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( SOCIÉTÉ ROUENNÂISE 

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BIBLIOPHILES 


N« 65 


M. BEAUCOUSIN. 


CHATEAU FORTIFIÉ 


ÉCLAIRCISSEMENTS 

DB FARIM 

Snr un chapitre de sa Normandie chrétienne 
Publia pour I» preniiire foit 

Par J. fAlDC 



ROUEN 

OIPRIMERIB DE ESPÉRANCE OAâNIAKD 


H.DCOC.LXXXIT 


« 
n 




INTRODUCTION 


Le manuscrit de Farin que nous publions, s*il est 
demeuré inédit, n'est pourtant ]pa8 resté ignoré de ceux 
qui se sont occupés des antiquités de Rouen ou qui ont 
étudié la vie de son historieUi et il ne conviendrait point 
de passer sous silence les recherches de ceux qui ont 
consulté avec fruit les renseignements précieux conte- 
nus dans les pages du vieil auteur. Le premier, M. de 
Stabenrath (1) a analysé, avec une rare sagacité, le 
procès qui a inspiré la savante dissertation du modeste 
ecclésiastique; M. Ballin, tison tour (2), s'est aidé de ce 
document pour tenter de reconstituer la physionomie 

(1) Précis de l'Académie de Bouen, 1841, p. 324. 

(2) PréoU de TAcadémie de Rouen, 1841, p. 338. 


403591 


vin 


INTRODUCTION 


du château qui jadis dominait la cité; M. Bouquet (1), 
trop scrupuleux pour ne pas puiser à toutes les sources, 
n'a pas davantage négligé de recourir à cet utile tra- 
vail, lorsqu'il a retracé les événements accomplis dans 
ces murs, qui n'ont laissé pour unique vestige et dernier 
témoin que la tour du donjon, si heureusement con- 
servée par le souvenir de Jeanne Darc; M. l'abbé 
Loth (2) enfin y a trouvé, au cours d'une biographie 
écrite avec chaleur et élégance^ l'occasion de rendre 
une justice sympathique au zèle éclairé du clerc matri- 
culier de St-Godard pour les intérêts temporels de sa 
paroisse. 

L'on sait qu'en 1590, d'Alégre s*" de Blainville, ayant 
repris pour le roi le vieux château de Rouen, ne put s'y 
maintenir et se vit contraint d'en abandonner la pos- 
session aux ligueurs, commandés par le chevalier d'Au- 
male et Bigards de la Londe. Leur artillerie n^avait pas 
épargné des fortifications, auxquelles le temps avait 
aussi porté plus d'une atteinte , et la démolition de ces 


(1) Jea/Mke J>a/rc au château de Rouen, 1865. Cette brochure, 
extraite de la Revue de Normandie^ se trouve augmentée d'un 
plan, reproduction presque identique de celui que M. Ballin a 
joint à son travail. 

(2) Préoie de rAcadémie de Rouen, 1871^1873, p. 525. Cette no- 
tice, on le comprend après l'avoir lue, a fait Tobjet d*un tirage à part. 


■ 


INTRODUCTION • IX 

défenses, ordonnée par an vainqueur éphémère, fut si 
facilement exécutée, que, lorsque Tannée suiTante, 
Henri lY yint assiéger la yilley Yaldory, narrateur des 
opérations deTarmée des ligueurs, dans laquelle il ser* 
.Tait comme capitaine des bourgeois, constatait que le 
monument, construit dés 1205 par Philippe Auguste, 
était € démantelé et du tout presque ruyné ». Après avoir 
été employé aux exercices des arquebusiers, remplace- 
ment, naguère occupé par la forteresse^ fut, en 1610, 
donné par le roi à Faucon de Ris, premier président 
du Parlement de Normandie, et à Morant s** d'Eterrille, 
qui, trois ans plus tard, en cédaient la majeure partie à 
M. de Mathan, conseiller au Parlement de Rouen. Des 
hôtels, des maisons furent bientôt édifiés sur l'espace, 
dont Taccroissement d*une population resserrée dans une 
enceinte fermée rendait Tusage indispensable; c'était 
d^ailleurs la condition imposée aux bénéficiaires de la 
concession royale, et les paroisses voisines, St-Godard 
et St-Patrice, durent se préoccuper de cette augmenta- 
tion de fidèles qui, en assurant aux offices de Tune ou 
l'autre de ces églises une assistance plus nombreuse, 
procurerait à son trésor des ressources nécessaires à 
.l'entretien et à la splendeur du culte. 

De là les contestations qui aboutirent au procès 
dont le récit, rédigé avec une verve passionnée par le 

B 


-X INTRODUCTION 

prêtre de St-Godard, en môme temps qu'il complète un 
chapitre de sa Normandie Chrétienne, nous a paru méri- 
ter, à d^autres titres encore, de ne pas demeurer inédit. 
Ces litiges, dans lesquels se discutait entre* deux 
paroisses rivales Tattribution des secours spirituel); 
dus à certaines familles, et par suite le bénéfice exclu- 
sif des taxes temporelles qui y étaient afférentes^ ont- 
ils été jadis fréquents 9 J'en trouYC deux mentionnés 
pour 1714 et 1T79, dans la notice écrite par M. de la 
Quérière sur St-André de la yille (1); mais ce qu'il me 
semble important de releyer en dehors de ce point peut- 
être indifférent à l'histoire et aux mœurs locales, c'est 
l'indépendance presque absolue qu'ils paraissent établir 
en faveur du clergé inférieur à Tégard de l'autorité 
diocésaine. L'on trouve étrange aujourd'hui que de 
pareilles querelles aient pu être soulevées et entrete- 
nues sans Tintervention épiscopale, ou sans son agré- 
ment ; mais au xvu« siècle, la personnalité du curé se 
montre dégagée quant aux intérêts matériels qu'il dé- 
fend de la surveillance hiérarchique, dont les droits, 
autant que le permet la complexité de la question, pa- 
raissent délimités par une décision citée par M. Ch. 

(1) Saint'-André de la villes égUse parousiale de Rouen, suppri- 
mée 9n 1791.. Rouen 1862, page 41. 


INTl^DUOnON XI 

de Beaurepaire (1) dans le Bulletin de la Société de 
l' Histoire de Normandie, à propod de la sélection faite 
par révéqne de Séez d'nne partie des paroissiens de 
Saint-Léonard d'Alençon et de leur transport à Téglise 
Notre-Dame de la même yille; le trésor de Saint- 
Léonard attaquant l'ordonnance comme abosiye, parce 
qu^il s'agissait du temporel, non soumis au pouvoir de 
rétéque, et le curé de Notre-Dame répondant € qu'il 
4C n'y ayoit rien de plus spirituel que de charger un 
€ curé du seing des ftmes de ses parroissiens. » 

Désireux de Toir St-Godard acquérir la possession 
religieuse des maisons bâties sur l'emplacement du 
vieux château, Farin a accumulé, pour triompher des 
prétentions contraires de St-Patrice, tous les documents 
que ses connaissances historiques et les fonctions qu'il 
remplissait dans le clergé paroissial ont pu fournir à 
sa thèse ; chartes , contrats , concessions, usages, rien 
n'est oublié par ses recherches, et l'ardeur qu'il déploie 
au soutien de sa cause donne à son style une allure dont 
la vivacité contraste singulièrement avec la solennité 

(1) Bulletin de la Société de VHiitoire deNormcmdie, 1880- 
1881, page 56. '"Extraits d*ùn Recueil d*a/rrêts du parlement de 
Norma^^die, — « La cause fut plaidée pour la dernière fois le 
jeudy 19 mars 1699... La Cour, sur rinstauce, appointa les parties 
à écrire et produire ». 


Xn INTRODUCTION 

empruntée de Pautenr de la Normandie Chrétienne^ 
ou la calme simplicité de Thistorien de Rouen. Certes, 
8*il avait lu ces phrases, où le plaideur irrité accuse ses 
adyersaires de rodemontades , de chiquaneries , leur 
reproche de brouiller les affaires, de chercher midy à 
14 heur^Sf et, fort de la puissance de son raisonnement, 
affirme que si le curé de St-Patrice avait eu des argu- 
ments de cette trempe, il n'eust marché qu'avec des 
foudres et des tonnerres pour se faire craindre, 
M. Tabbé Cochet n'aurait pas signalé son pieux, mais 
bouillant confrère, comme € le plus froid et le plus po- 
sitif dès hommes (1) ». 

Sous ce rapport, non moins que par les détails topo«- 
graphiques qu'il contient, le travail de Farin s'impo- 
sait donc à une société de bibliophiles avec d'autant plus 
d'opportunité que, contrairement à l'opinion de M. de 
Stabenrath, nous estimons que son auteur lui-même le 
destinait à l'impression. Quelques renseignements sur 
leiaanuscrit que nous publions feront, nous l'espérons, 
partager cet avis à nos lecteurs. 

La paroisse de St-Godard possède un volume in- 
folio, que son conseil de fabrique a fait avec raison revô- 

(1) L*abbé Cochet. — Les Eglises de l'arrondissement d* Yvetot, 
1853, t. II, page 76. 


INTRODUCTION 


xm 


tir d'une reliure conforme à son importance ; son 
président, M. Blignj, notaire à Rouen, et notre con- 
frère, a bien voulu me le communiquer avec un empres- 
sement dont je lui suis profondément reconnaissant. 
Ce précieux recueil, écrit par Farin lui*méme avec un 
soin calligraphique qui en indique la yaleur, porte pour 
titre: 


« REGISTRE 

« où sont transcrits tous les contracts de fondation, les 
« lettres obligatoires et autres escritures concernant les 
€ biens immeubles rentes foncières et hipothèques et 
« autres droits possédez par le Trésor de l'Eglise Parois- 
« siaile de St-Godard de Rouen, le service qu'on' est 
« obligé de célébrer à raison tlesdites fondations et les 
oc noms des particuliers qui doivent lesdites rentes. Le 
« tout, coUationné sur les originaux estant dans les 
< archives de ladite ptfrroisse. 

€ Mis en ordre 

« par 

€ François Farin P^^® 

« clerc matriculier de ladite paroisse, ainsi qu'il a esté 
« délibéré et ordonné par Messieurs les Trésoriers de 
« ladite Eglise assemblez le 2* dimanche de may 1670. » 


XIV lIfTRODUCnON 

Ce mannserit, composé de 142 feuillets doubles dont 
140 seulement écrits, contient, des pages 09 à 122, la 
substance de celui que nous reproduisons annoncée 
sous cette mention : « Proceds du curé et trésoriers de 
« St-Godard contre le curé et trésoriers de St-Patrice 
« pô le possessoire des maisons situées en la place de 
€ Tancien chftteau. 

4c Et arrest du Parlement de Parjs, donné pô St- 
€ Godard l'an 1643 le 31 mars. 

« Oeconomie de tout le proceds. » 

Il est, quant au fond et souvent môme quant à la 
forme, identique au travail que nous publions^ mais il 
reproduit in*extenso les tjtres cités par son auteur, se 
terminant néanmoins d'une manière plus brusque et 
plus sommaire, et analysant sans le copier le chapitre 
de la Normandie Chrétienne, dont Farin a donné le 
texte dans le mémoire que nous imprimons. Il s'en dis- 
tingue en outre par la copie des factums échangés 
entre les parties et, au feuillet 118^ par une addition 
que' nous reproduisons, avec eux, sous les §§ m et iv des 
appendices de notre publication. 

Celle-ci a été faite sur les manuscrits déposés aux 
archives départementales: ils forment deux cahiers 
in-S^* comprenant chacun 38 pages d'une écriture une et 




INTRODUCTION XV 

■ 

serrée : Taii, dont le premier feuillet a disparu, est écrit 
en entier de la main de Farin ; le second en est la copie 
corrigée et quelquefois légèrement modifiée sous la sur- 
yeillance de l'auteur, qui y a inscrit cette mention : 
« Pièces curieuses et décisives de l'ancien château dont 
« quelques unes n'ont point encor esté veues ayant esté 
€ trouvées depuis que St-Godard a gaigné son proceds 

< contre St-Patrix • 

< Lesquelles pièces moy F. Farin prâtre et clerc de 
€ la par. de St-Godard j'ay mises dans le sac du pro- 

< cedsdudit château pour en donner une parfaite intel- 
€ ligence et pour les mettre i^u jour si jamais on re- 
« muoii ledit proceds. 

« Fait ce 11 juillet 1674. 

« N* que les lignes sourdes qui semblent efPacer les 
« éclaircissements sont du corps de ce petit traité et en 
« composent la principale partie ». 

Le style alerte et la vivacité du ton qui animent la 
discussion et qui ne se retrouvent plus dans le manuscrit 
de St-Godard, le soin avec lequell'auteur a placé ici, en 
regard de ses éclaircissements, le texte de la Normari' 
die Chrétienne^ publiée depuis 16&9> et pour laquelle 
il n'est pas téméraire de penser qu'il rêvait une seconde 
édition ; la copie faite sous ses yeux de ce travail défi-" 


XYI INTRODUCTION 

nitify la note qui la précède, le titre de château /br- 
ii/î^ qu^il donne à son mémoire ne peuvent, à notre 
estime, laisser le moindre doute sur sou intention de 
publier ce chapitre ainsi Yemanié de son livre, désir 
dont sa mort^ survenue Tannée suivante, aura seule 
empoché la réalisation. C'est le manuscrit môme écrit 
de la main de Farin que nous avons choisi et que nous 
éditons. 

Le procès, le contraire eut étonné au xvn* siècle, 
dura longtemps» et Farin sembla craindre même que 
cette instance, jugée pour la première fois en 1633, ne 
fât pas définitivement terminée par Tarrét du 31 mars 
1643, qu'on lira au § m de nos appendices ; appréhen- 
sion peut-ôtre justifiée par la survenance d^un autre 
arrêt rendu, en 1661 , sur des difficultés analogues. 
(Appendices, §iv}. La procédure mentionnée dansl'arrét 
de 1643 peut d'ailleurs donner une idée des ressour- 
ces que la loi mettait à la disposition des plaideurs, et 
dont ils ont usé dans ces circonstances avec une remar- 
quable prodigalité. 

En 1635, une première accession des lieux conten- 
tieux fut faite et un procès-verbal dressé avec un plan 
par « Jacques Gravois, maistre maçon, et Pierre Moriot, 
« maistre paintre sculteur. » Le rapport des experts, 
déjà publié par M. Bouquet dans sa notice sur Jeanne 


INTRODUCTION XVII 

Darc au chftteau de Ronen, est un document précieux 
pour la topographie locale, et il convenait d*autant 
mieux dp le faire figurer dans nos appendices que nous 
tenions à l'accompagner du plan, qui dans les publica- 
tions, déjà citées, de MM. Ballin et Bouquet, se trouve 
réduit à des proportions trop sommaires. Nous donnons 
une copie exacte de ce plan, respectant ses dimensions 
primitives, les incorrections même qui lui assignent sa 
date et son origine (par exemple : fieffé du blong^ si- 
gnifiant fiefie de lacques Leblond, comme le porte le 
procès verbal à la lettre C.) et faisant remarquer que 
les lettres minuscules qui, à la fin du rapport, sont indi- 
quées comme se référant aux armes qui figurent à 
St-Godard, n'ont pas été inscrites sur leur dessin par 
Moriot et Gravois. La reproduction de cette pièce est 
due au zèle désintéressé et au talent éprouvé de 
M. Foulon, agent-vojer principal du département, 
dont le gracieux empressement a dépassé toute la 
gratitude que notre Société peut lui témoigner. 

L'un des deux artisans qui avaient obtenu la confiance 
de la justice, Gravois, semble a^oir eu quelques titres à 
cette désignation, et on le voit, en 1604, appelé par la 
fabrique de Téglise St-Jean de Rouen pour opérer la 
démolition d'une partie de ce monument qui tombait 
en ruines, alors que, dès 1630, il avait traité, moyen- 

c 


XVUI INTRODUCTION 

nant 4.200 liyres, pour Inachèvement de la tour de cet 
édifice aujourd'hui disparu (1). 

Le nom d'un véritable artiste se trouve aussi consi- 
gné dans l'arrêt de 1643, où il est dit qu'il a fait, en 
exécution d'un arrêt du 31 janvier 1641, « la figure des- 
dits lieux » et c'est avec un regret bien vif que, malgré 
les recherches bienveillantes de M. Siméon Luce dans 
les archives dont l'éminent biographe de Duguesclin 
a la garde, nous avons dû renoncer à accompagner 
notre volume du fac-similé d'un plan dressé par l'un de 
nos peintres rouennais les plus distingués. 

La désignation d'un peintre pour remplir la mission 
qui serait aujourd'hui confiée à un architecte ou même 
à un arpenteur, n'a rien qui puisse surprendre ceux 
qui savent combien dans les temps anciens, où les per- 
sonnalités artistiques étaient rares, la spécialisation des 
professions devenait difficile: l'art se distinguait d'ail- 
leurs peu du métier à des époques où tout travail ma- 
nuel et rémunérateur était tenu en médiocre considé- 
ration. En Espagne, au xvii*^ siècle, le fisc traitait encore 
les tableaux comme une marchandisesujette à la gabelle ; 


(1) De la Querière. — Notice historique et descriptive sur Van- 
oienne Église paroissiale de St-Jean de Rouen, 1860^ pages 5, 
6, 118. 


INTRODUCTION XIX 

Yelasqnez, peintre da roi, n'était reçu chevalier de Saint- 
Jacques qu'après enquête constatant qu'il n'avait ja- 
mais vendu ou fait vendre ses toiles, peintes seulement 
par ordre de sa majesté, pour Tembellissement de ses 
palais, et Rubens, proposé d'abord pour représenter à 
Londres Philippe IV comme ministre résident, était 
rajé de la liste soumise au souverain comme travail- 
lant de ses mains et commerçant de ce qu'il produi- 
sait (1). 

Il n'en était pas autrement en Normandie, et les sta- 
tuts de la corporation des peintres confondent dans 
l'œuvre permise aux maîtres les tableaux, les ensei- 
gnes et jusqu'aux boîtes à épicier (2). Bien des docu- 
ments viennent à l'appui de cette assertion. Tantôt le 
peintre de tableaux est en même temps peintre en b&ti- 
ment, et un compte, de Pâques I5I5 à 1516, de l'abbaje 
du Yalasse, cité par M. Gh. de Beaurepaire, mentionne 
un paiement de 65 s. « pour avoir peint la sallette du 
€ jardin de la maison de Rouen, et pour ung tableau 

(1) Paul Lefort.— Yelaequez. — Gazette des Beaux-Arts^ 1883, 
pages 330, etc. 

(2) Ouin Lacroix. Histoire des anciennes corporations d'arts 
et métiers et des confréries religieuses de la capitale de la 
Normandie, Rouen 1850, page 712. 


XX INTRODUCTION 

« OÙ est painct la cène (1). » Dans rinyentaire des ar- 
chives municipales de Rouen , dressé par cet érudit 
dont il faut toujours consulter les travaux, on lit, en 
1400, après la dépense faite pour deux chars: « à Lyon- 
<c net, paintre, fu marchandé de faire un panon ou es- 
« tandard pour les diz arbalestriers, avec 2 petits panon- 
« chaux, pour lesditz 2 ahars... par le pris de 100 s. t. » 
et les archives de la Seine-inférieure constatent la 
permission accordée en 1427 à Etienne Guiot, logé 
prés le cimetière de St-Nicolas-le-Peinteur, à Rouen, 
< de conserver une fenestre englesque au hault estage, 
« lequel lui servoit de nécessité pour faire sécher les 
« peintures et œuvres de son métier, comme banières, 
« panons et telles choses (2). » 

Rien donc de surprenant à voir le parlement charger 
le célèbre peintre de St-Igny de «la figure» des terrains 
occupés jadis par le vieux château. Le spirituel dessina- 
teur du « jardin de la noblesse françoise », gravé par 
Bosse, l'élégant auteur des « éléments de pourtraicture » 
qui a crayonné avec une finesse si délicate les costumes 

(1) Bulletin de la Commision des antiquités de la Seine-Infé- 
rieure, t. y, page 282. 

(2) Ch. de Be9.\irep&,iTe,'--'Notes historiques et archéologiques 
concernant le département de la Seine-Inférieure, et spéciale^ 
ment la ville de Rouen^ •— Rouen, Ësp. Cagniard, 1883, p. 221. 


INTRODUCTION XZI 

des gentilshommes de son temps, est représenté dans 
sa ville natale par deux tableaux, V Adoration des Ber^ 
g ers et ï Adoration des Mages, relégués aujourd'hui 
dans Tancienne chapelle de St-Yon, à l'École normale 
des instituteurs , et qu'il serait urgent de placer dans 
le musée municipal, où, préservés d^une détérioration 
probable, ils rappelleraient un nom consacré par les le- 
cherches de MM. de Chenneviéres etdéBeaurepaire(l). 
Cet interprète charmant de la mode, ne figure point dans 
le Nobiliaire de la Normandie de dHozier, et M. de 
Chenneviéres déplore ce qu'il appelle une « mésaven- 
ture dernière » (2) ; la commisération du critique, qui a 
si longtemps et si utilement exercé les fonctions de di- 
recteur des Beaux- Arts, se serait peut-être atténuée, s'il 
avait rattaché, selon toute vraisemblance, le peintre des 
sujets aristocratiques à Jean de Saintignj, maître me- 
nuisier de Rouen, qui, en 1616, recevait de la fabrique 
de St-Nicolas-le*Peinteur la somme qui lui était due 
pour le reste de la façon du tabernacle (3). Cet artisan, 

(1) Ch. de Beaurepaire. — Notes historiques sur le vnusée de 
peinture de la ville de Rouen, 1853. 

(2) Ph. de Pointel. — Recherches sur la vie et les ouvrages 
de quelques peintres provinciaux de V ancienne Promue. Paris, 
Dumoulin, 1847, 2 volumes. 

(3) Ch. de Beaurepaire. — Notes historiques et archéologiques^ 
page 230. 


XXII INTRODUCTION 

qui demeurait sar la parroisse de S^Madoa, nous pa- 
rait être le père du peintre qui portait le même prénom, 
et qui, apprenti en 1014, n'était pas fils de peintre, 
puisque] paya à la confrérie xix s. au lieu de xv pour 
son apprentissage. Maître de la confrérie de St-Luc, 
fondée à St-Herbland de Rouen, en 1635, de St-Igny, 
dent Adrien Pasquier, Ouin Lacroix et Guilbert placent 
la mort en 1630, datait de 1636 les toiles conservées 
à la chapeUe de l'Ecole normale, et les comptes de la 
fabrique de la cathédrale apprennent qu'en 1639 il 
exécutait encore des peintures' dans la chapelle de la 
Vierge (1). En reculant de trois ans la date funèbre de 
1636, adoptée par M. de Ghennevières, M. de Beaure- 
paire avait apporté déjà un élément utile à la recons- 
titution de la biographie de l'artiste ; il ne nous en tou- 
dra donc pas d'avoir ajouté à son œuvre, en concédant, 
avec l'arrêt de 1641 et le choix de St-Igny qui s'y 
trouve mentionné, quelques années d'existence de plus 
au peintre rouennais; espérons qu'elles auront été 
marquées par des compositions 'que le temps et des 
hasards heureux découvriront peut-être aux investi- 
gateurs de l'avenir. 

(1) Ch. de Beaurepaire. — Notes historiques sur le musée de 
peinture. 


INTRODUCTION XXHI 

Le récit de Farin nous amène à une date restée ins- 
crite dans la mémoire de ses contemporaine et nous 
initie aux craintes inspirées par la commission judiciaire 
qui remplaça le Parlement après la fameuse révolte des 
nu-pieds. Le 4 janvier 1640, le roi avait institué ce 
nouveau tribunal, composé de 15 conseillers du Parle- 
ment de Paris, sous la présidence deTauneguy-Seguier, 
président au môme siège. C'est en présence d'un de ces 
magistrats, du conseiller Renault, que se fit une nou- 
velle accession des lieux litigieux dont le champion de 
St-Godard nous a tracé le tableau piquant; le Parle- 
ment rétabli, le procès fut évoqué à Paris, et malgré 
la suspicion que ne craint pas de professer notre lutteur 
passionné pour son droit contre le rapporteur parisien, 
sa paroisse obtint un triomphe, célébré dans des vers 
que la bonne humeur d'un plaideur heureux peut 
seule déclarer plaisants. Le conseiller Renault, dont 
le «naturel assez mélancholique » aurait été égajé par 
cette méchante poésie, n'^ laissé aucun souvenir dans 
l'histoire : ce fut sans doute un de ceis jurisconsultes 
modestes, appliqués à leurs devoirs professionnels et se 
souciant peu de devoir leur fortune parlementaire ou 
une notoriété banale à des manifestations politiques, 
autorisées par de trop nombreux exemples. En revan- 
che , si pour la paroisse qui gagnait son procès devant 


I 


XXIV INTRODUCTION 

la chambre présidée par lui, les arrêts de Gajant 
€ sont des oracles », comme le dit le poète cité par 
Farin, il convient pour la postérité, à qui son nom 
est demeuré moins connu, de constater que le juge 
n'a pas rencontré la même faveur auprès du pouvoir 
rojal, qu'il n'a cessé de poursuivre de ses remontrances 
et de son opposition pendant sa longue carrière. Fils 
d'un membre du Parlement de Paris, Pierre Gayant, 
l'un des présidents de la première chambre des enquê- 
tes de ce corps, s^en est montré l'un des meneurs les 
plus opiniâtres et paraît avoir trop facilement sacrifié 
aux querelles politiques des moments qu'il aurait plus 
consciencieusement, sans doute, consacrés à ses devoirs 
judiciaires. M°*® de Motteville prétend que cette con- 
duite était surtout inspirée par le désappointement de 
n'être pas, malgré ses visées à la popularité, considéré 
autant qu'il l'avait espéré, et les mémoires qu'elle 
nous a laissés fournissent, comme ceux d'Omer Talion 
et de Mathieu Mole, des renseignements sufSsants sur 
un agitateur dont la personnalité bruyante n'a pu 
triompher de l'obscurité historique où son nom reste 
Justement enfoui. Dès 1631 on le voitmêlé àla lutte bien- 
tôt éteinte du Parlement contre Richelieu, qui proscri- 
vait les partisans de Gaston d'Orléans, sorti de France ; 
relégué à Limoges, il est autorisé, après quelques jours, 


INTRODUCTION XXV 

d^abord à se retirer dans sa maison de campagne, aux 
environs de Paris, puis à reprendre ses fonctions. L'an- 
née n'est pas écoulée que les représentations faites sur 
la création de la chambre de justice établie à l'Arsenal 
motivent son interdiction ; elle n'est levée qu'après un 
vojage qu'il est contraint d'accomplir avec plusieurs 
de ses collègues, dans la saison la plus rigoureuse (jan- 
vier 1632), auprès du roi, qui le reçoit à Metz, lui fait 
entendre de durs reproches, et ne le renvoie qu'un mois 
plus tard à l'exercice de sa charge. Nous le retrouvons 
en 1635, à propos de la création de nouveaux offices de 
judicature ; en 1638, à la suite des désordres occasionnés 
par les obstacles apportés au paiement des rentiers, ré- 
clamant avec acharnement l'assemblée générale des 
chambres, et s'essajant à ï^imposer en suspendant ses 
audiences, en interrompant celles qu'il ne présidait pas, 
et en tentant de peser sur la résistance du premier pré- 
sident par les injures et les menaces qu*il lui adresse 
publiquement. Le nouvel exil qui lui est infligé ne 
semble pas calmer son humeur guerroyante, car en 1644 
il s'étudie à exciter sa compagnie, dont il demande la 
réunion avec insistance, contre l'envoi à Rome de 
l'auteur du livre de la Fréquente Communion, le jan- 
séniste Arnauld, et il ne fait trêve à cette préoccupation 
religieuse que pour disputer avec une ardente vivacité 


XXYI INTRODUCTION 

la préséance au conseiller dojen de la grand'chambre. 
Enfin une occasion dernière d'acquérir quelque renom 
se présente infructueusement : le fougueux président, 
après des protestations contre Tédit du toisé qui 
établit des impôts sur les constructions faites à Paris 
depuis 1548, est mandé au Palais-Rojal , et ses efforts 
pour prendre la parole sont paralysés à deux reprises 
par cette iigonction altiôre de la régente Anne. d'Au- 
triche: € taisez-7ouSy je ne veux pas vous entendre. » 
L'entrevue royale se termine par un ordre d'exil; mais 
la turbulence sénile de Gayant n'était guère redouta- 
ble; les prières du Parlement le font proroptement 
revenir de Montargis à Paris, où il meurt au mois de 
septembre 1(345, sans pouvoir même entourer sa mé- 
moire de l'auréole trompeuse d'une persécution pré- 
tendue. Sic transit gloria tmmdi. 

Est-il nécessaire maintenant de terminer ces pages, 
déjà trop longues, en retraçant la vie et en analysant 
les œuvres de Farin? Ce serait œuvre aussi inutile que 
présomptueuse, après la notice que lui a consacré 
M. Pabbé Loth, et il convient de se borner à quelques 
indications sommaires. 

Né le 17 mars 1604 (1), mort le 8 septembre 1675, 

(l) « Le xviie de mars 1604, Pierre Farin et Anne Dottcet sa 


nrmoDucnoN xxvii 

après ayoir passé sa vie entière à Rouen, François Fa- 
rin appartenait à une famille pauvre ; son père était 
« serviteur domestique en la maison » de M. de Béren- 
geville, conseiller au Parlement; son frère Gilles, dont 
il fut l'héritier et qui décéda le 5 avril 1674, était 
sacristain de la cathédrale, fonction analogue à celle 
de clerc matriculier dont était investi rhistorien de 
Rouen. C'est ce que prouve la quittance suivante dont 
nous sommes heureux de donner le fac simile et qui 
est entièrement écrite de la main de François Farin : 
€ Je soussigné p^'* frère héritier de feu M' Gilles 
€ Farin, vivant sacristain de leglise cathédrale con- 
« fesse avoir receu de M. Diepedale chanoine en la 
« dite église et receveur de la fabrique d'icelle la 
« somme de soixante et quinze livres pour un quartier 
« des gages deus à feu mon dit frère eschu le jour 
« de Pasques dernier passé, de laquelle somme de 
« soixante et quinze livres je quitte le dit s'^ receveur 
« et tous autres. Fait ce douziesme jour d'avril mil six 

« femme ont eu un ûls, nommé Françoys par Françoys Eudes 
« fils de Mons' de Berenge ville conseiller à la court du Parle- 
« ment. Parrain : Jacques du Buse fils de Monsr du Buse, oonseil- 
« 1er en la court ; Marraine : dam«u« Ysabeau Turgot, fille de 
« MonsT Turgot conseiller en la court. » Registre de la paroisse 
de Stp-Denis, à Rouen, 1599 à 1605, page 36. 


#* 


xxvin 


INTRODUCTION 


€ cents soixante et quatorze. Farin. » (G. 2176, Ar^ 
chives de la Seine^Inférieure. — Fonds du Chapitre.) 

Les registres de délibérations de la ville men- 
tionnent en outre, à la date du 22 novembre 1631, 
un autre François Farin, concierge de la cour des 
Aides, et ces renseignements laissent supposer que 
l'enfance et l'éducation de l'humble prêtre subirent 
plus d*une épreuve et surmontèrent plus d'une diffi- 
culté. Sa carrière ecclésiastique ne connut guère de 
jours plus prospères ; la gène dût souvent se faire sentir 
dans sa maison, et le revenu combiné de la charge 
qu'il remplissait à St-Godard et de son bénéfice, 
établi sur la chapelle de Notre-Dame-du-Yal, près 
Yeules, ne semble pas avoir atteint le chiffre de 500 
livres par an (1). D'abord organiste de la paroisse, il 
en devint clerc matriculier, en remplacement de Jean 
Fautrel, décédé le 11 janvier 1635. 

C'était l'usage qu'il y eût dans chaque paroisse, même 
dans les paroisses de campagne, un clerc matriculier où 
marguillier, dont le titre ne doit pas être confondu avec 
celui de clerc maître des écoles. Payé par le trésor de 
la paroisse, le clerc matriculier aidait le curé dans 

(1) Ch. de Beaurepaire. — Notes historiques et archéologiques 
sur le département de la Seines-Inférieure, Notice sur la char- 
pelle de Notre-Dame^u^Val^ p. 331. 


mraoDucTioN xxix 

toutes les fonctions du culte ; c'est ainsi qn'en son al>- 
sence il receyait les testaments et procédait aux inhu- 
mations, remettant aux hospices les sommes qui leur 
étaient abandonnées sur le produit des cérémonies fu- 
nèbres. Les registres de THôtel-Dieu constatent en effet 
le versement parle s' « Farin, presbtre clerc à St-Go- 
« dard » de 20 sous pour Tinhumation de M. de Séquence 
le décembre 1650, et celui de 5 livres sous, à la date 
du 20 décembre 1653, pour le prêtre du danger, c'est- 
àniire institué pour assister les pestiférés. Le registre 
manuscrit tenu par lui à Saint-Godard indique, sur 
un grand nombre de donations, de testaments ou de 
contrats consentis avec la paroisse , que ces actes ont 
été passés en la sacristie par les notaires, « présent 
« M^ François Farin, presbtre clerc matriculier de la 
« paroisse. » L'examen de ce recueil important prouve 
que, chargé delà garde des archives de la fabrique qu'il 
avait installées dans la tour, il avait fait de ces docu- 
ments une étude approfondie, et les notes qui y sont 
consignées démontrent que les intérêts temporels dont 
ils garantissaient la conservation ne pouvaient pas être 
compromis en dételles mains, faute des renseignements 
nécessaires à établir les droits de l'église à laquelle 
il était attaché. Malgré l'importance de ces services, 
si bien mise en relief par le procès avec St-Patrice, 


INTRODUCTION 


le modeste ecclésiastique resta pauvre et conserva 
jusqu'à la fin de sa vie les fonctions obscures qui 
le plaçaient dans un rang inférieur à celui des chape- 
lains ou vicaires. L'extrait ci-joint du registre des 
comptes de St-Godard fait cependant connaître que 
c'est par un vicaire qu'il fut remplacé dans la charge 
que la mort seule lui faisait abandonner: 

€ Ce jourd'huj , Dimenche huictiesme de septembre 
« mil vi^ soixante et quinze, Messieurs les curé et trè- 
« sorier's de la parroisse de St-Godart, assemblez issue 
« des vespres en la sacristie pour deslibérer sur la no- 
« mination d'un clerc de la dicte parroisse pour raison 
« du decedz de discrepte personne M* François 

« Farin, presbtre, clerc de lad. parroisse, aprez ample 
« deslibération faicte les d. s" curé et trésoriers pré- 
« sentz soubzsignez ont nommé d'un advis uniforme la 
« personne de M^ Thomas Vallée^ presbtre, vicquaire en 
« icelle pour en faire la fonction en touttes ses circons- 
« tances et ainsj que feiisoit en son vivant ledit s' Farin ^ 
« à charge, entre autres choses, de se charger du 
« payement qui est à faire à l'organiste de lad. par- 
« roisse, lequel organiste a esté aussj nommé pour cet 
« effect de la personne de M^ Martin Cousture, aussy 
« presbtre habitué en ladicte parroisse, lesquelz ont 
€ accepté lesd. charges à laquelle an il sera baillé au- 


INTRODUCTION XXXI 

« dit s** Vallée les ornementz, argenterie et linge des- 
« pendant de lad. parroisse dont sera dressé mémoire 
« pour par ledit s' Vallée s'en charger et en donner 
« raison, touttes fois et quantes, ce qu'il s'est submis 
« faire à charge par luy de bailler cauxtion bonne et 
« suffisante. 

Signé : Amblin. 

Les ouvrages de Farin, qui attestent une science 
sérieuse et de patientes recherches^ auraient cependant 
dû attirer sur lui l'attention de ses contemporains. 
Connu par son Histoire de Rouen, l'auteur de la Nor^ 
mandie chrétienne avait reçu, le 15 mars 1659, une 
somme de 200 livres du chapitre de la cathédrale pour 
l'impression de cet ouvrage, que les registres intitulent : 
« les saints archevesques de Rouen »; mais si la considé- 
ration accordée par la postérité à ses travaux n'a pas 
récompensé les efforts de l'écrivain durant sa vie, la 
faute en est peut-être imputable à sa modestie trop 
humble. C'est ainsi que s'explique l'opinion admise par 
des chercheurs aussi laborieux que M. Edouard Frère, 
aussi intelligents que M. l'abbé Cochet: le premier ou- 
vrage composé par le prêtre de St-Godard, anonyme, 
quoique dédié à TArchevéque de Rouen, a passé inaperçu 


m M «fM ^'■«■■afci^— .■.«^«.«Jil 


XXXII INTRODUCTION 

lors de sa publication, pour être, deux siècles pins tard, 
recherché à cause de sa rareté, et attribué par ces écri- 
vains à un bénédictin, assez riche de son propre fonds 
pour ne pas être paré des dépouilles d'autrui. 

Plus d'un bibliophile a acquis chèrement un volume 
intitulé : 

€ La Vie et miracles de SURomain archevesque de 
< Rouen, patron de ladite ville et du diocèse. 

« dédiée à Monseig^ieur le Reli^osissime et Reverendissime arche- 
« vesque de Rouen, Primat de Normandie 

« Avec un discours de l'cmcienne origine de la Procession du 
« Corps Saint, faite tous les ans par Messieurs du Chapitre 
« en Véglise de Saint-Godard où sont contenues plusieurs an- 
« tiquitez et recherches curieuses 

par F. F. P. 

A ROUEN CHEZ JBAN BOULLBNGER PRÈS LE COLLÈOE 

DES PP. JÉSUITTES. 

MDCLII. 

L^exemplaire appartenant à la bibliothèque munici- 
pale de Rouen porte sur une de ses gardes la note 
suivante, où l'on retrouve la sagacité éclairée du 


nfntoDUcnofi xzsni 

MkvaDrt qui, peiifâantlong^iiipByiiit préposé à la oonMr- 
vation de ce riche àép(H : 

« Cet ouvrage, attribué par tous les bibliographes à 
« Pommeraye, ce que semble justifier les initiales dont 

< est signée la préface F. F. P., qu'on traduisait par 

< Frère François Pommeraje , doit être rapporté à 
« Farin, auteur de la Normandie -chrétienne^ qui Ta 

< inséré tout au long dans ce dernier ouvrage, p. 410 
« (édit^" de 1659). Les initiales de la préface doivent 

< aloçs être interprétées ainsi: François Farin, Prôtre, 
« ainsi qull en prenait toujours la qualification. 

< Cette remarque et la modification qui doit en ré- 
« sulter dans les bibliographies appartiennent àM. San- 
^ ^&ge» jeune ecclésiastique du diocèse de Rouen. 

« !«• Août 1865. 

€ A. POTTIBR. » 


Le biographe consciencieux de Farin, s'il eût connu 
la mention de M. André Pottier, que nous venons de 
citer, n^aurait pas partagé Terreur dans laquelle il est 
bien justifié d'avoir pu glisser à la suite des guides ex- 
périmentés dont rérudition devait le rassurer, et sa 
scrupuleuse bienveillance nous remerciera de Favoir 

E 


1 


««^ ".^^f*******.^ 


XXXIV INTRODUCTION 

signalée, puisque cette rectification fait ressortir la 
perspicacité d'un de ses confrères les plus estimés par 
ceux qui étudient notre histoire locale. € Uhi plwra 
€ nitent in carminé, non egopaucis offendar maculis^ » 
a dit Horace, et la notice du sympathique professeur à 
la Faculté de théologie est assez complète pour demeu- 
rer une lecture aussi indispensable qu'agréable à qui 
voudra apprécier l'œuvre et la vie de Thistorien de 
Rouen. 

Nous n'avons pas cru nécessaire d'annoter le chapitre 
que nous éditons : ce travail eût exigé, pour avoii> quel- 
que portée, un développement que réclamerait seule une 
réédition complète de la Normandie chrétienne ou de 
l'Histoire de Rouen ; la correction du texte, qui ne laisse 
apparaître que quelques fautes facilement corrigées par 
le plus rapide examen, ne nous a pas paru non plus 
motiver des observations qui eussent, sans raison suffi- 
sante, allongé une œuvre dont la brièveté aurait dû 
être le premier titre à l'indulgence qu'elle réclame. 

Si une patience, mise, nous le craignons, à une rude 
épreuve, a permis au lecteur de parcourir les lignes qui 
précèdent, il a pu apprécier le secours ininterrompu que 
m'a prêté par ses écrits M. Ch. de Beaurepaire, le savant 
archiviste à qui n'est inconnu aucun détail relatif à notre 


INTRODUCTION 


XXXV 


cité ; ses conseils ne m'ont pas été moins profitables, et 
son infatigable obligeance me contraint, comme tant 
d'autres^ à répéter à son adresse les paroles qne l'on 
attribue à nn gascon besoigneux: c Plutôt ne jamais 
« payer ma dette que la nier une seule fois ! » 

J. P. 


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LE CHATEAV FORTIFIE 

OV ECLAIRCISSEMENTS SVR LE 

CHAPPITTRE DE LA NORMANDIE 
CHRETIENNE QYI PORTE POVR TITRE : 

Defcription du Vieux Chajîeau de Rouen. 
Eflablijfement de la Cour de Parlement 
en iceluy. Antiquité^ touchant l'Eglife 
de fainâ Godard, & plufieurs autres re- 
marques curieufes. 


LE CHATEAV FORTIFIE 

OV ECLAIRCISSEMENTS SVR LE 

CHAPPITRE DE LA NORAiANDlE CHRETIENNE 
QVI PORTE POVR TITRE : 

Dejcription du Vieux Chajleau de Rouen. EJla- 
blijfement de la Cour de Parlement en iceluy. 
AntiquiteT^ touchant VEglife de fainâ Godard, 
& plujieurs autres remarques curieufes. 


I 


'ay fouuent parlé du vieux Chafteau de Rouen dans toute 
cette hifloire, mais principalement dans le difcours qui traite 
du priuilége de S. Romain, où ie viens de faire voir que la pri- 
fon dudit Chafteau efiant autrefois ce qu'eft aujourd'huy la 
Conciergerie du Palais, Meflieurs du Chapitre en tiroient ordi- 
nairement les criminels qu'ils vouloient mettre en liberté. 


ECLAIRCISSEMENT. 

Cette prifon du Chafteau eftoit la première & la principalle 
de la ville deuant que le Palais fufi conflruit; on y enfermoit 
les plus criminels & par conféquent Meffieurs du Chappitre 
auoient couftume ten tirer les prifonniers pour les mettre en 
liberté. 


— 4 - 

Cette prifon eftoit différente & féparée de la geôle du BaiU 
loge, non-feulement par le trauers de la rue, mais auffy par 
le nom, i autant quon ïappeloit la mai/on de pierre du Châ- 
teau, ainfy qu'on peut voir dans les archiues de Veglife cathé- 
drale, où il eft fait mention de ces deux prifons en ces termes : 
Die louis fefto afcenfionis^o may 1499 domini de Capitule 
commifli ad examen prifonarioram retulerunt fe cafceres 
regios hujus ciuitatis, videlicet Guaeolae, domus lapidœae 
caftri palatii, etc., c'eft-à-dire : U ieudy fefte de VAfcenfion, 
le 9 may 149^, Mejjieurs du Chapittre commiffaires pour 
l'examen des prifonniers rapportent qu'ils fe font tran^ortés 
aux prifons royalles de cette ville, c'efï àfçauoir à la geôle de 
la Maifon de pierre du Palais du Chafteau, etc, , . 

// faut icy remarquer que utte vieille prifon ejlant tombée 
en ruinCy le Roy Louis quator^iefnte donna cette plau vuide à 
M. le prefident d^Hoqueville, qui y fit conflruire la partie de 
fa maifon qui regarde le midy. Cette maifon de pierre ou pri- 
fon du Chafleau efloit extrêmemeut forte. Les murailles efloient 
d'vne epaiffeur extraordinaire & l'an 16 jp, lorfque led, 
s^ prefident la fit entièrement démolir pour faire d^ autres fon- 
demens, on y irouua ^ cachots qui reffembloient ^ petites 
grottes auffy obfcures quelles efloient affreufes, 

TEXTE. 
Fay aufly monftré auec quelle ardeur ou pluftoft auec quelle 


piété nos Roys fe font portez à nuûntenir cedit priuilege : 
comme Charles VIII, eftant prefent à la G>ur de TEchiquier à 
Rouen, Tapprouua & le confirma comme venant de fes anceftres 
& en voulut voir la cérémonie, ayant requis à Meffîeurs du 
Chapitre de faire paiTer la procefUon par deuant le Chafteau où 
il faifoit fa réûdence. 

ECLAIRCISSEMENT. 

Van 148s, le 2/ avril, finfinuaiion du priuilege de 
S. Romain fuft faiâe à l'Echiquier de Rouen oà le roi Charles 
8' prefidoity accompagné de M. le duc SO rleans qui depuis 
fut Roy de France Louis 12^, du duc de Bourbon, M, le 
Conneftable & de plufieurs autres feigneurs, fur laquelle fut 
donnée refponce par M. le Chancelier que le Roy confirmait 
ledit priuilege pour en iouir félon la coutume & comme le 
Chappitre procedoit à Veleâion au iour de l'Afcenfion, M. de 
Mouy, bailly de Rouen, fit entendre à Meffieurs du Chappitre 
que le Roy vouhit voir la cérémonie de la procejjion & que 
pour cet effeâ ilfalloit quelle pajfafi par la porte du Château 
du cofU de la ville où le Roy feroit, & fortiroit par la porte 
des champs, 'ce que ledit Chappitre accorda volontiers, y 
prefidant le reuerendiffime archeuefque Robert de Croimare, 
tellement que, la procejjion partant de la vieille tour, paffa 
par la rue du Grand-Pont, tournant par la rue Ganterie & 
gaigna le Château, où le Roy eftoit & de là prit le chemin que 


Von tient pendant les Rogations, au retour de la procejjion de 
5. Geruais, 

Cecy efl couché mot pour mot dans les arcbiues de Notre- 
Dame que i^ay citées dans le chappitre de ma Normandie 
chreftienne, qui parle du priuilege de S, Romain; mais il 
fault icy remarquer que cette porte du Château du cofté de la 
ville efioit Jituée deuant l'hofiellerie où pend pour enfeigne le 
chappeau rouge entre la fonteine du Château et le grand efca- 
lier de pierre qu'on voit auiourd^huy & que la porte des 
champs efioit cette porte ancienne de la ville qui alloil au petit 
Bouuereul & qui eft maintenant bouchée^ mais où Von void les 
trous des ponts-levis & d'autres circonftances que nous dédui- 
rons tantoft. 

TEXTE. 

Tay encor en plufieurs endroits de cette hiftoire fait mention 
de la fontaine du ChaHeau appellée autresfois la fontaine 
Gaalor qui eft la plus belle & la plus ancienne fource de toutes 
celles qui ont efté conduites dans la ville. Ainfî ayant parlé en 
gênerai de cette place dont la mémoire eft prefque perdue, ie 
defire la faire reuiure dans ces cahiers & en donner toutes les 
lumières pofllbles qui apporteront plus de iour à mes efcrits & 
qui en chafteront quelques petites obfcuritez. 

ECLAIRCISSEMENT. 
La defcription de la fonteine Gaalor fe void dans les anti- 


- 7 - 

quiiei du palais arcbi^fcopal après l'bijhire de S. Mellon 
où ie renuoye mon kâeur. 

TEXTE. 

On s'eftonnera peut eftre de ce que ie prétends faire vne 
copie acheuée d'vne chofe dont ie n'ay iamais veu l'original : 
ce que les plus habiles peintres n'ont iamais oTé entreprendre : 
mais l'acceffion de ce lieu ayant efté Êdte par autfaorité de 
luftice aux années 1635. & 164 1. où ûjl teûnoins les plus an- 
ciens de la ville qui auoient veu ledit Chafteau furent appeliez 
pour dire la vérité touchant les bouts & codez d'iceluy fur le 
procez meu entre les Curé & Treforiers de la Parroifle de 
(ainâ Godard, & les Curé & Treforiers de la Parroifle de faint 
Patrice pour le pofleflbire des maifons qui ont efté conftruites 
en cette place ; ie croy que ie puis parler après ces (âges vieil- 
lards, que leur authorité me feruira d'appuy, & que leur main 
quoy que tremblante conduira aiTez heureufement mon pinceau. 
Voicy le fidde rapport qu'ils en ont fait en prefence des 
Confeillers commiflaires à ce députez. 

ECLAIRCISSEMENT. 

Ilfautfçauoir qu'après plus de trente ans de proceds pour 
la place du Château entre les Curé & paroifjiens de S. Godard 
& deS, Patrice, il y eûtfentence du Bailly l'an 16)) par 
laquelle on diui/a & partagea laditte place ; ou il fault remar- 


— 8 — 

quer que la meilleure & la plus noble partie fui adiugée à 
S, Godard. De cette fentence il y euft appel refieâiuement & 
le Parlement ayant remis les cbofes au premier eftaty il fui 
ordonné qu'vn Confeiller commijfaire fe tranfporteroit fur Us 
lieux auec vn maçon & vn peintre qui feroient la defcription 
dudit Château, Cette accejfion première fut faille Van i6)j 
par deuant M* Richard du Moucel, confeiller au Parlement, 
qui fit drejfer vn proceds verbal du rapport qu'en firent 
lacques Grauois, maiftre maçon de la ville & Pierre Moriot 
peintre, dont efUnent conuenues les parties. 

Ilfault remarquer en cette première acceffion vne circonf- 
tance affe\ belle. Ledit s^ du Moucel, eftantfur le rauelin ou 
bouleuard qui commence proche la porte Bouureuil & enui- 
ronne toutte l'étendue du Château venant finir proche la tour 
de la Pucelh vers le lieu où efioit autrefois vne porte de la 
ville, interpella le f curé de S. Patrice à l'inftancedu r curé 
de S. Godard de reconneftre que depuis la démolition du Chor 
teau on a labouré ledit bouleuard & réduit en agriculture & 
que la dixme a ejlé continuellement perçue par le curé de 
S, Godard &fes predeceffeurs fans que les cure\ de S, Patrice 
y ayent iamais rien prétendu & ainfy que cela faifott recon- 
neftre que le lieu où efioit hafti ledit Château efioit de la par- 
roiffe de S. Godard; à quoy le curé de S, Patrice, eftant fur- 
pris, rejpondit que cela ne faifoit rien au prefent différend où 
il ne ^agiffoit des dixmes dudit bouleuard, n' eftant befoin qu'il 


— 9 — 

connoijfe ou meconnaijfe aucune chofe fur ce fuiei : reponce 
fuccinâe nuiisfoible. 

Apres cette première accefflon arreftfut donné au Parlement 
à Rouen le 2^ ianuieir 16)6 par lequel lafenience du Bailly 
fut cajfée & en réformant ordonné que la place & territoire du 
Château, en tant que les maifons, iardins & terres qui en dé- 
pendent fituéei & bâties des deux coftei de la rue commençant 
à Vefcalier de pierre qui efl deuant la prifon du baillage 
iufques à la maifon de M. d'Anuiray confeiller à la Cour, la 
maifon de M, de Matban & terres adiacentes iufques aux mai- 
fons de Louche demeureront de la parroijfe de S. Godard, & 
que les autres maifons depuis celle dudit ^ d'Anuiray vers 
S, Patrice enfemhle les maifons dudit Louche demeureront de 
la parroijfe de S. Patrice. 

Contre cet arrejl, quoy qu'auantageux au curé de S. Patrice 
à qui le Parlement auoit laijfé 4 ou j maifons comme par au- 
mofne & commiferation, ilfe pourueut en reqtufte ciuile & les 
curé & marguilliers de S. Godard prirent aujfy vn pouruoy 
contre le mefme arreft en tant que Von auoit adiugé les mai- 
fons dudit Louche à la parroijfe de S, Patrice. 

En ce mefme temps Meffieurs du Parlement furent interdits 
fur le prétexte de quelques émotions populaires où ils n'auoient 
pas donné bon ordre; Gajfion gênerai d'armée occupa la ville 
auec dix mille foldats, on déforma les bourgeois & on enuoya 
des commijfaires de Paris pour tenir la Cour du Parlement, 


— 10 — 


Ce changement de iuges qui fit pleurer la nature auffy bien 
que tous les véritables bourgeois de Rouen fit rire ceux de 
S. Patrice, qui cjperant pefcher en eau trouble firent donner 
vn arre/î du ip fcburier 1 641 par lequel il fut ordonné, aupa- 
rauant de faire droit au principal, que par le conf ciller & 
rapporteur du proceds nouuelle defcente feroit faite fur les lieux 
contentieux entre les parties en prefence des curés & treforiers 
des deux paroiffes qui conuiendroient chacun de trois tefmoins 
anciens pour dire la vérité touchant les bouts & cotei du Châ- 
teau & des poffejfions qu'en pouuoient auoir les deux eglifes. 

Ce fut icy la féconde accejfwn qui fut faite auffy tofl après. 
M, Seguier V^ Prefident e/îoit pour lors logé fur la parroiffe 
de S. Patrice, comme auffy M. Renault qui eftoit rapporteur 
de cette affaire. Le curé de S. Patrice conuerf oit familièrement 
auec ces deux perfonnes comme fait vnpafieur auecfes ouailles, 
c*efi ce qui luy eleuoit le cœur & la voix iufques à faire des 
rodemontades qu'il emporteront toutte la place du Château & 
qu'il laifferoit feulement à S, Godard les ef curies de M. de 
Mathan, qu'on auoit gaigné par faueur, que les iuges naturels 
nauoientpas rendu iuftice & que ces nouueaux que Dieu luy 
auoit enuoyei alloient reparer la faulte. 

Cette 2^ acceffîon ne donna pas peu de plaifir à plujieurs 
perfonnes qui eurent la curiofité de la voir, M^ Renault rap- 
porteur eftoit accompagné de fix vénérables vieillards blancs 
comme des cygnes qui difcouroient l'vn après Vautre touchant 


— II — 


les limites du Château & de tout ce qu'ils y auoient veu; vn 
greffier mettait leurs depofitions en efcrit & M' le curé de 
S. Patrice auoitfait apporter par fan vallet deux flambeaux 
qu'il fit allumer pour defcendre dans des caues & autres lieux 
fimterrains; mais la vérité qui parlait enfaueur de S, Godard 
rendait vne plus grande clarté & femhlait dijjiper les ténèbres 
de ces fojfes profondes. Ledit s^ rapporteur s'eftant trouuéfur 
la terrajfe au bouhuard qui enuironne tout le Château par 
dehors la ville, M^ le curé de S. Godard interpella de rechef 
le r curé de S, Patrice de reconnefire que les dixmes de ces 
grandes terraffes auoient efU taufiours perçues de luy & de fes 
predecejfeurs fans aucun contredit; à quoy le curé de S, Pa- 
trice demeura d'accord, mais il demanda la reftitution de u 
qui auoit eflé perçu par luy comme d'vne vfurpatian : refpmce 
bien légère encor qu'elle fût étudiée & préméditée; mais le curé 
de S, Godard n'a point encor trouué de confejfeurs qui Vayent 
obligé à cette reftitution, 

Ilfault remarquer que fur la fin de cette acceffion il tomba 
de la grefle en fi grande quantité que toute la compagnie fut 
difperfée en vn moment, chacun courant qui çà, qui là, pour 
fe mettre à couuert, iugeant bien que le ciel était irrité contre 
ceux de S, Patrice, qui cherchaient midy à 14 heures & qui 
demeuraient opiniaftres àfoutenir vne mauuaife caufe. 

Cependant le curé de S. Patrice attendait tous les iours.vn 
arreft de ces iuges nouueaux venus dont la plufpart eftoit de 


— 12 — 

fes paroijfiens qui luy promettoient beau temps, mais Dieu, 
qui voulait mettre fin à ces iniques procédures, remit nos pre- 
miers iuges en liberté, les fit feoir derechef fur les fieurs de lys 
auec honneui & renuôya à Paris les commiffaires qui hmoi- 
gnoient ajfei n'eftre à Rouen qu'à regret & contre leur incli- 
nation. 

Ce fut icy que le curé de S, Patrice fut extrêmement furpris 
preuoyani que nos iuges naturels n'auroient pas d'autres fenti- 
mens qu'ils auoient eu autrefois, au contraire qu'ils feraient 
irrite^ de us chiquaneries, outre que ceux de S. Godard ayant 
produit des pièces nouuelles fortes & indubitées, fon affaire 
allait mal /il n'y mettait bon ordre. C'efi pourquay comme il 
auoit eu le bonheur que feu Mr le Prefident Seguier pendant 
qtt^il prefidoit M" les commiffaires efioit logé dans les limites 
de fa paroiffe comme auffy M*" Renault, qui efioit le rapporteur 
du proceds, il voulut ménager cet auantage & quoyque lefdits 
commiffaires fuffent reuoquei au mois d'aâobre 1641, il fit en 
forte contre tout droit que le J>roceds les fuiuit, & pour cet 
effet il obtint arrefi du Confeil priué portant évocation et ren- 
uoy de la caufe au Parlement de Paris & en la première 
chambre des Enquefies affin qu'il demeurafi toufiours au rap- 
port de M. Renault qui eftait duferuice de cette chambre, 

Lepouruoy que le r curé de S. Patrice auoit obtenu fans 
raifon & qu'il auoit fait reujjir par le renuoy au Parlement de 
Paris où il auoit vnefi puijfante proteâion que celle de Mr le 


— IJ — 

prefident S^uier ébranla le curé de S. Godard qui prefenta 
requejk à ce que Mr Renauit rapporteur fuft récusé ien con^ 
nefire; mais par arreft il demeura rapporteur de l'affaire dont 
ledit s^ deS. Godard n'attendit plus de bon fuccei que par la 
bonté & iuJHce de fon foutien, qui parut fi nettement aux iuges 
que par arreft contradiâoire du )Vmars 164) il efi dit, ayant 
^ard aux lettres de maintenue, que lefdits s^' curé & treforiers 
de S. Godard font conferve^ en la poffejion de toutes les mai- 
fons contentieufes entre les parties fifes tant en la rue Morant 
qu'en la rue Faucon, & où eftoit cy deuant conftruit le Château 
de la ville de Rouen, & par le me/me arreft il eft fait deffence 
aux curé & treforiers de S. Patrice de les troubler. 

Le lendemain quelque particulier de la paroiffe de S. Par 
triée reuut lettres de Paris qui portoient le gain de leur pro- 
ceds, ce qui caufa vne grande refiouiffance par toute la par- 
roiffe; mais comme ils fe propofoient Rallumer des feux de 
ioye â faire fonner leurs cloches, on les affura qu'vn preftre 
de S. Godard auoit auffy receu lettres du contraire et que 
, S. Godard auoit remporté le Château en toutes fes circonf- 
tances, u qui les rendit affei froids. Vn aduocat de Rouen qui 
auoit affifté à cette accejfion que nous auons tantoft décrite en 
fit vne ode a/fei gentille qui fit rire feu M^ Renault quoy qu'il 
fut d'vn naturel ajjfei melancholique ; on en enuoyea mefme 
quelque copie à Rouen pour en faire part à quelques M" du 
Parlement qui fâchant comme l'affaire s'eftoit paffée admi- 


' — 14 — 

rerent la tiaïueié de ce poète qui auoii fi bien rencontré. La 
voicy comme on me l'a donnée, 

L'acceiEon de la place de l'ancien Château de Rouen Êdte 
l'an 1641 par arreft du Parlement dudit Rouen en pre- 
fence de M' Renault confeiller commiflaire & de fix an- 
ciens témoins dont eftoient conuenus les curé & paroif- 
fiens de S. Godard & de S. Patrice qui eftoient en 
proceds touchant le polTefibire des maifons conftruites 
en laditte place. 

Sages Nefiors, dont la mémoire 
S*etemifant de père à fils 
Eleuefur les fleurs de lys 
La mérite de voftre gloire; 
Beaux aftres, dont le Parlement 
Luit comme vn autre firmament. 
Que vos vertus font adorables. 
Car vous cherchais la vérité, 
Liijfant des arrefts équitables 
A toute lapofterité! 

Sacrei Génies de la France, 

Qui protège:^ les innocens. 

Nos Sénateurs qui font abfens 

Sans vous n'auroient point de deffence. 


— 15 — 

L'arrefi donné pour S. Godard 
Mettoit leur crédit au bafard; 
On difoit défia par la ville 
Que lafaueur de S. Patrix, 
lointe à fa requefle ciuille. 
Sans doute ^porteroit le prix. 

On foi/oit défia des guirlandes 
Pour couronner /es tnarguillers; 
Les feules palmes & lauriers 
Efioient dignes de leurs offrandes. 
On auoit gaigni par faueur 
L'ejprit du premier rapporteur, 
Qui, corrompu de cent vifites 
Et de mille importunite:^ 
Auoit terni fes beaux mérites 
Uiniuftice & de lafcbete^; 

Que lorf qu'on vifita la plaa 
On ne fit pas affe^ de bruit, 
Qu'vn commiffaire mal inftndt 
Eftoit caufe de leur dif grâce; . 
Qt^il nefalloit point fe fier 
Ni au peintre ni au greffier; 
Que la mefure eftoit mal prife, 
Le proceds verbal mal dreffè, 
Accufant mefme defurprife 
Tout le Sénat intereffi. 


— i6 — 

Cefi icy que Von vous réclame, 
Sacres^ interprètes des hix, 
Pour châtier de viue voix 
Les autheurs d'vn fi noir diffame : 
La ville efi en pleurs & en dueil 
Et ne demande qu*vn cercueil; 
Mais dans la commune dif grâce 
Nos maux feront enfeuelis 
Quand vous ferej;^ remis en grâce 
Sur la pourpre & les fleurs de lys. 
Cependant le Ciel fauorable 
Aux prières des gens de bien 
Fait que S. Patrix ne tient rien 
Et qu'il bâtit deffus le fable, 
Vn commiffaire efi député 
Pour connefire' la vérité; 
La vertu qui luit fur fa face 
Chaffe bien loin toutte faueur 
Etnefe trouuefur la place 
Que pour reparer voftre honneur. 

Six tefmoins qui ont veu les glaces 
De plus de quatre vingt hyuers 
Vont dire les rapports diuers 
Qu'on fait de ces vieilles terraffes; 
Swr leur front paroift arrefié 
Le thrône de la vérité 


— 17 — 

Et d*vne humiîiU profonde 
Mettant tous la main au chappeau, 
Semblent parler d'vn autre mande 
Quand ils dif courent du Château, 

Grand Dieu, que voflre prouidence 
Met bon ordre à nos différends ! 
Les plus fages font ignorans 
Et s*aueugUnt dans leur fcience. 
On fait allumer vn flambeau 
Pour voir fous vn profond caueau 
Vn efcalier imaginaire : 
Pluton à ces obiets diuers 
Tremble de voir vn commiffaire 
Defcendre aux portes des enfers, 

La populace mal inftruite 
Accourt icy de toutes parts, 
Et borde le long des rempars 
D'vne curieufe pourfuitte, 
Vn murmure s'eg>ant en l'air; 
Le plus ignorant veut parler, 
Le plus fot veut entrer en lice 
Et tel qui nefçait u que (fefi^ 
Suiuant les loix de fon capriu 
Tout bas en prononce Varreft, 

On produit des pièces nouuelles. 
On monte deffus le rempart. 


— i8 — 


On mefure le boukuard. 
Le donion, la tour des Pucelles; 
On defigne le pont-huis, 
On regarde dedans vn puis, 
On remarque vne fauffe porte. 
On prend la largeur des fojfei^ * 
Pour voir fi le tout Je rapporte 
Aux mémoires qu'on a dreffe^. 

Mais quoy ! tout le ciel Je mutine 
n/emble que les éléments 
Dans leurs contraires mouuemens 
Ont figrU leur propre ruine, 
Uair s'ob/curcit & lefoldl 
Voile la clarté de fon œil : 
Vne nuê en grefle féconde 
Brife les toits de fes carreaux 
Et femhle porter dans le monde 
Vn déluge & mille tombeaux, 

Ain/y Vautheur de la Nature 
Dont les fecrets font merueilleux 
Détournant le cours orgueilleux 
D*vne fi Idche procédure, 
Veut auffy que le Parlement 
Recongnoiffe le iugement 
Du Sénat dont la longue abfence 
Ne peut effacer les arrefts. 


— 19 — 

Et qui efi dedans Tinnocenu 
Aujfy bien que hors d*interefts, 

Gayan, dont la iu/lice éclate 
Dans la plus noire obfcuriti, 
Oefi la voix de la vérité 
Et non la faueur qui vous flate; 
Vous auei d*vn iufie mépris 
Rebuté ces faibles efirits 
Qui pen/oient faire des miracles, 
Faifant voir en dernier rejfort 
Que vos arreftsfont des oracles 
Qui donnent la vie & la mort. 

Pourfuiuons noftre carrière & puifque nous auons veu Var- 
refi de la première chambre des enqueftes de Paris en faueur 
de S, Godard, confiderons Us raifons & les motifs qui ont porté 
ces iuges incorruptibles à le prononcer et à mettre la paix entre 
deux parroijfes après plus de trente ans de guerre, 

TEXTE. 

Pour entrer dans le pourpris du chafteau, il falloît paffer par 
dedans la bafle court qui auoit deux portes, Tvne eftoit proche 
THoftel de RafFetot & demeuroit toufiours fermée, mais on Tou- 
uroit dans la neceffité pour faire entrer les munitions ou pour 
vuider les fumiers. 






— 20 — 


ECLAIRCISSEMENT. 


Par cette porte qui efloit du coté de T hôtel de Raffetot paf- 
foient feulement les barnois & les charettes qui apportoient les 
munitions audit Château & non pas les carrojfes puifqu'en ce 
temps là il n'y en auoitpas vnfeul dans la ville de Rouen & 
que le premier carrojfe y fut veu Van ij^6 ou enuiron. Les 
vieillards qui ont veu ce Jiecle m'ont affeuré de cette vérité, 
adioutant que le luxe efloit Ji elongné des ef^rîts qu'il n'y auoit 
que M^ le i*^ prefident qui montait fur vue mule pour aller au 
palais ou tous les confeillers fe rendaient à pied & auec fi peu 
d'efiat qu'ils portaient fur leurs fouliers des aiguillettes de fil. 

Cette porte efloit comme hors œuure, toufiours fermée, fans 
deffence, fans foffeij fans houleuard, fans corps de garde, fans 
fentinelle : ce qui a eflé avoué & reconnu par tous les tefmoins 
ouysfur cefuiet par deuant les commijfaires députe^ par la 
Cour pour faire les accejjtons dont tay parlé cy deffus. 

TEXTE. 

L'autre porte eftôit deuant l'hoftellerie où pend pour en- 
feigne le chappeau rouge, entre la fontaine & le grand efcalier 
de pierre qu'on voit auiourd'huy. Cette porte efloit la plus 
commode & la plus hantée, encor qu'elle fuft eleuée du paué de 
la rue de 14 pieds. On ne laiflbit pas d'y monter à pied & à 


— 21 — 

cheual : les petits dercs de la Parroifle de S. Godard portoient 
tous les dimanches du pain bénit aux foldats qui y faifoient la 
garde. 

ECLAIRCISSEMENT. 

Il eft facille de proutier que cette porté ejioit la principale 
du Château, premièrement parce qu'il y auoit toujiours corps 
de garde &fentinelle, en ^ lieu paru que les gens de pied & 
de cheual entroient & fortoient par icelle & en y lieu parce 
qu après auoir pajfé par cette porte on entroit de front dans la 
porte du pourpris du Château qui eftoit femblable à celle de 
Bouuereul, fife entre deux tours & ayant vn pont-leuis fur vn 
foffé à fond de cuue : ce qui a efU nettement rapporté par tous 
les tefmoins qui ont dit les chofes comme ils les aiment veues 
en prefence des commijfaires députe^ deuant lefquels ils auoient 
prefté ferment de dire la vérité, Voicy la depofition d'vn de 
ces vénérables vieillards qui fera porter le mefme iugement des 
autres qui ont parlé après luy non feulement en mefmes termes, 
mais encor plus exprei & plus decififs du bon droit de 
S. Godard. 

lean Vauquelin courtier de vins en cette ville & banlieue 
de Rouen & Vvn des anciens capiteines de la Cinquantaine a 
rapporté que pendant fa ieuneffe il eftoit apprentif du meflier 
de chauffetier fous le capiteine Lamote dans le château de 
Rouen où pour lors commandoit le conte de Tillieres qui auoit 


— 22 — 3! 


pour lieutenant le s^ de la Noë & pour capiteîne dans le châ- 
teau le s^ de Cambiere, dans lequel château le depofant a cou- 
ché plufieurs fois dans le corps de garde proche le pont-leuis, 
lequel Vauquelin a dit que pour entrer dans ledit château on 
pajfoit par vne petitte porte qui eftoit deuant Vhoteïlerie du 
chappeau rouge, paroijfe de S. Godard, par laquelle les gens 
de pied & de chenal entroient pour aller droit au pont-leuis 
dans le Château, lequel pont-leuis eftoit entre deux tours où le 
corps de garde de la morte paye eftoit & donnoit vers S. Go- 
dard & vne plus grande porte vers Vh'oftel de Raffetot qui eftoit 
toufiours fermée par où les charriots & prouifions entroient 
dans la bajfe cour pour aller gaigner la porte du Château. 

Faifons parler maintenant des pièces authentiques et irré- 
prochables, montrons des aâes publics & produifons des papiers 
quift)nt trop vieux pour les démentir & par confequent qui 
fermeront la bouche à ceux qui voudroient dire le contraire, 

M" de S. Godard font porteurs de lettres patentes de 
Charles IV Roy de France & et de Nauarre, datées du mois 
de nouembre 1^26 & données en faueur de Veglife cathédrale 
de Rouen portant confirmation du bien qui luy appartient où 
il eftfait mention d*vne maifonfife dans les limites de la pw- 
roiffe de S. Godard qui efioit deuant la porte du Château. 
Voicy ce que difent ces vieilles Chartres : Item in parochia 
S*> Gildardi quadragenta folidi redditus fupra quoddam 
tenementum cum fundo terras fitum ante portam Castri. 


1 


- 25 - 

Ceft-à-dire : Item en la paroiffe de S. Godard 40 Job de rente 
fur vn certain tenement auec le fond, fis deuant la porte du 
Château & en vn autre vieux regijire dudit Chappitre de 
Noflre-Dame contenant 412 feuillets font couchées ces parolles 
au feuillet 1^4 : Item prœfàti dominî habent ius percipiendi 
& habendi anno quolibet quatuor tenninis sequaliter 
40 folidos fuper quamdam domum cum gardino lacobo 
Potquam fpeâantem ac pertinentem ûtam iti prœdiâa 
parochia S^ Gildardi ante Caftrum Rothomagenfe in quo 
tenetur Confilium Régis, etc., quarum ténor fequitur de 
verbo ad verbum. Item lefdits feigneurs ont droit de prendre 
& auoir par chacun an aux 4 termes accoutume^ de Tannée 
40 fols de rente fur vne certaine maifon auec vn iardin appar^ 
tenant à lacques Potquam fife en la paroife de 5. Godard 
deuant le Château de Rouen où fe tient le Parlement du 
Roy, etc. Voicy la teneur de la mefme chartre qui pourfuit & 
dit : à tous ceux qui ces prefentes lettres verront, etc. Cefi à 
fçauoir 40 fols de rente à prendre & auoir d'an en an fur le 
tenement & fur le fond de la terre affife en la paroiffe de 
S. Godard de Rouen deuant la porte du Château, etc., laquelle 
chartre a efté extraite & collationnée par Valfemer fecretaire & 
la coppiefe garde dans les archiues de Veglife de S. Godard. 

On voit encor dans les Chartres de la cathédrale de Rouen 
vn aâe de Van 1)20 qui fait mention du tranjport de ladite 
renie fait par Laurent Le Vaffeur & fa femme à M* Geofroy 


— 24 — 

de Branks chanoine : Ceft à fçauoir à prendre ladite rente 
fur vne maifonfife en laparoijfe de S. Godard deuant la porte 
du Château, 

le diray encor en pajfant que ladite place proche fefcalier 
où eft maintenant la fontaine du Château fe nommoit autrefois 
le carrefour du Château comme on peut voir dans vn regi/lre 
manufcrit touchant les fonteines, qui eft gardé dans Vhofiel 
commun de la ville de Rouen, 

Il ne fault pas eftre grand philofophe pour conclure de tout ce 
que dejfus que la véritable porte du Château eftoit dans les 
limites de laparoijfe de S. Godard parce que autrement les 
titres fur allégués ne porteroient pas deuant la porte fi cen'euft 
eflé la porte principale, 

Lefdits de S, Patrice ont dit que cette porte efloit inacceffthU 
& qu'il y falloit monter par des degre\ de terre graffe, que 
mefme elle efloit fort petiite; à quoy on peut repartir que 
Charles Dumenil premier tefmoin de S, Patrice a depofé que 
les perfonnes & les cheuaux entroient facilement par ladite 
porte fituée à l'endroit des petites maifons proche la fonteine, 
laquelle depofition efl conforme aux depojitions des témoins de 
S, Godard, Euflache Maillard fécond témoin de S, Patrice a 
rapporté que le conuoy £vn baptefme célébré à S, Godard 
paffa par ladite porte où M, de Bourbon, archeuefque de 
Rouen, affifta comme parrein & Dubuc, autre témoin dudit 
S, Patrice attefte que ladite porte auoit 12 pieds de hauteur & 


— 25 — 

4à j pieds de largeur. Pour ce qui eft du pain bénit & de 
l'eau bénite que les petits clercs de S. Godard portaient tous les 
dimanches aux foldats du Château, } anciens prejbtres de 
S, Godard, agei de y 2 ans, qui auoientfait cet office en leur 
ieuneffe ont depofé cette vérité, auec plufieurs autres perfonnes 
laïques témoins oculaires, 

TEXTE. 

Et quand il fut queftion de baptifer le fils du Comte de Til- 
lieres Gouuemeur dudit Chafleau & qui y faifoit fa refidence, le 
conuoy du baptefme palTa par cette porte, & cet enfant fut porté 
auec magnificence en TEglife de S. Godard en prefence de plu- 
fieurs perfonnes de marque & eut pour parrain le Cardinal de 
Bourbon Archeuefque de Rouen. 

Au mois de juillet 1585, vne fille dudit feigneur de Tillieres 
née au Château fut àufly portée par cette mefme porte en 
Teglife S. Godard où elle fut baptifée par ledit Cardinal Arche- 
uefque de Rouen qui luy feruit aufly de parrain auec TEvefque 
de Lyfieux. Les marraines fiirent Madame de Clere & Madame 
de Poffe. Ladite fille fut nommée Anne. 

Apres ledit fieur de Tillieres, commanda au Château le Capi- 
taine Louis qui fit pareillement baptifer fes enfaris en Teglife de 
S. Godard, & afliftoit aux grandes méfies luy & fa femme les 
iours du dimanche, entrant & fortant par cette mefme porte qui 
efioit afiez proche de ladite eglife. 

Cette porte auoit 12 pieds de hauteur & 5 pieds de largeur; 


— 26 — 


il y auoit toufiours fentinelle & corps de garde & on y re- 
marque encor dans les caues voifines des "petites voûtes & des 
cafemates dont elle efloit fortifiée. 


ECLAIRaSSEMENT. 

Le rapport des témoins que nous duons tantoft produit fait 
ajfei voir les dimenfions de cette porte du Château qui eftoit 
proche lafonteine; les cafemates & petites voûtes en forme de 
galleries fe voyent encor dans les caues de Mr le prejident 
d*Hocqueuille ; pour ce qui efl des enfans des Gouuerneurs qui 
ont efU haptife\ en Veglife de S, Godard, cecy se prouue non 
feulement par les anciens regiflres de S, Godard qui en font 
mention, mais aujfy par le rapport des vieillards & témoins 
qui ont mefme dit les circonjlances comme ils les auoient veues 
& qui font auffi belles que curieufes. 

La femme du Conte de Tillieres Gouuerneur dudit Château 
efiant accouchée d'vn fils, il fut baptifé en Veglife de S. Go- 
dard par le s^ Cardinal de Bourbon pour lors Archeuefque de 
Rouen, auquel baptefme ajjiflerent plufieurs gentilhommes de 
marque, efiant pour lors curé de S, Godard M* Jacques Toi- 
lay, iacobin doâeur en théologie & affin que rien ne manquaft 
à cette cérémonie, on fit eleuer fur les fonds baptifmaux vn 
poe/le de damas cramoify; l'enfant fut porté par vn gentil- 
homme dans vn baffin d'argent & depuis ladite porte du Cha- 


-li- 
teau iufques à Veglife de S. Godard il y auoii des hommes en 
armes qui faifoieni haye des deux cotei, Cecy a ejlé rapporté 
& figné par plujieurs te/moins tant ecclejiajliques que feculiers 
ir entre autres de vénérable & difcrete perfonne Af* Guillaume 
Le PU prejbtre, curé de la paroijfe de S. Pierre le portier & 
demeurant au prebitaire de ladite eglife, qui a de plus attefié 
qu'il auoit porté autresfois lefurplis en ï eglife de S. Godard 
ejiant âgé pour lors de ij ou i6 ans, auquel temps M* Guil- 
laume Creuon ejloii clerc matriculier de ladite paroijfe, par 
le commandement duquel ilfe tran^rtoit fouuent au Château 
où ejloit demeurant le r Conte de Tillieres pour demander à 
la dame fa femme fi elle vouhit venir au diuin feruice, & 
principalement aux iours folennels, & lorfqu'elle venoit foit à 
la meffe parroijjiale, aux verres ou ténèbres ledit Creuon luy 
préparoit vne place dans le chœur de Veglife, où il faifoit 
mettre vn tapis fur vne forme, vn carreau de velours contre 
terre & vn autre fur ledit tapis. 

TEXTE. 

A droite ligne de cette première porte on entroit dans vne 
autre fermant à pont-leuis & fituée entre deux tours par laquelle 
de la bafTe cour on entroit dans le pourpris du Château qui 
eftoit où font à prefcnt les maifons & les iardins de M»" de Ma- 
than, où il fault remarquer que le puis que Ton void encor 
dans le logis dudit fieur eft le mefme qui eftoit dans la cour 
dudit Château. 


— 28 — 

ECLAIRCISSEMENT. 

Lors qu'on auoit monté au Château à qu'on auoit paffe la 
première porte qui eftoit deuant le Chappeau rouge, on entroit 
dans lepourpris dudit Château par vne porte qui eftoit à l'op- 
pofite & au niueau de cette première, fermant à pont-leuis, vn 
guichet à cofté & ayant dejfous vn foffé à fond de cuue. Cette 
porte eftoit femhlàble à celle que l'on appelle auiourd'huy la 
porte de BouuereuL Ceft icy le rapport de tous les vieillards 
& entre autres de M^ Michel Langlois prefbtre, âgé defoixante 
& dou\e ans dont la vie ayant efté exemplaire, on doit aujfy 
porter vn grand re^eâ à fa depofiiion, 

TEXTE. 

Cette place eftoit forte & iriaccefïible, ayant tout autour des 
foffez à fond de cuue qui prenoient à la porte Bouuereul, de 
forte que le regard des fonteines, qu'on voit vn peu au dessous 
de laditte porte, eftoit pour lors dans le fond du foffé, lequel 
foffé toumoit à l'endroit où eft à prefent la rue Morant & finif- 
foit à la fieffé de Louche dont les baftimens & iardins font en 
partie dans le foffé & en partie fur la contrefcarpe. 

ECLAIRCISSEMENT. 

Affin de donner toute la clarté pojjible à mon i^xte, ilfault 
fçauoir que le Vieux Château ayant efté démoli, le Roy fit don 


— 29 — 

de la place à feu Mr de Rys premier prefident au parlement de 
Rouen & au sr d*Eteruille treforier de France, lefquels^ayani 
fait des rentes à diuers particuliers, & entr'autres à M. de 
Mathan confeiller en la Cour, il paffa vn contraâ deuani les 
tabellions de Rouen le 24 ianuier 161^ lequel tfi confiderable 
& décide la caufe d'entre les paroiffiens de S. Godard & de 
S. Patrice. 

Dans ce contraâ ledit r de Mathan énonce qu'il efl de la 
parroijfe de S, Godard & que la place par luy vendue audit 
défunt M* Robert Louche ejl Jituée & afftfeen la paroijfe de 
S. Godard, tellement que par ce premier tiltre il efl confiant 
que la place fur laquelle font bâties les maifons dudit Louche, 
contenant 62 pieds, luy a efU vendue comme eflant dans les 
limites de la paroiffe de S. Godard, 

Nonobfiant ce titre. Louche qui ne vouloit point habiter 
dans vne autre paroiffe que celle de S. Patrice où il auoit 
toufiours demeuré &fait la fonâion & charge de treforier, fit 
toutfon pofjible pour faire dépendre fes maifons de la paroiffe 
de S. Patrice, iufque là qu'il obligea fes ho fies de reconnoiflre 
l'eglife de S. Patrice, adioutant dans ces baux qu'il luy feroit 
permis de leur donner congé s'ils faifoient autrement, c'efi à 
dire s'ils reconnoiffoient l'eglife de S. Godard pour leur pa- 
roiffe. * 

Tous ces emportemens & fes rufes ru feront pas pareflre vne 
chofe noire qui eft blanche & puifque par le dernier arrefl 


— 30 — 

toutes les maifons qui font fituées en la place où ejhit autrefois 
le Vieux Château font adiugées à la parroifje de S. Godard, il 
fault bien dire que les maifons de Louche font de ce nombre^ 
On voudroit bien dire maintenant qu'elles ne font pas conf- 
truites en la place dudit Château; mais Tacuffion qui en a 
e fié faite & le contraâ dudit Louche témoignent le contraire & 
on void encor dans la caue de ce bâtiment les fondemens d'vne 
tour dudit Château, 

Toutes les perfonnes en gênerai qui occupent les maifons 
conftruites en la place dudit Château tant dans la rue Morant 
quen la rue Faucï)n ont obéi à l'arreft & ont reconnu & re- 
connoiffent encor Veglife de S, Godard pour leur paroiffe. Il 
n'y a plus que les hofies dudit Louche qui refirent & qui vou- 
droient bien ne point defobliger le r curé de S. Patrice qui 
les attire à foy par tous les deuoirs & complaifances qu'on 
fçauroit s'imaginer, Cefl enfin ce qui a obligé le curé de 
S, Godard defe pouruoirpar deuers iuflice afin de faire exé- 
cuter ledit arreft & d'empefcher le curé de S, Patrice à mettre 
la faux en fa moiffon & de voulloir conduire des ouailles dont 
il n'efi pas le pafleur. 

Ledit curé de S, Patrice qui cherchoit tous les iours quelque 
incident pour remettre ce proceds hault qui eftoit terminé par 
tant d'arrefts a trouué icy fon compte & a tellethent brouillé 
que pour faire plainement pareftre fin opiniâtreté ou du moins 
faire peur à ceux de S. Godard pour luy laiffer les. deux mai" 


— 31 — 

fans de Louche, il a obtenu vne j* requefte ciuile contre Tarrefl 
du ji mars 164^ & ce par lafaueur d'vn amy, mais contre 
tout droit & raifon, Sautant que par ce moyen on rendroit les 
arrefis foihles & friuoles & les proceds immortels. 

Pour donner ouuerture à fadite requefte ciuile, il je fert 
i vne peinture tirée des archiues de Vboftel de ville qui repre- 
fente aucunement l'ancien Château, où il tafcbe de montrer 
que la porte du cofié du-^UfOppeau rouge eftoit fi petite qu'il 
n'y a pas ^apparence que ce fuft le pajjage ordinaire pour 
entrer &fortir du Château, A quoy on peut rejpondre que le 
y de S, Patrice eft non receuabk puifqu'il n'y a pas feulement 
fix mois, mais plus de 16 ans que Varreft eft donné; que le 
peintre qui a fait cette figure Ta faite à difcretion, fans ordon- 
nance de iuftice & félon fon caprice, nefongeant à autre cbofe 
qu'à reprefenter les conduits des fonteines de Gaalor et de 
Noftre Dame; qu'il y a 20 ans qu'il la garde & qu'il la re- 
garde de près & partant que la conféqueuce qu'il en tire n'éta- 
blit rien de nouueau & certainement on peut dire que n'ayant 
fceu trouuer de droit fur la terre il en cherche deffous & dans 
des canaux de fontaines dont il ne peut tirer autre confequence 
que des louanges pour Mejjieurs les confeilUrs efcheuins de la 
ville qui ont eu le foin d'amener ces belles eaux de bien loin 
qui font tant de bien au public. Pourfuiuons noftre dejfein. 


— 32 — 


TEXTE. 


Ce Château efloit fortifié de plufieurs tours qui ont efté ra- 
fées à rexception de trois qui paroifTent encor, c'eft à fçauoir la 
tour du Gafcon, la tour du Donion & la tour de la Pucelle. La 
tour du Gafcon eft petite & de peu de remarque; la tour du 
donion ou du rauelin efl groffe & haute à merueilles & il eft 
probable qu'elle a été conftruite par Philippe Augufte Rgy de 
France. Voicy comme parle la Chronique de Normandie : 
Anno 1202. Rex Philippus totam in fuum dominium recepit 
Normaniam, euertiqtie fecit muros Rothomagi & VernoUiy & fedt 
nouant turrefn Rothomagi versus fontem GaaJor & deftruxit veterem, 
C'eft à dire : Tan 1202, le Roy Philippe, ayant réduit à fon 
obeiflance toute la Normandie, fit rafer les murs de Rouen & 
de Vemeuil & après auoir fait démolir la vieille tour qui eftoit 
vn refte du palais de nos anciens ducs, il en fit conftruire vne 
autre plus belle & plus forte proche la fontaine Gaalor. . 

Il fault icy remarquer que toute Teau de ladite fource Gaalor 
qui va rendre à plufieurs fontaines de la ville paffe par dedans 
cette tour où elle faifoit autresfois moudre vn moulin. 

La tour de la Pucelle eft plus loin tirant vers la porte Cau- 
choife; elle eft ainfy appellée parce que la Pucelle d'Orléans, 
nommée leanne Darc, ayant efté prife par les Anglois deuant 
Compiegne Tan 143 1 fut emmenée à Rouen & enfermée dans 
cette tour qui depuis a efté à demy abbatue à coups de canon 
par ceux qui ont commandé en cette ville pour reprendre ledit 
Château que le marquis d'Alaigre auoit furpris pour le feruice 


- 33 - 

du Roy, où il fault noter que la batterie eftoit dans la maifon 
du sr de Viquemare qui appartient maintenant à M' Vdgnon. 


ECLAIRaSSEMENT. 

Il fault remarquer que lorfqu'on eftoit entré dans le pour- 
pris du Château par dejfus vn pont-leuis fitué entre deux 
tours, comme nous auons dit, delà on entroit dans la tour du 
donion par vn autre pont-leuis, attendu que le Château eftoit 
enuironné defoJfe\ à fond de cuue & dudit pourpris du Char 
teau on pouuoit def cendre dans le fojfé vers le fauxbourg par 
vne pettite porte qui eft maintenant bouchée, mais qui paroift 
ajfex, pour iuftifier ce que ie dis après le rapport des tefmoins, 
le diray comme en pajfant que les ^ derniers gouuemeurs du 
Château ont efté Mr de Carrouge, Mr le Conte de Tillieres 
fon fils & le Capiteine Louis qui s'empara de cette place durant 
la Ligue, mais qui pour Vauoir mal gardée fut pendu au vieil 
marché auec quelques vns defes officiers. 

TEXTE. 

Tout proche de cette tour appellée de leanne la pucelle on 
void vne ancienne porte de la ville qui ^ eft à prefent bouchée 
où Ton remarque encor les traces dVn grand pont-leuis & dVn 
guichet à codé fermant auifi à pont-leuis : cette porte deuant 
qu'elle fufl bouchée s'appeloit la porte des champs, & c'eft par 
où fortit la proceilion du prifonnier lorfque Charles VIII eftant 


— Î4 — 

dans le Château voulut voir ladite cérémonie, ainfi que nous 
auons veu dans le difcours du priuilege de S. Romain. Ceft' 
aufTy par où les procédions de S. Godard & de S. Patrice for- 
toient autresfois au iour du S. Sacrement pour aller au faux- 
bourg à la rue du petit Bouuereul qui feparent les limites def- 
dites paroiûes, attendu qu*vn cofté de ladite rue efl de la pa- 
roiiTe de S. Godard & Tautre codé de la paroifle de S. Patrice. 

ECLAIRaSSEMENT. 

Dans le proceds verbal de Jacques Grauois maçon de la 
ville & de Pierre\Moriot peintre en prefence de M* Richard 
du Moucel confeiller au parlement & des cure\ & treforiers de 
S, Godard & de S. Patrice efi remarquée vne ancienne porte 
de la ville à prefent bouchée, laquelle paroiji encor en vne tour 
quarrée ejlant dans le fojfé de la ville. 

Tous les témoins qui ontprefté examen touchant cette porte 
en ont dit des drconftances ajfe:^ curieufes, mais principalle- 
ment Nicollas Pauie charpentier & bourgeois de Rouen qui a 
depofé que lors que le feu r du Moulin Chappel efioit com- 
mandeur & capiteine dudit Château, vn furnommé de Lon- 
guerue efioit maiftre des ouurages de cette ville & par fon 
commandement auec Claude Gigonde maiftre charpentier de 
Thotel commun de la ville de Rouen il ayda à démonter & 
abattre vn pont-leuis & vn pont de bois par lequel on paffoit 
pour aller au petit Bouuereul, & fut dit pour lors audit depo- 


— 35 — 

fant par vn nommé La Garite qui eftoitfoldat au Château & 
par i autres perfonnes dignes defoy que par dejfus ledit pont 
de bois & pont-kuis laprocejfion de S. Patrice paffoit le iour 
du S. Sacrement pour aller aufauxbourg du petit Bouuereul 
& que entre la muraille de la ville & aile du Château il y 
auoit vn bout de rue & pajfage pour aller audit pont-leuis & 
pont de bois, & que proche ledit pajfage efloit la grande porte 
de la bajfe cour qui demeuroit toufiours fermée & qui n'ou- 
uroit que pour la necefjité. 

TEXTE. 

Il fault fçauoir que la chapelle du Qiâteau eftoît de fondation 
royale, qu'elle portoit le nom de S. Romain, comme nous 
auons dit cy-defTus, & qu'elle eftoit deferuie par trois chapelains 
titulaires qui y celebroient la mefle aux iours qui leur eftoient 
deftinez. Le principal titulaire de cette chapelle eftoit & eft 
encor le prieur de la Magdelaine de Rouen, chanoine régulier 
de l'ordre de S. Auguftin qui a ioui de temps immémorial & 
jouit encor des priuileges, droits, profits & émoluments qui y 
font annexez; il eft mefme porteur de pluûeurs Chartres très 
anciennes qui confirment la donation qui luy en a efté faite par 
nos Roys auec droit de nommer, & de prefenter vn de fes reli- 
gieux pour defeniir ladite chapelle toutesfois & quantes qu'elle 
fera vacante. Lors que le Château eftoit encor en fon entier, il 
y faifoit fa demeure ; il y auoit fa chambre meublée aux dépens 
du Roy, il y prenoit fa refedion & auoit (a portion de pain & 


- j6- 

de vin, ainfy que les autres officiers & domefHques de Sa Ma- 
iefté, difoit la mefle en fa prefence & perceuoit les offrandes, 
encor que les curez de S. Godard ayent prétendu que lefdites 
oblations leur appartenoient de droit, d'autant que ladite cha- 
pelle eftoit dans les limites de leur paroiffe, iufque là que 
Tan 1485, vn nommé Fouques curé de ladite paroiffe de 
S. Godard enuoya fon vicaire prendre lefdites oblations & cita 
vn nommé Alinant religieux de la Magdelaine à comparoiftre 
par deuant Monsieur TOfficial, afin d'effre réglé fur ce différend ; 

Hactrait T^^ ^^dlt Alinant fe retira par deuers le Bailly de Rouen & fit 
*SSrf*d?u ^^^ deffence audit Fouques de procéder en Cour d'Eglife & 

BLo^ ^® audit OflBcial de connoiftre de cette caufe à peine de cent marcs 
d'argent. Cette fentence eft datée du 18 décembre de ladite 
année 1487. 

ECLAIRaSSEMENT. 

Vay montré cy dejfus que le premier prefbtre titulaire de 
ladite chappelle du Château eftoit en grand crédit puifqu'H 
auoit Voreille du Roy & des princes, tadiouteray icy qu'il 
auoit cette prerogatiue d'ejlre appelé M*" du Château ainfy que 
i'ay trouué dans plufieurs chartres du prieuré de la Made- 
leine. 

Fay produit vne pièce de Van 148$ par laquelle ce premier 
titulaire nommé Alinant fut troublé par le curé de S, Godard 
touchant la perception des offrandes de ladite chappelle; en 
voicy vne autre que Vauois ohmife qui n'efipas moins curieufe 


Extrait 
des archives de 


- 37 - 

que la première. Ceft vne coppie de lettres de maintenue de 
Van ij;4) obtenue du Roy François I" par le prejbire titulaire 
de la cbappelle dudit Château nommé frère lean Auber reli- 
gieux de la Madeleine pour n'eftre troublé par le curé de 
S. Godard en la perception des oblations qu'il auoit coutume 
de receuoir lorfqu'il celebroit la mejfe dans le Château ou qu'il 
y adminiftroit les facremens aux étrangers, feulement excepté 
Ufacrement de bapiefme qu'il reconnait eftre de la compétence 
& du deuoir dudit curé de S. Godard. Voicy le contenu de 
ladite lettre : 

« François par la grâce de Dieu Roy de France, au pre- 
mier huiffier de noftre cour de Parlement ou noftre fergeantfur **J^J^~ 
ce requis falut. De la partie de noftre bien aimé frère lean 
Auber religieux de la Madeleine de Rouen & chappelain de 
noftre chappelle fondée au Château de cette ville de Rouen nous 
a efié expofé que de tout temps & ancienneté ledit expofant & 
fes predecefjeurs font en poffefjion de faire eau bénite & pain 
bénit tous les dimanches de l'an, & le iour des cendres faire la 
benediâion d'icelles & pareillement d'adminiflrer les facremens 
à toutes perfonnes étrangères non tenant feu ni lieu audit 
Château, & généralement en poffeffion de faire tous aâes de 
curé, excepté lefacrement de baptefme. Et combien qu'audit 
expirant appartiennent les oblations qui font offertes en ladite 
chappelle par lefdits étrangers, & autres oblations qui fe font 
par d'autres perfonnes fans que le curé ou- vicaire de S. Go- 


- 38- 

dard de noftre dite ville de Rouen ou autres y puijfent aucune 
chofe reclamer, ce néantmoins iceluy curé de S, Godard ou 
fort vicaire feferoit efforcé de troubler & empefcber ledit expo- 
fant à la perception de/dites oblations; & de fait durant le 
temps que ledit expofant ejioit occupé à faire le diuin feruice 
en ladite cbappelle auroit ledit vicaire au defceu dudit expo- 
fant receu les oblations faites en ladite chappelle & s'efforce & 
tante ledit vicaire de troubler & empefcber par cy après en 
icellefa poffefjion, qui feroit, fi ainfy eftoit, àfon grand preiu^ 
dice & domage; humblement requérant fur ce nofire prouifion 
& remède de iuftice au cas appartenant. Pourquoy Nous te 
mandons & commettons que tu affifles &fois prefent auec ledit 
expofant à luy voir continuer & garder fadite poffefjion defdites 
oblations & cbofes dépendantes de fadite cbappelle, en u fai- 
fant le garder & défendre de toutes forces & violences, en fai- 
fant expreffes inhibitions & deffences de par nous fur certaines 
& grandes peines à nous appliquées audit curé de S. Godard, 
fon vicaire ou autre qu'il appartiendra d'attenter contre ny au 
preiudice de ces prefentes, & en cas d'oppojition, clameur de 
haro, ou autrement, fays afftgnation aux oppofans ou faifans 
ledit débat par deuant nofire bailly de Rouen ou fon lieutenant 
en le certifiant deuemeni de ce que fait en auras, auquel nous 
mandons aux parties faire raifon & iuftice, car tel eft noftre 
plaijir, nonobfttant vfage^ftiU & lettres à u contraires. Bonne 
à Rouen le dou^iefme iour d'auril auant Pafques, l'an de 


— 39 — 

gracé IJ4) & de noftre nigne le jo»^ ainfy figni : par le 
Confeil, de Cromare, vn parafe &fcellé en cire iaune, » 

Ces lettres de maintenue Jurent f^ifiées au curé de S. G(h ^jjjj^g^ 
dard la me/me année iS43 par Marin Creuel fergeant royal f^JSîrf*^ u 
auec deffences de n'attenter contre fur les peines au cas appar- M*<ieWn«. 
tenant. 

Certainement ces deux pièces fuf dites d'Alinant & d'Auber, 
quand me/me elles feraient toutes feules ne laiffent aucune dif- 
ficulté que le Château n'ayt toufiours efté de la paroiffe de 
S, Godard; elles font fortes, authentiques & decijiues, elles 
prononcent d'elles mefmes Varrefl en faueur de S. Godard & 
il efi à croire queji le curé de S, Patrice qui s'eft tant em- 
preffépour débrouiller ce proceds en eût peu recouurer quel- 
qu'vne de cette trempe, il Veufl fait imprimer en lettres d'or 
& n'euft marché qu'auec des foudres & des tonnerres pour fe 
faire craindre. 

TEXTE. 

Voyons maintenant Taffeâion particulière que nos anciens 
Roys ont porté à cette chappelle, d'autant qu'elle auoit efté 
fondée & dotée par leurs ayeux. L'an 13 12, au mois d'aouft, 
Philippes le Bel, Roy de France, donna vn ponçon de vin au 
chappellain du Château à prendre par chacun an fur les 
Receueurs de la Viconté de l'Eau. Cecy eft confirmé par vne 
autre chartre donnée par Içan Roy de France l'an 1552 au mois 




<< tf 


— 40 — 

de iuin : Et Charles V meu de deuotion enuers S. Romain, 
Ourlet V augmenta la fondation de ladite chappelle pour entretenir le 

Roy QC Fruicc 

dévAt à luminaire ; void un fragment de cette chartre. Cbarks fils ai/ni 
de France, Régent du Royaume, Duc de -Normandie & Dauphin de 
Viennois, à tous ceux que ces prefentes lettres verront ou orront, 
Salut : Sçauoir faifons que nous confiderons la petite fondation 
ordonnée pour foutenir & gouuerner le luminaire de noftre chappelle 
Royale fondée en noftre Château de Rouen ; voulans de tout noftre 
comr l'accroissement du feruiu diuin, auons donné & donnons par 
ces prefentes à toufiours & perpétuellement pour augmenter le lumi- 
naire de noftre dite chappelle la fomme de foixante fols Parifts de 
rente annuelle & perpétuelle à auoir & prendre par le chappellain 
d'icelle & fur les reuenus de noftre Vicomte de Rouen par les mains 
de noftre Vicomte qui eft ou qui pour le temps à venir fera, etc. 
Donné à Rouen au mois defeptembre, Van de grâce ISS9- 

Il faut encore fçavoir que les mefîes que ce premier titulaire 
auoit coutume de dire dans ladite chappelle font maintenant 
célébrées dans le vieil Palais, qui eft vne citadelle fut fur le 
bord de la riuiere & qu'après la démolition du Qiâteau qui fût 
Tan 1590 le feruice que les deux autres chappellains titulaires 
eftoient obUgez de Êdre fut tranfmis en l'eglife de S. Godard 
parroisse dudit lieu, ainfi qu'il eft porté dans vn arreft du Par- 
lement dont voicy la teneur. 

« Du onziefme iour de mars 15 91, à Rouen en la cour du 

Méfiés 

de fondation « Parlement. Suc la requefte prefentée par maiftre Jacques 

transférées °ea « Routier & lean Bout presbtres chappelains, à fçauoir ledit 

s^^^SJl ^ Routier de la chappelle de Rutel & Moulineaux, & ledit Bout 


— 41 — 

« de la chappelle du grand Couronne, fondées au Château de 

« cette ville de Rouen de fondations Royales tendans à ce qu'il 

« leur fuft permis de dire & célébrer ledit Routier deux mefTes, 

« & ledit Bout vne méfie par chacune femaipe, à quoy ils font aesciurtresdv 

« tenus & obligez par lefdites fondations en Teglife de S. Godard JJJSdWncS 

« de cette dite ville ou autre eglife ou chappelle qu'il plaira à *<»«». 

« la Cour ordonner parce qu'ils ne peuuent célébrer audit 

« Château comme ils auoient accoutumé auant la démolition 

« d'iceluy. La Cour, veu la requefte, conduilon du Procureur 

« gênerai du Roy a permis & permet aufdits Routier & Bout de 

« célébrer les méfies & dire les oraifons & prières en Feglife de 

« S. Godard de cette ville qu'ils auoient accoutumé de dire fit 

m 

« célébrer par chacune femaine en la chappelle du Château 
<c dudit lieu auant la démolition d'iceluy, en rapportant par eux 
« attefiation par deuers ladite Cour de quinzaine en quinzaine 
« tant du curé que des parroifilens de ladite parroifie de 
« S. Godard & iufqu'à ce que par la Cour autrement en ait 
« efté ordonné. Fait à Rouen en kdite Cour de Parlement 
« l'ii mars 1591. Signé Heutes par vn paraphe, & plus bas : 
« collation faite auec vn paraphe. » 

Cet arrefl fait voir clairement que le vieux Château eftoit 
dans les limites de la parroifie de S. Godard, puis qu'après fa 
démolition il porte qu'on dira pour l'auenir dans ladite eglife 
les méfies qu'on auoit coutume de célébrer dans la chapelle du 
Château dudit lieu. Or afiin de fçauoir que non feulement pour 
lors, mais aufiy de temps immémorial les Gouuemeurs dudit 
Château ont reconnu l'eglife de S. Godard pour leur parroifie. 




— 42 — 

on peut examiner vne pièce plus ancienne de deux cens & 
trente années que celle cy : ie l'ay inférée dans le difcours du 
priuilege de S. Romain, où Ton void que Meffieurs du Chap- 
pitre ayans efcommunié le iieur du Boc lieutenant pour auoir 
condanmé à mort vn prifonnier du Qiâteau dans le temps de 
l'infmuation dudit priuilege, le curé de S. Godard eut charge 
de publier ladite excommunication comme eftant le curé dudit 
lieu, qui font les mefmes termes : ce mandement eft datte de 
Tan 1360. 

ECLAIRCISSEMENT. 

Tout le texte cy deffiis montre la relation qui ejbit entre 
Veglife de S. Godard & le Château ; on voit u mot du dit lieu 
tant de. fois répété, tantoft en parlant du Château, tantoji en 
parlant de Veglife de S, Godard qu'on ne fçauroit aller au 
contraire que le Château ne fuft de ladite parroiffe, outre que 
les pièces fufdites font fi claires qu'on n'en fçauroit douter, 
fi fortes qu'on ne fçauroit les vaincre, & fi anciennes qu'on 
n'oferoit les démentir, 

TEXTE. 

Façon Depuis la démolition du Château, les presbtres qui font 

poiTeTTion des pourueus par le Roy de quelqu'une defdites chappelles font mis 

du cSSeira. ^^ poffeffion par les commiflaires qui leur font premièrement 

toucher la tour du donjon ; puis ils viennent en Teglife de 

S. Godard acheuer le refte des cérémonies en la chappelle de 


> 


— 43 — 

S. NicoUas en prefenoe du fieur curé. Voicy la prouifion d'vne 
defdites chappelles qu'on fera peut eftre bien aife de voir. 

Henry par la grâce de Dieu Roy de France & de Nauarre : au Provifion 
Bailîy de Rouen ou fon lieutenant fçauoir faifons que pour le bon um d^ chTp- 
& louable rapport qui fait nous aeJU delà per/onne de noftre bien aacLittan.r 
aimé maifire Pierre Baron presbtre, fuffifance, capacité, probité & 
honnefieté de vie, à iceluy pour ces cau/es & autres mouuans, auons 
donné & conféré, donnons & conférons par ces prefentes Vvne des 
chappelles Royales fondées en noftre Château dudit Rouen que n'an 
gueres fouloit tenir & deferuir maifire Jean de Hottot dernier pai- 
fihle poffeffeur, etc. Donné à Fontainebleau le lo d'oâobre 1606. De 
noftre regTie le dix huiâiefme, signé Henry, & plus bas par le Roy, 
de Lomenie vn paraphe & f celle fur finale queue de cire iaune auec 
vn contrefcel de cire iaune, 

• 

ECLAIRaSSEMENT. 


Depuis le temps que leferuice diuin qui efhit célébré dans 
la chappelle du Château a ejU tranfmis en ladite eglife de 
S. Godard les chappelains pourueus par le Roy font mis en 
poffeffion dans ladite eglife par les commîffaires qui leur font 
toucher laditte tour du donion faifant partie du Château^ qui 
eft vne preuue littérale que le Château efioit de ladite parroiffe 
de S, Godard, Le fieur Baudry confeiller au baillage pa- 
roiffien de S. Patrice & quelques autres ont mis en poffe/lion 
plufieurs chappelains dudit Château aufquels ils ont fait 


— 44 — 

toucher ladite tour & fait faire les autres aâes de la prife dt 
pojfeffion dans ladite eglife de S» Godard, 

TEXTE. 

pi^creÎMnt Puifque l'entreprends de mettre au iour ce que i*ay peu 

* rÎ^o^ trouuer touchant les antiquitez du vieux Château de Rouen, il 

faut fçauoir que TEchiquier qui auoit efté eilably par Raoul 

Tan 913 fut érigé en Parlement par Louis XH, Tan de grâce 

1499 ^ ^^ ^^^ règne le deuxiefme^ à Tinilance du cardinal 

Cefte noble Georges d'Amboife & que ce pieux monarque ordonna qu'il 

iu^fat'aï. ^^^^^^ t€^" ^^s la grande fale du Château en attendant qu'on 

pelièe Parle- guft trouué vn lieu propre .pour conftruire le Palais. La pièce eft 

ment par r x t r 

François pre- affcz curieufe pour ne la pas obmettre, mais affin de n'eftre pas 

mier 

qui abolit le enuuyeux, l'en retrancheray la plus grande partie. En voicy vn 

nom d'Echi- ^ 

quier. fragment. 

Louys par la grâce de Dieu Roy de France, etc., Par ces prefentes 
auons conftituè & ordonné, confiituons, ordonnons & eftabliffons la 
Cour fouueraine de V Echiquier de nojlre dit pays & duché de Nor- 
mandie à eftre d'orefnatumt à toujîours de nofire nom & de nos 
fuccejfeurs ducs de Normandie tenue ordinairement & continudle- 
ment en noftre palais de noftre bonne ville & cité de Rouen capitale 
du pays & en attendant que le lieu pour ce necejfaire y foit adreffé 
& approprié, foit tenue en la grande fale de noftre Chafteau dudit 
lieu par le nonibre de quatre prefidents & de vingt huiâ confeillers, 
etc., & par cefte mefme conftitution, ordotinance & ftatut. Nous 
voulons & entendons que des lors que ladite Cour commencera à 


— 45 — 

tenir, la Cour de la grande fenecbauffie qui par deuant omit eJU 
ordonnée pour vuider les matières efcheantes en prouifion en atten- 
dant la tenue de P Echiquier auec tous les offices ficelle /oit abolie 
& Supprimée, etc., fans toutefois déroger au fait de la capiteinerie 
dudit lieu de Rouen dont à prefent eft capiteine noftre très cher & 
amé coufin Louis de Bre^é comte de Mauleurier, grand fenechaJ 
dudit pats, lequel neantmoinns fe pourra toufiours dire nommé & 
injiallé audit office, en prendre les gages & affifter audit Echiquier 
le premier après lefdits prefidents, donner opinion comme les con- 
feillers, requérir & informer fur le fait des excès en drejfer rapport 
fa vie durant fans tirer en confequence. Donné aux Montils fous 
Bloù au mois d'auril Tan de grdce 14^^ & de noftre règne le 
deuxiefme, Signé Louis, par le Roy, Meffieurs le Cardinal ^Am~ 
boife & duc de Lorraine, etc, préfents. 

Ce fut le premier iour d'oâobre de la mefme année 1499 u pccmièr« 

que fe fit l'ouuerture dudit Parlement ou Echiquier après la p^i^Lat, râ 

meffe qui fut célébrée en Teglife cathédrale, ce que i'ay trouué *»"**^^^ ^* 
dans une ancienne chartre dont voicy la teneur. 

Le premier iour d'oâdbre 1499, après matines, fut ceUbrie vne du i ooob. 

meffe folemnelU dans le choeur de Veglife cathédrale oà affifterent ^J^^iSl 

Meffieurs les prefidents tant ecclefiaftiques que feculiers auec les con- ^tJl^lH 

feillers pour faire ce mefme iour l'ouuerture de F Echiquier qui "'jft^ ^ 

deuoit eftre continué pour tous les iours félon la teneur des lettres du iommipraf- 

tltntts tcciquu- 

Roy, lefqueb prefidents & confeillers, après auoir entendu la meffe tiâetuKuUm. 
s'en allèrent au Chdteau du Roy qui eftoit le lieu ordonné pour tenir lîcî^RÎÎth.* 
ledit Echiquier & préparé pour les receuoir. Ledit Parlement 


en 


-46- 
liiffd eempuu demeura audit Château TeTpace de fept ans iufqu'à ce que le 

procêfferuHt ad r r -i i 

cajtrum neium Palais fuft parfîdt. 
ubi erat loeus 
apparatus, 

ji^j^ Il fault remarquer en paiTant que les années fuiuantes lefdits 

chanoines s'eftans prefentez pour dire la meffe dans ledit 

Palais Château à Touuerture de la Cour, ils furent empefchez par le 

conJbuîT ^"^^ ^? S- Godard & pour ce interuint arreft Tau 1503, par 

l'an i$o6. lequel il fut ordonné que ledit curé de S. Godard diroit la 

meffe â Touuerture de ladite Cour à Texclufion du Chappitre 

de Noftre Dame : ce qui eftoit iufte & raifonnable, puis que ledit 

J'aymiscecy <^uré exerçoit fes fondions curiales dans ledit Château, & que 

parîexncnt. l*année précédente il auoit obtenu arreft par lequel fon vicaire 

feroit payé d'auoir célébré à Pafques & adminiftré les facremens 

aux prifonniers dudit Château. Voicy la teneur de cos deux 

arrefts qui méritent bien d'eftre confiderés pour leur antiquité. 

Extrait Du regiftre des comparences de Meffieurs les pfeildents & 

de la paroifle confeillers de la Cour de l'Echiquier des diftributions des 
*deRou«ai. proceds tant du criminel extraordinaire que des procedz cri- 
minels & informations commençant le famedy 7 iour de ianuier, 
premier iour des iours du baillage de Gifors Tan 1502 cinquan- 
tiefme feuillet, première page a efté extrait ce qui enfuit : Du 
vendredy après midy par Monfieur le prefident de S. Ouen 
Meffieurs Adoubard, Poftel, Pafchal, Boiuin, le fieur Bienuenu, 
Cappel, Heuzé, Maffelin. 

Salaire adjugé Apres que par Monfieur le Prefident a efté dit que le vicaire 

au vicaire de 

st Godani de S. Godard aura }s ^^^ pour fa vacation d'auoir confeffé, 
a<£a^f^è Tes adminiftré à. célébré à Pafques dernier les prifonniers du Château 


— 47 — 


qui tendait pour crime, S mefmement que les prifonniers con- 
damnez à la mort qui auroient appelle & autres trouuez chargez 
de crime n'ont point efté adminiftrez. 

Dudit regiftre cent feptienie feuillet deuxiefme page a efté 
encor extrait ce qui enfuit. 

Du famedy dernier iour de feptembre cinq cents & trois 
par le prefident de S. Ouen, Meffieurs Bienuenu, le Lyeur, 
Goupil, Maffelin^ drré, de la Fontaine, Boiuin, Toftain, Duboc, 
de Qjiieuremont, Maignard, Poflel, Mellicourt, Croimare. 

A eflé ordonné que le curé ou chappelain de S. Godard célé- 
brera la mefle de la Cour pour le conmiencement d'icelle & que 
le grand chantre & fes compaignons diront ladite méfie lundy 
sept heures du matin. 

Collation faite du prefent extrait fur ledit regiftre eftant entre 
les mains de maiibre lean le Meau commis au greffe criminel de 
la Cour, & ce fuiuant l'ordonnance d'icelle interuenue fur la 
requefle prefentée par le curé & parroifliens de la parroifie de 
S. Godard de Rouen, ce iourd'huy, après laquelle collation ledit 
regiftre a eûé mis entre les mains dudit Lemeau, à Rouen ce 
onziefme iour d'aouft 1640. Signé Vaignon auec vn paraphe. 


prifonniers 
du ChAteau. 


Arreft 
ptr lequel le 
curé de 
St Godard 
diralameire 
dans le Châ- 
teau à l'ouver- 
ture du 
Parlement. 


ECLAIRCISSEMENT. 


Apres auoir veu des pièces authentiques qui prouuent que le 
vieux Château a toujours efté de la parroijfe de S, Godard, 
les deux arrefts du parlement que nous venons de produire 
terminent le différend & ne laiffent plus de lieu d'en douter, 


-48- 

Le curé de 5. Godard a baptifé dans/on eglife un enfant du 
fieur conte de Tilîieres, mais i'auois oublié à dire qu'il en 
haptifa vn autre dudit r conte dans la chapelle du Château & 
que pour cet effet furent portées dans laditte chapelle lesfaintes 
huiles & autres chofes à ce neceffaires par le clerc de laditte 
paroiffe nommé Maiflre Guillaume Creuon, afjiflé Svn petit 
clerc nommé Michel Langlois qui luy ayda à porter lefdits 
ornements ; ce que ledit Langlois a depuis depofé en face de 
iufiice, aagé de yo ans, homme de créance & menant vne vie 
retirée & exemplaire, adiouflant que ledit Creuon clerc alloit 
aduertir laditte dame conteffe quand on alloit commencer les 
ténèbres & lui preparoit vne place dans le chœur de laditte 
eglife. 

Ces deux arrefls du parlement naiffant, iointes autres pièces 
que i'ay produites cy deuant montrent clairement que de temps 
immémorial le Château a eflé dans les limites de la paroiffe 
de S. Godart ; c'efl pourquoy fans marrefler dauantage aux 
baptefmes, aux inhumations & aux facrements que le curé de 
S. Godard a toufiours adminifire\ aux perfonnes qui ont eflé 
malades en cette place, ie doibs feulement montrer que ledit 
curé en efloit en poffeffton du temps du dernier capiteine & 
lorfque ledit Château fut démoli, puifque félon la maxime de 
droit on doit principalement regarder le dernier état des chofes : 
Uliimus flatus inffnciendus. 

Il fault donc fçauoir qu'après le conte de Tilîieres vn 


— 49 — 
nommé le capiteine Louis a commandé U dernier dans le P*rt!î?" 

£ de U fiemme 

Château dont il ^empara durant la Ligue, qui depuis pour ^\^^^^ 
auoir mal gardé la place, fut pendu au vieil marché & fin a>*»««»- 
corps expo fé fur les tours du Château, Or il efl confiant que u 
dernier capiteine, fis domefHques & foldats ont ioufiours 
reconnu Veglifi de S, Godard pour leur paroiffe, ainfi qu'ont 
depofé tous les témoins à ce requis, entre lefquels s'est prefintée 
honnefte femme Madeleine Seimbourg ayant e^oufé en fécondes 
noces M* Charles Yon, viuant procureur en baillage & de- 
meurant en la paroiffe de S** Croix S, Ouen, qui a dit en face 
de iufiice que lorfque le Château fut pris elle y faifoit fa 
' demeure auec lean Louis qui efloit capiteine audit Château où 
elle a demeuré auec fon dit mary Tefpace de onxe mois ; & 
quand elle y vint demeurer elle demanda à vn fumommé 
La Riuiere, ancien foldat audit Château, en quelle eglife les 
gouuerneurs & officiers dudit Château alloient à la meffe; il 
luy repondit que c' efloit à S. Godard, à raifon de quoy elle & 
fon mary alloient ordinairement à la grande meffe à S. Go- 
dard & y receuoient le S. Sacrement, comme auffy leurs do- 
mefliques & vn furnommé Pennier auec fa famille qui efloit 
lieutenant de fon mary, & qu'en la chapelle dudit Château 
venoit tous les iours dire la meffe vn religieux de la Madeleine 
qu'on appeloit Monfieur du Château & vn presbtre de S. Go- 
dard nommé Lefort & qu'en la prifi du Château vn nommé 
Grégoire qui efloit caporal & qui demeurant dans laditte place 


\ 

\ 


- 50 - 

fut tué & inhumé à S, Gûdard, dont la femme eflant accouchée 
dans ledit Château, peu auant le deceds de fon mary, fon 
enfant fut baptifé en Veglife de S. Godard & les parrains & 
marraines furent le mary de la depofante, le f Dumesnil & la 
femme du capiteine lean Pierre qui demeurait proche Veglife 
de S. Amand. 

TEXTE. 

Tant de bons offices que les curez de S. Godard ont rendu 

aux gouuemeurs dudit Château, à leurs domelliques, aux 

foldats et aux prifonniers dans Texercîce de leur charge paik)- 

raie ont aufly obligé lefdits gouuemeurs de s'acquiter de leur 

deuoir de chreftien auec vne deuotion exemplaire, allîilans à 

leur meiïe paroiffiale les iours du dimanche receuans les facre- 

mens, faifans le pain bénit à leur tour & donnans de leurs 

Extrait biens pour Tentretien du feruice diuin conune a fait le fîeur 

l'égiife de Bonneuille lieutenant commis à la garde dudit Château & 

Go<**"- threforier de ladite eglife de S. Godard, où il a fondé à per- 

tuité une baffe méfie par chacune femaine & vn obit par an par 

contraâ pafié à Rouen par deuant les tabellions en date du 

fixiefme iour de iuillet 1496 & il fault remarquer qu'en vn autre 

contrat de fondation pafié Tan 15 17 ledit de BonneuiUe prend 

la qualité de tréforier de ladite parroifie de S. Godard. 

Vhres Les autres ont contribué à la décoration de ladite eglife y 

«f recOTom^- donnant des baluftrades, des bancs, des vitres & des portes, où 

*^° . ils ont appofé leurs armes qui font reuiure la mémoire de ces 

France. grands hommes comme des marques illuftres de leur pieté. * 


— 51 — 

En ladite eglife de S. Godard dans la chapelle de S. Nicollas 
à main gauche en entrant, eft un banc au haut duquel font des 
armes compofées d'vn ecufTon enuironné de plufieurs croifettes, 
& qui font pareilles à celles qui fe remarquent tant en l'eglife 
de Noftre Dame fur le tombeau de feu Monfîeur de Brezé que 
fur la porte de Bouvereul, hormis les couleurs ou blafons qui 
n'y font point appofez, & audit banc eft vn ecu chargé de trois 
faces ou barres trauerfantes qui font les armes de la maifon de 
Harcour, lefdites armes y ayant efté appofées lorfque dans le 
Qiâteau y refidoient & commandoîent des perfonnes defdites 
maifons de Harcour & de Brezé. 

Aux vitres du cofté du grand Autel font diuerfes armes dont 
les vnes font pareilles à celles de la maifon d'Amboife, les autres 
à celles de la maifon de Harcour, & quelques vnes à d'autres 
familles, toutes peintes de leurs blafons, entre lefquelles on void Armesdafieur 
les armes de Jean de Hangeft fieur de Genly, qui fut autrefois ^^^ foj 
gouuemeur du Château de Rouen, & à collé celles de fon *u»*ncc. 
epoufe Marie d'Amboife, d'où l'on doit prefumer qu'il a donné 
lefdites vitres où il appofé fes armoiries comme eftant paroiffien 
& bienfaiteur de ladite eglife. Lefdites armes dudit de Hangeft 
font d'argent à vne croix de gueulles, chargée de cinq coquines 
d'or; celles de fon alliance font d'or portant trois pals, de 
gueulles. Or qu'il ayt efté capiteine du vieux Château & par 
confequent paroiÛien de l'eglife de S. Godard en voicy des 
prennes & des raifons qu'on ne fçauroit contredire. 

Premièrement on void dans ladite egUfe de S. Godard en la Fondation 
chapelle de Stc Urfule à l'endroit où Ton defcend au fepulchre s« Goàéd * 


— 52 — 


ptr le tienten* 

dtt fieur 

de Genly, 

capiteine da 

Cbâteaa. 


EffUfe 

des âleftins 

de Rouen 

par qui 
confiroite. 

Ulu/hris vir ae 
stranuu miles 

dominus de 

Geitly Joanna 

detiangtjicœn, 

CaUâtuorum 

Rotb. semper 

antator exhtit; 

ejus corpus ab 

eùi/copo Philor- 

delpbùe 

armo 1490 

secus ma jus 

altare inhuma- 

ium Jacet. Ipfe 

monasterit 

hujus copia 

ecclefiamfue 


de S. Romain vn anden epitaphe graué fur vne table de pierre 
en lettres gothiques qui porte que Philippe Douurandd efcuyer 
lieutenant de Monfieur de Genly a fondé à perpétuité en ladite eglije 
de S, Godard vne meffe pour ejlre dite & célébrée le iour dufamedy 
de chaque femaine, etc. 

En fécond lieu on void dans les archiues du conuent des 
Celeftins de Rouen vne ancienne chartre en parchemin d'vne 
donation faite par ledit fieur de Genly audit conuent & pafTée 
à^Rouen par deuant les tabellions, qui lui donne les mefmes 
qualitez. Haut & puijfant feigneur Monfieur lean de Hangefi 
cheualier, fieur de Genly & de Magny, chamhellant du Roy noftre 
fire, capiteine de Rouen & hailly d'Eureux, & à la fin on lit ces 
paroles : pajfé Van de grâce mil quatre cents quatre vingt deux le 
Jeptiefme mars. 

En troifiefme lieu il paroift que ledit fleur de Genly efl le 
principal bienfaiteur dudit conuent des Celeftins de Rouen en 
ce qu'il a fait conflruire leur églife à fes dépens & y a choifi fa 
fepulture. Il mourut Tan 1490 ; la cérémonie de fon inhumation 
fut faite par Tevefque de Philadelphe & fon corps fut mis hono- 
rablement dans le chœur de ladite églife des Celeflins tout 
proche le grand Autel fous vn tombeau creufé dans la muraille 
en façon d* vne petite chapelle. Ledit fepulchre eft orné de 
diuerfes peintures où plufieurs hifloires font reprefentées auec 
les armes dudit fieur toutes femblables à celles qui font aux 
vitres de Teglife de S. Godard. 

Lefdits Religieux Celeftins aôin de n'eflre pas ingrats de tant 
de bienfaits ont efcrit auec vn grand foin la Généalogie dudit 


— 53 — 

fieur de Genly : Tarbre de ladite généalogie commence à Herre . T^jL^ni 
de Hangeft fieur de Genly qui viuoit Tan mil deux cents vingt tte. 
& vn. Ses annoiries y font peintes & blafonnées ainfy que nous cienobURodi. 
les auons reprefentées çy deflus, & tous les enfans defcendans c«ieftm. 
qui ont efté mariez ont au coflé de leur nom les armes de leur 
alliance. Qjiant ce vient à celuy dont ie parle, voicy ce que Généidogie 
porte ledit efcrit. lean de Hangefi quatriefnu fieur de Genly Je riL^ft 
fncaria m premières noces auec lacqudine de Crevecœur & en fécondes ^ ^«emy. 
noces auec Marie d'Amboife fille de Pierre ^Awhoife, feigneur de 
Chaumont fur Loire, & d^Anne du Beuil dont fortit Georges d^Am^ 
boife cardinal légat en Fraifce & archeuefque de Rouen, frère de J^ ^*55S? 
ladite Marie SAiriboife, & femme dudit lean de Hangefi fieur de ac/rmui vin 
Genly qui rendit de grands feruices à Louis XI qui le prit en de Gmfy. 
affeâion & le fit f on lieutenant en Normandie. Lefdits Religieux ^"'ci- 
Celeflins ont coutume de chanter tous les ans le 23 décembre ^«^n. 
vn obit folemnel pour le repos de fon âme, ainfy qu'il eft porté 
dans leur Obituaire. 

H faut fçauoir que Marie d'Amboife femme en fécondes nopces 
dudit fieur de Genly repofe dansl'eglife des Celeftins de Soifibns, 
& que fon fi-ère Georges d'Amboife archeuefque a toufiours eu 
en recommandation le conuent defdits Religieux Celefiins de 
Rouen non feulement en leur donnant des fonteines comme 
nous auons dit dans le chappitre des Antiquitez du Palais 
Archiepifcopal, mais aufiy en diuerfes rencontres, où il a fait 
voir que fes liberalitez alloient du pair auec fes bontés inepui- 
fables. 


— 54 — 

EGLAIRCISSEMENT. 

Tout le texte cy ieffus n'a point hefoin t éclair dffement. Il 
porte fes lumières auecfoy; il montre le rapport & les belles 
conutnances quife rencontrent entre l'eglife S, Godard & le 
vieux Château & prouue ajfe\ que les antiquité^ de Tvn font 
infeparables de T autre, 

TEXTE. 

Retournons voir l'eglife de S. Godard. Aux battans des 
portes du grand portail on y void des armoiries pareilles à celles 
de la famille de Brezé^ & vn efcu mi-parti defdites armes, auec 
vn autre efcu d'armes d'autres familles qui portent vn efchiquier, 
& outre on void en quelques endroits de laditte porte les lettres 
B & E entremeilées auec des palmes ; lefdites armes & lettres 
font tailléez en relief fur lefdites portes comme ayant efté 
donnéez en tout ou partie par les ûeurs de Brezé lors comman- 
dans au Château. 

Apres la démolition dudit Château qui fut faite l'an 1590, 
les Religieux Capucins en occupèrent la place quelque temps, 
puis les Harquebufîers la demandèrent pour s'exercer : mais 
enfin Monfieur de Rys premier prefîdent au Parlement de Rouen 
& le sr d'Eteruille treforier gênerai de France prefenterent 
requefte au Roy pour iouyr eux & leurs hoirs de ladite place à 
condition d'y faire conftruire des maifons pour la beauté & 
commodité de la ville & d'indemnifer lefdits Harquebufîers. 


— 55 - 

Ladite requefte faite le 21 feburier 1610 & entherinée la mefme 
année. 

On fit aufiy toft le grand efcalier de pierre qui eft deuant la 
prifon du baîllage, qui a 10 pieds de largeur & qui eft garni de 
30 marches, faifant en tout enuiron 16 pieds de hauteur qui eft 
l'entrée de la rue Faucon : en cette rue font les bâtiments 
conftruits par le s^ d'Hoqueuille premier prefident en la Cour 
des Aydes de Normandie. 

L'autre rue qui va vers Thoftel de RafFetot s'appelle la rue 
Morant ; où il fault remarquer que Monfieur de Mathan a 
acquis fa portion de la place du Château defdits (leurs Alexandre 
Faucon premier prefident & d'Eteruille qui reprefentoient le 
droit du Roy & que ledit s^ de Mathan a depuis delaiffé & 
tranfporté â fin d'héritage â maiftre Robert Louche la place où 
il a fait conftruire fes maifons. 

le penfe m'eftre fidèlement .acquité, quoy qu'en peu de pa- 
rolleSy de ce que i'auois promis au commencement de ce chap- 
pitre. Il eft vray que i'eufie peu m'eftendre dauantage & rap- 
porter plufieurs autres chofes qui me venoient en la penfée, 
mais aufiy i'eufle peu ennuyer mon leâeur, ce que i'éuite tant 
qu'il m'eft poffible. 

FIN DU CHAPPITRE DES ANTiaUITEZ DU VIEUX CHATEAU. 


Corollaire. 

Encor que M. le curi de S. Patrice ayt perdu fa caufe par 
arreft du parlemeut de Rouen, que depuis fur fa requefte àuik 
il ayt eu Vauantage de la faire euoquer au parlement de Paris 
en la chambre des Enquefles, il n'a pas efté plus heureux ; au 
contraire, il Va perdue de rechef en termes plus exprès ; 
neantmains tous cesfuccei defauantageux qui deuroient l'obliger 
{^abandonner la pourfuite £vn proceds tant iniufle, ou pluftoft 
à s'arrefier après tant ^arreftst il s'opiniaftre & recherche tous 
les incidents poffibles pour remettre fous u prétexte vne troi- 
fiefmefois en iugement vu différend terminé par deux arrefk. 

Tay montré cy deffus que les deux maifons de Louche font 
fur le territoire de V ancien Château & par confequent qu'elles 
appartiennent au fieur curé de S. Godard, ce qui a efté clai- 
rement iugé par le dernier arreft, mais Sautant que depuis ce 
temps le fieur curé de S. Patrice a toufioursprié les locataires 
defdites maifons de venir àfon eglife afin îauoir par rufe & 

8 


- S8- 

par foupUjfe ce qu'il ne pouuoit obtenir par force, cela a donné 
lieu au curé de S, Godard defe pouruoir par iuftice affin de 
montrer que les maifons dudit Louche eftant conftruites en la 
place du vieux Château les locataires d'icelles deuoient aujfy 
reconnoiftre fon eglife pour leur parroiffe & ne pas conteruenir 
audit arrefi. Et c'efl auffy ut incident qui a porté le curé de 
S. Patrice à brouiller s'il peut les affaires & àpourfuiure une 
troifiefme requefte ciuile qui ayant efté obtenue fans raifon & 
contre toute forte de iuflice va bien tofl eflre diffipée & caffée 
fous le bon plaijir de la Cour qui n'ayme pas ces procédures 
immortelles. 

On me dira peut eflre qu'il faut ^^ dire que lefieur curé 
de S. Patrice a eu quelque apparence de droit puifqu'il a fait 
tant de bruit, puifque, dis-je, il a tant confommé d'argent à la 
pourfuite de cette affaire ; mais affin defatisfaire à mon leâeur, 
ie déduirai volontiers & en peu de parolles les raifons princi' 
pales qui l'ont porté à ces pourfuites qui auoientfipeu de fon- 
dement. 

La première efl que la grande porte de la baffe cour dudit 
Château eftoit proche l'hofkl de Raffetot & touchoit de ce coflé 


- 59 - 

là Us limites de S. Patrice. La confequence ne vault rien 
^ d'autant que cette porte comme i'ay montré cy deuant eftoit 
détachée de la bajfe cour, très éloignée de la grande porte du 
pour pris dudit Château, toujiours fermée, fans corps de garde, 
enuironnée d'ordures & n'ouurant que pour le harnois. Ma 
confequence ne ferait pas meilleure fi ie voulois former vn 
pareil entbimefme & dire : la grande porte de l'hôtel de Lan- 
guéuïlle efl celle qui donne proche l'eglife des pères lefuites, 
iceluy duc va é reuient de la meffepar cette porte, Meffieursfes 
enfansf orient par là pour aller au ieu de paume & au collège, 
donc r hôtel de Longueuille efl de la parroiffe de S. Godard; 
on void bien que mon argument cloche & qu'il ne prouue 
rien. 

Le deuxiefme motif qui a induit ledit fieur de S. Patrice à 
plaider efl que le fieur de Viïlebon gouuerneur ancien du 
Château a donné vne cloche à S. Patrice & le plomb des fonds 
hapiifmaux. le le veux croire ; mais auffy ie puis dire qu'il efl 
permis à vn chacun de faire f es aumofnes à qui il lui plaifl; 
peut eftre que le s^ de Viïlebon ayant eflé prié de donner le nom 
à quelque enfant en l'eglife de S. Patrice ayant veu que la 


— 6o — 

fonnerie alloit mal & que les fonds baptifmaux eftoient en 
mauuais ordre, il a voulu montrer fa libéralité en aumofnant 
les chof es fuf dites. Si Vinduâion de cet entbimefme efhit infail- 
lible ie pourrois dire, ce qui efl véritable, Mr le duc de Lon- 
gueuille a donné à l'églife de S. Godard la chaire du prédi- 
cateur : donc ledit r de Longueuille efl de la parroiffe de 
S, Godard, leferois encor ridicule & on m'enuoyeroit encor 
eftudier en logique, 

Voicy encore d'autres moyens d&nt s* efl ferui le r curé de 
S. Patrice pour tâcher de prouuer que le Château efhit de fa 
parroiffe. Il produit vn extrait du regiflre du trefor de S, Pa- 
trice contenant que Boulard treforier en Van ijyS fe charge 
de i4fol\ pour l'inhumation Svn capiteine du Château; on 
re^nd à cela que c'efloit quelque pauurefoldat ou morte-paye 
qui fe faifoit nommer capiteine ou quelque pauure appointé 
rendant feruice audit Château qui demeuroitfur la parroiffe 
de S. Patrice. 

Mais pour détruire parfaiâement ut extrait de Van i^yS 
ie produis ) autres extraits tant antérieurs que pofierieurs & 
tout proche de ce temps à deux ou trois ans près : l'un efl de 


- él — 

l'an IS74, le deuxiefme de fan 1^84, le troifiefme de l'an 
ij^j. Ils font efcriis dans les anciens regiflres des baptefmes 
faiâs en feglife de S, Godard en ces termes, 

U y iour de ianuier ij^4 a eflé baptijjie en ladite eglife de 
S. Godard Anne, fille du lieutenant du Château, P. M^ le 
Capiieine du vieil Palais auec deux notables dames. 

Le 18* iour de ianuier 1^84 a efU baptifé en ladite eglife 
de S, Godard Jacques fils de Pierre Aubery Capiieine, 
P, Mr de Tillieres, M"" de Bernieres, M» Madame de Hau- 
tende. 

Le y* iour de iuillet zs8; a efté baptifé en ladite eglife 
Anne, fille de M le Conte de Tillieres par Mr VEuefque de 
Rouen ;fon parein M, VEuefque de Lifieux, M** Madame de 
Clerc & Af"« de Poffe» 

Lefdits de S, Patria adioutent encor que les s" de Villebon, 
de Tourville, de Carrouges, du Moulin Chappel & Conte 
de Tillieres ont fait tous aâes de paroifiens en l'eglife de 
S, Patrice. le reponds que c'eft vne maxime que uluy qui 
prouue trop ne prouue rien. Voilà trop de goùuerneurs entasse^ 
les vnsfur les autres, il n'en falloit rapporter qu'vn ou deux 


— 62 — 

pour mieux iouer ce perfannage & le contraire de tout cecy efi 
amplement déclaré par les Chartres & authentiques & irrépro- 
chables que i'ay produites cy deffus qui prouuent clairement, 
que lorfque tous ces gouuemeurs ont commandé dans le Château 
le curé de S. Godard en eftoit lefeul & véritable pafteur; on 
void bien que les te/moins de S. Patrice ont efté pauures 
d'ejprit, necejfiteux, faciles à efire corrumpus & prépare^ à 
dire tout ce qu'on vouloit pour vne pièce de pain (pour me 
feruir du commun prouerbe), puifque vn nommé Malcape 
fauatier a receu dudit s^ curé de S. Patriu vn pain de 
dou\e marques auant fa depofition affin de ne lui eflre pas 
contraire. 

Mais affin de prouuer de la belle manière que tous les 
gouuerneursfufdits &plufieurs autres qui les ont précèdes de 
deux fiecles ont reconnu l'eglife de S. Godard pour leur par 
roijfe & que le curé dudit lieu a toufiours efté réputé pour le 
curé du Château, il faut fçauoir que lefdits curei de S. Go- 
dard pour ce qui regarde le fiirituel ont efté en pojfeffion de 
cette place aux années i)20, 1)26, i)6o, î^Sf, 1482, 
1490, 1496, 1499, IS02, 1^03, IS17* ^S43, iS74> I5^h 


-63 - 

i/^j é 1S90 qui eft k temps du dernier gouuerneur. Tout 
cecy eft vérifié par des aâes publics, par des Chartres, par des 
arrefts & par d'autres pièces que i'ay fait voir cy deffus, tnais 
que te repajfe fuccinâement affin de hiffer la dernière im- 
preffion à aux qui liront ces lignes. 

L'an 1)20 eft le tranjport de 40 foli de rente fait par 
Laurens Le Vajfeur & fa femme a M' Geoffroy de Branles 
chanoine à prendre fur vne maifon fixe deuant la porte du 
Château parroiffe de S, Godard. 

L'an 1)26 est la coppie de cbartre de Charles Roy de 
France portant confirmation des biens du Chappitre de Nostre 
Dame qui a droit de prendre 4ofol\ de rente fur vne maifon 
fixe deuant ladite porte du Château, paroiffe de S, Godard, 

L'an 1^60 eft l'excommunication d'vn nommé Dubofc 
baillif de Rouen qui auoit fait pendre vn prifonnier du 
Château dans le temps de Vinjinuation du priuilege de S, Ro' 
main, ladite excommunication adreffée au curé de S. Godard 
curé dudit Château. 


Van 1482 Philippe Douurandel efcuyer, lieutenant de 
M^ de Genly capitaine de Rouen, a fondé vne meffe parfep- 
maine en Veglife de S. Godard ; son epitapbefe void encor en 
ladite eglife. 

L'an 14SJ vn nommé Fouques curé de S. Godard enuoya 
fon vicaire prendre les oblations de la chapelle du Château où 
eftoit pour lors chappelain vn religieux de la Madeleine 
nommé Allinant. 

L'an 14^0 mourut le s^ de Genly, capiteine du Château, 
quia donné les vitres du choeur de S. Godard où font encor f es 
armoiries. 

L'an 14^6 le su de Bonneuiïle, lieutenant commis à la 
garde du Château, a fondé en Veglife de S. Godard vne meffe 
parfepmaine à perpétuité & vn obit par an. 

L'an 14^^ eflahliffement de la Cour de Parlement pour 
tenir dans la grande fale du Château, 

Van 1^02 arreft dudit Parlement qui adiuge 40 f, au 


- 65 - 

vicaire de S. Godard pour aiuAr dit la mejfe & adminiftré les 
facremens de pénitence & de communion aux prifonniers du 
Château le iour de Pafques. 

L'an ijo^ arreft du Parlement par lequel il efi dit que le 
curé de S. Godard dira la meffe à fouuerture du Parlement, 

L'an i^ij ledit s^ de Bonneuille lieutenant commis en la 
garde du Château, prend la qualité de marguillier de S, Go- 
dard. 

L'an IS33 lettre de maintenue ivn fumommi Auher, 
rel^ieux de la Madeleine & chappelain du Château pour 
adminiftrer les facrements aux Joldats, excepté le facrement 
de baptefme qu'il reconnoit deuoir ejlre conféré par le curé de 
S. Godard. 

L'an IS74 l'enfant du lieutenant du Château fut baptifé à 
S. Godard. 

L'an 1^8) l'enfant du Conte de Tillieres gouuemeur du 
Château, baptifé en Feglife de S. Godard. 


— 66 — 

L'an ij8j vne fille dudit r Conte de Tillieresfut baptifée 
par le curé de S. Godard dans la chappelle du Château. 

L'an isoo, le capiteine Louis, fa femme & domeftiques 
faifoieni aâes de paroiffiens en Teglife de S. Godard. 

L'an zj^i par arrefi du Parlement les meffes fondées au 
Château font transférées en l'eglife de S. Godard. 

le penfe auoir donné ajfei ieclairdffement au chappitre de 
ma Normandie Chrétienne dont il efi queftion & que mon 
Château eft affe\ fortifié pour foutenir les attaques & les 
ajfaults des ennemis de la vérité. 


APPENDICES. 


APPENDICES. 


I. 


Nous kcqnes Grauois maiftre maçon en cefte ville de Rouen & de 
rhoftel commun de ladiâe ville & Pierre Moriot maiftre paintre fcnltenr 
andiâ Rouen Certifions à tous qu'il appartiendra que le dixfieûne iour 
de mars dernier paiTé au prefent mil fix centz trente dnq à la requefte 
de difcrettes perfonnes Maiftre Pierre Creftien presbtre curé de la par- 
rcnfle de S. Patrice dudit Rouen d'vne part & M* Guillaume Amelin 
presbtre curé de la parroiiTe de S. Godard de ladiâe ville d'autre part. 
Nous fommes exprez tranfportez au lieu & place où eftoit antiennement 
bafty conftruiâ le Vieil Chafteau dudiâ Rouen pour voir & £tire def- 
cription de la place & en dreiTer plan le tout fuiuant qu'il appert par 
les antiens veftiges & drefler aufly plan & £tdre defcription des maifons 
& ediffices baitis au lieu & place d'icelluy chafteau & foflez allentour 
dicelluy auquel lieu eftant prefence de Monfieur Maiftre Richard Du- 
mouchel confeiller du Roy en fon parlement de Normandie commiflaire 
depputté en cefte partie aiiifté de Maiftre fon greffier &; en la 

prefence defd. fieurs curez apprez auoir par nous prefté ferment deuant 


- 70 - 

lediâ fienr commiilàire de bien & fideUement £uie ladiâe defcription & 
dreflèr led. plan comme il eft deuant diâ & auoir par nous denement 
yen vifité & cheminé tons les lienx anx endroiâz pour ce requis & ne* 
ceflaires tant dedans que dehors terre tout lediâ iour dixfieûne de mars 
an fix centz trente dnq que plufieurs aultres ionrs enfuiuants nous 
anons proceddé à £ûre ladiâe defcription & dreiTé lefd. plans à nos 
aduii & confcience tant des baftimentz nouuellement £ùâs au lieu & 
place dud. Viel Chafteau que d'iceluy Vieil Chafteau, aduant qu'il fut 
ruinéy tant fniuant les marques qui en apparoiiTent par les yeftiges des 
vieilles muxailles que par la congnoiilance & inftruâion que nous en 
auons peu auoir de plufieurs perfonnes qui ont trauaillé à la démolition 
de plufieurs des murailles reprefentées par le defleing. 

Premièrement, 

n a efté £dâ vng grand efcallier contre la muraille de Fantienne 
prifon lequel eft £dâ de pierre de taille & contient vingt & vng pieds 
depuis le deuant de la première marche de la rue tendant de la renelle 
au bailliage de Rouen iufques au derrière du coing de ladiâe prifon & 
depuis ladiâe encoigneure lediâ efcallier s'extent encor de fix piedz 
iufques à la dernière marche vers la perte de Monfieur d'Ocqueuille qui 
e^it de la muraille du chafteau ayant lediâ efcallier quatoize piedz & 
demy de largeur gamy de trente marches hHànt enfemblement viron 
faize piedz & demy de haulteur qui ' eft l'entrée de la rue Fauloon b- 
quelle entrée eft marquée fur le plan de la lettre A. 

Laquelle rue Faulcon contient de longueur vingt fix toifes ou enui- 
ron & vingt piedz de large & prendre ladiâe longueur depuis lediâ 
efcaUier iufques aux coings de ladiâe rue marquez fur le plan de la 
lettre B. 


- 71 - 

Et en Uqndle rue Fanlcon font plnfienis Vaftinienti aflanoir dn cofté 
de ladi^ prifon les boftiments de deflfnnt le fienr d'OoqnenQle oonf- 
trnitz dans la bafle court dudiâ chafteau en partie & anltre partie dans 
la place où eftoit le iofiTé & yng mur £ûiant le coing de ladiâe nie 
Fanlcon dans la me Morant aufly conftruiâ partie dans le foffé & partie 
dans le chafteau tirant vers l'hoftel de Rauetot. 

Et de Tanltre cofté oppofite font les baftimenta fiûâs baftir par fe« 
monfienr le Premier Prefident lefqudz font anfly conftmiâz en partie 
dedans la bàfle court & en partie dedans le (oSé & ceux de deffnnft 
lacques BarioUe à prefent reprefenté par Gerofme Georges lefquelx font 
auiTy conftmiâz partie dans le foffé & partie dans le chafteau, fiùfant 
Taultre coing de lad. me Fanlcon tirant vers la me de Bouuerenl aufly 
marquez fur le plan de ladiâe lettre B. 

Item en continuant auons trouué ladiâe me Morant contenir fur le 
trauers de la place dud. Chafteau foizante & dix toifes de long à 
prendre depuis lediâ hoftel de Rauetot iufques au bout de dedans ladiâe 
me de Bouuereul & vingt piedz de largeur laquelle eft feparée en deux 
portions d'vn cofté a caufe de ladiâe me Faulcon cy deuant spécifiée, 
en l'vne defquelles portions font d*aultres baftimentz ioignant le bafti- 
ment dud. Georges aufly faiâ baftir par lediâ fieur Prefident & aultres 
bafties hors le foflé par lacques Leblond faiiant le coing de lad. me de 
Bouuereul par vng boult marquez fur le plan de la lettre C. 

Et de l'aultre bout du mefme cofté entre la lettre B & D font auiTy 
murs Êiiâz baftir le fieur Hesbert procureur au parlement auec vng 
baftiment fur partie dicelluy lequel eft conftmiâ partie dedans le chaf- 
teau & partie dedans le foflé & plufieurs baftimentz fai&z par le feu 
fienr Briffiinlt conftmiâz en partie dans le fbiTé & partie dans le chaf- 
teau enfemble autres baftimentz appartenants à Nicollas Pauie ou fes 


— 72 - 

reprefentants conftrniâz partie dans la bafle court & partie dans le îoffè 
dndiâ chafteau & vne vnide place fieflPée par le fienr de Ranetot qui 
eftoit anfly la bafle conrt en partie laquelle eft marquée fur lediâ plan 
de la lettre D. 

Item de Taultre cofté de lad. rue Morant à roJ>pofite des baftimentx 
cydeuant Q>edffiez font aultres baftimentz £ûâz £dre tant par le fieur 
de Mathan confeiller du Roy en fon parlement de Normandie que par 
defiîinâ maiftre Robert Louche procureur audiâ parlement & par Séra- 
phin Orsolle tous lefquelz font marquez fur le plan de la lettre E. 

Et dedans le baftiment dudiâ fieur de Mathan eft vng antien pujrtz 
qui eftoit ùdà dedans la cour du chafteau auparauant la conftruâion 
defdiâs baftiment;: lequel puytz eft à dnq toifes quatre piedz au deflus 
du parmy de la rue venant du bailliage par lediâ efcallier & eft marqué 
fur le plan de la lettre F. 

Tous lefquelz baftimentz & place vuide font tous dedans le pourpris 
de l'endos & fceinture des foflez dudiâ chafteau referué partie des bafti- 
mentz & iardins dudiâ deftîinâ M* Robert Louche qui font dans le 
foflé que fur la contrefcarpe dicelluy lequel eft à prefent remply. 

Et les rempartz de la ville de prefent aplicquez en iardins occupez 
par les habitans de la maifon dudiâ Louche comme il appert par les 
anticipes murailles que l'on voit dans la cour de lad. maifon. 

■ Et le baftiment dudiâ lacqnes Leblond eft auffy bafty fur la contre 
efcarpe du foflé remply du cofté de la rue de Bouuereul lequel eft 
cydeuant marqué C. 

Et les baftimentz dudiâ Orfolle font entièrement baftis dedans lediâ 
foflé. 


- 7J — 

Et pour le regard de Ttiitieniie oonftraâkm du chaftean appert que la 
grande porte ponr paflêr les clienaux & hamois eikoit prei de Thoftel 
de Rauetot au droit on Ton yok dei Teftîges dans les canes de ladiâe 
maifon Louche pour entier en la bafle court laquelle grande porte eft 
marquée fur le plan du nombre x. 

Et le nombre a aufly marqué fur le plan monftre la place où pou- 
uoient eftre les murs de la fceinture de la baflè court dudit chaftean 
lefquelz font à prefent en partie defmoliz conmie il appert par partie 
des parapets où font encore des vi£eres ou barbes à canon. 

Le nombre de trois monftre la compofition comme pouuoit eftre 
ladiâe baftê court. 

Le nombre 4 £ûâ ^r où pouuoit eftre vue petitte porte du cofté 
des prifons pour aller par la ville auquel lieu il fidloit descendre à caufe 
de la haulte hauteur qui eftoit de (aize pieds comme il appert par les 
procéda verbaux de Michel Pochon, lean Laurans & lacques Goifct 
maiftres maçons à Rouen. 

Le nombre cinq hiât voir où eft la vieille prifon. 

Le nombre fîx £dâ recognoiftre où eftoit le foflé qui feparoit le cbaf- 
teau d'auec la bafle court comme il appert par le fondement des bafti> 
mentz qui font conftruiâtz partie fur les antiennes murailles & partie 
au droit du foffé. 

Le nombre fept îùà congnoiftre où eftoient lefd. murs du cbafteau 
aduant leur delmolition par les veftiges que l'on en recognoift encor. 

Le nombre 8 fadd voir où pouuoit eftre la porte du pont leuis du 
cbafteau à canfe des tours qui ont efté defmolies dedans terre d^nis 
trente ans en la place dudiâ Hébert procureur. 

10 


•^ 74 *- 

Le nombfse 9 ùA& congqoi^ où ^ftpjt U çonit dqdiâ duifteaa de- 
dans lequel fo|»^ çoi^niâ? 1^ l^ftiments dnd. s^ de lilatluin ^ ptrti« 
de U maifon dpdiâ defiimâ Buiolle & les bâftiments defdi^ Hel>e|t 
& fiear Briffiiult, 

Le nombre dix c'eft la place où eftoient plnfieurs baftimeiitz dnd. 
chaftean tant pour fçmir de piagaan'ns qn'à aultres viâges. 

Le nombre ix eft la tour de leanne la pncelle. 

Le nombre xi «ft le groc donion. 

ibep I) eftoit U Uea on Ion diâ clbre la tonr dn Gafoon. 


Le nombre 14 eft vne Êinlfe porte laquelle eft bonchée par laquelle 
on fortoit pov deibendre dedans le foflîé. 

Le nombre quinze demonftre la porte de Bonnerenl, 
Le nombre 16 rsprefente le bonlleuerd de Bonneieal. 
Le nombre 17 M6t voir le fofTé de la ville. 

Le nombre 18 reprefente vne antienne porte de la ville i prefent 
bouchée laquelle paroift encor en vne tour carrée eftant dans le foffé de 
la ville. 

Le nombre 19 reprefente le rempart de la ville applicqné en iardins 
occupés par les héritiers dudiâ deâFiind maiftre Robert Louche. 

Le nombre vingtie(xne reprefente vne place fieffée de la ville par lediâ 
deffimâ M* R. Louche. 

Le nombre 21 eft la me tendant de la me dn Sacre fur le rempor de 
la ville entre Thoftel de Banetot & le fieur de Vicquemare. 


— 75 — 

Le nombxe vingtHlenx eft li plioe où fimt plnfienrs tMftimen» 
contre & hors U oelntare des munilles de U btffe eottft dûdiâ 
ciiafteaii. 

Le nombre 25 faiâ voir où eft la defpence des fontaines de la ville 
& Saint Lo. 

Le nombre 34 eft U me de Bonnerenl. 

Anltre defcription ponr les armes données, tant à la porte Bonnerenl 
qne dans refglife dnd. S. Godart lefqnelles font marqnéez fur le plan 
des lettres de l'alphabet comme il enfuiâ. 

Premièrement, 

La première lettre a, demonftne les armes qny font fnr l'entrée de U 
porte de Bonnerenl. 

La a* h, demonftre les armes qui font anz portes de l'eglife de 
S« Godart. 

La lettre c demonftre les armés qui font à vng autre bainftre deuant 
le maiftre antel de S. Godart. 

La lettre d demonftre les armes qni font & U vitre de deflvs k 
maiftre antel de lad. elgliiê. 

La lettre e demonftre les armes qni font à la vittre à cofté dn 
maiftre autel. 

La lettre ^demonftre les armes qui font à la vittre. 

« 
La lettre g demonftrt les «mes qv! font i vne antienne epkapfae au 


- 76- 

àt(ÏTXS d'vTig vieil banc leq^rd eâ ia idiTui ii jl cLirçeZe ie S. Ro- 
main dans lad. etg:i:e ie S. GtxLirt. 

Et k lettr* i i*:nc^±rt lia arriis ct: :z^z iz.lià. -r.t^, rare. 

Tcit« ItCj^isZcs dcicrirtfû-ns, si^r^::^ i 3.-.r..'t^cz^ fiidis par :lcc.5 
diàz Gra-ois éc iîsrlct di:::iz.t ncnziiz i -lizd par nc^u irciîca 
corr.rrA il ed CY dtTunt fpcciEé Â ^zJl, ie v^it par Ici'i-^z pLizLi iiic-zj 
I^ toat ^d à. dT^*Ié âc à :cè-i prcc^ie le p'::5 ii=r.ccji-t i zz. 


^* :Ls.. 


Ce qoe !e tant no^is certfSc-zs véritable en tetînciz^ ie q^xy 
auofas figné le prefent nc^e procès verbal £iid ce vi-^ q---2rre ieirne 
îoar d*aaril mS 6x centz trente cinq fe-é Grancii & M:irict rharrr-: 
mg paraphe. 

Dn ietxdy vingt &, vng ieîine ionr de inîng^ mil fix centz trente cinq 
detunt nous Richard EhinioTichel confeillcr du Rcv en fa cc^ir de par- 
lement de Ronen & comn::'Za:re d'icelle en cette partve, an palLiis te 
font comparas lefdidz Graaois & Moriot cy dctTns nomtnea leiqnclz 
prefencc de nuiflre Salcmon Lerat Se Michel Pépin prccnrenr des par- 
tic* ont recogna leurs fai^ cj deHns & iuré & attetlé lenr prêtent pr>» 
cez ▼o'bal véritable figné Granois , Moriot, Dnmoachel ûc Icnetine 
chacun m g paraphe & plus bas eft eicript collation faitte far rcriginaî 
en pappier dont la coppie eft cy défias tranfcripte par moy hnitHer dn 
Roy en (a coar de parlement de Rouen foabCgné ce icnri'hny vingt 
huici iefme ioar de febarler mil fii centz trente fix â la reqnefle des 
thrcforiers & parroifîïens de S. Patrice pour leur valloir & feruir qa'il 
appartiendra, après lad. collation faitte led. original renda, faid comme 
defTas figné Delamare, vng paraphe. 

G>IUtion faitte fnr ladide coppie en pappier par moy greffier do Roy 



— 77 — 

en d cour de parlement de Rouen fonbfigné le dix neuf ieûne iour de 
mars mil fix centz quarante & vng à la requefte des fienrs curé & thre- 
foriers & parroiffiens de S. Godart pour leur valloir & ferulr qu'il 
appartiendra. L'original rendu £uâ comme deflus. 

LEœVRTOIS. 
(Arcbhà dépariementales.) 


II. 


La Cour 


En réformant le ingement a ordonné & ordonne que la place 

& territoire du chafteau en tanf que les maifons iardins & terres qui en 
dépendent fcituez & baftis des deux,cottez de la rue commençant au 
grand degré de pierre fdtué deuant les prifons du bailliage iufques & 
comprins la maifon dont eft à prefent propriettaire maiftre Henry 
Danuiray confeiller en ladiâe G>nrt la maifon dudiâ fienr de Mathan 
et terres adiacentes iufques aux maifons dudiâ Louche feront & demeu- 
reront de ladiâe parroifle de S. Godard &. les antres maifons depuis la 
maifon dudiâ fieur Danuiray vers S. Patrice enfemble les maifons dudiâ 
Louche demeureront de ladiâe parroifle S. Patrice. 

Faiâ à Rouen en ladite G>urt du Parlement le 29«»« iour de ianuier 
mil fix centz trente fix. 

(Archives départementaks,) 


— 78 — 


III. 

FACTOM 
• pour les Curé, Tréforiers & ParoiJ/iens de Veglife S. Patrice de Rouen 

contre 
les Curé, Tréforiers & Paroiffiens de S. Godard, 

La question eft fçanoir de quelle paroifle Tancien château etoit ou 
de S. Patrice ou de S. Godard, pour maintenîr Tvne ou l'autre en la 
poflei&on des maifons bâties en la place dudit château. 

Il eft confiant que ledit château n'eftoit qu'vne feule maifon qui ne 
*pouuoit eftre diuifée en 2 paroifTes. 

Ledit château eftoit compofé d'vne baffe cour & du pourpris où les 
gouuemeurs fiifoïent leur demeure, lequel pourpris eftoit enœint d'vn 
grand foffé à fond de cuue. 

La porte dudit pourpris eftoit à pont-leuis & fitnée entre deux toun 
au lieu où eft la place fieffée à Hébert, procureur^ Ceft la maifon de 
M' de Saunes. 

Dans la cour dudit pourpris eftoit vn puis qui fe void encore k 
prefent peu au deffons de la porte de la maifon de M' de Mathan, 
laquelle maifon eft baftie à l'endroit où eftoit ledit pourpris. 

La baffe cour dudit château etoit enuironnée d'epaiffes murailles fort 
eleuées des rues du bailliage, a Truyes & Bonureul, & du coté de ladite 
rue de Bouuereul le foffé dudit château etoit large de 54 pieds & profond 
de 20 pieds, & par dans iceluy foffé paffoit vn canal de fontaine qui 
paroift encore k prefent. 

Pour entrer dans ladite baffe court il n*y auoit que 2 portes : la 
grande vers & proche Vhotel de Raffetot par. de S. Patrice, par laquelle 


— 79 — 

les honmiM de pied, à çli^oal, les haraois & les caifQfles pcflbieiit ; & à 
droite ligne de Isdite grande porte, eftoit la porte de la ville poor aller 
an &uzboiirg du Bonneienl par. de S. Patries. 

Ladite grande porte etoit de ninean au pané de la me du Moulinet 
par. de S. Patrice & à tout l'endos du château, de forte que quand on 
a bâti les maiibns en la place dudit château, il a fidlu (pour rendre 
ladite phics acc^ifible vers ladite me Bouueienl) abaiflêr les terres de ce 
coté lA de la hauteur de 14 pieds, allant & rien au paué de ladite rue 
àa Moulinet. 

L'autre porte ponr entrer en ladite baile court du chatean eftoit 
denant la prifon du bailliage, ou bien k Tendroit o^ eft Tefcalier de 
nouneau eonftmit vis & vis la porte de ladite prifon, on bien elle etoit 
entre ledit efcalier & la fontaine. 

Cette porte etoit fort petite & étroite, & d'vn aeees fi diffidls qu'il 
£>lloit monter plnfieurs marches de pierre & vne bute de terre y ayant 
de ce coté là 16 pieds & demi de hauteur du paué de la rue^ ce qui £ût 
connoiftre que par ladite porte, les gens de pied feulement ponuoient 
paiTer dans ladite baiTe cour. 

Ledit efcalier a efté eonftmit pour rendre la place acceifible & eft au 
nineau de la porte de la prifon, par. de S. Patrice ; il contient 51 marches 
qui valent en pente 27 pieds allant iufques au milieu de la me, & à 
plomb valent 16 pieds & demi de hauteur de paué de la me. 

Sous ledit efcalier il y a vne voûte ancienne du chatéku qui continue 
iufques à la fontaine & au iardin de M' d'HocqueuiUe, laquelle voûte 
eft haute de 6 pieds du paué de la me & large de 3 pieds & demi, bref 
ladite petite porte n'a efté faite que longtemps après le château eonftmit. 

Proche ladite petite porte a efté auifi de tout temps vne fontaine 
fsûiànt canal ou renelle pour la conmiodité des taneurs, lequel canal eft 
couuert de planches, paflé par le milieu de la me & continue iufques au 
gros horloge. 


— 8o — 

Sera remarqué qne le long de la me à Tmyes, depuis ladite prifon 
da château infqnes & Thoftel de Raffetot, il y a plufienrs maifons bities 
an pied de la muraille dndit château leiquelles font de tout temps de 
la par. S. Patrice. 

Partant il hut condure que ledit château etoit fitné dans la par. de 
S. Patrice, puifqne non feulement la baiTe cour dudit château eftoit, 
prefque tonte entière, enuironnée defdites maifons & prifons qui font 
de la par. S. Patrice, mais auflî que la grande porte de ladite baffe cour 
eftoit dans le mefme territoire ; la porte du pont-leuis du pouipris dudit 
château eftoit dans S. Patrice plus de 50 pieds du ninean de ladite 
prifon du bailliage par. de S. Patrice, & la maifon de M' de Mathan (où 
eftoit le corps dudit pourpris) eft entièrement dans la paroifle de S. Pa- 
trice. 

Aufli les gouuemeurs & capiteines audit château ont tous reconnu 
ladite eglife de S. Patrice pour leur paroifle. Cette venté demeure 
conftante par la fucceflion defdits gouuemeurs non interrompue, des 
auparauant les premiers troubles de Tan 1563 qui eft le temps que la 
mémoire des hommes peut fournir. 

Les fieurs de Villebon, de Touruille, de Grainuille gendre dudit 
de drrouges & fou lieutenant audit château, du Moulin-Chapel & 
conte de Tillieres ont fait tous aâes de paroiiSens en ladite eglife de 
S. Patrice. Les entrailles defdits s** de Villebon & de Touraille font 
enterrées en lad. par. 

Le corps mort de Michel Louis (frère de lean Louis qui vfurpa le 
commandement audit château & y a demeuré Tefpace de onze mois feu- 
lement) a efté conduit par le clergé de S. Patrice en Teglife de 
S. Eftienne où il a efté inhumé & le luminaire & offrandes partagées 
entre les curez de S. Patrice & de S. Eftienne. 

Ledit s' de Villebon a donné Tne doche à S. Patrice, & la dame fa 
femme le plomb des fons baptifmaux de ladite eglife. 


- 8i - 

I 

■ 

Le s' du Moulin-Chapel a fait batifer vn de Tes enfans à S. Patrice, & 
Ton parrein eftoit M' le cardinal de Bourbon, archeuefque de Rouen. 

Vn capiteine refidant au cbateau & vu fumommé La Gante ont efté 
inhumez à S. Patrice, ledit La Gante eftoif caporal audit château. 
■ Et pour marque de pofTeffion authentique 8c publique, il est conftam- 

ment prouué que la proceflîon de S. Patrice entroit tous les ans le iour 
du faint facrement dans la baiTe cour dudit château par ladite grande 
porte vers Raffetot & mettoit la (aime hoftie fur vn repofoir préparé par 
ceux du château, ioignant la porte à pont-leuis du pourpris dudit 
château. 

Ledit château a efté démoli l'an 1590. La place ayant efté donnée 
aux harquebuziers, ils firent bâtir des maifons à l'endroit de celle de 
M' d'Hocqueuille, & le concierge defdits harquebuziers, nommé Pa- 
pauoine, a £iit tous ades de paroiffien en ladite paroifle de S. Patrice 
iufques à l'an 1610, il y a fiiit batifer 5 de fes en£ins & marier vn 
antre. 

En l'an 1610 ladite place a efté donnée à Mess" de Ris & Morant. 
\ Le s' d'HocqueuiUe, beau £rere dudit s' Morant, ayant £ût bâtir des 

I maifons en ladite place, reconnoit auflitoft la par. de S. Patrice et en 

l'an 161 3 donne ai folz à ladite eglife pour la place d'vn banc pour la 
dame fa femme. 

M' de Miromefnil confeiUer ayant eponfé la dame venue du4it 
s' d'Hocqueuille âifoit fa demeure en l'vne defdites maifons, & après 
fit mort fon corps a efté inhumé en l'eglife de S** Croix S. Ouen & le 
curé de S. Patrice leua ledit corps par arreft de la G>ur, depuis le 
proceds intenté, & ainfy des autres' dont la prouifion a toufiours efté 
adiugée audit curé de S. Patrice. 

C'eft donc (ans fondement que lefdits de S. Godard veulent contefter 
anxdits de S. Patrice la pofleffion dudit château & maifons bâties en la 
place d'iceltty. • 

XX 


— 82 — 

Lefdits de S. Godard n'ont produit aucune chofe valable comme 
lefdits de S. Patrice ont iuftifié par leur inuentaire, où ils ont pcrtide- 
ment repondu à toutes les obiedions de S. Godard. 

Partant lefdits de S. 'Patrice demandent eftre maintenus en la pof- 
fef&on dudit château eu fon intégrité, & maifons bâties en la place 
d'iceluy, auec interefts de l'indue vexation. 

M« RENAULT Raporteur. 


Ce faâum ejl amplement dejiruit par toutes les raiforts & les pièces 
authentiques que i^ay cy deuant rapportées. 

Il ne parle que de l'ajjtette de V ancien château, de la largeur & pro- 
fondeur des foffe^j de la hauteur d'vn efcalier & d'vne grande porte du coté 
de 5. Patrice par laquelle pajfoient des carroffes imaginaires, car il n'y en 
auoit pas vn feul à Rouen en ce temps là, 

n dit que Villebon fit hatifer l'n de fes enfans à S. Patrice; ce fut donc 
lors que ledit feigneur efioit logé en la maifon de Lhuilier, maintenant de 
Mr Vaignon, le château ejîant pour lors ifibabitable à cai{fe du feu qui auoit 
pris aux poudres & renuerfè tous les appartemens, ce qu'on peut voir dans vn 
liure intitulé Vhiftoire de Rouen. 

Ce qui apprefie à rire en ce faâum ejî qu'il dit fur la fin que ceux de 
S. Godard n'ont produit aucune pièce valable ; mais les iuges qui ne s'ar- 
refieni pas aux paroles après auoir veu les pièces fondamentales & decifiues 
de l'affaire ont aujfi toft prononcé en faueur de S. Godard. 


-83 - 

FACrUM 
pour Us Curi, Treforiers & Paroijiens de S. Godard 

contre , 

les Curi, Treforiers & Paroiffiem de S. PaMce. 

Eftant qndlioii au proceds d'entre les parties pour fçauoir de quelle 
paroiffe font les maifons qui ont efté bâties fur la place où eftoit le 
vieux château de Rouen, ceux de S. Godard ont pour eux en premier 
lieu des prennes par efcrit fçauoir eft vn arreft de mil cinq cents trois 
par lequel il a efté iugé que le curé de S. Godard diroit la mefla k 
Tonuerture du Parlement que Ton tenoit pour lors au château à l'ex- 
dufion du chapitre de Notre Dame, ce qui iuftifie qu'il en etoit le 
curé ; plus vn autre arreft du 27 auril 1603 par lequel la Cour adiugea 
falaire au vicaire de S. Godard pour auoir adminiftré les (acremens aux 
prifonniers du château le iour de Pafques, qui eft vue fonâion curiale. 
Plus, le chapitre ayant excommunié le s' Dubosc lieutenant, le curé de 
S. Godard eut charge de publier l'excommunication comme étant fon 
curé. Plus, le s' de Bonneuille, capiteine du château, a pris la qualité 
de treforier, c'eft à dire marguillier de S. Godard, & donné cent linres 
de rente pour vue fondation, ce qui montre qu'il en eftoit paroiffien. 
Plus, il eft iuftifie par efcrit que le feruice diutn, qui eftoit célébré dans 
la chapelle du château, a efté remis en Teglife de S. Godard, 8c les cha- 
pelains qui y font pouruus par le Roy font mis en pofreffion par les 
commiflaires lefquds font toucher aux chapelains la tour du donion 
qui £iit partie du château & le refte des cérémonies dans l'eglife de 
S. Godard, lefquelles prennes littérales font plus fortes que toutes celles 
des témoins qui peuuent eftre corrompus. 


-84- 

En 2* lieu ceux de S. Godard ont iuftifié que les armes du seig' 
de Brezé 8c antres gouuemeurs du château font aux principales places 
de Teglife de S. Godard, ce qui montre que c'eftoit leur paroifTe. 

En 3* lieu ceux de S. Godard ont iuftifié par vue enquefte que de 
tout temps immémorial» les gouuemeurs fe font reconnus paroifliens de 
S. Godard, comme entr'autres vu enÊmt du gouuemeur fut batifé en 
ladite eglife en la prefence de M' le cardinal de Bourbon ; plus que le 
clerc de S. Godard portoit Teau bénite & le pain bénit aux foldats du 
château tous les iours de dimanches, plus que le dernier capiteine dndit 
château, nommé Louis, eftoit paroii&en dudit S. Godard, ' que fesen&ns 
y ont efté batifez, & que luy & fa femme afllftoient aux grandes méfies 
, aux iours de dimanche, y receuoient les faints facrements, faifoient le 
pain bénit à leur tour, que les corps des décédez y ont efté enterrez, 
qui eft vue prenne indubitable que le château eftoit de la paroifle de 
S. Godard, & les maifons, lefquelles ont efté bâties depuis fur la place 
du château, ne peuuent pas eftre partagées parce que le château ne doit 
eftre confideré que comme vue feule maifon laquelle ne pouuoit pas 
eftre de deux paroiiTes encore qu'elle puft auoir plufieurs ifliies, non 
plus qu'vne maifon laquelle auroit 2 portes en diuerfes rues. 

Or bien qu'il foit iuftifié par là que, lors de la démolition du château, 
ceux de S. Godard eftoient en pofiefiion paifible d'auoir en leur paroifife 
tous ceux qui demeuroient dans le château & pendant plus de 40 ans 
en ça ; neantmoins ceux de S. Patrice les ont troublez en cette pof- 
feffion foubs prétexte que le curé de S. Patrice fe trouua ami intime de 
Tofficial, lequel eftoit prefentateur à ladite cure de S. Patrice, & par 
. fuite intereflé à la conferuer t& augmenter ; mais ceux de S. Godard 
ayant fait renuoyer l'afiaire deuant le bailli, eft interuenue fentence, par 
laquelle les maifons bâties dans la place du château ont efté partagées 
entre les 2 paroifles, dont il y a eu appel refpeâivement & arreft par 
lequel il y a eu encore d'autres maifons adiugées à ceux de S. Godard 


%-85 - 

outre celles mentionnées en la fentence. Contre l'arreft il y a eu 
reqaeftes duiles obtenues refpeâiuement fur lefqnelles il y a en arreft 
par lequel les reqneftes ciniles ont efté entherinées, & auant que £iire 
droit au principal, il a efté ordonné que nouuelle defcënte feroit £iite 
fur les lieux en prefence de M' le raporteur, en prefence duquel & des 
parties figure & defcription feroit £iite de la place du château par vn 
peintre dont les parties conuiendroient et de fix anciens lefquels feroient 
oûys fur la ûtuation dudit château, territoir, abomement Se eftendue 
defdites paroifle de S. Patrice & S. Godard, en confequence de qnoy la 
defcënte ayant efté £ûte par M' le raporteur, ceux de S. Godard ont 
reproché valablement ceux qui auoient efté oûys à la requefte de ceux 
de S. Patrice, mais ceux de S. Patrice n'ont pu reprocher ceux de 
S. Godard, mais parce que le peintre auoit commis beaucoup de fuppo- 
fiitions & d'omiifion en la figure, ceux de S. Godard ayant formé contre 
leur infcription en fiiux, ils y ont efté receus par arreft contradiâoire 
rendu par Mess" du Parlement de Rouen, qui auoient connoiflance de 
rétat des lieux. En haine de quoy ceux de S. Patpce ont £iit renuoyer 
le procedz en cette Cour affin d*oter à ceux dé S. Godard l'auantage 
d*eftre iugez par des perfonnes qui ont connoiflance de TaiBete du lieu. 
Depuis, ceux de S. Godard ayant interietté appel de la defcënte, la 
Cour a confirmé, neantmoins permis k ceux de S. Godard de requérir 
nouuelle defcënte ; en confequence de quoy ils ont prefenté leur requefte 
afiin de £siire procéder k vne nouuelle defcënte, celle qui a efté faite 
eftant (sauf correâion) defeâueufe, mais la Cour, ayant voulu entrer en 
la difcuifion du mérite au fond, a ioint ladite requefte au proceds ; or 
ceux de S. Codard efpèrent que la Cour trounera aflez de lumières dans 
le fond pour les maintenir en leur pofieifion, ians qu'il foit befoin de 
nouuelle defcënte ; mais pour ce qui eft de la conteftation furuenue 
touchant la figure §c aftiette de l'ancien château dont il est queftion, la 
Cour obferuera s'il lui plaift que ceux de S. Patrice ont voulu prétendre 


— 86 — 

que le château eftoit diuifé comme en 2 parties dont l'vne etoit la baHe 
cour, &. l'autre le pourpris ou enceinte du château, & pour le regard du 
pourpris du château, qu'il eftoit enfermé de grands folTez, & auoit vne 
porte à pont-leuls laquelle eftoit fîtuée entre 2 tours au lieu où eft la 
place fieffée à Hébert procureur; & pour le regard de la balTe court qui 
etoit hors le pourpris du château, elle auoit 2 portes, defquelles la plus 
grande eftoit proche l'hôtel de Rafetot qui eft de la par. S. Patrice, & 
que l'autre porte fort petite eftoit deuant la prifon du bailliage, ou à 
Tendroit de l'efcalier nouueau, ou entre Tefcalier de la fontaine, & que 
la grande porte eftant la principale entrée du château, il doit eftre 
réputé auoir efté de leur paroiffe. 

Mais ceux de S. Godard foutiennent qu'il eft conftant par la con- 
fellion de toutes les parties qu'il n'y auoit qu'yne porte qui entroit dans 
le pourpris du château, lequel eftoit entouré de foftez & feparé de la 
balfe court : & quand à la baffe court les temoings oiiys à la requefte 
de ceux de S. Godard en la prefence de M' Renault depofent qu'il y 
auoit vne porte dans la baffe court qui repondoit à droite ligne à celle 
du château, il doit demeurer encore pour certain au proceds qu'elle 
eftoit de la par. S. Godard, parce que ceux de S. Patrice ont toufiours 
dit au proceds que la prifon du bailliage de Rouen eftoit la dernière 
maifon de leur territoir. Or le grand efcalier de pierre par eux remarqué 
eft en deçà de la prifon vers S. Godard, la fontaine pareillement ; c'eft 
pourquoy il £ault neceffairement que cette porte qui eftoit en deçà de 
la prifon fiift de la par. de S. Godard. Ceux de S. Patrice difent qu'elle 
etoit petite, mais Dubufque Maffon, l'vn des témoins de ceux de 
S. Patrice, a depofé qu'elle étoit de 12 pieds de hault & 5 ou 6 pieds 
de large. De plus Lemire & Dumefnil témoins de S. Patrice & ceux de 
S. Godard depofent qu'on entroit à pied & à cheual par cette porte & 
que le conuoy du batefme de l'vn des enfans du' gouuerneur, qui fut 
fort célèbre, paffa par cette porte pour aller à S. Godard. Les mefmes 


-87- 

témoins de S. Godard depofent que cette porte etoit vis à vis de la 
maifon du chapeau rouge, entre laquelle & la prifon il y a encore vue 
autre maifon qui eft de la par. S. Godard ; c'eft pourquoy on ne peut 
douter que le château n'en fuH. Ceux de S. Patrice obieâent que ceux 
de S. Godard ont dit que la porte du pourpris du château repondoit à 
la place qui appartient à Hébert ; mais cela ell vne erreur, parce que 
ladite place d'Hébert refpond en droite ligne à la maifon qui feruoit de 
prifon au château ; c'eft pourquoy la porte du château ne pouuoit pas 
eftre en cet endroit, puis qu'il eft confiant qu'elle repondoit à celle de 
la baffe court laquelle ne pouuoit pas eftre en cet endroit de U prifon. 
Ceux de S. Patrice difent encore qu'il y auoit vne grande porte proche 
l'hôtel de Raffetot qu'ils difent auoir efté la principale entrée du 
château ; mais ceux de S. Godard ont foutenu le contraire que ce n'eftoit 
point l'entrée commune & ordinaire, & qu'elle ne feruoit que pour faire 
entrer au château les munitions & vuider les fumiers ; & la defcription 
fait aflez voir qu'elle ne pouuoit pas eftre la principale entrée, & pour 
le montrer, c'eft qu'il eft certain que l'entrée d'vn château n'eft iamais 
au niueau d'vne rue ; neantmoins il faudroit qu'elle euft efté au niueau 
de la rue du Moulinet, ce qui ne fe peut pas. Il n'y auoit de ce cofté 
là aucun folTé, ni defenfe, ni corps de garde, ce qui montre que ce ne 
pouuoit pas eftre la principale porte, mais qu'on l'ouuroit feulement en 
cas de neceflité ; au contraire l'autre porte proche de la fontaine eftoit 
eleuée & on y remarque des cafemates, caueauxj redoutes & voûtes de 
pierre comme il eft porté par la dernière defcente : on y faifoit la garde, 
on y portoit le pain bénit aux foldats de la par. de S. Godard : de 
mefme fe voyoit dez l'entrée le frontifpice du château. Ceux de S. Pa- 
trice adiouftent qu'au pied des murailles de la baffe court du château il 
y a la rue à Truyes qui eft de leur par. ; mais on repond que c'eft la 
porte qui règle la paroiffe, & lefdits de S. Patrice demeurés d'accord 
que la porte etoit à plus de cent pas de cette rue : c'eft pourquoy cela 


— 88 — 

n'y £ût rien ; mais il eft à obferuer qn'an dehors la place du château eft 
encore vn bouleuart qui l'enuironne, duquel il eft conftant que la 
dixme eft payée à ceux de S. Godard, comme lefdits de S. Patrice l'ont 
aduoùé par le proceds verbal de M' le rapporteur. De plus à Textrémité 
du bouleuard vers S. Patrice il se voîd vue rue nommée le Petit 
Bouuereul qui fepare les 2 paroifles, I'yu des cotez étant de S. Patrice 
& l'autre de S. Godard où il fe void que la place du château eft au deçà 
de ladite rue vers S. Godard. 

Ceux de S. Patrice ont £ût quelques autres obieâions auxquelles la 
Cour peut aifement fuppleer les raifons d'elle mefme, c'eft pourquoy 
ceux de S. Godard ne s'arrefteront point dauantage à les réfuter, fup- 
pllant la Cour de confîderer que n'eftant queftîon que de la pofleiBon, 
elle ne peut eftre conteftée à ceux de S. Godard. 

M' RENAULT rapporteur, 
(Manuscrit de Saint-Godard,) 

Louis par la grâce de Dieu Roy de Fnmce & de Nauarre au premier 
des huiifiers de noftre cour de parlement ou autre noftre fergent fur ce 
requis Salut. Comme le iour & datte des prefentes comparans de noftre 
diâe cour les curé & treforiers de la parroiiTe de S. Patrice de noftre 
ville de Rouen appellans d'vne fentence donnée par le bailly de noftre 
diâe ville ou ' fon lieutenant le fept mars mil fix cens trente trois & 
intimés d'vne part & les curé & treforiers de la parroiiTe de S. Godart 
dudid Rouen intimés & appellans de la mefme fentence d*autre, Veu 
par noftre dide cour en la première des enqueftes ladiâe fentence dont 
eft appel donnée entre lefdids treforiers & parroifiiens S. Godart 
demandeurs en lettres de maintenue par eux obtenues en la chancel- 
lerie de Rouen le dix huiâ auril mil fix cens feize & défendeurs d'vne 


i 


-89- 

r 

part & lefdiâs treforien & pAnoiffiens de ladiâe egUfe S. Patrice 
deffendenrs & denundenrs aufly en mainteniie d'antre par laquelle 
anroit efté ordonné que la place & territoire où eftoit cy denant bafty 
le chftftean de noftre diâe ville de Rouen feroient diulfés & partagés 
entre lefdJâes parroiflès de S. Godart & de S. Patrice, a {çauoir tonttes 
tes maifons baiUes au cofté droiâ de la rue qui alloit du grand degré de 
pierre fdtué deuant les prifons dudiâ bailliage de Rouen vers Teglife de 
S. Godart & à cofté de Thoftel du fieur de Mathan infqnes à la maUbn 
de M* Robert le Louche procureur en noftre d. parlement de Rouen 
exclufiuement auroient efté adiugées à ladiâe paroifle S. Godart & tout 
le furplus des maifons conftruiâes dans lad. place demeurant en lad. 
parroifle de S. Patrice, & (ans defpens ; arreft de noftred. parlement de 
Rouen du dernier ianuier fix cens quarante vn par lequel ayant eijgard 
aux lettres en forme de requeftes ciuilles refpeâiuement obtenues par 
les parties contre l'arreft dudiâ parlement du vingt neuf ianuier fix cens 
trente fix interuennes fur l'appel de ladiâe fentence & icelles enthe- 
rinant, lefd. parties auroient efté remifes en tel efUt qu'elles eftoient 
auparauant lediâ arreft & Suant fidre droiâ au principal ordonné que 
nouuelle defcente feroit £sûâe fur les lieux contentieux par l'vn de nos 
amez â feaulx confeillers en icelle rapporteur en la prefence duquel & 
defd. parties figure feroit £aiâe de la place dudiâ chaftean par vn peintre 
dont les parties conuiendroient, 8c de fix anciens qui feroient ouis fur 
la fituation dudiâ chafteau, temtoire, abomemens & eftendues defd. 
parroifTes, autrement lefd. peintre Se anciens nommés d'office par lediâ 
confeiller, pour du tout procès verbal dreflé & rapporté eftre ordonné 
ce qu'il appartiendroiâ, defpens referuez ; procès verbal de defcente £uâe 
fur les lieux par lediâ confeiller rapporteur en la prefence defdiâes 
parties les dix neuf & vingt fix feburier mil fix cens quarante vn ; La figure 
defd. lieux £ûâe par le peintre par elles conuenu, & l'enquefte & audition 
de fix anciens aufly nommés par lefd. parties defd. iours dix neuf & 

12 


- 90- 

vingt fix febarier, reproches fournis par lefd. de S. Godart contre les 
tefmoings nommés par lefd. de S. Patrice, faluations defd. de S. Pa- 
trice, ade du dix huiâ mars audiâ an figné des procureurs des parties 
portant fommation aufd. de S: Patrice de déclarer precifément - s'ilz 
renonçoient de bailler reproches contre le» tefmoings defd. de S. Go- 
dart, arreft de noftre d. parlement de Rouen du feize auril mil lix cens 
quarante vn par lequel après que lefd. de S. Patrice auroient employé 
potn: conteftation contre la requefte defd. de S. Godart du unze dudiâ 
mois, le procès, ladiôe requefte auroit efté ioinôe, & ordonné que les 
parties augmenteroient & cloroient dans trois iours, autrement fordoz 
& paiTé outre fur ce qui fe pafferoit par deuers noftre d. cour (ans autre 
fordufion ni iigniffication de requefte ; lad. requefte defd. de S. Godart 
du unze auril, les efcritures, produâions, contrediâz & faluations defd. 
parties fur lefquelles ladiôe fentence du fept mars fix cens trente trois 
& arretz des vingt neuf ianuier fix cens trente fix & dernier ianuier 
fix cens quarante vn eftoient interuenus auecq les pièces adiouftées par 
les parties à leurs inuentaires depuis lediâ arreft du dernier ianuier, & 
la produâîon nouuelle defd. de S. Patrice receue par requefte du unze 
mars fix cens quarante vn, contrediâz au bas dicelle defd. de S. Godart, 
arreft de noftre confeil priué du douze nouembre enfuiuant par lequel 
lediâ procès pendant audiâ parlement de Rouen auroit efté euocqué, & 
icelluy drconftances & deppendances renuoyé en la première chambre 
des enqueftes de noftre Parlement de Paris, arreft de rétention en icelle 
du premier mars fix cens quarante deux, appointement à produire & 
ouir droiâ du fix aouft aud. an , requefte defd. de S. Patrice employés 
pour produâion, fordufions de produire par lefd. de S. Godart, infcrip- 
tion en fîaulx formée aud. parlement de Rouen le vingt deux oâobre 
fix cens quarente vn par lefd. de S. Godart contre la figure defd. lieux 
painâe par de S. Igny pdntre en exécution dudiâ arreft du dernier 
ianuier, pièces maintenues £tulfes, moyens de fiiulx fournis en noiUe 


— 91 — 

d. cour, ioinâz par arreft du nnzîeme décembre dernier, reqnefte defd. 
de S. Godart du douze dudiâ mois à ce que nouuelle defcente fiift 
ùdStt fur les lieux contentieux à leurs frais & defpens sauf à repéter, 
ioinâe par arreft du treize dudiâ mois de décembre; autre requefte 
defd. de S. Godart du dix fept de ce mois auecq les pièces y attachées, 
communiqués de l'ordonnance de noftre d. cour, contrediâz defd. de 
S. Patrice par requefte du dix buiâ dudiâ mois : tout ioinâ 8c confideré, 
noftre diâe Cour, fans s'arrefter au hulu, requefte defd. de S. Godart des 
unze auril fîx cens quarante vu & douze nouembre dernier & reproches 
par eux fournis, a mis & met les appellations refpeâiuement interietées 
& fentence de laquelle a efté appelle au néant, emendant, ayant efgard 
aux lettres du dix huiâ auril fix cens feize, a maintenu & gardé main- 
tient & garde lefd. curé & treforiers de la parroifte S. Godart en la pof- 
(Teffion 8c iouiifance de touttes les maifons contencieufes entre les 
parties, fcizes tant en la rue Morant qu'en la rue Faulcon & qui ont 
efté bafties en la place où eftoit cy deuant conftruiâ le chafteau de 
noftre d. ville de Rouen, £iiiâ inhibitions & deffences aufd. de S. Pa- 
trice de les troubler, le tout fans defpens, Sy te mandons & commettons 
à la requefte defd. curé & treforiers de la parroiffe S. Godart le prefent 
arreft mettre à deue& entière exécution félon fa forme & teneur; de ce 
£dre te donnons pouuoir. Donné à Paris en noftre parlement le trente 
un"** iour de mars l'an de grâce mil lix cens quarente trois & de noftre 
règne le trente trois"*. 

Par la chambre 

DUTILLET g*'. 
(Archives dipartemmtaks,) 


— 92 — 


IV. 


Depuis cet arreft donné le curé de S. Patrice ne fâchant plus de 
quel bois £ûre flèche s'auifa de requérir de rechef vue requefte ciuile, 
laquelle luy fut oâroyée contre raifon & iuftice par la £iueur d'vn amy 
qu'il auoit à Paris, affin, par ce moyen, de tenir touûours la playe ou- 
uerte, Sf. que ceux du château qui auroient inclination pour fa paroifTe 
y puiTent aller en feureté de confcience, & principalement M' le prefi- 
dent lubert, demeurant pour lors en Tvne des maifons de Louche, & 
ami dudit curé. 

n £!iult remarquer que depuis ce temps toutes les perfonnes logées 
en la place du château ont rendu leur^ deuoirs de paroiiTe à S. Godard 
excepté ledit fieur lubert, & pour marquer que ledit s' curé ne preten- 
doit fe feruir de ladite requefte ciuile que pour arrefter ledit s' lubert, 
il me fit dire par M' Le Doux pour lors fon vicaire & maintenant curé 
du grand Torchy que M' le curé de S. Godard luy laifTaft la maifon 
dudit s' lubert demeurant en l'vne des maifons de Louche & que ma- 
dame Lamy qui demeuroit en Vautre maifon vint à S. Godard . pour 
couper & terminer le diâferend. 

Vne marque alTurée & in£iillible de ce que ie dis eft que ledit s' curé 
de S. Patrice laiilk fa requefte ciuile pendue au croc, & qu'ayant depuis 
cet arreft vefcu lo on 12 ans, il n'a iamais ofé releuer le proceds, ce 
qu'il euft £iit lâns doute s'il euft veu quelque iour & quelque apparence 
de iuftice en (a caufe. Neantmoins en l'an 1661 il effaya de donner 
encore vn coup de piftolet qui ne fit que de la fumée, dont voicy le 
prétexte. Feu M' Dumefnil Ribault confeiller aux requeftes du palais & 
frère de madame Lamy eftant venu voir (a fœur, logée en la maifon 
de Louche tout proche du rempart, y tomba malade et mourut après 


— 9i — 

auoir receu les faciements de la main dn cnré de S. Godard qui l'aiBfta 
iofqnes à la mort. Le curé de S. Patrice, confidenmt que la plufpart des 
oonfetljers de la chambre des vacations éloient fes paioiffiens, prit occa- 
fion de £ùre aiSgner le ctiré de S. Godard ponr venir perfonnellement 
h l'audience ponr voir dire qu'il leueroit le corps du definnâ comme 
eftant mort fur (a paroifle : on plaida fur le champ & fut dit que le 
curé de S. Godard leueroit le corps. (Voicy k teneur de cet arreft, 
rendu par prouifion, le za feptembre z66i : ) 


Pièces nouuèlks qui f^ont point été produites au proceds du château, 
& qui iufiifient que de temps immémorial ladite place aeJU de la 
paroijfe de S. Godard, 

Les trois pièces fuyuantes font de Tan 1481, 1485 & 1487 aufquelles 
années le curé de S. Godard etoit en proceds contre le chapelain titu- 
laire du château pour les offrandes qui fe £ûfoient dans la chapelle 
dudit lieu, foutenant le curé de S Godard qu'elles luy appartenoient, 
& le pb'9 titulaire foutenant le contraire. 

Extrait des arcbiues de PHotel Dieu de Rouen, 

18 décembre 1481. — Signification & aiHgnation à l'official de ne 
pas connoitre de la caufe pendante entre S. Godard & Alinant, chape- 
lain de U chapelle du châtel de Rouen. 

15 may 148$. — (Défenses analogues.) 

z8 décembre Z487. — (Idem.) 


— 94 — 

n £uilt icy remarquer qu'an grand procéda du château M' le curé de 
S. Godacd voulut produire vue pièce d'efcriture faiiâut mentiou qu'en 
l'an 1543 vn nommé Auber chapelain du château fut inquiété par le 
curé de S. Godard pour le meûne fubiet laquelle pièce n'eftant point 
fignée fut conteftée & reietée par ceux de S. Patrix, neantmoins 
M' Renault, rapporteur de l'aflEûre, la fit mettre dans le iac auec les 
autres pièces pour y auoir aucunement égard. Celles y qui font authen- 
tiques, & antérieures de 56 ans reuaiident l'autre de blanc & bknc, & 
ne laiiTent plus lieu d'en douter. 

• 

Autres pièces nouudles. 
Extrait des anciens regifires de l'botel commun de la ville de Rouen, 

L'an 1542 le 20* iour de iuillet le feu prit au château de Rouen, 
commença, fur la porte, & furent brûlez les combles des 2 tours qui 
eftoient entre la mefme porte vers la ville, & ces deux tours furent aba- 
tues auec la voûte du portail. Le grand logis fut auffi brûlé auec plu- 
fieurs munitions de guerre. 

Le 12* iour d'oâobre en l'alTemblée générale Êdte en l'hôtel commun 
de la ville, fiit dit que fur la requefte de M' de Carrouges, gouuerneur 
du château pour luy loër vue maifon, il luy fera reprefenté que iamais 
on n'a coutume de loer des maifons pour les gouuemeuis & qu'ils ont 
puiilance de prendre en la ville telle maifon qu'il leur plaira. 

En l'aiTemblée £dte audit lieu de l'hôtel de ville le 23 oâobre 1565 
fut dit qu'on lôroit vue maifon audit s* de Carrouges pluiloft que d'en- 
courir (a maie grâce. 

S'il y a eu quelques gouuemeuis du château qui ont fiût quelque 
aâe de paioiffien à S. Patrice, ça efté bis que ledit château eftoit inha- 


- 95 — 

biuble, & on peut conieâurer que pour Ion ils ont £ut quelque refi- 
dence en la maifon qui appartient maintenant à Madame Vaignon. 


Autre pièce nouuelU, 

Extrait du regiftre des mbumations & des haie/mes fiUts en VegUfe 

de S, Godard de Rouen, 

Le 5* ionr de may 1562 a efté inhumé en l'eglife de S. Godard vn 
foldat du château nommé lean, lequel a efté blelTé d*yn fergeant de bois, 
dont il eft mort. 

Le 5* iour de ianuier 1574 a efté batifée en Teglife de S. Godard 
Anne fille du lieutenant du château, parrein M' le dipiteine du vieil 
palais auec 2 notables dames. 

Le 18* iour de ianuier 1584 a efté batifé en Teglife de S. Godard 
lacques fils de Pierre Aubery capitdne. P. M' de Tillieres, M' de Ber- 
nieres; M"* Madame de Hautende. 

Le 7* iour de iuillet 1585 a efté batifée en Teglife de S. Godard Anne 
fille de M' le conte de Tillieres par M' l'Evefque de Rouen. Son par- 
rein M' TEvefque de Lifieux; M** Madame de Qere & Madame de Poife. 

(Manuscrit de Saint^Godard.) 


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TABLE 


Introduction vu 

Le Château fortifié 3 

APPENDICES 

I. — Procés-verbal d'accession du 24 avril 1 63 5 69 

II. — Arrêt du 29 janvier 1636 77 

III. — Facturas des paroisses de Saint-Patrice 

et Saint-Godard et Arrêt du 31 mars 1643. 78 

IV. — Extrait du manuscrit de Saint-Godard 

écrit par Farin 92 


n 


V 


Q4chevé dtimprimer 
A ROUEN 

LE VINGT-CINQ. FéVRIBR MIL HUIT CENT Q.UATRE-VINOT-Q.UATRE 

par Espérance Cagniard 


EX LIBRIS A. BEAUCOU51N 


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1 


SOCIÉTÉ ROUENNÂISE 


]>B 


BIBLIOPHILES 




N" 65 


M. BEAUCOUSIN. 



N- 65 


M. BEAUCOUSIN. 



I 


J 


LES DITS 

HUE ARCHEVESQUE 

TROUVàBl NORMAND DU Xin° SIÎCLB 
PUBLIÉS AVEC INTRODDCTION, NOTES ET GLOSSAIRE 

A. HÉRON 



ROUEN 

IMPRIMERIE DE BSPÉRANOB CAGNIARD 


1885 


INTRODUCTION 


On peut à bon droit s'étonner que Tabbé de La Rue, 
si attentif à rechercher tous les trouvères qui, pendant 
le cours du moyen &ge, ont jeté plus ou moins d'éclat 
sur la proTince de Normandie, ait laissé de côté le 
nom d'Archevesque. St pourtant, des deux pièces qui 
attestent, à n'en pas douter, l'origine normande de ce 
poète, le Dit de la Dent et celui de la Mort Larguece, 
la première et, à tout prendre, la plus importante, 
avait été antérieurement signalée par Legrand d'Ans- 
sj (1); ce savant en donna même, suivant son habi- 
tude, une traduction on, pour parler plus exactement, 
une imitation en prose, d'ailleurs bien imparfaite ; de 

(1) FàbU€M^ et contes, fahlee et romans du XIl^ et du 
XIII^ siêelesy par Legrand d^Aussy, 3» édition, in-S», 18S9, t. II, 
pp. 350-351* 


VIII INTRODUCTION 

plus Méon en ayait publie le texte en Tannée 1808 (1). 
L'auteur de cette pièce plaçait en Nonnandie la 
scène de la plaisante anecdote' qu'il raconte ; après s'être 
plaint du siècle qui dégénère, c'était aux escuters et 
aiuv plus riches damoisiaus de Normandie qu'il re- 
commandait la pratique de la libéralité, cette yertu si 
chère au coeur des trouvères ; opposant, suivant une 
coutume aussi vieille que le monde, aux vices de son 
temps les vertus d'autrefois, c'était encore le souvenir 
de personnages normands qu'il évoquait dans ces 
vers : 

Mes par Dieu je tne gageroie 

Un denier d^argent ou d'archal, 

Se Bbrtran et le Marbsohal 

Elb (2) et Robert Malbt yesquissent, 

Et le Cbambbrlbmo (3), qu^ils feissent 

Encore miex en Normajidie 

Que cals ne font qui sont en vie.... (▼. 35-42.) 

L*abbé de La Rue pouvait donc bien donner place au 

(1) Fabliaux et eonies de* poètes français des XI«f XII«, 
XIII* et XIV siéeles^ pubUés par Barbazan, nouvelle édition 
augmentée par Méon. Paris, 1808, in-8o, 1. 1, pp. 159-164. 

(2) Ms., eU, 

(3) Voir sur ces divers personnages, et particulièrement sur 
Ele, les notes placées À la suite des poésies. 


INTRODUCTION IX 

troavère Archevesque dans son estimable ouvrage (1); 
il ne se serait pas exposé, cette, fois du moins, au 
reproche d*ayoir cédé aux ardeurs de son patriotisme 
normand, en faisant entrer de force dans les rangs de 
sa petite armée un étranger qu'une province voisine 
eût été en droit de venir réclamer. Gela soit dit d'ail- 
leurs sans que j'aie la pensée de contester le mérite du 
savant abbé ; il n'est en effet permis à aucun de ceux 
qui s'intéressent à l'histoire littéraire de notre pro- 
vince, d'oublier un seul instant les services qu'il lui a 
rendus à une époque où presque tout , était encore à 
faire dans ce genre de recherches, où, Tun des pre- 
miers (2), il entreprenait de défricher un champ qu'on 
avait seulement cOtojé jusqu'alors en le regardant à 
peine, et qui devait, grâce à lui, donner bientôt une si 
riche et si abondante moisson. 

La publication du Lit de la Mort Larguece faite par 
Jubinal dans son édition des œuvres de Rutebeuf (3), 

(1) Essais historiques sur les bardes, les jongleurs et les 
trouvères normands £t anglo~normands,,. par l'abbé de La 
Rue. Gaen« 1834, 3 vol. in-8o. 

(2) L*abbé de La Rue a commencé ses recherches^sur l*ancienne 
littérature de notre province, dés la un du xyxii® siècle, pendant 
son séjour en Angleterre. 

(3) Œuvres complètes de Rutebeuf ^ Paris, 1839, t. II, addi- 


X INTKODI70TION 

a fourni de nouvelles preuves en faveur de Torigine 
normande du trouvère Archevesque, Le débat qull 
raconte entre Avarisce et Larguece se passe encore en 
Normandie; l'auteur mentionne certains lieux, tels que 
Batiduin es Bouts et le saut Wàutier que seul un 
normand pouvait à cette époque bien connaître ; il cite 
comme son bienfaiteur, comme son ami le greignor, 
pour rappeler ses propres termes, un chevalier nor- 
mandy le seigneur de Saint-Martin. Gomme on le voit, 
de tous les détails qui permettent de coigecturer le 
pays où naquit et vécut Archevesque, il n'en est pas un 
qui se rapporte à une autre région que la Normandie, 
N'en voilà-t-il pas assez pour nous autoriser à reven- 
diquer ce poète en faveur de notre province? 

Les pièces dans lesquelles Archevesque s'est encore 
nommé et qui étaient demeurées jusqu'à ce jour inédites 
sont le Lit de Largiéece et de Debonereté et le Dit de 
la Poissance d'Amors; si elles n'apportent aucun 
argument nouveau à la thèse que je soutiens ici, elles 
ne renferment rien non plus qui autorise à la com- 
battre. Mais une nouvelle question se présente : dans 
la Poissance d'Amors, l'auteur se fait connaître sous 

tions, pp. 471-477. — Seconde édition, Bibl. eUévir., in-16, Paris, 
1874-1875; t. III, additions, pp. 375-382. 


INTRODUCTION XI 

l6 nom de Hue Archevesque. It Histoire littéraire de 
la France hésite à Tidentifier avec Tautear des antres 
pièces; elle se borjie à dire que « cet Hae Archeyesque 
est peat-étre le même que Tantear de la 2>ent et de la 
mort Larguece (1). » Je crois qu'on peut affirmer sans 
crainte cette identité; outre qu'il est peu vraisemblable 
que deux trouYÔres aient porté à la môme époque le 
nom peu commun d' Archeyesque, les quatre pièces qui 
nous sont parvenues sous ce nom présentent évidem- 
ment un caractère bien identique ; on y retrouve par- 
tout la même tendance à moraliser ; le Dit de la Lent 
ne fait pas exception, et l'anecdote que le trouvère y 
raconte ne lui sert qu'à déduire la leçon morale sur 
laquelle il s'étend avec tant de complaisance. 

II 

En quel lieu de la Normandie Hue Archevesque a-t-il 
pris naissance ? à quelle époque précise a-t-il vécu ? 

(1) T. XXIII, p. 114. — M. Gaston Raynaud a bien voulu 
appeler mon attention sur la Poisscmee d'Amors, que d*ailleur8 
VHistoire littéraire et la Description des manuscrits français 
de la Bibl. nationale citent sous le nom de Hue Archevesque ; 
mais ni VHistoire littéraire, ni personne à ma connaissance 
n'avait, jusqu*à présent, signalé ce trouvère comme l'auteur du 
Dit de Largueee et de Debonereté, 


XII INTRODUCTION 



Yoîlà des questions auxquelles il est moins aisé de 
répondre et je n'ai que des coigectures à présenter sur 
ces deux points. 

Presque toujours, nous ne connaissons les trouvères 
que par les détails qu'eux-mêmes ont bien youlu nous 
donner sur leur compte, et ces détails sont d^ordinaire 
bien rares et bien insuffisants. Archeyesque nous en 
fournit une preuve nouvelle. 

Ce qui ressort le plus clairement de sesœuvres, c'est 
qu'il appartenait à cette classe toujours nombreuse de 
poètes peu fortunés qui ne pouvaient compter pour 
vivre que sur la faveur et la générosité des grands sei- 
gneurs. Et cette générosité lui ât sans doute bien 
souvent défaut, si Ton en juge par les plaintes dont il 
est prodigue contre le siècle si bestornez, dit-il, 

Que je Bui trop pis atornez 
Por le siècle qui si bestorne 
Que toute valor se retome 


n ne sait plus comment vivre, privé maintenant des 
hones genz qui avaient coutume de le soutenir. Il 
évoque le souvenir de ses anciens bienfaiteurs, Bertran, 
le Maréchal, Ele, Robert Malet, le Chambellan 

Qui saYoient si bien doner ; 

s'ils vivaient encore, si Robert Malet^ auquel il s'arrête 


INTRODUCTION XM 

avec plus de complaisance^ sans doute parce qu'il l'a 
plus particulièrement connu et aimé, était encore là 
pour faire honte aux avares d'aujourd'hui par l'exemple 
de sa libéralité, ceux-ci sans doute se laisseraient arra- 
cher quelques dons. Il souhaite que la leçon morale, 
déduite assez péniblement de l'anecdote de la dent arra- 
chée par le forgeron du Neubourg, remette le siècle 
en son bon état d'autrefois, le desbestorne. 

Si qu'autresi atornez soie 
Gomme atornez estre soloie. 

Le Dit de Largttece et de Debonereté et celui de la 
mort Larguece renferment les mômes plaintes. Dans 
ce dernier, Archevesque nous montre sa dame Lar- 
guece tuée et jetée à la mer par Avarisce; il s'en des- 
conforte et n'a plus d'espoir qu'en la protection du 
seigneur de Saint-Martin. 

Voilà qui nous fait connaître suffisamment la condi- 
tion dans laquelle jl vécut. 

Il ne nous donne que peu de détails sur son existence. 
Nous savons seulement, et encore n'est-ce peut-être 
qu'une action de poète, qu'il fit un vojage à Cherbourg ; 
qu'il fut atteint dans cette ville d'une grave maladie ; 
qu'il fit vœu, s'il guérissait, d'aller en pèlerinage à 
Bauduin es Bours, prieuré dépendant de l'abbaye de 


XIV INTRODUCTION 

Fécamp, et qu*à son arrivée dans cette ville, il logea 
chez Richard dn Font, son ami ou tout an moins son 
protecteur. 

A ces minces détails que nous devons à Archevesque 
lui^méme^ j'aurais voulu pouvoir igouter des données 
empruntées à d'autres sources. Malheureusement, mes 
recherches n*ont fourni que des résultats insuffisants ; 
je vais néanmoins les faire connaître, dans l'espoir que 
ces indications mettront peut-être sur la^ bonne voie un 
chercheur plus heureux. 

Je n'ai rencontré qu'une seule fois les deux noms 
portés par notre trouvère ; ils se trouvent dans une pièce 
conservée aux Archives nationales (1) et publiée par 
M. A. Teulet (2). En 1214, une trêve était conclue à 
Parthenaj entre Philippe-Auguste et Jean sans Terre ; 
parmi les noms des seigneurs anglais, normands et 
français qui jurèrent cette trêve, on rencontre ceux de 
Hugo VArceveske et de WillelmtM fiHus Hugo VAr- 
ceveshe. Il est possible que ces deux personnages aient 
été normands, mais on ne saurait l'affirmer. Fût-il de 
notre province, cet Hugo l'Arceveske ne pourrait être 
identifié avec notre trouvôre ; c'était un personnage de 

(1) J. 628. — Angleterre II, no 5. — Original scellé. 

(2) Layettes du Trésor des Chartes, 1. 1, pp. 405-406. 


INTRODUCTION XV 

quelque importance, puisqu'il figure parmi ceux qui ont 
Juré la trêve, tandis que Hue Archevesque n'est pas 
autre chose, comme nous l'avons vu, qu'un poète besoi- 
gneux; de plus, Hugo l'Àrceveske a, en 1214, un fils 
assez ftgé pour prendre part à cet acte de concert avec 
lui ; or, il est vraisemblable, comme je vais essayer de 
l'établir bientôt, que le poète a écrit à une époque nota- 
blement postérieure. Ce qui serait possible toutefois, 
c'est que notre Hue Archevesque aurait appartenu à la 
môme famille, simple coigecture qui ne peut être con- 
firmée ou rejetée que par des découvertes ultérieures. 

Passons maintenant en revue les autres personnages 
du nom d' Archevesque que l'on trouve au xm* siècle en 
notre province. 

Au mois de janvier 1234 (1235^ n. s.), le vendredi 
avant la fête de saint Hilaire, Guillaume Archevesque 
de Déville (1), et sa femme Agnès reconnurent, par 
devant Tofficial de Rouen, avoir vendu à l'abbé et au 
couvent de Yalmont (2), pour la somme de cinquante- 


(1) Déville-léB-Rouen, commune limitrophe de Rouen. 

(2) Cartulmre de Vabbaye de Valmont, l^ partie, xxvii, 
(Archives de la Seine-inférieure). — WUlelmus diotus Arohi- 
episoopus de Daievilla et Agnes ejus uxor. 


XVI INTRODUCTION 

deux sols six deniers une rente qu'ils ayaient sur un ôef 
situé dans la paroisée d'Yerville (1). 

Ce Guillaume Archeyesque a-t^il quelque rapport 
avec le Willelmus filins Hugo TArcoyeske dont il yient 
d'être parlé? Etait-il parent de Gantier et de Jean 
Archeyesque que la pièce suivante va nons faire con- 
naître? c'est ce que je ne saurais dire. Bn tout cas, il 
est de Déville, et cela nous éloigne des lieux et des 
personnes que Hue Archeyesque mentionne dans son 
Dit de la Mort Larguece. Examinons si la pièce sui- 
vante ne va pas nous rapprocher de ce dernier dans 
quelque mesure : 

Sciant présentes et futuri quod ego Willelmus Prepositus' de 
Gaillardia vendidi et oonoessi perpetnaliter domino Willelmo 
abbati Fiscann. et ejusdem loci oouventui pro Tiginti et quini^ue 
Bolidis turonensibus quos ipsi jam mihi pagaverunt duos solides 
et dimidium nsualis monete annui r^ditus in tribus hominibus 
percipiendos, videlicet in Willelmo Lecorveisier decem et octo 
denarios ad Natale Domini persolvendos de terra quam tenebat 
de me apud Hellunde sitam inter terram domini Johannis de 
Sancto Martino et terram dicti abbatis et de (8) Waltero dicto 
Archiepiscopo sex denarios ad Natale persolyendos de terra 

(1) Yerville, chef-lieu de canton de Tarrondissement dTvetot, 
à 37 kil. de Rouen. 

(a) n devrait y avoir in Waltero, comme il y a plus haat m Willelmot 
mais le texte porte bien de Waltero et plas loin de Aelicia, 


INTRODUCTION XVII 

quam tenebat de me ad Grandem Vallem inter terram Gaufridi 
de Marfovilla et terram dicti abbatis et de Aelicia Labnme sex 
denarios ad Natale similiter persolvendos de terra quam tenebat 
de me ad Lamaileire inter terram magistri Reginardi de Bello 
Monte et terram Johannis Orsel habendos et possidendos pre- 
dictis abbati et conventui sicuti suum proprium dominicum 
absque prorsus meî vel heredum meorum calumpnia, réclama- 
tione vel exactione ; et est sdendum quod ego vel mei heredes 
in terris et redditibus nichii de cetero poterimus redamare. Quod 
ut statum et stabile permaneat, hac carta et ûgillo meo oonfir- 
mavi. Actum anno Domini. M». CC®. L®. tertio, mense aprilis, 
Testibus hiis :' magistro Johanne Camerario, Willelmo Leco^- 
veisier, Willelmo dicto Avis, Joharme ArohiepisoopOf Thoma 
Dote et pluribus aliis (1). 

Examinons maintenant ce qui ressort de cette charte. 
Un certain Guillaume le Preyost, de la Gaillarde, qui 
paraît avoir été un riche et important personnage de 
cette paroisse, si Ton en juge par la quantité d'actes 
analogues qu'il a passés, a vendu àTabbaje de Fécamp, 


(1) CckTtulciriumàbbatiœ Fitotumwwis (Bibl. publique de Rouen T54) 
f. oxxxYi, r«. -~ Cet acte est rappelé en ces termes dans la nomenelature 
des achats de terres et de rentes faits à la Gaillarde par Pabbè de 
FÀcamp : Galterus dictus Archiepiscopus {débet] . YI. denarios ad 
Natale Domini de terra quam tenebat de dicto GuiUelmi Leprevost ad 
Grandem Yallem inter terram Gaufridi de Marfovilla et terram nostram. 
-> CctrtiUaritmi m<m(uteriiFiêecmnen8is{A.rch, de laSeine-Inftrienre), 
f. 41 r<». 


XVUI INTRODUCTION 

au mois d'avril 1253, pour la somme de vingt-cinq sols 
tournois dont il se déclare payé, une rente annuelle de 
deux sols et demi de monnaie usuelle à percevoir à 
Noël sur trois personnes parmi lesquelles Gautier dit 
Archevesque figure pour une terre qu'il tenait de lui à 
Grandval entre la terre de Geoffroy de Marfoville et la 
terre de Tabbé. Parmi les noms des témoins de cette 
charte, on rencontre celui de Jean Archevesque. 

La Gaillarde, ou plutôt Notre-Dame de la Gaillarde, 
car c'est ainsi qu'on trouve cette paroisse plus commu- 
nément désignée dans les chartes relatives à Guillaume 
le Prévost, est une commune située sur le Dun, petite 
rivière qui finit dans la Manche, à distance à peu près 
égale de Dieppe et de Saint-Valery en Gaux. 

La paroisse de Notre-Dame de la Gaillarde faisait 
partie de l'exemption de l'abbaye de Fécamp qui pos- 
sédait sur son territoire des biens et des revenus rela- 
tivement considérables. Grandval et Hellunde, ou, sous 
sa forme la plus fréquente, Helelonde, sont les noms 
de deux localités qui se trouvent dans cette paroisse. 

Cette charte nous apprend encore qu'un seigneur du 
nom de Jean de Saint-Martin possédait une terre à 
Hellunde ou Helelonde dans la paroisse de Notre-Dame 
de la Gaillarde. 

Si l'on veut bien considérer d'une part que notre 


INTRODUCnON XIX 

troavôre Hae Archevesque a des relations ayeo la Tille 
de Fécamp, dont Tabbaje possède dans son exemption 
la paroisse de Notre-Dame de la Gaillarde et que 
d'autre part son protecteur, le seigneur de Saint-Martin 
a des terres dans cette mdme paroisse, on ne trouvera 
peut-être pas trop téméraire l'hypothèse qui le ratta- 
cherait à cette famille dont nous trouvons, dans la 
charte reproduite et analysée ici, deux représentants, 
Gautier et Jean Archevesque. 

J'ajouterai cependant que, d'après un autre passage 
du Cartulaire de Fécamp^ f> 41 v^ (Arch. de la Seine- 
Inf.), ce Gautier Archevesque qui tenait à la Gaillarde 
une terre de Guillaume le Prévost, paraîtrait être origi- 
naire d'Yebleron (1). 

Alitia, Boror Guillelmi dicti Prepositi [débet] unma caponem 
ad Natale de quatuor acris terre quas de dicto GuiUelmo tenebat 
ad partierz unum campum juxta campum Johannis Orsel et alium 
juxta campum Valteri dieti Arohiepiseopi de Ybelon et duos 
campos in Grandi Valle 

Je le répète, je ne prétends rien conclure de ces don- 
nées trop vagues ; je me contente de livrer ces indica- 

(1) Canton de Fauville, arrondissement d*Yvetot.— « On disoit 
autrefois Ibelon ou Ëbelon ; et je trouve quelquefois Ysbieron. » 
Dom Toussaints Du Plessis, Description géographique et histO' 
rique de la Haute-^Normandiey 1. 1, p. 75. 


XX INTRODtJOTION 

tioDS à ceux qui reneontreraient le nom d'Archeyesque 
mentionné dans d'autres actes. 

L'époque à laquelle Hue Archevesque aurait écrit les 
pièces publiées ici, parait être approximativement 
établie par les renseignements qu'il nous donne lui- 
môme. Il déplore dans le Dit de la Dent la lùort de 
plusieurs personnages, Bertran, le Maréchal, Ele, 
Robert Malet, le Chambellan (1). Dans le Dit de la 

r 

Mort Larguece^ il déclare ne plus compter que sur 
la protection du seigneur de Saint-Martin, ce qui pla- 
cerait la composition de cette pièce vers la môme date 
que celle de la précédente. 

Si l'auteur nous avait fait connaître les prénoms 
portés par le Maréchal et par le Chambellan, le pro- 
blème serait vite résolu. Le nom de Robert Malet seul 
pourrait nous fournir une utile indication, si dans la 
première moitié du xiu* siècle, le père et le fils n'avaient 
pas porté le môme prénom. Il parait plutôt s^agir ici du 
fils qui dut mourir en 1242 ou 1243 (2). De plus, il est 
peu probable que le trouvère ait voulu parler de Guil- 
laume le Maréchal, l'illustre régent d'Angleterre, mort 

(1) n 8*agit ici d*un des seigneurs de la maison de Tancarville 
dans laquelle la dignité de chambellan était héréditaire. 

(2) y. les notes et éclaircissements 


INTRODUCTION XXI 

le 14 mai 1219, qm^bien que possédant des domaines en 
Normandie, ne résida qne fort peu dans cette proYince. 
Archeyesque parle des personnages qu'il cite en homme 
qui les a connus et qui a reçu d*eux des bienfaits, et 
cette raison me porte à croire qu'il s'agit ici du second 
âls de Guillaume, Richard le Maréchal, qui fut comte 
de LonguoTille par l'abandon que lui fit son frère aine 
Guillaume de tous ses droits sur les domaines qu'il 
possédait en Normandie. D'après la Chronique de 
Sainte-Catherine-^u-Mont^ Richard le Maréchal fut 
tué en Irlande en 1233 (1), et les moines du prieuré de 
Sainte-Foi de Longueville, le comptant au nombre de 
leurs bienfaiteurs, associèrent son nom dans fleurs 
prières à ceux de son père Guillaume et de sa mère Isa^- 
belle (2). 
Archevesque nous raconte dans son Dit de la Mort 

(1) (1233) Eodem anno, Richardus Marescallus, domînus 
LongusB VillsB et Dinanti, in HybernisB msula interfectus est. — 
E Chronioo sanetœ Catha/rinœ de Monte Rotkomagi (T. xxiii 
des Historiens des Gcmles et de la France^ p. 486 b). 

(2) 14 Maii. Pro domino Guillelmo Marescalli, condam comiti 
de Longa Villa, et domina Ysabelle, ejus uxore, et pro domino 
Ricardo Marescalli, eorum filio... Eœ necrologio prioratus 
Longœ Villœ (T. xxm des Historiens des Gaules et de la, 
France, p. 435 a.). 


XXn IM11U>l>0OTldN 

Largueee qae quand il ie rendit à Baadain es Bonîis 
poar accomplir son vœa» il reçat Tbospitalité à Fécamp 
chec Richard da Pont. Si, comme il y a toute appa- 
rence, c'est ce .même personnage qui, présenté par 
Tabbé de Fécamp au personnat de GoderviUe, fut reçu 
par rarchevéque Eudes Rîgaud et Ordonné prêtre en 
1253 (1)> la présence de notre poète à Fécamp^ sinon la 
composition du Dit de la Mort Largmece^ se placerait 
ayant cette date. 

De ce qui précède, on peut condnre que Hue ÂJ*che<> 
vesque écrivit vers le milieu du xni? siècle, et rien, 
dans la langue dont il se sert, ne s'oppose à ce quV» 
admette cette conclusion. 

III. 

Les quatre pièces dont Archevesque s'est fait con- 
naître comme l'auteur, nous ont &â conservées par le 
ms. français 837 (anc. 7218) de la Bibliothèque natio- 
nale. En voici les titres : De Larguece et de Debonereté 
(f. 188 Ô-181 a), le Dit de la Dent (f. 197 a-d), la 
Puissance d'Amors (f. 202 5-203 a) et De la Mort 
Larguece (f. 280 6-281 c) (2). 

(1) Voir les notes placées à la suite des poésies. 

(2) J'orthographie ces titres d*aprôs les expîtûit qui sont de la 


INTEO^VGTION XXUI 

La première est éanie dans ub vjfkme très fréquem- 
ment usité à cette époque pour les pièces morales : 
vers alexandrins distribués en quatrdns monorimes. 
Les trois autres présentent le rythme encore plus ordi- 
naire des vers de huit syllabes à rimes plates. 

Le texte du Lit de la Dent, publié d'abord dans les 
Fahliauœ et Conter deBarbazan-Méon, a été reproduit 
par MM. A. de Montaiglon et Gaston Rayni^ud dans 
leur Recueil général et complet des Fabliatêœ de$ 
XIII^ et XIV^ siècles^ imprimés ou inédits (t. I, texte, 
pp. 143-152, t. Il, notes, pp. 284-285). La plaisante 
anecdote qui s'y trouve racontée a donné lieu à un 
assez grand nombre d'imitations (1) ; la tradition s'en 
est également conservée, à moins que l'idée de jouer le 

même époque que le ms. et non d'après les intitulés qui sont 
d*une main plus récente. Voici d'ailleurs les variantes que pré- 
sentent ces intitulés : De Largesoe et de Debonaireté; la PoiS' 
sanoe éCAmùurs; De la Mort Largeeœ. 

(1) Diaprés Legrand d^Aussy et V Histoire littéraire de la 
France, Tanecdote racontée par Archevesque se trouve reproduite 
dans la Qiheeiére de Morne, p. 397, le Courrier facétieux, 
p. i58, les Novelle de Fr. SaeoKetti, 166e, t. III, p. 32, les 
Séries de Bouohet, 27* Serée. t. II, p. 458, le Trésor des 
Réoréations, p. 248, les Nouveaux Contes à rire, p. 179, 
Nouvelle fabrique, etc., p. 64. — Imbert en a fait une imitation 
en vers, 1. 1, p. 182. 


XXIV INTRODUCTION 

mAn6 tour ne soit vena spontanément à l'idée de 
qaelqne forgeron. Une personne, qui ne connaissait' 
nullement ni le Dit de la Dent^ ûi les imitations qui 
en ont été faites, m^a raconté, il 7 a bien longtemps, 
qu'une dent lui avait été arrachée de la mdme façon 
par un maréchal. 

Le dit de la Mort Larguece, publié par Jubinal dans 
les additions qui accompagnent ses deux éditions des 
œuvres complètes de Rutebeuf , est le récit d'une dispute 
et d'une bataille qui eurent lieu entre dame Avarisce 
et dame Larguect. Cette dernière a naturellement suc- 
combé ; Avarisce, après l'avoir étranglée, la nte 

Jus avail ou flo de la mer, 

malgré notre trouvère qui s'en descon forte. 
Cette pièce aurait pu être rangée par les auteurs de 

V Histoire littéraire de la France au nombre des 

débats et disputes dont ils ont donné la liste et 

l'analyse (1). 
Le Dit de Larguece et de Dehonereté et celui de la 

Poissance d'Amors sont publiés ici pour la première 

fois. 
Le Dit de Larguece et de Dehonereté^ non encore 

(I) Voir t. XXII, pp. 138-165 et surtout t. XXIII, pp. 217-J^. 


INTRODUCTION XXV 

signalé comme rœayre d'Archevesque qui pourtant s'y 
nomme (1), renferme Téloge de ces deux yertus. L'au- 
teur prend comme exemple Jésus-Christ qui se montra 
debonere en soufrant la mort et large en se donnant 
pour nous sauver, et le roi Alexandre qui, grftce à ces 
deux teches, soumit toute terre à la ronde. Dieu n'ao^ 
cordera l'éternelle félicité qu'à ceux qui prendront 
Jésus-Christ pour modèle ; les autres, ' quels qu'ils 
soient, sans en excepter les prélats, les princes et les 
comtes, n'entreront pas au ciel et ne jouiront pas de la 
pardurable vie. 

Dans la Puissance d'Amors, l'auteur développe un 
thème traité bien souvent par les trouvères. Il 7 aurait 
à cet égard de nombreux rapprochements à faire : un 
seul suffira. Arohevesque parle en ces termes du pou- 
voir de l'amour : 

Quar por ce a el tel puissance 
Qii*el puet prendre le roi de France, 

(1) La Description des manuserits français de la BtMta« 
théque nationale indique ainsi, dans Tanalyse du manuscrit 837, 
les quatre pièces que nous publions : « De larguece et de debo- 

nereté », (f. 180) « dit de la Dent » (fol. 197) « La Poissance 

d'Amors », par « Hue Arohevesque », (fol. 202) « La mort 

Larguece », par « Arcevesque » (fol. 180). 

4 


XXYI IMTSODtCnOK 

S'il est oortois «t debonere, 

Si comme uns bons de bas afere. 

El ne fat de parage conte. 

Cuer de roi, de duc et de conte ; 

D^emperreis et de roîne. 

En Terité loial et fine, 

Puet amener a son servage 

Et enserrer en bas parage, 

Et . j . bas cors fet si haut tendre 

Que il ne puet aillors entendre, (t. 27-38) 

Henri d'Andeli a dit à pea près de même : 

Ceèt droiz qu'Amors est de tel pris 
Que (puis qu*ele a . j . home pris 
N'i doit il aToir nul desroi, 
Qu'autant à Amors sorun roi 
De droit pooir, ce est la somme 
Comme sor tout le plus povre homme 
Qui soit en Champaigne n*en France, 
fant est sa seigneurie franche (1). 

On pourrait dire que Hue Archeyesqae n'a pas connu 
son yrai génie. Il s'est attaché surtout à développer des 
thèses morales, et, à bien prendre, il n'a pas su, en le 
faisant, s'élever au-dessus du médiocre ; ce sont à peu 
près les mêmes banalités que celles que l'on rencontre 

(1) Li îaU d'Aristote, v. 107-114. — A. Héron, Œuvres de 
Henri d'Andeli, etc., p. 5. 


INTRODUCTION XXTU 

dans plas d'une pièoe du temps. Le. conte d^ la dent 
ajraohée, qu'il a pour ainsi dire noyé au milieu des 
considérations morales qui le précèdent et qui le 
suivent, le récit du débat entre dam^ Avarisce et dame 
Larffuece^ nous prouvent qu'il pouvait mieux faire. 
Que n'a-t-il suivi sa véritable voie ? Nous n'aurions ni 
le dit de Larçuece et de Debanereté, ni celui de la 
Puissance (fAmors^ mais le genre si plaisant et si 
français du fabliau compterait quelques gais récits de 
plus. 

Je me suis attaché à publier le texte des quatre 
pièces d'Archevesque, à peu près tel qu'il est donné 
par le manuscrit 887, le seul qui les contienne, à ma 
connaissance du moins; je n'ai fait qu'un petit nombre 
de corrections, mais en ayant soin de donner à la suite 
des pièces les leçons que j'ai cru devoir modiâer. Il y a 
bien des irrégularités grammaticales chez notre trou- 
vère; il s'en faut que la règle de Vs soit constamment 
observée^ et les contradictions que l'on remarque à cet 
égard ne sauraient ôtre imputées toutes au copiste, car 
elles se présentent parfois à la rime et sont par consé- 
quent le fait de l'auteur. Je n'en citerai que quelques 
exemples : dans le Dit de la Dent : vivre : délivre 
{sj. sg.) 6-7 ; atachiez {sj. sg.) : laciez (r. sg.) 77-78; 
peUr : aseUr {sj. sg.) 91-02 ; dans la Puissance d'A" 


XXVm INTRODUCTION 

mors : debonere {sj. sg.J : afère 20-30; lié (r. sg,) : 
chastié {sj..sg,) 67-68 ; debonere {sj\ sg.) : repère 91- 
92, etc., etc. 

Archevesque n'observe pas plus la différence de 
forme du sujet et du régime dans les mots provenant 
de la déclinaison latine imparasjllabique. Dans le Dit 
de Larguece et de Debonereté^ il emploie maindre 
42 au régime singulier et conte (comte) 66 au sujet sin- 
gulier. La même faute se présente peut-être aussi dans 
ce vers : 

Dont en enfer iront li greignor et li mendre, (y. 32) 

je dis peut-être, car il est possible^ à la rigueur, de 
considérer li greignor comme un sujet pluriel et li 
mendre comme un sujet singulier. 

Si dans cette môme pièce, les deux formes fel et félon 
sont employées à propos, il n'en est pas de même dans 
la Poissance d'Amors où félon 125 se rencontre au 
sujet singulier. 

Dans le Dit de la Dent on trouve prevfdom 107 au 
régime singulier; dans la Mort Larguece^ homme au 
sujet singulier rime avec somme 125-126, et greignor 
au régime singulier rime avec seignor au sujet singu- 
Uer 235-236. 

On le voit, les anciennes règles de la langue tendaient 




( 


INTRODUCTION XXIX 

à tomber en désuétude, et le trouyère Archevesque n'en 
tenait guère compte. Je n*aî pas cru devoir donner à 
son texte une régularité à laquelle il ne songeait pas : 
voilà pourquoi je le publie presque sans changement. 

J'ai cherché dans les notes qui suivent le texte à 
fournir quelques éclaircissements principalement sur 
les personnages dont notre poète fait mention. Si je 
n'ai pas réussi à tout expliquer comme j'aurais désiré 
de le faire, on voudra bien tenir compte de la difficulté 
que présentent ces recherches, et reconnaître que ce 
n'était pas assurément la partie la plus aisée de ma 
tâche. 

Le glossaire qui suit les notes comprend tousles mots 
et toutes les formes figurant dans les quatre pièces 
d* Archevesque; en les traduisant, j'ai eu spécia- 
lement en vue le sens précis dans lequel les prend 
notre trouvère, et non pas leur signification ordinaire 
et générale; je n^ai pas traduit les mots qui ne diffèrent 
pas ou qui ne diffèrent que peu du français moderne. 
Enfin, une table des rimes termine cette publication. 


LES DITS 



DE LARGUECE ET DE DEBONERETE 


[entendre; / iSo b 
g^^^EiGNOR, or feies pès; daingaiez ..j . poi 
^CVeI En biaus moz efcouter puet on mott bien 

Se vilonie dî, fêtes le moi desfecdre, 

G^on doit bien le mefdit au mefdifant reprendre. ' 

I Je ne vous vueil parler mes que de cortotûe. 
Debonaereté lo qui molt amende vie 
Et larguece autrelli ; or ne mefcreez mie ; 
Qui ces . îj . teches a, Damediez nel het mie. 


Il nous en mouftra bien de fon cors Texamplaire 
'^ Que il voloit des rois eftre plus debonaire. 
Par debonereté ot il tant de contraire [traire. 
Qu^il foufri mort en croiz por nous fors d'enfer 

Deboneres fu il quant ne fe vout desfendre/. i8oc 
De cels qui en la croiz le lEirent mort eftendre ; 
> s Aufli larges fu il quant en don fe vout tendre^ 
Onques nus fi biaus dons ne fu tenduz a prendre. 

De . ij . teches avez example bone & fine^ 
Et fâchiez que c^eft voirs felonc lettre devine : 
Cil qui en pechié eft^ ce eft cil quant s^afine 
'o Con debonerevoit& large en defcipline. 

Certes ce eft bien droiz que ainû le façons : 
Par nous bien confefTer nos mesfez esfaçons. 
De debonereté remouftrons les façons, 
Largement amendons^ vers Dieu nous refaçons. 

^5 Laidemient fe desfent, c^eft chofe véritable^ 
Qui l'uevre Jhefu Ciift left por celé au deable. 
Or nous refaçons donc par penitance avable^ 
Si que nous ne perdons la vie pardurable. 


3 

Hé laz t j^en voi fi pou qui a ce vueillent tendre, 
30 Poi voi des mesfefanz qui fe vueillent reprëiidre, 
Por . j • petit contens voi tel mesfet emprendre 
Dont en enfer iront li greignw & li mendre. 

Félonie ont ces genz en lor cuers fi plantée 
Que ja ne leur ert tant Pexample Dieu mouilrée 
H Qu'ele en puifle por rien eftre defracinée ; 
Domage eft quant tel gent fii onques engendrée. 

Je ne pris pas tel gent une pièce de large ; 
Ja félon cuer nul jor ne verrez eftre large y. i8o d 
El point qu'eftre le doit; d'avarilce fet targe ; 
40 Confonduz foit li cors qui fi vilment fe charge. 

Je n'en vueil nul ofter, prélat, prince, ne conte, 
Ne autre gent qui font & en maindre conte. 
Que penfTent tel mauves par leur vilaine honte ? 
Guident il qu'après mort Diex en lor ciel les monte? 

4î Ja mar le cuideront : il n'i enterront mie ; 
La debonere gent plaine de cortoifie 
Qui ont Pexample Dieu el cuer & en l'oïe. 
Gels metra il o foi en pardurable vie. 


Se les . ij . teches ont ou tant de biens abonde 
{<» La refon c^on en puet avoir Dieu & le monde. 
Alixandres li rois, droiz eft que je Pefponde, 
Toute terre en foufmit a foi a la roonde. 

Li deboneres cuers qui larguece demaine 
Petit'doit Ten douter qui contre lui fe paîne^ 
n Quar grâce tant d'amis li done & li amaine 
Qu*adës eft honorée fa force fouveraine. 

Et d^un félon aver vous dirai la puiflance : 
S'il s'efmuet en content par fa grant mefcheance, 
Quant il cuide achever, fon fel cuer fi l'avance, 
^ Quant il cuide eftre avant, en la merde se lance. 

Lors poez vous favoîr s^il eft nez de bone eure 
Qui eft IsLTQes & douz & toz jors tels demeure, 
Qui eft de Dieu amez&li mondes l'oneurey! jSi a 
Et de fes anemis vient toz jors au defeure. 

^^ Au finer de fon dit fi ârchevesques conte 
Qu^il n^eftprelas tanthaus, prince, nedus, neconte, 
Ne nus fel, ne avers qu^en fin ne voîft a honte 
Et Diex le douz cortois toz jors eftauce & monte. 


s 

Or li deprions dont que il nous vueille fere 
70 Chafcun envers lui fin & large & debonere^ 
Si qu^en l'oreille aions &^1 cuer examplere 
Par quoi après la mort nous vueille a foi atrere. 

Explicit de larguece & de debonereté. 




II 


LE DIT DE LA DENT 


10 



[i fiecles cft fi beflornez /. igy a 
Que je fui trop pis atornez 
Por le fiecle, qui fi beftorne 

Que toute valor fe retorne 

Et fe recule, vaine & quafle, 

Comme limeçon en fa cbaife. 

Or ne me fai mes comment vivre 

Que des bones genz fui délivre. 

Qui me foloient maintenir; 

Si ne me fai mes contenir, 

Et^ fe j^en mon pais fejor, 

L^en me dira mes chafcun jor, 

Se j^ai foufrete ne deftrece, 

Que ce fa*a par ma perece. 


8 


M ' Se je vois au tornoiement, 

On oevre plus vilainement 

C'on ne foloit des .xii). pars; 

Quar les veaus û font liepars. 

Et les chievres fi font lions. 
^° Malement eft baillis li bons 

Qu'il eftuet en lor manaie eftre, f- 197 b 

Quar li plus fort en font li meftre, 

Et li aver font Alixandre. 

Il n*eft ne pie ne calandre 
'{ Qui ne feûft pas gofiUier, 

Ce qui me fet fi merveillier. 

L'en me dit que cbevalerie 

Eft amendée en Normendie, 

Mes maie honte ait qui le cuide ; 
^"^ Bien croi que terre i eft plus vuide 

De grant contens que ne foloit. 

Cbafcuns Tautre fouler voloit. 

Dont l'un eft mort, Tautre envielliz. 

Si eft li fiecles treffailliz 
M Por Ja mort qui treftout defvoie; 

Mes par Dieu je me gageroie 

Un denier d^argent ou d^arcbal, 

Se Bertran & le Marefcbal, 

Ele & Robert Malet vefquiffent, 


40 Et le Chamberlenc, qu'il feïffent, 
Encore miex en Normandie 
Que cels ne font qui font en vie, 
Qu'il favoient plus biau doner. 
Et le lor miex abandoner 

4< Aus dames & aus chevaliers 
Qui iavoient bien les aliers 
Qu'il apent a chevalerie; 
Trop fefoient miex cortoifie • 
A toute gent lonc ce que erent. 

s^ Menefterels molt recomperent 
De ce que ne vivent encore; 
Quar ces mauves qui vivent ore, 
Donaifent encor maugré lor; 
Quar trop par fuft grant defhonor 

H Se ces preudes hommes donaiflent, 
Et cil des iex les ^fgardaiffent; 
Veoir doner fanz doner rien, 
Toft fe defcouvrift lor merrien ; 
Quar Ten voit bien^ ce eft la fomme, 

^^ Quant mauves eft delez preudomme, 
Que c'eft molt diverfe partie. 

Il ot . j . fevre en Normendie 
Qui trop bien arrachoit les denz : 


lO 

En la bouche au vilain dedenz 
^5 Metoit .). laz trop foutilment^ 

Et prenoit la dent trop forment. 

Puis fefoit le vilain beifier 

Por entor Tenclume lier 

Le laz qui li tient a la joe. 
70 Ne peûft pas .j. oef d^aloe 

Eftre entre Tendume & la cane, /. igj c 

Et quant 11 fevres fe raflane 

Aus tenaille? & au martel. 

Si chaufe fon fer bien &'bel, 
^^ Et foufie & buffe & fe regarde; 

Et celui ne fe done garde 

Qui a Tenclume eft atachiez, 

Quar le fevre qui Ta laciez. 

Ne fet famblant de nule rien, 
^ Ainz chaufe fon fer bel & bien. 

Quant s'efporduite eft bien chaufée, 

Et bien boillant et embrafée. 

Si porte fon fer lor Tenclume 

Qui tout eftincele & efcume, 
8$ Et cil fâche a foi fon vifage ; 

Si demeure la dent en gage. 

Et cil porte toz jors fon ter. 

« Toz les vis deables d'enfer 




II 

Vous apriftrent or denz a trerç », 
9° Fet cehii, qui ne fet que fcrc, 
Ainz eft eibahis de peur, 
Qu^il n^eft mie bien afeûr. 
Quant il meilmes fi briefinent 
Efrache maugré fien fa dent. 

9f Autrefli maugré lor donoient 
Cil aver, quant il efgardoient 
Que Malet toute jor donoit, 
Que le fer el feu fi tenoit 
Chaut de valor & alumez, 

""o Que tuit fuffent arz & brûliez 
Cels qui près de li fe teniffent, . 
S'a fon fer chaut ne guenchelifent; 
Quar preudom ne puet miex uiler 
A mauves les grenons nuller^ 

io( Ne plus cointement les denz trere. 
Que par bonté entor lui fere. 
Preudom tient toz jors Tefpreduite 
Et fi chaufée & fi conduite, 
Que honte art & honor alume 

110 Toz cels qui font près de sVnclume. 
Covient lors querre fi fe traient 
Ou quUl devifent ou qu*ii traient, 


12 t 


• I 


Et s'aucuns le preudomme efloingne 
Por la paor que il ne doingne, 

' I s Sachiez bien que trop li mefchiet, 
Puis qu^il gandift c^onor li chiet; 
Mes l'onor au preudom demeure 
Comme la dent en icele eure 
Fift au fevre, com je vous di, 

lao Quant cil por fon chaut fer gandi, 
Por qoi il a fa dent perdue, f* 197 d 
Qui demora au laz pendue. 
Savez vous qui j'apel le laz ? 
Sens & cortoifie & folaz, 

''5 Quar fens lace & lie la gent ; 
Seixs eft le laz & bel & gent 
Qui prent honor & lie & lace, 
Et les mauves les denz arrache. 

Archevesques fi mande & prie 
' )o Âus efcuiers de Normandie 
Et aus plus riches damoifiaus. 
Quels qu^il foient, viex ou noviaus, 
Por Famor Dieu, que s^entremetent 
Que le fer tantoft el feu metent, 
'M Et que le laz n^oublient mie 
De fens qui la gent lace & lie; 


13 

Ne le martel de la proefce, 
Ne refpreduite de larguece. 
Mes il ont molt poi d'examplere 

140 Por bien aprendre denz a trere, 
Certes je ne fai en quel lieu. 
Mes or lor foviengne por Dieu 
Du bon aprentis du Nuef Bore; 
Bien lor en membre je fitor, 

>4$ Et du jemble au fer de molin, 
Dont le vimon eft au déclin, 
Et je lo bien que lor foviegne 
Et que chafcuns (i fe contiegne 
Que valor foit avant boutée, 

MO Qui vaine & quaffe eft reculée 
Comme en fa chafle limeçon. 
Et que il metent contençon 
Qu^il s'atornent en tel manière 
Qu'il retornent treftuit arrière 

M$ Ceft fiecle, qui eft beftornez. 
Qu'arrière foit defbeftornez. 
Si qu'autreffi atornez foie 
Comme atornez eftre (blpie. 

Explicit le dit de la Dent. 


SÊB< 


i 



III 


LA PUISSANCE D'AMORS 


r 



IQ 


|0R reprendre les mefdifanz f. 202 b 
Qui les amanz font defpifanz, 
Emprent Hue Arcrevesque a dire 

Ceft dit contre els embrafez d'ire. 

Or entendez quels eft le dit. 

Amers û eft fanz contredit 
Une chofe de tel nature 
Que n'a de vilonie cure. 
Ele eft née de cortoiûe, 
Si l'a en defpit vilonie. 
Ne ja n'emprendra fon oftage 
Ou faufleté a herbregage. 
El veut manoir en vérité, 


Siracaddjfûfaoflaé; 
Eo Jclwjcicit fcferc 


Si la het doQqiics par icCiDa 


Qoi a en iÎM, fi œm moi twMr, 


Co jîh ledics om de mcfiûe 
Tiahifaii, orgueil & eavie. 
De tek Tilains moftds pediiea 


^' Qm icpRnent ods c{a*aiiKm maine 
Coaune soo lige noaune jlfiimnc, 
Qoar por ce ad id poîf&nrr 
Qo^el paerprendie le loi de France» 
S^ cft GQrtois& debonefe, 

^ Si ocmune nns bons de bas aiere. 


Cnerdeioi9dedac& de amie, 
0*cnipencB & de rainer 
En ipcriié kMal & fine, 
^' Pœt amener a fon ferraigc 
Et enferrer en bas poiage, 
Et.j. bas CDTsfet fi bam tendre 
Que il ne pnet aillors entendre. 


17 

Amors puet de legier tuer, 
40 Et puet duel en joie muer; 

Soufpirer fet a grief martire 

Cels qu'el voit & jouer & rire. 

Tele eft de fa vertu la force. 

En toz les leus ou el s^efforce. 
4f Mes mefdifanz ne fevent mie f. 202 c 

Comment amors deftraint & lie. 

Ne la grant joie qu'ele done 

A cels a cui el s'abandone. 

Qui Font fervie a fa devife 
50 ^ Du plefant amorous fervife. 

Ce ne puet avenir ne eidre 

Qu^amors fon fecré ne fon eftre 

Face a nul mefdifant favoir. 

^entendement ne puet avoir 
J J ' Fors cels qu'ele prent & embrace ; 

Tant foutilment les fiens enlace 

Que nus ne s^en puet deflacier, 

Puis qu'el la volut enlacier. 

Nis n'eft nul, tant en ait mefaife, 
^ A cui fon mefchief trop ne plaife; 

Tant qu'ait d^amor alegement 

Suefifre & endure fon torment. 

Son torment & fon grief martire. 

7 


i8 


Si os bien de vérité dire, 

6( De noient voi cil entremetre 
Qui fon chaftiement veut métré 
En celui qu'amors a lié^ 
Que ja tant n'en ert chailié 
Que ja chaftiement i vaille 

70 La montance d'une maaiile ; 
Plus eft chaftié & plus aime. 
Molt eft cil fols qui fon blé fème 
En terre ou rien ne puet lever. 
 mal preu en doit alTener, 

75 Ainfi fet mufarde folie. 

Cil qui amant d^amors chaftie, 
Quar il pert toute sa parole. 
Si m'eft avis que auû foie 
Comme cil qui pert fa femence. 

^^ Ledenge ne vaut rien ne tence 
Vers cil qu'amors a amoré, 
Quar il eft fanz fin demoré 
Du tout en tout en fon fervife, 
Puis qu'ele s'eft en U reprife. 

8j Por voir itant vous conterai : 
Âmors s'aert en cuer verai 
Et fe reprent & enracine. 
Quiconques aime d^amor fine 


19 

Ne fet baréter ne tricbier. 

90 Amors û ne tient nului chier 
S'il n'efi cortois & debonere. 
Amofs dedenz les bons repère ; 
Ja mauves n'ert en fon covent : 
Des mauves avient molt fovent 

9i Qu'il font efpris de félonie /. 202 d 
Et de trahifon & d'envie. 
Quant voient aucun bacbeler 
Qu'amor deidraint û que celer 
Ne puet fon œil qu'adès covoite 

'o<> Avoir ce que fon cuer covoite, 

Quar Pueil voit volentiers fanz doute 
Ce qu'au cuer met s'entente toute. 
Quant ainû efi, lors G. s'efcrient 
Au commun & de lui mefdient 

•oî Primes avant & puis arrière. 

Et c'eft bien droiz, que lor manière 
Si eft toute aus vilains contrere. 
Adès doit vilains vente fere 
Et û a force le covient ; 

110 Et quant jes voi, fi me fovient 
Des vilains oifiaus qui agachent 
L'efprevier & fort le defachent, 
Quant entr'els vient par aventure, 


20 

Et c*eft bien droiz, que lor nature 

» ' î Si eft vil & orde & mauvefe. 

Por ce n'eft pas droiz que lor plefe 
De refprevier la compaignie. 
Et refon fi ne le veut mie^ 
Que Pefprevier eft gentil chofe, 

120 Et vilonie eft toute enclofe 
Es vilains oifiaus & repufe; 
Et por ce chafcuns d^aus refufe 
Du gentil oifel le repère. 
Par ceft famblant vous puis retrere 

13$ Que le faus mefdifant félon, 
Entechîé comme Guenelon, 
Ne puet por nule rien amer 
L^amant cortois douz fanz amer, 
Que nature fi les diverfe, 

' îo Et leis ordene a la traverfe, 

Si que rien plus ne font pareille 
Que Pefprevier a la corneille. 
Mes li mauves por fon defpire 
L'amant cortois de rien n^empire, 

'M Ja tant nel faura atichier, 
Quar cortoifie fi Va chier. 
Qui de fa nuifance le garde, 
^t loiauté qui Ta en garde. 


Ainfi eft il, bien le fâchiez, 
'*° Toz cels pris qu'amors a laciez 

Et a menez a fon fervage. 

Qu'a toz les jors de lor aage 

La vueillenl en tout obéir. 

Se il vuelent Teure veir 
MI Que il aient parfete joie. /. 2o3 a 

Q.u'aufïï vueille Diex que je voie 

A fanté le jor de demain. 

Biaus fervîce tret pain de main ; 

Si lor pri que lor en foviengne 
■|D Etpaffion deitraingnani tïengne 

Tretoz les mefdifanz du monde. 

Et Diex les abate et confonde 

Et les amanz par fa pité 

Maint a voie de vérité. 

Explicit la puissance d'amors. 




IV 


DE LA MORT LARGUECE 


10 



|otJT ne face mentirque fable,/. 2S0 b 
Si cft mentir fouvent avable^ 
Car mentir aucune fefon 
Done bien color a refon. 
Or fouffrez .j. poi que je conte 
Por qoi commenz ainfi ceft conte. 

Il avint que Tautr'ier erroie 
Vers Fefchamp, li com miex pooie. 
Tant errai c'un matin aving 
A la ville, & quant je la ving, 
Chiés Richart du Pont pris oflel. 
Diex le gart, quar il a los tel 


24 

Cofte ne puet meillor avoir. 

AfTez toft je vous faz favoir, 
M Alai a Bauduin es Bours 

Tout a pié, quar a Chieres Bours 

Grant pîeça, por .j. grant malage, 

I vouai le pèlerinage. 

S^alai aquiter ma pramefTe; 
2« Tout a point i ving a la melTe, 

M'offrande fis, quant fu chantée,/. 280 c 

Lors fu itele ma penfTée : 

Por ce qu^adont eidoit jeûne 

De rouvoifons haute & commune, 
^î Dufqu'a none jouer m'iroie. 

Sus la faloife pris ma voie ; 

Vers le faut Wautier tant mufai 

Que grant pofe du jor ufai. 

Sommeil me prifi; fus la marine 
30 Me couchai, c'eft vérité fine, 

Près du faut Wautier, en la prée, 

Qui elt merveilleufe & faée, 

Penffis eftoie en mon corage 

Du bon fiecle cortois & fage 
M Qu'Avarifce a tout depecié. 

Si efi domages & pechié 

Que Larguece eft û eftrangie 


25 

Et Avarifce eft efiaucie. 

La vegile de celé fefte, 
40 Mon forcot ploîé foz ma telle, 

M^en dormi en cele penlTée 

En la place que j^ai nommée. 

Près de moi en dormant 01 , 

Quant le fommeil m'ot acoï, 
4f .Ij. chofes qui molt haut pledierent: 

A mains d^un andain de moi ierent. 

L'une parloit molt ûmplement 

Et li autre orguilleufement. 

Je m^'efveillai, ce m'eft avis; 
J*' Les .ij. chofes vi vis à vis. 

L'une fu grande & bien taillie, 

D^un blanc famit appareillie; 

Cote en ot, forcot & mantel 

Afublé .j. poi en chantel. 
( f La fsLce ot doucement formée. 

Qui fu fi a point colorée 

Com nature le pot miex fere. 

Bouche ot vermeille, &, por miex plere, 

Ot vairs iex, rianz & fenduz, 
^ Les braz bien fez & eftenduz, 

Blanches mains, longues & ouvertes. 

Aus templieres que vi apertes, 

8 


36 


Apparut qu^ek ot tefte blonde. 
Je croiy plus que nule du monde. 

6( Corone ot bêle ou chief afiife 
Qui li ûft bien a grant devife. 
Son non enquis en tel manière : 
« Je vous pri, douce dame chiere, 
Que me diez de vous le non. » 

70 — Sire, « fift ele, » mon renon 
Fu jadis chieri et amé ; /• 280 d 
Mon non eft Larguece clamé. » 
De l'autre orrez ja la manière ; 
Ele ot forme grande & pleniere ; 

7{ Noire eftoit & defcolorée, 
Fade en tout, & fu afublée 
D^une robe de vert efreufe, 
 veir fu pou deliteufe, 
D^une vielle pane forrée 

80 De menu vair entrepelée. 

Tenues lèvres & bouche auquaife 
Ot; je ne fai s^el fu punaife. 
Ou nez ot eftroites narrines 
Qu'ele ot grefle & lonc & verrines ; 

^s Les vaines par mi fon vifage 
Qu^ele ot traitis a grant outrage, 
Le col ot lonc, nervu et grefle, 


17 

Noirs cheveus dont l'un l'autre mefle : 
Si ot granz mains & longue bracbe 

9^ Dont el tient fort cels qu^ele embrache. 
Corone ot d^or trop merveilleufe, 
Mainte pierre i ot precieufe, 
Ele ot noirs iex, feus & poingnanz, 
A regarder molt refoingnanz. 

91 Quant je Toi grant pofe efgardée 
Et fa contenance avifée. 
Si enquis ma dame Larguece 
Qui eftoit celé deablefie. 
El me dift c^eftoit Avarifce, 

100 Qui perift chafcun par fon vifce 
« Poi s'en faut, bien le puis favoir, 
Tu es des miens, s'as pou d'^avoir. 
Quant des miens es, fe jVi poverte, 
Droiz eft qu^auiH par toi reverte 

io( La povreté & le domage, 

Et par toz cels de mon tenage. 
Ce fet celé ou vilté habite 
Qui contre Dieu me deferite 
Comme mauvefe & seurprenant 

no De ce dont me verfs tenant. » 


28 


Quant rot Avarifce entendue^ 

A parler s^est toft efmeûe, 
' Et dift : « Tais toi, foie Larguefce! 

Fui t^en du lieu dont fui mefireffe! 
I ' ( De ceft roiaume fui roïne, 

G)nquis Fai, c'eft veritez fine. 

A toz jors, c^eil chofe afinée ; 

Pieça que j^en fui coronée. 

Duchoife fui de Normendie; 
'20 N'i a nul qui m'en contredie; 

Et de tant foie t'arefone, f, 281 a 

De quel lieu portes tu corone? 

En quel païs eft ton regnere 

Ta poefté & ton repère? » 
''{ Lors dift Larguefce : « Ceft la fomme; 

Chafcun large fi efl mon homme; 

Les loiaus ou maint cortoifie 

Sont foz moi en ma feignorie ? 

Leur cors & leur terre juiUfe 
')° Sanz contredit a ma devife; 

Mes poi en ai, c'eft mon domage. 

Et tu, qui as tel héritage, 

Por qoi ves tu fi vielle robe? 

Saches cil te fert bien de lobe 
<M Qui te loe fi vil abit. » 


29 

— « Ha, foie! que Diex te Tabit, » 
Dift Avarifce la mauvefe, 
<K Guides tu ores quMl me plefe, 
Se j'ai ma robe .j. an portée, 

M<> Que je Taie por ce donée? 

J'ai robes de maintes manières, ' 
Les unes des autres plus chieres ; 
Saches ja nule n'en donrai 
Fors tout le mains que je porrai. 

'4{ N^ai pas honte fe jes faz vendre, 

Quant j^en puis de granz deniers prendre. 

Si n^ai cure de fefte fere ; 

Ja ne m'ert bel d'avoir repère 

Ne mes de cels ou je cuit prendre. 

' ^0 Ainfi fai je mes genz aprendre. 
«Ma gent eft riche & honorée, 
La teue eft povre & endetée, 
Aus miens empruntent a ufure; 
En toz tens povretez lor dure. » 

'M — c Certes, » dift Larguefce, « mauvaife, 
Se ma gent sovent ont mefaife, 
Ce fet honor que il maintienent 
Et le grant fez que il fouftienent 
Par debonere cortoifie 

1^0 Qu'il ameront toute lor vie. 


30 

Les tnîens font plains de grant bonté; 

Ja des tuens n^eft conte conté, 

Qui en voudra fere voir conte 

Fors de mauveftié et de honte. 
'^i Diex te het^ je ne le dout mie. 

Et toz cels de ta feignorie. 

Li mauves font en ton hommage : 

Vilonie i eA & Outrage, 

Et G)voitife l'envieufe, 
'70 Et Ufure auffi Toutrageufe. 

Orgueil û eft de ta tenance, f. 2Si b 

En ton oftel a grant puiflance, 

Il le conduift & le meftrie. 

Grant meftrefTe i reft Tricherie ; 
'7j Molt het Jhefu Crift cefte herde. 

Tu es roïne de la merde; 

Merdes font cels qui fobeifTeQt 

Et qui ton voloir acompliflènt. 

Ta gent vit toz jors en envie ; 
tSo Jhefu Crift toi & els maudie! » 

Quant tout ce li ot dit Larguefce, 
Avarifce vers li S'efleflè, 
Qui fù forte & plaine de rage; 
Du poing ii done en fon vifage 


31 

'<{ Si grand cop comme el pot doner. 

Âdonc me voil abandoner 

D^aidier li de toute ma force; 

Mes Avarîfce û s'esforce, 

Quant je Tembrachai por abatre, 
Ï90 Jus m'efqueut, lors m'en prent a batre 

Des piez et des poins par treftout. 

Trop par eft fon pooir eftout 

Et rade & fort a grant merveille. 

A fa force ne s^apareille 
■9S Nule chofe, je croi, ou monde. 

Je pri a Dieu qu^il la confonde, 

Que tant me foula & bâti 

Que tout mon pooir abati. 

Comment que je fanté recueille, 
aoo N'ert jamès jor que ne m'en dueille. 

Larguefce toute fa puiffance 

Mift a fere moi aïdance; 

Mes ne por quant, chafcuns le fache^ 

Mort cuida que fuffe en la place, 
^oj Adonc corut Larguefce feure. 

Par les flans Teftraint (i en Peure 

Qu'enverfe l'abat en la prée. 

Toft fu faillie la meflée, 

Que ne li poi de rien aidier, 


32 

2'o Tantoft li toli le plaidier; 

Souz le menton li cerche Tangle, 

Aus poins reftrainft û qu^el Tedrangle ; 

Et, quant el Pot morte eftranglée, 

Sus fon col amont Fa ruée; 
2' J Si l'en porte vers la faloife. 

Lors de crier pas ne mVchoife 

Quant les las mefchiez fui veant; 

A paine me fours en feant. 

Mes autre cbofe ne poi fere 
2^0 Fors foufpirer, crier & brere, 

Que toute la force oi perdue, f, 281 c 

Avarifce Larguefce rue. 

Comment qu'il foit aus bons amer, 

Jus aval ou flo de la mer, 
22 î Et celé, a cui D^ex envoît honte. 

Ne daigna de moi tenir conte : 

Voiant moi tantoft s'efperdi. 

En fa venue trop perdi, 

Quant ma dame Larguefce a morte. 

2îo S'archevesque s'en defconforte. 
Que qu'il fut de fon efveillier, 
Ne vous en devez merveillier. 
Toute i a perdu fa puifTance ; 


33 

Ne fet nul lieu fa recouvrance 
^M Fors en fo'n ami le greignor : 

C'eA de Saint Martin le feignor. 

Vous qui voftre entente avez mife 

D'oîr com Larguefce eft ocife. 

Dont eft domage & grant doleur, 
340 Efgardez fel dit a coleur. 

Comment que il foit véritable 

Et (i eft a refon avable. 

Explicit de la mort Larguece. 



œRRECTIONS 


V. 13 : 49M. quant il ne se yont desfendre 

42 : Ce vers est fetuM; on pourrait le corriger ainsi : 

Ne duc, ne autre gent qui sont en maiudre conte. 
70 : ms. chasgs 


II 


y. 25 : ms, me 
39 : ms. els 


III 


V. 12 : ms, ou fausseté ou... 
43 : ms, sa force 
59 : ms. nil 
148 : ms, biau services 

IV 

y. 74 : ms. et grande pleniere 
82 : ms. fus pusnaise 
124 : ms. poste 
129 : ms. justice 
148 : ni«. bêle 


NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS 


DE LARGUBCE ET DE DEBONERETE 

P. 4, ▼. 51-52. — Encore un texte à clouter à tous ceux dans 
lesquels les trouvères ont fait Téloge de la générosité d'Alexandre. 

LE DIT DE LA DENT 

P. 8, y. 38. — Les Bertrand de Briquebec ont été du xi» au 
xiy« siècle une des familles importantes de la Normandie. Il est 
assez difficile de les distinguer les uns des autres, parce que les 
aînés ont toujours porté, au moins depuis le commencement du 
ziie siècle, le nom de Robert. Le Bertrand dont parle Hue Arche- 
vesque me paraît avoir été celui que les généalogistes appellent 
Robert Bertrand lY. La troisième année du règne de Jean sans 
Terre, il était en bas âge et la garde de sa terre et de sa personne 
était confiée à Robert de Thibouville (1). D'après le P. Anselme (2), 
qui s'appuie sur un titre dePabbayedu Bec, il était mort en 1240. 
Lorsque, le 5 mai 1242, Louis IX convoqua à Chinon les vassaux 

(l)RoUêU Nùrmonniœ in Turri LondinenU a$iervati, etc., pp. US et 122, 
pubUés par Léohaadé d^Anlsy, dani les Mitnoim de la aooiité det Anli^uatres de 
Normandie, t. xv, 1846. 
P.(S) Histoire généalogique et Oironologiqite, eto., t. ti, p. 690. 


3» 

de la oonronne pour marcher contre Hnguae de Liuignaii, comte 
de la Marche, le Robert Bertrand qui vivait alors était trop jeune 
pour B*aoquitter personnellement du service féodal ; c*est ce que 
prouve la mention suivante : Bobertus Bertrandi ; nufter ejus 
mittat (1). 

Outre la baronnie de Briqnebec, les Bertrand possédaient un 
grand nombre d^autres fiefs parmi lesquels les vicomtes de Fau- 
guemon et de Roncheville et la seigneurie de Honfleur. Un des 
descendants de Robert iV accorda, en 1283, àTabbaye deFécamp, 
un privilège dans le port de cette ville ; la charte de concession 
est rédigée en langue romane : il m'a paru intéressant de la repro- 
duire ici : 

« Sachent tous ceux qui sunt et qui a venir sunt que Ge, Robert 
Bertran chevalier segnor de Ronchevill*., ai donné et otrié et 
conformé par ma présente chartre, por Tamor de Deu et por Je 
salu de Tame de mei et de ma famé et de mes en&nz et por les 
âmes de mon père et de ma mère et de mes anceisors et de mes 
8ucces8or8,arabé et au couvent de la Trinité de Fescan et a tous 
les serjanz de lor mainpast, quictance et franchise pleniere en ma 
vile de Honneflue de tant comme il afiert a la costome de lor 
cors por passer le travers de Seine. Et wiel et otrei que les 
devandiz abé et couvent et lor serjanz desusdiz aient et porsiethent 
la devandite franchise en pure et perpétuel aumosne a touz jors 
meis sanz contredit et sanz empeechement de mei ne de mes heirs 
ne d^aucun de mes serjanz des ore en avant si comme il est desus 
devisé. Et les devandiz abé et convent ont otrié a mei et a ma 
famé et a mes enfanz la confraternité de lor ordre et pleniere 

(1) Svbmonitio ad diem V Maii M CC XL II, — Historiens de» Gaulet et de 
la France, t. xxiii, p. 728 d. 


59 

parchonnerie de touz lor biens esperituels fais et a faire ausi 
comme eus meismes. Et que ceste chose seit ferme et estable 
perdurablement, Ge ai confermé ceste présente chartre de Tem- 
priente de mon seel. Qui fii donnée Tan de Tlncarnation de 
Nostre Segnor . M. CC . et quatre yinz et treis en meis de 
may (1). » 

P. 8y y. 38. — Il fi^agit ici, selon toute apparence, de Richard 
le Maréehal, deuxième fils de Guillaume le Maréehal, comte de 
Pembroke et seigneur de Longueville, qui fut régent d^Angleterre 
pendant la minorité de Henri III, et mourut le 14 mai 1219. 
Richard le Maréchal posséda la seigneurie de Longueville par 
Tabandon que son frère atné Guillaume lui fit en 1220 de tous les 
biens qu'il aVait en Normandie (2). U épousa avant 1222 Gervaise, 
vicomtesse de Rohan et dame de Dinan (3); aussi prend-il dans 
les actes les titres de seigneur de Longueville et de Dinan. En 
novembre 1226, il est cité au nombre des seigneurs normands 
invités par les évoques à assister au sacre de Louis IX (4). En 
1231, il est présent à l*Echiquier de Pftques (5). D*après la Chro- 
nique de Sainte-Gatherine-du-Mont, il fut tué en Irlande en 1233. 
— Voir sur Guillaume le Maréchal et sur ses en&nts : M. L. 
Delisle, Ctkrtulaire nomMnd, no 74, note, et n® 1220, note, et 
M. P. Meyer, l'Histoire de OuiUaume le Maréchal^ comte de 

(1) Arohivei de la Seine-Inférieure ; fonde de Fécamp. — Original, 
(t) M. L. Delisle : Cartukiir9 normand, no 285. 

(3) Chronique du comtes d^Ein, dani le t. xxni dee Hi$torien» de» ûaules et de la 
France, p. 441 d. 

(4) M. L. Delisle : Cartnlaire normand, ne 1140, et A. T«alet : Layettet dm Trèêor 
de* Charte*, vfl 18S6. 

(5) M. L. Deliale : Seeneil de* jugement* de Vèchiquier de Normandie, p. 113, 
note. 


40 

Striguil et de Pembrohe, régent d*Ângleterrey dans la Romor' 
nia, no 41, janvier 1882, pp. 23-74. 

P. 8, V. 39. — Je n*hésite pas à lire Ble au lieu du pronom 
els que porte le manuscrit et qui n'offre aucun sens. Il s^agit ici 
d*£le d'Alençon ou d'Almenéches, tante de Robert Malet, qui, 
après la mort du dernier comte d*Alençon, céda à Philippe- 
Auguste, en janvier 1220 (1221 n. s. ), de concert avec ses deux 
neveux, Robert Malet et Aimeri, vicomte de Ch&tellerault, la 
ville d'Alençon et i*Alençonnois avec toutes ses dépendances (1). 
Philippe-Auguste se fit encore remettre par les trois cohéritiers 
le château d'Essay (2), en échange de domaines équivalents, parmi 
lesquels était comprise la seigneurie d'Ecouché qui demeura défi- 
nitivement à Ele (3). Après la mort de son mari, Ro]|>6rt fils 
Erneis, d*une branche de la famille des Tesson, Ele qui n'avait 
pas d'enfants se retira dans son domaine d'Almenèches et signala 
les dernières années de sa vie par des bienfaits et de pieuses 
fondations (4). La dame d'Almenèches portait une vive affection 
à Robert Malet; elle voulut lui donner le domaine d'Ecouché à 
l'exclusion d'Aimer! de Châtellerault son autre neveu et héritier; 
un arrêt de l'Echiquier tenu à Caen en septembre 1234 annula 
cette donation (5). A P&ques 1239, l'Echiquier de Rouen décida 
par un nouvel arrêt que l'héritage d'Ele (Ala) d'Almenèches serait 
partagé par moitié entre Aimeri, vicomte de Châtellerault, et 


(1) M. L. Dellile : CarM>aire normanid, iio 11S6. 
(t «t 8) nid., nf» 284 et 307. 

(4) M. A. de Calz : Eittoire d« howrg dPEoonehè, pp. 51IM17, dans le tome xxiv 
dei Mémoire* de la Société de* Antiquaire* de Nomuxndie. 

(5) Lechaudë d'Anisy : Seaeeariwn Normanniœ *uib regibu* Francia, p. 145, 
dans le t. xt des Mémoires de la Société de* Antiquaires de Normandie. 


4' 

Robert Malet, comme il le serait si lears mères Tivaient 
encore (1). 

Robert Malet était fils de Robert Malet, seigneur de Qrayille, 
et de Philippe d'Alençon, sœur d'Ele. Il vivait encore en 1242, 
puisqu^il fut convoqué cette année à Chinon (2) avec les autres vas- 
saux de la couronne pour accompagner Louis IX dans sa guerre 
contre Hugues de Lusignan, comte de la Marche. H semble pou- 
voir être conclu qu'il mourut à la fin de 1242 ou au commence- 
ment de 1243, d'un arrêt en date de cette dernière année par 
lequel TEchiquier de Caen ratifiait le don fait par lui à ses 
serviteurs : « Preceptum est quod donum quod Robertus Malet 
fecit hominibus suis pro servie iis suis apud Sanctum Jaoobum de 
Bevron teneatur (3). » 

L*«iuteur de VHistoire des pays et comté du Perche et duché 
d*Alençon, Bry de la Clergerie, et, à sa suite, les généalogistes, à 
commencer par la Roque et le P. Anselme, ont entassé erreurs 
sur erreurs à Tégard des derniers représentants de la famille des 
comtes d'Alençon. Odolant^Besnos les a redressées en partie dans 
sa Dissertation sur les héritiers de Robert IV, comte d*Alençon, 
et dans ses Mémoires historiques sur la ville d*Alençon et sur 
ses seigneurs. 

P. 9 V. 40. ^ Raoul III de Tancarville, chambellan de Nor- 
mandie, fils de Guillaume III, né après 1205; on a de lui une 


(1) M. L. DelUIe : Beoueil des jttgemei/Us de VEehiquier de Normandie au 
xni* tiiele, p. 148,*iiog 068 et 669. 

(2) Submonitio ad diem V Maii anno M. CO. XLJI. — Hi$torien$ de* Gaules et 
de la France, t. xxiii, p. 728 d. 

(3) M. L. DdUile : Bêeueil det JuffemenU de l'Echiquier, etc. p. 172, n» 748. 

10 


42 

charte relatiye à Tabbayede Saint-0«orgeB de Boecherrille, fondée 
par sa famille ; elle est datée d*octobre 1234 '(1). 

P. 10, ▼• 81. — Le mot latin esperdita, répondant au français 
esporduite, espreduite du Dit de la Dent, que M. F. Godefroy 
traduit (yo espcbrduite) par morceau de fer, ne figure pas dans 
le Glossaire de Du Cange. Voir dans le Mémoire sur le eom~ 
merce maritime de Rouen par E. de Fréville, t. ii, pièces justi- 
ficatiyes, pp. 81-<82y une charte de 1221, extraite du Gartulaire de 
Foucarmont, f. 121 y», par laquelle Robertus de Bosco^RoHardi, 
miles, donne à Téglise et aux moines de Sainte-Marie et de Saint- 
Jean de Foucarmont viginti quinque esperditas ferri, awMJbatim 
pereipiendas. 

LA MORT LÂRQUECE 

P. 23, y. 11 . — On rencontre plusieurs fois dans des chartes 
faisant partie du fonds de Fécamp (Archiyes de la Seine-Inf.), ou 
contenues dans les deux cartulaires du monastère de Fécamp, 
conservés l*un aux Archives de la Seine-Inf., Tautre à la Bibl. 
municipale de Rouen, cote Y 54, le nom d*un maître Richard du 
Pont, dans lequel on peut voir peut-être, grftce à la concordance 
des temps, le personnage dont Archevesque parle en ces termes : 

Cbiéê Rioluurt du Pont pris ostel. 
Diex le gart, qaar il a los tel 
C*OBte meillor ne pnet avoir. 

En décembre 1254, maître Richard du Pont (testihus ma- 

gistro Rioardo de Ponte^ etc.) figure comme témoin d*un acte 

(1) A. Deville : Histoire du château et des sires de Tancarville, pp. 13&-136. 


43 

par lequel Nieholas de Pou-Buisson, de la paroisse de Hasten- 
Tille, consent au rachat par Tabbaye de Fécamp, moyennant une 
somme de yingt-^ept sols tournois, d^ne rente de quatre pains 
blancs et d'unsetier de vin qu*il rfHseyait chaque année dePabbaye. 
(Arch. de la Seine-Inf. ; fonds de Fécamp). 

En août 1255, maître Richard du Foni{te8tibuê,».. magistro 
Ricardo de Ponte, etc.) est mentionné au nombre des témoins 
d*une charte de Richard d*Argenoes (Arch. de la Seine-Inf. ; 
Cctrtularium movMsterii Fiseannensis). 

En 1257, Richard du Pont, Rieardus de Ponte, vend une terre 
qu'il possédait à Malaunay (J&t<2., f. 17 yo et 18 ro). 

En outre, le Pouillé dit d'Eudes Rigaud, publié dans le t. xiii 
des Sistoriens des Gaules et delà Franee, contient, p. 278 s, 
sous la rubrique Godaryilla, la mention suivante : « Archiepiseopus 
Odo Rigauldi recepit magistrum Rieardum de Ponte ad dictam 
eociesiam et ad capellam de Salicosa Mara, quse annexa est eidem 
ecclesi», ad prsesentationem abbatis Fiseannensis. » 

C'est sans doute le môme que nous voyons figurer sous le nom 
de magister Rioardus, persona de Godarvilla, parmi les prêtres 
ordonnés en septembre 1263, dans le Regestrum Visitationum 
archiepisoopi Rothomctgensis (Journal des visites pastorales 
d'Eudes Riga/udf arehevéque de Rouen, appendix, p. 687). 

P. 24, V. 15. — J'emprunte le passage suivant au Répertoire 
cvrohèologique de la Seine^Inférieure de M. Pabbé Cochet 
(col. 108-109) : « Sur la côte nord de Fécamp, appelée Côte de la 
Vierge, au milieu de Tenceinte et des ruines de Tandenne forte- 
resse de Bourg-Baudoin, est Tancienne chapelle dédiée à Notre- 
Dame-de-Salut. Depuis longtemps la nef a disparu. Le clocher, 
placé à rentrée, est une tour romane b&tie en tuf au xi« siècle. 


44 

La chapelle actuelle, formée de Tancien chœur, est une construc- 
tion en pierre de la fin du xiii« siècle ou du commencement du 
xïV, Contre-table du temps de Louis XIIL Pèlerinage célèbre 
surtout pour les marins de la côte; autrefois c'était le titre d*ua 
prieuré de Notre-Dame du Bourg-Baudoin. » Un fort fut plus 
tard élevé sur cet emplacement. « Sur le flanc occidental de la 
colline, dit encore M. Tabbé Cochet (col. 110), des lignes de 
retranchements entourent la chapelle de la ferme, qui fut un 
prieuré, et le phare qui remplace le Bourg-Baudoin; une ligne 
de fossés profonds isolait cette plate-forme de la plaine et enfer- 
mait une forteresse. L*origine de ce fort ne nous est pas connue, 
mais il était en bon état au xvie siècle^ puisqu'il fut pris par le 
maréchal de Biron sur les ligueurs et repris par Bois-Rosé à 
Taide d*une escalade demeurée célèbre. Henri IV le fit déman- 
teler en 1595. En 1835, quand on fonda le phare actuel, on trouva 
une belle cave en moellon, avec des monnaies de Louis XIII . » 
Je n'ai pu trouver aucune mention du saut Wautier qui, 
d'après Hue Archevesque, se trouvait dans le voisinage de Bau- 
duin es Bours. 

P. 26, V. 62-63 et 87-88.^11 est à remarquer que, pendant tout 
le moyen âge, les cheteux blonds sont regardés comme un des 
éléments de la beauté et les cheveux noirs comme l'accompagne- 
ment obligé de la laideur. Voir à ce sujet une note intéressante 
dans le Théâtre françaU au moyen âge ^ publié par MM. L. J. 
N. Monmerquéet Francisque Michel^ pp. 58-59. 

P. 33, V. 236.— Jean, seigneur de Saint-Martin-le-Gaillard. Il 
descendait de Rainoldus de Sancto Martine que l'on trouve men- 
tionné à titre de témoin dans une charte par laquelle Robert, 
comte d'Eu,etBeatrix sa femme, donnent à l'abbaye de la Sainte- 


4S 

Trinité-4u*MontHle-Rouen, la forêt d9 Spinei et ses dépendances; 
cette donation fut approuYée par Guillanme-le-Bâtard l'année, 
dit la charte, où la guerre éclata entre lui et Henri, roi de 
France (1). 

Outre le fief qu*il possédait à Saint-Martin-le-Gaillard, Jean de 
Saint-Martin avait encore des domaines dans plusieurs endroits 
du pays de Cauz, et notamment à Notre-Dame-de-la-Gaillarde, 
paroisse de Texemption de Fécamp, dans laquelle nous constatons 
Texistencè d*une famille Archevesque. (Voir l'Introduction, 

pp. XVI-XIX.) 

On trouve, dans les testes du ziii« siècle, Jean de Saint-Martin 
mentionné à plusieurs reprises entre les années 1249 et 1272. 
Voici les faits principaux qui lui sont relatifs. En 1249, Eudes 
Rigaud, archevêque de Rouen, reçoit sur sa présentation, à la 
chapelle de Saint-Martin-le-Gaillard, le clerc Gautier de Saint- 
Martin (2). La môme année, le 3 des kal. de septembre, Jean de 
Saint-Martin sert de caution à Nicolas de Hotot dans le différend 
que celui-ci avait avec Eudes Rigaud (3). 

En 1256, le mercredi diaprés l*£piphanie, il comparaît devant 
Eudes Rigaud dans son manoir archiépiscopal d*Aliermont et lui 
donne satisfaction pour avoir pris, sans en avoir la licence, un 
sanglier dans la forêt d'Aliermont qui appartenait à Tarchevêque. 
Les chevaliers Guillaume Gotram, Guillaume de Bréauté et Ive 
Caletot furent caution de Tamende (4). ^ 

(1) A. Deyille : Cartvlaire de l'àtbaye de la SaifUe-Trinitè-dM-MotU-de'Bouen. 
no vxi, p. 426, publié dani la Colleetion de DocumefOs inédits but l'Histoire de 
France, & la luite da Oartulaire de Saint'Bertin. 

(2) Regestrwn Visitaiiannm Arehi^scopi BothomagensiSf publié par Th. 
Bonnln, p. 49. 

(3) md>, pp. 49-60. 

(4) Ibid.» p. 790. 


0.O, k toi, d. p«„.„„„. ... ^ j rJbT-i, à 1. 


l «n )?72 dan» 1. lu 
Il dB roi u bamk^e de Cftni (5), 



GLOSSAIRE 



ABRÉVIATIONS 

EMPOTA DANS LB OliOSSAIRB 


adi. 

odJêeHf. 

PP- 

participe patte. 

adv. 

OMlwrte. 

p.pr. 

participe prêtent. 

art. 0ontr> 

article confronté. 

pl- 

pUeriel. 

concL 

eomdiUotmtt 

prép. 

prépoeition. 

OOf^. 

eomjonetUm. 

pron. 

pronom 

r. 

féminin. 

r. 

régime. 

/W. 

f^nUêf. 

». 

tnbttantif. 

<lMf>. 

imparfait 

*g- 

tingnUer. 

iiN|)^. 

impératif. 

tf- 

tnjet. 

ifULpr. 

indicatif prêtent. 

nÊbj,pr. 

tu/bionotif prêtent. 

interj. 

interjeetion. 

V. 

vefi)$. 

m. 

maMcuUn. 

V. a^ 

reri)e actif. 

n.prop. 

nom propre. 

V. n. 

veH)e neutre. 

p. d. 

patte défini. 




Les quelques mots corrigés dans le texte figurent dans le 
Glossaire sous les formes mêmes du manuscrit. Ont été placées 
entre crochets les formes qui, mises en tête des articles, ne se 
rencontrent pas dans le texte. 


GLOSSAIRE 


▲ 1, 16, 29, 52, été,, prép. à. 
Aage m, 142, s. m. âge. 
Abandoner H, 44, v. — Jnd. pr, ig, 

S abandonne III, 48. — Me 

voil Abandonner lY, 186, je 

veuœ m*(voentwrer, 
Abatre IV, 189, v. — Ind. pr. sg. S 

abat lY, 207 ; eubj. pr. sg, S 

abate m, 152; p. d, sg, 3 

abati IV, 198. 
Abit IV, 135, 8. m. habit. 
Abit IV, 136, V. 8ubj. pr. sg. S, 

— Que Diex te Tabit, qite IHex 

fen revête (I) 
[Abonder] ^. n. abonder, — Ind, 

pr. sg. 3 abonde 1, 49. 
Achever I, 50, v. venir à bout, 

réussir. 
[Açhoisier, s*]v. s'apaiser, — Ind, 

pr. sg. i achoise (m*) IV, 216. 
[Acoîr] Jo. apaiser, endormir. — 

P. p. m. sg, r. acoî IV, 44. 


[Acomplir] v. accomplir, — Ind. 
pr, pi, 3 acomplissent IV, 
178. 

Adès I, 56 ; m, 99, 108, adv. tou- 
jours, 

Adonc IV, 186, 205. — Adont IV, 

23, adv. alors, 
[Aerdre, s*] v, s'attacher, — Ind. 

pr, sg. 3 aert (s*) m, 86. 

Afere HI, 30, s, m. rang, condi" 
tion, 

[Aflner] «. finir, terminer. — P, 
p, sg. f. aflnèe IV, 117. 

[Aflner, s*] v. se proposer une fin. 
s'efforcer. — Ind, pr. sg, 3 
aflne (s*) 1, 19. 

[Afubler] v. attacher, revêtir. — 
P, p. m, sg. r. afublè IV, 54 . 
sg. f. afublée IV, 76. 

{Agachier] v, agacer, — Ind. pr. 
pi. 3 agachent III, 111. 

Aidance IV, 202, s. f. aide. 

Aidier IV, 187, 209, v. 


II 


So 


Aillora m, 38, odv. 

Ainai I, 21 ; m, 75, 103, 139 ; IV, 
6, 150, adv, 

Ainz n, 80, 91, eof^f, maiê. 

Âlegement III, 61, s. m. 

[Aler] «. aller, — Ind, pr, ig. i 
vois n, 15 ; p. d. 8g. i alai lY, 
15, 19 ; fut, pi, 3 iront I, 32 ; 
eond. ig, i iroie lY^ 25 ; sutj, 
pr. sg. 8 voist I, 07. 

[Âlier] 8. m. manière d'agir, pro^ 
cédé, — PI, r. aixeips U, 46. 

Alixandbb n, 28, pi. $j, n. prop. 
— Alixandbes I, 51, sg, a/> 

Aloe U, 70, 8. f. alouette. 

[Alomar] v. — Jnd, pr. 8g. S 
alume II, 109 ; p. p. m. eg. r. 
alumes II, 99. 

Amant HI, 7d, 128, 134, s, m. sg. 
r. — Amans lU, 2, 153, pi. r. 

Amener 111,35, v. — Ind,pr. sg. 3 
amaine I, 55. 

[Amender] v. a, avantager, amé^ 
liorer. — Ind. pr. sg. 3 
amendel, 6;j>. jp. f, sg. amen- 
dée II, 28. — V, n, s'améliO' 
rer, Ind, pr, amendons I, 24. 

Amer in, 127, v. aimer. — Ind. 
pr, sg, 3 aime m, 71, 88 ; fut, 
pi. 3 ameront lY, 160 ; p. p. 
m, pi. sg. amez I, 63; sp.r. 
amélY, 71. 

Amer, s. m. omerHtm^. -^ Dons 


sans amer m, 128. 
Amer lY, 223, adj. amer, sg. tj. 

m. 
Ami lY, 235, s. m. r, sg. —pi. r. 

amis I, 55. 
Amont lY, 214, adv. en haut, 
Amor m, 16, 98, s. f. sg, sj. 

amour; m, 61, 88, sg. r, — 

Amors m, 6, 25, 39, 46, 52, 67, 

81, 86, 90, 92, 140, sg, ^. ; m, 

76, sg, r. 
Amorè III, 81, adj, m, sg. r. 

signifie d'ordinaire aiguisé, 

affilé; ici, rendu apte à ré-- 

sister. 
AmoroQB ni, 50, adj. m, sg. r. 

amoureuœ. 
Andain lY, 46, s. m. sg. t*. en~ 

jambée. 
[Anemi] s. m. ennemi. — pi. r. 

anemis I, 64. 
Angle lY, 221, s. m. sg. r. larynco, 

nomd de la gorge fLacurne 

de Ste Palaye.) 
[Apareillier, 8*] v, se comparer, — 

Ind,pr. sg. 3 apareille (s*) lY, 

194. 
[Apeler] v. — Ind. pr. sg. i apel 

n, 133. 
[Apmidre] v. appartenir, être dû. 

— Ind. pr, sg, 3 apent II, 47. 
[ApertJ adj. ouvert, découvert. — 

pi. t. f, àperte» lY, 62. 


SI 


[Appareillier] v. apprêter^ ajuitêr. 
— P. p. f. sg. appareillie IV, 
». 

[Apparoir] «. apparaître, — P. d. 
êg. S apparat IV, 63. 

Aprendre I, 2; II, 140, v. ap^ 
prendre, —P.d.pt.S apris- 
trent U, 89. — Aprendre IV, 
150, instruire. 

Aprentis II, 143, s. m. ag. r. ap- 
prenti. 

Après I, 44, 72, prép. 

Aqoiter IV, '19, acquitter, rem- 
plir. 

Archal II, 37, s. m. eg, r. 

Abcbbvbsqub IV, 230^ ag. $j. n. 
prop. — Abcbbybsqubb I, 65; 
II, 139, 8g. v*. — HuB Abchb- 
YBSQUB III, 3, ag. aj' 

f Ardoir] ». brûler. — Ind. pr. ag. 
^ art II, 109; p. p. m. pi. a^. 
arz n, 100. 

[Aresoner] o. interpeller. — Ind, 
pr. ag. 3 aresone FV, 21. 

Argent II, 87, a. m. ag. r. 

[Arracher] «. — Ind. pr. ag. S ar- 
rache II, 128; imp. ag. 3 ar- 
rachoit II, 63. 

Arrière n, 154, 156 ; m, 106, odv. 

Asëar II, 92, adj. m. ag. ai. raa- 
auré, 

Aisener m, 74, v. attribtter. 


[Asseoir] v. poaer. — P. p. f, ag. 
assise IV, 66. 

Asses rV, 14, adv, 

Atichier m, 135, v. piqtier, provo- 
quer, 

[Atomer] v, diapoaer, arranger. 

— Ind. pr. pi. 8 atoment II, 
153 ; p. p, m. ag. aj' atomes 
II, 2, 157, 158. 

Atrere I, 72, v. attirer, 
[Attachier] v. — P, p» m. ag. aj. 

atachies II, 77. 
An I, 4, 26, etc. art. eontr. — Aas 

II, 46, 73, etc. 
Ancan, adj. quelqu'un, — Anoun 

m, 97, ag, r. Aucuns U, 113, 

ag. aj- — Aucune seson IV, 3, 

quelquefoia, 
Auquaise IV, 81, adj, f. ag. (f) 
Aussi 1, 15; ni, 146 ; IV, 104* 170. 

— Ausi m, 78, ai2v. 

Autre I, 42; II, 32, etc. aâj.ag. r. 

— Autres IV, 1J2, pi. r. — 
L*autr*ier IV, 7, l'autre jour. 

Autres! I, 7 ; U, 95, 157, ado. de 

même, 
Avable I, 97, ctdj. f. ag, r. eonne- 

nablej propre à, — m. ag. aj. 

avable IV, 2, 242. 
Aval rV, 224, ado. en haa. 
[Avancier] v. — Inde pr,- ag. S 

avance I» 59. 


S2 


Avant I, 00; n, 149; m, 106, 

Avarisce I, 99 ; lY, 35, 88, ête. 

a. A 
Avenir lU, 51, v. arriver, — Ind. 

pr, sg, 3 avient III, 9i; p. d, 

sg. I aving lY, 9 ; ^ avint 

lY, 7. 
Aventure m, 113, s. f. hasard. 
Aver I, 57, s. m, sg. r, avare ; II, 

23, 96, pi, 8j, — Avéra I, 67, 

sg. V- 
Avis, «.m. — liTest avis III, 78 ; 

IV, 49, je pense, 

[Aviser] «. regarder, — P, p. f. 

sg. avisée lY, 96. 
Avoir, 1, 50; III, 54, 100; lY, 13, 148, 

V. — Ind. pr. sg. i ai II, 13 ; 
lY, 42, 103 ; etc. ; ;2 as lY, 102, 
132 ; ^ a I, 8 ; II, 121^ etc. pi. 
2 aves I, 17 ; lY, 237, S ont I, 
33, 47, 49, etc. ; suhj. pr. sg. i 
aie lY, 140 ; ^ ait II, 29 ; m, 
59, 61 ; pi. i aions 1, 71 ; ^ 
aient III, 145 ; p, d, sg. i oi 
lY, 95, 221 ; 5ot I, 11 ; lY, 44, 
53, 55, etc. 

Avoir lY, 102, s. m. hiens^ **«- 
chesseS' 


B 


Bacheler 111,97, s. m. sg. r. jeune 


homme libre non encore che- 
valier, 

[Baillir) v. traiter, — P. p, sg. 
il/, m. baillis U, 20. 

Baréter m, 89, v. tromper. 

BasIU, 30,36,37, a(U. 

Batre lY, 190, v. — P. d. sg, 3 
bâti lY, 197. 

Bauduin as BouBS lY, 15, n, prop . 

Bel II, 126 ; lY, 148, aâj. m. sg. 
$j. beoM, — sg. sj. biau III, 
\4&\pl. r, biaus 1, 2, 16; sg. f. 
bêle lY, 65. 

Bel n, 74, 80, adv. — Biaa II, 43. 

Bbbtban n, 38, n. prop. 

Bessier II, 67, v. baisser, 

[Bestomer] v. se changer en 
mal. •— Ind. pr, sg. 3 bes- 
torne II, 3 ; p. p, m. sg. sj . 
bestomez n, 1, 155. 

[Bien] s. m. — Biens I, 49, pi. r. 

Bien I, 2, 4, 9, etc. adv. 

Blanc lY, 52, adj. m, sg. r. — 
pi. f. blanches lY, 61. 

Blé III, 72, s. m. sg. r. 

[Blond] adJ. — sg. f. blonde lY, 
63. 

Boillant II, 82, adj. f. sg. sj. bouil- 
lante. 

Bon II, 143 ; lY, 34, adj. sg. r. — 
pi. r. bons UI, 92 ; lY, 223. — 
sg. f, bone I, 17, 61 ; III, 16. 
— pi. f. bones, II, 8. 


53 


Bonté n, 106; ÎV, 161, s. f. 
Bouche n, 64; IV, 58, 81, «. f, 
[Boater] o. pouiiw, fMttre, — 

P. p. f. 8g. boatèe avant II, 

149, mite en avant, 
Brache IV, 89, s. f. éttnditê des 

brai. 
Brai rV, 60, s. m. invar, bras, 
Brere IV, 220, v. erier. 
Brieûnent II, 93, adv. rapide^ 

ment. 
[Broller] v. — P. p. m. pi. sj. 

broUes H, 100. 
[Bnffer] v. souf/ler, — /nd. i^r. sp. 

^ buffe n, 75. 





C I, 4, 20, 50; H, 17, 116; IV, 9, 
13, conj, que, — V, ce. 

Calandre II, 24, s. f. sorte d'a- 
louette, dite (Hissi grosse 
alouette et sentinelle. — Lit- 
tré. 

Cane II, 71, s. f, dent. 

Car IV, 3, eonj. 

Ce 1, 19,21, 29 ; n, 14, ete, pron, 
ce, cela. — C 1, 28 ; H, 61 ; III, 
106, 114, etc. ce, — Ces I, 8, 
83; 11,52, ete, 

Cel, pron. ce, celui. — m. sg. sj- 
cil 1, 19; n, 85, 87, etc. celai 
II, 76,90; r. celui HI, 67; pi. sj. 


cil 11, 56 ; ph sj. ceU H, 42, 

101, ete. ; pi. r. oeli I, 14, 48. 

— sg. f. celé I, 26 ; IV, 39, 41, 

98, 107, 225. 
[Cercher] v. chercher. — Jnd. pr. 

sg. S cerche IV, 221. 
Certes I, 21 ; H, 141 ; IV, 156, adv. 
Ceat n, 155 ; IH, 4, 124 ; IV, 6, 

125, adj. ce. — Ceste IV, 175. 
Ghambbblbnc (Le)II, 40, le Cham- 
bellan, employé comme n. 

prop, 
Chantel IV, 54, s. m. sg, r, coin; 

en chantel, de côté, 
[Chanter] v. —P. p. f. sg. chantée 

IV, 21. 
[Charger] «. — Ind. pr. sg. S 

charge I, 40. 
Ghascun IV, 126, pron. sg, sj., II, 

12 ; sg. r. IV, 100, — sg. sj. 

chascuns H, 32, 148 ; m, 122; 

IV, 203 ; sg. r. I, 70. 
Chasse n, 6, 151, s. f. coquille. 
Chastiement III, 66, s. m. sg. r. 

réprimande. — sg. sj. III, 69. 
[Chastier] v. réprimcmder. — Ind . 

pr. sg, 3 chastie ni, 76 ; p. p. 

m. sg. sj. chastiè m. 68, 71. 
[Chaufer]v.— Jnd. pr. sg. S chaufe 

U, 74, 80 ; p. p. chaufèe II, 81, 

108. 
Chaut n, 99, 102, 120, adj. tn, 

«p. r. 


S4 


(CSheoir] v. tomber. — /n4. pr. ag. 

3 diiet II, 118. 
Chevalerie n, 27, 47, «. /l 
[CheTftlier] s. m. — Chevaliers II, 

45, pL r. 
Cheveus IV, 88, i. m. pt. r, 
Chief IV, 65, s. m. ag. r. r^f«. 
Chier m, 90, 136, adj, sg, r. — 

ag. f. chiere IV, 68 ; pi. f, 

chieres IV, 142. 
Chuoibs Boubs rV, 16, n. prop. 

Cherbourg. 
[Chlerir] v. — P. p. m. ag. s. 

Chieri IV, 71. 
Chiéa IV, 11, prép. ohex. 
[Chievre] a. f. — pt. chievres II, 

19. 
Chose I, 25 ; m, 7, 119 ; IV, 117, 

195, a. f. ag. choae. — pi. 

choses rV, 45, 50, peraonnea. 
Ciel I, 44, s. m. ag. r. 
[Clamer] v. appeler. — P. p. m. 

ag. 9j. clamé IV, 73. 
Coiatement II, 105, adv. adroite^' 

ment. 
Col IV, 87, 214, a. m. ag. r. cou. 
Coleur IV, 240 ; a. m. ag. r. eour- 

leur. 

Color, IV,4, a. m. ag. r. couleur. 
[Colorier] v. — P. p. f. colorée 
IV, 56. 

Com II, 119; IV, 57, etc. conj. 


comme. — Comme H, 6, 118, 

etc. 
fCommender] v. — Ind. pr. ag. i, 

ecmmenc IV, 6. 
Comment II, 7; m, 46, adv. — 

Comment que IV, 199,22S,t41, 

quand même, quoique. 
Commun III, 104, a. m. ag. r. 
[Commun] adJ. — ag. f. commune 

IV, 24. 
Compaignie III, 117, a. f. 
[Conduire] v. — Ind. pr. ag. S con- 

duist IV, 178 ip.p. f. conduite, 

n,106. 
Confesser I, 22, o. 
[Confondre] «. — SubJ. pr. ag. S 

confonde III, 152; IV, 196. P. 

p. m.— ag. aj- confondus 1, 40. 
[Conquérir] v. — P. p. m. ag. r. 

conquis IV, 116. 
Conte 1, 42 ; III, 31 ; IV, 162, 163, 

226, s. m. ag. r. compte. 
Conte 1, 66, a. m. ag. aj. comte; 

ag. r. I, 41 ; m, 32. 
Conte IV, 6, a. m. ag. r, conte. 
[Conter] v. compter.^ P. p. ag. 

aJ. conté IV, 162. 
[Conter] v. conter. — Ind. pr. ag. 

i conte IV, 5 ; ^ I, 65; fut. ag. 

i conterai III, 85. 
Contenance IV, 96, s. ^. 
Contençon n, l!i2, a. f. rivalité 

d'ardeur. 


S5 


Contenir (se) II, 10 v. m conduire. 

— SubJ. pr,9ff»S9é oODtlflingiio 

II, 148. 
Content I, 58^ s. m, Bp. r. hutê, 

eom^bat, — CoBtens I, 91 ; II, 

81, tg. r. 
Gontraôre 1, 11, «. «t. tg, r, c<m- 

trariété. 
OoBtr# I,54;III, 4; lY, 106, pr^. 
[Contredire] V. — Sybj. pr. ig. S 

contredie IV, 120. 
Contredit, s. m. sans contredit III, 

6 ; IV, 130. 
Contrere III, 107, adj. contraire. 
Cop IV, 186, «. m. tg. r. eomp. 
Corage IV, 33, «. m. pensée. 
Corneille III, 132, «..A 
Corone IV, (S6, 91, 122, s. f. eo%h- 

ronne. 
[Coroner] v. couronner. — P. p. 

f. coronèe IV, 118. 
[Corre] v. courir. — P. d. ig. 3 

corut rv, 205. 
Cortois 1, 68 ; III, 29, 91, 128, 134; 

IV, 34, adj. courtois. 
Cortoisie I, 5, 46 j II, 48, etc. s, f. 

courtoisie. 
Cote IV, 53, s. f. cotte. 
[Conchier, se] v. — P. d. sg. i me 

couchai IV, 30. 
[Covenir] v. convenir. — Ind.pr. 

«^.^11,111; m, 109. 
Covent, s. m. liaison. -^ N'ert en 


■on O0T«nt III^ 99, ne sera lié 

WMC elle. 
[OoTOitor] V. conmoUeir. — Ind. 

pr. sg. 9 UI, 99, 100. 
Covoitise IV, 169, s. f, convoitise. 
Crier IV, 216, 220, «. 
[Croire] v. -^ Jnd. pr. sg. i II, 80 ; 

IV, 64, 196. 
Crois I, 12, 14, s. f. croix 
Cner I, 88, 59 ; II, 100, s. m. sg. nj. 

9 

cceur ; sg. r, I, 47, 71 ; III, 32, 

86, 102. — sg. sj. cuers I, 53 ; 

pi. r. I, 88. 
Coi, pron. rel. —A coi III, 48, 60; 

IV, 226, à qui. 
[Cnidier] v. penser, croire, — Jnd^. 
. pr. sg. i cuit IV, 149 ; 2 ouides 

IV, 138 ; 3 coide I, 59, 60 ; II, 

29; pi. 8 coident I, 44; fut. 

pi. S Guideront I, 45 ; i». d. 

sg. 3 cuida IV, 204. 
Cure m, 8 ; IV, 147, s. f. souci. 

D 

[Daigner] v. — Imp. pi. 2 dain- 

gniex 1,1; p. d. sg. 3 daigna 

IV, 226. 
Dame IV, 68, 97, 229, s. f. — pi. 

dames II, 45. 
Damediez I, 8, s, m. sg. ^. Dieu. 
[Damoisel] s. m. jeune gentil^ 

hontfi^. — pi. r, damoisiaua 

n, isr. 


56 


De I, 5, 9, 11, 14, êtc, prè^. — Des 

I, 30 ; n, 8, ête, 
Deftble I,Sd, s. m,, ig. r. diable, — 

pi. 8. deablei n, 88. — /l àear 

blesse lY, 06. 
Debonere 1, 20; 46, 70; m, 29, 91, 

IV, 159; debonaire 1, 10, adj. 

sg. r. — sg, tj, deboneres I, 

13, 53. ^ 

Debonereté 1, 11, 23 ; m, 15 ; de- 

bonnereté 1, 6, s. f, daue0ur de 

caractère. 
Déclin n, 146, s. m. êg. r. 

Dedeojs II, 64; IH, 92, odv. de- 
demi. 

Delez n, 60, prép. à côté de. 
[DeliteasJ adj, agréable. -~ f. deli- 

teuse IV, 78. 
Délivre II, 8, adJ. m. sg. sj. libre^ 

séparé de, ici au sens de privé 

de. 

Demain m, 1^, adv. 

[Démener] v. exercer. — Ind. pr. 
sg. 3 demaine I, 53. 

[Demeurer] v. — Ind. pr. sg. 3 de- 
meure I, 62 ; n, 86, 117 ; p. d. 
sg. 3 demora II, 122 ;jp. p. m. 
sg. sJ. demorè III, 82. 

[Denier] s. m. ^pl. r. deniers IV, 
146. 

Dent II, 66, 86, 94, 118, 121, s. f. 
sg. — pi. r. deux II, 63, 89, 


106, 128, 140. 

[Depeoier] o. mettre enpiéees, dé- 
truire. ^P.p.m. sg. r. de- 
pecié lY, 35. 

[Deprier] v. prier instamment. — 
Impér, pi. i deprions I, 69. 

Des 1, 10 ; IV, 142, que les (dans 
les comparaisons). 

[Desachier] v. tirer en secouant. 

— Ind. pr. pi. 8 desachent m, 
112. 

p>esbestonier] v. remettre dans le 
bon sens. — P. p. m. sg. a/* 
desbestomes n, 156. 

Descipline I, 20, s. f. 

[Descolorer] v.-^ P.p.f. descolo- 
rée IV, 75. 

[Desconforter, se] o. se décourager. 

— Ind. pr. sg. 3 se descbn- 
forte rV, 250. 

[Descouvrir] «. — P. d. sg. 3 des- 

couvrist n, 58. 
[Deseriter] v. deshériter. — Ind. 

pr. sg. 3 deserite IV, 108. 
Doseur e adv. dessus. — Vient au 

deseure I, 64, triomphe. 
Desfendre I, 3^ 13, v. — Ind.pr. 

sg. 3 desfent 1, 25. 
Deshonor II, 54, s. m. sg. sj. 
Deslacier III, 57, v, délivrer. 
Despire III, 133, v. mépriser. — 

P. prés. m. pl» ij- despisanz 

III, 2. 


S7 


Despit m, 10, 14, 8. m. êg, r. mé- 
prit, 

[Desraciiker] v. — P. p. f. desr»- 
cinée I, 95. 

[Destraindre] o . presser, towrmenr 
ter. — Ind. pr. sg. S ni, 46, 
96 ; p, prés, sg, sj, destrain- 
gnant m, 150. 

Destrece II, 13, s. f. détrêssê. 

[Desvoier] v. écctrter de la voie, 
égarer. — Ind. pr. sg. 3 de«- 
▼oie n, 35. 

[Devin] adj. ^ivin. — f, devine I, 
18. 

[Deviser] v. — Ind, pr. pi. 3 de- 
visent II, 112. 

Devise HI, 49 ; IV, 130, s. f. «o- 
lonté. — A grant devise IV, 
p€irfaitement. 

[Devoir] v. — Ind. pr. sg. 3 doit 
I, 4, 39, 54; IH, 74, 108; pi. g 
deves IV, 232. 

Dieu I, 24, 34, 47, etc. s. m. sg. r. 
— sg. sj. Diex I, 44, 68; HI, 
146, ete. 

Dire m, 3, 64, v. ^ Ind. pr. sg. i 
1,3; II, 119; 8 II, 27; IV, 
240 ; fut. sg. i dirai I, 57 ; ^ 
dira H, 12 ; p. d. sg. 3 dist ÏV, 
99, 113, 125, 137, 155; subj. 
pr. pi. 2 diei IV, 69 ; p. p, 
m. sg. r. dit IV, 181. 

Dit I, 65 ; m, 4, s. m. sg, r. pièce 


de vers. — sg. ^. dit HI, 5. 

[Divers] adj. différent. — f, di- 
verse n, 61.. 

piverser] v. diversifier, — Ind. 
pr. sg. 3 diverse m, 129. 

Dolenr IV, 239, s. f. dotUeur. 

[Doloir] V. souffrir. — Subj. pr. 
sg. î daeiUe IV, 200. 

Domage I, 36; IV, I(fô, 131, 239; 
domages IV, 36, s. m. sg. sj. 

Don 1, 15, s. m. sg. r. — sg. sj 
dons I, 16. 

Donc I^ 27, adv. donc. ^ Donqnes 
ni, 17. 

Doner H, 4% 57; IV, 185, v. — 
Ind. pr. sg. 3 done I, 56 ; II, 
76; m, 47; IV, 4, 184; imp. 
sg, 3 donoit n, 97 ; p^ 3 do- 
noient II, 95 ; subj. prés. sg. 
3 doingne II, 114 ; imp. pi. 3 
douassent II, 58, donaissent n, 
55; fut. sg. 3 donrai IV, 143 
p. p. f. donée IV, 140. 

Dont I, 32 ; n, 33, etc. pron. rel 

Dont I, 09, odv. done. 

[Dormu>] v. — P. d. sg. 3 m'en 
dormi IV, 41 ; p. prés. sg. r. 
dormant IV, 43. 

Doacement IV, 55, ado, 

DoQte, s. f. — Sans doate m, 
101. 

Douter I, 54, v. craindre, — Ind, 


X2 


s« 


pr, 9Q, i dMt ly. Mi, 4tMte, 
Doui I, itt, (» ; ni,lj», 0^. - f. 

douce lY, 68. 
Dnis I, SI, 51 s m, MO, 114, 116 ; 

lY, IH «. m. ng. ^, 
Da II, 143, 145; HI, 50, 8t, 151, 

art, eantr. 
Dac III, 3S, s. m. ^^. r. — «^. v* 

dm I, 66, 
Daclioise lY, 119, t. f, àttchtsiê. 
Duel ni, 40, », m. $g. r. efca- 

f Dorer] v, ^ Ind. pr. »g, S du» 

IV, 154. 
Dmque lY, 25, prép, jugquê. 


E 


[Efforcer, s'] «. — Ind. pr, ig. S 
s*efforce m, 44. 

El I, 39, 47, 71 ; II, 98, 134, art. 
composé, dans le. 

El m, 13, 97, etc. art, elle. — Ele 
I, 35 ; m, 9, 81, 42, etc. elle, 
— EU III, 4, 118; lY, 180 
euœ. 

Blb Ilf 89, n. prop. 

[Erabracier] v. prendre dans les 
bras, — Ind. pr, sg. S em- 
brace III, 55; embraofae lY, 
90 ; p. d. êg. i embracbai lY, 
189. 

[Embraser] «. — P. p. sg. sj. em- 


brmm ni, 4; f. €g. MolWMte 

n,82. 

SiiperreU Œ, 88, t. f, impéra^ 

trice. 
fBmpIrer] «. porter préffudiee. — 

Ind. pr, sg. 9 empire III, 

184. 
Emprendre l, SI, v. entreprendre. 

•^ Ind. pr. sg, 9 m, 8 ; fut. 

sg, ^«mprendra ni,ll,pr«M-> 

dra, 
[Empronter] «. — - Ind, pr. pi. S 

empruntent lY, 158. 
En I, 2, 12, etc. prép. 
Bn I, 9, etc. pron. rel. 
En, pron. indéf, <m, ~ L*en I, 54 ; 

n, 12, «T, 59. 
[Enclore] «. enfermer. — P. p. 

f. enclose III, 120. 
Enclume II, 68, 71, 77, 83, 110, 

s, f, 
Encor II, 53, adv. — Encore II, 

41, 51. 
Endette lY, 152, adj, 
[EEndurer] v. — Ind. pr. sg. 3 

endure m, 62. 
Enfer 1, 12, 32 ; II, 88, s. m. sg. r. 
^Engendrer] «. — P. p. f. en- 
gendrée I, 36. 
Bnlacier m, 58, v. — Ind.pr. sg, 

S enlace III, 56. 
[Enquerre] «. demander. -^P. d. 

sg. i enquis lY, 67, 97. 


^ » ■ ff '^^s^ ■ ■ . -j iF — K*" -- " 


» 


[Baraciaer] ». — Jné. fr, êg. 3 

enracine III, 87. 
BnBamble m, SO, «dv. 
Enserrer III, 36, v. renfermer. 
[Bnteekier] v. d>over de qttaHtéi 

bonne» ou mcmvaisei, — P. p, 

m. eg. ^, entechii III, 126 ; 

pi, ^J. entechiei m, 24» 
Bntendement III, S4, «. m. 
Entendre 1, 1, entendre. '^Impér. 

pi. 2 entendes III, 5 ; p. jp. f. 

entendue IV, 111. — Entendre 

III, 28, tendre à, vUer. 
Entente III, 102; IV, 237, s. f. 

désir ^ attention. 
Enter II, 68, 106, prép. autour. 
Entre II, 71 ; III, 113, prép. 
Entremetre III, 66, v. ê'occuper, 

— Ind, pr. pi. S a'entremetent 

n, 183. 
Bntrepelèe IV, 80, oi^. dégarnie 

de poilB. 
[Entrer] v. — Fut, pi. S enter- 
rent I, 45. 
Envers I, 70, prép, 
[Envers] adj. renûersé. — f. en- 
verse rv, 207. 
Envie m, 22, 06 ; IV, 170, s. f. 
[Envieillir] v. devenir vieuœ. — 

P. p. m. 9{f. 9j, eavieillis II, 

85. 
[Envieui] adj. — f. envieuse IV, 

100. 


[Bnvoier] o. — Subj. pr. êç. ê 

envoit lY, 225. 
[Errer} «. ^Offager^ mareher. — 

Imp. $g. i erroie IV, 7 ; p. d, 

êg. i errû IV, 9. 
Es m, 121, art. eompoté^ dant les. 
[Esbahir] v. effrayer, — P, p. m. 

êg. 9J. esl»ahis n, 91. 
[Bioondre] v. secouer^ faire tom^ 

her. — Inéi» pr. êg. S es^eut 

IV, 190. 
Escouter 1, 2, v. écouter. 
[Esorier, s*] «. — Ind. pr. pi. 9 

s*escrient m, 108. 
[Escnier] s. m. éeuyer. — pi. r. 

escoiers II, 130. 
[Escumer] «. éettmer, ^ Ind. pr. 

êg. 9 eeoome n, 84. 
[Eifacer] v. effacer. — Impér. 

pi. i esfaçons 1, 22. 
[Eiforcer, s*] v. faire dee efforts. 

— Ind, pr, êg. S s*esfi>roe IV, 

188. 
[Bsgarder] «. regarder, voir. — 

Ind. imp. pi. 9 esgardoien 

n, 96 ; impér. pi. 2 esgardes 

IV,240;.M»b/. imp.pl. 9 esgar- 

daissent n, 56 ; ji. p. f. esgar- 

d6eIV,95. 
[Eslessier] o. ê'élaneer. — Ind. 

pr. êg. 9 s'eslesie IV, 189. 
[Esloingner] «. — Jirui. pr, êg, 3 

eslotegaa n, 113. 


6o 


[Bimovoir, t*J v, ae mettre en 

mouvement. — Ind, pr, bç. 3 

t*esmaet I> 58 ; p. p. f. Mmeûa 

IV, 112, 
[Eipardre, t*] «. s'en aller. — P, 

d. gg. S B*eiperdi lY, 287. 
[Espondre] v. eœpliquer. — Ind, 

pr. ag, i esponde I, 51. 
Esporduite 11^ 81, espredaite II, 

107, 138, i. f. morceau de fer. 
[Etprendre] v. - P. p. m. pi. $J. 

espriB m, 95. 
[Eiracher] v. arracher. — Ind. 

pr. sg. 3 earache n, 94. 
[Esrere] v. râper. — P, p. f. ag. 

esreaBe IV, 77. 
[Ettaaeier]o. élever. —Ind.pr. 

ag. 3 estauce \, 68 ; p. p. f. 

ag. euaucie IV, 38. 
Estendre I, 14, o. ~ P, p. m. pi, 

r. ettendiu IV, 60. 
[Bitinoeler] «. — Ind. pr. ag. 3 

estincele n, 84. 
Estout IV, 192, adj. m. ag. aj. 

vigouretuc. 
[EitOYoir] V. falloir. — Ind. pr. 

ag. 3 eituet n, 21. 
[Estraindre] v. aerrer, —Ind.pr. 

ag. 3 estraint IV, 206 ; oBtrainst 

IV, 212. 
[Estrangier] v. repoiMser. — P. 

p. f. ag, estrangie IV, 37. 
[EstrangleiQ v, — Ind. pr. ag. 3 


eitrangle IV, 212 ; p. p. f. eu- 

tranglèe IV, 213. 
Bttre I, 10, 85, 38, 39, etc. v. — 

Ind. pr. ag. i. loi II, 2, 8 ; 

IV, 116, 118, 119 ; ;2 et rv, 102, 

103, 176; 3 est 1, 18 19, 21, etc.; 

pi. 3 sont 1, 42 ; n, 18, 19, etc. ; 

imp. ag. i estoie IV, 33; 3 

estoit rv, 23, 75, etc.; pi. 3 

ierant IV, 46 ; fut. ag. 6 sera 

U, 14; erti, 34; IH, 68, 93; 

IV, 148, 200 ; pi. 3 erent U, 

49; p. d. ag. i fui IV, 217 ; 5 • 

fù 1, 13, 15, 16, etc.; auhj, pr. 

ag.^ i loie II, 157 ; 3 toit I, 

40 ; II, 149, 156, etc. ; pi. 3 

soient II, 132 ; auhj. imp. ag. 

i fusse IV ; 204; « fiist n, 54; 

fut rv, 231 ; pi. 3 fussent II, 

100. 
[Estroit] adi. —pl.f. estroites IV, 

83. 
Esyeillier IV, 231, v. pria nrbsfon- 

tivement, réveil, 
[Bsveillier, s'>. — P. d. ag. 3 

m*esyeillai IV, 49. 
Et 1, 7, etc. eonj. 
Eure, r, f, fortune, aort. — De 

bone heure I, 61. 
Eure II, 118 ; m, 144^ a. f. hettre. 

— En l*eure IV, 206, aur le 

champ. 
Example I, 17, 34, 47, s. f 


SajBcaâfiBai 


6i 


Bramplaire I, 9 ; examplere 1, 71 ; 
n, 150, 8. m, exemple. 


F 


Fable IV, 1, «. f. 

Face IV, 55, s. f. visage. 

[Façon] «. f. — ph r. facont I, 

23. 
Fade IV, 76, ckdj. faible. 
[Faer] v. enchanter. — P. p. f. 

faéeIV,38. 
[Faillir] «. manqtter, eeseer. — 

Ind. pr. sg. 8 faut IV, 101 ; 

p. p. f. ig. faillie IV, 808. ^ 

Poi B*en faut IV, 101, il s'en 

faut peu, 
Faloise IV, 86, 815, s. f. falaise. 
Faus m, 125, adj. m. sg. sj. 
FauBsetè m, 18, 14, 80, s. f. 
Pel I, 59, 67, adj. m. sg. cruel, 

pervers. — sg. r. félon I, 38, 

57 ; sg. sj. III, 125. — m. pi. 

r. feus IV, 93, 
Félonie I, 38 ; III, 18, %, «. f. per- 
fidie. 
[Fendre] v. — P. p. m. pi. r. 

fenduz IV, 59. 
Fer II, 74, 80, 83, etc. s. m. 
Ferel,69 ; II, 90, etc. v. — Ind. 

pr. sg. ilV, 14,145; 5 1,39; 

n, 26, 79, etc. \ph 3 font H, 48; 

imp. sg. S fesoit H, 67 ; p;. S 


fésoient II, 48; p. d. sg. i 
fis IV, 81; 5fl8tn, 119; IV, 
66 ,70 ; p7. 5 firent I, 14 ; <m- 
pér. pi. 2 fêtes I, 1, 3 ; subj. 
pr. sg. 8 face IH, 53 ; IV, 1 ; 
pi. i façons 1, 81 ; imp. pi. 2 
feîssent. H, 40 ; p.p. m. pi. r. 
tes IV, 60. 

Fbschamp IV. 8, n. prop. Fé- 
camp. 

Peste IV, 39, 147, s. f. fête. 

Peu n, 98, 134, s. m. sg. r. 

Fevre H, 68, 119, a. m. sg. r. for- 
geron; sg. sj. II, 78. — sg. v". 
pi. fevres H, 78. 

Fes IV, 158, s. m. fardeau. 

Fin, «. ^. — En fin I, 67 ; san« fin 
III, 88. 

Fin I, 70, adj. parfait, excellent. 
«- f. fine 1, 17 ; ra,34, 38 ; IV, 

30, 116. 
Finer v. pris suhst. — Finer I, 65, 

à la fin. 
[Flanc] s. m. — pi. r. flans IV, 

806. 
Flo IV, 884, 8. m. sg. r. flot. 
[Fol] adj. — sg. sj. fols m, 78; 

f foie IV, 113, 181, 136. 
[Foler] V. être fou. — Ind. pr. 

sg. 8 foie lU, 78. 
Folie m, 75, s. f. 
Force I, 56 ; IH, 43, 109 ; IV, 187, 

194 ; 821, s. f 


62 


Vorma If, 74, a. f. 

Fannmt n, 60, ado. fortement. 

[Pormar] v. •>- P. p. f, fonnée 

rv, 55. 
[Porrer] v. gttmir Ae fowrrur; 

— P. p. f. forrèe IV, 79. 
Fora I, 12; m, 55; lY, 144, 164, 

2S0, 235, adv. horz, hormis, 

excepté. 
Fort n, 22, adj. pi. v*. ; lY, 193, 

sg. tJ. — f. forte IV, 183. 
Fort III, 112; IV, 90, ad9. 
Fouler II, 32, v. aeôahler, — P. 

*. ig. 3 foula IV, 197. 
F&ANCB m, 28, n. prop. 
[Fuir, s'enj «. — Impér. sg. 2 

M t'en IV, 114. 


a 


Gage II, 86, a. m. sg. r. 
[Gager, se] v.^Cond. sg. î ga- 

geroie II, 36. 
[Gandir] v. s'enfuir, éviter. — P. 

d. sg. 3 gandi n, 120 ; sulj. 

imp. sg. 3 gandist H, 116. 
Garde, ». f. — Se done garde II, 76; 

a en garde m, 138. 
[Garder] «. — Ind. pr. sg, 3 garde 

m, 137; sulij. pr. sg. 3 gart 

IV, 12. 
Gent 1, 36, 37, 42, ete. s. f. race. 


getU. '^pl. geu I» 33 ; n, 8» 
etc. 

Gent n, 126, adi. gentil. 

Gentil m, 119, 123, adj. 

Gosillier II, 25, «. pcvrlw. 

Grâce I, 55, s. f. 

Grant 1, 58 ; H, 31, ete. adj. sg, r.; 
n, 54, sg. S)' '- phr. grana 
IV, 89, 146. — f. grande FV, 
51, 74. — Grant pose du jour 
rv, 28 ; grant pose IV, 95, long^ 
temps; grant pieça IV, 17, 
'depuis longtemps. ^ 

Greignor IV, 235, adi* au comp. 
sg. r, plus grand ; I^ 32, pi. 

[Grenon], s. m. mottstaches. — pi. 

r. grenons II, 104. 
GreBle IV, 84,87, adj. grêle. 
Grief m, 41, 63, adj. m. sg. r. 

pesant, accablant. 
[Guenchir] v. s'esquiver. — sîtbj. 

imp. pi. 3 guencheissent II, 

102. 
GuBMELOM m, n. prop. 


H 


Ha IV, 136, interj. 

[Habiter] v. — Ind. pr. sg, 3 ha^ 

bite IV, 107. 
[Haut] adj. — m. sg. sj. baus, I, 

Q&;f. haute IV, 24. 


^3 


Haut m. 97 ; IV, 45, adv. 

Hé I, 20, interj. 

Horbrogage m, 12, s. m. <op«mM»l, 

H«rde IV, 175, s. f. troupe. 

Héritage IV, 132, t. m. 

[Haïr] «. — Ind, pr. ig, 9 het I, 

8;in,17;IV, 166, 175. 
Hommage IV, 167, a. m. vassêlagê. 
Homme m, 26, «. m. «^. r. ; IV, 

126, ag. sj, ^ %g. v*. hons II, 

20 ; ni, 20. — pi. ^. hommet 

n, 56. 
Honor II, 100, 127; IV, 157, s. f, 
{Honorer] v. — P. p. f. honorée 

I, 56 ; IV, 151. 
Honte I, 43, 67 ; H, 20, etc. «. f. 


1 1, 45 ; n, 50, etc. adv. y. 

Icele n, 118, pron. celle. 

1er II, 56; IV, 60, 03, s. m. pi. 

yeux. 
n I, 0, 11, 12, 13, etc. pron. 
Ire in, 4, «. f, colère. 
Itant nij 85, aâv. tant^ autcmt. 
Itele IV, 22, adj. telle. 


Ja I, 34, 38, etc. particule affir^ 
mative; avec négation, sens 
fréq'uent de jamais. 


Jadis rv, 71, «dv. 

James rv, 200, adn. 

Je I, 5, 37, 41, etc. pron. pers. ; 

j'I,20;n, 11, \Z,etc. 
JesIII, 110;IV, 145,i«{M. 
Jemble H, 145, s. m. sg. r. jeune 

hoffune. 
Jeûne IV, 23, $. m. sg. ^. jeune. 
Jhbsu Cbist 1, 26 j n. prop. r.; IV, 

175, 180, sj. 
Joe II, 00, 8. f. joue. 
Joie m, 40, 47, 145, s. f. 
Jor I, 38 ; II, 12, etc, s. m. sg. r. 

— pi. r. jors m, 142. — To« 

jors I, 62, 64, 68; U, 87, 107 ; 

IV, 170 ; a tos jors IV, 117. 
Jouer m, 42; rv, 25, V. 
Jus IV, 100, 224, adv. bas, en bas. 
[Justisier] v. gouverner. — Ind. 

pr. sg. î justise IV, 120. 


La 1, 14, 28, 46, etc. art. ; V I, 26, 

34, etc. 
La, rv, 10, adv. 
[Lacier] v. attacher anec un lacs, 

lier. — Ind. pr. sg. S lace 

II, 125, 127, 136 ; p. p. m. sg. 

r, lacies H, 78 ; pi. r. m, 140. 
Laidement 1, 25, aâ/o. 
[Lancier] v. — Ind. pr. sg. S se 

lance I, 60. 


64 


Largement I, 24, adv. 

Large I, 20, 88, 70, adj. êg. r. 

libéral; sg. 8J. IV, 1». —ig. 

^. larges I, 15, 62. 
Larguece I, 7, S3 ; n, 138 ; IV, 

37, 72, 07 ; larguesce IV, 113, 

125, 155, 181, 201, 205, 222, 

229, 238, B. f. largesse. 
Las IV, 27, aâj. malheur euœ\ lai 

1,20. 
Las II, 65, 69, 122, 123, 126, 135, 

s. m, invar, lacs. 
Le n, 8, 4, 38, etc. art. ; V I, 9, 

etc. — Les I, 23, 49 ;" II, 18, 

19, etc. 
Le I, 3, 14, 21, etc. pron. ; V I, 

5L 59; n, 78. — Les I, 44; 

II, 56, etc. 
Ledenge HI, 80, s. f. injure. 
Legier, adJ. — - De legier III, 39, 

légèrement, facilement. 
[Lessier] v. — Ind. pr. sg. 8 lest 

1,26. 
Lettre 1, 18, s. f. 
Leur I, 34, pron. 
Lear I, 43 ; IV, 129, ckdj. poss. 
Lever m, 73, v. 
[Lèvre] s. f. — Lèvres IV, 81. 
Li I, 40, 51, 53, etc. art. le,- IV, 

48, la; I, 32; II, 22, 23, etc. 

les. 
Li I, 69, pron. le; I, 55 ; II, 00, 

101, etc, lui ; IV, 18!?, elle. 


[Liepart] s. m. léopard. — pi. 

^. liepars II, 18. 
Lier H, 68, t?. — Ind. pr. sg. 3 

lie II, 125, 127, 136 ; IH, 146 ; 

p. p. m. sg. r. Ué IH, 67. 
Lieu II, 141 ; IV, 114, 122, 234, s. 

m. sg. r. —pi. r. lens m, 44. 
Lige m, 26, adJ. obligé par ser- 
ment à toute fidélité envers 

son seigneur. 
limeçon II, 6, 151, s. m. lim€kçon. 
[Lion] s. m. — pi. v". lions II, 

19. 
Lobe IV, 134, s. f, mensonge. 
[Loer] V. louer. — Ind. pr. sg. i 

lo I, 6; n, 147; 8 loe IV, 135. 
Loial III, 34, adj. f. sg. —pi. sj. 

loiaus IV, 127. 
Loiautè III, 138; s. f. 
Lono IV, 87, adj. sg. r. ; IV, 84, 

Pl. ^' — f' longue IV, 89 ; pi. 

longues IV, 61. 
Lonc II, 49, prép. selon. 
LorI, 33; 11,21, etc. adj. leur.— 

Maugré lor II, 53, 95. 
Lor II, 142, 144, 147 ; IV, 116, etc. 

pron. 
Lors 1, 61 ; II, 111 ; III, 103 ; IV, 

. 22, 125, 100, 216, atfv. 
Los IV, 12, s. m. louange^ mérite 
Lui 1, 54, 70; II, 107, pron. 


65 


M 

Maaille m, 70, s. f, àerni^A^mier, 

t9rfM de eompturaiion. 
Main III, 148, s. f. ^pl, mains IV, 

61, 80. 
Maindre I, 42, aâ^, ou eomp, 

moindre, sg, r, 
[Maindre] v, rêêtw, demeurer, — 

Ind. pr. sg. 9 maint IV, 127. 
Mains, ikân, moim, — A mains IV, 

40; le mains IV, 144. 
[Maint] ac^. nombreux, — f. 

mainte IV, 02 ',pl, maintes IV, 

141. 
Maintenir II, 0, o. ~ Ind. pr, 

pi. 8 maintienent IV, 157. 
Malage IV, 17, s. m. maladie. 
Mal III, 74, adj. mauvais, sg. r. 

— f. maie II, 20. 
Malement II, 20, adv. mal. 
Malbt II, 07, n. prop. — Robebt 

Malbt II, 90. 
Manaie II, 21, s. f. demeure, dé~ 

pendcmce. 
[Mander] v. — Ind. pr, sg. S 

mande II, 120. 
Manière H, 158 ; III, 106 ; IV, 67, 

73, s, f. — pi. manières IV, 

141. 
Manoir ni, 13, «. demeurer. 
Mantel IV, 53, s. m. sg. r. man- 
teau. 


Mar 1, 46, adn, à la malhewre. 
Mâbksohal (La) 11^ 88, n. prop. 
Marine IV, 20^ «. f. bord de la 

» 

mer, plage. 
Martel H, 73, 137, s. m. sg. . r. 

marteau. 
Martire III, 41, 68, s. m. êouf" 

franee. 
Matin IV, 0, s. m, sg. r, 
[Maudire] v, — - Subj. pr. sg. 9 

mandie IV, 180. 
Mangré, s. m. — Mangrè lor IV^ 

53, 05 ; malgré eux; maugré 

sien IV, 04, malgré soi. 
Maavës II, 60 ; in, 03, 133, adi. 

sg.; 1, 43; II, 52, 104, 138, etc. 

pi. — f. mauyese III, 115 ; IV, 

100, 137 ; mauvaise IV, 155. 
Manvestié IV, 164, s. f. méchan- 
ceté. . 
Me U, 7, 0, 10, 12, etc. pron. 

pers. 
MeiUorlV, 13> od^. sg. r. 
Môsmes II, 03, adj, m. sg. sj. 

même. 
[Membrer] v. rappeler. — Ind, 

pr, sg. i membre II, 144. 
Mendre I, 82, aé^. au eomp. plus 

petit. 
[Mener] v. — Ind, pr, sg, S 

maine m, 25; subJ, pr, sg, 9 

maint III, 154 f p. p. m. pi. r. 

menez III, 141. 


"3 


66 


[Menesterel] s. m. ménestrel. — 
pi. 9j. menesterelB II| 50. 

Mentir lY, 1, 2, 3, o. 

Menton IV, 211^ s. m. Bg. r. 

Menu lY, 80, ctdj, m. sg. r. 

Mer lY, »4, «. f. 

Merde 1, 601 ; IV, 176, s. f, — pi. 
merdes lY, 177. 

Merrien II, 58, s. m. 8g. tj. 9êfi% 
propre, bois de chwrpente; 
sens fig,, eompleœion phy^ 
sique ou morale. 

Merveille, s. f. — A grant mer- 
veille lY, 108, d'une manière 
étonnante, 

[Merveilleni] adj. — f. merveil- 
leuse IV, 32, 91. 

Merveillier 11,26 ; IV, 232, «. ê'é- 
tonner. 

Mes II, 29,36, 117, etc. adv. mais. 
— Ne mes que I, 5, seule- 
ment; ne mes II, 10 ; IV, 149, 
ne plus; mes II, 12, désor- 
mais. 

Mesaise in, 59; IV, 156, s. m. 
malaise, gêne. 

Mescheance I, 58, s. f, chance 
mauvaise. 

Meschief m, 60, s. m. sg. sj. mal- 
A«Hr. —pi. r, meschies IV, 
217. 

[Mescheoir] v, arrimer malheu- 
reusement. — Ind. pr. sg. 3 


meschiet II, 115. 
[Mescroire] v. ne pas croire. — 

Impér. pi. 2 mescrees I, 7. 
[Mesdire] «. — Ind. pr. mesdient , 

m, 104 ; p. pr. sg. r. mes- 

disant 1, 4 ; III > 53 ; «p. sj. III, 

125 ; pi. si. mesdisanx III, 24, 

4S>',pl. r. 111,1, 151. 
Mesdit I, 4, s. m. sg. r. médi- 
sance. 
[Mesfere] v. mal agir. — P. pr. 

pi. r. mesfesans 1, 30. 
Mesfet I, 81, s. m. sg. r. mauvaise 

action. '- pi. r. mesfes I, 2i. 
Meslèe IV, 208, s. f. bataille. 
[Mesler]v. se mêler. — Ind.pr. 

sg. S mesle IV, 88. 
Mesnie m, 21, s. f. maison^ suite. 
Messe IV, 20, s. f, 
Mestre II, 22, s. m. pi. sj. maîtres. 

- f, sg. mestresse IV, 114, 

174. 
[Mestriser] «. dominer. — Ind. 

pr. sg. Jïmestrie IV, 173. 
Mètre III, 06, v. Ind. pr. sg. 3 

III, 102; pi. ^meteftt II, 134, 

152 ; imp. sg. 8 metoit II, 65 ; 

fut. sg. 3 metra I, 48 ; p. d. 

sg. 8 mist IV, 202 ; p. ji. f. 

mise IV, 237. 
Mi, s. m. milie^. — Par mi IV, 

85. 


67 


If la I» 7, 8, êtc, aâv. pat, nulle^ 

fMnt, 
[MienjjH-on.— jp/. miens IV, IQS, 

103, 153, 161. 
Miex II, 41 , 44, 48, eie. adv . mieuœ. 
Moi I, 3 ; III, 19; lY, 43, 4S, 208, 

226, 227, prtm. 
Molin II, 145, s. m. zg, r, moulin. 
MoHI,2, 6; II, 50, 61, etc. aân, 

beaucoup. 
Mon n, 11 ; IV, 33, 40, 70, 72, adj. 

posa. 
Monde I, 50 ; III, 151, ête. i. m.; 

mondes, sg. aj. I, 63. 
Montance III, 70, 8. f. valetir. 
[Monter] v. — Ind. pr. »g. 3 

monte 1, 44, 68. 
[Morir] v, — P. p. m. sg. r. mort 

1,14; sg. aj. II, 33; IV, 204; 

f. morte IV, 213. — Morte IV, 

229, tuée. 
Mort I, 12, 44, 72 ; II, 35, s. f. 
[Mot] a. m. — pi. r. mo« I, 2. 
[Moustrer] «. montrer. — P. d. 

ag. 3 moustra I, 9 ; p. p. f. 

moustrée I, 34. 
Muer m, 40, v. changer. 
[Musard] adj. sot^ fou. — f. mu- 
sarde III, 75. 
[Muser] v. perdre son tempa, — 

P. d, ag, i musai IV. 27. 


N 


Narrines IV, 83, «. f, pi, narinea. 
Nature ni, 7, 114, 129 ; IV 57, a. f. 
Ne I, 7, 13, 16, ete, ai/o. ne; n% 

41, 45, ete, — Ne por quant 

IV, 203 ; étendant ; ne... que 

I, 5, aeulement. 
Ne 1,41, 42, 66, 67; II, 24, etc. 

conj, ni. 
Ne II, 13, eonj, ou. 
Nel I, 8 ; 112, 136, fM le. 
Nervu IV, 87, adj, m, ag, r, ner^ 

veuo!. 
[Nestre] v, naître, — P, p. m. 

ag. aj. nés 1, 61 ; f, née III, 9. 
Nez IV, 83, a, m. 
N^s m, 59, adv, pas même. 
Noient m, 65, a, m. nécmt, 
[Noir] adj, ^ pi. r. noirs IV, 93. 

— f, ag. noire IV, 75. 
[Nommer] v. — P. p. f, nommée 

IV, 42. . 
Npn IV, 67, 69, 73, a. m, nom. 
None IV 25, a, f. la 9e heure du 

jour, troia hourea de Vaprèa- 

midi. 
NoBMANDiB II, 41, 130, n, prop. — 

NoBMENDiB II, 28, 62 ; IV, 119. 
Norreture III, 6, a. f, nourriture. 
Nos I, 22, €tdj, poaa. 
Nous I, 9, 12, 22, etc. pron. 


68 


[NoTél] a4/. «umvfOM. -> pi. no- 
yiaat n, 132. 

NuBF BoBC' II, 148, n. prop. Le 
Nevbourg, 

Nuisance m, 137, t. f, 

Nal I, 88, 41 ; m, 53, etc. pron 
sg. r. — ig. 9j, nus I, 16, 07; 
m, 57. » f. noie II, 79 ; HI, 
127, etc. 

Noller n, 104. v, anéantir^ dé- 
truire. 

Noloi m, 90, |>ron. (Nfcim. 


o 


O 1, 48, eof^. anee. 

Obéir m, 143. — InA.pr.pl.8 

obéissent IV, 177. 
[Ocirel v. tuer. — P. p. f. ocise 

IV, 238. 
O^f II, 70, «. m. œwf. 
Oeil m, 99, s. m. <e</. 
Offirande IV, 21, s. f. 
Oi, voyez a/ûoir, ^ 
Ole I, 47, s. /:. oreille. 
Oïr IV, 288. «. entendre. — P. d 

«^. i oî rv^ 43 ; fut. pi. 2 orres 

IV, 73. 
Oisel m, 123, s. m. s^. r. oistfOM. 

— pi, r. oisiaas m, 111, 121. 
On I, 2, 4, 20, 50 ; II, 16, 17, pron. 

indét. on. 
Onor n, 116, 117, i. f. honneur. 


[Onorer] v. ~ Ind, pr. ag. S 

onenre 1, 68. 
Onqoes I, 16, 86, odv. Jamaie. 
Or I, 1, 7, 27, 09 ; II, 7, etc. adn. 

maintenant. — Ore H, 52. — 

Ores rv, 138. 
Or rv, 91, ». m. 

[Ord] tkdj. iale. — f. orde m, 115. 
[Ordener] v. ordonner, di^oser^ 

— Ind. pr. sg. S ordene m, 
180. 

Oreille I, 71, s. f. 
Orgaeil m, 22 ; IV, 171, «. m. 
Orgneilleasement FV, 48, adv. 
fOser] ». — Ind. pr. tg. i os III, 

64. 
Ostage m, 11, s. f. demeure. 
Oste rv, 18, 8. m. sg. r. hôte. 
Ostel rv, 172, s. m. sg. r. logement. 

— Pris ostel FV, 11, ^e logeai. 

Oster 1, 41, v. eœcepter. 

Ou I, 49 ; m, 12 44, etc. adv. 

Ou n, 37, 112, 132, conj. 

Ou IV, 65, 83, 195, 224, art. coutr. 

[Oublier] v. — Ind. pr. pi. 3 ou- 

bUent U, 135. 
Outrage IV, 168, s. m. vioîence.— 

A grant outrage IV, 86, avec 

eœcès. 
[Outrageus] adj. violent. — f. 

outrageuse FV, 170. 


69 


[Ouvrir! v.^P.p.f. pi. ouvertes 

IV, 61. 
f Ovrer] «. tranaUlsr, — /fu(. pr. 

iff, ê oevre n, 16. 


PAin m, 148, ff. m. 

[Painer, se] v. faire des êftorti, 

travailier, — Ind, pr. tg. 9 

se paine, 1, 54. 
Paii n, 11 ; lY, 1S8, <. m. 
Pane lY, 79, <. f, étoffe. 
Paor n, 114, 8. f, peur. 
Par 1, 11, 22, 27, 43, etc. pr4p. 
Par n, 54 ; lY, 192, pcvrt. augm. 
Parage III, 31, 36, s. m. datw le 

premier eœemple condition 

noble, dans le eecond, êens 

général de condition. 
Pardurable 1, 28, 48, adj. étemel. 
[Pareil] adJ. — pi. eS. pareille 

m, 131. 
[Parfet] adj. — f. eg. parfete m, 

145. 
Parler I, 5 v. — Ind. tmp, ig. S 

parloit IV, 47. 
Parole m, 77, a. f. 
[Part] g. f. — pi. r. pars II, 17. 
Partie II, 61, s. f. 
Pas I, 37 ; n, 25, etc. adv. 
Passion m, 150, s. f êouffrance. 
Pechié I, 19, 8. m. 8g. r, ; IV, 36, 


8g. 8j. — pi. r, peehies m, 23^ 
Peine, $. f. — A peine IV, 218. 

anee peine. 
Pèlerinage IV, 18, 8. m. 
[Pendre] v.^P. p. f. pendue II, 

122. 
Penitance I, 27, s. f. 
Penss6e IV, 22, 41, s. f. 
[Pensser] o. — Ind. pr. pi. S 

penssent 1, 48. 
Penssis IV, 33, (kdj. 8J. eg. pensif. 
[Perdre] v. — Ind. pr. eg. 9 

pert m, 77, 79; p. d. sg. i 

perdi IV, 228 ; aubj. pr. pi. î 

perdons I, 28 ; j}. p. m. eg. r. 

perdu IV, 223 ; f. perdue, II, 

121 ; IV, 221. 
Perece II, 14, 8. f. paresse. 
[Périr] v. foArepérvr. —Ind. pr. 

sg. S perist IV, 100. 
Pes I, 1, s. f. paiœ, silence. 
Petit 1, 31, adJ. 
Petit I, 54, adv . peu. 
Peur II, 91, s. f. peur. 
Pie n, 24, s. f. pie. 
Pié, s. m. pied. — A pié IV, 16. — 

r. pi. pies IV, 191. 
Pieça, adv. — Grant pieça IV, 17, 

depuis très longtemps ; pieça 

que IV, 118, il y a longtemps 

que. 
Pièce I« 87, s. f. 
Pierre IV, 92, s. /, 


70 


PiB, a4/. — Trop pis II; 2, très 

mal. 
Pitè m, 153, i. f. miBérieordê. 
Place IV, 42, «04, «. A 
Plaidier v. jporfof, Sê disputer. — 

Tantost li toli le plûdier IV, 

210, elh lui enleva bientôt 

la parole. — P. d. pi. S plai- 

dierent IV, 45. 
[PUin] adj, — pi. ^. plains IV^ 

161. - f. plaine I, 46 ; IV,' 

183. 
[Planter] «. — P. p. f. plantée I, 

33. 
[Plenier] adj. gros. —f. pleniere 

IV, 74. 
Plere IV, 58, «. — Suhj. pr. sg. 3 

plese III, 116 ; IV, 138 ; plaise 

in, 60 ; p. pr. sg. r. plesant 

m, 50. 
[Ploier] r. — P. p. m. sg. r 

ploie IV, 40. 

Plus 1, 10 ; n, 16, 22, etc. adv. 

Poi I, 1, 30 ; n, 139, etc. adv. peu. 

Poing IV, 184, s. m. sg, r. — pi. 
r. poins IV, 101 ; ans poins IV 
212, avec les poings. 

[Poindre] v. percer. — P. pr. m. 
pi. r. poingnanz ; iex poin- 
gnanc IV, 73, yeux perçants. 

Point, s. m. — El point que I, 39 ; 
a point, IV, 20, 56. 


Pooir rv, 192, s. m. sg. sj; IV, 
198, sg. r. pouvoir. 

[Pooir] V. pouvoir. — Ind. pr. ég. 
î puis m, 124; IV, 101, 146 ; S 
puet I, 2, 50 ; n, 103, etc.; pi. 
2 poez 1, 61 ; imp. sg. ; i pooie 
IV, 8 ; i>. d. sg. i poi IV, 209, 
219; Jpot IV, 57, 185; fut. 
sg. i porrai IV, 144 ; subj. pr. 
sg. S puisse I, 35 ; subj. imp. 
sg. S peûst n, 70. 

Por I, 12, 26, 31, etc. prép. pour. 
— Por ce m, 116, 122, etc. ; 
por ce que FV, 23. 

[Porter] v. — Ind. pr. sg. 2 portes 
IV, 122 ; * porte U, 83, 87 ; IV 
215 ; p. p. f. portée IV, 139. 

Pose s. f. espaee de temps. -^ 
Grant pose du jor IV, 28, une 
grande partie du jour; graot 
pose rv, 95, longtemps. 

Posté IV, 124, s. f. puissance. 

Pou I, 29 ; rv, 78, 102, adv. peu. 

Poverte IV, 103, s.'f. pauvreté. 

Povre ly, 152, adJ. f. sg. pauvre. 

Povreté IV, 105 ; povretes FV, 154, 
s. f. sg. sj' pauvreté. 

Promesse IV, 19, s. f. promesse. 

[Precieus] adj. — f. sg. précieuse 

rv,92. 

PréelV, 31, 207, s. f. prairie. 
Prélat 1, 41, s. m, sg. r. — sg. sj, 
prelas I, 66. 


71 


Preadre I, 16; IV, 146, 149, v. — 
Ind. pr. sg. S prent H, 127 ; 
m, 16; IV, 190; imp, »g. 3 , 
prenoit n, 66 ; j». d. ig. i pris 
IV, 11, 26; 8 prist IV, 29; jï. 
p. m. pris m, 140. 

Près II, 101, 110, IV, 31, 43, aâ/o. 

Preu in, 74, «. m. sg. r. profit. 

Preodom H, 103, 107. s. m. sg. sj. 
homme sage et avisé; sg. r. 
Il, 117 ; sg. r. preudomme 11^ 
60 ; preudhomme II, 113 ; pi. 
sj. preudes hommes II, 55. 

[Prier] «. — InA. pr. sg. i pri ni, 
149; IV, 68, 196; 8 prie II, 
129. 

Primes m, 105, aâ/o, d'abord. 

Prince I, 41, s. m. sg. r.; 1, 66, sg. 

. V*. 
[Priser] «. estimer. — Ind. pr. 

sg. i pris I, 37. 
Proesce II, 137, s. f. valeur. 
Puis n, 67; m 105, ado. — Puis 

que n, 116 ; UI, 58, 84. 
Puissance I, 57 ; UI, 27 ; IV, 172, 

201, 233, s. f, 
[Punais] adj. qui sent mauvais. 

— f. punaise IV, 82 


Q 


Quant I,^ 13, 15, 19, etc.j conj. 
Quar 1, 55 ; II, 22, 54, etc., conj. 


Quasse II, 5, 150, adJ. f. abattue. 

Que 1, 10, 18, 21, etc. conj. ; qu* I, 
12, 35, 2»^ etc. — Que I, 43, 
pron. interr.; que n, 43, at- 
tendu que; que que IV, 231. 

Quel n, 141 ; IV, 122, 123, adj. int. 
sg. r. — sg. sj. quels III, 5. — 
pi. sj. quels que n, 132. 

Querre n, 111, v. chercher. 

Qui I, 6, 14, 19, 29, etc. pron. rel. 
qui. — Qui 1, 8, 26, celui qui. 

Quiconques m, 88, pron. 

Quoi I, 72, pron. — Qoi II, 121 ; 
IV, 6, 133. 


R 


Rade IV, 193, adj. m. sg. sj. ra- 
pide. 

Rage IV, 183, s. f. 

[Rassaner, se] v. s'appliquer ^^ 
se remettre à." — Ind. pr. sg. S 
se rassane II, 72. 

pElecomperer] v. payer. — Ind. 
pr. pi. 3 recomperent II, 50 ; 
menesterels molt recomperent, 
les ménestrels paient bien 
eh^r^ c'est-à-dire souffrent 
beaucoup. 

[Reculer, se] v.se retirer. — Ind. 
pr, sg. 3 se recule 11^ 5 ; i». p. 
f. reculée II, 150. 


7^ 


Recouvrance IV, 234, «. f. r*«- 

iowreB» secours. 
[Recaeillirj V. reeouiorw. —Ind. 

pr. sg. i recueille IV, 109. 
[Réfère] «. — Vers Dieu nous r^- 

façons I, 24, remettom-noiéi 

en bonne situation vis-à-vis 

de Dieu. 
[Refuser] «. — Ind» pr» sg. 3 re- 
fuse m, 122. 
Regarder IV, 94, o. — Jnd. pr. sg. 

3 se regarde II, 75, s'ap- 

pliqu£. 
Regnere IV, 123, s. m. sg. sj. 

royaume. 
[Remoustrer] v. remontrer. — 

Impér. pi. i remoustrons I, 

23. 
Renon IV, 70, s. m. sg. sj. renom. , 
Repère III, 123; IV, 124, 148, s. m. 

dem,eurej retraite. 

[Repérer] v, habiter. — Ind, pr. 
sg. 3 repère III, 92. 

[Repondre] v. cacher, — P. p. f, 
repuse m, 121. 

Reprendre I, 4, 30; III, 1, v. — 
Ind. pr. sg. 3 reprent m, 87 ; 
pi. 3 reprenent III, 25 ; p. p. 
f. repxise m, 84. 

[Resoingnier]o. craindre, balan- 
cer. — P. pr. pi. r. resoin- 
gnanz IV, 94. 


Reson I, 50; III, 17, 118; IV, 4^ 

242, s. f. 
[Restre] v. être de nouveau. — 

Ind. pr. 3 rest IV, 174. 
[Retomer, se] v. reculer. — Ind. 

pr. sg. 3 retome U, A\ pi. 3 

retoment II, 154. 
Retrere ni, 124, v. retracer. 
[Revertir] v. revenir, retomber. — 

Ind. pr. sg. 3 reverte IV, 104. 
RiCHABT DU Pont IV, U, n. prop. 
Riche IV, 151, aâj. f. sg. — r. pi. 

m. riches n, 131. 
Rien I, 35 ; U, 57, HI, 73, 80, 127, 

131, 134;IV,209, s. m. 
Rire m, 42, v. — P. pr. pi. r. 

rlanx IV, 59. 
Robe rV, 77. 133, 139, s. f. — pi. 

robes IV, 141. 
Roi m, 28, 32, s. m. sg. r. — sg» 

4/. rois I, 51 ; pi. r. 1, 10. 
Roiaume IV, 115, s. m. 
Roîne in, 33; IV, 115, 176, s. f. 

reine. 
Roonde I, 52, s. f. ronde. 
Rouvoisons IV, 24, s. f. pi. roga- 
tions. 
[Ruer] V. lancer. ■— Ind. pr. sg. 

3 rue IV, 222 ; p. p. f. ruée 

IV, 214. 


. ji j. a»» 


»' -i^iiriiWMi 


73 


Sa I, 56, 58 ; II, 6, 94, #to. a<M. 
pou, ; B* n, 81, 110. 

[Sachier] v, tirer. — /«ui» pr. sg, 
S sache II, 85. 

Sage lY, 34, adj. tg, r. 

Sjlint-Mabtim (Lr Sbionbub db) 
IV, «36. 

Samblant m, 124, <. m. ig. r. 
comparaison, ressemblance. 

[Sambler] v. — Ind. pr. sg. 3 
Bamble m, 19. 

Samit lY, 52, s. m. sg. r. bêtement 
de soie. 

Santé m, 147 ; IV, 199, s. f. 

SaïUB II, 57 ; III, 6, 88, etc. prép. 

Sarge I, 37, s. f. serge. 

Saut-Wautibb rv, 27, 31, n. prop. 
de lieu. 

Savoir 1, 61 ; HI, 53, etc. v. — Ind. 
pr. sg. i Bain, 7, 10, 141 ; IV, 
82, 150 ; J Bet H, 90 ; III, 89; 
rv, 234; pi. 2 saves D, 123 ; ^ 
sevent III, 45; imp. pi. 3 
Bavoient H, 43, 46; fut. sg. 3 
saura III, 135 ; impér. sg. 2 
Bâches IV, 134, 143 ; pi. 2 sa- 
chiez I, 18; n, 115; m, 139; 
euhj. pr. sg. 3 sache IV, 203 ; 
suhj. imp. sg. 3 seûst II, 25. 

Se I, 3^ 49; II, 11, 13, etc. eonj, 
si ; s* I, 58, 61 ; lii 102, etc. 


Se 1, 18, 14» 25, etc.pr. pers. ; s' I, 

19,58; 11,81, 183, 0l<T. 
Séant, ff. m. ~ En séant IV, 218. 
Secré III, 52, s. m, sg. r, secret. 
Seignor IV, 236, s. m. sg, sj'i I, 1* 

Seignorie IV, 126, 166, s. f. 
[Sejomer] v. ■— Jnd. pr. sg. i 

sejor.n^ 11. 
Sel m, 240, si le. 
Selonc 1, 18, prép, selon. 
Semence m, 79, s. f. 
[Semer] v. ~~ Ind. pr. sg. 3 semé 

111,72. 
Sens n, 124, 125, 126, 136, s. m. 
Servage m, 35, 141, s* m. 
[Servir] v . -* Ind, pr. sg. 3 sert 

IV, 134; p. p. f. servie m, 

49. 
Servise m, 50, 83, s. m. service ; 

services m, 148, sg, si' 
Seson, s. f. — En tonte seson m, 

18, toujours; aucune seson 

IV, 3, quelquefois, 
[Seûr] adJ. sûr. — f. s. seûre m, 

15. 
Seure IV, 206, ad/o, contre. 

[Seurprendre] v. enlever par sur^ 
prise. — P. p. sg. r. seurpre- 
nant IV, 109. 

Si I, 16, 29, 33, 40, etc. adv. si. 

Si I, 59; n, 10, etc. part, aff.; 


H 


74 


B*IV, 19. — Si corn IV, 8; si 

comme Œ, 90, comme. 
Siedo n, S, 156i IV, 84, s. m. êg. 

r, monde, — sg, ^. siècles II, 

1,84. 
Sien n, 04, pron, poês. sg. r. — 

pi. r. siens m, 56. 
Simplement IV, 47, ad/v. 
Sire IV, 70, s. m. vocatif, 
Sitor n, 144. (t) 
Soi I, 48, 52, 72; U, 85; m, 19, 

pron. pen. 
Solas II, 124, ê, m. plaUir. 
fSoloir] V. avoir coutume. — Ind, 

pr, 8g, i soloiell, 158; 8 so- 

ïoit n, 17, 81 ; pi. 3 soloient 

n, 9. 

Somme n, 59 ; IV, 125, «. f. point 

essentiel d'une chose. 
Sommeil IV, 29, 44, s. m. 
Son I, 9, 59, 65, etc. adj. pots. — 

pi. r. ses I, 64. 
Sor n, 83, prép. sur. 
Sorcot rv, 53, s. m. sg. r. surcot. 
[Souffrir] v. — P. d. sg, S soufri 

I, 12 ; impér. pi. 2 souffres 

rv, 5; suhj. pr. sg. S suéffre 

ni, 62. 
[Soufler] V. — Ind. pr. sg. 3 soufle 

n, 75. 
Soufrete, n, 13, s. f. souffrance. 
[Sourdre] v. surgir, se lever. — 

Ind, pr, sg. i sours IV, 218. . 


[Sooimetre] v. — P. d. sg. 3 
soQsmit I, 52. 

Sootpirer v. m, 41; IV, 220. 

[Soustenir] «. — Ind, pr. pi. 3 
sonstienent IV, 158. 

Sotttilment II, 66; m, 56, adv. 
adroitement. 

[Souverain] adj. — f. souveraine 
1,56. 

[Sovenir] v. — Ind, pr. sg. 3 so- 
▼ient m, 110 ; suhj. pr, sg. 3 
soviegne n, 147*; soviengne 
U, 142 ; m, 149. 

Scvent 111,94; IV, 156, odv. ; sou- 
vent rv, 2. 

Sos rv, 40, 128, prép, sous; sous 
IV, 211. 

Sus rv, 26, 29, 214, prép. sur. 


[Tailler] v. — P. p. f. s. taillie, 

bien taillie IV, 51, bien faite. 

[Taire, se] v. — Impér. sg. 3 tais 

rv, ni. 

Tant I, 11, 34, 49, etc. adv. — 

Tant que m, 61, jusqu'à ce 

que. 
Tantost H, 134; rv,210, 227, adv. 

bientôt. 
Targe, s. m, espèce de bouclier. 

— D^avarisce fet targe I, 30, il 


75 


$e fait ds rovorice un bou" 

elier, un rêmpcwt. 
Te IV, 186, 198, efc. pron.pên. 
Teche, s. /". qualité b(mn« ou 

motunaise. — pi. f, toohes I, 

8, 17, 49; m, 21. 
Tel I, 31, 37, etc. aij. r. %g.; I, 

96, f. 9j. tele in^ 43, m. sg. 

9j. tels I, dS; pi. r. m, 23. 
[Templiere] s. f. — pi. templieres 

IV, 62, tempeê, 
Tenage IV, 106, 8, m. domination, 

vatialUé. 
Tenailles n, 73, s. f, pi. 
Tenanoe IV, 171, ê. f. vassalité. 
Tence HI, 80, s. f. dispute. 
Tendre l, 14, o. offrir . — P. p. 

m. sg, sj. tendoB I, 16. — 

tendre I, 29; m, 37, tendre. 
Tenir IV, 226, v. — Ind. pr. sg. 

S tient n, 69, 107 ; m, 90; IV^ 

90; imp. pi. 3 tenoientn,98; 

suhj. pr. sg. 3 tiengne m, 

150 ; Sïi^J. imp. pU 8 tenissent 

n, 101 ; p. pr, m. sg. r. tenant 

IV, 110. . 
Tens IV, 154, s. m. temps, 
[Tenu] «M^*. mince. — {•ph tenues 

IV, 81. 
Terre I, 52 ; m, 73; IV, 129^ s. f. 
Teste IV, 60, 63, s, f, tète, 
Tene IV, 152, pron, pers. tienne. 
Toi rV, 104, 113, 180, pron, pers. 


[Tolir] V. enlever. — P. d, sg. 8 
toli IV, 210. 

Torment Ht, 62, 63, f. m, sg. r. 

Tomoiement n, 15, s. m, sg. r. 
tournoi, 

Tost Q, 58; rV, 14, 112, etc. adv, 

Tottt m, 148; IV, 35, 76, aâj. — 
Tos I, 62, 64, 68; H, 87, 88, 
etc. — Toute I, 52; II, 4, 49, 
etc. 

Tout n, 84; IV, 16, adv. — Tout 
ne face mentir que fable IV, 
1, bien que la fable ne fasse 
que mentir; tout à point IV, 
20. 

Traire I, 12, v, tirer-, treren,^, 
105, 140. —Ind, pr,sg,3 trot 
m, 148; imp. pi, ^traient n, 
111, 112. 

Tràitis IV, 86, adj. — Laeume 
traduit ce mot par « souple, 
tendre »; mais iei, il est pris 
dans un sens défavorable et 
paraU signifier plutôt « long 
décharné ». 

Trayerse, s. /: — A la traTene 
m, 130, de traverê. 

[Tressaillir] v, fautser. — P. p. 
m, sg, si, tressaillis n, 34. 

Trestout n, 35; IV, 191, a4/. tout, 
— Trestuit n, 154. — pi. r. 
tretos m, 151. 

Trioherie, IV, 174, s. f. 


76 


Trop n, 2, 48, 54, <^ adv. trop, 

très, hecMcoup, 
Tu IV, 102, 122, 132, 188, 188, 176, 

pron. pêTs. 
Tuens IV, 165, adj, pou, tUm, 
Tuer m, 89, V. 
Toit U, 100, adj. to%êt, 

u 

UeU m, 101, s. m. cHl. 

Uevre I, 26, «. /*• cn<vt*«. 

Uller n, 103 V. ~ Ltf sens ordi- 
naire de hurler ne parait 
pas applifiable ici. 

Un I, 57 ; n, 37 , etc. adj, sg. r. ; 
U, 33, sg. ^, — Uns m, 30. — 
f, une I, 37 ; lU, 7, 70, etc. ; 
unes IV, 142. 

[User] v.^ P,d. sg, i usai IV, 28. 

Usure rv, 153, 170, s. f. 


[Vain], ad^. — f, vaine II, 5, 150. 
[Vaine] s. f, veine, — pi, veines 

IV, 86. 
Vair IV, 59, s,^ m. sg. r. sorte de 

fourrure. 
[Vair] adj, — nucmcé, varié. — 

vairs r, pi, IV, 59. 
Valor n, 4, 99, 149, s, f. valeur, 
[Valoir] v. — Ind. pr. sg, 3 vaut 

m, 80 ; subj. pr. sg. 3 vaille 

m, 09. 


Veaus n, 18, s. m. pi. veauœ, 
VegUe rv, 39, t. f. vigile. 
Vendre IV, 145, v. 
[Venir] v, — Ind. pr. sg. 3 vient 

I, 64; m, 113; p. d, sg, i 

ving IV, 10» 20. 
Vente m, 103, s. f. 
Venue IV, 228, s. f. 
Veoir H, 57, v. veir m, 144 ; IV, 

78. — Ind. pr, sg. i voi 1, 29, 

30, 31 ; m, 65, 110 ; 3 voit D, 

59 ; pi. 3 voient m, 97; p. d. 

sg. i vi IV, 50, 62 ; * veïs IV, 

110; fut. pi. 2 verrei I, 38; 

subj. pr. sg. i voie m, 146 ; 

3 voit I, 120 ; p. pr. m. sg. 

r. voiant IV, 227. 

Verai m, 86, adj. m. sg. r. sin- 
cère. 

Véritable I, 25 ; IV, 841, adj. 

Vérité m, 13, 34, 64, 154; IV, 30 ; 
vérité* IV, 116, s. f. 

[Vermeil] adj. — f. vermeille IV, 
58. 

[Verrin] (jtâj. transparent, — f. 

pi. verrines IV, 84. 
Vers I, 24 ; m, 81 ; IV, 8, 27, 182, 

215, prép. 
Vert rv, 77 (VairI). 
Vertu m, 43, s. f. 
[Vestir] v. — Ind. pr. sg. 2 ves 

IV, 188. 


77 


Vie I, 6, S8, 48; II, 42; lY, 160, 

i. A 
Viex n, 132, adj. viêuat, — A 

vieUe IV, 79, 138. 
VU m, 115; IV, 135, adj. 
Vilain n, 64, 67, a. m. $g. r. — 

ag, aj. vilains ; pL r, m, 

107. 
[Vilain], adj. — f. yUaine I, 43; 

m. pî. r. Tilains m, 28, 111, 

121. 
Vilainement II, 16, adv. 
Ville rv, 10, a. f. 
Vilment I, 40, adv, 
VUonie I, 3 ; m, 8, 10, 20, 120 ; IV, 

168, vilenie, 
Vilté IV, 107, a. f. baaaeaae. 
Vimon n, 146, a. m. ag. aj. (f)^ 
Vis n, 88, adj. 
Vis, a. m. visage. — Vis à vis IV, 

50. 
Visage H, 85 ; IV, 85, 184, a. f. 
Visce rv, 100, a. f. vice^ 
Vivre II, 7. — Ind. pr, ag. S vit 


rv, 17»; pi. 9 vivent H, 51, 

52 ; wbj. imp. pi. 3 vesqois- 

sent n, 39. 
Voie m, 154; IV, 26, a. f. 
Voir rv, 168, adj. vrai ; voirs I, 

18, ag. V. — Por voir 111,85, 

en vérité. 
Vois, voist, voir aler. 
Volentiers m, 101, adv. 
Voloir IV, 178, v. — Ind. pr. ag. 

i vueUI, 5, 41; voQ IV, 186; 

3 veut m, 13, 66, 118 ; pi. 3 

vuelent m, 144; imp. ag. 3 

voloit n, 32 ; fut. voudra IV, 
. 163 ; p. d. ag. 3 volutm, 58; 

vont I, 13, 15 ; aubj. pr. ag. 

3 Viieille I, 69, 72 ; m, 146 ; 

pi. 3 vueillent I, 29, 30 ; m, 

143. 
Vostre I, 287, pron. pera. 
[Vouer] V. faire vœu. — P. d. 

ag. i vouai IV, 18. 
Vous I, 5, 57, 61 ; U, 89, 119, etc. 
Vuide n, 30, adj. vide. 


TABLE DES RIMES 


RIMES MASCtTLINES 


Ai m, 85 ; IV, 27, 143. 

Ain m, 147. 

Al 11,87. 

Ant IV, 109, 817. 

Ans m, 1;IV, 93. 

An n, 17. 

As n, 123. 

E m, 13. 67, 81, 153; FV, 71, 161. 

El n, 73; IV, 11, 58. 

En m, 61. 

Ent n, 15, 65, 93, 125; m, 93; IV, 

47, 
Eu n, 63. 
Et n, 43, 87, 108; m, 73, 97, 127; 

IV, 185, 223. 
Bur rv, 239. 
Ex n, 1, 99, 115. 

in, 119; IV, 43, 197, 227. 
laus n, 131. 
lèm, 67;IV, 35. 
len n, 57, 79. 

lep n, 25, 67, 57 ; m, 89, 185 ; IV, 
209, 281. 


lers n, 45. 
let U, 115. 
len n, 141. 

lez n, 79; 111,23, 139. 

In n, 145. 

Ing rv, 9. 

Ir n, 9;in, 143. 

is rv, ^. 

It ni, 5 ; IV, 135. 
Isa, 33. 

Oir m, 53; IV, 13, 101. 

Oit n, 31, 97. 

On n, 151 ; m, 17, 125 ; IV, 3, 69. 

0ns I, 21 ; n, 19. 

Opn, 11,53; rv„236. 

Orc, or n, 143. 

Ours IV, 15. 

Ont rv, 191. 

Uer m, 39. 

up n, 91. 

Us W, 59. 


8o 


Aee n, lf7 ; m, 9; !▼, 89, 9B. 

Adwat m, 111. 

AgB n, ft; m, 11« Xs 141; lY, 

n, », SK, UB, 131, 1«7, m. 
Aiart H, 111. 
AiOe 01,49. 
AJMft, ène, m, 71. 
AnMl,S8;III,& 
Aire 1,9. 

AiM m, 59; IV, n, 156. 
Ai— wt H, 56. 
A»Ua m, 19. 
AMe,!, 57; II1,C7; IV, 171,901, 


Andnn, 8. 
Am h, 71. 

ab^ IV, m. 

Arde O, 75; 10, 137. 
Arge I, 37. ' 
AsaeII,6. 
Ati« IV, 189. 


n, 13« 137 ; IV, 

19, 97, 113, 181. 
Se 1, 33, 81, 149; IV, », 31, 41, 

56, 75, 79, 96, 117, 139, 151, 907, 
' 213. 

soie m, 131 ; IV, 193. 
Bnoein, 79. 


I,1,13,»;III,37;IV,14I. 

149. 
IV, 175l 
Bra l, 99; H, 89, 106, 139 ; m. 29, 

91, 107, 121, 139 ; IV, 67, 123. 

147, 219. 
■nat 11,49. 
ftfalV, 103. 
BrtMlV, n. 
Ew m, 115 : IV, 137. 
Bd0lV,87. 
BrtalV, 39. 
Httf«II,21;III,61. 
Buot 11,131. 
Etovin, 46. 

■m» l, 41 ; n, 117; IV, 206. 
Bnae IV, 77, 91, 149. 

I0 I, 5, 45; n, 27, 41, 47, 41, 129, 
135; m, », 21, 41,75, 96, 117; 
IV, 37, 51, 119, 127, 159, 145, 
173, 179. 

legne H, 147. 

longue m, 149. 

lenflnt IV, 157. 

lent m, 103, 109. 

1ère H, 153 ; m, 106 ; IV, 47, 73. 

lerent IV, 45. 

leres IV, 141. 

loe I, 17; m, 33, 87; IV, 29, 115. 


. \ 


8i 


IneB IV, 83. One m, 47 ; IV, 121.. 

Ire m, 3, 41, (S, 183. Onte I, 41, 66 ; m, 31 ;'!¥, 5, 163, 


lace IV, 00. 

Isem, 40,83;IV, 65, 120, 237. Oroe m, 43 ; IV, 187. 

Issent n, 30, 101 ; IV, 177. Ore II, 51. 

Ite rv, 107. Orne U, 8. 

lyre U, 7. Orte IV, 220. 

Ose m, 110. 

0^« ÏV, 133. ^^^ m^ 101^ 
Oe n, 00. • 

Oie n, 85, 157; m, 145; IV, 7, 25. Ue H, 121 ; IV, 111, 221. 

Oient n, 05. Ueille IV, 100. 

Oingne n, 113. Uide n, 20. 

Oise IV, 215. Dite U, 107. 

Oite m, 00. Ume H, 83, 100. 

Ole m, 77. Une IV, 23. 

Omme H, 50; IV, 125. Ure m, 7, 15, 113 ; IV, 153. 

Onde I, 40; UI, 151 ; IV, 63, 105. Use m, 121. 


î$ 


I 


}. 


TABLE DES MATIÈBES 


PAeis 
iNTRODUOnON VU 

Lê$ Dits : 

De Largueœ et de Débonêreté 1 

Le Dit delà Dent 7 

La Poissa/nee éCAmore 15 

De la mort Largueee 24 

Corrections 35 

Notes et éclaircissements 37 

Glossaire 47 

Table des rimes 79 


i 


,1 


tAchevé d'imprimer à Rouen 
le on%e avril mil huit cent quatre vingt-cinq 
I par Espérance Cagniard 


^«Hlh