil de la 
presidence, ne se sont malheureusement pas realises : 
M. Tielemans est mort. Appele a lui succeder, M. Bormans 
ne se dissimule pas les difficultes de la tache et fait appel 
a I'indulgence de ses confreres. 



(375) 



CORRESPONDANCE. 



La Classe apprend, avec un pro fond sentiment de regret 
- par une lettre de M me Z. Poncelet-Tielemans — la perte 









co-is Tielemans, ancien premier president de la Coiir d'appel 
de Bruxelles, decede a Ixelles, le 5 juillet dernier. 

Une lettre de condoleance sera adressee a la famille du 
defunt. 

Des remerciements sont votes a M. Bormans pour les 
paroles qu'il a prononcees, au nom de la Classe, a la cere- 
. monie des funerailles. 

Son discours sera insere au Bulletin. 

M. Faider est designe pour retracer la vie du defunt. Sa 
notice paraitra dans an proehain Annuaire. 

— M. Piot remet, pour TAnnuaire de i888, le manuscrit 
de sa notice sur Louis-Prosper Gachard. — Remercie- 
ments. 

— M. fimile de Laveleye remercie par ecril ses confreres 
pour les felicitations qu'ils lui ont fait parvenir a 1'occasion 
de sa nomination de membre du senat academique de 
I'Universite de Saint-Petersbourg. 

— Sur la demande exprimee par M. le Ministre de 
•'Agriculture, de I'lndustrie et des Travaux publics, le 
^ juillet dernier, une lisle complemenlaire de noms lui a 
ete adressee, en vue de la formation du jury pour le prix 
Guinard. 



( 376 ) 

— Le meme haut fonctionnaire envoie pour la Biblio- 
theque : 

l"Un Rapport sur la situation des Societes de secours 
mutuels pendant les anne'es IS83, 1884- el 1885; 

2° Fleurs d'Ardenne. Poesies par Arthur Drumaux. 
Bruxelles, 1887; in-18; 

3° Etudes morales et litteraircs. Epopees et roraans 
chevaleresques par Leon de Monge. Vol. in-18; 

4-° Bulletin de la section scientifique et litleraire de la 
Societe des Melophtles de Hasselt; 23 e volume, in-8°. 

— M.le Ministre adresse egalement, pour etre distribues 
aux membres de la Classe des lettres, des exemplaires du 
rapport du jury qui a juge la premiere periode du concours 
quinquennal des sciences sociales. 



— Des remerciements sont votes aux auteurs des 
ouvrages suivants, donl il est fait hommage : 

1° Correspondance du cardinal de Granvelle, tome VI, 
publie par Ch. Piot (avec note bibliographique inseree 
ci-apres) ; 

2° Canakya, Recension de cinq recueils de stances morales, 
par Eugene Monseur (presenle par Ch. de Harlez avec une 
note bibliographique inseree ci-apres); 

3° Religion ou irreligion de I'avenir, par le comte 
Goblet d'Alviella; 

4° Message de Dieu aux homines de mon temps et a 
ceitx de I'avenir, ou Dieu et I'enfant, par Joseph 0' Dru de 
Revel. 

M. H. Pascaud,conseiller a la cour d'appel de Chamber}', 
adresse une collection de ses travaux, donl les titresparai- 
tront au Bulletin de la seance. 



(577) 

— L'Academie de Stanislas, a Nancy, envoie le pro- 
gramme (In Prix Herpin, a decerner en 1889. 

Ce prix de 1,000 francs sera attribue, s'il y a lieu, au 
memoire juge le meilleur sur le sujet suivanl : 

Recherches sur les temps preromains, en Lorraine 
(archeologie, linguistique, anthropologie, etc.). 



Discours prononce aux funerailles de M. Tielemans, direc- 
teur de la Classe des lettres; par M. Bormans, membre 



Messieurs, 

L'Academie royale de Belgique tient a faire entendre 
sa voix au milieu du concert d'eloges et de regrets qui 
suivent, au bord de sa lombe, le venerable M. Tielemans. 

Elle est fiere d'avoir compte au nombre de ses membres 
ce grand citoyen qui, apres avoir fourni dans la politique 
el dans la magistrature la plus brillanle carriere, est venu 
tranquillement prendre part aux travaux de la Classe des 
lettres. 

Sa place y elait depuis longtemps marquee. Comme 
redacteur d'arrets, il avait fait preuve d'une science juri- 
dique profonde en meme temps que d'une grande fermete 
d'appreciation ; comme ecrivain, et notamment comme 
auteur du Repertoire du droit administratis il s'etait fait 
remarquer par sa methode d'exposilion, par la clarl6 et 
•'elegance de son style. 

5°" SERIE, TOME XIV. 25 



( 578 ) 
Malgre ses titres, ce ne fut que bien tard que M. Tiele- 
par le tour- 



des plus hautes digniles, qui avail ete tour a tour profes- 
seur et recteur d'universite, conseiller el premier president 
de cour d'appel, membre de la Chambre, deux fois gou- 
\erneur de province, ministre du Roi, n'avait pas eu le 
temps de songer aux lauriers academiques. 

II nous consacra les dernieres annees de sa vie ; et si la 
plume, a I'age de 74 ans, etait devenue enlre ses mains 
un instrument rebelle, il sul, pour nous aider de ses con- 
seils, retrouver en plus d'une occasion I'energie de l'age 
mur et la verdeur de la jeunesse. 

Appeleau commencement de cette annee memeal'hon- 
heur de dinger les travaux de la Classe, vous savez avec 
quel zele, avec quelle dignile il sut accomplir sa mission. 

Cher et venere confrere! La place que j'occupais aupres 
de vous au bureau m'imposait le devoir de prendre la 
parole en cette circonstance. Tout autre se serail acquitte 
mieux que moi de cette lache douloureuse. Mais cette 
situation me permel de rappeler la bienveillance touchante 
de vos rappons avec tons vos conlreres et en particulier 
avec celui qui vous adresse aujourd'hui un supreme adieu; 
bienveillance qui nous faisait oublier a tous deux et la 
difference d'age et la divergence de nos directions d'esprit. 
J'en garderai precieusement le souvenir. 

Au nom de 1'Academie, cher et excellent confrere, je 



( 379 ) 



NOTES BIBLIOGRAPHIQUES. 

J'ai I'honneur de faire hommagea la Classe d'un exem- 
plaire du tome VI de la Correspondance de Granvelle. 

Ce volume renferme les letlres adressees au cardinal 
on ecriles par lui de 1576 a 1577. 

Les plusanciennesserapportenl au d^ces de Requesens, 
gouverneur general des Pays-Bas. Cet homme d'Etat 
expira au moment ou il etait, pour ainsi dire, abandonne 
de son souverain, harcele par ses amis aulant que par ses 
ennemis, sans argent, sans ressources, vivant enfln au 
milieu d'une soldatesque effrenee, presque toujours muti- 
nee. 

Philippe n'avait pas pourvu au remplacement de son 
lieutenant general. Le conseil d'Etat, en attendant la 
nomination d'un nouveau gouverneur general , dirigea 
toutes les affaires du pays, jusqu'au jour ou les insurges 
s'emparerenl des membres de ce corps politique. Le desar- 
roi etait grand. Partout les soldats espagnols pillaient, 
d&ruisaient, assassinaient, dans les villes, dans les cam- 
pagnes. 

Pendant ce temps-la que faisait le roi? II deliberait. II 
deliherail sur le parti a prendre pour la nomination d'un 
gouverneur general en remplacement de Requesens. 

Des 1573 il avail ete question de nommer a ce posle 
don Juan, le vainqueur de Lepante, le frere naturel de 
Philippe. Mais le caractere chevaleresque de ce prince, son 
ambition favorisee par ses secretaires, n'inspiraient pas de 
confiance au monarque. Don Juan deplaisait egaleraent a 
Granvelle. Ses imprudences, I'impetuosite de sa nature, ne 
permeltaient pas de faire le moindre fondssur lui. Etail-il 
capable de retablir la paix, I'union entre le souverain et 



( 380 ) 
son peuple? Avait-il assez d'experience pour negocier ce 
rapprochement ? Philippe, qui commencait a comprendre 
rimpossibilile de reduire les revolles par la force et la 
compression, n'avait pas plus de foi dans les aptitudes de 
son frere. 

D'autre part les provinces des Pays-Bas reclamaienl un 
gouverneur de sang royal et declaraient hautement ne plus 
vouloir d'Espagnol. La situation etait critique. A quelle 
combinaison s'arreter? Le roi hesitait. Granvelle lui sug- 
gera 1'idee de rappeler Marguerite de Par me. Cette prin- 
cesse etait adroile, intelligence ; elle abhorrait la violence; 
elle etait aimee et respectee de ses compatriotes. 

La proposition de Granvelle allait etre adoptee, lorsque 
lout a coup Philippe, cedant aux suggestions de conseil- 
lers imprudents, resolut d'envoyer son frere aux Pays- 
Bas. 

Pressentant combien cette resolution serait nuisiblea la 
cause qu'il defendait, Granvelle ecrivit au roi, a don Juan, 
pour les conjurer d'arranger les choses a I'amiable. CVtait 
tout ce que le cardinal pouvait encore tenter. II previt et 
predit le fatal denouement des affaires. Bientot le conflit 
entre don Juan et les Etats, excites par le prince d'Orange, 
amena la guerre ouverte. 

Dans cette correspondance, Granvelle n'apparait pas tel 
qu'on se Test trop souvent flgure, comme un despote, un 
seide aveugle de Philippe II. Au contraire, le cardinal veut 
1'apaisement, la reconciliation. II condamne I'emploi tie la 
force, repudie les soudards espagnols et blame leur fero- 
cite ; il se montre enfin un veritable et sincere palriote. H 
eat meme le courage d'ecrire au roi : « Je crains que la 
colere soulevee par les Espagnols n'ait plus de puissance 
que jamais pour aliener les coeurs. » Ch. Pk> t - 



(381 ) 

Cdnakya. — Recension de cinq recueils de stances 
morales, par E. Monseur, docteur en philosophic el letlres, 
avocal a la Cour d'appel de Liege. Paris. E. Leroux, 1887, 
grand in-8°, pp. xx, 76. 

J'ai Phonneur de presenter a la Classe des letlres I'ou- 
vrage d'nn jenne avocat beige, qui a uni aux etudes juri- 
diques celles de la lilterature sanscrile, et qui a ce double 
titre rnerite une attention speciale de la part de l'Academie 
royale de Belgique. Trop souvenl, nos jeunes compatriotes, 
entraines par la necessile de la vie el les habitudes 
regnantes, ne visent qu'au pratique el a l'utilite materielle. 
II est du devoir du premier corps savant du pays d'encou- 
rager, par une attention bienveillanle, ceux qui savent 
s'elever au-dessus des basses regions de Putilitarisme. 
M. Monseur, avocat pres la Cour d'appel de Liege, est un 
de ceux qui ont obei a des sentinents plus eleves et s'est 
adonne aux eludes orientales, qui ne rapportent guere 
aujourd'hui que de Phonneur, meme aux plus brillants 
succes. 

Le desir de tout sanscritiste serieux est d'arriver a 
emichir le tresor des texles connus, a publier un manuscrit 
inedit. C'est par la que M. Monseur a voulu faire son 
enire> dans le monde savant. Ce n'esl point nalurellement 
en s'atlaquant a une 03iivre considerable que Pon fait ses 
premieres armes en ces regions d'abord difficiles; les com- 
mencements ne peuvent elre que modestes; Pimportant 
est de choisir un texte qui presente a la fois de Tinterel 
par son contenu et une maliere suffisante au travail per- 
sonnel pour qu'on puisse en faire Pobjel d'une oeuvre origi- 
nale. Le lempsm'a man pie pour donner acetleapprecialion 
le caractere que j'eusse desire, mais j'ai pu cependant 



( 382 ) 
m'assurer que, sous ces diflerents rapports, M. Monseur 
parait avoir reussi. Le texte, ou plut6t les textes, qu'il 
s'esl decide a editer, forment de ces pages ou Ton eludie 
avec utilile et satisfaction les manifestations originales de 
1'esprit humain, et en merae temps lui ont fourni ample 
matiere au travail de lecture, de collation, de correction, 
qui constitue le merite d'un edileur de texte. C'est la 
surtout que nous devons chercher le merite de Pceuvre, 
bien que le premier point de vue ne soit pas a dedaigner. 

Depuis longtemps, les indianistes, et specialemeot le 
savant professeur de Iena, D r Otto Bohtlingk, se sont 
appliques a recueillir les Indische Spruche, ou proverhes, 
maximes indoues. La collection est deja enorme, mais n'est 
pas complete. M. Monseur a voulu y ajouter quelques 
pages et s'est applique pour cela a l'elude de cinq recueils 
inedits, qui portent le nom de Cdnakya. 

Ce personnage elait un brahmane contemporain 
d'Alexandre le Grand; Canakya joua un role politique 
considerable dans le Wagadha, renversa la dynaslie 
regnanle des Nanda, pour porter sur le trone Chandra- 
Gupta (1) qui, a 1'aide de hordes de mercenaires, chassa 
les Grecs de l'lnde et lui rendit son independance. Le 
celebre minislre du grand roi est appele le Machiavel de 
PInde; il y est reste celebre et y a merae ete pris comme 
heros de drame. On possede un recueil de sentences qui 
lui est altribue el d'autres qui portent son nom, soit parce 
qn'on a puise dans le premier pour les composer, soit que 



(1) De meme, semb!e-t-iJ, que les Sandracottos ou Sandrogyptoi 
d'Arrien, et d'autres historiens grecs, cette identification a ete con- 
tested, mais sans succes, a mon avis. 



( 383 ) 
son nom soit devenu generique, comme les Buffon, les 
Fenelon, etc. 

M. Monseur a recueilli, etudie cinq de ces recueils, dont 
il nous expose la nature. II a reuni de nombreux manu- 
scrits, comme on peut le voir dans son introduction ; il les a 
compares, soit entre eux, soit avec les recueils de sentences 
deja publies, pour en extraire ce qu'il pouvait y avoir 
d'inedit et publier le resultat de ses recherches. Son intro- 
duction est a ce point de vue un apparatus complet et tres 
remarquable. L'auteur a encore du faire davantage. En 
possession de materiaux tres imparfails, il a du en cor- 
riger les defauts, rechercher les fautes des copistes, en 
decouvrir la nature et la correction la meilleure, et son 
oeuvre temoigne, sous ce nouveau rapport, d'une etude 
serieuse et d'une erudition de bon aloi. Impossible d'en 
donner un resume on un apercu; il faul tout lire, pour 
s'en faire une idee exacte et juste. M. Monseur s'est trouve 
devant de grandes difficultes, vu Petal de delabrement de 
ses manuscritset leur imperfection, dont on se fera aise- 
ment une idee quand on saura que plusieurs ont ete copies 
par des ecoliers. 

Les restitutions et corrections sont le plus souvent 
heureuses et merilent, si pas une adhesion complete et 
constanle, une attention serieuse. 

De ses considerations sur la nature des recueils Studies, 
M. Monseur tire deux conclusions qui ne peuvent elre 
qu'approuvees et qui lui sont propres. La premiere est que 
ces recueils ont ete faits ou tout au moins utilises pour 
servir aux lecons desecoles; la seconde qu'ils portent le 
nom de Canakya, parce que le premier de I'espece avail 
ete extrail d'un livre altribue pour de justes raisons au 
celebre ministre. Nous nous rangeons entierement a eel 



( 584) 
avis, y ajoulant qu'il se pourrait que le recueil originaire 
eut ele publie sous le nom de Canakya et comme venant de 
lui, bien qu'il n'en Cut rien,et selon I'usage indien d'apres 
lequel les hommes illuslres donnaienl Jeur nom a des 
publications qu'un autre avail composes pour eux. 

Le texte publie par M. Monseur contient 218 stances 
nouvelles ou 436 vers, dont 196 complement restitutes 
et 22 plus ou moins desesperees. Mais la encore les con- 
jectures de M. Monseur ne sont pas sans meriter Talten- 
lion, sinon f adhesion complete. Ce texte est accompagne 
d'une traduction generalement exacte et qui ne manque 
pas d'elegance. 

Une derniere partie, non sans importance, nous donne 
tout ce que M. Monseur a recueilli de variantes relalive- 
ment aux sentences recueillies et publiees par M. Boht- 
Jingk; elles remplissent 24 pages el pourronl fournir 
matiere en quelques endroils a une revision du texte 

Quelques pages d'addenda, en ameliorant ceriaines 
parties du Iivre, nous montrenl tout le soin que l'auteur 
a pris pour mener son livre a bonne el savanle lin. 

Cetle ceuvre etant devant nous uniquement pour 1'ap- 
precier eu gros et non pour Pameliorer, s'il y avait lieu, 
je me borne a en donner les caracteres generaux, sans 
enlrer dans aucun detail ni indiquer aucun changement ou 
correclion desirable ou possible. M. Monseur a etea bonne 
ecole; les maitres qui Font aide dans son travail et dont d 
cite les noms avec le sentiment d'une juste reconnaissance, 
nous sont garants de la valeur de ses etudes. 

Qu'il me soil permis, en lerminant,d'ajouter,pour ceux 
de mes savants auditeurs qui desireraient avoir une idee 
de ces lexles, quelque specimen ou se reflete I'esprit 



( 385 ) 

En voici trois prises au hasard : 

2. La divinite des brahmanes est dans les feux sacres; 
celle des hommes eelaires, dans le cceur; celle des esprils 
etroits, dans les images; celle des gens qui connaissent 
l'Atman, parlout. 

13. Le grand voyage (la mort) est inevitable; les provi- 
sions sont ires utiles, fais-les avec tout effort; la mort est 
chose cerlaine. 

104. Toutes les divinites sont invisibles; le roi est une 
divinite visible. On voit les consequences de sa faveur et 
de sa colere. C. de Harlez. 



La Classe entend la lecture des rapports de MM. Tiber- 
ghien et Alph. Le Roy, sur le memoire de M. A. Van 
Weddingen, intitule : Les tendances spontanees, dans leurs 
rapports avec I'objectivite et la certitude des connaissances 
rationnelles. 

Conformement aux conclusions de ces rapports, la Classe 
vote Pimpression du travail dans les Memoires in-8°. 



( 386 ) 



CLASSE DES BEA.UX-ARTS. 



Seance du 4 aout 1887. 

M. C.-A. Fraikin, directeur. 

M. Liagre, secretaire perpetuel. 

Sont presents : MM. Robert, vice-directeur ; td. Fetis, 
le chevalier Leon deBurbure, Ern. Slingeneyer, Ad. Pauli, 
God. Guffens, Jos. Schadde, Th. Radoux, Joseph Jaquet, 
J. Demannez, G. De Groot, Gustave Biot, H. Hymans, le 
chevalier Edm. Marchal et Th. Vingotte, membres; 
J.-B. Meunier, Max. Rooses el J.Rousseau, correspondants. 



CORRESPONDANCE. 



La Classe apprend avec un prof'ond sentiment de regret 
la perte qu'elle vient de faire en la personne de deux de ses 
membres tilulaires : 

M. Nicaise de Keyser, de la section de peintnre, ne a 
Sanlvliet, le 26 aoiit 1813, decede a Anvers, le 16 juillet 



(387) 
dernier, et M. Gustave De Man, de la section d'architecture, 
ne a Bruxelles, le 20 mai 1805, decede a Ixelles, le 10 
juillet 1887. 

D'apres les dernieres volontes de M. De Keyser, aucun 
discours n'a ete prononce a ses funerailles. 

En remplacemcnt de M. Fraikin, empeche, M. Robert, 
vice-directeur, delegue de l'Academie, a tenn Tun des coins 
du poele. 

Lors des funerailles de De Man, M. Fraikin a prononce 
I'eloge du defunt. 

La Classe, apres un dernier hommage rendu par 
M. le directeur a la memoire des regrettes defunts, decide 
qu'une lettre de condoleance sera ecrite a leurs families 
respeclives. 

M. Ad. Siret sera prie de faire la notice biographique 
de M. De Keyser, el M. Rousseau accepte de faire celle de 
M. De Man. " 

— M. le Ministre de I'Agriculture, de l'fndustrie et des 
Travaux publics Iransmet : 

1° Une copie du proces-verbal du jury charge de juger 
le grand concours d'architecture de cetle annee, d'ou il 
resulte que le grand prix a ete decerne a M. Ch. De Wnlf, 
de Bruges, eleve de l'Academie royale des beaux-arts de 
Bruxeiies, et le second prix, en partage,a MM. Michel De 
Kraey et Ferdinand Truyman, tous deux eleves de I'Aca- 
demie royale des beaux-arts d'Anvers; une mention hono- 
rable a ete accordee a M. Philippe Van Boxmeer, de 
Malines, egalement eleve de l'Academie d'Anvers; 

2° Une expedition de son arrete conferant a M. Montald, 
Prix de Rome pour la peinture en 1886, la pension de 



( 388 ) 
5,000 francs, instituee en vue d'aider les laureate a per- 
feclionner leurs eludes a I'etranger; 

3° Le troisieme rapport seraestriel de M. J. Anthone, 
laureat du grand concoursde sculpture de 1885. — Renvoi 
a la section de sculpture et a M. Marchal, rapporteur. 



Di.seour* pronoitce aux fimerailles de H. Auguste De Man, 
membre de la section d' architecture; par If. C.-A. Frai- 
kin, diiecteur de la Classe des beaux-arts. 

Dans la mission si complexe de l'fitat, les arts occupent 
une des premieres places; leur developpemenl marche en 
premiere ligne dans la culture de Intelligence. 

Tous les Gouvernements out loujours ete soucieux 
d'aider les jeunes artistes qui se sont distingues dans des 
concours a se perfeclionner dans le gout du beau. Celle 
noble mission part du sentiment que Fart fait parlie du 
domaine direct de la societe. 

L'un des premiers soucis des Gouvernements qui ont 
preside aux premiers temps de noire nationality fut 
d'etendre. aux differentes branches ariisliques I'institution 
des grands concours de peinture et de sculpture, creee par 
le Roi Guillaume, institution qui avait pour but d'aider 
par une bourse de voyage I'artiste qui se serait distingue 
dans une de ces branches, a se perfection ner en allant 
s'inspirer des immortels chefs-d'ceuvre que possedent les 
pays etrangers, notamment I'ltalie. 



( 389) 

Gustave De Man ful le laureat du premier grand con- 
cours d'architecture qui eul lien en 1834. 

Notre confrere avait alors 29 ans. II etait arrive a la 
plenitude de la jeunesse, c'est-a-dire a 1'epoque ou les 
organisations bien douees sont 1 s plus aptes a s'assimiler 
le sentiment du beau. 

Peu d'annees apres son retour en Belgique, en 1841, le 
Gouvernement attacha De Man au Ministere des Travaux 
publics en qualite d'ingenieur pour la construction des 
batiments des chemins de fer. Le nouveau systeme de 
relations de ville a ville, de contree a contree, exigeait 
des dispositions et une architecture loules speciales pour 
les edifices destines a ce service. 

On cite de De Man, entre autres, ses batiments de la 
halte de Cureghem, de Koekelberg, de 1'Ouest, eleves de 
1870 a 1872, constructions on ne peut plus heureusement 
appropriees a leur service et dont le caractere architecto- 
mque se distingue autant par ('elegance que par de bonnes 
proportions. 

Dix annees apres l'entree de De Man au Ministere 
des Travaux publics (1850), le Department de I'Interieur 
le chargea de ^inspection des batiments el du mobilier des 
alhenees el des ecoles moyennes de l'fiiat, lourde lache, 
dans laquelle notre confrere put surtout faire ressortir 
I'esprit pratique qu'il avait recueilli pendant ses voyages 
a letranger. II dut bien s'acquilter de sa mission, car de 
1851 a 1871 le meme Department lui confia Texamen 
de tous les projets de construction de maisons d'ecole, 
et ils eiaient deja nombreux a celte epoque, a en juger par 
les soins que les pouvoirs qui se sont succede ont mis a 
developper Pinstruction dans tout le pays. 



( 590 ) 

C'est pendant celte longue periode que I)e Man s'occupa 
a dresser des plans et a elever des edifices pour le Departe- 
ment de Flnlerieur; que De Man construisit les elegantes 
tribunes de I'ancienne plaine des Manoeuvres, an Quartier 
Leopold, en 1845; les batiments de la grande Exposition 
agricole de 1848; el d'autres constructions du meme genre 
que le Gouvernemenl lui conria ensuile : constructions 
ephemeres, mais qui ne reclamaient pas moins toules les 
qualites serieuses que comporte l'arl architectural. Son 
hospice des enfanls rachitiques, a Ixelles (1853), date 
encore de celte periode. 

Le sentiment architeclonique lout particulier qui presi- 
dait a ses conceptions, les heureuses dispositions et les 
agencements de ses constructions valurent a De Man la 
faveur de noiubreuses constructions d'hotels prives et de 
chateaux. 

A I'architecture civile ue se borna pas le talent de 
De Man. 11 s'acquitta avec un gout heureux de la con- 
struction, a Bruxelles, de la sacristie de I'eglise de N.-D. 
des Victoires, au Sablon, 1846,etde la chapelle evangelique 
rue Belliard, 1850; des eglises de Sugny, 1851 ; de Rou- 
vroy, 1856; de Macon, pres de Chimay, 1859; de Couvin, 
1863; d'Elhe, 1864, el de Lacuisine, 18G9. 

Ce n'est que depuis peu d'annees que Bruxelles possede 
un Palais des arts, grace au talent d'un des nolres. Avant 
cette epoque, les solennites avaienl lieu soit au temple 
des Auguslins, soil dans 1'ancien Palais ducal. En 1853, 
De Man appropria ; a la demande du Gouvernemenl, le 
premier de ces edifices pour les concerts du Conserva- 
toire, et en general pour les grandes solennites poW«|oe8. 
En 1860, il appropria le second pour la meme destina- 



I 391 ) 

II avail espere pouvoir attacher encore son nom a une 
oeuvre importante : On lui avait confie en 1863 les plans 
du Palais du Roi a Oslende. Cet edifiee, dont on n'a jete 
que les fondements, resta inacheve. 

Ostende doit au regrette defunt son debarcadere des 
bateaux a vapeur, dont la construction remonte a 1869. 

En raison de sa notoriete artistique, la place de De Man 
etait naturellement indiquee dans la Commission royale 
des monuments; sa nomination date de 1859. 

Quelques annees apres (1865), il rempla^a Roelandt 
comme membre titulaire de l'Academie. Plus d'une fois 
la Classe des beaux-arts recourut a son judicieux juge- 
ment; notre confrere prouva qu'il avait aussi quelque 
habilete a manier la plume. 

De Man avait ete nornme^ professeur de l'Academie des 
beaux-arts de Bruxelles en 1863. Nous n'avons pas a 
parler ici de son professorat. 

Le Gouvernement 1'avait nomme a la meme epoque 
chevalier de 1'ordre de Leopold. 

Telles ont ete la carriere et I'ceuvre de eel u i dont nous 
entourons en ce moment la depouille morlelle. Rappeler 
ce qu'il a fait est le plus bel eloge que nous puissions faire 
de lui. 

Adieu, cher et affectionne confrere, au nom de la Classe 
des beaux-arts, loi dont l'existence a ete si dignement et 
si noblemenl remplie par le travail. 



( 392 ) 

COMMUNICATIOLNS et lectures. 

LaClasse,apres avoir reco communication d'une depeche 
ministerielle transmissive d'une lettre de I'Academie royale 
des beaux-arts d'Anvers, relative a un envoi reglementaire 
de M. Verbrugge, prix de Rome pour la peinture, decide 
le renvoi de ces pieces, pour rapporl, a une commission 
composee de MM. Felis, Slingeneyer, Robert, Guffens et 
Verlat. 

OUVRAGES PRESENTES. 



Goblet tVAlviella {Le comte £.). — Religion ou irreligion de 
1'avenir. Bruxelles, 1887; extr. in-8° (50 p.). 

I)e ffeen (P.). — Determination d'une relation empirique 
entre le coefficient de frottement interieur des liquides et les 
variations que celui-ci eprouve avec la temperature. Bruxelles, 
1884; extr. in-8° (5 p.). 

— Determination, a 1'aide d'un appareil nouveau, du coeffi- 
cient de diffusion des sels en solution et des variations que 
cette quantile eprouve avec la temperature. Bruxelles, 1884; 
extr. in-8° (20 p.). 

— Determination des variations que le coefficient de troUe- 
ment interieur des liquides eprouve avec la temperature. 
Bruxelles, 1886; extr. in-8°(16 p., 4 pi.). 

Borlee. — De la rehabilitation de la saignee et des emissions 
sanguines dans les congestions et les inflammations, etc 
Bruxelles, 1884; extr. in-8° (16 p.). 

— Rapport sur un travail intitule : « Les applications des 
proprietes antiseptiques du borax et de 1'acide borique. » 

;extr.in-8°(7p.). 



( 593 ) 
Burggraete (D r ). — Concours Guinard pour ['amelioration 

dc la position materielle ct intcllccluelle de la classe ouvriere 
en general, etc., 5-ed.,Gand, 1887; vol. pet. in- 16. 

iVizet (F.). — Notice sur les catalogues de bibliotheques 
publiques, 2 e ed. Bruxelles, 1887; br. in-8°(50 p). 

Blunckarl {Charles dc). — Hisfoire moderne (1860-80), 
tomes I ct II. Uruxclles, 1885-86; 2 vol. in-8°. 

Drumaux (Arthur). - Flcurs d'Ardennc. Bruxelles, 1887; 
vol. in-12. 

Poskin (Ach.).— « Les Trous » au mauvais air, de Niveze 
(Spa) Xolicc sur les sources d'acidc carbonique. Bruxelles, 

Minislvre ik V Agriculture, etc. — Rapport sur la situation 
des societes de secours mutuels pendant les annees 1883-85. 
Bruxelles, 1 887- gr. in-8 u . 

— - Bulletin de la federation des societes d'agriculture de 
Belgique, 1883-85. Bruxelles, 4887 ; vol. in-8°. 

Societe chorale et litterairc des Melophites de ffasselt. — 
Bulletin de la section seientifique et litterairc, 25 me volume. 
Hasselt, 1886; in-8°. 

Societe des sciences, des arts et des letfres du Hainan l. — 
Hemoires, 4' serie, tome IX. Mons, 1887 ; vol. in-8°. 



liiilfiker (t. von). — Die Untersucbungen von Goj-i m.-ber 
i feineren Bau des zentralcn Nervensystems. Iena, 1887; 

Vtrcin fur GeschichtederMark lfrundeburg - Markische 

^bungen. Band XX. Berlin, 1887; vol. in-8°. 

Gesetlschafl « Philomathie », in Xeisse. — "21", 22" und 



( 594 ) 



Pickering (Edw-C). — Observations of variable stars in 
188(1 Boston, 1887; extr. in-8 o (10 p.) 

Ltutgletj, Young et Pickering. — Prilcbard's wedge Photo- 
meter. Boston, 1887; extr. in-4° (22 p.). 

Ilurmeisler (German). — Atla< <le la description physique 
de la Republiqne argentine, 2 e section : Mammifercs, 5 e liv. 
Biienos-Ayres, I8SG; cah. in-folio. 

Acad em ia national de dentins en Cordoba. — Roletin, I88H, 



Institut de France. ~ Annuaires pour 1880 et 1887. Prix tie 
vertu : diseours prononce le 2o novembre 1880. 

Gosselet (./.). — Note sur quelqucs Rhynchonellcs du icrr.un 
devoniqiie superienr. LiJIe, 1887; exir. in-8»(52 p , 3 pi.). 

— Note sur le Fnmcnnicn. Lille, 1887; extr. in-8° (16 P-)- 

La*aulx(A.de).— Prcri* de petrographie. Introduction a 
iV'h.de des roehes, traduil de 1'nllemand par If. Forir. Paris, 
1887; pet. in-8". 

O'Dra de Revel (Joseph). — Message de Dieu aux homines 
ile mon temps et a ccux de l'avcnir, ou Dieu et 1'enfant, 2' eU 
Grenoble; vol. pet. in-8°. 

Fraipont (Julien). ~ La poterie en Belgique k I'age du 
Mammouth . i» partie, la poterie de la grotte d'EngN. Pari-, 
1887; extr. in-8" (20 p.). 

Momeur (Eug.). — Canakya. Recension de cinq rceueiN de 
stances morales. Paris, 1887; gr in-8° (xix-70 p.). 



( 595 ) 

Pascaud (Henri). — Science economiqoe, legislation et 
jurisprudence (article* divers dans V Economist*! francais, la 
Gazette des Tribiinaiix, et la Revue critique de legislation). 
Paris, 1875-86; 21 br. in-8° et 1) jnurnaux. 

tie fer. Paris, 1883; nxlr. in-8 8 (C p.). 

— Dela rcsponsabilite du colocalidrc chez Irqucl I'incendie 
a pris noissancc. Pari?, 1884; extr. in-8° (10 pA 

— Dc 1'abrogation dc 1'exception de jen dans les operations 
de bourse et les speculating commcrciales. Paris, 1877; extr. 
in-8" (lop.) 

— La lettre dc change el les modifications qu'ellc eomporte. 



de la partie civile devant le jnge d'inst 
xtr. in-8" (32 p.). 

rrl'.mnr niiiimim.de. Pari-. INS"; . 



Pam,l8SI;cxlr.in-8°(8p). 

Paris, 1878;in-8 u (54p.). 

- La police des moenrs. Paris, 1878; extr. in-8° (20 p.). 

aux Elats-Unis et en France. Paris, 1877; vol. in-8' 1 (288 p.). 

— Elude historique et critique des different* systemes 
^'organisation du suffrage politique. Paris, 1875; in-8° (85 p ). 

Comile international des poids el mesnres. — Proces-vcr- 
baux des seances tie 1886 Paris, 1887; vol in-8°. 



( 596 ) 



Accademia agraria di Pesaro. — Primo congress degli 
agricollori marchigiani, 1885 : Resoconto. Pesaro, 1887; in-8°. 

Osservatnrio della regia Universila di Torino. — Itolletlino, 
1887.In-4°. 



Renter (F.). — Observations meteorologiqucs faites a 
Luxembourg, o e et 4' volumes. Luxembourg, 1887; 2 vol. in-8°. 

Sfe««(.-U-se/-.S.). — Die inlernalionale I'olarlbrscbung, 1882- 
85. IJ( '()!ru-htim^>-i-i'i, r clj(ii>-:c der norwcri-chcn Poliirstatsoii 
Bossekop in Alien, I. Theil. Chrisliania, 4£87; vol. in-4°. 

Warfvinge (F.-W.). — Arsbcrattclsc fran Sabbatsbergs 
Sjiiklms i Stockholm, 1880. Stockholm, 1887; in-8". 



TABLE DES MATIERES. 



pies — M. Van der Meiislirugsjhe remet, po 
r F. Duprez. — Depot d'un billet cachete p 



mme du Prix de chimie fonde par Paul Bonfils. — H 



. — Depot aux archives d'une lei Ire de M. Delaey e 



an Beneden et de Selys Longcliamps 
iiieeriianl Kespeee : Mlstela pitorius 



laune des Vertebres de la Belgique 

Rapport de M. Folie sur un travail de M. F. Ronkar concernant 

Rapport de MM. Si: >: • , 



^ucurbiiacees nouvelles 

Rapport de M. C Le Paige sur un travail de M. F. Derujls concernai 

• ..■; .... 

'-OMML-MCATIONS ET LECTURES. — TheOTie ch'S mOU>\TIU> its iliuriW, (HIM, 

*>-culaire ,'e I' axe du month-, III partie, par F. Folie; note par I'au 
en mouvemenl ; pai ii. \:ui der Mcusbruggbe 



megaloce'phale. — Cominunicatiou preliminaire par Ed. Van 

tAdolpheNeyt 

s (Tun pendule produites par le deplacement de 



Sur le suifure d<- cadmium a./lohlal , \u\ T.uy. Pros! 








Descriptions ■ >,dv Aided f.egn 












Sur quelques especes rares tie la faune des Yertehre* de la BeUj 


ique, 


observees da 


■ ■ ^ 


c,. ASSE ,> KS lettres - Stance clu /« «* «W. 




Correspo.miasck. — Annonce de la mort de J.-F. Tielemans. M. F; 


ildpr 


est dusigne pour ecrire sa biographic. - M. Plot tenii-l le manu 


scrii 






- Lisle suppleinenhiire de nonis pour le chuix ilii jury ,1a prix duh 








concours quiu-| u ,1 .!.■«. im.^ -ohiLs - lli>nitii.m«- d'ouu 




— L'Acaden.ie de Stanislas, a Nancy, rulresse le programme du 




Herpiu a decerner en 1*80 





WM. Tiberghien et Alpb 



\CAI)tMli; ROYALE DE RELGIQUE. 

BULLETIN 

DR 

LACADEM1E ROYALE DES SCIENCES, 

LtTTRtS KT DES BEAUX-ARTS DE BEIGIQUE. 



N os 9-10. 



ISRUXELLES, 

IMl'hiM! Li; i,r LaCvDEMIR ROYALE, 

Rue tie Louvain. 108. 



BULLETIN 



L'ACADEMIE ROYALE DES SCIENCES, 



LKTTRES ET DES BtlOX-ARTS DE BELG1QUE 

1887. — N« 9-10. 



:LASSE DES SCIENCES. 



M. J. De Tilly, directeur, president de I'Academie. 

M. Liagre, secretaire perpetuel. 

Sont presents : MM. Fr. Crepin, vice-directeur ; J.-S. 
Stas, P.-J. Van Beneden, le baron Edm. de Selys Long- 
cbamps, Gluge, J. C. Houzeau, G. Dewalque, H. Maus, 
E- Candeze, Ch. Monligny, Ed. Van Beneden, C. Malaise, 
F. Folic, Alph. Briart, F. Plateau, fid. Mailly, Ch. Van 
Bambeke, Alf. Gilkinet, G. Van der Mensbrugghe, 
VV. Spring, Louis Hi/nry, M. Mourlon, niembres; E.Catalan, 
associe; A. Renard, P. De Heen et C. Le Paige, corres- 
pond 'ants. 



CORRESPONDS f 



M. le Minislre de I'Agricullure, de l'lnduslrie et des 
Travaux publics demande que la Classe des sciences pro- 
cede, conjoin temen l avec la Classe des lellres, a la forma- 
tion de la lisle double des candidats pour Jo choix du jury 
qui jugera la premiere periode du concours decennal des 
sciences philosophiques (1878-1887). 

— Le meme Ministre transmel une ampliation de I'arrete 
royal du 50 juillet dernier, nommant membres du jury 
charge de juger le qualrieme concours pour la collation 
du prix Guinard : MM. P.-J. Van Beneden et Briart, 
proposes par la Classe des sciences, et Em. de Laveleye, 
Liagre et Rivier, proposes par la Classe des leltres. 

— M. le Ministre de l'Agriculture, de l'lnduslrie et des 
Travaux publics envoie, pour labibliothequederAcademie, 
un exemplaire : 

1° Des exposes, avec annexes, de la situation adminis- 
trative des provinces pour 1886 ; 

2° De I'ouvrage de MM. Corneli et Mussely : Anvers et 
r Exposition universelle de 1885 ; 

5 C Du Me"moire de zoologie presente au concours univer- 
sitaire de 1886, pour la collation des bourses de voyage 
par M. Oscar Terpve, docteur en sciences naiurelles de 
rUniversite de Liege. — Remerciements. 

— La Societe des sciences naturelles de Hambourg fait 
savoir qu'elle cetebrera, le 18 novembre prochain, le 
cinquantieme anniversaire de sa fondation. 



( 599 ) 

— Le comite constitue en Hollande pour la celebration 
du soixante-dixieme anniversaire de M. Donders, pro- 
fesseur a I'Universite d'Utrecht et associe de I'Academie, 
soumet une lisle de souscription a I'effet de fonder, a cette 
occasion, une institution scienlifique qui portera le nom 
du jubilaire. 

— La Classe accepte le depot dans les archives de deux 
plis cachetes adresses, l'un par M. le D r De Keersmaecker, 
de Bruxelles, l'aulre par M. le lieutenant-colonel d'artille- 
rie Leopold Verstraete. 

Elleautorise la restitution a M. £mile Laurent, prol'es- 
seura PEcole d'horticullure de Vilvorde, du pli depose par 
lui dans la seance du l er aoul 1885. 

— M. Delaey, a Roulers, adresse de nouvelles commu- 
nications se rapportant a divers sujels scientifiques. — 
Depot aux archives. 

I'examen decommissaires : 

1° Action gustative des acides ; par Joseph Corin. — 
Commissaires : MM. L. Fredericq et Jos. Delboeuf; 

2° Stir la theorie de {'Involution; par Fr. Deruyts. — 
Commissaires : MM. Le Paige et Mansion; 

3° Observations phi/sifjites sur Saturne, faites en 1887; 
par Paul Stroobant. — Commissaires : MM. Folie et 
Houzeau. 

— Hommages d'ouvrages : 

1° Odonates de I'Asie mineure et revision de ceitx des 
autres parlies de la faune palearclirjue ; par le baron de 
Selys Longchamps; 

2° Obseriu ^olopendre vivante; par 

F. Plateau; 



i; 400 ) 

5° Resume du court d'mtnli/se iujinitesimale de CUni- 
versitede Gand ; par P. Mansion; 

4° Theorie mecanique de la chaleur, par /J. Clattsius, 
2 e edition tradttih stir la ■' <■ h'/'tnn 'it- Cot ifjhial allemand, 
tome I"; par F. Folic el E. Ronkar; 

5° a) Construction etemploi du metronome en mnsique; 
1>) Theorie el application du pendule a deux branches; 
c) La thermodynamique el l" etude du travail chez les etres 
vivants;[urG.A. Him; 

6° Recherches sur la structure de la substance fondamen- 
tale du tissu osseux; par 0. Van cler Stricht; 

7° Trajectoire d'un corps assujetti a se mouvoir sur la 
surface de la terre sous I'influence de la rotation terrestre; 
par L. Lindelof, de Helsingfors. (Presente par M. Van der 
Mcnsbrugghe avec nne note qui figure ci-apres); 

8" Methode pour la determination des parallaxes par 
des observations continues ; par Cli. Lagrange. 

9° Propositions vvlatites mix bases a employer clans le 
calc'ul des tarifs de la Caisse de relraite, reduits a 3 °/ . 
Premier rapport; par le capitaine Mahillon (avec deux 
aulres rapports). — Remerciemenls. 



NOTE BIBLIOGRAPHIQUE. 

J'ai riionneur de presenter a FAcadc-mie uu Memoire 
Ires inleressant de M. L. Lindelof, conseiller d'Etat, chef 
de I'adminislralion superieure des Ecolcs en Finland, 
bien connu par ses lravaux : d'analyse el nolamnienl par 
son calcul des variations, redige en collaboration avec 
I'abbe Moigno. 

Le Memoire actuel a pour litre : Trajectoire d'un corps 
assujetti a ae mouvoir sur la surface de la terrc sous I'in- 
fl ience de la rotation terrestre. 



( 40! ) 

L'auleur reclilie les notions pen exactes qui on t cours dans 
des traites populaires et meme dans des publications scien- 
tifiques serieuses,quanl a Pinfluence exercee par la rotation 
de la Terre sur le mou vement des corps a sa surface. S'agit-il, 
par exemple, d'expliquer la deviation d'un courant atmo- 
spherique vers I'O. on vers PE. suivant qu'il s'approche 
ou qu'il s'eloigne de I'equaleur, on altribne ce phenoraene 
simplenient a la variation de la vitesse lineaire de la rota- 
tion terrestre aux diflerentes latitudes, variation a laquelle 
le courant ne participerait pas. Mais, suivant M. Lindelof, 
cette explication est loin d'etre suffisante,et poursuivie par 
Panalyse, elle donnerait une idee fort inexacte du chcmin 
du courant ou d'un corps en mouvement. Ainsi, d'apres 
cette explication, il n'v aurait pas de deviation pour un 
courant allant vers PE. ou vers PO., tandisque, en realile, 
la deviation, ou pour mieux dire, la courbure borizonlale 
en un point donne de la trajectoire est exaclement la 
meme pour lous les azimuts et ne depend que de la 
vitesse et de la latitude. 

Demande-t-on pourquoi les grands fleuves de I'Asie et de 
PAmerique qui suivent la direction d'un meridien tendent 
a ronger leur rive droite, landis qu'iine pareille tendance 
n'aurait pas lieu pour les cours d'eau -liriges vers PE. ou vers 
PO., la reponse donnee vulgairement est aussi erronee que 
la precedente : il n'y a pas de raison, dit Pauteur, pour que 
Pellet ci-dessus ne se produise pas dans lous les cas. 

I-e Memoire de M. Lindelof est divise en qualre parties: 
dans la premiere, Pauteur elablit les eijuations diflereii- 
lielles du mouvement, et en tire immediatement quelques 
proprietes essentielles de la trajectoire; la seconde ren- 
ferme la discussion des diverses formes possibles de la 
trajectoire, quand on fait varier de toutes les manieres les 
donnees du probleme; la troisieme est consacree a Pinte*- 



( 402 ) 
gralion des equations du mouvement; enfin dans la qua- 
trieme, l'auleur applique sa tbeorie a I'etude de la roule 
de l'onde almospberique observee a la suite de la memo- 
rable eruption volcanique de Krakaloa en 1883. 

Je n'ai pas encore eu le temps d'etudier le beau travail 
de M. Lindelof avec loute raiieniion qu'il merile; il m'aura 
sufli, je pense, de faire connaitre I'objet de chacunc de ses 
parlies pour montrer tout l'interet qui s'attacbe aux der- 
nieres reclierches du savant geometre de Helsingfors. 



I POUR 1887. 



M. le secretaire perpeluel depose sur le bureau deux 
memoires recus pour le concours extraordinaire se rap- 
porlant a Cassainissemenl des rivieres, la vie el la repro- 
duction des poissons. 

Le premier, ecrit en francais, porte la devise : Travail 



Le second, ecrit en allemaml, porle la devise : Trutta. 
Commissaires : MM. P.-J. Van Beneden, Spring et de 
Selys Longchamps. 



II est donne lecture du rapport de MM. Van Beneden, 
pere el Ms, el F. Plateau sur la mission don l M. P. Pelse- 
neer a ete ebarge' a la Station zoologique du D r Dohro, a 
Naples. — Ce rapport sera communique a M. le Minislre de 
I'Agricullure, de I'Industrie et des Travanx publics. 



(403, 



mode de preparation de la phenylef hydrazine ; 
par A. Revchler. 



« M. Rejchler, docteur en sciences, m'a prie de pre- 
senter a la Classe une courte note relative a un mode de 
preparation de la phenylehydrazine. Ce travail est bien 
congu et hien execute; le doute n'est pas possible ni sur 
Ja nature du produit, ni sur le rendement considerable 
obtenu. J'ai I'honneur de proposer a l'Academie d'or- 
donner Tinsertion de la note de M. Revchler dans le 
Bulletin de la seance. » 

La Classe a adopte ces conclusions, auxquelles a souscrit 
M. Spring. 



la planete Saiurne; par L. de Ball. 



« J'ai Thonneur de rendre compte a la Classe d'un 
menioire de M. L. de Ball, de I'Observaloire de Cointe, 
deja connu de TAcademie par plusieurs (ravaux exacts 
d'astronomie. 

Dans la presente communication, M. L. de Ball discute, 
pour en deduire la masse de Saiurne, une parlie des obser- 
vations qu'il a faites des satellites de celle planete, dans 

refracleur de Cointe de m ,25 d'ouverture, cent cinquante- 
sept mesures poriant sur les cinq anciens satellites de 
Saiurne. Dans ces dernieres annees, les observateurs ont 



( 404 ) 
trouvequ'il etail plus siir de comparer entre eux les satel- 
lites, qui sont de petits points brillanls, plutot que rappor- 
lerces satellites au globe de Saturne.C'esl aussi la melhode 
que 1'auleur a employee. Quarante-trois des mesures qu'il 
a reunies sont des positions relatives de Titan etde Japet, 
savoir : vingl-cinq differences d'ascension droite el de 
declinaison, et dix-huit angles de position avec distances. 
Le memoire actuel est consacre au calcul de ces mesures, 
pour en deduire la correction des elements des satellites 
employes, ainsi que la masse de Saturne. 

II n'y a rien de particulier a signaler dans la marclie 
des calculs. L'auteur suit la melhode de correction de 
Bessel. II y a apporte d'ailleurs l'ordre et le soin auxquels 
il nous a accoutumes dans ses precedents travaux. 

On voit parses resultats a quel degre d'approximation 
les aslronomes sont arrives dans la connaissance du sys- 
teme de Saturne. Les corrections des elements de Titan 
et de ceux de Japet de M. I,, de Ball sont fort pelites. La 
plus importante est celle du perisaturne de Japet, qui 
differe d'un peu plus de 2° de la longitude determined par 
A. Hall, d'apres ses observations de 1875-77. Mais comme 
I'excen incite* del'orbite de ce satellite est peu considerable, 
le perisaturne est necessairemenl assez inrlecis. Une 
seconde correction d'une certaine importance est celle de 
pres de {° sur I'inclinaison de 1'orbite de Titan. Les 
observations que Ton possedait jusqu'ici s'accordaient 
cependant a donner a ce satellite une inclinaison un pen 
moindre que celle du memoire, el les mesures de W.Meyer 
tendaient a diminuer encore les nombres de Bessel el de 
Jacob. 

Le resultat principal de ces calculs est loutefois la 
determination de la masse de Saturne, d'apres les elonga- 
tions. Chaque stallite fournil une valeur. La difference 



(403) 
enlre les deux chiflres est un peu superieure a 
des erreurs moyennes des deux requitals, < 
prouve une fois de plus qu'on ne peut pas regarder les 
ecarts des observations comme uniquement accidenlels, el 
regies par la seule loi de possibility. 

Le resulial general [masse de Salurne —-~^ de la 
masse du soleil], est un peu plus faible que les valeurs 
oblenues par les derniers observateurs, W. Meyer, A. Hall 
et H. Struve. Mais cette difference est de l'ordre de eelles 
qui se rencontrent dans les determinations astronomiques; 
en la nolant, je n'ai pas pour but de diminuer le merile du 
travail de M. L. de Ball, lequel me parait digne de ligurer 
dans le recueil de nos Memoires couronnes. Le format 
in-4° serait evidemment c^ lui qui conviendrait le mieux a 
I'impression des tableaux de ealculs. 

J'ai done I'bonneur de proposer a la Classe de voter 
cette impression, el d'adresser des remerciemenls au labo- 
rieux auleurdu memoire. » 



« Je me rallie entieremenl au rapport de mon savant 
confrere; je n'ai a y ajouter qu'une remarque, destinee 
a preciser un peu davantage la derniere observation pre- 
sentee dans ce rapport. 

Le resultat moyen de M. de Ball 54^57*, qui provienl 
de la combinaison des deux resultats parliels 5A 9 lt0 et 
TOTTe, est, a la verite, plus faible que ceux de W. Meyer, 
A. Hall et H. Struve; ces derniers sont, en effet, ^^75 
• (Meyer, 1884), j m f Tnf (1882) et j^ (1883) (A. Hall), 
5TTO, (Japet) T4 ^,(Tiian) et.-^Tilan) jjfa (Rhea) 
(H. Struve). Mais on voit que la seconde determination de 



(406) 
M. H. Slruve se rapproche cependant beaucoup de celle de 
M. de Ball, el il semble que la masse attribute par A. Hall 
a Saturne soiten effet trop considerable. 

Deja, comme le fail remarquer M. de Ball, Hill a declare 
que ses recherches sur Jes perturbations muluelles de 
Jupiter et de Saturne ne lui permeltent pas d'admettre, 
pour la masse attribute a ce dernier par Bessel, 3-5^770 
(1834), une correction telle qu'elle resulterail de la deter- 
mination de Hall. 

J'ajoiiterai que Le Verrier a donne (1876) le chiffre 

II faut reconnoitre toulefois que les observations sont 
trop peu nombreuses, vu surtout le grand nombre des 
equations a resoudre, pour pouvoir en tirer une conclusion 
un peu definitive. 

Heureusement ce ne sont pas les seules que M. de Ball 
ait faites. Outre Japel et Titan, dont les observations, au 
nombre de 43, font I'objet du travail acluel, il a fait ega- 
lement 36 observations de Titan et Rhea, 27 de Rhea et 
Tethys, 29 de Rhea et Dione, 22 de Dioue et Telhys. 

Nous ne pouvons qu'engager fit. de Ball a nous donner 
la suite de ce travail, qui sera cerlainement de nature a 
jeter quelque lumiere sur la question encore assez indecise 
de la masse de Saturne. » 

La Classe adopte les conclusions de ces deux rapports: 
elle decide 1'impressicn du travail de M. de Ball dans le 
recueil in-4° des Memoires des savants etrangers. 



COMMUNICATIONS ET LECTURES. 



Recherche* experimentales sur la vision chez les Arthro- 
podes (premiere parlie). — a. Resume des travaux 
effectues jusqu'en 1887 sur la structure el le fonction- 
nement des yeux simples, b. Vision chez les Myriopodes ; 
par Felix Plateau, membre de l'Academie royale de 
Helgique, prot'esseur a rUniversile de Gand, elc. 



-J'ai lait pa rait re dans le Bulletin de 1885, sous le litre : 
Recherches experimentales sur la vision chez les Insecles; 
les Insecles dislinguent-ils la forme des objets (1 )? une notice 
pieliminaire donl la publication avail surtout pour but de 
prendre date au sujet de quelques procedes. 

La facon dont ce petit travail fut accueilli et les critiques 
du reste bienveillanles dont il fut I'objet de la part de 
MM. Weslhoffet Aug. Forel (2) m'engagerent a poursuivrece 
genre d'eludes, et meme a etendre mes investigations bien 
au dela de la question speciale dont je m'elais d'abord pro- 
pose la solution. 



fli Hull, de I' Acad, roy. de Belgique, 
(2) J'ai tcnu largement comptc des o 
eront cxposecs ullcricuremeiit daus la 4 e 



(408 ) 

Depuis deux ans, j'ai cherehe toutes les occasions de 
m'eclairer, j'ai mulliplie les observations sur les animaux 
en liberie, et j'ai effeclue sur la vision des Myriopodes, des 
Arachnides et des Insectes un nombre considerable d'expe- 
riences varices, don I les resullals m'ont parfois permis de 
remplacer par des donnees positives les hypotheses basees 
sur I'anatomie seule. 

Malgre mes efforts, je ne puis cependant me flatter 
d'avoir epuise le sujet; travailleur isole, j'ai certainement 
laisse er-liapper «!«> details (|iii I'rapperont d'autres obser- 
valeurs et j'ai dii, faute de temps, reserver pour plus tard 
des questions importanles, telles que celle de la visibility 
des couleurs deja abordee par des chercheurs eminents, et 
celle de la vision chez les Crustaces. 

Le Memoire actuel est divise en cinq parties qui seront 
publiees successivement et qui traitent des matieres sai- 
vantes : 

Premiere parti e : a. Resume des iravaux effectues 
jusqu'en 1887 sur la structure et le fonctionne merit des 
yeux simples, b. Vision chez les Myriopodes. 

Deuxieme partie : Vision chez les Arachnides. 

Troisieme partie : a. Vision chez les Chenilles, b. Rote 
des ocelles frontaux chez les insectes parfaits. 

Quatrieme partie : Vision a Vaide des yeux composes. 
Resume anatotno-physiologique et experiences sur les 

CiNQiiEME partie : Perception des moucements et con- 
clusions generates. 



( 409 ) 
En terminant eel avanl-propos, j'exprime le desir legi- 
time que les specialistes se donnenl la peine de repeler 
quelques-unes de raes experiences. Si j'ai bien vu, de 
nouvelles confirmations transformeront les resullats que 
j'enonce en fails dehnilivement acquis; si j'ai peul-elre 
mal interprele, les objections que l'on ibrmulera auronl 
une loul aulre valeur que des critiques theoriques. 



PREMIERE PARTIE. 
Chapitre I. 

ii .\ t'liW-iui's iusqu'on 1887 sur la structure 



1 (oiictioiiuciiicul des ' 



§ 1. — Resume anatomique. 

La bibliographic de la structure des yeux simples des 
Anhropodes, quoique moins etendue que celle qui con- 
cerne les yeux composes, est encore considerable. Ayant 
lu el analyse a peu pies lout ce qui a ete publie sur celte 
matiere, je pourrais faire monlre d'erudilion et remplir 
plusieurs pages par une longue lisle de liavaux ranges 
chronologiquement depuis P. Lyonet (1762) jusqu'a I'annee 
acluelle. Celte l'acon de proeeder offre de I'uiilite dans un 
traile, mais elle n'est pas de mise dans un Memoire oil 
l'on se propose, avant loul, de laire connailre les resullats 
'1 experiences physiologiques. 

Je me bornerai done, dans les lignes ei-dessous, a 



( 410) 
resumer aussi simplement que possible letat acluel cle la 
question, en ulilisant les donnees fournies par les recher- 
ches imporlantes de H. Grenacher (I), V. Graber (2), 
E. Ray Lankester et A. G. Bourne (3), Ph. Berlkau (4), 
W. Pauen (5), W. A. Locy (6) et E. L. Mark (7). 



(1) Grenachek. Cut) rsiirhuni/fii iji.ir da> <)-li<,r(j(in der Arlhrn- 
fjotlni, GiHtingen, 1879. 

Ueber die Auyen eina/cr Mip-htpuilei, f Archiv fur mikroskopisclic 
Anatomie, Band XVIII, Bonn, 1880). 

(2) Graber, Ueber das unicameule Tniehr l( i,- n -und speciell das 
/trachnoideen-und Myriopodm- dxige (Archiv fur mikroskopische 
Anatomie, Band XVII, Bonn, 1880). 

(5) Ray-Lankester and Bourne, The minute Structure of the lateral 
and t la trntral Lye.s af Siorpm a,<d Lhn.d,,- niwrlerly Journal of 
microscopical Science, New series, n° 89. January, 1885). 

(-1) Bertkau, Beitrdf/e :ur Kennfuiss der Sinnesorgane der Spinnen 
(Archiv fur mikroskopische Anatomie, Band XXVII, 1886). 

(5) Patten, Eyes of Molluscs and Arthropods ( .M i 1 1 li.il tmgen aus 
der zoologischen Station zu Neapel. Sechster Band. IV Heft. Berlin, 
1886). Le Memoire de Patten a etc vivement critique par Ray- 
Lankester (Quaterly Journal of microscopical Science. October 1886, 
pp. 285 et suiv.) Patten a repondu dans Zoologischcr Anzeiger, 
n° 251, 20 mai 1887, p. 256. Je dois naturellement me borner a 
signaler cette polemique. 

(6) Locy, Observations on the Development of Agelena nmeia 
(Bullet, of the Museum of comparative Zoology at Harvard College, 
vol. XII, n° 3, Cambridge, 1886). 

(7) Mark, Simple Eyes in Arthropods (meme recueil, vol. XIH, n° 5. 

vaux de ses predecesseurs (celui de Patten cxcepte). Le naturalise 
qui desire approfondir ce sujet ne peut se dispenser de lire atlentive- 
mcnt l'eiude du savant aroei vitcra bien dcs 



(Hi ) 

Je reclame l'indnlgence du lecteur, car, en presence de 
divergences d'opinions parfois multiples, un pareil resume 
est fort difficile a rediger d'unc nianitVe satisfaisaule. 

Je laisse naturellement de cote les yeux dc Peripalus 
et de Limulus sur les fonctions desquels je n'ai pu faire 
d'expericnces. Les yeux des chenilles, qui offrent une 
structure speciale, doivenl aussi elre ecarles pour le 
moment : j'en parlerai dans la 3 e parlie. Ce qui suit con- 
cerne done les ocelles des Insectes, des Myriopodes el des 
Arachnides (1). 

L'ceil simple d'Arthropode est le resullat d'une invagi- 
nation locale de I'hypoderme. La parlie la plus profonde 
de eel hypoderme imagine donne lieu a une vesicule 
optique plus ou moins spherique, tandis que la portion 
voisine de la surface redevient genera lemenl continue pour 
former, devant la vesicule, une couche cellulaire, consli- 
tuant le prolongemenl de I'hypoderme general du corps. 

De meme que sur toute la surface de I'individu, la cou- 
che hypodermiquc externe secrete une cuticule chitineuse 
superficielle. Seulement, cette cuticule acquiert ici une 
grande epaisseur el devient, dans la pluparl des cas, une 
volumineuse lenlille Iransparente, la lentille cuticulaire 
ou le crislallin des descripleurs anciens (pi. I, ff. 1 et 3, L). 

La lenlille est presque toujours fortement biconvexe, 
la convexite de sa face profonde elanl tanlol moindre, 
tantot plus forle que celle de sa face externe. 

(1) Je passe intcnlionnelleracnt sous silence une seric de details 



( m ) 

Les vuleurs suivanl.es ea fraclions de millimetres, 
empi unices a Graber, peuvent donncr une idee approxi- 
mative de la convcxile de I'org'ane : 





T 


fipaisseur 


R r 


ScarpioiBu^evro^y^lMrnu,. 


0,22 


0,23 


0,7 


Buthu* [Ueteromelrus] afer, yeux medians. 


0,il 


0,30 


M 


Epeira Schreibersii, yeux anterieurs. . . 


0,20 


0,15 


^ 


Jutmmbulosus 


O.Oo 


0.08 


0,6 


Scolope »dra cuujulati 


0,23 


0,22 


1,0 ! 


LUhob^forjiauus 




0.07 


1.0 



Dans la lenlille, les conches ^uperposees qui caraclen- 
senllaculiculodcsArlliropodessonldevenuesplusepaisscs, 
leur dcnsite, leur ivf'rmgHii'e cl I cur courliure varient de 

vases de \erre mince pour laboraloires <k- cliimie que le 
commtrce livre par piles etuboitees (2). S. Exner a con- 



(413) 
stale a peu pres la meme chose dans les cornees des yeux 
a l'aceties de I'Hydropbile, et a trouve, en outre, que les 
couches centrales refraclent plus fortement la lumiere 
que les couches periphe>iques (1). 

Suivant I'opinion generalement admise et que le beau 
Memoire de Locy sur le developpement embryonnaire de 
YAgelena nceoia me semble confirmer absolument, la 
couche hypodermique continue qui secrete la lentille 
cuiieulaire conslilue ce que Ton appelle le corps vilre ou 
la couche viiree de l'oeil simple. Inlerposee entre la lentille 
el les elements retiniens, presque loujours limilee du cote 
profond par une fine membrane basale (membrane prere- 
tinienne de Graber), cette zone cellulaire transparente peut 
olre ou assez epaisse (Larves de Dyliscides, Puce, Dipteres 
muscides,ceil desHymenopteresen voie de developpement, 
la plupart des yeux d'Arachnides) ou fort mince (ocelle 
de Vcspa complement developpe, Grenacher. Yeux de 
Mvriopodes, Graber) ; mais, malgre" cerlaines assertions qui 
demandenl confirmation, il est probable qu'elle existe 
loujours (2) (pi. I, fig. i et fig. 3 c v). 

La \esieule oplique donl il nous resle a esquisser la 
structure compivn>) <i»mix <■ itrgoi ie.- de cellules, des cellules 
P'f/utct, /aires donl je me conlenterai de signaler ['existence 






(M4) 
afin de ne pas surcharger la description de details sans 
utilite immediate et des cellules retiniennes, les retino- 
phores de Patten. 

Les retinophores, ainsi nominees (1) parce qu'elles 
servent de support aux elements nerveux recepteurs, 
generalement tres allongees, inserees a peu pres norma- 
lement sur la paroi de la vesicule oplique, convergent 
plus ou moins vers I'axe de l'oeil, c'esl-a-dire que leurs 
directions prolongees viendraient, dans beaucoup de cas, 
approximativement au milieu de la len- 



Pendant longtemps on a considere ces cellules comme 
repondant au type classique des cellules neuro-epithcliale.s 
chacune d'elles eflllee a son exlremite profonde semblant 
conlinuer une des fibres du nerf oplique. De la, le terme 
de nerve-end-cells employe par Ray-Lankester et Bourne 
dans leur description des yeux des Scorpions. Mais d'apres 
le remarquable travail de Patten, quia fait faire incontesla- 
blement d'immenses progres a nos connaissances sur la 
structure des organes visuels des Arlicules, les lerminai- 
sons nerveuses excitables par la lumiere auraient une 
disposition plus complexe. 

On sail que chaque cellule retinienne ou retinophore 
produit un bdionnet transparent. Ce b&tonnet, de nature 
cuticulaire pour la grande majorite des auteurs, de nature 
protoplasmique pour Berlkau (2), est tantot terminal, 
c'est-a-dire silue a l'exlremite de la cellule dirigee vers la 



(1) J'ai mis au feminin plusieurs des I 
ir Patten; s'ils deviennent classiques, I'us 
i genre determine. 

(2) Op. clU, pp. 598, S99. 



(415) 

lumiere, comme dans les ocelles des Insecles, dans les 
yeux medians anterieurs des Araignees, et probablement 
aussi dans les yeux des Myriopodes, tantdt lateral, occu- 
pant alors une des longues faces de la relinophore, modi- 
fication qui s'observe dans les yeux des Scorpions, ainsi que 
dans les yeux poslerieurs et lateraux des Araignees. 

S'il s'agit d'ocelles peu complexes, les retinophores plus 
ou moins fusionnees sont associees deux a deux; dans les 
yeux des Phalangium, elles paraissent associees trois a 
trois (1) ; enfin, dans les yeux centraux des Scorpions elles 
sont associees cinq a cinq. Chacun des petits groupes dis- 
tincts ainsi formes est nne Ommatidie (2) (pi. I, fif. \ et 3 o). 

Lorsque les batonnets sont terminaux, I'ommalidie est 
siirmontee d'un corps bacillaire double (parfois triple); 
lorsque, au contrairejes batonnets sont lateraux, I'omma- 
tidie enveloppe un faisceau central de deux ou de cinq 
batonnets (pi. I, fig. 2 et 4). 

Ceci pose, les fibres provenant de la subdivision du 
nerf optique, au lieu d'aboutir simplement a I'exlremite 
profonde effilee des cellules de la zone retinienne, se 
grouperaient en petits faisceaux qui occuperaient chacun 
1'axe d'une ommatidie. De sorte qu'il y aurail non pas 
autanl de fibres separees qu'il existe de cellules, mais 
seulement autanl de faisceaux ou nerfs axiles (axial nerve, 
Patten) qu'il y a de groupes ommalidiens (pi. I, ff. 1 et 3 n). 

Arrive a la hauteur des corps bacillaires, le faisceau 



batonnets figures p; 
%• 17). 

(2) Oy^ax-otov, 



( 4IG ) 

axiie penelrerail dans ces derniers, puis se resoudrait dans 
1 epaisseur et clans toute la hauteur des balonnets en un 
reseau de fines iibrilles nerveuses transversales, le retini- 
dium (Palten) (pi. I, ff. i el 5 r). 

Les retinidies des balonnets seraient, par consequent, 
les veri tables elements recepteurs. 



§ 2. — Resume physiologique. 

Heservant pour ie> ch;<pitie> suivants I'analyse des expe- 
riences faitcs anterieurement aux miennes et les concep- 
tions theoriques relatives a des cas speciaux, j'examinerai 
seulement ici quelles sont les hypotheses qui ont ele 
emises sur le fonctionnemenl desyeux simples, considered 
d'une fa con generate. 

La plupart des auteurs. Irappes de i'anulogie qui existe 
en Ire beau coup d'yeux simples et lesyeux dei Yerlebres, 
ont admis la possibility de la production d'une image ren- 
versee des objets exlerienrs. Cependant, preoccupes 
surtoul de la grande convexite de la lenlille, ils out 
presque toujours ajoule que la distance de vision dislincte 
devail etre ires petite; les yeux simples elant, suivanleux, 
exclusivement conformed pour la vision des corps rappro- 
ches. 

Celte fa con de raisonnei suppose deux conditions qui 
n'exislent p3s : I'homogeneile de la lenlille el la situation 
ties elements recepteurs au fond de la vesicule optique, 
eoninie ehez les Yertebres. 

J'ai deja dil que la lenlille culiculaire n'est pas homo- 
gene, qu elle se compose de couches emboilees de cour- 
bures et de refringenees differences. 



( 417 ) 

F. Dujardin (1), considerant que les zones concentriques 
de la lentille sont d'autant plus courbes, c'est-a-dire onl 
des rayons de courbure d'autant plus courts qu'elles sont 
plus voisines de la surface (pi. I, fig. 1,1), en deduisil 
que, quelle que soil la distance d'un objet exterieur, les 
rayons qui en emanent rencontrent une zone susceptible 
de les refracter de maniere a donner encore lieu a une 
image situee dans l'oeil a une profondeur telle qu'elle puisse 
etre perdue. 

En d'autres lermes, grace a la structure speciale du 
corps refringent, un objet serait represente derriere cette 
lentille par autant d'images successives qu'il existe de 
zones, ou, si Ton veut, il y aurait une image coincidant 
avec les extremites receptrices retiniennes pour aulant de 
distances differentes de I'objet que la lentille compte de 
couches (2). 

Joignanl I'experience a la theorie, Dujardin montra a 
l'Academie des sciences de Paris une lunette donl l'objeclit' 
etait compose de plusieurs zones et qui, I'oculaire restant a 
la meme place, donnait quatre images distinctes pour 
aulant de distances de I'objet vise. Enfin, employanl des 
lentilles d'yeux simples d'Arachnides et d'Fnsectes, il crut 
conslater que Fimaere resle en realile <listincte pour des 



P- 713, et Annates des scienees naturelles, Zoologie , 5« serie, t. VII; 
P. 107, 1867. 

(2) S. Pappexheim, Lc probleme de M. Dujardin relalivement aux 
feuxdes Imectes (Comptes rendus de PAcad. des sc. de Paris, t. XXV, 
». 809, 1847), a critique le travail de Dujardin, raais pour d'autres 



(4)8) 
distances variables de 1'objel « sans toutefois avoir le 
brillanl de celle que donne une lentille a foyer unique ». 

J'ai rappele aussi, plus haut, qu'Exner avail observe 
dans les corneules des yeux composes que 1'indice de 
refraction des couches successives croissail des couches 
superucielles vers les couches centrales. Nous ignorons, 
bien que la chose soit probable, si ce fail est vrai pour les 
yeux simples; cependant on com met trait une imprudence 
en raisonnant a la legere comme si la lentille elail homo- 
gene. 

Quant a la situation des elements recepleurs, on sait 
(pi. I, fig. 5, rr) que ceux-ci ne sont pas places a la peri- 
pheric de la sphere optique, mais qu'ils sont, au contraire, 
groupes de facon a former une surface concave generale- 
ment voisine de la lentille cuticulaire, et meme si rappro- 
chee de celle-ci dans les yeux anterieurs des Araignees, 
les yeux des Faucheurs el les yeux simples des Vespides 
que, quelle que soit la grande convexite du corps refrin- 
gent el la brievele de sa distance focale, on peut conce- 
voir 1'exislence d'une image percue pour des objets assez 
eloignes. 

Resle, enfin, la question de ('accommodation. En suppo- 
sant qu'il ne se forme qu'une seule image et non plusieurs, 
comme le voulait Dujardin, il est encore possible que la 
vision puisse avoir lieu d'une facon satisfaisante pour des 
distances variables : Grenadier (1) a failremarquer le pre- 
mier quel'absence d'appareil special d'accommodalion est 
peut-etre compensee, dans Tceil simple, par la longueur des 



i) Gre>*cher, Unltrwch 



(419) 
batonnets; les rayons provenant d'un objet eloigneagissant 
sur I'extremite anterieure de ces elements, et ceux qui 
emanent d'un objet rapproche produisant leur effet a uue 
proi'ondeur plus ou moins grande, voisine de I'extremite 
posterieure des corps bacillaires (1). Puis, plus recemment, 
sonl venues les observations de Patten, d'apres lesquelles 
toute la hauteur des batonnets se trouve occupee par un 
reseau au retinidium de fines terminaisons nerveuses 
transversales. Patten ne s'est pas occupe de la vision a 
l'aide des yeux simples; cependant si Ton applique a ceux-ci 
ce qu'il dit des yeux composes, aucune accommodation ne 
serait necessaire, I'image rencontrant, pour des distances 
ires diverses, des terminaisons receplrices en nombre 
sulfisant pour etre pergue (2). 

II resulte de Pexpose qui precede qu'il n'est pas du tout 
certain que les Arthropodes ne possedant que des yeux 
simples soient necessairement myopes, et qu'il n'y aurait 
lien de surprenant a ce que leur vue fut bonne dans des 
limites assez etendues. Mais comme toutes ces considera- 
tions sont theoriques el que rien ne vaut Tex peri mentation 
ou l'observation direcle des moeurs, je n'insisterai pas 
davantage sur ce sujet, pour le moment. Des conclusions 
positives et dune bien autre valeur decouleront tout nalu- 
rellemenlde I'ensemble des recherches experimentales de 
nios devanciersel des miennes propres. 



(t) Grcnacher, dans 1c meme passage de sa page Hi, cmet des 
doutes sur la possibilite du phenomene; la gaine de pigment qui 
enveloppe les batonnets jusque pres de leur extr&nite anterieore 
conslituant, pour lui, le principal obstacle a Texistence d'une image 
situee un peu profondement. 

(2) Je combattrai ce dernier point a propos des yeux composes 
(qualrieuie partie). 



(420) 



Vision cliez les Myriepodes. 
§ 3. — Considerations generates. 

Ma notice intitulee : Recherche* sur la perception tie la 
lumiere par les Myriopodes aveugles (1) qui, malgre son 
litre, contient la relation d'un certain nombre d'experiences 
effeciuees sur le Lilhobius forficatus, dans Je double but 
de prouver que cet animal est excessivement luciluge et 
d'appreeier sa sensibilile pour la lumiere, est, je crois, 
jusqu'a present, le seul travail experimental a ciler. En 
effet, les recherches de Gervais (2), Sograff (3), Graber (4), 
Patten (5), le livre de Carriere (6), sont purement anato- 



logiques, t. XXII. Septcmbre-octobre. Paris, 1880. 

(2) Gervais, Etudes pour tervir a Vhistoire des Myriapodes ( Annales 
des sciences nalurelles, seric II, t. VI, p. 57. Paris, 1857). 

(3) Sograff, Vorlaufiije Mittheilungen uber die On/intisation dir 
Myriapoden (Zoologischer Anzeiger. II Jahrgang, p. 17, 1879). 

Id., Anatomic du Lithobius forficatus, pi. Ill, fig. 14, Moscou, 1880 

(I) Graber, Ueber das unicorncale, etc., op. cit. 

(5) Patten, Eyes of Molluscs and Arthropods, etc., op. cit. 

(6) Carriere, Die Sehorgane der Thiere, pp. 1 17 et suiv. (Muncben 
und Leipzig, 188S). 



{ 421 j 
miques, et les theories eiflises par J. Miiller (I) et Gre- 
nadier (2) ne reposent que sur des hypotheses. 

Le Memoire dc Grenacher etant de beaucoup le plus 
important, je m'y arreterai quelque peu, prevenant toute- 
fois le lecteur qu'il ne pent etre question ici ni des yeoi tout 
a fail speciaux des Scutir/era (5), ni de ceux d'un certain 
nonihre de formes exoliques. 

D'une facon generale, les yeux simples des Scolopendta, 
Lithobins, Julus et Glomeris onl une structure analogue 
a celle des organes visuels des Araignees, avec cette diffe- 
rence capitale, cependant, que, sauf chez les Lithobies, 
les batonnets termiuaux el nombreux occuperaient, iCapres 
Grenacher, une position entierement Iransversale par rap- 
port a I'axe c/e I'ceil. 

Patten, s'appuyanl probablement sur la composition 
de I'organe chez le Lithobins ou Ton observe, au-dessus 
de batonnets tournes vers la lumiere et, par consequent, 
enlre ces batonnets el la lenlille, une couche epaisse fine- 
nement striee en travers, com me si elle etait formee de 
la juxtaposition de poils refringents horizontaux, admit, 
chez tous les Myriopodes, des batonnets a situation nor- 
male surmontes d'un corps vitre volumineux secrete par 
des cellules speciales. Cette maniere de voir, a propos de 
laquelle il donne une figure schematique, expliquerait tout, 
puisque, dans cette facon d'interpreter, les batonnets trans- 



che Untcrsuchunge 
(Meckel Arc! 



die Aiifjen einitjer Myriupoden., 
icasion d'obscrver des Scutiyera 



( 422 i 
versaux, qui ont tant embanasse Grenadier, ne seraient 
pas les corps bacillaires verilables, mais line apparence 
resultant tie la texture (ibrillaire du corps vilre. 

Grenadier, qui regardail naturellement ses observations 
hislffogiques personnelles corame exacles, a emis, en 
substance, les considerations theoriques suivantes : a sup- 
poser qu'une petite image renversee soil produite par l'in- 
lermediaire de la Ientille culiculaire (1), celle-ci ne saurait 
etre perdue en tant que representation des objels exte- 
rieurs, 1° parce que la lumiere ne tombe pas sur 1'exlre- 
mite des batonnets, mais sur la lotalite de la longueur de 
ces corps bacillaires transversaux ; 2° parce que lous ces 
balonnets,qui son l traverses par les rayons lumineux, avail t 
comme apres 1'enlre-croisemenl de ceux-ci, sonl necessai- 
rement influences en bloc (2). Chacun des yeux, considered 
a part, ne pourrait servir qu'a dislinguer la lumiere de 
I'obscurile. Enfin, comme ces yeux sonl groupesennombre 
plus ou moins considerable chez les Lithobius, Julus el 
Glomeris, il en resulte, peut-etre, une vision mosaique 
analogue a celle que J. Miiller a admise pour les yeux 
composes des Insectes. 

Telles sont, degagees des details, les seules donnees 
que nous possesions, donnees vagues, incompletes, ne 
pouvant satisfaire personne. On comprend, apres cela, 
combien des experiences suivies etaienl necessaires et 
avec quel iuleret i'attendais leurs resullals. 



( 423 ) 



§ 4. — Experiences sur le Lithobius forficalus. Linn. 

La Lithobie a lenailles elanl excessivenienl commune 
dans mon jardin, j'ai pu, a loisir, multiplier mes observa- 
tions sur celte forme. 

L'animal quiestfortagile posseded'assezlonguesanlennes 
de 36 a 48 articles el offre, de cbaque eote de la tele, un 
groupe de 26 yeux simples, dont2o arrondis de petit dia- 
meire et un plus gros elliptique (pi. I, fig. 8). Suivant 
Ludwig Koch (1), le nombre d'organes visuels varie, du 
resie, dans certaines limites, d'un individu a 1'autre et 
n'esl meme pas toujoursegal a droile et a gauche. 

J'ai monlre ailleurs (2) que la Lithobie est lucifuge et 
tres sensible a la lumiere. Comme ce fait a ici une impor- 
tance speciale et que j'aurai, a propos d'autres animaux, a 
parler de proprieties analogues, on me permeltra de rede- 
crire le procede employe et de resumer les resultats. 

Imitant la melhode de V. Graber (5), j'ai fait usage 
d'une boile en verre de 60 centimetres de longueur, 



(1) Koch, Bit \ f.'hobius, p. 40, pi. [, fig. 9. 

(2) Rechcrches sur la perception de la lumiere par les Myriopodes 
aveuglcs, op. cit, fig. 5, pp. 446 et suiv. 

(3) Graber, l-undamentateersuche fiber die Hdligkcits und Farben 
tmpfnuUivhkvU nnrjenlosi-r und gchlrndeter Thiere (Sitzungsbcrichte 
Math. Naturwiss. CI. d. k. Akaderaie, Band LXXXVII, I Ablheil. 
Wicu, 1883). 



( *M ) 

e largeur el 8 '/a de hauteur. Le couvercle 
est en carton et a rebords (pi. I, fig. 5). 

Une seule des longues faces, celle qu'on tourne vers la 
lumiere, est transparente; toutes les autres sont recou- 
verte's exlerieurement de papier noir epais. Enfin, le sol 
on plancher de la boite est revetu a l'interieur d'une 
coucbe de papier a filtrer blanc mainlenu humide. 

A I'aide de trois rectangles de papier noir double, on a 
divise la face transparente en six parties egales,dont trois 
laissent penetrer le jour et alternent avec trois parlies 
opaques. 

Lorsque la boite fermee est placee devant une fenetre 
donnant sur un espace largement decouvert, l'interieur 
comprend naturellement trois regions eclairees et trois 
regions relativement obscures. 

Les divers essais onl ele fails a la lumiere diffuse pour 
eviter les differences de temperature. 

J'ai mis dans I'appareil douze Litbobies et, au moyen 
des barbes d'une plume d'oie, je les ai distributes a peu 
pres uniformement parlout. Toutes les dix minutes, j'ai 
note combien d'individus se trouvaient places dans les 
regions eclairees et combien il y en avail dans les 
regions obscures de la boite. Puis, apres chaque constata- 
tion,j'ai redislribue uniformement les animaux suivant la 
longueur de 1'instrument, afin de les forcer a manifester 
neltemenl leurs preferences. 

Dans douze essais successifs, les Lithobies onl ele trou- 
vees cantonnees de la rnaniere suivante : 



s regions 6clair6es 



(423) 
C'est-a-dire qu'il s'est trouve irente-cinq fois plus d'in 
vidus a I'ombre que dans les espaces clairs. 

La sensibilite des Lilhobies pour la lumiere et Ii 
desil <T< -viler I'eclat du jour sonl, du reste, assez inlen 
pour amener ces animaux a aller se pelotonner en qu 
ques inslanls dans le recoin le plus obscur de la boile. 

Les Lilhobies dislinguent done la lumiere de To 
el il semble nalurel d'atlribuer celle faculte a leurs yeux 
seuls. On commellrail cependanl une grossiere erreur en 
raisonnanl de celte facon, car il faut lenir couipte, en 
raerae lemps, de la perception dermatoptique ou percep- 
tion de la lumiere par les centres nerveux au travers de 
I'ensemble des teguments (1). 

En effet, en repelant les memes experiences sur des 
Myriopodes a organisation \uisine, mais normalement 
aveugles, dix-sepl Ceophilus longicornis et deux Crypiops 
punctatusy j'ai obtenu chaque lois, dans douze essais suc- 
cess's, les distributions ci-dessous : 

1° Geophilus. 



(426) 



Comme je le disais dans mon travail anterieur, ces expe- 
riences demontrent le fait curieux que « la sensibilite des 
» Myriopodes aveugles pour la lumiere est assez grande et 
» n'est pas beaucoup inferieure a celle des Myriopodes 
> munis d'yeux (2). » 

Ainsi, en definitive, si les Lithobies offrenl une sensi- 



prouverquc le 


pheuo 


meue est plu: 


. repandc 


u'on ne le croirait au 


premier abord, 


Knlin, 


cn 1887, A. 


Forel a it 


lit paraitre (Experiences 


et remarques cri 


liqua 


sur Its sensati 


OIIS drS // 


isectes.Deuxicmcpartie) 


le rcsultat de se 


s rech 


erehes sur les 


seusatioi 


is dermatoptiques chez 


les Fourmis. 










(l)Etonnede 


luuif. 


rmite des resultats, j'ai 


i change a deux reprises, 


pendant l'experi 


encc, 1 


a direction d( 


: la boite, 


de fa con a modifier les 


formes et jusqu 


'a an 


certain point 


I'etendue relative des surface* 


eclairees et oml 




mais Hen n'j 


• lit, touj 


ours les deux Cryptops 


allerent se blotti 


r i pe 


u de distance 


l>un de 


['autre dans Textremite 



;-2 Cello phrase se rapporte mix Myriopodes aveugles de la section 
des Chilopodes. Dans une petite notice que je viens de publicr sous 
le titre : Observations sur les mceurs da Bluniulus gultulatus et expe- 
riences sur la perception de la lumiere par ce Myriopode aveugle 
(Societe enlomologique de Belgique. Comptes rendus du l er octobre 
1887) j'ai montre que les perceptions dermatoptiques des Blaniules 
sont plus faibles que celles des Geophiles. 



( 427 ) 

bilite excessive vis-a-vis des rayons lumineux, ce n'est pas 
a lenrs yens seuls qn'ils la doivent. II se pourrait meme 
fori bien que leurs organes visuels ne fussent pas plus faci- 
lement excitables que ceux de la plupari des autres ani- 
maux. 

J'aborde maintenant les experiences nouvelles. 

Ann de determiner jusqu'a quel point les Lithobies dis- 
tinguent les objets, j'ai employe le dispositif suivant, que je 
designerai dorenavant par le nom un peu pretentieux, 
mais que je crois bien applique, de labyrinthe (pi. I, fig. 6). 

Une feuille de papier d'emballage brun fonce (couleur 
neutre de tcrre), un peu rugueuse, de 68 centimetres de 
longueur et de 50 centimetres de large est appliquee sur 
une table bien horizonlale placee en pleine lumiere diffuse 
devant une fenetre. 

Au milieu de la feuille de papier qui constitue le sol sur 
lequel les Arthropodes doivent circuler, est menagee une 
zone a peu pres elliplique de 18 centimetres de long sur 
15 de large. Puis, tout aulour, suivant six ellipses concen- 
triques, on a colle sur le papier, comme I'indique la figure, 
des obstacles divers d'un centimetre de hauteur represented 
par des bandes de carton blanc, des bandes de carton noir, 
des lames de liege el des fragments d'ecorce couverls de 
mousse. 

Ces objets forment ainsi des enceintes inlerrompues de 
distance en distance et sont en general places de fa^on 
que ceux d'une des enceintes soient situes vis-a-vis des 
solutions de continuity de 1'autre. 

I^es obstacles etanl blancs, noirs, couleur de bois ou 
couleur d'ecorce, n'offrant done rien de partkulierement 
etrancfe, il est evident qu'un animal done d'une bonne vue 



(428) 
circulera dans le labyrinthe < 
petiles barrieres cl arrivera a ia limile exterieure apres 
avoir deceit un trajet sinueux. Tandis qu'un animal qui 
voil mal on qui ne voit pas, se heurtera d'abord a nn pre- 
mier obstacle, lalonnera, longera i'objet, ira se heurler a 
1'obslacle de I'enceinle suivante et ainsi de suite, n'abou- 
lissanl enfin au bord de la feuille de papier qu'apres une 
serie de chocs et de crochets. 

Voici ce que j'ai observe dans des experiences multiples 
sur des series d'individus : 

i° Lit/tobies i/tiacles. — LQS Lilhobies inlactes, deposees 
au centre du labyrinthe, marchent la pluparl du temps 
droit sur les obstacles, quel que soil lenr aspect, les ren- 
contrent par Vintennediaire de leurs antenncs que ces 
Myriopodes ulilisent constammenl comme organes explo- 
rateurs, les conlournenl, par consequent, a la distance de 
la longueur de ces anlennes, puis vout aborder de la 
meme i'acon une nouvelle barriere et ainsi de suite. 

II en resulte que la sortie du labyrinthe s'effeclue avec 
une lenteur relative, malgrc la vivacile (failures des .Myrio- 
|)odes en question Ainsi, avail 1 compte, dans douze expe- 
riences, pendant lesquelles on a opere sur trois indiudus, 
le nombre de secondes employe pour arriver au bord exle- 
rieur de rinslrument, le trajel effect ue elanl mesure en 
ligne droite, a vol d'oiseau, du centre au point periphe- 
rique atteinl, je trouve que les Lilhobies n'onl parcourn en 
moyenne que 2,4 centimetres par seconde. Ce cliiffre pns 
seul a peu de valour; il en acquiert, comme nous le verrons, 
lorsqu'on le compare a ceux donnes par les an ires series 



(429) 
decouleur a I'huile noire (1). — Je fais vingt essais suc- 
cesses en utilisant trois individus. De temps en temps je 
remets sur les yeux uue nouvelle couche de couleur. La 
temperature est assez elevee, -+- 27° c. 

Les allures des animaux semblent identiques a celles des 
Litbobies intactes. Les barrieres sont abordees perpendi- 
culairemenl et sont reconnues a 1'aide desantennes. 

Les Myriopodes aveugles, qui, malgre les obstacles, 
suivent un trajel bien determine, parallele a la fenetre, par 
exemple, parcourent en moyenne 2,7 centimetres par 
seconde. La chaleur qui excite, comme on sait,lesArticules, 
suffit pour rendre raison d'un leger accroissement de 
vilesse; 

3" Lithobies dont les yeux sont intacts, mats dont on a 
coupe les antennes. — Desiranl supprimer le role des 
antennes el voulant obliger les animaux a se servir de leurs 
yeux seuls, j'ai coupe les appendices antennaires a trois 
individus que j'ai laisses se reposer, en les nourrissant, 
pendant dix jours. Les operes etaient fort vifs et ont vecu 
encore durant des mois. 

Douze experiences conduisent a un chiffre Ires voisin du 
precedent : les Lithobies sans antennes parcourent en 
moyenne 2,9 centimetres par seconde. 

Quant aux allures, elles sont nettement differentes; de 
meme que les Lithobies intactes ouaveuglees, les individus 
prives d'antennes marchent presque loujours droit sur les 

(!) Je montrerai dans la troisicme partie qu'un Arthropode dont 
on a recouvcrt les yeux dc couleur a Thuile noire percoit encore tin 

pcu de lumiere par !•■.< on/ancs ri^irh. L;i suppression est cependant 
p!us i|uc siifli.,ante pour rendre des experiences du genre de celles 
<|ui sum dccrites ici tout a iuit demonstratives. 

3 n,e SEME, TOME XIV. 20 



( 430 } 
barrieres, mais n'elani plus avertis a temps par leiirs 
appendices, ils viennent lilteralement se cogner. lis se 
detournent alors d'autant plus vile pour longer I'obstacle 
ou parfois pour le f ranch ir, et c'est ce qui ex pi iq lie, peut- 
elre, la rapidile un peu plus grande de la progression; 

4° Cryptops punetaius in/act. — A litre de comparaison, 
je mels dans le labyrinthe un Cryptops ponctue, Myriopode 
peu different des Lithobies, mais normalemenl aveugle. 

Sept experiences rnontrent que, malgre des allures 
encore plus vives, la rapidile de translation dans J'appareil 
est beaucoup moindre. Le Cryptops ne parcourt en 
moyenne que 1,9 centimetre par seconde. Cela lient a ce 
que le Cryptops paipe encore plus aclivement avec ses 
antennesque la Lilhobie; il longe les obstacles dans toute 
leur etendue, puis vienl butler contre d'autres qu'il longe 
encore, etc. 

Tandis que les Lithobies, meme sans antennes, suivent 
ordinairement, malgre les heurls et les detours, une direc- 
tion generale delerminee, parallele ou perpendiculaire a la 
fenetre, par exemple, les Cryptops se jetlenl a droite, a 
gauche, et font trois ou quatre fois le chemin neccssaire: 

5° Cryptops punctatus prive d'antennes depuis sept 
jours ;tres vif. 

La moyenne de douze experiences montre que Tanimal 
met un temps encore plus considerable a arriver a la peri- 
pheric; il ne parcourt plus que 1 centimetre par seconde. 

Cette fois, le Cryptops decrit presque des cercles, 
cognant tout. II n'a plus manifestement pourse guider un 
peu que le sens tactile Ires delicat qui reside dans ses 
paltes. Marchant la tele en avantet balangant cette tele de 
droite et de gauche, il se heurte brntalement a cliaque 



( 431 ) 
instant, hesite, se detourne, se heurte encore, etc. II n 'arrive 
done a I'exterieur que par hasard et y met parfors 
50 secondes ; 

6° Lithobie sans aittennes depuis dix-sept jours et dont 
on couvre les yeux de couleur a Chuile noire. — La Litho- 
bie se irouve ainsi placee a pen pres dans les memes con- 
ditions que le Cryptops prive d'antennes. Durant les dix 
experiences effeetuees, on renouvelle de temps a autre 
l'enduit qui recouvre les yeux. 

Fait interessanl, bien qu'on put le prevoir, la Lithobie 
sans antennes et aveuglee se comporte exacternenl coraine 
le Cryptops auquel on la compare. Ce sont les memes chocs 
contre tous les obstacles, les memes courses en zigzag ou 
en cercle, sans qu'il y ait la moindre direction generate 
dans la marche. Eniin le temps employe a arriver au bord 
du labyrinlhe est aussi tres long; 1'Arthropode n'a plus 
fait, en moyenne que 1,7 centimetre par seconde. 

Lache sur le sol de la chambre, il se heurte a tout obsta- 
cle, quelque petit qu'il soit, par exemple la tige d'un crayon 
ou le doigt que Ton place verticalemenl sur son trajet. 

Si nous recapitulons les resultals obtenus jusqu'ici, 
nous constatons que, dans le labyrinlhe : 



::!'!:■" 


eugl^avec 


;:;:■; 


unie dyeux, 


*' 


eugl^sans 


ptf.ps 


aveu g le)i„- 


p* p > a 


>«eogle)sans 



( 432 ) 
De quelque fac,on que l'on envisage ce qui precede, la 
conclusion qui s'impose esl que la vision propremenl dite 
doiletre a peu pres nulle; 

7° Lithobies intacles libres et obstacles mobiles. — Pour 
determiner jusqu'a quel point les yeux sont utilises, je 
laisse des Lithobies en liberie sur le parquet de sapin bien 
eclaire d'une assez grande chambre recevant le jour par 
deux fenelres siluees d'un meme cole [i). 

Au bout d'une canne legere j'ai fixe, daus un plan ver- 
tical, une lame de liege reclangulaire des dimensions d'une 
carle de visile. On peut ainsi, en circulant dans la chambre 
el en restant debout, mainlenir la lame de liege verlica- 
lement sur le sol, en un point quelconque, de fagon a 
creer un obstacle la ou on le juge convenable. 

En outre, comme il esl facile d'attacher sur la lame, a 
I'aide de deux epingles, des rectangles de merne dimen- 
sion en papier blanc, noir ou de couleurs vives, il y a 
moyen de faire des experiences, non sur la visibilite des 
couleurs, ce qui n'a pas ete dans mes intentions, mais sur 
les influences de I'eclat offert par la surface de l'obslacle 
et du conlrasie exislant entre la teinle de cet obstacle et 
celle du parquet. 

Les Lithobies libres marchent en general en ligne droite 



tenturc des ruur 



(433) 



A. Lame de liege settle. — Je place de temps en temps 
Ja lame de liege transversalemenl sur le trajet du Myrio- 
pode, a 5, a 10 et meme a 20 centimetres en avant de 
celui-ci. 

Toujours et cent fois de suite, si 1'on vent, la Lithobie 
vient se heurter perpendiculairement a I'obstacle et ne se 
detourne a clroite ou a gauche qu'apres le contact brusque 
i I'objet rencontre. 



B. Lame de carton blanc. — Le liege ayant une teinte 
brunalre neutre peu differente de celle du parquet, on le 
recouvre d'une lame de carton bristol blanc. 

Dans ces conditions, chaque fois que la position de cette 
plaque est telle qu'elle se presente a contre-jour ou seule- 
ment obliquement, de facon a elre obscure ou a offrir une 
teinte neulre, le Myriopode la heurte comme il se heurtait 
a la lame de liege. Si, au conlraire, la lame est eclairee en 
plein, de maniere a trancher par son eclat d'un blanc pur 
sur la surface brunalre du sol, l'animal apercoit Tobstacle 
et change de direction pour passer a cote. 

La distance oil se manifeste cette perception oscille entre 
10 el 15 centimetres. Un grand nombre d'essais sur divers 
individus me conduisent a admettre 10 centimetres comme 
etant la distance la plus frequenle. 

C. Essai alternalif de la 
blanche. — La lame n'elant couverte de carl 
sur une face, il suffil de faire tourner la ca 
doigts pour presenter le liege aux Lilhobies. 



( 454 ) 

En pleine lumiere, la lame de liege reste presque tou- 
jours inapercue etest renconlree perpendiculairement. Si 
on presente la face blanche, I'obstacle est vu dans la grande 
majorile des cas. L'experience qu'on peut repeter a saliete 
est excessivement demonstrative. 

Les pelits individus paraissent ne percevoir la presence 
de la lame blanche eclairee qu'a une distance moindre que 
les individus ordinaires. Une petite Lilhohie d'un centi- 
metre el demi de longueur ne se detournait qu'a 7 centi- 
metres de la plaque. 

D. Emploi alternalifdu blanc et du janne vif. — L'une 
des faces de la lame de liege est revetue de carton blanc, 
Pa u ire de papier jaune (1). 

Aulant qu'il est possible d'en juger, l'effel du jaune est 
a pen pres le mcme que celui du blanc, avec un leger desa- 
vantage cependanl. 

E Lame d'un vert cm (vert-de-gris pur) (2). — Resullat 
beaucoup moms net que pour le blanc. Le Myriopode ue 
se delourne plus chaque fois el, loisqu'il le fail, ce n'esl 
qu'a 6 ou 7 cenlimelres du carton vert. 

F. Lame d'un bleu franc {voisin du bleu du spectre). — 
Resullat imparfait analogue. Quand la Lilhobie manifesle 
de la perception, c'est a 10 centimetres de I'obstacle. 

G. Lame d'un beau rouge (rouge cerise) (3). Chose 



(1) Jaune dc chroir 
(-2) Vert dc Paris t 
tonnages dc luxe. 



('435 ) 
curieuse, le rouge agit comme une teinte neutre, meme 
dans des cas ou, sortant des conditions habituelles, j'ai fait 
en sorte que la plaque fut eelairee par le soleil; le Myrio- 
pode va s'y cogner en plein a peu presa coup sur. 

H. Essai alternalifdu rouge et du blanc. — La lame de 
liege porte sur une lace une plaque rouge et sur l'autre 
une plaque blanche. 

Sauf de petiles indecisions inevitables dans ce genre 
d'experieuces, la plaque rouge bien eelairee n'est jamais 
vue, landis que la plaque blanche Test loujours et amene 
conslamment le Myriopode a changer de direction. 

Celle invisibilile du rouge n'a rien qui doive beaucoup 
elonner si Ton songe qu'il resulle des experiences de 
V. Graber qu'un grand nombre d'animaux lucifuges, soil 
munis d'yeux, soit aveugles et qui, dans une boite a com- 
partiments clairs et obscurs, manifeslent leur preference 
pour les regions sombres, soumis a des Jumieres colorees 
I'une bleue et l'autre rouge, fuient la zone bleue pour ^e 
porter dans la zone rouge, cette derniere leur produisant 
la sensation generale d'nne zone obscure (1). 

l>onc, en resume, lorsque I'obstacle est a contre-jour, 
lorsqu'il reflechit peu de lumiere ou lorsqu'il offre une 
couleur telle qu'il agit sur I'animal comme un corps obscur, 
le Myriopode ne le voit pas. Si,au conlrairej'objet reflechit 
beaucoup de lumiere blanche on reflechit une lumiere 



l-arbensinne$ der Thiere, op. cit. Pour nc citer que <J 
Graber a observe la preference des aniiuaus loetfugci 
rouge cliez la BlatLe gerinaniqu.- avi-uglt'e, puis du-, 
formes intactes, larves, iuseetes parfails et arachnide- 



(436) 

appartenanl a la region la plus refrangible du spectre, ce 
qui pour les Arthropodes lucifuges semble etre a peu pres 
la meme chose, le Myriopode s'apercoit de sa presence a 
une distance approximative de 10 centimetres. 

Jl y a loin de la a la vision proprement dile; la distinc- 
tion enlre la lumiere et I'obscurite pouvant toujours, pour 
les Lilhobies, ne loublions pas, s'expliquer en partie par 
des perceptions dermatopliques. 

Quant a la vision de la forme des objets, celle-ci n'exisle 
evidemment pas; une derniere experience le prouve une 
fois de plus. 

Une Lilhobie en captivile depuis deux mois au moins et 
nourrie a 1'aide de mouches est deposee dans un grand 
crislallisoir de 20 centimetres de diameire dont le fond est 
garni d'une couche de sable (in humide. Plusieurs jours 
se sont ecoule's depuis le dernier repas, Panimal a faim. 
La chambre n'est eclairee que par de la lumiere diffuse (1). 

Ces conditions etablies, on place dans le crislallisoir et, 
a peu pres suivant le trajet circulaire que decrit le Myrio- 
pode, trois mouches vivanles privees d'ailes. Or la Lilhobie 
passe un grand nombre de fois a 2 el meme a 1 centimetre 
des mouches sans les voir. II faut que ses antennes explo- 
ralrices ecarlees rencontrent par hasard un des Dipteres 
pour quelle allaque I'insecte el le mange. 



( 437 ) 



§ 5. — Experiences stir la Scolopendra subspinipes 
Kohlrausch (i). 

Grace a I'obligeance d'nn membre distingue de !a Sociele 
entomologique de Belgique, M. J. Puis, en relations con- 
stantes avec les horticulleurs gantois, j'ai eu a ma dispo- 
sition un magnifique exemplaire vivant de Scolopendra 
subspinipes Kohl., arrive de Borneo avec des Orchidees (2). 

L'animal avail 14 centimetres de longueur et, durant 
les premieres semaines de captivile, offril les allures d'un 
Myriopode bien portant. 

On sail que les Scolopendra proprement dites n'onl de 
chaque cote de la tele que quatre yeux simples assez dis- 
tants. Les antennes sont mediocrement longues; celles de 
I'individu observe etaient de 18 articles (pi. 1, fig. 9). 

Comme toutes ses congeneres, la Sc. subspinipes s'est 
montree tres luciluge; pendant le jour el le se tenait con- 
stamment cachee sons les debris d'ecorce humide qui gar- 





i ) Scolopend) 


tgirjantea, C.L. 


voch. (Die Myriapo.lcK ,,, 


reunaeh 


fie 


Nutur ubgebil 


Irl-nml be.se/iricb 


», II Band, p. n, pg- ,3 


5, Halle, 




1)3). L'animal 


a portc nne fou 


e dc noms, comme le p 


rouve Ic 




larquabletrav 


ail de Fr. Meinert 


: Mgriapoda Mu.«i Cam, 


briyeusis 


(A 


ncric. philos. 


society, October 


2, 1885), que I'on ne sau 


rait trop 




Jiniiiaml.-raiix 


naturalistcsqui 


miner avec. 


aclitude 


lea 


Cliilopodcs ex 


otiqucs. 








2) D'apreslc 


mciue Mcmoirc d 


e MeiniTt, crtte r.,pcce li„ 


ore dans 


lea 


nmsees coram 


e recuc de toutes 


les regions tropicales. 





(438 ) 
nissaient le fond du vase ou elle elait reniermee. Dt'post-e 
dans la boite a compartments aiiri (Miivement clairs el 
obscurs decrite plus haul (§ 4, pi. I, lig. 5), elle se refugiail 
loujours au bout de fort peu de temps dans une region 
sombre. Enfin, placee sur le parquet de la chambre.elle 
s'eioignail generalement des fenetres. 
Voici le resume de quelques experiences : 

A. Emploi (('obstacles fixes. — (Lumiere diffuse vive, 
temperature de l'appartement -h 19° c.) 

Je mets la Scolopendre au milieu d'un labvrinlhe impro- 
vise compose de qualre grandes enceintes concenlriques 
placees a JO ou 12 centimetres Tune de l'aulre, et formees 
de blocs de bois blanc et de gros J i v res in-8° a reliures d'un 
vert obscur ou d'un brun fonce poses a plat. Ces obstacles 
sont separes par des inlervalles d'au moins 10 centimetres. 
L'aire centrale a 80 centimetres de diametre (1). 

La progression est beaucoup plus lenle que celle des 
Lithobies, mais I'ensemble des allures est identique. Comme 
les Lithobies intactes, la Scolopendre vient rencontrer les 
barrieres perpendiculairement, les explore aclivement a 
l'aide de ses anlennes el les longe avanl de les conlourner. 

J'ai note, dans six des essais, 1'ordre dans lequel onl eu 
lieu les arrets contrcles obstacles. Le signe -*- represente 



(1) Afin 


i d'evite, 


de 


ffraycr le Mj 


riopode, qui e 


tr.it ex. 


cssivcmeni 


crainlifct 


ira>cibl<; 


- je 


ne l'aijamai 


s pris avcc des 


pinees 


A la fin d< 


chaquc cs< 


*i,jeim 




s simplemcn 


t, sur le traje 


t de I'a 


mnial, >nu 



( 439 ) 
signifie que le Myriopode passe < 







Deuxieme Troisieme 


: 


Premier essai 






enceinte. 


" n '" i!1 "'- 


+ 


+ 


_ 


+ 


Deuxieme 


■+■ 


+ 


4- 


+ 


Troisieme 


- 


+ 


- 


- 


Quatrieme 


+ 


+ 


- 


+ 


Cinquieme 


4- 


•4- 


4- 


+ 


! Sixicme 


+ 


" 


+ 


+ 



La seule inspection dece petit tableau montre combien 
ies arrets conlre les obstacles out ete frequents. 

K. Emploi d'obstacles mobiles (lumiere diffuse vive. 
Temperature de I'appartement -+-21°c). 

Ainsi que dans une parlie des experiences sur les Litho- 
l>ies (§ 4), lobstacle mobile est une plaque de liege fixee 
au bout d'une canne. L'une des faces de celte plaque est 
revalue de carton blanc, de sorle que I'observaleur peul, 
a volonte, presenter a I'Arlhropode, soil la face liege, soil 
la face blanche. 

On se rappelle que, dans ces conditions, les Lithobies 
viennent rencontrer la plaque de liege placee en pleine 
jumiere, mais qu'elles voient, au conlraire, presque tou- 
jours la plaque blanche eclairee el qu'elles changent alors 
de direction a une distance de 10 centimetres environ. 

La Scolopendre a la vue encore plus mauvaise, carelle 
heurte la plupart du temps lobstacle presente, que celui-ci 



( 440 ) 
soil (Tun blanc eclatant ou de leinte neulre. Lorsqu'elle so* 
detourne, ce qui est relativement rare, c'est aussi a peu 
pres a 10 centimetres de Pobjet. 

Certaines precautions sonl indispensables pour ne pas 
fausser les resultats ct pour ne pas en deduire, par con- 
sequent, des conclusions erronees: la Scolopendre, comme 
presque tons les Arthropodes munis d'yeux, perQoit les 
grands mouvements; ainsi, si on deplace un peu vile I'ob- 
stacle a droite ou a gauche, une incurvation brusque de 
la partie anterieure du corps du Myriopode montre que 
celui-ci a acquis la notion de l'exislence d'un objet mobile 
a droite ou a gauche de sa lete. II faut done eviter les 
mouvements trop brusques et poser la plaque a 20 ou 
30 centimetres en avant de I'animal (1). 



CHILOGNATHES. 

§ 6. — Experiences sur I'lulus londinensis Leach. 

Les Jules ont des antennes assez courtes, coudees vers 
le bas,de hnit articles, les Irois derniers formant une petite 
massue. Derriere chaque anlenne existe un groupe d'yeux 
simples, serres les uns contre les aulrcs, constilue par cinq 
series verlicales d'au moins dix yeux chacune (pi. U 
fig. 10). 



(1) On trouvera dans une petite note quej'ai publiee sous le titrt 
Observations sur une gr ancle Scolopendre vivante (Comptes rendus ( 
la Societe entomologique de Belgique, G aout 1887), la descriptic 
de quelques Ml .' il i 1 ^ quo-tit 

dans ce paragraphc. 



(M ) 
La station babiluelle de ces animaux, sous les pierres, 
^nlre les racines des plantes, sous les ecorces, etc.. per- 
metlait de supposer qu'ils se montreraient ires lucifuges. 
L'experience suivante, effecluee sur vingt-deux individus 
deposes dans la boile a compartiments eclaires et obscurs 
(pi. I, fig. 5) et examines loutes les cinq minutes, a donne 
le ivsull;U ci-dessous : 






Les Iules distinguent done nettement la lumiere de 
l'obscurite, faculte qui, comme pour les autres Myrio- 
podes, peut lenir, en partie, a des perceptions dermatop- 



guttulatus Bosc et experiences sur la perception de la lumiere par cr 
Myriopode aveugle (Comptes rendus de la Society entomologique de 
Belgique, i« oclobre 1887), j'ai public le resultat suivanl obtenu a 
. l'aide d'un Chilugnallie voisin <!<•» Iulcs, mais depourvu d'yeux 

Dans les regions obscures 14, 16, 14, 15, 12, 14, 11, 12, 13, 16 137 



lirfes t» 

■c de perceptions dermatopliqucs i 



(442) 

Lorsque ces Arthropodes circulent sur une surface, ils 
palpent constamrnent le sol a ['aide de leurs deux antennes, 
dont ils touchent le terrain de mouvements alternatifs. 
Sauf la lenteur des deplacements, on dirait qu'ils jouent 
du tambour. 

Deposes dans le labyrinthe a barrieres dun centimetre 
de hauteur (voyez § 4, pi. I, fig. 6), les Iules n'evitent 
aucun obstacle; ils les abordent perpendiculairement, 
absolument comme s'ils ne les voyaient pas, les latent 
de leurs antennes, les longent sans cesser de palper, 
les obstacles de Peneeinte sui- 



Les obstacles blancs bien eclaires d'un cenlimdtre de 
hauteur ne sont pas mieux vus que ceux de leinle neutre 
ou de couleur foncee, mais les Myriopodes en question se 
detournent et changent de direction lorsqu'on leur pre- 
sente, en pleine lumiere diffuse, un rectangle blanc d'une 
surface un peu considerable. 

Desirant mesurer jusqu'a un certain point la valeur de 
cette perception, j'ai fait des experiences repetees en met- 
tant sur la route d'un Iule circulant sur une table en bois 
fonce presque noir, des rectangles verticaux de carton 
blanc de plus en plus petits, et en notant la distance 
moyenne ou I'animal deviait de la ligne droile, distance 
que Ton peut considerer comme elant celle ou a lieu la 
perception. J'ai obtenu ce qui suit : 

Rectangle de : L'lule se d^tourne 



( U5 ) 

La perception est done encore netle lorsque le rectangle 
a une surface <Ie 15 centimetres carres (quart d'une carte 
de visile ordinaire); pour 7,5 centimetres carres (huitieme 
d'une carle de visile), elle devienl fort douleuse. II est, par 
consequent, eviden! ijii'il nr s'agi I pas la de la perception 
de la forme des objels, mais simplement de la perception 
de la lumiere blanche reflechie. Lorsque la surface refle- 
chissante est un peu grande, I'lule a la notion vague d'une 
zone lumineuse et, comme il est lucifuge, il cherche natu- 
rellement a passer dans une zone obscure. 

Enfin j'ai employe un precede fort simple qui m'a 
donne avec les Chenilles des resullats assez nets. L'lule 
est place sur une petite baguette horizontale de 20 centi- 
metres de long portee par un fil metallique vertical 
implanle au milieu de sa longueur. Lc tout a done la 
forme de la lellre T (pi. I, fig. 7). L'animal circule 
librement sur la barre horizontale du T, mais ne peut en 
descendre a cause du faible diametre et du poli du fil 
metallique. 

Dans cette situation, le Myriopode s'arrete de temps a 
autre, comme les Chenilles, pour balancer dans divers 
sens la moitie ou le tiers anlerieur de son corps a la 
recherche d'un nouveau point d'appui qui lui permette de 
quitter son support. On saisil ces instants pour presenter 
a l'lule, a des distances variables, une deuxieme baguette 
verticaledu diametre d'un crayon. 

Or, si on fait bien attention de ne pas confondre les 
incurvations executees au hasard, avec des mouvements 
effeclues dans le butdesaisir un objet vu, si Con met, par 
exemple, la baguette a droile de la tete pendant que 
l'animal se courbe lentement vers la gauche, on peut 



(444) 

s'assurer que les yeux ne sont d'aucun secours; 1'Iule 
semble ne voir, meme a un centimetre, ni une baguette 
couverle d'ecorce, par consequent de couleur lerne, ni un 
cylindre de papier blanc de meme diamelre; mais des 
qu'on agit de facon qu'une anlenne f'role I'objet, la pre- 
sence de celui-ci est reconnue et le Myriopode s'y attache 



Le role preponderant des antennes, donl la sensibilize 
tactile supplee a l'insuffisance ou a I'absence de la vision, 
peul encore elre netlement demontre en placaul verlica- 
lement devanl un lule qui marche une petite baguette 
plus etroite que la distance qui separe les exlremites des 
antennes ecartees. Si I'obstacle est louche par un des 
appendices antennaires, le Myriopode s'arrele a temps, 
palpe et se detourne; mais si I'objet est bien silue dans 
l'ouverture de Tangle forme par les antennes qui, prolon- 
gees, viendraient done se placer a sa droite el a sa 
gauche, I'lule se heurte brulalemenl, absolumenl comme 
un aveugle marchant les bras elendus el un peu ecartes 
peut aller se meurtrir le visage con ire un tronc d'arbre. 



7. — Experiences & 

(G. 


ur la Glomeri 
liuibata, OH v.) 


s murginala Villers 


Ces pelits Myriopodes oniscidiformes out, de chaque 
)le de la tele, huil yeux simples, disposes suivanl une 
gne a peu pres verlicale. Les antennes de sept articles 
>nt analogues a celles des lules (pi. I, lig. H). 

J.-F. Brandt, dans ses Observations stir le genre de vie 



(445) 

et la physiolor/ie des especes du genre Glomeris (1), a bien 
decrit, des 1841, la maniere dont les animaux en question 
progressent en tatant constamment le sol a l'aide des 
extremiles de leurs antennes. Le role de ees appendices 
comme organes d'exploration lui a paru tres important, 
tandis que celui des yeux, dont il jugeait par les mouve- 
ments des Glomeris, lui a semble fort reduit. 

Voici ce que j'ai pu constater de mon cote : les Glomeris 
distinguent la lumiere de I'obscurite et sont lucifuges. 
Placees dans la boile a compartiments eclaires et obscurs 
(pi. I, fig. 5), elles vont toujours, apres un temps dont la 
duree assez considerable tient a la lenteur de leur 
marche, se refugier dans une zone sombre. 

Sur une table situee devant une fenetre, elles se diri- 
gent plus ou moins obliquement vers rinlerieur de l'ap- 
partemenl. 

Enfin, raises dans le labyrinthe a barrieres de i centi- 
metre de hauteur, elles n'evitent aucun obstacle; elles les 
abordent directement, les latent a l'aide des antenues, les 
longent entierement, puis vont se comporter de meme 
vis-a-vis des obstacles silues plus loin. 

Bien que I'excessive lenteur des mouvements rende 
i'interpretalion de ceux-ci difficile, j'eslime que la vision 
proprement dite est a peu pres nulle. 



(i) Brandt, dans : Recueil de Memoires relatifs a I'ordre 
isectes Myriapodes ! iAcadcinie des scie 

■ S'-Petersbourg, pp. 162 et 167, 1841). 



( 446 ) 



§ 8. — Resume des resultals fournis par les Myriopodes. 

De ce qui precede on doit, je pense, tirer les conclu- 
sions suivantes : 

1° Les Myriopodes distinguenl la lumiere de l'obscurite; 

2° Cette propriele existant aussi chez les Myriopodes 
normalement aveugles, la perception de la lumiere peut, 
chez les formes munies d'yeux, s'expliquer partiellement 
par des sensations dermaloptiques; 

3° Les Myriopodes voienl tres raal el suppleent a l'in- 
suffisance de la \ue par le toucher, principalement localise 
dans les antennes; 

4° Les especes possedant des yeux ne sont guere rnieux 
parlagees a cet egard que celles qui sont aveugles; 

5° Les Myriopodes munis d'organes visuels ne per- 
coivent, a distance, 1'existence d'un obstacle place surleur 
route que si celui-ci reflechit beaucoup de lumiere blanche, 
ou une lumiere appartenant a la region la plus refrangible 
du spectre. Cette perception est probablement en partie 
dermatoptique; 

6° Les Myriopodes ne dislinguent pas la forme des 
objets; 

7° Certains d'entre eux semblent percevoir les grands 



Les idees theoriques de Grenacher (voir § 3) qui, en se 
basant sur la structure seule, emit I'opinion que dans Teed 
simple des Myriopodes il ne se produit pas d'image et 
• d'autres notions que 



( 447 ) 
celles de lumiere et d'obscurite, etaienl done exactes sur ce 
point (1). 

Ajoutons, enfin, que I'imperfeclion des sensations 
visuelles chez les uns, I'absence totale d'yeux chez d'au- 
tres, sonl parfaitement en accord avec le genre de vie de 
ces Arlhropodes qui, habitant dans 1'interieur du sol, 
sous les pierres et sous les ecorces, passent tous leur 
existence, comme les animaux des cavernes, dans des 
milieux sombres ou le sens de la vision n'a pu se deve- 
lopper. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE I. 

Figure schematique d'un ceil posterieur d'Araignee (ct 
binaison d'une figure de Grenacher et d'un scht 
de Patten). 

I. Lentille cuticulaire avee ses couches emboitees. 

. v. Corps vitre (modification de rhypodermc). 
6. Corps bacillaires doubles formes de deux batonri 






i coincidence entre une hypothese de Grenacher ct les resul- 
experience ne signifie pas ie moinsdu monde que Tinterpre- 
ile par le savant histoiogiste de la structure des yeux des 
des soit la bonne. Le disaccord entre ses vues et celles d'au- 
eurs scrieux est tel, que la question merite d'etre reprise 
>ent, en evitant les Droducti<m> jrtilid.'ii'-- n'-Miitant <i< 



(448) 

r. r. Rctinidies (reseaux nervcux) dans les corps harillaircs. 

On a fait abstraction des cellules pigmentaires. Les 
nerfs axiles et les rctinidies ne soul iutenlionnelle- 
ment represents que sur la moitie droite de la figure, 
afin de faire saisir la difference entre les inlerpreta- 

Fig. 2. Figure scliematique montranl comment, dans l'ceil d'Arai- 
gnee, l'ommatidte resulte de I'accolement et de la 
fusion de deux rctinophores ou cellules retiniennes 
inunies. chacune. de son batonnet bilateral. 

Fig. 3. Figure scliematique d'ceil simple d'Insecte (comhinaison 
dune figure de Grenadier et d'un schema de Patten). 

Les ommatidi Luees chacune par 



! |-u\ 






a des hauteurs diffcrcntcs. Les corps bacillaircs et, 

par consequent, les retinidics, sont terminaux. 
Fig. A. Figure scliematique d'une ommatidic d'ceil d'Insecte (en 

grande partie d'apres Patten). 
Fig. 5. Boite de verre recouvertc exlerieurement de papier noir, 

pour les experiences sur les perceptions dermatopti- 

iis opaques. 
Fig. 6. Labyrinthe avec obstacles d'un centimetre de hauteur. La 
hauteur des obstacles a etc un peu cxagcree sur le 

Fig. 7. Baguette horizontal portee par une tige metallique et 

des Chenilles. 
Fig. 8. Tete de Lithubius forficatus montrant la disposition des 

yeux. Grossissement 7. 
Fig. 9. Tete de Seolopcndra subspinipes, id. Grossissement 4. 
Fig. 10. Te;e d' lulus londinensis, id. Grossissement 7. 
fif. It. Tete de Glomeris marginata, id. Grossissement 15. 



"S'w. Tome XIV. 




J ' J 



( 







T 



ffi 



( 449 ) 



Remarques an sujel de I' eclipse tolale de soleil, du 49 aoul 
4887; par L. Niesten, astronome a I'Observaloire royal 
de Bruxelles. 

(Communique pai M. Kolie, il ivcliw de cet elablissement.) 

Un examen sommaire des photographies prises pendant 
la duree de la derniere eclipse tolale nous donne l'espoir de 
pouvoir, en agrandissant les images, eludier en detail la 
structure de lacouronne; leur comparaison avec les resul- 
tats oblenus des eclipses precedents nous permettra 
d'ajouter quelques donnees relatives a la configuration 
exlerieure de I'enveloppe solaire. 

Une sene de photographies du soleil, que le directeur 
de I'Observaloire se propose de prendre dans cerlaines 
conditions d'exposition, viendra aider a prouvrer ce qui 
appartient reellemenl an soleil dans les appendices lumi- 
neux el de structure si varies que monlivnl les dessins et 
les photographies autour de la chromosphere. 

Nous pouvons deja etablir les deux points suivanls, 
d'apres la comparaison de nos photographies avec celles 
obtenues par M. Karelin, de Nijni-Novgorod, qui operait, 
comme nous, a Jurjewetz : 

1° Avec les plaques sensibles de Van Monckhoven, 
des objectifs pholographiques « portrait-lenses » d'un dia- 
metre de 12 centimetres donnent presque instantanement 
(Vso a 760 de seconde) une image, non seulement des 
protuberances, mais aussi de la couronne. On pourra done, 
dans les observations d'eclipse, se dispenser, pour photo- 
graph ier le phenomene, d'emporter avecsoi des instruments 
disposes sur des monlures parallactiques, qui sont loujours 
d'un transport difficile et coiiteuv; 

2° Des temps de pose de 30 secondes ne donnent pas 



(450) 

des images plus detaillees de la couronne que celles que 
Ton oblient au bout de 8 secondes; il en resulterait que 
ce qui forme reellcment la couronne solaire doitse montrer 
au bout d'un temps de pose tres court. Si, dans les photo- 
graphies de la couronne obtenues apres une duree d'expo- 
silion de plus d'une minute, on obtient des aureoles eten- 
dues et des appendices lumineux, ne devrait-on pas les 
attribuer a des phenomenes physiques dus aux conditions 
atmospheriques, ou a des eflets de lumiere produits dans 
I'appareil pholographique lui-meme, effets d'autant plus 
sensibles que le temps dV\p »in<in ,| t -< plaques photogra- 
phiqucs est plus long? 

parmi les photographies de Jupiter que nous avons prises 
a I'Observatoire de Bruxelles, les images obtenues apres 
un temps de pose de 2 secondes etaienl parfaitemenl nettes 
et definies, tandis que celles exposees pendant 30 secondes 
aureole autour de la planete. 



Sur un mode de preparation de la phenylhydrazine ; par 
A. Reychler, docteur en sciences, a I'Universite de 
Bruxelles. 

J'ai obtenu de la phenylhydrazine d'apres un precede" 
qui n'est point sans presenter quelque analogie avec celui 
de Fischer. Les materiaux employes sont les memes, mais 
ils entrent en reaction dans un ordre inverse. 

Une solution d'une demi-moleeule de carbonate de 
potassium, tenant en suspension une molecule d'aniline, 
est traitee par un courant d'anhydride solforeux jnsqu'a 
dissolution complete de la base organique. Dans cette salu- 



( 481 ) 

ration, qui va jusqu'a donner des bisulfiles, on evite avec 
soin I'addition d'un trop grand exces de gaz sulfureux. 

La liqueur obtenue est ensuile versee lenlement dans 
une solution aqueuse d'azolite de potassinin, que l'on a eu 
soin de neulialiser au prealable par quelques gouttes 
d'acide acetique. 

La reaction donne lieu a un degagement de chaleur 
peu considerable, ne nuisant pas au rendernent si les 
liquides a melanger ontele quelque peu refroidis. 

On oblicnt alors, sans aucun degagement gazeux, une 
solution jaune et un abondant precipite de la meme cou- 
lenr. Celui-ci consiste en diazobenzolsulfonate de potas- 
sium, sans doute deja melange d'une faible proportion 
d'hydrazine sulfonate. 

Un repos d'une couple d'heures est alors necessaire, 
pendant lequel on voil le precipite palir en nuance, a 
mesure que le diazobenzolsulfonate subit I'influence 
reductrice du milieu sulfureux. En meme temps la reac- 
tion du melange devient nettement alcaline. 

II ne s'agit plus alors que d'achever la reduction deja 
commencee. A cet effet, on chauffe le tout au bain-marie 
jusqu'a produire une solution claire, on rend la reaction 
acide par Paddition d'un leger exces d'acide acelique, puis 
on ajoute prudemment du zinc en poudre et de I'acide 
chlorhydrique etendu jusqu'a reduction, c'est-a-dire deco- 
loration, complete. 

La solution fillree, additionnee d'un peu d'acide chlor- 
hydrique, est alors concentree a feu nu. Si l'on a pousse 
I evaporation suffisamment loin, Taddition d'une quantite 
peu considerable d'acide chlorhydrique concentre suffit 
pour faire nailre un abondant precipite de chlorhydrate 
<le phenylhydrazine. 

Le rendernent en chlorhydrate brut est assez variable : il 



C 452 ) 
se rapproche le plus souvent de 85°/ de la quantile theo- 
rique. Le rendement en produit vrai (deduil du dosage de 
l'azote dans le produil brut) n'esl guere que de 60 a 70°/ o . 

Le resle de Ja phenylhydrazine a ele en partie detruit 
lors de 1'evaporation, laquelle donne lieu a un faible dega- 
gement de produils hydrocarbones (?). En majeure parlie 
il se trouve dans les eaux-meres du chlorhydrale : forte 
reaction par la liqueur cupropolassique. 

L'extraclion de la base libre se fait d'apres le procede de 
Fischer. Elle presente absolument les caracteres de la phe- 
nylhydrazine. Par son aspect, elle ressemble beaucoup au 
phenol. Elle est solidc a la temperature ordinaire, bout vers 
256°, reduit afroid la liqueur cupropolassique et donne avec 
I'acide pyruviquele produit decondensation caracteristique. 

Dans mes essais j'ai employe le plus souvent : 

'Cdepoi.l 1. lu.,=-2U, >n, ,,le, a. iMuaiede potassium. 

Pour une operation, il fallait environ 500 c. c. d"eau, 
dont 300 c. c. pour la dissolution des bisullites. 

Le melange des deux solutions prenait a peine cinq a 

La quantile tolale d'acide chlorhydrique a employer 
elail de 80 a 100 c. c. 

L'inlerprelalion tlieoiique de la reaction me parait 
devoir se ratlacher aux travaux de Raschig sur les acides 
sulfazotes (1). Une molecule d'azolile alcalin el une mole- 

(l) Berichte dcr deutschen chemischen Gcsvlhi-huft, t. XX, pp. 584 

Mon etude a ete faile anlerieurement a ces pub'icatior.s ct allail 
donner lieu a des recherches sur les acides sulfazotes, quand parut 



( «5 ) 

cule d'acide sulfureux tendent a former comme premier 
produil de condensation one molecule de dihydroxylamine 
sulfonate de potassium : 

KO NO -+- HS0 3 H = N (OH), S0 5 K 

lequel, trouvant une molecule d'aniline a sa disposition, 
forme le prodnit diazote C 6 H B N = N — S0 3 K. 

La reduction ulierieure vu driivr d'liydrazine est operee 
par la molecule additionnelle de bisulfite et par I'bydro- 
gene naissant (Zn -f 2HC/). 

La methylaniline ne se prete point a la meme transfor- 
mation. La reaction du melange devient ici fortement 
alcaline, et la base organique se trouve precipitee. Dans 
ces conditions il se forme probablement de Thydtoxy la- 
mine disulfonate de potassium. 

Pour finir, je ferai lenKiiqun que I'i^jm'-imI ion inverse de 
celle qui a ete decrile (verser i'azotile dans la solution des 
bisuliites) conduit a uu tout autre resultat. Les produils 
de cclle reaction n'onl pas ete eludies. lis ferment proba- 
blement un melange variable de derives diazoles et diazo- 
amides, meles a leurs produits de decomposition. 



La Classe se constitue en comile secret pour (-rendu' 
onnaissance de la liste des candidats presentes par les 
ections pour les places vacantes. 



( 454 ) 



2LASSK DE!" 



Seance du 40 octobre 1887. 

M. P. De Decker, doyen d'age, occupe le fauteuil. 

M. Liagre, secretaire perpetuel. 

Sont presents : MM. le baron J. de Wilte, Ch. Faider, 
le baron Kervyn de Lellenhove, R. Chalon, Thonissen, 
Th. Juste, Alph. Waulers, Alph. Le Roy, A. Wagener, 
P. Willems, G. Rolin-Jaequemyns, Ch. Plot, Ch. Potvin, 
Aug. Scheler, P. Henrard, J. Gantrelle, L. Roersch, membres; 
M. Philippson, associe; Alex. Henne et A. Van Weddingen, 
correspondants. 

M. Bormans, vice-direcleur, ecrit qu'il est empeche 
d'assister a la seance. 



CORRESPONDANCE. 

M. le Ministre de l'Agriculture, de I'lndustrie et des Tra- 
vaux publics demande que la Classe des lettres procede, 
conjointement avec la Classe des sciences, a la formation 
de la liste double des candidats pour le choix du jury 
charge de juger la premiere periode du concours decennal 
des sciences philosophiques (1878-1887). 



( 455 ) 

— Le meme Ministre demande une liste double des can- 
didats pour le choix des jurys charges de juger : 

1° La 8 e periode dn concours quinquennal de literature 
francaise (1883-1887); 

2° La 10 e periode du concours triennal de litlerature 
dramalique enlangue francaise (1885-1887). 

Ces elections auront lieu dans la seance du raois de 
novembre. 

Le meme Ministre envoie : 

A. Une copie de l'arrete royal du 30 juillet dernier nom- 
mant MM. P.-J. Van Beneden et Briart, proposes par la 
Classe des sciences, et MM. de Laveleye, Liagre et Rivier, 
proposes par la Classe des lettres, comme membres du 
jury charge de juger le quatrieme concours pour la collation 
du prix fonde par le docteur Guinard; 

B. Les ouvrages suivants destines a la bibliotheque de 
I'Academie : 

1° Catalogue descriptif et critique des manuscrits d'Am- 
phonius se trouvant dans la Bibliotheque royale d'Erfurt, 
une des collections les plus riches et les plus recherchees de 
l'Europe, en ce qui concerne la litlerature scolaslique. (En 
allemand.) — Don du Gouvernement imperial allemand; 

2° La Flandre orientaleetses anciennes archives, manuel 
de renseignemenls, publie par Felix d'Hoop; 

3° Sur la liberte de reunion, memoirs presente au con- 
cours universitaire de 1886 pour la collation des bourses 
de voy?ge, par L. Dupriez; 

4° Les mauvaises tongues, par Jules De Soignie ; 

o° Bulletin de la Societe d'art et d'archeologie du diocese 
de Liege. Tomes I" a IV; 

6° Hisloire de la discipline parlementaire, par Augusle 
Reynaert. — Remei dements. 



( 4-56 ) 

— Hommages d'ouvrages : 

1° Le texte originaire du Yih-King, sa nature et son 
interpretation, par C. de Harlez. (Presenle par M. P. Wil- 
lems avec une note qui figure ci-apres); 

2° a) / documenti del arcMvio di Barcelona, e il ribella- 
mento di Sicilia contro ReCarlo,nel 1282; b) L 'apologetica 
cattolica e gli studi etnogrn/ici, slorici anheologki contem- 
poranei, par Vineenzo di Giovanni (Present.es par M. Alph. 
Le Roy); 

5° Le mien et le lien, causerie populaire, Iradnite de 
I'ilatien par Camiile Wiliquet. (Presenle par M. Alph. 
Le Rov avec une note qui figure ci-apres.) — Remer- 



— M. Alex. Ilenne ecrira pour VAnnnaire ptochain 
la notice necrologique sur Alphonse Vandenpeereboom, 
ancien membre de la Classe des lettres. — Remercie- 



NOTES BIBLIOGRAPHIQUES. 

J'ai l'bonneur d'offrir a la Classe, de la part de notre con- 
frere, M* r de Harlez, un exemplaire d'une elude intitulee : 
Le texte ordinaire du Yih-King, sa nature et son interpre- 
tation. 

Les Chinois possedenl un livre qui remontea une haute 
anliquite et dans lequel ils ont pretendu trouver tons les 
principes et les mysleres de Urates les sciences philoj-o- 
phiques, morales, politiques, naturelles, etc. Aucune 
decouverte europeenne qui ne soil prevue par ce livre. II 
s'appelle Yih-King on livres des ehangrmenls. Ce n'esl 
en sorame que ['explication de 64 groupes formes chacun 



(457) 

de six lignes droites, horizontals et paralleles, dont les 
unes sont pieines, les autres coupees par le milieu. Celte 
explication tout entiere consiste dans des pronoslics a 
tirer de cette figure et de chaque ligne. II y a 64 sections 
dont chacune a une figure hexagramme, un caractere chi- 
nois qui en est le nom, et une double interpretation, J'une 
de la figure entiere, fautre de chaque ligne. C'est un vrai 
livre de bonne aventure. 

Tout cela est si obscur, que le livre a etc 1'objet de plus 
de mille commentaires sans qu'on y ait vu plus clair. En 
outre il est si bizarre qu'on a pu dire qu'aucun livre au 
monde n'est si absurde que celui-Ia. 

Tous les interpretes et traducteurs chinois ou euro- 
peens ont admis tout cela sans chercher plus loin, et ils 
ont travaiile la-dessus avec un courage digne d'une meil- 
leure reussite. 

Enhardi par les doutes emis par un savant sinologue de 
Londres, M. de Laconperie, M. de Harlez s'est demande s'il 
n'y avait pas autre chose a trouver dans le fonds originaire 
du Yik-King. Apres une etude approfondie, il a constate 
que primitivemenl ce n'etait nullement un livre de bonne 
aventure ridicule, mais un recueil de reflexions pbiloso- 
phiques tout a fait dans le gout des meilleurs philosophes 
chinois, et, dans la seconde partie ou commentaire, une 
serie d'ex plications lexicologiques, des exemples d'appli- 
calion du sens des mots et autres choses semblables, le 
tout selon le systeme des dictionnaires chinois. 

Pour arriver a ce resultat inallendu et si interessant, i] 
Q e lui a fallu que traduire naturellement tous les mots 
du texte, en rendant aux premiers caracteres chinois leur 
'die naturel d'inlerpretation des figures, au lieu d'y voir 
de simples sons, et en ecartant les termes d'augure el de 
necromancien qui sont venus interpoler et defigurer un 



(488) 
texte des plus rationnels, sans forcer le sens en aucun 
point. On pourra comparer les deux resultats et interpre- 
tations. 

La nouvelle interpretation est certainement, autant que 
nous pouvons en juger, rationnelle et concordante, et 
remet le vieux livre chinois parmi les oeuvres sensees et 
dignes d'altenlion. Aussi Interpretation de M. de Harlez 
a-t-elle deja recu l'approbation des sinologues ies plus en 
renom. P. Willems. 



J'ai l'honneur d'offrir a la Classe des leltres un ouvrage 
intitule : Le mien et le tien, causerie populaire, traduite de 
I'italien, par Camille Wiliquet. 

M. I'avocat Wiliquet nous offre aujourd'hui une nou- 
velle traduction de I'italien. Son choix n'a pas ele rnoins 
heureux que d'habitude. II s'agit d'un simple opuscule de 
moins de cent pages, mais qui en dit plus que maintgros 
livre, du moins pour la classe de lecleurs a laquelle il 
s'adresse. L'auteur est M. Arislide Gabelli, depute au par- 
lement d'llalie, et le titre est suffisamment signilicatif : Le 
mien et le tien. Rien de neuf dans ce cadre, on a soin de 
le declarer tout d'abord ; des verites aussi vieilles que la 
societe humaine elle-meme, mais des verites qu'il est plus 
que jamais utile de rappeler au peuple, en ce temps ou 
les sophistes 1'egarent a plaisir el ou a les revolutionnaires 
sans le savoir » sonl de plus en plus nombreux. Le danger 
est imminent, surtout dans les pays a gouvernement popu- 
laire, livres aux fluctuations de {'opinion, preoccupes de 
compter les suffrages au lieu de les peser. 

L'absurdite des theories egalitaires qui, si elles etaieDt 
un instant r^alisables, n'aboutiraient qu'a I'egalite de la 



(459) 

misere; le salul et la prosperity de I'ouvrier dependant de 
son esprit de conduite; la propriete reconnue corame le 
fondement de la vie civile : ce sont la aulant de theses tri- 
viales, pour ainsi dire, mais sur lesquelles on est bien force 
de revenir sans cesse,en presence desconvoitisesmalsaines 
et de l'aveuglement des passions. Cependant les plus elo- 
quents plaidoyers n'y font rien : le grand point, c'est de 
parvenir a faire ecouter les lecons du bon sens dans la 
mansarde ou la chaumiere. M. Gabelli a compte, pour 
arriver a ce resultat, sur influence des exemples. II met 
en scene des personnages, raconte tout bonnemenl leur 
vie, et finit sur leur ceder la parole, attentif a leurs objec- 
tions et y repondant par des fails precis et par des chif- 
fres. Tout y passe, depuis la reforme des impots jusqua la 
reforme des salaires, jusqu'aux illusions de Tecole qui ne 
compte que sur le gouvernement. L'auteur ne croit pas 
aux panacees, mais il croit au progres et apprecie haute- 
ment les institutions modernes, basees sur le respect de la 
justice. II montre de la maniere la plus pertinente que 
ceux qui en meconnaissent le bienfait sont en definitive 
les ennemis de ceux qu'ils tentent de seduire: les oisifs 
des grandes villes et les depensiers qui ont contracte des 
besoins faclices. Un discours magistral, prete a un vieux 
general americain, presente en un resume clair les conclu- 
sions echelonnees dans tout 1'ouvrage, dans un langage 
.a la fois consolateur et fait pour fortifier les ames. 

Ce petit volume sans pretention, mais dont chaque page 
conlient une lecon pratique et s'inspire d'idees elevees, 
serait avantageusement, ce me semble, introduit dans nos 
ecoles, et je serais surtout heureux de le voir penelrer au 
'oyer de famille de ceux pour qui il a ele ecrit. La Bel- 
gique peut en faire son proflt, comme Tltalie. L'honorable 
traducteur I'a pense sans doule; mais icije me permetsde 



y 4()0 ) 
lui adresser une observation. C'etait le cas, ou jamais, non 
de proc^der a une version lilterale, rnais a ce qu'on est 
convenu d'appeler une adaptation. Si M. Wiliqnet se deci- 
dait a enlreprendre ce travail, il pourrait rendre un veri- 
table service a nos classes laborienses, mises directement 
en cause et ainsi plus vivement interessees. 

Alph. Le Roy. 



COMMUNICATIONS ET LECTURES. 



Vondel et la Belgique; par J. Stecber, 
membre de I'Academie. 
Le 17 novembre prochain, Cologne fetera le troisieme 
centenaire du poete Vondel, de Agrippijnsche Zwaan (le 
Cygne agrippinien de Colonia agrippina Ubiorum). On s'y 
propose de jouer sa tragedie Jephta, ou il a voulu repro- 
dnire la regularite classique. A Amsterdam, des septembre, 
a Toccasion du grand congres litteraire hollando-belge, le 
Vondels-park a vu des fetes magnifiques en 1'honneur du 
plus brillant genie poetique de la Neerlande (1). An vers, a 
son tour, a eu son comite institue en vue de celte comme- 
; fut bien national, il se compo- 
t de calholiques. lis ont 



(l) Vondel, The great ideal poet of the Netherlands, i 



( 461 ) 
fait representer les Leeuwendalers, l'idylle palriotique par 
excellence. Le conseil communal avait charge M. Robert 
Fabri tie sculpter un buste du poete destine a Tune des 
salles du theatre flamand, Nederlandsch Schouwburg. Dans 
les ecoles, on s'attachait avec une sorte de lievre a faire 
connaitre a la jeunesse la vie et les ceuvres de ce Flamand 
que la Belgique donna a la Hollande (i). A Bruxelles, 
YUnion litleraire annoncait qu'elle se ferait representer 
aux fetes d'Anvers. Entin on vient d'inangurer le 2 octobre 
le grand theatre flamand de la capitale par la represen- 
tation de Vondel, le drame du docleur Van Peene. 



On concoit I'enlhousiasme de Cologne, ou Vondel est 
ne, et celui d'Amsterdam, ou il a compose tous ses chefs- 
d'oauvre. Mais en Belgique, ne faut-il pas se resigner a 
dire : « Par la fatalite de nos guerres religieuses, nous 
avons perdu ce grand coloriste flamand, comme nous 
avons failli en perdre un plus grand encore, Rubens, ne a 
Siegen? » 

Quelques trails pris dans la vie et surtout dans Foeuvre 
de Vondel montreronl aisemenl que notre pays peut 
• evendiquer quelque part de cette gloire. C'esl bien un fils 
de parents beiges dont on a voulu celebrer la memoire. 

Joost Vondel (ou Van den Vondel) (2) est ne a Cologne, 

(1) Cf. Notre Histoire de la litterature neerlandaise en Belgique, 

(2) Un nom tout a fait brabancon : vondel signifie planche ou pont 
3 me SERIE, TOME XIV. 31 



( 462 ) 
le M novembre 1587. Son grand-pere, Peter Kranen, etait 
un de ces rhetoriciens anversois qui de la Renaissance 
avaient glisse jusqu'a la Reforme, allant plus loin que 
Houwaert ou que Van Ghistele, fakteur de la Goudbloem. 
II s'elait fail mennonite, doopsgezind, c'est-a-dire non 
pas anabaptisle (eomme on traduit quelquefois),mais, tout 
au contraire, une sorte de quaker mitige par les predica- 
tions de Menno Simonis, ancien cure calholique. Poursuivi 
par les sbires du markgraaf, sans doute pour quelque satire 
trop hardie, Peter Kranen eul le temps de se sauver a 
Cologne avec ses enfants. Sa femme, pres d'accoucher, fut 
enfermee au Steen; mais un cousin, Hans Michiels, se 
portant caution, oblint sa lib: rle jusqu'apres ses couches. 
Ramenee a la prison par Hans Michiels lui-meme, la 
pauyre femme apprit bicntol qu'elb' allail etre condamnee 
au bucher. On ne lui accorda sa grace qu'a la condition de 
faire baptiser un de ses enfants qu'il fallul faire revenir 
de Cologne. C'etait la petite Sarah, qui devait etre la mere 
du poete el lui preparer, de loin el comme par influence 
poelique, sa conversion au calholicisme. 

A Cologne, refuge d'un grand nombre de Flamands, les 
Anversois mennoniles formaient une sorle de colonie fer- 
mee. On ne se mariait qu'entre coreligionnaires (i). Ce fut 
ainsi que Joost Vondel, un chapelier (hoedstoffeerder), 
epousa la fille de Peter Kranen, qui, baplisee par force, 



(1) On a rcmarque partout cctte intime solidarite des proscnts 
flamands. V. Alph. VVillcms, Les Etzeviert, p. ci.xvir. — "Sous venous 
de lire dans le Gids de decembre 1887, p. 549 : « L'histoire ie 
nos Refugies, de ces energiques Flamands qui ont fait la grandeur 



Prvv'i.cnt;' I 



(403) 
etait bientot ramenee a la douce religion mennonite de sa 
famille. Bientot le nord des Pays-Bas s'affranchit, et les 
proteslants purent obtenir la liberie de leur culte. Pour 
des Flamands, rentrer en Hollande, c'etait alors, grace a 
l'idenlile d'idiome, revenir de I'exil. Le chapelier Joost y 
songeacomme lant d'autres; mais des inlerets de commerce 
le forcerent d'abord a resider a Francfort el a Breme. 
Enfin, en 1598, il puts'etablir a Utrecht, ou le futur poele 
commenga son education. En 1600, son pere est marchand 
de bas et de chaussons dans la celebre Warmoesstraal 
d'Amsterdam. Dans cette ville, ou se concenlrail alors 
I'energie neerlandaise, deux Socieles de rhetorique fla- 
mande, epaves de la catastrophe d'Anvers de 1585, avaient 
la vogue. Elles atliraient, a leurs representations de Zin- 
nespelen ou moralites allegoriques, non seulement les 
reiugies de Belgique, mais le peuple d'Amsterdam, donl 
le langage ne diflerait guere du brabancon que par un peu 
moins de mots francos. 

Le jeune Vondel, on l'a generalement remarque, fut pro- 
fondement impressionne par ces jeux de scene ou, avec 
une naivete digne du moyen age, on cherchait avant tout a 
edifier un public facilement en thousiasle. M. J. le Winkel (1 ) 
a parl'aitement degage ces traces curieuses de Tinfluence 
rhetoricale. A dix-sept ans, en 1605, un epilhalame 
pour le mariage de Clara van Tongerloo, montre le poete 
deja lout forme par ce style flamand mele de reminis- 
cences evangeliques et de bizarreries derivees du mauvais 



(1) Vondel als treurspeldichter (Haarlem, 1881). — Dans le pre- 
fer volume de sa Geschiedenis der Nederlandsche lcttcr!,'y»'!,, qui 
ient de parailre, le D' Te Winkel s'attache a faire ressortir l'impor- 
nunt flamand dans la litterature neerlandaise. 



( 464 ) 
gout des auleurs de la periode bourguignonne. Ce Schrif- 
luerlyck Bruy lofts re ffereyn est une de ces ballades pora- 
peuses don l le refrain ou slock-regel ne manque pas d'af- 
felerie. 

L'an d'apres, au concours dramalique (land-juweel) de 
Haarlem, un lied encore assez rhetorical est adresse oux 
deux cbambres de rhelorique brabaneonnes qu'on venait 
d'applaudir. Mais deja le grand ecrivain Hooft, le Richelieu 
et le Malherbe de la nouvelle renaissance, signalait le fds 
du bouliquier anversois com me un des rimeurs qui don- 
naient les plus hautes esperances. 

En 1609, le doux mennonite, convaincu que la guerre, 
memedelensive^epeuts'mspirerd'aucun versetdu sermon 
de la Montagne, celebre avec amour la Treve de douze ans 
oblenue par le tolerant Olden Barneveldt, en depit du trop 
belliqueux prince Maurice. II espereque cette treve pourra 
bientot amener une paix definitive, que d'avance il se glo- 
rifie de chanter : 

Op hope of met' er tydt ecn vrede-zon misschien 
Den Nederlanden mocht gheduuriglijck bestralen. 

Mais quoi! le fanatisme se reveille : Henri IV est assas- 
sine, el cette victime de Ravaillac, populaire aux Pays-Bas 
comme en France, inspire a Vondel, dans un style deja 
renouvele, une poesie a details realistes comme les aimait 
la peinture flamande(l). Le Wtvaert en treur-dichl deplore 



- II faut pourtant reconnaitre que Bilderdij 
pour la tragedie de Vondel. 



( 465 ) 
la mort « du defenseur du saint Evangile » etsalue naive- 
ment Louis XIII comme le protecleur de la republique 
des Provinces-Unies. 

Celle meme annee (1610), Vondel epouse Maaiken 
(Mariette) de Wolf, donl le pere, qui etail un passementier 
anversois, avail autrefois du profiler du refuge de Cologne 
a cause de son mennonisme. La jeune femme se met bra- 
vement a la lete de la boulique de la Warmoesstraat et 
permet ainsi a son man", d'un an moins age qu'elle, de se 
Mvrer plus librement aux aspirations de la poesie. 

Aussi, des 1612, voyons-nous Yondel aborder le theatre 
pour son propre compte. Rien de plus curieux pour nous 
que ce debut dans un genre longlemps convoite par 1'adini- 
raieur des Flamands. La chambre brabanconne Lavenciel- 
bloem s'etait naturellemen l chargee de la representation. 
Het Passcha elait une iragedie, on plutdt, comme dit Van 
Lennep(l), un myslere sur la sortie d'Egyple. Avec une 
orlhographe essentiellement brabanconne, la piece s'an- 
non^ait comme donnanl une lecon edifiante au peuple, 
trage comedischer wijze, ce qui signifiait, comme pour 
Corneille, un denouement heureux. II s'agissail, en effet, 
de la delivrance des Israelites; mais Jehovah, qui y figure 
comme prolagoniste,y semble bien prometlre une autre deli- 
vrance, celle des Pays-Bas opprimes par Philippe II, auquel 
Pharaon fait sans cesse penser. Dans une « Epistre a mon- 
seigneur Jean-Michiels van Vaerelaer, mon singulier ami » 
(les seuls vers francais que Ton connaisse de Vondel), il 



»oin de faire remarquer que la plupart des 
tide sont empruntes a la grande edition de 
up (12 vol. gr. in-8». Amsterdam, 1885-1869.)? 



( 466 ) 
copie la langue fie ce Dub ul.is de la Pleiade, si souvent 
traduit en flamand(l). A son mecene, un marcband bra- 
bancon enrichi, il vante toujours la paix : 



D'un sanglant eschaffaut 

Malgre certains mots et certains details qui se ressentent 
de la trivialite des rheloriciens ses premiers maitres, Von- 
del rappelle souvent lelevation de Calderon, qui, lui aussi, 
n'a fait que transformer des mysteres du moyen age. Puis, 
quelle intensite de vie a travers cette diction parfois mys- 
tique! C'esl, en verite, la sensation des choses comme on 
l'a dans Rubens, jusque dans ses allegories, [.'inspiration 
est a la fois patriotique et biblique, et cependant plus d'une 
tirade, d'une audacieuse familiarite, a les touruures les 
plus brabanconnes, les plus naturelles pour exprimer des 
idees transcendantes. On pourrait aisement se moquer de 
Pharaon qui maudit Jupyn et les Furies, lout commc un 
fakieur de Belgique; on se lasserait vile de compter les 
burgondismes de ce que les Braban^ons appelaient « Ian- 
gage de cour, » par exemple, parwyck van Phebus, eene 
tombe, een aster, etc.; mais que nous importe, des que la 
Fama ou Renommee raconte le passage de la mer Rouge 
comme si elle traduisait le fameux Cantique,en y ajoutant 
1'ampleur de 1'epopee? Que nous fait ce reste de tldelite a 



(I) Par exemple, par le gra 



(467 J 

la rhetorique, si toul a coup, dans les chceurs ou Ryen, on 
s'apercmt que le vieux flamand, degage de son bariolage 
bourguignon, retrouve la simplicity la nettete de Ruus- 
broec et de Maerlant pour monter jusqu'au sublime? Si la 
Passcha garde encore ca et la 1'attirail des Brabandsche 
Kamers, du moins y trouve-t-on un esprit nouveau, jusque 
dans le rythme et la cadence. On dirait que la liberie, par 
sesepreuves, a retrempe ce vieux langage d'antan. 



II 

De jour en jour, Vondel s'associait mieux aux destinees 
de la palrie. Pendant plus de soixante ans, il devait en 
celebrer les moindres aventures. Le catalogue de ses vers 
correspond de point en point aux annates de la Neerlande. 
A peine a-t-il acheve sa tragedie qu'il entreprend une 
autre oeuvre toul aussi nationale. C'est I'hymne a la marine 
des Provinces-Unies : bondigh Nederland! forte 
republique! que vous voila vengee de Philippe II! Mais 
que de ruines en ces quarante annees de guerre, jusqu'a 
ce que 1'Espagne nous octroie le chapeau de la liberie! Et 
alors, avec une nellete de pinceau vraiment flamand, il 
retrace la perle de l'Armada, la bataille de Nieuport, les 
loinlains voyages, les audacieuses decouverles. Nova- 
Zembla, Heemskerk, Nassau, sont chanles d'une facon 
triomphale. Apres le triomphe, la priere pour que Dieu 
preserve ce peuple des ivresses de la victoire et pour que 
le brillaiu Maurice se resigne a la paix. Qui croirait que 
I'aulenr de ces vers magnifiques composait encore, qualre 
ans plus lard (1616), un chant de Pentecote {Pinxter 
Zangh\ signe d'une anagramme a la mode rheloricale! 

On pouvait craindre que cette naivete a la fois si ger- 



(468) 

manique et si chretienne ne se perdil par les nouvelles 
Eludes entreprises par Vondel. Pour mieux se metlre a la 
hauteur du cercle des Roemer Visscher, des Hooft et d'au- 
tres nombreux amis litteraires, il s'elait mis a apprendre 
le latin ; il se preoccupait surtout des ecrits du Gantois 
Daniel Heinsius et de I'Anversois Barloeus sur I'esprit de 
la lillerature ancienne. iMais il lui arriva comme a Cor- 
neille, auqucl son genie nous ramene quelquefois : il main- 
tint la liberie de ses allures malgre toute la veneration 
qui Tinclinait devanl le moindre poete ou critique de 

Celte preference pour I'erudilion se concilie sans effort 
avec la bonhomie toute flamande et le charmant naturel 
qui desormais se montrenl dans tous ses ecrits. En 1615, 
un libraire lui demande de commenter les gravures du 
Gulden Winckel, dedie a son beau-frere Abraham de Wolf; 
il combine la mythologie grecque et la simplicite evange- 
lique, sans qu'on s'apercoive de la combinaison, de la 
soudure. Un autre libraire invoque sa plume pour refaire 
le fablier du Brugeois De Deene et rehausser d'autant les 
spirituelles gravures d'un autre Brugeois, Markus Gee- 
raerts. Aussitol la Warande der dieren apparait avec un 
tresor de vieux diclons, pratiques comme dans Cats, 
mais d'une tournure plus vive et meme fringanle. Pour- 
tant, on y rencontre maint adage destine a des heros de 
Teniers : 



( 469 ) 

Lorsque, vers la fin de 1617, pour lutter conlre les 
buveurs, les kanne-kykers des rheloriques decadenles, le 
D r Samuel de Cosier reconstitua la vieille chambre, de 
oude kamer, Vondel fut un des premiers a s'inscrire. II 
aimait d'ailleurs ce spiriluel descendant des gueux de mer, 
qui savait le gnerir de sa melancolie. Chose curieuse, en 
effet, ce genie si anversois de raillerie cordiale (voir son 
portrait en tete de I'edition Van Lennep) elait parfois 
reveur el concentre. Le docteur, an surplus, Ini plaisail, 
parce que son proieslanlisme elait tolerant, humanisle, a 
la facon des anciens « poliliques ». Quand il finit par 
transformer les rhetoriques en academie el par obtenir un 
theatre permanent, ce fut a la grande joie de Vondel, 
redoublee encore par la colere de quelques predicants 
fanatiques etgomariens (seelateurs du Brugeois Goemare). 

A ce theatre regenere, Vondel fit represenler sa seconde 
tragedie : La Destruction de Jerusalem. II elait alorsdiacre 
chez les Mennonites, section des Waterlanders, et Ton 
pouvait croire qu'il avail mysliquement renonce an drame 
et a ses pompes. Mais cette piece sans action, sans veri- 
table rnouvement scenique, elait en quelque sorle une 
elegie religiense, ou la gravite de la pensee elait relevee 
par une noble simplicity de style. 

Si mystique qu'il se montrat par moments, depuis sa 
maladie de 1620, il demeurait h'dele a sa predilection pour 
tes bumaoisles. C'est ce qui I'inspira a propos d'Erasme, 
qui, sous le nom de liberty n (libre-penseur), elait violem- 
menl atlaque par les calvinisles de Rotterdam, ennemis 
des poliliques. Un sonnet conlre Tabus des condamnalions 
ecclesiasliques est contemporain d'une ode sur sainle 
Agnes faite a propos d'un livre de Slalpaert van der Wiele, 



(470) 
archipretre de Deltland et grand ami de ces deux filles de 
Roemer Visscher qu'on a pu surnommer les demoiselles 
Rambouillet de la Hollande. l-jlcs li^umirnt an cercle lit- 
teraire de Muiden sons la presidence de Hooft. C'etait le 
vrai foyer de la tolerance, si difficile a realiser dans une 
epoque de luttes. 

Pour un des plus brillants familiers du cercle, Laurens 
Reael, ancien gouverneur des Moluques, Vondel composa 
Vtiloge de la navigation, ou se remarque encore une fois 
cette vivacile de coloris, cetle exactitude de termes tech- 
niques, qu'on doit d'aulant plus admirer dans une ceuvre 
largement epique et de la part d'un auleur qui n'avait pas 
encore experimente la vie maritime (1). Ce don de la 
description vivante et poetique le rendail naturellemenl 
enthousiaste de Dubarlas et de ses traducteurs. On n'a 
qu'a lire les vers qu'il adressa an poele-graveur et impri- 
meur Zacharias Heyns, d'Anvers, membre de la Bra- 
bandsche Kamer. Un autre Iraducteur eul part a ces eloges 
sinceres, c'est le baron d'Asperen, gendre de Marnix, en 
meme temps que le celebre imprimeur Balthasar Moretus 
(Moerentorf). 

En 1655, a la mort de Maurice, Vondel salua, dans des 
vers encore admires de nos jours, le nouveau capilaine- 
general, Frederic-Henri, qu'il croyait modere en religion 



ondel ctait an nette, nre ei p» 

« Quand it compose son Rhijnlied, dit Simon Gorter, 
nt dans ('esprit toutcs Ics villes, tous les paysages que p 
grand fleuve depuis les Alpes jusqu'a Katwijck. • An 
auteur du Becldspraak, son plus grand charme encore c 



(471 ) 
et grand ami de la paix. C'elait comme un reve d'idylle. 
Avec plus d'energie el meme avec tine certaine virluosite 
(Iramalique, il eomposa alors Palamedes, une tragedie 
grecque dont le sous-titre, « 1'innocence egorgee », indi- 
quait une pensee vengeresse a lous les amis du malheureux 
pensionnaire des Elals de Hollande, Olden Barneveldt. 
Les intentions allusives sont transparentes, grace a une 
fonle de details nettement caracteristiques des lieux et 
des personnes que Ton visait. Ce tut un acte de courage. 
De tons cotes pleuvaienl les pamphlets et les pasquins 
scandaleux. Le fanatisme parvinl meme a exciter le zele 
du Schout, chef du tribunal des echevins d'Amsterdam ; 
mais tel elait deja I'ascendanl du grand poele, qu'il ne fill 
condamne qu'a une amende de 500 florins, qu'un ami paya 
pour lui. La guerre aux juges iniques du tolerant Barne- 
veldt (1) semhlait au moins exiger un long et dur empri- 
sonnement. Pro libertafe, ainsi signait-il ses ripostes, et il 
en avait bien le droit. 



Ill 

Jamais poete n'a fait plus longlemps (de 1610 a 1672) 
'in nombre incalculable de pieces de circonstance, el tou- 
jours avec une verve rajeunie. Lui, si modeste et si peu 
flagorneur, des qu'il s'axise d'un fail ou d'un homme 



(I) On sait que le grand pensionnaire de Hollande, apres a 
le un vaillant soldat dans les guerres de l'lndependance, se raoi 



f4Wj 

Amsterdam, aussitot, cornme pour 



Son coeur est un luth suspendu : 
Shot qu'on le touche il resonne. 

Voyez ses consolations a Hooft, puis son poeme (car c'est 
bien cela) sur la naissance du futur Guillaume II, ses com- 
pliments tournes en frais tableaux d'idylle neerlandaise, 
{Alles boter en melk, lout est beurre et lail), et surtoul son 
May-Lied en I'honneur d'Orange. Voyez aussi ses epitres 
satiriques aux bourreaux des consciences, ses adjurations a 
des mennoniles qui veulent pousser jusqu'a I'anabaptisme, 
sa piquante raillerie Rommelpol a cdte du splendide poeme 
sur la prise de Grol. Et quelle variete de cadres rehaussee 
encore par la prodigalite de details lopiques? Si Hooft 
se remarie a Heleonora Hellemans, fille d'un marchand, 
colonel de la garde bourgeoise a Anvers, vile un lafelspel, 
un epilhalame dialogue comme on en faisait chez les 
anciens reclen'jb'rs. Ftvi.t ic-IIcnri arrive-t-il a Amster- 
dam pour apaiser I'emeute des orthodoxes, Vondel trouve 
des accents trop agressifs, trop francs, et que le prince 
n'ose pas recompenses a cause de la fureur des Arminiens. 
Une creance imporlante le poussa jusqu'en Danemark, 
en meme temps son ami Reael est nomme amiral a propos 
des menaces de Wallenstein : quelle meilleure occasion 
pour des pieces nouvelles, soil inlimes, soil publiques, 
d'aulant qu'en ces parages il a rencontre plus d'une 
colonic hollandaise! Chemin faisant, lui qui incline deja 
au catholicisme, ne craint pas pourtanl de propbetiser 
les victoires de Guslave-Adolphe, le heros des ennemis 



( 473 ) 

En 1630, ce fils d'Anversois est mele a une lulte 
curieuse. C'est I'academie de Samuel de Coster que les 
calvinistes et les rhetoriciens bra ban cons attaquent avec 
fureur. Cats meme ici ne joue pas un role bien honorable. 
Vondel, ennemi des cafards, kfrkicjlm, mlresse son Ros- 
kant (lY'lrillc) an spirituel el liberal Hooft. Ce qui ne 1'em- 
peche pas de celebrer, presque en meme temps, le triomphe 
deGustave-Adolphe a Leipzig, el de supplier le vainqueur 
d'epargner Cologne, sa ville natale. 

II pense en vers aussi facilement que Voltaire pensait 
en prose : il a toujours la plume a la main. Voici son ami 
Barloeus dont il faut chanter le professorat a l'Alheno3um 
illuslre; voici encore Grotius, le philosophe tolerant, qui 
revient d'exil. Puis c'est Maestricht pris par Frederic- 
Henri; c'est Rubens, ambassadeur pacifique; c'est I'infante 
Isabelle qui meurt, dil le poete, apres avoir tout fait pour 
la paix, la bienheureuse paix. Apres une touchante priere 
pourrinstallation de I'orphelinal wallon, c'est une aimable 
boulade en I'honneur de Gillis van Vinckeroy, bourgmestre 
de Hasselt et empereur « de la noble arbalete ». II chante 
avec strophes, antistrophes et epodes, tout corame Pindare 
ou... Ronsard, le Demer aux cent moulins (1) et la joie de 
Sainl-Quentin, patron de la ville, au milieu de ces joules 
qui jadis etaient praliquees par les comtes de Flandre. C'est 
le Hollandais Van Lennepqui aime a signaler par le menu 
ces moindres temoignages de l'amour que Vondel portaita 
lout ce qui etait beige. Nous aurions mauvaise grace a ne 
pas souligner de lelles j 






LVsprit beige <le Vomlel se remarque partout, des qn'on 
y veut faire atlenlion. En 1638, a Inauguration (Ju grand 
theatre <f Amsterdam (1 ), Vondel fit representer un chef- 
d'oeuvre reste jusqu'a nos jours au repertoire neerlandais. 
Gi/sbrecht ran Amslel est nne tragedie qui se rapporle a mi 
episode du quatorzieme siecle. Or, si Ton a pu constatcr 
dans ces vers la fidelite de la couleur locale, devancant 
Walter Scott (comrae dil J. de Meyer), nous ne devons pas 
moins reconnaitre dans plus d'un trail une sorle d'atavisme 
flamand. On songe aux vieux trouveres thiois quand Bade- 
loch, la lemme de Gyshrecht, developpe dans des vers 
limpides et qui semblent appartenir a un de nos dialectes 
cristallises, la theorie germanique de I'heroTsme conjugal : 



it, fidele et loyale, telle 



(1) Cf. N. Wybrands, Uet A mstcrdamsche tooncel (Utrecht, 187a;. 

(2) « Avec douleur je portais mon enfant sous le coeur; ie cceur 

Brink a pu dire, au dernier congres hollando-belgc d'Amstor.lam : 
« Au treizieme siecle, I'histoire de la Iitterature neerlandaise est un 
chapitre de I'histoire du moyen age francais. ■> Mais, par exempt 
pour Ie roman de la Rose, combien ees imitateurs oferiandais onl 
toujours soin d'ecarter tout ce qui semble poetiser PadultAre I Men* 



( An ) 

chanlent les burg-saeten, les vassaux du bourg, dans ud 
choeur (Reij van Edelingen) qu'on peut comparer a run des 
plus beaux <le Sophocle. La dignite d'une belle tendresse 
conjugate, faitc dV>tim< •. tic ■ niiliance el de respect mutuel, 
toute cette poesie domeslique se relrouve dans nos vieux 
poetes, qui n'ont pas, eux, eomme les trouveres francais, 
organise et perpeluela conspiralion contre le manage. Le 
Tiei van Klarissvn a mi hcrsilit'd qui rappelle nos vieux 
noels flamands. 

Dans des vers adresses au D r Plemp, le pere d'un pro- 
fesseur de Louvain, nous rencontrons egalement des sen- 
timents familiers a nos rimeurs beiges. Le calholicisme 
qu'il avoue i'ranchement en 4640 est celui de la toleranle 
Tesselscha, qu'il appelail Eusebia la Pieuse. Esl-ce par 
affection pour cette fern me si distinguee, si lellree el si 
peu pedante? INon; Van Lennep, qui n'esl guere suspect 
a eel endioit, nous donne les raisons verilables. Sa nature 
d'arliste finit par se deplaire aux temples trop nus, aux 
ceremonies trop sommaires des mennonites. Beaucoup de 
ses amis de Belgique et de Hollande etaienl catholiques. 



i boheme que Rutebeuf, 
»re Ic manage en des tcrmes aussi respeclueux que ceux du 
ten-loep. — Dans un inemoire couronne par 1'Academie de Bel- 
2 (Lof van Vondcl door D* de Jager) (Mkmoiiies COORORRBS, in-8», 
>), ou Ton eludie surtout les types feminins du poete anversois, 
•loch, l'herolne conjugate, occupc la place d'honneur. — Recem- 
t, H. de Veer dans son Trou-ringh voor >t jonge Holland (3« edit., 
le, 1876), ^inspire a merveille de ce noble esprit vondelien qui 
vc la plus reelle poesie dans les plus humbles devoirs de la vie 



(476 ) 
Cenx qui ne Telaient pas detestaient comme lui les que- 
relas theologiques, repelant avec Ovide: Molesta omnis 
argutuentah'Of et, a toul prendre, s'inspiraienl plutot de 
I'esprit moderne renouvele par la Renaissance. Puis, dans 
son interieur, Vondel aimail a suivre les conseils de sa 
fille Anna, qui, apres la inort de sa mere, s'etail chargee de 
la conduite du menage el des affaires. Or, elle avail ete, on 
ne sait pourquoi ni comment, elevee a Cologne dans le 
calholicisme, et elle h'nil par se faire religieuse. 

Vondel avail le caraclere hop aimable, et ses amis du 
cercle de Maiden etaient trop peu fanatiques, pour que le 
changemenl d< litre chose qu'un peu plus 

de reserve. Grace a beaucoup de delicatesse en ces malieres 
dedicates de la conscience, les relations se maintinrent 
jnsque dans leur cordialile, en depit de tout changement 
de ctille. On ne s'etonnera done pas de rencontrer a cetle 
date (1642) des vers charmants adresses a un protestant 
beige, Constantin Sohier,u"origine montoise,eta sa femmc, 
Anna Saye, de Tournai, On dirait que le poete aime les 
Beiges uniquement parce qu'il regrelte de les voir separes 
de la Hollande. II n'eut voulu de guerre que contre les 
Turcs, comme il le dit dans son poeme sur le mariage de 
Guillaume II avec Marie Stuart, la sceur de Charles II 
d'Angleterre. Peut-elre alla-t-il trop loin dans ses invec- 
tives contre les puritains d'Ecosse, qu'il appelait sabba- 
tisles. Du moins les chefs de la regence d'Amstcrdam lui 
en temoignerent leur mecontentement. Le nail" poete con- 
trariait leur politique, comme 1'auleur du Cid celle de 
Richelieu, sans y souger. 

En i645, il dedie a 1'archeveque de Malines, Jean Boo- 
nen, une de ses conceptions les plus grandioses : Altaer 



(477) 
Geheimnissen (les mysteres de I'autel). Ce primal de la 
Neerlande, qui fut depuis condamne corame janseniste, ne 
pouvail pas etre un fervenl admiraleur des lettres ni des 
arts. On cite de lui ce compliment a Vondel : « C'est fort 
bien ceci, sinjeur Vondel; mais vous n'etes pas encore un 
Cats, a beaucoup pres (op verre nae). » Brandt, dans sa 
naive biographie de Vondel, raconte que I'archeveque crut 
le recompenser suffisamment en lui donnant un tableau 
religieux de valeur mediocre. £tant a Malines, le poete alia 
visiter I'atelier du jesuite peintre Daniel Seghers; I'affinite 
des gouts dnt rendre i'entrelien assez intime. II est pro- 
bable que les deux artistes flamands ont echange leurs 
regrets sur la duree de la guerre fratricide qui ravageait 
le nord et ie sud de la Neerlande. 



Enfin, la guerre de Quatre-vingts ans allait avoir son 
terme. Vondel s'adressa tour a tour au prince Frederic- 
Henri et aux vrede vaders (peres de la paix), les qualre 
bourgmeslres d'Amslerdam. La paix de Munsler (1648), 
lanl souhaitee, pourrait bientdt etre consacree par le 
beau tableau de Barthelemy Vander Heist, I'ami de noire 

Lui-meme, au comble de ses vo2ux, celebrait le grand 
evenement par une ceuvre originale : les Leeuwendalers. 
A une lecture fugitive, on est tente de n'y voir qu'une 
imitation de YAminta du Tasse, et surtout du Pastor fido 
deGuarini. On s'imagine un ecbange d'elegantes fadeurs, 
«le gracieux compliments, de banalites bien sonores, bien 



(478) 
Mais Alberdingk-Thijm (dans le Gids de 1879) nous 
avertit tout d'abord que c'est le style essentiellement fla- 
mand de Floris et Blanchefleiir, le joli roman de Diederik 
van Assenede, du XIJI e siecle. Les scenes d'amour entre 
Hageroos (qui symbolise la Hollande)et Adelaert eleve par 
Lantskroon, c'est-a-dire la Belgique espagnole, sont ravis- 
santes de fraicheur et de verile. Ni mievreries, comme 
dans la pastorale italienne, ni paroles quintessences, 
comme on pouvait le craindre d'une piece allegorique et 
meme officielle. Non, Vondel obeit ici mieux que nulle 
part ailleursa sa pensee favorite, au sentiment qui domine 
toute sa vie. D'abord, comme cbretien, il voudrait effaccr 
loute trace de guerre : 

Het zact van twccdraght teelt zoo wrange en bittere vruchten (i). 

Puis, comme Neerlandais, fils d'Anversois, il voudrait 
que le Sud [Warandier, le pays des pares et des bois) 
et le Nord [Duynrijck, le pays des dunes), gardant lenr 
autonomic, s'unissent pour se completer a jamais. C'est 
presque la grande idee du congres de Vienne, si mal com- 
prise en 1815 et si lamenlablement compromise en 1830. 
En Hollande meme, plus d'un critique a trouve que Vondel, 
dans celte idylle ou il epanche tout son C03ur aimant, 
donne le plus beau rdle a la Belgique. II ne songeait pas, 
sans doute, dans cette oeuvre de circonstance, a blesser 
s du public entasse au Schouwburg d'A raster- 



( 479 ) 
dam. Le createur du neerlandais litleraire, le doux poete 
si fniement flamand et si ingenument pitlorcsque, n'a pour 
muse, en ce moment, que la muse de Virgile, dont il tra- 
duit la premiere eglogue en tete de sa piece. Comme le 
chantre de Mantoue, il a horreur de la guerre civile, il en 
a subi les angoisses, et puisque le Sud veut la paix, c'est 
leSndqu'il exalte. 

Cette veritable passion pour la paix, qu'il celebre encore 
dans la dedicace adressee au graveur Michiel Leblon, agent 
de la reine Christine, a donne a tons ses vers une suavite 
penetrants une ardeur communicative. Que nous sommes 
loin des ralYinements disparates de Granida, la pastorale 
deHooft! N'est-ce pas pluiot, par endroils, une eclalante 
Kermesse ou vibre la couleur de Rubens Punique? Que 
toutes ces bergeries sont vraies, palpitanles de verile, et 
comme on sent que les moindres personnages de la piece, 
Wouter, le messager, Warner et Govert, les paysans que- 
relleurs de la frontiere, Kommerijn, la nourrice, et meme 
les personnages du chceur, sont peints d'apres nature! II y 
a la ce coloris gai et clair, ce realisme de la chair vivante 
et I'remissante qu'on admire dans Rubens (1). La comme 
«ci, ce qui triomphe, c'est un art sur de lui-meme, fidele 
aussi jusqu'au bout a la pensee qu'il a mission de traduire. 
Un souffle lyrique traverse cette molle iilylle ou plus d'un 

(1) Quand on oppose Rembrandt le Hollandaisa Rubens le Beige, 
ne faut-il pas aussi songer qu'a tout le moins Vondel a le coloris 
beige dans son neerlandais classique ? — Pour mieux admirer ce 
realisme obstinc jusque dans rallegorie, voyez ce qu'il y a de 
vague dans 1'allegorie : Flamands et Wallons, jouce a Bruxclles au 



( 480) 
detail semble bien rustique; mais ce qui ennoblit celle car- 
nation rutilante, c'est la pensee si chretienne de la Con- 
corde. 

Pais en vre, paix et Concorde, c'est la conclusion des 
Leeuwendaters. Le choeur terniine par ces paroles : « Nord 
et Sud sont enfin reunis. La Discorde est en fuite; I'union 
est indissoluble; la prosperite est inepuisable (1). » C'est 
pour ces strophes que Brandt a pu dire que son venerable 
ami savait unir la douceur et le grandiose : Zoelvloeijent- 
heit met hooghdraventheit. Quant aux Beiges qui n'onl 
pas oublie Tune de nos deux langues nationales, avec quel 
ravissement ils retrouvent ici, sous des termes familiers a 
nos patois, un sentiment genereux, une haute pensee! 
Deux ans pins tard, Vondel a lui-meme donne la theorie du 
style grand a force d'etre simple, eloquent par la precision 
meme technique, dans son aimable el paternel traile : 
Aenleidinge ter nederduifsche divhtkunsiv (Introduction;! 
la poesie neerlandaise (16o0). 

II recommande d'abandonner Taffeterie rhetoricale et 
de remonter jusqu'a la vieille langue, si libre, si coulante 
et si facile en son tour : n igheit, vloient- 

heit en bevalijcken zwier. Avec quel tact il premunit contre 
la manie des composes et des derives, dont la fausse richesse 
abuse aujourd'hui tant de jeunes ecrivains! Avec quelle 
bonhomie spirituelle, pour recommander letude el la 



(481 ) 
patience, il donne 1'exemple des poules mettanl la tele en 
I'air pour humer et savourer (met smaeck en nasmaeck 
tlrincken) et des moutons bien portants qui remachenl el 
ruminent I'herbe! En tout ce qu'il dit, en toutcequ'il fait, 
on voit prevaloir la simplicity la franchise de nos vieux 
peintres. En verile, quand il semble s'abaisser ainsi, il n'en 
montre que plus de souplesse pour se redresser jusqifa 
l'ideal. Meme quand I'oiseau marche, on sent qu'il a des 
ailes. 

Ce « faire flamand » a plus de charrae encore quand il 
1'applique a ses eludes de Virgile et d'autres poetesde I'an- 
tiquite, ou bien encore quand, au paroxysme de son elan 
lyrique, comme dans son beau myslere de Lucifer (I), 
tligne d'inspirer Milton, il dit des choses pindariques ou 
eschyleennes dans un flamand quon dirait l'anversois 
d'aujourd'hui. 

Soil qu'il fete le sacre de Teveque de Bruges (Karel van 
den Bosch, de Bruxelles), ou An vers, la ville de sesperes, 
ou les triomphes de l'amiral Tromp, ou les ecrils de Karel 
van Mander (de Meulebeke), ou les acteurs de l'archiduc 
Leopold, gouverneur des Pays-Bas, ou le prieur Karel 
Couvrechef, d'Anvers, ou notre Rubens, ou notre Arthur 
Quellijn, on notre Roland de Lattre, quelque sujet qu'il 
aborde, il le mailrise sans effort, ne s'inspirant que de son 
coeur aimant, ne forcant rien desa langue plebeienne. Aussi 
colore, aussi original, aussi mouvemente en prose qu'en 
v ers, i| otfre parlout des modeles. On peut glaner dans ses 



Glazer, de Brunswick 



(482 ) 
moindres bluetles. C'esl I'accord d'une belle ame et d'un 
beau langage. A 92 ans, il ne sent pas encore la plume 
irembler entre ses doigts. « C'est Vondel, dit un aulre 
mailre, Nicolas Beets, qui nous revele le mieux loutes les 
ressources de noire idiome; c'est lui qui a cree un neer- 
landais pur, Inmioetix, transparent et sonore; c'est lui qui 
doit etre le guide de tous nos ecrivains. » 

Lorsque, en 1654, les peinlres de la gilde Saint-Luc 
lui offraient solennellemenl la couronne de laurier, apres 
avoir bien souvent cherche a reproduire sur toile les traits 
si honnetes et si doux du Vader Hooflpoeet (pere et chef 
des poetes), ils reconnaissaient la solidarite de la Peinlure 
et de la Poesie. IS'etait-ce pas le propre de Vondel de tout 
peindre a la pensee, de meme que Rubens, qu'il appelait 
le phenix, excellait a faire paraitre aux yeux les allegories 
el les conventions les plus subfiles? 

Au genie piclural de sa race, Vondel sul associer quel- 
quefuis une noblesse singulierement sculplurale dans ses 
tragedies, qu'il ne faut juger ni d'apres nos classiques, ni 
d'apres nos romantiques. Or, le style est si bien I'homme, 

sublime, on en peut dire auiant de ce boutiquier employe 
par misericorde au Mont-de-Piete d'Amsterdam et gar- 
dant sa serenile cbrelienne, sa majeste poelique, dans des 
embarras qui semblaient faits pour humiiier et demo- 
raliser. 

La vie de Vondel (mort le 8 fevrier 1679, presque cen- 
tenaire) apparait comme un triomphe de la verlu et du 
genie, a travers beaucoup d epreuves et beaucoup de mau- 
vais exemples. N'a-l-il pas resiste a ceux de ses amis bra- 
banccms de la Lavendelbloem, Heyns, Van Mander, De 



( 483 ) 
Koningh, Serwouters, Jan Kolm et bien d'autres? Ferme 
en ses desseins, tenax propositi, comme dit un des poetes 
qu'il admirait, il a realise pour son compte ce que ses 
contemporains ne cherchaient pas, et ce qu'aujourd'hui 
meme Ton ne trouve pas communement : la conciliation 
du grand et du vrai. 

Et pour ce qui concerne particulicrement la Belgique, 
ne paye-t-elle pas un peu la ran^on de sa decadence espa- 
gnole, puisque, comme I'honnete Boonen, archeveque de 
Malines, elle fait encore toujours penser au proverbe : 
Cats wordt gelezen en Vondel geprezen (on lit Cats, et Ton 
se borne a louer Vondel)? 

II faudra pourlant que, dans le peuple flamand, on 
s'accoulume enfin a reconnaitre le veritable interprete de 

Mais cela soit dit, comme le voulait Vondel lui-meme, 
zander gal, zander ergwaen, sans fie!, sans amertume. 
Est-ce que la fete que Ton a celebree a Anvers n'est pas 
de bon augure? Est-ce que ce seul projet ne prouve pas 
combien nous voulons nous affranchir de nos vieux pre- 
i»ges? Puissions-nous aussi, en relisant oil en revoyant 
ces Leeuwendalers, hymne triomphal a la paix, penetrer 
J'Jsqu'a la source sacree de 1'inspiration du poete qui, dans 
•e Belgium fcnderatum de 1579, aimait a rever 1'alliance 
dela Belgique etde la Hollande! 



( 484 ) 



CLASSE DES BEAUX-ARTS. 



M. C.-A. Fraikw, directeur. 

M. Liagre, secretaire perpetuel. 

Sont presents : MM. Alex. Robert, vice -directeur ; 
Ed. Fells, Ern. Slingeneyer, F.-A. Gevaert, Ad. Samuel, 
Godfr. Guffens, Jos. Schadde, Th. Radoux, Joseph Jaquet, 
J. Demannez, Ch. Verlat, G. De Grool, Gustave Biot, 
H. Hymans, le chevalier Edm. March;)!, wc»ibres; Josepii 
Slallaert et J.-B. Meunier, correspondants. 

M. Mailly, membre de la Classe des sciences, assiste a la 



CORRESPONDANCE. 



M. le Ministre de I'Agriculture, de I'lndustrie et da 
Travau x publics transmet une copie du proces-verbal dt 
la seance tenue par le jury pour le jugement du grand con- 
cours de composition mnsicale. 



( 485 ) 

— Le premier prix a ete decerne a M. Pierre Heckers, 
de Gand. 

Un second prix a ete vote, en parlage, a M. Paul Lebrun, 
de Gand, et a M. Edmond Lapon, d'Oslende. 

— Le m^nie haut fonclionnaire donne connaissance des 
resolutions du jury charge de juger le double concours 
des cantates devant servir de theme aux concurrents pour 
le grand prix de composition musicale. 

Le prix des cantates franchises a ete decerne a M. Louis 
de Casembroot, secretaire-adjoint et bibliothecaire du Con- 
servatoire royal de Bruxelles, pour son poeme intitule : 
Les Siippliantes. 

Le prix des cantates flamandes a ete decerne a M. J. Van 
Droogenbroeck, chefde bureau a la Direction des lettres, 
des sciences et des arts du Ministere de l'Agriculture, de 
Industrie et desTravaux publics, pour son poeme intitule : 
De Morgen. 

— M. H. Hymans remet pour le prochain Annuaire sa 
notice biographique sur Joseph Franck, ancien membre de 
la section de gravure. — Remerciemenls. 



[ENT DU CONCOURS ANNUEL 



Neuf cartons ont ete recus pour une frise decorative a 
placer a 5 metres d'elevation : 



Un prix de mille francs elait attribue a ce concours 
national. 

Les cartons portaient pour devises ou marques distinc- 
tives : 

N os 1. Peindre au dessiner toujour s ; 

2. Bramo assai, poco spero; 

3. Sapienlia; 

4. Voorwaarts; 

5. La lettre A dans un triangle; 

6. Un double cercle guilloche; 

7. Belgique; 

8. Une croix et une ancre; 

9. Pour Vart. 

La Classe, ratihant la proposition unanimede la section 
de peinture, a decernc le prix a M. Joseph Middeleer, a 
Bruxelles, Tauteur du n° 4 : Voorwaarts. 



(487) 



Gravure en medailles. 



La Classe des beaux-arts avail propose comme sujet le 
i medallion prealable a une medaille destinee aux laureats 
les concours ouverts par 1'Academie ». 

Aucun projet n'a ete recu. 



COMMUNICATIONS ET LECTURES. 



M. Stallaert donne lecture d'une note qui se rapporle 
aux modifications reglemenlaires des grands concours, 
question donl la Classe est saisie depuis quelque temps. 

— M. Hymans fait part, au nom de M. A. Bertolotti, 
conservateur des Archives de l'Elat, a Mantoue (Italie), des 
demarches failes par ce savant aupres de Ja municipalite 
romaine, en vue de faire donner le nom de Rubens a Tune 
<les rues de la capitale. M. Bertolotti propose la via della 
Croce, qui fut habitee par Rubens durant son sejour a 
Rome. 

Les journaux italiens ont fait le meilleur accueil a la 
proposition. 



(488) 



CLASSE DES BEAUX-ARTS. 



Seance du 27 octobre 4887. 

M. C.-A. Fraikin, directeur. 

M. Liagre, secretaire perpeluel. 

Sont presents : MM. Alex. Robert, vice -directeur; 
fid. Fetis, le chevalier Leon de Burbure, Ern. Slingeneyer, 
F.-A. Gevaert, Ad. Samuel, Ad. Pauli, Godfr. Guffens, 
Jos. Schadde, Joseph Jaquet, J. Demannez, P.-J. Clays, 
Charles Verlat, Gustave Biol, H. Hymans, le chevalier 
Edm. Marchal. membres; Alex. Markelbach et Jos. Du Caju, 
correspondants. 

M. le directeur annonce que M. Em. Wauters, membre 
de la Classe, vient d'etre elu correspondant de I'Academie 
des beaux-arts de I'lnstilul de France. 

II fait savoir aussi que le Musee des Offices, a Flo- 
rence, a demande a quatre membres de notre Academic 
MM. Slingeneyer, Guffens, Verlat et fim. Wauters, de lui 
envoyer leurs portraits, qui seront places dans la galerie 
des peintres celebres. — Applaudissements. 



CORRESPONDANCE. 



Par une letlre du Palais, LL. MM. le Roi et la Reine 
font exprimer leurs regrets de ne pouvoir assister a la 
seance publique de la Classe. 

LL. AA. RR. le Comte et la Comtesse de Flandre font 
exprimer des regrets semblables. 

MM. les Ministres de 1'Interieur, de I'Agriculture, de 
I'lndustrie et des Travaux publics, des Affaires etrangeres, 
des Chernins de fer, Postes et Telegraphes, ecrivent egale- 
ment qu'ils regrettent de ne pouvoir assister a la seance. 

M. le Ministre de la Guerre fait savoir qu'il aura le 
plaisir d'y assister. 

— M. le Ministre de I'Agriculture, de I'lndustrie et des 
Travaux publics transmet, comme suite a la demande 
de la commission de publication des oeuvres des grands 
musiciens, une premiere serie des Bulletins formant le 
resultat des recherches que M. Edmond Vander Straeten 
a laites au Musee de Leyde et a la Bibliotheque royale de 
Munich. — Renvoi a la commission precitee. 

— M. Joseph Middeleer remercie la Classe pour le 
Prix accorde a son carton du concours d'arl applique. 



— M. Marchal presente pour YAnnuaire sa notice 
ographique sur Joseph Geefs. — Remerciements. 



M. Joseph Martin, de Vise, soumet une note raanu- 
scrite intitulee : Proposition tfnne base harmonique. — 
Renvoi a la section de musique, qui fait, seance tenante, 
un rapport concluant au dep6t dans les archives. 



PRfiPARATlFS DE LA SEANCE PUBLIQUE. 

Conformement a 1'arlicle \o du reglement de la Classe, 
M. Fraikin donne lecture du discours qu'il se propose de 
prononcer, en sa qualite de directeur, dans la seance 
publique annuelle fixee au dimanche 50 octobre, a 1 heure 
et demie. 



CLASSE DES BEAUX-ARTS. 



Seance publique du dimanche 30 octobre 1887. 

M. Liagre, secretaire perpeluel. 

M. Fraikin, direcleur de la Classe. 

Prennent egalement place au bureau : M. Robert, vice- 
directeur de la Classe; M. J. De Tilly, direcleur de la 
Classe des sciences, president de C Academic 

Sont presents : MM. £d. Felis, Ernest Slingeneyer, 
F.-A. Gevaert, Ad. Samuel, God. Guflens, Th. Radoux, 
Jos. Jaquet, Jos. Demannez, P.-J. Clays, G. De Groot, 
Gustave Biot, H. Hymans, le chevalier Edm. Marchal, 
membres; Joseph Stallaert, correspondant. 

Assistent a la seance : 

Classe des sciences. — MM. Fr. Crepin, vice-directenr; 
Gtoge, J. C. Houzeau, C. Malaise, F. Folie, £d. Mailly, 
G. Van der Mensbrugghe, membres; Ch. de la Vallee- 
Poussin, associe; A. Renard, correspondant. 

Classe des lettres. — MM. P. De Decker, Ch. Faider, 
Th. Juste, Alph. Wauters, Ch. Piot, membres; A. Rivier, 
associe. 



(492) 



Les prix de Rome, leur institution et leur but; discours 
par G.-A. Fraikin, direeteur de la Classe des beaux- 



Mesdames, Messieurs, 

La solennite a laquelle nous vous avons convies com- 
porte un double caraclere : elle est, tout a la fois, la fete 
des recompenses et la fete de 1'intelligence. 

En ma qualite de direeteur de la Classe des beaux-arts, 
la tache m'incombe de prononcer une allocution. 

Les collegues qui m'ont precede au fauteuil vous out 
entretenus du sujet favori de leurs etudes ou de leurs 
travaux. lis vous ont exprime le mouvement et les progres 
des branches des arts qui sont l'objet de leurs preoccupa- 
tions constantes, et, qui, par leur coordination, forment le 
domaine intellectuel de la Classe dont j'ai I'honneur de 
presider les travaux cette annee. 

Ma mission serait done de vous parler de la sculpture, 
inspiration et le but supreme de toute mon existence. 
Mais une etude pareille exige beaucoup d'erudition el 
rentre plutot dans le domaine du livre que dans celui du 
discours. Je n'entends pas, au surplus, abuser de vos 
moments, car notre ordre du jour comporte une partie 
musicale que la pluparl d'enlre vous attendent avec une 
legitime impatience. 

C'est aux jeunes laureats, qui ont si vaillamment conquis 
et les palmesque nous allons leurdecerner, 



( 493 ) 
<jue je desire donner quelques conseils, qui, je I'espere, 
pourronl avoir une certaine influence sur leur carriere au 
moment ou ils vonl faire leur entree dans le monde des 
artistes. Je me bornerai, a ce sujet, a quelques reflexions 
sur les grands concours de peinture, de sculpture, d'archi- 
tecture et de gravure. 

A en juger par certaines ceuvres soumises a I'Acade- 
mie depuis peu d'annees, a litre d'envois reglementaires 
par des laureats des grands concours, il semble que ces 
pensionnaires du Gouvernement meeonnaisscnl ou, tout au 
moins, perdent de vue le but de rinslilution des bourses 
de voyage. 

II est utile, tout d'abord, de faire remarquer que ces 
bourses sont plus qu'une recompense, puisqu'elles compor- 
tent, outre la distinction bonorifique qui y est allachee, 
des moyens pecuniaires qui doivent elre considered comme 
une bonne fortune dans la vie de I'artisle. Ellcs ont done 
ete creees en vue d'aider les laureats a se perfectionner 
dans leurs etudes, en les metlanl a memo d'aller visiter 
les grands musees de I'Europe, notamment ceux de I'lla- 
lie, cette contree classique des chefs-d'oeuvre de l'anti- 
quile et de la Renaissance. 

Comme vous le savez, grace a la liberalile du Gouver- 
uemenl, les laureats des prix de Rome jouissent, pendant 
quatre annees, d'une pension qui s'eleve de 4,000 a 
o,000 francs. Aux lermes du reglement, ils ne sont tenus 
de voyager que durant trois annees; pendant la quatrieme 
annee, le monlant de leur bourse d'etude leur est concede, 
11 litre de liberalile, sans qu'ils soient astreints a d'autres 
obligations. 

Us laureats des prix de Romesemblent croire acluelle- 
ment que, des qu'ils ont pu salisfaire a I'examen s 

3 me SfiRIE, TOME XIV. 



( 494 ) 
sur les branches litleraires el hisloriques indispensables a 
leur art — examen qui leur est impose avant I'enlree en 
jouissance de leur pension — ilssont degagesde totite autre 
obligation que celles prescrites par le reglement. Or, 
celles-ci se bornenl a six rapports semeslriels, dans lesquels 
les pensionnaires consigned Ls n-iUxidiis t sthetiques qui 
leur ont ete suggerees pendant leurs voyages, el a un ou 
deux envois reglementaires ou envois-copies, que I'fitat 
retribue largement lorsque ces oeuvres en sont jugees 
dignes. 

Les grands prix de peinture, de sculpture, d'architecture 
et de gravure, constituent la plus haule recompense a 
laquelle puissent aspirer les jeunes arlisles. C'esl, en 
quelque sorle, une recompense nalionale, car ce sont les 
deniers de 1'fiiat qui servent a la payer : c'esl le pays tout 
entier qui contribue a la former. Done, si le Gouvernement 
distrait, chaque annee, du budget de l'£tat, la somme 
necessaire pour aider les laureats a parfaire leur educa- 
tion arlistique, le pays est en droit d'exiger que ce ne soil 
pas en pure perte. 

C'est done en vue de perfectionner leur talent dans ses 
dernieres limiles, e'est-a-dire en leur assurant les moyens 
(le se former, par ('appreciation des chefs-d'oeuvre lant 
anciens que modernes, une synthese d'idees ou un senti- 
ment personnel, autant sous le rapport de Pinlerprelalion 
de la nature dans son sens reel que pour la composition 
arlistique, que les prix de Rome ont ete crees. 

De toutes les carrieres, aucune ne se prete moms a 
se former, au point de vue methodique, que celle de 
I'arliste. La cullure de I'art, en son essence, procede d'un 
insiinci ou d'une disposition propre a cerlaines organisa- 



( m ) 

lions, c'est-a-dire : la vocation. Mais il ne suffit pas, pour 
se diriger dans celle carriere, de se livrer seulement 
aux inspirations naturelles et de se bonier aux principes 
melbodiques puises sur les bancs de I'ecolc; il faut encore 
cniicliir siillismimiiit son imagination par lous les ele- 
ments de nature a susciter et a realiser les grandes 
pensees. 

La peinlure, la sculpture, 1'architecture, ne sauraient 
subsister s'ils n'etaient inspirees par des sujets d'ordre 
moral ou materiel, auxquels concourt ce riche ensemble 
d'ideesquel'onappelle I'imaginalionou la penseehumaine. 
La pei feci ibi lite dechacune de ces manifestations de Tart 
a toujours marebe conjoinlement avec le mouvement pro- 
gressif de ('intelligence. Chacune de ces brandies repond, 
non seulement a un besoin, mais aussi a une neeessile 
d'ordre social; autremenl dit, Tart a sa place marquee 
dans la marcbe de la civilisation. II en a meme ete tou- 
jours un des plus puissanls elements moralisateurs, car 
I image, reproduile par ia pierre, le marbre ou le pinceau, 
adudevancer I'expression de la pensee par I'ecrilure. Aussi, 
n est ce pas sans raison que la sculpture, enlre aulres, 
aux temps recules, etait appelee : I'image ou le miroir de 
I'univers. 

Mais I'elude seule de la nature ne suffit pas a la reali- 
sation de ces manifestations. II faut encore que I'arlisle 
sache creer des sujets, coordonner des fails ou des idees 
pour en composer une syntbese. II doit pouvoir realiser sur 
la loile ou par le marbre ce que la plume rend dans le 
domaine de I'histoire el de la litlerature. 

En s'abslenant, comme elle I'a fait jusqu'ici,de prescrire 
aux candidals pour les prix de Rome un examen, meme 
> hisloriques el 



( 496) 
litteraires, PAcademie a fait chose sage et prudenle. En 
elevant cette barriere, que tous les jeunes artistes ne sont 
pas toujours a meme de franchir, elle aurait pu empecher, 
peut-elre, l'eclosion d'organisations heureusemenl douees 
uniquemenl au point de vue de l'art, mais qui, par des 
circonstances indi'-pendanles de leur volonte, n'auraient 
pu etre a meme de se mettre au courant des etudes clas- 
siques. C'est pour cette raison que le reglement ne present 
d'examen que lorsque le laureat est pret a entrer en jouis- 
sance de sa bourse de voyage. 

Mais I'obtenlion du prix de Rome constilue une soite 
de maitrise, une consecration arlislique, et, des lors, le 
laureat doit etre a la hauteur de ce que le pays, la sociele, 
est en droit de reclamer de lui. 

S'il fallait s'en rapporter a un certain conranl d'idees 
qui s'esl produit de nos jours en fait d'art, il semblerait 
que la grande peinlure, que la grande sculpture, que l'art 
monumental proprement dit, enGn, ne seraient plus de 
notre temps. Le grand art ne meurl jamais : il est de toutes 
les epoques; mais si ses manifestations, si ses tendances 
subissent les fluctuations de tout ce qui est suhordonne 
a la marche des idees, son cdle moral el humanitaire, 
son cdte sublime reste elernellement debout, comme la 
Verile. 

S'il faut une justification a 1'appui du sentiment que 
j'exprime au sujel du courant actuel des idees, on la trou- 
vera dans les motifs emis a propos de la creation d'un 
Institul pour le haut enseignement arlislique en Belgique, 
que renferme le dernier rapport annuel sur les travaux de 
1'Academie royale des beaux-arts d'Anvers : 

< Dans ces derniers temps — dit ce rapport — le 
> respect des principes qui concourent au mainlien de 



( *»? ) 

» I'unile enlre les diflerentes branches de Part el a leur 
» veritable elevation, s'etait considerablement amoindri : 
» la virtuosity dans la pratique semblait otre le dernier 
» mot du but a alteindre; de la, dans lous les genres, cette 
» eclosion de productions faciles, sans vie, sans expression 
» ni pensee. 

» Jamais I'art — comme le fait encore si judicieusement 
» remarquer ce meme document— n'alleignit des som- 
» mets plus hauls qu'a I'epoque glorieuse de notre histoire 
» ou la peinture, la sculpture, I'architecture, etroilement 
» unies a la science, concouraient toutes a la Ibis a la 
» grandeur de I'oeuvre. » 

Si la marche conslanle des fails sociaux nous eloigne a 
grands pas des epoques qui ont servi d'inspiralion a tant 
de grandes pages hisloriques ou religieuses, formanl la 
richesse arlislique du pays, i'etat actuel de la sociele nous 
oflre d'autres sujets memorable* tout aussi dignes d'etre 
I'objet des pensees des jeunes artistes. 

N'oublions pas que c'esl aux grandes ecoles qui ont 
bnlle en Belgique que celle-ci doit sa gloire la plus pure 
et la plus enviable ; c'est aux maitres de ces ecoles qu'elle 
est redevable de son droit de cite arlislique parmi les 
principals nations europeennes. 

Nous vivonsa uneepoque ou, d'un cote — selon I'essor 
que cerlaines ecoles, si funestes aux jeunes artistes, veulent 
imprimer a Tan — la toile halivement brossee, Pebauehe 
sculpiurale a peine modelee, la conception archileclurale 
sans caraclere propre au point de vne des styles delinis, 
soni exallces comme t5tanl la vraie expression de Tart; 
d'un autre cole, d'apres les memes novateurs, le sujet 
d'un ;ableau ou d'un groupe, sous le rapport de Pidee ou 
de la conception, est laisse completemeni de cdte, pour 



(498) 
etre remplace par des composition;- !e pins souvent d'nne 
pauvreleabsolue d'idees. II semblerait done que tout ce qui 
a ele execute jusqu'ici, en fail de chefs-d'oeuvre, a toutes les 
epoques, que totil ce qui a ele ecrit pour le developpemenl 
du sentiment du beau, n'a plus de raison d'etre pour Edu- 
cation des jeunes artistes! 

Que serai t devenu I'art, lors de ce retour passionne 
a I'anlique qui a si brillamment inaugure les temps 
modei nes, si les artistes du commencement du X\T siecle 

acluels ? Nous n'aurions eu, peul-elre, ni Rubens, ni 
Collyns, ni Jean Cologne, ni Francois Du Quesnoy, ni tant 
de celebres mailres Qamands qui s'inspirerent si longue- 
menl en Italic des ceuvres de leurs illuslres devanciers! 
Ces maitres ne se contenlaienl pas de peindre ou de 
sculpler, I'erudition marchail de pair chez eux avec la 
pratique de leur art. 

La viriuosile qui sacrifie Pari an procede technique, et 
auquel lend la jcunrsse artislique, ne peut done qn'etre 
nefaste non sculement an but que celle-ci vent atteindre, si 
elle est sincere dans ses intentions d'aider an progres des 
arts, mais encore au but reel de l'art. Si, parlbis, les 

des principos con\enlionnels cla.-siques, dans la recherche 
du beau, certains de nos modemes sont tombes dans l'exces 

en ne choisissant ipse les cotes materiels ile la nature, ne 



sauronl jamais arriver a un niveau plu 


clevequelabanalite 


ou la vulgarite dans le langage. 

Chaque jour ces adeptes mettent, 
de leurs sujets que dasts leur sen time 


autant dans le choix 
nt de la couleur, des 


effets que Ton rechercfieiaif vaioemen 


t. Aussi, sous le pre- 



(499) 
texte d'etablir la verite dans Tart, ils sont tombes dans la 
meme licence que cerlaine literature ou Ion ne s'oecupe 
que des sens, au lieu des sentiments qui ennoblissent, et 
que reprouvent les organisations ayanl le souci de leur 
dignite morale. Que les laureats des prix de Rome segarent 
done de cetle voie f'uneste, qui ne peut que faire lache 
dans notre hisloire artistique. 

La virluosite actuelle, ou cette maniere de sacrifier tout 
& l'effet a produire, derive malbeureusement d'une absence 
complete de sentiment personnel de ['observation ; elle 
decoule egalemeni nutanl -I ("t'-t mli"' imnnit'iite des ceuvres 
des grands maitres que de celle de la nature prise dans 
son sens reel; elle est le resultat, enfin, pour certains 
laureats, du manque de connaissances bistoriques et lille- 
raires suffisanles pour connaitre le passe de i'art et ses 
utiles enseignements. 

Les lemons du passe forment un heritage que nous ne 
saurions non seulement assez honorer, mais tlont nous ne 
pouvons assez nous rendre dignes. Pour i'arti.ste done, 
comme pour tous ceux qui concourenl au developpement 
intellectuel, le passe oblige. 

Si les sentiments que je viens d'exprimer sont empreints 
de quelque severite, quo les laureats des prix de Rome 
qui m'ecoutent n'y voienl que ties conseils el des eueourage- 

ne saurions assez les engager a s'inspirer suflisammenl 
des eeuvres les plus remarquablt-s des prinnpauv musees : 
le marbre el le bronze, les grandes peintures bistoriques 
el religieuses torment, surloul pour eux, un ensemble de 
productions sublimes auquel taut de generations arlisti- 
qnes ont travaille, et que le Gouvernemenl leur oflre si 



( 500 ) 

Je leur rappellerai, entre autres, a ce sujet, que iMichel- 
Ange ne se lassait pas d'admirer le celebre Torse dii 
Belvedere, cette merveille de l'art grec an Vatican. II 
se glorifiait, disait-il, de s'etre inspire de celte oeuvre 
sublime ! 

II est de notre devoir aussi d'appeler I'altenlion des 
laureals des prix de Rome sur le developpement du sens 
critique, qui (ail p'-iinuli innii ilelaul dans (curs rapports 
semestriels. Par une application de leurs idees a I'observa- 
lion, ils saisiront non seulement le caraclere synihetique 
de la composition, mais ils se formeront un jugemcnlsain 
et correct. En apprenant a connailre, de celte maniere, les 
productions des grands mailres, lout en combinant avec 
cette etude leur maniere personnelle de voir la nature, ils 
finiront par acquerir dans son sens reel le sentiment du 
beau. D'autre part, qu'ils s'efforcent aussi de fortifier leur 
education artistique par l'etude de l'histoire et par celle de 
la litteralure serieuse, enfln, par la lecture des classiques, 
ces sources toujours si pures et si vivaces accumulees 
depuis lant de siecles. Au surplus, cette lecture des grands 
penseurs, a commencer par celle d'Homere, est devenue 
plutot un delassemenl intellectuel qu'une fatigue, en raison 
des soins constants apportes a en elaguer tout ce qui 
s'y trouvait d'aride ou d'absirait, et a en faire valoir les 
beautes. lis trouveront dans le livre la meme jouissance 
qu'ils auront ressentie en admirant les chefs-d'oeuvre de 

Quel plus noble souci pour I'artisle d'orner son intelli- 
gence et de puiser. ses inspirations dans les beautes Iitl6- 
raires de I'antiquite, que I'exemple que nous revele notre 
confrere Henri Hymnns dans une de ses intm^santes 
dissertations academiques : Rubens, enloure de ses eleves 



( SOI ) 
dans son alelier, dictant line lettre tout en se faisant lire 
Tacite dans ceite si belle et si harmonieuse langue latine; 
Tacite qui est considere comme le plus correct et le plus 
difficile des hisloriens romains! 

II est dans la vie des jeunes artistes, comme dans toutes 
les organisations ou le travail inlellectuel predomine, des 
moments d'irresolution ou de lassitude morale pendant 
lesqnels le besoin d'une direction ou d'un guide se fait 
sentir. 

Livres a eux-memes pendant trois annees, il n'aappar- 
tenu qu'aux 01 ilement douees parmi les 

laureals des prix de Rome de se soutenir assez forlement 
dans leurs eludes pour arriver au resultat desire. Mais a 
tous n'esl pas aceordee cello force morale. Nous comprenons 
done les faiblesses qui se sonl trahies recemment, el e'est 
a nous de rechercber les moyens d'empecher qu'elles ne se 
renouvellent. 

Chaque fois que I'occasion s'est presentee, nous avons 
cru devoir faire ressortir la sollicilude dont le Gouverne- 
ment n'a cessed'en tourer rinstiluliondes grands concours. 

" y a peu d'annees encore, par suite de I'elevation pro- 
gressive du prix des besoins materiels de la vie a Rome, 
'es jeunes peintres et les jeunes sculpteurs y ont ete 
pourvus, aux frais du pays, d'ateliers confortables dans 
■esquels ces pensionnaires de I'Etal peuvent se livrer a 
»eur art tout en poursuivanl leurs etudes esthetiques. 

II resterait une derniere mesure, hautement desirable, 
a prendre en faveur de nos jeunes compatrioles : ce serait 
de pouvoir les entourer, durant leur sejour dans la ville 
eternelle, d'une haute surveillance artistique, afin d'impri- 
mer a leurs travaux la direction voulue pour qu'ils en 
r ecueillent immediatement le fruit. 



; so* j 

Nous ne doutons pas que I'appel que nous faisons 
actuellement a ce sujet au Gouvernement ne soil ecoute 
avec bienveillance par le Mini>trc qui ;i I -s beaux-arts dans 
ses attributions. Nous eo iment ses vues 

eclairees et sa sollicitude en tout ce qui louche au domaine 
de intelligence, pour oser esperer de voir ce voeu se rea- 
liser dans un avenir prochain. 

L'instilulion ih> prix de Rome reslera incomplete tant 
qu'elle n'aura pas cette direction arlistique indispensable 
a la jeunesse, et qui suscitera chez nos laureats I'emu- 
lation necessaire au travail : elie les reconfortera aussi 
aux moments de diVour.igi'UH'ni <>u d'imlerision inherents 
a ceux qui sont livres a leurs seuls sentiments. 

Nous pourrons esperer alors voir se relever le niveau 
des etudes de nos pensionnaires, et voir dorenavant leurs 
productions se placer an meme degre que celles de leurs 
brillanu devanciers. 



— M. le secretaire perpefuel proclame de Ja mamere 
livante le resultal des contours : 



\.\\n i. 



! questions avaieu! ete inset ■][ s au programme 
5 de la Classe pour I'annee 1887. Elles avaient p< 
objet des sujets se rapportanl a r;m-hilccture, a la gravi 
en medailles, a la peinlure et a la musique. 

f.'Academie n'a reg.u aucun memoire en reponse <i < 



( 503 ) 



Neuf cartons ont ete recus pour une frise decorative a 
placer a 5 metres d'elevalion : 

Les nations du globe apporlant a la Belgique les produits 
de leurs sciences, de teurs arts et de leur Industrie. 

Un prix de mille francs elait attribue a ce concours 
national. 
Les cartons portaienl pour devises ou marques distinc- 



N os 1. Peindiv ou t/e^siner toujours; 

2. Bramo assai, poco spero; 

3. Sapient ia; 

4. Voorwaarts; 

5. La let Ire A dans un triangle; 

6. Un double cercle guilloche; 

7. Belgique; 

9. Pour Vart. 
La Classe, raliflant la proposition unanime dela section 
de peinture, a decerne le prix a M. Joseph Middeleer, a 
Bruxelles, I'auleur du n° 4 : Voorwaarts. 



cun proje 



uravure en meaames. 
Classt des beaux-arts avait propose corame sujet le 
daillon prealable a une medailledestinee aux laureats 



PRIX DE ROME. 
Grand concours d'architecture de 1887. 

Comme suite aux resolutions du jury charge dejugerle 
grand concours d'architecture de 1887, le grand prix a ete* 
decerne, a runanimite des voix, a M. Charles De Wulf, de 
Bruges, eleve de I'Academie royale des beaux-arts de 
Bruxelles. 

Un second prix, en partage, a ete vote, egalement a 
Funanimite, a MM. Michel De Braey el Ferdinand Truy- 
man, tous deux eleves de I'Academie royale des beaux-arts 
d'Anvers. 

Une mention honorable a ete volee a M. Philippe Van 
Boxmeer, de Malines, egalement eleve de I'Academie 
d'Anvers. 



Concours des Cantates. 

Comme suite aux propositions du jury qui a juge le 
double concours des cantates devant servir de theme aui 
concurrents pour le grand prix de composition musicale de 
1887, le prix des cantates franchises a ete decerne a M. tie 
Casembroot, secretaire adjoint el bibliothecaire du Conser- 
vatoire royal de Bruxelles, pour son poeme intitule : Les 
Suppliantes. 

Le prix des cantates flamandes a ete decerne a M. J- * an 
Droogenbroeck, chef de bureau a la Direction des sciences, 
des letlres et des beaux-arts du Minislere de I'Agriculture. 
pour son poeme intitule : De Morgen. 



( 50a ) 



Gband concours de composition musicale de 1887. 

Comme suite aux resolutions du jury qui a jugs' le grand 
concours de composition musicale de 1887, \e premier prix 
a el6 decerne a M. Pierre Heckers, eleve du Conservatoire 
royal de Gand. 

Un second prix a ete vote, en partage, a M. Paul Lebrun, 
eleve du meme fitablissement, et a M. Edmond Lapon, 
d'Ostende, eleve du Conservatoire royal de Bruxelles. 



La seance a ete terminee par I'execution de la cantate: 
Les Suppliantes, poeme couronne de M. Louis de Casem- 
broot, musique (sur la traduction flamande de M. Emma- 
nuel Hiel) par M. Pierre Heckers, de Gand, premier prix 
du grand concours de composition musicale de 1887. 

Voici les noms des solistes : 

M Ue Clemence Yan de Weghe {Evadne) ; 

M'MrmaDe Jaeger {Ethra); 

M 1,e Hortense De Crozieres {Une Argienne); 

M. Paul Van Hende (T/tesee) ; 

M. Charles Wayenberghe (Adrasle). 
^ Les cliceurs ont ete chanles par les eleves du cours 
d'ensemble vocal du Conservatoire royal de Gand et les 
membres de la section chorale du Van Crombrugghe's 
Genootschap, de la meme ville. 



: 



I.ES SlFPLIAtTES 



d'ajars Ki uii'iuK ; par L. de Casembroot, secretaire adjoint 
<*t bibliotlimutv du Conservatoire royal de Bruxelles. 



i: PARTJE. 



Prete l'oreille a nos prieres, 
Toi qui viens implorer la divine Ceres, 
Dans ce temple debout au milieu des clairi 
Ou les premiers epis dorerent les guerets. 



Choeur des ineres argiennes. 

Auguste Ethra, mere du grand Thesee, 

Par les rameaux fleuris que vers toi nous levo 

Sois de toute part enlacee! 

Auguste Ethra, mere du grand Thesee, 
Abaisse tes regards vers nos tristes haillons ! 



A voir couler vos plcurs; 
Apprenez-moi qui cause vos malheui 
Et que votre vieillessc ici soit bienvenue ! 



Sous les murs de Cadmns nos fils sont tombes morts, 

i ' itrc Thebes; 

Argos plcure vaincue, et ses plus beaux ephebes, 

Sur le champ de bataille ou se pressent leurs corps, 

Gisent sans sepulture! 

Creon, roi des Thebains, au mepris de nos lois, 

Nous defend d'enlcvcr leurs resles, en palurc 



Auguste Ethra, j'invoque ta clcmence! 

Flechis ton fils au nom de la souffrance, 

Et que la terre des tombcaux 



, heroique pleiade, 



Auguste Ethra, mere du grand Thest 
Abaisse tes regards vers nos tristes ha 



Pourquoi ccs femmes etrangeres 
Par leurs gemisscmciils ont-elles disperse 
Le sacrifice a peine commence? 



iers argicns tucs par les Thcbains; 



Ton orgueil t'a perdu ! Le poids dc la dctresse 
Est Iourd au front deceux 

£t Nemesis vengercsse 
Mil au bras de Creon le cbaLiment d'Argos. 
A tes morts, je ne puis clever dos lombeaux : 

Dans la plaine, e'est Zeus lui-mcmc 
Qui coucha tes guerricrs, ainsi que des roseaux. 



( mo ) 



t'ai paschoisi pour ju< 
\c fus eoupable il est dc 
i prcparent pour moi c 






Mon fils, j'embrasse tes genoux; 

Ton rcfus ct Ion courroux 

Aux dicux scnibleront un parjure' 



(SIO) 



Leve ta Icte blanche; 

Ta pitie qui s'epanche 

Sur ccux qu'abrite cc foyer 

A fJcchi ma colcre impie. 

Adraste, mon passe <le victoire 



Thebes voudrait priv 
Puisquc ma mere mcnie, oubliant le danger, 
Fait tairc dans son cocur la voix dc la nature, 
Et m'cxhorte au combat, et supplie et conjure, 
Adraste, je vcux le vengcr! 

Honneur a toi, souticn de la detresse, 

Heros rempli de majeste! 
A jamais ton nom, par toule la Grece, 
Sera beni, sera chantc! 
Argos, 6 feconde patric, 
. O toi que les malheurs font encor plus cherie, 
Espcrc, oublie! 
Les rameaux d'olivier cucillis dans les chemins 
Qui des bords dc I'lsmene 
Ont conduit i "^ pas vers Athene 



DEUXIEME PART1E 

» toldats de Thescc mpportent. m corliqc, I 



Les feux dc la prochaine Auro 
Ne sccheront pas les plcurs de nos 
Et, dans cos licux. 



PTapprochez pas, fen 
['emplisscz point vos yeux d'un spectacle d'h 
,es paupieres des morts, par Tlicbcs profane* 



Au nom d'Argos qu'ecrase la defaite 
Et qui mit son cspoir aux mains de Fetranj 
Au nom de la patrie oil sou flic la tempete, 
Sois salue, toi qui sus nous venger! 



nom de la patrie ou souffle la tempete, 
Sois salue, toi qui sus nous venger! 
ionie funhbre est interrompue par I'apparition a"£vadne) 



Qui surgit la, sur la collinc? 
) ciel, e'est Evadnc!... Voycz, clle sincline 
Sur la flammedu Luther... 
Evadnc, pourquoi t'approcher! 
Nous fremissons d'epouvantc. 



(5« 



Pourquoi dans lcs cicux ethercs, 

Phoebe, rcpandais-lu ta lumierc mouvante. 

Quand la ville d'Argos, en des chants inspires, 

Celcbrait Thymencc 

Qui nfunissait au hcros Capance? 

Pourquoi, chastos nymphcs des bois, 

Autour de moi, vous mclicz-vous? 
Femmes, dcninin, avec des gestes dou\, 
Jetez des flours nouvelles 
Surce biicher a iaubc cteint. 
Ne pleurez pas! Puissent vos co3urs Hdeles 

Cueillcz pour moi des fleurs nouvelles! 



Adieu, pure hin.ie.e! r 
Recois mes dcrnicrs voeux el n 



s ailes de tenebres! 



Renonce a tes projets funcbres' 

e precipitant dans le bucher qui consume le corps de Capanee). 
Viens me rejoindrc a moo epoux! 



(«*) 



Horreur! Plus dY-pr-ranee ! 
Du haut du rochcr! 



Mon Lvalue, la fille que j'adore, 
Est-elle aupres du buclier?... 
Vous vous taiscz?... cruellc souffrance! 



oi qui m'entourais dc tes bras ca 
La dcrniere de mes enfants! 
Serai t-il vrai? Je t'ai perdue, 
Toi qui baisais mes blancs cbe 
Enfant a qui paraissuit din- 
La tache de fermcr mes ycux! 



(BIB) 






Puissance aveuglc qui rie laisse 
Ah! que jc tc liais, 6 vieillcsse, 



Lcs cendres de vos CIs, vicliincs des Thebair 
Conservez-lcs en souvenir d'Atlicnes ! 



Argos n'oubliera pas ton secours gencreux 
Que pour toi l'avenir soil riclie en jours b 



O toi que les malheurs font eneor plu 
Les rameaux d'olivicr ctiriJis dans les 

Out conduit | "° S pas vers Athc 
N ont pas en vain frissounc dans ( 



(SI6) 



(Vertaald door Em 

EERSTE TAFEREEL. 

Schouwplaals Elcusis, tcmpel van 



Gij, die Demcter smcckt, 't gemoed met hoop vervuld, 
Hicr rijst haar tempcl in het midden 
Van 't veld, waar ecrst hct graan bccft dorren grond verguld. 

Rel der Argivische inoeders. 



Doorluchlige Aethra, gij, Theseus n 



Mijn In r 
Wie tegen u hceft al dit ] 
grijsheid, sprcckt, gij 2 



En gislrcn, in den slag gcleverd Icgcn Thcben, 
Vcrloor, ach, Argos! Zij, die dapper strcdcn. 

De schoonc jong f, gansch bloot, 

Op 't slagveld zonder graf!... 



i begraven : ach ! en staat 



Doorluchtige Aclhra, woes nu gocdcrtieren, 
Vermurf uw' zoon, lict mcolij moct hem stieren, 
Hij schenk' dc lijken ccuwgc rust, 
Dc hcldcnlijken, die, door 't zwaard tcr dood gekust, 
Vcrlatcn liggen in Iiun bloed versmacht, 
Hier, onder H< II i - Id.iuwc iicmelpracht. 



I Theseus mocder, 



Den offerdienst, die pas begiut? 



Der Argivische krijgrrs 



Staak dit gctraan, wees opgewekt ! 
Wat eischt Athene thans van Thebt 



Adrastos ben ik, lvniin.4 .1 ■■>■ \r.;ivers, k loop 
Tot u, Theseus, 'k vraag uw hulp vol hoop, 

Verzellen mij met hun gekcrm. 
JS, machtigste aller (in.'.kni. Vorst van 't schoone Al 

Ach, onlferm, onlferm 
r onze heldcn, liggcn.l aan de zoomen der Ismene, 



De laats 



(819) 



'k Hcb u, u nict gckuziMi ;ils redit'i- u 
Indicn ikphchlig ben, de Goden. <! _ 

Bereiden dan voor nu'j dc welvcrdicndc slraf. 



Staakt sn 

Uw dicp Vcrdru 
O arme raocders, wn 
Verwijdcrt u ! on leg 
Dc grocne twijgen, a 
Neemt aarde en heme 
De fakkels van den tcmpel, ' 
Athene h 



Uw gramscliap schijnt den God 

Meiiiecd! ineineed! meiiued! 



( 520 



't Gcwccn is 


verboden... 


Bcur ' 


grijzc hoofd, 


Vw mcelij 


ij gcloofd! 


Het straalt zich uil 


door u geheiligd, 


Op hen, door dczc 


Iiaard bcvciligd; 


't Bcdaart mij 


n helschc woede; 


Adrastos, mijn berocmd verlt 


den, bindt mij blij t 






Daar, ondanks 't reel 


t, door Godcn hicr 


Thans Thcbcn 't graf wil w 


igrcn aan gcvallcn 


Daar gij, o Moedcrlk 


f, liict bangc zijt, 



Mij smeckt, bezweert ( 






Gij, gij, ons licver nog door al uw leed, 
O hoop, verged ! 
De olijven geplukt, tcr boorden dcr Ismene... 



Die} stappen vocrden 

Zij hebben niet vergeefs gcsii 



( 521 ) 
TWEEDE TAFEREEL. 



Ilct vuu 

Hct blocdig lijk 



Gij, klagcnd Joni>cfj luitaccoord 



Wc blijvcn dwalcn 
> kindren lief, in 't mocderhert. 



Ach, nadcrt nict, rampzaalge \ 
Vervult uw Llikken nict mot 't bcel 



' onze krijgers werdon ( 



Wie rijst daar op den heuvcltop? 
O God, 'I is Evadnee... zc wendt den kop 

Ten stapcl, naar dc vlani... 
Ach, Evadnee, ncen, nadcr niet... o gram! 

We siddren, schrik, schrik siaat ons lam. 

vailnee (de blikken verloren in geestvervoering). 
Waarom, in "t blauwe van den hemel, 
Phcbos straalt ge uw lichlgewemel, 

fanneer in Argos stede liefdezangen 
Luid loofden 't hvmeneus, 



In de nacht, glinstrend zaclit, 
Rond mij, vol liefdepracht? 



Bewaart mijn naam; o vr 

Plukt, plukt voor mij dai 

Zingt 't heillot, dut voor 

Dat mij beschikte ccn held, 



( 523 ) 



arwcl, rein licht, o glanzend licht, dat mij verblin 
, die nu slapcn gaat in 't rozig bed van vrce. 
aeem mijn laatsten wil, mijn laatsten adcm mde. 



Iphis dochtcr, wee! 't gcvaar is groot! 

Delf m'in u\v duisternis, o dood! o dood! 

Laal, laat uw ontwerp dwaas en snood! 
>«e (stort zich in den brandslapel, die het lijk van Kapani 
Heil! 'k vind u weder, licve cchtgenoot! 
■tcl (verscurikl door het schouwspel). 



O vrouwen, moeders, *k smeek u, 

Waar scliuilt mijn kind, mijn dicrbaar bloed? 

Cij zwijgt . .. o wri'cd kaslijdcn!... 

kind ... Gij spar toll in den glocd .. . 

O 't sterven waar mij zoct! 



( 524 ) 



Gij, die met u\v strcclcnde armen, 

,: 
Zou 't waar zijn? ccuwig zijt gc heen ? 
Gij, die door kusscn stilde niijn gewcer 
Zult mij niet de oogen sluitcn? Ncen! 
Wee! wect voor eeuwig zijt gij hecn. 



O blindc macht, o dommc kracht, 
'k DUjf drocf allecn van mijn gesiacht. 
grijsheid, 'k haat u met mccr gloed 
Dan mijncn helschen tegenspoed. 



Bekampt en stilt uw smartlijk rouwen, 
Adrastos; ook gij, Argivische vrouwen, 
Onlvangl uit mijnc hand 
Thans de assche van de zoons, gcdood door die van Theben 



Gedeuknis van Athen 



( m ) 



Gij, gij, ons liever nog door al u\v 

Och hoop, vergeet ! 

De olijven, geplukt ter boorden der Ism 

Als vredesonderpand, 
Die onze stappen voerden naar Athene, 
Zij hebben niet \orgeofs :_r,Mddenl in m 

erking. — Men moet de li 



Theseus. 
Adrastos. 
Evadnee. 



Kadmos. Jonisch. 

Theben. Phebos. 

Argos. Hymenei 



( 526 ) 



OUVRAGES PRESENTES. 



Harlez (Ch. de). — Lc texte originaire du Yih-King, sa 
nature ct son interpretation. Paris, 1887; in-8° (35' p.). 

Clausius [R.). — Theorie mecanique de la cbaleur, 2 me edi- 
tion tradtiite sur la 5 e edition de l'original allcmand, par F. Folic 
ct E. Ronkar, tome I". Mons, -1887; vol in -8°. 

Mansion (P.). — Resume du cours d'anaiyse infinitesimale 
de 1'Universite de Gand : calcul differentiel et calcul integral. 
Paris, 1887; in-8° (500 p ). 

Plateau (F.). — Observations sur unc grande Scolopendue 
vivante. Bruxelles, 1886; extr. in-8° (4 p.). 

Scli/s Jj»it]r}nti»ps (de). — Odonates de l'Asie-Mincure ct 
revision de ceux des autres parties de la faune palearctique 
(dite europeenne). Bruxelles, 1887; extr. in-8° (87 p.). 

Errera {Leo). — Pourquoi dormons-nous? Bruxelles, 1887; 
«tr.in-8-(3lp.). 

De Coninck-De Windt (C). — Lc houblon. Alost, 188/; 
vol. in-8°. 

Delvaux (E.). — Documents straligraphiques et paleonto- 
logiques pour l'etude monographique de l'e'tagc yprcsien. 
Liege, 1887 ; in-8« (20 p. etl pi.). 

— Les anciens depots de transport de la Meuse apparlenaiit 
a 1'assise moseenne. Liege, 1887; extr. in-8° (24 p.). 

— Description sommaire des blocs eolossaux de gres blanc 
cristallin. Liege, 1887; extr. in-8°(l8 p.). 

Feys (£.) et Nelis (A.). - Les cartulaires de la prevdtc de 
Saint-Martin a Ypres precedes d'une esquisse historique sur 
la prevdte, tome II, Glossaire. Bruges, 1887; in -4°. 



( 327 ) 

Wiliqnet (Camille). — Le mien et le den, causeric popu- 
late traduite de Titalien d'Aristide Gabelli. Mons, 1887; in-8° 
(95 p.). 

Van der Stricht (0.). — Recherches sur la structure de la 
substance fondamentale du tissu osseux. Gand, 1887; cxtr. 
in-8« (7 p.). 

Terby (F.). — Sur une observation dc Saturne faite a Lou- 
vnin,a l'aide de l'e'quatorialdc huit pouces deGrubb. Bruxelles, 
1887; extr. in-8" (4 p.). 

— Phenomenes observes sur Saturne. Bruxelles, 1887; extr. 
in-8-(8p.etipl.). 

Tomsaint (Le chan.). — Histoire civile et religicuse de Wal- 
court. Namur, 1887; vol. in-18. 

— Marlyre de saint Lambert, eveque de Macstrichf, drame 
en 5 actes avec choeurs. Naniur, 1887; in-12 (56 p.). 

Fort'r. — Contributions a l'etude du systeme cretacc de la 
Bi'Jgique, 1 : Sur quelques poissons et crustaccs nouvcaux ou 
pen connus. Liege, 1887; extr. in-8° (34 p. et 2 pi.). 

Houze (Le D r E.). — Comparaison des indices cephalome- 
triquc et craniometrique. Bruxelles, 1887; extr. in-8° (II p.). 

— Description d'un squelette d'Hindou. Bruxelles, 1887; 
extr. in^ (16 p.). 

Cornell (Rene) et Mitssely (Pierre). — La galcrie des 
machines, la galcrie internationale du travail, lelectricite et 
le concours international de la traction meeanique a l'Exposi- 
tion universelle d'Anvers, 1885. Bruxelles, 1887; vol in-folio 
d"0 pages, illustre). 

Terf've (Oscar). — Recherches sur la spermatogenese chcz 
A^ellus Aquaticus. Bruxelles, 1887; in-8° (26 p. et 5 pi.). 

Dupriez (Leon). — La liberte de reunion. Bruxelles, 1887; 
vol. in-8 . 

Ronkar (£.). — Note sur les oscillations d'un pendule pro- 
files par le deplacement de l'axe de suspension. Bruxelles, 
»887; in-8' (18 p.). 



( m ) 

D'Hoop {Henri). — La Flandre orientalc et ses anciennes 
archives. Alost, 1886; vol. in-8° (256 p.). 

Soignie (Jules de). — Les mauvaises langues. Brainc-le- 
Comle, 1887; vol. in-8°. 

Lagrange (Ch.). — Metbode pour la determination des paral- 
laxes par des observations continues. Bruxelles, 1887; extr. 
in-4° (85 p.). 

. Heymans (J.-F.). — Etudes experimcntalcs sur le curare ct 
le manganese. Bruxelles, 1886; extr. in-8* (42 p.). 

Uurggraeve [Le D r ). — Concours Guinard,4 me edition. Gaud, 
1888;in-12(490p.). 

Fraipont {Jules) et Lohest {Max.). — La race humaine de 
Neanderthal ou de Canstadt en Belgique : Recherches clbno- 
graphiques sur les ossements humains decouverts dans los 
depots quaternaires d'une grotte de Spy, et determination de 
leur age geologique. Gand, 1886; extr. in-8° (170 p.). 

Caisse generate d'epargne et de retrailc. — Premier rap- 
port : propositions relatives aux bases a employer dans le 
calcul des tarifs (Mahillon). — Tarifs de la Caisse de retrailc 
(Maurice Anspach). — Nouveaux tarifs des rentes viageres 
(Mans et Mahillon). Bruxelles, [1887]; 5 cah. pet. in-folio. 

Saciefe (Fart et d'histoire du diocese de Liege. — Bulletin, 
lomesMV. Liege, 1881-86; 4 vol. in-8\ 

Conseils provinciaux. — Proces-verbaux des seances de 
I'mmec 1886. 9 vol. in-8«. 

Cercle archeologigue d'Enghien. — Annales, t. Ill, 1"livr 
Bmiix-lr-Comte, 1887; in-8". 



( 529 ) 



:-Hongrie. 



Winkler (Clemens). — Mittheilungen Tiber das Germanium. 
Leipzig, 1887; extr. in-8°(52 p.). 

Schum (Wilheim). — Beschrcibendes Verzeichniss der 
amplonianisehen Handschriften-Sammlung zu Erfurt. Berlin, 
i887; vol. in-8°(HOp. et 2 pi.). 

Schlesische GeselLschaft fur vaterliindische Cultur. — 
64. Jabres-Bcricht. Breslau; in-8°. 

t- Zacharias Allerts Tagebuch aus dem Jahre 1627. 
Breslau, 1887; in-8°. 

Senckenbergische naturforschende Gesellschaft. — Bericlit, 
1887. Francfort-s/M.; in-8°. 

Sternwarle zu Prug. — Beobachlungen im Jahre 1886. 

Verein der preussischen Rheinlande, Bonn. — Verband- 
Iniiiien. 2i. Jahrgang, 1. ln-8°. 



i niversite de Giessen. — Theses et dissertations, 1880-87. 

I'hijsiknlisrher Verein zu Frankfurt am Main. — Jabr 
ericht, 1885-86. In-8°. 

Hislorischer Verein fur Sleiermark. — Beitrage 22. Jahr- 
»ng.~ Miuheilungen, 35. Heft. Gratz, 1887; in-8°. 

Akademie der Wissenschaften, Wien. — Philos.-histor. 
"asse: a) Sitzungsber., Bd. CX1I, CXIII, CX1V, I. b) Denk- 

hriften, Register zu dem Biinden XV-XXXV. — Mathera.- 
«turw. Classe : a) Sitzungsber., I. Abth., 1886, 4-10; II e Abth., 
886, 5-10; 1887, 1,2; III" Ablh., 1886, 1-10. 6) Denkschrif- 
*< Bd. 51 und 52. — Archiv fur Kundc, Bd. 68, 2; 69 
nd 70. 



(330) 



Reijnaerl {Aug.). — Histoirc de la discipline parlemcntnir, : 
regies el. iim^in ii('sas-i'iij|)|( : c> politique:* des doux mondes, cle. 
tomes I et II. Paris, 1884; 2 vol. in-8°. 

Him (G.-A). — La thermodynamique ct l'etude du travail 
chez Ies etres vivants. Paris, 1887; extr. in-4° (30 p.). 

— Construction et emploi du metronome en musiquc. Paris. 
1887; extr. in-4«(8p.). 

— Theorie et application du pendule a deux branches. 
Paris, 1887; extr. in-4° (46 p.). 

Durget (L.). — Des cubes solides, de Ieurs aretes et de leors 
racines numeraires. En outre, precedes pour la dc tri ttio i I 
phylloxera. Enfin, soins hygieniques a donner au besoin a sa 
same. Audi, 1 887 ; in-4° (20 p.). 

Les fetes jubilairesde l'abbaye de Saint-Pierre de Solesmc*. 
'J, 10 et 1 1 juillet 1887. Solesmes, 1887; in-8° (GO p.). 



Grande-Bretagne et Colonies biutanniques. 

Royal Society of Edinburgh. — Transactions, vol. XXX, I, 
1882-83. In- 4°. 

Meteorological Service of Canada. — Report, 1884. Ottawa. 
1887; in-8". 

Statistical office, Sydney. — Handbook to the statistical 
register of New South Wales, 1886. Sydney, 1887; vol. i»-8 # 

Churchill [John Francis). — First and second report. ... free 
Dispensary for consumption. Londres, 1886-87; 2 br. in-8*. 

Mueller (Baron von). — Eucalyptographia, decade 8-10. - 
Iconography of australian species of acacia, decade 1-4. Mel- 
bourne; 5 cah. in-4°. 






(531 ) 

— Key to the system of Victorian plants, II. Melbourne, 
l88S;™Lin~i8(60p.eH52fig.). 

Royal Society of Canada. — Proceedings and transactions, 
1886, vol. IV. Montreal, 1887; vol. in-4°. 

Transit of Venus, 1882 : Report of the Commiitee appoin- 
ted by the British Government. Londres, [1887]; pet. in-folio 

(88 p.). 



Giovanni ( V. di).— \ documenli deli' archivio di Barcelona 
c il ribcllamenlo di Sicilia contro Re Carlo, nel 1282. Bologne, 
1887;in-8"(lGp). 

— L'apologetica caltolica e gli studii elnografici, storici, 
arcbcologici conlcmporanei. Palcrme, 1887; in-8° (80 p.). 

Osservalorio di Brcra in Mila.no. — Pubblicazioni, n° 32. 
Triangolazionc di Milano. In-4°. 

Comitate geologico d ! Italia. — Bollellino, 1886. Rome; 

Sociela reale di JVapoli. — Rendiconto... scienze fisiche e 
malematiche, XXV, n°* 4-40, 1885-86; in-4°. 

Actademia di scienze... Modem. — Memorie, tomo XX, 3; 
scrie 2, tomo IV. 2 vol. in-4°. 



Pays-Bas i 

Perron (Eug.). — Etude snr la catastrophe de Hugsstetten, 
survenue a un train de plaisir de Fribourg a Colmar, le 5 sep- 
Icmbre 1882. Luxembourg, 4885; extr. in-8° (46 p.). 

— Memoire snr le calcul et la construction des polygones 
'•eguliers. S. 1. ni d.; extr. in-8° (22 p., \ pi.)- 



(S52) 



Kammermann {A.). — Resume meleorologique de l'annce 
1886 pour Geneve et le Grand Saint-Bernard. Geneve, 1887; 
in-8". 

Lindelo[(L.). — Trajectoire d'un corps assujetti a se raou- 

terrcstre. Helsingfors, 1887; in-4-> (GO p., 1 pi.). 

Turreltini (Th.). — Prix courant de la Societe pour la con- 
slruction d'instruments de physique. Geneve, 1887;in-8°. 

Societe khedivale de geographic — Bulletin, 2 me serie, 
n 0i 10 et H. Le Caire, 1887; in-8°. 

Societe d'histoire de la Suisse romande. — Memoires et 
documents, scconde serie, tome 1. Lausanne, 1887; vol. 

Tifliser Observatorium. — Magnelische beobachlungcn, 



TABLE DES MATIERES 



• Restitution a M Laii 



rthropodes (premiere partie) — a. Rdsumd des trntaux e/fec 
t'en 1881 sur la .structure el le fondionnement dcs yd. 
. Vision chez les Myriopodes ; par Felix Plateau 



,, _ .<, nt, ■(• ; 



en langur f:aiie.iNe. Me, 



W'-«i 9 u«l; note par Alpti 



iVoin de Au bens 



iciens demandes pour le Musee des Offices, a Florence 



serie de Bulletins formant le resultal des 
der Straeten — Remerciemenls de M. J. Mk 
d'art applique - M. Kdm. Mairhal mi.H [•• 



\CADEJIli; ROYALE DE BELGIQTE. 

BULLETIN 

DE 

L'ACADEMIE ROYALE DES SCIENCI 

DES 

LETTRfcS KT DES BEAUX-ARTS DE BELGHjlt. 

5o* cwMice, S* 6etie, tome \k 



11. 



F. HAYEZ 



L'ACADEMIE ROYALE, 

Rue de Louvain, 108. 



BULLETIN 

l/ACADEMIE ROYALE DES SCIENCES, 

LKTTRES KT DES BEAUX-AKTS DE BELGIQLE 

1887. — No 41. 

CL.lSSE IIES SCIENCES. 



M. J. De Tjlly, direcleur, president de I "Academic. 

M. Liagre, secretaire perpetuel. 

Sont presents : MM. Fr. Crepin, vice-directeur ; J.-S. 
Stas, R-j. Van Beneden, le baron Edui. de Selys Long- 
champs, J. C. Houzeau, G. Dewalque, H. Maus, E. Cau- 
deze, Ch. Monligny, A. Brialmout, Ed. Van Beneden, 
C- Malaise, F. Folie, A I ph. Briart, F. Plateau, Ed. Madly, 
Cb. Van Bambeke, Alf. Gilkinet, G. Van der Mensbrugghe, 
W. Spring, Louis Henry, M. Mourlon, membres; E.Catalan, 
CI), de la Vallee Poussin, associes; J. Delboeuf, L. Fredericq, 
J--B. Masius, Paul Mansion, A. Benard, P. De Heen et 
C Le Paige, correspondants. 

^ me SElllE, TOME XIV. 56 



CORRESPOM»A.\a:, 



La Classe prend i 

4°*de Gustave Kirchhoff, Tun de ses associes de la sec- 
tion des sciences mathematiques et physiques, decede a 
Berlin le 47 octobre dernier, a I'age de 63 ans; 

2° de Spencer Fullerlon Baird, secretaire de la Smithso- 
nian institution de Washington, decede a Woods Holl (M ets ), 
le!9aoul dernier; 

3° du conseiller Antonio-Augusto d'Aguiar, president 
de la Soeiele de geographic de' Lisbonne, decede le 4 sep- 
tembre dernier, a Page de 49 ans. 

— M. le Ministre de J'Agriculture, de 1'Industrie et des 
Travaux publics demande I'avis de la Classe sur la requete 
de M. Pergens qui sollicile de pouvoir occuper, pendant 
1'annee 1888, la table de la Station zoologique, a Naples, 
affeclee aux Beiges. — Renvoi a MM. Van Beneden, pere 
et his, et Plateau. 

— Le meme Ministre adresse, pour la Bibliolheque de 
I'Academie, le tome VII des Annates du Cercle hulois des 
sciences et des beaux-arts. — Remerciements. 

— M. le general lbanez, associe de la Classe et president 
de rinslitut geographique et statistique de Madrid, oflre 
plusieurs livraisons de la Carte topographique de I'Espagne 
au 4/50.000*. 

M. Je lieutenant-colonel Hennequin, directeur de l'in- 
stitut carlographique mililaire beige, adresse, au nom de 
M. le Ministre de la Guerre, deux exemplaires du premier 



V 



l r;35 ) 

fascicule tin tome VI de la Triangulalion du royaume de 
Belgians. 

Ce fascicule se rapporte aux observations astronomiques 
faites a Hamipre, en 1884, par M. le capitaine adjoint 
d'etat-major Delporte. — Remerciements. 

— M. E. Ducretet, a Paris, adresse une note manuscrite 
sur un Enregistreur mecanique et automatique des sighaux 
transmit! par les telegraphes et par les projecteurs optiques. 
— Depot aux archives, le reglement s'opposant a ce qu'il 
soit emis un avis sur des travaux deja communiques a 
d'autres corps savants. 

— L'auteur du memoire portant la devise : Humeri 
reguni mundum, envoye eir reponse a la question du con- 
cours de I'annee actuelle se rapportant a Yecoulement 
Uneaire des liquides, demande a rentrer en possession de 
son manuscrit. — La Classe prononce I'ordre du jour sur 
cetle demande, qui est contraire au reglement. 

— Les travaux manuserits suivants sont renvoyes a 
I'examen de commissaires : 

I s Etudes sur I'aspect physique de Jupiter (2 e partie). 
Observations faites a Louvain, a la lunette de Secretan, de 
1882 a 1885, par F. Terby (avec 5 planches). — Commis- 
saires : MM. Houzeau, Folie et Liagre; 

2° Les plans planetaires et Cequateur solaire; par 
U Niesten. — Commissaires : MM. Folie et Liagre; 

5° On Forecasting the weather; par B.-J. Jenkins, 
(avec i planche). — Commissaire : M. Houzeau; 

4 ° Sur la nature minerale des silex de la crate de 
^oitKelles, et contribution a Vetude de leur formation; 
Par A. Renard et C. Klement. — Commissaires : MM. de 
[ a Vallee Poussin et Briart. 



( 556 ) 

— Hommages d'ouvrages : 

1° Observations sur les moeurs du Blaniulis Guttl- 
latus Bosc; par F. Plateau; 

2° L'apophyse styloide du troisieme melacarpien cliez 
I'homme; par ff. Lehoucq; 

5° Theorie (uuili/tifjin <!e.- mouvements des satellites de 
Jupiter^* partie); par L. Souillart. — Remerciements. 

— La Classe donne mission a MM. P.-J. Van Beneden, 
Folie el Fredericq de la represenler a la celebration du 
soixanle-dixieme anniversaire du I) r Donders, associe de 
PAeademie, qui aura lieu a Ulrcchl le 27 mai 1888. 

— Sur la demande de M. Van der Mensbrugghe, pre- 
mier rapporteur, M. Ferron sera remis en possession de 
son travail intitule : Sur I'insuflisance du sysleme suici 
par Cauchy (theorie de la lumiere), etc., afin que Pauteur 
puisse le modifier s'il le juge necessaire. 



Action des acides sur legout; par J. Corin. 

Hap/tot'l rfe .n, Delbvetif, prriitiet' con*it*>*»aire. 

« Apres avoir fait cette remarque generate que les a 
out tous le gout acide, M. Coi in s'cst applique a rechei 
quelle relation il pouvait bien y avoir enire ce goul 
composition cbimique. II est arrive a ce resullal cui 
que Pacidile sensible croilrait awe la quantite iPbydio 
basique renferme dans la molecule acide, et decro 
avec le poids meme de la molecule. 



( 837 ) 

It n'etablit d'ailleurs — el c'tst avec raison — aucune 
relation numerique precise entre les deux termes com- 
pares. 

Rien de plus delicat que les problemes qui se raltachent a 
la mesure des sensations. On pent s'en convaincre en lisant 
les innombrables travaux, sou vent contradictoires, sur 
la mesure des sensations lumineuses, qui sont, sans con- 
tredit, les plus favorables a ^experimentation. Mais, de tous 
les sens, le gout est, avec I'odorat, celui qui 1 is i offre le 
moins de prise, et les tentatives faites jusque dans ces der- 
niers temps pour Ten rendre justiciable, sont loin d'etre 
pleinement satisfaisantes. 

Le travail de M. Corin constitue un essai heureux ct ori- 
ginal, qui, perfection^, pourra fournir des resullats plus 
precis. 

L'auteur a saisi d'emblee les diflicultes de la question, 
et son travail commence par le detail des precautions a 
prendre pour experimenter avec toute la rigueur possible. 
Seulement il ne nous dit pas qu'il a ete seu! a faire ses 
degustations, et c'est la un point important a signaler. II 
e st done possible qu'un autre, en appliquant la meme 
methode, arrive a une autre classification des acides au 
Point de vue de I'acidite. Qui sail? en maliere de gout, il 
se revelerait peut-elre des diflerences personnelles, comme 
en fait de couleurs. 

Provisoirement done, les resultats que M. Corin nous 
,Vre n e sont garantis que par !ui, et celui qui voudrait les 
controler devrait commencer par faire sa propre education, 
comme lui l'a faite. II me parait necessaire que lememoire 
■nstruise le lecteur de cette circonslance. 

M.Corin designe les degres d'acidite par des termes assez 
vaguesen eux-memes : tres acide, acide, assez acide, peu 



( 538 ) 
acide, limonade, douteux, faible, mil. II devrait et pourrait 
arriver a une lerminologie plus precise. Pour apprecier le 
degre d'acidite de ses differenles solutions, il lesgoutait 
i'une apres I'autre, et les rangeail dans Pordre du plus ou 
moins. Mais ceci n'est pas dil dans le memoire, et il faut 
le deviner. II se servait done de la melhode des differences 
finies. S'il nous donnait un seul tableau des essais aux- 
quels il s'est livre pour arriver a obtenir sa classification, 
nous pourrions nous faire une idee claire de ce que peul 
' etre une echelle d'acidite. II parait qu'il s'etait exerce au 
point de ranger toujours dans le meme ordre les solutions 
qu'il eprouvait. Ce qui semble indiquer que les differences 
elairnt suflisammenl sensibles. 

Partant de la, on concoit qu'il y aurait peut-etre moyen 
de classer les differents acides au point de vue de Pacidite, 
en les rapportant a de^ di £ d'un meme 

acide type. C'est ainsi que les essayeurs de matieres dor 
et d'argent apprecienl les alliages. 

II est vrai que, d'apres M. Corin, il serait plus difficile 
de juger d'une equivalence que d'une difference. Cependant 
Pessai dont il nousdonne un specimen devrait, ce semWe, 
l'encourager dans celte voie. Ayant par deux fois obtenu 
des solutions d'acide chlorbydrique el d'acide sull'urique, 
sensiblemenl les memes au gout, et les ayant neutralism's 
par de la soude, il est arrive les deux fois au meme rap- 

de soude respeclivement employees. 

Ce serait le cas de recourir a la melhode connue en 
psychophysique sous le nom de melhode des erreors 
moyennes. Ce pourra etre la matiere a recherches ulle- 



En i 



( 539 } 

Je propose done l°d'inserer le travail dans le Bulletin de 
I'Academie, apres que l'auteur I'aura complete dans le sens 
des observations precedentes, et en aura fait disparaitre 
des negligences de redaction qu'on y rencontre, surtout 
dans l'enonce des theoremes; 

t° De voter des remereiements a l'auteur, en l'invitant 
i i.-oiuiuuer ses recherches. » 



« Pour aucune categoric de substances sapides, ies 
relations qui peuvent exister entre le gout et la fonction 
chimique ue paraissent aussi evidentes que pour Ies acides. 
Tous Ies corps, acides an point de vue gustatif, le sonl 
aussi au point de vue chimique; comme si certaines'ter- 
minaisons nerveuses de la langue etaient le siege d'une 
aflinite speciale pour Ies acides. 

Ainsi que le fait remarquer l'auteur du travail que 
nous analysons, le bout de la langue peut remplacer le 
tournesol quand il s'agil de decider si la molecule d'un 
compose soluble contient de l'hydrogene basique, e'est- 
a-dire remplacable par un metal; mais il est incapable de 
uiscerner a quelle espece d'acide apparlient cet hydro- 
gene. En effet, la plupart des acides ont identiquemenl le 
meme gout : I'intensite seule de la saveur varie. 

Jusqu'ou va cette relation entre Taction gustative et la 
'onction chimique? L'une peut-elle servir de mesure a 
•'autre? En d'autres termes, I'intensite de la saveur des 
diflerents acides est-elle en rapport avec le poids de 
Ihydrogene basique qu'ils contienuent, ou, ce qui revient 



(540) 

au memo pour la plupart d'entre eux, avec la quanlite 
absolue de soude qu'ils sont capables de neutraliser? 
Telle est la question que M. Corin a cherche a resoudre. 

II a compose, avec les acides chlorhydrique, nilrique, 
formique, acelique, etc.,des limonades contenant la meme 
quantite d'hydrogene basique et il est arrive, en les gou- 
tant, a un resultat tout a fait inallendu : ces solutions, 
equivalents au point de vue chimique, ne le sont pas au 
point de vue du gout. Une molecule d'aeide chlorhydrique 
(c'est-a-dire une quanlite d'aeide chlorhydrique propor- 
tionnelle au poids moleculaire) exerce sur la laugue une 
action plus forte qu'une molecule d'aeide nitrique; celle-ci 
a son tour est plus acide au gout qu'une molecule d'aeide 
formique ou d'aeide laclique, etc. 

En classant les acides de meme basicite d'apnJs rinten- 
site de la saveur acide de leur molecule, M. Corin est 
arrive a ce second resultat curieux, que la saveur d'une 
molecule d'aeide est d'autant plus forte que celte mole- 
cule est plus legere. L'action qu'un atome d'hydrogene 
basique exerce sur la langue est done d'autant plus 
marquee que la molecule dont il fait partie a un poids plus 
faible. 

Si cette proportionnalite etait rigoureuse (point que 
M. Corin n'a pas resolu), il en resulterait cetle conse- 
quence curieuse que, pour composer des limonades ega- 
lemenl acides au gout, en partant de solutions d'HCl, 
HN0 3 , H 2 C0 5 , etc., equivalentes comme acidile au point 
de vue chimique, il faudrail prendre de chacune de ces 
dernieres solutions une quantite proporiionnelle au poids 
moleculaire de I'acide considere, et diluer chaque fo:s 
au meme volume d"e£UJ. Si Ton partail de poids absolus de 
HCI, HNO3, H 2 C0 5 , il faudrail prendre de chacun de ces 



, 54! j 

acides un nombre do grammes ou cle centigrammes pro- 
porlionncl au carre du poids mojeculaire et dissoudre 
dans ie me'me volume d'eau, pour avoir des limonades 
equivalentes au gout. 

Je me hate d'ajouter que les tableaux d'experienccs de 
M. Corin ne concordent pas bien avec la loi de propor- 
tionnalite rigoureuse, telle que je l'ai supposee un instant. 

Daulres facteurs que Ie poids moleculaire interviennent 
sans doute pour determiner Tintensile de la saveur aigre- 
letle d'un alome d'hydrogene basique. 

J'ai I'honneur de me rallier aux conclusions formulees 
par mon savant confrere, M. Delboeuf. » 

Les conclusions de ces deux rapports out ete adoptees 



Observations physiques de Satume faites en 1887; 
par Paul Stroobant. 

Happofl tie M. F. Folic. 

« M. P. Stroobant, aslronome amateur tres zele, connu 
par plusieurs publications interessantes inserees au Bul- 
l *lin, a fait avec soin, du 27 Janvier au 20 avril, des obser- 
vations physiques de Saturne et de son anneau. Elles sont 
resumees dans Ie travail que I'auleur soumet a I'Academie, 
et dont le teste sert d'eclaircissement a la planche qui 
'accompagne. 

Les fails les plus intercssants signales par M. Stroobant 
wnt les suivants. Les fameuses divisions d'Encke et de 
s, uve paraissent sujettes a de tres grands changements 
M ,i: mta la netJete avec laquHle on les apercoit el quant a 



( 542 ) 

la position qu'elles occupent. C'est ainsi que le 9 et le 
12 fevrier, la separation d'Encke semble di\ iser en parties 
egales I'anneau exterieur A, alors que le 4 avril, l'obser- 
vateur la voit lout pres de la division Cassinienne. Meme 
remarque quant a la division de Struve; celle-ci est beau- 
coup plus rarement visible, et, lorsqu'on I'apercoit, c'est 
souvent sur une anse seulement. D'ailleurs, jusqu'ici aucun 
observateur n'a pu la voir distinclement sur toute la pot- 
lion visible de I'anneau C. Les dentelures que H. Stroo- 
bant nous montre a differenles reprises, empielant sur 
I'anneau A com me des eclaboussures parlanl de la division 
Cassinienne, meritent de fixer rattention, ainsi que les 
cbangements dans Failure de I'ombre du disque sur I'an- 
neau et les modifications profondes des bandes qui recou- 
vrent la surface. 

L'ensemble des descriptions et des dessins de M. Stroo- 
bant nous montre que nous sommes bieii loin d'une 
explication complete du brillant phenomene admire dans 
Salurne. Assureraent I'etat de I'atmosphere joue un grand 
role dans les resultals observes, la limpidile et le calme de 
I'air, le voisinage de la Lune doivent exercer de I'influence. 
Nous savons aujourd'hui que, sous un ciel tres pur, les 
raies de la chromosphere apparaissent brillantes en dehors 
de toute eruption, ma 



lees, par exemple, 


I'extinction de la division d Each 


alors que la division 


de Struve etait apparenle, etablisser 


Texistence d'aulres 


causes. II faul remercier et encourage 


ceux qui, possedan 


t un bon crayon comuie M. Sirooban 



ont la patience de dessiuer lidelement les changemt 
d'etat que Salurne et son anneau presentent dans un 
telescope. Us contribuent ainsi non seulement a etendr 
champ de nos connaissances relativement a cette plan 



(845) 

mais a faire avancer la solution du probleme cosmique el 
' mecanique de I'anneau. 

Je propose done bien volonliers a la Classe 1'insertion 
du travail de 84. Stroobanl ainsi que de la planche qui y 
est annexee, dans lu Bulletin do la seance. » 

M. Houzeau, second cominissaire, ayant adhere aux 
conclusions qui precedent, elles sont rnises aux voix et 
adoptees par la Classe. 



Sur la theorie de ['involution; par Francois Deruyts. 



« Le travail dont j'ai l'honneur de presenter l'analyse a 
la Classe est la suite naturelle de celui que M. Deruyts a 
presentea I'Academie dans la seance du 6 aout dernier. 

Apres avoir rappele la melhode dont il fait usage pour 
representer les involutions unicursales dans un espace E B 
a w dimensions, I'auteur fait observer que le point de cet 
espace qui represent une involution J^ peut aussi elre 
1 "on.sidi'i-o eomme I'image d'une forme algebrique. 

U courbe normale devient alors le lieu des points qui 
represenlent des formes binaires, puissances exactes. 

Lorsqu'il s'agit d'une forme d'ordre inferieur a n, n — p, 
par exemple, la meme representation a lieu, et il corres- 
pond, a la forme donnee, un espace E p . 

^'interpretation dont il fait usage permet a I'auteur 
<lenoncer et de demontrer simplement des theoremes dus 
a M. Uosanes. 



( Ul ) 

Reprenant les resultats de son elude anlerieure, le jeune 
doeteur oblient certaines proprietes des elements neutres 
d'involutions superieures; nous pourrons faire observer, 
en passant, qu'il retrouve, par une methode diflerente, un 
des theoremes que nous avons enonces dans une r^cente 
communication. Je me hate d'ajouter que M. Deruyts 
n'avait pas connaissance de ma petite note et que d'ail- 
leurs, tout en generalisant et completanl mes resultats, il 
enonce d'aulres proprietes qui decoulenl immediatement 
de ses procedes. 

Au surplus, il fait usage de ces proprietes pour etablir 
rexislence de formes canoniques simples pour 1'equation 
des involutions superieures, et pour demontrer certains 
the*oremes generaux de reduction a des formes normales 
d'un systeme de formes algebriques binaires. 

Ces theoremes comprennent, comme cas fort particu- 
lier, les resullals sur la reduction d'une forme binaire a 
une sooiine de puissances n obtenus parM. de Paolis. 

Cctle courle analyse permettra, je pense, d'apprecier 
linteret que presentent les recherches de M. Fr. Deruyts, 
el justiliera, je I'espere, la proposition que je fais a la Classe 
d'ordonner I'insertion de son memoire dans le Bulletin de 



Ces conclusions, appuyees par iM.LMansion, 
nissaire, sonl mises aux voix et adoptees pai 



la Clasi 



(545) 



COMMUNICATIONS ET LECTURES. 



Recherchis vxperimentales sur la vision cliez les Art/iro- 
podes (deuxieme par lie). — Vision chez les Arachnides; 
par Felix Plateau, menibre de 1'Academie royale de 
Belgique, professeur a I'Universite de Gand, elc. 

La premiere parlie de ces recherches (1), consacree a la 
vision chez les Myriopodes, conceruait des etres d'un lype 
tres primitif, lucifuges, comparables, pour les habitudes, 
aux Articules cavernicoles et fort inferieurs, par le deve- 
•oppemenl incomplel des faculles instinctives ainsi que par 
•'absence totale d'industrie, a un grand nombre d'Arlhro- 
podes niieux doues. 

Dans la deuxieme par tie actuelle, qui traite des A radi- 
ces, il s'agit aussi d'animaux voisins, par I'organisation, 
des Arlhropodes anciens, mais dont les moeurs sont loin 
detre reslees uniformes : les uns, corame les Scorpio- 



( 546 ) 
nides, vivent encore a l'abri du jour et, ainsi qucnous le 
verrons, doivent compter surtout sur le hasard pour se 
procurer de la nourriture; d'autres, comme la pluparl des 
Araneides, tendent des pieges aux fnsectes; enfin, dans ce 
dernier ordre, les represenlants de famille entieres recher- 
chent la lumiere et se livrent a de veritables chas.°es; ce 
sont naturellement eeux dont les instincts el les percep- 
tions visuelles ont atteint le developpement le plus eleve 
qu'ils pouvaient acquerir dans cette categorie d'Articules. 

Les experiences sur la vision devaient done donner et 
donnent, en eflet, des resultats un peu differents suivant 
les types etudies. C'est pour ce motif, qu'au lieu d'essayer 
de formuler des conclusions generales a la Hn de cette 
etude, j'ai preiere rediger des conclusions speciales pour 
les trois groiipes distincts des Araneides, des Scorpionides 
et des Phalangides. 

Les figures i et 2 de la planche I (premiere partie) 
representant la structure d'un d'ceil posterieur d'Araignee, 
et les figures 3 et 4 de la meme planche, quoique se rap- 
portant a I'ocelle des Insecles, permetlant de comprendre 
aisement I'organisation des yeux simples a batonnets ter- 
minaux, je prie le lecleur d'y jeter un coup d'ceil avant 
d'aborder I'examen du present travail. 

Entin, celui-ci etant une suite, les numeros des cha- 
pitres et des paragraphs continuent les series com- 
mencees dans la premiere partie. 



(847) 



§ 9. — Considerations generates. 

J. Mailer (1) altribue aux Araignees une vue nette a 
courte distance, et Lacordaire (2), qui emprunle peut-etre 
ses renseignements au precedent, dit ia rneme chose pour 
I'ensemble des Arachnides. 

Duges (3) fail probablement allusion a la Mygale 
maconne (Cleniza coementariaj qu'il connaissait bien, 
lorsqu'il s'exprime ainsi : « Si une Araignee rentre dans 
J> son trou a l'approche de I'homme, meme quand il est 
» encore eloigne de pres d'une toise (environ deux 
» metres), il n'est pas besoin, pour expliquer ce fail, de 
8 l»i supposer une vision distincte jusqu'a cette distance, 
» mais seulementla perception des masses » (4). 

Rappelons, en outre, que c'est Grenadier (5) qui 



. Zur vergleichendcn Physiologie des Gesich, 
der Thierc, p. 555, Leipzig, 1826. 

Aiut. lutrotluctioii a I'vnlomologie, t. II, p. ! 



t oi8 j 
decouvrit le curieux dimorphisme des yeux des Ara- 
neides : les balonnets etant situes anx extremiles des 
ommatidies dans les uns (yeux medians anterieurs 
d'Epeira, par exemple) et plus profondement dans 
d'autres (yeux medians poslerieurs d'Epeira, etc.); les 
elements retiniens etant aussi plus petits et plus serres 
dans les yeux a batonnels terminaux, plus larges el 
moms nombreux dans les yeux a corps bacillaires pro- 
fonds. 

Sans admettre immediatement avec Grenacher (J) que 
la vision doil necessairemeut etre plus nelle avec les yeux 
de la premiere calegorie, ce qui serait, du reste, presque 
impossible a conslaler, nous pouvons raisonnablement 
supposer que les deux formes d'organes out des roles 
legerement differenls. 

La se reduisent a peu pies les hypotheses generales sur 
la fonction visuelle des Araignees. Les observations spe- 
ciales soul consignees ci- lessons. 





§ 10. — A Hides. 


(Genb 


s : Salticus, Epiblemum, Alt us, etc.) 


Ce groupe, ti 


es remarquable par ses moeurs, se con 


pose de pe tiles 


Araignees chasseuses se promenant 


jour sur les murailles, la surface des rochers, le tronc tit 


arbres, a la recherche des Insectes et fondant sur leu 


victime en exec 


taut un bond. 


Nous so mines 


obliges d'v ranger les Arunenles indete 



(849) 

rainees, donl les auteurs parlenl en employant la denomi- 
nation d'Araignees sauteuses. 

Toutes ont les yenx medians anterieurs plus grands 
que les auires, parfois enormes (pi. Il, fig. 1); leurs allures 
curieuses onl attire I'attention des longtemps (1). 

Treviranus (2), puis des naturalistes plus modernes (3), 
ont doue les Attides d'une adresse et d'une precision dans 
la capture des Insecles que l'observation attentive ne con- 
tirme guere. Duges (4) est a peu pres exact lorsqu'il dit 
<|ue les Saltiques « ne poursuivent leur proie qu'a la dis- 
• tance de quelques pouces », et E. Simon (5) rend bien 
certaines attitudes dans la phrase suivante : < I'Atte reste 
» souvent a la meme place pendant des heures entieres, 
» lournant de temps en temps sur elle-meme et sou- 
» levant son grand corselet pour agrandir son horizon 
» visuel » ; mais c'est a Fr. Dahl, a Aug. Forel, a 
C-B. Lyster et a H.-F. Hutchinson, que Ton doit les 
renseignements les plus precis. 

D'apres Dahl (6), VAtlus arcuatus. CI. constate la pre- 
sence d'une petite mouche {Homalomyia canicularis) 



v oyez, par exemple, Clerck. A rami suecici, p. i to, Stockholm, 

1 Treviranis. Bioiogie odcr Philosophic der lebenden Nalur, 
«, p. 444, Gottingen, 1822. 

1 Lisez a cet egard : Brehm. Les Insecles, traduction de Kiinckel 
culais, t. II, p. 751, Paris, 1882. 
LHges. Traite de physiologie, etc., op. cit., p. 322. 

I>aiil. Versueh einer Darstellung der psychischen Vorgdnge in 
H'lnueit ; Virt.fjahi -.chiift f. Wisst nsehafll. PliiJosophie, pp. 94, 
x . ', 1884). 

^ me SF.HIK, TOME XIV. 57 



( 550 ) 
a 20 centimetres (1); cependant la distance doit etre 
reduite a i */ 2 et meme a i '/* centimetre pour que 
I'Araignee bondisse sur sa proie. l/ingenieux auleur, 
desirant determiner la limite de vision dislincte de l'Ara- 
neide en question, lui presenta un petit Hjmenoplere 
{Hyloeus morio) differant peu en forme el en volume du 
Diptere precedent. L'Alle s'approcha jusqu'a 2 centi- 
metres, puis recula aussilot. 

Meme resultat avec un Diptere bymenopteriforme, la 
Cheilosia prwcox, puis avec une boulelte de papier de la 
grosseur d'une mouche, suspendue et deplacee a l'aide 
d'un iil fin. L'Araignee recula chaque fois lorsqu'elle ne 
fiit plus qu'a 2 centimetres environ de l'objet. 

Dahl cite aussi le cas d'un Epiblemum scenicum qui 
semblait remarquer les deplacements de I'observateur 
a 50 centimetres de distance. II ne s'agit evidemmenl ici 
que de la perception des mouvemenls el non de la vision 



distincte d'u 


n objet determine. 




J'arrive ai 


ix faits constates par Forel (2) : 


« Lorsqu'on 


» observe, < 


lil-il, une petite Araignee sautet 


ise f'aisanl la 


» chasse au 


x moucbes sur une ienetre, on t 


<st etonne 



! n mesure; cepend 

distance de 20 centimetres comparce a ce que j'ai pu 
moi-meme chez V Epiblemum scenicum, me semble enorme. I 



fnsekten. (MitiL " ■< ntom. Vereins, 

Inst'ctrs. Premiere partie. (Recucil zoologiquc suissc, 



( 551 ) 

voir combien sa vue est mauvaise; die n'apercoit la 
proie qui se promene tranquillement (levant elle qu'a 
deux on trois ponces (o V 2 a 8 centimetres), la cherche 
dans une fansse direction des qu'elle s'eloigne un peu 
plus. El, lorsque la monche se tient tranquille, celte 
petite Araignee qui ne possede que des ocelles peut 
passer encore bien plus pres d'elle sans la voir. Si les 
mouches n'etaient pas si stupides et si imprudentes, 
elles ne seraient jamais prises. » 
Forel (1) ajoute plus loin, a propos des Atlides : « Quant 
aux Araignees sauteuses, il m'a paru qu'elles ne voient 
leur proie que lorsqu'elle se meut a peu de distance 
d'elles. Alors elles se lonrnent dans sa direction et 
sautent de^sus. Comme elles ont quelques gronpes 
d'ocelles, on peut facilement se represenler qu'ils 
doivent suflire pour leur indiquer la direction du 
mouvement per?u,cequi leur permet d'attcindre l'objet 
1 par un saul qui rase lerre. Du reste, elles manquent 
1 cinquante mouches pour une qu elles alteignent (2). » 

C.-B. Lyster, decrivant recemment dans Nature (3) les 
'•lures d'une Altide qu'il designe par Texpression vague de 
1 petite Araignee chasseuse commune sur la cote occiden- 
1 tale d'Afrique », evalue a 5 centimetres la distance a 
aquelle I'Araneide se trouvait de sa proie lorsqu'elle iixa 
>on fil et a 2 l jz centimetres I'espace qu'elle franchit en 
mutant, 
^'observation de Lyster, qui concorde fort bien avec 



*■) i^es passages rneferes ordmaircs dans le 

e original de Forel. 

•> Ltstsr. .1 spider allowing for the Force af Gravitation. (Nature, 
• XXXVJ, n° 929, page 366, 18 aout 1887.) 



( 552 ) 
les autres, a d'auiant plus de vateur a mes yeux qu'elleest 
independanie de loule idee preconcue, ayant ete effectuee 
par un naturaliste qui ignorait ('existence de recherches 
sur la vision des Arachnides. 

Enfin, on doil rappeler encore le fail curieux rapporte 
par H.-F. Hutchinson (1) d'un Epiblemum scenkum pour- 
suivant sa propre image sur un miroir. II serait, je crois, 
difticile d'imaginer une experience qui demon tre mieux 
que 1'Araneide distingue Ires mal la forme des corps, et 
quelle voit surtout les mouvements. 

Ces citations un peu longues elaienl necessaires pour 
pouvoir comparer les fails deja observes aux resullals de 
mes recherches personuelles. 



§ H. — Observations el experiences sur /' Epiblemum 
scenkum Clerck. (Salticus scenkus Blackiv.) 

A. Individus en liberie. — Deux Epiblemum circulent 
sur un mur expose au midi. Comme la muraille supporte 
un poirier en espalier, les Arachnides errent tanl6t sur 
les pierres, lantol >ur les branches de l'arbre. 

Je promene dans leur voisinage une mouche vivanle 
placee a l'extremile d'une longue epingle a insectes 
implantee elle-meme dans le bout d'une mince baguette : 
a 10 et a 42 centimetres de distance, Patlention des Ara- 
neides est evidemment attiree par les deplacements de la 
mouche; elles se tournent a droile lorsqu'on transporle la 

(i) HuTCHi>so.N. The Hunting Spider. (Nature, vol. XX, p. 581, 



( 553 ) 
proie vers la droite, a gauche lorsqu'on la deplace de ce 
c6te. Pour une distance plus grande, 20 centimetres, par 
exemple, les resullats sont si douteux que je n'oserais 
rien affirmer. 

Si la mouche n'est plus qu'a 5 centimetres, YEpible- 
mum observe s'approche et, en usanl de quelques precau- 
tions, on peut l'amener a suivre sa proie le long des 
branches du poirier, la distance restant a pen pres 5 cen- 
timetres. 

Tout ceci ne signifie encore que perception des move- 
ments et non perception de la forme, car ce n'est qu'a une 
distance notablerneut plus petite, a peu pros exactement a 
2 centimetres, que VEpiblemum voit assez netlement sa 
viclime pourse decider a la capturer. 

On s'en assure aisement en approchant lenlement la 
mouche au lieu de I'eloigner. L'Araignee se ramasse gra- 
duellement sur elle-meme et, an moment seulement ou la 
distance n'est plus approximalivement que 2 centimetres, 
ses patlesse dependent el elle saute. 

II faut remarquer a ce sujet : 1° que cette distance de 
2 centimetres n'^st pas choisie parce qu'elle represente la 
limile dn saut, les Epiblemum pouvant franchir d'un bond 
un espace presque double; 2° que l'attention que PArach- 
mde prete aux mouvemenls de la mouche ne provient 
aucuneimnl des bruits que pourrait produire le Diplere 
par le fremissemenl de ses ailes ou autrernent, puisque 
•'experience snsdite reussit aussi bien avec une mouche 
morte. 

D'autn-s fails prouvent encore qu'a plus de 2 centi- 
metres i| n'y a que perception des mouvements : un Epi- 
blemum circulant sur la muraille passe et repasse a 
4 centimetres d'une mouche vivante posee, immobile, et 
ne la voit pas; mes individus suivent a 5, a 4 et meme a 



( mi) 

5 centimetres de distance une simple boulelte de cire 
noircie que Ton traine devant eux (pi. II, fig. 2). 

Dans ce dernier cas encore, les Araignees doivent etre 
ires pies du simulacre pour reconnaitre leur erreur; a 
1 */« et plus exactement, je crois, a \ centimetre seule- 
meni. l'animal s'apercoit qu'il est dupe d'une illusion. Si 
alors on approche la boulelte de cire, YEpiblemum recule 
crainlif. 

B. Individus captifs. — Je transporle un Epiblemum 
dans la chatnbre d'observations et, atin de pouvoir operer 
sans Peffrayer, tout en lui laissant une liberie relative, je 
le place dans un cristallisoir de 20 centimetres de dia- 
rnelre flotlant sur I'eau d'un assez grand aquarium. 

Apres avoir constate que la, comme sur la muraille, 
1'Arachnide apercevait les deplaccments d'une mouche a 
5 et a 7 centimetres de distance, je lui ai faitsuivre une 
boulelte de cire noircie, puis j'ai observe de nouveau 
qu'elle reconnaissait la nature artificielle de celle bou- 
lelte lorsque celle-ci n'etait plus qu'a 1 centimetre. 

Mais de nouvelles surprises m'altendaient : I'essai a 
l'aide de la boulelte de cin uv.nit v<c rqn'-te coup sur coup, 
il arriva un instant ou il me fut impossible d'atlirer l'al- 
tenlion de ma prison niere avec une mouche veritable, el 
si j'approchais 1'Insecle, YEpiblemum, au lieu de chercher 
a le saisir, reculail. 

De plus, chose a peine croyable et que je n'ecrirais pas 
si je n'en avais ele nettement temoinJ'Araignee, qui avail 
iini par comprendre que la boulelte de cire mobile n'etait 
pas une mouche, agit ensuite comme si elle avail effeclue 
un raisonnemenl bien aulrcment complique. Placee sur 
le bord du cristallisoir, elle ne recule plus lorsque jap- 



( 535 ) 
proche lentement la boulette, mais, etendant ses pattes 
anterieures, elle attend que I'objel soit a sa portee, monte 
deliberement dessus et cherche ainsi a s'echapper de sa 
prison flollanle en essayant de grimper le long de Pepingle 
et de la baguette. II n'y a ici nl hasard, ni accident; j'ai 
pu, dans l'espace d'un quart d'heure, voir I'Arachnide 
repeter trois fois la meme tentative. 

On peut done conclure provisoirement de ces observa- 
tions que la distance de vision distincte est petite et que, 
certainemenl, a 1 centimetre, YEpiblemum scenkum voit 



§ 12. — Observations sur la Marpessa rmiscosa Q Clerck 
{Alius tardigradm Walck.) (pi. II, fig. 1). 

Les mouvemenls de celte Alte sont tres lenls et elle 
merite bien son nom de tardigrade, particularite qui faci- 
lile les observations et qui augmente la nettete des 
resultats-. 

A 4 centimetres, la Marpessa apercoit les mouvements 
d'une mouche que Ton promene au bout d'un fil iin; mais 
il s'agit des mouvements seuls, car a cetle distance, et meme 
a 3 centimetres, elle seinble perdre la proie de vue et 
retombe dans l'indifference la plus complete si la mouche 
reste absolument immobile. 

A 2 centimetres, la vision est meilleure, I'Araignee 
continue a voir une proie qui nebouge plus. Elle s'approche 
alors graduellement en se tournant de temps a autre de 
fagon a regarder la mouche a I'aide des yeux lateraux 
d'un seul cote. Elle avance ainsi jusqu'a i centimetre, 
puis, seulement au bout d'un temps appreciable, probable- 



( 556 ) 
ment, necessaire pour la rassurer entiercment, elle etend 
ses patles anlerieures et capture le Diptere. 

J'ai pu lui faire suivre successivemenl deux grossiers 
simulacres attaches a des bouts de £11 ; un fragment de 
plume grise de Nandou et une bouletle de papier noire et 
blanche obtenue en chiffonnant un morceau de journal. 
L'Atte rnarche comme pour caplurer I'insecte artificiel 
auquel on imprime de petits mouvcments, s'arrete encore 
une fois a i centimetre de distance aiin de le considerer 
avecsesyeux lateraux, puis, constatant enfin son erreur, 
recule ou se detourne. 

La distance de vision distincte serait done de 1 centi- 
metre. Cependant a cetle distance si faible t la vue doit 
encore etre tres imparfaite; en effet, en employant comme 
appat une bouletle de cire noircie trainee a I'extremite 
d'un fil, j'ai reussi deux fois de suite a amener la Mar- 
pessa a saisir la boulettequ'elle a parfaitemenl prise pour 
un Insecte veritable. 



§ 13. — Thomisides. 

LesThomisides onl des moeurs qui ressemblent quelque 
peu a celles des Attides. La forme de leurs paltes, dont les 
deux paires anterieures sonl beaucoup plus fortes que 
les paires posterieures, et leur demarche souvenl lalerale 
les ont fait comparer a des Crabes. 

Observations sur le Xysticus cristatus Clerck (Thomisus 
cristatus Blackw). 

Le Xystique est captif dans un bocal contenant quel- 
ques rameaux de bruyere, la lumiere est diffuse, mais vive. 

A 2 i/2 centimetres ii apercoit une mouche que Ton 



( SS7) 
fail mouvoir au bout d'un ill, se lourne dans la direction 
de I'lnsecte et ecarte forlement ses paUes anterieures afin 
de saisir la proie lorsqu'elle passera a sa portee. 

Dans ces conditions, si la mouche est promenee le long 
des rameaux, 1'Araehnide la suit, pourvu que le rnouve- 
merit continue ou que la distance n'augmente pas trop 
rapidement. Ainsi, a 3 centimetres, le Xyslique ne voit 
plus la mouche lorsque celle-ci reste immobile; a 4 cen- 
timetres il ne la voit pas nonplus, meme lorsqu'on imprime 
a celle-ci des mouvemenls divers. 

Le meme individu se laisse entierement duper par une 
bouletle de cire noircie qui sautille au bout d'un fit; non 
seulement il la suit a la distance ou il suivail une mouche, 
mais si on le laisse gagner de vilesse il la capture comme 
une veritable proie, ct s'y cramponne de telle lacon qu'on 
peut enlever l'Araignee avec 1'appat. 

Les conclusions sont done a peu pres celles auxquelles 
conduisent les observations sur les Altides : visibilite des 
mouvemenls, vue mauvaise, distance de vision ires courle. 



§ 14. — Lycosides. 

Rappelons que les Lycosides sont des Araignees chas- 
s ^ uses ' vagabonds, courant partout avec plus ou moins 
d ' a gilite, soil sur les terrains sees, soil dans le voisinage 

s cours d'eau ou meme a la surface des plantes aqua- 
l,t J ues '^s Lyeoscs lemelles trainent avec elles le petit 
toc <>n qui renlenne Inns ceuls. Les \eux de la rangee 



( 558 ) 
anterieure sont petits; les quatre yeiix poslerieurs son 
plus volumineux. 

Je n'ai rem esent, que irois indication 

tonchant la vision des Araneides de ce groupe. D'apres I 
passage ci-dessous de Simon (1), la vue serait neltea un 
assez grande distance : « lorsque celle araignee (Lyco* 
» s'empare d'une proie, c'est toujours par bonds; si c'es 
x> un Insecte aile, elle s'elance sur lui de fort loin... 
D'un autre c6te, suivant une observation plus precise d 
Fore! (2), la vue serait au contraire fortmauvaise : « qu'o 
> enleve soigneusemenl, dit Forel, a certaine Araigne 
» qui court par terre son gros sac blanc rempli d'ceufs. 
» et qu'on le depose a deux ou irois pouces (5 l j 2 a 8 cen 
» limetres) d'elle; aussit6t elle se mellra a le cherche 
» partout et Ton verra quelle peine elle aura d'ordinain 



Ajoutons enfin qu# V. Graber (3) a constate par la 
methode photokinetique que la Lycosa (Trochosa) ruricola 
De Geer prefere la lumiere a I'obscurile (4). 

En presence des deux opinions differentes de Simon et 
de Forel, il devenait absolument necessaire d'eflectuer des 
experiences nouvelles. Voici celles que j'ai eu I'occasion 
de faire. 



("2) Forel. Experiences et remarques crUi\ 

(3) Chaber. Grundlinicn zw Erfoncht 
Farbensiitnes tier Thiere, p. 217. Pra» mid I 

(4) Je passe sous silence les experiences 



( 559 ) 



§ 15. — Observations sur le Dolomedes fimbriatus CI. 
(q non completemenl adulte). 

Le Dolomede voit mal, car il s'esl laisse prendre facile- 
ment. Alin de le placer autant que possible dans son 
milieu naturel, je le mels dans un large vase conlenant 
oe I'eau, des algues fraichcs et d'autres planles aquatiques. 

Apres vingt-qualre hemes, lemps pariaitement suihsant 
pour habituer I'Araignee a sa nouvelle demeure, on s'as- 
sure par des essais reputes : 

*° Que les mouches promenees au bout d'un fil, soit 
sur l'eau, soit sur les planles, soil sur la paroi du vase, 
»e sonl point vues a une distance de 4 centimetres; 

2 ° Que pour exciter l'altention du Dolomede, il faut 
une distance beaucoup moindre, 2 centimetres au maxi- 

5 ° Que I'Araignee ne se decide a capturer la proie que 
•orsque celle-ci n'esl plus qu'a 1 centimetre; 

4° Qu'a cetle faible distance d'un centimetre, elle se 
laisse encore tromper a peu pres a coup sur par une bou- 
lette de cire noircie de la grosseur du corps d'une mouche 
domeslique. Ce n'est qu'apres avoir louche 1'objet a 1'aide 
de ses pattes anterieures qu'elle reconnait sa nature arti- 
"cielleetqu'ellerecule. 

La vueesl par consequent Ires mauvaise. 



(360 



§ 16. — Observations el experiences stir laLycosa amenlala 
Clerck (Lycosa saccata Linn.). 

A. Individus en liberie. — Les Lycoses circulent snr 
le sol et a la surface du mur de mon jardin. Elles ont, 
comme la pluparl des Arthropodes, la perception des 
grands monvements effectues par les corps volnmineux; 
ainsi elles fuient lorsque j'approche avec brusquerie, mais 
elles ne s'apereoivent pas du tout de ma presence si je 
m'inslalle doucement dans lenr voisinage. 

Je promene devant elles une mouche piquee au bout 
d'une tine epingle implantee dans I'exlremite d'une 
baguette. Tandis que les Epiblemum (§11), habitant la 
meme muraille, manifestent leur attention en se tour- 
nant dans divers sens des que I'appat est a 10 centimetres 
de leurs yeux, les Lycoses ne voienl rien, ni a cette dis- 
tance, ni a des distances notablement moindres; je sins 
oblige, ainsi que je I'ai constate nombre de fois, d'appro- 
cher la rnouche jusqu'a 2 centimetres pour attirer mes 
Araignees. Entin, ce n'est tres certainement qu'a i centi- 
metre qu'elles se decident a s'elancer vers leur victime. 
Elles la saisissent alors avec lant d'energie qu'on a peine 
a leur faire lacher prise. 

La vision manque cependant encore denettetea 1 cen- 
timetre, car il est aise de tromper les Lycoses a PaMe 
d'une boulelte de cire noircie (pi. II, n'g. 2); elles sautent 
sur ce grossier simulacre, comme sur une mouche vivanie, 
lorsque la boulette, animec de mouvements, arrive a 1 cen- 
timetre de leur lete. J'ai dupe trois fois de suite de cette 
maniere le meme individu male, et ce n'est qu'au quatriem 
essai qu'il ne s'est plus laisse prendre. 






( 561 ) 

B. Individus captifs. — II serait, la plupart du temps, 
parfailement inutile de tenter des experiences sur une 
Lycose qui vient d'etre capturee. Depaysee et conlinuelle- 
ment eflVayee, elle fuirait de tous cdt&3 sans faire la 
moindre attention aux proies qu'on lui offrirait. 

Les individus doivent elre places isolement dans de 
grands cristallisoirs dont le fond est garni d'une couche 
de sable fin, un peu humide. Au bout d'un jour, ils sont 
calmes, accoutumes a leur prison et dans de bonnes con- 
ditions pour fournir des resullals nets. 

J'ai d'abord repete sur une Lycose femelle 1'experience 
deForelen la moditianl comme il suit: j'ai prepare d'avance 
qualre boulelles de mie de pain colorees ayanl grossiere- 
menl la forme et presque la leinte du sac a oeufs de 
I'Araignee. Je depose ces boulettes vers la peripheric du 
cristallisoir, puis j'enleve a I'Aracbnide son sac veritable. 
o,ue je place a peu pres au milieu. 

La Lycose erre en cherchant, passe plusieurs fois non 
loin de son sac et meme a 1 centimetre de celui-ci sans le 
v oir. Renconlrant une des imitations en mie de pain, elle 
*>e pose dessus, alnsi que j'ai constate plus tard qu'elle le 
laisait pour le vrai sac; l'errenrest bien vile reconnue au 
toucher et I'Araignee s'eloigne. Quelques minutes apres, 
e| le commel la meme faute, puis, a panir de ce moment, 
devieot si mefiante qu'elle passe sans y faire attention, 
non seulement sur les boulettes de mie de pain, mais 
aussi sur sa poche a ceufs, que j'ai iini par meler aux imi- 
tations vers le pourtour du vase. 

Ce n'esl qu'au bout d'une heure, lorsque le hasard d'une 
■narche plus lente 1'amene sur le sac cherche depuis si 
■ongtemps, que la Lycose saisit enfin celui-ci, le trans- 



J ^62 ; 

porte quelque lemps sous le cephalotorax a I'aide des 
palpes, puis finalement l'attache a sesfilieres. 

La vue doit etre bien mauvaise, car cette longue 
recherche a eu lieu sur un terrain reslreint n'ayant que 
20 centimetres de diametre. 

Les essais, en employant des mouches comme appats, 
confirment ce qui precede : une Lycose fernelle dans le 
cristallisoir a fond de sable ne voil pas une mouche sus- 
pendue a un fil el que Ton promene a 5 centimetres de 
distance. II faut que le Diptero ne - * j t qu'a 1 i / 2 , nieme 
a i cenlimelre.de l'Araignee pour que celle-ci saute 
dessus. 

Je depose sur le sable blanc, ou elle se distingue nette- 
intMil par .sa teinte noiuUre, une mouche vivante libre dont 
les ailes sont coupees. Or, la Lycose n'a aucunement I'air 
de voir la mouche qui circule devanl elle a des distance- 
variant entre 5 et 5 centimetres ; l'Araignee ne fait 
mouvement <jui puisse laisser soupconner la moindre 
lion speciale. Enfin, apres divers crochets, la mouche stu- 
pide arrive a 1 centimetre des pattes anterie 
Lycose, qui 1'apercoil, s'elance et la saisit. 



stu- 
el. 



§ 17. — Observations sur la Lycosa paludicola 9 Clerck. 

La Lycose est, comme la precedente, dans un cristal- 
lisoir de 20 centimetres de diametre, garni d'une couche 
de sable. 

Je lui enleve son cocon et je depose celui-ci a une 
petite distance. L'Araignee cherche en decrivant des cer- 
cles et passe a 2 centimetres du sac sans le reconnaiire. 
Une chance heureuse I'ayant amenee a 1 centimetre seu- 
lement, elle s'assure de la nature de I'objet en le tatan 



( 563 ) 
rapidement, non a I'aide de ses palpes, mais a I'aide de 
ses pattes anlerieures. Rassuree, elle monle sur le cocon, 
puis I'emporle. 

Jc iui reprends de nouveau le sac a oeufs que je place 
un peu plus loin, el je mels en meme temps dans le cris- 
tallisoir une boulette de cire blanche de meme grosseur 
et de meme forme. La Lycose, passant a 1 centimetre du 
simulacre, se trompe, monle dessus, puis I'abandonne. 
Une deuxieme fois, a quelque temps de la, elle se trompe 
encore, el celte foiss'eiTorced'emporterle faux cocon; elle 
ne leconnail probablement son erreur qu'a la difference 
de poids. 

La meme Lycosa paludkola fail ensuite une tentative 
analogue pour un debris de cadavre de mouche qui elait 
bien, parsa couleur noire et par sa forme, le dernier objet 
auquel un animal voyant convenablement eut fait atten- 
tion. Quant au cocon veritable, j'ai du le poser sur le trajet 
de I'Araignee pour qu'elle finisse par le reprendre. 

La vue des Lycosides est par consequent courle etmau- 
vaise. L'opinion de Simon, d'apres laquelle ces Arachnides 
s'elanceraient sur leur proie de fort loin, doit doncreposer 
sur des observations Ires superflcielles. 



§18.— Agalenides. 

Genres: Afjulnm. Tvunmria, .1 rgyrone'ta, etc. 

Saul" les Argyroneles, dont les mceurs aquatiques sont 
;*ciales, les Agalenides habilent de grandes loiles en 
a ppe plus ou moins horizontale, terminees par un tube 
ii fond duquel dies alleudenl les lnsecles. Les yeux des 
'^rentes paires ont a peu pres le meme volume. 



(364) 

V. Graber (1) a soumis la Tegenaria domeslica a la 
methode photokinetique et a trouve, ce qui etait du reste 
a prevoir pour la forme en question, que cetle Araignee 
est lucifuge. 



§ 19. — Observations sur les Tegenaria domeslica Clerck 
el Tegenaria civilis Walck. 

Je promene une boulette de cire noire de la grosseur 
d'une mouche sur la loile d'une Tegenaire domestique. 
L'animal, averti par les vibrations du reseau, s'elance du 
fond de sa retraite, mais a 2 centimetres au plus de la 
fausse proie, il semble s'apereevoir de son erreur et renlre 

Quelques semaines plus lard, resultat analogue avec 
une jeune Tegenaire civile $. L'Arachnide s'est approehe 
a peu pres jusqu'a 1 centimetre avant de fuir. 

Jl est ires probable que, dans ces deux cas, les Araignees 
ont ete efl'rayees soit par l'ombre que je projetais, soil par 
les mouvements de mon bras. Les observations suivantes 
prouvent du reste la chose d'une facon presque evideule : 

Je caplure la jeune Tegenaire civile dont il vient d'etre 
question el je I'installe dans un grand bocal garni de quel- 
ques rameaux. Ainsi confines, les animaux ne s'apercoi- 



, op.cit., p. 217. Aprcsa 
foccupcr ici dcs autres r 
Duieurs, jc signai'erai au 



[ 565 ) 
venl que de ce qui se passe dans leur prison de verre et, 
sauf dans les moments ou Ton imprime des ebranlements 
a la table, ou bien lorsque des ombres s'inlerposent rapi- 
dement entre le bocal et le jour, ils n'ont aucune notion 
de ce qui a lieu au dehors. Or, au bout de quarante-huit 
heures, I'Araignee, parfaitement calmee, s'elance trois et 
quatre fois de suite sur une boulette de cire noircie sus- 
pendtie a un fil. Lors des trois premieres attaques, elle 
louche la boulette de ses patles anterieures; la quatrieme 
fois, elle va jusqu'a saisir I'appat et ne recule qu'apres 
avoir reconnu sa meprise par le tact. 

Enfin, fait plus demonslratif encore, je parviens a 
amener la Tegenaire a se precipitera deux reprises sur un 
petit bouquet constitue par quelquesdelicats epillets verts 
de graminee noues ensemble et rognes aux ciseaux. Per- 
sonne n'admetlra qu'un animal distinguanl les formes 
d'une facon passable puisse faire pareille erreur. 

J'inlroduis dans la loile d'une Tegenaire civile adulte, en 
liberie, un grossier simulacre de mouche, forme par un 
petit fragment de plume d'un gris fonce noue a I'extremite 
d 'un fil ( P |. ||, ng. 3). La torsion repetee de I'autre extre- 
mitn du fil, entre le pouce et I'index, imprime au morceau 
de plume de petils mouvemenls ayant une certaine ana- 
■ogie avec ceux d'une mouche qui se debat. 

L'Araignee arrive, capture celte proie singuliere et la 
perce de ses crochets, mais la mouche artihcielle conti- 
nuant a s'agiter, elle repete ses morsures. fen compte 
jusque 20, separees par de courts temps d'arret, pendant 
tesquels la Tegenaire recule pour s'elancer de nouveau. 
Je tire le fil a moi, I'Arachnide suit son faux gibier jusqu'a 



C 566 ) 
un peu trop forle I'effraie et elle relourne rapidement au 
fond de son tube. 

[/experience a reussi d'une facon complete, parce que, 
vu la direction de la lumiere, je ne projelais ancune ombre 
et aussi parce qne la longueur du fil ne permettait pas a 
1 animal de soupeonner ma presence. 

La vue des Tegenaires est done ties mauvaise, et il est 
presque evident qu'elles ne reconnaissent pas les Insectes 
a leur forme. 



§ 20. — Observations sur I'Agalena labyrinlhica Q Clert 

A. Individu captif. — L'Agalene est prisonniere depi 
trois jours; elle a tisse une toile bien fournie entre 1 
rameaux quigarnissent I'interieurdu bocal. 

L'animal distingue d'une fagonetonnanle entre les vibi 
lions imprimees a cetle loile par un lusecle veritable 
celles que Ton produit a I'aide d'Insecles arliticiels ou 
l'aide dautres corps. Ainsi je promene inutilenx'iit u 
bouletle de cire noireie sur la peripheric du reseau, I'Ag 
lene n'y fail aucune attention; je projelte ensmle 11 
mouche vivante iJans la memo direction, cYsf-a-iliie 
5 >/ 2 ou a 4 centimetres de I'Araignee; celle-ci s'en apere< 
immedialement et vient s'emparer de la proie. 

Quelques jours apres, I'Agaleue ayaut, ainsi *l ***" , "" 1 
celles que Ton eleve en eaptmte, eomplique sa toiled ui 
nianiei e extraordinaire, de fagon a la composer tie plu>ieu 
plans fort epais situesdans des directions diu'ises, j es>n 
vainement de l'attirer avec une mouche ai tiiicielie • 
plume suspendue a J'exlremile d'un fil. Ceci const) (e. 
ietle une mouche vivante sur le bord de la loile; aussit 



( 567 ) 

I'Araignee, qui ne peut rien voir, separee qu'elle est de 
I'lnsecte par une distance de 6 centimetres el par des 
couches superposees, denses de tissu serre, se met cepen- 
dant en route pour capturer le Diptere. La mouche 
s'echappe; j'en profite pour y substituer immediatement la 
mouche arliticielle; peine perdue, l'Arachnide ne bouge 
plus. 

Je jette sur la toile une mouche vivante, el, a 5 centi- 
metres de la, je fais sautiller une mouche artificielle en 
plume esperant que I'Araignee se Irompera; maiscelle-ci 
discerne parfaitement la difference qui existe entre les 
deux formes de secousses el se precipite sur I'lnsecte veri- 
table sans hesitation. 

B. Individu en liberie. — Bien des fois, dans des 
excursions a la campagne, j'avais essaye d'altirer des 
Agalenes a I'aide de boulettes de cire ou d'autres petils 
corps suspendus a des fils. Les Araignees resiaient obsti- 
nement au fond de leur lube, ou, si elles en elaient sorties, 
elles y rpntraienl au moindre mouvemenl de rnon bras. 

Persuade, malgre cela, qu'il s'agissail da phSttoro&ie 
ordinaire de la perception des deplacements des objets 
volumineux ^t que les Agalenes ne voienl pas mieux que 
ies autres Araneides, je choisis soigneusement les circon- 
stances les plus favorables : je me rendis le long d'une 
haie habitee par des cenlaines d'Agalenes labyrinlhiques 
a I'heure ou, vu la position du soleil, je ne pouvais porter 
ombre, el je repetai mes essais de toile en toile. 

Apres quelques insucces dus soil a la forme des reseaux, 
s oita des iils qui en empechaienl I'acces, je reussis enfin 
completemenl : une Agalene femelle attiree par un simu- 
•acrede mouche en plume sortil de son entonnoir, se jeta 



( 568 ) 
surl'appal el, au premier contact, recuia etonnee; mais la 
mouche arlilicielle sautillant loujours, I'Araignee revint a 
la charge, monlil, puis recuia de nouveau. J'eus ainsi la 
satisfaction de compter Anil altaques successives et huit 

Les Agalenes ne font done pas exception, el ieur vue 
est aussi mauvaise que celle des Tegenaires. 



§ 21. — Amaurobiides. 

Je n'ai rencontre, dans les auleurs, aucune indication 
[ouchant la vision des Araneides de celte famille. Ce sont 
des Araignees a habitudes nocturnes, vivant dans les 
caves, dans les trous des vieux murs et sous les grosses 
pierres. La loile (ache, irreguliere, peu etendue, enloure 
1'orifice d'un tube qui aboulil a la retraite dans laquelle 
1'animal se tient presque conslamment cache. 

Observations sur V Amaurobius ferox £ Walck. — 
L'Amaurobie caplive habile un bocal garni de fragments 
d'ecoree sous lesquels elle a construit sa de neure. En 
plein jour, el alors que la chambre est assez vivement 
edairee, il est impossible de Pattirer hors de sa cachette, 
sort en employant des simulacres, soil en faisant usage de 
mouches fixees a des bouts de Ml. 

Les choses se passenl lout autremenl et les experiences 
reussissent assez bien si Ton produil une obscurile arli- 
liciellc irlaii\»'ou si Ton ailend le soir. 



apres avoir dress 


e une grande | 


bocal el la fenetr 


e, je puis, au I 


faire sorlir TAmai 


robie a peu pr 






• earl"" 



(S69) 

f'aisanl sautiller sur les tils de la toile une monche arii- 
ficielle en plume (pi. II, fig. 3). L'Arachnide s'en approche 
jusqu'a 1 centimetre environ. Une seule fois, elle touche la 
fausse proie de ses pattes anlerieures, puis, reconnaissant 
son erreur, elle retourne precipilamment a son trou. 

Le soir, au crepuscule, I'Amaurobie circule. Bien qu'elle 
soil tres mefiante et qu'elle fuie pour le moindre ebran- 
lement dti bocal, je parviens, a deux reprises, a lui faire 
suivre el capiurer la raerae grossiere imitation en plume deja 
employee. Effray6e au contact de cet objet etrange, I'Arai- 
gnee recule et s'enfuit rapidement. 

Les circonslances dans lesquelles ces resultats, du meme 
ordre que les precedents, ont e'te oblenus, montrent com- 
bien il faul de precautions diverses pour eviter les erreurs 
d'interpretation. 



§ 22. — Epeirides. 
Genres : Meta, Zilla, Epeira, etc. 

Tout le monde connait les E|»eires; il est a peine 
soin de rappeler qu'elles conslruisent de grandes toiles 
biculaires verlicales ou inclinees, dans lesquelles les 
sectes viennenl s'engluer. Leurs yeux sont peu inegaux 
antau volume. 

Dahl a fait sur ces animaux des observations que je vais 
sumer:l a Zilla-x-notaia 67. semble ne reconnaitre la 
•Jsonce d'un Insecte et la position de celui-ci sur la toile 
'a l'ebranlement du reseau et a la tension du fil auquel 
proie est fixee. Ainsi Dahl (1) jelle une mouche dans la 

(') Dahl. Versnch einer Darsfellung der psychischen Vorgange in 
* S P inne », op. cit., pp. 95-96. 



(S70) 
loile (Tune Zilia et, avant que le Diptere soit comple- 
tement tue, il en jette un deuxieme a 2 centimetres du 
premier ; or, I'Araignee, bien que s'etanl apergue tout de 
suite de Ja chute d'une nouvelle mouche, ne courul pas 
direclemenla celle-ci, mais se rendil d'abord au centre du 
filet, et ce n'esl que la, apres avoir appuye par hasard sur 
le rayon convenable, qu'elle sut consialer la veritable 
direction qu'elle devail suivre. 

Le meme observateur lance dans la loile d'une jeune 
Zilla un Chironomus beaucoup plus gros qu'elle. Le 
Diptere ayant ete un peu serre entre les doigts ne bougeait 
plus lorsque I'Araignee arriva au centre de son reseau. 
Celle absence de mouvements surtit pour que la Zilla, qui 
n'elail cependanl qu'a 2 centimetres a peine <lu Chiro- 
nomus, ne sut plus decouvrir celui-ci el se mil a tirailter 
un lout autre lil quecelui qui pouvait la guider. 

Dahl jette une abeille sur la loile d'une Epeira sclope- 
taria Cl. L'Arachnide ne reconnut I'Hymenoplere que 
lorsqu'il en f'ut a i cenlimelre. L'auteur ayant ensuile 
lance sur la meme toile un Diptere plus ou moins api- 
forme, un Helophilus pendulus, I'fipeire se trompa de 
nouveau el prit le Diptere pour une abeille (i). 

Enfin, A. Forel (2) dil aussi qu'il suffit d'observer un 
peu atlentivement pour s'assurer que « les Araignees qui 
» se filent une toile reconnaissent leur proie a I'ebran- 
j> lenient de cetle toile au moyen du toucher. » 

Comme le prouveront les paragraphes suivants, Dahl el 



(-2) Forel. Experiences et remargin 



(871) 

Forclont interprets les phenomenes Ires exaclement : les 
Araneides tendant des toiles ont une vue detestable et 
reglenl leurs actes d'apres la nature des secousses ou des 
vibrations imprimees aux fils de leur piege. Cette particu- 
larity curieuse explique fort bien les fails dont C. V. 
Boys (\) a ete temoin en louchant avec nn diapason la 
toile d'une Epeire-diademe : I'Araignee tatait les fils pour 
determiner celui qui vibrait; elle courait ensuite du cote 
du diapason et cherchait a le saisir en I'enlourant de ses 
pattes. En utilisant les vibrations de son instrument, 
I'auteur cite a meme pu amener Pfipeire a se jeter plu- 
sieurs fois de suite sur une mouche imbibee de petrole (2); 
« chaque fois, ecrit-il, que I'Araignee, ne trouvant pas le 
» morceau de son gout,s'en eloignait, je la faisais revenir 
» en touchant la mouche de nouveauavec le diapason (3). » 
>oici maintenant mes experiences personnelles. 

§ 23. — Observations sur la Me fa segmentate Clerck. 

Une moucbe artificielle en plume fixee au bout d'un fil 
"» (pi. II, (ig. 3) etque Ton jelle dans la toile d'une Mela 
Kgmentala attire presque loujours I'atlenlion de I'Arai- 
g'^e, pourvu qu'on torde rextremile libre du fil de facon 
a P«ovoquer de la part du simulacre de mouche des mou- 



• J. Romanes, qui reproduit t'article de Boys dans L' intelligence 
taux (trad, franc , t. I, p. 195;, fait reraarquer de son cote 
e experience permet peut-etre d'expliquei 
et la et d'apres lesquelles des Araignees auraient ete a 



(87*) 

Yemenis analogues a ceux que determim: tm lnseete. Si 
Ton s'y prend bien, I'Araignee fond sur celle fausse proie, 
Ja saisit et y enfonce ses cheliceres. 

On a vu plus haut (§ 20) que I'Agalena labyrinthha, 
lorsqu'il y a a la fois sur sa toile un lnseete veritable 
vivant et un lnseete artifieiel auquel on imprime des 
vibrations, distingue la difference exislant entre les deux 
genres de mouvements. Afin de decider si la vision ne 
joue aucun role dans le choix de TArachnide, j'ai dispose 
les choses de facon que 1'Insecte jele dans le reseau deter- 
mine lui-merae les displacements du simulacre. 

A cet effet, une mouche vivanle est attachee par \m 
bout de fil de 2 centimetres de longueur a une mouche 
artificielle en plume offrant des dimensions analogues 
(pi. II, fig. 4). Lorsqu'un pareil systeme adhere a une toile 
d'Araignee, tous les mouvements generaux de la mouche 
vraie sont repeles avec la meme amplitude par la mouche 
fausse. 

Les essais out du etrc reputes nombre de fois, parce 
qu'il suffit que 1'Insecte vivant soit place de telle soite 
que I'Araignee, en se precipitant, le rencontre en premier 
lieu pour que Pexperience n'ait plus de signification. Enlin, 
apres une serie de lentatives avortees, j'ai eu le plaisir de 
voir une Meta se tromper complelement, se precipiter sur 
la mouche artificielle, Paltaquer en plein, puis s'arieier 
etonnee. 

La proie vivante n'etant dislanle que de 2 centimetres, 
pareille erreur n'aurait jamais lieu si la vue des Meta etait 
bonne et si elles l'utilisaient lorsqu'elles se dirigent vers le 
gibier. 

Moins curieuses et plus faciles a repeter, les experiences 
suivantes monlrent aussi combien les Meta voient mal. 

Je jette dans la toile d'un individu habitant mon jardm 



i o73 ) 
une petite boulette de papier noir et blanc obtenne en 
chiffonnant un fragment de calendrier a effeuiller. Les 
dimensions et la couleur de la boulette sont a peu pres 
celles d'une mouche domestique, mais, en somme, la res- 
remblance avec un Diptere est si faible qu'a i metre de 
distance un enfant ne s'y tromperail pas. 

Neanmoins, des que la boulette de papier a louche la 
loile, la Mela se precipite dessus. L'illusion pour l'Araignee 
semble complete, car elle saisit I'objet, le manipule et ne 
le rejette hors de sa toile qu'apres un examen d'une duree 
appreciable. 

Une deuxieme, puis une troisieme boulette semblable 
provoquenl le meme manege; seulement 1'Arachnide les 
laissesuspenduesa son reseau. Une quatrieme boulette est 
rejetee. Ce n'esl qu'au cinquieme essai que la Mela finit 
par comprendre que ce ne sont que des corps elrangers 
qui tombent dans sa toile. A parlir de ce moment, il n'est 
plus possible de la tromper. 

J'approche ensuile graduellement des yeux de l'Arai- 
gnee la surface metallique brillanle d'un manche de canil* 
en metal blanc; a 2, a 1, a '/ 2 centimetre I'animal ne 
bouge pas; je dois le toucher pour qu'il s'apergoive de la 
presence d'un objel. L'experience reussit en employanl un 
corps quelconque et presque autant de fois que Ton 
wot (I). 

Dautres Mela aegmentata&oumhes en pleine campagne 
a l'epreuve des boulellesde papier se laissent duper abso- 
lonjeut comme la precedente.- 

La vue est evidemmenl detestable a toutes les distances. 

1 H trt Men entendu qtn rriere la loile et 



( 574 ) 



§ 24. — Observations sur CEpeira diademata Clerck. 

Une jeune Epeire-diademe ne semble voir aucun des 
corps que Ton promene devant ses yeux a des distances 
variables meme tres faibles (I). Elle ne devient attentive 
que si Ton tiraille un des fils de sa toile. Ainsi, elle 
s'elance vivemenl vers une boulette de cire noircie piquee 
au bout d'une epingle et promenee legerement a la peri- 
pheric du reseau. 

J'ai induit plusieurs fois des Epeires en erreur a l'aide 
d'une mouche artificielle en plume; elles se precipitaient 
dessus, puis, reconnaissant au toucher qu'il ne s'agissait 
pas d'une proie bonne a sucer, elles entortillaient le petit 
pinceau dans un paquet de fils et le faisaient tomber hors 
de la toile. 

Enfin, j'ai ete temoin d'un fait qui prouve une fois de 
plus combien les yeux des Epeires sont inutiles et a quel 
degre les sensations tactiles remplacent pour elles les 
sensations visuelles : je suivais des yeux le vol d'une 
femelle de Bourdon des jardins (Bombus hortorum), 
lorsqu'a mon grand etonnement je vis le gros Hymenop- 
tere empetre dans une toile d'Epeire; je me precipilai 
pour assister a ce qui allail se passer. L'Araignee, qui etail 
demi-adulteel par consequent bien polite par rapport a 
Tlnsecte, sorlit vivemenl de dessous une feuille et courut 
droit au Bourdon qu'elle loucha presque. Elle ne parui 
effrayee par les dimensions du monslre et ne cecula vers 
sa retraite que lorsque la distance entre ses yeux el 
mymenoplere se Irouva reduite a I '/ 2 cenliir.etie 
environ. 



(57b) 
Mais la scene n'etait pas lerminee; le Bourdon conti- 
nuant a se deballre, I'fipeire, encore une fois victime de 
la meme illusion, retraversa sa toile, pour fuir de nouveau 
lorsqu'elle eut a peu pres louche ('animal dont elle avait 
eu si peur quelques instants auparavant. Ce manege 
aurail peut-etre recommence si le Bourdon n'avaii fini 
par se degager completement. 

§ 25. — Observations sur I'Epeira comuta 9 Clerck 
(E. apoclisa Walck.). 
L'Epeire cornue habile ordinairement une loge de tissu 
assez serre fixee a un epi de graminee courbe d'une facon 
caracterislique. L'animal y attend que des secousses 
I'averlissent qu'un Insecte est pris entre les tils de sa 
toile, tendue sous la loge dans un plan a peu pres ver- 

Comme je l'avais deja fait pour la Meta segmentata 
(S 23), je jelte dans le reseau d'une Epeira comuta un 
petit systeme double constitue par une mouche vivante 
reliee par un bout de fil de 1 »/ 2 centimetre de longueur 
* une mouche artificielle formee d'un petit morceau de 
Plume d'un gris fonce (pi. 11, tig. A). 

Le hasard me sen a souhail; le systeme double tombe 
sur le centre de la toile dans une position horizontale ; 
Araignee sort de sa loge et se precipite d'abord sur la 
,mucfle artificielle en plume qu'elle louche ou peu s'en 
la ut, puis, seulement apres avoir reconnu son erreur, elle 
se deplace sur le cote pour s'attaquer a la mouche vivante. 

»l serait difficile, ce me semble, de trouver une meilleure 
preuve de l'insuffisance de la vision et de la preponde- 
rance du sens tactile; 



( 57« ) 



§ 26. — Resume des resullats fournis par les Araneidca 

En r&inissant les resullats obtenus par les auteurs qn 
in'ont precede et ceux de mes experiences personnels 
on peut dresser le pelit tableau ci-dessous : 



AraignSe sauteuse . . 
Epiblemum scenicum . 

Dolomedes fimbriatus . 

Tegenaria civil is. 

ZMa-x-notata 
Metaitgmentaia. 
Epeira sclopetaria . . 
Epeira diademata 
Epeira cornuta . . . 


,*„„,.,, 






OBSERVATIONS. 


Plateau. 
Id. 

Id. 


20 

10 a 12 

2,5 

2 


2,5 
2,5 


Araatides ne «- 



(877) 

De ce tableau et des details donnes a propos de chaque 
forme, je crois pouvoir conclure que : 

1° Les Aran&des, en general, percoivent a distance les 
deplacements des corps volumineux; 

2° Les Araignees chasseuses (Attides, Lycosides) sont 
probablement les seules qui voient les mouvements des 
petits objels; 

5° Elles percoivent ces mouvements a une distance qui 
oscille, d'apres les observateurs et suivant les especes,entre 
2 et 20 centimetres (1); 

4° La distance a laquelle la proie est vue assez bien pour 
que la capture en soil lentee, n'est que de 1 a 2 centi- 

5° Meme a celte faible distance, la vision n'esl pas 
nette, puisque les Araignees chasseuses commetlent de 
nombreuses erreurs ; 

6° Les Araignees tendant des toiles onl une vue deles- 
table a toutes les distances; elles ne conslalent la presence 
et la direction de la proie qu'aux vibrations de leur (ilet, el 
cherchent a prendre de petits objels tout aulres que des 
Insecles, des que la presence de ces objels determine 
dans le reseau des secousses analogues a celles que pro- 
duiraient les mouvements d'Artbropodes ailes. 



(1) Je crois qu'il scrait plus prudent d'admeltrc que cctte distance 
oscille entre 2 et 12 centimetres. J'ai deja fait remarquer dans une 
note du § 10 que les 20 centimetres indiques par Dahl pour VAltm 
anuatus rcsullent, peut-etre, d'une erreur de mesure. 



(578) 



§ 27. — Hislorique. 

Bien que les moeurs des Scorpions aient ele frequem- 
ment decrites, les observations sur la vision sont rares; 
Emile Blanchard et Ray Lankester paraissent etre les 
seuls auteurs qui se soient serieusement occupes de ce 
point special. 

Voici, du reste, ce que Ton peut ciler : « Un Insecte, 
» ecril Blanchard (1), vient-il a passer plusou moins pres 
» d'un Scorpion, celui-ci se dirige vers sa proie et ne lui 
j> porte des coups d'aiguillon qu'au moment ou il en est 
» suffisamment rapproclieponr I'atleindre. » 

Le meme ajoute plus loin : « ... d'apres les observations 
» faites sur les individus vivants, on peut dire que les 
» Scorpions voient a tine distance mediocre, mais cepen- 
» dant assez variable, les objets places au-devant ou an- 
j> dessus d'eux (2). » 

Joussel de Bellesme (3), parlant de la facon dont le 
Scorpion se sert de son appareil venimeux, dit : a Toute 



(1 ) Blaschard. [.'organisation du regne animal; Arachnides, p. 8 
Paris, 485i-Si). 

(2) Les passages en italique sont en caracleres ordinaires dans 
texte original. 

(3) Jocssetde Bellesme. Essai sur levenin du Scorpion. (Annal 
des sciences naturelles, 5- ser., Zoologie, t. XIX, p. 13, 1874.) 



(579) 

» proie saisie par les pinces est ramenee dcvartl les yeux; 
» il en approche alors son aiguillon et pique avec discer- 
» nement... » 

L'allitude que prend ainsi le Scorpion lorsqu'il main- 
tient I'insecte au-devant des organes visuels pour piquer 
a ete bien representee par Joyeux Lafluie (1) d'apres le 
Buthus europceus, puis par Ray Lankesler (2) d'apres 
YEuscorpius italicus. 

Le savant naturaliste anglais, qui a eludie en meme 
temps les moeurs de VAndroi:ionus functus, Hempr. et 
Ehrenb. (Buthus australis, Linn.) (3), a pu conslaler les 
particulates inleressantes ci-dessous : I'animal, Ires luci- 
fuge, se tient, pendant le jour, soit dans des excavations 
creusees dans le sable, soit sous les objels deposes sur le 
fond du vase qn'il habite; extrait deces retrailes, il donne 
peu de signes de vision proprement dite {very little evi- 
dence of sight) et cberche immedialemenl a se cacher de 

II ne prend de nourriture que la nuil. Les observations 
failes a Taide d'une lampe semblent indiquer que le Scor- 
pion en question ne poursvit pas sa proie, mais qu'il 
I'attend en quelque sorle. Ainsi les Blaltes, se promenant 
,,; ">s le recipient, approchenl sans aucnne crainle de 
'Arachnide, puis, lout a coup, celuici saisit un des 
Insectes de la pince gauche et le pique. 



i Society. Zoology, vol. XVI, p. 
tester. Op. cit., pp. 436-457. 



( 580 ) 

Meme absence de poursuite de la part de YEuscorpius 
italicus (1 ), qui ne se donne pas de peine pour courir apres 
les Calliphores dont on le nourril. La capture de la proie 
n'esl due, en aucun facon, a 1'agilile du Scorpion, mais a 
la stupidite des mouches qui vont, en fait, se proraener 
jusqu'entre les pinces de leur ennemi. C'est le moment 
que celui-ci parait attendre, encore une fois, pour prendre 
le Diptere, pour le porter devant les yeux et pour le piquer 
a la tete. 

On peut deja deduire des extrails ci-dessus : 1° que les 
Scorpions sont lucifuges et onl des habitudes nocturnes; 
ce que l'on savait depuis longtemps (2); 

2° Que leur distance de vision distincte est probable- 

Cependant ces donnees ne suffisent point, et des obser- 
vations methodiques nouvelles elaient necessaires pour 
arriver a des conclusions netles. 



— Observations sur le Butlnis europceus Linn 

'Aii'lroc/oniis oahanus Amoreux) (3). 



M. Jules Chalande de Toulouse, naluraliste bien connu 
par des travaux mleressants tels que ses curieuses Recher- 
ches sur le mecanisme de la respiration chez les Myrio- 
podes, etc., et qui m'avait deja procure des Scorpions a 
deux reprises differenles, ayant eu rcxtreme obligeance 

(1) Ray Lankester. Op. cit., p. 4(J0. 

(2) Voyez : Amoreux. Notice de, /modes de la France reputes 
vcHimeux, p. 47, Paris, 1789. 

(5) Voycz, pour la synonymic et les caractcres : E- SmoM Le* 
Arachnid,* de France, t. VII, p. 96, Paris, 1879. 



( 581 ) 
de me faire un nouvel envoi, j'ai eu, a ma disposition, des 
les premiers jours de juin 1887, cinq Bit thus europceus en 
parfail elat (I ). 

Je n'insisterai plus sur les moeurs; I'etude des allures 
des derniers individus et de ceux que j'avais eleves en 
captivite en 1885 (2) n'ayant fait que me prouver I'exac- 
titude des descriptions de Ray Lankester; j'indiquerai 
seulement ce fait, que les Buthus europcuus entrent en 
aclivite avant le coucher du soleil ou vers cet instant de 
la journee, ce qui permet d'effectuer les observations a la 
lumiere naturelle. 

Tous les essais ont ele repetes a satiete" sur les divers 
exemplaires; je puis done enoncer, sans hesitation, les 

1° Pour loute distance superieure a \ centimetre, le 
Scorpion ne voil pas un corps de faible surface (tel que 
1'extremite d'une regie, le bout d'une baguette, le manche 
ou la lame d'un scalpel, une grosse mouche suspendue a 
un fll, etc.), immobile ou anime de mouvemenls lents et 
place verlicalement au-dessus des yeux medians. 

-° A 1 centimetre des yeux medians, la presence de 
•'objet est pergue et I'allitude du Scorpion devienl mena- 

3° Comme Ray Lankester Ta fort bien constate, les 
Scorpions ne voient pas les proies(ici des Calliphores, des 

(I) Au moment oil jecris ces lignes (23 octobre) les animaux 
nvenl encore, mais ne prennent plus de nourrilure a cause de 
aoaissement de la temperature. 



(889) 

mouches domestiques. des araignees, elc.) qui circulent 
dans leur bocal a uno distance de quel, pies centimetres: 

4° Les proies fibres, les mouches vivanles suspendues 
a des bouts de 61s, enGn les simulacres de mouches qui se 
meuvent ou que Ton fail sauliller devanl le Scorpion, ne 
sont point vus par celui-ci, si la distance horizontal est 
de 5 centimetres ou davantage. A 2 centimetres (peul-etre 
parfois a 2 '/, centimetres) seulement des veux laleraux, 
ces objets sont vus lout a coup, comme s'ils sortaienl d'un 

5° II resulte des faits ci-dessusque, vers le soir, lorsque 
les Scorpions ont faim et sont en pleine activite, ils ne 
chassent pas, dans le sens exact du mot, mais marchent a 
Taventure. Des Calliphores et des mouches privees d'ailes 
peuvent impunemenl circuler a 3 centimetres des Buthus, 
sans que ces dernier* s'apercoiNenl de leur existence. 

Pour constater la facon dont les Scorpions prennentel 
piquent leur proie, j'etais oblige de proceder a une veri- 
table distribution de vivres ; apres avoir enleve a des Calli- 
phores, a des mouches el a des Syrphes les ailes el les 
extremiles des larses, je les meltais directement enlre les 
pinces des Buthus. Si low ne prend pas ces precautions, 

capturer (I); 



ou sous d'autres corps reposantsur le sol, profitmt ire- pmb.-iMenient 
de l'arrivec des Insects qui, par instinct, rlu-relicnt des retraitcs 

analogues. C'est aiti-i (jiren snulevanl i pierre [date sous h'juolif 

se trouvait un Buthus cleve en captivile, j'ai trouve le Scorpion 
occupea manger unc ForOcul is le meme abn. 



( 585 ) 
de lemps en temps I'lnsecte place a sa porlee. Cette mala- 
dresse indique aussi une mauvaise vue; 

7° Le Scorpion auquel on a offert line rnouche et qui 
I 'a manquee, se montre excite; il marche les pinces eten- 
dues et ouverles, tantot an hasard, quand le Diptere s'est 
rapidement eloigne, tantot dans une direction bien deter- 
minee, si la rnouche chemineaune distance qui ne depasse 
pas 2 J /a centimetres. Le Buthus permit alors tres proba- 
blement les mouvements, mais non la forme, car il s'arrele 
si la rnouche ne bouge plus, se remet en marche lorsque 
la rnouche chemine de nouveau, la progression ayant lieu 

Toutes les f'ois que la proie a une vitesse telle quelle 
parvient a s'eloigner au moins a 3 centimetres, elle cesse 
d'etre vue et la poursuite ne continue pas; 

8° Le Scorpion ne capture pas mic Ctlliphoreou une 
rnouche domestique placee entre ses pinces el qui resle 
immobile; 

9° Lorsqu : on met deux Scorpions dans le meme vase, 
"Is ue se voient pas mulueliement el, bien qu'ils craigneni 
bcaucoup les individus de leur espece, ils ne fuient eil'raves 
•pie lorsque le hasard les faitsc heurter; 

10° Une Blalte [Pleriplanela orienlalis) est parfaile- 
ment en surele dans un bocal renfermant un grand 
Buthus europceus, car ce dernier en a peur. Malgre cetle 
frayeur, le Scorpion ne s'apercoil jamais de la presence 
( le rOrthoptere que lorsqu'il le touche. 

11° Mis dans le labyrinthe a obstacles d'un centimetre 
<le hauteur (premiere partie, § 4, pi. I, fig- 6), un Buthus 
y circule les jtinces portees en avant. Ne contournant 
aueune barriere, il les aborde perpendiculairement et fran- 
cbit les unes nines | es aulres eelles qui sont dans une 



( m) 

direction determinee. Ses pinces, qui remplissent ici a peu 
pies les memos fonclions que les anlennes des Myriopodes, 
semblcnl senies I'averlir de !a presence d'objels places 

Afin de rendre les experiences de ce genre plus demon- 
stratives, j'ai employe ensuite un labyrinthe de dimensions 
considerables. Les enceintes concentriques au nombre de 
cinq se composenl de lames verlicales de carton fiaules de 
3 centimetres et longues de douze. Les passages ou solu- 
tions de conlinuite des enceintes ont, en general, au moins 
7 centimetres. Enfin chacune des enceintes comprenddes 
barrieres noires, blanches et brunes, de faccm que I'animal 
circulant dans une direction quelconque doive necessaire- 
menl rencontrer des obstacles d'aspecls (res divers. 

Les essais ont ete cfleclues au commencement d'aout, 
vers 7 '/a heures du soir, au moment du coucber du soleil 
et par un temps beau el cbaud, par consequent dans les 
circonslances les plus favorables, les Scorpions se mon- 
trant excites el Feclairage etant presque aussi intense 
qu'au milieu du jour. 

Les ttnUtus deposes au centre du labyrinthe marchent 
vers le fond de la chambre, c'est-a-dire en fnyant la 
lumiere; les obstacles qui se dressenl devant eux soni 
done, pour la pluparl, eclaires. Malgre cela, les Scorpions, 
qui circulent les pinces elendues devant eux, vonldonner 
en plein sur les barrieres noires ou brunes comine si 
celles-ci n'exislaient pas. 

La memo chose se passe presque loujours pour les bar- 
rieres blanches, el le nombre de fois oil les Arachnides ont 
pain se detourner afin de passer a cole est si restremt, 
qu'il est impossible d'en deduire que les animaux nienl 
mi h\> obstacles. 



( 585 ) 

L'experience ci-dessous semble, du reste, prouver que 
la vision n'esl pour rien dans les rares exceptions con- 
statees; 

12° J'ai fait usage d'un procede deja employe pour les 
Myriopodes (premiere partie, § 4). Je veux parler d'une 
carle blanche des dimensions d'une carle de visile lixee a 
I'exlremile inferieure d'une canne et que Ton place verti- 
calement sur le trajel de I'animal circulant a la surface 
d'un parquet bien eclaire(l). 

Or, la plaque blanche reflechissant la lumiere qui vienl 
des fenelres et Iranchant, par consequent, par son eclat, 
sur la leinte neutre du sol est, presque sans exception, 
heurtee en plein par le Scorpion, pourvu qu'on la metle a 
10 centimetres en avant de I'Arachnide. 

Pour des distances superieures, le Scorpion passe de 
temps a autre a cdte de 1'obstacle; fait qui tient unique- 
ment a l'incertitnde nalurelle de la marche; le Biilhus 
progressant rarement en ligne absolument droilesur une 
longueur de plus de 10 a \o centimetres; 

13° Les allures du Scorpion qui rencontre un obstacle, 
puis qui le longe, montrent deja nellement le role d'or- 
ganes exploraleurs joue par les pinces; mais on peut 
mettre encore mieux ce role en evidence en couchant un 
vase ouvert on une boite ouverle sur le chemin d'un 
Btithus en marche. Chaque In is que iVxdvmile des pinces 
- s «'i)ga^e sous le bord du recipient, I'Arachnide fait tous 
ses efforts pour s'insinuer enlre celui-ci et le sol; chaque 
'ois que les pinces se sont placees an contraire, par hasard, 
au-dessus de ce bord, le Scorpion enlre dans le vase ou 
dans la boiie sans hesiter; 



( 586 ) 
14° La pltipart des auteurs paraissent croire que le 
Scorpion mainlient sa proie au-devant des yeux, au 
monienl de la piquer, pour mieitx voir la place exacte ou 
il enfoncera l'aiguillon. [/observation minutieuse des fails 
prouve cependant que la vue n'inlervient guere et que le 
sens tactile a une influence preponderante. En effet : 

A. — L'Arachnide ne porle pas sa viclime au-dessus 
des yeux medians, mais a '/a centimetre en avant de la 
tele, la ou il ne peut l'entrevoir et meme mal qu'avec les 
petils yeux laleraux (1). 

B. — L'acle de piquer se fait avec une raprdite telle 
que si I'animal se laissail en realite guider exclusivement 
par ses impressions visuelles, la vue devrait etre tres 
bonne; hypoihese qui n'a pour elle aucune preuve, et donl 
les di verses experiences que je viens de decrire sernblent 
demonlrer la faussete. 

C. — Si Ton approche jusqu'a 2 centimetres <fui 
Bnthns une mouche arlilicielle en cire ou en plume sus- 
pends au bout d'un hi, il saisit le petit objel de la pince 
gauche (2), puis Je rejelte de cote. Jamais il ne l'approche 
des yeux. Toule fausse proie est ainsi reconnne au tou- 
cher et dedaigneusement repoussee, sans que la vision 
paraisse utilisee d'une faqon speciale. 



(1) La position que le Scorpion donnc a la proie est scrupi 
sement reproduite sur la planche qui accompagne le memoir 
M. Joyeux Laffuie ; Appareil venimeux et veuin du Scorpion, op 

(2) J'ai vu, mais rarcment, le Scorpion saisir une proie vivan 
la pince droife. L'animal n'emploie done pas toujonrs la gauche, i 



( 387) 

D. — J'offre a un Scorpion une Calliphore veritable 
suspendue a un fil (in; il la saisit et cherche a piquer. 
L'animal donne deux coups d'aiguillon, mais chaque fois 
le dard rencontre le til, de sorte que la mouche reste 
intacte. Non seulement le Scorpion n'a point vu qu'il n'a 
pas pique I'insecte, mais persuade, a la suite de la resis- 
tance rencontree, que I'aiguillon avail reellement fait son 
cenvre, il devore le Diptere encore bourdonnant el dont 



§ 29. — Resume des resultats foimiis par les Scorpions. 

Les observations de Ray Lankester sur VAndroclonus 
fttnesius et VEiiscorpius italicus, ainsi que les miennes 
sur le Bit thus europceus, permettent de considerer comme 
definitivernent acquis : que la vue des Scorpions est tres 
mauvaise; que la distance de vision dislincte ne depasse 
pas 1 centimetre pour les yeux medians et 2 '/2 centi- 
metres pour les yeux laleraux du Buthits europceus; que 
ces animaux ne cliassent pas, mais, ou bien qu'ils errent 
au hasard jusqu'a ce qu'une proie soit a leur poi tee, ou 
bien qu'ils attendenl dans leur retraile les Arlicules 
unprudents qui s'y glissent; que ce sonl leurs pinces et 
non leurs yeux qui les avertissent de I'existence d'obstacles 
places sur leur route; enlin que, lorsqu'ils onl capture un 
Insecte, c'est surtout par le toucher qu'ils jugenl de 
IVndroit ou doit etre enfonce I'aiguillon (1). 



(1) It n'y a la rien que de pai-faitement naturel. Les pages 6S, 139, 
160 el 220 de< ,moloaiques de J. H. Fabre 



i 1879) nous apprennent en effet que les Hymenopteres tels < 
erceris, les Sphex et les Ammophilcs qui cngourdissent 



Phalangides (Opilioncs) 
§ 30. — Considerations generates. 

Les Arachnicles de Fordre des Phalangides offrent, 
comme chacun le sail, des patles greles d'une grande 
longueur et ne possedent que deux yeux simples situes 
sur les faces laterales d'une eminence occupant la parlie 
superieure du cephalolhorax. 

La position des yeux et la direction de leurs axes sont 
telles qu'il semble impossible que Panirnal puisse voir un 
objet place devanl lui sur le sol. Enlin la structure des 
organes visuels etudiee par Grenadier (2) parait ties voi- 
sine de celle des yeux anterieurs des Araneides; la seule 



Insectes dans le but de les offrir en paturc a leurs Iarves et qui 
piquent, a cet effet, certains ganglions bien determines de la chaine 

delicate. Places au-dessus de la victime, ils recourbent leur abdomen 
sous le corps du Cliarancon, de TEphippigcre ou de la Chenille, et roni 
precisemeut perforer la face de l'lnsccte qu'ils nc peuvent voir. Les 
sensations tactiles seules les guident, et cependant ils operent avec 



On peut soi-meme, sans le secours de la vue, effectuer des actes 
aussi nets que ceux dont le Scorpion nous rend temoins. Ferniez les 
yeux et, tenant entrc le pouce et I'index de la main gauche un petit 
objet quelconque, vous serez etonne de constater, quelle que soit la 
position du bras, avec quelle precision vous irez, d'un mouvemen 
assez rapide, toucher 1'objet de I'index dc la main droite. 

(2) Gre\acher. Untersuchungenuber das Sehorgan der Arthropoden, 
pi. II, fig. 15 (Phalangium opilio), Gottingen, 1879. 



( 589 ) 
difference un peu important consiste dans la presence de 
trois batonnets lerminaux au lieu de deux, au sommel 
des ommalidies (1). 

Aucune recherche n'avail ete effectuee, jusqu'a present, 
stir la vision des Phalangides. 



§ 31. — Observations et experiences sur les Phalanginm 
parietinum de Geer et Phalangium opilio Linn. 

Toules les observations onl ete failes soil sur des ani- 
maux en liberie dans mon jardin, soil sur des individus 
iransportes direclemenl de I'exlerieur dans la chambre a 

J'ai cru longteinps les Phalangides lucil'uges; cependant, 
en soumellanl six Ph. parietinum a la methode photoki- 
netique, cesl-a-dire en les inlroduisanl dans la boite a 
compartimenls eclaires et obscurs (premiere panic, § -i, 
pi. I, fig. 5) et en repetanl les essais dix ibis de suite, 
a 10 on 15 minutes d'inlervalK j'oblins les distributions 
ci-dessous (2) : 



H ) Voir pour la signification de ce termc : Premiere parlie, § 
(2) Lc fond de la boitc clait garni de papier a filtrcr hum 
oiidition indispensable, ies Phalangides souffrant heaucoup < 



( 590 ) 

C'est-a-dire que, malgre une lumiere diffuse vive, il 
s'est trouve (rois ibis plus d'individus dans les parties 
claires que dans les portions ombrees. 

L'examen de ce qui se passait dans la boite chaque fois 
que les animaux avaient ete deranges pour les amener a 
se distribuer de nouveau, permettait de voir les Phalan- 
gium se repousser rnutuellement pour occuper plus vile 
une place dans un segment eclaire (1). 

Les Phalangides du genre type Phalangium preferent 
done la lumiere du jour a Fobscurile; mais, malgre l'evi- 
dence du fait, nous ne sommes en droit de formuler 
aucune conclusion quant a la vision proprement dile, 
puisque, dans certains cas, des perceptions dermaloptiques 
vives peuvent determiner des acles qu'un observateur 
superticiel attribuerait facilement a l'influence de percep- 
tions visuelles (2). J'arrive, du reste, a ces dernieres qui, 
ainsi que le lecteur en jugera, doivent etre d'une bien 
(aible utilile aux Arachnides dont il est question dans ce 
chapilre. 

Pose sur le sol, sur une muraille on sur une feuille, le 



(1) A la verite, beaucoup d'entre eux finissaien 


t par s'appliqu cr 


au plafond do rinMniim.-ni, paroi- < pit- w pl.il'nrnl en i 


Nirlon leiir offroil 


plus de prise que les autres parois qui sont en verre 


!. Opendant, ccla 


| itiiscpu hp'aneheretanti 


blanc reflechissait 


beaucoup de lumiere vers le haut, et que certaincmenl 


desArthropodes 



minorite. 

(1) Voyez a ce sujet, dans la pit 
question des t le § 6 traitai 



{ 591 \ 
Faucheur ne voit evidemment aucun des corps que Ton 
approche de ses yeux. J'ai employe a cet effet !e doigt, 
un rameau, line petite sphere de verre un manche de cou- 
teau garni de metal blanc brillanl, line petile mouche sus- 
pendue a un HI, un simulacre de mouche en plume, elc. 
L'objel peut elre approche horizonlalement ou verticale- 
ment, tres lenlement ou assez vile (pourvu qu'on ne pro- 
voque pas de courant d'air), L'experimentateur peut 
I'avancer en ligne droile ou lui imprinter des oscillations, 
jamais le Phalangium ne manifesto rien, tant qu'il n'y a 
point contact soil avec son corps, soil avec ses pattes, 

Les Faucheurs ne pergoivenl pas da vantage les depla- 
cemenls des objets voiiimineux, a la condition que ces 
deplacemenls n'amenenl ni mouvement d'air conside- 
rable, ni trepidation du support sur lequel les individus 
sonl places. Ainsi on circulera tout pres de ces animaux, 
on agitera meme avec une vilesse moderee el a 10 centi- 
metres au plus de distance, la main, une plaque de 
carton, etc., sans les faire sortir de leur immobility 

Ces fails qui expliquent pourquoi les Phalangium se 
laissenl facilement capturer soulevent une question plus 
imporlante : comment, avec une aussi mauvaise vue, les 
Faucheurs parviennenl-ils a se dinger el comment 
urriveu t-ils jamais a ^aisir une proie quelconque? (I) 



tr. ailleurs . Note sur les phe'nomdncs de la diyesUon 
ure de Vappareit digestif chez les Phalangidcs (Bull, de 
c Belgique, 2< scr., t. XLH, novembre 1876), qu'on 
: tube digestif des Faucheurs des debris dlnsecles, 
« Arachuides dc France, t. VII, p. 132, Paris, 1879) 
:s animaux devorcr des Fourrais, des Lithobies, des 



t 59-2 ) 

En remontant au 6° du § 26, le lecteur y trouvera que 
les Araignees tendant des toiles voient anssi mal et 
qu'elles suppleent a l'insuffisance de la vision par le sens du 
toucher. L'observation montre que, chez les Phalangides, 
ce sont aussi les paltes, appendices tactiles d'une sensibility 
extreme, qui servent d'organes avertisseurs el explora- 
leurs. 

Au repos et entoure de ses huit pattes greles disposers 
en etoile, le Faucheur est au centre d'un cercle qui peut 
parfois alteindre 6 centimetres de rayon. Indifferent a 
tout ce qui pourrail emouvoir un animal <loue de bons 
yeux, il percoil, au conlraire, immediatement le plus leger 
contact d'un corps etranger avec chacun de ses membres. 

Grace aus dimensions considerables de ses appendices 
locomoteurs et a leur disposition rayonnante, il est averti 
a temps du voisinage d'un ennemi ou du gibier,que ceux-ci 
soient devant lui, derriere lui ou sur le cote. J'approche, 
par exemple, des yeux d'un Phalangium parietinnm on 
fragment de plume d'un demi-cenlimelre de longueur, sus- 
pendu a un il I - l'Arachnide ne bouge pas; mais je louche 
la patte droite de premiere paire a I'aide de ce corps doux 
et leger; le Faucheur leve aussitot la patte frolee et la 
mainlient levee; je louche en.-uile la patte gauche; meme 
gesle; enlin, j'amene le petit morceau de plume en con- 
lacl avec les cheliceres, I'animal recule de quelques pas. 

Lorsquc le Phalangium circule, ce sont les pattes de la 
seconde paire, les plus longues de toutes, qui lui donnent 
des indications sur la nature des obstacles. Commit sur les 
pattes des paires 1, 3 et 4, il tient lesextremites des mem- 
bres de deuxieme paire, qui depassent les aulres comme 
de longues antennes, legerement relevees, et il s'en serl 
pour palper conslamment d'un mou Yemeni rapide les divers 
objets qu'elles renconlrent. 



( 593 ) 

On constate deja iacilement ce role ties second es palles 
en mellant un Phalangium dans un grand bocal conle- 
nant quelques rameaux. L'Arachnide ne circule qu'a tatons 
el ue s'avenlure sur une branche on sur une feuillequ'apres 
avoir palpe la surface. 

Cependant, I'absence de vision dislincle el son rempla- 
ceraent partiel par le loucher deviennent surloul evidents 
si Ton place un Faucheur dans le grand labyrinlhe a obsta- 
cles de 3 cenlimelres de hauteur (voir § 28). I/animal ne 
se detourne jamais pour passer a cole des lames verticales 
de carton noires, blanches ou brunes; il marche directe- 
ment vers elles sans les voir, s'arrete un instant des que 
les extremiles de ses paltes exploralrices de deuxieme 
paire rencontrent une barriere, palpe celle-ci, puis passe 
au-dessus pour effectuer le meme manege a i'obslacle eui- 

La fa con de proceder de I'Arachnide e>t idenliquement 
la meme lorsque, comme pour les Scorpions el les Myrio- 
podes, on met, en travers du trajet d'un Faucheur circulant 
libreinenl sur le parquet, une plaque verticale de carton 
Wane, (ixee au bout d'une canne (voir 1 re parlie, § 4, et, 
dans la parlie acluelle, § 28). Que la plaque soil eclairee 
u» qu'elle soil a contre-jour, I'individu en experience la 
rencontre toujours en plein a I'aide de ses paltes de deu- 
xieme paire, et ne se detourne ou ne montc sur I'obslacle 
qu'apres une exploration rapide de la surface. 

Enlin, demiere preuve,encore plus convaincanle que les 
P'ecedentes : les Phalangium parietinum ou les Ph. opilio, 
<Jont on abolit a peu pres enlieremenl les perceptions 
vsuelles en leur couvranl les yeux d'une couche de couleur 
a l'huile noire, el les Ph. oplio, complement aveuglcs par 



(594) 

la section ties nerfs opliques (1), circulent un pen moins 
vite dans le premier c:s, d'une facon un pen plussaecadee 
dans le second, mais se component vis-a-vis des obstacles 
absolument de la meme maniere que les individus jouis- 
sant de la lotalite de leurs organes des sens. lis tatent les 
barricresdu labyrinthe de leurs membres de seconde paire, 
1'ranchissent les lames de carton on les contournent pour 
rencontrer celles qui sont situees au dela, etc , avec des 
allures si normales qu'un observateur non prevenu serait 
persuade que les animaux qui evoluent devant lui sont par- 



§ 32. — lies a ■ /' 

Les experiences et les observations sur les Phalangides 
condui-senl, en somme, a des resultats analogues a ceux 
que nous onl donnes les Araneides tissant des toiles. 

La vuc est fort mauvaise, et il semble n'y avoir de vision 
dislincie a aucune distance. 

Ccs Arthropodescompensent l'insuffisance du sensvisuel 
en ulilisanl la sensibilite tactile exquise de leurs membres, 
et surtout en employant, comme organes explorateurs, les 
longues pattes tie la seconde paire, qui jouent a peu pres 
le role des antennes des Myriopodes. 



(I) Cette operation assez facile se pratique en enfoncant honzor 
talement ct de droite a gauche la lame bicn aiguisee d'une aiguil 
a cataractc au travers de la base du tubercule qui porte Iesyeux. 
m p ire linn pn sijuc totalemcnt le tubercule du rcste des U^uiuen 
dorsaux et, lorsqu'oD retir ^ ,ie fort P cu * 



/hillvlm.y.'i'Xm- i;.„n:.Y/r 




Fy.2 




Sn.3. 



fy.i. 



EXPLICATION DE LA PLANGHE II. 

Fig i. Ccphalothorax d'unc Attidc, Marpessa muscosa, vu de profil. 
Grossisscment, 12. 

L'apparcil vi-ue! t ^t (''nuniiiM't copciulant la vuo est nianvni-.' 

fig- 2. Boulettc de circ noircie suspendue a I'exlremitc d'un fil 
(G.«). 

Fig. 5. Mouche artificielle en plume (G. n). Remarquer comfaien ce 
simulacrc rcssemble peu a un Insecte veritable. 

Fig. A. Systcmc double jete dans une toile d'Araignee et compose 
d'une mouche vivante rcliee par un fil de 2 cetiiimetres 
de longueur a une mouche artificielle en plume (con- 



Simple observation au sujet d'un travail de M. W. Hal- 
lock (1) intitule : The Flow of Solids, etc.; par 
W. Spring, inembre de I'Academie. 

J'ai demon tre, on se le rappelle, par de nombreuses 
experiences, que les corps s>uli.|rs juuissaiml, a des degres 
divers, de la faculle de se souder, a froid, sous Taction 
« une pression suflisammenl energique. En comprimant 
des corps de nature chimique differenle j'ai pu oblenir, a 
i temperature, nombre de combinaisons qui ne se pro- 



duisent, 



aide d'une lemperatu 



u moms elevee. 
Ces recherchesavaienleteenlreprisesen vue de verifier 



of Science, t. XXXIV, 



( 596 .) 
s'il est possible de retrouver, dans les corps a Petal 
solide, la trace des proprietes qui caracterisent surtout 
lelat liquide. J'ai ete amene aussi, a la suite de mes 
experiences, a formuler en principe, des 1880, que la 

volume qu'elle est oblige d'occuper; mais cette condensa- 
tion n'est permanente que si la matiere admet des etats 
allotropiques differents. Depuis , des experiences nou- 
velles(l), en parlie encore inedites, m'ont fait reconnaitre 
('importance <!u role que joue un certain degre de tempe- 
rature dans ces phenomenes; de telle sorte que, pour 
I'etat solide comme pour I'etat liquide, on observerait 
unc temperature critique, au-dessus ou au-dessous de 
laquelle les changemenls par simple pression ne seraient 
plus possibles. 

La consequence de tout ceci est, par exemple, que les 
corps liquhles doivenl passer, sous pression, a I'etat solide, 
en tenant ccmpte de la temperature critique, bien entendu, 
si leur volume specifique est plus petit a Petal solide qu'a 
I'etat liquide, et reciproquement. 

Cette reciproque a ete demon tree d'abord par Mouzon, 
puis, recemment, par moi-meme en collaboration avec mon 
ami J.-II. van 't Hoff. 

Je me proposais de verifier aussi la proposition pre- 
miere, mais j'ai ete devance, a ma grande satisfaction, 
par M. Amagat (2), qui vient de produire la solidilicalion 
de plusieurs liquides par Paction de la pression. 

Voila une verification des resultais generaux tie mes 
experiences qui m'a f;iit le plus grand plai>ir; sa grande 
valeiir n'echappera a personne. 



i 597 ) 
Ceci pose, j'arrive a Far tide de M. Hallock. 
L'auteur m'attribue I'absurde pensee que les corps 
solides se liquefieraient tous sous l'action de la pression. 
I) s'imagine rn^me que j'ai tire" cette conclusion de mes 
experiences! Pour appuyer son dire il altere des passages 
de mes travaux, en remplacant partout le mot <x soudure » 
dont je me suis servi, par le mot « fusion », ou merae en 
denaturant completement le lexte. Qu'on en juge : 

M. Hallock me fait dire, par exemple (p. 281), « sulphur 
prismatic — 5,000 atm. fusion to the octahedral form. » 

il ajoute de son cru : « and so on throngh a long and 
varied list. » Or, j'ai dit, page 351 de mon JVlemoire de 
1880: <t Du soufre prismatique transparent, fraichement 
prepare, a 6te soumis a une pression de 5,000 atm. a ia 
temperature de 15°; il s'est mottle en un bloc opaque beau- 
coup plus dur que ceux qu'on oblient par fusion!... » — 
Tout commentaire est superflu. 

Apres avoir ainsi prepare le terrain, il fait i'expose d'ex- 
periences nouvelles qui lui ont demonlre, naturellement, 
que les corps solides ne fondaient pas sous pression ! 

Enhn, il acheve de demontrer mon absurdite en m'op- 
posant les experiences d'Amagat, qui demontrent, ainsi que 
je viens de le rappeler, la solidification de certains liquides 
par la pression, ce qui exclut le coutraire. 

II est bien clair qu'il n'y a pas lieu de discuter avec 
M. Hallock, puisque son travail, qui s'appuie sur une chi- 
mere, est, pour moi, nul et non avenu. 

Mais je crois qu'il ne m'est pas permis de laisser passer 

son oeuvre sans protestation, car il est de I'interet scienti- 

fique general de rappeler que si, a la verite, les erreurs ne 

3 me S£RIE. tome xiv. 40 



( 598 ) 
penvent pas toujours etre evitees, il n'en est pas de meme 
de I'inattention. 

Je dois ajouter,cependant, a la decharge de M. Hallock, 
que son travail a ete entrepris et dirige par M. J.-W. 
Powell, de Washington. J'engage M. Hallock a choisir 



Sur les depots rapportes par Dumont a ses systemes 
laekenien et tongrien, an S.-E. de Bruxelles; par 
Michel Mourlon, membre de I'Academie. 

Les grands travaux de terrassement effectues dans ces 
derniers temps, pour !e prolongement de I'avenue du tram 
a vapeur d'lxelles jusqu a I'hippodrome de Boitsfort, ainsi 
que les deblais occasionnes par la creation de cede autre 
avenue dite « boulevard Militaire » qui relie la « Petite 
Suisse » aux nouvelles casernes d'Etterbeek, ont mis a 
decouvert des coupes d'une grande importance pour 
I'etude des depots terliaircs se rapportant aux systemes 
laekenien et tongrien de Dumont. C'est ce qui m'a engage 
de hater la publication de ces coupes, afin d'atlirer 
l'atlention des geologues sur les fails inleressants qu'elles 
presentent pour la solution de certains points litigieux. 

Seulemenl, malgre tout 1'interet qu'offrent ces coupes, 
aucune d'elles ne permettant d'observer la serie complete 
des depots de la region, j'ai cherche a combler cette 
lacune en soliicitant de l'administration des chemins de 
fer l'autorisation, qu'elle a bien voulu m'accorder, d'uti- 
liser les profondes tranchees du chemin de fer an S.-E- 
de la Station d'Etterbeek et au N. de Watermael. 






( 599 ) 
Avant de faire connaitre !e resultat des observations 
que m'ont permis d'effectuer les deblais que j'ai fait pra- 
tiquer dans ces tranchees, je commencerai par ex poser 
les fails interessants que presentent Pavenue de i'Hip- 
podrome et le boulevard Militaire, ainsi que 1'ancienne 
chaussee de Boendael. 

Avenue de l'Hippodrome. — Au point culminant de 
cette avenue, qui est a la cote 105, on observe, dans la 
petite tranchee situee un pen en conlre-bas de la maison 
Capouillet, qui domine toule la region, un belaffleurement 
d'argile grise tachetee de jaunatre et alternant avec de 
I'argile sableuse glauconifere. Ce depot argileux a une 
epaisseur de plus de 5 metres sur le talus et represtnte 
le Tongrien de Dumont. 

En descendant Tavenue de ['Hippodrome, on ne voit 
plus d'affleurement sur une assez grande longueur, mais 
pres de la ferme tie la Petite Suisse, au coin de l'avenue 
ft du boulevard Militaire, une bulte de sable presente la 
°oupe que voici : 



Loupe (Vune bulte de sable pres la ferine de la Petite Suisse 
(fig- I)- 

9' Union et eailloux roul<!-s a 1 1 bn-r. nivinant fortement les 
depots sous-jacents. 

T. bits de graviers argileux styares par O m ,60 de sable et 
recouverts de O m ,40 de sable jaune egalement graveleux. 

able blanc et jaune avee concretions ferrugincuses a la 
parlie superieure, limite par un gravier de base sur- 



{ 600 ) 

monte d'un lit ferrugineux dont il est quelquefois 
se'pare par m , fc 25 de sable graveleux . metres. 2,20 

Ii. Sable fin blanc et jaune, presenlant deux niveaux de 
concretions fcrrugineuses : 1'inferieur continu ct en 
contact avec le gravier de base, et le superieur non 
continu, inais paraissant par places se confondre avec 
le premier, le sable qui Ies separe se durcissant en 
prenanl une teinte rouge brunatre ferrugineuse. 
Entre ccs deux uivenuv ferrugineux, on ob-ene parfois 
aussi un lit de gravier a O m ,20 au-dessus du niveau 
inferieur 4,50 

IiK. Sable jaune verdatre demi-fin, raoucbete de noir, 



En continuant a descendre I'avenne de I'Hippodrome, 
on observe sur le petit talus de celle-ci, vis-a-vis la 
maison portanl le n° 151, du sable graveleux laekenien 
pelri de Num. (wvigala roulees; et enfin, plus bas 
encore, dans un deblai pratique pour Ies fondations d'une 
maison en face du Pavilion du Tram, situe au coin de 
I'avenue el de la rue du Bourgmeslre, du sable bruxellien 
durci passant au gres ferrugineux brun rougeatre, ayant 
jusqu'a 2 n, ,50 a 3 metres d'epaisseur. 

Boulevard Militaire. — Celle nouvelle grande avenue 
presence, entre la rue du Cygne et le noiiveau Pont du 
chemin de fer de la Station d'Etlerbcek, une belle coupe 
sur le talus meridional de la tranchee. Elle commence a 
00 metres du Pont et s'elend a I'O.-S.-O. sur uue longueur 
de 250 metres, jusuue pros tie la rue du Cvjine. 



Coupe prise an houlfvard M>h't'tire entro (<■ uouveau Pont (lit 

chemin tie fer et la rue du Cygne (fig. 2). 
Q. Limon brun avcc cailloux routes a la base et limon sableux 

W. Sable blanc glauconifere quartzeux, pnrfois tres grossier 
et passant au gravicr vers Je bas. II prend souvent une 
teinte jaunatre et se presente a grains beaucoup plus 
fins a la partiesupericure; il devicnt brunatre humecte 
sur m ,40 vers le bas au contact du gravier, lequel est 
parfois associe a on petit lit argileux. Ce sable W. ren- 
ferme des lentillcs presque continues, en de certains 
points, de concretions sableuses ferrugineuses fossili- 
feres a Pecten corneas, etc., et de plaquettes de gres 
ferrugineux passant a la limonite et pelrics de Num. 
u-emmelensis ; il atteint 2 m ,50 a 3 metres d'epaisseur. 

**• Sable gris jaunatre assez fin, legerement glauconifere, 
presentant, en quelquo point-, de- concretions ferru- 
gineuses I -: %\ ier de base. 

l-K. Sable jaune verdatre mouchete de noir legerement glau- 
conifere avec rares laches ferrugineuses. 

Sur le talus septentrional de la tranchee du boulevard 
Militaire, on n'observc, pour ainsi dire, que du limon 
quaternaire; mais un deblai pratique pour la construction 
de I'egout a mis a nu, sous 3 m ,50 de limon avec rares 
cailloux a la base : 

m ,80 de sables blanc et jaune separe du sable sous- 
jacent par un gravier de m ,0o, et correspondant aux 
couches L de la coupe precedente; 

3 metres de sable jaune verdatre, a peine visible sur 
''autre talus de la tranchee (LK). 



( 602 ) 

Interpretation. — Comment faut-il interpreter les 
coupes qui precedent? Celle de l'avenue de I'Hippodrome 
nionlre bien netlement, au-dessus des sables laekeniens 
separes des sables bruxelliens par le gravier a Nummulites 
Iwutgata roulees, une succession de trois depots sableux 
separes par des graviers bien apparents (fig. 1). 

Toulefois, n'ayant pas rencontre de fossiles dans ces 
depots, ii eut etc diflicile de preciser leur age geologique, 
si la coupe du boulevard Militaire n'avail presenle dans la 
couche W des concretions de sable quartzeux durci ferru- 
gmeux ties fossili teres, renfermant la laune caracleristique 
des sables de Wemmel, que MM. Vincent out eu la bonne 
fortune dedecouvrii en mauib endroits a ce niveau. 

Des lors, il devenait evident que le depot sableux qui 
separe ces sables wcmmeliens des sables laekeniens, 
represente le nouvel elage auquel nous avons propose, 
M. E. Vincent et moi, de donner le nom A" elage ledien (i). 

On vena plus loin que la coupe de la tranchee au S.-O. 
tie la Station d'Elterbeek confirme pleinemenl celte inter- 
pretation. 

Quant a la coucbe argilo-sableuse et graveleuse qui, 
<lans la coupe de la ferine de la Petite Suisse, surmonte 
les sables W., elle semble bien representer la base des 
depots argileux tongriens de Dumonl, qu'ou a vus si bieu 
caracterises au point culminant de l'avenue cle I'Hip- 
podrome, pies de la maisou Capouillel. 

Avanl la creation de cette avenue, on ne connaissait, 



( 605 ) 
dans la region, de representant de ce depot argileux qu'en 
un seul point situe a peu de distance sur la chaussee de 
Boendael, vis-a-vis la ferme porlanl le n° 267. 

On y observe, sur le talus de la chaussee, a environ 
500 metres au S.-E. du boulevard Militaire, la coupe 
ci-dessous : 



Coupe relevee swr le talus de la chaussee de Boendael. 



Limon et cailloux roule; 



T. h. Argile sableusc lii-i-aii-c- etjaunatre . . 
c. Lit de I'oiii-i't'tifin- la riigineusos dans un s 



Sable argileux i;i \- 

Sable blanc quarlzeux avec grains de glauconie. 0,20 



W? f. Sable blanc et j 



Les couches argileuses b-e de la coupe qui precede 
elant a la cote 99, on pouvait en conclure qu'elles sont 
inferieures a eel les qu'on vient de voir pres de la maison 
Capouillet; mais comme, entre ces derniers aflleurements 
et ceux de la Petite Suisse et du boulevard Militaire, 
on n'en observe pas d'autres, il eut 6"te impossible 
d'etablir leurs relations stratigraphiques, sans les donnees 
si precieuses que m'ont fburnies ies tranchees du chemin 
de fer au S.-E. de la Station d'Etterbeek el au N. de 
Watermael. 



( (304 ) 

Tranchee du grand Pont au S.-E. de la Station 
d'Etterbeek. — Cette profonde tranchee, dont la hauteur 
n'atteint pas moins de 20 metres au grand Pont, ayanl ses 
talus recouverts de vegetation et d'arbusles, il ne m'a ete 
possible d'en relever la coupe qu'en pratiquant, de dis- 
tance en distance, une serie de deblais en escalier, per- 
mettant de voir la roche en place du haut en bas. 

Deja, en avril 1862, cette tranchee avait attire I'altention 
du major Le Hon, qui en fit connaitre la composition 
« au grand Pont du chemin de fer du Luxembourg, pres 
> deWatermael. i 

Voici le releve qu'il en donne dans son interessante 
Note sur les terrains lerliaires de Bruxelles (Bull. Soc. 
geol. de France, 2 e serie, t. XIX, p. 823) : 

Altitudes: 
102 metres. Niveau du sol humus, Iimon heshayen. 
100 — Argile verte un peu sableuse. 
99 — Sable vcrdatre, argileux, bigarre de fer. 
87 — Siiblesiliocux pur, gris, bleuatre clair. 
85 — Sable gris, panache de fer. 
82 — Sable ferrugineux (orange fonce), devenant, en 

descendant, argileux et panache devert. 
74 - Couches melangees de sables argileux taches de 
rouge et de vert et de petites veines puresd'ar- 
gile verte, comme a Schaerbeek. 
70 — (Voie ferree). 
69 — Surface du systeme bruxellien. 

A pres avoir donne ce releve des couches de la tranchee 



I 



qu'il rapporte 



( 603 ) 

systeme laekenie 



Le Hon ajoute : 
« On a trouve, en creusant cette vaste tranchee, des lits 
de pierres dont une partie contenail des fossiles laekeniens, 
mais il nous a ete impossible, depuis tant d'annees deja, 
de decouvrir le niveau du gisement de ces pierres. » 

En comparant la coupe de la iranchee telle que l'a 
decrite Le Hon, aussi completement que le permettait 
1'etal de la science a cetle epoque, avec celle qu'on trou- 
vera ci-apres, on sera frappe de voir combien 1'etude des 
terrains qui la composent a fait de serieux progres depuis 
vingt-cinq ans. 



Coupe relevee sur le talus oriental de la tranchee au Sitd-Est 
de la Station d'Etterbeek (fig. 3). 

Cette coupe n'ayant pu etrc levee qua l'aide des deblais 
pratiques sur le talus oriental de la tranchee, j'ai cru bien faire 
de donner ici lc relcve <k : Mille des couches renconlrees, de 



Deblai n° 1 (a 15 metres du grand Pont). 
a. Limon brun, tcrre a briques avec cailloux dissemines 

a la base metres. 1,25 

o. Limon jaunatrc pale stratifie avec cailloux a la 



i.r.u 



. Argilc glaueonifere d'un vert fonce .... 0,S5 

■ Argile grise, nuancee de jaunatre par places. 1,00 
Sable argileux glaueonifere, jaunatre vers le 

haul et grisatre vers le has . . . . . 2,50 






(i.'jn 



( 606 ) 

Report. . . 

f. Sable jaunatre peu ou point glauconifere avec 

rares paillettes de mica et concretions ferru- 
gineuses disseminees,devenant argileuxvers 

g. Sable gris blanchatre legerement glauconifere 

semblable hi 

h. Gravier peu apparent dans le sable grisatre. 

W, i. Sable quartzeux grisatre et blanchatre lege- 
rement glauconifere, parfois asscz gro-sier. 
passant au gravier vers le bas et rappelant 
le sable W. avec plaquettes fossiliferes de la 

coupe figure 2 

j. Gravier dans un sable jaune glauconifere . . 

L. k. Sable fin gris blanchatre presentant vers le bas, 
a m ,80 du gravier/, un lit argilo-ferrngi- 

neux rougeatre (k') 

/. Gravier dans un sable jaune 

M*. m. Sable jaune visible sur o^SO, dont un metre 



Total. • - 20,10 



Deblai n' 2 (a 50 metres do grand Pont). 

, Terre vegetale metres 

qui semble provenir d'une 



Limon sableux stratifie d'aspect 



( 607 ) 

Report. . . 5,00 

d. Sable argileux gris verdatre et jaunatre, pas- 
sant a 1'argile gnse, nuaucee de jaunatre, 
avec concretions ferrugineuses, rares pail- 
lettes de mica;ce sable presenle un lit de 

concretions linioniteiiM's conge d'ocre (d'), 

a 1 ,B ,I0 du premier metres. 2,00 

"• , ce semblable 

kg 0,25 

f. Gravier dans un sable jaune 0,05 

g. Sable blanc quartzeux glauconifere el jaune 

brunatrc au contact du gravier 2,10 

h. Gravier epais verdatre 0,10 

i. Sable gris blancbatre et jaunatre ayant, sur- 
tout a la partie superieure, un aspect mou- 
cbcie tout pai un peu celui 
de la peau de daim 5,20 

j. Gravier peu apparent dans un sable jaune. 

A. Sables et gres ealcariferes blancbatres et jau- 
nalres tres fossUi feres avec abondantes 
peliles yummutilrs. 

Le premier banc de gres k' est separe du 
gravier j par m ,80 de sable ; le deuxieme 
banc de gres k'' Test du precedent par 
1 m ,G0; le troisieme banc ft'", le plus epais, 
est distant du deuxieme de m ,i)0 .... 4,70 

jaune brunalre ondulee 

A reporter. . . 17,40 



( 608 ) 

Report. . . 17,40 
m. Sable et gres calcariferes presentant deux 
bancs de gres : Je premier se'pare de m ,\0 
du gravier I et de 1 metre du second, au 
niveau de la voie metres. 1,20 

Total. . . 18,60 

Deblai n° 5 (a 78 metres du grand Pont). 

a. Terre vegeiale metres. 0,50 

b. Limon pale avec cailloux dissemines a la 

base 4,00 

c. Limon stratifie avec une coucbe de cailloux 

serresdeO m ,10ala base 3.30 

d. Plaquettes de sable ferrugineux durci concre- 

tionnc passant a la limonite, en contact avec 
les cailloux serres de c, et separe'es du gra- 
vier e par m ,10 de sable blanc et jaunatre 
glauconifere graveleux °> 13 

e. Gravier bien apparent dans un sable jaune 

brunfttre °>20 

f. Sable blanc calcarifere et fossilifere, et jaune 

plus ou moins graveleux par places, renfer- 
mant un lit de plaquettes ferrugineuses {f) 
separe par m ,40des plaquettes ti. . . ■ 2 > 60 

g. Banc de gres calcarifere, legerement grave- 

leux, tres fossilifere, et petri de petites Xum- 
muliles variolaria rappelant tout a fait cer- 
tain banc de Lede et de Moorsel pres d'Alost. 0,10 

A reporter. . • 10,o3 



( 009 ) 

Report. . . 10,85 
h. Sable blanc jaunatre calcarifere, avec petites 
Xummudtes, H gi-avelrux -m-tout vers le 

bas(/t') metres. 0,90 

i. Sable calcarifere avec petites Nummulites pre- 
sentant un banc de ra ,10 de gres calcari- 
fere^'') a 1 m ,70 de la coucbe graveleuse ti 

eta 1 ",90 du gravier j 3,70 

j. Gravier dans le sable calcarifere 0,05 

Mi. k. Sable calcarifere avec un banc de gres (*') 
separe par m ,50 du gravier j et du niveau 

de la voie ferree 1,00 

/. Banc de gres calcarifere separe du niveau de 
la voie ferree par ra ,20 de sable blanc calea- 

Total. . . 16,50 



Deblai n° 4 (a 100 metres du grand Pont), 
o. Terrain remanie, sable calcarifere et limon 

avec cailloux roules a la base . . metres. 4,00 
6. Sable argileux d'aspect remanie et limon au 

contact de la couche de cailloux de 0°\25. . 2,65 

c Gravier formant une epaisse couche de m ,40 
avec interposition de sable blanc et limite 
inferieurement par un lit ferrugineux . . 0,40 

d. Sable fin blanc et jaune, parfois ferrugineux, 
presentant le plus souventl'aspect mouchetc 
de la peau de daim 3,70 



l reporter. 



( 610 ) 

Report . . 10,75 
e. Banc de gres ealcarilY'ie et fu-silifere variant 
en epaisseur de m ,l0 a m ,a0, et separe du 
lit graveleux /' par ra ,l0 de sable . metres. 0,40 
/'. Lit de sable jaune ealcariferc graveleux. . . 0,05 
g. Sable blanc et jaune calcarifere prescntant 
deux banes de gres : le premier (</') de m ,20 
d'epaisseur separe du gravier /"par l m ,50 et 
du second banc de gres (g") de0 m , 10 d'epais- 
seur par m ,90 ..." 3,90 

h. Gravier bicn apparent dan e -able calcarifere. 0,05 

. t. Sable et gres calcariferes blanc jaunatrc dont 
un banc se trouve ju-te an niveau de la voie 
ferree 1,10 



Total. 



Deblai 



o (a 110 metres du grand Pont). 



a. Limon et terre vegeiale metres. U,*» 

6. Sable et gres calcariferes semblables aux 

roches 6 du deblai n° 2 0*8° 

c. Limon jaun&tre devenant brun a la partie 

superieureavec caiiloux diamine- a Iaba.se. 2,70 

d. Limon stralifie presentant deux lits de caii- 

loux, le premier de m ,05 separe des caiiloux c 

par 1»,20 et du second de m ,20 par m ,80. 2,50 

e. Sable jaune et rougeatre ferrugineux avec lit 

mince de sable eoncretitfnne passant a la 
limonite °' D ° 

A reporter. . • 6,55 



, 611 ) 

Report. . . 6,55 

f. Sable blanc et jaune quartzeux tres grossier . 0,80 

g. Plaquettes de gres ferrugineux fossilifere a 

yummuliles icemmeleiisU . . . metres. 0,15 
h. Sable quartzeux jaune brunatre devenant dc 
plus en plus graveleux vers le bas, ou il 
presente une coucbc de gravier de m ,10; 
ce sable est traverse par un lit de concre- 
tions ferrugineuses liuioniteusesavec geodes 
renfermant du sable blanc 0,65 

i. Sable fin blanc ef jaune devenant graveleux 

vers 1c bas 2,20 

noir. 4,50 



Sable fin blanc et jaune mi 
ct presentant jusqu'au 
ferree une epakseur de 



Total 



Deblai n° 6 (a 150 metres du grand Pont). 

«• Limon avec rares cailloux a la base . metres 4,60 

k Limon sobleux stratifie 1,15 

c Cailloux roules 0,25 

<*. Sable jaune cl gravier 0,30 

e- Sable blanc ... 0,60 

f- Cailloux roules et gravier dans un sable 

humecte 0,10 

A reporter. . . 7 ; 00 



(612) 

; verdatre graveleux vers le bas (g f ) . 
;res calcariferes plus ou moins grave- 
ntre Jes deux banes de gres, surtout 
! premier (/*') qui est a l m ,25 du gra- 
'; le second est au niveau de la voie . 



n sondage a Ja beche a mis encore a nu, sous 1 
niveau de la voie ferree : 2 m ,lo de sable et gres cal 
cariferes renfermant dcs vertebres de poissons; u 
premier banc de gres de m ,10 se trouve a m ,35 d 
niveau de la voie, puis des moellons de m ,20 teinte 
en rouge a la surface s'observent a m ,80 du pre 
mier banc et a m ,30 du dernier qui a m ,l0 es 
presque continu et separe du gravier j par m ,3< 
de sable. 

■avier epais avec gres perfores a Num. loevigati 



B. A. Sable quartzeux bruxellien. 

La tranchee se termine un peu au dela de ce deblai 
n° 6 qui se trouve pres du bloc, a la bifurcation des deux 
lignes, puis la voie vers Auderghem est en remblai et 
bientot apparait une nouvelle tranchee au N. de Water- 
mael. Un deblai pratique sur le talus septentrional de 
cetle tranchee, a 700 metres environ de la bifurcation et 
a 140 metres a TO. du petit pont vers Audeighem, in a 
permis de relever la coupe suivante : 



Coupe relevee dans (a tranchee au Nord de Walermael. 

f|. a. Limon et cailloux metres 0, 

b. Sable jaune durci avee cailloux roules disse- 

W. c. Gravier wemmelien? peut-etre quaternaire . . 0,< 

1^. d. Plaquettes de gres ferrugineux fossiliferes (Tur- 
ritelles et Lamellibranches) formant de grandes 
geodt-s renfermant du sable blanc . . . . 0,; 

e. Sable jaune et blancbatre a la partie superieure. 1,1 

f. Lit ferrugineux de sable jaune rougeatre, pre- 

sentaut plus a l'Est de grandes plaquettes 
Hmoniteuses louteacelles 

qui s'observent a l'entree du premier chemin 

creux a TEst 0,2 

q. Sable fin jaune mouchete de blanc vers le haut 
et rappelant la peau de Daim, sur l m ,20; gris 



blanchatre vers le bas, sur i m ,70. 
ir.i\ici' reposant sur un lit de sable f( 



ojo 



LK. i. Sable jaunatre graveleux vers le bas . . . . 4,20 
j. Gravier a Num. laevigata roulees 0,10 

*• k. Sable blanc quartzeux bruxellien. 



Resume et conclusion. — En resume, on constate dans 
IS coupes qui precedent, au-dessus des sables bruxelliens 
t du gravier laekenien a blocs de gres perfores et a Num. 
toigata roulees, des sables et gres calcariferes et fossili- 
ses, parfois decalcarises, au milieu desquels s'observe un 
3 me serie, tome xiy. 41 



( 6U ) 
gravier tantot fort apparent, comme entre les 3 e et 
4 e deblais fie la coupe fig. 3, ou je 1'ai mis a decouvert 
sur toute Ja longueur; tantot, au contraire, a peine visible 
et s'annoncant par une mince ligne ondulee de sable jaune 
brunatre fonce. Ce gravier represente la base du nouvel 
etage de I'Eocene moyen auquel nous avons propose, avec 
M. E. Vincent, de donner le nom tfetage ledien. 

II depasse 8 metres d'epaisseur dans la tranchee du 
grand Pont, ou ii se montre forme de sables et gres calca- 
riferes, donl certains bancs, tres fossiliferes et petris de 
petiles Nummulites variolaria, rappellent entierement les 
sables et gres de Lede el de Moorsel, pres d'Alost. 

J'ai recueilli dans le banc de gres g du deblai n° 3 un 
certain nombre de fossiles peu ou point delerminables, 
mais parmi lesquels M. G. Vincent a pu, neanmoins, 
reconnailre la presence des espece; 



Ces depots calcaires, plus ou moins graveleux, passent 
vers le haul a des sables fins blanc et jaune offrant fre- 
quemment, par leurs bigarrures mouchelees, 1'aspect d'une 
peau de daim. lis sont aussi parfois ferrugineux jaune 
brunatre et rougeatre et presentent, vers le milieu de la 
masse, un niveau de gravier qui parait assez constant. 

Les sables lediens (fiocene moyen) sont surmontes par 
un epais gravier que recouvrent des sables grossiers tres 
quarlzeux, renlermant des plaquettesde gres ferrugineux 
fossiliferes a Num. wemmelensis et aulres fossiles caracte- 
ristiques des sables de Wemmel (Eocene superieur). 

Enfin un point important et qui n'a pas, semble-t-il, 



I MS : 
ete suffisamment mis en I u in ;•■»•(• jusqu'ici, cest que les 
sables wemmeliens eux-memes sont surmontes par un 
gravier qui, dans la tranchee du grand Pont, les separe 
des depots argileux rapportes par Dumont a son systeme 
tongrien. 

Ces depdts, commencant ainsi par un gravier de base et 
formes de sables argileux glauconiferes passant a 1'argile 
grise, se terminent, au contact des cailloux diluviens, par 
une couche d'argile glauctnifere d'un vert fonce, dans 
laquelle on serail tenle, a premiere vue, de voir le repre- 
sentant de la « bande noire »,si Ton ne savait que celle-ci 
se trouve a un niveau iuf'erieur, entre le gravier et I'argile 
grise. Cest dans cette position que je I'ai observee, 
notamment dans une sabliere d'Esschene, pres d'Assche, 
que je visitai cette annee en compagnie de M. G. Vincent. 

Cest aussi a cette occasion que je pus constaler par un 
sondage a la beche, que, sur le territoire d'Assche comme 
sur celni de Tervueren, I'argile grise, correspondanl exacte- 
ment a celle de noire grande tranchee, passe insensible- 
ment aux sables qui les surmontent. Or, la faune de ces 
•sables d'Assche, bien que tres imparfaitement connue,com- 
Prend des especes earacteristiques du Tongrien, telles que 
I Ostrea ventilabrum et la Terebratulina ornala. Dans ces 
conditions, on peut dire qu'il elait au moins premature de 
renseigner dans la legende de la carte geologique au 
20,000% les sables d'Assche et les depots argileux sous- 
jacents comme formant un nouvel etage de l'Eocene 
superieur. 

On a deja vu que ce dernier, designe sous le nom 
d etage asschien, comprend des depots comme ceux de 
iNosseghem qui, par leur faune, correspondent exactement 
3Ux sables types de Wemmel, alors que d'aulres sables, 
( 1 UI ' eu r sont immedialement inferieurs et qui sont rcn- 



C 6*6 ; 

! wemmeliens sur la nouvelle carte, consti- 
, le nouvel etage ledien dont le present 
travail permel de bien apprecier I'importance. 

L'inlroduction de I'etage ledien dans la legende de la 
carte entralne un nouveau leve pour les parlies on affleu- 
rent les depots qui font l'objet de cette communication; 
seulemenl il importe de ne pas perdre de vue que, malgre 
lesderniers resuftats acquis, ce serait s'exposer a prejuger 
une question qui reste encore pendante, que de vouloir 
fixer definitivement la position des depdts argilo-sableux 
d'Assche dans la serie tertiaire, sans avoir pu bien pre- 
ciser leurs relations stratigraphiques avec les depdts ana- 
logues des environs de Louvain et du Limbourg. 

C'est ce travail auquel plusieurs geologues et moi-meme 
travaillons depuis assez longtemps deja, avec l'espoir de 
pouvoir le mener bientdt a bonne fin. 



Action des acides sur le gout; par Joseph Corin, prepa- 
raleur de physiologie a I'Universite de Liege. 

Les physiologistes admettentgeneralemenl dans le sens 
du gout quatre energies specifiques, c T est-a-dire quatre 
especes de sensations elementaires, qui sont les sensations 
amere, sucreel salee, acide (1). Quelque variees qu'elles 

(I) Zenneck et Valentin n'admettent que deux especes de gout : 
Clericus, Schiff, Stich et Bruck admettent en outre une saveur 



Voyez : Hermann, Handbuch i 
zweiter Theil; Physiologie des Geschmackssins u 
par von Vintschgau, pages i 



(617) 
nous paraissent, toutes les sensations sapi 
etre ramenees a des melanges de ces qu 
simples, ou a des modifications de ces sensations simples 
par suite de leurs combinaisons avec des sensations tactiles 
ou olfactives. 

Les relations qui existent entre le gout des substances 
sucrees (glycols, glycoses, sucres, glycerine, saccha- 
rine, etc.), ameres (sels de magnesium, acides biliaires, 
quinine et beaucoup d'autres alcaloides), ou salees (chlo- 
rure de sodium et quelques autres sels), et leur fonction 
chimique, sont assez obscures. Pour les substances acides, 
an contra ire, la fonction chimique et la saveur aigrelette 
sont si etroitement liees qu'on les designe sous un seul 
et meme mot, celui d'acide. Tous les corps acides au 
point de vue du gout le sont aussi au point de vue chi- 
mique. Le bout de la langue remplace parfaitement le 
tournesol quand ii s'agit de decider si une molecule d'un 
compose soluble contient de l'hydrogene remplacable par 
un metal. 

Jusqu'ou va cette relation entre Taction gustative et la 
fonction chimique? L'une peut-elle servir de mesure a 
1'aulre? En d'autres termes, I'intensite de la saveur des 
differents acides est-elle en rapport avec la quantite de 
soude qu'ils sont capables de neutraliser? 

Telle est la question que j'ai cherchej a elucider dans 
ce travail. 

§• I- 

•• — La pluparl des acides presentent exaclement le 

meme gout, si I'experimenlateur se pince les narines ou 

dilue suffisamment ces acide* pour i:!uni»er faction qu'ils 

penvent exercev sur I'odoral. 



(618) 

Chacun sail, en effet, que la distinction des differentes 
substances sapides par le gout seul est limitee. Mais, 
l'odorat aidant, nous recounaissons facilement les unes 
des aulres plusieurs substances presentant la meme 
saveur, par. exemple, plusieurs fruits egalement sucres ou 
egalement aigres. De meme, on distingue facilement 
d'orJinaire les acides acetique, chlorhydrique, nitrique et 
phosphoreux, tandis que si l'observateur se pince les 
narines, la distinction de ces substances devient impos- 
sible (1). 

Si done on a soin de diminuer autanl que possible ou 
d'empecher faction de ces corps sur l'odorat, on pourra 
comparer I'intensite de leur saveur acide et arriver par la 
a r&oudre la question que nous nous sommes posee. C'est 
ainsi que nous avons pu employer les douze acides sui- 
vants, dont le gout est presque exactement le meme : 
ch!o! liv.ii iinie, nitrique, sulfurique, hypophosphoreux, 
phosphoreux, formique, acetique, oxalique, tartrique, 
cilrique, malique et lactique. 

II. — Avant d'aborder la question capitale, j'ai eherche 
quels etaient les meilleurs procedes a employer et les 
limites dVrreur possible. 

Remarquons d'abord que, par I'exercice, on arrive faci- 
lement a retrouver de faibles traces d'acides ajoulees a de 
I'eau distillee, ou a perceyoir de faibles differences de 
saveur entre des liqueurs de concentrations voisines. 

(1) Les acides propionique, succinique et salicylique et plusieurs 
a pris toutes les precautions voulues pour empecher leur action sur 



K 619 ) 

Notons aussi qu'il faut prendre certaiues precautions 
pour qu'un acide determine provoque toujours sur la 
laugue la meme sensation. 

On sait que toute la surface de la langue n'est pas sen- 
sible aux corps sapides. 

Le sens du gout n'est etabli d'une facon certaine que 
pour la base, la region situee pres des bords libres, et 
enlres autres une surface placee immediatement en arriere 
de la pointe de la langue. Cette derniere partie est la plus 
accessible et suffit generalement. Car la saveur d'une 
petite quantile de liquide placee sur la pointe de la langue 
se caracterise presque toujours aussi nettement qu'en 
absorbanl une gorgee de ce liquide et en comprimam la 
langue contre le palais. Ce dernier procede n'est employe 
et ne donne de meilleurs resultats qu'avec des liqueurs 
tres elendues, c'est-a-dire lorsque ces liqueurs ne donnent 
plus que des sensations difficilement appreciates en en 
goutant de petites quantites placees sur la pointe de la 
langue. 

II est bon de#n'operer que sur un certain nombre de 
corps par jour, de cbanger souvent I'ordre dans lequel on 
ies a pris successivement, et de s'arrangec de telle sorle 
que, ne connaissant pas la substance que Ton veutgouter, 
on soit certain de ne pas etablir de jugement a priori sur 
sa saveur. Pour cela, on doit mettre Ies differents litjuidcs 
dans des flacons semblables, faire disposer ces flacons par 
une personne etrangere a l'experience, et, apres avoir 
note Ies resultats, ecrire en regard Ies noms et Ies con- 
centrations des liquides employes. 

11 faut de plus prendre des quantites d'acide toujours 
Ies memes et relativement faibles. A cet efifet, je me suis 
servi d'un tube effile et muni d'un index qui mesurail un 



( 620 ) 
volume rigoureusement exact de liquide (de '/ 4 a '/ 2 centi- 
metre cube). Pour les acides ttes dilues, j'ai pris 2,5 centi- 
metres cubes; mais alors, j'ai pris aussi 2,5 centimetres 
cubes des differents iiquides que je voulais comparer dans 
une serie d'experiences. Je laissais couler ces Iiquides sur 
la pointe de la langue, je les v conservais on laps de temps 
egal, 5 secoudes, par exemple, je les crachais, et me 
rincais la bouche avec le moins d'eau possible pour que 
1'eau conservee sur la langue ne vinl pas diluer une 
liqueur goutee peu de temps apres. Pour les acides les 
moins concentres, je me rincais la bouche de preference 
avec la salive, mais, nalurellement, en operant toujours 
de la meme maniere pour les differents essais a comparer 
enlre eux. 

11 est bon aussi de n'operer que lorsque la langue est 
parfaitement libre, qu'on n'y percoit aucune saveur, que 
Ton n'a ni bu, ni mange, oi fume depuis un certain temps. 

HI. — J'ai cherche d'abord a etablir pour chaque acide 
le maximum de dilution auquel on peut le*ramener, avant 
que Con ne parvienne plus a le distinguer de I'eau pure. 

C'etait la un point important, car si ce maximum est 
invariable, il suffit de le determiner pour avoir en quelque 
sorte une mesure exacte de 1'intensite de la saveur de 
chacun des acides employes. 

Malheureusement, el comme on pouvait le prevoir, ce 
maximum de dilution est un point variable, dependant 
sans doute de i'elat de I'experimentateur. En effet, j'ai p» 
distinguer d'avec I'eau pure une solution d'acide sulfurique 
telle qu'un litre d'eau conlint 0,98 grammes de H 2 SO l 
chimiquemenl pur, a peu de chose pres, soil ' JO oo a< l- 
Cet essai, repete plusieurs fois le meme jour, et en pre- 



( 621 ) 
nam les precautions indiquees plus haut pour eviter les 
erreurs resultant d'une opinion etablie a priori, ne m'a 
pas Jaisse le moindre doute. Mais, d'autres jours, j'ai pu 
percevoir I'acidite d'une liqueur contenant seulement 
0,3 grammes d'acide sulfurique par litre d'eau, soit 5 / 100 oo» 
tandis que d'autres fois je n'ai pu distinguer de l'eau pure 
une liqueur contenant moins de 2 pour 1000 d'acide; 
sou vent meme je n'ai pu conclure certainement que pour 
3,5 grammes de H 2 S0 4 par litre d'eau. En resume, les 
solutions acides les plus elendues que j'aie pu distinguer 
d'avec l'eau pure varient entre 33 / 10 ooo et 3 /ioooo- 

Le maximum de dilution auquel on puisse amener un 
acide avanl de ne pouvoir plus le distinguer de l'eau pure 
n'est done pas un point invariable; mais ce point depen- 
dant de l'ex penmen tat km, je pouvais lout au moins com- 
parer entre eux differents maxima observes a peu d'inter- 
valle pour des acides differents. 

Et ce dernier point m'a ete d'un grand secours pour 
mes' experiences ulterieures. 

Avant d'abandonner cette question, je vais indiquer les 
doses minima que j'ai pu percevoir d'ordinaire pour quel- 
ques acides (1): 

Acide citrique . . . «0,40p.l,000aq. I Acide formique . . . 0,16 p. 4,000 aq. 
A ''>' -"'■ii.:<ju.-. . "V'-'M'- 1,000 aq. Acide tartrique . . . 0,60 p. 1,000 aq. 

Acide ac<§tique . . . o'ss p. 1^000 aq. | Acide chlorhydrique 0,23 p. 1,000 aq. 

Pour les acides sur lesquelsj'ai experimente, une con- 



( 622 ) 
centra'tion de */iooo suffisait generalement pour lenr don- 
ner une saveur franchement acide. Notons encore qu'une 
liqueur tres faiblement acidulee, el qui pourrait etre prise 
pour de l'eau pure, s'en dislingue aiseraent si l'on a soin 
de gouter plusieurs fois celte liqueur el une meme quan- 
tite d'eau distillee. (Le mieux est de prendre de Tune et de 
I'autre 2 a 5 centimetres cubes). 

Un dernier point important etait de recherchev jusqu a 
quel point je pouvais etablir une distinction entre deux 
solutions acides presentant des saveu 



En operant . jai pu etablir 

une distinction de saveur nettement tranchee entre deux 
liquides contenant respectivement 0,17 et 0,25 % de HC! 
chimiquement pur. La difference etait difficile a etablir 
entre des solutions contenant 0,17 et 0,20 % de HCI; de 
0,47 a 0,18 •/„ la distinction est tres difficile, et enlin, de 
0,17 a 0,175 % elle est impossible. 

En resume, pour une concentration d'acide d'environ 
1,5 pour 1000 a 2,5 pour 1000, on peut etablir une dis- 
tinction bien marquee entre des solutions differant au 
minimum de 6 /ioooo- 

Lorsque la concentration n'est que de 3 pour 10000 a 
1,5 pour 1000, on percoit encore une difference nette 
entre deux liquides differant entre eux de 5 /ioooo< c'est-a- 
dire, entre deux liquides concentres respectivement a o 
pour 10000 el a 6 pour 10000, par exemple; ce resultat 
n'est atteint qu'exceptionnellement. Pour des liquides plus 
dilues, il est assez rare que Ton puisse distinguer la 
liqueur acide de l'eau pure. 

La marche a suivre pour rechercher ce qui fait vaner 
l'inlensite de la saveur d'un acide est done a peu pres 



( «25 ) 

traced : chercher pour les acides tres dilites le degre de 
concentration necessaire pour pouvoir les distinguer de 
teau pure, mais, dans ce dernier cas, ne comparer entre 
eux que les resultats obtenus dans des experiences faites a 
peu d'intervalle. 

Toulefois, notons encore qu'un autre procede pouvait 
etre suivi : c'etaitde preparer des liquides tels qu'ils eus- 
sent lous la meme saveur, puis de les doser pour obienir 
des donnees numeriqties. Mais j'ai du l'abandonner. 

Car je me suis rapidement convaineu qu'il est souvent 
plus facile d'etablir une difference qu'une egalite de saveur 
entre deux substances donnees; du reste, on concoit faci- 
Icment qu'en eherchant a savoir si deux saveurs acides 
son! t'L'alemriit intonses, je ne puis accorder que peu de 
confiance a une egalite apparente, qui pent bien n'etre 
<lu une difference trop faible pour etre perceptible au gout, 
tandis que, par le premier procede, je puis me prononcer 
categoriquement meme pour des differences assez faibles. 
Jeciterai seufement deux experiences faites d'apres ce 
procede: 

Ayanl une solution d'acidr elilorli\<lrique moderemenl 
etendue, j'ai eberche a composer une solution d'acide sul- 
'••rique provoquant sur la langue la meme sensation. Apres 
bien des lalonnements pour arriver a etablir autant que 
possible une analogie a peu pres complete entre les sen- 
sations produites, j'ai litre les deux liqueurs par une les- 
s «ve de soude. contenant 6,3 grammes de NaOH pour 
1000 centimetres cubes d'eau. 

10 centimetres cubes de la solution de HC1 out et6 
satures par 9,8 centimetres cubes de liqueur alcaline; 
J centimetres cubes de la solution de H 2 SO* par 6,3 cen- 
'""''iitvs cubes de cette meme liqueur. 



C 62* ) 

Dansun autre cas, 10 centimetres eubes d'une solution 
chlorhydrique ont demande 15,8 centimetres cubes de les- 
sive alcaline; et 10 centimetres cubes d'une solution sul- 
furique^ presentant la meme saveur acide, ont ele satures 
i cubes de cette lessive. 



Ces deux essais, auxquels je n'altribuai du reste aucune 
valeur serieuse, me faisaient cependant douter que la 
saveur plus ou moins prononcee des acides fut due seule- 
nient a la quantite d'hydrogene basique y contenue. Car, 
dans ce cas, deux liqueurs presentant la meme saveur 
devraient contenir la meme quantite d'hydrogene acide, 
et par consequent elre saturees par le meme volume de 
lessive alcaline. 

Ces deux essais out ele fails le meme jour. Aussi m'ont- 
ils donne des resultats tres rapproches : le rapport entre 
ies quantites de sonde necessaires pour neutraliser un 
meme volume de la solution chlorhydrique et de la solution 
sulfurique est assez constant : 

4,8 IG 15,5 



, On voit done que Ies appreciations emises le meme jour 
sur la saveur des liqueurs ne dilt'erent presque pas, et que 
I on pourrait peut-etre employer pour des recherches plus 
completes cette methode, qui est celle des erreurs moyennes. 
Toutefois, je n'ai pas cru devoir m'en servir ici, parce que 
ce procede est tres long, et que, du reste, dans beaucoup 
de cas, Ies appreciations emises sur Ies saveurs de diffe- 
rents Hquides, d'apres ce procede, et meme a peu d'inter- 
valle, etaient loin d'etre aussi comparables. 
Je ferai encore remarquer que Ies differenls essais dont 



( 625 ) 
je publie ici les resultats ont ete faits par moi seul , en 
sorte qu'il est possible qu'un autre experimentaleur arrive 
a une autre classification des acides au point de vue du 
goiit ; du reste, ainsi que j'ai pu men convaincreen fai- 
sant ce travail, 1'exercice m'avait rendu capable de distin- 
guer entre deux saveurs donnees une difference qu'un autre 
n'eut pu reconnaitre sans avoir fait comme moi sa propre 
education. 

Pour designer les differentes intensites des saveurs 
acides, j'ai du me borner a me servir de lermes assez 
▼agues. J'aurais pu employer des longueurs ou des chiffres, 
plus maniables au point de vue de la variete des qualifl- 
catifs qu'ils auraient remplaces. Mais le lecteur est tou-» 
jours porte a attribuer une valeur absolue aux longueurs 
ou aux chiffres, et a etablir entre eux des comparaisons 
rigoureuses. 

Ce procede pourrait a la rigueur etre employe pour 
designer des saveurs acides, que j'aurais classees en les 
comparant a des dilutions determiners d'un meme acide 
type;ce qui m'eut entraine dans une nouvelle et longue 
serie d'essais a pi aliquer d'apres la methode des erreurs 
raoyennes dont j'ai parle plus haut. 

J'ai done goute les solutions acides de facon a pouvoir 
toujours ranger dans le meme ordre les sensations que 
J'ai percues, et toujours, en effet, les resultats ont Con- 
corde. Ces resultats ne sont done pas des moyennes; ils 
ont toujours ete constants, ce qui montre que les diffe- 
rences pergues sont suffisamment sensibles, et e'est pour 
ce motif que j'ai cru inutile de publier in extenso les diffe- 
rent tableaux representant differentes series d'essais qui 
donnaient des resultats identiques. 



626 ) 



• § If. - RESULTATS OBTENUS. 

Acides monobasiques. 

I. — Vintensile de la saveur n'est pas egale chez les 
different* acides monobasiques an meme degre de dilution, 
c'est-a-dire Nontenant le meme poids absolu d'acide dilue 
avec un egal volume d'eau. 

# En effet, preparons diflerentes solutions d'acides avec 
la meme quantile d'eau et des poids egaux (3 grammes) de 
differents acides monobasiques. Nous obtiendrons des 
saveurs d'intensites nettement differentes. Nous pourrons 
les etendre successivement de la meme quantile d'eau, 
le resultat ne changera pas. Je resume dans le tableau 
suivant n° 1 les resultats obtenus. Les solutions acides 
comparees dans chaque colonne verticale ont ete compo- 
sees de lacon a contenir 3 grammes d'acide [\) pour le 
volume d'eau indique en tete de chaque colonne. Dans la 
derniere colonne (liquides formes de 3 grammes d'acide 
pour 2,000 d'eau), les liqueurs etant trop etendues pour 
presenter des saveu/s nettement acides ont ete goutees par 
gorgees de 2,5 centimetres^ cubes. 



(1) Ces quantites d'acide, commc toutes les autres renseignees 
dans cet ouvrage, ont ete mesurees par des dosages fails avec une 
solution de NaOH a 6,5 pour 1,000. 



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II. — L'intensite de la saveur acide nest pas propor 
tionnelle chez les different* acides aux quanlites d'hydro- 
gene acide contenues dans les solutions, ou, ce qui revient 
au menw, au nombre de molecules d'acide. 

Ainsi, pour 200 grammes d'eau, prenons 5,65 grammes 
d'acide chlorhydrique, 6,5 grammes d'acide nitrique, 
6,6 grammes d'acide hypophosphoreux , 4,6 grammes 
d'acide formique, 6 grammes d'acide aceliqueet 9 grammes 
d'acide lactique, c'est-a-din- des poids d'acide proporlion- 
nels au poids moleculaire de chacun. Apres avoir goute ces 
liquides, nous les etendrons de la meme quantite d'eau. 
Nous obtiendrons dans tous les cas des saveurs d'inten- 
sites sensiblement differentes. 

Je resume les resultals oblenus dans le tableau n° 2 
construit sur le modele du precedent. 

Si I'intensite de la saveur acide dependait de la quan- 
tite d'hydrogene basique contenue dans la solution, tous 
les liquides indiques dans ce tableau devraient presenter 
la meme saveur, car, d'apres leur composition, ils ren- 
ferment a volume egal le meme nombre de molecules 
d'acides,et, puisqu'ils sonl monobasiques, le meme nombre 
d'atomes d'hydrogene acide. 

III. — La saveur acide de differentes solutions conte- 
nanl le meme nombre de molecules d'acide, en d'autres 
termes, la meme quantite d'hydrogene basique, est d'au- 
tant plus prononcee que le poids moleculaire de I'acide est 
phis faible. 

Une inspection attentive du tableau ci -apres (n° 2) 
suffil pour le demonlrer. En effet, disposons les resultats 



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( 650 ) 
obtenus de maniere que 1'acide dont la saveur est la plus 
prononcee soil en tete, et que celui dont le gout acideest 
le plus faible soit le dernier; nous verrons alors que ces 
acides, places dans l'ordre de la saveur la plus prononcee, 
sonlaussi places dans l'ordre du poids moleculaire le plus 
faible; c'est-a-dire que leurs poids moleculairesaugmentent 
en sens inverse de leur saveur. Ne voulant laisser aucun 
doute, j'ai prepare de nouvelles solutions avec les memes 
acides et dans les memes conditions qu'au tableau n° 2. Je 
les ai goutes avec toutes les precautions indiquees, et les 
resultats ont encore ete aussi concluants. Je les expose 
dans le tableau n°3, construit d'apres le modele precedent. 
Les acides ont ete composes comme dans le tableau 
n° 2. Leurs poids moleculairessont inscrits a cote de leurs 
noms. Les essais sur la langueont ete fails a deux reprises 



I. — L'intensite de la saveur acide n'est pas egale chez 
les different* acides polybasiques, pris au meme degre de 
dilution, c'est-a-dire contenant le meme poids d'acide dilue 



I 



H suffit, pour s'en convaincre, de lire le tableau n° 
Les differents liquides ont lous ete composes avec 
meme poids (5 grammes) des different^ acides et 



memes quantites d'eau (200, 500, 1,000, 
centimetres cubes d'eau). 



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( 653 ) 

il. — Uintensite de la saveur acide n'est pas propor- 
tionnelle chez les differents acides polybasiques aux quail 
ide contenues dans la solution. 

En d'autres termes, pour des acides de meme basicite, 
I intensite de la saveur acide n'est pas proportionnelle au 
nombre de molecules acides contenues dans la solution. 

Le tableau n° 5 montre les resultats obtenus par I'expe- 
rience. Les differents liquides ont ete composes en ajou- 
tant les volumes d'eau inscrits en tele de chaque colonne 
a des poids d'acides proportionnels aux poids moleculaires 
de chaque acide. 

Par la composition de ces liquides, ils contiennent tous 
le meme nombre de molecules par centimetre cube. II 
s'ensuit que si, pour les acides de meme basicite, 1'intensite 
de la saveur acide etait proportionnelle au nombre de 
molecules acides contenues dans la molecule, les acides 
bibasiques (les qualre premiers) devraicnt avoir la meme 
saveur. 

HI- — La saveur acide de differentes solutions con- 
tenant le meme nombre de molecules d'acides de meme 
basicite, est d'autant plus forte que le poids de la molecule 
•*' Plus faible. 

Le gout acide d'une molecule d'acide d'une basicite 
donnee est done d'autant plus prononce que Phydrogene 
acide est fixe a une molecule plus petite. 

0° bien, pour des solutions d'acides de basicites 

D 'FFEUENTES CONTENANT LE MEME NOMBRE DE MOLECULES 
D ACIDE, L'lNTENSITE DE LEUR SAVEUR ACIDE DEPEND DE LA 
GRANDEUR DU RAPPORT DU POIDS d'hYDROGENE ACIDE CONTEND 
& ANS L.\ MOLECULE AU POIDS DE CETTE MOLECULE. 



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( 635 ) 

Le tableau n° 6 contient les resultats obtenus dans une 
serie d'experiences repetees avec des acides de basicites 
differenles. 

Les liquides out ete composes de telle sorte qu'a unite 
de volume ils contiennent !e meme nombre de molecules 
d'acides, c'est-a-dire avec des poids d'acides proportionnels 
aux poids moleculaires de chaque acide par une meme 
quanlite d'eau. 

Notons seulemenl que, pour les cinq premiers acides, 
dans la premiere colonne verticale (a 200 centimetres 
cubes d'eau), si je n'ai pu percevoir de differences de 
saveur entre eux, c'esl que chacun de ces liquides m'a 
donne une sensation de brulure tellement forte quej'ai du 
allendre longtemps avant de recouvrer toute la delicatesse 
de gout necessaire pour conlinuer mes essais. 

Le rapport du poids d'hydrogene acide conlenu dans 
chaque molecule au poids de cette meme molecule, qui, 
ainsi que le prouvent ces experiences, est la mesure de 
l'intensite de saveur acide, est indique dans la premiere 
colonne au-devant du nom de chaque acide. 



§ IV. — CONCLUSIONS. 
I. — Acides nionobasiques. 

a) L'intensite de la saveur acide nest pas egale chez les 
different* acides pris au meme degre de dilution, c'est- 
o-dire contenanl le meme poids absolu d" acide dilue avec le 
*»«»'« volume d'eau. 

bj L'intensite de la saveur acide n'est pas proportion- 
neiie chez les differents acides aux quantites d'/t'/'/ro'/rne 
acu(e c ontenues dans la solution. 



( 656 ) 



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(637) 
c) Vacidih 'tons conlenant, le meme 

nombre de molecules d'acides, ou, ce qui revient au inane, 
la meme quantite d'hydrogene acide, est d'autant plus forte 
que le poids mole'culaire est plus faible. Le gout acide 
d'une molecule d'acide monobasique est done d'autant plus 
prononce que I'hydrogene acide est fixe a une molecule 
plus petite. 



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a) L'intensite de 


la saveur acide des acides polyba- 


siques n'est pas la t 


leme chez ces differenls acides pris au 


meme degre de dilu 


ion. 


b) L'intensite de 


la saveur acide des acides polyba- 


siques n'est pas no 


i plus proportionnelle a la quantite 


d'hydrogene acide co 


ntenue dans la solution. 


c) La saveur aci 


le de differentes solutions d'acides de 


meme basicite, conte 


tant le meme nombre de molecules 


d'acides, est d'autan 


plus forte que le poids de la molecule 


est plus faible. 




d) L'lNTENSiTfi DE 


LA SAVEUR ACIDE d'UNE MOLECULE D'UN 


ACIDE QUELCONQUE D 


&PEND DU RAPPORT DU POIDS D'lIYDRO- 


GfeSE ACIDE C02STENU 


DANS LA MOLECULE AU POIDS DE CETTE 


MOLECULE. 





Observations physiques de Saturne faites en 1887 , a 
I'Observatoire royal de Bruxelles; par Paul Stroobant. 

Ces observations out ete failes au grand equatorial 
(ouverture m ,38); les grossissements habituellement 
employes sonl ceux de 360 et de 480. La derniere obser- 
vation seule (SO avril) a ete faite a 1'equatorial de I'Est 
(ouverture m ,15). 

Nous avons, suivant l'usage, designe les trois anneaux 
de Saturne respeclivement I'exterieur par A, le moyen 
par B et l'interieur parC. 

La forme de I'ombre projetee par le globe sur les anneaui 
a particulierement allire notre attention. 

Ces observations pourront etre comparees a celles de 
M. Terby (Bulletin de I'Academie royale de Belgique; 
3 e serie, tome XIII, n° 5, mars, 1887), de M. Stuyvaert 
(be. cit.) et de M. T.-G. Eiger (Monthly Notices, voI.XLVII, 
p. 511). 



27 Janvier t&H?. 

i 1 heures. La partie plombee du disque parait un peu 
plus foncee que Tanneau exterieur. La calotte polaire et la 
portion du disque en contact avec la bande equatoriale 
brillantesemblenl plus grises que la zone intermediaire.On 
soupconne une trace de division dans Panneau exterieur, 






( 639 ) 
qui est moins brillant que I'anneau moyen. La ligne de 
separation entre I'anneau sombre inte>ieur et le fond du 
ciel est nettement dessinee. L'eclat de la bande equaloriale 
parait egal a celui de I'anneau moyen. 
Grossissement : 360. 



9 ffe^rier. 

10 h. 30 m. On soupconne une trace de division dans 
l'anse orienlale de I'anneau exterieur A. La region polaire 
parait remarquablement foncee. La bande grise et etroite, 
qui s'elend au Sud de la zone equaloriale brillante, sembie 
tres foncee. La partie moyenne du disque n'est pas d'une 
teinte uniforme (fig. 1). 

Grossissement : 360. 



12 K- trier. 

iO h. 45 m. Sur l'anse orientale de A on voit la divi- 
sion de Encke. Cet anneau se divise en deux zones concen- 
triques inegales en grandeur et en eclat, la zone interieure 
etant plus brillante et plus etroite que la zone exterieure 
(fig. 2). On apercoit deux dentelures sombres qui empie- 
tent sur I'anneau A dans l'anse occidentale (fig. 3). 

L'ombre du globe sur I'anneau moyen B parait assez 
foriement concave (fig. 4). 

La zone equaloriale brillante est separee vers I'orient 
par une bande grisatre et etroite qui s'elargit vers le limbe 
de Saiurne (fig. g). Conditions assez mauvaises. 



(640) 



13 ffcvrier. 



9 h. 15 in. La bande grisatre qui traverse la region 
equatoriale parait plus large et moins nette qu'hier. On 
voit assez bien la division de Encke. Les conditions 
d'observalion sont assez bonnes. 



1? fevrler. 

8 heures. La division de Encke est bien visible. La zo 
exterieure de l'anneau A parait plus brillante sur Tan 
occidentale que sur l'anse orientale. 

L'ombre du globe sur l'anneau est representee fig. 6. 



3tt fevrier. 

10 h. 45 m. La division de Encke est plus rapprochee 
de celle de Cassini que du bord exterieur de l'anneau A; 
elle est mieux visible dans l'anse orientale (grossisseraent 
de 360). 

La figure 7 represente l'ombre du globe sur l'anneau, 
observee avec un grossissement de 480. 

Tres bonnes conditions d'observalion. 



21 fevrier. 

7 h. 40 m. On soupconne la division de Struve dans 
l'anneau sombre C. 
Ombre du globe sur l'anneau (fig. 8). 
Grossissement : 480. Temps tres beau. 






»8 feviier. 



11 heures. On apercoit deux dentelures sur I'anse occi- 
denlale de 1'anneau A (fig. 9). 
L'ombre du globe sur 1'anneau est representee fig. 10. 
Grossisseraent : 480. Les conditions sont bonnes. 



7 h. 30 m. On voit avec beaucoup de nettete la zone 
sombre interieure de 1'anneau moyen. La division de Encke 
est bien visible. L'espace obscur visible entre 1'anneau et 
le disque de Saturne a une largeur egale aux deux tiers 
environ de celle de 1'anneau sombre. La division de Struve 
est visible dans I'anse occidentale de 1'anneau sombre. La 
Hmite interieure de cet anneau ne parait pas reguliere, 
surtout dans la partie australe des deux anses (tig. 11). 

L'ombre du globe sur 1'anneau est representee fig. 12. 

On voit quelques dentelures partant de la division de 
Cassini et penetrant dans I'anse occidentale de 1'anneau 
exterieur. Ces dentelures paraissent se prolonger a I'int6- 
rieur de 1'anneau A sous forme de stries (fig. 15). Grossis- 
sement : 480. 



7 h. 55 m. L'anneau sombre parait plus large dans 
I'anse occidentale que dans I'anse orientale. La division de 
Struve est visible dans les deux anses (fig. 14). 



(642) 
! moyenne du globe de Satu 



Ombre du globe i 



7. h. 15 m. L'ombre du globe sur I'anneau B parait a 
peu pres rectiligne; on apercoit a peine un petit crochet a 
la division de Cassini (fig. 16). 

L'ombre du globe sur I'anneau C est visible. 

Comme le 3, I'anneau sombre parait plus large dans 
l'anse occidental que dans I'anse orientale. 

Nous n'avons pas apercu la division de Slruve, ni la 
division de Encke. 

L'anneau sombre parait particulierement bien visible; 
on le voit avec beaucoup de nettete devant le disque de 
Salurne. 

Grossissement : 480. Les conditions sont bonnes, cepen- 
danl la June est assez pres de Salurne. 



8 heures. L'ombre a le meme aspect qu'hier (grossis- 
sement : 560). Les conditions sont mauvaises, le ciel est 
nuageux. 



9 h. 30 m. L'ombre du globe sur les anneaux a le meme 
aspect que les jours precedents. Sur B, elle parait cepen- 
dant legeremenl concave. On ne voit rien de remarquable 
ailleurs. 

Grossissement: 360. 



(643) 



8 h. 45 m. Sur l'anneau A I'ombre est parallele au globe; 
sur 1'anneau moyen B, elle est recliligne, puis se courbe 
en tournant sa convexite vers la division de Cassini. 
L'ombre parait plus large a la hauteur de la division cas- 
sinienne (fig. 17). 

La division de Encke est visible dans l'anse occidentale. 

L'anneau sombre est mieux visible dans l'anse orientale 
que dans l'anse occidentale. Dans la premiere, sa largeur 
est a peine la moitie de la distance de l'anneau B au globe; 
dans la seconde, au contraire, la largeur de l'anneau est 
plus grande que celte moitie. 

Dans l'anse occidentale, on soupconne la division de 
Struve; la ligne de separation de l'anneau sombre et du 
fond du ciel parait peu nette et peu reguliere dans cette 

Grossissement : 480. 



9 h. a 10 h. 15 m. L'ombre du globe sur l'anneau a le 
meme aspect que le 10. L'ombre est visible sur l'anneau 
sombre. 

On voit bien la division de Encke, surtout dans l'anse 
orientale. Sa distance a la division cassinienne egale le 
liers environ de la largeur de A (tig. 18). 

L'anneau B se partage en trois zones concenlriques : 
' a premiere tres brillanle voisine de la division Cassini, la 



(644) 
seconde un peu moins brillante et beaucoup plus large, 
enfin une troisieme interieure et grisatre,mais d'une teinle 
moins terne que A. Le bord exterieur de cetle zone 
sombre est estompe et en festons. 

L'anneau C parait extremement bien visible, surtout 
dans 1'anse orientale; sa largeur est a peine la moitie de 
l'inlervalle qui separe l'anneau B du globe. Malgre la 
nettele des images, nous n'avons pas vu la division de 
Struve. 

La bande brillante equaloriale sur le globe parait 
divisee en deux parties, la partie boreale etant moins 
brillante que la partie australe. 

Bonnes conditions d'observation. Grossissement : 480. 



7 h. 30 m. L'ombre a le meme aspect que le 3; cepen- 
dant, au lieu d'etre a peu pres rectiligne sur A, elle est 
assez fortement convexe. 

L'anneau sombre est bien visible dans les deux anses. 

Le temps est assez beau. 



9 h. 45 m. L'ombre est convexe sur A et concave 
sur B, le crochet a la division de Cassini est tres accentue. 

Memes remarques que le 10 mars relativement a la 
largeur de l'anneau sombre dans les deux anses. 

Images assez mauvaises. Grossissement : 560. 



8 h. a 9 h. 50 m. L'ombre dii globe sur Panneau A est 
convexe (parallele au limbe de Saturne), sur J'anneau 
moyen elle est legerement concave et se prolonge jusque 
surC. 

On soupconne la division de Encke. 

La zone sombre interieure de l'anneau B s'eiend 
presque jusqu'a Ja moitie de l'anneau. II est difficile d'en 
saisir la limite exacte, elle va en diminuant d'eclat insen- 
siblement de Pinterieur vers Pexlerieur. On apercoit une 
zone d'un gris tres clair s'etendant pres de la division de 
Cassini. 

L'anneau sombre a dans Panse orientale une largeur 
e gale a peii pres a la moitie de Pespace qui separe le globe 
de Panneau B, e'est-a-dire un peu moins large que 
''anneau exterieur. 

Dans cette anse, la limite interieure de Panneau sombre 

Dans Panse occidentale cet anneau est un peu plus large 
^ moins nettement termine que dans Panse orientale. 

Dans la partie Ouest de Panneau sombre, on voit la 
division de Struve pres du bord exterieur. Cet anneau 
parait moins large proportionnellement devanl le globe de 
Saturne que dans les anses. 

Sur le globe on observe en allant du Nord vers le Sud : 

4 ° La projection de Panneau sombre; elle est plus 
•oncee que A, mais bien moins sombre que C dans les 



( 046 ) 

2° Une bande septentrionale grise qui depasse un peu 
de I'anneau sombre; 

3° La grande bande equaloriale, dont la partie Nord 
nioins brillante, surtout vers I'Est, a une etendue un peu 
raoindre que la moitie de la largeur totale de cette bande; 

4° Une bande sombre et etroite plus fonc£e que la 
parlie Nord de la zone equaloriale; 

5° La zone moyenne grisatre et presentant deux ou 
trois rangs de tacbes plus cl aires; 

6° Une bande moins foncee, mais cependant bien moins 
brillante que la bande equatoriale; 

7° Entin la calotte polaire qui parait elre la partie la 
plus foncee de lout le globe. 

Bonnes images; vent fort. Grossissement : 480. L'aspect 
de Saturne est represente fig. 19. 



4 avrll. 

7 h. 50 m. L'ombre du globe est parallele au limbe de 
la planete sur I'anneau A. Sur I'anneau moyen elle pre- 
sente l'aspect d'une ligne droite brisee pres de la division 
cassinienne. Sur I'anneau C l'ombre est legerement con- 
cave (fig. 20). 

La zone brillante de A n'occupe guere que le quart de 
la largeur totale de cet anneau. La division de Encke est 
visible dans les deux anses comme un leger trait grisatre. 

L'anneau A est d'un gris sale, verdatre. 

La division de Cassini parait bien nette et bien 
reguliere. 

Lespace le plus brillant de B (proche de la division de 
Cassini) occupe un quart de la largeur de I'anneau, tandis 



( 647 ; 
que la zone foncee interieure en occupe deux cinquieme 
environ. Quoique etant la pai tie Ja plus grise de I'anneau B, 
elle est moins foncee que A. Cette troisieme zone parait 
un peu moins large dans Ymse occidentale. 

L'anneau sombre, qui est remarquablement bien visible, 
presenle son aspect habituel; moins large et plus regu- 
lier dans I'anse orientale, plus large et plus diffus dans 
l'occidentale. 

Vers PEst la division de Struve est faiblement marquee 
et situee pres du bord de l'anneau; vers I'Ouest elle est au 
contraire ires noire, et elle parait separer B de C. 

La couleur de l'anneau est gris violacie. 

L'anneau parait tangent au globe; celni-ci nous serable 
cependant depasser legerement (fig. 21). 

Sur le disque nous observons en allant du Nord au Sud : 

1° La projection de l'anneau sombre sur le globe; 

2° Une bande grisalre qui emerge derriere cet anneau; 

o° La large zone equatoriale brillante separee en deux 
parties a peu pres egales par un iilet gris; la portion sep- 
lentrionale parait legerement plus sombre; 

4° Une bande foncee; 

5° Une bande plus claire; 

6° Une bande foncee et moutonnee; 

7' Une seconde zone moutonnee dans laquelle les pelils 
n,j ages paraissent etre disposes en files paralleiement a 
i'equateur; 

8° Une bande relativement claire; 

9° La calotte polaire. L'aspect de Saturne est repre- 
s ente (fig. 22). 

Au commencement de 1'observalion il faisait encore un 
peu clair; le ciel etail tres pur. Grossissement : 480. 



8 avrll. 

7 h. 15 m. a 8 h. 30 m. L'ombre a le meme aspect que 
le 3 mars (fig. 15). Elle est a peine visible sur l'anneau C. 

Le bord interieur de cet anneau est mal termine, surtout 
dans I'anse occidenlale; dans cette anse la division de 
Strove est visible pres du bord de l'anneau. 

L'anneau A est d'un gris verdatre, il parait plus fonce 
sur I'anse orientale. 

La premiere bande grise australe du globe est tres 
foncee, surtout vers I'Ouest. 

On voit deux zones moulonnees, la plus rapprochee de 
I'equateurelant plus foncee que 1'aulre. 

La bande claire voisine de la calotte polaire parait unie 
et notablement moins brillante que la grande bande 
equatoriale (voir fig. 23). Grossissement : 480. 



7 h. 35 m. L'ombre est difficile a voir sur l'anneau L. 
Cet anneau sombre se voit facilement dans I'anse orien- 
tale, ou il parait un peu plus large que la moitie de l'inter- 
valle qui separe le globe de l'anneau B. Sa teinte n'est 
pas uniforme, il parait plus fonce vers l'interieur. 

Dans I'anse occidentale il parait elroit et diffus, mal 
termine, et un peu plus large dans la region australe a 
(fig 24). 

Dans cette anse la division de Struve est visible. 

La zone sombre de l'anneau B parait radiee dans la 
region Ouest. 

La division de Encke n'est visible que grace a la zone 
claire qui avoisine la division de Cassini. 



(m ) 

L'auueau A parait verdatre et plus sombre dans i'anse 
orientale que dans I'occidenlale, ou sa teinte est d'un jaune 
sale. 

La division de Cassini parait bien reguliere. 

Les bandes grises voisines de I'equateur paraissent 
assez foncees. 

L'aspect moutonne est moins apparent que les jours 
precedents. 

La bande grise, adjacente a I'anneau sombre devant le 
globe, se voit difficilement. 

La calotte polaire parait foncee. Grossissement : 480. 



7 h. 35 m. L'ombre du globe sur I'anneau B presente 
one parlie concave et une partie convexe, ie point 
^'inflexion etant a peu pres au milieu de I'anneau. Sur C 
l'ombre est difficile a voir (Gg. 25). 

La largeur de I'anneau C est moindre que la moitie de 
I'inlervalle qui separe le globe de I'anneau B, dans I'anse 
orientale. Dans I'autre anse, on soupconne la division de 
Struve pres du bord exterieur de I'anneau. 

Grossissement : 480. 



9 h. 15 m. L'ombre du globe sur I'anneau est repre- 
entee fig. 20. 

Les deux bandes grises de ('hemisphere Sud paraissent 
'es foncees. Grossissement : 360 (equatorial de I'Est). 



Sur la theorie de l' involution ; par Francois Deruyts, 
docteur en sciences physiques et malhematiques de 
I'Universile de Liege. 

Dans un precedent travail ("), nous avons montre qu'une 
involution d'ordre n et de rang n — 1, l^~*, definie ana- 
lytiquement par une forme n — lineaire symetrique, egalee 
a zero, pent etre representee par un point de I'espace a n 
dimensions E„, les coordonnees de ce point etant propor- 
lionnelles aux parametres de la forme. Dans ce mode de 
representation, le lieu des points de I'espace E„, corres- 
pondant a des involutions decomposables, est la courbe 
normale, C„, de cet espace; de plus, les espaces a » — i 
dimensions, passant par le point correspondant a une 
involution, marquent sur la courbe C„ des groupes de 
points, qui sont les images des groupes d'elements de 
Tinvolution. 

Si l'involulion est de rang k, elle est definie par n — k 
formes symetriques egalees a zero : dans notre systeme, 
cetle involution est representee par Tensemble des n — k 
points, correspondant aux n — k formes : du reste, cet 
ensemble de n—k points determine un espace a n — k — i 
dimensions, qui est t'espace central de 1'involution. 

Nous nous proposon-; actuellement d'elablir quelques 



e royale de Belgique, I 



(631 ) 

theoremes sur ['expression analytique des involutions, en 
nous servant des resultats, que nous venons de rappeler. 



elque peu les considerations prece- 
dentes, on est amene a representer une forme binaire 
d'ordre n, 

f^a x? + (jWr 1 *. + (^a,*?-**? -t- - + (*)<M*, 

par le point de l'espace a' » dimensions, E,,, dont les coor- 
donnees sont respectivement proportionnelles a 



Aous dirons que ce point correspond a la forme f 
Si la forme donnee est une puissance exacte, il e: 
entre ses coefficients les relations, 



Nous en deduisons ce theoreme : 

Le lieu des points, qui represented des formes binaires, 
puissances exactes,est la courbe normals de l'espace, dont 
'e nombre de dimensions est egal au degre de la forme. 



{') II est entendu que dans ce systemc le signe d'egalite equ 
S'gne de proportionnalite. 



(652) 
Cela pose, par le point correspondant a une forme 



nous pouvons mener n espaces an — 1 dimensions, oscu- 
Jateurs a la eourbe normale de l'espace a n dimensions. 
Les pararaetres des points de contact sont donnes par les 



.-(t)m + (»)..-,. ± (:).,=c 

(le signe =b selon que n est pair ou impair) ; 
ou, en posant 



Done, les images des ratines dune forme d'ordre n, 
egalee a zero, sont les points de contact des espaces on— 1 
dimensions, osculateurs a la eourbe normale de l'espace 
a n dimensions, menes par le point correspondant a la 
forme. 

On peu l encore representee dans l'espace a rt dimensions, 
une forme de degre m (m < n), de la maniere suivante : 

Soit une forme de degre n — p, 

Prenons une forme quelconque d'ordre p : 



( 653 ) 
A la forme d'ordre n 



correspond un point de coordonnees X^ satisfaisant aux 
relations 

(i~0, I, 2, ...»), 
ou, par un changement de notation, 

(?)x«-^7')». +Pl (r:f)v,— a(T=J)^ 

Ce point se trouve dans I'espace a p dimensions, E p , qui 
unit les p -f- \ points de pararaetres, 



(tf"*-fs: 



*" variant de o a p, et • de o a «. 

Nous dirons que cet espace E p correspond a la forme <f . 
N est visible d'ailleurs que par cet espace on peut mener 
n ■— p espaces an — i dimensions osculateurs; les para- 
metres des points de contact soot precisement donnes par 
les racines de 1'equation, 



Le rapprochement des modes de representation indiqu&> 
ci-dessus pour les involutions et pour les formes binaires, 
n ous permet d'en visager un point de I'espace a n dimensions, 
E«, de deux manieres differentes : 



( 65'i ) 

1° Un point de l'espace E„ caracterise une involution 
d'ordre n et de rang n — 1 : les groupes de cette involution 
sont represented par les points de rencontre de la courbe 
normale, C„, de l'espace E„ et des espaces an — 1 dimen- 
sions, passant par le point considere. 

2° Le meme point determine une forme binaire d'ordre ra; 
les images des racines de cette forme egalee a zero sont 
representees par les points de contact des espaces oscu- 
lateurs, menes a la courbe normale C„, par le point dont 
il s'agit. 

Tout point qui represente une involution K" 1 represente 
a un autre point de vue la forme binaire, dont les racines 
sont les parametres des elements multiples de I'involution. 

II. — Soient deux involutions l"~\ delinies par 

/'= a^U; . . a n = 

? ^b x b y b s ...b a =0; 

nous dirons que ces deux involutions sont associees, 
quandles deux formes /", et <p„ dont les racines representent 
les elements multiples des involutions, sont conjuguees 
suivant la delinition de M. Rosanes (*). 
On aura alors 

{abf = 0, 

si I'on ecrit symboliquement 



( 655 ) 

Nous pourrons dire aussi, en nous servant d'une defi- 
nition donnee par M. Le Paige (*), que deux involutions 
d'ordre n sont associees, quand leurs elements multiples 
sont conjugues harmoniques d'ordre n. 

La liaison qui existe entre deux involutions associees 
sexprime facilement au moyen des points correspondanl 

L'espace aw — 1 dimensions polaire du premier point, 
par exemple, est represente par 1'equalion 

la condition 

«A - (j)*-A + (»J^A - ... ± a b n as [abY - 0, 
exprime que le second point se trouve dans cet espace, et 



Nous pouvons done enoncer ce theoreme : 
Pour que deux involutions de rang n — i soient 
associees, il faut et il suflit que le point correspondant a 
tune d'elles soil situe dans Vespace an — 1 dimensions 
polaire du point qui represente V autre involution. 

En d'autres termes, pour qu'une involution de rang 
n 1 puisse sexprimer par la relation 



= 2 a -{*. + *<*»)&. ■*- *y.)(*i + W — («• + *«•) = °> 



(*) Bulletir 



c'est-a-dire pour que le point qui la represente 
coordonnees 



X^saJ^IJ, (•=»<>, 



il faut et il suffit que ce point soit situe dans I'espace 
polaire du point correspondant a la forme binaire, dont 



Observons encore que la forme dont les racines repre- 
sentent les elements multiples de ('involution, se trouve 
ramenee a I'expression 

Nous retrouvons ainsi ce theoreme du a M. Rosanes (*)• 

Lesgroupes den points, qui expriment une forme binaire 
de degre n comme la somme de n puissances n" m *% consti- 
tuent une involution de rang n — \ ; ces groupes sont 
conjugues harmoniques d'ordre n au groupe de n points, 
que represente la forme. 

De plus, le procedS que nous employons permet de 
trouver immediatement I'equation de Tinvolution. 

Si la forme est 



l'equation de Involution est 

ou bien, en employant une formule de transformation que 
nous avons fait connaitre « 



HI. — L'espace an — k — \ dimensions E B _i_ 4 , deter- 
mine par n — k points de la courbe C. de l'espace a n 
dimensions E„, est represents, comme nous le savons, 
par les k -+- 1 equations, 

K == Zi _ Z2 p(n_*) + ZtV ^. k) _ ... ± Zm ^v£# „ o, \ 



en representant par PJ" la somme de toutes les combi- 
naisons des paramelres 



points de la courbe C„, pris pap. 

espace E n _ t _ { doit passer par un espace a 9 — 1 
E f _ determine par <p points, 



Voir notre travail cite plus haut. 



: 658 ) 
le point A, ayant pour coordonnees, 

il faut que 1'on ait les conditions, 

R£> = 0, K'/'^O,... Kl'»=0, j 
K<?>=0, K<*>=0,...Ki"=0, 

Kr = 0, K<?> = 0,...Ki ?) = 0. J 

Nous representons par 

KjfJ = a<?> — a&Pi*^ -f- <$JP£-*> ± aJ&^Pfc?' 

ce que devient K p , quand on y remplace les coordonnees 
courantes par les coordonnees du point A ? . 

Nous en deduisons les resultats suivants : 

1° Quand A- < ~^ 9 nous pouvons, parun espace a <?— i 
dimensions, E ? _,, faire passer <x>*-w>-f espaces a n— k— 1 
dimensions, n — k fois secants de la courbe C„ de Fespace 
a n dimensions. 

2° Quand k = *~^, ce qui a lieu quand n -4- \ est un 
multiple de <p ■+. \, on ne peut faire passer par un espace 
a © — 1 dimensions qn'un seul espace a y^ dimensions, 
cp ~~ fois secant de la courbe normale de i'espace a n 
dimensions. 

3° Quand k > ~=|, on ne peut mener par Fespace E ? _, 
d'espace E B _ 4 _ n » — A fois secant de la courbe normale, 
que lorsque les coordonnees des points qui composent 



( 65i) ) 
l'espace E ? _j,satisfontaux k(y-+-i) — (n — 9)condil 
comprises dans le symbole 



ai 1 '^ ...aIM J) ...«&...ai?> ... a©, 



A*. - «i.° ««^ - «»' - «£ } * ... a!?» 

Nous pouvons done enoncer les theoremes suivants : 

Une involution (fordre n et de rang n — 9 possede 
Qgn-kuH-o-f g r0U p es neu tres de n — k elements, quand 
k < ^f; ces groupes forment une involution d'ordren — k 
e' de rang n — (1 -4- <p) k — 9. 

Une involution d'ordre n et de rang n — 9 possede tin 
seul groupe neutre de 9 j^\ elements, quand n -f- 1 es* 
ttn multiple rfe<p + 1. 

D'un autre cote, soient les equations d'une involution 
d'ordre « et de rang n — 9 : 

f. EaoJpQM + pjOQW, + ... + ogLOJ-J + oJW «= 0, I 

A =» aW + «f Q1T2, ■+- ». -*- agi-iQi"' + "POP — 0, 

Nous representons par la notation Q| n) la somme de 
toutes les corabinaisons des n parametres 



Uespace central de c 
par les 9 points 



correspondant aux involutions de rang n — 4, representees 
par chacune des equations precedentes. 

Par 1'espace E^,, menons un des espaces a n — k — i 
dimensions, qui rencontrent la courbe normale C„ en n — k 
points ; appelons 



*.' cyc- 



les parametres de ces points. II est visible que les coor- 
donnees des points A pourront se metlre sous la forme, 



W = «M + 4')^ + ... + «M_ 4 , 
oP = «iV, + «?>£ + ... + «M-*, I 



«?' = «iWJi + 4«(J* -t- ... + «<?V»-*, 



variant de a «. 
Des lors, les equations de I'involution pourront s'6crire : 






f fS =\ Q ( n n l.-K ? ^i ■+- 4^ + ••■ ■*• «JJMU)—0. 



( 661 ) 
ou bien, 

Nous appellerons la quantite 

V,= {Xl + fa! { y t _h J^ (Z, + W ... («, H- «, 

produit d'ordre n, ef ^ /a radne cte ce produit. 

Done, dans le cas de /r < ^=^. 

Towfe involution d'ordre n e* rfe rang n — 9 pe«< »e 
de/2nir anahjtiquement de oo a - Hi+ ^' ? manieres differentes, 
Par I'egalite a zero de 9 formes n lineaires symetriques; 
chacune d'elles etant la somme den — k memes produits 
d'ordre n, affectes de coefficients dislincts. 

Les groupes de points, correspondant aux racines de ces 
produits, constituent a leur tour une involution d'ordre n — k 
etderangn — (1 + 9) £ — 9. 

Cette involution est representee par les <?{k -+- 1) 6qua- 



■T' == of — a# 4 P ( ," > -*- • 



variant de a k. 



( 662 ) 
En faisant usage (Tune formule, que nous avons rappelee 
plus haut (§ II), nous pouvons remplacer les equations 
precedentes par l'unique relation. 






<$lr + i 



Dans cette relation, les letlres ). designentdes parametres 
quelconques, et nous avons pose pour abreger p = n — k, 

Nous pouvons encore observer que le systeme des formes 
binaires d'ordre n, dont les racines representent les elements 
multiples de chacune des involutions I"" 1 definies par les 
equations 

A = o, / 2 = o, ... ft.a, 



trouve ram 



le en meme temps a un systeme de 
Considerons maintenant lecasde t«J~. L 



( 663 ) 
peut s'exprimer, et d'une seule fa^on 



f % = \ a «»V 4 = 



Done : To?<te involution d'ordre n eJ rfe ra«gr n — cp 
pewf s'exprimer d'une seule facou par I'egalite a zero 
de 9 formes n — iineaires sijme'triques, chacune d'elles 
elant la somme de 9 ~^ memes produils d'ordre n, 
lorsque n + 1 est un multiple de 9 -+- 1. 

C'est la forme canonique de toute involution l"_ ? , qui 
satisfaii a la condition que ses deux caracteristiques veri- 
fier Ja relation 



En particulier, un systeme de 9 formes binaires d'ordn 



sexprimer d'une seule maniere par un systeme de c 
es de 9?L±l = p niemes puissances n iim ". II es 



( 664 ) 

Ces r^sullats peuvent s'appliquer facilement au cas d'un 
systeme de formes de degres differents, en faisant usage 
de la representation des formes d'ordre n — p dans l'espace 
a n dimensions. 

Un cas particulier interessant correspond a 9 = 1; on 
arriverait, entre autres, a des theoremes sur la reduction 
d'une forme plurilineaire symetrique a la somme de produits 
d'ordre w, et sur la reduction des formes binaires a la 
somme de puissances d'ordre n ; ces derniers theoremes 
out ete donnes par M. De Paolis; nous ne croyons done 
pas necessaire de les reproduire a nouveau (*). 



— La Classe se constitue en comite secret pour discu- 
ter les titres des candidats presented aux places vacantes. 



( 665 ) 



GLASS!: DES LETTRKS. 



Seance du 7 novembre 1887. 

M.Bormans, vice-directeur, occupe le fauteuil. 

M. Liagre, secretaire perpetuel. 

Sont presents : MM. P. De Decker, Ch. Faider, le baron 
Kervyn de Letlenhove, R. Chalor, Thonissen, Th. Jusle, 
Alph. Wauters, Em. de Laveleye, Alph. Le Roy, A. Wage- 
ner, P. Willems, G. Rolin-Jaequemyns, Ch. Piot, Ch. Pot- 
vio, J. Stecher, T.-J. Lamy, Aug. Scheler, P. Henrard, 
J. Gantrelle, Ch. Loomans* G. Tiberghien, L. Roersch, 
membres; Alph. Rivier, Philippson et Aug. Snieders, asso- 
c ^s; Alex. Henne et A. Van Weddingen, correspond ants. 

MM. Houzeau et Mailly, membres de la Classe des 
sciences, assisteot a la seance. 



CORRESPONDANCE. 

M. le Ministre de l'Agriculture, de I'lndustrie et des 
Iravaux publics adresse les ouvrages suivants : 

}° La liiterature francaise au XVIP Steele, par J.-B. 
Stiernet ; 

2° Histoire populaire de Schaerbeek, par De Saegher et 
Bartholeyns. — Remerciements. 



( 666 ) 

— M. Loomans presente pour le prochain Annuaire 
sa notice biographique de G. Nypels, ancien membre de 
la Ciasse. — Remerciements. 

— M. Pasquet, ancien professeur a l'Athenee royal de 
Liege, soumel un travail intitule : Sermons de careme 
en dialecle wallon. — Commissaires : MM. Scheler et 
Bormnns. 

— Horamages douvrages : 

1° Les origines de la metallurgie au pays d'Entre- 
Sambre-et-Mense; par Victor Tahon. (Presente par M. Alph. 
Waulers avec une note qui figure ci-apres.) 

2° Etudes morales et litter aires : Epopees et romans 
chevaleresques, I; par Leon de Monge. (Presente par 
M. £m. de Laveleye avec une note qui figure ci-apres.) 

3° M. Tvlii Ciceronis pro M. Caelio or alio ad ivdices; 
par l.-C. Vollgraff. (Presente par M. Philippson avec une 
note qui figure ci-apres.) — Remerciements. 



NOTES BIBLIOGRAPH1QUES. 

J'ai I'honneur d'offrir a la Ciasse des lellres, au nom de 
I'auteur, M. Victor Tahon, ingenieur, le travail intitule : 
Les origines de la metallurgie au pays d'Entre-Sambre-et- 
Meuse (Mons, Manceaux, in-8°). 

M. Tahon s'attache a prouver que Pindustrie du fer est 
ties ancienne dans le pays borne d'un cdle par la Meuse 
et de I'autre par son principal affluent, la Sambre. II ra P" 



(667) 
pelle avec beaucoup d'a-propos ce fait qu'il y a une tren- 
taine d'annees, alors que I'industrie ne s'en etait pas encore 
servie pour les uliliser, il existait dans l'Entre-Sambre-et- 
Meuse des quantiles enormes de scories, attestant une 
longue et considerable exploitation des couches de minerals 
de fer de cette contree. On aura une idee de I'importance 
de ces depots en se rappelant qu'en vingt-cinq annees les 
hauls fournaux du bassin de Charleroi en out consomme 
la quantite prodigieuse d'un million de tonnes. Ces scories 
y sont connues sous le nom de Crayats de Sarrasins, nom 
qu'il ne faul pas prendre a la letlre, mais envisager comme 
un reflet de l'opinion vulgaire, qui voit dans ces debris les 
traces d'un peuple disparu, d'une epoque bien differente 
de la notre. 

L'auteur de noire brochure a reuni differenls lemoi- 
gnages sur les procedes qu'emploient encore des peuplesde 
I'Asie et de I'Afrique pour se procurer du fer; il decrit les 
fourneaux de forme rudimentaire qu'ils emploient encore 
et les rapproche des vestiges de fourneaux, en forme de 
cuves, que Ton a signaies en plusieurs endroits et, en par- 
ticulier, a Vodecee, pres de Philippeville. II en conclut avec 
raison que les procedes dont ailleurs on se sen encore, ont 
piobablement ele d'un usage general dans le passe, et que 
I'on peut se representer ce qu'etaient nos forgerons primi- 
l «fs en etudiant les habitudes des forgerons de l'Hindous- 
tan et de I'Afrique centrale. 

Sous la domination romaine, le travail du fer s'araeliora 
et s'etendit. Les decouvertes de poteries, faites dans les 
amas de scories, indiquent d'une maniere incontestable 
•'epoque ou cette Industrie se developpa en Belgique. Atin 
d'expliquer comment elle envoyait au loin ses produits, 
M. Tahon a donne une idee des voies de communication 



( 668 ) 
qui traversaient I'Entre-Sambre-et-Meuse. Sa conclusion 
que « l'Entre-Sambre-et-Meuse etait sans contesle le 
» pays le plus industriel, au point de vue metallurgique, 
b du nord des Gaules et peut-etre du monde romain », 
pourrait etre contestee, raais on s'accordera du moins a 
reconnailre que son travail constitue une page interessante 
de I'histoire du pays, sous le rapport economique. 

Alph. Wauters. 



J'ai l'honneur d'offrir a la Classe, au nom de I'auleur, 
M. Leon de Monge, professeur de litierature a 1'Universite 
de Louvain, un livre intitule : Eludes morales et litte- 
raires. — Epopees et romans chevaleresques. En parlant 
des Nibelungen, M. de Monge montre bien comment nais- 
senl et se developpent, d'une facon pour ainsi dire spon- 
tanee, les epopees nationales ou « naturelles » comme il 
les appelle. La comparaison qu'il fait entre les idees et les 
sentiments de la Chanson de Roland et du Romancero du 
Cid est un modele d'analyse litteraire. Le style de 1'ou- 
vrage est tres elegant et d'une grande distinction, sans 
nulle recherche. Les reflexions ingenieuses et profondes 
abondent. Le culte du bien et du beau est la base de tous 
les jugements; partout regne un sentiment de haute mora- 
lite. On est heureux de lire ces pages d'une inspiration si 
elevee et si pure, alors que de toutes parts un souffle de 
has materialisme et de grossiere sensualite envahit la lit- 
terature. Emile de Laveleye. 



( 669 ) 

J'ai 1'honneur tie presenter & la Classe, au nom de 
1'auteur, I'edition du Pro Ccelio, de Ciceron, publiee par 
M. J.-C. Vollgraff, mon collegue a TUniversite de Bruxelles. 
Le Pro Ccelio, neglige pendant le moyen age, parce que son 
contenu, parfois assez scabreux, ne perraettait guere de le 
placer entre les mains des eleves et surtout des jeunes pre- 
tres, ne nous a ele conserve que dans un petit nombre de 
manuscrits, fort corrompus d'ailleurs, et se basant presque 
tous sur une copie unique, aujourd'hui perdue, et dont le 
plus ancien representant est le Parisinus, n° 7794. M. Voll- 
graff a collalionne attentivement les manuscrits les plus 
important du Pro Cielio; pour la premiere fois, il s'est 
servi, pour Pemendation de ce discours, d'un codex de 
Salzbourg, actuellement a Munich, qui, a cote de bien des 
fautes, offre cependant un grand nombre d'excellentes 
lecons, evidemment empruntees a un texte d'une plus 
grande valeur.Muni de connaissances profondes et solides 
dans la langue et la litterature latines, comme il convient 
a un des eieves favoris du grand Cobet, H. Vollgraff a tire" 
profit de tous ces materiaux pour etablir le texte le plus 
digne de foi qu'il soil possible de restituer avec les res- 
sources dont dispose actuellement la science philologique. 
Un appendice critique, assez developpe, qui termine le 
volume, met le lecteur a meme d'apprecier le travjul assidu 
tt intelligent auquel 1'editeur s'est livre et, en meme temps, 
de le controler. On y decouvrira beaucoup de lecons nou- 
velleset apparemment justifiees, dues aux recherches cri- 
tiques de M. Vollgraff. Le docte editeur cite avec un soin 
scrupuleux, dont bien des auteurs aiment maintement a 
s'affranchir, les travaux precedents qui se rapportent a 



(670) 
son sujel, et dont aucun, ce serable, n'a echappe a ses 
investigations. L'edilion du Pro Ccelio que j'ai 1'honneur 
de vous soumettre, Messieurs, est done un excellent 
specimen de cetle forte et bonne ecole philologique dont 
se glorifie a juste tilre. 

M. Philippson. 



La Classe procnle eusuite a I'eleclion : 

1° de qoatorze noms pour le choix du jury charge de 
juger la huitiemc periode du concours quinquennal de 
literature franchise (1883-1887); 

2° de dix noms pour le ckoix du jury charge de juger 
la dixieme periode du concours triennal de litterature 
dramatique en langue franchise (1885-1887). 

Ces noms seronl transmis a M. le Ministre de I'Agri- 
culture, de I'lnduslrie et des Travaux publics. 



( 671 ) 



COMMUNICATIONS ET LECTURES. 



La dernier e seance 
le baron Kervyn 



(D'apres des documents inedits.) 

Walsingham, saluant avec joie le terme tie sa disgrace, 
etaitrevenu de Barn-Elms a Londres, ou il devait conf'erer 
av ec le Secretaire Davison el avec son beau-irere le clerc 
du Conseil, Robert Beale. 

Tous les trois cornptaient panni les chefs du parti 
puritain et altendaient avec la nieme impatience I'heure 
°u ils pourraient verser le sang de la reine d'Ecosse. 

Ce moment semblait venu. Le 11 ievrier, Elisabeth, 
e l>ouvantee par I'image des complots qu'on deroulait 
devant elle comme une perpetuelle menace pour sa vie, 
avait signe le warrant ou ordre d'execution, et elle avail 
ajoute en le remettant a Davison : « Jamais un vilain 
1 comme loi n'eul enlre ses mains un semblable warrant! » 
Et toute troublee encore de ce qu'elle venait de faire, elle 
avail prononce ces paroles, enlrecoupees de profonds 






( 672 ) 
soupirs : « Que personne ne sache que ce warrant est 
» signe! Qu'on ne ra'en parle plus! Je verrai plus tard ce 
» que j'ai a faire. Les membres de I'Association ne sont- 
» ils pas tenus par leur serment de decharger ce fardeau 
» de raes epaules? » 

Ce que voulait Elisabeth, ce qu'elle insinuait par ces 
mots, c'etait qu'un vulgaire assassin prit la responsabilite 
d'un crime qui eiit laisse une tache sanglante sur son 



sabeth avait fait rappeler Davison. 
Elle repeta ce qu'elle avait dit la veille : « Que tout reste 
j secret! Que Ton attende que j'aie fait connaitre mon 
» bon plaisir! » Et insistant sur la pensee qui ne la quit- 
tail point : « Pourquoi, s'ecria-t-elle, rejeter sur moi tout 
» ce fardeau? Que n'ai-je des conseillers comme Archi- 
» bald Douglas! » Archibald Douglas, soudoye par Eli- 
sabeth, iui avait autrefois rendu le service d'assassiner 
Darnley. 

Davison reparait chez Walsingham. II Iui raconte ce 
nouvel enlretien; il Iui montre la reine inquiete et hesi- 
tante. Peut-etre reprendra-t-elle de ses mains le warrant, 
depuis si longtemps prepare, et signe avec tant de diffi- 
cultes. Cest une heure d'anxiete, mais la resolution est 
bientot prise. Le warrant est signe : il faut en faire usage, 
et sans delai, avant que la reine puisse le revoquer et 
l'aneantir. Rien ne sera plus aise a justifier; car, selon un 
avis adopte avec empressement par Davison, celui-la men- 
terait d'etre pendu, qui n'acheverait point, pour le repos 
de Ja reine et du royaume, une oeuvre si bien commencee. 

Ce meme jour, a onze heures du soir, Davison se pre- 
sente chez Robert Beale : celui-ci convoquera le Conseil a 
Greenwich, mais, avant de s'y rendre, il devra passer chez 
Walsingham : c'est la qu'on Iui revelera la part impor- 



E 673 ) 
tante qu'il aura a remplir dans le drame sinistre qui se 
prepare. 

En effet, le Conseil se reunil a Greenwich le lendemain 
a onze heures du matin. Walsingham y assistait. Davison 
prit le premier la parole et fit connaitre que la reine avail 
signe le warrant prescrivant 1'execution de la sentence 
prononcee contre la reine d'Ecosse. « Tel est-il bien le 
J> plaisir de la reine? j> interrompit Burleigh qui, avec son 
habilete accoutumee, ne songeait qu'a degager sa respon- 
sabilite. « Oui, » repliqua Davison. 

Quelques conseillers, alleguant combien la matiere etait 
grave, demandaient qu'on consultat de nouveau Elisabeth. 
Walsingham et ses amis ne pouvaient se rallier a cette 
proposition qui eut lout compromis. Aussi, eurent-ils soin 
de faire remarquer que la reine elle-meme avail defendu 
qu'on lui parlat davantage de cette affaire; que Ton savait 
combien elle d£sirait que ce fardeau fut decharge de ses 
epaules; que, par suite, rien ne lui serait plus agreable 
que de rester etrangere aux mesures relatives a 1'execu- 
tion du warrant. 

Voici ce que Davison £crira plus tard dans son Apo- 
•ogie : « Le Conseil avait a rechercher les moyens les 

* plus honorables et les plus convenables pour Tenvoi 
» du warrant. II considera que Sa Majeste avait, en ce 

* qui la touchait, deja fait tout ce que 1'honneur, la loi et 
> la raison reclamaient d'elle; et il fut finalement resolu 
» qu'on enverrait le warrant sans troubler davantage 

* Sa Majeste. Vu la charge qui avait ele" donn£e a 
» Davison, on jugea qu'il n'y avait pas lieu, puisqu'elle 
» avait fait, comme il a deja &e dit, tout ce qu'exigeaient 
» J a loi et la raisoji, de 1'en entretenir de nouveau jus- 
» qu'a ce que tout eut <He acheve\ On avait pes6 les dan- 
1 gereuses consequences qui auraient pu se presenter si 



(674) 
» Sa Majeste, a la suite d'une nouvelle demarche sans 
» resultats, etait revenue a quelque intention d'inter- 
» rompre ou d'arreter le cours de la justice. » 

Des lettres avaient ete preparers pour les joindre au 
warrant; mais Christophe Hatton les trouva trop expli- 
cites. Au lieu de prescrire le supplice de Marie Stuart, il 
valait mieux, en termes generaux, s'en referer a la com- 
mission signee par la reine. Aux yenx de Christophe Hat- 
ton, c'etait diminuer la grave responsabilite qu'assumaient 
les mernbres du Conseil. On jugea aussi qu'au lieu d'y 
maintenir le nom de cinq lords (craignait-on le refus de 
quelques-uns d'entre eux?) il sufiisait de les adresser aux 
comtes de Kent et de Shrewsbury. 

La seance avait ete interrompue afin de mettre au net 
ce nouveau texte; elle fut reprise a deux heures, et la 
redaction modifiee fut approuvee. Elle 6tail ainsi concue : 



• de Kent, 



» Sa Majeste ayant adresse au comte de Shrewsbury, 
Voire Seigneurie et a d'autres sa commission signee de 
sa main et revetue du grand sceau d'Angleterre, pour 
son service special, afin d'assurer le salut de sa royale 
personne et le repos de tout le royaume,nous avons juge 
convenable de vous faire parvenir la dite commission 
par le porteur de cette lettre, M. Robert Beale, homme 
digne de toute confiance et plein d'experience, afin qu'il 
la remette d'abord a Votre Seigneurie et puis au comte 
de Shrewsbury; et vous apprendrez promptement par 
lui quand Sa Seigneurie et vous-meme vous pourrez 
vous reunir pour l'execution de la cMle commission. En 
attendant, Votre Seigneurie entendra par le porteur de 
cette lettre combien i 



, 



( 675 ) 
ret : tel est le motif pour lequel cette 
! sera point remise aux autres lords qui y 

On lisait au bas de cette lettre lesnoms de lord Burleigh, 
du comte de Derby, du comte de Leicester, de lord Howard, 
de lord Hunsdon,de William Cobham, de Francis Knollis 
et de Christophe Hatton. Walsingham et Davison avaient 
signe les derniers. 

Une lettre concue dans les memes tennes fut adressee 
au comte de Shrewsbury. On y avail ajoute qu'elle avait 
ete ecrite a la hate. 

Pour mieux cacher cette resolution et les mesures qui 
devaient en etre la consequence, on redigea, en meme 
temps, un warrant de hue and cry, qui prescrivait, au nom 
de la reine, la severe repression des troubles qui avaient 
eclate dans plusieurs parties du royaume, notamment dans 
'es comtes d'Herlford el de Huntingdon. 

Des que la deliberation fut terminee, Robert Beale ful 
introduit. Burleigh lui declara, au nom du Conseil, qu'on 
1'avait choisi pour faire executer le warrant, parce qu'on 
'e savait honnete, sage et digne de toule confiance; il 
a Jouta que la matiere reclamait une grande celerile et un 
grand secret; car, si le warrant Ctail connu, la vie de la 
reine d'Angleterre serait en peril. II lui recommandait 
done d'annoncer que sa mission se rapportait unique- 
m ent aux hues and cryes dans certains comtes; on le 
chargea en meme temps de choisir la salle pour le sup- 
Plice et de veiller a ce que le corps ful embaurne; on lui 
•ndiqua meme, a cet effel, le nom d'un chirurgien du pays, 

Un ordre special allait etre adresse direclement au 
sheriff de Northampton pour qu'il se trouvat a Folhe- 
1'ngay le 16 fevrier; mais Beale, apres avoir vu Powlet, 
les leltres qui etaient ( 



( 676 ; 
aux comtes de Kent et de Shrewsbury. S'il rencontrait 
quelque scrupule ehez eux, il pouvait leur declarer qu'ils 
n'avaient rien a redouter. 

Beale, en ce moment supreme, ne put echapper a ces 
sentiments intimes de la conscience, que les passions et la 
haine elle-meme ne peuvent etouffer. Quelle etait done 
la mission pour laquelle il etait choisi enlre tous comme le 
plus cruel et le plus impitoyable? Et cet echafaud meme 
qu'il allait elever, ne transmettrait-il pas a la derniere 
posterite son nom couvert de honte a cote de celui de la 
victime? 

Burleigh s'efforQa de rassurer Robert Beale; mais Beale 
avait deja repris son sang-froid. « Je ne crains rien j>, fut 
sa seule reponse. « Que pourriez-vous avoir a craindre? 
» interrompirent Walsingham et ses amis. Vous avez un 
» ordre de la reine; vous connaissez sa volonte : n'a-l-elle 
» pas declare a Bellievre et a d'autres ambassadeurs 
» qu'elle ne pouvait point epargner la vie de la reine 
» d'ficosse? » 

Sur ces paroles, le Conseil se separa. 

Le lendemain, Davison etant arrive a la cour, Elisabeth 
s'approcha de lui, le visage trouble des emotions de la 
nuit : « J'ai eu un songe affreux, lui dit-elle; j'ai reve 
» qu'on m'annon^ait l'execution de la reine d'ficosse; et, 
» si en ce moment vous aviez ete la, je vous aurais plonge" 
» une epee dans le corps. » 

Davison se borna a quelques vaines paroles : le secret 
des deliberations du Conseil avait 6te fidelement garde. 

A 1'heure ou avait lieu cet entretien, deux personnages 
suivaient la route de Londres a Fotheringay. L'un se 
nommait Robert Beale; l'autre etait le bourreau. 



CLASSE DES BEAUX-ARTS. 



Seance du 10 novembre 4881 . 

M. Alex. Robert, vice-directeur, occupe le fauteuii. 

M. Lugre, secretaire perp&uel. 

Sont presents : MM. £d. Fetis, Alph. Balat, le chevalier 
L6on de Burbure, Ernest Slingeneyer, F.-A. Gevaert, 
Ad. Samuel, Ad. Pauli, Godfr. Guffens, Jos. Schadde, 
Joseph Jaquet, J. Demannez, P.-J. Clays, G. De Groot, 
Gustave Biot, H. Hymans, le chevalier Edm. Marchal, 
fnembres; Joseph Slallaert, Max. Rooses et J. Rousseau, 
correspondants. 

M. Chalon, membre de la Classe des leltres, assisle a 
'a seance. 

M. Verlat fait savoir qu'une indisposition I'empeche 
d y assisler. 

A Toccasion de la lecture du proces-verbal de la seance 
du 27 octobre, M. le directeur fait savoir que le nom de 
M. P.-J. Clays doit etre ajoute a ceux des quatre autres 
roembres de la Classe auxquels le Musee des Offices, a 
Florence, a deinande de lui envoyer leurs portraits, pour 
&re places dans la galerie des peintres celebres. 



(678) 
CORRESPONDANCE. 

M. le vicomte Henri Delaborde, assoeie de 1' Academic 
adresse un exemplaire de la Notice sur la vie et les ouvrages 
de M. Theodore Ballu, archilecte, qu'il a lue comme 
secretaire perpetuel de l'Academie des beaux -arts de 
l'Institut de France, dans la seance publique annuelle du 
29 octobre 1887. — Remerciements. 

— M. Siret ecrit qu'il regrette de ne pouvoir se charger 
d'^crire, vu son etat de sante, la notice biographique de feu 
Nicaise De Keyser, membre de la section de peinture. 
— M. H. Hymans, sur la demande qui lui en est faite par 
la Classe, s'engage a faire cette notice. 



JUGEMENT DU CONCOURS ANNUEL (1887). 

Peinture. 

On demande le carton d'une frise decorative, a placer a 
5 metres d'elevation, et representant : 

Les nations du globe apportant a la Belgique les produits 
de leurs sciences, de leurs arts et de leur industrie. 

Les cartons (sur chassis) devront avoir O m ,75 de haut 
sur 2 m ,25 de developpement. 

Prix : mille francs. 

(Ce concours sera national.) 



(679) 



La Classe des beaux-arts avait donne pour 1887, comme 
sujetde concours d'arl applique [peinture), une frise deco- 
rative, a placer a o metres d'elevalion et representant : Les 
nations du <j\ - prod nits de 

lews sciences, de leurs arts et de leur Industrie. 

Neuf cartons out ete soumis a son jugement. 

C'est en 1849 que la Classe de beaux-arts decidait qu'un 
concours d'art applique aurait lieu concurremment avec le 
concours lilteraire annuel. Cette disposition a ele mise a 
execution en 1872. 

Les resultats obtenus depuis permettent de dire que 
PAcademie a lieu de se ieliciter d'avoir institue ce con- 
cours. 

En 187-2, M. Mellery, en 1874, M. Dillens, en 1879, 
M. Bourotte, en 1881, M. Broerraan et en 1883, M. Henri 
Evrard, obtinrent le prix. Plusieurs des oeuvres couronnees 
sont remarquables. 

Cette annee, les cartons soumis ne le sont pas moins; 
le nombre de jeunes artistes qui ne dedaignent pas de se 
livrer aux efforts de la pensee et de se soumettre a un 
programme donne, augmente toujours; il semble aussi 
qu'ils comprennent mieux les regies et les conditions 
qu'exige la peinture monumentale : La clartedans la dis- 
position generate de la composition , la simplicity dans 
{'execution. Cependant plusieurs encore ne paraissent pas 
se douler qu'il faut se depouiller des ressources dont on 
peut user avantageusement dans un tableau de chevalet : 
eflets de perspective, plans multiples, profondeurs, ombres 
et raccourcis, toutes qualites qui sonl deplacees dans une 
peinture decorative et qui nuisent a I'arcliitecture, qu'elle 



( 680 ) 
est appelee a completer et a embellir; les modeles trop 
accentues labourent la muraille et detruisent I'harraonie 
du monument auquel la frise mise au concours est censee 
etre destinee. 

Peu de concurrents ont tenu compte de la hauteur a 
laquelle elle devrait etre placee; il aurait fallu plus de 
fermele dans les contours pour qu'on put, a cette distance, 
distinguer les figures el les accessoires. Quelques-uns des 
cartons prouvent cependant que ces regies ne sont pas 
inconnues a leurs auteurs. 

Le concurrent qui a obtenu le premier prix, M. Midde- 
leer, a le mieux compris le programme donne, et a demon- 
tre qu'il n'ignore pas les conditions que necessite ce genre 
de peinture. La Classe a ete unanime a lui accorder cette 
recompense. 

Sa composition est simple et tranquille; la lumiere est 
large et egalement distribute; ses figures se detachent 
bien les unes des autres; mais generalement les types 
manquent de caractere et de beaute, les draperies sont 
negligees et arrangees sans gout; la Belgique surtout 
peche par la. 

Neanmoins, ce dessin pourrait etre execute avanlageu- 
sement en y I'aisant quelques corrections. Je me borne a 
parler de quelques caracteres generaux de cette ceuvre, 
sans entrer dans d'autres details, sans demander des chan- 
gemenls desirables; et je ferai de rneme pour les autres 
concurrents dont les noms nous sont resles inconnus. 

Celui qui a pour devise : Bramo assai, pocco spero, a 
envoye une des meilleures compositions; lesujetest clair, 
les groupes sont bien disposes, et certaines figures sont 
reussies comrae pose et comme caractere; elles sont gene- 
ralement bien dessinees; Teffet general est large et bien 
enteoda; la figure de ia Belgique n'esl pas beureuse. 



( 684 ) 

Le carton peindre et dessiner toujours est egalement 
bien compose; les groupes sont parfaitement disposes, les 
nations sont bien caracterisees; la Belgique est la figure 
la moins reussie. L'auteur s'est attache trop aux details, 
sod dessin manque d'ampleur el de fermete. 

Celui qui porte pour devise ® a un ensemble dur et 
noir, ce qui fait paraitre les figures d'autant plus raides et 
ainsi leur 6te le mouvement. Sa composition est heureuse, 
le groupe de droite est charmant et dispose avec gout. 
Malheureusement la figure de la Belgique est manquee. 

Sapientia a egalement une bonne composition, parfaite- 
ment equilibree; les groupes sont savammenl disposes, 
Taction est claire et vraie. C'est celui qui a la meilleure 
figure de la Belgique; mais le dessin est mediocre. 

Deux compositions pleines de vie et de mouvement sont 
signees: pour Part, el /\ • Elles denotent, de la part des 
auteurs, de vrais temperaments de peintre, reellement 
flamands; mais aucune des deux ne repond au programme, 
aux exigences d'une decoration mouumentale; le premier, 
au lieu d'une frise, en a fait un plafond, et le second s'est 
tellemenl preoccupe de reflet et du modele qu'a une cer- 
tame distance on ne peut plus deviner la silhouette d'une 
figure. Le dessin et le caractere manquent absolument 
dans ces deux cartons. Je n'insislerai pas sur les deux 
atitres cartons, dont I'un est par trop novice et I'autre 
trop fantaslique. 

En resume, les resultats obienus dans ce concours sont 
satisfaisants, mais il est evident que le sentiment du beau 
n 'est pas tres developpe chez les concurrents; aucune 
figure de la Belgique n'a la grandeur, ni la dignite desi- 
rables; chez tous, le type est banal, et I'arrangement des 
draperies est sans caractere, sans gout; ce qui denote chez 



; m ) 

eux l'absence complete de l'etude serieuse des productions 
de l'art ancien et de la Renaissance. 

En terminant je fais des voeux pour que le gout de la 
peinture murale se developpe chez nous; c'est le genre le 
plus propre a former des artistes serieux, et pour lequel 
ils sont obliges d'aequerir des connaissances diverses, de 
se penetrer de l'ordonnance d'un monument, d'en faire 
ressortir les proportions, outre la science de la composi- 
tion du dessin et de la couleur. 

Je fais egalement des vceux pour que le Gouvernement 
continue a soutenir ce grand art, et pour qu'il se propage 
chez les particuliers. Quelle immense ressource ce serait 
pour les artistes! 

COMMUNICATIONS ET LECTURES. 

La Classe reprend I'examen de la revision du reglement 
des grands concours pour les arts graphiques et plastiques. 

L'assemblee decide que la commission pour les Prix de 
Rome se reunira avant la prochaine seance de la Classe 
des beaux-arts, afin de s'occuper des diffeVentes questions 
soulevees par M. Stallaert dans une note qui a ete impn- 
mee et communiquee aux membres. 

Cet objet sera porte a I'ordre du jour de la prochaine 
seance. 

— La Classe se conslitue ensuite en comite secret pour 
prendre connaissance de la liste des candidatures aux 
places vacantes arretees par les sections de peinture, de 
gravure, d'architeclure et des sciences et des lettres dans 
leurs rapports avec les beaux-arts. 



OUVRAGES PRESENTES. 



Plateau (Felix). — Observations surles moeursduBniviULUs 
guttclatus, Bosc, et experiences sur la perception de la 
lumiere par ce myriopode aveugle. Bruxelles, 1887; extr. 
in-8° (4 pages). 

Leboucq (H.) — L'apophyse styloi'de du 3 e metacarpien 
chez l'homme. Gand, 1887; extr. in-8° (15 pages). 

Tahon (Victor). — Les origines de la metallurgie au pays 
d'Entre-Sambre-et-Meuse. Mons, 4886; in-8° (46 pages). 

Matthieu (Ernest). — Surprise de la ville d'Avesnes par les 
Francais en 1525. Douai, 1887; in-8° (15 pages). 

— Necrologie : Louis-Alphonse-Joseph Petit. In-8 8 (6 pages). 

— Thomas Tordeur, fondeur nivellois. 1887; in-8°(5 pages). 
Bastelaer(D.-A. Van). — Memoires archeologiques,tome IV. 

Mons, 1886; vol in-8°. 

Schiffers. — Du traitement du catarrhe du sinus maxillaire. 
Bordeaux, 1887; extr. in-8° (8 pages). 

Monge (Leon de). — Etudes morales et litteraires. Epopees 
et romans ehevaleresques : I, les Niebelungen; la Chanson de 
Roland; le Poeme du Cid. Bruxelles, 1887; vol. pet. in-8*. 

Deruyts (Jacques). — Developpements sur la theorie des 
formes binaires. Bruxelles, 1887; extr. in-8° (28 pages). 

— Sur la representation des involutions unicursales. 
Bruxelles, 1887; extr. in-8° (26 pages). 

— Sur certains systemes de polynomes associes. Bruxelles, 
*887; extr. in-8° (14 pages). 

Boilandistes (les). — Acta sanctorum novembris, tomus I 
quo dies primus, secundus et partim tertius. Paris, Bruxelles, 
1887; vol. gr. in-4°. 

De Saegher (E.) et Bartholeyns (Eloi). — Histoire populaire 
de Schaerbeck. Schaerbeek, 1887: in-8" (216 pages, plans et 
gravures). 



(684) 

Cercle hutois des sciences et beaux-arts. — Annales, tome VII, 
livraisons 1-3. Huy, 4887; 3 br. in-8°. 

Stiernet (J.-B.). — La litterature francaise au XVII e siecle : 
Essais et notices avec une introduction (Moyen age et 
XVP siecle). Bruxelles, Paris, 1887; vol. in-8°. 

Souillart (;>/.). — Theorie analytique des mouvements des 
satellites de Jupiter, 2 e partie. Paris, 1887 ; vol. in-4°. 

Institut cartograpkique militaire. — Triangulation du 
royaume de Belgique, tome VI, l« r fascicule. Bruxelles, 1887; 
vol. in-4°. 

Institut archeologique du Luxembourg. — Annales, t. XIX. 
Arlon, 1887; vol. in-8". 



Verein fur Naturwissenchaft zu Braunschweig.— 3- Jahres- 
bericht, 1886-87. In-8°. 

Naturhistorischer-medicinischer Verein zu Heidelberg. — 
Verhandlungen, neue Folge, 4. Band, 1887; in-8°. 

Statistischer Landesamt. — Jahrbucher. — Wiirttem- 
bergische Vierteljahrshefte fur Landesgeschichte, 1886. In-4°. 

yassauischer Verein fur Naturkunde. — Jahrbucher, Jahr- 
gang 40. Wiesbade, 1887; vol. in-8°. 

Naturforschende Gesellschaft in Bamberg. — XIV. Bericht, 
1887. In-8°. 

Geodiitischer Institut, Berlin. — Pracisions-Nivellementder 
Elbe, 3. Mittheilung. In-4°. 

Universitat zu Kiel. — Schriften aus dem Jahre 1886-87. 
49 br. in-8° et in-4°. 

Ministerium fur Landwirtschafl, etc. — 5" Bericht der 
Kommission... der deutschen Meere (1882-86), XII-XVK Jahr- 
gang. Berlin, 1887; vol. in-4°. 



Ergebnisse der Beobachtungsstationen 



i deutschen 



Kusten iiber die physikalischen Eigenschaften der Osts< 
und Nordsee, 1886. Berlin, 1887; in-4° oblong. 



( 685 ) 
Academie des Sciences de f/ongrie, Budapest. — Almanaeh, 
1887. Annuaire, XVII, 4. Bulletin de I'Academie, 1886, 5-7; 
1887, I, 2, -". Necrologues, IV, 2-5. Rapports de la section 
philologique, XIII, 5,4 et 6-12. Phonetiqne, relative >ptieia- 
lement a la laniiiic inuiLinusc. Archives ties anciens poetes 
hongrois, V. Memoir. - j In o!. -iq ies XX, I, ± Fragments de 
poesie populaire des Votjaks. Rapports de la seetion histo- 
rique, XIII, 2, 4, 5, Rapports de la seetion des sciences poli- 
tiques, VIII, 7-10; IX, 4. L'infraction consommee et la tenta- 
tive, l'auteur materiel et la complicite, II. Selection d'Etiennc 
Bathory, roi de Pologne. La famille du comle de Bercsenyi, II. 
Defters du fisc turc en Hongrie, I. Monume.nta Comilim'inn 
Transilvanise, XI. Apercus politiques et correspondances de 
Jean Rimay d'Also-Szlregova et de Rima. Codex diplom. Hun- 
garicus Andegavensis, V (1547-1552). Documents pour servir 
al'histoire diplomatique de Gabriel Bethlen. Memoires archeo- 
logiques, vol. XV. Bulletin archeologique, VI, 5, 4, 5; VII, 1,2. 
Rapports de la section des sciences naturelles, XV, 19; XVI, 
4-6; XVII, 1. Rapports de la section mathematique, XIII, 1,2. 
Bulletin des sciences naturelles i 
v , 1-5. Memoires des science 
XXI ? 2-5. Annuaires militaires hongrois, I. Ungarische Revu 
'887, 1-7. Naiui Beriehte, IV. 



Ameriqle. 

Baxter (Sylvester). — Morse collection of Japanese pottery. 
Salem, 1887; in-4° (16 pages, 4 planches). 

Coni {D r Em.-R.). — Progres de l'hygiene dans la Repu- 
blique argentine. Paris, 1887; vol. gr. in-8° (2G5 p. avec pi.). 

V. S. geological Survey, Washington. — 6 tb annual report, 
1884-85. Washington; in-4*. 

Signal office, Washington. — Tri-dailly meteorological 
Record, January-april 1878-1884; 4 vol. in-4° oblongs. 



' SERIF., TOJ 



( C86 ) 

Essex Institute. — Bulletin, vol. XVIII, 1886. In-8°. 

Academy of sciences, San-Francisco.— Bulletin, II, 6, 1887. 
In-8\ 

Republique Argentine. — Primer censo general de la Pro- 
vincia de Santa-Fe. Censo de las escuelas correspondente a 
fines de 1886 y principios de 1887. Buenos-Ayres, 4887; 



Delaborde (Henri). — Notice sur la vie et les ouvrages de 
M. Theodore Ballu. Paris, 1887; in-4°. 

Guimet(Emile). — Securite dans les theatres. Lyon, 1887; 
vol. in-8°. 

Guccia (G.-B.). — Theoreme sur les points singuliers des 
surfaces algebriques. Paris, 1887; extr. in-4° (5 pages). 

Polybiblion. — Bevue bibliographique universelle : parlie 
litteraire et partie technique pour 1887. Paris; in-8°. 

Societe dliisloire et d'archeologie de Chdlons-sur-Saone. — 
Memoires, t. VII, 1883-86. In-4°. 

Societe archeologique et historique du Limousin. — Bulletin, 
t. XXXIV. Limoges, 1887; in-8°. 

Societe des untiquaires de la Morinie. — Me'moires, t. XX. 
Saint-Omer, 1887; vol. in-8°. 

Academie des sciences,... de Rouen. — Precis analytiques, 
1885-86. Bouen, 1887; vol. in 8°. 

Societe des amis des sciences nalurelles, Rouen.— Bulletin, 
1886, 2'semestre. In- 8°. 

Societe libre d' emulation, Rouen. — Bulletin, 1886-87, 



1 partie. In-8°. 

Academie de Stanislas, Nancy. — Memoires, 



<serie,t.IV. 



In-8°. 

Societe des antiquaires de Picardie. — Bulletin, 1886, 
1887, I. Memoires, 3< serie, t. IX. Amiens, 1887; in-8»- 



(687) 

Ecole polytechnique, Paris. — Journal, 56 e cahier. Paris, 
1886; in-4". 

Academie des sciences d' Arras. — Memoires, 2 e serie, 
t. XVII. Arras, 1887; vol. in-8°. 

Societe academique indo-chinoise. — Bulletin, 2 e serie, 
t. I er , 1881. Paris, 1882; vol. in-8°. 

Academie de legislation de Toulouse. — Recueil, 1885-86. 
In-8°. 

Societe des antiquaires, Paris. — Memoires, 5 e serie, t. VI. 
— Bulletin, 1885; 2 vol. in-8°. 

Societe des sciences de Nancy. — Bulletin, 1886; in-8°. 



Grande-Bretagne, Irlande et Coli 

Browning (Oscar). — England and Napoleon in 1805 being 
the despatches of lord Whitworth and others, now first 
printed from the originals in the Record Office. Londres. 
1887; vol. in-8° (Historical Society) 

Cotes (E.-C.) and Swinhoe (C). — A catalogue of the moths 
of India, pt. 1, Sphinges. Calcutta, 1887; in-8° (40 pages). 

Edinburgh geological Society. — Transactions, V, 3. In-8°. 

Philosophical Society of Glasgow. — Proceedings, vol. XVIII, 
1886-87. In-8° 



Accademia Virgiliana di Mantova — Atti e n 
1885-87. In-8°. 

Osservatorio di Brera in Milano. — Pubblicazioni, n 
Azimut assoluto del segnale trigonometrico del mont« 
zone sull 'orizonte di Milano. Milan, 1887; in-4*. 



Pays-Bas. 

Vollgraff(J.-C). — M Tvllii Ciceronis pro M. Caelio orat 
ad ivdices. Leyde, 1887; in-8° (96 pages). 

Vorsterman Van Oyen (4.-4.). — Joost Van den Vondel e 
zijn nageslacht. La Haye, 1867; in-18 (22 pages). 

Fondation Teyler. — Calalogue de la Bibliotheque, 5 e 
6* livr. — Archives du Muse'e, vol. Ill, 1" parlie. 3 cah. in-l 

Xatuurkundiye Vereeniyiny in Nederlandsch Indie. - 
Tijdschrift, deel XLVI Batavia, 1887; in-8\ 



Um'versite d'Upsal, — Theses inaugurates 
1886. Arsskrift, 1886. 25 br. et vol. in-8° et in-4°. 

Institute y Observatorio de Marina de San-Fernando. — 
Almanaque nautico para 1888 y 1889. 2 vol. gr. in-8°. 

Institute geografico y estadistieo. — Memorias, tomo VI. 
Madrid, 1886; vol. in-8°. 

— Mapa lopografico de Espana, en escala de 1/50000, bajo 
la direccion del senor don Carlos (Ibanez e Ibanez de Ibero) 
n°« 602, 627, 628, 655, 656, 659, 683-86. Madrid, 1885; 



TABLE DES MATIERES. 



Corresi'Opance. — Annonce de la mort de MM. G. Kirchhoff; Spencer, 

Fullerton Baird el Antonio-Augusto d'Aguiar — M. Pergens demande 

a pouvoir occuper, en 1888, la ig( es a la Station zoo- 

!oiri<|ii« ,!,■ Naples. — Depot aux archives d'une note de M. E. Ducretet, 

- Ordre du jour 






Rapports. — Bapj | sur un travail de 

V . . .: 1 . 

Rapport de MM. Folie el Hou/.eau -ur un travail de M. Paul Stroobant inti- 
tule : Observations physiques de Saturne faites en 1887 .... 541, 
Rapport de MM. Le 1'aip- <-t Man-ion -ur un travail de M. Francois Deruyts 



Comjiimcatuj>s et i.Ef.Tt res. — liech relies t'xpi. i i men tab s A'//' /'/ vision 
clwz ten J/7/./-. , Arachnides; par 

Flow of Solids, etc.; par W. Spring 

Sur les depdts rapj k-nien et longrien 






egout; par Joseph Corin 

/««7, d rObservaloire royal 



ACADEMIE ROYALE DE BELGIQliE. 

BULLETIN 

L'ACADEMIE ROYALE DES SCIENCES, 

UES 

LETTRES ET DES BEAUX-ARTS DE BEUHlLt. 
56* auuee, S" 6etw, totue \K 

N° 12. 



BRUXELLES, 

F. HAYEZ, 1MPRIMEUR DE L'ACADEMIE ROYALE, 

Rue de Louvain, 108. 

1887 



BULLETIN 

DK 

L/ACADEMIE ROYALE DES SCIENCES, 

DES 

LKTTRES ET DES BEAHX-AKTS l)E BKLGKlUE 

1887. — JN« i± 
CLASSE IltlS SCIENCES. 

Seance du 3 decembre '1887. 

M. J. De Tilly, directeur et president de PAcademie. 
M. Liagre, secretaire perpetuel. 

Sont presents : MM. Fr. Crepin, vice-directeur ; J.-S. 
Stas, P.-J. Van Beneden, le baron Edm. de Selys Long- 
champs, J. C. Houzeau, H. Maus, E. Candeze, Ch. Mon- 
tigny, Brialmont, Ed. Van Beneden, C. Malaise, F. Folie, 
Briart, F. Plateau, £d. Mailly, Ch. Van Bambeke, Alf. Gil- 
kinet, G. Van der Itfensbrugghe, VV. Spring, Louis Henry, 
M. Mourlon, membres; E. Catalan, Ch. de la Vallee Poussiu, 
associes; Paul Mansion, A. Renard, P. De Heen et C. Le 
Paige, correspondants. 

3 me SEME, TOME XIV. & 



( 690 ) 

M. Ie directeur donne lecture d'un arrele royal du 
29 novembre dernier, par lequel le prix quinquennal des 
sciences nalurelles, pour la periode 1882-1 886, est decerne* 
a M. Edouaid Van Beneden pour son ouvrage intitule : 
Recherches sur la maturation de Cceuf, la fecondation, et 
la division cellulaire. 

C'est la seconde fois, fait remarquer M. De Tilly, que 
notre confrere remporte celle distinction honoriuque; le 
prix de la periode 1872-1876, lui avail ele atlribue pour 
ses Travaux d'anatomie comparee, d' histologic, et pour 
r impulsion qu'il a donnee a cede brancke des sciences. 

D'un autre cole, ajoute M. De Tilly, j'ai le plaisir d'an- 
noncera la Classe que noire confrere vient d'etre elu cor- 
respondant de I'Academie royale de Berlin. Je serai cer- 
lainement Tinlerprete dela Classe en felicitanl M.Edouard 
Van Beneden pour ces uombreux succes, dont l'honneur 
rejaillit sur I'Academie toul entiere. — Applaudissements. 

H. Edouard Van Beneden remercie M. le directeur pour 
les felicitations qu'il a bien voulu lui adresser. II remercie 
aussi ses confreres pour I'accueil bienveillant qu'ils ont 
fait aux paroles de M. le directeur. — Applaudissements. 



CORRESPOS 



Le Gouvernement anglais offre a I'Academie, par les 
soins de If. John Murray, la suite des Challenger Reports; 
Zoologie, vol. XX, XXI, premiere et deuxieme parlies, et 
vol. XXII, A volumes in-4°. — Remercieraents. 



( 691 ) 

— M.bormal, tie Gembloux, demande a renlrer en pos- 
session (fun billet cachete, depose par lui dans les archives 
de i'Academie le 4 juin de cette annee. — Accorde. 

— Hommages d'ouvrages : 

1° Description des fossiles du calcaire grossier de Mons, 
4* et derniere par tie; par Brian et Cornet; 

2° Compte rendu de {.'excursion de la Societe malacolo- 
gique : note sur la structure des dunes; par A. Briart; 

3° Experience deiant servir a {'explication de la verlu 
curative de r/iijpnotisme; par J. Delboeuf; 

4° Annuaire populaire de ilvlgiqne pour I' annee 1888, 
& annee; par J. C. Houzeau; 

5° Troisieme notes t<> mipsdefoudre 

en Belgique; par F. Evrard (presente par M. Folie); 

6° Flora Brasiln us is, fit*, ivtilus f. : M, aitomaceaeW b; 
par A. Cogniaux. — Remerciements. 

— Les travatix maims('nl> suivants sont renvoyes a 
I'examen de eommissaires : 

1° 4 new philosophy, par John Barker Smith. — Com- 
missaire : M. Houzean; 

2° Recherches sur les causes probables de V explosion 
d'un recipient ', etc., et Nouvelles tables des pressions, den- 
ote et vitesse de sortie de la vapenr, etc.; par Delaurier. 
— Commissaire : M. Spring; 

3° Sur un nonveau glucoside azote retire du «■ Linum 
tsiTATissiMiM »; par A. Jorissen et E. Hairs. — Commis- 
sures : MM. Stas el Gilkinet; 

4° Notice sur les Melaslomacees austro-americaines de 
#• £d. Andre; par Alfred Cogniaux. — Commissaire : 
*. Crepin. 



( 692 ) 






La Classe procede a I'election de sa Commission spe- 
ale des finances pour l'annee 1888 : MM. Gluge, Mailly, 
laus, Montigny et P.-J. Van Beneden, membres sortants, 



JUGEMENT DU CONCOURS ANNUEL (1887). 

La Classe enlend la lecture des rapports suivants: 

1° De MM, Spring, Van der Mensbrugghe el Stas, sur 
le memoire portant pour devise : Nuuwri renniii inunduni, 
relatif a l'ecoulemenl des liquides; 

2° De MM. Van Bambeke, tid. Van Beneden et Plateau, 
sur le memoire Trado quae potui, relatif au developpement 
embryonnaire d'un mammifere. 

La Classe slatuera dans sa prochaine seance sur les 
conclusions de ces rapports. Les memoires restenl deposes 
a I'inspection des membres qui voudront en prendre 









MM. Van Beneden pere et fils, et Plateau, emettentleur 
avis sur la requele de M. Pergens, tendanl a pouvoir occu- 
per, pendant l'annee 1888; la table beige de la station 
zoologique a Naples. — Cet avis sera communique au Gou- 



( 093 ) 

— M. Houzeau donne lecture de son rapport sur un 

travail de M. B.-G. Jenkins : On forecasting the weather. 

Sur la proposition de M. Houzeau, ce travail est accepte 



Sur quelques derives not/ ' ; // / ique normal, 

compares a leurs homologues; par C. Winssinger. 



prises sur qtielqiu-s derives du propane; aujourd'hui, com- 
pliant son etude, il s'occupedeplusieurs derives nouveaux 
de l'alcool heptylique noi-unl, It-rives qu'il a prepares sur- 
tout en vue de proceder a une elude eomparee des pro- 
priety physiques et chimiques des corps appartenant a 
des series homologues determinees. 

Apres avoir fail connaitre le mode de formation et les 
proprietes speciales de Yalcoot heptylique normal, du chlo- 
rure de heptyle, du mercaptan heptylique, du sulfure, 
de I'oxysulfure, du sulfone et de Cacide sulfonique hepty- 
hque, tous corps nouveaux, a I'exceplion de l'alcool et du 
ehlorure, Pauteur expose des considerations generates sur 
•es series homologues auxquelles appartiennent les derives 
sulfures heptyliques. Ces considerations font connaitre la 
raison de ce travail et lui donnent sa valeur scientifique. 
files contribueront, en effet, a faire mieux connaitre la 
loi de revolution des proprietes physiques et chimiques 
des corps a travers les di verses especes d'un genre com- 
m un. Ainsi, apres avoir defini une fonclion c.himique 



(694) 

generate, a laquelle il donne le nom Ires clair d'intensite 
reactionnelle, il monlre que le caractere chimique des 
combinaisons heptyliques doit eire considere comme le 
developpement de proprietes dont la trace, ou I'origine, se 
trouve deja dans les termes inferieurs de la serie ou figure 
le heptyle. 

Par exemple, la propriete des su If hydra les d'abandonner 
facilement de 1'acide suifhvdrique, pour devenir des sul- 
fures, n'apparait pas brusquement chez le mercaptanhep- 
lylique, mais ce pouvoir se retrouve dans scs homologues 
inlerieuns, a des degres d'aulant plus prononces qu'ils sout 
plus voisins de ce yroupe heptyle. 

L'ensemble des remarques laites par I'auteur etablit, en 
resume, que la tendance a la formation de corps varies, ou 
multiples, diminue de plus en plus a mesureque s'accroit, 
dans une molecule, raccumulalion des groupesCH 2 . 

On peut rappi ocber de cette observation cette autre, que 
ce sont generalemenl les corps a poids atomique faible 
qui presentent le plus d'activite chimique, ou, pour me 
servir du terme propose par I'auteur : le plus d'intensite 
reactionnelle. 

Le travail de M. Winssinger a ete execute avec grand 
soin; on y retrouve la marque de I'exactitude scrupuleuse 
qu'il a apportee aux recherches que PAcademie connait 
deja. Je n'en doute pas, les resullats numeriques qu'il con- 
tient seront reconnus comme exacts. En consequence, j'ai 
Phonneur de proposer a la Ciasse d'inserer ce travail dans 
le Bulletin et d'engager Paute 



Stas s'est rallie 
— Adopte. 



Sur la nature minerale des silex de la craie de Nou- 
velles, et contribution a V elude de leur formation; par 
A.-F. Renard et C. Klement. 



« Le memoire presente a la Classe par MM. Renard et 
Kllraent traite de la composition chimique, de la consti- 
tution mineralogique et du mode de forma lion des silex 
compris dans la subdivision cre£e par MM.Briart et Cornet 
dans le systeme cretace du Hainaut, sons la designation de 
craie de Nouvelles. Quoique ce travail n'aborde qu'une 
place limitee de la periode cretacee du Hainaut,. les auleurs, 
avec raison, d'apres nous, I'ont fait preeeder de I'historique 
plus ou moins detaille des opinions emises jusqu'a present 
surl'importanle question de Torigine des silex de la craie. 
Us resument, en accordant une part a la critique, les doc- 
trines et les hypotheses qui se reclament nolamment 
d'Ehrenberg, de Bischof, de Lyell, de Wyville-Thomson, 
de Wallich, de Solas, de Julien. La solution du probleme 
serait d'une telle portee en geologie, qu'on s'explique les 
nombreux travaux qu'on lui a consacres dans ces dernieres 
annees. 

En effet, Tassociation intime des formations siliceuses 
et calcedonieuses a des calcaires et a d'aulres sediments 
marins encombres de restes organiques, n'est pas un fail 
Propre a la periode cretacee. II se repete, et souvenl sur 
'a plus graude echelle, dans le Jura superieur, dans le 
Muschelkalk, dans le calcaire carbonifere, dans les cal- 
caires senoniens et siluriens de plusieurs pays. II est £tabli 



( 696 ) 
que, dans un grand nombre d'etages de la serie sedimen- 
taire, des bancs calcaires inconteslablement zoogenes sont 
entrelaces a des produits siliceux qui, (l'apres toutes les 
analogies, derivent egalemenl des organisraes. C'est cc 
qu'ont admis depuis longtemps beaucoup d'observateurs, 
mais sans I'appuyer de preuves suffisanteselaveedes vues 
divergentes. Si Ton obtenait, par l'observalion de la craie 
blanche senonienne, une demonstration de ce mode d'ori- 
gine el de son processus, elle conduirait probablement a 
Fexplication de beaucoup de roches siiiceuses a grains fins 
deposees dans les mers anciennes en bancs puissants et 
sans melange avec le calcaire ; telles que les Kiesehchiefer, 
par exemple, qui sont encore une enigme lithologique. 

MM. Renard et Klement ont etudie les silex de la craie 
de Nouvelles par 1'analyse chimique et a I'aide du micro- 
scope, lis y distinguent un melange de silice anhydre cris- 
talline et de silice amorphe colloide. fls consignent leurs 
propres experiences, confirmant celles de Rammelsberg, 
qui montrenl que la separation des deux modes de la silice 
dans une agregation qui les renferme tons les deux,ne peut 
s'effeclner suremenl par Pemploi d'une solution de potasse 
chaude, celle-ci atlaquant toujours la silice cristalline pro- 
porlionnellement a la duree de roperation. C'est pourquoi 
ils s'en rapporlent aux poids speciliques, qui sont,comnoe 
on sail, notablement differents pour la silice anhydre et 
pour la silice a I'etat d'opale. 

Le poids specitiqne des silex de Nouvelles (2,606), tres 
peu inferieur a celui du quartz, montre que la silice col- 
loide n'y joue qu'un role tressubordonne. La perte au feu, 
assez faible, qu'eprouvent ces silex aboutit a la merne con- 
clusion. Elle ressort egalement de 1'examen denombreuses 
plaques minces par le microscope polarisant. Les deux 



« ; bl)7 ) 
auteurs ont reconnu entre nicols croises une polarisation 
d'agregat derivant de grains birefringents, entre Jesqnels 
estinterposee une petite proportion de substance isotrope 
attribuable a la siliee eolloide. 

D'un autre cote, le microscope revele, dans ces memes 
silex, dinnombrables spicules de spongiaires. On constate 
qu'autour des spicules, comme dans leur canal axial, la 
siliee s'est deposee le plus souvent a l'etat de calcedoine. 
D'ou cette conclusion, que les spicules sont devenus, apres 
la disparition de la matiere organique, le point d'appel 
d'un supplement de substance siliceuse qui a convert! 
l'agregation en silex compact. 

MM. Kenard et Klement rapprochent ensuite les faits 
qui precedent des donnees acquises sur la boue a globi- 
gerines qui s'etale dans les grandes profondeurs ocea- 
niques. lis font ressortir cerlaines differences qu'elle pre- 
s<nte avec la craie blanche senonienne, et qui font juger 
que celle-ci n'est pas a proprement parler un depot pela- 
gique, mais qu'elle a du se former sous une mediocre 
profondeur d'eau. II est remarquable que, malgre J'abon- 
dance des spongiaires vivant sur les grands fonds, la 
Prague n'a jamais lamenr un >ilcx des abimes de I'Atlan- 
l 'que. Ce contrasle entre deux formations aussi semblables 
'"•iu'-i alogiquement et zoologiquement que le soul la craie 
et la boue a globigerines, a occupe plus d'une fois les 
savants de notre temps, et Ton n'en n'a pas donne jusqu'a 
present duplication satisfaisante. Nos deux auteurs font 
observer tres judicieusement que les silex cretaces appar- 
tiennent a la categorie des rognons, soite de concretions 
qui ne se produit a peu pres jamais qu'a I'inlerieur des 
couches, e'est-a-dire quand les depdls ont acquis deja une 
certa'me epaisseur, lout en conservant de la plustieite. En 



( 698 ; . 
dislinguant entre la surface meme du fonds marin et les 
lits immediatement sous-jacents, ils rendent compte jus- 
qu'a un certain point, et beaucoup mieux qn'on ne I'a fait 
avant eux, d'abord de 1'absence de rognons siliceux dans 
les fonds actuels de I'Atlantique, et ensuite du double 
phenomene chimique que presuppose la formation des 
silex, a savoir une dissolution partielle de la silice des 
spongiaires et des dialomees dans l'eau de la mer, suivie 
d'une precipitation de cette meme silice pour la pro- 
duction du silex. L'attaque du^squelette des spongiaires 
par les agents multiples qui s'exercent dans l'eau marine 
est communement admise, el Petal corrode de beaucoup 
de spicules la demontre. Apres avoir rappeie les diverses 
reactions classiquos auxquelles on a attribue la dissolution 
et la precipitation de la matiere siliceuse, MM. Renard et 
Klement font observer que le magma ralcareo-siliceux 
melange a la matiere organique en decomposition qui 
constitue les lits de dessous, est comme imbibe par l'eau 
chargee de silice provenant du dessus. Dans on tel milieu 
'les conditions deviennent favorables a la concentration de 
la silice en rognons autour des organismes siliceux 
anterieurs, comme a la pseudomorphose de beaucoup 
d'organismes calcareux qui I'accompagne ordinairement. 
Celle interpretation etant proposee pour la genese des 
silex cretaces, les auteurs terminent en remarquanl que 
Palignement des silex dans le terrain cretace et la dispo- 
sition slratifiee qui en resulte repondent precisement aux 
allernances dans les depdts et les organismes qui sont 
propres aux mers pen profondes. 

Le memoire que je viens d'analvser n'eclaircit pas sans 
doule toutes les ditficultes soulevees par un des problemes 
obscurs de la lithologie; et les auteurs n'ont pas la pre- 



I 699 ) 
tention de l'affirmer. Mais leurs analyses des silex, leurs 
observations microscopiques et l'examen comparatif, en 
partie nouveau, qu'ils font des couches cretacees et des 
sediments pelagiques actuels, me paraissent avoir une 
importance tres serieuse; et je propose avec empressement 
ia publication du travail a la Classe des sciences. » 

commissaire, s'est rallie a I'opinion 



La Classe vote ('impression du travail de MM. Renard 
t Klement dans le Bulletin de la seance. 



Contribution a I'etude du developpement de I'epiphyse et 
(in troisieme ceil chez les reptiles. Communication pre- 
liminaire; par Francotte. 



« Le travail que M. Francotte, professeur de sciences 
naturelles a I'Alhenee royal de Bruxelles, a soumisa I'ap- 
preciation de la Classe, traile d'une question a I'ordre 
du jour. II n'est personne qui n'ait connaissance de la 
decouverte fake recemmenl d'un ceil median, residant a' 
la face superieure de la tete, chez un certain nombre de 
reptiles actuellement vivants. Cet ceil siege au niveau d'un 
Irou de la voute du crane, dont lexistence a ete remarquee 
depuis longlemps; il presente des dimensions parlicu- 
herement considerables chez des amphibiens et des reptiles 
secondaires, tels que les Labijrinthodon, les Ichthyosaures, 
les Plesiosaures, les Iguanodons, etc. Au niveau de ce trou, 
appt'le trou parietal, reside un organe bien particulier, 



( 700 ) 
entrevu pour la premiere fois par Brandt en 1829, eludie 
par Leydig et designe par lui sous le nom d'organe frontal 
(Stirnorgan). Strahl reconnut que I'organe frontal procede 
de la glande pineale el Rabl Riickharl, dans ses remar- 
quables etudes sur l'encephale des poissons osseux, apres 
avoir signale I'analogie qui existe entre I'ebauche de 
I'epiphyse et celle des vesicules opliques primaires, exprima 
I'opinion que la glande pineale est le residu d'un organe de 
sens impair semblable a un oeii, atropine chez les vertebres 
actuels, mais qui a presenie, chez les reptiles secondaires, 
un grand developpement. Ahlborn avait ete conduit a la 
meme idee par ses etudes sur I'epiphyse des Lamproies. 

Cette opinion devait recevoir une confirmation eclatante 
par les recherches de deux anatomistes, Tun neerlandais, 
I'autre anglais, de Graaf el Spencer. 

De Graaf demontra que I'organe frontal de Leydig pre- 
sents chez Porvet, une structure ires semblable a celle d'un 
ceil de mollusque cephalopode, pteropode ou heleropode; il 
y reconnut la presence d'une reline et d'un cristallin, mais 
il ne put decouvrir aucun nerf le rattachant au cerveau. 

II prouva I'homologie de cet oeil impair avec la glande 
extra-cranienne des Amphibiens, connue sous le nom de 
glande de Slieda. 

Spencer etudia I'organe pineal dans vingl-huit especes 
de Sauriens. C'est chez Hatteria que I'ceil pineal alteinl 
son plus grand developpement. La reline y est constitute 
de Six couches bien distinctes el elle est reliee au cerveau 
par un nerf optique bien developpe. Chez d'autresj'orvet, 
par exemple, le nerf manque et la composition de la reline 
est moins complexe,-quoiqu'e]le comprenne encore quatre 
couches. D'apres Spencer le cristallin serait en conlinuite 
avec la retine, tandis que de Graaf admet I'independance 
des deux formations. 



(701 ) 

Spencer fait connailre toutes les variations que Ton 
observe dans le degre de developpement et dans la con- 
stitution de 1'oeil pineal chez les reptiles qu'il a etudies; 
chez les uns, I'organe montre des traces manifestes de 
regression, chez d'autres, un arret de developpement. 
Quant au nerf oplique, tantot il existe, d'autres fois il fait 
totalement defaut. 

M. Francotte a etudie le developpement de I'organe 
pineal chez l'orvet et chez le lezard, et a utilise a cet effet 
un riche materiel d'embryons qu'il a recueillis lui-meme, 
il J a quelques annees, dans la province de Namur. 11 a 
fait des series de coupes frontales, horizon tales et sagittales 
d'embryons d'ages fort dffferents et, par 1'examen compa- 
ratif des stades successifs, il a pu tracer un tableau tres 
clair de 1'evolution de I'organe dont il s'agit, depuis le 
moment ou I'epiphyse prend naissance a la voute du tha- 
lamencephale, jusquau complet developpement de I'oeil 
pineal. II a vu le diverticule epiphysaire s'allonger en haut 

extremite distale renflee en massue; puis celled se separer 
par etranglement. s'isoler, former une vesicule distincte ; le 
cristallin d'une part, la retine de 1'autre, proceder par dif- 
ferentiation de la meme ebauche vesiculaire. II analyse les 
modifications successives que subil la structure de I'oeil 
pineal. Un groupe de cellules sous-jacent a la vesicule opti- 
que, apres la separation du pedicule epiphysaire, donnerait 
naissance a un nerf qui, partanl du pedicule, va s'epanouir 
dans la retine. Puis ce nerf degenere et disparait sans laisser 
de traces- L'organe visuel de l'orvet parcourt dans son evo- 
lution une serie de stades successifs, tous realises d'une 
facon permanente chez l'un ou I'autre reptile adulle. C'est 
un fait bien elrange de voir cet organe de sens innerve 



( 702 ) 
chez I'embryon perdre, dans la suite, le lien, indispensable 
a son fonctionnement, qui, pendant une courte periode, 
Pa rattache aux centres nerveux. 

M. P'rancolte a fait aussi de bonnes observations sur la 
genese des plexus choroides chez Porvet, le lezard et le 
poulet. 

Son travail est accompagne d'une fort belle planche 
photographique, tres demonstrative ; Pauteur a lui-meme 
execute tous les cliches. Les resultats qu'il a obtenus 
permeltent d'affirmer une fois de plus que la photographie 
peut rendre des aujourd'hui d'immenses services au micro- 
graphe. 

Je propose a la Classe : 1° de voter Pimpression du tra- 
vail de M. Francolte dans le Bulletin de la seance; 2° d'or- 
donner la reproduction par Ja photolypie de la planche 
dont Pauteur tient les cliches a la disposition de I'Acade- 
mie; 3° de voter des remerciements a M. Francotte pour 
son interessante communication. » 

M. Ch. Van Bambeke a souscril a ces conclusions, qui 
sont adoptees par la Classe. 



COMMUNICATIONS ET LECTURES. 



M. Catalan communique une suite a ses precedents tra- 
vaux : Nouvelles pfoprietes des fonctions Xn. La Classe 
en vote Pimpression dans le Recueil des Memoires in-4°. 



; 705 ) 



Influence des bourrasques sur la scintillation des eloiles ; 
par M. Monligny, membre de I'Academie. 

Dans la soiree du 7 decembre 4886, a Bruxelles le ciel 
etail serein, les instruments meteorologiques n'accusaient 
1'approche d'aucun trouble atmospherique, et cependantla 
scintillation des eloiles etait excessivement forte. Cet 
accroissement rae surprit : il etait du a l'influence d'une 
bourrasque encore tres eloignee, mais dont les effets 
s'etendaient deja, dans les couches superieures de I'air, 
sur les rayons sleliaires qui les 
penetrer dans les couches i 
calmes dans nos regions. Ce fut seulement plusieurs 
heures apres mes observations que le barometre com- 
menga a descendre d'une maniere accentuee. Cette chute 
etait provoquee par la bourrasque qui sevit do 8 au 10 de- 
cembre dans nos regions avec une intensite. telle, que, 
d'apres le Bulletin meteorotogique de Paris, cetle tempete 
est la plus violente qui ait ete signalee en Europe depuis 
la creation du service meteorologique (1). 



(1) Bulletin du 9 decembre 1886. Dans Texcellent article de Ciel 
et Terr * (n° du i6 decembre) qu'il a consacre a ia tempete du 8, 
M - Lancaster fait rcmarquer ( 
du vent n'atteignit pas, dans nos regions, celle ( 
*2 mars 1876, et qu'on n'a pas eu a enregistrer des i 

I ceux qui atteignirent alors Ia Belgique entiere. M. Lan- 



( 704 ) 

Dans la notice que j'ai Phonneur de presenter a l'Aca- 
demie, j'indiquerai d'abord les variations d'intensite et les 
caracteres particuliers que Ja scintillation presenta sous 
I'influence de cette tempete. J'exposerai ensuite les resul- 
tats generaux d'autres observations qui out coincide, au 
nombrede pres de trois cents, soit avec de grands troubles 
atmospheriques, soit avec des depressions de moindre 
importance, dans le cours de mes observations depuis 
4870. 

Voici les indications relatives a la scintillation pendant 
les soirees des 7, 8 et 10 decembre, telles qu'elles ont ete 
inserees au Bulletin meteorologique de notre Observatoire : 



Mardi 7 decembre. « Scintillation excessivemenl forte, 
a 154 par 16 etoiles. Son in tensile est 158 a l'Est, 156 au 
Sud, 140 a 1'Ouest et 159 au Nord. — Trait epaissi, diffus 
et pointille. — Couleurs tres vives avec exces de bleu 
marque pour 7 etoiles. — Observations entre 5 •/< et 
9heures. » 

Mercredi S. a Scintillation la plus forte que j'ai observee 
depuis I'origine de mes observations (1870), a 244 par 
16 etoiles. Son in tensile est 222 a l'Est, 190 au Sud, 260 a 
1'Ouest el 507 au Nord. — Trait epaissi, pointille pour 
toutes les etoiles observees. — Couleurs vives avec exces 
de bleu Ires marque pour 9 etoiles. — Observations entre 



Vendredi 10. « Intensite tres forte a 150 par 14 
etoiles. Son intensite est 155 a l'Est, 124 au Sud, 144 
a 1'Ouest et 199 au Nord. — Trait epaissi, d.ffus et 



(703 ) 
pointille. — Couleurs vives avec exces de bleu par 
4 etoiles. — Observations entre 6 '/a et 8 heures. » 

L'etat du ciel ne permit de faire aucune observation dans 
la soiree du 9 (1). 

Resumons actuellement, d'apres M. Lancaster, les prin- 
cipals indications concernant la marche que suivit Ja 
tempetr pendant ie> journees du 7 au 11 decembre, tem- 
pete qui avail ete annoncee par le New-York Herald aux 



(1) Les indications precedentes sont formulees conformement an 
mode adoptepour la transmission de mes determinations a I'Obser- 
vatoire, le lendemain au matin de ehaque soiree, a la demande de 

Ccs indications comprennent, comtne on le voit : 1° Pintensite de la 

scintillation, telle quYl!.- a ete prerisee dans mes travanx precedents; 

etoiles par le jeu du seiutiiloniuii-e udaptc a la lunette; 5° 1'eclat des 



Presque toujours, mes determinations ont ete eff( 
tinuite. Mais it en a ete autrement pendant les trois soirees du 7, 
d u 8 et du 10 decembre. Toutefois, pendant celle du 8, sous l'in- 
fl uence la plus violente de la tempete, les douze premieres etoiles, 

seize etoiles, furent observers entre 5 et 6 heures et les quatre autres 

Je ferai remarquer passageren out iei que ['insertion de mes obser- 
vations au Bulletin depuis 1878, conslituerait,au besoin, uue g iranlie 
au sujet des re-, . - nt mes travaux de seintil- 



(706) 
Bureaux meteorologiques d'Europe, des le 5 decembre(l). 
Le 7 decembre, au matin, la depression s'annonca au 
large des iles Britanniques. A 8 heures du soir, une forte 
inflexion des iignes isobares indiqua que le centre de la 
tempete n'etait plus loin. 

Le 8 au matin, la tourmente avait aborde I'lrlande : un 
violent ouragan se levait sur une parlie de I'Europe occi- 
dentale; I'agitation de la Manche el de la mer du Nord 
etait extreme; la pluie se declarait intense et accompaguee 
de manifestations orageuses, d'eclairs, de tonnerre et de 
grele. A huit heures du matin, le foyer de la tempete se 
trouvait en mer, un peu au N.-O. de I'lrlande. A deux 
heures du soir, il avait gagne le Nord de ce pays, et a huit 
heures, le voisinage de Hie de Man. C'elait preeisement 
au moment de mes observations d'inlensite excessive (244) 
de scintillation. 

Le 9 au matin, le centre de la tempete, qui sevissail 
encore avec une extreme violence, avait son centre sur la 
mer du Nord, a I'Est de 1'Ecosse. 

Le 10, ayant atteint le Sud de la Norwege, elle cessa 
d'exercer une influence marquee sur nos contrees et con- 
tinua sa marehe vers le Nord-Est (2). 

Nous voyons par ces indications, que rintensite de la 
scintillation, d'abord ties forte a 153 dans la soiree du 7 

(1) Voici le teste du telegramme : Une depression 

entre le 7 et le 8, en y occasionnant des (roubles atmosphcriques. 

(2) La trajectoire suivie par cette bourrasque figure dans le travai 
de M. Lancaster, ainsi qu'aux Bulletins meteorologiques de Bruxelles 
et de Paris. Je ferai remarquer ici que, maigre la distinction qu» 



( 707 ) 
avant que la tourmente abordal rirlande,aplus de 900 kilo- 
metres de BruM-Sirs, atleignit >a valeur extreme, 24-4, 
le 8 au soir, quand le foyer de la tempete se trouvait pres 
de I'lle de Man, a 600 kilometres environ, an point de sa 
trajectoire le plus rapproche de nos contrees. Enflnje sur- 
lendemain au soir, I'intensile avait nolablement diminue 
relalivi'inent a l'avant-veille, la tempete s'etant eloignee 
alors a plus de 1000 kilometres au Sud de la Norwege. 

Les variations d'intensite que subit la scintillation du 7 
au 10 decembre. sous I'influence des deplacements de la 
forte bourrasque dont il s'agit, confirment enlierement 
les conclusions auxquelles j'avais ete conduit prece- 



i bourrasques et me nospheriqnes, ce. c 

uiseut les grands Iron , je me sers, dans c 



notice, de ces diverses 


expressions comme si , 


dies ctaient en reatit 


synonymes. On trouvei 


•a des indications prec 


:iscs a leur egard dan 


^'excellent Traite ele'me 


ntaire de meUorologie, 


par MM. Houzeau t 


Lancaster, pp. i 49 et i 






(1) « Lmtensite de 


la scintillation augm 


ente toujours ct tre 


fortement quand une 


depression s'approche 


de nos contrees : eli 


' est le plus marquee 


au moment du passa; 


ge de la depression 


• Bruxdles, ou dans s< 


>u voisinage; alors son 


hitcusite est toujour 


• superieure a la moye 




ensemble des jours d, 






linue quand la depres 


• sion s'eloigne de nous ou qu'elle se combli 


?. • Rechercfics sur le 






Vetat de 1'almospfierc 


Bblmtw de l'Academii 


I rovale de Belgiqle, 2< serie, t. XLII, 1870 


« t- XLVI, 1878. 










(708) 

Remarquons-le, l'inlensite de la scintillation et les 
caracteres du trail annoncerent, des le commencement de 
la soiree du 7 decembre, I'approche d'une forte bour- 
rasque, plusieurs heures avant que celle-ci provoqual une 
baisse marquee du barometro a Bruxelles. En effel, d'apres 
les indications donnees par M. Lancaster, c'est a partir de 
deux heures du matin, le 8, que le barometre, qui avail 
commence a desrrmlre lentement quolques heures aupara- 
vant, baissa d'une maniere accontuoY. Ainsi, dans la soiree 
du 7, !a scintillation annonga,par son inlensitesi forte 153, 
I'approche d'une bourrasque Iiuit heures avant que la 
chute marquee de la colonne mercurielfe annoncat au 
niveau du sol, a Bruxelles, ce phenomene. Ce fait prouve 
incontestablement que le trouble produit dans I'atino- 
sphere par 1'arrivee d'une forte depression, s'etend, dans 
les regions superieures de Fair, a une distance beaucoup 
plus grande que son influence deprimante sur le baro- 
metre ne s'exerce dans les regions inferieures. Cette 
extension de Taction d'une bourrasque dans les couches 
elevees n'est point surprenante : on congoit que les masses 
d'air en mouveint ; I n ! I' • i ml t'-nrouvent une resis- 
tance moindre a lour propagation dans les regions supe- 
rieures de I'air, doul la dt/tMie est beaucoup moindre que 
celle des couches inferieures. 

II est a remarquer que cette extension des efifets d'une 
bourrasque persiste en arriere de celle-ci apres son eloi- 
gnement. Ainsi, le 10 decembre au soir, alors que le foyer 
de la bourrasque se trouvait enlre Christiansund et Brono, 
I'intensite de !a ^ '.vlu linn ,'\.M encore a 150 et le trait 
reslait pointille pour plusieurs etoiles. Ajoutons que la 
hausse barometrique se declara, a Bruxelles, dans l'apres- 
midi du 9 decembre, puis a 1'Ouest et au Nord-Oaest de 
I'Europe, le 10, avant huit heures du matin. 



I 



(709 ) 

J'ai remarque souvent, et depuis longtemps, qu'apres le 
passage d'une bourrasque dans nos conlrees, la scintil- 
lation accuse encore une intensite ties forte, quoique 1c 
temps se fut ameliore (1). 

Pendant la periode du 7 an 10 decembre, le trait cir- 
culaire decrit par les images des erodes scintillantes dans 
la lunette munie du scintillomeire, parut pointille pour un 
tres petit nombre d'etoiles le 7, lorsque la depression rtai! 
encore tres eloignee; puis, le 8, pour loutes les etoiles 
observers, lorsqu'elle etait le plus rapprochee de nous et 
la scintillation la plus forte. Enfin, le 10 au soir, la 



(I) C'est 


ici le lieu de cite* an fail 


a ete consignc 


i Bulletin 


de TObservatoire, et cela pour niontrer 


ici combien la 


intillatimi 


est sensible au\ chaii^enicnls qui -union 


nent dans 1'ctat 


: 1'atmospl: 


iere, et la rapidite avec laquelle elle les aei 


;use. 


LeHfevi 


rier 1878, j'observai la scintillation entre < 


*et7'/ a heurcs 




rouvai une intensite tnoyenne 66 par IS 


etoiles ; le trait 


ait regulic 


;r et prescntait des couleurs pales. Le 


meme soir, a 


1 V, heure 


: > ohsfi'val ;i- : I'intt ns 


itc de la scintil- 


tion, deve 


nue beaucoup plus forte, s'elevait a 96 


par J 9 etoiles 




lient, pour la plupart, un ti\, 


et frunge, avec 


uleursviv 


es, parmi lesquelles predominait le bleu. 


Ctt exces pro- 



nostiquait l'approche de la p] oain le ciel resta 

couvert dans la matinee; puis la pluie tomba, a Bruxelles, mais en 
petite quantite, a partir de trois heures de Tapres-raidi. Ce changcment 
de temps s'est produit sur une region assez etendue, car le Bulletin 
* Paris, en date du 18 fevrier, porte cette indication: . Le ciel, 

Phie tombe en plusieurs stations. . II n'est pas inutile de faire 
remarquer qu'au memo moment passait pn's de Haparanda une forte 
depression (74I-»), se dirigeant vers l'lJst de la Russie. Ajoutons 
<t Ue i du 17 au 18, le barometre etait descendu de 6 millimetres a 
B ruxelles, a Flessingue et a Yarmouth. 



( 710 ) 
depression s'elant eloignee sur Ja Norwege, le trail poin- 
tille ne fut plus accuse que par un petit nombre d'eloiles. 

La predominance du bleu parmi les couleurs qui carac- 
terisent la scintillation est un indice manifesto de pluie, 
comme je I'ai montre; eel exces s'est ici produil a chaque 
soiree d'observalion, particulierement le 8 deeembre; la 
quantite d'eau de pluie recueillie a Bruxelles, du 7 au 10, 
s'eleva a 19 mm ,6, don