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Full text of "Résultats des campagnes scientifiques accomplies sur son yacht par Albert Ier, prince souverain de Monaco .."

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RÉSULTATS 



DKS 



CAMPAGNES SCIENTIFIQUES 



DU 



PRINCE DE MONACO 



Ce Fascicule a été publié et le dépôt fait au Gouvernement à Monaco 

le I" Août 191 4 



RESULTATS 



DES 



CAMPAGNES SCIENTIFIQUES 

ACCOMPLIES SUR SON YACHT 

PAR 

ALBERT P'^ 

PRINCE SOUVERAIN DE MONACO 

PUBLIÉS SOUS SA DIRECTION 

AVEC LE CONCOURS DE 

M. JULES RICHARD 

Docteur ès-sciences, chargé des Travaux zoologiques à bord 



Fascicule XLII 

Exploration du Nord-Ouest du Spitsberg 
entreprise sous les auspices de S. A. S. le Prince de Monaco par la Mission Isachsen 

TROISIÈME PARTIE 

Par Adoi.f HOEL 



AVEC VINGT-SEPT PLANCHES 




IMPRIMERIE DE MONACO 
1914 



IX ^L 



EXPLORATION 



DU 



NORD-OUEST DU SPITSBERG 



ENTREPRISE 



Sous les auspices de S. A. S. LE PRINCE DE MONACO 
PAR LA MISSION ISACHSEN 



EXPLORATION 

DU 



NORD-OUEST DU SPITSBERG 

ENTREPRISE 

Sous les auspices de S. A. S. LE PRINCE DE MONACO 

PAR LA MISSION ISACHSEN 



TROISIÈME PARTIE 



GÉOLOGIE 

PAR 

Adolf HOEL 



L'ingénieur des mines H. Horneman fit partie de l'expédition comme géologue 
en 1906 et l'auteur lui succéda l'année suivante. 

Le champ principal d'opération de Horneman embrassa un district compris 
entre Smeerenburg, la Baie Red, le Glacier de Monaco, la Baie Cross et la mer. 
Ma mission essentielle consista à étudier les glaciers et à faire diflférentes recherches 
de géologie quaternaire et je pris également part dans une certaine mesure aux 
travaux topographiques. Mais j'ai eu aussi l'occasion d'étudier le sol rocheux sur 
plusieurs points, par exemple à la Baie Wood, le long des Sept Glaciers, aux alen- 
tours de la Baie Cross et du Port Blomstrand, dont je levai une carte spéciale, 
ainsi qu'au Cap Thordsen dans l'Isfjord. 



En 1909 Je publiai un mémoire provisoire' sur les observations faites par 
Horneman et par moi. 

La majeure partie de mes observations glaciologiques se trouvent dans la seconde 
partie de cette publication. Les observations faites par moi sur le terrain archéen 
ont été publiées par M. Schetelig dans la quatrième partie. Mon objet est de réunir 
dans le présent mémoire les points les plus importants des observations géologi- 
ques faites dans ce district, et de rendre compte des traits capitaux de la géographie 
physique. 

Les systèmes géologiques suivants se trouvent représentés dans le district qui 
fait l'objet de la carte : 

Archéen. 

Formation de l'Hecla Hoek. 

Dévonien. 

Carbonifère. 

Tertiaire. 

Quaternaire. 



Terrain archéen. 

En ce qui concerne son extension et les roches qui y sont représentées, nous 
renvoyons au mémoire de M. Schetelig (Quatrième Partie). 

Formation de l'Hecla Hoek. 

Sur rage et la tectonique de la formation. — Comme on le sait, A. E. Norden- 
skiôld ' a désigné sous le nom de formation de l'Hecla Hoek une puissante série de 
roches stratifiées, postérieure au terrain archéen et composée de roches dynamo- 
métamorphiques : calcaires, quartzites, schistes argileux de couleurs variées et 
dolomies. Ces couches sont le plus souvent fortement plissées, et Nordenskiôld ^ y a 
établi la série suivante : 

Schistes argileux noirs, rouges ou verts (au sommet), 
Quartzite gris clair ou rouge. 
Calcaire gris. 

' Adolf Hoel, Geologiske iagttagelser paa Spitsbergen-ekspeditionerne i y 060g igoy,udrustede af Fyru 
Albert af Monaco og ledede af Ritmester Isachsen. Forelobig meddelelse. Christiania Février 1909. Norsk geol. 
tidsskr., vol 1, n^ 11. 

' A. E. Nordenskiôld, Geografisk och geognoslisk beskrifning ôfver nordôstra delarne af Spetsbergen 
och Hinlopen Slrait. Stockholm i863. Vet.-Ak. Handl., vol. 4, n» 7, p. 17 et suiv. 

' A. E. Nordenskiôld, Utkast lill Spetsbcrgens geologi. Stockholm 18CG. Vet.-Ak. Handl., vol. 6, n» 7, 

p. lO-I I. 



— b — 
Plus tard, Nordendskiold ' a établi une série un peu dilfércntc : 

Dolomie grise, semblable à celle de la base. 

Schiste argileux noir. 

Quartzitc gris clair ou rose. 

Schiste argileux noir. 

Dolomie grise. 
Nordenskiôld ne réussit pas à trouver de fossiles dans la formation de THecla 
Hock, mais en raison des conditions de stratification, il la considérait comme ap- 
partenant à la période silurienne ^ En 1882, Nathorst trouva sur les Iles Dunôyan 
au nord du Hornsund et sur TAlkhorn au voisinage de Safe Harbour, des restes orga- 
niques, qu'il ne lui fut d'ailleurs pas possible de déterminer 3. Toutefois, comme 
Nordenskiôld, il admet qu'ils appartiennent à la période silurienne. 

A l'Ile aux Ours, on rencontre une série de roches ayant la même apparence 
et les mêmes conditions de stratification que la formation de l'Hecla Hoek du Spits- 
berg, et celles-ci ont toujours été considérées comme appartenant à la même période 
que cette formation. En 1898, Nathorst découvrit à l'Ile aux Ours, dans un calcaire 
appartenant à ce système, des fossiles qui ont été décrits par Lindstrôm^. Parmi les 
fossiles, une forme de Tetradium était la seule qui eût de l'importance au point de 
vue de la détermination de l'âge, parce que cette forme ne se trouve que dans le 
silurien inférieur plus récent de rAmérique du Nord. J. G. Andersson parallélise 
comme suit les dépôts stratifiés de l'Hecla Hoek à l'Ile aux Ours et au Spitsberg^ : 



Spitsberg 

(d'après Nordenskiôld 1866) 



Schistes argileux noirs, rouges et verts 
Quartzite gris clair ou rose 



Calcaire gris 



Ile aux Ours 



Schistes argileux foncé, rouge 
et gris vert 

Grès quartzite gris clair 
Dolomie grise et rose 

Calcaire foncé avec tetradium 



■ A. E. Nordenskiôld, Utkast till Isfjordens och Bellsounds geologi . Stockholm 1875. Geol. For. FÔrh., 

vol. 2, p. 249. 

' A. E. Nordenskiôld, 1. c, p. 249. , , ^ 

' A G. Nathorst, Redogôrelse for den tillsammans med G. De Geer àr 1SS2 foretagna geologiska expe- 
ditione,, till Spetsbergen. Stockholm .884. Vet.-Ak. Bih., vol. 9, n° 2, p. .4-5 et ôo. 

* G. Lindstrôm, On a species of TeUAdinm from Beeren Eilaud. Stockholm 1899. Vet.-Ak. Otvers., 

année ^ '^"^^^^'^^^J^-jj^f^^^ ^-^ Stratigraphie und Tektonik der Bdren Insel. Upsala 1900. Bull. Geol. Inst. 
Upsala.vol. IV, p. aSz. 



— 6 — 

On peut aussi signaler que dans des blocs isolés appartenant à cette formation, 
De Geer a trouvé des traces de reptation '. 

Le plissement de la formation de l'Hecla Hoek est prédévonien, et on admet en 
général qu'il est contemporain du plissement de la chaîne de montagnes calédonico- 
scandinave, dont il forme un prolongement direct. 

Sur la formation de VHecla Hoek dans les limites du territoire dont on a levé la 
carte. — Cette formation occupe tout le pays au sud du district du terrain archéen. 
Elle s'étend vers l'ouest jusqu'à la mer et sa frontière orientale est probablement 
formée par le côté ouest du Glacier de Monaco et du Glacier des 3 Couronnes. On 
n'a pas déterminé sa frontière vers le nord, c'est-à-dire, vers le terrain archéen. Le 
district environnant la Baie English appartient aussi à la même formation, ainsi 
que la majeure partie levée du Prince Charles Foreland. 

Les premières observations géologiques de quelque importance qu'on ait faites 
sur ce district, sont dues au géologue suédois Blomstrand, qui fut membre en 1861 
de l'expédition Torell. Il a également décrit le premier les régions entourant la 
Baie Cross et la Baie King^. Voici comment il caractérise la nature du terrain à pro- 
ximité de la Baie Cross : 

« Le fjord en question est presque entièrement enveloppé par des schistes durs. 
Alors que plus loin vers l'ouest, avant que la commune embouchure de fjord (celle 
de la Baie Cross et de la Baie King) ait cessé, les roches prennent le caractère d'un 
quartzite à cassure esquilleuse et de couleur foncée, et que du côté de l'est elles 
passent partiellement au micaschiste, elles ont le plus généralement le faciès d'un 
schiste siliceux à clivage rectiligne ou parfois conchoïde avec passage à une structure 
schisto-bacillaire, ou se transforme en une espèce de schiste argileux durci, riche 
en silice et de couleur gris noirâtre, brun clair ou verdâtre. Des deux côtés du fjord, 
le quartzite est superposé à des couches de calcaire. Au côté ouest il forme des 
pyramides d'une forme singulièrement régulière, contractant à l'air une coloration 
jaune et ayant une grande tendance à se diviser en petits blocs à arêtes aiguës, et 
semblables à des bancs de gravier sur une grande échelle, formant çà et là en saillie 
des couches plus solides de calcaire dur siliceux. Du côté de l'est, en revanche, le 
calcaire est plus décidément cristallin, de couleur blanche ou grise, et résiste mieux 
que la plupart des autres roches à l'action combinée de l'eau et des gelées. La forme 
de ces montagnes est aussi toute différente, avec leurs sommets irréguliers et formant 
un contraste bien net avec les pyramides arrondies de la région ouest. 

La seule localité où les calcaires affleurent à la surface, en descendant jusqu'au 
rivage, est située dans le petit bras du fjord (Baie Louis Tinayre) dirigé vers l'est, 
qui de concert avec les deux autres bras principaux, séparés par la haute crête du 

' Rapporter till Kgl. Kommittén for gradm'dtning pâ Spetsbergen ôfver den svenska gradm'diningsexpe- 
ditionens arbeten igoi. Stockholm 1902. 

' C. W. Blomstrand, Geognostiska iakttagelser under en resa till Spetsbergen à 1861 . Stockholm 1864. 
Vet.-Ak. Handl., vol. 4, no 6, p. 22-24. 



— 7 — 
Midterhuk (c'est-à-dire de la Presqu'île du lloi Haakon), forme une espèce de croix, 
qui a probablement donné son nom au fjord. (îrâce à un ruisseau de glacier débou- 
chant dans l'intérieur du fjord, et qui a dénudé les couches du terrain sur une 
certaine longueur, grâce aussi aux falaises à pic situées plus loin vers le dehors, on 
est mis à même d'observer les alternances des couches successives, et cela même à 
plusieurs reprises sur le premier point : on y voit du calcaire, des formes variées de 
quartzite allant du schiste mince à la structure presque massive, se divisant en gros 
blocs, blanc, gris ou de couleur mêlée, avec des bords plus foncés, un micaschiste 
de couleur claire contenant de la pyrite de fer, etc., alternant à plusieurs reprises 
sur une longueur d'environ 60 mètres, avec des couches nettement délimitées, dont 
l'épaisseur dépasse rarement un mètre, quatre mètres au plus. Dans la partie la 
plus élevée de la montagne, qui s'étend vers l'ouest de la localité ci-dessous située à 
proximité du glacier, les micaschistes formant la masse rocheuse sont recoupés par 
une couche calcaire ayant neuf mètres environ de puissance, après quoi, les micas- 
chistes ne tardant pas à disparaître, les hauteurs situées plus à l'ouest, jusqu'à leur 
plongement dans le grand fjord, sont formées presque exclusivement de quartzite. 
Le haut sommet situé plus à l'est, et alimentant le glacier latéral, est formé de cal- 
caire, après lequel il y a reprise de schiste siliceux de couleur foncée. Tant le 
calcaire que le schiste continuent vers le sud en chaînes parallèles, le long du rivage 
de la large baie où s'opère la réunion des deux fjords. 

De la série de strates signalée plus haut entre le schiste siliceux et le calcaire 
des deux côtés du fjord, on peu conclure avec certitude, en tant que le calcaire 
situé de part et d'autre appartient à la même formation, que le plongement des 
couches doit être différent des deux côtés du rivage. Partout l'allure principale est 
dirigée du sud au nord, et d'ordinaire de io-3o° est. Au côté occidental du fjord le 
plongement est vers l'ouest, et de l'autre côté, ainsi que le Midterhuk, vers l'est, 
le plus souvent aux environs de 60 à 70°, parfois pourtant ne dépassant pas 30-40°, 
mais parfois aussi complètement à pic, et dans quelques cas même avec une pente 
complètement opposée à la pente habituelle. 

La coupe (Pl.xxui, i), qui est prise en travers du fjord, à peu près à l'extrémité 
du Midterhuk, et de façon à embrasser le bras de fjord intercalé vers l'est, est 
de nature à donner la notion la plus exacte des conditions de gisement qui viennent 
d'être décrites. » 

Les roches de l'Hecla Hoek rappportées par Horneman ont été examinées par 
Schetelig, qui m'a fait à leur sujet les communications suivantes : 

Marbre dolomitique. — Dans les échantillons soumis à mon examen, la roche 
était cristalline et à grains fins. Sa couleur est faiblement jaunâtre. Elle fait effer- 
vescence à froid avec l'acide chlorydrique étendu. D'après un essai qualitatif, elle 
contient une assez forte proportion de magnésie carbonatée. Sous le microscope, 
on voit que la roche est composée uniquement de grains de dolomie ; sa clivabilité 
est très prononcée. On n'aperçoit pas de lamelles conjuguées. La grosseur des grains 
est assez régulière, et la structure saccharine. 



Micaschiste. ■ — Dans une coupe perpendiculaire à la schistosité, on voit des 
écailles de biotite, de muscovite et de chlorite en rangées parallèles, séparées par 
des bandes d'une fine masse quartzeuse, avec çà et là, un grain de feldspath, tant 
orthose que plagioclase. Il y a aussi une assez faible proportion de magnétite et de 
pyrite en grains fins. On trouve aussi du grenat, en assez gros grains irréguliers, 
fortement divisés, contenant des masses de grains quartzeux et, en outre, des écailles 
de mica et des grains de minerai. On voit quelques grains isolés d'andalousite ; la 
coupe d'un des grains se trouvait pratiquée à peu près perpendiculairement aux 
clivages, qui se coupaient sous un angle voisin de 90°. L'extinction avait lieu diago- 
nalement sur les clivages, et le minéral était optiquement négatif, c = a. » (PI. 11 
6, 4' P.) 

Il en résulte avec certitude que ce que Blomstrand appelle du calcaire à cassure 
esquilleuse, est en réalité de la dolomie. Au côté ouest de la Baie Cross, on trouve 
très peu de calcaire, mais par contre de la dolomie en proportion considérable. 
Au côté est du fjord on a du vrai calcaire cristallin. Le schiste siliceux de Blom- 
strand est, pour la plus grande part, du micaschiste. 

Horneman décrit comme suit les conditions géologiques régnant à l'est de la 
Baie Môller : « Ici se présente à proximité du rivage, et en strates à peu près hori- 
zontales, un schiste gris (micaschiste) parcouru par un réseau confus de veines 
claires riches en quartz. Par-dessus ces strates viennent environ i5o'" de dolomie, et 
enfin un quartzite fortement plissé, incliné de 3o° vers l'est. 

Au côté est de la Baie Cross affleurent, à proximité du rivage, des alternances 
de schistes gris plissés (micaschistes) et d'une roche quartzitique. La stratification y 
est presque horizontale, et le plissement affecte l'allure de longues vagues assez fai- 
bles. L'axe de plissement est dirigé vers le nord-est. Au-dessus de ces schistes vient 
du quartzite et, de nouveau, des schistes durs de couleur grise. En un mot, le quart- 
zite et les schistes gris, durs, alternent d'une façon ininterrompue, ainsi qu'on le 
voit surtout bien par la coupe existante à l'ouest du Pic Grimaldi. Ici le plongement 
est de 20 à So" est. » 

Au côté ouest de la Baie Cross, il signale le profil suivant allant du rivage au 
point de 36o™ du M' de la Brise : 

« Auprès du rivage, on a d'abord un schiste cristallin plissé parcouru par des 
veines de quartz. Par-dessus vient une faible épaisseur de quartzite gris, incliné de 
3o° vers l'ouest. Après cela revient le même schiste qu'auprès du rivage. Il est à 
petits plis et comme crêpé. Puis vient un quartzite, et enfin de la dolomie inclinée 
de 20 à 3o° vers l'ouest, et de nouveau du quartzite. A celui-ci succède un calcaire 
impur très riche en quartz. Finalement on trouve des couches alternées de quart- 
zite clair, de schiste foncé et de quartzite foncé. 

Partout au nord du Port Ebeltoft affleure à proximité du rivage un micaschiste 
à texture frisée, de couleur brune, incliné vers l'ouest. La Presqu'île du Roi Haakon 
est aussi composée pour sa plus grande part du même micaschiste brun. » 



— 9 — 

La succession de couches indiquée par Horneman au M' de la Brise se retrouve 
à peu près au M' Scoresby. Au sommet même, c'est le quarzite qui affleure, et au- 
dessus de lui, il y a du schiste chloritiquc. Ici aussi la direction est nord-sud, l'incli- 
naison à peu près à pic. 

Dans la Baie King, on constate l'existence de la formation de l'Hecla Hock au 
côté nord-est du fjord. Mais ici, les conditions de stratification sont un peu diffé- 
rentes de celles reconnues dans la Baie Cross : la direction est tournée plus à l'est. 
Au point culminant de la Presqu'île Blomstrand, elle est dirigée vers le nord-est, 
avec inclinaison à pic vers le sud-est. La direction est donc ici à peu près perpendi- 
culaire à celle du fjord. Ceci s'accorde bien avec les observations de Blomstrand. 
Les roches ici sont principalement des calcaires. Dans la Presqu'île Blomstrand, la 
roche est un calcaire bleuâtre, parcouru en tous sens par un réseau de veines rose- 
chair et de fissures : elle peut donc être considérée à vrai dire comme une brèche. Je 
n'ai pas été à même de constater si cette roche a un rapport avec la faille existant 

dans cette région. 

Dans la région située plus à l'intérieur affleure également du calcaire cristallin, 
soit de couleur bleu-gris avec veines de couleur claire, soit de couleur foncé ou rose- 
chair. Elle s'étend sur une grande surface, attendu qu'on la voit affleurer partout au 
côté nOrd-ouest du Port Blomstrand et dans les parties basses du Glacier Blom- 
strand. Je l'ai rencontrée en outre dans deux moraines superficielles du Glacier 
Blomstrand. La plus septentrionale des deux est composée de calcaire rose-chair, la 
plus méridionale de calcaire bleu-gris. Ici au nord-est de la Baie King le calcaire 
peut avoir quelques centaines de mètres d'épaisseur. Quelle relation existe-t-il entre 
ce calcaire et celui reconnu par Blomstrand au côté est de la Baie Cross, c'est ce 
que je n'ai pas eu l'occasion de fixer ; mais c'est probablement la même couche de 

calcaires. 

D'après Garwood', les montagnes vers le sud-ouest en partant du M' Nielsen, 
c'est-à-dire au sud-ouest du King Highway, consistent en roches appartenant à la 
formation de l'Hecla Hoek. Cette formation est séparée par une faille du dévonien 
et du carbonifère situés au nord. 

La majeure partie du Prince Charles Foreland faisant partie du levé, appar- 
tient probablement aussi à la formation de l'Hecla Hoek. Les seules observations 
que l'on possède à ce sujet, sont celles de Drasche ', qui en 1873 aborda sur deux 
points de la côte ouest de cette île : à la P" Black (la pointe la plus méridionale de 
l'île) et par 78" 5 1' de lat. nord. Voici comment il rend compte de ses obserservations 
sur le dernier de ces points ^ : 

■ E. J. Garwood, Additional notes on the glacial phenomena of Spitsbergcu. Londres 1899. Quart. 

Journ. Geol. Soc, vol. LV, p. 689. 

' Richard y. nrasche, Petrograplmch-geologischc Bcobachtungeii an der Weslkùste Sptt:;bergens. Vienne 

1874. Tschermaks Min. Mitt., année 1874, p. 181-19861261-268. 

^ 1. c, p, 190-191. 

H. 2. 



10 

« Dans une autre vallée de la côte ouest du Prince Charles Foreland, située 
par 78° 5i' de lat. nord, vallée dont l'entrée est formée par deux colossales pyra- 
mides rocheuses, nous avons une belle coupe de la formation de THecla Hoek. Les 
rochers et les écueils au lieu de notre débarquement, ainsi que l'étroite avant-côte, 
sont composées de couches calcaires fortement comprimées et plissées, de couleur 
grise, où se trouvent pétries des intercalations et des nodosités de schiste argileux (A) 
(PI. XXV, 3). Le pied des deux pyramides est composé d'un calcaire de couleur 
claire, prenant sous l'infîuence des intempéries une coloration jaunâtre, avec 
stratifications fortement tordues. 

La direction du calcaire est en général de nord-nord-ouest en sud-sud-est (B). 
Par-dessus ce calcaire les deux roches pyramidales contiennnent des stratifications 
d'une brèche d'apparence singulière, dont des blocs géants sont semés dans la vallée. 
Cette brèche est composée de fragments anguleux, ayant plus d'un centimètre, de 
quartz rose et blanc, reliés par une substance verte formée de schistes argileux et 
chloritiques. 

Protégées par cette roche résistante à la désagrégation, les deux pyramides 
rocheuses ont conservé leur forme primitive singulière, tandis que les couches de 
calcaires s'étendent en longues crêtes dirigées vers l'intérieur de l'île. Si l'on conti- 
nue à avancer vers l'est, on observe dans la vallée, superposé au calcaire clair, un 
autre calcaire noir avec veines blanches et cristaux de pyrite, stratifié dans une 
position à peu près horizontale (C). 

Il me fut impossible de décider si la brèche est superposée au calcaire clair ou 
au calcaire foncé, attendu qu'une saute soudaine de vent me força de regagner en 
toute hâte mon navire, qui croisait en pleine mer, et d'interrompre le cours de mes 
observations ». 

Drasche admet que les couches B et C répondent à l'étage / de Nordenskiôld. Il 
ne présente pas de conclusions quant à l'âge de la brèche. 

Quant à la question de savoir quelle relation existe entre la formation de THecla 
Hoek et le terrain archéen, on n"a pu la résoudre ni dans le district faisant l'objet 
du levé, ni dans d'autres parties du Spitsberg. Un fait frappant, c'est que partout la 
direction est à peu près la même dans l'ensemble des deux formations. La frontière 
entre les deux, qui est probablement située au sud du Glacier n° i et dirigée vers 
l'est-nord-est, n'est pas connue non plus. Il est fort possible qu'il y ait là une faille, 
mais il se peut aussi que ce soit une frontière d'érosion. 

Sur la carte (PI. xxi), j'ai tracé la limite du district archéen, ainsi qu'il 
m'apparaît le plus probable d'après les recherches de Horneman et les miennes. 
Cette limite, qui est la même que dans mon mémoire provisoire ', a été utilisée par 
De Geer ^ et par Nathorst ^ dans leurs dernières cartes géologiques du Spitsberg. 

' Adolf Hoel, Geologiske iagtlagelscr, etc. Christiania Février 1909, 1. c, pi. i. 

' G. De Geer, Some leadinp Unes of dislocation in Spit^bergen. Stockholm Avril 1909. Geol. For. Forh., 
vol. 3i, p. 199, pi. n. 

' A. G. Nathorst, Beitrage pir Géologie der Baren-Insel, Spit:^bergens und des Konig-Karl-Landes. 
Upsala 1910. Bull. Geol. Inst. Upsala, vol. X, p. 261 , pi. xiv. 



— II — 

En ce qui concerne les roches de la formation de THccla Hoek autour de la Raie 
Cross et de la Raie King, elles semblent bien plus fortement métamorphisées que 
celles étudiées par Nordenskiôld à l'Hecla Hoek. Il ne mentionne que des calcaires, 
des dolomies, des schistes argileux et des quartzites. Autour de la Raie Cross, nous 
avons au contraire des calcaires et des dolomies décidément cristallins et des mica- 
schistes, ainsi que des quartzites. Quant aux motifs qui ont présidé à la plus forte 
transformation dynamomctamorphique dans ce district, nous les ignorons. Le sys- 
tème établi par Nordenskiôld pour la succession relative des roches (p. 4 et 5), ne 
répond pas non plus à la réalité pour les environs de la Raie Cross. 

Système dévonien. 

La partie la plus orientale du district, qui fait l'objet de notre levé, est proba- 
blement constituée par cette formation. La frontière est formée par une ligne lon- 
geant la côte occidentale de la Raie Red et allant jusqu'au fond de la Raie des 
Glaciers, et de là à la Raie Liefde, d'où elle continue vers le sud-sud-cst en suivant 
le bord du Glacier de Monaco et du Glacier des 3 Couronnes. Les montagnes aux 
formes si caractéristiques, les 3 Couronnes et le Pretender, sont composées à leur 
pied de grès dévoniens, tandis que le sommet consiste en carbonifère. Le M' Ossian 
Sars et les îles de la Raie King sont composées de conglomérats dévoniens". 

La formation est composée de grès rouges et verts, de schistes argileux, de con- 
glomérats et de bancs calcaires, intercalés dans le grès ; elle appartient au faciès 
vieux grès rouge du système dévonien. La stratification est principalement presque 
horizontale. 

Rlomstrand fut le premier qui étudia les couches appartenant à ce système, lors 
de l'expédition Torell en 1861 ^ . Il décrit des grès rouges et verts et des conglomérats 
situésàl'ouest delaRaie Wijde, surla Presqu'île des Rennes et à l'est de la Raie Red. 
Il trouva en outre dans les schistes argileux des bivalves mal conservés auprès de Grey 
Hoek, et reconnut que les grès rouges se trouvent également à l'intérieur de la Raie 
King. Rlomstrand n'indique aucun âge déterminé pour ses étages; mais il dit que la 
relation entre le schiste argileux et le grès rouge est la même qu'entre ce dernier et 
le quartzite de la Pointe de l'Hecla Cove^, c'est-à-dire que le schiste argileux de 
Grey Hoek est superposé au grès rouge. 

Nordenskiôld •^ fit rentrer cette série degrés, qu'il appelle « couches de la Raie 
Red » dans une subdivision relativement moderne de la formation de l'Hecla Hoek. 
Au cours de l'expédition de 1868, Nordenskiôld et Malmgren trouvèrent dans un 

' M. Conway, With ski and siedge over arctic glaciers. Londres 1898. P. 108 etsuiv. 

E. J. Garw'ood, Additionat notes, 1. c, p. 68o- 

" Blomstrand, 1. c. p. i3-i5 et 25-26. 

^ Blomstrand, 1. c. p. i5. 

* Nordenskiôld, Utkast till Spetsbergens geologi, 1. c. p. ii. 



grès rouge de la Baie Liefde, ainsi que Nathorst et Wilander en 1870 dans un grès 
de la Baie Klaas Billen dans risfjord, des leperdities et des restes de poissons, et 
dans son travail suivant Nordenskiôld ' forma avec ces strates une division spéciale 
qu'il appella « couches de la Baie Liefde » et qu'il considère comme couches limites 
entre le système dévonien et le système carbonifère. Les schistes de Grey Hoek sont 
rangés par Nordenskiôld dans son travail cité tout à l'heure (1. c, p. 35) comme 
appartenant à la formation jurassique; dans le travail cité en dernier lieu (1. c, p. 
243), il admet qu'ils appartiennent à l'étage 4 de la formation de l'Hecla Hoek. 

C'est l'expédition de Nathorst et De Geer, en 1882^ qui réussit la première à 
préciser l'âge de cette formation, Nathorst ayant alors trouvé dans la Vallée 
Mimer (Baie Klaas Billen) et dans la Baie Dickson des restes de poissons qui ont été 
décrits par Lankester et Woodward ^. Ils distinguent deux horizons dans la forma- 
tion de la Baie Liefde. 

Le plus ancien de ces horizons est classé par Lankester dans le dévonien infé- 
rieur ou le silurien supérieur, le second au dévonien supérieur ou au système 
carbonifère. Woodward classe le premier dans le dévonien inférieur et le second 
dans le dévonien supérieur. 

L'horizon appartenant au dévonien inférieur a été trouvé à la Baie Dickson^ et 
contient, suivant les deux auteurs susmentionnés, des restes dePteraspis, de Cepha- 
laspis, d'Acanthaspis et de Porolepis. L'horizon dévonien supérieur n'a été signalé 
que dans la Vallée Mimer (Baie Klaas Billen) et contient entre autres les formes : 
Psammosteus^ Asteroplax et Onychodus. 

D'après Nathorst 3, il est possible que les couches inférieures de la formation de 
la Baie Liefde appartiennent aux étages supérieurs du terrain silurien pour cette 
raison aussi que les strates, contenant des restes de Pteraspis, de Porolepis, etc., et 
qui, suivant Lankester, sont ou siluriennes ou dévoniennes inférieures, ne représen- 
tent point les parties inférieures de la formation de la Baie Liefde. 

Outre ces restes d'animaux, Nathorst a aussi trouvé en 1882 des restes de végé- 
tation dans les couches de la formation de la Baie Liefde, tant dans la Baie Dickson 
que dans la Vallée Mimer. Ces plantes sont aussi complètement différentes dans 
les deux horizons. La subdivision dévonienne inférieure ne contient que des restes 
assez informes, semblant se rattacher au genre Psilophyton, tandis que la flore dévo- 
nienne supérieure se rapproche de la flore carbonifère inférieure avec ses restes de 
Lepidodendron, de Bergeria et de Bothrodeiidron*. 

Comme nous le voyons, la plupart des recherches faites sur la formation de la 

' Nordenskiôld, Utkast till Isfjordens och Bellsounds geologi, 1. c. p. 25o. 

' E. R. Lankester, Report on i lie fragments o fossil fishes from the palceo'^oic strata of Spit^hergen. 
Stockholm 1884. Vet.-Ak. Handl., vol. 20, no 9. 

A. Smith Woodward, The devonian fish-fauna of Spitsbergen. Londres i8i)i. Ann. Mag. Nat. Hist., vol. 
Vin. sixth séries. 

■' A. G. Nathorst, Zur paldo^oischen Flora der arktischen Zone. Stockholm 1894. Vet.-Ak. Handl., 
vol. 26, n" 4, p. 8. 

' Nathorst, 1. c. 



10 



Baie Liefde, ont eu lieu au voisinage de llsfjord. Les localités qui sont sans compa- 
raison les plus favorables pour l'étude de cette formation, sont les grands fjords du 
nord : la Baie Red, les Baies Liefde, Wood et Wijde. Malheureusement ces fjords 
sont d'accès difficile en raison des empêchements formés par les glaces ; ce qu'on y 
a fait est par suite très peu considérable. En 1868, Nordcnskiold a collectionné des 
leperditics dans la Baie Liefde ; elles ont été décrites par Joncs '. 

G. Nordcnskiold visita la Baie Red lors de son expédition en 1890. Dans sa 
relation, il fournit des contributions importantes à la géologie de la Baie Red^. Il 
dit : « Les circonstances géologiques aux alentours de la Baie Red sont résumées 
par le croquis de carte et la coupe ci-joints. (PI. xxui.) 

(a) est un micaschiste vert foncé appartenant à la formation de l'Hecla Hoek et 
formant les hauts sommets abrupts situés au point extrême séparant la grande Baie 
Red de la petite Baie Red. Il est, plus avant vers l'intérieur du fjord, recouvert en 
stratification discordante d'un conglomérat grossier de couleur rouge brique (b), ap- 
partenant à ce que l'on a appelé les couches de la Baie Liefde, et qui appartient à la 
période dévonienne. Sur un cap plus avant encore vers l'intérieur, on trouve, à un 
niveau supérieur, des couches de conglomérats rouge foncé appartenant à la 
même série. Le plongement a toujours été en diminuant, et n"est plus ici que de iS". 
Sur le cap situé au milieu de la longueur du fjord, le Cap Beijer, on retrouve les 
mêmes conglomérats de couleur foncée, mais ici leur gisement est horizontal. Ils 
forment également la rive orientale de la Baie des Glaciers. La rive occidentale de 
cette baie est presque exclusivement formée de hautes falaises glaciaires. Dans l'in- 
tervalle des glaciers, il y a sur plusieurs points des couches de gneiss (c), qui sont 
dénudées dans le voisinage du rivage. Plus loin vers l'extérieur, au bord de la rive 
occidentale de la Baie Red, les montagnes de la côte sont également composées de 
gneiss, sauf sur une courte étendue, où elles ont au-dessus d'elles en stratification 
discordante un conglomérat très grossier, dont les couches sont presque à pic, et 
qui est analogue, comme aspect, aux roches dévoniennes dont la présence a été 
constatée au bord opposé du fjord, sauf que leur couleur, au lieu d'être rouge, est 
grisâtre. Les circonstances qui viennent d'être indiquées, pourraient être interprétées 
dans ce sens, que la grande Baie Red a dû être formée par un tassement en fossé 
(Grabenversenkung) entre deux failles parallèles. » 

Au Grey Hoek, l'expédition Nathorst a découvert en 1898 un fragment isolé de 
Pieraspis, qui a été déterminé par Woodward -''. 

II convient de mentionner, pour finir, la faune malacologique très particulière 
qui a été découverte au Grey Hoek par Blomstrand. J'ai signalé plus haut l'opinion 



' T. R. Jones, Notes on the palœo'^oic bivalved Entomostraca. N» i6: 2. Some palceo^oic bivalved Enlo- 
mostraca front Spit^bergen. Londres i883. Ann. Mag. Nat. Hist., (5), vol. 12, p. 247-249. 

' G. Nordcnskiold, Redogorelse for den svenska expeditionen till Spetsbergen iSgo. Stockholm 1892. 
Vet.-Ak., Bih., vol. 17, cah. II, n» 3, p. 33-54. 

■' A. Smitli Woodward, Notes on fossil Jish-remaiiis collected in Spif^bergen by the Swedish Arctic Expe 
dition i8g8. Stockholm igoo. Vet.-Ak. Bih., vol. 25, cah. IV, no 5, p. 3. 



— 14 — 

professée au sujet de ces couches par Blomstrand et Nordenskiôld. Kayser ' décrivit 
en 1882 une collection de fossiles réunie au Grey Hoek par un baleinier norvégien. 
Nathorst les considérait comme étant de l'âge dévonien.ce qui est aussi exprimé par 
la carte géologique qu'il a publiée dans Suess, Antlitz der Erde, vol. 2, p. 85. Mais 
il n'était pas possible à Kayser d'exprimer aucune opinion arrêtée sur leur âge. Les 
fossiles collectionnés au Grey Hoek lors de l'expédition Nathorst en 1898, ont été 
également décrits par Kayser'. Nathorst dit en cet endroit que les schistes du Grey 
Hoek sont probablement superposés aux grès rouges et verts, et qu'ils doivent par 
conséquent appartenir au dévonien, ou peut-être au carbonifère inférieur. Kayser 
exprime au sujet de cette faune l'opinion qu'elle doit être d'eau saumâtre ou d'eau 
douce, mais que l'âge de la formation ne peut pas être déterminé avec cette faune 
comme point de départ. 

Les observations que nous avons faites vers le nord dans le domaine dévonien 
sont malheureusement, elles aussi, par trop sommaires. En igo6 Horneman étudia 
la presqu'île située au fond de la Baie Red et sa continuation vers le sud. Suivant 
lui, on trouve ici un grès grossier qui se transforme en un véritable conglomérat, 
avec inclusions de gros grains de quartz atteignant la grosseur du poing, et des par- 
ties ovales composées de schiste. Il s'y trouve en outre une arkose, ainsi qu'un 
schiste argileux gris à grains fins, ayant une certaine tendance à se déliter, et for- 
mant des couches ayant jusqu'à 4 mètres de puissance. Ces roches alternaient conti- 
nuellement. Plus loin vers le nord, on rencontre un grès vert-gris, dont les couches 
sont inclinées de 80-40° vers le sud-est. 

La même année, le lieutenant Staxrud découvrit sur le M' Pteraspis entre les 
points de 760'" et de 825™, à une hauteur d'environ 800", des poissons fossiles qui se 
trouvaient semés sur la crête en forme de selle. D'après Staxrud, la roche était forte- 
ment délitée et composée de grès rouge et vert ^ Horneman indique que ces couches 
étaient inclinées. 

En 1907, la condition des glaces était extrêmement défavorable, et les travaux 
exécutés sur la côte nord devinrent par suite fort difficiles. J'abordai sur un point 
proche du fond de la Baie Wood au côté ouest du fjord. Sur ce point il y a un grand 
glacier qui se termine à quelques centaines de mètres de la côte. Au nord de ce 
glacier s'élève une haute montagne, où je trouvait, à 450"" d'altitude une riche faune 
de poissons dévoniens. L'ensemble de la montagne se compose à peu près exclusi- 
vement de grès rouge, mais on y trouve aussi des couches de grès vert. Le plonge- 
ment est faible (i5°), vers Test-nord-est. La paroi rocheuse incline fortement vers 
la côte, et est traversée par des canons. C'est uniquement dans ces derniers 

■ Zs. D. geol. Ces. Berlin 1882. Vol 34, p. 818. 

' K. Kayser, Ueber eine Molluskenfauna vom Grey Hook ait/ Spitjbergen. Stockholm 1901. Vet.-Ak. 
Bih., vol. 27, cah. IV, n" 2. 

^ G. Isachsen, Spitsbergenekspeditionen /po6. Christiania 1907. Det norske geogr. selsk. aarb., 1906-07, 
p. 104. 



— i5 — 

qu'on trouve de la roche solide. A part cela, la paroi rocheuse est complètement 
recouverte d'une masse de détritus. Cette masse est formée par en bas de pierres 
dont la grosseur varie entre celle du poing et celle de la tête, gisant dans une masse 
sablonneuse ou argileuse, oîi Ton peut assez bien marcher de pied terme. Plus haut, 
le détritus se compose de plaques de grès formant une masse plus ou moins meuble 
(PI. m, I, \f P.). Les poissons se trouvaient dans des blocs détachés de grès rouge, 
contenant aussi du calcaire, à une altitude constante de 45o"', et on pouvait les pour- 
suivre sur une longueur considérable dans le sens horizontal. Il est donc clair que 
la couche contenant ces fossiles afileure à cette hauteur-là. 

Le professeur D' Johan Kiaer, qui a bien voulu se charger de l'étude des pois- 
sons trouvés en 1906 et 1907, m'a communiqué ce qui suit au sujet de ces fossiles : 

« La Mission Isachsen, 1906 et 1907, a rapporté des restes de poissons apparte- 
nant à la période dévonienne, et provenant de deux localités nouvelles de la partie 
la plus septentrionale du Spitsberg du Nord-Ouest. L'une d'elles, située entre la 
Baie Red et la Baie Liefde, iX une altitude d'environ 800'" (entre les stations de 760"' 
et de 825'") a été découverte en 1906 par le lieutenant Staxrud. De petits nodules, 
rapportés de cet endroit, contenaient des restes d'une petite espèce du genre Pte- 
raspis, et un exemplaire isolé d'une autre espèce tout à fait remarquable, apparentée 
aux Ptéraspidés. Cette localité représente un horizon ichtyologique tout nouveau, 
soit du dévonien inférieur, soit du silurien supérieur, de la formation de la Baie 
Liefde. » 

« L'autre localité, découverte en 1907 par A. Hoel, est située au fond de la Baie 
'Wood. Il a trouvé là une série de morceaux d'un Pteraspis géant. Outre celui-ci, il 
a trouvé une forme plus petite, qui est, elle aussi, distincte du Pteraspis Nathorsti, 
Lank.. et des écailles de Porolepis posnaniensis, Kode. Cet horizon est du dévonien 
inférieur, et semble répondre assez bien à la catégorie de poissons dévoniens décou- 
verts à la Baie Dickson et à la Baie Klaas Billen dans l'Isfjord. » 

Dans un travail récemment publié, De Geer estime que la puissance des forma- 
tions dévoniennes sur la côte nord du Spitsberg est de plus de 1200™, peut-être 
même déplus de i5oo"'. Je crois que cette estimation, fondée sur l'altitude des 
sommets dévoniens est par trop basse. La formation dévonienne^ du côté est de la 
Baie Red et jusqu'au fond de la Baie Liefde, semble tant au point de vue pétrogra- 
phique qu'au point de vue faunistique se distinguer des dépôts de la Baie Wood et 
de risfjord. D'après G. Nordenskiôld on trouve au côté est de la Baie Red de puis- 
sants conglomérats, et suivant Horneman il y a aussi sur la presqu'île située au fin 
fond de la Baie Red des conglomérats, de l'arkose et du schiste argileux et du grès 
vert. Les poissons fossiles découverts par Staxrud, et appartenant soit au silurien 
supérieur, soit au dévonien inférieur, à une altitude de 800"', se présentent au voisi- 



' G. De Geer, Some leading Unes 0/ dislocation in Spi^bergen, 1. c, p. 2o3. 

' Ou plutôt celle de la Baie Liefde, cette formation contenant peut-être aussi des couches siluriennes. 



— i6 — 

nage de ces couches, et sont certainement d'âge plus récent, si même la différence 
n'est pas bien grande. La puissance de ces couches est d'au moins 800"', à en juger 
par la hauteur du M' Pteraspis. Dans la Baie Wood, on a d'une façon prédominante, 
et du pied au sommet des montagnes, des grès rouges, et il en est de même dans les 
gisements dévoniens de l'Isfjord. Les fossiles du M' Pteraspis doivent donc ou être 
plus anciens que les poissons dévoniens inférieurs de la Baie Wood et de l'Isfjord, 
ou être plus récents, et avoir ainsi leur place entre les deux horizons à poissons 
fossiles déjà connus dans l'Isfjord, l'un d'âge dévonien inférieur, l'autre d'âge dévo- 
nien supérieur. Je ne crois pas qu'il en soit réellement ainsi. Il est plus que probable 
que les couches de la Baie Red, y compris les gisements à fossiles du M' Pteraspis, 
sont d'âge plus reculé que le grès rouge de la Baie Wood. Par suite, il convient 
d'ajouter aux puissances constatées dans la Baie Wood, et qu'on peut fixer sans plus 
à la hauteur même des montagnes, attendu que les couches sont peu inclinées, 
d'ajouter à ces puissances, dis-je, celle des couches de la Baie Red, qui peut être 
évaluée à 800'" au minimum. D'après la carte de Poninski et v. Bock', le sommet 
le plus élevé de la Baie Wood a 1460"". D'après cela, la puissance totale serait au 
minimum de 2200 à 2300". 

Dislocations dévoniennes. — Le district dévonien est borné vers l'est par une 
grande faille dévonienne, ainsi que Nathorst l'a constaté en 1888^. Cette faille suit 
d'après lui la ligne médiane de la Baie Widje, d'où elle s'infléchit vers la Baie Klaas 
Billen. Nathorst admet que le district dévonien est également borné vers l'ouest par 
des failles. Il semble résulter des observations faites par G. Nordenskiôld à la Baie 
Red, et de la configuration de la contrée, telle qu'elle se présente sur la carte qu'il 
doit réellement en être ainsi. Nordenskiôld admet que la Baie Red est limitée de 
part et d'autre par des failles^. Mais comme De Geer l'a montré'*, c'est la faille 
située à l'ouest du fjord qui forme la limite entre le terrain archéen et le dévonien : 
c'est sans aucun doute la faille principale. D'après les observations d'Horneman et 
de Staxrud, la faille continue du bras gauche de la Baie Red jusqu'au fond de la 
Baie Liefde. De ce point une vallée remarquablement longue et sensiblement recti- 
ligne se dirige vers le sud-sud-est. Cette vallée est remplie par le Glacier de Monaco 
et la partie supérieure du Glacier King. Lors de l'expédition de 1906, cette vallée a 
été suivie sur une grande longueur par le groupe Isachsen, qui avait plusieurs sta- 
tions sur le Glacier de Monaco, sur le Plateau Isachsen et dans leur voisinage. 

Du sommet du M' Pteraspis, Staxrud a pris des photographies montrant avec 
une remarquable netteté les formes différentes du paysage des deux côtés du Glacier 
de Monaco. Il est difficile de concevoir un contraste plus grand qu'entre les M'* du 
Président du Storting à l'ouest, qui même pour le Spitsberg ont une apparence 
des plus sauvages, et les sommets arrondis situé à l'est. Les photographies 

' Zs. d. Ges. f. Erdkunde :;u Berlin. Berlin 1908. PI. 7 et 8. 
' E. Suess, Das Antlitj der Erde. Vienne 18S8. Vol. 2, p. 102. 
' G. Nordenskiôld, 1. c, p. 54. 
* G. De Geer, Some leading Unes of dislocation in Spit^bergen, 1. c. 



— '7 — 
Les photographies prises par Isachsen en plusieurs stations du Glacier de Monaco 
et du Plateau Isachsen se traduisent par une impression identique ; mais certaines 
hauteurs isolées à l'ouest du plateau montrent aussi des formes arrondies, par exem- 
ple les M" Rekstad (voir PI. rv, i et 2 et PL xix, 2,1" p.). 

Il semble donc que des roches différentes affleurent de part et d'autre du Glacier 
de Monaco et du Plateau Isachsen. Autant qu'on le sache jusqu'ici, ce serait du ter- 
rain archéen et des roches de THecla Hoek à l'ouest, et des roches dévoniennes à l'est. 
La frontière suit donc la ligne allant du Glacier de Monaco sur le Plateau Isachsen 
au Glacier des 3 Couronnes, et il y a bien lieu de la considérer comme une frontière 
formée par une faille : on aurait sans cela de la peine à concevoir la grande lon- 
gueur qu'elle présente en ligne droite. Cette faille est parallèle à la faille de la côte 
ouest du Spitsberg, parallèle à la faille suivant la Baie Wijde et à la direction des 
roches dévoniennes. 

Je dois cependant faire remarquer expressément que ce qui précède est unique- 
ment basé sur une hypothèse probable. Les formes des montagnes ne dépendent 
pas uniquement des roches qu'elles contiennent, mais résultent à un degré encore 
plus élevé du caractère de la glaciation. Des vallées remarquablement longues et 
rectilignes, analogues au Glacier de Monaco et au Glacier des 3 Couronnes, se 
trouvent aussi sur d'autres points, sans avoir aucun rapport avec des failles, 
par exemple celle allant de la Baie Red au Grand Glacier, au Glacier Lilliehôôk et 
à la Baie Cross. 

Une autre faille, qui semble de même âge que celle citée plus haut, est celle 
décrite par Garwood, et qui d'après lui longe le côté sud-ouest du Kings Highway '. 

Nathorst admet que la côte du Spitsberg ouest est également limitée par une 
faille. La plus grande partie du district dont la carte est levée, est donc constituée 
par un horst. 

Système carboniférien. 

Ce système occupe la majeure partie de la Presqu'île Brôgger, de même que 
certains nunataks du Glacier King sont composés, en tout ou en partie, de couches 
appartenant à cette formation, ainsi que le M' Collett, le M' Garwood, le Pretender, 
les Reines et les 3 Couronnes. 

La stratigraphie du terrain carbonifère du Spitsberg a été principalement étu- 
diée par Nordenskiôld, Nathorst et Tschernyschew. Suivant les deux premiers de 
ces auteurs, on rencontre la succession suivante de couches appartenant à cette 
formation ^ : 

■ E. J. Garwood, Additional notes, 1. c, p. 689. 

' A. E Nordenskiôld, Utkast till Spetsbergens geologi, 1. c, p. 12-16. 

A. E. Nordenskiôld, Utkast till Isfjordens och Bellsounds geologi, 1. c, p. 25i-3o6. 

A. G. Nathorst, Zur palâO![oischen Flora der arktischcn Zone, 1. c. 

H. 3. 



— i8 — 

En discordance avec les grès dévoniens se présentent des conglomérats, des 
grès rouges et blancs, schistes argileux, et schistes houillers avec couches de houille 
et empreintes de plantes : Sphenopteris, Lepidodendron, Stigmaria, Bothrodendron, 
etc., flore que Nathorst considère comme appartenant au Culm. L'épaisseur de 
ces couches est d'environ iooo"\ 

Par-dessus vient un puissant calcaire (ayant plusieurs centaines de mètres), mais 
généralement pauvre en fossiles, avec inclusions de gypse ; il est fréquemment sili- 
ceux et contient sur bien des points des rognons de silex. Nordenskiôld l'a appelé 
calcaire à Cyathophyllum. Nous pouvons mentionner parmi ses fossiles : Productus 
Cora d'Orb., Pr. Konincki, Vern., Keys., Pr. lineatus, Waag., Chonetes variolata, 
d'Orb., Athyris Roysii, L'Eveill. Cet horizon est considéré par Tschernyschew 
comme l'équivalent à l'horizon Cora du Timan et de l'Oural, ainsi que, au moins 
partiellement, aux couches à Omphalotrochiis\ Dans la partie inférieure du calcaire 
à Cyathophyllum, Nathorst et De Geer trouvèrent en 1882 des Fusidina''. 

Par-dessus le calcaire à Cyathophyllum se présentent 10-12'" d'un calcaire, dit à 
Spirifères, contenant une riche faune de brachiopodes : Dielasma plica, Kut., D. 
Moelleri, Waag., Spiriferina Saranae, Vern., Spirifer Keilhaui, Buch, Productus 
timanicus, Stuck., etc. Cet horizon est rapproché par Tschernyschew du calcaire 
timano-ouralien à Schwagerina. 

Viennent enfin, au sommet, 2-400™ de roche siliceuse («calcaire et silex à Produc- 
tus » de Nordenskiôld) d'une grande richesse en fossiles. Comme Hinde^ l'a prouvé, 
c'est là un dépôt purement organique, ayant son origine dans des spongiaires. Parmi 
sa faune de brachiopodes, il convient de signaler: Productus cancriniformis, Tschtm., 
Pr. postcarbonarius, Tschtm., Derbya senilis, Phill., Spirifer alatus, Schloth., Sp. 
fasciger, Keys., qui tous, de concert avec les spongiaires, sont cause que Tscher- 
nyschew considère le silex à Productus du Spitsberg comme un équivalent de 
l'étage Artinskien de l'Oural et ciu Timan. 

Nous n'avons que des notions peu abondantes sur le système carbonifère dans 
le district levé par la Mission. Blomstrand mentionne que les roches de la Presqu'île 
Brôgger consistent pour la majeure partie en calcaire et en quartzite, en couches 
inclinées à 20-3o° vers le sud-ouest"^. Les fossiles collectionnés par lui dans cette loca- 

■ Th. Tschernyschew, Ueber Artinsh iind Carbon-Schwdmme vom Ural und vont Tirna». St.-Pétersbourg 
1899. Verhandl. der Russ.-Kais. Min. Ges., sér. 2, vol. ?6, cah. I, p. 46. 

Th. Tschernyschew, Die obercarbonischen Brachiopoden des Ural und des Timan. St.-Pétersbourg 1902. 
Mém. du Comité géologique, vol. XVI, n° 2, cah. I, p. 688. 

" A. Goës, Om Fusulina cylindrica Fischer frân Spetsbergen. Stockholm 1884. Vet.-Ak. Ôfvers. Année 
40, i883, no 8, p. 29-35. 

A. G. Nathorst, Redogorelse fur den till.^aiiniians med G. De Geer âr i S82/ôretjgna geologiska expedi- 
tionen till Spetsbergen, 1. c. 

H. V. Staff et R. Wedekind, Der oberkarbone Foraminiferensapropelit Spitjbergens. Upsala 1910. 
Bull. Geol. Inst. Upsala, vol. 10, p. 181. 

' G. J. Hinde, On the chert and siliceous schists of the Permo-Carboniferous strata of Spit^^bergen, and 
on the characters 0/ the Sponges therefrum, which hâve been described by E. von Dunikowski. Geol. Mag. 
London, (3), vol. 5, 1888, p. 241-251. 

* Blomstrand, 1. c, p. 27-28. 



— ip — 

lité (à proximité du Havre Coal) sont signalés par Nordenskiold '. Ce sont les uns 
des Euomphalus et des Cyathophyllum en roche solide, les autres des fossiles du silex 
à Productus, provenant peut-être d'un bloc détaché. Comme aflleuremcnt, le cal- 
caire à Cyathophyllum est seul certain. J. G. Andersson mentionne le Spirifer mos- 
quensis, Fischer, de la Baie King'. Mais d'après Tschernyschew, on doit là avoir 
affaire au Sp. cf. Fritschi, Schellw., appartenant au calcaire à Schwagerina (calcaire 
à Spirifères du Spitsberg), qui doit donc se trouver aussi sur la Presqu'île Brôgger. 

Pendant l'expédition de 1907, j'ai été à terre en trois endroits de la Presqu'île 
Brogger. L'un des points est situé à proximité du rivage en contre-bas du sommet 
de 779", à un ou deux kilomètres du front du Glacier King. Au rivage même affleure 
tout en bas un calcaire brun gris avec de nombreuses lentilles de silex formant sou- 
vent des couches entières. Par-dessus viennent un calcaire rougeâtre et une roche 
siliceuse bleu d'acier, en couches alternatives ayant un décimètre d'épaisseur. De 
nombreuses géodes se trouvent dans le calcaire et dans la roche siliceuse, sur une 
épaisseur d'un ou deux mètres. Puis vient un calcaire gris homogène, qui a lui aussi 
un mètre ou deux d'épaisseur. Ensuite vient un calcaire gris compact avec 
rognons siliceux. De nombreuses géodes se rencontrent aux parties inférieures de 
cette couche. Sa puissance est d'environ 60"", son inclinaison d'environ 18° vers le 
sud. Ces couches font sans nul doute partie des couches inférieures du calcaire à 
Cyathophyllum. 

De la lagune située en arrière di>Quade Hoek, je fis l'ascension du rocher jus- 
qu'au point situé à 204". Ici la roche était un calcaire gris ou brun gris avec de 
nombreux rognons siliceux. Son plongement à proximité de la station de 204'" était 
de 1 5° vers le sud-sud-ouest. Comme fossiles on trouva entre autres un bel exem- 
plaire de Syringopora, prouvant que ce calcaire appartient lui aussi au calcaire à 
Cyathophyllum. 

Au côté sud-ouest de la Presqu'île Brôgger, on rencontre à proximité de la mer 
une large plate-forme d'abrasion, recouverte de gravier. Ici l'on voyait en plusieurs 
points des crêtes saillantes d'un conglomérat quartzeux avec fragments bien arrondis 
de quartz blanc, pouvant atteindre la grosseur d'une noix, soudés par un ciment 
siliceux. Les couches étaient à plat, ou très faiblement inclinées. De la plaine, le 
rocher s'élève abrupt. Au S'^' Kiaer on apercevait le profil suivant : Au point le plus 
bas, un conglomérat calcaire avec blocs à arêtes vives pouvant atteindre la grosseur 
de la tête. La plupart d'entre eux consistaient en calcaire et en une roche siliceuse : 
comme ciment, du calcaire. Par-dessus venait d'abord une couche peu puissante de 
silex, et enfin du calcaire gris avec rognons siliceux. 

Je ne pus décider quel rapport existait entre le conglomérat quartzeux et le 
conglomérat calcaire, le terrain étant par trop couvert. Le conglomérat quartzeux 

■ A. E. NordenskiSld, Utkast till Spetsbergens geologi, 1. c, p. i5. 
' J. G. Andersson, 1. c, p. 262. 



20 



ressemble aux conglomérats que Ton rencontre dans risfjord^ dans les couches du 
Culm. En revanche, le conglomérat calcaire est tout à fait différent de ces derniers, 
et se distingue en ce qu'il contient des blocs appartenant aux formations marines du 
terrain carbonifère. Par-dessus le conglomérat calcaire vient le calcaire typique à 
Cyathophyllum. 

Système tertiaire. 

Sur d'autres points du Spitsberg, le terrain carbonifère est surmonté de couches 
permiennes marines, et celles-ci à leur tour de couches triasiques marines, après 
quoi suivent des sédiments jurassiques marins et terrestres. Par-dessus ceux-ci, il y 
a des couches tertiaires qui, suivant Nathorst ' et G. Nordenskiold, se répartissent 
comme suit : 

Au sommet, plus de 3oo™ de sédiments limnéens avec charbons et plantes 
terrestres. Au-dessous, environ 800™ de grès marins, de couches de schistes argileux 
elc. avec coquillages marins. Enfin, tout en bas, 30'" de couches contenant de la 
houille et des plantes. 

Le permien, le trias et les étages jurassiques sont absents dans le territoire qui 
fait l'objet du présent levé. Par contre, la présence du terrain tertiaire a été consta- 
tée en un ou deux endroits, dont l'un est au voisinage de la maison d'habitation au 
côté sud de la Baie King. On y a trouvé du charbon dès le commencement du xvu' 
siècle, et ce charbon a été mentionné par plusieurs voyageurs. Mais la formation 
n'a été étudiée méthodiquement que par Blomstrand en 1861 ". C'est à sa description 
que j'emprunte ce qui suit. Le territoire bas, traversé par des torrents glaciaires, 
situé à proximité du Havre Coal, se compose de couches fortement dressées, orien- 
tées vers le nord 3o° ouest. Le sol rocheux est partout recouvert de détritus, et la 
roche solide n'est visible que dans les falaises du rivage et les rives des cours d'eau. 
Dans ces dernières Blomstrand a réussi à constater l'affleurement de la couche de 
houille, qu'il a pu suivre sur une longueur de plus de 2 kra. L'esquisse et la coupe 
(PI. xxiv), empruntées au travail de Blomstrand, rendent compte de la situation. 

Au plus loin vers l'ouest, et immédiatement à proximité de la houille, tant au- 
dessus qu'au-dessous et pour une part entre les couches de houille, se présente le 
grès, qui tantôt est d'un brun assez foncé, avec d'abondantes empreintes de plantes, 
et tantôt plus grossier et plus clair, en même temps que moins riche en fossiles. 
Après cela le grès passe à un conglomérat à grains grossiers, avec fragments d'un 
schiste argileux noir et dur. Les couches de houille, qui suivent immédiatement 
après, et qui sont à peu près verticales et faiblement courbées, sont séparées les unes 
des autres par un schiste noir^ dur et riche en carbone. A l'est de la couche princi- 

' Nathorst, dans Suess, Antlit:( der Erde, 1. c, p. 84. 
' Blomstrand, 1. c, p. 29. 



2X — 



pale, le terrain était couvert, mais probablemennt composé de grès, et par-dessus 
ce grès, d'une couche d'environ 80'" d'un schiste argileux clair, gris bleuâtre, alter- 
nant avec des couches plus ou moins épaisses, partie d'un schiste dur et gris noir, 
passant à l'air au jaune rougeâtre, et partie d'un schiste marneux gris foncé. Par- 
dessus les schistes argileux suit une roche verte, à faciès de grès, exempte de débris 
organiques. Cette roche se prolonge jusque sous le glacier. Dans les montagnes 
situées plus loin vers l'intérieur, on trouve des dépôts carbonifères. 

Il était difficile de se fixer d'une façon absolue sur la puissance des couches de 
houille, cela en raison des matériaux détachés, leur servant de couverture. Il était 
toutefois visible que les couches variaient suivant les endroits tant comme puissance 
que comme plongement, et en ce qui concernait la nature même du combustible. 
On voit par la coupe conduite par le point i, qu'ici les couches supérieures de houille 
ont une puissance d'environ 65'''" et sont inclinées presque à pic vers le sud-ouest. 
Les couches figurant sous la marque K' sont bien plus rapprochées de l'horizontale. 
Au point 3, Blomstrand réussit à mettre la couche à découvert sur une longueur d'au 
moins 2"" 5, avec une inclinaison d'environ 60° ; d'après cela l'épaisseur serait de 2'°2. 
Cette couche est probablement la continuation de celles marquées a, b etc, les grès 
intermédiaires s'étant amincis en pointe. La plus belle houille a été trouvée auprès 
du point 4. Ici le charbon était d'un noir brillant avec cassure conchoïde et esquil- 
leuse. Elle briàle avec grande facilité, avec une forte flamme jaune, et se transforme 
presque intégralement en cendre. 

Cependant ce charbon ne se prêterait peut-être qu'^avec peine à une exploitation 
rationnelle. Certes, la couche est située commodément dans les terrains bas, à pro- 
ximité de la mer, et le port serait excellent pour de petits navires. Mais d'autre part, 
le plongement n'est pas très heureux, la Baie King se vide tard et est souvent pleine 
de produits du vêlage ; en outre, il se produira fréquemment des progressions de 
glacier, qui pourraient provoquer la couverture de tout le gisement. 

Les fossiles collectionnés par Blomstrand ont été décrits par Heer'. La grande 
masse est formée par de VEquisehim arcticum, Hr. ; les autres espèces sont rares : 
ce sont : Sphenopteris Blomstrandi, Hr., Thiiites Ehrensvàrdi, Hr., Junipertis rigida, 
Hr., Pinns abies, L., Poacites Torelli, Hr., Najas stricta, Hr., Sagittaria hyperborea, 
Hr., Iris latifolia, Hr., Populiis Richardsoni, Hr., Njmphœites Thulensis, Hr., Tilia 
Malmgreni, Hr., Carpolithes oblongus, Hr. 

Tout comme le reste de la flore tertiaire du Spitsberg, cette fîore est suivant 
Heer d'âge miocène, et les gisements doivent appartenir à l'horizon le pins bas de 
ceux établis par Nathorst et contenant des plantes. Comme partout ici, les couches 
tertiaires sont entourées de couches carbonifères, il est probable que Ton a ici affaire 
à une petite partie affaissée de l'écorce terrestre. 

' Osw. Heer, Die miocène Flora uiid Fauna Spit^bergens. Miteinem Anhang uber die diluvialen Ablage- 
rungen Spit^bergens. Stockholm 1870. Vet.-Ak. Handl., vol. 8, n» 7. 



22 



Sur la partie nord de la côte orientale du Prince Charles Foreland, Bruce' a 
prouvé l'existence de couches contenant des plantes tertiaires. Nathorst déclare que 
les fossiles trouvés proviennent de Thorizon inférieur situé à la base des terrains 
tertiaires (Lee, 1. c, p. i5o). Ceux-ci semblent reposer directement sur les couches 
de THecla Hoek. 

Système quaternaire. 

On ne connaît au Spitsberg aucun dépôt intermédiaire entre les couches mio- 
cènes supérieures avec lîore fossile et les dépôts de l'époque des glaces quaternaires. 
Nous ne savons par suite pas comment la transition s'est faite entre le climat tem- 
péré de l'époque miocène et le climat polaire de l'époque quaternaire. 

La majeure partie du district représenté par la carte appartient au horst dévo- 
nien mentionné ci-dessus. Ainsi que j'y reviendrai plus tard, ce dernier doit sans 
aucun doute être caractérisé comme une pénéplaine transformée par une forte éro- 
sion. Son âge est probablement tertiaire. Après avoir été formé, ce terrain fut, dans 
une période ultérieure de l'époque tertiaire, l'objet d'un puissant soulèvement, 
mesurant plus de 1400". Concurremment avec ce soulèvement, ou en tout cas 
aussitôt après, le climat tertiaire tempéré du Spitsberg fit place à un climat arctique, 
et une couverture composée de glaciers commença à se former sur la pénéplaine 
ainsi soulevée. La couverture glaciaire gagna de plus en plus en étendue et en 
puissance, si bien que le Spitsberg finit par être recouvert partiellement au moins 
d'un inlandsis, dépassant de beaucoup les limites de l'archipel. 

On a sur plusieurs points des marques de cette vaste extension des glaces. L'Ile 
des Danois et les autres îles situées à l'angle nord-ouest du Spitsberg sont différentes 
en cela de la terre ferme, comme usées et leurs sommets ont des formes plus ou 
moins arrondies. Ces îles ont une topographie de fjeld'^. Tandis que ces formes ont 
partout disparu sur la terre ferme sous l'action des glaciers locaux d'origine ultérieure, 
qui ont accentué les formes, le vieux relief produit par l'inlandsis, s'est maintenu 
sur l'Ile des Danois, attendu qu'aucun glacier local n'est venu ultérieurement le 
détruire (PI. i, i, 11' p.). 

Des restes de vieilles surfaces du même genre que sur l'Ile des Danois, rabotées 
elles aussi par les glaces, se retrouvent également en plusieurs points sous forme de 
terrasses existant sur les flancs des vallées. C'est là ce qui se manifeste tout spéciale- 
ment à l'extrémité méridionale du côté ouest de la Presqu'île du Roi Haakon 
(PI. II, 2). Depuis le point situé à 660" d'altitude, la paroi de la vallée oblique 
avec une faible pente et une surface régulière une couple de loo"" en descendant, 

' W. s. Bruce, Prince Charles Foreland. Scottish Geogr. Mag. March 1907. 

G. W. Lee, Notes on fossils from Prince Charles Foreland. Edinburgh 1908. Proc. Roy. Phys. Soc. 
Edinburgh, vol. XVII, no 4. 

' Emmanuel de Martonne, Traité de géographie physique. Paris 1909. P. 62 5. 



— 23 — 

puis vient une arête vive, après quoi la roclie plonge à pic dans la mer avec une sur- 
face fortement ridée et inégale. 

Des conditions analogues régnent dans les montagnes situées au nord-est de la 
Baie Cross, et sur plusieurs points le long des Sept Glaciers et sur l'Ile Norway 
intérieure (PI. xvni, i, ii*^ p.). 

Je puis en connexion avec ce point mentionner une importante trouvaille de 
blocs erratiques, qui a été faite en 1909 par G. Holmsen ', dans la presqu'île située 
entre l'Isfjord et le Bellsund. On trouva sur un sommet de 650"" un bloc erratique 
de granit, il paraît prouvé que ce bloc a dû venir, soit du nord-nord-ouest, de la 
région de Smeerenburg, soit du nord-est, de la région située à l'est de la Baie Wijde 
et de la Baie Klaas Billen. Dans tous les cas, cette trouvaille impliquerait qu'à une 
époque antérieure la partie nord-ouest du Spitsberg a dû être entièrement recouverte 
d'une puissante couche de glace, sur laquelle aucun nunatak ne faisait probable- 
ment saillie. L'inlandsis s'est donc certainement étendu bien loin en dehors des 
limites de l'archipel. 

Dans le district qui fait l'objet du levé, des blocs erratiques ont été trouvés sur 
plusieurs points. Au sommet de la Presqu'île Blomstrand, à 374™ d'altitude, on 
trouve quantité de blocs erratiques composés de granit et de schistes de l'Hecla 
Hoek. Ces blocs fournissent les preuves d'une couverture de glace tout à fait puissante. 
La Baie Cross qui est située à proximité delà Presqu'île Blomstrand, a une profon- 
deur allant jusqu'à SyS™ : la couverture de glace a donc pendant un certain temps 
eu une épaisseur d'au moins 7-800™. Cette puissance correspond exactement à celle 
que De Geer a trouvée sur la côte est du Spitsberg% et par suite les trouvailles de blocs 
mentionnées par lui, et celles dont je vient de parler ici, pourraient bien remonter à 
la même période de l'âge glaciaire. 

Le fait qu'on est en droit de distinguer une sous-période comme celle dont je 
viens de parler, semble d'ailleurs résulter des conditions morphologiques autour de 
la Baie Cross. Si l'on considère le côté est de cette baie, on reconnaît qu'il y a une 
grande différence entre les fîancs du fjord au-dessous et au-dessus de 35o-400'". Au- 
dessous, les flancs du fjord se présentent à pentes régulières et à formes arrondies ; 
au-dessus, les formes de montagne sont fortement dentelées et déchirées, ce qui a 
valu au Spitsberg le nom qu'il porte (PI. 11, i à gauche, PI. vi, i et PI. ix, i à gauche, 
i" p.). Je crois que la courbe de niveau située entre 35o et 400™ indique la hauteur 
atteinte par les glaces au cours de cette période; car il semble qu'on ait là, non 
seulement une limite topograghique, mais c'est en même temps la limite supérieure 
de l'apparition fréquente des blocs erratiques. Il est clair qu'à cette époque on a dans 
l'intérieur un inlandsis, qui envoyait des glaciers vers les fjords, à peu près comme 
cela se passe actuellement au Grônland. 

• Gunnar Holmsen, Meine Spit^bergen-Expedition igog. Petermanns Geogr. Miit. 1910, cah. IV, p. 201. 
' G. De Geer, Om ôstra Spetsbergens glaciation under isiiden. Stockholm igio. Gcol. For. Fôrh., vol. 12, 
p. 417. 



— 24 — 

Je signalerai pourtant ici qu'il convient d'être excessivement prudent, quand il 
s'agit d'exprimer sur l'extension de la couverture de glaces une opinion basée sur 
la forme des montagnes. Le pays est, comme nous le savons, relativement très 
glacé encore. Les sommets faisant saillie sur les glaciers auront par suite des formes 
aiguës, et là même où l'on n'a que de petits glaciers locaux, les crêtes formant les 
limites entre ces derniers seront excessivement aiguës et dentelées. Le temps écoulé 
depuis que l'inlandsis a quitté le Spitsberg, a certainement été tellement long, que sur 
la plupart des points les petits glaciers auront eu tout le temps nécessaire pour 
détruire les formes arrondies laissées par l'inlandsis. 

On ne retrouve naturellement pas de vieilles moraines imputables aux périodes 
que je viens de mentionner, attendu qu'à ces époques, les glaciers débouquaient en 
dehors du continent actuel, et parce que la plupart des glaciers de la présente époque 
ont aussi leur issue à la mer ou dans son voisinage. 

Le long de la côte des Sept Glaciers, j'ai cependant réussi à trouver une vieille 
rangée de moraines. Celle-ci se trouve sur la lisière basse et étroite située entre 
l'océan et les montagnes abruptes de la côte. Elle a été observée au côté nord 
de la Baie Hamburger, au nord du Glacier N° 7, sur une longueur totale ininter- 
rompue de I km., le long du côté sud du Glacier N° 6, autour de la pointe séparant 
les Glaciers N° 6 et N° 5, et sur une certaine étendue au côté nord du Glacier N° 5. 
De la mer j'ai vu la même moraine au côté nord du Glacier N° 3, s'étendant au 
nord vers le Glacier N° 4. Elle existe aussi presque ininterrompue entre les Glaciers 
N° 2 et N° I. La moraine a jusqu'à 5o'" de hauteur et loo"" de largeur, et est parfois 
en deux étages. Elle doit évidemment remonter à une époque où les Sept Glaciers 
formaient un seul ensemble du bord actuel de la côte. On avait alors ici un puissant 
glacier du type Malaspina, qui recouvrait tout le terrain plat formant actuellement 
le fond de la mer s'étendant au dehors et ayant une faible profondeur aune distance 
considérable de la côte. Le front du glacier avait une longueur d'environ 40 km. 

Cette moraine remonte clairement à une période relativement récente. L'ex- 
tension des glaciers n'a pas dû être alors beaucoup plus grande qu'elle ne Test main- 
tenant. 

Les stries glaciaires fournissant la preuve de cette extension plus grande de la 
glace, sont très rares ici en raison de la violente décomposition mécanique auxquelles 
ces montagnes sont exposées. Je n'en ai pas trouvé en dehors de l'entourage immé- 
diat des glaciers actuels, et elles n'ont d'ailleurs pas été décrites par les auteurs plus 
anciens comme existant dans cette région. 

Quant aux changements postérieurs survenus dans le climat du Spitsberg, des 
indications nous sont fournies par les fossiles conservés dans les terrasses ciui ont 
été soumises au soulèvement. Mais avant de décrire leur faune, je vais passer en revue 
les changements de niveau survenus pendant la période quaternaire, tels qu'ils 
peuvent être documentés par les lignes de rivage en roc solide, les terrasses de gra- 
vier et les formes de la côte. 



— 25 — 

Les plaines côtières. — ■ Le long de toute la partie des côtes du Spitsberg, que 
j'ai eu l'occasion d'examiner, depuis l'Isfjord jusqu'à la Baie Wood, la côte est, entre 
la mer et la montagne, environnée d'une bordure de terres basses, au-delà desquelles 
la montagne s'élève brusquement et en partie verticalement, formant une falaise 
bien prononcée (PI. xiv, 2, 1" p.) Au point de 204"', au sud de la Baie King, cette 
falaise est spécialement bien caractérisée ; elle forme ici une paroi verticale de i5o"'. 
(PI. X, 2 à droite et PI. xin, 2 à droite, \" p.). 

La limite entre la plaine et la montagne est souvent cachée par des terrasses 
quaternaires marines ou par des éboulis. xMais elle se présente aussi souvent avec 
une grande acuité, et à une certaine distance on reçoit toujours l'impression d'une 
limite très prononcée (PI. xvi, 11" p.). 

Ces plaines côtières ne font défaut qu'à l'intérieur des fjords, par exemple à 
l'intérieur de la Baie Cross, où elles s'étendent jusqu'au Glacier du 14 Juillet et 
jusqu'au nord du Port Ebeltoft. Elles deviennent de plus en plus étroites au fur 
et à mesure qu'on pénètre plus avant, et elles finissent par disparaître. Elles sont 
parfois fortement développées le long des détroits ; ainsi elles atteignent le long du 
Détroit du Foreland, large de 10 à 20 km., une largeur considérable des deux côtés 
du détroit. Elles atteignent leur développement maximum sur les pointes saillantes, 
par exemple à l'angle nord-est du Prince Charles Eorcland, au Quade Hoek, au Cap 
Guissez et au Cap Mitre (PI. v, i). 

A conditions égales d'ailleurs, elles sont d'autant plus larges que les roches sont 
plus tendres, par exemple, des calcaires carbonifères et des schistes de l'Hecla Hoek, 
plus étroites lorsque ce sont les roches dures qui dominent. On trouve un excellent 
exemple de ce fait sur la côte située entre le Cap Mitre et la Baie Magdalena. Du 
premier de ces points jusqu'au Glacier N° i, la montagne est composée des roches 
facilement délitables de l'Hecla Hoek. Ici la plate-forme a de 2 à 4 km. de largeur. 
Plus au nord viennent les granits et gneiss très résistants du terrain archéen, et ici, 
sauf des deux côtés de l'entrée de la Baie Hamburger, où il a de 3oo à 400'" de lar- 
geur (PI. XVI, 2, 1" p.) la plaine côtière dépasse à peine .sur aucun point une largeur 
de 100"" et en quelques endroits elle manque tout à fait (PI. xvi, i" p., PI. ni, 2 et PI. 
XV, I, If p.). La plaine a par contre un développement puissant et tout à fait typique 
dans la partie sud du Prince Charles Foreland, où elle s'étend de côte en côte sur 
une largeur de 4,5 à g, 5 km. ; sa longueur est de i5 km., et elle est bornée, tant au 
nord qu'au sud, par de hautes montagnes. Ici encore, la montagne est composée de 
phyllades et de calcaires très facilement délitables et faiblement métamorphisés, avec 
quelques lentilles et couches de quartzites formant des dos d'une faible hauteur. 
Presque partout la roche solide apparaît à la surface, uniquement recouverte d'une 
couche de matériaux détachés du sous-sol par la gelée. Çà et là se trouvent aussi 
de longs cordons littoraux dirigés du nord au sud, et s'élevant à 2-3'" au-dessus de la 
surface de la plaine. En 1909, l'ingénieur KoUer de l'expédition Isachsen a fait un 
nivellement en travers du milieu de la plaine. La plaine s'élève de la côte est vers 

H. 4- 



— 26 — 

Touest et de la côte ouest vers Test, mais le point culminant du nivellement, qui 
se trouve à i6'"3 au-dessus du niveau delà mer, est beaucoup plus éloigné de la côte 
ouest que de la côte est (4,6 km. contre i,g5 km.). 

Aux endroits où la plaine est bordée par des montagnes, elle s'élève lentement 
depuis la côte jusqu'au rocher. Quant à l'altitude au bord intérieur, elle est généra- 
lement assez difficile à fixer exactement, la plaine étant ici le plus souvent recou- 
verte de matériaux meubles, gravier et sable, formant des terrasses. A la partie 
méridionale du Prince Charles Foreland, la limite entre la plaine et la montagne 
(c'est-à-dire la partie la plus élevée de la plaine) est située à 3o™ environ au-dessus 
du niveau de la mer. A l'extrémité est de la base, à l'ouest du Pic Grimaldi, on 
trouve une falaise d'environ 20"" d'altitude en roche solide. De là la plaine s'élève 
lentement vers l'est jusqu'à 35" environ, mais est ici, comme d'ordinaire, recouverte 
de terrasses plus jeunes. Avec des conditions ascensionnelles à peu près pareilles 
à celles du Foreland, le bord interne de la plate-forme devrait se trouver à 25"' 
environ d'altitude. Nous pouvons donc admettre que, depuis la pointe sud du 
Foreland jusqu'à la Baie Cross, le bord intérieur de la plaine est à 25-3o'" d'altitude. 

La plate-forme est burinée dans des couches appartenant aux systèmes les plus 
divers ; le long des Sept Glaciers dans des roches faisant partie du terrain archéen, 
au sud du Glacier N° i, dans la Baie Cross et dans la partie sud du Foreland dans 
celles du schiste de THecla Hoek, sur la Presqu'île Brôgger dans celles du système 
carbonifère : des schistes, des conglomérats et des calcaires, et à l'angle nord-est du 
Foreland dans celle du grès et conglomérats tertiaires. Le long de la côte des Sept 
Glaciers, la surface est couverte de moraines, et sur plusieurs points elle a au-dessus 
d'elle de puissantes terrasses, par exemple au côté sud-ouest de la Presqu'île 
Brôgger. Ces terrasses sont certainement composées de matériaux de moraines 
restratifiés. 

En ce qui concerne la formation de ces plaines. De Geer a établi une théorie, 
suivant laquelle il s'agit d'une vieille plaine de dénudation protégée par des disloca- 
tions. Des failles devaient leur servir de limite dans la direction des montagnes 
avoisinantes. Je n'ai pas réussi à mettre cette théorie d'accord avec les observations 
que j'ai pu faire moi-même. 

Je crois, d'après l'ensemble de sa configuration et de sa situation, que cette plaine 
est l'œuvre des brisants, c'est une plate-forme d'abrasion dans le sens donné à ce 
mot par Richthofen. Ce qui parle spécialement en faveur de cette opinion, c'est 
que la plaine est d'une régularité parfaite. Elle est bien plus plane que la plaine 
côtière de Norvège ne l'est généralement. Sur tous ces endroits où j'ai vu de ces 
surfaces, la mieux découverte est celle située à la partie sud du Prince Charles 
Foreland. Ici, de la roche solide fait fréquemment son apparition à la surface sur 
de grandes longueurs, et l'on peut s'assurer que sa parfaite régularité n'est point 
due à des matières meubles qui se seraient déposées ultérieurement. De plus la limite 
si tranchée entre la plaine et la montagne milite en faveur d'une abrasion marine. 



— 27 — 

C'est ce qui résulte aussi du profil préccdcmmcnt mentionné delà plaine du Fore- 
land avec sa ligne de partage située plus près de la côte est que de la côte ouest. 

Ce qui prouve bien pour moi que les failles n'ont joue aucun rôle important 
pour la formation des plaines, c'est qu'on peut en plusieurs endroits observer que 
les mêmes roches font leur apparition dans la plaine et plus haut dans la montagne. 

Pour ce qui est de l'âge de la plaine, on sait avec certitude qu'elle est post- 
miocène attendu que les roches miocènes au côté sud de la Baie King appartiennent 
à cette plaine. Je crois aussi qu'elle est plus récente que l'âge du développement maxi- 
mum des glaces : il semble impossible qu'une plaine puisse conserver une égalité si 
parfaite qu'elle l'est ici, après qu'elle a été traversée par un inlandsis. Je la considère 
aussi comme étant postérieure à l'excavation des fjords qui a évidemment eu lieu par 
l'action des glaciers. Les transformations des formes du terrain qui ont eu lieu 
pendant et après la formation des fjords ont elles-mêmes un caractère si capital 
quelles auraient suffi à transformer tout autrement la surface régulière de la plaine. 

Il y a plusieurs faits qui semblent prouver que la plaine a été formée dans un 
territoire déjà dénudé et érodé par les glaciers : c'est ainsi que sur le Prince Charles 
Foreland il y a en plusieurs endroits des territoires à surface inégale entre la plaine 
et la montagne, allant de 3o à loo"" d'altitude. Il en est de même de la Plaine Dieset 
qui, dans sa partie septentrionale, opère vers l'est son passage à la Vallée Signe où 
la hauteur de la ligne de partage ne dépasse pas 40", mais où le fond de la vallée 
abonde en roches moutonnées, indiquant un mouvement glaciaire allant d'est en 
ouest. Si après la formation de la Plaine Dieset un glacier s'était rendu de la Baie 
Lilliehôôk, par la Vallée Signe, à la côte ouest, il aurait nécessairement laissé des traces 
dans la plaine. Comme il n'en a pas laissé, il faut donc que le glacier, qui on le sait 
a passé par la Vallée Signe, y ait passé antérieurement à la formation de la Plaine 
Dieset. 

La plaine a été formée dans un temps où les glaciers étaient moins étendus qu'ils 
ne le sont maintenant. 

Ce qui milite en faveur de cette opinion, ce sont les puissants glaciers du type 
Malaspina, qui s'étendent entre la Lagune Richard et le Ferrier Haven, et qui don- 
nent l'impression qu'il reposent sur cette surface. Du bord oriental à pic de la crête 
rocheuse qui règne ici, descend une foule de petit glaciers, qui forment par leur 
réunion un vaste glacier plat comme une assiette, dont le front a une longueur de 
12,5 km., avec une distance moyenne de 2km. au moins entre le pied de la montagne 
et le front du glacier. Sur cette largeur, le glacier s'élève en pente jusqu'à 200"". 
Tant au nord qu'au sud du glacier, la surface d'abrasion est bien nette. A peu 
près au milieu du front du glacier, on trouve une région dénudée ayant quelques 
centaines de mètres en longueur et en largeur, vers le voisinage de la mer. Ici encore, 
on rencontre à la surface, la roche solide faisant saillie partout ' . C'est pourquoi je crois 

■ D'après observations faites en 1909 (Expédition Isachsen). 



— 28 — 

que tout ce glacier remarquablement plat est situé sur la plaine côtière, qui doit donc 
avoir été formée à une époque où la couverture glaciaire était moins considérable 
qu'elle ne l'est maintenant. 

Mais d'autre part, après la formation de la plaine, il y a eu une période où la 
glaciation était plus considérable qu'à présent. C'est ce qui résulte des blocs errati- 
ques et des moraines que l'on trouve sur plusieurs points, par exemple à l'extrémité 
sud-est de l'Ile des Danois (PI. m, i, i" p.). 

Les circonstances géologiques relatives à cette plaine côtière montrent que la 
couverture glaciaire a varié considérablement au Spitsberg et que la plaine a été 
formée par abrasion marine, à une époque où la glaciation était relativement peu 
considérable. 

L'opinion exprimée plus haut sur l'époque de la formation de la plaine côtière 
a été précédemment formulée par Nansen pour des plaines semblables '. 

Terrasses soulevées et lignes de rivages. — Nous trouvons, comme appartenant 
à une époque bien postérieure à la grande plate-forme d'abrasion, une série de ter- 
rasses composées de gravier, et de lignes de rivage en roche solide. Ces terrasses 
peuvent parfois avoir une grande largeur, atteignant o,5-i kilomètre. Elles sont situées 
par-dessus la plate-forme d'abrasion que j'ai mentionnée plus haut, et sont composées 
en majeure partie de graviers roulés. On trouve pourtant fréquemment à leur surface 
des pierres à angles aigus, provenant soit de ce que la gelée aura fait éclater des pierres 
primitivement arrondies, soit de ce que, pendant les inondations, les courants auront 
transporté des éboulis à la surface. J'ai levé ces terrasses et ces lignes de rivage sur 
une série de points. Ces mesures ont été effectuées à laide de 2 ou 3 baromètres 
anéroïdes, et la plupart des terrasses ont été mesurées à diverses reprises. Les alti- 
tudes ont été calculées subséquemment, en tenant compte de la température et de la 
pression atmosphérique. Les altitudes, au moins celles inférieures à 100"' doivent 
donc pouvoir être considérées comme exactes à i ou 2™ près. Les terrasses et les 
lignes de rivage ainsi mesurées peuvent être réparties sur 6 niveaux différents. Je 
vais décrire ces terrasses en commençant parle sud et en continuant vers le nord. 

Au côté sud-ouest de la Presqu'île Brôgger, en partant du M' Kiasr et en allant 
au sud-est vers la Baie English, on trouve trois terrasses caractéristiques. En partant ' 
de la mer, la côte monte à pic par une falaise atteignant 2o-3o"' de hauteur. Le pied 
de la falaise est composé de roche solide, et par-dessus jusqu'à 18" de gravier roulé, 
formant 3 terrasses successives. La plus basse est à 28™ d'altitude. La terrasse inter- 
médiaire est à 36™ de hauteur ; elle est parfaitement plate (PI. v, 2), et est la pluslarge 
des trois, attendu qu'elle occupe la plus grande partie du territoire bas entre la mer 
et la montagne. Enfin vient la terrasse la plus élevée qui n'apparaît que par fragments 
isolés le long de la montagne, avec une altitude de 55'" et une largeur de 30-40". 

' Fridtjof Nansen, The Bathymetrical Features of the Nortli Polar Sea, n'ith a Discusssion oj the Con- 
tinental Shelves and Previoiis Oscillations of the Shoreline. Christiania 1904. The Norwegian North Polar Exp. 
Se. Results. Vol. IV, no XIII. 



— 29 — 

Au sud-est du Quadc Hoek j'ai mesuré une terrasse culminante, ayant 53'°. Il 
est clair que c'est là la même terrasse qui occupe un point culminant au M' Kiœr ; 
mais comme il était diflicile au Quade Hoek de relever le bord interne de la terrasse, 
il est probable que 55"' est le chiffre réel. 

A l'ouest du Port Blomstrand, nous trouvons également 3 terrasses de gravier 
bien caractérisées. Contrairement à ce qui a lieu à la Presqu'île Brogger, on trouve 
ici une côte plate avec des lagunes. En partant de la mer, le terrain s'élève vers l'in- 
térieur jusqu'au pied de la première terrasse, qui se trouve à 3'" environ au-dessus 
du niveau de la mer. De la le terrain s'élève presque à pic, et on arrive ainsi à la 
première terrasse, dont le bord interne est à 14™ d'altitude. Ici se présente de nouveau 
une pente abrupte, conduisant à la deuxième terrasse, son altitude e.st de 28". C'est 
la plus large des trois. Enfin une nouvelle et forte déclivité conduit au sommet de 
la troisième terrasse à 36"" d'altitude. 

La grande plaine située à l'ouest du Pic Grimaldi descend à la mer par une 
falaise. De cette falaise, la plaine s'élève d'abord très lentement vers l'est, dans la 
direction de la montagne, après quoi l'inclinaison devient plus forte, du gravier de 
terrasse s'accumulant à la surface. Ce gravier forme deux terrasses bien marquées, 
Tune à 27"" et l'autre à 34™ d'altitude d'après le levé effectué en 1910 (Expédition 
Isachsen). En arrière de la terrasse inférieure, il s'est formé des lagunes bien carac- 
térisées. 

Au nord du Glacier du 14 Juillet, on trouve une falaise ayant 22" d'altitude, et 
ayant par devant elle une plage de 2-3"' de largeur. Sur cette plage repose un énorme 
bloc de granit arrondi (bloc erratique, PI. h, i'" p.). Immédiatement au-dessus de la 
falaise que je viens de mentionner, on trouve une ligne de rivage en roc solide de 
27"" d'altitude. La ligne de rivage est recouverte d'une couche de gravier avec de gros 
cailloux roulés isolés en granit, allant de la grosseur de la tête jusqu'à i" de diamè- 
tre. Puis vient un bord un peu plus abrupt, après quoi suit une nouvelle ligne de 
rivage en roc solide, ayant une altitude de 34"' au-dessus du niveau de la mer. Tant 
sur le bord abrupt que sur la ligne de rivage, on trouve de nombreux cailloux roulés. 
Après cela vient une pente d'éboulis à pic, composée en majeure partie de gravier 
à angles aigus, provenant de la décomposition mécanique des roches locales, c'est- 
à-dire de quartzite, mêlé aussi çà et là de cailloux roulés. De cette couche de détri- 
tus, on passe à une ligne de rivage en roc solide, situé à io5"' d'altitude. Sur cette 
dernière reposent à leur tour de nombreux cailloux roulés en granit. 

Les lignes de rivage que je viens de mentionner, continuent encore jusqu'à la 
Baie Louis Tinayre, où les lignes les plus distinctes ont 14"* et 34™ d'altitude. 

Sur la P"' Bourée située au nord du Port Ebeltoft, on rencontre une terrasse 
de gravier, de 3o à loo"' de largeur et de 200™ environ de longueur. Son altitude est 
de 34"^. 

Entre le Port Ebeltoft et le Cap Mitre, on aperçoit de la mer plusieurs niveaux 
différents de terrasses ; mais il n'était pas possible de distinguer sur place plus de 



:>o 



deux de ces niveaux, attendu qu'il se produit des passages régulier? de Tun vers 
l'autre. Près de la mer il y a, en général, une falaise de 5-10-20™ de hauteur. Sa 
partie inférieure (2 à 3™), composée de micaschiste à inclinaison ondoyante, est 
recouverte d'une couche de gravier de i5 à 18". La terrasse inférieure mesurait une 
altitude de 27", et la terrasse la plus élevée était à 77"". De la mer on voit aussi au 
côté sud-est du M' Wille et plus haut encore (160-200"), une plate-forme, large de 
150™, ressemblant à une ligne de rivage. 

On retrouve aussi la même nlaine au nord du Port Ebeltoft au point de trian- 
gulation de iSo" ; elle est ici considérablement plus large et a plus d'un kilomètre de 
largeur, ce qui fait qu'elle forme une saillie sur la carte. Une plaine analogue, mais un 
peu plus haute se retrouve au nord-ouest du M' Schetelig ; elle est située entre 200 et 
250"" au-dessus du niveau de la mer (PI. x, 2 à droite, i''" p. et PI. n, i, ii*-' p.). Il est proba- 
ble que ces plaines doivent être considérées comme des plate-formes d'abrasion, mais 
dans ce cas, d'un âge plus ancien que les lignes de rivage et terrasses mentionnés plus 
haut. La différence de niveau entre la plaine du M' Schetelig et celle située à l'ouest 
de la Baie Cross semble indiquer que des mouvements considérables de l'écorce ter- 
restre ont dû avoir lieu depuis qu'elles sont là. 

Sur les caps situés des deux côtés de l'entrée de la Baie Hamburger, on rencontre 
une terrasse de 15" de hauteur, composée dun gravier grossier avec des cailloux 
roulés isolés, ayant jusqu'à o"" 5 de diamètre. Cette couverture de gravier est sans 
nul doute d'assez faible épaisseur. 

Je vais pour terminer insérer ici sous forme de tableau un relevé des altitudes 
des terrasses que j'ai pu constater : 



LOCALITÉS 


ALTITUDE DES TERRASSES 

au-dessus du niveau de la mer 

en mètres 


Baie Hambureer 


i5 
14 


27 

27 
27 
28 

28 


34 

34 

euT. 34 

36 

36 


53 
55 


77 


! 

io5 i 

1 

i 


Au sud du Port Ebeltoft 


Au nord du Port Ebeltoft 


Au nord du Glacier du 14 Juillet 

A l'ouest du Pic Grimaldi 


A l'ouest du Port Blomstrand 


Au sud du Ouade Hoek 


Au côté sud-ouest de la Presqu'île Brôgger 



Comme on le voit, il n'y a pas de différence essentielle entre l'altitude des 
niveaux de terrasse aux différents points. Les différences qui se sont manifestées 



— 3i — 

tiennent, soit à la difTiculté qu'il y a à relever exactement sur le terrain le bord 
interne de la terrasse, soit à des erreurs dans les levés. Ce qui semble résulter avec 
certitude de ces levés, c'est le lait que F altitude de ces niveaux ne varie pas en allant 
du nord au sud ; car, alors même que son ascension eût été assez faible, on eût dû 
constater des changements bien autres sur la ligne de 28 km. s'étendant du Port 
Ebeltoft au M' Kiœr. On peut donc en conclure qu'il doit y avoir quelque part un 
axe de soulèvement, dans le sens du nord au sud, mais ce qu'on ne sait pas avec certi- 
tude, c'est si, comme le pense De Geer ', cet axe de soulèvement est situé dans les 
couches dressées s'étendant le long de la côte occcidcntale, ou bien s'il est dans les 
parties centrales de la contrée. On ne peut à ce sujet rien conclure des levés faits par 
moi, toutes les terrasses que j'ai relevées étant situées à peu de chose près sur un 
même méridien. 

l.a ligne de rivage la plus élevée que j'ai trouvée à loS™ d'altitude ne représente 
pas le niveau le plus élevé, attendu qu'au cours de l'expédition Isachsen de 1909 et 
igio j'ai trouvé des terrasses au sud de la P" Michael Sars qui atteignent de 120 à 
i3o'" d'altitude. 

La faune des terrasses. — L'existence de terrasses soulevées contenant des 
mollusques, a été connue au Spitsberg depuis la visite du géologue norvégien Keilhau 
en 1827. Au cours des expéditions suédoises, on a fait d'importantes collections de 
fossiles quaternaires, et les Russes ont fait de même au cours des missions suédo- 
russes de 1898-1902 pour la mesure d'un arc de méridien. On n'a pas encore publié 
de travail d'ensemble sur les différents niveaux des terrasses ; par contre la faune 
malacologique quaternaire a été traitée en détail par Knipow^itsch ; c'est pourquoi je 
ne me livrerai pas ici à un travail détaillé sur ces matières, mais simplement ren- 
verrai le lecteur aux publications de ce savant^. 

Je passe à l'examen de mes trouvailles de fossiles. 

A l'ouest du Port Blomstrand, on trouve, comme je l'ai déjà dit, 3 niveaux de 
terrasses, et à l'est de ces dernières est situé le Glacier Blomstrand, qui a pénétré 
les terrasses et déposé un double mur de moraines devant lui. Ces moraines sont 
composées de matériaux de terrasses (gravier) mélangés de coquillages. Voir d'ailleurs 
la description du Glacier Blomstrand dans la n' Partie, p. 26. 

' G. De Geer, Die quartaren Niveauverânderungen : der gegenwartige Standpunkt der Frage und Au/ga- 
ben/iir kiinflige Untersuchungen. Helsingfors lyoS. Fôrh. vid nordiska naturforskare-och lakaremotet. Sect. 

IV, p. 39. . , , o 

' N. Knipowitsch, Zoologische Ergebnisse der Russischen Expeditionen nach Spit^bergen im Jahre tSgg. 

Ueber die postpliocaenen Mollusken und Brachiopoden von Spit^bergen. St-Pétersbourg 1900. Bull. Ac. Imp. 

Se. St-Pétersbourg. Sér. V, vol. XII, p. 377-386. 

N. Knipowitsch, Zoologische Ergebnisse der Russischen Expeditionen nach Spit^bergen. Mollusca und 

Brachiopoda II und JII. III. Ueber die postpliocaenen Mollusken und Brachiopoden von Spit^bergen nebst 

einer Ubersicht der recenten und der postpliocaenen Fauna. St.-Pétersbourg 1902. Ann. Mus. Zool. Ac. Imp. 

Se. St.-Pétersbourg. T. VII, p. 424-459. 

N. Knipowitsch, Zoologische Ergebnisse der Russischen Expeditionen nach Spit^bergen. Mollusca und 

Brachiopoda. IV Nachtrag. St.-Pétersbourg 1913, Ann. Mus. Zool. Ac. Imp. Se. St.-Petersbourg. T. Vlll, 

p. 133-143. 



— 32 — 

Des fossiles se rencontrent aussi dans la terrasse la plus rapprochée de la mer. 

Dans la terrasse la moins élevée (altitude : 14""), on a trouvé les fossiles sui- 
vants : 

Macoma calcaria, Chemn., i fragment d'un petit exemplaire. 

Mya truncata. Lin., fragments d'exemplaires de grosseur moyenne. 

Natica clausa, Brod. et Sowb., i exemplaire d'une longueur de 26'""', diamètre 
de la dernière circonvolution 23'"". 

Beladecussata, Couth., \av.finmarchia, Friele, i exemplaire de 8"""' de longueur. 

On a en outre rencontré : 

Balaniis porcatus, da Costa, Darw. 

Pagurus pubescens, Kr0yer, i exemplaire. 

Les fossiles contenus dans la moraine en avant du glacier situé dans le Port 
Blomstrand. à 19" au-dessus du niveau de la mer, étaient les suivants : 

Pecten islandiciis, Mûll., i valve complète, hauteur 49"™, longueur 43"""', et plu- 
sieurs fragments. 

Mytilus ediilis, Lin., i exemplaire, longueur So""™, hauteur 25""". 

Nucula tennis, Mont., i fragment. 

Yoldia hyperborea, Lov., i fragment. 

Aphrodite groenlandica, Chemn., plusieurs fragments appartenant à de petits 
exemplaires. 

Tridonta borealis, Chemn., 2 valves complètes et un fragment. La valve la plus 
grande avait 33"'"^ de longueur et 27'"" de hauteur. 

Nicania Banksii, Leach., var. 2 valves complètes, la plus grande mesurant 
18""" de longueur et 16'"™ de hauteur. 

Astarte Warhami ^Wancock, i exemplaire complet ayant i S"'"' de longueur et 
i3""" de hauteur. 

Astarte compressa, Lin., était très abondante. Un des exemplaires les plus grands 
avait 27™"^ de longueur et so™"" de hauteur. 

Venus fluctiiosa, Gould, était une des espèces les plus communes. Dans l'exem- 
plaire le plus grand, la longueur était de 20"™ et la hauteur de i5™"\ 

Macoma calcaria, Chemn., très abondante en gros exemplaires, atteignant 40""" 
de longueur et 27""' de hauteur. 

Mya truncata. Lin., était l'espèce la plus commune. Elle apparaissait sous une 
forme relativement courte et tronquée court, mais sa coquille était très mince. Un 
exemplaire de moyenne grosseur avait 3g""" de longueur et 29'""" de hauteur ; l'exem- 
plaire le plus gros qui était un peu endommagé, avait 52"™ de longueur. 

Saxicava pholadis, Lin., abondait en gros exemplaires. La plus grosse valve 
avait 43""" de longueur et 23"""' de hauteur. A côté de cette forme relativement haute 
s'en trouvait aussi une plus allongée ; une pareille valve avait 36""" de longueur et 
jjmm ^jg hauteur. 

Buccinum sp., 2 fragments. 



— 33 — 

De plus on a rencontré : 

Protula sp., un fragment. 

Bahvius porcalus, da Costa, Darw., très fréquent. 

Phoca hispida (« snad », phoque à anneau), une mâchoire gauche. 

Lithothamiiiou glaciale, Kjellm., fréquent. De petits individus de Saxicava pho- 
ladis s'y étaient implantés. 

S'éloignant du front du Glacier Lilliehôôk et remontant d'un ou deux kilomè- 
tres, on trouve sur la lisière occidentale une moraine de S-io"" de hauteur, à 60 ou 90"' 
du bord du glacier. Dans cette moraine, Horneman et moi, nous avons collectionné 
les fossiles suivants : 

Mytilus ediilis, Lin., petits fragments. 

Aphrodite groeulandica, Chemn., très fréquente, mais en petits exemplaires. 
La plus grande des valves entières mesurait 27""" de longueur et 24""" de hauteur. 

Tridoitta borealis, Chemn., un fragment. 

Astarte compressa, Lin., i valve de 7°'"' de longueur. 

Axinopsis orbiculata, G. O. Sars, était commune. La plus grosse valve avait 
4°"" de longueur et la même hauteur. Elle n'avait pas été trouvée auparavant dans 
des gisements quaternaires de la côte occidentale. 

Macoma calcaria, Chemn., était nombreuse en petits exemplaires. La plus 
grande valve avait 20"'"' de longueur et iS"""* de hauteur. 

Paiidora glacialis, Leach., une valve de 20'"'" sur 11™". N'avait pas jusqu'ici été 
trouvée fossile au Spitsberg. 

Mya truncata, Lin., fragments d'exemplaires d'une grosseur moyenne. 

Mya truncata, Lin., forma ovata, Jensen, était l'espèce la plus commune. Elle 
apparaissait en petits exemplaires minces. Longueur maximum 23™" et hauteur 
maximum 14"'". 

Saxicava pholadis, Lin., commune. Relativement petite et allongée. L'exem- 
plaire le plus gros avait 3i""" de longueur et 14""™ de hauteur. 

Boreochiton ruber, Lowe, segment de coquille. 

Boreochiton marmoreus, Fabr., segment de coquille. 

On rencontre, s'appuyant directement sur le front du Glacier N° 3, une moraine 
contenant, à 25"' d'altitude, des fragments de Mya truncata, Lin. 

Au fin fond de la Baie Wood se trouve un petit îlot, l'Ile Eider, s'élevant à 2-3™ 
au-dessus du niveau de la mer. Il est composé de grès rouge et est recouvert d'une 
couche de o"'20 à o™3o de gravier, dont les grains sont formés par la roche locale. 
Dans ce gravier se trouvait une abondance de mollusques, dont nous rapportâmes 
les espèces suivantes : 

Mytilus edulis, Lin., était la forme la plus commune, elle se présentait en grandes 
quantités. Le plus gros exemplaire complet mesurait 65""" de longueur et 29""" de 
hauteur ; mais il y avait des fragments d'une grosseur bien plus considérable. 

Tridonta borealis, Chemn., était presque aussi abondant. Le plus gros exem- 
plaire avait 32"'™ de longueur sur 28™™ de hauteur. H. 5. 



- 34 - 

Nicania Bafiksii, Leach, trouvé en 2 exemplaires. Dimensions : 21 """de longueur 
et 19™"' de hauteur. 

Astarte compressa, Lin., 6 exemplaires, dont le plus gros avait SS'""" de longueur 
et 23"^"" de hauteur. 

Saxicava pholadis, Lin., apparaissait très fréquemment en exemplaires typiques. 
Le plus gros avait 38'"™ de longueur. 

Littorina littorea, Lin., était fréquente en petites formes typiques, atteignant 
une longueur de 9""" ; nous trouvâmes un fragment d'un exemplaire plus grand. 

Littorina palliûta, Say, 2 exemplaires, le plus gros ayant 17'"™ de longueur. 

Laciina divaricata, Fabr., i exemplaire. Knipowitsch n'a pas cette espèce dans 
son catalogue des mollusques récents et postpliocènes du Spitsberg'. En un autre 
endroit^, il fait remarquer expressément que cette espèce n'a pas été trouvée 
au Spitsberg, et attribue les Lacuna trouvées par lui à l'espèce Lacuna glacialis, 
Môller. Il ne m'a pas été possible de rattacher le présent exemplaire à cette espèce. 
Il ne répond pas à la ligure reproduite par Middendorfï'' ; il est bien plus élancé, a 
une embouchure plus étroite et une fissure ombilicale bien plus distincte. Il ne 
répond pas non plus à la figure publiée par Krause''^. Il est aussi beaucoup plus 
élancé que cette dernière. Krause indique les dimensions suivantes : longueur 17™"' 
et largeur 11""". Dans l'exemplaire trouvé par moi, la longueur est de i5""" ; mais le 
diamètre de la dernière circonvolution n'est que de 9™" ; ces dimensions sont bien 
daccord avec celles trouvées par Sars sur l'exemplaire de L. divaricata reproduit 
par lui 5. 

Lunatia groenlandica, Beck, i petit exemplaire, à basse spire, d'une longueur 
de 4"*"^. 

Trophon clathratiis, Lin., 3 exemplaires. Le plus gros, qui est quelque peu en- 
dommagé, a un renliement de la dernière circonvolution, rappelant d'assez près le 
typique T. clathratus, Lin. L'autre a une grande ressemblance avec le T. truncatus, 
Strom, avec sa forme plus conique élancée ; mais la forme des côtes longitudinales et 
de la queue est telle qu'on doit, somme toute, le rattacher avec assez de certitude à 
l'espèce mentionnée précédemment. Sa longueur est d'au moins 22"""' et le diamètre 
de la dernière circonvolution est de 11'""'. 

Sipho sp., un jeune sujet. 

On a trouvé encore des restes d'un Balanus ; mais à défaut de la plaque de base, 

' N. Knipowitsch, Zoologische Ergebnisse der Russischen Expeditionen nach Spit^bergen. Mollusca utid 
Brachiopoda. II und III, \. c, p. 448 et suiv. 

' N. Knipowitsch, Zoologische Ergebmsse der Russ. Exp. nach Spit^bergen. Mollusca und Brachiopoda. 
1. Ueber die in den Jahren i8gg- igoo im Gebiete von Spil^bergen gesammelten recenten Mollusken und Bra- 
chiopoden. St.-Pétersbourg 1901. Annuaire Mus. Zool. Ac. Imp. Se. St.-Pétersbourg. T. VI, p. 451. 

^ A. Th. von Middendorff, Reise in dem ausserslen Norden und Osten Sibiriens. St.-Pétersbourg i85l. 
Vol. II. Zoologie. P. I, pi. X, fig. lo-i 1. 

* Arthur von Krause, Mollusken von Ostspit^bergen. lena 1892. Zool. Jahrbucher. Abth. fur System., 
Geogr. und Biol. der Thiere. Vol. 6, pi. 14, fig. i. 

' G. O. Sars, Bidrag til kundskaben om Norges arktiske fauna. Christiania 1878. PI. 21, fig. 22. 



— 35 — 

je ne puis décider si l'on a à faire au Balamis crenatus, Brug.. Darw., ou au Balanus 
balanouics, Lin., Darw. 

Enfin on a rencontré aussi le Lithothamnion glaciale, Kjellm. 

Ce qui est assez remarquable, c'est l'absence de la Mya truiicala, Lin., qui 
pourtant se rencontre presque partout. 

En terminant je mentionnerai une ou deux trouvailles de fossiles faites près du 
Green Harbour. 

Au côté sud de la grande vallée de Grccn Harbour dirigée vers l'est, Vallée 
Harbour, on trouve plusieurs niveaux de terrasses. Dans l'une d'elles, qui se trou- 
vait située à 67" au-dessus du niveau de la mer, nous trouvâmes à 3-4 km. de la 
mer les fossiles suivants : 

Mya truncata, Lin., abonde sous forme d'individus généralement minces, d'une 
espèce voisine de la M. udevallensis. Une valve de moyenne grandeur mesurait 
43""" de longueur sur 3o""" de hauteur. 

Saxicava pholadis, Lin., est commune et se présente sous la forme typique. Le 
plus gros exemplaire avait 43"™ de longueur et 21"™ de hauteur. 

C'est là, autant que je puis en conclure d'après les ouvrages qui ont traité ce 
sujet, l'endroit le plus élevé où l'on ait rencontré des fossiles quaternaires au Spits- 
berg. 

Au côté ouest du Green Harbour, il y a également plusieurs niveaux de terrasses. 
A l'ancrage vis-à-vis de la station des baleiniers, on a trouvé des quantités de 
coquillages, dans une vallée formée par un ruisseau qui s'était creusé un lit dans 
une terrasse de gravier, à 29" au-dessus du niveau de la mer. A cet endroit, nous 
récoltâmes les fossiles suivants : 

Macorna calcaria, Chemn., commune. L'exemplaire le plus gros avait 3o""" de 
longueur et 23""" de hauteur. 

Afya truncata, var. udevallensis, était l'espèce la plus répandue. Ses valves 
étaient d'une épaisseur prodigieuse. Sur l'une d'elles, nous mesurâmes une épaisseur 
de 8""" un peu en arrière et au-dessous du crochet. Il y avait entre autres un type 
allongé à valves un peu plus minces. L'un de ces sujets avait 67"'"' de longueur et 
40""" de hauteur. D'autres étaient plus courtes et plus épaisses : l'une de ces valves 
mesurait ôi""" et 49™"". L'exemplaire le plus grand avait 81""" de longueur et 54™"* de 
hauteur. 

Saxicava pholadis, Lin., très commune. Se rencontrait en exemplaires volumi- 
neux, à grosses valves. Le plus grand avait Si""' de longueur et 27"™ de hauteur. 
La plupart avaient la forme typique propre à la pholade, mais une valve avait une 
forme pointue particulière, l'arête dorsale offrant un fort biais en arrière. 

Enfin je mentionnerai, dans cet ordre d'idées, qu'en 1909, j'ai trouvé la Cyprina 
islandica, Lin., dans la moraine devant le glacier situé juste au sud de la Lagune 
Richard. Son front est couvert par une puissante moraine, où apparaissent par en- 
droits des quantités de fragments de coquillages. 



- 36 — 

Le trait le plus caractéristique de la faune quaternaire est ici Texistence de 
certains mollusques n'existant plus sur les côtes du Spitsberg, et ne se retrouvant 
que plus loin vers le sud. Ces mollusques sont le Mytilus edulis, Lin., la Cyprina 
islandica, Lin., et la Littorina littorea. Lin. Mais les formes qui accompagnent ces 
espèces ont, elles aussi, un type tempéré. Elles se trouvent toutes, d'après Knipo- 
witsch, dans les districts chauds de la Mer Blanche. 

Les couches contenant des Mytilus se trouvent il partir du bord actuel de la 
mer, mais il est difficile de se rendre compte de la hauteur qu'elles atteignent, la 
plupart des localités à coquillages mentionnées dans la littérature étant dépourvues 
de rapports de hauteur. Elles atteignent toutefois une hauteur minimum de 20"' ; 
car c'est à cette hauteur que j'ai trouvé des Mytilus au Cap Thordsen dans l'Isfjord. 
D'ailleurs, suivant Knipowitsch, la faune postpliocène trouvée sur la côte ouest du 
Spitsberg est caractérisée dans son ensemble comme étant plus tempérée que la faune 
actuelle. Sur les 20 formes qu'on a rapportées de là, une seulement est décidément 
arctique. La localité la plus élevée mentionnée par Knipowitsch est à 5o™ (le Safe 
Haven dans l'Isfjord). 

La faune trouvée sur la côte est, au StorfjordjCSt essentiellement différente. Ici 
les formes boréales manquent presque complètement : la faune consiste soit en 
formes indifférentes, soit en formes ayant le type des hautes latitudes. D'après Kni- 
powitsch, il serait bien difficile de décider jusqu'à quel point ces faunes si différentes 
de la côte ouest et de la côte est sont contemporaines ou non. 

En ce qui concerne l'âge de ces bancs de coquillages à type tempéré, on a expri- 
mé plusieurs opinions différentes. Ainsi Heer admettait qu'ils étaient d'âge inter- 
glaciaire, contemporains du « forestbed « de Norfolk et de YElephas antiquus et meri- 
<i/o»rt//5, de l'Hippopotame et du Rhinocéros '. On a toutefois abandonné mainte- 
nant cette opinion, attendu qu'il peut être prouvé que la couverture glaciaire n'a 
jamais eu, depuis que ces terrasses ont été déposées, un développement beaucoup 
plus grand que ne l'est son développement actuel ^. 

Toute la série de lignes de rivage et de terrasses existant au Spitsberg est main- 
tenant considérée comme contemporaine des terrasses et des lignes de rivage corres- 
pondantes en Scandinavie. Au fur et à mesure qu'avait lieu la fonte de l'inlandsis de 
la dernière glaciation, la ligne de rivage opérait son ascension en Scandinavie, et 
finissait par atteindre son niveau le plus élevé (220° à proximité de Christiania), après 
quoi elle recommençait à baisser. En même temps le climat s'améliorait, et attei- 
gnait son maximum de chaleur à l'époque où, à Christiania, la ligne de rivage se 
trouvait à 90-46" au-dessus du niveau actuel. De cette époque, nous avons toute une 
série de bancs de coquillages et de couches d'argile. De 90 à 66"" nous avons des 
bancs dont le fossile caractéristique est la Mactra elliptica, Brown, et c'est à cette 

' O. Heer, Die miocène Flora und Fauna Spit^bergeiis,\. c, p. 83 el suiv. 

' G. De Geer, Nya bidrjg till Spetsbergens geologi. Forhandl. vid i5'''^ skand. naturf.-môtet 1898. 
Stockholm 1899. ^- ^^'i- 



- 37- 

cpoquc qu'cmigrèrcnt nos arbres forestiers frileux. Pendant la période qui suivit, la 
ligne de rivage redescendit ù 70"', pour remonter plus tard à 45"', et c'est à cette 
époque que nous faisons remonter nos sédiments bien connus à Tapes. Après 
ceux-ci notre climat se refroidit un peu de nouveau. 

La faune tempérée postpliocène du Spitsberg semble correspondre à l'époque 
norvégienne de la Mactra et du Tapes : c'est là une opinion qui, à tout prendre, a 
été exprimée en son temps par De Geer, lorsqu'il admettait que les couches à Myti- 
lus du Spitsberg étaient, en Scandinavie, contemporaine de Ihomme néolithique". 

Il y a pourtant un certain nombre de faits, qui semblent indiquer que les cir- 
constances qui ont régné au Spitsberg et en Scandinavie ne peuvent pas être com- 
parées d'une façon si directe. Tout d'abord, il est constaté que les bancs de coquil- 
lages, même les plus haut situés, ont une allure plus tempérée que la faune actuelle. 
Quel a pu être le rapport existant entre la formation des lignes de rivage situées au 
maximum d'altitude, et celles situées à 60-70", c'est-à-dire les plus hautes de celles 
dans lesquelles on rencontre des fossiles, c'est là ce dont nous n'avons qu'une idée 
assez éloignée. Cependant j'ai rencontré sur plusieurs points des faits semblant 
indiquer, quà l'époque même où se formaient les lignes de rivage d'altitude maximum, 
la couverture glaciaire avait moins d'étendue qu'elle n'en a maintenant. Ajoutons 
encore que les couches à coquillages, relativement chaudes, caractérisées par la pré- 
sence des Mytilus, se rencontrèrent jusqu'au rivage tel qu'il existe maintenant. Il 
semble donc que, pendant que se formait toute la série des lignes de rivage et des 
terrasses, il a du régner un climat plus doux que le climat actuel. Ceci semble indiquer 
qu'il y a eu une grande différence entre les circonstances climatériques de la Scan- 
dinavie et celles du Spitsberg, et nous montre combien il est nécessaire de continuer 
ces recherches pour arriver à un résultat certain en ce qui concerne l'âge des lignes 
de rivage et des terrasses du Spitsberg. 

On ne disposait autrefois d'aucun rapport sur des fossiles trouvés sur la côte 
ouest au nord de l'Isfjord. Par suite, les trouvailles qu'on a décrites ont leur intérêt 
en ce qu'elles montrent que la faune s'est développée ici de la même manière que sur 
toute la côte occidentale. Ce qui est surtout intéressant, c'est d'avoir retrouvé la 
Cyprina islandica, que Ton ne connaissait autrefois que provenant de l'Isfjord. 
Quand à la Littorina littorea, on ne l'avait jadis que sur un seul point, excepté l'Is- 
fjord, au Grey Hoek. 

Ce qui est nouveau aussi, c'est qu'on a trouvé les faunes boréales dans les mo- 
raines déposées à l'avant des glaciers actuels. Il est vrai que Charles Rabot indique 
que De Geer avait en 1882 trouvé des Mytilus dans la moraine située en avant du 
Glacier Torell, au nord du Hornsund ". Mais ceci doit reposer sur une erreur. De 

' G. De Geer, Rapport om den svenska geologiska expeditionen till Isfjorden pâ Spetsbergen sommaren 
l8g6. Stockholm 1896. Ymer, année 16, p. 264. 

' Charles Rabot, Les variations de longueur des glaciers dans les régions arctiques et boréales. Deuxième 
partie. Genève et Bâle 1900. Extraits des Archives des Se. Phys. et Nat. Années 1899 et 1900, p. 72. 

Charles Rabot, Le Nord-Ouest du Spitsberg, d'après M. Adolf Hoel. La Géographie. Année 1909, p. 30;. 



— 38 — 

Geer ayant dans l'endroit cité ' uniquement signalé qu'il avait trouvé des fragments 
de coquillages, sans indiquer les espèces. La présence du Mytilus edulis et de la 
Cyprina islandica dans les moraines situées en avant de glaciers aussi considérables 
que le Glacier Blomstrand, le Glacier Lilliehôôk et le glacier au sud de la Lagune 
Richard, semble indiquer que le déplacement des glaciers, postérieurement à la 
période chaude, n'a nullement été si insignifiante. Le Mytilus ne se trouve pas dans 
l'Océan Glacial au nord de l'Asie et tout aussi peu au nord de l'Amérique. Il atteint 
le Détroit de Behring et la Baie de Melville, et se trouve dans les passages condui- 
sant à la Mer de Kara (Matotschkin Scharr et Cap des Oies), mais non dans cette 
mer elle-même. Il s'étend au sud jusqu'à la Méditerranée. La Cyprina ne se trouve 
pas dans la Mer de Kara, ni dans celle située au nord de l'Asie. Elle est très rare 
sur la côte du Grônland (un exemplaire du Port Jacob et deux du Détroit de Davis). 
Elle se trouve sur les côtes de l'Islande et des Far-Oer, ainsi que sur la côte de 
Murman, et est très commune dans le Finmarken et le Nordland. Vers le sud, elle 
atteint la côte ouest de la France méridionale. Les points où ces deux mollusques 
se rencontrent au Grônland, sont tout à fait en dehors des districts actuels de gla- 
ciation. 

La présence de ces formes essentiellement tempérées dans les moraines, doit 
être l'indice d'une translation tout à fait considérable des glaciers. Il est assez dou- 
teux, il est vrai, qu'un glacier, comme le glacier au sud de la Lagune Richard ou 
les grands glaciers Malaspina situés plus au sud, aient jamais existé alors que la 
Cyprina vivait sur la côte est du Prince Charles Foreland. Comme nous le verrons 
plus tard, il est probable que plusieurs grands glaciers, réunis actuellement en un 
seul, étaient alors isolés les uns des autres. 

Conditions du rivage actuel. — Après que la ligne de rivage eut atteint son maxi- 
mum de progression positive, elle a dans son ensemble été l'objet d'un déplacement 
négatif, jusqu'à ce qu'elle eût atteint sa position actuelle. La plupart des auteurs 
antérieurs ont été d'accord sur le fait que ce déplacement a eu lieu partiellement 
jusqu'à ces derniers temps, et que même encore après la découverte du Spitsberg 
par Barents (en i5g6) la répartition de la terre et de la mer a été soumise à de 
grands changements. On tirait cette conclusion des squelettes de baleines et des bois 
flottés, qui étaient fréquemment retrouvés bien avant dans les terres. Toutefois 
De Geer a exprimé l'opinion ^, que le soulèvement de la contrée a dû se terminer 
avant que les bancs à mytilus eussent été déposés, de telle sorte que la ceinture 
littorale a dû être depuis lors soumise à un affaissement continu, ou a dû plus pro- 
bablement occuper son niveau actuel. Il ne fournit cependant aucune preuve à 
l'appui de son assertion. 

Sur la partie des côtes que j'ai eu l'occasion d'étudier de plus près, c'est-à-dire 

' A. G. Nathorst, Reiogorelse for den tillsammans med G. De Geer âr 1882 fôretagna geologiska expe~ 
ditionen till Spetsbergen, 1. c, p. 17. 

' G. De Geer, Rapport om den svenska geologiska expeditionen i8gC>, 1. c, p. 264. 



-39- 

risfjord et la région s'ctendant depuis ce point jusqu'à Smecrenburg, la mer est 
restée depuis longtemps déjà à son niveau actuel. Voici les preuves que je puis fournir 
à l'appui de mon assertion. 

En de nombreux endroits, les vagues travaillent à entailler des falaises qui ont 
atteint leur développement typique, sur la côte ouverte, par exemple à l'ouest de la 
Presqu'île Brogger et le long des Sept Glaciers ; on les retrouve aussi dans les grands 
fjords. C'est ainsi que cette côte formée par des falaises existe à l'est de la Baie 
Cross et entre jusqu'à la P"" D' Regnard dans la Baie Môller. Les falaises se retrou- 
vent également dans les petits fjords latéraux, dirigés vers les glaciers, la Baie du 
14 Juillet, la Baie Louis Tinayre et la Baie Koller. Ici elles pénètrent si profondé- 
ment qu'elles atteignent la limite extrême des variations récentes de ces glaciers. En 
outre, nous retrouvons les falaises sur toute la côte sud de la Presqu'île du Roi 
Haakon, et sur sa côte ouest aussi avant qu'en contre-bas de son sommet le plus 
méridional (660™). A la côte ouest du fjord les falaises atteignent presque le Port 
Ebeltoft. 

Dans la Baie King elles atteignent sur la côte sud le fond du fjord ; de même 
la côte des Iles Lovén est constituée par des falaises bien développées. A l'est 
de ces îles et à l'intérieur de la Baie King, les vagues qui sont provoquées par la 
chute des glaces, tombant du Glacier King, ont sans doute une grande importance '. 
Il en est certainement de même pour les falaises, d'une hauteur atteignant 25"", 
existant à lest de la Baie Cross et à l'intérieur de la Baie Môller, ainsi que les petits 
fjords latéraux. 

On trouve aussi dans l'Isfjord, et souvent très avant vers l'intérieur, des côtes 
formées par des falaises : c'est ainsi qu'on a des falaises bien développées dans les 
couches triasiques faiblement résistantes voisines du Cap Thordsen (PI. xii, i, n' p.). 

A la côte est du Prince Charles Foreland on a aussi en bien des endroits des 
falaises d'une hauteur modérée, allant généralement de 2 à 10™. 

En plusieurs endroits on trouve des grottes formées par excavation au niveau 
actuel de la mer, sur des points où la côte est formée de roches calcaires ou d'autres 
roches facilement attaquables. C'est ainsi que sur la Presqu'île Blomstrand on a la 
grotte bien connue de Scoresby, qui a été décrite pour la première fois par Scoresby^ 
et ultérieurement décrite et dessinée par Chydenius 'K Suivant ce dernier sa longueur 
est de 20"*, sa largeur de 12™ 5 et sa hauteur au-dessus du niveau de l'eau de 4"". Le 
fond était recouvert par la mer et se trouvait à 3™ 8 au-dessous du niveau de l'eau. 

Une autre grotte située au sud du Port Blomstrand, est représentée PI. xn, 
2, 1" p. Entre le Glacier du 14 Juillet et le Glacier d'Arodes, j'ai mesuré une grotte 
dont le fond était au niveau de la mer. Sa longueur était de 15"", sa largeur de 3"" 

' Voir G. K. Gilbert, Alaska. Glaciers and glaciation. Harriman Alaska expédition. New York 1904. 
Vol. III, p. 70. 

' W. Scoresby, An Account of the Arctic Régions. Edinburg 1810. Vol. I. 

^ K. Chydenius, Svenska expeditionen till Spetsbergen àr 1861. Stockholm iSd5. P. 366. 



— 40 — 

et sa hauteur d'environ 5"". D'ailleurs la formation de grottes est un fait assez général 
aussi sur la côte au nord du Glacier d'Arodes. 

Au pied des falaises, on trouve le plus souvent une plage sableuse, qui se trouve 
à sec à marée basse. A partir de cette plage, le fond s'incline d'abord lentement, 
puis il fait un ressaut brusque de 2 à Soo" de profondeur (Baie Cross). Il y a donc 
visiblement une plate-forme due à l'abrasion : c'est ce que la carte montre surtout 
bien au nord du Cap Guissez, ainsi qu'entre le Glacier d'Arodes et le Glacier Louis 
Tinayre. Cette topographie est bien mise en lumière par la coupe, prise sur la 
côte au nord du Cap Guissez (PI. xxv, i). 

En ce qui concerne le tracé de cette côte, constituée par des falaises, il y a 
une différence assez grande d'un endroit à l'autre. Sur la côte des Sept Glaciers, la 
ligne formée par la côte est assez fortement dentelée sur plusieurs points, par exem- 
ple au nord et au sud de la Baie Hamburger, avec des baies en forme de fissures 
s'enfonçant de plusieurs mètres perpendiculairement à la côte. Ici la roche est le plus 
souvent du gneiss ou du micaschiste, et la forme décidément dentelée de la côte 
tient peut-être à la résistance différente offerte aux attaques de la mer par ces roches 
plus ou moins solides. La même chose a lieu à un degré plus prononcé encore à la 
pointe nord et à la pointe sud du Prince Charles Foreland. En effet, la direction 
des roches est à peu près parallèle à Taxe longitudinal de l'île, et aux deux bouts, 
les roches exposées aux attaques de la mer feront donc preuve d'une résistance des 
plus variables d'un point à l'autre. Sur la plupart des autres points, les falaises pré- 
sentent l'apparence d'arcs réguliers plus ou moins longs. 

Ces côtes en forme de falaises bien développées sont une preuve du fait que la 
ligne de rivage doit s'être trouvée pendant un temps assez prolongé au niveau actuel. 
Lorsque la côte a atteint un pareil degré de maturité, les détritus se produisent si 
rapidement qu'il ne peuvent être enlevés de la côte. Les courants de la mer et des 
marées commencent alors un transport au pied de la falaise parallèlement à la 
côte, et, une fois l'eau devenue plus tranquille, les détritus se déposent sous forme 
de barrières de baies et de «forelands» de différentes formes'. Et en effet, nous trou- 
vons au Spitsberg un grand nombre de ces formes, qui alternent sans cesse, avec 
la forme de la falaise elle-même. 

Ces formes de côtes plates se laissent classer comme suit : 

1. Digues côtières. 

2. Iles rattachées au continent par des digues. 

4. Promontoires alluviaux triangulaires. 

3. Digues de baie. 

5. Deltas de baie. 

I. Digues côtières. — Lorsqu'à la suite d'un soulèvement la terre se met au 
repos, les vagues entaillent des falaises dans la côte. Plus loin du rivage, aux points 

' Voir F. p. Gulliver, Shoreline topography. Boston 1899. Proceed. Am. Ac. Arts et Se. Vol. XXXIV, 
n" 8, p. i49-î38. 



— 41 — 

où la vague se brise au cours des tempêtes, elles amoncellent du sable et du gravier 
et forment une digue. Il est clair que pour qu'un pareil mur puisse se former il fau- 
dra que le fond n'ait pas une pente trop forte. Les courants marins exerceront 
une grande influence sur la formation du mur côtier ; leur direction dominante 
trouvera son expression dans la forme affectée parles contours de ce mur: « offsets », 
« overlaps » et « stream-deflections » '. 

Il y a « offset », quand une courbe côtière ou sa continuation passe sous le vent 
d'une courbe subséquente; « overlap », quand une courbe côtière passe en dehors 
de la courbe subséquente, et la « stream-defîection » (déviation de rivière) consiste en 
ce que, au voisinage de la côte, la direction d'une rivière se trouve déviée et est 
sur un certain espace dirigée plus ou moins parallèlement à la côte, avant 
d'arriver à son embouchure. Quant à la façon dont est dirigé le courant dominant, 
suivant qu'il trouve son expression dans l'une de ces formes ou dans l'autre, c'est 
ce que montre la PI. xxv, 2. 

C'est une digue côtière de ce genre qui se manifeste clairement entre le Glacier 
N° I et le Cap Mitre et de là à environ 4 km. vers l'est. Les lagunes situées entre le 
rempart et la côte même, sont partiellement remplies de sable et de boue qui y ont 
été conduits par les rivières et par le vent. On peut désigner le stade où se trouve 
cette côte, sous le nom de stade laguno-morassique . La direction du courant domi- 
nant est clairement indiquée par des « offsets » en plusieurs points au nord du Cap 
Mitre, et par une déviation de rivière à côté du Glacier N° 3. Tout se réunit pour 
indiquer que le courant dominant est dirigé du sud au nord. Ceci s'accorde bien 
avec les observations, attendu que la carte marine allemande (Nôrdliches Eismeer. 
Barents See. Reichs-Marine-Amt. Berlin 1901) indique à la pointe nord du Prince 
Charles Foreland un courant dirigé vers le nord ayant une vitesse de 12 milles 
marins par 24 heures. 

2. Iles rattachées au continent par des digues. — Pendant l'expédition Isachsen 
de 19 10, j'ai observé deux cas de cette forme de côte. L'un est un petit îlot situé en 
face du Glacier Erich à la côte nord de la Baie Liefde. Cet îlot est composé de cal- 
caire, et est réuni à la terre par une digue sableuse. On voit cet îlot sur la PI. xiii, 2 
et PI. XXVI, I. On a donc ici un tombolo simple. 11 en est probablement de même 
aussi dans la Baie Magdalena ; il semble en effet que la Presqu'île des Tombeaux, 
à en juger par des communications orales de l'ingénieur Koller, consiste en un îlot 
rocheux rattaché à la terre par une digue, qui doit être un tombolo simple. 

L'autre cas, observé par moi, est au sud de la Baie Liefde ,et fait face au milieu 
du glacier le plus occidental (glacier situé entre les sommets de 8o5" et de 872""). On 
trouve ici un écueil d'environ 20"* de hauteur au voisinage de la terre, à laquelle il 
est relié par plusieurs digues. On a donc ici un tombolo du même type qu'au Monte 
Argentario en Italie. 

' Voir F. P. Gulliver, Shoreline topography, 1. c, p. 178-179. 

H. 6. 



— 42 — 

3. Digues de baie. — On entend par là des digues qui barrent complètement ou 
en partie l'embouchure d'une baie. Il y en a de différents types. Elles peuvent s'être 
produites principalement en commençant par le fond, mais aussi pour la majeure 
partie par transport de matériaux le long de la côte. Ces deux types sont représentés 
au Spitsberg. 

Comme exemple du premier type nous pouvons mentionner la barrière fermant 
la Lagune Richard (PI. xix, i , r^ p. et PI. x, 2, 11° p.). La raison qui fait que je la suppose 
édifiée principalement en partant du fond et par l'action des vagues, est la grossiè- 
reté des matières composées de cailloux roulés dont la grosseur va de celle d'une 
noix à celle du poing fermé et au-delà (PI. xi, 2, n'p.). Elle a 7 km. de longueur et 
est faiblement recourbée, avec sa concavité tournée vers la mer ; sa largeur est de 
10 à 20" et sa hauteur au-dessus des basses eaux de 2-3". Les marées y pénètrent 
par une ouverture un peu plus rapprochée de l'extrémité nord que de l'extrémité 
sud : cette intrusion a lieu avec une rapidité vertigineuse si bien qu'il est excessive- 
ment difficile d'y pénétrer en barque, sauf à marée haute ou à marée basse. Ici la 
différence entre ces deux niveaux atteint jusqu'à i"" 5. La courbure de ce rempart et 
l'existence d'un « offset » bien prononcé situé au couloir d'entrée, montrent bien que 
le courant existant le long de la côte a eu une grande influence sur la configuration 
du rempart. Le rempart au nord de l'entrée « offsets » le rempart situé au sud, ce qui 
porte à croire que le courant dominant est dirigé du nord au sud. Ceci est du reste 
d'accord avec les observations, le courant dans le Détroit du Foreland variant de sens 
suivant que la marée est montante ou descendante, attendu qu'il va vers le sud à marée 
descendante, et vers le nord à marée montante ; cependant il va souvent du nord 
au sud, alors même que la marée est montante. Il en résulte que c'est le courant 
dirigé vers le sud qui domine en réalité. 

A la côte ouest de la lagune, il y a sur plusieurs points des falaises faiblement 
développées, par exemple à proximité du plus grand des îlots. Les contours occi- 
dentaux de la lagune sont très irréguliers, et cela à un bien plus haut degré que le 
contour de la côte extérieure ; ils montrent comment la côteextérieureétait à l'origine. 

La profondeur de la lagune varie entre i"" et 2"" ; son remplissage est donc déjà 
assez avancé. Du côté nord, une grande partie de la lagune est transformée en un 
marécage situé au-dessus du niveau de la mer, où il est presque impossible de 
pénétrer. 

Comme exemple du second type de digues de baie, formées en majeure partie 
par transport de matériaux le long de la côte, nous citerons la digue en crochet du 
Port Ebeltoft (PI. vni, i, 1" p. et PI. iv, i). Elle consiste en sable fin, et a été visible- 
ment formée par un courant côtier dirigé vers le nord : sa forme a en outre été 
modifiée par les courants dirigés vers l'intérieur et produits par les marées. Plusieurs 
crochets qui se rencontrent à l'intérieur du port, sont dus à des tourbillons dans les 
marées. La profondeur du Port Ebeltoft est minime, et ne dépasse nulle part 2" 5, 
même dans les parties externes. Il est donc évidemment en train de se combler. 



-43 - 

Il est intéressant de comparer la profondeur de 1907 (carte m, i" i>.) avec celle 
de 1861 : (carte de Kuylenstjerna dans Chydenius : Svenska expeditioncn till Spets- 
bergen âr 1861, 1. c). Pendant les 46 années qui se sont écoulées entre les deux 
sondages, les profondeurs dans les parties extérieures du port ont diminué de 4-5"', 
ce qui correspond à un dépôt annuel de sédiments de o"" i. Dans les parties inté- 
rieures, au contraire, la profondeur n'a diminué que de o^S-i^o. Les contours du 
port étaient à peu près les mêmes que ceux qui existent actuellement. 

On rencontre toute une suite de digues de baies semblables, sans pourtant qu'on 
sache, dans chaque cas particulier, comment elles se sont formées. La plupart peu- 
vent sans doute être attribuées à des transports parcourants. Quant aux autres baies 
qui sont fermées par ces barrières, aucune n'est pourtant aussi considérable que les 
deux que je viens de décrire. Les plus importantes sont les suivantes ; A l'est du 
Quade Hoek, il y a une petite baie fermée par une barrière. A l'ouest du Glacier 
Blomstrand, une petite anse limitée par les falaises de la terrasse de 14"', fermée par 
une barrière et presque entièrement transformée en marécage. Sur le Prince Charles 
Foreland au nord de la Lagune Richard, il y a de nombreuses petites anses séparées 
de la mer par des barrières du même genre. 

4. Promontoires alluviaux triangulaires. — Nous trouvons un exemple typique 
de ces formations à la P" Michael Sars dans le Détroit du Foreland (Pl.x, i, n' p.). 
Elle répond bien à la description de ces formations publiées par Gulliver'. Cette 
pointe est située à la côte est du Détroit du Foreland qui a environ 80 km. de lon- 
gueur et 10 à 20 km. de largeur. Elle est située à l'endroit le moins large du détroit; 
sa longueur est de 5 km. et sa largeur à la base de 2,4 km. Elle contient une lagune, 
s'écoulant sur la rive sud par un étroit canal à 2,5 km. de la pointe. Les digues qui 
la ferment sont composées de sable fin et ont une courbure régulière ; leur conca- 
vité est tournée vers la mer et elles forment la continuation directe des falaises 
existant tant au nord qu'au sud. Ces deux courbes forment à leur rencontre une 
pointe aiguë. L'axe de ce promontoire forme un angle à peu près droit avec la ligne 
de la côte et aussi avec la direction générale des courants de marée dans le détroit. 
En raison de sa forme et de la lagune qui occupe l'espace entre les deux barrières, 
ce promontoire appartient au type en V, « V-bar-stage » -. La lagune est toutefois 
en voie de remplissage, vu qu'entre sa côte orientale et les falaises situées à l'est, 
s'étend un terrain plat qui doit avoir été formé par ce remplissage. 

Les sondages effectués en 1909, par l'expédition Isachsen, montrent que la pointe 
continue en se courbant vers le sud, sur 2 km., sous forme d'un récif sablonneux ; 
au-dessus de ce récif, il n'y a qu'un mètre d'eau (PI. xxvi, 2). 

Juste en face de la P" Michael Sars, à l'ouest du détroit, on trouve la P" John 



■ F. P. Gulliver, Shoreline topography, I. c, p. 914. 

' Voir F. P. Gulliver, Shoreline topography, 1. c, p. 117. 

G. K. Gilbert, Lake Bonneville. Washington 1890. Monogr. U. S. Geol. Surv., vol. I,p. 5/, 58, pi. vu. 



— 44 — 

Murray (Pl.ix, i, \t p.). Celle-ci ne montre pas la forme caractéristique de V, comme 
la précédente, mais elle est plus arrondie. La digue du sud manifeste d'intéressants 
phénomènes de croissance. Elle aussi se continue en formant un récif courbé vers 
le sud, sous i"" 5 d'eau. 

Entre ces deux pointes saillantes, nous rencontrons la partie la moins profonde 
de tout le Détroit du Foreland. Si les courbes formées par les digues sont prolon- 
gées, elles doivent se rencontrer au point de profondeur minimum (3"" 5) au milieu 
du détroit. Nous voyons par les sondages (PI. xxvi, 2) qu'il règne au fond, entre 
les deux pointes, un dos sous-marin en forme de V, tournant sa pointe vers le sud. 
Cette pointe est plus rapprochée de la côte ouest que de la côte est. 

L'explication donnée par Gulliver ' de ces promontoires si caractéristiques, est 
certainement correcte aussi en ce qui concerne le Spitsberg. Examinons ce qui se 
passe dans le Détroit du Foreland à marée descendante. Le courant est alors 
dirigé vers le sud par dessus le récif, avec une vitesse de 2 à 4 nœuds ^. Avant la 
formation des deux promontoires on trouvait là deux caps saillants sur l'ancienne 
côte, un de chaque côté du détroit. Au sud de ces deux caps, des remous ont dû 
alors se produire. Dans des points morts compris entre les deux courants venant 
de terre, les détritus apportés par ces deux courants ont d£i se déposer et former 
les deux promontoires dont nous parlons ici. Leur étendue répond donc à la dé- 
viation du courant et à l'étendue des remous causés par la saillie de la vieille terre 
ferme. Quant à la réduction considérable de profondeur qui s'est produite ici dans 
le Détroit du Foreland (la profondeur est ailleurs de 100 à 200"), elle ne peut pas 
être attribuée aux courants. Il y a peut-être une vieille moraine en travers du détroit, 
ayant donné lieu à l'origine à la faible profondeur que Ton rencontre ici. 

La P" John Murray et la P'" Michael Sars sont les plus caractéristiques des 
formations de ce genre. Il y a en outre un certain nombre d'autres promontoires 
alluviaux triangulaires, mais moins caractéristiques. C'est ainsi qu'il y a à l'ouest 
du Quade Hoek une barrière saillante, servant de fermeture à une lagune. Cette 
barrière est arrondie et a son plus grand développement dans le sens de la côte. 

Au sud de la P" FanciuUi il y a également trois promontoires saillants, mais 
très petits. Les deux plus septentrionaux forment la continuation de deux saillies de 
la falaise, le plus méridional remplit une concavité faible de la ligne côtière, et ne 
fait qu'une faible saillie. Dans aucun d'eux on ne trouve de lagune : ils sont tous 
comblés, et les choses semblent s'être passées tout à fait comme à la P" Michael 
Sars : d'abord formation d'une barrière avec lagune à l'intérieur, qui a été comblée 
dans la suite des temps. 

Ces promontoires de la Baie Cross sont clairement l'œuvre des vagues, attendu 
qu'ils consistent en matériaux si grossiers, que les faibles courants de marée de la 
Baie Cross ne peuvent nullement les avoir transportés^. 

' F. p. Gulliver, 1. c, p. 216 et 217. 

" D'après l'observation faite par le capitaine Hermansen, au cours de l'expédition Isachsen en 1909. 

^ Cfr. R. S. Tarr, Waveformei ciispate forelands. Minneapolis 1898. Am. Geol., vol. XXII, p. i. 



-45- 

Mentionnons encore les pointes triangulaires à la côte sud de la Raie King (PI. xiii, 
1,1" p.) et la pointe triangulaire ù la côte sud-est de l'Ile des Danois (PI. i, i, u* p.). 

5. Les deltas de baie. — Les conditions requises pour la formation des deltas de 
baie ne se rencontrent pas à un degré favorable au Spitsberg : en elfet, le fond des 
fjords est généralement occupé par des glaciers se déchargeant souvent en eau pro- 
fonde. C'est seulement lorsque aucun glacier ne se décharge au fond du fjord ou de 
ses bras, que nous avons des chances d'y rencontrer ces deltas. Une autre circonstance 
qui est également défavorable à la formation de grands deltas, est la petite quantité 
des précipitations aqueuses, et le fait que les rivières sont partout de peu d'impor- 
tance, même dans les régions exemptes de glace, en raison du peu d'étendue des 
districts de précipitation. 

Dans le territoire examiné par nous, la seule localité oîi les conditions soient 
favorables à la formation des deltas, est la Baie Wood et son embranchement, la 
Baie Bock. Vers cette dernière vient du côté sud un glacier se terminant à 6 km. du 
fond de la baie. En avant se trouve une grande moraine terminale, et tout le fond 
de la vallée entre cette moraine et le fjord, est occupé par un puissant delta, ayant 
5,5 km. de longueur et i,5-2 km. de largeur. Ce delta est grand, comparé à la lon- 
gueur de la Baie Bock (5 km.). 

Au fond de la Baie Wood, il y a un delta plus grand encore. D'après la carte 
dressée en 1910 par Isachsen, il a 14 km. de longueur et jusqu'à 3 km. de largeur. 
Comme on le voit, il s'agit ici de deltas d'une grande importance, surtout si l'on 
considère le peu d'abondance des météores aqueux et le peu d'étendue des districts 
de précipitation. 

A l'intérieur des fjords étroits, où ne se produisent pas de vagues provenant du 
vêlage des glaciers, on rencontre des côtes n'ayant pas de rivages. C'est ainsi que la 
pente occidentale de la Presqu'île du Roi Haakon se précipite presque à pic à des 
profondeurs de 5o™. On serait tenté de croire que l'absence des falaises à la partie 
intérieure de la Baie Lilliehôôk est due à des progrès récents de glaciers : c'est là ce 
qui est prouvé directement par les moraines à la Baie Louis Tinayre et à la Baie 
Koller. En effet, cela indique que ce grand glacier a subi des variations atteignant 
environ 9 km. 

Degrés d'évolution de la côte. — Dans son travail, que j'ai eu plusieurs fois 
l'occasion de citer, Gulliver a cherché, d'après les formes de la côte, à attribuer à 
celle-ci, dans le cycle géographique, une place dans l'un des degrés institués par 
Davis : jeunesse, maturité, sénilité. La côte actuelle en forme de falaises constitue 
sans nul doute une ligne bien plus régulière que la côte primitive qui existait alors 
que le territoire venait justement d'être soulevé au niveau actuel. On ne peut pour- 
tant pas dire qu'elle forme des courbes régulières; sur bien des points elle est encore 
passablement irrégulière, quoique sur d'autres elle témoigne une tendance à former 
des courbes régulières. Son degré d'évolution doit par suite être caractérisé comme 
jeunesse. D'après Gulliver les grottes caractérisent en effet cette période. L'évolution 



-46- 

des, dignes côtières indique aussi ce même stade, ainsi que les îles rattachées à la terre 
ferme. Les lagunes situées à l'intérieur des digues de baie, doivent être caractérisées 
comme étant seulement de petit remplissage, c'est le degré d'évolution que Gulliver 
appelle jeunesse-maturité. Les promontoires triangulaires forment un des caractères 
de la maturité. Les grands deltas de baie correspondent bien aussi à ce stade. On ne 
peut pas dire que tous les caractères de la côte indiquent le même degré d'évolution, 
mais somme toute, on est en droit de dire de la côte, qu'elle appartient à une jeu- 
nesse avancée ou à une maturité. 



Les Glaciers. 



Forme de la couverture glaciaire. 

Les glaciers qui se présentent dans le district faisant l'objet de cette carte peu- 
vent être classés comme suit : 

A. Glaciers isolés. i. Glaciers suspendus. 

2. Glaciers de cirque. 

3. Glaciers de vallée (ou du type alpin). 

B. Glaciers composites. 

Outre qu'elle est morphologique, cette classification est en même temps géné- 
tique, attendu qu'on constate un passage évident de l'une de ces formes à toutes les 
autres. Il n'y a guère de localité où ces formes de transition soient mieux représen- 
tées qu'au Spitsberg. C'est là ce que P. A. 0yen avait déjà constaté '. 



A. Glaciers isolés. 

I . Glaciers suspendus. — C'est là une forme de glacier relativement rare. Le 
plus typique est le glacier suspendu au nord du Dôme Neigeux (PI. iv, i, ii* p.). 

Il commence juste au sommet de la montagne et descend le long de son flanc, 
sans avoir creusé de vallée bien visible. La pente entre i5o et goo" est de i8°26'. 
On peut encore nommer le glacier situé au nord du sommet de 794"', et s'unissant 
au Glacier du 14 Juillet (PL xiv, 1). Ce glacier a commencé à éroder un cirque à son 



' P. A. 0yen, Bidrag til vore brceegnes geografi. Christiania 1900 .Nyt Mag. f. Naturvidsk. T. 3/, p. 
io3 et 106. 



— 47 — 
extrémité supérieure. Des glaciers analogues se retrouvent à l'ouest des montagnes 
sur la Presqu'île de la Mitre entre le M' de la Brise et le M' Scoresby (PI. xvi, i 
et 1, II' p.). Un glacier suspendu bien typique est aussi le glacier le plus méridional 
de la face orientale de la Presqu'île du Roi Haakon (PI. vi, i, ii'^ p.). 

2. Les glaciers de cirque, dans leur développement le plus typique, se présentent 
somme toute assez rarement. Nommons comme glaciers typiques de cirque les 
deux glaciers situés à l'ouest de la Baie Cross et au sud du Port Signe (le Glacier 
Hergesell et celui situé à son côté sud) (PI. vi, 2), le glacier situé au nord du 
Pic Grimaldi (PI. viii, i, r p.), le glacier situé à l'ouest du sommet de 877" (La 
Fourche). 

Il y a sur plusieurs points de belles formes transitoires entre les glaciers 
suspendus et les glaciers de cirque, par exemple les deux petits glaciers à l'ouest 
du point de triangulation de 3 10™ entre le Glacier Gully et le Glacier Adams (PI. xv, 
i,rp.). 

3. Glaciers de vallée (glaciers du type alpin). — Il faut compter parmi eux la 
majeure partie des glaciers du district. Il se peut bien qu'ils soient très courts et se 
rapprochent dans leur forme des glaciers de cirque ; mais il se peut aussi qu'ils 
soient plus longs avec de nombreux affluents. Citons comme exemple des premiers 
les nombreux petits glaciers situés au côté sud-ouest de la Presqu'île Br0gger, la 
plupart de ceux de la Presqu'île de la Mitre, de la Presqu'île Hoel et de la Presqu' 
île Reusch. Ce genre de petits glaciers abonde surtout dans les districts relative- 
ment peu glacés, et dans ce nombre, il faut justement compter les grandes pres- 
qu'îles. 

Pour les glaciers plus considérables, ayant chacun séparément un district 
de névé, leur nombre est beaucoup plus restreint. Nous avons par exemple le Glacier 
Br0gger, les Névés Lovén, le Glacier d'Arodes, le Glacier N° 7 (les Sept Glaciers), 
le Glacier Adams. 

Tous ces glaciers alpins commencent généralement par des cirques de plus 
ou moins d'étendue ; les plus complexes d'entre eux sont entourés de cirques, 
attendu que non seulement le glacier principal, mais aussi tous ses affluents com- 
mencent dans des cirques. D'une façon générale, ces glaciers sont larges, si on les 
compare à leur longueur, et ont une périphérie fortement déchiquetée, en raison 
de l'abondance des cirques, par exemple le Glacier Br0gger et le Glacier N° 7 ; mais 
il peuvent fréquemment aussi être très longs et très étroits et avoir une délimita- 
tion remarquablement régulière, par exemple le Glacier d'Arodes, qui est d'une 
largeur si régulière sur les i3 km. que comporte sa longueur, tandis que sa largeur 
moyenne ne dépasse pas i ,8 km.. 

Nous arrivons maintenant au dernier et au plus intéressant des types de 
glaciers. 



48- 



B. Glaciers composites. 



Les glaciers de ce type occupent la majeure partie du présent district. 

Il y a dans ce district deux importants systèmes de glaciers appartenant à ce type. 
Ils occupent la majeure partie de deux puissantes vallées, le plus oriental remplissant 
la plupart de la vallée en forme d'S : la Baie King, la vallée du Glacier King et du 
Glacier de Monaco, la Baie Liefde, et le plus occidental remplissant la vallée : la 
Baie Cross, la vallée du Glacier Lilliehôôk et du Grand Glacier, la Baie Red. 

Nous commencerons immédiatement par décrire l'exemple le plus typique de 
ce genre de glaciers : le district du Glacier King et du Glacier de Monaco avec les 
autres glaciers appartenant à ce district, pour montrer ensuite la relation de ce type 
de glaciers aux autres. 

Depuis le fond de la Baie Liefde au nord jusqu'à la Baie King au sud s'étendent 
le Glacier de Monaco et le Glacier King. La surface glaciaire a son maximum d'al- 
titude à environ 3g km. de distance de la Baie Liefde, étant ici horizontale dans la 
direction longitudinale du glacier (PI.f, IjH'^p.) et faiblement concave à travers celle- 
ci. Cependant, il faut remarquer que la section transversale n'est pas symétrique, 
attendu que le côté oriental est plus élevé et plus fortement incliné que l'occidental. 
Cette espèce de plateau est le Plateau Isachsen, situé à 85o™ au-dessus du niveau de 
la mer. De ce point part le Glacier de Monaco tourné vers le nord et le Glacier des 
3 Couronnes vers le sud. Il est clair que sur le plateau même, on a aussi, si faible- 
ment que ce soit, un mouvement vers le nord, au nord de la ligne de partage du 
glacier, et un mouvement vers le sud, au sud de cette même ligne. 

Du côté de l'est, plusieurs grands bras de glaciers aboutissent sur le plateau. 
Ses masses de neige et de glace cherchent leur écoulement non seulement vers le 
nord et vers le sud, mais aussi vers l'ouest par deux glaciers : le bras méridional 
du Glacier Louis Tinayre et le bras méridional du Glacier Louis Mayer. Ces glaciers 
commencent d'une manière très particulière. La surface régulière et sans fissures 
du plateau est brusquement interrompue par une courbe aiguë semi-circulaire, ou 
peut-être à plus proprement parler parabolique, allant d'une montagne à l'autre, et 
intérieurement à laquelle se trouve un profond enfoncement avec de belles cre- 
vasses parallèles à la ligne de délimitation dont j'ai déjà parlé. Les fissures sont 
d'ailleurs parallèles aux courbes de niveau du glacier. C'est là que le glacier débute. 

L'enfoncement bien caractérisé et nettement délimité, par lequel débute ce 
glacier, ne s'explique pas si l'on ne veut pas admettre qu'il y ait une excavation 
correspondante et en forme de cirque dans le lit même du glacier. Une coupe du 
Plateau Isachsen et du bras méridional du Glacier Louis Tinayre devra donc 
se présenter comme sur la PI. xxvn, 6 ; voir aussi PI. k, 3, n' p. 

Si du plateau, nous nous tournons vers le sud, nous voyons la surface du Gla- 
cier des 3 Couronnes s'abaisser et la vallée s'approfondir. Vers l'ouest se meuvent 



— 49 — 

des glaciers se rattachant par leurs parties supérieures au Glacier des 3 Couronnes, 
à savoir: le Glacier du 14 Juillet, le Glacier Blomstrand et le Glacier Conway. Mais 
il y a entre ces glaciers et le Glacier des 3 Couronnes une ligne de partage des eaux 
bien marquée. Vers l'ouest le Glacier des 3 Couronnes remonte de 100 à iSo*" 
jusqu'à une crête couverte de glace formant cette ligne de partage, de là il se dirige 
de nouveau en bas, dans une vallée bien définie, qui commence à peu près, 
comme on l'a décrit à l'occasion du Glacier Louis Tinayre et du Glacier Louis 
Mayer, quoique d'une façon moins prononcée. Plus bas, le Glacier des 3 Cou- 
ronnes reçoit des affluents, dont plusieurs ont une longueur qui n'est nullement 
négligeable. Ces affluents descendent par des vallées bien marquées, et ils commen- 
cent par en haut dans un cirque, ou dans une passe couverte de glace d'où part aussi 
un autre glacier, se dirigeant en sens opposé. 

Des circonstances tout à fait analogues, quoique n'étant pas à un degré aussi 
marqué, se constatent auprès du Grand Glacier et du Glacier Lilliehook. Ces der- 
niers partent tous les deux d'un plateau glacié approximativement horizontal, le 
premier dans la direction du nord, l'autre dans celle du sud. En partant de l'ouest, 
la glace déboule du Plateau Staxrud au plateau d'où partent les deux glaciers. La 
majeure partie de la glace se rend d'ici au Grand Glacier et au Glacier Lilliehook; 
mais il y en a aussi une partie qui part vers l'est, et se rend aux deux bras septen- 
trionaux du Glacier Seliger. Ceux-ci répondent exactement aux deux branches 
servant à l'écoulement vers l'ouest du Plateau Isachsen. Ils commencent exactement 
de la même manière caractéristique que ces derniers. 

Nous pouvons résumer comme suit, les circonstances particulières à ces deux 
lignes de partage, situées entre le Glacier de Monaco et le Glacier King, et entre le 
Grand Glacier et le Glacier Lilliehook : Au col entre deux vallées, de grandes masses 
de glace arrivent d'un des versants des vallées. La glace se fraye un chemin, non 
seulement par les deux vallées qui se rencontrent dans le col, d'où elle se meut en 
sens opposé, mais aussi par des passes dans le flanc de vallée opposé à celui d'où 
arrivent les glaces. En généralisant un peu, nous pourrions dire que des masses 
glacées recouvrant le col entre deux vallées profondément entaillées, des glaciers se 
dirigent dans tous les sens. 

Cette forme de glacier rappelle fortement un inlandsis ou un glacier du type dit 
norvégien. Ces types ont aussi des bras de glacier rayonnant en tous sens, et partant 
d'un district commun de névés ; mais le névé a ici une surface convexe, voir par 
exemple le Folgefonnen, tandis que partout les districts de névés du Spitsberg 
ont une surface concave et une forme bien marquée de selle. Ces particularités 
dans les glaciers du présent district justifient parfaitement l'érection d'un type 
tout spécial de glaciation, le type du Spitsberg, que l'on peut caractériser comme 
suit : Du district de névé, qui a toujours une surface en forme de selle, partent 
deux glaciers principaux en sens opposé, et des glaciers de moindre dimensions 
par des coupures sur le flanc de la vallée, plus ou moins perpendiculaires à la 

H. 7. 



— 5o — 

direction des premiers glaciers. Il y a partage évident en plusieurs glaciers séparés ; 
les limites de ces derniers sont toujours bien distinctes dans le paysage. Les lignes 
de partage des glaces et des eaux sont toujours les mêmes, et suivent soit des crêtes 
couvertes de neige, plus ou moins aiguës, soit des crêtes montagneuses et des nuna- 
taks en saillie. Au cas où la glaciation deviendrait un peu plus forte, le type du Spits- 
berg se transformerait en un inlandsis ; mais si les glaces allaient en diminuant, le 
type prendrait la forme d'une série de glaciers du type alpin. 

Comment un tel type peut-il prendre naissance ? Pour répondre à cette question, 
il faut d'abord que nous examinions bien exactement les hauteurs des montagnes en 
elles-mêmes. 



La pénéplaine et l'érosion glaciaire. 

Si l'on considère la carte et les photographies qui l'accompagnent, par exemple 
la PI. XX, I et 2, II* p. et la PI. v, i, i'* p., on verra tout de suite que les hauteurs 
des sommets sont remarquablement régulières. La surface est à coup sûr irrégulière, 
et cela à un très haut point ; mais pour le district compris entre la Baie Wood à l'est 
et l'Océan à l'ouest, les sommets culminants forment pourtant jusqu'à un certain 
point un plan plutôt régulier, qui a cependant été soumis à une érosion telle, qu'il 
est difficile de décider quelle est la position que ce plan a occupée à l'origine. On 
voit d'un seul coup d'œil que ce plan n'a nullement été horizontal, mais il est diffi- 
cile de décider si sa pente a été vers le nord ou vers l'ouest. 

Le district le plus élevé de toute cette région se trouve à l'ouest des parties 
intérieures de la Baie Wood, où il y a un sommet atteignant 1460" d'altitude au- 
dessus du niveau de la mer '. De là, au Mont de la Reine Maud, semble s'étendre 
une suite de montagnes où nous retrouvons les hauteurs maximum de tout le Spits- 
berg du Nord-Ouest. Cette suite de hauteurs est dirigée d'est en ouest, et outre le 
sommet de 1460"", elle contient un sommet de i3oo™ à l'est de la partie septentrio- 
nale du Plateau Isachsen. La ligne ainsi formée passe près de la partie nord de ce 
plateau et atteint au Roi 1423'", au-dessus du niveau de la mer : c'est là le point tout 
à fait culminant du district. La ligne se continue jusqu'au sommet du Mont du 
Prince Olav, qui a 979" d'altitude, et puis jusqu'au Mont de la Reine Maud (868™). 
Comme on le voit, il y a vers l'ouest décroissance continue de la hauteur des som- 
mets ; mais on voit en même temps, qu'au nord et au sud des montagnes situées sur 
cette ligne, on a des sommets d'une altitude moindre. 

Examinons maintenant les montagnes situées à l'est du Glacier de Monaco et 
de la Baie Red. 



' Voir la carte de v. Bock et Poninsky dans Zeitschr. d. Gesellsch. /. Erdkunde fu Berlin. 1908. 
PI. 7 et 8. 



— 5i — 

Les Montagnes Neigeuses ont des sommets de 1226™ et de i2o3'". Les 2 Sœurs 
ont 1234"" et 1234"", puis un sommet de 1287™, puis vient le sommet tout à fait culmi- 
nant de 1300" après quoi les altitudes vont régulièrement en se réduisant jusqu'à la 
P" Yermack. Nous avons des altitudes de 1227'", de 1200'", de 1174'" et de 1255™, 
puis plus loin encore de 1016"" et de ggo'", le S" Pteraspis qui a 825"", le Pic Ben 
Nevis 909"', le S"^' Franckel 787", après quoi viennent des sommets de 680™, de 
672'" et de 700™ au sud du Lac Rabot. Au nord du Lac Richard, nous avons des 
altitudes de 485"" et de 476"" : c'est là le sommet le plus septentrional au voisinage 
de la P'= Yermack". 

C'est de la même façon que nous pouvons observer une série d'altitudes remar- 
quablement régulières le long de la ligne de partage entre le Glacier de Monaco d'un 
côté, et de l'autre les glaciers situés à l'est de la Baie Cross et le Glacier Lillichôok. 
En commençant parle sud, nous avons le S*' Conway, 1196'", le S" Ringnes, 1280", 
le S" Heiberg, i265">, le S" Forel, 1250-", l'un des M" Rekstad, 1262'°, le S" Kilian, 
1247"', après quoi les altitudes vont en s'accroissant rapidement vers les sommets de 
1286°', de 1310"", de 1348'" et de 1400™, pour arriver au Roi 1423"'. Puis elles com- 
mencent de nouveau à décroître. Le Colosse a 1 144"", puis vient une série de sommets 
moins élevés, ayant environ 1000", après quoi vient le Moine, 1222'", qui est la 
pointe la plus élevée de la ligne de partage entre le Glacier Lilliehôôk et le Glacier 
de Monaco. Le S'' Horneman, le S" Aurivillius et le S" Jaderin sont des sommets 
d'une altitude remarquablement régulière de 1 1 14™, 1 107"" et 1 1 10". Après ces som- 
mets puissants, les altitudes tombent d'un seul coup à 800-900™, pour diminuer de 
nouveau par degrés en se rapprochant des îles, parmi lesquelles Vogelsang a 347", 
Cloven Cliff 295™, Ile Norway intérieure 218"' et Ile Norway extérieure 180™. On 
voit par là que la hauteur des sommets diminue vers le nord et jusqu'au S" Jaderin 
d'une façon moins rapide que plus loin vers l'est. 

Si nous suivons maintenant les sommets situés sur la ligne de partage à l'ouest 
du Glacier Lilliehôôk, nous découvrirons que leur altitude augmente vers le nord. 
Ainsi nous avons le M' "Wille, 554", le M' Scoresby, 603"', le M' Krûmmel, ôoS", le 
M' Chun, 707™, le Mont de la Reine Maud, 868". Puis vient au nord de ce dernier 
une série de sommets d'une altitude moindre, ayant 716"", 730", 710" et 745", pour 
atteindre 969™ au nord du Glacier Cailletet, après quoi viennent le S" du Café, 
945™, le S" Kari Pettersen, 941'", le S" De Seue, 1016™, le sommet de looi™ et dans 
les M" Losvik des altitudes de 1027™, de 1009™ et de 1090". Ensuite les altitudes vont 
en décroissant rapidement vers le nord jusqu'à 200-300"", sur les îles que nous avons 
énumérées plus haut. 

La hauteur des sommets décroît aussi de l'est à l'ouest, à l'ouest du Glacier 
de Monaco et du Glacier King. Ainsi le Moine atteint une altitude de 1222""; à l'ouest 



' Les dernières altitudes ont été relevées en 1909 par l'expédition Isachsen. 



— 5-2 — 

vient un sommet de 908", puis d'autres de 884", de 969'" et de 665", et puis les M" 
Nissen où les altitudes sont de 647™, de 650"" et de 461"'. 

Comme résultat de tout ce qui précède, on peut dire que les points culminants 
de tout ce district forment une pénéplaine, qui somme toute, s'incline vers le nord, 
au nord de la ligne allant du Roi au Mont de la Reine Maud. Les sommets qui 
avoisinent le S" Horneman et le S" De Seue forment un ensemble qui est peut-être 
un peu trop élevé : ceci peut s'expliquer par le fait qu'ils consistent en granit rose 
d'un âge relativement récent, résistant mieux à l'érosion que les autres roches. A son 
extrémité occidentale, vers la côte ouest, le plan s'incline aussi vers l'ouest. Au sud 
de la ligne mentionnée plus haut, le plan s'incline aussi un peu au sud de l'ouest. 
Son angle d'inclinaison depuis le Roi jusqu'au sommet le plus près de la P" Yer- 
mack est à peu près de o°54'. 

On a donc ainsi devant soi une pénéplaine soulevée, ayant son inclinaison vers 
le nord. Il est certain que ce résultat est exact : on en a une belle et frappante 
confirmation dans les environs de la Baie Wood, la montagne se montrant des deux 
côtés du fjord bien moins découpée qu'ailleurs. La pénéplaine se présente ici avec 
son inclinaison vers le nord, et avec beaucoup de régularité, spécialement au côté 
est du fjord. 

Cette pénéplaine s'est probablement formée et a dû être soulevée dans le cou- 
rant de la période tertiaire '. 

Erosion glaciaire. — Sur cette pénéplaine ou sur le terrain qui a été formé 
depuis qu'elle est arrivée à sa hauteur définitive, il s'est, pendant la période 
quaternaire, déposé une puissante couverture de glaces, un inlandsis. Des bords 
de cette masse sont partis des glaciers, qui ont dans le courant du temps érodé la 
roche sous-jacente et y ont creusé des vallées. Celles-ci étaient à l'origine petites 
et peu profondes. C'est là un stade qui se représente, quoique sur une moindre 
échelle, dans plusieurs des glaciers norvégiens, par exemple le Frostisen qui forme 
comme un chaperon sur la montagne. De cette calotte de glace partent de petits 
bras de glaciers qui ont creusé de petites vallées peu profondes. 

Plus tard, les vallées se sont approfondies, en même temps qu'elles se sont 
continuées de l'avant vers l'arrière. On est ainsi arrivé peu à peu à des conditions 
pareilles à celles du Grônland et de la face est de la Baie Wijde. Ainsi se sont 
établis dans leurs traits principaux les détails de la topographie locale : les fjords et 
les grandes vallées. A quoi ressemblait le paysage basé sur cette érosion, on peut 
s'en faire une idée en considérant l'Ile des Danois qui, depuis que l'inlandsis a 
quitté l'île, n'a plus été exposée à l'érosion glaciaire. Mais peu à peu l'inlandsis a 
commencé à diminuer de puissance, et le mouvement de la glace a commencé à 
subir l'influence du relief sous-jacent. Il s'est développé successivement de 
plusieurs centres de glaciation, d'où des glaciers sont partis dans tous les sens. 

' G. De Geer, Some leading Unes 0/ dislocation in Spitsbergen, 1. c, p. »o3. 



— 53 — 

Parmi ces centres, il y en a eu deux spécialement qui ont été prédominants dans 
notre district. L'un d'entre eux était le Plateau Isachsen. En effet si nous con- 
sidérons les vallées qui descendent à la Baie King et à l'est de la Baie Cross, 
nous voyons qu'elles ont toutes une direction différente en partant du district en 
question : le Glacier des 3 Couronnes un peu à l'est du sud, le Glacier Conway 
vers le sud, le Glacier Blomstrand à peu près vers le sud-ouest, les Glaciers du 14 
Juillet et d'Arodes vers l'ouest-sud-ouest, le Glacier Louis Tinayre vers l'ouest et 
le Glacier Louis Mayer vers l'ouest-nord-ouest, ainsi que le Glacier de Monaco 
vers le nord. Nous retrouvons une disposition analogue des vallées autour de l'autre 
grand glacier, le Glacier Lilliehôôk. Ici, le Glacier Lilliehôôk est dirigé vers le sud, 
ou un peu plus à l'ouest, le Glacier N" i vers le sud-sud-ouest, les Glaciers N° 2 et 
N^S plus vers l'ouest, tandis que le Glacier N" 6 va vers l'ouest-nord-ouest, le Glacier 
Waggonway vers le nord-ouest, le Glacier de Smeerenburg vers le nord-nord- 
ouest et le Grand Glacier vers le nord-nord-est. En même temps, on reconnaît que 
les hauteurs des passes entre ces glaciers et le Glacier Lilliehôôk vont en s'élevant 
de plus en plus du sud vers le nord. Entre le Glacier N" i et le Glacier Lilliehôôk, 
elle est de 450" ; entre les Glaciers N" 2 et N° 3 et le Glacier Lilliehôôk, elle est de 
500"; entre le Glacier N" 6 et le Glacier Lilliehôôk de 65o"', entre le Glacier "Waggon- 
way et le Glacier Lilliehôôk de 700™, et entre le Glacier de Smeerenburg et le 
Glacier Lilliehôôk de ySo". 

Dans ce district de Lilliehôôk, les directions des glaciers et les altitudes des 
passes indiquent que vers la fin de la période glaciaire, tous ces glaciers ont dû avoir 
une origine commune dans un puissant névé qui a dû être situé sur la ligne actuelle 
de partage entre le Glacier Lilliehôôk et le Grand Glacier, et à une certaine distance 
vers le sud. La couverture glaciaire a dû alors atteindre au moins 3oo" de plus 
qu'elle ne le fait maintenant. Sa surface devait être convexe. Il n'est guère possible 
d'élever aucun doute sur la question de reconnaître que ces vallées de glaciers 
ont dû exclusivement être redevables de leur existence à l'érosion glaciaire. Leur 
direction est absolument indépendante de la direction de la roche dans le district 
même, ainsi que de la pente générale de la contrée. 

C'est plus tard aussi que la neige et la glace ont disparu de plus en plus, et fina- 
lement la surface s'est trouvée équivaloir comme altitude au dos montagneux situé 
immédiatement en aval du Glacier N° i. A ce moment l'adduction des glaces venant 
du Glacier Lilliehôôk a dû se trouver arrêtée. La surface extérieure du glacier ayant 
continué à baisser encore, il se forme un dos recouvert de neige entre le Glacier 
N° I et le Glacier Lilliehôôk. Peu à peu le tour des autres glaciers est aussi venu, et 
il ne reste finalement, en dehors du Glacier Lilliehôôk et du Grand Glacier, que le 
Glacier Seliger qui continue à s'alimenter dans ce district. 

Examinons un peu la formation des vallées au voisinage de la ligne de partage 
des glaces. Un glacier qui était à l'origine en calotte, a pendant de si longues périodes 
de temps affouillé la roche sous-jacente qu'il s'y est produit des vallées : une vallée 



- 54 - 

principale, où des glaciers se meuvent en sens opposés, ainsi que plusieurs vallées 
secondaires, perpendiculaires à la vallée principale. Une coupe perpendiculaire à la 
vallée principale et le long d'une des vallées transversales est comme à la PI. xxvn, i. 

L'érosion dans la vallée principale se produit plus vite, si bien qu'après un 
temps assez court, la situation sera plutôt comme à la fig. 2. 

Finalement, le glacier principal aura donné lieu à une érosion telle qu'il sera 
isolé du glacier latéral par une crête rocheuse, qui pourra être plus ou moins recou- 
verte de neige, ou tout à fait dénudée, (fig. 3). 

Cependant le glacier latéral est devenu d'une importance toujours décroissante. 
Finalement, quand il sera tout à fait isolé du glacier principal, et que celui-ci ne lui 
fera plus d'apports, il commencera à creuser un cirque à son extrémité supérieure 

(fig. 4)- 

Ce phénomène peut fréquemment avoir lieu plus rapidement que l'approfon- 
dissement du lit du glacier principal. On arrivera ainsi finalement à une situation 
analogue à celle représentée par la figure qui suit (fig. 5). 

La continuation de ces phénomènes sera représentée par la fig. 6, où une por- 
tion de la glace du glacier principal prend de nouveau le chemin du glacier latéral : 
on voit donc se produire en un cycle toujours renaissant les phénomènes dérosion 
et leurs conséquences. 

Ces circonstances présentées par ces phénomènes d'érosion expliquent suffi- 
samment la forme particulière des extrémités supérieures des glaciers dont nous 
parlons ici. 

Cette suite de phénomènes peut aussi, à un degré considérable, se trouver 
favorisée par des variations du climat. Si en effet, lors du stade représenté par les 
fig. 2 ou 3, il se produit une amélioration du climat, de telle sorte que la glaciation 
soit réduite en puissance, la formation des cirques dont nous avons parlé, pourra 
commencer à une époque moins éloignée que si le climat était moins sujet à des 
variations. Si, à la suite d'un climat plus doux il devait se produire une époque avec 
une couverture de glace plus abondante, le stade représenté par la fig. 6 pourrait 
faire son apparition bien plus tôt que s'il n'y avait aucune modification dans l'in- 
tensité de la glaciation. 

Ces facteurs accélératifs de la formation de ces accidents de terrain se sont jus- 
tement produits au Spitsberg. Le temps relativement doux contemporain de la 
formation des bancs de Mytilus a dû être spécialement favorable à la formation 
des cirques, et l'aggravation consécutive du climat, auquel le pays se trouve encore 
exposé, a favorisé à un haut degré la formation de glaciers tels que ceux de la fig. 6 
(Glacier Louis Tinayre, Glacier Seliger). 

Ce sont exactement les mêmes formes qui feraient leur apparition, si l'on avait 
eu comme stades de départ ceux représentés par la fig. 3, c'est-à-dire un grand gla- 
cier alpin et perpendiculairement à celui-ci un glacier plus petit, limité à son extré- 
mité supérieure par un cirque, sans cependant que ce dernier glacier ait jamais 



— 55 — 

ù aucune époque été en connexion avec le précédent. Les conditions représentées 
par la figure 3 laisseraient encore parfaitement voir dans quelle mesure il y a eu 
connexion entre les deux glaciers, en tenant compte de la hauteur du seuil rocheux 
qui les sépare. Mais, dans un stade pareil à celui des fig. 5 et 6, cette opération 
serait parfaitement impossible. 

Que les circonstances d'érosion représentées ci-dessus aient véritablement 
lieu dans la nature, il est fort peu d'endroits où l'on ail mieux l'occasion de s'en 
assurer qu'au Spitsberg, où l'on trouvera sans peine de nombreux exemples de 
tous ces stades représentés par la PI. xxvii. L'érosion remontante des glaciers et 
les circonstances qui s'y rapportent, doivent dans ce territoire, et plus spécialemeut 
vers l'intérieur, s'imposer de force à tous les observateurs. 

Comme premier exemple, nous citerons les glaciers situés au versant est de la 
Presqu'île du Roi Haakon. Ici se présente une magnifique série de glaciers de 
types différents. Tout au sud, un petit glacier suspendu, au nord de celui-ci un 
glacier de cirque un peu plus grand, et tout au nord deux petits glaciers alpins. 
Ces deux derniers doivent aussi eux-mêmes avoir débuté sous forme de petits 
glaciers suspendus au côté est de la montagne. Ils ont ultérieurement procédé à 
une érosion de plus en .plus profonde, et il a pu conséquemment s'amonceler sur eux 
une quantité toujours croissante de neige ; plus ils érodaient, plus ils allaient en 
croissant, et ils traversaient le stade de glaciers de cirque pour se transformer en 
glaciers alpins. Mais en même temps, on distingue avec une clarté de plus en plus 
grande, combien forte a dû être l'érosion remontante, attendu que la ligne de crête 
bien régulière de la presqu'île qui avait à l'origine une altitude de ôSb"" à 669™, se 
trouve complètement hachée. L'extrémité supérieure des glaciers se présente 
désormais exclusivement à l'ouest de la ligne de crête, et l'altitude des passes au 
voisinage de l'extrémité supérieure des cirques de glaciers est de 35o à 400"' au-dessus 
du niveau de la mer. 

La formation des vallées de ces glaciers a donc lieu de deux façons différentes ; 
1° par érosion du glacier sur la roche sous-jacente, la vallée se trouvant ainsi de 
plus en plus approfondie ; 2° par désintégration subaérienne. Les pierres qui ont été 
détachées sous l'action des gelées sont enlevées et emportées par lui. Par suite, la 
vallée se creuse de plus en plus en retour et devient de plus en plus large. Si le 
glacier n'était pas logé dans la vallée même, le flanc de cette dernière ne tarderait 
pas à être couvert d'une épaisse couche de matériaux détritiques, qui serviraient 
à la protection de la roche sous-jacente. 

Les glaciers du flanc oriental de la Presqu'île du Roi Haakon peuvent pour ainsi 
dire être considérés comme des modèles illustrant ces deux modes d'action des 
glaciers. 

De cette façon, un glacier ou ses affluents devront pouvoir capturer une partie 
d'un autre glacier ou de ses affluents. Les circonstances caractéristiques qui se pré- 
.sentent à l'extrémité supérieure du Glacier d'Arodes semblent de nature à exiger 



— 56 — 

une pareille explication. L'extrémité supérieure de ce glacier n'est séparée que 
par une passe peu élevée du cirque dont la glace atteint maintenant le Glacier du 
14 Juillet, par la porte située à l'est du S^' Giard. Le cirque forme la continuation 
naturelle vers Test de la vallée du Glacier d'Arodes, et sa glace doit à une certaine 
époque avoir formé la partie supérieure de ce Glacier. Il devait y avoir à cette 
époque un mur montagneux ininterrompu du S'' Forel jusqu'au fjord, tant à l'est 
qu'à l'ouest du Glacier d'Arodes. Mais au nord du S" Giard, il y avait un petit 
glacier de cirque qui a creusé de plus en plus profondément. Le mur en arrière du 
cirque est devenu de plus en plus étroit et de plus en plus bas, à la fois par l'effet 
de l'érosion effectuée par le petit glacier de cirque et par celui de l'érosion due au 
Glacier d'Arodes. Finalement le mur en arrière du cirque devra disparaître. Celui 
qui décidera des circonstances qui commanderont alors, c'est le Glacier du 14 Juillet, 
qui comme le glacier le plus puissant a érodé son lit plus profondément que le Gla- 
cier d'Arodes (la courbe de 400"° du premier de ces glaciers se trouve vis-à-vis de la 
courbe de 5oo'" du second). Les circonstances dominantes peuvent donc être illus- 
trées par la PI. xxvii, i. Nous possédons un exemple des présentes circonstances 
dans le Glacier Hellmann qui se comporte vis-à-vis des Glaciers Loûet et Penck 
complètement comme les glaciers de la fig. i. Mais le Glacier du 14 Juillet con- 
tinue à éroder plus rapidement que le Glacier d'Arodes. Le mur situé à l'arrière va 
continuellement en s'abaissant, et finalement une partie de la neige du Glacier 
d'Arodes passera le mur de séparation, en descendant au Glacier du 14 Juillet. Nous 
retrouvons là le même stade que nous avons précédemment décrit à l'extrémité 
supérieure du Glacier Louis Tinayre, du Glacier Louis Mayer et du Glacier Seliger. 
Le seuil commence dès maintenant à s'éroder, il devient de plus en plus bas, et 
plus il s'abaisse, plus il laisse passer de neige du Glacier d'Arodes au Glacier du 
14 Juillet. Il se forme une vallée à pente régulière descendant du Glacier d'Arodes 
au Glacier du 14 Juillet. Mais il devra nécessairement se former ici un seuil de 
vallée, transversalement à la vallée du premier glacier. Ce seuil deviendra de 
plus en plus haut, et finalement la partie supérieure et la partie inférieure du 
Glacier d'Arodes se trouveront complètement séparées l'une de l'autre, la pre- 
mière se rendant au Glacier du 14 Juillet et la dernière continuant dans le vieux lit 
de glacier. 

Les mêmes phénomènes doivent s'être aussi produits en d'autres endroits. Mais 
il est difficile de le prouver, tous les signes prouvant une pareille capture étant 
destinés à disparaître très vite. Il y a là quelque chose de bien plus difficile que lors- 
qu'on a à faire à des cours d'eau. Mais il est certain qu'une pareille capture a eu 
lieu, et continue journellement; on en reçoit la vivante impression lorsqu'on consi- 
dère ce qui s'est passé entre les affluents du Glacier du 14 Juillet et ceux du Glacier 
Blomstrand. Ces bras de glaciers s'engrènent les uns dans les autres d'une façon 
caractéristique. Les murs de séparation sont sur plusieurs points tellement 
minces, qu'ils devront bientôt disparaître ; sur un point isolé, le mur de séparation 



- 57- 

a en elTet disparu, nommcmcnt entre les sommets de 856"* et de 880" (au nord du 
S" Heim). La surface du Glacier du 14 Juillet est ici située à 5o™ plus bas que celle du 
Glacier Blomslrand, et nous voyons déjù que les affluents du premier de ces glaciers 
ont fait dans une certaine mesure incursion dans le domaine de l'autre. Mais, 
somme toute, ces deux glaciers pratiquent une érosion équivalente, et avec le temps 
Tun sera hors d'état de rien conquérir sur l'autre. 

Nous allons maintenant chercher par la pensée à suivre de près l'érosion gla- 
ciaire qui a lieu au Spitsberg. Les glaciers érodent de plus en plus profondément. Les 
bras latéraux des glaciers principaux détruisent continuellement les minces parois 
restées entre les glaciers voisins. L'une après l'autre, elles s'écroulent, en même 
temps qu'il s'en élève de nouvelles, plus basses. Les hautes parois rocheuses et 
aiguës, qui au début avaient des traces sensiblement rectilignes, se façonnent de 
plus en plus en zigzag et diminuent constamment d'altitude. Finalement elles se 
divisent en sommets isolés. En même temps les glaciers creusent leurs lits de plus 
en plus profondément ; mais cette érosion va en diminuant au fur et à mesure que 
la profondeur des vallées augmente et que la hauteur de la région diminue. Le résultat 
de tout cela sera qu'une région montagneuse comme celle comprise entre les Glaciers 
Lilliehôôk et de Monaco finira par s'écrouler complètement et sera recouverte d'un 
chapeau régulier de glace. 

En résumé, on peut dire que les glaciers compris dans le district dont la carte 
vient d'être levée, doivent être classés en glaciers isolés, pouvant être soit des gla- 
ciers suspendus, soit des glaciers de cirque, ou des glaciers du type alpin, et en 
glaciers réunis les uns aux autres par des passes glacées et des dos couverts 
de neige et de glace. Si cette couverture glaciaire disparaissait par fusion, on 
trouverait une topographie rappelant d'une manière frappante celle des « Sund » delà 
Norvège occidentale, par exemple autour du Trondhjemsfjord. Les vieilles cartes 
de cette région du Spitsberg portent la mention « High Inland Ice », mais en réalité 
nous n'avons pas ici de pareil inlandsis ; nous en avons cependant sur d'autres 
points du Spitsberg, par exemple sur la Terre du Nord-Est et dans le district situé 
à l'est et au sud-est de la Baie Wijde '. 



Remarques sur les glaciers. 

L angle d'inclinaison des glaciers. — Les glaciers les plus grands dans le 
district ont les angles d'inclinaison les plus petits (voir u' p.), et plus les glaciers 



' H. Backlund, Observations dans le Spitsberg central. St.-Péters bourg 1908. Missions scientifiques pour 
la mesure d'un arc de méridien au Spitzberg. Mission Russe. T. II, ix» sect. B. 

H. 8. 



— 58 — 

sont petits, plus Tangle d'inclinaison est grand, comme on le voit dans le tableau 
suivant : 



Glacier des 3 Couronnes 

— de Monaco 

— Lilliehôôk 

— Blomstrand 

— de Smeerenburg 

— du 14 Juillet 

— N° 6 (Les Sept Glaciers) 

— Waggonw^ay 

— d'Arodes 

— Gully 

— N" 7 (Les Sept Glaciers) 

Névés Lovén(le second partant de l'ouest). 

— — (le plus occidental) 

Glacier Adams 

— au sud de la P"= Blulf 



SUPERFICIE 

Km' 



681 
578 

355 

125 
123 

ii5 

92 

68 
3o 

•9 
12 
1 1 

5,6 
4,2 
1,5 



ANGLE 

d'inclinaison 



1° 6' 
1° 12' 
i°43' 
2^42' 
2° 21' 
2° 41' 
2° 39' 
3° 5' 
3° 28' 

3° 49' 
6° 47' 

5° 43' 

10° 57' 

9° 35' 

17° 52' 



Il y a beaucoup de glaciers qui ne suivent pas la règle indiquée ci-dessus. On 
peut remarquer spécialement que les glaciers de cirque ont une pente trop réduite 
par rapport à leur superficie et que l'angle d'inclinaison des glaciers suspendus est 
souvent trop considérable. Lorsqu'un glacier est composé par exemple de deux 
autres glaciers à peu près de même grandeur qui s'unissent près de leur extrémité 
inférieure, la règle ne s'applique pas non plus sur ce point ; on doit dans ce cas ne 
prendre que la superficie du glacier principal et du bras de glacier le long duquel 
la pente a été mesurée. Il en est de même, cela va sans dire, lorsqu'un glacier se 
divise en deux. 

Limite des neiges. — La ligne de neige que l'on peut constater dans le district 
qui nous occupe, est la frontière entre la partie dénudée du glacier et sa partie 
recouverte de neige (la limite du névé). Dans mon mémoire provisoire, mentionné 
à la page 4 (1. c, p. 19), j'ai indiqué comme altitude entre 200™ et 300"", d'après 
la méthode proposée par Hess ' et basée sur la forme des courbes de niveau. Toute- 
fois des recherches ultérieures ont montré que cette altitude est trop faible. Cette 



' H. Hess, Die Gletscher. Braunschweig 1904. P. 69. 



— ^9 — 
méthode ne s'applique pas bien au Spitsberg. On a, par exemple le long du Glacier 
du 14 Juillet des profils transversaux alternativement convexes et concaves à la 
limite entre la montagne et le glacier. J'ai vu un profil convexe tout en haut du Pla- 
teau Isachsen à gSo"" d'altitude et à proximité du nunatak de 1 180"". L'enfoncement, 
qui avait ici environ 3o'" de profondeur, n'était certainement pas un phénomène 
dû à la fusion, mais avait été produit par le vent : à proximité de la montagne, la 
tempête produit des mouvements tourbillonnants, et ces mouvements tourbillon- 
nants s'opposent à ce que la neige s'accumule au pied de la montagne. 

La méthode indiquée par Briickner n'est pas non plus applicable, le rapport 
existant entre la superficie dénudée et la superficie neigeuse du glacier étant loin 
d'être constant. Il y a des glaciers petits et moyens qui sont presque entièrement à 
nu, tandis que la partie neigeuse d'un autre glacier, par exemple le Glacier Lillie- 
hôôk, est bien des fois plus grande que la surface dénudée. La méthode de Kurowsky 
ne peut pas non plus s'appliquer ici, en tout cas pas pour les glaciers se terminant 
dans la mer et y vêlant. 

Il ne reste alors qu'à recourir à la mesure directe de l'altitude de la limite 
existant entre la partie dénudée et la partie neigeuse du glacier. 

Nous avons effectué plusieurs mensurations de ce genre en 1907 et pendant les 
expéditions norvégiennes qui se sont suivies après 1907. Le résultat de ces recher- 
ches, c'est que dans le district qui nous occupe, la ligne de névé est située à environ 
400^ d'altitude. 

A cela il convient de faire remarquer que la couche de neige recouvrant les 
glaciers du Spitsberg, même à de grandes hauteurs est très peu considérable. Staxrud 
mentionne un certain nombre de constatations de l'épaisseur des couches de neige '. 
Le 5 août 1906, à 800"" d'altitude, il n'y avait sur le Plateau Staxrud que i'"25 de 
neige sur la glace. Le g août, à 620"' d'altitude sur le Glacier Lilliehôôk, il y en avait 
I™. Le 9 août, à 750™ d'altitude dans la passe au sud de la Tente, i'" 25. Cette épais- 
seur très restreinte de la neige est aussi d'accord avec mes observations. Il semble 
que dans ces conditions climatériques, la neige ait une grande facilité à se transfor- 
mer en glace. Il n'est aucun besoin d'une forte pression pour que cette tranforma- 
tion ait lieu. 

Une conséquence de la faible profondeur des neiges, c'est que l'altitude de la 
limite des neiges est exposée à de grands changements d'une année à l'autre. Ce 
qui joue aussi un grand rôle au point de vue de la fonte des neiges, c'est le fœhn. 
Il se produit souvent avec une grande force et est très chaud. C'est ainsi que le 18 
août 1907, j'ai observé entre la Baie Hamburger et la Baie Magdalena un fœhn dont 
la température variait de 11° à 16° C. La température atteignait son maximum pen- 
dant que soufflaient les coups de vent les plus violents. Le 24 août 190g, je mesurai 

' G. Isachsen, Spitsbergenekspeditionen igoô.Det norske geogr. selsk. aarb. igo6-oy. Christiania 1907. 
P. 20 et suiv. 



— 6o — 

dans la Baie Red un fœhn très fort, marquant 17° C. Quand un pareil fœhn a soufflé 
pendant toute une journée, il est impossible de reconnaître les glaciers. La ligne du 
névé peut d'un jour à Tautre remonter d'au moins 100™. Lorsqu'un pareil fœhn 
survient à la fin d'août, la ligne de névé remonte extraordinairement. Mais si au 
contraire il survient de fortes chutes de neiges au milieu d'août, ce qui peut arriver 
fréquemment sur la côte nord du Spitsberg, cette ligne se trouvera transportée très 
bas. La différence pourra fort bien s'élever à 2-3oo™, ce qui fait une portion consi- 
dérable de l'altitude moyenne delà ligne de névé. 

Une autre conséquence de la faible épaisseur de la couche de neige, c'est qu'il 
est très difficile de fixer sur le glacier la situation exacte de la ligne de névé. Il y a 
en effet, à proximité de la ligne théorique de névé, un district très grand où toutes 
les éminences du glacier, si petites soient-elles, sont à nu, mais où toutes les parties 
basses sont recouvertes de neige. 

Les circonstances topographiques jouent aussi un grand rôle en ce qui concerne 
la fixation de la ligne de névé. Mentionnons par exemple, que sur le Glacier Ham- 
burger tout au voisinage de la mer, il y avait le 14 août 1907 une couche de neige 
ayant S*"™ d'épaisseur. Cette couche augmentait avec l'altitude. Le Glacier Ham- 
burger est logé dans un enfoncement en forme de marmite, qui n'est ouvert que 
du côté de l'ouest. 

Une particularité qui est en connexion avec la transformation rapide de la 
neige en glace, c'est que les parois très à pic, spécialement celles des cirques, sont 
recouvertes d'une couche de glace. Je n'ai fait cette constatation que dans les dis- 
tricts granitiques, par exemple, au côté sud de la Baie Magdalena et dans la vallée 
située au sud du point de 380"", au voisinage du Magdalena Hoek. Plusieurs des 
glaciers de la Baie Magdalena sont entourés de parois de cirque qui, en amont de 
la rimaye sont recouvertes d'une couche lisse de glace (PI. xv, 1,1''^ p., voir les petits 
glaciers situés à droite du Glacier Gully), tandis qu'ailleurs en dehors de la région 
du granit, on a de la neige en amont de la rimaye (PI. xix, 1). 

Ablation. — A i km. environ du front du Glacier Lilliehôôk, on mit en place 
en 1907, une rangée de pierres, afin de mesurer la vitesse du glacier. Dans la même 
ligne, la quotité de l'ablation fut mesurée sur deux points à l'aide de tiges de bois de 
frêne ayant 4™ de longueur, qui étaient enfoncées de 3'" dans la glace. Sur l'un de ces 
points dont l'altitude au-dessus du niveau de la mer était de 41"", l'ablation fut de 
G™ 64 du 28 juillet à 6'' 45 de l'après-midi au 27 août à 6'' 45 de l'après-midi. Sur 
l'autre point, dont l'altitude au-dessus du niveau de la mer était de 64'", l'ablation 
était de 0™ 54 du 28 juillet à 9'' de l'après-midi au 27 août à 10'' 3o de l'après-midi. 

Ordinairement la neige est fondue dans le milieu de juillet sur les glaciers et 
sur les territoires plans situés au niveau de la mer. A 50™ d'altitude, elle ne s'en 
va que vers le 20 ou le 25 juillet. Après les derniers jours d'août, on n'observe 
généralement pas de fonte de neige. A cette époque surviennent des neiges qui sont 
destinées à rester. D'après les observations météorologiques faites par les Suédois 



— Gi — 

dans la Baie Treurenberg' , il est raisonnable de compter une ablation d'environ 
i™ avant la fin de juillet, de telle sorte que l'ablation annuelle serait de i"'6 environ, 
à 5o'" d'altitude au-dessus du niveau de la mer. 

Structure. — On constate dans tous les grands glaciers une structure typique 
rubanéc. par exemple au Glacier Lilliehôôk et au Glacier King. Dans les glaciers 
de moindre importance, on voit toujours une stratification très prononcée. 

Au Glacier Blomstrand, j'ai eu l'occasion de mesurer la grosseur d'un certain 
nombre de grains de glacier dans un fragment de glace qui était tombé du front du 
glacier. Les deux grains les plus gros avaient les dimensions suivantes : l'un lo''"' de 
longueur, 4,5-5'^'" de largeur et la même épaisseur ; l'autre avait 12'''" 5 de long, envi- 
ron io'^'"de large et environ 8"'"' 5 d'épaisseur: ce dernier fournit par sa fusion 255 
centimètres cubes d'eau à la température de o''C. 

Crevasses. — On trouve sur les glaciers du Spitsberg des crevasses marginales, 
transversales et longitudinales. Ces crevasses atteignent parfois une largeur colossale, 
par exemple au Glacier Lilliehook où elles ont plusieurs dizaines de mètres. Les 
plus grandes crevasses se trouvent dans le Glacier Lilliehook et dans le Glacier King. 

Moraines. — La plupart des sortes de moraines sont constatées ici. Des moraines 
superficielles ne se présentent cependant qu'au Glacier King et au Glacier du 14 Juil- 
let à un degré digne de mention. 

Vêlages. — Le glacier qui donne lieu aux vêlages les plus considérables est le 
Glacier Lilliehôôk, ce n'est d'ailleurs que dans ce dernier glacier que le phénomène 
a été observé d'une manière plus précise (voir if p., p. 47). 

Mouvement des glaciers. — La vitesse de translation des glaciers n'a été mesurée 
que sur le Glacier Lilliehôôk. Sur ce glacier on installa à la fin de juillet 1907 une 
rangée de pierres à i km. environ du front, de l'extrémité ouest du glacier et jusqu'à 
sa ligne médiane environ. Des constatations ayant depuis lors continué d'une année 
à l'autre, je ferai seulement remarquer ici que le mouvement du glacier est très lent. 
La vitesse maximum était de 40"^" par jour. 

Variations. — En faisant la description spéciale des divers glaciers, nous avons 
dans la 11^ Partie, mentionné aussi leurs variations. Je vais résumer ci-dessous ces 
résultats. 

Pour tous ces glaciers qui ont donné lieu à des observations, leurs variations 
sont remarquablement insignifiantes. Ceci est naturellement bien d'accord avec le 
peu d'abondance des précipitations et à la température plutôt basse des étés au 
Spitsberg. En nous reportant aux observations mentionnées à la page précédente, 
et faites dans la Baie Treurenberg, la hauteur des précipitations atmosphériques ne 
dépasse pas 170"" par an. Peut-être sont-elles un peu plus abondantes dans le district 
qui nous occupe, mais elles restent, en tout cas, peu considérables. Une petite hau- 

' J. Westman, Observations météorologiques faites en i8gg et igoo à la Baie Treurenberg, Spitsberg. 
Stockholm 1904. Missions scientifiques pour la mesure d'un arc de méridien au Spitzberg. Mission Suédoise. 
T. II, VIIIû sect. A. 



— 62 — 

teur des précipitations n'en permet naturellement pas de bien grandes variations, 
ainsi que la température d'été peu considérable. Comme ce sont ces deux genres de 
variations qui se traduisent par celles des glaciers, il est évident que ces dernières 
doivent aussi forcément rester petites. 

II semblerait que pendant le cours du xix^ siècle, il a dû y avoir, à tout prendre, 
un recul des glaciers. C'est ainsi que le Glacier Waggonway a été en recul de i838 
à 1861 et peut-être encore, jusqu'à un certain point, de 1861 à igo6. Il semble que 
le recul maximum ait été de 840™ entre i838 et 1906. Presque tous les glaciers sur 
lesquels on a des renseignements ont été en recul de 1861 à 1906 et 1907 : ainsi le 
Glacier Gully et le Glacier Buchan. De 1892 à 1907, les Glaciers N" i et N" 4 ont été 
en voie de recul, de même aussi le Glacier Blomstrand (de 700 à 800™). 

Un trait bien remarquable, c'est qu'en ce qui concerne certains glaciers, ceux-ci 
ont été l'objet d'un fort progrès au début de la période 1860-70. C'est ce qu'on 
sait déjà très bien en ce qui concerne le Glacier Frithiof dans le Bell Sund, qui 
progressa violemment de 1861 à 1862', et qui depuis lors n'a plus guère reculé que 
faiblement. Il en est de même du Glacier King qui en 1860 se trouvait bien plus 
avancé qu'en 1861 (voir if p., p. 19), et qui depuis cette époque a toujours été en 
reculant. 

Le recul des glaciers du Spitsberg au xix^ siècle a correspondu à un recul simul- 
tané et analogue des glaciers de la Norvège. Le progrès, au début des années qui 
ont suivi 1860, a été à peu près simultané d'un progrès de plusieurs des glaciers de 
la Norvège méridionale, comme la remarque en a été faite par Charles Rabot .^ 

Une exception est formée par les 2 Névés Lovén les plus occidentaux ; le plus 
occidental des deux a progressé de 5oo"' entre 1861 et 1892 et de 400" entre 1892 et 
1907. Le second de ces névés a progressé de 1200™ entre 1861 et 1892 et de 200'" 
entre 1892 et 1907. 

En ce qui concerne les variations des différents glaciers, pris isolément, nous 
renvoyons aux descriptions locales, dans la n'' Partie. 

Formes des montagnes. — La plupart de ces montagnes ont la forme de crêtes 
dentelées et aiguës ou de sommets isolés. Sur les presqu'îles seulement, on trouve 
des montagnes ayant un grand développement en largeur. Ces dernières formes sont 
motivées par le fait que la glaciation sur les presqu'îles est plus faible. Les glaciers 
relativement assez éloignés les uns des autres ont partagé la pénéplaine en blocs 
rocheux qui parfois permettent à la pénéplaine de manifester clairement son exis- 
tence. Ces roches massives en forme de boule se trouvent par exemple sur la Pres- 
qu'île de la Mitre et à l'angle nord-ouest du Spitsberg. En ce dernier point, elles 
se distinguent bien par leur surface régulière et leur déclivité rapide. 



' N. Dunér, A. J. Malmgren, A. E. Nordenskiôld et A. Quennersxedt, Svenska expeditiotier till Spetsber- 
gergen och Jan Moyen, utfurda under âren j863 och 1864. Stockholm 1867. P. -6. 

' Charles Rabot, Les variations de longueur des glaciers dans les régions arctiques et boréales, 1. c, p. 236. 



— 63 — 

Les crêtes rocheuses ont parfois un tracé rcctiligne, par exemple au côté sud du 
Glacier d'Arodes ; mais cela arrive très rarement, car le plus souvent le trace en est 
peu régulier, et elles entourent ou des cirques ou de courtes vallées commençant par 
des cirques. Le phénomène présenté par les cirques est surtout bien développé sur 
les points où la glaciation n'est pas trop lorte, et où les glaciers ont atteint un certain 
degré de maturité, par exemple entre le Glacier Blomstrand et celui du 14 Juillet, 
au sud de la Baie Magdalena et sur divers autres points. Ils atteignent leur forme la 
plus typique dans les districts granitiques, par exemple près de la Baie Magdalena 
et intérieurement aux Iles Norway, où ils ont beaucoup de ressemblance avec les 
cirques de la Norvège (PI. xv, i" p. et PI. xvni, 2, ii*-' p.). Dans les districts où les 
roches ne consistent pas en granit, les parois des cirques sont moins à pic, et 
ressemblent davantage aux cirques des Alpes. Une exception est cependant formée 
par de puissantes couches calcaires de la formation de l'Hecla Hoek, qui donnent 
lieu à des parois excessivement à pic, par exemple au sud du Glacier du 14 Juillet. 

En dehors des exceptions que nous venons de mentionner, il n'y a pas grande 
ditïérence dans la forme des montagnes appartenant au district du terrain archéen, 
consistant pour la plus grande partie en granit, et au district de l'Hecla Hoek consis- 
tant essentiellement en micaschistes, quartzites et calcaires. Les différences ne sont 
bien sensibles que dans les détails. Dans les endroits, par exemple, où les crêtes 
montagneuses de ce dernier district suivent la direction de la roche, il en résulte 
une apparence dentelée toute particulière, avec des dentelures parallèles ayant 
même pendage que la roche elle-même. Le granit rose le plus récent prend par l'effet 
de la désagrégation une forme en coloanes tout à fait particulière, qui rend les 
montagnes ainsi composées faciles à distinguer (PI. xvi, 2). 

Dans les parties supérieures des grands glaciers se trouvent des sommets 
isolés, des nunataks. Ils font saillie assez à pic et sont souvent hauts et minces, par 
exemple le sommet de qSi™ sur le Plateau Staxrud et le sommet de 1180™ sur le 
Plateau Isachsen. Il est plutôt rare qu'ils aient une grande étendue dans le sens 
horizontal, comme par exemple le M' Collett. 



TABLE DES MATIÈRES 



Pages 

Introduction 3 

Terrain archéen a 

Formation de l'Hecla Hoek 4 

Système dévonien 1 1 

carbonifère in 

— tertiaire 20 

— quaternaire 22 

Les Glaciers 46 

Forme de la couverture glaciaire 46 

La pénéplaine et l'érosion glaciaire 5o 

Remarques sur les glaciers 5y 



LISTE DES PLANCHES ET DES CARTES 



PL L Fig. I et 2. Panorama pris de l'Ile Jutta, pendant Texpédition Isach- 

sen 1909. L'île est la plus septentrionale des Iles Lovén, 
Baie King (le 3o Juillet 1909). 

— II. Fig. I et 2. Panorama pris du M* Nils au sud du Port Signe (le 29 

Août 1906). 

— III. Fig. I et 2. Glacier du 14 Juillet (le 20 Août 1906). 

— IV. Fig. I. Port Ebeltoft (le 18 Juillet 1906). 

— 2. Plaine Diesct (le 2 Août 1907). 

• — V. Fig. I. Plaine Dieset (le 19 Juillet 1906). 

— 2. Terrasse à l'ouest du M' Kiser (le 29 Août 1907). 

— VI. Fig. I. Glacier King (le 4 Août 1907). 

— 2. Baie Cross, côte ouest (le 27 Juillet 1907). 

— ' VII. Fig. I. Prince Charles Foreland, partie nord (^le 29 Juin 1910). 

— 2. Baie Cross, côte ouest (le i5 Juillet 1906). 

— VIII. Fig. I. Prince Charles Foreland, partie nord (le 29 Juin 1910). 

— 2. Glacier Miller (le 3i Juillet 1907). 

— IX. Fig. I. Plages au côté nord du Port Blomstrand (le 3o Juillet 1907). 

— 2. Falaises au côté est de la Baie MôUer (le 27 Juillet 1907). 

— X. Fig. 1,2, 3, 4 et 5. Vêlage, Glacier Lilliehôôk (le 29 Août 1906). 

— XI. Fig. I. Baie Magdalena (le 14 Août 1907). 

— 2. Baie Môller (le 27 Juillet 1907). 

— XII. Fig. I et 2. M' KnofF, Glacier N° 3 et M'-* Rasder (le 12 Août 1907). 

— XIII. Fig. I. Glacier 0yen (le 28 Juillet 1907). 

— 2. Baie Liefde et Glacier de Monaco (le 2 Août 1906). 

— XIV. Fig. I et 2. Glacier du 14 Juillet (le 12 Août 1906). 

— XV. Fig. I et 2. Panorama pris du M' Vallot (le 9 Août 1906). 



PI. XVI. 


Fig. I. 




— 2. 




— 3. 


— XVII. 


Fig. I. 




— 2. 


— XVIII. 


Fig. I 


— XIX. 


Fig. I. 




— 2. 


XX. 


Fig. I 


— XXI. 


Carte 


— XXII. 


Carte 


— XXIII. 


Fig. I 



XXIV. 



— XXVI. 



Fig. I 



— XXV. Fig. I 



— 3 
Fig. I 



XXVII. Fig. i-i 



Chaîne De Lapparent et Glacier Albrecht Penck (le 23 Août 
1906). 

Partie sud-est du S"' Horneman (le 5 Août 1906). 

M''Losvik (le 5 Août igoô). 

Glaciers Supan et Lilliehôôk (le 17 Juillet 1906). 

Glacier Lilliehôôk, partie supérieure (le 2 Août 1906). 
et 2. Plateau Isachsen (le 11 Août 1906). 

Plateau Isachsen et Glacier Blomstrand (le 10 Août 1906). 

M'' Bouvier et le Colosse (le 6 Août 1906). 
et 2. Panorama pris du M' Nordenskiôld (le 10 Août 1907 et 

le 9 Août 1909). 
géologique du Spitsberg Nord-Ouest, 
géologique de la partie centrale du terrain archéen. 
. Coupe prise à l'ouest de la Baie Lilliehôôk, de la Presqu'île 
du Roi Haakon, de Tlle Kohn et à Test de la Baie Môller. 

I. Esquisse géologique des environs de la Baie Red. 

II. Coupe de la Baie Red. 

Esquisse géologique du terrain tertiaire au sud de la Baie King. 

Coupe du sud-ouest au nord-est du terrain tertiaire situé au 
sud de la Baie King. 
. Plate-forme littorale au nord du Cap Guissez. 

Coupe prise à l'ouest du Prince Charles Foreland. 

a) Offset, b) Overlap. c) Stream deflection. 
. Esquisse du tombolo situé près du Glacier Erich. 

Les promontoires alluviaux triangulaires dans le Détroit du 
Foreland. 
6. Coupes montrant l'érosion glaciaire. 



LÉGENDE DE LA PLANCHE I 



Fig. I et 2. Panorama pris de Tlle Jutta pendant l'expédition Isachsen 1909. L'île 
est la plus septentrionale des Iles Lovén, Baie King. 

A gauche, on voit la Presqu'île Blomstrand, composée de calcaire cris- 
tallin gris-bleuâtre ou rougeâtre. Puis vient la partie du Glacier 
Blomstrand se terminant dans l'Anse Deer. Vient ensuite le M' Fei- 
ring, facilement reconnaissahle au glacier suspendu qui recouvre la 
partie supérieure de la montagne. 

L'avant de la partie suivante du panorama est occupé par le bras sep- 
tentrional du Glacier King. Parmi les montagnes de l'avant, une des 
plus saillantes est le S^' Conway. Sur ces montagnes on aperçoit 
nettement deux sortes de surfaces, l'une inégale et déchiquetée 
autour des affluents du Glacier Conway, et s'étendant aussi loin que 
s'étend l'érosion glaciaire, et du reste avec une surface régulière et 
comme bien planée. Toute cette rangée de sommets située à droite 
du Glacier Conway, est composée de roches appartenant à la forma- 
tion de l'Hecla Hoek, c'est-à-dire de micaschistes, de calcaires et de 
quartzites. Le reste de la partie supérieure du panorama est occupé 
par une montagne isolée, le M' Ossian Sars : il se compose de con- 
glomérats d'âge dévonien. Tout à gauche, dans la partie inférieure 
du panorama, on aperçoit le M' Collett, formé de roches bien 
clairement stratifiées d'âge carbonifère, et immédiatement après, le 
M' Garwood. Puis vient la partie sud, fortement crevassée du Glacier 
King. Au fond on voit le Glacier Kings Highway. 

Le reste du panorama est occupé par la Presqu'île BrOgger, composée 
principalement de calcaires carbonifères. 

Les 4 glaciers qui suivent à droite du Glacier King, sont les Névés Lovén, 
auxquels succèdent les Névés Br0gger, bornés à droite par le iW 
Schetelig, qui forme la droite du tableau. Le pays bas situé à droite 
du plus occidental des Névés Lovén, est occupé par une région 
affaissée, où dominent des grès et des schistes argileux tertiaires con- 
tenant des couches de houille. Enfin l'on aperçoit, tout à l'extrémité, 
deux plates-formes dont la plus haute est à 20o-25o™ d'altitude et la 
plus basse entre o et 5o"\ Cette dernière est la plate-forme habituelle 
d'abrasion, mais quant à l'origine de la plate-forme supérieure, on 
ne peut rien dire de certain. 

Les îles de l'avant sont les Iles Lovén, constituées par des conglomérats 
dévoniens. 



ALBERT W PKINL"!-. DF. MONACO. CVHP. SCDLW 





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J et 2 - Panorama d'- 



ne 50 Jmlîet 1909 f 



LEGENDE DE LA PLANCHE II 



Fig. I et 2. Panorama pris du M' Nils (o 884) au sud du Port Signe. Voir station 
XXXIII, p. 56, P' P. 

Vers l'avant, tout à gauche, on aperçoit la Baie Cross et par derrière la 
partie inférieure du Glacier d'Arodes et de celui du 14 Juillet. Puis 
vient le sommet de 488'", fermant la vue qui s'ouvre de nouveau 
vers le sud-ouest de la Vallée Signe. Tout à l'avant, on voit la partie 
inférieure du glacier situé au nord du M' Chun, qui est visible der- 
rière le sommet de 483". Plus loin encore à l'arrière, on a le glacier 
situé au sud du iM' Chun et plus loin encore le M' Krtimmel. En 
arrière, au milieu de la vallée, on a le Lac Dieset et à droite de celui- 
ci, la partie la plus méridionale du Glacier N° i. Le haut sommet 
qui fait suite, avec son manteau de glace, à son côté méridional, est 
le Mont de la Reine Maud. Droit au-dessous de ce sommet, on a 
la partie intérieure de la branche septentrionale du Port Signe. La 
partie supérieure du panorama se termine par ce port et par le glacier 
qui s'y rend. La partie inférieure du panorama commence à la partie 
extérieure du Port Signe, ayant à son arrière le Glacier 0yen avec 
ses deux languettes et une échancrure au milieu du front. Puis vient 
la partie intérieure de la Baie Lilliehôôk et le puissant glacier du 
même nom, qu'on aperçoit presque intégralement. Le nunatak isolé 
situé à la gauche du glacier est du Pic du Signal. Après cela on voit 
le reste de la Baie Lilliehôôk, et par derrière encore la presqu'île 
monotone du Roi Haakon. Le plus saillant des glaciers de l'arrière 
est celui qui se rend à la P'^ Fanciulli (Glacier Ole Hansen). 

Toutes les montagnes faisant partie de ce panorama appartiennent à la 
formation de l'Hecla Hoek : micaschistes, quartzites, dolomies et 
calcaires, à l'exception de celles qui sont situées à la partie supérieure 
du Glacier Lilliehôôk, et qui se composent principalement de 
granit appartenant au terrain archéen. 



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KXi'LOR siMishi;m;__i;Koi. l'i. ii 





J et 2. Panorama du Jf NUs ( Je 29 Août J30e ) 



LEGENDE DE LA PLANCHE III 



Fig. I et 2. Glacier du 14 Juillet pris d'une station (o) au sud du front du glacier. 
Voir station XXIV, p. 55, P^ P. 
Tout à gauche, dans le fond, on voit la partie méridionale de la Pres- 
qu'île du Roi Haakon. La pointe située tout à l'avant, au premier 
plan, est la P'" Redinger, où commence la Chaîne Casimir Périer. 
Elle s'élève régulièrement jusqu'à Taltitude de 535"', après quoi vient 
urre passe, puis un nouveau sommet aigu. La partie de la chaîne 
qui est de couleur foncée dans la reproduction, est formée des 
micaschistes et des quartzites de la formation de l'Hecla Hoek. A 
une petite passe commence une roche nouvelle, qui fait nettement 
saillie sur l'image par sa couleur claire, c'est un calcaire cristallin 
clair, bleu, quelquefois aussi rougeâtre, appartenant à la même for- 
mation. Puis vient le puissant front du Glacier du 14 Juillet, où les 
moraines superficielles se distinguent par des traces boueuses qu'elles 
ont déposées. Tout à droite de la partie supérieure du panorama 
commence la large moraine latérale située au côté sud du glacier. 
Elle en occupe toute la partie inférieure. La partie de cette moraine 
située tout à droite, est cependant une moraine riveraine. Tout à 
gauche de la partie supérieure du panorama apparaît un reste de 
glace dû au recul du glacier. 



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1 et 2- GJacier du M JmJJet (Je 20 Août JSÛB J 



LÉGENDE DE LA PLANCHE IV 



Fig. I. Port Ebeltoft pris d'une station au nord du port (ô i5o). Voir station 6, 
p. 5o et 5i, L"P. 
Tout à gauche, au milieu du panorama, on voit le Port Ebeltoft avec la digue 
en crochet faisant saillie au sud de ce port. Le sommet situé à l'extré- 
mité de gauche est le M' Wille avec son cirque rempli par un glacier. 
Puis vient le M' Scoresby, en partie caché dans le brouillard, et enfin 
une rangée de montagnes de hauteur uniforme située plus au nord. 

Fig. 2. Plaine Dieset prise du M' Scoresby (o 6o3). Voir station O, p. 60, 63 et 64. 
On aperçoit la plaine depuis le Cap Mitre jusqu'à l'issue du Lac Dieset. Le 
trait le plus remarquable de ce paysage est l'abondance des marécages et 
la richesse du pays en lacs et en rivières. La côte est partout basse et se 
compose en grande partie de digues de lagunes, dont la structure indique 
que les courants dirigés vers le nord sont prédominants dans la mer située 
au-dehors. Le sommet rocheux visible à gauche est la Mitre (SSg™). 



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LEGENDE DE LA PLANCHE V 



Fig. I. Vue prise du point nord de la base (ô 25) à l'ouest du Pic Grimaldi. Voir sta- 
tion I, p. 5o, 54 et 64, l" P. 
Sur la photographie on voit une plate-forme d'abrasion s'élevant régulière- 
ment depuis la mer, jusqu'à la montagne, où les terrasses de gravier attei- 
gnent de 5o à 70"" au-dessus de la mer. On voit la limite bien distincte 
entre la plaine et la montagne. 

Fig. 2. Cette terrasse, dont la partie intérieure atteint une altitude de 55™, est la plus 
importante de celles qxn sont situées au sud-ouest de la Presqu'île Brogger. 
Ses matériaux se composent principalement d'un gravier calcaire blanc- 
jaunâtre, ce qui fait que cette terrasse est radicalement exempte de toute 
végétation. La direction de la photographie regarde vers le sud-est. 



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1- Plame Lie set fie 19 Juillet 1906) 




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2- 'l'errassecLl ouest duM^Kiser. 
f le 29 Août 1907) 



LÉGENDE DE LA PLANCHE VI 



Fig. I. Glacier King, pris d'une station au nord-ouest du M' Nielsen (ô 200). Voir 
station P, p. 68, F^ P. 
Au milieu de la vue, il y a la Baie King avec les Iles Lovén. Tout à gauche, 
dans le fond, est le côté sud-est recouvert des glaciers du M' Olss0n. On 
voit ensuite la partie orientale du Glacier Blomstrand, qui finit à l'Anse 
Deer, et ses affluents, à l'ouest du M' Feiring. Vient ensuite cette monta- 
gne elle-même, avec son glacier suspendu, situé au sud. Le reste de l'image 
représente le Glacier King et les montagnes qui le bordent au nord. 
On voit que le M' Ossian Sars partage le front du Glacier King en deux. 
Le glacier situé à droite dans le fond est la partie supérieure du Glacier 
Conway. 

Fig. 2. Partie du côté ouest de la Baie Cross, prise de la P'" FanciuUi (ô)- Voir sta- 
tion 4, p. 5g, 62 et 67, r^ P. 
A l'avant se trouve la Baie Cross. A l'arrière, les montagnes situées à l'ouest 
du fjord, au nord du Port Ebeltoft, jusqu'au sommet de 707™. Le glacier 
situé tout à droite est le Glacier Hergesell, celui de gauche est le glacier 
de cirque au côté est du M' Schott. 



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LÉGENDE DE LA PLANCHE VII 



Fig. I. Prince Charles Foreland, partie nord, pris d'une station sur mer pendant 
l'expédition Isachsen en 1910. " 

Tout à gauche, on voit la pointe septentrionale du Prince Charles Foreland, 
le Vogel Hoek. Puis viennent les M" Conway et une passe profonde, et 
puis le M' Barents, borné au sud par la vallée Windy Gowl. Ce qu'on 
a ensuite, c'est une crête plus basse, augmentant de hauteur vers le 
sud, le M' Taylor, puis une passe, puis une large masse rocheuse et 
enfin la Vallée Mackenzie, flanquée de part et d'autre de deux 
hautes pyramides aiguës, le N. Sutor et le S. Sutor. On aperçoit le 
sommet aigu du plus méridional des deux, tandis que le plus septen- 
trional est moins distinct, attendu qu'il se profile sur la montagne située 
derrière. Ces deux sommets sont composés d'un conglomérat grossier 
d'âge incertain, et différents en cela des autres sommets faisant partie du 
panorama et qui appartiennent à la formation de l'Hecla Hoek : calcaires, 
phyllades et quartzites. 

Au sud du S. Sutor s'étend une large vallée, The Gill, puis vient le M' Lee. 
Ici commencent les Grampiansdu Nord, qui continuent sans interruption 
jusqu'au haut sommet situé tout à droite. Ici les sommets les plus saillants 
sont le M' Helland, le M* Rudmose, le M' Monaco, le plus haut de tous 
(1080"'), le M'Mathieson, le M' Phipps, le M' Parnassus, le M' Charles et 
le M' Jessie. A gauche de ce dernier vient la rangée de montagnes plus 
basses qui a été nommée Thomson Hill. 

Le seul glacier de quelque importance qui apparaisse sur la côte ouest est le 
Glacier Miller, que Ton aperçoit dans toute sa longueur. Sa moraine 
frontale qui couATele front du glacier se détache nettement dans le pano- 
rama. 
Fig. 2. Baie Cross, côté ouest, prise d'une station au nord du Glacier d'Arodes 
(o 486). Voir station 7, p. 5o et 64, F" P. 

A l'extrémité de gauche, nous avons le Cap Mitre et la Plaine Dieset. Après 
cela vient le M' Wille et son cirque avec glacier situé à l'est. Le Port 
Ebeltoft forme comme une coupure bien distincte dans la côte, avec le 
M' Scoresby situé derrière lui. En partant de ce sommet, la crête 
rocheuse va en s'abaissant, pour se relever de nouveau un peu, dans le 
M' de la Brise, qui ferme du côté sud la grande vallée s'étendant au nord 
du Port Ebeltoft. Cette vallée est bornée vers le nord par le M' Schott. 



Al.bl'.Wl l'"i'KINi|-. I)j; MDNAt () i.VMI'MIf-M 



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j . J^'wce Charles Fare/and. parue nord (Je 29 Jum J9JÛ ) 




LÉGENDE DE LA PLANCHE VII {Suite) 



En partant de là, la crête rocheuse va toujours en s'abaissant vers le nord 
jusqu'à la P"= Nils au voisinage du Port Signe. C'est à peine si l'on 
aperçoit le petit glacier situé à l'est du M* Schott et le Glacier Hergesell. 
A l'arrière de ce dernier s'élève le M' de la Reine Maud. A droite de la 
P'" Nils, on aperçoit le Glacier Lilliehôôk. En remontant ce dernier, la 
vue est arrêtée en son milieu par la Presqu'île du Roi Haakon. 
Tous les sommets faisant partie de ce panorama consistent en micaschistes, 
quartzités, calcaires et dolomies de la formation de l'Hecla Hoek, sauf 
toutefois les montagnes entourant la partie supérieure du Glacier Lil- 
liehôôk, composées principalement de granit appartenant au terrain 
archéen. 



LEGENDE DE LA PLANCHE VIII 



Fig. I. Prince Charles Foreland, partie nord, prise d'une station sur mer à l'ouest 
de Tîle pendant l'expédition Isachsen en 1910. 
Le haut sommet situé tout à gauche est le Vogel Hoek, au nord duquel 
on voit la basse plate-forme d'abrasion, vers laquelle la montagne tombe 
notablement à pic. Puis vient la longue crête des M*' Conway, séparée 
par une passe du M' Barents (voir la légende de la PI. VII, fig. i). 

Fig. 2. Glacier Miller pris du M' Helland (O 600), Prince Charles Foreland. Voir 
station N, p. 60 et 63, l" P. 
Tout près de la mer, il y a une plate-forme d'abrasion, les Traquair 
Beaches, sur laquelle repose le front couvert de moraine du glacier. En 
avant de ce glacier repose une série de moraines qui barrent de petits 
lacs. 



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LEGENDE DE LA PLANCHE IX 



Fig. I. Vue prise de la station la plus orientale (ô) sur la côte nord du Port Bloms- 
trand. 
Cette figure représente la côte plate de la première anse à l'ouest du point 
le plus oriental de triangulation. A Tarrière, on voit les terrasses marines 
quaternaires, contiguës aux montagnes calcaires du fond. A l'extrémité 
de droite, on aperçoit une partie du Glacier Blomstrand. 

Fig. 3. Falaises sur la côte est de la Baie Môller, photographiées de la P'^ Thoulet 
au nord de la Baie Louis Tinayrc. Voir station 9, p. 59 et 63, V P. 
L'image représente des conditions faisant contraste avec la fig. i. A cet 
endroit la roche se compose de micaschiste. 



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LEGENDE DE LA PLANCHE X 



Fig. I, 2, 3, 4 et 5. Vues prises de la station B (= i5). Voir PI. H, r"' P. et point i5, 

p. 58, V^ P. Vêlage du Glacier Lilliehôok le 29 août igo6. 
Les photographies représentent le plus grand vêlage que nous 
ayons observé sur ce glacier. Voir p. 24, P" P. 



Al.liim l"'l'l(l\(l m MllVACO IA.MI' sillAT. 



i.\n.ni) si'i r'sisi:iM, (,i-.(n. n. x 








/ 2. 3, 4 et S- Vélaye du G/aasr lalhahâài (Je 29Aoùi JS06 



LEGENDE DE LA PLANCHE XI 



Fig. I. Baie Magdalena, prise d'une station sur mer, à l'ouest de la baie. Voir sta- 
tion H5, p. 68, P^ P. 
Cette image passe avantageusement en revue la Baie Magdalena avec tous 
ses différents glaciers. A l'extrémité gauche, on a la P"' Smeerenburg et 
le glacier qui la limite du côté du nord. Puis vient le glacier situé à 
l'est du sommet de 627™, ensuite le sommet de 485™, derrière lequel appa- 
raît le sommet fortement strié de la Colline Haystack. On ne voit pas le 
glacier situé entre ces deux montagnes, mais on voit celui qui est à l'est de 
la Colline Haystack. A l'intérieur de ce glacier, on a le sommet acéré du 
M' Rotges, à droite duquel se voit le Glacier Waggonway, et à droite 
de celui-ci, l'extrémité inférieure du Glacier GuUy, puis le Glacier Adams, 
ensuite un petit glacier suspendu, et celui du Magdalena Hoek. Le haut 
sommet à droite de l'extrémité supérieure de ce dernier est le S^' Hoel. 
Ces sommets, qui laissent voir de magnifiques cirques sont composés de 
granit de couleur grise, appartenant au terrain archéen. 

Fig. 2. Baie Môller prise d'une station à l'est du sommet de 665"' de la Presqu'île du 
Roi Haakon (o). Voir station 12, p. 67, V" P. 
Tout à gauche, on voit le M' du Prince Olav, et puis la Baie et le Glacier 
Koller, à droite desquels on voit la Chaîne Michelsen et le Glacier Louis 
Mayer. 



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LEGENDE DE LA PLANCHE XII 



Fig. I et 2. M' Knoff, Glacier N° 3 et M*^ Rœder, photographiés d'une station devant 
le Glacier N° 3 (o). Voir station T, p. 6o et 68, F' P. 
On voit ici le front couvert de moraine du glacier, et la plaine située 
entre la mer et le glacier. A droite des M'^ Rœder on découvre une 
partie du Glacier N° 2, et par derrière le Glacier N° i. Le sommet 
situé à l'extrémité de droite et dans le fond, est la Mitre. Les M'^ 
Knoff et Rasder sont composés de gneiss, de micaschiste et de granit 
faisant partie du terrain archéen. 



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LÉGENDE DE LA PLANCHE XIII 



Fig. I. Glacier 0yen, pris du point Est de la base (A) (PI. h, f^ p.) à l'ouest de la Baie 
Lilliehôôk. 
On aperçoit la partie inférieure du glacier. Son front est à pic, et sa partie 
la plus basse est recouverte d'une moraine. A l'extrémité de droite appa- 
raît la moraine riveraine du Glacier Lilliehôôk. Le sommet à gauche, 
dans le fond, est le Mont de la Reine Maud. 

Fig. 2. Baie Liefde et Glacier de Monaco, pris du S^' Pteraspis (825""). 

Le milieu du panorama est occupé par la Baie Liefde. Au premier plan, un 
peu à gauche, la partie inférieure du Glacier Erich, et au-dessous une 
petite île rattachée à la terre ferme par une digue qui a été déposée par 
les courants de marée. A droite, en arrière, l'imposant Glacier de Monaco, 
et les montagnes sauvages et déchiquetées qui l'avoisinent à l'ouest, et 
qui consistent en roches appartenant au terrain archéen. 
A gauche du glacier commencent des montagnes composées, autant que nous 
le sachions, de grès et de conglomérats dévoniens. Ces montagnes sont 
très pauvres en glaciers. Le cap le plus à gauche est le Cap Roos. Plus 
loin, on voit la Baie Wood, et tout au fond du paysage les montagnes 
situées à l'est de ce fjord. Comme on le voit, les surfaces de celles-ci 
forment un plan presque régulier. 



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LÉGENDE DE LA PLANCHE XIV 



Fig. I et 2. Glacier du 14 Juillet pris de la station 23i (o 23i) au nord-est du Pic 
Grimaldi. Voir station XXII, p. 55, F' P. 
Le cirque rempli d'un glacier que Ton distingue à gauche du panorama, 
est le cirque situé au sud du S^' Giard. Derrière celui-ci on voit 
la crête de 929", après quoi l'œil remonte le glacier et cela 
presque jusqu'à la ligne de partage. Le reste du panorama est occupé 
par les montagnes et les glaciers situés au côté sud du glacier. Le 
beau sommet, avec glacier suspendu par lequel se termine la partie 
supérieure du panorama, est le sommet de 794™. Le sommet tout à 
droite dans le bas du panorama est le Pic Grimaldi. Les roches 
des montagnes les plus proches de la côte appartiennent à la forma- 
tion de l'Hecla Hoek : micaschistes, quartzites et calcaires. 



AI.HIÎIiT I""PRINrE BE MONACO. tAMI- SCinxT 



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LEGENDE DE LA PLANCHE XV 



Fig. I et 2. Panorama pris du M' Vallot (o ii5o). Voir station XVII, p. 55, l" P. 

En arrière et à gauche, on voit les Montagnes Neigeuses. Puis très loin 
un groupe de montagnes dans la direction de l'Isfjord. Après cela, et 
derrière le Glacier des 3 Couronnes, il y a une série de montagnes 
de formes remarquables. Elles sont composées d'un socle de grès 
dévonien rouge, sur lequel repose un chapeau de calcaires carboni- 
fères. Plus à gauche, on a le Diadème, tout couvert de neige sur 
sa face gauche. Plus en avant l'Exilé, qui a perdu sa couronne, après 
quoi viennent les 3 Couronnes, et, séparées de celles-ci par un glacier, 
les Reines et le Pretender, et enfin le M' Garwood. En avant de 
celui-ci et à droite, le M' Collett. En arrière et à droite des 4 mon- 
tagnes que je viens de mentionner, on aperçoit les montagnes et les 
glaciers de la partie orientale de la Presqu'île Brogger. Plus à droite 
on voit le brouillard régnant sur la Baie King. 

A gauche de la partie inférieure du panorama, se trouvent les monta- 
gnes bornant à Test le Glacier Conway : elles sont recouvertes de 
neige, et portent des traces de ski, et sont tout à l'avant du tableau. 
Derrière elles on a les montagnes dénudées à l'ouest du Glacier Con- 
way. Quant au Glacier Conway lui-même, on ne l'aperçoit pas. Le 
S^' Conway est la pointe acérée ayant devant elle un glacier suspendu. 
Plus loin vers la droite commence plus vers Tavant une crête basse, 
avec deux bandes neigeuses transversales, c'est là la crête dont le 
point culminant au nord a 11 15™ d'altitude. Derrière celui-ci on 
aperçoit les montagnes environnant le sommet de ii5o'". La crête 
visible tout à l'arrière est celle située à l'ouest du Glacier Blomstrand. 
Le haut sommet avec un ruban de neige en son milieu est le S''' 
Ringnes ; plus à droite, suivent, tout à fait à l'avant, des montagnes 
couvertes de neige (M* Vallot), et enfin Ton a, à l'arrière-plan, la 
partie septentrionale des Montagnes Neigeuses. Ces montagnes situées 
à l'ouest du Glacier des 3 Couronnes sont composées de schistes et 
de calcaires cristallins. 



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i et 2 - Panorama du Mi YnUot Ile 9 Août 



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LEGENDE DE LA PLANCHE XVI 



Fig. I. Chaîne De Lapparent et Glacier Albrecht Penck, photographiés d'une station 
sur la Fourche (o gSo). Voir station XXVI, p. 56, I"' P. 
On aperçoit le Glacier Albrecht Penck depuis sa ligne de partage avec le 
Glacier Loûet, jusqu'à son confluent avec le Glacier Lilliehôôk. Au milieu 
du tableau, on a la Chaîne De Lapparent, et Ton voit comment le 
Glacier Penck dévie brusquement du sud à Touest-nord-ouest, entourant 
aussi l'extrémité méridionale de cette chaîne. A l'arrière, les bras les plus 
occidentaux du Glacier Lilliehôôk. 

Fig. 2. Cette image est prise de la partie supérieure de la chaîne partant du S''' 
Horneman (i 1 14") dans la direction de l'Est. La vue est dirigée vers le sud. 
A gauche le sommet de ii3i™ et à droite celui de io56". Le sommet de 
gauche présente les formes d'érosion particulières en granit rouge du 
terrain archéen. 

Fig. 3. La photographie est prise de la passe au nord du S" Myhre. La vue est 
dirigée vers l'ouest. Au milieu du premier plan on aperçoit la pointe 
septentrionale du S"' Myhre. A l'extrémité de gauche, au fond, on voit 
les montagnes situées sur la ligne de partage entre le Glacier Becquerel, 
le Glacier Darboux et le Glacier N° 6. Les montagnes qui se trouvent 
dans le fond, vers la droite, sont les M'^ Losvik. Ils se composent tous 
de granit rouge, appartenant au terrain archéen. 



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LEGENDE DE LA PLANCHE XVII 



Fig. I. Glaciers Supan et Lilliehôôk photographiés de la station 245 (o 245) sur le 
Glacier Supan. Voir station III, p. 54, P'^ P. 
La montagne située à l'extrémité de gauche est la partie la plus septentrionale 
de la Presqu'île du Roi Haakon. La moraine superficielle forme une ligne 
de partage entre le Glacier Supan et le Glacier Lilliehôôk. Dans le fond, 
on voit les affluents se rendant au côté ouest du Glacier Lilliehôôk depuis 
le Glacier Hans Hess jusqu'au Glacier Darboux. A gauche du Glacier 
Hans Hess, au plus proche de la Presqu'île du Roi Haakon, on voit la 
partie supérieure du Glacier 0yen. 

Fig. 2. Glacier Lilliehôôk, partie supérieure, photographiée de la passe au sud de la 
Tente (o 75o) vers l'ouest. \'oir station X, p. 54, I"' P. 
A gauche on voit le Moine, au milieu le S''' De Seue et à droite le S"' Myhre. 



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LÉGENDE DE LA PLANCHE XVIII 



Fig. I et 2. Vue prise de la station 948 (o 948) au nord-est du S'' Heiberg. Voir sta- 
tion XIX, p. 55, V' P. 

Dans la partie supérieure du panorama tout à gauche on a le sommet 
de 1236" situé au nord-ouest de la station, et à côté de celui-ci le 
sommet de 1061™. Dans l'arrière-fond on voit à droite le S^' Forel. 
Puis vient un nunatak plus en avant et ensuite les M" Rekstad avec 
leurs deux sommets arrondis de 1262"' et de 1206"'. 

Dans la partie inférieure du panorama et au milieu on a le nunatak 
situé à environ 1000" de la station. A gauche du nunatak on trouve la 
partie septentrionale des Montagnes Neigeuses, dont la partie la plus 
à droite est la hauteur de 1170". A droite du nunatak on a le sommet 
1208"'. A gauche et en arrière de ce dernier le sommet 876". Ces 
montagnes se composent des roches de la formation de l'Hecla 
Hoek : micachistes, calcaires et quartzites. 



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LÉGENDE DE LA PLANCHE XIX 



Fig. I. Plateau Isachsen et partie supérieure du Glacier Blomstrand, photographiés 
de la station 1066 (O 1066) au sud du S'^' Heiberg. Voir station XVIII, p. 
55, 1"= P. 
Au fond, à gauche, on voit les Montagnes Neigeuses qui sont presque 
entièrement couvertes de neige. Puis viennent les montagnes du côté 
ouest du plateau, dont les plus saillantes sont la montagne de 1208"" et la 
crête aiguë, dont le plus haut sommet est celui de 1147'". La montagne 
de droite a iig6'" d'altitude. Au pied de celle-ci on voit distinctement la 
rimaye. Ces sommets consistent probablement pour la plus grande part 
en micaschistes. Un panorama de la même station se trouve PI. v, i , I'"'' P. 

Fig. 2. M'' Bouvier et le Colosse, photographiés de la station 468 (O468) sur le Gla- 
cier de Monaco. Voir station XIV, p. 55, V° P. 
A l'avant, on a le glacier situé entre les M" Bouvier et le Colosse. La haute 
pyramide à droite est le Colosse. Les autres montagnes sont les M" Bou- 
vier; à Textrémité de gauche se trouve le sommet de 810"'. Les monta- 
gnes consistent en schistes cristallins et peut-être aussi en granit 
appartenant au terrain archéen. 



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LEGENDE DE LA PLANCHE XX 



Fig. I et 2. Vue prise du sommet du M' Nordenskiold, logo™. 

A l'extrémité de gauche vers l'arrière, on a la Baie Klaas Billen et les 
montagnes situées plus à l'ouest. Vers l'avant, on aperçoit les mon- 
tagnes situées à Test de la Baie Advent. La Baie Advent et sa vallée 
sont visibles encore plus loin vers l'avant. Le reste de la partie supé- 
rieure du panorama est occupé par les montagnes situées au sud et 
au sud-ouest. 

Dans la partie inférieure du panorama on a les montagnes situées à 
l'ouest et au nord. On voit le Cap Staratschin et le Cap Heer, à 
Test du Green Harbour et plus loin vers l'avant la côte avoisinant 
la Baie Cole. La partie médiane du panorama est occupée par l'Isf- 
jord. Tout à gauche et à Tarrière on a l'Alkhorn et le Safe Harbour. 
Plus loin encore la Baie Ymer bornée à l'est par une étroite langue 
de terre : c'est ici qu'aboutit le Glacier Esmark. Après cela vien- 
nent les Glaciers Nanscn et Bore, ce dernier tout près et à gauche 
de la presqu'île formant une saillie prolongée, le Cap Boheman. A 
droite de ce dernier il y a l'entrée de la Baie Ekman et de la Baie 
Dickson et enfin, à Textrémité de droite, on aperçoit l'entrée de 
la Baie Klaas Billen. La longue crête apparaissant à l'arrière du fjord 
se termine à gauche par le Cap Thordsen. Les montagnes situées au 
sud de l'Lsfjord se composent de couches presque horizontales de 
grès et de schistes argileux appartenant au système tertiaire. 



ALBERT!" PRINCEUEMO.VArO «AMP, SCIENT 



Kxi'LûR sprrsBERG . r,p.OL im, .xx 




lie 10 Août 1902 J 




1 et 2 - Panorama du M' Nordenshold (le B Août Ji/Uyj 



LEGENDE DE LA PLANCHE XXI 



Carte géologique du Spitsberg Nord-Ouest d'après les observations deHorneman 
et de Hoel de la Mission Isachsen et d'autres plus anciennes. Le district de THecla 
Hoek à l'Est de la Baie Red a été placé conformément aux observations de G. 
Nordenskiold, de même aussi la faille à l'ouest de la Baie Red. La situation de la 
faille entre le fond de la Baie Red et celui de la Baie Liefde, puis plus loin vers le 
sud, le long du Glacier de Monaco, et de là à l'ouest vers la Baie King, est conforme 
à des observations faites par les géologues de la Mission en 1906 et 1907. Il en est 
de même aussi en ce qui concerne la frontière sud des terrains archéens. Le terrain 
tertiaire au sud de la Baie King a été mis en place conformément aux résultats 
obtenus par Blomstrand. 

La faille observée au fond de la Baie King dans la direction du sud-est, en sui- 
vant le Kings Highway est d'après Garwood ; de même les observations faites par 
cet auteur autorisent à croire que le grand district dévonien va jusqu'à la Baie King, 
puisque, suivant lui, le M' Ossian Sars et les Iles Lovén sont composés de conglomé- 
rats dévoniens. Les districts carbonifères : les 3 Couronnes, le Pretender, le M' 
Garwood et le M' Collett ont été aussi mis en place d'après Garwood. La frontière 
sud du terrain carbonifère a été déterminée d'après les observations faites pendant 
la Mission de 1907. 



Al.HF.KT !'•■« rHlNTK oic .^\()^^V^() , TiViMP. sciknt. 



K.X1'U)R SIMTSllKHr. . CKO l. . PI, XXI 




Or<ioè.'et Tmp paj'£f^cuxif'^^Pa/Hs 



AdoU'.HocI Fiivrin- 1909 



LEGENDE DE LA PLANCHE XXII 



La carte rend compte de l'extension du granit rouge le plus récent parmi 
les roches du terrain archéen, suivant les observations faites par Hornemanen 1906, 
L'étude microscopique que Schetelig a faite des échantillons rapportés par la Mis- 
sion, montre que ce granit se trouve aussi vers le nord-ouest en une bande étroite 
allant jusqu'à l'angle nord-est du Glacier de Smeerenburg. 



LÉGENDE DE LA PLANCHE XXIII 



Fig. I. Coupe prise à l'ouest de la Baie Lilliehôôk, de la Presqu'île du Roi Haakon, 
de nie Kohn et à l'est de la Baie Môller. (D après Blomstrand). 

Fig. 2. I. Esquisse 'géologique des environs de la Baie Red. (D'après G. Nordens- 
kiôld). 
II. Profil de la Baie Red suivant la ligne A-B. (D'après G. Nordenskiôld). 



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LÉGENDE DE LA PLANCHE XXIV 



Fig. I . Esquisse géologique du terrain tertiaire situé au sud de la Baie King. (D'après 
Blomstrand). 

Fig. 2. Coupe du sud-ouest au nord-est du terrain tertiaire situé au côté sud de la 
Raie King. (D après Blomstrand). 








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LEGENDE DE LA PLANCHE XXV 



Fig. I . Plate-forme littorale au nord du Cap Guissez. 

Fig. 2. Coupe géologique, prise à l'ouest du Prince Charles Foreland. (D'après 
Drasche). 

F'ig. 3. a) Offset, b) Overlap. c) Stream deflection. (D'après Gulliver) 



LEGENDE DE LA PLANCHE XXVI 



Fig. I. Esquisse du tombolo près du Glacier Erich, au nord de la Baie Liefde. 
Fig. 2. Les promontoires alluviaux triangulaires (P'^ Michael Sars et P'^ John 
Murray) dans le Détroit du Foreland. 



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V.xpcflition lAftchMon 1910 



LEGENDE DE LA PLANCHE XXVII 



Fig. 1-6. Coupes montrant l'érosion glaciaire. Voir la fin du présent mémoire. 



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