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Full text of "Politische Correspondenz Friedrichs des Grossen"

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ssn 



POLITISCHE 

CORRESPONDENZ 

FRIEDRICH'S DES GROSSEN. 



ZWÖLFTER BAND. 



IM 

POLITISCHE 



CORRESPONDENZ 



FRIEDRICHS DES GROSSEN. 



ZWÖLFTER BAND. 







'f'-V:^^^ 



BERLIN, 



VERLAG VON ALEXANDER DUNCKER, 

KÖNIGLICHEM HOFBUCHHÄNDLER. 



1884. 



.2. 




869275 



\A 



I756.'. 

[Redigirt von Dr. A. Naudé. 



7167. AN DEN GEHEIMEN KRIEGSRATH EICHEL IN BERLIN. 

[Berlin], l. Januar 1756. 
Ew. Wohlgeboren heutige ge- 
ehrteste Zuschrift ^ habe bei meiner 



Michell berichtet, London 23. De- 
cember , dass er nach einander mit Hol- 
dernesse, Newcastle und Fox Unter- 
redungen gehabt und der Weisung des 
Königs gemäss jedem einzelnen dieser 
Minister den Erlass vom 7. Decemberi 
von Anfang bis zu Ende vorgelesen hat. 
„Le duc de Newcastle me témoigna que 
le Roi son maître avait été charmé d'ap- 
prendre la façon dont Votre Majesté 
S'était expliquée sur les ouvertures qu'il 
Lui avait fait faire par ses ministres , et 
que rien ne lui faisait tant de plaisir que 
de saisir cette occasion pour renouveler 
avec Elle , le plus étroitement que pos- 
sible, les liaisons et les garanties mutu- 
elles qui subsistent entre les deux puis- 
sances , 2 pour finir en même temps les 
différends qui pouvaient s'être élevés à 
l'occasion de la dette de P'^ésie, 3 et pour 
conserver la paix à l'Allemagne dans la 
crise présente." 

Nach achttägigen Berathungen im 
englischen Conseil hat Holdernesse den 
preussischen Gesandtschaftssecretär am 
22. December zu einer neuen Conferenz 
eingeladen : „Je me rendis donc hier 
chez ce secrétaire d'Etat, lequel, après 
m'avoir assuré, de la part du Roi son 
maître et de tout son ministère, de l'm- 
tention sincère dans laquelle ils étaient 
de répondre aux idées favorables de Votre 
Majesté, [me dit qu'Jil avait ordre de me 
remettre le projet ci-joint de convention,* 
au moyen duquel on pourrait conserver 
la paix à l'Allemagne dans la crise pré- 
sente , en la soumettant cependant à la 
décision de Votre Majesté et en me priant 



Retour von der königUchen Mittags- 
tafel von heute wohl erhalten. Se. 
Königl. Majestät haben mich heute 
um II Uhr in Dero Cabinet kom- 
men lassen und die Gnade gehabt, 
auch die Mühe übernommen, mir 
des Herrn Michell Dépêches, ni 
fallor vom 23. December, nebst 
allen Beilagen d'un bout à l'autre 
Selbst vorzulesen, und da Dieselbe 
mir befohlen, über den Inhalt des 
kurzen Project der Neutralitäts- 
convention vor das Reich bei den 
itzigen Conjuncturen mit Engelland 
meine geringe Gedanken zu er- 
öffnen, so habe mir die Freiheit 
genommen, in tiefestem Respect 
anzuzeigen, wie zwar die Conser- 
virung der NeutraUtät in Teutsch- 
land das allerconvenabelste Système 
bei den itzigen verworrenen Zeit- 
läuften vor Sr. Königl. Majestät 
höchstes Interesse und das einzige 
Mittel wäre, Höchstdieselbe ausser 
Gefahr und ausser dem Spiel zu 
halten, dass man aber sorgfältig 
dabei zu evitiren haben würde, 
dass Engelland aus solcher Con- 



1 Vergl. Bd. XI, Nr. 71 19. — 2 Vergl. S. 5. — 3 Vergl. Bd. V, 575; VL 
602; VH, 427; VIII, 597; IX, 479; X, 528; XI, 474. — 4 Vergl. Nr. 7175 C. 
nebst den dazu gehörigen Anmerkungen. — 5 Nr. 7168. 

Corresp. Friedr. II. XII. I 



de Lui témoigner que, comme ce projet 
que l'on était prêt de signer, ne portait 
que les idées que j'avais communiquées 
ici de Sa part, on ne s'était avancé de 
le coucher par écrit que pour Lui prou- 
ver l'envie que l'on aurait d'en accélérer 
la négociation et de l'amener à une heu- 
reuse conclusion. Le lord Holdernesse 
me remit encore un autre papier, que je 
joins pareillement ici, et par lequel Votre 
Majesté verra en précis les dispositions 
de ces gens-ci sur tous les points contenus 
dans la dépêche de Votre Majesté. Après 
me l'avoir donné, ce secrétaire d'État 
m'ajouta que je pouvais mander en toute 
sûreté à Votre Majesté que le Roi son 
maître et son ministère étaient dans les 
meilleures dispositions du monde de ter- 
miner à l'amiable les différends qui sub- 
sistaient entre les deux cours au sujet de 
l'affaire des prises durant la dernière 
guerre et de l'arrêt mis par Votre Majesté 
sur les dettes de Silésie en conséquence. 
Que , comme ce ne pouvait pas être un 
objet à pouvoir être inséré dans une con- 
vention , ni sur lequel on pouvait s'ex- 
pliquer trop précisément d'avance, il avait 
simplement ordre de me déclarer de bouche 
que, d'abord que Votre Majesté lèverait 
l'arrêt mis sur la dette de Silésie , il me 
donnerait une déclaration secrète, mais 
dûment signée par un ou deux ministres 
de Sa Majesté Britannique, dans laquelle 
on s'engagerait de payer à Votre Majesté 
une certaine somme raisonnable, sans ce- 
pendant me l'avoir fixée , mais sur le 
montant de laquelle on ne se chipoterait 
pas beaucoup. Qu'on pourrait même me 
donner cette déclaration le jour qu'on 
signerait la convention dont il m'avait 
donné le projet, et que l'argent en serait 
payé celui que le reste du capital et des 
intérêts de la dette de Silésie le serait, 
sans autre mention. 

Qu'à l'égard des sûretés que Votre 
Majesté souhaiterait d'avoir pour le com- 
merce de Ses sujets, et des explications 
qu'EUe voudrait qu'on Lui donnât là- 
dessus , il était bien aise de me faire 
connaître que, quelle que soit l'envie de Sa 
Majesté Britannique et de son Conseil de 
vouloir obliger Votre Majesté dans cette 



vention nicht involviren kann, dass 
die Pays-Bas oder österreichische 
Niederlande mit unter solcher Neu- 
tralität begriffen wären, weilen, so 
oft des Römischen Reichs Meldung 
geschiehet, solche Niederlande unter 
dem Namen des zehnten Reichs- 
und burgundischen Kreises mit be- 
griffen würden, dergleichen Ex- 
plication man in allen letzten 
Kriegen von diesem Seculo den 
Reichstractaten sowohl von Seiten 
des wienerschen als des englischen 
Hofes bis dato gegeben, dahero es 
höchst nöthig, dass in der Con- 
vention selbst anstatt der Worte 
„de l'Empire" simpliciter das Wort 
,, Allemagne" substituiret ^ und in 
einem articulo separato et secreto ^ 
die Niederlande nomine tenus von 
dieser Neutralität ausgenommen 
werden müssten, als vor deren 
Sort Se. Königl. Majestät Sich un- 
möglich interessiren könnten, weil 
solche Teutschland selbst, wovon 
hier nur die Frage wäre , nichts 
angingen, Se. Königl. Majestät auch 
mit Frankreich Sich darüber nicht 
committiren undbrouilHren könnten. 

Der Erfolg dieser importanten 
Négociation wird bald zeigen, ob 
man nicht per indirectum die Neu- 
tralität auch auf diese Provinzen 
englischer Seits zu extendiren ge- 
denket, so ich sehr fürchte. 

Hiernächst haben Se. Königl. 
Majestät mir declariret, wie Sie 
dem Herrn Michell den Charakter 
von Dero Minister, aber ohne wei- 
teren Caractère , beigeleget wissen 
wollten , wornach ich auch die 
Vollmacht und ein neues Cre- 



I Vergl. Nr. 7175 C. — 2 Vergl. Nr. 7174. 



affaire, il ne leur était pas possible de 
Lui donner aucune déclaration qui pût 
porter à quelque chose de solide pour 
les sujets de Votre Majesté , parcequ'elle 
ne servirait de rien vis-à-vis des tribunaux 
du royaume , en cas que lesdits sujets 
vinssent à y porter quelques plaintes en 
contrevenance d'une telle déclaration; que 
ce serait tromper Votre Majesté que de 
L'en assurer, et que Ses sujets ne seraient 
point garantis par là , le Roi et ses mi- 
nistres n'étant pas en pouvoir de rien 
accorder là -dessus, et n'y ayant que le 
droit des gens ou les traités avec la cou- 
ronne au moyen desquels l'amirauté et 
les tribunaux se gouvernent dans ce pays- 
ci ; que, quant au droit des gens, comme 
il était envisagé sous différents principes 
et différentes explications, il ne pouvait 
pas toujours servir de règle; mais pour 
mettre les sujets de Votre Majesté à l'aise 
là-dessus, il avait aussi ordre de me dire 
que le Roi son maître était prêt de con- 
clure un traité de commerce avec Votre 
Majesté sur le pied de celui avec la 
Suède de l'année 1672,1 pour prévenir 
par là toute contestation ultérieure à cet 
égard; qu'il y en avait bien un autre 
entre l'Angleterre et le Dänemarks qui 
pourrait peut-être paraître plus avantageux 
à Votre Majesté, mais qu'il n'était pas 
possible d'en faire un pareil, l'Angleterre 
ne pouvant pas accorder au Danemark 
ce qu'il prétend en conséquence de ce 
traité, et qu'il, bien loin d'être actuellement 
un instrument propre à régler le commerce 
et la navigation des deux nations, a été, 
au contraire, un sujet de disputes dans 
beaucoup d'occasions durant la dernière 
guerre: qu'en un mot qu'il n'y avait qu'un 
traité entre Votre Majesté et l'Angleterre 
qui pût servir de règle solide à Ses sujets 
dans leur navigation en temps de guerre, 
et que, si Votre Majesté voulait le con- 
clure , on s'y prêterait ici d'abord , pour 
affermir de plus en plus par là une 
bonne harmonie et intelligence entre les 
deux cours. 



ditiv vor denselben an den König 
in Engelland 3 durch den Herrn Ge- 
heimen Rath Warendorff ausfertigen 
lassen werde, das Secret vor die 
übrigen sorgfältigst menagiren, aber 
doch supponiren will, dass Se. 
Königl. Majestät des Herrn Grafen 
von Finckenstein Excellenz davon 
so wenig als von der letztern ge- 
heimen Négociation mit der Pforte 
ausgeschlossen wissen wollen,* weil 
ich allenfalls vor desselben Dis- 
crétion und Verschwiegenheit ré- 
pondiren will. 

Um aber mit Bestände ein 
ausführliches Instructionsrescript s 
an den Herrn Michell über die in 
Ew. Wohlgeboren heutigen Schrei- 
ben enthaltene Punkte aufzusetzen, 
wird uns absolute nöthig sein, 
dessen letztre Dépêches nebst den 
Beilagen vom 23. passati, wenn es 
auch nur auf einen Tag sein sollte, 
zur Hand zu haben; wegen des 
übrigen bin bereit, entweder selbst 
morgen frühe um 10 Uhr Ew. 
Wohlgeboren aufzuwarten oder aber 
Dero Befehle um solche Zeit bei 
mir zu erwarten. Sr. Königl. Ma- 
jestät letztere Tractate mit Engel- 
land sollen in extenso fourniret 
werden , und glaube insonderheit, 
dass es am convenabelsten sein 
wird, den allerletztesten vom 18. 
November 1742,^ als meines Er- 
achtens den allerverbindlichsten 
von allen, in der Convention, wo 
das Datum darin en blanco ge- 
lassen, zu allegiren. Was aber die 



I Im Corps universel diplomatique du droit des gens par J. Dumont (Amster- 
dam I7i6ff.), Bd. VI, 384 ist der hier gemeinte Handelsvertrag von Whitehall 
zwischen England und Schweden, d. d. 21. October 1661 (nicht 1672. Vergl. Nr. 7183) 
abgedruckt. — 2 Vertrag von Kopenhagen vom 11. Juli 1670. Dumont, Corps diplo- 
matique, Bd. VII, I, 132. — 3 Vergl. Nr. 7176. — 4 Vergl. Bd. XI, 61. — 
5 Vergl. Nr. 7175 B. — 6 Vergl. Bd. II, 295. 



4 



Le lord Holdernesse me dit ensuite 
que , quoique le Roi différât d'envoyer 
un ministre caractérisé à Berliri, par les 
motifs allégués dans le papier qu'il m'avait 
remis , Sa Majesté avait cependant déjà 
jeté les yeux sur une personne qu'il pen- 
sait ne déplaire pas à Votre Majesté, et 
que pour cet effet elle s'était déterminée 
en faveur du comte Marchmont , pair 
d'Ecosse, qui a été ci-devant destiné pour 
la cour de Votre Majesté et qui joint à 
beaucoup de mérite un grand fond d'hon- 
nêteté , de la douceur dans le tempéra- 
ment avec des talents distingués. Ce se- 
crétaire d'État finit, enfin, par me faire 
connaître que le Roi et son ministère 
verraient avec plaisir que, si Votre Ma- 
jesté voulait poursuivre la négociation de 
la convention dont il m'avait remis le 
projet, que ce fût par mon canal, et que 
personne ne pouvait leur être plus agré- 
able ici de la part de Votre Majesté . . . 
Quant au dédommagement pour les dé- 
prédations anglaises durant la dernière 
guerre, qui sera une suite de cette con- 
vention, en cas qu'elle ait lieu, je crois 
que je pourrai bien obtenir entre i8 à 

20 mille livres sterling, i Je n'en juge 
cependant qu'à vue de pays, bien entendu 
que Votre Majesté paiera moyennant ce 
dédommagement le reste du capital et 
des intérêts de la dette de Silésie jusques 
au jour du remboursement. Ce capital 
monte encore à 45,000 livres sterling, et 
il y a quatre années d'intérêts échues le 

21 de ce mois-ci, qui font à 7 pour cent 
12,600 livres sterling, et en tout la 
somme de 57,600 livres sterling." 

Im Anschluss an den Bericht über- 
sendet Michell ein Promemoria, in wel- 
chem die Bereitwilligkeit des Königs von 
England zur Schliessung der Convention 
und zur Beilegung der mit Preussen be- 
stehenden Differenzen ausgedrückt wird. 
Das Promemoria schliesst : „Ce n'est pas 
faute d'attention pour le roi de Prusse 
qu'un ministre caractérisé n'est point im- 
médiatement nommé pour la cour de 
Berlin ; la nécessité qu'il y a de finir 
promptement et secrètement la négociation 
en question , est la seule raison pourquoi 
on diffère cette nomination et qu'on laisse 



Commercientractate zwischen Engel- 
land und Schweden von 1672 und 
den letzten zwischen der ersten 
Krone und Dänemark anbetrifft, 
so bin ich, die Wahrheit zu sagen, 
nicht wenig embarrassiret, wo wir 
selbige finden werden. Ich habe 
zwar supponiret, dass solche in 
dem Corps diplomatique, ^ wo alle 
Tractaten, die von vorigen Seculis 
her bis auf unsere Zeiten ge- 
schlossen worden, recensiret wor- 
den, vorhanden sein müssten, sol- 
ches auch in dieser Supposition 
heute Vormittag gegen Se. Königl. 
Majestät versichert; da aber solche 
nach meiner Zurückkunft von dem 
Schlosse nach Hause sorgfältig 
nachgeschlagen, so finde darin kei- 
nen von beiden, und ob ich gleich 
dem Herrn Geheimen Rath von 
Hertzberg aufgetragen, solche in 
dem Archive aufzusuchen, so zwei- 
fele fast, dass er dieselben darin 
auffinden wird , weil man in den 
vorigen Zeiten in dergleichen Fäl- 
len gar zu négligent gewesen und 
nicht genügsame Attention desfalls 
genommen. Sollten sie nicht all- 
hier aufzufinden sein, würde an 
den Herrn Michell allenfalls auf- 
geben müssen, von beiden ein au- 
thentiques Exemplar einzusenden, 
weil es doch mit dem Schluss eines 
Commercientractats zwischen Sr. 
Königl. Majestät und Engelland 
nicht so sehr als dem von der Neutra- 
Utätsconvention pressiret , Höchst- 
deroselben auch, wenn dergleichen 
nicht besser gehalten wird, wie er 
in dem letzten Kriege mit Schwe- 
den und Dänemark observiret wor- 
den, ^ in eifectu wenig damit ge- 



1 Vergl. Bd. X, 55. 56. — 2 Vergl. S. 3 Anm. i. — 3 Vergl. Bd. XI, 274. 



5 



la conduite »le l'affaire dans le canal 
que Sa Majesté Prussienne pourrait avoir 
choisi." 



dienet sein wird, wie solches auch 
diesen Vormittag Se. Königl. Ma- 
jestät zu insinuiren die Gnade ge- 
habt. 

H. G. von Podewils. 



P. S. 
Auch habe die Ehre, Ew. Wohlgeboren hiebei den letzten De- 
fensivaUianz - und respective Garantietractat zwischen Sr. Königl. Ma- 
jestät und dem Könige in Engelland vom i8. November 1742, des- 
gleichen die neueste Acte de garantie von Schlesien mit Glatz nebst 
der Confirmation von Hannover vom 19. September 1746^ in copia zu 
übersenden, welche beide Piècen wohl nothwendig in der bevorstehenden 
Neutralitätsconvention allegiret werden müssen. Die Copei der Con- 
vention von Hannover 2 soll hiernächst auch erfolgen, es ist aber weiter 
nichts darin als die Articul, worauf der dresdensche Friede theils mit 
dem wienerischen, theils mit dem dresdener Hofe geschlossen worden. 

H. G. von Podewils. 

Gleich itzo übersendet der Herr Geheime Rath von Hertzberg mir 
auch die Convention von Hannover, so hiebei ergehet, und werden Ew. 
Wohlgeboren aus desselben beigehender Originalantwort mit mehreren 
zu ersehen geruhen, dass sich die beide Commercientractate von Schwe- 
den von 1672 und von Dänemark mit Engelland nicht in dem Geheimen 
Archive befinden. 

Nach der Ausfertigung. 



7168. AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 

Berlin, l. Januar 1756. 
Da Se. Königl. Majestät mir die Gnade gethan heute zu sagen, 
wie Dieselbe Ew. Excellenz von der gestern Abend angekommenen 
Antwort aus Engelland umständlich informiret hätten,^ so soll auf Dero 
allergnädigsten Befehl hierdurch nur noch melden, dass Höchstdieselbe 
von Ew. Excellenz die Communication des Commercientractates zwischen 
Engelland und Dänemark"* von Anno 1672 auf das baldigste zu haben 
wünscheten, um Sich darüber entschHessen zu können. Ferner, und da 
in dem englischen Projet zu dem zu schliessenden Tractat, in dem 
dritten Articul, ^ eines expressen Renouvellements aller vorhergehenden 
Alliances und Garantien Erwähnung geschiehet, so verlangen Se. Königl. 
Majestät benachrichtiget zu sein, was solches vor Traités und Garanties 
sein können, und wollen dahero die letztere sogenannte hannoversche 

1 Vergl. Bd. V, 194. — 2 Vergl. Bd. IV, 268. 269. — 3 Vergl. S i. — 4 Sic. 
Vergl. S. 4. — 5 Vergl. Nr. 7175 C. 



Convention » und etwa den neuesten Tractat^ gerne Selbst sehen, um 
dadurch nicht weiter geführet zu werden, als Sie gegenwärtig gehen 
wollen. 

Ausser diesem haben Se. Königl. Majestät mir überhaupt gesaget, 
dem Michell zu antworten, dass Sie von dem Projet des zu schliessen- 
den Tractats zufrieden wären, nur dass darin anstatt der Worte „de 
l'Empire Germanique p." nur simplement ,,de l'Allemagne" gesetzet wer- 
den müsste. Dass, zweitens, ein aparter Article secret sein müsste, darin 
die Garantie derer österreichischen Niederlande ausgenommen würde, 
als welches ein Article sine quo non wäre. 

Was die schlesischen Schulden anlange, so würden Se. Königl. Ma- 
jestät den Tag, da Sie die Nachricht von der geschlossenen und völlig 
gezeichneten Convention oder Tractats erhielten, den Arrest auf ge- 
dachte Gelder heben; und wenn übrigens der Michell die Behandelung 
auf 20,000 Pfund Sterling^ bringen könnte, so wären Sie davon zu- 
frieden. 

Im übrigen setzten Sie Dero Resolution wegen des Commercien- 
tractats noch aus, bis Sie den dänischen Commercientractat gesehen 
haben würden , weshalb auch die Minute der Antwort nur vorerst bis 
dahin ausgefertiget werden solle. Dass sonst diese Sache mit dem aller- 
grössesten Secret tractiret, und Michell zu Schliessung der Convention 
oder Tractats autorisiret werden möge, davon wären Se. Königl. Ma- 
jestät überall zufrieden, und möchten Ew. Excellenz also auch nur so- 
gleich die Pleinpouvoirs nebst denen erforderlichen Instructionen vor 
den Michell expediren lassen. 

Ew. Excellenz habe alles dieses gehorsamst melden und zugleich 
nur unterthänig anfragen wollen, welche Zeit und Stunde mir Dieselbe 
zu geben geruhen wollen , um Deroselben sodann alles , was in dieser 
Sache vorhin ergangen, zur näheren Einsicht, und um die ganze Con- 
nexion davon zu haben, communiciren zu können. ^^ . , , 

Eichel. 

Nach der Ausfertigung. 



7169. AN DEN OBERST VON DER GOLTZ IN HALLE. 

Berlin, 3. Januar 1756. 
Mein lieber Obrister von Goltz. Eure beide Berichte vom 30. 
und 3 1 . vorigen Monats Decembris habe Ich zugleich erhalten und gebe 
Euch darauf in Antwort, dass Ich gar nicht desapprobiren kann, dass 
bei denen neuen Weitläufigkeiten, welche die Commissarien sächsischer- 
seits zu intendiren scheinen, Ihr Euch auf eine énergique Art gegen 
dieselben expliciret habt, wie denn auch nichts gewissers als dieses ist, 
dass, falls die jetzigen Commercienconferenzien "♦ sich zerschlagen und 

I Vergl. Bd. IV, 268. 269. — 2 Vergl. Bd. V, 194. — 3 Vergl. S. 4. — 
■• Vergl. Bd. XI, 485. 



die neu zu machende Commercienconvention nicht zum Stande kommen 
sollte, Ich sodann alles hinwiederum auf den Fuss der vorigen Ver- 
bote,^ und zwar in denen hiesigen Provinzien sowohl als in Schlesien 
setzen und tractiren lassen muss. Indessen habe Ich nach Eurem Vor- 
schlage sowohl der magdeburgischen als denen chur- und neumärkischen 
Kammern aufgegeben, die Verfügung zu treffen, damit die aus und nach 
Sachsen handelnden, so durch gedachte Provinzien passiren, währenden 
Commercienconferenzien etwas gelinde und nicht nach aller Rigueur, 
jedoch ohne Aufhebung der bereits eingeführten Transitoimposten und 
Durchgangsaccisen, tractiret werden müssen. 

Was übrigens diejenigen Articuls anbetrifft, welche die Commissarien 
chursächsischerseits auf solchem Fall von dem mutuellen Commercio 
ausgeschlossen haben wollen, wann nämlich nach dem Antrage hiesiger- 
seits die von Euch in der Nachweisung specificirte verschiedene Sorten 
von Waaren zur Einbringung aus Sachsen von neuem verboten werden, ^ 
desgleichen was die sub numéro III in der Nachweisung specificirte 
Sachen, [welche] nach hiesigem Antrage impostirt werden sollen, und 
wessen die Sachsen sich dagegen declariret haben, angehet, — da er- 
theile Ich Euch desfalls in Antwort, dass weil solches ganz compliquirte 
Sachen seind, die eine nähere Einsicht und Discussion erfordern. Ich 
solches zuforderst reiflich einsehen und überlegen lassen muss , worauf 
Ich Euch aber alsdann auch mit nächstem bescheiden werde. Ich bin 

Euer wohl affectionirter König -r- • , -, 

Friderich. 

Nach der Ausfertigung. 



7170. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE MALTZAHN 

A DRESDE. 

IVlaltzahn berichtet, Dresden 29. De- 



cember, Graf Brühl habe dem Grafen 
Broglie mitgetheilt, dass die zur Regelung 
der Handelsdifferenzen nach Halle ge- 
schickten preussischen Commissare3 den 
sächsischen Commissaren erzählt hätten, 
der entthronte russische Kaiser Iwan sei 
von Tartaren nach Constantinopel entführt 
worden. ,J'ai répondu au comte Broglie 
que Votre Majesté ne m'en marquait rien 
dans les lettres qu'Elle m'avait fait l'hon- 
neur de m' écrire du 23,4 et que je croyais 



Berlin, 3 janvier 1756. 
J'ai reçu votre rapport du 29 
décembre, sur lequel je suis bien 
aise de vous dire que j'approuve 
parfaitement la réponse que vous 
avez donnée au comte de Broglie 
touchant les bruits dont, à la vé- 
rité, je n'ai entendu parler jusqu'ici, 
et que je crois absolument controu- 
vés, touchant le jeune Iwan que 



I Vergl. Bd. XI, 485. — 2 Goltz nennt in der als Beilage zum Bericht vom 
30. December gegebenen „Nachweisung" sub II A diejenigen Waaren, welche auf 
preussischen, sub II B diejenigen Waaren, welche demgegenüber auf sächsischen An- 
trag gänzlich vom Handel ausgeschlossen sein sollen; sub III A nennt er die auf 
preussischen Antrag mit Zöllen zu belegenden Waaren, sub III B die demgegenüber 
auf sächsischen Antrag zu verzollenden Waaren. — 3 Vergl. Bd. XI, 310. — 
4 Vergl. Bd. XI, Nr. 7155. 



em- 



qu'on ne lui avait tenu ce discours que j des Tartares doivent avoir 
pour le faire parler sur la Russie. Je | ^^^^ ^ Constantinople. 
sais encore que le ministre de Danemark i ^^ . i ■ i 

doit avoir dit qu'on prétendait ici que ; ^ ^°"^ ^^^^^ ^len d'agir de la 
Votre Majesté aurait pris sur Elle la ga- : même façon , quant à ceux qui 
rantie du pays d'Hanovre." ; regardent la garantie du pays 

i d'Hanovre que je devais avoir 
i prise sur moi, en répondant sim- 
plement à ceux qui vous en parleront, que je ne vous en avais rien 
marqué, sans entrer en plus de discours là-dessus. 

Nach dem Concept. 



Federic. 



7 171. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE 
KNYPHAUSEN A PARIS. 



jK.nyphausen berichtet, Paris 22. 
December, dass er der Weisung des 
Königs gemäss i den Minister Rouillé 
von der Sendung Varenne's nach Con- 
stantinopel in Kenntniss gesetzt habe. 
,,M. Rouillé a fort approuvé cette mission, 
et, après m'avoir promis qu'il emploierait 
avec empressement ses soins pour sa réus- 
site, il m'a fait observer qu'indépendam- 
ment du passe-port, il serait bon que le 
marquis de Varenne fût muni d'une lettre 
pour le sieur de Peyssonel , 2 consul de 
France à Smyrne, afin qu'à l'abri de cette 
protection il n'eût rien à appréhender 
pendant le séjour qu'il ferait en cette 
ville. Cette précaution m'ayant paru sage 
-if^ et nécessaire, j'ai consenti à l'expédition 

de cette lettre, sous la condition expresse 
cependant que M. de Varenne serait re- 
commandé au sieur Peyssonel sous la 
qualité de voyageur, et que ce consul ne 
serait point instruit de l'objet de sa mis- 
sion ni du pays d'où il arrivait, afin 
d'empêcher toutes les conjectures qu'on 
pourrait former à cet égard. Enfin, 
M. Rouillé m'ayant promis de ne point 
faire rapport au Conseil de cette ouver- 
ture , sous condition toutefois que je lui 
remettrais pour sa décharge un mémoire 
par écrit pour lui exposer la demande 
susdite, qu'il pût produire en temps et 
lieu, je n'ai pas cru devoir me refuser à 
cette instance, et j'ai dressé sur le champ 
le mémoire." 



Berlin, 3 janvier 1756. 

J'ai reçu votre dépêche du 22 
décembre , par laquelle j'ai appris 
avec bien de la satisfaction la ma- 
nière dont vous vous êtes acquitté 
de mes ordres auprès de M. de 
Rouillé touchant la mission du sieur 
de Varenne, et la façon obligeante 
dont ce ministre a bien voulu en- 
trer dans mes vues là-dessus. 

Après ceci, je vous dirai en- 
core que, de la part des Anglais, 
on continue à me faire des pro- 
positions relativement à la neutrahté 
de l'Allemagne.^ Il faut que je 
vous avoue naturellement que la 
situation où je me trouve dans les 
moments présents , devient assez 
critique et dangereuse, et c'est par 
un très bon canal à Vienne , sur 
lequel je puis compter, que je viens 
d'apprendre qu'on y avait pris se- 
crètement la résolution que , dès 
que la France ferait marcher de 
ses troupes en Allemagne pour en- 
vahir ou attaquer les États d'Ha- 
novre, les Autrichiens entreraient 
avec un corps de troupes de 



I Vergl. Bd. XI, 408. 426. — 2 Vergl. Bd. XI, 423. — 3 Vergl. Nr. 7167. 



5o,ooo hommes en Silésie et marcheraient avec un autre corps de 
50,000 hommes par la Saxe tout droit dans la marche de Brandebourg, 
tandis que 60,000 Russes, assemblés aux frontières de la Livonie et de 
la Courlande, entreraient dans la Prusse. Que, d'ailleurs, les Hanovriens 
s'empareraient en même temps de la ville de Minden et posteraient 
leurs troupes derrière le Wéser, pour en disputer le passage à celles de 
France, ce qui cependant ne soit dit qu'à vous seul. Comme les cir- 
constances deviennent par là très critiques à mon égard, et quand je 
réfléchis d'ailleurs que je n'ai point d'aUié sur lequel je saurais me con- 
fier pour en être soutenu efficacement, que, de plus, aucun traité ni 
aucune liaison ne m'obligent de prendre part à des querelles qui ne 
regardent que les affaires indiennes, et que mon traité avec la France 
va expirer,' sans déranger mes nouvelles alliances défensives à faire avec 
la France, je pourrais bien me voir forcé d'accepter la neutralité. 

Vous pouvez bien en dire quelque chose convenablement à M. de 
Rouillé, afin de lui faire comprendre et envisager toute l'étendue de 
mon embarras dans ces circonstances, mais que, supposé que je me 
visse obligé à accepter la neutralité de l'Allemagne, je croyais toujours 
de rendre un service essentiel à la France, parceque par là j'arrêterais 
une quantité de 60,000 Russes,^ qui par là resteront dans leur pays, et 
apparemment encore un pareil nombre de troupes autrichiennes, que je 
tiendrai en échec pour ne pas pouvoir aller servir contre la France. 
Vous vous acquitterez de tout ceci avec toute la prudence et la déh- 
catesse possible et me manderez , en après , ce que M. de Rouillé en 
aura senti. 



Nach dem Concept. 



Fe de rie. 



7172. 



AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLING- 
GR^FFEN A VIENNE. 



iviinggräffen berichtet , Wien 24. 
December : ,,I1 m'est revenu que le sieur 
Keith avait fait connaître au comte Col- 
loredo de chercher à faire une proposition 
à la Diète de l'Empire à Ratisbonne pour 
que les membres de l'Empire s'arrangeas- 
sent dans la crise présente des affaires, 
et de prendre une résolution pour em- 
pêcher que des troupes étrangères entras- 
sent dans l'Empire ... Je ne puis pas 
trop bien faire fond sur cet avis. Il me 
paraît que cette cour-ci avec l'Angleterre 
se joindra difficilement pour un pareil 
arrangement. Il est vrai que Sa Majesté 
Britannique pourrait s'y prêter; mais je 
doute qu'ici on le souhaite , puisque par 
là les troupes russes ne pourraient non 



Berlin, 3 janvier 1756. 
J'ai reçu votre rapport du 24 
décembre, par lequel je me suis 
aperçu avec bien de la satisfaction 
que vous commencez présentement 
à parvenir de suivre la vraie piste 
de la cour où vous vous trouvez, 
et je suis persuadé que vous ac- 
cusez juste , quand vous dites que 
ladite cour se trouverait fort em- 
barrassée dans ses desseins, si l'on 
trouvait des moyens efficaces pour 
empêcher l'entrée des troupes 
étrangères dans l'Empire. 



1 Vergl. Bd. XI, 170. — 2 Vergl. Bd. XI, 388. 



lO 



plus que les françaises entrer dans l'Em- 
pire , ce qu'on ne verrait pas volontiers 
ici." 



Pour ce qui regarde les nou- 
veaux arrangements que le maré- 
chal de Neipperg fait dans l'inté- 
rieur du militaire,' je me persuade 
que vous ne trouverez pas de grandes difficultés pour en être bien in- 
formé, vu que vous vous trouvez là, pour ainsi dire, au milieu d'entre 
la multitude qui en doit être instruite. 

Au surplus, je vous saurai bien du gré, si vous pouvez exactement 
pénétrer pour quel sujet le général major de Lacy a fait le voyage en 
Russie. ^ De dire que c'est pour ses affaires particulières, je n'en saurais 
rien croire, mais je présume plutôt que, s'il n'a pas été chargé de 
commissions pohtiques pour la Russie, il a été chargé au moins de 
militaires. Ce que vous tâcherez de bien approfondir, pour m'en faire 

votre rapport. ^ , 

Federic. 

Nach dem Concept. 



7173. AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 

Berlin, 3. Januar 1756. 

Ew. Excellenz danke nochmalen ganz unterthänig, dass Dieselbe 
geruhen wollen, mir durch den Geheimen Rath Warendorflf die Minute 
der vor den Michell zu expedirenden Instruction ^ zeigen zu lassen. Es 
wird derselbe vermuthlich Ew. Excellenz hinterbracht haben , was ich 
wegen dessen Charakters und der für ihn zu expedirenden Créditifs 
vor Zweifel gehabt; und da ich in einiger Beisorge deshalb geblieben 
bin, was Sr. Königl. Majestät eigentliche Intention hierunter sein möchte, 
so habe fast vor das sicherste zu sein erachtet, bei Deroselben mit aller 
Behutsamkeit anzufragen, wozu sich dann auch eine sehr bequeme Ge- 
legenheit ereignet hat. Da dann des Königs Majestät Sich darüber 
ganz deutlich dahin expliciret haben , dass der Michell noch keinen 
Charakter vom Minister dorten annehmen, sondern als Chargé d'affaires 
und zu dieser Négociation Bevollmächtigter den Tractat, wenn es so 
weit damit kommen wird, zeichnen solle, wozu er denn auch nur eines 
Créditifs an den König von Engelland '^ und des ordentlichen Plein- 
pouvoirs vonnöthen habe ; wann aber der Tractat gezeichnet und rati- 
ficiret sein würde , und das englische Ministère solchen gerne in der 
QuaUtät eines Minister würde haben und behalten wollen, Se. Königl. 
Majestät sodann wohl davon zufrieden sein und ihn da lassen, auch 
alsdenn besonders mit allen gehörigen Creditiven an den König und 
übrige königliche Familie wie gewöhnlich versehen lassen wollten. 

So viel ersteres anbetrifft , so glaube ich fast , dass des Königs 
Majestät in Dero ExpHcation auch die Intention des englischen Ministerii 

' Vergl. Bd. XI, 377. 457. — 2 Vergl. Bd. XI, 445. — 3 Vergl. Nr. 7175 B. — 
4 Vergl. Nr. 7176. 



— Il — 

getroffen haben, wie mir solches aus dem in Abschrift vorliegenden 
Promemoria, ^ so gedachtes Ministerium dem Michell zugestellet hat, und 
davon Ew. Excellenz das Original gestern vorzuzeigen die Ehre gehabt, 
in denen unterstrichenen Passages anscheinet. Es haben Se. Königl. 
Majestät sonsten noch, jedennoch nur bloss und alleine gegen mich und 
par manière de discours, Sich dahin geäussert, dass, wenn es so weit 
kommen dörfte, dass aus Engelland ein Minister von Qualité mit Caractère 
hieher geschicket werden würde, Sie alsdenn des Wohlstandes halber 
Sich nicht würden entbrechen können, auch Dero Ortes jemanden von 
Naissance dahin zu senden ; allermaassen, so viele Ursache Dieselbe auch 
hätten, von dem Michell und seinen bisherigen guten Diensten zufrieden 
zu sein, '^ Sie dennoch denselben gar nicht von Person kenneten und nie 
gesehen hätten, noch wüssten, ob er jemalen in Dero Eidespflichten ge- 
nommen worden, noch Ihro von demselben als einem Ausländer be- 
kannt wäre, woher und was er vorhin eigentlich gewesen wäre, mithin, 
wenn ein näheres Verständniss zwischen beiden Höfen zuwege gebracht 
werden könnte, ihn wohl nicht alsdenn wie Dero Minister allda würden 
nominiren können, es sei dann, dass das englische Ministère ihn express 
dazu verlangete. 

Ew. Excellenz habe diese kleine Umstände vor mich im Vertrauen 
zu melden die Freiheit nehmen wollen, und begreife ich übrigens sehr 
wohl, dass von allen diesen gegen den Michell vor der Hand und bis 
zu geschehener Unterschrift und Ratification des Tractats nicht zu er- 
wähnen sein wird , um denselben nicht im geringsten zu revoltiren ; 
daher mich dann auch in meinen kleinen Expeditionen ^ deshalb sehr 
geschlossen halten werde. Des Königs Majestät haben mir sonsten be- 
fohlen , alles dergestalt zu arrangiren , dass morgen Nachmittag der 
Courier mit allen Depeschen an den Michell abgehen könne. Da ich 
des Königs Majestät bei solcher Gelegenheit etwas von dem Commercien- 
tractat zwischen Engelland und Schweden von Anno etliche sechzig "♦ gesaget 
habe, so verlangen Dieselbe sehr bald eine Uebersetzung davon zu 
haben, von welcher deshalb alles, was etwa Ceremoniell ist, weggelassen 
werden könne. 

Ich beklage übrigens von Grunde meiner Seelen, dass Ew. Excellenz 
mit einiger Indisposition überfallen worden, und wünsche devotest, dass 
Dieselbe Sich davon bald völHg retabliret finden mögen. 

Nach der Ausfertigung. Eichel. 

7174. AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 



rodevvils überreicht, Berlin 3. Ja- 
nuar , dem Befehl des Königs gemäss, 5 
das folgende ,, Projet de l'article secret et 
séparé" > „Comme la présente convention 



[Berlin, 3. Januar 1756,] 
Dieses hierein zurückkommen- 
de Projet zum secreten Article der 



I Vergl. S. 4. — 2 Vergl. Bd. XI, 131 — 133. — 3 Die von Eichel concipirten 
Immediaterlasse aus dem Cabinet. — 4 Vergl. S. 3 Anm. i. — 5 Vergl. S. 6. 



12 



Convention ist ganz recht und 
Meiner Intention conforme. 



de neutralité, signée en date d'aujourd'hui 
par les ministres de Sa Majesté le roi de 
Prusse et de Sa Majesté le roi de la 
Grande-Bretagne, munis des pleins -pou- 
voirs nécessaires pour cet effet, ne regarde 
que l'Allemagne, cette convention ne doit 
point être étendue aux Pays-Bas autri- 
chiens et leurs dépendances, qui ne doi- 
vent point être censés compris dans la 
présente convention de neutralité, sous 
quelque prétexte que cela puisse être, 
d'autant plus que Sa Majesté le roi de 
Prusse n'a garanti, dans le 8* article de la 
paix de Dresde, à Sa Majesté l'impératrice- 
reine de Hongrie et de Bohême que les 
États qu'elle possède en Allemagne, i Cet 
article secret et séparé aura la même 
force que s'il était inséré de mot en mot 
dans la présente convention de neutralité 
signée aujourd'hui." 

Mündliche Resolution. Nach Aufzeichnung des Cabinetssecretärs (praes. 3. Januar) 



7175. AU SECRÉTAIRE MICHELL A LONDRES. 

Berlin, 4 janvier 1756. 
La dépêche que vous m'avez faite du 23 de décembre dernier, ^ 
m'a été fidèlement rendue , au sujet de laquelle je suis bien aise de 
vous dire que j'ai été entièrement satisfait du projet de traité de neu- 
tralité de l'Allemagne à conclure entre moi et le roi d'Angleterre, tel 
que les ministres anglais l'ont couché et remis à vous.^ Cependant, pour 
qu'il n'y reste aucune équivoque sur les termes y employés par rapport 
à la qualification de l'Allemagne sous le nom de Saint-Empire Romain, 
je trouve indispensablement nécessaire que, pour plus de clarté, un petit 
changement soit fait relativement à ces termes, en sorte que le mot de 
l'Allemagne soit substitué partout dans le traité à celui de Saint-Empire 
Romain. Aussi , pour ne laisser rien en arrière qui pût donner lieu 
à de nouvelles explications avec le ministère anglais, avec lequel je 
veux agir d'une sincérité sans réserve, j'ai cru être nécessaire qu'il 
soit fait et signé un article séparé et secret, pour y convenir que les 
Pays-Bas autrichiens seraient expressément exceptés de la neutraHté de 
l'Allemagne, dont j'espère que nous conviendrons, condition que je mets 
absolument comme sine qua non. Je ne veux point récapituler ici les 
raisons que j'y ai, il me suffit de vous renvoyer sur celles que je vous 
explique dans l'instruction secrète ci-jointe sous la lettre A, et dont vous 
ne manquerez pas de faire un bon usage envers les ministres anglais, 

I Vergl. Bd. V, 166 Anm. 3. — 2 Vergl. Nr. 7167. — 3 Vergl. Beilage C 
nebst den dazu gehörigen Anmerkungen und Nr, 7167 S. i. 



13 

qui raisonnablement, et s'ils veulent [agir] d'un parfait retour à mes 
intentions droites et à ma sincérité, ne sauront que d'y souscrire. Pour 
tout le reste, je vous renvoie sur l'instruction cotée de la lettre B et 
les contre - projets du traité que j'y ai fait joindre, qui vous serviront 
de direction pour agir dans cette négociation conformément à mes 
intentions. 

Quant aux autres points, je vous dirai que, pour ce qui regarde le 
reste à payer de ma part des dettes hypothéquées sur la Silésie, vous 
déclarerez aux ministres anglais que, dès le jour que je serai averti par 
vous que le traité de neutraUté avec son article secret sera signé et 
ratifié, je lèverai, incontinent après, l'arrêt mis jusqu'ici sur cet argent, 
et que je m'en acquitterai fidèlement, du capital et des intérêts. 11 sera, 
cependant, très nécessaire qu'au même temps vous réglerez avec ledit 
ministère la somme que l'Angleterre paiera à mes marchands au sujet 
des prises faites sur eux durant la dernière guerre, conformément à ce 
que milord Holdernesse s'est engagé là-dessus envers vous, en sorte que 
tout soit réglé également et en même temps , pour que toute pierre 
d'achoppement soit levée de la même bonne foi dont je veux en user 
avec les Anglais. Au surplus, je m'attends que vous emploierez tous 
vos soins à ce que la somme en soit stipulée au moins à 20,000 Hvres 
sterling, dont je me contenterai. '■ 

Quant au traité de commerce à faire entre moi et la Grande- 
Bretagne, que le ministère anglais a proposé sur le pied de celui que 
l'Angleterre a conclu avec la Suède l'année 1672, je suis en peine de 
vous dire que, malgré toutes les recherches faites ici, on n'en a pu 
trouver ici aucun exemplaire ni vestige jusqu'à présent, ^ de sorte qu'il 
faut bien, pour ne pas me précipiter, ni m'engager sur une chose que 
je n'ai point vue, ni appris les stipulations, que je remette jusqu'au 
premier ordinaire de vous déclarer mon intention là-dessus , étant d'ail- 
leurs toujours prêt à m'entendre sur ce sujet avec l'Angleterre. 

Au surplus , vous observerez bien que , dès que vous aurez remis 
et fait voir [aux ministres anglais] mon contre - projet du traité de neu- 
traUté avec celui de l'article secret, vous leur demanderez, quoiqu'en 
termes très polis et obligeants qui ne sentent la moindre menace, s'ils 
les croient conformément aux intentions du Roi leur maître et si je 
puis positivement m'attendre qu'ils y souscriront. Il m'importe extrême- 
ment de savoir au plus tôt où j'en serai avec eux, vu que de la part 
de la France le duc de Nivernois^ arrivera au premier jour ici, et qu'il 
faut en conséquence que je puisse me décider sur mon parti à prendre. 
Vous parlerez tout naturellement aux ministres anglais sur ces cir- 
constances et sur la nécessité qu'il y avait pour savoir au plus tôt 
mieux où j'en serai avec l'Angleterre; aussi ma volonté est que, dès 
que vous aurez appris le sentiment des ministres anglais sur ce sujet, 

I Vergl. Bd. X, 55. 56. — ^ Vergl. S. 22. — 3 Vergl. Bd. XI, 436. 



14 

vous m'en informiez, incontinent après, de la manière la plus exacte 
et que j'y puisse compter, en renvoyant expressément le courrier avec 
le rapport que vous m'en ferez, en attendant que vous poursuivrez la 
négociation et que vous m'enverrez par un autre courrier le traité de 
neutralité signé selon mes intentions, quoique ce soit huit jours plus tard. 
Je finis par vous dire que vous devez tout attendre de ma recon- 
naissance, si vous vous conduisez dans cette négociation en conséquence 
du zèle et de l'attachement pour mes intérêts et pour mon service que 
vous m'avez fait éprouver jusqu'ici, et conformément à mes ordres et 
intentions, et, quant aux avances que vous avez faites au sujet de l'en- 
voi de votre premier courrier, j'ai ordonné au sieur Splitgerber de vous 
les faire rembourser incontinent par son correspondant à Londres contre 
votre quittance, et, s'il y a d'autres frais encore que vous débourserez 
à ce sujet, vous n'aurez qu'à m'envoyer les comptes, qui vous seront 



bonifiés d'abord. 



Fe de rie. 



Instruction secrète au sieur Michell à Londres. 

Berlin, 4 janvier 1756. 

La commission dont je vous charge, est très importante, pourquoi 
vous devez vous en acquitter avec la plus grande prudence. Je ne 
veux ni tromper les Anglais, ni n'être trompé par eux ; ' mais comme il 
y a une façon de l'être en employant des termes vagues et d'une ex- 
pUcation indéterminée, je vous enjoins surtout et je vous ordonne de 
ne vous relâcher en rien sur l'article secret qui regarde l'exclusion du 
Brabant et de la Flandre de la garantie de l'Allemagne, ni du nom 
d'Allemagne substitué à celui d'Empire Germanique, qui pourrait faire 
sousentendre le cercle de Bourgogne comme compris dans la garantie. 

Il faut surtout que vous fassiez sentir aux ministres anglais que 
n'ayant d'autre raison pour faire ce traité que le désir que j'ai de main- 
tenir mes États et l'Allemagne en paix, je ne voulais m' engager à rien 
qui pût m'entraîner dans la guerre, et que, si j'avais eu l'envie de la 
faire, je n'aurais jamais donné les mains à ce traité. 

Quant au ménagement que le Roi veut garder pour tenir ce traité 
secret,'^ ce sont des choses qui me sont entièrement égales. Qu'il en- 
voie un ministre, qu'il n'en envoie point, il lui est libre sur cela de 
faire ce qu'il trouve à propos; mais quant à l'étendue de la garantie, 
je ne prétends pas que sous aucun prétexte on puisse l'étendre au delà 
des possessions du Roi en Allemagne. ^ 

I Vergl. Bd. XI, 414. — 2 Vergl. S. 4. — 3 In einem eigenhändigen ersten 
Entwürfe des Königs ,, Instruction à Michell" folgen hier die in der Ausfertigung 
fortgelassenen Sätze: ,,Je peux être ami du roi d'Angleterre, mais je ne peux jamais 
l'être de l'Impératrice. Je ne lui demande aucune garantie, ni ne lui en donnerai de 
même. Vous pouvez encore par manière de discours faire observer au ministère 



15 

Vous leur direz d'ailleurs que, quant à l'article secret que j'ai joint 
au traité, il ne contient rien qui doit les étonner, ni même dont l'Im- 
pératrice-Reine peut se plaindre, à cause que dans le traité de Breslau 
et dans celui de Dresde je n'ai étendu ma garantie que sur ses posses- 
sions en Allemagne,^ en excluant l'Italie et la Flandre,^ et comme je 
ne demandais pas des garanties à la Reine - Impératrice , il était juste 
que je ne lui en donnasse point. 

B. 

Instruction pour le sieur Michell, chargé d'affaires du 
Roi à la cour de Londres, concernant un traité de neu- 
tralité à conclure entre Sa Majesté et Sa Majesté le roi 
de la Grande-Bretagne, relativement aux États de 
l'Allemagne. 3 

C. 

Contre-projet de la convention de neutralité de l'Alle- 
magne, à faire entre Sa Majesté le roi de Prusse et la 
Grande-Bretagne. 

D'autant que les différends qui se sont élevés en Amérique entre 
le roi de la Grande-Bretagne et le Roi Très Chrétien, et dont les suites 
deviennent de plus en plus critiques, donnent lieu de craindre pour la 
tranquillité publique en Europe, Leurs Majestés Britannique et Prussienne, 
attentives à Un objet si intéressant et également animées du désir de 
conserver la paix générale de l'Europe et celle d'Allemagne"^ en parti- 
culier, ont bien voulu se concerter sur les mesures qui puissent contri- 
buer le plus efficacement à une fin si désirable ; et, pour cet effet, elles 
ont autorisé etc. 

Art. I. 

Il y aura entre Sa Majesté Britannique et Sa Majesté Prussienne 
une paix sincère et une amitié réciproque, nonobstant les troubles qui 
pourront s'élever en Europe en conséquence des différends susmentionnés. 

d'Angleterre que je lui rends un grand service en le soulageant par ce traité des 
énormes subsides qu'il aurait été obligé de payer aux Moscovites, et qui n'auraient 
cependant pas préservé l'électorat d'Hanovre de sa ruine; vous lui ferez remarquer 
encore qu'il est payé d'ingratitude par la cour de Vienne, pour laquelle il a tout 
sacrifié durant la dernière guerre, et qu'il est bon dans plus d'une occasion d'avoir 
plus d'une corde à son arc, qu'il peut arriver que cette cour arrogante se sépare 
tout-à-fait d'eux, et qu'alors ils seront bien aises de trouver dans l'Empire un allié 
qui soit en état de leur rendre les services que je peux leur rendre." Die folgenden 
Worte ,,Vous leur direz" bis ,,et la Flandre" sind in diesem eigenhändigen ersten 
Entwürfe nachträglich, hinter einem Schlussstriche, hinzugefügt. 

I Vergl. Bd. V, i66 Anm. 3. — 2 Das folgende fehlt in dem ersten Ent- 
würfe. — 3 Ministerialinstruction , entspricht den am i. Januar durch Eichel über- 
mittelten Weisungen. (Vergl. Nr. 7168.) — * Englisches, von Michell übersandtes 
Project (vergl. S. i): celle de l'Empire Germanique. 



i6 

En suite de laquelle, aucune des parties contractantes n'attaquera ni 
n'envahira directement ni indirectement le territoire de l'autre; mais, au 
contraire, elles feront, chacune de son côté, tous leurs efforts pour em- 
pêcher leurs alliés respectifs de rien entreprendre contre ledit territoire, 
de quelque manière que ce puisse être. 

Art. 2. 
En cas que, contre toute attente et en violation de la tranquillité 
que les hautes parties contractantes entendent maintenir par ce traité 
dans l'Allemagne , ^ quelque puissance étrangère fît entrer des troupes 
dans ladite Allemagne,* sous quelque prétexte que ce puisse être, les 
deux hauts contractants uniront leurs forces pour s'opposer à l'entrée ou 
au passage 3 de telles troupes étrangères et à cette infraction de la paix 
et pour maintenir la tranquiUité en Allemagne, '^ selon l'objet du présent 
traité. 

Art. 3. 

Les hautes parties contractantes renouvellent expressément tous les 
traités d'alliance et de garantie qui subsistent actuellement entre elles, 
et nommément l'alliance défensive et de garantie réciproque conclue à 
Westminster entre Leurs Majestés Prussienne et Britannique le 18 de 
novembre 1742, la convention arrêtée entre Leursdites Majestés à Ha- 
novre le 26 d'août 1745 et l'acte d'acceptation de Sa Majesté Prus- 
sienne de celui de garantie de Sa Majesté Britannique du 13 d'octobre 
1746 etc. 

Projet de l'article secret et séparé. 

Comme la présente convention de neutralité , signée en date d'au- 
jourd'hui par les ministres de Sa Majesté le roi de Prusse et de Sa 
Majesté le roi de la Grande-Bretagne, munis des pleins-pouvoirs néces- 
saires pour cet effet, ne regarde que l'Allemagne, cette convention ne 
doit point être étendue aux Pays-Bas autrichiens et leurs dépendances, 
qui ne doivent point être censés compris dans la présente convention 
de neutralité, sous quelque prétexte que cela puisse être, d'autant plus 
que Sa Majesté le roi de Prusse n'a garanti dans le 8^ article de la 
paix de Dresde à Sa Majesté l'impératrice -reine de Hongrie et de Bo- 
hême que les États qu'elle possède en Allemagne. Cet article secret et 
séparé aura la même force que s'il était inséré de mot en mot dans la 
présente convention de neutralité signée aujourd'hui. 

Nach dem Concept. 

1 Englisches Project : dans le Saint - Empire Romain. — 2 Englisches Project : 
dans ledit Empire ou sur quelque partie de son territoire ou dépendance. — 3 Eng^ 
lisches Project : nur „à l'entrée". — 4 In einer Abschrift des Contreprojects findet 
sich die eigenhändige Aenderung : les deux hauts contractants „feront respectivement 
tous leurs efforts auprès de leurs alliés par des représentations les plus énergiques 
pour les empêcher de troubler le repos de l'Allemagne." Diese Aenderung ist in 
dem obigen an Michell abgegangenen Exemplar des Contreprojects nicht beibehalten.. 



17 

7176. AU ROI DE LA GRANDE-BRETAGNE A LONDRES. 

Berlin, 4 janvier 1756. 
Monsieur mon Frère. L'on ne saurait être plus sensible que je 
l'ai été aux assurances d'amitié qui me sont parvenus de la part de 
Votre Majesté par le canal de mon ci-devant secrétaire d'ambassade, le 
sieur Michell, à Sa cour. Votre Majesté peut compter qu'il n'a pas dé- 
pendu de moi de fortifier les liens du sang qui nous unissent déjà, 
par d'autres engagements. Je n'ai jamais été éloigné de les contracter, 
et, pour Lui en donner une preuve convaincante, je n'ai fait nulle diffi- 
culté de me rendre aux désirs de Votre Majesté, quant à la conclusion 
d'un traité de neutralité à moyenner entre nous pour la sûreté et le 
bien-être de l'Allemagne, dans la situation critique où se trouvent actu- 
ellement les affaires générales. Le sieur Michell que je viens de revêtir 
du caractère de mon chargé d'affaires à la cour de Votre Majesté, aura 
l'honneur de Lui expliquer sur ce sujet mes sentiments plus particulière- 
ment. Je prie Votre Majesté de lui donner une entière créance à ce 
qu'il aura l'honneur de Lui dire de ma part à cet égard, surtout quand 
il L'assurera de l'intérêt véritable que je prends à tout ce qui La re- 
garde, et des sentiments d'estime, d'amitié et de considération les plus 

parfaits avec lesquels j'ai l'honneur d'être etc. „ , 

^ Federic. 

Nach dem Concept. • 



7177. AU SECRETAIRE 

Michell berichtet, London 26. De- 
cember: „Le lord Holdernesse m'ayant 
prié de passer chez lui ce matin, m'a dit 
qu'il envoyait ce soir un courrier à Péters- 
bourg, avec des instructions au chevalier 
Williams, qui ne roulaient cependant que 
sur ce qui s'était dit publiquement au 
Parlement, » et les motifs qui avaient en- 
gagé Sa Majesté Britannique d'y faire dé- 
clarer que le traité en question avait été 
communiqué à Votre Majesté, 2 sans dire 
mot avec cela des ouvertures qui se sont 
faites après. 3 Ce courrier est d'ailleurs 
chargé d'autres instructions pour le che- 
valier Williams, concernant le renouvelle- 
ment du traité de commerce entre cette 
cour-ci et la Russie." 



Nach dem Concept. 



MICHELL A LONDRES. 

Potsdam, 6 janvier 1756. 

J'accuse la bonne réception du 
rapport que vous m'avez fait du 
26 de décembre dernier, et dont 
j'ai vu avec plaisir ce que vous me 
mandez des ouvertures que milord 
Holdernesse vous a faites relative- 
ment aux instructions qui ont été 
données au chevalier Williams à 
Pétersbourg par un courrier qui 
vient de passer par ici. 

Je compte, au surplus, que 
celui qui vous porte mes dépêches 
du 4 de ce mois,"* vous sera heu- 
reusement arrivé , et ne doute pas 
que vous ne vous y dirigiez en 



conséquence. 



Federic. 



I Vergl. Bd. XI, 457. — 2 Vergl. Bd. XL 41^ 
418. 419- — '' Nr. 7175. 
Corresp. Friedr. II. XII. 



— 3 Vergl. S. 1—5; Bd. XI, 



7178. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLING- 
GR^FFEN A VIENNE. 



KlinggräfFen berichtet, Wien 27. De- 
cember : „Nous sommes jusqu'au moment 
présent sans nouvelles de Constantinople. 
Je sais même de bon lieu que la cour 
n'en a point encore, puisque les mécon- 
tents et rebelles I ne laissent rien passer; 
ce qui fait qu'il se répand toutes sortes 
de bruits, vrais ou inventés, que la rébel- 
lion s'étend jusqu'à Constantinople et me- 
nace la déposition du Sultan . . . Comme 
tout est calculé ici contre Votre Majesté, 
je ne doute point que les deux cours im- 
périales ne se réunissent entres elles, 
quand elles pourront trouver une occasion 
d'exécuter leurs mauvais desseins contre 
Votre Majesté, et dont Elle a été heu- 
reusement avertie à temps. Mais pour 
ce qui regarde la Turquie en cas d'une 
guerre, l'accord pourrait bien n'être pas 
si parfait entre ces deux puissances sur 
le secours à se prêter jéciproquement. 
. . . Les levées se continuent avec une 
vivacité extraordfnaire.s On tire des gens 
de prison, et on en lève tout ce qui est 
possible , petits et grands ... Je dois 
ajouter deux propos qui me sont revenus 
hier et avant -hier, et qui se sont tenus 
parmi des personnes qui quelquefois se 
mêlent de raisonner dans de bons lieux : 
qu'il serait à souhaiter que les affaires 
s'accommodassent entre la France et 
l'Angleterre, que l'occasion serait favorable 
de reprendre la Silésie, puisque la France 
avait assez fait connaître par sa modéra- 
tion qu'elle ne voulait point la guerre, 
tandis que la Russie pourrait épauler cette 
cour-ci dans son dessein." • 



Nach dem Concept. 



Potsdam, 6 janvier 1756. 

J'ai reçu votre rapport du 27 
décembre, par lequel j'ai vu à ma 
satisfaction particulière que vous 
pénétrez de fort près par vos con- 
jectures les véritables intentions de 
la cour de Vienne, et je suis très 
certain que le projet que vous lui 
supposez avec la Russie, est le vrai 
que ladite cour a adopté actuelle- 
ment et qu'elle voudrait pousser à 
son exécution. 

Cependant, comme il arrive 
souvent qu'on calcule sans son 
hôte, il saura bien arriver que la 
mauvaise humeur du comte de 
Kaunitz augmentera de jour en 
jour, pourvu que vous y prendriez 
bien garde. 

Je crois vrai que la correspon- 
dance entre Vienne et Constan- 
tinople est interrompue par la 
révolte de Belgrade, mais je doute 
fort que celle-ci se soit étendue de 
la sorte que les bruits en ont couru 
à Vienne. 

Au reste, vous devez vous in- 
former exactement auxquels lieux 
en Moravie et en Bohême ^ on as- 
semble des magasins pour les trou- 
pes, afin de pouvoir m'en faire 
votre rapport avec toute la justesse 

possible. _ - 

te de ne. 



I Klinggräffen hatte, Wien 13., 20., 24. December, von einer in Belgrad aus- 
gebrochenen Revolution berichtet, bei welcher der türkische Pascha mit einigen tau- 
send Mann von den Aufständischen in der Citadelle eingeschlossen worden war. — 
2 Vergl. Bd. XI, 434. — 3 Vergl. Bd. XI, 445. 



19 



7179- 



AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE 
KNYPHAUSEN A PARIS. 



Potsdam, 6 janvier 1756. 

J'ai bien reçu votre dépêche 
du 26 de décembre dernier, et 
vous remercierez de ma part M. 
Rouillé des attentions qu'il a bien 
voulu me marquer en ce qui re- 
garde l'envoi du sieur de Varenne. 

Quant au traité de subsides 

que la France continue à vouloir 

faire avec la Saxe, vous devez à 

présent le traiter avec indifférence 

et vous tenir tout clos et boutonné 

là-dessus. _ , 

Federic. 



ivnyphausen berichtet, Paris 26. De- 
cember, dass er einen Pass für den Mar- 
quis von Varenne sowie ein Schreiben 
Rouillé' s an den französischen Consul in 
Smyrna , Peyssonel , i erhalten und beide 
Stücke an Varenne nach Marseille gesandt 
hat. ,,M. Rouillé a fait partir à peu 
près vers le même temps les instructions 
qu'il a envoyées au chevalier de Ver- 
gennes,2 pour l'informer des intentions 
de Votre Majesté et lui enjoindre de se 
conduire en conformité. Il m'a promis 
aussi qu'il garderait à ce sujet le secret 
le plus absolu et qu'il n'en ferait mention 
envers personne. 

Le ministère de Saxe a été peu 
satisfait des éclaircissements qu'on lui a 
demandés sur les engagements qui sub- 
sistent entre sa cour et celles de Vienne 
et de Russie. Cependant , comme il n'a 
point pu se dispenser d'entrer en négo- 
ciation à ce sujet, il m'a été assuré qu'on 
avait remis un mémoire au comte Broglie, 
pour prouver à sa cour que ces engage- 
ments n'étaient nullement incompatibles 
avec ceux qu'on avait intention de prendre 
avec la France. M. Rouillé, que j'ai vu 
immédiatement après l'arrivée de ce cour- 
rier, m'a paru être peu édifié de ces 
éclaircissements et a été obligé de con- 
venir vis-à-vis de moi qu'on avait main- 
tenant des prétextes suffisants pour rompre 
la négociation. Mais il a ajouté en même 
temps, après m'avoir demandé plusieurs 
■ fois si Votre Majesté persistait toujours à 
cet égard dans les mêmes sentiments d'op- 
position , 3 qu'il faudrait voir quelle im- 
pression feraient maintenant sur l'esprit 
du Roi les instances de Monsieur le Dau- 
phin et de Madame la Dauphine , 4 aux- 
quels, à ce que j'apprends, le roi de Po- 
logne doit avoir écrit pour les déterminer 
de prier le Roi d'en venir à la signature 
du traité ... La cour de Saxe est pleine- 
ment instruite de l'opposition qu'EUe 
[Votre Majesté] forme à la conclusion de 
ce traité. Le comte Vitzthum , auquel 
j'ai soigneusement évité d'en rien laisser 
apercevoir, m'en a parlé plusieurs fois 

I Vergl. S. 8. — 2 Vergl. Bd, XI, 423. — 3 Vergl. Bd. XL 477. — ♦ Vergl. 
Bd. XI, 342. 382. 

2* 



20 



et a joint aux insinuations qu'il m'a faites 
pour cet effet, les assurances les plus fortes 
du désir qu'avait sa cour de pouvoir 
gagner la confiance de Votre Majesté et 
de vivre avec Elle dans la plus parfaite 
intelligence. Le Dauphin et la Dauphine 
en sont également instruits , et j'ai lieu 
de supposer qu'ils m'en veulent beaucoup 
de mal." 

Nach dem Concept. 



7180. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION COMTE DE 
SOLMS A STOCKHOLM. 



oolms berichtet, Stockholm 23. De- 
cember, dass in einer Versammlung des 
Bauernstandes eine Meuterei gegen den 
Sprecher ausgebrochen sei, und dass beim 
Verhör die Schuldigen ausgesagt hätten, 
sie seien vom Könige von Schweden an- 
gestiftet worden. 



Potsdam, 6 janvier 1756. 
J'ai vu par votre rapport du 
23 de décembre dernier que je ne 
me suis pas trompé, quand j'ai 
toujours présumé que, de la ma- 
nière dont le parti de la cour con- 
duisait le roi de Suède, ^ les choses 
ne sauraient que prendre un très 
mauvais pli pour ses affaires ; mais ce qui me surprend plus encore 
que cela, c'est que vous ne m'avez point mandé jusqu'ici comment le 
Roi et la Reine sentaient là -dessus, quoique je vous l'eusse enjoint 
réitérativement. == 

Nach dem Concept. 



Federic. 



DER AUSWÄRTIGEN ÄFF AIREN. 

Potsdam, 6. Januar 1756. 
Es wird am besten sein, ihm 
nur geradeweg zu antworten, dass 
Ich Ihnen gerne, so viel Ich könnte, 
helfen möchte, die Sache aber wäre 
in Wien bereits zu weit gekommen 
und stünde auf dem Punkt con- 
firmiret und publiciret zu werden, 
und also wäre es zu späte, dass 
Ich noch was gedeihhches aus- 
richten könnte. 



7 181. AN DAS DEPARTEMENT 

rodewils und Finckenstein berich- 
ten, Berlin 5. Januar, über eine ihnen 
von dem Könige zur Aeusserung über- 
gebene Beschwerdeschrift des mecklen- 
burgischen Edelmanns von der Luhe ,,als 
bevollmächtigten Deputirten von einigen 
Amtern und Singulis der Ritterschaft", 
d. d. Wismar 29. December 1755. Eine 
Minorität der mecklenburgischen Ritter- 
schaft hat in Wien einen Protest gegen 
den zwischen dem Herzog und dem 
grösseren Theil der Ritterschaft ge- 
schlossenen Erbvergleich 3 eingereicht. „Le 
suppliant, étant un des chefs du parti 
des opposants, souhaite que Votre Ma- 
jesté voulût bien charger Ses ministres à 

I Vergl. Bd. XI, 175. 433. — » Vergl. Bd. XI, 433. 454. — 3 „Landes-grund- 
gesetzlicher Erbvergleich", d. d. Rostock 18. April 1755. Gedruckt in Faber, Europ. 
Staatskanzlei, Bd. 109, S. 169 ff. 



21 



Vienne pour traverser la négociation du 
<iuc de Mecklembourg - Schwerin et de la 
plus grande partie de la noblesse , qui 
sollicitent avec empressement la confir- 
mation impériale . . . Les ministres de 
Votre Majesté à Vienne ont mandé der- 
nièrement qu'on s'attendait à voir émaner 
au premier jour une résolution du conseil 
aulique sur ce sujet , vu que ce tribunal 
en avait déjà envoyé son avis à l'Em- 
pereur; mais on ne saurait se persuader 
que les opposants puissent jamais obtenir 
une résolution contraire à la convention. 
, . . D'ailleurs, la convention dont il 
s'agit , étant conclue sans que Votre Ma- 
jesté comme successeur éventuel dans le 
pays de Mecklembourg soit consulté là- 
dessus, contient plusieurs articles très 
préjudiciables aux droits suprêmes du 
souverain du pays , de sorte que , selon 
nos faibles lumières, le meilleur parti que 
Votre Majesté puisse prendre à l'égard 
de cette affaire, serait de garder le silence 
là -dessus, sans Se déclarer ni pour ni 
contre ladite convention , pour avoir les 
coudées libres en son temps." 

Mündliche Resolution. Nach Aufzeichnung des Cabinetssecretärs. 



AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 



7182 

Podewils berichtet, Berlin 5. Ja- 
nuar: ,, Comme les gazettes françaises 
d'Amsterdam et de Leyde, arrivées par la 
poste d'aujourd'hui, font publiquement 
mention de la nomination de milord 
Marchmont comme ministre du roi d'Angle- 
terre pour la cour de Votre Majesté , il 
faut bien que celle de Londres n'ait pas 
observé à cet égard le secret dont le 
sieur Michell fait mention dans ses der- 
nières dépêches, i Le chevalier de La 
Touche m'a questionné sur cette nouvelle 
de gazette; je lui ai répondu que, comme 
elle avait parlé tantôt de l'envoi du 
sieur Robinson, tantôt de celui de milord 
Hyndford2 et de milord Tyrawley3 à 
Votre Majesté, il n'était pas surprenant 
qu'elle en nommât un quatrième à pré- 
sent, et qu'en tout cas il n'y aurait rien 
•d'extraordinaire que le roi d'Angleterre 



I Vergl. S. 4. — 2 Vergl. Bd. VII, 418. 
450. — 4 Vergl. S. 9; Bd. XI, 170. 



Potsdam, 6. Januar 17^6. 
Er hat wohlgethan, ihm so zu 
antworten; Ich sehe auch nicht ab, 
was Ich übles thun würde, wenn 
mit Engelland gewisse Alliances 
machte, da Mein Tractat mit 
Frankreich zu Ende gehet, "^ und 
ist es so weit gut, dass M. de La 
Touche sich nach und nach daran 
wird gewöhnen müssen. 



— 3 Vergl. Bd. IV, 402; XI, 



22 

songeât enfin à remplir le poste de son 
ministre à Berlin, qui était demeuré assez 
longtemps vacant, i surtout depuis qu'on 
avait résolu à Londres d'en envoyer un 
à Dresde. "2 

Mündliche Resolution. Nach Aufzeichnung des Cabinetssecretär?. 



7183. AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 

Potsdam, 7. Januar 1756. 
Zufolge Sr. Königl. Majestät allergnädigsten Specialbefehl soll ich 
an Ew. Excellenz einliegendes Schreiben von des Herrn Markgrafen zu 
Baireuth Durchlaucht, welches heute mit einer sicheren Gelegenheit ein- 
gelaufen, zusenden und dabei melden, wie Ew. Excellenz die Antwort 
darauf,^ und zwar in poli en, jedennoch generalen Terminis dahin be- 
sorgen möchten, wie noch zur Zeit sobald kein Krieg auf dem festen 
Lande in Europa zu vermuthen sei , noch die Umstände so gefährlich 
wären, dass des Markgrafen Lande daher etwas zu befürchten hätten, 

und dergleichen mehr. _ . , , 

* Eichel. 

P. S. 

Auch soll ich auf allergnädigsten Specialbefehl Sr. Königl. Majestät 
an Ew. Excellenz beikommende Uebersetzung des zwischen denen beiden 
Kronen Engelland und Schweden in anno 1661 getroffenen Commercien- 
tractats, welche des Königs Majestät mit vieler Attention Selbst gelesen 
haben, übersenden und von Höchstderoselben wegen Ew. Excellenz 
vermelden, dass, woferne sonsten dieser Commercientractat derjenige 
wäre, welchen der p. Michell in seinem letzteren Berichte, obschon 
unter einem andern Jahre, accusiret habe,* solcher ganz gut wäre, 
jedoch des Königs Majestät glaubeten, dass die Herrn Engelländer die 
Considération haben und in dem mit Sr. Königl. Majestät zu schUessen- 
den Commercientractat alles dasjenige, so in dem schwedischen Tractat 
von Flotten, die Se. Königl. Majestät nicht hätten, [enthalten], auslassen 
würden. So wäre auch noch ein Articul darin enthalten, nach welchem 
die Krön Schweden sich verbände, keinen Commercientractat mit an- 
deren Puissancen sonder Vorbewusst von Engelland schliessen zu wollen, 
von dergleichen Engagement aber des Königs Majestät Sich gerne über- 
hoben sehen würden, da solches ohnedem in Rücksicht des Commerça 
Dero Landen auf das schwedische gar nicht quadrire. Ew. Excellenz 
möchten also den p. Michell darnach gehörig instruiren^ und ihm allen- 
falls gedachtes Exemplar communiciren , zugleich aber demselben ein 
Project zu einem zwischen Sr. Königl. Majestät und der Krön Engelland 

I Seit dem Fortgange des Sir Hanbury Williams. Vergl. Bd. VIII, 591. — 
1 Vergl. Bd. XI, 454. — 3 V«>rgl. Nr. 7188. — 4 Vergl. S. 3. — 5 Vergl. S. 24 
Anm. 4. 



23 

zu treffenden Commercientractat mit zusenden , bei welchem Höchst- 
dieselbe hauptsächlich nur intendirten, dass Dero zur See commerciirende 
Unterthanen nur, so viel möglich, von denen Piraterien derer engHschen 
Schiffe und Armateurs verschonet würden. 

Nach der Ausfertigung. 

7184. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE MALTZAHN 

A DRESDE. 

Potsdam, 7 janvier 1756. 

J'ai bien reçu le rapport que vous m'avez fait du 2 de ce mois, 
et suis bien aise d'apprendre que le comte de Brühl a redressé d'abord 
sur vos instances l'oubli des pleins -pouvoirs et des instructions pour le 
sieur de Poigk touchant les différends des postes à aplanir aux con- 
férences de Halle. ^ 

Il sera nécessaire, cependant, que nous voyions préalablement com- 
ment les commissaires saxons à Halle se conduiront pour régler les 
affaires de commerce, dont je commence de n'en avoir pas trop bonne 
opinion, par les demandes frivoles qu'ils ont faites en dernier lieu. ^ 

Comme vous savez combien il m'importe d'être fort exactement 
instruit de ce qui arrive à Pétersbourg et à Vienne relativement aux 
affaires qui tiennent présentement presque toute l'Europe dans l'attente 
de ce qui en résultera, vous ne devez épargner ni peine ni soins 
pour en avoir des nouvelles instructives, soit par votre canal ordinaire, 
soit par d'autres voies encore. Quant à la cour de Vienne, je sais bien 
que votre canal ordinaire ne saurait vous fournir grande chose, tandis 
que le comte Flemming n'y soit pas retourné , ^ à moins qu'il n'y ait 
là quelque chargé d'affaires de la cour où vous êtes qui en attendant 
y supplée ; mais je crois que vous trouverez encore d'autres moyens 
pour apprendre exactement de quelle façon la cour de Vienne pense 
sur les conjonctures présentes et quelles vues elle forme, pourvu que 
vous vous appUquerez de votre part d'en tirer. 

Au reste , comme je suis informé que le Dauphin , tout comme la 
Dauphine, presse extrêmement le ministère de France de se prêter à la 
conclusion d'un traité de subsides avec la Saxe,"* vous serez bien 
attentif, quand le comte de Broglie aura de retour son courrier, pour 
vous informer sous mains , et sans en parler au comte de Broglie , du 
résultat que ledit courrier apportera de France ; aussi crois-je qu'il sera 
un signe point équivoque que la France y a déféré, quand vous re- 
marquerez alors des airs de satisfaction sur le visage du premier ministre. 

Nach dem Concept. F C d C r i C 



I Vergl. Bd. XI, 299. 300. Der chursächsische Commissar von Poigk hatte nur 
für die Handels-, nicht für die Postangelegenheiten Instructionen erhalten. — 2 Vergl. 
Nr. 7169 S. 6. — 3 Vergl. Bd. XI, 415. — 4 Vergl. S. 19. 



24 

7185. AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 

Potsdam, 8. Januar 1756. 

Da derjenige Extract,^ dessen in meinem gestrigen Schreiben an 
Ew. Excellenz Erwähnung gethan, noch gestern Abend fertig geworden 
ist, so ermangele nicht, Sr. Königl. Majestät mir ertheiletem Befehl nach 
solchen an Ew. Excellenz hierbei gehorsamst zu übersenden. Dabei ich 
aber unterthänig melden muss , dass ich kein weiteres Mundum davon 
habe, und da des Königs Majestät diesen Extract zu einem gewissen 
Behuf anfertigen lassen ^ und solchen morgen früh noch Selbst lesen 
und revidiren wollen, ich mich also genöthiget sehe, Ew. Excellenz ge- 
horsamst zu ersuchen, mir solchen ohnvorgreiflich noch heute Abend in 
Berlin wiederum zukommen zu lassen, auf dass ich selbigen morgen 
früh Sr. Königl. Majestät mit zusenden könne. 

Im übrigen melde Ew. Excellenz annoch ganz gehorsamst , dass 
von der Zeit an, da diese Correspondance aufgehöret hat, die Ew. Ex- 
cellenz bekannte Ouvertures von dem englischen Ministerio an den 
p. Michell geschehen seind, so dass daraus fast scheinet, dass gedachtes 
Ministerium die Sache nicht weiter durch des Herzog von Braunschweig 
Durchlaucht tractiren lassen, sondern sich deshalb vielmehr immédiate 
an des Königs Majestät adressiren wollen. ^ Ich werde übrigens nicht 
ermangeln, sowohl von diesem Extract als auch von allen übrigen nach- 
her erfolgeten Piecen vor Ew. Excellenz und zu Completirung Dero 
Acten die erforderliche Abschriften fertigen zu lassen, sobald nur die 
Zeit solches wird vergönnen wollen , welches aber hoffentlich noch vor 
Ankunft dès aus Engelland zurück erwarteten Couriers geschehen soll. 

Nach der Aasfertigung. Eichel 



7186. AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 

Berlin, 10. Januar 1756. 
Ew. Excellenz habe die Ehre, beikommende Expeditiones * wegen 
einer mit Engelland zu errichtenden Commercienconvention , nachdem 
solche von Sr. Königl. Majestät vollenzogen worden , zu remittiren. 
Des Königs Majestät haben Sich vor dieses Mal die Zeit nicht geben 
wollen, das Projet Selbst durchzulesen, Sie präsupponiren aber, dass 
darin alles , so einigen Rapport auf Flotten hat oder was sonst Dero- 
selben onéreux sein könnte, in dem Projecte werde ausgelassen und 
solches hauptsächlich dahin werde tourniret worden sein , dass Dero 

I Auszüge aus der Correspondenz des Königs mit dem Herzoge von Braunschweig. 
Vergl. Bd. XI, 474, 475. — 2 Zur Mittheilung an Nivernois, der in diesen Tagen in 
Berlin erwartet wurde. Vergl. S. 72. — 3 Vergl. Bd. XI, 418. — 4 Ministerial- 
erlass an Michell, d. d. Berlin 10. Januar, Vollmacht zur Schliessung des Handels- 
vertrages, Project für denselben, Uebersetzung des Vertrages zwischen England und 
Schweden von 1661. 



25 

commerciirende Unterthanen und deren Schiffe zu Zeiten , wenn Engel- 
land im Kriege begriffen, von allen Insultes, so viel möglich, befreiet 
werden mögen. ^ 

Auf meine Anfrage , wie diese Dépêche an den Michell nach Sr. 
Königl. Majestät Intention abzusenden wäre, haben dieselbe zur Reso- 
lution gegeben, dass gar kein Bedenken sei, solche nur wie gewöhnlich 
mit der Post gehen zu lassen, woferne selbige nur sonsten wohl coUiret 

und verpacket werde. ^. , 

Eichel. 

Nach der Ausfertigung. 



7187. AU MINISTRE D'ÉTAT COMTE DE PODEWILS A BERLIN. 

[Berlin, 10 janvier 1756.] 

Monsieur de La Touche n'a qu'à se faire annoncer à 10 heures 

et demi. Je vois à peu près où vise sa commission ; c'est encore une 

mauvaise défaite pour que les Anglais aient le nom d'agresseurs dans 

cette guerre de merluches. ^ 

Fr. 

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig (praes. 10. Januar). 



7188. AU MARGRAVE RÉGNANT DE BAIREUTH A BAIREUTH. 

Berlin, 10 janvier 1756. 

Monsieur mon Cousin, Beau-Frère et Frère. J'ai fort bien reçu la 
lettre que Votre Altesse vient de m' écrire du 30 de décembre de l'an- 
née passée. ^^ Je m'étais flatté, à la vérité, que ma dernière réponse du 
6 du même mois^ aurait calmé Ses inquiétudes par rapport à la con- 
servation de la tranquillité dans Ses cantons, malgré la continuation des 
hostilités par mer entre l'Angleterre et la France. Mais voyant que 
Votre Altesse continue toujours d'appréhender pour le repos de l'Alle- 
magne et celui du cercle de Franconie, je ne saurais que Lui réitérer 
tout ce que je Lui ai mandé précédemment sur ce sujet par rapport à 
Ses appréhensions. Et comme je suis assez à portée de juger sur le 
tableau général de la situation des affaires présentes, il me semble que, 
malgré la grande fermentation des esprits dans la querelle entre la 
France et l'Angleterre, le continent de l'Europe et surtout l'Allemagne, 
et principalement le cercle de Franconie avec les États des Votre Al- 
tesse , n'ont rien à craindre encore , et qu'il n'y a encore aucune ap- 
parence jusqu'ici que le feu de la guerre s'étendra jusque là. 

Pour ce qui est des désirs de Votre Altesse à l'égard de la France, 
je dois me référer également à ma précédente lettre, à laquelle je ne 

1 Vergl. Nr. 7183 S. 23. — 2 Vergl. Nr. 7183 S. 22. — 3 Bd. XI, 
Nr. 7118. 



26 

saurais rien ajouter cette fois-ci sinon les sentiments de la plus parfaite 
amitié et de l'estime et de la considération avec laquelle je suis in- 
variablement, Monsieur mon Cousin, Beau -Frère et Frère, votre bien 
bon cousin, beau-frère et frère 

Nach dem Concept. 



Federic. 



7189. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE 
KNYPHAUSEN A PARIS. 



JVnyphausen berichtet, Paris 26. De- 
cember , über ein Gespräch mit Rouillé 
in Betreff der wirksamsten Art der Kriegs- 
führung gegen England. ,,M. Rouillé con- 
vint . . . qu'il n'y en avait point, à son avis, 
qui, dans l'intention où l'on était de s'en 
tenir à une guerre maritime , i allât plus 
droit au but et fût plus propre à étouffer 
le feu de la guerre dans sa naissance, 
que celle d'une descente en Angleterre. 
Ce ministre me parla • à ce sujet d'une 
manière si ample, si méthodique et si 
réfléchie que je n'eus point de peine à 
m' apercevoir que cette conversation était 
le fruit d'un examen suivi de la matière 
qui en faisait l'objet, et que ce n'était 
nullement une première ébauche de ses 
pensées. »Comment,« me dit-il, »fait-on 
une guerre offensive? c'est sans doute en 
attaquant les possessions de la puissance 
avec laquelle on veut entrer en guerre. 
Une pareille attaque doit se faire par 
deux principes, dont le premier est qu'il 
faut commencer par les possessions qui 
sont les plus faciles à envahir et où l'on 
prévoit le moins de résistance ; et le se- 
cond, qu'on doit choisir de préférence 
celles qui vous approchent le plus im- 
médiatement du but qu'on se propose en 
faisant la guerre , lequel est de rétablir 
la paix , ou bien de faire des conquêtes. 
Le nôtre, ajouta-t-il, est le premier. La 
France veut conserver ses États ; mais 
elle n'a nulles vues d'agrandissement. 
Elle doit donc se décider de préférence 
pour les opérations qui seront les plus 
conformes à ce principe. Quelles sont, 
ajouta-t-il, les possessions de l'Angleterre? 
Elle a des États en Europe. Elle en a 



I Vergl. Bd. XI, 267. 417. — 2 Der Erlass giebt zugleich den Bescheid auf 
den am 6. Januar (Nr. 7179) nur theilweise beantworteten Bericht vom 26. De- 
cember. 



Berlin, 10 janvier 1756. 
La dépêche que vous m'avez 
faite du 2g de décembre, m'est 
heureusement parvenue, à laquelle ^ 
je veux bien vous dire que ce que 
vous me marquez des mesures que 
le ministère pense de prendre pour 
venger la France des insultes qu'elle 
a souffertes de l'Angleterre, je ne 
puis pas encore faire son éloge, 
mais ce qui me surprend d'ailleurs, 
c'est cette sincérité du susdit mi- 
nistère avec laquelle il confesse in- 
génument qu'il prétend choisir par 
préférence ce genre de guerre qui 
l'approche le plus immédiatement 
de la paix; ce qui veut dire, si je 
ne me trompe pas, qu'on fera la 
paix le plus tôt qu'on pourra l'a- 
voir, sans se soucier du reste, ré- 
solution de la part du ministère 
qui ne saura pas bien animer les 
alliés de la France pour se mettre 
en mouvement, au hasard d'être 
plantés et abandonnés à leur sort, 
dès que l'occasion paraîtrait con- 
venable au ministère de faire sa 
paix. 



27 — 



en Amérique. La France saurait ne 
attaquer les colonies anglaises en Amé- 
rique avec espérance de succès. Une pa- 
reille entreprise serait infiniment supérieure 
aux forces de sa marine i . . . »Voyons 
maintenant,« dit -il, »les différentes atta- 
ques que la France peut former en Eu- 
rope contre l'Angleterre. Le siège de 
Gibraltar serait une opération de longue 
haleine, et dans laquelle on échouerait 
vraisemblablement. La prise de Port- 
Mahon serait moins difficile et beaucoup 
plus importante pour la France, parceque 
l'Angleterre menace à la fois au moyen 
de ce poste les côtes de l'Espagne , de 
l'Italie et des provinces méridionales de 
la France. Mais une pareille entreprise, 
supposé même qu'elle eût le plus grand 
succès, rétablirait-elle la paix aussi promp- 
tement que le ferait une descente dans 
une des îles britanniques? . . . »Cette 
opération,« conclut-il, »est donc la plus 
conforme au principe qui fait agir la 
France dans la conjoncture présente, qui 
est de faire la guerre pour se venger des 
insultes faites à son pavillon et pour 
rétablir la paix, après avoir sauvé sa 
dignité. 

Quant à ce qui concerne le mécon- 
tentement que l'électeur de Cologne a 
témoigné d'avoir de la façon dont le 
marquis de Stainville, ambassadeur de 
France à Rome, s'est comporté à son 
égard, 2 ... M. Rouillé ne paraît point 
être sans inquiétude à ce sujet . . . Quoi 
qu'il en soit, je dois observer que le mi- 
nistère de France ne condamne point la 
conduite du marquis de Stainville , mais 
que M. Rouillé prétend qu'elle est con- 
forme à l'étiquette à laquelle les électeurs 
se sont toujours soumis à l'égard des am- 
bassadeurs de France. Mais cette conduite 
paraît très irrégulière à beaucoup d'autres 
égards, et il est constant que la protection 
que la marquise de Pompadour accorde 
à cet ambassadeur, ne contribue pas peu 
à l'indulgence avec laquelle le ministère 
d'ici l'envisage." 



En attendant, je suis persuadé 
que ce ministère échouera dans ses 
négociations avec la Bavière et que 
tout ce qu'il saura faire, sera de 
garder l'électeur de Cologne dans 
les intérêts de la France. 



I Es folgt mit Rouillé' s eigenen Worten die nähere Begründung. — a Knyp- 
hausen war durch einen Ministerialerlass vom 9. December von der durch Klinggräffen 
am 29. November aus Wien gemeldeten Nachricht in Kenntniss gesetzt, dass der 
Churfürst von Köln seit seinem Besuch in Rom anlässlich eines Etiquettenstreites mit 
dem dortigen französischen Botschafter gegen Frankreich verstimmt sei. 



28 



Knyphausen berichtet, Paris 29. De- 
cember : „Les nouvelles que le ministère 
de France a reçues en dernier lieu de 
Munich , et dont j'ai fait mention dans 
mes précédentes et très humbles dé- 
pêches, n'ont pas été aussi satisfaisantes 
qu'on l'avait espéré, et elles paraissent 
indiquer que l'Électeur a beaucoup de 
peine à satisfaire ses alliés actuels, et qu'il 
appréhende extrêmement le ressentiment 
de la cour de Vienne ... Il est à ap- 
préhender que le mécontentement de 
l'électeur de Cologne, dont j'ai eu occa- 
sion de faire mention, n'influe sur le suc- 
cès de cette négociation et que ce Prince 
ne s'emploie plus avec le même zèle au- 
près de son neveu pour lui faire reprendre 
ses anciens errements avec la France." i 

Unter Bezugnahme auf seinen Be- 
richt vom 26. December, 2 betreffend die 
Sendung Varenne's , fügt Knyphausen 
unter dem 29. December hinzu : ,,M. Rouil- 
lé , qui s'est effectivement plaint à cette 
occasion du peu de confiance que le sieur 
de Rexin a témoignée au sieur de Ver- 
gennes , 3 s'est payé des raisons dont je 
me suis servi , en conformité de la dé- 
pêche susaccusée,4 pour justifier la con- 
duite de cet émissaire et détruire les soup- 
çons auxquels elle avait donné lieu , de 
sorte qu'il m'a paru être entièrement 
calmé à ce sujet, et que j'ai raison de 
supposer qu'il n'en conservera aucun 
ressentiment." 

Ein weiterer Bericht Knyphausen's 
vom 29. December enthält sehr umfang- 
reiche Mittheilungen über den von dem 
Marschall Belle-Isle ausgearbeiteten Plan 
zu einer Landung in England. 5 

Nach dem Concept. 



Pour ce qui regarde ma mis- 
sion d'un nouveau émissaire en 
Turquie, je vous sais gré de ce que 
vous vous êtes [acquitté], aussi bien 
que vous l'avez fait, des ordres que 
vous aviez à M. de Rouillé pour 
ce sujet, et encore des bonnes 
raisons que vous lui avez alléguées 
pour détruire ses soupçons contre 
le sieur Rexin à cause de sa faute 
d'omission. Si jamais M. de Rouillé 
revient à vous parler sur cela, vous 
lui direz que [cela va sans dire], 
pourvu qu'on songe qu'au temps du 
départ du sieur de Rexin il n'y 
avait point de ministre de France à 
Constantinople ^ et qu'en après un 
éloignement de plus de 200 lieues 
était un obstacle presqu'invincible 
pour lui fournir de nouvelles ins- 
tructions, surtout pendant le peu de 
temps qu'il a séjourné à Constan- 
tinople. 

Au reste, j'ai été très satisfait 
de votre attention pour me donner 
des notions précises sur le projet 
du maréchal de Belle -Isle pour 
faire la guerre à l'Angleterre. 

Federic. 



7190. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLING- 
GR^FFEN A VIENNE. 

Berlin, 10 janvier 1756. 
J'ai reçu votre dépêche du 31 décembre. Je ne veux point entrer 
en discussion avec vous sur les raisons que vous alléguez pour me con- 
vaincre de ce qu'on n'a point pu vous imposer par des avis qu'on 
vous a rendus;^ je vous ferai toujours justice; mais soyez assuré qu'il 
y en a dont apparemment la cour de Vienne vous en a fait accroire 

I Vergl, Bd. VIII, 599. — 2 Vergl. S. 19. — 3 Vergl. Bd, XI, 392. 393. — 
4 Ministerialerlass vom 9. December. — 5 Vergl, Bd. XI, 450. — 6 Vergl. Bd. XI, 
477. — 7 Vergl. Bd. XI, 445. 



29 

par des gens apostés. Je connais trop votre dextérité et le zèle que 
vous portez pour nos intérêts, mais soyez persuadé que, quelques avis 
qu'on vous a donnés , et que vous m'avez marqués par vos dépêches 
antérieures, ' n'ont été que pour vous embaumer et pour vous représenter 
les choses sur tout une autre face qu'elles le sont effectivement. Vos 
deux derniers rapports et ce que j'ai appris par d'autres canaux, me 
sont de sûrs garants de ce que je vous avance. 

Soyez assuré et n'en doutez pas pour un instant qu'après les brouil- 
leries de l'Angleterre et de la France, la cour où vous vous trouvez a 
songé d'abord à profiter de l'occasion de m'attaquer conjointement avec 
la Russie, dès que les Français entreraient dans les Pays-Bas autrichiens. 
C'est à ce principe que vous dirigerez et en conséquence duquel vous 
devez diriger votre attention , qui vous déchiffrera les vues et tout l'ar- 
rangement que les Autrichiens font dans leur militaire. ^ Prenez vos 
mesures là-dessus, et la suite vous convaincra que les perquisitions que 
vous aurez faites là-dessus, n'auront point été gratuitement. 

Par ma dernière dépêche, ^ je vous ai ordonné de m'apprendre les 
propres lieux où la cour de Vienne fait assembler des magasins en Mo- 
ravie et en Bohême ; songez de m'y satisfaire, tout comme sur les nou- 
veaux arrangements que le maréchal de Neipperg fait faire dans les manœu- 
vres de troupes;'* s'il n'est possible que vous puissiez entrer dans tous 
les menus détails là-dessus, ce sera au moins le gros de ceci que vous 
saurez me mander. Je sais par de bonnes lettres que le régiment hus- 
sards de Maros vient d'être mis en quartier à la principauté de Teschen 
et le long des frontières de la Haute-Silésie autrichienne, sous prétexte 
de veiller contre les faux -sauniers. Qu'on en persuade aux imbécilles 
tout ce qu'on en voudra, mais des gens judicieux et raisonnables savent 
trop ce qu'ils en doivent croire. 

Au reste, nous avons nos bruits ici qu'il doit être remis à l'Im- 
pératrice - Reine une lettre d'un anonyme que la ville de Vienne dût 
avoir au mois de mars la même catastrophe par un tremblement de 
terre que celle de Lisbonne avait eu malheureusement, ^ et que cet avis 
de l'anonyme avait causé tant de frayeur à cette Princesse qu'elle avait 
incontinent après donné ses ordres afin que tous les divertissements de 
carnaval , comme opéras , comédies , et tout autre spectacle fussent dé- 
fendus à Vienne, à Prague, à OlmUtz et tous autres lieux de sa dépen- 
dance, mais qu'au lieu de cela l'archevêque de Vienne et les autres du 
clergé ordonnassent des actes singuHers pour fléchir le Ciel. Si ces 
bruits sont vrais, je trouverais un peu étrange que vous ne m'ayez 
rien marqué là -dessus, vu que ce serait une chose qui méritait assez 

que vous m'en fissiez quelque rapport. „ , 

^ 1 n rx- Federic. 

Nach dem Concept. 

I Vergl. Bd. XI, 404. 411. 453. — 2 Vergl. S. 18. — 3 Nr. 7178. — 
4 Vergl. S. 10. — 5 Vergl. Bel. XI, 484. 



7I9I. 



30 

AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE MALTZAHN 
A DRESDE. 

Berlin, 10 janvier 1756. 
J'ai reçu votre rapport du 5 de ce mois , au sujet duquel je vous 
renvoie sur ma dernière dépêche et vous dirai, au reste, que le service 
le plus essentiel que vous saurez me rendre présentement par votre 
homme confident, c'est de me procurer bien circonstanciés des rapports 
de ce qui regarde la cour de Pétersbourg, et surtout de ce qu'il y est 
arrivé depuis un courrier anglais qui est passé depuis trois Jours par ici 
à Pétersbourg, pour y porter de nouvelles instructions au sieur Williams. * 
Comme la cour où vous êtes ne manquera pas d'être bientôt instruite 
du sieur de Funcke de ce que ces dépêches portent, vous y aurez une 
attention particulière et tâcherez au possible de m'en informer exactement. 

Nach dem Concept. F e d e T i C. 



AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 



7192 

Jrodewils berichtet , Berlin 10. Ja- 
nuar, dass die sächsische Uhlanenpostirung 
in Schlesien 2 nunmehr zurückgezogen sei, 
und dass der chursächsische Gesandte von 
Bülow für dieselbe den Dank seines Hofes 
übermittelt habe. ,,Ce Ministre a ordre 
de faire les plus grandes protestations des 
offres de services de la part du Roi son 
maître en tout ce qui pourra être agré- 
able à Votre Majesté, se flattant qu'Elle 
voudra bien , quand une fois le roi de 
Pologne sera obligé de retourner dans son 
royaume , lui accorder alors la même fa- 
veur pour la commodité de sa correspon- 
dance." 

Mündliche Resolution. Nach Aufzeichnung des Cabinetssecretärs. 



Berlin, II. Januar 1756. 

Recht gut. 



7193. AN DIE ETATSMINISTER GRAF PODEWILS UND GRAF 
FINCKENSTEIN IN BERLIN. 

Berlin, 11. Januar 1756. 
Meine liebe Geheime Etatsminister Graf von Podewils und Graf 
von Finckenstein. Nachdem des Herzogs von Mecklenburg - Schwerin 
Liebden eine geraume Zeit her gegen Mich und die nach Ihren Landen 
beurlaubte, auch andere dahin kommende Leute von Meiner Armée Sich 
sehr unfreundlich betragen haben ^ und zugleich in Ansehung der frei- 
willigen Werbung verschiedene harte und unnachbarliche Verordnungen 



1 Vergl. S. 17. — 2 Vergl. Bd. XI, 308. 309. — 3 Vergl. Bd. XI, 305. 353. 



31 

und Patente publiciren lassen, so bin Ich dadurch veranlasset worden, 
um Dieselbe auf bessere und freundschaftlichere Gedanken zu bringen, 
einige von Ihren Beamten und Pächtern aufheben und selbige nach 
Parchim in Arrest bringen zu lassen. Da nun hierüber zwischen Mir 
und gedachten Herzogs Liebden eine unangenehme Correspondenz ent- 
standen , ' wie Ihr solches aus denen Einschlüssen mit mehrern ersehen 
werdet, die in dem letztern Schreiben des Herzogs vorgebrachte Ent- 
schuldigung in Ansehung des Werbungsverbots aber auf einen blossen 
juristischen Behelf hinausläuft, anderer darin enthaltener unanständiger 
Expressionen nicht zu gedenken, so will und befehle Ich Euch hier- 
durch , dass Ihr des Herzogs Liebden darüber in serieusen Terminis 
antworten und Ihnen daneben gerade heraus sagen sollet, dass die Los- 
lassung derer arretirten Beamten und Pächter ehender nicht zu hoffen 
wäre, bis das zeithero geschehene auf eine oder die andere Art redres- 
siret sein, und Sie mit Mir wegen eines billigern und freundschaftlichem 
Comportements ratione futuri Sich verstanden haben würden. 

Nach der Ausfertigung. Fridcrich. 

7194. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION COMTE DE 
SOLMS A STOCKHOLM. 



oolms berichtet, Stockholm 30. De- 
cember : ,,I1 paraît que le parti de la 
cour rabat de la fierté qu'il avait adoptée il 
y a quelques semaines, et ce qu'on pourrait 
expliquer comme s'il ne se croit pas si 
sûr de son fait. Ce qu'il y a de certain, 
c'est que le Sénat ne craint plus certaines 
menées sourdes dont on parlait beaucoup 
pendant un temps, et on m'a assuré qu'il 
a mis des surveillants dans toutes les pro- 
vinces pour être averti du moindre mou- 
vement qui s'y ferait remarquer. L'in- 
quisition des paysans va toujours son 
train , et quoiqu'au commencement ils 
aient nommé le Roi en personne qui les 
avait instigués,2 ils changent de langage à 
présent, et on se flatte de découvrir par 
leur déposition les vrais auteurs de l'é- 
meute qui s'est faite à leur assemblée ; 
peut-être que c'est là une raison pourquoi 
on remarque présentement plus de retenue 
dans le parti de la cour." 

Nach dem Concept. 



Berlin, 12 janvier 1756. 
C'est en réponse à votre rap- 
port du 30 de décembre dernier 
que je veux bien vous dire que je 
crois encore pouvoir espérer que 
le roi de Suède voudra bien ne 
point prendre de parti violent, 
d'autant plus qu'il pourrait fort 
bien risquer de ne point réussir 
par une voie semblable; ce que 
vous ne manquerez pas d'inspirer 
doucement à ce Prince, à la pre- 
mière occasion bonne et convenable 
qui s'y présentera. 

Fe de rie. 



I Diese Correspondenz ist vom 28. December 1753 an gedruckt in Faber, 
Europ. Staatskanzlei, Bd. iio, S. 134 ff., als Beilage zu dem kaiserl. Commissions- 
décret vom 10. April 1756. — 2 Vergl. S. 20. 



32 

7195- AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE H^SELER 

A COPENHAGUE. 

riäseler berichtet, Kopenhagen 3. 
Januar , in Betreff der dänischen See- 
rüstungen zum Schutze der dänischen 
Kauffahrer gegen die englischen Kaper, i 
,,Le grand-maréchal de Moltke . . . vient 
de porter Sa Majesté Danoise à donner 
des ordres à son amirauté pour un arme- 
ment , si bien que le baron Bernstorff 2 
en demeure lui-même tout étonné. L'es- 
cadre consistera en six vaisseaux de ligne 
et deux frégates ;'' elle sera annoncée et 
nommée escadre d'observation." 



Berlin, 12 janvier 1756. 
J'ai reçu votre rapport du 3 
de ce mois et, quoique je con- 
vienne que la cour où vous êtes 
fasse bien en équipant l'escadre 
dont il y est fait mention, je ne 
saurais cependant m'imaginer qu'elle 
voulût se brouiller tout de bon avec 
l'Angleterre, mais je pense plutôt 
que les deux cours auront des mé- 
nagements réciproques l'une pour 
l'autre, attendu que la présente 
guerre est de toute autre nature 
que n'a été la précédente. ^ 

Federic. 



Nach dem Concept. 



7196. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE 
KNYPHAUSEN A PARIS. 
xVnyphausen berichtet, Paris l, Ja- 



nuar: ,,I1 est vrai . . . que M. le maré- 
chal de Belle -Isla a été mandé à Ver- 
sailles et que le Roi lui a conféré le 
commandement général des côtes septen- 
trionales depuis Dunkerque jusqu'à Ba- 
yonne. Cette démarche paraît indiquer 
que le plan d'opération que ce maréchal 
a remis, ... a été approuvé et que ce 
sera lui qui sera chargé de faire sur la côte 
de La Manche les dispositions nécessaires 
pour l'exécution de la descente dans les 
îles de la Grande-Bretagne qu'il a pro- 
posée par ce projet 4 ... Le silence 
obstiné que la cour d'Angleterre continue 
à garder sur l'usage qu'elle compte de 
faire des vaisseaux que ses escadres ont 
pris à la France, 5 tant dans les mers de 
l'Europe que dans celles de l'Amérique, 
depuis le mois de juillet dernier, a enfin 
déterminé Sa Majesté Très Chrétienne à 
demander une explication à ce sujet au 
roi de la Grande-Bretagne. Elle a fait 
dresser pour cet effet un mémoire qui 
porte en substance qu'elle aurait tiré sur- 



Berlin, 12 janvier 1756. 

J'ai reçu votre dépêche du 
I" de ce mois, dont j'ai été très 
content par tout ce qu'elle com- 
prend d'intéressant. Ma plus grande 
curiosité est à présent de savoir de 
vous le temps précis où vous croyez 
que le maréchal de Belle-Isle vou- 
drait commencer à mettre en exé- 
cution son plan d'opération contre 
l'Angleterre; sur quoi, vous tâche- 
rez de me satisfaire au plus tôt 
possible. 

J'ai tout lieu de présumer que 
la déclaration que le roi de France 
a fait faire à l'Angleterre, en lui 
demandant une explication sur les 
vaisseaux pris par les escadres an- 
glaises, ne fera guère impression 
sur le roi d'Angleterre et que la 



I Vergl. Bd. XI, 473. — = Vergl. Bd. XI, 427. — 3 Vergl. Bd. XI, 274. — 
4 Vergl. S. 28. — 5 Vergl. Bd. XI, 478. 



33 



le -champ une vengeance éclatante des 
premières insultes faites à son pavillon 
par l'amiral Boscawen, i si les assurances 
que le roi de la Grande-Bretagne n'avait 
cessé de Lui donner du désir dont il était 
animé pour le maintien de la paix, ne 
lui eussent fait espérer que cet amiral 
avait agi sans ordre et que ce Prince au- 
rait désavoué à son retour en Angleterre 2 
une démarche aussi irrégulière et aussi 
opposée au droit des gens et aux bien- 
séances que toutes les nations policées 
avaient coutume d'observer. Mais que, 
comme Sa Majesté Britannique, loin de 
remplir une pareille attente, avait non 
seulement donné des ordres pour continuer 
les pirateries qui avaient été commencées 
contre la France pendant son absence, 
mais avait même demandé publiquement 
des secours à son Parlement contre ce 
royaume, 3 et qu'il était prouvé, d'ailleurs, 
de la façon la plus incontestable que le 
gouvernement d' Angleterre avait prémédité 
dès l'année 1754'* les démarches offen- 
sives qu'il avait exécutées l'année suivante 
contre les possessions de la France en 
Amérique, Sa Majesté Très Chrétienne 
ne saurait contenir plus longtemps , sans 
manquer à sa gloire et à la protection 
qu'elle devait à ses sujets , le juste res- 
sentiment que lui inspiraient des procédés 
aussi iniques. Qu'avant cependant d'en 
faire éclater les effets , elle avait jugé à 
propos , afin de donner à toute l'Europe 
une dernière preuve de sa modération, 
de requérir publiquement Sa Majesté Bri- 
tannique de remettre en liberté sans au- 
cun délai tous les navires, tant de guerre 
que marchands, portant pavillon français, 
qui avaient été pris par ses armateurs, 
avec leurs équipages et cargaisons; qu'en 
pareil cas Sa Majesté Très Chrétienne 
serait encore disposée à renouer la né- 
gociation qu'elle avait entamée ci-devant 
avec l'Angleterre, 5 et à se concilier avec 
elle sur les moyens de satisfaction qu'elle 
avait droit d'exiger en réparation des in- 
sultes faites à son pavillon ; mais que si, 
contre toute espérance, Sa Majesté Bri- 
tannique ne se prêtait point à une de- 



réponse là -dessus sera peu satis- 
faisante, au moins présentement. 

Je doute encore que ni le 
Danemark ni la Suède se mettent 
en grands frais pour se prêter aux 
vues de la France pour une union 
de leurs forces maritimes,^ quand 
même les Anglais leur enlèveront 
quelques vaisseaux, sous prétexte 
d'avoir porté de la contrebande. 
A quelle occasion, je remarque, et 
vous ne laisserez pas de le relever, 
si l'occasion convenable s'y pré- 
sente, que les puissances merce- 
naires de la France ne veuillent 
rien faire pour elle; à quoi elles 
seraient cependant plutôt obligées 
que celles qui sont simplement en 
traités avec elle.' 

C'est une espèce de justice 
que le ministère de France me 
fait, quand il commence à ouvrir 
les yeux sur l'attachement du baron 
de Bernstorff à l'Angleterre; vous 
ne sauriez pas ignorer qu'il y a 
plus de six ou huit ans que j'en 
ai informé ce ministère et l'ai averti 
d'être en garde contre lui,^ mais 
que, malheureusement, on n'ajouta 
point foi à mes avis et les supposa 
de prévention contre ledit baron 
de Bernstorff; 5 à présent, que la 
faute est faite et que ce ministre 
s'est trop ancré à la cour de Co- 
penhague, il sera très difficile de 
le culbuter. 

Les nouvelles que je reçois 
des frontières de mes États, con- 
tinuent d'être assez singuHères; l'on 
vient de me mander que les Au- 
trichiens ont tiré de la Hongrie 



I Vergl. Bd. XI, 224. — 2 Vergl. Bd. XI, 473. — 3 Vergl. Bd. XI, 398. — 
4 Vergl. Bd. X, 447. 448. — 5 Vergl. Bd. XI, 478. — 6 Vergl. Bd. XI, 473. — 
7 Vergl. S. 49. — 8 Vergl. Bd. III, 265. 274; VIII, 5. 220. 489—491; IX, 477; 
X, 49. 201 ; XI, 228. — 9 Vergl. Bd. IX, 478. 

Corresp. Friedr. II. XIL 3 



34 



mande aussi juste, qu'alors Sa Majesté 
Très Chrétienne regarderait un pareil déni 
de justice comme la déclaration de guerre 
la plus authentique et comme la preuve 
la plus infaillible du projet qu'avait 
formé l'Angleterre de troubler la paix de 
l'Europe." 

Knyphausen schliesst den Bericht 
mit der Meldung, dass das Memoire nebst 
einem Schreiben Rouillé's an Fox durch 
Vermittelung des englischen Gesandten 
im Haag nach London geschickt wor- 
den sei. 



quelques régiments de hussards, 
pour les mettre en garnison tout 
proche de mes frontières de la Si- 
lésie, ^ et qu'ils continuent d'amas- 
ser de grands magasins de vivres 
et de fourrages en Moravie et en 
Bohême. 2 D'un autre côté, l'on 
m'avertit que les Russes ont fait 
passer quarante galères à Reval et 
qu'ils les feront passer de là à 
Riga, 3 et que les ordres sont don- 
nés de la cour pour équiper les 
vaisseaux de guerre , dès que la 
saison le permettra, de sorte que j'ai tout Heu de soupçonner quelque 
concert pris entre les deux cours impériales à mon sujet.'* 

Nous nous attendons aujourd'hui encore à l'arrivée du duc de 
Nivernois,5 au sujet duquel je ne saurais d'ailleurs rien vous mander, 
avant que je ne lui aurai parlé. 

Au reste, quand vous apprendrez quelques nouvelles par rapport à 
la situation présente du Portugal et des suites du fâcheux événement 
du tremblement de terre qu'il a essuyé, ^ ne manquez pas de m'en 

informer. ^ , 

Feder ic. 

Nach dem Concept. 



7197. AU CONSEILLER PRIVE DE GUERRE DE KLING- 
GR^FFEN A VIENNE. 

Berlin, 13 janvier 1756. 
Le rapport que vous m'avez fait du 3 de ce mois, m'a été bien 
rendu. Si je me suis plaint envers vous de ce que les rapports que 
vous m'avez faits, ont été depuis quelque temps peu exacts ni intéres- 
sants ,7 je ne puis dire encore autrement, sinon que , [vu] la situation 
présente des affaires très critique, et en considération des desseins dont 
la cour où vous êtes paraît préparer l'exécution, vos derniers rapports 
m'ont paru bien faibles et languissants, au lieu que les circonstances 
où nous vivons actuellement, exigent qu'ils dussent être les plus instructifs 
pour moi, en me donnant les avertissements les plus exacts et les plus 
justes. Aussi en attribué-je la faute principalement à ce que vous avez 
manqué de vous préparer à temps de bons canaux pour avoir de bonnes 
notices conformément aux instructions que je vous avais données moi- 
même à différentes occasions. Mais comme ^ malgré cela, je connais 
votre zèle pour mon service, je suis persuadé que vous tâcherez à remédier 

I Bericht Klinggräffen's, Wien 17. December. — 2 Vergl. S. 18. — 3 Vergl. 
Bd. XI, 440. — 4 Vergl. S. 9. — 5 Vergl. S. 24. — 6 Vergl. Bd. XI, 484. — 
7 Vergl. S. 28; Bd. XI, 453. 



- — 35 

au possible à ce défaut et vous appliquerez à me rendre plus intéres- 
santes vos dépêches. 

Ce que je vous ai déjà appris par rapport au régiment de Maros- 
hussards que la cour où vous êtes a mis aux frontières de ma Haute- 
Silésie, ^ a été masqué par le prétexte d'empêcher par là la contrebande 
■des faux-sauniers, mais, pour peu qu'on soit intelligent, on en pénètre 
assez les mauvaises vues que ladite cour y voudrait cacher, et qu'elle 
ne cherche par là qu'à préparer de longue main les arrangements pour 
l'exécution de ses desseins, sans que l'on doive s'en apercevoir; mais 
pour y voir tout clair encore, il y a deux articles encore sur lesquels 
vous devez diriger bien votre attention, afin de pouvoir m'en faire des 
rapports justes et très exacts, savoir en quels lieux ils ont fait amasser 
des magasins de vivres, en Moravie et en Bohême, et si, d'ailleurs, on 
fait approcher leur cavalerie en Hongrie plus près des frontières de 
l'Autriche qu'elle a été auparavant. Sur quoi, vous veillerez avec tous 
les soins possibles, afin de m'en bien informer. 

Quant aux subsides de l'Angleterre auxquels la cour où vous êtes 
s'attend,' vous pouvez croire que certainement le roi d'Angleterre n'est 
pas en état de lui en donner présentement, et que, quand même il aurait 
l'envie de le faire, le Parlement n'y consentirait pas. 

Il n'est point à douter, au reste, que, si vous êtes encore sans 
nouvelles de Constantinople , il n'en faut attribuer la faute qu'à la ré- 
volte de Belgrade. 3 



Nach dem Concept. 



Federic, 



7198. AU SECRÉTAIRE MICHELL A LONDRES. 

Berlin, 15 janvier 1756. 

J'ai reçu votre rapport du 2 de ce mois. Ne sachant point attri- 
buer la cause de ce que vous ne me marquez rien encore au sujet du 
mémoire et de la déclaration que le ministère de France a fait faire à 
celui de l'Angleterre pour réclamer toutes les vaisseaux et prises faites 
sur les Français, "^ qu'au retardement des postes que vous accusez, j'at- 
tends le rapport que vous me ferez là -dessus et sur l'impression que 
cette déclaration a faite sur le ministère anglais. 

D'ailleurs , ma volonté expresse est que vous prendrez d'abord oc- 
casion, au sujet de la déclaration susdite, d'insinuer de ma part aux 
ministres anglais que, comme il paraissait assez clair par cette déclaration 
que la France souhaitait encore de pouvoir conserver la paix avec 
l'Angleterre, et que d'un autre côté le roi de la Grande-Bretagne, tout 
comme ses ministres, avaient déclaré qu'ils n'avaient jamais varié dans 
le désir le plus sincère de mener les choses à un accommodement [juste] 

1 Vergl. s. 29. — 2 Vergl. Bd. XI, 315. — 3 Vergl. S. 18. — 4 Yergl. 
S. 32—34. 



— 36 

et équitable, je ne saurais pas à la vérité savoir les vraies intentions 
desdits ministres , mais que , si elles étaient telles qu'ils les avaient dé- 
clarées, et qu'ils souhaitaient en conséquence de pouvoir conserver la 
paix et éviter toute rupture ouverte avec la France, je laissais à leur 
considération s'ils voulaient s'ouvrir confidemment envers moi' sur ce 
qu'ils voudraient faire de propositions à la France au sujet de la susdite 
déclaration, dans la vue de rétablir la tranquillité publique; que je m'en- 
gageais et promettais à eux de vouloir agir avec toute la bonne foi et 
candeur là -dessus et communiquer fidèlement et sans rien changer aux 
termes, pour faire ouverture à la France des propositions qu'ils me con- 
fieraient, afin de voir s'il y avait moyen par là de procurer un accom- 
modement juste et équitable, pour conserver la tranquillité publique et 
la paix entre les deux puissances. 

Dès que vous aurez la réponse des ministres anglais à ce sujet, 
vous ne manquerez pas de me l'expédier d'abord, avec votre rapport, 

par un courrier exprès que vous me dépêcherez. 

Federic. 

P. S. 

Vous direz aux ministres que je croyais manquer à la France et à 
l'Angleterre, si je ne saisissais pas la conjoncture présente pour leur 
faciliter tous les moyens de se raccommoder; que ce que j'en faisais, 
était à l'insu de la France; que je ne m'étendrais aucunement sur les 
arguments qui pourraient porter le roi d'Angleterre à me confier son 
dernier mot; que je m'en rapporte aux lumières supérieures de ce grand 
prince, qui verra mieux que je ne puis lui faire sentir, le plaisir qu'il 
ferait à toute l'Europe, si par sa modération il voulait donner les mains 
à un accommodement. Pour moi, je n'y ai d'autre intérêt que le bien 
des deux royaumes, je crois qu'un accommodement n'est pas impossible, 
et le roi d'Angleterre peut être persuadé que, s'il me charge de quelques 
ouvertures, je les rendrai fidèlement aux Français; que, non content 
de cela, je ferai mon possible pour les rapprocher, pour les réunir et 
leur éviter par un accommodement raisonnable les hasards auxquels ces 
deux royaumes sont sur le point de s'exposer. 

Je serai bien aise que vous fassiez lire aux ministres eux-mêmes le 
passage concernant les propositions contenues dans la présente dépêche, 
avec le post-scriptum que j'y ai ajouté de ma propre main, ou bien que 
vous le leur lisiez d'après l'original de ladite dépêche. 

Nach dem Concept; der Zusatz „par ordre exprès de Sa Majesté". Das „P. S. de la main 
propre du Roi" nach Abschrift der Cabinetskanzlei. 



I Vergl. Bd. XI, 233. 253. 254. 



37 



7199- 



AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE 
KNYPHAUSEN A PARIS. 



iVnyphausen berichtet, Paris 5. Ja- 
nuar: „Les motifs qui ont déterminé la 
cour de France à se porter à la démarche 
qu'elle vient de faire vis-à-vis de la Grande- 
Bretagne,! . . . sont, primo, que la France, 
avant que d'entreprendre aucune démarche 
offensive contre l'Angleterre, a voulu con- 
stater par un acte public et authentique 
»qu'elle avait épuisé les voies de la dou- 
ceur et de la modération et qu'elle se 
trouvait forcée à une légitime défende . . . 
Secundo : il semble que la France, à moins 
qu'elle ne voulût se trouver en contra^ 
diction avec elle-même et condamner par 
ses actions la modération avec laquelle 
elle s'est comportée jusqu'à présent vis- 
à-vis de l'Angleterre , avait besoin d'un 
prétexte pour sortir de son inaction, afin 
de faire croire à l'Europe qu'elle était 
arrivée au terme ou elle se proposait de 
faire éclater son juste ressentiment . . . 
Je vais faire quelques réflexions sur le 
contenu de l'acte et sur les démarches 
qu'elle pourrait occasionner. Le style 
dans lequel il est conçu, a au premier 
aspect l'empreinte de la fermeté; mais 
tout y indique implicitement le désir dont 
la France continue d'être animée pour le 
maintien de la paix. Si on eût voulu 
donner au roi d'Angleterre une alternative 
stricte entre la paix et la guerre, comme 
on aurait dû le faire dans un écrit de 
cette nature, ne fallait-il pas faire marcher 
d'un pas égal la restitution des prises 
avec la satisfaction que la cour de France 
a droit d'exiger? n'était-il pas même con- 
forme à la dignité du Roi de ne mettre 
aucun intervalle entre ces deux demandes, 
et ne devait-elle pas se trouver blessée de 
voir séparé par la plus petite disjonction 
l'ouvrage de la satisfaction? C'était à 
l'Angleterre, si elle eût voulu renouer la 
négociation, à établir cette distinction, et 
bien des personnes pensent qu'il ne con- 
venait pas à la France à en faire la pro- 
position; mais ce vol était trop élevé 
pour un ministère aussi pacifique que l'est 
celui de France, et sa modération ne lui 
a pas permis de prendre un essor aussi 
considérable . . . Quant aux affaires qui 



Berlin, 17 janvier 1756. 

J'ai reçu le rapport que vous 
m'avez fait du 5 de ce mois, au 
sujet duquel je suis bien aise de 
vous dire que je l'ai trouvé par- 
faitement à mon gré et conçu de 
manière que je le saurais souhaiter, 
tant pour le détail que vous y avez 
fait entrer, que pour les raisonne- 
ments que vous y avez mêlés fort 
judicieusement. 

Comme les gazettes publiques 
nous ont annoncé les bruits qui 
courent, que le prince Edouard était 
arrivé depuis peu à Paris et que, 
malgré son incognito , il se faisait 
voir quelquefois dans le public, je 
voudrais bien savoir de vous si 
ces bruits ont quelque fondement 
ou non. 

Voilà ici depuis quatre jours 
le duc de Nivernois, qui jusqu'à 
présent ne s'est expliqué sur ses 
commissions qu'en termes généraux," 
mais, ne doutant pas qu'il n'entre 
au plus tôt dans plus de détails, 
j'aurai soin de vous en faire ins- 
truire exactement. 

Au surplus, quoique nous 
n'ayons point de nouvelles encore 
sur l'impression que le mémoire 
ou la déclaration que le ministère 
de France a fait faire aux Anglais, 
pour réclamer les vaisseaux pris sur 
les Français, a faite, je suis cepen- 
dant bien aise de vous dire que 
j'ai cru cette occasion convenable 
pour faire des remontrances, par 
mon chargé d'affaires à Londres, 
aux ministres anglais ^ et les sonder 
s'ils ne trouvaient cette occasion-là 



I Vergl. S. 32—34. — 2 Vergl. Nr. 7204 S. 42. — 3 Vergl. Nr. 71« 



— 38 



pourraient résulter de la démarche de la 
part de France, la déclaration devrait 
elle-même les dicter, si le ministère était 
constant dans sa conduite et ferme dans 
les résolutions qu'il prend; mais, comme 
il n'a aucune de ces qualités et qu'il est 
sujet à vaciller dans ses décisions,! il m'est 
impossible de les indiquer à Votre Ma- 
jesté avec certitude et précision ... Je 
crois que, pourvu que la réponse qu'on 
attend de la part de l'Angleterre, soit 
conçue en termes convenables et qu'elle 
ne renferme point un refus absolu sur 
l'article de la restitution des prises, on 
n'aura nulle répugnance ici d'entrer en 
explication avec cette cour et de s'ouvrir 
sur les propositions y énoncées, mais que, 
supposé que le roi d'Angleterre coupe par 
un refus absolu la retraite que la cour de 
France paraît avoir voulu se ménager 
pour renouer la négociation, il y a ap- 
parence qu'on procédera alors à toutes 
les démarches préliminaires par lesquelles, 
on a coutume d'ouvrir la guerre ... Je 
ne m'étends point ici sur le genre de 
satisfaction sur lequel on voudra insister, 
au cas que l'Angleterre consente à resti- 
tuer les vaisseaux qu'on réclame. Il s'en 
faut de beaucoup que le ministère de 
France, qui n'est accoutumé à se déter- 
miner que lorqu'il y est forcé par les 
conjonctures, ait pris à ce sujet une réso- 
lution fixe et certaine ... Il est certain 
qu'on se flatte ici que la fougue dont la 
nation anglaise a été animée pour la 
guerre,^ est considérablement tempérée, et 
que ses yeux commencent à s'ouvrir sur 
le danger et les inconvénients du parti 
auquel elle s'est livrée. Aussi, soit que 
cette espérance ait redoublé le courage du 
ministère de France, soit qu'il croie que 
cette démarche répare l'inaction dans la- 
quelle il a longtemps langui , il est sûr 
qu'il a apporté beaucoup de soulage- 
ment à son inquiétude, et il règne une 
grande sérénité à Versailles depuis l'envoi 
de cette déclaration." 

Nach dem Concept. 



convenable pour s'expliquer de ma- 
nière que la paix se puisse rétablir 
encore, à quoi mondit chargé d'af- 
faires ajoutera que, si le ministère 
anglais avait peut-être de la ré- 
pugnance de s'expliquer là -dessus 
directement à la France et qu'il 
voulût me confier quelques pro- 
positions à ce sujet, je ne refuserais 
pas d'en faire ouverture à celle-ci 
avec toute la bonne foi et droiture 
requise , afin de voir s'il n'y avait 
pas moyen de pacifier encore les 
choses et de prévenir une funeste 
guerre. Vous ne manquerez pas 
de chercher quelque occasion con- 
venable pour parler à M. de Rouillé 
de ceci, et lui ferez valoir en même 
la droiture de mes intentions, et 
que nous verrions au moins par là 
ce qu'on aurait à attendre de la 
part de l'Angleterre. 

Fe de rie. 



1 Vergl. Bd. XI, 479. — 2 Vergl. Bd. XI, 104. 



39 



7200. 



AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLING- 
GR^FFEN A VIENNE. 

Berlin, 17 janvier 1756. 



ivlinggräffen berichtet, Wien 7. Ja- 
nuar: „J'ai lu avant -hier trois bonnes 
lettres de Constantinople , en date du 
2 décembre dernier. Elles se réunissent 
toutes à marquer que la tranquillité est 
rétablie,! que le grand -visir Said Effendi 
y a un fort grand crédit et que les af- 
faires se conduisent avec de l'ordre et 
systématiquement, ce qui mènerait, selon 
toutes les apparences, bientôt à prêter 
une attention sérieuse aux affaires de 
l'Europe." 



J'ai reçu votre rapport du 7 
de ce mois. Si je présume bien, 
les conférences qu'il y a présente- 
ment entre le sieur de Keith et le 
comte de Kaunitz, quand ils se 
voient aux jours nommés d'au- 
dience, ne doivent rouler que sur 
ce que les Anglais pressent la cour 
de Vienne d'envoyer plus de trou- 
pes pour la défense des Pays-Bas.* 
Au moins ai-je sujet de croire selon 
les apparences que c'est le sujet principal auquel ces conférences visent; 
ce que vous tâcherez cependant de mieux pénétrer. En attendant, je 
veux bien vous dire pour votre direction qu'en conséquence de mes 
lettres de Silésie, la cour où vous vous trouvez continue d'augmenter 
insensiblement en nombre les troupes qui sont du côté de mes frontières 
de la Silésie. ^ 

Pour ce qui regarde les nouvelles de Turquie que vous me mandez, 
elles ne sauraient que mériter mon attention , et je serai bien aise que 
vous continuiez à m'en donner, aussi souvent que vous sauriez le faire, 
de manière que j'y saurais compter. Cependant, par la faiblesse d'es- 
prit et de corps dont ceux qui prétendent être au fait des circonstances 
de ce pays, m'en ont indiqué par rapport au Sultan régnant, j'ai de la 
peine à croire que, tandis que ce Prince restera en vie et sur le trône, 
la Porte Ottomane deviendra jamais redoutable à ses voisins,* et que, 
d'ailleurs, quand même il n'arriverait point de révolution avec lui, il ne 
saura subsister longtemps , vu son accident chancreux aux jambes , qui 
ne laisse pas de le miner, parcequ'il n'y veut admettre aucun secours, 
en sorte qu'il aura de la peine à vivre au delà d'une année et qu'on 
ne saura pas compter sur tout ce qu'on puisse prendre d'arrangements 
avec lui. 

Nach dem Concept. 



Federic. 



7201. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION COMTE DE 
SOLMS A STOCKHOLM. 

oolms berichtet, Stockholm 2. Ja- 
nuar : „On vient de m'assurer que la cour 



doit avoir fait faire des insinuations au 
Sénat pour faire un accommodement avec 
lui. Les conditions auxquelles elle veut 



Berlin, 17 janvier 1756. 
Le rapport que vous m'avez 
fait du 2 de ce mois, m'a été bien 
rendu, [sur lequel je veux bien vous 



I Vergl. S. 18. 
Bd. XI, 376. 



— 2 Vergl. Bd. XI, 482. — 3 Vergl. S. 34. — * Vergl. 



40 



attacher la paix , doivent être , première- 
ment, que la commission des Etats, établie 
pour examiner l'affaire des paysans,» doit 
cesser, que le comte Bielcke et le sieur 
Dalin soient conservés dans leurs emplois 
auprès du Prince royal ; en suite de cela, 
le Roi promet au général Fersen de lui 
donner le grade de général de l'infanterie 
après la fin de la Diète. Il serait à sou- 
haiter pour le repos de la Suède qu'il 
fût possible de remettre l'harmonie entre 
le chef et les membres ; mais les conditions 
sous lesquelles la cour la propose, me 
paraissent être d'une nature qu'elles font 
douter que le Sénat puisse les accepter . . . 
Les deux personnes que le Roi veut con- 
server à sa cour , font la plus grande 
pierre d'achoppement, puisqu'elles sont 
censées être les auteurs et les instigateurs 
du brouillamini qui subsiste entre le Roi 
et le Sénat. "2 



dire] que je serais bien aise si le 
roi de Suède avait pris le parti de 
se concilier le Sénat au temps que 
je le lui avais conseillé , comme 
vous le trouverez dans les papiers 
du sieur de Maltzahn , ^ et avant 
que les choses fussent arrivées à 
ce point où nous les voyons pré- 
sentement, et qui sans doute con- 
vaincront à présent la Reine, ma 
sœur, qu'elle a été mal conseillée 
de son parti. 

Au surplus , comme mes mi- 
nistres vous ont déjà informé du 
parti que le Danemark a pris de 
faire armer quelques vaisseaux de 
guerre pour former une escadre, 
afin de protéger le commerce de 
ses sujets, '^ vous n'oublierez pas de 
me marquer si les Suédois pourront 
prendre la même résolution. ^ 

Federic. 



Nach dem Concept. 



7202. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE MALTZAHN 

A DRESDE. 

Berlin, 17 janvier 1756. 
J'ai bien reçu les rapports que vous m'avez faits du 9 et du 12 
de ce mois. Je ne suis point surpris, quand le comte de Brühl a pris 
à tâche de représenter sous un faux jour au comte de Broglie la com- 
munication que le ministère anglais m'a fait faire du traité de subsides 
fait entre l'Angleterre et la Russie, auquel sujet je veux bien vous dire, 
tant pour votre direction que pour pouvoir en informer le comte de 
Broglie, qu'il s'en faut bien que ce traité m'ait été communiqué par le 
duc de Newcastle, avant qu'il ait été produit au Parlement, mais que 
plutôt, quand ce traité avait été communiqué au dernier et qu'il avait 
occasionné des débats très vifs, surtout dans la chambre des Communes 
du Parlement, c'était alors que le lord Holdernesse avait pris le parti 
de me faire communiquer le traité en question, avec des assurances 
qu'il n'y avait rien là -dedans qui me regardât directement , ^ ce que 
cependant le traité montre tout autrement. 

I Vergl. S. 31. — 2 Vergl. Ed. XI, 368. — 3 Vergl. Ed. X, 538; XI, 486. — 
4 Vergl. S. 32. - 5 Vergl. Ed. XI, 487. — 6 Vergl. Ed. XI, 413. 418. 



41 

Quant au sieur de Gaudecker,' vous lui direz que, pourvu qu'il 

ait démêlé l'affaire d'honneur qu'il avait eue, honorablement, et qu'il 

n'ait point quitté le service autrichien d'une façon qui fasse quelque 

tâche à son honneur, mais qu'il se soit battu en brave homme contre 

son antagoniste et qu'il vous prouve cela par de bonnes lettres ou 

attestations, il n'aurait qu'à venir ici se présenter à moi, et que j'aurais 

soin alors de lui. 

Federic. 

Nach dem Concept. 



7203. AN DEN OBERST VON DER GOLTZ IN HALLE. 

Berlin, 18. Januar 1756. 

Mein Heber Obrister von Golz. Da Ich aus Eurem unter dem 15. 
dieses an Mich erstatteten Bericht mit mehrern ersehen habe, was Ihr 
von dem fernem Erfolg Eurer Commission zu Halle an Mich umständ- 
lich gemeldet , so ertheile Ich Euch darauf in Antwort , wie Ich dahin- 
gestellet sein lassen muss, aus was Ursachen die sächsischen Commissarü 
statt des vorhin bezeigten grossen Empressements, zu Treffung eines 
Commercientractats zu kommen , jetzo so viele Indifférence deshalb 
blicken lassen , ^ und ob solches wegen des neuen Weges durch das 
Braunschweigsche — welchen man Mir jedoch noch beständighin als im- 
praticable zu sein angiebet^ — oder sonst aus andern Ursachen geschehe. 
Dannenhero Ihr dann nebst denen übrigen Commissarien eine gleich- 
massige Indifférence simuliren und sehen müsset, ob es denenselben 
darunter Ernst sei oder sie dergleichen nur affectiren, um dadurch 
bessere Conditiones zu erhalten. 

Inzwischen, so viel die von Euch angeführte Punkte anbetrifft, da 
dienet Euch darauf zur Resolution, dass, was zuforderst das von ihnen 
prätendirte freie mutuelle Commercium mit denen Barchenten anbetrifft, 
Ich dazu Meine Genehmhaltung nicht geben kann und solches schlechter- 
dings nicht angehet, welches Ich Euch dann auch wegen derer weissen 
und gedruckten Zitze, Kattune, Romales und baumwollenen Tüchern in 
Antwort geben muss, da bekanntermaassen solche, so viel nämhch die 
ausländischen anbetrifft, überhaupt und schon von Meines verstorbenen 
Vaters Majestät Zeiten her in allen Meinen Landen zum Gebrauch gänz- 
lich verboten gewesen und noch seind, so dass nur allein dasjenige, so 
davon in hiesigen Landen fabriciret wird, zur Consumtion frei bleibet. 
Und da überdem von allen vorstehenden nichts im Sächsischen fabri- 
ciret, sondern nur von auswärtig dahin gebracht wird, so sehe Ich 
auch keine rechtschaffene Ursache ein , warum dortigerseits man der- 

I Maltzahn berichtet, Dresden 12. Januar, dass ein österreichischer Rittmeister 
von Gaudecker, der eines Ehrenhandels halber den österreichischen Dienst habe ver- 
lassen müssen, in das preussische Heer einzutreten wünsche. — 2 Vergl. S. 23. — 
3 Bd. XI, 202. 



42 

gleichen zum Schaden Meiner Lande und zur Avantage fremder Na- 
tionen prätendiren könne oder wolle. 

Was die Leinwandte und Tischzeuge angehet , so wird man sich 
darüber noch eher mit einander verstehen und die Entrée dieser Arten 
von sächsischen Manufacturen statthaben können. Ich bin auch wegen 
der Fürstengutsfreiheit zufrieden, dass es damit auf den Fuss der ehe- 
maligen Convention' fernerhin bleibe. 

Wegen der Parification des Transitoimpostes müsset Ihr Euch zu- 
forderst klar expliciren, bevor Ich Mich deshalb decidiren kann. 

Dass aber die clevischen und mindenschen Provinzien, und zwar 
auf die Art, wie Ihr meldet, in den neuen Tractat mit includiret werden, 
davon will Ich zufrieden sein. ^ 

Was die Münzen angehet , ^ da ist alles , was Ich thun kann , dass 
Ich ihnen Meinen Münzfuss communiciren will, die übrigen Einrich- 
tungen und Verfassungen Meiner Münzhäuser aber gehen ihnen gar 
nicht an, daher Ihr Euch auch darauf nicht einlassen müsset, da ihnen 
alles weitere hierunter indifferent sein kann. 

Uebrigens muss Ich fast aus allen von Euch sonst angeführten 

Umständen concludiren, als ob es des Königs von Polen Majestät oder 

vielmehr dessen Hofes Ernst nicht sei, sich zu einem billigen Com- 

mercientractat verstehen zu wollen. Indess Ihr sehen sollet, wie weit 

Ihr mit denen sächsischen Commissarien in Conformität vorstehender 

Meiner Euch ertheilten Resolutionen kommen könnet. Sollte alsdann 

kein Mittel übrig seind, dass wir uns mit einander verstehen können, 

so bleibt es bei der letztern vorigen Verfassung und wird wegen eines 

neuen Commercientractats vor dieses Mal nichts ausgerichtet. Ich bin 

Euer wohlafifectionirter König -r. . , . , 

Friderich. 

Nach der Ausfertigung. 

7204. AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 

1 odewils berichtet, Berlin 17. Ja- 
nuar, über das Verhalten des Herzogs von 
Nivernois.4 ,,Le comte de Finck et moi, 
nous avons dîné hier avec lui chez le 
chevalier de La Touche , où j'ai voulu 
l'entamer sur les affaires et les nouvelles 
du temps; mais je lui ai trouvé peu de 
curiosité d'en être instruit , et il se tint 
toujours sur une grande réserve et extrê- 
mement boutonné sur tout ce qui pourrait 
former les objets de sa négociation. 
Comme cela n'est pas naturel, je suis 
tenté de croire que sa cour lui a prescrit 
ou bien d'attendre la réponse de l'Angle- 

I Convention vom 26. August 1721 und vom 6. December 1727. — 2 Vergl. 
Bd. XI, 403. — 3 Vergl. Bd. XI, 352. — 4 Vergl. S. 34. — s Der Herzog hatte 
am 14. Januar seine Antrittsaudienz beim Könige gehabt. 



Berlin, 18. Januar 1756. 

Ich danke ihm vor die ge- 
gebene Nachricht. Er kann ver- 
sichert sein , dass Ich gewiss nicht 
den Anfang machen werde zu 
sprechen; inzwischen finde Ich es 
doch ein wenig fremde und wunder- 
Hch, dass ein Mann hieher kommet, 
die erste Audience nimmet^ und 
dann viele Tage passiren lasset, 
ohne weiter von einigen Affairen 



43 



terre au dernier mémoire de la France, 
envoyé à Londres, i ou de s'orienter au- 
paravant un peu plus ici, de connaître le 
terrain et de commencer par s'insinuer, 
avant que de déployer ses marchandises. 
Peut-être aussi s' imagine -t-il qu'on lui 
parlera le premier sur la situation pré- 
sente des affaires entre sa cour et l'Angle- 
terre ; mais, selon mes faibles lumières, 
on n'a qu'à le laisser aller et le voir venir 
en suite, sans marquer la moindre curio- 
sité sur ses commissions. Il n'en sera 
que mieux pour Votre Majesté, et Elle 
aura le bénéfice du temps pour voir le 
train que Sa négociation prendra en Angle- 
terre. A cela près, j'ai trouvé le duc de 
Nivernois hier fort content de son séjour 
de Berlin. Il loue et admire tout, il se 
répand en louange et en admiration sur 
le personnel de Votre Majesté , sur Son 
entretien avec lui, sur Sa façon de S'énon- 
cer, jusqu'à Son son de voix, qu'il m'a 
dit être enchanteur et tel qu'il ne l'avait 
jamais entendu nulle part de personne. 
Il m'a dit qu'il avait choisi dans nos 
manufactures ce qu'il avait pu trouver de 
plus riche, pour se faire faire un habit 
de gala pour le jour de naissance de 
Votre Majesté, et mille autres petits riens 
de cette nature." 

Mündliche Resolution. Nach Aufzeichnung des Cabinetssecretärs. 



ZU sprechen, welches Mich aber 
so wenig embarrassiren als dahi» 
bringen wird, ihn nicht selbst kom- 
men zu sehen. 



7205. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLING- 
GR^FFEN A VIENNE. 



K.linggräffen berichtet, Wien 10. Ja- 
nuar: ,,Je pense que le principal objet 
pour lequel le baron de Steinberg est 
destiné ministre d'Hanovre, et qui est 
attendu en peu , roulera pour engager 
cette cour-ci à disposer la Diète à Ratis- 
bonne de prendre la résolution de former 
une union pour empêcher l'entrée des 
troupes étrangères dans l'Empire« . . . 
Si l'avis est fondé qu'effectivement le sieur 
de Keith négocie là- dessus avec le mi- 
nistère d'ici, il paraît, à en juger par 
l'extérieur, que là négociation ne prospère 
pas encore; car, quoiqu'il y ait du pour- 
parler entre eux , le sérieux subsiste tou- 
jours 3 et la première confiance ne paraît 
pas les rapprocher." 



Berlin, 20 janvier 1756. 
Le rapport que vous m'avez 
fait du 10 de ce mois, m'a été 
bien rendu, qui ne renfermant 
guère de matières pour fournir ré- 
ponse, je me retranche pour cette 
fois à vous dire que je crois juste 
et fondé ce que vous présumez des 
commissions dont le ministre d'Ha- 
novre Steinberg sera chargé pour 
sa mission à Vienne. Au surplus, 
si la cour où vous vous trouvez 
continue de se roidir aussi forte- 
ment contre les volontés de celle 



I Vergl. S. 32—34. — 2 Vergl. S. 9. — 3 Vergl. Bd. XI, 411. 



44 

de Londres, l'on en saura supposer bien arriver un grand refroidisse- 
ment et même des brouilleries entre elles. ' 

Nous voilà arrivé depuis quelques jours le duc de Nivernois, qui 
cependant , outre les compliments ordinaires , se tient tout boutonné 

encore." 

Federic. 

Nach dem Concept. 



7206. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE 
KNYPHAUSEN A PARIS. 



iVnyphausen berichtet, Paris 9. Ja- 
nuar , über die Verhandlung des fran- 
zösischen Specialgesandten Affry mit den 
Generalstaaten. „Deux objets inquiètent 
principalement le ministère de la France 
dans la crise où se trouve cette affaire. 
Le premier est l'article des sûretés 3 qu'on 
persiste à vouloir exiger en cautionnement 
de la neutralité de la République , sup- 
posé qu'elle déclare vouloir prendre ce 
parti. L'autre consiste dans la réponse 
qu'il conviendra de faire aux éclaircisse- 
ments que les commissaires pourront de- 
mander au sieur d' Affry relativement à la 
manière dont la France se comportera à 
l'égard des Pays-Bas autrichiens, la guerre 
venant à se manifester entre cette cour et 
l'Angleterre . . . Comme le ministère 
n'est nullement sûr du succès que pourra 
avoir la guerre maritime, par laquelle on 
se propose d'ouvrir la scène vis-à-vis de 
l'Angleterre , 4 et qu'il prévoit qu'au cas 
que l'élément sur lequel on veut com- 
battre, ne soit point favorable aux armes 
de la France, elle sera obligée de prendre 
sa revanche sur le continent , il ne veut 
point entrer en explication à ce sujet, ni 
prendre nulle espèce d'engagement sur ce 
dernier article. Aussi M. Rouillé m'a-t-il 
paru décidé à rappeler le sieur d'Aff"ry et 
à rompre la négociation , au cas que la 
République insiste sur cette explication 
et qu'elle veuille en faire une condition 
préliminaires . . . Quant à ce qui con- 
cerne la négociation du comte Broglie, 6 



Berlin, 20 janvier 1756. 

J'ai bien reçu votre dépêche 
du 9 de ce mois, dont je vous té- 
moigne ma satisfaction entière et 
particulièrement de celle que vous 
m'avez adressée immédiatement et 
à moi seul, par les circonstances 
intéressantes qu'elle comprend, et 
qui me servent d'avis très utile 
dans les circonstances présentes, où 
il m'en faut de pareilles à ma di- 
rection. ^ 

Je ne serais jamais surpris si 
la négociation du sieur d'Afifry en 
Hollande ne réussit pas ; comme 
il y a trop de têtes à réunir là- 
dessus, toutes divisées entre elles 
et attachées au parti qu'elles ont 
une fois adopté, il ne faut presque 
pas espérer que le sieur d'Afifry 
ait le succès qu'on s'était promis 
de sa négociation, et moins encore 
qu'elles entreront jamais dans la 
proposition de donner des sûretés 
à la France, de sorte qu'on peut 
envisager ladite négociation comme 
déjà rompue. 

Quant au duc de Nivernois, 
qui a hier commencé de me parler 



1 Vergl. Bd. XI, 482. — 2 Vergl. Nr. 7204. — 3 Vergl. Bd. XI, 302. 342. — 
4 Vergl. S. 26. — s Vergl. Bd. XI, 311. — 6 Vergl. S. 23. — ^ Der Bericht vom 
9. Januar enthält ausser den im Auszuge gegebenen Nachrichten, ebenso vt^ie die 
vorangehenden Berichte vom i. und 5. Januar, eingehende Mittheilungen über die 
Maassnahmen zur Ausführung des Belle-Isle' sehen Operationsplanes. Vergl. S. 32. 



45 



M. Rouillé a nettement déclaré au comte 
de Vitzthum que, comme les engagements 
qui subsistaient entre sa cour et la Russie, 
étaient tout- à -fait opposés à l'esprit du 
traité qu'on avait voulu conclure avec Sa 
Majesté Polonaise, et qu'on était d'ailleurs 
persuadé que ce Prince était trop jaloux 
de sa parole pour vouloir y manquer en 
aucune façon, il était évident que ledit 
traité ne pourrait point avoir lieu, à moins 
que le ministère de Saxe ne démontrât 
la compatibilité qu'il prétendait vouloir 
établir entre des traités qui paraissaient 
être si contradictoires. Le comte Broglie 
a reçu les mêmes instructions, et je sais 
que, depuis ce temps, le comte de Vitz- 
thum regarde la négociation comme rom- 
pue et qu'il ne se flatte plus qu'on entre- 
prenne ici de la renouveler. Mais je sais 
qu'il continue toujours à m'en attribuer 
la rupture et qu'il se plaint amèrement 
des obstacles qu'il prétend que Votre Ma- 
jesté a apportés à cette négociation," 

Nach dem Concept. 



sur ses commissions, je veux bien 
vous dire pour votre direction seule 
que son entretien qu'il a eu avec 
moi, a principalement roulé sur le 
renouvellement de mon alliance 
avec la France,^ ce qui aussi à la 
fin ne souffrira pas de grandes 
difficultés. 

Au reste, le duc de Nivernois 
m'a rendu les livres et le paquet 
dont vous l'aviez chargé pour moi, 
et dont j'ai bien voulu vous ac- 
cuser la bonne réception. 

Federic. 



AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION COMTE 
DE SOLMS A STOCKHOLM. 

Berlin, 20 janvier 1756. 
Votre rapport du 6 de ce 
mois m'a été bien rendu , par le- 
quel je ne vois que trop que la 
cour où vous vous trouvez fait 
tant de fausses démarches que 
personne ne saura l'en retirer, ce 
dont je suis cependant très fâché. 

Quoique je n'aie jamais prêté 
attention aux bruits qui ont couru 
sur la fuite du jeune prince Iwan,* 
que je n'ai regardés que comme 
des rêveries de quelque étourdi qui 
se plaisait d'en imposer au public, 
néanmoins, parceque vous me mar- 
quez que la nouvelle qu'on en avait eue en Suède, se confirmait pré- 
sentement, ^ ma volonté est que vous [deviez] tâcher de bonne manière 
d'approfondir au mieux cette nouvelle, afin de pouvoir me marquer, 
avec autant de certitude qu'il sera possible, ce qui en est effectivement 
ou non. 

Nach dem Concept. 



7207. 



oolms berichtet, Stockholm 6. Ja- 
nuar: ,, L'espérance du raccommodement 
entre le Roi et le Sénat a déjà entière- 
ment disparu . . . L'homme dont la cour 
s'est servie pour porter ses insinuations, 
n'a pas été approuvé; c'est un comte de 
Mejerfeld ... Il est à la vérité pour le 
Sénat , mais dans son parti même on le 
regarde comme un homme de peu de 
conséquence . . . La cour n'a pas voulu 
donner la commission à quelque personne 
distinguée , pour ne pas paraître d'avoir 
fait des avances; car c'est encore le point 
préliminaire que le Sénat devait faire le 
premier pas." 



Federic. 



I Vergl. S. 21. — 2 Vergl. S. 7. — 3 Vergl. Nr. 7208. 



46 



AU CONSEILLER PRIVÉ VON DER HELLEN A LA HAYE. 



7208. 

Hellen berichtet, Haag 13. Januar, 
über die von Frankreich in London über- 
reichte Déclaration:! „On m'a assuré 
qu'à en juger par les discours du sieur 
Yorke , qui parle de tout un autre ton, 
il paraît .en effet que l'Angleterre ne 
serait peut-être pas aujourd'hui tant éloi- 
gnée de s'accommoder, pour peu que la 
cour de France s'y prenne d'une autre 
façon et se prête un peu plus à l'humeur 
de la nation anglaise ... Le bruit d'une 
révolution en Russie 2 continue toujours. 
Le prince Louis de Brunswick me de- 
manda hier si je n'en avais pas de nou- 
velles de Berlin; je lui dis que non, et 
je mis de la prudence et de la politesse 
dans ma réponse." 



Berlin, 20 janvier 1756. 
Je vous sais gré des nouvelles 
dont vous m'avez instruit par votre 
dernière dépêche du 1 3 de ce mois ; 
aussi [vous] redoublerez d'attention et 
de vigilance dans le moment présent 
critique des affaires, pour m 'in- 
former exactement de tout ce que 
vous en apprendrez. 

La manière avec laquelle vous 
avez répondu au prince Louis de 
Brunswick, quand il s'est enquis 
de vous des nouvelles de Russie, 
a toute mon approbation. Cepen- 
dant, comme les bruits que le 
jeune prince Iwan s'était échappé 
de Russie et réfugié chez les Tar- 
tares , courent toujours , je serais bien aise si vous savez pénétrer par 
des voies sûres et convenables si le ministre de la République à Péters- 
bourg, le sieur de Swart, en a mandé quelque chose à ses maîtres ou 
au pensionnaire Fagel; sur quoi, j'attends que vous me fassiez votre 

rapport immédiat. „ , 

Fedenc. 

Nach dem Concept. 



7209. AU SECRÉTAIRE 

Michell berichtet, London 6. Ja- 
nuar, über die Folgen des Erdbebens von 
Lissabon : 3 „On fait ici tous les efforts 
possibles pour tâcher de rétablir ou du 
moins de soutenir le commerce avec le 
Portugal. Les lettres de change sur le 
Portugal recommencent d'avoir cours sur 
la place . . . Les pertes qu'on a essuyées, 
n'affectent point les effets du gouverne- 
ment d'une façon à lui faire craindre des 
difficultés dans les levées d'argent que 
l'on sera obligé de faire. Les fonds publics 
se soutiennent dans un assez bon prix, 
vu les circonstances critiques où on se 
trouve, et l'argent se lèvera encore à très 
peu de chose près au dessus de l'intérêt 
présent, s'il y a de la probabilité qu'il 
n'y ait point de guerre sur le continent . . . 
Je ne comprends pas , au surplus , sur 



MICHELL A LONDRES. 

Berlin, 20 janvier 1756. 
J'ai reçu vos dépêches du 6 
et du 9 de ce mois et vous sais 
parfaitement gré de tous les dé- 
tails que vous m'y avez marqués, 
pour me mettre au fait des cir- 
constances présentes où se trou- 
vent les affaires intérieures de 
l'Angleterre. Comme je me flatte 
que le second exprès que je vous 
ai dépêché d'ici le 15 de ce mois,* 
vous sera déjà arrivé, tout comme 
celui qui l'avait devancé avec mes 
dépêches du 4 dudit mois , ^ je 
suis dans l'attente de recevoir vos 



I Vergl. s. 32—34. 
5 Nr. 7175. 



2 Vergl. Nr. 7207. — 3 Vergl. S. 34. — 4 Nr. 7198. — • 



47 



quoi on a débité en Hollande qu'il y 
aurait encore un changement dans le mi- 
nistère de cette cour-ci, et que le lord Hol- 
dernesse devait quitter sa place. Il n'en a 
jamais été question. Ce ministre a, au 
contraire , toujours été d'accord avec ses 
collègues, et l'administration actuelle est 
en général des plus fermes et des plus 
solides. Il n'y a pas même d'apparence 
qu'il y ait de changement de longtemps, 
surtout après la démarche qu'on a faite 
en dernier lieu par l'arrangement dont on 
a voulu parler en Hollande, et qui est 
celui dont j'ai fait mention dès le 25 no- 
vembre dernier, i que les ministres avaient 
pris la résolution d'ôter les emplois à plu- 
sieurs personnes du second ordre , qui 
avaient voulu s'opposer dans le Parlement 
à leurs mesures , et entre autres à celle 
du traité de subsides avec la Russie, a 
Le sieur Legge est de cet ordre, de même 
que le sieur Pitt." 

Michell berichtet, London 9. Januar: 
,,I1 n'aurait pas été difficile d'engager le 
ministère de cette cour -ci à nommer le 
sieur de Villiers pour ministre auprès de 
Votre Majesté, 3 si sa situation n'était pas 
tout-à-fait changée par son mariage, et si 
ses affaires particulières lui avaient permis 
de retourner dans l'étranger." 

Nach dem Concept. 



réponses là-dessus. D'ailleurs, vous 
devez me marquer particulièrement 
comment le ministère et la nation 
sont encore portés pour la paix, et 
quelle impression leur font les dé- 
monstrations que la France fait à 
présent par ses armements , de 
même que si le mémoire ou la 
déclaration qu'elle a fait adresser 
au sieur Fox , * a aigri les esprits 
en Angleterre, ou s'il paraît plutôt 
que l'Angleterre ne serait pas tout- 
à-fait éloignée de tout accommode- 
ment. 

Au surplus, par les motifs que 
vous m'alléguez , vous n'avez qu'à 
laisser tomber entièrement les in- 
sinuations que je vous avais or- 
donné de faire, afin que le sieur 
Villiers me fût envoyé ici, d'au- 
tant plus que j'apprends que le 
sieur de Marchmont qu'on me des- 
tine, ^ doit être une personne de 

grand mérite. ^ , 

Federic. 



7210. AU DUC RÉGNANT DE BRUNSWICK A BRUNSWICK. 

Berlin, 20 janvier 1756. 

Monsieur mon Frère et Cousin. Vous connaissez mon empresse- 
ment à saisir toutes les occasions où je puis vous être utile à quelque 
chose et contribuer au bien de vos intérêts, et c'est en conséquence 
que j'ai écrit ^ à mon chargé d'affaires à Londres de sonder modeste- 
ment la cour où il se trouve, comment celle-ci pensait à présent sur 
ce qui regardait l'affaire de l'étabHssement à constater de la Princesse 
votre fille aînée en Angleterre. Voici en quel sens il m'a répondu : ^ 
que, dans le moment présent, il n'était point question de cette affaire, 
qui restait suspendue par trop d'autres sujets connus qu'on avait en 
vue pour ne pas pouvoir songer à celui-là; que ce n'était cependant 
nullement qu'il y ait rien de rompu , tout au contraire , on restait 



I Vergl. Bd. XI, 441. — 2 Vergl. Bd. XI, 457. — 3 Vergl. Bd. XI, 450. — 
^ Vergl. S. 32—34. — 5 Vergl. S. 4. — 6 Vergl. Bd. XI, 450. — 7 Bericht Michell's, 
London 9. Januar. 



48 

toujours dans les mêmes bonnes dispositions envers la cour de Votre 

Altesse, mais que l'on disait en même temps que la famille royale était 

déjà fort nombreuse et fort jeune encore, et que rien ne pressait de 

marier le prince de Galles. 

J'ai cru devoir vous communiquer sincèrement ce rapport, étant 

d'ailleurs avec cette amitié et cette considération invariable que vous 

me connaissez. Monsieur mon Frère et Cousin, de Votre Altesse le bon 

frère et cousin _ , 

Federic. 

Nach dem Concept. 



721 1. AN DEN GEHEIMEN KRIEGSRATH EICHEL IN BERLIN. 

[Berlin, Januar 1756.] 

Mir die Négociation zuschicken — • alle Papiere — die mit dem Herzog 

von Braunschweig und den Engelländern gewesen ist, ausgenommen 

die Briefe particulières an den Herzoge zu seiner geheimen Instruction, 

umb meine Briefe an die Engelländer zu communiciren ; imgleichen die 

Négociation mit Michell. ^ ^ . , . , 

Friderich. 

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig. 



7212. AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 

Berlin, 21. Januar 1756. 

Auf Sr. Königl. Majestät allergnädigsten Befehl soll ich von Ew. 

Excellenz mir das Contreprojet nebst dem Article secret von der mit 

Engelland zu treffenden Neutralitätsconvention , ^ so wie solches letzthin 

an den p. Michell nach London geschicket worden, und zwar nur nach 

denen davon hier gebliebenen Concepten , erbitten , welche ich morgen 

früh des Königs Majestät selbst bringen soll , demnächst aber nicht 

ermangeln werde, mit grosser Attention dafür zu sorgen, damit beide 

Concepte Ew. Excellenz durch mich wiederum sogleich darauf richtig 

remittiret werden. t- . , 

Eichel. 

Nach der Ausfertigung. 



7213. AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 

Berlin, 24. Januar 1756. 
Des Königs Majestät, so die Gnade gehabt, mir beikommenden 
Aufsatz '' von verschiedenen Motiven, so Sie in Dero heutigem Entretien 
mit dem Duc de Nivernois gebrauchet haben, zuzustellen, haben mir 

1 Vergl. Bd. XI, 474. 475. — 2 Vergl. S. i — 5; Bd. XI, 418. 419. Der 
König beabsichtigte diese Verhandlungen dem Herzog von Nivernois in der Audienz 
(24. Januar) vorzulegen. Vergl. S. 24. — 3 Vergl. S. 15. i6. — 4 Vergl. Nr. 7214. 



i 



49 

zugleich befohlen, Ew. Excellenz solchen zum Durchlesen zu communi- 
ciren, damit Dieselbe bei Dero mit dem Duc de Nivernois habenden 
Pourparlers Dero Gebrauch davon machen und , wie des Königs Maje- 
stät Sich darunter zu exprimiren beliebet, mit Deroselben gleiche Sprache 
führen zu können. Dabei mir aber sothanen Aufsatz wieder zurück 
erbitten sollen, um selbigen zu Sr. Königl. Majestät weiterem Gebrauch 

und Einsicht bei der Hand zu haben. x- • , 

Eichel. 

Nach der Ausfertigung. 



7214. AU MINISTRE D'ÉTAT COMTE DE PODEWILS. 
[POINTS DE L'ENTRETIEN AVEC LE DUC DE NIVERNOIS.j 

[Berlin, 24 janvier 1756.] 
Cause de droit. 

Argument i . Je n'ai point garanti l'Afrique ; ^ la guerre vient de 
cette cause, donc elle ne me regarde pas. 

2° Mon alliance n'est que défensive, donc je ne suis point obligé 
à des démarches offensives. 

3° Mon alliance est finie, »donc je suis dégagé de tout devoir 
d'allié. 

Cause de fait. 

I" Je ne peux mettre que 100,000 hommes en campagne, Ha- 
novre 40,000, la Reine 100,000, la Russie 60,000; je suis donc de la 
moitié plus faible qu'eux. Or, est-il prudent, est-il conforme aux règles 
de la guerre, quand on est de la moitié plus faible que son ennemi? 
Non. Si ces 200,000 hommes étaient dans un camp, et moi et mes 
100,000 vis-à-vis d'eux, je les attaquerais; mais, comme par leur posi- 
tion ils m'obligent à partager mes forces , je me trouve partout plus 
faible qu'eux. 

2" Doit -on commencer une guerre, quand il faut la faire défen- 
sive? Non, car c'est de tous les genres de guerre la plus onéreuse et 
la plus risqueuse. 

3° Puis -je rester dans l'inaction et laisser faire à mes ennemis 
ce qu'ils veulent? Non, car si les Russes entrent dans l'Empire, je ne 
puis pas le souffrir, et me voilà entraîné dans une guerre que je dois 
éviter pour la conservation de l'État. 

4° Pourquoi empêcher les Russes d'entrer dans l'Empire ? Parceque 
la jonction rendrait mes ennemis trop forts et que je dois les com- 
battre plutôt un par un que tous ensemble. 

I Sic. 
Corresp. Friedr. II. XII. 4 



50 

5° Comment éviter l'entrée des Russes? En faisant avec l'Angle- 
terre le traité de neutralité qu'elle me propose. Donc il faut le faire. 

6° Vaut -il mieux pour la France que les Russes viennent dans 
l'Empire ou qu'ils n'y viennent pas ? Il vaut mieux qu'ils n'y viennent 
pas ; car, si ils y sont appelés, c'est pour agir contre la France. Donc, 
s'ils n'y viennent ' pas, ce sont autant d'ennemis de moins. 

7° Mais ne serait -il pas bon de faire dépenser à l'Angleterre le 
plus d'argent qu'il se pourra en subsides, pour la mater d'autant plus 
vite? Oui, si l'Angleterre faisait seule la dépense. Mais ne voit -on 
pas qu'en multipliant les ennemis de la France, elle oblige à proposi- 
tion la France aux mêmes dépenses pour leur résister? Donc, si on 
peut empêcher l'Angleterre de faire usage de ses alliés, c'est faciliter 
les entreprises des Français. Or, si la guerre devient compliquée, 
il sera bien plus difficile à la terminer par la complication des 
intérêts, que si elle ne se fait qu'entre les deux puissances brouillées à 
présent. Si donc je restais neutre , sans faire un traité de neutralité, 
je n'empêcherais ni les Russes de marcher, ni toutes les suites des com- 
plications auxquelles cette marche donnerait lieu. Donc mon traité de 
neutralité convient à la France, tout autant qu'il m'est indispensable 
dans le moment présent. 

8 ° Si toute l'Allemagne est en guerre et en dessus dessous, 
est-ce l'avantage de la France? Non* car elle n'y gagne rien du tout 
que de voir peut-être ruinés des alliés qui, dans d'autres conjonctu- 
res, pourront lui être très utiles. Donc la neutralité convient à tout 
le monde. 

Eigenhändig. ^ 



I Der Denkschrift liegt der folgende eigenhändige unvollendete Entwurf zu 
Grunde : 

Question de droit. 

Argument i. Je n'ai point garanti l'Amérique à la France; la guerre qu'on va 
faire, est originaire de ce pays-là: donc elle ne me regarde pas. 

2. Je n'ai fait qu'une alliance défensive: or, la France n'est point attaquée 
dans ses possessions européennes, donc rien ne m'oblige à des démarches offensives. 

3. Mon alliance est prête à expirer, donc rien ne m'oblige à agir contre mes 
intérêts. 

Question de fait. 
Argument i. Les deux Impératrices et le roi -électeur d'Hanovre sont ceux 
contre lesquels je devrais agir en cas de guerre; ils peuvent mettre sur pied, l'Au- 
triche 100,000, la Russie 60,000, l'Hanovre 40,000; je ne puis leur opposer que 
100,000 hommes : je suis donc de la moitié plus faible qu'eux. 

2. Doit-on entreprendre une guerre, quand on se voit à moitié plus faible que 
ses ennemis? Non. Est-il d'un général prudent de commencer une guerre, quand il 
est obligé de la commencer défensive? Non; car c'est de toutes les guerres la plus 
onéreuse et celle qui est exposée au plus de hasards. 

3. Puis-je rester dans l'inaction . . . 



51 

7215. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE 
KNYPHAUSEN A PARIS. 

Berlin, 24 janvier 1756. 

J'ai reçu le rapport que vous m'avez fait du 12 de ce mois. Je 
vous ai déjà averti par ma lettre précédente' que, depuis que le duc 
de Nivernois est arrivé ici , ses propositions n'ont tendu qu'au renou- 
vellement de mon alliance avec la France. Cependant, je veux bien 
vous dire, quoique pour votre direction seule, que, comme la cour de 
Londres m'a fait bien presser depuis peu pour convenir avec elle d'une 
neutralité de l'Allemagne, afin que dans la guerre présente aucune puis- 
sance étrangère ne puisse faire entrer des troupes dans l'Allemagne, et 
que ma situation assez critique dont je vous ai déjà informé, ^ ne m'a 
pas permis de refuser entièrement des propositions là-dessus, j'ai com- 
muniqué moi-même sincèrement au duc de Nivernois tout ce dont il 
s'agit dans cette négociation de neutralité de l'Allemagne.^ Si le minis- 
tère de France s'avise bien là-dessus et qu'il prenne mûrement en con- 
sidération la vraie situation présente des affaires, il ne doit trouver rien 
à dire raisonnablement, si je me prête à une pareille convention, par 
laquelle je me flatte d'ailleurs de rendre un service essentiel à la France, 
vu que sûrement j'arrêterai par là 50,000 Russes et tiendrai en échec 
encore 50,000 Autrichiens au moins, qui, sans cela, auraient tous agi 
contre la France, sans que cela dérange en rien les projets qu'elle sau- 
rait prendre pour pousser ailleurs la guerre. 

Au reste, comme rien ne me saurait plus importer dans les circons- 
tances présentes que d'avoir de bonnes informations sur tout ce qui 
regarde les affaires , afin de voir clair là-dessus , j'espère de votre fidé- 
lité et de votre zèle pour mon service que vous [vous] appliquerez 
soigneusement à continuer de me rendre vos rapports aussi intéressants 
et instructifs que vous l'avez fait à ma satisfaction entière depuis les 

dernières ordinaires. '* 

Federic. 

P. S. 

Le duc de Nivernois m'ayant beaucoup parlé de Madame de Pom- 
padour, vous devez prendre l'occasion de lui faire la visite pour lui dire 
par un compliment des mieux tournés combien j'avais été sensible à tout 
ce que le susdit Duc m'avait assuré de ses sentiments à mon égard; 
compliment dont je ne vous prescris point les termes, mais dont je 
vous laisse la liberté de le tourner au mieux et de la façon usitée à 
vos lieux. 

Nach dem Concept. 



I Nr. 7206. — 2 Vergl. Nr. 7171 S. 8. — 3 Vergl. Nr. 7212. — ■♦ Vergl. 
Nr. 7196. 7199, 7206. 

4* 



52 

72 16. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLING- 
GR^FFEN A VIENNE. 

Berlin, 24 janvier 1756. 
Le rapport que vous m'avez fait du 14 de ce mois, m'a été bien 
rendu. Le calme qui règne actuellement dans les affaires publiques, 
et qui apparemment ne se ranimeront qu'à la première rentrée du 
Parlement de l'Angleterre, fait que je ne saurais vous dire d'intéressant 
aujourd'hui , hormis que nous avons ici le duc de Nivernois et que je 
ne désespère pas encore tout-à-fait que, pour cette fois-ci, la paix et la 
tranquillité de l'Europe [se puissent rétablir encore]. 

Nach dem Concept. 



7217. 



AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE MALTZAHN 
A DRESDE. 



JVlaltzahn berichtet, Dresden 16. Ja- 
nuar, nach drei Berichten Flemming's an 
Brühl aus Hannover, deren letzter vom 
10. September datirt : „Dans sa dernière 
lettre, le comte Flemming marque que le 
ministre d'Autriche à Hanovre, le comte 
Colloredo, ne s'était guère donné de pei- 
nes pour colorer la conduite de sa cour 
vis-à-vis de la Grande-Bretagne; mais 
qu'il avait épuisé toute sa rhétorique à 
déclamer contre la conduite du roi 
d'Angleterre, qui augmentait lui-même la 
puissance de Votre Majesté , en faisant 
cause commune avec Elle en toutes les 
affaires de religion , i et que Sa Majesté 
Britannique faisait mal de tarder de faire 
recevoir à Vienne l'investiture de ses 
États d'Allemagne 2 ... Il ajoute à la 
fin — en réponse à la crainte que le 
comte de Brühl lui avait manifestée sur 
le danger qu'il y aurait que l'Angleterre 
poussât le ressentiment contre l'Autriche 
au point de prendre confiance en Votre 
Majesté — qu'il était persuadé qu'on était 
revenu du préjugé de trop de puissance 
de Votre Majesté, si on l'avait eu, et que 
le traité nouvellement conclu avec la 
Russie 3 achèverait de détruire l'espérance 
de ceux qui auraient voulu faire quelque 
fond sur le roi de Prusse , comme ce 
traité ne manquerait pas de resserrer da- 
vantage l'union de Votre Majesté avec la 
France , ainsi que l'envoi du duc de Ni- 
vernois en fournissait la preuve." 



Berlin, 24 janvier 1756. 

J'ai reçu vos rapports du 16 
et du 19 de ce mois et vous sais 
bien du gré de ce que vous m'avez 
appris au sujet des dernières dé- 
pêches que le comte de Flemming 
a faites encore avant son dernier 
départ d'Hanovre. ^ Vous me ferez 
plaisir de continuer à vous bien 
orienter sur ce qu'on juge de moi 
et des conjectures présentes, afin 
de m'en faire des rapports exacts 
et fidèles là-dessus. 

Vous songerez d'ailleurs de me 
procurer de bonnes connaissances 
sur tout ce qui regarde les négo- 
ciations à la cour de Pétersbourg, 
dont vous ne saurez me faire ja- 
mais des rapports assez circonstan- 
ciés et trop amples , et à ce sujet 
je veux bien vous faire souvenir de 
la promesse que vous m'avez faite 
de me faire avoir encore les points 
sur lesquels on avait délibéré dans 
les deux grands conseils qu'on a 
tenus à Pétersbourg dans le mois 
d'octobre de l'année passée, ^ avec 
le résultat qu'on y avait pris. 



I Vergl. Bd. XI, 37. 79. — 2 Vergl. Bd. VIII, 460. 461. — 3 Vergl. Bd. XI, 
387. — 4 Vergl. S. 23. — 5 Vergl. Bd. XI, 439. 440. 



53 



Maltzahn berichtet, Dresden 19. Ja- 
nuar : „Le comte Broglie, ayant parlé hier 
à l'antichambre au comte de Sinzendorff/ 
vint un moment à moi me demander si 
j'avais bien remarqué que le comte Flem- 
ming n'avait pas pu gagner sur lui de 
s'approcher du comte Sinzendorff, tant 
qu'il les avait vus ensemble. Je lui ré- 
pondis qu'il connaissait, autant que moi, 
la férocité du comte Flemming et sa 
haine pour tout ce qui n'était pas anglais 
ou de ce système. Sur quoi , le comte 
Broglie m'interrompit en me disant qu'il 
était sûr qu'il avait agi ici contre lui, en 
dissuadant l'alliance avec la France et 
prêchant qu'il ne fallait prendre des sub- 
sides de personne, puisqu'on ne pouvait 
pas en obtenir de l'Angleterre. Le comte 
Broglie ajouta: »En quoi, le comte Flem- 
ming ne m'a pas desservi; car, dès que 
la Saxe n'a des subsides de personne, 
j'aime tout autant que nous gardions 
notre argent, que nous ne voulons dé- 
penser que pour ôter un allié à l'Angle- 
terre et pour complaire au Dauphin et à 
la Dauphine, qui auraient désiré extrême- 
ment cette alliance, 2 qui après tout, si je 
l'avais faite, n'aurait pas répandu plus de 
douceur dans mon commerce avec le 
comte Brühl.«" 

Nach dem Concept. 



Par le discours que le comte 
de Broglie vous a tenu au sujet de 
sa négociation, et par les propos 
que le comte de Flemming a laissé 
échapper, je ne saurais autrement 
envisager la négociation pour faire 
un traite de subsides avec la Saxe, 
que rompue,^ et supposé que cette 
conjecture se vérifie et que les 
subsides de l'Angleterre cessent 
également,'* mandez-moi si la cour 
de Dresde s'apercevra de ce vide. 
Federic. 



7218. 



AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE H^SELER 
A COPENHAGUE. 



Häseler berichtet, Kopenhagen 10. 
Januar, über die Seerüstungen zum Schutze 
der dänischen Handelsflotte : s „Le sieur 
de Titley n'a rien négligé pour rassurer 
les ministres danois sur les procédés de 
sa nation, pour leur faire voir l'inutilité 
[de l'armement] , mais on lui a déclaré 
que la cour de Danemark ne songe qu'à 
demeurer parfaitement neutre , et qu'elle 
ne se propose que d'honorer son pavillon 
et de protéger son commerce et sa na- 
vigation contre quoscimque . . , On pré- 
tend que la marche des Russes 6 n'aura 
jamais lieu que dans le cas que la France 
veuille faire une diversion en Allemagne 



Berlin, 24 janvier 1756. 
J'ai reçu les rapports que vous 
m'avez faits du 10 et du 13 de ce 
mois, par lesquels j'ai appris avec 
satisfaction que la cour où vous 
vous trouvez commence à la fin 
d'ouvrir les yeux sur ses véritables 
intérêts. Cependant, malgré cela, 
je n'ai pas trop bonne opinion 
qu'il en ressortira de grands 
effets, aussi long que le baron de 
Bernstorff sera en place. ^ 



I Graf Sinzendorff (vergl. Bd. XI, 339) hielt sich auf der Rückreise von Peters- 
burg nach Wien einige Tage in Dresden auf. — 2 Vergl. S. 23. — 3 Vergl. S. 19. — 
4 Vergl. Bd. XI, u8. 454. — 5 Vergl. S. 32. — 6 Vergl. Bd. XI, 388. — 7 Vergl. 
S. r-,. 



54 



et attaquer l'électorat d'Hanovre, et qu'il 
reste encore à savoir si Votre Majesté 
juge à propos de donner les mains à ce 
projet. On reconnaît que Votre Majesté 
Se trouve l'arbitre du sort de l'Europe . . . 
Il court ici un bruit que le prince Iwan 
s'est évadé de Riga et qu'il est allé trou- 
ver les Tartares, dans l'intention de faire 
valoir ses droits à l'empire de Russie, où 
il doit y avoir tout plein de mécontents 
du gouvernement présent." i 

Häseler berichtet, Kopenhagen 13. 
Januar, dass der dänische Hof dem 
schwedischen den Vorschlag gemacht 
habe, sich in Betreff der zum Schutz der 
Handelsflotten zu treffenden Vorkehrungen 
in Einverständniss zu setzen. 

Nach dem Concept. 



Quant aux bruits qui courent 
touchant l'évasion du prince Iwan, 
que je présume faux et controuvés, 
je serai cependant bien aise que 
vous tâchiez d'approfondir d'où ces 
bruits -là ont pu tirer leur origine 
et ce qu'on en a débité encore. 

Federic, 



7219. AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 

Berlin, 26. Januar 1756. 
Ks ist der nach Engelland geschickt gewesene Courier gestern 
Mittag zurückgekommen und hat nebst anliegender Dépêche den von 
dem p. Michell gezeichneten Originalcontract,^ die Copie des enghschen 
Pleinpouvoirs nebst einem Promemoria^ und auch den Originalrevers 
wegen 20,000 Pfund, so die Krone Engelland eins vor alles wegen 
derer hiesigen Kaufleute Prätension bezahlen will,"* mitgebracht, so dass 
diese Sache bis zu Auswechselung derer Tractate und Ratificationen 
glücklich geendiget zu sein scheinet. Auf allergnädigsten Befehl Sr. 
Königl. Majestät habe die Ehre, Ew. Excellenz alle vorangeführte 
Pièces in fünf Stück hierbei zu übersenden und dabei zu melden , wie 
Sr. Königl. Majestät Intention ist, dass Ew. Excellenz zuforderst mit 
des Etatsminister Herrn Grafen von Finckenstein Excellenz den Ori- 

I Vergl. S. 46. — 2 D. d. Westminster, 16. Januar 1756. Vergl. Nr. 7175. — 
3 Promemoria über die bei Verträgen zwischen Preussen und England beobachtete 
Etikette. — * Michell übersendet, London 16. Januar, die folgende Déclaration des 
englischen Ministeriums : 

Dé claration. 

Afin de terminer les différends qui peuvent s'être élevés entre Leurs Majestés 
Britannique et Prussienne, il est déclaré que, dès que Sa Majesté Prussienne lèvera 
l'arrêt mis sur la dette de la Silésie et fera payer aux sujets de Sa Majesté Britannique 
ce qui leur en reste dû, selon le contrat original, tant intérêts que principal, Sa Ma- 
jesté Britannique promet et s'engage, de son côté, de faire payer à Sa Majesté Prus- 
sienne la somme de vingt mille livres sterling en extinction de toute prétention de 
Sadite Majesté ou de ses sujets à la charge de Sa Majesté Britannique, sous quelque 
prétexte que ce puisse être. Fait à Westminster le 16 jour de janvier, l'an de 
grâce 1756. 

Hardwicke, Ch. Granville, P. Holles Newcastle. 
Holdernesse. H. Fox. 



55 

ginaltractat mit dem hier befindlichen Contreprojet ' (welches in Original 
und in Abschrift beilege) auf das genaueste coUationiren , zugleich die 
Pleinpouvoirs examiniren und alsdenn, wenn alles seine Richtigkeit da- 
mit hat, die Ratification darüber fertigen lassen möchten. ^ Des Königs 
Majestät haben hierbei exprès declariret, dass Ew. Excellenz des Herrn 
Grafen von Finckehstein Excellenz zu allem diesem mit ziehen und 
Dieselbe deshalb von allem darunter vorhin vorgefallenen au Fait setzen 
möchten. 3 

Was die Originaldépêche des Herrn Michell anlanget, da muss mir 
solche von Ew. Excellenz wiederum zurück erbitten, weil des Königs 
Majestät mir befohlen haben , solche Deroselben morgen oder über- 
morgen wiederum vorzulegen, um Dero Résolutions auf alle darin 
enthaltenen Punkte ertheilen zu können , als welches noch nicht ge- 
schehen ist.'* 

Ich soll mich auch zugleich bei Ew. Excellenz erkundigen , gegen 
welchen Tag die Expedition der Ratification geschehen sein und solche 
zu Sr. Königl. Majestät Unterschrift vorgeleget werden kann. Worüber 
mir dann ohnvorgreiflich Ew. Excellenz Antwort morgen Vormittag 
etwa um 9 Uhr erbitten und zugleich die Remission der Originaldépêche 
von dem p. Michell gehorsamst erwarten will. Da des Königs Majestät 
mir zugleich befohlen haben, die Ordres zur Levée des auf die schle- 
sischen Schuldengelder gelegten Arrestes zu besorgen, so nehme mir die 
Freiheit, bei Ew. Excellenz zugleich anzufragen, wie mich eigentlich 
damit zu befangen habe, und ob es hinlänglich ist, dass ich dem 
Kammergerichte oder dem Grosskanzler von Jariges [communicire], dass 
nämlich der vorhin auf die bei dem Kammergericht deponirte Gelder 
quaestionis gelegte Arrest ^ wiederum relaxiret und aufgehoben und die 
Gelder an ihre Behörde ausgezahlet werden sollen, oder aber was ich 
sonsten dabei zu observiren nöthig haben dörfte. Worüber mir einige 
Verhaltungsmaasse von Ew. Excellenz unterthänig erbitte. Uebrigens 
dörfte mir auch wohl eine Designation der Summa und derer Posten 
nöthig seind, welche denen Königlichen commerciirenden Unterthanen, 
so ehedem durch die englische Depredationes gelitten , von der dazu 
geordnet gewesenen Commission zuerkannt worden. 

Nach der Ausfertigung. 



Eichel. 



7220. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE 
KNYPHAUSEN A PARIS. 

Berlin, 27 janvier 1756. 
J'ai reçu la dépêche que vous m'avez faite du 16 de ce mois. 
Comme vous m'y avez marqué que M. de Rouillé vous avait fait aper- 
cevoir sa surprise de ce que je ne donnasse aucune communication à la 

I Vergl. S. 15. — 2 D. d. Berlin 31. Januar. — 3 Vergl. S. 3. — ♦ Vergl. 
Nr. 7230. — 5 Vergl. Bd. IX, 479; X, 39. 



— 56 — 

France des propositions qui m'ont été faites de l'Angleterre,' et dont 
il vous a paru être informé plus que superficiellement , mon intention 
est que vous lui direz que j'avais informé, on ne saurait pas mieux, de 
tout en détail le duc de Nivernois,'^ qui sans doute en aurait fait son 
rapport circonstancié à lui. En attendant, après la réquisition faite de 
Sa Majesté Très Chrétienne à l'Angleterre , ^ j'ai fait encore, à ce que 
vous savez,'* tous les efforts possibles en Angleterre pour voir s'il n'y 
a pas moyen encore de concilier les différends entre la France et 
l'Angleterre et de conjurer l'orage, sur quoi je n'ai point encore reçu 
la réponse. Quant aux susdites propositions que l'Angleterre m'a fait 
faire, je vous dirai pour votre direction, et afin que vous soyez à même 
de répondre à M. de Rouillé, quand il vous en parlera, qu'il ne s'agit 
dans toute cette négociation que d'une simple convention de neutralité 
de l'Allemagne , qui ne durera que pendant la guerre présente , et que 
cette convention pourrait bien prendre consistance : 

1 ° Parceque j'aurais été en droit ^ de faire ce traité ou cette con- 
vention, quand même mon traité d'alliance défensive avec la France ne 
serait pas prêt d'expirer, vu que je n'ai point garanti l'Amérique 
à la France, d'où cependant la guerre qu'on va faire, est originaire; 
mais que 

2 " Je lui avais garanti seulement par notre traité ses possessions 
européennes, où la France n'est point attaquée. 

3 ° Que notre traité irait expirer au printemps qui vient, ^ et qu'en 
conséquence aucune raison au monde ne s'aurait m'obliger à des dé- 
marches offensives. 

Vous pouvez cependant assurer à M. de Rouillé que tout cela ne 
m'empêcherait point de faire une alliance défensive avec la France , si 
elle en demandait, et que je conserverai les mêmes sentiments d'amitié 
pour la France que j'avais toujours eus pour elle. Vous lui ferez ob- 
server, d'ailleurs, que la susdite convention de neutralité ne regardait 
que la guerre présente et qu'elle expirait, dès que cette guerre se 
terminerait. 

Après cela , si , malgré toutes ces bonnes raisons, vous voyez que 
M. de Rouillé ou les ministres de France voudraient se cabrer ou faire 
les revêches , vous leur direz , quoiqu'en termes polis et bien mesurés, 
que vous ne voyiez aucune bonne raison pourquoi ils voudraient prendre 
en mauvaise part la démarche que je faisais ; que la France avait pour 
alliée l'Espagne, qui cependant ne voulait point se mêler de la guerre 
présente; que, quant à ses autres alliés, la Suède et le Danemark, avec 
qui la France avait des engagements subsidiaires , tous faisaient appa- 
raître que cette guerre ne les regardait pas et qu'ils n'y feraient rien, 
et qu'ainsi il était difficile de trouver aucune bonne raison pourquoi moi 
seul devais plus faire que tous ses autres aUiés. 

I Vergl. S. I. — 2 Vergl. S. 48. 51. — 3 Vergl. S. 32 — 34. — 4 Vergl. 
Nr. 7199. — 5 Vergl. S. 49. — 6 Vergl. Bd. XI, 170. 



■ — 57 — 

Voilà tout ce que vous pouvez insinuer très modestement au M. de 
Rouillé et aux ministres , surtout si vous leur trouvez encore de la ré- 
pugnance. A quoi, vous ajouterez que, dans les circonstances présentes 
des affaires de l'Europe, aucune puissance n'y saurait rester sans alliés, 
que je préférerais toujours l'alliance de la France à toute autre , mais, 
quand je verrais que ma démarche très innocente leur donnerait de 
l'aigreur, alors je me verrais obligé de songer à faire l'alliance avec 
l'Angleterre. 

Je me remets en tout ceci sur votre prudence pour que vous fas- 
siez un bon usage de tout ce que dessus , quoique toujours avec dou- 
ceur et en termes polis et honnêtes. ^ . 

Federic. 

Nach dem Concept. 



7221. AU CAPITAINE MARQUIS DE VARENNE A MARSEILLE. 

Berlin, 27 janvier 1756. 
Votre lettre du 8 de ce mois m'ayant appris que vous ne sauriez 
trouver à Marseille quelque vaisseau suédois ou danois ' pour vous trans- 
porter à Smyrne, il ne reste donc aucun autre moyen, sinon que vous 
alliez à Gênes, afin de trouver là quelque vaisseau sur lequel vous sau- 
riez vous transporter, sûrement et sans risquer aucun inconvénient, à 

S^y^"^- Federic. 

Nach dem Concept. 



7222. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLING- 
GR^FFEN A VIENNE. 



Klinggräffen berichtet, Wien 1 7 . Ja- 
nuar: ,,Le maréchal prince de Waldeck 
arrivera en peu de jours, étant en chemin. 
Il y a un bruit sourd qu'il sera destiné 
au commandement des troupes russien- 
nesa ... La mission d'un ministre anglais 
à la cour de Votre Majesté 3 met ici les 
partisans anglais de mauvaise humeur, 
dont le nombre n'est pas petit. Je n'en 
excepte pas le comte CoUoredo ni celui 
de Kaunitz. On est fort attentif au but 
de ladite mission." 



Berlin, 27 janvier 1756. 
J'ai reçu votre rapport du 17 
de ce mois. Si le bruit d'une mis- 
sion que le roi d'Angleterre irait 
faire à ma cour , rend de si mau- 
vaise humeur le ministère et le 
parti anglais, je suis bien aise de 
vous dire, quoiqu' encore pour votre 
direction seule et dans le dernier 
secret, que dans peu vous appren- 
drez d'autres nouvelles qui cause- 
ront des visages bien farouches."^ 
Au surplus, comme il court tant de bruits là où vous êtes sur la 
marche prochaine des troupes de Russie, expliquez-moi, s'il vous est 
possible, quelle est donc la puissance à la réquisition de laquelle ces 
troupes se mettront en mouvement, si c'est aux instances du roi d'Angle- 

I Vergl. Bd. XI, 394. — 2 Vergl. S. 9. — 3 Vergl. S. 21. — 4 Vergl. S. 59. 



58 • 

terre où de celles de la cour de Vienne , et quelle est la cour qui 
destine au prince de Waldeck le commandement des troupes russiennes. 

Nach dem Concept. Fedcric. 



7223. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION COMTE DE 
SOLMS A STOCKHOLM. 



Solms berichtet, Stockholm 9. Ja- 
nuar, dass die Königin den Grafen Düben 
zu ihm gesandt habe , um sich nach der 
Antwort des Königs von Preussen in Be- 
treff der letzten Unterredung zwischen der 
Königin und dem Gesandten i zu erkun- 
digen ; die Königin habe dabei den 
Wunsch zu erkennen gegeben , ihr die 
Antwort schriftlich zukommen zu lassen. 
„J'ai décliné cette demande et j'ai fait 
répondre à Sa Majesté , dans les termes 
les plus respectueux, que je ne pouvais 
pas hasarder de donner quelque chose par 
écrit, ne sachant pas les intentions du 
Roi son frère là-dessus, mais que j'étais 
prêt à exécuter de bouche les ordres qu'il 
m'avait donnés." 

Solms berichtet, Stockholm 13. Ja- 
nuar: ,, Votre Majesté m'ayant ordonné 
par Ses ordres immédiats du 30 décem- 
bres de Lui mander comment le roi et 
la reine de Suède prenaient les morti- 
fications que leur parti essuie journelle- 
ment de celui qui domine aujourd'hui, 
j'aurai l'honneur de Lui dire que je ne 
suis pas en état présentement de juger 
avec assurance, n'ayant point eu le bon- 
heur de parler à la Reine, pendant qu'elle 
et les principaux du parti de la cour sont 
à Ulrichsdahl, mais, par ce que Sa Ma- 
jesté et d'autres m'ont dit, avant que d'y 
aller , la cour se flatte encore toujours 
que ses affaires changeront très avan- 
tageusement, si ce n'est pas à cette Diète, 
au moins sûrement à une autre prochaine, 
et, à juger selon les apparences, ils tien- 
nent dans ce parti toujours une très bonne 
contenance. Leurs Majestés Suédoises 
s'amusent beaucoup à la campagne où ils 
sont, et ceux qui sont avec eux, en font 
de même, sans qu'on les gêne en rien." 



Berlin, 27 janvier 1756. 

J'ai reçu par l'ordinaire der- 
nier les dépêches que vous m'avez 
faites du 9 et du 13 de ce mois, 
et approuve la manière sage dont 
vous avez décliné la demande qui 
vous a été faite par le comte de 
Düben. Au surplus, vu les illu- 
sions que vous me marquez, dont 
les principaux du parti de la cour 
s'en usent pour en imposer au roi 
de Suède, je le plains de tout mon 
cœur , et mes vœux continuent 
d'être que tout se puisse calmer 
encore. 

Quant à l'affaire du baron de 
Hœpken,3 vous direz au marquis 
d'Havrincour de ma part qu'en- 
core que la réparation que j'avais 
demandée au sieur de Hœpken, 
fût la plus juste et bien modérée, 
vu les termes tout-à-fait indécents 
dont il s'était servi dans la décla- 
ration connue qu'il avait fait faire 
ici par le sieur de Wulfwenstjerna,'^ 
et principalement encore de ce 
qu'il n'avait pas hésité de com- ■ 
muniquer de tout ceci au ministre 
de Russie à Stockholm , ^ chose 
dont j'étais tout-à-fait instruit, et 
qui m'avait choqué plus que tout 
le reste, cependant, pour marquer 
ma considération pour la France 
et pour faire voir ma modération, 
je me contenterais, pourvu que lui, 



I Vergl. Bd. XI, 447. — 2 Vergl. Bd. XI, Nr. 7164. — 3 Vergl. Bd. XL 
487. — 4 Vergl. Bd. XI, 176— 1 78. — s Vergl. Bd. XL 196. 



à 



59 

l'ambassadeur de France, saurait diriger l'affaire là, qu'au moins on 

ordonnât au sieur de Wulfwenstjerna de faire quelque excuse honnête 

et verbale ici à mon ministre d'État et de cabinet , le comte de Pode- 

wils, de ce qui était arrivé à ce sujet par rapport aux termes de sa 

déclaration autrefois faite. 

Voilà tout sur quoi je me bornerai , dont vous vous expliquerez 

avec le marquis d'Havrincour et me rendrez compte de ce qu'il vous 

aura dit là-dessus. „ , 

h e d e r 1 c. 

Nach dem Concept. 



7224. AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 

Berlin, 28. Januar 1756. 

Es haben Se. Königl. Majestät heute befohlen, wie an Dero 
Minister an auswärtigen Höfen, und zwar denen zu Wien, zu Dresden, 
zu Stockholm, zu Kopenhagen, desgleichen den Secrétaire Benoît, auch 
an denen kleineren Residenten oder Agenten in denen Städten des 
römischen P.eiches ' per circulare geschrieben und denenselben bekannt 
gemachet werden solle, wie dass Höchstdieselbe , um Teutschland in 
Ruhe zu erhalten. Sich mit der Krone Engelland über eine Convention 
de Neutralité von Teutschland, so lange der jetzige Krieg zwischen 
Frankreich und Engelland dauren würde, [concertiret], um dadurch das 
teutsche Vaterland bei denen entstandenen Troublen in Ruhe und Friede 
zu erhalten ; jedoch gehe solches nur pur und alleine die Neutralité von 
Teutschland und diesen Krieg an und hindere nicht die anderen Ver- 
bündnisse, welche Se. Königl. Majestät sonsten mit der Krone Frank- 
reich hätten. Hierbei sollte denen Ministern und Residenten aufgegeben 
werden, dieses sich nur zu ihrer eigenen Direction dahin dienen zu 
lassen, dass sie weder solches Rescript communiciren , noch jemandem 
Abschrift oder Extract davon geben, vielmehr, so lange ihnen nicht 
von solcher [Convention] etwas gesaget oder gesprochen werden würde, 
sie sich darunter geschlossen halten und nichts davon sagen, wenn man 
sie aber darüber besprechen würde, alsdenn auf die in dem Rescript 
vorgeschriebene Art expliciren sollten. 

Was den Herrn von Klinggräfifen zu Wien und den von Maltzahn 
zu Dresden anbetrifft, da bin ich von des Königs Majestät befehliget 
worden, solches selbst zu expediren und zu besorgen. ^ Was aber 
unter andern den Benoît angehet, da wollen Se. Königl. Majestät, dass 
derselbe darüber insonderheit mit dahin instruiret werden soll, dass er 
hiernächst und wenn die Convention seines Ortes eclatiren wird, dem 

• 
I Demgemäss erfolgen Ministerialerlasse , d. d. Berlin 31. Januar, an Benoît, 
Häseler, Hellen, Solms, und weiter, d. d. Berlin 3. Februar, an Hecht in Hamburg, 
Ammon in Köln, Freytag in Frankfurt, Avenarius in Mühlhausen, Buirette in Nürn- 
berg, Bachhoff von Echt in Gotha, Müller in Ulm. — 2 Vergl. Nr. 7232. 7233. 



6o 

Kronfeldherrn ^ darüber umständlich schreiben und gegen solchen bestens 

releviren soll, wie des Königs Majestät bei Schliessung der NeutraUte 

vor Teutschland insonderheit Dero Rücksicht darauf genommen, dass 

die Republik Polen dadurch von einem beschwerlichen Durchmarsch 

derer russischen Truppen ^ befreiet und alle daher auf erstere gefallene 

Inconvenienzien vermieden werden möchten, welchem er die oberwähnte 

Versicherung hinzufügen solle, dass solches die anderen Verbündnisse 

Sr. Königl. Majestät mit Frankreich nicht hindere. 

Des Königs Majestät vermeinen übrigens, dass diese Rescripte wohl 

um so eher auszufertigen sein würden, weilen doch die Engelländer die 

Convention, sobald die Auswechselung derer Ratificationen geschehen, 

public machen wollten, und also es nöthig sei, dass Dero Minister und 

Residenten sodann instruiret wären, wie sie sich darüber zu expliciren 

hätten , wenn sie darüber besprochen werden würden. ^^ . , , 

Eichel. 

Nach der Ausfertigung. 



7225. AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 

Berlin, 28. Januar 1756. 

Ew. Excellenz beide gestrige gnädige Schreiben habe wohl zu 
erhalten die Ehre gehabt, auch nicht ermangelt^ des Königs Majestät 
dasjenige geziemend zu hinterbringen, was Ew. Excellenz mir von den 
verschiedenen kleinen Fehlern, so der Michell, als ein neuer Négociateur, 
sowohl wegen des eingesandten einen Exemplars vom Tractat,^ als wegen 
der nicht in Original eingesandten Vollmacht '^ begangen, angemerket 
haben , welche auch zum Theil schon von des Königs Majestät Selbst 
angemerket worden. Höchstderoselben allergnädigste Willensmeinung 
ist dannenhero, dass Ew. Excellenz darüber den p. Michell in einer be- 
sonderen Dépêche umständlich redressiren und denselben wohl in- 
struiren möchten, wie er sich überall bei dieser Sache bis zu deren 
völligen Berichtigung zu verhalten habe, damit er keinen Faux-Pas begehe- 

Sonsten haben Se. Königl, Majestät mir noch befohlen, an Ew. 
Excellenz zu melden, wie Sie nicht allerdinges von der Bienséance 
fänden, das englische Ministerium durch den p. Michell selbst sondiren 
zu lassen, ob es denselben als Minister von des Königs Majestät be- 
halten ^ oder aber, wenn es jemanden von Qualité hierher schickete, 
lieber wiederum jemanden von Qualité von hier aus dahin gesandt 
haben wolle. Dahero dann Sr. Königl. Majestät Intention ist, dass Ew, 
Excellenz vor Sich und Selbst an den Lord Holdernesse schreiben ^ und 
demselben insinuiren möchten, dass, daferne man dorten lieber den 

I Branicki. — 2 Vergl. Bd. XI, 269. 270. — 3 Michell hatte durchaus dem Brauch 
(vergl. S. 54 Anm. 3) entsprechend nicht das von den englischen Bevollmächtigten, 
sondern das von ihm selbst unterzeichnete Exemplar übersandt. — 4 Für die englischen 
Unterhändler. — 5 Demgemäss Ministerialerlass, Berlin 30. Januar. Vergl. S. 64. — 
6 Unter dem 30. Januar ausgeführt. 



6i 

Michell behalten und ihn in seinem dortigen Posten continuiret sehen 
wolle, Se. Königl. Majestät Sich solches endlich gefallen lassen würden, 
ausserdem aber, und wenn der dortige Hof jemanden von Qualité hier- 
her schicken wollte , nicht in Abrede sein könnten , dass Sie einige 
Répugnance hätten, alsdenn den Michell gegen dergleichen dorten zu 
lassen , ^ vielmehr intentioniret wären , jemanden von Naissance und 
Qualité, so wie dergleichen nach denen hiesigen Umständen vorhanden 
wären , als Minister am dortigen Hofe zu senden , und dass mithin der 
Lord Holdernesse sich darüber gegen Ew. Excellenz nur gerade und 
naturellement expliciren möchte. 

Im übrigen habe Sr. Königl. Majestät gemeldet, wie die Ratifica- 
tion des Tractats und das dahin gehörige vor kommenden Sonnabend 
nicht fertig werden könne, ^ dahero Sie dann auch davon zufrieden ge- 
wesen und alles kommenden Sonnabend ^ in Potsdam unterschreiben 
und von dar aus durch einen Courier absenden lassen wollen. 

Nach der Ausfertigung. Eichel. 



7226. AN DEN GEHEIMEN RATH WARENDORFF IN BERLIN. 

[Berlin,] 29. Januar 1756. 
Der Herr Geheime Rath Eichel ist diesen Augenblick von Sr. 
Königl. Majestät zu mir gesandt Worden mit der Königlichen Ordre, 
wo es in der Welt möglich , dem Duc de Nivemois noch heute Abend 
Copien der Convention de Neutralité und des Articuli secreti zu com- 
municiren,** weil derselbe einen Courier damit absenden will. D^r Herr 
Geheime Rath Eichel hat sich dabei erboten , dass , wenn Ew. Wohl- 
geboren zu sehr occupiret wären , heute damit fertig zu werden , Die- 
selbe mir nur die Copei, so Sie hätten, oder auch allenfalls das Original 
von beiden , wenn Sie solches nicht weiter gebraucheten , zuzusenden 
[beliebeten], damit ich gegen 5 Uhr dem Herrn Geheimen Rath Eichel, 
welcher sodann zu Hause zu sein versprochen, solche zusenden könnte, 
weil er sich offeriret, solche Copei allenfalls bei sich fertigen und mir 

zukommen zu lassen. x-r ^ r -r. 1 • 1 

H. Graf Podewils. 

Nach der Ausfertigung. 

7227. AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 

1 odewils berichtet, Berlin 29. Ja- 
nuar, er habe dem Herzog von Nivernois 
am Nachmittage die Copie der Neutralitäts- 
convention zugesandt ; 5 jedoch sei der 
Courier des Herzogs, welcher die Nach- 
richt von dem an die preussischen Ge- 



Berlin, 30. Januar 1756. 
Recht sehr gut. 



I Vergl. S. 10. — 2 Vergl. S. 55. — 3 31. Januar. — 4 Vergl. S. 51. 56. — 
5 Vergl. Nr. 7226. 



62 



sandten zu schickenden Circularerlass i 
nach Paris bringen sollte, bereits am 
Morgen abgegangen, und es sei demnach 
zu erwarten, dass der Herzog die Copien 
erst am folgenden Tage durch einen 
zweiten Courier absenden werde ; die Mit- 
theilung des Circularerlasses an den fran- 
zösischen Hof scheine dem Herzoge weit 
dringender zu sein als die des Wortlauts 
der Convention „dont par sa lecture au- 
près de Votre Majesté 2 il s'était déjà si 
fortement imprimé l'idée qu'il la savait 
presque par cœur, ainsi qu'il m'en a rap- 
porté hier tous les articles qu'elle conte- 
nait, et dont il aura déjà rendu compte 
à sa cour par le courrier de ce matin." 

Mündliche Resolution. Nach Aufzeichnung des Cabinetssecretärs. 



7228. AN DIE ETATSMINISTER GRAFEN PODEWILS UND 
FINCKENSTEIN IN BERLIN. 

Potsdam, 31. Januar 1756. 
Meine liebe Wirkliche Geheime Etatsminister. Ich remittire hier- 
bei an Euch das bei Mir eingelaufene abermalige Schreiben des Her- 
zogs von Mecklenburg-Schwerin Liebden,^ und will Ich, dass Ihr Denen- 
selben darauf das nöthige antworten, zugleich aber zu erkennen geben 
sollet , wie Ich wohl geschehen lassen könnte , dass Sie Sich wegen 
unserer Diiferenzien '^ an den Kaiser und das Reich adressirten ; Ich 
glaubte aber, dass es besser sein würde, wenn Sie Sich entschhessen 
wollten, solche auf eine convenable Art mit Mir abzuthun. Ich bin 

Euer wohl affectionirter König -r^ ■ , 

° Fr 1 der ich. 

Nach der Ausfertigung. 



7229. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE 
KNYPHAUSEN A PARIS. 



K-nyphausen berichtet, Paris 19. Ja- 
nuar, über ein Gerücht, wonach die Stadt 
I>ancaster in Pennsylvanien von Indianern 
überfallen und niedergebrannt worden sei. 
,, Quoique cet avantage ne soit que pas- 
sager et qu'il ne soit pas de nature à 
pouvoir influer à un certain point sur le 
succès de la guerre que les cours de 
France et d'Angleterre se font en Amé- 
rique, le ministère de France, qui suppose 
que cette nouvelle est vraie, la voie d'où 



Berlin, 31 janvier 1756. 

J'ai reçu votre dépêche du 19 
de ce mois. Je ne saurais voir 
sans pitié et indignation les pi- 
toyables résolutions que les minis- 
tres de France prennent l'une sur 
l'autre; ce qui ne saurait qu'ef- 
fectuer que leurs aUiés s'en reti- 
rent autant qu'il leur est possible. 



I Vergl. Nr. 7224. 
4 Vergl. S. 30. 31. 



2 Vergl. S. 48. 51. — 3 D. d. Schwerin, 24. Januar. — 



63 



elle vient ne pouvant pas être regardée 
comme suspecte , espère que cette petite 
disgrâce augmentera le penchant des co- 
lonies anglaises pour la paix, à laquelle 
elles ont d'ailleurs toujours incliné. D'un 
autre côté, il prétend savoir que les fonds 
publics en Angleterre commencent déjà à 
se ressentir des secousses que leur fait 
ordinairement éprouver la seule appréhen- 
sion d'une guerre, et que cette crise se 
manifeste avec des symptômes si violents 
que ceux qui connaissent à fond le sys- 
tème des finances de la Grande-Bretagne, 
commencent à soupçonner que le gou- 
vernement aura beaucoup de peine à 
trouver les fonds dont il aura besoin 
pour la poursuite de ses armements . . . 
La réunion de ces différents indices, dans 
lesquels il pourrait bien entrer beaucoup 
d'exagération , et que le ministère de 
France envisage avec les yeux de la pré- 
vention, le détermine à croire que la fré- 
nésie de la nation pour la guerre com- 
mence à se calmer, i et que son langage 
va devenir plus pacifique qu'il ne l'a été 
jusqu'à présent. Mais, en même temps^ 
on redouble de fermeté ici , au moins 
quant aux apparences , et l'on voudrait 
que les préparatifs qu'on fait pour porter 
sur les côtes de l'Océan les régiments 
qu'on a désignés à cet effet, fussent déjà 
achevés , parcequ'on imagine que ces dé- 
monstrations en imposeront à la nation 
anglaise à la rentrée prochaine du Parle- 
ment ... Je crois devoir prévenir Votre 
Majesté que le ministère ne songe pas 
jusqu'à présent à faire usage du prince 
Edouard pour la descente qu'il voudrait 
faire en Angleterre." 2 



Nach dem Concept. 



Je viens d'être informé^ que 
la réponse que le roi d'Angleterre 
fera à la réquisition de la France,'^ 
sera déclinatoire ; ainsi il faudra 
voir présentement si le ministère 
de France prendra à la fin une ré- 
solution vigoureuse ou s'il est in- 
capable d'en prendre ; sur quoi, 
vous veillerez avec beaucoup d'at- 
tention pour m'en informer exacte- 
ment et à temps. 

Au surplus, comme la con- 
vention entre moi et le roi d'Angle- 
terre par rapport à la neutralité de 
l'Allemagne vient d'être signée des 
deux côtés , ^ je suis bien aise de 
vous en informer , après que j'en 
ai instruit entièrement le duc de 
Nivernois,^ et ajoute d'ailleurs pour 
votre direction que, malgré cela, 
je viens de donner des ordres à 
mes ministres et résidents aux cours 
étrangères 7 que, dès que ce traité 
susdit éclatera et qu'on leur en 
parlera, ils déclareront que ce traité 
n'affectait rien que la neutralité de 
l'Allemagne, pour maintenir la paix 
et la tranquillité de ce pays pen- 
dant la guerre présente entre la 
France et l'Angleterre, que c'était 
en conséquence une affaire momen- 
tanée, et qu'au surplus je restais 
dans tous les autres engagements 
oii j'étais avec la France. 

Federic. 



7230. AU SECRÉTAIRE MICHELE A LONDRES. 

Berlin, 31 janvier 1756. 
J'ai bien reçu, par le dernier courrier que vous m'aviez envoyé, 
votre dépêche du 16 de ce mois, avec toutes les pièces ^ que vous y 

I Vergl. S. 38. — 2 Vergl. S. 37. — 3 Bericht Hellen's, Haag 20. Januar. — 
■♦ Vergl. S. 32—34. — 5 Vergl. S. 54. — 6 Vergl. S. 48. 51- — ^ Vergl. Nr. 7224. — 
8 Vergl. Nr. 7219. 



64 

aviez jointes, et me réfère, quant à ces dernières, à tout ce que mon 
ministère du département des affaires étrangères vous fera observer là- 
dessus par le rescrit ci - clos, ^ qui remplit tout ce que je saurais vous 
dire moi - même à ce sujet , ^ de sorte que vous vous y conformerez 
exactement. 

Quant au traité de commerce à faire entre moi et l'Angleterre, 
comme je vous ai fait savoir déjà mes intentions sur ce sujet par une 
dépêche particulière, ^ qui apparemment vous sera bien parvenue , il ne 
me reste présentement qu'à vous y renvoyer et d'attendre ce que vous 
m'en marquerez en conséquence. 

Pour ce qui regarde d'ailleurs l'affaire de la levée de l'arrêt mis 
autrefois sur les sommes qui restent encore aux intéressés de la dette 
hypothéquée sur la Silésie/ vous direz de ma part aux ministres anglais 
que j'avais effectivement déjà levé l'arrêt mis .sur cet argent et que je 
n'attendais que vos nouvelles sur l'échange des ratifications de notre 
convention de neutralité de l'Allemagne fait, pour déclarer publique- 
ment ladite levée ; que , d'ailleurs , je m'arrangerais tout de suite pour 
faire remettre à Londres les sommes qu'il faut pour m' acquitter entière- 
ment de cette dette, soit en capital soit en intérêt, contre l'extradition 
de l'original du contrat fait autrefois pour cette dette et contre une 
bonne et due quittance, et terminer par là heureusement cette affaire. 

Mais, comme d'un autre côté le ministère britannique s'est engagé, 
en conséquence de sa déclaration secrète que vous m'avez envoyée,^ 
de faire payer la somme de 20,000 livres sterhng en dédommagement 
de mes sujets commerçants qui ont souffert par les déprédations anglaises 
dans la dernière guerre passée, vous proposerez audit ministère s'il 
voudra agréer que, pour éviter tout éclat là -dessus et l'embarras des 
remises à faire de part et d'autre, l'on défalque d'abord à Berlin la 
somme de 20,000 livres de celle qu'il me faut remettre pour satisfaire 
entièrement aux intéressés de la dette de Silésie; proposition que j'es- 
père que les ministres anglais voudront d'autant plus goûter, puisqu'il 
sera bien aisé à eux de faire joindre secrètement cette somme de 
20,000 livres à celles que je ferai remettre pour m'acquitter de la dette 
de Silésie, et que par là tout le monde sera également content et satis- 
fait. Sur quoi, j'attendrai votre rapport au plus tôt possible, afin de 
pouvoir prendre mes arrangements en conséquence. 

Au reste, je veux bien vous permettre que vous acceptiez le pré- 
sent que Sa Majesté Britannique vous destine, selon le rapport que 
vous m'en avez fait, et pour ce qui regarde l'augmentation de vos ap- 
pointements, afin de vous soutenir sur le pied qui convient au caractère 
dont je viens de vous revêtir,^ je vous ferai savoir mes intentions là- 
dessus par le premier ordinaire qui partira d'ici, étant bien aise de 

I D. d. Berlin 30. Januar. — 2 Vergl. Nr. 7225. — 3 Ministerialerlass, d. d. Berlin 
10. Januar. Vergl. Nr. 7186. — 4 Vergl. S. 55. — 5 Vergl. S. 54. — 6 Vergl. 
S. 17. 



1 



65 



vous dire, en attendant, que je suis parfaitement satisfait de la manière 
dont vous vous êtes conduit dans la négociation de laquelle je vous 
a\ais chargé. 

Nach dem Concept. 



Federic. 



AU CONSEILLER PRIVÉ VON DER HELLEN A LA HAYE. 



7231 

rlellen berichtet, Haag 23. Januar: 
„Rencontrant mardi t au soir assez tard le 
ministre d'Angleterre seul, il m'embrassa, 
en me disant que je saurais la grande 
nouvelle du traité que Votre Majesté avait 
fait avec le Roi son maître; que Sa Ma- 
jesté Britannique lui avait ordonné d'en 
communiquer la nouvelle sous le sceau 
du secret le plus absolu à la Princesse 
Gouvernante, que Son Altesse Royale ne 
se possédait pas de joie. Il en parut pé- 
nétré de même, ajoutant que personne ne 
le savait d'ailleurs ici et qu'il aurait soin 
de ne le dire à qui que ce soit." 



Berlin, 31 janvier 1756. 
J'ai reçu votre rapport du 23 
de ce mois , et ayant vu ce que 
vous m'avez marqué au sujet des 
propos que le ministre d'Angleterre 
vous a tenus , je veux bien vous 
dire pour votre direction que vous 
ne parlerez point, ni ne direz mot 
du traité que l'Angleterre vient de 
faire avec moi au sujet de la neu- 
tralité de l'Allemagne et de la 
tranquillité publique à y conserver 
pendant la présente guerre entre 
l'Angleterre et la France ; mais 
qu'aussi, dès aussitôt qu'on j^iendra 
à ceux qui vous en parleront, que 
l'unique objet de ce traité était la neutralité et la conservation de la 
paix en Allemagne pendant la guerre présente , mais qu'il ne m'empê- 
chait pas que je ne gardasse mes autres engagements où j'étais avec la 
France.^ Voilà sur quoi vous vous conformerez exactement. 

Nach dem Concept. Fedcric. 



vous en parler , vous déclarerez 



7232. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLING- 
GR^FFEN A VIENNE. 



K-linggräffen berichtet, Wien 21. Ja- 
nuar: ,,Le comte d'Aubeterre a commu- 
niqué au ministère le mémoire 3 dont Votre 
Majesté m'a fait la grâce de m'envoyer 
l'extrait. 4 Ce ministre m'a communiqué 
de lui-même la réponse qu'on lui a faite, 
et à laquelle il devait bien s'attendre, 
savoir que l'Impératrice apprendrait avec 
peine que les choses en fussent venues 
entre les deux cours au point où elles 
étaient; qu'il n'avait point tenu à cette 
Princesse d'engager l'Angleterre par ses 
représentations à la modération. On re- 



1 20. Januar. — 2 Vergl. 
vom 13. Januar. 

Corresp. Friedr. II. XII. 



S. 59- 



Berlin, 31 janvier 1756. 
J'ai reçu votre rapport du 21 
de ce mois. Je ne veux pas entrer 
présentement dans tout le détail 
qu'il comprend; je vous dirai seule- 
ment que j'ai été content des nou- 
velles que vous m'y avez marquées, 
et que vous devez continuer de me 
mander tout ce qui viendra à votre 
connaissance. Dans les circons- 
tances présentes des affaires publi- 

3 Vergl. s. 32 — 34. — 4 Ministerialerlass 
5 



es 



garde ici, ce qui m'est venu de bon lieu, 
cette pièce pour une déclaration de guerre, 
et que l'Angleterre y répondrait sur le 
même ton ; par conséquent , on tient la 
guerre pour inévitable. Le comte de 
Sinzendorff, selon que le comte Kaunitz 
l'a dit lui-même à table, il y a quatre 
jours , pourrait bien arriver en peu , à 
moins qu'il ne s'arrêtât trop longtemps 
en Saxe i auprès de son père , quoique 
le bruit se soit répandu qu'il n'arrivera 
que vers l'avril . . . On continue de faire 
de son mieux pour mettre ici les troupes 
en l'état le plus complet qu'il se peut." 2 



ques, je ne saurais avoir trop d'avis, 
et il y a des choses qui, dans un 
autre temps, seraient de peu d'im- 
portance, me peuvent être, à pré- 
sent, utiles et intéressantes, pourvu 
que l'avis soit fondé. 

Après cela , je vous dirai, 
quoiqu' encore pour votre direction 
seule, que, vu la situation critique 
des affaires et pour conserver la 
paix et la tranquillité publique en 
Allemagne , je me suis prêté aux 
propositions que le roi d'Angle- 
terre m'a fait faire pour la neu- 
tralité de l'Allemagne, en sorte que je viens de passer un traité avec 
lui pour ce sujet en conséquence duquel aucunes troupes étrangères, 
de quelque puissance que ce soit, n'entreront dans Allemagne, ni n'y 
passeront pendant la guerre présente entre l'Angleterre et la France, et 
la tranquillité de l'Allemagne sera conservée. Cependant, comme cette 
convention n'est que momentanée et qu'elle expire, dès que les diffé- 
rends entre la France et l'Angleterre seront terminés, mon intention est 
que vous n'en deviez parler à qui que ce soit, jusqu'à ce que la chose 
éclatera et qu'on viendra vous en parler, et c'est alors que vous dé- 
clarerez à ceux qui vous en parleront, que l'unique objet dudit traité 
était la conservation de la paix en Allemagne pendant la guerre pré- 
sente entre l'Angleterre et la France, que j'observerais religieusement, 
mais qu'indépendamment de cela je ne me détournerais point de mes 
autres engagements où j'étais avec la France. ^ 

Au surplus , vous ne manquerez pas de bien observer et de me 
mander quelle impression ledit traité fera sur la cour où vous vous 
trouvez, et de quel œil elle verra le sieur Keith, de même si ce traité 
dérangera les projets de ladite cour ou si, malgré cela, elle continuera 
de faire ses arrangements militaires. 

Nach dem Concept. 



Fe de rie. 



7233. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE MALTZAHN 

A DRESDE. 

Maltzahn berichtet, Dresden 23. Ja- 
nuar: „Par les deux dépêches du sieur 
Funcke du 8 et du 15 de décembre que 



je viens de parcourir, j'ai appris que le 
courrier anglais est arrivé le 11 dudit 
mois à Pétersbourg avec la ratification du 



Berlin, 31 janvier 1756. 
J'ai bien reçu votre dépêche 
du 23 de ce mois, dont les nou- 
velles qu'elle comprend, m'ont été 
très intéressantes et instructives, en 



Vergl. S. 53. — 2 Vergl. S. 35. — 3 Vergl. S. 59. 



Ö7 



traité de subsides, i Le chevalier Williams 
en a informé le même jour le Grand- 
Chancelier, pour qu'il tienne la ratification 
de sa cour prête, afin de ne plus différer 
l'échange ; mais le grand-chancelier Bestu- 
shew a cru devoir auparavant tirer du 
chevalier Williams les informations sui- 
vantes, sur lesquelles il a chargé le sieur 
Funcke de le sonder , savoir si , en con- 
séquence des insinuations faites au sieur 
Williams, la Czarine avait une gratification 
extraordinaire à espérer de l'Angleterre 
à l'échange des ratifications, et si l'on 
avait mis le résident anglais Wolf en état 
de payer les 100,000 livres sterling en 
même temps que les ratifications seraient 
échangées , suivant la stipulation du pre- 
mier article séparé; à quoi le chevalier 
Williams avait donné pour réponse au 
ministre saxon que , hors les sommes sti- 
pulées par le traité et ses articles séparés, 
on n'avait rien à attendre. Que, quant 
au payement des 100,000 livres sterling, 
promis par le premier article séparé, le 
chevalier Williams attendait là-dessus un 
autre courrier, qu'on marquait vouloir lui 
expédier huit jours aprës le départ de 
celui qui venait d'arriver, avec de nou- 
velles instructions; qu'il lui en apporte- 
rait en particulier aussi à l'égard du re- 
nouvellement du traité de commerce de 
l'Angleterre avec la cour de Russie. 
Qu'indépendamment de cela lui , cheva- 
lier Williams, estimait que les termes de 
l'article séparé de l'échange des ratifica- 
tions ne devaient pas s'entendre du jour 
de l'échange des ratifications à Péters- 
bourg, mais de celui où le roi d'Angle- 
terre aurait en main l'exemplaire ratifié 
de la Russie, que pour lors le sieur de 
Golyzin , auquel il faudrait envoyer un 
plein-pouvoir pour cela, aurait à recevoir 
du trésorier de guerre anglais la somme 
stipulée, contre sa quittance. Le sieur 
Funcke dit que ces circonstances, des- 
quelles il informerait encore ce jour- là, 
qui était le 15 décembre, le grand-chan- 
celier Bestushew, occasionneraient bien 
des débals et accrocheraient la conclusion 
de cette affaire , à quoi le chevalier Wil- 
liams ne s'attendait pas ... Le sieur 
Funcke marque encore qu'avant l'arrivée 
du courrier anglais on avait été fort en 



sorte que je serai bien aise que 
vous tâchiez de vous procurer la 
suite, surtout de ce qui est arrivé, 
à la fin, à Pétersbourg par rap- 
port aux difficultés qui avaient tenu 
en suspens l'échange des ratifica- 
tions du traité de subsides avec 
l'Angleterre, afin de m'en faire vos 
rapports les plus circonstanciés et 
détaillés qu'il vous sera possible. 
Il y a une raison particulière en- 
core pourquoi je souhaite à pré- 
sent plus que jamais d'être exacte- 
ment informé de ce qui se passe 
à Pétersbourg entre les ministres 
de Russie et le sieur Williams, vu 
que , comme je le veux bien vous 
dire, quoiqu' encore pour votre di- 
rection seule et sans que vous vous 
en ouvriez encore à quelqu'un 
là -dessus, je viens de conclure 
avec le roi d'Angleterre une con- 
vention de neutralité pour l'Alle- 
magne, afin que, pendant la guerre 
présente entre la France et l'Angle- 
terre , aucunes troupes étrangères, 
de quelque puissance que ce soit, 
n'y sauraient entrer ou passer, ni 
la tranquillité de l'Allemagne en 
être troublée dans le cours de 
ladite guerre. Comme les ratifica- 
tions de cette convention sont sur 
le point d'être échangées, ma vo- 
lonté est que, tandis que la chose 
restera sans éclat et qu'on ne vous 
parlera pas de la convention comme 
d'une chose faite et conclue, vous 
vous tiendrez clos et boutonné là- 
dessus et que vous n'en parlerez à 
personne; mais qu'après, quand on 
vous en parlera, vous ne désa- 
vouerez point le fait, en ajoutant 
cependant toujours que la conven- 



I Vergl. Bd. XI, 387. 



5* 



68 



peine sur ce retardement et qu'on avait 
conjecturé qu'il aurait peut-être passé par 
Vienne pour y porter des dépêches rela- 
tivement aux engagements des cours de 
Londres et de Pétersbourg, ce qui avait 
paru d'autant plus naturel que jusqu'alors 
il n'y avait pas encore le moindre concert 
entre la Grande - Bretagne et l'Autriche, i 
dont le fondement était bien la persua- 
sion dans laquelle la nation anglaise se 
fortifiait qu'elle était en état de vider sa 
querelle avec la France sans second, 
ayant le dos en sûreté par le moyen du 
traité de subsides qu'elle venait de con- 
clure avec la Russie, et qui lui assurait 
la continuation de la tranquillité publique 
et générale. Que son principe était, outre 
les subsides avec la cour de Pétersbourg 
et le landgrave de Hesse - Cassel , 2 de ne 
plus contracter des engagements de cette 
nature et d'abandonner la sûreté des Etats 
d'Allemagne de Sa Majesté Britannique 
aux soins du Corps Germanique." 



tion faite ne regardait que pure- 
ment et simplement la neutralité 
de l'Allemagne et n'afifectait d'ail- 
leurs que la guerre présente, et 
qu'au surplus je ne me détourne- 
rais pas de mes autres engage- 
ments où, indépendamment de cette 
convention, j'étais avec la France. 
Vous observerez en tout ceci que 
vous ne parlerez pas de votre 
propre mouvement de cette affaire, 
mais seulement au cas qu'on com- 
mencera de vous en parler, et 
alors vous vous en expliquerez en 
conformité de ce que dessus, sans 
entrer dans plus de détail. 

Au reste, je suis bien curieux 
de savoir ce qu'on en sentira à la 
cour de Dresde, dès que l'affaire 
sera éclatée; c'est pourquoi vous 
y serez bien attentif et me mar- 
querez ensuite ce que vous aurez 

appris à ce sujet. ^ , 

Federic. 



Nach dem Concept. 



AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 



7234 

F odewils berichtet , Berlin i . Fe- 
bruar: ,,Ce n'est qu'aujourd'hui que le 
duc de Nivernois a envoyé un courrier à 
sa cour avec la copie de la convention 
de neutralité que je lui avais déjà com- 
muniquée jeudi passé. 3 11 me dit d'abord 
alors qu'il avait déjà prévenu M. de 
Rouillé là -dessus par son courrier de 
jeudi, 4 et n'ayant rien trouvé de plus 
dans la copie que ce qu'il en avait lu 
déjà dans sa dernière audience particulière 
auprès de Votre Majesté , il avait cru 
pouvoir différer jusqu'aujourd'hui à l'en- 
voyer in extenso.^'' 

Mündliche Resolution. Nach Aufzeichnung des Cabinetssecretärs 



Potsdam, 2. Februar 1756. 
So viel Ich heute aus Meinen 
französischen Briefen ^ gesehen habe, 
so wird die Convention mit Engel- 
land bei dem französischen Ministère 
einige Émotion geben, so sich aber 
auch bald wieder legen wird. 



I Vergl. .S. 52. — 2 Vergl. Bd. XI, 226. 227. 
4 29. Januar. Vergl. S. 61. 62. — s Vergl. Nr. 7236. 



3 Vergl. Nr. 7227. 



69 — 

7235- AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 

Potsdam, 2. Februar 1756. 

,,Ew. Excellenz melde auf Dero gestriges gnädiges Schreiben in 
ganz gehorsamster Antwort, wie des Königs Majestät ehegestern die 
beiden Ratificationes der englischen Convention nicht nur mit allen 
dazu gehörigen Expeditionen vollenzogen, sondern ich auch solche so- 
gleich darauf selbst mit allen Präcautionen , so gut ich es verstanden, 
in das dazu gefertigte Kästchen eingepacket und alles mit einem ex- 
pressen Courier noch selbigen Tages abgesandt habe , ^ welcher unter- 
wegens seinen besten Fleiss anwenden wird, um, so viel möglich, damit 
bald an Ort und Stelle zu sein. 

Da Ew. Excellenz aus denen gestern eingegangenen Rapports des 
Herrn Michelle' bereits ersehen haben werden, dass die Herren Engel- 
länder eben nicht das beste Secret von dieser Convention gehalten 
haben, so meldet auch der Herr von Knyphausen in einem besonderen 
Schreiben an Se. Königl. Majestät vom 23. voriges,^ so zugleich mit der 
gestrigen Dépêche angekommen , wie M. de Rouillé bereits von der 
Négociation mit Engelland informiret worden sei und sich deshalb gegen 
ihn sehr beschweret habe" ... [Es folgen Mittheilungen über den In- 
halt des Knyphausen'schen Berichts und über die dem Cabinetssecretär 
für die immédiate Beantwortung des Berichts ertheilten Weisungen.] '^ 

,,Es haben des Königs Majestät mir exprès befohlen, Ew. Excellenz 
von dieser Dero Antwort und Dero Argumenten Part zu geben , damit 
Dieselbe mit des Königs Majestät, wenn der Duc de Nivernois mit 
Ew. Excellenz sprechen würde, einerlei Rede führen könnten. Ich habe 
also solches nur in aller Eile vorläufig melden wollen und werde dem- 
nächst nicht ermangeln, Ew. Excellenz einen umständlichen Extract aus 
der an den Herrn von Knyphausen heute hier noch zu expedirenden 
Antwort und von dem , so er sonsten über dieses Sujet gemeldet hat, 

zu communiciren." t- • 1 1 

Eichel. 

Nach der Ausfertigung. 

7236. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE 
KNYPHAUSEN A PARIS. 

Knyphausen berichtet, Paris 21. S Januar : ,,J'ai lu avec la plus grande attention la 
lettre de Votre Majesté du 3 de ce mois 6 et me propose d'avoir demain un entretien 
avec M. Rouillé, pour m' acquitter envers lui des ouvertures que cette dépêche ren- 
ferme relativement à la neutralité de l'Allemagne. Comme cette négociation me 
paraît être de la plus grande importance, tout le zèle que j'ai pour le service de 
Votre Majesté, se ranime en cette occasion et me détermine à Lui faire les observations 
suivantes ... Le royaume de France est gouverné par un prince qui, étant tout-à- 

I Vergl. Nr. 7230. — 2 Vergl. Nr. 7239. — 3 Vergl. Nr. 7236. — 4 Wieder- 
holt in dem Erlass an Knyphausen vom 3. Februar. Nr. 7236. — 5 Die Unter- 
redung fand am 20. Januar statt (vergl. S. 71 Anm. 3). Der Bericht, dessen Datum 
„21" auf einer Rasur steht, scheint also schon am 19. Januar aufgesetzt zu sein. — 
f> Vergl. Nr. 7171 S. 8. 



70 

fait livré à la dissipation et étant peu' sensible à la gloire, redoute la guerre comme 
une calamité qui appesantirait considérablement un fardeau qu'il se sent incapable de 
porter. Le ministère auquel il accorde sa confiance, est peu éclairé sur les véritables 
intérêts du royaume, souvent divisé sur ce qui les concerne, peu capable de résolution 
et animé continuellement par cet amour immodéré de la paix qu'il puise dans la sou- 
mission aveugle qu'il a pour les volontés de son maître, et que nourrit le sentiment 
de sa propre faiblesse et de sa dépendance. Ce même Conseil est dirigé par une 
femme qui a un intérêt tout-à-fait particulier au maintien de la paix,i et qui ne peut 
pas manquer d'avoir la plus grande répugnance pour tout ce qui peut suspendre les 
plaisirs et l'inaction du Roi sur lesquels sont fondés son crédit et son existence à la 
cour. Tel étant le tableau du gouvernement actuel français , il est certain que les 
alliés de la France ne peuvent prendre aucune confiance en elle dans le moment 
présent. Sa conduite même prouve qu'elle ne fera la guerre qu'autant qu'elle y sera 
forcée, et qu'elle ne la continuera que par nécessité, sans faire beaucoup d'attention 
à ses alliés. Il n'est donc pas douteux que de tous les partis que Votre Majesté 
pourrait prendre dans la conjoncture présente , celui de la neutralité ne soit le plus 
conforme à Ses intérêts et à Sa sûreté. Mais comme d'un autre côté les vices dont 
je viens de faire mention, ne sont qu'accidentels au gouvernement de France, et que 
le temps peut changer les goûts du Roi et occasionner dans le ministère des révolu- 
tions considérables qui pourraient en peu élever la France à ce point de gloire et de 
grandeur dont elle est déchue, je crois qu'il est de l'intérêt de Votre Majesté de ne 
point sacrifier un allié aussi puissant à des avantages moimentanés , et par la même 
raison je prends la liberté de Lui conseiller de ne point conclure Sa négociation avec 
l'Angleterre à l'insu de la France, mais de travailler dans l'intervalle à disposer cette 
dernière à donner son consentement à la neutralité de l'Allemagne. Je suis persuadé 
qu'il ne serait rien moins qu'impossible de l'obtenir, et les raisons suivantes me 
déterminent à former cette conjecture. Primo : la France paraît déjà avoir renoncé 
depuis quelque temps au projet qu'elle avait formé de disposer Votre Majesté à une 
invasion dans le pays d'Hanovre, z Elle sent elle-même, et j'ai eu soin de le faire 
apercevoir plus d'iine fois au ministère de France, qu'on n'est point en droit d'exiger 
une pareille démarche de Votre Majesté , parceque Ses traités avec la France sont 
purement défensifs et qu'une pareille entreprise La commettrait non seulement 
avec tous les alliés de l'Angleterre, qui sont puissants et en grand nombre, mais 
qu'Elle pourrait armer aussi tout l'Empire contre Elle. I.,a P'rance n'a donc à ce 
sujet que des lueurs d'espérance bien faibles, et Votre Majesté verra que le duc de 
Nivernois n'insistera pas sur ce point avec une certaine chaleur. Secundo : ceux qui 
ont le plus de crédit sur l'esprit du ministère de France, lui représentent souvent 
qu'une invasion dans le pays d'Hanovre, soit qu'elle fût formée par des troupes 
françaises ou par des troupes alliées , ne serait jamais qu'une diversion passagère et 
que le succès n'en influerait que faiblement sur la pacification des différends qui sub- 
sistent entre la France et l'Angleterre ... Le ministère paraît donc avoir entièrement 
renoncé à cette idée, et il semble, par tous les arrangements qu'on vient de prendre, 
qu'on se bornera uniquement, si la guerre a lieu, à l'exécution du projet présenté 
par le maréchal de Be]le-Isle,3 sans faire aucune autre levée de boucliers, ni en 
Allemagne, ni ailleurs. Telle étant donc la façon actuelle de penser de la cour de 
France, il ne se présente aucune raison qui pourrait lui inspirer la moindre répugnance 
pour la neutralité de l'Allemagne. Une pareille ligue la mettrait en état de tourner 
tous ses moyens et toutes ses forces contre la seule Grande-Bretagne, et il est certain 
que , tant que la guerre sera restreinte aux cours de France et d'Angleterre , la paci- 
fication de leurs différends sera beaucoup moins difficile que lorsque d'autres puis- 
sances se trouveront entraînées dans leur querelle. Ce dernier point me confirme 
donc dans l'opinion où je suis, qu'une pareille proposition ne serait nullement dés- 
agréable ni au Roi, ni à Madame de Pompadour, ni au maréchal de Noailles, ni au 

I Vergl. Bd. XI, i6S. 372. 410. — 2 Vergl. Bd. XI, 479. — 3 Vergl. S. 44. 



71 

garde des sceaux , i qui , quoique conduits par des motifs très différents , se sont tous 
réunis pour déterminer le Roi à se borner à une guerre maritime, 2 système que rien 
ne saurait mieux consolider que la neutralité de l'Allemagne ... Il sera donc assez 
facile de faire consentir la France à la neutralité de l'Allemagne, si Votre Majesté 
S'y prend de la façon que je viens de Lui indiquer; mais il sera difficile de calmer 
cette cour et de conserver sa confiance , si Elle négocie secrètement avec l'Angleterre 
et qu'Elle ne lui fasse part de Son traité qu'après qu'il sera conclu . . . J'observerai 
encore à cette occasion que l'avis du duc de Nivernois, si Votre Majesté parvient à 
le persuader, sera infailliblement adopté ici, parceque le Roi, Madame de Pompadour 
et tous les ministres ont une confiance aveugle en lui et qu'on se conformera vrai- 
semblablement à tout ce qu'il pourra proposer." 

Knyphausen berichtet, Paris 23. Januar: , .Ayant vu mardi derniers M. Rouillé, 
je me suis prévalu de cet entretien pour le sonder sur le contenu de la lettre de 
Votre Majesté du 3 de ce mois et pour m'éclaircir sur ce qu'il pense de la neutralité 
de l'Allemagne dont il y est fait mention. Il m'en a lui-même offert l'occasion , en 
me disant qu'on lui mandait par ses lettres de Vienne que l'Angleterre cherchait à 
former une ligue en Allemagne, pour en assurer la neutralité et pour en défendre 
l'entrée à toute armée étrangère 4 ... M. Rouillé ne fit non seulement aucun effort 
pour me prouver que Votre Majesté pourrait Se charger d'une pareille diversion [dans le 
pays d'Hanovre], comme il l'a tenté ci-devant en plus d'une occasion; 5 mais il con- 
vint même ingénument avec moi que la France n'avait pour le moment présent point 
de projets relativement à l'Allemagne et qu'une invasion de sa part dans le pays 
d'Hanovre serait vraisemblablement sujette à de grandes difficultés. »Cependant,« 
reprit -il, »quoique ce soit là notre façon actuelle de penser et qu'il y ait toute 
apparence que nous ne tenterons rien en Allemagne, il serait néanmoins bien humi- 
liant pour nous d'avoir les mains liées à cet égard, d'autant plus que, si la guerre se 
fait , nous ne sommes pas sûrs de réussir dans les entreprises maritimes que nous 
formerons.« Après quoi, ayant discuté quelque temps avec moi les inconvénients qui 
pourraient résulter du partage des forces et des moyens de la France, si elle entre- 
prenait une guerre de terre, sans que cela pût influer à un certain point sur la paci- 
fication de ses différends avec l'Angleterre, il finit par me dire que l'idée dont nous 
venions de nous entretenir, méritait d'être pesée avec la plus grande attention et 
qu'elle pouvait être envisagée sous différents points de vue. Je crois pouvoir inférer 
de là que l'éloignement du ministère de France pour la neutralité de l'Allemagne 
n'est pas aussi considérable qu'on pourrait bien l'imaginer , et que Votre Majesté 
n'aura pas beaucoup de peine à disposer la cour de France à donner son consente- 
ment aux engagements qu'Elle aurait envie de prendre. Au reste , M. Rouillé m'a 
fait des reproches amers dans un entretien postérieur que j'ai eu avec lui, de ce qu'il 
apprenait par la voie de la Haye qu'il passait fréquemment par cette ville des 
courriers prussiens qui allaient en Angleterre et qui en revenaient, . . . sans que 
Votre Majesté eût donné auctlne communication à la France des propositions que 
Lui faisait l'Angleterre, tandis que les lettres de Londres portaient que le traité pour 
lequel on était en négociation avec la cour de Prusse, allait incessamment être conclu. 
Que, quelques authentiques que fussent les nouvelles qu'il recevait à cet égard, il 
avait cependant beaucoup de peine à y ajouter foi, et que la grande expérience qu'il 
avait des lumières et de la pénétration de Votre Majesté, ne lui permettait presque 
pas de croire qu'Elle pût regarder un instant la France comme un allié inutile, ni 
Se dissimuler que , si cette dernière se voyait abandonnée par Elle dans un moment 
aussi critique, elle trouverait facilement des occasions pour prendre sa revanche ; que 
la façon dont Votre Majesté Se comporterait dans la conjoncture présente, deviendrait 
dorénavant la mesure de la confiance que le Roi son maître prendrait en Elle, et 
que cette boussole comprendrait toutes ses actions à Son égard." 

1 Machault. — 2 Vergl. S. 26. — 3 20. Januar. — 4 Vergl. S. 9. 43; Bd. 
XT, 453. — 5 Vergl. Bd. XI, 479. 



— 72 

Potsdam, 3 février 1756. 

J'ai bien reçu les dépêches que vous m'avez faites du 21 et du 23 
de janvier passé, et ne [veux] point vous dissimuler que j'ai été ex- 
trêmement satisfait, tant par rapport aux nouvelles que vous m'y avez 
indiquées que par les raisonnements très solides et les réflexions sages 
qu'elles comprennent. Mais , pour entrer en matière là-dessus , je vous 
dirai que , dès la première audience que le duc de Nivernois a eue de 
moi,^ j'ai prévenu pour la plupart les bons avis que vous venez me 
donner, et je lui ai représenté en termes les plus doux mon traité avec 
la France purement défensif qui allait expirer, la puissance et le grand 
nombre de mes ennemis, ma situation. et toutes les suites qu'une entre- 
prise sur le pays d'Hanovre ne laisserait d'entraîner à présent. Je lui 
ai d'ailleurs fidèlement communiqué les propositions que l'Angleterre 
m'avait faites en égard de la neutralité de l'Allemagne à conserver 
pendant la présente guerre, jusqu'à faire voir au duc de Nivernois toute 
la correspondance qu'il y avait eu là-dessus entre moi et l'Angleterre , ^ 
et lui ai témoigné combien j'étais disposé, nonobstant cela, de renou- 
veler mon traité défensif avec la France. Si , après tout ceci , les mi- 
nistres de France demandent pourquoi j'avais attendu si longtemps de 
lui faire part des propositions que le roi d'Angleterre m'a fait faire, 
vous savez que je vous avais instruit ^ de leur déclarer qu'il m'avait été 
fait des propositions de la part de l'Angleterre sur lesquelles je m'ex- 
pliquerais au duc de Nivernois, dès qu'il arriverait, mais comme son 
départ a traîné depuis le septembre de l'année passée de huit en huit 
jours, "^ je n'ai pas été à même de m'ouvrir à lui sur ces propositions, 
avant qu'il fût arrivé ici, tout comme je l'ai fait à présent, et que je 
lui ai tout communiqué jusqu'au traité même , avant qu'il fût conclu 
et signé. 

Quant au traité même, je ne vois aucun mal que j'ai fait à ce 
sujet, ni aucune bonne raison qui m'eût obligé d'y demander le con- 
sentement de la France, tout comme l'Espagne n'a pris point conseil 
de la France, quand elle fit son traité d'Aranjuez,^ quoique la maison 
royale d'Espagne soit encore apparentée avec celle de France, ce que 
je ne suis pas. D'ailleurs, il y a" un grand article à observer encore, 
c'est que mon traité avec la France expire^ et que par là j'aurais eu 
les mains libres de prendre toutes autres mesures, de sorte que je crois, 
quant aux menaces que M. de Rouillé a faites , qu'elles seraient inieux 
employées , s'il les faisait cdntre les ennemis de la France , les Anglais ; 
car, pour ce qui me regarde, je ne vois ni raison ni but pourquoi il 
les voudrait faire. A présent que mon traité avec la France est sur le 
moment d'expirer, je me vois nécessité de prendre un parti pour avoir 
des alliés , et quoique l'Angleterre m'ait donné assez intelhgiblement à 



I Vergl. S. 42. — 2 Vergl. S. 48. 51. — 3 Vergl. Bd. XI, 302. — 4 Vergl. 
Bd. XI, 480. — 5 Vergl. Bd. IX, 488. Cantillo, Tratados di paz e di commercio, 
p. 412. — 6 Vergl. S. 49. 



à 



73 

entendre combien elle désirerait de faire un traité d'alliance avec moi, 
je penche nonobstant cela pour la France et suis intentionné encore de 
renouveler mon alliance avec elle , ' pourvu qu'on use de bonnes ma- 
nières avec moi et qu'on laisse à part de si indécentes menaces comme 
M. de Rouillé a faites, et qui sont entièrement déplacées. 

Au reste, la convention que j'ai faite avec l'Angleterre, n'est qu'une 
affaire momentanée et précaire, et la France peut sûrement croire que 
je la débarrasse par là de 60,000 Russes et encore de 60,000 Autri- 
chiens. Le temps propre de tenter une expédition sur l'Hanovre fut 
dans le mois d'août de l'année passée,^ mais à présent, quand même 
il n'y aurait nulle convention entre moi et l'Angleterre, il est sûr et 
constaté qu'une entreprise sur l'Hanovre manquerait absolument de suc- 
cès, par les fortes mesures que le roi d'Angleterre a prises avec ses alliés, 
et attirerait d'ailleurs immanquablement une guerre générale à la France. 

Voilà des arguments que je vous suppédite, quand vous vous entre- 
tiendrez avec M. de Rouillé sur mon sujet et sur ma convention faite 
avec l'Angleterre, dont vous vous servirez cependant avec votre pru- 
dence ordinaire et selon que les cas l'exigeront. Il y en a deux sur- 
tout sur lesquels vous insisterez principalement , savoir l'arrivée tardive 
du duc de Nivernois et d'ailleurs le traité d'Aranjuez que l'Espagne a 
fait, sans consulter la France là -dessus et sans lui avoir donné même 
jusqu'à présent aucune communication, comme je l'ai fait cependant 
d'abord. Vous ferez remarquer encore aux ministres de France que, 
par la convention en question, je n'ai aucunement lié les mains à la 
France de faire la guerre par terre , quand il lui conviendra , vu qu'in- 
dépendamment de la neutralité de l'Allemagne stipulée, elle saura toujours 
faire la guerre aux Pays-Bas, que j'ai exceptés expressément, ^ et où la 
France la saura faire avec le plus de succès. Au reste, vous emploierez 
tout votre savoir-faire pour bien pénétrer les véritables dispositions des 
ministres de France et leurs sentiments là-dessus, en sorte de vous bien 
éclairer si ces ministres garderont encore du levain dans le cœur, quand 
même ils paraîtront faire bon visage. 

Ce qui me reste encore de vous dire, quoique pour votre direction 
seule, c'est que Madame de Pompadour m'a fait faire quelques avances 
par le duc de Nivernois,'* auxquelles j'ai aussi répondu par son moyen. 
Je crois donc qu'il conviendra que vous alliez quelquefois, quoique sans 
affectation, chez elle pour lui dire des obligeances de ma part, au sujet 
desquelles je vous laisse l'entière liberté de les tourner de façon qu'il 
convient et qu'elles sauront porter coup; je me persuade que, pourvu 
que vous vous preniez bien là -dessus, cela aplanira beaucoup d'aigreur 
qui tient peut-être encore au cœur des ministres, et calmera les impres- 
sions vives qu'ils ont prises à mon sujet. Fe de rie 

Nach dem Concept. 

I Vergl. S. 45. 59. — 2 Vergl. Bd. XI, 106. 107. 228. -— 3 Vergl. S. 16. — 
* Vergl. S. 51. 



74 



7 237 AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE MALTZAHN 

A DRESDE. 



Maltzahn berichtet , Dresden 26. 
Januar: „On m'a averti que le premier 
ministre avait remontré au comte Rutowski 
que, le Roi ayant sur ses représentations 
rejeté le plan d'une réduction dans l'ar- 
mée, I il faudrait présentement trouver un 
fond pour la soutenir sur le pied où elle 
était, ceux qui avaient servi pour la sou- 
tenir, ne suffisant plus, depuis que les 
subsides cessaient 2 et qu'on n'en aurait 
pas de nouveaux; qu'ainsi il lui proposait 
de faire retenir pour le Roi le dixième 
de toutes les pensions et de tous les ap- 
pointements qui se payaient aux officiers." 



Potsdam, 3 février 1756. 
J'ai reçu la dépêche que vous 
m'avez faite du 26 janvier, et me 
suis bien étonné du moyen dont 
le comte de Brühl s'est avisé pour 
soutenir l'armée saxonne sur le pied 
où elle est; je ne comprends pas 
d'ailleurs à quoi cela mènera, 
puisque je ne tiens point suffisant 
ce dixième de toutes les pensions 
et appointements pour remphr le 
vide des subsides, afin de pouvoir 
payer les troupes, et qu'au surplus 
tant les gens du militaire que du 
civil n'obtiendront presque plus rien de leurs appointements modiques, 
payés sans cela assez irrégulièrement. 

Au reste, après que l'affaire de ma convention faite avec l'Angle- 
terre pour la paix et la tranquillité de l'Allemagne vient d'éclater, vous 
vous conformerez à ce que je vous ai prescrit à ce sujet par ma der- 
nière dépêche, 3 et observerez d'ailleurs avec bien de l'attention de 
quelle façon on s'en expliquera à la cour où vous êtes sur cet événe- 
ment, quand il deviendra public. 

Pour ce qui regarde le sieur Gaudecker,* je vous ferai savoir mon 
intention sur son sujet par le premier ordinaire qui partira d'ici. 

Nach dem Concept. F e d e T i C. 



7238. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLING- 
GR^FFEN A VIENNE 



K-linggräffen berichtet , Wien 24. 
Januar, in einem Postscript über die öster- 
reichischen Kriegsrüstungen : ,, Jusqu'ici je 
ne regarde les préparatifs actuels 5 que 
comme défensifs; car on craint ici d'être 
surpris par Votre Majesté , selon la tour- 
nure que pourraient prendre les affaires . . . 
Je me donne des soins sans relâche et ai 
eu le bonheur de remplir les intentions 
de Votre Majesté tant pour le présent que 
pour l'avenir. Il sera nécessaire qu'Elle 
fasse parvenir un fond de deux mille écus 
au général de Treskow avec ordre qu'il 
m'envoie son quartier - maître au moment 



Potsdam, 3 février 1756. 
J'ai reçu votre dépêche du 24 
de janvier passé et me réfère, 
quant à la convention de la neu- 
tralité de l'Allemagne que je viens 
d'arrêter avec le roi d'Angleterre, sur 
le rescrit que mes ministres vous 
feront, par laquelle ils vous ap- 
prendront combien le ministre au- 
trichien à Londres, le comte Collo- 
redo , en a été mortifié , de sorte 



I Vergl. Bd. XI, 454. — 2 Vergl. Bd. XI, ni 
4 Vergl. S. 41. — 5 Vergl. S. 35. 



454- 



3 Nr. 7233. 



75 



que je lui écrirai sous mots couverts, avec 
l'argent et, en même, de nouveaux chiffres. 
... Je compte de pouvoir écrire au gé- 
néral de Treskow dans quinze jours. Ceci 
sera la voie la plus sûre , car je ne confie 
rien à mes domestiques." i 



ministre , a pesté furieusement à 



qu'il n'a pu plus garder mesures, 
ni plus masquer les desseins per- 
nicieux que sa cour avait médités 
à mon égard, et comment il a dé- 
pêché d'abord un officier en cour- 
rier avec une ample dépêche rela- 
tive à cette affaire, ^ lequel, aussi 
imprudent apparemment que le 
son arrivée à la Haye contre les 



Anglais de la conclusion du traité avec moi.^ C'est donc à présent 
que vous redoublerez d'attention pour bien pénétrer la façon véritable 
dont la cour de Vienne envisagera cette affaire et le parti qu'elle voudra 
prendre là-dessus , pour m'en donner après une exacte connaissance. 

Quant à l'affaire secrète dont vous touchez quelque chose dans 
le post - scriptum de votre dépêche , vous me ferez plaisir de traîner 
encore cette affaire pendant quatre semaines, où alors vous aurez ma 

^^P^'^^^- Federic. 

Nach dem Concept. 



AU SECRÉTAIRE MICHELE A LONDRES. 



7239 

Michell berichtet , London 20. Ja- 
nuar, über die Aufnahme des preussisch- 
englischen Neutralitätsvertrages in Eng- 
land: ,,Les ministres reçoivent des com- 
pliments très flatteurs à mesure que la 
nouvelle se répand, et en général chacun 
est charmé de cet événement et s'en fé- 
licite. Il n'en est pas de même des mi- 
nistres autrichiens et des subsidiaires de 
cette cour-ci. Ils en sont étourdis et ca- 
pots. Le comte Colloredo , entre autres, 
a eu si peu l'art de le cacher vis-à-vis 
des ministres qu'ils n'ont pu s'empêcher 
de lui en témoigner leur surprise avec 
beaucoup d'indifférence." 

Michell berichtet , London 23 . Ja- 
nuar : ,,0n continue toujours de paraître 
tous les jours plus satisfait de ce qui a 
été arrêté avec Votre Majesté. Il n'y a 
qu'une voix là- dessus. Les opposants 
sont même dans ces sentiments et ne peu- 
vent pas s'empêcher d'approuver la con- 
duite des ministres à cet égard." 



Potsdam, 3 février 1756. 
J'ai reçu à l'ordinaire d'hier* 
les rapports que vous m'avez faits 
du 20 et du 23 de janvier passé, 
et suis bien d'apprendre le bon 
train que l'affaire de mon traité 
fait avec le roi d'Angleterre a pris 
jusqu'à présent. Comme j'ai dé- 
pêché samedi dernier s un courrier 
avec mes ratifications sur ce traité 
et son article séparé et secret,^ 
j'espère qu'il vous sera déjà heu- 
reusement arrivé, quand cette lettre 
vous parviendra. A présent, je 
suis à l'attente d'avoir bientôt vos 
nouvelles sur les insinuations que 
je vous ai chargé de faire ^ aux 
ministres anglais à l'occasion de 
la susdite réquisition de la France, 



1 Vergl. Bd. XI, 239. — 2 Berichte Michell's, London 20. und 23. Januar. Vergl. 
Nr. 7239. — 3 Bericht Hellen's, Haag 27. Januar. — 4 Die Berichte Michell's sind, 
wie das Schreiben Eichel's an Podewils vom 2. Februar (Nr. 7235) und die Praesen- 
latumvermerke auf den an das Ministerium gesandten Berichten ergeben, schon am 
I. Februar eingelaufen. — 5 31. Januar. — ^ Vergl. Nr. 7230. — 7 Vergl. Nr. 7198. 



— ^6 — 

et de savoir de vous quel effet ces insinuations ont fait sur ces 
ministres. 

Il y a encore deux points sur lesquels un motif de curiosité me fait 
souhaiter que vous m'expliquiez tout naturellement vos sentiments là- 
dessus par une dépêche que vous n'adresserez qu'à moi immédiatement, 
savoir primo si le ministère anglais aurait payé des subsides de guerre 
à la Russie,^ supposé que mon traité fait n'aurait point existé, ou si 
cela lui aurait fait de la peine. 

En second lieu, comme l'on dit que le duc de Cumberland avait 
projeté un plan en conséquence duquel on pourra mettre le nombre des 
troupes anglaises à 44,000 hommes, et que ce Prince se flattait d'ail- 
leurs qu'il saurait amener là ce plan que ce nombre de troupes fût 
conservé même en temps de paix, vous me manderez donc si le susdit 
Duc a fait valoir et accepter ce plan ou jusqu'où il en est parvenu. 

Au reste, n'ayant point eu le loisir encore de disposer des augmen- 
tations d'appointements que vous m'avez demandées , ce sera à la pre- 
mière ordinaire que vous aurez mes nouvelles à ce sujet. 

Nach dem Concept. F e d e r i C. 



7240. AN DEN GROSSKANZLER VON JARIGES IN BERLIN. 

Potsdam, 3. Februar 1756. 
Mein lieber Grosskanzler und Geheimer Etatsminister von Jariges. 
Nachdem Ich aus bewegenden Ursachen resolviret habe , den zu Eures 
verstorbenen Vorfahren ^^ Zeit auf diejenigen Gelder, welche wegen derer 
auf Schlesien hypothecirt gewesenen Schulden zur völligen Bezahlung 
nach Engelland ausgezahlet werden sollen, gelegten Arrest ^ nunmehro 
völlig wiederum aufzuheben;"* mithin das Sequestrum dererselben bei 
dem Hof- und Kammergerichte zu Berlin, wohin solche Gelder depo- 
niret worden , ^ cessiren muss : als mache Ich Euch solches hierdurch 
zur Nachricht und Achtung bekannt und werde Euch nächstens Meine 
weitere Intention zukommen lassen, wohin diese bei dem Kammer- 
gerichte deponirte Gelder ferner ausgezahlet werden sollen, zu welchen 
inzwischen der Kaufmann Splitgerber diejenigen 80,000 Thaler, so ihm 
daraus auf Meine Ordre vorschussweise ausgezahlet worden seind, in 
Conformität seines darüber ausgestellten Wechsels beibringen muss, 
und weshalb Ihr demselben vor Euch und sonder Éclat die legale Auf- 
kündigung thun sollet. Ihr habt Euch hiernach zu achten, und Ich bin 

Euer wohlaffectionirter König 

Friderich. 

Nach der Ausfertigung. 



» Vergl. Bd. XI, 387. — 2 Cocceji. Vergl. Bd. XI, 386. — 3 Vergl. Bd. IX, 
479- — + Vergl. S. 55. - 5 Vergl. Bd. X, 39. 



Potsdam, 3. Februar 1756. 
Alles recht gut. 



• — 77 — - 
7241. AN DAS DEPARTEMENT DER AUSWÄRTIGEN ÄFF AIREN. 

Jrodewils und Finckenstein berich- 
ten, Berlin 2. Februar, dass in Verfolg 
der Weisungen des Königs i den Ver- 
tretern desselben in Köln, Hamburg, Frank- 
furt a. M., Mühlhausen, Nürnberg, Gotha, 
Ulm und Regensburg, dem letzten aus- 
führlicher, von dem mit England abge- 
schlossenen Neutralitätsvertrage Mitthei- 
lung gemacht worden ist, und beantragen 
des weiteren schriftliche Mittheilungen an 
den churpfälzischen Oberstkämmerer von 
Wachtendonck und den churkölnischen 
Grosskanzler von Räsfeldt. 

Mündliche Resolution. Nach Aufzeichnung des Cabinetssecretärs. 



7242. AN DAS DEPARTEMENT DER AUSWÄRTIGEN AFFAIREN. 



rodewils und Finckenstein über- 
reichen, Berlin 2. Februar, ein Schreiben 
des Churfürsten von der Pfalz [d. d. 
Düsseldorf 25. Januar] mit einem Briefe 
des hannoverischen Grossvogts von Münch- 
hausen an den pfälzischen Minister von 
Wrede als Beilage. Der Churfürst hat 
dem Freiherrn von Münchhausen auf die 
von diesem ausgesprochene Besorgniss 
eines Angriffs Frankreichs auf Hannover 
durch das pfälzische Gebiet zur Antwort 
gegeben , dass man von einem .solchen 
Vorhaben Frankreichs nichts wisse und 
auch nicht glauben könne ,,que pour des 
querelies en Amérique qui ne regardaient 
en rien l'Allemagne et l'Empire, cette 
couronne voulût attaquer un des prin- 
cipaux États de l'Empire, et que l'Electeur 
n'y donnerait jamais les mains." Die 
Minister geben anheim , in der Antwort 
an den Churfürsten auf das Schreiben an 
seinen Minister von Wachtendonck 2 Bezug 
zu nehmen und auf die hochherzige Sorge 
des Königs für die Erhaltung des Ruhe- 
standes in Deutschland hinzuweisen. 

Mündliche Resolutionen. Nach Aufzeichnung des Cabinetssecretärs, 



Potsdam, 3. Februar 1756. 
Recht sehr gut, und muss 
ihnen auch das nöthige wegen der 
gemachten Convention und dem 
dadurch der Ruhe Teutschlands ge- 
schafifenen Appui bekannt gemachet, 
solches aber nachher dem Duc de 
Nivernois communiciret werden. 



I Vergl. Nr. 7224 S. 59. — 2 Vergl. Nr. 7241. 



78 

72 43- AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 

Potsdam, 3. Februar 1756. 

Da des Königs Majestät bereits gestern von jemanden aus den 
leydenschen Zeitungen' von dem wegen der mit Engelland getroffenen 
Convention darin vorhandenen Articul , und zwar , wie ich urtheilen 
muss, nicht allerdings exact, informiret worden seind, mich auch davon 
sogleich , als nur in Dero Kammer gekommen bin , davon gesprochen 
haben, so haben Höchstdieselbe bei solcher Gelegenheit mir befohlen, 
Ew. Excellenz zu melden, wie Sie nöthig fänden, dass nur gleich in 
denen berUnschen öffentlichen gedruckten Zeitungen, und nachher auch, 
unter Ew. Excellenz Besorgung und Aufsicht ein recht wohl und mit 
allem Bedacht geschriebener und gefasster Articul des ohngefährlichen 
Einhaltes inseriret werden solle, dass, nachdem des Königs von Engel- 
land Majestät seit einiger Zeit her in Négociation getreten, um zu ver- 
hindern, dass die jetzigen Unruhen sich nicht in Teutschland ziehen 
möchten, so hätten Selbige beiderseitig Sich insoweit mit einander ver- 
glichen, um eine Convention de Neutralité zu unterzeichnen, damit bei 
solchen Unruhen der Friede und Ruhestand in Teutschland conserviret 
und zugleich aller Ein- und Durchmarsch fremder Truppen in Con- 
formité derer Reichsgesetze zurückgehalten würden. Wobei zugleich 
sonst noch mit Engelland vorgewaltete Misshelligkeiten wegen der 
schlesischen Schulden, und was dahin sonsten gehöret , auf das 
amiableste vergHchen, und deshalb der von Sr. Königl. Majestät auf 
erstere bisher gelegt gewesene Arrest sogleich nach eingegangener Rati- 
fication der obgedachten Convention gehoben werden würde. ^ 

Welches alles dann Ew. Excellenz zur beliebigen Besorgung mel- 
den sollen, da des Königs Majestät gerne sehen werden, dass dieser 
Articul recht wohl gefasset werde. Sr. Königl. Majestät Intention ist 
sonsten noch dabei , dass Ew. Excellenz verfügen möchten , damit sol- 
cher auch nachhero denen holländischen französischen Zeitungen, gleich- 
falls bestens gefasset, inseriret werde. 

Uebrigens haben Höchstdieselbe bei dieser Gelegenheit annoch de- 

clariret, dass die Convention quaestionis niemalen ein Traité genannt, 

sondern allezeit als eine Convention de Neutralité du Saint -Empire 

qualificiret werden sollte. ü • u i 

Jt. 1 c n e 1. 

Nach der Ausfertigung. 



I Die leydener französische Zeitung „Nouvelles extraordinaires de divers endroits" 
vom 27. Januar enthält in einem ,, Extrait des lettres de Londres du 20 et du 23 jan- 
vier" die Nachricht von der Unterzeichnung des Westminstervertrages. — 2 Vergl. 
Nr. 7240. 



- — 79 

7244- AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 

Potsdam, 4. Februar 1756. 
. . . Wegen' dessen, so Sr. Königl. Majestät Intention nach in 
denen Zeitungen von der mit Engelland errichteten Convention inseriret 
werden soll , habe gestern in der Eile zu melden vergessen , wie des 
Königs Majestät unter andern auch verlangeten, dass mit eingeführet 
werden sollte, wie das englische Ministère sich zugleich wegen der In- 
demnisation derer hiesigen Kaufleute derer vorhin erlittenen Depräda- 
tionen halber verstanden habe^ und supponirten Sie dabei, dass in dem 
bekannten Articul der leydenschen Zeitungen solches auch mit enthalten 
wäre. Nachdem mir aber die Freiheit genommen, zu sagen, wie eines- 
theils in nurerwähntem Articul nichts von diesem Sujet berühret wor- 
den, anderntheils aber das englische Ministère inständigst verlanget 
hätte, den deshalb von ihnen ausgestelleten schriftlichen Revers zu 
secretiren, um nicht bei der Nation und denen englischen Tribunals 
dadurch anzustossen, so declarireten des Königs Majestät darauf, dass 
es dieserwegen nach Gutfinden gehalten und nach Anleitung des Arti- 
culs der leydenschen Zeitungen mehr oder weniger in dem Inserendo 
davon erwähnet werden könnte. Welches Ew. Excellenz annoch zur 
beliebigen Erwägung ganz gehorsamst zu melden nicht ermangeln 

^^'°"^"- Eichel. 

P. S. 

Nachdem ich zu des Königs Majestät gerufen worden, ehe ich 
noch dieses mit einem Expressen abgehen lassen können, so haben 
Dieselbe mir befohlen , sowohl die Einlage an Ew. Excellenz ^ mit der 
darin befindlichen Antwort an den Duc de Nivernois zu adressiren, 
als auch Deroselben zugleich eine Abschrift von der Antwort an letzte- 
ren ^ zu übersenden; welches dann hierdurch gehorsamst befolge und 
gedachte Abschrift hierbei lege. Bei welcher Gelegenheit dann zugleich 
Ew. Excellenz gnädiges Sentiment mir gehorsamst erbitte, ob es in 
gegenwärtigem Schreiben mit den Curiahen an den Duc de Nivernois 
getroffen, oder aber, ob darunter vor das künftige etwas zu ändern sei, 
weilen doch diese Correspondance noch weiter gehen dörfte. 

Ich habe auch Gelegenheit gehabt, des Königs Majestät den mehr- 
gedachten Articul aus denen leydenschen Zeitungen Selbst lesen lassen 
zu können, welchen Sie ganz anders gefunden, als Ihro solcher vorhin 
hinterbracht werden wollen,* und en gros davon zufrieden gewesen 
seind, mir auch darauf geantwortet haben, dass also der Articul wegen 
Indemnisation Dero Kaufleute nur nach dem gestrigen Avertissement 
eingerichtet werden könne. 

Nach der Ausfertigung. 

1 Im Eingang giebt Eichel anheini, dem Gesandten in Wien auch für die Corre- 
spondenz mit dem Ministerium neue Chiffern anfertigen zu lassen. Vergl. S. 74. 75. — 
2 Nr. 7245. — 3 Nr. 7246. — 4 Vergl. Nr. 7243. 



— 8o 

7245. AU MINISTRE D'ÉTAT COMTE DE PODEWILS A BERLIN. 

Potsdam, 4 février 1756. 

J'ai reçu votre rapport du 2 de ce mois avec la lettre du duc de 
Nivernois pour moi, à laquelle je vous adresse ci-joint la réponse.' 

Quant à ses propos par rapport au secret qu'il m'a gardé touchant 
la convention de neutralité de l'Empire faite avec l'Angleterre, vous lui 
direz que , quant à moi , je dirai à tous qui le voudront entendre, que 
je lui avais communiqué cette convention, et qu'il dépendrait donc de 
lui de s'exprimer de la même façon envers ceux qui lui en parleraient; 
que je lui laissais d'ailleurs la liberté d'y ajouter même que cette con- 
vention était faite du consentement de la France, quoique je sois d'avis 
qu'il conviendrait sur ceci d'attendre préalablement l'arrivée de son 
courrier, pour d'autant mieux juger des intentions de sa cour à ce sujet. 

Et sur ce , je prie Dieu etc. „ , 

' ■> ^ Feder ic. 

Nach der Ausfertigung. 



7246. AU DUC DE NIVERNOIS, MINISTRE DE FRANCE, 

A BERLIN. 

JNivernois meldet dem Könige, Berlin 2. Februar, dass er von seinem Hofe 
Befehl erhalten, eine Abschrift des Antwortschreibens von Fox an Rouillez [d. d. 
Whitehall 13. Januar] zu überreichen; weiter habe er zur Beilegung der preussisch- 
schwedischen Differenzen den folgenden Entwurf zu einem Schreiben Höpken's an 
Havrincour dem Könige zur Begutachtung vorzulegen. 

Der Herzog schliesst sein Schreiben: „Votre Majesté sait sans doute s'il est vrai 
que le roi d'Angleterre fasse établir des magasins de vivres et de munitions dans ses 
États d'Hanovre et en Westphalie. Ma cour a reçu des avis qui portent cette nou- 
velle, et Votre Majesté sent aisément combien elle mérite d'être approfondie. Je prends 
la liberté de m' adresser à Votre Majesté et de Lui demander si et jusqu'à quel point 
cette nouvelle a de la réalité. J'instruirai le Roi mon maître de la manière la plus 
sûre pour sa conduite, et en même temps la plus satisfaisante pour son cœur, en lui 
transmettant sur cette anecdote importante les éclaircissements qu'aura bien voulu me 
communiquer Votre Majesté." 

* * 

* 

Projet de lettre de M. le Baron d'Hœpken à M. le Marquis 
d'Havrincour. 

„Monsieur. Vatre Excellence m' ayant informé que M. le comte de Solms L'ui 
avait dit par ordre de sa cour que Sa Majesté Prussienne serait dans la disposition 
de lever toutes les difficultés par rapport au cérémonial établi par le Roi mon maître, 3 
mais que, pour écarter préalablement tout sujet de mécontentement, elle désirerait un 
adoucissement au sujet des termes dont la déclaration faite de la part de la Suède 
dans l'affaire du sieur Rexin4 aurait été conçue, le Roi, sur le rapport que j'ai eu 
l'honneur de lui en faire , m'a ordonné de mander à Votre Excellence que les cir- 
constances qui accompagnaient l'expédition de M. Rexin pour Constantinople, lui 
avaient paru marquer peu de confiance pour Sa Majesté; que l'amitié qui est entr' elles 
à tant de titres, n'ayant pu qu'en être extrêmement peinée , le Roi n'avait pas cru 

I Vergl. Nr. 7246. — 2 Vergl, S. 34. 63. — 3 Vergl. Bd. XI, 71. 486. — 
4 Vergl. Bd. XI, 176—178. 



8i 

pouvoir se dispenser d'en faire l'objet des représentations qu'il avait fait faire au roi 
de Prusse ; que , s'il y était entré de la vivacité , elle devait être regardée comme la 
mesure de celle qu'il mettait dans son amitié pour Sa Majesté Prussienne et dans la 
délicatesse avec laquelle il est jaloux de sa confiance, dont il fait le plus grand cas, 
mais qu'il n'a jamais eu l'intention de mettre rien dans ces représentations qui fût 
peu amiable , et qu'il désire très sincèrement que Sa Majesté Prussienne en soit per- 
suadée; qu'enfin il espère que, loin que l'amitié qui est établie entre eux sur les liens 
du sang, de l'inclination et de l'intérêt, en reçoive aucun refroidissement, elle n'ac- 
querra que plus de force par cette explication amiable; que Sa Majesté est résolue 
d'y concourir de tout son pouvoir et qu'elle ne doute pas que Sa Majesté Prussienne 
ne soit dans les mêmes dispositions. "i 

Potsdam, 4 février 1756. 

Monsieur. Sensible autant qu'on peut l'être à la confiance que le 
roi de France me témoigne , je me trouve dans des dispositions d'y 
répondre toujours avec la même cordialité. 

Il est fâcheux que la réponse des Anglais ne corresponde point 
avec ce qu'on devait en espérer; j'espère qu'ils s'ouvriront davantage 
envers moi^ et qu'on pourra juger au moins jusques où ils portent leurs 
prétentions. Vous pouvez croire, pour peu que j'entrevoie de leur part 
des dispositions à la paix, que je ferai tous mes efforts pour les y forti- 
fier, à quoi le temps et les occasions pourront fournir des moyens que 
l'on ne prévoit pas encore. 

Vous me parlez ensuite de la mésintelligence qui règne entre nous 
et la Suède. Quoique le procédé de cette cour ait été peu amiable 
envers moi, et que M. Hœpken, à l'insu du Roi, se soit servi d'ex- 
pressions très indécentes, cependant pour donner au roi de France des 
marques de la déférence que j'ai pour ses conseils, je veux bien me 
contenter de cette lettre, qui dans le fond ne dit rien, et sacrifier les 
justes sujets de plainte que j'ai contre ce secrétaire d'État, au bien de 
la cause commune. J'espère que le roi de France me tiendra compte 
de l'oubli que je fais dans cette occasion de ma dignité et des ménage- 
ments que toutes les têtes couronnées doivent avoir les unes vis-à-vis 
des autres. 

Touchant les magasins qui se forment à Hanovre, il m'est revenu 
passés trois mois que les Hanovriens en avaient fait le long du Wéser, 
à Nienburg et à une ville dont je ne me rappelle pas le nom, mais 
depuis ce temps-là personne n'a remué, et tout est tranquille. Cepen- 
dant, j'ai fait écrire aujourd'hui pour avoir des nouvelles plus positives, 
qui vous seront communiquées d'abord après leur réception. Je suis 

avec des sentiments d'estime votre bien affectionné _ , 

Federic. 

Nach der mit dem eigenhändigen Concept übereinstimmenden Abschrift der Cabinetskanzlei. 



I Vergl. Bd. XI, 456. — - Vergl. S. 35. 36. 
Corresp. Friedr. IT. XII. 



82 

72 47- AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLING- 
GR^FFEN A VIENNE. 

Potsdam, 6 février 1756. 

Le rapport que vous m'avez fait du 28 de janvier, m'a été fidèle- 
ment rendu. Comme je vous ai déjà mis au fait par mes lettres pré- 
cédentes^ de ce qui regarde la convention de neutralité du Saint- 
Empire que j'ai faite avec le roi d'Angleterre, c'est à présent que je 
crois que vous aurez la meilleure occasion du monde pour pénétrer à 
fond les dispositions où sont les deux cours de Vienne et de Londres 
vis-à-vis entre elles ; ainsi mon intention est, et je vous en prie même, 
que vous observiez avec la dernière exactitude la contenance que tien- 
dront les ministres de la cour où vous êtes , et celle encore du sieur 
Keith , si les ministres autrichiens éclateront ou s'ils dissimuleront , et 
les mesures qu'ils prendront, et de mander jusqu'aux moindres circons- 
tances tous les mouvements que ladite convention a opérés parmi toutes 
les parties qui y sont intéressées. 

Quant à l'objet de la commission du prince de Czartoryski à 
Vienne,^ je ne crois pas qu'il soit d'une aussi grande étendue que 
vous le présumez, et je doute que, dans les circonstances présentes, la 
cour où vous êtes [veuille] développer d'aussi grands desseins, qui ne 
sauraient que de lui attirer la jalousie de tout le monde , même de ses 
alliés et amis les plus intimes; je présume plutôt que la maison de 
Czartoryski, après avoir beaucoup diminué d'autorité et de crédit,^ 
voudrait bien chercher de la rétablir au moyen d'un ministre autrichien 
à Varsovie, pour en être appuyée dans ses vues ; ce qui, cependant, ne 
doit point empêcher d'observer les menées des Autrichiens avec le sus- 
dit Prince. 

Au reste, [vous recevrez] les nouveaux chiffres pour votre corres 

pondance immédiate avec moi, que je vous envoie par la voie qu^ 

vous l'avez souhaité,"^ et par laquelle vous pourrez me faire parvenij 

tout ce que vous avez de secret à me mander, vu qu'il vous sera libi 

de garder auprès de vous le porteur de cette lettre, pendant tout U 

temps que vous le trouverez nécessaire. ^ , 

Federic. 

P. S. 5 

Pour ce qui regarde encore la convention de neutralité de l'Er 

pire que je viens de conclure avec l'Angleterre, et dont je vous ai déj^ 

instruit pai mes lettres précédentes, j'ai bien voulu ajouter à ce suj( 

que, lorsqu'on viendra à vous en parler, vous déclarerez qu'un d< 

1 Nr. 7232. 7238. — 2 Klinggräffen hatte, Wien 28. Januar, den Aufenthai 
des jungen Fürsten Adam Czartoryski in Wien gemeldet und dazu bemerkt : „]i 
soupçonne qu'on pourrait peut-être prendre des arrangements pour la succession 
Pologne entre les deux cours impériales , la Pologne et l'Angleterre. — 3 Verglj 
Bd. X, 453. 454; XI, 135. 196. — 4 Vergl. S. 74. 75. — s Der erste Absat 
des P. S. wurde unchififrirt ausgefertigt. 



83 

mes principaux soins ayant toujours été de prendre fortement à cœur 
la paix et la tranquillité de l'Allemagne, ma patrie, et la conservation 
de sa constitution et d'en détourner par conséquence, autant qu'il m'est 
possible, les orages qui sauraient fondre sur elle, j'y avais pensé plus 
que jamais dans la situation critique où se trouvent actuellement les 
affaires générales ; et ayant trouvé Sa Majesté Britannique animée des 
mêmes sentiments et du même désir, nous nous étions concertés en- 
semble sur les mesures les plus efficaces à prendre pour obtenir une 
fin aussi salutaire, et que c'était en conséquence que nous venions de 
conclure une convention de neutralité pour l'Empire, en nous engageant 
réciproquement de ne pas permettre que des troupes étrangères, de 
quelle nation qu'elles sauraient être, y entrassent ou passassent. 

Quant au sieur d'Aubeterre, vous devez lui déclarer pour son parti- 
culier qu'ayant arrêté cette convention, je n'avais rien fait qui saurait 
être contraire aux engagements où j'étais avec la France, bien entendu 
que mon traité avec elle n'était que purement et simplement défensif 
et ne garantissait que ses possessions européennes, en excluant expressé- 
ment celles des Indes, qui étaient cependant à présent l'unique objet des 
troubles entre la France et l'Angleterre,' et qu'au surplus la convention 
susdite ne m'empêchait en rien de conserver mes autres engagements 
avec la France et de renouveler même mon traité avec elle,^ qui était 
sur le point d'expirer. 

Nach dem Concept. 



7248. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION COMTE 
DE SOLMS A STOCKHOLM. 

Potsdam, 7 février 1756. 

Les rapports que vous m'avez faits depuis le 20 du mois passé 
de janvier jusqu'au 27, m'ont été bien rendus, au sujet desquels je 
vous dirai que, quant à ce qui regarde l'affaire avec le baron de 
Hœpken , la cour de France m' ayant fait proposer de nouveau 
par le duc de Nivernois un moyen de conciliation par une lettre 
projetée que le baron de Hœpken m'écrirait, ^ et que, m'étant prêté 
entièrement à ce moyen, le susdit duc en a d'abord dépêché un cour- 
rier à M. d'Havrincour pour finir l'affaire en conséquence. C'est poui'- 
quoi j'ai bien voulu vous en avertir, afin que vous vous dirigiez 
là - dessus. 

Pour ce qui regarde la nouvelle qu'on a eue en Suède du crédit 
baissé du chancelier Bestushew, vous n'y devez guère compter, puisque 
je sais à n'en pouvoir douter qu'il n'en a rien encore, et quant à l'autre 
nouvelle d'un transport de 50,000 Russes à Lübeck par une escadre 
anglaise qui paraîtrait au printemps dans la mer Baltique, il se peut 

I Vergl. S. 49. — * Vergl. S. 72. — 3 Verg4. S. 80. 81. 



84 

que cela ait été le premier projet de l'Angleterre,' mais dont il n'en 
sera plus rien à présent, surtout après qu'à la suite ma convention de 
neutralité de l'Empire faite entre moi et l'Angleterre, et dont je vous 
ai déjà informé par ma dépêche du 31 de janvier, ^ y est survenue. 
Comme je vous ai déjà instruit par cette dépêche comment vous devez 
vous expliquer au sujet de cette convention, je m'y réfère et ajoute 
seulement que , si le marquis d'Havrincour venait de vous parler sur 
cette convention comme d'une affaire qu'on ne saurait pas bien conci- 
lier avec mes engagements pris autrefois avec la France, vous lui direz 
en termes civils que mon traité avec la France était simplement et 
purement défensif et ne regardait que ses possessions européennes,, dont 
il n'était point question dans ses démêlés présents avec l'Angleterre, et 
qu'il n'y avait rien d'ailleurs dans cette convention qui me sût dé- 
tourner de mes autres engagements avec la France. Vous observerez 
avec cela que, pourvu que M. d'Havrincour ne vienne point vous 
parler de la façon susdite, vous n'entrerez point aussi avec lui dans 

cette explication. ,^ , 

Federic. 

Nach dem Concept. 



7249. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE 
KNYPHAUSEN A PARIS. 

Potsdam, 7 février 1756. 

La dépêche que vous m'avez faite du 26 du mois passé de jan- 
vier, m'a été rendue. Quant au langage que vous devez tenir aux 
ministres de France au sujet de ma convention de neutralité de l'Alle- 
magne faite avec l'Angleterre, je ne saurais vous donner à présent 
d'autres instructions que celles que je vous ai déjà données par mes 
lettres précédentes, entre lesquelles je vous remets surtout à celle que 
je vous ai envoyée par le dernier courrier, ^ et encore à celle que l'or- 
dinaire dernier vous aura apportée. '^ Une chose encore que vous ob- 
serverez exactement, est que, dans toutes les conversations que vous 
aurez sur la susdite convention, vous ne la quaUfierez jamais de traité, 
mais simplement de convention de neutralité. ^ 

Après que le duc de Nivernois a dépêché ses courriers en France,^ 
il s'attend à la réponse qu'on lui fera, et avant qu'il n'aura reçu ses 
réponses , nous ne saurions guère voir clair ici sur les idées que le 
ministère de France se sera formées sur ces affaires , ni sur la façon 
dont il se décidera. Quant à vous, je veux bien vous dire tout natu- 
rellement que la manière dont vous vous conduirez présentement dans 
cette affaire, me servira de pierre de touche pour en reconnaître si 
vous possédez effectivement toutes les qualités requises d'un ministre 

1 Vergl. Bd. XI, 266. — 2 Ministerialerlass. Verg], S. 59. — 3 Nr. 7220. — 
4 Nr. 7236. — 5 Vergl. S. 78. — 6 Vergl. S. 68. 



— 85 — 

habile dans les affaires; car c'est absolument dans cet instant que vous 
me le prouviez, en employant toute l'adresse, talents et savoir-faire dont 
vous êtes capable, pour faire goûter aux ministres de France ma susdite 
convention et pour leur lever tout soupçon, toute méfiance et toute 
aigreur qu'ils pourront avoir conçus à cette occasion, après tous les 
arguments que je vous ai déjà suppédités afin d'y parvenir. Aussi 
devez-vous être assuré que, pourvu que vous réussissiez en ceci et qu'en 
calmant les inquiétudes dudit ministère , vous rétablissiez la confiance, 
vous vous insinuerez parfaitement dans mes bonnes grâces. 

Nach dem Concept. F 6 d 6 r i C 



7250. AU CAPITAINE MARQUIS DE VARENNE A MARSEILLE. 

Potsdam, 7 février 1756. 
Quand vous m'avez fait votre lettre du 15 de janvier, vous deviez 
■songer que, vu que je n'ai point de connaissance locale des routes que 
vous me proposez, il m'est difficile de vous y prescrire quelque chose. 
La voie par Livourne vous exposerait à des risques et à des incon- 
vénients , celle par Venise est trop dispendieuse et ferait traîner votre 
voyage. Je suis donc de l'avis qu'en conséquence de ma lettre précé- 
dente^ vous préféreriez celle par Gênes, où même je crois qu'en défaut 
de quelque navire danois ou suédois qui vous porterait à Smyrne, vous 
sauriez vous embarquer sur quelque vaisseau génois qui y allât, et que 
vous n'y auriez rien à risquer, supposé même que ce vaisseau fût at- 
taqué chemin faisant par des Barbaresques , puisque vous sauriez vous 
réclamer alors d'abord, en montrant vos passe-ports et vos lettres au 
Grand-Sultan. Mais, comme il est toujours difficile de vous donner des 
ordres là-dessus sans une exacte connaissance locale, il faut bien que 
je vous laisse agir selon que les circonstances l'exigeront, pourvu que 
vous évitiez les risques des pays de la domination d'Autriche et que 
vous ne traîniez plus votre voyage, mais que vous fassiez toute dili- 
gence possible pour arriver à Smyrne. ^ , 

Federic. 

Nach dem Concept. 



7251. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE MALTZAHN 

A DRESDE. 

JVlaltzahn berichtet , Dresden 30. 
Januar: ,,Je viens de voir la dépêche du 



sieur Funcke du 23 de décembre , qui 
traite des difficultés qui se sont élevées 
par rapport à l'échange des ratifications, 2 
qui ont été aplanies au gré de la cour 

I Nr. 7221. — 2 Vergl. S. 67. 



Potsdam, 7 février 1756. 
J'accuse la bonne réception 
des rapports que vous m'avez faits 
du 30 janvier et du 3 de ce mois. 
Ayant oublié dans ma dernière 



86 



de Russie , le chancelier de Bestushew 
ayant insisté sur le payement des 100,000 
livres sterling en même temps que l'é- 
change des ratifications du traité se ferait, 
sans quoi ni ce traité, ni le renouvelle- 
ment du traité de commerce n'aurait lieu; 
que , lui , le sieur Funcke , et le résident 
anglais Wolf ayant été employés pour la 
médiation , ils avaient eu tout lieu de 
s'apercevoir que le chevalier Williams 
avait fait des tentatives, sans ordre de sa 
cour et pour des motifs personnels, rela- 
tifs à la crise que des sentiments parti- 
culiers avaient causée entre le parti de la 
cour et de la nation anglaise. Que le 
résident Wolf avait à la fin pris sur lui 
le payement des 100,000 livres sterling, 
sous des conditions arrêtées secrètement 
entre ledit résident et le chancelier Bes- 
tushew , que le sieur Funcke n'explique 
pas ; ce qui causait au chevalier Williams 
la perte de ses émoluments , eu égard 
auxquels il se repentait à présent de 
ce qu'il avait fait , et que toute sa con- 
duite avait donné des impressions de mé- 
fiance qu'il n'effacerait plus. Que le cour- 
rier que le chevalier Williams avait assuré 
devoir lui être expédié huit jours après 
le départ de celui qu'il avait reçu le ii,i 
n'arrivait pas, et qu'il faisait envisager ce 
retardement comme une suite de la fer- 
mentation qui depuis peu était arrivée 
dans le ministère anglais, en assurant que 
le sieur Fox ayant victorisé sur le parti 
opposé à la cour, 2 les rapports de la 
sienne avec les cours étrangères pren- 
draient une nouvelle consistance, mais 
qu'on n'ajoutait plus foi aux assurances 
du chevalier Williams qu'autant que l'é- 
vénement les confirmait, puisqu'il en avait 
aventuré déjà des plus affirmatives, que la 
suite avait démenties. Que le chancelier 
Bestushew ne travaillait actuellement qu'à 
effectuer promptement auprès de l'impéra- 
trice de Russie la signature de la ratifi- 
cation, chose assez difficile; qu'en suite 
il s'agirait encore de la déclaration qu'on 
demandait à Williams que les troupes 
stipulées dans le traité ne marcheraient 
pas dans le cas où la guerre n'aurait lieu 
qu'uniquement en Italie ou en Amérique, 
déclaration que le chevalier Williams était 



lettre que je vous ai faite, ^ de 
vous instruire de mes intentions 
touchant le sieur Gaudecker,'* je 
vous dirai présentement que, comme 
son histoire est compliquée de bien 
des circonstances dont je ne me 
souviens plus, et qu'il faudrait trop 
de temps pour en tirer des éclair- 
cissements, vous lui direz en ter- 
mes honnêtes qu'il conviendrait le 
mieux qu'il se fît donner ces lettres 
de recommandation pour lesquelles il 
était venu à Dresde, et qu'il pour- 
rait alors venir ici pour voir ce 
qu'il y aurait à faire pour lui , et 
que, supposé qu'il ne trouverait 
point alors de sa convenance de 
rester ici , il en pourrait toujours 
continuer son chemin en passant 
par la Silésie , sans avoir été re- 
marqué. 

J'ai été fort satisfait des nou- 
velles que vous m'avez données 
par le post-scriptum de votre rap- 
port du 30 janvier, où j'ai trouvé 
des choses bien intéressantes ; ma 
grande et presque unique curiosité 
est à présent de savoir comment 
la cour de Pétersbourg envisagera 
ma convention de neutralité de 
l'Empire faite avec l'Angleterre, et 
les impressions qu'elle aura faites 
sur elle, quand elle en aura été 
informée. C'est en conséquence 
que vous tâcherez de m'en pro- 
curer à son temps une exacte 
notice. 

Quant à cette convention, vous 
direz au comte de BrogHe, lors- 
qu'il viendra vous en parler, qu'il 
n'y avait rien dans cette conven- 
tion qui saurait être contraire à 



S. 41. 



I Vergl. S. 66. — 2 Vergl. Bd. XI, 441. — 3 Nr. 7237. — 4 Vergl. 



87 



autorisé et prêt de faire . . . Dans un 
post - scriptum , le sieur Funcke s'étend 
beaucoup sur les représentations qu'il a 
faites au Grand - Chancelier pour obtenir 
à la Saxe des subsides de l'Angleterre, 
de la promesse que celui - ci lui en avait 
faite, et du peu de succès qu'on devait 
s'en promettre. Il a représenté , entre 
autres, au grand -chancelier Bestushew la 
lenteur avec laquelle les affaires se trai- 
taient en Russie, qui serait d'autant plus 
préjudiciable que la Saxe , vu ses détres- 
ses, I ne pourrait pas tarder de se déclarer 
à la France ,2 où de courir le risque de 
s'asseoir entre deux chaises. Le grand- 
chancelier Bestushew, en étant tombé d'ac- 
cord, lui a répliqué qu'il osait d'autant 
moins lui conseiller, qu'il serait très fâ- 
cheux que pour la somme de 100,000 du- 
cats que la Saxe gagnerait peut-être avec 
la France, elle sacrifiât le système général 
et lui donnât un échec par sa défection. 
Qu'il serait fâché en même temps de voir 
la Saxe manquer les subsides français, 
après le refus que la Grande - Bretagne 
aurait fait d'en donner, mais qu'il y avait 
des occasions où l'on ne saurait mieux 
faire que de se déterminer soi-même, 
puisque les amis même ne sauraient si 
bien conseiller. Que la cour de Dresde 
devait savoir ce qu'elle pourrait accorder 
à la France, sans s'engager dans des me- 
sures contraires aux intérêts de ses alliés 
et principalement à ceux de la Russie. 
La réponse de la cour de Dresde qui a 
été donnée au comte Broglie, ... est en 
conséquence de cette leçon que le cornte 
de Bestushew avait faite à ces gens-ci." 



convention , en nous engageant 
que des troupes étrangères , de 



mes engagements avec la France, 
vu que mon traité d'alliance avec 
elle, qui d'ailleurs allait expirer, 
n'était que purement et simple- 
ment défensif et ne regardait que 
les possessions européennes de la 
France, en excluant celles des In- 
des, qui étaient cependant dans le 
moment présent le seul objet des 
troubles élevés entre la France et 
l'Angleterre, et qu'au surplus la 
convention en question ne sau- 
rait m'empêcher aucunement de 
renouveler mon alliance avec la 
France. ^ 

Quant aux autres qui vous 
parleront sur cette affaire, vous 
leur direz simplement qu'un des 
principaux objets de mes soins 
ayant toujours été de prendre à 
cœur la tranquillité de l'Allemagne 
et la conservation de sa constitu- 
tion, afin de détourner d'elle, au- 
tant qu'il m'était possible, les ora- 
ges qui sauraient fondre sur elle, 
j'y avais pensé plus que jamais 
dans la situation critique présente 
des affaires générales ; et ayant 
trouvé le roi d'Angleterre dans les 
mêmes sentiments et du même dé- 
sir, nous nous étions concertés sur 
les mesures les plus efficaces à 
prendre pour obtenir une fin aussi 
salutaire, et que nous étions venus 
d'arrêter là-dessus entre nous cette 
réciproquement de ne pas permettre 
quelle nation qu'elles puissent être. 



entrassent ou passassent l'Allemagne dans le cours des troubles 
présentes. 

Je finis par vous dire encore que, si la cour de Dresde continue 
de compter sur des subsides, elle se méprendra furieusement, vu qu'après 
ma convention faite avec les Anglais , ceux-ci ne lui donneront rien en 



I Vergl. Bd. XI, 358. — 2 Vergl. S. 53. — 3 Vergl. S. 83. 



88 



subsides/ et que la France ne voudra lui en donner moins encore que 
jamais. 

Nacii dem Concept. 



Fe de rie. 



7252. 



AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE H^SELER 
A COPENHAGUE. 



riäseler berichtet, Kopenhagen 20. 
Januar: „Il est très certain que l'intention 
de cette cour n'est aucunement de se 
brouiller avec les Anglais, 2 mais, comme 
[l'armement] 3 la mettra dans le cas de 
tirer raison des déprédations que les An- 
glais ont coutume de faire, il pourrait 
peut - être survenir des incidents pour les 
brouiller ensemble, d'autant plus que la 
cour de Danemark paraît très disposée de 
favoriser la France en tout ce qui peut 
s'accorder avec sa neutralité." 

Häseler berichtet, Kopenhagen 31. 
Januar: ,,La conclusion [du traité entre 
Votre Majesté et Sa Majesté Danoise] 4 
paraît devoir encore tirer en longueur; 
car, bien que les nuages se trouvent dis- 
sipés et les esprits calmés et que la cour 
de Danemark, eu égard à la situation de 
ses affaires vis-à-vis de la Russie, ne sau- 
rait s'y porter trop tôt, il semble cepen- 
dant qu'il lui en coûte encore de revenir 
entièrement de son projet de change du 
Holstein ducal contre les comtés d'Olden- 
bourg et Delmenhorst , 5 qui cependant, 
vu l'éloignement du grand-duc de Russie, 
paraît devenir iine vraie chimère, mais on 
en repaît l'esprit de Sa Majesté Danoise 
et des bien intentionnés, pour éloigner, au 
moins pour quelque temps, les liaisons à 
prendre avec Votre Majesté, qui d'ailleurs 
ne sont aucunement dans les vues du mi- 
nistère présent. Je crois toujours remar- 
quer que la cour de Danemark se flatte 
de pouvoir acquérir l'alliance de Votre 
Majesté au prix de quelque renonciation 
de Sa part aux droits qui compétent aux 
villes de Poméranieô dans le péage du 
Sund, au moins par rapport à celles qui 
ne sont pas dans la jouissance actuelle, 
mais je pense qu'avec le temps le Dane- 
mark se trouvera encore trop heureux de 



Potsdam, 7 février 1756. 

J'ai bien reçu successivement 
les rapports que vous m'avez faits 
depuis le 20 jusqu'au 31, du mois 
passé de janvier, et c'est à la dé- 
pêche que je vous ai faite du der- 
nier dudit mois, ^ que je vous ren- 
voie quant à ma convention de 
neutralité de l'Allemagne faite avec 
l'Angleterre, au sujet de laquelle 
je veux bien vous dire encore que, 
si M. d'Ogier venait vous en parler 
le premier en particulier, vous pou- 
vez bien lui insinuer que cette con- 
vention ne regardait qu'uniquement 
la neutralité de l'Allemagne durant 
les troubles qui s'étaient élevés 
entre la France et l'Angleterre , et 
que je n'avais fait rien là -dessus 
contraire à mes engagements avec 
la France, vu que mon traité d'al- 
liance faite avec elle, qui expirait, 
n'avait été que purement et simple- 
ment défensif et n'avait regardé 
que ses possessions européennes, 
celles des Indes, qui faisaient seules 
à présent l'objet des troubles, en 
étant expressément exclues, et qu'au 
surplus cette convention ne met- 
tait aucun obstacle à mes autres 
liaisons avec la France. 

Quant aux avis que vous me 
donnez de la façon présente de 
penser de la cour où vous vous 



I Vergl. S. 74. — 2 Vergl. S. 32. — 3 Vergl. S. 53. 
223. — 5 Vergl. Bd. XI, 200. 201. — 6 Vergl. Bd. XI, 77. 
Vergl. S. 59. 



4 Vergl. Bd. XI, 
7 Ministerialerlass. 



i 



— 89 



l'acquérir en confirmant ces privilèges; 
rien n'est plus capable de la faire revenir 
sur ce sujet que l'indifférence avec laquelle 
Votre Majesté témoigne traiter la négo- 
ciation du traité, et les instances qui sont 
faites de temps à autre en faveur des 
villes en question, et que j'ai encore re- 
nouvelées tout récemment." 



trouvez, je vous en sais parfaite- 
ment gré et ne manquerai pas d'en 
faire mon usage. 

Au surplus, vu l'état malingre 
de votre santé que vous me mar- 
quez, et le rappel que vous de- 
mandez , ^ je veux bien vous l'ac- 
corder, quand vous le croyez in- 
dispensablement nécessaire pour 
votre rétablissement, mais il faudra que vous attendiez jusqu'au prin- 
temps prochain, afin de me laisser de loisir de songer à celui qui vous 
relèvera alors. 

Nach dem Concept. 



Fe de rie. 



AN DAS DEPARTEMENT DER AUSWÄRTIGEN ÄFF AIREN. 



7253 

r odewils und Finckenstein berich- 
ten, Berlin 6. Februar, dass die Mitthei- 
lung der mit England abgeschlossenen 
Convention allen von dem Könige be- 
zeichneten Staaten 2 zugegangen sei; und 
fragen an , ob nicht die gleiche Mitthei- 
lung den Höfen von Braunschweig, Hessen- 
Cassel , Württemberg , Baireuth und Ans- 
bach zu machen sein werde „avec les- 
quelles on a été toujours en liaison, et où 
Votre Majesté n'a point de ministres." 

Mündliche Resolution. Nach Aufzeichnung des Cabinetssecretärs. 



Potsdam, 7. Februar 1756. 

Gut. 



7254. AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 

Potsdam, 8. Februar 1756. 

Es haben Se. Königl. Majestät mir befohlen, einliegenden gestern 

hier eingekommenen Bericht des Benoît zu Warschau an Ew. Excellenz 

zu übersenden , mit dem Vermelden , dass Dieselbe solchen , wenn es 

eine bequeme Gelegenheit dazu gäbe und ohne Affeetation geschehen 



könnte, dem Duc de Nivernois zeigen möchten. 



Eichel. 



Relation du secrétaire d'ambassade Benoît. 

Varsovie, 31 janvier 1756. 
... On apprend 3 que les Russes commencent à faire acheter des 
provisions dans ce royaume et qu'ils vont dresser des magasins néces- 

I Vergl. Bd. XI, 80. 81. 345. 352. — 2 Vergl. S. 59. 77- — 3 Ein un- 
chiffrirter erster Abschnitt des Berichtes handelt von der Sendung des Grafen Mniszech 
nach Constantinopel zur Beglückwünschung des neuen Sultans. Vergl. Bd. XI, 124. 125. 



90 — 

saires, pour se faciliter la marche qu'ils comptent de prendre par la 
Pologne. Ils ont pour cet effet envoyé des remises considérables au 
prince Czartoryski , palatin de Russie , qui va construire incessamment 
un grand magasin à Miedzyrzecz en Lithuanie. On m'assure que ce 
palatin, sur les représentations du chevalier Williams, a en même temps 
obtenu un présent fort important en bijoux, que l'on fait monter à 
7,000 ducats, et qu'outre cela on lui a encore fait tenir une bonne 
somme d'argent comptant, pour en faire des présents là où il le jugera 
nécessaire, afin de porter les Polonais à se prêter plus aisément à four- 
nir de bonne manière ce dont ces troupes auront besoin à leur passage, 
et à leur donner toute l'assistance imaginable. Il n'est pas à douter 
que l'espoir du gain , aussi bien que la crainte d'être maltraités, ne dé- 
termine la plus grande partie des Polonais à faire tout ce qu'on exigera 
d'eux. En ce cas, les patriotes plaignent la faiblesse de leurs forces 
qui ne permettent pas de s'opposer à une armée aussi nombreuse que 
le sera celle des Russes. Ils espèrent toujours que Sa Majesté Polo- 
naise n'accordera pas si facilement le passage, et ils se flattent que les 
Turcs s'y opposeront en effet. C'est du moins en quoi je ne discon- 
tinue pas d'encourager le Grand-Général^ pour qu'il renouvelle ses ins- 
tances à la Porte Ottomane et qu'il les redouble vivement dans les 
circonstances présentes. Il s'y prête en vérité avec tout le zèle imagi- 
nable, et ce ne sera jamais sa faute, s'il n'y réussit pas. Le palatin 
de Belcz^ a pour cet effet été trouver de sa part le ministre de la Ré- 
publique qui est en chemin pour se rendre à Constantinople , afin de 
lui enjoindre et de lui recommander saintement de ne pas au moins 
contredire ou contrecarrer en rien l'émissaire que le comte Branicki a 
à Constantinople,^ mais d'aller autant que possible de concert avec lui. 
Ce ministre a promis qu'il ne s'en tiendra qu'au compliment qu'il avait 
à faire, et que loin de nuire aux représentations du sieur de Malczewski, 
il tâcherait de lui faciliter en cachette la négociation dont cet émissaire 
était chargé. C'est là tout ce que nous exigeons de lui. 

Nach der Ausfertigung. 



7255. AU LORD MARÉCHAL D'ECOSSE A NEUFCHÂTEL. 

[Potsdam,] 8 février [1756]. 
Ne m'accusez point de paresse, mon cher Milord; j'ai été si pro- 
digieusement occupé depuis un temps — vous jugez bien de quoi — 
qu'il m'a été impossible de vous écrire; l'agitation dure encore, et il 
faudra bien un mois pour que je puisse regagner la tranquillité propre 
à notre correspondance. Je ne vous en ai pas moins d'obligation des 

I Branicki. — 2 Anton Potocki. — 3 Der Krongrossfeldherr hatte das Recht, 
bei der Schickung eines polnischen Gesandten an die Pforte demselben einen eigenen 
Emissär voranzusenden. 



I 



91 

graines de melon que vous avez eu la bonté de m'envoyer, ainsi que 
de la doctrine tolérante que vous vous efforcez d'introduire dans votre 
gouvernement. Ce serait couronner l'œuvre, que de faire réussir cette 
loterie dont personne ne veut. Je crois qu'il faut être dissipateur et 
prodigue pour avoir du crédit ; je vois que cela réussit partout ; il faudra 
imiter les autres. 

On menace votre gouvernement de Voltaire , d'un tremblement de 
terre, de madame Denis et d'une comète; il ne faut qu'un de ces 
fléaux pour tout détruire. J'espère qu'il en sera de ces conjectures 
comme de bien d'autres. On a prophétisé à peu près les mêmes mal- 
heurs à la reine de Hongrie; j'en excepte Voltaire. Elle a indiqué des 
jeûnes , des prières ; on expose le venerabile à Vienne. ^ Sans doute 
qu'après cela le bon Dieu y pensera plus d'une fois , avant que d'en- 
tamer l'Autriche. On vous dira sans doute, mon cher milord, que je 
suis un peu moins Jacobite que je ne l'ai été ; ne me prenez point en 
haine pour cela, et soyez persuadé que je vous estime toujours égale- 
ment. Adieu. ^ , 

Federic. 

Nach dem Abdruck in den Œuvres de Frédéric le Grand XX, 260. 



7256. AN DEN MAJOR VON HORNN IN PARCHIM. 

Potsdam, 9. Februar 1756. 
Mein lieber Major von Hornn. Weil Ich in Erfahrung komme, 
dass des regierenden Herzog zu Mecklenburg - Schwerin Durchlaucht 
noch beständighin Sich gegen Mich und meine Dignité auf eine ganz 
ungewöhnliche und ungebührliche Art zu betragen fortfähret , ^ so ist 
Mein Wille, dass Ihr mit Nehmung aller gebührenden Präcautionen, 
damit Euch kein Affront geschehen könne und sonsten alle Excesse 
dabei vermieden werden müssen , noch ein paar Invasiones auf gedach- 
tes Herzogs Territorium thun und einige von des Herzogs eigenen Unter- 
thanen, durchaus aber und schlechterdings nicht von denen Unterthanen 
der mecklenburgischen Noblesse, sondern nur blos und allein von des 
Herzogs Güter, enleviren und nach Parchim zum Arrest bringen lassen, 
auch hiernächst , wie solches geschehen , an Mich berichten sollet. Ihr 

habt Euch hiernach zu achten und Ich bin p. ^ . , . , 

Friderich. 

P. S. 
Wenn von der mecklenburgischen Miliz und von denen Amts- 
schreibern welche dabei können enleviret werden, so wäre es zum 
besten. Das Commando , so dazu gebrauchet wird , muss stark sein, 
damit es nicht kann insultiret werden , und die Beamte , die enleviret 
sein, müssen nach Spandow in Verwahrung gebracht werden. 

Nach Abschrift der Cabinetskanzlei mit dem Vermerk ,,P. S. de la main propre du Roi." 



I Vergl. S. 29. — 2 Vergl. .S. 62. 



92 

7257- AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 

Potsdam, 9. Februar 1756, 
Von der von Ew. Excellenz mir communicirten geschriebenen 
Zeitung habe ich heute Vormittag noch keinen Gebrauch bei des Königs 
Majestät machen können, weil Dieselbe Sich lediglich mit einer sehr 
amplen Dépêche an den Herrn von Knyphausen occupiret haben,' 
welche morgen noch durch einen Expressen von hier an ihn nach Paris 
abgehen soll. Nach seinem Bericht ad manus regias bezeiget sich das 
französische Ministerium noch immer sehr inquiet über die von Sr. 
Königl. Majestät mit Engelland geschlossene Neutralitätsconvention, und 
entfahren M. Rouillé deshalb allerhand Menaces, ohnerachtet er von 
dem Duc de Nivernois noch dermalen keine Dépêches erhalten, noch 
die Convention oder deren Einhalt gesehen hat, mithin seinen Verdacht 
gegen den von Knyphausen zu erkennen gegeben, als ob des Königs 
Majestät ganz andere Mesures mit Engelland gegen Frankreich genom- 
men haben möchte, als die nur bloss auf eine Neutralité von Teutsch- 
land abzieleten. Die nach Frankreich durch den Duc de Nivernois 
abgeschickte Dépêches nebst der diesem communicirten Abschrift der 
Convention und deren Article secret werden hoffentlich gedachten 
Minister Rouillé von seinem Irrthum und daher gefasseten Soupçons 
desabusiren und, wenn die erste Fougue passiret sein wird, ihn auf 
moderatere Gedanken bringen. Indess, da der Herr von Knyphausen 
sehr embarrassiret darüber zu sein anführet, dass er gar keine Nach- 
richt von dem Einhalt der Convention hat und mithin, was er auf die 
Reproches, so ihm deshalb gemachet werden, antworten könne, in Ver- 
legenheit stehet, so wollen des Königs Majestät, dass demselben mit 
dem morgen Mittag von hier abgehenden Courier eine fidèle Abschrift 
von der Convention und deren Article séparé et secret, jedennoch nur 
bloss und alleine zu seiner eigenen Direction und um von der Inno- 
cence der Convention überzeuget zu sein, mit zugesandt werden soll, 
unter dem expressen Verbot, solche Copie weder sonsten jemanden 
sehen noch lesen zu lassen, noch zu communiciren , nachdem der Duc 
de Nivernois solche ohnfehlbar schon an das französische Ministère ge- 
schicket hat.» 

Da ich nun keine Abschrift von der Convention und deren Article 
secret hier habe, als nur so viel die ersteren Projets davon angehet, die 
aber nicht datiret sein, so muss Ew. Excellenz ganz gehorsamst bitten, 
ohnbeschwer aus denen dortigen Originalien mir ohnvorgreiflich durch 
den Geheimen Rath Warendorfif, oder wie es sonst gefällig sein wird, 
[eine Abschrift] gegen morgen früh noch zukommen zu lassen, auf dass 
ich solche noch der Dépêche an den Herrn von Knyphausen mit bei- 
fügen kann. Ich werde übrigens nicht ermangeln, Ew. Excellenz da- 
gegen wiederum einen fidelen Extract sowohl aus dem Schreiben des 

I Nr. 7258. — 2 Vergl. S. 68. 



93 

Herrn von Knyphausen ad manus , als auch aus der darauf an ihn 
ergehenden Dépêche zu communiciren , ' wie es ohnedem Sr. Königl. 
Majestät Befehl ist, damit Ew. Excellenz etwa mit dem Duc de Niver- 
nois bei vorfallenden Gelegenheiten in gleichem Ton sprechen können, 
wiewohl diese Dépêche wenig enthält, so Ew. Excellenz nicht vorhin 
bereits völlig bekannt wäre. 



Eichel. 



P. S. 



Die in beikommendem Paquet mit erfolgende Pétition générale- 
ist von dem p. von der Hellen mit letzterer Post eingesandt worden. 

Nach der Ausfertigung. 



7258. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE 
KNYPHAUSEN A PARIS. 



IVnyphausen berichtet, Paris 30. Ja- 
nuar, über eine Unterredung mit Rouillé 
in Betreff der preussisch - englischen Neu- 
tralitätsconvention : ,,M. Rouillé, que j'ai 
vu mardi dernier, 3 m'a dit qu'il suspen- 
dait les représentations et les reproches 
qu'il aurait vraisemblablement à me faire 
à ce sujet, jusqu'à ce qu'il fût informé 
plus particulièrement du contenu de ce 
traité. Qu'il ne soupçonnait même point 
Votre Majesté d'avoir pris des engage- 
ments qui fussent contraires à la religion 
des traités qui La liaient avec Sa Majesté 
Très Chrétienne; qu'il La croyait aussi 
trop sage pour être entrée dans une ligue 
qui pût seulement être implicitement con- 
traire aux intérêts de la France. Qu'Elle 
ne pouvait ignorer que Ses liaisons avec 
cette cour étaient fondées sur des prin- 
cipes sûrs qui ne sauraient varier , tant 
que subsisterait l'équilibre présent de l'Eu- 
rope. Qu'on ne saurait donc imaginer 
que l'Angleterre eût pu présenter à Votre 
Majesté des amorces assez fortes pour La 
déterminer à sacrifier à des avantages 
momentanés un allié aussi précieux et 
aussi nécessaire que la France l'était pour 
Elle, vu l'arrangement où se trouvaient 
les intérêts des différentes puissances de 
l'Europe depuis le changement arrivé dans 
la balance de l'Allemagne par la paix de 
Breslau. Qu'il ne voulait point examiner 
non plus si le danger auquel Votre Ma- 
jesté avait cru Se soustraire par le traité 



Potsdam, 10 février 1756. 
J'ai reçu à l'ordinaire dernier 
la dépêche que vous m'avez faite 
du 30 janvier. J'ai été bien étonné 
d'y voir les inquiétudes que M. de 
Rouillé continue d'avoir sur la con- 
vention de neutraUté de l'Allemagne 
que je viens de faire avec le roi 
d'Angleterre, et la façon dont il 
s'est encore exprimé là -dessus en- 
vers vous. S'il avait voulu se 
donner le temps d'attendre au 
moins les différentes dépêches que 
le duc de Nivernois lui a envoyées 
par ses courriers,'* et d'examiner lui- 
même ladite convention, dont j'ai 
fait communiquer à celui-ci une 
copie très fidèle, il se serait épargné 
bien des soupçons frivoles qui l'ont 
gratuitement alarmé; il aurait d'a- 
bord vu que cette convention ne 
comprend que des choses les plus 
innocentes, que je n'y ai pris au- 
cun engagement qui soit contraire 
à la reUgion des traités qui me 
lient avec la France, et que je ne 
suis nullement entré dans une ligue 
qui pût être ouvertement ou im- 



I Vergl. Nr. 7273. — 2 Der den Generalstaaten vorgelegte Staatshaushaltsentwurf 
für 1756. — 3 27. Januar. — 4 Vergl. S. 68. 



94 



qu'EUe venait de conclure avec l'Angleterre, 
pouvait être mis en équilibre avec le germe 
de défiance qu'une démarche de cette na- 
ture devait nécessairement produire auprès 
de Ses alliés présents et futurs. Que Sa 
Majesté Très Chrétienne, qui, depuis l'a- 
vènement de Votre Majesté au trône, 
s'était toujours vu unie avec Elle par les 
liens de la plus étroite amitié, était si 
accoutumée à approuver toutes Ses dé- 
marches que jusqu'à présent elle n'avait 
voulu se permettre aucun reproche à ce 
sujet, mais qu'il me laissait à considérer 
combien il avait été douloureux pour elle 
d'apprendre la conclusion d'un pareil 
traité, dans le même instant qu'elle avait 
choisi pour offrir à Votre Majesté les 
^ages les plus précieux de son amitié, et 
pour Lui renouveler par une ambassade 
solennelle les sentiments de la confiance 
la plus tendre et la plus véritable. Que 
Votre Majesté, à qui cette démarche avait 
été annoncée, il y a plusieurs mois, au- 
rait au moins pu épargner cette mortifi- 
cation à la gloire du Roi et empêcher 
qu'un citoyen illustre qui s'était particu- 
lièrement signalé par son attachement 
pour Elle, ne servît en cette occasion de 
trophée aux ennemis de la France. Que 
Votre Majesté voyait, par les propositions 
que M. de Nivernois était chargé de Lui 
faire, que son ambassade n'avait rien eu 
pour objet qui eût pu L'alarmer, et que 
l'intention de la France n'avait nullement 
été de L'engager dans aucune démarche 
qui eût pu être contraire à Sa sûreté. 
Qu'il avait simplement été chargé de se 
concerter avec Votre Majesté sur tout ce 
qu'EUe regarderait comme menant aux 
intérêts réciproques de la France et de 
la Prusse en Allemagne, et de Lui com- 
muniquer les démarches qu'on avait faites 
et qu'on comptait de faire encore pour 
La mettre à l'abri des attentats de la 
Russie et de la cour de Vienne. Que le 
sentiment de la conservation de Votre 
Majesté avait donc eu beaucoup de part 
à cette ambassade , et que , si Elle eût 
persisté à regarder la neutralité de l'Alle- 
magne comme le parti qui convenait le 
mieux à Ses intérêts, on n'aurait vrai- 
semblablement montré aucune répugnance 
à y consentir. Mais que l'espace que 



plicitement contraire aux intérêts 
de la France, et que, par consé- 
quent, il en a tiré des conséquen- 
ces bien mal fondées. Et, afin 
que vous-même puissiez juger de 
l'innocence de la susdite conven- 
tion, je vous en fais joindre ci- 
clos une copie exacte avec celle 
de son article séparé et secret,^ 
avec ordre cependant de ne vous 
en servir que pour votre seule et 
unique direction, vous défendant 
absolument de la faire voir, ni 
lire à personne au monde qui ce 
puisse être, ni de la communiquer 
soit in extenso ni par extrait. 

Pour venir aux faits de ce 
qui s'est passé au sujet de ladite 
convention, Je soutiens, et tout le 
monde raisonnable en conviendra, 
qu'en me prêtant à la conclusion 
de cette convention, je n'ai rien 
fait qui saurait altérer les liens 
d'une étroite amitié avec la France. 
Vous savez que mon traité d'al- 
liance tirait à sa fin, ^ il y a deux 
mois encore qu'il expire entière- 
ment, et ces deux mois tombent 
d'ailleurs dans une saison où ré- 
gulièrement on ne fait des opéra- 
tions de guerre. Depuis les hos- 
tilités commencées en Amérique, 
je me suis tenu tout clos, j'ai 
éloigné toute proposition qu'on 
tâcha de me faire jusqu'au temps 
qu'il devint public que l'Angleterre 
avait fait et conclu son traité de 
subsides avec la Russie pour un 
corps de troupes auxiliaires de 
60,000 hommes, 3 et qu'il me fut 
aisé de prévoir que la cour de 
Vienne travaillerait sans relâche, 
jusqu'à ce que ce corps de trou- 



I Vergl. Nr. 7257. — 2 Vergl. S. 49. — 3 Vergl. Bd. XI, 388. 418. 



95 



Votre Majesté avait mis entre les ouver- 
tures qu'Elle m'avait chargé de faire à 
ce sujet, et la signature de Son traité 
avec l'Angleterre, avait été si court qu'on 
avait à peine eu le temps d'envoyer des 
instructions sur ce point au duc de Niver- 
nois. Enfin, ce ministre ajouta que, quelque 
affligé qu'il fût de la démarche à laquelle 
Votre Majesté venait de Se porter, il 
vaincrait cependant si bien les mouve- 
ments de son esprit qu'il n'en laisserait 
rien paraître et qu'il ferait tout ce qu'il 
pourrait, pour faire soupçonner au public 
que cette négociation n'avait point été 
tramée à l'insu de la France et qu'il ne 
la regardait point comme contraire à ses 
intérêts ; qu'il garderait la même conte- 
nance, jusqu'à ce qu'il fût instruit du 
contenu de ce traité et qu'il sût l'appré- 
cier à sa vraie valeur. Qu'il ne saurait 
cependant me cacher que , quoique je 
recevrais toujours de lui pendant cet in- 
tervalle les mêmes témoignages d'amitié 
et d'attention, il ne pourrait pourtant plus 
me marquer la même confiance et qu'il 
se trouvait forcé de la suspendre, jusqu'à 
ce qu'il fût éclairci sur l'objet des nou- 
veaux liens que Votre Majesté venait de 
former . . . Comme il ne pourrait s'ex- 
pliquer à ce traité, avant qu'il n'y eût 
des notions sûres et précises sur les ar- 
ticles qu'il renfermait, il se bornerait donc 
seulement à observer que , si ce traité 
mettait dans l'inaction le corps auxiliaire 
de troupes russes que l'Angleterre avait 
à sa solde, il procurait en revanche à 
cette dernière la facilité de faire passer 
dans les îles britanniques toutes les trou- 
pes allemandes qu'elle avait à sa solde, 
ce qui ne pouvait certainement pas être 
envisagé comme favorable pour la France. 
Que d'ailleurs, quoique Sa Majesté Très 
Chrétienne n'eût eu aucunes vues sur 
l'Allemagne pour le moment présent , il 
n'était point du tout indifférent pour elle 
d'avoir perdu la facilité d'attaquer l'élec- 
toral d'Hanovre, au cas que les opérations 
maritimes pour lesquelles elle s'était dé- 
terminée, n'eussent point le succès qu'elle 
en attendait. 

... Le comte de Slarhemberg a de- 
puis quelques jours de fréquentes et lon- 
gues conférences avec M. Rouillé , i qui 



I Vergl. Bd. XI, 347, 
Nr. 7214 S. 49. 



382. 



pes de Russie aurait passé dans 
l'Allemagne. Pour votre seule di- 
rection, j'ajouterai à ceci que ce 
fut alors la nécessité qui me força 
de donner les mains à la conven- 
tion de neutralité que l'Angleterre 
m'offrit, vu que mes États en Alle- 
magne voisins de ceux d'Hanovre 
auraient été bien exposés, si ja- 
mais un corps si considérable de 
troupes russiennes fût entré en 
Allemagne. J'avais, d'ailleurs, tout 
lieu de présumer que, si la France 
avait voulu tenter quelque entre- 
prise sur le pays d'Hanovre, elle 
l'aurait faite dès le commencement 
des hostilités ouvertes des Anglais, 
puisque c'était alors le temps de 
le faire avec espérance de succès.^ 

Mais dès que le traité de sub- 
sides fut conclu entre l'Angleterre 
et la Russie, il n'y avait plus 
moyen d'entrevoir avec quel suc- 
cès ou avantage la France aurait 
pu entamer les États hanovriens, 
entreprise qui, par les arrange- 
ments que le roi d'Angleterre a 
présentement pris, n'aura d'autre 
suite, sinon que la France s'attirerait 
sur les bras 60,000 Russes et d'ail- 
leurs une guerre générale, ce qu'elle 
a voulu éviter cependant, et c'est 
aussi pourquoi elle a résolu de faire 
la guerre par mer,^ comme tous 
les arrangements qu'elle fait à pré- 
sent, le démontrent clairement, et 
que le duc de Nivernois me l'a dit 
lui-même. 

Voilà la question de fait, qu'il 
faut qu'en parlant avec les minis- 
tres de France vous sépariez soi- 
gneusement d'avec la question du 
droit,'* afin de vous expliquer dis- 

2 Vergl. S. 73. — 3 Vergl. S. 26. — 4 Vergl. 



96 



me font soupçonner qu'il est question de 
quelque négociation secrète entre ces deux 
cours. Je n'en ai point pu pénétrer l'ob- 
jet, mais je ferai tout ce qui pourra dé- 
pendre de moi , pour tâcher de me pro- 
curer à ce sujet des notions sûres et pré- 
cises. Plusieurs personnes soupçonnent 
que ce ministre est chargé de faire des 
ouvertures à la France de la part de la 
cour d'Angleterre. D'autres supposent 
que Sa Majesté Impériale pourrait bien 
avoir offert sa médiation pour travailler 
à la conciliation des différends qui sub- 
sistent entre ces deux cours. Je ne sau- 
rais assurer à Votre Majesté jusqu'à quel 
point ces conjectures peuvent être fon- 
dées; mais il est certain que j'ai tout lieu 
de supposer qu'il y a quelque chipotage 
secret entre cette cour et celle de Vienne 
dont on ignore généralement l'objet." 



tinctement avec eux. Quant donc 
à la question du droit, on est 
obligé de convenir que mon traité 
avec la France est purement et 
simplement défensif et nullement 
offensif;^ que, de plus, je n'ai 
garanti par ce traité à la France 
que ses possessions en Europe, où 
elle n'a point été attaquée, et que 
ses possessions indiennes ont été 
exclues dans le traité, où cepen- 
dant les hostilités se sont commi- 
ses. Ainsi le ministère ne saurait 
étendre le traité contre ses stipu- 
lations expresses et ne pas pré- 
tendre ma garantie sur des posses- 
sions qui y ont été exceptées, aussi 
que je ne saurais prétendre la ga- 
rantie de la France sur des choses 
qu'elle ne m'a jamais garanties. Argument sur lequel vous devez 
bien appuyer. 

D'ailleurs, le roi d'Espagne, ^ qui est dans de plus grandes liaisons 
avec la France que moi, n'est-il pas resté neutre dans les troubles pré- 
sents , de sorte qu'il ne se mêle de rien et laisse agir librement les 
Anglais dans l'Amérique? comment veut- on donc prétendre des choses 
à moi auxquelles je ne suis nullement obligé, et peut -on se trouver 
offensé, quand je prends des arrangements indispensables pour ma 
propre sûreté, et qui d'ailleurs ne lèsent la France en aucune façon, 
mais qui empêchent plutôt que la France ait 60,000 Russes et peut- 
être autant d'Autrichiens moins d'ennemis et que la guerre ne devienne 
générale ? 

Pour ce qui regarde le mécontentement que M. de Rouillé vous a 
fait remarquer de ce que je n'avais pas plus tôt annoncé à la France 
les propositions que l'Angleterre m'a fait faire à l'égard de la neutralité 
de l'Allemagne, [vous lui direz] que cette négociation n'a été proprement 
entamée et conduite que depuis le mois de novembre,^ et que ce n'est 
pas de ma faute que le duc de Nivernois n'a pu arriver plus tôt ici;'* 
au surplus, ce n'est pas une raison pour prétendre que je doive sacrifier 
mes intérêts indispensables, parcequ'on m'a envoyé un duc et pair 
de France. 

Quant aux autres reproches que M. de Rouillé m'a voulu faire, je 
veux bien vous dire que je serais à même d'en faire de plus forts sur 



I Vergl. S. 49. — 2 Vergl. S. 
4 Vergl. S. 73. 



72. 73. — 3 Vergl. Bd. XI, 418. 419. — 



97 

1 inobservation du traité de l'année 1744 fait entre la France et moi;' 
mais, comme ce sont des choses passées que j'ai mises en oubli, et que 
d'ailleurs les reproches et les récriminations ne mènent à rien qu'aux 
aigreurs , je veux bien m'en abstenir entièrement. Au reste , je n'ai 
jamais refusé au duc de Nivernois de renouveler mon traité d'alliance 
avec la France, et je suis encore prêt de le faire sur le pied d'une 
alliance défensive ; car , pour des offensives , je n'en ferai jamais avec 
personne. 

Dans les circonstances donc où je me trouve actuellement avec la 
France, il s'agira si les ministres prendront de travers ma convention de 
neutralité faite avec l'Angleterre ou non; mais, si je vois qu'on, me 
rend coupable, quand je fais une chose qu'on passe pour innocente au 
roi d'Espagne, quand il agit de même que moi,^ il faudra que j'en tire 
la conséquence que la France est lasse de mon alliance, ce qui me 
forcerait alors pour ma propre sûreté de prendre d'autres mesures, que 
sans cela je n'aimerais point de prendre, ce que cependant je ne vous 
marque que pour votre propre et seule direction, et dont vous ne ferez 
qu'un usage très sobre; mais quant aux autres raisons et arguments que 
je vous ai suppédités ci-dessus et ce que je vous ai allégué relativement 
à l'Espagne , vous ne devez pas hésiter de vous en servir tout pure- 
ment. Du reste, je me repose entièrement sur votre dextérité et fidélité 
reconnue dans cette occasion, et que vous serez extrêmement attentif 
sur tout ce qui se passera du côté des ministres de France , tant avec 
les Autrichiens qu'avec d'autres puissances, de sorte que vous ferez tous 
vos efforts et emploierez toute votre capacité pour me marquer exacte- 
ment et de manière que j'y puisse fermement compter si la cour et 
les ministres de France se prendront raisonnablement sur mon sujet 
dans ces entrefaites ou s'ils gardent une secrète aigreur contre moi et 
prendront parti ailleurs. Jusqu'à présent, j'ai de la peine à croire que 
la France ait tant d'amis de reste qu'elle voudrait m'en dégoûter en- 
tièrement; mais il est nécessaire pour cela que vous attendiez que la 
première fougue de leur vivacité soit passée, alors il est à croire qu'ils 
auront au moins autant de phlegme en égard de leurs alliés qu'ils en 
ont eu envers leurs ennemis. 

Les chipoteries qu'ils sauront avoir avec les Autrichiens, peuvent 
être relatives à deux points ; primo l'idée de faire un traité de neutralité 
avec la cour de Vienne, et par lequel ils promettront de ne pas vouloir 
s'opposer à l'élection d'un roi des Romains en faveur de l'archiduc 
aîné. La seconde idée peut encore être de faire un traité d'alliance 
avec la susdite cour, idée cependant dont je vous avoue moi-même 
qu'elle me paraît être précipitée. Tertio , qu'ils trament quelque chose 
directement contre moi, mais ce qui me semble être également préci- 
pité, de sorte qu'il me reste pour le plus vraisemblable qu'ils voudraient 

> 'Vergl. Bd. XI, 144. — 2 Vergl. S. 72. 
Corresp. Friedr. II. XII. 7 



^98 

faire un traité de neutralité des Pays-Bas ou s'arranger avec la cour de 
Vienne pour qu'elle ne s'oppose pas , quand ils voudraient faire une 
démonstration contre le pays d'Hanovre. Cependant , comme il n'est 
pas possible que le comte de Starhemberg puisse avoir déjà des ins- 
tructions et des ordres de sa cour relativement à l'un ou l'autre des 
susdits sujets , ce ne sauront être que de simples ouvertures que les 
ministres de France lui feraient, supposé qu'il y en ait quelque chose. 
Enfin , il ne saura guère manquer que je sois bientôt éclairci sur les 
intentions de la France; car, si les ministres refusent de renouveler le 
traité avec moi, cela me servira de boussole qu'ils veulent prendre parti 
ailleurs, et dans ce cas -là il faut bien que je prenne mes mesures en 
conséquence. 

Au surplus , quand vous parlerez au sieur de Rouillé , vous obser- 
verez avec attention si la douceur dont il s'exprimera envers vous, sera 
réelle ou affectée. Je vous recommande encore comme une chose très 
nécessaire pour mon service dans ces occurences de bien flatter Madame 
de Pompadour,^ afin de vous la rendre favorable, et de lui insinuer, s'il 
est possible, que plus la guerre deviendra générale et compliquée, plus 
il serait difficile de la terminer, et que rien empêcherait que je ne sau- 
rais être le porteur des paroles de paix , ^ ce que je remets cependant 
à votre discernement. 

J'ai oublié de vous dire en haut que, quand M. de Rouillé voudra 
vous objecter encore qu'au moins par ma convention faite avec le roi 
d'Angleterre je lui procurais indirectement la facilité de pouvoir faire 
passer les troupes que l'Angleterre avait à sa solde , dans les îles bri- 
tanniques, vous lui direz que le roi d'Angleterre n'eût pas moins fait 
passer ces troupes en Angleterre , quand même la convention n'aurait 
jamais existé, vu qu'il aurait eu toujours les troupes de Russie à sa dis- 
position pour en couvrir ses États d'Hanovre. _ , 
^ Federic. 

Voici une occasion où vous me pouvez donner des preuves écla- 
tantes de votre capacité. Il faut faire jouer toutes sortes de ressorts 
pour découvrir si une démarche très innocente de ma part leur a donné 
plus que de l'humeur contre moi. Si ce n'est qu'une boutade passa- 
gère, comme il leur arrive d'en avoir, je puis renouveler le traité avec 
eux; mais s'il y a un levain caché dans le fond de leur cœur, cela 
m'obhgera à prendre des mesures toutes différentes. Pour moi, je suis 
persuadé qu'ils ne trouveront que de belles paroles à Vienne, mais rien 
de plus, et que, lorsqu'ils verront qu'ils ne peuvent pas trouver des 
gens qui se sacrifient pour eux, ils seront bien aises de renouer avec 
moi , de même qu'avec l'Espagne , et qu'ils ne trouveront plus étrange 
que ni les uns ni les autres n'aient voulu se mêler de la guerre des 
merluches. Tâchez de flatter la Pompadour pour voir si peut-être elle 

I Vergl. s. 73. — 2 Vergl. S. 37. 38. 



99 

se lâchera et dira par emportement ce que les ministres cachent par 
sagesse. Peut-être sera-ce elle qui réconciliera les choses. 

Nach dem Concept. Der Zusatz „de la main propre du Roi" nach Abschrift der Cabinets- 
kanzlei. 



AU CONSEILLER PRIVÉ VON DER HELLEN A LA HAYE. 



7259 

riellen berichtet, Haag 30. Januar : 
,,0n prétend que les ministres de France i 
chipotent secrètement avec le baron de 
Reischach. On ajoute qu'il y a un ma- 
riage sur le tapis entre l'archiduc Joseph 
€t une des dames de France. Ce que je 
sais positivement, est que, ces jours-ci, les 
officiers de la maison et la livrée de l'am- 
bassadeur de France ont affecté de boire 
à la santé de l'Impératrice -Reine, même 
en présence des domestiques étrangers 
prétendant qu'il y avait une alliance très 
étroite entre la cour de Vienne et la cour 
de France." 



Potsdam, 10 février 1756. 
La dépêche que vous m'avez 
faite du 30 janvier, m'a été bien 
rendue, dont j'ai été bien satisfait 
par les différentes nouvelles assez 
intéressantes que vous avez bien 
voulu y comprendre. Entre autres, 
celle que vous marquez du bruit 
sourd qui court d'un chipotage 
secret entre le baron de Reischach 
et les ministres de France, doit 
exciter votre première attention, 
afin d'en constater la vérité et d'en 
pénétrer au possible l'objet, pour 
m'en faire votre rapport avec exactitude. Quant aux propos que les 
officiers et les gens de la livrée de l'ambassadeur de France ont tenus, 
je ne regarde cela que comme une démonstration que ces gens -là, dé- 
pités peut-être de la nouvelle de ma convention de neutralité faite avec 
l'Angleterre, ont affectée; car, ordinairement, on n'est pas accoutumé 
en France de prendre aussi vitement son parti. Je croirais plutôt qu'il 
y a une chipoterie secrète entre les susdits ministres par rapport à la 
neutralité des Pays-Bas. Ce ne sont à la vérité que des conjectures 
toutes pures que je fais ici, dont je ne sais s'il y a quelque chose 
de vrai, ni jusqu'où elles peuvent être fondées ou non; vous tâcherez 
cependant de les tirer au clair et ne manquerez pas de m'en faire 

votre rapport. ^ , 

Federic. 

Nach dem Concept. 



7260. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE MALTZAHN 

A DRESDE. 

Potsdam, 10 février 1756. 
Mes dernières lettres de Hollande ^ [m'ont] marqué qu'il y courait 
des bruits sourds qu'il y avait des chipoteries secrètes entre les minis- 
tres de France et le baron de Reischach à la Haye, dont on préten- 
dait de savoir qu'il s'agissait d'un mariage à concerter entre l'archiduc 



I Bonnac und Affry. — 2 Vergl. Nr. 7259. 



?• 



lOO 

Joseph et une des dames de France , que ces bruits allaient même jus- 
qu'à dire qu'il y avait une alliance secrète faite entre les cours de 
Vienne et de Versailles. Bien que je n'envisage ces bruits que de 
l'imagination de quelque tête creuse, cependant comme il ne serait pas 
tout-à-fait impossible que quelque ministre de France , par dépit de ma 
convention de neutralité faite entre moi et l'Angleterre , dans la pre- 
mière fougue de sa vivacité eût fait quelques ouvertures au ministre 
autrichien; le comte Starhemberg, à Paris ^ pour rapprocher les deux cours 
susdites, et que d'ailleurs j'ai eu déjà depuis quelque temps des soup- 
çons s'il n'y avait pas quelque chipoterie secrète entre ces deux cours 
par rapport à la neutralité des Pays-Bas à constater pendant les troubles 
présentes entre la France et l'Angleterre contre une promesse de la part 
de la cour de Vienne de ne point envoyer des troupes en secours au roi 
d'Angleterre, j'ai bien voulu vous communiquer tout ceci confidemment 
et sous le sceau du dernier secret, cependant dans l'intention que vous 
soyez bien attentif si peut-être le hasard ne fera lâcher quelque mot à 
un de ceux qui en peuvent être instruits, qui répandrait quelque lumière 
là - dessus. 

Si actuellement existaient de pareilles chipoteries entre lesdites 
cours, je pense qu'elles peuvent être relatives à deux objets , savoir sur 
un traité de neutralité des Pays-Bas, où la France promettrait peut- 
être encore de ne plus s'opposer à l'élection d'un roi des Romains, ou 
en second lieu sur une alliance à faire entre la France et l'Autriche. 
De vouloir penser qu'il saurait s'agir encore de quelque trame contre 
moi, c'est ce que je rejette comme une idée précipitée ou il n'y a nulle 
vraisemblance. En attendant, vous emploierez adroitement tous vos 
soins afin de pénétrer, autant qu'il vous sera possible, ce qu'il y en a, 
et ne manquerez de m'en faire votre rapport immédiatement. 

Nach dem Concept. F C d 6 r i C 



7261. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLING- 
GR^FFEN A VIENNE. 

Potsdam, 10 février 1756. 

J'ai reçu votre rapport du 31 janvier. Je compte que le courrier 
que je vous ai fait dépêcher de Neisse, vous sera déjà parvenu, quand 
la présente vous arrivera , et c'est dans cette supposition que je 
me sers du nouveau chiffre qu'il vous aura apporté, pour tout ce 
qui suit. 

Mes 'lettres de Hollande ^ viennent de me marquer qu'il courait un 
bruit sourd que le baron de Reischach , ministre d'Autriche , chipotait 
secrètement là avec les ministres de France, et qu'on prétendait qu'il 
s'agissait d'un mariage qui était sur le tapis entre l'archiduc Joseph et 

I Vergl. S. 95. 96. — 2 Vergl. S. 75. 82. — 3 Vergl. Nr. 7259. 



lOI 

une des dames de France. Il y avait d'autres qui ajoutaient qu'il y 
avait une alliance secrète entre la cour de Vienne et de France. 

Quoique je compte ces bruits-là pour point fondés et du tout vrai- 
semblables, mais qu'il ne serait pas impossible que quelque ministre de 
France à Paris, par dépit de ma convention de neutralité de l'Alle- 
magne faite avec l'Angleterre, dans la première fougue de sa vivacité 
eût eu des pourparlers avec le comte de Starhemberg, et que vous 
vous souviendrez' d'ailleurs que j'ai eu depuis quelque temps des soup- 
çons sur des chipoteries secrètes entre les deux cours susdites pour la 
neutralité des Pays-Bas, j'ai bien voulu vous informer de ces circons- 
tances, afin que vous soyez attentif si, par hasard, n'en échappe pas 
quelque mot sur ce sujet à un de ceux qui peuvent être instruits des 
desseins secrets de la cour où vous êtes, qui pourrait servir d'éclair- 
cissement à ceci. Selon mes idées, ces chipoteries avec la France sau- 
raient être relatives sur deux objets, primo qu'on voudrait faire un traité 
de neutralité pour les Pays-Bas durant la guerre présente entre la France 
et l'Angleterre, où la première promettrait peut-être encore qu'elle ne 
s'opposerait plus à l'élection d'un roi des Romains. Le second objet 
saurait être une alliance à constater entre les deux cours. Une autre 
idée encore saurait être de tramer quelque chose contre moi , mais 
j'avoue que cette idée me paraît même si peu vraisemblable et trop 
précipitée que je la rejette d'abord moi-même, et que la première, sa- 
voir la neutralité des Pays-Bas, me paraît la seule vraisemblable. Vous 
me garderez le secret le plus inviolable sur tout ceci; en attendant 
vous serez, malgré cela, bien attentif pour observer s'il y a moyen 
d'en découvrir adroitement quelque chose. 

Pour ce qui regarde le projet du maréchal Neipperg^ dont vous 

avez fait mention, je n'en suis pas trop en peine, sachant à combien 

va une pareille augmentation assez considérable, et que la cour où vous 

êtes n'a pas assez en fonds d'argent pour y suffire, sans rien dire ici 

de la dislocation de ses troupes, qui n'est pas bien convenable pour 

exécuter un pareil dessein. -r- j 

^ i ederic. 

Nach dem Concept. 



7262. AU SECRÉTAIRE MICHELL A LONDRES. 

[Potsdam, 10 février 1756.] 3 
J'ai reçu votre rapport du 27 janvier. Comme, selon mes lettres 
de la Haye, toutes les dépêches que je vous ai faites depuis le 15 du 
mois dernier passé, vous doivent être présentement parvenues, j'attends 

t Vergl. Bd. XI, 389. — 2 Project zur Errichtung einer dritten Grenadier- 
compagnie bei jedem Regiment behufs Formirung von Grenadiercorps im Kriegsfalle 
nach preussischem Vorbilde. — 3 Das Datum ergiebt die Antwort Michell's, London 
27. Februar. 



i 



102 



à présent les réponses que vous me ferez, et que vous m'avertirez égale- 
ment du choix qu'on a fait d'un ministre à m'envoyer ici.' 

Nach dem Concept. F e d e r i C. 



7263. AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 

Potsdam, 11. Februar 1756. 

Es ist gestern Vormittages ein französischer Courier hier durch 
nach Berlin an den Duc de Nivernois passiret, dessen Ankunft Ew. 
Excellenz vermuthlich bereits bekannt sein wird. Des Königs Majestät 
sind über dessen Mitbringen gar nicht inquiet, sondern wollen tran- 
quillement erwarten, ob und was gedachter Duc de Nivernois deshalb 
an Dieselbe bringen wird; jedoch bin ich befehliget, an Ew. Excellenz 
zu melden, dass, wenn derselbe an Ew. Excellenz etwas bringen sollte. 
Dieselbe sodann, sonderHch wenn es einiger Mühe werth, solches allen- 
falls an Dieselbe durch einen expressen Feldjäger melden möchten. 

Nach denen heutigen Dépêches ^ an des Königs Majestät von dem 
Herrn von Knyphausen fähret das französische Ministère noch immer 
fort, die Sache wegen der englischen Convention sehr hoch zu nehmen 
und zu drohen und zu schnauben, ohnerachtet es selbst gestehet, da- 
von noch nicht recht informiret zu sein, inzwischen es Sr. Königl. 
Majestät eine Denkungsart beileget, die Deroselben gewiss nicht ähn- 
lich ist. Ich werde die Ehre haben, Ew. Excellenz davon ein mehreres 
zu melden. 

Ich habe inzwischen die Gelegenheit gehabt, des Königs Majestät 
dasjenige eröffnen zu können, was Ew. Excellenz mir die Gnade ge- 
than, wegen der Originalversicherung des englischen Ministerii über die 
zu bezahlende 20,000 Pfund vor hiesige Kaufleute zu schreiben. ^ 
Höchstdieselbe approbiren sehr, dass Ew. Excellenz den Duc de Niver- 
nois, so viel es ohne Affeetation geschehen kann, diese Originalver- 
schreibung lesen lassen, um, falls er etwa einen Soupçon desfalls noch 
hegen' könnte , ihn dadurch völlig zu desabusiren. Wiewohl es ausser- 
dem Ew. Excellenz schon bekannt ist, dass des Königs Majestät gleich 
bei der zweiten Audience, so Sie dem Duc de Nivernois gegeben, den- 
selben die Originaldépêches von dem Michell, worin die erste Ouver- 
ture des englischen Ministeru wegen der Convention enthalten,"* in- 
gleichen die , mit welcher die Originale angekommen ,5 ganz in extenso 
aus dem Original selbst lesen lassen. Wobei mir jedoch einfället, dass 
ich wegen der letzteren nicht ganz gewiss bin , ob solches geschehen 
sei. Uebrigens wollen Se. Königl. Majestät, dass, wenn Ew. Excellenz 

I Vergl. S. 47. — 2 Vergl. Nr. 7267. — 3 Schreiben von Podewils an Eichel, 
Berlin 8. Februar, mit der Mittheilung, dass die englischen Versprechungen durch 
holländische Zeitungen an die Oeffentlichkeit gelangt seien. Vergl. S. 78. — 4 Vergl. 
S. 1—4; Bd. XI, 418. — 5 Vergl. S. 54. 



I 



I03 

mehrgedachten Duc sprächen, Sie mit guter Art und Gelegenheit den- 
selben verbalement benachrichtigen könnten, dass nach allen bisherigen 
Nachrichten , so des Königs Majestät auch noch heute zugekommen 
wären, jetzo im Hannoverschen alles ganz ruhig sei, ^ man von keinem 
Marsch etwas vernähme , vielmehr die Capitaines dasjenige , so sie vor 
einigen Wochen an Equipagegeldern zu einem Marsch vorhin abschläg- 
lich ausgezahlet bekommen, wieder zurückbezahlen müssten. 

Nach der Ausfertigung. Eichel. 



7264. AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 

lodewils berichtet, Berlin 11. Februar, über eine Unterredung mit Nivernois 
am Tage zuvor. Der Herzog hat angefragt, ob die vom Könige von Preussen durch 
den Vertrag von Westminster 2 übernommene Garantie für England in dem Falle in 
Frage kommen werde, dass Frankreich die britischen Inseln angreife. 3 Der Minister 
hat darauf geantwortet: „Que, quand même Votre Majesté n'aurait point conclu Sa 
convention de neutralité, l'Angleterre n'aurait pas réclamé moins pour cela l'accom- 
plissement de cette garantie , dont le traité était perpétuel , et par la raison du droit 
de succession éventuelle de la maison royale de Votre Majesté à la couronne de la 
Grande-Bretagne ; que, d'ailleurs, cette réclamation avait déjà eu lieu pendant la der- 
nière guerre, peu de temps avant la bataille de Culloden en Ecosse, 4 qu'on avait 
stipulé deux mois de temps pour employer les bons offices , et qu'à peine ce temps 
serait-il écoulé que l'affaire se trouverait décidée d'une manière ou d'autre par rapport 
à une descente des Français à présent dans un des trois royaumes de la Grande- 
Bretagne. Le duc de Nivernois fut obligé d'en convenir et n'y insista plus" . . . 

Podewils hat die Gelegenheit wahrgenommen, der Weisung des Königs gemäss? 
dem Herzog den Bericht Benoît's vom 31. Januar lesen zu lassen. ,,I1 n'ajouta pas 
beaucoup de créance à cette nouvelle , mais il me communiqua en échange l'extrait 
ci-joint." 

* 
Extrait d'une lettre du sieur Durand, de Varsovie le 28 janvier 1756. 

On m'écrit de Riga que la Russie faisait acheter 3,000 chevaux pour l'artillerie, 
Lju'elle se prépare à faire marcher 22,000 hommes de cavalerie , dont la plus grande 
partie étaient des Tartares, et un corps d'infanterie; qu'une partie de ces troupes irait 
par terre couvrir les États d'Hanovre, qu'une autre considérable d'infanterie serait 
embarquée pour une destination qu'on ignorait. Un émissaire à qui j'ai fait prendre 
la route que les Russes ont suivie , lorsqu'ils ont traversé la Pologne pour aller en 
Allemagne, n'a trouvé encore aucun magasin formé dans la Samogitie , ce qui ne 
laisse d'être surprenant, puisque les Russes ne devraient pas tarder à faire des appro- 
visionnements, s'ils ont pris la résolution de marcher en Allemagne. 

Il n'y a de troupes de campagne en Livonie que 23,000 hommes, sans y com- 
prendre celles de garnison et celles qui sont dans le pays de Smolensko, dont je n'ai 
pu savoir le nombre. 

Potsdam, 12. Februar 1756. 

Das von Ew. Excellenz mir adressirte Schreiben vor des Königs 
Majestät habe sofort heute früh schuldigst besorget. Worauf dann 
Höchstdieselbe zur mündlichen allergnädigsten Resolution ertheilet 
iiaben, wie Ew. Excellenz mit nächster Post an den von Knyphausen 

I Vergl. S. 80. — 2 18. November 1742. Vergl. S. 5. 16. — 3 Vergl. S. 34. — 
^ Vergl. Bd. V, 573. — 5 Vergl S. 89. 



I04 

zu Paris den Extract aus dem westminsterschen Tractat und was des- 
halb vor der Bataille von Culloden passiret wäre, [senden, ihn auch,] 
auf gleichen Fuss und eben so wie Ew. Excellenz mit dem Duc de 
Nivernois davon gesprochen, umstähdhch zu seiner Direction, und allen- 
falls wenn das französische Ministère ihm davon sprechen würde, in- 
struiren und ihn dadurch au Fait setzen möchten, das französische 
Ministère darüber zu rassuriren. ' 

Welchem Se. Königl. Majestät noch beigefüget haben, dass, weil 
der nächstkommende Sonntagsposttag vermuthlich interessant sein würde, 
also Ew. Excellenz Sich so einrichten möchten, dass Dieselbe den 
Montag Vormittages = anhero nach Potsdam zu Sr. Königl. Majestät 
kommen könnten. 

Da auch der Duc de Nivernois noch gestern Nachmittag an des 
Königs Majestät geschrieben, Höchstdieselbe ihm auch heute darauf 
höchsteigenhändig geantwortet haben , ^ so soll auf allergnädigsten Be- 
fehl Ew. Excellenz einliegende Abschrift davon übersenden. 

Nach der Ausfertigung. Eichel. 

7265. AU DUC DE NIVERNOIS, MINISTRE DE FRANCE, 

A BERLIN. 

[Potsdam], 12 février 1756. 

Monsieur. Sensible autant que je suis à toutes les marques d'amitié 
du Roi votre maître, vous pouvez croire. Monsieur, que les assurances 
que vous m'en renouvelez, ne peuvent qu'être très agréables; j'y ré- 
pondrai toujours sincèrement et autant que me le permettent les conjonc- 
tures. Vous savez avec quel empressement je me suis effort à resserrer 
les liens de notre union; j'y apporterai de ma part toute la facilité 
possible, charmé qu'une pareille négociation passe par les mains d'une 
personne dont j'estime assez le caractère pour que j'y prenne une con- 
fiance entière. 

Voudriez -vous bien rendre compte au roi de France de ces senti- 
ments ? Je les crois compatibles avec les engagements innocents que j'ai 
pris pour la tranquillité de l'Allemagne. 

Si, après vous avoir entretenu d'aussi grands intérêts, vous voulez 
bien vous charger encore de mes remercîments au bailli de FrouUay?'* 
Son souvenir m'est précieux, j'ai cru voir revivre en lui les anciens 
Maltais qui défendirent si courageusement Rhodes, sa mémoire ne périra 
point dans mon esprit, et je serai charmé d'avoir des occasions de l'ob- 
liger. J'espère que vous vous serez remis des fatigues du voyage, des 
dîners et des soupers, vous assurant. Monsieur le Duc, de ma plus 
parfaite estime et amitié. Federic 

Nach Abschrift der Cabinetskanziei. 



I 



t Demgemäss Ministerialerlass, d. d. Berlin 14. Februar. — 2 16. Februar. 
3 Vergl. Nr. 7265. — 4 Vergl. Bd. IX, 466; X, 166. 178; XI, 163. 



105 



7266. AU PRINCE DE PRUSSE A BERLIN. 

[Potsdam], 12' [février 1756]. 
Mon cher Frère. Mon frère Henri qui vient d'arriver, m'a assuré 
qu'il vous avait laissé en parfaite santé ; il a mal choisi son temps pour 
venir ici, les pluies et les ouragans ayant recommencé de plus belle. 
Nous ne faisons rien ici, mon cher frère; un gazetier périrait de faim 
à Potsdam, à moins qu'il n'écrivît l'histoire scandaleuse de la ville, et 
encore ne serait-elle pas fort intéressante. Je suis encore empêtré dans 
la politique, toute l'Europe est en fermentation; je ne pourrai juger de 
notre situation que lorsqu'elle commencera à s'éclaircir davantage ; mais 
toujours pouvez -vous vous en rapporter à moi que, dans la situation 
dangereuse où je me suis trouvé, il n'y avait pas d'autre parti à prendre 
que celui auquel je me suis arrêté; c'est à présent à voir ce qu'il faudra 
encore ajouter ou diminuer pour notre sûreté à toute cette affaire, du 
moins y a-t-il toutes les apparences que je gagnerai l'année 57, dont 
j'ai grand besoin pour achever des arrangements nécessaires et indis- 
pensables sans lesquels l'État serait trop hasardé, et ensuite il faudra 
voir si les conjonctures nous deviendront favorables ou contraires, car 
ce sont elles qui nous mènent. Je vous embrasse, mon cher frère, et 
je vous demande pardon de vous avoir ennuyé par ces graves sornettes ; 
vous savez que Cohn en revient toujours à ses moutons, ce qui vous 
fera trouver moins étrange qu'une tête échauffée de politique ne puisse 
s'empêcher d'en laisser échapper quelque chose. Je suis avec bien de 
l'estime, mon cher frère, votre fidèle frère et serviteur 

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig. F 6 d e r i G. 



7267. 



AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE 
KNYPHAUSEN A PARIS. 



Ivnyphausen berichtet, Paris 2. Fe- 
bruar: ,J'ai reçu la lettre de Votre Ma- 
jesté du 17 du mois passée et me suis 
rendu aussitôt à Versailles, afin d'informer 
M. Rouillé de l'insinuation qu'EUe a fait 
faire au ministère britannique à l'occasion 
du réquisitoire envoyé en Angleterre par 
Sa Majesté Très Chrétienne ... Je ne 
saurais dissimuler à Votre Majesté que 
M. Rouillé n'a été que médiocrement 
touché de cette communication et qu'a- 
près m' avoir dit qu'il en rendrait compte 
au Roi, il m'a parlé avec beaucoup plus 
de chaleur que la première fois sur le 
traités ... en disant qu'il était bien dou- 
loureux pour la France de se voir aban- 
donnée dans la conjoncture présente par 



Potsdam, '14 février 1756. 
La dépêche que vous m'avez 
faite du 2 de ce mois, m'a été 
rendue. Après que je vous ai 
fourni par mes précédentes"* tous 
les arguments et les raisons que 
vous sauriez opposer à celles des 
ministres de France touchant les 
plaintes mal fondées qu'ils font au 
sujet de ma convention de neutra- 
lité d'Allemagne faite avec le roi 
d'Angleterre, afin de les guérir de 
leurs soupçons frivoles et de les 
calmer sur la démarche innocente 



I Nach den Zeitungen kam Prinz Heinrich erst am 13. Febr. nach Potsdam. — 
2 Vergl. Nr. 7199 S. 37. — 3 Vergl. S. 71. 93. — * Vergl. Nr. 7220. 7236. 7258. 



— io6 



celui de ses alliés en qui elle avait eu le 
plus de confiance, et qu'il était bien plus 
cruel encore que , par l'effet d'une réti- 
cence qui lui paraissait être sans exemple, 
le même Prince qui venait de faire un 
traité avec le seul ennemi qu'eût Sa Ma- 
jesté Très Chrétienne , se fût rendu le 
dépositaire de ses pensées les plus secrètes 
et les plus importantes. Qu'il n'avait ja- 
mais cru que son ministère servirait d'é- 
poque à un événement aussi affligeant, et 
qu'après avoir reçu la nouvelle de la con- 
clusion de ce traité, il s'était toujours 
flatté que Votre Majesté en avertirait au 
moins le duc de Nivernois et qu'Eue ne 
recevrait point les participations qu'il était 
chargé de Lui faire; mais qu'il venait de 
voir , par les dépêches qu'il avait reçues 
de ce dernier, qui étaient du 17 et du 20, 
que jusqu'à présent Votre Majesté ne lui 
en avait fait aucune ouverture et que les 
témoignages particuliers de Vionté et de 
distinction qu'EUe lui avait accordés, 
avaient même encore augmenté sa sécurité 
à cet égard. Le sieur de Séchelles, que 
j'ai vu le même jour, m'a parlé à peu 
près dans le même sens, en ajoutant ce- 
pendant qu'il était d'autant plus fâché de 
la démarche que Votre Majesté venait de 
faire, que, si le traité qu'Elle avait conclu 
avec l'Angleterre, n'avait pour objet que 
la neutralité de l'Allemagne , la cour de 
France, si on avait agi de concert avec 
elle, n'aurait vraisemblablement fait au- 
cune difficulté d'y donner son consente- 
ment, moyennant de certaines restrictions 
sur lesquelles il aurait été aisé de s'ac- 
corder; mais qu'il me laissait à considérer 
combien cet événement devenait affligeant 
pour sa cour par le mystère qu'on lui en 
avait fait; quels soupçons il devait na- 
turellement inspirer au Roi, et le ridicule 
qu'il jetait sur la mission de M. de Ni- 
vernois; que, quelque zélé qu'il fût pour 
la gloire et les intérêts de Votre Majesté.t 
il n'avait point osé entreprendre de La 
justifier sur cette démarche et qu'il ne 
saurait assez m'exprimer combien il était 
affecté des suites qui pourraient en ré- 
sulter." 



que j'ai faite, selon que ma situa- 
tion l'exigeait, j'attendrai tout tran- 
quillement le parti qu'ils voudront 
prendre, et n'ai besoin que de vos 
avis exacts sur celui auquel ils se 
détermineront à la fin. Ils seront 
peut-être de mauvaise humeur, tant 
qu'ils n'ont que des notices vagues 
sur cette convention ; ils changeront 
peut-être de ces humeurs, quand ils 
liront la convention même^ et ver- 
ront par là que je l'ai faite avec 
tout le ménagement qui a dépendu 
de moi. Et comme j'ai tout com- 
muniqué, et le traité même, au 
duc de Nivernois,^ en lui donnant 
tous les éclaircissements qui le re- 
gardent, qui en a fait son rapport 
au ministère par le dernier courrier 
qu'il a dépêché , c'est à présent 
que vous devez veiller particulière- 
ment d'attention et employer tout 
votre savoir-faire pour savoir au 
plus juste de quelle façon les mi- 
nistres penseront, quand pièces en 
mains ils auront vu la convention 
avec toutes les circonstances qui 
l'ont accompagnée, dont vous me 
ferez après votre rapport tout na- 
turellement et avec toute la fidéhté 
et l'exactitude requise , afin que je 
me puisse y diriger. 

J'ai usé à l'occasion de ladite 
convention de tout le ménagement 
pour la France dont j'ai été ca- 
pable ; il me semble que leur grand 
objet devait être l'Angleterre, mais, 
s'ils veulent tourner toute leur rage 
et leur haine contre moi ou con- 
tinuer à chipoter avec les Autri- 
chiens, "^ je veux bien vous com- 
muniquer mes idées sur tous les 
partis qu'ils sauront prendre , afin 



I Vergl. Bd. XI, 36. 89. — 2 Vergl. S. 61 . — 3 Vergl. S. 48. — 4 Vergl. S. 95. 96. 



i 



107 

que vous pénétriez lequel entre tous ils voudront choisir préférablement 
aux autres, savoir de marier une des dames de France à l'archiduc 
Joseph,^ de promettre à la Reine-Impératrice de ne pas vouloir s'opposer 
à l'élection d'un roi des Romains et de lui garantir ses États et stipuler 
d'ailleurs qu'ils ne voudront point se mêler de la guerre, quand la Reine- 
Impératrice m'en ferait pour reprendre la Silésie. Voilà les propositions 
sur lesquelles je présume que les conférences que les ministres ont eues 
avec le comte de Starhemberg, peuvent avoir roulé et sur lesquelles ils 
pourront avoir instruit le sieur d'Aubeterre à Vienne. Je crois cependant 
avoir tout Heu de présumer que l'Impératrice-Reine ne refusera pas en- 
tièrement ces offres , mais qu'aussi elle ne voudra point entrer d'abord 
entièrement là-dessus. 

Il se peut encore que les ministres de France ont offert une neu- 
tralité des Pays-Bas et promis de ne pas les attaquer pendant les troubles 
présents avec l'Angleterre. Si cette offre est l'unique, je ne comprends 
pas ce qu'ils en gagneraient, ce qui ne vaudrait la peine, à moins qu'ils 
n'y eussent ajouté qu'en cas qu'ils stipuleraient cette neutrahté et d'autres 
avantages encore à la Reine - Impératrice , celle - ci s'engagerait de leur 
laisser la liberté d'attaquer les États d'Hanovre, et de ne point donner 
en secours au roi d'Angleterre les troupes d'ailleurs stipulées, au con- 
traire de laisser la liberté à ladite Princesse de m' attaquer selon sa con- 
venance, quand je voudrais porter du secours à l'Hanovre. Pour donc 
bien pénétrer ce que le ministère de France chipote avec la cour de 
Vienne, vous y mettrez votre plus grande attention, puisque vous sauriez 
bien croire que c'est à présent la chose qui m'importe extraordinaire- 
ment pour en être instruit à fond. 

Ce que je vois qui pique le plus les ministres de France, c'est que 
la convention avec l'Angleterre a été signée pendant le temps que le 
duc de Nivernois a été en chemin pour venir ici. A cela, je réponds 
que, supposé que j'envoyasse mon frère en France pour y faire des pro- 
positions de ma part et qu'en attendant son arrivée la France se vît 
pressée de faire un traité convenable à ses intérêts les plus essentiels, 
mais d'ailleurs point préjudiciable aux miens, quelle bonne raison pour- 
rais-je trouver pour en faire le mécontent ? et la France , se serait-elle 
arrêtée de conclure son traité? 

D'ailleurs, il faut que vous sachiez que le ministère anglais a né- 
gocié sur ma convention avec telle promptitude que tout a été expédié 
en peu de semaines et de sorte que, par la distance des lieux qui est 
bien plus courte de Londres à Paris que de Londres à Berlin, la France 
a pu être plus tôt avertie de la conclusion de la convention que je l'ai 
été presque moi-même, et que l'intervalle de toute la négociation a été 
de si peu de durée que je n'ai pas été à même de donner plus tôt part 
à vous des propositions de l'Angleterre que je l'ai fait effectivement. 

I Vergl. S. loo. loi. 



io8 

Pour ce qui regarde les doléances que M. de Rouillé vous a fait 
marquer sur ce que le duc de Nivernois m'avait fait le dépositaire des 
pensées les plus secrètes du Roi son maître, vous pouvez bien lui dire 
que le duc de Nivernois ne m'avait rien communiqué dont je n'avais 
pas été informé depuis assez de temps, dont, malgré cela, je n'avais 
fait et ne ferais de ma vie un mauvais usage, et que je me flattais au 
surplus qu'on ne voudrait pas m'attribuer une façon de penser aussi in- 
digne que celle-là. Dans la rage présente où M. de Rouillé se trouve, 
je sais bien que tout ceci opérera peu sur son esprit, cependant il sera 
toujours bon que vous tâchiez de le calmer. 

Au surplus, ce qui peut vous servir de baromètre pour pénétrer au 
juste les intentions des ministres, c'est que vous observerez si, après 
que le dernier courrier' du duc de Nivernois est arrivé, ledit ministère 
continuera toujours dans la même fougue et de s'exprimer avec emporte- 
ment; car si, après l'arrivée dudit courrier, le calme ne se retrouve pas 
€t que les hauteurs continuent, dans ce cas-là il est très nécessaire que 
vous notiez tout, afin de m'en instruire bien et à temps, et que même 
vous me dépêchiez un exprès en courrier, supposé que vous trouviez 
les choses d'assez d'importance que vous aurez à me mander, afin qu'elles 
parviennent bientôt à ma notice. 

Ce serait un événement assez singulier pour moi, si les ministres 
de France voulaient supporter bien patiemment toutes les insultes et 
affronts que leurs ennemis déclarés leur font, et qu'ils voulussent au 
contraire s'irriter et s'aigrir sur la démarche la plus innocente que j'ai 
faite. Au reste, de chercher le consentement des liaisons qu'on prend, 
c'est que l'on peut bien prétendre de ceux qui nous sont liés en vas- 
saux, mais non pas de souverains. ^ , 

Federic. 

Nach dem Concept. 



7268. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLING- 
GR^FFEN A VIENNE. 

Potsdam, 14 février 1756. 

J'ai reçu votre rapport du 4 de ce mois et ne doute pas que mes 
deux dépêches par lesquelles je vous ai instruit sur la façon dont vous 
devez vous expliquer relativement à ma convention de neutralité de 
l'Allemagne, faite avec l'Angleterre, ne vous soient arrivées avant 
celle -ci. 2 

Je ne veux point vous laisser ignorer que, selon mes lettres de 
France, 3 le ministère là a marqué beaucoup d'humeur, dès que la nou- 
velle de cette convention lui est arrivée, et qu'on m'ajoute que du de- 
puis le comte de Starhemberg a eu de fréquentes et longues conférences 
avec le sieur Rouillé qui ont fait soupçonner qu'il était question de 

I Vergl. S. 68. — ^ Vergl. Nr. 7232. 7247. — 3 Vergl. Nr. 7267. 



109 

quelque négociation secrète entre ces deux cours. Quoique je ne saurais 
vous assurer à quel point ces soupçons sont fondés, cependant, comme 
l'on ne saurait savoir à quoi les ministres de France sont capables dans 
leur première fougue, vous ferez bien d'en parler au sieur de Keith, 
qui , par les grandes connaissances et les intimités qu'il a des gens 
d'affaires, saura le mieux pénétrer ce mystère et vous informer du chi- 
potage que la cour de Versailles a commencé avec celle où vous êtes, 
et des propositions que la France a [faites] à celle-ci. Si c'est effective- 
ment en haine de ma convention faite avec l'Angleterre , je suppose 
que ces propositions des ministres de France peuvent avoir pour objet 
de marier une des dames de France à l'archiduc Joseph, de promettre 
à la cour de Vienne de ne vouloir point s'opposer à l'élection d'un roi 
des Romains, de garantir les pays de la domination d'Autriche et de 
promettre de ne point prendre part à une guerre que l'Impératrice-Reine 
me susciterait pour récupérer la Silésie, mais de rester neutre alors. 

Il se peut encore que la France propose la neutralité des Pays-Bas 
dans la présente guerre, mais de lui laisser la liberté d'attaquer les 
États d'Hanovre, et que la Reine -Impératrice n'y porte alors aucun 
secours au roi d'Angleterre, au contraire de m'attâquer, quand je vou- 
drais alors secourir celui-ci pour défendre ses États d'Allemagne. Voilà 
des idées qui me sont venues à ce sujet. Comme vous concevrez aisé- 
ment combien il m'importe d'être exactement instruit du chipotage pré- 
sent de la France avec la cour de Vienne, vous devez mettre toute 
l'application et savoir-faire pour bien l'approfondir et n'épargner 
ni argent ni adresse pour vous y bien orienter , afin de pouvoir m'en 
informer le plus exactement, vu que tout ceci m'intéresse trop pour 

n'en être pas bien informé. ^ , 

Federic. 

Nach dem Concept. 



7269. AU SECRÉTAIRE MICHELE A LONDRES. 

Potsdam, 14 février 1756. 
J'ai reçu par l'ordinaire dernier le rapport que vous m'avez fait 
du 30 janvier, et m'attends à présent à en recevoir bientôt de vous 
des bien plus intéressants. En attendant, je veux bien vous informer 
que , selon mes derrières lettres de France , ' le ministère y a été fort 
en humeur et paraît être extrêmement piqué de la convention de neu- 
tralité de l'Allemagne que j'ai heureusement arrêtée et conclue avec Sa 
Majesté Britannique, dès qu'il en a reçu les premières nouvelles de 
Londres; aussi me marque-t-on que le comte de Starhemberg a eu de- 
puis là de fréquentes et longues conférences avec le sieur Rouillé, dont 
on soupçonne qu'il est question de quelque négociation secrète entre 
ces deux cours. Ma volonté est donc que vous vous donnerez tous 

I Vergl. Nr. 7267. 



HO 

les soins possibles pour voir s'il y a moyen d'apprendre là où vous 
êtes de quoi les deux cours traitent entre elles. Vous sonderez d'ail- 
leurs les ministres anglais s'ils ne trouveront pas convenable de donner 
des ordres à leurs ministres aux cours étrangères où il en réside des 
miens, d'aller de concert amiable avec les miens dans tout ce qui regarde 
ma convention de neutralité faite avec l'Angleterre. 

Au surplus, c'est dans le dernier secret, quand je vous mande ce 
qui suit, et que je vous sonde pour mon unique direction, si je trouvais 
à propos de faire une alliance étroite défensive avec l'Angleterre pour 
un temps limité de six, dix ou douze ans, si vous croyez que le mi- 
nistère britannique y entrerait et y saurait faire entrer également la 
Russie et la république de Hollande. Je vous défends cependant de 
n'en faire aucun usage encore de ce que je vous demande à ce sujet, 
mais de m'en marquer simplement votre sentiment, selon la connaissance 
locale que vous avez. 

Je désire encore que vous me mandiez directement et à moi seul 
quelles mesures on prend en Angleterre pour empêcher les débarque- 
ments que la France pourra tenter , ' selon que toutes les gazettes pu- 
bliques en parlent, eif Angleterre, en Ecosse et en Irlande. 

Au reste, vous pouvez bien insinuer au lord Holdernesse, dès que 
l'occasion s'offrira de le faire sans affectation, que, selon des nouvelles 
que 'VOUS aviez eues, la cour de France, par un dépit secret sur notre 
convention, commençait de chipoter avec la cour de Vienne et qu'on 
en soupçonnait qu'il pourrait s'agir des liaisons secrètes que ces deux 
cours voudront prendre entre elles; que vous lui demandiez à ce sujet, 
supposé que ces soupçons fussent fondés , si alors il ne serait pas 
nécessaire que l'Angleterre prît des mesures pour conserver la balance 
de pouvoir de l'Europe , et que surtout elle prît des mesures que la 
cour de Pétersbourg ne se laissât entraîner par les deux susdites puis- 
sances; que ce n'était qu'une idée qui vous était tombée dans l'esprit, 
mais que néanmoins vous n'aviez pas voulu laisser d'en faire part à lui. 

Nach dem Concept. Fcderic. 



7270. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE MALTZAHN 

A DRESDE. , 

Potsdam, 14 février 1756. 
J'ai bien reçu vos rapports du 6 et du 9 de ce mois. Ne doutant 
pas que la lettre du 7 que je vous ai faitCj^* ne vous soit bien rendue, 
par laquelle je vous ai parfaitement instruit, tout comme par celle du 
31 de janvier, 3 de quelle façon vous devez vous expliquer au sujet de 
ma convention faite avec le roi d'Angleterre, je m'y réfère et veux 
bien y ajouter pour votre direction encore que, quant au traité de West- 

I Vergl. S. 103. — 2 Nr. 7251. — 3 Nr. 7233. 



I 



m - — 

minster rappelé et confirmé de nouveau^ dans ma convention de neu- 
tralité de l'Allemagne arrêtée avec l'Angleterre, ce traité fait l'année 
1742 aurait subsisté, quand même ma convention n'aurait été point 
conclue, l'Angleterre [n'aurait] pas moins réclamé pour cela l'accomplisse- 
ment de ma garantie stipulée dans ce traité, vu qu'il est perpétuel et 
par la raison du droit de succession éventuelle de ma maison à la 
couronne de la Grande-Bretagne; aussi ce traité fut-il réclamé du roi 
d'Angleterre pendant la dernière guerre, peu avant la bataille de Cul- 
loden en Ecosse, et, au surplus, il y a stipulé deux mois de temps pour 
employer les bons offices. Au reste, il est vrai que la garantie de 
l'Angleterre sur la Silésie est renouvelée par ladite convention, ^ où il 
n'y a cependant rien entré ni de l'Ostfrise^ ni du payement du résidu 
des dettes de Silésie etc., et quant à l'envoi du sieur de Grumbkow, 
c'est un conte purement controuvé.* 

Pour ce qui regarde l'avis qu'on vous a donné du mécontentement 
de la cour de Russie contre le sieur Gross , ^ j'ai de la peine à croire 
que cet avis soit juste, et moins encore les circonstances dont il a été 
accompagné. 

Je vous ai déjà averti par la lettre dernière^ du 10 des nouvelles 
qui me sont venues d'une chipoterie secrète entre les cours de Ver- 
sailles et de Vienne. A présent, je veux bien vous dire, quoique pour 
votre direction seule, qu'en conséquence de bonnes lettres de Paris, ^ le 
ministère doit avoir été fort en humeur, quand il a eu les premières 
nouvelles de ma convention de neutralité de l'Allemagne faite et conclue, 
et que du depuis le comte de Starhemberg a eu de fréquentes et lon- 
gues conférences avec M. de Rouillé dont on a soupçonné quelque 
négociation secrète entre les deux cours. Comme il n'est pas impossible 
que le ministère français, entraîné par la première fougue du dépit sur 
ma convention, ait pu faire quelques propositions au ministre de la 
cour de Vienne, soit qu'elles regardent un mariage entre une des dames 
de France avec l'Archiduc aîné , soit une promesse qu'en considération 
de ceci elle ne s'opposerait plus à l'élection d'un roi des Romains, soit 
une garantie des pays de la domination d'Autriche, ou que la France 
restât neutre, s'il y avait des démêlés entre moi et la Reine-Impératrice, 
soit encore une neutralité pour les Pays-Bas pendant la guerre présente, 
si, au contraire, la cour de Vienne laissât la liberté à la France d'atta- 
quer le pays d'Hanovre , sans y porter aucun secours au roi d'Angle- 

I Vergl. Nr. 7175 C. An. 3 S. 16. — 2 Vergl. S. 5. 16; Bd. V, 183 Anm. — 
"' Vergl. Bd. IX, 484; X, 535. — + Maltzahn meldet, Dresden 9. Februar, man behaupte 
am sächsischen Hofe „que le colonel de Grumbkow était allé porter des dépêches de la 
part de Votre Majesté à Versailles, qui ne pouvaient regarder que la médiation des 
diiTérends entre la France et l'Angleterre." — 5 In demselben Bericht sagt Malt- 
zahn: „C'est le major Henning (vergl. Bd. X, 153) qui m'a dit avoir appris du secré- 
taire du sieur Gross les reproches qu'on lui faisait sur ce qu'il avait donné lieu à 
son départ sans congé de Berlin." Vergl. Bd. VIII, 602. — 6 Nr. 7260. — 7 Vergl. 
Nr. 7267. 



112 



terre — vous me rendrez un service essentiel, si vous saurez, sans dé- 
couvrir mes idées susdites , bien approfondir là où vous vous trouvez 
quelque chose des propositions que la cour de France peut avoir faites 
à celle de Vienne. Et comme il m'importe d'ailleurs également de sa 
voir ce que l'on pense à Pétersbourg sur ma convention faite , que 
d'être informé de ce que la cour de France mandera au comte de 
Broglie à ce sujet, vous devez employer tous vos soins et toute votre 
adresse pour pouvoir m'en informer exactement. 

Nach dem Concept. 



Federic. 



7271. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION COMTE DE 
SOLMS A STOCKHOLM. 

Oolms berichtet, Stockholm 3. Fe- 
bruar: „Dans le dernier Plenum [de la 



Diète] qu'il y a eu, il s'est agi d'un nom- 
mé Malmerfelt, à qui le Roi a voulu 
conférer le gouvernement d'une province 
et qui, en ayant été exclu par le Sénat, 
s'en est plaint auprès des Etats et a in- 
sinué dans son mémoire qu'il serait bon 
que le Sénat fût empêché de pouvoir 
s'opposer, à l'avenir, aux volontés du 
Roi, quand il trouverait à propos de don- 
ner des récompenses à quelqu'un . . . 
On dit que les Etats pensaient d'envoyer 
le jeune prince [Gustave] à l'académie de 
Lund, afin de le tenir éloigné de la cour 
et des gens qui leur sont suspects, i On 
m'a dit à cette occasion que le Roi avait 
déclaré qu'il ne permettrait jamais qu'on 
lui ôtât le Prince, et qu'il le défendrait, 
l'épée à la main , contre ceux qui vou- 
draient l'enlever." 

Nach dem Concept. 



Potsdam, 14 février 1756. 

Je vous sais gré de l'exactitude 
avec laquelle vous m'avertissez par 
votre rapport du 3 de ce mois de 
tout ce qui se passe à la Diète, 
et vous ferez bien de continuer 
de même. 

Cependant, je suis fâché de 
voir que les choses entre la cour 
et le Sénat s'aigrissent de plus en 
plus, me paraissant qu'on pousse 
presque à bout le roi de Suède, 
ce qui me fait craindre les éclats 
qui, au bout du compte, ne sau- 
raient manquer d'en arriver. 

Federic. 



7272. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE H^ESELER 

A COPENHAGUE. 

Potsdam, 14 février 1756. 
Vos deux dépêches du 3 et du 7 de ce mois m'ayant été bien 
rendues, j'approuve parfaitement la façon dont vous vous êtes expliqué 
envers ceux qui vous ont parlé de la convention de neutrahté de l'Alle- 
magne que j'ai arrêtée avec la Grande-Bretagne, et comme je dois pré- 
sumer que le rescrit que je vous ai fait expédier pour vous instruire 
de quelle manière vous aurez à vous expliquer à l'égard de la susdite 
convention,^ vous sera entré à l'heure qu'il est, je veux que vous vous 
y conformiez et vous expliquiez en conséquence. 

Nach dem Concept. 



Federic, 



I Vergl. S. 40. — 2 Vergl. S. 59. 



113 

72 73- AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 

Potsdam, 15. Februar 1756. 

Ew. Excellenz den Extract derer letzteren verschiedenen immedia- 
ten Schreiben des Herrn Baron von Knyphausen , betreffend das Miss- 
vergnügen des französischen Ministerii über die mit Engelland getroffene 
Neutralitätsconvention, und dessen, was dem von Knyphausen geant- 
wortet worden, vor Ew. Excellenz Ankunft zuzusenden, habe nicht 
ermangeln sollen , so wie ich solchen in aller Eile anfertigen können ; ' 
und muss ich dabei zum höchsten um Vergebung bitten, dass die Zeit 
nicht einmal zulassen wollen , davon eine leserliche Abschrift zu ferti- 
gen , sondern nur das Brouillon davon zu übersenden , da gestern und 
heute früh wiederum verschiedene Dépêches, so insgesammt dechififriret 
werden müssen, eingelaufen seind, welche alle auf diese Conventions- 
affaire Rapport haben. ^ Ich erfreue mich übrigens zum höchsten, dass 
Ew. Excellenz morgen anhero zu des Königs Majestät kommen, ^ weil 
Dieselbe, wie Deroselben im Vertrauen zu melden mir die Freiheit 
nehme, Höchstgedachte Se. Königl. Majestät nicht ohne besondere In- 
quiétudes seind, dass der französische Hof die Partie nehmen möchte, 
sich den zu Wien zu reconciliiren und mit solchem eine AUiance zu 
schliessen, zumalen nicht nur der Herr von Knyphausen letzthin immé- 
diate gemeldet hat, "♦ dass nach dorten eingelaufenen Briefen aus Engel- 
land wegen der getroffenen Convention der von Rouillé verschiedene 
und lange Conferenzien mit dem österreichischen Minister Grafen von 
Starhemberg gehabt und dem Verlaut nach einen Courier an den 
d'Aubeterre nach Wien abgesandt habe, welcherwegen man eine secrète 
Chipotage zwischen beiden Höfen soupçonnire, sondern auch der von 
Hellen vorhin schon etwas von dergleichen Chipotage an des Königs 
Majestät immédiate gemeldet hat, = wie Ew. Excellenz solches aus dessen 
anhegendem Originalbericht, welchen mir bei Dero Anwesenheit allhier 
zurückerbitten werde, mit mehrern zu ersehen geruhen wollen. Ueber 
alles übrige werde mich annoch weiter expliciren können, wenn die 
Ehre haben werde, Ew. Excellenz selbsten allhier meinen gehorsamsten 
Respect zu bezeigen. 

Schliesslich habe auf allergnädigsten Befehl noch melden sollen, 
wie des Königs Majestät vor nöthig finden, dass sowohl der von Kling- 
gräffen zu Wien, als der von Maltzahn zu Dresden über den Punkt 
wegen des Tractats von Westminster auf gleichen Fuss instruiret wer- 
den, wie solches mit dem Herrn von Knyphausen geschehen ist.^ 

So eben , da ich dieses schliessen will , läuft eine sehr weitläuftige 
Dépêche von dem Herrn von Knyphausen en chiffres ein, welche der- 

I Auszüge aus den Berichten Knyphausen's, Paris 23. Januar, 30. Januar, 2. Fe- 
bruar, und aus den betreffenden Weisungen des Königs. Vergl. Nr. 7236. 7258. 
7267. — 2 Vergl. Nr. 7275. 7276. — 3 Vergl. S. 104. — 4 Vergl. S. 107. — 
5 Vergl. S. 99. — 6 Vergl. S. 104 Anm. i. 

CorresD. Friedr. U. XII. 8 



114 

selbe einem an ihn vorhin geschickt gewesenen Courier wiederum mit 
zurückgegeben und welche vermuthlich sehr interessant sein wird.' 

Nach der Ausfertigung. Eichel. 



7274. RAISONS DE MAÎTRE ROUILLÉ POUR RÉFUTER LA 

DÉFENSE DE MA CONDUITE ET DES MOTIFS QUI ONT FAIT 

FAIRE A MAÎTRE FEDERIC LA CONVENTION DE NEUTRALITÉ 

POUR L'ALLEMAGNE. = 

[Potsdam, février 1756.] 

Maître Rouillé: 

1 ° Que la Prusse n'a pas garanti strictement les possessions de 
la France en Amérique, qu'il fallait remarquer cependant que l'Angle- 
terre faisait à cette couronne une guerre offensive en Europe qui pou- 
vait se communiquer au continent et devenir par conséquent relative au 
traité de la Prusse et de la France, au cas que cette dernière fût atta- 
quée dans le continent de l'Europe. 

2 ° Que , par une suite de la même raison , il n'avait pas été loi- 
sible à la Prusse de transiger pour la neutralité, dans le cas où la 
France peut être attaquée. 

3° Que le traité de 1741, quoique prêt à échoir, ne l'était pas, 
et qu'il aurait fallu attendre qu'il fût expiré, avant que de traiter avec 
l'Angleterre. 

4° Que, d'ailleurs, la Prusse était encore liée avec la France par 
un autre traité qui était celui de l'alHance défensive qui subsistait entre 
la Prusse, la Suède et la France. ^ 

5° Que la neutralité qu'on venait d'établir, faisait perdre à la France 
le fruit de toutes ses aUiances qu'elle avait en Allemagne, et qu'elle avait 
formées pour la défense de la Prusse. 

6 ° Que, par ce traité de neutraUté, l'Angleterre pouvait se servir 
pour la défense de ses îles de toutes les troupes auxquelles elle donnait 
des subsides en Allemagne; qu'il résultait donc de cette démarche de 
la Prusse de si grands inconvénients pour la France qu'on devait sup- 
poser que la Prusse avait perdu jusques aux traces les plus légères 
l'attachement qu'elle avait eu pour la France, sans quoi elle ne se serait 
jamais portée à une démarche si contraire à ses véritables intérêts. 
Que maître Rouillé était effrayé, quand il pensait que la France se 
trouverait empêchée de faire la diversion d'Hanovre, si sensible au roi 
d'Angleterre, et que cet empêchement venait du plus ancien allié du 
Roi Très Chrétien; qu'il était donc affligeant de voir qu'au cas que le 
roi de France portât la guerre en Allemagne, il trouvât le plus cher 

I Vergl. Nr. 7275. — 2 Eigenhändiger Auszug des Königs aus der Depesche 
Knyphausen's vom 8. Februar 1756. Vergl. S. 115 Anm. 2. Die Replik des Könige 
siehe unter Nr. 7275. — 3 Vergl. Bd. V, 406; VI, 36. 



115 

de ses amis ligué avec' ses ennemis, pour l'empêcher d'entreprendre 
une défense légitime. 

7 ° Que cette démarche de la Prusse ne pourrait pas manquer 
d'inspirer beaucoup de défiance à tous ses alliés du Nord, et que cette 
démarche contribuerait beaucoup à décourager ces puissances du Nord, 
prêtes à prendre des résolutions vigoureuses. 

Conclusio : 

Que le traité de neutralité paraissait donc contraire à l'esprit de 
ceux qui avaient été signés entre la Prusse et la France, totalement 
opposé aux intérêts de cette dernière, incompatible avec l'étroite har- 
monie qui régnait entre les deux cours, outrageant pour la France par 
les circonstances dont cet événement avait été accompagné. 

Que M. Rouillé ne comprenait pas le motif que j'avais eu de faire 
ce traité si extraordinaire, et qui s'accordait si mal avec les intérêts de 
la Prusse. 

Que , si la cour de Vienne et de Russie attaquaient la Prusse, 
l'Angleterre ne pouvait lui donner les secours que la France pouvait 
lui faire tenir. 

Que, comme l'engagement que la Prusse a pris avec l'Angleterre 
pour empêcher toute troupe étrangère d'entrer en Allemagne, était plus 
grand que celui que l'on avait avec la France , il inférait de là qu'il 
fallait nécessairement que, hors le corps du traité, il y eût des articles 
séparés, parcequ'on avait tant caché cette démarche à la France; qu'il 
lui était surprenant que , m'ayant communiqué tous les projets de la 
France, j'eusse fait ce traité sans la permission de maître Rouillé, qui 
y aurait consenti, si on la lui avait demandée. 

Nach dem eigenhändigen Originalauszug. 



7275. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE 
KNYPHAUSEN A PARIS. 



xVnyphausen berichtet, Paris 8. Fe- 
bruar, über den Eindruck, den die Mit- 
theilung der mit England abgeschlossenen 
Convention gemacht hat; ,,0n continue 
toujours d'être extrêmement blessé du re- 
tard que Votre Majesté a apporté à cette 
communication, attendu qu'il y a près de 
quinze jours qu'on a reçu ici la nouvelle 
de la signature de Son traité avec l'Angle- 



[Potsdam, 16 février 1756.] 2 

Je suis fort content de votre 
relation; il est de votre devoir, 
comme vous l'avez fait, de me 
rendre compte de tout ce que les 
ministres de France vous disent, 
ainsi que des propos du public; 



I In der Vorlage verschrieben: contre. — 2 Dem Cabinetssecretär zugesandt 
mit der eigenhändigen Weisung: ,,Zu chiffriren an Knyphausen, mir morgen ein« 
Abschrift davon." Die demgemäss vorgelegte Abschrift, in welcher der König eine 
sachliche Correctur vornahm (vergl. S. 121 Anm. l), trägt das Datum „17 février", 
ebenso wie die Abschrift des corrigirten Textes, nach welcher die Ausfertigung 
chiffrirt worden ist. 

8» 



ii6 



terre. M. Rouillé me répéta encore dans 
le nouvel entretien que j'eus avec lui 
mercredi dernier, i qu'abstraction faite des 
engagements que renfermait ce traité et 
sur lesquels il suspendait son jugement, 
jusqu'à ce qu'il fût assuré de l'authenticité 
des notions qu'il avait à ce sujet, il était 
certain que Sa Majesté Très Chrétienne 
avait raison de se plaindre que Votre Ma- 
jesté eût conclu un traité de cette nature 
avec une puissance qui faisait à la France 
une guerre offensive , tandis qu'il sub- 
sistait encore entre Elle et cette dernière 
deux traités d'alliance défensive , 2 dont 
aucun n'était expiré jusqu'à présent. 
Qu'indépendamment du tort que Votre 
Majesté avait à cet égard, et qui lui pa- 
raissait très essentiel , on avait lieu d'in- 
férer, du secret extrême avec lequel Elle 
avait tramé cette négociation, qu'elle ren- 
fermait des stipulations secrètes, contraires 
peut-être à Ses engagements avec la France 
ou opposées au moins aux intérêts de cette 
cour, sans quoi on ne voyait point pour- 
quoi Elle aurait voulu lui en dérober la 
connaissance. Que, sans faire une atten- 
tion particulière à ces motifs, qui n'avaient 
pour objet que l'examen du droit que 
pouvait avoir eu Votre Majesté de faire 
un pareil traité à l'insu de la France, 
l'amitié que Sa Majesté Très Chrétienne 
Lui avait vouée de tout temps , lui avait 
donné lieu de se trouver extrêmement 
blessée de la dissimulation dont on en 
avait usé envers elle en cette occasion. 
Qu'il ne voulait point me réitérer les 
plaintes qu'il m'avait faites précédemment 3 
sur le ridicule que ce traité jetait sur 
l'ambassade de M. de Nivernois, qui s'é- 
tendait même sur sa personne , ainsi que 
sur ceux qui, animés par le désir de per- 
pétuer l'union étroite qui avait subsisté 
jusqu'à présent entre les deux cours, 
avaient excité le Roi à cette mission ; 
mais qu'il m'avouait franchement qu'ayant 
consacré de tout temps à Votre Majesté 
les sentiments de l'admiration la plus 
respectueuse, il ne pouvait pas concevoir 
comment Sa gloire et Sa délicatesse ne 
s'étaient pas trouvé blessées de recevoir 
la participation des projets les plus secrets 



mais bien loin que les décisions 
du vulgaire fassent impression sur 
mon esprit, je ne pense qu'à suivre 
les intérêts de l'État pied à pied, 
bien assuré qu'en remplissant bien 
cet objet -là, c'est le seul moyen 
de bien établir ma réputation, si 
j'en ai une. 

J'ai bien lu les reproches que 
vous a faits M. Rouillé, mais je 
suis bien loin de croire ses argu- 
ments sans réplique, et voici ce 
que vous pouvez lui dire : "♦ 

I ° Qu'il , est clair que les 
possessions françaises hors de l'Eu- 
rope sont expressément exclues de 
nos garanties; que l'Espagne, ^ 
plus attachée à la France par les 
liens du sang et par l'intérêt com- 
mun des deux nations, ne prend 
aucune part aux démêlés des 
Français et des Anglais en Amé- 
rique, et qu'ainsi à plus forte rai- 
son, comme nul traité, nul en- 
gagement ne me lie , on ne peut 
exiger la moindre chose de moi 
dans le cas présent de la guerre; 
que tant que la France n'attaquera 
que l'Angleterre , je serais bien 
embarrassé de voir d'où lui vien- 
drait une diversion dans ses pos- 
sessions, en supposant même à 
M. Rouillé les vues les plus fines, 
je le défie de me dire ce que la 
France a à présent à craindre 
pour son continent. 

En second lieu, je vois que 
M. Rouillé paraît surpris qu'un roi 
de Prusse pense à la sûreté de la 
Prusse, ce qui me paraît à moi la 
chose plus simple et la plus natu- 
relle. Le pays d'Hanovre est at- 



I 4. Februar. — 2 Vergl. S. 114. — 3 Vergl. S. 106. — 4 Für die folgenden 
Punkte vergl. die entsprechend numerirten Artikel der „Raisons de maître Rouillé". 
Nr. 7274. — 5 Vergl. S. 96. 



ii; 



et importants d'une puissance avec les 
ennemis de laquelle Elle venait d'entrer 
en alliance ; qu'en se représentant tous 
les exemples de grandeur d'âme et d'hé- 
roïsme qu'EUe avait donnés à l'Europe, 
il n'était pas moins difficile d'interpréter 
comment Elle avait pu Se permettre de 
parler à l'ambassadeur de Son allié d'un 
traité pour la signature duquel Elle avait 
déjà envoyé des ordres, comme d'un traité 
pour lequel Elle était encore en négocia- 
tion; enfin, qu'il se manifestait un con- 
traste bien douloureux pour la France 
entre les assurances que Votre Majesté lui 
avait fait donner, à différentes reprises, à 
l'occasion des soupçons qu'on avait conçus 
ici,i avec l'événement qui formait mainte- 
nant l'objet de ses regrets et de ses re- 
présentations. 

Après que M. Rouillé m'eut exposé 
ainsi , quoiqu'en termes modérés et mar- 
qués plutôt au coin de la douleur qu'à 
celui du ressentiment, les griefs que sa 
cour prétend avoir contre Votre Majesté 
à l'égard du traité qu'Elle a conclu avec 
l'Angleterre, il commença par relever suc- 
cessivement les arguments dont Votre Ma- 
jesté S'est servi auprès de M. de Nivernois,2 
pour Se justifier sur cette démarches . . . 

Après que M. Rouillé se fut étendu 
sur les différentes matières que je viens 
de rapporter, et que, sans avoir voulu 
admettre les réponses dont je me propo- 
sais de faire usage pour combattre ses 
raisonnements, il m'eut dit que, comme 
il importait à sa cour de savoir quels 
étaient les motifs que Votre Majesté pou- 
vait avoir à alléguer en réponse aux ar- 
guments qu'il venait de m'exposer, il me 
priait d'en rendre compte à Votre Majesté 
et de lui faire part ensuite des instruc- 
tions que je recevrais à cet égard , il 
ajouta que, quelque bien fondée que fût 
la perplexité dans laquelle cet événement 
avait mis Sa Majesté Très Chrétienne, et 
quelque ulcérée qu'en fût son amitié, 
elle avait cependant si bien su vaincre les 
mouvements de son cœur que, loin de 
les faire paraître au dehors, elle les avait 
totalement suspendus, pour faire éclater 
la satisfaction qu'elle ressentait des té- 
moignages de bonté et de distinction que 



taqué par les Français , la Prusse 
l'est par les Russes , et la Silésie 
par les Autrichiens; peut -on pré- 
tendre qu'un allié sacrifie deux de 
ses plus belles provinces pour fa- 
voriser l'invasion que son allié veut 
faire sur une terre ennemie? J'ai 
toujours cru que les alliances étaient 
fondées sur l'avantage réciproque 
des alliés ; M. Rouillé a peut - être 
d'autres notions, je le prie de me 
les communiquer pour m'éclaircir 
là-dessus. Hugo Grotius et Pufen- 
dorf les ont ignorées, mais c'étaient 
apparemment des bêtes. 

3 ° M. Rouillé articule que le 
traité de 1741 n'est pas expiré 
encore, il le sera au mois de juin 
que les opérations vont commen- 
cer; si on avait attendu ce temps 
pour s'arranger, ne voit -on pas 
que chaque puissance, agissant en 
conséquence de ses engagements, 
aurait fait usage de ses mercenai- 
res et que l'Allemagne se serait 
vue inondée de Russes, de Kal- 
mouks , de Tartares et de toutes 
ces nations barbares , inconvénient 
auquel il était nécessaire de porter 
remède. La chicane de trois mois 
peut être admise dans le cas de 
naissance d'enfants posthumes, et 
encore a-t-on décidé les légitimités 
des naissances en France à onze 
mois ; peut-on employer de pareils 
arguments en poHtique? 

4° M. Rouillé a recours à 
une alliance défensive conclue entre 
la Suède , la Prusse et la France : 
ne se souvient-il donc pas, ou pour 
mieux dire, ignore- 1 -il que cette 
alliance ne regarde que l'équilibre 



I Vergl. Bd. XI, 374. 409. — * Vergl. S. 49. 50. — 3 Es folgen hier die voq 
dem Könige eigenhändig excerpirten Argumente. Vergl. Nr. 7274- 



Il8 



Votre Majesté accordait au duc de Ni- 
vernois , ainsi que du désir qu'Elle lui 
avait marqué de vouloir continuer de 
vivre en bonne intelligence avec la France, 
avec laquelle Elle était disposée de re- 
nouveler Ses anciens engagements et 
nommément le traité d'alliance défensive 
de l'année 1741 ; i mais il me fit entendre 
en même temps qu'on ne saurait prendre 
une résolution définitive à ce sujet, avant 
qu'on ne fût instruit exactement et dans 
le plus grand détail de la teneur du 
corps du traité qu'Elle avait conclu avec 
l'Angleterre , ainsi que de celle des ar- 
ticles séparés qui pouvaient y avoir été 
joints. Qu'il était donc absolument né- 
cessaire que Votre Majesté mît sans perte 
de temps toutes ces pièces sous les yeux 
du duc de Nivernois , 2 afin que ce der- 
nier pût juger par lui-même si ces nou- 
veaux engagements étaient compatibles 
avec ceux qu'Elle voulait renouveler avec 
la France. Qu'en attendant, et jusqu'à 
ce qu'on eût reçu les éclaircissements 
qu'on demandait à cet égard , on s'étu- 
dierait à réprimer tous les mouvements 
de mécontentement et de méfiance dont 
on avait sujet d'être agité, et qu'on ne 
laisserait paraître aux yeux du public que 
le désir qu'on avait de cultiver l'amitié 
de Votre Majesté et de continuer de 
vivre avec Elle dans l'intelligence la plus 
étroite. Qu'il faudrait aussi que Votre 
Majesté S'expliquât envers M. de Niver- 
nois sur la forme qu'Elle comptait don- 
ner à ce nouveau traité , et si Son in- 
tention était de le renouveler purement 
et simplement , ou bien d'y faire des 
changements. 

Au reste, je crois ne point devoir 
laisser ignorer à Votre Majesté qu'il y a 
eu un comité mercredi derniers à Ver- 
sailles dans lequel on a délibéré sur la 
proposition qu'Elle a faite au duc de Ni- 
vernois relativement au renouvellement de 
Son alliance avec la France , et où les 
avis ont été extrêmement partagés sur le 
parti qu'il convenait de prendre à cet 
égard. Il m'a été assuré de fort bon 
lieu que les uns ont soutenu qu'après les 
engagements dans lesquels Votre Majesté 
venait d'entrer avec l'Angleterre, il ne 



du Nord? Il aura bien de la peine 
à l'interpréter aux démêlés présents 
qui subsistent entre la France et 
l'Angleterre. S'il croit cependant 
que cette alliance est applicable 
aux circonstances présentes de l'Eu- 
rope, que ne se sert-il des secours 
des puissances mercenaires pour 
fortifier les armements navaux de 
la France? mais il paraît dans le 
cas présent qu'on se relâche en- 
vers ses subsidiaires et qu'on étend 
au delà de leurs bornes les en- 
gagements qu'ont pris des puissan- 
ces libres et indépendantes. 

5 ° Dans les articles suivants, 
M. Rouillé examine les préjudices- 
que mon traité de neutralité porte 
aux intérêts de la France; il ne 
trouvera pas mauvais que je les 
réduise à leur juste valeur et que 
je sépare les déclamations des 
choses. Il dit premièrement que 
la neutraHté de l'Allemagne fait 
perdre à la France le fruit des 
traités subsidiaires qu'elle a con- 
clus en Allemagne; je le prie de 
remarquer premièrement que les 
traités qui ont passé par mes 
mains , * ont eu pour base la tran- 
quillité de l'Allemagne, il remarquera 
d'ailleurs que, dans les temps où 
ils furent faits , on pensait si peu 
en France à la guerre des mer- 
luches, au fort de Beau -Séjour et 
à la rivière d'Ohio, que personne 
n'avait sûrement alors calculé ces 
traités à cet objet et que ce qui y 
donna lieu, ce fut les mouvements 
des Russes sur les frontières de 
Finlande qui menaçaient la Suède 
d'une guerre prochaine; or des 



I Vergl. S. 45. 
VIII, 595. 603. 



2 Vergl. S. 24. 48. 61. — 3 4. Februar. — 4 Vergl. Bd. 



119 



pouvait plus y avoir d'alliance défensive 
entre Elle et la France. D'autres ont 
observé qu'il y aurait de la faiblesse à 
Sa Majesté Très Chrétienne de consentir 
à un pareil renouvellement , après le mé- 
pris que Votre Majesté venait de lui 
marquer. Enfin, d'autres se sont avancés 
jusqu'au point de dire qu'après avoir été 
abandonné par Votre Majesté dans deux 
occasions importantes, dont l'une était 
celle de la paix de Breslau et l'autre la 
conjoncture présente, il serait téméraire 
et inutile de prendre dorénavant con- 
fiance en Elle. Mais, après des débats 
très vifs , on est enfin convenu qu'il se- 
rait imprudent d'aliéner tout-à-fait Votre 
Majesté et de se livrer entièrement au 
ressentiment dont on était animé ; qu'Elle 
formait dans la balance de l'Allemagne 
un contre -poids permanent à la puis- 
sance de la maison d'Autriche; qu'à ce 
titre Son alliance devait être précieuse à 
la France, et que cette dernière travaille- 
rait contre elle , si elle se prêtait à des 
mesures qui puissent tendre à Son af- 
faiblissement. Le maréchal de Belle-Isle 
a fort influé sur cette résolution ... Il 
est le seul qui , dans la fermentation où 
se trouvent les esprits, ait osé parler au 
Roi et au ministère en faveur du renou- 
vellement de Son alliance. Il est même 
vraisemblable que sans lui on aurait sur- 
le - champ fait revenir M . de Nivernois, 
sans entrer dans aucune négociation ul- 
térieure avec Votre Majesté . . . Quelque 
grand que soit le soin qu'ait pris le mi- 
nistère et qu'il prend encore pour faire 
croire au public que cette négociation a 
été conclue de son gré et avec sa parti- 
cipation, on soutient cependant générale- 
ment le contraire et que les reproches 
auxquels la nation se livre à cette occa- 
sion, sont proportionnés à la confiance 
qu'elle avait prise en Votre Majesté, et 
l'utilité qu'elle espérait de retirer de Son 
alliance." 



qu'il fallait tenter cette expédition, 
ce temps, que c'est y songer après 



alliances faites pour assurer, selon 
leur teneur, le repos de l'Alle- 
magne , ne peuvent point servir à 
la troubler. 

6° M. Rouillé croit que, par 
ce traité de neutralité, l'Angleterre 
se verra à même de pouvoir se 
servir de ses auxiliaires en Angle- 
terre. S'il ne parle que d'une 
partie de ces auxiliaires , je lui 
avoue qu'il a raison; car, à ce 
qu'on apprend , les Hessois ont 
été requis de marcher, et les sol- 
licitations du roi d'Angleterre à la 
Haye feront de même partir le 
corps auxiliaire des Hollandais; 
mais je demande à cette occasion 
à M. Rouillé s'il vaut mieux que 
les Anglais fassent passer 14,000 
hommes d'auxiHaires pour la dé- 
fense de trois royaumes ou qu'une 
armée de 80,000 hommes marchât 
en Flandre et une de 60,000 hom- 
mes sur le Rhin? C'est cependant 
de quoi le délivre ce traité de 
neutralité contre lequel il se récrie 
si fort, et dont il semble qu'il a 
pris à tâche d'interpréter tout du 
mauvais côté. Il serait à souhaiter 
pour la France qu'elle pût faire 
toutes ses opérations sans résis- 
tance, mais si elle veut bien y 
penser, elle trouvera que cette 
convention de neutralité, sans lui 
lever tous les obstacles, lui en fa- 
cilite cependant beaucoup. Je suis 
effrayé en voyant l'effroi de M. 
Rouillé sur l'expédition d'Hanovre ^ 
il me permettra de lui dire en 
qualité de militaire que c'était au 
mois d'août de l'année passée ; 
mais dès lors qu'on laissa échapper 
coup. Lorsque Louis XIV attaqua 



I Vergl. S. 95. 



120 

les Hollandais l'an 1672, il s'y porta d'abord et il eut les plus grands 
succès; ces sortes d'expéditions veulent être brusquées, mais on les rate, 
si on donne à l'ennemi le temps de s'y préparer. Monsieur me per- 
mettra donc de croire qu'il est trop prudent pour vouloir s'engager 
dans une telle démarche mal à propos, je ne doute pas qu'il n'ait en- 
core fait quelques petites réflexions, comme par exemple que le roi 
d'Angleterre et la nation anglaise ne pensent pas sur le pays d'Hanovre 
avec une tendresse égale, qu'on pourrait faire la conquête d'Hanovre 
par souscription des Anglais signés et payés à Londres, que, comme 
cette guerre présente est une affaire de la nation , qui , regardant son 
commerce, l'intéresse particulièrement, l'influence du Roi n'est pas assez 
grande pour que la nation sacrifiât ses véritables intérêts pour le pays 
d'Hanovre, mais qu'une pareille démarche ne ferait qu'attirer les Russes 
dans l'Empire, causerait une guerre générale et qu'ainsi loin de remphr 
l'objet qu'on attend, la France commettrait des aUiés au bien desquels 
elle dit s'intéresser, et que d'un autre [côté] elle éloignerait la paix en 
compliquant les causes de la guerre. 

7 ° Les craintes de M. Rouillé sur l'altération que ma convention 
de neutralité pourrait porter à l'égard des alliés du Nord , sont mal 
fondées ; on a pris soin d'instruire les ministres en ces cours ' de façon 
qu'ils représenteront dans leurs résidences respectives que ces engage- 
ments passagers n'altéraient en aucune manière les liens durables et les 
engagements généraux de la Prusse, vu que le traité mentionné ne 
regarde que l'Allemagne. 

La conclusion de M. Rouillé me paraît de la même justesse de 
raisonnement que le reste de ses arguments. Je crois avoir clairement 
établi que cette convention de neutrahté n'était aucunement contraire à 
l'esprit des traités qui subsistent entre la France et la Prusse, compatible 
avec les intérêts de la France et conforme à l'étroite harmonie de deux 
alliés qui doivent avoir à cœur leur intérêt commun, point outrageante 
à la France, qui ne peut être plus offensée de la neutralité de la Prusse 
que de celle de l'Espagne, ^ et à laquelle la circonstance de l'arrivée du 
duc de Nivernois ne peut rien aggraver, vu que ce n'est pas le caractère 
de personne, mais les conditions acceptables qui décident du succès de 
la mission. 

Sur les réflexions que M. Rouillé fait par rapport à mes intérêts, 
vous pouvez lui dire qu'il s'en peut rapporter à moi, et que, tenant 
celui qui a les cordons de la bourse, je n'avais rien à craindre de 
Vienne ni de Pétersbourg, dont la mauvaise volonté ne pouvait devenir 
réelle que par des secours pécuniaires étrangers. 

Vous pouvez l'assurer que le duc de Nivernois verra le traité avec 
tout ce qui y est annexé, où il ne trouvera autre chose que ce dont je 
lui ai donné copie; vous direz encore à M. Rouillé que je regardais le 

I Vergl. S. 59. — 2 Vergl. S. 72. 



121 

salut de deux provinces exposées à être ravagées, comme un objet assez 
important pour faire une convention par le moyen de laquelle je leur 
épargne la dévastation ; que j'étais mortifié de voir qu'on regardât de 
pareils objets comme des bagatelles, que, pour moi, je n'avais pas pensé 
de même, lorsque le prince de Lorraine l'année 1744 pénétrait en Lor- 
raine , ^ que cependant je me réglerais sur la façon de penser de 
M. Rouillé, à moins qu'on ne voulût établir une différence entre les 
ménagements qu'il faut garder pour des provinces dépendantes de la 
France, et qu'on n'a pas besoin d'avoir pour les provinces dépendantes 
de la Prusse. 

Vous voyez par la conclusion de M. Rouillé que ce qui le fâche, 
c'est que j'ai négligé de demander sa permission pour faire ma con- 
vention, et j'en appelle à tous les jurisconsultes pour savoir si une tête 
couronnée a le droit de faire des traités ou si elle est obligée d'en 
solliciter la permission auprès d'un autre prince. La conclusion du dis- 
cours de M. Rouillé est un aveu tacite de l'innocence de la démarche 
que j'ai faite, et il conclut par dire qu'il ne manquait que sa permission 
pour rendre cet acte légitime; il me permettra de n'en point convenir, 
et cela vous donne un si beau champ que je ne doute en aucune 
manière que vous ne lui fassiez sentir, avec cette douceur qui vous est 
propre, toute l'absurdité de son raisonnement. Comme les matières 
deviennent intéressantes, ne ménagez point le papier, et qu'il vous arrive 
plutôt de trop écrire que d'écrire trop peu. 

Je m'en rapporte, d'ailleurs, à vous pour l'adoucissement des termes, 
sans cependant que vous altériez rien au fond des choses. 

Nach dem eigenhändigen Concept: ,, Réponse à Knyphausen". Fcderic 



7276. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLING- 
GR^FFEN A VIENNE. 



K.linggräffen berichtet, Wien 7. Fe- 
bruar, über den Eindruck des preussisch- 
englischen Neutralitätsvertrages: „Le parti 
anglais rejette la faute sur le comte 
Kaunitz , le roi d'Angleterre s' étant vu 
obligé de prendre cet engagement, le 
comte Kaunitz n'ayant voulu se prêter 
a rien, et prétend qu'on perdrait tout 
le fruit qu'on avait à espérer de la Rus- 
sie, et craint même un changement dans 
le système général ... Je sais que le 
marquis d'Aubeterre pense noir sur cet 



Potsdam, 17 février 1756. 
Le rapport que vous m'avez 
fait du 7 de ce mois, m'a été 
fidèlement rendu. Je vous écris 
pour votre direction qu'après que 
le ministère de France a été fort 
en humeur par rapport à ma con- 
vention de la neutralité de l'Alle- 
magne faite et conclue avec l'Angle- 
terre, et qu'après avoir jeté son 



I In der Abschrift, welche der Cabinetssecretär am 17. Februar zur Correctur 
vorlegte (vergl. S. 115 Anm. 2), hat der König correcter „Alsace" eingesetzt. Vergl. 
Ed. III, 207. 208. 



122 



événement ... Je suis en négociation qui , 
j'espère, mettra Votre Majesté en état de 
ne Lui laisser rien à désirer de source sur 
tout ce qui concerne le plus secret pour 
le militaire, et le tout pour un petit 
avancement d'un bon sujet." 



premier feu, il en a été cependant 
content à la suite, convenant lui- 
même de l'innocence de cette con- 
vention, au sujet de laquelle il ne 
lui est resté d'autre plainte, sinon 
qu'ils auraient souhaité que j'en 
eusse communiqué préalablement 
avec eux, ce que je n'ai point cru cependant d'être obligé par aucune 
bonne raison de faire. Il en résulte même qu'il faut qu'ils avouent 
qu'il n'y a rien dans ladite convention qui soit contraire aux intérêts 
de la France, vu que, sans cela, ils n'auraient pas pu l'approuver. Je 
vois ainsi assez clairement que les insinuations qu'ils ont fait faire à la 
cour de Vienne, ne peuvent point aller aussi loin que je les ai supposées 
d'abord, en conséquence de la dépêche dernière que je vous ai faite;' 
je présume plutôt que ces insinuations se borneront à rendre odieux les 
Anglais auprès de la susdite cour, qu'à d'autres choses de conséquence; 
sur quoi, je crois avoir tout lieu de me tenir tranquille, parceque, plus 
l'on inspirera de l'humeur à la cour où vous vous trouvez contre 
l'Angleterre , plus cela nous conviendra et plus la ligue se dissoudra ; 
aussi je présume que le sieur d'Aubeterre y travaillera assez, sans que 
nous ayons nécessaire de nous en donner des peines. 

Tout ce qui vous reste à faire dans ces occurrences, c'est de 
vous appliquer au possible pour approfondir au plus juste la véritable 
façon de penser de la cour de Vienne sur ces entrefaites et le parti 
qu'elle prendra. Vous serez d'ailleurs attentif sur les deux points sui- 
vants, savoir si ladite cour a dépêché ou dépêchera encore des cour- 
riers à Pétersbourg et sur lequel objet, s'il est possible qu'on en puisse 
être informé, et en second lieu si elle continuera de pousser ses arrange- 
ments militaires ou si elle s'en relâchera. ^ 

Je voudrais encore que vous me mandiez exactement si l'événe- 
ment en question a donné peut-être quelque échec au grand crédit du 
comte Kaunitz auprès de la Reine - Impératrice. Du reste , je ne man- 
querai pas de vous informer exactement de tout ce qui se passera à la 
suite de ces affaires, et vous instruirai de quelle manière vous aurez 
à vous comporter tant envers les ministres autrichiens qu'à ceux de 
l'Angleterre et de la France. Pour cette fois-ci , il ne me reste qu'à 
vous dire que je serai bien aise, quand vous saurez réussir à me pro- 
curer ce canal dont vous faites mention dans le post-scriptum de votre 

dépêche. 

Federic. 

Nach dem Concept. 



I Nr. 7268. — 2 Vergl. S. loi. 



■ 123 

7277- AU SECRÉTAIRE MICHELL A LONDRES. 

Potsdam, 17 février 1756. 

J'ai bien reçu les rapports que vous m'avez faits du 3 et du 6 de 
ce mois. C'est à présent que j'attends de recevoir bientôt de vous les 
ratifications de ma convention de neutralité faite et tout ce qui en est 
annexé, ' de même que les propositions que le ministère anglais me va 
communiquer relativement à un accommodement avec la France. ^ 

Je souhaite de bon cœur que celles-ci puissent être telles pour 
qu'on en puisse concevoir quelque espérance pour un rétablissement 
de la paix; mais je ne suis pas sans appréhension que, pour le mo- 
ment présent encore, le ministère britannique les grossisse tant encore 
qu'il ne sera pas bien possible que la France les puisse accepter. J'en 
ferai toujours le meilleur usage qui me sera possible. 

Comme il est venu passer hier par ici un courrier anglais allant à 
Pétersbourg, je serai bien aise, quand vous saurez me marquer quelles 
ont été ses commissions; au moins ferez-vous de votre mieux pour en 
être instruit, afin de pouvoir m'en informer. 

Je désire, d'ailleurs, de savoir votre sentiment pour ma direction 
particulière si vous estimez que, pourvu que la guerre ou la campagne 
dans cette année -ci se passe, sans que ni l'un ni l'autre parti ait de 
grands succès, on saura alors mener mieux les affaires à un accom- 
modement équitable, ou si vous croyez que, malgré cela, l'Angleterre 
continuera à pousser à la guerre. ^ , 

Nach dem Concept. 



7278. AU CONSEILLER PRIVÉ VON DER HELLEN A LA HAYE. 

Potsdam, 17 février 1756. 

Votre rapport du 10 de ce mois m'est bien parvenu, et je vous 
dirai par la présente dépêche, quoique d'ailleurs pour votre unique 
direction, qu'il ne faut que vous vous imaginiez que je sois brouillé 
avec la France à cause de ma convention de neutraUté de l'Alle- 
magne faite avec l'Angleterre, qui en soi-même est toute innocente 
et ne saurait aucunement préjudicier à la France, d'autant moins 
que la France a souvent déclaré qu'elle ne voulait pas que la guerre 
devînt générale. 

Si cependant vous trouvez moyen de pouvoir faire glisser adroite- 
ment dans le public là où vous êtes cette réflexion, sans néanmoins 
être trop remarqué, vous ne laisserez pas de le faire. . 

Nach dem Concept. 



1 Vergl. Nr. 7230. — 2 Vergl. Nr. 71« 



124 

72 79- AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE H^SELER 

A COPENHAGUE. 

Potsdam, 17 février 1756. 
Vous ferez de votre mieux pour rassurer le sieur d'Ogier sur l'om- 
brage que, selon que vous le mandez en date du 10 de ce mois, il a 
pris par rapport à ma convention de neutralité de l'Allemagne conclue 
avec l'Angleterre, et vous lui direz qu'il n'y avait rien dans cette con- 
vention qui pût préjudicier à la France, d'autant que celle-ci avait dé- 
claré ne pas vouloir une guerre générale; qu'au surplus le duc de Ni- 
vernois était instruit à fond de cette affaire , '■ pour avoir pu se con- 
vaincre de l'innocence de ladite convention, qui n'avait pour objet que 
la paix et la tranquillité de l'Allemagne, de façon que lui, sieur d'Ogier, 

saurait se tranquilliser absolument là -dessus. ^ , 

^ Federic. 

Nach dem Concept. 



7280. AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLINj 

Potsdam, 18. Februar 1756. 

Se. Königl. Majestät haben mir befohlen, einliegenden Bericht von 
dem Major von Böhmen, Neuwiedschen Regiments, [d. d. Dielingen 
im Amte Rahden 15. Februar 1756], welchem Se. Königl. Majestät 
wegen seiner besonders guten Bekanntschaft, so er in den hannover- 
schen Landen hat, befohlen haben, unter der Hand und sonder sich 
im geringsten deshalb remarquiren zu machen, von denen dortigen 
Militärarrangements 2 Nachricht einzuziehen, zu übersenden und von 
Höchstderoselben wegen dabei zu melden, wie Dieselbe gelegentlich 
dem Duc de Nivernois nur ganz summarisch und in generalen Terminis 
von denen darin enthaltenen Nachrichten, und sonder Sich von dem 
Namen des Referenten etwas zu äussern, sprechen und einiges Aver- 
tissement geben möchten, ohne etwas schriftlich davon zu geben. 
Welches dann meines Ortes hierdurch schuldigst ausrichten, zugleichj 
aber mir darauf das Originalschreiben obgedachten Majors zurück ei 
bitten sollen, um demselben mit nächster Post nach Sr. Königl. Majestät 
Intention darauf antworten zu können. 

Ew. Excellenz Gutfinden überlasse auch, ob Dieselbe demnächst 

des Königs Majestät mit wenigen etwas deshalb und von denen des 

falls gethanen Aeusserungen des Duc de Nivernois zu antworten ge^ 

ruhen wollen. t- • , , 

Eichel. 

Nach der Ausfertigung. 



I Vergl. S. 24. 48. — 2 Vergl. S. 80. 81. 



125 

728i. AU PRINCE DE PRUSSE A BERLIN. 

Potsdam, 19 [février 1756]. 

Mon cher Frère. Vous avez trop bonne opinion de moi, mon 
cher frère; je me suis trouvé dans une situation très scabreuse, et je 
suis encore en quelque sorte dans un embarras dont je ne puis me 
tirer qu'avec beaucoup de ménagements et en maniant délicatement les 
matières. J'ai agi le mieux que j'ai pu selon mes lumières, mais il 
arrive souvent qu'on se trompe pourtant; ce qui me fait bien espérer 
pour cette fois ici, c'est qu'on est, on ne saurait plus, capot à Vienne/ 
marque certaine que nos ennemis croient beaucoup perdre par la dé- 
marche que je viens de faire, et, s'il est certain que, pour se bien con- 
duire, on doit agir toujours d'une manière diamétralement opposée aux 
vœux de nos ennemis, je crois avoir bien rencontré pour le fond de la 
chose. A présent , il ne s'agit que de polir l'ouvrage , de le perfec- 
tionner et d'y ajouter les correctifs nécessaires ; je vous assure que je 
m'y mets de tout mon long et que je n'épargne rien pour dissoudre 
une ligue formidable sous laquelle tôt ou tard l'État aurait succombé : 
c'était par la même politique que les Romains travaillaient à désunir 
leurs ennemis, et que, les combattant un par un, ils les vainqui- 
rent tous. 

Cette année -ci que je compte avoir gagnée, me vaut autant que 
cinq des précédentes, et, si dans la suite je peux servir de médiateur 
aux puissances beUigérantes , j'aurai fait à la Prusse le plus grand rôle 
qu'elle puisse représenter en temps de paix; et ne comptez -vous pour 
rien le plaisir de faire enrayer la reine de Hongrie, d'humilier, ou pour 
mieux dire, d'anéantir la Saxe, de désespérer Bestushew? Voilà quelles 
sont les suites qu'aura un petit coup de plume. 

Je vous embrasse, mon cher frère, en vous assurant de la ten- 
dresse avec laquelle je suis , mon cher frère , votre fidèle frère et ser- 
viteur 

Federic. 

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig. 



7282. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE M ALTZAHN 

A DRESDE. 

JVialtzahn berichtet, Dresden 13. 



Februar: ,,Ce qui paraît ici exciter le plus 
d'attention de la cour de Saxe , c'est de 
savoir le jugement que la cour de Vienne 
et celle de Pétersbourg porteront sur le 
traité de neutralité de Votre Majesté pour 
l'Allemagne. Le comte de Sternberg en 
a témoigné beaucoup de joie, mais on a 
cru que ce ne pouvait être encore que 

I Vergl. S. 121. 127. 



Potsdam, 20 février 1756. 
J'ai reçu votre rapport du 13 
de ce mois. Vous me faites plaisir 
de m'informer de quelle façon l'on 
juge de la convention de neutra- 
lité que j'ai faite avec l'Angleterre, 
mais, pour ma direction, vous de- 



126 



son sentiment particulier, on n'y a pas 
fait attention. Le sieur Gross en a été 
fort chagrin, à ce que je sais de bonne 
part. La cour de Saxe, en attendant, se 
contente d'augmenter, autant qu'il est en 
elle, la mauvaise humeur du comte 
Broglie , que tout le monde s'est plu à 
remarquer, depuis que la nouvelle du 
traité de Votre Majesté a éclaté." 



vez diriger principalement votre 
attention à cet égard sur ce qui 
en fait paraître le comte de Stern- 
berg, après qu'il pourra avoir reçu 
des instructions de sa cour à ce 
sujet, ce que vous tâcherez de pé- 
nétrer au mieux. D'ailleurs , ma 
volonté est que vous devez vous 
bien garder d'affecter comme si 



cette bonne intelligence entre vous 
et le comte de Broglie s'était ralentie depuis la conclusion de la susdite 
convention, ni de marquer de réserve envers lui; tout au contraire, je 
veux bien vous dire pour votre direction que je ne suis point brouillé , 
avec la France pour ladite convention, et que mes engagements pris en 
conséquence avec l'Angleterre ne regardent que purement et simplement . 
la neutralité de l'Allemagne pendant la présente guerre. 1 

Au reste, votre confident n'ayant point trouvé dernièrement cer- 
taines "choses au lieu ordinaire , je présume qu'on les aura portées dans 
le grand dépôt; c'est pourquoi je laisse à votre considération s'il n'y 
aura moyen qu'il puisse pénétrer jusqu'au grand dépôt, de quoi cepen- 
dant je ne saurais pas juger, en défaut de connaissance locale. 

Nach dem Concept. F 6 d e r i C. 



7283. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION COMTE DE 
SOLMS A STOCKHOLM. 



oolms berichtet, Stockholm 6. Fe- 
bruar, dass Deputirte der schwedischen 
Nationalregimenter an den Reichstag ge- 
sandt worden seien, und dass dieselben, 
als sie in Betreff der ihrerseits dem 
Reichstage zu machenden Vorschläge be- 
rathschlagten , über die Form der Ab- 
stimmung in Streit gerathen seien. „Les 
chefs des différents régiments se sont 
approprié seuls le droit de votation, à 
l'exclusion des officiers subalternes, quoi- 
que députés, ce qui a causé plus d'une 
fois des altercations très vives. Pour cet 
effet, les officiers subalternes ont porté 
leur cause devant le Sénat, qui leur a 
adjugé non seulement le pouvoir de faire 
des remontrances à l'assemblée générale 
du corps militaire , mais aussi celui de 
concourir avec les chefs des régiments à 
la votation. Cette affaire étant finie et 



Potsdam, 21 février 1756. 
J'ai reçu votre rapport du 6 
de ce mois. Je suis bien sensible 
à ce que les choses à la Diète de 
la Suède continuent de plus en 
plus à prendre un si fâcheux pli 
pour la cour que vous le marquez, 
et suis d'autant plus fâché que je 
l'ai prévu et averti la cour des 
suites que les mauvaises inspira- 
tions de ceux qui ont fait sem- 
blant peut-être de lui être attachés, 
sauraient entraîner.* Quant à vous, 
vous ne saurez faire que d'être 
tranquille spectateur et de conti- 



I Vergl. Ed. X, 538; XI, 486. 



12/ 



ne demandant que d'être approuvée et 
confirmée par le Roi , Sa Majesté a dé- 
claré à la dernière séance qu'il a fait au 
Sénat, qu'il ne trouvait pas à propos de 
le faire et a refusé de signer l'expédition 
qu'on lui présenta pour cet effet ... Il 
est à craindre que les Etats ne fassent 
revivre une ancienne idée et qu'ils ne 
permettent au Sénat de se servir d'un 
coin avec le chiffre du Roi, quand à 
l'avenir il voudra refuser sa signature en 
des affaires approuvées par la pluralité 
des voix." 

Nach dem Concept. 



nuer à me marquer tout ce qm se 

passe. „ j 

^ Federic. 



7284. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLING- 
GR^FFEN A VIENNE. 



ivlinggräffen berichtet, Wien 11. 
Februar: ,,A moins que Votre Majesté 
ne puisse encore compter d'une certaine 
façon sur le parti que prendra la France 
après la conclusion de la convention entre 
Elle et l'Angleterre, il y a des apparen- 
ces très plausibles que cette cour -ci se 
liera avec la première. Je ne doute pas 
que le but ici n'ait été, ainsi que je l'ai 
marqué , de se mettre en état , afin que, 
lorsque les affaires seraient brouillées, de 
profiter des circonstances et de paraître 
sur la scène. Sans doute qu'on est fort 
fâché de voir le coup manqué, le roi 
d'Angleterre se liant avec Votre Majesté ; 
par conséquent, on doit s'attendre qu'on 
se retournera d'un autre côté: ce ne peut 
être que du côté de la France. J'y donne 
toute l'attention possible pour éclaircir la 
chose, et je crois être en état de soup- 
çonner avec beaucoup de plausibilité que 
la chose est fondée. Car il m'est revenu 
que l'Impératrice -Reine a dit peu de 
jours avant l'arrivée du dernier courrier de 
Londres: »I^e roi d'Angleterre me boude, 
mais j'ai pris mon parti.« Ce qui prouve 
que cette Princesse a été informée de 
cette négociation. De plus , j'ai été té- 
moin oculaire, il y a quatre jours, lorsque 
le comte Kaunitz s'empara du vicomte 
d'Aubeterre, le soir à la petite assemblée, 
et le tira dans un coin, ce qu'il n'avait 
jamais fait ci -devant, où ils s'assirent. 
Le premier lui parla à l'oreille pendant 
plus d'une demi -heure, avec un air 



Potsdam, 21 février 1756. 
Votre rapport du 11 de ce 
mois m'est bien parvenu. Je ne 
doute nullement que la cour de 
Vienne, dépitée qu'elle est à pré- 
sent contre celle de Londres, ne 
veuille profiter du refroidissement 
qu'elle suppose être arrivé dans la 
conjoncture présente entre la France 
et moi, pour ourdir quelque chipo- 
tage secret avec la première ; mais, 
quoi qu'il en soit, je veux bien 
vous faire observer qu'en premier 
lieu l'on peut calculer à peu près 
jusqu'où cela pourra aller ; car, 
pour le reste, vous savez que leurs 
intérêts sont trop opposés les uns 
contre les autres que jamais ils 
sauraient être mêlés ensemble. En 
second lieu, il faut que vous son- 
giez que jamais la France ne mé- 
connaîtra ses intérêts au point de 
vouloir travailler à l'agrandisse- 
ment de la nouvelle maison d'Au- 
triche, et que, si jamais le cas 
existait que ces deux puissances 
formassent une ligue entre elles, 
il s'en formerait d'abord une 
autre capable de les contre - balan- 



128 



comme s'il voulait l'endoctriner et le 
persuader , tandis que le dernier ne fit 
qu'écouter avec attention, comme un 
homme qui ne sait trop que répondre ; 
il se trouve dans le cas, ne pouvant 
encore savoir l'intention de sa cour. 
Après cet entretien fini, je me retirai, 
étant assez tard, mais je sais qu'après 
cela ils ont repris la conversation dans le 
même coin au delà d'une demi -heure. 
Le sieur Keith en a été informé par ime 
personne de ses amis, qui a été témoin 
oculaire, et m'en a averti avant-hier dans 
la comédie, ajoutant qu'entre toutes les 
sottises qu'avait faites cette cour-ci, celle 
de se lier avec la France , serait la plus 
grande. Je puis me tromper, mais je ne 
suis pas entièrement de son sentiment, 
sur quoi je ne m'expliquai pas avec lui, 
et les choses poussées avec vigueur entre 
les deux puissances pourraient devenir 
dangereuses dans l'exécution du plan 
qu'elles pourraient arranger. Le sieur 
Keith convient que cette cour est sans 
doute très piquée, dès qu'on lui fait con- 
naître qu'on peut se passer d'elle . . . 
Le vicomte d'Aubeterre est, au reste, in- 
consolable. Il m'a fait dire par un ami 
commun , d'une manière fort polie, com- 
bien il regrettait que l'événement survenu le 
privât de me voir comme ci - devant , me 
demandant mon amitié et m' assurant de 
la sienne." 



cer,ï de sorte que je crois que, 
si d'abord et dans les premiers 
mouvements de dépit des minis- 
tres des deux cours s'est levée 
parmi eux une idée vague d'une 
telle ligue, l'exécution n'en ira pas 
si vite, quand après ils y réfléchi- 
ront. Au reste, que tout cela ne 
vous empêche pas de veiller d'une 
attention extrême sur tout ce qu'on 
peut chipoter à ce sujet, afin de 
m'en pouvoir informer exactement. 
Pour satisfaire d'ailleurs à ma 
curiosité , mandez - moi si la vanité 
autrichienne ne se trouve pas mor- 
tifiée de ce que deux électeurs ont 
décidé la neutralité de l'Empire, 
sans en avoir consulté l'Empereur 
en chef de l'Empire. Je m'ima- 
gine que, quelque effort que les 
ministres autrichiens fassent pour 
dissimuler leur chagrin sur cet 
événement, qu'il faut cependant 
qu'on en lise en public dans leurs 
yeux le dépit et la rage qu'ils 
en ont. 

Quant au vicomte d'Aube- 
terre, je serai bien [aise] qu'autant 
que les circonstances le voudront 
permettre , vous viviez sur le même pied qu'autrefois avec lui , et vous 
pouvez bien lui dire que, jusqu'à présent, je n'étais point brouillé avec 
sa cour, qui n'ignorait pas à cette heure ce que c'était que la con- 
vention en question. 

Pour ce qui regarde les arrangements ^ de la cour où vous vous 
trouvez, j'attendrai les nouvelles que vous m'en marquerez. 

Nach dem Concept. F e d 6 r i C 



7285. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE 
KNYPHAUSEN A PARIS. 

xVnyphausen berichtet, Paris 9. Fe- 



bruar: ,,L'on vient de m' assurer que les 
fréquentes conférences que le comte de 
Starhemberg3 a eues depuis quelques 



Potsdam, 21 février 1756. 
J'ai reçu le rapport que vous 
m'avez fait du 9 de ce mois. Je 



I Vergl. B. II, 213. — 2 Vergl. S. 122. — 3 Vergl. S. 113. 



129 



jours avec M. Rouillé et avec le Contrô- 
leur Général , i n'ont eu pour objet que 
la discussion d'un différend qui s'est élevé 
entre l'évêque de Liège et la régence de 
Bruxelles, et relativement auquel on dit 
que la France a interposé ses bons offi- 
ces en faveur du premier. Quoique cet 
avis me vienne de fort bon lieu , j'ai ce- 
pendant de la peine à croire que les 
longs entretiens que le comte de Starhem- 
berg a depuis quelque temps avec M. 
Rouillé , soient relatifs à ce seul sujet, 
d'autant plus qu'il m'est revenu que le 
premier a insinué depuis longtemps au 
ministère de France qu'il ne fallait point 
qu'il comptât sur l'assistance de Votre 
Majesté , et qu'Elle ne persisterait dans 
le système qu'Elle avait embrassé, qu'au- 
tant qu'Elle le trouverait favorable à Ses 
vues et à Ses intérêts. Je sais d'ailleurs 
que ce ministre a paru être peu satisfait 
de la nouvelle qu'on a reçue ici de la 
signature du traité de neutralité conclu 
entre Votre Majesté et l'Angleterre , et 
que, bien loin d'avoir fait éclater à ce 
sujet la joie à laquelle plusieurs person- 
nes s'attendaient ici, il en a parlé avec 
la plus grande réserve. Ces différents 
indices, auxquels je crois devoir ajouter 
encore l'arrivée d'un nouveau secrétaire 
d'ambassade de Leurs Majestés Impé- 
riales , nommé Barre , qui a été attaché 
autrefois au comte de Kaunitz pendant 
son séjour à Paris, et pour lequel le 
comte de Starhemberg a de grands égards 
et qu'il mène souvent à Versailles, me 
font soupçonner que la cour de Vienne 
pourrait bien vouloir profiter du refroi- 
dissement qu'elle suppose peut-être de- 
voir exister dans la conjoncture présente 
entre Votre Majesté et la cour de France, 
pour se rapprocher de cette dernière et 
ourdir à cet effet quelque négociation se- 
crète. J'ai cependant peine à croire qu'on 
se prête ici à un pareil projet , après la 
résolution qui a été prise dans le dernier 
comité, et dont j'ai fait mention dans ma 
lettre immédiate du 8 de ce mois , 2 à 
moins qu'on ne vienne à apprendre que 
le traité qui a été conclu entre Votre 
Majesté et l'Angleterre, renferme des en- 
gagements directement contraires aux in- 



né doute pas que la dépêche que 
je vous ai faite le 17,^ ne vous 
soit déjà bien arrivée et , comme 
je vous y ai instruit pour votre 
direction de tout ce que j'ai cru 
nécessaire dans la conjoncture pré- 
sente, je n'ai rien à présent d'y 
ajouter. Vous pouvez compter que 
le duc de Nivernois a vu ici en 
son entier ma convention de neu- 
tralité faite avec l'Angleterre et 
qu'il n'y a vu rien que ce que les 
copies qu'on lui en avait déjà 
fournies , comprennent ; aussi peut- 
on compter hardiment que jamais 
l'Angleterre ne saura produire tôt ou 
tard deux mots de plus de ce qui 
est compris dans la copie qu'on 
en a fournie au duc de Nivernois/ 
tout comme dans celles que je 
vous ai fait communiquer pour 
votre direction. 

Vous vous souviendrez que 
c'est depuis quelque temps déjà 
que je vous ai averti des soup- 
çons que j'avais d'un chipotage 
secret entre la France et la cour 
de Vienne ; ^ je ne crois pas me 
tromper, quand je présume que ces 
longues et fréquentes conférences 
que le sieur de Rouillé a eues de- 
puis peu avec le comte de Star- 
hemberg, n'ont été qu'une suite 
desdites chipoteries , quoiqu'il se 
peuve bien que, dans le premier 
emportement des ministres au sujet 
de ma convention susdite, on y 
ait mis plus d'empressement et ob- 
servé moins de ménagement. Quoi 
qu'il en soit, je calcule que ces 
chipotages peuvent avoir pour objet 
primo une neutralité des Pays-Bas 



I Séchelles. — 2 Vergl. Nr. 7275 S. 
61. — 5 Vergl. S. 97. 98. 106. 107. 
Corresp. Friedr. II. XII. 



118. 119. 



3 Nr. 7275. 



4 V 



ergi. 



I30 



térêts de la France , et c'est sur quoi il 
me paraît être important de tranquilliser 
cette dernière, par l'entière communica- 
tion de ce traité." 



contre quelque convenance que la 
Reine-Impératrice ferait à la France ; 
ce qui me paraît le plus semblable, 
vu le peu d'envie que le ministère 
de France a marqué depuis quelque 
temps d'en vouloir auxdits Pays- 
Bas, dont rien n'est entré jusqu'à présent dans leurs projets d'opérations. 
Il se peut qu'en second lieu on ait traité le chapitre de l'élection d'un 
roi des Romains,' quoique j'aie de forts doutes encore si la France y 
a voulu condescendre. Le troisième objet saurait être un mariage à 
ménager entre une fille de France et l'Archiduc aîné. J'avoue cepen- 
dant que cet article me paraît être moins vraisemblable que le précé- 
dent, vu la haine et l'éloignement qu'on a toujours remarqués entre 
les deux maisons, lorsqu'il s'est agi de pareille alliance. 

Mais, supposé pour un moment que tout ce que dessus fût exacte- 
ment vrai, il reste toujours pour une vérité constante et certaine qu'il ne 
sera jamais de l'intérêt de la France de travailler à l'agrandissement de 
la nouvelle maison d'Autriche et d'y contribuer en aucune façon. Nous 
savons les grandes peines que feu le cardinal de Richelieu s'est données 
pour abaisser la puissance de l'ancienne maison d'Autriche, et ce qu'il en 
a coûté à la France pour y réussir. Peut -on jamais croire qu'un minis- 
tère de France voudrait faire une faute si grossière contre les intérêts 
les plus essentiels de la France que de contribuer à une plus grande 
élévation de la nouvelle maison d'Autriche? Article dont je vous re- 
commande de faire un bon usage et de relever adroitement, quoique 
avec la précaution que vous n'en parlerez pas vous-même aux ministres, 
mais bien à des tierces personnes qui en redisent aux ministres. Au reste, 
lassé que je suis de toutes ces mauvaises disputes et reproches qu'on 
s'arroge de me faire sur la chose la plus innocente, contre ma dignité, 
je laisserai tout tranquillement aviser le ministère de France auquel parti 
il se décidera, et, dans le cas qu'il ne conviendra pas à mes intérêts, 
je n'en serai pas trop embarrassé et saurai prendre le mien pour me 
garantir de toute mauvaise volonté. 

J'attends aujourd'hui ici le duc de Nivernois, qui, après avoir reçu 
depuis peu de jours un courrier de sa cour, a demandé de me parler. 
J'attendrai ce qu'il aura à me proposer, et vous en informerai ensuite. 

Nach dem Concept. F e d e r i C. 

7286. AU SECRÉTAIRE MICHELL A LONDRES. 

Potsdam, 21 février 1756. 
Je n'ai point eu de vos nouvelles l'ordinaire dernier. En atten- 
dant, comme mes lettres dernières de Paris et de Vienne continuent de 
me marquer que la cour de Vienne, en haine de ma convention de 

I Vergl. Bd. IX, 484—486; X, 535; XI, 484. 



I 



131 

neutralité arrêtée avec l'Angleterre, pourrait bien vouloir profiter du re- 
froidissement qu'elle suppose devoir peut-être exister dans la conjonc- 
ture présente entre moi et la France, pour se tourner de ce côté -là et 
se rapprocher de cette dernière par quelque négociation secrète, mon 
intention est que vous devez sonder milord Holdernesse et même lui 
demander confidemment de ma part que, d'autant qu'il me revenait de 
toute part d'une manière non équivoque» que l' Impératrice-Reine ourdit 
quelque négociation secrète avec les ministres de France et qu'elle pa- 
raissait vouloir entrer en liaisons avec la dernière , je priais le susdit 
lord Holdernesse de vouloir bien me dire son sentiment dans la der- 
nière confidence, qu'en supposant que la Reine-Impératrice changeât de 
parti et s'accrochât à la France, si alors l'Angleterre saurait compter, 
malgré cela, sur la Russie et si elle pouvait faire fond sur la cour de 
Pétersbourg qu'elle ne se laisserait pas entraîner par celle de Vienne à 
suivre ses impressions, par un motif de prédilection qu'elle aurait plutôt 
pour la dernière que pour l'Angleterre, et que, comme milord Holder- 
nesse saurait bien s'apercevoir que la chose m'intéressait fort, j'atten- 
dais qu'il voudrait bien s'ouvrir confidemment là -dessus envers moi. 
Vous observerez attentivement la réponse qu'il vous fera, et ne man- 
querez pas de m'en faire votre rapport fidèle et exact immédiatement 
à moi. 

^r , , ^ Fe de rie. 

Nach dem Concept. 



7287. A LA MARGRAVE DE BAIREUTH A BAIREUTH. 

[Potsdam,] 21 [février 1756J. 
Ma très chère Sœur. Votre lettre, ma très chère sœur, a achevé 
de rétablir le calme de mon âme , qui avait été troublée par l'appré- 
hension où j'ai été pour votre précieuse santé. Je vous avoue que je 
suis tombé de mon haut en recevant une couronne dfe laurier de vos 
mains. S'il y avait quelque chose de capable de renverser ma chétive 
cervelle , c'aurait été les choses obligeantes que vous y ajoutez. Mais 
je me suis bien vite remis dans mon assiette naturelle, en pensant que 
l'ombre de Virgile était assez vieille pour radoter, et que dans la cuisine 
française on fait l'honneur aux jambons de leur donner le laurier comme 
aux héros. Il n'y a que l'excès d'indulgence que vous daignez avoir 
pour moi, qui puisse vous faire illusion sur mon sujet; mais, ma chère 
sœur, en faisant un retour sur moi-même, je n'y trouve qu'un pauvre 
individu composé d'un mélange de bien et de mal, souvent très mé- 
content de soi-même, et qui voudrait fort avoir plus de mérite qu'il n'en 
a, fait pour vivre en particulier, obligé de représenter, philosophe par 
inclination , pohtique par devoir, enfin qui est obligé d'être tout ce qu'il 
n'est pas, et qui n'a d'autre mérite qu'un attachement rehgieux à ses 

I Vergl. S. 127 — 129. 



132 

devoirs. Voilà, ma chère sœur, une confession générale, après laquelle 

je me flatte de votre absolution. 

Le duc de Nivernois vient aujourd'hui ici; si je pouvais jouir de 

l'homme aimable, j'en serais charmé; mais, jusqu'à présent, je n'ai vu 

que l'ambassadeur. Je vous laisse à penser si je suis occupé ou non; 

obligé de me mêler d'une infinité d'affaires qui, dans le fond, ne me 

regardent pas, et plongé dans des négociations très délicates et épineuses, 

je crains, en vérité, de vous communiquer mon ennui, si j'entrais 

plus avant en matière. Je me contente de vous embrasser de tout mon 

cœur et de vous assurer de la tendresse parfaite avec laquelle je suis 

jusqu'au dernier soupir de ma vie, ma très chère sœur, votre très fidèle 

frère et serviteur ^ , 

Federic, 

Nach der Ausfertigung im Königl. Hausarchiv zu Berlin. Eigenhändig. 



AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 



7288 

1 odewils berichtet , Berlin 19. Fe- 
bruar, dass er über den Inhalt der für 
den Herzog von Nivernois eingetroffenen 
Depeschen i bei dem Chevalier de La Touche 
Erkundigung eingezogen hat, da der Her- 
zog selbst augenblicklich krank ist: ,,Mais 
je l'ai trouvé fort boutonné et très serré; 
j'ai seulement compris par quelques mots 
qui lui échappaient, qu'il y a de l'aigre- 
doux parmi, de sorte qu'il se pourrait 
bien qu'il commençât auprès de Votre 
Majesté par les plaintes de la France, en 
répétant celles que le sieur Rouillé a 
faites au baron de Knyphausen , et que 

le lénitif vînt après." 

» 

Nach der Ausfertigung. 



Potsdam, 22 février 1756. 
J'ai reçu votre lettre du 19 
de ce mois, à laquelle cependant 
je ne saurais vous répondre, avant 
que je n'aie parlé au duc de Ni- 
vernois, qui nous est arrivé hier, 
et entendu tout ce qu'il aura à me 
proposer. En attendant, je vous 
sais gré de la communication du 
bon avis que vous avez su tirer 
préalablement du chevalier de la 
Touche. Et sur ce , je prie 

Dieu etc. ^ , 

Federic. 



7289. AU PRINCE DE PRUSSE A BERLIN. 

[Potsdam,] 22 [février 1756]. 
Mon cher Frère. Le duc de Nivernois est venu hier ici; il y a 
eu, comme vous pouvez l'imaginer, beaucoup de pohtique sur le tapis, 
ce qui, je vous assure, n'est guère amusant à la longue; cependant, à 
présent, je commence à voir jour à travers les ombres qui ont offusqué 
l'Europe, et j'espère que dans peu les restes de brouillard s'éclairciront 
tout-à-fait. Pour varier la matière, nous avons eu deux intermèdes qui 
du moins font rire à demi machinalement , ce qui vaut toujours mieux 
que la gravité rébarbative, à laquelle vous savez bien que mon visage 



I Vergl. S. 102. 



133 

n'est guère fait. Je vous embrasse mille fois, mon cher frère, en vous 

priant de me croire avec une parfaite amitié , mon cher frère , votre 

fidèle frère et serviteur ^^ , 

Federic. 

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig. 



7290. AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 

Potsdam, 22. Februar 1756. 

Zufolge Sr. Königl. Majestät allergnädigstem Specialbefehl soll von 
Höchstderoselben wegen Ew. Excellenz melden, dass Dieselbe dem Duc 
de Nivernois bei seiner nächsten Retour nach Berlin^ den Tractat von 
1742 mit Engelland, den westminsterschen Tractat, ^^ die Convention 
von Hannover 3 und den dresdenschen Friedenstractat communiciren, 
ausserdem aber vor den von Knyphausen Copie davon machen und die 
nöthige Éclaircissements dabeisetzen lassen, welche Se. Königl. Majestät 
sodann gedachtem von Knyphausen zusenden wollen. * 

Gestern Abend ganz späte ist der Courier allhier mit denen Original- 
ratificationen der englischen Convention de Neutralité , welche der p. 
Michell eingesandt hat, hier angekommen. ^ Alles zusammen habe ich 
des Königs Majestät heute mit dem frühesten abgeUefert, so aber 
Höchstdieselbe nebst der Dépêche des Michell noch bis dato bei Sich 
behalten, und ich bis jetzo noch nichts davon gesehen habe. Inzwischen 
haben des Königs Majestät mir beikommendes Schreiben an Ew. Ex- 
cellenz, ^ sowie auch das anliegende von des Königs von Engelland 
Majestät an Se. Königl. Majestät zugestellet, so beide mit in dem 
Michell'schen Paquete befindlich gewesen, mit Befehl, Ew. Excellenz 
solche zuzusenden. So viel das letztere anbetrifft, da muss ich ge- 
horsamst melden, dass des Königs Majestät solches nicht aufgemachet, 
noch weniger gelesen, sondern es vor ein gewöhnliches Notifications- 
schreiben von gewissen Fällen oder aber vor eine Antwort auf der- 
gleichen gehalten haben. Nachdem ich aber bei dessen ohngefährlicher 
Eröffnung wahrgenommen habe, dass solches ein ganz anderes Sujet 
als dergleichen in sich hält, so stelle Ew. Excellenz gehorsamst anheim, 
ob Dieselbe nicht etwa gedachtes Schreiben ohnvorgreiflich noch heute 
Abend mit einer kleinen Anfrage an Se. Königl. Majestät zu remittiren 
geruhen wollen, damit ich solches Deroselben morgen früh oben schicken 

I 23. Februar. — 2 Der Tractat vom 18. November 1742 ist zu Westminster 
gezeichnet; Eichel nahm an, dass der König mit dem Tractat von 1742 und dem 
westminsterschen zwei verschiedene Verträge gemeint habe. Vergl. S. 134. — 3 Vergl. 
S. 16. — 4 Demgemäss Ministerialerlass , d. d. Berlin 24. Februar. — 5 Die Aus- 
wechselung der Ratificationen war nach dem hier erwähnten Berichte Michell's, d. d. 
London 13. Februar (vergl. Nr. 7299), am Morgen des 13. Februar erfolgt. — 
^ Antwort Holdernesse's auf das Schreiben von Podewils vom 30. Januar, betreffend 
die Besetzung der beiderseitigen Gesandtschaftsposten. Vergl. S. 60 Anm. 6. 



134 

und von der darauf erfolgeten Resolution Ew. Excellenz sogleich be- 
nachrichtigen könne. ^^ . , , 

Eichel. 

P. S. 

Auch habe Ew. Excellenz, wiewohl nur lediglich vor mich und im 
höchsten Vertrauen, melden wollen, wie der Duc de Nivernois sich 
gegen des Königs Majestät nichts von Reproches oder Menaces ge- 
äussert, sondern dessen einige Beschwerde, wiewohl in sehr modéréen 
Termes, darin bestanden hat, dass man an Frankreich nicht eher einige 
Communication von der mit Engelland arretirten Convention gethan 
habe. Es wird derselbe heute oder morgen wieder nach Berlin zurück- 
gehen und alsdenn seinen Courier nach Frankreich wieder abfertigen 
und hat sich erboten, durch solchen dasjenige, so des Königs Majestät 
etwa an den von Knyphausen senden wollten , mitnehmen zu lassen. 
Seinen an des Königs Majestät gegebenen Versicherungen nach ist der 
König von Frankreich bereit, einen defensiven Tractat mit Sr. Königl. 
Majestät zu renouveliren. 

Demnächst habe ich die Ehre, Ew. Excellenz im Vertrauen zu 
melden , wie gestern mit dem allerfrühesten schon ein anderer Courier 
von dem p. Michell aus London angekommen und die Propositiones,. 
so das englische Ministère als ihr letztes Wort zu einem Accommode- 
ment mit Frankreich thun will und wozu sie des Königs Majestät bona 
officia requiriren, mitgebracht hat. ^ So viel des Königs Majestät davon 
urtheilen, auch der Duc de Nivernois selbst zugestanden hat, so seind 
solche gar billig und dörften in Frankreich vor acceptable gehalten 
worden seind, wann selbige einige Wochen eher und bevor die Fran- 
zosen den Enthusiasmum vom Kriege bekommen, eingelaufen wären. 
Inzwischen werden des Königs Majestät solche doch dem p. von Knyp- 
hausen zusenden lassen , um solche dem französischen Ministerio zu 
communiciren und demselben zu überlassen, was selbiges darauf wird 
antworten wollen, nur dass es ohne Aigreur geschehe. 

Alles dieses bitte Ew. Excellenz unterthänig bestens vor Sich zu 
menagiren, bis des Königs Majestät solches Deroselben Selbst bekannt 
gemachet haben , inzwischen ich nicht ermangeln werde , von allen zu 
Ew. Excellenz Einsicht und Gebrauch fidèle Abschriften fertig zu hal- 
ten, wie dann auch die Originalratificationes der Convention, sobald 
ich solche nur von des Königs Majestät erhalte, zu übersenden nicht 
verabsäumen werde, so dass Ew. Excellenz besondere Acta desfalls 
völlig completiret werden. Was die 4 Tractate angehet, davon Ew. 
Excellenz melden müssen, wie Dieselbe solche dem Duc de Nivernois 
communiciren möchten , so habe ich mich wegen solcher so ausge- 
drücket, wie es des Königs Majestät genannt und dabei exprès 4 Trac- 
tate gezählet haben. Da ich nicht eigentlich weiss, ob nicht der Tractat 
von 1742 und der von Westminster einerlei sei,^ so muss solches Ew. 

I Vergl. Nr. 7299. — 2 Vergl. S. 133 Anm. 2. 



- — 135 

Excellenz näheren Einsicht und Dijudication überlassen ; wobei nur noch 
melde, wie die Gelegenheit der Communication diese ist, dass dem 
Vorgeben des Duc de Nivernois nach man in Frankreich von dem 
eigentlichen Einhalte dieser Tractate nicht sonderlich informiret sei. 

Der Himmel wende alle Sachen zum besten, so wie Sr. Königl. 
Majestät Dienst und Gloire und die Wohlfahrt Dero Staaten es erfor- 
dert, woran ich auch nicht zweifeln will. 

Nach der Ausfertigung. 



7291. AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 

Denoît berichtet, Warschau 14. 
Februar, über den Eindruck der Nach- 
richt von der preussisch - englischen Neu- 
tralitätsconvention : „Jamais révolution 
aussi générale n'a peut-être été causée 
dans les esprits des différents partis qu'il y 
en a en Pologne, que lorsque cette nou- 
velle y a été divulguée. Ceux qui sont 
pour les Russiens, n'ont pu s'empêcher 
de faire éclater publiquement la joie qu'ils 
avaient de voir tout d'un coup leurs 
adversaires si fort abaissés." Benoît be- 
richtet weiter, dass er in einer Gesell- 
schaft unter andern mit den Grafen Mala- 
chowski und Bielinski und der Schwester 
des Grafen Branicki , Prinzessin Lubo- 
mirska, zusammengetroffen und hier, der 
Weisung des Königs gemäss , i den End- 
zweck der Convention dargelegt habe . . . 
„Ceux qui sont pour la Russie , furent 
extrêmement capots, et les derniers [les 
bien intentionnés] très peu consolés. Ceux- 
ci dirent cependant tout haut: »Ce qu'il 
y a de bon , c'est que de cette façon 
nous n'aurons point de Russes en Po- 
logne;« à quoi les autres ne répondirent 
pas un mot." 

Nach der Ausfertigung. 



Potsdam, 22. Februar 1756. 
Noch haben des Königs Ma- 
jestät zu melden befohlen, dass der 
Benoît wegen seiner gestrige Re- 
lation- auf seine vorige Instructions 
wegen der Convention verwiesen 
und ihm nochmals aufgegeben wer- 
den soll , dieses Sujet wegen der 
Ruhe, so dadurch in Polen erhal- 
ten wird, und da es dadurch einen 
sonstigen sehr onereusen Durch- 
marsch fremder Truppen evitiret, 
auf das allerbeste gelten zu machen 
und die Wohlgesinnete in ihren 
Sentiments vor Se. Königl. Majestät 

zu confirmiren. ^ . , , 

Eichel. 



Potsdam, 23. Februar 1756. 
Recht gut. 



7292. AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 

r odewils berichtet , Berlin 2 1 . Fe- 
bruar: „Le chevalier de La Touche est 
venu ce soir me dire qu'il avait été averti 
par sa cour qu'il recevrait incessamment 
ses lettres de rappela et qu'il serait con- 
venablement employé dans une des armées 
qui feront la campagne. Cependant, il 



I Vergl. S. 59. 60. — 2 Vergl. Bd. XI, 231. 242. 



— 136 

assure que son successeur va être nommé 
tout de suite pour la cour de Votre Ma- 
jesté , et il croit même que M. le duc 
de Nivernois pourra rester encore quelque 
temps ici, mais, en cas que le dernier fût 
pressé de partir, le chevalier de La Touche 
pourra peut-être recevoir ordre de rester 
ici jusqu'à l'arrivée de son successeur." 

Mündliche Resolution. Nach Aufzeichnung des Cabinetssecretärs. 



7293. AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 

Potsdam, 23. Februar 1756. S 

Bei Gelegenheit des von Ew. Excellenz heute früh erhaltenen 
gnädigen Schreiben habe die bequeme Occasion genommen, bei des 
Königs Majestät wegen der dem Duc de Nivernois auf allergnädigsten 
Befehl zu communicirenden 3 Tractaten anzufragen , ^ ob es auch 
Höchstderogelben Intention sei, dass gedachtem Duc zugleich auch der 
secrète Article des westminsterschen Tractats , die ausbenommene 
Garantie von Portomahon und Gibraltar betreffend, mit communiciret 
werden solle. Worauf des Königs Majestät zur [Antwort] ertheilet ha- 
ben, wie dieser secrète Articul dem Duc de Nivernois nicht mit com- 
municiret werden sollte, wohl aber Ew. Excellenz denselben davon 
sprechen und ihm allenfalls solchen auch zeigen könnten, ohne aber 
ihm eine Abschrift davon zu geben oder zu lassen. 

So wie des Königs Majestät mir sonsten noch die Gnade gethan 
zu sagen , so hat mehrgedachter Duc de Nivernois gleichfalls verlanget, 
dass ihm bei der Abschrift erwähnter Tractate auch die Remarques 
communiciret werden möchten, welche nach meinem gestrigen Avertisse- 
ment nach Sr. Königl. Majestät [Intention] dem Herrn von Knyphausen 
mit beigefüget werden sollen, ^ worum diese Tractate nebst der Conven- 
tion nichts enthielten, so Sr. Königl. Majestät Freundschaft und Liai- 
sons mit Frankreich präjudicirlich sein könnte, welches aber des Königs 
Majestät decHniret und mir befohlen haben , Ew. Excellenz zu melden, 
wie diese Remarques nur bloss denen Abschriften vor den p. von Knyp- 
hausen in margine beigesetzet und dieser alsdenn mit instruiret werden 
sollte , dass er solche Remarques hiernächst zwar M. Rouillé vorlesen 
könne, aber keine Abschrift davon geben solle. 

Der Duc de Nivernois gehet heute Nachmittag nach Berlin zurück 
und ist intentionniret , seinen Courier kommenden Sonnabend ^ zurück 
nach Frankreich zu senden , welcher dann auch das Paquet an den 
Herrn von Knyphausen Sr. Königl. Majestät Intention nach zugleich 
mitnehmen soll, welches Ew. Excellenz wegen der an solchen zu BerUn 
zu expedirenden Dépêche mit den Abschriften erwähnter Tractaten und 

I Vergl. Nr. 7290. — 2 Vergl. S. 133. — 3 28. Februar. 



137 

beigesetzten Remarquen nachrichtlich melden sollen , damit , wie Se. 

Königl. Majestät vermeinen, dem Duc de Nivernois solche den Freitag 

bei guter Zeit bereits zugestellet werden können. 

Nach denen heutigen Handschreiben des Herrn von Knyphausen 

an des Königs Majestät^ ist die Langage, so ersterem das französische 

Ministère hält, von der, so der Duc de Nivernois hier führet, noch sehr 

différent, da selbiges nach erhaltener Copie von der Convention noch 

immer mehr Préjudices vor Frankreich darin zu decouvriren vermeinet, 

und übrigens der Herr von Knyphausen die beständig continuirende 

Conférences und Chipotages zwischen M. Rouillé und dem Grafen von 

Starhemberg sehr soupçonniret. Welches Ew. Excellenz jedoch nur vor 

mich gehorsamst melden wollen. -^ . , , 

Eichel. 

P. S. 

Ich werde die Ehre haben , Ew. Excellenz morgen Vormittag die 
Originale der englischen Ratification nebst der Dépêche des Michell,^ 
wovon erstere in zwei Kasten gepacket sein , zu übersenden , da heute 
solches die Zeit, weil alles wieder ordentlich gepacket werden muss, 
nicht zugeben will. 

Inzwischen melde gehorsamst, wie nach der Dépêche des p. MichelP 
ein gewisses Parlamentsmitglied, namens Mitchell, hieher destiniret ist, 
von dessen guten Eigenschaften und Gesinnungen erwähnter Michell 
viel Rühmens machet und anführet, dass er besonders von der Con- 
fiance des Lord Holdernesse, vorhin aber bei denen brüsselschen Bar- 
rière- und Commercienconferenzien ■♦ einer der principalsten englischen 
Commissaires gewesen, auch so wenig gut österreichisch gesinnet sei, 
dass er den englischen Gesandtschaftsposten zu Wien, so ihm destiniret 
gewesen , deshalb ausgeschlagen habe. 

Nach der Ausfertigung. 



7294. AN DIE ETATSMINISTER GRAF PODEWILS UND GRAF 
FINCKENSTEIN IN BERLIN. 

Potsdam, 23. Februar 1756. 
Meine liebe Wirkliche Geheime Etatsminister. Ich remittire hier- 
bei an Euch die Antwort des Herzogs von Mecklenburg - Schwerin 
LiebdenS auf das an Dieselben ohnlängst erlassene Schreiben, ^ und 
will Ich, dass Ihr den Inhalt desselben refutiren und Ihnen zum Be- 
schluss deutlich zu erkennen geben sollet, dass, wenn Sie Sich wegen 
gütlicher Hinlegung derer zwischen uns entstandener Differenzien nicht 
näher und annehmlicher erklären würden. Ich den wider Mich ange- 

I Vergl. Nr. 7298. — 2 Vergl. Nr. 7299. — 3 Bericht Michell' s , London 
13. Februar. — 4 Vergl. Bd. IX, 327. — 5 D. d. Schwerin, 18. Februar. — 
6 Vergl. S. 62. 



— 138 

fangenen Process , so gut Ich könnte , mit Ihnen auszumachen suchen 
müsste. ^ Ich bin Euer wohl affectionirter König 

Nach der Ausfertigung. F T i d e r i C h. 



7295. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE MALTZAHN 

A DRESDE. 

Potsdam, 23 février 1756. 

J'ai bien reçu votre rapport du 16 de ce mois. Comme vous m'y 
demandez des instructions sur la manière dont vous devez vous conduire 
à l'égard du ministre anglais =^ qui va arriver à la cour où vous êtes, je 
vous dirai que vous n'oublierez rien envers lui de ce que la bienséance 
et la politesse demandent entre des ministres de deux cours amies, et que 
même vous agirez confidemment avec lui dans les affaires qui regardent 
les intérêts communs de nos deux cours; mais qu'au surplus vous vous 
tiendrez, quoique sans affectation, clos et boutonné envers lui sur toutes 
mes affaires avec la France, dont vous ne lui direz mot. 

Nach dem Concept. F e d e r i C. 



7296. AU CONSEILLER PRIVÉ 

Oellen berichtet, Haag 1 7 . Februar : 
„Les ambassadeurs de France paraissent 
revenir un peu de leur premier étourdisse- 
ment de la nouvelle du traité de Votre 
Majesté avec le roi d'Angleterre , 3 d'au- 
tant que d'abord ils avaient cru que la 
neutralité regardait toute l'Europe, et, 
quoique je les aie détrompés, ils conti- 
nuent cependant de battre assez froid 
avec moi, quoique je ne manque à aucun 
devoir d'égard ni de politesse vis-à-vis 
d'eux. Le comte d'Affry me dit l'autre 
jour en riant que par rapport à cette 
convention les instructions qu'ils avaient 
eues, portaient d'être sages, discrets et 
ignorants. Il m'est revenu que le comte 
Golowkin s'explique avec beaucoup de 
prudence, disant qu'il ignorait ce que sa 
cour en penserait ... Sa femme me dit 
à la cour à l'oreille qu'elle n'était pas 
au fait de ce que sa cour dirait, mais 
que , quant à elle en particulier , elle en 
était dans la joie de son cœur. Peut- 
être qu'au fond son mari est du même 
sentiment, s'il osait le dire." 



Nach dem Concept. 



VON DER HELLEN A LA HAYE. 

Potsdam, 24 février 1756. 
Vous ne sauriez rien faire de 
mieux au moment présent que de 
continuer votre attention d'une 
manière non interrompue sur les 
objets que renferme votre rapport 
du 17 de ce mois, et vous me 
marquerez tout ce qui se passe sur 
vos lieux par rapport aux affaires 
publiques , et principalement la 
façon dont les Autrichiens et les 
Russes s'expliquent sur ma con- 
vention de neutralité de l'Alle- 
magne avec l'Angleterre, et il 
faudra que vous voyiez à ce sujet 
s'il n'y aurait moyen que vous 
parvinssiez par la comtesse de Go- 
lowkin, quand son époux aura reçu 
des lettres de sa cour sur ladite 
convention, à pénétrer la véritable 
façon de penser de la cour de 
Russie sur cette convention. 

Fe de rie. 



I Demgemäss Kanzleischreiben , d.d. Berlin 14. März. — 2 Lord Stormont. 
Vergl. Bd. XI, 454. — 3 Vergl. .S. 99. 



139 



7297. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLING- 
GR^FFEN A VIENNE. 



xClinggräffen berichtet, Wien 14. 
Februar , dass die Kaiserin auf die Mit- 
theilung der Westminsterconvention dem 
englischen Gesandten durch Kaunitz habe 
antworten lassen: „Qu'elle priait le sieur 
Keith de remercier Sa Majesté Britan- 
nique de la communication de ce traité 
conclu avec Votre Majesté, qu'elle l'en 
félicitait, souhaitant qu'il tournât à l'a- 
vantage réciproque ... Le sieur Keith 
pense comme moi que la France et cette 
cour -ci ont des projets de se lier,i et, 
ce qui le confirme dans cette idée, qui 
lui paraît d'ailleurs extravagante , c'est 
l'opiniâtreté du comte Kaunitz, capable 
de faire passer sa maîtresse par tout. Le 
sieur Keith le connaît pour un homme 
très capable, mais trop prévenu de sa façon 
de penser . . . D'autres personnes, sou- 
vent assez au fait de ce qui se passe, 
pensent que le traité en question pour- 
rait en peu être suivi d'un autre , savoir 
avec la France, et que, dans ce cas, rien 
n'empêcherait cette dernière d'envoyer des 
troupes à Hanovre." 



[Potsdam, 24 février 1756.] 2 
J'ai reçu votre rapport du 14 
de ce mois. Je vois bien , par ce 
que vous me marquez au sujet de 
la conduite que la cour où vous 
êtes va tenir après ma convention 
faite avec l'Angleterre, qu'elle s'ob- 
serve trop et qu'elle a encore le 
masque sur le nez , pour qu'on 
n'en sache aisément découvrir sa 
vraie façon de penser et ce qu'elle 
en médite. 

Cependant, puisque le sieur 
Keith est depuis longtemps en 
possession de bons canaux et de 
bonnes connaissances qu'il a faites 
à Vienne, et que d'ailleurs l'on s'y 
défie moins de lui que de vous, je 
crois qu'en employant vos soins 
et votre savoir-faire, vous trouverez 
le moyen de pénétrer par son 
canal , sans trop de difficultés , la 
véritable façon dont la susdite 
cour pense sur la conjoncture présente, d'autant qu'il importe à sa cour, 
aussi bien qu'à moi, d'en être bien instruit. 

Du reste, je suis bien fâché de vous mander que, selon de bonnes 
lettres que j'ai eues,^ ledit sieur de Keith va être bientôt rappelé par 
sa cour, pour des soupçons qu'on a pris à son égard qu'il penche trop 
pour la cour de Vienne, de sorte qu'il sera relevé par un autre ministre. 
Vous observerez que ce n'est que pour votre direction seule que je 
vous communique cet avertissement, dont vous ne laisserez rien aper- 
cevoir au sieur Keith, avant qu'il ne vous en parle le premier. 

En faisant des réflexions sur les chipotages qui pourraient être ourdis 
entre les cours de Vienne et de Versailles, il ne me paraît pas encore 
probable que la dernière voudrait effectivement prendre des liaisons 
avec celle de Vienne; il s'y peut agir de complaisances réciproques à 
obtenir entre les deux cours, l'une de l'autre; peut-être encore que 
celle de Vienne prend à tâche d'aigrir la France contre moi, mais, 
indépendamment que la cour de Versailles [agirait] contre ses intérêts 
permanents, qui sont peu conciliables avec ceux de Vienne, j'ai 



I Vergl. S. 127. 128. — 2 Das Datum ergiebt die Antwort Klinggräffen's, Wien 
3. März. — 3 Bericht Michell's, London 13. Februar. Vergl. S. 142. 



I40 

bien de la peine d'ailleurs à me persuader que la dernière voudrait 
dans la conjoncture présente attirer les Français en Allemagne, vu qu'en 
visant à tel dessein, il fallut qu'elle ait préalablement arrangé un nou- 
veau système et qu'elle fût surtout assurée de la Russie. 

Vous continuerez de veiller attentivement sur les arrangements mi- 
litaires de la cour de Vienne et de m' informer de toutes les circons- 
tances que vous en apprendrez. J'attends vos lettres, que vous me ferez 
par l'exprès,' pour vous répondre sur tout ce qu'elles comprendront. 

Nach dem Concept. JT e d e ri C. 

7298. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE 
KNYPHAUSEN A PARIS. 

IVnyphausen berichtet, Paris 13. Februar: ,,I1 est arrivé ces jours-ci un événe- 
ment à la cour de France qui a causé une surprise générale , et auquel peu de per- 
sonnes étaient préparées, c'est le choix que le Roi a fait de Madame Pompadour 
pour être dame du palais de la Reine. Cette Princesse a eu beaucoup de peine à 
se prêter à cette nomination, et l'on prétend qu'elle n'y a donné son agrément qu'en 
vertu de la promesse que le Roi lui a faite qu'il n'y aurait dorénavant aucun com- 
merce entre lui et Madame Pompadour et que les liaisons qu'il conserverait avec elle, 
ne seraient fondés que sur l'amitié. Pour rendre cet engagement d'autant plus so- 
lennel et convaincre le public de sa réalité, Madame de Pompadour a non seulement 
écrit une lettre fort touchante à son mari , 2 pour l'inviter à renouer avec elle , mais 
elle a aussi pris un directeur, nommé le père Sacy, pour gouverner sa conscience et 
la purifier de toutes les taches dont elle peut avoir été ternie jusqu'à présent. Le 
Roi a pareillement déclaré qu'il était prêt d'immoler à Dieu tout ce qu'il pouvait 
y avoir eu de charnel dans ses désirs, et qu'après qu'il en aurait effacé les souillures 
par le secours de la confession, il ferait ses dévotions à Pâques prochain, qui ont été 
suspendues pendant plusieurs années 3 ... Le Roi continue de la voir avec assiduité, 
et les ministres lui font leur cour avec empressement." 

Knyphausen meldet ferner, dass das französische Ministerium die dem Herzog 
von Nivernois übergebene Copie des preussisch- englischen Vertrages 4 jetzt erhalten 
habe. „M. Rouillé m'a paru être peu édifié de ce traité et m'a dit, après m' avoir 
prévenu qu'il ne pouvait me faire encore aucune ouverture ministérielle à ce sujet, 
qu'il ne concevait point comment Votre Majesté, qui avait garanti par ce traité les 
possessions de la Grande-Bretagne en Europe, croyait pouvoir garantir aussi celles de 
la France, tandis que ces deux puissances étaient prêtes à entrer en guerre et que 
leurs opérations ne se borneraient vraisemblablement pas à l'Amérique. En suite de 
quoi, il ajouta que cet article, ainsi que le premier, par lequel Votre Majesté avait 
rappelé la garantie du traité de Westminster, liaient généralement les mains à laj 
France pour toutes les opérations qu'elle pourrait entreprendre en Europe contre la^ 
Grande-Bretagne, et assuraient à cette dernière l'assistance de Votre Majesté dans' 
toutes les entreprises qu'on avait projetées contre elle ... Je ne saurais cacher à 
Votre Majesté que le ministère de France paraît être tous les jours plus affecté de 
cet événement et que la copie de ce traité qu'EUe a communiquée à M. de Niver- 
nois, a répandu ici la plus grande consternation . . . J'ai eu l'honneur de mander à 
Votre Majesté par ma dernière lettre immédiates que j'avais lieu de soupçonner que 
la cour de Vienne avait entamé une négociation secrète auprès du ministère de. 
France, -dans la vue de profiter du refroidissement que peut avoir occasionné Son] 

I Bericht vom 19. Februar. Vergl. Nr. 7306. — 2 Lenormand d'Estioles. 
î Vergl. Bd. VIII, 292; IX, 43. — 4 Vergl. S. 61. — 5 Vergl. Nr. 7285. 



141 

traité avec l'Angleterre. Les différents propos qui sont échappés depuis ce temps -là 
à un homme qui est initié dans les mystères du cabinet de France , et qui a fait 
entrevoir à une personne de ma connaissance qu'il avait conçu le même soupçon, ne 
me confirment pas seulement dans cette opinion , mais me portent aussi à croire que 
cette négociation se traite entre M. Rouillé, l'abbé de Bernis, le comte Starhemberg, 
Madame Pompadour et l'abbé de La Ville, et que les autres ministres de France n'en 
ont aucune connaissance , pas même le comte d' Aubeterre , qui devrait naturellement 
en être instruit. J'ai sondé mardi dernier i M. Rouillé à ce sujet, qui, après m' avoir 
assuré vaguement que cette supposition n'était point véritable et qu'elle était con- 
traire aux principes sur lesquels l'antipathie de la France pour la maison d'Autriche 
avait été fondée pendant plusieurs siècles, n'a cependant jamais voulu entrer en ex- 
plication , ni assurer positivement qu'elle fût sans fondement. La connaissance que 
j'ai du caractère de ce ministre, et les chipotages du comte Starhemberg, qui continuent 
toujours, ne me permettent donc plus de douter qu'on n'ait réellement entamé une 
négociation avec la cour de Vienne." 

Potsdam, 24 février 1756, 
J'ai reçu votre dépêche du 13 de ce mois. Je suis extrêmement 
surpris du soudain changement qui vient d'arriver comme un coup de 
pistolet à l'égard de Madame de Pompadour, en conséquence de ce que 
vous m'en marquez. Autant que j'en conjecture, il me paraît qu'elle 
a été obligée en quelque manière de faire telle démarche, soit que 
d'un côté elle ait craint qu'à la première maladie dont le roi de France 
saurait être attaqué, elle ne soit renvoyée tout comme la Châteauroux, => 
soit que d'un autre côté elle ait aspiré à la place de dame du palais 
pour vivre bien selon son opinion avec le Roi, la Reine et avec toute 
la cour; ce qui apparemment s'éclaircira bientôt, car, si elle reste avec 
le Roi sur le même pied qu'elle a été, elle n'a autrement pris ce parti 
que pour vivre avec plus de distinction à la cour, et gardera ni plus 
ni moins son influence dans les affaires comme ci-devant. Mais, si tout 
de bon la dévotion a été établie dedans le Roi, cela ne durera guère 
avec sa faveur, qui, après les Pâques, s'amortira peu à peu. 

Pour ce qui regarde le dépit que M. de Rouillé vous fait remar- 
quer contre ma convention, tandis que les chipotages avec le comte de 
Starhemberg vont grand train, je suis bien aise de vous faire observer 
que, plus M. de Rouillé trouvera préjudiciable ma convention aux intérêts 
de la France et plus il chicanera là-dessus , plus la négociation secrète 
avec les Autrichiens ira en avant. C'est pourquoi je vous recommande 
au mieux de tâcher s'il est possible de pénétrer sur quels points propre- 
ment cette négociation roule; sur quoi, vous n'épargnerez rien au monde 
pour en être Instruit. 

Je viens de recevoir les propositions que les ministres anglais m'ont 
communiquées comme leur dernier mot pour un accommodement avec 
la France. Comme le duc de Nivernois fera partir, samedi de la semaine 
où nous sommes, un courrier en France, ^ vous recevrez par ce courrier 
ces propositions,'* pour les communiquer aux ministres, avec une lettre 

I 10. Februar. — 2 Vergl. Bd. III , 262. — 3 Vergl. S. 136. — 4 Vergl. 
Nr. 7299. 



142 — - 

ostensible de ma part que vous pourrez lire à M. de Rouillé, et qui 
vous servira d'ailleurs d'instruction pour vous y conformer à ce sujet, 
ce dont j'ai bien voulu vous avertir d'avance. 

Nach dem Concept. 



Federic. 



AU SECRÉTAIRE MICHELE A LONDRES. 



7299 

Michell übersendet, London 12. Fe- 
bruar, das folgende am Nachmittag dieses 
Tages ihm zugestellte Mémoire. 

* 

,,L'on n'a pas manqué de faire 
rapport au Roi de l'ouverture faite en 
confidence par le sieur Michell au comte 
de Holdernesse , i touchant les idées de 
Sa Majesté Prussienne , au sujet du mé- 
moire de M. Rouillé du 21 décembre 
passé. Sa Majesté a été sensible à cette 
nouvelle preuve d'attention et d'amitié de 
la part du roi de Prusse et n'hésite pas 
sur le parti à prendre là-dessus, ne cher- 
chant qu'à confirmer à Sa Majesté Prus- 
sienne la sincérité de ses intentions de 
contribuer à la conservation • de la paix. 
On croit avoir démontré au roi de Prusse 
que c'est la cour de France qui a coupé 
la racine à tous pourparlers ultérieurs, 
par une rupture inopinée de la négociation, 
dans le moment même qu'on s'attendait 
à une réponse de sa part. 2 Si Sa Majesté 
Prussienne trouve moyen de renouer la 
négociation, le Roi pèsera ce qui lui par- 
viendra de la part de la France par la 
main respectable du roi de Prusse , avec 
toute l'attention et toute la bonne foi 
qu'exige la gravité du cas et l'importance 
du Prince qui se mêle d'une telle négo- 
ciation. Et pour faciliter un ouvrage 
aussi désirable que l'est celui d'une paix 
solide, équitable et durable, Sa Majesté 
portera encore sa modération jusqu'à ad- 
mettre quelques modifications au contre- 
projet anglais 3 qui ne seront pas incon- 
ciliables avec ses droits et la sûreté de 
ses possessions , pourvu que par là on 
puisse parvenir à une pacification juste et 
permanente des disputes en question. 

Premièrement donc , en cas que la 
France se prête aux différents articles du- 



Potsdam, 24 février 1756. 
J'ai reçu votre dépêche que 
vous m'avez envoyée par le pre- 
mier courrier, avec le mémoire que 
le ministère anglais vous a remis 
touchant les conditions qu'on de- 
mande pour parvenir à un ac- 
commodement raisonnable avec la 
France; ce que j'ai d'abord envoyé 
à mon ministre à Paris,** pour le 
communiquer de ma part au minis- 
tère de France. Je me flatte que, 
si ce ministère n'accepte pas dans 
leur entier les propositions com- 
prises dans ce mémoire, il ne les 
refusera pas au moins toutes ; aussi 
d'abord que j'en aurai reçu la ré- 
ponse, les ministres anglais peu- 
vent être assurés que je la leur 
enverrai sincèrement et qu'il ne 
sera pas de ma faute, si tout ne \'s. 
pas au mieux et de la façon que 
je le désire avec empressement. 

J'ai d'ailleurs bien reçu la se- 
conde dépêche que vous m'avez 
faite du 13 de ce mois avec les 
deux cassettes, contenant les exem- 
plaires des ratifications faites du 
roi d'Angleterre sur notre conven- 
tion. 5 , 

Quant à l'insinuation que le 
lord Holdernesse vous a faite tou- 
chant ce que l'on a appris en 
Angleterre d'un armement qu'on 
préparait en Danemark et en Suède,^ 



I Vergl. S. 35. 36. — - 2 Vergl. Bd. XI, 224. — 3 Vergl. Bd. XI, 93. — 
4 Vergl. Nr. 7303. — 5 Vergl. S. 133. — 6 Vergl. Bd. XI, 473. 



143 



et des démarches de la France 
pour engager ces puissances [à 
prendre] fait et cause contre l'Angle- 
terre dans sa querelle avec la 
France, vous protesterez de ma 
part au lord Holdernesse que 
j'ignorais absolument ces circons- 
tances , et que je n'en avais rien 
appris, sinon que le Danemark 
faisait équiper une escadre de six 
vaisseaux de guerre , ^ uniquement 
dans le dessein de protéger son 
commerce et d'assurer les vais- 
seaux de ses sujets commerçants 
contre les insultes qui leur sau- 
raient arriver, tandis que les flottes 
des différentes puissances se trou- 
veraient en mer. Que je ne sau- 
rais pas dire si les Suédois feraient 
précisément la même chose, mais, 
supposé qu'on y arrêterait d'équi- 
per également une escadre de 
quelques vaisseaux, j'étais persuadé 
qu'ils ne le feraient que dans le 
même but que celui ^ du Danemark, 
et que le ministère anglais saurait 
être assuré qu'il n'y aurait rien 
d'offensif. Que, quant aux 6,000 
troupes de terre que, selon les 
bruits qui en avaient couru, la 
Suède devait tenir prêtes pour un 
transport, je doutais fort de la vé- 
racité de ces bruits, et que je pou- 
vais assurer que jusqu'à présent il 
ne m'en était revenu le moindre 
avis ni indice. 

Au surplus, vous direz encore 
à milord Holdernesse que mes 
nouvelles de Paris et de Vienne^ me confirmaient qu'il y avait actuelle- 
ment une négociation secrète entamée entre les cours de Vienne et de 
Versailles; parcequ'il devait importer autant à l'Angleterre qu'à moi, 
dans la conjoncture présente, de pénétrer au fond de cette affaire, je 
croyais que, de sa part, on en instruirait les ministres anglais aux cours 



dit contre-projet, le Roi consentira de son 
côté que la France ait un passage depuis 
Quebec jusqu'à un certain point de cette 
partie du continent de la Nouvelle-Ecosse 
qu'on propose de laisser neutre ; et de ce 
point à un autre point sur la côte op- 
posée à l'île de Saint-Jean. 

20 Sous la même condition que 
ci-dessus , le Roi consentira que de cette 
partie du continent de l'Acadie ou Nou- 
velle-Ecosse qu'on propose par le contre- 
projet de laisser neutre, il soit laissé à 
la France une lisière convenable sur la 
rive méridionale du fleuve de Saint-Lau- 
rent , l'étendue de laquelle lisière sera 
ajustée entre les deux cours : bien en- 
tendu que ce qui regarde la péninsule et 
l'isthme de la Nouvelle-Ecosse et la baie 
de Fundy , avec la lisière y attenante — 
sur laquelle on pourra pareillement s'en- 
tendre avec la France — reste à la 
Grande - Bretagne sur le pied spécifié 
là -dessus par le contre -projet susmen- 
tionné. 

30 Et, de plus, pour prouver com- 
bien Sa Majesté désire la paix , et té- 
moigner en même temps sa confiance 
entière au roi de Prusse, elle consentira, 
sous la même condition susmentionnée, 
que , par la convention à faire avec la 
France, tous les vaisseaux pris ou déte- 
nus de part et d'autre à l'occasion des 
présentes disputes , avec leurs équipages, 
changements et effets , soient relâchés et 
rendus réciproquement. 

Après les démarches conciliatoires 
que le Roi a faites réitérément envers la 
France, Sa Majesté espère et souhaite 
qu'elle revienne enfin d'une conduite tout 
opposée, et elle est bien aise d'avoir le 
roi de Prusse pour témoin de ses dispo- 
sitions sincères pour un accommodement 
réel et solide." 



1 Vergl. S. 32. — a Le ministère. — 3 Vergl. Nr. 7297. 7298. 



144 

étrangères pour y donner attention, et comme j'étais d'ailleurs déjà de- 
puis longtemps informé que la cour de Londres avait de très bons 
canaux en France pour être bien averti de ce qui s'y passe, ^ j'étais 
persuadé que, pourvu qu'elle voudrait s'en servir, elle saurait bientôt 
ce que c'était que ces négociations secrètes entre la France et la cour 
de Vienne, et ce que l'on en intentait. Qu'au surplus, je priais milord 
Holdernesse de me dire en confidence et tout naturellement si, dans le 
cas que les cours de Vienne et de Versailles prissent des liaisons entre 
elles, l'Angleterre sera alors assurée de la Russie, et si et jusqu'où elle 
y saurait compter, ou si la première ne saurait du tout ou au moins 
pas tout-à-fait compter sur elle. 

Vous ne manquerez pas de m'en faire un rapport très fidèle et 

exact. -r-» 1 

r ederic. 

Nach dem Concept. 



7300. AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 

Potsdam, 25. Februar 1756. 

Kw. Excellenz habe die Ehre, in beikommender versiegelten Brief- 
tasche die aus Engelland ohnlängst eingekommene Ratificationsinstrumente 
der englischen Convention p. in zwei versiegelten Kästchens zu über- 
senden," auch zugleich die damit gekommene Originaldépêche des Herrn 
Michell hierin beizulegen ; ^ wobei zugleich gehorsamst vermelde, wie bis 
dato des Königs Majestät von hier aus noch nichts weiter darauf ge- 
antwortet, als dass Sie mit letzterer Post erwähntem Michell den Empfang 
derer obgedachten Originalratificationen überhaupt nur accusiren lassen; 
über den Punkt aber, wegen dessen, so gedachter Michell der schlesischen 
Schuldengelder halber erfordert hat, ist derselbe noch gar nicht beschie- 
den, dahero dann auch es deshalb noch einer besonderen Anfrage nöthig 
haben dörfte, damit der Referent hiernächst ohnvorgreiflich aus dem 
Departement deshalb näher beschieden werden könne. 

Zufolge Sr. Königl. Majestät Befehl lege auch eine Dépêche an den 
Herrn von Knyphausen hierbei,'* welches diejenige ist, davon schon vor- 
hin die Ehre gehabt Ew. Excellenz zu melden , wie der Duc de Niver- 
nois sich gegen des Königs Majestät offeriret habe, solche mit seinem 
nächst abzusendenden Courier mit abgehen lassen zu wollen. Sr. Königl. 
Majestät Intention ist demnach, dass Ew. Excellenz diese Dépêche nur 

I Vergl. Bd. XI, 193. 294. 329. — 2 Vergl. Nr. 7299. — 3 Michell hatte, 
London 13. Februar, berichtet, dass man den Vorschlag des Königs, die von Eng- 
land zu zahlenden 20 Millionen Pfund Sterling von dem Restbetrage der schlesischen 
Schuld abzurechnen (vergl. S. 64) , annehmen w^erde : „Mais il sera nécessaire 
qu'EUe [Votre Majesté] m'ordonne de déclarer ministériellement aux directeurs de cet 
emprunt Ses intentions , afin que ceux-ci en donnent part aux intéressés et qu'ils me 
fournissent un compte exact de ce qui reste à payer jusqu'au temps que Votre Majesté 
fixera le remboursement." Aus dem Ministerium wird Berlin 2. März, geantwortet, 
dass der König mit allen Vorschlägen einverstanden sei. — 4 Vergl. Nr. 7303. 



145 

fordersamst dem Duc de Nivernois zustellen lassen möchten, um auf 
den Fall, dass er seinen Courier noch eher als künftigen Sonnabend^ 
früh abfertigen dörfte, noch mit abgehen zu können, da es darunter 

P^^^'^^"^"- . " Eichel. 

Nach der Ausfertigung. 



7301. AN DEN ETATSMINISTER 

1 odewils berichtet, Berlin 25. Fe- 
bruar: „Le duc de Nivernois a été hier 
chez moi et s'est loué infinement de la 
réception gracieuse et des marques de 
bonté et de distinction dont Votre Majesté 
a daigné l'honorer pendant son séjour à 
Potsdam. 2 Je lui ai remis, selon les 
ordres de Votre Majesté ,3 les copies du 
traité de Westminster de l'année 1742, 
de la convention d'Hanovre de l'an 1745 
et de la dernière garantie de la paix de 
Dresde, donnée par l'Angleterre l'an 
1746. Il a collationné en ma présence 
chez moi ces trois copies avec les origi- 
naux de toutes les trois , et je lui ai 
aussi donné à lire à son aise chez moi 
l'original de l'article secret du traité de 
Westminster de l'année de 1742 qui ex- 
cepte Gibraltar et Port - Mahon de cette 
garantie , sans lui donner toutefois une 
copie. 4 De plus, je lui ai lu d'un bout 
à l'autre l'instruction donnée au baron de 
Knyphausen en date du 14 de ce mois, 5 
pour lui servir d'éclaircissement sur le 
traité de Westminster de l'année 1742 et 
lui fournir les moyens nécessaires pour 
désabuser le sieur Rouillé des préventions 
où il était à cet égard ... J'ai cru 
entrevoir , quoique dans des discours fort 
enveloppés du duc de Nivernois, qu'il y 
a de temps en temps trop d'humeur dans 
les entretiens du sieur Rouillé avec le 
baron Knyphausen , dont il a peut - être 
cru avoir été la dupe dans cette affaire, 
et il m'avoua , quoique dans la plus 
grande confidence, qu'il lui semblait que 
M. de Rouillé n'était pas à son aise 
vis-à-vis du baron de Knyphausen . . . 
Enfin, il m'a promis de faire un rapport 
fidèle à sa cour et le meilleur usage du 



GRAF PODEWILS IN BERLIN. 
Potsdam, 26. Februar 1756. 
Bei VoUenziehung derer beiden 
hierbei zurückkommenden Dépêchen 
an den Herrn von Knyphausen^ 
haben des Königs Majestät in Ant- 
wort auf Ew. Excellenz zugleich mit 
eingegangenen Bericht vom 25. 
dieses zu melden befohlen, dass 
Höchstdieselbe Ew. Excellenz vor 
alles, was Dieselbe über das Sujet 
von dem Duc de Nivernois ge- 
meldet hätten, auf das gnädigste 
danketen und wohl versichert 
wären, dass wenn es auf nur ge- 
dachten Duc ankommen würde, 
sodann Dero Affaires nach Höchst- 
deroselben Wunsch und Verlangen 
gehen würden; es glaubten Die- 
selbe aber, dass das französische 
Ministère schon vorhin mit denen 
Oesterreichern einige Négociation 
und Chipotages angefangen hätten. 
Nachdem nun diese Négociation 
mit den Oesterreichern nach dem 
Verlangen derer französischen Mi- 
nister gehen werde, nachdem würde 
auch Sr. Königl. Majestät Conven- 
tion denenselben odieuse sein; 
wenn aber vornurerwähnte Né- 
gociation schlecht gehen und 
echouiren würde, alsdenn würde 
das Ministère die Convention als 
ganz innocente ansehen. 



1 28. Februar. — 2 Vergl. S. 133. 134. — 3 Vergl. Nr. 7290. — •♦ Vergl. S. 136. — 
5 Ministerialerlass an Knyphausen, d. d. Berlin 14. Februar. Vergl. S. 104. — 6 Mi- 
nisterialerlass nebst P. S. an Knyphausen, d. d. Berlin 24. Februar, in Ausführung 
der königlichen Weisungen vom 22. resp. 23. Februar. Vergl. Nr. 7290 und 7293. 
Corresp. Friedr. JI. XII. 10 



146 



monde de la confiance sans bornes qu'on 
lui avait marquée par cette communica- 
tion et la confrontation avec les origi- 
naux, et qu'il en attendrait la réponse, 
en continuant d'agir en ministre bien in- 
tentionné et véritable, fidèle et zélé servi- 
teur de Votre Majesté, dont il m'a paru 
être content plus que jamais." 
Nach der Ausfertigung. 



Welches dahero Ew. Excellenz 

nur sogleich hierdurch unterthänig 

melden wollen. x^ • , , 

Eichel. 



7302. AN DAS DEPARTEMENT DER AUSWÄRTIGEN ÄFF AIREN. 

Benoît berichtet, Warschau 18. Februar, über die Aufnahme der Nachricht von 
der preussisch-englischen Neutralitätsconvention seitens der polnischen Patriotenpartei : 
„Ils sont si consternés que , selon les nouvelles qu'on m'en rapporte, ils croient tout 
perdu pour eux, et ils s'imaginent que, les Czartoryski étant soutenus par les Anglais 
et par les Russes , ce qui en effet ne changera jamais selon toute apparence , cette 
famille ne manquera pas de gagner le dessus, dès que l'occasion s'en présentera. 
La consternation dans laquelle on m'assure qu'est le Grand - Général [Branicki] , m'a 
fait prendre le parti de mander au comte Branicki le véritable but de cette conven- 
tion, de la manière que Votre Majesté me l'a ordonné i . . . J'ai surtout recom- 
mandé audit grand - général de ne point prêter l'oreille à toutes les insinuations si- 
nistres qu'on ne manquerait pas de lui faire à cette occasion, et de ne pas diminuer 
la confiance qu'il a eue en moi jusqu'à présent." 

Potsdam, 26. Februar 1756. 
Wegen des Kronfeldherm hat er ganz recht gethan und hätte es 
zufolge seiner Ordre sogleich thun sollen. 

Mündliche Resolution. Nach Aufzeichnung des Cabinetssecretärs. 



7303- 



AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE 
KNYPHAUSEN A PARIS. 



[Potsdam, 26 février 1756.] a 

Vous recevrez ci -joint l'extrait d'une lettre de Michell avec les 
conditions que les Anglais offrent pour faire la paix;^ c'est tout ce que 
j'ai pu extorquer d'eux. Vous montrerez l'un et l'autre aux ministres 
français , en y ajoutant que j'étais bien fâché de ne pouvoir leur pro- 
curer rien de plus; qu'ils verraient au moins par ces propositions que 
j'avais fait de mon mieux pour porter les Anglais à des sentiments plus 
pacifiques que ceux qu'ils ont fait paraître jusqu'à présent; que je ne 
m'ingérais point à donner des conseils au roi de France sur le parti 
qui lui convenait de prendre, que je craignais bien qu'on ne fût pas 
tout-à-fait content de ces propositions ou que le terme que le Roi avait 
prescrit à sa modération, ne fût écoulé, que cependant je priais les mi- 
nistres , quelles que fussent leurs intentions , de me donner une réponse 



I Vergl. Nr. 7224. — 2 Das Datum aus einer Abschrift des Cabinetssecretärs. 
Die Ausfertigung erfolgte ohne Chiffern. — 3 Vergl. N.r, 7299. 



-^ 147 — 

que je puisse faire passer en Angleterre, et que j'espérais qu'ils en 
mesureraient si bien les termes qu'elle n'augmenterait pas l'aigreur qui 
commence à se manifester entre les deux nations. J'ai fait ce que j'ai 
pu pour fléchir la roideur anglaise; si je n'y suis pas parvenu au point 
que je l'aurais désiré, ce n'est pas ma faute, mais il me semble que la 
France pourrait se ménager cette espèce de négociation indirecte, indé- 
pendamment des mesures qu'elle trouvera convenable de prendre, quitte 
à l'abandonner, si elle ne la trouve plus de sa convenance. 

Le roi de France verra au moins que, dans quelle position que je 
me trouve, je ne perds ni ses intérêts ni sa gloire de vue. Vous pourrez 
me faire parvenir votre réponse par le courrier du duc de Nivernois. 
Si cependant, contre mon attente, on croyait entrevoir à Versailles 
quelque lueur de conciliation dans les propositions des Anglais et qu'on 
vous donnât une réponse qui vous le fît entrevoir, vous pourrez expédier 
un courrier sur le champ, pour qu'il n'y ait pas un moment de perdu, 
d'autant plus que dans le moment présent les instants qui peuvent 
acheminer à la paix, deviennent de jour en jour plus précieux. 

Nach dem eigenhändigen Concept. F 6 d e r i C. 



7304. AU PRINCE DE PRUSSE A BERLIN. 

[Potsdam], 27 [février] 1756. 

Mon cher Frère. Je suis bien aise que le duc de Nivernois ait 

été content ici;' j'ai fait ce que j'ai pu pour l'amuser. Quand il fait 

beau, je me promène, pour profiter de tous les moments de soleil; il 

faut prendre le beau temps comme il vient, car je crains fort que la 

saison où nous devrions l'avoir, ne soit ou pluvieuse ou froide. On a 

dit à Dresde que j'avais été incognito à leur carnaval et que le comte 

Hessenstein m'y avait vu. Je voudrais que cela fût vrai, car alors je 

pourrais me trouver en deux lieux à la fois, ce qui souvent serait aussi 

utile qu'agréable. Je vous embrasse, mon cher frère, en vous priant 

de me croire avec une parfaite amitié, mon cher frère, votre fidèle 

frère et serviteur ^ , 

Federic. 

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig. 



7305. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE 
KNYPHAUSEN A PARIS. 

Knyphausen berichtet, Paris 16. Februar: „J'ai eu l'honneur de mander à 
Votre Majesté par mes précédentes et très humbles lettres immédiates que je m'étais 
aperçu que l'ambassadeur d'Espagne 2 était informé de l'opération qu'on se proposait 
d'entreprendre contre l'île de Minorque. J'ai tout lieu de supposer que sa cour, sur 
le rapport qu'il lui en a fait, s'est déterminée à feindre de ne point en avoir con- 
naissance et d'en attendre tranquillement l'issue, afin d'aviser ensuite aux mesures 

I Vergl. S. 133. 134. — 2 Soto-Mayor. 

10» 



148 

qu'elle jugera à propos de prendre relativement à cette diversion ... Je sais que 
M. Rouillé lui en a parlé ces jours passés et que, l'ayant sondé sur ce que sa cour 
pourrait penser d'une pareille démarche, sans cependant être convenu vis-à-vis de lui 
qu'on voulût l'entreprendre, cet ambassadeur lui a répondu qu'il ne croyait point que 
le ministère d'Espagne en fût instruit et que d'ailleurs les opérations offensives que 
les cours de France et d'Angleterre pourraient vouloir former l'une contre l'autre, ne 
concernaient point sa cour, vu le système qu'elle avait adopté ... La réponse des 
États - Généraux aux propositions du sieur d'Affryi porte en substance que les États- 
Généraux voient avec douleur les différends qui se sont élevés entre la France et 
l'Angleterre, et qu'ils en désirent avec ardeur la pacification; qu'ils sont fort éloignés 
de vouloir s'engager dans une guerre pour un objet qui leur est étranger et relative- 
ment auquel ils n'ont pris nuls engagements ; que connaissant d'ailleurs , comme ils 
font , le prix de l'amitié , de la bienveillance de Sa Majesté Très Chrétienne , ils en 
rechercheront avec empressement la continuation et emploieront pour cet effet tous les 
moyens qui seront compatibles avec leur indépendance et leur honneur ; que Leurs 
Hautes Puissances se flattent qu'au moyen de cette déclaration le territoire de la Ré- 
publique et celui des Pays-Bas autrichiens qui leur sert de barrière, se trouveront à 
l'abri de toute insulte et menace ... Il est certain que l'expédition [du maréchal 
de Belle-Isle]2 n'est point aussi prochaine qu'on le suppose assez communément et 
qu'on le soupçonne même en Angleterre. Les détails qu'elle exige, ne sont non 
seulement immenses et emporteront un temps considérable, mais je sais aussi que 
l'intention du ministère est d'ouvrir la guerre par une diversion moins importante et 
de tenter le rétablissement de la paix par des moyens moins périlleux et moins 
dispendieux. Le but que la cour de France se propose par l'ostentation avec laquelle 
elle fait ces préparatifs, est donc principalement de forcer l'Angleterre à garder la 
plus grande partie de ses vaisseaux dans La Manche pour la défense des îles bri- 
tanniques et de l'empêcher d'employer ses forces dans les parages contre lesquels 
elle veut diriger ses efforts, et je persiste toujours à croire qu'ils sont relatifs aux 
possessions de la Grande-Bretagne dans la Méditerranée." 

Potsdam, 28 février 1756. 

La dépêche que vous m'avez faite du 16 de ce mois, m'a été bien 
rendue, et, par tous les détails que vous y avez compris, je vois bien 
qu'aucune des parties principalement intéressées dans les troubles pré- 
sents n'a encore pris le parti qu'elle voudrait prendre, et que d'ailleurs 
l'Espagne reste encore indécise; auxquels sujets vous continuerez de 
veiller de fort près. 

En attendant, tout ce que je saurais vous recommander dans la 
conjoncture présente comme une chose qui ne m'importe pas médiocre- 
ment, c'est que vous devez faire tout ce qui sera humainement pos- 
sible pour vous bien insinuer dans l'esprit de Madame de Pompadour 
et de gagner sa confiance,^ et, si l'occasion s'y présente, vous ne ferez 
point mal de lui parler d'affaires, pour plus d'une raison, savoir pour 
pénétrer sa façon de penser sur la conjoncture présente et sur ma con- 
vention faite avec l'Angleterre, pour adoucir la première aigreur qu'elle 
en a peut-être prise, et pour tempérer la vivacité française. 

Au reste, je crois qu'on ne tardera pas de vous rendre cette dé- 
pêche que je vous ai déjà accusée par ma précédente,* par rapport aux 
propositions faites du ministère anglais relatives à un accommodement 

I Vergl. S. 44. — 2 Vergl. S. 32. — 3 Vergl. S, 98. — 4 Vergl. Nr. 7298. 



149 

avec la France , et que le duc de Nivernois m'a promis de faire partir 
avec son courrier qu'il a dépêché aujourd'hui en France, et, comme la 
lettre que je vous ai faite, est ostensible, * de sorte que vous la saurez 
laisser lire à M. de Rouillé, sans cependant que vous en donniez copie, 
vous vous conformerez, au reste, aux instructions qu'elle comprend. 

Nach dem Concept. F e d 6 r i C. 



7306. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLING- 
GR^FFEN A VIENNE. 



J\.linggräffen berichtet, Wien 19. Fe- 
bruar, über den Abgang eines österreichi- 
schen Couriers nach Petersburg und über 
Keith's Auffassung der geheimen Ver- 
handlungen des wiener Hofes: „Voici 
son sentiment : qu'il est persuadé que 
cette cour-ci n'entreprendra pas facilement 
•quelque chose, sans s'être liée plus 
étroitement avec la Russie sur certains 
points de commerce; mais qu'il espérait 
■que cette dernière préférerait cent mille 
livres sterling par an , pour quelques an- 
nées , en ne faisant rien , et le commerce 
profitable avec l'Angleterre , faisant ré- 
flexion que , sans cela , cette dernière se 
retournerait vers la Suède. Il se repose 
aussi sur l'habileté du chevalier Williams. 
, . . Au reste, il me dit que l' Impératrice- 
Reine avait parlé avec modération sur la 
convention de Votre Majesté avec l'Angle- 
terre, depuis trois jours. Il le sait par 
un bon canal que je connais fort bien. 
... Il a couru un bruit en quelques bons 
lieux qu'on pouvait regarder le traité en 
question comme une ligue protestante qui 
méritait réflexion. Le sieur Keith me le 
confirma hier, ajoutant qu'il savait que le 
comte d'Aubeterre en avait parlé sur ce 
ton ... Je ferai tout ce qui dépendra 
[de moi] pour éclaircir sous main s'il 
pourrait être question d'un mariage entre 
l'archiduc Joseph et une des dames de 
France 2 ou d'un traité de neutralité pour 
les Pays-Bas dans les engagements que 
cette cour -ci voudrait prendre avec la 
France. Jusqu'à présent, il n'en a rien 
transpiré. Si l'alliance a lieu, il pourrait 
y avoir des desseins cachés contre Votre 
Majesté. Je souhaite que je me trompe. 



Potsdam, 28 février 1756. 

J'ai reçu vos rapports du i8 
et du 19 de ce mois, au sujet des- 
quels je suis obligé de vous dire 
que tout ce que vous m'avez mandé 
jusqu'à présent de la façon dont la 
cour où vous êtes envisage ma con- 
vention de neutralité de l'Alle- 
magne faite avec l'Angleterre, ne 
remplit pas encore mon attente, 
ni n'est encore assez satisfaisant 
pour moi afin que je susse pénétrer 
clairement la véritable façon de 
penser de la Reine-Impératrice sur 
cet objet, et quel système elle en 
voudrait adopter en conséquence, 
de sorte donc qu'il faut que vous 
appliquiez plus d'attention et de 
savoir-faire, pour vous en orienter 
et pour me marquer quelque chose 
de plus positif là-dessus qui saura 
me servir à m'y diriger. 

Je vous ai déjà averti de ce 
que mes lettres de France et d'au- 
tres lieux m'ont appris du chipo- 
tage qui subsiste entre les cours 
de Versailles et de Vienne; c'est 
encore que mes dernières lettres 
de France, reçues du depuis, ^ me 
confirment que les fréquentes con- 
férences et les longs entretiens qui 
continuent depuis quelque temps et 



I Nr. 7303. — a Vergl. S. loi. — 3 Bericht Knyphausen's, Paris 13. Februar. 



ISO 



Tout dépendra de la disposition de la : qu'on avait prétendu colorer pour 

France; car, pour cette cour-ci, elle n'en 1 f^jj-g iUusion d'une discussion d'un 

sera apparemment pas éloignée." •■ j-a-^ j • > .. i ' ^ ^^ - 

*^^ r a . (jiffejgnd qui s est eleve entre 1 e- 

vêque de Liège et la régence de 
Bruxelles, auquel la France avait 
interposé ses bons offices en faveur du premier, avaient eu bien d'autre 
objet, savoir une négociation que la cour de Vienne, voulant profiter 
du moment du refroidissement de la France que pouvait occasionner 
ma susdite convention, avait entamée et ménagée si secrètement qu'il 
n'y avait, outre Madame Pompadour, que le sieur Rouillé et les abbés- 
de Bernis et de La Ville, avec le comte de Starhemberg, qui étaient 
du secret, dont les autres ministres de France n'avaient aucune con- 
naissance. 

Comme je vous mets par cette particularité sur les voies de pou- 
voir pénétrer là où vous êtes dans ce mystère, et que, d'ailleurs, vous 
êtes à présent en liaison avec le sieur Keith, au moins pour tout ce 
qui regarde la convention susdite et les suites qui en sauraient résulter, 
auxquelles sa cour est autant intéressée que moi, j'espère qu'il ne voudra 
pas vous refuser son assistance là -dessus et vous communiquer les avis 
qu'il aura reçus par ses grandes connaissances à Vienne et les bons, 
canaux dont il est en possession à la cour depuis longtemps, afin que 
vous sachiez vous orienter sur la véritable façon de penser de ladite 
cour et le système qu'elle voudra former . . . ^ 

Nach dem Concept. 



Federic. 



7307. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE MALTZAHN 

A DRESDE. 



jVlaltzahn berichtet, Dresden 20. 
Februar, über Veränderungen im sächsi- 
schen Heerwesen, zu denen man bei der 
grossen Geldverlegenheit des Hofes ge- 
zwungen sei. 2 ,,Les compagnies seront 
presque entièrement congédiées , et il ne 
restera peut-être pas 20 hommes par com- 
pagnie dans les garnisons du pays, à la 
capitale près , de sorte que toute l'armée 
ne vaudra en peu de temps pas mieux 
que la milice qu'ils avaient autrefois . . . 
On rabattra toujours les dix pour cent 
sur toutes les pensions et appointements, 
tant des officiers que de l'état civil . . . 
La dépêche du sieur Funcke dont je vais 
rendre compte à Votre Majesté, ... est 
du 19 janvier, et les ratifications du traité 



Potsdam, 28 février 1756. 

Votre dépêche du 20 de ce 
mois m'a été bien rendue. Les 
nouvelles qu'elle comprend relative- 
ment aux affaires de la cour de 
Pétersbourg, m'ont été fort inté- 
ressantes et instructives même pour 
m'en diriger en conséquence, aussi 
m'obUgerez-vous particulièrement en 
employant tous vos soins pour 
m'en procurer la continuation. 

J'aurai lieu de regretter en 
quelque manière le départ du sieur 
de Funcke de Pétersbourg, ^ par la 



I Folgen Details über Anwerbung von Spionen. — 2 Vergl. S. 74. — 3 Mar- 
zahn hatte, Dresden 6. Februar, berichtet, dass dem sächsischen Gesandten von Funcke 
auf wiederholten Wunsch des russischen Hofes am 17. December 1755 sein Abberufungs- 
schreiben übersandt worden sei. 



151 



de subsides n'étaient point encore échangées 
ce jour-là. Il ne serait pas impossible que la 
nouvelle de la convention de Votre Majesté, 
si elle parvenait à Pétersbourg avant l'é- 
change de ces ratifications, n'y apportât de 
nouveaux obstacles et fît rompre entière- 
ment cette affaire, pour peu que l'Angleterre 
voulût se piquer des boutades de la Russie. 
La dissipation dans laquelle la Czarine 
vit, et son dégoût pour toute espèce d'ap- 
plication avaient retardé jusques là l'é- 
change de ces ratifications, de sorte que 
le chevalier Williams, après s'être con- 
certé auparavant avec le Grand-Chancelier, 
avait écrit ce jour -là un billet en termes 
fort vifs au ministère russien, par lequel 
il avait demandé une conférence avec les 
deux chanceliers. Le ministère, que le 
sieur Funcke dit être d'accord à la fin 
sur cette affaire par le soutien de sa 
propre considération, a envoyé ce billet 
à la Czarine, en y joignant les plus vives 
instances de lui fournir au moins quelques 
prétextes valables pour colorer en quelque 
façon son délai de la ratification, et le 
chevaher Williams s'est proposé de dicter 
dans cette conférence ses sentiments sur 
les conséquences dangereuses qui pour- 
raient naître de ce retardement, et, en 
cas que cette démarche serait sans effet, 
d'insister sur une audience de la Czarine, 
pour lui faire les plus fortes représentations. 
Ce qui prouve bien que l'Angleterre n'a 
rien fait communiquer en Russie de cette 
négociation avec Votre Majesté, et comme 
le chevalier Williams n'aura pas manqué 
de déclamer dans la conférence contre les 
vues de Votre Majesté, cette démarche 
sera venue fort à propos pour augmenter 
l'étonnement et la mauvaise humeur de 
la cour de Russie, lorsqu'elle aura appris 
la nouvelle de la convention de Votre 
Majesté. Le sieur Funcke continue de 
marquer que le ministère russien était 
mécontent de l'indifférence que la Czarine 
témoignait sur les conjonctures présentes 
de la Suède; que ledit ministère avait 
représenté combien cette indifférence était 
nuisible à ses intérêts , et que , quoiqu'il 
ne lui conviendrait pas tout-à-fait de sou- 
tenir en Suède le parti royal , i il aurait 
été à propos et possible , avant que les 
choses fussent venues à l'extrémité où 



raison que vous concevrez; car, 
quand à son retour à Dresde il 
aura appris de bouche ses my- 
stères et anecdotes au comte de 
Brühl, je crains que personne n'en 
sache apprendre quelque chose, ni 
en tirer des particularités. 

Ce que vous me mandez, au 
reste, des arrangements que ce 
ministre va prendre à l'égard des 
troupes saxonnes, n'a rien qui me 
déplaît, pourvu qu'il continue d'a- 
gir selon son plan fait. 

F e d e r i c. 

P. S. 
J'ai reçu votre rapport du 23 
de ce mois. Quoique je connaisse 
les difficultés que vous saurez trou- 
ver pour me mander quelque chose 
de la façon dont les deux cours 
impériales envisagent ma conven- 
tion de neutralité faite avec l'Angle- 
terre, je désire cependant que vous 
fassiez de votre mieux pour y pé- 
nétrer, et que vous observiez à ce 
sujet de bien près les ministres des 
deux susdites cours, pour appren- 
dre de quelle manière ils s'en ex- 
pliquent, et surtout le sieur Gross, 
qui apparemment se gênera le 
moins pour n'en pas parler, dont 
vous ne laisserez pas de m'avertir, 
pour que je puisse au moins en 
juger en quelque façon. 

Quant à ce qui regarde le 
comte de BrogUe, vous pouvez 
bien lui donner à entendre que 
ma convention susdite ne compre- 
nait rien qui fût contraire aux in- 
térêts de la France, que je resterais 
dans le même système que ci -de- 
vant, et qu'il saurait bien juger lui- 
même que, s'il y avait du change- 



I Vergl. Bd. XI, 448. 



152 



elles se trouvaient à l'heure qu'il est, de 
conserver dans ce royaume plus d'égalité 
entre les partis. A quoi , elle avait ré- 
pondu avec humeur que le roi de Suède 
n'avait qu'à se faire aider par Votre Ma- 
jesté comme son beau-frère." 

Nach dem Concept. 



ment, le duc de Nivernois ne con- 
tinuerait pas de négocier ici. 



7308. AU SECRÉTAIRE MICHELL A LONDRES. 

Potsdam, 28 février 1756. 
Je n'ai point reçu de vos nouvelles l'ordinaire dernier, et, en 
attendant d'en recevoir bientôt, je veux bien vous confier ce que je 
viens d'apprendre par un assez bon canal, ^ que vers la fin du mois 
passé de janvier les ratifications du traité de subsides conclu entre 
l'Angleterre et la Russie n'ont pas encore été signées de la part de 
l'impératrice de Russie, ni les échanges de ces ratifications faits. Je 
vous réitère donc mes ordres précédents,» pour que vous deviez dire, 
quoique très poliment et de façon bien amiable, à milord Holdernesse 
comme quoi je lui demandais de me dire sincèrement et en confidence 
si l'Angleterre avait déjà pris ses mesures pour être assurée de la Russie 
de manière à y pouvoir compter sûrement à tout événement, ou si elle 
était encore en termes équivoques avec la dernière. Et parcequ'il paraissait 
de plus en plus qu'il y avait une négociation secrète entamée entre les 
cours de Versailles et de Vienne, ^ je me persuadais que par les intérêts 
qui nous étaient communs en ceci, l'on voudrait bien instruire le mi- 
nistre d'Angleterre à Vienne afin qu'il allât de concert sur cet article 
avec mon ministre qui y résidait, pour bien pénétrer ce qu'il était 
effectivement dudit chipotage de la France avec la cour de Vienne, de 
sorte que, dans le cas qu'il se manifestât quelque chose des liaisons 
prises ou à prendre entre les deux susdites cours , on saurait d'abord 
convenir des mesures à prendre en contraire, mais qu'il saurait être 
alors d'une nécessité indispensable que l'Angleterre s'assurât dès alors 
de la Russie, pour qu'elle ne soit ni prévenue par la cour de Vienne, ni 
la Russie entraînée dans les mesures de celle-là. Vous finirez par dire 
tout nettement au lord Holdernesse de ma part que, dans cette con- 
joncture très critique, le ministère britannique ne saurait avoir assez 
d'attention aux conjonctures présentes. Au reste, comme j'ai vu der- 
nièrement des lettres écrites en Angleterre par lesquelles on prétend 
faire une idée pas tout-à-fait avantageuse des affaires de ce pays-là, vu 
qu'elles assurent que, selon les avis qu'on en avait, les affaires des 
Anglais allaient bien mal en Amérique et qu'il s'en fallait de beaucoup 
que la dernière souscription que le gouvernement de l'Angleterre avait 
ouverte, soit remplie, et que la lenteur qui se manifestait à ce sujet, 

I Vergl. Nr. 7307. — a Vergl. S. 131. 144. — 3 Vergl. Nr. 7306. 



153 

donnait lieu de présumer que le ministère aurait de la peine à soutenir 
la guerre avec la vigueur qu'elle requerrait, et que cette appréhension 
commençait à inquiéter ce ministère, — je n'ajoute pas à la vérité trop 
de foi à ces nouvelles, je serais cependant bien aise que vous vous ex- 
pliquiez fidèlement là -dessus envers moi dans une dépêche que vous 
m'adresserez seul et immédiatement. 

Nach dem Concept. 



Federic. 



7309. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION COMTE DE 
SOLMS A STOCKHOLM. 

Solms berichtet, Stockholm 10. Fe- 



bruar, über die Ausführung der Befehle 
des Königs bezüglich der von Höpken 
abzugebenden Erklärung ;i „J'ai dit [au 
marquis d'Havrincour] que Votre Majesté 
espérait qu'il pût diriger l'affaire qu'au 
moins on ordonnât au baron de Wulwen- 
stjema d'en faire une [déclaration] au 
ministère de Votre Majesté à Berlin, mais 
l'Ambassadeur, ayant reçu le même jour 
une lettre du duc de Nivernois, qui lui 
mandait que Votre Majesté avait donné 
à opter entre trois propositions, savoir 
celle dont je lui parlais , ensuite celle 
d'une lettre du baron Hœpken, ou tertio 
que ce sénateur m'en parlât à moi, il me 
disait que, dans une affaire aussi délicate, 
je ne trouverais pas mal qu'il attendît la 
réponse de Votre Majesté sur le projet de 
la lettre du sieur Rouillé, 2 avant que de 
faire ici la proposition." 

Solms berichtet, Stockholm 13. Fe- 
bruar, dass er dem Befehl des Königs ge- 
mäss dem französischen Botschafter den 
Endzweck des preussisch-englischen Neu- 
tralitätsvertrages dargelegt habe. 3 ,,I1 me 
dit qu'il ne pouvait pas juger des inten- 
tions de Votre Majesté, mais qu'il lui 
paraissait que l'effet prouvait le contraire, 
parcequ'Elle abandonnait la France dans 
le moment le plus critique et dans l'oc- 
casion où elle n'était pas l'offenseur, ni 
celle qui voulait la guerre, mais la partie 
lésée et celle qui avait été attaquée . . . 
Pour ce qui est de la façon de s'expliquer 
des Suédois sur cette affaire, chacun en 
parle selon la façon de penser de son 
parti. Le parti russien en paraît tout 



Potsdam, 28 février 1756. 
Pour vous répondre à votre 
rapport du 10 de ce mois, je veux 
bien vous dire que l'expédient 
dont le marquis d'Havrincour 
pourra vouloir se servir par rapport 
à la déclaration à faire par le baron 
de Hœpken, en se conformant là- 
dessus par préférence aux inten- 
tions de sa cour, me sera tout un, 
pourvu que par là j'obtienne une 
satisfaction certaine, et que toute 
voie la plus courte pour mettre 
cette affaire en règle, me sera tou- 
jours la plus agréable. 

Federic. 

P. S. 

Ayant encore reçu votre dé- 
pêche du 13 de ce mois, je veux 
bien vous y dire en réponse que, 
pour ce qui concerne l'embarras 
des deux partis en Suède pour sa- 
voir le système que j'adopterais 
après ma convention de neutralité 
de l'Allemagne faite avec l'Angle- 
terre, ils sortiront sans doute de 
leur embarras, quand ils verront 
avec quelle facilité je condescen- 
drai pour aplanir mes différends 



Vergl. S. 58. — 2 Vergl. S. 81. 83. — 3 Vergl. S. 84. 



154 



glorieux et très content, pendant que celui 
qui domine aujourd'hui , ne cache pas 
combien il en est fâché." 
Nach dem Concept. 



avec la Suède touchant l'affaire de 
Rexin. 



7310. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE H^SELER 

A COPENHAGUE. 

Potsdam, 28 février 1756. 

Les instructions que j'ai à vous donner, sur votre rapport du 14 
de ce mois, sont que vous devez être attentif pour vous mettre au fait 
de la façon dont se conduiront les ministres de Russie et d'Autriche 
par rapport à la convention de neutralité de l'Allemagne, conclue entre 
moi et la Grande-Bretagne, et des propos qu'ils tiendront à cet égard, 
surtout après qu'ils auront reçu des ordres de leurs cours qui y seront 
relatifs. 

Au surplus, vous continuerez d'en agir sur le même pied avec 

M. Ogier que vous avez fait jusqu'ici , et votre conduite sera toujours 

la même envers lui jusqu'à nouvel ordre. „ , 

^ Federic. 

Nach dem Concept. 

73 11. AN DAS DEPARTEMENT DER AUSWÄRTIGEN ÄFF AIREN. 

rodewils und Finckenstein übersenden, Berlin 27. Februar, ein an Podewils 
gerichtetes Schreiben des churpfälzischen Ministers von Wachtendonck [d. d. Düssel- 
dorf 16. Februar], in welchem derselbe die grosse Genugthuung des Churfürsten über 
die Mittheilung der Neutralitätsconvention i ausspricht und um Uebersendung des 
Wortlautes des Vertrages bittet. Die Minister unterbreiten den Vorschlag, die Bitte 
zu gewähren und Nivernois von dem Schreiben Wachtendonck' s in Kenntniss zu 
setzen . . . „Nous sommes également persuadés qu'Elle [Votre Majesté] nous fera la 
grâce de nous ordonner si l'on en doit faire autant à l'égard des cours de Suède, de 
Cassel, Baireuth, Anspach, Brunswick et Wurtemberg, comme à des alliés de Votre 
Majesté, et même à la cour de Vienne, de la même façon que le sieur de Keith l'a 
fait , 2 puisque nous sommes de l'opinion qu'avant de faire faire cette communication 
ministériellement, il vaudra mieux de ne leur donner préalablement qu'un précis du 
contenu de la convention dont il s'agit, à l'exemple de l'Angleterre, d'autant plus 
que la ratification de cette couronne de ladite convention ne vient que d'arriver." 3 

Potsdam, 28. Februar 1756. 
Gut. 
Mündliche Resolution. Nach Aufzeichsung des Cabinetssecretärs. 



7312. AN DEN OBERST VON DER GOLTZ IN HALLE. 

Potsdam, 29. Februar 1756. 
Mein lieber Obrister von Goltz. Nachdem Ich nunmehro die in 
Conformität Meines letztem Schreibens an Euch"* zur Regulirung und 

I Vergl. S. 77. — 2 Vergl. S. 139. — 3 Vergl. S. 144. — 4 Schreiben des 
Königs vom 21. Februar über einige specielle Punkte der Zollverhandlung. 



155 

Decidirung verschiedener Punkte, so bei Euren Conferenzien mit denen 
sächsischen Commissarien abgethan und reguhret werden müssen, nöthig 
gehabte Nachrichten erhalten habe, als instruire Ich Euch deshalb da- 
hin, dass 

1. Von allen zur magdeburgschen Niederlage kommenden oder 
sonst das Magdeburgsche, Halberstädtsche, die Chur- und Neumark und 
Pommern passirenden fremden Transitogütern i Procent, und zwar land- 
wärts vom Centner, à 25 Thaler gerechnet, 6 gute Groschen, indistincte 
an Durchgangsaccise erleget werde, ausgenommen die äusserlich kennt- 
baren Waaren, welche nach denen von Mir bereits approbirten Special- 
sätzen sowohl zu Wasser als zu Lande vergeben werden, und dass auf 
eine Pferdesladung sechs Centner gerechnet werden. 

2. Dass, wann die Sachsen sich indistincte, ratione der Handlung 
Meiner Unterthanen, alles Strassenzwanges begeben, der Transitoimpost, 
à 15 gute Groschen pro Pferd, sodann dagegen als ein verfügtes Re- 
présaille cessiren kann ; der Parificationszoll im Magdeburgschen und 
Halberstädtschen aber wird verbleiben müssen. 

3. Dass die bisher überdem in Leipzig erhobene ^U Procent künftig 
cessiren, auch von denen in Sachsen zum Handel oder Consumtion 
gebliebenen, aus brandenburgschen Landen kommenden Waaren keine 
Durchgangsaccise weiter erhoben werden müsse, gleichwie solches in 
Meinen Landen ebenso gehalten wird. Und da auch von denen aus 
dem Reich kommenden und dahin gehenden Gütern in Meinen Landen 
keine Durchgangsaccise erhoben wird , so habt Ihr zu stipuliren , dass 
in Sachsen ein Gleiches observiret werde. 

4. Muss im fürstenberger Zoll' nicht die geringste Aenderung 
oder Erhöhung auf irgend eine Weise fürgenommen oder neue Abgaben 
gefordert, sondern vielmehr alles, wie es jetzo ist, gelassen werden, bis 
hiernächst einmal die Sache wegen dieser Zollstätte zwischen Meinem 
und dem dresdenschen Hofe völlig reguliret und abgemachet sein wird. 

5. Da Schlesien gar nicht zu denen Provinzien, welche der Com- 
mercienconvention unterworfen werden, gehöret, so muss solche sowohl 
wegen des Transite-, Essito- und ConsumozoUes ganz frei und ungebunden 
bleiben, welches um so mehr ohnumgänglich nöthig, da bei denen Com- 
merciendifferenzien mit Oesterreich^ sonst alle gegen den wiener Hof 
par représaille bereits genommene und noch ferner zu nehmende Ar- 
rangements zernichtet und annuUiret würden, wann Oesterreich durch 
Sachsen alles was es nöthig hat, aus Schlesien ziehen oder auch dahin 
debitiren könnte : worüber der dresdensche Hof um so weniger sich 
beschweren kann, als er sich allen in den österreichischen Landen ge- 
machten neuen Commercienverfassungen^ submittiren müsste, gesetzten- 
falls dass Schlesien noch eine österreichische Provinz wie vorhin wäre. 

I Vergl. Bd. V, 15; Art. VII des dresdener Friedens. Wenck cod. juris gen- 
tium II, 212. — 2 Vergl. Bd. X, 533; XI, 482. — 3 Vergl. Bd. X, 333. 



156 

Es wäre vielmehr zu wünschen, dass der dresdener Hof dieselbe 
Représailles gegen Oesterreich gebrauchte , so Ich verfügen müssen, ' 
und besonders keine Wolle, Flachs und dergleichen zu ihren Fabriken 
erforderliche Materialien ihnen zukommen Hesse, durch welches Mittel 
Oesterreich selbst in Egard von Sachsen um so eher zu einem billigen 
Tarif eingeleitet werden würde. 

6. Was die SchifFfahrt von Magdeburg nach Dresden und die wei- 
tere Spedition nach Böhmen p. betrifft, da wird solche denen Magde- 
burgern dergestalt freistehen müssen, als solche denen Dresdenern nach 
und von Magdeburg zugelassen wird. 

7. Die schlesische Leinewand angehend, so wird es wegen deren 
Handels in Meinen Landen ohnumgänglich erforderlich sein, dass die 
sächsischen Leinenwaaren bei deren Entrée mit 10 Procent zu Erhal- 
tung des schlesischen Débit impostiret werden, und wann die Sachsen 
dagegen, wie Ihr vermuthet, einige brandenburgsche wollene Fabriken- 
waaren ebenso hoch belegen wollten, werden sie leichtlich dadurch hier- 
von zu detourniren sein, wann Ihr ihnen declariren werdet, dass solchen- 
falls in Schlesien, wo ihr Verkehr mit wollenen Waaren sehr important, 
ein gleiches geschehen würde. 

8. Durch die vorgeschlagene Durchgangsaccise à 6 gute Groschen 
pro Centner von wollenen oder andern Manufacturwaaren würde der 
Débit Meiner durch Sachsen handelnden Kaufleute und Fabrikanten 
eher extendiret als eingeschränket werden, da sie bisher in Leipzig nach 
dem Werth höher impostiret gewesen und also noch erleichtert werden. 

Ihr habt Euch also nach diesem allen zu achten und nebst der 
Commission allen Fleiss anzuwenden, damit die Sachen hiernach mit 
den sächsischen Commissarien reguliret werden können, maassen Ich 
nicht davon abgehen werde. Ich bin Euer wohlaifectionirter König 

Friderich. 

P. S. 

Was , auch sonsten noch die Passage derer Frachtwagens auf der 
neuen Harzstrasse anlanget, = da brauchet Ihr deshalb eben so sehr nicht 
in grosser Verlegenheit zu sein, allermaassen es zwar an dem ist, dass 
viele Wagens und Karrens solche zeither passiret seind, es hat sich aber 
auch zugleich dabei gezeiget, dass die Landgespann und Fuhrleute den 
grössten Schaden dabei gehabt und ihrem Banqueroute sehr nahe sein. 
Es kann auch zwar der leipziger Rath solchen Schadenfuhren auf eine 
Zeitlang abhelfen, dagegen die armen Fuhrleute auf dieser schweren 
Strasse bei einem schlechten Frachtlohn und hohen Futterpreise ihren 
völligen Untergang finden müssen. 

Sollte es übrigens auch mit der eingegangenen Nachricht seine 
Richtigkeit haben, dass herzoglich braunschweigscher Seits man von der 

I Vergl. Bd. X, 346. 347. — 2 Vergl. S. 41. 



1 



— 157 

weitern Reparatur solches Weges gänzlich desistiren wollte , so würde 
sodann die Continuation solches Schleifweges von selbsten aufhören. 

Nach der Ausfertigung. 

7313. AN DEN GROSSKANZLER VON JARIGES IN BERLIN. 

Potsdam, i. März 1756. 
Mein lieber Grosskanzler und Geheimer Etatsminister von Jariges. 
Nachdem, wie Euch bekannt ist, Ich vorhin bereits den sonst auf die 
von Mir wegen der zu Tilgung derer auf Schlesien hypothecirten eng- 
lischen Kapitalien destinirten und beim Kammergerichte zu BerUn des- 
halb deponirten Gelder gelegten Arrest wiederum aufgehoben habe, ^ 
und es nöthig ist, dass nunmehro diese Gelder zu dem Gebrauch, dazu 
sie destiniret seind, verwandt werden, als will Ich, dass Ihr an gedachtes 
Kammergerichte die Verfügung thun sollet, damit die völlige Summa 
derer mit Arrest belegt gewesenen Gelder an den Etatsminister von 
Boden, und [zwar] gegen dessen Quittung oder Retradition des Depositen- 
scheins, ausgezahlet werden müssen. Ihr habt also hiernach das ge- 
hörige zu besorgen und Euch desfalls mit gedachtem Minister von Boden 
zu concertiren. Ich bin Euer wohlaffectionirter König 

Nach der Ausfertigung. F r i d e r i C h . 

7314. AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 



rodewils berichtet, Berlin 29. Fe- 
bruar: ,,Le chevalier de La Touche a 
reçu par le courrier du duc de Nivernois, 
arrivé hier, ses lettres de rappel, 2 dont il 
m'a remis la copie ci-jointe, pour en faire 
mon très humble rapport à Votre Majesté. 
Cependant, il veut attendre l'arrivée de 
son successeur , le marquis de Valory, 
qui doit arriver ici le 15 ou le 20 du 
mois de mars ; c'est pourquoi il ne voudra 
point gêner encore Votre Majesté sur son 
audience de congé, mais la remettre, se- 
lon toutes les apparences, jusqu'à l'arri- 
vée du marquis de Valory." 

Mündliche Resolution. Nach Aufzeichnung des Cabinetssecretärs. 



Potsdam, i, März 1756. 
Wenn Ich kann, so komme 
Ich den Donnerstage oder den 
Freitag in dieser Woche noch Selbst 
nach Berlin , den eigentlichen Tag 
von beiden aber kann Ich noch 
nicht sagen. 



7315. AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 

Potsdam, i. März 1756. 
Ew. Excellenz diene in unterthäniger Antwort auf Dero gestriges 
gnädiges Schreiben, dass nach gethaner Anfrage bei des Königs Majestät 

I Vergl. S. 64. — 2 Vergl. S. 135. — 3 4. März. 



158 

Dieselbe mir wegen des Präsents vor den Chevalier de La Touche 
geantwortet haben, wie Sie wohl davon zufrieden wären, dass demselben 
statt einer Tabatière das Portrait von Deroselben, mit Brillanten gar- 
niret, vor den gesetzten Preis von 1,200 Thaler gegeben werde, als 
welches alles, was darunter choisiret werden würde, Deroselben einerlei 
wäre. Was vormals der Marquis de Valory ausserdem noch ein mehreres 
an Präsenten bei seinem ehemahgen Abschiede' bekommen, sei aus 
particulären Ursachen geschehen, welche gegenwärtig nicht quadrireten. 
Es haben Se. Königl. Majestät sonsten noch befohlen, dass der Herr 
von Knyphausen dem Minister Rouillé vor den Choix von M. de Va- 
lory, um selben hieher zu senden, danken und ihm Sr. Königl. Majestät 
Satisfaction darüber ' bezeigen, zugleich aber auch gleichsam das Éloge 
von dem Chevalier de La Touche machen solle, so dass er -ein ehr- 
licher Mann, der wohl intentioniret und allemal von guten Sentiments 
sei; welches er nicht nur gegen den von Rouillé, sondern auch sonsten 
überall bei Hofe und in der Stadt thun und sein Éloge so machen soll, 
als ob man von ihm recht sehr zufrieden gewesen wäre. ^ 

Die gefährlichen Umstände, worin sich der Herr Geheime Rath 
Vockerodt durch die so gar harte Anfälle von einer Apoplexie befindet, 
und dessen vermuthlich daher erfolgenden Tod'^ beklage ich recht sehr, 
da des Königs Majestät dadurch einen sehr geschickten und capablen 
Mann, ich vor meine Wenigkeit aber einen sehr guten Freund verliere ; 
wiewohl ich bekennen muss, dass seit der Zeit, da derselbe im vorigen 
Jahre von seiner gebrauchten Cur zu Aachen zurückgekommen, ich über 
seinen Gesundheitszustand verlegen gewesen bin und keinen guten Aus- 
gang davon ominiret habe, weil ich schon dermalen von Gemüths- und 
Leibeskräften zu weit heruntergekommen zu sein geurtheilet habe. Ich 
bin inzwischen versichert, dass wenn der Fall mit ihm geschehen sollte, 
des Königs Majestät sodann Sich der treuen und infatigablen Dienste 
des würdigen Herrn Geheimen Rath Warendorff erinnern und dem- 
selben alle Marquen von Dero gnädigsten Erkenntlichkeit darüber geben 

werden. ^ ^ . , , 

Eichel. 

Nach der Ausfertigung. 



7316. AN DEN ETATSMINISTER GRAF ÎPODEWILS IN BERLIN. 

X odewils berichtet , Berlin 29 . Februar , über eine an diesem Tage mit dem 
Herzog von Nivemois stattgefundene Unterredung , bei welcher der Herzog ihm die 
Antwort der Republik Holland auf ein Memoire Affry'sö abschriftlich übergeben. 
„En passant, il me répéta encore qu'il lui paraissait qu'on avait toujours l'imagination 

I Vergl. Bd. VII, 356. — 2 Vergl. Bd. XI, 231. — 3 Demgemäss Ministerial- 
erlass an Knyphausen, d. d. Berlin 2. März. — 4 Vockerodt war in der Nacht vom 
29. Februar auf den i. März bereits gestorben. — 5 Warendorff, vordem Gesandter 
in Russland (vergl. Bd. VIII, 590), trat nach dem Tode Vockerodt's in die Stelle des- 
selben als erster vortragender Rath im Departement der Auswärtigen Affairen. — 
6 Vergl. S. 44. 



159 

échauflfée à Paris de tous les avis qui entraient des prétendus engagements secrets 
que Votre Majesté devait avoir contractés avec l'Angleterre à la suite de la convention 
de neutralité , quoiqu'il fît tout son possible pour en désabuser sa cour. Je lui 
répondis qu'après la fidèle communication qu'on lui avait faite de tout, i je ne savais 
plus comment on pouvait s'y prendre pour guérir ces incrédules sur leurs soupçons, 
dès qu'ils voulaient eux-mêmes se faire des monstres, pour les combattre, ou qu'ils 
ne voulaient pas être convaincus. Que Votre Majesté pouvait défier hardiment l'Angle- 
terre de pouvoir montrer une syllabe de plus que ce qui avait été communiqué à lui, 
duc de Nivernois. Que , selon nos lettres , 2 le roi d'Angleterre mettrait bientôt le 
tout sous les yeux du Parlement, auquel, selon la nature du gouvernement britannique, 
surtout dans la crise présente, on n'oserait rien cacher de la part de la cour. Mais 
que je croyais bien que, dès que la France voulait ajouter foi aux faux rapports et 
surtout à des insinuations malicieuses de certaines cours qui ne demandaient pas mieux 
que de jeter de l'huile au feu et de désunir entièrement Votre Majesté avec la France, 
celle-ci ne se tranquilliserait jamais. Le duc de Nivernois convint de tout et me fit 
entendre que la plaie était trop fraîche pour ne pas saigner encore de temps en 
temps, qu'il n'y allait certainement pas de sa faute. Il me dit ensuite qu'il ne lui 
paraissait pas par ses lettres, surtout celles du comte de Broglie de Dresde et du 
vicomte d'Aubeterre de Vienne, que les ministres de Votre Majesté dans l'étranger 
avaient fait usage de l'ordre circulaires qu'ils avaient reçu de déclarer à ceux de 
France que la convention de neutralité, conclue uniquement pour la tranquillité 
de l'Allemagne, n'empêchait pas que Votre Mfijesté ne restât liée comme auparavant 
avec la France et Ses autres anciens alliés. Je lui répondis que les ministres de 
Votre Majesté en Suède, Danemark, Pologne, Hollande et Ratisbonne s'en étaient 
fidèlement acquittés et que ce n'était pas la faute du sieur de Maltzahn, si sa maladie 
et celle du comte de Broglie, qu'il n'avait jamais pu trouver seul, l'eût empêché d'en 
faire autant. Mais que, par rapport au sieur de Klinggraeffen, le vicomte d'Aubeterre 
évitait si fort à lui parler et ne le traitait pas sur un meilleur pied que le sieur Keith, 
ministre anglais à Vienne, qu'il lui avait été absolument impossible de lui parler 
d'affaires. Le duc de Nivernois voulait me soutenir le contraire et que c'était le 
marquis d'Aubeterre qui se plaignait envers lui que le sieur de Klinggraeffen l'évitât. 
Je lui ai dit là-dessus tout ce que le dernier avait mandé encore tout récemment sur 
ce sujet; 4 cependant, on en écrira au sieur de Klinggraeffen. Le duc de Nivernois 
me dit ensuite qu'il serait à souhaiter que Votre Majesté fût en bonne intelligence 
avec la cour de Dresde pour leurs communs intérêts. 5 Je lui répondis en riant si 
c'était tout de bon qu'il me tenait ce discours, et que je m'en rapporterais volontiers 
à ce que le comte de Broglie pourra lui dire du système et de la façon de penser 
du comte de Brühl. Le duc de Nivernois me répondit que le comte de Broglie 
n'aimait pas Brühl du tout. Je lui répondis que peut-être il avait raison, devant le 
connaître; qu'au reste Votre Majesté n'avait rien contre la Saxe et qu'il ne dépen- 
drait que de la dernière de vivre en bonne intelligence avec Elle. C'est assurément 
une sorte de quelque nouvelle sollicitation de la Dauphine. 6 Le reste de notre 
entretien roula sur les affaires du temps, et j'ai trouvé le duc de Nivernois, comme 
à son ordinaire, fort raisonnable et fort doux." ^ 

Potsdam, i. März 1756. 

Er hat ihm auf alles sehr wohl geantwortet; Ich glaube aber, dass 
es noch nicht dabei bleiben wird, sondern noch einige weitere Éclair- 
cissements kommen werden, so man sich gefallen lassen muss. 

Mündliche Resolution. Nach Aufzeichnung des Cabinetssecretärs. 



» Vergl. S. 145. 162. — 2 Bericht Michell's, London 13. Februar. — 3 Vergl. 
Nr. 7224 S. 59. — 4 Bericht Klinggräffen s, Wien 21. Februar. Vergl. Nr. 7318. — 
s Vergl. Bd. XI, 374. — 6 Vergl. Bd. XI, 342. 382. — 7 Vergl. S. 133. 145. 



i6o 

7317. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE 
KNYPHAUSEN A PARIS. 

Knyphausen berichtet , Paris 20. Februar : „Il est certain . . . que , dans la 
disposition où est Votre Majesté de désabuser le Roi sur les soupçons que peut lui 
avoir inspirés la démarche qu'Elle vient de faire, Elle ne saurait mieux faire que de 
S'adresser pour cet effet à Madame de Pompadour, 1 qui conserve non seulement 
toujours le même crédit qu'elle a eu jusqu'à présent sur l'esprit de ce Prince, mais 
qui paraît même en acquérir tous les jours davantage. Toutes les marques de bonté 
et d'attention qu'elle recevra de la part de Votre Majesté, la flatteront non seule- 
ment extrêmement, mais seront aussi fort agréables au Roi et le préviendront certaine- 
ment beaucoup en faveur de tout ce qu'Elle pourra avoir à lui proposer." 

Knyphausen berichtet , Paris 22. Februar : „M. Rouillé m'a fait appeler le soir 
[17 février] dans son cabinet et m'a parlé très longtemps de son chef, après m'avoir 
assuré cependant que ce n'était point ministeriell ement , mais par l'effet de la con- 
fiance qu'il avait en moi, sur le renouvellement du traité d'alliance défensive, conclu 
entre Votre Majesté et la France l'année 1741.2 II m'a témoigné dans cet entretien, 
dans les termes les plus amiables et les plus honnêtes, combien sa cour désirait de 
pouvoir profiter de la disposition dans laquelle Votre Majesté Se trouverait pour 
renouveler l'alliance, et combien on avait envie de perpétuer l'union qui avait sub- 
sisté jusqu'à présent entre Elle et la France; mais qu'en même temps il ne pouvait 
me dissimuler qu'à en juger par la teneur de la convention de neutralité que Votre 
Majesté avait conclue avec l'Angleterre, telle qu'Elle l'avait communiquée Elle-même 
au duc de Nivernois , le renouvellement du susdit traité lui paraissait incompatible 
avec les engagements qu'Elle venait de prendre. Qu'après avoir lu et étudié cette 
convention avec le plus grand soin , différentes observations s'étaient présentées à son 
esprit, dont il n'avait pas voulu manquer de me faire part, quoiqu'il eût déjà chargé 
M. de Nivernois de demander des éclaircissements, à ce sujet, à Votre Majesté. 3 
Il fit ensuite l'analyse de cette pièce et commença par me dire que l'introduction et 
le premier article 4 ne renfermaient rien qui méritât d' être relevé , ou au moins qui 
fût relatif à la question de la compatibilité du traité de l'année 1741 , conclu entre 
Votre Majesté et la France , avec la convention de neutralité passée entre Elle et la 
Grande-Bretagne. Qu'il passerait également sous silence l'article de cette convention 
par lequel Votre Majesté avait stipulé la non-introduction de toutes troupes étrangères 
dans l'Empire; S qu'il ne s'arrêterait pas non plus à me faire un nouvel exposé des 
différents inconvénients qui ne sauraient pas manquer de résulter d'un pareil engage- 
ment au détriment de sa cour, d'autant plus qu'il avait déjà amplement traité cette 
matière dans d'autres entretiens; 6 mais que, quant au troisième article, par lequel 
Votre Majesté avait stipulé le renouvellement de différents traités conclus ci -devant 
entre Elle et l'Angleterre, et dont les dates s'y trouvaient énoncées, il ne saurait 
s'empêcher de me faire observer que la réintégration du traité de Westminster, signé 
le 18 de novembre de l'année 1742, paraissait être incompatible dans la conjoncture 
présente avec le traité d'alliance défensive conclu entre Votre Majesté et la France 
l'an 1741 et qu'Elle désirait de remettre en vigueur; que, par le troisième article du 
traité de Westminster, 7 Votre Majesté avait garanti au roi de la Grande-Bretagne toutes 
ses possessions en Europe ; que, par le cinquième article du même traité Elle s'était 
engagée en outre à défendre les Etats de ce Prince contre tous ceux qui voudraient 
les attaquer hostilement, et à fournir en pareil cas au roi de la Grande-Bretagne, 
aussitôt qu'on Lui en ferait la réquisition , un corps auxiliaire de 2,000 hommes de 
cavalerie et de 8,000 fantassins ; que, par le sixième article, Elle avait même promis 
de déclarer la guerre à l'agresseur, si le cas le requerrait, et d'assister la Grande- 

I Vergl. S. 98. 148. — 2 Vergl. S. 118; Bd. I, 257 Anm. i. — 3 Vergl. 
S. 132. 133. — 4 Vergl. Nr. 7175 C. S. 15. — s Artikel 2. Vergl. S. 16. — 6 Vergl. 
Nr. 7275. — 7 Vergl. Wenck, codex iuris gentium I, 642. 



i6i 

Bretagne de toutes Ses forces ; que telle étant la teneur du traité de Westminster que 
Votre Majesté venait de faire revivre, il ne concevrait pas comment il Lui serait 
possible de conclure dans le même temps un traité d'alliance défensive avec la France 
et de lui garantir ses royaumes et possessions en Europe, tandis que Sa Majesté Très 
Chrétienne et le roi d'Angleterre touchaient au moment d'entrer en guerre et se pré- 
paraient à s'attaquer réciproquement dans leurs possessions; que, comme le traité de 
Westminster n'était limité à aucun temps et que la convention de neutralité que 
Votre Majesté venait de signer, ne l'était pas non plus, cette incompatibilité sub- 
sisterait nécessairement jusqu'à l'entière pacification des différends qui s'étaient élevés 
entre la France et l'Angleterre. Qu'il passait sous silence les deux autres actes que 
Votre Majesté avait rappelés par le même article,' et qui étaient la convention 
d'Hanovre de l'année 17452 et l'acte de garantie de la Silésie et du comté de Glatz 
de l'année 1746,3 parceque ces deux pièces ne renfermaient rien qui fût relatif à 
l'objet de la question qu'il traitait. Qu'il venait donc au quatrième article de la 
susdite convention, 4 qui, comme il était purement de style et qu'il ne renfermait rien 
qui méritât l'attention , il se bornerait seulement à observer que , si Votre Majesté 
avait attendu l'échéance du terme stipulé par cet article pour l'échange des ratifica- 
tions , on aurait peut-être pu joindre à cette convention différentes restrictions qui, 
sans porter préjudice à Votre Majesté, auraient été satisfaisantes pour la France et 
sur lesquelles on aurait aisément pu s'accorder, si Elle eût marqué moins d'empresse- 
ment pour l'Angleterre et moins de méfiance envers sa cour. Que, quant aux articles 
secrets de cette convention, dont Votre Majesté n'en avait communiqué qu'un seul à 
M. de Nivemois, tandis que, selon des avis sûrs et positifs qu'il avait reçus de 
Londres, il y en avait plusieurs autres qu'Elle avait cachés à ce ministre , 5 que, 
quelque grand et quelque sincère que fût donc le désir qu'avait sa cour de renouveler 
et même de resserrer les liens qui l'unissaient avec Votre Majesté, elle ne saurait 
cependant s'expliquer catégoriquement sur la proposition du renouvellement de son 
traité de l'année 1741, avant que Votre Majesté n'eût levé les doutes qu'il venait de 
m'exposer, et qu'Elle n'eût communiqué en entier à M. de Nivemois tous les articles 
séparés et secrets de la convention de neutralité passée entre Elle et l'Angleterre. 
A quoi , il ajouta qu'après les objections qu'il venait de me faire , il se bornerait à 
attendre la réponse de Votre Majesté, pour fixer ses idées et s'éclaircir si ce renou- 
vellement pourrait décemment avoir lieu dans la conjoncture présente, sans que cette 
démarche portât atteinte à la dignité et à la gloire des deux cours; qu'il m'avouerait 
franchement qu'étant convaincu, comme il l'avait toujours été, de l'extrême impor- 
tance dont il était pour sa cour d'être étroitement liée avec Votre Majesté, opinion 
dans laquelle son respect et son attachement pour Sa personne avaient beaucoup con- 
tribué à le fortifier, il était excessivement alarmé de tous les doutes qui se présen- 
taient à son esprit à l'occasion du renouvellement de ce traité; mais que ce qui lui 
servait de consolation dans l'incertitude où il se trouvait à cet égard, était le traité 
d'alliance défensive qui avait été conclu pour l'espace de dix ans entre Votre Majesté 
et la Suède en 1747, et auquel la France avait accédé 6 la même année, en prenant 
part à toutes les obligations y contenues; que, par le troisième article de ce traité, 
les parties contractantes s'étaient garanti toutes leurs possessions et États en Europe; 
que, par les articles quatre, cinq et six du même traité,? elles s'étaient engagées à se 
secourir mutuellement contre tous ceux qui voudraient attaquer ou envahir leurs États, 
et qu'elles avaient même fixé les contingents auxiliaires qui seraient fournis en pareil 

I Vergl. S. 16. — 2 Vergl. Bd. IV, 268. 269. — 3 Vergl. Bd. V, 194. — 
* Der vierte Artikel der Westminsterconvention, der in dem S. 15 und 16 abgedruckten 
Entwurf nicht erwähnt ist, lautet: „Le présent traité sera ratifié par Sa Majesté le 
roi de la Grande-Bretagne et par Sa Majesté le roi de Prusse et les lettres de rati- 
fication en bonne forme seront délivrées, de part et d'autre, dans le temps d'un mois, 
ou plus tôt, si faire se peut, du jour de la signature du présent traité." — s Vergl. 
S. 159. — 6 Vergl. Bd.V, 584; VI, 36. 499. — 7 Wenck, cod. iuris gentium II, 237. 238. 
Corresp. Friedr. H. XII. 1 1 



102 

cas; qu'il lui semblait donc que, tant que subsisterait un pareil traité entre Votre Ma- 
jesté et la France, l'harmonie qui régnait entre les deux cours, serait à l'abri de toute 
atteinte et ne courrait aucun risque d'être altérée; que, si une barrière aussi forte, 
cimentée par un traité solennel, élevée avec des formalités que tous les princes respec- 
taient, ne suffisait point pour repousser les efforts que la malignité des ennemis de la 
France pourrait tenter auprès de Votre Majesté , il serait difficile de lui en opposer 
de plus solides et inutile de chercher à les multiplier; que, tant que ce traité sub- 
sisterait, la France regarderait toujours Votre Majesté comme son allié, et que lui, 
personnellement, était si convaincu de la droiture de Ses intentions et si pénétré de 
respect pour Ses vertus qu'il ne craindrait jamais que pendant ce temps Elle prît 
des engagements avec l'Angleterre qui puissent être contraires en aucune façon à la 
religion de cette alliance ; que le second article de ce traité portait d'ailleurs en termes 
exprès que les parties contractantes déclareraient n'avoir nulles liaisons contraires à 
leurs intérêts communs et préjudiciables à l'esprit de l'alliance, et qu'elles promet- 
taient de se communiquer fidèlement et réciproquement tout ce qui pourrait influer 
sur leurs intérêts. 

Quant à ce qui concerne la négociation secrète relativement à laquelle je sup- 
pose que le ministère de France est en pourparlers avec la cour de Vienne , i je ne 
saurais imaginer qu'elle soit dirigée contre Votre Majesté, vu qu'une pareille négo- 
ciation serait trop contraire à l'équilibre que la France a constamment tâché jusqu'à 
présent de maintenir en Allemagne, afin d'y contre - balancer la prépondérance de la 
maison d'Autriche, à laquelle une étroite union entre Votre Majesté et la France 
peut seule servir de contre -poids . . . Mais je persiste toujours à croire qu'il y a 
réellement quelque chipotage secret entre les cours de Vienne et de France. Je crois 
cependant ne pas devoir laisser ignorer à Votre Majesté que M. Rouillé, avec lequel 
je me suis de nouveau entretenu sur ce sujet, m'a assuré le contraire d'une façon 
bien plus forte et bien plus positive qu'il ne l'avait fait la première fois que je pris 
occasion de le sonder relativement à ce soupçon."» 

Potsdam, 2 mars 1756. 

Les dépêches que vous m'avez faites du 20 et du 22 de ce mois, 
m'ont été fidèlement rendues. Pour ce qui regarde les observations 
que M. de Rouillé a pris la peine de faire sur ma convention de neu- 
tralité, j'espère que la dépêche qu'on vous a envoyée en dernier lieu 
par le courrier du duc de Nivemois,^ vous aura mis à même d'y ré- 
pondre suffisamment et de lui éclaircir tous ses doutes. 

Comme, d'ailleurs, le duc de Nivernois a été par un effet d'hasard 
présent chez moi , quand les cassettes où les originaux des ratifications 
de l'Angleterre sur notre convention étaient enfermées, me furent ren- 
dues , qu'on a ouvertes en sa présence , ^ et que je lui ai d'abord fait 
lire ces ratifications de mot en mot, où il n'a rien trouvé au delà de 
ce qu'on lui en avait déjà communiqué, et que d'ailleurs je lui ai fait 
voir toutes les relations , lettres et dépêches qui ont été expédiées pen- 
dant tout le cours de la négociation , 5 jusqu'aux moindres bagatelles, 
afin de le rassurer sur l'innocence de ce traité, je n'ai pu plus faire 
pour désabuser les ministres de France de toutes les suppositions 
imaginaires qu'ils se sont faites sur cette convention, et pour les 
guérir sur leurs soupçons, de sorte que, si malgré cela ils veulent 

ï Vergl. S. 149. — 2 Vergl. S. 141. — 3 Vergl. S. 136. — 4 In Sanssouci 
am 22, Februar. Vergl. S. 133. — 5 Vergl. S. 48 Anm. 2. 



i63 

eux-mêmes se forger des monstres pour les combattre, il n'y va plus 
de ma faute. 

De plus, j'ai expliqué en détail au duc de Nivernois' toutes mes 
raisons pourquoi mes intérêts demandent absolument de rester neutre 
pendant toute cette guerre présente entre la France et l'Angleterre, 
puisqu'elle ne m'affecte pas, et que je ne pourrais pas m'en mêler. Je 
lui ai expliqué , d'ailleurs , que , quand même ma convention faite avec 
l'Angleterre n'aurait jamais existé, le traité de Westminster, fait et 
connu à tout le monde depuis bien des années , aurait toujours sub- 
sisté ; * mais ce que vous pourrez dire aux ministres, c'est que ma con- 
vention ne saurait jamais m'obliger d'envoyer des troupes en Angleterre. 
La raison pourquoi le roi d'Angleterre a fait cette convention, est qu'il 
a bien vu qu'avec le corps des troupes de Russie stipulé dans son 
traité de subsides, ^ il aurait pu mettre en sûreté ses pays d'Hano- 
vre, mais comme il a été en appréhension que, par des troupes aussi 
barbares que celles-là, ses pays auraient été autant exposés que s'ils 
avaient été envahis par quelque guerre ouverte, il a préféré d'autres 
moyens ; ainsi, quand je serai sûr que les Français ne changeront point 
de système à mon égard, ils n'auront du tout quelque préjudice à ap- 
préhender de ma convention avec l'Angleterre, vu que, supposé qu'il 
arrivât que l'Angleterre me fît quelque réquisition, j'aurais toujours à 
répondre que, parceque mes engagements étaient d'avoir soin de la 
neutralité de l'Allemagne, je ne saurais point me défaire de mes troupes 
que j'avais besoin pour cet effet; réponse dont assurément lé roi d'Angle- 
terre se contentera toujours, ce dont les ministres de France se seront 
déjà aperçus en certaine façon, vu que, quand l'Angleterre, a fait en 
dernier lieu sa première réquisition auprès de ses alliés, elle n'en a 
fait qu'auprès de la répubUque de Hollande et auprès des Hessois, ♦ 
mais point à moi. Par conséquent, je ne connais aucun préjudice 
que ma convention peut faire à la France, à moins qu'elle n'ait des 
vues sur les États d'Hanovre; mais, dans ce cas-là, je ne saurais aussi 
arrêter les 60,000 Russes qui marcheraient au secours de ce pays-là, ^ 
ni ne saurais empêcher que la guerre ne devînt générale et que toute 
l'Allemagne ne fût entraînée dans les mêmes malheurs qu'elle le fut 
par la guerre de trente ans du siècle passé ; sur quoi , vous et les 
ministres de France saurez également juger que c'est absolument mon 
intérêt d'empêcher et que je ne saurais point avoir envie de faire de 
mon pays la nappe où les autres fissent la guerre, à l'exemple de ce 
qui arriva aux Saxons l'année de 1745. 

Voilà mes sentiments dont à présent je ne saurais pas changer, 
ni n'en changerai point, hormis le seul cas que le ministère de France 
voudrait changer de système, et, dans ce cas-là, vous pourrez bien vous 

I Vergl. Nr. 7214 S. 49. — 2 Vergl. S. 103. — 3 Vergl. Bd. XI, 387. — 
^ Vergl. Bd. XI, 227. — s Vergl. Bd. XI, 388. 

Il» 



164 

imaginer que je serai obligé à mon tour de prendre mes mesures, les 
Français m'en donnant eux-mêmes l'exemple. 

De tout ce que je vous ai dit ci-dessus , vous pénétrerez aisément 
que mes engagements pris avec l'Angleterre ne comprennent rien qui 
soit contraire à la France, mais, si le ministère trouve quelque répugnance 
de renouveler mon alliance et qu'il est du sentiment que notre traité 
avec la Suède serait suffisant, il faut bien que je m'y accommode, 
quoique ce traité avec la Suède ne regarde proprement que les affaires 
du Nord. Et qu'alors je serais parvenu par mon traité de neutralité 
dans cette situation où les puissances mercenaires de la France, savoir 
la Suède et le Danemark, ' sont, auxquelles la France ne demande pas 
même du secours. 

Au reste, quant aux avis qui entrent aux ministres de France des 
prétendus engagements secrets que je dois avoir contractés avec l'Angle- 
terre à la suite de ma convention, vous et les ministres encore pouvez 
aisément vous représenter que les Autrichiens et même les Anglais 
forgent de pareils avis et font toutes les insinuations possibles à cet 
égard, afin de parvenir par là à rompre toute liaison entre la France 
et moi; mais comme vous êtes, présentement et par la présente dé- 
pêche, aussi bien au fait de toutes les véritables circonstances, comme 
je le suis moi-même, vous saurez avec d'autant plus de fondement et 
de fermeté contredire hautement à tous ces faux bruits-là. 

Quant à ce qui regarde Madame de Pompadour, je ne veux point 
vous dissimuler que j'ai une grande répugnance encore de lui écrire 
directement comme vous me le proposez; mais, dans le cas que ce fût 
absolument nécessaire, il faudrait, avant que cette correspondance fût 
entamée, qu'elle me fît dire des propos, et moi après de même à elle» 
qui sauraient m'amener en après de lui écrire une lettre directement; 
sans cela, l'entreprise me paraît trop grossière. 

Au surplus , si d'ailleurs vous savez des idées dont vous croyez 
qu'elles sauraient contribuer à adoucir entièrement les ministres de 
France sur le sujet en question, vous n'aurez qu'à me les mander avec 
la plus grande sincérité. 

Je vous ai envoyé avec le courrier du duc de Nivernois les pro- 
positions que les ministres d'Angleterre m'ont confiées pour un accom- 
modement avec la France ;2 j'en présume, autant que vous, que les 
ministres de France ne les voudront accepter dans le moment présent, 
mais s'il y a aucune possibilité, vous emploierez tout au monde pour 
diriger cette affaire au point que le ministère laisse quelque porte ou- 
verte à tout événement, afin que je puisse être l'entremetteur pour les 
raccrocher ensemble, après que quelques hostihtés seront passées entre 
les deux parties belligérantes et que toutes les deux n'auront pas eu 
des avantages fort considérables l'une sur l'autre dans le courant de 

I Vergl. Bd. X, 303. 340. ~ 2 Vergl. Nr. 7303 S. 146. 



— i65 — 

cette année; car il faut bien alors qu'à la fin de cette année-ci elles se 
rapprochent; sans cela, la guerre deviendra absolument générale l'année 
qui vient, ce que je voudrais cependant très volontiers empêcher sur 
tout au monde, s'il est possible de l'éviter. 

Au reste, vous remercierez bien affectueusement de ma part M. de 
Rouillé du choix qu'il a bien voulu faire dans la personne du sieur de 
Valory pour l'envoyer relever ici le chevalier de La Touche ; ' au sujet 
de ce dernier vous direz cependant beaucoup de bien à M. de Rouillé 
et ferez son éloge tant à ce ministre qu'à la cour et en ville, comme 
■d'un très honnête homme, plein de bonne foi et qui a marqué toujours 
les meilleurs sentiments pour les intérêts de la France et de ses amis, 
€t d'ailleurs comme si j'avais eu toujours lieu d'être content et satis- 
fait de lui. ^ , 

Federic. 

Nach dem Concept. 



7318. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLING- 
GR^FFEN A VIENNE. 



IVlinggräffen berichtet, Wien 21 . Fe- 
bruar : „Le comte d'Aubeterre est toujours 
bien avec le comte Kaunitz. Il est si 
prévenu que je crois qu'une explication 
«ntre nous ne ferait que gâter les choses, a 
Il faudrait que sa cour lui donnât des 
•ordres sur la conduite qu'il doit tenir à 
mon égard. J'ai voulu faire une tentative 
pour le rectifier en ami, mais il ne m'a 
point donné d'autre réponse que de dire 
que la France n'avait rien à se reprocher, 
«t il a fini là et s'est retiré ... D'ail- 
leurs, il ne m'évite ni plus ni moins qu'il 
ne le fait à l'égard du sieur Keith . . . 
Toutes mes précédentes dépêches auront 
informé Votre Majesté avec combien de 
plausibilité je soupçonne et j'ai fait soup- 
■çonner au sieur Keith qu'il doit y avoir 
une négociation entre cette cour r ci et la 
France. 3 Mais, jusqu'à présent, on n'en 
devine pas encore le véritable but. Les 
apparences paraissent guerrières et même 
contre Votre Majesté. Les préparatifs ici 
se continuent, * quoique tout se fasse avec 
le plus grand secret possible ... Le 
dernier rapport qui m'est venu hier du 
commissariat général, porte qu'on com- 
mencerait bientôt à faire remplir les ma- 
gasins dont j'ai fait marquer les endroits, 



Potsdam, 2 mars 1756. 
J'ai reçu l'ordinaire dernier le 
rapport que vous m'avez fait du 
21 de février. Je vous sais gré 
des particularités bien intéressantes 
et instructives que vous avez bien 
voulu m'y marquer, ^ mais suis bien 
aise de vous faire observer que, 
par plusieurs indices, il me paraît 
qu'il ne soit pas encore bien proche 
que les cours de Versailles et de 
Vienne se rapprocheront ensemble; 
j'ai, d'ailleurs, de la peine à m'ima- 
giner que les Autrichiens voulussent 
d'abord former ces camps considé- 
rables dont vous m'avertissez, puisque 
cela serait fort déplacé encore et 
que je ne saurais pas tout- à-fait 
comprendre le but où ils en vise- 
raient dans le moment présent. 
J'observe, de plus, que de pareils 
campements, avec les gros maga- 
sins que vous dites qu'ils formeront 
en Moravie, demandent des sommes 



» Vergl. Nr. 7314. — 2 Vergl. S. 159. — 3 Vergl. S. 127. 139. 149. — 
^ Vergl. S. 122. — s Ueber den Inhalt des Berichtes Klinggräffen's vergl. auch 
Nr. 7319- 7328. 7329- 



i66 



€t que l'intention serait de les pousser 
pour une armée très considérable. Le 
rapport du conseil de guerre dit qu'on 
assemblerait un campement de troupes 
considérable en Moravie, et l'on nom- 
mera dans peu les régiments, ... et qu'il 
est certain . . . qu« tout ce qu'il faut à 
une armée qui marche en campagne, y 
doit être." 



très considérables, et qu'il faudrait 
de deux choses l'une, ou que la 
Reine - Impératrice tire de fortes 
sommes de quelque puissance étran- 
gère, ce qui n'est pas bien com- 
préhensible, ou qu'elle en ait amas- 
sées de longue main pour en 
pouvoir subvenir; vous m'avez 
cependant tant de fois assuré 
qu'elle n'avait pas encore amassé des fonds en trésor. Je serais donc 
bien aise que vous m'éclaircissiez cette contradiction apparente. 

Pour moi, je présume que la France ne voudra pas se trop presser 
pour se rapprocher avec la cour de Vienne et prendre des liaisons avec 
elle, qui ne sont pas trop bien naturelles et qui gêneraient extrêmement 
la France, hormis dans le cas que la guerre par mer contre l'Angleterre 
n'aurait point de succès et fût désavantageuse pour la France et qu'elle 
voudrait prendre alors sa revanche sur les États d'Hanovre et que cela 
mènerait la France à se lier avec la cour de Vienne, pour que celle-ci 
laissât agir librement l'autre contre l'Hanovre et me tiendrait en même 
temps en échec par quelque corps considérable qu'elle assemblerait aux 
confins , afin de m'empêcher par là que je ne saurais m'acquitter de 
mes engagements pris avec le roi d'Angleterre par notre convention de 
neutraUté. Cependant, comme tout ceci ne sont que de simples con- 
jectures, elles ne doivent vous point empêcher à poursuivre vos per- 
quisitions et à veiller de votre mieux sur tous les arrangements que la 
cour où vous êtes fait, afin de m'instruire avec toute l'exactitude ima- 
ginable sur tout ce que vous en apprendrez. 

Comme vous me marquez que cette cour a dépêché un courri 
en Angleterre, apparemment pour expliquer ses sentiments sur la con- 
vention de neutralité, je crois qu'au moins aidé par le sieur Keith, vous 
serez présentement à même de pouvoir me marquer quelque chose de 
la véritable façon [de penser] de la cour susdite sur ma convention 
contractée avec l'Angleterre. 

Pour ce qui regarde le comte d'Aubeterre, ma volonté est que 
vous devez employer tous vos soins pour le raccrocher, et que vous ne 
devez point l'éviter, mais continuer à vivre plutôt avec lui sur le même 
pied que ci-devant, à moins qu'il ne vous le refuse absolument, ce que 
je ne saurais croire. 

Parceque j'ai trouvé les raisons que vous alléguez, valables pour 
avoir toujours prêts chez vous les mille écus destinés à certain usage, 
pour pouvoir vous en servir au juste temps, ^ j'ai fait ordonner au ban- 
quier Splitgerber afin qu'il vous envoie par cet ordinaire une lettre de 
change ou bonne assignation pour mille écus que vous saurez d'abor 

I Vergl. S. 122. 



la 

À 



i67 



tirer à Vienne et n'avoir plus besoin d'en écrire à Neisse. Ce dont 
j'ai bien voulu vous avertir, en accusant, au surplus, l'exprès que je 
vous ai dépêché d'ici samedi dernier,' et dont j'espère qu'il vous sera 
bien parvenu. 

Nach dem Concept. 



Federic. 



AU SECRÉTAIRE MICHELL A LONDRES. 

Potsdam, 2 mars 1756. 
J'ai reçu votre rapport du 17 
février, dont j'ai été assez satisfait 
par les particularités intéressantes 
que j'en ai apprises; mais comme 
il ne comprend pas encore tout ce 
que je désire de savoir de vous, 
j'attends à présent vos nouvelles 
sur la réponse que milord Holder- 
nesse vous aura donnée aux diffé- 
rentes questions que je vous ai 
chargé de lui faire par mes dé- 
pêches antérieures, 3 par rapport à 
la situation où l'Angleterre se trouve 
actuellement vis-à-vis de la Russie, 
et touchant les mesures que la cour 
de Londres prendra dans le cas 
que celle de Vienne prendrait le 
parti de se lier d'une façon ou 
d'autre avec la France. J'attends 
les explications que le susdit lord 
vous donnera là-dessus, avec d'au- 
tant plus d'empressement que je 
veux bien vous dire pour votre 
direction que les soupçons d'une négociation secrète entre les cours de 
Vienne et de France augmentent de plus en plus, que les longues et 
fréquentes conférences entre le sieur Rouillé et le comte de Starhemberg 
vont grand train et qu'on vient de m'apprendre* qu'il est arrivé à 
Vienne un courrier dudit comte de Starhemberg et qu'on en a d'abord 
dépêché un de là à Paris, après avoir envoyé un autre à Pétersbourg; 
que d'ailleurs le ministre de France à Vienne, le comte d'Aubeterre, 
était toujours bien avec le comte de Kaunitz, et que la voix générale 
à Vienne commençait à porter que cette cour -là irait se lier avec la 
France. 

I 28. Februar. Vergl. Nr. 7306. — 2 Vergl. Nr. 7239 S. 75. — 3 Vergl. 
Nr. 7286 S. 131; Nr. 7299 S. 144; Nr. 7308 S. 152. — ■* Bericht Klinggräflfen's, 
Wien 21. Februar. Vergl. Nr. 7318. 



7319 

Michell berichtet, London 17. Fe- 
bruar, auf den Erlass vom 3. Februar: 2 
„Ce gouvernement - ci n'aurait pas hésité 
un moment de payer les subsides de 
guerre à la Russie et de faire mettre en 
mouvement les troupes russes , pour peu 
que l'on eût été certain que les Français 
avaient envie d'envahir l'électorat d'Ha- 
novre; la résolution en était si bien 
prise et les cours de Pétersbourg et de 
Vienne y comptaient si fort que c'est 
là aujourd'hui le motif pour lequel on est 
fort curieux et même un peu inquiet d'ap- 
prendre de quelle façon ces deux cours-là 
auront pris le traité signé avec Votre Ma- 
jesté, qui empêche la susdite marche, 
épargne le subside de guerre et coupe la 
racine à toutes les vues que ces deux 
cours-là pouvaient avoir formées de pêcher 
dans l'eau trouble. Il y a, d'ailleurs, un 
autre motif qui porterait ces gens- ci à 
payer les subsides de guerre à la Russie, 
et c'est au cas que les Suédois vinssent à 
prendre fait et cause pour la France et 
s'engageassent à lui fournir des secours 
considérables pour attaquer ce royaume-ci." 



- — - i68 

Comme j'apprends encore qu'il en est parti là en dernier lieu un 

courrier pour l'Angleterre, qui apparemment y portera les explications 

de la susdite cour sur ma convention faite avec l'Angleterre, vous devez 

tâx:her de votre mieux afin d'en être précisément informé, pour m'in- 

struire [avec toute l'exactitude possible là-dessus et sur la façon dont laj 

cour de Vienne pense sur notre convention. ^ , 

Fe de ne. 

Nach dem Concept. 

7320. AU CONSEILLER PRIVÉ VON DER HELLEN A LA HAYE.j 

Potsdam, 2 mars 1756. 

J'ai reçu le rapport que vous m'avez fait du 24 de février, dont] 
j'ai été bien satisfait par les nouvelles intéressantes qu'il comprend, * et] 
que vous continuerez de me marquer avec toute l'exactitude dont! 
vous serez capable, surtout dans une conjoncture aussi critique que la- 
présente. 

Au surplus, dès que vous trouverez l'occasion de vous entretenir 
seul et confidemment avec le ministre d'Angleterre, le sieur Yorke, sur 
les affaires présentes, vous devez lui insinuer d'une manière à lui faire] 
impression, quoique point ministériellement, mais comme de votre proprej 
mouvement, que, pourvu que l'Angleterre ne prendrait pas garde à conser-j 
ver ses alliés, la France lui enlèverait un allié après l'autre ; qu'apparem-j 
ment le cas existait déjà avec la cour de Vienne, qui était actuellement 
en négociation avec la France, et qu'il n'était pas impossible qu'aussi] 
la République se laisserait ébranler par la dernière, à moins que l'Angle- 
terre n'y porterait toute l'attention possible. Je vous recommande, enî 
attendant, le plus grand secret sur ceci et que vous n'en fassiez ensuite] 

votre rapport qu'à moi seul et immédiatement. ^ , 

Federic. 

Nach dem Concept. 

7321. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE H^ESELER^ 

A COPENHAGUE. 

Potsdam, 2 mars 1756. 

J'ai reçu vos rapports du 21 et du 24 de février. Je suis bienj 

satisfait de la manière dont vous vous êtes acquitté de mes ordres "1 

touchant ma convention de neutralité contractée avec l'Angleterre, et] 

mon intention est que vous devez continuer à en parler partout où il] 

le conviendra, comme d'une chose la plus innocente et qui ne portait! 

préjudice à aucun, mais n'avait pour but que ma sûreté et cellej 

de la paix et de la tranquillité de l'Allemagne dans la conjoncture] 

présente. t- j 

^ Federic. 

Nach dem Concept. 

I Mittheilungen über die Unterhandlungen des englischen und des französischea! 
Gesandten mit den Generalstaaten. Vergl. S. 158. 180. — 2 Vergl. S. 59. 88. 



169 

732 2. AU PRINCE DE PRUSSE A BERLIN. 

[Potsdam], 2 [mars 1756]. 
Mon cher Frère. Vous me faites trembler en m' annonçant la 
comète,' je crois que cet astre, tant prédit, apparaîtra ici dans la per- 
sonne du gros Valory, qui doit arriver. ^ Autrefois, les comètes prédi- 
saient les tremblements de terre, les guerres et les calamités ; à présent, 
c'est le rebours, et ce sont ces fléaux qui ont fait penser à quelques 
fols d'astrologues que nous pourrions voir venir un astre qui par son 
influence avait occasionné tous les malheurs qui l'ont précédé. Je vous 
embrasse, mon cher frère, de tout mon cœur, vous priant d'ajouter foi 
aux sentiments de tendresse avec lesquels je suis votre fidèle frère et 

serviteur 

Federic. 

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig. 



AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 



7323 

xodewils berichtet, Berlin 3. März: 
„Le chevalier de La Touche m'a fait 
connaître qu'il serait bien aise, si Votre 
Majesté voulait agréer qu'il puisse avoir 
l'honneur de prendre son audience de 
congé auprès d' Elle, 3 quand Elle Se 
rendra ici, puisque, le duc de Nivernois 
se trouvant encore ici, il croit qu'il n'au- 
rait pas besoin d'attendre l'arrivée du 
marquis de Valory pour partir, le comte 
d'Argenson , ministre du département de 
la guerre, l'ayant averti de se rendre au 
plus tôt à l'endroit de sa destination, 
qui sera dans l'armée qui est sous les 
ordres du maréchal de Belle-Isle." 

Mündliche Resolution. Nach Aufzeichnung des Cabinetssecretärs. 



Potsdam, 4. März 1756. 
Ich komme morgen Vormit- 
tag nach Berlin, da kann alsdenn 
der Chevalier de La Touche sich 
congediiren, und wird er inzwischen 
wohl das Abschiedspräsent für ihn 
fertig haben.* 



7324. AN DEN GROSSKANZLER VON JARIGES IN BERLIN. 

Jariges berichtet, Berlin 5. März ; [März 1756.] 

1756: ,,Ew. Königl. Majestät berichte 
ich allerunterthänigst , dass Dero Befehl 
zufolge ich die 256,034 Thaler, welche 
wegen der auf Schlesien hypothecirt ge- 
wesenen Schulden den 14. August 1753 
beim Kammergericht deponirt worden , 5 
den hiezu von dem Minister von Boden 
ernannten Geheimen Käthen Koppen und 



I Vergl. S. 91. 
5 Vergl. Bd. X, 39. 



2 Vergl. S. 165. — 3 Vergl. S. 157. — ^ Vergl. S. 158. — 



I/o 

Fäsch heute auszahlen lassen, i und die j 
von diesen Geldern dem Kaufmann Split- j C* an? p-ut 

gerber vorgeschossene 80,000 Thaler zu- ; ^ 

gleich restituiret worden." 

Nach der eigenhändigen Aufzeichnung am Rande des Berichtes. 



Frideri ch. 



7325. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE 
KNYPHAUSEN A PARIS. 



Ixnyphausen berichtet, Paris 23. 
Februar, dass die Einwirkung der Marquise 
von Pompadour auf den König und die 
Regierung auch nach ihrer Ernennung 
zur Palastdame der Königin unverändert 
fortdauere. 2 Le Roi „la voit non seule- 
ment avec la même assiduité et aux 
mêmes heures que ci - devant , mais les 
ministres continuent aussi de lui marquer 
les mêmes égards." 

Bezüglich der von Seiten Frank- 
reichs beabsichtigten Landungen in Eng- 
land und Minorka3 meldet Knyphausen: 
Le ministère est , , alarmé de la nouvelle 
qui commence à se répandre du dessein 
qu'on attribue au roi de la Grande- 
Bretagne de vouloir faire passer un corps 
de troupes allemandes dans les îles bri- 
tanniques, qui, à ce que l'on prétend 
savoir, sera composé de Hessois et de 
Hanovriens ... Il transpire . . . que les 
Anglais ont déjà rassemblé un nombre 
assez considérable de vaisseaux à Port- 
Mahon, pour défendre l'entrée de ce 
port et garder les côtes de l'île de Mi- 
norque. ' ' 



Potsdam, 6 mars 1756. 
J'ai reçu le rapport que vous 
m'avez fait du 23 de février. Bien 
que les particularités que vous m'y 
avez marquées, m'aient été bien in- 
téressantes , celles que j'attends 
encore d'apprendre de vous, me 
le seront plus encore, savoir si 
vous avez parlé à Madame de 
Pompadour et si tout ce que vous 
lui avez dit en conséquence de 
mes ordres,"* aura fait impression 
sur elle, et si vous avez bien péné- 
tré ses sentiments et sa façon de 
penser sur la conjoncture présente. 

J'aurais d'ailleurs souhaité que 
vous vous fussiez expliqué plus 
clairement sur l'article où vous dites 
que les différents indices par rap- 
port aux arrangements que les 
Anglais avaient pris pour prévenir 
les projets de quelque descente 
dans les possessions de la Grande- 
Bretagne, et que le ministère de 
France n'avait pas prévus, pour- 
raient apporter un changement total dans les plans d'opération qu'il 
avait formés, en obligeant la cour de France à prendre des mesures 
qui communiqueront infailliblement au continent de l'Europe les étin- 
celles d'une guerre. Comme je ne comprends pas ce que vous enten- 
dez par ces mesures qui communiqueront la guerre au continent de 
l'Europe, puisque je n'en connais aucune autre si ce n'est que la France 
attaquât les Pays-Bas ou l'Hanovre, vous devez vous expUquer tout 
clairement là -dessus et sans réserve, par la première dépêche que vous 
me ferez, [sur] ce que vous en avez entendu. 



I Vergl. S. 157. — 2 Vergl. S. 140. 160. — 3 Vergl. S. ii 
Nr. 7258 S. 98. 



— 4 Vergl. 



171 



Au surplus, mes soupçons continuent qu'il y a des chipotages 
entre les cours de Vienne et de Versailles; ils augmentent par mes 
lettres de Vienne, ' où il vient et va des courriers entre les deux cours. 
Je suppose qu'il saurait bien s'y agir d'une neutralité des Pays-Bas, et 
que la cour de Vienne ne mettrait point d'empêchement, si celle de 
France trouvait convenable d'entreprendre une attaque sur l'Hanovre, et 
que les Autrichiens assemblassent un corps de troupes sur mes fron- 
tières de Silésie, afin de me tenir par là en échec, pour ne point pou- 
voir m'opposer en force contre l'entreprise sur l'Hanovre. Quoique je 
ne vous donne tout ceci que pour de simples conjectures, elles vous 
serviront cependant de direction, pour que vous employiez toute votre 
adresse et votre savoir-faire afin de les approfondir et ne pas vous 
laisser amuser ni faire illusion par les apparences; aussi, pour pénétrer 
au fond, je crois que vous sauriez vous servir fort utilement de certain 
homme que je ne veux pas vous nommer ici, mais que vous connais- 
sez assez, pour avoir beaucoup de connaissance des affaires du cabinet 
de France. ^ 

Nach dem Concept. 



Federic. 



7326. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLING- 
GR.^FFEN A VIENNE. 



K.linggräffen berichtet , Wien 25. 
Februar: „Il va et vient des courriers 
entre cette cour -ci et celle de Paris. Je 
sais que le comte d'Aubeterre en attend 
un, tous les jours, de retour qu'il avait 
dépêché le 4 de ce mois. Je crois qu'on 
ne peut encore trop se reposer sur le 
ministère de France , quand même il té- 
moignerait de la douceur; car je suppose 
avec bien de la vraisemblance qu'il sub- 
siste une négociation entre les deu:i cours, 
mais jusqu'à présent on ne peut encore 
savoir quel en est véritablement l'objet; 
car il faudra aussi pressentir le sentiment 
de la Russie , avant que cette cour - ci 
puisse arrêter un plan fixe ... Le comte 
Kaunitz que l'on qualifie de français , et 
qui n'est point aimé en général, mène si 
bien l'Impératrice -Reine qu'il en fait ce 
qu'il veut dans ces circonstances - ci . . . 
[On prétend] que les camps 3 ne seront 
pas si considérables et que ce ne sera, 
selon toutes les apparences , que pour 
exercer. Cela se peut, mais je crois qu'il 
est toujours bon de ne point s'y fier." 4 



Potsdam, 6 mars 1756. 

Votre rapport du 25 de fé- 
vrier m'a été bien rendu. J'en ai 
été assez satisfait et de tout ce 
qu'il comprend; mais ce que je 
souhaite plus encore, c'est que vous 
sachiez être bientôt à même de 
m'instruire exactement sur ce qui 
fait à présent le principal objet de 
mon attention , savoir de quelle 
façon la cour où vous êtes pense 
sur ma convention de neutralité, et 
le parti auquel elle se décidera. 
Je présume que, pourvu que vous 
et le sieur de Keith vous don- 
niez les peines qu'il faut pour vous 
en éclaircir, il ne saurait guère 
manquer que vous ne le soyez 
bientôt. 

Vous faites très bien, au reste, 
de ne vous point fier aux appa- 



I Bericht Klinggräffen's , Wien 25. Februar, Vergl. Nr. 7326. — a Wahr- 
scheinlich Bussy. Vergl. Bd. X, 530. — 3 Vergl. S. 166. — 4 Vergl. über Kling- 
gräffen's Bericht auch Nr. 7325 und 7328. 



1/2 

rences de tout ce qui regarde les arrangements militaires de la cour où 

vous êtes, mais d'y être attentif au possible, afin de savoir ce que 

l'on prépare actuellement. „ , 

Federic. 

Nach dem Concept. 



7327. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE MALTZAHN 

A DRESDE. 

Potsdam, 6 mars 1756. 

J'ai reçu votre rapport du 27 de février, duquel j'ai eu tout lieu 
d'être satisfait, par les nouvelles bien instructives que vous m'y mar- 
quez et qui pourront me servir de direction sur plusieurs choses.^ Du 
reste, comme je n'ai aucune nouvelle instruction à vous donner, je finis 
cette fois en vous recommandant du mieux de continuer à me donner 
des nouvelles sur tout ce qui regarde les conjonctures présentes. 

Nach dem Concept. F e d e r i C. 

7328. AU SECRÉTAIRE MICHELL A LONDRES. 

Potsdam, 6 mars 1756. 
Le rapport que vous m'avez fait du 20 de février, m'a été rendu. 
Je vous ai déjà informé par mes précédentes lettres des avis qui me 
sont parvenus d'un chipotage secret entre la France et la cour de 
Vienne , et de ce que , selon toutes les apparences , la dernière voudra 
chercher de détacher la Russie de l'Angleterre et de l'entraîner dans 
son parti, afin que vous en avertissiez milord Holdernesse. ^ A présent, 
je veux bien que vous parliez encore à ce ministre, pour lui dire con- 
fidemment de ma part que j'avais eu de bons avis que non seulement 
la cour de Vienne avait dépêché un courrier à Pétersbourg , ^ mais 
qu'elle avait résolu d'y renvoyer le général Pretlack, qui a eu ordre de 
se tenir prêt à ce voyage.'^ Vous ajouterez que je venais d'être in- 
formé par des lettres de la plus fraîche date^ que l'impératrice de 
Russie n'avait point encore ratifié le traité de subsides avec l'Angle- 
terre, malgré tous les mouvements que le chevalier Williams s'était don- 
nés, et la mauvaise humeur qu'il en avait marquée et sur les irrésolu- 
tions de l'Impératrice, et que tout avait été sans succès ; qu'il paraissait 
même, par quelques discours qui étaient échappés à la Czarine envers 
ses confidents, qu'elle hésiterait longtemps, avant que de signer sa rati- 
fication, et qu'en partie les scrupules ne lui provenaient que de ce 
qu'on avait inséré à Londres dans les gazettes avant la ratification tout 

I Der Inhalt des Berichtes von Maltzahn ist im Wesentlichen in dem Erlass 
an Michell (Nr. 7328) wiedergegeben. — a Vergl. S. 131. 144. 152. 167. — 
3 Bericht Klinggräffen's, Wien 19. Februar. — 4 Bericht Klinggräffen's, Wien 25. Fe- 
bruar. — 5 Bericht Maltzahn' s , Dresden 27, Februar, auf Grund eines Berichtes 
Funcke's an Brühl, Petersburg 26. Januar. 



173 

le traité, ce qui avait donné lieu à quelques courtisans de critiquer les 
démarches du ministère russien et de faire parvenir ses commentaires 
frivoles à l'Impératrice. 

Vous continuerez par dire à milord Holdernesse que je croyais 
ainsi que le ministère anglais n'aurait plus un moment à perdre pour 
prendre ses mesures , afin que , si la Reine - Impératrice lui échappait, 
celle-ci ne sût pas entraîner aussi la Russie, vu qu'alors la partie 
deviendrait trop forte contre nous et la balance emportée, de sorte que, 
selon moi, le susdit ministère aurait à employer toute sa vigilance pour 
faire échouer des projets aussi embarrassants que pernicieux; que 
c'étaient mes idées et que j'estimais d'ailleurs que, supposé que l'Im- 
pératrice ne voulût du tout ratifier le traité de subsides, qu'il faudrait 
nonobstant cela que le ministère anglais employât tout pour empêcher 
au moins que la Russie ne s'engageât avec la cour de Vienne. Qu'au 
reste on disait à présent tout publiquement à Vienne que la Reine- 
Impératrice prendrait des liaisons avec la France. ' 

Il y a trois jours qu'un courrier anglais est venu passer ici pour 
aller en Angleterre; j'ai bien voulu vous en avertir, afin que vous 
mettiez tout en oeuvre pour savoir le contenu des dépêches qu'il y aura 
apportées, afin de m'en informer exactement au plus tôt possible. 

Nach dem Concept. F e d e r i C 



7329. AU CONSEILLER PRIVÉ VON DER HELLEN A LA HAYE. 

Potsdam, 6 mars 1756. 

J'ai bien reçu votre rapport du 27 de février. Étant averti de 
bonne main^ que la cour de Vienne a dépêché depuis peu un courrier 
portant des instructions au comte CoUoredo à Londres, qui apparem- 
ment seront relatives à ma convention de neutralité faite avec l'Angle- 
terre et dont apparemment transpirera bientôt quelque chose à la Haye 
par rapport à la façon dont ladite cour se sera expliquée sur ce sujet, 
vous devez employer tous vos soins et votre habileté pour en être in- 
formé, afin de m'en faire part le plus tôt mieux que vous saurez, avec 
toute l'exactitude possible. 

J'ai appris d'ailleurs ^ que le courrier que la cour de Londres avait 
dépêché au sieur Williams à Pétersbourg pour lui porter la nouvelle de 
ma convention susdite, y était arrivé le 15 de février, et qu'il n'y a 
nullement à douter que le sieur Swart n'en aurait d'abord informé ses 
maîtres ou au moins le sieur Fagel, en marquant en même temps la 
manière dont la cour de Pétersbourg a envisagé cette nouvelle et ce 
qu'elle en aura senti. Vous devez tâcher au possible d'en être instruit, 

I Bericht Klinggräffen's, Wien 21. Februar. Vergl. Nr. 7318. — 2 Bericht 
Klinggräffen's, Wien 21. Februar. Vergl. Nr. 7318. — 3 Durch einen intercipirten 
Bericht Swart' s an Fagel, Petersburg 17. Februar. 



174 



pour pouvoir m'en faire votre rapport. Enfin, comme il m'intéresse 
d'être au fait de la façon dont les deux cours impériales pensent au 
sujet de ma nouvelle convention, vous emploierez tout votre savoir- 
faire afin de m'en donner des éclaircissements, et observerez bien de 
quelle manière les ministres des deux cours impériales à vos lieux s'en 
expliquent; à quel sujet je crois que vous saurez tirer de bonnes lu- 
mières par la comtesse de Golowkin^ et que vous saurez même en ap- 
prendre quelque chose par le sieur Yorke, puisque je viens d'apprendre 
qu'il est passé avant -hier par Berlin un courrier que le sieur Williams 
a renvoyé de Pétersbourg à sa cour. 

Nach dem Concept. 



Federic. 



7330. AU CAPITAINE MARQUIS DE VARENNE A MARSEILLE. 

Potsdam, 6 mars 1756. 
J'ai vu avec bien du mécontentement par votre lettre du 15 de^ 
février que vous vous amusiez encore en France, sans continuer votr€ 
chemin pour vous rendre à Smyrne. = Tous ces scrupules recherche 
et ces délais affectés que vous faites apercevoir, me déplaisent infiniJ 
ment et peuvent causer un préjudice irréparable à mon service. Il 
aurait convenu que, dès que vous étiez informé qu'il n'y avait nulle 
occasion de partir directement de Marseille à Smyrne, vous eussiez pris 
vos mesures pour chercher d'autres ports pour continuer votre route. 
Vous deviez songer que je ne suis pas à même de vous l' indiquer; 
d'ici. La correspondance que vous multipliez sans aucune raison pres^ 
santé, fera à la fin trahir votre chiffre et vos instructions. Il est à voug 
de choisir telle route pour arriver à Smyrne que vous trouverez la plus 
sûre et la plus convenable, mais il ne vous convient pas d'altérer votre] 
instruction au point d'aller à Constantinople au Heu de Smyrne, ^ et 
faut que vous vous régliez exactement sur vos instructions. Que cela 
vous soit dit une fois pour toutes, et que vous ne tardiez plus de quitte! 
les agréments de la France pour vous mettre en route , afin d'arrivé^ 
bientôt à Smyrne et réparer par la diligence que vous y ferez, le toi 
notable que vous avez déjà fait à mon service. 

Nach dem Concept. 



Federic. 



7331. AN DAS DEPARTEMENT DER AUSWÄRTIGEN AFFAIRENI 



1 odewils und Finckenstein über- 
reichen , Berlin 5. März , ein Schreiben 
des Markgrafen von Ansbach [d. d. Onolz- 
bach , 18. Februar] : ,,à la suite de la- 
quelle il communique [à Votre Majesté] 
non seulement la copie du traité de sub- 



Potsdam, 6. März 1756. 

Das seind alles Défaites , s(j 

Mich nicht contentiren ; nach denei 

Familien - Pactis hätte es sich ge 

bühret, Mir von dem Tractat, eh^ 



Vergl. S. 138. — 2 Vergl. S. 85. — 3 Vergl. Bd. XI, 421. 



175 



sides conclu à Hanovre dans le mois de 
septembre de l'année passé, i mais il fait 
aussi ses excuses sur ce retardement, 
ajoutant qu'il en aurait fait sans doute 
plus tôt la communication, si d'un côté 
Sa Majesté Britannique n'avait point sou- 
haité que l'affaire restât secrète , pour ne 
point irriter la France, et que d'un autre 
côté le Margrave , ayant eu quelque ou- 
verture de la première insinuation faite l'été 
passé par milord Holdemesse à Brunsvsrick 
sur le grand objet du traité de neutralité 
que Votre Majesté vient de conclure avec 
Sa Majesté Britannique , avait cru pou- 
voir accepter d'autant plus les proposi- 
tions qui lui furent faites de la part de 
la cour d'Hanovre d'un traité de sub- 
sides, dont le contenu faisait voir que le 
Margrave n'était nullement entré en des 
liaisons contraires aux vues et aux inté- 
rêts de Votre Majesté ... Il dépend 
donc du bon plaisir de Votre Majesté si 
Elle veut bien pardonner au Margrave ce 
retardement ... et lui accorder de nou- 
veau Sa protection et Son assistance, 
surtout à la cour palatine, pour faciliter 
un accommodement dans l'affaire de la 
succession dans le comté de Sayn . . . 
pour procurer une possession paisible de 
ladite comté à la maison des margraves 
d'Anspach." 

Mündliche Resolution. Nach Aufzeichnung 



er geschlossen worden, Nachricht 
zu geben , ^ solches aber ist weder 
vor- noch nachher geschehen. Zu 
der Zeit, da dieser Tractat ge- 
machet worden, hat weder Milord 
Holdemesse noch sonst jemand 
gegen Mich von einiger Neutralité 
und deshalb zu schUessender Con- 
vention etwas erwähnen , noch 
daran denken können, und wenn 
je dermalen etwas von dergleichen 
Absichten dem Markgrafen bekannt 
geworden, so wäre es um so freund- 
vetterlicher und denen Familien- 
Pacten conform gewesen, wenn er 
Mir davon vertraute Nachricht ge- 
geben. Ich kann also, da Ich von 
ihm so negligiret worden bin. Mich 
auch jetzo seiner Sachen nicht an- 
nehmen. 



des Cabinetssecretärs. 



AU MINISTRE D'ÉTAT COMTE DE PODEWILS A BERLIN. 



7332 

i odewils überreicht, Berlin 7. März, 
ein „Projet d'un nouveau traité d'alliance 
entre Sa Majesté le roi de Prusse et Sa 
Majesté Très Chrétienne" ; 3 der fünfte 
Artikel desselben lautet : 

„Cependant, comme les troubles pré- 
sentes qui se sont élevés entre Sa Ma- 
jesté Très Chrétienne et Sa Majesté Bri- 
tannique au sujet de leurs différends en 
Amérique, ne regardent point les posses- 
sions de l'une et de l'autre dans le conti- 
nent de l'Europe, le présent traité défen- 
sif et de garantie réciproque, entre Sa 
Majesté le roi de Prusse et Sa Majesté 
le Roi Très Chrétien, de leurs États et 
possessions respectives en Europe ne 



Potsdam, 7 mars 1756. 
J'ai reçu votre lettre du 5 de 
ce mois et vous remercie de l'at- 
tention que vous avez bien voulu 
me marquer, en préparant d'avance 
le projet d'un nouveau traité d'al- 
liance défensive à faire entre moi 
et la France; au sujet duquel je 
vous dirai que, quant au projet 
même, que je vous renvoie ci- 
clos , vous le conserverez auprès 
de vous, jusqu'à ce que le moment 
arrive où l'on en saura faire usage. 



1 Vergl. Bd. XI, 472. — » Vergl. Bd. XI, 391. — 3 Vergl. S. 160. 



176 



doit s'étendre à la querelle présente entre : Pour ce qui regarde le projet, 

Sadite Majesté Très Chrétienne et Bri- : j^ ^^ g^^j.^-^ ^^^^ dissimuler 

tannique , ni aux suites quelle pourra ! ,, . , . . 

avoir avec le temps." 1 ^^^ 1 article 5 me parait être conçu 

; trop équivoque, et même préjudi- 
1 ciable à moi plutôt qu'à la France. 
C'est pourquoi il faudra que vous l'examiniez avec bien de l'attention 
et que vous pesiez exactement tous les termes de cet article, afin de 
voir si les stipulations y comprises sauraient être préjudiciables ou non 
à mes intérêts. 

Au surplus, je doute fort jusqu'ici que la France veuille entamer 
telle négociation, vu que, si elle l'eût voulu, elle l'aurait d'abord fait, 
au lieu que jusqu'à présent elle n'a fait que demander mille explica- 
tions frivoles,^ apparemment pour gagner le temps de faire ses affaires 
avec la cour de Vienne, qui de sa part ne saurait se déterminer à rien 
de positif, avant que de n'avoir pris ses concerts avec la Russie. Et 
sur ce, je prie Dieu etc. 

Nach der Ausfertigung. 



F e d e r i c' 



AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 



Potsdam, 8. März 1756. 
Wenn es erst so weit kommen 
wird, dass wir zu einer Négocia- 
tion von Renouvellirung der Al- 
liance gelangen, dann wollen wir 
sehen, was zu thun sein wird. 



7333 

1 odewils, berichtet, Berlin 7. März, 
auf die Bedenken des Königs gegen die 
Fassung des fünften Artikels des von ihm ein- 
gereichten Projectes zu einer neuen Allianz 
mit Frankreich. 2 Der Zweck desselben sei, 
die Theilnahme Preussens an dem gegen- 
wärtigen Kriege auszuschliessen. ,,Je ne 
comprends donc pas, si j'ose le dire, 
comment cet article, qui ne parle que 
de la guerre actuelle entre la France et 
l'Angleterre , pourra être regardé comme 
équivoque, ou préjudiciable même aux 
intérêts de Votre Majesté, supposant, 
comme je fais toujours, qu'EUe ne veut 
Se mêler, non plus que les autres alliés 
de la France, de la guerre présente entre 
cette couronne et l'Angleterre; puisque, 
sans cela, la première pourra sans cette 
exception toujours sommer avec le temps 
Votre Majesté de l'assister en vertu de 
ce renouvellement d'alliance, dans des cas 
qu'on ne peut pas prévoir , tant que la 
présente querelle dure. Cependant, si le 
passage soulignés de l'article 5 peut 
déplaire à Votre Majesté, quoique, selon 
moi, fort nécessaire, à cause des suites 
que la présente guerre pourra avoir, on 

1 Vergl. S. 159 — 162. — 2 Vergl. Nr. 7332. — 3 Die Schlussworte ,,ni aux 
suites qu'elle pourra avoir avec le temps," 



177 

pourra le biffer ou changer en son temps 
tout l'article 5, comme Votre Majesté le 
trouvera à propos." 

Mündliche Resolution. Nach Aufzeichnung des Cabinetssecretars. 



7334. AN DEN ETATSMINISTER GRAF GOTTER IN BERLIN. 

Potsdam, 9. März 1756. 
Die Ursache, warum Ich zeithero den unter dem 4. dieses an Mich 
erstatteten Bericht, die von des Fürsten von Sondershausen Liebden 
nunmehro resolvirte Ueberlassung des schwarzburgschen Regiments [be- 
treffend], noch nicht beantwortet und Euch darauf mit Resolution ver- 
sehen habe, ist, dass Ich nothwendig zuforderst Meine Arrangements 
wegen Uebernehmung und Verpflegung dieser Leute machen müssen. 
Wannenhero Ich Euch dann nunmehro Meine Resolution deshalb dahin 
bekannt mache, dass Ich gedachtes Regiment nach der Mir communi- 
cirten Liste off"erirtermaassen annehmen und vom i. des instehenden 
Monats April übernehmen will. Wornach Ihr also Eurem Correspon- 
denten, dem Geheimen Rath von Hertenberg, weiter schreiben und 
das erforderliche Concert deshalb mit ihm nehmen , auch Mir alsdann 
den Finalentschluss gedachtes Fürsten Liebden melden könnet, damit 
Ich sodann die erforderliche Veranstaltung zu Uebernehmung des Regi- 
ments um solche Zeit machen kann. Hiernächst aber recommandire 
Ich Euch bestens , darauf zu insistiren und es dahin einzuleiten , dass 
die ohnangenehme und Mir anstössige Condition wegen Aufhebung 
aller Meiner Werbung in dortigem Lande, aus denen Euch vorhin be- 
reits gemeldeten Ursachen , ' auf welche Ich Mich hiermit nochmalen 
beziehe , gänzlich weggelassen werde und cessiren müsse , da zumalen 
ohnehin die mehreste Leute des Regiments sehr klein und zum Theil 

ziemlich alt seind. -r- • , -, 

Friderich. 

Nach dem Concept. 

7335. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION COMTE DE 
SOLMS A STOCKHOLM. 

Potsdam, 9 mars 1756. 
J'ai reçu le rapport que vous m'avez fait du 24 [de février]. Vous 
faites fort bien de me mander exactement tout ce qui se passe à la 
Diète, et les résolutions qu'on y prend de concert avec le Sénat; il 
faut cependant que je vous fasse souvenir de ce que je vous ai déjà 
ordonné à différentes occasions, ^ et que vous avez manqué d'observer 
jusqu'à présent, savoir que vous devez marquer à moi immédiatement 
quelle contenance la cour tient, pendant qu'elle se voit autant poussée 

I Das frühere Schreiben liegt nicht vor. — 2 Vergl. S. 20. 
Corresp. Friedr. 11. XII. 12 



1/8 

par le Sénat, comme cela arrive actuellement, et si là cour est, malgré 
cela, dans la persuasion que les choses se tourneront encore à son avan- 
tage et prendront un autre train. ^ , 

Fedenc. 

Nach dem Concept. 



7336. AU ROI DE FRANCE A VERSAILLES. 

Berlin, 9 mars 1756. 

Monsieur mon Frère. Le sieur de La Touche, chevalier de l'ordre 
militaire de Votre Majesté de saint Louis , maréchal de Ses camps et 
armées et Son ministre plénipotentiaire à ma cour, m'a rendu la lettre 
que Votre Majesté m'a écrite en date du 19 de février passé, par la- 
quelle Elle m'a informé de la résolution qu'Elle a prise de le rappeler 
de ma cour,^ pour l'employer de préférence dans Son service mih- 
taire, et de le faire remplacer par le marquis de Valory dans la même 
qualité. 

Comme ledit sieur, chevalier de La Touche, m'a, donné pendant 
tout le cours de son ministère des preuves convaincantes de sa probité 
et de sa candeur, mais surtout de son zèle pour l'entretien d'une étroite 
intelligence entre moi et Votre Majesté, et s' étant acquis par là à juste 
titre mon estime et mon approbation en particulier et celle du public 
en général, je serai fort charmé, si Votre Majesté veut bien continuer 
à l'honorer des mêmes bontés qu'Elle a eues jusqu'ici pour lui. 

J'espère, au surplus, qu'il rendra à Votre Majesté à son retour un 
compte exact et fidèle de la commission dont je l'ai chargé en partant 
d'ici, de faire à Votre Majesté de ma part les protestations les plus sin- 
cères de toute l'étendue et de toute la vivacité de mon amitié et de 
mon attachement pour Elle, de la grande part que je prendrai toujours 
à Sa gloire et à Ses avantages, et du désir que j'ai de cultiver le plus 
soigneusement notre union, de la resserrer de plus en plus et de la 
perpétuer. 

Je prie Votre Majesté de donner en tout cela au chevalier de La 
Touche une créance entière et d'être persuadée que je suis invariable- 
ment avec les sentiments de considération les plus parfaits etc. 

Nach dem Concept. F e d e r i C 



7337. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE 
KNYPHAUSEN A PARIS. 



Knyphausen berichtet, Paris 27. Fe- 
bruar : „Le comte de Starhemberg a eu 
de nouveau un entretien secret avec M. 
Rouillé , et il m'a été assuré de fort bon 

I Vergl. S. 169. 



Potsdam, 9 mars 1756. 
J'ai bien reçu la dépêche que 
vous m'avez faite du 27 de février. 



I 



179 



lieu que les pourparlers qu'il a eus depuis 
quelque temps avec ce ministre , sont re- 
latifs à la négociation entamée en 1749 
par le comte de Kaunitz , à laquelle on 
n'a point voulu prêter l'oreille dans ce 
temps. M. Rouillé, que j'ai encore sondé 
à ce sujet, m'a réitéré i de la façon du 
monde la plus affirmative qu'il n'y avait 
aucune négociation entre sa cour et celle 
de Vienne , et il a même ajouté qu'il 
était impossible qu'il pût jamais y avoir 
entre elles une certaine intimité, vu l'op- 
position invincible qu'il y avait entre 
leurs intérêts. Après quoi, il m'a fait 
entendre encore que l'envie que sa cour 
manifestait de resserrer les liens qui l'unis- 
saient à Votre Majesté, et dont la nomi- 
nation de M. de Valory fournissait une 
nouvelle preuve, suffisait seule pour con- 
tredire un pareil bruit. Quelque positives 
que soient ces assurances , j'ai cependant 
des indices si puissants du contraire que 
je crois qu'il serait téméraire d'y ajouter 
foi , et il me semble que Votre Majesté 
ne saurait mieux faire que de S'en ex- 
pliquer envers M. de Nivernois et d'exiger 
que sa cour La rassure contre un pareil 
soupçon. Au reste, j'ai tout lieu de pré- 
sumer, et il m'a même été assuré de fort 
bon lieu que la négociation du comte de 
Starhemberg n'a pour objet ni l'élection 
d'un roi des Romains , ni la neutralité 
des Pays-Bas, ni aucune proposition 
de mariage , et qu'elle ne porte que sur 
des choses générales, qui sont le désir qu'a 
r Impératrice-Reine de vivre avec la France 
dans la plus parfaite intelligence et de 
pouvoir détruire les préjugés qu'on a eus 
jusqu'à présent sur l'incompatibilité des 
intérêts de la maison de Bourbon avec 
celle d'Autriche. Mais j'ignore quels sont 
les avantages qu'il a ordre de proposer à 
la France en faveur de l'établissement 
d'une pareille alliance, et il y a apparence 
qu'il ne s'en est expliqué jusqu'à présent 
que très vaguement ... 11 transpire depuis 
quelques jours qu'on se propose de former 
incessamment un camp considérable dans 
la Flandre française et de faire beaucoup 
de mouvements de troupes dans cette 



Je me suis expliqué avec le duc 
de Nivernois sur la négociation 
de sa cour avec celle de Vienne, 
qui m'a dit qu'il y avait déjà 
quatre à cinq ans que la dernière 
avait fait des avances pour voir 
s'il n'y avait pas à moyenner une 
intimité entre les deux cours, sur 
quoi la France avait répondu en 
termes honnêtes et polis, sans ce- 
pendant vouloir entrer jamais en 
rien. Il peut être que dans le mo- 
ment présent les Autrichiens ont 
renouvelé les mêmes propositions, 
mais de savoir sur quoi elles sau- 
raient rouler, c'est ce qu'il faut 
que j'avoue que j'ai bien de la 
peine à deviner. En attendant, 
c'est une chose sûre et que mes 
dernières lettres de Vienne m'ont 
confirmée encore, que le comte 
d'Aubeterre évite au possible de 
parler à mon ministre Kling- 
gräffen et qu'il a dit à quelqu'un: 
»Si le roi de Prusse ne veut pas 
de nous, il faut que nous cher- 
chions d'autres aUiés;«^ ce qui 
tout m'inspire de certains soupçons. 
Ce que vous me mandez du 
dessein qu'on a pris d'assembler 
incessamment un corps nombreux 
de troupes dans la Flandre fran- 
çaise, m'embarrasse plus que tout 
le reste, puisqu'il n'y a pas moyen 
d'accorder ceci avec tout ce dont 
nous [sommes instruits d'ailleurs] ; 
voudrait-on entrer avec ce corps 
dans les Pays-Bas hostilement, tan- 
dis qu'on négocie à Vienne? ce 
qui est hors de toute vraisemblance. 
En défaut de cela, voudrait-on en 



I Vergl. S. 162. — 2 Klinggräffeu berichtet, Wien 28. Februar: „Je suis in- 
formé que quelqu'un lui [au comte d'Aubeterre] a dit dans la conversation : »la France 
sera toujours, malgré la convention [de Westminster], liée avec Sa Majesté le roi de 
Prusse,» et qu'il a répondu: »on ne peut à la fois être et à l'un et à l'autre.«" 



12' 



i8o 



province, non seulement pour intimider 
les États-Généraux dans leurs délibérations, 
mais aussi afin de les mettre en situation 
de pouvoir réclamer les contingents auxi- 
liaires que l'Angleterre est par le même 
traité obligée de leur fournir ; incident 
qui occasionnerait un échange de réquisi- 
tions et empêcherait le départ du secours 
réclamé par la Grande-Bretagne."! 



intimider ou attaquer immédiate- 
ment la Hollande ? il faudrait avoir 
préalablement négocié et concerté 
avec la cour de Vienne le libre 
passage de ces troupes et être con- 
venu de certaines sûretés , ce qui 
n'est pas naturel ni du tout à con- 
cilier, de sorte que de quel côté 
que j'envisage cette énigme de po- 
litique, je ne saurais jamais la résoudre et serai ainsi bien aise que vous 
me serviez de bon Œdipe en cela. 

Je regarde l'envoi du marquis de Valory à ma cour= comme une 
politique du ministère de France pour me rassurer contre les mesures 
que ce ministère voudrait bien prendre. 

Si le comte d'Argenson désire d'entraîner sa cour dans une guerre 
de terre, je ne comprends pas les moyens dont il l' effectuera, sans 
que la Reine - Impératrice y soit mêlée, et d'ailleurs n'aurait -il pas à 
essuyer les mêmes difficultés de la part de Madame de Pompadour 
qu'autrefois? 3 

Enfin, je crois pour conclusion que, dans le premier emportement 
qu'a eu le sieur de Rouillé, quand il a reçu les premières nouvelles, 
quoique fort défectueuses, de ma convention de neutralité, qui l'ont fort 
irrité, il a entamé une négociation avec les Autrichiens, dont apparem- 
ment il n'a pas prévu d'abord toutes les conséquences, mais dont la 
cour de Vienne songe de profiter pour parvenir à ses desseins et planter 
alors la France. 

Je ne saurais finir encore, sans vous communiquer une autre idée 
sur laquelle la Reine - Impératrice voudrait conclure avec la France, en 
lui proposant qu'elle ne se mêlerait du tout de la guerre présente entre 
la France et l'Angleterre, en laissant agir librement celle-là selon sa 
convenance, à condition toujours que la France de son côté ne se mê- 
lerait de rien, quand la Reine - Impératrice trouvera bon de faire la 
guerre à moi. Dans ce cas-là, je ne perdrais pas trop considérablement, 
vu qu'entre nous soit dit, je ne présume pas que j'aurais eu à m'attendre 
des secours bien considérables et efficaces de la France, si la guerre 
était arrivée, dans le temps passé, entre moi et l' Impératrice-Reine. Voilà 
bien des conjectures que je vous communique pour votre direction et 
afin de vous mettre sur les voies pour les approfondir au mieux. 

Au reste, j'attends avec impatience vos rapports, tant au sujet de 
votre entretien avec Madame de Pompadour,* quand vous l'aurez eu, 
que sur l'effet que les propositions d'accommodement que les ministres 

I England hatte im Haag die Leistung der bundesmässigen Hülfe von 6ooo Mann 
im Fall einer französischen Landung in England (vergl. S. 170) in Anspruch ge- 
nommen. — 2 Vergl. S. 169. — 3 Vergl. Bd. IX, 351; XI, 267.. — ♦ Vergl. i 
S. 98. 



I8l 



d'Angleterre ont faites par mon entremise, auront produit sur ceux de 
France. ' 

Nach dem Concept. 



Federic. 



7338. AU CONSEILLER PRIVÉ VON DER HELLEN A LA HAYE. 

Potsdam, 9 mars 1756. 
J'ai bien reçu votre rapport du 2 de ce mois, et je vous renvoie 
par la présente à la dernière lettre que je vous ai faite, = afin que vous 
ayez toute l'attention possible pour me satisfaire sur les différents objets 
qu'elle comprend. Au surplus, comme il court actuellement un bruit 
que la France devait s'être proposé de former incessamment un camp 
considérable dans la Flandre française ^ et de faire faire beaucoup de 
mouvements de troupes dans ces contrées, apparemment pour intimider 
les États-Généraux, mon intention est que vous devez vous orienter sur 
ces bruits -là, sans cependant vous faire trop remarquer, et que vous 
observiez de quelle manière les ministres autrichiens à la Haye s'explique- 
ront là-dessus. „ , 

Federic. 

Nach dem Concept. 

7339. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLING- 
GR^FFEN A VIENNE. 

Potsdam, 9 mars 1756. 

S'il est bien constant, comme vous venez d'indiquer par votre 
rapport du 28 de février dernier,* que l'Impératrice-P.eine soit réellement 
de mauvaise humeur et que le comte Kaunitz tâche de donner le change 
par le contentement qu'il affecte extérieurement, il me semble qu'on 
saurait prendre l'un et l'autre pour des marques certaines que leurs 
arrangements se trouvent déconcertés, et qu'en cas même qu'il subsistât 
quelques chipotages entre la cour où vous êtes et la France, ils ne 
sauraient suffire à la première pour la tirer de la situation où l'a mise 
notre convention de neutralité de l'Allemagne. 

Des lettres sûres qui me sont entrées de France, s m'apprennent 
que la négociation du comte Starhemberg n'y est point relative à l'élec- 
tion d'un roi des Romains, ni à quelque proposition de mariage, ni 
enfin à une neutralité projetée des Pays-Bas, mais qu'elle n'a pour objet 
que des affaires générales, comme de vouloir vivre ensemble dans une 
parfaite intelligence, sans que j'en puisse jusqu'ici pénétrer davantage. 

Mais ce qui me désoriente plus que tout cela, c'est que j'ai des 
aviso que la France doit être intentionnée de faire assembler incessam- 

I Vergl. S. 142. — a Nr. 7329 S. 173. — 3 Vergl. S. 179. — * lieber den 
Inhalt des Klinggräffen'schen Berichtes vergl. Nr. 7337. 7340- — ^ Bericht Knyp- 
hausen's, Paris 27. Februar. Vergl. Nr. 7337. — 6 Derselbe Bericht Knyphausen's. 
Vergl. Nr. 7337. 



— I82 

ment un corps considérable de troupes dans la Flandre française, à 
quoi jusqu'à présent je ne saurais trouver aucun but ni dessein. D'un 
autre côté, si tant y a que le général Pretlack doive être envoyé dans 
l'étranger, sa destination ne saurait guère être, vu la situation présente 
des affaires, n'y ayant d'ailleurs point de poste de ministre autrichien 
dans l'étranger qui ne soit rempli à l'heure qu'il est, que pour la cour 
de Pétersbourg. ^ Je suis bien aise de vous écrire tout ce que dessus 
pour votre direction, afin de vous aider à approfondir les affaires dont 
il s'agit, d'une manière bien solide. 

Au reste , si les anciennes connaissances du sieur Keith commen- 
cent à avoir de la réserve avec lui, il vous reste toujours le ministre 
de Sardaigne,* par le canal et l'entremise duquel vous pourrez apprendre 
bien des choses, attendu que l'intérêt qu'a sa cour de pénétrer le véri- 
table objet de la négociation entre les cours de Versailles et de Vienne, 
et quel est le système que voudra adopter la dernière, est le même 
que celui que j'y dois prendre. . 

Nach dem Concept. 

7340. AU SECRÉTAIRE MICHELL A LONDRES. 

Potsdam, 9 mars 1756. 
N'ayant rien trouvé dans votre rapport du 24 de février dernier 
qui demandât des instructions ultérieures, je vous renvoie à mes dé- 
pêches antérieures,^ sur lesquelles j'attends avec impatience vos réponses ; 
après quoi, il ne me reste qu'à vous dire que mes lettres de Vienne'* 
me confirment l'envoi du baron de Pretlack à Pétersbourg. Je ne sau- 
rais assez vous recommander d'avertir en confidence milord Holder- 
nesse que le ministère anglais ne saurait être assez attentif et vigilant 
sur les choses que la cour de Vienne trame en Russie. Au reste, 
j'attends votre rapport sur l'envoi du sieur Mitchell ^ à Berlin et sur les 

raisons qui ont fait différer jusqu'ici son départ. ^ , 

^ ■' Federic. 

Nach dem Concept. 



7341. AN DEN OBERST VON DER GOLTZ IN HALLE. 

Potsdam, 10. März 1756. 
Nachdem Ich den Einhalt Eures Berichtes vom 6. dieses mit 
mehrerm ersehen habe, so ertheile Ich Euch darauf in Antwort, dass, 
so viel den von denen sächsischen Commissarien Euch angezeigten 
Vorfall anbetrifft, Ich in Considération der sächsischerseits bezeigten 
Facilité, die zu Neumark und Markröhlitz angehaltene berlinsche 
Kaufmannsgüter wiederum frei und ohne einige fernere Weitläuftigkeit 

I Vergl. S. 172; Bd. X, 520. — 2 Graf Candes. — 3 Vergl. Nr. 7286. 7299. 
7308. 7328. — 4 Vergl. Nr. 7339. — 5 Vergl. S. 137. 



i83 — 

loszugeben, — resolviret, auch zugleich der neumarkschen Kammer 
positive aufgegeben habe, [dass] die zweien sächsischen Tuchmachern zu 
Cottbus wegen nicht erlegter Transitoimposten angehaltene Waaren sofort 
und sonder einige fernere Weitläuftigkeit noch Strafe wiederum frei und 
losgegeben werden sollen. 

Was übrigens die sonst von Euch angeführten Umstände betrifft, 
warum man sächsischerseits so grosse Bedenklichkeiten und Difficultäten 
findet, den leipziger Strassenzwang in Egard Meiner handelnden Unter- 
thanen abzuschaffen, da muss Ich solches an seinen Ort gestellet sein 
lassen, warum man solchen Strassenzwang in Absicht auf einige inter- 
essirte leipziger Kaufleute dem bono publico und dem mutuellen guten 
Commercio zwischen Meinen und den sächsischen Landen zu präferiren 
vermeinet, da doch die nothwendige Folge davon ist, dass Ich also 
auch Meinerseits die gegen solchen von Mir nie erkannten, noch jemalen 
rechtlich dargethanen Strassenzwang par représaille gelegte Imposten 
gegen die sächsischen Unterthanen continuiren lassen muss; wie Ihr 
Euch dann bei solcher Gelegenheit desjenigen, was Ich Euch bei Eurer 
ehemaligen Anwesenheit allhier mündlich gesaget habe, erinnern werdet, 
dass nämlich Ich bei Erneuerung oder Errichtung einer Convention mit 
Sachsen eine vollkommene Parität mit denen Imposten zwischen Meinen 
und denen sächsischen Unterthanen halten würde und erstere gegen die 
letztere nicht prägraviren lassen könne. 

Was sonsten die sächsische Commissarien auf Meine Euch letzthin 

zugesandte Erklärung' antworten und vor Propositions thun werden, 

solches habt Ihr anzuhören und nöthigenfalls davon zu berichten. Nur 

erinnere Ich Euch hierbei noch desjenigen, so Ich Euch gleichfalls 

mündlich gesaget, dass, da wir unsererseits bei allen mit denen Sachsen 

gehabten Commercienconventionen und Negociationen so ofte und so 

schändlich betrogen worden, solches vor dieses Mal und gegenwärtig 

absolument nicht geschehen müsse. t- • j -, 

° Friderich. 

Nach dem Concept. 



7342. AU SECRÉTAIRE MICHELE A LONDRES. 

Potsdam, 11 mars 1756. 
J'ai reçu votre dépêche du 27 de février. Tous les avis que je 
reçois de Paris et de Vienne, se réunissent en cela que la bonne et 
étroite intelligence entre les deux cours va en augmentant et se fortifie 
de plus en plus. C'est pourquoi vous [devez] dire à milord Holder- 
nesse en mon nom, quoique dans la dernière confidence, que je faisais 
avertir le Roi son maître de ne pas s'endormir sur ce qui regardait la 
sûreté de ses États d'Hanovre; que, malgré que je ne saurais marquer 
quelque chose de bien positif sur les desseins que les Autrichiens et les 

I Vergl. Nr. 7312 S. 155. 



i84 

Français concerteraient entre eux, j'avais cependant de forts soupçons 
sur une chose qui, pourvu que mes soupçons fussent justes, méritait 
qu'on ne perdît plus un moment pour prendre des mesures à l'encontre ; 
savoir que, parceque je savais que la France était piquée de ce qu'on 
leur avait voulu barrer l'entrée en Allemagne, et que d'un autre côté 
je savais que la cour de Vienne était également piquée, parceque le 
traité de neutralité avait été conclu sans son aveu, j'ai mes soupçons 
qu'il saurait être très possible que les Autrichiens et les Français con- 
vinssent entre eux d'un traité de neutralité, en conséquence duquel la 
France enverrait un corps de troupes de 40 à 50,000 hommes, soit de 
la Flandre française, soit des évêchés, tout droit vers l'Hanovre, tandis 
que l'Impératrice -Reine mettrait un nombreux corps d'observation sur 
mes frontières et déclarerait peut-être en Allemagne que l'invasion des 
Français dans les États d'Hanovre ne regardait l'Empire en aucune 
façon et que sa tranquillité n'en serait aucunement troublée, parceque 
c'était une querelle à vider particulièrement entre la France et le roi 
d'Angleterre. Vous ajouterez qu'à la vérité j'avais bien de la peine 
encore à croire que l' Impératrice-Reine ferait une démarche autant con- 
traire à ses véritables intérêts, mais, comme les humeurs aveuglent, et 
quand on suppose qu'une telle chose saurait arriver, qu'on s'en tienne 
en garde d'une certaine façon. En cela, une des choses les plus prin- 
cipales serait que l'Angleterre s'assurât d'abord et sans perte de temps 
de la Russie, pour la tenir dans son parti et pour empêcher que les 
Autrichiens ne l'entraînassent pour agir de concert avec eux, parcequ'il 
était aisément à comprendre que, dans le dernier cas, la partie liée en 
contraire serait trop forte pour que nous saurions y résister. 

Vous continuerez à dire au lord Holdernesse que, dans la con- 
joncture présente très critique, il devenait d'un jour à l'autre plus pres- 
sant que l'Angleterre envoyât un ministre ici avec lequel l'on pourrait 
dans de pareilles occurrences s'entretenir d'abord et concerter des 
mesures. * 

Que, d'ailleurs, je laissais à la considération de Milord si dans ces 
circonstances il ne conviendrait pas aux intérêts du Roi son maître de 
gagner l'électeur de Cologne, ce qui serait apparemment une chose 
aisée à faire, =* pourvu qu'on ne ménagerait pas le temps, et qui dans 
les conjonctures présentes pourrait avoir assez d'influence dans les affaires. 
Il y a encore une réflexion à faire, c'est si, dans le cas que le traité 
que la France négocie secrètement encore avec la cour de Vienne, par- 
vînt à sa consistance de la manière que je suppose , il ne serait pas 
important au roi d'Angleterre de prendre ses précautions touchant les 
Bavarois,^ dont sans cela la cour de Vienne saura arrêter d'un seul 
mot la marche de leurs troupes, '^ et de prendre ainsi des mesures pour 
pouvoir se servir de ces auxiliaires, quand on en aura besoin. 

I Vergl. S. 182. — 2 Vergl. S. 27. — 3 Vergl. Bd. XI, 275. 312. — 4 Vergl. 
Bd. XI, 434. 



185 

Vous finirez par dire que je remettais toutes ces choses à la con- 
sidération du Roi et de son ministère, mais que je croyais qu'on ferait 
bien de ne pas les négliger. 

Au reste, je sais qu'il est passé depuis quelques jours un courrier 
de France par Dresde pour porter des dépêches à Constantinople. Dans 
la supposition d'un tel chipotage que j'ai dit ci-dessus entre la France 
et la cour de Vienne, l'on doit croire que les dépêches que ce 
courrier y porte, ont pour objet de calmer la Porte, pour ne pas mettre 
de l'opposition aux desseins qu'on a conçus. C'est pourquoi j'estime 
qu'il conviendrait de donner des avertissements au ministre d'Angleterre 
à la Porte, afin qu'au moins il ne fasse pas innocemment cause com- 
mune en ceci avec les ministres autrichiens. * 

Vous ne manquerez pas d'expliquer exactement à milord Holder- 

nesse tout ce que je vous ai ordonné ci-dessus et de me faire après au 

plus tôt possible une relation bien exacte et détaillée, article par article, 

de tout ce qu'il vous aura répondu. ^ , 

^ ^ Federic. 

Ces choses sont très importantes, pourquoi vous insisterez beaucoup 
sur les points mentionnés. 

Nach dem Concept. Der Zusatz „de la main propre du Roi" nach Abschrift der Cabinets- 

kanzlei. 



7343. AU CONSEILLER PRIVÉ VON DER HELLEN A LA HAYE 

Hellen berichtet, Haag 5. März, 



über ein Tags zuvor den Generalstaaten 
durch den Grafen Affry übergebenes Me- 
moire: „L'article suivant a été lu par 
M. d'Aflfry dans la conférence avec le 
comité secret, sans qu'il en ait donné 
copie : »Le Roi s'attend que Leurs Hautes 
Puissances s'expliquent avec plus de pré- 
cision sur le parti qu'elles se proposent 
de suivre dans la conjoncture présente. 
Sa Majesté forcée de tirer vengeance d'un 
ennemi qui l'a injustement attaquée , dé- 
sire sincèrement ne pas multiplier les ca- 
lamités de la guerre ; mais elle ne pour- 
rait pas compter au nombre de ses amis 
des puissances qui, bien loin de remplir 
à son égard les engagements défensifs 
qu'elles ont contractés, feraient cause 
commune avec son ennemi et lui fourni- 
raient des secours« * . . . La crise est 
extrêmement violente pour ces gens -ci; 
ils prévoient que, s'ils n'envoient pas le 
secours, l'Angleterre, qui en presse le 



Potsdam, Il mars 1756. 

J'ai reçu votre dépêche du 5 
de ce mois , par laquelle j'ai re- 
connu l'extrême embarras où les 
régents de la République se doi- 
vent trouver par le mémoire que 
le sieur d'Afïry leur a remis. Vous 
devez porter toute votre attention 
[sur la résolution] qu'on prendra 
là -dessus, et sur tout ce qui peut 
d'ailleurs mériter mon attention. 

Je vous adresse par estafette 
ci -clos une lettre au sieur Michell 
à Londres, 3 dont mon intention 
est que vous la lui devez faire par- 
venir sous .votre adresse au plus 
tôt qu'il le sera possible, soit par 
une autre estafette ou, dans le cas 
qu'il ne soit pas usité de s'en servir 



I Gemeint sind Penckler und Schwachheim ; Penckler war jedoch schon October 
1755 nach Wien zurückgekehrt. — 2 Vergl. S. 180. — 3 Nr. 7342. 



i86 



départ, ne tardera pas guère de faire 
visiter et saisir leurs vaisseaux marchands 
sous prétexte de contrebande. D'un autre 
côté , la France paraît fort peu édifiée, 
déclare qu'elle ne veut pas se lier les 
mains pour la neutralité de tous les Pays- 
Bas, ne l'offre pas que pour la République 
seulement, à condition qu'elle ne donnera 
secours à l'Angleterre, et demande une 
réponse prompte et cathégorique." 



là OÙ vous êtes pour l'Angleterre, 
par quelque exprès, mais qui alors 
faudra faire toute la diligence pos- 
sible, pour que cette lettre par- 
vienne au plus tôt à sa direction. 
Il faut pourtant que l'envoi se fasse 
sans bruit ni éclat et que vous 
vous serviez de quelqu'un qui ne 
se fait point remarquer, et que 
tout se fasse, sans qu'il en trans- 
pire quelque chose au public, ce que je laisse à votre disposition, dont 
vous me répondrez. 

Au reste, vous aurez soin de la lettre ci- close, ^ afin de la faire 

parvenir à son adresse. ^ , 

Federic. 

Nach dem Concept. 

7344. AU PRINCE FERDINAND DE BRUNSWICK 
A MAGDEBOURG. 

Potsdam, il mars 1756. 
Monsieur mon Cousin. J'ai reçu votre lettre du 8 de ce mois. 
Je ne saurais laisser partir Votre Altesse pour Brunswick, sans La prier 
de vouloir bien Se charger des assurances de ma part au Duc régnant 
Son frère des sentiments de mon estime et de mon amitié invariables 
envers lui. Au surplus , Votre Altesse voudra bien Se charger encore 
de dire au Duc de ma part dans la dernière confidence qu'il me re- 
venait de différents lieux des nouvelles qui donnaient de grands soup- 
çons que les cours de Vienne et de Versailles chipotaient secrètement 
pour prendre des liaisons ensemble, qui, selon toutes les apparences, 
pourraient aboutir pour stipuler la libre marche d'un corps nombreux 
de troupes françaises vers les États d'Hanovre, à laquelle la cour de 
Vienne, moyennant ses nouveaux engagements à contracter avec la 
France, condescendrait et la couvrirait peut-être encore par un corps 
considérable de ses troupes qu'elle assemblerait sur mes frontières. 
Quoique je ne saurais pas encore rien dire avec précision là -dessus, je 
crois cependant que le ministère d'Hanovre serait bien aise s'il plaisait 
au Duc de l'avertir de ces soupçons, sans cependant qu'il en apparaisse 
quelque chose de ma part; ce qui réveillera peut-être ce ministère de 
ne pas s'endormir entièrement sur les mesures à prendre pour être en 
garde de toute entreprise imprévue contre les États d'Hanovre. Votre 
Altesse sera persuadée des sentiments sincères avec lesquels je suis. 
Monsieur mon Cousin, de Votre Altesse le bon et très affectionné cousin 

Nach dem Concept. F 6 d e r i C 

I Liegt nicht vor. 



Potsdam, 13. März 1756. 
Sehr gut. 



— 187 — 

7345. AN DAS DEPARTEMENT DER AUSWÄRTIGEN ÄFF AIREN. 

i odewils und Finckenstein über- 
reichen, Berlin 12. März, ein an den 
ersteren gerichtetes Antwortschreiben des 
kölnischen Grosskanzlers von Räsfeldt auf 
die Mittheilung von der Neutralitäts- 
convention mit England, i „Autant que 
nous pouvons juger du contenu de cette 
lettre, l'électeur de Cologne paraît être 
fort satisfait de cet événement" . . . Die 
Minister geben anheim , von dem Schrei- 
ben Räsfeldt' s dem Herzog von Nivernois 
eine Abschrift zukommen zu lassen. 

Mündliche Resolution. Nach Aufzeichnung des Cabinetssecretärs. 



7346. AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 



r odewils berichtet, Berlin 12. März, 
auf den Befehl, ein Geschenk für den 
Herzog von Nivernois in Vorschlag zu 
bringen , dass er ein Porträt des Königs 
in doppeltem Werthe des an La Touche 
geschenkten 2 für den geeignetsten Gegen- 
stand halte und fragt an , ob er die ent- 
sprechenden Maassnahmen treffen dürfe. 

Mündliche Resolution. Nach Aufzeichnung des Cabinetssecretärs. 



Potsdam, 13. März 1756. 
Es ist recht gut, Ich will 
selbst davor sorgen. 



7347- 



AN DEN KRIEGSRATH VON FREYTAG IN 
FRANKFURT A. M. 



Potsdam, 13. März 1756. 
Da Mir von guter Hand gemeldet worden, ^ dass der österreichische 
General von Pretlack auf einer Reise nach Frankfurt a. M. und der 
Orten begriffen wäre , so verlange Ich von Euch und recommandire 
Euch bestens, dass Ihr Euch sehr genau und zuverlässig darnach er- 
kundigen sollet, ob gedachter General von Pretlack wirklich zu Frank- 
furt oder der dortigen Orten herum angekommen sei , und ob derselbe 
nacher Cassel oder aber nach Darmstadt oder auch nach seinen Gütern 
im Darmstädtschen oder wohin sonsten gegangen sei, und was eigent- 
lich dessen Verrichtungen sein können, und was sich davon zuverlässig 
geäussert hat. Ihr sollet Euch alle nur möglichste Bemühung geben, 
um eigentlich hinter alles zu kommen, was der Orten seinetwegen 
passiret, und Mir alsdenn Euren umständlichen Bericht davon bald- 
möglichst erstatten, nöthigenfalls auch damit weiter continuiren. 

Nach dem Concept. Friderich. 



I Vergl. S. 77. — 2 Vergl. .S. 158. — 3 Bericht Klinggräffen's, Wien 3. März. 
Vergl. Nr. 7348. 



i88 



7348. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLING- 
GR^FFEN A VIENNE. 



iVlinggräffen berichtet , Wien 3. 
März , auf den Zweifel des Königs an 
der Bethätigung des wiener Hofes bei 
einem Einmarsch der Franzosen in Deutsch- 
land : I „Voici comme une personne qui, 
quoique n'étant plus dans le service, ne 
laisse cependant pas d'avoir des connais- 
sances sur le courant des affaires poli- 
tiques, s'est expliquée. Elle est une des 
plus zélées pour ravoir la Silésie, et sou- 
tient donc que, dans la situation actuelle, 
les Français pourraient se rendre à Ha- 
novre, sans en être détournés que par 
Votre Majesté seule, et qu'Elle étant alors 
aux prises avec eux, il faudrait en même 
temps de ce côté-ci entrer en Silésie, ce 
qui obligerait Votre Majesté de Se par- 
tager et , selon cette personne , ne pour- 
rait manquer de faciliter la conquête de la 
Silésie. Ce sont des projets qui se trou- 
veraient difficiles dans l'exécution et sans 
doute contraires aux intérêts de la France." 
... Le sieur Keith „m'assure toujours 
que , malgré tous les mouvements , il ne 
peut pénétrer sur quel objet peut rouler 
le chipotage entre cette cour -ci et la 
France." 



Potsdam, 13 mars 1756. 
J'ai reçu votre dépêche du 3 
de ce mois , au sujet de laquelle 
je ne puis pas vous dissimuler que 
je vous plains véritablement des 
mauvais canaux qu'il faut que vous 
ayez à Vienne pour apprendre 
quelque chose d'intéressant, ce dont 
votre dépêche accusée me con- 
vainc, vu que, malgré les instan- 
ces que je vous ai faites de les 
rendre plus intéressantes , celle - là 
ne comprend rien que de vague, 
ni ne m'informe de rien pour en- 
trevoir plus clairement ce qui se 
passe sur les affaires à Vienne, ce 
qui m'est pourtant de la dernière 
importance dans le moment présent 
très critique. 

Si le comte Pretlack n'est pas 
parti pour la Russie, comme je l'ai 
compté qu'il le ferait,'' il n'a sûre- 
ment pas pris d'autre chemin que 
pour aller à Cassel, où la cour de 
Dresde a aussi envoyé de sa part 
depuis peu le général de Fontenay, avec l'instruction de tâcher à dis- 
poser le Landgrave plus favorablement pour le Prince héréditaire. ^ 

Touchant les chipotages entre les cours de France et de Vienne, 
ils ne peuvent avoir d'autre objet, pour autant que j'en comprends 
jusqu'à présent, qu'une convention à faire pour donner aux Français 
[le libre passage] vers le pays d'Hanovre, tandis que les Autrichiens feront 
une ostentation vers moi ; mais, jusqu'ici, j'ai encore bien de la peine à 
croire que la cour où vous êtes agisse si inconsidérément que de 
vouloir se brouiller à jamais avec les Puissances maritimes. Ce que je 
laisse cependant à votre recherche ultérieure pour que vous approfondissiez 
si le comte de Kaunitz sera capable à concevoir une aussi fausse dé- 
marche. Au surplus, si le malheur veut que vous ne sachiez être in- 
formé de quelque chose importante, vous observerez au moins avec soin 
la contenance et l'air de dehors que l'Impératrice et le comte de Kaunitz 
tiendront; car, s'ils sont dans leur particulier de mauvaise humeur, ce 



5. März. 



Vergl. S. 127. 



2 Vergl. S. 182. 187. 



3 Bericht Maltzahn's, Dresden 



i 



i89 

sera une marque que les choses ne vont pas à leur gré, tout comme, 
au contraire, quand ils auront un air de satisfaction et de tranquillité, 
ce serait signe qu'ils couvent quelque dessein contre moi, vu que, sans 
avoir des vues sur moi, ils n'apparaîtront guère contents. D'ailleurs, 
vous prêterez toute votre attention sur les arrangements militaires et sur 
les mouvements de leurs troupes, afin qu'en me mandant ce que vous 
aurez appris à ces sujets, j'en puisse au moins juger de leurs desseins. 

Nach dem Concept. F e d e r i C. 



7349. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON 
DE KNYPHAUSEN A PARIS. 

x\.nyphausen berichtet, Paris i . März : „Les pourparlers du comte de Starhem- 
berg avec le ministère de France deviennent de jour en jour plus fréquents, i et l'on 
m'a communiqué ces jours-ci des lettres de Vienne qui portent que le comte d' Aube- 
terre redouble tous les jours d'assiduité auprès du comte de Kaunitz et que ce dernier 
lui parle beaucoup plus familièrement que ci-devant et avec les apparences de la plus 
grande confiance. Tous ces indices et différents propos qui ont été tenus à des per- 
sonnes de mes amis qui à la vérité ne sont point employés dans le ministère, mais 
qui prennent beaucoup de part aux affaires et qu'on consulte souvent, ne me per- 
mettent pas de douter que la négociation que je soupçonne la cour de Vienne d'avoir 
entamée ici, ne continue avec la plus grande chaleur et ne fasse journellement de 
nouveaux progrès. Je suis également certain qu'il y a un parti considérable dans le 
ministère qui s'oppose avec véhémence, à ce projet, et que les personnes qui le fa- 
vorisent principalement, sont Madame Pompadour, le garde des sceaux , 2 l'abbé de 
Bernis et l'abbé de La Ville. Quant au sieur de Bussy, j'ai tout lieu de supposer 
qu'on lui cache soigneusement tout ce qui est relatif à cette négociation ; mais je sais 
en même temps qu'il y a près de quinze jours qu'il se doute qu'on chipote avec le 
comte de Starhemberg et qu'on trame avec la cour de Vienne quelque affaire secrète 
dans laquelle on ne veut point l'initier. Il s'est même avancé envers une personne 
de mes amis jusqu'à dire qu'il craignait fort que le ministère ne se laissât emporter 
par un mouvement d'humeur et qu'il ne donnât dans les pièges que la cour de Vienne 
pourrait lui tendre dans la vue de profiter de son mécontentement. J'ajouterai encore 
qu'il est échappé au maréchal de Belle -Isle, en me parlant, dans la chaleur de la 
conversation , que , si l'on était disposé ici à prêter l'oreille aux insinuations de la 
cour de Vienne, Votre Majesté ne tarderait pas à Se repentir des engagements qu'Elle 
avait contractés avec l'Angleterre, et à en sentir vivement tous les inconvénients. 
Indépendamment des deux traits que je viens de rapporter, et qui donnent au soupçon 
que j'ai exposé ci-dessus, l'air de la plus grande vraisemblance, il m'est revenu encore 
que le maréchal de Richelieu et plusieurs autres personnes qui observent de près les 
allures du ministère, sont convaincus qu'on machine quelque négociation secrète avec 
la cour de Vienne et qu'on écoute avec complaisance dans le moment présent ses 
insinuations. Le peu d'empressement que la Marquise témoigne pour me voir en 
particulier, pour recevoir les choses flatteuses que je suis chargé de lui dire de la 
part de Votre Majesté, 3 et sur lesquelles j'ai eu soin de la prévenir, pourrait encore 
être cité comme une preuve propre à confirmer la conjecture que je forme , si les 
autres indices que j'ai rapportés, n'étaient pas plus que suffisants pour en établir la 
réalité. Le grand secret qu'on garde à l'égard de cette négociation, et le petit nombre 
de personnes qui y prennent part, ont mis en défaut toutes les mesures que j'ai prises 
pour en pénétrer l'objet. Je ne saurais donc rien mander à ce sujet de bien détaillé, 

I Vergl. S. 178. 179. — 2 Machault. — 3 Vtrgl. S. 98. 



190 

ni de bien certain; mais je persiste toujours à croire qu'il n'est question que d'un 
simple traité d'amitié et qu'il ne s'agit d'aucun engagement qui soit dirigé contre 
Votre Majesté, en haine de la convention qu'EUe a faite avec l'Angleterre, ni qui 
soit relatif à la guerre qui est prête à s'allumer entre la France et la Grande-Bre- 
tagne. Quant à ce qui concerne ce point, le ministère de France n'a pas assez de 
fermeté pour prendre un parti aussi vigoureux. D'ailleurs, le rappel du chevalier de 
La Touche et la nomination du marquis de Valory i sont des actes de complaisance 
qui s'accorderaient mal avec un pareil dessein et avec les assurances que M. Rouillé 
me donne journellement, 2 et qui en pareil cas seraient marquées au coin de la faus- 
seté la plus insigne , vice qui n'est pas dans le caractère de ce ministre. Je crois 
donc que le but que ces deux cours se proposent par une pareille alliance, au cas 
qu'elle prenne jamais consistance, serait de la part de la cour de Vienne d'augmenter 
par cette démarche la méfiance qui règne actuellement entre Votre Majesté et la 
France, tandis que cette dernière pourrait bien vouloir faire usage de ce moyen pour 
contenir Votre Majesté dans les bornes de la neutralité la plus exacte et L'empêcher 
par cet épouvantail de prendre avec l'Angleterre des engagements plus intimes ou 
encore d'exécuter ce qui a été stipulé par Sa convention de neutralité relativement à 
la garantie des États de la Grande-Bretagne en cas d'attaque. Je soumets ces con- 
jectures à la pénétration de Votre Majesté et j'ajouterai seulement que l'expérience 
que j'ai de la pusillanimité du ministère de France, ainsi que les preuves qu'il a sur 
l'équilibre des pouvoirs en Allemagne et la prépondérance de la maison d'Autriche, 
paraissent donner l'exclusion à tous les autres soupçons qu'on pourrait former sur ce 
problème politique. L'union constante qui a subsisté depuis un temps très con- 
sidérable entre l'Angleterre et la maison d'Autriche , et qui est fondée sur des prin- 
cipes sûrs et puisés dans la balance de l'Europe, ne permet également pas de croire 
que l'Impératrice -Reine veuille se séparer totalement de la Grande-Bretagne dans le 
moment présent, pour se jeter sans réserve ^ntre les bras de la France." 

Potsdam, 13 mars 1756. 

J'ai reçu votre dépêche du i" de ce mois. Je suis très satisfait 
de la relation que vous m'avez faite, et j'en commence à voir un peu 
plus clairement sur la situation actuelle des affaires présentes de la cour 
où vous êtes. Je me représente, tout comme vous, les contradictions 
qui en doivent résulter, quand les cours de Vienne et Versailles vou- 
dront s'entendre entre elles pour agir d'un concert commun; mais il 
faut également considérer qu'une femme telle que Madame Pompadour 
est capable de tout faire, sans juger des conséquences. 

Il faudra ainsi que, sans vous arrêter à ce qui raisonnablement se 
devait faire, vous continuiez d'avoir la plus grande attention pour pé- 
nétrer au possible les choses qui se machinent présentement entre les 
deux cours. 

Une de vos attentions principales doit être encore de bien vous 
orienter si l'on apprête des arrangements pour faire assembler des ar- 
mées, soit du côté de la Moselle soit du côté de Givet, afin de pou- 
voir m'en instruire, dès que vous en apprendrez quelque chose de sûr. 

Il faut que je vous avoue que jusqu'ici mes soins employés pour 
apprendre avec certitude quelque chose à Vienne touchant les desseins 
des deux cours, n'ont pas encore tous les succès désirables; je me tlatt 

I Vergl. S. 180. — 2 Vergl. S. 141. 162. 179. 



191 — 

que votre savoir-faire y suppléera. En attendant, j'ai tout lieu de pré- 
sumer que la Reine-Impératrice ne voudra pas lier son parti, avant que 
d'en avoir pressenti la Russie et d'en être entièrement assurée, et voilà 
un point qui n'est aussi aisé qu'on se le représente. Mais, supposé 
pour un moment que tout prendrait consistance, j'ai de la peine à 
m'imaginer qu'on voudrait se déterminer d'entreprendre quelque chose 
avant le mois d'août; sur quoi, je serais bien aise que vous m'expliquiez 
votre sentiment. Du reste, la faiblesse et la pusillanimité des ministres 
français ne me sont que trop connues; il faut songer cependant que, 
pourvu qu'ils se laissent emparer par des gens tels que les Autrichiens, 
ils sauraient bien prendre plus de hauteur. 

La nouvelle que vous m'avez marquée par votre dépêche précédente 
par rapport à un corps considérable de troupes qu'on voudrait assembler 
dans la Flandre française,' mérite encore votre attention pour m 'ap- 
prendre si cette nouvelle se soutient, et il m'est tombé dans l'esprit si, 
supposé que cet avis se vérifie, on n'a pas de vues pour attaquer 
directement les Hollandais dans leur propre pays, après être convenu 
avec la reine de Hongrie du libre passage par les Pays-Bas pour y aller. 
Quoique tel projet serait aussi ridicule que les autres , on ne saurait 
cependant pas savoir ce qu'un entêtement peut produire. 

Au reste, qu'il vous serve toujours de direction que, plus le mi- 
nistère de France trouvera mal ma convention de neutralité faite, plus 
ce sera la marque qu'il se rapproche avec les Autrichiens; cependant, 
c'est une vérité constante, dont chaque homme raisonnable conviendra, 
que ma convention n'est pas offensante à qui que ce soit; sur quoi 
les ministres de France sont convenus eux-mêmes, quand ils vous ont 
déclaré que la France aurait donné les mains à une neutralité de l'Alle- 
magne, pourvu que j'en aurais fait communication;' est-ce donc à pré- 
sent un crime et un sujet pour changer de système et de tout boule- 
verser? Mais ce que j'en dois juger, c'est que depuis longtemps déjà il 
y a eu des chipoteries secrètes entre les deux cours pour se rapprocher, 
quoiqu'il n'en ait été rien de conclu, comme le duc de Nivernois ne l'a 

pas désavoué lui-même. ^ „ , . 

Federic. 

Nach dem Concept. 



7350. AU SECRÉTAIRE BENOÎT A VARSOVIE. 



Joenoît berichtet, Warschau 3. März: 
„On ne discontinue pas de débiter ici, 
comme partout ailleurs, des nouvelles qui 
ne sont tout au plus fondées que sur les 
rêveries des gazetiers, tel qu'est le projet 
d'une contre-alliance entre la reine de Hon- 



Potsdam, 13 mars 1756, 
J'ai été très satisfait de la ma- 
nière dont vous vous êtes pris pour 
insinuer aux bien intentionnés ce 
que je vous avais ordonné par 



I Vergl. S. 179. — 2 Vergl. S. 106. 121. — 3 Vergl. S. 179. 



192 



grie et la France , et d'autres qui ne 
méritent pas l'attention, ni d'être mandées 
à Votre Majesté."" 



rapport à ma convention de neutra- 
lité de l'Allemagne faite, ' et le bon 
eflfet que vos insinuations ont produit, 
en conséquence de votre rapport du 
3 de ce mois, m'a fait plaisir. 
Vous continuerez de me faire vos rapports, que vous rendrez in- 
téressants, autant que les circonstances vous le permettront; d'ailleurs, 
vous me marquerez tout ce que vous apprendrez sur ces bruits dont 
vous faites mention qu'ils couraient d'une contre-alliance faite entre la 
reine de Hongrie et la France, et sur tous autres objets qui sauraient 
avoir quelque rapport à moi et à mes intérêts. 

Nach dem Concept. 



Federic. 



7351- 



AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE MALTZAHN 
A DRESDE. 



JVlaltzahn berichtet, Dresden 8. März, 
aus einem Erlass Brühl's an Funcke, 
d. d. Dresden 4. Februar , in welchem 
die preussisch - englische Neutralitätscon- 
vention als ein Subsidienvertrag dargestellt 
wird : „Les principaux articles sont que 
le roi de Prusse garantit qu'aucunes trou- 
pes n'entreront dans l'Empire, et pro- 
met de s'y opposer de toutes ses forces, 
en considération de quoi l'Angleterre a 
stipulé cent mille livres sterling de sub- 
sides, outre d'autres avantages particulière- 
ment à l'égard du résidu des dettes de la 
Silésie . . . Comme le but de ce traité 
est en quelque façon contraire aux en- 
gagements que la Russie et l'Angleterre 
viennent de prendre , et dont je 2 suis 
d'autant plus avide d'apprendre l'échange 
des ratifications, vous 3 remarquerez, avec 
l'attention qu'on vous connaît, les éclair- 
cissements que la cour de Londres fera 
donner en Russie sur cet événement si 
important, comment on les y recevra, et 
de quelle manière on l'envisagera relative- 
ment aux conjonctures présentes et fu- 
tures." 

Maltzahn schliesst seinen Bericht : 
„Je compte voir encore cette semaine les 
autres lettres du comte Brühl et la plus 
fraîche du sieur Funcke . . . qui instruira, 
selon toutes les apparences, Votre Majesté 



Potsdam, 13 mars 1756. 

Le rapport que vous m'avez fait 
du 8 de ce mois, m'a été fidèlement 
rendu, par lequel j'ai appris avec 
satisfaction la manière dont vous 
vous êtes expliqué avec le comte 
de Broglie,'* avec qui vous con- 
tinuerez de vivre toujours sur le 
pied que ci -devant et de cultiver 
la bonne intelligence et l'amitié 
avec lui. 

Au surplus, j'attends avec au- 
tant de curiosité que d'impatience 
les nouvelles que vous me faites 
espérer dans le post - scriptum de 
votre rapport, qui ne me sauront 
être que bien instructives. 

La lettre que vous m'avez 
adressée de la part du nommé 
Fiedeler, et la boîte y jointe m'ont 
été rendues; auquel vous direz de 
ma part qu'il fallait qu'il m'infor- 
mât préalablement par vous sur 
les conditions auxquelles ce me- 
dailleur dont il était question, vou- 



1 Vergl. S. 59. 60. — 2 Brühl. — 3 Funcke. — 4 Maltzahn hatte dem Grafen 
Broglie die Absichten des Königs bei Abschluss der Convention mit England dar- 
gelegt. Vergl. S. 86. 87. 159. 



i 



193 



de l'effet que la nouvelle [de la conven- 
tion de Westminster] a produite à Péters- 
bourg." 

Nach dem Concept. 



drait prendre des engagements ici, 
afin que j'y saurais aviser. 

Federic, 



7352. AN DEN GEHEIMEN KRIEGSRATH EICHEL IN POTSDAM. 

[Potsdam, 14. März 1756.] 
Es ist Mir eingefallen, an Maltzahn nach Dresden zu schreiben, 
um dass der Mensch ' die Vitzthum'sche Correspondenz aus Paris auf- 
suchet; da wird man gewisse von der Denkungsart des französischen 
Ministère was gewisses zu erfahren kriegen, und werden vielleicht die 

Nachrichten das Räthsel auflösen. 

„ , , . Friderich. 

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig. * 



7353. AU CONSEILLER PRIVÉ VON DER HELLEN A LA HAYE, 

Potsdam, 16 mars 1756. 
J'ai bien reçu votre rapport du 9 de ce mois, au sujet duquel je 
veux bien vous dire que vous n'avez qu'à continuer à me mander de 
quel côté les régents de la République se tourneront à la fin, et quelle 
résolution ils prendront relativement au dernier mémoire du sieur d'Affry.^ 
Et comme les bruits s'augmentent que la cour de Vienne soUicite celle 
de France pour s'entendre entre elles, et qu'il y a actuellement une né- 
gociation secrète sur le tapis entre les deux cours, vous devez tâcher 
de vous orienter adroitement si peut-être ces bruits influent dans la peur 
qui a transi les Régents, et dans leur embarras,'* et si leur ministre à 
Vienne 5 leur a marqué quelque chose du susdit chipotage entre les 
deux cours, afin de m'informer de ce que vous en aurez appris, tout 
comme vous me manderez exactement ce que vous apprendrez d'ailleurs 

sur les susdits bruits. 

^ , Federic. 

Nach dem Concept. 



7354. AU SECRÉTAIRE MICHELL A LONDRES. 

Potsdam, 16 mars 1756. 

J'ai reçu à la fois les dépêches que vous m'avez faites du 2 et du 

5 de ce mois. J'ai eu des lettres de France ^ par lesquelles on m'accuse 

la réception de la réponse qui vous fut remise de la part du ministère 

anglais par rapport aux conditions sur un accommodement à faire avec 

I Menzel. — 2 Demgemäss Immediaterlass an Maltzahn, d. d. Potsdam 14. März. — 
3 Vergl. S. 185. — 4 Vergl. S. 185. 186. — S Burmania. — 6 Bericht Knyphausen's, 
Paris 5. März, und Mittheilungen Nivernois' aus seinen am 14. März empfangenen 
Depeschen. Vergl. S. 195. 198. 

Corresp. Friedr. IT. XII. I3 



194 

la France, et que j'y avais envoyée. Comme j'attends à présent le ré- 
sultat de la France là-dessus qu'on a promis de me renvoyer incessam- 
ment, mais dont je ne puis vous rien marquer d'avance, vu qu'on en 
veut auparavant délibérer dans un conseil, je ne manquerai pas de vous 
l'adresser fidèlement, dès qu'il me sera parvenu. 

Vous en avertirez , en attendant , milord Holdernesse et lui direz 
de ma part que je doutais presque que la réponse que le ministère 
de France ferait, fut d'abord tout -à-fait suffisante; que je souhaiterais 
cependant que, supposé que cette réponse ne serait pas entièrement 
satisfaisante à l'Angleterre, on ne voudrait pas pour cela rompre tout-à- 
fait la négociation, mais laisser au moins quelque porte ouverte dont je 
pourrais me saisir pour entretenir la négociation, jusqu'à ce que, tôt ou 
tard et selon les événements, l'Angleterre trouverait de sa convenance 
de s'entendre avec la France, où alors ma négociation entretenue sau- 
rait acheminer d'autant plus tôt la paix. 

Vous insinuerez, d'ailleurs, au susdit ministre que je ne saurais 
qu'applaudir extrêmement à la sage résolution qu'il avait prise de faire 
expliquer la cour de Vienne sur notre convention et sur ses desseins;^ 
que par la réponse que cette cour ferait, on serait sûrement à même 
de juger sur ses intentions et si elle serait revenue de son dessein de 
se lier avec la France ou si elle voulait changer de parti; mais que, 
dans la conjoncture présente, j'étais toujours d'avis qu'il fallait que 
l'Angleterre dirigeât sa principale attention sur la Russie,* puisque j'étais 
toujours de l'opinion que, tandis que l'Angleterre serait bien assurée de 
la Russie, les Autrichiens n'oseraient pas entreprendre de changer de 
parti et de système. 

Selon mes dernières lettres de Hollande , ^ la République saurait 
bien être obligée de se prêter à la neutralité ; vous insinuerez à ce 
sujet à milord Holdernesse que je présumais que la Hollande ne serait 
pas aisément prête à la neutralité, si elle n'avait pas cru que la France 
s'entendait avec les Autrichiens. 

Au surplus, j'ai de la peine encore à m' imaginer que les Français 
dussent entreprendre quelque chose contre l'Angleterre,* vu que la su- 
périorité des flottes anglaises leur est trop forte, de sorte que je ne vois 
pas comment ils sauront hasarder quelque chose, ainsi qu'il saurait bien 
arriver que cette année-ci se traînerait par des ostentations et des dé; 
monstrations et que la querelle sera décidée en Amérique. 

Nach dem Concept. F e d e r i C 



I Vergl. Nr. 7355. 7356. — 2 Vergl. S. 184. — 3 Bericht Hellen' s , Haag 
9. März. Vergl. Nr. 7353. — * Vergl. S. 170. 



195 

7355- AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE 
KNYPHAUSEN A PARIS. 

Potsdam, i6 mars 1756. 

Je viens de recevoir la dépêche que vous m'avez faite du 5 de 
ce mois. ' J'approuve d'abord que vous n'ayez point hésité de com- 
muniquer à M. de Rouillé la copie des deux pièces que je vous avais 
envoyées,'^ vu que la communication était absolument nécessaire et que 
vous n'aurez point pu la lui refuser de bonne grâce, ainsi que vous 
avez agi parfaitement là-dessus en conformité de mes intentions. 

Après cela, je ne veux point vous laisser ignorer que, selon de 
bonnes lettres de Vienne , ^ il est échappé à un des principaux dome- 
stiques du comte d'Aubeterre de dire, après le retour du courrier que le 
dernier a reçu de France, que celle-ci trouverait moyen de se venger tant 
sur moi que sur le roi de l'Angleterre, que la France ferait marcher une armée 
vers le pays d'Hanovre, tandis qu'un autre corps considérable de troupes 
françaises tomberait dans mon pays de Clèves , par où je serais obligé 
à partager mes forces, et que la reine de Hongrie serait mise par là à 
même d'entrer dans la Silésie; aussi, qu'en attendant le général Pretlack 
serait envoyé à quelques cours de l'Allemagne, "* pour disposer les États 
de l'Empire à ne point s'opposer à ce projet. Vous observerez que je 
ne vous marque tout ceci que pour votre direction seule, et que d'ail- 
leurs j'ai toute la peine du monde à me persuader de l'existence d'un 
pareil projet, qui serait trop biscornu et s'accordait mal avec la varia- 
tion et la timidité du ministère de France, qui d'ailleurs a décliné jusqu'ici 
de rendre la guerre générale, ainsi qu'il me paraît être impossible qu'il 
voudrait songer à présent d'entreprendre des choses qui, par une suite 
immanquable, rendraient la guerre générale. 

Au surplus, tant que j'ai pu pénétrer par des discours que le duc 
de Nivernois m'a tenus, je présume que Madame de Pompadour incHne 
de faire quelque changement dans le ministère, ^ et que sa clique a des 
dispositions fort pacifiques, de sorte que, si elle veut faire des change- 
ments dans le ministère , elle évitera bien de multiplier la guerre , qui 
ne lui conviendrait nullement à ses desseins; tout au contraire, j'estime 
qu'on voudra faire écouler cette année avec des démonstrations et des 
ostentations guerrières. 

La seule chose qui me donne encore des soupçons sur quelque 
concert à prendre entre les deux cours, c'est que le comte d'Aubeterre 
a rompu entièrement avec mon ministre de KHnggraeffen à Vienne,^ 
jusqu'à éviter tout -à- fait sa personne et sa conversation. C'est aussi 
par cette raison que je vous recommande fort d'être, en attendant, bien 

» Ueber den Inhalt des Berichtes von Knyphausen vergl. auch Nr. 7354. 7356. — 
2 Gemeint sind die am 26. Februar Knyphausen übersandten Schriftstücke : die eng- 
lische Denkschrift und der Auszug aus dem Berichte Michell's vom 12. Februar. 
Vergl. Nr. 7303. — 3 Bericht Klinggräffen's, Wien 7. März. Vergl. Nr. 7356. — 
* Vergl. S. 187. — 5 Vergl. S. 189. — 6 Vergl. S. 165. 

I3* 



196 

attentif sur tous les mouvements que les troupes françaises feront dans 
les trois évêchés vers la Meuse et du côté de Givet ; ' car dès qu'on y 
assemblera des corps, alors il ne faudra plus s'y fier. Je suppose en 
ceci que la France a formé quelque mauvais dessein. 

Au reste, je veux bien vous dire encore, quoiqu'absolument pour 
votre direction seule, que j'ai appris de bon lieu" que l'Angleterre a 
résolu de faire demander à la cour de Vienne une explication caté- 
gorique sur ses desseins par rapport à la paix et la tranquillité de l'Alle- 
magne ; la réponse que cette cour donnera, nous fera voir plus clair sur 
ses vues. 

Pour revenir encore une fois sur le projet des conditions que 
l'Angleterre demande pour se raccommoder avec la France, je vous 
ordonne de dire au sieur de Rouillé et aux autres ministres que je leur 
faisais des instances que , supposé , comme j'en suis presque persuadé, 
que les ministres ne trouvassent point ces conditions suffisantes et qu'elles 
ne les accommodassent point présentement, ils voudraient au moins 
faire en sorte que, par la réponse qu'ils y donneront, la négociation 
ne soit pas entièrement rompue, mais que je puisse la tenir en haleine 
encore; que cela ne mettrait point obstacle à exécuter leurs [plans] 
d'opération projetés pour la guerre contre les Anglais, mais pourrait 
bien servir à l'acheminement de la paix, quand, selon les événements, 
la France trouverait de sa convenance de s'en approcher. 

Nach dem Concept. F e d e r i C. 



7356. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLING- 
GR^FFEN A VIENNE. 

Potsdam, 16 mars 1756. 

Les rapports que vous m'avez faits depuis le 6 de ce mois,^ m'ont 
été fidèlement rendus. Vous vous donnerez la peine de déchiffrer vous- 
même tout ce qui suit, pour vous assurer d'autant mieux du secret ab- 
solument nécessaire. 

Je ne doute nullement que les intentions des Autrichiens sur mon 
sujet ne soient aussi mauvaises qu'on se le peut imaginer, et qu'ils vou- 
draient me faire tout le mal possible; mais en réfléchissant mûrement 
sur l'avis qui vous est venu d'un concert pris entre les deux cours, que 
la France tomberait également sur mon pays de Clèves que sur les 
États d'Hanovre, en attendant que les Autrichiens entreraient en Silé- 
sie,* je ne saurais pas vous dissimuler, quoique absolument pour votre 
direction seule, que j'ai trouvé cet avis comme des insinuations qu'on 
vous a lâchées expressément. 

I Vergl. S. 190. — 2 Bericht Michell's, London 5. März. Vergl. Nr. 7354. — 
3 Bericht Klinggräffen's, Wien 6. und 7. März. — 4 Die Nachrichten Klinggräften's 
sind im Erlass an Knyphausen vom 16. März (Nr. 7355) detaillirter wiedergegeben. 



— 197 

Je ne connais que trop la faiblesse du ministère de France, je sais 
leur grande envie pour regagner la paix, et combien il est éloigné de 
prendre une résolution vigoureuse, comme aussi de rendre la guerre 
générale. 

Je me suis d'ailleurs entremis pour leur porter des propositions ten- 
dantes à un raccommodement avec l'Angleterre; quoique j'aie d'abord 
cru qu'elles ne seraient pas encore suffisantes, néanmoins le susdit 
ministère a pris de très bonne part ma démarche faite à ce sujet. ' 

J'ai donc toute la peine au monde de croire que les Français vou- 
draient se brouiller entièrement avec moi et entrer dans une guerre 
générale, qui serait diamétralement opposée à leurs intérêts. 

Malgré tout cela et toutes les terribles oppositions qu'il y a du côté 
des intérêts des deux cours respectives, trop différentes pour se lier 
ensemble dans la conjoncture présente, il est très nécessaire qu'on ne 
se relâche point d'attention pour pénétrer et pour approfondir ce que 
la cour où vous êtes voudrait tramer, et si son orgueil l'emporte 
si loin qu'elle voudrait faire par dépit une démarche contre l'Angle- 
terre qui fût directement contraire à ses propres intérêts les plus 
essentiels. 

Au surplus, je veux bien vous informer, quoique encore pour votre 
seule direction, que, selon mes nouvelles, ^ la cour de Londres va 
envoyer des ordres au sieur Keith pour faire expliquer nettement le 
ministère autrichien sur toutes ses menées actuelles et pour lui faire 
remarquer que, si ses intentions étaient nettes pour la conservation de 
la paix de l'Allemagne dans la crise présente, il devait applaudir à la 
convention de neutraUté de l'Allemagne conclue avec moi, et qu'il fau- 
drait enfin que ledit ministère s' expHquât catégoriquement là- dessus, et 
qu'au reste le sieur Keith aurait ordre d'en parler confidemment avec 
vous. J'ai voulu vous avertir préalablement de ceci, afin que vous en 
soyez informé, quand le courrier portant ces ordres arrivera au sieur 
Keith, et que, d'abord qu'il les aura exécutés, vous puissiez m'informer 
incessamment de la réponse que le ministère autrichien y aura faite. 

En attendant, vous continuerez d'avoir toute l'attention sur les 
mouvements des troupes,^ et principalement sur ceux qu'on va faire avec 
la cavalerie en Hongrie, et du reste sur l'humeur que la Reine-Impéra- 
trice et son ministre, comte de Kaunitz, font apparaître.** 

Nach dem Concept. F 6 d 6 r i C. 



I Bericht Knyphausen's, Paris 5. März. Vergl. Nr. 7355. — « Bericht Michell's, 
London 5. März. Vergl. Nr. 7354. — 3 Vergl. S. 165. 166. — ♦ Vergl. S. 188. 



— 198 — 

AN DAS DEPARTEMENT DER AUSWÄRTIGEN ÄFF AIREN. 



7357 

i odewils und Finckenstein berich- 
ten, Berlin 15. März, anlässlich der Mel- 
dung Klinggräffen's [d. d. Wien 7. März] i 
über eine von Frankreich und Oesterreich 
in Aussicht genommene Cooperation, dass 
ihnen die Mitwirkung des Landgrafen 
von Hessen - Kassel der geeignetste Weg 
scheine , über den Zweck der Reise des 
österreichischen Generals Pretlack nach 
Darmstadt Aufklärung zu erhalten , und 
geben weiter anheim , bei dem Könige 
von England den Erlass von englischen 
und preussischen Circularnoten an alle 
Churfürsten und Fürsten des Reichs an- 
zuregen: „pour les convaincre de l'inno- 
cence de l'engagement [entre Votre Ma- 
jesté et Sa Majesté Britannique] et de la 
nécessité de le maintenir pour la con- 
servation de la tranquillité de l'Alle- 
magne." 

Mündliche Resolution. Nach Aufzeichnung des Cabinetssecretärs 



Potsdam, 16. März 1756. 
Sie sollen sich nur darüber 
nicht embarrassiren ; Ich glaube die 
Sache nicht, habe aber schon 
Mesures genommen. = 



7358. AU MINISTRE D'ÉTAT COMTE DE PODEWILS A BERLIN. 



lodewils berichtet, Berlin 14. März : 
, , Le duc de Nivernois m'a dit depuis son 
retour de Potsdam , 3 dont il est revenu 
fort content, qu'il avait reçu par la poste 
d'aujourd'hui des lettres de Paris qui lui 
marquaient que son courrier, à qui Votre 
Majesté avait cru être arrivé un malheur 
à Frankfort-sur-le-Main , était arrivé sain 
et sauf à Paris et qu'il avait remis fidèle- 
ment au baron de Knyphausen les dé- 
pêches de Votre Majesté dont il avait été 
chargé. 4 Mais il m'a dit en même 
temps . . . qu'on croit être à la veille 
de perdre M. de Séchelles par un acci- 
dent qui est survenu à ce ministre, qui a 
perdu la mémoire, et qu'on croit être 
une espèce d'apoplexie intérieure ; perte 
qu'il croit irréparable pour la France 
dans le moment présent, surtout puisque 
depuis Colbert on ne se souvient pas 
d'avoir eu pour les finances un ministre 
dont les talents et les lumières ont été 
si étendus." 



Potsdam, 16 mars 1756. 
J'ai été sensible de l'attention 
que le duc de Nivernois m'a mar- 
quée, en vous avertissant de l'heu- 
reuse arrivée de son dernier cour- 
rier à Paris, qui en même temps 
a remis au baron de Knyphausen 
mes dépêches dont il a bien voulu 
le charger. J'en étais déjà in- 
formé, s de même que du triste 
accident qui est survenu au sieur 
de Séchelles, dont je suis vraiment 
touché, pour les grandes qualités 
que je connaissais à ce ministre.^ 
Selon la dernière lettre que j'ai 
reçue du baron de Knyphausen,'" 
il me paraît que le ministère de 
France s'est radouci en quelque 
façon à mon égard, au sujet des 
propositions de l'Angleterre pour 



I Vergl. Nr. 7356. — 2 Vergl. Nr. 7347. — 3 Der Herzog weilte vom 10. bis 
aum 13. März in Sanssouci. — 4 Vergl. Nr. 7303 S. 146. — 5 Vergl. Nr. 7355. — 
6 Vergl. Bd. X, 404. 428; XI, 36. — ^ Vergl. Nr. 7355. 



199 

un accommodement avec la France que je leur ai fait communiquer; 

ils en ont au moins reconnu ma droiture et ma sincérité et ont été 

contents du zèle avec lequel je me suis employé auprès de la cour de 

Londres, pour lui inspirer des sentiments pacifiques et la déterminer à 

se raccommoder avec la France, afin de prévenir les suites d'une funeste 

guerre. Et sur ce, j'e prie Dieu etc. ^ , 

Federic. 

Nach der Ausfertigung. 

7359. AU DUC DE NIVERNOIS, MINISTRE DE FRANCE, 

A BERLIN. 

[Potsdam], 18 mars 1756. 

Monsieur le Duc. J'ai reçu la lettre que vous me faites le plaisir 
de m'écrire,^ avec la dépêche du baron de Knyphausen.^ Je ne doute 
point que votre cour ne vous en ait communiqué le contenu. J'y vois, 
par la réponse au mémoire des Anglais, ^ que le roi de France pourrait 
se déterminer à faire aux Anglais quelque cession au Canada, si ces 
mêmes Anglais commençaient, comme un préalable, à restituer les prises 
qu'ils ont faites, de tous les vaisseaux français. J'y vois d'ailleurs qu'on 
souhaite en France que je continue cette négociation. Il s'agit à pré- 
sent d'envoyer la réponse du roi de France aux Anglais, mais comme 
mes intentions n'ont pour objet que de travailler à l'aplanissement 
des différends qu'il y a entre les deux nations , et de rendre tous les 
services dont je suis capable, au roi de France, je" commence par vous 
communiquer les idées qui me sont venues sur ce sujet, avant que d'en 
faire usage, vous priant de me dire sur tous les points qu'elles con- 
tiennent, votre sentiment avec la plus grande franchise. 

Je ne sais si j'ai bien saisi la réponse des Français , mais je crois 
y avoir entrevu que ce ne seraient pas les contestations de l'Amérique 
qui arrêteraient la paix, pourvu que les Anglais restituassent, avant 
tout, leurs prises. Je crois donc qu'il y aurait moyen de parvenir à la 
paix, et voici comment je suppose que cela se pourrait faire. Je de- 
manderais aux Français quelles conditions avantageuses ils pourraient 
faire aux Anglais, en cas que ceux-ci leur restituassent leurs vaisseaux. 
Quand je saurai le dernier mot des Français, je demanderai aux Anglais 
s'ils se contenteraient de ces conditions pour préliminaires, au cas qu'on 
pût les leur faire obtenir, et si, en ce cas, ils voudraient commencer 
par établir un armistice et restituer les vaisseaux. S'ils consentent à 
ces propositions, je me rendrai caution des articles préliminaires. Ils 
restitueront leurs prises, et alors des députés des deux nations pour- 
ront aplanir le reste des difficultés dans un congrès. 

J'attends votre réponse, pour suivre cette idée, si vous croyez 
qu'elle soit du goût de votre cour, ou pour y changer ce que vous 
croirez d'inaliénable aux intérêts de la France. 

I D. d. „à Berlin le mercredi à minuit" d. i. 17. März. — * D. d. Paris 
13. März. Vergl. Nr. 7364. — 3 Vergl. S. 205. 



200 

Je serai charmé de vous voir ici avec le marquis de Valory ; » mais 
tout ancien ami qu'il est, il ne vous remplacera jamais. Je dois mé- 
nager votre modestie, Monsieur, mais vous ne m'empêcherez pas de 
penser ni de dire ce que je pense. Toutefois pouvez-vous être sûr que 
votre souvenir ne périra pas dans ce pays, tant que je l'habiterai. La 
nature m'a donné une âme sensible et un cœur réconnaissant, et il ne 
faut que cela pour conserver une impression éternelle du séjour que 
vous avez fait ici. Soyez persuadé que vous conserverez dans ce pays- 
ci des amis qui ne le céderont point, en sentiments, aux parents que 
vous avez en France. J'espère que vous me compterez de ce nombre 
et que vous ajouterez foi à l'amitié et à l'estime que je vous ai 

vouées. ^ , 

Federic. 

' Nach der von Nivemois eingesandten Abschrift im Archiv des auswärtigen Ministeriums 
zu Paris. 



7360. AU MINISTRE D'ÉTAT COMTE DE PODEWILS A BERLIN. 

Potsdam, 18 mars 1756. 
Le conseiller privé de Maltzahn à Dresde m'ayant mandé par son 
rapport du 13 de ce mois* combien le roi de Pologne désirait, au 
moins en conséquence de ce que le ministre Brühl lui avait déclaré, 
d'avoir communication de la convention de neutralité de l'Allemagne 
que j'avais stipulée avec l'Angleterre, je ne crois pas que cette com- 
munication du traité même , sans l'article secret , saurait souffrir aucune 
difficulté, vu que l'Angleterre l'a rendu public partout et que d'autres 
puissances en sont déjà en possession. ^ C'est donc en conséquence de 
ceci que vous aurez soin de faire tirer une copie de ladite convention 
et de l'envoyer au sieur de Maltzahn, avec instruction d'en faire son 
usage convenablement à la cour où il se trouve. Sur ce, je prie 

Dieu etc. ^ , 

Federic. 

Naoh der Ausfertigung. 



7361. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE MALTZAHN 

A DRESDE. 

JVlaltzahn berichtet, Dresden 13. 
März, über eine am 12. März stattgefun- 
dene Unterredung mit dem Grafen Brühl, 
in welcher dieser im Namen des Königs 
von Polen um Mittheilung der mit Eng- 
land abgeschlossenen Neutralitätsconven- 
tion gebeten + und hinzugefügt hat : que 



Potsdam, 19 mars 1756. 
J'ai reçu la dépêche que vous 
m'avez faite du 13 de ce mois, au- 
sujet de laquelle je vous dirai que, 
quant à l'insinuation que le comte 
de Brühl vous a faite sur le désir 



I Valory kam am 20. März in Berlin an und hatte am 23., in Begleitung des 
Herzogs von Nivernois, seine erste Audienz in Potsdam. — 2 Vergl. Nr. 7361. — 
3 Vergl. S. 139. 160. — 4 Vergl. Nr. 7360. 



I 



201 



Sa Majesté Polonaise „était sincèrement 
intentionnée de vivre en bon voisin [avec 
Votre Majesté]., qu'elle La priait donc 
de vouloir bien Se montrer un peu plus 
facile sur l'ajustement des affaires de 
commerce» . . . [Qu'elle] consentirait vo- 
lontiers à tout ce que Votre Majesté de- 
manderait, en tant que cela ne serait pas 
trop nuisible à ses intérêts , puisqu'elle 
en sacrifierait volontiers une partie à la 
satisfaction de vivre en bonne harmonie 
avec Votre Majesté." 



que le Roi son maître marquait 
afin que je lui fasse communica- 
tion de ma convention de neutra- 
lité faite avec l'Angleterre, je ne 
trouve nul inconvénient de le satis- 
faire là -dessus, et j'ai donné mes 
ordres en conséquence à mes mi- 
nistres pour qu'ils vous envoient 
une copie fidèle de ce traité, afin 
d'en faire l'usage convenable. " 

Pour ce qui regarde les pro- 
pos que le susdit ministre [vous 
a tenus] au sujet de nos affaires 
de commerce et à la facilité dont on veut que je me prêtasse à ce 
sujet , vous lui direz , quoiqu'en termes honnêtes et modestes , que jus- 
qu'à présent j'avais usé de toutes les complaisances possibles envers la 
cour de Dresde, sans en avoir éprouvé guère aucune de sa part, que, 
nonobstant cela, je ne me refuserais pas à toute proposition raisonnable 
qu'on me ferait à ce sujet, et que je m'y accommoderais, autant que 
cela pourrait se faire sans perte et sans préjudice de mes États, mais 
que je me flattais aussi que de l'autre part l'on ne prétendrait pas que 
je donnasse la main à une convention où tout l'avantage fût d'un côté 
et aucun de l'autre. Que, dans toutes les conventions de commerce 
faites antérieurement avec la Saxe, ^ l'avantage avait été pour elle ; qu'il 
fallait à présent que tout fût rédigé à une parité et égalité réci- 
proque, "♦ que c'était à ce principe que j'avais borné mes demandes, 
et que, pourvu qu'on l'adopterait de l'autre côté, il ne saurait pas 
manquer que nous ne soyons bientôt d'accord à notre satisfaction 
réciproque. 

Au reste, j'ai été très content des nouvelles bien intéressantes que 
le post-scriptum de votre dépêche comprend, ^ et vous prie de tâcher 
au possible de m'en donner encore de pareilles qui me seront d'un 

grand usage. „ , 

^ ^ Federic. 

Nach dem Concept. 



7362. AN DAS DEPARTEMENT DER AUSWÄRTIGEN ÄFF AIREN. 

rodewils und Finckenstein über- 
reichen, Berlin 19. März, die dem Befehl 
des Königs gemäss 6 an den Gesandten in 



Dresden ausgefertigte Weisung sammt 



Potsdam, 20. März 1756. 
Recht gut. Maltzahn kann 
es ihm vorlesen oder lesen lassen. 



I Vergl. S. 155. 183. — 3 Vergl. Nr. 7362. — 3 Vergl. Bd. XI, 4. — * Vergl. 
S. 183. — 5 Mittheilungen aus Berichten Funcke's an Brühl vom 9. und 16. Fe- 
bruar über die Ratification des englisch-russischen Subsidientractats vom 30. September 
1755 durch die Kaiserin von Russland, und aus Erlassen Brühl's an Funcke vom II. 
und 25. Februar. — 6 Vergl. Nr. 7360. 



202 



Abschrift der Convention mit England, 
„sans y ajouter cependant l'article secret 
et séparé de ladite convention, et en en- 
joignant en même temps audit ministre 
de ne lire la dernière [la copie de la 
convention] d'un bout à l'autre qu'en 
présence du comte de Brühl ... Ce qui 
nous a engagés à devoir prendre cette 
précaution, c'est que Votre Majesté S'est 
concertée avec l'Angleterre de ne faire 
part des susdits engagements in extenso 
à aucune puissance qu'après que la pre- 
mière en aurait fait part à son Parle- 
ment; ce qui ne s'est pas fait jusqu'ici, 
quoiqu'il se pourrait qu'elle l'eût fait 
confidemment à la cour de Russie, i ainsi 
que Votre Majesté en a usé de la même 
manière vis - à - vis de la France , 2 sans 
l'avoir communiqué pourtant jusqu'ici à 
aucun allié ni en Allemagne, ni hors de 
l'Empire." 

Mündliche Resolution. Nach Aufzeichnung des Cabinetssecretärs 



ohne eine Abschrift davon zu 
geben, welches er auch so mit 
dem Grafen BrogUe halten kann. 



7363. AU DUC DE NIVERNOIS, MINSTRE DE FRANCE, 

A BERLIN. 

[Potsdam], 20 mars 1756. 
Monsieur. Je vais expédier mon courrier pour Londres , avec la 
réponse que j'ai reçue de Versailles, ^ en donnant à cette négociation 
la tournure que vous jugez être la plus conforme aux intentions de 
votre cour. Je vous avoue que je ne m'attends pas que cette pièce 
fasse une grande impression sur le ministère anglais, et je crains fort 
qu'on ne s'arrête plus à la forme qu'à la chose. Mais comme il faut 
donner de l'aliment à cette négociation, j'ai envie de sonder le minis- • 
tère britannique, pour pressentir s'il serait capable de rendre les vais- 
seaux français, au cas qu'un tiers voulût lui garantir des articles pré- 
liminaires tels que les Français les ont articulés dans leur dernier mé- 
moire, que le duc de Mirepoix, je crois, leur a remis.* Jjj 

Federic. * 

Nach der von Nivernois eingesandten Abschrift im Archiv des Auswärtigen Ministeriums 
zu Paris. 



7364. AU SECRÉTAIRE MICHELE A LONDRES. 

Michell berichtet, London 9. März, auf den Erlass vom 24. Februar, 5 dass er 
dem englischen Ministerium die Ansichten des Königs über die vermeintlichen Rü- 
stungen Schwedens und Dänemarks dargelegt hat : „Cependant, avec cela, leurs soupçons 

I Vergl. S. 173. — 2 Vergl. S. 160. 162. — 3 Vergl. Nr. 7364. — 4 Vergl. 
Bd. XI, 168. — s Vergl. Nr. 7299 S. 142. 



203 

ne sont pas encore levés sur la conduite de ces deux puissances dans la conjoncture 
présente. Ils ont aussi continué de m' assurer qu'en cas que contre toute attente la 
cour de Vienne poussât en avant son chipotage avec la France, les Autrichiens n'y 
entraîneraient pas la Russie et qu'on se croyait toujours fort assuré en Angleterre 
que, de quelque façon que le chipotage dont il s'agissait, tournât, la cour de Péters- 
bourg resterait toujours attachée aux intérêts de l'Angleterre et qu'on n'en avait pas 
le moindre doute" i . . . Le duc de Newcastle m'a dit „que le Roi son maître avait 
eu en dernier lieu des avis de différents côtés que le ministère de Versailles se vantait 
que Votre Majesté avait fait tous Ses efforts pour lui prouver que les engagements 
qu'Elle avait pris avec Sa Majesté Britannique, étaient si innocents et si peu calculés 
pour donner de l'offense à qui que ce fût, que Vous aviez offert. Sire, à la France 
de renouveler plus étroitement Vos anciens engagements avec elle ; 2 mais que cette 
dernière avait décliné jusqu'ici de s'expliquer là-dessus avec précision; qu'à la vérité 
ces avis n'avaient fait aucune impression sur l'esprit de Sa Majesté Britannique et de 
son ministère, mais que cependant lui, duc de Newcastle, avait eu ordre de m'en 
faire part, pour faire rapport à Votre Majesté qu'on ne voulait rien avoir de caché 
pour Elle dans les circonstances présentes, et pour La convaincre de plus en plus du 
dessein où l'on était ici, de continuer d'aller en avant en toute confidence avec Votre 
Majesté." • 

Potsdam, 20 mars 1756. 

La réponse que le ministère de France a remise à mon ministre 
à Paris, le baron de Knyphausen, au mémoire de la Grande-Bretagne 
concernant la pacification des troubles qui se sont élevés en Amérique 
entre les cours de France et d'Angleterre, m' étant parvenue, ^ je 
n'ai pas voulu perdre un moment pour vous l'envoyer ci -close telle 
que je l'ai reçue, avec la lettre dont le sieur de Rouillé l'a accom- 
pagnée. * 

Vous ne manquerez pas de voir d'abord milord Holdernesse ou le 
duc de Newcastle, selon qu'il convient, pour leur dire que vos ordres 
étaient que vous leur deviez incessamment communiquer ces deux pièces 
telles que je les avais eues, et de leur dire de ma part que je ne 
m'attachais qu'au sommaire de la réponse en question , selon laquelle 
les Français prétendaient primo, en préalable, la restitution de toutes les 
prises faites des Anglais sur les Français dans cette dernière guerre, ^ 
et qu'en second- lieu il paraissait qu'ils voulaient accorder les conditions 
qu'ils ont offertes par leur dernière réponse remise par le duc de 
Mirepoix. ^ 

Que quant à ces deux objets-là , je laissais à examiner aux minis- 
tres de l'Angleterre ce qui pourrait leur convenir et quelles démarches 
ils croient pouvoir faire pour le bien et la tranquillité de l'Europe. 
Si, cependant, je devais dire mon sentiment avec toute sincérité, je 
craignais beaucoup que la forme qu'on voulait donner à tout ceci, 
ne fît du tort au fond de la chose. Je regardais donc comme la grande 
affaire de savoir si les Anglais pourront accepter les avantages que les 
Français leur ont offerts en Amérique ; car au cas qu'on pourrait régler 

I Vergl. S. 144. — 2 Vergl. S. 160 — 162. — 3 Von Knyphausen am 13. März 
übersandt. Vergl. Nr. 7359. — * Begleitschreiben Rouille's an Knyphausen, d. d, 
Paris 13. März. — 5 Vergl. Bd. XI, 478. — 6 Vergl. Bd. XI, 168. 



204 

ce point-là, je ne doutais point que, par l'entremise des amis communs, 
on ne pût trouver les moyens de parvenir à une médiation, mais que 
j'envisageais dans cette affaire comme le point principal et de la pre- 
mière importance celui de régler les différends de l'Amérique et que 
pour la restitution des vaisseaux français, comme les Anglais paraissent 
l'offrir jusqu'ici, je ne crois point que cela apporterait difficulté au 
rétablissement de la paix, si par exemple des puissances médiatrices 
garantissaient à l'Angleterre un article préliminaire par rapport aux 
affaires de l'Amérique, dont on aurait pu convenir. Voilà ce que vous 
aurez à dire à ces ministres de ma part; en suite de quoi vous me 
manderez comment ils ont envisagé tout ceci et si vous estimez que, 
pourvu qu'on conviendrait sur le point principal, savoir sur les affaires 
de l'Amérique, ils sauraient bon alors [de se prêter] à la restitution des 
vaisseaux français et de finir le reste à un congrès ; ce que de ma part 
j'envisage comme le seul moyen qui reste à raccommoder les deux 
partis. 

Pour ce qui regarde les insinuations qu'en conséquence de votre 
dépêche du 9, que je viens de recevoir dans ce moment, le duc de 
Newcastle vous a faites touchant les différents avis que le Roi son 
maître avait eus de France sur mon sujet, vous direz convenablement 
à ce ministre qu'il était très vrai que j'avais assuré aux Français qu'il 
n'y avait rien d'offensif contre qui que ce soit dans la convention de 
neutralité que j'avais conclue avec le roi d'Angleterre; aussi ni les 
Anglais, ni tout le monde ne sauraient envisager autrement cette conven- 
tion de neutralité que défensive ; mais que, pour le reste,, le roi d'Angle- 
terre et son ministère sauraient être assurés que j'observerais religieuse- 
ment et avec toute l'exactitude les engagements que j'avais pris au 
moyen de cette convention avec l'Angleterre; mais que, tandis que les 
Français n'attaqueraient pas les États de l'Allemagne, je les ménagerais, 
parceque dans le fond, et indépendamment de la convention de neu- 
traUté faite, je n'avais pour mon personnel aucuns différends avec eux, 
et que je ne voudrais pas sans aucune raison pressante multiplier le 
nombre de mes ennemis, dont j'avais innocemment assez; et que d'ail- 
leurs je voudrais garder des ménagements, afin de conserver toujours 
l'occasion de porter des paroles de paix entre les deux parties, pour en 
ménager peut-être la paix et la réconciliation entre elles. 

Autant que j'ai appris présentement^ de la négociation secrète qui 
doit être entre la France et les Autrichiens, il n'en doit être, au fond, 
rien d'arrêté, ni de conclu, mais qu'elle doit rouler sur un traité d'amitié 
et d'union à faire entre les deux cours, et la neutralité des Pays-Bas 
autrichiens à stipuler entre les deux cours pendant la guerre présente, 
tout comme encore, par quelque article séparé, les bons offices de la 
France à l'élection de l'archiduc aîné Joseph en quaHté de roi des 

» Bericht Knyphausen's, Paris 8, März. Vergl. Nr. 7366. 



205 

Romains, J'avoue cependant que, malgré cela et malgré tous les ressorts 
que la cour de Vienne fait jouer pour s'accrocher avec la France, j'ai 
toute la peine à croire que les Autrichiens parviendront à conclure 
effectivement avec la France, parcequ'une telle affaire est compliquée 
de tant de contradictions qu'il n'est pas aisé à voir comment elle sau- 
rait réussir. 

Quand, d'ailleurs, j'apprends par votre rapport que les ministres 
anglais ne sont pas tout-à-fait sortis de leur inquiétude sur les disposi- 
tions des cours de Suède et de Danemark, vous direz à eux que l'événe- 
ment et ce qui en arriverait en effet, convaincrait le ministère anglais 
que je leur en avais annoncé la vérité et qu'il n'y avait aucun dessous 
dans cet armement desdites cours , ni point d'autre intention que celle 
que j'avais dite à ces ministres. 

Du reste, vous observerez scrupuleusement l'occasion convenable où 
vous saurez sonder adroitement ces ministres s'il ne conviendrait pas 
de rétablir entre la Russie et moi une bonne intelligence ou du moins 
passable, vu qu'il paraissait malséant que des puissances qui avaient 
présentement la satisfaction d'être dans les mêmes engagements avec 
l'Angleterre, fussent encore différentes entre elles-mêmes. Vous obser- 
verez cependant en ceci qu'il faut que vous vous y preniez bien délicate- 
ment pour sonder les ministres à ce sujet, et que vous alliez bien douce- 
ment pour leur hasarder la proposition. _ , 

Federic. 

P. S. 

Vous donnerez des copies très exactes de deux pièces aux mi- 
nistres, en gardant celles que je vous envoie, pour votre usage ultérieur. 



Réponse de Sa Majesté Très Chrétienne à Sa Majesté 

Prussienne. 

Le Roi a été très sensible à la communication que le roi de Prusse 
a bien voulu lui donner d'une copie de la lettre du 12 du mois de fé- 
vrier dernier, écrite à Sa Majesté Prussienne par Son ministre à Londres, 
et du mémoire contenant la réponse du roi d'Angleterre' au sujet des 
ouvertures faites à ce Prince par ordre du roi de Prusse, dans la vue 
de contribuer à une conciliation amiable des différends qui subsistent 
entre Sa Majesté et Sa Majesté Britannique. 

Le Roi rend trop de justice aux lumières et à l'équité de Sa Ma- 
jesté Prussienne pour ne pas accepter avec satisfaction les bons offices 
qu'EUe lui offre et qu'Eue a déjà commencé à employer relativement 
à un ouvrage si salutaire. 

Si la cour britannique a fait part au roi de Prusse de toute la né- 
gociation qui a été suivie à Londres pendant le dernier séjour de M. le 

I Vergl. Nr. 7303 S. 146. 



2o6 — - 

duc de Mirepoix en Angleterre/ Sa Majesté Prussienne y aura vu bien 
clairement qu'il n'a pas tenu au Roi de prévenir par un accommode- 
ment les excès auxquels la cour britannique s'est portée, et qu'elle con- 
tinue de commettre depuis huit mois et sans déclaration de guerre 
contre les vaisseaux et les sujets de Sa Majesté.* 

En effet, le Roi, après avoir proposé plusieurs fois, mais toujours 
inutilement, au roi d'Angleterre de remettre de part et d'autre en 
Amérique les choses sur le pied où elles étaient ou devaient être en 
conséquence du traité d' Utrecht, de faire cesser les hostilités dans cette 
partie du monde et de travailler sans délai à une conciliation finale sur 
tous les objets de discussion entre les deux couronnes , ^ avait enfin , 
offert des sacrifices très réels de sa part, pour maintenir la bonne in- 1 
telligence avec le roi de la Grande-Bretagne et pour prévenir une " 
guerre que Sa Majesté a toujours désiré et désirerait encore de pou- 
voir éviter. 

Mais le Roi a constamment vu avec regret que l'Angleterre atta- 
chait l'idée d'un accommodement à des conditions que Sa Majesté ne 
devait, ni ne pouvait accepter;* Elle était même fort étonnée d'éprouver 
autant d'inflexibilité à cet égard, mais Sa surprise cessa, lorsqu'Elle 
apprit, non seulement par l'attaque de Ses vaisseaux ^ et de Ses posses- 
sions en Amérique, mais aussi par les papiers du général Braddock, ^ 
que, sous le voile d'une négociation à laquelle la cour britannique pa- 
raissait se prêter sincèrement, elle cachait les ordres offensifs qu'elle 
avait envoyés depuis plusieurs mois en Amérique, quoiqu'elle renouvelât 
toujours de vive voix et par écrit les assurances les plus formelles de 
ses intentions pacifiques. ^ 

Par la rupture inopinée des négociations, de laquelle il est fait 
mention dans le mémoire remis à Londres au ministre du roi de Prusse, 
la cour britannique prétend sans doute parler du rappel de M. le duc 
de Mirepoix et de M. de Bussy ; mais personne n'ignore que le Roi ne 
s'est déterminé à les faire revenir auprès de lui qu'après l'attaque et la 
prise de deux vaissaux de Sa Majesté par l'amiral Boscawen.^ Toute 
l'Europe n'a même pu qu'admirer comme une suite de la modération 
du Roi et de son amour pour la paix que Sa Majesté eût alors borné 
au seul rappel des ministres qu'elle entretenait auprès du roi d'Angle- 
terre, le juste ressentiment que devaient lui inspirer des hostilités aussi 
violentes qu'imprévues et si évidemment contraires au droit des gens, 
à la foi des traités, à toutes les lois et à tous les usages. 

La cour de Londres insiste toujours sur les conditions qu'elle a 
proposées par son contre-projet du 7 mars 1755;^ mais le Roi fit répondre 

I Vergl. Bd. XI, 478. — 2 Vergl. Bd. XI, 478. — 3 Vergl. Bd. XI, 66. | 
72. — * Vergl. Bd. XI, 93. 112. 181. 183. — 5 Vergl. Bd. XI, 224. — 6 Vergl. ' 
Bd. XI, 290. 302. — 7 Vergl. Bd. XI, 478. — 8 Vergl. Bd. XI, 224. 226. — 
9 Vergl. Bd. XI, 93. 



20/ 

dans le temps par son ambassadeur que de pareilles propositions ne 
permettraient pas à Sa Majesté d'espérer que les deux cours pussent 
parvenir à une conciliation amiable , ^ et le Roi n'a point changé de 
sentiment à ce sujet. 

Sa Majesté fit déclarer en même temps au roi de la Grande- 
Bretagne qu'EUe prendrait volontiers avec lui les mesures les plus effi- 
caces pour mettre les deux nations en Amérique à l'abri de toute in- 
vasion et de toute gêne de la part de l'une vis-à-vis de l'autre, et 
qu'EUe ne serait pas éloignée d'entrer avec lui dans des arrangements 
favorables au commerce des Anglais et de céder même des pays qui 
Lui appartiennent incontestablement.^ 

Quoique les procédés de la cour de Londres aient autorisé Sa Ma- 
jesté à regarder comme nulles et non avenues de pareilles offres, cepen- 
dant son désir sincère et invariable de maintenir le repos public et de 
rétablir la bonne correspondance entre les deux cours, La déterminera 
à rentrer en négociation sur les mêmes errements. Elle accepte avec 
d'autant plus de plaisir pour cet effet l'entremise et les bons offices du 
roi de Prusse qu'EUe est bien persuadée qu'il ne les emploiera que 
conformément aux principes d'équité dont il est animé; mais Sa Ma- 
jesté Prussienne jugera sans doute que le Roi ne peut absolument pas 
se départir de la réquisition qu'il a fait faire au roi de la Grande-Bre- 
tagne, d'ordonner préalablement la prompte et entière restitution de 
tous les vaisseaux français qui ont été pris par la marine anglaise, et 
de tous leurs équipages, officiers, soldats, chargements et effets. 

Le roi de Prusse connaît trop ce que les souverains se doivent à 
eux-mêmes et à leurs sujets, pour ne pas approuver une demande aussi 
juste et aussi décente. 

Ce n'est qu'à cette condition que le Roi sera disposé à concourir 
par la voie de la négociation à tous les arrangements convenables pour 
terminer sans délai et sans détour toutes les discussions qui subsistent 
entre la France et l'Angleterre. 

Si le roi de la Grande-Bretagne désire sincèrement la paix et veut 
bien ne consulter que son équité naturelle, il ne se refusera pas à une 
première démarche que le droit des gens, les traités les plus solennels 
et toutes les règles de la justice lui prescrivent également. 

C'est dans cet esprit que le Roi a déjà répondu au roi d'Espagne, 
qui lui a offert ses bons offices en même temps que le roi de Prusse. 

Sa Majesté, vivement touchée des marques d'amitié et de confiance 
qu'EUe reçoit à cette occasion de la part de Sa Majesté Prussienne, 
souhaite ardemment que les soins que ce Prince se donne pour prévenir 
une nouvelle guerre, soient aussi efficaces qu'ils sont dignes de la mo- 
dération et de la générosité de ses sentiments. ■* 

I Vergl. Bd. XI, 103. — a Vergl. Bd. XI, 168. 



208 

Lettre de M, de Rouillé à M. le baron de Knyphausen. 

Le 13 mars 1756. 
Monsieur le baron de Knyphausen trouvera ci-joint la réponse du 
Roi au mémoire que le roi d'Angleterre a fait remettre à Sa Majesté 
Prussienne sur les ouvertures qu'elle a bien voulu lui faire pour parvenir 
à la pacification des troubles actuels. M. Rouillé le prie de vouloir 
bien l'envoyer à Sa Majesté Prusienne. Le Roi espère qu'EUe y recon- 
naîtra la suite des sentiments de justice et de modération qui ont jus- 
qu'à présent dirigé sa conduite, et qu'Elle voudra bien en faire auprès 
de Sa Majesté Britannique l'usage qu'Elle croira le plus convenable au 
but salutaire qu'Elle Se propose. M. Rouillé dépêchera demain dans la 
matinée un courrier à M. le duc de Nivernois, et si M. de Knyphausen 
veut le charger de ses paquets pour sa cour, M. Rouillé différera son 
départ, jusqu'à ce qu'il les ait reçus, étant fort aise de profiter de toutes 
les occasions de marquer ses égards et son attention au ministre du roi 
de Prusse et à la personne de M. de Knyphausen en particulier. 

Nach dem Concept. Die Beilagen nach den von Knyphausen eingesandten Ausfertigungen. 



7365. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLING- 
GR^FFEN A VIENNE. 

Potsdam, 20 mars 1756. 

J'ai reçu votre rapport du 10 de ce mois. Ayant appris des parti- 
cularités bien intéressantes du chipotage secret qui a subsisté jusque 
présent entre les cours de Versailles et de Vienne , ^ je veux bien vous ' 
en faire part, quoique absolument pour votre direction seule et afin de 
vous mettre sur la voie de pénétrer d'autant mieux dans les vues de 
la cour où vous êtes. 

C'est elle, en conséquence de mes avis, qui a donné les premières 
notions à la France de la convention que j'avais arrêtée avec l'Angle- 
terre, et qui, en haine de cette démarche, a fait toutes les mauvaises 
insinuations possibles à la cour de France sur ce sujet, tout comme le 
comte de Kaunitz l'a fait envers le marquis d'Aubeterre pour le gagner.J 
Les motifs qu'elle a employés pour éblouir la France, ont été que, pai 
l'alliance prétendue que j'avais faite avec l'Angleterre, je n'avais plus 
rien à craindre du côté de la Russie, et que, par conséquent, je pro- 
fiterais de la première conjoncture favorable qui se trouverait pour tour^j 
ner mes armes contre l'Empire et travailler à mon plan d' agrandisse-; 
ment que j'avais conçu de longtemps; que, l'Europe étant menacée 
d'une guerre générale, il ne saurait manquer qu'au moyen des sûretés 
que j'avais su me ménager par ma convention de neutralité, je ne susse 
trouver un moment favorable d'accomplir mes desseins et que la France 

X Bericht Knyphausen's, Paris 8. März. Vergl. Nr. 7366. 



209 

aurait à considérer s'il était de son intérêt qu'une nouvelle puissance en 
Europe s'élevât qui, pour peu qu'elle accroîtrait des forces, se mettrait 
infailliblement dans une indépendance totale et deviendrait tout aussi 
formidable à l'Allemagne que l'avait été l'ancienne maison d'Autriche, 
et que, bien loin que la France dût conniver à mon agrandissement 
ultérieur, le maintien du système qu'elle avait adopté pour la balance 
du pouvoir en Allemagne, exigeait qu'elle me tînt dans les bornes où 
j'étais renfermé actuellement, sans permettre qu'on leur donnât plus 
d'étendue, et comme l'intérêt de la France étant conforme sur ce point 
à celui de l'Autriche, il semblait être de la convenance dans la con- 
joncture présente de prendre des mesures communes, pour empêcher 
que je ne puisse parvenir à mes fins pendant la durée des troubles 
entre la France et l'Angleterre. Sur quoi, le ministère autrichien a pro- 
posé à celui de France à prendre des engagements avec la cour de 
Vienne au moyen d'un simple traité d'union et d'amitié, où on stipule- 
rait cependant la neutralité des Pays-Bas et, encore dans un article secret, 
le consentement de la France à l'élection de l'Archiduc aîné dans la 
qualité de roi des Romains. On ne m'a pu point apprendre jusqu'à 
présent à quel point cette négociation, à laquelle la cour de Vienne 
prétend mettre pour base cette union , a pu être avancée , mais je sais 
pour certain qu'elle répugne beaucoup à la plupart des membres du 
conseil du roi de France, qui trouvent trop palpables les prétextes, 
quelque spécieux qu'ils soient, dont la cour de Vienne se sert pour 
colorer ses propositions, pour se méprendre sur les vrais intérêts de la 
France et sur les motifs qui l'ont portée à cette démarche. 

Par tout ceci, l'on voit assez clairement ce qui a si irrité et aigri 
ladite cour contre moi à l'occasion de ma convention faite, puisqu'elle 
a vu échouer par là son grand dessein de faire élever contre moi la 
Russie et l'Angleterre et tout ce qu'elle aurait pu trouver d'autres amis, 
mais que, se voyant déchue de ces espérances, elle a voulu se tourner 
vers la [France], pour l'irriter contre moi; mais ce qui apparemment ne 
lui réussira pas. 

Vous devez, en attendant, veiller de l'attention la plus grande et 

la plus scrupuleuse sur toutes ses démarches et sur ce qu'elle prend 

d'arrangements. _ . 

Federic. 

Nach dem Concept. 



7366. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE 
KNYPHAUSEN A PARIS. 

Potsdam, 20 mars 1756. 

Votre dépêche du 8 de ce mois m'a été rendue, et j'ai vu avec 
bien de la satisfaction, par tout ce que vous avez compris dans votre 

Corresp. Friedr. II. XII. I4 



2IO 

relation ordinaire, que vos amis ne vous ont pas mal servi dans ce qui 
concerne la négociation secrète entre la France et les Autrichiens,' de 
sorte que je suis persuadé que vous êtes à présent justement au fait de 
tout ce qui regarde ce chipotage. Les ouvertures que la cour de 
Vienne a faites à celle de France pour ce sujet, me font reconnaître 
d'abord le langage ordinaire qu'elle a tenu depuis longtemps à mon 
sujet à toutes les cours avec lesquelles elle a été en correspondance, 
dont cependant une bonne part en est revenue, ayant reconnu sa 
frivolité et les vues pernicieuses que ladite cour voulait cacher . là- 
dessus; aussi estimé -je que les Français me feront au moins la justice 
d'être assurés que je n'ai jamais eu des vues offensives contre l'Alle- 
magne. 

Pour répondre aux insinuations malicieuses que cette cour a voulu 
faire à celle de France, je crois qu'il y a plus de cent arguments aussi 
clairs que le jour, et je compterais pour chose superflue de vous les 
marquer en détail , vu que je suis assuré que vous y suppléerez aisé- 
ment pour en fortifier ma cause. Je crois , cependant , que vous ferez 
bien de glisser adroitement dans les entretiens que vous aurez avec 
ceux qui fréquentent les ministres de France et qui possèdent leur con- 
fiance, qu'au lieu des vues que ladite cour, fertile à me calomnier, 
m'avait supposées, j'avais justement fait ma convention de neutralité 
avec l'Angleterre, afin de ne pas me voir accablé des forces unies des 
Anglais , des Russes et des Autrichiens , si la guerre avait éclatée dans 
l'Allemagne. Vous ajouterez qu'il fallait s'attendre que la susdite cour 
prendrait à tâche de brouiller au possible les affaires dans les circons- 
tances présentes et d'inspirer autant de méfiance à la France contre 
moi dont elle sera capable, dont apparemment le principal motif serait, 
parcequ'elle était extrêmement piquée de ce que je n'avais pas voulu 
permettre que la neutralité des Pays-Bas fût incluse dans ma con- 
vention. ^ 

Au surplus , j'avoue que je n'ai pas pu bien comprendre le sens 
de ce que M. de Rouillé vous a dit de l'empressement le plus vif que 
la cour de Vienne témoignait pour le maintien de la paix, et du con- 
cert qu'elle désirait de prendre à ce sujet avec la France, vu que je 
ne connais personne qui voulût troubler la tranquillité de l'Empire, 
pourvu que la cour de Vienne borne ses vues ambitieuses. Au reste, 
la France saurait bien se mécompter, si elle croyait me contenir, par 
des liaisons à prendre avec cette cour, dans les bornes d'une scrupu- 
leuse neutralité, parceque, tout au contraire, si les choses allaient si 
loin entre les deux [cours] que celle de Vienne servirait d'épouvantail 
pour moi et que la France stipulerait qu'elle ne me porterait aucun se- 
cours, quand les Autrichiens m'attaqueraient, il est aisément à pénétrer 

' Der wesentliche Inhalt des Berichtes Knyphausen's erhellt aus den Weisungen 
an Michell und Klinggräffen vom 20. März (Nr. 7364. 7365). — * Vergl. S. 2. 



211 

qu'au lieu que la France me ramènerait par là , elle m'animerait plutôt 

de me lier étroitement avec l'Angleterre. ^ , 

Federic. 

Nach dem Concept. 



7367- 



AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION COMTE 
DE SOLMS A STOCKHOLM. 



oolms berichtet, Stockholm 5. März, 
dass die schwedischen Stände die Er- 
zieher des Kronprinzen Gustav abgesetzt» 
und an deren Stelle den Baron Scheffer 
berufen haben. „ Le Roi n'a pas pu 
se résoudre à y donner son consente- 
ment.' Le comité secret lui a adressé 
sur cela une nouvelle représentation, tant 
pour lui faire voir qu'il ne faisait bien 
de s'y opposer, qu'aussi pour justifier 
les États devant le public. Il y est dit 
en termes nets que les Etats étaient les 
seuls législateurs en Suède , que le Roi 
n'avait d'autre pouvoir que celui d'une 
approbation, dirigée par les lois, laquelle, 
selon les mêmes lois et selon son ser- 
ment, il n'osait pas refuser selon son 
bon plaisir ; que celui qui avait le droit 
de faire des lois, devait naturellement 
aussi avoir plus de pouvoir que celui qui 
n'avait que son consentement à y ajouter 
pour les faire valoir, et que par consé- 
quent les Etats n'avaient fait qu'user de 
leur pouvoir, qui leur convenait selon la 
forme présente du gouvernement, en nom- 
mant le baron Scheffer pour être gouver- 
neur du Prince . . . Les États craignent 
de perdre leur liberté, et on prétend que 
la commission des paysans 2 découvre 
dans ses perquisitions des choses qui 
font croire que leur crainte n'est pas 
absolument mal fondée." 

Nach dem Concept. 



Potsdam, 20 mars 1756. 
J'ai reçu votre rapport du 5 
de ce mois. Je suis très fâché 
d'apprendre la mauvaise tournure 
que les affaires de la cour pren- 
nent de plus en plus pour elle 
auprès les États assemblés en 
Diète; mais, quoique j'en sois 
sensiblement touché, il faut cepen- 
dant que je vous avoue que, de 
la manière que la cour, inspirée 
de très mauvais conseils d'une 
chque qui fait semblant de lui 
être attachée, se comporte envers 
les États et le Sénat, on ne sau- 
rait pas prendre mal à ceux-ci 
qu'ils se tiennent à la forme pré- 
sente du gouvernement de Suède 
et qu'ils s'expliquent énergique- 
ment sur leurs droits et préroga- 
tives qui s'y fondent. Vous conti- 
nuerez de me faire vos rapports 
sur la suite ide ces affaires. 

Federic. 



7368. AU CAPITAINE DE WECHMAR A ROSSDORFF. 

L/er Capitän von Wechmar be- 
richtet, Rossdorff 13. März: ,,Je vis hier, 
en passant à Vœlkershausen , le prince 
héréditaire de Hesse - Cassel , qui me dit 
que Monseigneur le Landgrave son père 
avait l'intention de le faire demeurer 



Potsdam, 21 mars 1756. 

J'ai reçu la lettre que vous 

m'avez faite du 13 de ce mois, 

au sujet de laquelle je veux bien 

vous dire que vous saurez bien 



' Vergl. S. 40. — 2 Vergl. S. 31. 



14* 



212 



quelque temps à Berlin et qu'il en de- 
manderait la permission à Votre Majesté. 
Ce Prince ajoutait que , si Votre Majesté 
daignerait lui faire la grâce de l'em- 
ployer dans Ses armées, il s'engagerait 
volontairement d'y servir toute sa vie, et, 
étant un jour prince régnant , de ne 
jamais faire servir ses troupes contre le 
gré de Votre Majesté." 



[marquer] dans votre réponse au 
Prince héréditaire, supposé qu'il 
vous en demande, que Son Al- 
tesse le Landgrave son père m'avait 
fait faire l'ouverture' combien il 
désirait que le Prince viendrait 
séjourner quelque temps à Berlin, 
et que je m'y étais prêté avec 
bien du plaisir; mais pour ce qui 
s'agissait du reste, je crois qu'il conviendra d'en parler après l'arrivée 

du Prince, où on aura tout le loisir à le faire. ^ , 

Federic. 

Nach dem Concept. 



7369. AU LIEUTENANT-COLONEL BARON DE LEUTRUM- 
A KŒNIGSBERG EN PRUSSE. 

Potsdam [mars 1756]. 3 
Que le Roi* avait reçu la lettre du 15 de ce mois qu'il avait bien 
voulu lui écrire de Kœnigsberg, à laquelle Sa Majesté voulait bien lui 
dire que, s'il avait quelque chose à marquer au Roi, il n'aurait qu'à 
l'écrire par la voie de la poste, où rien n'empêchait que les lettres ne 
sachent parvenir sûrement au Roi. Et qu'au surplus il conviendrait 
bien lui-même qu'il ne saurait pas être agréable au Roi de venir 
se présenter lui-même à Sa Majesté, après qu'on n'ignorait pas ici la 
mauvaise grâce dont il avait été congédié en Russie, et que Sa Majesté 
s'attendait qu'il s'y conformerait en conséquence. 

Nach dem Entwurf von der Hand Eichel's. 



7370. AU PRINCE FERDINAND DE BRUNSWICK A BRUNSWICK. 

X rinz Ferdinand von Braunschweig giebt, Braunschweig 16. März, den König 
zur Kenntniss : ,,Le Duc mon frère, par l'entremise du ministère d'Hanovre, vient de 
conclure avec le roi d'Angleterre un emprunt à des intérêts très modiques, et dont 
les termes du remboursement sont stipulés d'une telle façon que, selon un plan 
dressé, il décharge ses finances d'une bonne partie des dettes, qui à la fin l'auraient 
pu mettre mat dans ses affaires." 

Potsdam, 22 mars 1756. 
Monsieur mon Cousin. J'ai reçu la lettre que vous avez bien voulu 
prendre la peine de me faire du 16 de ce mois. Je suis très sensible 

I Durch ein Schreiben des Landgrafen an die Prinzessin Heinrich, d. d. Cassel 
8. März. — a Vergl. Bd. X, 246. 459 — 463. — 3 Die Antwort Leutrum's datirt 
,, Frankfort -sur -l'Oder 24 mars." — 4 Anweisung von der Hand Eichel's für den 
expedirenden Cabinetskanzlisten : „Nota. Gar keine Curialien, sondern nur simple- 
ment anzufangen: J'ai reçu votre p. p." 



i 



213 

à l'attention que vous me témoignez pour m'informer de certains ar- 
rangements pécuniaires que le Duc régnant votre frère a pris à Ha- 
novre pour en consolider ses affaires , et ne doute pas qu'il ne trouve 
d'abord et au commencement son avantage, quoique à la suite il sau- 
rait s'en trouver assez gêné , par la façon d'agir connue en d'autres 
occasions des Hanovriens sur de pareils négoces. 

Cependant, comme Votre Altesse connaît ma confiance envers 
Elle et mon ouverture du cœur avec laquelle je Lui parle toujours , je 
ne saurais plus Lui dissimuler combien je suis frappé des nouvelles qui 
me viennent de toute part de la grande application que le Duc Son 
frère continue à faire mettre pour frayer une nouvelle route par son 
pays et pratiquer à des frais extrêmement coûteux un nouveau chemin 
aux Saxons , ^ dans la principale vue que ceux - ci sachent dorénavant 
éviter entièrement mon pays et la vieille route qu'on y avait établie 
depuis des siècles. Les circonstances qui y concourent, sont trop 
odieuses pour que je voulusse fatiguer Votre Altesse de tous les dé- 
tails, mais j'avoue que j'ai eu bien de la peine à me persuader que 
jamais mes attentions pour le Duc et mon amitié sans réserve envers 
lui eussent permis qu'il aurait pu se prêter à une démarche aussi cho- 
quante et très préjudiciable que celle-là à mes intérêts. 

Ce qui me fâche le plus, c'est qu'à la suite d'une affaire aussi 
odieuse et révoltante, je ne saurais plus me dispenser de prendre mes 
mesures à l'égard de ces procédés peu amiables et en agir en consé- 
quence, ce que je voudrais cependant éviter encore au possible. 

J'abandonne au jugement de Votre Altesse si la faute serait de 

ma part, et Son amitié pour moi me persuade que, s'il dépend jamais 

d'Elle, Elle ne laissera pas passer les occasions pour écarter toute 

mésintelligence entre moi et le Duc, afin que cette douce union qui a 

rçgné jusqu'à présent si heureusement entre nous, puisse continuer in- 

altérablement. Je suis à jamais avec ces sentiments d'estime et d'amitié 

que vous me connaissez. Monsieur mon Cousin, de Votre Altesse le 

bon et très affectionné cousin ^ , 

Federic. 

Nach dem Concept. 



7371. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE MALTZAHN 

A DRESDE. 

Potsdam, 22 mars 1756. 
J'ai bien reçu votre rapport du 15 de ce mois. Je veux bien 
croire que le comte Brühl aurait toute l'envie possible de se raccrocher 
à la France, pour en attraper des subsides.'^ Je ne douterais pas même 
qu'il n'en ait jeté quelques propositions en avant au comte de Broglie, 
mais je me persuade aussi qu'il n'en sera rien et que d'ailleurs le comte 

I Vergl. S. 156. — a Vergl. S. 87. 



214 

de Brühl saurait moins accepter présentement des subsides de la France 
qu'auparavant. 

Au reste, vous continuerez de me donner de vos nouvelles in- 
téressantes, tant au sujet de la cour de Pétersbourg^ qu'à celui dont je 
vous ai fait ma lettre par rapport au comte Vitzthum. = 

Nach dem Concept. F e d e r i C. 



AU CONSEILLER PRIVÉ VON DER HELLEN A LA HAY 



7372 

Hellen berichtet , Haag 1 2 . März : 
„Le sieur de Slingelandt, receveur géné- 
ral de la province de Hollande, . . . 
m' étant venu voir ces jours -ci et ayant 
causé beaucoup avec moi sur la situation 
des affaires publiques, me dit qu'il avait 
prêché depuis bien des années que l'in- 
térêt de la République demandait qu'elle 
tâchât de se lier fort étroitement avec 
Votre Majesté, de se procurer Sa bien- 
veillance et de la cultiver avec tout le 
soin imaginable ... Je dois presque 
m' imaginer qu'il m'était député exprès 
par les régents d'Amsterdam, pour me 
tâter un peu de loin sur cette affaire. 
Je soumets à la haute sagesse de Votre 
Majesté si , dans le moment présent, 
Elle croit convenable à Ses intérêts 
d'entamer des ouvertures que la Ré- 
publique voudrait peut-être Lui faire, 
pour peu qu'elle fût prévenue qu'Elle 
ne serait pas éloignée de l'écouter favo- 
rablement." 



i 



Potsdam, 23 mars 1756. 
J'avais à peine fait dépêcher 
le 20 de ce mois l'exprès qui vous 
portera mes ordres pour le sieur 
Michell,3 que votre dépêche du 12, 
envoyée par la voie de Hambourg, 
me fut rendue. Entre autres 
nouvelles assez intéressantes qu'elle 
comprend, je ne m'attacherai pré- 
sentement qu'à celle que vous 
m'avez marquée touchant le des- 
sein de quelques régents de la 
République de me faire faire des 
ouvertures pour former des liai- 
sons étroites avec la République, 
et vous dirai, quoique absolument 
pour votre seule direction, que la 
faiblesse où malheureusement se 
trouve actuellement la République, 
et sa mauvaise situation,"* ne me 
laissent pas grande envie de m'allier 
avec elle dans la conjoncture présente , puisque , si le cas existait , je 
n'en aurais que l'embarras , au heu que de son côté je ne vois pas en 
quoi elle nous saurait être d'aide et d'assistance. Ainsi ma volonté est 
que, sans faire semblant en aucune façon de ce que ces instructions 
portent, vous devez bien éviter d'entrer [en matière] sur ce point 
avec ces gens -là, quoique vous leur parhez toujours vaguement en 
termes honnêtes et polis, pour leur faire entendre que la République 
ne trouvera jamais un ennemi en moi, mais que, tout au contraire, je 
prendrais toujours ses intérêts et sa conservation à cœur. Pour vous 
aussi mettre entièrement au fait de ma façon de penser à l'égard de 
ceci, bien que pour votre direction seule, je vous dirai que la seule 
occasion qui puisse arriver pour me lier avec la République , serait , si 

1 Vergl. S. 192. 193. — 2 Vergl. Nr. 7352. — 3 Vergl. Nr, 7364. — •♦ Vergl. 
S. 185; Bd. X, 228. 268. 



i 



215 



les deux cours de Versailles et de Vienne s'allient étroitement ensemble, 
car alors il faudrait bien songer à des liaisons à prendre avec les Puis- 
sances maritimes. 

Voilà donc ce qui vous servira d'instruction secrète sur ce point ; 
en attendant vous vous tiendrez clos et boutonné sur toute proposition 
qui, au lieu qu'elle pourrait me servir de soulagement, ne laisserait pas 
que d'augmenter mes embarras. 

Pour ce qui regarde le sieur de Yorke, vous devez lui insinuer 
comme de votre propre chef, quand l'occasion s'y offrira convenable- 
ment, que la cour de Vienne n'était pas aussi piquée de la perte de la 
Silésie, qu'elle l'était actuellement de la convention de neutralité de 
l'Allemagne, vu qu'elle avait été arrêtée par deux électeurs de l'Em- 
pire sans l'aveu de l'Empereur , ^ dont elle croyait l'autorité et le pou- 
voir blessés par là, et que c'était proprement ce qui avait tant aigri 
ladite cour contre l'Angleterre. 

Au reste, j'accuse la bonne réception du rapport que vous m'avez 
fait du i6 de ce mois. 

Nach dem Concept. 



Federic. 



7373- 



AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLING- 
GR^FFEN A VIENNE. 



K^linggräffen berichtet, Wien 13. 
März : ,, Quoique les rapports qui me re- 
viennent assez régulièrement sur les ar- 
rangements militaires, 2 continuent à n'être 
plus si pressants qu'ils l'ont été il y a 
quelque temps, et qu'en général on ne 
parle plus de campements considérables, 
ni d'amasser de gros magasins, mais qu'on 
veut ne faire camper les troupes qu'en 
petits camps de deux , trois ou quatre 
régiments pour l'exercice dans leurs dif- 
férents numéros : cependant , comme les 
arrangements sont tels que je l'ai marqué 
plusieurs fois, que tout est à la main 
pour assembler de gros corps et de les 
pourvoir de tout le nécessaire , il ne faut 
trop s'y fier." 



Potsdam, 23 mars 1756. 
La dépêche que vous m'avez 
faite du 13 de ce mois, m'a été 
bien rendue, sur laquelle je suis 
bien aise de vous dire que les 
Français commencent à présent 
d'ouvrir les yeux sur leurs véri- 
tables intérêts, et, quoiqu'il puisse 
arriver qu'ils se laissent entraîner 
à faire avec la cour de Vienne 
quelque traité d'amitié et d'y pro- 
mettre quelques avantages, comme 
la condescendance à l'élection de 
l'Archiduc à la qualité de roi des 
Romains, peut-être encore la neu- 
tralité de l'Italie et des Pays-Bas 
— quoique j'estime que ce serait plutôt celle de l'Italie que des Pays- 
Bas — je suis cependant persuadé que jamais la France ne prendra des 
engagements offensifs contre moi , et que , du reste , ladite cour ne re- 
tirera pas de grands avantages d'un pareil traité; ainsi que tout ce 
que cette cour gagnera de ses soins, sera qu'elle aura fait beaucoup de 



1 Vergl. s. 128. — 2 Vergl. S. 165. 166. 



2l6 

mauvaises impressions à la France sur mon sujet, qui cependant ne 
tiendront que jusqu'à ce que celle-ci en sera détrompée. 

Les soudaines et fréquentes variations qui arrivent dans les arrange- 
ments militaires des Autrichiens, ne proviennent que selon qu'ils ont 
plus ou moins d'espérance d'entraîner les Français dans leurs idées pour 
tramer une nouvelle guerre. En attendant, la chose la plus principale 
à laquelle vous devez être attentif, est le mouvement de leur cavalerie 
en Hongrie,^ car tandis que celle-ci ne branle pas, il n'y aura rien à 
appréhender. S'il se confirme, selon vos avis, que les régiments s'exer- 
ceront dans leurs différents numéros, il faut présumer que leurs dé- j 
monstrations vont en arrière. ^ 

Je finis par vous dire que vous devez bien vous garder de ras- 
surer en aucune façon le sieur de Keith sur les mauvaises intentions 
de la cour de Vienne,^ mais de lui en augmenter plutôt les soupçons 

que de les diminuer. „ , 

^ Feder ic. 

Nach dem Concept. 

7374. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE 
KNYPHAUSEN A PARIS. 3 

Potsdam, 23 mars 1756. 
La dépêche que vous m'avez faite du 12 de ce mois, m'a été 
fidèlement rendue, tout comme celle que vous avez confiée au courrier 

I Vergl. s. 197. — 2 Vergl. S. 165. — 3 Dem ersten Theil dieses Erlasses 
liegt das folgende Postscriptum zu dem Erlass vom 20. März zu Grunde ; auf der 
chiffrirten Ausfertigung dieses Postscriptums ist von der Hand des Cabinetssecretärs be- 
merkt: „Ist nicht abgegangen, weil Se. Königl. Majestät anderweitig davon dispo- 
niret und verschiedenes darunter geändert haben." 

P. S. Comme le duc de Nivernois vient de m' envoyer le paquet pour moi 
dont vous aviez chargé son courrier qui est arrivé de retour , je vous dirai que j'en- 
verrai incessamment à Londres la réponse que le ministère de France a faite aux 
propositions de celui de l'Angleterre pour l'acheminement de la paix, et que j'ac- 
compagnerai ladite réponse avec tous les motifs possibles pour disposer le ministère 
anglais à se rapprocher au but salutaire, afin de voir quelle impression cela fera sur 
eux. En attendant, il m'est venu encore une idée à ce sujet que j'abandonne à 
votre pénétration , et si vous croyez que les ministres de France voudraient bien s'y 
prêter, savoir que la France me confiât, d'une manière à y pouvoir fermement compter, 
son dernier mot par rapport aux avantages et aux cessions qu'elle voudrait faire à 
l'Angleterre des pays litigieux dans l'Amérique, et qu'après que je serais bien instruit 
de ses intentions là-dessus, je proposerais, comme de moi-même et sans que la France 
y fût commise, ces conditions à l'Angleterre, en leur demandant que, pourvu que je 
me ferais fort de disposer la France d'agréer ces conditions dont en tout cas je vou- 
drais prendre sur moi la garantie, si alors les Anglais voulaient relâcher d'abord et 
préalablement tous les vaisseaux pris sur les Français pendant l'intervalle des derniers 
différends, et que, cette démarche faite préalablement de la part des Anglais, l'on con- 
viendrait incessamment après d'un traité de paix, où cependant les conditions susdites 
seraient regardées et acceptées comme des préliminaires dont on était déjà convenu 
entièrement, de sorte qu'elles serviraient de base pour régler le reste. De cette sorte- 
là, je crois que la dignité de la France ne sera commise en rien, qu'elle saura parveni 



217 

du duc de Nivernois, qui a été de retour ici.^ Pour ce qui regarde 
la réponse du ministère de France au mémoire de l'Angleterre touchant 
la pacification des troubles élevés en Amérique , j'ai envoyé d'abord 
cette réponse à Londres,^ que j'ai accompagnée de quelques réflexions, 
tendant à voir s'il n'y a pas moyen de raccommoder encore les diffé- 
rends entre les cours par rapport à leurs possessions en Amérique. 
Mon idée sur ceci est qu'aussitôt qu'on aurait trouvé un tempérament 
sur lequel les deux partis s'entendraient préliminairement, pour concilier 
leurs différends, et qu'alors l'Espagne ^ avec moi nous nous chargerions 
de la garantie de ces articles, je pense que les Anglais pourraient prêter 
les mains à rendre d'abord toutes les prises faites sur les Français, et 
qu'on commencerait alors le congrès de pacification. De cette façon- 
là, je crois que non seulement la [France] trouverait sa convenance par 
rapport à sa dignité et pour ravoir les prises que les Anglais ont faites 
sur les Français, mais que ce serait le moyen encore pour raccommoder 
les affaires et pour conjurer l'orage. Au surplus , comme j'ai commu- 
niqué, en attendant, la réponse de la France au mémoire de l'Angleterre, 
je tâcherai de mon mieux de tenir au moins en train la négociation 
sur ce sujet , de sorte que , quand même on ne saurait parvenir 
incessamment à une pacification, cela contribue au moins de pouvoir 
la faire, la campagne finie, et vers la fin de cette année-ci, s'il est 
possible. 

Comme vous me marquez d'ailleurs que les ministres de France 
voudraient regarder le traité qui subsiste entre moi et la Suède, et au- 
quel la France a accédé, comme suffisant pour le maintien de la bonne 
harmonie entre elle et moi,'^ je vous dirai que j'en suis tout content 
et qu'on remette en conséquence le renouvellement de notre traité 
d'aUiance^ jusqu'à la fin du susdit traité. 

Au surplus, comme le duc de Nivernois nous quittera bientôt , ^ je 
le prierai avant son départ d'ici que dans l'occasion que l'accommode- 
ment entre la France et l'Angleterre commencera à être négocié, de 
même que quand le renouvellement de mon aUiance avec la France 
sera remis en train, et en d'autres occasions encore, il vous assiste de 
ses bons et sages conseils, aussi souvent que vous l'en rechercherez; 
aussi comme j'ai connu pendant son séjour ici la grande connaissance 
qu'il a dans toutes les affaires de la France, vous ne manquerez jamais 
de cultiver sa confiance et de le consulter en toutes les occasions qui 
regardent les affaires que j'aurai avec la cour de France. 

Nach dem Concept. F e d e r i C. 

à son but de ravoir ses vaisseaux pris et de faire sa paix d'une manière juste et honorable. 
Vous ne manquerez pas de me mander au plus tôt possible votre sentiment là-dessus 
et si le ministère français voudra bien agréer ce tempérament, ou de quelle façon il 
saurait s'en expliquer. 

I Vergl. Nr. 7359. — 2 Vergl. Nr. 7364. — 3 Vergl. S. 207. — 4 Vergl. 
S. 161. — s Vergl. S. 176. — 6 Vergl. S. 218. 



2l8 

AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 



7375 

Podewils berichtet, Berlin 22. März, 
dass der Herzog von Nivemois und der 
Marquis von Valory am 25. März zur 
Audienz nach Potsdam kommen werden. i 
Le duc de Nivemois ,,^1'^ assuré de 
plus que, par son demier courrier, on 
lui avait mandé qu'on était très con- 
tent en France des éclaircissements que 
Votre Majesté avait bien voulu lui faire 
communiquer, pour dissiper les grands 
ombrages qu'on avait pris d'abord sur 
les nouvelles liaisons où Votre Majesté 
était entrée avec l'Angleterre , qu'on pa- 
raissait maintenant se tranquilliser là- 
dessus et à revenir des préjugés qu'on 
avait tâchés de faire parvenir à la France 
contre Votre Majesté.» Le duc de Ni- 
vemois ajouta qu'il ne doutait point que 
sa cour ne fût disposée à un renouvelle- 
ment d'alliance avec Votre Majesté, a 
dont la négociation serait confiée au 
marquis de Valory." 



Potsdam, 23. März 1756. 
Das von Ew. Excellenz mir 
heute früh adressirte Schreiben 
habe ich Sr. Königl, Majestät heute 
früh sofort übersandt, welche dann 
auch von den darin gegebenen 
Nachrichten höchst zufrieden ge- 
wesen seind und deshalb auf das 
gnädigste danken lassen. 

Von der guten Erinnerung, so 
Ew. Excellenz bei dem vor den 
Duo de Nivemois destinirten Por- 
trait zu machen geruhet haben, ^ 
ist von mir aller gute Gebrauch 
gemachet worden, und haben des 
Königs Majestät solches Selbst ge- 
funden, so dass solches der Ephraim 
noch etwas verbessern wird. Des 
Königs Majestät haben mir ge- 
saget, wie Sie solches hiernächst 
Ew. Excellenz nebst vielleicht noch einigen andern Präsenten mehr zu- 
senden lassen würden, um es dem Duc de Nivemois von Höchstdero- 
selben wegen zuzustellen. 

Nach der Ausfertigung. 



Eichel. 



7376. AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 

Potsdam, 24. März 1756. 
Es haben des Königs Majestät mir heute gesaget, wie Sie Sich 
zurück erinnerten, dass Deroselben vormalen etwas von einem Projet, 
so der damals als österreichischer Minister in Russland "^ gestandene 
Marquis de Botta gemachet und den Russen suppeditiret, aus Russland, 
es sei nun von dem verstorbenen Herrn von Mardefeld oder des 
Herrn Grafen von Finckenstein Excellenz oder auch von dem ver- 
storbenen von Goltz oder aber dem Herrn Geheimen Rath Warendorff, 
gemeldet worden, davon Se. Königl. Majestät jetzo gerne gleich und 
sonder Zeitverlust ein Précis und einiges Détail schriftlich haben woll- 
ten. Se. Königl. Majestät haben mir dahero befohlen, Ew. Excellenz 
alsofort zu melden, wie Dieselbe deshalb sogleich unter denen Relatio- 
nen vorerwähnter dermaliger Minister zu Petersburg, so in dem se- 

I Vergl. S. 159. 161. — 2 Vergl. S. 176. — 3 Vergl. S. 187. — * Vergl. 
Bd. I, 172. 430. 



219 

creten Archive befindlich, nachsehen und einen schriftHchen Extract 
davon machen lassen. Das Projet soll auf einen Vorschlag rouliren, 
dass von Seiten Russlands man Se. Königl. Majestät in Preussen und 
zugleich auf der pommerschen Küste mit Galeeren attaquiren solle. Es 
pressiren aber Se. Königl. Majestät sehr darauf und wollen solches 
bereits morgen von mir haben, damit Sie noch morgen oder über- 
morgen den Gebrauch in Berlin davon machen können. Ew. Excellenz 
habe also solches befohlener Maassen melden und gehorsamst über- 
lassen sollen, wie Sr. Königl. Majestät Willensmeinung darunter er- 
reichet werden könne ; dabei gehorsamst anzeige , wie ich dazu nichts 
weiter beitragen kann, nachdem alle Acta von denen vormaHgen rus- 
sischen Sachen von mir vorlängst zu dem Cabinetsarchive abgeUefert 
worden seind. Noch verlangen des Königs Majestät, dass dem Précis 
Jahr und Datum beigesetzet werden solle. Höchstdieselbe werden 

sonsten morgen Nachmittag zu BerHn eintseffen. ^ 

Eichel. 

Nach der Ausfertigung. 



7377. NOTE.^ 

[Potsdam, mars 1756.] 

1° L'année 1742, le marquis de Botta, ministre résidant alors à 
la cour de Russie, lui fit la première ouverture d'un plan pour envoyer 
un bon nombre de ses galères , afin de ravager les côtes de la Pomé- 
ranie, et de faire entrer en même temps un corps de 30,000 dans la 
Prusse pour l'envahir. Il appuya également avec beaucoup de vivacité 
sur un plan projeté à Dresde pour attaquer conjointement avec les 
Saxons et les Hanovriens le roi de Prusse, ^ afin de faire le partage 
d'une grande partie de ses États et le mettre à niveau de ses voisins. 

2° Sur les fortes instances du général Pretlack, ministre de la 
cour de Vienne à Pétersbourg, et ses représentations de la nécessité 
qu'il y avait d'obvier aux prétendues algarades et insultes du roi de 
Prusse et de pouvoir lui parler du haut ton et montrer les dents, aussi 
souvent qu'il y aurait des différends avec lui, le traité de Pétersbourg 
fut fait entre les deux cours impériales l'an 1746 le 22 mai,* par lequel 
la Russie s'engage de fournir, le cas existant que la Reine-Impératrice 
serait attaquée de la Prusse, un secours de 30,000 hommes, savoir 
20,000 d'infanterie et 10,000 de cavalerie. L'article séparé et secret, 
joint à ce traité en particulier au sujet du roi de Prusse, porte que le- 

I Der König kam am 25. Abends nach Berlin und verweilte dort bis zum 
28. März anlässlich des Geburtstags der Königin - Mutter (27. März). — 2 Vergl. 
Nr. 7376. Die Denkschrift ist im Cabinet wahrscheinlich zur Mittheilung an Niver- 
nois ausgearbeitet. Zu Grunde liegt eine von dem Grafen Podewils am 25. März 
gemäss der Weisung vom Tage zuvor (Nr. 7376) eingereichte kürzere Fassung. — 
3 Vergl. Bd. I, 207. 208. — 4 Vergl. Bd. V, 187. 



220 

dit nombre de troupes n'étant pas suffisant pour attaquer ce Prince, 
on en redoublerait le nombre, de sorte que les deux parties contrac- 
tantes fourniraient chacune 60,000 hommes, savoir 40,000 hommes d'in- 
fanterie et 20,000 de cavalerie. Outre cela, la Russie assemblerait une 
flottille pour attaquer par mer les possessions prussiennes , en recon- 
naissance de quoi la Reine - Impératrice s'engage de payer à la Russie 
deux millions de florins de Rhin dans l'espace d'une année, à compter 
du temps que l'Impératrice -Reine aura repris sur le roi de Prusse la 
Silésie et le comté de Glatz. 

3° C'est sur les mêmes instances du susdit général Pretlack et sur 
les fortes impulsions de sa cour que la Russie s'offrit l'an 1753 défaire 
une convention de subsides avec l'Angleterre, ^ pour assembler un corps 
de troupes de 55,000 hommes en Livonie et dans la Courlande, savoir 
de 30,000 hommes d'infanterie et de 15,000 cavalerie , exclusivement 
les Cosaques et Kalmouks qu'on tiendrait à la main, outre 40 à 50 
frégates et galères russiennes, sur lesquelles on mettrait 10,000 hommes 
pour faire des descentes sur les provinces de Prusse situées à la rive 
de la Baltique, afin de contenir en bride, selon qu'on s'est expliqué, 
le plus proche voisin et pour lui tomber, en cas de rupture, sur le 
corps , sans lui laisser le temps de se reconnaître , en attendant que la 
Reine - Impératrice agirait de son côté à forces égales contre lui pour 
l'écraser. = 

4" Sur les mêmes inspirations, sur la simple question qui fut pro- 
posée à un grand conseil assemblé à Moscou le 26 mai 1753,^ si sui- 
vant les avances de la cour de Prusse il était de l'intérêt de la Russie 
de voir d'un œil indifferent quelque nouvel agrandissement de la mai- 
son de Prusse et de conniver.à ce qu'elle usât envers l'Hanovre de la 
même façon qu'elle en avait agi l'an 1745 avec la Saxe, il en fut 
statué qu'il était de l'intérêt de Russie de s'opposer avec vigueur à tout 
nouvel agrandissement de la Prusse et de tâcher plutôt de la réduire à 
l'état ancien et modique où elle a été. 

5° Dès qu'aussi la cour de Vienne s'est aperçue qu'une guerre 
s'élèverait entre la France et l'Angleterre, par rapport à ses différends, 
ses ministres à la cour de Russie ont si bien manœuvré qu'on a as- 
semblé à Pétersbourg encore deux grands conseils le 7 et le 19 
d'octobre 1755,"* dont le résultat rendu à l'impératrice de Russie a été 
de confirmer celui pris à Moscou le 26 mai 1753 et de statuer en 
maxime d'État de Russie qu'on s'opposerait dès à présent à tout 
agrandissement de la Prusse. 

I Vergl. Bd. X, 93 — 100. — 2 Hier sind am Rande die Worte hinzugefügt: 
,,Si les choses étaient allées au gré de la cour de Vienne, le Roi aurait été d'abord 
attaqué par la Russie." Dieselben stammen aus einer Niederschrift des Cabinets- 
secretärs, welche zwischen dem von Podewils eingereichten Entwurf (vergl. S. 219 
Anm. 2) und der Schlussredaction liegt. — 3 Vergl. Bd. X, 85 — 89. — 4 Vergl. 
Bd. XI, 439—441. 



I 



221 

6° Il est à remarquer que, quand on a pressenti la cour de Saxe 
sur son accession à ces arrangements, celle-ci s'est déclarée que, 
quoiqu'elle ne manquerait pas d'entrer à son temps et à proportion 
de ses forces dans les mesures que les cours alliées trouveraient à 
propos de prendre dans le cas en question , mais que sa situation ne 
lui permettait pas d'entrer d'abord en jeu, on lui a répondu qu'on ne 
prétendait pas aussi qu'elle s'aventurât la première, mais qu'ils atten- 
dissent préalablement que le champion fût ébranlé dans la selle. ' 

Nach dem Concept. 



7378. AU PRINCE FERDINAND DE BRUNSWICK 
A MAGDEBOURG. 

Jrrinz Ferdinand von Braunschweig schreibt, Braunschweig 20. März: „Peu de 
moments avant mon départ, 2 est arrivée la réponse d'Hanovre sur l'avis donné en 
conformité des ordres de Votre Majesté. 3 On y marquait beaucoup de surprise sur une 
nouvelle si inattendue, quoique l'on y témoignait aussi toute l'attention pour cet avis, 
dont on donnerait part au roi d'Angleterre, et que l'on convenait que le parti le plus 
sûr était de se préparer pour cet événement. L'on ajoute ces propres mots : Il est vrai 
qu'on remarque depuis peu de l'agitation aux cours de Vienne et de Versailles, de 
fréquentes conférences entre leurs ministres et des démonstrations qui semblent an- 
noncer un resserrement d'amitié et de confiance réciproque." 

Potsdam, 25 mars 1756. 
Monsieur mon Cousin. Je vous sais tout le gré possible de la 
communication de la réponse du ministère d'Hanovre sur les insinua- 
tions que le Duc régnant votre frère lui a faites par rapport à la situa- 
tion critique des affaires de la conjoncture présente. Je ne doute pas 
que cette insinuation ne sorte son effet, pour que ledit ministère n'aban- 
donne pas entièrement les soins pour la sûreté des États d'Hanovre, et 
qu'il ne sache même infiniment gré au Duc d'avoir bien voulu l'en avertir. 
Je suis avec les sentiments que vous me connaissez, Monsieur mon 
Cousin, de Votre Altesse le bon et très affectionné cousin 

Nach dem Concept. F e d e r i C. 



7379. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE M ALTZAHN 

A DRESDE. 

Potsdam, 26 mars 1756. 

C'est pour votre seule direction et pour n'en faire aucun autre 

usage que celui que je vous prescrirai, que je veux bien vous confier 

un avis qui m'est parvenu de très bonne main,"^ et en conséquence 

duquel l'on m'avertit que les chipotages secrets entre les cours de Ver- 

I Vergl. Bd. X, 79. — 2 von Braunschweig nach Magdeburg. — 3 Vergl. 
Nr. 7344 S. 186. — 4 Bericht Knyphausen's, Paris 15. März. Vergl. Nr. 7382. 



222 

sailles et de Vienne allaient grand train et que la dernière venait de 
proposer à la France, sous le prétexte éblouissant de faire cesser en- 
tièrement la rivalité qui avait subsisté entre les maisons de Bourbon 
et d'Autriche, d'échanger une partie des Pays-Bas frontières à la Flandre 
française contre les duchés de Parme et de Plaisance, dont à présent 
l'infant Don PhiHppe est en possession, et de traiter cette négociation 
sous les auspices de la cour de Versailles, à quoi les Autrichiens, pour 
mieux cacher leurs vastes vues, ont ajouté qu'un tel traité d'échange, 
pourvu qu'on y prendrait des arrangements définitifs pour la réversion 
du royaume de Naples, pacifierait l'Italie pour longtemps et conjurerait 
l'orage qui la menaçait au cas de mort du roi d'Espagne sans héritiers 
mâles , et que d'ailleurs ce projet , s'il avait lieu , formerait une sépara- 
tion entre les possessions de la cour de Vienne et de la France dans 
les Pays-Bas et que, plus ces dernières seraient divisées, moins la 
France aurait à craindre pour la sûreté de ses frontières de ce côté -là. 
Mais ce qui m'a le plus surpris dans cet avis, c'est que l'on me marque 
que ladite idée avait été extrêmement goûtée à Versailles, quoiqu'on n'ait 
pas pu encore me dire si l'on avait déjà commencé là de travailler à 
l'exécution de ce projet, dont on a fait jusqu'ici un secret à l'ambassa- 
deur d'Espagne,^ apparemment dans l'intention de ménager une pareille 
négociation immédiatement avec sa cour. 

Mon intention sur ceci est donc que vous devez vous ménager une 
occasion favorable pour vous entretenir avec le ministre des Deux- 
Siciles à Dresde, le duc de Sainte - Elisabeth, et qu'après avoir pris vos 
sûretés , pour que le secret vous soit religieusement observé , lui faire 
confiance de l'affaire susdite, en lui protestant que c'était purement par 
un motif d'amitié pour le Roi son maître que je l'en faisais avertir, 
afin qu'il saurait prendre ses mesures là -dessus, surtout à la cour de 
Madrid, pour prévenir tout préjudice à ses intérêts personnels. 

Vous prierez en même temps cet ambassadeur de vouloir bien agir 
intimement avec vous dans ce qui regardait cette affaire, et de vous 
communiquer à son tour confidemment tout ce qu'il apprendrait audit 
sujet. 

^T . . ^ Federic. 

Nach dem Concept. 



7380. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLING- 
GR^FFEN A VIENNE. 

Potsdam, 27 mars 1756. 
J'ai reçu les dépêches que vous m'avez faites du 17 de ce mois. ^ 
Je prétends d'abord que vous preniez la peine de déchiffrer seul et 
vous même tout ce qui suit dans celle-ci pour votre unique direction. 

I Soto-Mayor. — 2 lieber den Inhalt vergl. auch Nr. 7381. 



223 

J'ai bien voulu vous confier un avis très important que j'ai reçu 
depuis peu de jours de très bonne main , * en conséquence duquel mes 
soupçons que j'ai eus sur les chipotages secrets entre la cour de France 
et celle de Vienne, ont été très bien fondés. Il s'y agit des proposi- 
tions que la dernière a fait faire à la France sous l'apparence éblouis- 
sante de faire cesser entièrement cette rivalité qui a subsisté jusqu'à 
présent entre les maisons de Bourbon et d'Autriche, de changer une 
partie des Pays-Bas autrichiens contre les duchés de Parme et de Plai- 
sance, dont l'infant PhiUppe est actuellement en possession, et de faire 
entamer cette négociation sous les auspices de la France ; projet que la 
cour de Vienne, pour mieux couvrir ses vues, a habilement enveloppé 
dans la réflexion, qu'elle y a jointe, que, si ce projet venait d'avoir 
lieu, il formerait quasi un mur de séparation entre les possessions 
autrichiennes et françaises dans les Pays-Bas et conviendrait d'autant 
mieux à la France que, plus les possessions aux Pays-Bas seraient 
divisées, moins la France aurait à appréhender pour la sûreté de ses 
frontières-là, et qu'un tel traité d'échange, pourvu qu'on y prendrait des 
arrangements bien définitifs pour la réversion du royaume de Naples, 
conjurerait tout l'orage dont l'Italie était menacée, quand le roi d'Es- 
pagne viendrait à décéder sans héritiers mâles. 

L'on m'ajoute que le ministère de France avait assez goûté cette 
idée, mais qu'on ne saurait me dire si l'on avait déjà commencé à 
travailler à l'exécution de ce projet, et qu'on en gardait en attendant 
un parfait secret à l'ambassadeur d'Espagne, qui aussi n'en avait eu 
aucun avis de sa cour. 

Voilà ce que j'en ai appris, et, quand je me souviens de ce que 
vous m'avez marqué par une de vos dépêches antérieures' des riches 
présents que la cour de Vienne a envoyés en Espagne par un de ses 
officiers, qui a accompagné un courrier dépêché en France, la décou- 
verte me paraît être plus que vraisemblable. 

En attendant, tout l'usage que vous saurez en faire présentement, 
sera, selon mon intention, que vous vous saisirez d'un moment conve- 
nable pour en parler au ministre de Sardaigne,^ comme d'une nouvelle 
qui vous était parvenue par vos correspondances, ce que vous tournerez 
de la façon à lui donner l'alarme, sans m'y compromettre, et de lui 
faire envisager que, si jamais ce projet se réalisait, ce serait principale- 
ment le Roi son maître que l'affaire regarderait. 

Vous m'avez marqué, il y a quelque temps, * que le comte d' Aube- 
terre méditait un voyage à Paris; mandez -moi s'il continue dans ce 

dessein ou si ce voyage a été rompu. ^ , 

■^^ ^ Federic. 

Nach dem Concept. 



I Bericht Knyphausen's, Paris 15. März. Vergl. Nr. 7382. — 2 Bericht Kling- 
gräffen's, Wien 10. März. — 3 Graf Canales. — ♦ Bericht Klinggräflfen's, Wien 
10. März. 



Michell berichtet, London I2. März, 
dass er dem Befehl des Königs gemäss i 
die Aufmerksamkeit des englischen Mini- 
steriums auf die Unterhandlungen zwischen 
Frankreich und Oesterreich zu lenken 
versucht hat. Le lord Holdernesse . . . 
m'a fait entendre „que l'on ne pourrait 
pas se figurer encore que de semblables 
menées eussent des suites réelles, mais 
que , si contre toute attente il en résul- 
tait quelque chose, on se croyait malgré 
cela fort assuré que la Russie resterait 
attachée aux intérêts de l'Angleterre." 



224 

7381. AU SECRÉTAIRE MICHELL A LONDRES. 

Potsdam, 2 27 mars 1756. 
Vos deux dépêches du 12 et 
du 16 de ce mois m'ont été bien 
rendues. J'avoue que raisonnable- 
ment on ne saurait penser autre- 
ment que le ministère anglais le 
fait, sur l'incongruité qu'il y aurait, 
quand la cour d'Autriche pense de 
concilier ses intérêts avec celles de 
France et de prendre des liaisons 
permanentes avec celle-ci; mais, 
pourvu aussi qu'on connaisse l'hu- 
meur altière et arrogante de cette 
cour -là, il ne faut pas s'étonner qu'elle soit capable de donner dans 
tous les travers possibles, quand elle se croit être traversée dans ses 
vastes desseins. Et quoique je ne prétende point de nourrir cette dis- 
sension qui paraît être parvenue entre la cour de Vienne et celle de 
Londres à l'occasion de ma convention de neutralité faite avec le roi 
d'Angleterre, je ne veux cependant point vous dissimuler qu'en consé- 
quence d'un bon avis que j'ai eu,^ la cour de Vienne a fait des pro- 
positions à celle de France, sous le prétexte spécieux de faire cesser 
entièrement la rivalité qui a subsisté jusqu'à présent entre les maisons 
de Bourbon et celle d'Autriche, d'échanger une partie des Pays-Bas 
autrichiens, voisine à la Flandre française, contre les duchés de Parme 
et de Plaisance, dont l'infant PhiUppe est maintenant en possession , et 
d'entamer cette négociation sous les auspices de la France, sans en faire 
part même à l'ambassadeur de l'Espagne résidant à Paris. Que cette 
idée a été habillée du prétexte éblouissant que ce projet, s'il venait à 
avoir lieu, formerait un mur de séparation entre les possessions de 
l'Autriche et celles de la France de ce côté -là et que, plus celles-ci 
seraient divisées, moins la France aurait à appréhender pour la sûreté 
de ses frontières des Pays-Bas, et que, pourvu qu'on se prendrait bien 
dans ce traité d'échange, des arrangements définitifs pour la réversion 
du royaume de Naples pacifieraient l'Italie et conjureraient l'orage qui 
allait exister, au cas que le présent roi d'Espagne vînt à décéder 
sans héritiers mâles. 

Quoique je ne veuille absolument vous garantir de l'authenticité 
parfaite de ces avis et que je sache qu'au moins la France n'a pas déjà 
commencé à travailler à l'exécution de ce projet, j'ai bien voulu vous 
en informer en attendant, pour votre seule direction, et quoique d'ail- 

1 Vergl. Nr. 7308 S. 152. — 2 In der Vorlage verschrieben für Berlin. Der 
König weilte vom 26. bis 28. März in Berlin. Vergl. S. 219 Anm. i. — 3 Bericht 
Knyphausen's, Paris 15. März. Vergl. Nr. 7382. 



225 

leurs le ministre de France à Vienne, le comte d'Aubeterre, s'est laissé 
échapper dans quelque entretien particulier d'un dessein de la France 
d'assembler une forte armée sur le Rhin , * je veux cependant que vous 
vous teniez tout clos et boutonné envers le ministère anglais jusqu'au 
temps que la cour de Vienne se sera déclarée aux demandes qu'en 
conséquence de vos rapports antérieurs le sieur Keith lui devra faire 
au sujet de ma convention faite,* et que vous aurez appris que cette 
réponse n'a été point satisfaisante et plutôt revêche aux Anglais , et 
qu'alors, et point du tout avant cela, vous devez communiquer au minis- 
tère anglais tout ce que j'ai touché là -dessus sur les périls qui le me- 
naçaient, si jamais la cour de Vienne parvenait à ses vues. Au sujet 
de quoi, je veux bien vous dire pour votre direction que je ne veux 
absolument pas donner lieu à ce que les ministres anglais me soup- 
çonnent de leur donner de fausses alarmes et d'avoir des vues pour 
brouiller les affaires ; c'est pourquoi vous userez de bien des précautions 
pour ne pas donner occasion à faire naître de pareils soupçons, mais, 
dès qu'aussi les chipotages secrets entre les deux cours de Vienne [et de 
la France] les constateront plus aux ministres anglais et que d'ailleurs la 
déclaration à donner de la cour de Vienne ne sera point trouvée satis- 
faisante, c'est alors que vous déploierez au ministère anglais tous les 
avis susdits, afin d'y pouvoir aviser. D'ailleurs, vous insinuerez alors, 
adroitement et sans que j'y sois moi-même compromis, la nécessité 
qu'il y a de faire en sorte qu'au moins il soit rétabli entre moi et la 
Russie de la bonne intelligence , ^ puisqu'il serait bien malséant que, 
tandis que la Russie et moi nous serions dans des principes tendants 
aux mêmes fins, il y aurait de l'éloignement entre nous; sur quoi 
vous agirez cependant avec toute l'adresse et prudence dont vous êtes 
capable. 

Nach dem Concept. 



Federic. 



7382. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE 
KNYPHAUSEN A PARIS. 

Berlin, 27 mars 1756. 
J'ai reçu votre dépêche du 15 de ce mois. Je suis presque per- 
suadé que ce que vous me marquez des propositions que la cour de 
Vienne a fait faire à celle de France,* est fondé, et que n'attendrait- 
on d'une cour aussi présomptueuse et altière que celle de Vienne pour 
parvenir insensiblement à ses fins! Je crois, en attendant, que tout le 
monde en France ne sera pas aussi dépourvu de bon sens qu'il ne 
saurait pénétrer les vues que la cour de Vienne voudrait y cacher, ni 

I Bericht Klinggräffen's, "Wien 17. März. Vergl. Nr. 7380. — 2 Vergl. S. 194. — 
3 Vergl. S. 205. — 4 Ueber den Inhalt des Knyphausen'schen Berichtes vergl. Nr. 7380 
und 7381. . 

Corresp. Friedr. II. XII. 15 



226 

entrevoir que la France n'a point besoin de barrière en Flandre, pour 
mettre en sûreté ses possessions - là. En attendant , pour abuser les 
ministres de France de toute impression fausse que les insinuations des 
Autrichiens sauraient opérer sur eux, vous chercherez les occasions d'in- 
sinuer non pas directement aux ministres mêmes , mais plutôt à ceux 
qui ont leur confiance et qui osent leur parler d'affaires, qu'il n'était 
pas difficile à pénétrer que tout le système présent des Autrichiens visait 
que, parcequ'ils ne sauraient que difficilement maintenir leurs possessions 
aux Pays-Bas contre la France, qui tomberaient absolument devant la 
France à la première occasion qu'elle les entamerait, ils en voudraient 
sacrifier une partie à l'infant Philippe, pour s'en assurer du reste. 
Quant à moi, j'envisagerais ceci comme une barrière faite contre la 
France, afin de l'empêcher par là de ne pouvoir jamais s'agrandir de 
ce côté -là. 

Quant aux vues de la cour de Vienne sur l'Italie, il n'est pas 
malaisé de pénétrer, qu'après s'être assurés des États de Modène 
par les engagements qu'ils ont pris avec le duc de Modène,* ils vou- 
draient s'emparer encore de ceux de Parme et de Plaisance, pour établir 
une meilleure connexion qu'ils n'ont eue jusqu'à présent, avec la Toscane, 
et de se mettre par là en état de donner la loi à toute l'Italie. Aussi 
quand la cour de Vienne parviendra à réussir dans son projet, il ne 
faut plus douter qu'elle ne songe de ravoir encore le royaume de 
Naples par les cessions qu'elle offrira de faire du reste de ses posses- 
sions des Pays-Bas à quelque prince de la maison d'Espagne, et que, 
par conséquent, si le ministère de France entre dans les idées de ladite 
cour, il travaillera lui-même de rendre la nouvelle maison d'Autriche 
plus puissante que l'ancienne n'a jamais été. Sur quoi, cependant, il 
faut croire qu'il se formera alors une ligue assez forte en Europe pour 
s'opposer à de tels desseins pernicieux, même à la France. C'est aussi 
en conséquence que j'ai bien de la peine encore à me persuader qu'on 
voudrait accéder à un pareil traité, ni que le roi des Deux-Siciles y 
voudrait jamais prêter les mains. Ainsi, supposé pour un moment que 
les deux cours conviendront de quelque chose là - dessus , il faudra 
croire que tout n'aboutira à rien dès l'événement de la mort du roi 
d'Espagne sans héritiers mâles, mais que le malheur arrivera alors que 
la France se verra la dupe des menées des Autrichiens, 

Pour ce qui regarde l'affaire de ma convention de neutralité, mon 
intention est qu'après toutes les explications que j'ai faites là -dessus, 
vous laisserez tomber entièrement cette affaire, étant persuadé que, 
moins vous parlerez là-dessus, plus tôt elle sera mise à l'oubli et qu'on 
y songera moins. 

Au reste, j'ai été très satisfait jusqu'ici de toutes les relations que 
vous m'avez faites par rapport à la conjoncture présente, ainsi que vous 



I Vergl. Bd. X, 64. 



I 



22/ 

n'aurez qu'à poursuivre de la sorte pour m'avertir bientôt de tout ce 

qui arrive. .^ , 

Fedenc. 

Nach dem Concept. 



7383. AU ROI DE FRANCE A VERSAILLES. 

Berlin, 27 mars 1756. 

Monsieur mon Frère. Le duc de Nivernois vient de me remettre 
la lettre que Votre Majesté m'a écrite en date du 19 de février passé. 

Comme il a plu à Votre Majesté de le rappeler de ma cour,' je 
n'ai pas voulu le laisser partir d'ici, sans marquer à Votre Majesté 
combien j'ai été flatté et charmé de l'envoi d'un ministre auprès de 
moi d'un rang et d'un mérite aussi distingué que l'est celui dudit duc, 
et que j'aurais souhaité de garder à ma cour, si l'état de sa santé avait 
bien voulu le permettre. 

Je puis protester à Votre Majesté qu'on ne saurait être plus satis- 
fait que je l'ai été, de ses talents et de ses mérites, aussi bien que de 
sa façon agréable et honnête d'agir , et de ses bonnes intentions , mais 
en particulier de son zèle pour l'entretien d'une étroite harmonie entre 
nos deux cours. 

Il aura, à ce que j'espère, l'honneur de rendre à Votre Majesté 
un compte exact et fidèle de la sincérité de mes dispositions à cet 
égard et de mon attachement inviolable pour Votre Majesté, des vœux 
que je ne cesse pas de faire pour Sa gloire et pour Sa prospérité et 
pour celle de Sa maison ^royale , et du soin que je prendrai constam- 
ment de cultiver de la manière la plus forte l'amitié de Votre Majesté, 
qui m'est et me sera toujours très précieuse , et de contribuer 
tout ce qui dépendra de moi, pour en rendre les nœuds à jamais in- 
dissolubles. 

Je prie Votre Majesté de vouloir bien donner en tout cela une 
créance entière audit duc et agréer, au surplus, les assurances qu'il 
Lui fera de ma part, que c'est avec vérité que je suis invariablement 
et avec les sentiments de la plus parfaite considération etc. 

Nach dem Concept. F 6 d e r i C 



7384. AU PRINCE FERDINAND DE BRUNSWICK 
A MAGDEBOURG. 

Potsdam, 30 mars 1756. 

Monsieur mon Cousin. J'ai bien reçu les deux lettres du 25 et 
du 28 de ce mois qu'il vous a plu me faire, et je ne saurais que vous 

I Vergl. S. 217. 218. 

15* 



228 

remercier de la communication des deux lettres du Duc régnant votre 
frère ^ que je vous renvoie ci- jointes, et je suis parfaitement sensible à 
toutes les peines que vous avez voulu prendre par amitié pour moi. 

Quant à l'affaire même dont je me suis expliqué en confidence 
envers Votre Altesse, j'ai vu par les lettres du Duc qu'à la vérité on 
lui avait représenté les choses d'un tout autre côté et comme de bien 
peu ou d'aucune conséquence pour moi; mais je suis très fâché que je 
ne puisse prendre cette affaire de la même manière , étant tout - à - fait 
clair et certain que l'établissement de ce nouveau chemin, réparé aux 
frais du Duc , est très préjudiciable à moi et à mes États et que , si 
ceci s'est fait à beaucoup ou peu de frais, cela n'importe point à l'af- 
faire, mais il est hors de doute et incontestable qu'une partie considé- 
rable du commerce de mes provinces de ce côté-là en souffre , que les 
Saxons sont par là soutenus dans leurs mauvaises intentions contre mes 
sujets commerçants , et que mes légitimes représailles contre eux ^ se 
trouvent à certains égards éludées. Jamais je n'aurais mêlé le Duc et 
ses sujets dans les différends de commerce qui me sont survenus , et 
j'aurais souhaité , par l'étroite amitié que j'ai toujours cultivée avec le 
Duc, que de son côté il en ait agi de même; mais à présent qu'il pa- 
raît tout clairement que l'on veut absolument préjudicier à mes droits 
et intérêts, je ne saurais aussi qu'approuver les mesures que mes cham- 
bres des domaines ont prises contre de pareils procédés,^ et je me 
vois obligé, quelque douloureux que cela me soit, de sister toute la 
complaisance que j'ai marquée jusqu'ici au Duc dans les affaires mu- 
tuelles de nos États, et d'observer mes intérêts sans aucun ménagement 
avec la même ponctualité que le Duc l'a commencé de son côté. Je 
ne veux point fatiguer Votre Altesse d'un plus ample détail d'une affaire 
si odieuse; mais je vous remercie de toutes les peines que vous avez 
voulu vous donner à cet égard; je suis persuadé que votre amitié et 
vos sentiments très sincères pour moi en ont été l'unique motif, et vous 
pouvez être très assuré des sentiments invariables d'amitié etc. 

Nach dem Concept« F e d e r i C. 



7385. AU SECRÉTAIRE MICHELL A LONDRES. 

Potsdam, 31 mars 1756. 

J'ai reçu votre rapport du 19 de ce mois. Ma dernière dépêche 

du 27"* vous ayant instruit des objets sur lesquels les chipotages des 

cours de Vienne et de France peuvent rouler, je vous recommande 

encore la précaution que je vous ai prescrite, pour ne pas en parler 

I D. d. Braunschweig, 20. December 1755 und 26. März 1756, an den Prinzen 
Ferdinand, betreffend die Anlage der neuen Handelsstrasse durch den Harz nach Ham- 
burg. Vergl. S. 213. — 2 Vergl. Bd. XI, 485. — 3 Vergl. Bd. XI, 449. — 4 Vergl. 
Nr. 7381 S. 224. 



i 



229 

aux ministres anglais , avant que le sieur Keith ne leur aura pas fait 
rapport de la réponse sur la déclaration qu'il doit demander à la cour 
de Vienne, ^ et de ne prendre qu'alors le moment favorable de leur en 
parler, quand vous les verrez peu satisfaits de la réponse de Vienne, 
afin d'éviter de cette façon les inconvénients dont j'ai fait mention dans 
ma susdite dépêche. 

Au surplus, mes nouvelles de Vienne m'ont appris'' que la cour là 
a envoyé le général Pretlack, jadis son ministre à Pétersbourg , ' à 
différentes cours en Allemagne, chargé de commissions dont jusqu'ici 
le secret a été impénétrable, vu qu'on en a fait un mystère à tout le 
monde. A ce que l'on dit, il ira d'abord à Darmstadt, et de là faire 
le tour aux cours de Mayence, de Düsseldorf et de Trêves, ce dont 
cependant je ne saurais pas vous dire encore quelque chose avec 
certitude. 

Du reste, je veux bien vous dire que, sur les représentations que 
vous m'avez faites dans le post-scriptum de votre dépêche du 12 de ce 
mois, je vous ai assigné une augmentation des appointements de 1,400 
écus sur la caisse communément dite de légation à Berlin. 

Nach dem Concept. F C d 6 T i C. 



7386. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLING- 
GR^FFEN A VIENNE. 

Potsdam, 31 mars 1756. 

J'ai reçu votre rapport du 20 de ce mois. Par ma dernière lettre,* 
je vous ai appris sur quels objets la négociation secrète entre la cour 
de France et celle de Vienne peut rouler, et je crois qu'il serait d'un 
bon effet, quand vous pourrez adroitement en faire une fausse confi- 
dence aux ministres d'Angleterre, de Sardaigne et des Deux - Siciles , ^ 
s'il y en a encore à Vienne, afin de les mettre aux allures. 

De Pretlack^ je ne saurais rien vous dire encore, sinon qu'il a été 
à Francfort - sur - le - Main , inaccessible à ses amis , faisant le malade et 
l'affairé, qu'il en est parti le 23 pour aller à Darmstadt et que l'on dit 
qu'il ira de là à Mayence, à Düsseldorf et à Coblenz. Ce que je ne 
vous [donne] cependant pas autrement que pour un ouï -dire. 

Nach dem Concept. F e d e T i C. 



I Vergl. S. 197. — 2 Bericht Klinggräffen's, Wien 20. März. Vergl. Nr. 7386. — 
3 Vergl. Bd. X, 520. — 4 Vergl. Nr. 7380 S. 222. — 5 Marchese Majo. — <> Vergl. 
Nr. 7385 und S. 187. 



230 

7387- AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE 
KNYPHAUSEN A PARIS. 

Potsdam, 31 mars 1756. 

J'ai reçu votre dépêche du 19 de ce mois, dont j'ai été bien 
satisfait par l'exactitude avec laquelle vous continuez de me marquer 
tout ce qui peut intéresser mon attention et mon service. 

C'est à présent que je vous dirai pour votre direction que vous 
ne devez pas trop presser sur le renouvellement de mon alliance 
avec la France , ^ ni vous donner de grands mouvements à ce sujet, 
mais de voir venir les ministres là -dessus. Pour ce qui regarde la 
négociation entre les cours de France et de Vienne, il m'a été 
jusqu'ici absolument impossible d'en pénétrer, ni d'en savoir ici la 
moindre chose. 

Comme en conséquence de votre rapport la France est fermement 

résolue de tenter le hasard des opérations maritimes contre l'Angleterre,* 

votre principale attention doit être présentement de bien approfondir le 

parti que la France voudra prendre, au cas que ses opérations militaires 

dussent manquer. ^ , 

Fe de ne. 

Nach dem Concept. 



7388. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE H^SELER 

A COPENHAGUE. M 

Potsdam, 31 mars 1756. 

J'ai reçu votre rapport du 23 de ce mois. Comme vous demandez 

mes ordres au sujet du voyage du roi de Danemark en Holstein, fixé au 

15 du mois prochain de mai, je vous dirai que vous devez suivre le Roi 

dans le Holstein et partir après de là , sans vous congédier , pour aller 

à Pyrmont, afin de vous y servir des eaux minérales, selon la demande 

que vous m'avez faite autrefois, ^ et de la même façon dont autres 

ministres étrangers à la cour de Danemark ont profité de l'absence du 

Roi à l'occasion de pareils voyages, pour aller vaquer en attendant à 

leurs affaires particulières. De Pyrmont vous viendrez, vos remèdes 

finis, ici, et si alors votre cure n'a point fait l'effet souhaité pour le 

rétablissement de votre santé, j'enverrai après quelque autre à votre 

place, relever votre poste à la cour danoise. C'est en conséquence de 

ceci que vous prendrez vos arrangements. ^ , 

Federic. 

Nach dem Concept. 



I Vergl. S. 160. — a Vergl. S. 194. — 3 Vergl. Bd. XI, 80. 81. 



231 

7389. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION COMTE DE 
SOLMS A STOCKHOLM. 

, Potsdam, 31 mars 1756. 

Le rapport que vous m'avez fait du 16 de ce mois, m'a été bien 

rendu. Je vous adresse ci-clos une lettre pour la Reine ma sœur, que 

je vous recommande particulièrement, afin de faire en sorte qu'elle lui 

soit rendue en ses mains propres par une voie qui ne sera pas trop 

remarquée, afin d'en éviter l'éclat. Vous ne manquerez pas de vous 

acquitter de ceci au mieux et le plus tôt possible, ^ , 

Federic. 

Nach dem Concept. 



7390. A LA REINE DE SUÈDE A STOCKHOLM. 

[Potsdam, 31 mars 1756.] 

Vous voyez, ma chère Sœur, que sans voir les choses de près, je 
ne me suis pas trompé dans le pronostic que je vous ai fait. Vous 
vous êtes laissé entraîner par des gens qui , s'ils avaient réussi , n'au- 
raient pensé qu'à eux, et les idées que vous ^viez d'étendre votre do- 
mination , se seraient vu déçues. Mais comme les choses en sont 
venues à cet éclat, il n'est plus temps de récapituler le passé, pensons 
à l'avenir. Je vous dois mes conseils; tout ce que je peux faire pour 
vous, c'est de vous les donner: vous restez la maîtresse de les suivre 
ou non. Je crois qu'il faut absolument que vous changiez à présent 
votre plan de conduite , que dans les commencements vous caressiez le 
Sénat et que vous ne paraissiez vous conduire que par ses conseils, 
pour calmer des esprits irrités et des [cœurs] ulcérés de vos entre- 
prises. Ensuite, il vous faudrait travailler petit à petit à ramener à 
vous les esprits les plus modérés d'entre les sénateurs, pour vous en 
faire un parti avec le temps. Par une conduite adroite et soutenue, 
vous parviendrez à diviser par là le Sénat même, et quand vous l'aurez 
affaibli, vous pourrez travailler petit à petit à l'extension de votre 
pouvoir; mais si vous voulez vous roidir à présent et mettre de la 
fermeté où il ne faut que de la douceur, de la force où il ne faut que 
de la ruse, vous gâterez tout. Voilà tout ce qu'en ami je peux vous 
dire, en souhaitant de tout mon cœur que vous suiviez mes avis. 

Federic. 

Nach dem eigenhändigen Concept mit der Weisung, „zu chiffriren an meine Schwester von 
Schweden." 



232 

AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 



7391 

£)enoît berichtet, Warschau 24. 
März , über seine Stellung zu dem fran- 
zösischen Minister Durand nach Abschluss 
der preussisch-englischen Neutralitätscon- 
vention : „Une chose qui ne laisserait pas 
que de m'embarrasser un peu , au cas 
qu'il vînt à m'en parler de nouveau, ce 
qu'il n'a pas fait depuis bien longtemps, 
serait s'il me demandait si je continue 
toujours à exciter le Grand - Général à 
faire travailler son émissaire à Constanti- 
nople avec autant de chaleur qu'aupara- 
vant. I Quoique depuis quelque temps je 
n'aie pas touché cette corde vis-à-vis du 
comte Branicki , il serait , à ce qu'il me 
paraît , essentiel pour moi , si Votre 
Majesté voulait bien m'apprendre Ses 
intentions à ce sujet." 

Mündliche Resolution. Nach Aufzeichnung des Cabinetssecretärs, 



Potsdam, i. April 1756. 
Das kann er wohl thun; der 
Etatsminister Graf von Podewils 
kann ihn darüber umständlicher 
instruiren. 



7392. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE MALTZAHN 

A DRESDE. 

Maltzahn berichtet, Dresden 29.:' Potsdam, 2 avril 1756. 



März: ,, J'avais mandé précédemment à 
Votre Majesté que le comte Brühl a 
promis au comte Rutowski qu'on rogne- 
rait les pensions du civil , de même que 
celles du militaire, qui souffre la réduc- 
tion telle que je l'ai marquée à Votre 
Majesté depuis le ler de janvier de l'an- 
née présente ; = l'intention du premier 
ministre n'était pas, pour cette fois, de 
manquer à sa parole, aussi avait -il pré- 
senté à son maître un rescrit pour re- 
trancher douze pour cent au civil , mais 
il [le Roi] raya le rescrit et le rendit à 
son ministre dans le moment que celui-ci 
crut qu'il allait le signer , ne voulant 
pas, dit-il, entendre les plaintes que cela 
occasionnerait. Ainsi ce Prince, unique- 
ment occupé d'écarter de sa présence 
tout ce qui peut lui offrir un objet dés- 
agréable , craint les visages mécontents 
des courtisans qu'il voit et admet à sa 
table, et consent sans peine qu'on mal- 
traite ses sujets qu'il ne voit pas, et les 
officiers de ses troupes auxquels il ne 
parle point." 



J'ai reçu le rapport que vous 
m'avez fait du 26 du mois passé 
de mars. 3 J'espère d'apprendre 
bientôt comment les commissaires 
saxons aux conférences de com- 
merce à Halle se seront déclarés, "* 
et si les propositions qu'ils feront, 
vérifieront les avantages que le 
premier ministre vous a tant van- 
tés, que mes États retireraient des 
conventions de commerce, dont 
cependant je n'ai pas trop bonne 
opinion, selon ce que j'en ai appris 
jusqu'à présent, de sorte que, si 
cesdits commissaires ne reçoivent 
bientôt d'autres instructions plus 
équitables et plus modérées que 
celles qu'ils ont laissé apercevoir, 
toute la négociation saurait s'en 
aller bientôt en fumée. Sur quoi, 



I Vergl. S. 90. — 2 Vergl. S. 74. — 3 Der Erlass enthält zugleich die Ant- 
wort auf Maltzahn's Bericht vom 29. März. — 4 Vergl. S. 183. 



233 

vous saurez bien glisser adroitement quelque chose dans vos entretiens 
avec le Ministre. 

Comme j'ai vu que les rapports du comte V[itzthum] ^ ne com- 
prennent que des pauvretés et des misères, vous vous épargnerez 
la peine dorénavant d'en voir plus^ et d'exposer pour tel sujet 
votre canal. 

Au surplus, je suis presque tout persuadé que, dans la conjoncture 
présente, la cour de Dresde se mécomptera furieusement, si elle compte 
sur des subsides, soit de la France soit de l'Angleterre. ^ 

Au reste, vous continuerez de me mander s'il y aura plus de ré- 
ductions encore que celles qu'on a arrangées parmi les troupes ; car j'ai 
de la peine à m'imaginer que ce qu'on épargne par la présente ré- 
forme, aille à la somme de 240,000 écus par an. ^ , 

Federic. 

Nach dem Concept. 



7393. AN DEN ETATSMINISTER VON BODEN IN BERLIN. 

Potsdam, 2 avril 1756. 

Nach der von Euch Mir ohnlängst eingesandten Ausrechnung des 
Restes derer auf Schlesien hypothecirten Schulden, so Ich annoch in 
Engelland zu bezahlen habe, ist solcher deductis deducendis von Euch 
auf 39,175 Pfund Sterling calcuhret worden. Wann aber Mein dortiger 
Chargé d'affaires Michel! Mir jüngsthin die von denen Interessenten 
gedachter Schulden gefertigte Rechnung eingesandt hat,* zufolge deren 
das noch dahin baar zu remittirende Quantum, nach Abzug der 20,000 
Pfund, 5 so dorten dazu gezählet wird, überhaupt noch 40,887 Pfund 
10 Schilling bleibet, so habe Ich vor gut gefunden, denen Ministern 
vom Departement derer auswärtigen Affairen aufzugeben,^ sich mit 
Euch deshalb fordersamst zusammen zu thun und die Berechnung und 
Bezahlung dieser Schuldpost nochmalen von Anfang her bis jetzo zu 
auf das accurateste durchzugehen und darüber sodann ein ordentliches 
und fermes Liquidum festzustellen. Es wird Euch gedachtes Ministe- 
rium Meine an selbiges ergangene Ordre communiciren , da Ihr dann 
mit einander alles wohl und gründlich einzusehen und zu arrangiren 
habt. Dabei Ihr ohnvergessen sein sollet, den Umstand wegen derer- 
jenigen Obligationen, so Ich vor einigen Jahren bereits in Engelland 
vor Meine Rechnung kaufen lassen, mit in Considération zu nehmen 
und zu attendiren, ob und was Mir deshalb an Interessen, die Ich zu 
7 Procent bezahle, competiren könne und müsse. Welches alles Ihr 

I Berichte Vitzthum's an Brühl, d. d. Paris 22. und 29. Februar. — 2 Vergl. 
S. 193. — 3 Vergl. S. 87. — 4 Die Berechnung ist undatirt ; sie reicht bis zum 
21. März 1756 und wurde mit dem Michell'schen Bericht vom 23. März eingereicht. 
Vergl. Nr. 7397. — 5 Vergl. S. 13. — 6 Vergl. Nr. 7394. 



234 

dann mit gedachten Ministern gründlich auszumachen und zu arran- 

giren habt. -^ • j • i. 

° Fndench. 

Nach der Ausfertigung. 



7394. AN DIE ETATSMINISTER GRAFEN PODEWILS UND 
FINCKENSTEIN IN BERLIN. 

Potsdam, 2. April 1756. 

Ihr habt aus der abschriftlichen Anlage und den zu solcher ge- 
hörigen Originaldocumenten mit mehreren zu ersehen , was Mir der 
Chargé d' affaires Michell zu London wegen Bezahlung desjenigen Restes 
derer auf Schlesien hypothecirt gewesenen englischen Capitalien, und 
welchergestalt die dortige Interessenten den deshalb noch gebliebenen 
Rest liquidiret haben , ' umständlich berichtet hat. 

Damit nun diese Sache völlig in das Klare komme und ein rich- 
tiges Liquidum festgestellet werde, so will Ich, dass Ihr zuforderst also- 
fort die unter gedachten Documenten enthaltene Calculation gedachter 
Schulden wegen durch jemanden auf das getreulichste übersetzen lassen, 
sodann aber Euch sogleich mit dem Etatsminister von Boden, an wel- 
chen Ich das nöthige desfalls bekannt gemacht habe, besonders zu- 
sammenthun und darauf mit einander den ganzen Post dieser Schulden 
und was darauf nach und nach von Mir bezahlet worden, von Anfange 
her bis jetzo zu, mit aller Attention durchgehen und alsdann ein rich- 
tiges Liquidum wegen des bleibenden Capitals und Interessen noch- 
malen constituiren, auch solches mit der von denen Interessenten dieser 
Schulden gemachten und eingesandten Rechnung mit aller Exactitude 
compariren und balanciren sollet. 

Und da Ich fest resolviret bleibe, den ganzen Rest dieser Schul- 
den deductis deducendis zur obligationsmässigen Zeit im kommenden 
Monat Juni abführen zu lassen, auch dazu bereits alle Meine Disposi- 
tiones gemachet und gedachten von Boden darüber bereits umständlich 
instruiret habe, Ich aber bei solcher Gelegenheit Mich zurückerinnere, 
dass vor einigen Jahren bereits Ich eine ziemliche Anzahl von schle- 
sischen Obligationen durch den Splitgerber in Engelland einkaufen 
lassen, welche dermalen von denen Interessenten derer schlesischen 
Schulden nicht abschläglich angenommen werden wollen, und die des- 
halb bis zum Austrag der Sache zu London deponiret worden, so will 
Ich, dass Ihr auch diese Sache mit dem p. von Boden zugleich gründ- 
lich examiniren und darüber ein ordentliches Liquidum formiren, mit- 
hin überall die Sache dergestalt präpariren und arrangiren sollet, damit 
alles zur Zeit der Bezahlung des Restes völlig und auf einmal abgethan 
und berichtiget werden könne. Von dieser Meiner Ordre habt Ihr auch 
mehrgedachtem von Boden die behörige Communication zu thun und 

I Vergl. Nr. 7393. 



235 

übrigens nichts zu vergessen, was mein Dienst und Interesse darunter 

erfordert. ^ . , 

Friderich. 

Nach der Ausfertigung. 



7395. AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 

Jr odewils berichtet, Berlin 2. April, der Herzog von Nivernois habe sich am 
Mittag des 2. April von ihm verabschiedet, i Nachdem er zunächst seinen Dank für 
die freundschaftliche Aufnahme am preussischen Hofe ausgesprochen , habe er das 
Gespräch auf die beabsichtigte französische Expedition in das Mittelmeer gelenkt. 2 
Dem gegenüber hat der Minister darauf aufmerksam gemacht, dass man in Italien in 
grosser Besorgniss sei wegen der geheimen Verhandlungen zwischen Wien und Paris: 
,, Qu'on croyait rouler sur des objets qui intéressaient principalement l'équilibre de 
l'Italie et le degré de supériorité que la maison d'Autriche se flattait d'y gagner, 
moyennant de certains arrangements à faire entre elle et la France par des trocs et 
des transports des États, Le duc de Nivernois me répondit d'abord : »Ah, je sais ce 
que c'est, c'est apparemment de la cession de la Flandre et de quelque autre partie 
des Pays-Bas que la cour de Vienne nous offre. 3 Mais, <r continua-t-il, »cela ne serait 
pas si mauvais pour la France et surtout pour l'infant Don Philippe, à qui on a fait 
le plus chétif et le plus méprisable établissement du monde par la possession des pays 
de Parme et de Plaisance; car autant,» dit -il, »vaudrait- il le nourrir chez nous à 
Versailles, à Fontainebleau, Meudon ou quelque autre endroit du royaume, il n'en 
coûterait pas plus à la France, et l'Espagne y trouverait aussi son compte. Car,« 
dit -il, »voulez -vous bien croire que les Etats de Parme et Plaisance ensemble ne 
rapportent pas beaucoup, frais tous faits, au delà de 300,000 écus d'Allemagne? Ce 
serait un pauvre accroissement pour la cour de Vienne, à laquelle ce pays -là, par la 
paix d'Aix-la-Chapelle, doit toujours revenir,* par droit de réversion après la mort du 
roi d'Espagne, et la succession du roi des Deux-Siciles à la monarchie d'Espagne dans 
ce cas-là. Mais, avec tout cela,« dit-il, »les choses ne sont pas si faciles à arranger; 
il faudra voir ce que l'Espagne en penserait dans cette supposition - là ; car pour nous 
autres,« continua-t-il, »l'avantage saute aux yeux.« Je lui répondis que, si le 
Parmesan et le Plaisantin faisaient un si petit objet qu'il le prétendait , il n'y avait 
point d'apparence que la cour de Vienne voudra troquer des provinces considérables, 
sans se stipuler d'autres avantages importants, soit en Italie, soit ailleurs. Il me 
répliqua qu'il n'était pas bien au fait de toute cette négociation , sans s'inscrire pour- 
tant en faux contre ces nouvelles -là. Mais il disait que le tableau général avait 
tellement changé en Europe depuis peu qu'il serait difficile de concilier dans le mo- 
ment présent les différents intérêts et de prendre un parti décisif, que cela pourra 
demander encore bien du temps et des événements prêts à éclore , avant que d'en 
venir à une conclusion raisonnable, personne n'étant le maître des conjonctures, qui 
pour à présent étaient tellement embrouillées, selon lui, qu'on aurait bien de la peine 
à se fixer à un certain plan." 

Potsdam, 3. April 1756. 

Ich danke vor die Nachricht. Ich werde sehen, was Ich von dem 
Duc de Nivernois bei seiner heutigen Ankunft erfahren kann ; er ist 

I Vergl. S. 227. — 2 Vergl. S. 170. — 3 Vergl. S. 224. — * Art. 4 der 
Präliminarien vom 30. April 1748, wiederholt in Art. 7 des Definitivfriedens vom 
18. October: „Les duchés de Parme, de Plaisance et de Guastalle seront cédés au 
sérénissime infant Don Philippe, pour lui tenir lieu d'établissement, avec le droit de 
réversion aux présents possesseurs, après que Sa Majesté le roi des Deux-Siciles aura 
passé à la couronne d'Espagne, ainsi que dans le cas où le sérénissime infant Don 
Philippe viendrait à mourir sans enfants." 



— 236 — ■ 

aber von denen Leuten , die nicht alles sagen , was man von ihnen 
wissen will. 

Mündliche Resolution. Nach Aufzeichnung des Cabinetssecretärs. 



i 



7396. AN DAS DEPARTEMENT DER AUSWÄRTIGEN ÄFF AIREN. 



r odewils und Finckenstein berich- 
ten, Berlin 2. April, dass der schwedische 
Gesandte von Wulfwenstjema im Auftrage 
seines Hofes ihnen die Mittheilung von 
dem Abschluss einer maritimen Union i 
zwischen Schweden und Dänemark ge- 
macht habe. 2 



Potsdam, 3. April 1756. 
Ihm durch ein obhgeantes 
Compliment vor die Communica- 
tion zu danken, und dass es Mir 
sehr lieb sein werde, wann sie Mir 
den Tractat communiciren wollten 

Mündliche Resolution. Nach Aufzeichnung des Cabinetssecretärs. 



7397. AU SECRÉTAIRE MICHELE A LONDRES. 

JVlichell berichtet, London 23. März, auf den Erlass vom 11. März : 3 „J'ai 
exécuté fort exactement le contenu auprès du ministère de cette cour et en particulier 
envers le lord Holdernesse, qui, par ordre du Roi, m'a assuré que l'on était fort éloigné 
ici de ne pas faire attention au chipotage qui paraissait se manifester tous les jours 
plus entre les cours de Vienne et de Versailles, mais qu'en même temps on ne pou- 
vait pas se figurer encore qu'il pût être porté au point où Votre Majesté le soup- 
çonnait, et que l'on présumait que les avis qu'Elle avait reçus à cet égard, partaient 
de gens qui, sans examiner avec toute l'attention requise la position des choses, lais- 
saient courir leur imagination un peu trop loin ; que cependant , comme la prudence 
exigeait que l'on fût sur ses gardes et qu'on ne s'endormît pas sur les menées qu'il 
paraissait y avoir actuellement entre les cours de Vienne et de Versailles , on ex- 
pédierait aujourd'hui un courrier au sieur Keith, avec des instructions par lesquelles 
il lui serait enjoint de chercher à faire expliquer nettement le ministère autrichien là- 
dessus ... Si, en suite de ceci, la cour de Vienne ne s'explique pas d'une façon à 
ôter tous les soupçons que l'on a actuellement sur sa conduite présente, l'on est bien 
résolu ici de prendre tous les arrangements qu'il conviendra pour soutenir efficacement 
les engagements pris avec Votre Majesté, et, pour cet effet, on s'est déjà proposé 
d'envoyer vendredi prochain un autre courrier à Pétersbourg, avec des ordres au che- 
valier Williams de continuer à s'attacher de plus en plus la Russie, sans la participation 
de la cour de Vienne, dont on ne craint pas avec cela l'influence dans ce pays -là,* 
puisque l'on est satisfait ici, ainsi que je l'ai mandé, de la façon dont le ministère 
russien s'était déjà expliqué sur le traité que l'Angleterre a conclu avec Votre Ma- 
jesté, le chevalier Williams mandant très positivement par le courrier qui a apporté 
les ratifications du traité de subsides, 5 que le comte de Bestushew lui avait dit qu'en 
suite d'une conversation qu'il avait eue avec l'Impératrice au sujet du traité conclu 
avec la Prusse, Sa Majesté Britannique pouvait être très tranquille touchant la façon 
de penser de sa souveraine à cet égard , qui ne causerait aucun changement dans les 

ï Vergl. S. 142. 143. — 2 Ueber die Einzelheiten der Mittheilung Wulfwen- 
stjema's vergl. Nr. 7397. — 3 Vergl. Nr. 7342 S. 183. — •+ Vergl. S. 224. — 
5 Vergl. S. 262. 



I 



■ 



237 

liaisons qui subsistaient entre les deux puissances. Le lord Holdernesse m'a ajouté 
que l'on se tromperait furieusement à Vienne, si l'on s'y imaginait d'avoir à Péters- 
bourg l'influence d'y pouvoir détacher cette cour-là des intérêts de l'Angleterre ; qu'il 
était vrai que les deux Impératrices étaient bonnes amies, mais que celle de Russie 
s'en tiendrait toujours préférablement à ses liaisons et à ses engagements avec l'Angle- 
terre, et que, si le ministère autrichien cherchait à y causer quelque refroidissement, 
il n'y ferait que de l'eau claire, au moins par toutes les assurances que l'on avait 
jusques ici de la façon de penser de la cour de Pétersbourg à cet égard; qu'en un 
mot, on ne voulait négliger aucun moyen de fermer la porte à toutes les insinuations 
que les Autrichiens pourraient lâcher en Russie, pour tâcher d'y faire envisager d'un 
mauvais œil les liaisons que Votre Majesté avait prises avec Sa Majesté Britannique. 

Le lord Holdernesse continua ensuite par me dire que le comte de CoUoredo, 
depuis la réception du dernier courrier de sa cour, lui avait témoigné, d'un air à la 
vérité ironique, que l'Impératrice -Reine félicitait Sa Majesté Britannique de ses nou- 
velles liaisons avec Votre Majesté et qu'elle souhaitait qu'elle eût lieu d'en être satis- 
faite; mais, comme l'on ignorait encore à Vienne tous les détails de ces liaisons, on 
ne pouvait en rien dire de plus, à moins que l'Angleterre n'en donnât des explications 
plus claires et plus précises que celles qu'on y avait communiquées jusques ici; qu'en 
attendant on ne soupçonnait pas à Vienne Sa Majesté Britannique d'avoir rien con- 
tracté avec Votre Majesté qui fût préjudiciable aux intérêts de l'Impératrice- Reine, 
tout comme celle-ci n'en contracterait jamais avec d'autres puissances qui fussent 
pareillement préjudiciables à ceux de Sa Majesté Britannique. Ces propos, m'a ajouté 
le lord Holdernesse, n'ont pas été des plus satisfaisants pour Sa Majesté Britannique 
et son ministère , mais en même temps ils ne les ont pas regardés de façon à faire 
soupçonner le comte de Kaunitz d'être assez dépourvu de bon sens que d'engager sa 
cour à prendre des liaisons avec la France sur le plan qu'on l'a mandé à Votre Ma- 
jesté , vu que les conséquences en seraient trop dangereuses pour la cour de Vienne, 
qui allumerait par là une guerre des plus sanglantes, et dont certainement elle serait 
la dupe en adoptant un système aussi extravagant, puisqu'il était bien aise de me dire 
qu'elle perdrait non seulement tous les alliés qu'elle avait tant du côté du Nord que 
de l'Italie , et se trouverait exposée ainsi à voir ses possessions fort en danger , bien 
loin d'avoir la moindre chance d'en récupérer; que l'on était fort assuré ici que l'Es- 
pagne et les princes de sa maison en Italie , aussi bien que le roi de Sardaigne, 
n'étaient bien avec la cour de Vienne que par le canal de l'Angleterre; qu'ainsi, si 
cette cour-là prenait quelques liaisons avec la France préjudiciables aux intérêts de ce 
pays-ci, les autres ne demanderaient alors pas mieux que d'être du parti de l'Angle- 
terre et de tomber sur les Autrichiens en Italie , pendant qu'on leur donnerait de la 
tablature ailleurs, d'une façon à les faire repentir pour jamais du parti extravagant 
qu'ils auraient pris en se liant étroitement dans les conjonctures présentes avec la 
France. 

C'est donc par ces motifs qu'on ne saurait encore s'imaginer ici que la cour de 
Vienne puisse porter à quelque chose de réel son chipotage avec la France, à moins 
que la tête n'ait tourné au comte de Kaunitz et qu'il ne veuille perdre sa cour pour 
jamais: mais l'on soupçonne plutôt que, piqué au vif que Sa Majesté Britannique soit 
de nouveau en règle avec Votre Majesté, et que par là tous les vastes desseins qu'il 
pouvait avoir de pêcher en eau trouble , soient évanouis , cela l'a si furieusement dé- 
concerté qu'il cherche présentement à chipoter avec la France plutôt par désespoir et 
par jalousie que par un dessein sincère de se lier avec elle de la façon dont on le 
soupçonne. Quoi qu'il en soit, comme Sa Majesté Britannique est fermement résolue 
de soutenir efficacement le système et les liaisons qu'elle a pris avec Votre Majesté, 
le lord Holdernesse m'a déclaré en outre de sa part que c'était par ce motif qu'elle 
commençait d'envoyer des ordres au sieur Keith pour chercher à faire expliquer claire- 
ment la cour de Vienne sur ces liaisons et le parti qu'elle voulait prendre en con- 
séquence, et que comme Sadite Majesté était déjà satisfaite des sentiments de la Russie 
à cet égard, elle se croyait très assurée de l'y maintenir. Le lord Holdernesse a fini 



■ — 238 

par me dire que le Roi avait été sensible et remerciait Votre Majesté de tout ce que 
j'avais eu ordre de lui dire de Sa part, tant par rapport aux précautions à prendre 
dans les conjonctures présentes, qu'aux conseils de Votre Majesté à cet égard; qu'on 
ne les perdrait certainement pas de vue en cas de besoin, mais que dans le moment 
présent on ne croyait pas qu'il fût nécessaire d'aller plus loin de ce qu'il venait de 
me détailler. Il m'a ajouté enfin que le sieur Mitchell partirait dans une quinzaine 
de jours au plus tard pour Berlin." i 

Potsdam, 3 avril 1756. 

La dépêche que vous m'avez faite du 23 du mois passé de mars, 
m'a été fidèlement rendue, dont j'ai été extrêmement satisfait par toutes 
les choses très intéressantes que vous y avez comprises. " Vous ne man- 
querez pas de remercier bien poliment milord Holdernesse de toutes 
les confidences qu'il a bien voulu me faire sur la situation présente 
des affaires publiques, et lui direz de ma part que, bien que raison- 
nablement on ne saurait pas se figurer que la cour de Vienne saurait 
aller au point qu'on l'a soupçonnée, dans ses chipotages entamés avec 
la France , rien n'était cependant plus vrai que dans son premier 
emportement, causé par le dépit qu'elle a eu de notre convention de 
neutralité de l'Allemagne, elle ait [fait] proposition sur proposition à la 
France pour se lier avec elle et se venger du prétendu affront qu'elle 
croyait avoir reçu par cette convention. ^ Aussi ce que l'on a présumé 
au commencement de ce chipotage, a été effectivement cela ce que je 
vous en avais marqué par mes dépêches antérieures,* mais qu'à présent 
et par les soins que je m'étais donnés pour bien approfondir ce qui fit 
le vrai objet de cette négociation, je venais d'apprendre de lieu sûr^ 
qu'il s'y agissait d'un simple traité d'amitié entre les deux cours et qu'il 
ne s'agissait d'aucun engagement qui concernât directement ni mes 
possessions ni celles du roi de la Grande-Bretagne en Allemagne; que 
le reste était relatif à la neutralité des Pays-Bas et de l'Italie et à un 
projet en conséquence duquel la Reine-Impératrice troquerait à la France 
une partie du comté de Flandre dont elle était en possession, avec le 
Luxembourg, contre un équivalent que la France lui procurerait en Italie 
des possessions que la maison de Bourbon y a jusques ici. Après que 
vous aurez dit tout ceci au lord Holdernesse, quoique toujours de la 
manière que je vous ai déjà présentée par mes lettres antérieures, savoir 
pour qu'il ne paraisse pas comme si je voulais donner de fausses alarmes 
à l'Angleterre, vous ajouterez uniquement, comme de vous même et 
sans m'y mêler aucunement, que, selon vous, il n'était point à douter 
que la Hollande n'eût fourni le secours qu'elle devait à l'Angleterre,^ si, 
instruite apparemment du chipotage entre les cours susdites, on ne lui 
avait fait appréhender que, quand cette négociation saurait prendre 

1 Vergl. s. 182. — 2 Vergl. über den Inhalt des Michell'schen Berichtes auch 
Nr. 7393. — 3 Vergl. S. 215. — 4 Vergl. Nr. 7342 S. 183; Nr. 7364 S. 204; 
Nr. 7381 S. 224. — 5 Bericht Knyphausen's, Paris 22. März. Vergl. Nr. 7400. — 
6 Vergl. S. 180. 



I 



259 

forme, alors la reine de Hongrie pourrait bien accorder aux Français 
le passage par le Brabant, pour inquiéter la République. 

Federic. 

P. S. 

La cour de Suède m'a fait connaître par son ministre^ qu'elle 
venait d'arrêter avec celle de Danemark un traité d'union maritime 
moyennant lequel les deux parties contractantes s'étaient engagées de 
faire sortir, chacune d'elles, de leurs ports une escadre pour protéger par 
là le commerce de leurs sujets et pour faire respecter leur pavillon 
contre les insultes de la part des vaisseaux de quelque puissance étran- 
gère; qu'en vertu de cet engagement les vaisseaux de guerre, les fré- 
gates , les armateurs auraient à la vérité la liberté d'entrer dans les 
ports de Suède situés sur l'Océan, pour s'y ravitailler et faire radouber, 
même pour y amener des prises," mais qu'il ne leur avait pas été ac- 
cordé la même permission quant aux ports situés sur la mer Baltique, 
et qu'au surplus , la cour de Stockholm ne manquerait pas de me 
communiquer le susdit traité en son temps et de concert avec le 
Danemark. 

J'ai trouvé bon de vous communiquer incessamment tout ceci, afin 

que vous en fassiez d'abord ouverture confidente aux ministres anglais, 

en leur faisant valoir la bonne intention que j'avais de les en mettre 

au fait, pour qu'ils n'en prissent point ombrage, si la chose leur était 

peut-être annoncée sous de fausses couleurs. ^ Vous ajouterez que, dès 

que le traité me serait communiqué, je ne laisserais pas de leur en 

envoyer copie. „ , 

"^ Federic. 

Nach dem Concept. 



7398. AU CONSEILLER PRIVÉ VON DER HELLEN A LA HAYE. 

Potsdam, 3 avril 1756. 

Votre rapport du 26 de mars dernier ne me fournissant point 
autrement matière, je me contenterai de vous dire que vous deviez 
continuer à rendre vos rapports intéressants, et que je ne saurais m 'ima- 
giner que difficilement que dans la conjoncture présente la République 

voulût hasarder d'envoyer du secours à l'Angleterre."* ^ , 

■' ° Federic. 

Nach dem Concept. 



I Vergl. Nr. 7396. — a Vergl. Bd. IX, 369. 370. — 3 Vergl. S. 143. 144. — 
* Vergl. S. 186. 



240 

7399- AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLING- 
GR^FFEN A VIENNE. 

Potsdam, 3 avril 1756. 

J'ai reçu votre rapport du 24 de mars' et ne saurais présentement 
vous communiquer aucune nouvelle intéressante à l'égard des affaires 
générales, parceque l'on se trouve encore dans la même situation et 
dans cet état indécis qu'on était, quand je vous fis ma dernière 
dépêche.* L'on m'a confirmé, ^ en attendant, qu'il n'y avait d'autre 
objet dans le chipotage présent entre les cours de Vienne et de France 
que celui dont je vous ai déjà instruit, et qui se rapporte principalement 
à la neutralité de l'Italie et des Pays-Bas. Voilà aussi la raison qui me 
persuade que, dans la situation actuelle des affaires, la cour où vous 
vous trouvez ne fera pas marcher un seul homme de l'Hongrie,'* ce 
qui cependant ne vous arrêtera pas que vous n'y veilliez d'une atten- 
tion scrupuleuse. 

La particularité touchant les 500,000 florins que l'Empereur doit 
avoir payés de l'épargne qu'on a faite sur la cavalerie non remontée 
et sur les hommes qui ont manqué aux régiments, pour remplir les 
magasins, mérite que vous l'approfondissiez de plus près encore ; il se peut 
qu'on ait fait des épargnes sur ces articles, mais il est difficile de com- 
prendre qu'on voudrait dépenser ce qu'on en a pu mettre à côté, pour 
un camp de plaisir qu'on assemblerait, auprès de Prague, de toutes les 
troupes qui se trouvent en Bohême et dans la Moravie; circonstances 
que je ne sais pas combiner ensemble. 

Quant aux bruits populaires à Vienne que la bonne harmonie entre 
moi et l'Angleterre ne durerait guère, je crois le sieur Keith trop en- 
tendu et trop sage pour s'en alarmer et pour ne pas s'apercevoir d'ail- 
leurs que ce ne sont que de misérables inventions, controuvées pour 
semer de la méfiance entre l'Angleterre et moi et pour nous brouiller, 
ce qui pourtant ne réussira que difficilement à la cour de Vienne, d'au- 
tant qu'elle a perdu son grand cheval de bataille dont elle se servit 
autrefois pour donner de fausses alarmes au roi d' Angleterre, ^ savoir 
que j'envahirais l'Hanovre, ruse dont ladite cour n'osera plus se servir, 

sans se faire moquer d'elle. ^ , 

Federic. 

Nach dem Concept. 

7400. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE 
KNYPHAUSEN A PARIS. 
Ivnyphausen berichtet, Paris 22 



März, auf die Weisung vom 6. März: 6 
„Quant à ce qui concerne l'explication 
que Votre Majesté demande sur les mesures 



Potsdam, 3 avril 1756. 
J'ai reçu la dépêche que vous 
m'avez faite du 22 mars, sur 



I Ueber den Inhalt vergl. Nr. 7400. — 2 Nr. 7386. — 3 Bericht Knyphausen's 
Paris 22. März. Vergl. Nr, 7400. — 4 Vergl. S. 216. — S Vergl. Bd. IX, 479. 
6 Vergl. Nr. 7325 S. 170. 



241 



que prend le ministère de France , qui 
pourraient communiquer la guerre au con- 
tinent en Europe, j'ai eu en vue, dans la 
dépêche qui ferme cette conjecture, la 
réplique de la cour de France à la Hol- 
lande , et les menaces que le sieur Affry 
a eu ordre d'y joindre, i lesquelles pour- 
raient peut-être bien entraîner la première 
dans des démarches de fait , en étant 
fomentées de ceux dans le ministère qui 
désirent une guerre de terre. Tel est, 
Sire, le sens que j'ai attaché à cette idée ; 
car Votre Majesté peut être persuadée 
d'ailleurs que les projets du ministère de 
France sont toujours les mêmes , et qu'il 
persiste jusqu'à présent dans l'intention 
de s'en tenir, tant qu'il sera possible, à 
une guerre de mer." 2 



laquelle je n'ai rien à vous dire 
cette fois, sinon qu'on commence 
à Vienne^ de s'apercevoir que les 
chipotages entretenus jusqu'à pré- 
sent entre les deux cours ne sau- 
raient mener à rien de ferme et 
de solide et que, tout au contraire, 
une alliance entre l'Autriche et la 
France saurait être dangereuse pour 
la première à plusieurs égards, mais 
qu'en attendant, et nonobstant de 
cela, les fréquents entretiens entre 
le comte Kaunitz et le sieur d'Au- 
beterre , tout comme l'envoi des 
courriers qui allaient et venaient,^ 
continuaient leur train. 

Quant aux explications que 
vous m'avez données sur les me- 
sures que prend le ministère, qui pourraient communiquer la guerre au 
continent, j'en ai été bien aise et vous en sais gré, aussi continuerez- 
vous d'y veiller avec une attention scrupuleuse, afin de pouvoir m'en 
instruire exactement. 

Le duc de Nivernois passera le 5 de ce mois ici, pour se congédier 
entièrement et continuer tout de suite son retour en France. ^ 

Au surplus, je ne veux plus dissimuler que, bien que je ne me 
sois aucunement mêlé jusqu'ici des affaires de la Diète en Suède, ni 
directement ni indirectement, je vois cependant que le Sénat commence 
de pousser trop son ressentiment contre la cour,^ au point de prendre 
à tâche d'abaisser tout- à- fait par ses menées auprès les États l'autorité 
royale contre tout ce qui en a été disposé dans la forme présente du 
gouvernement de Suède. Comme ceci pourrait aller trop loin et en- 
traîner des suites fâcheuses et même préjudiciables aux intérêts de la 
France, il serait à souhaiter que celle-ci voudrait à présent s'erhployer 
à moyenner un accommodement entre la cour et le Sénat de Suède, 
surtout après que celui-ci est parvenu à faire déplacer tous ceux d'au- 
près du Roi qui lui donnaient de l'ombrage. ^ C'est dans ce sens que 
j'ai écrit à la Reine, ma sœur,^ et mon intention est que vous devez 
vous en expliquer en conséquence avec M. de Rouillé et lui insinuer 
convenablement que, pourvu que la France voudrait s'y employer, les 
choses seraient bientôt remises là sur un bon pied; en défaut de quoi, 

1 Vergl. S. 193. — 2 Vergl. Bd. XI, 267. — 3 Bericht KlinggräflFen's, Wien 
24. März. Vergl. Nr. 7399. — 4 Vergl. S. 171. — 5 Vergl. S. 227. — <5 Vergl. 
S. 245. — 7 Vergl. S. 211. — 8 Vergl. Nr. 7390 S. 331 . 

Corresp. Friedr. II. XII. 16 



242 

il était toujours à appréhender qu'elles sauraient parvenir tôt ou tard à 

des désordres fâcheux. „ , 

Feder ic. 

Nach dem Concept. 

7401. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE 
KNYPHAUSEN A PARIS. 

Potsdam, 6 avril 1756. 

Votre dépêche du 26 du mois dernier de mars m'a été bien ren- 
due, sur laquelle je suis bien aise de vous dire que je suis persuadé 
que ce que vous me mandez par rapport au chipotage entre les deux 
cours, remplit principalement ses objets, ^ indépendamment de quelques 
conditions pour étendre ou rétrécir les possessions qu'on voudra échan- 
ger l'une contre l'autre. 

Quant à l'expédition que la France tentera sur Port-Mahon, ^ vous 
devez être persuadé que les Anglais feront de leur mieux pour soutenir 
cette place et ses dépendances, et que ce que l'on croit en France que 
le ministère anglais connivera à faire tomber ladite place, est mal con- 
trouvé ; mais ce qui est vrai en ceci , c'est que ce ministère n'a pas 
songé à telle entreprise de la part de la France et qu'il en est ainsi 
pris au dépourvu; aussi mes lettres d'Angleterre ^ me marquent qu'on 
s'y trouve bien en peine de cette entreprise , contre laquelle on n'avait 
pris assez de mesures, tout comme on s'y trouvait embarrassé de l'in- 
vasion que la France méditait de faire en Angleterre,* de sorte que je 
crois que les Français sauraient succéder en leurs entreprises dans la 
Méditerranée et fatiguer extrêmement les Anglais par les dépenses qu'ils 
obligeront leur faire. 

En attendant, l'on dit que le roi de Sar daigne a pris beaucoup 
d'ombrage sur la négociation de la France d'avec la cour de Vienne et 
qu'il vient de faire à ce sujet une alliance offensive et défensive avec 
l'Angleterre. 

Au reste, comme le duc de Nivemois vient de partir hier d'ici, 
pour retourner en France, ^ et que j'ai oublié par hasard de lui parler 
encore avant son départ d'une affaire regardant l'abbé de Prades, dont 
je souhaiterais fort qu'elle saurait être ajustée de bonne grâce en sa 
faveur, je vous ordonne d'en parler au duc de Nivernois, dès qu'il sera 
de retour en France. Il s'agit d'une lettre de prise de corps qui a été 
expédiée autrefois, moyennant une lettre de cachet, contre l'abbé de 
Prades. Comme vous n'ignorez pas que, selon ce qui s'observe or- 
dinairement, il faut qu'un tel contre lequel une pareille lettre de cachet 
pour prise de corps a été expédiée, soit obligé de venir se présenter là 
lui-même, où après quelques formalités il en est relevé, je souhaiterais 

I Den bezüglichen Inhalt des von Knyphausen am 26. März erstatteten Bericht; 
ergeben Nr. 7402. 7403. — 2 Vergl. S. 170. — 3 Bericht MicheH's, Londor 
26. März, Vergl. Nr. 7403. — 4 Vergl. S. 148. — S Vergl. S. 241. 



1 



243 

fort que ledit abbé de Prades fût dispensé d'aller pour ce sujet en 
France et que la lettre de cachet, expédiée autrefois contre lui, fût levée, 
sans qu'il soit nécessité de passer les formalités ordinaires. Vous en 
prierez donc le duc de Nivernois de ma part afin qu'il veuille bien 
s'employer pour que cette affaire soit arrangée à mon gré et, en con- 
séquence, la lettre de prise de corps contre ledit abbé levée, à quoi 
vous contribuerez d'ailleurs tout ce qui vous sera possible pour ménager 
bien cette affaire et pour la faire réussir selon mes souhaits. J'attendrai 
à son temps le rapport que vous m'en ferez, en vous recommandant 

au mieux le succès. ^ , 

Federic. 

Nach dem Concept. 

7402. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLING- 
GR^FFEN A VIENNE. 

Potsdam, 6 avril 1756. 

Le rapport que vous m'avez fait du 27 de ce mois, m'a été bien 
rendu. J'ai de la peine à me persuader que l'avis que vous avez reçu 
d'un ordre qui doit être parvenu au sieur d'Aubeterre, pour proposer à 
la cour de Vienne une alliance avec la France , soit exactement fondé. 
Tout au contraire, je sais que c'est la cour où vous vous trouvez qui 
a fait proposer un projet après l'autre à la France, auxquels, à ce que 
j'apprends de bonne part, ' elle a joint encore celui de marier l'infante 
Elisabeth, fille de l'infant Philippe, avec l'archiduc Joseph =^ et de faire 
dépendre ce mariage du troc qu'elle a proposé d'une partie des Pays- 
Bas contre le Parmesan et le Plaisantin. Au reste, j'espère que nous 
saurons bientôt à quoi nous tenir sur le parti que ladite cour voudra 
adopter, par la réponse qu'elle fera à la déclaration catégorique que le 
sieur de Keith lui aura demandé, en conséquence des ordres que sa cour 
lui a envoyés par un courrier qui apparemment lui sera déjà parvenu. ^ 

Pour moi, je crois que, selon toutes les apparences présentes, la 
tranquillité du continent de l'Europe saura être conservée encore, et 
que la cour où vous êtes abandonnera, au moins cette année -ci, ses 
projets de grandes démonstrations guerrières à faire et qu'elle se tien- 
dra close et en repos. 

Nous savons,'* au reste, que le général Pretlack est arrivé le 25 
du mois dernier à Cassel avec le caractère de ministre plénipotentiaire 
et envoyé de la cour de Vienne et que, selon toutes les apparences, il 
sera chargé là de la même commission relative au changement de reli- 
gion du prince héréditaire de Hesse que le sieur Fontenay l'a été déjà 

actuellement chargé de la part de la cour de Dresde.^ ^ , 

Federic. 

Nach dem Concept. 

I Bericht Knyphausen's, Paris 26. März. — 2 Vergl. S. 149. — 3 Bericht 
Michell's, London 23. März. Vergl. Nr. 7397. — ■♦ Bericht Freytag's, Frankfurt 
am Main 27. März. — s Vergl. S. 188. 

i6* 



— -244 

7403. AU SECRÉTAIRE MICHELL A LONDRES. 

Potsdam, 6 avril 1756. 

J'ai reçu votre rapport du 26 du mois passé de mars. ^ Comme 
jusqu'ici les intentions de la cour de Vienne sur le parti qu'elle prendra 
dans la conjoncture présente, sont resté toujours douteuses, j'espère que 
la réponse qu'elle donnera à la déclaration que l'Angleterre lui deman- 
dera par le sieur de Keith, nous fera voir plus clair là-dessus. =" 

En attendant, l'on vient de me confirmer ^ ce que je vous ai déjà 
appris au sujet de son chipotage avec la France par mes dépêches an- 
térieures , ^ savoir que cette négociation au sujet de laquelle les pour- 
parlers entre le comte Starhemberg et le sieur Rouillé continuent tou- 
jours, était uniquement relative à la neutralité des Pays-Bas, à plusieurs 
propositions qui concernent T Italie , auxquelles la cour de Vienne doit 
avoir ajouté une autre par ledit comte de Starhemberg, de marier la fille 
princesse de l'infant Philippe avec l'archiduc Joseph et de faire dépendre 
ce mariage de l'échange que ladite cour a proposé d'une partie des 

Pays-Bas contre les duchés de Parme et de Plaisance. ^ , 

•' Federic. 

Nach dem Concept. 



7404. AU PRINCE FERDINAND DE BRUNSWICK 
A MAGDEBOURG. 

Potsdam, 6 avril 1756. 
Monsieur mon Cousin. Comme je n'ai rien de plus à cœur que 
la conservation de la bonne intelligence et de l'harmonie avec la cour 
de Brunswick, j'ai été très sensible des soins et des peines que Votre 
Altesse a bien voulu prendre pour concilier mes intérêts avec ceux du 
duc régnant de Brunswick et pour prévenir tous inconvénients qui pour- 
raient être une suite de ces différends, dont Elle vient de me donner 
encore une preuve signalée par Sa lettre du 3 de ce mois. De mon 
côté, toujours dans les mêmes dispositions et sentiments d'estime et de 
considération pour le Duc, j'aurais souhaité que Son Altesse Se soit ex- 
pliquée d'une manière moins vague ^ sur les moyens de conciher ceci, 
et qu'il Lui ait plu de prendre en considération que jamais je n'aurais 
fermé l'ancienne route et qu'il n'y va nullement de ma faute, si j'ai été 
forcé par les Saxons mêmes de hausser par représailles les impôts sur 
les marchandises saxonnes qui passent par mes États, ^ uniquement dans 
la vue de rendre les Saxons plus raisonnables sur les iniques procédés 
contre mes sujets négociants par la Saxe; mais, ces torts redressés de 
leur part , tout sera remis sur l'ancien pied. Votre Altesse peut être 

I Ueber den Inhalt dieses Berichtes vergl. Nr. 7401. — 2 Vergl. S. 225. — 
3 Berichte Knyphausen's, Paris 22, und 26. März. — 4 Vergl. Nr. 7381 S. 224; 
Nr. 7397 S. 238. — s Das durch den Prinzen Ferdinand zur Kenntniss gegebene 
Schreiben des Herzogs vom i. April liegt nicht vor. — 6 Vergl. Bd. XI, 485. 



I 



I 245 

assurée des sentiments d'estime et d'amitié avec lesquels je serai à 
jamais, Monsieur mon Cousin, votre très affectionné cousin 

Nach dem Concept. F e d 6 T i C 



7405. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION COMTE DE 
SOLMS A STOCKHOLM. 

Oolms berichtet, Stockholm 23. März, über eine Unterredung, welche die 

Königin von Schweden ihm am 22. März gewährt hat : „Elle me dit qu'elle était fâchée 

•d'avoir jamais fait un pas en avant pour se raccommoder [avec le Sénat] , puisque 

les entretiens qu'elle avait eus pour cet effet avec le marquis d'Havrincour' et qu'il 

avait indignement trahis, étaient une des raisons de son malheur présent" ... La 

Reine ajouta „qu'elle n'avait absolument point de plan formé à présent et qu'il était 

aussi inutile d'en faire, puisqu'elle n'avait point d'argent pour l'exécuter, et que, 

faute de pouvoir par ce moyen-là remettre les choses dans l'équilibre, elle était obligée 

de les laisser aller, dans l'espérance que le Sénat se briserait à la fin la tête à force 

de pousser. Sa Majesté fît à cette occasion une comparaison entre son sort et celui 

du malheureux roi Charles 1er en Angleterre ; elle me dit qu'elle ne doutait pas que, 

si le Cromwell de Suède — c'était le comte Tessin — pouvait y parvenir , il 

jouerait volontiers la même tragédie en ce pays-ci. Après avoir longtemps parlé sur 

cette affaire , et moi , de mon côté , ayant fait tout au monde pour lui faire oublier 

ces idées , elle me dit enfin que je ne devais pas m' étonner , si je lui trouvais tant 

de noir dans son esprit, mais que, dans la situation où elle était à présent, elle avait 

peur de son ombre , et remettant ensuite le discours sur les moyens de changer son 

sort , elle me donna à entendre que son projet était d'attendre quelque événement, 

soit au dehors, soit dans le pays même. Quant au premier point, elle croyait que 

les événements qui arriveraient à présent en Europe, influeraient aussi sur la Suède, 

si la guerre se faisait entre l'Angleterre et la France, que, si celle-ci fût battue et qu'elle 

eût besoin alors elle-même d'argent, elle ne pourrait plus en donner pour soutenir 

son parti, ou que, si Votre Majesté pouvait faire entrer la Suède dans l'alliance 

I qu'Elle venait de contracter avec l'Angleterre, cela hausserait beaucoup les actions de 

lia cour; qu'il fallait attendre ensuite si la Russie ne voudrait pas profiter de ces 

, troubles intérieurs pour enlever la Finlande à la Suède, puisqu'en ce cas-là la pensée 

I de la guerre étoufferait celle des cabales. Le dernier projet enfin, et c'est celui à 

qui la Reine donna la préférence, était si Votre Majesté voulait prendre ouvertement 

le parti de la cour et faire faire ici des déclarations que , si on ne faisait pas de 

satisfaction au roi de Suède, Elle regarderait l'offense qu'on faisait à Son allié, 

j comme faite à Elle-même. Pour ce qui est des événements qui pourraient arriver 

j dans le pays même , la Reine ne s'expliqua pas ouvertement , mais je pouvais assez 

î comprendre qu'elle voulait parler de révolution générale , à laquelle elle protestait 

I qu'elle n'aurait point de part , mais qu'elle croyait qu'elle pourrait arriver , puisque 

1 dans toutes les provinces on gémissait de l'oppression du Sénat; que la peur de la 

; Commission les retenait encore , mais que cette même Commission en allant toujours 

plus loin, pourrait pourtant à la fin y donner occasion ; qu'elle jouait gros jeu, si le 

coup manquait, et que c'était pour cela qu'elle ne ferait rien pour le prématurer, 

I puisqu'il y allait de sa tête, mais si on poussait les choses à mort, qu'elle la risque- 

! rait volontiers, puisqu'elle n'avait plus que cela à perdre. 

I Die Königin hat dem Gesandten weiter mitgetheilt, dass einer ihrer ergebensten 

Anhänger, der Baron Wrangel, das Land verlassen hat und wahrscheinlich nach Berlin 
kommen wird. „Qu'elle priait Votre Majesté de le prendre sous Sa protection et que, 
comme il était le mieux informé de tout ce qui s'était fait ici, il serait en état de 

I Vergl. Bd. XI, 57— 59. 67. 68. 89. 90. 



— 246 — 

faire mettre Votre Majesté au fait de tout ce qu'Elle désirerait de savoir . . . Outre 
celui - ci , elle Lui recommande encore deux jeunes gentilshommes de belle figure, i 
qui avaient été dans les trabants et qui avaient pris le parti d'abandonner leur 
patrie." 

Potsdam, 6 avril 1756. 

J'ai reçu la dépêche que vous m'avez faite du 23 de mars, et vous 
renvoie, touchant la lettre que le baron de Hœpken a écrite selon le 
modèle convenu ^ au marquis d'Havrincour, aux instructions que mes 
ministres du département des affaires vous feront par rapport à vos 
audiences à prendre présentement. ^ 

Quant au rapport que vous m'avez fait du dernier entretien que 
ma sœur, la Reine, a eu avec vous, je vous dirai que je suis extrême- 
ment fâché de la situation violente où elle se trouve, et de la résolution 
qu'elle vous a fait paraître de pousser les choses à la dernière extré- 
mité; c'est pourquoi vous tâcherez de lui parler au plus tôt mieux, 
pour lui dire de ma part qu'il m'était impossible d'approuver les voies 
violentes dont elle s'était servie jusqu'ici et songeait de vouloir encore 
s'en servir; que je la conjurais de se prêter sagement aux conjonctures et 
d'agir avec modération, conformément à ce que je lui avais écrit dans 
ma dernière lettre que je vous ai adressée,* et que, pourvu que j'ap- 
prendrais qu'elle voudrait agir avec modération, je m'employerais à 
moyenner une médiation entre la cour et le Sénat, mais que j'étais 
aussi obligé de lui dire qu'au cas qu'elle ne voudrait point entendre 
parler d'une réconciliation, mais plutôt continuer dans des mesures vio- 
lentes, je ne serais alors point à même de me mêler de ces affaires, 
mais de les abandonner simplement. Ce que vous lui direz tout mo- 
destement, mais de manière à lui faire bien entendre mes intentions à 
cet égard. Vous lui direz , d'ailleurs , que , quant au sieur Wrangel et 
aux deux autres gentilshommes suédois qu'elle avait recommandés à 
mes soins, je voudrais leur accorder un asile dans mes États, mais qu'il 
ne me conviendrait pas de leur donner une protection ouverte. 

Au surplus, dès que vous aurez eu vos audiences publiques, vous 
devez dire de ma part au baron de Hœpken que je voudrais bien 
mettre dans un parfait oubli tout ce qui s'était passé à l'égard de la 
grossièreté dont on avait usé envers moi, ^ mais que je le priais fort de 
ne pas pousser trop loin les affaires contre ma sœur, la Reine, pour ne 
pas m'obliger contre mon gré d'y prendre plus de part que je n'avais 
fait jusqu'ici. 1 

Vous parlerez d'ailleurs à M. d'Havrincour pour lui dire que je' 

I Hermelin und Hegge. — 2 Vergl. S. 80. 81. — 3 Ministerialerlass, d. d. Berlin 
6. April (abgegangen am 10. April; vergl. S. 249): ,,Dès qu'on vous aura accordé 
les audiences, vous ne manquerez pas de les prendre en conséquence de la nouvelle 
étiquette établie à la cour de Suède, ponctuellement sur le même pied et de la même 
manière que le baron d' Asseburg , ministre de Danemark , les a eues à son arrivée à 
Stockholm." Vergl. Bd. XI, 71. — 4 Vergl. Nr. 7390 S. 231. — 5 Vergl. Bd. XI, 
176—178, 196. 



I 



247 

voudrais bien employer ma médiation pour aplanir au gré de sa cour 
les différends élevés entre la cour de Suède et le Sénat, à quoi vous 
ajouterez une menace sourde et en termes bien mesurés et modérés, 
afin de lui faire entrevoir seulement que, pourvu que le Sénat pousserait 
trop loin ses mesures contre la cour, il se trouverait des moyens pour 
le faire raviser auxquels le Sénat ne pensait pas peut-être présentement. 

Nach dem Concept. F 6 d C r i C 



7406. AUX MINISTRES D'ÉTAT COMTES DE PODEWILS ET 
DE FINCKENSTEIN A BERLIN. 

Potsdam, 6 avril 1756. 
Le comte de Solms à Stockholm m'ayant envoyé l'ordinaire dernier, 
avec son rapport du 23 de mars,* la copie de la lettre que le baron 
de Hœpken a écrite selon le modèle convenu" à l'ambassadeur de 
France, le marquis d'Havrincour, certifiée pour son authenticité de cet 
ambassadeur, je vous l'envoie à la suite de celle-ci, ma volonté étant 
que vous devez faire imprimer cette lettre dans les gazettes publiques ; 
après quoi le susdit comte de Solms pourra prendre ses audiences 
publiques à la cour de Suède. Vous vous conformerez à mes inten- 
tions sur ceci. Sur quoi, je prie Dieu etc. _ , 

Federic. 

Stockholm, 23 mars 1756. 
Monsieur, Votre Excellence m'ayant informé que M. le comte de Solms lui 
avait dit par ordre de sa cour que Sa Majesté Prussienne serait dans la disposition 
de lever toutes les difficultés par rapport au cérémonial établi par le Roi mon maître, 
mais que, pour écarter préalablement tout sujet de mécontentement, Elle désirerait un 
adoucissement au sujet des termes dont la déclaration faite de la part de la Suède 
dans l'affaire du sieur Rexin3 aurait été conçue, le Roi, sur le rapport que j'ai eu 
l'honneur de lui en faire , m'a ordonné de mander à Votre Excellence que les cir- 
constances qui accompagnaient l'expédition de M. Rexin pour Constantinople , lui 
avaient paru marquer peu de confiance pour Sa Majesté ; que l'amitié qui est entre 
Elles à tant de titres, n'ayant pu qu'en être extrêmement peinée, le Roi n'avait pas 
cru pouvoir se dispenser d'en faire l'objet des représentations qu'il avait fait faire au 
roi de Prusse ; que, s'il y était entré de la vivacité, elle devait être regardée comme 
la mesure de celle qu'il mettait dans son amitié pour Sa Majesté Prussienne et dans 
la délicatesse avec laquelle il est jaloux de sa confiance , dont il fait le plus grand 
cas; mais qu'il n'a jamais eu l'intention de mettre rien dans ces représentations qui 
fût peu amiable, et qu'il désire très sincèrement que Sa Majesté Prussienne en soit 
persuadée. Qu'enfin il espère que, loin que l'amitié qui est établie entre eux sur les 
liens du sang, de l'inclination et de l'intérêt, en reçoive aucun refroidissement, elle 
n'acquerra que plus de force par cette explication amiable, que Sa Majesté est résolue 
d'y concourir de tout son pouvoir et qu'Elle ne doute pas que Sa Majesté Prussienne 
ne soit dans les mêmes dispositions. J'ai l'honneur d'être avec la plus parfaite con- 
sidération, Monsieur, de Votre Excellence le très humble et très obéissant serviteur 

Hœpken. 

1 Vergl. Nr. 7405. — 2 Vergl. S. 80. 81. — 3 Vergl. Bd. XI, 176—178. 



— 248 — 

Je certifie que la présente copie de la lettre de Son Excellence M. le baron 
d'Hœpken est entièrement conforme à l'original que j'ai en mains. 

D' Havrincour. 

Nach der Ausfertigung. Die Beilage nach der von Havrincour übersandten Copie mit eigen- 
händiger Beglaubigung Havrincour's. 



7407. 



AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 

Potsdam, 7. April 1756. 
Die Einlage^ von dem Herrn Asseburg, vormaligen kölnischen 
Minister, habe ich auf Sr. Königl. Majestät specialen Befehl an Ew. 
Excellenz übersenden und dabei melden sollen, dass, da dessen Gesuch'^ 
vor der Hand und bei jetzigen Umständen nicht wohl angehe, dem- 
selben deshalb aus dem Departement zwar poliment geantwortet, jedoch 
auch ihm die Gemöglichkeit dessen einigermaassen begreifend und zu- 
gleich bekannt gemachet werden solle, was etwa zeither der von Ammon 
zu Köln, ohne selbigen zu nennen, wegen der grossen AUenation, worin 
der Churfürst vorjetzo noch gegen den von Asseburg stehe, ^ gemeldet 

und angeführet hat. '^ t- • i. 1 

^ Eichel. 

Nach der Ausfertigung. 



7408. AN DAS DEPARTEMENT 

Jr odewils und Finckenstein berich- 
ten, Berlin 7. April, dass sie dem Befehl 
des Königs gemäss, s das Schreiben Höp- 
ken's an Havrincour in die Zeitungen 
einrücken werden. „Mais nous osons 
prendre la liberté de soumettre avec le 
plus profond respect aux hautes lumières 
et au jugement supérieur de Votre Ma- 
jesté si la France ne se trouvera peut- 
être pas fort offensée par une pareille dé- 
marche, d'autant que c'est par sa média- 
tion que ce différend a été terminé , et 
que ladite lettre a d'ailleurs été écrite à 
son ambassadeur, sans compter que cette 
publication pourrait faire du tort à une 
certaine mission secrète connue à Votre 
Majesté." 6 



DER AUSWÄRTIGEN ÄFF AIREN 

Potsdam, 8. April 1756 
Ks kann also nur ein beso: 
derer Articul deshalb extractsweis 
und in vagen Terminis in denen 
Zeitungen gesetzet werden, des 
ohngefährhchen Einhalts , dass, 
nachdem der von Höpken an den 
französischen Ambassadeur über 
dasjenige, so vorhin in einer be- 
kannten Sache ohnangenehmes vor- 
gefallen, geschrieben und sich wegen 
eines geschehenen Verstosses der- 
gestalt expliciret habe, dass des 
Königs Majestät davon zufrieden 
gewesen, mithin die Sache damit 
völlig geschlichtet worden sei, so 



'4 

s^ 



■ I D. d. Paderborn 29. März. — 2 Gesuch des Freiherrn von der Asseburg, 
der König von Preussen möge durch seinen Gesandten in Köln oder durch den fran- 
zösischen Hof Vorstellungen bei dem Churfürsten von Köln für die Zurückberufung 
des Bittstellers eintreten lassen. — 3 Vergl. Bd. XI, 188. 189. — + Vergl. das im 
Ministerium entworfene Handschreiben Nr. 741 1. — 5 Vergl. Nr. 7406 S. 247. — 
6 Die Mission des Marquis Varenne nach Constantinopel. Vergl. S. 174. 



249 

würde auch der Graf von Solms nunmehro die gewöhnliche Audiences 
nehmen pp.' 

Mündliche Resolution. Nach Aufzeichnung des Cabinetssecretärs. 



7409. AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 

Potsdam, 8. April 1756, 

Den von Ew. Excellenz mir mit Dero gnädigem Schreiben adres- 
sirten Bericht an des Königs Majestät, das Schreiben des Baron von 
Höpken betreffend, habe sofort gehörig zu besorgen nicht ermangelt, 
und hat sothaner Bericht den guten Effect gehabt, dass die vorhin des- 
halb genommene Resolution geändert und dergestalt temperiret worden, 
dass Ew. Excellenz vermuthlich davon zufrieden sein dörften, wie Die- 
selbe das mehrere deshalb aus der Einlage ^ zu ersehen geruhen werden. 
Es wird also lediglich von Ew. Excellenz Gutfinden dependiren, wie 
der denen Zeitungen deshalb zu inserirende Articul einzurichten, dass 
solcher nicht eben anstössig, noch jemandem präjudicirhch sein könne. 
Wobei ich der ganz ohnvorgreif Hohen Meinung bin, dass das Rescript 
an den Herrn Grafen von Solms wegen Nehmung seiner Audienz wohl 
gar füglich werde abgehen können, ^ bevor gedachter Articul in denen 
Zeitungen erscheinet, nachdem des Königs Majestät darunter von Dero 
ersterem Sentiment geändert haben. Ich vor mein geringes ParticuUer 
bin erfreuet, dass diese so ohnangenehm gewesene Sache auf solche 
Art ihre Endschaft erreichet hat, und wünschete wohl sehnlichst, dass 
es mit denen übrigen, sehr weit sonst aussehenden schwedischen Sachen 
zwischen dem dortigen Hof und Senat gleichfalls so weit gekommen 
sein möchte, und deshalb ein glückliches Temperament ausgefunden 
werden könnte. 

So viel kann ich inzwischen Ew. Excellenz im höchsten Ver- 
trauen eröffnen und versichern, dass des Königs Majestät nicht ab- 
lassen, der Königin von Schweden Majestät beständighin auf die sin- 
cereste Weise die Moderation und eine Reconciliation mit dem Senat 
zu recommandiren , ■♦ obschon auf der anderen Seite höchstgedachte Se. 
Königl. Majestät sehr ohngern sehen , dass der Senat bei jetzigem 
Reichstage die Sachen auch seines Ortes zu weit poussiret und die 
einmal bestätigte Forme de gouvernement zu alteriren intendiret. Es 
haben auch des Königs Majestät den Herrn von Knyphausen instruiren 
lassen, deshalb einige Insinuationes , wiewohl vorerst nur in ganz gene- 

I Demgemäss Ministerialerlass an Hellen, d. d. Berlin 13. April, mit der 
Weisung, einen entsprechenden Artikel in die französischen Zeitungen in Holland 
einrücken zu lassen. — 2 Nr. 7408. — 3 Der Ministerialerlass an Solms vom 6. April 
(vergl. S. 246 Anm. 3) kann erst mit dem Immediaterlass vom 10. April abgegangen 
sein, da beide zugleich in dem Bericht von Solms vom 23. als empfangen bescheinigt 
werden, während den Eingang des Immediaterlasses vom 6. April (Nr. 7405) bereits 
der Bericht vom 20. April bestätigt. — + Vergl. S. 231. 255. 



^ 250 

ralen Terminis, bei dem französischen Ministerio zu thun, darüber denn 

die Antwort zu erwarten stehet.' t-- , , 

Eichel. 

Nach der Ausfertigung. 



7410. AN DIE ETATSMINISTER GRAF PODEWILS UND GRAF 
FINCKENSTEIN IN BERLIN. 

Potsdam, 8. April 1756. 
Meine liebe Geheime Etatsminister Graf von Podewils und Graf 
von Finckenstein. Es ist von verschiedenen Kaufleuten aus London 
ihren sowohl hiesigen als ausländischen Correspondenten geschrieben 
worden, wie man in Engelland unter dem 16. letztern Monats bei dem 
Parlamente beschlossen habe, alle fremde Flächsengarne zollfrei ein- 
passiren zu lassen, um solchergestalt, und da auf das Einbringen derer 
Leinewandte ein grosser Impost geleget worden, die dortige Leinewandt- 
fabriken emporzubringen und zu poussiren; selbst englische Kaufleute 
melden dabei, wie ihres Dafürhaltens diese Verfügung denen schlesi- 
schen Leinewandtfabriken und dem Handel mit solchen sehr nach- 
theilig sein und es damit binnen kurzem in Engelland vorbei sein 
werde. Wann nun , wie Ihr . leicht ermessen werdet , diese Sache Mir 
von der grössten Wichtigkeit und Mir dahero die wahre Beschaffenheit 
davon zu wissen höchst nöthig ist, um solche Maassreguln zu ergreifen, 
wodurch aller Nachtheil für das schlesische Leinen-Negoce verhütet und 
abgewendet werden könne , so befehle Ich hierdurch , dass Ihr dem 
Chargé d'affaires zu London, dem Michell, noch mit der zunächst 
dahin abgehenden Post umständlich rescribiren und ihm aufgeben sollet, 
dass er dortigen Ortes nach dem zuerst gemeldeten Umstände sich 
ganz genau erkundigen und mit dem fordersamsten auch je eher je 
lieber pflichtmässig melden solle, ob die von dort überschriebene Nach- 
richt gegründet und ob allenfalls die zollfreie Einpassirung auf alle 
Garne indistincte oder aber nur auf gewisse und auf welche eigentlich 
restringiret und festgesetzet, desgleichen wie hoch dorten die auswärtige 
Leinewandt zuletzt impostiret worden, auch welche Garne die Engel- 
länder vornehmlich zu ihren Fabriken gebrauchen, auch endlich, ob sie 
allenfalls , wann die schlesischen Garne ihnen nicht weiter zugelassen 
würden, sich mit anderen, als sächsischen, braunschweigischen , west- 
phäUschen , würden behelfen können. Ueber welches alles Ihr gedach- 
ten Michell vermittelst eines chififrirten Rescripts zu instruiren und 
dessen Antwort darauf zu pressiren habt. ^ Ich bin Euer wohlafifectio- 

nirter König . 

Friderich. 

Nach der Ausfertigung. 



I Vergl. Nr. 7400 S. 241. — 2 Demgemäss Ministerialerlass an Michell, d. d. 
Berlin 10. April. 



251 

741 1. AU BARON D'ASSEBURG, GRAND -MAÎTRE DE L'ÉLEC- 
TEUR DE COLOGNE, A PADERBORN. 

Potsdam, lo avril 1756. 
Monsieur le Grand -Maître Baron d' Asseburg. Je viens de rece- 
voir la lettre que vous m'avez écrite en date du 29 de mars passé. 
Vous m'avez donné ci -devant en tant d'occasions à ma grande satis- 
faction des preuves si convaincantes de vos bonnes intentions pour 
moi et du soin que vous avez toujours pris pour l'entretien d'une 
étroite harmonie entre moi et l'Électeur votre maître, ^ que je me ferais 
un véritable plaisir de contribuer de mon mieux à vous remettre bien 
dans l'esprit de ce Prince,^ s'il y avait moyen de se persuader que de 
tout ce qu'on pourrait faire à cet égard, sortirait le moindre effet dé- 
siré. Vous en sentirez vous-même l'impossibilité, lorsque vous réfléchirez 
sur ce qu'on est parvenu, ainsi que j'en ai eu des nouvelles de très 
bonne part, à surprendre tellement la religion de l'Électeur contre vous 
et à lui inspirer sur votre sujet des sentiments si défavorables, que ce 
serait sûrement se donner des peines tout-à-fait perdues que de vouloir 
tâcher de les effacer dans l'esprit de ce Prince dans le moment présent, 
et avant qu'il ne soit revenu de lui-même en quelque façon des pré- 
ventions qu'on a su trouver moyen de lui inspirer contre vous. On 
risquerait plutôt de rendre votre situation de beaucoup plus désagréable, 
si on allait s'intéresser actuellement en votre faveur. Je sais même de 
très bonne main que les mouvements que la France s'est donnés pour 
vous faire rentrer dans les bonnes grâces de l'Électeur votre maître, ^ 
bien loin de vous avoir été utiles, n'ont servi qu'à aigrir et à animer 
ce Prince encore davantage contre vous. Il ne vous reste donc que 
d'attendre des événements plus favorables et plus propres pour adoucir 
votre sort. Ce sera alors que je m'y emploierai du meilleur de mon 
cœur, en conséquence des sentiments d'estime et d'affection que j'ai 

constamment pour vous. ^ , 

Federic. 

Nach dem Concept. 

7412. AN DEN LANDGRAFEN VON HESSEN -CASSEE 
IN CASSEE. 

Potsdam, 10. April 1756. 
Durchlauchtigster Fürst, freundlich geliebter Vetter. Ew. Durch- 
laucht an Mich unter dem 6. dieses Monates erlassenes, freundvetter- 
liches Schreiben, so Mir gestern richtig zugekommen, hat Mir ein ohn- 
endliches Vergnügen gemachet, als Ich daraus ersehen, wie Mein 
Genehmhalten zu dem vorhabenden Séjour zu Beriin Dero Erbprinzen 
Liebden"* Deroselben zu einer besonderen Consolation und Zufrieden- 

1 Vergl. Bd. XI, 296. — 2 Vergl. Bd. XI, 188. 189. — 3 Vergl. Bd. XI, 
189. — 4 Die Einwilligung des Königs war dem Landgrafen mündlich durch die 
Prinzessin Heinrich übermittelt worden. Vergl. S, 212 Anm. I. 



252 

heit dienen wollen.^ Ew. Durchlaucht kennen Meine gegen Dieselbe 
hegende beständige ohnverbrüchliche Hochachtung und Freundschaft, 
in Absicht derer Ich Mich dann ganz gerne von Dero Herr Sohn 
Liebden bei erwähntem Séjour chargiren und Deroselben solches nach 
Möghchkeit angenehm und nützlich zu machen suchen werde, ob Ich 
schon aus Ew. Durchlaucht bereits bekannten Ursachen nicht in Ab- 
rede sein kann, wie Ich solches lediglich aus personnellem Égard vor 
Ew. Durchlaucht und um Deroselben sonst weiter besorgUchen Chagrin 
zu verhüten, übernehme und ausserdem Mich dazu nicht engagiret 
haben würde. Inzwischen Ich gegen Ew. Durchlaucht alle Meine Dank- 
nehmigkeit wegen Dero darunter gegen Mich gesetzten besonderen Ver- 
trauens zu bezeigen nicht ermangeln und zugleich die Versicherung von 
Meiner beständigsten Freundschaft wiederholen wollen, mit welcher Ich 
jedesmal bin Ew. Durchlaucht freundwiUiger Vetter 

Nach dem Concept. F r i d e r i C h. 

7413. AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 

Potsdam, 10. April 1756. 
Mein lieber Geheimer Etatsminister Graf von Podewils. Ich mache 
Euch hierdurch bekannt, wie dass, nachdem des regierenden Landgrafen 
yon Hessen-Cassel Durchlaucht bei Mir sondiren lassen , "^ ob Ich Dero 
Erbprinzen nach dessen selbsteigenem Wunsch und Begehren gestatten 
wolle , dass derselbe sich eine Zeit lang zu Berlin aufhalten möge , Ich 
darunter dem Verlangen des Landgrafen Durchlaucht aus besonderem 
Égard vor Dieselbe ganz gerne deferiren wollen. Da nun gedachter 
Erbprinz, wie Ihr aus der abschriftlichen Anlage ^ ersehen werdet, 
welche Ich Euch jedoch nur zu Eurer alleinigen Direction communi- 
cire, entschlossen sein soll, seine Abreise nach Berlin fordersamst anzu- 
treten, des Herrn Vaters Durchlaucht auch solches bekannter Ursachen 
halber ganz gerne sehen werden, so finde Ich nöthig. Euch davon zu 
avertiren, damit, falls etwa ermeldeter Erbprinz nächstens zu Berlin 
eintreffe, Ihr davon nicht surpreniret werden und wissen möget, wie 
Meine Intention ist, dass mit demselben, im Fall er auf den Discours 
seiner Religionsveränderung halber kommen möchte, gesprochen werden 
solle. Weshalb Ihr Euch dann auch mit den Etatsministern Graf von 
Finckenstein , von Borcke und anderen, auch dem Generalfeldmarschall 
von Kalckstein und sonsten von der berlinschen Generalität gleichsam 
das Wort geben müsset , um allerseits aus gleichem Ton deshalb zu 
sprechen, dass nämlich, wann gedachter Erbprinz auf erwähnte Sache 
zu sprechen kommet, alsdenn man ihm zuforderst modestement darüber 
nichts antworten noch sagen solle ; daferne er aber darauf weiter pres- 

.1 Ueber den Inhalt des Schreibens des Landgrafen vergl. auch Nr. 7413. — 
a Vergl. S. 212 Anm. 1. — 3 Abschrift des Schreibens des Landgrafen an den König, 
d. d. Cassel 6. ApriL Vergl. Nr. 7412. 



1 



253 

îiret, alsdenn ihm in den ohngefährlichen Terminis auf eine ganz ge- 
ziemende Art geantwortet werden kann, wie man urtheilen müsse, dass 
er bei der getroffenen Veränderung die Umstände vielleicht nicht gnug- 
sam dermalen in Erwägung genommen, noch die wahre Beschaffenheit 
derjenigen Religion , zu welcher er getreten , und dabei vorwaltenden 
Missbräuche und Inconvenienzien , auch daher erfolgen könnenden 
Suiten eingesehen haben müsse, da nach denen Principiis solcher Reli- 
gion, die nicht gerne jemand neben sich dulde, Persécution und Unter- 
drückung anderer eine gemeine Folge sei, welches dann nothwendig 
seinen künftigen Unterthanen einige Furcht und Beisorge erregen müsste. 
Wobei es dann auch verbleiben und ein weiteres Detail vermieden, im 
übrigen aber man sich ganz modester Ausdrücke darunter bedienen, 
auch nicht das Wort Hass, sondern nur Furcht seiner Unterthanen ge- 
brauchen muss, um ihn darunter nicht zu irritiren, sondern vielmehr 
zu adouciren; vor das übrige aber soll dem Prinzen alle Politesse und 
Höflichkeit währenden seines dortigen Séjours erwiesen werden. Wel- 
ches alles Ihr, wo es nöthig sein dörfte, bestens mit guter Art zu be- 
sorgen habet. 

Uebrigens remittire Ich an Euch, was Mir des Landgrafen Durch- 
laucht von dem jetzigen Aufenthalt des österreichischen General von 
Pretlack zu Cassel confidemment geschrieben hat,^ worauf Ihr dann 
eine sehr verbindliche Antwort veranlassen sollet. ^ In bin Euer wohl 

affectionirter König ^ . , . , 

Friderich. 

Nach der Ausfertigung. 



7414. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION COMTE DE 
SOLMS A STOCKHOLM. 

oolms berichtet, Stockholm 26. März, 



dass die Königin von Schweden auf An- 
regung des Regierungsrathes von Schwerin 
durch denselben an den bei der diessei- 
tigen Gesandtschaft fungirenden und seit 
langen Jahren mit den schwedischen Ver- 
hältnissen vertrauten Legationssecretär 
Diestel3 die Aufforderung gerichtet hat, 
in einer Denkschrift über den politischen 
Zustand Schwedens bei dem Könige einen 
neuen Versuch zur Gewinnung Frank- 



Potsdam, 10. April 1756. 

Votre dépêche du 26 du mois 
dernier de mars m'est heureuse- 
ment parvenue, sur laquelle il faut 
bien que je vous fasse observer 
que le procédé du sieur Diestel a 
été impertinent et grossier, quand 
il a osé faire des difficultés, lorsque 
la Reine lui a fait dire qu'elle de- 



I Schreiben des Landgrafen an den König, d. d. Cassel 5. April, über die erste 
Audienz Pretlack's, in welcher dieser sein Creditiv und ein „Nebenschreiben" des 
Kaisers (d. d. Wien 20. Februar) an den Landgrafen übergeben und in allgemeinen 
Ausdrücken die Theilnahme des Kaisers für die Misshelligkeiten in der landgräflichen 
Familie versichert hat. Der Landgraf hat dem Kaiser unter dem 2. April geantwortet. 
Der Landgraf setzt den König weiter von einem Gerücht in Kenntniss, dem zufolge 
Pretlack ein österreichisches Generalspatent für den Erbprinzen mitgebracht haben so 11. — 
2 Demgemäss deutsches Kanzleischreiben, d. d. Berlin 13. April. — 3 Vergl. Bd. III, 
386; VI, 587; VII, 417. 



254 



reichs für die Hofpartei zu befürworten. 
Diestel hat in einer ausweichenden Ant- 
wort auf die Aussichtslosigkeit eines sol- 
chen Versuches hingewiesen. ,, Quoique 
le baron Schwerin n'a pas eu occasion 
encore de parler à la Reine en particulier 
pour lui dire cette réponse, Sa Majesté 
lui a donné à connaître par le comte 
Düben qu'il devait avertir le sieur Diestel 
qu'elle voulait lui parler et qu'elle lui ferait 
dire l'heure à laquelle elle voudrait le 
voir. Le sieur Diestel a cru devoir répondre 
qu'il se sentait extrêmement honoré de la 
grâce que la Reine voulait lui faire, mais 
qu'il suppliait Sa Majesté de permettre 
qu'il m'en avertît ; que son entretien avec 
la Reine ne pouvait pas rester caché et 
qu'il croyait qu'il était contre le bien 
du service de Votre Majesté que j'eusse 
lieu de le soupçonner qu'il voulait s'attirer 
la confiance de la Reine à mon pré- 
judice." 



mandait à lui parler; que je dés- 
approuve souverainement la con- 
duite qu'il a tenue là- dessus, et 
que c'est absolument de son de- 
voir d'aller auprès de la Reine, 
dès qu'elle le fera demander, sans 
raisonner. Ce que même vous ob- 
serverez également, quand le cas 
en arrivera. 

Au surplus , dès que vous 
aurez eu vos audiences , vous ob- 
serverez ce que je vous ai déjà 
ordonné par ma dernière dépêche ^ 
touchant la façon présente de pro- 
céder du Sénat contre le Roi, et 
parlerez aux chefs du Sénat d'un 
ton à leur faire comprendre que, 
s'il poussait trop loin là-dessus et 
jusqu'à vouloir changer à la forme 
présente du gouvernement, il sau- 
rait bien arriver que d'autres alors s'en mêlassent et que le Sénat pourrait 
s'en repentir. 

Du reste, j'approuve fort la réponse que le baron de Schwerin a 
donnée aux ouvertures que la Reine lui a faites, en conséquence du 
compte que vous m'en avez rendu. ^ 

Quant à la lettre ci - jointe, ^ vous aurez soin de la faire parvenir 
sûrement aux mains de la Reine, de manière qu'il n'en soit rien 

remarqué. ,, , 

!• ederic. 

Nach dem Concept. 



7415. A LA REINE DE SUÈDE A STOCKHOLM. 

Undatirtes Schreiben der Königin von Schweden: 4 ,,Pour peu qu'on examine 
l'état des affaires en Suède , il est évident que l'intention qu'on a attribuée au Roi, 
de viser au pouvoir absolu , est une supposition chimérique. Dès son avènement au 
trône, les Etats avaient pourvu à leur sûreté à cet égard en liant les mains au Roi 
par une capitulation beaucoup plus rigide que celle de son prédécesseur. Le Sénat 
de Suède, non content du pouvoir qui lui revient par un pareil arrangement, résolut 
encore d'augmenter sa puissance en empiétant sur les droits de la royauté. Pour 
autoriser de pareilles illégalités , il publia avant la Diète de nouvelles explications 
des lois fondamentales et droits réservés aux Etats seuls assemblés en corps. Il tâcha 
dans des écrits imprimés de noircir le Roi par les imputations les plus atroces et à 

I Nr. 7405 S. 246. — 2 Solms Bericht spricht lediglich von der durch Diestel 
dem Freiherrn von Schwerin ertheilten Antwort; der missverständlich dem letzteren 
gezollte Beifall des Königs bezieht sich auf die von Diestel hervorgehobene Aussichts- 
losigkeit eines erneuten Vermittelungsversuches in Versailles. — 3 Nr. 7415. — ■♦ Am 
26. März durch den Grafen Solms übersandt. 



255 

lui aliéner la nation , sans permettre de défendre sa cause et de prouver la mauvaise 
foi de ceux qui l'attaquaient. La déclaration du Roi donnée aux Etats à l'ouverture 
de la Diète met dans le jour le plus évident les sujets de plainte qu'il avait contre 
le Sénat. Par une partialité des plus inouïes, ces griefs furent examinés par une dé- 
putation composée des seuls parents et créatures du Sénat, qui ne pouvaient manquer 
de prononcer en faveur d'un corps dont ils dépendaient absolument. Leur décision, 
soutenue par une pluralité gagnée à force d'argent, n'a été suivie que de violences, 
d'emprisonnements et de proscriptions. Le Roi lui-même, à qui on refuse les plus 
simples égards, n'est plus à l'abri des lois; on lui a ôté la disposition de ses en- 
fants,! on se prépare encore à lui enlever la plupart de ses prérogatives. La nation 
gémit de ces excès et sent le poids du joug qui lui devient de jour en jour plus 
insupportable. Tout lui annonce un changement total dans la forme du gouverne- 
ment, qui, loin de tourner en despotisme, sera bientôt réduit à une aristocratie par- 
faite. Voilà la triste situation où le Roi se trouve; situation prévue il y a long- 
temps , mais que , par un enchaînement des plus malheureuses circonstances , il a été 
impossible de prévenir. Il ne me reste plus que la seule ressource de terminer au 
plus tôt la Diète; mais ce moyen ne saurait s'exécuter que par une grosse somme 
d'argent, et dont je me trouve entièrement dépourvue Si la Diète continue plus 
longtemps, je prévois des malheurs inévitables et d'autant plus tristes que tout mon 
bien-être ne roule que sur 100,000 écus , que je ne puis trouver nulle part , malgré 
toutes les tentatives que j'ai faites de plusieurs côtés." 

[Potsdam, 10 avril 1756. ja 

Vous savez que j'ai fait tout ce que j'ai pu pour vous dissuader 
des partis violents que vous avez voulu prendre à cette Diète, ^ vous 
savez que je vous ai prédit que les affaires ne tourneraient pas à votre 
avantage : je suis bien fâché que, malgré toutes les représentations que 
j'ai pu vous faire, vous les ayez poussés à l'extrémité. Il me semble, 
pour vous parler franchement, que vous envisagez les objets avec trop 
de vivacité; pour moi, ils me paraissent autrement. Vous avez voulu 
lutter contre un parti affermi, sans en avoir d'assez fort à lui opposer. 
Le Sénat est venu facilement à bout de culbuter cette faction, il abuse 
peut-être de son pouvoir; mais pourquoi vous y êtes- vous exposée, 
quand vos amis sincères vous avertissaient des suites qu'auraient vos 
entreprises? Mais enfin la chose est faite, n'en parlons plus! Pensons 
à l'avenir. Si le Sénat pousse ses prétentions trop loin, il indisposera 
l'esprit de la nation contre lui et vous donnera gain de cause; s'il 
n'abuse pas de sa puissance , les choses resteront sur le pied où elles 
sont, et vous n'aurez point à vous plaindre. J'ai pris la liberté de 
vous écrire mes idées par une lettre qui vous sera déjà parvenue.'* 
La dispute avec Hœpken est terminée; Solms va prendre ses audien- 
ces, ^ et il a ordre de parler aux chefs du Sénat d'un ton à leur faire 
comprendre que, s'ils poussent trop loin leur pointe, ils pourraient 
s'en repentir. Je vous supplie donc de modérer votre vivacité et de 
ne rien faire qu'à tête reposée, ou je prévois que vous gâterez vos 

I Vergl. S. 211. — 3 Das Datum des Schreibens ergiebt die Antwort der 
Königin vom 23. April. Vergl, Nr. 7490. — 3 Vergl. S. 31. 231; Bd. XI, 486. — 
♦ Vergl. Nr. 7390, — 5 Vergl. S, 246. 



256 



affaires et perdrez vos intérêts à jamais, ce que je prie le Ciel d'em- 
pêcher. _ , 
^ Federic. 

Nach dem eigenhändigen Concept, mit der Weisung: ,,in Chiffre zu setzen." 



7416. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE 
KNYPHAUSEN A PARIS. 

Potsdam, 10 avril 1756. 
J'ai reçu votre rapport du 29 de mars, qui ne m'ayant rien fourni 
qui sût demander de nouvelles instructions pour vous, ne me laisse 
non plus l'occasion de vous marquer quelque nouvelle intéressante, vu 
que les affaires publiques sont toutes dans la même situation qu'elles 
ont été. Je vous recommande d'ailleurs de continuer à veiller de bien 
près sur la négociation entre les deux cours et de vous informer sur- 
tout de ce qui regarde le troc proposé par celle de Vienne d'une partie 
de la Flandre avec le Luxembourg contre les duchés de Parme et de 
Plaisance , ^ projet qui formerait sans doute une forte partie pour s'y 
opposer. Quant au reste , je vous renvoie sur mes dépêches anté- 
rieures; et, comme mes différends avec la Suède au sujet du baron de 
Hœpken sont terminés — sur quoi vous ne laisserez pas de faire un 
compliment très obligeant de ma part au sieur de Rouillé des soins 
qu'il a bien voulu y employer * — et que mon ministre, le comte de 
Solms, prendra ses audiences, vous ne manquerez pas de faire au susdit 
ministre ces insinuations que je vous ai ordonné de faire au sujet des 
affaires de la Suède, ^ et combien il importerait que la France s'inter- 
posât à ce que le Sénat ne poussât pas trop loin sa pointe, jusqu'à vou- 
loir réformer et changer la forme présente du gouvernement de Suède. 

Nach dem Concept. Fcderic. 



7417. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLING- 
GR^FFEN A VIENNE. 

Potsdam, 10 avril 1756. 
Votre rapport du 3 1 du mois dernier de mars m'a été bien rendu. 
Si l'avis qu'on vous a donné de la résolution prise par le conseil de 
guerre pour mettre en état complet les régiments de hussards, se con- 
firme exactement, je dois présumer que la cour où vous êtes appré- 
hende le mécontentement des cours de Londres, de Madrid et de Turin 
par rapport au troc qu'elle médite de faire de la Flandre et du Luxem- 
bourg contre les duchés de Parme et de Plaisance et qu'elle voudra se 
mettre sur un pied formidable, afin d'éviter par là une guerre qui la 
menacerait à ce sujet. Ce que vous tâcherez d'approfondir au mieux. 

I Vergl. S. 224. — 2 Vergl. S. 80; Bd. XI, 487. — 3 Vergl. Nr. 7400 S. 241. 



— 257 — - 

J'ai, au surplus, de la peine à croire qu'elle voudrait présentement déjà 
faire marcher des régiments de cavalerie de l'Hongrie. 

Quant au général Pretlack, nous savons qu'il est actuellement à 
Cassel par rapport aux affaires du changement de religion du Prince 
héréditaire. ^ 

Pour ce qui regarde la Russie, vous n'aurez, à ce que je crois, 
aucun lieu d'en être inquiet, au moins toutes les apparences sont encore 
que tout y restera tranquille. ^ 

N'oubliez pas de me mander des nouvelles de Turquie , s'il y en 

a qui sauraient mériter mon attention. ^ , 

Feder ic. 

Nach dem Concept. 



7418. AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 

Potsdam, 11 avril 1756. 

Da des Königs Majestät mit der heutigen Post zwei ziemlich ample 
Berichte von dem Chargé d'affaires zu London, dem Michell, erhalten 
haben, ^ nach welchen derselbe unter andern in einem Postscripto seines 
Berichtes vom 2. dieses gemeldet, was vor eine Ouverture ihm das 
englische Ministerium von einem Objet der Chipotages zwischen Frank- 
reich und dem wienerschen Hofe gemachet, so haben Se. Königl. 
Majestät mir befohlen , solches an Ew. Excellenz zu communiciren, 
auf den Fall, dass etwa an Deroselben kein Duplicat gekommen sei. 
Welches dann in nachfolgendem bestehet: 

,,Le Lord Holdernesse m'a dit qu'il était charmé de me voir, pour 
m'informer de la part de Sa Majesté Britannique qu'elle avait reçu des 
avis qu'elle croyait être certains , que la France avait formé le dessein 
de rendre infructueux les arrangements pris pour le maintien de l'église 
protestante dans la maison de Hesse - Cassel ; * qu'on ne savait pas 
jusqu'où la cour de Vienne entrait dans un semblable projet, qu'elle 
y était cependant concernée, mais que, selon les avis que l'on avait, le 
plan de la France était d'amasser un corps de troupes dans l'évêché 
de Paderborn, à la première nouvelle que l'on aurait que le présent 
landgrave tendait à sa fin, sous le prétexte de garantie du traité de 
Westphalie^ et des privilèges de l'Empire, afin d'avoir occasion par là 
d'allumer une guerre dans l'Allemagne. Le lord Holdernesse, en me 
priant de mander encore ce soir cet avis à Votre Majesté, m'a ajouté 
qu'il m'en donnerait un plus grand détail, en renvoyant le courrier qui 
m'avait apporté la réponse de la France^ p." 

Ich habe Sr. Königl. Majestät Intention darunter nachzuleben nicht 
ermangeln und vorstehendes zu Ew. Excellenz Direction zu melden 
nicht anstehen sollen; wobei ganz gehorsamst bitte, dasjenige, was 

I Vergl. S. 253. — 2 Vergl. S. 236. 237. — 3 Vergl. Nr. 7424 S. 261. — 
4 Vergl. Bd. X, 532; XI, 480. — 5 Vergl. Bd. XI, 172. — ^ Vergl. S. 205. 
Corresp. Friedr. II. XII. I7 



258 

Ew. Excellenz an des Königs Majestät darüber zu antworten etwa vor 
nöthig finden dörften, Höchstderoselben immédiate zu adressiren. 

Nach der Ausfertigung. Eichel. 



7419. AU PRINCE FERDINAND DE BRUNSWICK 
A QUEDLINBOURG. 

1 rinz Ferdinand von Braunschweig übersendet, Magdeburg 9. April, ein Schrei- 
ben des regierenden Herzogs von Braunschweig, d. d. Braunschweig 6. April. Der 
Herzog schreibt über die Aufnahme seiner auf Wunsch des Königs von Preussen 
dem hannoverischen Ministerium gemachten Eröffnungen : i ,,Le ministère d'Hanovre 
vient de marquer par la poste d'hier au nom du Roi leur maître la sensibilité et re- 
connaissance parfaite de Sa Majesté sur l'avis secret sur les négociations qui se tra- 
ment entre les cours de Vienne et de Versailles. Le président de la chambre de 
Münchhausen ajoute en son particulier: Nos avis nous confirment que le chipotage 
entre les cours de Vienne et de France continue toujours. Il faut espérer que, lors- 
qu'on s'apercevra que la cour de France ne voudra entrer dans les vues favorites et 
principales de la cour de Vienne, on reviendra à ses anciens principes." 

Potsdam, 12 avril 1756. 

Monsieur mon Cousin. Je vous sais parfaitement gré de l'atten- 
tion que vous avez bien voulu me marquer par la communication de 
la lettre que le Duc régnant votre frère vous a faite, et que je renvoie 
à la suite de celle-ci. Il convenait d'éveiller le ministère d'Hanovre 
sur les démarches présentes de la cour de Vienne, pour en être en 
garde et pour y veiller avec attention, et je vous prie de vouloir 
remercier le Duc de ma part sur les soins et les peines qu'il s'est 
donnés à cet égard, et de l'assurer de mon estime et mon amitié 
invariable. 

Au surplus, j'agrée avec plaisir la résolution que vous avez prise 

aux instances de ma sœur , la princesse AméUe , d'aller pour peu de 

jours assister à la cérémonie de son intronisation à Quedlinbourg. Je 

suis avec estime, Monsieur mon Cousin, de Votre Altesse le bon et très 

affectionné cousin 

Fe de ne. 

Nach dem Concept. 



7420. AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 



i odewils berichtet, Berlin 1 1 . April, 
dass er seine Haltung dem Erbprinzen 
von Cassel gegenüber nach den ihm zu- 
gegangenen Befehlen des Königs ab- 
messen werde. 2 ,, Cependant, je suppose 
que le Landgrave son père le fera ac- 
compagner d'un homme d'esprit, de con- 
fiance et d'une certaine autorité , pour 



Potsdam, 12. April 1756. 
Ist alles recht gut. Ich habe 
dem Landgrafen die Condition ge- 
machet, dass er dem Prinzer 
einen vernünftigen und zuverläs 
sigen Mann mitgebe, der auf ihr 
Acht hat, und auf den er sich ver 



I Vergl. S. 221. — 2 Vergl. Nr. 7413 S. 252. 



259 



veiller de près à sa conduite. Car , si 
ce bon vieux Prince , comme il paraît 
par sa lettre à Votre Majesté, i s'imagine 
que le Prince son fils sera mieux à l'abri 
de la séduction du parti catholique à 
Berlin qu'autre part , il pourra bien se 
tromper grandement, puisque je suis mo- 
ralement persuadé que peut-être il n'y 
sera nulle part si fort exposé qu'ici, tant 
de la part des ministres étrangers de la 
religion catholique que d'autres person- 
nes de cette communion, de toute condi- 
tion et de tout état, de l'un et de l'autre 
sexe; je crois même que, si malheureuse- 
ment l'idée lui devait revenir de se re- 
tirer à une cour catholique, il l'exécute- 
rait plus facilement d'ici que de Hers- 
feld, n'ayant pas beaucoup plus que trois 
lieues à faire, pour se trouver dans les 
États de la cour de Dresde , et Votre 
Majesté ne saurait ignorer les correspon- 
dances secrètes que celle-ci a entretenues 
avec lui, et qui ont occasionné l'envoi du 
sieur de Fontenay à Cassel."« 

Mündliche Resolution. Nach Aufzeichnung des Cabinetssecretärs. 



lassen kann. Man muss sehen, ob 
er zu rectificiren sein wird. 



AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 



7421 

1 odewils berichtet, Berlin 11. April, 
dass er durch den Grafen Solms ein 
Schreiben der Königin von Schweden für 
den Baron Wrangel 3 erhalten habe. 
,, Comme j'ignore tout-à-fait le séjour du 
baron Wrangel dans ce pays-ci , quoique 
le duc de Nivernois avant son départ, * 
aussi bien que le marquis de Valory 
m'aient fait entendre qu'on savait qu'il 
était dans ce pays -ci, j'attends avec un 
profond respect les ordres de Votre 
Majesté sur ce qu'on doit faire de cette 
lettre." 



Potsdam, 12. April 1756. 
Den Brief, welchen ihm Meine 
Schwester adressiret, kann er noch 
an sich behalten. Ich habe noch 
nichts von Wrangel gesehen, noch 
das geringste von ihm erfahren. 
Wann er anhero kommet, so wird 
doch wohl gleich das erste seind, 
dass er sich bei Mir meldet. 



Mündliche Resolution. Nach Aufzeichnung des Cabinetssecretän. 



7422. AN DAS DEPARTEMENT DER AUSWÄRTIGEN ÄFF AIREN 

1 odewils und Finckenstein berich- 
ten, Berlin 12. April, dass der Marquis 
Valory in einer Unterredung mit dem 
ersteren die Erneuerung der im nächsten 



Potsdam, 13. April 1756. 
Ist recht sehr gut; sie kön- 
nen aber noch dabei sagen, dass, 



1 Vergl. S. 251. — 2 Vergl. S. 



243. — 3 Vergl. S. 245. — 4 Vergl. S. 242, 

17» 



26o 



Jahre ablaufenden Allianz zwischen Preus- 
sen und Schweden i angeregt habe. Pode- 
wils hat geantwortet: ,,Que Votre Ma- 
jesté faisait à la vérité tout le cas ima- 
ginable de l'amitié de la Suède et qu'EUe 
était bien résolue de la cultiver soigneuse- 
ment par tout ce qui dépendrait d'Elle, 
mais qu'Elle ne voyait pas ce qui pour- 
rait L'engager à faire les premiers pas 
pour le renouvellement d'alliance susdit, 
qu'Elle estimait que Son amitié impor- 
tait à la Suède pour le moins autant et 
plus, qu'il paraissait qu'Elle ne pourrait 
jamais compter sur un secours efficace de 
la part de cette couronne, dans le cas où 
Elle Se trouverait assaillie de quelques- 
uns de Ses voisins, vu l'état de faiblesse 
et d'inanition où la Suède se trouvait ré- 
duite ; qu'ainsi cette alliance pourrait être 
fort onéreuse à Votre Majesté et L'em- 
barquer un jour dans les plus grands 
embarras; que d'ailleurs les motifs qui 
L'avaient engagée à la contracter, ces- 
saient actuellement, mais qu'au surplus je 
croyais que Votre Majesté ne serait peut- 
être pas éloignée de donner les mains à 
un traité d'alliance à conclure entre Elle 
et les deux couronnes du Nord ensemble 
et de concert." 

Mündliche Resolutionen. Nach Aufzeichnung des Cabinetssecretärs. 



wenn man sich in Schweden so 
gar übel gegen den König und 
gegen Meine Schwester aufführen 
werde, => Ich Mich sehr weit ent- 
fernen würde, mit ihnen in Alliance 
zu treten. 



7423. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE MALTZAHN 

A DRESDE. 

Potsdam, 13 avril 1756. 
Vos dépêches du 3 et du 5 de ce mois m'ont été bien ren- 
dues, et j'ai trouvé très intéressants tous les avis qu'elles compren- 
nent, surtout par rapport aux affaires de Russie. ^ J'avoue que je 
regarde en quelque façon comme une vraie perte le départ du 
sieur Funcke , '^ mais pour tirer de lui encore tout ce qui est pos- 
sible, je remets à votre considération s'il y a moyen qu'à son arrivée 
à Dresde vous lui détachiez par main tierce une personne de confiance 
et telle dont il ne saurait point se méfier, pour apprendre de lui tout 
encore ce qui nous reste de savoir par lui, tant à l'égard de la véri- 
table disposition où l'impératrice de Russie et ses ministres se trouvent 
envers l'Angleterre et envers la cour de Vienne dans la conjoncture 
présente, qu'au sujet d'un grand conseil que, suivant de bonnes lettres 

I Vergl. S. 161. — 2 Vergl. S. 245. — 3 Die Mittheilungen Maltzahn's aus 
einem Berichte Funcke's an Brühl vom 21. Februar sind im Wesentlichen in dem 
Erlass an Michell (Nr. 7424) wiedergegeben. — 4 Vergl. S. 150. 



I 



201 

de Pétersbourg, on y a encore assemblé extraordinairement le 23 et 
le 25 du mois passé de mars. 

En attendant, il faudra voir ce qu'on pourra apprendre par le 
secrétaire Prasse à Pétersbourg, et vous vous informerez encore de 
quelle manière le sieur Gross s'est expliqué envers la cour de Dresde, 
en lui communiquant le traité de subsides conclu entre l'Angleterre et 
la Russie. ' 

Quant à la confidence que vous avez faite au duc de Sainte- 
Elisabeth 2 en conséquence de mes ordres, je suis persuadé que sa cour 
ne manquera pas de mettre le roi de Sardaigne au fait des chipotages 
entre les cours de France et de Vienne touchant les affaires de l'Italie, 
en tout cas je veux bien vous permettre que vous en parliez au mi- 
nistre de Sardaigne, s'il y en a présentement à Dresde, ^ quoique tou- 
jours avec les mêmes précautions que je vous ai prescrites à l'égard 
du duc de Sainte - ÉUsabeth. 

Au reste, comme je trouve les conditions que le médailleur'^ a pré- 
tendu stipuler par le sieur Fiedeler, pour entrer en service ici, trop 
onéreuses et d'ailleurs point convenables à moi, vous le ferez remercier 
honnêtement de ses bonnes intentions et laisserez entièrement tomber 

cette affaire. _ , 

xTi.j^ ' Federic. 

Nach dem Concept. 



7424. AU SECRÉTAIRE MICHELL A LONDRES. 

Potsdam, 13 avril 1756. 

J'ai bien reçu les dépêches que vous m'avez faites du 30 de mars 
et du 2 de ce mois,^ dont j'ai été bien content par les différentes 
affaires très intéressantes que vous y avez comprises. Vous remercierez 
les ministres de l'attention qu'ils ont eue de m'informer du transport 
de 8,000 hommes des troupes hanovriennes que le roi de la Grande- 
Bretagne y fera venir aux instances de son Parlement pour la sûreté 
de l'Angleterre,^ et comme la résolution qu'il a prise à ce sujet, ne 
dépend que de son bon plaisir, vous insinuerez adroitement et par 
manière de compliment aux ministres que c'était un des avantages que 
le roi d'Angleterre retirait de sa convention de neutraHté faite avec 
moi, pour pouvoir dans le cas présent se servir de ces troupes, ce qui 
leur aurait sans cela causé de l'embarras, et que j'étais au reste bien 
aise que ladite convention leur ait facilité les moyens. 

Quant aux chipotages entre les cours de Vienne et de Versailles, 
il faut attendre de quelle façon la première s'expliquera sur la déclara- 
tion que l'Angleterre lui fera demander par le sieur Keith;^ mais pour 

I Vergl. s. 262. — 2 Vergl. S. 222. — 3 Sardinien war zur Zeit in Dresden 
unvertreten (Bericht Maltzahn's, Dresden 16. April). — * Vergl. S. 192. — 5 In der 
Vorlage verschrieben: „3 de ce mois". Ueber den Inhalt vergl. auch Nr. 7418. 
7425. 7426. 7431. — 6 Vergl. S. 242. — 7 Vergl. S. 229. 



202 

ce qui regarde la Russie, il faut bien que je vous dise que je doute 
encore que les ministres anglais en soient si assurés comme ils le 
croient, et que les intentions de la cour de Pétersbourg soient aussi 
pures que ces ministres se l'imaginent, vu que je veux vous confier de 
certaines anecdotes que j'ai apprises de très bon lieu , ' et dont il ne 
faut pas douter de l'authenticité, mais dont vous ne parlerez à per- 
sonne qui vive , hormis qu'au lord Holdernesse , après avoir tiré de lui 
une promesse d'honneur par rapport au secret qu'il m'en gardera. 
C'est en conséquence de cet avis que les opposants les plus principaux 
contre le traité de subsides avec l'Angleterre ont été le sénateur [Pierre 
Schuwalow] , » le favori Iwan Schuwalow, le grand -maréchal Bestushew, 
général Buturlin et le comte Tschemyschew, et que dans une conférence 
qu'il y avait eu le 8 février auprès de l'impératrice de Russie au sujet dudit 
traité, celle-ci lui avait entre autres choses relevé que l'Angleterre avait 
d'abord [après] le traité d'Aix-la-Chapelle renvoyé les troupes auxiliaires 
de Russie, sans se soucier de leur procurer des quartiers, que les Puis- 
sances maritimes lui avaient manqué l'engagement qu'un ministre de 
Russie serait admis au congrès d'Aix^ et que l'Angleterre n'avait pas 
songé jusqu'ici à lui témoigner par un compliment sa reconnaissance 
de ce que les troupes de Russie avaient été recrutées et augmentées 
uniquement à son égard, et que d'ailleurs elle se trouvait choquée de 
ce que l'Angleterre avait refusé de fournir aux subsistances du corps 
auxiliaire des troupes de Russie à lui envoyer au cas de guerre. Que, 
le Grand - Chancelier ayant levé ces objections, l'Impératrice avait à la 
fin ratifié le traité, mais que, la nouvelle de la convention faite entre 
l'Angleterre et moi lui étant arrivée, * elle avait marqué un vif repentir 
de cette ratification et témoigné combien elle souhaitait d'en rétracter 
la signature, et qu'étant apaisée là -dessus, elle avait néanmoins dé- 
claré qu'elle conserverait toujours ses bonnes intentions pour la cour 
de Vienne. 

Vous ajouterez à milord Holdernesse que tout ceci me faisait es- 
timer qu'il serait très nécessaire que le ministère anglais eût une atten- 
tion particulière sur la Russie , ^ afin de ramener l'Impératrice sur des 
sentiments plus favorables qu'elle n'était actuellement pour l'Angleterre, 
et que les aigreurs qu'elle avait conçues, fussent adoucies. 

Vous direz de plus à ce ministre que la confidence dont il m'avait 
fait informer de la part du Roi son maître touchant le dessein de la 
France de rendre infructueux les arrangements pris pour le maintien 
de la religion protestante dans la maison de Hesse - Cassel, ^ n'était pas 
destituée de vraisemblance, et qu'il était sûr qu'il se brassait quelque 
chose à ce sujet entre les cours de Vienne et de Versailles, mais que 

' Bericht Maltzahn's, Dresden 5. April, nach einem Berichte Funcke's an Brühl 
vom 21. Februar. Vergl. Nr. 7423. — 2 Ergänzt aus dem Berichte Maltzahn's. — 
3 Vergl. Bd. VI, 606. — 4 Vergl. S. 173. — 5 Vergl. S. 184. — 6 Vergl. Nr. 741I 



203 

j'avais bien de la peine encore de croire que ces cours fussent déjà 
entièrement d'accord entre elles des mesures qu'elles prendraient pour 
parvenir à ce dessein; que cependant l'affaire méritait une grande at- 
tention et que, si l'avis se confirmait à n'en pouvoir plus douter qu'on 
voudrait bouleverser après le décès du Landgrave régnant les disposi- 
tions qu'il avait prises, sous notre garantie,' pour le maintien de la 
religion , et amasser à cette fin un corps de troupes dans l'évêché de 
Paderborn, mon idée était qu'il faudrait avant tout tâcher de s'assurer 
de l'électeur de Cologne par un traité, ce qui ne serait guère difficile,^ 
pourvu que l'Angleterre y enverrait quelqu'un, afin de l'y préparer, et 
qu'apparemment par ce moyen seul on renverserait tout le projet et 
empêcherait qu'il ne saurait prendre consistance. Que d'ailleurs, le cas 
le requérant, il serait aisé d'avoir les troupes du duc de Brunswick 
contre des subsides ^ et d'augmenter encore les troupes d'Hanovre par 
une levée de 6,000 hommes. Que si, contre toute attente, les princes 
catholiques dans l'Empire s'avisaient de requérir la France sous pré- 
texte de garantie de la paix de Westphalie, alors personne ne trouverait 
à redire, quand l'on ferait venir des troupes auxiliaires de la Russie, et, 
dans ce cas-là que les choses venaient à telle extrémité, je n'hésiterais 
plus de leur accorder le passage et d'y apporter toutes les facilités re- 
quises. Ce que vous pourrez dire au lord Holdernesse, en lui faisant 
envisager combien il serait convenable qu'on envoyât quelqu'un de la 
part de l'Angleterre auprès de l'électeur de Cologne pour s'en assurer 
et pour préparer les choses à tout événement; ce qui dérangerait bien 
des desseins préjudiciables. 

Au surplus, vous continuerez par dire au lord Holdernesse que, si 
c'était un article du chipotage entre les cours de France et de Vienne 
que de bouleverser les arrangements faits pour le maintien de la reli- 
gion protestante dans la famille et le pays de Hesse - Cassel , le minis- 
tère anglais ne devait nullement douter de celui dont vous l'aviez averti, 
savoir le troc de la Flandre autrichienne contre les duchés de Parme 
et de Plaisance, ce que le ministère anglais apprendrait à la suite plus 
clairement encore que je le leur avais marqué jusqu'ici.'* Vous finirez 
par apprendre au Milord que, le landgrave de Hesse-Cassel m' ayant fait 
faire des instances pour vouloir bien agréer que le Prince héréditaire 
son fils, selon ce qu'il avait désiré lui-même, ^ se rendît pour quelque 
temps à Berlin, afin de le détourner encore, s'il se peut, des liaisons 
funestes où les Catholiques - Romains le voudraient entraîner, j'y avais 
consenti à la fin ^ et que je tâcherais de lui inspirer, s'il y a moyen, des 

sentiments doux et modérés. -r, , 

Federic. 

Nach dem Concept. 



' Vergl. Bd. X, 532; XI, 480. — 2 Vergl. S. 27. 184. — 3 Vergl. Bd. XI, 
472. — 4 Vergl. S. 224. — 5 Vergl. S. 212. — 6 Vergl. S. 251. 



204 

742 5- AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLING- 
GR^FFEN A VIENNE. 

Potsdam, 13 avril 1756. 

J'ai reçu votre rapport du 3 de ce mois. J'attendrai celui que 
vous me promettez touchant la marche de la cavalerie/ au sujet de 
laquelle et de quelques autres arrangements, pareillement pris selon vos 
rapports antérieurs, je vous avoue que je ne comprends pas où la cour 
où vous êtes en veut. Ce que vous me marquez d'ailleurs du bruit 
sourd qui court que cette cour voudrait négocier des troupes auprès 
de quelques princes de l'Empire, = mérite que vous y fassiez attention, 
pour vous en orienter au possible, car je veux bien vous dire en con- 
fidence que la cour de Londres m'a fait avertir ^ qu'il y avait un projet 
sur le tapis entre les cours de Vienne et de Versailles de bouleverser 
les arrangements pris pour le maintien de la religion protestante dans 
la maison de Hesse - Cassel, et que le dessein était d'amasser, à la pre- 
mière nouvelle du décès du Landgrave régnant, un corps de troupes 
dans l'évêché de Paderborn sous prétexte de garantie du traité de West- 
phalie et des privilèges de l'Empire, afin de soutenir l'exécution du- 
dit projet. 

J'espère, au surplus, d'avoir bientôt vos nouvelles sur la réponse 

que la cour où vous vous trouvez aura faite à la déclaration que le 

sieur Keith doit lui faire de la part de sa cour.'* 

r e d e r 1 c. 

Nach dem Concept. 



7426. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE 
KNYPHAUSEN A PARIS. 

Potsdam, 13 avril 1756. 
Votre dépêche du 2 de ce mois m'est heureusement parvenue. 
Bien que je convienne avec vous que, selon toutes les apparences, le 
principal objet des négociations entre les cours de France et de Vienne 
ne roule que sur une neutralité des Pays-Bas et sur les affaires de 
l'Italie, 2 je ne veux cependant pas vous laisser ignorer un avis qui 
m'est venu de très bon lieu,^ quoique je ne vous le confie que pour 
votre direction seule et sous le sceau du secret, en conséquence duquel 
la France de concert avec la cour de Vienne doit avoir formé le projet 
de bouleverser tous les arrangements pris par le landgrave de Hesse- 
Cassel pour le maintien de la religion protestante dans ce pays après 
son décès, et que le plan était d'amasser un corps de troupes dans 
l'évêché de Paderborn à la première nouvelle qu'on aurait que la vie 

I Vergl. S. 256. — 2 Klinggräffen berichtet, Wien 3. April: „On se dit à 
l'oreille dans quelques bons lieux que cette cour-ci négocie des troupes en Saxe, Ba- 
vière, Wurtemberg, à Manheim et à Bonn. — 3 Vergl. Nr. 7424. — ♦ Vergl. 
S. 197. — s Vergl. S. 240. — 6 Bericht Michell's, London 2. April. Vergl. Nr. 7424. 



265 

du Landgrave tirait à sa fin, sous la qualification de garantie des privi- 
lèges de l'Empire et du traité de Westphalie, afin de soutenir le susdit 
projet et d'avoir l'occasion d'attiser le feu de la guerre en Allemagne 
selon la convenance des deux cours et quand elles le trouveront à pro- 
pos. Quoique je ne veux point encore garantir tout-à-fait l'authenticité 
de cet avis, il mérite cependant que vous y fassiez attention, afin d'ap- 
profondir, adroitement et sans vous faire remarquer, ce qui en peut être. 
En attendant, je ne veux point vous dissimuler qu'il me paraît être 
assez vraisemblable qu'un tel projet peut être un article des chipotages 
entre les deux cours , quand je combine l'envoi du général Pretlack de 
la part de la cour de Vienne à Cassel et ses commissions ^ avec ce 
que la France a fait apparaître jusqu'ici des sentiments sur les arrange- 
ments pris par le landgrave régnant de Cassel à ce sujet. ^ 

Au surplus, malgré toute la bonne volonté où je suis de renou- 
veler mon alliance avec la France, ^ il faut cependant que je sois préa- • 
lablement bien informé et assuré des mesures que la France prend avec 
les Autrichiens, et qu'elles ne sont ni directement ni indirectement con- 
traires à mes intérêts , car , dans le cas du contraire , il n'y aurait pas 
moyen d'y songer. 

Du reste, je veux bien vous informer que peut-être le prince héré- 
ditaire de Cassel pourrait venir de son propre gré et avec l'agrément 
de son père à Berlin pour y séjourner quelque temps,* ce que je ne 
vous dis cependant que pour votre direction seule, afin que, si la chose 
arrive, vous soyez instruit que c'est aux instances même du Prince que 

j'ai agréé à ce séjour. ^ , 

° Federic. 

Nach dem Concept. 



7427. AN DEN OBERST VON DER GOLTZ IN HALLE. 

Potsdam, 14. April 1756. 

Mein lieber Obrister von Goltz. Nachdem Ich Euch zeither auf 
Euren unter dem 16. vorigen Monats an Mich erlassenen Bericht, die 
dermahge Erklärung derer zu denen dortigen Commercienconferenzien 
geordneten sächsischen Commissarien betreffend, aus denen Euch 
bekannten Ursachen noch mit keiner finalen Resolution darauf versehen 
habe, so lasse Ich Euch nunmehro zuforderst vermittelst der Anlage 
communiciren , wohin der Kaufmann Gossler sein pflichtmässiges Senti- 
ment darüber bei Mir erstattet hat; und da Ich dessen darunter ge- 
thane Vorschläge , so viel nämlich solche die hiesige Provinzien , exclu- 
sive Schlesien, angehen, vor genehm gehalten und zu approbiren vor 
gut gefunden habe, so habt Ihr Euren weiteren Gebrauch davon zu 
machen. 

I Vergl. S. 243. — 2 Vergl. Bd. XI, 143. 172. — 3 Vergl. S. 160. — 
■» Vergl. S. 251. 



266 



Was demnächst besonders die schlesische Sachen anbetrifift, da lasse 
Ich Euch vermittelst der abschriftlichen Anlage, jedoch nur zu Eurer 
eigenen Direction und sonder dass Ihr denen sächsischen Commissarien 
davon etwas zeigen , noch communiciren müsset , zufertigen , was Mir 
der Etatsminister von Schlabrendorff darüber gemeldet , ' und wohin er 
sein Gutachten desfalls ratione Schlesien erstattet hat. Wie Ich nun 
dessen am Ende seines Berichtes angeführte Vorschläge und Sentiments 
überall vor höchst biUig und Meiner Intention vollkommen gemäss ge- 
funden habe, als declarire Ich Euch solches hierdurch und will, dass 
Ihr in Conformität dererselben und was oben wegen der Gossler' sehen 
Vorschläge angeführet worden, nunmehro eine kurz gefasste Gegen- 
antwort auf das letztere Promemoria der sächsischen Commissarien mit 
vieler Ueberlegung extrahiren lassen und solche Antwort sodann denen 
sächsischen Commissarien zustellen, auch ihnen dabei von Meinetwegen 
declariren sollet , dass solches Mein letzteres und völliges Ultimatum 
sei, dawider Ich keine Gegenpropositiones weiter annehmen würde, 
sondern entweder nunmehro die Convention zum Stande kommen oder 
die Tractaten abgebrochen werden müssen. 

Im übrigen habt Ihr hierbei die Präcaution zu gebrauchen, dass, 
da der Etatsminister von Schlabrendorff in denen von ihm in seinem 
Berichte prämittirten Umständen verschiedenes von dem schlesischen 
und übrigen Commercienwesen angeführet hat, welches denen Sachsen 
zu wissen gar nicht nöthig ist, vielmehr in ein und andern Umständen 
präjudicirlich sein dörfte, wenn solches ihnen en détail bekannt würde, 
Ihr also bei der zu entwerfenden Beantwortung des letzteren sächsischen 
Promemoria und der denen Commissariis zu thuenden Déclaration der- 
gleichen Détail gänzlich auslassen und nicht mit communiciren, sondern 
solches nur für Euch und zu Eurer eigenen Direction behalten müsset. 
Ihr habt Euch hiernach wohl zu achten, und Ich bin Euer wohlaffectio- 
nirter König 

Nach der Ausfertigung. 



F rider ich. 



7428. AN DIE ETATSMINISTER GRAF PODEWILS, VON BODEN 
UND GRAF FINCKENSTEIN IN BERLIN. 



lodewils, Boden und Finckenstein 
berichten, Berlin 12. April, auf den Er- 
lass vom 2. April, 2 dass die von Michell 
eingesandte Berechnung der rückständigen 
schlesischen Gelder mit der in Berlin an- 
gefertigten Ausrechnung übereinstimme, 
und dass mithin der König noch 39,175 
Pfund Sterling zu bezahlen haben würde : 
,,wann sich nicht der besondere und Uns 
bisher nicht anders als durch des Chargé 



Potsdam, 14. April 1756. 
Ich habe den Einhalt Eures 
unter dem 12. dieses Mir erstatte- 
ten Berichts mit mehrerem ersehen, 
bin aber darunter noch nicht völlig 
mit Euch der Meinung, dass Ich 
schuldig und gehalten sei, denen 
Directoren der englischen Interes- 



I Bericht Schlabrendorff' s, Breslau 8. April. — 2 Vergl. Nr. 7394 S. 234. 



267 



d'affaires Michell abgestatteten letzteren 
Bericht bekannt gewordene Umstand her- 
vorgethan hätte, dass in der englischer 
Seits eingegangenen Rechnung annoch 
2500 Pfund Sterling als Commissions- 
gebühren à ein Procent von denx gantzen 
alten Capital der 250^000 Pfund Sterling 
aufgeführt worden." i Die Minister legen 
eine Abschrift der am 7. Januar 1734 
von dem österreichischen Gesandten Grafen 
Kinsky in London unterzeichneten Er- 
klärung bei, wonach „des höchstseligen 
Kaisers Karl VI. Majestät sich nicht nur 
für sich, sondern auch für ihre Erben 
und Successores anheischig gemachet, der- 
gleichen Douceur bei gänzlicher Tilgung 
der auf Schlesien radicirten, an die Krön 
Engelland abzutragenden Schulden, denen 
dortigen Interessenten reichen zu lassen." 



senten wegen des schlesischen An- 
lehns dasjenige Douceur, so ihnen 
dermals von dem österreichischen 
Minister Graf von Kinsky wegen 
Negociirung des Kapitals verspro- 
chen worden, zu bezahlen; so wie 
es Mir auch bedenklich vorkommet, 
dass Ich die Interessen von solchem 
Kapital, so der wienersche Hof von 
denen Jahren 1733 bis 1740 rück- 
ständig geblieben , bezahlen soll. * 
Wie aber darunter einestheils die 
Obligation, welche vorhin der 
wienersche Hof bei Aufnehmung 
erwähnten Anlehns ausgestellet hat, 
und welche dermalen ratificiret 
worden, eigentlich nicht eine parti- 
culäre Convention mit dem Grafen 
von Kinsky, anderntheils aber der Articul des breslauer Friedenstractats, 
in welchem Ich Mich zur Bezahlung derer auf Schlesien hypothecirten 
Gelder verbunden habe, darunter klares Maass und Ziel geben muss. 
Ich auch intentioniret bin, zwar die Interessenten des Anlehns auf Schle- 
sien de bonne foi und nach dem litterlichen Einhalt vorgedachter Obli- 
gation und erwähnten Friedensarticuls zu bezahlen, hergegen aber auch 
nicht gewillet bin. Mein Geld unnöthig wegzuwerfen, als ist Meine 
Willensmeinung, dass Ihr beide nurgedachte Piecen nebst einen un- 
parteiischen statum causae an den Grosskanzler von Jariges alsofort 
senden und demselben von Meinetwegen bekannt machen sollet, wie 
Ich darüber sein rechtliches Sentiment — und zwar über beide Punkte 
quaestionis — welches er an Mich immédiate einsenden solle, verlangete. 
Dieweilen Ich auch sowohl aus Eurem Bericht als aus denen bei- 
gefügten Balancen gar nicht mit der gehörigen Klarheit und Deutlich- 
keit sehen kann, was eigentlich überhaupt noch von Mir inclusive der 
zu compensirenden 20,000 Pfund, so Ich jedoch hier wiederum Meinen 
Kaufleuten bezahlen muss, zu bezahlen ist, da einestheils fast überall 
nach Pfund SterUngen gerechnet worden, dergleichen Rechnung Ich 
nicht gewohnet bin, anderntheils aber Euer Bericht und Balances des- 
halb so compliquiret sein, dass Ich nicht klar sehe, was Ich nach Engel- 
land zu bezahlen habe, was Meine Kaufleute eigentlich bekommen und 
wie stark also der ganze Zuschuss ist, so Ich exclusive des assignirten 

I In der preussischen Berechnung (vergl. S. 233) waren die Zinsen der restirenden 
45,000 Pfund bis zum 21. Juni 1756, in der englischen nur bis zum 21. März be- 
rechnet. Diese Differenz Von 787'/! Pfund berücksichtigt, stellt sich der Unterschied 
der beiden Anschläge auf 2500 Pfund. — » Diese letzte Forderung war von englischer 
Seite nicht gestellt worden; die Antwort der Minister vom 17. April constatirt ein 
Missverständniss . 



268 

bezahlen muss, so habe Ich vor gut gefunden, dem Geheimen Rath 
Koppen' selbst aufzutragen, Mir darüber eine anderweite Balance nach 
der Instruction so Ich ihm deshalb besonders ertheilet, anzufertigen und 
an Mich einzusenden, welchem Ihr, der von Boden, deshalb alle Nach- 
richten, so er von Euch verlangen wird, zu communiciren habt. 

Nach dem Concept. Fridcrich. 

7429. AU PRINCE DE PRUSSE A SPANDAU. 

[Potsdam], 15 [avril 1756], 

Mon cher Frère. On ne peut pas toujours faire la guerre, ni 
toujours avoir la paix, une belle science serait de faire tout à propos. 
Les États se gouvernent par des principes d'intérêt, et lorsque ceux-là 
ne s'accordent pas avec leurs vues d'agrandissement, ce serait insensé 
de perdre les troupes et l'argent — deux choses difficiles à retrouver — 
pour n'avoir que le plaisir de ferrailler. Plus les armées deviendront 
nombreuses, et moins la guerre se fera, parceque les ressources ne seront 
pas proportionnées aux dépenses. Cependant, jusqu'à présent il n'y a 
que la France et l'Angleterre en jeu; la guerre ne se fait point sur 
notre continent , et tous nos voisins sont aussi tranquilles que nous , de 
sorte qu'à mettre les choses au pis, leur expérience ne surpassera pas 
la nôtre. H n'y a qu'à attendre; je ne crains point de ne point voir 
la guerre, elle nous attend; il ne s'agit qu'à ne se point presser et à 
prendre ses avantages. M, de Luxembourg et les grands généraux qui 
ont illustré le siècle de Louis XIV, s'étaient formés dans la guerre civile. 
Cette école serait trop dangereuse pour que nous souhaitions d'en 
former à cette condition. Nous ne manquons point d'officiers remplis 
de talents ; une bonne école les prépare , et la guerre les développera 
d'autant plus vite. Il n'y a qu'à avoir patience et voir venir. 

Le prince héréditaire de Hesse est ici , ^ c'est un fardeau bien pe- 
sant sur mes épaules , dont des raisons politiques m'ont obligé de me 
charger; je suis embarrassé avec lui, on ne sait sur quel pied danser. 
Il faut éviter toute sorte de conversations qui ne sont point de mise, 
et ne choisir que des sujets rabattus et ennuyants. 

Je vous prie, si vous le voyez à Beriin, d'avoir pour lui toutes les 
politesses qu'on doit à un prince de sa naissance, et d'éviter toute 
matière qui peut avoir rapport à son changement de religion. La situa- 
tion des affaires m'oblige à avoir des ménagements pour lui; ainsi vous 
me ferez plaisir d'en user avec lui comme par le passé. 

Vous assurant de l'amitié avec laquelle je suis, mon cher frère, 

votre fidèle frère et serviteur ^ , 

Fedenc. 

Nach der Ausfertigung. Eigenhändig. 



I D. d. Potsdam 14. April. — 2 Vergl. S. 252. Der Erbprinz war am 13. April 
in Berlin eingetroffen; am 15. kam er zum ersten Mal zu dem Könige nach Sanssouci. 



I 



269 

7430. AU PRINCE FERDINAND DE BRUNSWICK 
A MAGDEBOURG. 

Potsdam, 17 avril 1756. 
Monsieur mon Cousin. J'ai reçu avec la lettre de Votre Altesse 
du 12 de ce mois celle que le Duc régnant Son frère a voulu Lui faire 
parvenir. Je la renvoie ci-jointe, et j'ai été très charmé des sentiments 
que le Duc y déclare avoir pour moi, mais je souhaiterais aussi volon- 
tiers que ces protestations soient secondées réellement par des effets. 
Plus j'estime l'amitié du Duc et que j'en ferai de cas dans la suite, 
plus je dois être sensible à la facilité que le Duc procure de tout son 
pouvoir aux Saxons, pour pouvoir éviter mes États. ^ Je ne veux point 
toucher ici si et jusqu'à quel point la chose est praticable, ni si le Duc 
ne regrettera point un jour les dépenses employées à cet effet comme 
gratuitement faites , mais je remets simplement à votre pénétration si 
par ces procédés le monde ne doit pas juger que le Duc a pris parti 
dans cette affaire contre moi, qu'il prête des mains officieuses et prenne 
en amitié ceux qui prennent à tâche de déranger mes affaires et de me 
faire tout le tort possible en égard de mes sujets commerçants. Je ne 
me souviens pas d'avoir jamais donné occasion au Duc d'employer des 
procédés si peu amicals envers moi , je crois plutôt que les avantages 
que j'ai procurés au Duc par les subsides connus ^ et par les soins que 
je me donne encore pour le lustre de sa maison, ^ auraient dû balancer 
le profit médiocre et peut-être momentané qu'il pourra obtenir par 
l'établissement du nouveau chemin. Je suis cependant bien éloigné de 
vouloir relever ceci envers le Duc, mais aussi longtemps pourtant que 
les effets ne répondront point aux assurances que le Duc veut bien 
faire, je ne saurai aussi m'employer ultérieurement en faveur de ses 
affaires, et il ne me reste que le regret de me voir les mains liées à 

ce sujet. ^ , . 

Federic. 

Nach dem Concept. 

7431. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE MALTZAHN 

A DRESDE. 

JVlaltzahn berichtet , Dresden 9. 
April , nach dem Berichte Funcke's an 
Brühl vom 21. Februar 4 über die Mis- 
sion des schwedischen Obersten Hörn 
nach Russland , unter Beischluss einer 
vollständigen Abschrift der eigenhändigen 
Instruction des Königs von Schweden für 
Hörn. 5 



Potsdam, 17 avril 1756. 
J'ai été le plus satisfait du 
contenu de votre dépêche du 9 de 
ce mois, par les affaires très inté- 
ressantes desquelles vous m'y avez 
mis au fait, et surtout que vous 
ayez continué à m'instruire de la 
façon de penser de la cour de 
Russie, de quoi je ne saurais que 

I Vergl. s. 244. — 2 Vergl. Bd. VHI, 207. 208. — 3 Vergl. S. 47; Bd. XI, 
472. — 4 Vergl. S. 260. — 5 Vergl. S. 297. 



2/0 

VOUS savoir bien du gré, vous recommandant sur toute chose de me 
procurer des nouvelles ultérieures sur des affaires de pareille importance. 
Comme d'ailleurs il m'est revenu de lieu sûr' qu'il y a actuelle- 
ment un concert sur le tapis entre les deux cours de Vienne et de Ver- 
sailles , aboutissant à renverser après la mort du landgrave régnant de 
Hesse-Cassel les arrangements que ce Prince a pris pour le maintien de la 
religion protestante dans ses États, et qu'il n'est presque point à douter 
que les susdites cours ne tâchassent d'attirer dans leur complot celle de 
Saxe, cette affaire m' intéressant extrêmement, pour en avoir des notions 
bien précises, vous ne manquerez pas d'y donner une attention très 
scrupuleuse et de tâcher d'apprendre pour combien mes soupçons peu- 
vent être fondés à cet égard, et en quoi consiste proprement le complot 
qui se trame pour faire éclore un projet de cette nature. 

Nach dem Concept. F C d e r i C. 



AU SECRÉTAIRE BENOÎT A VARSOVIE. 



7432 

Denoît berichtet, Warschau 7. April : 
„Les nouvelles de Constantinople nous 
marquent que l'émissaire du grand-général 
de la couronne y est toujours fort bien 
accueilli, 2 que le nommé La Rue au con- 
traire, qui avait été envoyé par le comte 
Poniatowski pour épier les démarches 
du premier, avait été congédié amicale- 
ment et qu'on lui avait insinué qu'il ferait 
bien de partir incessamment. Ce qui met 
ce comte de très mauvaise humeur et rend 
ses adhérents extrêmement capots. On 
ajoute que le Grand-Visir d'à présent tra- 
vaille avec ardeur à mettre toutes les 
choses à un pied stable et solide, qu'il 
fait à la vérité encore son possible pour 
ralentir l'empressement que les janissaires 
témoignent pour la guerre, afin de mieux 
obtenir le but qu'il s'est d'abord proposé 
en obtenant la dignité qu'il occupe, mais 
qu'il paraît à travers de tous ses règle- 
ments pacifiques qu'il ne souhaiterait pas 
mieux que d'en venir aux mains avec 
quelqu'un des voisins, dès que l'occasion 
s'en présentera et dès que l'on pourra 
compter sur une diversion considérable 
d'un autre côté." 

Nach dem Concept. 



Potsdam, 17 avril 1756. 
J'ai été bien aise de voir les 
nouvelles que vous m'avez marquées 
par votre rapport du 7 de ce mois, 
au sujet desquelles je vous dirai 
que vous devez continuer d'avoir 
une attention particulière et scru- 
puleuse sur celles que vous appren- 
drez relativement aux affaires de 
Turquie, pour m'en rendre compte 
avec toute l'exactitude qu'il vous 

sera possible. -r. , 

Fedenc. 



I Bericht Michell's, London 2. April. . Vergl. Nr. 7424. — 2 Vergl. S. 232. 



2Jl 



7433. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE 
KNYPHAUSEN A PARIS. 



ivnyphausen berichtet, Paris 5. April, 
über den Rath eines französischen Gross- 
händlers , eine Anzahl preussischer Kauf- 
leute in Embden mit einen Octroi für 
den ausschliesslichen Handel mit den fran- 
zösischen Inseln in Amerika auszustatten. 
Der Bericht verbreitet sich über die Vor- 
theile, welche sich unter den obwaltenden 
"Verhältnissen aus einer Handelsverbindung 
Preussens mit dem französischen Amerika 
ergeben würden. 



Potsdam, 17 avril 1756. 
Le rapport que vous m'avez 
fait du 5 de ce mois, m'a été fidèle- 
ment rendu, sur lequel je ne saurais 
guère vous marquer des nouvelles 
intéressantes par rapport aux affaires 
publiques, tout étant encore sur le 
même pied. 

Comme la négociation de la 
France avec la cour de Vienne 
continue d'aller son train, je suis 
bien aise de vous faire observer que, par cette raison -là et parceque 
j'ignore encore ce que les deux cours brassent précisément entre elles, 
vous devez vous diriger en sorte qu'on ne me presse pas vivement sur 
le renouvellement de mon alliance avec la France. ' 

Au reste, je ne saurais goûter la proposition que vous me faites 
par rapport à une déclaration à faire dans mes États pour soutenir mon 
pavillon et mes sujets qui voudraient entreprendre dans la conjoncture 
présente le commerce aux îles françaises en Amérique. Quoique je 
veuille convenir des avantages qui leur en sauraient revenir en apparence, 
par quelle voie voulez -vous que je puisse soutenir une pareille déclara- 
tion contre les usurpations et les violences que les armateurs anglais 
exerceraient contre les vaisseaux de mes sujets pris sur un tel trafic, 
ainsi qu'il n'en reviendrait autre chose, sinon que mes sujets seraient 
exposés à des pertes considérables, sans que je saurais les protéger et 

les défendre efficacement. ^ , . 

Federic. 

Nach dem Conceyt. 



AU SECRÉTAIRE MICHELE A LONDRES. 



7434 

JVlichell berichtet, London 6. April, 
dass die Directoren der schlesischen 
Schuldenverwaltung ihm angezeigt haben : 
„Que, puisque le compte du capital et des 
intérêts qu'on m'avait fourni , n'était tiré 
que jusqu'au 21 de mars , 2 on recevrait 
également le payement, et par là il ne 
serait pas nécessaire que Votre Majesté 
payât l'intérêt plus loin que ce terme-là, 
bien entendu néanmoins que cela se fît 
dans un mois ou six semaines d'ici." 



Potsdam, 17 avril 1756. 
J'ai reçu le rapport que vous 
m'avez fait du 6 de ce mois. J'at- 
tendrai la réplique du ministère 
anglais qu'on vous remettra à la 
réponse des ministres de France, ' 
et je suis d'ailleurs bien aise de 
l'assurance qu'on vous a donnée 
qu'on la ménagera en sorte que 
la négociation pour un accom- 
modement saura être tellement 



» Vergl. S. 160. — 2 Vergl. S. 233 Anm. 4. — 3 Vergl. S. 205. 



1 



2/2 



quellement continuée, à quoi je contribuerai toujours de la façon la 
plus sincère. 

Le prince héréditaire de Hesse-Cassel est arrivé ici. ^ J'emploierai 
tous mes soins pour lui inspirer des sentiments de douceur et de mo- 
dération et pour tempérer les préjugés dont on l'a imbu. Il faudra voir 
jusqu'où j'y réussirai. Je compte, en attendant, toujours son séjour ici 
pour une chose bien avantageuse à la bonne cause, puisqu'au moins, 
tandis que nous le posséderons ici, on ôtera tout prétexte de levée de 
boucliers à ceux qui, du vivant même de son père, voudraient renverser 
les arrangements pris pour le maintien de la religion protestante dans 
la famille et dans le pays, et fera échouer le projet d'allumer la guerre 
dans l 'Allemagne ; 2 reste à voir ce qu'il y aura à faire à l'événement 
de la mort du Landgrave régnant son père. Considération que vous 
ne manquerez pas de faire valoir modestement auprès des ministres 
anglais. 

Au surplus, comme j'accepte la proposition que les directeurs des 

intéressés à la dette de Silésie vous ont fait entendre, j'arrangerai tout 

pour l'acquit entier de cette dette, dont mes ministres vous instruiront 

plus en détail au premier jour. ^ , 

Federic. 

Nach dem Concept. 



7435. AN DAS DEPARTEMENT DER AUSWÄRTIGEN ÄFF AIREN. 

xodewils und Finckenstein übersenden, Berlin i6. April, ein Schreiben des 
Markgrafen von Ansbach [d. d. Onolzbach 27. März], in welchem derselbe sich gegen 
die Vorwürfe zu rechtfertigen sucht, die ihm vom Könige wegen seiner Haltung bei 
dem Abschluss des englischen Subsidienvertrages gemacht waren, 3 ,,en exposant qu'il 
n'avait jamais pu prévoir , ni soupçonner que le traité de subsides conclu avec le roi 
d'Angleterre pût être considéré en aucune façon comme contraire aux pactes de la 
maison, n'y ayant aucun article qui donnât atteinte à ces pactes, et cela d'autant 
moins qu'il y était expressément stipulé que les deux bataillons de troupes que le 
Margrave s'est engagé de tenir sur pied au service du roi d'Angleterre, ne devraient 
être jamais employés hors des pays d'Hanovre; que le retour de Sa Majesté Bri- 
tannique pour son royaume l'avait tant pressé lors de la conclusion du traité, ainsi 
que la date le faisait voir , qu'on n'avait pas même accordé au plénipotentiaire du 
Margrave le temps nécessaire pour lui en communiquer préalablement la minute, avant 
d'en venir à la signature, de sorte qu'il avait été hors d'état d'en faire part à Votre 
Majesté avant la conclusion dudit traité." 

Potsdam, 17. April 1756. 
Es ist ja klar wider die Pacta. 

Mündliche Resolutionen. Nach Aufzeichnung des Cabinetssecretärs. 



I Vergl. S. 268. — 2 Vergl. S. 257. — 3 Vergl. Nr. 7331 S. 174. 



273 

7436. AN DEN GENERALMAJOR VON ZIETEN IN BERLIN. 

Potsdam, i8. April 1756, 
Ihr habt aus der abschrifüichen Anlage^ mit mehrern zu ersehen, 
was Mir der Major von Hornn Eures unterhabenden Regiments von 
dem continuirenden üblen Betragen des mecklenburg-schwerinschen 
Hofes gegen Mich,^ und welchergestalt derselbe durch Anschlagung an- 
stössiger Patente Mich noch ferner gleichsam zu insultiren vermeinet, 
gemeldet und welchergestalt derselbe zugleich angezeiget hat, wie einige 
derer dortigen Edelleute sich gleichfalls davon zu meliren anfingen , so 
dass , wann Meine Leute ihrer Orten auch nur durchreisen, sie letztere 
mit Schlägen übel tractiren Hessen; so finde Ich vor nöthig, dass, um 
gedachten Hof endlich einmal zu vernünftigeren Gedanken zu bringen, 
noch einmal eine kleine Ravage in den mecklenburg-schwerinschen An- 
theil durch ein starkes Commando von dem dortstehenden Bataillon 
Eures Regiments ^ durch Aufhebung verschiedener herzogUcher Beamte 
und dergleichen vorgenommen und dadurch des bisherigen Chicanirens 
einmal ein Ende gemacht werde. 

Damit aber solches mit so besserer Disposition und behörigem 
Ernste geschehe, so will Ich, dass Ihr Euch hiervon selbst chargiren 
und deshalb sonder Éclat eine Reise nach Parchim thun und alsdann 
eine recht gute Disposition dahin machen sollet, dass dergleichen Ra- 
vage, wie vorgedacht, vorgenommen und auf solcher sowohl Leute, die 
bei der Armée zu gebrauchen seind, als auch besonders herzogUch 
schwerinsche Beamte und andere dergleichen Bediente aufgehoben und 
nach Parchim und so weiter zum Arrest, wie vorhin schon geschehen, 
gebracht werden. 

Was die obangeführte Edelleute anbetrifft, so sich Meiner Werbung 
opponiren und die Meinige bei ganz ohnschuldigen Durchreisen übel 
tractiren, da könnet Ihr wohl ein oder andern dergleichen mit aufheben 
und zum Arrest bringen lassen. Im übrigen müsset Ihr Eure Disposition 
wohl machen und ein starkes Commando, allenfalls auch alle fünf dortige 
Escadrons dazu nehmen, damit dem Commando kein Affront wider- 
fahren, noch solches insultiret werden könne; dabei Ihr dahin sehen 
müsset, dass sonsten keine Excesse bei solcher Gelegenheit passiren 
müssen, wie dann auch, so viel die Edelleute anbetrifft, Ihr wohl dahin 
sehen und halten müsset, damit denjenigen, so vor Mich gut intentioniret 
seind und sich Meiner Werbung nicht öffentlich widersetzet haben, nicht 
das geringste Leides , es sei vor sich oder ihre Wirthschaftsbedienten 
oder Bauern, bei dieser Gelegenheit widerfahre, sondern nur diejenige 
alleine damit getroffen werden müssen, die sich in dem obgedachten 
Cas befinden. Ihr habt Euch also hiernach wohl zu achten. 

Nach dem Concept. Friderich. 

I D. d. Parchim 12. April. — 2 Vergl. S. 91. — 3 Das erste Bataillon des 
Zieten sehen Husarenregimentes war nach Parchim verlegt aus Anlass der im Jahre 
1735 erfolgten Verpfändung von vier mecklenburgischen Aemtern an Preussen. 
Corresp. Friedr. II. XII. 18 



274 — 

7437- AU SECRÉTAIRE MICHELL A LONDRES. 

Michell berichtet, London 9. April: „Le comte de Holdernesse m'a dicté ce 
matin ce qui suit , en réplique de la réponse de la France que je lui avais remise, 
et de ce que j'avais eu ordre d'y ajouter de la part de Votre Majesté : i 

»La cour britannique a examiné avec attention la réponse que la cour de France 
a rendue à Sa Majesté Prussienne, au mémoire transmis à Berlin concernant les moyens 
d'accommoder les différends qui subsistent avec la cour de France en Amérique. 
Cette réponse allègue que la cour de France a déjà offert à celle de la Grande- 
Bretagne des avantages dans l'Amérique septentrionale. La cour britannique ignore 
qu'on ait proposé de tels avantages, à moins que par là on n'entende l'offre de 
remettre les choses dans ce pays-là sur le pied où elles étaient ou devaient être sui- 
vant le traité d'Utrecht; mais, en faisant cette offre, la France a donné audit traité 
une explication qui en détruit entièrement le véritable sens. Afin donc d'amener les 
choses à un éclaircissement et d'empêcher que des expressions vagues et spécieuses 
ne fassent prendre le change à d'autres puissances, la cour britannique propose que 
Sa Majesté le roi de Prusse veuille bien demander à la cour de France une déclara- 
tion spécifique, quels sont les avantages qu'elle accorderait à la Grande-Bretagne, et 
en quels points particuliers la France se porterait à se départir des termes de son 
projet. C'est ce que la cour britannique se croit en droit d'exiger, puisque dans le 
papier envoyé à Berlins elle a spécifié expressément des particularités en quoi elle 
veut se départir de son contre-projet. Au reste, la cour britannique tombe d'accord 
avec Sa Majesté Prussienne que l'ajustement des disputes en Amérique est le point 
principal auquel on doit avoir égard, et l'on est bien aise de voir le sentiment de 
Sa Majesté Prussienne , que , moyennant le rétablissement des affaires en Amérique, 
les puissances amies pourraient trouver moyen d'aCcorder les deux cours sur les vais- 
seaux français qui ont été détenus.« 

Le lord Holdernesse m'a remis ensuite le papier ci-joint, qui est un précis des 
avis qu'ils ont reçu de bonne part et de divers endroits , touchant le dessein où l'on 
croyait que la France était de menacer l'Allemagne d'une invasion, soumettant le 
tout à la considération de Votre Majesté et en me déclarant que Sa Majesté Bri- 
tannique était déjà prête de se concerter avec Elle pour tâcher de faire avorter un 
pareil dessein , et que même elle était disposée pour cet effet , si Votre Majesté le 
jugeait à propos, de Lui envoyer le général de Zastrow, qui, ayant des terres sur les 
États de Votre Majesté, pourrait se rendre auprès d'Elle, sans que personne s'en aper- 
çût ... Le sieur Mitchell, qui partira sans faute d'ici mardi prochain, 3 sera pleine- 
ment instruit des sentiments de Sa Majesté Britannique à ce sujet et sera autorisé à 
répondre à tout ce que Votre Majesté jugera à propos de lui proposer pour parer un 
pareil orage, en cas qu'il vînt à s'élever . . . Les ministres de cette cour m'ont aussi 
fait connaître qu'ils étaient très satisfaits des explications que je leur avais données 
touchant les faux bruits qui leur étaient parvenus que Votre Majesté cherchait à 
renouveler Ses liaisons avec la France, depuis Sa signature de la convention de neu- 
tralité pour l'Allemagne avec l'Angleterre ; 4 ils approuvent fort que Votre Majesté 
ne rompe pas en visière sans nécessité avec les Français, mais, malgré cela, ils seraient 
bien aises de savoir comment Elle envisagerait la réussite d'une invasion dans ce 
royaume-ci, dont les Français paraissent toujours le menacer; 5 ils croient que, si Votre 
Majesté faisait faire quelque insinuation en France là-dessus, cette puissance n'oserait 
jamais l'entreprendre; mais en même temps ils n'en requièrent pas Votre Majesté et 
seraient seulement charmés de savoir Ses sentiments là-dessus." 

Potsdam, 18 avril 1756. 
J'ai bien reçu la dépêche que vous m'avez faite du 9 de ce mois.^ 
Je ne manquerai pas de communiquer incessamment aux ministres de 

1 Vergl. Nr. 7364 S. 203. — 2 Vergl. S. 142. 143. — 3 13. April. — * Vergl. 
S. 204. — 5 Vergl. S. 242. — 6 Die oben nicht gegebenen Punkte dieses Berichts 
erhellen aus Nr. 7438. 



I 



■ — 275 — 

France la réplique que le ministère anglais m'a fait transmettre par vous ; 
auquel sujet il faut cependant que je vous fasse remarquer qu'il aurait 
été plus convenable que le lord Holdernesse vous eût remis cette réplique 
par écrit et que vous ne vous fussiez point chargé d'écrire vous-même 
ce qu'on avait à me répondre à ce sujet. 

Pour revenir à l'affaire même, vous insinuerez aux ministres que je 
ne saurais leur dissimuler que, parceque la France est imbue à présent 
du succès qu'elle se promet de son entreprise qu'elle tentera sur l'île 
de Minorque, ' elle sera plus fière encore que par le passé au sujet des 
propositions d'accommodement, mais que mon idée est toujours la même, 
de tenir la négociation pour la réconciliation en train et haleine, afin 
qu'à quelque événement favorable, comme par l'exemple si l'entreprise 
sur la Minorque échoue, ou un autre pareil, l'on puisse se saisir du mo- 
ment pour en profiter heureusement. 

Quant au second point de votre dépêche, concernant l'avis que la 
cour de Londres a reçu touchant le dessein de la France pour menacer 
l'Allemagne d'une invasion, afin de renverser les arrangements pris pour 
le maintien de la religion protestante dans le pays de Hesse-Cassel, j'ai 
tout sujet de croire que la France a chipoté là-dessus avec la cour de 
Vienne, pour prendre des concerts à cet égard; mais je suis aussi per- 
suadé que la plus grande partie de leur projet se trouve déjà dérangée 
par l'arrivée inattendue du prince héréditaire de Cassel ici; et, pour 
le reste, quand le sieur Mitchell sera arrivé ici, je lui dirai confidem- 
ment mes idées comment je crois que tout le projet funeste qu'on a 
conçu de la part des deux cours, sera totalement dérangé. Je vous ai 
déjà informé par ma dépêche d'hier = de l'arrivée du prince héréditaire 
de Cassel chez moi. Je ne saurais nier que je l'ai trouvé irrité contre 
son père le Landgrave et en partie contre les procédés au sujet des- 
quels il prétend avoir lieu de se plaindre. Quoique je ne saurais qu'en- 
tièrement désapprouver la conduite qu'il a eue et ses actions, je crois 
cependant que, vu les circonstances présentes, le meilleur moyen d'user 
envers lui sera de l'adoucir et de lui inspirer une certaine modération, 
afin de le conduire , autant qu'il dépendra de moi , à des sentiments 
plus tranquilles, plus raisonnables et plus patriotiques. Dès que la rai- 
son aura gagné sur lui, il ne voudra plus réclamer l'assistance des 
Princes catholiques-romains pour le soutenir; et sans qu'il réclame cette 
protection et cette assistance, il ne restera aucun titre ni prétexte aux 
Princes catholiques pour une levée de boucliers. Le plan donc que je 
me suis formé d'user à son égard, c'est de le prendre par son propre 
intérêt, en lui représentant que, pourvu qu'il voudrait se prêter, le cas 
existant du décès de son père, aux moyens violents de ceux de la religion 
qu'il avait adoptée, il ne ferait que rendre son pays le théâtre de la 
guerre et de travailler à sa ruine, au lieu que, s'il usait de douceur et 

I Vergl. S. 242. — 2 Nr. 7434. 

i8» 



2/6 

de modération envers ses sujets et qu'il les rassurât de toute appré- 
hension de persécution contre la religion établie dans le pays, il gagnerait 
leurs coeurs et s'attacherait les princes voisins, pour la plupart de la 
religion protestante, afin de n'avoir rien à craindre de qui que ce soit 
et de mener une vie sans amertume, aimé et respecté de ses sujets. 

Au surplus, il est constaté que le général Pretlack a eu en com- 
mission de sa cour dans son envoi à Cassel de présenter au Prince 
héréditaire un brevet de lieutenant-général des troupes autrichiennes avec 
l'ordre de la toison, et de l'amener avec lui à Vienne;' c'est aussi 
pourquoi le Landgrave son père a trouvé bon de ménager son séjour 
ici. Mais , supposé encore que le plan que je me suis fait à ce sujet, 
dût malheureusement manquer, vous devez vous souvenir des moyens 
que je vous ai écrits par une de mes dernières dépêches, pour conjurer 
l'orage qui saurait nous menacer,^ entre lesquels je compte toujours pour 
un des plus efficaces de s'assurer pas à pas de l'électeur de Cologne. Au 
reste, nous n'en aurons jusqu'à présent rien à craindre, mais, supposé 
pour un moment que contre toute attente les Princes catholiques s'ou- 
bliassent en sorte qu'il s'en élevât malheureusement une guerre de religion, 
nous n'aurons pas lieu d'en être trop embarrassé, parceque le parti con- 
traire n'y trouvera pas son avantage. 

Quant aux insinuations que le ministère anglais souhaite que je 
dusse faire à la France au sujet de ses ostentations pour menacer l'Angle- 
terre d'une invasion à faire, je crois que ce ministère sentira qu'avant 
que je sache procéder à telle démarche, je doive être assuré de ce 
que la cour de Vienne chipote avec la France, afin de pouvoir m'y 
diriger. D'ailleurs, je ne saurais pas me persuader que la France soit 
trop empressée de tenter effectivement le hasard d'une pareille entre- 
prise, j'estime plutôt qu'elle vise principalement de mater l'Angleterre 
par les grandes frais auxquels elle oblige celle-ci pour se tenir à la dé- 
fensive contre telle invasion, quoique je ne voudrais jamais conseiller 
à l'Angleterre de se relâcher sur ses précautions, puisqu'il saurait arriver 
qu'en défaut de bonnes mesures de la part de l'Angleterre, la France 
saurait certainement tenter le hasard d'une pareille entreprise. Mais aussi 
je suis persuadé que, tandis que l'Angleterre entretiendra de bonnes 
flottes de ce côté -là pour veiller contre ces entreprises, la France ne 
voudra pas encourir le hasard. 

Je m'expliquerai sur tout ceci plus amplement avec le sieur Mit- 
chell, quand il nous sera arrivé et dès que je serai éclairci par la ré- 
ponse de la cour de Vienne à la déclaration que le sieur de Keith lui 
doit demander au sujet de son chipotage avec la France, ^ au sujet de 
laquelle j'espère que le ministère d'Angleterre m'informera exactement. 

En attendant, vous devez informer confidemment milord Holder- 
nesse de tout ce dont je vous ai instruit ci -dessus, article pour article, 

1 Bericht Freytags, Frankfurt am Main 6. April. — 2 Vergl. Nr. 7424 S. 263. — 
3 Vergl. S. 197. 



i 



— 277 — 

en lui témoignant ma satisfaction sur la façon amiable et confidente 

dont le Roi son maître et ses ministres voulaient bien agir à mon égard, 

que je reconnaîtrais toujours comme je dois. „ , 

^ Federic, 

Nach dem Concept. 

7438. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE 
KNYPHAUSEN A PARIS. 

Potsdam, 18 avril 1756. 

Mon chargé d'affaires à la cour de Londres, le sieur Michell, 
m 'ayant envoyé par un courrier la réplique du ministère anglais* à la 
réponse de la France que je lui avais fait remettre au sujet des moyens 
pour réconcilier les deux cours touchant leurs différends en Amérique, 
je vous l'adresse ci -clos telle qu'elle m'est parvenue, dans l'intention 
que vous en ferez communication de ma part aux ministres de France. 
Vous observerez cependant qu'avant que de faire cette communication 
aux ministres, vous en consulterez préalablement avec le duc de Niver- 
nois,* en lui disant de ma part que je voyais bien qu'il n'y avait jus- 
qu'à présent dans tout ceci que des pourparlers vagues, mais que je ne 
désespérais pas qu'avec le temps et peut-être après des coups donnés 
de part et d'autre, on ne parvînt encore à une fin heureuse pour 
accommoder les différends, sinon pendant l'été, au moins l'hiver qui 
viendra, pour conjurer l'orage, à moins qu'on ne laissât toujours quelque 
porte ouverte pour l'accommodement. Vous prendrez d'ailleurs l'avis 
du duc de Nivernois sur l'adoucissement des termes dans la communi- 
cation à faire aux ministres. Quant à ceux-ci, vous leur insinuerez con- 
venablement de ma part qu'autant qu'il me paraissait, les ministres 
anglais commençaient à se radoucir et se rapprocher un peu plus, de 
sorte que , pourvu qu'il plaise au- ministère de France de s'expliquer 
confidemment envers moi et se fixer sur les cessions ^ dont à la vérité 
ils n'ont parlé que généralement jusqu'ici, je pourrais, aidé par rEspagne,'^ 
mener les choses plus près, pour moyenner à la fin un accommodement, 
pour peu que les propositions de la France sauraient être acceptables. 

Je ne dois pas oublier de vous dire que, selon ce que mon susdit 
chargé d'affaires me marque, on n'attend que la réponse de l'Espagne, 
pour prendre quelque résolution au sujet des prises faites sur les 
Français. 

Vous ne manquerez pas de vous acquitter au mieux de tout ceci 
et de me faire immédiatement à moi votre rapport bien circonstancié à 
ce sujet, pour que je saurais m'en bien orienter. , 

P. S. 
Vous observerez encore, pour en faire votre usage, que, selon mon 
susdit chargé d'affaires, si les Français veulent s'expliquer et fixer les 

I Vergl. Nr. 7437. — 2 Vergl. S. 217. — 3 Vergl. S. 207. — 4 Vergl. 
S. 207. 217. 



K-linggräffen berichtet , Wien 7. 
April , in einem Postscript über die Rü- 
stungen in Oesterreich: 2 „Tout est en 
état à pouvoir marcher au premier ordre. 
Mais ces ordres ne sont pas encore partis. 
On varie même encore si on fera seule- 
ment venir cinq régiments de cavalerie 
[hongroise] ... ou bien si le tout mar- 
chera." 



278 

cessions dont ils ont parlé généralement jusqu'ici, on pourrait alors se 

rapprocher un peu plus, puisque c'était le point le plus essentiel que 

celui-ci, car, pour ce qui regarde le terrain en dispute du côté de l'Ohio 

et qui fait la seconde partie du contre-projet des Anglais,^ il ne serait 

pas difficile de l'ajuster et que l'on ne se roidirait pas sur ce point -là 

[ainsi] que sur l'autre. „ , 

^ ^ ^ Federic. 

Nach dem Concept. 

7439. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLING- 
GR^FFEN A VIENNE. 

Potsdam, 18 avril 1756. ■ 
Je suis fâché de vous dire par " 
la présente qu'il faut bien, à en 
juger par le contenu de votre rap- 
port du 7 de ce mois, que les ca- 
naux dont vous l'avez puisé, ne 
soient guère bons et assurés, les 
nouvelles qu'il renferme ne se trou- 
vant nullement conformes à la vé- 
rité, excepté peut-être ce que vous 
marquez par le post- scriptum dudit rapport concernant l'affaire de la 
cavalerie en Hongrie, qui pourrait être fondé. 

J'attends, au reste, de recevoir bientôt votre rapport sur la dé- 
claration que le sieur Keith aura faite à la cour de Vienne, ^ et sur la 
réponse que celle-ci y aura donnée, et j'espère que vous le ferez d'une 
manière circonstanciée, en y faisant entrer tout le détail nécessaire. 

Nach dem Concept. F C d C r i C. 



7440. AU CONSEILLER PRIVÉ VON DER HELLEN A LA HAYE. 

Potsdam, 18 avril 1756. 

J'ai reçu votre rapport du 9 de ce mois, et il faudra que vous 
répondiez poliment au sieur Egber van den Finden, négociant à Rotter- 
dam, que je ne saurais en aucune façon lui accorder mon pavillon pour 
les deux vaisseaux qu'il voulait envoyer à La Martinique , et je veux 
bien d'ailleurs que vous sachiez pour votre direction que je suis bien 
éloigné de vouloir exposer mon pavillon , pour favoriser la navigation 
de vaisseaux étrangers et n'appartenants point à mes sujets. 

Au surplus, vous n'omettrez pas de me faire vos rapports de tout 
ce qui pourra vous revenir sur les chipotages de la cour d'Autriche 
avec celle de France concernant l'échange projeté de Parme et de Plai- 
sance"* et des projets qui pourront se trouver sur le tapis entre elles 

I Vergl. Bd. XI, 93. — 2 Vergl. S. 197. 215. — 3 Vergl. S. 276. — 4 Vergl. S. 224. 



I 



279 — 

tendants à rendre infructueux les arrangements pris par le landgrave de 

Hesse -Cassel pour assurer après sa mort le maintien de la religion 

protestante dans ses États , ^ ainsi que de tout ce qui pourra mériter 

quelque attention de ma part. „ , 

^ ^ ^ Federic. 

Nach dem Concept. 

7441. AU MINISTRE D'ÉTAT COMTE DE PODEWILS A BERLIN. 

Potsdam, 18 avril 1756. 
Le prince héréditaire de Cassel étant sur le point de retourner 
d'ici à Berlin, pour y commencer son séjour, ^ j'ai bien voulu vous en 
avertir, afin que vous songiez aux moyens de l'amuser là au possible, 
selon sa façon de vivre, pour qu'il ne s'y ennuie pas aisément. Pourvu 
aussi qu'il montre de l'inclination à converser avec le sexe, je crois que 
le grand - écuyer, comte de Schafifgotsch, voudra bien se charger de le 
mener dans des compagnies de dames où le Prince puisse se désennuyer ; 
ce que vous tâcherez de lui insinuer adroitement, sans lui faire remar- 
quer que c'est par mon ordre que vous lui en parlez. Et sur ce, je 

prie Dieu etc. 

Federic 

Nach der Ausfertigung. 



7442. AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 

Potsdam, 19. April 1756. 
Bei Gelegenheit dessen , was Ew. Excellenz heute an des Königs 
Majestät von dem Erbprinzen von Cassel gemeldet haben, ^ und dessen 
heutiger Zurückreise nach Berlin, soll ich auf Höchstderoselben Befehl 
an Ew. Excellenz, jedoch nur zu Deroselben alleinigen Direction, von 
dem hiesigen Séjour gedachtes Prinzen melden, dass derselbe allererst 
ehegestern mit des Königs Majestät en particulier von seinen Umständen 
gesprochen und auf das beweglichste gebeten hat, dass Höchstdieselbe 
ihn aus der desolaten Situation, worin er sich bis dato gefunden habe, 
ziehen möchten; dabei er dann von seiner Religionsveränderung selbst 
zu sprechen angefangen und versichern wollen , dass er keine einzige 
andere Motive noch Absichten gehabt , als die , dass er geglaubt , seine 
Seligkeit nicht in der vorigen Religion, wohl aber in der katholischen 
Religion finden zu können ; wonächst er aber unter den grossesten Eid- 
schwüren und Contestationen versichert, dass er niemalen die Absicht 
gehabt, weder seine Frau, noch seine Kinder, noch diejenigen, so der- 
einsten seine Unterthanen werden würden , jemalen wegen der Religion 
im geringsten zu geniren noch zu verfolgen. Dabei er unter wieder- 

I Vergl. S. 257. 275. — * Vergl. S. 272. — 3 Podewils berichtet, Berlin 18. April 
[in der Vorlage verschrieben: janvier], dass er für den Aufenhalt des Erbprinzen von 
Cassel die unter dem 10. April vom Könige ihm befohlenen Veranstaltungen treffen 
werde. Vergl. Nr. 7413. 



28o 

holten grossesten Contestationen versichert, wie er in seinem Leben nicht 
gestatten und zugeben werde, dass weder seine Familie, noch seine 
Unterthanen der Religion halber persecutiret werden sollten, und dass 
solches sein fester und ohnveränderlicher Vorsatz wäre. Was ihn haupt- 
sächlich dabei schmerzete, wäre dieses, dass er darüber seines Herrn 
Vaters Gnade und Vertrauen verlieren müssen, und sei ihm unter allen die- 
jenigen zwei Dispositiones am sensiblesten, so sein Herr Vater erstens wegen 
der Grafschaft Hanau ' und zweitens wegen der Truppen gemachet, dass 
diese nämlich an die dortige Regierung mit vereidet werden sollten. 
Welches alles er unter beständiger Vergiessung vieler Thränen des Königs 
Majestät repräsentiret hat. Höchstdieselbe haben gedachtem Prinzen darauf 
geantwortet, dass sein Herr Vater in allem, was er gethan, nicht zu viel 
gethan, sondern vielmehr noch mit grosser Moderation gegen ihn ver- 
fahren hätten, und dass ein anderer Vater vielleicht zu einer weit härteren 
Resolution geschritten wäre. Es müssten Se. Königl. Majestät auch [da- 
hin] gestellet sein lassen, ob der Prinz bei seiner vorgenommenen Re- 
ligionsveränderung alles wohl überleget und die Beschaffenheit der Re- 
hgion , zu welcher er übergetreten , nebst denen daher folgenden fast 
ohnvermeidlichen Suiten genugsam eingesehen hätte , und hätte noth- 
wendig daher unter andern erfolgen müssen, dass die dortigen Unter- 
thanen, die den Verfolgungsgeist der römischen Religion und deren 
Intolérance aus den vorigen und modernen Exempeln sehr wohl kenneten, 
daher in Schrecken und Appréhension gerathen müssen. Da aber die 
Sache einmal geschehen und darauf zu gedenken wäre, was der Prinz 
nach dem begangenen Pas zu thun habe, um sich sowohl seines Herrn 
Vaters als seiner Unterthanen, auch derer dortigen Landen benach- 
barten evangelischen Fürsten Vertrauen wieder zu erwerben, so sei nichts 
anders übrig, als sich gegen seinen Herrn Vater respectueux und ge- 
horsam und im übrigen alle Moderation zu bezeigen ; wann er dem- 
nächst einmal zur Regierung gelangen werde, seiner Unterthanen Ver- 
trauen dadurch zu gewinnen, dass er sich seines Herrn Vaters Arrange- 
ments gefallen liesse, seine Religion in seiner Schlosskapelle exercirte 
und alle öffentliche Processionen und dergleichen, so seinen Unterthanen 
Scandale oder Furcht geben könnte, verhinderte und dabei keine Perse- 
cutiones gestattete, auch wenn seine Stände und Unterthanen in ihren 
Religionssachen ihn um Einen Schritt bäten, selbigen Zwei zu bewilligen, 
damit endlich selbige, wann sie sähen, dass die Religionsveränderung 
von ihm nur sein personnelles Werk sei und sie wegen ihrer Rehgion 
nichts zu befürchten hätten, wiederum alles Vertrauen gegen ihn fasseten, 
zumalen da er versicherte, niemalen weder seine Frau noch Kinder 
wegen der Religion einigen Verdruss machen zu wollen. Wie aber auch 
wahr sei, dass, da niemand ohne begangene Jugendsünden wäre und 
bei reiferen und älteren Jahren man sich mit dem Himmel darüber 

I Der Erbprinz sollte nach dem 4. Artikel der Assecurationsacte (vergl. Bd. X, 
532) die Grafschaft Hanau-Münzenberg seinem ältesten Sohne Wilhelm abtreten. 



I 



28l 

I accommodiren wolle, auch sodann sich dergleichen Leute seiner Religion 

j fänden, so solches dadurch facil machten, wenn man eine Anzahl Ketzer 

j zur Religionsveränderung obligirete: so wäre es weder seinem Herrn 

, Vater noch denen benachbarten evangelischen Prinzen zu verdenken, 

wann Sie wegen des daher erfolgenden Unheils gewisse Arrangements 

dagegen genommen hätten. Es sei wahr, dass es ihm alsdenn frei sein 

würde, andere katholische Prinzen deshalb zu Hülfe zu rufen, es sei 

I aber auch wahr , dass alsdenn die evangeUschen Prinzen sich ihrerseits 

zusammenthun würden , um die gemachte Arrangements zu souteniren, 

! da dann die ohnausbleibliche Folge sei, dass sein Land beiden Theilen 

den Tisch dazu werde decken müssen, und endlich er und sein Land 

I gänzlich ruiniret werden würde. Welches alles er aber durch ein mit 

Douceur moderirtes Betragen werde evitiren können. Was die Sache 

wegen der Grafschaft Hanau angehe , da werde sich dann wie dann 

schon ein Tempérament treffen lassen, und so viel den Eid derer Truppen 

; anbetreffe, so werde es auch vor ihn convenable sein, wenn er es dabei 

zuforderst bewenden liesse; die alten Officiers stürben nach und nach 

weg, und wann er seine Unterthanen von seiner Moderation überzeuget 

und deren und der Truppen Vertrauen wegen Sicherheit gegen alle 

Violences und Persecutionen gewonnen haben würde, so werde sich alles 

übrige deshalb von selbst geben. 

Dieses ist ohngefähr, was des Königs Majestät mir die Gnade ge- 
than , in der Eil von solchem Entretien zu sagen , und was ich davon 
memoriren können; vor das übrige haben des Königs Majestät den 
Prinzen umständlich von denen Inconvenienzien der von ihm angenom- 
menen Religion in Absicht auf die Politique, Regierung und dann auch 
wegen der Absichten des wienerschen Hofes auf ihn und derer schlechten 
Folgen vor denselben gesprochen. Des Königs Majestät haben den 
Prinzen bei allen diesen von weit mehrerer Moderation und vernünftiger 
Einsicht gefunden , als Sie Sich vorher davon persuadiren können ; es 
seind auch dannenhero Höchstdieselbe nicht sonder Hoffnung, dass in 
vielen Stücken noch was gutes bei ihm auszurichten sein werde, dafern 
er nicht wieder in die Hände von übel intentionirten Leuten verfället, 
die ihn durch übele Insinuationes zu gewinnen suchen. Inzwischen des 
Königs Majestät doch, so viel convenablement geschehen kann, darauf 
arbeiten werden, den Landgrafen in etwas gegen den Prinzen zu adou- 
ciren. Da des Königs Majestät morgen nach Berlin kommen werden, 
um dasige Regimenter zu sehen und den Tag darauf wieder hier ein- 
zutreffen, so zweifele fast nicht, dass Höchstdieselbe nicht Ew. Excellenz 
davon weiter sprechen sollten, Die ich inzwischen ganz gehorsamst bitte, 
mit meiner sehr ohnvoUkommenen Nachricht zufrieden zu sein. 

Ich kann schliesslichen Ew. Excellenz vor mich eine kleine Anek- 
dote, so mit dem General Pretlack vorgegangen ist, nicht verhalten,' 

I Das Folgende nach dem Schreiben des Landgrafen an den König, d. d. Cassel 
12. April. Vergl. Nr. 7443. 



282 

welche demselben eine ohnendliche Mortification zuwege gebracht haben 
muss, nämlich da derselbe sich einige Tage zu Cassel aufgehalten und 
endlich einem derer dortigen Minister declariret hat, dass seine Commis- 
sion auch auf den Erbprinzen und selbigen zu sprechen gerichtet sei, und 
er deshalb solchen zu sprechen verlange, ist ihm darauf von dem cassel- 
schen Minister zur Antwort geworden, dass der Prinz sich zu Hersfeld 
aufhalte , man aber nicht zuverlässig wissen könne , ob nicht derselbe 
seine nach Beriin mit Agrément des Landgrafen vorhabende Reise dahin 
schon angetreten habe, wie fast zu vermuthen sei. Da der General 
Pretlack dieses als eine Tour genommen, um ihn zu behindern, den 
Prinzen zu sprechen, hat er Tages darauf in aller Frühe einen seiner 
Adjudanten^ nach Hersfeld geschicket, um sich darnach zu erkundigen 
und sich zugleich bei dem Prinzen melden zu lassen, dessen Retour er 
aber nicht abgewartet, sondern in dem Soupçon, dass man ihn den 
Prinzen nicht sehen lassen wolle, einige Stunden darauf selbst nach 
Hersfeld gereiset ist, so ist ihm ohngefähr eine Stunde Weges von Cassel 
sein Adjudant begegnet mit der Nachricht, dass der Erbprinz, sehr ver- 
gnügt über das Agrément seines Herrn Vaters zur Reise nach Beriin, 
schon Tages vorher gerades Weges dahin abgereiset wäre, dass also 
gedachter General sich in seinem Manœuvre sehr deroutiret gesehen 
und wieder nach Cassel zurückgehen müssen. 

Den gestern in der Eil bei dem Zumachen derer Sachen an Ew. 
Excellenz begangenen Fehler habe gleich darauf wahrgenommen und 
ermangele nicht solchen zu redressiren und deshalb das Postscriptum 
des Benoît nebst denen completen Beilagen hierbei zu remittiren. 

Weilen auch gestern der Chargé d' affaires Michell die Réplique des 
englischen Ministerii auf die vorige französische Antwort, betreffend ein 
Accommodement zwischen beiden Kronen wegen der amerikanischen 
Streitigkeiten , per Courier eingesandt hat , ^ und ich fast zweifele , dass 
an Ew. Excellenz ein Duplicat davon gekommen, so lege eine Abschrift 
davon hierbei, falls des Königs Majestät etwa auch Ew. Excellenz davon 
sprechen oder etwas deshalb an den Marquis de Valory zu sagen com- 
mittiren sollten; indess solche des Königs Majestät auch gestern bereits 
nach Frankreich an den von Knyphausen communiciret haben. Falls 
Ew. Excellenz kein DupHcat der Michellschen Dépêche erhalten haben 
sollten, so werde gerne eine Abschrift davon fertigen lassen, welches 
aber gestern und heute zu thun wegen der vielen Sachen eine wahre 



Ohnmöglichkeit gewesen. 

Nach der Ausfertigung. 



Eichel. 



I Rall. — 2 Vergl. Nr. 7437. 



I 



283 

7443- AN DEN LANDGRAFEN VON HESSEN - C ASSEL 
IN CASSEL. 

Potsdam, 19. April 1756. 

Durchlauchtiger Fürst, freundlich geliebter Vetter. Ew. Durch- 
laucht an Mich unter dem 12. dieses Monats erlassenes Schreiben ist 
Mir richtig eingehändiget worden, und kann Ich nicht in Abrede sein, 
dass es Mir einige Freude verursachet, als Ich daraus ersehen, wie 
Ew. Durchlaucht das Vergnügen gehabt, dass die Absichten, so der 
dort befindliche österreichische General von Pretlack ausser allem 
Zweifel geführel, wenn derselbe Dero Erbprinzen Liebden noch selbst 
gesprochen haben würde, durch des letzteren prompte Abreise hieher 
vereitelt worden und also ersterer sich in allen seinen intendirten 
Manœuvres blousiret gefunden. ^ 

Es seind sonsten des Erbprinzen Liebden bei Mir allhier^ den 15. 
dieses angekommen und haben endlich von Selbst angefangen, Sich 
gegen Mich über alle dero jetzige Umstände vertraulich zu expliciren. 
Ich kann dabei zuforderst sagen, dass Ich Dieselbe sehr betrübt ge- 
funden und Dero grossester Chagrin insonderheit gewesen, Ew. Durch- 
laucht, als seinen Herrn Vater, erzürnet zu haben. Da demnächst des 
Prinzen Liebden Mir von allen Dero Umständen mit vieler Aufrichtig- 
keit gesprochen, so habe Ich auch Deroselben mit gleicher Aufrichtig- 
keit geantwortet, und kann Ich dabei Ew. Durchlaucht der Wahrheit 
gemäss versichern, dass Ich den Prinzen von besseren und modéréeren 
Sentiments gefunden, als Ich vorhin besorget gewesen bin, dass Ich 
ihn nicht finden könnte noch würde. Er hat Mir von freien Stücken, 
und sonder dass Ich ihn darüber befraget, unter denen grossesten Con- 
testationen versichert, wie er, wann künftig einmal die Landesregierung 
an ihn kommen sollte, weder dessen Gemahlin noch Kinder, sowie 
auch Unterthanen, nicht im allergeringsten der Religion halber geniren 
und verfolgen, noch auch jemalen zugeben würde, dass denen Landes- 
eingesessenen und Unterthanen der Religion halber die allergeringste 
Persécution widerfahren solle. Ich bin dannenhero auch der ohnvor- 
greif liehen Meinung , wie es zu des Prinzen grosser Beruhigung dienen 
dörfte, wenn es Ew. Durchlaucht gefäUig sein würde, denselben mit 
einem väterlichen Schreiben in gütigen und gnädigen Terminis zu con- 
soliren. Ich lasse die Hoffnung noch nicht fallen, sondern bin viel- 
mehr persuadiret, dass, daferne sonsten nur des Prinzen Liebden nicht 
in die Hände von übel intentionirten Leuten verfallen, welche Dieselbe 
zu gewinnen suchen , man Selbige noch in vielen Stücken auf rechte 
und gute Wege werde bringen können; nur kann Ich gegen Ew. 
Durchlaucht nicht in Abrede sein, wie Ich glaube, dass ein grosser 
Mépris denselben nicht bessern, sondern dass durch ein mit Douceur 
temperirtes Bezeigen gegen ihn annoch am weitesten mit demselben zu 
kommen sein werde. 

I Vergl. Nr. 7442. — s In Potsdam. Vergl. S. 268. 



284 



Ew. Durchlaucht werden es ledigUch Meiner wahren Freundschaft 
gegen Dieselbe attribuiren, wenn Mich darunter, nach Meiner jetzigen 
Einsicht , mit aller Cordialité explicire , dabei Dieselbe versichert sein 
können, wie von Mir nichts vergessen, noch jemalen unterlassen wer- 
den wird , was zu Dero und Deroselben Hauses und Lande , auch zu 
Maintenirung der darin eingeführten evangelischen Religion abzwecken, 
auch endlich selbst zu Dero Erbprinzen wahren und eigenen Besten 
dienen kann; wie Ich dann allemal mit der sinceresten Freundschaft 
und voUenkommensten Hochachtung beharren werde Ew. Durchlaucht 
freundwiUiger Vetter 

Nach dem Concept. 



Friderich. 



7444. AN DAS DEPARTEMENT DER AUSWÄRTIGEN ÄFF AIREN. 



thun. 



1 odewils und Finckenstein berich- 
ten, Berlin 16.1 April, dass nach dem 
Berichte Klinggräffen's vom 10. April der 
englische Gesandte Keith Befehl habe, 
die preussisch - englische Neutralitätscon- 
vention dem wiener Hofe in extenso 
mitzutheilen. Die Minister stellen die 
Frage: „si Votre Majesté ne jugera pas 
à propos de suivre à cet égard l'exemple 
de la cour de Londres, en faisant égale- 
ment communiquer in extenso ladite con- 
vention aux cours de Vienne , de Suède, 
de Danemark et à celle de Dresde, qui 
L'en a priée très instamment, 2 et si cette 
communication devra se faire purement 
du corps de ladite convention en ques- 
tion, ou en même temps avec l'article se- 
cret et séparé." 

Podewils und Finckenstein berich- 
ten, Berlin 19. April, dass der Gesandte 
von Häseler in Kopenhagen unter dem 
10. April angefragt hat, ob während seines 
Urlaubs 3 der Secretär von Feriet die lau- 
fenden Geschäfte führen dürfe. 

Mündliche Resolutionen. Nach Aufzeichnung des Cabinetssecretärs. 



Potsdam, 20. April 1756. 
Meinetwegen,, das können sie 



Gut. 



7445. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLING- 
GR^FFEN A VIENNE. 

Potsdam, 20 avril 1756. 

J'ai reçu votre rapport du 10 de ce mois,* qui ne m'a pas répandu 

beaucoup de lumières sur ce que j'ai toujours souhaité d'apprendre par 

I Sic. Der erwähnte Bericht Klinggräffen's trägt jedoch von Podewils Hand den 
Vermerk „praes. 17". — 2 Vergl. S. 200. — 3 Vergl. S. 230. — 4 Ueber den In- 
halt vergl. auch Nr. 7444 und 7450. 



i 



285 

vous, savoir la véritable façon de penser de la cour où vous êtes sur 
ma convention faite avec l'Angleterre et sur le système qu'elle voudra 
adopter à ce sujet. ^ Pour vous y aider donc encore , afin de parvenir 
sur les voies, je vous dirai que je sais» que l'Impératrice, quoiqu'en 
affectant un dehors indifférent par rapport à ladite convention, en a 
cependant bien de l'amertume dans le cœur, qu'on se berce d'une nou- 
velle illusion, savoir d'un prétendu article secret qui doit être à la suite 
de ma convention faite avec l'Angleterre, relativement à un parfait con- 
cert pris entre l'Angleterre et moi sur les affaires de l'Empire et de 
la religion, pour se mettre en quelque façon au-dessus de l'Empereur, 
et qu'en attendant on faisait apercevoir que le jeu de la cour de Vienne 
était de laisser les affaires se développer comme elles sauraient, sans 
s'en mêler. Qu'au surplus le roi de Sardaigne ^ devait avoir écrit une 
lettre à la Reine-Impératrice qui l'avait mise en assez mauvaise humeur, 
parceque ce Prince avait marqué son mécontentement de l'éloignement 
de la cour de Vienne de l'Angleterre depuis sa convention faite avec 
moi, qu'un tel procédé ne saurait être indifférent à lui, le roi de Sar- 
daigne, qui ne saurait s'empêcher de remontrer sérieusement les consé- 
quences, et que la cour de Vienne était mal conseillée de vouloir agir 
avec réserve envers l'Angleterre et, au lieu de profiter des dispositions 
favorables que je montrais, ne faire que m'irriter plus encore. 

Jugez vous-même si ladite cour voudra faire faire de grands mouve- 
ments à ses troupes, ■♦ supposé que ces avis se trouvent fondés. 

Nach dem Concept. p e d e r i C. 



7446. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE 
KNYPHAUSEN A PARIS. 



K.nyphausen berichtet, Paris 9. April, 
dass nach Briefen aus Toulon der Mar- 
schall Richelieu in diesen Tagen nach 
Minorka sich einschiffen werde,5 während 
die aus England eingelaufenen Schreiben 
von der Abfahrt des Admirais Byng 
noch nichts meldeten. In Versailles sieht 
man mit Spannung der Antwort der 
Generalstaaten auf die letzte Déclaration 
Affry's6 entgegen. 



Potsdam, 20 avril 1756. 
J'ai reçu votre rapport du 9 
de ce mois. Comme les nouvelles 
qu'il comprend, roulent pour la 
plupart sur des événements dont 
il faut bien qu'on en attende d'ap- 
prendre le bon ou le mauvais 
succès, j'espère que vous m'en in- 
formerez, dès qu'il sera parvenu 
quelque chose. Quant aux Hol- 

; landais , je suis parfaitement persuadé qu'ils adopteront le système de 

I neutralité et qu'ils s'y tiendront. 

I I Vergl. S. 128. — 2 Bericht Maltzahn's, Dresden 15. April, nach einem Be- 

richte Petzold's an Brühl, d. d. Wien 13. März. Vergl. Nr. 7447. — 3 Bericht 

; Maltzahn's, Dresden 15. April, nach einem Berichte Petzold's an Brühl, d. d. Wien 
30. März. Vergl. Nr. 7447. — 4 Vergl. S. 278. — 5 Vergl. S. 275. — 6 Vergl. 
S. 193. 



286 

N'ayant d'ailleurs aucune nouvelle intéressante à vous mander , les 
afifaires politiques étant toujours dans la même assiette, je me réfère 
à la dépêche que je viens de vous envoyer par un exprès , ^ et à ce 
que mes ordres antérieurs" vous ont enjoint touchant la scrupuleuse 
attention que vous devez continuer au sujet du chipotage entre les deux 
cours, qui jusqu'à présent reste toujours un mystère impénétrable. 

Nach dem Concept. F e d e r i C. 



7447. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE MALTZAHN 

A DRESDE. 

Potsdam, 20 avril 1756. 

J'ai reçu votre rapport du 12 de ce mois , tout comme celui dont 
vous aviez chargé le sieur Gotzkowsky et qui m'a été bien remis. ^ 
Quoique j'aie été satisfait des différentes particularités que celui-ci com- 
prend , ^ j'ai été cependant surpris de n'y avoir pas trouvé un mot du 
chipotage qu'il y a entre les cours de Versailles et de Vienne, qui 
néanmoins ne laisse pas d'exister réellement, et auquel sujet il faut que 
je vous recommande encore de faire de votre mieux, afin d'en pénétrer 
par vos soins et par votre application les vrais objets. 

Pour ce qui regarde l'homme confident, je ne crois pas que vous 
parviendrez à corriger ses fredaines au moyen d'une augmentation de 
sa pension, je me persuade que ce sera par des gratifications données 
à propos et de temps en temps que vous l'amorcerez; au reste, j'aurai 
soin que votre caisse pour les dépenses sourdes soit rafraîchie à la foire 
de Leipzig, 

Pour ce qui est des autres gens dont vous faites mention, et de 
l'envie qu'ils marquent d'entrer en mon service, je n'ai jamais entendu 
parler du sculpteur Hutin , ni vu de ses ouvrages , ainsi que je n'ai 
nulle envie de le prendre à mon service, et quant au peintre Clause, 
vous lui direz qu'il lui était libre et permis de retourner à Berlin et 
qu'il trouverait apparemment de l'emploi auprès de la fabrique de porce- 
laine , mais qu'il fallait qu'il ne comptât pas sur une pension à tirer 

de ma part. ^ , 

Federic. 

Nach dem Concept. 



I Nr. 7438. — 2 Nr. 7416 S. 256. — 3 Dresden 15. März. — + Maltzahn's 
Bericht, Dresden 15. März, resumirt den Inhalt von sieben Berichten des sächsischen 
Residenten Petzold in Wien an Brühl, d. d. Wien 10., 13., 17., 20., 24., 27. und 
30. März. Die wichtigsten Nachrichten sind in den Erlassen an Klinggräffen vom 
20. April (Nr. 7445) und an Michell vom 24. April (Nr. 7450) wiedergegeben. 



— 28; 



7448. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE MALTZAHN 

A DRESDE. 

Maltzahn berichtet, Dresden i6. 



April: „On s'est adressé au Nonce, i pour 
qu'il modérât l'emportement du prédica- 
teur; 2 qui a répondu qu'il ne saurait 
faire l'acquit de sa conscience qu'en di- 
sant la vérité dans ses sermons , et que, 
si on ne voulait pas l'entendre, il n'y 
avait qu'à lui interdire la chaire. Ce qui 
fait soupçonner en partie qu'il y a dans 
tout ceci quelque chose de plus suivi 
contre le premier ministre, c'est que plu- 
sieurs personnes de la cour du Prince 
Electoral ont mené des Protestants aux 
sermons du Jésuite, parmi lesquels quel- 
ques-uns des officiers pensionnaires ont 
présenté au roi de Pologne des placets, 
pour lui représenter leur misère. 3 ... Le 
désordre, la confusion et les malversa- 
tions continuent à affaiblir la Saxe de 
plus en plus." 



Potsdam, 23 avril 1756. 
Le rapport que vous m'avez 
fait du 16 de ce mois, m'a été 
bien rendu. Le bon père Jésuite 
ne portera pas bien loin son au- 
dace d'avoir osé déclamer contre 
le Premier, qui trouvera bientôt le 
moyen de l'envoyer promener, et 
si le Prince Électoral a été de 
la cabale, il est à croire que le 
Ministre serrera furieusement les 
cordons de la bourse par -devant 
lui. Je puis me tromper dans mes 
conjectures, mais je présume presque 
que c'est le parti français qui a 
imaginé cette intrigue, et que le 
comte de Broglie l'a ménagée 



adroitement. 

Au surplus, vous ne devez point hésiter de dire au duc de Sainte- 
Elisabeth qu'il dépendrait du Roi son maître de faire communication 
confidçnte au roi de Sardaigne des ouvertures que je lui avais fait faire 
par vous. ■* 

Nach dem Concept. 



Federic. 



7449. AN DEN OBERST VON DER GOLTZ IN HALLE. 

Potsdam, 23. April 1756. 
Mein lieber Obrister von Goltz. Ich habe zwar mit mehrern er- 
sehen, was Ihr in Eurem Berichte vom 21. dieses bei Gelegenheit 
Meiner Euch unterm 14. dieses Monats ertheilten Finalresolution ^ der 
I dortigen Commercienangelegenheiten halber an Mich annoch gelangen 
I lassen wollen ; worauf Ich Euch aber in Antwort gebe , dass Ich Euch 
vorhin schon über alles beschieden habe und die dazu nöthige Nach- 
! richten communiciren lassen, wobei Ich dann auch ohnveränderlich 
: bleibe, und Ihr also solches nur denen sächsischen Commissaires decla- 
1 riren und von ihnen eine positive Erklärung fordern sollet, ob sie 
I solches dergestalt annehmen wollen oder nicht. Ersterenfalls kann die 
I Convention sofort zu Stande gebracht werden, letzterenfalls aber bleibet 
I nichts anders übrig, als dass die Négociation abgebrochen wird. 

j I Serra. — 2 Dieses Jesuitenpaters, der in seinen Predigten gegen die Corruption 

I im sächsischen Finanzwesen eiferte, gedenkt ein früherer Bericht Maltzahn's, Dresden 
29. März. — 3 Vergl. S. 232. — 4 Vergl. S. 261. — 5 Vergl. Nr. 7427. 



288 

Was die schlesische Sachen anbetrifift, da müsset Ihr denen säch- 
sischen Commissaires insonderheit wohl begreifend machen, wie von 
Anfang der Négociation her und vorhin schon Ich Schlesien von der 
Convention als dahin gar nicht gehörig, und da es nur auf eine Er- 
neuerung und Erklärung der vorigen Convention ^ gegenwärtig an- 
kommet, eximiret wissen wollen,* und dass hauptsächlich man säch- 
sischerseits in Erwägung nehmen müsse, dass, wann Schlesien noch wie 
vormals jetzo unter österreichischer Regierung stünde, alsdann ein 
gleicher Tarif wie von Seiten des wienerschen Hofes gegen alle dessen 
Nachbaren geschehen, eingeführet sein und die enorme Imposten ^ auch 
daselbst von denen benachbarten gefordert werden würden ; wovon aber 
die sächsische Unterthanen ratione Schlesien wegen Meiner jetzo gar 
nichts empfänden, als worauf Ihr gegen dieselbe sehr appuyiren sollet. 
Im übrigen bleibet es dabei, dass Ihr einmal ein Ende mit dieser 
Négociation machen müsset, nachdem die Zeit da ist, dass Eure An- 
wesenheit bei dem Regimente erfordert wird und die Zeit von der 
Revue des Regiments immer mehr und mehr heranrücket. Wie dann 
auch dieses der letztere Brief ist, den Ich Euch deshalb schreibe, und 
Ihr also Euch darnach achten und die neue Convention nunmehro ge- 
schlossen werden muss, oder aber Ihr wiederum zurückkommen müsset. 

Ich bin Euer wohlafifectionirter König ^ . -, 

Friderich. 

Nach der Ausfertigung. 



7450. AU SECRÉTAIRE MICHELE A LONDRES. 

Potsdam, 24 avril 1756. 

Je n'ai point reçu de vos nouvelles par l'ordinaire dernier. En 
attendant celles que vous me ferez, j'ai bien voulu vous informer, 
quoique pour votre direction seule et sans que vous en laissiez appa- 
raître quelque chose aux ministres anglais, que, selon mes dernières 
lettres de Vienne,'^ le sieur Keith a remis aux ministres de la cour 
impériale copie m extenso de la convention de neutralité faite entre 
l'Angleterre et moi, avec des assurances qu'ils verraient par là l'inno- 
cence de cette convention et la pureté des sentiments du Roi son 
maître, qui ne tendaient qu'à la tranquillité si salutaire dans l'Alle- 
magne; mais qu'au reste il n'avait point été question encore de faire 
expliquer la cour de Vienne sur son chipotage avec la France, ^ et que 
le sieur Keith avait dit à mon ministre à ladite cour que son courrier 
ne lui avait rien apporté outre l'ordre de communiquer la convention. 

Après ceci, je veux bien vous informer d'une autre nouvelle qui 
m'est parvenue du depuis de très bonne main,^ c'est que le ministre] 

I Convention vom 16. October 1728. Vergl. Bd. XI, 4. — 2 Vergl. S. 155. — ' 
3 Vergl. Bd. X, 333. — 4 Bericht Klinggräffen's, Wien 10. April. Vergl. Nr. 7444. — i 
5 Vergl. S. 197. — 6 Bericht Maltzahn's, Dresden 15. April, nach einem Berichte; 
Petzold's an Brühl, d. d. Wien 24. März. Vergl. Nr. 7447. ! 



289 — ■ 

de Russie à Vienne, le comte de Keyserlingk, avait reçu l'ordre de sa 
cour d'informer celle de Vienne que le ministre de la Russie à Lon- 
dres avait été chargé de déclarer au ministère anglais que sa cour avait 
reçu avec beaucoup d'étonnement la nouvelle de la convention faite 
entre l'Angleterre et la Prusse, qui lui avait paru d'autant plus extra- 
ordinaire qu'elle s'était faite sans une communication préalable avec les 
deux cours impériales; mais que celle de Russie espérait toujours que 
l'Angleterre se convaincrait toujours davantage de la nécessité d'un 
concert si souvent proposé plus étroit et plus positif entre elle et les 
deux cours impériales, et que le sieur de Golyzin avait reçu ordre 
d'accompagner ceci avec toutes les représentations convenables pour 
obtenir ce but, et qu'au surplus il devait presser les ministres anglais 
qu'on payât des subsides à la Saxe. ^ Que pour le comte Keyserlingk, 
il lui avait été enjoint de représenter à la cour de Vienne combien il 
serait nécessaire qu'elle fît tenir le même langage à Londres par son 
ministre et qu'elle l'instruisît en conséquence. A quoi, le susdit comte 
Keyserlingk, en s'acquittant des ces ordres, avait ajouté, comme du sien, 
que mes nouveaux engagements avec Sa Majesté Britannique ne se- 
raient pas un obstacle au susdit concert, qu'il en arriverait de deux 
choses l'une, ou que je quitterais l'Angleterre, et en ce cas le fruit et 
l'effet du concert en question serait toujours celui qu'on s'en était pro- 
mis ci - devant , ou que je voudrais bien y prendre part , et que pour 
lors l'on obtiendrait encore son but. 

Vous ne devez point hésiter d'exposer confidemment tout ceci au 
lord Holdernesse, quoique seulement par manière de discours et d'ac- 
quit, en vous gardant scrupuleusement de faire paraître de la moindre 
façon, comme si j'en avais pris ombrage ou conçu du soupçon. 

Au surplus, vous continuerez par dire audit ministre en termes 
très polis que, par un juste retour de confiance qu'il m'avait témoignée 
en me faisant communiquer en dernier lieu par vous les avis qu'il avait 
reçus touchant le dessein où l'on croyait que la France était de me- 
nacer l'Allemagne d'une invasion,^ je voudrais bien lui communiquer 
ce que je venais d'apprendre par un rapport que mon ministre à Ratis- 
bonne m'avait fait,^ en conséquence duquel l'on y prétendait qu'on 
travaillait actuellement à une ligue entre divers princes catholiques du 
Saint -Empire, et qu'un certain baron de Fechenbach , "^ ministre de 
l'évêque de Würzburg, qui se trouvait actuellement à Vienne, pour 
y prendre l'investiture de l'Empereur au nom de cet évêque, avait été 
chargé de la part de l'électeur de Bavière et des évêques de Würzburg 
jet de Bamberg de négocier la consistance de cette ligue auprès de la 
cour de Vienne. Qu'on n'attendait à ce sujet que la fin de la négo- 
Iciation dont le général Pretlack était chargé de la cour de Vienne à 
;Cassel,5 pour amener le Landgrave à une réconciliation avec le Prince 

I I Vergl. S. 87. — 2 Vergl. S. 274. — 3 Bericht Plotho's, Regensburg 8. April. 

jVergl. Nr. 7452. — 4 Vergl. Bd. XI, 348. — 5 Vergl. S. 276. 

1 Corresp. Friedr. II. XII. I9 



290 



\ 



héréditaire son fils ou pour le disposer au moins à se relâcher des con- 
ditions pour le maintien de la religion protestante dans le pays de 
Hesse auxquelles il avait obligé le Prince, et que, dans le cas que cette 
négociation échouât, l'on conviendrait d'un concert pour réclamer l'as- 
sistance de la France. Vous direz à milord Holdernesse que je ne 
saurais pas encore répondre de la justesse et de l'exactitude de cet 
avis, que je ne donnais aussi que tel que je l'avais reçu; mais qu'au 
cas qu'il se confirmerait, je ne croyais pas que ni Sa Majesté Bri- 
tannique ni moi aurions lieu d'être embarrassés d'un pareil concert, vu 
que je croyais trouver encore assez d'expédients à proposer pour le 
faire échouer, auquel sujet je m'entretiendrais avec le sieur Mitchell, 
quand il serait arrivé ici,^ supposé que ces nouvelles continueraient et 
que l'affaire deviendrait plus sérieuse. Vous ne manquerez pas de me 
faire un rapport bien exact de ce que lord Holdernesse vous a répondu 

sur tout ce qui est dessus. ,, , 

rederic. 

Nach dem Concept. 



7451. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE 
KNYPHAUSEN A PARIS. 

Potsdam, 24 avril 1756. 

J'ai bien reçu votre rapport du 12 de ce mois. Je ne suis pas 
précisément du sentiment de ceux qui soupçonnent que la négociation 
entre les deux cours était entièrement suspendue, parceque les chipo- 
tages entre le comte de Starhemberg et les ministres de France parais- 
sent languir depuis quelque temps , il me paraît plutôt qu'on laisse 
dormir la négociation en attendant la réponse de l'Espagne à la propo- 
sition faite touchant le troc à régler des possessions de l'infant Don 
PhiUppe contre la Flandre autrichienne et le pays de Luxembourg, ^ 
et que, cette réponse arrivée, le chipotage entre les deux cours se 
ranimera. 

Ce qui me fortifie en partie dans ces soupçons, c'est que mes 
lettres de Vienne ^ continuent de m'assurer que c'est la France qui presse 
la cour de Vienne de se lier avec elle. Tout ceci ne doit être que pour 
votre direction seule et afin de vous mettre plus sur les voies de vous 
en orienter. 

Au surplus, je veux bien vous communiquer une nouvelle qu'on 
prétend avoir ici, et qui, si elle était fondée, serait très importante, 
savoir que le roi de Sardaigne était tombé dans une forte mélancohe 
ou plutôt dans une espèce de délire. Quoique je n'ajoute nulle foi en- 
core à cette nouvelle, j'ai cependant voulu vous en faire part, afin que 
vous tâchiez d'approfondir, quoiqu'avec beaucoup de circonspection, si 

' Vergl. S. 274. — 2 Vergl. S. 224. — 3 Bericht Klinggräffen's, Wien 
14. April. Vergl, Nr. 7454. 



291 

l'on en a appris quelque chose là où vous êtes, ou si ce n'est qu'une 
fausse nouvelle malicieusement controuvée. ^ 

Au reste, je ne veux point vous laisser ignorer une autre nouvelle 
plus sûre que celle dont je viens de vous parler, c'est que j'ai appris 
par des lettres de Ratisbonne^ que plusieurs princes catholiques du 
Saint -Empire travaillent sérieusement à former une ligue sous la pro- 
tection de la cour impériale, pour renverser les arrangements pris par 
le landgrave régnant de Hesse -Cassel pour le maintien de la religion 
protestante dans son pays, et que les susdits Princes n'attendaient que 
le succès de la commission dont la cour de Vienne avait chargé le 
général Pretlack auprès du Landgrave, pour se relâcher plus à ce sujet 
envers le Prince héréditaire son fils et de lui laisser les mains plus 
libres, afin de réclamer l'assistance de la France, dans le cas que la 
négociation du général Pretlack échouât. Voilà ce que mes lettres ci- 
dessus alléguées m'en ont appris jusqu'à présent; comme j'espère d'en 
avoir bientôt des notions plus précises sur cette affaire, je ne manquerai 
pas de vous en informer. 

VT ,. . ^ Federic. 

Nach dem Concept. 

7452. AN DEN ETATSMINISTER EDLER VON PLOTHÜ 
IN REGENSBURG. 

Potsdam, 24. April 1756.3 
Aus Euren beiden zu seiner Zeit an Mich richtig eingegangenen 
Berichten vom 8. und [12.] dieses habe Ich mit vieler Zufriedenheit 
Eure Attention auf alles dasjenige dortiger Orten, so meinen Dienst 
und Interesse afficiren kann, ersehen, und dass insonderheit Ihr Mich 
von der dem Verlaut nach zwischen einigen katholischen Prinzen und 
Ständen in Bewegung sein sollenden Ligue, um die von des regieren- 
den Landgrafen von Hessen-Cassel Liebden unter verschiedener respec- 
tabler evangelischer Puissancen Garantie gemachten Arrangements zu 
Conservirung der protestantischen Religion in Dero Familie und Landen 
zu bouleversiren, informiren wollen. '^ Es gereichet Mir die Bemühung, 
so Ihr Euch desfalls gegeben habet, zu besonders gnädigstem Gefallen, 
und habt Ihr fernerhin alle Eure Vigilance und Attention darauf mit zu 
richten, um auf den wahren Grund dieser Sache gelangen und die 
dazu in Vorschlag kommende und weit anstehende Projecte entdecken, 
auch Mich davon zuverlässig und mit Bestände benachrichtigen zu 

können. 

Friderich. 

Nach dem Concept. 



I Knyphausen meldet hierauf, Paris 10. Mai , dass die erwähnten Nachrichten 
unbegründet seien. — 2 Bericht Plotho's, Regensburg 8. April. Vergl. Nr. 7452. — 
3 In der Vorlage verschrieben: 1755. -^^s Stück ist in Folge dessen irrthümlich schon 
unter dem 24. April 1755 abgedruckt. Vergl. Bd. XI, 132. — 4 Vergl. über den Inhalt 
des Berichtes von Plotho Nr. 7450. 7451. 

19* 



292 



7453- AN DAS DEPARTEMENT DER AUSWÄRTIGEN ÄFF AIREN. 

r lotho berichtet , Regensburg 1 5 . 
April : „Als am letztverwichnen Montag 
Vormittages eine Reichsdictatur auf den 



Nachmittag angesaget wurde , so war 
wohl nichts weniger zu vermuthen , als 
dass wegen der Werbeirrungen des Her- 
zogs von Mecklenburg Durchlaucht i gegen 
Ew. Königl. Majestät etwas dictiret wer- 
den würde , da hiervon nicht das ge- 
ringste verlautet hatte und das chur- 
mainzische Directorium mich auch der 
Schuldigkeit und Observanz nach davon 
hätte zuvor benachrichtigen müssen , wie 
dasselbe es auch allen Comitialgesandten 
thut, wenn gegen dero Höfe und Princi- 
palen etwas dictiret werden soll . . . 
In grösster Verwunderung und Bestürzung 
war also, wie das sub A allergehorsamst 
hierbeischlüssige kaiserliche Commissions- 
décret cum adjuncto 2 bekam , und wel- 
ches offenbar so zudringlichst als illegal, 
wenn . . . inaudita altera parte sofort 
ein Dehortatorium und sogar zugleich 
cum Condemnatorio erlassen worden , da 
nach reichsgesetzmässiger Beobachtung des 
reichsobristrichterlichen Amts Partes zu- 
förderst zu gütlicher Beilegung wären 
anzumahnen gewesen." Der Gesandte 
führt dann die Unrechtmässigkeit des 
österreichischen Verfahrens weiter aus. 

Mündliche Resolution. Nach Aufzeichnung des Cabinetssecretärs. 



Potsdam, 24. April 1756. 
Sie müssen dieses Procédé 
sehr releviren und durch einen 
in Rechtssachen recht geschickten 
Mann sehr énergique darauf gleich 
antworten lassen, auf des Kaisers 
Brief aber gar nicht antworten. 



7454. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLING- 

GR^FFEN A VIENNE. 

Potsdam, 24 avril 1756. 
J'ai reçu votre rapport du 14 de ce mois, et je ne dois pas vous 
cacher qu'il règne encore depuis quelque temps une si grande sécheresse 
dans vos rapports et qu'ils renferment des choses si peu intéressantes, ^ 
au point que les gazettes d' Utrecht semblent presque en dire davan- 
tage. Ce qui fait que je ne saurais m'empêcher d'avoir mauvaise opi- 
nion de vos canaux, par les choses peu intéressantes et même mal fon- 
dées desquelles ils vous donnent de temps en temps connaissance. 
Sur quoi, je vous prie de réfléchir, pour approfondir la juste valeur de 

vosdits canaux. _ , 

Federic. 

Nach dem Concept. 



I Vergl. S. 273. — 2 Schreiben des Kaisers an den König von Preussen qua 
Churfürst von Brandenburg, d. d. Wien 2. April. — 3 Vergl. Nr. 7439 S. 278; 
Nr. 7445 S. 284. 



293 

7455- AU PRINCE FERDINAND DE BRUNSWICK 
A MAGDEBOURG. 

Potsdam, 24 avril 1756. 
Monsieur mon Cousin. Une lettre de change pour la somme de 
33^333 ecus 8 gros, payable à vue de trente jours, comme le premier 
terme des subsides de cette année -ci, dus au Duc régnant M. votre 
frère, étant arrivée hier ici, » j'ai bien voulu vous en avertir et des ordres 
que j'ai d'abord donnés au banquier Splitgerber, pour en retirer le paye- 
ment au jour marqué , ne doutant pas , que vous ne voulez vous 
charger d'en informer le Duc, afin qu'il lui plaise de disposer à son 
gré. Je suis avec des sentiments invariables. Monsieur mon Cousin, 

de Votre Altesse le bon et très affectionné cousin 

.r , , ^ Federic. 

Nach dem Concept. 



7456. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION COMTE DE 
SOLMS A STOCKHOLM. 

Potsdam, 24 avril 1756. 

J'accuse la bonne réception des dépêches que vous m'avez faites 
du 6 et du 9 de ce mois , sur lesquelles je veux bien vous dire que, 
comme la grande députation va donner au Roi et au Sénat des règles 
pour agir en conséquence, quand il sera question dorénavant de nommer 
aux charges, je ne serais pas fort étonné, quand ces règles seront à 
l'avantage du Sénat et restreindront l'autorité royale, vu que la plupart 
de la susdite députation sont dépendants ou attachés au Sénat. En 
attendant, ce sera toujours dans le fond un changement de la forme 
du gouvernement de Suède; réflexion que vous pourrez bien ghsser 
adroitement dans un des entretiens que vous aurez avec le baron de 
Hœpken, sans y trop appuyer. ^ 

Au reste, je serai toujours bien aise, quand vous saurez contribuer 
au radoucissement des esprits échauffés des deux partis. 

Nach dem Concept. F 6 d e T i C. 

7457- AU MINISTRE D'ÉTAT COMTE DE PODEWILS A BERLIN. 

Potsdam, 25 avril 1756. 
Vous aurez vu sans doute ce que le comte de Solms vient de me 
mander par son rapport du 13 de ce mois^ touchant la démarche in- 
jurieuse à laquelle le comité secret en Suède a procédé vis-à-vis de ma 
sœur. Comme ceci va à l'excès , ma volonté est que vous en deviez 
parler au ministre de Suède , le sieur Wulfwenstjerna , en lui disant de 
ma part que , pourvu que le Sénat voudrait continuer d'agir par des 
procédés aussi irréguliers , s'il en fût jamais , je ne saurais plus voir là- 

I Vergl. Bd. XI, 437. — 2 Vergl. S. 254. — 3 Vergl. Nr. 7459. 



294 



4 



dessus avec des yeux indifférents, et qu'on m'obligerait de songer, mal- 
gré moi, à des moyens pour sauver la dignité de ma famille, dont j'en 
trouverais peut-être qui sauraient causer des regrets à ceux qui avaient 
agi si inconsidérément avec ma sœur. Vous ajouterez que lui, sieur 
Wulfwenstjerna , en saurait bien écrire au baron de Hœpken, contre 
lequel je gardais sans cela encore quelque dent, par rapport à son mau- 
vais procédé contre moi dans l'affaire de Rexin. ' Et sur ce , je prie 
Dieu etc. 

Nach der Ausfertigung. 



Federic. 



7458. AN DAS DEPARTEMENT DER AUSWÄRTIGEN ÄFF AIREN. 

[Potsdam, avril 1756.] 
Je me moque des Autrichiens, 
et je presserai le duc de Mecklem- 
bourg, pour qu'il soit obligé de 
changer les démarches injurieuses 
qu'il a faites à mon armée, les 
édits outrageants qu'il a fait af- 
ficher dans son pays,^ et qu'il se 
mette à la raison. La cour de 
Vienne n'a consenti à son raccom- 
modement avec ses gentilshommes^ 
qu'à condition qu'il empêchât l'ar- 
mée prussienne de lever du monde 
dans son pays. Voilà le dessous 
des cartes, et c'est ce que je ne 
peux souffrir à cause des consé- 
quences. 



1 odewils und Finckenstein berich- 
ten, Berlin 25. April, über das Auftreten 
des kaiserlichen Hofes in den preussischen 
Werbungsstreitigkeiten mit Mecklenburg: 2 
„Es 'giebet diese ungewöhnliche und 
unfreundliche Démarche des kaiserlichen 
Hofes genugsam zu erkennen, wie gefähr- 
liche Absichten hierunter verborgen, und 
dass der kaiserliche Hof durch die ge- 
sicherte Mehrheit der Stimmen derer ka- 
tholischen geist- und weltlichen Fürsten 
hauptsächlich intendire , . . . durch einen 
Reichsschluss Ew. Königl. Majestät Wer- 
bungen im Reiche einen empfindlichen 
Tort zu thun und die Reichsstände zu 
scharfen Patenten gegen die Werbungen 
zu animiren," Die Minister weisen jedoch 
darauf hin, „dass keine Pacta vorhanden, 
wodurch Ew. Königl. Majestät prätendirtes 
Werbungsrecht in denen mecklenburgi- 
schen Landen festgesetzet ist, und dieses 
aus dem eventuellen Successionsrecht 3 so 
wenig, als dass solches zu Zeiten Ew. 
Königl. Majestät Herrn Vaters Majestät 
exerciret worden , sich mit Bestände be- 
haupten lassen dürfte . . . Hiergegen aber 
sind in denen zu Ew. Königl. Majestät 
Herrn Grossvaters Majestät Zeiten errich- 
teten 4 und nachhero erneuerten Hausver- 
trägen dem Hause Mecklenburg alle lan- 
desherrliche Gerechtsame ohne die min- 
deste Einschränkung reserviret worden." 

Nach der eigenhändigen Aufzeichnung [praes 27. April] am Rande des Berichts. 



Federic. 



I Vergl. Bd. XI, 176 — 178. 196. — 2 Vergl. S. 292. — 3 Vergl. S. 21. — 
4 Vergl. Bd. IX, 60. — 5 Vergl. S. 273. — 6 Vergl. S. 20. 



i 



— 295 

7459- AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION COMTE 
DE SOLMS A STOCKHOLM. 

Potsdam, 27 avril 1756. 
J'ai reçu la dépêche que vous m'avez faite du 13 de ce mois, et 
vous adresse ci-clos la réponse à la lettre que vous y aviez jointe, que 
vous rendrez à sa destination.' Je suis d'ailleurs très fâché de la situa- 
tion pénible où ma sœur se trouve, ^ ses embarras me font une peine 
extrême, et j'avoue que les procédés dont use le Sénat envers elle, 
commencent à être trop irréguliers; aussi en ferai-je parler au ministre 
de Suède à ma cour d'une manière un peu énergique.^ En attendant, 
vous ne perdrez aucune occasion convenable pour inspirer des senti- 
ments de modération à ma sœur, autant que la disposition où elle se 

trouve le permettra, ^ , 

Federic. 

Nach dem Concept. 



7460. A LA REINE DE SUÈDE A STOCKHOLM. 

ochreiben der Königin von Schweden ,,le 13 avril 1756" : , »Quelque doulou- 
reuse que soit la position où je me trouve , j'en ai senti augmenter l'amertume par 
les reproches que renferme votre lettre. * Si j'ai à me faire des reproches , ce n'est 
assurément pas d'avoir négligé vos conseils. Vous vous rappellerez sans doute avec 
quel empressement je me suis prêtée à la démarche que vous exigeâtes de moi par 
rapport à un raccommodement avec l'ambassadeur de France, 5 qui, au lieu de ré- 
pondre à mes intentions et aux espérances qu'il me fit entrevoir, trahit la conversa- 
tion et me rendit la victime de ma crédulité. La complaisance que j'eus d'entrer en 
vos vues en tâchant de gagner le sénateur Hœpken , ne fut pas moins infructueuse, 
puisqu' oubliant ses protestations de vouloir s'employer au bien général, il travailla 
avec zèle à la publication d'un libelle contre le Roi. Vous vous souviendrez encore 
du peu d'avantage que l'on a tiré du procédé généreux à l'égard du comte Tessin,6 
qui, au lieu d'y être sensible, s'en est vengé d'une façon inouïe sur toutes les per- 
sonnes attachées au Prince royal.? Le mauvais état des affaires n'est donc ni un 
effet de mon indocilité, ni de la trop grande extension que le Roi a voulu donner à 
son pouvoir; satisfait de celui que les lois lui adjugent, il n'a cherché qu'à revendiquer 
les mêmes droits dont son prédécesseur a joui sans interruption. Sa gloire et le bien 
de son royaume étaient des motifs assez puissants pour l'y engager, sans qu'il ait dû 
s'y laisser entraîner par des gens dont les efforts ont à la vérité manqué d'être utiles, 
mais dont l'intégrité ne saurait être suspecte. Les persécutions auxquelles ils se sont 
exposés gratuitement, garantissent de leur fidélité et du fond qu'on pourra toujours 
y faire. Si, pour les soutenir, j'avais eu 100,000 écus à ma disposition, tout m'aurait 
assuré un succès certain. 8 Cette ressource m' ayant manqué, c'est à ce seul incident 
que je dois attribuer les malheurs qui m'environnent, et dont vous ne pourrez vous 
faire qu'une idée très imparfaite. Représentez - vous un beau -frère et une sœur qui 
vous sont attachés , dans l'oppression la plus cruelle , auxquels on refuse leurs droits, 
la disposition de leurs enfants, et jugez des égards qu'exige la bienséance. Figurez- 
vous leurs droits en proie aux factions les plus violentes, le pouvoir absolu entre les 

I Schreiben der Königin von Schweden vom 13. April, Erwiderung des Königs 
vom 27. April; vergl. Nr. 7460. — 2 Vergl. Nr. 7461. — 3 Vergl. Nr. 7457. — 
4 Vergl. Nr. 7390. ~ S Vergl. S. 245. — 6 Vergl. Bd. X, 257. 258. — ? Vergl. 
S. 211. — 8 Vergl. S. 255. 



296 

mains du Sénat, un parti gagné à force d'argent et formé par la lie de la nation, 
persécutant sans ménagement tout ce qui porte un nom et qui connaît son devoir; 
voilà l'état actuel de la Suède. Voilà la situation où je suis réduite, accablante 
sans doute, à moins que vous ne l'envisagiez qu'avec cette sensibilité que je vous 
ai toujours connue pour moi. Si je ne puis réussir à l'intéresser en ma faveur, je 
saurai supporter avec fermeté tous les revers de la Fortune, et je suis prête à m'ex- 
poser à tout ce qui pourra m'arriver , plutôt que de m' abandonner à la discrétion 
d'un parti insensible aux bienfaits dont je l'ai accablé, et depuis longtemps sourd 
à la voix de la raison et de l'humanité." 

[Potsdam, 27 avril 1756.] 
Dès que j'ai vu la désunion qui commençait à paraître entre le 
Roi et le Sénat , j'ai cru de travailler au bien commun en tâchant de 
rapprocher les esprits et en essayant de les conseiller; mais je ne vous 
ai jamais conseillé de dire votre secret à l'ambassadeur de France ni 
à personne, au contraire, je crois vous avoir dit plus d'une fois qu'il 
fallait dissimuler et cacher vos desseins pour les faire réussir. Mais 
pour vous montrer que vous vous cachez trop peu et que vous vous 
confiez souvent très légèrement à des personnes qui vous trahissent, je 
vous envoie l'instruction que vous avez donnée au comte Horn.' J'ai 
toutes les autres pièces en main, mais celle-ci vous convaincra que 
vous ne prenez pas assez de mesures pour cacher vos desseins, et que 
par conséquent il n'est pas étonnant qu'un sénat jaloux de ses droits, 
et qui s'est vu à la veille d'être massacré, ne prenne des précautions 
contre ceux qui en veulent à son autorité et à sa vie. Je ne prends 
point pour cela la défense du Sénat en main, au contraire, je le blâme 
d'avoir eu la dureté de placer des gens auprès de votre fils contre votre 
aveu; j'ai été indigné en apprenant la députation qu'il vous a faite au 
sujet des diamants de la couronne.'^ Il y a plus d'un moyen pour in- 
timider le Sénat et le mettre à la raison; j'agis de ma part, je fais 
parler à Stockholm et Berlin, ^ et si cela ne suffit pas, je ne m'en 
tiendrai pas là, mais j'agirai plus fortement, et vous verrez que je 
m'intéresse, plus que vous ne le pensez, à votre personne. Mais vous 
ne devez pas croire que jamais j'adhère à des voies de fait et à des 
scènes ensanglantées; je crois que l'ambition a des voies permises 
pour parvenir à ses fins, et que dans chaque gouvernement il faut 
s'en tenir aux lois, à moins qu'on ne soit le plus fort, et que rarement 
la violence est le moyen le plus sûr de réussir. Machiavel dit qu'il 
faut revêtir la peau de renard, lorsqu'il n'est pas séant de se servir 
de celle de lion. Je ne vous parle d'ailleurs point du parti du Sénat, 
que vous traitez de misérables, je ne vois cependant que Wrangel et 
un homme d'un nom peu connu qui ont été engagés dans la der- 
nière équipée. * Pour Dieu, pour votre conservation, pour celle de vos 

I Vergl. S. 269. — 2 Vergl. Nr. 7461. — 3 Vergl. Nr. 7456. 7461 und 
7457. — 4 Der Baron Erich Wrangel (vergl. S. 245) wurde von der Senatspartei 
verfolgt, weil er ein Complott gegen die Verfassung angestiftet haben sollte. Die 
Königin hatte, nach dem Berichte des Grafen Soi ms' vom 23. März, ihm, dem 



297 

enfants qui vous doit être précieuse, prenez des sentiments plus modé- 
rés et, quoique vous ayez lieu de vous plaindre, dissimulez davantage et 
ne prenez pas des affaires avec hauteur que votre situation présente ne 
vous permet pas de soutenir , et souvenez - vous , je vous en conjure, 
qu'on ne doit employer la force que lorsque la ruse n'a plus lieu. 

Fe de rie. 

Instruction du comte de Horn de la propre main du roi de Suède. 

„Mon colonel, le comte de Hom, avec la connaissance qu'il a de mes intentions 
et son zèle pour mon service, aura soin de témoigner premièrement à Sa Majesté Im- 
périale de toutes les Russies mon inclination invariable de conserver la paix et la 
bonne intelligence entre les deux couronnes, la haute estime que j'ai pour Sa Majesté 
Impériale, mon désir de cultiver précieusement son amitié, et combien je déteste la 
noirceur de ceux qui ont voulu travailler à en interrompre la continuation. Secundo, 
il tâchera d'effacer les mauvaises impressions qu'on a voulu donner à l'Impératrice, 
comme si j'aspirais à un pouvoir contraire aux lois de mon royaume , préjudiciable à 
la liberté de nies sujets et au repos du Nord; calomnies d'autant plus atroces, que 
j'ai toujours eu en horreur tout ce qui est contraire au vrai bien de mes sujets et à 
la foi des engagements que j'ai si solennellement contractés, ne souhaitant uniquement 
que de conserver inviolablement les constitutions du royaume et de défendre tant mes 
droits légitimes que ceux de la nation contre un parti assez puissant et assez hardi 
pour oser également empiéter sur tous les deux. En troisième lieu , comme les inté- 
rêts de mon frère, l'évêque de Lübeck, me tiennent fort à cœur, et que je connais la 
bienveillance de Sa Majesté Impériale pour lui et toute ma maison, le comte de Horn 
est chargé de s'intéresser avec empressement dans les affaires et sollicitations dudit 
Prince et de les appuyer autant que possible; en quoi j'espère qu'il trouvera la pro- 
tection de Leurs Altesses Impériales , lesquelles il assurera très particulièrement de 
toute mon estime et d'une tendresse digne des liens du sang qui nous unissent. 
• Quarto, je suis persuadé que vous sentez assez combien le secret est indispensablement 
nécessaire dans cette négociation et que pour cette raison ce n'est uniquement qu'à 
Sa Majesté Impériale et à Leurs Altesses que vous avez à faire une entière ouverture 
de mes sentiments et de ne vous adresser qu'au grand-chancelier Bestushew, pour la 
personne de qui je n'ai pas moins d'estime que de confiance. En cinquième lieu, 
malgré toutes les oppositions des mal-intentionnés , j'ai toujours considéré l'amitié de 
mon oncle, le roi d'Angleterre, comme fort avantageuse à ma maison et à ma couronne. 
J'ai toujours souhaité une occasion favorable pour faire cesser les froideurs que l'on 
a voulu semer entre nous, en ayant déjà auparavant fait, quoiqu'infructueusement, 
l'ouverture dans mon Sénat , et comme il y a à Pétersbourg un ministre de la cour 
britannique , vous trouverez peut - être le moyen de vous ménager avec lui quelques 
pourparlers sur les mesures à prendre pour ramener entre nos royaumes cette bonne 
intelligence si nécessaire au repos du Nord et si conforme à mes propres désirs. 
A Ulrichsdahl, ce 9 de janvier 1756." 

Nach dem eigenhändigen Concept. Die Beilage nach der von Maltzahn, Dresden 9. April, 
übersandten Abschrift aus dem Berichte Funcke's an Brühl vom 21. Februar. Vergl. S. 269. 



preussischen Gesandten, darüber gesagt: „Que. le crime [du baron Wrangel] n'était 
pas celui qu'on disait dans le parti dominant, mais uniquement celui d'avoir voulu 
sauver Silfverhielm. La Reine me disait à cette occasion qu'elle était sûre que le 
parti avait été dans l'intrigue de le faire sortir de la prison, que leur intention avait 
été de le prendre dans la maison de Wrangel avec lui, et que je verrai qu'on ne 
ferait rien ni à lui ni aux bas-officiers arrêtés pour l'avoir laissé échapper." 



— 298 — 

7401. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE 
KNYPHAUSEN A PARIS. 

Potsdam, 27 avril 1756. 

J'ai bien reçu votre rapport du 16 de ce mois, qui ne m'ayant 
rien offert qui saurait demander des instructions ultérieures pour vous, 
fait que je ne vous parlerai aujourd'hui que des affaires de la Diète de 
Suède, au sujet desquelles il faut bien que je vous dise que, du train 
qu'elles vont, je ne saurais qu'en être extrêmement mécontent. Je ne 
prétends point relever ici la dureté avec laquelle le comité secret a 
agi à l'instigation du Sénat de placer des gens auprès les Princes, fils 
du Roi, contre son gré et son aveu,^ mais l'on me mande* qu'on a 
envoyé une députation à la Reine, chargée de la commission injurieuse 
de demander compte à elle non seulement des bijoux de la couronne 
qui lui avaient été confiés, mais encore de ceux dont les États lui 
avaient fait un présent, lorsqu'elle arriva dans le pays. Ce qui me 
fâche le plus parmi des procédés si irréguliers et outrés , c'est que je 
viens d'apprendre , non pas par ma sœur , ce que je puis assurer reli- 
gieusement, mais par un autre canal, que c'est par un propos imprudent 
du marquis d'Havrincour que tout ce manège s'est élevé, ayant dit en 
présence de beaucoup de monde que la Reine avait fait engager ses 
bijoux à Hambourg. 

Vous pouvez bien en parler convenablement au sieur de Rouillé, 
quoique sans trop appuyer sur la dernière anecdote , et lui dire que, 
comme de pareils procédés allaient trop loin, je n'avais pas pu me dis- 
penser d'en faire parler au ministre de Suède résidant à ma cour, le 
sieur de Wulfwenstjehia, et que je me persuadais que lui, M. de Rouillé, 
voudrait bien faire en sorte que le sieur Havrincour dût modérer plus 
ses transports et agir avec une modération qui convient à son caractère. 

Nach dem Concept. F e d e r i C. 



à 



7462. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLING- 
GR^FFEN A VIENNE. 

Potsdam, 27 avril 1756 
J'ai reçu votre rapport du 17 de ce mois et vous avoue que je ne 
sais à la fin plus que penser des rapports que vous me faites , dont je 
commence d'être en peine pour vous-même et ne saurai, si cela con- 
tinue, comment faire pour les lire, sans être affecté de l'extrême séche- 
resse qui y règne. 3 Je suis fâché des reproches que je me vois obligé 
de vous en faire, mais c'est bien vous qui vous les attirez; j'en appelle 
à la minute de votre rapport susdit, si vous voulez vous prendre la 
peine de la relire. La conjoncture présente ne permet pas que je me 

I Vergl. S. 211. — 2 Bericht des Grafen Solms', Stockholm 13. April. Vergl. 
Nr. 7459. — 3 Vergl. Nr. 7454 S. 292. 



i 



299 

contente de balivernes, ainsi rendez vos rapports plus intéressants et 
expliquez-vous mieux, je me lasse d'être renvoyé d'un ordinaire à l'autre 
pour apprendre quelque chose qui saurait mériter mon attention. 

Nach dem Concept. F e d e r i C. 



7463. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE MALTZAHN 

A DRESDE. 

Potsdam, 27 avril 1756. 

J'ai bien reçu votre [rapport] du 19 de ce mois et attendrai avec 
empressement celui que vous me faites espérer encore avec des nou- 
velles intéressantes. ^ 

Quant à ce que le comte de Brühl vous a dit touchant quelques 
voitures chargées de marchandises qui ont été arrêtées par les miens, 
j'avoue que, si le fait était tel que le Ministre vous l'a dit, je rendrais 
bien responsables ceux des miens qui contre mon intention avaient osé 
violer le territoire des Princes mes voisins; mais, comme il est tel que 
les voitures des Leipzigois qui mènent des marchandises de là à Bruns- 
wick et de retour, ayant abandonné depuis quelque temps la grande 
route ordinaire pour passer une autre détournée et entièrement hors de 
mon territoire, afin de frauder par là mes droits et péages, les miens 
se sont cependant aperçus que ces voitures ont pour la plupart traversé, 
clandestinement et pendant la nuit, une langue de terre indisputablement 
de mon territoire, pour en éviter le détour et pour y passer plus aisé- 
ment un petit ruisseau qui s'y trouve. Sur quoi, s'étant postés en em- 
bûches, ils ont attrapé quatre de ces voitures appartenant au magistrat 
de Leipzig avec quelques charrettes en flagrant délit, qu'ils ont arrêtées 
et menées en sûreté, pour cause de fraude de péages. 

Voilà les vraies circonstances, dont apparemment le comte de Brühl 
a été mal appris , et au sujet desquelles je vous permets , si vous le 
trouvez bon, d'informer mieux ce ministre, comme d'une chose qui était 
un des inconvénients qui résultaient de ce que les commissaires saxons 
pour les conférences de commerce à Halle, n'avaient point voulu se 
prêter jusqu'à présent à des conditions raisonnables, pour convenir 
d'un traité. 2 

Au reste, mes lettres de Vienne ^ m'ayant annoncé l'arrivée du 

comte de Flemming à Vienne, j'espère que vous me tiendrez compte 

de ses nouvelles. -r- j • 

Fe de ne. 

Nach dem Concept. 



I Maltzahn verspricht in dem Berichte vom 19. April Nachrichten über die Ab- 
sichten des wiener und versailler Hofes gegen die Maassnahmen zur Sicherung der 
protestantischen Confession in Hessen-Cassel. Vergl. S. 270. — 2 Vergl. S. 287. — 
3 Bericht Klinggräffen's, Wien 17. April. 



— 300 — 

7464- AU SECRÉTAIRE MICHELL A LONDRES. 

Potsdam, 27 avril 1756. 

J'ai reçu vos rapports du 13 et du 16 de ce mois. De dire pré- 
cisément sur quels objets le chipotage entre la France et la cour de 
Vienne roule, c'est ce qui m'a été impossible encore d'approfondir 
exactement; il est néanmoins vrai que ce chipotage va toujours son 
train, et il y a toute apparence qu'il s'y agit entre autres des arrange- 
ments à prendre relatifs aux Pays-Bas. » 

Quant à l'affaire concernant le traité d'union maritime entre la 
Suède et le Danemark, je suis encore à attendre la communication 
promise de ce traité, * que je ne manquerai pas de communiquer après 
au ministère anglais. J'attends d'ailleurs l'arrivée du sieur Mitchell,^ 
pour m'expliquer avec lui sur ce sujet. 

Je vous ai déjà mandé que nous avons actuellement ici le prince 

héréditaire de Cassel."* A ce qu'il paraît, il souhaite d'entrer dans le 

militaire ici;^ je n'en suis pas trop pressé et ne voudrais me décider, 

avant que de m'être entendu là -dessus avec Sa Majesté Britannique; 

que, si elle le voit volontiers, je crois qu'au moins nous nous assurerions 

de ce Prince en quelque façon, pour qu'il ne tombe pas entièrement 

dans les mains des Catholiques, jusqu'à ce qu'il viendra succéder à 

son père. „ , 

^ Federic. 

Nach dem Concept. 



7465. AN DEN LANDGRAFEN VON HESSEN-CASSEL IN CASSEL. 

Potsdam, 28. April 1756. 
Durchlauchtigster Fürst, freundlich geliebter Vetter. Ich entrire 
völlig in allen denjenigen Embarras , welchen Ew. Durchlaucht durch 
die in Dero freundvetterlichen Schreiben vom 24. dieses Mir vertrau- 
lichst eröffneten ganz ohnvermutheten Propositionen, so Deroselben der 
General Pretlack wegen Dero Erbprinzen Liebden gethan,^ empfinden 
müssen; Ew. Durchlaucht kennen auch Meine Neigung, um alles mög- 
liche beizutragen, was nur einigermaassen zur Verminderung der Verlegen- 
heit, worin Dieselbe Sich bei den jetzigen Umständen sehen, etwas bei- 
tragen kann. Wie aber der jetzige Vorfall von der Beschaffenheit ist, 
dass Ich vor ohnumgänglich nothwendig finde , darunter nicht sonder 
Concert mit des Königes von Grossbritannien Majestät, als Mitgarantens 
der von Ew. Durchlaucht getroffenen Arrangements zur Versicherung 
der Religion in Dero Landen, zu gehen und denn derjenige Minister, 
welchen gedachtes Königs Majestät an Meinen Hof absenden , nächster 
Tagen allhier eintreffen wird, so werde Ich Mich auch mit demselben 

1 Vergl. S. 224. — 2 Vergl. S. 239. — 3 Vergl. S. 274. — 4 Vergl. Nr. 7434 
S. 272. — 5 Vergl. S. 212. — 6 Ueber den Inhalt des Schreibens des Landgrafen 
vergl. Nr. 7469. 7470. 7474. 



30I 

I darüber umständlich expliciren, um zu vernehmen, wie eigentlich erstere 
I darüber denken, welche dero Gedenkensart deshalb zu hören Mir so 
Inothwendig als billig zu sein scheinet; wovon dann auch Ew. Durch- 
laucht hiernächst das weitere Meines Ortes zu eröffnen nicht ermangeln 
werde. Indess da Ew. Durchlaucht annoch Herr von des Erbprinzen 
Liebden und des allerdinges sehr heilsamen Entschlusses sein, auf alle Weise 
zu verhindern, dass der wienersche Hof wenigstens bei Dero Lebzeiten 
seine führende Absichten mit des Erbprinzen Liebden nicht erreichen 
könne , so weiss Ich vor der Hand kein anderes Mittel übrig , als dass 
Ew. Durchlaucht von Dero Erbprinzen eine Déclaration fordern, nicht 
in österreichische Dienste gehen zu wollen, als welches Meines Er- 
achtens alles dasjenige ist, so Dieselbe darunter thun können. 

Und da übrigens nicht zu zweifeln ist, dass man von Seiten des 
österreichischen Hauses sowie auch verschiedener anderen römisch- 
katholischen Fürsten alles versuchen werde, was die von Ew. Durchlaucht 
getroffene Arrangements derangiren kann , ' so muss Ich nach Meiner 
gegen Dieselbe gewohnten Aufrichtigkeit bekennen, wie Ich nebst allen 
wohlgesinneten evangelischen Fürsten und Ständen Ursache habe, Unsere 
Wünsche vor die Verlängerung Ew. Durchlaucht Lebens bis auf die 
spätesten Zeiten menschlichen Alters zu thun, da nicht sonder allen 
Grund zu besorgen stehet, dass nach Deroselben dereinst erfolgenden 
Ableben des Erbprinzen Liebden sich schwerlich zurückhalten lassen 
werden, um nicht in österreichische Dienste zu gehen und alsdenn sich 
in alle daher besorgliche gefährliche Folgen, obschon zu dero eigenen 
grossesten Schaden und Nachtheil einflechten zu lassen. Ich bin mit 
der voUenkommensten Freundschaft und Hochachtung Ew. Durchlaucht 

freundwilliger Vetter t- • j • i. 

° Friderich. 

P. S. 
Daferne auch Ew. Durchlaucht durch die fortdauernde Gegenwart 
des General Pretlack zu Cassel in gewisser Maasse geniret und einigen 
Embarras haben sollten, so stelle Ich Deroselben anheim, ob Dieselbe 
etwa convenable erachten, gedachtem General zu eröffnen, dass dessen 
Antrag von der Beschaffenheit wäre, dass Ew. Durchlaucht Sich desfalls 
zu keiner positiven Erklärung entschliessen könnten, bevor Dieselbe 
nicht zuforderst Sich mit denen Garanten derer dort getroffenen Arrange- 
ments darüber consultiret haben würden ; dabei dann gedachtem General 
zu insinuiren, dass nach darüber eingeholten Sentiments derer Garantens 
Ew. Durchlaucht Sich gegen des Kaisers Majestät darüber schriftlich zu 
expliciren nicht ermangeln wollten. Ich überlasse jedennoch lediglich 
und allein Ew. Durchlaucht Gutfinden, was Dieselbe darunter von Dero 
Convenance zu sein erachten werden. 

Nach dem Concept. 

X Vergl. S. 257. 289. 



302 



1 



7466. AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 



r odewils überreicht, Berlin 26. April, 
die Abschrift eines ihm vom Erbprinzen 
von Cassel mitgetheilten Schreibens des 
Landgrafen an den Erbprinzen. ,,Le 
ministre d'Etat de Borcke m'a aussi mon- 
tré une lettre qu'il a reçue du général de 
Donop de Cassel, par laquelle il lui 
mande que le Landgrave était charmé de 
savoir le Prince son fils à Berlin et en 
de si bonnes mains , mais que le seul 
moyen de le fixer et de le faire renoncer 
au funeste dessein de se jeter, du vivant 
de son père, entre les bras de la cour de 
Vienne,! était, selon les sentiments de ce 
Prince , s'il pouvait être tranquillisé des 
pièges que cette cour ne laisserait pas de 
lui tendre , ce qui , selon le Landgrave, 
serait assez difficile de détourner tôt ou 
tard , au moins que le Prince son fils ne 
fût assez heureux d'entrer dans le service 
militaire de Votre Majesté." 2 



Nach der Ausfertigung. 



Potsdam, 29. April 1756. 
Zufolge Sr. Königl. Majestät 
allergnädigsten Befehl soll ich an 
Ew. Excellenz auf den von Dero- 
selben an des Königs Majestät 
unter dem 26. dieses erstatteten 
Bericht nebst Remittirung der in 
solchem befindlich gewesenen An- 
lage melden, wie dass Höchstdie- 
selbe noch bis dato über die Ab- 
sichten des Erbprinzen von Hessen 
in einer besonderen Verlegenheit 
wären, indem Sie besorgeten, dass 
derselbe mit dem Grafen Puebla 
noch in einigem Verständniss wäre, 
welches Se. Königl. Majestät in 
solcher Appréhension erhielte, dass 
Sie noch nicht wüssten, was vor 
eine Partie Sie nehmen und wie 
Sie es mit dem Prinzen anfangen 
sollten, um nicht die Dupe zu sein. 

Eichel. 



7467. AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 



Fodewils berichtet, Berlin 28. April, 
dass er dem Befehl des Königs gemäss 3 
dem schwedischen Gesandten in Berlin 
Vorstellungen wegen der Unbilden ge- 
macht habe , denen die Königin von 
Schweden seitens des Senates ausgesetzt 
sei. Wulfwenstjerna hat dem Minister zu 
verstehen gegeben, dass, wenn der König 
von Preussen eine Einwirkung auf den 
schwedischen Senat beabsichtige, dies mit 
mehr Erfolg durch den preussischen Ge- 
sandten in Stockholm geschehen würde: 
,,que pour lui , le sieur Wulfwenstjerna, 
il serait peut-être moins propre pour cela 
que tout autre , par de certaines raisons 
sur lesquelles il ne pouvait pas s'ex- 
pliquer." Die Erklärung für das Ver- 



Potsdam, 29. April 1756. 
Ich bin nicht von seinem 
Sentiment. Was Ich davon nach 
Frankreich zu schreiben vor nöthig 
erachtet, habe Ich vorerst dahin 
geschrieben.* Er kann also nur 
Wulfwenstjerna das ministerielle- 
ment sagen, was Ich ihm commit- 
tiret habe; will dieser es hin- 
schreiben, so dependiret es von 
ihm , wo nicht , so kann er es an- 
stehen lassen, genug, dass es ihm 
gesaget worden ist. Es ist Mir 
darunter nicht eben sehr an dem 



I Vergl. S. 276. — 2 Vergl. S. 212. — 3 Vergl. S. 293. — 4 Vergl. Nr. 7461. 



303 



halten Wulfwenstjerna's ist, wie Podewils 
von dem Grafen Finckenstein i hört, darin 
zu suchen , dass die Mitglieder der Fa- 
mihe Wulfwenstjerna in Schweden als 
Gegner des Senates gelten. Graf Pode- 
wils würde wirksam erachten: „Si Votre 
Majesté trouvait à propos de S'expliquer 
nettement avec la cour de France , qui 
guide presque à son gré toute la barque 
pendant la Diète présente en Suède, . . . 
surtout si l'on pouvait obtenir d'elle de 
rappeler le marquis d'Havrincour . . . 
comme l'homme du monde le moins pro- 
pre à adoucir les esprits." Von einer 
durch England einzuleitenden Wiederauf- 
nahme der Beziehungen zwischen Preussen 
und Russland würde ferner nach Pode- 
wils' Meinung Verstärkung des preussi- 
schen Einflusses in Schweden zu hoffen 
sein : ,, C'est un événement que le parti 
du Sénat en Suède et même la France 
paraissent craindre le plus dans le mo- 
ment présent, et qui rendrait certainement 
l'une et l'autre plus docile." 

Mündliche Resolution. Nach Aufzeichnung des CabinetssecretärSc 



Effect gelegen; dann Ich noch 
andere Mittel weiss. 



7468. AU MINISTRE D'ÉTAT COMTE DE PODEWILS A BERLIN. 

Potsdam, 30 avril 1756. 
La lettre ci-close^ du landgrave de Hesse-Cassel, qu'il m'a envoyée 
par une estafette, vous informera de ce qu'il m'a marqué par rapport à 
ce que le général Pretlack lui a déclaré dans une audience qu'il a eue 
auprès du Landgrave touchant le Prince héréditaire son fils. Comme 
je lui ai déjà répondu par une autre estafette qu'avant que de pouvoir 
me déterminer à ce qu'il demande , pour prendre le Prince en mon 
service, je croyais nécessaire d'attendre l'arrivée du sieur Mitchell, 
à laquelle je m'attendais à tout moment, pour m'expHquer avec lui sur 
les intentions que le Roi son maître saurait avoir à cet égard, et qu'en 
attendant un certain capitaine de cavalerie, comte de Rail, adjudant du 
général Pretlack, vient d'arriver à Berlin, ^ que je soupçonne fort d'être 
chargé par le dernier, peut-être même jusqu'à lui porter le brevet de 
général que la cour de Vienne lui offre, et peut-être encore l'ordre de 
la toison — j'ai cru être nécessaire de prendre quelque précaution à ce 
sujet. C'est pourquoi mon intention est que vous vous rendiez auprès 

I Finckenstein hatte von 1744 — 1746 als Gesandter in Stockholm gestanden. 
Vergl. Bd. III, 387; IV, 396; V, 561. — 2 D. d. Cassel 24. April. Vergl. Nr. 7465. — 
3 Bericht des Generalmajors von Meyerinck, Berlin 29. April, über die in Berlin am 
28. eingetroffenen Fremden. Vergl. S. 282. 



304 

du Prince pour lui insinuer convenablement que, comme son père m'avait 

marqué par une estafette ce que le général Pretlack lui avait dit au 

sujet d'un engagement que lui, le Prince, dût avoir pris avec la cour 

de Vienne, j'espérais qu'il voudrait bien s'expliquer confidemment envers 

moi là-dessus, afin que je susse à quoi m'en tenir. Vous pouvez même 

montrer au Prince le passage en question de la lettre du Landgrave, en 

observant cependant de ne pas lui laisser voir ni le reste de la lettre, 

ni sa date, et pour le reste vous insinuerez bien poliment au Prince 

que j'espérais qu'il ne voudrait point se déterminer à quelque démarche, 

avant que d'avoir pris le concert avec son père. 

Je laisse à vous de prendre telle tournure que vous trouverez la 

plus convenable, en parlant sur ceci au Prince, mon intention étant 

seulement qu'il ne se laisse pas éblouir par les ofifres que le général 

Pretlack lui fera faire sans doute par son adjudant, le capitaine Rail, et 

qu'apparemment le comte de Puebla appuiera, et que d'ailleurs le Prince 

ne se précipite pas pour donner prise sur lui à ceux qui le voudront 

duper, et pour ne pas faire quelque démarche qui sût déranger les 

bonnes intentions de son père et causer de nouvelles aigreurs. Sur ce, 

ie prie Dieu etc. _ , 

•'^ Federic. 

Nach der Ausfertigung. 



7469. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE 
KNYPHAUSEN A PARIS. 

Potsdam, 30 avril 1756. 

J'ai reçu le rapport que vous m'avez fait du 19 de ce mois. 
J'attendrai avec empressement celui que vous me ferez sur ce que M. 
de Rouillé vous dira du résultat qu'on aura pris dans le conseil au sujet 
des affaires de la Suède; ^ car je veux bien vous dire, quoique pour 
votre seule direction, que les procédés du Sénat de Suède sont pré- 
sentement si irréguliers qu'à moins qu'on ne songe en France d'y 
porter efficacement remède, je me vois obligé de penser à d'autres 
moyens convenables. 

Quant aux autres affaires que vous touchez dans votre rapport, il 
faut bien que le temps nous les développe, pour y voir plus clair. ^ 

Je vous ai déjà informé par ma dépêche du 13 de ce mois^ des 
soupçons qu'il y a d'un concert pris ou à prendre encore entre la cour 
de Vienne et de France pour rendre infructueux les arrangements pris 

I Vergl. s. 241. — 2 Knyphausen berichtet, Paris 19. April, dass man an 
einigen Orten behaupte , der Marschall Richelieu werde nach der Einschiffung in 
Minorka die Kriegserklärung Frankreichs gegen England veröffentlichen , und dass 
man noch im Zweifel sei, ob der König von Sardinien bereits mit England ab- 
geschlossen habe (vergl. S. 237. 285), ebenso ob die Vereinbarung zwischen Schweden 
und Dänemark schon von beiden Seiten unterzeichnet sei (vergl. S. 239). — 3 Vergl. 
Nr. 7426 S. 264. 



1 



305 

du landgrave de Hesse-Cassel à l'occasion du changement de la religion 
du Prince héréditaire son fils. Comme du depuis ce Prince est arrivé 
à Berhn, pour y rester quelque temps, mes lettres de Cassel' m'ont 
appris que le général de Pretlack, que la cour de Vienne y a envoyé, 
ayant été extrêmement dérouté de ce qu'il avait manqué de n'y trouver 
plus le Prince, qui était déjà parti pour Berlin, à qui il voulait parler 
seul pour le disposer d'aller se jeter entièrement dans les bras de la 
cour de Vienne, avait à la fin déployé sa commission au père, le Land- 
grave régnant, en lui déclarant, dans une audience prise expressément, 
qu'il y avait passé un an que le Prince héréditaire avait proposé à la 
Reine-Impératrice de vouloir s'engager à son service, pourvu qu'elle lui 
accorderait le grade de général d'infanterie dans ses troupes, à quoi 
cependant cette Princesse n'avait fait guère attention alors et ne s'était 
point décidée là -dessus; mais que, sur ce que ce Prince avait réitéré 
ses instances, l'Impératrice -Reine venait à présent de résoudre d'agréer 
le Prince en son service et de lui accorder le brevet de général d'in- 
fanterie, ne doutant pas que le Landgrave ne lui en sût gré et n'y 
donnât son consentement. Que celui-ci, sur une proposition aussi étrange, 
lui avait répondu qu'il ignorait parfaitement si le Prince son fils avait 
jamais fait telle démarche envers la cour de Vienne, qui, tout au con- 
traire, lui avait donné les assurances les plus fortes de n'avoir eu du 
tout ni correspondance ni liaison avec ladite cour, et qu'il fallait bien 
qu'il s'en éclaircît avec le Prince son fils, de sorte que l'affaire était 
restée jusque là dans ces termes. J'ai trouvé bon de vous informer de 
ce détail, afin que vous soyez à même de vous orienter d'autant mieux 
sur les soupçons de ceux qui sont dans la persuasion qu'il y a un 

concert pris à ce sujet entre les deux cours susdites. ^ _ , 

^ ^ Federic. 

Nach dem Concept. 

7470. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE MALTZAHN 

A DRESDE. 

JVialtzahn berichtet , Dresden 23. 
t April , dass Funcke dem Grafen Brühl 
! mit einem Bericht vom i . März die Ab- 
I Schriften zweier Schreiben übersendet hat: 
! „Le premier billet est de la Grande-Du- 
; chesse au grand-chancelier Bestushew, pour 
[l'avertir qu'il y avait un projet d'agir 
I vigoureusement dans les affaires de Po- 
! logne contre le comte Brühl et d'envoyer 
I pour cela le grand - maréchal Bestushew 
I comme ambassadeur en Pologne, pour fou- 
i droyer tous ceux qui voudraient y détruire 



Potsdam, 30 avril 1756. 
J'ai bien reçu le rapport que 
vous m'avez fait du 23 de ce mois. 
J'ai appris par mes dernières lettres 
de CasseP que le général Pretlack, 
voyant son projet manqué de parler 
seul au Prince héréditaire, afin de 
le disposer pour aller se jeter en- 
tièrement dans les bras de la cour 
de Vienne, par le prompt départ 



I Schreiben des Landgrafen, Cassel 24. April. Vergl. Nr. 7465 S. 300. — 
* Vergl. S. 264. 291. — 3 Schreiben des Landgrafen, Cassel 24. April. Vergl. 
Nr. 7465 S. 300. 

Corresp. Friedr. II. XII. 20 



3o6 



les partisans de la Russie ; que les auteurs 
[de ce projet] se servaient du prétexte que 
le grand - chancelier Bestushew négligeait 
les intérêts de la Russie, à laquelle il im- 
portait d'avoir un parti dans un royaume 
voisin comme la Pologne, pour tâcher de 
changer le ministère; . . . que le comte 
Brühl se vantait d'être sûr du Grand- 
Chancelier ... Le second billet est la 
réponse du grand-chancelier Bestushew à 
la Duchesse, où il lui dit qu'il savait par 
la correspondance que le vice - chancelier 
Woronzow et le sieur Olsuwiew avaient 
entretenue avec son frère, toutes les ca- 
lomnies inventées et les complots tramés 
contre luii . . . qu'il croyait l'ambassade 
dangereuse, à cause que son frère ne ferait 
que brouiller la Russie avec la Pologne 
et la Saxe, comme il avait manqué de la 
brouiller avec la cour de Vienne ... Le 
sieur Funcke finit sa dépêche en marquant 
que le comte Esterhazy aurait ces jours- 
là une conférence dans laquelle il in- 
struirait le ministère russien des sentiments 
de la cour de Vienne sur la convention 
de neutralité de Votre Majesté avec Sa 
Majesté Britannique; qu'il ignorait encore 
ce que cet ambassadeur autrichien était 
chargé de faire connaître." 



du Prince vers Berlin, s'est à la 
fin déboutonné envers le Landgrave 
régnant sur la commission dont sa 
cour l'avait chargé, en déclarant à 
celui-ci qu'il s'était passé un an que 
le Prince avait sollicité auprès de 
la Reine-Impératrice d'être agréé à 
son service dans la charge de 
Generalfeldzeugmeister avec l'an- 
cienneté de 1747. Sa Majesté Im- 
périale n'y avait pas pris alors at- 
tention et ne s'était déterminée à 
rien; mais que, du depuis, le Prince 
ayant réitéré ses sollicitations, et par 
une considération particulière pour 
le Landgrave, la Reine-Impératrice 
venait de se prêter à recevoir le 
Prince en son service et de lui ac- 
corder le brevet tel qu'il avait 
autrefois souhaité, ne doutant pas 
que le Landgrave ne lui en sût 
gré et ne donnât son agrément à 
cette affaire. Sur quoi, le Land- 
grave a répondu qu'il ignorait par- 
faitement que jamais le Prince son 
fils eût fait cette démarche , dont 
il était d'autant plus surpris, parceque celui-ci avait toujours fortement 
protesté de n'être jamais entré ni en correspondance ni en liaisons avec 
la cour de Vienne, de sorte qu'il faudrait bien que lui, le Landgrave, 
s'éclaircît préalablement sur ce sujet avec le Prince. Aussi l'affaire est- 
elle restée là jusqu'à présent. J'ai bien voulu vous communiquer ce 
détail pour votre direction seule, afin de vous mettre par là à même 
de poursuivre les recherches que je vous ai ordonné de faire à ce sujet.' 
Du reste, j'ai été bien aise d'apprendre les nouvelles intéressantes 
que le post - scriptum de votre rapport comprend ; elles m'ont été bien 
instructives , et je souhaite fort de pouvoir être informé encore de la 
façon dont le comte Esterhazy s'est expliqué dans la conférence qu'il 
a eue en dernier lieu avec les ministres de Russie, et d'ailleurs comment 
le sieur Williams s'est expliqué au sujet des dépêches que son dernier 
courrier lui avait apportées, ^ en sorte que vous ferez au mieux pour me 

satisfaire encore là-dessus. ^ , 

Fe de ne. 

Nach dem Concept. 



1 Vergl. Bd. XI, 284. — 2 Vergl. Nr. 7431 S. 270. — 3 Vergl. S. 236. 



I 



307 

7471- AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLING- 
GRyEFFEN A VIENNE. 

Potsdam, 30 avril 1756. 
Le rapport que vous m'avez fait du 21 de ce mois, m'a été rendu, 
qui cependant ne m'a donné encore aucun sujet de vous répondre 
quelque chose, sinon qu'il faut que je vous réitère mon mécontentement 
sur l'extrême sécheresse qui y règne, ^ et que j'aimerais autant de n'avoir 
point de rapports que de pareils, qui ne font qu'effleurer les matières, 
promettre toujours de nouvelles explications , et qui , pris et combinés 
ensemble, ne comprennent rien que du verbiage et des rapsodies. 

Nach dem Concept. F e d e T i C 



7472. AN DEN LANDGRAFEN VON HESSEN-CASSEL IN CASSEE. 

Potsdam, 3. Mai 1756. 

Durchlauchtiger Fürst, freundlich geliebter Vetter. Ew. Durchlaucht 
Schreiben vom 29. ^ des letztverwichenen Monates April ist Mir richtig 
eingeliefert worden, und bezeige ich hierdurch Deroselben alle Meine 
Danknehmigkeit vor die darin Mir gegebene vertraute Nachrichten, 
des Erbprinzen Liebden betreffend, als von welchen Ich allen guten 
Gebrauch zu Meiner alleinigen Direction machen werde. 

Indess kann nicht umhin, Ew. Durchlaucht von dem neuen Vorfall, 
so wegen des Erbprinzen Liebden vor wenigen Tagen geschehen, dahin 
zu benachrichtigen, dass, da vermuthlich der General von Pretlack von 
der Antwort, so Ew. Durchlaucht demselben bei dem Antrage eines von 
dem Erbprinzen genommenen Engagements mit dem wienerschen Hofe 
[ertheilet],^ nicht zufrieden gewesen ist, er die Partie genommen, seinen 
Adjutanten, den Rittmeister von Rall, '^ nach BerHn zu senden, so dann 
auch den 28. voriges daselbst angekommen und sofort die Gelegenheit 
gesuchet hat, den Erbprinzen zu sprechen, um ihm ein Schreiben von 
dem General Pretlack selbst zu überreichen. Da Ich aus der von Ew. 
Durchlaucht Mir vorhin schon gegebenen Nachricht von letzterem An- 
trage gar leicht urtheilen können, was die Schickung des von Rall vor 
ein Objet haben müsse, so habe Ich unter verhoftter Genehmhaltung 
von Ew. Durchlaucht Meinem Minister Graf von Podewils aufgetragen,^ 
des Erbprinzen Liebden zu besprechen und Dieselbe über die von ge- 
dachtem General Pretlack gethane Aeusserungen von einem von Dero- 
selben mit dem wienerschen Hofe genommenen Engagement zu son- 
diren. Worauf aber des Erbprinzen Liebden freimüthig und sonder 
einiges Déguisement declariret haben,^ wie zu Ende des vorigen Jahres, 

I Vergl. Nr. 7454. 7462. — 2 In der Vorlage verschrieben; 24. — 3 Vergl. 
S- 305. — 4 Vergl. S. 303. — 5 Vergl. Nr. 7468. — 6 Das Folgende beruht au 
dem bezüglichen Berichte Podewils' vom i . Mai , der Antwort auf den Erlass vom 
30. April. 



^ 308 — ■ 

und da Dieselbe das Vorhaben gehabt, Sich von Hersfeld zu retiriren, 
Sie nach allerhand Intriguen und Chipoterien des wienerschen Hofes der 
Prinzessin von Hessen-Rothenburg geschrieben hätten, dass, da Sie nicht 
länger in Dero besten Jahren müssig bleiben könnten, Sie entschlossen 
wären, in auswärtige Militärdienste zu treten, und also gedachte Prin- 
zessin nach Wien schreiben könnte, dass, wann man ihn dort zu haben 
verlange, er die Stelle eines Generalfeldzeugmeisters, jedoch mit der 
Ancienneté seines dort habenden Patents von 1747, annehmen wolle. 
Sobald aber Dero Evasion ausgebrochen und Dieselbe sich mit Ew. 
Durchlaucht ausgesöhnet habe, so hätten Dieselbe auch vorgedachter 
Prinzessin sogleich geschrieben, dass vor ihn nichts weiter mit dem 
österreichischen Dienst zu thun wäre, und man die ganze Négociation 
davon fallen lassen müsste, da er fest entschlossen sei, nachdem er mit 
seinem Herrn Vater reconciliiret wäre, niemalen ohne dessen expresse 
Einwilligung in einige fremde Dienste zu gehen; wobei er versichert, 
dass dieses die reine Wahrheit sei, worauf Ich rechnen könne. Sonsten 
habe auch der General Pretlack jetzo seinen Adjutanten, den Capitain 
von Rall , nach Berlin gesandt und selbigen mit einem grossen Paquet 
Briefen an ihn chargiret, [welcher] auch sich bereits, um selbige an ihn selbst 
zu überreichen, melden lassen, dem er aber in Antwort bekannt machen 
lassen, dass er ihn nicht sehen, noch Briefe von ihm annehmen könnte, 
auch übrigens niemalen einige Démarche unternehmen werde, ohne seines 
Herrn Vaters Consens dazu zu haben , als in welchem Entschluss er 
ohnveränderlich beharren würde ; wie er dann gar wohl einsähe , dass 
dieses eine neue Intrigue und Tracasserie des wienerschen Hofes sei, 
als welcher Himmel und Erden zu bewegen schiene, um zu verhindern, 
dass er in keine andere als dortige Dienste gehe. Ich kann auch an 
der Richtigkeit dieser Erklärung, so des Erbprinzen Liebden [gethan], 
um so weniger zweifeln, als Mir sonst bekannt ist, dass Dieselbe von 
gedachtem Hauptmann Rall nichts von Briefen annehmen wollen, so 
dass dieser den i . ^ dieses Monates ganz ohnverrichteter Sache wiederum 
von Berlin abgereiset ist. 

Ich habe Meiner Schuldigkeit zu sein erachtet, Ew. Durchlaucht 
alle Umstände dieses Vorfalles zu melden, und erwarte Ich nur die tag- 
täglich vermuthete Ankunft des an Meinem Hofe geschickten englischen 
Minister Mitchell , um , wie gegen Ew. Durchlaucht in Meinem vorigen 
erwähnet,^ denselben über die Gedenkensart des Königs von Engelland 
über das Vorhaben des Erbprinzen Liebden, in hiesige Dienste zu treten, ^ 
besprechen und sodann gegen Ew. Durchlaucht Mich näher darübel 
expHciren zu können. Der mit der vollenkommensten Hochachtung 
ohnausgesetzet bleibe Ew. Durchlaucht freundwilliger Vetter 

Nach dem Concept. Friderich. 

I Rapport des Generalmajors von Meyerinck , Berlin 2. Mai. Vergl. dagegelj 
S. 312. — 2 Vergl. Nr. 7465. 



309 

7473- AN DEN GEHEIMEN KRIEGSRATH EICHEL. 

[Potsdam, Mai 1756.] 
Nach England muss die Historie von des Pretlack's Adjutant mit 
dem Prinzen von Hessen in Berlin ausführlich geschrieben werden, um 
dass solche denen Ministers dorten communiciret werde, imgleichen was 
man in Frankreich sowohl wegen den Troc von Don Philippe, als auch 
wegen der Neutralität der Niederlanden tractiret. Imgleichen kann ihm 
ein kurzer Extract von Solms seine Relation gemacht werden, nur in- 
soweit er berichtet, dass Dänemark und Schweden nicht richtig zu- 
sammen wären, und worum. ^ 

Eigenhändig. 



F r i d e r i c h. 



7474. AU SECRÉTAIRE MICHELE A LONDRES. 

Potsdam, 4 mai 1756. 
Les rapports que vous m'avez faits du 20 et du 23 du mois passé 
d'avril, m'ont été bien rendus. Quant à ce qui s'est passé encore entre 
le landgrave de Hesse -Cassel et le général Pretlack, que la cour de 
Vienne lui a envoyé, je crois vous avoir déjà informé ^ qu'il ne s'est 
agi dans la première audience qu'il a eue, que des intercessions faites 
de la part de ladite cour à ne pas vouloir gêner le Prince héréditaire 
sur son changement de reHgion. Mais comme le grand but du susdit 
émissaire a été de disposer le Prince d'aller se jeter dans les bras de 
la cour de Vienne, et que^ cet émissaire avait manqué son projet de 
parler lui-même au Prince, par le prompt départ que celui-ci avait fait 
pour Berlin, il s'est à la fin déboutonné envers le Landgrave, en lui 
déclarant que c'était passé un an que le Prince avait sollicité auprès 
de l'Impératrice -Reine la charge de général d'infanterie parmi ses 
troupes, demande à laquelle l'Impératrice n'avait pas pris attention alors, 
mais que, le Prince ayant réitéré cette demande, elle voulait à présent 
bien s'y prêter et accorder au Prince le brevet de général d'infanterie, 
tel qu'il avait autrefois désiré, savoir avec l'ancienneté de l'an 1747, et 
qu'elle ne doutait pas que le Landgrave n'y donnât son agrément. Sur 
quoi, celui-ci ayant répondu qu'il n'avait jamais eu la moindre connais- 
sance que le Prince son fils eût fait une pareille démarche, qui tout 
au contraire avait protesté le plus solennellement de n'avoir eu du tout 
aucune correspondance ni liaison avec la cour de Vienne, lui, le Land- 
grave, se voyait ainsi obhgé de s'éclaircir avec le Prince là-dessus. Ce 
qui a fait prendre la résolution au général Pretlack d'envoyer d'abord 
son adjudant , un certain capitaine de cavalerie comte Rail , à Berlin, 
avec une lettre au Prince pour le prier de ne pas lui donner le démenti 

I Demgemäss Immediaterlass an Michell, d. d. 4. Mai. Vergl. Nr. 7474. — 
2 Ministerialerlass an Michell, Berlin 27. April. — 3 Das Folgende auf Grund des 
Schreibens des Landgrafen, Cassel 24. April. Vergl. Nr. 7465. 



3IO 

sur ce qu'il avait proposé au Landgrave. Comme j'ai pris occasion de 
là de faire expliquer le Prince , ^ il m'a fait dire qu'il m'avouait avec 
franchise que, vers la fin de l'année passée et lorsqu'il avait eu le dessein 
de se retirer de sa demeure à Hersfeld, après des intrigues et des 
chipoteries, il avait écrit à la princesse de Hesse - Rothenburg qu'elle 
pourrait écrire à Vienne que, si l'on voulait de lui dans le service d'Au- 
triche, il accepterait le grade miHtaire de général d'infanterie; mais 
qu'aussitôt que son évasion avait été éventée et qu'il s'était réconcilié 
avec son père, il avait averti la princesse de Rothenburg qu'il n'y avait 
plus rien à faire pour lui dans le service d'Autriche et qu'il était ferme- 
ment résolu, depuis la réconciliation, de n'entrer jamais dans aucun ser- 
vice étranger [sans le consentement de son père] ; que c'était la pure vérité 
de tout ce qui s'était passé à cet égard, et qu'il sentait bien que c'était 
une nouvelle intrigue et tracasserie de la cour de Vienne, qui remuait tout 
pour l'empêcher d'entrer dans d'autre service que le sien. 

Il m'est aussi revenu d'ailleurs que, le susdit capitaine Rail s'étant 
fait annoncer au Prince pour lui remettre un gros paquet de lettres du 
général Pretlack, le Prince avait répondu qu'il ne pouvait le voir, ni 
accepter des lettres de lui, et qu'il ne ferait jamais aucune démarche 
sans le consentement de son père; de sorte que ce capitaine s'était vu 
obligé de retourner, sans avoir pu s'acquitter de la commission dont il 
avait été chargé. Voilà tout ce qui s'est passé jusqu'ici dans cette affaire, 
dont vous ne laisserez pas d'informer les ministres anglais. 

Vous leur direz d'ailleurs de ma part que, quoiqu'il avait paru que 
la négociation de la cour de Vienne avec celle de France était suspen- 
due depuis quelque temps, vu que les conférences du comte de Starhem- 
berg avaient été beaucoup moins fréquentes que ci - devant , je venais 
cependant d'apprendre de très bonne main^ que ce n'était que parceque 
le ministère de France avait différé de s'expliquer définitivement sur les 
propositions de la cour de Vienne, sous prétexte qu'on ne saurait rien 
conclure , avant que d'avoir concerté avec l'Espagne les branches de 
cette négociation, surtout celles qui étaient relatives au troc des pos- 
sessions des infants en Italie ^ contre celles de l'Autriche en Flandre, et 
de Luxembourg, et qu'on n'y saurait faire aucunes démarches, avant 
que l'abbé de Bernis, ministre destiné à la cour de Madrid,"^ ne soit 
arrivé en Espagne. L'on m'ajoute que la cour de France ne deman- 
dait ce délai que dans la vue de ne point prendre d'engagement pour 
la neutralité des Pays-Bas, avant que d'être assurée du succès de 
l'entreprise de Port-Mahon^ et éclaircie sur l'impression que cette 
opération pourrait faire sur la nation anglaise par rapport à la poursuite 
de la guerre. Ce que le comte de Starhemberg ayant approfondi et 
voulant d'ailleurs profiter des dispositions favorables de la cour de Ver- 
sailles à l'égard de celle de Vienne, il pressait extrêmement à présent 

I Vergl. S. 303. 307. — 2 Bericht Knyphausen's, Paris 23. April. Vergl. 
Nr. 7475. — 3 Vergl. S. 224. — 4 Vergl. Bd. XI, 315. 410. — 5 Vergl. S. 285. 



I 



311 

sur la garantie des Pays-Bas par un traité de neutralité et de la régler 
par une simple convention, dans laquelle on laisserait les autres objets 
de cette négociation entièrement à l'écart et stipulerait d'en faire par la 
suite la matière d'un traité séparé; enfin que, pour mettre le ministère 
de France au pied du mur là -dessus et écarter tout obstacle, il offrait 
de la part de sa cour de laisser même l'élection d'un roi des Romains 
à l'écart et de ne toucher à aucun autre objet dans cette convention 
que celui mentionné dessus. 

Vous finirez par informer les ministres anglais qu'en conséquence 
de mes nouvelles de Suède,' il n'y avait rien de conclu encore entre 
la Suède et le Danemark, par rapport au concert à joindre leurs flottes 
respectives , ^ pour protéger leur commerce et faire respecter leurs pa- 
villons contre les insultes des vaisseaux étrangers, et que cette négocia- 
tion n'était pas encore si avancée qu'on paraissait la regarder, vu qu'il 
y avait des anicroches par lesquelles elle devait être arrêtée, au point 
même d'échouer; enfin qu'on regardait cette union comme une chose 
qui devait se faire ou en peu ou jamais, aussi un des articles qui pourra 
faire un empêchement à la conclusion, regardait le commandement des 
deux escadres combinées, que le Danemark prétendait, parcequ'il y était 
le plus fort en nombre des vaisseaux pour cette expédition. 

Vous ne manquerez pas de communiquer tout ceci confidemment 

aux ministres anglais et de me faire un rapport exact de ce qu'ils vous 

auront dit sur les difiiérents sujets mentionnés. ^ , 

F e d e r 1 c. 

Nach dem Concept. 



7475. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE 
KNYPHAUSEN A PARIS. 

Potsdam, 4 mai 1756. 

La dépêche que vous m'avez faite du 23 d'avril passé , m'a été 
fidèlement rendue, par laquelle j'ai été bien aise de voir que j'ai deviné 
juste, quand je vous avais marqué par une de mes dépêches antérieures ^ 
que je ne croyais pas la négociation entre les cours de Versailles et de 
Vienne entièrement suspendue , mais bien que la France voudrait être 
assurée auparavant des sentiments de l'Espagne. 

Pour ce qui regarde le pli"^ que le comte de Starhemberg y a pris 
pour presser les ministres de France à convenir avant tout d'une neu- 
tralité des Pays-Bas , j'ai bien de la peine à croire que le ministère de 
France dût autant méconnaître ses vrais intérêts pour donner dans ce 
panneau et faire une pareille convention, sans envisager les suites très 
préjudiciables qui en résulteront pour la France. 

I Bericht des Grafen Solms, Stockholm 16. April. — a Vergl. S. 239. — 
3 Vergl. Nr. 7451 S. 290. — 4 Ueber den bezügliche Meldung von Knyphausen 
vergl. Nr. 7474. 7478. 



312 

Vous continuerez de veiller à tout avec l'attention la plus scru- 
puleuse, afin de me bien instruire sur ces affaires intéressantes. 

Nach dem Concept. F 6 d e T i C 

7476. AN DEN ETATSMINISTER GRAF PODEWILS IN BERLIN. 



X odewils berichtet, Berlin 3. Mai: 
„Votre Majesté sait déjà que l'aide de 
camp du général baron de Pretlack , le 
baron de Rail, est parti hier, i après avoir 
fait faire hier au matin, à ce que le Prince 
héréditaire d' Hesse -Cassel m'a dit, une 
dernière tentative pour lui parler et pour 
lui remettre les paquets dont il a été 
chargé ; à quoi le Prince a fait répondre 
qu'il ne le verrait point et qu'il ne rece- 
vrait rien de lui. Ce Prince m'a demandé 
s'il ne pouvait pas avoir l'honneur de 
parler à Votre Majesté, quand Elle Se 
rendrait ici , 2 sur les menées de la cour 
de Vienne à son égard. Il m'a laissé lire 
en même temps une lettre originale du 
Landgrave son père , par laquelle il lui 
marque que ce serait le plus grand gage 
de la bienveillance et des bonnes grâces 
de Votre Majesté pour lui, si Elle le vou- 
lait recevoir dans Son service , et qu'il y 
donnait son consentement, sans balancer, 
mais qu'il lui écrirait encore plus ample- 
ment là-dessus par la poste prochaine." 

„En conséquence des ordres de Votre 
Majesté, 3 je suis revenu à la charge au- 
près du sieur de Wulfwenstjerna, pour lui 
réitérer ministériellement tout ce que je 
lui avais dit précédemment touchant le 
procédé injurieux et indécent qu'on avait 
tenu en dernier lieu vis-à-vis de Sa Ma- 
jesté la reine de Suède, dans l'affaire des 
bijoux. Le sieur de Wulfwenstjerna m'a 
répondu qu'il tâcherait de s'acquitter le 
mieux qu'il lui serait possible des inten- 
tions et des ordres de Votre Majesté." 

Mündliche Resolutionen. Nach Aufzeichnung des Cabinetssecretärs 



Potsdam, 4. Mai 1756. 
Ich werde ihn ganz gerne 
sprechen, nur möchte er machen, 
dass Mich der Prinz nicht über- 
eilete, weil Ich gerne den Mitchell 
vorher gesprochen haben möchte. 



Ist recht gut. Im übrigen 
gehen die Sachen in Schweden 
jetzo darunter so wüste, dass Ich 
Mich, Ich mag wollen oder nicht, 
davon werde mehren müssen. "^ 



7477. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION DE MALTZAHN 

A DRESDE. 

JMaltzahn berichtet , Dresden 30. April , Flemming melde an Brühl in einem 
unmittelbar nach der Ankunft in Wien 5 abgestatteten Berichte vom 17. April, dass er 

I Vergl. dagegen S. 308. — 2 Der König kam am 8. Mai nach Berlin. — 
3 Vergl. Nr. 7467 S. 302. — 4 Vergl. S. 315. — s Vergl. S. 299. 



313 

der Osterfestlichkeiten wegen noch keine Audienzen bei dem Kaiser und der Kaiserin 
habe nehmen können. II marque „qu'il se contenterait de dire simplement en termes 
généraux à Leurs Majestés Impériales que, plus les conjonctures étaient délicates, plus 
la cour de Dresde souhaitait de conformer ses démarches à celles qu'on ferait à Vienne, 
et que pour cet effet elle ne désirait rien tant que d'être confidemment instruit des 
intentions de la cour de Vienne ... Il faudrait [selon Flemming] qu'elle embrassât 
bientôt l'un des deux partis, dont le premier était de s'unir avec la France, pour 
renfermer conjointement avec elle le roi de Prusse dans des bornes convenables, pour 
qu'il se trouvât hors d'état de pouvoir plus nuire à l'avenir à personne; que la 
France, considérant, après avoir déjà été abandonnée par la Prusse,' qu'il n'y avait 
aucune sûreté avec celle - ci , tant qu'elle resterait aussi puissante , pourrait bien être 
portée à embrasser ce plan et à se servir des conjonctures pour l'exécution; mais 
qu'il y avait pourtant une réflexion à faire à cet égard, qui était que, l'Autriche étant 
l'ancienne émule de la France, qui avait contribué de tout son pouvoir à agrandir le 
roi de Prusse aux dépens de la première, il se pourrait que la France trouvât trop 
de danger dans le projet de rendre, au moyen de l'abaissement du roi de Prusse, à 
l'Autriche son ancienne puissance, et que de là il arriverait peut-être que la France, 
alors qu'on la croyait entrée le plus avant dans ce plan d'abaissement de la Prusse, 
changerait de batteries et se réconcilierait avec celle-ci, qui, de son côté se voyant 
exposée, se rapprocherait alors volontiers vers la France. Qu'en outre, pour réussir 
dans ces vues, il faudrait s'assurer préalablement du consentement de la cour de Russie 
et prévenir que , par déférence pour l'Angleterre , elle ne se déterminât à embrasser 
les intérêts de ce Prince. Qu'après ces réflexions donc, comme on ne pourrait pas 
faire assez de fond sur la France , ni se promettre avec sûreté le concours de la 
Russie, il paraissait qu'il ne restait à la cour de Vienne que le second parti à prendre: 
de dissimuler le chagrin que lui donnait la démarche précipitée de la cour de Londres, 
et de déclarer à celle-ci que la cour de Vienne avait les plus fortes raisons d'être 
sensible à ses procédés ; cependant, pour ne pas en faire souffrir la cause commune, 
on voulait bien y sacrifier son ressentiment, dans l'espérance que l'Angleterre en use- 
rait dorénavant avec plus de cordialité et de confiance avec ses amis" . . . 

Flemming hoff"t, dass England um so eher auf eine Erneuerung der alten Freund- 
schaft mit Oesterreich eingehen werde, als der englische Gesandte Keith bei der Mit- 
theilung des Neutralitätsvertrages an das österreichische Ministerium 2 im Namen seines 
Souveräns die vertrauliche Meldung hinzugefügt hat: „Que l'on veillerait avec beau- 
coup d'attention sur toutes les démarches du roi de Prusse en général , et que ledit 
traité n'avait eu d'autre but que d'empêcher ce Prince de se jeter dans le parti con- 
traire et d'augmenter par là le danger présent ... Le comte Flemming ajoute que 
ce qu'il y avait le plus à craindre, c'était que le ministère autrichien ne prît aucun 
parti du tout ; que bien des gens s'attendaient cependant à cette indécision ... ce 
qui mettrait le comble au mal, empêcherait tout concert salutaire et ferait gagner trop 
de temps au roi de Prusse pour s'acheminer vers ses fins, puisque la cour de Vienne, 
restant dans l'inaction, laissait les mains entièrement libres à ce Prince, si bien qu'il 
continuerait à se ménager adroitement entre la Grande-Bretagne et la France; qu'il 
augmenterait en toute sûreté son crédit auprès de la nation britannique, à tel degré 
qu'il voudrait, et qu'il .s'avancerait en même temps à grands pas vers la réconciliation 
avec la Russie" ... In dieser Besorgniss ist Flemming durch die folgende Antwort 
bestärkt worden , welche Kaunitz dem englischen Gesandten gegeben , als dieser um 
Aufklärung anlässlich der Gerüchte über österreichisch-französische Verhandlungen ge- 
beten hat : 3 „Que tout ce que sa cour faisait , était de nature à n'avoir rien à se 
reprocher, et que ses anciens amis et alliés n'avaient aucune raison d'en prendre om- 
brage ou de s'en plaindre ... Le comte Flemming continue . . . qu'il se confirmait 
dans l'opinion qu'au cas qu'il subsistât une négociation secrète avec la cour de France, 
l'objet n'en saurait être qu'une neutralité pour les Pays-Bas autrichiens,* et que, le 

I Vergl. S. 119. — 2 Vergl. S. 288. — 3 Vergl. S. 197. 288. — ♦ Vergl. S. 310. 311. 



3H 

roi d'Angleterre ayant cherché par son traité avec le roi de Prusse à garantir l'Ha- 
novre de tout danger d'une invasion, l'Autriche se croyait autorisée par cet exemple 
à procurer la même sûreté aux Pays-Bas par un traité avec la France. Si cela était, 
ajoute le comte Flemming, la cour de Vienne encourrait avec raison la censure que 
méritait tout parti faible , qui , en ne produisant aucun bien pour celui qui le prend, 
ni pour ses alliés, nuisait encore à la réputation de fermeté et de bonne politique et 
laissait le champ libre aux trames de ses ennemis. Un entretien que le comte Flem- 
ming a eu avec le comte d'Aubeterre, le confirme, à ce qu'il dit, dans l'opinion qu'il 
n'y a rien encore d'établi d'essentiel entre les cours de France et de Vienne, et moins 
encore quelque chose d'intéressant qui pût tirer à conséquence contre Votre Majesté, 
le dangereux voisin de la Saxe . . . [Le comte Flemming] appréhende que les me- 
sures de la cour de Vienne ne soient fausses en tout point, et qu'entre les différents 
partis à prendre le comte Kaunitz ne lui ait fait choisir le plus mauvais, en ce que, 
se vouant à l'inactivité, elle livrerait la Grande-Bretagne au ressentiment de la France, 
seconderait ainsi les vues impérieuses de celle-ci, en perdant de vue l'équilibre, et 
laisserait manœuvrer tranquillement le roi de Prusse." 

Potsdam, 7 mai 1756. 

Je vous sais le plus parfait gré des nouvelles très intéressantes que 
vous m'avez mandées par le post-scriptum que j'ai trouvé à la suite de 
votre dépêche du 30 d'avril, qui m'ont répandu beaucoup de lumières 
sur bien des choses que j'avais de la peine à concilier. Deux ou trois 
rapports du même genre de votre part me mettront parfaitement au fait 
et me feront voir tout clair sur le système que la cour de Vienne voudra 
adopter, et sur tout ce qui peut y avoir rapport. Je les attends suc- 
cessivement de vous, connaissant votre zèle pour tout ce qui peut m'être 
intéressant. 

J'apprends que le sieur Funcke vient de passer, il y a trois jours, 

à Francfort-sur-l'Oder, pour aller à Dresde. ' ^ , . 

^ Federic. 

Nach dem Concept. 

7478. AU CONSEILLER PRIVÉ DE GUERRE DE KLING- 
GR.^FFEN A VIENNE. 

Potsdam, 8 mai 1756. 
J'ai reçu votre rapport du 28 d'avril. Je crois le bruit fondé dont 
vous faites mention, en conséquence duquel la cour où vous êtes va 
adopter dans la conjoncture présente le système d'une neutralité par- 
faite; au moins des avis que j'ai eus de différents lieux me le con- 
firment,^ reste à voir si cela se soutiendra. En attendant, il m'est revenu 
de bon lieu^ que ladite cour négocie présentement en France la neu- 
tralité des Pays-Bas préférablement à toute autre affaire, et, pour ce qui 
regarde ses propositions relativement au troc à faire de la Flandre au- 
trichienne contre les possessions en ItaHe de Don Philippe, elles seront 

traitées à Madrid. „ , 

Federic. 

Nach dem Concept. 

I Vergl. S. 260. — 2 Vergl. Nr. 7477. — 3 Bericht Knyphausen's , Paris 
23. April. Vergl. Nr. 7475. 



I 



315 

7479- AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION COMTE DE 
SOLMS A STOCKHOLM. 



Oolms berichtet, Stockholm 23. 
April: „L'affaire des pierreries i de la 
Reine occupe encore le comité secret, qui 
persiste dans la résolution d'obliger Sa 
Majesté à les produire, et, à ce que le 
comte Diiben m'a dit, on y travaille pour 
cet effet à une lettre pour la Reine, qui, 
selon ce qu'un membre du comité doit 
avoir dit lui-même dans une compagnie, 
sera des plus fortes." 



Potsdam, 8 mai 1756. 
J'ai reçu votre rapport du 23 
d'avril, avec la lettre que vous y 
aviez jointe de ma sœur. Je ne 
saurais qu'être très mortifié des 
procédés très irréguliers et fort in- 
décents dont le Sénat, sous le nom 
du comité secret, use envers la 
Reine dans l' affaire des pierreries, 
de sorte que je vous ordonne de 
parler un peu fortement au baron de Hœpken à ce sujet, dès que vous 
aurez eu vos audiences, en lui disant que je ne saurais pas laisser op- 
primer ma sœur la Reine, ni voir avec indifférence la façon indigne 
dont on la traitait publiquement, et qu'à moins qu'on n'en revînt 
pas là de soi-même, je trouverais de l'assistance pour y remédier des 
lieux d'où peut-être ils ne croyaient pas qu'on m'en rendrait. Enfin, vous 
ferez bien de parler des grosses dents sur ceci au susdit ministre. 

Nach dem Concept. F e d C r i C. 



7480. AU CONSEILLER PRIVÉ DE LÉGATION BARON DE 
KNYPHAUSEN A PARIS. 

Knyphausen berichtet, Paris 26. April, über die französische Expedition gegen 
Port Mahon : 2 „Comme l'on vient d'apprendre par les dernières lettres de Londres 
que l'escadre de l'amiral Byng a été obligée de nouveau de rentrer, par la contrariété 
des vents , 3 et que celle de l'amiral Hawke continue de croiser à la hauteur de l'île 
d'Ouessant, l'on se flatte toujours que le débarquement se sera fait sans obstacle , et 
l'on s'attend d'un moment à l'autre à en recevoir la nouvelle." 

Auf den Immediaterlass vom 10. April 4 berichtet Knyphausen, dass er dem 
Minister Rouillé den Wunsch des Königs eröffnet habe, Frankreich möge durch Vor- 
stellungen beim schwedischen Senat zur Beilegung der Parteistreitigkeiten in Schweden 
beitragen. Rouillé ,,m'a fait observer, en premier lieu, que la France ne saurait faire 
offre de ses bons offices pour un objet de cette nature, auparavant qu'elle ne fût 
assurée que sa médiation serait agréable au Sénat et qu'elle serait reçue sans ré- 
pugnance; que le Sénat aurait peut-être de l'éloignement à consentir à ce qu'une 
puissance étrangère s'ingérât dans une dispute qui concernait uniquement l'administra- 
tion intérieure du royaume ; mais que, quand même il agréerait une pareille médiation, 
il y aurait encore une seconde observation à faire, laquelle était que, le Sénat ne 
pouvant rien statuer sur ce qui concernait la forme du gouverne